Cours Foncier Rural (PAMOFOR)
Cours Foncier Rural (PAMOFOR)
MANUEL DE FORMATION
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Mars 2023
SOMMAIRE
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MODULE I :
CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA
SECURISATION FONCIERE RURALE
I. CADRE JURIDIQUE
Le cadre juridique de la sécurisation foncière rurale en Côte d’Ivoire est constitué :
• de la Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural, telle que
modifiée par les Lois N° 2004-412 du 14 août 2004, N° 2013-655 du 13 septembre
2013, N° 2019-868 du 14 octobre 2018 et tous les textes corrélés ;
• de Loi N°2015-537 du 20 juillet 2015 d'orientation agricole ;
• des décrets d’application de la Loi de 1998 et de création de l’Agence Foncière Rurale
(AFOR) :
- Décret N° 2016-590 du 03 août 2016 portant création, attributions, organisation et
fonctionnement de l’Agence Foncière Rurale, dénommée AFOR ;
- Décret N° 2019-263 du 27 mars 2019 portant définition de la procédure de délimitation
des territoires des villages ;
- Décret N° 2019-264 du 27 mars 2019 portant organisation et attributions des Comités
Sous-Préfectoraux de Gestion Foncière Rurale et des Comités Villageois de Gestion
Foncière Rurale ;
- Décret N° 2019-265 du 27 mars 2019 fixant la procédure de consolidation des droits
des concessionnaires provisoires de terres du domaine foncier rural ;
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- Décret N° 2019-266 du 27 mars 2019 fixant les modalités d’application au domaine
foncier rural coutumier de la Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 ;
• de 15 arrêtés ;
• de la Déclaration de Politique Foncière Rurale de la Côte d’Ivoire de janvier 2017. La
Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998, relative au domaine foncier rural, constitue
l’instrument juridique au moyen duquel, les droits coutumiers peuvent être
transformés, de droits d’usage du sol en droit de propriété.
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2ème règle : L’admission à la propriété dans le Domaine Foncier Rural est limitée à l’Etat,
aux collectivités publiques et aux personnes physiques ivoiriennes.
Seuls l’Etat, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes peuvent
bénéficier d’un Titre Foncier sur les terres rurales.
Les personnes morales, autres que l’Etat et les collectivités publiques, et les personnes
physiques non-ivoiriennes restent admises au bénéfice d’une location aux conditions du
bail emphytéotique.
Les personnes morales (société, groupe de personnes, etc.) et les personnes non
ivoiriennes peuvent bénéficier de contrat de location.
3ème règle : dans le Domaine Foncier Rural coutumier, les droits coutumiers sont constatés
par le Certificat Foncier (article 4 de la Loi).
4ème règle : les droits coutumiers, pour développer tous leurs effets, doivent être constatés
au terme d’une enquête officielle (article 7 de la Loi).
5ème règle : est autorisée, la prise en compte des cessions de droits coutumiers (article 3 de
la Loi).
Il appartient aux enquêtes officielles d’identifier de telles cessions et, d’apprécier l’esprit
dans lequel elles ont été faites, à titre provisoire ou définitif.
6ème règle : au terme de l’enquête officielle, il est établi un Certificat Foncier (CF) individuel
ou collectif.
7ème règle : les terres, objet de Certificats Fonciers Individuels ou Collectifs, doivent être
immatriculées.
8ème règle : les Certificats Fonciers Collectifs sont établis au nom d’entités publiques ou
privées dotées de la personnalité morale. Toutefois, les Certificats Fonciers Collectifs
peuvent être établis au nom de groupement de personnes physiques, dûment
identifiées, notamment les familles (article 9 de la Loi).
9ème règle : est autorisée la cession en tout ou partie du bien foncier, objet d’un Certificat
Foncier. Cette cession donne lieu à l’établissement d’un ou plusieurs Certificats
Fonciers, après annulation du Certificat Foncier originel (article 19 du décret N° 2019 –
266 du 27 mars 2019).
10ème règle : les concessions provisoires, donnent le droit à leurs bénéficiaires d’acheter ou
de louer ces terres, dans les délais fixés par la Loi.
11ème règle : en cas de délivrance d’un Certificat Foncier sur un terrain exploité par des
occupants, de bonne foi, non admis au bénéfice du Certificat Foncier, les droits de ces
occupants, de bonne foi, sont confirmés par le titulaire du Certificat, de façon juste et
équitable, pour les deux parties (article 8 bis de la Loi).
12ème règle : les terres coutumières, dépourvues de Certificat Foncier, ne peuvent faire
l’objet de cession, à compter de l’entrée en vigueur de la Loi modificative N° 2019-868
du 14 octobre 2019.
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II. CADRE INSTITUTIONNEL
2.1. Les différents types d’acteurs
Ce sont pour la plupart des acteurs relevant de Ministères techniques et d’organisations
techniques sectorielles, à savoir :
• L’Agence Foncière Rurale (AFOR) ;
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• de contribuer au règlement des conflits fonciers ;
• etc.
• les membres avec voix consultative, c’est-à-dire, qui n’émettent qu’un simple avis. Ils
n’ont donc pas le droit de vote.
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2.2.3.2 Les membres ayant voix délibérative
Ce sont : 1 représentant de l’AFOR, 1 représentant du Ministère en charge de
l’Agriculture, 1 représentant du Ministère chargé de la Forêt, 1 représentant du Ministère
chargé de l’Urbanisme, 1 représentant du Cadastre, 1 représentant du Ministère chargé
des Infrastructures Economiques, 6 représentants des villages et des autorités
coutumières désignés pour un mandat de 3 ans renouvelable, sur proposition des
populations.
N.B : jusqu’à la mise en place des organes locaux de l’AFOR, les missions dévolues aux
représentants de cette structure au sein du CSPGFR, sont assurées par la Direction
Régionale ou Départementale du Ministère en charge de l’Agriculture.
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2.2.3.5 Conditions de validité des délibérations du CSPGFR
Le CSPGFR ne peut valablement se réunir qu’après avoir recueilli l’avis des
gestionnaires des domaines concurrents au Domaine Foncier Rural, sur la situation du
bien foncier, objet de l’enquête.
Sur première convocation, le CSPGFR ne peut délibérer valablement qu’en présence
d’au moins trois quarts (3/4) de ses membres ayant voix délibérative. Si le quorum n’est
pas atteint, il délibère sur une deuxième convocation pour le même ordre du jour, quinze
jours à compter de la date de la première réunion.
Les avis du CSPGFR sont rendus à la majorité simple des membres présents ayant voix
délibérative. En cas d’égalité des voix, celle du Président est prépondérante.
Les dossiers de délibération, y compris les avis et propositions du CSPGFR sont
communiqués par le Sous-Préfet au Préfet du Département. Le Préfet dispose d’un délai
de deux (2) semaines, à compter de la réception des documents pour donner suite aux
avis et propositions formulés.
La décision prise par le Préfet de Département est communiquée aux structures
concernées par les soins du Sous-Préfet, dans un délai d’une semaine à compter de sa
réception et publiée, si besoin est.
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- et toute(s) personne(s) utile(s) à la bonne fin des travaux du comité.
La composition du CVGFR reflète la typologie de la population du village en comprenant
notamment des hommes, des femmes, des jeunes, des autochtones, des allogènes, des
allochtones, etc.
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- participe à l’enquête, au constat des limites, à la publicité des résultats des enquêtes,
à la clôture de la publicité des résultats de l’enquête officielle ; - tient le Registre des
Accords et Oppositions ;
- aide au règlement amiable des divergences survenues durant l’enquête officielle ;
- approuve les résultats des enquêtes et délivre le constat d’existence paisible des
droits coutumiers, ainsi que l’attestation d’approbation - transmet le dossier de
l’enquête au CSPGFR ;
- est obligatoirement informé de l’établissement des Certificats Fonciers et de leur
gestion ;
- tient à jour le registre villageois pour enregistrer toutes les informations foncières
concernant le village.
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MODULE II :
OPERATIONS INTEGREES DE
SECURISATION FONCIERE RURALE
INTRODUCTION :
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(clarification, certification foncière, délimitation de territoires villageois et
contractualisation), complété par une action soutenue de sensibilisation et d’information,
par la consolidation des droits concédés et, par le renforcement des dispositifs de
gestion foncière locale.
Aussi, les opérations intégrées s’appuient-elles sur plusieurs principes et approches.
a) Le principe « de A à Y »
Le principe « de A à Y » désigne le fait de confier à un opérateur foncier l’ensemble des
tâches, avant la signature du certificat foncier, tout en prévoyant les étapes où
l’Administration doit intervenir pour des besoins de suivi ou de contrôle.
Un opérateur foncier est une société ou un groupement de sociétés qui rassemble ou
s’associe les différentes compétences nécessaires aux opérations de sécurisation
foncière et exigées par la réglementation ivoirienne, notamment celles des
géomètresexperts et des commissaires-enquêteurs.
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2. Description de l’approche « 4 opérations intégrées en 1 »
-
Sensibilisation et formation
-
Consolidation des droits concédés
Consolidation
Temps du des dispositifs de DTV CF CDC Contrats
projet gestion foncière locale
{
Fin
Enquêtes
officielles
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CLARIFICATION DES REGLES DE DROITS ET DES PROCEDURES DE
SECURISATION FONCIERE RURALE
La clarification des droits fonciers ruraux vise l’explicitation des rapports que les
individus ou groupes d'individus nouent autour de la terre en milieu rural, en précisant
le rôle et le statut social de chacun d’eux.
Le processus de clarification des règles de Droit et des procédures de sécurisation
foncière a pour objet de créer un environnement de travail apaisé. Ce processus de
clarification doit apporter aux populations cibles des informations sur les droits qui leur
sont garantis par les textes juridiques, sur les outils qui permettent de constater ou de
consolider ces droits et sur les procédures, qui vont être mises en œuvre au cours de
l’opération intégrée.
DESCRIPTION DU PROCESSUS
Une rencontre entre l’opérateur foncier et les représentants du village (Chefferie,
CVGFR, Mutuelle…) est organisée par le Sous-préfet, pour planifier les opérations de
sécurisation dans le village.
Une enquête succincte, sur l’organisation sociale du village et son expérience foncière
rurale, est réalisé par l’Opérateur Foncier avec l’appui des représentants du villages.
Une cérémonie d’ouverture des opérations intégrées de sécurisation foncière et des
enquêtes officielles est organisée dans chaque village par l’Opérateur Foncier et
présidée par le Sous-préfet.
Au cours de cette cérémonie, le Sous-préfet signe pour chaque village une déclaration
officielle d’ouverture des opérations intégrées de sécurisation foncière et d’ouverture
des enquêtes officielles (CF, CDC, DTV).
Des réunions, en séance publique ou en petits groupes, sont organisées par
l’Opérateur Foncier, afin d’expliquer :
- les principes des lois concernant le foncier en milieu rural ;
- les outils de la sécurisation foncière (DTV, CF, CDC, contrats, etc.) ;
- la nature des différentes procédures de sécurisation foncière ;
- les principes d’équité.
L’OF établit un calendrier prévisionnel des travaux de sécurisation foncière rurale. Il
rédige un rapport pour chaque village décrivant le déroulement de ce processus.
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DESCRIPTION DU PROCESSUS DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DU
CVGFR
- Dans chaque village, l’opérateur foncier fait le diagnostic du CVGFR et formule des
recommandations pour son fonctionnement.
- Le Sous-préfet ou l’AFOR décide des dispositions idoines qui doivent
éventuellement être prises.
- L’opérateur foncier forme les CVGFR sur leurs responsabilités et leurs rôles, dans
tous les processus de sécurisation foncière. À l’issue de cette formation, le président
du CVGFR signe une attestation d’exécution de la formation du CVGFR.
- L’opérateur technique assure la formation d’un groupe de jeunes désignés par le
CVGFR, pour leur apprendre à utiliser un GPS, à faciliter la rédaction des contrats, à
scanner et à archiver les contrats et tous les documents recueillis au cours des
enquêtes) et à tenir un registre foncier villageois. À l’issue de la formation, le
président du CVGFR signe une attestation de bonne exécution de la formation des
jeunes désignés par le CVGFR.
- L’opérateur foncier fournit à chaque groupe de jeunes techniciens, un kit
comprenant : 1 GPS, 1 smartphone, des bottes et des habits de travail.
- L’opérateur foncier fournit les registres fonciers et des boîtes d’archivage au CVGFR
pour la conservation des documents fonciers.
- L’opérateur foncier contribue financièrement au fonctionnement du CVGFR pendant
toute la durée de son intervention dans le village.
- Une fois par trimestre, le Sous-préfet convoque les représentants des CVGFR de
chaque village concerné par les opérations de sécurisation, pour faire le point des
activités.
- Le Sous-préfet rend compte au Préfet et à l’AFOR.
a) Démarrage de l’opération
i. L’AFOR désigne un Commissaire-Enquêteur, aux fins de conduire l’enquête pour
la Délimitation des Territoires de Villages (DTV).
ii. Le Sous-préfet déclare l’ouverture de l’enquête, en publiant la liste des villages à
délimiter, par affichage à la Sous-préfecture, dans les services déconcentrés de
l’Agence Foncière Rurale et du Ministère en charge de l’Agriculture, au village
concerné et dans les villages limitrophes.
iii. Dès sa désignation, le Commissaire-enquêteur constitue une équipe d’enquête
qui comprend :
• deux (2) représentants de la chefferie et deux représentants du CVGFR
du village à délimiter ;
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• deux (2) représentants de la chefferie et deux représentants du CVGFR
de chaque village limitrophe ;
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e)Publicité des résultats de l’enquête xiii. Le dossier complet de l’enquête de
délimitation du territoire du village est soumis à une publicité, d’un (01) mois.
h) Signature de l’arrêté fixant les limites des villages xix. L’AFOR vérifie que le
dossier est complet et procède au contrôle systématique du dossier définitif. xx. Le
dossier complet est transmis au Ministre chargé de l’Administration du Territoire, qui
fixe les limites du village par arrêté.
xxi. Cet arrêté auquel est également annexé un exemplaire de la carte du village, est
publié et diffusé au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire. Le village est dit
délimité dès la publication de l’arrêté au Journal Officiel. Chaque tronçon de limite du
territoire du village délimité est alors officiel, garanti et protégé par l’Etat.
xxii. Le CVGFR organise, en cas de besoin, la matérialisation des limites du territoire
du village délimité par la plantation d’arbres caractéristiques.
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PROCESSUS DE DELIVRANCE DU CERTIFICAT FONCIER
Le Domaine Foncier Rural Coutumier est constitué des terres sur lesquelles
s’exercent des droits coutumiers conformes aux traditions ou des droits coutumiers
cédés à des tiers. Les droits coutumiers, pour développer tous leurs effets, doivent
être constatés au terme d’une enquête officielle. Cette enquête aboutit à la délivrance
d’un certificat foncier individuel ou collectif.
DESCRIPTION DU PROCESSUS
b) Le déroulement de l’enquête
v. La constitution de l’équipe d’enquête : Le commissaire-enquêteur se rend
dans le village du demandeur et y constitue une équipe composée du
demandeur, de ses voisins, de représentants du conseil de village et du
CVGFR et de toute personne utile à la bonne fin de l'enquête.
vi. Le Commissaire-enquêteur procède au recensement des droits les droits
coutumiers, conformes aux traditions ou cédés à des tiers mais, également
les droits d’usage, les droits de passage et les servitudes.
vii. Le Commissaire-enquêteur établit le procès-verbal de recensement des
droits coutumiers et ses annexes, conformément au modèle en vigueur
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x. L’opérateur foncier fournit et pose des bornes au moins aux points
d’intersection des amorces des limites de la parcelle avec les limites des
parcelles voisines. La position de ces bornes est levée,
conformément à la réglementation en vigueur et, leurs coordonnées
intégrées au réseau géodésique de Côte d’Ivoire.
xi. L’opérateur foncier établit pour chaque parcelle le dossier technique
provisoire qui doit être conforme à la réglementation en vigueur.
xii. L’opérateur foncier transmet les fichiers pdf et shp de l’enquête officielle à
l’AFOR par voie numérique.
xiii. L’AFOR procède au contrôle du plan provisoire et de tous les aspects liés
aux opérations de certification foncière.
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xx. Si l’enquête révèle une opposition et/ou une contestation, la procédure de
constat d’existence continue et paisible est suspendue pour une période
renouvelable de 15 jours, permettant la résolution du contentieux, par le
CVGFR. Si le règlement amiable aboutit, une attestation de règlement est
établie par le CVGFR. L’opérateur foncier transmet immédiatement le
dossier au CSPGFR, pour validation.
xxi. Si ce règlement n’aboutit pas, le CVGFR transmet immédiatement le
dossier litigieux au CSPGFR pour compétence, avec un rapport.
xxii. Si le dossier d’enquête révèle des insuffisances, le CVGFR peut demander
au Commissaire-Enquêteur d’effectuer un complément d’enquête ou de
reprendre celle-ci. Les mêmes formalités de publicité sont observées.
xxiii. Avant la séance de validation par le CSPGFR, l’OF envoie la version
numérique des documents à étudier pour chaque dossier, à chacun des
membres du CSPGFR représentant une administration.
xxiv. Le CSPGFR se réunit, délibère et prononce un avis sur la validation de
chaque dossier.
xxv. En cas de validation, le Président du CSPGFR signe une attestation de
validation et l’ajoute au dossier. Le dossier est restitué à l’OF. La validation
peut être assortie d’observations de forme, à intégrer dans le dossier
définitif. xxvi. En cas de litiges non réglés par le CVGFR, le CSPGFR essaie
de les régler à l’amiable. Le CSPGFR peut s’appuyer sur des compétences
extérieures au village.
xxvii. En cas de non-validation, le demandeur peut introduire une ultime demande
dans un délai de 2 mois à compter de la date de notification. Passé ce délai,
les résultats de l’enquête peuvent être utilisés par tout ayant droit déterminé
par l’enquête
xxviii. À la suite de la validation par le CSPGFR, l’opérateur foncier établit un
dossier technique définitif de délimitation et le transmet à l’AFOR, ainsi que
les pièces de l’enquête officielle.
xxix. Après validation du dossier par l’AFOR, L’opérateur foncier imprime en 2
exemplaires le certificat foncier et le cahier des charges figurant en annexe.
Il fait signer le cahier des charges par le demandeur du certificat foncier.
xxx. L’opérateur foncier transmet les 2 exemplaires originaux du certificat foncier
timbré et de son annexe au Préfet.
xxxi. Le Préfet signe les 2 exemplaires originaux du certificat foncier et de son
annexe.
xxxii. L’opérateur foncier fait signer le certificat foncier par le titulaire ou par son
représentant porteur d’un mandat légalisé
xxxiii. Le Préfet conserve un exemplaire original timbré et le fait inscrire sur un
registre tenu par ses services.
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xxxiv. L’autre exemplaire original timbré du certificat foncier est destiné au titulaire.
xxxv. L’AFOR envoie une demande de publication des certificats fonciers au
Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire (JORCI) xxxvi. A la
demande du titulaire, l’opérateur foncier lui fait signer une requête
d’immatriculation du bien foncier rural objet de certificat foncier. xxxvii. L’opérateur
foncier transmet les données et la copie numérique concernant chacun des
certificats fonciers et des requêtes d’immatriculation.
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PROCESSUS DE CONSOLIDATION DES DROITS CONCÉDÉS
Le domaine foncier rural concédé est constitué des terres concédées par l’Etat à titre
provisoire antérieurement à la date de publication de la loi. Il est constitué de toutes
les terres, objet d’actes d’occupation, régulièrement autorisée par des autorités
compétentes. Il s’agit notamment :
- des arrêtés de concession provisoire
- des autorisations d’occuper
- des permis d’occuper
- des lettres de mise à disposition
- des contrats d’occupation précaire
- des lettres d’attribution
- des titres fonciers indigènes
DESCRIPTION DU PROCESSUS
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parcelles voisines. La position de ces bornes est levée, conformément à la
réglementation en vigueur, et leurs coordonnées intégrées au réseau
géodésique de Côte d’Ivoire.
vii. L’opérateur foncier établi pour chaque parcelle le dossier technique qui doit
être conforme à la réglementation en vigueur.
viii. L’opérateur foncier transmet les fichiers "pdf" et "shp" à l’AFOR par voie
numérique.
ix. L’AFOR procède au contrôle du plan et de tous les aspects liés aux
opérations de consolidation des droits des concessionnaires provisoires.
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xvii. Au cas où ce règlement à l’amiable se fait au détriment du concessionnaire
provisoire, le Sous-préfet réunit le CSPGFR pour proposer les modalités
d’une indemnisation juste et équitable.
PROMOTION DE LA CONTRACTUALISATION
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Dans le cadre de la contractualisation, il s’agira d’encourager les populations à la
formalisation des transactions portant sur lesdites terres ainsi que l’archivage et
l’enregistrement des conventions passées. La sensibilisation sera mise sur la
nécessité de reconnaitre les droits des exploitants agricoles et des occupants
régulièrement installés sur les parcelles de terres rurales. De même, cette
sensibilisation portera sur :
- la reconnaissance et le respect des droits acquis ;
- la formalisation des conventions portant sur les terres rurales ;
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A la date indiquée pour le partage, les deux parties se partagent la plantation en
fonction des taux fixés à la signature du contrat. Chaque partie pourra prendre soin de
la part qui lui revient.
A la fin du contrat, le propriétaire et/ou planteur peuvent décider de reconduire ou non
l’entente. En cas de reconduction, les deux parties fixent de nouvelles règles. En cas
de non-reconduction, le propriétaire reprend la totalité de sa terre.
3. Contrat de planter-partager avec partage de la terre
Pour réaliser le Contrat de planter-partager avec partage de la terre, le propriétaire de
la terre (détenteur du droit foncier) doit obligatoirement détenir un Certificat Foncier.
Le Contrat est signé entre un propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) et un
locataire de la terre (le planteur), qui se mettent d’accord sur les termes (durée, types
de cultures, techniques à utiliser, le taux de partage, etc…), sur la base du certificat
foncier.
Le planteur est chargé de mettre en valeur la terre par la création d’une plantation ;
tout ce qui est coût de création et d’entretien de la plantation (nettoyage, planting,
engrais, main-d’œuvre…) lui revient.
Dans cette entente, le propriétaire et le planteur doivent également s’entendre sur la
durée entre la création de la plantation et le partage de la plantation.
A la date indiquée pour le partage, les deux parties se partagent la terre, y compris les
plants, sur la base des pourcentages établis. Un Contrat de cession suite à un
contrat de planter-partager avec partage de la terre est par la suite signé.
C’est-à-dire, chaque partie devient propriétaire de la superficie de la terre discutée à la
signature du premier contrat.
Chacun devra donc se faire établir un certificat foncier après la cession (sur la portion
qui lui revient).
Il faut noter que la durée du premier contrat ne tient que jusqu’au partage et le partage
de la terre est définitif.
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5. Contrat de location
Le Contrat de location est un contrat dans lequel le propriétaire de la terre (détenteur
du droit foncier) loue à un locataire (le planteur), sous certaines conditions (durée,
types de cultures, techniques à utiliser, etc…), une partie ou toute sa terre moyennant
un loyer.
Dans cette entente, la production du locataire est indépendante du loyer à payer,
néanmoins, il est possible, pour le propriétaire ou le planteur, de renégocier les termes
du contrat, notamment le loyer, en cas de baisse ou de hausse des cours liés au
produit cultivé.
Au terme du contrat, le propriétaire récupère la totalité de sa terre.
6. Contrat de métayage
Le Contrat de métayage est signé entre le propriétaire d’une plantation et un ouvrier
agricole. Il travaille en entretenant le champ et fait la récolte.
Son salaire est une partie de l’argent de la récolte, déjà négocié à la signature du
contrat.
7. Contrat de prêt
Le Contrat de prêt est un contrat établi entre le propriétaire d’une plantation et une
tierce personne, pour l’exploitation de sa plantation avec ou sans contrepartie
financière.
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1-3. DESCRIPTION DU PROCESSUS
i. L’opérateur foncier met à jour le listing complet des personnes intéressées par la
contractualisation. ii. L’opérateur foncier organise des réunions en petits groupes de
personnes intéressées par la contractualisation. Au cours de ces réunions, l’opérateur
foncier :
- explique les principes de la contractualisation et de la formalisation écrite des
accords contractuels.
- présente les différents modèles de contrats établis par l’AFOR, pour faciliter la
contractualisation (tutorat, location de court terme ou de long terme,
métayage, planter-partager, vente, cession, etc.)
iii. L’opérateur foncier aide les binômes exploitants-tuteurs à identifier le modèle de
contrat qui correspond le mieux à la formalisation de leurs accords.
iv. Un plan de la parcelle peut figurer en annexe du contrat, formalisant un accord
entre deux (2) personnes concernant cette parcelle. L’opérateur foncier apporte son
appui dans l’établissement des plans de parcelle.
v. Un exemplaire original de chaque contrat est conservé par chacune des parties
signataires. vi. Un autre exemplaire original est remis au CVGFR pour conservation.
vii. L’opérateur foncier apporte son appui au CVGFR pour organiser l’archivage et la
conservation des contrats. viii. L’opérateur foncier transmet à l’AFOR, la copie
numérique de chacun des contrats pour conservation. ix. L’AFOR met les copies
numériques des contrats à la disposition des DDA/DRA et des Sous-préfets ou
services fonciers préfectoraux.
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MODULE III :
GESTION DES CONFLITS
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LITIGES ET CONFLITS : GENERALITES
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LITIGES ET CONFLITS : COMMENT LES RESOUDRE ?
La gestion des conflits cherche à limiter et à éviter toute violence future, en favorisant
des changements de comportements positifs, au niveau des parties impliquées, à
travers des outils ou techniques d’analyse de conflits.
Les MARC englobent un large éventail de mécanismes pour régler les différends en
dehors des systèmes judiciaires, incluant la négociation, la médiation, la conciliation,
l'évaluation préliminaire impartiale et la détermination d’experts 1. Ces approches
favorisent des solutions qui sont consensuelles et mutuellement bénéfiques pour
toutes les parties concernées. Ces solutions sont souvent plus susceptibles de
satisfaire et d’être respectées par toutes les parties concernées, par rapport à, par
exemple, un jugement rendu par un tribunal qui pourrait être difficile à appliquer et,
1 (FAO, 2014b).
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peut avoir besoin d'être exécuté, au travers d’un processus potentiellement long et
coûteux.
a) L’arbitrage
L'arbitrage est souvent répertorié comme un type de MARC. L'arbitrage consiste en
l’accord entre les parties :
- i) de soumettre leur différend à un tribunal, constitué en général d'une ou trois
personnes neutres ;
- ii) de se conformer à la décision du tribunal.
Contrairement aux autres mécanismes de MARC mentionnés ci-dessus, l'arbitrage est
une procédure contentieuse conduisant à une décision contraignante pour les parties.
Les parties ne peuvent pas être contraintes par la Loi, à parvenir à un accord amiable,
mais, la Loi exige parfois que les parties aient fait des efforts de suivre un processus
de MARC, avant de porter une affaire devant le système judiciaire.
Les systèmes coutumiers fournissent des mécanismes relativement rapides et peu
coûteux de règlement des différends relatifs aux terres, pêches et forets. Les
systèmes coutumiers de résolution des différends fonciers varient énormément. De
nombreux systèmes mettent l'accent sur les approches liées aux MARC comme la
négociation, la médiation et la conciliation.
b) La médiation
La médiation peut être utilisée pour les différends qui risquent de ne pas bien se régler
devant un tribunal, ou lorsque les parties ne sont pas en mesure ou ne se sentent pas
à l'aise de déposer une plainte auprès du système judiciaire officiel. Les parties
doivent exprimer leur consentement à participer à un processus de médiation, et
devraient être prêtes à trouver une résolution à travers le compromis et la négociation
facilitée par une tierce partie neutre, le médiateur.
La médiation peut être moins coûteuse par rapport aux procédures devant les
tribunaux, plus rapide et plus propice à la restitution, la réconciliation et la réadaptation
entre les parties.
La médiation rejoint davantage les pratiques coutumières de compromis et de
cohésion communautaire, plutôt qu’une peine ou un processus accusatoire de
gagnants et perdants. Elle met l'accent sur des solutions gagnant-gagnant qui peuvent
aider à rétablir l'harmonie locale. La médiation peut également jouer un rôle préventif,
en ce qu'elle peut être utilisée à un stade précoce d'un différend, ce qui réduit les
risques de voir celui-ci dégénérer en conflit.
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• Identifier les besoins des deux parties.
Que veulent réellement les personnes impliquées ? S’il vous est possible de définir un
but commun pour les personnes impliquées, cela facilitera le travail de recherche de
solutions, sur lesquelles les deux parties s’accorderont.
• Evaluer la situation.
Le conflit est-il d’une taille gérable ou doit-il être découpé en plusieurs petits
problèmes ? Si vous vous impliquez, avez-vous une chance raisonnable de mettre fin
au conflit ? Vous devez éviter de vous engager dans une gestion de conflit, si vous
percevez à l’avance que vous n’obtiendrez pas de succès.
• Décider d’un processus.
Quel processus vous et l’autre partie choisirez pour résoudre le conflit ? Les
problèmes doivent-ils être discutés dans un ordre précis ? Quel est le programme ? Y-
a-t-il une date butoir ? Quelles sont les règles de négociation ? Qui convoque et
préside les réunions ? Est-ce qu’un accord final sera signé ?
• Rechercher des solutions.
Est-ce que les parties veulent négocier sur les problèmes ? Est-ce que le médiateur
doit inventer des propositions spécifiques de compromis ? Est-ce que les parties
doivent développer leurs propres propositions ou, travailler ensemble sur un accord
commun et négocier ensuite, section par section ? Cette étape doit se faire avec les
deux parties en présence. • S’accorder et mettre en œuvre des actions.
Comment s’assurer que les parties respectent l’accord ? Quand vous parvenez à un
accord, il est important que les deux parties aient la même vision des résultats. Une
manière de la vérifier est de se mettre d’accord sur des actions à suivre, sur qui va les
réaliser et d’être très concret et spécifique. Il peut aussi être essentiel, pour les parties
de vendre l’accord à leurs parties prenantes.
Cas des litiges liés aux limites sur la délimitation de territoire de village
Pour les limites entre villages non consensuelles, il faut aider à trouver un consensus
de la manière suivante :
- écouter les représentants des CVGFR. Si besoin, faire intervenir les plus
anciens qui connaissent l’histoire de l’installation des villages ;
- proposer à chaque village de faire un compromis raisonnable ;
- demander aux participants de proposer des actions à mener, pour trouver un
accord sur les limites et, définir un plan d’action pour la résolution validée par le
Sous-préfet ;
- en cas d’échec des étapes précédentes, le Sous-préfet fait une proposition de
plan d’action, en vue de la résolution ;
Si les limites entre parcelles de détenteurs de droits fonciers ou d’exploitants agricoles
sont non consensuelles, il faut aider à trouver un consensus de la manière suivante :
34
- écouter des témoins et le CVGFR. Si besoin, faire intervenir les sachants qui
connaissent l’histoire de la parcelle et des installations dans le village ;
- aider les participants à trouver un compromis raisonnable ;
- demander aux participants de proposer des actions à mener pour trouver un
accord sur les limites et définir un plan d’action pour la résolution.
Recommandations additionnelles
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a) Définition
Le Mécanisme de Gestion des Plaintes est un système permettant de :
- répondre aux questions ou clarifications relatives au projet ;
b) Objectifs Le
MGP vise :
- la prévention de la survenue de griefs ;
- le traitement des plaintes et des éventuels conflits devant découler desdits
griefs dans le cadre de la réalisation des activités du projet.
c) Procédure
Pour cela, il faudra :
- identifier les griefs potentiels liés aux activités du projet ainsi que les qualités
des éventuels protagonistes ;
- définir les directives et les mesures de prévention des griefs ;
- définir le mécanisme de règlement des plaintes, et ;
36
e) Schéma de prise en charge des plaintes
Commentaires du schéma :
1. Une plainte peut être initiée par les populations, les partenaires, toute personne
intéressée et les tiers à la sécurisation foncière rurale.
2. La plainte est d’abord déposée au village, si elle n’est pas résolue, elle est
transmise à la Sous-Préfecture. Là, si elle n’a pas de solution, elle est
transmise à la Préfecture. En cas de non-résolution, elle est envoyée à l’AFOR.
Précisons que c’est le Président de chaque instance qui transmet la plainte à
l’instance supérieure.
3. Au niveau de ces instances de règlement, siègent l’Administration locale, le
Médiateur de la République, les CVGFR, la Chambre Nationale des Rois et
Chefs Traditionnels et toute autre structure compétente.
4. Lorsque ces instances trouvent une résolution à la plainte, elles informent
immédiatement le plaignant.
5. Il existe parfois des plaintes non conformes. C’est-à-dire des plaintes n’ayant
pas un lien avec le projet (par exemple un problème conjugal) ; le plaignant est
alors apaisé et orienté vers la voie de résolution compétente qui est l’une des
solutions conseillées dans le schéma ci-haut.
37
6. Toutefois, il est loisible au plaignant de recourir à d’autres voies telles que la
Justice s’il se sent insatisfait. Cependant, c’est une voie que le MGP
déconseille car beaucoup de fois les décisions de justice sont difficilement
applicables.
38
MODULE IV :
39
INTRODUCTION : Contexte
2 Plan d’action genre et inclusion sociale (PAGIS) Compact Côte d’Ivoire. Version de novembre 2019
40
DEFINITIONS OU SENS DES TERMES CLÉS
a) Genre
La définition du genre comprend trois (3) dimensions essentielles :
• Le genre, comme mot sociologique
C’est ce qui différencie les hommes et les femmes dans leurs relations sociales. Ces
DIFFÉRENCES socio-économiques entre les hommes et les femmes sont
CONSTRUITES par les sociétés et ACQUISES par les individus dans le cadre du
processus de socialisation.
b) Inclusion sociale
Intégration dans la société des groupes défavorisés sur la base de leurs droits et
devoirs équivalents. Les femmes et les autres groupes défavorisés (handicapés,
minorités culturelles ou religieuses) doivent avoir les mêmes droits que les autres
usagers dans tous les domaines. L’inclusion pour les sociologues est utilisée pour
caractériser les rapports entre les individus et les systèmes sociaux. L’inclusion est
multidimensionnelle. Elle doit concerner tous les secteurs : économique, social,
culturel, politique, de la société.
c) Droit foncier
D’un point de vue strictement juridique, le droit foncier est l’ensemble des dispositions
comprenant les règles relatives à l’accès à la terre et à sa gestion. Le droit foncier est
déterminé par la législation étatique.
Dans une acception sociologique, le droit foncier est régi par des usages locaux,
instituant des droits et des pratiques, qui peuvent s’écarter du droit étatique.
Le concept de droit foncier renvoie plus explicitement à la notion de faisceaux de
droits :
41
au sens où il n’existe pas un seul type de droit (la propriété privée) mais une diversité
de droits (droit d’usage, droit de transfert, droit d’administration) qui peuvent être
détenus individuellement ou collectivement. À chaque type de droits sont associés des
devoirs.
e) Légitimité juridique
Il s’agit de la légitimité sanctionnée par la loi, reconnue légalement :
- droits de propriété reconnus par la loi, y compris les droits des individus, des familles
et des groupes, et droits coutumiers reconnus par la loi ;
- droits d’usage reconnus par la loi, y compris les baux, les conventions de métayage
et les contrats de licence ;
- servitudes/droits de passage.
f) Légitimité sociale
Il s’agit de la légitimité largement acceptée socialement mais non reconnue au plan
légal :
- droits coutumiers sur les terres domaniales concédées aux citoyens ;
- établissements humains irréguliers sur des terres publiques et privées, pour lesquels
l'Etat a admis qu'il n'était pas possible de reloger les habitants ;
- squatteurs sur des terres privées et publiques, qui ont quasiment rempli les
conditions pour acquérir la terre
42
a) Le profil d’activité
Il permet :
- d’identifier et d’analyser les différentes activités/formes de travail des hommes
et des femmes, y compris des activités « peu visibles » car, pas rémunérées ;
- de mieux adapter les actions en tenant compte de la charge de travail des
femmes et du type de tâches accomplies, lors de la formulation et la mise en
œuvre du projet ;
- de prévoir comment l’intervention de développement affectera ces activités et
leur répartition, à partir de l’analyse basée sur le triple rôle (productif,
reproductif, communautaire) permettra aussi.
43
Pour la sensibilisation d’une part, pour l’identification des demandeurs
d’autre part, il faut organiser systématiquement des réunions spécifiques
pour les femmes, en plus des réunions ouvertes à tous (ou les femmes
n’osent souvent pas prendre la parole, ni même venir). De même il faut
organiser des réunions séparées avec les jeunes.
A la suite de ces réunions spécifiques, une réunion de mise en commun, ouverte à
tous, peut être organisée.
Les listes d’identification des personnes qui souhaitent bénéficier du projet doivent
être tenues non seulement par des hommes, mais également par des femmes et
par des jeunes.
Dans les réunions de sensibilisation, que ce soient celles dominées par les
hommes ou celles organisées pour les femmes ou pour les jeunes, il faut
systématiquement énoncer et faire comprendre les messages suivants :
- Les femmes ont le droit de demander à leurs maris, à leurs pères ou à leurs
frères, de leur reconnaître la propriété ou la copropriété d’une terre ;
- Les jeunes ont le droit de demander à leurs ainés de leur reconnaître la propriété
ou la copropriété d’une terre ;
- En cas d’héritage, toutes les filles et tous les fils ont droit à une part égale des
terres appartenant à leurs pères ou à leurs mères ;
- Un homme a le droit de donner des terres de son vivant à sa femme ou à ses
enfants, pour les aider s’il vient à disparaître ;
- Les frères doivent accepter le partage de l’héritage du père avec leurs sœurs ;
44
- L’accès à la terre des femmes est source d’éradication de la pauvreté pour un
développement durable ;
- L’accès à la terre des femmes nécessite une implication des hommes pour le
changement des traditions, croyances, comportement et attitudes ;
- L’accès à la terre des femmes entrainent une transformation du pouvoir entre les
femmes et les hommes, ce qui permet aux deux d’être sur le même pied
d’égalité ; - L’accès à la terre des femmes est source du renforcement de leur
pouvoir ;
- L’accès à la terre permet une meilleure implication des femmes au sein de leur
communauté ;
- L’accès à la terre permet aux femmes d’avoir le pouvoir de choisir ;
- L’accès à la terre permet une pleine participation des femmes aux prises de
décision au sein de leur famille et de leur communauté ;
- L’accès à la terre permet un accès et contrôle des ressources par les femmes ;
MODULE V :
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ROLES ET MISSIONS DES ANIMATRICES POUR LA
SENSIBILISATION DES FEMMES
46
INTRODUCTION
L’implication des femmes dans les activités de sécurisation foncière rurale est encore
marginale du fait de nombreuses pesanteurs socioculturelles. En effet, leur accès à la
propriété foncière est encore limité dans la plupart des régions, en raison des facteurs
sus-évoqués. Il est même établi que leur participation aux différentes réunions
d’information et de sensibilisation sur les processus de sécurisation foncière rurale est
insignifiante dans des milieux essentiellement constitués d’hommes.
D’où la nécessité de renforcer la sensibilisation des femmes des villages des zones
d’intervention du projet sur les différents processus de sécurisation foncière rurale et
surtout sur l’accès des femmes à la propriété dans le domaine foncier rural.
Les sessions de sensibilisation seront animées par des femmes dans des cercles
de femmes afin de faciliter la libre expression de leurs préoccupations et de leurs
besoins.
47
➢ Identifier le lieu qui doit abriter la réunion ;
➢ Coopter un rapporteur pour la réunion (de préférence une femme sachant lire
et écrire).
INVITATION A LA REUNION
➢ Requérir les services du crieur public pour informer les femmes de la tenue de
la réunion (pour les réunions plénières ou élargies) ;
➢ Approcher individuellement les femmes ciblées pour les convier à la rencontre
(pour les réunions avec des groupes ciblés) ;
➢ Si possible, adresser des invitations écrites aux femmes conviées à la
rencontre.
TENUE DE LA REUNION
➢ Tenir une liste de présence des participantes à la rencontre ;
➢ Remercier les participantes conviées pour leur présence ;
➢ Mettre les femmes en confiance afin de leur permettre de s’exprimer
ouvertement et librement ;
➢ Permettre à chaque femme de se présenter aux autres ;
➢ Rappeler l’importance de la question foncière qui est la cause de nombreux
conflits dans le pays et dans le village ;
➢ Rappeler que l’Etat a fait adopter la loi n° 98-750 du 23 décembre 1998 relative
au domaine foncier rural ;
➢ Faire un exposé suivant l’un ou plusieurs des axes ci-après, en insistant sur
l’accès des femmes à la propriété foncière rurale :
- l’importance du certificat foncier et les personnes autorisées à obtenir le
certificat foncier ;
- brève présentation de la procédure de délivrance du certificat foncier ;
- l’importance de la signature de contrats fonciers entre les propriétaires
terriens et les exploitants non-propriétaires ;
- brève présentation de la procédure de signature des contrats fonciers ;
- l’importance de la délimitation des territoires de villages ;
- brève présentation de la procédure de délimitation des territoires de
villages ;
- la contribution des femmes à la réussite de la délimitation des territoires
de villages ;
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- les avantages pour les femmes de détenir une parcelle en propre,
avec un certificat foncier ou un contrat de location ; (voir les
messages de sensibilisation au point III) ; - le lobbying des femmes
auprès de leurs époux et de leurs familles pour obtenir des
parcelles de terre en propre ; (voir les messages de sensibilisation
au point III) ;
➢ Donner la parole aux femmes pour des questions de compréhension et de
clarification ;
➢ Faire un compte rendu écrit succinct de la réunion qui fera ressortir les points
ciaprès :
- le village / la Sous-Préfecture / le Département / la Région,
- la date, l’heure et le lieu de la réunion,
- le nombre de participantes (joindre la liste de présence),
- les points de discussion présentés par l’animatrice,
- les questions posées par les participantes et les réponses données,
- les recommandations formulées,
- les actions envisagées à l’issue des échanges.
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➢ Grâce à la Délimitation des Territoires de Villages, il n’y a plus de palabre avec
les villages voisins. La paix et la cohésion sociale règnent entre nous.
➢ La limite du territoire de mon village passe dans mon champ, mais je ne perds
aucune partie de ma plantation.
➢ La limite du territoire de mon village traverse mon champ. Je conserve mes
droits sur la partie de ma parcelle située sur le territoire du village voisin.
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pour le changement des traditions, croyances, comportement et
attitudes ; ➢ L’accès à la terre des femmes entrainent une transformation
du pouvoir entre les femmes et les hommes, ce qui permet aux deux
d’être sur le même pied d’égalité ; ➢ L’accès à la terre des femmes est
source du renforcement de leur pouvoir ;
➢ L’accès à la terre permet une meilleure implication des femmes au sein de
leur communauté ; ➢ L’accès à la terre permet aux femmes d’avoir le
pouvoir de choisir ; ➢ L’accès à la terre permet une pleine participation
des femmes aux prises de décision au sein de leur famille et de leur
communauté ; ➢ L’accès à la terre permet un accès et contrôle des
ressources par les femmes ; ➢ L’accès à la terre occasionne de
meilleures conditions de vie des femmes ;
➢ Les femmes et les jeunes ont le droit d’exiger que leurs noms figurent sur
un certificat foncier collectif, à côté de celui des autres détenteurs de
droits coutumiers.
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