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Cours Foncier Rural (PAMOFOR)

Le document présente un manuel de formation pour les animatrices sur la sensibilisation des femmes dans le cadre du Projet d'Amélioration et de Mise en Œuvre de la Politique Foncière Rurale de Côte d'Ivoire. Il aborde le cadre juridique et institutionnel de la sécurisation foncière rurale, les objectifs de la loi sur le domaine foncier rural, ainsi que les rôles des différents acteurs impliqués dans la gestion foncière. Les modules de formation incluent des thèmes tels que la gestion des conflits, le genre et les droits fonciers.

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PROJET D’AMELIORATION ET DE MISE EN ŒUVRE DE LA POLITIQUE FONCIERE

RURALE DE CÔTE D’IVOIRE (PAMOFOR)

FORMATION DES ANIMATRICES


POUR LA SENSIBILISATION DES FEMMES

MANUEL DE FORMATION

1
Mars 2023

SOMMAIRE

N° MODULE INTITULE DU MODULE PAGE

CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA


MODULE I 3
SECURISATION FONCIERE RURALE
OPERATIONS INTEGREES DE SECURISATION FONCIERE
MODULE II 12
RURALE

MODULE III GESTION DES CONFLITS 32

MODULE IV GENRE, INCLUSION SOCIALE ET DROITS FONCIERS 41

ROLES ET MISSIONS DES ANIMATRICES POUR LA


MODULE V 48
SENSIBILISATION DES FEMMES

2
MODULE I :
CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA
SECURISATION FONCIERE RURALE

I. CADRE JURIDIQUE
Le cadre juridique de la sécurisation foncière rurale en Côte d’Ivoire est constitué :
• de la Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural, telle que
modifiée par les Lois N° 2004-412 du 14 août 2004, N° 2013-655 du 13 septembre
2013, N° 2019-868 du 14 octobre 2018 et tous les textes corrélés ;
• de Loi N°2015-537 du 20 juillet 2015 d'orientation agricole ;
• des décrets d’application de la Loi de 1998 et de création de l’Agence Foncière Rurale
(AFOR) :
- Décret N° 2016-590 du 03 août 2016 portant création, attributions, organisation et
fonctionnement de l’Agence Foncière Rurale, dénommée AFOR ;
- Décret N° 2019-263 du 27 mars 2019 portant définition de la procédure de délimitation
des territoires des villages ;
- Décret N° 2019-264 du 27 mars 2019 portant organisation et attributions des Comités
Sous-Préfectoraux de Gestion Foncière Rurale et des Comités Villageois de Gestion
Foncière Rurale ;
- Décret N° 2019-265 du 27 mars 2019 fixant la procédure de consolidation des droits
des concessionnaires provisoires de terres du domaine foncier rural ;

3
- Décret N° 2019-266 du 27 mars 2019 fixant les modalités d’application au domaine
foncier rural coutumier de la Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 ;
• de 15 arrêtés ;
• de la Déclaration de Politique Foncière Rurale de la Côte d’Ivoire de janvier 2017. La
Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998, relative au domaine foncier rural, constitue
l’instrument juridique au moyen duquel, les droits coutumiers peuvent être
transformés, de droits d’usage du sol en droit de propriété.

1. Les objectifs de la Loi relative au Domaine Foncier Rural Ces


objectifs sont les suivants :
- clarifier les droits fonciers ruraux ;
- sécuriser les investissements dans le domaine foncier rural ;
- instaurer la sécurité de la propriété foncière rurale ;
- stabiliser et moderniser les exploitations ;

- encourager l’accès au droit moderne plus sécurisant ;


- donner une valeur marchande au bien foncier rural.

2. Définitions et règles établies par la Loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 relative au


domaine foncier rural
2.1 Définitions
1ère définition : le domaine foncier rural est situé hors du domaine public, hors des
périmètres urbains, hors des zones d’aménagement différé dûment constituées, hors du
domaine forestier classé et des aires protégées et hors des zones touristiques dûment
constituées (article 2). o Les Zones d’Aménagement Différé (ZAD), officiellement
constituées, existent dans les Districts d’Abidjan et de Yamoussoukro ;
o Le Domaine Forestier Classé et les aires protégées : il est constitué des forêts
classées, des parcs nationaux, des réserves et des aires protégées.
2ème définition : le Domaine Foncier Rural coutumier est constitué des terres sur
lesquelles s’exercent des droits coutumiers, conformes aux traditions ou des droits
coutumiers cédés à des tiers (article 3 de la Loi).
o Par droits coutumiers conformes aux traditions, il faut entendre des droits exercés
par les personnes, que la coutume reconnaît comme étant effectivement
détentrices de ces droits. o Par droits coutumiers cédés à des tiers, il faut entendre
des droits qui ont été objet d’une transaction ou d’un don entre les détenteurs
originels des droits fonciers coutumiers et les détenteurs actuels desdits droits.

2.2 Quelques règles fixées par la Loi


1ère règle : la propriété d’une terre du Domaine Foncier Rural est établie, à partir de
l’immatriculation de cette terre au registre Foncier (article 4 de la Loi).

4
2ème règle : L’admission à la propriété dans le Domaine Foncier Rural est limitée à l’Etat,
aux collectivités publiques et aux personnes physiques ivoiriennes.
Seuls l’Etat, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes peuvent
bénéficier d’un Titre Foncier sur les terres rurales.
Les personnes morales, autres que l’Etat et les collectivités publiques, et les personnes
physiques non-ivoiriennes restent admises au bénéfice d’une location aux conditions du
bail emphytéotique.
Les personnes morales (société, groupe de personnes, etc.) et les personnes non
ivoiriennes peuvent bénéficier de contrat de location.
3ème règle : dans le Domaine Foncier Rural coutumier, les droits coutumiers sont constatés
par le Certificat Foncier (article 4 de la Loi).
4ème règle : les droits coutumiers, pour développer tous leurs effets, doivent être constatés
au terme d’une enquête officielle (article 7 de la Loi).
5ème règle : est autorisée, la prise en compte des cessions de droits coutumiers (article 3 de
la Loi).
Il appartient aux enquêtes officielles d’identifier de telles cessions et, d’apprécier l’esprit
dans lequel elles ont été faites, à titre provisoire ou définitif.
6ème règle : au terme de l’enquête officielle, il est établi un Certificat Foncier (CF) individuel
ou collectif.
7ème règle : les terres, objet de Certificats Fonciers Individuels ou Collectifs, doivent être
immatriculées.
8ème règle : les Certificats Fonciers Collectifs sont établis au nom d’entités publiques ou
privées dotées de la personnalité morale. Toutefois, les Certificats Fonciers Collectifs
peuvent être établis au nom de groupement de personnes physiques, dûment
identifiées, notamment les familles (article 9 de la Loi).
9ème règle : est autorisée la cession en tout ou partie du bien foncier, objet d’un Certificat
Foncier. Cette cession donne lieu à l’établissement d’un ou plusieurs Certificats
Fonciers, après annulation du Certificat Foncier originel (article 19 du décret N° 2019 –
266 du 27 mars 2019).
10ème règle : les concessions provisoires, donnent le droit à leurs bénéficiaires d’acheter ou
de louer ces terres, dans les délais fixés par la Loi.
11ème règle : en cas de délivrance d’un Certificat Foncier sur un terrain exploité par des
occupants, de bonne foi, non admis au bénéfice du Certificat Foncier, les droits de ces
occupants, de bonne foi, sont confirmés par le titulaire du Certificat, de façon juste et
équitable, pour les deux parties (article 8 bis de la Loi).
12ème règle : les terres coutumières, dépourvues de Certificat Foncier, ne peuvent faire
l’objet de cession, à compter de l’entrée en vigueur de la Loi modificative N° 2019-868
du 14 octobre 2019.

5
II. CADRE INSTITUTIONNEL
2.1. Les différents types d’acteurs
Ce sont pour la plupart des acteurs relevant de Ministères techniques et d’organisations
techniques sectorielles, à savoir :
• L’Agence Foncière Rurale (AFOR) ;

• Les acteurs du Ministère en charge de l’Administration du Territoire : les Préfets de


Département, les Sous-Préfets et les Présidents des Conseils Régionaux ;
• Les acteurs des Ministères techniques qui siègent au sein du CSPGFR (Eaux et
forêts, Urbanisme, Infrastructures Economiques, Economie et Finances
(Impôts/Cadastre) ; • Les acteurs du Ministère de l’Economie et des Finances : le
Conservateur de la Propriété Foncière et des Hypothèques ;
• Les acteurs du Ministère en charge de l’Agriculture : les Directeurs Régionaux et
Départementaux, les Agents Fonciers des DRA et DDA, les Commissaires-
Enquêteurs.
En attendant la mise en place effective des Services Déconcentrés de l’AFOR, les
Services Déconcentrés du Ministère en charge de l’Agriculture assurent, à titre
transitoire, l’exécution des missions qui leur sont dévolues.
• Les organes de gestion foncière rurale (CSPGFR et CVGFR) ;
• Les Opérateurs Fonciers (OF) ;
• Le Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD).

2.2. Les rôles de quelques acteurs

2.2.1 L’Agence Foncière Rurale (AFOR)


L’Agence Foncière Rurale (AFOR) est un acteur important dans tout le processus pour la
formation, la sensibilisation, le contrôle des travaux des OF, et la préparation des projets
d’arrêté. L’AFOR est chargée de la mise en œuvre de la politique de sécurisation
foncière rurale. A juste titre, au nombre de ses prérogatives, elle veille à :
• exécuter les actions de sécurisation foncière rurale ;
• réaliser les enquêtes officielles ;

• préparer, à la signature de l’autorité administrative compétente, les certificats


fonciers ;

• requérir l’immatriculation des terres rurales ;


• promouvoir la formalisation de la contractualisation des rapports entre propriétaires
et exploitants non-propriétaires de terres rurales ;
• mener des actions d’information et de sensibilisation des populations ;
• former les acteurs de la mise en œuvre de la Loi de 1998 relative au domaine
foncier rural ;

6
• de contribuer au règlement des conflits fonciers ;
• etc.

2.2.2 Les Opérateurs Fonciers (OF)


Un Opérateur Foncier est une société ou un groupement de sociétés qui rassemble ou
associe les différentes compétences nécessaires aux opérations de sécurisation
foncière, telles qu’exigées par la réglementation ivoirienne, notamment, celles des
géomètresexperts et des commissaires-enquêteurs.
L’Opérateur Foncier est chargé :
- de mener le processus de clarification (animateurs ruraux, ONG, etc.) ;
- d’apporter un appui aux organes de gestion foncière rurale ;
- de délimiter les territoires de villages ;
- de délimiter les parcelles foncières (géomètres-expert agréé) ;
- de réaliser les enquêtes foncières (Commissaire-Enquêteur formé et assermenté,
inscrit sur la liste nationale des Commissaires-Enquêteurs) ;
- d’aider à la formalisation des contrats entre propriétaires et exploitants
nonpropriétaires.

2.2.3 Les Comités Sous-Préfectoraux de Gestion Foncière Rurale


L’article 1 du décret N° 2019-264 du 27 mars 2019 portant organisation et attribution des
CSPGFR et des CVGFR, crée dans chaque Sous-préfecture, par arrêté du Préfet de
département, un Comité Sous-Préfectoral de Gestion Foncière Rurale.

2.2.3.1 Composition du Comité Sous-Préfectoral de Gestion Foncière Rurale


Il est présidé par le Sous-préfet. Le secrétariat est assuré par le représentant de l’AFOR.
Outre le président et le secrétaire, le comité est composé de deux (2) catégories de
membres :
• les membres avec voix délibérative, c’est-à-dire, qui ont qualité pour voter ou décider ;

• les membres avec voix consultative, c’est-à-dire, qui n’émettent qu’un simple avis. Ils
n’ont donc pas le droit de vote.

7
2.2.3.2 Les membres ayant voix délibérative
Ce sont : 1 représentant de l’AFOR, 1 représentant du Ministère en charge de
l’Agriculture, 1 représentant du Ministère chargé de la Forêt, 1 représentant du Ministère
chargé de l’Urbanisme, 1 représentant du Cadastre, 1 représentant du Ministère chargé
des Infrastructures Economiques, 6 représentants des villages et des autorités
coutumières désignés pour un mandat de 3 ans renouvelable, sur proposition des
populations.
N.B : jusqu’à la mise en place des organes locaux de l’AFOR, les missions dévolues aux
représentants de cette structure au sein du CSPGFR, sont assurées par la Direction
Régionale ou Départementale du Ministère en charge de l’Agriculture.

2.2.3.3 Les membres ayant voix consultative


Les membres ayant voix consultative sont désignés par le Sous-préfet. Ce sont : • les
personnes concernées par les questions, devant faire l’objet des délibérations du
CSPGFR, notamment des membres des CVGFR ;
• toute personne pouvant éclairer les travaux du comité (demandeur du certificat foncier,
parties en conflit, etc.).

2.2.3.4 Attributions du Comité Sous-Préfectoral de Gestion Foncière Rurale


Le comité délibère obligatoirement, soit sous forme d’avis conformes, soit sous forme d’avis
simples.
L’avis du CSPGFR est dit conforme, lorsqu’il a valeur de décision. Il est notamment requis
dans les cas suivants :
• la validation des enquêtes officielles ;

• les oppositions ou réclamations survenant au cours des procédures d’immatriculation


dans le Domaine Foncier Rural concédé ;
• des conflits non résolus au cours des enquêtes foncières.
L’avis du CSPGFR est dit simple, lorsqu’il ne constitue qu’un simple point de vue, qu’une
appréciation. Ainsi :
• il peut être saisi par les autorités compétentes, de toute question relative au Domaine
Foncier Rural ;
• il peut être saisi sur les implications foncières des différents projets de développement
rural, projets d’urbanisation ou de reboisement ; • il peut aussi prendre l’initiative
d’étudier toute question relevant de sa compétence, aux fins de propositions aux
autorités compétentes.
Il doit être obligatoirement informé de l’établissement des Certificats Fonciers et de tous les
actes relatifs à leur gestion.

8
2.2.3.5 Conditions de validité des délibérations du CSPGFR
Le CSPGFR ne peut valablement se réunir qu’après avoir recueilli l’avis des
gestionnaires des domaines concurrents au Domaine Foncier Rural, sur la situation du
bien foncier, objet de l’enquête.
Sur première convocation, le CSPGFR ne peut délibérer valablement qu’en présence
d’au moins trois quarts (3/4) de ses membres ayant voix délibérative. Si le quorum n’est
pas atteint, il délibère sur une deuxième convocation pour le même ordre du jour, quinze
jours à compter de la date de la première réunion.
Les avis du CSPGFR sont rendus à la majorité simple des membres présents ayant voix
délibérative. En cas d’égalité des voix, celle du Président est prépondérante.
Les dossiers de délibération, y compris les avis et propositions du CSPGFR sont
communiqués par le Sous-Préfet au Préfet du Département. Le Préfet dispose d’un délai
de deux (2) semaines, à compter de la réception des documents pour donner suite aux
avis et propositions formulés.
La décision prise par le Préfet de Département est communiquée aux structures
concernées par les soins du Sous-Préfet, dans un délai d’une semaine à compter de sa
réception et publiée, si besoin est.

2.2.3.6 Etablissement d’un Règlement Intérieur


Il est fait obligation en vertu de l’article 5 du décret N° 2019-264 du 27 mars 2019, à
chaque CSPGFR d’établir son règlement intérieur, c’est-à-dire les règles devant régir
son fonctionnement interne.
2.2.4 Les Comités Villageois de Gestion Foncière Rurale (CVGFR)
Le Sous-préfet crée par décision, un CVGFR dans chaque village de sa circonscription
administrative (article 1 du décret N° 2019-264 du 27 mars 2019 portant organisation et
attribution des CSPGFR et des CVGFR).
Seuls sont éligibles, les villages officiellement reconnus par le Ministère en charge de
l’Administration du Territoire.

2.2.4.1 Composition du CVGFR


L’article 8 du décret N° 2019-264 du 27 mars 2019 définit la composition du CVGFR. Il
est composé de onze (11) membres au moins et de seize (16) membres au plus. Le
CVGFR comprend :
- le Chef du village ou son représentant, Président ;
- le Chef de terre ou son représentant ;
- les chefs de lignages ou les chefs des grandes familles ;
- deux (2) représentants des communautés ;
- un (1) représentant de la jeunesse ;
- une représentante des femmes ;

9
- et toute(s) personne(s) utile(s) à la bonne fin des travaux du comité.
La composition du CVGFR reflète la typologie de la population du village en comprenant
notamment des hommes, des femmes, des jeunes, des autochtones, des allogènes, des
allochtones, etc.

2.2.4.2 Fiche indicative de composition du CVGFR


Nom &
N° Fonction Qualité recommandée Emargement
prénoms
1 Président Chef du village ou son représentant
2 Vice-Président Néant
3 Secrétaire Personne qui sait lire et écrire
4 Secrétaire Adjoint Personne qui sait lire et écrire

5 Membre Chef de terre ou son représentant


6 Membre Chefs de lignages ou chefs des
grandes familles
7 Membre Chefs de lignages ou chefs des
grandes familles
8 Membre Chefs de lignages ou chefs des
grandes familles
9 Membre Chefs de lignages ou chefs des
grandes familles
10 Membre Chefs de lignages ou chefs des
grandes familles
11 Membre Représentant des communautés
12 Membre Représentant des communautés
13 Membre Représentante des femmes
14 Membre Représentante des jeunes
15 Membre Toute personne utile
16 Membre Toute personne utile
N.B. Le comité a la liberté de son organisation interne pour attribuer des fonctions aux
différents membres selon ses besoins, exemple : trésorerie si nécessaire, animateurs,
responsables pour la délimitation du territoire, responsables pour l’instruction des litiges
etc. Ces attributions permettront de motiver les membres qui n’auront aucune attribution
précise.

2.2.4.3 Etablissement d’un règlement intérieur


Le CVGFR établit son règlement intérieur. Le secrétaire et le trésorier sont désignés parmi
les membres du comité dans les conditions définies par le règlement intérieur.
Le secrétaire doit savoir lire et écrire.

2.2.4.4 Attributions du CVGFR


Elles sont définies par l’article 9 du décret.
Le CVGFR procède à l’étude de toutes questions relatives à la gestion du foncier rural dans
son ressort territorial. Le CVGFR :

10
- participe à l’enquête, au constat des limites, à la publicité des résultats des enquêtes,
à la clôture de la publicité des résultats de l’enquête officielle ; - tient le Registre des
Accords et Oppositions ;
- aide au règlement amiable des divergences survenues durant l’enquête officielle ;
- approuve les résultats des enquêtes et délivre le constat d’existence paisible des
droits coutumiers, ainsi que l’attestation d’approbation - transmet le dossier de
l’enquête au CSPGFR ;
- est obligatoirement informé de l’établissement des Certificats Fonciers et de leur
gestion ;
- tient à jour le registre villageois pour enregistrer toutes les informations foncières
concernant le village.

2.2.4.5 Conditions de validité des délibérations du CVGFR


Sur première convocation, le CVGFR ne peut délibérer valablement qu’en présence d’au
moins trois quarts de ses membres. Si le quorum n’est pas atteint, il délibère sur une
deuxième convocation pour le même ordre du jour, sans condition de quorum, sauf si
l’ordre du jour porte sur l’approbation des résultats de l’enquête. Dans ce dernier cas, le
quorum doit être obligatoirement atteint.
Les avis du CVGFR sont rendus à la majorité simple des membres présents. En cas
d’égalité de voix, celle du Président est prépondérante.
Les dossiers de délibération, y compris les avis et propositions du CVGFR, sont transmis
par le Président au Sous-Préfet.

11
MODULE II :
OPERATIONS INTEGREES DE
SECURISATION FONCIERE RURALE

INTRODUCTION :

Pourquoi l’approche intégrée sur la sécurisation foncière rurale ?

Plus de 20 ans après l’adoption de la loi 98-750 du 23 décembre 1998 relative au


domaine foncier rural, la sécurisation du foncier rural reste encore marginale, malgré les
actions entreprises par les pouvoirs publiques. Une réforme de la gestion foncière, en
vue de l’accélération de la sécurisation foncière, a été initiée par l’Etat, avec notamment
la création de l’AFOR, l’adoption d’une politique foncière et la modification des textes
relatifs au domaine foncier rural.
A la faveur du PAMOFOR, une nouvelle approche de la sécurisation foncière est apparue
nécessaire, pour pallier les insuffisances des actions précédentes, à savoir :
- la non-préparation du terrain à la réalisation des activités (nombreux litiges et blocages) ;
- la non prise en compte de la totalité des parcelles d’un village dans la certification
(frustration d’une partie de la population du village) ;
- la non prise en compte de tous les types de droits fonciers (risque d’exclusion de certaines
catégories sociales, remise en cause des accords passés) ;
- l’impact limité des opérations classiques.
La « sécurisation foncière » est l’ensemble des processus, actions et mesures de toute
nature, visant à permettre à l’utilisateur et au détenteur de terres rurales de mener
efficacement leurs activités productives, en les protégeant contre toute contestation ou
trouble de jouissance. (Cf. Déclaration de politique foncière rurale de Côte d’Ivoire). La
sécurisation foncière implique donc une approche holistique, pour qu’elle ait un impact
réel sur la vie des populations rurales.

1. Définition et principes de l’approche intégrée


Le principe d’opérations intégrées porte sur le fait de mettre en œuvre simultanément un
ensemble de processus de sécurisation foncière, comprenant le paquet « 4 en 1 »

12
(clarification, certification foncière, délimitation de territoires villageois et
contractualisation), complété par une action soutenue de sensibilisation et d’information,
par la consolidation des droits concédés et, par le renforcement des dispositifs de
gestion foncière locale.
Aussi, les opérations intégrées s’appuient-elles sur plusieurs principes et approches.

a) Le principe « de A à Y »
Le principe « de A à Y » désigne le fait de confier à un opérateur foncier l’ensemble des
tâches, avant la signature du certificat foncier, tout en prévoyant les étapes où
l’Administration doit intervenir pour des besoins de suivi ou de contrôle.
Un opérateur foncier est une société ou un groupement de sociétés qui rassemble ou
s’associe les différentes compétences nécessaires aux opérations de sécurisation
foncière et exigées par la réglementation ivoirienne, notamment celles des
géomètresexperts et des commissaires-enquêteurs.

b) Le principe de l’approche systématique


Le principe de « l’approche systématique » désigne le fait de prendre en considération
toutes les parcelles et toutes les personnes d’un même village. Il est systématiquement
proposé de pouvoir disposer d’un document de sécurisation des droits sur la terre, à
tous les détenteurs de ces droits dans le village où se déploient les opérations intégrées.

c) Le principe de contribution des bénéficiaires


Dans le cas général, il est prévu que les bénéficiaires contribuent aux frais de la
sécurisation foncière, comme le prévoit la Déclaration de Politique Foncière Rurale
(janvier 2017).
Toutefois, dans le cadre de certains projets, il peut être décidé d’appliquer un principe de
subvention ou de prise en charge, par ces projets de la totalité des frais imputables aux
bénéficiaires (gratuité pour les bénéficiaires).

d) Coordination des processus au sein des opérations intégrées


Chaque processus regroupe un ensemble d’activités qui se succèdent dans un ordre
logique, mais les processus d’activités mentionnés ci-dessus ne sont pas
nécessairement successifs.
Le processus de sensibilisation et d’information commence avec la clarification des
règles de Droit mais, il constitue un flux transversal qui nourrit chacun des autres
processus jusqu’à la fin des opérations.
Après la clarification des règles de Droit, les autres processus peuvent se dérouler en
même temps. Les résultats de certaines activités d’un processus peuvent ainsi
contribuer à l’avancement des autres processus. Des effets de synergie sont en effet
recherchés, par la mise en œuvre simultanée de ces différents processus d’activités.

13
2. Description de l’approche « 4 opérations intégrées en 1 »

Opération 1 : - Clarification des règles de Droit et des procédures de sécurisation


foncière

-
Sensibilisation et formation

Opération 2 : - Délimitation des territoires de villages (DTV)

Opération 3 : - Certification foncière

-
Consolidation des droits concédés

Opération 4 : - Promotion de la contractualisation foncière

Consolidation
Temps du des dispositifs de DTV CF CDC Contrats
projet gestion foncière locale

{
Fin

Enquêtes
officielles

Flux de Identification des demandes


sensibilisation Histoire du village
et d’information
Renforcement des CVGFR

Clarification des règles de Droit et des processus de sécurisation foncière


- information sur les textes, les acteurs, les outils, les procédures ;
Début ➔ créationd’un environnement de travail apaisé.

14
CLARIFICATION DES REGLES DE DROITS ET DES PROCEDURES DE
SECURISATION FONCIERE RURALE

La clarification des droits fonciers ruraux vise l’explicitation des rapports que les
individus ou groupes d'individus nouent autour de la terre en milieu rural, en précisant
le rôle et le statut social de chacun d’eux.
Le processus de clarification des règles de Droit et des procédures de sécurisation
foncière a pour objet de créer un environnement de travail apaisé. Ce processus de
clarification doit apporter aux populations cibles des informations sur les droits qui leur
sont garantis par les textes juridiques, sur les outils qui permettent de constater ou de
consolider ces droits et sur les procédures, qui vont être mises en œuvre au cours de
l’opération intégrée.

DESCRIPTION DU PROCESSUS
Une rencontre entre l’opérateur foncier et les représentants du village (Chefferie,
CVGFR, Mutuelle…) est organisée par le Sous-préfet, pour planifier les opérations de
sécurisation dans le village.
Une enquête succincte, sur l’organisation sociale du village et son expérience foncière
rurale, est réalisé par l’Opérateur Foncier avec l’appui des représentants du villages.
Une cérémonie d’ouverture des opérations intégrées de sécurisation foncière et des
enquêtes officielles est organisée dans chaque village par l’Opérateur Foncier et
présidée par le Sous-préfet.
Au cours de cette cérémonie, le Sous-préfet signe pour chaque village une déclaration
officielle d’ouverture des opérations intégrées de sécurisation foncière et d’ouverture
des enquêtes officielles (CF, CDC, DTV).
Des réunions, en séance publique ou en petits groupes, sont organisées par
l’Opérateur Foncier, afin d’expliquer :
- les principes des lois concernant le foncier en milieu rural ;
- les outils de la sécurisation foncière (DTV, CF, CDC, contrats, etc.) ;
- la nature des différentes procédures de sécurisation foncière ;
- les principes d’équité.
L’OF établit un calendrier prévisionnel des travaux de sécurisation foncière rurale. Il
rédige un rapport pour chaque village décrivant le déroulement de ce processus.

CONSOLIDATION DES DISPOSITIFS DE GESTION FONCIERE LOCALE

La consolidation des dispositifs de gestion foncière locale consiste à rendre


opérationnels les CVGFR et CSPGFR, à travers notamment, le renforcement de leurs
capacités et des appuis financiers.

15
DESCRIPTION DU PROCESSUS DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DU
CVGFR

- Dans chaque village, l’opérateur foncier fait le diagnostic du CVGFR et formule des
recommandations pour son fonctionnement.
- Le Sous-préfet ou l’AFOR décide des dispositions idoines qui doivent
éventuellement être prises.
- L’opérateur foncier forme les CVGFR sur leurs responsabilités et leurs rôles, dans
tous les processus de sécurisation foncière. À l’issue de cette formation, le président
du CVGFR signe une attestation d’exécution de la formation du CVGFR.
- L’opérateur technique assure la formation d’un groupe de jeunes désignés par le
CVGFR, pour leur apprendre à utiliser un GPS, à faciliter la rédaction des contrats, à
scanner et à archiver les contrats et tous les documents recueillis au cours des
enquêtes) et à tenir un registre foncier villageois. À l’issue de la formation, le
président du CVGFR signe une attestation de bonne exécution de la formation des
jeunes désignés par le CVGFR.
- L’opérateur foncier fournit à chaque groupe de jeunes techniciens, un kit
comprenant : 1 GPS, 1 smartphone, des bottes et des habits de travail.
- L’opérateur foncier fournit les registres fonciers et des boîtes d’archivage au CVGFR
pour la conservation des documents fonciers.
- L’opérateur foncier contribue financièrement au fonctionnement du CVGFR pendant
toute la durée de son intervention dans le village.
- Une fois par trimestre, le Sous-préfet convoque les représentants des CVGFR de
chaque village concerné par les opérations de sécurisation, pour faire le point des
activités.
- Le Sous-préfet rend compte au Préfet et à l’AFOR.

PROCESSUS DE DELIMITATION DES TERRITOIRES DE VILLAGES

a) Démarrage de l’opération
i. L’AFOR désigne un Commissaire-Enquêteur, aux fins de conduire l’enquête pour
la Délimitation des Territoires de Villages (DTV).
ii. Le Sous-préfet déclare l’ouverture de l’enquête, en publiant la liste des villages à
délimiter, par affichage à la Sous-préfecture, dans les services déconcentrés de
l’Agence Foncière Rurale et du Ministère en charge de l’Agriculture, au village
concerné et dans les villages limitrophes.
iii. Dès sa désignation, le Commissaire-enquêteur constitue une équipe d’enquête
qui comprend :
• deux (2) représentants de la chefferie et deux représentants du CVGFR
du village à délimiter ;

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• deux (2) représentants de la chefferie et deux représentants du CVGFR
de chaque village limitrophe ;

• toute autre personne utile à l’enquête (le Commissaire-Enquêteur a la


possibilité d’associer d’autres sachants, pour les besoins de l’enquête).
L’équipe d’enquête, ainsi constituée, est fixée par décision du Sous-préfet.

b) Recueil de l’historique de la constitution du territoire du village


iv. Le Sous-préfet convoque la séance publique de lecture de l’enquête succincte et
du recueil de l’historique du village. Le délai de convocation est de 15 jours, après la
remise du questionnaire de l’historique au village par le CE.
v. Le Commissaire-enquêteur, au cours d’une séance publique, recueille l’historique
de la constitution du village concerné, en présence de ses habitants et des
représentants des villages limitrophes. L’histoire de la constitution du territoire du
village peut être discutée, modifiée ou complétée.
vi. Le PV est co-signé par le Commissaire-enquêteur et par toutes les personnes
dont les déclarations ont été inscrites sur le PV.

c) Ouvertures et constats des limites des limites


vii. En vue de l’identification des limites communes, le Commissaire-enquêteur
organise des rencontres entre les représentants des villages ou domaines protégés,
ayant une limite commune. viii. L’équipe d’enquête, réduite aux représentants des
villages ou domaines concernés par ce tronçon, procède à l’identification des limites
du territoire du village à délimiter.
ix. L’opérateur foncier prend les mesures nécessaires, pour faire matérialiser
provisoirement par les villageois les limites du territoire du village à délimiter, tronçon
par tronçon.
x. Lorsqu’un tronçon de limite a fait l’objet d’une matérialisation provisoire,
l’opérateur foncier avec le commissaire-enquêteur, des représentants des villages et
domaines concernés et de tout sachant, établit le PV de constat du tronçon de limites
qu’il signera avec les personnes présentes.

d) Bornage des limites et production de la carte provisoire


xi. L’opérateur foncier fournit et pose des bornes sur chaque tronçon de limite
provisoirement matérialisé, aux intersections de limites et aux points de changement
de direction.
xii. L’opérateur foncier procède au lever des coordonnées rectangulaires des points
d’intersections de limites et des points de changement de direction. xii. Lorsque tous
les tronçons des limites du village ont été bornés et levés, l’opérateur foncier
confectionne la carte provisoire dudit village.

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e)Publicité des résultats de l’enquête xiii. Le dossier complet de l’enquête de
délimitation du territoire du village est soumis à une publicité, d’un (01) mois.

f) Approbation des résultats de l’enquête xiv. Après la clôture de la publicité, Le


CVGFR du village concerné se réunit en vue de l’approbation des résultats de
l’enquête, dès réception du dossier de l’enquête.

g) Validation des résultats de l’enquête


xv. En cas de signature de l’attestation d’approbation, par au moins trois quart (¾) des
membres du CVGFR, le CSPGFR de la Sous-préfecture valide les résultats de
l’enquête, après délibération de ses membres. xvi. Le CSPGFR informe,
immédiatement l’OF de cette validation, en vue de l’établissement de la carte définitive
du territoire du village.
xvii. En cas d’opposition ou d’absence de consensus, le Sous-préfet et le CSPGFR
disposent de 30 jours, pour consulter les parties opposées et prendre, en séance
publique, une décision qui s’impose aux parties.
xviii. L’Opérateur Foncier confectionne et signe la carte définitive, après validation de
l’enquête. Il élabore un fichier numérique de la carte définitive au format défini par
l’AFOR. Le dossier technique définitif et le fichier numérique sont transmis à l’AFOR.

h) Signature de l’arrêté fixant les limites des villages xix. L’AFOR vérifie que le
dossier est complet et procède au contrôle systématique du dossier définitif. xx. Le
dossier complet est transmis au Ministre chargé de l’Administration du Territoire, qui
fixe les limites du village par arrêté.
xxi. Cet arrêté auquel est également annexé un exemplaire de la carte du village, est
publié et diffusé au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire. Le village est dit
délimité dès la publication de l’arrêté au Journal Officiel. Chaque tronçon de limite du
territoire du village délimité est alors officiel, garanti et protégé par l’Etat.
xxii. Le CVGFR organise, en cas de besoin, la matérialisation des limites du territoire
du village délimité par la plantation d’arbres caractéristiques.

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PROCESSUS DE DELIVRANCE DU CERTIFICAT FONCIER

Le Domaine Foncier Rural Coutumier est constitué des terres sur lesquelles
s’exercent des droits coutumiers conformes aux traditions ou des droits coutumiers
cédés à des tiers. Les droits coutumiers, pour développer tous leurs effets, doivent
être constatés au terme d’une enquête officielle. Cette enquête aboutit à la délivrance
d’un certificat foncier individuel ou collectif.

DESCRIPTION DU PROCESSUS

a) La demande et l’ouverture de l’enquête officielle


i. L’opérateur foncier établit ou fait établir des listes des personnes intéressées par
le projet et, susceptibles de formuler une demande de certificat foncier.
Le listing est régulièrement mis à jour par l’opérateur foncier. ii. L’opérateur
foncier remet les exemplaires imprimés du formulaire de demande à tous les
demandeurs de certificats fonciers.
iii. Les demandeurs rédigent leurs demandes, avec les conseils de l’opérateur
foncier.
iv. L’opérateur foncier communique au Sous-préfet cette liste, ainsi que le nom
du ou des Commissaire(s)-enquêteur(s) en charge des enquêtes.

b) Le déroulement de l’enquête
v. La constitution de l’équipe d’enquête : Le commissaire-enquêteur se rend
dans le village du demandeur et y constitue une équipe composée du
demandeur, de ses voisins, de représentants du conseil de village et du
CVGFR et de toute personne utile à la bonne fin de l'enquête.
vi. Le Commissaire-enquêteur procède au recensement des droits les droits
coutumiers, conformes aux traditions ou cédés à des tiers mais, également
les droits d’usage, les droits de passage et les servitudes.
vii. Le Commissaire-enquêteur établit le procès-verbal de recensement des
droits coutumiers et ses annexes, conformément au modèle en vigueur

c) La constitution du dossier technique de délimitation


viii. Le demandeur, ses voisins et toute personne ressource déterminent d’un
commun accord les limites de la parcelle et, procèdent à la matérialisation
provisoire de ces limites, conformément aux normes en vigueur.
ix. Lorsque la matérialisation provisoire des limites de parcelles a eu lieu,
l’opérateur foncier se rend sur les lieux en compagnie de l’équipe d’enquête
et du commissaire-enquêteur, pour procéder au constat des limites du bien
foncier, conformément aux indications données par les parties présentes.

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x. L’opérateur foncier fournit et pose des bornes au moins aux points
d’intersection des amorces des limites de la parcelle avec les limites des
parcelles voisines. La position de ces bornes est levée,
conformément à la réglementation en vigueur et, leurs coordonnées
intégrées au réseau géodésique de Côte d’Ivoire.
xi. L’opérateur foncier établit pour chaque parcelle le dossier technique
provisoire qui doit être conforme à la réglementation en vigueur.
xii. L’opérateur foncier transmet les fichiers pdf et shp de l’enquête officielle à
l’AFOR par voie numérique.
xiii. L’AFOR procède au contrôle du plan provisoire et de tous les aspects liés
aux opérations de certification foncière.

d) La publicité des résultats des enquêtes officielles


xiv. L’annonce de la publicité : le CE procède à l’affichage des avis d’ouverture
de la période de publicité des résultats des enquêtes dans le village, la
Souspréfecture, la Préfecture et la Direction Départementale du Ministère
en charge de l’Agriculture, localement concerné(e)(s).
xv. L’ouverture de la publicité : il s’agit de présenter les résultats des enquêtes
à la population du village, au cours d’une séance publique comme d’ouvrir
et de mettre à la disposition du public, deux (2) registres des accords et des
oppositions (au village et à la Sous-préfecture).
xvi. La période de publicité : elle dure un (1) mois. Au cours de cette période, la
population est appelée à formuler des accords ou des oppositions dans les
registres ouverts, à cet effet, à la sous-préfecture ou au village.
xvii. La clôture de la publicité : les remarques formulées dans les RAO sont lues
par le Secrétaire du CVGFR, discutées et consignées dans un procès-
verbal rédigé par le Commissaire-Enquêteur. Le PV est signé par le
CommissaireEnquêteur et le Président du CVGFR dresse la liste des
dossiers ayant fait l’objet d’accord, celle des dossiers ayant fait l’objet
d’oppositions retirés après discussion et celle des dossiers ayant fait l’objet
d’oppositions maintenues, ainsi que les termes desdites oppositions. La
publicité est close. Le procèsverbal signé est joint aux dossiers et remis au
Président du CVGFR, pour le compte dudit comité.

e) L’approbation des résultats de l’enquête xviii. Le CVGFR se réunit pour délibérer


sur l’existence et l’étendue des droits coutumiers pour chaque dossier et constate
ou non que l’exercice de ces droits se fait de façon paisible et continue.
xix. Si l’enquête ne révèle aucune contestation ni opposition, un constat
d’existence continue et paisible des droits coutumiers est signé dans les
meilleurs délais par au moins les trois quart (3/4) des membres du CVGFR.
L’opérateur foncier transmet immédiatement le dossier au CSPGFR, pour
validation.

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xx. Si l’enquête révèle une opposition et/ou une contestation, la procédure de
constat d’existence continue et paisible est suspendue pour une période
renouvelable de 15 jours, permettant la résolution du contentieux, par le
CVGFR. Si le règlement amiable aboutit, une attestation de règlement est
établie par le CVGFR. L’opérateur foncier transmet immédiatement le
dossier au CSPGFR, pour validation.
xxi. Si ce règlement n’aboutit pas, le CVGFR transmet immédiatement le
dossier litigieux au CSPGFR pour compétence, avec un rapport.
xxii. Si le dossier d’enquête révèle des insuffisances, le CVGFR peut demander
au Commissaire-Enquêteur d’effectuer un complément d’enquête ou de
reprendre celle-ci. Les mêmes formalités de publicité sont observées.
xxiii. Avant la séance de validation par le CSPGFR, l’OF envoie la version
numérique des documents à étudier pour chaque dossier, à chacun des
membres du CSPGFR représentant une administration.
xxiv. Le CSPGFR se réunit, délibère et prononce un avis sur la validation de
chaque dossier.
xxv. En cas de validation, le Président du CSPGFR signe une attestation de
validation et l’ajoute au dossier. Le dossier est restitué à l’OF. La validation
peut être assortie d’observations de forme, à intégrer dans le dossier
définitif. xxvi. En cas de litiges non réglés par le CVGFR, le CSPGFR essaie
de les régler à l’amiable. Le CSPGFR peut s’appuyer sur des compétences
extérieures au village.
xxvii. En cas de non-validation, le demandeur peut introduire une ultime demande
dans un délai de 2 mois à compter de la date de notification. Passé ce délai,
les résultats de l’enquête peuvent être utilisés par tout ayant droit déterminé
par l’enquête
xxviii. À la suite de la validation par le CSPGFR, l’opérateur foncier établit un
dossier technique définitif de délimitation et le transmet à l’AFOR, ainsi que
les pièces de l’enquête officielle.
xxix. Après validation du dossier par l’AFOR, L’opérateur foncier imprime en 2
exemplaires le certificat foncier et le cahier des charges figurant en annexe.
Il fait signer le cahier des charges par le demandeur du certificat foncier.
xxx. L’opérateur foncier transmet les 2 exemplaires originaux du certificat foncier
timbré et de son annexe au Préfet.
xxxi. Le Préfet signe les 2 exemplaires originaux du certificat foncier et de son
annexe.
xxxii. L’opérateur foncier fait signer le certificat foncier par le titulaire ou par son
représentant porteur d’un mandat légalisé
xxxiii. Le Préfet conserve un exemplaire original timbré et le fait inscrire sur un
registre tenu par ses services.

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xxxiv. L’autre exemplaire original timbré du certificat foncier est destiné au titulaire.
xxxv. L’AFOR envoie une demande de publication des certificats fonciers au
Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire (JORCI) xxxvi. A la
demande du titulaire, l’opérateur foncier lui fait signer une requête
d’immatriculation du bien foncier rural objet de certificat foncier. xxxvii. L’opérateur
foncier transmet les données et la copie numérique concernant chacun des
certificats fonciers et des requêtes d’immatriculation.

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PROCESSUS DE CONSOLIDATION DES DROITS CONCÉDÉS

Le domaine foncier rural concédé est constitué des terres concédées par l’Etat à titre
provisoire antérieurement à la date de publication de la loi. Il est constitué de toutes
les terres, objet d’actes d’occupation, régulièrement autorisée par des autorités
compétentes. Il s’agit notamment :
- des arrêtés de concession provisoire
- des autorisations d’occuper
- des permis d’occuper
- des lettres de mise à disposition
- des contrats d’occupation précaire
- des lettres d’attribution
- des titres fonciers indigènes

DESCRIPTION DU PROCESSUS

a) La requête d’immatriculation et sa gestion


i. L’opérateur foncier établit ou fait établir des listes des personnes
intéressées par le projet et susceptibles de formuler une demande de
consolidation des droits concédés. Le listing est régulièrement mis à jour
par l’opérateur foncier.
ii. Les demandeurs rédigent, avec les conseils de l’opérateur foncier, une
requête d’immatriculation au livre foncier, rédigée sur papier libre et
adressée au Directeur Général de l’Agence Foncière Rurale. Cette
demande précise si le demandeur requiert la pleine propriété du bien
foncier considéré ou, s’il requiert un bail emphytéotique.
iii. A la demande, est joint un dossier d’immatriculation comportant :

- la copie certifiée conforme de l’acte de concession,

- une fiche de renseignements sur l’identité ou une copie de la pièce d’identité du


concessionnaire.

b) La constitution du dossier technique de délimitation iv. Le demandeur indique


les limites de la parcelle et procède à la matérialisation provisoire de ces limites
conformément aux normes en vigueur
v. Lorsque la matérialisation provisoire des limites de parcelles a eu lieu,
l’opérateur foncier se rend sur les lieux pour procéder au constat des limites
du bien foncier, conformément aux indications données par le demandeur.
vi. L’opérateur foncier fournit et pose des bornes au moins aux points
d’intersection des amorces des limites de la parcelle avec les limites des

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parcelles voisines. La position de ces bornes est levée, conformément à la
réglementation en vigueur, et leurs coordonnées intégrées au réseau
géodésique de Côte d’Ivoire.
vii. L’opérateur foncier établi pour chaque parcelle le dossier technique qui doit
être conforme à la réglementation en vigueur.
viii. L’opérateur foncier transmet les fichiers "pdf" et "shp" à l’AFOR par voie
numérique.
ix. L’AFOR procède au contrôle du plan et de tous les aspects liés aux
opérations de consolidation des droits des concessionnaires provisoires.

c) La publicité de l’avis d’immatriculation


x. L’AFOR requiert l’immatriculation auprès du Conservateur de la Propriété
foncière et des Hypothèques et transmet le dossier d’immatriculation ;
xi. Le Conservateur de la Propriété Foncière et des Hypothèques publie l’avis
au Journal Officiel et transmet la copie numérique de cet avis à l’AFOR ;
xii. L’opérateur foncier affiche cet avis dans le village, la Sous-préfecture, la
Préfecture et la Direction Départementale du Ministère en charge de
l’Agriculture localement concernés ;
xiii. L’affichage est maintenu pendant une période de 3 mois au cours de
laquelle les contestations et réclamations sont reçues, sous forme
d’opposition, par les CVGFR et le Sous-préfet ;
xiv. Au terme de la période de 03 mois, un procès-verbal de clôture de publicité
constate l’existence ou l’absence d’oppositions.
xv. En cas de contestation, le Sous-préfet en sa qualité de Président du
CSPGFR en saisit le CVGFR compétent qui dispose d’un délai d’un (01)
mois pour régler le litige à l’amiable ;
xvi. A défaut d’accord amiable, le litige est soumis à la décision d’une
commission spéciale présidée par le Préfet de Département. Cette
Commission comprend :
- un représentant de l’AFOR

- un représentant du Ministère en charge de l’Agriculture


- un représentant du Ministère en charge de la Forêt
- un représentant du Ministère en charge de l’Urbanisme
- un représentant du Ministère en charge des Infrastructures Economiques
- un représentant du Service du Cadastre
- toute personne utile à la bonne fin des travaux

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xvii. Au cas où ce règlement à l’amiable se fait au détriment du concessionnaire
provisoire, le Sous-préfet réunit le CSPGFR pour proposer les modalités
d’une indemnisation juste et équitable.

d) L’immatriculation du bien foncier xviii. En cas de non-opposition ou après


règlement des litiges, l’opérateur foncier transmets à l’AFOR le dossier complet de
consolidation comprenant notamment le dossier technique, les certificats
d’affichage, les procèsverbaux de clôture de publicité et les actes de règlement
amiable des litiges, pour vérification.
xix. Si le dossier est conforme, l’AFOR autorise, l’opérateur foncier à
transmettre le dossier au CPFH, pour immatriculation du bien foncier au
nom de l’Etat
xx. Le Conservateur de la Propriété Foncière et des Hypothèques immatricule
le terrain concerné au nom de l’Etat
xxi. Il transmet une copie de l’extrait du livre foncier et de l’extrait topographique
certifié par le Cadastre à l’AFOR.

e) La cession ou la location du bien foncier xxii. Les terres immatriculées au nom


de l’Etat sont données à bail (location) ou vendues à l’ancien concessionnaire
(pleine propriété).
xxiii. L’AFOR prépare un contrat de cession ou un contrat de bail emphytéotique
et le transmet au ministre en charge de l’agriculture pour suite à donner.
xxiv. L’AFOR fait signer le contrat de cession ou de bail par l’ancien
concessionnaire.
xxv. Dans le cas d’un contrat de cession, le CPFH inscrit la mutation au livre
foncier et fait payer à l’ancien concessionnaire les frais d’immatriculation et
les droits de cession. Après le paiement, le CPFH remet à l’ancien
concessionnaire un extrait topographique certifié par le Cadastre, qui porte
le numéro du titre foncier.
xxvi. Dans le cas d’un contrat de bail, le CPFH enregistre ce contrat et fait payer
à l’ancien concessionnaire les frais d’immatriculation et les droits
d’enregistrement. Après le paiement, le CPFH remet à l’ancien
concessionnaire le bail emphytéotique.
xxvii. Le CPFH transmet à l’AFOR une copie numérique des documents délivrés
à l’ancien concessionnaire.

PROMOTION DE LA CONTRACTUALISATION

25
Dans le cadre de la contractualisation, il s’agira d’encourager les populations à la
formalisation des transactions portant sur lesdites terres ainsi que l’archivage et
l’enregistrement des conventions passées. La sensibilisation sera mise sur la
nécessité de reconnaitre les droits des exploitants agricoles et des occupants
régulièrement installés sur les parcelles de terres rurales. De même, cette
sensibilisation portera sur :
- la reconnaissance et le respect des droits acquis ;
- la formalisation des conventions portant sur les terres rurales ;

- l’archivage et l’enregistrement des pactes sociaux et des arrangements fonciers.


Le contrat permet sécuriser aussi bien les droits du propriétaire coutumier que ceux
de l’exploitant non-propriétaire de terres, dans des conditions claires, transparentes et
sans ambiguïté.
Le contrat est un outil qui favorise la paix et la cohésion sociale entre les
communautés.
I- LES MODELES DE CONTRATS

1-1. CONTRATS DE FAIRE-VALOIR INDIRECT


1. Contrat de planter-partager avec partage de récolte
Le Contrat de planter-partager avec partage de récolte est un contrat signé entre un
propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) et un locataire de la terre (le
planteur), qui se mettent d’accord sur les termes (durée, types de cultures, techniques
à utiliser, le taux de partage, etc…)
Dans cette entente, le planteur est chargé de mettre en valeur la terre par la création
d’une plantation ; tout ce qui est coûts de création et d’entretien de la plantation
(nettoyage, planting, engrais, main-d’œuvre…) sont à sa charge
Après la vente des produits issus de la récolte, le planteur et le propriétaire de la terre
se partagent l’argent de la récolte, sur la base des pourcentages établis à la signature.
A la fin du contrat, le propriétaire et/ou planteur peuvent décider de reconduire ou non
l’entente. En cas de reconduction, les deux parties fixent des nouvelles règles. En cas
de non-reconduction, le propriétaire reprend sa terre.
2. Contrat de planter-partager avec partage de plantation
Le Contrat de planter-partager avec partage de plantation est un contrat signé entre
un propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) et un locataire de la terre (le
planteur), qui se mettent d’accord sur les termes (durée, types de cultures, techniques
à utiliser, le taux de partage, etc…)
Le planteur est chargé de mettre en valeur la terre par la création d’une plantation ;
tout ce qui est coûts de création et d’entretien de la plantation (nettoyage, planting,
engrais, main-d’œuvre…) sont à sa charge.
Dans cette entente, le propriétaire et le planteur doivent s’entendre sur la durée entre
la création de la plantation et le partage de la plantation.

26
A la date indiquée pour le partage, les deux parties se partagent la plantation en
fonction des taux fixés à la signature du contrat. Chaque partie pourra prendre soin de
la part qui lui revient.
A la fin du contrat, le propriétaire et/ou planteur peuvent décider de reconduire ou non
l’entente. En cas de reconduction, les deux parties fixent de nouvelles règles. En cas
de non-reconduction, le propriétaire reprend la totalité de sa terre.
3. Contrat de planter-partager avec partage de la terre
Pour réaliser le Contrat de planter-partager avec partage de la terre, le propriétaire de
la terre (détenteur du droit foncier) doit obligatoirement détenir un Certificat Foncier.
Le Contrat est signé entre un propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) et un
locataire de la terre (le planteur), qui se mettent d’accord sur les termes (durée, types
de cultures, techniques à utiliser, le taux de partage, etc…), sur la base du certificat
foncier.
Le planteur est chargé de mettre en valeur la terre par la création d’une plantation ;
tout ce qui est coût de création et d’entretien de la plantation (nettoyage, planting,
engrais, main-d’œuvre…) lui revient.
Dans cette entente, le propriétaire et le planteur doivent également s’entendre sur la
durée entre la création de la plantation et le partage de la plantation.
A la date indiquée pour le partage, les deux parties se partagent la terre, y compris les
plants, sur la base des pourcentages établis. Un Contrat de cession suite à un
contrat de planter-partager avec partage de la terre est par la suite signé.
C’est-à-dire, chaque partie devient propriétaire de la superficie de la terre discutée à la
signature du premier contrat.
Chacun devra donc se faire établir un certificat foncier après la cession (sur la portion
qui lui revient).
Il faut noter que la durée du premier contrat ne tient que jusqu’au partage et le partage
de la terre est définitif.

4. Contrat de mise en garantie d’une parcelle en production contre


l’obtention d’un prêt
Le Contrat de mise en garantie d’une parcelle en production contre l’obtention d’un
prêt est établi, lorsque le propriétaire d’une plantation, qui n’est pas forcément le
propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) contracte un prêt auprès d’une
tierce personne.
Le remboursement de la dette peut se faire de deux manières :
- Premier mode : le débiteur rembourse directement la dette,
- Deuxième mode : le débiteur demande au créancier de se faire rembourser
avec les produits issus de la plantation, jusqu’à épuisement de la dette.
Après le remboursement total de la dette, le propriétaire et/ou planteur reprend son
bien foncier.

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5. Contrat de location
Le Contrat de location est un contrat dans lequel le propriétaire de la terre (détenteur
du droit foncier) loue à un locataire (le planteur), sous certaines conditions (durée,
types de cultures, techniques à utiliser, etc…), une partie ou toute sa terre moyennant
un loyer.
Dans cette entente, la production du locataire est indépendante du loyer à payer,
néanmoins, il est possible, pour le propriétaire ou le planteur, de renégocier les termes
du contrat, notamment le loyer, en cas de baisse ou de hausse des cours liés au
produit cultivé.
Au terme du contrat, le propriétaire récupère la totalité de sa terre.
6. Contrat de métayage
Le Contrat de métayage est signé entre le propriétaire d’une plantation et un ouvrier
agricole. Il travaille en entretenant le champ et fait la récolte.
Son salaire est une partie de l’argent de la récolte, déjà négocié à la signature du
contrat.
7. Contrat de prêt
Le Contrat de prêt est un contrat établi entre le propriétaire d’une plantation et une
tierce personne, pour l’exploitation de sa plantation avec ou sans contrepartie
financière.

1-2. CONTRATS DE FAIRE-VALOIR DIRECT


8. Contrat de donation
Le propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) doit obligatoirement détenir un
Certificat Foncier.
Le Contrat de donation permet au propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier)
de donner, une partie ou toute sa terre, sans contrepartie financière.
9. Contrat de vente
Le propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier) doit obligatoirement détenir un
Certificat Foncier.
Le Contrat de vente permet au propriétaire de la terre (détenteur du droit foncier), de
vendre une partie ou toute sa terre moyennant une contrepartie financière.
10. Contrat de cession suite à un contrat de planter-partager avec partage de
la terre
Le Contrat de cession suite à un contrat de planter-partager avec partage de la terre
est le second contrat établi lorsque le propriétaire de la terre (détenteur du droit
foncier) et le locataire de la terre (le planteur), ont déjà signé un Contrat de planter-
partager avec partage de la terre.
Se référer au Contrat de planter-partager avec partage de la terre

28
1-3. DESCRIPTION DU PROCESSUS
i. L’opérateur foncier met à jour le listing complet des personnes intéressées par la
contractualisation. ii. L’opérateur foncier organise des réunions en petits groupes de
personnes intéressées par la contractualisation. Au cours de ces réunions, l’opérateur
foncier :
- explique les principes de la contractualisation et de la formalisation écrite des
accords contractuels.

- présente les différents modèles de contrats établis par l’AFOR, pour faciliter la
contractualisation (tutorat, location de court terme ou de long terme,
métayage, planter-partager, vente, cession, etc.)
iii. L’opérateur foncier aide les binômes exploitants-tuteurs à identifier le modèle de
contrat qui correspond le mieux à la formalisation de leurs accords.
iv. Un plan de la parcelle peut figurer en annexe du contrat, formalisant un accord
entre deux (2) personnes concernant cette parcelle. L’opérateur foncier apporte son
appui dans l’établissement des plans de parcelle.
v. Un exemplaire original de chaque contrat est conservé par chacune des parties
signataires. vi. Un autre exemplaire original est remis au CVGFR pour conservation.
vii. L’opérateur foncier apporte son appui au CVGFR pour organiser l’archivage et la
conservation des contrats. viii. L’opérateur foncier transmet à l’AFOR, la copie
numérique de chacun des contrats pour conservation. ix. L’AFOR met les copies
numériques des contrats à la disposition des DDA/DRA et des Sous-préfets ou
services fonciers préfectoraux.

29
MODULE III :
GESTION DES CONFLITS

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LITIGES ET CONFLITS : GENERALITES

Introduction : la dimension quotidienne des différends


− Les différends fonciers peuvent avoir lieu à l'intérieur ou entre les familles, ou
entre des individus ou des communautés et des entreprises privées. Ils
peuvent aussi impliquer des réclamations contre l'Etat.
− Les différends peuvent survenir autour d'un certain nombre de questions comme
l'héritage, la délimitation des parcelles ou les transactions.
− Les différends fonciers peuvent dégénérer en conflits violents, s’ils ne sont pas
traités. Fournir des moyens efficaces et légitimes pour régler les différends est
un facteur important de la protection des droits fonciers légitimes.

2. Quelles différences entre un litige et un conflit ?


La notion de « différend ou litige » est utilisée pour désigner les revendications
foncières, qui sont limitées dans la nature et peuvent être traitées en vertu du droit
existant. Les différends ou litiges fonciers peuvent concerner l’enregistrement des
droits fonciers, l’estimation de la valeur foncière, la fiscalité et ou l’aménagement du
territoire.
Le terme « conflit » est utilisé en relation avec des perturbations à grande échelle de
la société, qui se traduisent par des changements généralisés dans les dispositions
foncières. Les situations de discrimination, causées par des lois ou des politiques,
peuvent conduire, aussi à des conflits. Les catastrophes naturelles et le changement
climatique peuvent également causer des conflits.
Le conflit peut être latent, superficiel ou ouvert. Il est souvent créatif et positif, s’il est
abordé de manière constructive.

3. Quelles causes globales ou courantes aux différends ou litiges fonciers ?


Les avocats et autres fournisseurs de services juridiques devraient accorder une
attention particulière aux spécificités des différends fonciers et à leurs causes. Les
différends fonciers peuvent avoir diverses causes. Les causes récurrentes de
différends comprennent l'insécurité foncière, la rareté des ressources, la « qualité » du
droit, ou plutôt son absence, et l'injustice historique.
- L'insécurité foncière découle du fait que des personnes risquent de voir leurs
droits fonciers menacés par des exigences concurrentes, ou même de les perdre et
ne pas pouvoir continuer à jouir des ressources sur lesquelles elles revendiquent ces
droits. Les groupes marginalisés ont tendance à être les plus touchés par l'insécurité
foncière.
- La rareté des ressources peut être une autre cause clé des différends fonciers.
La question se pose, lorsque la disponibilité des ressources naturelles est insuffisante
pour répondre à la demande. La rareté peut être due à des facteurs comme la
croissance démographique, l’augmentation de la consommation, les pressions
commerciales ou la consommation déséquilibrée entre les utilisateurs, et la
concentration des terres.

31
LITIGES ET CONFLITS : COMMENT LES RESOUDRE ?

La gestion des conflits cherche à limiter et à éviter toute violence future, en favorisant
des changements de comportements positifs, au niveau des parties impliquées, à
travers des outils ou techniques d’analyse de conflits.

1. L’analyse du conflit foncier


L’analyse du conflit foncier peut se faire, à l’aide d’un certain nombre d’outils ou de
techniques. L’outil « Arbre à conflit » est généralement utilisé avec des groupes non
lettrés. C’est un outil graphique, qui se sert de l’image d’un arbre, pour lister les
problèmes clés du conflit et, pour mieux identifier les causes, enjeux et effets du
conflit. Le conflit est généralement représenté par un arbre avec les différentes parties
concernées. Les branches représentent les effets, les symptômes du problème. Le
tronc, c’est l’enjeu primordial et les racines représentent les causes principales.
Exemples de causes de litiges fonciers
- Vente de parcelle à plusieurs personnes
- Ventes illicites et illégales de ressources végétales ou animales
- Dépassement de limite
- Non-respect des us et coutumes
- Poids des préjugés sur des communautés ou ethnies

2. Modes Alternatifs de Règlements des Conflits


Fournir des mécanismes pour résoudre les différends fonciers et protéger des droits
fonciers légitimes est une fonction clé du droit. Les systèmes judiciaires officiels ne
sont souvent pas le seul moyen de régler les différends fonciers. Parallèlement aux
systèmes judiciaires officiels, il peut exister des systèmes judiciaires non étatiques de
règlement des différends fonciers, dont les systèmes coutumiers et des Modes
Alternatifs de Règlements des Conflits (MARC). En fait, de nombreux différends
n’arrivent jamais devant les tribunaux et sont plutôt résolus d'une autre manière ; la
grande majorité étant réglée à l'amiable.

Les MARC englobent un large éventail de mécanismes pour régler les différends en
dehors des systèmes judiciaires, incluant la négociation, la médiation, la conciliation,
l'évaluation préliminaire impartiale et la détermination d’experts 1. Ces approches
favorisent des solutions qui sont consensuelles et mutuellement bénéfiques pour
toutes les parties concernées. Ces solutions sont souvent plus susceptibles de
satisfaire et d’être respectées par toutes les parties concernées, par rapport à, par
exemple, un jugement rendu par un tribunal qui pourrait être difficile à appliquer et,

1 (FAO, 2014b).

32
peut avoir besoin d'être exécuté, au travers d’un processus potentiellement long et
coûteux.

a) L’arbitrage
L'arbitrage est souvent répertorié comme un type de MARC. L'arbitrage consiste en
l’accord entre les parties :
- i) de soumettre leur différend à un tribunal, constitué en général d'une ou trois
personnes neutres ;
- ii) de se conformer à la décision du tribunal.
Contrairement aux autres mécanismes de MARC mentionnés ci-dessus, l'arbitrage est
une procédure contentieuse conduisant à une décision contraignante pour les parties.
Les parties ne peuvent pas être contraintes par la Loi, à parvenir à un accord amiable,
mais, la Loi exige parfois que les parties aient fait des efforts de suivre un processus
de MARC, avant de porter une affaire devant le système judiciaire.
Les systèmes coutumiers fournissent des mécanismes relativement rapides et peu
coûteux de règlement des différends relatifs aux terres, pêches et forets. Les
systèmes coutumiers de résolution des différends fonciers varient énormément. De
nombreux systèmes mettent l'accent sur les approches liées aux MARC comme la
négociation, la médiation et la conciliation.

b) La médiation
La médiation peut être utilisée pour les différends qui risquent de ne pas bien se régler
devant un tribunal, ou lorsque les parties ne sont pas en mesure ou ne se sentent pas
à l'aise de déposer une plainte auprès du système judiciaire officiel. Les parties
doivent exprimer leur consentement à participer à un processus de médiation, et
devraient être prêtes à trouver une résolution à travers le compromis et la négociation
facilitée par une tierce partie neutre, le médiateur.
La médiation peut être moins coûteuse par rapport aux procédures devant les
tribunaux, plus rapide et plus propice à la restitution, la réconciliation et la réadaptation
entre les parties.
La médiation rejoint davantage les pratiques coutumières de compromis et de
cohésion communautaire, plutôt qu’une peine ou un processus accusatoire de
gagnants et perdants. Elle met l'accent sur des solutions gagnant-gagnant qui peuvent
aider à rétablir l'harmonie locale. La médiation peut également jouer un rôle préventif,
en ce qu'elle peut être utilisée à un stade précoce d'un différend, ce qui réduit les
risques de voir celui-ci dégénérer en conflit.

3. Régler autrement le conflit foncier


• Etablir les faits (identifier le vrai problème).
Quel(s) est (sont) le(s) vrai(s) problème(s) ? Que se passe-t-il réellement ? Quelles
sont les personnes réellement impliquées ? Est-ce que les parties ont la capacité de
comprendre des documents techniques importants ?

33
• Identifier les besoins des deux parties.
Que veulent réellement les personnes impliquées ? S’il vous est possible de définir un
but commun pour les personnes impliquées, cela facilitera le travail de recherche de
solutions, sur lesquelles les deux parties s’accorderont.
• Evaluer la situation.
Le conflit est-il d’une taille gérable ou doit-il être découpé en plusieurs petits
problèmes ? Si vous vous impliquez, avez-vous une chance raisonnable de mettre fin
au conflit ? Vous devez éviter de vous engager dans une gestion de conflit, si vous
percevez à l’avance que vous n’obtiendrez pas de succès.
• Décider d’un processus.
Quel processus vous et l’autre partie choisirez pour résoudre le conflit ? Les
problèmes doivent-ils être discutés dans un ordre précis ? Quel est le programme ? Y-
a-t-il une date butoir ? Quelles sont les règles de négociation ? Qui convoque et
préside les réunions ? Est-ce qu’un accord final sera signé ?
• Rechercher des solutions.
Est-ce que les parties veulent négocier sur les problèmes ? Est-ce que le médiateur
doit inventer des propositions spécifiques de compromis ? Est-ce que les parties
doivent développer leurs propres propositions ou, travailler ensemble sur un accord
commun et négocier ensuite, section par section ? Cette étape doit se faire avec les
deux parties en présence. • S’accorder et mettre en œuvre des actions.
Comment s’assurer que les parties respectent l’accord ? Quand vous parvenez à un
accord, il est important que les deux parties aient la même vision des résultats. Une
manière de la vérifier est de se mettre d’accord sur des actions à suivre, sur qui va les
réaliser et d’être très concret et spécifique. Il peut aussi être essentiel, pour les parties
de vendre l’accord à leurs parties prenantes.

Cas des litiges liés aux limites sur la délimitation de territoire de village
Pour les limites entre villages non consensuelles, il faut aider à trouver un consensus
de la manière suivante :
- écouter les représentants des CVGFR. Si besoin, faire intervenir les plus
anciens qui connaissent l’histoire de l’installation des villages ;
- proposer à chaque village de faire un compromis raisonnable ;
- demander aux participants de proposer des actions à mener, pour trouver un
accord sur les limites et, définir un plan d’action pour la résolution validée par le
Sous-préfet ;
- en cas d’échec des étapes précédentes, le Sous-préfet fait une proposition de
plan d’action, en vue de la résolution ;
Si les limites entre parcelles de détenteurs de droits fonciers ou d’exploitants agricoles
sont non consensuelles, il faut aider à trouver un consensus de la manière suivante :

34
- écouter des témoins et le CVGFR. Si besoin, faire intervenir les sachants qui
connaissent l’histoire de la parcelle et des installations dans le village ;
- aider les participants à trouver un compromis raisonnable ;
- demander aux participants de proposer des actions à mener pour trouver un
accord sur les limites et définir un plan d’action pour la résolution.

Recommandations additionnelles

- Améliorer l’accessibilité des tribunaux ;


- alléger les procédures judiciaires ;
- sélectionner et former des autorités judiciaires diversifiées ;
- renforcer les systèmes judiciaires coutumiers, en les intégrant aux systèmes
juridiques formels ;
- établir un système de recours judiciaire clair et accessible ;
- renforcer les mécanismes de surveillance et de responsabilisation judiciaires.

Gestion participative de règlement de différend au village

LE MECANISME DE GESTION DES PLAINTES (MGP)

35
a) Définition
Le Mécanisme de Gestion des Plaintes est un système permettant de :
- répondre aux questions ou clarifications relatives au projet ;

- résoudre les problèmes résultant de la mise en œuvre ;


- traiter efficacement les réclamations et les plaintes ;
- canaliser les doléances ou les plaintes des parties prenantes et des
bénéficiaires ;
- résoudre les problèmes et contraintes soulevées par les plaignants de manière
efficace, dans les délais fixés, à travers des procédures transparentes et
accessibles aux citoyens.

b) Objectifs Le
MGP vise :
- la prévention de la survenue de griefs ;
- le traitement des plaintes et des éventuels conflits devant découler desdits
griefs dans le cadre de la réalisation des activités du projet.

c) Procédure
Pour cela, il faudra :
- identifier les griefs potentiels liés aux activités du projet ainsi que les qualités
des éventuels protagonistes ;
- définir les directives et les mesures de prévention des griefs ;
- définir le mécanisme de règlement des plaintes, et ;

- identifier les organes impliqués dans sa mise en œuvre.

d) Quels organes interviennent dans la gestion des plaintes ?


Les organes de gestion des plaintes sont organisés comme ci-après :
- Le Comité Départemental de Gestion des Plaintes
- Le Comité Sous-préfectoral de Gestion des Plaintes
- Le Comité villageois de Gestion des Plaintes

- L’Agence Foncière Rurale (AFOR) : Direction Générale et Conseil de


Surveillance

36
e) Schéma de prise en charge des plaintes

Commentaires du schéma :
1. Une plainte peut être initiée par les populations, les partenaires, toute personne
intéressée et les tiers à la sécurisation foncière rurale.
2. La plainte est d’abord déposée au village, si elle n’est pas résolue, elle est
transmise à la Sous-Préfecture. Là, si elle n’a pas de solution, elle est
transmise à la Préfecture. En cas de non-résolution, elle est envoyée à l’AFOR.
Précisons que c’est le Président de chaque instance qui transmet la plainte à
l’instance supérieure.
3. Au niveau de ces instances de règlement, siègent l’Administration locale, le
Médiateur de la République, les CVGFR, la Chambre Nationale des Rois et
Chefs Traditionnels et toute autre structure compétente.
4. Lorsque ces instances trouvent une résolution à la plainte, elles informent
immédiatement le plaignant.
5. Il existe parfois des plaintes non conformes. C’est-à-dire des plaintes n’ayant
pas un lien avec le projet (par exemple un problème conjugal) ; le plaignant est
alors apaisé et orienté vers la voie de résolution compétente qui est l’une des
solutions conseillées dans le schéma ci-haut.

37
6. Toutefois, il est loisible au plaignant de recourir à d’autres voies telles que la
Justice s’il se sent insatisfait. Cependant, c’est une voie que le MGP
déconseille car beaucoup de fois les décisions de justice sont difficilement
applicables.

38
MODULE IV :

GENRE, INCLUSION SOCIALE ET DROITS FONCIERS

39
INTRODUCTION : Contexte

En Côte d’Ivoire, la problématique du genre se situe au cœur des politiques publiques


de développement.
La Côte d’Ivoire a ratifié la plupart des conventions et traité sur la promotion de
l’égalité entre les hommes et les femmes.
Au niveau national, diverses actions ont été entreprises pour la promotion de l’égalité
entre les sexes. Cependant, malgré toutes ces actions, des inégalités hommes-
femmes subsistent dans tous les domaines. Les inégalités de façon générale et
particulièrement celles liées au Genre, sont des sources importantes de pauvreté.
Dans tous les domaines d’activités, des inégalités subsistent à tous les niveaux :
politique, économique, juridique et social :
- Dans le secteur de l'agriculture : les hommes s'occupent des cultures
commerciales tandis que les femmes s’occupent généralement des cultures
vivrières. Elles ont un accès à la terre2 mais, n’ont pas de contrôle sur la
propriété foncière, du fait que les droits fonciers coutumiers ne leur sont pas
systématiquement reconnus au sein de leur communauté.
- Au niveau du foncier : difficile accès des femmes et des jeunes à la propriété
foncière, détention de droits d’usage avec restrictions (ne pas planter des
arbres), accès à des terres marginales et souvent peu fertiles.
Les inégalités de genre sont largement soutenues ou exacerbées par des pratiques
coutumières. Mais, de plus en plus des arguments d’ordre religieux (référence à des
versets bibliques et coraniques) sont mobilisés, surtout par les hommes, pour légitimer
les différences de statuts, de rôle, de droits et devoirs entre les hommes et les
femmes.
La prise en compte du genre dans une perspective d’inclusion sociale, en termes de
réduction des inégalités entre hommes et femme, de pleine participation des hommes
et des femmes au processus de développement est plus que jamais un défi de
gouvernance, de bonne gouvernance pour la Côte d’Ivoire. Malgré les efforts du
Gouvernement, le traitement inégal des femmes se reflète encore dans toutes les
sphères de la vie en société et rappelle l’importance de faire des rapports sociaux
équitables une priorité des politiques sociales à tous les niveaux.
En Côte d’Ivoire, la loi de 1998 relative au domaine foncier rural ne fait pas de
discrimination dans le genre pour l’accès à la propriété foncière.

2 Plan d’action genre et inclusion sociale (PAGIS) Compact Côte d’Ivoire. Version de novembre 2019

40
DEFINITIONS OU SENS DES TERMES CLÉS

a) Genre
La définition du genre comprend trois (3) dimensions essentielles :
• Le genre, comme mot sociologique
C’est ce qui différencie les hommes et les femmes dans leurs relations sociales. Ces
DIFFÉRENCES socio-économiques entre les hommes et les femmes sont
CONSTRUITES par les sociétés et ACQUISES par les individus dans le cadre du
processus de socialisation.

• Le genre : une méthodologie d’analyse


L’analyse selon le genre concerne l’examen de toute différence, de condition, de
besoin, de participation, d’accès aux ressources, de développement, de gestion du
patrimoine, de pouvoir de décision, d’image entre les femmes et les hommes par
rapport aux rôles qui leur sont assignés en raison de leur sexe.
• Le genre : outil de développement et de changement
Cela signifie qu’il faut sortir de l’approche FEMME et Développement (Intégration des
femmes dans le développement), pour aller vers GENRE et Développement
(transformer les relations non-égalitaires entre hommes et femmes pour améliorer
l’accès de toutes et tous aux /bénéfices du développement.
Les rôles « genrés » des hommes et des femmes se structurent autour de trois
champs : reproduction ; production et gestion communautaire.

b) Inclusion sociale
Intégration dans la société des groupes défavorisés sur la base de leurs droits et
devoirs équivalents. Les femmes et les autres groupes défavorisés (handicapés,
minorités culturelles ou religieuses) doivent avoir les mêmes droits que les autres
usagers dans tous les domaines. L’inclusion pour les sociologues est utilisée pour
caractériser les rapports entre les individus et les systèmes sociaux. L’inclusion est
multidimensionnelle. Elle doit concerner tous les secteurs : économique, social,
culturel, politique, de la société.

c) Droit foncier
D’un point de vue strictement juridique, le droit foncier est l’ensemble des dispositions
comprenant les règles relatives à l’accès à la terre et à sa gestion. Le droit foncier est
déterminé par la législation étatique.
Dans une acception sociologique, le droit foncier est régi par des usages locaux,
instituant des droits et des pratiques, qui peuvent s’écarter du droit étatique.
Le concept de droit foncier renvoie plus explicitement à la notion de faisceaux de
droits :

41
au sens où il n’existe pas un seul type de droit (la propriété privée) mais une diversité
de droits (droit d’usage, droit de transfert, droit d’administration) qui peuvent être
détenus individuellement ou collectivement. À chaque type de droits sont associés des
devoirs.

Cas des droits fonciers légitimes


Les Directives volontaires des Nations Unies ne fournissent pas de définition des
droits fonciers légitimes. Cependant, elles reconnaissent généralement comme
légitimes à la fois les droits fonciers légaux et coutumiers, formels et informels, et
encouragent les Etats à reconnaitre, documenter et respecter tous les droits fonciers
légitimes dans la législation nationale, les politiques et la pratique. Les Directives
suggèrent que les Etats arrivent à leurs propres définitions non discriminatoires des
droits fonciers légitimes, après avoir répertorié avec attention tous les systèmes de
gouvernance foncière actuellement opérationnels dans leur pays.
Les droits coutumiers et autochtones sont des droits fonciers légitimes.
Les droits de propriété collective, les droits d’usage, les droits de location et les droits
partagés ou qui se chevauchent sont des droits fonciers légitimes.
Les droits des femmes sont des droits fonciers légitimes.

e) Légitimité juridique
Il s’agit de la légitimité sanctionnée par la loi, reconnue légalement :
- droits de propriété reconnus par la loi, y compris les droits des individus, des familles
et des groupes, et droits coutumiers reconnus par la loi ;

- droits d’usage reconnus par la loi, y compris les baux, les conventions de métayage
et les contrats de licence ;
- servitudes/droits de passage.

f) Légitimité sociale
Il s’agit de la légitimité largement acceptée socialement mais non reconnue au plan
légal :
- droits coutumiers sur les terres domaniales concédées aux citoyens ;
- établissements humains irréguliers sur des terres publiques et privées, pour lesquels
l'Etat a admis qu'il n'était pas possible de reloger les habitants ;
- squatteurs sur des terres privées et publiques, qui ont quasiment rempli les
conditions pour acquérir la terre

METHODES ET OUTILS GENRE

Trois outils clés sont ici présentés :

42
a) Le profil d’activité
Il permet :
- d’identifier et d’analyser les différentes activités/formes de travail des hommes
et des femmes, y compris des activités « peu visibles » car, pas rémunérées ;
- de mieux adapter les actions en tenant compte de la charge de travail des
femmes et du type de tâches accomplies, lors de la formulation et la mise en
œuvre du projet ;
- de prévoir comment l’intervention de développement affectera ces activités et
leur répartition, à partir de l’analyse basée sur le triple rôle (productif,
reproductif, communautaire) permettra aussi.

b) L’horloge journalière des activités Cet


outil permet :
- de visualiser la répartition des tâches et la charge de travail selon le genre ;

- d’identifier les moments disponibles dans la journée pour intervenir (réunions,


activités…) ;
- d’évaluer la possibilité du développement de nouvelles activités (AGR…).

c) Le profil d’accès et de contrôle des ressources et des bénéfices


Cet outil identifie les ressources dont les individus disposent, pour mener à bien leurs
activités, et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer.
Ces informations permettront de programmer des activités qui seront accessibles à
toutes ou de prévoir des activités, qui améliorent l’accès et le contrôle d’un groupe à
ces ressources.
Le PAMOFOR encourage l’accès des femmes à la propriété foncière dans le domaine
foncier rural (30% des certificats fonciers doivent être délivrés à des femmes).

LE CONCEPT DE GENRE ET CADETS SOCIAUX

Le concept de genre ici désigne la discrimination liée au sexe.


La prise en compte du genre tient fortement compte de pesanteurs socioculturelles.
Ces catégories ne sont guère prises en compte dans la gestion des terres. De même,
elles ne sont pas impliquées dans le règlement des problèmes fonciers. En effet,
même si dans les faits la femme peut assister au règlement d’un litige, sa voix ne
porte pas devant l’assistance. Tout le monde reconnait, cependant, qu’elle demeure
une conseillère incontournable des hommes qui doivent tenir compte des avis qu’elle
donne à la maison.
Les cadets sociaux n’ont pas voix au chapitre dans la gestion du foncier coutumier.
Car, l’essentiel des décisions relève des aînés et/ou de la génération.

43
Pour la sensibilisation d’une part, pour l’identification des demandeurs
d’autre part, il faut organiser systématiquement des réunions spécifiques
pour les femmes, en plus des réunions ouvertes à tous (ou les femmes
n’osent souvent pas prendre la parole, ni même venir). De même il faut
organiser des réunions séparées avec les jeunes.
A la suite de ces réunions spécifiques, une réunion de mise en commun, ouverte à
tous, peut être organisée.
Les listes d’identification des personnes qui souhaitent bénéficier du projet doivent
être tenues non seulement par des hommes, mais également par des femmes et
par des jeunes.
Dans les réunions de sensibilisation, que ce soient celles dominées par les
hommes ou celles organisées pour les femmes ou pour les jeunes, il faut
systématiquement énoncer et faire comprendre les messages suivants :
- Les femmes ont le droit de demander à leurs maris, à leurs pères ou à leurs
frères, de leur reconnaître la propriété ou la copropriété d’une terre ;
- Les jeunes ont le droit de demander à leurs ainés de leur reconnaître la propriété
ou la copropriété d’une terre ;
- En cas d’héritage, toutes les filles et tous les fils ont droit à une part égale des
terres appartenant à leurs pères ou à leurs mères ;
- Un homme a le droit de donner des terres de son vivant à sa femme ou à ses
enfants, pour les aider s’il vient à disparaître ;
- Les frères doivent accepter le partage de l’héritage du père avec leurs sœurs ;

- Les femmes et les jeunes ont le droit de demander à l’Administration un certificat


foncier pour les terres qui leur appartiennent coutumièrement ;
- La possession de la terre et l’accès aux facteurs de production par les femmes
entrainent une plus grande autonomie financière pour les femmes ;
- La possession de la terre et le contrôle d’autres ressources productives par les
femmes entraînent des répercussions sur le bien-être de la famille ; Lorsque les
femmes sont financièrement autonomes, elles investissent dans les dépenses
familiales (l’alimentation, la santé et l’éducation…) ;
- L’accès à la terre des femmes entraine une augmentation de la productivité
agricole ;

- Les barrières culturelles et institutionnelles empêchent les femmes d’avoir accès à


la terre, chacun de nous doit œuvrer pour faciliter l’accès à la terre aux femmes
rurales ;
- Favoriser l’accès à la terre aux femmes, c’est promouvoir les droits humains car
l’égalité des genres est avant tout une question de droits humains ;
- L’accès à la terre des femmes inclut une approche participative et inclusive de la
gestion de celle-ci ;

44
- L’accès à la terre des femmes est source d’éradication de la pauvreté pour un
développement durable ;

- L’accès à la terre des femmes nécessite une implication des hommes pour le
changement des traditions, croyances, comportement et attitudes ;
- L’accès à la terre des femmes entrainent une transformation du pouvoir entre les
femmes et les hommes, ce qui permet aux deux d’être sur le même pied
d’égalité ; - L’accès à la terre des femmes est source du renforcement de leur
pouvoir ;
- L’accès à la terre permet une meilleure implication des femmes au sein de leur
communauté ;
- L’accès à la terre permet aux femmes d’avoir le pouvoir de choisir ;

- L’accès à la terre permet une pleine participation des femmes aux prises de
décision au sein de leur famille et de leur communauté ;
- L’accès à la terre permet un accès et contrôle des ressources par les femmes ;

- L’accès à la terre occasionne de meilleures conditions de vie des femmes ;


- Les femmes et les jeunes ont le droit d’exiger que leurs noms figurent sur un
certificat foncier collectif, à côté de celui des autres détenteurs de droits
coutumiers.

Le concept de la sauvegarde sociale est indétachable du genre, au demeurant.

MODULE V :

45
ROLES ET MISSIONS DES ANIMATRICES POUR LA
SENSIBILISATION DES FEMMES

46
INTRODUCTION
L’implication des femmes dans les activités de sécurisation foncière rurale est encore
marginale du fait de nombreuses pesanteurs socioculturelles. En effet, leur accès à la
propriété foncière est encore limité dans la plupart des régions, en raison des facteurs
sus-évoqués. Il est même établi que leur participation aux différentes réunions
d’information et de sensibilisation sur les processus de sécurisation foncière rurale est
insignifiante dans des milieux essentiellement constitués d’hommes.
D’où la nécessité de renforcer la sensibilisation des femmes des villages des zones
d’intervention du projet sur les différents processus de sécurisation foncière rurale et
surtout sur l’accès des femmes à la propriété dans le domaine foncier rural.
Les sessions de sensibilisation seront animées par des femmes dans des cercles
de femmes afin de faciliter la libre expression de leurs préoccupations et de leurs
besoins.

I- ROLES ET MISSIONS DES ANIMATRICES


Les animatrices ont pour rôles et missions :
➢ d’organiser des rencontres d’échanges et de discussion avec les groupes de
femmes du village ;
➢ de sensibiliser les groupes de femmes du village sur l’importance des questions
foncières rurales ;
➢ de sensibiliser les femmes du villages sur le fait que les questions de terre
concernent aussi bien les hommes que les femmes ;
➢ d’expliquer aux femmes du village, les procédures de sécurisation foncière
rurale (délimitation des territoire de villages, délivrance du certificat foncier,
signature des contrats entre les propriétaires terriens et les exploitants non-
propriétaires) ;
➢ de contribuer au plaidoyer auprès des hommes pour un changement de
mentalités en faveur de l’accès des femmes à la propriété foncière rurale ;
➢ de porter les préoccupations des femmes auprès du CVGFR et de la Chefferie ;
➢ de faire du lobbying auprès du CVGFR pour la prise en compte des droits
fonciers des femmes ;
➢ de contribuer au règlement des conflits fonciers.

II- ORGANISATION DES REUNIONS DE SENSIBILISATION


L’organisation des réunions de sensibilisation doit répondre à une méthodologie et à
un certain nombre de conditions :
PREPARATION DE LA REUNION
➢ Planifier les rencontres envisagées ;
➢ Identifier les femmes à rencontrer et établir leur liste ;
➢ Informer préalablement le Chef du village et le Président du CVGFR de la
réunion programmée avec le groupe de femmes identifiées ; au besoin, requérir
leur accord et solliciter leurs conseils ;

47
➢ Identifier le lieu qui doit abriter la réunion ;
➢ Coopter un rapporteur pour la réunion (de préférence une femme sachant lire
et écrire).
INVITATION A LA REUNION
➢ Requérir les services du crieur public pour informer les femmes de la tenue de
la réunion (pour les réunions plénières ou élargies) ;
➢ Approcher individuellement les femmes ciblées pour les convier à la rencontre
(pour les réunions avec des groupes ciblés) ;
➢ Si possible, adresser des invitations écrites aux femmes conviées à la
rencontre.
TENUE DE LA REUNION
➢ Tenir une liste de présence des participantes à la rencontre ;
➢ Remercier les participantes conviées pour leur présence ;
➢ Mettre les femmes en confiance afin de leur permettre de s’exprimer
ouvertement et librement ;
➢ Permettre à chaque femme de se présenter aux autres ;
➢ Rappeler l’importance de la question foncière qui est la cause de nombreux
conflits dans le pays et dans le village ;
➢ Rappeler que l’Etat a fait adopter la loi n° 98-750 du 23 décembre 1998 relative
au domaine foncier rural ;
➢ Faire un exposé suivant l’un ou plusieurs des axes ci-après, en insistant sur
l’accès des femmes à la propriété foncière rurale :
- l’importance du certificat foncier et les personnes autorisées à obtenir le
certificat foncier ;
- brève présentation de la procédure de délivrance du certificat foncier ;
- l’importance de la signature de contrats fonciers entre les propriétaires
terriens et les exploitants non-propriétaires ;
- brève présentation de la procédure de signature des contrats fonciers ;
- l’importance de la délimitation des territoires de villages ;
- brève présentation de la procédure de délimitation des territoires de
villages ;
- la contribution des femmes à la réussite de la délimitation des territoires
de villages ;

48
- les avantages pour les femmes de détenir une parcelle en propre,
avec un certificat foncier ou un contrat de location ; (voir les
messages de sensibilisation au point III) ; - le lobbying des femmes
auprès de leurs époux et de leurs familles pour obtenir des
parcelles de terre en propre ; (voir les messages de sensibilisation
au point III) ;
➢ Donner la parole aux femmes pour des questions de compréhension et de
clarification ;
➢ Faire un compte rendu écrit succinct de la réunion qui fera ressortir les points
ciaprès :
- le village / la Sous-Préfecture / le Département / la Région,
- la date, l’heure et le lieu de la réunion,
- le nombre de participantes (joindre la liste de présence),
- les points de discussion présentés par l’animatrice,
- les questions posées par les participantes et les réponses données,
- les recommandations formulées,
- les actions envisagées à l’issue des échanges.

III- THEMES DE SENSIBILISATION A ABORDER


SUR LE CERTIFICAT FONCIER ET LE CONTRAT FONCIER
➢ La terre aussi a ses papiers, le Certificat Foncier et le Contrat Foncier !
➢ Avec mon Certificat Foncier, je peux louer ma terre en toute sécurité !
➢ J’ai mon Certificat Foncier ! Je signe un papier avec celui qui exploite ma terre :
c’est le contrat.
➢ Avec mon Certificat Foncier, mes droits sont reconnus sur ma parcelle. Il n’y a
plus de palabre sur ma terre.
➢ Chacune de mes plantations et mes portions de terre ont un Certificat Foncier.
J’ai des droits sur mes terres et mes plantations qui sont maintenant
sécurisées.
➢ Le détenteur d'un titre foncier est reconnu comme l'unique et véritable
propriétaire de la parcelle concernée.
➢ Disons non aux conflits fonciers en nous engageant avec l’AFOR dans la
sécurisation de nos terres.

SUR LA DELIMITATION DES TERRITOIRES DE VILLAGES


➢ Pour le développement et la modernisation de nos villages, nous optons pour
leur délimitation !
➢ Grâce à l’opération de Délimitation des Territoires de Villages, nous pouvons
obtenir facilement des écoles, des dispensaires, des maternités, l’eau potable,
des projets économiques et sociaux.

49
➢ Grâce à la Délimitation des Territoires de Villages, il n’y a plus de palabre avec
les villages voisins. La paix et la cohésion sociale règnent entre nous.
➢ La limite du territoire de mon village passe dans mon champ, mais je ne perds
aucune partie de ma plantation.
➢ La limite du territoire de mon village traverse mon champ. Je conserve mes
droits sur la partie de ma parcelle située sur le territoire du village voisin.

SUR LES CVGFR


➢ Les Comités Villageois de Gestion Foncière Rurale (CVGFR) détiennent le
pouvoir de décision dans les opérations de Délimitation des Territoires de
Villages et de délivrance du Certificat Foncier.
➢ Les membres des Comités Villageois de Gestion Foncière Rurale (CVGFR)
doivent être justes et responsables en traitant les dossiers ; ils ne doivent pas
choisir un camp ;
➢ Les femmes doivent pleinement jouer leur rôle dans le Comité Villageois de
Gestion Foncière Rurale (CVGFR) afin d’assurer la prise en compte des droits
fonciers des femmes.

SUR L’ACCES DES FEMMES A LA PROPRIETE FONCIERE RURALE


➢ Les femmes ont le droit de demander à leurs maris, à leurs pères ou à
leurs frères, de leur reconnaître la propriété ou la copropriété d’une terre ;
➢ En cas d’héritage, toutes les filles et tous les fils ont droit à une part
égale des terres appartenant à leurs pères ou à leurs mères ; ➢ Un
homme a le droit de donner des terres de son vivant à sa femme ou à ses
enfants, pour les aider s’il vient à disparaître ; ➢ Les frères doivent
accepter le partage de l’héritage du père avec leurs sœurs ; ➢ Les
femmes et les jeunes ont le droit de demander à l’Administration un
certificat foncier pour les terres qui leur appartiennent coutumièrement ;
➢ La possession de la terre et l’accès aux facteurs de production par les
femmes entrainent une plus grande autonomie financière pour les
femmes ; ➢ La possession de la terre et le contrôle d’autres ressources
productives par les femmes entraînent des répercussions sur le bien-être
de la famille ; Lorsque les femmes sont financièrement autonomes, elles
investissent dans les dépenses familiales (l’alimentation, la santé et
l’éducation…) ; ➢ L’accès à la terre des femmes entraine une
augmentation de la productivité agricole ; ➢ Les barrières culturelles et
institutionnelles empêchent les femmes d’avoir accès à la terre, chacun
de nous doit œuvrer pour faciliter l’accès à la terre aux femmes rurales ;
➢ Favoriser l’accès à la terre aux femmes, c’est promouvoir les droits
humains car l’égalité des genres est avant tout une question de droits
humains ; Priver les femmes de leur part de terres dans le partage du
patrimoine foncier de la famille est une injustice qui fragilise la famille ; ➢
L’accès à la terre des femmes inclut une approche participative et
inclusive de la gestion de celle-ci ; ➢ L’accès à la terre des femmes est
source d’éradication de la pauvreté pour un développement durable ; ➢
L’accès à la terre des femmes nécessite une implication des hommes

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pour le changement des traditions, croyances, comportement et
attitudes ; ➢ L’accès à la terre des femmes entrainent une transformation
du pouvoir entre les femmes et les hommes, ce qui permet aux deux
d’être sur le même pied d’égalité ; ➢ L’accès à la terre des femmes est
source du renforcement de leur pouvoir ;
➢ L’accès à la terre permet une meilleure implication des femmes au sein de
leur communauté ; ➢ L’accès à la terre permet aux femmes d’avoir le
pouvoir de choisir ; ➢ L’accès à la terre permet une pleine participation
des femmes aux prises de décision au sein de leur famille et de leur
communauté ; ➢ L’accès à la terre permet un accès et contrôle des
ressources par les femmes ; ➢ L’accès à la terre occasionne de
meilleures conditions de vie des femmes ;
➢ Les femmes et les jeunes ont le droit d’exiger que leurs noms figurent sur
un certificat foncier collectif, à côté de celui des autres détenteurs de
droits coutumiers.

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