LA GEOGRAPHIE DU BURKINA FASO
1. Introduction
Le Burkina Faso, situé au cœur du Sahel, est un pays enclavé sans accès à la mer, ce
qui limite ses échanges commerciaux. Son relief est principalement constitué de plaines et de
plateaux, facilitant l’agriculture extensive mais exposant le pays à l’érosion. Le climat, de
type sahélien, est marqué par une saison sèche prolongée et des pluies irrégulières, accentuant
les risques de sécheresse et de désertification. Malgré ces contraintes, le pays dispose de
ressources naturelles notables, comme l’or, le manganèse et un potentiel agricole diversifié
grâce à des sols fertiles dans certaines régions. Toutefois, la forte pression démographique, la
déforestation et les effets du changement climatique compromettent la durabilité de ces
ressources. À cela s’ajoutent des défis sécuritaires croissants qui entravent l’aménagement du
territoire. Ainsi, la géographie du Burkina Faso impose des limites mais offre aussi des leviers
pour un développement résilient et durable.
2. Localisation Géographique
Le Burkina Faso est un pays d’Afrique de l’Ouest situé dans la région sahélienne,
entre 9° et 15° de latitude nord. Il est entièrement enclavé, c’est-à-dire qu’il ne possède aucun
accès à la mer, ce qui constitue un frein majeur à son commerce extérieur et à son
développement économique. Il partage ses frontières avec six pays : le Mali au nord, le Niger
à l’est, le Bénin, le Togo et le Ghana au sud, et la Côte d’Ivoire à l’ouest. Cette position
géographique lui confère un rôle de carrefour régional, mais l’expose également aux
instabilités transfrontalières. Sa localisation dans une zone sahélienne implique un climat
semi-aride, sujet à des épisodes de sécheresse fréquents. Cette contrainte naturelle, couplée à
l’enclavement, rend le pays vulnérable aux chocs climatiques et économiques. Néanmoins, sa
situation centrale peut aussi devenir un atout stratégique dans une perspective de coopération
régionale renforcée.
3. Relief
Le relief du Burkina Faso est principalement constitué de plateaux, avec des altitudes
variant entre 200 et 750 mètres. Ce paysage relativement peu accidenté domine l’ensemble du
territoire. Le plateau mossi, situé au centre du pays, est la région la plus étendue et la plus
densément peuplée. À l’ouest, le massif de Banfora et les formations gréseuses de Sindou
apportent plus de diversité au relief, avec des falaises spectaculaires et un paysage plus
escarpé. Le point culminant du pays est le mont Ténakourou, qui atteint 749 mètres d’altitude,
près de la frontière ivoirienne. Ce relief modéré favorise les activités agricoles mais limite les
ressources en eau de surface. Des sites emblématiques comme les cascades de Karfiguéla ou
les falaises de Sindou illustrent la richesse paysagère du Burkina Faso, malgré une
topographie globalement uniforme. Ces formations naturelles constituent aussi un potentiel
touristique encore peu exploité.
4. Hydrographie
Le Burkina Faso dispose d’un réseau hydrographique structuré autour de trois grands
bassins fluviaux : la Volta Noire, la Volta Blanche et la Volta Rouge, principalement situés
dans le sud-ouest et le centre du pays. Le fleuve Mouhoun (Volta Noire) est le plus long et
joue un rôle essentiel pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau. D’autres cours d’eau
comme le Nakambe (Volta Blanche) et le Nazinon (Volta Rouge) complètent ce réseau.
Toutefois, la majorité des rivières sont saisonnières, ne coulant que pendant la saison des
pluies, ce qui limite la disponibilité en eau toute l’année. Pour pallier cette contrainte,
plusieurs barrages ont été construits, dont ceux de Ziga et de Kompienga, servant à l’irrigation
et à l’alimentation en eau potable. Le principal défi reste la dépendance des ressources
hydriques aux précipitations, rendant la gestion de l’eau cruciale pour la sécurité alimentaire,
le développement rural et la résilience climatique du pays.
5. Climat
Le Burkina Faso présente une diversité climatique du nord au sud, influencée par sa
position sahélienne. Le nord connaît un climat sahélien très sec, avec des précipitations
annuelles comprises entre 300 et 600 mm. Le centre du pays bénéficie d’un climat soudano-
sahélien, plus équilibré, recevant entre 600 et 900 mm de pluie par an. Le sud, quant à lui, est
soumis à un climat soudanien plus humide, avec une pluviométrie allant jusqu’à 1 200 mm.
Les températures sont élevées toute l’année, oscillant entre 25 °C et 40 °C pendant la saison
sèche, avec de fortes amplitudes thermiques entre le jour et la nuit. Le pays connaît deux
saisons principales : une longue saison sèche de huit mois (octobre à mai) et une courte saison
des pluies (juin à septembre). Cette variabilité climatique représente un défi majeur pour
l’agriculture, l’accès à l’eau et la gestion des ressources naturelles, notamment dans un
contexte de changement climatique.
6. Végétation et paysages
La végétation du Burkina Faso varie selon les zones climatiques. Au nord, dans la
région sahélienne, prédominent la steppe et la savane arbustive, adaptées à la sécheresse. Le
centre et le sud, plus arrosés, abritent une savane arborée et des forêts claires, offrant une
biodiversité plus riche. La flore typique comprend des espèces emblématiques comme le
karité, le néré, l’acacia et le baobab, essentiels pour l’économie locale et la pharmacopée
traditionnelle. Le pays dispose aussi de zones protégées pour préserver sa biodiversité, dont la
réserve de Nazinga, réputée pour sa faune, et le parc W, partagé avec le Niger et le Bénin,
inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cependant, la déforestation, la surexploitation
des ressources et l’aridification progressive menacent ces écosystèmes fragiles. La gestion
durable des ressources naturelles devient donc une priorité pour préserver cet héritage
écologique et soutenir les moyens de subsistance des populations rurales.
7. Ressources naturelles
Le sous-sol du Burkina Faso recèle d’importantes ressources minières, avec l’or en
tête, qui constitue le principal produit d’exportation du pays. Outre l’or, on y trouve du zinc,
du manganèse, du phosphate et du calcaire, exploités à des fins industrielles et économiques.
Les principales zones aurifères se situent dans le nord et le centre-nord, notamment à
Essakane, Houndé et Bissa, attirant de nombreux investissements. Cependant, cette
exploitation pose des défis environnementaux et sociaux, notamment dans les zones rurales.
Les sols, quant à eux, sont majoritairement ferrugineux tropicaux, peu profonds et souvent
pauvres en éléments nutritifs. Ils subissent une forte pression agricole en raison de la
croissance démographique et de pratiques agricoles extensives. Cette fragilité des sols,
combinée à une exploitation intensive des ressources, nécessite une gestion raisonnée pour
préserver les équilibres environnementaux tout en assurant un développement économique
durable
8. Risques naturels
Le Burkina Faso est confronté à plusieurs risques environnementaux majeurs qui
affectent durablement son développement. La sécheresse, fréquente et prolongée, constitue
l’un des dangers les plus préoccupants, en particulier dans les régions sahéliennes du nord et
du centre-nord. La désertification progresse rapidement sous l’effet conjugué de la
déforestation, du surpâturage et de l’agriculture extensive. Ces pratiques, souvent liées à la
pression démographique et à la pauvreté rurale, dégradent les sols et réduisent leur
productivité. Paradoxalement, en saison des pluies, certaines zones subissent des inondations
localisées, causées par l’imperméabilisation des sols et l’absence d’aménagements
hydrauliques adaptés. Le nord du pays, déjà vulnérable au stress hydrique, est
particulièrement exposé à ces déséquilibres climatiques. Face à ces risques, une gestion
durable des ressources naturelles et la promotion de pratiques agroécologiques apparaissent
comme des réponses indispensables pour renforcer la résilience des populations.
9. Population et géographie humaine
Le Burkina Faso compte environ 23 millions d’habitants, avec une forte concentration
de population sur le plateau central, notamment autour des grandes villes comme
Ouagadougou, la capitale, et Bobo-Dioulasso. Ces zones connaissent une densité élevée en
raison des opportunités économiques et des infrastructures disponibles. La population est
jeune et majoritairement rurale, mais les migrations saisonnières vers les zones agricoles et
l’exode rural vers les centres urbains sont fréquents, accentuant l’urbanisation rapide. Cette
dynamique engendre une croissance désorganisée des villes, avec l’apparition de quartiers
périphériques précaires, souvent dépourvus de services de base. En milieu rural, l’habitat
traditionnel en banco (terre crue) reste largement répandu, adapté au climat mais vulnérable
face aux intempéries. La pression démographique, combinée aux mouvements migratoires,
pose de réels défis en matière d’aménagement du territoire, d’accès aux services essentiels et
de cohésion sociale.
10. Enjeux géographiques actuels
Le Burkina Faso fait face à des défis croissants liés aux changements climatiques et à
la pression démographique. La baisse progressive des précipitations et la montée du stress
hydrique fragilisent les écosystèmes, l’agriculture et les ressources en eau. Parallèlement, la
forte croissance démographique accentue la pression sur les terres cultivables, entraînant
surexploitation, dégradation des sols et conflits d’usage. Cette situation compromet la sécurité
alimentaire, déjà menacée par les aléas climatiques et la faible diversification des cultures.
Pour y faire face, l’État met en œuvre plusieurs politiques publiques : des programmes de
reforestation pour lutter contre la désertification, une gestion intégrée des ressources en eau
pour sécuriser l’irrigation, ainsi que des initiatives agroécologiques visant à améliorer la
résilience des communautés rurales. Ces efforts restent cependant limités par des moyens
financiers restreints et la nécessité d’une plus grande implication locale. La transition vers un
développement durable reste un enjeu prioritaire.
11. Conclusion
La géographie du Burkina Faso illustre parfaitement les défis typiques d’un pays
sahélien soumis à un climat rigoureux, marqué par des sécheresses répétées et une
pluviométrie limitée. La forte croissance démographique exerce une pression importante sur
les ressources naturelles, notamment sur les terres agricoles et l’eau, souvent insuffisante et
irrégulièrement répartie. Malgré ces contraintes, le pays dispose d’atouts significatifs : un
potentiel agricole important dans les zones plus favorisées, des richesses minières, notamment
l’or, et une population jeune et dynamique. Cette combinaison lui confère une capacité de
résilience et d’adaptation face aux aléas climatiques et socio-économiques. En développant
des stratégies durables et innovantes, le Burkina Faso peut ainsi relever ses défis
géographiques tout en poursuivant son développement et son intégration régionale.