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Le GPS, Vers Une Banalisation Du Positionnement ?: Avant Propos

Le document présente le système GPS, son fonctionnement, ses applications et ses limites. Il explique comment le GPS permet de déterminer la position d'un utilisateur grâce à des satellites, tout en détaillant les différents services offerts et les précautions à prendre. Enfin, il aborde les aspects techniques et logistiques nécessaires pour une utilisation efficace du GPS.

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Le GPS, Vers Une Banalisation Du Positionnement ?: Avant Propos

Le document présente le système GPS, son fonctionnement, ses applications et ses limites. Il explique comment le GPS permet de déterminer la position d'un utilisateur grâce à des satellites, tout en détaillant les différents services offerts et les précautions à prendre. Enfin, il aborde les aspects techniques et logistiques nécessaires pour une utilisation efficace du GPS.

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LE GPS, VERS UNE BANALISATION DU POSITIONNEMENT ?

Pierre-Yves GILLIERON,
Institut de Géomatique, Unité de Topométrie, EPFL-GR

Avant propos

De plus en plus nombreuses sont les personnes qui ressentent la nécessité, dans leur vie
professionnelle ou dans leurs loisirs, de connaître leur position géographique en temps réel. La
précision exigée quant à la détermination de cet emplacement varie considérablement en
fonction de l'objectif recherché, pouvant passer de quelques dizaines de mètres à quelques
millimètres. Ainsi, le transporteur routier ou aérien, le navigateur, le randonneur, le géomètre ou
le forestier n'auront pas les mêmes attentes car leur tolérance quant à l'exactitude de
l'information fournie peut différer de manière importante.

Pour répondre aux divers besoins émanants de la multitude des utilisateurs, il existe depuis
quelques années un outil capable de leur fournir les indications nécessaires en les situant dans
l'espace et dans le temps. Il s'agit de la méthode GPS (Global Positionning System), déjà
accessible à un large public par le biais de récepteurs relativement bon marchés.

Cependant, même si le nombre d'utilisateurs ne cesse de croître, les informations de base


relatives au fonctionnement du système et aux limites d'utilisation sont en revanche peu
connues, pouvant engendrer des risques d'erreur de positionnement. Le but de cet article est
donc de présenter brièvement la méthode GPS et son principe de fonctionnement, afin de
mieux faire connaître ses atouts mais aussi ses limites.

Ainsi, dans le chapitre 2 nous allons nous efforcer d'expliquer le système GPS, son origine, son
fonctionnement et sa fiabilité. Le troisième chapitre abordera plus spécifiquement les
utilisations possibles du système, suivant qu'il s'agit de déterminer une position à un moment
donné, d'indiquer le trajet parcouru durant un certain laps de temps, ou de guider l'utilisateur
vers un but connu en estimant le temps qu'il lui faudra pour s'y rendre. Nous aborderons pour
chaque cas l'environnement technique et logistique nécessaire, ainsi que les précautions
d'utilisation à connaître. Enfin le quatrième chapitre donnera un aperçu des appareils
disponibles sur le marché, leur spécificité et leur coût.

La méthode GPS

Origine

Le système NAVSTAR-GPS (NAVigation System by Timing And Ranging - Global Positionning


System) est un système de positionnement par satellites conçu et mis en service par le
Département de la Défense des Etats-Unis (DoD). Il permet de déterminer la position et la vitesse
d'un objet ou d'une personne à chaque instant.

Son utilisation était prévue avant tout pour des activités militaires, alors que les applications
civiles pouvaient librement se développer en second plan. Les spécifications initiales étaient
d'avoir accès d'une part à une position absolue dans un système de référence mondial avec une
précision de 10 m, et d'autre part au temps avec la précision de la microseconde.

Description du système

Le système est composé de trois parties distinctes :

la partie spatiale qui est constituée d'un ensemble de 24 satellites répartis sur 6 plans orbitaux.
Ces satellites évoluent à une altitude d'environ 20'000 km et mettent environ 12 heures pour
effectuer une rotation. Chaque satellite possède un oscillateur qui fournit une fréquence
fondamentale de 10,23 MHz calibrée sur des horloges atomiques. L'émetteur génère deux
ondes (L1 et L2) de fréquence respective 1575,42 MHz et 1227,60 MHz. Il transmet
régulièrement des signaux horaires, la description de l'orbite suivie (éphéméride) et diverses
autres informations.

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 23


la partie de contrôle qui permet de piloter le système est composée de 5 stations américaines
au sol qui enregistrent tous les signaux émis par les satellites, calculent leurs éphémérides et
transmettent des données aux satellites.

la partie des utilisateurs civils et militaires qui regroupe l'ensemble des récepteurs civils et
militaires qui ne font que recevoir les informations des satellites.

Principe de fonctionnement

Le GPS utilise une technique de mesure de distance unidirectionnelle où le satellite est actif et
envoie continuellement un signal. Le paramètre fondamental de la mesure de distance est le
temps, lequel est fourni avec une très grande précision par les oscillateurs des satellites qui
assurent une précision de l'ordre de 10-14 seconde.

Du point de vue de sa structure, le signal émis par le satellite peut être séparé en trois parties :

• les ondes porteuses L1 et L2 dont la longueur est d'environ 20 cm;


• les codes C/A (Coarse Acquisition) et P (Precise) sont modulés sur les ondes porteuses
selon une séquence binaire. Pour le code P, l'élément unitaire correspond environ à
30 m; alors que pour le code C/A, il correspond à environ 300 m;
• les informations nécessaires pour calculer la position des satellites.

Figure 1. Le signal GPS

En admettant une résolution proportionnelle à la longueur d'onde, ou à l'élément unitaire du


code, les indications ci-dessus montrent que les porteuses donnent des résultats plus précis que
les codes. En pratique, on considère qu'un récepteur peut mesurer 1/100 de la longueur d'onde
ou du code. Le code P est donc dix fois plus précis que le code C/A, mais il est réservé au
militaires américains.

Selon ces caractéristiques, le système GPS offre deux services qui se différencient par la
précision obtenue dans les résultats :

• SPS (Standard Position Service) : il a été mis à disposition des utilisateurs civils par
l'intermédiaire du code C/A. Il n'occasionnera aucun coût d'utilisation jusqu'en 2005
environ, mais sa précision dépend fortement de la disponibilité sélective (Selective
Availability SA). Cette dégradation volontaire est mise en place par les gérants du
système GPS et permet de limiter la précision que l'on peut atteindre en navigation. En
positionnement absolu, on obtient une précision de +/- 100 m.

• PPS (Precise Position Service) : ce service est réservé aux militaires américains et à
certains utilisateurs autorisés par le DoD. Les récepteurs sont alors équipés d'algorithmes
de décryptage permettant d'accéder au code P.

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Les mesures GPS

Le principe consiste à mesurer le temps de propagation d'une onde dans l'espace entre un
satellite et un récepteur. La détermination d'un lieu géométrique est basée sur l'intersection de
trois sphères dans l'espace. Chaque sphère est définie par son centre correspondant à la position
d'un satellite, et par son rayon qui est la distance entre le centre et le récepteur GPS de
l'utilisateur. Ainsi la mesure correspond à une distance entre un satellite et un récepteur. Les
éphémérides du satellite transmises par le message permettent de calculer la position du
satellite dans un repère terrestre à l'instant de l'observation.

Figure 2. Positionnement tridimensionnel à partir de trois satellites

Remarque : un quatrième satellite est nécessaire pour éliminer l'imperfection de l'horloge du


récepteur.

La mesure de code

Pratiquement, les satellites génèrent un code pseudo-aléatoire qui est modulé sur les ondes
porteuses. Les récepteurs GPS génèrent également le même code qui est synchronisé par
rapport aux satellites. Pour déterminer la distance séparant un satellite d'un récepteur, on va
mesurer le temps de propagation d'un code se déplaçant à la vitesse de la lumière. Quand le
récepteur le reçoit, il est capable de déterminer le retard dû au trajet parcouru. La mesure se
fait en retardant le code du récepteur jusqu'à ce qu'il soit aligné sur le code du satellite. On
trouve ainsi une différence de temps que l'on peut multiplier par la vitesse de la lumière, pour
obtenir la distance cherchée.

Cette opération est effectuée simultanément avec l'ensemble des satellites visibles.
Géométriquement, trois satellites sont nécessaires pour obtenir un point intersection de trois
sphères. En réalité quatre satellites sont indispensables afin de tenir compte de l'imperfection
de synchronisation du récepteur et des horloges des satellites. C'est pour cela que l'on parle de
pseudo-distances entre les satellites et le récepteur.

La mesure de phase

Pour des applications plus précises, on peut exploiter directement la phase sur les ondes
porteuses L1 et L2 en déterminant le déphasage entre le satellite et le récepteur. Le principe de
la mesure est la comparaison de la phase du signal reçu par le récepteur avec la phase du
signal généré par le récepteur qui est une réplique du signal du satellite. Ce mode de mesure
est plus compliqué à mettre en oeuvre que celui basé sur le code. Pour cela, il existe des
récepteurs spécifiques permettant d'exploiter le code et la phase. Le traitement des données se
fait en mode postopératoire à l'aide de logiciels spécialisés. On peut aussi traiter ces signaux en
temps réel, on parle alors de RTK (Real Time Kinematic).

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 25


Les modes de positionnement

On distingue deux modes de positionnement qui se différencient par la manière de lier les
mesures à un système de référence.

Le positionnement absolu

Le positionnement absolu consiste à déterminer les coordonnées d'un point quelconque de la


Terre en utilisant les codes générés par les satellites. Il est qualifié d'absolu car il considère la
relation entre un récepteur et plusieurs satellites.

Figure 3. Le positionnement absolu

Ce type de positionnement est utilisé en navigation sur terre, sur mer ou dans les airs. L'intérêt
de cette méthode est la possibilité de l'exploiter en temps réel et d'obtenir une position
instantanée. C'est le mode utilisé par la majorité des navigateurs.

Positionnement relatif

Le positionnement relatif fait intervenir deux récepteurs qui enregistrent simultanément les
signaux GPS sur 2 points différents. Dans ce cas, on s'intéresse au vecteur spatial reliant ces
2 points. La connaissance d'un point de référence dans un système de coordonnées permet de
rattacher précisément chaque vecteur à ce dernier, c'est pourquoi l'on parle de positionnement
relatif. Ce mode est utilisé pour les applications de géodésie et de mensurations précises car la
précision obtenue est de l'ordre du mm.

Figure 4. Le positionnement relatif

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 26


Le GPS différentiel (DGPS)

Le GPS différentiel permet un positionnement en temps réel en utilisant des corrections qui
permettent d'affiner le calcul et d'obtenir une plus grande précision. Une station de référence
connue en coordonnées reçoit en permanence les signaux GPS et calcule des valeurs de
correction qui sont ensuite radiodiffusées. L'utilisateur doit alors s'équiper d'un récepteur radio
qu'il connecte à son GPS afin de bénéficier de ces corrections. Il existe plusieurs de ces
services en Europe, dont celui proposé par l'Office Fédéral de Topographie et SWISSCOM.

Le système de référence

Tout système de coordonnées ou de cartographie repose sur une définition de paramètres de


référence issus de la géodésie et de la physique. Evidemment il existe autant de systèmes qu'il y
a de pays ou de régions sur la Terre. Pour le système GPS, on a défini une référence globale
qui répond aux objectifs d'un système mondial de navigation. Elle s'appelle WGS84 (World
Geodetic System 84) et elle est définie par un système géocentrique de coordonnées
cartésiennes (X,Y,Z). L'origine est au centre de gravité des masses terrestres, l'axe Z passe par
l'axe de rotation de la Terre et l'axe X est l'intersection de l'équateur avec le méridien de
Greenwich.

Comme chaque pays possède sa propre référence géodésique et son système de projection, il
existe des transformations géométriques qui permettent de passer du système WGS84 à un
système de cartographie national ou local. Certains récepteurs possèdent cette fonctionnalité,
aussi faudra-t-il faire particulièrement attention lors de la programmation de ceux-ci.

Figure 5. Les systèmes de références locaux et globaux

Pour la Suisse, où le système géodésiques s'appelle BESSEL CH1903, le système de projection


(User grid) utilisé pour les cartes nationales est spécifique. Pour un récepteur de navigation de
type Garmin en Suisse par exemple, l'utilisateur doit effectuer la programmation suivante :

=> User grid : SWISS GRID


=> Map Datum : CH1903

Comme on peut sans autre choisir un système de projection (User grid) et lui associer une
mauvaise référence (Datum), la mauvaise combinaison donnera des informations fausses voire
dangereuses pour l'utilisateur s'il ne s'en rend pas compte à temps.

Si l'on utilise le GPS dans un autre pays ou avec une carte topographique ou maritime, il faut
donc absolument se poser les questions suivantes :

• quelle est la référence géodésique utilisée ?


• quel est le type de projection cartographique ?

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 27


Ces informations sont, en général, inscrites sur les cartes ou disponibles auprès de l'office
responsable de leur production. Dans tous les cas, il faut connaître et contrôler les paramètres
activés dans le récepteur.

La navigation GPS

Le GPS fournit à l'utilisateur une position instantanée. Ceci permet d'intégrer un certain nombre
de fonctions qui vont gérer le déplacement du récepteur dans l'espace et dans le temps. Ces
appareils de navigation basés sur le code GPS offrent une panoplie de fonctions permettant de
contrôler le déplacement de l'utilisateur.

Les paramètres de navigation

Nous avons vu que le récepteur calcule une position en coordonnées X,Y,Z à un instant t. Si
l'on considère une succession d'événements dans le temps, on obtient pour chaque époque une
nouvelle position. L'intervalle de temps entre deux époques peut être programmé dans le
récepteur. On choisit en général un intervalle de quelques secondes. Si l'utilisateur se déplace,
le récepteur peut construire le vecteur liant 2 points successifs et calculer la direction de
déplacement ainsi que la vitesse. De cette manière, on obtient des informations précieuses pour
la navigation.

Le récepteur de type Garmin fournit cette information de la manière suivante :

navigation page

=> TRACK : direction de navigation par rapport au Nord géographique


=> SPEED : vitesse de déplacement en Km/h ou en Miles/h
=> TRIP : trajet horizontal parcouru depuis un point de départ fixé par l'utilisateur
=> POSITION : coordonnées actuelles dans la référence choisie
=> ALT : altitude

Certains appareils permettent d'enregistrer le trajet parcouru avec une marque de temps pour
chaque point. Pour une entreprise devant gérer une flotte de camions ou de bateaux, on peut
transmettre cette information en temps réel, via un moyen de télécommunication, à une
centrale.

Les outils de navigation

Le récepteur GPS ne fournit pas seulement des paramètres de navigation, il permet également
à l'utilisateur de programmer et de gérer son déplacement. Ceci se fait par l'intermédiaire de
l'enregistrement de points de destination (way points) ou de routes.

Lors de la planification d'un déplacement, on peut lire les coordonnées de points remarquables
sur une carte topographique ou marine. Ensuite on stocke ces points dans le récepteur et on
peut définir une route comme une suite de points. Le déplacement entre deux points est à
considérer comme un segment de droite.

Figure 6. Les paramètres de navigation

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 28


Lorsque l'utilisateur désire se rendre sur un point fixe, il sélectionne une fonction (GOTO) lui
permettant d'activer le point choisi. Le récepteur va calculer les éléments géométriques reliant
sa position actuelle et le point de destination sélectionné. Si le navigateur se déplace avec une
certaine vitesse, il peut notamment connaître le temps nécessaire pour atteindre son but.

Le récepteur de type Garmin fournit cette information de la manière suivante :

Compass page

=> BRG (bearing) : azimut entre la position instantanée et le way point


=> DST : distance horizontale entre la position instantanée et le way point
=> TRK : direction de navigation par rapport au Nord géographique
=> SPEED : vitesse de déplacement en Km/h ou en Miles/h
=> ETE : estimation du temps nécessaire pour atteindre le but

Lorsque l'on choisit une route, le récepteur sélectionne les points dans l'ordre donné. Dès qu'il
atteint un point intermédiaire, il passe automatiquement au suivant. On peut ainsi décrire une
trajectoire contenant une multitude de points. Si le trajet est sinueux, il suffit d'enregistrer assez
de points.

Certains appareils ont une possibilité de visualiser le trajet parcouru. Un petit affichage présente
la trajectoire suivie depuis le point de départ. Ceci offre à l'utilisateur une vision d'ensemble de
sa navigation, plus particulièrement lorsqu'il choisit une route à suivre. Les récepteurs de
dernière génération permettent même d'afficher une carte comme fond d'écran. On voit alors la
ligne de trajet parcouru se superposer à la carte. Ceci est particulièrement intéressant lorsque
l'on doit se référer à des repères terrestres ou à un balisage maritime.

Figure 7. Récepteur GPS avec carte topographique

Les conseils pour une bonne navigation

Que se soit à pied, en bateau ou en avion, il faut tout d'abord rappeler que le GPS ne doit
jamais être le seul instrument de navigation. On peut lui faire confiance mais avec certaines
précautions et surtout en le contrôlant régulièrement. Les moyens traditionnels auxquels on peut
confronter les mesures GPS sont les suivants :

• la carte topographique ou marine sur laquelle on peut reporter sa position. Les


informations contenues dans la carte offrent un moyen de contrôle de la mesure. On
peut, par exemple, mesurer un point précis et bien identifiable sur la carte et dans le
terrain;
• la boussole ou le compas est un instrument de mesure de l'azimut magnétique. On peut
corriger cette mesure de la déclinaison magnétique et obtenir un azimut géographique.
Lors de l'utilisation de GPS en navigation, on peut comparer l'azimut boussole avec
celui calculé par le GPS (TRK).;
• l'altimètre permet, comme son nom l'indique, de mesurer l'altitude après avoir
préalablement étalonné l'appareil. On peut comparer cette mesure à la valeur obtenue
par GPS. Toutefois, il faut rappeler que la mesure GPS est bien moins précise (+/-200 m)
car elle est influencée par la dégradation sélective. En montagne et en aviation,
l'altimètre conserve toute son utilité;

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 29


• l'odomètre ou le compteur de distance va comptabiliser la distance parcourue le long
d'un trajet. On peut comparer cette valeur avec la mesure du chemin parcouru (TRIP)
obtenu par GPS. Il faut initialiser les compteurs de l'odomètre et du GPS au même
endroit et enclencher les deux systèmes au même instant. Cependant les grandeurs
considérées peuvent différer car l'odomètre mesure la distance parcourue sur le sol,
aussi, si la route est inclinée, la distance mesurée est oblique, alors que le GPS mesure
la distance horizontale. A l'aide d'un compteur de vitesse, on peut également comparer
la vitesse à celle obtenue par le GPS (SPEED).

En navigation maritime ou aérienne, l'ensemble des outils de navigation et de détermination


d'un lieu géométrique sont combinés aux mesures GPS. Les moyens traditionnels et les
techniques acquises en navigation, que se soit à l'aide d'un compas, d'un altimètre, d'un
sondeur ou d'un radar, restent toutefois prépondérantes sur l'utilisation parallèle du GPS.

Le GPS n'est donc pas le General Problem Solver et il doit être utilisé à bon escient. Sa
combinaison avec d'autres moyens de navigation offre aux utilisateurs une solution confortable
et plus sécurisante.

Le matériel et le logiciel GPS

Il existe une telle multitude de récepteurs et d'applications que nous ne pouvons tous les
présenter dans un tel article. Nous allons donc nous limiter aux domaines d'utilisation les plus
courants, soit la navigation, l'acquisition de données à référence spatiale et la géodésie.

Les solutions de navigation

Le matériel

Il existe une gamme de récepteurs basé sur l'exploitation du code pour la navigation. Les prix
de ces appareils commencent à partir de Frs 250.-. Ils sont faciles à utiliser et possèdent, en
général, une série de fonctions dédiées à la navigation. Ces appareils peuvent communiquer
avec d'autres périphériques : un récepteur de corrections DGPS ou un ordinateur de type PC.
Les protocoles de communication sont basés sur les formats RTCM (Radio Technical Comission
for Maritime Service) ou NMEA (National Marine Electronics Association) et utilisent des
interfaces de type RS232.

Les principaux fabricants de ce type d'appareils sont TRIMBLE, GARMIN et MAGELLAN.

Les applications

Ces récepteurs ont un logiciel intégré. Les fonctions principales proposées sont la gestion des
way points et des routes, l'enregistrement de points et des tracé, la visualisation d'un chemin
parcouru et la superposition des informations à une carte de navigation. Certains fabricants
proposent des logiciels de gestion que l'on peut installer sur un PC. Les fonctions principales
sont le transfert d'informations entre le GPS et le PC, la planification de routes, la visualisation
des données enregistrées par le GPS et la transformation de coordonnées.

Il existe également des applications spécifiques pour la navigation, notamment dans le


domaine maritime et routier. Ce sont de véritables outils d'aide à la navigation qui intègrent
d'autres informations provenant du véhicule.

Les références

Voici quelques sites d'information provenant de constructeurs de matériel GPS ou


d'applications de navigation :

• Trimble : constructeur matériel http://www.trimble.com/mpc


• Garmin : constructeur matériel http://www.garmin.com
• Furuno : navigation marine http://www.furuno.com
• GPSS : navigation routière http://www.gpss.co.uk

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Le GPS comme outil d'acquisition pour les systèmes d'information géographique (SIG)

Le matériel

Il existe une gamme de récepteurs basés sur l'exploitation du code différentiel (DGPS) pour les
applications de type SIG. Ces appareils sont plus chers que ceux de navigation car la plupart
intègrent des applications d'acquisition et de gestion d'informations géographiques. Il peuvent
également enregistrer les mesures de code que l'on traite en mode postopératoire. On distingue
deux types d'appareils : ceux qui intègrent le GPS et l'ordinateur et ceux où les deux
composants sont séparés. Dans ce cas, il y a une liaison RS232 entre le GPS et un ordinateur
portable. Les prix sont fonction de la composante logicielle SIG. On trouve des solutions
intégrées à partir de Frs 5'000.-.

Les applications

On distingue ici deux approches :

1. l'intégration des fonctions d'acquisition et de SIG;


2. la réalisation d'une interface de communication entre un SIG et le GPS.

La première solution répond aux besoins de base en matière d'acquisition et est facile à mettre
en oeuvre. Dans le second cas l'utilisation d'un SIG sur le terrain en connexion avec un outil
d'acquisition n'est pas toujours facile à réaliser. Il ne suffit pas de transporter sur le terrain une
solution informatique développée pour le bureau en lui connectant simplement un périphérique
d'acquisition.

Les références

Voici quelques sites d'information provenant de constructeurs de matériel GPS ou


d'applications de SIG :

• Trimble : constructeur matériel : http://www.trimble.com/gis


• GEOPLACE : site commercial de fournisseurs de SIG : http://www.geoplace.com
• GSC comp : SIG et connexion GPS : http://www.bluemarblegeo.com

Les mesures géodésiques par GPS

Le matériel

Ce sont des appareils de haut de gamme qui mesurent le code et la phase sur les longueurs
d'onde L1 et L2. Ces récepteurs s'utilisent en mode relatif, ainsi il faut au moins deux appareils
pour être opérationnel. Un tel équipement coûte entre Frs 40'000.- et Frs 80'000.-.

Les applications

Les logiciels permettent soit d'exploiter les mesures en temps réel (RTK) soit en mode
postopératoire. Ils exploitent le code et la phase sur les deux longueurs d'onde, voire sur des
combinaisons de L1 et L2.

On utilise ces modes de mesures dans un grands nombre d'applications : la géodésie, le


contrôle d'ouvrage, l'implantation de construction, le suivi de zones à risque, etc.

Les références

Voici quelques sites d'information provenant de constructeurs de matériel GPS de haut de


gamme :

• Trimble : http://www.trimble.com/survey
• Ashtech : http://www.ashtech.com/
• Leica : http://www.Leica-gps.com/
• Novatel : http://www.novatel.com

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Perspectives

Lors de discussions avec les utilisateurs de GPS, ceux-ci s'inquiètent souvent de savoir si le
système qu'ils ont acquis va rester fiable dans les années à venir, étant donné que la précision
des informations fournies par les satellites dépend du bon vouloir du Département de la défense
des USA. Mais déjà plusieurs arguments viennent plaider en faveur d'une collaboration
soutenue entre cet organisme et les utilisateurs civils.

Premièrement, le développement et le bénéfice qu'engendrent les applications civiles ont pris


une telle ampleur qu'ils représentent un intérêt non négligeable pour l'économie et la politique
extérieure américaine.

Deuxièmement, la volonté des autorités américaines, par la voix du Président Clinton, est de
maintenir le système GPS à disposition des civils, conscientes qu'elles sont d'offrir un produit
d'avenir et performant : "GPS is a strategic vision that balances the broad range of military and
civil interests and presents a framework to accomplish critical goals in the coming years".

Troisièmement, la concurrence existe sur cet intéressant marché du positionnement, par le biais
d'un système russe analogue baptisé GLONASS. On commence à voir sur le marché des
récepteurs de ce type et également de ceux qui intègrent les deux systèmes.

Conclusion

Au travers de cet article, on a tenté de montrer que le GPS n'est pas simplement un appareil de
mesure d'une position sur la Terre, mais qu'il est utilisé dans un grand nombre d'applications et
de domaines d'activité. En effet, la communauté civile a trouvé, dès la mise en place du projet
GPS, un intérêt manifeste à développer des solutions pour le positionnement et la navigation.
On retrouve ainsi une quantité de produits sur le marché, dont l'utilisation correcte requiert
quand même un minimum de connaissances techniques. Ces connaissances sont aussi utiles
lorsqu'il s'agit de choisir l'appareil le mieux adapté pour répondre à tel ou tel besoin.

On voit ainsi que le GPS s'impose comme un véritable outil d'aide à la navigation dans de
nombreuses applications civiles. Toutefois les responsables sont conscients qu'ils dépendent
d'une administration américaine et ont ainsi développé des systèmes combinés où l'accent est
mis sur le contrôle.

En revenant à la question posée dans le titre : Allons-nous vers une banalisation du


positionnent? , on peut apporter les réponses et les perspectives suivantes :

• la localisation d'un lieu géographique restera une donnée essentielle pour la plupart des
activités humaines et pour la gestion de ressources naturelles;
• le GPS ne résout pas tout seul l'ensemble les problèmes de navigation et de
positionnement;
• le GPS ouvre une voie prometteuse pour le développement de systèmes de navigation
fiables, précis et à la portée d'un large public.

Ainsi on peut parler de banalisation quant à l'utilisation d'un système de navigation, dans le
sens où ce dernier est accessible à tous et facile à utiliser. Par contre l'utilisation de GPS pour
améliorer la sécurité des hommes, pour économiser de l'énergie, pour faciliter les transports
n'est de loin pas banale et offre de fantastiques débouchés pour ces nouvelles technologies.

Références

Bibliographie

• GPS : theory and practice, Collins, Hofmann-Wellenhof, Lichtenegger/Springer-Verlag,


Wien New-York, 1994
• GPS : localisation et navigation, Botton, Duquenne, Egels, Even, Willis / IGN France /
Hermes, 1996
• Understanding GPS : principles and applications, Kaplan, Elliot D. / Boston / Artech
House Publ.
• La méthode GPS, H. Dupraz / EPFL, 1997

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 32


Organismes et sites Internet

• Office Fédéral de la Topographie : point de contact national en matière de GPS et


service offrant des prestations de DGPS : http://www.swisstopo.ch/de/geo/gpsdgps.htm
• Institute Of Navigation : http://www.ion.org
• GPS-WORLD : magazine mondial sur le GPS et base de données des récepteurs :
http://www.gpsworld.com et http://guru.gpsworld.com/gpsworld/gpsviewer/main.dbm
• Université du Texas : présentation détaillée du système GPS :
http://www.utexas.edu/depts/grg/gcraft/notes/gps/gps.html
• Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Institut de Géomatique, Unité de
Topométrie : http://dgrwww.epfl.ch/TOPO

Cet article a été publié dans le Flash Informatique No. FI 5 - 9 juin 1998.

EPFL - Institut de Géomatique, Unité de Topométrie


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Remarque du Comité de rédaction

Concernant l'intégration du GPS dans la montre, voir article publié dans l'AGEFI du 11 mai 1998 "Le rêve
secret de Nicolas Hayek".

BULLETIN SSC N° 28 – 1998 33

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