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Projet de Loi de Finances 2026 Et Les Entreprises Étrangères en Algérie

Le Projet de Loi de Finances 2026 en Algérie introduit des réformes fiscales majeures affectant les entreprises étrangères, notamment une imposition automatique des bénéfices réalisés par les établissements permanents. Les nouvelles mesures visent à renforcer la transparence fiscale et à harmoniser les taux d'imposition, tout en imposant des obligations de documentation accrues. Les entreprises doivent s'adapter à ces changements pour éviter des sanctions et optimiser leur conformité fiscale.

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Mounir Chentout
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Projet de Loi de Finances 2026 Et Les Entreprises Étrangères en Algérie

Le Projet de Loi de Finances 2026 en Algérie introduit des réformes fiscales majeures affectant les entreprises étrangères, notamment une imposition automatique des bénéfices réalisés par les établissements permanents. Les nouvelles mesures visent à renforcer la transparence fiscale et à harmoniser les taux d'imposition, tout en imposant des obligations de documentation accrues. Les entreprises doivent s'adapter à ces changements pour éviter des sanctions et optimiser leur conformité fiscale.

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Projet de Loi de

Finances 2026
Et les Entreprises
Étrangères en Algérie
BON A SAVOIR

MRCF
15/10/2025
Projet de Loi de Finances 2026
Et les Entreprises Étrangères en Algérie
Introduction :
C’est avec un grand plaisir que nous vous présentons cette analyse détaillée des principales mesures
du Projet de Loi de Finances pour 2026, susceptibles d’avoir un impact direct sur les entreprises
étrangères opérant en Algérie.
Les réformes proposées marquent une étape importante dans la modernisation du système fiscal
algérien, avec pour objectif de clarifier le régime d’imposition des sociétés non résidentes, notamment
celles opérant par l’intermédiaire de succursales ou d’Établissements Permanents (EP).
Ce document vise à vous fournir une lecture claire, structurée et opérationnelle des nouvelles
dispositions afin de mieux anticiper leurs effets sur votre conformité fiscale, vos obligations
déclaratives et vos décisions d’investissement en Algérie.
Parmi les mesures phares, on note notamment la révision des taux d’imposition applicables aux
bénéfices réalisés par les EP, avec une harmonisation visant à réduire les disparités existantes entre les
différents secteurs d’activité.
Par ailleurs, le projet introduit une obligation renforcée de documentation et de déclaration pour ces
entités, afin de garantir une meilleure transparence et lutte contre l’évasion fiscale.
À titre d’exemple, une entreprise européenne disposant d’une succursale en Algérie devra désormais
déposer une déclaration fiscale spécifique détaillant non seulement ses résultats fiscaux locaux, mais
aussi les modalités de calcul des bénéfices soumis à l’impôt.
De plus, elle sera soumise à une retenue à la source révisée sur certains revenus, tels que les
dividendes ou les intérêts, avec un taux qui pourrait être ajusté en fonction des conventions fiscales
bilatérales.
Ces évolutions impliquent que les entreprises étrangères devront renforcer leur suivi comptable et
fiscal en Algérie, en veillant à une parfaite conformité avec les nouvelles règles pour éviter des
sanctions ou redressements potentiels.
La compréhension fine des impacts de ce projet de loi est donc essentielle pour adapter au mieux votre
stratégie d’investissement et vos opérations locales.
Nous vous invitons à poursuivre la lecture de cette analyse pour découvrir en détail les principales
mesures, leurs implications pratiques, ainsi que des recommandations concrètes pour vous
accompagner dans cette transition fiscale.

I. Impôts sur les Sociétés (IBS) :


Régime des Non-résidents et Établissements Permanents (PE)
Les mesures proposées modifient fondamentalement le traitement des bénéfices réalisés en Algérie par
des sociétés non-résidentes :

A. Imposition des Bénéfices Réalisés (Revenus Distribués)


1. Imposition Automatique des Bénéfices Nets :
Les bénéfices nets d'impôt réalisés en Algérie par une société non-résidente, que ce soit par le biais de
sa succursale ou de tout autre établissement professionnel au sens fiscal (PE), sont désormais
considérés comme des revenus distribués soumis à l'impôt.
Cette mesure vise à renforcer la transparence fiscale et à assurer une imposition équitable des revenus
réalisés sur le territoire algérien, même lorsque l’entité bénéficiaire n’est pas domiciliée fiscalement en
Algérie.
Concrètement, cela signifie que les bénéfices issus des activités exercées localement par ces sociétés
seront automatiquement soumis à une retenue à la source ou à un autre mécanisme fiscal afin d’éviter
l’évasion ou la sous-déclaration de revenus par les entités étrangères.
Cette imposition automatique facilite également le contrôle fiscal de l’administration, réduisant ainsi
les risques de litiges ou de non-conformité.
Exemple :
Une société française disposant d’une succursale en Algérie réalise un bénéfice net annuel de 1 000
000 DA.
Selon la nouvelle réglementation, ce montant sera traité comme un revenu distribué localement et sera
soumis à l’impôt sur les sociétés ou à une retenue à la source selon les taux en vigueur.
Si le taux d’imposition applicable est, par exemple, de 26 %, la société devra ainsi s’acquitter d’un
impôt de 260 000 DA sur ce bénéfice, même si ces fonds ne sont pas formellement transférés en
France.
Cette disposition garantit que les bénéfices générés via la présence économique en Algérie contribuent
effectivement aux recettes fiscales locales, conformément aux principes internationaux de fiscalité et
aux orientations de l’administration fiscale algérienne.

2. Statut de Revenu Distribué :


Ce statut s'applique même si ces bénéfices n'ont pas été effectivement transférés au siège social
de la société étrangère.
Cette mesure vise à clarifier que l'événement générateur de cet impôt est la simple réalisation du
profit après l'IBS, éliminant toute ambiguïté sur le transfert effectif.
En d'autres termes, dès lors qu'une filiale étrangère génère un bénéfice net après impôt sur les bénéfices
spécifiques locaux (IBS), ce bénéfice est considéré comme distribué au siège social, même si aucun
transfert financier n'a encore eu lieu.
Cette règle permet aux autorités fiscales d'imposer ce revenu immédiatement, évitant ainsi les
tentatives de report ou d'évasion liées au non-transfert des dividendes.
Cette notion est particulièrement importante dans le cadre des groupes multinationaux, où les bénéfices
peuvent être bloqués dans la filiale pour diverses raisons, telles que la rétention de liquidités pour
financer des projets locaux.
Le statut de revenu distribué empêche donc que ces bénéfices restent en suspens indéfiniment sans être
soumis à imposition dans le pays de résidence de la société mère.
Exemple :
Supposons une société française détenant une filiale en Algérie.
La filiale algérienne réalise un bénéfice net de 1 million de DA après paiement de l'IBS.
Même si elle ne transfère pas ces fonds à la maison mère française, la législation considère ce montant
comme un revenu distribué.
La société française devra donc déclarer ce revenu dans ses comptes et s'acquitter de l'impôt
correspondant en France, conformément aux règles de consolidation fiscale et aux conventions fiscales
internationales applicables.
Ainsi, ce statut permet d’assurer une imposition juste et immédiate des bénéfices réalisés par les filiales
étrangères, indépendamment du moment où les dividendes sont réellement rapatriés.

3. Paiement de l'Impôt sur Bénéfices Distribués :


Vous êtes tenu de calculer et de verser l'impôt relatif à ces bénéfices considérés comme distribués
(Article 46, paragraphe 9) selon les mêmes conditions et délais que ceux fixés pour le paiement du
solde de liquidation de l'Impôt sur les Sociétés (IBS).
Cette disposition vise à garantir que les bénéfices réalisés par les sociétés, même lorsqu’ils sont
réputés distribués sans distribution effective, soient soumis à l'impôt dans les délais réglementaires.
En effet, lorsque des bénéfices sont mis à la disposition d'associés ou d'actionnaires, notamment sous
forme de dividendes, il est impératif que l'entreprise s'acquitte de l’impôt correspondant, qui est
différencié de l’impôt sur les bénéfices non distribués.
Cette règle s’applique également aux établissements permanents (PE) d'entreprises étrangères opérant
en Algérie, qui doivent respecter les mêmes obligations fiscales que les sociétés locales.
Obligations Fiscales des Établissements Permanents (PE) en Algérie :
Les établissements permanents d'entreprises étrangères sont soumis à l'Impôt sur les Bénéfices des
Sociétés (IBS) au même titre que les sociétés nationales.
Ils doivent effectuer la déclaration de leurs résultats et procéder au paiement de l'impôt dans les
mêmes délais.
En cas de distribution de bénéfices, ces établissements doivent également retenir et verser l'impôt sur
les bénéfices distribués, conformément aux dispositions légales.
Exemple Pratique :
Une filiale algérienne d'une entreprise étrangère réalise un bénéfice net de 10 millions de dinars
algériens (DZD) au cours de l’exercice fiscal.
Elle décide de distribuer 6 millions DA sous forme de dividendes à ses actionnaires.

1. Calcul de l'IBS sur le bénéfice réalisé :


Supposons que le taux d’IBS est de 26%.
- IBS sur bénéfice = 10 000 000 DZD × 26% = 2 600 000 DA.

2. Impôt sur les bénéfices distribués (le solde de 6 millions DA) :


- Il convient de calculer l'impôt supplémentaire applicable sur ces bénéfices considérés comme
distribués selon l'article 46, par exemple à un taux forfaitaire de 15 %.
- Impôt sur bénéfices distribués = 6 000 000 DA × 15 % = 900 000 DA.
3. Paiement :
- L’entreprise devra payer le solde de l’IBS ainsi que l’impôt sur les bénéfices distribués dans les
délais prévus, généralement avant la date limite de paiement du solde d'IBS.
Cette procédure permet à l'administration fiscale algérienne de s'assurer que l'impôt est correctement
perçu tant sur les bénéfices réalisés que sur les bénéfices effectivement distribués, assurant ainsi une
meilleure conformité et transparence fiscale.
En résumé, le paiement de l'impôt sur les bénéfices distribués constitue une obligation fiscale
importante pour les sociétés et leurs établissements permanents en Algérie, qui doivent veiller à
respecter strictement les échéances annoncées afin d'éviter toute pénalité ou majoration.

4. Alignement des Obligations :


Si vous opérez via un Établissement Permanent (PE) au sens des conventions fiscales, vous êtes
soumis aux mêmes obligations fiscales que les personnes morales de droit algérien relevant du
régime du bénéfice réel (Article 148).
Cela signifie que l'Établissement Permanent doit tenir une comptabilité conforme aux normes
algériennes, déclarer ses résultats fiscaux annuellement, et s'acquitter de l'impôt sur les bénéfices
réalisés en Algérie.
De plus, il est tenu de respecter les obligations déclaratives afférentes à la TVA, à la retenue à la source
sur certains paiements, ainsi qu'à la contribution sociale.
Par exemple, une entreprise étrangère disposant d'une succursale en Algérie (considérée comme un
Établissement Permanent) doit déclarer les bénéfices générés par cette succursale et payer l'impôt des
sociétés au taux en vigueur en Algérie.
Si cette succursale effectue des opérations soumises à la TVA, elle devra également s'enregistrer auprès
des services fiscaux locaux et déposer les déclarations correspondantes.
En résumé, l'alignement des obligations fiscales de l'Établissement Permanent assure une imposition
équitable et transparente des activités étrangères menées sur le territoire algérien, conformément aux
dispositions du Code des Impôts Directs et Taxes Assimilées (CIDTA) et des conventions fiscales
internationales ratifiées par l'Algérie.

5. Dépôt Obligatoire des Contrats :


Vous avez spécifiquement l'obligation de déposer une copie du contrat (Article 161-1) auprès du
service fiscal gestionnaire.
En Algérie, cette obligation vise à assurer la transparence des opérations commerciales et à permettre
aux autorités fiscales de vérifier la conformité des transactions aux dispositions légales et
réglementaires en vigueur.
Le dépôt doit être effectué dans un délai fixé par la réglementation, généralement dans les 30 jours
suivant la signature du contrat.
Ce dépôt facilite également le contrôle fiscal et la lutte contre la fraude.
Exemple :
Une entreprise qui conclut un contrat de location de matériel pour une durée de six mois doit en
déposer une copie auprès du service fiscal dont elle dépend.
Si le contrat est signé le 1er mars, le dépôt devra être réalisé au plus tard le 31 mars. À défaut,
l’entreprise s’expose à des pénalités financières prévues par le code des impôts.
Il est donc primordial de respecter cette formalité afin d’éviter tout litige avec l’administration fiscale
et d’assurer la régularité des opérations contractuelles.

B. Traitement des Contrats Complexes (Clé en main)


1. Base Imposable Totale :
Pour les entreprises non-résidentes engagées dans des contrats uniques dits "clé en main"
(comprenant prestation de services, fourniture d'équipements et travaux), le bénéfice imposable
(IBS/IRG) doit couvrir l'intégralité des bénéfices réalisés dans l'exécution de ce contrat.

Cela signifie que l'impôt est calculé sur la totalité des gains générés par l'ensemble des activités liées
au contrat, sans possibilité de segmentation ou de retraitement partiel des revenus.
Cette mesure vise à assurer une imposition juste et complète des bénéfices réalisés sur le territoire
national, même si l'entreprise est non-résidente.
Dans le cadre d’un contrat clé en main, l’entreprise prend en charge toutes les phases du projet, de la
conception à la livraison finale, incluant souvent la fourniture des équipements nécessaires et la
réalisation des travaux.
La fiscalité considère donc l’ensemble de ces étapes comme une seule opération économique
indivisible. Par conséquent, le bénéfice imposable est déterminé globalement et non par activité
distincte.
Cette méthode évite les risques d’évitement fiscal liés à la sous-évaluation partielle des prestations ou
à la fragmentation artificielle des revenus.
L’impôt sur le bénéfice est ainsi calculé sur la marge nette totale réalisée, c’est-à-dire la différence
entre le chiffre d’affaires total du contrat et l’ensemble des coûts directement liés à son exécution
(achats, sous-traitance, charges de personnel, amortissements, etc.).
Exemple :
Une entreprise étrangère signe un contrat clé en main avec une société locale pour la construction
d’une usine. Le contrat prévoit la fourniture des équipements, la fourniture de la main d’œuvre et la
réalisation des travaux de génie civil, pour un montant total de 10 millions d’euros.
- Le coût total des équipements fournis s’élève à 6 millions d’euros.
- Les charges liées à la main d’œuvre et aux travaux sont de 2 millions d’euros.
- Les autres frais directs (transport, assurances, etc.) représentent 0,5 million d’euros.
Le bénéfice imposable est calculé sur la différence suivante :
10 M€ (CA du contrat) – 8,5 M€ (coûts totaux) = 1,5 M€ de bénéfice imposable.
Ce montant sera soumis à l’impôt sur les bénéfices selon le régime en vigueur, garantissant ainsi une
fiscalité complète et équitable pour l’ensemble des activités composant le contrat clé en main.
N’hésitez pas à nous contacter pour toute précision complémentaire sur le calcul de la base imposable
applicable aux contrats spécifiques ou pour des cas particuliers.

2. Inclusion de la Fourniture d'Équipements :


Ceci inclut spécifiquement la part du bénéfice relative à la fourniture d'équipements, même si
cette fourniture est facturée séparément et/ou dédouanée au nom du contractant.
Ce changement vise à garantir l'égalité de traitement avec les entreprises nationales et à lutter
contre l'érosion de la base d'imposition qui découlait de l'exclusion de cette composante du coût
total. Algérie
Dans le cadre de cette réforme fiscale, l'administration algérienne a décidé d'inclure dans l'assiette
d'imposition non seulement les prestations de services fournies par les entreprises étrangères, mais
également la valeur ajoutée liée à la fourniture d'équipements.
Traditionnellement, ces équipements pouvaient être importés et dédouanés au nom du contractant, ce
qui permettait d'exclure leur coût du calcul de la base imposable. Cette pratique entraînait une perte de
recettes fiscales pour l'État et une concurrence déloyale envers les entreprises locales, qui doivent
intégrer le coût total de leurs équipements dans leur comptabilité et imposition.
Ainsi, en incluant la part du bénéfice se rapportant à la fourniture d'équipements, même si les
équipements sont facturés séparément, l'administration fiscale s'assure que le montant total généré par
le contrat soit soumis à l'impôt.
Cette mesure clarifie également les obligations des entreprises étrangères intervenant sur le territoire
algérien, renforçant la transparence et la conformité fiscale.
Exemple :
Une entreprise étrangère signe un contrat en Algérie pour la réalisation d’un projet de construction. Le
contrat comprend la fourniture d’équipements spécialisés, tels que des machines de chantier, ainsi que
des services d’ingénierie et de main-d’œuvre. Auparavant, l'entreprise pouvait importer les
équipements en son nom et les facturer séparément, excluant ainsi leur coût des revenus imposables
dans le pays.
Dorénavant, le bénéfice réalisé sur la fourniture de ces équipements sera intégré dans la base
imposable locale, même si la facturation est distincte de la prestation de services.
Cela signifie que l’ensemble des revenus générés par le contrat, incluant les marges sur les
équipements, sera soumis à la fiscalité algérienne, assurant une imposition juste et équitable.

C. Non-déductibilité des Frais Intra-groupe


Afin de se conformer aux normes internationales, l'Article 169 est modifié pour interdire la
déduction de certaines dépenses (redevances, honoraires, intérêts) payées par un établissement
stable (PE) à son siège social ou à un autre établissement professionnel de la même entreprise
(opérations internes). Cette non-déductibilité concerne les transactions entre les différentes
composantes d'une même entité juridique en Algérie.
Cette mesure vise à limiter les pratiques d’optimisation fiscale agressive par lesquelles une entreprise
pourrait artificiellement réduire son résultat imposable dans une entité locale, en transférant des
charges financières ou commerciales à travers des facturations internes souvent gonflées.
En interdisant la déduction de ces frais intra-groupe, l’administration fiscale algérienne cherche à
assurer une imposition plus juste et conforme à la substance économique réelle des opérations.
Par exemple, une société mère basée en Algérie peut être amenée à facturer des redevances pour
l’utilisation d’une marque ou des honoraires pour des services de gestion à sa filiale étrangère ou à un
établissement stable situé dans une autre région du pays.
Avant cette modification, il était possible que cet établissement stable déduise ces frais de son résultat
imposable local. Toutefois, avec l’Article 169 modifié, de telles déductions sont désormais refusées
lorsqu’il s’agit de paiements effectués à une autre entité appartenant au même groupe, évitant ainsi la
double réduction artificielle des bénéfices imposables.
Cela signifie également que les entreprises doivent revoir leur politique de prix de transfert et veiller à
ce que les flux internes soient justifiés par une réelle contrepartie économique, pour éviter le rejet
automatique de déductions fiscales et des redressements éventuels.
Exemple concret :
Une filiale algérienne paye annuellement 100 000 DA de redevances à sa société mère basée dans le
même pays, pour l'utilisation d'une marque déposée.
Avant la modification, cette dépense était déductible du résultat de la filiale, réduisant ainsi son impôt.
Après l’entrée en vigueur de l’Article 169 modifié, cette dépense ne peut plus être déduite, ce qui
augmente la base imposable de la filiale et, par conséquent, le montant de l’impôt dû.
Ainsi, cette disposition a pour effet d’empêcher la diminution artificielle du résultat fiscal par le biais
de charges internes non justifiées, renforçant la transparence et la conformité fiscale au sein des
groupes intégrés en Algérie.

D. Abrogation de l'Option Fiscale


L'article 156 bis, qui permettait aux entreprises étrangères soumises à la retenue à la source
(impôt prélevé à la source) d'opter pour le régime du bénéfice réel, est abrogé.
Cette simplification est également destinée à lutter contre l'érosion de la base d'imposition en
Algérie.
Cette mesure signifie que les entreprises étrangères réalisant des opérations en Algérie ne pourront
plus choisir entre le régime de la retenue à la source et celui du bénéfice réel pour leur imposition.
Auparavant, l’article 156 bis offrait une certaine souplesse fiscale, permettant à ces entreprises d’opter
pour le régime du bénéfice réel, souvent plus avantageux dans certaines situations, notamment lorsque
les charges et investissements étaient importants.
Avec l’abrogation de cet article, toutes les entreprises étrangères concernées seront assujetties
automatiquement à la retenue à la source, ce qui simplifie le régime fiscal, mais limite également les
possibilités d’optimisation fiscale.
Cette mesure vise à renforcer la transparence fiscale et à protéger le système fiscal algérien contre des
pratiques d’érosion de la base d’imposition, telles que le transfert artificiel de bénéfices vers des
juridictions à fiscalité plus faible.
Exemple :
Une société étrangère fournissant des services en Algérie devait auparavant choisir entre payer un
impôt sur la base d’un bénéfice réel, déclarant ses revenus et charges, ou accepter une retenue à la
source appliquée directement sur ses revenus bruts.
Grâce à l’option fiscale de l’article 156 bis, elle pouvait opter pour le régime du bénéfice réel si elle
estimait que cela réduirait son imposition.
Dorénavant, cette option n’existe plus : elle sera automatiquement soumise à la retenue à la source, ce
qui simplifie le recouvrement de l’impôt pour l’administration fiscale algérienne et limite les risques
de fraudes ou d’évitements fiscaux.

II. Obligations de Conformité et Numérisation


Quelques obligations de conformité sont étendues et peuvent vous concerner, notamment si vous
opérez sous le régime du bénéfice réel (comme c'est le cas pour un PE). Algérie
Dans le cadre du régime du bénéfice réel, les entreprises sont tenues de respecter plusieurs obligations
en matière de conformité fiscale et comptable.
Parmi celles-ci, la tenue d'une comptabilité rigoureuse et la déclaration précise des résultats imposables
sont essentielles.
Avec la numérisation croissante des processus administratifs, de nombreuses obligations se font
désormais via des plateformes électroniques, ce qui facilite les échanges avec l’administration fiscale
mais impose également un respect strict des formats et des délais.
Par exemple, en Algérie, les entreprises soumises au régime du bénéfice réel doivent utiliser le système
électronique de télé-déclaration et de télépaiement des impôts (GIDE), qui permet de déclarer et régler
l’impôt sur les bénéfices directement en ligne.
Cette obligation contribue à une meilleure transparence fiscale, réduit le risque d’erreurs humaines et
facilite le contrôle par l’administration.
En outre, la numérisation des factures devient également obligatoire dans certains secteurs, renforçant
ainsi la traçabilité des opérations commerciales.
L’utilisation d’un logiciel de comptabilité certifié conforme aux normes en vigueur est souvent exigée,
assurant ainsi l’intégrité des données et leur archivage sécurisé.
Ces évolutions imposent donc aux entreprises une adaptation rapide à ces nouvelles exigences
numériques sous peine de sanctions administratives ou financières.
Il est vivement conseillé de se former régulièrement et de consulter des experts en fiscalité locale afin
de garantir une conformité totale avec la réglementation en vigueur.

1. Déclaration Électronique (e-déclaration) :


L'obligation de télédéclaration et de télépaiement est étendue aux contribuables soumis au
régime du bénéfice réel et qui dépendent des structures fiscales équipées du système informatisé
(comme "JIBAYATIC"). Algérie
Afin de moderniser les procédures fiscales et d'améliorer la qualité des services rendus aux
contribuables, l'administration fiscale algérienne a renforcé l'obligation de télédéclaration et de
télépaiement.
Cette mesure concerne désormais tous les contribuables relevant du régime du bénéfice réel, c’est-à-
dire ceux dont le revenu imposable est déterminé selon une comptabilité détaillée, ainsi que les
structures fiscales ayant adopté des systèmes informatiques avancés, tels que "JIBAYATIC".
La télédéclaration permet aux contribuables de remplir et de soumettre leurs déclarations fiscales via
une plateforme en ligne sécurisée, réduisant ainsi les délais de traitement et les risques d’erreurs liées à
la déclaration papier.
De plus, le télépaiement facilite le règlement des impôts directement depuis un compte bancaire, sans
nécessiter de déplacement auprès des bureaux des impôts.
Exemple pratique :
Une entreprise algérienne soumise au régime du bénéfice réel doit déclarer ses bénéfices annuels au
moyen du formulaire fiscal 2035.
Grâce au système "JIBAYATIC", cette entreprise peut saisir électroniquement ses données comptables,
transmettre sa déclaration au fisc et procéder au paiement de son impôt sur les sociétés via la
plateforme sécurisée. Le processus est simple, rapide, et permet d’éviter les délais postaux ainsi que les
files d’attente aux guichets fiscaux.
Ainsi, la généralisation de la télé déclaration et du télépaiement contribue à une meilleure conformité
fiscale et à une gestion plus efficace des ressources publiques en Algérie.

2. Comptabilité Informatisée et Contrôle :


Remise des Fichiers (FEC) :
Si vous tenez votre comptabilité via un système informatisé, vous êtes tenu de remettre une copie
électronique des fichiers des écritures comptables (FEC) dès la première intervention d'une vérification
sur place.
Cette obligation vise à faciliter les contrôles fiscaux en permettant à l'administration de disposer
rapidement des données comptables au format numérique, assurant ainsi une meilleure traçabilité et
fiabilité des informations fournies.
En Algérie, bien que la réglementation soit encore en phase d’adaptation par rapport aux standards
internationaux, les entreprises qui utilisent un système comptable informatisé doivent néanmoins
préparer la transmission des données comptables lors des contrôles fiscaux.
Cela implique une organisation rigoureuse de la tenue des comptes et une maîtrise des outils
informatiques.
Par exemple, une entreprise opérant dans le secteur industriel utilise un logiciel de comptabilité
informatisé pour enregistrer toutes ses opérations financières.
Lors d’un contrôle fiscal, les inspecteurs demandent la remise du FEC, lequel inclut toutes les écritures
comptables classées chronologiquement, avec les mentions obligatoires telles que la date, le journal, le
montant, la pièce justificative, le compte comptable débité et crédité, etc.
L’entreprise doit fournir ce fichier au format exigé par l’administration (souvent au format XML ou
CSV). Si elle ne respecte pas cette obligation, elle risque des sanctions pouvant aller jusqu’à des
pénalités financières.
Il est donc essentiel d’adopter dès maintenant des logiciels conformes aux exigences fiscales, capables
d’extraire un FEC complet et fiable, et d’assurer la sauvegarde régulière des données comptables pour
répondre rapidement aux demandes des autorités de contrôle.
En résumé :
- Tenir une comptabilité informatisée conforme aux normes en vigueur.
- Être capable de produire et transmettre rapidement le FEC lors d’un contrôle.
- Veiller à l’intégrité, la traçabilité et la conservation des données comptables.
- Anticiper les évolutions réglementaires pour rester en conformité avec la législation algérienne et
internationale.

Certificat de Conformité :
Vous devez fournir un engagement de l'éditeur de votre logiciel attestant que celui-ci est
conforme aux exigences comptables et fiscales (inaltérabilité, archivage des données).
Afin de répondre aux obligations légales en matière de gestion comptable et fiscale, il est
indispensable que votre logiciel de gestion ou de facturation soit certifié conforme aux normes en
vigueur, notamment la loi anti-fraude à la TVA.
Cela garantit que les données enregistrées sont sécurisées, inaltérables, horodatées, et archivées selon
les modalités prescrites.
L'engagement de l'éditeur doit préciser que le logiciel respecte les critères suivants :
- Inaltérabilité des données : les informations une fois enregistrées ne peuvent être modifiées ou
supprimées sans trace.
- Archivage sécurisé : conservation des données pendant la durée légale requise (généralement 6 ans).

- Traçabilité complète des opérations : chaque action est historisée pour assurer la transparence en cas
de contrôle.

Cet engagement prend généralement la forme d’un certificat de conformité fourni par l’éditeur du
logiciel, qui peut être présenté lors des contrôles fiscaux.
Exemple d’engagement de l’éditeur :
« Par la présente, la société [Nom de l’éditeur], éditeur du logiciel [Nom du logiciel], certifie que son
logiciel est conforme aux exigences prévues par l’article 286-1 du Code général des impôts relatif à la
sécurisation des logiciels de comptabilité et de gestion.
Ce logiciel garantit l’inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l’archivage des données,
conformément à la réglementation en vigueur.
En foi de quoi, nous délivrons ce certificat de conformité le [date]. »
Signature et cachet de l’éditeur.

Durée du Contrôle :
La durée de la vérification de comptabilité sur place peut être prolongée de 30 jours si elle
implique le contrôle de la comptabilité informatisée en Algérie.
En effet, selon la législation algérienne en matière de contrôle fiscal, lorsque l'administration fiscale
procède à un contrôle sur place, la durée initiale est généralement limitée à un certain nombre de jours
(souvent 15 jours).
Toutefois, si le contrôle exige l’analyse approfondie de systèmes informatisés de comptabilité, cette
période peut être prolongée de 30 jours supplémentaires.
Cette mesure vise à permettre aux agents vérificateurs de comprendre et d’auditer correctement les
données numériques, ce qui demande généralement plus de temps que la consultation des documents
papier.
Exemple :
Une entreprise basée en Algérie fait l’objet d’un contrôle fiscal sur place qui débute le 1er mars. Lors
de la vérification, l’administration fiscale constate que la comptabilité est entièrement informatisée via
un logiciel de gestion intégré.
En conséquence, la période de contrôle initiale de 15 jours est prolongée de 30 jours, entraînant ainsi
une durée totale de contrôle jusqu’au 15 avril. Cette prolongation permet aux contrôleurs d’examiner
les fichiers électroniques, d’auditer les processus de saisie et de garantir la fiabilité des écritures
comptables informatisées.

3, Déclaration des Salaires :


Le dépôt de la déclaration annuelle des salaires (série G n°29) devient obligatoire par voie
électronique pour les contribuables utilisant le système "JIBAYATIC", avec l'obligation
d'inclure le Numéro d'Identification National Unique (NIU) des bénéficiaires en Algérie.
Cette mesure vise à renforcer la transparence fiscale et à faciliter le contrôle des revenus versés aux
salariés, tout en assurant une meilleure traçabilité des paiements effectués par les employeurs.
Le système "JIBAYATIC" permet ainsi une gestion dématérialisée et sécurisée des déclarations,
réduisant les risques d'erreurs et les délais de traitement.
Le dépôt électronique via "JIBAYATIC" implique que chaque employeur doit saisir, en plus des
informations classiques telles que le nom, prénom, et montant des salaires versés, le NIU de chaque
bénéficiaire.
Ce numéro unique permet d’identifier précisément chaque salarié auprès des administrations fiscales
et sociales, facilitant notamment le calcul des cotisations et des impôts.
L’obligation de déclaration dématérialisée garantit également une meilleure conformité des
employeurs aux obligations fiscales algériennes, limitant ainsi les risques de redressements lors des
contrôles.
Par ailleurs, les délais pour déposer la déclaration sont strictement encadrés : généralement avant le 31
mars de chaque année pour les salaires versés l’année précédente.
Exemple concret :
Supposons qu’une entreprise algérienne appelée "SARL El-Waha" emploie trois salariés.
Lors de la déclaration annuelle des salaires via "JIBAYATIC", elle doit fournir pour chacun des
employés :
- Nom et prénom : Mohamed Benali
- NIU : 12345678901
- Salaire brut annuel : 500 000 DA
- Nom et prénom : Amina Khodja
- NIU : 10987654321
- Salaire brut annuel : 450 000 DA
- Nom et prénom : Rachid Merabet
- NIU : 11223344556
- Salaire brut annuel : 600 000 DA
Après avoir saisi ces données, la SARL El-Waha valide sa déclaration en ligne avant la date limite
fixée.
Ce processus assure à l’administration fiscale algérienne un suivi précis des rémunérations versées et
facilite l’application correcte des prélèvements obligatoires.
En résumé, l’adoption de la déclaration dématérialisée avec l’intégration obligatoire du NIU dans
"JIBAYATIC" participe à une meilleure gestion fiscale et sociale, tout en simplifiant les démarches
pour les entreprises en Algérie.

III. Régimes Incitatifs et Douanes (Si Applicable)


Si votre entreprise opère ou prévoit d'opérer dans des secteurs ciblés, des avantages sont disponibles :
1. Start-ups et Incubateurs :
- L'exonération d'IBS (Impôt sur les Bénéfices des Sociétés), IRG (Impôt sur le Revenu Global) et IFU
(Imposition Forfaitaire Unique) pour les entreprises labellisées "Start-up" est prolongée en cas de
renouvellement du label, passant de 4+1 an à 4+2 ans.
Cela signifie qu'une start-up peut bénéficier d'une exonération fiscale sur une durée totale de 6 ans,
sous réserve du maintien de son statut et du respect des critères définis par les autorités.
- Les entreprises labellisées "Incubateurs" bénéficient d'une exonération d'IBS/IRG de deux ans,
renouvelable sous conditions.
Cette mesure vise à encourager le développement d'écosystèmes innovants en allégeant la charge
fiscale des structures accompagnant les jeunes entreprises.
Exemple concret :
Une start-up algérienne spécialisée dans les technologies propres a obtenu le label officiel en 2023.
Initialement exonérée d'impôts pendant 4 ans, elle a renouvelé son label en 2027, ce qui lui a permis
de prolonger cette exonération de 2 années supplémentaires, soit jusqu’en 2029.
Parallèlement, un incubateur reconnu dans la région d’Alger bénéficie d’une exonération d’IBS
pendant deux ans, renouvelée en 2024 sous réserve de la présentation d’un rapport d’activité prouvant
son rôle dans l’accompagnement d’au moins 10 projets innovants.
Ces régimes incitatifs facilitent la consolidation financière de jeunes entreprises et encouragent
l’investissement dans des secteurs jugés stratégiques pour le développement économique local.
Il est donc essentiel pour les entrepreneurs de bien se renseigner et d’accomplir les démarches
nécessaires auprès des organismes compétents afin de profiter pleinement de ces avantages.

2. Investissement dans l'Hydrogène Vert :


Les dépenses liées aux investissements pour le développement de l'hydrogène vert et des énergies
renouvelables sont déductibles du résultat fiscal dans la limite de 5% du bénéfice imposable.
De plus, les appareils d'électrolyse destinés à la production d'hydrogène sont exonérés des droits
de douane en Algérie.
Pour encourager la transition énergétique et soutenir le développement durable, la législation
algérienne offre des incitations fiscales significatives aux entreprises qui investissent dans l’hydrogène
vert.
Ainsi, les dépenses engagées dans l’acquisition, l’installation et la maintenance des équipements liés à
cette filière peuvent être déduites du résultat fiscal, mais dans la limite de 5% du bénéfice imposable
de l’entreprise.
Cette mesure permet de réduire le montant de l’impôt sur les sociétés, rendant les projets plus attractifs
d’un point de vue financier.
Par ailleurs, l’exonération des droits de douane sur les appareils d’électrolyse facilite l’importation de
technologies avancées nécessaires à la production d’hydrogène vert, diminuant le coût
d’investissement initial.
Exemple concret :
Une entreprise algérienne spécialisée dans la production d’énergies renouvelables envisage d’investir
10 millions de dinars dans un système d’électrolyse pour produire de l’hydrogène vert. Son bénéfice
imposable annuel s’élève à 100 millions de dinars.
Grâce à la déduction fiscale limitée à 5% du bénéfice imposable, elle pourra déduire jusqu’à 5 millions
de dinars de ses dépenses liées à cet investissement, réduisant ainsi son revenu imposable à 95
millions de dinars.
Par ailleurs, en bénéficiant de l’exonération des droits de douane sur l’électrolyseur importé,
l’entreprise minimise ses coûts d’acquisition, améliorant la rentabilité globale du projet.
Cette politique fiscale incitative reflète la volonté de l’Algérie de s’engager dans une économie plus
verte et de devenir un acteur majeur dans le secteur émergent de l’hydrogène vert, en valorisant ses
ressources naturelles et en stimulant l’innovation technologique.

1. Composants Solaires :
Les importations de matières premières et composants spécifiques pour la fabrication de
panneaux solaires photovoltaïques bénéficient d'une réduction des droits de douane au taux de
5%.
Cette réduction vise à encourager le développement de la filière solaire nationale en rendant les
composants essentiels plus accessibles et moins coûteux pour les fabricants locaux.
En effet, les panneaux solaires nécessitent divers éléments spécifiques tels que les cellules
photovoltaïques, les cadres en aluminium, le verre trempé, et les matériaux semi-conducteurs, qui sont
souvent importés.
La diminution des droits de douane permet donc de stimuler la production locale et d’accroître la
compétitivité des produits finis sur le marché national et international.
Par exemple, une entreprise française spécialisée dans l’assemblage de panneaux solaires importe des
cellules photovoltaïques de haute qualité d’Asie.
Grâce à la réduction du taux de droit de douane à 5% au lieu de 15%, elle réalise des économies
significatives sur ses coûts d’approvisionnement.
Ces économies lui permettent de proposer des panneaux solaires à un prix plus attractif, favorisant
ainsi leur adoption par les particuliers et les entreprises qui souhaitent investir dans l’énergie
renouvelable.
De plus, cette mesure encourage également les investissements dans la recherche et développement
locale, contribuant à l’innovation dans le secteur énergétique.

IV. Cas Particuliers :


Micro-Importateurs (Auto-entrepreneurs)
Si vous n'êtes pas constitué en société mais opérez comme micro-importateur sous le statut
d'autoentrepreneur, un régime d'imposition spécifique est introduit :
- Vous serez soumis à un impôt forfaitaire unique (IFU) de 0,5% (libératoire).
- Cet impôt est calculé sur la valeur en douane majorée des droits de douane et d'une marge
forfaitaire de 30%.
- Le paiement de cet impôt est effectué auprès des services douaniers lors de la mise à la
consommation des marchandises importées.
Ce régime vise à simplifier les démarches fiscales pour les micro-importateurs tout en assurant une
taxation juste et adaptée à leur volume d'activité.
En pratique, cela permet aux auto-entrepreneurs de déclarer et régler leur impôt de manière forfaitaire,
sans avoir à recourir à une comptabilité complexe ou à des déclarations fiscales multiples.
Exemple concret :
Imaginons un auto-entrepreneur qui importe des lots de matériel électronique d'une valeur en douane
de 100 000 dinars algériens (DA).
Les droits de douane s'élèvent à 10 000 DA.
Pour calculer l'impôt forfaitaire unique (IFU) :
1. On ajoute une marge forfaitaire de 30% à la valeur en douane + droits de douane :
Valeur ajustée = (100 000 + 10 000) × 1,3 = 110 000 × 1,3 = 143 000 DA.

2. L'IFU est de 0,5% sur cette valeur :


IFU = 0,5% × 143 000 = 715 DA.
Ainsi, au moment de la mise à la consommation, l'auto-entrepreneur devra s'acquitter de 715 DZD
d'impôt auprès des services des douanes.
Cette mesure facilite donc la régularisation fiscale tout en maintenant une assiette taxable cohérente
avec la réalité économique de l'importation.
Elle favorise également l'entrée des petits opérateurs dans le circuit légal en réduisant la complexité
administrative et le poids des charges fiscales.
Enfin, le projet de loi de finances pour 2026 en Algérie, en renforçant les obligations des entreprises et
en introduisant des mesures ciblées, cherche à encourager la transparence et le développement d’un
environnement économique équitable, notamment par des incitations à l’innovation et aux énergies
propres.

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