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Les Yeux Rouges - Myriam Leroy

Le document présente un extrait du roman 'Les Yeux Rouges' de Myriam Leroy, publié par les Éditions du Seuil. L'histoire suit le personnage de Denis, un employé administratif passionné de cinéma, qui interagit avec une femme qu'il admire, révélant ses réflexions sur sa vie, ses relations et ses aspirations. Le texte aborde des thèmes tels que l'ennui au travail, la quête d'authenticité et les dynamiques familiales.

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Les Yeux Rouges - Myriam Leroy

Le document présente un extrait du roman 'Les Yeux Rouges' de Myriam Leroy, publié par les Éditions du Seuil. L'histoire suit le personnage de Denis, un employé administratif passionné de cinéma, qui interagit avec une femme qu'il admire, révélant ses réflexions sur sa vie, ses relations et ses aspirations. Le texte aborde des thèmes tels que l'ennui au travail, la quête d'authenticité et les dynamiques familiales.

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LES YEUX ROUGES


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Du même auteur

Ariane
Don Quichotte, 2018
et « Points », n° P5008
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MYRIAM LEROY

LES YEUX ROUGES


roman

ÉDITIONS DU SEUIL
57, rue Gaston-Tessier, Paris XIXe
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isbn 978‑2-02‑142908‑4

© Éditions du Seuil, août 2019

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation
collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé
que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une
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Une convulsion la rabattit sur le matelas.


Tous s’approchèrent. Elle n’existait plus.
Madame Bovary (1857)
de Gustave Flaubert
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À Justin et Elfi
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Il s’appelait Denis. Il était enchanté.


Nous ne nous connaissions pas. Enfin, de toute évidence,
je ne le connaissais pas, mais lui savait fort bien qui j’étais.
Il m’écoutait à la radio, il appréciait beaucoup mon travail
qu’il suivait de près et sur lequel il pouvait même se poser
en exégète, LOL, raison pour laquelle il se permettait cette
intrusion sur Facebook (en espérant qu’elle ne me gêne pas).
Il me trouvait très charmante, vraiment. Et pas seule‑
ment jolie, d’ailleurs. Il y avait dans mon regard comme une
fêlure, une brisure, il ne savait comment dire, mais il y avait
au fond de mes prunelles quelque chose, quelque chose de
triste qui avait piqué sa curiosité.
Que je ne me méprenne pas surtout, il ne me faisait aucun
gringue. Il était en couple depuis perpète et pour perpète, en
ménage oui, emoji clin d’œil, et fier papa d’un fiston de 7 ans.

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Denis était employé administratif dans une entreprise


pharmaceutique, un boulot relativement chiant – comme
je pouvais m’en douter – mais plutôt bien payé, alors il res‑
tait là, comme un gentil clébard, à se faire ses trois mille
balles par mois, presque un salaire de manager alors qu’il
n’avait aucun diplôme, alors que l’école et lui ça avait tou‑
jours fait deux, trois même, MDR. Voilà pourquoi il s’esti‑
mait chanceux d’avoir trouvé ce job, pourquoi il se tenait
à carreau, lui qui avait pourtant un tempérament rebelle,
lui qui avait donné du fil à retordre à ­l’autorité toute sa vie
et qui se qualifiait encore aujourd’hui à 49 balais de sale
gosse, emoji petit diable.
Avais-je entendu parler de la page Facebook Denis la
Menace ? C’était sa soupape de décompression, son vio‑
lon d’Ingres. Il me refilait le lien, je n’avais qu’à cliquer si
ça me disait.
C’était là qu’il était vraiment lui, là qu’il exultait, emoji
biceps.
Depuis tout petit, il était dévoré par la passion du cinéma.
Trop flemmard pour réaliser un film et surtout pas assez
introduit pour percer, il croyait avoir finalement trouvé sa
voie en proposant des critiques de films, comptes rendus
de conférences de presse et interviews d’artistes.
La presse d’État, les médias aux ordres (que je ne me vexe
pas, il ne disait pas ça pour moi) avaient toujours snobé sa
prose. Trop indépendante. Pas assez « ­corporate ». Il ne

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faisait pas de courbettes aux réalisateurs subventionnés.


Alors puisqu’il n’y avait rien à espérer de nos institutions,
Denis s’était sorti les doigts et avait créé son propre truc,
sa page, un espace libre, loin des préoccupations commer‑
ciales et idéologiques des sites et journaux de l’establishment.
Alors non, il ne lui avait pas échappé que moi-même je bos‑
sais pour la Pravda et il ne me jugeait pas, fallait bien bouf‑
fer. Mais il avait la certitude qu’au fond de moi s’ébrouait un
chien aussi fou que lui et c’est cette dissonance cognitive-là
qu’il aurait voulu explorer dans une interview, un entretien
à publier sur sa page que je lui accorderais à ma meilleure
convenance, dans le contexte qui me ferait plaisir.
Si je le souhaitais, je pouvais aller lire sa rencontre avec
Robert Rodriguez, un papier d’anthologie – disait-il sans se
vanter – qui lui avait permis de gagner l’estime du milieu,
petit milieu de petites putes soit dit en passant. Comme
quoi, quand on ne prêtait allégeance qu’à sa conscience, il
restait des gens qui savaient l’apprécier.
Maintenant, la balle était dans mon camp. Il ­m’embrassait
(en tout bien tout honneur), emoji rougissant.

C’était gentil de lui avoir répondu. Vraiment, il en était très


heureux. Même si j’avais mis le temps, mais vieux motard

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que jamais, emoji qui pleure de rire. I made his day et sans
doute his week. Il se doutait bien que je devais être sollici‑
tée de toutes parts et il s’attendait à passer inaperçu avec
sa bouteille à la mer. Denis se sentait privilégié. C’était pas
tous les jours qu’on pouvait papoter avec une star (même
s’il se doutait que je réfuterais cette manière de me désigner,
il maintenait : j’étais bel et bien une star).
Qu’allait-il bien pouvoir m’écrire à présent pour conser‑
ver mon intérêt ?
Des blagues ? Il n’en connaissait qu’une, celle du zoo‑
phile qui entrait dans un bar, LOL.
Des compliments ? Il présumait que j’en recevais déjà
des pelletées et que ce n’était certainement pas la basse
flagornerie qui pouvait singulariser qui que ce soit dans
la nuée de mes prétendants. (Tiens, en parlant de nuée, il
avait assisté à une murmuration d’étourneaux sur la grand-
route en rentrant chez lui. Savais-je qu’on disait murmura‑
tion ? N’était-ce pas sublime ? Il en aurait pleuré, du ballet
de ces oiseaux. Il ne manquait que l’Adagio ­d’Albinoni en
fond sonore.)
Qu’avais-je envie de savoir (si d’aventure j’avais envie de
savoir quelque chose) à son propos ?
Lui, il était terriblement curieux. De tout. De moi. De tout
sur moi. De la vie que je menais, de la marque de mon après-
shampoing, de mon opinion sur le conflit israélo-palestinien,

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LES YEUX ROUGES

sur la bagarre entre pro et anticacahuètes dans les M&M’s,


de ma pointure UK… De tout, quoi.
Pour dire vrai, il s’emmerdait comme un rat au taf, ses
collègues étaient d’un sinistre. Personne à qui parler, per‑
sonne pour se marrer. Il vivait pour ainsi dire littéralement
le jour de la marmotte : chaque semaine était une photo­
copie de la précédente et il ne faisait maintenant même
plus semblant de rester éveillé. Là par exemple, il sortait
d’un roupillon. Il avait des techniques, des planques, depuis
quelque temps il faisait la sieste au bureau après le repas.
Il devait bien le reconnaître : d’un point de vue intellectuel,
il était sous-stimulé.
Longtemps, il en avait pris son parti. Le côté répéti‑
tif de la tâche et l’absence d’interactions vivifiantes lui
avaient permis de se forger une vie intérieure. Au fond,
l’ennui avait été son université. Il lui avait donné le loisir
de penser, de creuser, de progresser dans l’arborescence
infinie des questions existentielles. Mais aujourd’hui il en
avait sa claque. Il avait envie slash besoin d’un sparring
partner, comme à la boxe. En l’occurrence d’une spar‑
ring partner : moi. Une adversaire et surtout une alliée,
quelqu’un qui aurait le niveau, quelqu’un d’intransigeant
qui placerait la barre haut, qui esquiverait et renverrait la
balle. Une dose de dope mentale. Il avait putain de besoin
d’une activité épistolaire qui reconnecte les circuits. Incon‑
sciemment, à chaque fois qu’il rencontrait quelqu’un, il

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lui faisait passer ce casting. Et à tous les coups, le candi‑


dat échouait.
Jusqu’à ce jour béni où j’étais apparue dans son radar.
Il ne voulait pas m’effrayer, mais il avait misé tous ses
jetons sur mon numéro.
Acceptais-je le défi ? Topais-je là, emoji poing ?

Me raconter sa vie d’abord ? Peut-être, au fond. Elle n’était


pas plus nulle que celle d’un autre et, à certains égards, elle
était même parfois plutôt cool.
Eh bien il était né à la campagne, avait grandi dans une
jolie maison en pierre avec un grand jardin, une enfance
heureuse avec un papa pilote de ligne qui, le pauvre, n’était
pas souvent là et une maman qui s’occupait de sa progéni‑
ture. Pas de frère, pas de sœur, mais une quantité de chiens.
Le couple de ses parents était toujours debout aujourd’hui
malgré les nombreux orages qui s’étaient abattus sur leur
mariage. Ghislaine et René étaient la preuve vivante qu’on
pouvait voir rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait
trop vieux.
Ces histoires de stars à la con qui divorçaient comme
on prenait le bus, Denis, ça le foutait en rogne comme pas
permis.

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LES YEUX ROUGES

Sa mère à lui aurait pu partir dix fois, cent fois, elle aurait
même dû selon les normes en vigueur aujourd’hui, mais elle
avait tenu bon. Le paternel n’était pas un homme facile, il
en convenait, il était soupe au lait, parfois brutal et même
s’il ne l’avait jamais vu lever la main sur la daronne c’était,
on ne pouvait le nier, un macho à l’ancienne, un pilote quoi,
viril, physique, un mec qui dévoilait peu ses sentiments. Et
puis l’époque était aux seconds bureaux, aux maîtresses,
à la fréquentation de bordels et, si tout cela était jadis plus
ou moins toléré par la société, il fallait pouvoir l’encaisser
quand on était la première concernée.
Mais sa maman était restée. Elle avait cultivé son jar‑
din, au propre comme au figuré. Et aujourd’hui, à l’heure
de voir grandir son petit-fils aux côtés de son mari désor‑
mais retraité, elle savait qu’elle avait fait le bon choix et elle
ne regrettait rien.
Denis avait pour cette femme le plus profond respect.
Elle avait tout sacrifié pour son enfant unique et son époux,
tout. Sa jeunesse, sa beauté (car elle avait été très belle),
son confort et même ses études d’infirmière, métier qu’elle
n’avait jamais exercé – au-delà bien sûr de l’enceinte de leur
propriété. Si le mot dignité avait un visage, ce serait celui
de sa mère.
Et ce alors que Denis, et il n’en était pas fier je pouvais
le croire, l’avait fait tourner chèvre pendant toute son ado‑
lescence, à faire le mur, à fumer des bédos, boire, conduire

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LES YEUX ROUGES

bourré, ramener à la maison toutes les brebis galeuses du


quartier… Et Ghislaine de son côté qui allait le conduire et
le rechercher, qui l’attendait sans dormir quand il décou‑
chait, lui préparait un petit déjeuner de Viking quand il
avait l’estomac en feu d’avoir trop picolé… Tout ça sans se
plaindre, jamais.
Quand il voyait les mères d’aujourd’hui revendiquer leurs
ratés et imperfections sur Instagram comme si c’était épa‑
tant, quand il jetait un œil à leurs salons en bordel, leurs
gamins tout crottés et leurs trainings peau de pêche, il se
disait qu’elles feraient bien de faire un stage chez sa mère,
toujours tirée à quatre épingles, souriante, sereine, même
après avoir torché des chiottes.
Le problème, quand on avait été élevé par une femme
pareille, c’était que toutes les autres pâtissaient forcément
de la comparaison. Il avait mis du temps à se caser et si cette
fois, ça y était, il ne pouvait s’empêcher, quand il observait
sa femme, de revoir sa mère en surimpression, pour laquelle
tout semblait tellement plus simple et plus gai.
Personne dans la famille n’avait jamais fréquenté le
moindre psy, fait la moindre cure, essuyé la plus petite
dépression (concept moderne qui laissait Denis perplexe),
et encore moins de burn out, de bore out ou de brown out
– pour parler comme une névrosée.
Lui-même n’avait jamais ressenti le besoin de ­vidanger
ses poubelles intérieures auprès de qui que ce soit : parmi

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ce que ses parents lui avaient enseigné, la pudeur était une


vertu cardinale. Il trouvait que les gens qui s’exposaient,
lisibles sans peine sur tous les supports, n’avaient dès lors
plus le moindre intérêt. Il regrettait par exemple ce temps
où les stars étaient stars, distantes, muettes voire mutiques,
où le public ne savait rien de la couleur de leurs chaussettes
ou de leurs opinions politiques. Les « chanteurs engagés »
lui donnaient envie de distribuer des low-kicks balayettes.
Et que dire des actrices militantes écologistes ? Qu’elles
fassent leur job et qu’elles la ferment. On ne leur deman‑
dait rien de plus. Les spectateurs n’avaient nul besoin qu’on
leur donne des leçons de compostage et de conduite à vélo,
encore moins venant de multimillionnaires qui ne se dépla‑
çaient qu’en berline avec chauffeur et avaient des Conchi‑
tas à demeure.
Denis tentait d’élever son fils en adéquation avec les pré‑
ceptes qui avaient présidé à son éducation et il pensait qu’il
ne s’en sortait pas trop mal jusqu’ici. James était un gamin
poli qui disait bonjour et merci, un kid qui réussissait tout
ce qu’il entreprenait, ramenait des notes nickel, jouait au
foot avec talent et se faisait déjà son propre argent de poche
en lavant les bagnoles du quartier.
Denis ne pouvait se vanter d’avoir toujours été un mec
bien, mais un bon père ça oui.
Fiooou, eh bien il pensait m’en avoir déjà dit pas mal sur
lui. C’était rigolo comme il se confiait alors qu’il venait de

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LES YEUX ROUGES

dire qu’il était pudique ! C’était moi qui devais susciter ça.
Il décelait chez moi un sens de l’écoute (enfin de la lecture,
LOL) remarquable.
Il me laissait, il sortait Madame ce soir. Un cinéma et un
restaurant, ça faisait longtemps.
Emoji petit chat qui fait un bisou.

Ça y était, il avait enfin débusqué ce qui dans mes yeux


l’avait tant interpellé. C’était leur côté légèrement tombant
même lorsque je souriais, cet air qui disait que derrière
­l’allure insouciante d’une belle fille de mon âge subsistait
une gravité, un adorable stigmate de malheur résigné.
Denis était remué par sa découverte. Il sentait qu’il déte‑
nait peut-être la clé de nos conversations à venir. Il m’invi‑
tait à lui en dire plus sur moi, à ne pas rester sur ma réserve.
Pour m’y inciter, il pouvait à nouveau ouvrir les hosti­
lités et se dévoiler lui-même encore un peu.
Plus que tout au monde, il adorait le chocolat. Il se sur‑
nommait d’ailleurs l’homme-chocolat (clin d’œil à Olivia
Ruiz qu’il trouvait très mignonne). Si je voulais le faire suc‑
comber, c’était très simple, il fallait que je lui prépare une
fondue au chocolat. Avec des fraises. Hmmm, il en salivait
déjà rien que d’y penser.
Juste après le chocolat venait le cinéma.

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LES YEUX ROUGES

En face, X, jeune femme à la beauté vénéneuse, arborait


le teint hâlé des vacanciers tout juste rentrés de villégiature.
Dans son tailleur-pantalon marine, X avait la prestance que
lui connaissent les auditeurs du service public. Oserait-on dire
qu’elle se présentait en conquérante ?
En un coup d’œil, on comprenait que ce qui se jouait ici
était moins un procès qu’une confrontation cruelle entre deux
classes sociales.
Elle accusait Denis de remarques sexistes, il lui reprochait
de vouloir le tuer (!) mais elle persistait, pimpante et décolle‑
tée, à tenir un rôle de victime. Le tableau était pourtant noir :
l’expert psychiatre parlait même de paraphrénie.
Suivi par le procureur, il requérait son placement au sein
d’un établissement de soins psychiatriques résidentiel de sécu‑
rité moyenne : au final, X ne fera l’objet que d’un rappel à la loi.
Ce simulacre de justice ne renforcera pas la foi des citoyens
en leurs institutions.
Gageons que X pourra tirer les leçons d’une vindicte popu‑
laire qui ne tardera probablement pas à s’abattre sur elle.
Les réseaux sociaux ont au moins ceci de bon : sur Inter‑
net, personne, pas même X, n’est à l’abri d’un retour de bâton.
Alors qu’elle n’avait pas encore quitté la salle, il semblait que
déjà elle avait les yeux rouges.
Mes plus chaleureux mercis à Pascal Claude, ­Benjamine
Bovy, Laurent Chalumeau, Véronique Cranenbrouck,
­Laurent Hoebrechts, Caroline Désir, Romain Detroy,
Rachida Boukamher, Florence Hainaut, Sébastien M ­ inistru,
Olivier Monssens et Delphine Harou pour leur relecture
laser, leurs conseils et leur soutien.
J’aimerais aussi exprimer ma profonde reconnaissance
à l’Association des journalistes professionnels (­Belgique),
en particulier à Martine Simonis, pour l’intérêt qu’elle
porte aux thématiques du harcèlement et du sexisme.

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