0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
58 vues31 pages

Cours D'intro Economie Monétaire 2024-2025

Le cours d'introduction à l'économie monétaire vise à fournir aux étudiants des connaissances sur la gestion financière nationale, les instruments financiers et le système monétaire international. Il aborde les différentes formes de monnaie, leurs fonctions, et l'importance de la monnaie dans une économie de propriété privée. La mesure de la masse monétaire et de la liquidité est également discutée, soulignant l'impact de la monnaie sur les échanges économiques.

Transféré par

win642907
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
58 vues31 pages

Cours D'intro Economie Monétaire 2024-2025

Le cours d'introduction à l'économie monétaire vise à fournir aux étudiants des connaissances sur la gestion financière nationale, les instruments financiers et le système monétaire international. Il aborde les différentes formes de monnaie, leurs fonctions, et l'importance de la monnaie dans une économie de propriété privée. La mesure de la masse monétaire et de la liquidité est également discutée, soulignant l'impact de la monnaie sur les échanges économiques.

Transféré par

win642907
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Introduction à l’économie monétaire

ULBO
Licence 2 Finance-Comptabilité

Enseignant : Dr Serge Stéphane KY

1
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Introduction à l’économie monétaire

Plan du cours :

Chapitre I : La monnaie et l’économie monétaire

Chapitre II : Les instruments financiers

Chapitre III : Les institutions financières

Objectif du cours

Ce cours vise à transmettre aux étudiants de deuxième année des sciences économiques des
connaissances concernant la gestion financière de la nation (politique monétaire
essentiellement) et des éclairages sur les mécanismes qui sont derrière la création monétaire. Il
expose les modalités du financement, les outils et instruments financiers de l’économie.
Par ailleurs, il est également question de connaître le système monétaire international dans
lequel nous vivons ainsi que ses origines.

Bibliographie

Jean Marchal et Frédéric Poulin, « monnaie et crédit dans l’économie française », Paris
Cujas, plusieurs éd.

Monique Beziade, « la monnaie », Paris, Masson, 1986

Jacques Henri David, « la monnaie et la politique monétaire », Paris Economica 1986

J.M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », Paris, Payot


1936

2
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

CHAPITRE I : La monnaie et l’économie monétaire

I. Les différentes formes de monnaie

De nos jours, il existe plusieurs formes de monnaie qui peuvent être classées en deux (02) ou
trois (03) grandes catégories :

1. La forme manuelle, appelée monnaie fiduciaire, parce que basée sur la confiance.
Cette forme de monnaie circule par la remise manuelle, de main en main. Elle est
constituée :
▪ La monnaie métallique ou monnaie divisionnaire
Elle est constituée par l’ensemble des pièces monétaires. Elle permet d’assurer les
transactions de faible valeur.
▪ La monnaie papier ou monnaie Banque Centrale
Il s’agit des billets de banque qui représentent une valeur nominale et qui ont
« cours forcé » c’est-à-dire qu’ils ne sont pas convertibles en métal précieux tel
que l’or.

2. La monnaie scripturale ou monnaie de banque qui prend la forme d’écriture. Elle est
constituée des avoirs dans les comptes à vue. Elle circule à travers des supports dont les
plus connus sont les chèques.

3. Une troisième forme sera la monnaie dite électronique, monnaie dont les supports de
circulation sont formés d’un ensemble d’instruments comme les cartes bancaires et plus
récemment le téléphone portable. Il convient de noter que c’est une monnaie scripturale
qui utilise l’électronique plutôt que le stylo à bille, le stylo à encre ou la machine à
écrire.

II. Définition de la monnaie

La définition de la monnaie n’est pas un exercice aisé. Cela est en relation avec les faits suivants.
Historiquement, la monnaie a existé avant qu’on ait cherché à la définir. Elle a pris à l’origine
une forme matérielle pour progressivement se dématérialiser engendrant du même coup une
confusion entre la monnaie et son support qui est le bien qui l’incarne ou qui l’a incarné, une
désorientation lorsqu’elle a pris une forme immatérielle. L’histoire de la monnaie montre donc
un processus constant de dématérialisation (processus au cours duquel les moyens de
paiement sont devenus de moins en moins physiques).

Monnaie marchandise → Monnaie métallique → Monnaie papier → Monnaie scripturale→


Monnaie électronique

Dans certaines économies, il y a eu une multiplicité de circulation monétaire. Ce qui ne favorise


pas une vision unique du phénomène.

3
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Les économistes ont initialement défini la monnaie par ses fonctions, vu qu’une définition
émanant de l’historique ou des mutations de la monnaie paraitrait plus complexe.

Quand la monnaie avait comme support un bien qui a une utilité propre (toute forme de monnaie
qui a existé avant la monnaie fiduciaire : le bétail, le poisson séché, le grain de seigle, l’argent,
l’or), elle a été défini comme un bien qui a rempli un certain nombre de fonctions.

Quand elle s’est détachée du bien qui a une valeur intrinsèque pour s’incarner dans du papier
qui n’a pas d’utilité propre ou une valeur intrinsèque assez grande, on a dit que la monnaie est
une chose qui remplit un certain nombre de fonctions.

Les fonctions de monnaie auxquelles nous faisons allusion sont :

• La monnaie comme unité de compte,


• La monnaie comme intermédiaire d’échange,
• La monnaie comme réserve de valeur.

Nous pouvons synthétiser ces rôles de la monnaie dans le tableau suivant :

Caractéristiques
Rôle Généralité Physique Temporelle
Unité de compte Numéraire Abstrait Immédiat
Intermédiaire des échanges Liquidité Concret Immédiat
Réserve de Valeur Actif Concret Inter-temporelle

1. La monnaie comme unité de compte

La monnaie permet de compter les biens, de leur donner une valeur et de faciliter ainsi
l’établissement des rapports d’échange entre les biens pris deux (02) à deux (02).

Par rapport à une économie ou il n’y aurait pas de monnaie (économie de troc), elle facilite
l’établissement des rapports d’échange.

Supposons une économie de troc à n biens. Dans cette économie le nombre de rapports
d’échange qui peuvent s’établir entre les n biens est égale au nombre de combinaisons de ces n
biens pris deux (02) à deux (02). On a :

𝒏!
(𝒏𝟐) = 𝟐!(𝒏−𝟐)!

4
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Exemple : Mil, Lait, Viande

Lait

Pml Trois (03) prix relatifs.

Mil Pvl

Pmv Viande

Mil, Lait, Viande, Sucre, Sel.

Lait Dix (10) prix relatifs

Viande viande sucre

Mil sucre lait sucre Viande Sucre Sel

Sel sel sel

Economie de 100 biens = 4950 prix relatifs

Economie de 1000 biens = 499500 prix relatifs

Supposons que nous soyons dans une économie monétaire à trois (03) biens A, B, et FCFA
dont FCFA est la monnaie.

Dans ce cas, le fait de connaitre les rapports d’échange entre chaque bien et la monnaie permet
d’en déduire le troisième, c.-à-d. entre les deux (02) autres biens. Si A=10 FCFA, B=7 FCFA
alors B = (7/10) A.

Il suffit de connaitre (n-1) rapports d’échange pour avoir les n rapports. S’il y a 1000 biens dans
la société, il suffit désormais de connaitre les rapports d’échange entre 999 biens et la monnaie
pour en déduire tous les autres (499500-999). Donc la monnaie facilite l’établissement de
rapports dans une économie à n biens.

Elle résout du même coup les questions de la double coïncidence des préférences et de
divisibilité. Un vendeur de mouton pourra payer une boule de savon et garder sa monnaie. Sans
la monnaie, il faut que le vendeur de mouton trouve quelqu’un qui veut du mouton. Cette
dernière doit avoir du savon en échange. Elle doit aussi être capable de payer le mouton entier
c'est-à-dire avoir du savon en quantité pour l’échange. Que les deux conviennent d’un rapport
d’échange (le mouton en boule de savon). Toutes ces contraintes peuvent rendre impossible
l’échange.

5
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

2. La monnaie comme intermédiaire d’échange

La seconde fonction de la monnaie est le fait d’être un intermédiaire dans les échanges. Le dire
entraine que la monnaie a un pouvoir d’achat immédiat et général. Le pouvoir d’achat général
s’explique par le fait que la monnaie permet d’acheter, tout bien et non pas un nombre limité
de biens.

Le pouvoir d’achat immédiat sans délai est que l’on peut se passer de la transformation en quoi
que ce soit pour devenir un moyen libératoire. Autrement dit, dès qu’on en dispose, on ne
supporte pas un coup (ni en temps, ni en argent) pour en faire un moyen de paiement.

C’est en ce sens que Keynes dit que « la monnaie est une chose qui a des attributs dont sa
détention confère l’opportunité d’avoir n’importe quelle chose, bien ou service, en n’importe
quel moment et en n’importe quel lieu».

La monnaie est donc la liquidité par excellence. Et on mesure le degré de liquidité d’un bien
par le délai et le coût pour le transformer en monnaie.

Plus le délai (ou le coût) est court (ou faible), plus ce bien tend vers la monnaie et inversement
(or, avoirs dans un compte d’épargne tendent vers la monnaie tandis qu’une vieille voiture ne
sera pas considérée comme monnaie…).

3. La monnaie comme réserve de valeur

La monnaie permet de transporter les valeurs dans le temps au taux d’inflation près. On
remarque au passage que 150 F CFA en monnaie divisionnaire (prix d’une miche de pain au
Burkina Faso en 2024) est plus conservable dans le temps que la miche de pain elle-même. La
monnaie comme réserve de valeur peut être vue aussi comme un contrat social entre les
générations passées, la génération présente et les générations futures. Elle permet de transposer
le fruit du travail ou la valeur du patrimoine dans le temps (capitalisation des richesses dans le
temps). Ainsi, les générations antérieures pourront satisfaire leur mode de consommation à
l’époque présente par le biais de la monnaie qui est une épargne de leur période active.

En somme on dirait qu’une économie est monétaire s’il existe un bien ou quelque chose qui
remplit parfaitement ces trois (03) fonctions dans cette économie.

A l’inverse, toute économie qui n’en connait pas ou qui n’en connait qu’imparfaitement
l’existence de cette chose (existence de poche d’économie de troc, utilisation exclusive de la
monnaie fiduciaire, refus de la monnaie scripturale) est une économie non monétaire ou
imparfaitement monétaire.

C’est ainsi que certaines économies africaines particulièrement celles de l’Afrique noire, sont
qualifiées d’économie imparfaitement monétaire.

6
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Le sous-entendu est qu’une économie non monétaire ne peut pas fonctionner sur la même
logique qu’une économie monétaire. On a le rationnel (économie monétaire) et l’irrationnel
(économie non monétaire), le calcul contre son contraire. En définissant la monnaie par ses
fonctions, on n’a toujours pas défini ce que c’est que la monnaie, on a fait que dévoiler les
fonctions de celle-ci.

III. L’économie monétaire

En vérité, c’est l’économie monétaire qui engendre la monnaie dont les mutations, les
métamorphoses, s’opèrent en fonction des insuffisances de telle ou telle forme par rapport aux
besoins de l’agent économique ou aux besoins de l’économie dans son ensemble.

D’où vient donc la monnaie? Quel est son essence?

Si les fonctions de compte et de réserve de valeur peuvent se comprendre dans n’importe quel
type d’économie, la fonction d’intermédiaire des échanges n’est convenable que dans une
économie fondée sur les échanges. Le prototype d’une telle économie est l’économie
fonctionnant sur la base de la propriété privée des biens. Dans ces économies, naitront des biens
ou des choses peu importe leurs formes :

➢ Qui seront des unités de compte dans la perspective des échanges ;


➢ Qui disposeront d’un pouvoir d’achat général et immédiat afin de faciliter les
transactions ;
➢ Et qui représenteront la qualité d’être des moyens de transfert de valeurs dans le temps
afin que dans les échanges, l’agent économique puisse avoir le fruit de son travail au fil
du temps.

Par conséquent toute économie de propriété privée est d’emblée une économie monétaire. Mais
qu’est-ce que c’est que la monnaie ?

Partons du fonctionnement des économies modernes. Dans ces économies, la monnaie est créée
par les banques au profit des entreprises. Les entreprises emploient des salariés, distribuent des
revenus à ces derniers et produisent des biens et/ou des services.

Les ménages consomment les biens et les services produits par les entreprises et la monnaie
revient aux entreprises. Ces ménages peuvent naturellement épargner si le revenu acquis
dépasse les besoins de consommation. On voit donc l’utilisation d’un revenu global en
consommation et épargne.

Les entreprises remboursent aux banques. On peut donc prétendre que la monnaie créée par les
banques correspond à la valeur de la production future. Il vient donc que les formes diverses de
la monnaie sont des signes de la valeur anticipée de la production.

Pour résumer, et selon l’approche que toute économie de propriété privée est d’emblée
monétaire, on peut donc prétendre que la monnaie est l’ensemble des signes représentant la
valeur anticipée de la production.

7
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Banques

Service de la dette

ou destruction Crédit Création de la monnaie

de la monnaie

Epargne

Entreprises

Consommation Rémunération des

Salariés

Ménages

1. Mesure du stock de monnaie

Mesurer le stock de monnaie dans l’économie revient à mesurer le potentiel de demande


immédiat sur le marché des biens et services c’est-à-dire l’ensemble des encaisses monétaires
des agents non financiers résidents à un moment donné. Concrètement, mesurer les encaisses
monétaires suppose que l’on soit capable de faire la part dans le patrimoine des agents de ce
qui correspond à une réserve de moyen de paiement et de ce qui correspond à une volonté
d’épargne durable. En d’autres termes, il s’agit de distinguer les actifs monétaires des actifs
financiers. Dans une économie où les marchés financiers sont peu développés cette distinction
est facile à faire alors que dans une économie où les marchés financiers sont très développés
cette distinction est peu évidente vu le rythme rapide des innovations financières, le coût de
transaction pour passer d’un actif à un autre devenu faible.

Pour mesurer la masse monétaire, les autorités monétaires adoptent une approche fonctionnelle.
Dans cette approche, la masse monétaire représente l’ensemble des moyens de paiement
immédiat où différés et d’actif financiers, dont leur conversion en monnaie (manuelle)
n’implique pas un risque important de perte en capital, détenu par les agents non financiers
résidents à un moment donné.

La masse monétaire est construite en agrégats emboités du plus liquide au moins liquide.

8
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

• La masse monétaire au sens strict M1 ou disponibilité monétaire : M1= MF+MS


MF= pièces et billets en circulation détenus par les agents non financiers
Ms= dépôts à vue des agents non financiers auprès des banques et des coopératives
• La masse monétaire au sens de M2 (agrégat intermédiaire) : M2= M1 + QM
QM (quasi-monnaie) = épargne liquide. A titre d’exemple on trouve dans QM les
dépôts à terme, les comptes spéciaux d’épargne, les certificats de dépôts…
• La masse monétaire au sens large M3 : M3= M2 + EA
EA= épargne affectée. EA est composé de l’épargne logement, l’épargne projet et
investissement, et les emprunts obligataires.
• La masse monétaire au sens de L (dans certains pays M4) : L= M3 + ATCN
ATCN= autres titres de créances négociables. Les ATCN sont composés des titres émis
par l’État auprès du public, les billets de trésorerie...

2. Mesure de la liquidité de l’économie

Le taux de liquidité de l’économie est le rapport entre le total des encaisses détenues par les
agents non financiers et une grandeur représentative du niveau de l’activité économique.
Lorsqu’une économie est très liquide les ménages et les entreprises détiennent un volume
important de monnaie qui peut alimenter une forte demande de consommation et provoquer,
par-là, des tensions inflationnistes. Au contraire, lorsque l’économie manque de liquidité, il
peut en résulter des tensions sur le financement des entreprises, tensions qui risquent de
compromettre la croissance économique (une déflation).

a. La circulation monétaire

La monnaie n’a d’importance dans l’économie que parce qu’elle circule et parce qu’elle finance
des transactions. Un même stock peut tourner plus ou moins vite et financer plus ou moins des
transactions. Pour mieux appréhender le rôle de la monnaie dans l’activité économique il faut
donc chercher à mesurer la vitesse de circulation de la monnaie. Cette dernière est mesurée par
le rapport du PIB nominal et la masse monétaire. Si P est le niveau des prix (le délateur du PIB),
Y la quantité produite (le PIB nominal) et M la quantité de monnaie en circulation, la vitesse
de circulation de la monnaie est donnée par :

(𝑃 × 𝑌)
𝑉=
𝑀
Dans ce cas V exprime le nombre de fois par période de temps (une année) qu’une unité
monétaire entre dans le revenu d’un agent économique. On parle de la vitesse revenue.

b. Équation quantitative

9
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

L’équation quantitative est celle qui relie la quantité de monnaie en circulation, la vitesse de
circulation de la monnaie et la valeur monétaire des biens et services de l’économie. En
réarrangeant l’équation ci-dessus on obtient ce qui suit :

𝑀 ×𝑉 =𝑃 ×𝑌

Cette équation établit qu’une augmentation de la quantité de monnaie en circulation (M) dans
l’économie doit se répercuter sur l’une des trois variables : le niveau des prix (P) doit augmenter
ou la quantité de production (Y) doit augmenter ou la vitesse de circulation de la monnaie (V)
doit diminuer.

10
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

CHAPITRE II : LES INSTRUMENTS FINANCIERS


Les instruments financiers sont constitués d’un ensemble de contrats, écrit ou non, qui servent
de support aux transactions financières. S’il faut en extraire des sous-ensembles, les catégoriser,
on peut le faire en fonction :

• du statut juridique de la personne qui l’émet (instrument privé, instrument public)


• du type d’activité financière dont il est le support (instrument de placement, instrument de
crédit)
• de l’échéance c'est-à-dire de la durée de vie de l’instrument. On distinguera alors les
instruments du court terme dont l’échéance est égale à 2 ans maximum. Les instruments
de moyen terme dont l’échéance est comprise entre 2 ans et 7 ans. Les instruments du
long terme avec une échéance supérieure à 7 ans.

1. Les instruments de court terme et de moyen terme

Ils sont constitués d’instruments de placements et de crédits.

1.1. Les instruments de crédits

Ils sont pour ainsi dire des supports à l’activité de crédit. Il convient cependant que le crédit est
basé sur la confiance et un droit consécutif à la détention d’un titre. Mais en pratique, l’activité
de crédit s’appuie sur des titres qui représentent des créances commerciales ou des droits sur
les marchandises.

1.1.1. Les titres représentatifs de créances commerciales

Il existe une multitude d’instruments de créances commerciales mais les plus courants sont : la
lettre de change (traite commerciale) et le billet à ordre (promesse ou engagement).

[Link]. La lettre de change

La lettre de change matérialise le crédit interentreprises (crédit fournisseur). Elle met en relation
trois personnes : un créancier fournisseur appelé tireur, un débiteur client (tiré) et une tierce
personne morale appelée bénéficiaire (généralement la banque du fournisseur ou le fournisseur
du fournisseur).

Le tireur, émetteur de la lettre de change, donne l’ordre au tiré de payer à une date donnée telle
somme à l’ordre du bénéficiaire. Considérons 03 entreprises burkinabè qui entretiennent les
relations commerciales suivantes :

11
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Créancier de Burkina Moto Bénéficiaire


SIFA Hage peinture

Débiteur de SIFA
Burkina Moto

L’entreprise SIFA (créancier) donne l’ordre à Burkina Moto (débitrice) de payer une certaine
somme à une date donnée à l’ordre de Hage peinture (bénéficiaire). SIFA vient de régler sa
dette vis-à-vis de Hage peinture en lui remettant une lettre de change. On dit que la dette a été
réglée par voie de remise. Hage peinture aurait pu ne pas être intéressé par cette transaction (si
elle n’a pas confiance à Burkina Moto). L’opportunité lui est offerte de donner l’ordre à SIFA
de payer à l’ordre de sa banque à elle.

Hage peinture créancier SIFA débitrice

Banque de Hage

Dans la réalité, c’est cette forme qui est courante. Le tireur est un créancier qui donne l’ordre
au tiré (débiteur) de payer une somme à l’ordre d’un bénéficiaire qui n’est autre que le banquier
du tireur. On dit que le créancier tire une traite sur son débiteur d’où le nom de traite
commerciale pour la lettre de change.

La lettre de change peut être accompagnée d’un certain nombre de procédures :

• L’Acceptation : consiste pour le tiré à mentionner à un endroit prévu à cet effet la


mention « accepter » et signer.
• L’aval : le tireur peut trouver une autre personne qui s’engage à payer au cas où le tiré
serait défaillant.
• La domiciliation : elle consiste à indiquer le lieu où la lettre de change doit être
présentée pour être payée.
• L’endossement : il consiste à proposer au dos de la lettre de change la mention ¨payer
à l’ordre de…..¨ et signer.
• L’escompte : la lettre de change peut être escomptée. L’escompte est un crédit octroyé
par la banque à son client sur la base de la lettre de change. L’escompte et
l’endossement sont translatifs de propriétés. La lettre de change qui a été escomptée
devient la propriété de la banque qui a accordé le crédit à charge pour elle d’encaisser
le produit à l’échéance.
• Le protêt : contrat juridique que la lettre de change n’a pas été payée à l’échéance.

12
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

La manipulation de la lettre de change est très couteuse pour les banques en termes de papiers,
de procédures, de personnels pour traiter la lettre de change, etc. D’où l’idée de dématérialiser
la lettre de change. Cette dématérialisation se caractérise avec la création de la lettre de change
relevée.

Une lettre de change relevée est une procédure qui utilise l’électronique pour traiter à la fois un
ensemble de lettres de changes et minimiser ainsi l’utilisation de supports manuels comme du
papier. La lettre de change relevé se fonde sur 02 principes :

• la lettre de change peut être recouvrée (réglé) sans qu’il ait besoin qu’elle circule
matériellement.
• on peut faire la preuve de paiement sans qu’il ait besoin de remettre la lettre de change.

Dans le cadre classique, le circuit de la lettre de change est le suivant :

Tireur Banque du tireur

Tiré Banque domiciliataire

Dans la procédure de la lettre de change relevé, lorsque celle-ci parvient à la banque du tireur,
elle est bloquée, et il est substitué au circuit manuel un circuit électronique engageant la banque
domiciliatrice et la banque centrale à travers l’ordinateur de compensation.

D’autres procédures accompagnent la lettre de change. Entre autre, on peut citer l’encodage, la
compensation, le bon à payer assorti d’un accord ou d’un refus, l’édition d’un relevé de lettre
de change à payer.

[Link]. Le billet à ordre


Il met en relation 02 personnes morales : un tireur qui est en même temps le tiré et un
bénéficiaire. Cette formulation est du type : « au 30 octobre 2024, je m’engage à payer la
somme de…. à l’ordre de …. ». Ce billet à ordre doit porter une date et une signature. Il peut
être escompté. En pratique, le billet à ordre est rédigé par un client au profit de sa banque qui
lui avait accordé un crédit.

NB : d’autres instruments de créances commerciales existent et l’obligation cautionnée en est


un exemple.
L’obligation cautionnée est un instrument de court terme utilisé pour collectionner les taxes
indirectes (TVA, taxes sur les boissons et alcools, etc.). C’est un billet à ordre rédigé par le

13
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

collecteur (l’entreprise agréée en occurrence) au profit du trésor public. Ce qui lui permet de
vendre d’abord ses biens avant de payer l’impôt. Ce titre doit bénéficier de la caution d’une
banque d’où l’appellation d’obligation cautionnée. Ces genres de titres sont mobilisables
auprès de la banque centrale.

1.1.2. Les instruments représentatifs de droit sur les marchandises


Ces instruments procurent des garanties supplémentaires. Ils sont de plusieurs ordres et de
différentes formes mais les plus courants sont le warrant et le connaissement.

[Link]. Le warrant
C’est un billet à ordre présentant la particularité de comporter un droit de gage sur les
marchandises. Gager une chose c’est la remettre pour sûreté de sa dette, c’est la nantir. Tout
bien (corporel ou incorporel) peut être mis en gage.
Le gage peut se faire sans dessaisissement au contraire du gage civil. Dans le gage traditionnel
(civil) il y a dessaisissement de l’objet gagé au profit du créancier et au détriment du débiteur.
Cela est possible grâce à l’existence de magasins spéciaux. Le dépôt des biens dans ces
magasins donne à la délivrance d’un document en deux volets appelé récépissé-warrant.
Le warrant sans dessaisissement (agricole, hôtelier, pétrolier, industriel) se fait pour permettre
au débiteur de jouir toujours de son matériel afin de pouvoir générer des flux financiers
conséquents pour le remboursement de la dette.

[Link]. Le connaissement
C’est un titre lié à un transport de marchandises par voie maritime. Il permet la mise en place
d’un type particulier de crédit documentaire. Le connaissement est un reçu de marchandises
chargées par un navire. Il est vu comme un contrat d’affrètement entre un chargeur et un
transporteur. C’est un titre de mise à disposition des marchandises.
Le crédit documentaire associé au connaissement est appelé ainsi parce qu’il s’appuie sur un
ensemble de document dont le connaissement est une pièce essentielle.

Exportateur Correspondant de la banque de l’exportateur

Importateur Banque de l’importateur

La réalisation du crédit documentaire implique la banque émettrice (banque de l’importateur),


émetteur ou donneur d’ordre (importateur) et le bénéficiaire (exportateur). On distingue 04
règles de réalisation :
• paiement à vue : paiement au bénéficiaire sans délai dès que les documents ont été remis,
noté D / P (document contre paiement)
• réalisation par acceptation (D/A) : l’émetteur accepte de payer les traites tirées par le
bénéficiaire.

14
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

• réalisation par négociation


• réalisation par paiement différé : on permet à l’importateur d’écouler toute la marchandise
avant d’effectuer le paiement chez l’exportateur avec des échéances de paiement.

1.2. Les instruments de placement


Ce sont des instruments qui permettront de placer des fonds à vue à court terme. Ces placements
sont constitués d’avoir en compte courant et d’autres titres de court terme. Le compte courant
est un contrat entre une institution financière et son client pour la remise réciproque de fonds.
Dans ces comptes à vue, les fonds sont disponibles sans grande formalité. A priori, le solde
d’un compte à vue est nécessairement créditeur sauf en cas de facilité de caisse accordé à titre
personnel. Le compte courant peut bénéficier d’un découvert autorisé à l’opposition du compte
d’épargne. On peut citer quelques exemples de comptes d’épargnes :
• Les comptes d’épargne classique
• Les comptes à termes (bloqués ou DAT)
• Les comptes sur livret
• Les comptes d’épargne logement
• Les plans d’épargne logement
• Les livrés d’épargnes entreprises

Les titres de court terme dont l’échéance peut aller jusqu’à 7 ans appelés titres de moyens termes
sont constitués de titres publics (bons de trésors) et de titres privés (bon d’institutions
spécialisées).

1.2.1. Les titres publics (les bons de trésor)

Ce sont des titres de court terme émis par l’Etat pour emprunt auprès des agents économiques
non financiers et des institutions financières. Dans certains pays, ils prennent une forme
manuelle (les bons de trésor sur formule) et une forme scripturale (les bons de trésor en
compte courant). Les bons de trésor en compte courant ont tendance à prendre de l’ascendance
sur les bons de trésor sur formule dans les pays développés comme l’Union Européenne, les
Etats Unis, Etc. L’émission de bons de trésor sur formule est permanente dans les PED. Il n’y
a pas de plafond. L’émission de bons de trésor en compte courant se fait par appel d’offre
organisé pour le compte du trésor. Généralement cet appel d’offre est généralement prononcé
par la banque centrale.

1.2.2. Les titres privés :

• les certificats de dépôts : historiquement, les billets émis par les banques étaient
initialement des certificats de dépôt d’or et constituaient donc bien des reconnaissances de
dettes. Ces certificats de dépôts sont aujourd’hui des titres émis par les banques en
contrepartie des dépôts reçus du public. Leur échéance peut aller de 10 jours à 7 ans. Ces

15
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

certificats ne peuvent être remboursés par anticipation ni comporter de prime de


remboursement. Ils ont une échéance fixe.

• les billets de trésorerie : représentent des titres de créances négociables, émis par une
entreprise anonyme désireuse de s’endetter auprès d’un autre agent et ce, par l’intermédiaire
d’une banque. Ces billets sont émis par une personne morale autre que l’Etat et une banque.
D'une manière générale, ce sont des émissions à moins d'un an cotées en rendement et non
en cours (voir plus loin); la valeur nominale de ces émissions est plus élevée que dans les
émissions classiques, de sorte qu'elles constituent principalement un marché de
professionnels.

• les bons de caisse (émis par les entreprises en vue de satisfaire leur trésorerie) : Ce sont
des bons nominatifs délivrés par une banque à toute personne physique en échange de
l’argent qui lui est confié pour une période déterminée à l’avance (minium 3 mois,
maximum 5 ans) moyennant des intérêts. A l’échéance, le client se fait rembourser du
montant du bon sur présentation de ce dernier à la banque. Les intérêts servis sur les bons
de caisse sont calculés sur la base d’une année de 365 jours (année civile).
• les bons des institutions financières spécialisées (BOA, BIRD, BAD, Etc.) qui ne font
pas de crédits classiques mais des crédits de développement.

NB : Les dépôts en banque procurent des instruments de paiements et/ou des opportunités de
dépenses en contrepartie de la ressource financière. On peut citer :

Le chèque ou le chéquier (chèque bancaire ou postal)


Le chèque bancaire ou postal est un ordre de paiement écrit qui permet au titulaire du compte(le
tireur) d’autoriser à sa banque(tiré) à régler immédiatement au porteur du chèque (bénéficiaire)
la somme inscrite sur celle-ci. Cette somme est prélevée sur les sommes disponibles au crédit
du compte du tireur. Le chèque est endossable par le bénéficiaire, à un endossataire qui peut
lui-même transmettre le bénéfice à un nouvel endossataire et ainsi de suite.

La carte bancaire (à débit immédiat ou différé)


La carte bancaire permet à son titulaire de régler ses achats chez les commerçants équipés d’un
terminal de paiement, de retirer des billets dans les distributeurs automatiques de billets ou
Guichet Automatique de billets (GAB) et d’effectuer des paiements ou d’obtenir des devises à
l’étranger (si c’est une carte bancaire internationale)

Le virement bancaire
C’est un jeu d’écriture qui permet de transférer une somme d’un compte à l’autre. C’est une
opération ponctuelle.

L’avis de prélèvement (automatique)


C’est une autorisation permanente donnée par le titulaire d’un compte à sa banque de régler des
sommes à une tierce identifiée. Par exemple le paiement des factures d’eau, d’électricité, de
gaz, de téléphone peut se faire par ce moyen.

Le titre interbancaire de paiement (TIP)

16
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

C’est un formulaire utilisé par le créancier et qui doit être signé par le débiteur afin d’autoriser
le virement du compte de ce dernier à celui du créancier. Il s’agit d’un moyen employé par les
entreprises qui perçoivent des paiements périodiques (SONABEL, ONATEL, les assurances)

2. Les titres de long terme

Leur échéance peut aller au-delà de 7ans. Les plus courants sont constitué des actions et des
obligations mais depuis un certain temps on assiste au développement de titres de nature mixte
c'est-à-dire qui allient les caractéristiques des actions et des obligations. On peut également
noter les options comme des titres longs du marché secondaire.

2.1. Les obligations

On peut définir une obligation comme un actif financier négociable incorporant un droit de
créance sur l’émetteur selon un échéancier de remboursements. Plus techniquement une
obligation est définie par la connaissance de son émetteur, du montant total de l’émission, de la
devise de cette émission, du prix d’émission, de la date d’émission, du tableau d’amortissement
(souvent réduit au prix de remboursement) ainsi que du niveau des coupons successifs. La
qualité de l’émetteur joue un rôle important dans la détermination des conditions d’émission
puis dans la fixation du cours d’une obligation au marché secondaire. Cette qualité fait l’objet
de classement normalisé.

STANDAR ET POOR’S MOODY’S Signification


AAA Aaa Débiteur sans risque
AA Aa Débiteur presque sans risque
A A Risque possible en cas de marasme économique
BBB Baa Risque probable en cas de marasme économique
BB Ba Offre de garantie mais à vérifier
B B Léger risque de défaut à l’échéance
CCC Caa Risque élevé de défaut aux échéances
CC Ca Pourrait ne pas savoir payer à l’échéance
C Devrait ne pas savoir payer à l’échéance
C Une échéance d’intérêt a été différée
D Des intérêts et/ou remboursements sont dû (c’est sûre que
vous n’aurez rien de vos fonds)
Ces classements sont appelés rating d’une obligation. Les organismes qui déterminent ces
classements sont indépendants et se basent sur des analyses approfondies de la situation
financière des émetteurs. Les entreprises n’émettent d’obligation que s’il y a un effet de levier
c'est-à-dire que la rentabilité de leur actif total est supérieure au niveau du taux d’endettement.

Les obligations sont des valeurs mobilières à revenu fixe en opposition avec les actions qui sont
des valeurs mobilières à revenu variables. Outre les caractéristiques classiques, les obligations
peuvent présentées un éventail de particularités qui influenceront la détermination de leur prix.
D’une manière générale, l’émetteur cherche à rencontrer un besoin ou à couvrir un risque ;à ces

17
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

conditions s’ajoute la recherche du coût minimal en fonction des possibilités de l’émetteur dans
le marché.

2.1.1. Obligation classique à taux fixe

L’émetteur fixe un prix et un montant dans une devise selon ses besoins, un taux d’intérêt qui
serait payé annuellement, une date et un prix de remboursement du capital initialement souscrit.
La simplicité du mécanisme permet à toutes les parties de savoir avec précision les flux
financiers de l’opération mais cette simplicité comporte de la rigidité. Chacune des parties est
exposée aux risques de fluctuation des taux d’intérêts. L’émetteur ne pouvant pas profité d’une
baisse de ces taux de même que les souscripteurs ne profiteront pas d’une hausse de ces taux.

2.1.2. Les obligations linéaires

Les États choisissent ce type d’émissions pour une part importante de leurs dettes publiques
afin de favoriser au maximum la liquidité. L’émetteur fixe un taux facial pour les intérêts
annuels, une date un prix de remboursement d’émissions successives qui sont souscrites par
adjudication. Ceci permet d’émettre des tranches complémentaires d’emprunts déjà émis en
conservant toutes les caractéristiques, le prix d’adjudication s’ajustant en fonction de
l’évolution du taux du marché. On parle souvent d’emprunt au robinet pour désigner les
obligations linéaires.

2.1.3. Les obligations à taux flottant

Comme son nom l’indique, ces obligations comportent une incertitude sur le taux d’intérêt des
coupons. Ce taux sera fixé comme étant le total d’un taux de référence (Exemple : l’EURIBOR
(Euro International Offered Rate)) et d’un écart (1,8%) éventuellement négatif.

Lorsque le marché s’attend à une hausse des taux, une émission à taux fixe rencontrera peu de
succès. L’émetteur peut alors faire appel à une émission à taux flottant pour arriver à rassembler
le montant qu’il cherche.

2.1.4. Obligation à coupon zéro

Ce sont des obligations pour lesquelles il n’y a pas de paiements intermédiaires d’intérêts. Ces
obligations éliminent le problème de paiement des coupons pour l’émetteur et de leurs
réinvestissements pour les porteurs d’obligations.

L’émetteur qui cherche à réunir le financement d’un projet qui ne génère pas un flux financier
suffisant pour assurer le paiement des intérêts avant la fin de sa réalisation à recours à ce type
d’émission. L’investisseur qui considère que les taux sont historiquement élevés, qu’il n’a pas

18
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

besoin des revenus d’une somme dans l’immédiat et qui croit en la devise de l’émission sera
attiré par ces obligations.

2.1.5. Les obligations indexées

Ce sont des obligations dont la valeur de remboursement est liée à une autre valeur boursière
(l’or)

2.1.6. Obligations à clause de change

Dans la plupart des cas, une obligation de ce type est émise dans une devise mais les intérêts et
le capital sont remboursés dans une autre devise moyennant un taux de change fixé lors de
l’émission. L’émetteur fixe un taux d’intérêt qui s’applique au montant de souscription, calculé
dans la devise de l’émission, converti à un champ fixe et payé dans une autre devise. Il en est
de même du remboursement final. L’investisseur réalisera un gain supplémentaire si la devise
de paiement s’apprécie durant la vie de l’émission. Dans le cas contraire il s’expose à une perte.

2.1.7. Obligations convertibles

Ces obligations sont généralement émises à un taux fixe mais peuvent être échangées par
d’autres titres (obligations ou actions) selon un rapport de conversion fixé lors de l’émission.
Lorsque le porteur d’obligations convertibles transforme ses obligations en actions, il procède
à un échange qui le dépossède définitivement de ses obligations. Au moment de l’échange, il
faut tenir compte de la perte des intérêts courus plus ou moins composé par la jouissance pleine
du dividende ultérieure. L’attrait de telle obligation est présidé par les mêmes arguments que
ceux des obligations avec warrant.

2.1.8. Obligations avec warrant

Ce sont des obligations auxquelles est attaché un droit de souscription, à un autre titre, à un prix
défini durant une période déterminée. Parallèlement, un taux d’intérêt est payé par l’émetteur
de sorte que lorsque le warrant est exercé, cette obligation devient une obligation classique.
L’attrait pour l’émetteur, est que celui-ci peut offrir un taux facial moins élevé dès lors que
l'intérêt et le remboursement final sont garanties et que le droit constitue un “plus possible”.

2.1.9. Obligation reverse convertible

Alors que dans les obligations convertibles classique, ce sont les investisseurs qui bénéficient
d'un droit de change, dans les obligations ‘’reverse convertible’’ ce sont les émetteurs qui

19
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

s’accordent un droit à savoir celui de pouvoir rembourser les obligations par des actions plutôt
qu’en cash si le cours des actions est inférieur à un niveau prédéfini.

2.1.10. Obligations perpétuelles

Ce sont des obligations qui n’ont pas d’échéance finale et qui sont donc assimilables à des
capitaux propres pour l’émetteur. Pratiquement, ces obligations sont émises à un taux flottant.
Elles ont donc les avantages des obligations à taux flottant, mais en l’absence, d’acheteur,
inexistence de remboursement finale réduit le porteur ‘’ à s’assoir, attendre, et pleurer’’.

2.1.11. Obligations participatives

Ce ne sont ni des obligations, ni des actions, mais ce sont à la fois des obligations et des actions.
Ce sont des obligations perpétuelles dont la rémunération est pour une partie un taux d’intérêt
fixe ou flottant et pour l’autre partie lié au bénéfice (consolidé) de l’émetteur.

2.2. Les actions

Une action est un titre de propriété représentant une fraction du capital d’une entreprise et
donnant à son porteur le droit de vote aux assemblées, le doit à l’information et au bénéfice
(nommé dividende). Il existe en réalité une très grande diversité d’actions dont nous
présenterons quelques-unes.

2.2.1. L’action classique

C’est la forme la plus répandue. Ce titre de propriété s’acquiert contre de l’argent soit au
moment de la création de l’entreprise ou d’augmentation du capital, soit directement sur le
marché boursier. Elle est source de 03 droits :

*un droit au pouvoir via un droit de vote lors des assemblées générales
*un droit à l’information
*un droit aux résultats sous forme de dividende. En effet si la société réalise des bénéfices,
l’actionnaire en recevra une partie au prorata du nombre d’actions qu’il possède.

Depuis 1984, les actions sont dématérialisées (plus de papier mais des codes…). Un des grands
avantages de cette dématérialisation est le renforcement de la sécurité. Impossible en effet pour
un actionnaire de se faire voler ses titres.

2.2.2. L’action privilégiée

Elle offre un privilège qui peut être une priorité lors des votes dans les assemblées générales ou
une priorité lors de la distribution des dividendes.

20
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

2.2.3. L’action à dividende prioritaire (ADP)

Les actions à dividendes prioritaires ont été créées en 1978. Elles confèrent à leurs détenteurs
un accès privilégié aux dividendes mais elles ne bénéficient pas d’un droit de vote. Dès lors que
le profit est positif, le dividende versé doit garder au moins 7,5% de la valeur nominale de
l’action.

2.2.4. Certificat d’investissement

Le certificat d’investissement est un titre sans droit de vote après la nationalisation des
entreprises en 1981. L’objectif était de permettre des prises de participation par le public dans
les entreprises nationalisées sans pour autant modifier l’actionnariat et faire perdre des voies à
l’actionnaire principal à savoir l’état.

2.2.5. Les actions à bon de souscription d’action (ABSA)

Ce sont des actions qui donnent droit à leurs détenteurs de souscrire à de nouvelles actions à
une date donnée. Elles sont en générale plus chères que les actions classiques.

NB : comme titres hybrides on peut citer les actions à bon de souscription d’actions, et aussi
d’obligations.

21
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

CHAPITRE III : LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES


On désigne par institution financière des entreprises à but lucratif ou non dont l’activité
principale réside dans le domaine des finances : financement, mobilisation de ressources,
crédits, gestion de moyen de paiement…

I. Les institutions financières bancaires


Ce sont celles qui peuvent jouer le rôle de banque c'est-à-dire créé de la monnaie. On a les
banques du second rang, le trésor public, la Banque Centrale. Ces institutions sont hiérarchisées.
La banque centrale exerce la tutelle sur les autres banques appelées pour cela banques de second
rang.

I.1. Définition

La BCEAO considère comme banque « les entreprises qui font pour profession habituelle de
recevoir des fonds qui peuvent être disposés par chèques ou par virements et qu’elle emploie
pour son propre compte ou pour le compte d’autrui, en opérations de crédits ou de placements »
Article 3 de la loi bancaire.

Cette définition présente la banque comme intermédiaire entre 2 catégories d’agents :

• Ceux qui disposent des fonds et qui peuvent les mettre à la disposition des banques
(Agents à capacités de financement)
• Ceux qui ont besoin de ces ressources pour la réalisation de leurs projets (Agents à
besoin de financement) ; c’est la banque tirelire.

ACF s BANQUE tire lire I ABF

Une telle présentation occulte une fonction principale de la banque qui est celle de créer de la
monnaie, autrement dit de pouvoir créer ses propres ressources. La Banque Centrale
Européenne (BCE) préfère la notion d’établissement de crédits à la notion de banque. Ainsi
selon la loi européenne « les établissements de crédits sont des personnes morales qui effectuent
à titre de profession habituelle des opérations de banque… Ils peuvent effectuer des opérations
connexes à leur activité »

Qu’est-ce qu’une opération de banque ?

Les opérations de banque comprennent :

• La réception des fonds du public.


• Les opérations de crédits.
• La mise à la disposition de la clientèle de moyens de paiement ainsi que la gestion de
ces moyens de paiement.

22
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Quelles sont les opérations connexes aux opérations de banque ?

Ils comprennent entre autres :

• les opérations de change.


• les opérations sur or, pièces et métaux précieux
• les placements, les souscriptions, les achats, la garde et la vente des valeurs mobilière
et tout produit financier (exemple des options).
• le conseil et l’assistance en matière de gestion des patrimoines.
• le conseil et l’assistance en matière de gestion financière.
• l’ingénierie financière.
• les opérations de location simple de biens (mobiliers ou immobiliers pour les
établissements habilités à effectuer des opérations de crédit-bail.
Sont considérés comme moyen de paiements, tous les instruments qui permettent à toute
personne de transférer des fonds, quel que soit le support ou le procédé de technique utilisés.

I.2. Traits caractéristiques des banques du XXIème siècle

a. Des métiers de banque de plus en plus diversifiés

Il n’est plus possible de parler aujourd’hui d’une banque comme d’une activité unique tant les
métiers de banque sont diversifiés.

On peut distinguer :

• Les activités des banques de détail (pour les particuliers, les professionnels, les petites
entreprises).
• Les services financiers spécialisés (crédit à la consommation, affacturage,
bancassurance) et les services non financiers (immobilier...)
• Les activités de banque d’entreprises (moyennes et grandes) désignés comme banque
de finance et d’investissement (BFI).
• La banque privée dédiées à la gestion de fortune.
• Les activités de banque sur le marché financier.
• Les activités de banque d’affaires (fusion, acquisition, introduction en bourse...).
• Les activités de gestion d’actifs qui regroupent différentes formes de gestion (OPCVM,
mandat de gestion…) et celles de conservation de titres.

Cette décomposition des différents métiers bancaires n’est pas seulement formelle. Elle
témoigne du fait que la banque au sens traditionnelle du terme n’existe plus. Penser la banque
aujourd’hui et à fortiori celle de demain comme un tout homogène simple à définir et à
contrôler, relève de la pure chimère. Dans la majeure partie des métiers bancaires, la
concurrence n’a plus lieu au plan local ou national, mais continental ou mondial.

b. La banque comme une industrie de pointe

Le secteur financier est sans doute celui qui fait le plus massivement appel aux technologies de
l’information. Dans un pays comme la France, l’industrie bancaire à gérer en 2004, 15 millions

23
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

d’opérations de paiement au plan interbancaire, c'est-à-dire plusieurs centaines de millions de


données au niveau de chaque grand établissement par jour. Un tel traitement représente par
banque, l’activité de gestion annuelle de données d’une grande entreprise industrielle comme
l’industrie automobile.

Ces traitements lourds s’appuient sur les technologies de pointe, de l’information numérique et
de plus en plus sur les multimédias.

I.3. Le fonctionnement d’une banque

Les banques se distingue fondamentalement des autres entreprises par le fait qu’elles n’ont pas
besoin de constituer leur passif avant de développer leur actif. A travers un simple jeu d’écriture,
les banques peuvent octroyer du crédit sans au préalable collecter des dépôts. Elles ne
connaissent pas la contrainte de devoir constituer le passif avant de développer l’actif. La
banque peut en développant son actif, développer en même temps son passif ou si l’on préfère
que ses activités développent les ressources nécessaires à leur développement. Elle peut
commencer ses activités de crédits sans un dépôt monétaire. Pour cela il lui suffit de satisfaire
une demande de crédit d’un de ses clients. Le crédit va générer des dépôts nécessaires à son
financement. Le mécanisme est le suivant :

• A l’actif de son bilan, elle inscrit le montant de son crédit. Supposons 1000 F
• Au passif du bilan, elle inscrit au poste de dépôt le montant équivalent.

Actif Passif
Crédit : 1000 F DAV : 1000 F

Ainsi l’activité de crédit génère les ressources nécessaires à son financement. La banque pour
le moment n’a rien reçu en dépôt, mais en s’engageant à mettre à la disposition de son client,
le montant du crédit, c’est comme si elle s’est constitué les dépôts nécessaires à cela
(financement).

La banque vient de créer la monnaie (la monnaie scripturale). C’est une création nette de
monnaie qui dégage une quantité supplémentaire de monnaie entre les mains des autres agents
économiques. Elle aurait pu avoir l’occasion de le faire autrement en substituant une forme de
monnaie par une autre à savoir la forme manuelle par la forme scripturale.

Supposons en effet que la banque reçoit en dépôt dans un compte à vue une somme de 150F,
son bilan va évoluer ainsi :

Actif Passif

Caisse : 150 DAV : 1000

Crédit : 1000 DAV : 150

Total : 1150 Total : 1150

24
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

La banque vient de créer de la monnaie par substitution d’une monnaie manuelle à travers le
dépôt en une monnaie scripturale.

Supposons maintenant que le client de la banque désire un montant de 750 F sous forme de
billets de la banque centrale. La banque a la possibilité de se procurer les billets auprès de la
Banque Centrale si elle n’en a pas en sa possession, ou auprès de ses consœurs en empruntant.

Considérons qu’elle emprunte auprès de la banque centrale (BC) le montant demandé par son
client : 750F. Le bilan de la banque évolue comme suit :

Actif Passif

Crédit : 1000 F DAV : 1000 F + 150 F= 1150 F

Caisse : 150 F

Compte à la (BC) : 750 F Emprunt auprès de la BC : 750 F

Total : 1900 F Total : 1900 F

Le client qui a manifesté l’intérêt d’avoir de la monnaie banque centrale se fait payer par son
banquier à hauteur de 750 F. Après ce retrait effectif de son client le bilan de la banque se
présent comme suit :

Actif Passif

Crédit : 1000 F Emprunt BC : 750 F

Caisse : 150 F DAV : 1150 – 750 = 400 F

Banque Centrale : 750 - 750 = 0 F

Total : 1150 F Total : 1150 F

Supposons que la banque reçoit un dépôt de 250F dans un compte d’épargne (DAT), son bilan
se présente comme suit :

Actif Passif

Caisse : 150 + 250 = 400 F Emprunt BC : 750 F

Banque Centrale : 0 F DAV : 400 F

Crédit : 1000 F DAT : 250 F

Total :1400 F Total : 1400 F

25
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

I.4. Les grands postes du bilan d’une banque.

Le bilan d’une banque retrace à l’actif l’encours des créances et au passif l’encours des
ressources. L’encours est un stock.

Actif Passif

Caisse Emprunt à la BC

Avoir à la BC, trésor, CCP Emprunt aux autres banques secondaires

Compte chez les autres banques Dépôt à vue (DAV)

Crédit au trésor Dépôt d’épargne (DAT)

Crédit à la clientèle Bon de caisse

Immobilisation Encaissement des valeurs

Fonds propres

I.5. Le compte d’exploitation d’une banque :

Débit Crédit

Intérêts versés sur les emprunts à Intérêts perçus sur les prêts à d’autres
d’autres banques banques

Intérêts versés sur les dépôts de la Intérêts perçus sur les prêts aux clients
clientèle

Intérêts créditeurs – Intérêts débiteurs = Marge nette de la banque (Spread de taux)

Si on soustrait les frais généraux, les amortissements, les provisions et on y ajoute les retenues
nettes du portefeuille titre, on obtient le résultat avant impôt. Après déduction des impôts, on
obtient le résultat net.

I.6. Principe de gestion bancaire

Les banques ont pour objectifs d’assurer la liquidité pour les déposants tout en cherchant à
maximiser le rendement de leur actif et à minimiser le risque du portefeuille titre.

26
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

a. La liquidité

Une banque doit pouvoir convertir les dépôts de ses clients en monnaie banque centrale. Elle
doit pouvoir effectuer des virements pour honorer les chèques tirés par ses clients au profit des
clients d’autres banques (phénomène de fuite de dépôts).

La banque doit aussi pouvoir collecter des ressources auprès de ses clients, surtout des
ressources stables (ressources d’épargne ou empruntées auprès de ses consœurs ou auprès de la
Banque Centrale). Elle doit à cet égard être en possession d’effets de très bonne qualité parmi
les différents types d’effets suivants :

• Effets bancables : ce sont des effets qui constituent la norme


• Effets hors banques : ce sont des effets de qualité supérieure aux effets bancables (les
bons de trésor).
• Effets non bancables : ce sont des effets dont la qualité serait inférieure aux effets
bancables.
• Effets de cavaleries : ce sont des effets de qualité très douteuse.

b. La rentabilité

Les banques cherchent à maximiser le rendement de leur actif, elles cherchent à réaliser le
maximum de bénéfice possible. La rentabilité et la liquidité sont intimement liées à savoir
qu’une banque liquide est une banque rentable et une banque rentable est une banque liquide.

Démonstration par l’absurde

Considérons une banque non liquide. Cela signifie une insuffisance de dépôt d’épargne et/ou
une prédominance de dépôts à vue.

Il faudra alors emprunter auprès de ses consœurs sur le marché monétaire (ce qui est plus cher
que la rémunération de l’épargne collectée, taux créditeur de la banque elle-même) ou se
refinancer auprès de la Banque centrale (et verser à la BC des taux d’intérêts directeurs plus
élevés par le mécanisme du réescompte). En plus il faudra supporter d’importants frais pour la
gestion des dépôts à vue (personnel, paperasse…). Cela exerce en même temps une pression
négative sur la liquidité et la rentabilité donc « une banque non liquide est une banque non
rentable » on en déduit que « une banque liquide est une banque rentable ».

c. La gestion du risque

A travers le canal du crédit, les banques sont considérées comme les excellents investisseurs et
par conséquent elles doivent minimiser tout comme les autres gestionnaires le risque de leur
portefeuille titre.

Plusieurs types de risques existent. Nous citerons entre autres :

27
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

▪ Le risque de change

C’est la conséquence de tout investissement en devise étrangère, à moins que cet investissement
ne soit justement fait pour annuler un risque de change.

▪ Le risque d’inflation

La réduction du pouvoir d’achat varie selon les époques en réduisant constamment le rendement
réel des placements. L’enrichissement réel d’un investisseur est effectivement la différence
entre l’accroissement de valeur de son patrimoine et la réduction de pouvoir d’achats due à
l’inflation.

Ceci conforte l’adage populaire qui dit que « Pour être riche, il faille s’endetter ». Il est certain
qu’un endettement élevé aujourd’hui sera moins conséquent dans 20 ans.

▪ Le risque du taux d’intérêt

En théorie, le rendement à l’échéance d’obligation d’un même niveau de risque est égal. Par
conséquent, toute hausse des taux d’intérêts pour une échéance d’obligation induit une baisse
des cours de ses obligations, donc un appauvrissement des porteurs d’obligations. La banque
détentrice d’obligations dans ce cas ou de titres assimilables à ces obligations, est victime d’un
risque des taux d’intérêts.

▪ Le risque des marchés

La tendance des marchés est essentiellement fonction des données économiques. Cependant
tout marché est influencé par les comportements psychologiques et les anticipations des
investisseurs. Un investisseur particulier est encore plus influencé par ces éléments
difficilement pondérables. Au moment où un intervenant veut opérer sur un marché, la liquidité
de ce marché peut être insuffisante. Après que la transaction ait été effectuée la contrepartie
peut faire défaut.

▪ Le risque de l’entreprise

Un émetteur d’obligation peut devenir défaillant. Une entreprise évolue avec plus ou moins de
bonheur dans un secteur, un contrat, une découverte, un accident…pouvant modifier la valeur
d’une entreprise. Ce marché cherche souvent à anticiper. Ainsi l’annonce d’un événement
majeur dans la vie d’une entreprise n’a pas souvent l’effet escompté sur le prix du marché ;
Exemple sur le marché des motos.

▪ Le risque politique : tout État est par essence souverain. Il peut donc unilatéralement
dénoncer ses engagements. Exemple : l’emprunt Russe et des pays d’Amérique du sud.

II. Le trésor public


C’est la personnification financière de l’État dans le système financier. Il collecte les ressources
de l’État et engage naturellement les dépenses de l’État. Pour cela il joue le rôle de banque et
gère des comptes courants, les comptes chèques postaux, les comptes des banques secondaires,

28
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

les comptes des institutions non bancaires et par conséquent a le pouvoir de création monétaire.
Il a le pouvoir d’émission de la monnaie. Dans certains pays, il s’occupe même de nos jours de
l’émission de la monnaie divisionnaire.

III. La Banque Centrale


Le rôle de la banque centrale est de réguler la quantité de monnaie disponible dans l’économie,
que l’on appelle l’offre de monnaie. Elle a donc le pouvoir d’augmenter ou de diminuer la
quantité de monnaie en circulation dans l’économie. L’ensemble des actions menées par la
banque centrale dans le but de contrôler l’offre de monnaie s’appelle la politique monétaire.
Elle conçoit et met en œuvre la politique monétaire. Elle assure la tutelle des autres banques et
gère les avoirs extérieurs, donne des conseils aux gouvernements et émet de la monnaie cours
légale.

L’émission monétaire s’obtient par 3 sources :

• Concours à l’économie qui est le financement des banques de second rang qui ont
octroyées des crédits sans mobilisation préalable de l’épargne.
• Concours au trésor public : c’est la création monétaire de la banque centrale pour
financer le déficit public.
• Création monétaire pour l’achat des devises provenant des exportations.

La banque centrale est la banque des banques car elle est le prêteur en dernier ressort. Les
banques secondaires s’adressent à la banque centrale pour leur refinancement après avoir
épuisés toutes les possibilités sur le marché monétaire et sur le marché financier.

Bilan de la banque centrale

Supposons une situation ou le système bancaire accorde 1000F de crédit à sa clientèle qui en
demande 750F sous forme de billets. Il s’adresse alors à la banque centrale pour cette monnaie
manuelle.

Si la banque centrale accède à cette requête, nous avons le bilan suivant :

Bilan du système financier Bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif

Cpte à BC :750 Emprunt : 750 Concours aux banques : 750 Dépôt : 750

Crédit : 1000 Dépôt : 1000

Total : 1750 Total 1750

Après le retrait effectif des billets par le client de la banque de second rang, les bilans seront :
29
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Bilan du système financier Bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif

Cpte à BC :750-750 = 0 Emprunt :750 Concours aux banques : 750 Billet : 750

Crédit : 1000 Dépôt :1000-750 =250 Dépôt :0

Total : 1000 Total :1000

Suite à une acquisition de devise par un client d’une banque de second rang de 400F on aura
les bilans suivants :

Bilan du système financier Bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif

Cpte à BC : 0+400=400 Emprunt :750 Avoir [Link] : 400 Billet :750

Crédit : 1000 Dépôt : 400+250=650 Concours aux banques : 750 Dépôt : 400

Total : 1400 Total : 1400 Total : 1150 Total :1150

L’acquisition des devises conduit à un désendettement du système financier :

Bilan du système financier Bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif

Compte à BC : 400-400 = 0 Emprunt BC : 750-400 = 350 Avoir extérieur net (AEN): 400 Billet : 750
Crédit : 1000 Dépôt : 250+400 = 650 Concours aux banques : 750-400= 350 Dépôt : 0+400-400=0
Total : 1000 Total : 1000 Total : 750 Total : 750

Si la banque centrale accorde du crédit au trésor public de 300F on aura le bilan suivant :

Bilan du système financier Bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif

Cpte à BC : 300 Emprunt BC : 0+350=350 Avoir extérieur net : 400 Billet : 750

Crédit : 1000 Dépôt : 650+300=950 Concours au trésor : 300 Dépôt dans les banques : 0

Total : 1300 Total : 1300 Concours aux banques : 350 Dépôt au trésor : 300

Total : 1050 Total : 1050

30
Introduction à l’économie monétaire 2024-2025

Si les clients du trésor demandent la conversion d’une partie de leur crédit (200f) le bilan se
présente comme suit :

Bilan du système financier Bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif


Cpte à BC: 300-200=100 Emprunt BC : 350 Avoir extérieur net : 400 Billet : 750+200= 950

Crédit : 1000 Dépôt : 950-200= 750 Concours au trésor : 300 Dépôt dans les banques : 0

Total : 1100 Total : 1100 Concours aux banques : 350 Dépôt au trésor= 100

Total : 1050 Total : 1050

Contrepartie de la Masse monétaire Contrepartie de la base Base monétaire


Masse Monétaire monétaire

Les grands postes du bilan de la banque centrale.

Actif Passif

Avoirs extérieur net (DR devise) Billets

DTS (droit des tirages spéciaux Dépôts des banques

Crédit intérieur net Dépôt des établissements financiers

Concours aux banques de second rang Dépôt du trésor

Concours aux autres Ets fciers Fonds propres

Concours au trésor (PNG)

Immobilisation (bâtiment, ordinateur, etc.)

IV. Les institutions financières non bancaires


Ce sont des institutions qui ne peuvent pas créer de la monnaie. Leur caractéristique commune
est qu’elles ne peuvent pas gérer des comptes mobilisables à vue. Même si certaines de ces
institutions peuvent financer l’activité de leurs adhérents par des crédits, elles doivent le faire
après mobilisation de l’épargne.

On peut citer comme grande famille de ces institutions au Burkina : les Assurances, les Caisses
d’épargne, la CNSS, le Réseau des Caisses Populaire, etc.

31

Vous aimerez peut-être aussi