Université Paris-Saclay Feuille de TD 1 M303 - 2025-2026
Exercice 1. 1. Soient X et Y deux ensembles et f une application de X dans Y. Si A et
B sont deux sous-ensembles de X (respectivement de Y ), quel est le lien entre f (A ∪ B)
et f (A) ∪ f (B), f (A ∩ B) et f (A) ∩ f (B), f −1 (f (A)) et A (respectivement f −1 (A ∪ B)
et f −1 (A) ∪ f −1 (B), f −1 (A ∩ B) et f −1 (A) ∩ f −1 (B), f (f −1 (A)) et A).
Pour toute inclusion fausse, donner un exemple et éventuellement une propriété supplé-
mentaire de f qui la rend juste.
2. Pour chacun des sous-ensembles Ri de R × R, déterminer les propriétés de la relation
sur R dont Ri est le graphe.
R1 = {(s, s) pour s ∈ R}, R2 est l’ensemble vide, R3 = {(0, y) pour y ∈ R}, R4 =
{(x, y) vérifiant xy + 1 = 0}, R5 = {(x, y) vérifiant x2 y − xy 2 − x + y = 0}
Lesquels sont des relations d’équivalence ? Décrire alors les classes d’équivalence.
3. Montrer que la relation R définie sur l’ensemble des entiers relatifs par nRm si et
seulement si nm > 0 est symétrique, transitive mais non réflexive.
4. Soit R une relation binaire sur un ensemble E, symétrique et transitive. Que penser du
raisonnement suivant ?
“xRy ⇒ yRx car R est symétrique,
or (xRy et yRx) ⇒ xRx car R est transitive,
donc R est réflexive.”
Exercice 2. On définit la relation ∼ sur Z par x ∼ y ⇐⇒ x2 ≡ y 2 mod 5.
1. Déterminer l’ensemble quotient.
2. Peut-on définir une addition quotient ? une multiplication quotient ?
Exercice 3. 1. Montrer qu’une relation d’équivalence sur un ensemble X définit une parti-
tion de X et que réciproquement, toute partition de X définit une relation d’équivalence
sur X.
2. Soit Bn le nombre de relations d’équivalence sur un ensemble fini à n éléments. Calculer
B1 , B2 , B3 , B4 . Montrer que les entiers Bn vérifient la relation de récurrence suivante
n
X n−1
Bn = Bn−k
k−1
k=1
et calculer B5 .
Exercice 4. 1. Peut-on paver un échiquier (de 64 cases, 64 = 2n avec n = 6), dont une est
interdite, avec des trimonos ? (Un trimono est une pièce formée de trois cases en forme
de L.)
2. Déterminer le nombre de régions délimitées par n droites du plan en position générale.
(En position générale signifie ici que deux quelconques des droites ne sont pas parallèles
et que trois quelconques ne sont pas concourantes.)
1
A partir de maintenant, (A, ×) est un ensemble muni d’une loi de composition
associative.
Exercice 5. Pour n ∈ N∗ et tout n-uplet (a1 , . . . , an ) d’éléments de A, on définit le produit
des (ai )1≤i≤n qu’on note a1 × . . . × an par récurrence : Si n = 1, le produit de l’élément a est
a lui-même et pour tout n + 1-uplet (a1 , . . . , an+1 ),
(a1 × . . . × an+1 ) := (a1 × . . . × an ) × an+1 .
1. Soit n un entier ≥ 1, et (ai )i∈I une famille à n éléments de A, ces éléments commutent
l’un à l’autre. Montrer que, quelle que soit la numérotation i1 , . . . , in qu’on mette sur I
(i.e. quelle que soit la bijection n 7→Yin de {1, . . . , n} sur I , ) le produit ai1 × . . . × ain
est toujours le même ; on le note ai [on pourra procéder par récurrence sur n et
i∈I
comparer deux tels produits, tout d’abord dans le cas où un élément b de A se trouve
en dernière position, puis dans le cas où un élément b de A se trouve en k-ieme position
dans le premier produit, et en (k+1)-ieme position dans le second, 1 ≤ k < n .]
[
2. Soit I = Jk une partition de I (en sous-ensembles deux à deux disjoints non vides.)
k∈K
Montrer qu’on a : Y Y Y
ai = ( aj ) .
i∈I k∈K j∈Jk
Pour m entier ≥ 1, on a Y Y
( ai )m = am
i .
i∈I i∈I
Y
3. Supposons que A ait en outre un élément neutre 1 ; on pose alors ai = 1 si I est vide
i∈I
; étendre les règles précédentes aux cas où I, ou l’un des Jk est vide.
X
4. Supposons que A soit un groupe abélien noté additivement ; on écrit alors ai ;
i∈I
traduire dans ces notations les résultats précédents.
Exercice 6. 1. Pour a ∈ A et n entier ≥ 1, on note an le produit a1 × . . . × an où
a1 = a2 = . . . = an = a. Montrer qu’on a am an = am+n et (am )n = amn pour m, n
entiers ≥ 1.
2. Supposons que A possède un élément neutre, c’est-à-dire un élément e tel que ea = ae =
a pour tout a ∈ A. Montrer qu’un tel élément est unique ; on le note souvent 1 et on
pose a0 = 1 pour tout a ∈ A.
Exercice 7. 1. Soient a, b, c des éléments de A tels que ba = ac = 1 ; montrer qu’alors
b = c. En déduire que si a possède un inverse, cet inverse est unique ; on le note a−1 .
2. Prouver que si des éléments a1 , . . . , an de A ont chacun un inverse, alors a1 . . . an est
inversible aussi et calculer son inverse.
3. Prouver que l’ensemble des éléments inversibles de A est un groupe pour la loi (a, b) 7→ ab.
2
4. Si a est un élément inversible de A, on pose a−n = (a−1 )n pour n entier ≥ 1. Étendre
les règles de la fin de l’exercice précédent à tous les entiers m et n de Z.
Exercice 8. Si A est un anneau, on note A× le groupe des éléments inversibles de A.
1. Calculer Z× , et K[X]× quand K est un corps.
2. Si ϕ : A −→ B est un homomorphisme d’anneaux, montrer que ϕ(A× ) ⊂ B × ; si ϕ est
surjectif, s’ensuit-il que ϕ(A× ) = B × ?
Exercice 9. Soit X un ensemble. On munit l’ensemble AX des applications de X dans A de
la loi (f, f ′ ) 7→ f f ′ où f f ′ (x) = f (x)f ′ (x) pour tout x ∈ X .
1. Montrer que la loi définie ci-dessus est la seule pour laquelle, pour tout x ∈ X, f 7→ f (x)
est un morphisme.
2. Montrer que cette loi sur AX est associative et que AX est un groupe pour cette loi si
A est un groupe, un groupe abélien si A est un groupe abélien.
3. Si A est un groupe, et X un autre groupe, montrer que l’ensemble Hom(X, A) des
homomorphismes de groupes de X dans A est un sous-groupe de AX pourvu que A soit
abélien.
Exercice 10. Soient A un anneau et X un ensemble. On munit F (X, A) des deux lois
(f, g) 7→ f + g et (f, g) 7→ f g.
1. Montrer que F(X, A) est un anneau, qui est commutatif si A l’est.
2. Si A est un corps, s’ensuit-il que F(X, A) est un corps ?