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Critique Textuelle

Ce livre est une introduction à la critique textuelle du Nouveau Testament, visant à guider les étudiants peu familiers avec le sujet. Il aborde l'histoire et la méthodologie de la critique textuelle, ainsi que les défis rencontrés par les étudiants francophones dans ce domaine. L'ouvrage se compose d'une partie théorique et d'une partie pratique, offrant des outils pour analyser les variantes textuelles du Nouveau Testament.

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Critique Textuelle

Ce livre est une introduction à la critique textuelle du Nouveau Testament, visant à guider les étudiants peu familiers avec le sujet. Il aborde l'histoire et la méthodologie de la critique textuelle, ainsi que les défis rencontrés par les étudiants francophones dans ce domaine. L'ouvrage se compose d'une partie théorique et d'une partie pratique, offrant des outils pour analyser les variantes textuelles du Nouveau Testament.

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Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament

Patrick anani Etoughé, PhD

Introduction
à la Critique
textuelle du
Nouveau Testament

Lulu.com
Tous droits réservés. Ce livre ne peut-être, en partie ou en totalité, ni
reproduit, ni transmis sans aucune forme, ni par aucun moyen sans
l’autorisation préalable des éditeurs.
La plupart des textes sont traduits directement par l’auteur sauf en cas
où la Bible Segond, nouvelle édition de Genève 1979 (NEG) © Société
biblique de Genève est utilisé.
Photo de couverture: Une page du Codex Sinaïticus de
Matthieu 18:13-19:33.

Copyright©2015 par Patrick Anani Etoughé

Conception graphique et maquette par Etoughé A. Patrick

Éditeur : Lulu.com

ISBN-978-1-326-01344-8

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Préface
La nature de ce livre est un essai élémentaire pour guider
les étudiants de l’Université Adventistes Cosendai (Cameroun)
à la science qui cherche à établir et déterminer le texte le plus
proche de l’original à partir des variantes des recensions manus-
crites. Il ne s’adresse pas tant à ceux qui ont de bonnes connais-
sances dans la critique textuelle du Nouveau Testament.
Ce livre est d’abord à l’intention de l’étudiant qui n’a
presque pas de connaissance sur la question, et ainsi sert de livre
introductif. Le but sera atteint si d’aventure ce livre présente
les faits, les théories en vigueur dans le domaine de la critique
textuelle afin que chacun puisse se faire sa propre opinion de la
méthode approprié.
Une introduction comme celle-ci a été un desideratum tant
dans le monde protestant qu’Adventiste d’avoir un telle ouvrage
pendant des décennies, écrit par un Africain, pour les Africains.
Je voudrais remercier l’Université Adventiste Cosendai, les
collègues et les étudiants. Mille mercis à ma très chère épouse, à
qui je dois toujours les heures volées à écrire et éditer le manus-
crit. Particulièrement, mes remerciements vont à l’endroit de :
Sindimnatome Noé, Moguela Cédric, et Eyebé Morel, par qui les
divers encouragements m’ont encouragé à faire le manuscrit.
Que le Dieu, Très-Haut en reçoive toute la gloire.

Patrick anani Etoughé, PhD


À
INTRODUCTION
1
l’ExEmPlE d’un détective, celui qui pratique la critique
textuelle, cherche à déterminer des caractéristiques
qui lui permettront d’arrêter le suspect. La critique tex-
tuelle est une des méthodes fondamentales de l’érudi-
tion biblique. Tous ceux qui lisent ou étudient la Bible
aujourd’hui lui doivent énormément.
La critique textuelle ne s’applique pas seulement à
la Bible. Par exemple, le canon shakespearien s’élabora
patiemment autour des recherches inlassables de la cri-
tique textuelle (cf. Henry VI, ou Périclès). Les éditions an-
ciennes, à partir des incunables des Cinq Dynasties et des
Song (Xe-XIIe siècles), ne furent pas étrangères à la pra-
tique de la critique textuelle. Les œuvres de la littérature
chinoise existent, pour la plupart, en éditions critiques
établies avec soin par les érudits chinois, principalement
depuis le 17e siècle. Néanmoins, c’est au soin des Song
que remontent les premiers travaux de critique textuelle
qui annonçaient déjà le grand mouvement philologique
de l’époque mandchoue.
La critique textuelle est une science ancienne qui
veut établir le texte le plus proche de l’original, à partir
des versions et autres manuscrits témoins de variantes.1
1
Une variante textuelle est une altération(s) d’un texte dû
à des erreurs intentionnelles ou accidentelles des copistes. De ces
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 8

L’étudiant francophone qui veut étudier la critique tex-


tuelle, est en face de difficultés de trouver des ouvrages
facilement disponibles dans des librairies. Car, bien qu’il
y ait de bons ouvrages en français sur la critique textuelle
du NT, ils sont très difficiles à trouver et parfois s’adressent
plus aux spécialistes, qu’aux néophytes.1 Pourtant com-
ment faire le pont entre le traducteur moderne et les au-
tographes, demeure une question importante que ce livre
veut mettre en relief.
L’objectif de ce livre est donc de guider l’étudiant du
Nouveau Testament dans l’art et la science de la pratique
de la critique textuelle. Cette science est non seulement
méthodique, mais elle est surtout basée sur le bon sens.
Sa méthode, très simple, est simplement de choisir parmi
plusieurs variantes ou groupes de variantes majeures ou
mineures qui présentent une grande probabilité de repré-
altérations, on note : la suppression ou la répétition d’un mot, ce
qui arrive lorsque l’œil du copiste revient à un mot semblable à un
endroit du texte distinct de celui qu’il était en train de recopier.
Dans d’autres cas, le copiste peut répéter du texte d’un passage
semblable ou parallèle, par un automatisme de sa mémoire.
1
Voir J. P. Martin, Introduction à la critique textuelle du
Nouveau testament: Leçons professées à l’École Supérieur de
Théologie de Paris, en 1883-[1885] (Paris, Fr.: Maisonneuve frères
et C. Leclerc, 1884); Henri Quentin, Essais de critique textuelle
(Paris, Fr: Picard, 1926); M.-J. Lagrange, Critique textuelle (Pa-
ris, France: Gabalda, 1935); Léon Vaganay, Initiation à la critique
textuelle néotestamentaire (Paris, Fr: Bloud & Gay, 1934); et sa ré-
vision Léon Vaganay, Initiation à la critique textuelle du Nouveau
Testament, 2e éd. entièrement rev., Christian-Bernard Amphoux
(Paris, Fr.: Cerf, 1986); Jean Duplacy, Etudes de critique textuelle
du Nouveau Testament, présentées par Joël Delobel (Leuven: Uit-
geverij Peeters, 1987); Jean Duplacy, Oú en est la critique textuelle
du Nouveau Testament? (Paris, Fr.: Gabalda, 1959); Roselyne Du-
pont-Roc, Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son
écriture, sa théologie, ed. Daniel Marguerat (Paris, Fr.: Labor et
Fides, n.d.), 509-515.
9 Introduction

senter la lecture supposée originale d’un texte où qui s’en


approche le plus.
La critique textuelle est à l’intersection de l’histoire,
de la critique littéraire et de la tradition des textes, ainsi
que des méthodes de rédaction du texte telles qu’il nous
est parvenu. D’autres l’appellent encore critique de resti-
tution, en ce qu’elle vise à rétablir, d’après les témoins, un
texte très proche de l’auteur original ou de l’autographe.
Le problème est important parce que l’Église avait
intensément, comme nous le verrons, recopié des ma-
nuscrits pour sa liturgie. Bien que Jésus ait probable-
ment parlé araméen, les évangiles tout comme les autres
livres du Nouveau Testament ont tous été écrits en grec.
Le plus ancien manuscrit entier qu’on en possède date du
IVe siècle ; il a été découvert au monastère Sainte-Cathe-
rine du mont Sinaï en 1859, d’où son nom de Sinaïticus.
On dénombre d’autres témoins contenant des fragments
du NT. En juillet 1984, on dénombrait 93 papyri dont
certains pourraient remonter aux environs de l’an 135),
277 manuscrits écrits en lettres majuscules appelés « on-
ciaux» datant de la période comprise entre le IVe et le Xe
siècle, 2796 minuscules, postérieurs au IXe siècle, enfin
2210 lectionnaires liturgiques d’époques diverses.
On comprend aisément qu’à force d’être recopiés,
ces textes ont subi de nombreuses altérations ; les unes
n’ayant qu’une importance grammaticale mineure, les
autres touchant au sens même que l’on peut donner au
texte. Non pas que le texte soit fautif, mais le manque de
professionnalisme ou la négligence des premiers copistes
chrétiens lorsqu’ils reproduisaient les textes en est sou-
vent la cause.
Ce livre se veut surtout initiateur à la pratique de la
critique des textes du NT. Il comprend une partie théo-
rique ou historique et une partie pratique. La partie théo-
rique est composée de sept chapitres. Le premier chapitre
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 10

étant historique, présente l’histoire générale du texte


du Nouveau Testament; le deuxième chapitre donne un
aperçu de la création du canon jusqu’aux anciennes ver-
sions grecques. Le troisième Le troisième et le quatrième
chapitre, concerne la classification des textes en types de
famille. Ce dernier chapitre introduit la deuxième partie
pratique du livre. Ainsi, le cinquième chapitre traite des
différentes catégories des manuscrits du Nouveau Testa-
ment, à savoir le système de Nestle ALand utilisé dans
la bible grecque UBS exclusivement. Le sixième chapitre
offre une discussion sur les causes possibles d’erreurs
courantes durant le processus de transmission. Et le der-
nier chapitre, le septième présente plus ou moins des
critères de la pratique textuelle, mais surtout plusieurs
exemples pour aider l’étudiant à avoir des modèles pour
sa propre pratique.
La partie pratique consiste en l’analyse de variantes
du NT grec. Bien sûr, une connaissance minimale du grec
est souhaitable, sinon pas indispensable; une personne
sans cette connaissance peut tout de même apprécier la
partie historique.
L’histoire du texte
du Nouveau
Testament
2
S’
il est vrai que les anciens préféraient l’oralité à
l’écrit, la mémoire humaine s’arrête à la mort.
Ainsi, le besoin de pérennisation de l’histoire an-
cienne s’imposa. Papias d’Hiérapolis (Phrygie), évêque de
la première moitié du deuxième siècle montre comment
les fidèles apprenaient des anciens. Eusèbe de Césarée,
historien du IVé siècle s’exprima ainsi qu’il suit:
Pour toi, je n’hésiterai pas à ajouter ce que j’ai appris des
presbytes et dont j’ai fort bien conservé le souvenir . . .
Quand quelque part, je rencontrais ceux qui avaient été dans
la compagnie des presbytes, je cherchais à savoir les propos
des presbytes ; ce qu’avait dit André ou Pierre ou Philippe ou
Thomas ou Jacques ou Jean ou Matthieu ou quelque autre
des disciples du Seigneur; ce que disaient Aristion et Jean le
presbyte, disciples du Seigneur. Je ne croyais pas que ce qu’il
y a dans les livres me fût aussi profitable que d’entendre les
choses exprimées par une parole demeurée vivante.1

Toutefois, cette quête du vrai se devait d’évoluer,


car plus le temps passait, ces témoins oculaires de la tra-

Eusèbe, Histoire Ecclésiastique, Livres I-IV (Trad. Emile


1

Grapin, 1905), 3.39.3-4.


Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 12

dition sacrée disparaissaient. Le besoin de reproduire le


texte est assez ancien. Déjà du temps de Paul, le moyen
préféré était la lecture publique dans les rassemblements
d’église (1 Thess 5 :27 ; Col 4 :16 ; 1 Tim 4 :13). Ceci né-
cessitait donc que les lettres soient reproduites par des
copistes plus ou moins, à cette époque, généralement des
amateurs. Mais comme le dit, Augustin d’Hippone dans
Sermons (164.14), « Commettre des erreurs est le propre
de l’humain,»1 et dès que ces différences commencèrent
à s’introduire dans les copies, il devint naturellement
difficile qu’elles soient identiques. Ces différences dans
des manuscrits créèrent donc le besoin de la critique tex-
tuelle. Ainsi, cette dernière s’imposa lorsque des copistes
tentèrent d’améliorer le texte en choisissant entre les va-
riantes existantes. Plusieurs manuscrits pouvaient ainsi
être comparés pour déterminer la pertinence de la lecture
à préférer.
Au début, l’église répugnait à comparer les textes
entre eux. Origène, homme d’Église, par son énorme tra-
vail, peut être considéré comme l’initiateur de la critique
textuelle de l’Ancien Testament. Pour le NT, le premier
à avoir officiellement pratiqué la critique textuelle est
Théodose, un marchand de cuir, considéré comme un hé-
rétique par le Pape Victor (187-198 a.p. J.-C.).2
Les disciples de Théodose étaient condamnés pour
trois raisons : premièrement, ils étaient admirateurs
d’Euclide, d’Aristote, et de Théophraste, deuxièmement,
ils rejetèrent la méthode du jour, à savoir l’allégorie, car
ils pratiquaient une analyse strictement grammaticale, et
1
Humanum fuit errare, diabolicum est per animositatem
in errore manere, littéralement : « Commettre des erreurs est le
propre de l’humain , mais il est diabolique de persister dans l’er-
reur par orgueil. »
Bruce Metzger, The Text of the New Testament, 3rd ed.
2

(New York: Oxford, University Press, 1992), 150.


13 L’histoire du texte du Nouveau Testament

enfin, ils appliquaient la critique textuelle à la Septante


et au Grec du Nouveau Testament. Une des principales
attaques à leur endroit est résumée ci-dessous :
Ils n’ont pas peur de mettre la main sur les Saintes
Écritures, alléguant qu’ils auraient fait une révision cri-
tique . . . Parce qu’ils ne peuvent nier que cet acte auda-
cieux qui leur est propre, en voyant que les copies sont
écrits par eux-mêmes, et ils n’ont pas reçu les Écritures
dans cette condition de leurs enseignants, ils ne peuvent
montrer aucune des copies auxquelles ils pratiquèrent
leur émendations.1
Le second à pratiquer la critique du NT, était
Irénée (140-202). Il préférait une lecture particulière dans
Apoc 13 :18 parce qu’elle « était trouvée dans de bonnes
et anciennes copies. »2 À l’heure actuelle, ces procédures
et démarches scientifiques de l’établissement du texte,
(restituer dans sa forme la plus proche possible de l’ori-
ginal) sont facilitées par des logiciels bibliques tels que
Bibleworks, Accordance et Logos. Les trois incorporent
par exemple les manuscrits du Center for New Testament
Textual Studies (CNTTS), par le Séminaire théologique
Baptiste de New Orléans depuis 2004, dont le but est de
mettre à disposition tous les manuscrits disponibles, et
de pouvoir déceler les types de lacunes entre les manus-
crits. Le texte de base est toujours la 27e édition de Nestlé
Aland, Novum Testamentum.
Au vu de cette grande masse de manuscrits et
l’énorme quantité de variantes, de tels logiciels facilitent
Bruce Metzger and Bart D. Ehrman, The Text of the New
1

Testament: Its Transition, Corruption and Restoration (Oxford:


Oxford University Press, 2005), 199.
Eldon J. Epp, “Issues in the New Testament Textual Crit-
2

icism: Moving from the Nineteenth Century to the Twenty First


Century,” in Rethinking New Testament Textual Criticism, ed.
David A. Black (Grand Rapids: Baker, 2002), 21
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 14

la tâche à tout étudiant qui veut faire des études appro-


fondies. La comparaison en est que plus facile. Il y a plus
de 5800 manuscrits ou fragments de manuscrit grecs, si
l’on compte les lectionnaires, à l’heure actuelle, répandus
dans le monde entier.1 Si les anciennes versions, et autres
traductions en langues étrangères sont prises en compte,
tout comme les citations, et allusions des pères de l’église,
on pourrait avoir plus d’un million de témoins des textes
bibliques. Le nombre exact de variantes oscille entre
150 000 et 250 000,2 en fonction de la définition que l’on
donne d’une lecture variante.3
Ceci, doit cependant être nuancé par le fait, que des
variantes importantes pour la compréhension du texte,
n’atteignent pas plus de 10 pour cent de ce nombre. Il y a
pratiquement 20424 variantes sérieuses ou importantes
selon l’apparat critique du CNTTS.4 Par exemple, grâce à
ces logiciels, on peut rechercher exactement le nombre
d’erreur due à une lecture confuse de la part du scribe

1
Nous possédons actuellement plus de 5 300 manuscrits
grecs complets du Nouveau Testament, plus de 10 000 manuscrits
de la version latine de la Vulgate, et 9 300 copies d’autres versions.
Voir Eldon Jay Epp, Perspectives on New Testament Textual Cri-
ticism, Supplements to Novum Testamentum 116 (Leiden: Brill,
1962-2004), 188.
2
E. Nestle, Einführung in das Griechische Neue Testament (zuerst:
s.e., 1897), 23.
Léon Vaganay, An Introduction to the New Testament Tex-
3

tual Criticism, 2nd ed. rev. Christian Bernard Amphoux, trans.


Jenny Heimerdinger (New York: 1991), 2. Selon Bart D. Ehrman, il
y aurait environ 400 000 variantes. Voir Bart D. Ehrman, Misquot-
ing Jesus - The Story Behind Who Changed the Bible and Why
(San Francisco: HarperSanFrancisco, 2005), 90.
4
The Center for New Testament Textual Studies NT Critical
Apparatus, Copyright © 2004 by the New Orleans Baptist Theo-
logical Seminary.
15 L’histoire du texte du Nouveau Testament

(4936 fois). Par exemple le manuscrit L019 (VIIIe siècle


a.p. J.C.) ou manuscrit Regius atteste du terme ρίου au
lieu de τοῦ Οὐρίου en Matt 1:6.
Dans le cas de l’Ancien Testament, selon l’ob-
servation de Bruce K. Waltke dans la Biblia Hebrai-
ca Stuttgartensia ou BHS, il y approximativement une
note textuelle pour chaque dix mots ; par conséquent 90
pour cent du texte est libre d’erreur ou de variation.1 Les
variantes qui affectent le message et la théologie du texte
sont relativement mineures.2 Similairement dans le Nou-
veau Testament (NT), sur les 6900 mots contenus dans
la Bible Grecque, seul approximativement 500 véritables
lectures variantes existent, soit 7 pour cent du texte.3
Par conséquent, la critique textuelle n’est employée
qu’en cas de divergence, car elle cherche à restituer et pré-
server le texte authentique. D’où sa première importance.
Aussi, lorsqu’une décision finale ne peut être faite avec
assurance, la critique textuelle aide à être moins dogma-
tique. Elle aide aussi à comprendre les tendances théo-
logiques des premiers chrétiens. Car ces leçons montrent
la pensé théologique des scribes qui travaillèrent sur les
manuscrits.
Rome n’avait guère une culture du livre, mais la
situation changea avec l’avènement du Judéo Christia-
Bruce K. Waltke, “Old Testament Textual Criticism,” in
1

Foundations for Biblical Interpretation, ed. David S. Dockery,


Kenneth A. Matthews and Robert Sloan (Nashville : Broadman,
1994), 157 ; Ibid. “Textual Criticism of the Old Testament and Its
relationship to Exegesis and Theology,” in New International Dic-
tionary of Old Testament Theology and Exegesis, ed. Willem A.
Gemeren (Grand Rapids: Zondervan, 1997), 64 à 66.
2
Shermaryahu Talmon, “Old Testament Text,” CHB 1:161.
Barbara Aland et al., eds., The Greek New Testament
3

(GNT), Fourth revised ed. (Stuttgart: Deutsche Bibelgesellschaft,


1993), BibleWorks, v.9.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 16

nisme qui était profondément pénétré de la culture li-


vresque. C’est celle qui sera à l’origine de la diffusion du
codex. Dès les premiers siècles de notre ère, la représen-
tation de la pensée par l’écrit a eu une place de choix, à tel
point qu’elle fut qualifiée de religion du livre.
Les premiers témoignages indiquent que l’auto-
graphe était fait sous la supervision de l’auteur, ou que la
rédaction était faite directement par ce dernier (cf. Luc 1 :3
; Actes 1 :1 à 5). Tertius écrivit sous la dicté de Paul (Rom 16
:22 ; 2 Thess 3 :17) ; ainsi, l’amenuense n’avait pas grande
autorité sur le texte (cf. Gal 6 :11). Les lettres étaient ame-
nées à leurs lieux par des voyageurs itinérants. Tychique,
un compagnon de Paul, apportait non seulement des nou-
velles de Paul, mais certainement, ses lettres à l’église
d’Éphèse (voir Eph 6 :21-22), à Colosse (Col 4 :7-9), et celle
de Tite (Tite 3 :12) ; quant à celle aux Philippiens, elle peut
avoir été transmise par Épaphrodite (Phil 2 :25).
En son temps, Paul l’apôtre se vantait déjà du fait
que l’expansion de l’évangile avait atteint des proportions
presque universelles du monde connu d’alors (Col 1 :23;
cf. Apoc 14 :6) cela exigeait que les copies des Saintes
Écritures soient rapidement multipliées pour les nou-
velles congrégations. Mais cela se faisait le plus souvent,
par des frères non spécialistes. Et si le sens du message
était l’emphase, cela justifierait alors l’existence d’un
grand nombre de manuscrits.
Bien qu’il n y ait aucun autographe du NT, plusieurs
papyrus fragmentaires datent du deuxième siècle (P32,
P52, P66, P64, ca. 200, P103 [2eme/3eme] siècle a.p. J.-C.).
P103 (ca. 200 siècle a.p. J.-C.) est un fragment du livre
de Matthieu, situé à la bibliothèque du collège Magdalen
d’Oxford et à Barcelone à la fondation de Saint Luc de
l’évangéliste, plus ou moins du même manuscrit que P64,
classifié comme un texte stricte, de la catégorie de texte I,
selon Aland. Un autre papyrus, est papyrus P52 conservé
17 L’histoire du texte du Nouveau Testament

à la John Rylands Library de Manchester, d’où son nom


P. Rylands GK. Il contient deux passages du chapitre 18
de l’Évangile selon Jean et daterait de la première moi-
tié du IIe siècle. Ils ont été découverts au début du XXe
siècle, sur le célèbre site d’Oxyrhynque. Ce papyrus est
acquis par Bernard Pyne Grenfell, en 1920.

Image 1 : Papyrus grec Rylands 457 ((P52), recto (Jean


18:31-33)-verso (Jean 18:37-38).1

Philip Wesley Comfort and David P. Barrett, The Text of


1

the Earliest New Testament Greek Manuscripts, A corrected,


enlarged ed. of The complete text of the earliest New Testament
manuscripts (Wheaton, Ill.: Tyndale House, 2001), 366-68.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 18

Jean 18:31-33 Jean 18:37-38


οι ϊουδαιο̣ι̣ ημε[ιν ουκ εξεστιν
31
« βασιλευς ειμι εγω εις το]υτο γ[ε]
αποκτειναι ουδενα 32ϊνα ο λο̣[γος γεννη̣μαι και εληλυθα εις τον κο]
του ι̅η̅υ̅ πληρωθη ον ειπεν σμον ϊνα μαρτυρησω τη αληθεια
σημαινω[ν ποιω θανατω ημελλεν πας ο ων] εκ της αληθε
αληθε̣[ιας ακουει
αποθνησκειν 33ισ[ηλθεν ουν παλιν μου της φωνης] λεγει αυτω
38

εις το πραιτωριον ο π[ειλατος και ο πειλατος τι εστιν αληθεια κ]α̣ι


εφωνησεν τον ι̅η̅ν̅ τουτο̣ ειπων παλιν εξηλθεν προς]
και ειπ[εν αυτω συ ει ο βασιλευς τους ιο̣[υδαιους και λεγει αυτοις
των ϊου εγω ουδ]εμι[αν [ευρισκω εν αυτω
δ]αιω[ν αιτιαν

31
Les Juifs lui dirent: Il ne nous je suis roi. Je suis né et je suis venu
est pas permis de mettre quelqu’un dans le monde pour rendre témoi-
à mort. 32 C’était afin que s’accom- gnage à la vérité. Quiconque est de
plisse la parole que Jésus avait dite, la vérité écoute ma voix.
lorsqu’il indiqua de quelle mort il 38 Pilate lui dit: Qu ‘est -ce que
devait mourir.33 Pilate rentra dans la vérité ? Après avoir dit cela, il
le prétoire, appela Jésus, et lui dit: sortit de nouveau pour aller vers
Es -tu le roi des Juifs ? les Juifs, et il leur dit: Je ne trouve
en lui . . .

Les passages hors guillemets sont ceux qui sont


contenus dans les extraits, qui en taille réelle sont minus-
cules (9cm sur 6cm). Le grec est un ancien grec. Le papy-
rus est de catégorie I dans la classification d’Aland. [/]In-
dique la reconstruction conjecturale du commencement
ou la fin d’un manuscrit, ou, à l’intérieur des transcrip-
tions, des lettres ou des mots les plus susceptibles d’avoir
été dans le manuscrit original.
La plupart des livres du NT avaient été complétés
aux environs de l’an 100 a.p. J.-C., si l’on considère que le
livre de l’Apocalypse a été achévé vers la fin du règne de
l’empereur romain Domitien (95 ou 96 a.p. J.-C.). Puis
s’enchaîna simplement le processus de transmission. En
ces temps modernes, nous sommes encore plus éloignés
des manuscrits originaux, mêmes si la collation qui en est
19 L’histoire du texte du Nouveau Testament

faite est surprenante. De toutes les sciences qui aident à


établir plus ou moins le texte telles que: La philologie, l’ar-
chéologie, sans oublier la critique compositionnelle (Re-
daktionsgeschichte), venant d’Allemagne, l’histoire des
formes, encore connue sous le nom de Formgeschichte;
Gattungsgeschichte, ou Gattungskritik; l’histoire de la
religion (Religionsgeschichte), l’histoire des sources, et
l’histoire de la Tradition (Traditionsgeschichte), la cri-
tique textuelle s’intéresse le plus aux textes avant son
interprétation exégétique. Car, pour interpréter, il faut
avoir le TEXTE même. Ce n’est pas par conséquent toutes
les méthodes bibliques qui respectent le texte. Plusieurs
méthodes existent à la disponibilité du lecteur.1

1
Cinq principales méthodes peuvent être résumés comme
suit: (1) La méthode historico-critique étudie le contexte historique
grâce à la critique textuelle, littéraire et historique. Elle suppose la
connaissance des langues anciennes, en particulier l’hébreu et le
grec, et des milieux culturels du Proche-Orient dans lesquels sont
nés et ont été transmis les textes bibliques, (2) La méthode narra-
tive s’intéresse à la manière dont un récit progresse et à la façon
qu’il a alors d’exercer une influence sur son lecteur. Cette disci-
pline littéraire est plus directement accessible et utilisable, (3) La
méthode structurelle, très littéraire également, tient compte de la
disposition rhétorique des textes et des parallèles tels qu’ils sont
établis dans les cultures juive et grecque, (4) La lecture sémiotique
(structurale) travaille sur le texte, le fonctionnement du langage, et
le sens qu’il produit indépendamment de tout contexte historique.
Sa question est : comment le texte, et lui seul, fait-il pour produire
du sens ? C’est le monde du texte qui est- à parcourir, (5) Les so-
ciologues ont également renouvelé la compréhension des textes en
faisant mieux connaître les conditions sociales, économiques ou
politiques de leurs auteurs. Enfin n, sans être exhaustif, l’œil exer-
cé d’un psychologue perçoit nombre de détails qui restent cachés
dans des textes qu’on croit bien connaître. Voir Christine Pellis-
trandi et Henri de Villefranche, La Bible (Paris, France: Eyrolles,
2010), 21
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 20

La transmission du texte après 100 a.p. J.-C.

Aujourd’hui, Nous possédons actuellement plus de


5800 manuscrits grecs complets du Nouveau Testament,
plus de 10 000 manuscrits de la version latine de la Vul-
gate, et 9300 copies d’autres versions. Les manuscrits
évoluaient au gré des méthodes d’écritures et de maté-
riaux disponibles.
Aux environs du deuxième siècle ap. J.-C., les chré-
tiens commencèrent à rédiger des textes écrits dans des
manuscrits, qui sont très similaires dans leurs formes à
nos livres modernes, étant liés sur le côté gauche de la
page. Il existe quatre classes de manuscrits du Nouveau
Testament grec : les papyri (sing. papyrus), les Onciales
(ou majuscules), les cursives (ou minuscules) et les lec-
tionnaires. Le second groupe de manuscrits est composé
de ceux écrits sur parchemin en lettres onciales. Ces par-
chemins ont tous été réalisés entre le IIIe et le Xe siècle.
Le nombre de ces manuscrits est supérieur à 3221.
Un numéro d’ordre des manuscrits est précédé d’un
zéro (01, 02, 03, 04), et d’Une lettre latine ou grecque
pour les 45 premiers (‫א‬, A, B, C).

1. Les quatre premiers manuscrits (‫א‬, A, B, C)


sont des bibles complètes, avec la Septante avant le
NT.
2. Les manuscrits D.05, D.06, E.08, F.010,
G.012 et Δ.037 sont bilingues grecs-latins ; T.029
est un bilingue grec-copte.
3. Les manuscrits C.04, P.024, P.025, Q.026,
R.027, Z.035 et Ξ.040 ont été effacés et réécrits, ce
sont des palimpsestes.
4. Dans les manuscrits K.018, X.033 et Ξ.040,
le texte biblique est accompagné d’un commentaire.
21 L’histoire du texte du Nouveau Testament

Tableau 1
Liste des principaux codex du Nouveau Testament en
onciales grecques

# Signe Nom Date Contenu Bibliothèque N°


d'inventaire
Ville
01 ‫א‬ Codex Sinaïti-
cus
IVe siècle Évangiles, Paul,
Actes, cath,
British Library,
Add. 43725
Londres

Apocalypse
02 A Codex Alexan- Ve siècle Évangiles, Actes, British Library, Londres
drinus cath, Paul, Apoc- Royal 1 D. VIII
alypse
03 B Codex Vati- IVe siècle Évangiles, Actes, Biblioteca Rome
canus cath, Paul Apostolica Vati-
cana, Gr. 1209
04 C Ephraemi Ve siècle Évangiles, Actes, Bibliothèque Paris
Rescriptus cath, Paul, Apoc- nationale de
alypse France, Gr. 9
05 Dea Codex Bezae Ve siècle Évangiles, Actes University Cambridge
Cantabrigiensis Library, Nn.
2. 41
06 Dp Codex Clarom- VIe siècle Paul + liste de Bibliothèque Paris
ontanus livres bibliques nationale de
(latin) + Hébreux France, Gr. 107
AB

Tous les manuscrits en lettres onciales postérieurs


au septième siècle dérivent de l’Église grecque, seule en
état, alors, de conserver et de reproduire le texte original
du Nouveau Testament. Différents matériaux, styles et
conventions d’écritures furent utilisés pour produire ces
matériaux. Le premier était fait sur les papyri.
Le papyrus. Le papyrus est une sorte de papier
très ancien fait à partir de la plante Cyperus papyrus.1
De son étymologie, papyrus vient d’un mot latin papy-
rus, qui a été emprunté au grec πάπυρος. D’autres étymo-
logies ont été proposées, par exemple, certains pensent
que le terme vient d’un pluriel propre Égyptien per-peraâ,
En usage depuis 3000 ans av. J.-C.
1
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 22

« fleur du roi.» Malheureusement aucun texte antique ne


confirme une telle formation. L’ancien égyptien désignait
le papyrus ou des documents par les mots wadj, thuf, thuf
thef (variante Héb. de sûph), tche-et, tchauf
tchauf, et, qem.1 Le
terme latin papyrus est, quant à lui, très certainement à
l’origine du mot français papier. Pline l'ancien dit:
Le papyrus naît dans les marécages de l’Égypte ou dans les
eaux dormantes du Nil, lorsque, débordées, elles demeurent
stagnantes des creux dont la profondeur n’excède pas deux
coudées. La racine est oblique, grosse comme le bras; la tige
triangulaire, et, n’ayant pas plus de dix coudées de haut, va
en diminuant jusqu’à l’extrémité, qui renferme un bouquet
en forme de thyrse, sans graine, et sans autre usage que
de servir à couronner les statues des dieux. Les habitants
emploient les racines en guise de bois, pour faire non seu-
lement des feux, mais encore divers ustensiles de ménage.
Avec la tige ils construisent des barques, et avec l’écorce ils
fabriquent des voiles, des nattes, des vêtements, des cou-
vertures et des cordes; ils mâchent même le papyrus cru
ou bouilli, se contentant d’en avaler le jus. Le papyrus naît
encore en Syrie, autour de ce lac dont les bords produisent
le calamus odorant (XII, 48). Le roi Antigone n’employait
pas dans sa marine d’autres cordages que ceux que lui four-
nissait le papyrus de cette contrée; car alors le spart n’était
pas répandu. Récemment on a reconnu que sur les bords de
l’Euphrate, aux environs de Babylone, poussait un papyrus
qui pouvait servir à fabriquer du papier; néanmoins, encore
aujourd’hui les Parthes aiment mieux écrire sur des étoffes.2
A côté de la tablette d’argile, le papyrus était très
utilisé dans l’antiquité pour écrire. C’était à la fois moins
laborieux et plus cher de tracer avec une plume et de
l’encre sur papyrus que la gravure de signes dans l’argile
humide.
E. A. Wallis Budge, Egyptian Dictionary (London: John
1

Murray, 1920), 2:853, 855, 893, 897.


Pline l’ancien. Histoire naturelle 13.22.1 (Emile Littré,
2

1848-1850).
23 L’histoire du texte du Nouveau Testament

Image 2 : Plante de papyrus

Le parchemin. Un support cher et difficile fabri-


qué est le parchemin. Ce dernier désigne une peau de cou-
leur claire apprêtée par un artisan parcheminier. Dans les
temps antiques, c’était un support pour l’écriture très pri-
sé ; le papyrus, utilisé en Occident jusqu’au VIIe siècle,
laisse place ainsi à un matériau issu du monde animal. Il
servait à plusieurs choses (musique, et facture) Le par-
chemin peut être utilisé en gainerie d’ameublement.
D’après Pline l’Ancien, Eumène II (198-158 av. J.-
C.), roi de Pergame d’Asie Mineure aurait introduit son
emploi au IIe siècle av. J.-C. à la suite d’une interdiction
des exportations de papyrus décrétée par les Égyptiens,
qui craignaient que la bibliothèque de Pergame surpassât
celle d’Alexandrie. Il fait une description de son histoire :
« le parchemin fut, au rapport du même Varron, inventé à
Pergame. Enfin cet objet, dont l’immortalité des hommes
dépend, devint d’un usage commun.»1 Ainsi, si des peaux
préparées avaient déjà été utilisées pendant un ou deux
millénaires, le « parchemin » proprement dit (mot dérivé
de pergamena, « peau de Pergame ») a été perfectionné

Pline l’ancien. Histoire naturelle 13.21.2.


1
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 24

vers le IIe siècle av. J.-C. à la bibliothèque de Pergame en


Asie Mineure.
La méthode de fabrication très laborieuse, consis-
tait en l’écharnage et au dégraissement des peaux de
chèvre, de mouton, de veau, d’agneau, voir même de porc,
pour n’en conserver que la peau. Ces peaux sont Ensuite
imprégnées dans un bain de chaux, puis raclées à l’aide
d’un couteau pour ôter facilement les poils et les restes
de chair et enfin, émincées, polies et blanchies avec une
pierre ponce et de la poudre de craie. Dès que cette pré-
paration est achevée, on peut distinguer une différence
de couleur et de texture entre le « côté poil » (appelé éga-
lement « côté fleur ») et le côté chair. Cette préparation
permet ainsi l’écriture sur les deux faces de la peau. Selon
l’animal, la qualité du parchemin varie (épaisseur, sou-
plesse, grain, texture, couleur). P52est écrit sur les deux
côtés, suggérant qu’il constituait une partie d’un parche-
min.

Image 3. Préparation du parchemin de Jost Amman et Hans


Sachs, Francfort-sur-le-Main, Allemagne, 1568.

Le parchemin est découpé en feuilles. Ces dernières


peuvent être assemblées sous différentes formes :
1. Le volumen est un ensemble de feuilles cousues les unes
25 L’histoire du texte du Nouveau Testament

aux autres, formant un rouleau (utilisé jusqu’au IVe-Ve


siècles). On le retrouve encore très souvent au XVe siècle,
en Bretagne en occurrence, pour servir à la longue rédac-
tion des procès.
2. Le codex (utilisé à partir du Ier-IIe siècles), est compo-
sé de feuilles cousues en cahiers et peut être considéré
comme l’ancêtre du livre moderne. Etant Ainsi un as-
semblage de plusieurs manuscrits, le codex est un livre
de forme parallélépipédique, qui existait bien avant sous
forme de rouleau et de volumen horizontal. La reliure, et
la marge de feuillet qui le constitue sont ainsi sa caracté-
ristique principale. C’est grâce à la lecture continue im-
posé par le rouleau ou volumen, que le codex fut inven-
té. Le codex permet d’accéder aux chapitres de manière
directe. L’habitude de numéroter les pages au début par
des lettres guida cette nouveauté. la principale évolution
introduite par le codex fut la notion de « page. »1 Cepen-
dant, les Juifs continuèrent d’utiliser des rouleaux sur
lesquels ils écrivirent la Torah (Sefer Torah).

Le cuir. Généralement en peau de veau mort-né, le


cuir possède ainsi une structure très fine, c’est pourquoi
ils sont appelés vélins. Leurs aspects sont différents des
parchemins conventionnels, car d’un aspect semi-trans-
parent. Certains fabricants pouvaient même les confec-
tionner à partir de très jeunes veaux, les plus beaux et
les plus recherchés provenant en général du fœtus.2 Le
procédé était cependant moins onéreux et à la différence
du parchemin, la peau n’était pas traitée à l’eau de chaux,
mais au tannin.

1
Christian Vandendorpe, ed., Du papyrus à l’hypertexte :
Essai sur les mutations du texte et de la lecture (Paris : La décou-
verte, 1999), 27, 49-53.
Voir pour cette section Keith Elliot and Ian Moir, Manu-
2

scripts and the Text of the New Testament: An Introduction for


English Readers (Edinburgh, Scotland: T & T Clark, 1995), 14-20.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 26

Le papier. Dans l’antiquité, c’était un tissu sur


lequel on écrivait et qui était fabriqué avec le papyrus.
L’invention du papier est attribuée au Chinois nommé,
Tsai Lun en 89 a.p. J.-C. Le papier de Chine, était fait
avec la seconde pellicule de l’écorce de bambou. On fai-
sait tremper les tiges et l’on les broyait de manière à avoir
une pâte qu’on étendait ensuite sur des cadres, comme
celle qui fournit le papier ordinaire.1 Dans l’antiquité,
« on prépare le papier en divisant le papyrus en bandes
très minces, mais aussi larges que possible ; la bande la
meilleure est celle du centre de l’arbre, et ainsi de suite
dans l’ordre de la division ; on appelait jadis hiératique,
attendu qu’il était réservé aux livres sacrés, le papier fait
avec les bandes intérieures ; lavé, il a reçu le nom d’Au-
guste, de même que celui de seconde qualité porte celui
de Livia, sa femme ; de la sorte, l’hiératique devint papier
de troisième qualité.... le ténéotique, ainsi nommé d’une
localité voisine de Saïs, est fait avec des matériaux plus
rapprochés de l’écorce ; il ne se vend plus à la qualité, il
se vend au poids ; quant à l’emporétique, il ne peut servir
à écrire; on ne l’emploie que pour envelopper les autres
papiers et emballer les marchandises, de là lui vient le
nom qu’il porte. »2
Les supports modernes. Dès que la bande ma-
gnétique fut inventée, jusqu’au disque compact en mé-
moire morte (cédérom), ces supports numériques ont
été employés pour lire et publier la Bible. Ajouté à ces
derniers, sont les téléphones simples ou androïdes, smar-
phones, Iphones, I-pad et autre supports tactiles qui
s’adaptent aisément au téléchargement et au stockage
des Bibles gratuites ou payantes en ligne.
Jules Clavé, « l’Exploitation des forêts de l’Inde, » dans
1

Revue des Deux-Mondes, 15 avril 1867, p. 855.


2
Papier des marchands, Pline Histoire naturelle 23.23.
27 L’histoire du texte du Nouveau Testament

écritures des manuscrits

Avant l’ère chrétienne, deux types d’écritures


grecques prévalaient. L’un utilisait des lettres onciales
ou majuscules. Pendant plusieurs siècles ce premier type
était l’écriture par excellence dans la plupart des docu-
ments écrits, soit sur papyrus ou sur parchemin de papy-
rus ou de codex, parce que mieux adapté à la plume. Les
mots n’étaient pas ligaturés, presque sans espaces entre
eux pour le besoin d’économie. C’était une graphie parti-
culière des alphabets grec et latin utilisée du IIIe au VIIe
siècle. C’est à partir des anciennes cursives romaines que
fut créé ce type d’écriture. Au début du XIIe siècle, la mi-
nuscule caroline tend à remplacer l’onciale qui n’est plus
utilisée que pour les titres des livres, la division des cha-
pitres ou des sections. Le papier s’est imposé en occident
dès le XIVe siècle.

Image 4 : Codex Sinaïticus, Luc 11 :2

Le second type est appelé cursif, à cause de son tra-


cé rapide résultant de la simplification d’écritures « offi-
cielles » souvent en capitales. En paléographie, l’écriture
cursive se fixe principalement au cours des années 1380.
C’est de cette époque que datent les l, h, b à boucle. Bien
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 28

qu’il existe des exemples d’écriture cursive dans les livres


avant même le début du XIVe siècle, c’est dans ces années
que les formes cursives s’introduisent fortement dans les
manuscrits. Le seul problème avec les écritures cursives
sont les traits de chaque lettre, à peine ébauchés, qui sont
difficiles à lire ou à deviner.

Image 5: Cursif grec, auteur anonyme

Ensuite vint à l’existence, l’écriture minuscule, par


opposition à l’écriture majuscule, qui était une variante
de l’écriture cursive de nature plus formelle et plus li-
sible que le cursif ordinaire. Avec la minuscule, le besoin
d’écrire plus vite était comblé. Le manuscrit du NT le plus
vieux en minuscule fut écrit selon le colophon en 835 a.p.
J.-C. Par conséquent, ces types d’écritures ne compo-
sèrent notamment que des manuscrits, à savoir ce qui est
écrit à la main, par opposition à ce qui est imprimé.
La méthode de datation la plus utilisée est l’étude
paléographique, qui est l’art de déchiffrer les écritures
anciennes, et, particulièrement, les manuscrits grecs et
latins, les chartes et diplômes du moyen âge. Cependant,
important est de noter que la paléographie, surtout dans
le cas des petits fragments, n’est pas une science exacte.
En étudiant par exemple les caractéristiques de l’écriture
de P52, on remarque qu’elles se rencontrent aussi bien
29 L’histoire du texte du Nouveau Testament

sur des papyri du début du deuxième siècle, que dans


des manuscrits ultérieurs de la fin du deuxième siècle,
et même du début du troisième siècle de notre ère. Par
conséquent, la paléographie ne tranche pas absolument
dans la datation des manuscrits.
Le fait que les manuscrits onciales n’avaient pas
d’espaces entres les mots, pouvait occasionner des er-
reurs de lecture. Par exemple dans Marc 10 :40 où les
lettres ἈΛΛΟΊΣΗΤΟΊΜΑΣΤΑΙ
Ἀ peuvent être lut comme,
«ἀλλ᾽οἷς ἡτοίμασταιι » (qu’à ceux à qui cela est réservé) ou
moins probablement, ἀλλοἰς ἡτοίμασται « qu’à ceux à qui
cela a été préparé.» Le codex Sinaïticus (IVe siècle) et le
Codex Alexandrins (Ve siècle) n’ont pas de divisions entre
les mots., Mais à partir du VIe siècle, à cause de l’écri-
ture cursive, des divisions entre les mots commencèrent
à apparaître. Dans Matt. 9:18, doit-on lire ΕΙΣΕΛΞΩΝ εἷς
ἐλθὼν comme NA27/UBS, TR, ou εἱσελθων dans un groupe
de manuscrits suivi par le texte en majoritaire (‫א‬c2 C*
D05 E07 K017 M021 N S Wsupp) ou προσελθων (‫ *א‬157).
Les deux formes font sens dans leur contexte, et les va-
riantes de la tradition développée montrent comment les
scribes se sont portés sur les problèmes examinés.
Seuls quelques 127 manuscrits en écritures onciales
écrites sur papyrus ont survécu, 320 sur codex, mais un
peu plus de 266 écrits sur le parchemin datant du 4e au
10 siècle. Le troisième type de manuscrit, en minuscule,
avoisine 2899 manuscrits (entre le XIIe et le XIVe siècle);
et finalement les lectionnaires ou termes de liturgie, à sa-
voir les livres qui ne contiennent que des leçons qui se
lisent à l’office, avec 2438 manuscrits (entre le XIIe et le
XIVe siècle). Deux types d’onciales existent : en lettres
onciales, et en écriture cursive.
Le besoin d’espace, entraîna le développement par
les scribes d’un système d’abréviations pour des mots
communs. Ceci commença à peu près à partir de 200 a.p.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 30

J.-C. (Papyri Chester Beatty). La table suivante résume


les différents mots qui étaient abrégés :

Table 2

Mots abrégés dans les manuscrits du NT

Termes grecs Sens Nominatif Génitif


Θεός Dieu ΘΣ/θς ΘΥ/θυ
κύριος Seigneur ΚΣ/κς ΚΥ/κυ
Ἰησοῦς Jésus ΙΣ/ις ΙΥ/ιυΧ
Χριστός Christ ΧΣ/χς ΧΥ/χυ
ὑιός fils ΥΣ/υς ΥΥ/υυ

La ponctuation commence à apparaître dans des


manuscrits aux environs de 200 a.p. J.-C. (P46 et P66);
mais plus systématiquement la ponctuation fut ajoutée
dans des manuscrits à partir du VIe siècle a.p. J.-C. La di-
vision des versets fut un phénomène tardif. L’introduction
des signes diacritiques, des accents et de la ponctuation
dans les textes manuscrits est attribuée à Aristophane de
Byzance (IIIe- IIe siècle av. J.-C.)1
Le palimpseste (du grec ancien παλίμψηστος, «de
nouveau, » et « gratter : regratté») est un manuscrit sur
un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait dis-
paraître les inscriptions pour y écrire de nouveau. Cette
méthode fut utilisée au Moyen Âge, surtout entre le VIIe
siècle et le XIIe siècle, par des copistes pour qui, le par-
chemin coûtant cher, réutilisaient d’anciens manuscrits
pour y copier de nouveaux textes. Pour cela, les vieux
manuscrits étaient préalablement effacés grâce à de la
pierre ponce. L’art modernes est parvenu à faire repa-

1
J. Février, Histoire de l’écriture (Paris : Payot, 1984), 407.
31 L’histoire du texte du Nouveau Testament

raître en partie les premiers caractères grâce aux tech-


niques de restauration de documents (chimie, imagerie
aux rayons ultraviolets, rayonnement synchrotron). Le
Codex Ephraemi Rescriptus, contenant des parties de
l’Ancien et du Nouveau Testaments en grec, datant du Ve
siècle, est recouvert par les travaux d’Éphrem le Syrien,
datant du XIIe siècle (Bibliothèque Nationale de Paris).

Image 6 : Codex Ephraemi rescriptus à la Bibliothèque nationale


de France, Paris
Aperçu historique
de la critique
textuelle
3
Le canon

L e terme canon que ce soit en grec, en latin, ou en


français se réfère à ce qui est généralement admis.
Emile Littré a 10 définitions pour le terme, le Thesaurus
linguae Latinae liste 9 sens. En grec, le terme développa
du l’Hébreu ‫נה‬‫ ְקָנה‬une « canne » ou « roseau » qui pouvait
être une tige qui servait à mesurer. Métaphoriquement,
un canon, dans le Nouveau Testament, κανών est n’im-
porte quelle « règle » ou « standard, » « principe » ou
« loi » d’investigation et de jugement (Gal 6 :16 ; Phil
3 :16). Gal 6 :16 indique que c’était pour signifier tout
ce qui est normatif, que ce soit pour la vie, la doctrine,
l’adoration, ou pour les Écritures acceptées à partir des
débats des pères de l’église. Le Canon est donc la norme
(Latin, norma) ou l’ensemble des livres admis comme
divinement inspirés.
L’histoire du Canon est assez imprécise, cependant,
on peut l’esquisser. D. Lortsch résume la situation ci-des-
sous :
C’est dans le cours du quatrième siècle que fut achevée la
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 34
formation du canon, sous l’influence de trois hommes: Athanase,
Jérôme [et], Augustin. Athanase réussit à faire accepter l’Apoca-
lypse par les églises d’Orient, où elle n’était généralement pas
admise. De même, son influence, aidée de celle de Jérôme, fit
admettre par les Églises d’Occident l’épître aux Hébreux. C’est
grâce à lui également que la seconde épître de Pierre, celle de
Jacques, celle de Jude, les deux dernières de Jean, furent ad-
mises en Occident. En 382, un synode, à Rome, sous l’influence
de Jérôme, fixe la liste des 27 livres du Nouveau Testament. Après
Athanase et Jérôme, c’est saint Augustin qui a le plus contribué
à faire l’unité dans l’Église sur la question du canon. Sous son
influence, le concile d’Hippone, en 393, arrêta la collection de 27
livres canoniques «en dehors desquels il n’était permis de rien
lire dans l’Église». Un dernier indice des hésitations de jadis fut
la manière dont on désigna l’épître aux Hébreux : «13 épîtres de
Paul, et une, du même, aux Hébreux», et l’autorisation de lire les
Actes des Martyrs aux anniversaires de ces martyrs. Le concile
de Carthage, en 419, formula le canon en parlant nettement de
quatorze épîtres de Paul et en rejetant les Actes des Martyrs. Ce
décret fut sanctionné par le pape Gélase (492-496).1
Comme les autres œuvres littéraires avant l’avè-
nement de l’imprimerie, les textes liturgiques du NT
étaient copiés à la main. À chaque copie, des erreurs,
étaient naturellement possibles. La critique textuelle
tend à distinguer entre ces erreurs ou lectures variantes.
La tâche du critique textuel consiste donc à réper-
torier les variantes et à établir un texte critique tel qu’il
représenterait l’original en expliquant au mieux l’état de
tous les témoins existants. Les divergences qu’offrent les
manuscrits du Nouveau Testament dérivent toutes des
causes de l’activité humaine sur l’autographe ou le ma-
nuscrit recopié à partir de ce dernier.
Le texte sacré a été fréquemment transcrit avec
inadvertance ou incurie; mais il a été aussi intentionnelle-

1
D. Lortsch, Histoire de la Bible française : et fragments
relatifs à l’histoire générale de la Bile, mise à jour par J.-M. Ni-
cole (s.e. 1910), 322.
35 Aperçus historiques de la critique textuelle

ment corrigé, élucidé, complété, en sorte que ce sont sou-


vent les variantes qui paraissent au premier coup d’œil
les plus difficiles, qui ont le plus de chances d’appartenir
au texte primitif.
Origène. Il existait, à la fin du second et du début
du troisième siècle, des collections d’écrits du NT, dans
les écrits d’Irénée (140-202), de Tertullien (160-220),
dans le fragment de Muratori, pour l’occident. En orient
on a Clément d’Alexandrie († 216) et ceux d’Origène. Bien
que la pratique de la critique textuelle soit plus ancienne,
c’est à partir d’Origène que l’on va attester de cette pra-
tique dans la lecture des textes. Origène, théologien de
la période patristique, né dans une famille chrétienne
d’Alexandrie aux environs de 185 a.p. J.-C. et mort à Tyr
vers 254.1 Il cite parfois dans ses commentaires des lec-
tures variantes supportées par « peu», « plusieurs » ou
« plus » de manuscrits bibliques qui lui étaient dispo-
nibles.2
Il se plaignait amèrement que « des différences parmi
les manuscrits (des évangiles) sont devenus élevées, soit
par négligence de certains copistes ou à cause de l’audace
perverse d’autres, soit, ils négligèrent de vérifier ce qu’ils
ont transcrit, ou, dans le processus de vérification, ils ont
allongé ou raccourcis le texte, comme cela leur plaisait. »3
Origène s’efforce tant bien que mal à rétablir le texte bi-

1
À ne pas confondre avec Origène, philosophe
néoplatonicien et païen, condisciple de Plotin et de Longin, au IIIe
siècle.
Epp, “Textual Criticism,” 6:427.
2

3
Ma traduction de Origène dans Matthaeum Commenta-
rius 15.14 ; voir Commentaire sur l’Évangile selon saint Matthieu
X et XI
XI, Sources chrétiennes (Paris : Cerf, 1970).
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 36

blique dans son intégrité.1 Par exemple, il rejetait la leçon


Ἰησοῦς avant Βαραββᾶς de Mat 27 :17 (cf. Θ ¦1 700* pc sys
Ormss Θ 700), à la fois parce que, « dans plusieurs copies »
et parce que le nom Jésus ne peut être utilisé pour un
malfaisant.2
Il pensait que la différence entre les manuscrits était
due « soit à la négligence de certains copistes, ou à l’au-
dace perverse d’autres ; ou bien qu’ils n’étaient pas pré-
occupés des corrections (διορθώσεως) de ce qu’ils ont
copié, ou bien dans le processus de la correction (ἐν τῇ
διορθώσεως), ils firent des ajouts ou des suppressions se-
lon qu’il leur semblait bon.3

Image 7 : Origène
1
Son entreprise la plus importante fut les Hexaples, édition
de la Bible dans lequel il présente, sur six colonnes le texte hébreu
de l’Ancien Testament et les diverses versions grecques alors en
usage.
2
Origène, Commentaire sur Mathieu 121 [GCS 38 = Orige-
nes Werke 11:255, 24-31 Klostermann]. E. de Faye, Origène. Sa
vie, son œuvre et sa pensée, 3 vol. (Leroux, Paris, 1923-1928).
3
Commentaire sur Mathieu 15.14.
37 Aperçus historiques de la critique textuelle

Jérôme. Jérôme de Stridon, appelé saint Jérôme ou


« Eusebius Sophronius Hieronymus » en latin, est né vers 347
ou 345 à Stridon, à la frontière de la Pannonie et celle de la
Dalmatie (actuelle Croatie) et mort le 30 septembre 420 à
Bethléem. Il est un moine, traducteur de la Bible, docteur
de l’Église et l’un des quatre pères de l’Église latine, avec
Ambroise de Milan, Augustin d’Hippone et Grégoire Ier.
Tout comme Origène, il montra un intérêt considérable
pour la critique textuelle, car il était alerte aux variations
textuelles qu’il rencontrait dans ses études exégétiques.
De 389 à 392, Jérôme travaille à la traduction de la
Bible de la Septante (LXX) en latin, et il utilise la tech-
nique de l’hexaples d’Origène pour sa traduction.4 Sa
traduction de la Bible constitue la pièce maîtresse de la
Vulgate, traduction latine officiellement reconnue par
l’Église catholique. Il est considéré comme le patron des
traducteurs en raison de sa révision critique du texte de la
Bible en latin qui a été utilisée jusqu’au 20e siècle comme
texte officiel de la Bible en Occident.
Il avait un processus bien clair lorsqu’il choisissait
entre des variantes. Epp dit, « Jérôme . . ., prenait note
des lectures variantes, considérait un ancien [manuscrit]
pour avoir plus de poids qu’un plus récent, et préférait
des lectures qui s’accordaient le mieux avec la gram-
maire ou le contexte. »5 Comme quelqu’un qui est habi-

4
Régine Pernoud et Madeleine Pernoud, Saint Jérôme : père
de la Bible, Monaco, Régine Pernoud (Paris : du Rocher, 1996), 45.
L’hexaples consiste à traduire six fois le même passage de l’évan-
gile, et à comparer les différentes versions de l’Ancien Testament.
Le but d’Origène est de pouvoir trouver le maximum d’entente
entre chrétiens et juifs sur l’Ancien Testament. Cette technique est
reprise par Jérôme : il marque d’un obèle les passages seulement
présents dans la Septante, et d’un astérisque les passages absents
de la Septante, mais présents dans les autres traductions
5
Epp, “Textual Criticism,” 6:427.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 38

tué aux textes originaux, Il est l’un des premiers à fournir


une hypothèse sur l’origine des erreurs. Jérôme suggère
alors que des lectures variantes sont probablement le ré-
sultat de « la confusion des lettres similaires, confusion
des abréviations, accidents impliquant la dittographie et
l’haplographie, la métathèse des lettres, l’assimilation,
la transposition, et les émendations délibérées de la part
des scribes. »1
Jérôme confirme une des plus remarquables va-
riantes dans le Codex W : une insertion remarquable à la
fin de l’Évangile selon Marc, dont une partie a été connue
pour Jérôme, qui déclare avoir été présent « dans certaines
copies et en particulier dans les manuscrits grecs, » Sui-
vant la référence à l’apparition du Christ ressuscité, qui
reprocha aux disciples « pour leur manque de croyance
et de l’entêtement du cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru
ceux qui l’ont vu après qu’il ait ressuscité » (Marc 16.14).2
Jérôme était plus sagace en tant que critique textuel que
ne l’était Origène, car bien au courant des types et possi-
bilité d’erreurs.

Metzger and Ehrman, The Text of the New Testament: Its


1

Transition, 81.
2
Jorg Frey, “Zu Text und Sinn des Freer-Logion,” Zeitschrift
ftir neutestamentliche Wissenschaft xciii (2002): 13-34.
39 Aperçus historiques de la critique textuelle

Image 8: Francisco Ribalta, San Jerónimo, óleo sobre lienzo, 83 x


36 cm. Museo de Bellas Artes de Valencia.

Il préférait s’appuyer, dit-il sur le Pape


Damasus, qui demandait une traduction Biblique des
textes de manuscrits grecs, car encore plus anciens. En-
core une fois, dans sa lettre à Minerves et Alexandre,
deux moines de Toulouse, qui lui avaient écrit pour
lui demander d’expliquer certains passages de l’Écri-
ture, Jérôme discute plusieurs formes, du texte de
1 Cor 15.51 («Nous ne mourrons pas tous, mais tous
nous serons changés»). Il indique qu’il préfère la lecture
« Nous allons tous dormir, mais nous allons pas tous être
changé. »1
Jérôme savait comment déterminer la bonne lec-
ture, grâce à sa connaissance des types d’erreurs et de ses
causes. Sa méthode de comparaison de manuscrits est
à la base de la critique textuelle scientifique. Bien qu’il
fût d’abord théologien, il était également par la force des
choses un critique textuel sérieux.
Metzger and Ehrman, The Text of the New Testament,
1

198-199.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 40

Érasme (Desiderius Erasmus Roterodamus),


né le 28 octobre 1469 à Rotterdam1 et mort le 12 juillet
1536 à Bâle, est un prêtre catholique évangélique, écrivain
humaniste et théologien néerlandais. Il s’essaya aussi à la
critique textuelle. Dans sa préparation du grec du NT, il
s’adonna partiellement à la critique textuelle en 1516.
Érasme, est particulièrement instruit, car, il maî-
trise le latin et le grec. De ses lectures, et la connaissance
du grec, il est fermement persuadé que certaines parties
de la Bible que l’on trouve dans la Vulgate latine n’ont
pas été correctement traduites. Il décide donc de faire im-
primer le Nouveau Testament grec, malgré les objections
de ses amis comme Van Dorp pour qui ce serait miner la
fondation de l’Église, déjà alors en si mauvais état. Pour
réaliser ce Nouveau Testament (1516) grec, Érasme dis-
pose de manuscrits grecs au nombre de six ou sept (Mi-
nuscule 1, 2, 817, 2814, 2815, 2816, 2817).2 Il en fait une
nouvelle traduction latine pour faire voir les différences
avec la Vulgate. Par la suite les Elzevier, une famille d’im-
primeurs de Leyde, utilisent le texte grec d’Érasme en
écrivant au-dessous du titre Textus receptus. Ce premier
texte grec de 1516 est nommé ainsi à cause de l’œuvre
des frères Bonaventure et Abraham Elzivir qui mention-

1
Les conditions de la naissance d’Érasme sont obscures,
mais la date finalement retenue pour la célébration, en 1969, du
demi-millénaire de sa naissance est 1469. Il était le fils cadet d’un
prêtre exerçant à Gouda, un certain Geert (Gérard) et de la fille
d’un médecin de Zevenbergen. Selon la mode humaniste alors en
usage, il s’octroie un autre nom avec lequel il fera l’histoire, Desi-
derius Erasmus Roterodamus, redouble – par le prénom et le nom
latin (ou grec, erasmos signifie « l’aimé » – son désir semble de
s’être fait aimé, car ses travaux sur le NT grec purent lui donner
une identité glorieuse.
2
W. W. Combs, Erasmus and the textus receptus, DBSJ 1
(Spring 1996), 45
41 Aperçus historiques de la critique textuelle

nèrent dans leur édition de 1633 : « Textum ergo habes,


nunc ab omnibusreceptum » « Voici maintenant le texte
reçu de tous. »
Le travail est pourtant fait à la hâte, à peu près huit
mois, entre la fin de 1514 et le début de 1516 et était com-
posé de presque 1000 pages.1 Érasme, le reconnaît lui-
Praecipitatum fuit «verius quam
même lorsqu’il dit: «Praecipitatum
editum,» bien qu’il doit être porté à son crédit de rendre
2

public le texte original du Nouveau Testament, on ne


saurait que déplorer la précipitation et l’incurie avec les-
quelles Érasme exécuta ce travail. Du reste, ce ne fut pas
de lui-même, mais à la Sollicitation du libraire Froben, de
Bâle, qu’il l’entreprit. Froben, craignant sans doute d’être
devancé par l’apparition de la Bible polyglotte que le car-
dinal Ximénès faisait imprimer à Alcala, et dont le texte
grec du Nouveau Testament était prêt dès l’année 1514,
pressa Érasme de se hâter.
Bien que le texte Complutense a été le premier Nou-
veau Testament grec à être imprimé (c’est-à-dire mettre
sur le marché) a été l’édition préparée par le célèbre Néer-
landais érudit et humaniste Érasme de Rotterdam. N’ail-
lant aucune copie entière du NT en grec, il utilise plu-
sieurs manuscrits. Prenant dans la bibliothèque de Bâle
les premiers manuscrits venus, l’un du quinzième siècle
pour les Évangiles, l’autre du treizième pour les Actes et
les Épîtres, et une copie de l’Apocalypse tout aussi ré-
cente, Érasme les livra tels quels à l’imprimeur, «après
leur avoir fait subir, dit-il, les corrections nécessaires», et

Le volume contenait une préface de l’éditeur (1 page), la


1

dédicace d’Érasme au Pape Léon X (3 pages), une introduction


(23 pages) ; une traduction texte grec-latin (548 pages), et des
annotations d’Érasme (401 pages.
Il a été fait à la précipitée plutôt qu’il n’a été édité (Lettre à
2

Pirckheimer, 1517).
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 42

qui consistaient, pour la plupart, à insérer dans le texte


grec les leçons de la Vulgate latine. Il ajoute, dans les
lettres d’où sont tirés la plupart de ces détails, que «la
révision des épreuves a souffert, soit de l’incapacité des
protes, soit du mauvais état de sa santé», mais il prie
ses Correspondants de garder pour eux ces confidences,
«de peur, dit-il, que les exemplaires «de cette édition ne
restent dans les magasins de l’imprimeur, si l’on «Vient à
se douter de la vérité.»1
Puisque Érasme ne pouvait pas trouver un manus-
crit qui contenait le Nouveau Testament grec tout entier,
il utilise plusieurs textes pour différentes parties du Nou-
veau Testament. Pour la plupart de son texte, il compte
sur deux manuscrits de la bibliothèque de Bâle, un pour
les évangiles et un autre pour le livre des Actes et pour
des Épîtres, tous datant des environs du douzième siècle.2
Érasme fut incapable de trouver un manuscrit de l’Apo-
calypse de Jean ; par ailleurs, il emprunta un à son ami
Johann Reuchlin. Mais ce dernier étant mutilé, car il
n’avait pas la dernière feuille contenant les six derniers
versets du livre (Apoc 22 :16-21). Plutôt que de retarder
la publication de son édition, tout en essayant de trouver
une autre copie de l’Apocalypse en grec, Érasme (peut-
être à l’instigation de son imprimeur) dépendait de la
Vulgate latine et pour traduire les versets manquants en
grec, il traduisait simplement du latin en Grec. Comme
on pouvait s’y attendre à partir d’une telle procédure, ici
et là, dans le texte grec autoédité d’Érasme existent des

1
Lettres à Budé et à Latimer de l’an 1517. Cité dans Lortsch,
Histoire de la Bible française, 329.
2
Bien que certains aient daté le manuscrit de l’Évangile
dans le XVe siècle (ex., Scrivener [dubitativement], Kenyon, et von
Dob.schutz), Gregory, Eberhard Nestlé, von Soden, et Clark l’ont
situé au douzième.
43 Aperçus historiques de la critique textuelle

lectures qui n’ont jamais été retrouvées dans aucun ma-


nuscrit grec connu.
Les manuscrits qu’il utilisa sont de l’ordre de cinq
(e=Évangiles; a=Actes et lettres Catholiques; p= lettres
de Paul, incluant Hébreu; r= Apocalypse) :
1. Codex 1eap (minuscule daté du 12e siècle contenant le NT en
entier sans le livre de l’Apocalypse qu’Érasme emprunta à
Reuchlin)
2. Codex 1rK (commentaire minuscule qu’Érasme emprunta à
Reuchlin, contenant tous les livres de l’apocalypse sans les
derniers versets)
3. Codex 2e (minuscule du 12e siècle contenant les évangiles)
4. Codex 2ap (minuscule contenant Actes, lettres catholiques,
épîtres de Paul, empruntés par Érasme à Johann Amer-
bach de Basel)
5. Codex 4ap (minuscule du 15e siècle contenant Actes, lettres
catholiques et les épîtres de Paul)
6. Codex 7 (minuscule du 11e siècle contenant les épîtres de
Paul)
7. Codex 817 (minuscule du 15e siècle contenant les évan-
giles).1

De tous ces manuscrits, Érasme utilise essentiellement


Codex 2e et 2ap comme texte de base. Les erreurs les plus cru-
ciales qui jetèrent le discrédit sur son travail, à tort, est Apo-
calypse 22 :16-21, tandis qu’il utilisa Lorenzo Vallas, Notes
on the New Testament
Testament, pour Apoc 22 : 20.2 Son utilisation
de la vulgate latine, introduisit au moins 10 variantes
textuelles non trouvées dans aucun manuscrit grec (ex.,
ὀρθρινός dans Apoc 22 :16 ; Ἐλθέ dans le : 17bis ; ἐλθέτω dans
le même verset ; et Συμμαρτυροῦμαι, dans le verset 18).
Lorsqu’il comparait les manuscrits afin de choisir

Voir William W. Combs, “Erasmus and the Textus Recep-


1

tus,” Detroit Baptist Seminary Journal 1 (Spring 1996): 45.


Ibid., 35-53.
2
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 44

entre des lectures variantes, il utilisa certains principes


connus des critiques textuels modernes, tout du moins,
dans leurs formes élémentaires, telles qu’ils furent dé-
veloppés et articulés plus tard. Pour réaliser ce Nouveau
Testament (1516) grec, Érasme dispose de manuscrits
grecs au nombre de six ou sept (Minuscule 1, 2, 817, 2814,
2815, 2816, 2817).1

Image 9 : Portrait d’Érasme, 1517 par Quentin Massys

Les variantes du soi-disant Textus Receptus du Nou-


veau Testament grec sont encore perpétuées aujourd’hui
dans plusieurs éditions et versions. Par exemple la ques-
tion que Paul au moment de sa conversion sur la route
de Damas pose dans Actes 9 :6 Τρέμων τε καὶ θαμβῶν εἶπεν
κύριε τί μέ θέλεις ποιῆσαι, «Tremblant et saisi d’effroi, il
dit: Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Et tremens ac
stupens dixit : Domine, quid me vis facere ?),2 est visible-
ment une pièce de texte tirée de la Vulgate latine, puisqu’il

1
Ibid., 45.
2
Biblia Sacra juxta Vulgatam Clementinam 1598 with
Glossa Ordinaria Migne edition (1880).
45 Aperçus historiques de la critique textuelle

ne se trouve dans aucun manuscrit grec existant. Le pas-


sage fait partie de la Textus Receptus, de laquelle la ver-
sion King James a été faite en 1911, et que la version Louis
Segond continue de promouvoir.
Mais ce texte qui a eu une si grande influence, n’est
pourtant là que par le fruit d’une sorte d’imposture his-
torique. Excepté pour le livre de l’Apocalypse, où le texte
d’Alcala est suivit dans l’édition de 1550. Cette dernière
fut retouchée en un très petit nombre d’endroits par Théo-
dore de Bèze, et fut, en 1624, préférée par les Elzévirs de
Hollande comme type de texte pour leurs nombreuses
éditions. Étant maîtres du marché, il leur suffit de garan-
tir, en tête de leur édition de 1633, que ce texte était le
«texte universellement reçu» (Textum ergo habes, nunc
ab omnibus receptum), pour qu’il le devînt, et qu’à ce
titre il possédât, pendant près de deux siècles, une sorte
de consécration officielle.
L’impression a commencé le 2 Octobre 1515, et dans
une période remarquablement courte (1 Mars 1516),1
l’édition entière a été terminée. un volume grand in-folio
d’environ 1000 pages, comme Érasme lui-même a décla-
ré plus tard, a été «précipitée plutôt que édité ((praeci-
pitatum Verius quameditum). En raison de la précipi-
tation dans la production, le volume contient plusieurs
centaines d’erreurs typographiques. Une fois, Scrivener a
déclaré: qu’«il est à cet égard, le livre le plus défectueux
que je connaisse. »2

Brian Walton (1600-1661). La première collec-


tion systématique des lectures variantes (ceux donnés
1
Érasme produisit son texte pendant huit mois environ, à
savoir, fin 1514, et début 1515 a.p. J-.C.
F. H. A. Scrivener, A Plain Introduction to the Criticism of
2

the New Testament, 4th ed., (London: s.e., 1894), p. 185.


Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 46

dans la marge de l’édition de Robert Estienne de 1550


assemblés, quelque peu au hasard) a été incluse dans
la Bible polyglotte éditée par Brian Walton (1600-1661)
et publiée à Londres en 1655-1657 dans six volumes in
folio. Dans le sixième volume de la Polyglotte, l’appen-
dice, Walton inclus un apparat critique, préparé par l’ar-
chevêque Ussher, des lectures variantes provenant de 15
autres autorités, auxquelles étaient ajoutées les variantes
de marge d’Estienne.1

Autres textes grecs


D’autres textes grecs qui compilaient les lectures
variantes parmi les manuscrits grecs existent. Il était très
difficile de s’écarter du texte reçu, certainement, à cause
du dogme qui résultait de l’obstination dogmatique. Le
besoin d’un texte résultant de la comparaison de plu-
sieurs manuscrits s’imposa tant bien que mal.
Les précurseurs de la restitution du texte du Nou-
veau Testament commencèrent en 1675 où le Dr John
Fell (1625-1686), doyen de Christ Church et par la suite
évêque d’Oxford, publia anonymement un petit volume
(354 par 614 pouces), le premier Testament grec qui sera
publié à Oxford. Le texte, élaboré à partir de celui de l’édi-
tion d’Élzevir de 1633, fourni d’un apparat critique pré-
tendait donner des variantes de plus de 100 manuscrits ;
malheureusement, environ 20 de ces témoins, y compris

1
« Nous sommes tous les obligés de Robert Estienne, car
c’est à lui que nous devons la division en versets de la Bible. Cette
division apparaît pour la première fois dans son Nouveau Testa-
ment grec de 1551. Il l’avait faite, raconte son fils Henri, pendant
un voyage à cheval de Paris à Lyon. » Lortsch, Histoire de la Bi-
ble française, 54. Plutôt qu’appareil critique, le livre préfère le
terme plus savant d’apparat critique, qui est aussi un ensem-
ble des notes et des variantes proposées par l’éditeur d’un texte
d’érudition.
47 Aperçus historiques de la critique textuelle

le Codex Vaticanus (B), ne sont pas cités individuelle-


ment, mais seulement dans les déclarations concernant
le nombre total de manuscrits qui s’accordent avec une
lecture particulière.
Pour la première fois, les variantes des versions go-
thiques et bohaïrique, fourni par T. Marshall, ont égale-
ment été mises à disposition à travers l’apparat de Fell.
D’autres personnes collationnèrent aussi plusieurs ma-
nuscrits dans des apparats critiques qui étaient plus ou
moins clairs, afin de corriger le Textus Receptus. Au XVIIIe
siècle, il existait 32 éditions imprimées et à peu près 100
manuscrits des pères de l’église en circulation, mais tou-
jours basés sur le texte d’Estienne de 1550.1
Parmi ceux qui avaient rassemblé des manuscrits
pour Richard Bentley était Johann Jakob Wettstein
(1693-1754), originaire de Bâle, où il est devenu un pas-
teur protestant. Wettstein, imprima à Bâle, en 1715, le
texte reçu, mais déclarai qu’il préférait d’autres leçons
à celles de ce texte;2 Bentley, ne laissa que des travaux
préparatoires (1720), et surtout le pieux Johann Albrecht
Bengel (1687-1752), qui, le premier, émit la pensée selon
laquelle les manuscrits, pour être consultés avec fruit, de-
vaient être classés selon leur âge et leur dépendance les
uns vis-à-vis des autres.
Avec lui, la critique textuelle est créditée d’études
sérieuses. Bengel se mit à étudier les manuscrits afin de
voir si les 30000 variantes publiées par John Mill mettent
en danger la doctrine évangélique.3 Cette étude confirma
Paul D. Wegner, A Student’s Guide to Textual Criticism of
1

the Bible : Its History, Methods & Results (Downers Grove, Ill. :
InterVarsity Press, 2006), 211-12.
Metzger and Ehrman, The Text of the New Testament, 160.
2

John Mill, Novum Testamentum Graecum, cum lectioni-


3

bus variantibus MSS (Oxford 1707).


Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 48

sa foi piétiste, car les variantes n’étaient pas aussi nom-


breuses qu’on le disait et qui de plus n’affectaient pas la
doctrine évangélique du salut.1 Dans son édition du Nou-
veau Testament grec (1734), Bengel ménagea fort le texte
reçu, mais il avait montré la voie. Il faut nommer ensuite:
Johann Jakob Griesbach (1745-1812). Il a jeté
les bases pour tous les travaux ultérieures sur le texte
grec du Nouveau Testament. Un élève de Semler à Halle,
Griesbach a été professeur de Nouveau Testament à l’uni-
versité de Jena de 1775 jusqu’à sa mort. Après avoir voya-
gé en Angleterre,en Hollande et en France dans le but
de rassembler des manuscrits, il a accordé une attention
particulière aux citations du Nouveau Testament chez les
pères grecques et de plusieurs versions du Nouveau Tes-
tament qui, auparavant, n’avait pas reçu un grand intérêt,
comme les textes gothiques, arméniens, et le syriaque.
Griesbach est surtout célèbre pour son édition critique
du Nouveau Testament et ses recherches sur le problème
synoptique. On appelle aujourd’hui hypothèse de Gries-
bach l’hypothèse selon laquelle l’Évangile selon Matthieu
serait le plus ancien des trois évangiles synoptiques.
Il s’appuie sur les travaux de Bengel et J. S. Semler.
Mais pour l’élaboration de son texte critique, Griesbach
s’est basé sur l’édition Elzevier. Le point de divergence du
texte de référence se situe au niveau où, il place la leçon
d’Elzevier dans la marge intérieure face aux autres dignes
de considération mais jugées fautives (celles-ci impri-
mées en petits caractères). À chacune des leçons dans
cette marge sont annexées des marques spéciales indi-
quant le degré précis de probabilité s’attachant à chacun.
Pour évaluer ces probabilités, il élabore une théorie par-
ticulière où il répartit les manuscrits en trois groupes
principaux – les Alexandrins, les Occidentaux et les By-
1
Ibid., 158.
49 Aperçus historiques de la critique textuelle

zantins. Certains des manuscrits des pères de l’église sont


inclut comme le montre le tableau suivant :

Table 3
Les trois recensions de Griesbach

Sources Alexandrin Occidental Byzantin

Onciales C, L, K D A (évangiles),
onciales tardifs
Minuscules 1, 13, 33, 69, 106, Minuscule tar-
118 difs
Versions Versions La-
tines, certaines
versions de
la Peshitta, et
Arabes

Pères de Origène, Clément Citations des


l’église d’Alexandrie pères de l’église
Eusèbe, Cyrile tardives
d’Alexandrie, Isi-
dore de Pelusium

Lorsqu’une leçon supportée par une seule recension


est regardée comme n’ayant qu’un témoin en sa faveur,
les leçons supportées par les trois recensions, ou par deux
d’entre elles, surtout si ces deux sont l’Alexandrine et oc-
cidentales sont acceptées sans aucune hésitation comme
originales. Simultanément au moins une des trois recen-
sions donne une leçon différente. Griesbach discute la
question sur d’autres bases.
Griesbach élabora quinze règles pour la pratique
de la critique textuelle. La première stipule, « la lecture
brève (à moins qu’il ne soit pas entièrement confirmé
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 50

par des anciens témoins) est à préférer au plus verbeux,


car les scribes étaient plus enclins à ajouter qu’à retran-
cher. Ils n’ont presque jamais délibérément omis quelque
chose, mais en ont ajouté beaucoup. Certainement ils ont
oublié certaines choses par accident, mais de la même fa-
çon peu de choses ont été ajoutés au texte par des erreurs
de scribes dues à l’œil, à l’oreille, la mémoire, l’imagina-
tion et le jugement. »1
L’importance de Griesbach pour la critique tex-
tuelle du Nouveau Testament, ne peut guère être sures-
timée. Pour la première fois en Allemagne un chercheur
s’était hasardé à abandonner les textus Receptus à de
nombreux endroits et d’imprimer le texte du Nouveau
Testament selon la proposition de Griesbach.
Bien que parfois Griesbach, adhère à un usage trop
mécanique de son système, ce pour lequel il fut véhément
critiqué, ses travaux de critique textuelle sont caractérisés
par la prudence et la sincérité. Ses principales éditions
ont été publiées à Halle en 1775-1777, à Halle et à Londres
en 1796-1806, et à Leipzig en 1803-1807. Plusieurs édi-
tions de son texte ont également été délivrées par des
imprimeurs en Angleterre, en Écosse, et en Amérique.
Son influence a été prolongée encore lorsque son tra-
vail a été adopté comme base des éditions manuelles de
poches, émises sur le continent par Schott, Knapp, Titt-
mann, Hahn et Theile.
Karl Lachmann (1793-1851). Professeur de
philologie classique à Berlin, est le premier érudit à pu-
blier un Nouveau Testament grec basé entièrement sur
la critique textuelle. Il peut donc ainsi être considéré
comme le père de l’éclectisme moderne. Lachmann a aus-
si étudié les évangiles synoptiques et proposé une théorie

Metzger and Ehrman, The Text of the New Testament,


1

166-167.
51 Aperçus historiques de la critique textuelle

pour répondre au problème synoptique. L’évangile selon


Matthieu, de Marc et celui de Luc ont une structure com-
mune, des passages et des expressions semblables, mais
aussi des divergences importantes. Alors que Johann
Jakob Griesbach supposait qu’un évangile était premier,
en occurrence celui de Matthieu, et que venait par la suite
le livre de Luc puis celui de Marc reprenant et résumant
les deux autres, Lachmann inverse l’hypothèse des deux
évangiles. Il voit dans l’évangile de Marc le premier texte
qui aurait servi de référence à Luc et Matthieu.1
Bien qu’il fût conscient qu’il est impossible de re-
construire l’original, Lachmann abandonne le texte reçu
et veut remonter dans sa compilation aussi loin que le IVe
siècle. Pour cela, le textus reçeptus fut finalement aban-
donné au profit de ce projet. En ses propres mots, «plus
loin que le texte reçu, et revenir au texte de l’église primi-
tive du IVe siècle. »2
Il substitua aux préférences subjectives des leçons
des critères fermes dans l’établissement, non seulement
des onciales grecs, la vielles Latine, la vulgate, mais aussi
des anciens pères de l’église (Origène, Irénée, et Cyprien).
mais son texte grec repose sur une recension stemma-
tique des manuscrits existants.
Constantin von Tischendorf (1815-1874). Le
défi de Lachmann influença les générations subséquentes.
Cependant, il ne réussit pas car il sera réalisé, plus tard,
par Constantin von Tischendorf (1815-1874). Sa première
grande réalisation a été de déchiffrer le Codex Ephrae-
mi Rescriptus Syri (C) 18, un manuscrit grec du nouveau
testament écrit au Ve siècle, mais plus tard, lavé (c’est-à-
Daniel Marguerat, « Le problème synoptique », dans In-
1

troduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa


théologie, Daniel Marguerat (Paris : Labor et Fides, 2008), 38.
Epp, “Textual Criticism,” 6:428.
2
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 52

dire, un palimpseste) et son texte remplacé par des trai-


tés du Père Ephrem de l’église syrienne. Sa découverte
la plus spectaculaire a été celle du Codex Sinaïticus (‫)א‬,
au monastère de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï. il a
également durant son voyage en Orient, parrainé par le
tsar Nicolas I, découvert de nombreux autres manuscrits
onciaux (vingt et un, pour être précis), alors qu’ils étaient
moins étendus et moins importants.
Son œuvre majeure est sans conteste la mise au
point d’une « édition critique » du Nouveau Testament.
On dénombre quarante-et-une publications (en comp-
tant les rééditions et éditions de poche). Mais on
peut ramener à quatre, les grands axes de son travail.
Après sa première édition (1841), il faut mentionner celle
de 1849 (qui est remarquable par le nombre de variantes
que Tischendorf a rassemblées dans l’apparat critique)
puis, celle de 1859 (qu’il appelait la 7e édition, et dont le
texte tend à se rapprocher, par le choix des variantes, du
Textus Receptus) et enfin, celle de 1869, couronnement
de son œuvre ((Novum Testamentum graece, editio cri-
tica octava maior) en 3 volumes, dans laquelle il donne
une très grande place (même « trop grande ») aux va-
riantes du Codex Sinaïticus. Mais son apparat critique,
est cependant exhaustif et permet à chaque textualiste de
comparer les documents, et de faire soi-même son texte.
Enfin, Tischendorf, n’a pas été trop influencé par
la critique rationaliste. Il n’hésite pas à s’adresser à un
public plus « populaire » pour prendre la défense de la
foi. Sa déclaration que l’on peut qualifier de protestante,
encapsule sa foi: « Malgré mes nombreux travaux, je me
rendis à ce vœux, et me mis sans retard à rédiger cette pu-
blication nouvelle, heureux de saisir l’occasion qui m’était
offerte de m’adresser une fois au moins à ces lecteurs aux-
quels la plupart de mes écrits sont inaccessibles ; car en
53 Aperçus historiques de la critique textuelle

définitive, les meilleurs résultats de mes recherches sont


destinés à l’Église chrétienne tout entière, et doivent lui
appartenir. »1
Brooke F. Westcott et Fenton J. A. Hort, les
deux derniers érudits du XIXe siècle de l’université de
Cambridge. Brooke F. Westcott (1825-1901 ; professeur
régent en divinité à Cambridge, et plus tard Evêque de
Durham) et Fenton J. A. Hort (1828-1892 ; professeur de
divinité à Cambridge) furent renommés pour leurs études
sur le texte du NT. C’est essentiellement sur la base du
Vaticanus et du Sinaïticus que travailleront ces théolo-
giens anglais, avant de publier une nouvelle traduction
du Nouveau Testament en 1881 (avec un appendice et
une introduction), après 28 ans de recherche.2
Ces textualistes font plus que suppléer un apparat
critique avec toutes les lectures variantes possibles, ils
ont désiré aller au-delà du souhait de Griesbach, qu’ils
avaient en estime, celui d’établir un texte proche du IIIe
ou IVe siècle, il voulait simplement reproduire l’auto-
graphe. C’est d’après Westcott et Hort que les critiques
textuels du Nouveau Testament commencèrent à consi-
dérer le texte-type byzantin comme tardif ; et ceci basé
sur l’alexandrin et les textes-types occidentaux.
Parmi les autres types, l’alexandrin est considéré
comme étant plus pur que l’occidental. Ainsi, la pratique
de la critique textuelle du Nouveau Testament doit suivre
la lecture des textes alexandrins à moins que ceux de l’oc-
cidental soient nettement supérieurs.
En prenant d’avantage des versions du NT exis-
1
«Constantin Tishendorf, De la date de nos évangiles (Tou-
louse : Société des livres religieux, 1886), 7.
Brooke Foss Westcott, Fenton John Anthony Hort, The
2

New Testament in the original Greek: Introduction, appendix


(1881-1882), 34.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 54

tantes, des citations des anciens auteurs, et des pères de


l’église, ils formulèrent leur texte de base. Les manuscrits
furent divisés en quatre catégories : (1) Syrien, (2) Occi-
dental, (3) Alexandrin, et (4) neutre. Le texte neutre est
représenté par les onciaux du IVe siècle, notamment le
Codex Vaticanus et le Codex Sinaïticus, mais il peut re-
monter aussi loin que la moitié du deuxième siècle a.p.
J.-C. Ils considéraient que le texte neutre était plus près
de l’original qu’aucun autre type de texte. Quant au Sy-
rien (ou Byzantin), Westcott et Hort pensent qu’il pour-
rait être le dernier puisqu’il n’avait aucun trait distinctif
Syrien particulier fut jamais découvert dans toute la lit-
térature patristique du IIIe siècle, mais plus nombreux à
partir de la fin du IVe siècle, plus particulièrement dans la
région d’Antioche (Syrie).1
Ainsi, pour ces textualistes, le texte Syrien n’était
pas encore formé aux environs de la moitié du IIIe siècle,
et les deux manuscrits primitifs, l’Occidental et le neutre
(Alexandrin) étaient en compétition. Mais lequel de ces
pré Syrien type de texte (Neutre ou Occidental) représen-
terait l’original ?2

Versions grec du Nouveau Testament

Nestle-Aland

Théologien orientaliste allemand, Eberhard Nest-


lé est né le 1er mai 1851 à Stuttgart, et mort le 9 mars
1913 dans la même ville. Son édition du Nouveau Testa-
ment grec, le Novum Testamentum Græce (désormais «
édition Nestlé-Aland ») est aujourd’hui la plus diffusée
en Europe et dans le monde francophone, Allemand et

1
Wagner, A Student’s Guide, 215.
2
Voir Epp, “Textual Criticism,” 6:429.
55 Aperçus historiques de la critique textuelle

hispanique. C’est en 1898 que l’Institut Biblique du Wur-


temberg fit imprimer l’édition du Nouveau Testament
grec préparée et émendé par Nestlé à partir d’anciens ma-
nuscrits et des leçons déjà connues, sous le titre « Novum
Testamentum Graece cum apparatu critico ex editioni-
bus et libris manu scriptis collecto » (en abrégé : Novum
Testamentum Græce).
En quelques années, l’« édition Nestle » s’impo-
sa à travers le monde entier comme l’édition critique de
référence du Nouveau Testament grec. À la mort d’Ebe-
rhard Nestle, son fils Erwin reprit le travail d’élabora-
tion du texte, y apportant de constantes améliorations et
mises à jour. Depuis 1952, ce travail s’est poursuivi avec
le concours de Kurt Aland. L’« édition Nestle-Aland » du
Nouveau Testament en est depuis 1993 à sa 27e édition.
Kurt Aland (né le 28 mars 1915 à Berlin – mort le
13 avril 1994 à Münster) est un théologien et professeur
d’exégèse du Nouveau Testament et d’histoire du christia-
nisme allemand. Son travail s’appesantit dans le domaine
de la critique textuelle du Nouveau Testament. Après
avoir pris sa retraite en 1983, l'institut de recherches tex-
tuelles du Nouveau Testament fut dirigée par son épouse
Barbara Aland. Il est l’auteur de nombreuses publications
sur la critique textuelle. Il est surtout connu pour l’élabo-
ration de l’édition complètement révisée des Novum Tes-
tamentum Graece (Nestle / Aland) 1979.
En 1898, Eberhard Nestle publie la première édition
de son Graece Novum Testamentum. Basée sur une idée
simple mais ingénieuse qu’il diffuse dans les milieux de
la critique textuelle de ce moment-là par une édition de
poche destinée aux études scolaires et universitaires et à
des fins religieuses, Nestlé a pris les trois principales édi-
tions savantes du Nouveau Testament grec de l’époque,
à savoir celle de Tischendorf, de Westcott/Hort et celle
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 56

de Weymouth en tant que texte de base. (Après 1901, il


a remplacé ce dernier par l’édition de Bernhard Weiss
1894/1900). Lorsque les décisions textuelles diffèrent les
unes des autres, Nestlé choisi pour son propre texte la
variante qui a été préférée par deux des éditions incluses,
tandis que la variante de la troisième est mise dans l’ap-
parat critique.
L’apparat critique reste pourtant rudimentaire dans
toutes les éditions publiées par Eberhard Nestlé. C’est son
fils, Eberhard Nestlé Erwin qui a fourni la 13e édition de
1927, avec un apparat critique montrant les évidences des
manuscrits, les premières traductions et citations patris-
tiques. Cependant, ces notes ne découlent pas des sources
primaires, mais seulement des éditions imprimées.
Cette situation change dans les années cinquante,
lorsque Kurt Aland commence à travailler pour l’édi-
tion, en vérifiant les entrées de l’apparat critique contre
les manuscrits grecs et les éditions des Pères de l’Église.
Cette phase est couronnée par la parution de Novum Tes-
tamentum Graece; les publications ultérieures de cette
édition sont mieux connues sous le nom «Nestlé-Aland.»
La 26e édition, parue en 1979, présente une approche
fondamentalement nouvelle. Jusque-là, le principe direc-
teur a été d’adopter le texte soutenu par la majorité des
éditions critiques auxquelles on se referait. Maintenant,
le texte a été établi sur la base des données sources qui
avaient été rassemblées et évaluées dans l’intervalle. Il
comprenait des découvertes de manuscrits, des papyri
primitifs, et d’autres manuscrits, de sorte que la 26e édi-
tion représente la situation de la critique textuelle du 20e
siècle. Son texte était identique à celui de la 3e édition du
Nouveau Testament grec du Nouveau UBS (GNT) publié
en 1975, à la suite du travail effectué en parallèle sur les
deux éditions. Le texte de la 26e édition du Nestle-Aland
57 Aperçus historiques de la critique textuelle

a été adopté pour la 27e édition, tandis que l’apparat cri-


tique a subi une révision approfondie. Le texte est resté
le même, parce que la 27e édition n’a pas été « considé-
rée comme une opportunité propice pour introduire les
modifications textuelles. » Depuis, la situation a changé,
Editio Critica Maior (ECM) des lettres catho-
parce que l’Editio
liques est maintenant disponible. Son texte a été établi
sur la base de tous les éléments pertinents des manuscrits
et d’autres sources. Le texte de l’ECM a été adopté par la
suite dès l’approbation par la présente édition du comité
de rédaction de la Nestle-Aland et le GNT.

Le texte de l’édition1
Le but et les méthodes de la critique textuelle avec
NA27 consistent en l’utilisation des critères des évidences
externes et internes afin de déterminer le texte. Les cri-
tères de la critique textuelle sont constamment améliorés
par des études exégétiques conformément à la pensée et
à l’expression des écrivains du NT, aussi bien pour des
passages généraux qu’individuels.
La mise au point des critères externes ne peut nous
protéger de la masse disponible d’évidences. Mais la re-
cherche a suffisamment avancé pour garantir la progres-
sion au-delà de reconstructions historiques héritées d’une
période favorisée par très peu de sources.
La valeur de certains témoins, aussi bien que des
groupes de témoins a été définie avec grande précision
par des études spéciales. Mais, il n’est pas encore possible
de formuler une théorie compréhensible de la tradition
textuelle qui accommoderait tous les résultats des études
textuelles récentes. C’est pourquoi, il est conseillé, voire
1
Cette partie est une traduction d’Eberhard Nestle and
Erwin Nestle, Novum Testamentum Graece (StuttgartM Deutsche
Bibelgesellschaft, 1993), 49.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 58

même impératif, de laisser le texte de cette édition in-


changé.

Signes critiques
Les signes suivants dans l’apparat critique se réfé-
rent aux signes correspondants dans le texte d’un verset
donné, ou, plus rarement, dans la séquence des versets
(cf. Lc 22,17-20) de NA27. Ils montrent l’emplacement
exact et la nature de la variante enregistrée dans l’apparat
critique, qui n’est pas répétée dans un seul verset ou dans
une séquence de versets, constituant une unité de l’appa-
rat critique. Les exceptions apparentes s’expliquent aisé-
ment par leurs contextes.

❍ Le mot qui suit dans le texte est omis par les témoins cités.

❏ Les mots ou les phrases suivantes dans le texte sont omis par
les témoins cités. Le signe ✓ marque la fin du texte omis.

❐ Le mot qui suit dans le texte est remplacé par un ou plusieurs


mots par les témoins cités.

✕ Les mots suivants dans le texte sont remplacés par d’autres


termes par les témoins cités. Le signe suivant ✖ marque la fin du
texte remplacé. Cela implique la transposition de mots. Dans la
mesure où ils (les mots) sont identiques à ceux du texte, ils sont
indiqués par des chiffres en italique correspondant à leur position
dans le texte imprimé (cf. Mt 27,51).

✗ Ce signe marque l’endroit où un, plusieurs mots, parfois un


verset entier, est inséré par les témoins cités.

❦ Les mots suivants dans le texte sont transposés par les té-
moins cités. Le signe ❧ dans le texte marque la fin de la partie de
texte transposée. La séquence des mots transposés est indiquée
en cas de besoin par des chiffres en italique correspondant à la
position des mots dans le texte imprimé (Mt 16,13).
59 Aperçus historiques de la critique textuelle

❚ Les deux points levés indiquent une variante de la ponctua-


tion.

❥ Le mot ou le verset du texte est transposé comme il est indiqué


dans l’apparat critique (cf. Lc 6,5; Jn 13,8).

Points centrés et les chiffres en exposant distinguent les multiples


occurrences du même type de variante dans une seule unité de
l’apparat critique [❍1 ❍2/❏1 ❏2/❑ ❐1 ❐2/✔ ✕1 ✕2/✘ ✗1 ✗2/❦1 ❦2/❚1 ❚2].

Les signes ❏…✓, ✕…✖ et ❦…❧ parfois contiennent des passages plus
longs, couvrant plusieurs versets. Dans de tels cas, les références
sont indiquées (cf. Lc 3,23-31.38; 4,5-12). Il n’y a aucun cas de
confusion possible due à la superposition des variantes similaires.
Il est toujours nécessaire de chercher le signe de fermeture (Nest-
le, Eberhard ; Nestle, Erwin ; Aland, Kurt ; Aland, Barbara ; Uni-
versität Münster.
nster. Institut ffür Neutestamentliche Textforschung:
Novum Testamentum Graece. 27. Aufl., rev. Stuttgart: Deutsche
Bibelstiftung, 1993, c1979), 52.

NA28
La 28e édition du Nestle-Aland Novum Testamen-
tum Graece est conçue pour «accomplir deux tâches dif dif-
férentes. Tout d’abord, l’apparat a dû être révisé à fond
pour lui donner plus de clarté et de le rendre plus facile
à utiliser. D’autres parts, les idées de texte et décisions
critiques résultant des travaux de l’Editio Critica Maior
[ECM] du Nouveau Testament grec devaient être incor-
porées » (48). Ainsi, la clarté est achevée selon les prin-
cipes ci-dessous :
Il n’y a aucune référence à des témoins de premier
et deuxième ordre. Ainsi, tous les témoins cités réguliè-
rement sont inclus dans l’apparat critique, ce qui aug-
mente le nombre de notes (48-49)
1. Les témoins toujours cités ne sont inclus, que si ils
« contribuent à la pertinence historique des variantes de
texte historico-pertinence» (49), même si je ne suis pas
entièrement sûr de la façon dont les variantes sont déter-
minées.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 60
2. Plus de citations conjecturales (49).
3. Aucune référence à pc, «quelques-uns» ou al, «beau-
coup» des témoins puisque cette terminologie est trop
imprécise (49).

Cette édition ajoute également des variantes de


papyrus nouvellement découvertes (de 117 à 127). Bien
que fragmentaires, elles peuvent faire la lumière sur des
variantes intéressantes:
1. Le Papyrus 118 est un témoin du IIIe siècle de Rom 15.26-27,
32-33; 16.1, 4-7, 11-12.
2. le Papyrus 122 est un témoin du IV/Ve siècle s’arrêtant à
Jean 21.11-14, 22-24 avec certains nomina sacra.
3. Le Papyrus 126 est un témoin du VIe siècle de 2 Cor 11.1-4,
6-9.
4. Le Papyrus 127, certainement le moins fragmentaire est in-
téressant comme témoin du Ve siècle pour le texte de Actes
10.32-35, 40-45; 11.2-5, 30; 12.1-3, 5, 7-9; 15.29-31, 34-36,
38-41; 16.1-4, 13-40; 17.1-10.

Des appendices sont également différents de la


NA27. L’appendice III NA27 « Editionum différentia-
tiae » n’est pas inclus dans le NA28 « parce que l’effort de
sa révision n’aurait pas été en proportion raisonnable à
son utilité future» (50). Le nouvelle appendice III « Loci
Citati Vel allegati» (appendice IV dans le NA27) com-
prend plus de citations, y compris les références à beau-
coup plus de textes non-canoniques. Le nouvel appendice
IV «Signa, Abbreviationes » (« Signa, Sigla, Abbrevia-
tiones » Appen. V dans le NA27) est en allemand et en an-
glais plutôt qu’en latin et est plus complet. Ces révisions
me semblent être des améliorations positives.
La différence la plus décisive entre les éditions NA28
et les précédentes est que celle-ci a une édition numé-
rique qui comprendra « des corrections et des notes nou-
velles . . . disponibles rapidement via Internet. Abrévia-
61 Aperçus historiques de la critique textuelle

tions, sigles et expressions courtes en latin dans l’apparat


critique, sont expliquées en fenêtres pop-up. Par-dessus
tout, l’apparat critique numérique devient un portail ou-
vrant les sources de la tradition, car il fournit des liens
vers les transcriptions complètes et, autant que possible,
aux images des manuscrits inclus » (emphase ajoutée).1

Image 10: Page du livre de Matthieu 2:8-18 dans NA28

Changements dans NA28

Il existe certaines révisions et corrections dans cette


édition. Une Liste des papyri récemment découverts a été
dressée. Pour la première fois, des papyri récemment dé-
couverts (117-127) sont répertoriées dans l’apparat, ou-
vrant des perspectives intéressantes en particulier pour

1
Voir http://www.nestle-aland.com/en/extra-navigation/
digital-editions/ (accédée le 1/28/2013).
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 62

les Actes des Apôtres.


1. Distinction entre les témoins régulièrement cités du
premier et du second ordre abandonnés.
2. Note de l’apparat systématiquement vérifié.
3. Notes imprécises abandonnées.
4. Notes précédemment jointes citées maintenant sépa-
rément.
5. Textes latins insérés réduits et traduits.
Références soigneusement révisées.

Révisions des lettres catholiques

L’éditio Critica Maior établit de nouvelles normes


en fournissant des ressources pertinentes pour l’his-
toire du texte et en les analysants systématiquement. Par
conséquent, les versions et les citations de la littérature
patristique sont citées dans la présente édition selon la
deuxième édition de l’ECM des épîtres catholiques. La
sélection des manuscrits grecs cités dans la présente édi-
tion comporte les témoins les plus importants pour la re-
construction du texte.

Le texte

Par rapport à la 27e édition, le texte diffère en tout


de 34 passages, comme l’illustre partiellement le tableau
ci-dessous :

ECM/NA28 NA27
Jac 2,3 ἢ κάθου ἐκεῖ ἐκεῖ ἢ κάθου
1 Pt 4,16 μέρει ὀνόματι
2 Pt 2,11 παρὰ κυρίῳ παρὰ κυρίου
2 Pt 2,18 ὄντως ὀλίγως
Jd 5 ἅπαξ πάντα ὅτι Ἰησοῦς πάντα ὅτι [ὁ] κύριος ἅπαξ
63 Aperçus historiques de la critique textuelle

Le texte reconstruit des épîtres catholiques reflète


la deuxième édition de l’ECM dans un autre domaine.
Les passages pour lesquels les rédacteurs ont dû prendre
la décision selon laquelle des variantes sur le texte ini-
tial, sont spécialement marquées. La deuxième édition de
l’ECM a une ligne directrice répartie à ces passages. Dans
la nouvelle Nestle-Aland, la lecture du texte reste inchan-
gée dans de tels cas, mais le signe ♦ précède la marque de
référence dans le texte et la citation de la variante consi-
dérée comme égale à elle dans l’apparat. En conséquence
entre crochets, ce qui pourrait en aucun cas être utilisé
que pour des ajouts possibles, sont devenus obsolètes
dans les épîtres Catholiques.

Définir les témoins qui sont


fréquemment cités pour
les épîtres catholiques

Le texte ECM des épîtres catholiques a été établi au


moyen de la méthode Cohérence de la base généalogique
(dans ce qui suit « méthode de cohérence»). Un concept
essentiel de cette méthode est celui de « l’ancêtre poten-
tiel. » L’un des deux témoins textuels peut être classé
comme ancêtre potentiel de l’autre, s’il prend en compte
plus souvent une variante à partir de laquelle la variante
de l’autre témoin peut en être dérivée. Certains témoins
en ont beaucoup, d’autres ont un peu ou un seul ancêtre
potentiel. Les pourcentages d’accord entre les témoins
comparés sont utilisés pour organiser les ancêtres poten-
tiels d’un témoin dans un ordre de classement, en fonc-
tion de leur degré de filiation.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 64

Exactitude des Manuscrits


du Nouveau Testament

Aux origines de l’imprimerie, on se contenta de re-


produire le texte communément reçu à l’époque : il en
fut ainsi pour la première Bible imprimée, donnant les
textes originaux, la polyglotte d’Alcala (la Complutensis)
datant de 1520, ou les éditions ultérieures des libraires
parisiens : les frères Estienne (1546-1551).
C’est seulement à partir du XIXe siècle qu’on s’ef s’ef-
força de retrouver un texte plus original que le texte
reçu ; citons par exemple : Lachmann (1831), Tischendorf
(1869-1872), Westcott et Hort (1881), Gregory (1900),
Soden (1913), dont les travaux ouvrent la voie à l’édition
monumentale qui se prépare à Münster sous la direction
de K. Aland. Aujourd’hui on tend à ne tenir aucun ma-
nuscrit pour privilégié, pas même le texte « alexandrin »
(représenté par le Vaticanus et le Sinaïticus, tous deux
du ive s.), celui que préféraient Westcott et Hort.
De bonnes leçons peuvent se trouver dans les autres
« familles » de textes, l’antiochien, le césaréen ou « l’oc-
cidental » (ce dernier est représenté par le Codex Bezae,
qui mériterait d’être dénommé « Codex lyonnais », car il
fut dérobé à Lyon lors du pillage de la capitale des Gaules
en 1562 et donné par Théodore de Bèze à Cambridge en
1581). Pour l’établissement du texte, on dispose en outre
d’antiques versions qui ont précédées les grandes édi-
tions, et dont l’une ou l’autre pourrait dater du iie siècle :
la vieille latine (Vetus Itala), le vieux syriaque (dont la
langue est apparentée à l’araméen), les égyptiennes... On
dispose aujourd’hui de plusieurs éditions manuelles :
Nestle-Aland (26e éd., 1979), Merk (9e éd., 1964), Souter
(2e éd., 1947), Bover (5e éd., 1968), Greek New Testament
(4e éd., 1993). Parmi les traductions françaises, signalons
celles d’Osty, de la « Bible de Jérusalem » et la Traduc-
65 Aperçus historiques de la critique textuelle

tion œcuménique de la Bible (1972).1


Dans le texte du Nouveau Testament, Kurt Aland
et Barbara Aland comparèrent le nombre total de versets
sans variante, et le nombre de variantes par page (à l’ex-
ception des erreurs orthographiques), dans les sept prin-
cipales éditions du Nouveau Testament grec (Tischen-
dorf, Westcott-Hort, von Soden, Vogels, Merk, Bover, et
Nestle-Aland). Le résultat de leurs investigations indique
que 62,9%, soit 4999 variantes s’accordent.2
Ils ont conclu que: «Ainsi dans près des deux tiers
du texte du Nouveau Testament, des sept éditions du
Nouveau Testament grec que nous avons examiné sont
en parfait accord avec aucune autre différence que dans
les détails orthographiques (par exemple, l’orthographe
des noms, etc.). les versets dans lesquels l’une des sept
éditions diffère par un seul mot ne sont pas comptés. Ce
résultat est assez surprenant, ce qui démontre un plus
grand agrément parmi les textes grecs du Nouveau Testa-
ment, au cours du siècle passé que les chercheurs textuels
auraient soupçonné [...]. Dans les Évangiles, les Actes et
l’Apocalypse, l’entente est inférieure, alors que dans les
épîtres, elle est beaucoup plus grande. »3
Entre NA27 et UBS4, la différence la plus impor-
tante se trouve dans la ponctuation. En guise d’aperçu,
Il y a des parties où le texte UBS4 et le texte de NA27
sont ponctués différemment, où l'un a un point, l’autre

Paul Beauchamp, Xavier Léon-Dufour, André Paul , Ency-


1

clopedie Universalis, 15è ed. (2010), s.v. « Bible: Ancien et Nou-


veau Testament. »
K. Aland and B. Aland, The Text of the New Testament: An
2

Introduction to the Critical Editions & to the Theory & Practice


of Modern Textual Criticism (Grand Rapids: Eerdmans, 1995),
29-30.
Ibid.
3
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 66

pouvant avoir un point-virgule. Ou, peut-être, l’un a une


virgule et l’autre pas. Il y a des variations mineures d’or-
thographe à certains endroits. Dans 1 Corinthiens 6:3 par
exemple, le texte d’UBS4 contient « μήτιγε » alors que le
texte NA27 possède le terme « μήτι γε » Le texte UBS4
le traite comme une crase mais dans NA27, il s’agit des
mots séparés (Voir aussi Actes 17:07 ou 1 Cor 9:01). en
dehors de ce type de légère différence, le texte est prati-
quement le même.
UBS est plus conçu pour équiper les traducteurs qui
n’ont besoin que de la variante qui affecte le texte fonda-
mentalement, tandis que NA27 est à l’intention du spé-
cialiste qui peut faire de lui-même la décision, même à
partir des variantes mineures. Ce qui est incorporé dans
les logiciels bibliques, sont le texte d’UBS4 et NA27.
L
4
Types de textes
e Nouveau Testament a bien plus de manuscrits pour
en fixer le texte de façon précise que ne l’est aucun
autre type d’anciens documents. La plupart des auteurs
grecs classiques n’ont pas plus de 50 manuscrits diffé-
rents. L’ouvrage de Sophocle a 100 manuscrits, la mytho-
logie grecque des annales de Tacite existe seulement dans
un seul manuscrit.
Ainsi, le nombre des manuscrits qui permet de fixer
le texte du Nouveau Testament est sans parallèle dans
toute la littérature ancienne.
Des 5800 manuscrits grecs, 200 contiennent
presque le NT entier, environ 50 contiennent tout le NT
à l’exception des Évangiles, et 1500 contiennent une par-
tie des Évangiles seulement. Le corpus des manuscrits
latin est plus volumineux, car près de 8000 d’entre eux
existent, tandis qu’au moins 1000 copies en d’autres lan-
gues sont disponibles.
Lorsque des manuscrits commencèrent à être dif dif-
férenciés entre eux dû au processus de reproduction, les
produits de ces copies commencèrent à être similaires,
et ainsi, elles pouvaient être groupés par traditions tex-
tuelles ou types de textes. Le nombre énorme de témoins
présente des difficultés uniques, principalement en ren-
dant la stemmatique impraticable quoique l’informatique
commence à offrir des solutions.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 68

Les critiques textuels du Nouveau Testament mo-


dernes, quant à eux, préférèrent le texte éclectique qui est
le produit de la comparaison et du racolage de plusieurs
témoins, selon les trois groupes principaux, des types de
textes. Ci-dessous se trouve un modèle de compréhen-
sion des types de texte :

Table 4.
Types de textes

AUTOGRAPHE
Alexandrin Byzantin Occidental Cesaréen
Égypte Byzance, un Rome Représentant la
autre nom pour citée de Césarée
Constantinople. en Palestine
La préférence fut
donné à ces textes
issus de l’église
de Byzance, parce
qu’elle était une
cité grecque (90%
de tous les mss
connus)

Bien que la théorie de type de texte continue de


jouer un rôle prépondérant dans l’élucidation des leçons
du NT, et que le type de texte Alexandrins reçoit toujours
une importance plus effective que les autres, force est de
constater qu’en pratique, ce n’est pas toujours le cas. Il
faudrait, je pense, faire une utilisation synergique des évi-
dences internes et externes, au cas par cas. Aussi, se rap-
69 Types de textes

peller que les textes Byzantins ne peuvent être démis sim-


plement parce que les érudits modernes ne l’approuvent
pas entièrement. Il demeure cependant, au moins 85 à
95 pour cent des textes utilisés par l’église primitive.

Chaque point Chaque copie a


représente un mss ; des erreurs des mss
chaque ligne indique dupliqués, et aussi
le mss utilisé comme d’autres erreurs
base. issues du recopiage.

Alexandrin Occidental Byzantin

Avec le temps, il existe suffisamment de similarités qui


peuvent être divisées en traditions textuelles.

Figure 1. Plan de la théorie de transmission des types textuels1

Wegner, A Student’s Guide to Textual Criticism, 243; J. Har-


1

old Greenlee, Scribes, Scrols, and Scriptures: A Student’s Guide to


the New Testament Textual Criticism (Grand Rapids: Grand Rapids,
1985), 40.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 70

Caractéristiques des
types de textes
En observant les évidences textuelles externes, les
spécialistes élaborèrent cette théorie des types de textes.
Il semble que, chaque région développa indépendam-
ment de l’autre, un certain type de variantes, qui non
seulement, la distingua des autres régions, mais attestait
du genre d’erreur d’une zone. En observant ainsi ce type
d’erreur récurrente, les spécialistes furent capables de sé-
parer des types de textes par familles. L’observation de
ces familles parmi un grand nombre de variantes dans
les Évangiles, et les épîtres voir même le NT tout entier,
fait conclure que le type alexandrin est le plus fiable des
types textuels, suivit par le type Césaréen, le Byzantin, et
l’occidental.
Considérant ainsi l’ordre, la tradition de type
alexandrine, on note de prime abord la confiance que
lui accorde la théorie éclectique. En effet, c’est le type de
texte considéré le plus fiable dans la plupart des cas. Par
« fiable, » il est entendu que les lectures proposées par
l’Alexandrin, sont plus ou moins correctes parmi les va-
riantes. Cependant, pour chaque étudiant, la décision fi-
nale devrait être toujours nuancée, et décidée au cas par
cas. Mais lorsque le texte alexandrin est confirmé par le
texte des deux autres groupes, l’on est presque sûr que la
lecture est originale.
Non seulement, l’alexandrin possède les meilleurs
manuscrits et les plus primitifs, mais il permet aussi de
recouvrir un texte proche de l’original tel qu’il était connu
en Alexandrie, en Egypte. Lorsque l’alexandrin a une lec-
ture fautive, c’est souvent un changement intentionnel
(sophistiqué). Par exemple, Romains 5 :1 les manuscrits
alexandrins ont (‫א‬c Bc F010 G012 Ψ 1 76 131 209 424 489
927 1244) ἔχομεν, « laissons nous avoir la paix, » tandis
71 Types de textes

que d’autres textes supportent ἔχωμεν, « nous avons la


paix» (‫ *א‬A B* C D06 049 33 69 218 945 999 1243 1448).
La différence entre les deux est entre le ω et le ο dans le
verbe grec. La lecture variante à l’alexandrin « nous avons
la paix » est d’ailleurs mieux représentée et est certaine-
ment originale. Un scribe alexandrin pensa que la justifi-
cation par la foi impliquait que nous sommes en paix avec
Dieu, ainsi Paul serait redondant en rappelant ce qui est
évident. Donc, sa correction est purement théologique,
en ce qu’elle demande de comprendre le texte comme une
continuation de ce qui est déjà acquis, à savoir, « conti-
nuons de maintenir la paix. » Ainsi, le scribe altéra l’ori-
ginal pour un but théologique.
Le texte Alexandrin inclut aussi dans l’épisode du
fils prodigue en Luc 15 :21, une phrase qu’il prend du v.
19 pour clarifier le texte, «traite -moi comme l’un de tes
ouvriers. » D’autres parts, lorsque le type de texte alexan-
drin, possède une lecture qui est terse ou difficile, elle est
le plus souvent correcte ; Par exemple, Jean 3 :15, ἵνα πᾶς
ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον, « afin que quiconque
croit ait, en lui, la vie éternelle, » (voir TOB), mais le
texte accepté est ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων ἐν αὐτῷ ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον,
« afin quiconque qui croit en lui ait la vie éternelle. » Aus-
si se trouve la référence de Jean 1 :18, de Jésus comme
μονογενὴς θεὸς, «Dieu, le fils unique » au lieu de μονογενὴς
υἱός, «le fils unique. »
Le type de texte Byzantin (encore appelé texte majo-
ritaire) est un texte produit largement à Constantinople.
Il semble que la théologie suivait les régions, et ceci fut
incorporé par plusieurs copistes d’une façon consciente
ou non dans des manuscrits selon la théologie du mo-
ment. Pendant presque trois siècles, Constantinople, la
partie où le grec était utilisé, commença à avoir la pré-
cédence sur les autres régions. Sa forme textuelle fut gé-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 72

néralement acceptée contre les autres et ceci mena à une


négligence des autres types de texte. À partir du VIIIe
siècle, la plupart des manuscrits connus sont Byzantins
dans leurs lectures, et les Byzantins constituent presque
95 pour cent de presque tous les manuscrits connus.
Mais, l’originale n’est pas celui qui est le mieux re-
présenté statiquement, car si le nombre de manuscrit
est le facteur décisif, alors les manuscrits latins sont les
plus proches de l’original. Mais si, à ceci, la variable de
la langue grecque est ajoutée, le texte Byzantin peut être
préféré au texte éclectique. Nous voyons de plus en plus
d’érudits de la critique textuelle défendre la priorité du
type de texte Byzantin contre l’éclectisme raisonné.1 M.
A. Robinson pense même que « la forme de texte Byzan-
tin peut être défendue par les évidences externes et le
processus de transmission fiable ; il possède une grande
certitude à prétendre à l’originalité que la minorité de lec-
tures variantes préférées par les érudits de l’éclectisme
moderne. »2
La tradition du texte byzantin comprend des lec-
tures fournissant des transitions plus convenables, plus
faciles à comprendre, ou théologiquement plus fortes que
les autres. Il est plus d’harmonisation dans les Évangiles.
En Marc 7 :5, le texte Byzantin offre une alternative au
mot ἀνίπτοις, «non lavés » ou « cérémoniellement im-
purs » alors que le mot accepté est simplement κοιναῖς,
« impurs» (NEG, TOB, FBJ). Par ailleurs, dans Marc 1 :2,
on lit προφήταις, «prophètes,» tandis que d’autres ma-
nuscrits lisent Ἠσαΐᾳ τῷ προφήτῃ, « Esaïe le prophète, »

1
Voir Michael W. Holmes, “The Case for Reasoned Eclecti-
cism,” in Rethinking New Testament Textual Criticism, ed. David
Alan Black (Grand Rapids: Baker, 2002), 77-100.
Voir M. A. Robinson, Investigating Text-Critical Dichoto-
2

my (Southborough, MA: Chilton, 2005), 16.


73 Types de textes

puisqu’en fait le passage cite le Prophète Malachie et Es-


aïe. En plus de cela, le texte Byzantin possède plus de va-
riantes qui essayent de s’harmoniser avec un autre texte
parallèle.
Le texte occidental semble un terme impropre,
puisque certains de ces témoins ont été produits dans la
chrétienté orientale. Ils comprennent les manuscrits liés
au célèbre Codex Bezae, qui contient des textes, souvent
insolites (paraphrases de longues additions au texte ordi-
naire). Le type le plus énigmatique de la lecture occiden-
tale implique l’omission de phrases ou parties de phrases
(Actes et Luc). Il possède des lectures différentes de l’al-
ternative, même si très similaire. Le texte Occidental (D
it) a aivnou/ntej, « louant (Dieu)» (Luc 24 :53), tandis que
des mss Alexandrins ont euvlogou/ntej, « bénissant (Dieu).»
Plusieurs mss, à l’exemple de la tradition Byzantine,
combine les deux lectures par aivnou/ntej kai. euvlogou/ntej,
« louant et bénissant (Dieu)» (A C2 W Q Y ¦1, 13 33 Û lat).
Il semble difficile de décider entre les deux premières lec-
tures. Les arguments internes sont en faveur des deux lec-
tures, mais les témoins en faveurs de la tradition alexan-
drine sont très établis pour euvlogou/ntej. Un autre exemple
est πολλαπλασίονα, «bien d’avantage » (Luc 18 :30) qui est
remplacé par επταπλασίονα, « centuple » (D05 a b c e ff2
i q). Souvent, le texte type Occidental reformule la lec-
ture variante (cf. Actes 3 :11). Mais la caractéristique la
plus déroutante, est l’omission des phrases ou des par-
ties de proposition, généralement dans le livre de Luc. Le
texte de type Occidental omet «Il n'est point ici, mais il
est ressuscité » dans Luc 24 :6, même si ce n’est pas omis
en Mathieu 28 :6. Il y a environ 900 omissions mineures
dans le type de texte Byzantin.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 74

Figure 2. Géographie des zones de familles textuelles1

Le texte Césaréen, ne possédant pas des caractéris-


tiques si évidentes, s’accorde néanmoins plus ou moins
avec le texte de type alexandrin et souvent avec le type
de texte Occidental, sans pour autant suivre ses longues
paraphrases et omission.2
En résumé, les érudits maintiennent que le nombre
de manuscrits ne compte pas beaucoup pour déterminer
le texte original. Mais évocateur est l’âge du manuscrit,
la diversité géographique, la qualité paléographique, et le
regroupement textuel du support externe signifie que, les
lectures variantes trouvées dans les manuscrits les plus
anciens, les plus répartis géographiquement, et les meil-
leures représentent plus probablement l’original.
1
J. Harold Greenlee, Scribes, Scrolls, and Scriptures, Biblical
Classics Library (Grand Rapids: Eerdmans, 1985), 39.
Voir Ibid., 67-69.
2
75 Types de textes

Relation entre les évidences


externes et internes

Bien que la méthode de l’éclectisme raisonné soit


l’objet de ce livre, à savoir un équilibre entre les évidences
externes et internes pour déterminer la bonne lecture va-
riante, d’autres privilégient les évidences internes par
apport aux évidences externes. L’éclectisme rigoureux
ou compréhensif à pour but de déterminer l’original le
plus plausible en se concentrant presque exclusivement
sur l’exigence contextuelle et sur le style de l’auteur.
Finalement, plus passionnant, est la priorité Byzantine qui
est l’approche radicale conservatrice. Dans ce dernier, la
priorité va plus sur des évidences externes en donnant la
priorité aux types de textes de Byzance (Constantinople).

Quel est le texte de base du Nouveau Testament?

Il n’y a aucun autographe existant du texte grec du


Nouveau Testament. Les manuscrits existants sont pos-
térieurs de plusieurs années voire de plusieurs siècles aux
originaux. La plus ancienne copie du Nouveau Testament
connue, selon les papyrologues est le P52. Ce papyrus
date d’environs 125 ap. J.-C. et contient uniquement Jean
18.31-33, 37-38. Il est donc postérieur d’un demi-siècle
au moins de l’autographe. Les 5000 manuscrits variant
dans leur contenu; de quelques mots fragmentaires, à 2
versets au NT complet sont des compositions s’échelon-
nant du 2e au 16e siècle. Ils proviennent de tout le bassin
méditerranéen.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 76

Le Textus Receptus1

Les textes de la région de Byzance, ont jadis jouis


d’une autorité inégalée. Ils constituent à peu près 85%
des manuscrits du Nouveau Testament grec. Les textes
Byzantins sont aussi connus comme «texte majori-
taire» ou «byzantin» et sont à dater à partir du 5e siècle.
A partir du 15e siècle, à l’époque de la renaissance,
où un regain d’intérêt pour les textes originaux se fai-
sait sentir, plusieurs manuscrits des églises du Proche
Orient sont connus en Europe, étudiés et analysés.
A Bâle en 1516, parut la première édition du NT par
Érasme qui publia une édition bilingue grecque-latine.
A la demande de l’imprimeur Froben, l’humaniste mis à
la disposition du public ce texte du NT. Érasme n’a pas
eu la grâce d’avoir, cependant, à sa disposition d’anciens
manuscrits. Il utilisa des manuscrits récents d’origine By-
zantine. Par exemple, les 6 derniers versets de l’Apoca-
lypse furent réalisés non sur un original grec, mais traduit
du latin au grec de la Vulgate. Ceci, sans doute à la hâte,
car voulant devancer le Cardinal espagnole Ximénès qui
produisait déjà une Bible grec concurrente du NT. Ceci,
a jeté un doute séculaire sur ce texte byzantin à l’époque
moderne.
Comme nous l’avons dit plus haut, la rapidité avec
laquelle Érasme produisit son NT occasionna des er-
reurs, qui causèrent des révisions subséquentes et ré-
éditions. Plusieurs modifications furent introduites
à partir de la Polyglotte de Complutum, œuvre de
Ximénès comprenant le texte biblique en hébreu, ara-

1
Voir « La Bible Française : une traduction ... mais de quel
texte ? - La position de la Société Biblique de Genève”
http://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/
les-manuscrits-originaux/les-textes-de-base?start=6 (accéder le
1er janvier 2014)
77 Types de textes

méen, grec et latin, publiée en 1522 à Alcala (Espagne).


Parmi les éditions célèbres du Nouveau Testament
d’Érasme, signalons:
1. L’édition de 1519, sur laquelle le réformateur Martin Luther
s’est basé pour sa traduction en allemand;

2. Les éditions de 1550 et 1551 de l’imprimeur parisien Robert


Estienne: celle de 1550 est la première à contenir des indica-
tions marginales, relevant les principales variantes. celle de
1551 est la première à contenir la division du texte par ver-
sets (la division en chapitres date, du début du 13e siècle et
est l’œuvre d’Etienne Langton, archevêque de Cantorbéry);

3. L’édition de 1598 de Théodore de Bèze, qui porte dans les


marges, des remarques du successeur de Calvin relatives
aux différences textuelles, a servi de base avec les éditions
de Robert Estienne, à la célèbre English Authorised Version
(ou King James Version) parue en 1611;

4. L’édition de 1633 des frères Elzévir, dont la préface donne-


ra naissance à l’appellation commune de Textus Receptus
(«Textum ergo habes, nunc ab omnibus receptum», c.-à-d.
«Voici maintenant le texte reçu de tous »).
Malgré ses imperfections, ce texte fut durant trois
siècles réimprimé, et devint le texte reçu du NT grec qui
servi de base à de nombreuses traductions, dont en fran-
çais par Jean-Frédéric Ostervald (1744).
A la fin du 20e siècle, les savants veulent tenir
compte d’autres manuscrits de la famille des textes ma-
joritaires; par conséquent, un travail de critique textuelle
est effectué par Hodges & Farstad et permet l’édition
d’une version imprimée du NT qui comble les quelques
manuscrits du texte d’Érasme. Ce texte grec appelé «texte
majoritaire» diffère donc en plusieurs passages du Tex-
tus Receptus.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 78

Les manuscrits alexandrins


La question de conformité des textes n’était pas un
problème jusqu’au 19e siècle, car les textes grecs utilisés
par les traducteurs de la Bible étaient basés sur des ma-
nuscrits s’accordant en bien de points. Au 19e siècle, la
découverte de manuscrits du NT plus anciens en Egypte
(codex Sinaïticus et codex Vaticanus), d’où l’appellation
de «manuscrits alexandrins», et le travail de Tischendorf
sur ces manuscrits, augmente le nombre de variantes
connues, et crée ainsi une modification des études des
manuscrits du NT par les spécialistes, qui modifient leur
manière d’évaluer le texte grec.
Ces codex étant donné leur ancienneté, sont consi-
dérés par plusieurs comme des copies les plus fiables des
manuscrits; ils semblent se rapprocher des autographes
et par conséquent revêtent une autorité supérieure aux
copies plus récentes sur lesquelles le texte reçu était basé.
Cette découverte les a amené à réfléchir sur la façon de dé-
terminer quels textes étaient originaux et lesquels avaient
subi des altérations.

Les débuts de la polémique


Lorsque la théorie savante sur l’histoire des textes
élaborée par Fenton John Anthony Hort et Broke Foss
Wescott, parut en deux volumes en 1881, le route des
études du NT changea à l’avantage du texte Alexandrin.
Ils commencèrent à traiter le texte grec du NT comme
n’importe quel livre afin d’essayer de comprendre les er-
reurs, qui survinrent au cours de la transmission puisqu’il
s’agit d’œuvres entreprises par des hommes. Pour Hort, il
n’y avait pas eu de falsification délibérée des textes pour
des motifs dogmatiques. Pour lui, les relations généalo-
giques entre les manuscrits avaient une importance capi-
79 Types de textes

tale, et une donnée fournie par un texte-type devant être


évaluée en fonction de la fréquence avec laquelle ce texte-
type se révèle juste. Ainsi, un texte-type connu pour être
très souvent juste devrait faire davantage autorité, qu’un
texte réputé moins sûr. La constitution d’une généalogie
des manuscrits permettait d’affirmer qu’une majorité de
manuscrits n’était pas forcément plus correcte qu’une mi-
norité (plusieurs peuvent dépendre d’un même modèle).
Hort a déterminé quatre familles: le texte neutre
(l’appellation a ensuite été abandonnée car trop tendan-
cieuse; il s’agissait d’un texte reposant essentiellement
sur le codex Vaticanus et le codex Sinaïticus), l’alexan-
drin, l’occidental, le syrien (appelé plus tard byzantin).
La fluidité et le caractère complet du texte syrien (byzan-
tin), incitaient à croire qu’il était récent, ayant été «revu»,
et qu’il était par conséquent corrompu. Hort a dévelop-
pé au moins trois arguments pour souligner sa postério-
rité par rapport aux autres textes. 1. Le phénomène de
conflation (fusion de deux textes en un) ou de fusion: à
savoir : lorsqu’un texte fusionne des leçons de deux do-
cuments en un tout composé, quelquefois avec l’addition
d’une conjonction, et en combinant plus ou moins ces le-
çons. Un texte contenant des leçons combinées doit être
ultérieur aux textes contenant les divers composants à
partir desquels la fusion a été faite. Hort atteste qu’il n’y a
pas d’inversion de la relation entre les textes: le syrien ne
peut jamais être un des composants de la combinaison,
il ne peut qu’en être le résultat. 2. Chrysostome, mort en
407, est le premier père de l’Eglise à présenter des traces
de recours aux leçons du texte syrien. Cela signifie que,
jusque vers 350, c’étaient les textes neutres et occiden-
taux qui étaient utilisés. 3. Le texte syrien ne concorde
pas aux critères de critique textuelle conduisant à préfé-
rer, entre deux leçons, celle qui est la plus courte et la plus
laborieuse. Le texte syrien est caractérisé, selon Hort,
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 80

par la clarté du style, par une simplicité manifeste, par


une assimilation harmonisante et par sa «complétude».
Comment expliquer, alors, la domination du texte syrien
(= byzantin = majoritaire)? Selon Hort, il est le résultat
d’une révision organisée et constante du texte biblique,
réalisée et prescrite aux églises par l’autorité religieuse.
On parle de recension lucanienne (dont Lucien
d’Antioche aurait été le responsable), néanmoins l’exis-
tence de ladite recension n’a jamais été prouvée. Westcott
et Hort basent essentiellement leur texte sur les codex
B (Vaticanus) et ‫( א‬Sinaïticus). Hort a déclaré: «Nous
croyons que les leçons de ‫ א‬et B devraient être accep-
tées, comme les vraies leçons jusqu’à ce qu’on trouve une
preuve interne forte du contraire, et qu’aucune leçon de
‫ א‬et B ne peut solidement être absolument rejetée.» Dans
la pratique, cela a conduit à l’émergence d’un nouveau,
mais différent, texte standard. Les traducteurs de la Bible
ont besoin de constantes dans le texte. C’est pour eux que
Nestle a fait, en 1898, une sorte de «texte moyen». Et ce
texte, bien qu’il ait été conçu pour être une aide provi-
soire, est devenu l’édition la plus influente du 20e siècle.
Les «United Bible Societies» ont encore une fois modifié
ce texte de Nestle dans les années 60. Et ce texte («Nest-
le-Aland»), sur lequel Kurt Aland fonda ses théories, exer-
çant une grande influence, est celui qui sert actuellement
de base à presque toutes les nouvelles traductions. Mais
le problème demeure comment un petit nombre de ma-
nuscrits récemment découverts puisse prévaloir contre
des centaines d’années de dépendance à l’égard du texte
traditionnel et contre le nombre impressionnant de ma-
nuscrits qui l’appuyaient.
Le plus énergique de ces critiques a été John W.
Burgon, doyen de Chichester. Sa préférence allait au texte
syrien/byzantin parce qu’il était soutenu par la grande
81 Types de textes

majorité des manuscrits. Il considérait que le Codex


Vaticanus et le Codex Sinaïticus étaient altérés et n’étaient
donc pas des témoins fiables du texte original. Une autre
critique soulignait que Hort n’avait pas vraiment appli-
qué la méthode généalogique aux manuscrits du NT:
toutes ses démonstrations renvoyaient à des manuscrits
hypothétiques et non existants en réalité. Par ailleurs, on
constate que l’ensemble des manuscrits présente des phé-
nomènes de mélange (mixture), ce qui rend la méthode
généalogique aléatoire. Plusieurs affirment ainsi que la
méthode généalogique ne peut pas être appliquée au NT.
Plus récemment, les praticiens de la critique textuelle ont
effectué une classification des manuscrits en textes-types,
différente de celle de Westcott-Hort. Ils dépendent beau-
coup moins des codex Vaticanus et Sinaïticus, concédant
plus d’importance à d’autres témoins anciens tels que
les papyri. Le texte Byzantin riche d’une histoire de plu-
sieurs siècles, ne peut pas être rejeté si facilement et par
conséquent doit être inclus tout au plus accepté comme
un texte plus autoritaire que celui inventé par la classe
des spécialistes.
Les textualistes appliquent une méthode dite éclec-
tique qui peut se résumer en deux principes majeurs:
1. Le choix de la variante ou leçon qui expliquerait le
mieux la cause des différentes variantes;

2. Le choix de la leçon la plus probable dont l’auteur


aurait écrit en fonction du contexte, du style ou du
vocabulaire etc.

Mais parmi les érudits qui font de la critique tex-


tuelle, il y a rarement unanimité ; ils ne s’accordent pas
toujours entre eux. Il arrive même qu’ils changent d’avis
avec le temps.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 82

Les adhérents du texte alexandrin


Ceux qui préfèrent le texte éclectique basé sur le
texte Alexandrin peuvent fournir certains arguments,
afin de préférer ce type de texte :
1. Le codex Sinaïticus et le codex Vaticanus sont des manus-
crits bien plus anciens (4e siècle apr. J.-C.), que les ma-
nuscrits majoritaires et certainement plus proches dans le
temps, des autographes.

2. La quantité n’est pas nécessairement synonyme de qualité.

3. Le texte alexandrin et, dans une moindre mesure, le texte


occidental, est attesté par des sources extra-bibliques au 2e
siècle, alors que pour le texte majoritaire ce n’est pas le cas
avant le 4e siècle.

4. Les différences entre les traditions manuscrites s’expliquent


mieux si l’on considère que le texte alexandrin est plus
proche des manuscrits autographes. Le grec du texte alexan-
drin est typiquement du koiné alors que celui des manus-
crits majoritaires s’en éloigne. Il est plus logique de penser
que l’on a modifié le texte, afin de le faire correspondre à une
formulation classique que l’inverse.

5. Il est normal que le texte alexandrin ne soit pas attesté après


la fin du 4e siècle, puisque le schisme de l’Empire romain
(en 395) et, moins de 100 ans plus tard (en 476), sa chute
de l’Empire romain d’Occident ont fait perdre au grec son
statut de langue internationale. Il n’a véritablement survécu
que dans l’Empire byzantin.

6. Le texte majoritaire a deux caractéristiques principales: il est


plus élaboré et plus explicite dans les pronoms possessifs; il
fait un usage plus abondant des titres de Dieu et de Jésus.

7. En fait le texte Byzantin n’est pas monolithique, puisque


plusieurs formes différentes dans les détails mineures circu-
83 Types de textes

laient dans l’église orientale, partageant chacune un certain


droit à l’autorité.

Les adhérents du texte majoritaire


Le texte majoritaire possède un très grand nombre
de manuscrits, lectionnaires. Des manuscrits datant du
deuxième siècle (P66) jusqu’au Moyen âge (1500 a.p. J.-
C.) attestent des leçons de ce texte majoritaire. Le doyen
Burgon pensa même que le texte Majoritaire est un texte
traditionnel, car il collationna son usage dans plusieurs
anciens écrivains. D’autres noms donnés au texte Majori-
taire sont le texte Byzantin et le K (Kappa) ou texte com-
mun.
La Bible King James imprimée à plus de 809 000
000 d’exemplaires, est essentiellement traduite sur ce
texte depuis 1611 dans plus de 300 langues et continuant
de faire vivre le texte Majoritaire.
La méthode moderne de la critique textuelle fait to-
talement fit de l’ancienne priorité Byzantine. La méthode
éclectique prétend beaucoup, voire même à l’infaillibili-
té. Mais le texte éclectique semble avoir une grande fai-
blesse, Bien qu’il soit bien enraciné dans l’évaluation des
mss. Mais le texte ainsi crée semble n’avoir aucun support
des manuscrits existants. En d’autres termes, la somme
de tous les manuscrits n’est pas le manuscrit original.
Même les pères de l’église ne peuvent rendre témoignage
de NA17 ou UBS tel qu’il sort des mains des savants.
Le texte original ne peut bien être qu’une illusion
pour certains, sans réelle existence physique, si l’on
prend les lectures dans une séquence continue. Dans ce
sens, comment être sûr que l’on a l’original ? L’original ne
se trouve pas par consensus ou déductions savantes sur
différents mss.
Le texte Byzantin, contre toute attente, reste une
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 84

tradition contrôlée et non seulement secondaire. Bien


sûr, on l’a déprécié par des qualificatifs tels que : confla-
toire, harmonisant, tendance à l’allongement, plus fluide.
Mais ce qui est perçu comme sa faiblesse, montre en fait
la force de cette tradition tout comme son intégrité au
cours des siècles. Sa caractéristique majeure, demeure
donc restauratrice en nature.
Le texte Byzantin incorpore le texte dans son en-
semble, en contraste avec la méthode éclectique, qui isole
des manuscrits afin d’en avoir des supposés, « meilleures
lectures variantes, » à l’intérieur de chaque unité. Le texte
Byzantin demeure parmi toutes les traditions, celui qui
incorpore non seulement l’élément de la foi, mais aussi le
processus de transmission plus ou moins protégé durant
les siècles Car à Byzance, le centre de l’Héllénisme per-
mettait un contrôle tant littéraire que procédurier.
La méthode éclectique cependant, n’est bonne
à considérer qu’au cas par cas ; même si une critique
peut être faite à cette dernière méthode, « inventé par
l’homme » en principe, avec une désaffection de l’élément
de la foi sus mentionnée. C’est à ce niveau que la méthode
éclectique n’est pas supérieure au texte Byzantin qui lui,
est global en ayant une importance exacte du texte, que
l’on ne doit pas nécessairement rejeter si simplement.
Mais dans le cadre de ce livre, la discussion approfondie
concernant les biais anti Byzantin contre l’éclectisme ne
forme qu’un essai. Dans le but d’introduire l’étudiant,
la méthode éclectique est simplement adoptée afin de le
guider dans ce qui se fait actuellement par la majorité
des textualistes.
Les lettres avaient à être lues « à tous les frères »
(Col 4 :16 ; 1 Thess 5 :27) et la « parole de Dieu se répan-
dait de plus en plus » (Actes 6 :7), «dans toute la région »
(13 :49), elle « croissait en puissance et en force » (Actes
85 Types de textes

19 :20). Ceci laisse entendre que les autographes ou ori-


ginaux s’éparpillèrent dans trois différentes directions :

Asie Mineure Grèce Rome

Jean 1 & 2 Corinthiens Marc


Galates Philippiens Romains
Ephésiens 1 & 2 Thessalonisiens Hébreux
Colosiens Tite
1 & 2 Timothée
Philémon
1 Peter
1, 2 & 3 Jean
Apocalypse
Luc (ou Rome)
Actes (ou Rome)
2 Pierre (ou Rome)
Matthieu (ou Pales-
tine)
Jacques (ou Pales-
tine)
Jude

La plupart de ces églises avaient à leur disposition


certains autographes ou tout au plus, une compilation
nécessaire à leur foi. Ces autographes, toutefois, à me-
sure que l’église s’étendait entraînaient une demande
grandissante de recopiage des textes pour la lecture litur-
gique, à travers le monde gréco-romain. Certainement,
ces manuscrits variaient seulement de par leur erreurs
ou lacunes dues à la faillibilité humaine. A cette époque,
les chrétiens faisaient plus usage de leurs mémoires que
des écrits. Il devient clair par conséquent, que ces va-
riations n’interdisent pas de comprendre, que la notion
de « Texte Majoritaire » demeure à la base de ces di-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 86

vers textes. Ce texte survécu par conséquent depuis l’âge


apostolique, jusqu’au dix-neuvième siècle, dans un usage
presque universel dans l’église de Christ. On peut donc se
résumer ainsi :
1. La circulation du texte majoritaire a été particulièrement
importante dans les régions de l’Empire romain où les livres
du NT sont arrivés en premier et où l’Église était florissante:
Ephèse, Corinthe, Galatie, Philippes, Colosses et d’autres
endroits qui allaient appartenir, plus tard, à l’Empire byzan-
tin. Le texte minoritaire n’a jamais connu de large circula-
tion dans l’Eglise. Les manuscrits de ce groupe diffèrent non
seulement d’avec le texte majoritaire, mais aussi entre eux.
Entre le Vaticanus et le Sinaïticus, on répertorie pas moins
de 3000 différences, rien que dans les Évangiles. Par ail-
leurs, il arrive que le codex Vaticanus appuie le texte majo-
ritaire contre le codex Sinaïticus, ou que le codex Sinaïticus
appuie le texte majoritaire contre le codex Vaticanus.

2. Ceux qui critiquent le texte majoritaire mettent l’accent sur


le fait que peu de ses manuscrits sont anciens; à quoi l’on
peut rétorquer que c’est exactement ce que l’on est en droit
d’attendre d’un texte constamment remanié. On peut consi-
dérer que, si le texte minoritaire ancien a survécu, c’est parce
qu’il était peu employé et a circulé en Egypte, où le climat
sec a contribué à la conservation des supports. En outre, des
papyri anciens ont montré que bien des leçons du texte ma-
joritaire sont aussi anciennes que celles des manuscrits mi-
noritaires.

3. Un des facteurs qui contribuent à garantir la transmission


fidèle d’un texte, c’est la compétence dans la langue origi-
nale. Une traduction parfaite étant impossible, c’est le grec
qui doit être consulté. Un manuscrit copié par un scribe ne
connaissant pas la langue qu’il transcrit est mauvais. En
87 Types de textes

Egypte, l’usage du grec était déclinant, déjà au début de


l’ère chrétienne et, de ce fait, les compétences des copistes
dans cette langue déclinaient aussi. Le Vaticanus contient de
nombreuses omissions ou répétitions, ce qui indique que le
copiste était peu soigneux.

4. Le texte minoritaire contient des erreurs mani-


festes, que l’on peut considérer comme des traces
d’une activité éditoriale qui a corrompu le texte
ou, au minimum, comme des traces de négligence:
Matthieu 1.7, 10:
10 Deux rois inexistants figurent dans la gé-
néalogie de Jésus :, Ἀσάφ (Asaph
( ), une variante et Ἀμώς
(AmoÒ
(Amo
Amos). Le texte majoritaire porte les noms corrects, à sa-
voir Asa et Amon. La plupart d’importants témoins mino-
ritaires ont cette erreur (î1vid ‫ א‬B C [Dluc] ¦1, 13 700 pc it co).
Lc 23.45: Il y a une erreur scientifique avec la mention d’une
éclipse du soleil à la mort du Christ, impossible pendant la
pleine lune (τοῦ ἡλίου ἐκλιπόντος, î75 ‫ א‬B C*vid L 070 579 2542
pc), tout comme d’autres anciennes versions. Le texte ma-
joritaire dit que le soleil fut assombri (Καὶ ἐσκοτίσθη ὁ ἥλιος, A
C3 [D] W Θ Ψ ¦1, 13 Û lat sy). Cette alternative n’est pas se-
condaire parce que les scribes n’étaient pas supposés chan-
ger drastiquement un texte de la sorte.
Un autre facteur qui contribue à garantir la transmis-
sion fidèle d’un texte, c’est l’accès aux autographes. C’est
dans un délai de 100 ans qu’il était possible de confronter
une copie à un original, et ce, uniquement si l’on ne se
trouvait pas trop loin de l’endroit où était conservé cet
autographe. On peut donc penser que la qualité des co-
pies devait être plus élevée dans la région proche de l’au-
tographe, et décroître au fur et à mesure de l’éloignement
géographique.
Or les autographes devaient se trouver en Asie Mi-
neure, en Grèce, à Rome et peut-être dans la future Pales-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 88

tine. Aucun autographe n’avait de raison de se trouver à


Alexandrie, même si le centre de gravité de l’Église a très
vite cessé de se trouver dans la région d’Israël, pour se
déplacer vers l’Asie Mineure (cf.Apocalypse 2–3). En ce
qui concerne l’Égypte, l’autographe le plus près pouvait
se trouver à Jérusalem, et encore, cela devait être le cas
avant 70 a.p. J.-C. seulement (moment de la destruction
de Jérusalem). La plus grande partie des autographes se
trouvait de l’autre côté de la mer. Ainsi donc, il est pos-
sible d’affirmer que les critères caractéristiques d’une
transmission fidèle et de bonne qualité n’étaient pas ré-
unis en Egypte. Le texte byzantin a plus de chance d’être
fiable.
5. Le codex Vaticanus peut être tenu pour une recension dont
on peut retrouver les règles: préférer la leçon la plus courte et
rendre toujours un sens pertinent en cas de difficulté. Cela est
visible en Jean 3:13 avec l’omission de ὁ ὢν ἐν τῷ οὐρανῷ, «qui
est dans le ciel», et Jean 1:.4 καὶ ὅπου [ἐγὼ] ὑπάγω οἴδατε τὴν
ὁδόν, «là où je vais vous savez le chemin» au lieu de Καὶ ὅπου
ἐγὼ ὑπάγω οἴδατε, καὶ τὴν ὁδὸν οἴδατε, «là où je vais vous le savez
et vous savez le chemin.» De même, le Vaticanus et le Sinaïti-
cus ne contiennent pas la doxologie conclusive du Notre Père
(Matthieu 6.:3 Ὅτι σοῦ ἐστιν ἡ βασιλεία καὶ ἡ δύναμις καὶ ἡ δόξα εἰς
τοὺς αἰῶνας. Ἀμήν, «Car c’est à toi qu’appartiennent… Amen»).

Quelques exemples de variantes dans le NT

Luc 4.4
Texte majoritaire: καὶ ἀπεκρίθη πρὸς αὐτὸν ὁ Ἰησοῦς·
γέγραπται ὅτι οὐκ ἐπ᾽ ἄρτῳ μόνῳ ζήσεται ὁ ἄνθρωπος
Sinaïticus et Vaticanus: Καὶ ἀπεκρίθη Ἰησοῦς πρὸς
αὐτόν, λέγων, Γέγραπται ὅτι Οὐκ ἐπ᾽ ἄρτῳ μόνῳ ζήσεται
ἄνθρωπος, ἀλλ᾽ ἐπὶ παντὶ ῥήματι θεοῦ.
89 Types de textes

Jean 1.18
Texte majoritaire : Θεὸν οὐδεὶς ἑώρακεν πώποτε·
μονογενὴς θεὸς ὁ ὢν εἰς τὸν κόλπον τοῦ πατρὸς ἐκεῖνος
ἐξηγήσατο.
Sinaïticus + Vaticanus: Θεὸν οὐδεὶς ἑώρακεν πώποτε·
ὁ μονογενὴς υἱός, ὁ ὢν εἰς τὸν κόλπον τοῦ πατρός, ἐκεῖνος
ἐξηγήσατο.

1 Timothée 3.16
Texte majoritaire: Καὶ ὁμολογουμένως μέγα ἐστὶν τὸ τῆς
εὐσεβείας μυστήριον· θεὸς ἐφανερώθη ἐν σαρκί, ἐδικαιώθη ἐν
πνεύματι, ὤφθη ἀγγέλοις, ἐκηρύχθη ἐν ἔθνεσιν, ἐπιστεύθη ἐν
κόσμῳ, ἀνελήφθη ἐν δόξῃ, « Il est grand le mystère de la
piété: Dieu est apparu dans une chair »
Sinaïticus, Alexandrinus, Codex Ephraemi rescriptus:
«Il est grand le mystère de la piété: lui qui est apparu
dans une chair. »
Vaticanus: absence de l’épitre de 1 Timothée à Philémon

Apocalypse 22.14
Texte majoritaire: Μακάριοι οἱ ποιοῦντες τὰς ἐντολὰς
αὐτοῦ, ἵνα ἔσται ἡ ἐξουσία αὐτῶν ἐπὶ τὸ ξύλον τῆς ζωῆς, καὶ τοῖς
πυλῶσιν εἰσέλθωσιν εἰς τὴν πόλιν, « Heureux ceux qui pra-
tiquent ses commandements afin d’avoir droit à l’arbre
de vie et d’entrer par les portes dans la ville! »
Sinaïticus, Alexandrinus: Μακάριοι οἱ πλύνοντες τὰς
στολὰς αὐτῶν, ἵνα ἔσται ἡ ἐξουσία αὐτῶν ἐπὶ τὸ ξύλον τῆς ζωῆς
καὶ τοῖς πυλῶσιν εἰσέλθωσιν εἰς τὴν πόλιν, « Heureux ceux
qui lavent leurs robes afin d’avoir droit à l’arbre de vie et
d’entrer par les portes dans la ville! »
Vaticanus: absence dans l’Apocalypse
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 90

La différence est entre ποιοῦντες pour πλύνοντες, et


entre ἐντολὰς pour στολὰς qui aurait pu être confondue
dans un manuscrit oncial :

Manuscrits disponibles dans Bibleworks 9


1 ¥ Sinaïticus 4e siècle Évangiles, Paul, Actes, CE, Apoc.
Évangiles, Actes, ÉC, Paul,
2 A Alexandrinus 5e siècle
Apocalypse
3 B Vaticanus 4e siècle Évangiles, Actes, ÉC, Paul
5 D ea
Bezae 5 siècle
e
Évangiles, Actes
12 G p
Boernerianus 9 siècle
e
Épîtres Pauliniens
32 W Washingtonianus 5 siècle
e
Évangiles
1141 IX/X Évangiles

FaiblEssE DE la Priorité byzantinE

Il est vrai que Constantinople fut un centre de la


langue grecque et que presque 80 pour cent des manus-
crits existants proviennent de là, car les leaders de l’em-
pire Byzantin fleurissent à partir du 5e siècle au 12e siècle.
Des grands soins furent pris dans cette région, pour avoir
un texte centralisé pour la foi chrétienne.
La présupposition théologique selon laquelle Dieu
veilla tant sur la propagation que sur la préservation des
Saintes Écritures n’est pas toujours acceptée par les cri-
tiques textuels modernes. Le texte de 1 Tim 3: 16, « Toute
l’Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner,
pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la
justice » (Rom 15 :4 et 2 Pierre 1 :21), s’adressent plus ou
moins aux textes de l’AT, mais peuvent aussi prendre en
compte leur préservation. Cette approche est tantôt ac-
cusée de préjugé prédéterminé par cette présupposition
théologique. Mais la réalité selon laquelle l’église n’était
pas officielle, pouvait entrainer le fait que l’importance
91 Types de textes

était sur le recopiage du message plutôt que sur le fond


des lettres recopiées, provoquant une transmission d’er-
reur dans le texte Byzantin. Cependant, le fait que la tra-
dition Byzantine fut centrale au christianisme pendant
plus de 7 siècles, elle ne devrait pas permettre en sorte
que la théorie soit rejetée sur la base d’une présupposi-
tion spirituelle.

FaiblEssE DE l’éclEctismE comPréhEnsiF

L’approche de l’éclectisme compréhensif va dans la


direction opposée, car elle s’appuie seulement sur les évi-
dences externes. En refusant de considérer les évidences
externes, cette approche n’a de contrôle que sur la suppo-
sée exégèse du textualiste. Le style de l’auteur devient le
texte d’originalité nonobstant les probabilités transcrip-
tionelles. C’est un peu comme si l’auteur était monolithe,
qu’il ne pouvait pas varier son vocabulaire et sa syntaxe.
Un auteur peut très bien choisir d’utiliser un style diffé-
rent considérant son sujet. Par conséquent, l’éclectisme
compréhensif joue les apprentis sorciers et cour le risque
de préférer des lectures variantes anachroniques et cor-
rompues.
La rationnelle de l’éclectisme raisonné a au moins
le mérite de considérer le type de texte ainsi que le genre
d’erreur possible qu’un scribe puisse commettre, ajouter
à cela, l’équilibre entre les critères, tant externes qu’in-
ternes. Pour ce faire, la question capitale est celle de sa-
voir si une lecture variante aurait occasionné l’existence
des autres ? Bien qu’il existe d’ailleurs une bonne dose
de subjectivité, néanmoins, un contrôle est issu des évi-
dences externes et internes en ce qu’il n’existe pas à priori
une vue favorable sur un manuscrit.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 92

Témoins des types de textes1

Une classification est importante pour aider l’étu-


diant à décider entre des variantes. Une analyse des mss
qui supporte une lecture variante est nécessaire, Car les
évidences doivent être jaugées et non comptées. Voici en
dessous les différents manuscrits des types de texte, par
livres ou groupes de livres :

Table 5.
Témoins de types de texte

Évangiles Actes
P1 P3 P4 P5 P7 P22 P39 (P6) P75 P8 (P50)
a B C L Q T (W LK 1-8:12 Jn) Z D (in a A B C Y 048
Alexandrin

Mark) X Y 059 060 0162 076 096


20 33 164 215 376 579 718 850 892 6 33 81 104 326 1175
1241 (1342 Mk) Boh (Sah)
Boh (Sah) Ath Cyr-Alex-Clem-Al-
Ath Cyr-Alex-Clem(Or) ex? (Or)
P37 P45 P45?
Césaréen

Q (W Mk 5ff) N O S F I? 1? (Uncertain dans


Fam 1 Fam 13 28 565 700 157 1071 Actes) Cyr-Jer?
1604
Geo Arm Pal-Syr Eus Cyr-Jer (Or)
P25 P38 P41 P48
Occidental

D (W Mk 1-5?) 0171 DE
It, esp. k e Sin-Syr Cur-Syr 066 257 440 614 913
Tert Ir Clem-Alex Cypr (Aug) 1108 1245 1518 1611
1739 2138 2298
It Hark-Syr mg

1
Adapté de J. Harold Greenlee, Introduction to New Testament
Textual Criticism (Grand Rapids: Eerdmans, 1964), 117-18; Bruce M. Metzger,
A Textual Commentary on the Greek New Testament (London: United Bible
Societies, 1971), xxix-xxx. Wegner, Paul D.: A Student’s Guide to Textual
Criticism of the Bible : Its History, Methods & Results (Downers Grove, Ill. :
InterVarsity Press, 2006), 226.
93 Types de textes

A E F G H K M S U V (W Mt Lk HLSP
8:12FF) La plupart minuscules
Byzantin
YTLPW Versions ultérieures
La plupart des minuscules Gothiques
Versions ultérieures Gothiques Pères de l’Eglise tardifs
Pères de l’Église tardifs1

Épîtres catholiques Paul, Hébreux Apocalypse


P20 P23 P72 P10 P13 P15 P16 P18 P24 P47
aABCPY P27 P32 P40 P65
aABCP
048 056 0142 0156
Alexandrin

aABC HIMPY
0207 0169
33
81 104 323 326 424c 048 081 088 0220
61 69 94 241 254
1175 1739 2298 6 33 81 104 326
1006 1175 1611
Boh (Sah) 424c 1175 1739
1841 1852 2040
Ath Cyr-Alex (Or) 1908
2053 2344 2351
Boh (Sah)
P38 DEFG F?
Occidental

DE 048 (Tit Tm Phm) It?


88 181 915 917
It Hark-Syr mg
1836 1898 1912
Ir TErt Cyp Aug EPh
It
H K LS KL 046
42 398 La plupart des 82
minuscules 93 429 469 808 920
La plupart des minus- 2048
Byzantin

cules Goth versions


La plupart des mi-
ultérieures Go-
Versions ultérieures nuscules
thiques
Gothiques Versions ultérieures
Pères tardifs Gothiques
Pères tardifs
Pères tardifs
Catégories des
manuscrits du
5
Nouveau Testament

L a possibilité que des textes des manuscrits du NT sont


à grouper en types de textes a été remise en ques-
tion. Les Alands (Kurt et Barbara) plus spécifiquement
devinrent les plus féroces opposants de cette théorie
de types de textes. Au contraire, leurs analyses des ma-
nuscrits primitifs (notamment ceux d’avant le IIIe et IVE
siècle), leur permirent d’établir plutôt cinq catégories :
Catégorie I (Alexandrin). Ce Sont des manuscrits
hautement à considérer pour l’établissement du texte
original (P66 P46 P72 P75 ‫ א‬B A C Q P T Z L 33 2427
appartiennent à cette catégorie). Les papyri et les texte
onciaux entre le troisième et quatrième siècle font parties
automatiquement de cette catégorie. Ils sont mis entre
guillemets lorsqu’il n’offre aucune évidence d’un texte.
Catégorie II (Alexandrin-Byzantin). Ce Sont
des manuscrits d’une qualité spéciale, encore appelés,
Égyptien d’où ils sont supposés s’être développés. Mais,
inférieure à ceux de la première catégorie par la présence
de d’amalgame comme dans le texte alexandrin, avec de
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 96

nombreuses variantes textuelles des autres type de textes


(byzantin [IIIe siècle, P6 P8 P17 P62 P71 P81 P86 0185, IVe
siècle, P19 P51 P57 P82 P85 0181 0270] etc.).
Catégorie III (Césaréen). Manuscrit d’un carac-
tère particulier d’un texte indépendant, la plupart du
temps important pour établir le texte original, mais plus
encore pour l’histoire du texte (ex., f1 f13 0212 P88 058 ?
0169 0188 0206 0207 P21 P50).
Catégorie IV (Occidental). Manuscrit de type de
texte D (Occidental).
Catégorie V (Byzantin). Des manuscrits prédomi-
nés par le type de texte Byzantin.
Kurt et Barbara catégorisent les manuscrits selon
les notations suivantes :

1 : Accord avec le texte Byzantin


1/2 : Agrément avec le texte Byzantin où la même lecture
variante est identique à l’original.
2 : agrément avec le texte original
S : lecture indépendante ou distinctive (c-a-d, lecteur spé-
cial, « Sonderlesarten. »1
Les catégories de Kurt et Barbara Aland recon-
naissent un élément subjectif dans l’assignation d’un ma-
nuscrit à une catégorie donnée, bien qu’ils veuillent ba-
lancer cette faiblesse par des statistiques favorables.2

1
Kurt Aland and Barbara Aland, The Text of the New Testa-
ment. An Introduction to the Critical Editions and to the Theory
and Practice of Modern Textual Criticism, trans. Erroll F. Rhodes
(Grand Rapids: Eerdmans, 1987), 106; cf., Idem. The Text of the
New Testament: An Introduction to the Critical Editions and to
the Theory and Practice of Modern Textual Criticism, trans. Er-
roll F. Rhodes (Grand Rapids: Eerdmans, 1995), 334-336.
2
Ibid., 336.
97 Catégories des manuscrits du Nouveau Testament

Mais le raisonnement semble circulaire, car l’origi-


nal est une entité inconnue même de nous. L’on ne peut
supposer qu’un texte soit original sur plusieurs critères
qui ne sont pas pris en compte par la distribution des
Alands. Pourquoi devront nous accepter une variante
comme originale si elle est confirmée par la catégorie I ?
Cette méthode préjuge du fait que la catégorie I soit meil-
leure que d’autres ; mais sur quelle base ? Simplement à
cause de leur âge, tandis qu’ils incluent P74 malgré qu’il
soit tardif. Le tableau ci-dessous résume les cinq catégo-
ries de Kurt-Aland :

I II III IV V
150 P ,P
52 90

P32, P46,
200 P64/67, P66,
P77, 0189
P1, P4, P5,
PP9, P12,
P15, P20,
P22, P23,
P27, P28,
P29, P30, P48,
250 0212
P39, P40, P69
P45, P47,
P49, P53,
P65, P70,
P75, P80,
P87, 0220
P13, P16,
P18, P37, P38,
300
P72, P78, 0171
0162, P115
P88, 058?,
P6, P8,
0169, 0188,
P10, P24, P17, P62,
350 0206, 0207,
P35, 01, 03 P71, P81,
0221, 0228,
P86, 0185
0231, 0242
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 98

P19, P51,
P21, P50, 059,
P57, P82,
400 057 0160, 0176,
P85, 0181,
0214, 0219
0270
P14, 04,
016, 029, 02 (Evv), 032,
048, 077, 062, 068, 069,
0172, 0163, 0165?,
02 (außer 0173, 0166, 0182,
450 05 026, 061
Evv), 0254 0175, 0216, 0217,
0201, 0218, 0226,
0240, 0227, 0236,
0244, 0252, 0261
0274
P56, 071,
P54, P63, 072,
076, 088,
500 0170, 0186,
0232,
0213
0247
P33+58, 06, P2, P36, P76,
08, 073, P83, P84, 06,
081, 085, 015, 035, 040,
087, 089, 060, 066, 067,
022, 023, 024,
091, 093 070, 078, 079,
027, 042, 043,
(außer 082, 086,
550 064, 065, 093
Acta), 0143, 0147,
(Actes), 0246,
094, 0159, 0187,
0253, 0265?
0184, 0198, 0208,
0223, 0222, 0237,
0225, 0241, 0251,
0245 0260, 0266
P43, P44,
600 P26 P3, 0164, 0199
P55, 083
P59, P68, 096,
P ,P ,
11 31
097, 099,
P34, P79, 0106, 0107,
0102, 0109, 0145, 0103, 0104,
650 P74, 098
0108, 0167, 0183, 0211
0111, 0200, 0209,
0204 0210, 0239,
0259, 0262
700 P42, P61, P60
99 Catégories des manuscrits du Nouveau Testament

P41, 095, 0126,


019, 0101,
0127, 0146,
0114,
0148, 0161, 07, 047, 054?,
750 0156,
0229, 0233, 0116, 0134
0205,
0238, 0250,
0234
0256
800 044 044
09, 011, 013,
014, 017, 018,
020, 021, 025
012, 025
(Acta, Offb),
(außer Acta,
010, 038, 030, 031, 034,
Offb), 037,
0155, 039, 041, 045,
050, 0122,
850 33 0271, 33 049, 053?, 063,
0128, 0130,
(Evv), 0120, 0133,
0131, 0132,
892, 2464 0135, 0136?,
0150, 0269,
0151, 0197,
565
0248, 0255,
0257, 0272,
0273?, 461
900 1841 0115, 1424 1424, 1841
051, 075, 0105,
0121a, 0121b,
0177, 0140, 0141,
028, 033, 036,
0243?, 0249, 307,
046, 052, 056,
950 1739 1739, 1582, 1836,
0142, 1874,
1891, 1845, 1874,
1891
2329 1875, 1912,
2110, 2193,
2351
28, 104, 181,
323, 398, 424,
103, 104, 181,
81, 323, 431, 436, 451,
398, 431, 451,
945, 459, 623, 700,
459, 945, 1006,
1175, 1243, 1006, 788, 1243,
1050 1448, 1505,
2344 1854, 1448, 1505,
1846, 1854,
1962, 1838, 1846,
2138, 2147,
2298 1908, 2138,
2298
2147, 2298,
2344, 2596?
1100 256, 1735 1735, 1910 256
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 100

1, 36, 88, 94?,


157, 326, 330,
346, 378, 543,
1, 180, 189,
826, 828, 917,
36, 610, 330, 378, 610,
983, 1071,
1611, 911, 917, 1010,
1150 1241 1241, 1319,
2050, 1241, 1319,
1359, 1542b,
2127 1359, 1542b?,
1611, 1718,
2127, 2541
1942, 2030,
2412, 2541,
2744
1200 1573 1573
6, 13, 94, 180, 6, 94?, 180,
206, 218, 263, 206, 218, 263,
365, 441, 614, 365, 597, 720,
442, 579,
2053, 720, 915, 1398, 1251?, 1292,
1250 1292,
2062 1563, 1641, 1398, 1642,
1852
1852, 2374, 1852, 2374,
2492, 2516, 2400, 2492?,
2542, 2718? 2516
1300 1342
5, 209, 254,
429, 453, 621, 5?, 189, 209,
1067,
629, 630, 1523, 254, 429, 1067,
1409,
1350 2427 1534, 1678?, 1409, 1506,
1506,
1842, 1877, 1523, 1524,
1881
2005, 2197, 1877, 2200
2200, 2377
1400 2495
69, 205, 322, 69, 181, 205,
467, 642, 1751, 429, 467, 642,
1450 322
1844, 1959, 886, 2523,
2523, 2652 2623, 2652?
61, 522, 918, 61, 522, 918,
1500
1704, 1884 1704
849, 2544 2544 (außer
1550–
(Paulus) Paulus)
6
Causes d’erreurs
durant la
transmission

P ersonne, même à présent, ne peut se targuer d’écrire


un texte sans commettre d'erreurs. Quelque soit l’at-
tention accordée durant la rédaction, il y a toujours des
fautes. Si nous avons besoin de plusieurs relectures afin
de présenter un texte sans faute avec nos traitements tex-
tuels et correcteurs automatiques, quant était il des an-
ciens écrivains?
Sans doute étaient-ils plus minutieux et plus com-
pétents que l’homme moderne, mais commettaient aussi
des erreurs. De l’Ancien Testament au NT, il existait deux
types d’erreur, englobant plusieurs sous types : (1) des
erreurs intentionnels, et (2) des erreurs involontaires.
Dans cette section, nous donnons brièvement les types
d’erreurs classées sous ces deux rubriques, durant le pro-
cessus de la transmission des manuscrits.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 102

Erreurs Involontaires

Confusion de lettres
Une des erreurs la plus commune faite par les co-
pistes, était la confusion des lettres similaires. De même
comme en français, on peut confondre la lettre u et v, se-
lon le type de calligraphie, en grec, les lettres onciales Σ
(σ, généralement écrit en forme lunaire), où Ο (ο), et Θ
(θ), ont souvent été confondus. Par exemple, dans Actes
20 :35, certains minuscules (614, 1611, et 2138) écrivent
κοπιῶντας ἔδει au lieu de κοπιῶντας δεῖ ; une erreur qui
remonte à un ancêtre oncial écrit en continua scriptio.
Et dans 2 Pierre 2 :13, certains manuscrits lisent ΑΓΠΑΙΣ,
« fêtes de l’amitié» (Ab, B) tandis que d’autres bon ma-
nuscrits ont ΑΠΑΓΑΙΣ, « déception » (‫א‬b A), parce que
deux lettres lamdas (λ) pouvaient être confondus lors-
qu’il étaient écrit côte à côte, comme le passage de Ro-
mains 6 :5, où plusieurs manuscrits ont ΑΛΛΑ, « mais ,»
or d’autres lisent ΑΜΑ, « ensemble. »

Substitution
La substitution se produit entre des mots ayant un
son similaire, lorsque la transcription d’un manuscrit se
produit par une dictée Bien que ce type d’erreur soit plus
prône à l’Hébreu de l’Ancien Testament et de Qumran, il y
a certains cas dans le NT. Dans Romain 5 :1, Par exemple,
certains manuscrits traduisent ἔχομεν, « nous avons »
(ex., ‫א‬1 B2), et d’autres confondirent cela en ἔχωμεν, « que
nous aillons » (ex., ‫א‬1 A B* C).

haPlograPhiE
C’est une Faute d’écriture qui consiste à ne mettre
qu’une seule fois une lettre (ou un groupe de lettres re-
103 Causes d’erreurs durant la transmission

doublés, ex. apeler pour appeler), qui devrait être dou-


blée. Ceci est généralement dû à la similarité des lettres
dans un mot, qui se suivent.
Par exemple, le verset de Luc 10 :32 manque dans
« ‫ »א‬parce que le verset 31 finit exactement avec le même
verbe ἀντιπαρῆλθεν, « passa outre.». Le codex Alexandrin
omet aussi le verset de 1 Corinthiens 9 :2, qui finit aussi
avec les quatre même mots du verset 1 (ὑμεῖς ἐστε ἐν κυρίῳ,
«n’êtes vous pas mon œuvre dans le Seigneur »).

Dittographie
Lorsque l’œil d’un scribe ramasse un même mot ou
morceau de texte, une lettre ou groupe de mots une se-
conde fois, et par conséquent fait un duplicata de ce qui
devrait être copié une fois seulement, nous avons une
dittographie. Apocalypse 1 :13, dans P98 a περιεζωσμμένον
au lieu de περιεζωσμένον (doublure du m).
Le Codex Vaticanus dans Jean 13 :14 repète le mot
διδάσκαλος. Dans Actes 19 :34, Μεγάλη ἡ Ἄρτεμις Ἐφεσίων,
«grande est la Diane des Éphésiens » est repété deux fois
par le Codex Vaticanus. Mais c’est visiblement une erreur,
car seul ce manuscrit du IVe siècle est le seul qui possède
cette variante. Le Sinaïticus et l’Alexandrin confirment le
texte.1

Fusion et fission
Parfois des textes sont fautifs à cause d’une division
incorrecte de mots qui sont joints en un seul. Dans ce cas,
nous appelons fusion de mots. Par exemple, l’expression
ἀλλ᾽ οἷς, «qu’à ceux à qui » (ex., A B2) dans Marc 10 :40, est
pris pour ἀλλοἱς, « pour les autres », par certains autres
manuscrits (‫ א‬B* D).
1
Cf. ἅγιος ἅγιος ἅγιος (Apoc 4:8) et οὐαὶ οὐαὶ οὐαὶ (Rev 8:13).
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 104

Quant à la fission qui est le contraire de la fusion,


elle survient lorsqu’un mot a été incorrectement divisé en
deux. Romains 7 :14 en est un exemple où le mot Οἴδαμεν,
« nous savons» (B2 D2) est divisé en deux Οἴδα μἐν, « pre-
mièrement, je sais» (33 ; l833 ; etc.).1

Homoioteleuton
L’omission ou homeoteleuton est une erreur de co-
piste, par confusion de deux mots ayant une même ter-
minaison. Mais si les terminaisons sont semblables, on
doit parler de homoioteleuton. Une homéotéleute (en
grec ancien : ὁμοιοτέλευτος,2 de ὅμοιος: « semblable » et
τελευτή: « fin, finalité»3), parfois écrite « homoïotéleute, »
ou encore « homoïotéleuton, »4 est une figure de style qui
consiste en la répétition d’une ou de plusieurs syllabes
finales homophones, soit de mots, de vers ou de phrases.
Dans 1 Jean 2 :23, la proposition, τὸν πατέρα ἔχει,
«a le père » (‫ א‬B C, etc.) est écrite deux fois, faisant en
sorte que l’œil d’un copiste saute le premier mot pour le
deuxième et omette ainsi des mots ὁ ὁμολογῶν τὸν υἱὸν καὶ,
«quiconque se déclare publiquement pour le Fils » (‫ א‬A
B C33vid 218 1243 1448 1505 1646 1735 1739 2374 2495
B 1646 SBL). Dans le texte d’Apoc 7 :7 ἐκ φυλῆς Συμεὼν
δώδεκα χιλιάδες, ἐκ φυλῆς Λευὶ δώδεκα χιλιάδες, ἐκ φυλῆς
Ἰσσαχὰρ δώδεκα χιλιάδες, «de la tribu de Siméon, douze
mille; de la tribu de Lévi, douze mille; de la tribu d’Is-
sacar, douze mille, » l’œil saute ἐκ φυλῆς Συμεὼν δώδεκα
χιλιάδες, à cause de la même terminaison. Le Codex Vati-

1
See Wagner, A Student’s Guide, 49.
2
Mar. Lex. 1951, p. 111:
3
Dictionnaire des termes littéraires (2005), s.v. « Homéo-
téleuté » (238).
4
Jean-Jacques Robrieux, 2004, p. 48-49.
105 Causes d’erreurs durant la transmission

canus a 39 cas d’homoioteleuton dont 25 se trouvent dans


le livre de l’Apocalypse. Si l’on vérifie tous les 5800 mss
du NT, il y a 4747 cas de ce type d’erreur.

Changements volontaires

La plupart des additions qu’il y a dans le NT sont


généralement dans le but de clarifier le texte. L’intention
étant rarement de le corrompre, il s’agissait de ramener
le texte en vie de son passé.
Des altérations intentionnelles étaient introduites
en bonne foi, et d’autres essayaient même de corriger le
texte des erreurs qui se seraient glissées dans le texte.
Mais le résultat a été souvent d’en créer d’autres. Jé-
rôme se plaignait des copistes qui « écrivent non pas ce
qu’ils trouvent, mais ce qu’ils pensent être le sens ; et
tandis qu’ils essayent de rectifier les erreurs des autres,
ils exposent simplement les leurs » (scribunt non quod
inveniunt, sed quod intellegunt; et dum alienos errores
emendare nituntur, ostendunt suos).1 Le codex Vatica-
nus dans Heb 1 :3, à la marge possède une note d’indi-
gnation parce qu’un scribe substitua la lecture correcte
φέρων, «il soutient » par φανερων, « il apparaît,» et le
scribe écrit, « fou et fourbe, laissez la lecture ancienne,
ne le changez pas! » L’apparat critique de CNTTS montre
une liste de 575 additions mineures ou majeures, lacunes
ou orthographies. En 2 Corinthiens 8 :4, certains manus-
crits ajoutent δεξασθαι ημας (209cmg 489 927 945 1244cmg).
Il semble que ἀμήν, « amen, » dans 1 Pierre 5 :14 pourrait
avoir été ajouté pour le lier avec la conclusion similaire
de 2 Pierre.

Epist. 71.5, Ad Lucinum; J. P. Migne, Patrologia Latina,


1

22,671; Corpus Scriptorum Eccleriasticorum Latinorum, 55, pp.


5 f.
106 Causes d’erreurs durant la transmission

Image 11 : Page du Sinaïticus, Heb 1 :3

Harmonisation

L’harmonisation du texte, caractéristique des Évan-


giles (notamment Occidental) arrive lorsqu’un scribe mo-
difie un passage pour qu’il s’accorde avec un autre. Les
copistes connaissant par cœur les textes des évangiles,
pouvaient même intentionnellement écrire des termes
pour l’harmoniser avec le passage parallèle.
Les mots trouvés dans Jean 19 :20, «le texte était
écrit en hébreu, en latin et en grec » ont été inséré dans
plusieurs manuscrits dans Luc 23 :38. La prière de Luc
11 :2 à 4, «Père ! Que ton nom soit sanctifié; que ton
règne vienne. Donne-nous chaque jour notre pain quo-
tidien; pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous
107 Causes d’erreurs durant la transmission

pardonnons à quiconque nous offense; et ne nous induis


pas en tentation » ont été assimilés dans plusieurs copies
de Luc, pour s’accorder avec la forme de Matthieu 6 :9
à 13 (cf., ‫א‬c A C θ).Dans Actes 9 :5-6, la fin des mots de
Paul des versets 14b-15 en Actes 26 sont ajoutés à la fin
du verset 6 du chapitre 9. Σκληρόν σοι πρὸς κέντρα λακτίζειν.
Ἐγὼ δὲ εἶπον, Τίς εἶ, κύριε; Ὁ δὲ εἶπεν, Ἐγώ εἰμι Ἰησοῦς ὃν σὺ
διώκεις, «Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.
15
Je répondis: Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit: Je
suis Jésus que tu persécutes. »

Ajouts naturels
La mémoire humaine peut accomplir plusieurs
choses. Les copistes trouvaient étranges que la phrase de
Matt 9 :13 , «Car je ne suis pas venu appeler des justes,
mais des pécheurs, » finisse comme cela, car plus de
trente manuscrits (ex., C E07 G011 K017, U Y θ, etc.)
ajoutent εἰς μετάνοιαν, « à la repentance » (de Luc 5 :32).
De la même façon, plusieurs copistes trouvent vraiment
difficile de laisser « les grands prêtres» sans ajouter et
les « scribes » (cf. Matt 27 :41) ou de copier la phrase «
votre Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matt
6 :4,6) sans ajouter « ouvertement » (ἐν τῷ φανερῷ).1
En résumé, Etant humains, les scribes étaient pas-
sibles d’erreur. De nouvelles copies ont dû être confec-
tionnées de temps à autre, en raison de la fragilité de la
matière; car la matière sur laquelle les manuscrits ont
été faits étaient périssables, et souvent, l’encre devient
parfois peu claires. Ainsi, de ces copies périodiques, des
divergences se créèrent entre les mss. Des copistes non
professionnels, au commencement, étaient en charge de

Voir Metzger and Ehrman, The Text of the New Testa-


1

ment, 250-270, pour une étude détaillée et complète de chaque


type d’erreur et altération.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 108

copier des manuscrits, parce que l’Église n’étant pas en-


core officialisée, car non acceptée par l’empire romain ;
mais plus tard, les copistes professionnels (Byzance)
commencèrent la reproduction manuelle. Trois types de
changement existent de l’activité des scribes: (1) les chan-
gements qui élargissent le texte (expansion, glose, ditto-
graphie), (2) les changements qui permettent de raccour-
cir le texte (haplographie, homoioteleuton, omission), et
(3) les changements qui ne s’étendent pas les textes (par
exemple, la confusion graphique, métathèse, et fausse
orthographie). Les trois sont illustrés dans le tableau
ci-dessous:
Les variantes peuvent être significatives ou insi-
gnifiantes, sur la base qu’elles sont au moins supportées
par deux manuscrits (au moins un Grec) et impliquant
qu’elles soient utiles pour déterminer la relation entre des
manuscrits. Et les variations insignifiantes incluent des
erreurs d’orthographes, des lectures fautives, des erreurs
sur les noms sacrés et autres omissions accidentelles.

Table 6
Types de Variantes

Type d’erreur Description Exemple


Erreur de vue Division erronée de mots o`mologou/men w,j me,ga,
“nous reconnaissons
à quel point” pour
o`mologoume,nwj me,ga
“assurément il est
grand” dans 1 Tim
3:16)
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 109

Homoioteleuton “fin C’est une erreur qui ar- Dans 1 Jean 2:23 de
similaire” rive lorsque la répétition nombreux mss sau-
d’une ou de plusieurs ter le to.n pate,ra e;cei.
syllabes finales homo- . . to.n pate,ra e;cei.
phones, soit de mots, de
vers ou de phrase
Haplographie (écrit L’écriture d’un mot ou evgenh,qhmen nh,pioi,
une seule fois) [ho- d’une lettre (s) une fois « Nous sommes
moioteleuton] quand il est écrit deux devenus des en-
fois fants », et evgen
en-
h,qhmen h;pioi, “Nous
sommes devenus
doux” (1 Thess 2:7)
Dittographie (écrit Mots ou lettres écrit deux o` qeo.j nekrw/n( avlla.
deux fois) fois au lieu d’une seule qeo.j zw,ntwn, “Le
fois Dieu des mort, mais
des vivants”
Lettre(s) metathesis Changement de lettre Ex.., e;labon pour
(change of place) inversée qui crée ensuite e;balon Marc 14:65
un mot différent et swthri,a for swth/
ra Ivhsou/n dans Acts
13:23
Erreur d’audition Les anciens mots grecs e;comen /e;cwmen dans
avaient le même son à la Rom 5:1; zh,somen
dictée /zh,swmen dans
6:2(vivre/peuvent
vivre)
Faute de mémoire Le scribe peut oublier ovfqalmw/n pour
un mot précis, tout en se ovmma,twn dans Matt
souvenant de la significa- 20:34
tion, et donc, le rempla-
cer par un synonyme.
Pratique de la
7
critique textuelle
Critères pour déterminer
les lectures variantes

A joutés au bon sens, est le bon jugement, est le prin-


cipe de base, résumé en cette question : Utrum in al-
terum abiturum erat ? « Ce qui aurait changé l’autre ? »
à savoir qu’est-ce qui aurait causé le changement ? Où
qu’est ce qui semble déranger et par conséquent deman-
der un changement ?

Évidences internes
L’évidence interne est plus concernée avec la lec-
ture variante elle-même, non par le genre de témoin
qui supporte une variante. Deux questions sont en vue
dans ce sens : (1) les probabilités transcriptionelles, à sa-
voir, une lecture qui plus ou moins est possible selon les
conventions de scribes de l’époque ; et (2) les probabilités
intrinsèques, à savoir, des arguments concernés par les
variantes qui se conforment au style de l’auteur, sa théo-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 112

logie devront plus ou moins être considérées originales.


La première reste dans la tradition des scribes qui
montre que des scribes auraient élargit un texte que de le
réduire. Et le corollaire de cette règle est que la lecture la
plus difficile, à savoir, celle qui est le moins en harmonie
avec une théologie particulière, grammaticale, et théolo-
giquement correcte, est plus ou moins originale.
Quant à la seconde, la probabilité intrinsèque, tient
en compte comme dit précédemment, du genre d’erreur
qu’un scribe aurait eu à commettre par rapport à un autre
genre. Par conséquent, des questions concernant le lan-
gage, le style, et la théologie de l’auteur sont en vue ici.
Le poids à accorder à l’évidence interne intervient
lorsqu’il existe deux lectures différentes dans les deux
plus anciens groupes de manuscrits ou lorsque des lec-
tures variantes existent dans tous ces groupes. En d’autres
termes, lorsque l’évidence externe n’est pas concluante,
alors le canon interne devient décisif. Mais normalement
l’évidence externe seul peut être suffisante pour décider
avec assurance. Trois principes peuvent sortir de cette
partie : 1
lectio difficilior « la variante la plus difficile » praefe-
renda/praevalet/praestat «est à préférer » aussi connue
comme difficilior lectio potior, « la variante la plus la-
borieuse est préférable. »2 La rationnelle de cette règle
1
Tiré de mon livre BHS, 49 à 51.
2
Tov, « Criteria, » 435; Klein, Textual criticism, 73.
Bengel est en fait celui qui introduisit cette règle, même si en
d’autres termes proclivi scriptioni praestat ardua, « la lecture la
plus difficile doit être préférée.» Voir Epp, Perspectives, 645 no. 6.
Voir aussi: Aland and Aland, The Text of the New Testament, 304-
307, 330, 386. Mais cette règle pour Aland et Aland ne doit pas être
utilisée aveuglement, à savoir, la lectio difficilima ne doit pas aussi
être adoptée simplement parce qu’elle est la plus difficile.
113 Pratique de la critique textuelle

est que parfois, le scribe pouvait substituer une lecture


plus familière plutôt que le contraire. Par conséquent,
une variante inhabituelle ne serait pas créée par une lec-
ture normale. Le critique devrait en principe favoriser
la lecture qui lui semble la plus difficile, qui aurait causé
l’intrusion de la variante. Par exemple : Le texte de Marc
9 :49 dans le mss Alexandrin a Πᾶς γὰρ πυρὶ ἁλισθήσεται,
« Car tout homme sera salé de feu, » mais le Codex
Ephraemi ou Palimpsest (Ve siècle, aussi BYZ) ajoute καὶ
πᾶσα θυσία ἁλὶ ἁλισθήσεται, «et tout sacrifice sera assai-
sonné de sel.» Le Codex Bezae (Ve siècle) remplace sim-
plement le texte avec celui de Lev 2:13. La plupart des
manuscrits du Ve siècle en montant, ont cette variante,
tandis que le Sinaïticus a une lecture brève, et semble si
l’on s’appuie sur le critère de l’évidence interne, la lectio
difficilior, qui est notamment le texte court. Car c’est lui
qui donne vraisemblablement naissance aux autres textes
expansionnistes et tardifs.
1. Lectio brevior/brevis
brevis potior « la lecture la plus courte est
préférable. » C’est une règle plus logique que la précédente.
Elle est basée sur le fait que les anciens scribes étaient plus
enclins à ajouter des détails plutôt que d’en retrancher. Le
texte de l’AT était sujet à plusieurs expansions, gloses, confla-
tions, et explicitations. Cette tendance était nécessaire, à
cause du désir de préservation des scribes; par conséquent,
ils omettaient rarement quelque chose. Par exemple : Dans
Luc 4 :4, les paroles de Jésus en réponse au Diable où il dit,
«L’Homme ne vivra pas de pain seulement, » contiennent à
la dernière phrase ἀλλ᾽ ἐπὶ παντὶ ῥήματι θεοῦ, «mais de toute
parole qui sort de la bouche de Dieu ». cette partie com-
mence à être omisse par les versions modernes ; parce que
l’expansion est issue de Matthieu 4 :4, où Deutéronome 8 :3
est cité complètement. La lection brevior dans ce cas est
meilleure, parce qu’il est plus difficile de voir pourquoi un
scribe va harmoniser avec un passage parallèle que d’enle-
ver ce qui est déjà dans le texte. Par conséquent: «L’Homme
ne vivra pas de pain seulement » en Luc, est original.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 114
2. Des modifications dues à une interprétation particulière.
Parfois, un texte peut apparaître interprétatif. Certains an-
ciens éditeurs, scribes ou traducteurs voulaient qu’un texte
sous-jacent soit changé ou amplifié afin de se conformer à
une théologie particulière.

Évidences externes
Pour considérer des évidences externes, voici des
points à avoir à l’esprit afin de décider sur des variantes
avec assurance (1) des variantes qui existent dans les ma-
nuscrits les plus anciens (II au IVe siècle) devraient re-
cevoir un grand crédit, (2) le manuscrit qui est plus ou
moins représenté par une plus grande distribution géo-
graphique, a plus de chance d’être ancien, (3) la fiabilité
du témoin, lorsque la qualité du mss est reconnue cré-
dible, il tend à avoir des lectures originales, (4) l’appar-
tenance à un groupe est aussi à considérer, par exemple,
l’Alexandrin qui reçoit l’assentiment de beaucoup de
textualistes devrait avoir la primauté sur l’Occidental.
En résumé, la plupart des érudits affirment que le grand
nombre de témoins soutenant une lecture ou d’une autre
les questions rarement pour déterminer le texte original.
Plus significatifs sont l’âge, géographique la diversité, la
qualité générale, et le regroupement des textes externes
soutien, c’est-lectures trouvés dans la plus ancienne, la
plus répandue, et « Meilleures » manuscrits sont les plus
susceptibles d’être original.1

Exemples pratiques de
certaines variantes
Le premier et le plus important principe pour la
critique textuelle est le suivant: La lecture à partir de la-
quelle les autres lectures pourraient plus facilement s’être
1
Voir Ibid., 5-7.
115 Pratique de la critique textuelle

développées est probablement l’original. Il est apparen-


té au latin dans Utrum in alterum abiturum erat? «Ce
qui aurait été plus susceptible de donner lieu à l’autre?»
L’implication est que la lecture plus difficile (difficilior
potior), est susceptible d’être l’originale, car si la lecture
n’était pas complète, ou peu claire, un scribe aurait eu
tendance à corriger ou à modifier le texte que le contraire.
Ainsi, nous soupçonnons la lecture qui, plus probable-
ment aurait donné lieu à d’autres, parce qu’elle paraît la
plus difficile à première vue.
La deuxième règle est que la plus courte lecture
doit être préférée (lectio brevior praeferenda est). Ceci
est confirmé par l’ancienne tendance des scribes à élar-
gir plutôt que de réduire (dittographie, amalgame, l’har-
monisation et l’explicitation). Les Lectures s’adaptant
au contexte sont à privilégier. La lecture en accord avec
le style de l’auteur est généralement préférable. Pour les
évidences externes, les manuscrits doivent être analysés
plutôt que comptés.

Présentation des lectures variantes


Nous donnons certaines variantes, afin d’illustrer ce
qui a été appris. Par exemple dans Luc 24:53, il y a trois
variantes:

Alex. Césa. Occ. Byz.


1 εὐλογοῦντες P75 a B C* L Sypal Sys
(Sa) bo
2 αἰνοῦντες D it (Aug)
3 αἰνοῦντες καὶ C2 q f1
f f13
f AW
εὐλογοῦντες Arm. minn.

La variante Occidentale a généralement une lecture


similaire à l’alternative, à quelques exceptions près ; non
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 116

seulement εὐλογοῦντες est non seulement en accord avec


le style de Luc, mais aussi sa lecture est plus ancienne.
L’alternative 3 plus tardive, ne fait que s’harmoniser avec
les deux premières lectures.

Jean 1:18 a aussi trois lectures:


Alex. Césa. Occi. Byz.
1 μονογενὴς P66 a B C*
θεὸς L W* 33 850
(sa) Cyr-Alex.
2 ὁ μονογενὴς D W C3 Q f1
f f13
f It Syc A G L II
υἱός Cl Ir
Tert
3 omit CyrJer

Cette variante est très intéressante. De Plusieurs


manuscrits, la Bible de Jérusalem traduit «Nul n’a ja-
mais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du
Père, lui, l’a fait connaître. Le témoignage de Jean. » Sur
les évidences externes, les manuscrits qui attestent de
« Dieu, le fils unique » (μονογενὴς θεὸς) vont de la deuxième
moitié du IIe siècle a.p. J.C. et constituent les meilleures
manuscrits, que ce soit des papyri ou des onciaux. Le
grec de la deuxième variante diffère de θεὸς par -υἱ. Ayant
la même terminaison, une confusion peut être à l’origine
de cette variante. Et il est difficile de comprendre pour-
quoi un scribe changerait θεὸς pour υἱός. Seule la lecture
de « le fils unique » fait vraiment sens et demeure sans
aucun problème théologique. Un scribe n’aurait aucun
besoin de le clarifier. D’autres parts, l’expression « Dieu
le Fils, » est inattendue et étrange, car elle rend perplexe.
Un scribe pourrait avoir pensé qu’il y a une erreur issue
du θεὸς au début de verset (v. 1), et donc corrigerait sim-
plement par υἱός.
117 Pratique de la critique textuelle

Mais Dieu peut il aussi être correct ? Bien sûr, il fait


sens dans l’évangile de Jean. Ailleurs, Jésus est appelé
Dieu (1 :1). Jésus est devenu Fils par le baptême (Ps 2 :7 ;
Act 13 :33). Dans ce passage, la lecture qui probablement
aurait créée un désir de correction est μονογενὴς θεὸς qui
semble originale, et d’où les autres se serait développés.
Ceci n’est pas seulement une lecture difficile per se, car
bien représentée dans plusieurs bons mss.
La fin de Marc a quatre variantes 8:26:
(1) μηδὲ εἰς τὴν κώμην εἰσέλθῃς
(2) Μηδὲ εἰς τὴν κώμην εἰσέλθῃς, μηδὲ εἴπῃς τινὶ ἐν τῇ
κώμῃ
(3) upage eij ton oikon sou kai mhdeni eiphj eij thn
kwmhn
(4) upage eij ton oikon sou kai mhdeni eiphj eij thn
kwmhn eiselqhj mhdeni eipej mhde en th kwmh

Alex. Césa. Occi. Byz.


1 a B L (sa) bopt W ff1 geopt
2 C D 33 379 bopt 118 157 700 892 AEFG
1071 HKMS
UVYG
W minn.
Goth
3 D itpt
4 Q f 565 ff13 28

« N’allez même pas au village » (1) ; « ne dites à


personne au village » (2) ; « n’allez même pas au village
ou le dire à quelqu’un au village » (3) ; « allez au village
et si vous vous y allez, ne le dite à personne, même dans
ce village » (4). Il semble clair qu’au fil des siècles, la
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 118

variante (1) se soit dilatée et en considérant dans ce cas la


date des mss, elle la variante (1) serait originale, puisque
étant la plus courte ; les autres auraient dû se construire
sur elle. Dans cette dernière, lectio brevior praeferenda
est est appliqué.
Dans le passage de Marc 6 :22 le terme αὐτοῦ est
remplacé par αὐτῆς.

1. τῆς θυγατρὸς αὐτοῦ Ἡρῳδιάδος


2. τῆς θυγατρὸς αὐτῆς τῆς Ἡρῳδιάδος
3. τῆς θυγατρὸς – Ἡρῳδιάδος
4. lacunae

Alex. Césa. Occi. Byz.


1 ‫א‬B L Δ D05
2 C D 33 Q f13
f Syrh
3 bcf
4 ek

En d’autres termes, th/j qugatro.j auvtou/ ~Hrw|dia,doj,


« la fille d’Hérodias » est la lecture la plus difficile, mais
est adopté par UBS et NA27. Et cette lecture est bien sup-
porté par a B D L D 565 pc. Mais cependant, c’est aussi
la lecture la plus difficile car Hérodias n’était pas la fille
d’Hérode. Les autres variantes sont grammaticalement
correctes, mais mal supporté en termes de mss. La va-
riante th/j qugatro.j auvth/j th/j ~Hrw|dia,doj, « la fille d’Héro-
dias même, » est supporté par A C (W) Q ¦13 33 Û, mais
est grammaticalement incorrecte. La variante th/j quga quga-
tro.j th/j ~Hrw|dia,doj, « la fille d’Hérodias » n’est suppor-
119 Pratique de la critique textuelle

té que par ¦1 pc et une forme de correction ou est issue


d’une omission de auvth/j dans la lecture précédente. La
lecture th/j qugatro.j auvtou/ ~Hrw|dia,doj est étrange et cause
de grande difficultés, mais vu son ancienne attestation,
est certainement la lecture original, car des scribes pou-
vaient essayer de la corriger. En le texte peut être com-
pris comme « sa fille Hérodias, » ce qui signifie, sa fille
qui est, Hérodias (à savoir, sa belle-fille, qui était en fait
la fille de sa femme Hérodias). Cette lecture est soutenue
par les évidences externes et internes.
Luc 6 :1 à 10 traite de l’observance du sabbat, le
Codex D05 ajoute une phrase exprimant sa désappro-
bation sur la violation du sabbat, lorsque Jésus a vu
quelqu’un travailler le jour du Sabbat, dit:« Homme, si
vous savez ce que vous faites, vous êtes heureux, mais si
vous ne savez pas, vous êtes maudits et un violateur de la
loi.» Bien que ce ne soit pas assez bien attesté et ainsi être
considéré comme authentique, de nombreux commenta-
teurs se sont demandés si ce dicton pourrait provenir de
Jésus. La plupart des textualiste rejette cette variante,
même si elle a des mots qui ressemble à Rom 2:25, 27
et Jacques 2:11. Même si le contexte est celui du sabbat,
on ne comprendrait pas pourquoi, Jésus étant accusé de
violer le sabbat, immédiatement, accuserait quelqu’un
d’autre de la même chose.
Une autre variante du livre aux Éphèsiens. Dans
Éphésiens 1 :1, certains manuscrits omettent ἐν Ἐφέσῳ,
«à Éphèse.» Les variantes se présentent comme suit :
1. ἐν Ἐφέσῳ
2. Omission
3. Lacunae
Alex. Césa. Occi. Byz.
1 ‫א‬cmg
A B L Ψ 33
c
D06 F G
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 120

2 P46 ‫ *א‬B*
3 C

Ces mots n’aurait pas pu être omis accidentelle-


ment. Si ces mots était originaux, ils n’auraient pas pu
être enlevés. Déjà avec le titre, des manuscrits montrent
que la même lettres étaient destinée aux Galates (‫ א‬A B*
C), par conséquent, cette lettre aurait bien pût une circu-
laire à être lut par plusieurs lettres, même si, à l’origine,
fut adressé au Éphésiens.
Cependant, des évidences internes sont en faveurs
de l’inclusion de la phrase, « à Éphèse.» Pour les évi-
dences externes, plus ou moins, le problème existe que
pour l’Alexandrin. L’omission apparaît dans des lectures
qui sont supposé originale avant la correction. Et le P46
datant des environs 200 ans a.p. J.-C. supporte l’omis-
sion, tandis que des textes Occidentaux du VI au IXe
siècles apportent une diversité géographique et supporte
l’Alexandrin. La variante numéro 2 démontre la carac-
téristique de l’Alexandrin à faire des changements inten-
tionels, car un scribe sachant que la lettre était circulaire,
decida d’ommêttre « à Éphèse.» Par conséquent, bien
que les textes supportant l’omission sont aussi bons, sur
la base de la probabilté transcriptionnelle, la variante 1
est originale.
Actes 6 :8, «Plein de grâce et de puissance, Étienne
opérait des prodiges et des signes remarquables parmi
le peuple » (Στέφανος δὲ πλήρης χάριτος καὶ δυνάμεως ἐποίει
τέρατα καὶ σημεῖα μεγάλα ἐν τῷ λαῷ.), tandis la tradition
Byzantine remplace χάριτος par πίστεως, « foi » :

1. χάριτος
2. πίστεως
121 Pratique de la critique textuelle

3. πίστεως καὶ δυνάμεως


4. πίστεως καὶ δυνάμεως πνεύματος

Alex. Césa. Occi. Byz.


1 P8 ‫ א‬A Bc L Ψ 33 D06 1739
1611
2 H
3 C Ea
4 C

La traduction “Plein de grâce et de puissance” re-


présente juste un choix de la variante dans le texte grec.
Les deux premières lectures sont des formes abrégées des
lectures 3 et 4 ; par conséquent, 3 et 4 sont secondaires.
La lecture 3 est supportée par le Byzantin Ea (VIe siècle),
qui est le représentant du grec koiné, du type Byzantin,
du texte du livre des Actes. La probabilité interne favorise
la lecture 1. Par exemple, pourquoi un scribe aurait rem-
placé « plein de foi » par « plein de grâce » ? Au verset 5
déjà, il est écrit, «Plein de grâce et de puissance,» donc,
un scribe durant la transcription du v. 8, consciemment
ou non, harmoniserait par χάριτος. Par conséquent, l’au-
tographe était δὲ πλήρης χάριτος καὶ δυνάμεως.
1 Cor 11:34 est considéré comme une interpolation.
En effet, les versets 34 à 35 sont placés après le verset 40
par certains mss. Le fait que Clément d’Alexandrie (mort
aux environs de 215 a.p. J.-C.) cite 1 Cor 14 :6, 9, 10, 11,
13, et 20 et discute sur l’attitude des femmes dans l’église,
sans jamais mentionner 1 Cor 14 :34-35, lorsqu’il appelle
autant les hommes que les femmes de l’église sans au-
cune distinction à se taire dans l’église, fait dire à certains
qu’il ne connaissait pas ces versets.1 En réponse, on peut
1
See Walker, William O., Interpolations in the Pauline Let-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 122

remarquer que le même Clément, était aussi familier avec


1 Tim 2 :11-12, un autre passage qui mandate des femmes
à se taire seulement dans les assemblées ; cependant, il
ne le cite pas non plus.
Plusieurs témoins principalement l’Occidental, sont
responsables de la transposition des vv. 34-35, après le
verset 40 (D F G 88* itdm g, Ambrosiaster Sedulius Sco-
tus). une telle altération représente une tentative à trou-
ver une meilleure place, dans le contexte des directives
de Paul, concernant des femmes. Le manuscrit datant de
200 ans environ a.p. J.-C. P46, confirme le texte actuel
qui est très bien représenté après le verset 33 (cf. ‫ א‬A B
Ψ 33 0243 33 81 104 365 1175 1241s 1739 1881 2464 al
lat co). Même des textes Occidentaux (D F G) confirment
la tradition des textes Alexandrins, ainsi que le père de
l’église Ambroise (Byzantin). Seuls les interprètes fémi-
nistes peuvent accepter ces versets comme interpolés, en
ceci, qu’ils libèrent les paroles de Paul au vu de leur agen-
da moderne. Les paroles sont vraisemblablement celles
de Paul, selon le verdict des versions.
Une absence d’une ou de plusieurs lettres peut créer
de difficultés. L’annonce de l’ange aux bergers de la nais-
sance de Jésus est l’une de ses variantes (Gloire à Dieu
dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les
hommes qu’il agrée (εὐδοκίας)!, NEG). Mais le bonnae
vuluntatis est remplacée par ἐν ἀνθρώποις εὐδοκία, «aux
hommes objets de sa complaisance ! » une seule lettre
diffère les deux versions.
La plupart des meilleurs témoins (a2 B2 L Q X Y ¦1, 13
Û sy bo) ont ἐν ἀνθρώποις εὐδοκία, « bonne volonté parmi
les hommes » au lieu de ἐν ἀνθρώποις εὐδοκίας, «parmi les
hommes de sa faveur, » une lecture attestée par a* A B*
D W pc (sa), la plupart des versions italiennes et d’autres

ters. (London: Sheffield Academic Press, 2001), 71


123 Pratique de la critique textuelle

versions grecs. La lecture εὐδοκίας est géographiquement


plus disséminée, car supportée par la Vulgate de Jérôme,
le Gothique, le Sahidique, Irénée, Cyril de Jérusalem, et
les pères Latins. Les évidences géographiques, les ver-
sions grecques anciennes, et les pères Latin montrent que
cette lecture est à préférer, car le sens des passages est
que la paix divine se déverse sur les hommes en qui Dieu
accorde sa complaisance, non pas qu’il faut qu’ils aient
de la bonne volonté pour recevoir ses faveurs car, « Dieu
à tant aimé le monde afin que quiconque croit en lui ne
périsse pas, mais ait la vie éternelle» (Jean 3 :16).
Une autre variante ayant un impact sur un point de
la christologie est Jean 3 :13, qui est traduit par la ver-
sion TOB comme, «Car nul n’est monté au ciel sinon ce-
lui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, » cepen-
dant, le textus receptus que suit NEG, FBJ ajoute ὁ υἱὸς
τοῦ ἀνθρώπου ὁ ὤν ἐν τῷ οὐρανῷ, « . . . le Fils de l’homme qui
est au ciel. » Cette variante est sans doute importante, car
la question de savoir si Jésus se déclarait être présent au
ciel tandis qu’il était avec Nicodème sur la terre se pose.
Les évidences externes sont résumées dans le tableau sui-
vant :

Alex. Césa. Occ. Byz.


1 ὁ ὤν ἐν τῷ 892 Coptic q f1
f f13
f Vielle AEFGHKM
οὐρανῷ (mss Bo- Arm. Latine, S V Γ Λ Π lec
« qui est au haïrique) Vulgate, Byz Theodoret
Georg.
ciel. »
Dionysien Syriaque Didyme

Origène Hypolythe
2 omission P66, 75 a B L
33 mss copt.
Ethiopien
Origène Did-
yme
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 124

3 ὅς ἧν ἐν τῷ Vielle
οὐρανῷ « qui Latine (ms.
était au ciel. » e.) Syri-
aque (Cur.)
4 ὁ ὤν ἑκ τοῦ 0141 80
οὺρανοῦ « qui Syriaque
vient du ciel. » (Sinaïtique)

En évaluant les évidences externes d’un premier


coup d’œil, il semble clair que les variantes ὅς ἧν ἐν τῷ
οὐρανῷ « qui était au ciel » et ὁ ὤν ἑκ τοῦ οὺρανοῦ « qui vient
du ciel » sont secondaires. Le premier n’est attesté que
dans des versions tandis que le dernier n’a que deux mss
grecs à sa cause. Chacune de ces lectures, essaye d’éviter
la théologie selon laquelle, Jésus serait aux deux endroits
en même temps.
La deuxième variante omet la phrase, et est sup-
portée par les plus anciens mss des textes grecs, datant
de 200 ans environ a.p. J.-C. (P66, 75), seulement dans un
seul type de texte (Alexandrin). Mais la lecture variante
à la deuxième existe dans d’autres mss Alexandrins tels
que la version Bohaïrique attestant que les mots , ὁ ὤν ἐν
τῷ οὐρανῷ « qui est au ciel» étaient déjà connus en Egypte
très tôt.
La première variante est présente aussi bien dans
la quasi totalité des Onciaux et minuscules, contenant
125 Pratique de la critique textuelle

l’évangile de Jean (A E F G H K M S V Γ Λ Π 28 565)


que dans presque toutes les premières versions (Vieille
Latine, Vulgate, Arménienne, Géorgienne), qui incluent
plusieurs mss d’Égypte. La situation demeure la même
dans la grande majorité des témoins patristiques (ex., le
père Alexandrin Origène), qui se divisent entre la lecture
1 et 2. De plus, cette variante est beaucoup plus distribuée
géographiquement que ne le sont les autres.
Pour résumer, les évidences externes, il apparait
que ὁ ὤν ἐν τῷ οὐρανῷ est la lecture à préférer. Ceci est
d’autant plus confirmé par le fait que cette variante est la
plus difficile. En effet, cela aurait semblé étrange à n’im-
porte quel scribe que Jésus Christ soit en même temps
au ciel et sur la terre. La deuxième variante ὁ ὤν ἑκ τοῦ
οὺρανοῦ « qui vient du ciel » et ὅς ἧν ἐν τῷ οὐρανῷ « qui était
au ciel » ne sont que des essais évidents d’une correction
théologique, afin d’assouplir la lecture de la variante 1.
Cette dernière aussi s’accorde avec le principe selon
lequel, la lecture variante la plus courte est à préférer, car
les scribes avaient plus tendance à ajouter qu’à retran-
cher. De plus, les lectures des variantes 1 et 2 sont en har-
monie aussi bien avec la théologie de l’auteur, que son
vocabulaire, parce que Jésus n’avait jamais cessé d’être
Dieu, quand bien même il était sur la terre (cf. jean 1 :1,
14) ; il est Seigneur après la résurrection (Jean 20 :28).
La phrase ἐν τῷ plus un nom datif fait partie du style de
l’auteur, qui l’utilise plus de 194 fois (1 :18; 3 :31 ; 6 :46 ;
12 :17 ect.). Par conséquent, les évidences linguistiques
ne contredisent pas la variante 1. Ainsi, l’inclusion du
mot doit être considérée comme originale, ou la plus an-
cienne.
Dans Eph 5 :22, la lecture αἱ γυναῖκες τοῖς ἰδίοις
ἀνδράσιν ὡς τῷ κυρίῳ, est la plus vieille, car des manuscrits
tels que, le Papyrus 46 (vers le 200 a.p. J.-C), le Vatica-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 126

nus (B), le Codex Athous Lavrensis (Y), acceptent celle


lecture qu’adopte The Greek New Testament: SBL Edi-
tion, édité par Michael W. Holmes, 2010 (SBL). Le ma-
nuscrit Aleph et la tradition byzantine ajoute une forme
de ὑποτάσσεσθε.
Υποτασσεσθωσαν ‫ א‬A I Ψ 0278 6 33 81 104 365
1175 1241 1881 2464 pc lat Syhmg Cop. Bien que le verbe
« soyez soumises » soit suivit par plusieurs versions fran-
çaises (NEG, LSG, TOB, excepté Jérusalem), la plupart
des versions du NT, militent pour ne pas l’ajouter, sauf
pour un désir de clarté, parce que le principe de la lecture
la plus courte, est le plus probable. La soumission de la
femme à son propre époux est sous entendue à partir du
verset 21, qui est développe dans ce que l’on appelle le
code de la maisonnée, comme il en existait dans le monde
gréco-romain. Cet ajout, est aussi adopté par Clément, et
Origène.
Le terme Ἰουνιᾶν ou Ἰουνίαν apparaît dans Romains
16:7. Mais Junias ((Ἰουνιᾶς) n’existe nulle part ailleurs
dans le NT; certains croient que c’est une abréviation
commune pour Junianus (B-D-F §125, 2; Rob. 172), à sa-
voir, un chrétien de la Judée, qui vécu l’emprisonnement
de Paul, ou du moins partagea une expérience similaire.
Mais cette hypothèse n’a pas grand support concernant
Ἰουνιᾶς dans les manuscrits. Le papyrus 46 atteste de la
variante Ἰουlιᾶν. Mais ce papyrus contenant le texte de
Romains (1 et 2 Cor., Gal., Eph., Phil., Col., 1 Thess et
Heb) est tout de même des environs de 200 ans a.p. J.-C.,
même si la majorité des érudits la rejette ; toutefois, la
prudence est de mise dans ce genre de cas.
La discussion ici relève plus de la grammaire que de
la critique textuelle, les consonnes sont très bien fixes et
confirmées, car l’accusatif de la forme singulière Ἰουνίαν
peut bien être le masculin Ἰουνιᾶν représentant le diminutif
Junianus ou le fféminin Ἰουlιᾶν. Ce n’est qu’une question
127 Pratique de la critique textuelle

d’accents. Mais cela n’apparaît que très rarement avant le


7e siècle dans des manuscrits grecs. Le contexte dans lequel
la juxtaposition des noms apparait n’est pas vraiment clair.
Mais on remarque que Paul cite le couple Priscille et Aqui-
las (v. 3); le v. 7, mentionne Ἀνδρόνικον καὶ Ἰουνιᾶν comme
concitoyen (συγγενεῖς, adjectif masc.). Mais les évidences
tardives des textes Latin et grecques montrent que le fémi-
nin est aussi tardif pour Junia (plus de 250 occurrences);
mais le masculin n’est attesté nulle part, à moins d’accepter
le sens diminutif. Les manuscrits grecs commencèrent à
être accentués qu’au IIIe s. av. J.-C. par Aristophane de
Byzance (la prononciation devait commencer à être in-
certaine); la ponctuation, elle, ne devint systématique
qu’au Xe s. ap. J.-C.1 La transcription des premiers manus-
crits grecs n’incluait pas des marques d’accents (à l’exemple
du texte moderne grec), simplement parce que, rarement,
les premiers manuscrits eurent été accentués excepté à
l’occasion de la présence d’un esprit rude.2 Chrysostome
aussi prend Junia pour une femme lorsqu’il dit, combien
grande était la sagesse de cette femme au point qu’elle
était considérée digne d’être appelée apôtre. Chrysos-
tome devient l’interprète le plus ancien à confirmer Junia
comme étant une femme. Mais, quelque soit le cas, la
preuve n’est pas certaine à 100 pour 100. Mais le texte de
Base de ‫ א‬semble favoriser le masculin, car il semble avoir
un accent circonflexe.
Le comma Johanneum est un passage inclus à tort
dans la première épitre de Jean. Le texte du Comma Jo-
hanneum est inséré en gras dans le texte :

R. R. Schulz “Romans 16:7: Junia or Junias?” Expository


1

Times 98/4 (1986–87): 108-110.


Philip Comfort, Encountering the Manuscripts: An In-
2

troduction to New Testament Paleography & Textual Criticism


(Nashville, TN: Broadman & Holman, 2005), 321.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 128

ὅτι τρεῖς εἰσιν οἱ μαρτυροῦντες, τὸ πνεῦμα καὶ τὸ ὕδωρ


καὶ τὸ αἷμα, καὶ οἱ τρεῖς εἰς τὸ ἕν εἰσιν.
Jean 5:7 Car il y en a trois qui rendent témoignage
dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont
un. 5:8 Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la
terre : l’Esprit, l’eau et le sang ; et ces trois sont d’accord
(Crampon)
Le texte est accepté par le textus receptus, mais son
caractère apocryphe est confirmé par son absence de l’en-
semble des anciens manuscrits du Nouveau Testament,
ainsi que des citations des pères de l’Église, à l’instar de
Clément d’Alexandrie, lequel discute de la trinité avec le
texte de 1 Jean 5 :7 à 8, sans le comma. Les Papyri 9 et 74
n’aident pas à décider, car ils ont une lacune à ce niveau.
Le Comma semble tirer sa source du Liber Apolo-
gitcus de Priscillien, au IVe siècle, et s’est répandu dans
les manuscrits latins à partir du début du IXe siècle, avant
de revenir par le biais des traductions dans certains ma-
nuscrits grecs. Il n’apparaît dans aucun manuscrit copte
ou syriaque.
Érasme aussi omet le comma dans sa première ver-
sion du Novum Instrumentum omne, mais l’inclut dans
la troisième version publiée en 1522, après la découverte
d’un manuscrit grec le contenant. Cette version a ser-
vi de modèle jusqu’au XIXe siècle pour les traductions
des Bibles en langue vernaculaires (Bible allemande de
Luther, Bible du roi Jacques en anglais). Ces dernières
contenaient le Comma, mais il disparut au XIXe siècle
dans les traductions modernes à cause de la critique tex-
tuelle. Ainsi, Toutes les versions françaises modernes ne
l’incluent plus (TOB, FBJ, NEG, LSG).
129 Pratique de la critique textuelle

Longues variantes

Une des variantes les plus longues reste celle de la


fin du livre de Marc ; une véritable incertitude demeure
quant-à la fin de ce livre.1 La question semble être valide,
puisque selon les manuscrits, il y a quatre conclusions re-
censées pour le livre de Marc ; ce qui permet de suspecter
l’inauthenticité de toutes ces variantes. Au nombre de ces
quatre fins du livre de Marc, on peut noter : la fin brève, la
fin intermédiaire, la longue fin, et la longue fin élargie. Et
les évidences pour chacune d’elle sont comme ceci :
En suivant les catégories d’Aland
[[16:9-20, La fin la plus longue de Marc]] A C D E
G Hvid K M S U W Y D Q P W 2 13 28 33 69 118 124 157
346 565 700 788 1071 1424 2358 f13 f MT
ÎÎVAnasta.j de. prwi> prw,th| sabba,tou evfa,nh prw/ton
Mari,a| th/| Magdalhnh/|( parV h-j evkbeblh,kei e`pta. daimo,niaÅ
10
evkei,nh poreuqei/sa avph,ggeilen toi/j metV auvtou/ genome,noij
penqou/si kai. klai,ousin\ 11 kavkei/noi avkou,santej o[ti zh/| kai.
evqea,qh u`pV auvth/j hvpi,sthsanÅ 12 Meta. de. tau/ta dusi.n evx auvtw/n
peripatou/sin evfanerw,qh evn e`te,ra| morfh/| poreuome,noij eivj
avgro,n\ 13 kavkei/noi avpelqo,ntej avph,ggeilan toi/j loipoi/j\ ouvde.
evkei,noij evpi,steusanÅ 14 {Usteron Îde.Ð avnakeime,noij auvtoi/j
toi/j e[ndeka evfanerw,qh kai. wvnei,disen th.n avpisti,an auvtw/n kai.
sklhrokardi,an o[ti toi/j qeasame,noij auvto.n evghgerme,non ouvk
evpi,steusanÅ 15 kai. ei=pen auvtoi/j\ poreuqe,ntej eivj to.n ko,smon
a[panta khru,xate to. euvagge,lion pa,sh| th/| kti,seiÅ 16 o` pisteu,saj
kai. baptisqei.j swqh,setai( o` de. avpisth,saj katakriqh,setaiÅ 17
shmei/a de. toi/j pisteu,sasin tau/ta parakolouqh,sei\ evn tw/| ovno,-
mati, mou daimo,nia evkbalou/sin( glw,ssaij lalh,sousin kainai/j(

Pour des études les plus récentes, voir Paul L. Danove, The
1

End of Mark’s Story: A Methodological Study (Leiden, 1993),


120-5; David C. Parker, The Living Text of the Gospels (Cam-
bridge, 1998), 124-47.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 130
18
Îkai. evn tai/j cersi.nÐ o;feij avrou/sin ka’n qana,simo,n ti
pi,wsin ouv mh. auvtou.j bla,yh|( evpi. avrrw,stouj cei/raj evpiqh,sou
ou-
19
sin kai. kalw/j e[xousinÅ ~O me.n ou=n ku,rioj VIhsou/j meta. to.
lalh/sai auvtoi/j avnelh,mfqh eivj to.n ouvrano.n kai. evka,qisen evk
dexiw/n tou/ qeou/Å 20 evkei/noi de. evxelqo,ntej evkh,ruxan pantacou/(
tou/ kuri,ou sunergou/ntoj kai. to.n lo,gon bebaiou/ntoj dia. tw/n
evpakolouqou,ntwn shmei,wnÅÐÐ
9[Après s’être relevé, au matin du premier jour de
la semaine, il apparut d’abord à Marie-Madeleine, de la-
quelle il avait chassé sept démons. 10 Elle alla porter la
nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, alors qu’ils étaient
en deuil et qu’ils pleuraient. 11Quand ils entendirent qu’il
était vivant et qu’elle l’avait vu, ils ne le crurent pas.
12Après cela, il se manifesta, sous une autre ap-
parence, à deux d’entre eux qui allaient à la campagne.
13Ils revinrent eux aussi l’annoncer aux autres, qui ne les
crurent pas non plus.
14Enfin, il se manifesta aux Onze, pendant qu’ils
étaient à table, et il leur reprocha sévèrement leur manque
de foi et leur obstination, parce qu’ils n’avaient pas cru
ceux qui l’avaient vu après son réveil.1 15Puis il leur dit:

1
A la fin du v.14 un ms du IV-Ve siècles, le Codex Washingto-
nius intercale le dialogue suivant: kakeinoi apelogounte legontej
oti o aiwn outoj thj anomiaj kai thj apistiaj upo ton satan-
an estin o mh ewnta upo twn p®n®a® twn akaqarta thn alhqeian
tou q®u® katalabesqai dunamin dia touto apokaluyon sou thn
dikaiosunhn hdh ekeinoi elegon tw c®w® kai o c®j® ekeinoij
proselegen oti peplhrwtai o oroj twn etwn thj exousiaj
tou satana alla eggizei alla diva kai uper wn egw amarth-
santwn paredoqhn eij qanaton ina uposMT TReywsin eij
thn alhqeian kai mhketi amarthswsin ina thn en tw ouranw
p®n®i®khn kai afqarton thj dikaiosunhj doxan klhronomhswsin,
« Ceux-ci répondirent: Ce monde rebelle et sans foi gît au pouvoir
du Satan, qui ne permet pas que la vérité et la puissance de Dieu
131 Pratique de la critique textuelle

Allez dans le monde entier et proclamez la bonne nouvelle


à toute la création. 16Celui qui deviendra croyant et rece-
vra le baptême sera sauvé, mais celui qui ne croira pas
sera condamné. 17Voici les signes qui accompagneront
ceux qui deviendront croyants: par mon nom, ils chasse-
ront les démons; ils parleront des langues nouvelles; 18ils
saisiront des serpents; s’ils boivent un breuvage mortel,
quel qu’il soit, il ne leur fera aucun mal; ils poseront les
mains sur les malades et ceux-ci seront guéris. 19Le Sei-
gneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et
il s’assit à la droite de Dieu. 20Et ils s’en allèrent procla-
mer partout le message. Le Seigneur œuvrait avec eux et
confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.]

I II III IV V Sans Categorie


4 s. W
5 s. C A D ff2
8 s. E
9 s. 33 Q 1424 565 PWGHK
D MUY
10 s. ¦13 S
11 s. 124 28 700 2
788
12 s. 1071 157 2358 c
346
13 s. 13 118
15 s. 69
19 s. TR
MT

soient reçues par les esprits impurs; révèle donc dès maintenant ta
justice. Ils disaient cela au Christ. Le Christ leur répondit: Le terme
des années de l’autorité du Satan est arrivé, mais d’autres épreuves
approchent. Et moi, j’ai été livré à la mort pour ceux qui ont péché,
afin qu’ils se convertissent à la vérité et ne pèchent plus, de sorte
qu’ils héritent de la gloire spirituelle et impérissable de la justice,
qui est au ciel. »
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 132

+[[en tisi men twn antigrafwn ewj ou kai Eusebioj


o Pamfilou ekanonisen en pollaij de kai tauta feretai (+
16:9-20 )]]
I II III IV V Sans Catégorie
10 1582 f1
s.
12 1
s.

La conclusion la plus longue ne se retrouve dans


aucun papyrus, ni à l’intérieur des mss ‫ א‬et B, ni dans la
Vieille Latine ms k, encore moins dans la version Syriaque
et tous les anciens mss arménien, Grégorien, sans oublier
la version Éthiopienne. Clément d’Alexandrie, Origène, et
Ammonius semblent ne pas l’avoir connu. D’autres pères
de l’église disent que la section est absente des copies du
livre de Marc utilisées par eux (ex., Jérôme, Epist. CXX.3,
To Hebidia, « Presque toutes les copies n’ont pas cette
partie. ») Le Canon d’Eusèbe semble ne pas tenir compte
des versets qui suivent le huitième. Les anciennes copies
grecques (ex., mss 1, 20, 22) n’ont pas Marc 16 :9 à 20
et d’autres la marquent avec un Astérix ou un obélisque,
signe conventionnel utilisé par des scribes pour en mar-
quer l’inexactitude d’une tradition.
[[La fin brève de Marc du Codex Bobiensis k, est
très fragmentaire. C’est l’un des premiers témoins tex-
tuels disponibles]] ferete pou kai tauta panta de ta pa pa-
rhggelmena toij peri ton petron suntomwj echggeilan) meta
de tauta kai autoj o Ihsouj apo anatolhj kai acri dusewj
exapesteilen di autwn to ieron kai afqarton khrugma thj
aiwniou swthriaj amhn : («Alors, tout ce qui leur avait été
annoncé, elles le rapportèrent brièvement à Pierre et à
son entourage. Ensuite, Jésus lui-même, du levant au
couchant, fit parvenir par eux le kérygme saint et incor-
ruptible du salut éternel. Amen» (après Marc 16 :8)
133 Pratique de la critique textuelle

I II III IV V Sans Catégorie


4 s. k

[[La fin brève de Marc 16:9-20]] ferete pou kai


tauta panta de ta parhggelmena toij peri ton petron sun-
tomwj echggeilan) meta de tauta kai autoj o i®j® apo ana-
tolhj kai acri dusewj exapesteilen di autwn to ieron kai
afqarton khrugma thj aiwniou swthriaj (+ 16:9-20)
[Mais elles annoncèrent brièvement aux compa-
gnons de Pierre tout ce qu’on leur avait enjoint de dire.
Après cela Jésus lui-même les envoya porter de l’Orient à
l’Occident la proclamation sacrée et impérissable du sa-
lut éternel. Amen.]

Sans
Cate-
I II III IV V gorie
8 s. L
9 s. Ψ
13 s. 579

Ce qui semble Clair, c’est le fait qu’aucune de ces


conclusions du livre de marc n’a été regardée comme
originale. D’autres y voient une saveur apocryphe dû au
modèle expansionniste, et à cause de son apparition dans
les mss à partir du Vesiècle. Parmi toutes ces conclusions,
il se pourrait que la plus longue soit celle qui semble la
plus proche de ce qui devrait avoir la pensée même de
Marc. Metzger et Erhman y voient toutefois le texte
comme secondaire, basé sur des évidences internes (323
à 24), à cause de la transition abrupte entre le verset 8, où
les femmes constituent le sujet principal et le verset 9, qui
focalise son attention sur Jésus. Il semble vraisemblable-
ment que quelqu’un aurait dû ajouter ces versets afin de
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 134

fournir une fin appropriée au livre.


Le livre de Marc a 1334 mots. Aucun des termes du
livre de Marc n’est unique au livre de Marc ; même ceux
de la pericope de Marc 16:9-20 sont de 120 environ, d’où
seulement 8 hapax logemena apparaissent ailleurs dans
le NT : ἀνελήμφθη ( v. 19), Ὕστερον (v. 14) , συνεργοῦντος
v. 20, θανάσιμόν , ὄφεις , βλάψῃ (v. 18 ), πενθοῦσι (v.
10) ,παρακολουθήσει, v., μορφῇ (v. 12) , ἀνελήμφθη (v. 19).
Les autres hapax, sont utilisés plus ou moins dans l’épitre
même : πανταχοῦ apparaît en Marc 1:28; 16:20; la même
chose pour ὠνείδιζον (15:32; 16:14 ; cf. Luc 6 :22). De Marc
1 à 16 :8, il y a 1318 termes, et 106 mots en commun avec
la péricope de Marc 9 à 20 on peut donc dire qu’il y a une
affinité dans le vocabulaire de Marc, mais surtout avec
celui de Luc et de Paul. Le seul terme qui n’apparaît pas
dans le NT est θανάσιμόν.
Il est fort possible que Marc soit tout aussi ancien
qu’on ne le pense, et peut l’être bien avant le Ve siècle Il
se pourrait que Luc, le docteur, ait dans une copie ajou-
té cette fin. Il n’est pas bien évidemment question d’être
dogmatique là-dessus. Je considère ce texte inspiré tou-
tefois, car, l’inspiration ne vient pas nécessairement du
fait que ce soit Marc qui ait orthographié cette fin, mais
de Dieu qui a commandé ou permis dans l’ancien temps
que cette conclusion soit parvenue jusqu’à nous. Ainsi,
le texte devrait rester tel quel. Il est en effet difficile de
croire que Marc termine son évangile de façon brusque,
«Elles sortirent du sépulcre et s’enfuirent. La peur et le
trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à per-
sonne, à cause de leur effroi » (v. 8).
Une autre portion du NT, comme la fin de Marc aus-
si très disputée, est celle de la femme adultère. La ques-
tion ici n’est pas de savoir si l’histoire est réelle ou pas,
car Jean déclare que Jésus fit beaucoup d’autres œuvres
135 Pratique de la critique textuelle

que nous ignorons (cf. Jean 20 :30), mais plutôt de sa-


voir si Jean inclut cette histoire lorsqu’il écrivait l’auto-
graphe. Les évidences externes ne permettent pas de ré-
pondre par l’affirmative, car cette portion ne se trouve ni
dans les grands Codices ‫ א‬et B et deux des plus ancien
papyri (P66 et P75), encore moins dans la tradition Césa-
réenne, Alexandrine et une variété des pères de l’église.
Les versions Sahidique, Bohaïrique, certains manuscrits
Arméniens et Georgien l’omettent. Le texte Occidental ne
l’inclut pas non plus ; et aucun père grec avant Euthy-
mius Zigaberus (XIIe siècle) ne fait un commentaire sur
cet épisode riche de sens. Lorsque les évidences externes
seules sont considérées dans une si grande diversité, nous
pouvons dire que l’histoire, me semblait-il, circulait dans
la tradition orale, car même le vocabulaire diffère de celui
de l’évangile de Jean. L’histoire donc ne faisait pas partie
de l’original.
Quant aux évidences internes, le passage est de 18
versets. il est impensable de concevoir qu’une omission
simple puisse justifier son absence dans les mss les plus
anciens. A nouveau, une analyse du vocabulaire par cer-
tains érudits, semble dire qu’il est plus proche de Luc
qu’aucun autre livre du NT. À cet effet, il est fort possible
de croire que lorsqu’il faisait des recherches pour écrire
son évangile (Luc 1 :2-3), Luc aurait mis à jour certains
mss à sa disposition avec la tradition orale qu’il pensa im-
portant d’inclure. L’hypothèse peut aisément expliquer
cette insertion. Mais, à nouveau, il n’est pas nécessaire
d’être dogmatique là-dessus. Le texte étant en ligne avec
les autres évangiles, semble être vrai, mais non venant de
Jean lui-même.
Des interpolations non Occidentales sont des lec-
tures variantes relevées dans le texte de type Occiden-
tal, plus courtes que celles des autres types de texte du
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 136

Nouveau Testament. Le terme a été engendré par le


F. J.A. Hort.1 Le texte alexandrin est généralement laco-
nique ; le texte Occidental est augmenté et paraphrasé à
plusieurs endroits, le texte Byzantin quant-à lui est une
combinaison des deux. Toutefois, le texte occidental est
en certains endroits plus courts que le texte Alexandrin.
Toutes ces lectures variantes courtes, furent nommées
par Hort, interpolations non-occidentales. Depuis le
XVIIIe siècle, les chercheurs ont préféré la lecture la plus
brève. C’était le texte authentique selon B. F. Westcott et
F. A. J. Hort. Quand ils ont imprimé le Nouveau Testa-
ment en grec (1882), dans presque tous les cas, ils sui-
virent le texte de type Alexandrin à quelques exceptions
près, y compris interpolations non-occidentales. Selon
Westcott et Hort, en de rares occasions, les témoins tex-
tuels occidentaux ont conservé le texte original, contre
tous les autres témoins.2 Bien que Jérôme et Eusèbe s’ac-
cordent sur le fait que le récit incontestable se parachève
par les mots : « Car elles avaient peur, »3 le Codex Regius
du VIIIe siècle contient les deux conclusions ; Il donne
d’abord la plus courte, et fait précéder chaque conclusion
d’une note mentionnant que ces passages sont couram-
ment acceptés dans certains milieux, mais n’en reconnaît
aucune comme faisant autorité. Autre part, Edgar Goods-
peed, traducteur de la Bible, a fait cette remarque : «La
conclusion courte se relie bien mieux à Marc 16:8 que la
longue, mais ni l’une ni l’autre ne peut être considérée

B. F. Westcott and J. F. A. Hort, The New Testament in the


1

Original Greek, 2nd ed. (London: n.p., 1896), 175-177.


2
Bart D. Ehrman, The Orthodox Corruption of Scripture:
The Effect of Early Christological Controversies on the Text of
the New Testament (Oxford: Oxford University Press, 1996), 223
3
Jérôme, lettre CXX, question III ; Eusèbe, “ Ad Marinum,”
I, publié dans Patrologia Græca, Paris, 1857, vol. XXII, col. 937 .
137 Pratique de la critique textuelle

comme une partie originelle de l’Évangile de Marc. »1

Exercices pour la pratique

Les textes suivants contiennent certains problèmes


textuels significatifs pour illustrer ce qui a été appris :

Matt 5 :22 Marc 6 :3


Matt 6 :13 Marc 7 :4
Luc 1 :78 Luc 3 :22a
Luc 3 :22b Luc 4 :41
Rom 8 :20, 23 1 Cor 2 :1
1 Cor 4 :14 Gal 1 :6
Eph 1 :15 Eph 3 :3
Phil 3 :3 Col 2 :23

L’utilisation de l’ordinateur pour


la recherche des variantes
Inévitablement, le vaste champ qu’est la critique tex-
tuelle, nécessite une classification où l’erreur humaine est
minimisée. Par conséquent, le désir de collationner et de
faire des programmes pour analyser ne pouvait échapper
à la venue de l’ordinateur. L’ordinateur peut permettre
d’établir des bases de données afin de classifier des textes
1
The Goodspeed Parallel New Testament, (1944), p. 127.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 138

par types ou catégorie textuelle.


Une fois que des lectures distinctives des manus-
crits sont enregistrées par sa collation en comparaison
d’un texte de base, un ordinateur peut aider à reproduire
le texte distinctif dans son entièreté. Ceci n’est possible
que par comparaison électronique. Des types de familles
et types textuels peuvent être ainsi non seulement vérifiés
mais ré-analysés.
Bien que la tâche du critique textuel à savoir, cher-
cher à reproduire le texte original du NT reste la même,
l’institut pour la recherche textuelle du Nouveau Testa-
ment de l’université de Münster, en Allemagne a commen-
cé certains préliminaires dans l’investigation des relations
statistiques et mathématiques entre des manuscrits. Ce
projet eu origine avec Kurt and Barbara Aland, et fut à la
base des principales versions grecques du NT (NA27-28
et UBS-1, 2, 3,4). En France, le Centre d’analyse et de do-
cumentation patristiques est mis en place par J. Dupla-
cy. Ses travaux se verront continués par Christian-Ber-
nard Amphoux. Leur projet réalisé est celui de l’évangile
de Marc, dans un multiple-volume montrant l’histoire du
manuscrit en grec, aussi bien que d’autres versions, Ceci
afin d’expliquer comment les types de texte tels que Occi-
dental, Alexandrin etc… se seraient développés.
Le projet le plus abordable disponible même pour
un amateur de la critique textuelle, est le projet du sé-
minaire théologique Baptiste de New Orléans, le fameux
Center for the New Testament Textual Studies NT Cri-
tical Apparatus, qui adopta comme texte de base NA27,
Novum Testamentum. La collation prend cependant plus
de sources que celles comprises dans NA27.
Le travail est disponible dans Bibleworks 9 et Ac-
cordance 10. Ce travail qui commença en 2000, vit le pre-
mier module achevé en 2004 pour les Évangiles, et pro-
139 Pratique de la critique textuelle

gressivement, le NT entier fut disponible.


La seule étape restante pour CNTTS est un travail
de vérification, de correction, tout comme d’amélioration
continue de la possibilité de la recherche. Mais à son état
actuel, la base de données permet d’identifier certains
types de variantes, que ce soit par manuscrit individuel ou
dans tout le NT. Des types d’erreurs spécifiques peuvent
être recherchés dans la même base pour des lectures si-
gnificatives ou non.
Cet apparat critique géant n’est que la bienvenue
pour tous les textualistes. Certains fragments bibliques
peuvent être maintenant analysés et répertoriés par cha-
cun librement pour la recherche. Mais la détermination
des lectures variantes suit la catégorisation d’UBS-4, car
plus adaptée au monde anglophone.
8
Conclusion

F inalement, la critique textuelle n’est pas issue de


rien. Elle naît d’une véritable observation qu’un texte
considéré Important pour les premiers chrétiens, n’a pas
échappé à la faculté humaine de commettre des fautes.
Ayant été intensivement recopié sur plusieurs siècles et
dans différents endroits, par plusieurs types de scribes
(professionnelles et amateurs), à la hâte et souvent de
manière soigneuse, des erreurs simples, voire compli-
quées se seraient forcément glissées dans le texte qui
nous est tant cher. Cependant, force est de constater que
ces erreurs n’abrogent en aucune façon le message cen-
tral du salut de Dieu pour son peuple, mais plutôt cer-
taines compréhensions et pratiques qui peuvent en créer
des différences.
La critique textuelle doit être encouragée et prati-
quée que ce soit en herbe ou de façon professionnelle tant
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 142

par les étudiants, des pasteurs de champs, et des laïcs qui


s’intéressent à la Bible. Ceci devient de plus en plus faci-
lité par le fait que presque tout le corpus des manuscrits
du NT est disponible dans des logiciels bibliques et par
conséquent, avec un peu d’effort, tout le monde peut la
pratiquer. Chaque personne peut devenir textualiste, car
ce qui est le plus nécessaire est le « bon sens » dans la
comparaison des anciens manuscrits. De cette compa-
raison, la détermination d’un texte plus ou moins origi-
nal peut être trouvée entre 90 à 100 % d’assurance. En
fait, la critique textuelle existe dans un système de com-
munication vraie, car ces termes ont été écoutés par une
église qui croyait en Christ et en son message ; même si la
sincérité ne prévient pas toujours l’erreur. Le textualiste
moderne, avec un bon degré de bon sens, peut s’habituer
à détecter le texte plus ou moins original, à savoir le plus
probable, au vu des lectures variantes existantes.
Pour ce faire, il dispose des manuscrits grecs
(papyri et majuscules, minuscules et onciaux), des an-
ciennes traductions, et citations des pères de l’église.
Les lectures variantes varient quant à leurs longueurs et
importances, car pouvant aller d’un accent, un mot ou à
l’omission, et ajout d’un mot ou d’une phrase entière. Par
conséquent, l’originalité dans ce cas, est d’aller au-delà
de l’erreur attestée par les différences dans les lectures
variantes. Des questions peuvent y aider : Est-ce l’auto-
graphe ? N’est-ce pas un autre texte créé par l’exercice
moderne ? Dans un premier sens, la critique textuelle
ne créé pas un texte nouveau, mais part de la prémisse
qu’entre plusieurs choix d’une même composition en
général, une devrait être la bonne ; mais ce meilleur texte
est issu du bon sens et du fait que l’erreur même possède
une logique et un modèle.
Parmi ces erreurs, le critique choisit ainsi ce qui
143 Conclusion

paraît logiquement avoir été à la clé de la création des


autres variantes. Presque toujours, ce qui semble avoir
été à l’origine des divergences, est confirmé par le fait
qu’il est toujours le plus ancien et le plus difficile parmi
les variantes. En ceci, ce n’est pas préférer les critères in-
ternes par apport aux autres critères, mais simplement le
contrôle des critères internes par l’âge des manuscrits. Le
critique travaille donc sur des certitudes soigneusement
écrites, mais toujours avec une ouverture non dogma-
tique, car l’autographe n’existe plus pour avoir la convic-
tion totale.
De plus, la critique textuelle du NT est basée sur des
fondations solides. Les 5700 manuscrits grecs du NT dé-
passent de loin tout autre type de littérature ancienne gré-
co romaine, ainsi que leur distance de leurs autographes :
27 manuscrits ont survécu de Tite Lyve, dont le plus an-
cien date de 400 ans après l’autographe ; 3 manuscrits de
Tacite, le plus ancien, datent du 9 siècle (700 ans après
qu’il rédigea) ; juste après 200 manuscrits les écrits de
Suétone furent écrits, mais seules des copies existantes
datent du 9è siècle a.p. J.-C. (soit 600 après leurs rédac-
tions) ; il y a 20 manuscrits pour Thucydide, à partir du
1er siècle (400 ans après leurs rédactions) ; et 75 manus-
crits pour Hérodote, à partir du 1er siècle (400 ans après
qu’il écrivit). Par conséquent, le Christianisme préserve
plus de manuscrits que n’importe quelle autre littérature
de l’antiquité et ces manuscrits les plus proches de leurs
rédaction tels que le papyri 33, 66, datent de la deuxième
moitié du deuxième siècle a.p. J.-C. 1 Les papyri par
exemple ont un grand degré d’exactitude, par exemple,
P66 a un 1.0 de moyenne d’erreur lorsque comparée dans
Voir J. Ed Komoszewski, M. James Sawyer, and Daniel B.
1

Wallace, Reinventing Jesus: What the Da Vinci Code and Other


Novel Speculations Don’t Tell you (Grand Rapids: Kregel, 2006),
71.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 144

sa section la plus longue; P75 est encore meilleur, car sa


moyenne d’erreur est de 0.6 à partir de Jean 8:22 à 10:14
et à peu près une moyenne de 1.1 pour la section de Luc
22:38 à 24:53. Jean est presque sans erreur de recopiage.
Par conséquent, il a une marge d’erreur de 2.2.1
Au risque d’imposer au texte biblique des notions
artificielles issues d’une autorité humaine, le bon sens
et la critique des différences exige que tout exégète s’ap-
plique à la pratique de la critique textuelle. La procédure
pourtant, n’est pas du domaine de l’arbitraire, elle a be-
soin de certains critères sur lesquels travailler, et à coup
sûr, avec la pratique, ses critères, peuvent être améliorés
et peaufinés.
L’analyse de plusieurs variantes, semble-t-il permet
à l’étudiant de se familiariser et d’avancer lui-même dans
son art de textualiste ?. Aucun interprète sérieux ne peut
vraiment se passer de la critique textuelle, surtout s’il tra-
vaille dans le NT.
Cependant, il serait erroné de considérer le texte
du NT comme fautif, car comme vu, la grande majorité
des cas, sont parfois causés par l’activité humaine sur le
texte, et par conséquent, le critique ne fait que restituer le
texte, au risque de se tromper. La plupart, des variantes
n’ont même pas de valeur théologique et par conséquent,
causées par la propension humaine à l’erreur. Qui de nos
jours ne fait pas d’erreur ? Même à l’heure du micro com-
puter, combien de fois devrions-nous corriger un docu-
ment afin de le laisser propre ? Le critique ne loue Dieu,
lorsque sans aucune raison valable, il choisit une variante
plutôt qu’une autre. Autre chose, les différences entres
des traductions n’existe pas à cause des défaillances des
manuscrits, mais souvent dûes à l’interprétation des tra-

Voir James R. Royse, Scribal Habits in Eqrly Greek New


1

Testament Papyri (Leiden: Brill, 2008), 495.


145 Conclusion

ducteurs du texte grec. Les différences, la plupart du


temps furent causées accidentellement et non de façon
volontaire comme nous l’avons vu. Cette introduction
pour débutant peut aussi être utilisée par des étudiants
avancés dans l’art et la pratique de la critique textuelle.
Le fameux passage de Marc 16 :9-20, au vu des ma-
nipulations sur la finale peut constituer une forme d’ap-
pendice très tôt ajoutée pour compléter avec une finale
connue de la tradition et pour compléter la finale abrupte
du v. 8. Ceci, aussi peut trahir le fait qu’une autre conclu-
sion aurait-elle été perdue très tôt. Bien que la question
reste discutée, la majorité des commentateurs inclinent
aujourd’hui à reconnaître les vv. 9-20 comme importants
pour l’église, Parce que, cette conclusion longue est déjà
connue et citée par des auteurs anciens comme Irénée de
Lyon (vers 190) et Tatien, dans son Diatessarôn, au IIe
siècle a.p. J.-C. plus encore, elle résume fidèlement les
apparitions et les paroles du Ressuscité, rapportées par
les autres évangiles, en particulier dans Luc et le livre des
Actes. C’est pourquoi, ce livre est reconnu par la grande
Eglise comme normatif et canonique, à savoir, comme
faisant partie intégrante du N.T.
Je m’étonne simplement que ce cours ne soit pas
proposé déjà au niveau de la licence, parce qu’il est mieux
d’avoir ses bases depuis le début, que de ne jamais l’avoir.
Pire encore, il y a des programmes de Master et Docto-
rat qui n’offrent même pas ce cours dans leur curriculum.
Prenons avantage que la plupart de ces textes originaux
sont disponibles dans la plupart des logiciels. Ma trilo-
gie préférée est Bibleworks-Accordance-Logos 5. Prenez
a chaque fois le désir de vérifier le texte, à chaque fois
qu’une différence existe dans le texte étudié, et ce petit
ouvrage, vous guidera, je l’espère, sur comment déter-
miner la bonne lecture variante en utilisant les principes
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 146

mentionnés ci-dessus.
La critique textuelle est donc une étude comparée
des lectures variantes qu’a pris un texte, lors de sa trans-
mission et utilisation depuis les temps anciens. D’autres
l’appellent textologie, puisqu’elle s’étend à d’autres
œuvres de tradition imprimées modernes.
Dans ce travail de choix de variante, les différences
de conclusion une fois de plus, viennent de la culture bi-
blique d’un auteur, de son ecclésiologie, de ses idées pré-
conçues, car souvent défendues depuis le préconscient.
Telle variante est préférée, parce qu’elle correspond à
l’idée que l’on se fait d’un auteur ou d’un personnage bi-
blique ; à l’exemple de Paul pris comme misogyne, les
lectures de 1 Corinthiens 14 :34 à 35 sont rejetées comme
purement secondaires ou de l’évangéliste Luc, dont l’idée
sera suspectée parce qu’elle est attestée par un auteur re-
jeté comme hérétique, ou qu’elle implique (à première
vue au moins) une pensée théologique différente de celle
du critique. Bien des choix se font regrettablement dans
ce cadre; mais des critères qui n’ont rien de philologique,
doivent être rejetés et une vigilance particulière doit être
de mise, afin de ne pas être dirigé par des vers destruc-
teurs, car rappelons nous, les enseignants seront jugés
plus sévèrement (Jacques 3:1). Rappelons-nous toujours
que Dieu, par un miracle de sa puissance, a préservé sa
Parole écrite, à travers des siècles et elle ne peut être
anéantie. Notre travail de critique revient donc à essayer
de corriger les petites coquilles, que la faiblesse humaine
aurait pu introduire ça et là. La Bible est le révélateur de
la vérité, mais elle est salvatrice, avant d’être celle qui in-
forme la curiosité. Les mots sont d’autant plus importants
parce qu’ils expriment la leçon voulue de Dieu et qui s’ap-
plique aux circonstances humaines, comme la voix divine
aux lecteurs.
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William O.Walker. Interpolations in the Pauline Letters.. London: Shef
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Appendice 1
Fiche de Travail pour la critique du NT

La fiche de travail est utile pour des directives ra-


pides pour les démarches à suivre pour étudier un texte
qui présente une ou des variantes. Il aide l’étudiant à for-
muler ses propres conclusions concernant une difficulté
textuelle ; ensuite la conclusion devrait être comparée
avec des commentaires.1 Essayez ces passages suivant :
Matt 5 :22,47 ; 6 :4,9 ;13 ; 14 :24 ; 17 :21 ; 19 :16 ,17 ; Marc
1 :1,2 ; 9 :29 ; 10 :40 ; Luc 4 :4 ; 15 :21 ; Jean 1 :18,34 ;
3 :13 ; 5 :3-4, 44 ; 7 :1,8 ; 7 :53-8 :11 ; Actes 8 :37 ; Ro-
mains 4 :19 ; 5 :1 ; 1 Corinthiens 2 :1 ; 11 :29 ; 13 :3 ; Eph
1 :1 ; 3 :3 ; 1 :14 ; 1 Thessn2 :3,7 ; 1 Tim 3 :16 ; 2 Pierre
3 :16 ; 2 Pierre 1 :21 ; Jacques 2 :20 ; 1 Jean 1 :4 ; 2 :20 ;
3 :1 ; Apocalypse 1 :5.

1. Préliminaires
a. Référence biblique :
b. Le texte grec impliqué tel que trouvé dans NA27 ou
NA28
c. Traduction littérale :

1
Adapté de David Alan Black, New Testament Textual Cric-
ticim: A Concise Guide (Grand Rapids, MI: Baker, 1994), 67-71.
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 154
d. Traduction des versions (LSG, NEG, TOB, FBJ)
e. Délimitation du problème
f. Listage de chaque toutes les lectures alternatives
g. Identification de chaque alternative (ex., omission, addi-
tion, transposition de mots, substitution).
h. Traduction des alternatives et comparaison entre cha-
cune d’elle :

Lectures alternatives Types de variations Traduction

2. Évidence Externes
a. Accumulation d’évidence
i. Énumération des lectures variantes
ii. Enregistrement des évidences par NA27 ou NA28

Lectures variantes Évidences

b. Distribution des évidences. Séparation des témoins sup-


portant chaque évidence dans les types de texte.

Lectures Byzantin Alexandr. Occidental autres


155 Appendice

c. Évaluation des évidences. Organiser les lectures va-


riantes dans l’ordre décroissant des probabilités en com-
mençant par la lecture la « mieux attestée » au début.
Essayer d’expliquer pourquoi chaque lecture variation est
assigné à une position et pourquoi pas une autre.

Lectures variantes Raisonnement

3. Évidence Internes
a. Probabilités transcriptionelles. Tester chaque variante
par apport aux types d’erreur qu’un scribe pourrait avoir
eu à commettre.

Lectures variantes Possibilité d’erreur


transcriptionnelle
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 156

b. Probabilités intrinsèques. Examen de chaque variante


par apport au style de l’auteur, sa théologie, et son voca-
bulaire.

Lectures va- Style de l’auteur Théologie Vocabulaire


riantes

c. Évaluation. Arranger les variantes dans l’ordre décrois-


sant basé sur les évidences internes.
157 Appendice

Lectures variantes Raisonnement

4. Résumé et conclusion
a. Donner un résumé et une évaluation de votre recherche
textuelle de la difficulté en tenant compte de tous les
paramètres rencontrés lors de votre recherche.
b. Arranger vos trouvailles dans un sens logique et clair-
voyant.
Appendice 2
Les papyri constituent pour la majorité les plus an-
ciens et les meilleurs témoins du texte grec original du
Nouveau Testament. Au XXe siècle, Caspar Réné Gregory
a attribué le préfixe P avec un nombre exposant pour clas-
sifier les papyri. Constantin von Tishendorf fut le premier
à citer le papyrus P11. Vers les années 1900 et suivant onze
manuscrits seulement ont été identifiés.
La plupart des papyri sont fragmentaires et isolés, ex-
cepté P15 de la première épître aux Corinthiens, qui a une
feuille entière contenant les chapitre 7-8 ; quatre papyri
P52, P90, P98, et P104 sont datés du 2e siècle ap. J.-C. et par
conséquent, constituent les plus anciens fragments du NT.
D’autres découvertes ont permis d’examiner les caractères
des premiers manuscrits. Par exemple, les papyri Bodmer
(P66, P72, et P75) sont remarquables, en ce qu’ils sont très
bien conservés, surtout P66 qui possède toujours les pre-
miers 26 feuillets complètement intacts, avec une partie de
l’assemblage de la reliure. Dans les tables ci-dessous, les P
se réfèrent au système standard Gregory-Aland. Trois col-
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 160

lections majeures comprenant Oxyrhynque, Bodmer et


Chester Beaty constituent l’ensemble des papyri.

Liste des Papyri du NT

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Évangile selon Université de P. Oxy. 2; E Philadelphie
P1 IIIe siècle
Matthieu 1 Pennsylvanie 2746 Pennsylvanie
Évangile selon Musée égyptien
P2 VIe siècle
Jean 12 de Florence
Inv. 7134 Florence

Bibliothèque na-
Évangile selon Vienne (Au-
P3 600
Luc 7,10
tionale autrichi- Pap. G. 2323
triche)
enne

Évangile selon Bibliothèque na- Suppl. Gr.


P4 IIIe siècle
Luc 1-6 tionale de France 1120
Paris

P. Oxy. 208.
Évangile selon
P5 IIIe siècle
Jean 1,16,20
British Library 1781; Inv. Londres
782. 2484
Bibliothèque Pap. copt.
Évangile selon
P6 IVe siècle
Jean 10,11
nationale univer- 379. 381. Strasbourg
sitaire 382. 384
Bibliothèque
Évangile selon
P7 300(?)
Luc 4
nationale Ver- Petrov 553 Kiev
nadsky d’Ukraine
Actes des Musées d’État de
P8 IVe siècle
Apôtres 4-6 Berlin
Inv. 8683 Berlin

Bibliothèque
Évangile selon P. Oxy. 402; Cambridge
P9 IIIe siècle
Jean 4
Houghton, Har-
Inv. 3736 Massachusetts
vard
Bibliothèque
Épître aux Ro- P. Oxy. 209; Cambridge
P10 IVe siècle
mains 1
Houghton, Har-
Inv. 2218 Massachusetts
vard
Première épître
Bibliothèque Saint-Péters-
P11 VIe siècle aux Corinthiens
nationale russe
Gr. 258A
bourg
1-7
Pap. Gr. 3;
Épître aux Bibliothèque et
P12 IIIe siècle
Hébreux 1 musée Morgan
P. Amherst New York
3b
Épître aux British Library P. Oxy. 657;
Londres
P13 IIIe siècle Hébreux 2-5,10- Bibliothèque Lau- Inv. 1532 v
Florence
12 rentienne PSI 1292
Première épître Monastère
P14 Ve siècle aux Corinthiens Sainte-Catherine 14 Sinaï
1-3 du Sinaï
Première épître P. Oxy.
P15 IIIe siècle aux Corinthiens Musée égyptien 1008; JE Le Caire
7-8 47423
161 Appendice

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


P. Oxy.
Épître aux Philip-
P16 300
piens 3-4
Musée égyptien 1009; JE Le Caire
47424
Bibliothèque de P. Oxy.
Épître aux
P17 IVe siècle
Hébreux 9
l’Université de 1078; Add. Cambridge
Cambridge 5893
P. Oxy.
P18 300 Apocalypse 1 British Library 1079; Inv. Londres
2053v
P. Oxy.
Évangile selon
P19 400
Matthieu 10-11
Bodleian Library 1170; Gr. Oxford
bibl. d. 6 (P)
Bibliothèque de P. Oxy.
Épître de Jacques Princeton
P20 IIIe siècle
2-3
l’université de 1171; AM
New Jersey
Princeton 4117
P. Oxy.
Évangile selon Muhlenberg Allentown
P21 400
Matthieu 12 College
1227; Theol.
Pennsylvanie
Pap. 3
Bibliothèque de P. Oxy.
Évangile selon
P22 IIIe siècle
Jean 15-16
l’université de 1228; MS Glasgow
Glasgow 2-X.I
P. Oxy.
Épître de Jacques Université de Urbana (Illi-
P23 IIIe siècle
1 l’Illinois
1229; G. P.
nois)
1229
Franklin Trask
Library P. Oxy.
Newton
P24 IVe siècle Apocalypse 5-6 Andover Newton 1230; OP
Massachusetts
Theological 1230
School
Évangile selon Staatliche Mu-
P25 IVe siècle
Matthieu 18-19 seen zu Berlin
Inv. 16388 Berlin

(Joseph S) Brid-
26 Épître aux Ro- well Library
P 600 P. Oxy. 1354 Dallas
mains 1 Southern Meth-
odist University
P. Oxy.
Épître aux Ro- Cambridge Uni-
P27 IIIe siècle
mains 8-9 versity
1355; Add. Cambridge
7211
Palestine Insti-
28 Évangile selon tute Museum P. Oxy. Berkeley
P IIIe siècle
Jean 6 Pacific School of 1596; Pap. 2 Californie
Religion
P. Oxy.
Actes des
P29 IIIe siècle
Apôtres 26
Bodleian Library 1597; Gr. Oxford
bibl. g. 4 (P)
1 Thessalo-
Bibliothèque de
30 niciens 4-5; 2 P. Oxy.
P IIIe siècle l’Université de Gand
Thessaloniciens 1598; Inv. 61
Gand
1
Bibliothèque de
Épître aux Ro- P. Ryl. 4; Gr.
650 l’Université John Manchester
mains 12 P. 4
Rylands
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 162

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Bibliothèque de
P. Ryl. 5; G.
P32 200 Épître à Tite 1-2 l’Université John
P. 5
Manchester
Rylands
Pap. G.
Bibliothèque na- 17973,
Actes des Vienne (Au-
P33=P58 550
Apôtres 7,15
tionale autrichi- 26133,
triche)
enne 35831,
39783
1 Corinthiens Bibliothèque na-
Pap. G. Vienne (Au-
P34 650 16; 2 Corin- tionale autrichi-
39784 triche)
thiens 5,10-11 enne
Évangile selon Bibliothèque
P35 350(?)
Matthieu 25 Médicis
PSI 1 Florence

Évangile selon Bibliothèque Lau-


P36 550
Jean 3 rentienne
PSI 3 Florence

Évangile selon Université du P. Mich. 137; Ann Arbor


P37 300
Matthieu 26 Michigan Inv. 1570 Michigan
Actes des Université du P. Mich. 138; Ann Arbor
P38 300
Apôtres 18-19 Michigan Inv. 1571 Michigan
P. Oxy.
Évangile selon Bibliothèque Am- Rochester
P39 250
Jean 8 brose Swasey
1780; Inv.
New York
8864
Institut de Papy-
40 Épître aux Ro- rologie P. Bad. 57;
P 250 Heidelberg
mains 1-4,6,9 Université de Inv. 45
Heidelberg
Bibliothèque na-
Actes des Pap. K. Vienne (Au-
P41 750
Apôtres 17-22
tionale autrichi-
7541-48 triche)
enne
Bibliothèque na-
Évangile selon Vienne (Au-
P42 700
Luc 1-2
tionale autrichi- Pap. K. 8706
triche)
enne
Apocalypse
P43 600
2,15-16
British Library Inv. 2241 Londres

Évangile selon Metropolitan Inv. 14. 1.


P44a 600
Jean 10 Museum of Art 527, 1 fol
New York

Matthieu 17- Metropolitan Inv. 14. 1.


P44b 600
18,25; Jean 9,12 Museum of Art 527
New York

Matthieu 20-
21,25-26; Marc Bibliothèque
Papyri Ches-
4-9,11-12; Chester Beatty Dublin
45 ter Beatty
P 250 Bibliothèque Vienne (Au-
Luc 6-7,9-14; Pap. g.
nationale autri- triche)
Jean 4-5,10-11; 31974
chienne
Actes 4-17
Rom. 5-6,8-16; 1
Cor.; 2 Cor.; Bibliothèque
Papyri Ches- Dublin
46 Chester Beatty
P 200 Gal.; Éph.; Phil.; ter Beatty II Ann Arbor
Université du
Col.; 1 Thess.; Inv. 6238 Michigan
Michigan
Hébr.
163 Appendice

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Bibliothèque P. Chest. B.
P47 250 Apocalypse 9-17
Chester Beatty III
Dublin

Actes des Bibliothèque


P48 250
Apôtres 23 Medici
PSI 1165 Florence

Épître aux Bibliothèque de New Haven


P49 250
Éphésiens 4-5 l’Université Yale
P. 415
Connecticut
Actes des Bibliothèque de New Haven
P50 400
Apôtres 8,10 l’Université Yale
P. 1543
Connecticut
Épître aux Ashmolean Mu-
P51 400
Galates 1 seum
P. Oxy. 2157 Oxford

Bibliothèque de
Évangile selon
P52 150
Jean 18
l’université John Gr. P. 457 Manchester
Rylands
Matthieu 26; Université du Ann Arbor
P53 250
Actes 9-10 Michigan
Inv. 6652
Michigan
P. Princ. 15;
Épître de Jacques Princeton Univer- Princeton
P54 500
2-3 sity Library
Garrett De-
New Jersey
pots 7742
Bibliothèque na-
Évangile selon Pap. G. Vienne (Au-
P55 600
Jean 1
tionale autrichi-
26214 triche)
enne
Bibliothèque na-
Actes des Pap. G. Vienne (Au-
P56 500
Apôtres 1
tionale autrichi-
19918 triche)
enne
Bibliothèque na-
Actes des Pap. G. Vienne (Au-
P57 400
Apôtres 4-5
tionale autrichi-
26020 triche)
enne
Pap. G.
Bibliothèque na- 17973,
Actes des Vienne (Au-
P58=P33 550
Apôtres 7,15
tionale autrichi- 26133,
triche)
enne 35831,
39783
Évangile selon
Pierpont Morgan
P59 650 Jean 1-2,11-
Library
P. Colt 3 New York
12,17-18,21
Évangile selon Pierpont Morgan
P60 650
Jean 16-19 Library
P. Colt 4 New York

Romains 16; 1
Corinthiens 1,5;
Philippiens 3;
Colossiens 1,4; Pierpont Morgan
P61 700
Library
P. Colt 5 New York
1 Thessaloni-
ciens 1; Tite 3;
Philémon
Évangile selon Bibliothèque de
P62 350
Matthieu 11 l’université d’Oslo
Inv. 1661 Oslo

Évangile selon Staatliche Mu-


P63 500
Jean 3-4 seen zu Berlin
Inv. 11914 Berlin
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 164

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Magdalen College
(Oxford)
Évangile selon Gr. 18 Oxford
P64 200
Matthieu 3,5,26
Fondation de
Inv. I Barcelone
Saint Luc Évan-
géliste
Première épître Girolamo Vitelli
P65 250 aux Thessalo- Papyrological PSI 1373 Florence
niciens 1-2 Institute
Évangile selon Bibliothèque Papyri Bod- Cologny, Ge-
P66 200
Jean Bodmer mer II neva
Magdalen College
(Oxford)
Évangile selon Gr. 18 Oxford
P67 200
Matthieu 3,5,26
Fondation de
Inv. I Barcelone
Saint Luc Évan-
géliste
Première épître
Bibliothèque Saint-Péters-
P68 650(?) aux Corinthiens
nationale russe
Gr. 258B
bourg
4-5
Évangile selon Ashmolean Mu-
P69 250
Luc 22 seum
P. Oxy. 2383 Oxford

Ashmolean Mu-
Évangile selon seum P. Oxy. 2384
Oxford
P70 250 Matthieu 2-3,11- Institut papy- CNR 419,
Florence
12,24 rologique Girola- 420
mo Vitelli
Évangile selon Ashmolean Mu-
P71 350
Matthieu 19 seum
P. Oxy. 2385 Oxford

Papyri
1 Pierre; 2 Bibliothèque Cologny,
P72 300
Pierre; Jude Bodmer
Bodmer VII,
Genève
VIII
Évangile selon Bibliothèque Papyri Bod- Cologny, Ge-
P73 650
Matthieu 25-26 Bodmer mer L neva
Actes; Jacques;
1 Pierre 1-3; 2
Pierre 2-3; Bibliothèque Papyri Bod- Cologny,
P74 650
Bodmer mer XVII Genève
1 Jean; 2 Jean;
3 Jean
Bibliothèque Papyri
Luc 3-18,22-24;
P75 175-225
Jean 1-15
apostolique vat- Bodmer XIV, Cité du Vatican
icane XV
Bibliothèque na-
Évangile selon Pap. G. Vienne (Au-
P76 550
Jean 4
tionale autrichi-
36102 triche)
enne
Évangile selon Ashmolean Mu-
P77 200
Matthieu 23 seum
P. Oxy. 2683 Oxford

Ashmolean Mu-
P78 300 Épître de Jude
seum
P. Oxy. 2684 Oxford

Épître aux Musées d’État de


P79 650
Hébreux 10 Berlin
Inv. 6774 Berlin
165 Appendice

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Fondation de
Évangile selon
P80 250
Jean 3
Saint Luc Évan- Inv. 83 Barcelone
géliste
Professor Sergio
Première épître
P81 350
de Pierre 2-3
Daris, Université Inv. 20 Trieste
de Trieste
Bibliothèque
82 Évangile selon nationale
P 400 Gr. 2677 Strasbourg
Luc 7 universitaire de
Strasbourg
Bibliothèque
Évangile selon
83 de l’Université P. A. M. Kh.
P 550 Matthieu 20,23- Louvain
catholique de Mird 16, 29
24
Louvain[Laquelle ?]
Bibliothèque
85 Marc 2,6; Jean de l’Université P. A. M. Kh.
P 550 Louvain
5,17 catholique de Mird 4, 11
Louvain[Laquelle ?]
Bibliothèque
P85 400 Apocalypse 9-10 nationale univer- Gr. 1028 Strasbourg
sitaire
Institut für Alter-
86 Évangile selon tumskunde
P 350 Theol. 5516 Cologne
Matthieu 5 Université de
Cologne
Institut für Alter-
87 Épître à tumskunde
P 250 Theol. 12 Cologne
Philémon Université de
Cologne
Université
Évangile selon
P88 350
Marc 2
catholique du Inv. 69.24 Milan
Sacré-Cœur
Épître aux
P89 350
Hébreux 6
Medici Library PL III/292 Florence

P. Oxy.
Évangile selon Ashmolean Mu-
P90 150
Jean 18-19 seum
3523; 65 6 B. Oxford
32/M (3-5)a
Actes des Université Mac-
P91 250
Apôtres 2-3 quarie
inv. 360 Sydney

Épître aux
92 Éphésiens 1; 2 PNarmuthis
P 300 Musée égyptien Le Caire
Thessaloniciens 69.39a/229a
1
Institut papy-
Évangile selon
P93 450
Jean 13
rologique Girola- PSI 108 Florence
mo Vitelli
Épître aux Ro- P. Cair.
P94 500
mains 6
Musée égyptien
10730
Le Caire

Évangile selon Bibliothèque


P95 250
Jean 5 Medicis
PL II/31 Florence
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 166

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Bibliothèque na-
Évangile selon Vienne (Au-
P96 550
Matthieu 3
tionale autrichi- Pap. K 7244
triche)
enne
Bibliothèque p. Chester B.
P97 600 Luc 14
Chester Beatty XVII
Dublin

Institut français
P. IFAO inv.
P98 150(?) Apocalypse 1 d’archéologie
237b
Le Caire
orientale
Glossaires, mots
et phrases de :
P. Chester
Bibliothèque
P99 400 Romians, 2
Corinthiens, Chester Beatty
B. Ac. 1499, Dublin
fol 11-14
Galates et
Éphésiens.
Épître de Jacques Ashmolean Mu-
P100 300
3-5 seum
P. Oxy. 4449 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P101 250
Matthieu 3-4 seum
P. Oxy. 4401 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P102 300
Matthieu 4 seum
P. Oxy. 4402 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P103 200
Matthieu 13-14 seum
P. Oxy. 4403 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P104 150
Matthieu 21 seum
P. Oxy. 4404 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P105 500
Matthieu 27-28 seum
P. Oxy. 4406 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P106 250
Jean 1 seum
P. Oxy. 4445 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P107 250
Jean 17 seum
P. Oxy. 4446 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P108 250
Jean 17/18 seum
P. Oxy. 4447 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P109 250
Jean 21 seum
P. Oxy. 4448 Oxford

Épître de Jacques Ashmolean Mu-


P110 300
3/4 seum
P. Oxy. 4449 Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu-


P111 250
Luc 17 seum
P. Oxy. 4495 Oxford

Actes des Ashmolean Mu-


P112 450
Apôtres 26-27 seum
P. Oxy. 4496 Oxford

Épître aux Ro- Ashmolean Mu-


P113 250
mains 2 seum
P. Oxy. 4497 Oxford

Épître aux Ashmolean Mu-


P114 250
Hébreux 1 seum
P. Oxy. 4498 Oxford

Apocalypse Ashmolean Mu-


P115 300
2-3,5-6,8-15 seum
P. Oxy. 4499 Oxford

Bibliothèque na-
Épître aux P. Vindob. G Vienne (Au-
P115 600
Hébreux 2-3
tionale autrichi-
42417 triche)
enne
167 Appendice

Nom Date Contenu Institution Ref # Ville,Pays


Deuxième épître
P116 400 aux Corinthiens State Museum Inv. 1002 Hambourg
7
Institut für Alter-
118 Épître aux Ro- tumskunde
P 250 Inv. 10311 Cologne
mains 15-16 Université de
Cologne
Évangile selon Ashmolean Mu- P. Oxy.
P119 250
Jean 1 seum 48036
Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu- P. Oxy.


P120 350
Jean 1 seum 48047
Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu- P. Oxy.


P121 250
Jean 19 seum 48058
Oxford

Évangile selon Ashmolean Mu- P. Oxy.


P122 400
Jean 21 seum 48069
Oxford

Première épître
Ashmolean Mu-
P12310 350 aux Corinthiens
seum
P. Oxy. 4844 Oxford
14-15
Deuxième épître
Ashmolean Mu-
P124 550 aux Corinthiens
seum
P. Oxy. 4845 Oxford
11
1 Pierre 1,23- Ashmolean Mu-
P125 300
2,5; 2,7-12 seum
P. Oxy. 4934 Oxford

Hébreux 13,12- Istituto Papiro- PSI inv.


P12611 350
13.19-20 logico „G. Vitelli” 1479
Florence

Ashmolean Mu-
P127 350 Actes 10-17 †
seum
P. Oxy. 4968 Oxford

Outre les papyrus, il existe trois autres categories


de manuscrits du NT: (a) les onciaux ou majuscules, (b)
les cursifs ou minuscules, et (c) les lectionnaires. Les on-
ciaux sont redigés sur parchemin en lettre majuscules
entre le IIIe siècle et le Xe siècles ap. J.-C. Ils vont d’un
numéro d’ordre précédé d’un zeron (01, 02, 03, etc.) et
une lettre hébraïque, latine ou grecque (‫א‬, A, B, C) :
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 168

Liste des manuscrits onciaux du grec du NT

Sig- Bibliothèque N°
# Nom Date Contenu Ville
ne d’inventaire
Évangiles,
Codex Sinaïti- Paul, Actes, British Library, Add.
01 ‫א‬ IVe siècle Londres
cus cath, Apoca- 43725
lypse
Évangiles,
Codex Alexan- Actes, cath, British Library,
02 A Ve siècle Londres
drinus Paul, Apoc- Royal 1 D. VIII
alypse
Évangiles, Biblioteca Apostol-
Codex Vati-
03 B IVe siècle Actes, cath, ica Vaticana, Gr. Rome
canus
Paul 1209
Évangiles,
Ephraemi Actes, cath, Bibliothèque natio-
04 C Ve siècle Paris
Rescriptus Paul, Apoc- nale de France, Gr. 9
alypse
Codex Bezae Évangiles, University Library,
05 Dea Ve siècle Cambridge
Cantabrigiensis Actes Nn. 2. 41
Paul + liste
de livres Bibliothèque natio-
Codex Clarom-
06 Dp VIe siècle bibliques nale de France, Gr. Paris
ontanus
(latin) + 107 AB
Hébreux
Codex Basi- Universitäts-
07 Ee VIIIe siècle Évangiles Bâle
lensis biblothek, AN III 12
Codex Lau- Actes des Bodleian Library,
08 Ea VIe siècle Oxford
dianus Apôtres Laud. Gr. 35
Codex Bibliothèque univer-
09 Fe IXe siècle Évangiles Utrecht
Boreelianus sitaire, Ms. 1
Paul +
Codex Aug- Trinity College, B.
010 Fp IXe siècle Hébreux en Cambridge
iensis XVII. 1
latin
Cod. Seide-
British Library,
011 Ge lianus I ou IXe siècle Évangiles Londres
Harley 5684
Wolfii A
Paul, Sächsische Landes-
Codex Boerne-
012 Gp IXe siècle Hébreux bibliothek, Dresde
rianus
manque A 145b
Staats- und Univer-
Cod. Seide-
sitätsbibl., codex 91 Hamburg
013 H e
lianus II ou IX siècle
e
Évangiles
Trinity College, B. Cambridge
Wolfii B
XVII 20, 21
Actes, +
Codex Mutin- cath et Paul Biblioteca Estense,
014e Ha IXe siècle Modena
ensis en min. = A.V. 6.3. (G. 196)
2125
169 Appendice

Sig- Bibliothèque N°
# Nom Date Contenu Ville
ne d’inventaire
1.Grande Laure, s. n.
2.Bibl. centr., F.301 1.Mont
3.Mus. hist., 563 Athos
4.Bibl. nat., F.270 2.Kiev
Épîtres de
Codex Coislin- 5.BnF, suppl. gr. 3-4.Moscou
015 Hp VIe siècle Paul (frag-
ianus 1074 5-6.Paris
ments)
6.BnF, coislin 202 7.St Péters-
7.Bibl. nat. russe, bourg
Gr. 14 8.Turin
8.Bibl. Naz., A.1
Épîtres de
Codex Freeri- Smithsonian Institu- Washington,
016 I Ve siècle Paul (frag-
anus tion, 06. 275 D.C.
ments)
Bibliothèque na-
017 Ke Codex Cyprius IXe siècle Évangiles tionale de France, Paris
Gr. 63
Codex Russie History Mu-
018 Kap IXe siècle cath, Paul Moscou
Mosquensis I seum, V.93
Bibliothèque na-
019 Le Codex Regius VIIIe siècle Évangiles tionale de France, Paris
Gr. 62
Codex Angeli- Actes, cath, Biblioteca Angelica
020 Lap IXe siècle Rome
cus Paul 39
Bibliothèque na-
Codex Campi-
021 M IXe siècle Évangiles tionale de France, Paris
anus
Gr. 48
1.Mus. Byz, fgt 21,1
2.Lerma, A. Spinola 1.Athènes
3.Brit. Lib., Cotton. 2.Alessan-
Tit. C.XV dria
4.Pierpont Morgan 3.Londres
Lib., 874 4.New York
Codex Purpu-
5.Mon. Ioannou, 67 5.Patmos
022 N reus Petropoli- VIe siècle Évangiles
6.Bibl. Vat., Gr. 6.Rome
tanus
2305 7.St Péters-
7. Bibl. nat. russe, bourg
Gr. 537 8.Thessalo-
8.Mus. Byz., 1 nique
9.Öst. Nat. Bibl., 9.Vienne
Theol. gr. 31
Bibliothèque natio-
Codex Purpu- Matthieu
023 O VIe siècle nale de France, Gr. Paris
reus Sinopensis (fragments)
1286
Herzog August
Guelferbyta- Évangiles
024 Pe VIe siècle Bibliothek, cod. Wolfenbüttel
nus A (fragments)
Weißenburg 64
Actes, cath,
Bibliothèque natio- Saint-Péters-
025 Papr Porphyrianus IXe siècle Paul, Apoc-
nale russe, Gr. 255 bourg
alypse
Herzog August
Guelferbyta- Luc, Jean
026 Q Ve siècle Bibliothek, cod. Wolfenbüttel
nus B (fragments)
Weißenburg 64
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 170

Sig- Bibliothèque N°
# Nom Date Contenu Ville
ne d’inventaire
Codex Nitrien- Luc (frag- British Library, Add.
027 R VIe siècle Londres
sis ments) 17211
Biblioteca Apostoli-
028 S Vaticanus 354 949 Évangiles Rome
ca Vaticana, Gr. 354
1. Pierpont Morgan
029 Lib., M 664A
1.New York
=0113 Codex Bor- 2.BnF, copt. 129,7-
=0125
T Ve siècle Luc, Jean 2.Paris
gianus 10
=0139 3.Rome
3.Bibl. Vat., Borgia
Coptic 109
Codex Na- Biblioteca Marciana,
030 U IXe siècle Évangiles Venise
nianus 1397(I,8)
Codex Musée historique
031 V IXe siècle Évangiles Moscou
Mosquensis II d’État, V. 9, S. 399
Codex Wash- Smithsonian Institu-
032 W Ve siècle Évangiles Washington
ingtonianus tion, 06. 274
Université
Louis-et-Maximilien
Codex Mona-
033 X Xe siècle Évangiles de Munich Munich
censis
2° codex manuscript
30
Bibliothèque de
Codex Macedo-
034 Y IXe siècle Évangiles l’Université de Cam- Cambridge
niensis
bridge, Add. 6594
Codex Dublin- Matthieu Trinity College
035 Z VIe siècle Dublin
ensis (fragments) (Dublin), Ms. 32
Bodleian Library,
Oxford
Tischendorfi- Auct. T. infr. 2.2
036 Γ X siècle
e
Évangiles Saint-Péters-
anus IV Bibliothèque natio-
bourg
nale russe, Gr 33
Codex Sangal- St. Gallen Stiftsbib-
037 Δ IXe siècle Évangiles Saint-Gall
lensis liothek, 48
Codex Coride- Institut des manu-
038 Θ IXe siècle Évangiles Tbilisi
thianus scrits, Gr. 28
Tischendorfi- Bodleian Library,
039 Λ IXe siècle Luc, Jean Oxford
anus III Auct. T. inf. 1.1
Codex Zacyn- Luc (frag- University Library,
040 Ξ VIe siècle Cambridge
thius ments) BFBS Ms 213

Codex Petropol- Bibliothèque natio- Saint-Péters-


041 Π IXe siècle Évangiles
itanus nale russe, Gr. 34 bourg

Codex Purpu-
Matthieu, Diocesian Museum, Rossano,
042 Σ reus Rossan- VIe siècle
Marc Cathedral Calabro
ensis
Codex Purpu- Matthieu,
043 Φ VIe siècle Staatsarchiv, Nr. 1 Tirana
reus Beratinus Marc
Évangiles,
Athous Lav- Grande Laure, B΄
044 Ψ ca. 900 Actes, cath, Mont Athos
rensis 52
Paul
171 Appendice

Sig- Bibliothèque N°
# Nom Date Contenu Ville
ne d’inventaire
Athos Diony-
045 Ω IXe siècle Évangiles Dionysiou, 10 (55) Mont Athos
sius

Onciales 046-0318
Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Vaticanus Bibliothèque du Vati-
046 Xe siècle Apocalypse
2066 can, Gr. 2066
Princeton University,
047 Onciale 047 VIIIe siècle Évangiles ΄ed. and Ren. Mss,
Garrett 1
Vaticanus Actes, Épîtres Bibliothèque du Vati-
048 Ve siècle
2061 cath., Paul can, Gr. 2061
Actes, Épîtres
049 IXe siècle Grande Laure, A’88
cath., Paul
Εθνική Βιβλιοθήκη, 1371
Dionysiou, 2(71)
Évangile selon
050 IX siècle
e Musée historique d’État, V.
Jean 29, S. 119
Christ Church, Wake 2,3

Ath. Panto- Monastère de Panto-


051 Xe siècle Apocalypse
crator crator, 44
Pantelej- Monastère de Pan-
052 Xe siècle Apocalypse
monos teleimon, 99,2
Bayerische Staatsbib-
053 IXe siècle Évangile selon Luc
liothek, Gr. 208
Bibliothèque du
Évangile selon
054 Barberini VIIIe siècle Vatican, Barberiani
Jean
Gr. 521
Bibliothèque natio-
055 XIe siècle Évangiles nale de France, Gr.
201
Bibliothèque na-
Actes, Épîtres de
056 Xe siècle tionale de France,
Paul
Coislin Gr. 26
Staatliche Museen zu
057 400 Actes des Apôtres
Berlin, P. 9808
Österreichische Na-
058 IVe siècle Matthieu tionalbibliothek, Pap.
G. 39782
Österreichische
Évangile selon Nationalbibliothek,
059 =0215 400
Marc Pap. G. 39779, Pap. G.
36112
Évangile selon Musées Nationaux de
060 Ve siècle
Jean 14 Berlin, P. 5877
061 Ve siècle 1 Timothée Louvre, Ms. E 7332

062 V siècle
e
Galates Qubbat al-Khazna
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 172

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Vatopedi 1219
Musée historique
063=0117 IXe siècle Luc, Jean d’État, V. 137, 181
Bibliothèque natio-
nale de France
Bibl. nat. Vernadsky
d’Ukraine, Petrov 17
Monastère Sainte-Ca-
064
therine, Sinai Harris
=074 VIe siècle Matthieu, Marc
10
=090
Bibliothèque natio-
nale de Russie, Gr.
276
Bibliothèque natio-
065 VIe siècle Jean
nale de Russie, Gr. 6 I
Bibliothèque natio-
066 VIe siècle Actes
nale de Russie, Gr 6 II
Bibliothèque natio-
Matthieu, and
067 VIe siècle nale de Russie, Gr
Marc
6 III
British Library, Add.
068 Ve siècle Jean 16
17136
Université de Chica-
069 Ve siècle Marc 10-11 go, Oriental Institute
2057
Bibliothèque natio-
nale de France, Copt.
070 =0110 132
=0124=0178=0179 Clarendon Press; b. 2
=0180=0190=0191
VIe siècle Luc, and Jean
Österreichische Na-
=0193=0194=0202 tionalbibl., 1 f
British Library, Or.
3579 B [29]
Université Harvard,
071 c. 500 Matthieu 1, 25
Semitic Museum 3735
072 500 Marc 2-3 Qubbat al-Khazna
Sinaï, Harris 7
073=084 VIe siècle Matthieu 14-15 † Bibliothèque natio-
nale russe, Gr. 277
Monastère
074 VIe siècle Matthieu Sainte-Catherine,
Sinai Harris 10

075 Xe siècle Épîtres de Paul Εθνική Βιβλιοθήκη

Actes des Apôtres Pierpont Morgan


076 500
2 Library, Pap. G. 8
Actes des Apôtres
077 Ve siècle Sinaï, Harris App. 5
13
Bibliothèque natio-
078 VIe siècle Marc, Luc, Jean nale russe, Gr. 13,
fol. 1-7
173 Appendice

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Bibliothèque natio-
079 VIe siècle Luc nale russe, Gr. 13, fol.
8-10
Bibliothèque natio-
nale russe, Gr. 275 (3)
080 VI siècle
e
Marc 9-10
Patriarcat orthodoxe
496
Bibliothèque natio-
081 VIe siècle 2 Cor 1-2
nale russe, Gr. 9
Musée historique
082 VIe siècle Éphésiens 4
d’État, V, 108
Bibliothèque natio-
083 Jean 1-4, nale russe, Gr. 10
=0112 500 Marc 14-16 Sinai Harris 12, 4 ff
=0235 Marc 13 Bibliothèque natio-
nale russe
Bibliothèque natio-
084 Matthieu 15 †
nale russe, Gr. 277
Bibliothèque natio-
085 VIe siècle Matthieu 20, 22
nale russe, Gr. 714
British Library, Or.
086 VIe siècle Jean 1,3-4
5707
Matthieu 1-2, Bibliothèque natio-
19, 21 nale russe, Gr. 12.278
087=092b VIe siècle
Jean 18 Sinaï 218
Marc 12 Sinai Harris 11, 1 f
1 Cor 15:53-16:9, Bibliothèque natio-
088 500
Tite 1:1-13 nale russe, Gr. 6, II
Bibliothèque natio-
nale russe, Gr. 280
089=092a VI siècle
e
Matthieu 26,2-19
Monastère Sainte-Ca-
therine
Bibliothèque natio-
090 VIe siècle nale de Russie, Gr.
276
Bibliothèque natio-
091 VIe siècle Jean 6
nale russe, Gr. 279
Matthieu 26,4- Monastère
092a VIe siècle
7.10-12 Sainte-Catherine
Monastère
092b VIe siècle Sainte-Catherine (Si-
nai Harris 11, 1 f.)
Bibliothèque de
Actes 24,22-25,5, 1 l’Université, Tay-
093 VI siècle
e
Pierre 2:22-3:7 lor-Schechter Coll.
12,189
094 VIe siècle Matthieu 24,9-21 Εθνική Βιβλιοθήκη, Or. 2106
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 174

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Bibliothèque natio-
Actes des Apôtres
095=0123 VIIIe siècle nale russe, Gr. 17;
2,45-3,8
Gr. 49
Actes des Apôtres Bibliothèque natio-
096 VIIe siècle
2,26 nale russe, Gr. 19
Actes des Apôtres Bibliothèque natio-
097 VIIe siècle
13 † nale russe, Gr. 18
Biblioteca della Badia,
098 VIIe siècle 2 Corinthiens 11
Z’ a’ 24
Bibliothèque natio-
Évangile selon
099 VIIe siècle nale de France, Copt.
Marc 16 †
129,8
Bibliothèque natio-
Évangile selon
0100=0195 VIIIe siècle nale de France, Copt.
Jean 20 †
129,10
Bibliothèque natio-
Évangile selon
0101 VIIIe siècle nale autrichienne,
Jean 1
Pap. G. 39780
Vatopedi 1219;
Évangile selon Luc Bibliothèque natio-
0102=0138 VII siècle
e
3-4 nale de France, Gr.
1155
Évangile selon Bibl. nat. de France,
0103 VIIe siècle
Marc 13-14 Suppl. Gr. 726, ff. 6-7
Bibl. nat. de France,
Matthieu 23 †;
0104 VIe siècle Suppl. Gr. 726, ff. 1-5,
Marc 13-14 †
8-10
Bibliothèque natio-
Évangile selon
0105 Xe siècle nale autrichienne,
Jean 6-7
Suppl. Gr. 121
Bibliothèque natio-
nale russe, Gr. 16
Évangile selon
0106=0119 VIIe siècle Université de Leipzig,
Matthieu 12-15
Cod. Gr. 7,4 ff
Selly Oal College
Matthieu 22-23; Bibliothèque natio-
0107 VIIe siècle
Marc 4-5 nale russe, Gr. 11
Évangile selon Bibliothèque natio-
0108 VIIe siècle
Luc 11 nale russe, Gr. 22
Évangile selon Staatliche Museen zu
0109 VIIe siècle
Jean 16-18 Berlin, P. 5010
Évangile selon British Library, Add.
0110 VIe siècle
Jean 8,13-22 34274
2 Thessaloniciens Staatliche Museen zu
0111 VIIe siècle
1,1-2,2 Berlin, P. 5013
0112

0113
175 Appendice

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Évangile selon Bibl. nat. de France,
0114 VIIIe siècle
Jean 20 † Copt. 129.10, f. 198
Bibl. nat. de France,
Évangile selon Luc
0115 900 Suppl. Gr. 314, ff. 179,
9-10 †
180
Matt 19-27 †; Marc Bibliothèque natio-
0116 VIIIe siècle
13-14; Luc 3-4 † nale de Naples, II C 15
Bibliothèque natio-
0117
nale de France
Évangile selon
0118 VIIIe siècle Sinai Harris 6
Matthieu 11 †
0119 VIIe siècle Sinai Harris 8
Bibliothèque du Vati-
0120 VIIIe siècle Actes des Apôtres
can, Gr. 2302
British Library, Har-
0121a Xe siècle 1 Corinthiens †
ley 5613
Épître aux Université de Ham-
0121b Codex Ruber Xe siècle
Hébreux † burg, Cod. 50
Galates †, Hébreux Bibliothèque natio-
0122 Xe siècle
† nale de Russie, Gr. 32
Bibliothèque natio-
Actes des Apôtres
0123 VIIIe siècle nale de Russie, Gr. 49,
2,22.26-28.45-3,2
1-2, frag.
0124

0125

0126 VIIIe siècle Marc 5-6 Qubbat al-Khazna


Bibliothèque nat. de
0127 VIIIe siècle Jean 2,2-11 France, Copt. 129,10
fol. 207
Bibliothèque nat. de
0128 IXe siècle Matthieu 25,32-45 France, Copt. 129,10
f. 208
Bibliothèque nat. de
0129=0203 ? 1 Pierre † France, Copt. 129,11
f. 208
Abbey library of St.
0130 IXe siècle Marc 1-2, Luc 1-2 †
Gallen, 18 fol. 143-146
Trinity College, B
0131 IXe siècle Marc 7-9 †
VIII, 5
Évangile selon Christ Church Col-
0132 IXe siècle
Marc 5 † lege, Wake 37, f. 237
British Library Add.
0133 IXe siècle Matthieu †; Marc †
31919
Bodleian Library,
0134 VIIIe siècle Marc 3 †; 5 †
Sedl. sup. 2, ff. 177-78
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 176

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Matthieu, Marc, Bibliothèque Am-
0135 IXe siècle
Luc brosienne, Q. 6
Bibliothèque natio-
Matthieu 14; 25-
0136=0137 IXe siècle nale de Russie, Gr.
26 †
281
Évangile selon
0137 IXe siècle Sinai Harris 9
Matthieu 13 †
0138

0139
Actes des Apôtres
0140 Xe siècle Sinai Harris App. 41
5
Bibliothèque natio-
Évangile selon
0141 Xe siècle nale de France, Gr.
Jean †
209
Bayerische Staatsbib-
0142 Xe siècle Actes, Paul, CE
liothek, Gr. 375
Bodleian Library, Gr.
0143 VIe siècle Marc 8 †
bibl. e, 5(P)
0144 VIIe siècle Marc 6 † Kubbet el Chazne

0145 VII siècle


e
Jean 6 Kubbet el Chazne

0146 VIIIe siècle Marc 10 Kubbet el Chazne

0147 VIe siècle Luc 6 Kubbet el Chazne


Österreichische Na-
0148 VIIIe siècle Matthieu
tionalbibl., Gr. 106
0149 VIe siècle Marc
Monastère Saint-
0150 IXe siècle Épîtres de Paul Jean-le-Théologien,
Ms 61
Monastère Saint-
0151 IXe siècle Épîtres de Paul Jean-le-Théologien,
Ms 62
0152 Talisman
2 Cor. 4,7; 2 Timo-
0153 Ostracon Bodleian Library
thée 2,20
0154 IXe siècle Marc 10, 11 Kubbet el Chazne

0155 IXe siècle Luc 3, 6 Kubbet el Chazne

0156 VI siècle
e
2 Pierre 3 Kubbet el Chazne

0157 700 1 Jean 2 Kubbet el Chazne

0158 500 Galatians 1 Kubbet el Chazne

0159 VIe siècle Éphésiens 4-5 Kubbet el Chazne


Évangile selon Staatliche Museen zu
0160 400
Matthieu 26 Berlin, P. 9961
177 Appendice

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Évangile selon Bibliothèque natio-
0161 VIIIe siècle
Matthieu 22 nale de Grèce, 139
Metropolitan Muse-
0162 ca. 400 Jean 2,11-22 um of Art, 09. 182. 43
(P. Oxy. 847)
Oriental Institute
0163 Ve siècle Apocalypse 16
9351 (P. Oxy. 848)
Musées nationaux de
0164 600 Matthieu 13
Berlin, P. 9108
Musées nationaux de
0165 Ve siècle Actes 3-4
Berlin, P. 13271
Actes 28 Jaques Université de Heidel-
0166 Ve siècle
1,11 berg, Pap. 1357
Grande Laure, Lavra
Δ’ 61
Évangile selon
0167 VIIe siècle Université catholique
Marc
de Louvain, Omont
no. 8
0168 VIIIe siècle Évangiles † perdu
Princeton Theological
0169 IVe siècle Apocalypse 3-4
Seminary, Pap. 5
Évangile selon Princeton Theological
0170 500
Matthieu 6 † Seminary, Pap. 11
Bibliothèque Lauren-
Matthieu 10; Luc tienne, PSI 2. 124
0171 300
22 Musées nationaux de
Berlin, P. 11863
Bibliothèque Lauren-
0172 Ve siècle Romanains 1-2 †
tienne, PSI 4
Épître de Jacques Bibliothèque Lauren-
0173 Ve siècle
1† tienne, PSI 5
Bibliothèque Lauren-
0174 Ve siècle Galates 2,5-6
tienne, PSI 118
Bibliothèque Lauren-
0175 Ve siècle Actes 6 †
tienne, PSI 125
Bibliothèque Lauren-
0176 400 Galates 3 †
tienne, PSI 251
Bibliothèque natio-
0177 Xe siècle Luc 1-2 † nale autrichienne,
Pap. K. 2698
0178

0179

0180
Bibliothèque natio-
0181 400 Luc 9-10 nale autrichienne,
Pap. G. 39778
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 178

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Bibliothèque natio-
0182 Ve siècle Luc 19 nale autrichienne,
Pap. G. 39781
Bibliothèque natio-
1. Thessaloniciens
0183 VIIe siècle nale autrichienne,
3-4
Pap. G. 39785
Bibliothèque natio-
0184 VIe siècle Marc 15 nale autrichienne,
Pap. K. 8662
Bibliothèque natio-
0185 IVe siècle 1 Corinthiens 2, 3 nale autrichienne,
Pap. G. 39787
Bibliothèque natio-
0186 500 2 Corinthiens 4 † nale autrichienne,
Pap. G. 39788
Université de Heidel-
0187 VIe siècle Marc 6
berg, Pap. 1354
Musées nationaux de
0188 IVe siècle Marc 11
Berlin, P. 13416
Actes des Apôtres Musées nationaux de
0189 200
5,3-21 Berlin, P. 11765
0190

0191

0192 l 1604

0193

0194
Bibliothèque natio-
0195 VIIe siècle Jean 20 †
nale de France
Musée national de
0196 IXe siècle Matthieu 5, Luc 24
Damas
0197 IXe siècle Matthieu 20; 22 Benedictine Abbey
British Library, Pap.
0198 VIe siècle Colossiens 3
459
British Library, Pap.
0199 600 1 Corinthies 11
2077 B
British Library Pap.
0200 VIIe siècle Matthieu 11
2077 C
1 Corinthiens 12; British Library, Pap.
0201 Ve siècle
14 2240
Évangile selon Luc British Library, Or.
0202 VIe siècle
8-9 † 3570 B [29]
British Library, Or.
0203 IXe siècle
3570 B [59]
British Library, Gr.
0204 VIIe siècle Matthieu 24
4923
179 Appendice

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Bibliothèque de l’Uni-
0205 VIIIe siècle Épître à Tite versité de Cambridge,
Or. 1699
United Theological
0206 IVe siècle 1 Pierre 5 Seminary, P. Oxy.
1353
Bibliothèque Lauren-
0207 IVe siècle Apocalypse 9,2-15
tienne, PSI 1166
Colossiens 1-2, 1 Bayerische Staatsbib-
0208 VIe siècle
Thessaloniciens 2 liothek, 29022
University of Mich-
Romains; 2 Corin-
0209 VIIe siècle igan, Ms. 8, ff. 96,
thiens; 2 Pierre
106-112
Musées nationaux de
0210 VIIe siècle Jean 5-6
Berlin, P. 3607, 3623
Centre des Manuscrits
0211 VIIe siècle Évangiles
Géorgiens, Gr. 27
Université Yale, P.
0212 IIIe siècle Diatessaron
Dura 10
Österreichische
0213 c. 500 Marc 3 Nationalbibl., Pap. G.
1384
Österreichische
0214 c. 400 Marc 8 Nationalbibl., Pap. G.
29300
Österreichische
Marc 15,20-21,26-
0215 c. 500 Nationalbibl., Pap. G.
27
36112
Österreichische
0216 Ve siècle Jean 8-9 Nationalbibl., Pap. G.
3081
Österreichische
0217 Ve siècle Jean 11-12 Nationalbibl., Pap. G.
39212
Österreichische
0218 Ve siècle Jean 12 Nationalbibl., Pap. G.
19892
Österreichische
0219 c. 400 Romains 2-9 Nationalbibl., Pap. G.
36113, 26083
Romains 4,23-5,3; Martin Schøyen Col-
0220 c. 300
5,8-13 lection, MS 113
Österreichische
0221 IVe siècle Romains 5-6 Nationalbibl., Pap. G.
19890
Österreichische
0222 IVe siècle 1 Corinthiens 9 Nationalbibl., Pap. G.
29299
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 180

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Österreichische
0223 VIe siècle 2 Corinthiens 1-2 Nationalbibl., Pap. G.
3073
Österreichische
0224 500 2 Corinthiens 4 † Nationalbibl., Pap. G.
3075
Österreichische
2 Corinthiens
0225 VIe siècle Nationalbibl., Pap. G.
5-6, 8
19802
Österreichische
1 Thessaloniciens
0226 Ve siècle Nationalbibl., Pap. G.
4,16-5,5
31489
Österreichische
0227 Ve siècle Hébreux 11 Nationalbibl., Pap. G.
26055
Österreichische
0228 IVe siècle Hébreux 12 Nationalbibl., Pap. G.
19888
Bibliothèque Lauren-
0229 VIIIe siècle Apocalypse 18; 19
tienne, PSI 1296b
Bibliothèque Lauren-
0230 IVe siècle Éphésiens 6
tienne, PSI 1306
Évangile selon Ashmolean Museum,
0231 IVe siècle
Matthieu 26-27 P. Ant. 11
Évangile selon Ashmolean Museum,
0232 500
Jean 26-27 P. Ant. 12
0233 VIIIe siècle Évangiles Bible Museum (Ms. 1)
Matthieu 28;
0234 VIIIe siècle Kubbet el Chazne
Jean 1
Bibliothèque natio-
0235 500 Marc 13
nale de Russie
Musée Pouchkine,
0236 Ve siècle Actes 3
Golenishev Copt. 55
Österreichische
0237 VIe siècle Matthieu 15 Nationalbibl., Pap. K.
8023
Österreichische
0238 VIIIe siècle Jean 7 Nationalbibl., Pap. K.
8668
Évangile selon British Library, Or.
0239 VIIe siècle
Luc 2 4717 (16)
Centre des Manu-
0240 Ve siècle Tite 1
scrits, 2123
0241 VIe siècle 1 Timothée 3-4 Bodmer Library
Musée copte du Caire,
0242 IVe siècle Matthieu 8-9; 13
no. 71942
1 Corinthiens 13-2 Biblioteca Marciana,
0243 Xe siècle
Corinthiens 13 983 (II, 181)
181 Appendice

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Bibliothèque de
0244 Ve siècle Actes 11-12 l’Université, P.A.M.
Khirbet Mird 8
Selly Oak Colleges,
0245 VIe siècle 1 Jean 3-4
Mingana Georg. 7
0246 VIe siècle Jacques 1 Westminster College
1 Pierre 5; 2 Pierre John Rylands Library,
0247 500
1 P. Copt. 20
Bodleian Library,
0248 IXe siècle Matthieu Auct. T 4.21, ff. 45-57,
91-145, 328-331
Bodleian Library,
0249 Xe siècle Matthieu 25 Auct. T 4.21, ff. 326,
327
Climaci Re- Westminster College
0250 VIIIe siècle Évangiles †
scriptus 33 ff.
3 Jean 12-15; Jude
0251 VIe siècle Louvre, S.N. 121
3-5
Pap. Barci- Fundación Sant Lluc
0252 Ve siècle Hébreux 6
nonensis Evangelista, P. Barc. 6
Évangile selon
0253 VIe siècle Kubbet el Chazne
Luc 10
0254 Ve siècle Galates 5 Kubbet el Chazne

0255 IX siècle
e
Matthieu 26; 27 Kubbet el Chazne
Österreichische
0256 VIIIe siècle Jean 6 Nationalbibl., Pap. G.
26084
Matthieu 5-26; Monastery of Agiou
0257 IXe siècle
Marc 6-16 Nikanoros
Évangile selon
0258 ? Location unknown
Jean 10
Staatliche Museen zu
0259 VIIe siècle 1 Timothée 1
Berlin, P. 3605
Staatliche Museen zu
0260 VIe siècle Jean 1
Berlin, P. 5542
Staatliche Museen zu
0261 Ve siècle Galates 1; 4 Berlin, P. 6791, 6792,
14043
Staatliche Museen zu
0262 VIIe siècle 1 Timothée 1
Berlin, P. 13977
Staatliche Museen zu
0263 VIe siècle Marc 5
Berlin, P. 14045
Staatliche Museen zu
0264 Ve siècle Jean 8
Berlin, P. 14049
Évangile selon Staatliche Museen zu
0265 VIe siècle
Luc 7 Berlin, P. 16994
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 182

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Évangile selon Staatliche Museen zu
0266 VIe siècle
Luc 20 Berlin, P. 17034
Fundación Sant Lluc
Évangile selon
0267 Ve siècle Evangelista, P. Barc.
Luc 8
16
Staatliche Museen zu
0268 VIIe siècle Jean 1
Berlin, P. 6790
British Library, Add.
0269 IXe siècle Marc 6
31919, f. 23
Universiteits Biblio-
0270 500 1 Corinthiens 15
thek, GK 200
British Library, Add.
0271 IXe siècle Matthieu 12
31919, f. 22
Évangile selon Luc British Library, Add.
0272 IXe siècle
16-17; 19 31919, f. 21, 98, 100
British Library, Add.
0273 IXe siècle Jean 2-3†; 4†; 5-6†
31919, f. 29, 99, 100
Egypt Exploration
0274 Ve siècle Marc 6-10†
Society, 01 61/2 192 2S
Trinity College, TCD
0275 VIIe siècle Matthieu 5
PAP F 138
0276 VIIIe siècle Marc 14-15 Louvre, 10039b

0277 700 Matthieu 14 PSI Inv. CNR 32 C


Monastère
0278 IXe siècle Épîtres de Paul Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 2
Monastère
Évangile selon Luc
0279 800 Sainte-Catherine,
8; 2
N.E. ΜΓ 15
Monastère
0280 VIIIe siècle Épîtres de Paul Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 15a
Monastère
Évangile selon
0281 700 Sainte-Catherine,
Matthieu 6-27 †
N.E. ΜΓ 29
Monastère
0282 VIe siècle Philémon 2; 3 † Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 29a
Monastère
Évangile selon
0283 IXe siècle Sainte-Catherine,
Marc †
N.E. ΜΓ 47
Monastère
Matthieu 26; 27;
0284 VIIIe siècle Sainte-Catherine,
28 †
N.E. ΜΓ 48
Monastère
0285 VIe siècle Épîtres de Paul † Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 70
183 Appendice

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Monastère
Matthieu 16:13-19;
0286 VIe siècle Sainte-Catheriney,
Jean 10,12-16
N.E. ΜΓ 72
Monastère
0287 VIe siècle Évangiles † Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 97
Monastère
Évangile selon
0288 VIe siècle Sainte-Catherine,
Luc †
N.E. ΜΓ 98
Monastère
Romains — 1
0289 700 Sainte-Catherinee,
Corinthiens
N.E. ΜΓ 99
Monastère
Évangile selon
0290 IXe siècle Sainte-Catherine,
Jean 18,4-20,2
N.E. ΜΓ 102
Monastère
Évangile selon Luc
0291 700 Sainte-Catherine,
8-9
N.E. ΜΓ 1
Monastère
Évangile selon
0292 VIe siècle Sainte-Catherine,
Marc 6-7
N.E. ΜΓ 2-4
Monastère
0293 700 Matthieu 21; 26 Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 10
Monastère
0294 700 Actes 14-15 Sainte-Catherine,
N.E. ΜΓ 16
Monastère St.-Cath-
2 Corinthiens
0295 IXe siècle erine., N.E. ΜΓ 16, 27,
12,14-13,1
30, 42, 43, 47, 49
Monastère
2 Corinthiens 7; 1
0296 VIe siècle Sainte-Catherine,
Jean 5
N.E. ΜΓ 48, 53, 55
British Library, Add.
0297 IXe siècle Matthieu 1; 5
31919, fol. 105, 108
Fundación Sant Lluc
0298 800 Matthieu 26
Evangelista, P. Barc. 4
Bibliothèque natio-
0299 c. 1000 Jean 20,1-7 nale de France, Copte
129, 10 fol. 199v
Musée copte du Caire,
0300 c. 600 Matthieu 20,2-17
3525
Évangile selon Martin Schøyen Col-
0301 Ve siècle
Jean 17,1-4 lection, MS1367
Évangile selon Staatliche Museen zu
0302 VIe siècle
Jean 10,29-30 Berlin, P. 21315
Bibliothèque natio-
Évangile selon Luc
0303 VIIe siècle nale de France, Suppl.
13,17-29
Gr. 1155 VII, fol. 19
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 184

Bibliotheque No.
# Nom Date Contenu
d’Inventaire
Bibliothèque natio-
Actes des Apôtres
0304 IXe siècle nale de France, Gr.
6,5-7,13
1126, fol. 160
Bibliothèque natio-
0305 ? Matthieu 20 nale de France, Copt.
133.2, fol. 3
Bodleian Library,
Évangile selon
0306 IXe siècle Selden Supra 9, fol.
Jean 9
114-120
Matt. 11-12; Marc Bibliothèque du Vati-
0307 VIIe siècle
11-12; Luc 9-10,22 can, Gr. 2061
Sackler Library, P.
0308 Ve siècle Apocalypse 11
Oxy. 4500
Institut für Alter-
Évangile selon
0309 VIe siècle tumskunde Université
Jean 20
de Cologne, Inv. 806
Cambridge Universi-
0310 Xe siècle Tite 2,15-3,7
ty, Ms. Or. 161699
Épître aux Ro- De Hamel Collection,
0311 800
mains 8,1-13 CCC, Gk. MS 1
Évangile selon Luc De Hamel Collection,
0312 300
5; 7 CCC, Gk. MS 2
Évangile selon De Hamel Collection,
0313 Ve siècle
Marc 4,9.15 CCC, Gk. MS 3
Évangile selon De Hamel Collection,
0314 VIe siècle
Jean 5,43 CCC, Gk. MS 4
Marc 2,9.21.25; De Hamel Collection,
0315 400
3,1-2 CCC, Gk. MS 5
Pierpont Morgan
0316 VIIe siècle Épître à Tite 18-25
Library, M 597 f. II
Évangile selon Université de Cam-
0317 VIIe siècle?
Marc 14 bridge, Mss. Or. 1700
Évangile selon Pierpont Morgan
0318 VIIe siècle
Marc 9-14 Library, M 661
Bibliothèque natio-
Codex Claro-
0319 (Dp) VIe siècle Épîtres de Paul nale de France, Gr.
montanus
107 AB
Sangerman- Bibliothèque natio-
0320 (Dabs1) IXe siècle Épîtres de Paul
ensis nale russe, Gr. 20

Les quatre premiers manuscrits (‫א‬, A, B, C),


contiennent l’Ancien (LXX) et le Nouveau Testament.
Plusieurs sont bilingues à l’exemple des grecs-latins (D05,
D06, E08, F010, G012, et Δ037), et du grec-copte (T029).
Certains manuscrits ont été grattés pour que les écritures
185 Appendice

soient effacées, afin d’écrire un nouveau texte sur le par-


chemin. Ils sont appelés palimpsestes (C04, P024, P025,
Q026, R027, Z035 et Ξ040). D’autres sont accompagnés
de commentaires bibliques (Ξ040, K018, X033). D’autres
manuscrits grecs furent écrits sur parchemin en lettres
minuscules entre le IXe et XVe siècle. Le nombre de ces
manuscrits dépasse les 2900 (plus précisément 2911).
Table des matières
Introduction 7

L’histoire du texte du Nouveau Testament 11


La transmission du texte après 100 a.p. J.-C. 20
Le Papyrus 21
Le Parchemin 23
Le cuir 25
Le papier 26
Les supports modernes 26
Écritures des manuscrits 27

Aperçu Historique de la critique textuelle 33


Le canon 33
Origène 35
Jérôme 37
Érasme 40
Brian Walton 46
Autres textes grecs 46
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 188
Johann Jacob Griesbach 48
Karl Lachmann 50
Constantin von Tsichendorf 51
Version grecs du Nouveau Testament 54
Nestle-Aland 54
Le texte de l’édition 57
Signes critiques 58
NA28 59
Changements dans NA28 62
Révisions des lettres catholiques 62
Le texte 62
Définir les témoins qui sont fréquemment
cités pour les épîtres catholiques 63
Exactitude des manuscrits du Nouveau Testament 64

Types de texteS 67
Caractéristiques des types de texte 70
Relations entre les évidences externes
et internes 75
Quel est le texte de base du
Nouveau Testament 75
Le Textus Receptus 75
Les manuscrits Alexandrins 78
Les débuts de la polémique 78
Les adhérents du texte Alexandrin 82
Les adhérents du texte majoritaire 83
Quelques exemples de variantes
dans le NT 88
Manuscrits disponible dans Bibleworks 9 90
Faiblesse de la priorité Byzantine 90
Faiblesse de éclectisme compréhensif 91
Témoins de type de textes 92
189 Table des matières

Catégories des manuscrits du


Nouveau Testament 95

Cause d’erreurs durant la transmission 101


Erreurs involontaires 102
Confusion de lettres 102
Substitution 102
Haplographie 102
Dittographie 103
Fusion et fission 103
Homoioteleuton 104
Changements volontaires 105
Harmonisation 105
Ajouts naturels 107

Pratique de la critique textuelle 111


Critères pour déterminer les lectures variantes 111
Évidences internes 111
Évidences externes 114
Exemples pratiques de certaines variantes 115
Présentation des lectures variantes 115
Longues variantes 128
Exercices pour la pratique 137
L’utilisation de l’ordinateur pour
la recherche des variantes 137

Conclusion 141

Bibliographie 147

Appendice 1 153

Appendice 2 159

Table :
1. Liste des principaux codex du Nouveau
Testament en onciales grecques 21
Introduction à la Critique textuelle du Nouveau Testament 190
2. Mots abrégé dans les manuscrits dun NT 30

3. Les trois recensions de Griesbach 49

4. Types de textes 68

5. Témoins de types de texte 92

6. Types de variantes 108

Images :
1. Papyrus grec Rylands 457(P52) 17
2. Plante de papyrus 23

3. Préparation du parchemin,
de Jost Amman et Hans Sachs 24
4. Codex Sinaïticus, Luc 11:2 27
5. Cursif grec 28
6. Codes Ephraemi rescriptus 31
7. Origène 36
8. Franciso Ribalta 33
9. Portrait d’Érasme 39
10. Page du livre de Matthieu 8:8-18 dans NA28 61
11. Page du Sinaïticus, Heb 1:3 105

Figures :

1. Plan de la théorie de la transmission


des types textuel 69
2. Geographie des zones de familles textuelles 74
Du même auteur
Clé pour déchiffrer l’appareil critique de la Biblia Hébraïca Stuttgartensia. Cameroun,
Clé, 2009.

Éléments de grammaire hébraïque. France, lulu, 2014.

Introduction à la critique textuelle et à la Massorah. France, Lulu, 2013.

Vocabulaire Araméen-Hébreu : Listes des termes Araméens et Hébreux apparentés de


L’Ancien Testament. France : Presse Universitaire Européenne, 2011.
INDEX Général

A Westcott, Brooke F. 53
Waltke, Bruce K. 15
Abraham Elzivir 40 Byzantins 49,
Alcala 41, 69, 72, 76
45, 64, 77
Alexandrie 23, C
35, 49, 70, 88, 121, 128, 132
Alexandrin 49, 54, 68, 69, 70, 71, 78, 82, Canon 7, 10,
92, 93, 95, 96, 103, 113, 114, 120, 33, 34, 112, 187
124, 135, 136, 138, 188 Catégorie I 95
Alexandrins 29, Catégorie II 96
49, 69, 73, 122, 124, 188 Catégorie III 96
Apparat critique 15, Catégorie IV 96
46, 52, 53, 56, 57, 59, 61, 105, 138 Catégorie V 96
Archevêque Ussher 46 Cédérom 26
Robinson, A. 72 Codex 16, 21, 25, 27, 29, 78, 79, 80, 81,
Augustin d’Hippone 12, 37 82, 86, 88, 103, 105, 168, 170, 189
Autographe 9, 16, Codex Ephraemi Rescriptus 31, 51
35, 53, 75, 87, 88, 121, 134, 142, Codex Sinaïticus 29, 78, 79, 82, 86
143 Codex Vaticanus 78, 79, 81, 82, 86, 88,
105
B Codex Vaticanus 21, 47, 54, 80, 103, 105,
168
Bâle 40, Constantinople 68,
41, 42, 47, 76, 168 71, 75, 90
Bernard Pyne Grenfell 17 Constantin von Tischendorf (1815-1874)
bonnae vuluntatis 122 51
Walton, Brian (1600-1661) 46 Critique textuelle
7, 8, 9, 12, 13, 15, 19, 34, 35, 37, 39, John Fell (1625-1686) 46
40, 47, 50, 53, 55, 56, 57, 72, 77, 79, John Mill 47, 48
81, 83, 111, 115, 126, 128, 137, 138, John Rylands Library 17,
141, 142, 143, 144, 145, 148, 149, 181
150, 187, 189, 191 J. S. Semler 48
Cursif 27, 28
Cyperus papyrus 21 K

D Karl Lachmann (1793-1851) 50


King James 45, 77, 83
Desiderius Erasmus Roterodamus 40 Kurt Aland 55, 56, 65, 80, 96, 147
Domitien 18
L
E
Luc 22,17-20 58
Eberhard Nestle 55, 57 Le comma Johanneum 127
Editio Critica Maior 57, 59 lectio brevior praeferenda est 115, 118
Eumène II (198-158 av. J.-C.) 23 lectio difficilior 112, 113
Eusèbe de Césarée 11 les Elzevier 40
évangiles synoptiques 48, 51
M
F
Manuscrits grecs complets 14, 20
Fenton J. A. Hort 53 Méthode de datation 28
Formgeschichte 19 Moyen Âge 30

G N
Gattungsgeschichte 19 NA27 29,
Gattungskritik 19 57, 58, 60, 63, 66, 118, 138, 154
Nestlé-Aland 55, 56
nombre de manuscrits 16,
74, 80, 83
H Norma 33
Haplographie 38, O
108
homoioteleuton 104, Occidental 49,
105, 108, 109 54, 68, 69, 73, 74, 93, 96, 106, 114,
122, 134, 135, 138, 155
I Occidentaux 49,
Imprimerie 34, 64 122
Irénée (140-202) 13, 35 omission 73,
74, 88, 104, 108, 119, 120, 123, 135,
J 142, 154
onciales
majuscules 20,
Jean-Frédéric Ostervald (1744) 77 21, 27, 29, 49, 51, 95, 102, 189
Jérôme de Stridon 37 Origène 12,
Johann Albrecht Bengel (1687-1752) 47 35, 36, 37, 38, 49, 51, 123, 124, 126,
Johann Jakob Griesbach (1745-1812) 48 132, 187, 190
Johann Jakob Wettstein (1693-1754) 47
P 37, 38, 43, 44, 46, 47, 48, 52, 53, 59,
60, 63, 65, 66, 70, 72, 73, 74, 77, 78,
Palimpseste 30, 52 81, 84, 88, 91, 92, 96, 108, 111, 112,
Pape Damasus 39 114, 115, 117, 118, 119, 122, 124,
Pape Victor 12 125, 128, 129, 135, 137, 138, 139,
Papias d’Hiérapolis 11 142, 144, 145, 153, 154, 155, 156,
Papier de Chine 26 157, 189
Papyrus fragmentaires 16 Vetus Itala 64
Pline l’Ancien 23 Vulgate latine 40,
Polyglotte 46, 76 42, 45
ponctuation 30,
59, 66, 127
Termes grecs
R Βαραββᾶς 36
Ἐλθέ 43
Rédaction 9, 16, εὐδοκίας 122,
25, 57, 101, 143 123
Richard Bentley 47 Ἰουνιᾶν 126
κανών 33
S μονογενὴς θεὸς 71,
Syrien 31, 54 89, 116, 117
παλίμψηστος 30

T
Tablette d’argile 22
Tendances théologiques 16
Tertius 16
Tertullien (160-220) 35
texte authentique 15,
136
Texte Majoritaire 85
Texte neutre 54, 79
Textus Receptus 43,
44, 45, 47, 52, 76, 77, 188
Théodore de Bèze 45,
64, 77
Théodose 12
Thesaurus linguae Latinae 33
Tite 3 :12 16
Traditionsgeschichte 19

U
UBS4 66

V
Van Dorp 40
variantes 8, 9, 10, 12, 14, 15, 29, 34, 35,
INDEX de versets
Matthieu Jean 20 :28 125

Marc 1:28 133 Actes


Marc 6 :22 118
Marc 9 :49 113 Act 13 :33 117
Marc 10 :40 104 Actes 1 :1 à 5 16
Marc 16 :9 à 20 132 Actes 3 :11 73
Marc 16.14 38 Actes 6 :7 84
Mathieu 28 :6 73 Actes 6 :8 120
Matthieu 6 :9 107 Actes 9 :5-6 107
Matthieu 9 :13 107 Actes 19 :20 84
Matthieu 27 :41 107 Actes 20 :35 102

Luc Romains
Luc 24 :6 73 Romains 15 :4 90
Lev 2:13 113 Romains 16 :22 16
Luc 1 :2-3 135 Romains 16:7 126
Luc 1 :3 16 1 & 2 corinthiEns
Luc 5 :32 107
Luc 6 :1 119 1 Corinthiens 11:14 121
Luc 10 :32 103 1 Corinthiens 14 :34-35 121
Luc 11 :2-4 106 1 Corinthiens 15.51 39
Luc 15 :21 71 2 Corinthiens 8 :4 105
Luc 18 :30 73
Luc 23 :38 106 Galates
Gal 6 :11 16
Jean
jean 1 :1, 14 125 Ephésiens
Jean 3 :15 71 Ephésiens 5 :22 125
Jean 3 :16 123 Ephésiens 6 :21-22 16
Jean 19 :20 106
Colossiens
Colossiens 4 :7-9 16
Colossiens 4 :16 12, 84

1 & 2 thEssaloniciEns
1 Thesssaloniciens 5 :27 12, 84
2 Thesssaloniciens 3 :17 16

Philippiens
Phil 2 :25 16

1 Timotée
1 Timothée 2 :11-12 122
1 Timothée 4 :13 12

2 Pierre
2 Pierre 1 :21 90,
153

1 Jean
1 Jean 2 :23 104

Apocalypse
Apocalypse 14 :6 16
Apocalypse 22 :16 42, 43
Apocalypse 22 : 20 43
Apocalypse 22 :16-21 43

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