Stress Plante
Stress Plante
Intitulé :
Accumulation de la proline et des protéines totales chez quelques variétés de blé dur
(Triticum durum Desf) cultivé sous condition de stress hydrique.
Jury d’évaluation :
Année universitaire
2018 - 2019
Dédicace
atteindre ce jour.
biotechnologie végétale.
MOUSSAB
Dédicace
apporté.
LOKMEN.
biotechnologie végétale.
AMIRA
Remerciements
Tous d’abord, louange à DIEU le clément le miséricorde de nous
avoir guidé et donné le courage et la volonté de poursuivre nos
études.
Le blé dur est considéré comme une culture stratégique en Algérie. Toutefois, la
croissance de cette culture et l'amélioration de son rendement sont limités par le manque
d’eau et la température irrégulière.
Dans notre travail on a étudié l’effet de stress hydrique et la variabilité de la réponse
chez dix génotypes de blé dur (Triticum durum Desf) Oued Zenati; Bidi17; Ain Lahma;
Waha; Vitron; Gta Dure; Wahbi; Bni Mestina; Simeto et Cirta.
Les résultats obtenus montrent que le stress hydrique a entraîné, une diminution de la
teneur relative en eau et du taux de la chlorophylle totale. De même, une augmentation de la
résistance stomatique et une accumulation de la proline a été enregistrée.
Dans la deuxième partie, on a analysé par SDS-PAGE les protéines totales exprimées
dans les feuilles des génotypes étudiés avec ou sans stress hydrique, les profils électro-
phorétique obtenus nous donnent des bandes présentes aussi bien chez les témoins que chez les
stressées, alors que d’autres sont présentes que chez les stressés ou absentes chez eux.
Mots clés : Blé dur (Triticum durum Desf.), déficit hydrique, proline, protéines totales,
paramètres physiologiques.
ملخص
يعخبش انقًح انصهب يٍ انًحاصيم اإلسخشاحيجيت في انجضائشٔ .يع رنك ،فإٌ ًَٕ ْزا انًحصٕل ٔححسيٍ إَخاجّ
يحذٔد بسبب َقص انًياِ ٔدسجت انحشاسة غيش انًُخظًت.
في عًهُا ،قًُا بذساست حأثيش اإلجٓاد انًائي ٔحغيش االسخجابت في عششة اصُاف ٔساثيت يٍ انقًح انقاسي
;(Triticum durum Desf) Oued Zenati; Bidi17; Ain Lahma; Waha; Vitron; Gta Dure; Wahbi
.Bni Mestina; Simeto et Cirta.
في انجضء األٔل ،دسسُا بعط انًعاييش انفسيٕنٕجيت ٔ انكًيٕحيٕيت ْٔي انًحخٕٖ انًائي انُسبي ٔ ،انًحخٕٖ
انبشٔنيٍ ٔ ،يحخٕٖ انيخعٕس انكهي ٔانًقأيت انثغشيت .أظٓشث انُخائج أٌ اإلجٓاد انًائي أدٖ إنٗ اَخفاض في انًحخٕٖ
انًائي انُسبي ٔيحخٕٖ انيخعٕس انكهئ .بانًثم ،حى حسجيم صيادة في انًقأيت انثغشيت ٔحشاكى انبشٔنيٍ.
في انجضء انثاَي ،حى ححهيم انبشٔحيُاث انكهيت انًعبش عُٓا في أٔساق األًَاغ انٕساثيت انخي حًج دساسخٓا يع أٔ
بذٌٔ إجٓاد يائي بٕاسطت ، SDS-PAGEبيُج انشسٕو انُٓذسيت نهٓجشة انكٓشبائيت انخي حى انحصٕل عهيٓا ٔجٕد حضو
في انشٕاْذ ٔكزنك في حهك انًجٓذة ،ثى أٌ انحضو اآلخشٖ يٕجٕديٍ فقػ في انعيُاث ححج االجٓاد انًائي في حيٍ بعط
االخش يكٌٕ حاظش أٔ غائب في كم يًُٓا.
في انخخاو ،أظٓشث انذساست أٌ اإلجٓاد انًائي يسبب اخخالف في آنياث االسخجابت في األًَاغ انٕساثيت انعششة
ٔنكٍ بذسجاث يخخهفت.
الكلمات المفتاحية :انقًح انصهب ) ، (Triticum durum Desf.انعجض انًائي ،انبشٔحيُاث انكهيت ،انبشٔنيٍ ،انعٕايم
انكًيٕحيٕيت ٔانفيضيٕنٕجيت.
Abstract
Durum wheat is considered a strategic crop in Algeria. However, the growth of this
crop and the improvement of its yield are limited by the lack of water and the irregular
temperature.
In our work, we studied the effect of water stress and the variability of the response in
ten durum wheat genotypes (Triticum durum Desf): Oued Zenati; Bidi17; Ain Lahma; Waha;
vitron; Gta Dure; Wahbi; Bni Mestina; Simeto and Cirta.
In the first part, we studied some physiological and biochemical parameters namely
relative water content, proline content, total chlorophyll content and stomatal resistance.
The results show that water stress resulted in a decrease in the relative water content and total
chlorophyll content. Similarly, an increase in stomatal resistance and an accumulation of
proline was recorded.
In the second part, the total proteins expressed in the leaves of the genotypes studied
with or without water stress were analyzed by SDS-PAGE, the electrophoretic profiles
obtained give us bands present in the controls as well as in the stressed ones, then that others
are present only in the stressed or absent at them.
In conclusion, the study showed that water stress causes deferent mechanisms of response in
the ten genotypes but to different degrees.
Key words: Durum wheat (Triticum durum Desf.), Water deficit, total proteins , proline,
physiological parameters.
List des abréviations
Ain Lahma : AL
B17 : Bidi 17.
Bni Mestina : BM
CC : la capacité au champ.
Cirta : Cir
Do : densité optique.
FAO : Food and Agriculture Organization.
Gta Dur : GDUR
h : heure.
ITGC : Institut Technique des Grandes Cultures.
J : jours.
M : Marqueur de taille.
M².s/mol : mètre au carrée .second / mol.
mn : minute.
MS : milieu de culture de Murashige et Skoog.
nm : nanomètre.
OZ : Oued Zenati
PM : poids moléculaire.
rpm : rotation par minute.
Rs : Résistance stomatique.
s : stressés.
SDS-PAGE : Sodium Dodécylsulfate Polyacrylamide Gel Electrophoresis.
sec : seconde.
Simeto : Sim
SPAD : développements pour l’analyse du sol et des plantes.
T : témoin.
TCT : taux de chlorophylle totale.
TEMED : tétraméthyl-ethylène-diamine.
TRE : teneur relative en eau.
V : Vitron.
W : Waha.
Wahbi : Wbi
List des figures
Annexe 04 : Tableaux d’analyse de variance à deux facteurs fixes (AV2) des paramètres
étudiés……………………………………………………………………………………….. 54
Introduction …………………………………………………………………………………………01
I. Matériel végétal…..…...…………………………………………………………………………..19
II. Mise en germination et disposition de l’essai …..…...………………………………………..19
II.1. Pré germination des graines …..…...……………………………………………….……..…19
III. Conduite et organisation des essais…..…...……………….…………..………………..……20
IV. Préparation des pots et le semi…..…...………………………….……………………………20
V. Préparation de solution BD et application de stress .....……………………………….…..…21
VI. Les paramètres a étudiés…..…...……………..…………………………………………..……21
VI.1. Paramètres physiologiques …..…...…………………………………………………....……21
VI.1.1. La teneur relative en eau (TRE %) …..…...……………………………..………………21
VI.1.2. Mesure de la résistance stomatique (Rs m2.s/mol) .…...…………….….……………..…22
VI.1.3. Mesure du taux de la chlorophylle totale (TCT unité de SPAD) .…...……………………22
VI. 2. Paramètres biochimiques …...………………………………………………………………23
VI.2.1. Dosage de la proline (Prol. μg/100mg MF) .…...…………..…….….……………….…23
VI.2.2. Electrophorèse des protéines totales …...…………………………………..……………25
VI.2.3. Extraction des protéines totales .…...……………………………………………..………26
VII. Dépôt des échantillons et migration .…...………..…………………….……………….……27
VII.1. Révélation des gels …...……………………………………….…………………….….…..27
VII.2. Exploitation des résultats …...…………………………………………………..…………27
Introduction
Les céréales constituent une part importante des ressources alimentaires de l’homme et
de l’animal (Karakas et al., 2011). Parmi ces céréales, le blé dur (Triticum durum Desf.)
compte parmi les espèces les plus anciennes.
En Algérie le blé dur (Triticum durum Desf.) a acquis au cours des siècles une
véritable valeur symbolique, du fait de son importance dans l’agriculture et l’alimentation
humaine. Son grain constitue un produit de base dans l’alimentation des algériens (couscous,
le pain, la galette, le frik, et divers gâteaux...), il est considéré aussi comme une très grande
ressource de protéines et d’hydrate de carbone. Il renferme également des acides aminés, des
lipides et des vitamines. En outre, ses sous produits (paille) servent d’aliments pour le bétail.
La paille est utilisée comme litière et comme aliment pour les animaux. (Benkolli et
Bouzeghaia., 2016)
Avant les années 1830 l’Algérie, exporté son blé au monde entier, durant les dix
dernières années, à sept reprises, la production annuelle de cette céréale demeure très
insuffisante pour satisfaire la demande en constante augmentation de ce produit. Pour cela
l’Algérie importe massivement son blé et se trouve dépendantes du marché international pour
couvrir une partie de ses besoins, cette situation risque de se prolonger à plusieurs années,
faute de rendements insuffisants et une forte évolution démographique.
Cette faiblesse de la production de blé en Algérie est souvent expliquée par l’influence
des mauvaises conditions climatiques (la sécheresse, la température et la salinisation des
sols…). (Amrouche et Mesbah., 2017)
1
Introduction
Pour élaborer des programmes de sélection d‘espèces et de variétés de blé tolérantes
au stress hydrique, il est nécessaire de mieux connaitre l’effet de ces différents mécanismes
sur la réponse de cette espèce dans ces conditions.
2
Chapitre I : Revue Bibliographique
3
Chapitre I : Revue Bibliographique
dans le genre Triticum qui est un exemple classique d'allo polyploïdie, dont les génomes
homologues dérivent de l'hybridation inter-espèces appartenant à la même famille (Levy et
Feldman, 2002). Le blé dur (Triticum durum Desf.) est une espèce allo tétraploïde (2n =28,
AABB) qui a pour origine l'hybridation suivie par un doublement chromosomique entre
Triticum Urartu (génome AA) et une espèce voisine de l’Aegilops. (Feillet, 2000)
Figure 02: Phylogénie du blé dur (Triticum durum Desf). (Debiton. 2010).
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Chapitre I : Revue Bibliographique
Régne Taxonomie
Embranchement Angiospermes
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Chapitre I : Revue Bibliographique
Le classement de l’année 2016 des principaux pays producteurs du blé dur indique que
l’UE est toujours en première position, le Canada en deuxième position alors que les Etats
unis se situent en sixième position après le Mexique. (Anonyme, 2017)
L’UE et le continent américain sont excédentaires en blé, ce qui leur confère un
avantage économique et géopolitique indéniable. Au contraire, l'Asie et l'Afrique apparaissent
déficitaires, ce qui renforce leur dépendance à l'égard des grands pays exportateurs.
Le marché mondial du blé dur est segmenté en différents groupes de pays qui ont
diverses capacités de production et de consommation de blé, ce qui rend ce marché plus
propice à la volatilité des prix. Seulement 19% de la production mondiale du blé est échangée
et il s'agit d'un marché de surplus et d'excédent. (Ansart, 2017)
Figure 03 : Production mondiale de blé dur par pays en 2016 et projections en 2017
(Conseil International des Céréales, 2017).
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Chapitre I : Revue Bibliographique
Pour satisfaire la demande de l’humanité, selon la FAO, il faut augmenter d’au moins
60 % la quantité des produits agricoles disponibles, entre 2005 et 2050. (Gallais, 2015)
La superficie totale de l'Algérie est de 238 174 100 hectares dont 4/5 sont occupés par
le Sahara. La surface agricole utile est de 7.14 millions d'hectares, dont prés de la moitié est
laissée en jachère chaque compagne. Les cultures herbacées couvrent 3.8 millions hectares, la
céréaliculture consiste la principale activité, notamment dans les zones arides et semi-arides.
Les terres annuellement emblavées représentent 50.42% des terres labourées. (Kadi et al.,
2010)
La production nationale en blé dur est encore faible, elle ne couvre que 20 à 25% des
besoins du pays, le reste étant importé. Au niveau national, la culture du blé souffre encore de
plusieurs carences techniques. En effet, le potentiel génétique des variétes cultivée
actuellement au niveau national n'est exploité qu'à 30 ou à 40%. ( Hamadache et al., 2002)
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Chapitre I : Revue Bibliographique
La production nationale de blé devrait connaitre une excellente hausse en 2018. Dans
son rapport mensuel sur les produits agricoles dans le monde, le service agricole de l’étranger
du ministère américain de l’Agriculture (USDA), a anticipé une production record de blé en
Afrique du Nord-Ouest notamment pour l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, pour la campagne
2018/2019, qui serait de l’ordre de 12,5 millions de tonnes métriques (mmt) avec une hausse
de 17% par rapport à 2017 et de 30% au-dessus de la moyenne quinquennale.
Ainsi, pour l’Algérie, la production de blé pour la saison 2018/19 est estimée à 3,0
mmt, en hausse de 0,6 million par rapport à 2017/18. Cette perspective favorable est
due principalement aux précipitations abondantes au niveau des régions de l’Est, l’Ouest et
le Centre du pays. (Nadjoua, 2018)
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Chapitre I : Revue Bibliographique
L’eau a un rôle fondamental dans la vie des plantes. Dans la mesure où elle
conditionne leurs activités physiologiques et métaboliques. Elle est le vecteur des éléments
nutritifs de la plante (Riou, 1993). Les rôles multiples assurés par l’eau au sein des plantes
font le premier facteur limitant leur fonctionnement. Parmi ces rôles nous pouvons citer.
(Laberche, 2004)
l’eau contribue au maintien de la structure de la cellule et en particulier de la
structure colloïdale du cytoplasme.
elle intervient dans les réactions métaboliques comme l’hydrolyse ou la
photosynthèse, elle est donc en ce sens un aliment pour le végétale.
elle véhicule les nutriments minéraux et les produits du métabolisme.
par son rejet dans l’atmosphère sous forme de vapeur, elle emprunte à la plante sa
chaleur latente de vaporisation. Elle permet à celle-ci de supporter les
rayonnements solaires et les divers échauffements climatiques.
La richesse en eau des plantes est variable selon les espèces, les organes et les milieux de vie.
En effet, une salade peut contenir 90 à 93 % d’eau, une feuille est composée souvent de 80 à
90 % d’eau et le bois fraîchement coupé peut renferme 30 à 50 % d’eau (Leclerc, 1999). Il
faut 1500 litres pour obtenir 1kg de blé, 500 litres d’eau pour 1kg de maïs et 4500litres d’eau
pour 1kg de riz. (Bernard, 2006)
Un manque d’eau au niveau du sol peut affecter le contenue en eau de feuille, le transport et
l’accumulation des éléments nutritifs et par la même la croissance des plantes cultivées
annuelles. (Nana et al., 2010)
9
Chapitre I : Revue Bibliographique
Les stress abiotiques induisent des changements physiologiques et des changements dans les
processus cellulaires. Ils engendrent généralement une perturbation du potentiel hydrique chez
les plantes compensée par une fermeture des stomates, suite à une perte de turgescence dans
les cellules de garde, ou une diminution de la pression osmotique cellulaire. (Benghersallah,
2015)
Les tissus doivent alors mettre en place plusieurs mécanismes d’adaptation afin de limiter les
dégâts engendrés par le stress. (Verslues et al., 2006)
Le déficit hydrique est une contrainte permanente de la production agricole dans de nombreux
pays au climat de type méditerranéen. Elle est à l'origine des pertes de production agricole
dans de nombreuses régions. Les risques du manque d’eau sont et deviendront de plus en plus
fréquents et persistants, à l'avenir, par suite des changements climatiques causés par l'effet de
serre. (Witcombe et al., 2009)
Le manque d’eau ou déficit hydrique représente le stress abiotique le plus sévère auquel la
culture du blé dur fait face dans les conditions de production des zones arides et semi-arides
(Chenaffi et al., 2006). Ce stress se traduit par une série de modification qui touche les
caractères morphologiques, physiologiques et biochimiques, à partir du moment où les
besoins en eau de la plante sont supérieurs aux quantités disponibles. (Mefti et al., 2000)
Pour lutter contre le manque d’eau, les plantes développent plusieurs stratégies adaptatives
qui varient en fonction de l’espèce et des conditions du milieu (esquive, évitement et
tolérance). (Turner, 1986)
10
Chapitre I : Revue Bibliographique
A. La stratégie d’esquive :
Cette stratégie consiste à éviter de subir le déficit hydrique en effectuant le cycle de
développement pendant des périodes pluvieuses. On réduit alors le risque de perte de
rendement, en échange d'une réduction du rendement maximum atteignable (Jean-pierre et
al.,2006). Le décalage du cycle cultural depuis des périodes à forte demande climatique vers
des périodes à plus faible risque est la stratégie des cultures d'hiver, qui réalisent leur cycle
sur une période à faible risque de déficit hydrique et compensent une croissance à une saison
où le rayonnement incident est réduit par une durée plus longue du cycle. (Folkert et al.,
2001)
B. La stratégie d’évitement
Cette stratégie consiste à empêcher que la plante soumise à des conditions hydriques
défavorables ne subisse un stress hydrique trop important. Ces adaptations réduisent le risque
de perte de rendement, mais ont le plus souvent un coût en terme de rendement maximum
(Jean-pierre et al., 2006). Les mécanismes d’évitement sont de type morphologique et
physiologique.
Système racinaire
Un système racinaire capable d’extraire l’eau du sol est un trait essentiel pour la résistance
à la sécheresse (Subbarao et al., 1995). Les cultivars de blé à système racinaire extensif
peuvent exploiter un grand volume de sol, absorber une grande quantité d’eau et avoir un
rendement considérable.
Surface foliaire
La diminution de la surface de la feuille sous stress hydrique est considérée comme
une réaction de résistance moyenne ou d'adaptation au manque d'eau (Blum, 1996). Un autre
type d'adaptation foliaire développé par la plante face à un manque d'eau est l'enroulement de
11
Chapitre I : Revue Bibliographique
la feuille qui peut être considéré comme un indicateur de perte de turgescence en même temps
qu'un caractère d'évitement de la déshydratation (Amokrane et al., 2002). L’enroulement des
feuilles entraîne une diminution de 40 à 60% de la transpiration.
Fonctionnement stomatique
La réduction de la perte en eau par la fermeture stomatique est un moyen d’adaptation
des plantes à la sécheresse. Cette diminution de la transpiration peut engendrer une réduction
de la photosynthèse. Ainsi, les génotypes qui ont la capacité photosynthétique intrinsèque la
moins affectée par le déficit hydrique présentent une efficience de l’utilisation de l’eau
(photosynthèse/transpiration) plus élevée et une plus grande capacité de survie (Araus et al.,
1989). En agronomie de production, l’utilisation efficiente de l’eau est le critère le plus utilisé
pour évaluer tout apport d’eau. Ce paramètre est défini par le ratio de la matière sèche
produite sur la quantité d’eau consommée (Bamouh et al., 2000). L’augmentation du nombre
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Chapitre I : Revue Bibliographique
de stomates par unité de surface pourrait être un des facteurs de résistance au déficit hydrique
chez les céréales si elle est accompagnée par une bonne activité physiologique (Slama, 2002).
L’accroissement de la densité stomatique peut augmenter l’assimilation nette du CO2 et
diminuer la perte en eau. En effet, un nombre élevé de stomates peut engendrer des stomates
de petite taille et à fermeture rapide.
La régulation de l'état hydrique des parties aériennes de la plante par la fermeture des
stomates est notamment déclenchée par un signal chimique racinaire, la molécule signal est
une phytohormone, l'acide absecissique (ABA), synthétisé par les racines soumises à un stress
hydrique et qui est véhiculé jusqu'aux feuilles par la sève brute (Djekoun et Ykhlef, 1996).
Cette régulation diffère d'ailleurs selon les espèces, leur capacité à maintenir un état hydrique
presque constant étant variable. Par exemple, elle est bonne chez le maïs et le pois et moins
chez le tournesol. Si la fermeture des stomates permet à la plante de réduire la sortie d'eau,
elle limite aussi l'entrée de CO2 et donc et la production de biomasse. (Djekoun et Ykhlef,
1996)
D’aprés (Tardieu et Simonneau, 1998) on peut classer les plantes en deux groupes :
o Les plantes dites isohydriques : comme le maïs, ferment rapidement leurs stomates
lors d’un déficit hydrique. Ceci conduit à une économie de l’eau du sol disponible,
mais entraine une baisse précoce de la photosynthèse.
o Les plantes dites anisohydriques : comme le tournesol, maintiennent tardivement leurs
stomates ouverts. L’état hydrique des tissus de ces plantes tend à suivre celui du sol
lorsque ce dernier se dessèche.
13
Chapitre I : Revue Bibliographique
La teneur en chlorophylle
La diminution de la photosynthèse, qui fait suite à la réduction de la teneur relative en
eau et du potentiel hydrique foliaire, est causée par la réduction de la pénétration du CO2.
La diminution de la photosynthèse nette peut être attribuée à la diminution de la
concentration interne du CO2 sans que la capacité photosynthétique des tissus de la feuille
ne soit endommagée (El-jaafari et Paul, 1993). Bousba et al., (2009) indiquent qu’une
diminution de la teneur en chlorophylle est remarquée chez le blé dur sous stress hydrique.
Tahri et al., (1997) montrent que l’augmentation de la teneur en proline foliaire sous
l’effet du stress suivie par un abaissement dans les teneurs en pigments chlorophylliens
totaux (Chlorophylles a et b). Ainsi la variété qui accumule plus de proline est aussi celle
qui connaît la plus forte diminution de ses teneurs en pigments chlorophylliens et vice
versa. (Tahri et al., 1997)
C. La stratégie de tolérance :
14
Chapitre I : Revue Bibliographique
apparaît donc comme un mécanisme majeur d'adaptation à la sécheresse : il permet le
maintien de nombreuses fonctions physiologiques (photosynthèse, transpiration,
croissance…) ; il peut intervenir à tous les stades du développement et son caractère
inductible suggère qu'il n'a pas (ou peu) d'incidence sur le rendement potentiel.
(Semcheddine, 2015)
15
Chapitre I : Revue Bibliographique
cytoplasmique (Acevedo et al., 1989). Selon Tahri et al., (1997) l’accumulation de la proline
induite par les stress, peut être le résultat de trois processus complémentaires: stimulation de
sa synthèse, inhibition de son oxydation et/ou altération de la biosynthèse des protéines. La
proline est synthétisée selon deux voies distinctes, via le glutamate et l’ornithine (Neffar,
2013). La chaine de réaction commence par la réduction du glutamate en glutamyl-5-
semialdéhyde. Ce composé se cyclise spontanément et forme l’acide pyrroline-5-carboxylique
qui est réduit ensuite en proline.
La proline peut être issue aussi de l’ornithine, précurseur de l’acide pyrroline-2-
carboxylique, transformé ensuite en proline (Jean-François et Morot-Gaudry, 1997). Son
accumulation dans les feuilles de plantes qui souffrent d’un manque d’eau a été décrite très
anciennement (Cornic, 2008). On pense que l’accumulation se fait dans le cytoplasme où sa
concentration atteint parfois 230 à 250 mM. Elle peut à cette concentration participer
effectivement à l’ajustement osmotique de la plante. (Samars et al., 1995)
Un déficit hydrique plus grave amplifie davantage l’accumulation de la proline dans les
tissus foliaires, atteignant pratiquement le double de celle du témoin (757,15 contre 345,72 μg
/ 100 mg feuilles, soit 119,01 % d’augmentation) (Hireche, 2006). Outre son rôle osmotique,
la proline semble aussi avoir un rôle dans l’enroulement foliaire, constituant un mécanisme de
limitation de la transpiration chez les céréales, qui serait lié à l’accumulation d’acide
abscissique (ABA) au niveau des feuilles. Elle pourrait en outre jouer plusieurs rôles dans le
métabolisme intracellulaire, dans la protection des membranes et des systèmes enzymatiques,
et favoriserait la reprise après réhydratation (Lepoivre, 2003). Plusieurs sélectionneurs et
physiologistes ont utilisé la capacité de son accumulation dans le criblage de génotypes
résistants au déficit hydrique sur le blé dur.
16
Chapitre I : Revue Bibliographique
En particulier dans le cas de déshydratation ou de stress induit par le froid. Basé sur
les motifs de leurs protéines correspondantes, elles ont été classifiées en au moins six
différents groupes. La caractéristique unitaire des protéines LEA est, chez les plantes, leur
accumulation liée au développement, des stress environnementaux (froid, forte concentration
saline, dessiccation) ou la présence d’ABA (Wise, 2003). Ces protéines pourraient protéger
les structures cellulaires contre les effets d'une perte d'eau en fonctionnant comme un tampon
d'hydratation, par isolation d'ions, ou par protection directe des autres protéines ou
membranes. (Guy, 2003)
Différents gènes qui codent pour les LEA sont impliqués dans la tolérance au stress
hydrique chez le blé dur. (Rampino et al., 2006)
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Chapitre I : Revue Bibliographique
La quantité d’eau utilisable pour l’agriculture étant de plus en plus faible, la sélection de
plantes tolérantes à la sécheresse apparait comme une des solutions les plus efficaces pour
atténuer cette contrainte et ainsi augmenter la production alimentaire.
Pour utiliser au mieux les ressources en eau et obtenir la meilleur production possible
dans un contexte agroclimatique donné, les améliorateurs de plantes disposent de deux outils
qui historiquement ont toujours participé équitablement au progrès agronomique : les
pratiques agronomique et les méthodes d’amélioration génétique des plantes (Ricroch et al.,
2011).
L’approche génétique est basée sur l’utilisation de la diversité allélique naturelle qui
existe dans chaque espèce pour chaque gène, afin d’obtenir les meilleures combinaisons
d’allèle pour produire les variétés les plus performantes dans un contexte agroclimatique
donné (Gaufichon et al., 2010). L’accès à des ressources génétiques aussi larges que possible
est donc un atout essentiel pour le généticien améliorateur de plantes. Cependant, dans
d’autres espèces plus au moins éloignées de l’espèce considérée, il peut exister des gènes
absents dans cette dernière mais dont les propriétés peuvent être intéressantes. C’est alors que
l’utilisation d’une des techniques biotechnologiques, la transgénèse, devient indispensable.
(Ricroch et al., 2011)
18
Chapitre II : Matériel et méthodes
I. Matériel végétal
L'étude a porté sur dix génotypes de blé dur (Triticum durum Desf) d’origine locale et
introduite. Les génotypes utilisés sont répertoriés selon le catalogue officiel de l’ITGC (Tab.
02).
Les graines choisies ont été sélectionnées selon leur taille et leur forme,120 graines
(6 x 10 x 2) des dix génotypes ont été stérilisées et désinfectées à la solution d’hypochlorite
de sodium (NaOCl) à 70% contenu dans l’eau de javel pendant 10 minutes puis rincées trois
fois à l'eau distillée stérile, une fois le rinçage est effectué, on laisse les graines pendant 2h
dans de l’eau distillée pour le gonflements.
Les graines sont ensuite mises dans des boites tapissées par trois couches de papier
absorbant humecté à l’eau distillée pour la pré-germination pendant une semaine à l’obscurité
et à température ambiante du laboratoire. (Figure 08)
19
Chapitre II : Matériel et méthodes
Les grains ont été mis en germination à l’obscurité, suite à laquelle le taux de
germination a été révélé, les plantules sont transplantées ensuite dans des pots de 200 g.
Les pots ont été remplis par un mélange de sol agricole de la pépinière d’Université
des frères Mentouri. Un totale de 120 pots devisé en deux lots, deux plantes dans chaque pot,
chaque lots se compose de deux groupes ; 30 Témoin et 30 Stressé, donc 3 répétition pour les
10 variétés. (Figure 09)
20
Chapitre II : Matériel et méthodes
Figure 09: Les dix variées du blé dure a étudier, témoin et stressé
Les pots ont été placés sous serre, ils sont irrigués régulièrement 3 fois par semaine, on
a utilisé le milieu BD (BROUGHTON et DILLWORTH) (Annexe 01 ; Tableau 01) juste
pour les deux premières semaines. Après l’obtention de la cinquième feuille, on a appliqué le
stress par un arrêt d’arrosage pendant une semaine.
La teneur relative en eau de la feuille a été déterminée par la méthode décrite par
Barrs, (1968). Selon cette méthode, les feuilles sont coupées à la base du limbe, elles sont
pesées immédiatement pour obtenir leur poids frais (PF) .Ces feuilles sont mises par la suite
dans des tubes à essai remplis d’eau distillée et placés à l’obscurité dans un endroit frais, après
24h les feuilles sont retirées, passées dans un papier buvard pour absorber l’eau de la surface,
21
Chapitre II : Matériel et méthodes
pesées de nouveau pour obtenir le poids de la pleine turgescence (PT). Les échantillons sont
enfin mis à l’étuve régler à 80°C pendant 48h et pesés pour avoir leur poids sec (PS). La
teneur relative en eau est calculée par la formule suivante (la formule de Clark et Mac-Caig,
1982) :
La résistance stomatique au niveau des feuilles a été mesurée à l’aide d’un Poromètre type
Delta-T Devices Cambridge UK. En premier lieu, on fait l’étalonnage de l’appareil; puis on
lance la lecture. Il s’agit d’insérer la partie médiane de la feuille dans la pince (Herbinger et
al., 2002). Les données de la résistance stomatique sont stockées dans l'appareil de mesure et
ensuite transférées vers un ordinateur pour leur traitement. (Figure 10)
Le taux de chlorophylle au niveau des feuilles a été mesuré à l’aide d’une chlorophylle
mètre SPAD 502 de Minolta (Nouri, 2002). L’appareil a la forme d’une pince que l’on tient
dans la main ; il est compact et léger et entre dans n’importe quelle poche. Il mémorise
jusqu’à 30 mesures, qui peuvent être affichées une à une. Les valeurs classiquement
retrouvées se situent entre 0 et 50 (unités SPAD). La chlorophylle mètre est utilisé pour
22
Chapitre II : Matériel et méthodes
évaluer la teneur en azote des feuilles puisque la majeure partie de l’azote est contenue dans la
chlorophylle. Il suffit de fermer la pince vide sur elle-même pour étalonner l’instrument. Par
la suite, trois prises de mesure sont effectuées au niveau de la feuille sur trois différents
(sommet, milieu, et base). La moyenne des trois valeurs s’affiche sur l’écran à la fin (unité
SPAD). Sachant que le temps de chaque mesure est de l’ordre de deux secondes. (Figure 11)
Les paramètres biochimiques consistent à mesurer les quantités des constituants des
organes biologiques en général sucres solubles ; protéines totales ; acides aminées ; proline ;
lipides ...etc.
On s’intéresse a mesurer :
La proline ou acide pyrrolidine 2-carboxylique est l’un des vingt principaux acides
aminés qui entrent dans la constitution des protéines. La proline est facilement oxydée par la
ninhydrine ou tricetohydrindène. Elle sera déterminée selon la méthode de Troll et Lindsley
(1995), modifiée par Monneveux et Nemmar (1986).
23
Chapitre II : Matériel et méthodes
Elle consiste à prendre 100 mg de matière fraîche dans des tubes à essai contenant 2 ml de
méthanol à 40%. Le tout est chauffé à 85°C dans un bain-Marie pendant 60mn. (Les tubes
sont recouverts de papier aluminium pendant le chauffage pour éviter la volatilisation de
l’alcool.) Après refroidissement ; on prélève 1ml d’extrait auquel il faut ajouter :
24
Chapitre II : Matériel et méthodes
Les protéines sont des molécules qui ont un rôle dans la structure et la fonction de la
cellule, on peut les isoler, les analyser et les étudier. La séparation des protéines présente dans
notre étude est faite à l'aide d’un gel SDS-PAGE permettant une séparation des protéines dans
le gel selon leur poids moléculaire. La technique électrophorèse monodimensionnelle sur gel
de polyacrylamide en présence de SDS est réalisée selon la méthode de (Laemmli, 1970) citée
par (De Leonardis et al., 2007). Une variante de cette technique consiste à utiliser du SDS
(Sodium Dodécylsulfate) qui est un détergent anionique fort. Il a la propriété de défaire la
structure spatiale en se fixant sur les protéines et de les charger de la même façon permettant
ainsi de les séparer uniquement en fonction de leur masse moléculaire. Il donne la charge
négative aux protéines (aux chaînes de polypeptides) qui permet la migration des protéines
vers l'anode. (Dicko, 2006) (Figure 13)
Avant de procéder à la dénaturation des protéines avec du SDS, on utilise un agent réducteur,
le β-mercaptoéthanol qui réduit les ponts désulfuriques des protéines, les rendant ainsi sous
forme monomérique. Le β-mercaptoéthanol coupe et casse les liaisons et les ponts
désulfuriques (en peut le remplacer par le DDT). L’acétone fait descendre les protéines au bas
et solubilise les molécules organiques comme les acides gras ;…etc. Cette technique permet
de déterminer le poids moléculaire des sous unités formant une protéine, et de se rendre
compte du degré de purification atteint à chaque étape. Pour réaliser cette technique on utilise
deux gels ; un gel de séparation et un gel de concentration possédant des concentrations
d'acrylamide bien spécifiques suivant les besoins de la séparation. Dans nos expériences, pour
le gel de séparation, une concentration finale d'acrylamide du 15 % a été choisie et une
concentration de 4% pour le gel de concentration. Ce dernier permet à l'échantillon une entrée
homogène dans le gel de séparation. (Jangpromma et al., 2007) (Annexe 02)
25
Chapitre II : Matériel et méthodes
L’extraction des protéines totales des feuilles et des racines de blé dur se fait par la
méthode (De Leonardis et al., 2007) comme suit:
1. Broyer à l’aide d’un mortier et d’un pilon 100mg de feuilles et de racines des
échantillons témoins et stressés, pesé le jour même dans de l’azote liquide. Ce matériel
végétale ainsi préparé peut être stocké à - 20°C (Zukas et Breksa, 2005).
2. Ajouter au broyat 1ml de la solution de précipitation (solution A (Annexe.03)) et
homogénéiser dans un tube Eppendorf de 1.5ml.
3. Laisser reposer pendant 1h à - 20°C.
4. Centrifuger pendant 15mn à 4°C et à 13 000 rpm. -Eliminer le surnageant
délicatement en renversant le tube (le culot ne doit pas décoller).
5. Laver les culots avec 1ml de la solution de rinçage (solution B (Annexe 03)).
26
Chapitre II : Matériel et méthodes
6. Laisser reposer 1h à - 20°C puis éliminé le surnageant délicatement (on peut faire une
petite centrifugation si on voit que le culot s’est un peu décollé).
7. Sécher les culots dans un dessiccateur pendant 15 à 30mn à 60°C (il ne faut pas qu’ils
soient trop secs). Réduire en poudre les culots (à l’aide d’une baguette en verre).
8. Reprendre la poudre dans un volume de 100µl du tampon de solubilisation Laemmli
buffer (Annexe.03).
9. Passer au vortex les tubes Eppendorf en mettant 5 min à 100°C, afin de favoriser la
dénaturation des protéines.
10. Centrifuger les tubes Eppendorf à 10 000 rpm pendant 10mn à 20°C (température
ambiante). Stocker à -20°C. Juste avant les dépôts, décongeler les échantillons,
mélanger doucement et centrifuger à 10 000 rpm pendant 10mn à 20°C.
La révélation a été faite par coloration et fixation pendant toute une nuit dans une
solution de coloration .La décoloration a été réalisée par plusieurs rinçages à l’eau distillée.
Afin de pouvoir caractériser les différences qui existent entre les variétés étudiés
concernant les différents paramètres mesurés, nous avons calculé certains paramètres
27
Chapitre II : Matériel et méthodes
statistiques à l’aide du logiciel d’analyse et traitement statistique des données Exel STAT
2009.
En ce qui concerne l’analyse des protéines totales par SDS-PAGE, le gel obtenu a été
traité par le logiciel E-Capt qui permet une bonne visualisation des bandes ainsi que le
calcul de leur poids moléculaires en fonction du marqueur du poids. La présence des bandes
est codée par 1 et leur absence par 0.
28
Chapitre III : Résultats et Discussions
I. Paramètres physiologiques
.
120
100
TENEUR RELATIVE EN EAU
80
(%)
60
40
20
0
V1 V2 V3 V4 V5 V6 V7 V8 V9 V10
VARIETES
TEMOINS STRESSE
Figure 14 : Variation de taux de la teneur relative en eau des dix génotypes de blé dur,
stressés et témoins.
(V1=OZ; V2=B17; V3=AL; V4=W; V5=V; V6=GDUR; V7=Wbi; V8=BM; V9=Sim; V10=Cir).
Au niveau des génotypes stressés, on note une diminution de la TRE chez l’ensemble
des génotypes étudiés sous condition de manque d’eau, la valeur maximale chez le génotype
29
Chapitre III : Résultats et Discussions
(W) de (72,27 ±1,65%) , alors la valeur minimale est observée chez le génotype (V) (46,52 ±
1,42) %. (Figure 14).
La TRE est un indicateur très utilisé pour mettre en évidence l’état de la balance
hydrique d’une plante. La diminution de la TRE chez la variété (V) est élevée, donc cette
variété est très sensible au stress hydrique par rapport aux autres variétés. Le manque d'eau est
un élément déterminant pour la croissance des plantes, particulièrement en région arides et
semi arides. Il induit chez les plantes stressées une diminution du contenu relatif en eau.
(Albouchi et al., 2000)
Ces résultats sont confirmées par (Amoumen et Benhebireche, 2013) qui ont montrées
que la teneur en eau des feuilles chez le blé dur diminue proportionnellement avec
l’augmentation de l’intensité du stress. En effet, (Bajji et al., 2001) signalent que la teneur en
eau des feuilles diminue proportionnellement avec la réduction d’eau contenue dans le sol.
30
Chapitre III : Résultats et Discussions
40,00
Le taux de la chlorophylle totale
35,00
30,00
(UniteSPAD)
25,00
20,00
15,00
10,00
5,00
0,00
V1 V2 V3 V4 V5 V6 V7 V8 V9 V10
VARIETES
TEMOINS STRESSE
(V1=OZ; V2=B17; V3=AL; V4=W; V5=V; V6=GDUR; V7=Wbi; V8=BM; V9=Sim; V10=Cir).
31
Chapitre III : Résultats et Discussions
Pour les plantes conduites sous stress hydrique, on note que les valeurs de la TCT
diminuent avec l’augmentation du stress hydrique. Selon Hireche, (2006) les différentes
observations de la teneur en chlorophylle totale entre les génotypes sont liées à la tolérance au
stress hydrique, il montre dans ses travaux sur la luzerne que la variété Dessica a tendance à
lutter contre le stress hydrique en baissant sa teneur en chlorophylle. Alors que la variété
Moapa implique une stratégie inverse. (Siakhène, 1984)
32
Chapitre III : Résultats et Discussions
140
120
La résistance stomatique
100
(Rs « m2.s/mol
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
VARIETES
TEMOINS STRESSE
Figure 16 : Variation du taux de la réssistance stomatique des dix génotypes de blé dur,
stressés et témoins.
(V1=OZ; V2=B17; V3=AL; V4=W; V5=V; V6=Gta Dur; V7=Wbi; V8=BM; V9=Sim; V10=Cir).
Selon nos résultats concernant la résistance stomatique, une nette augmentation est
observée chez la plupart des génotypes stressés, avec une valeur maximale est bien présenté
chez le génotype (Cir) (111.33± 4,51) m2 .S/mol et une valeur minimale présente chez le
génotype (GTA Dur) de (66,67 ± 7,37) m2 .S/mol.
33
Chapitre III : Résultats et Discussions
génotypes BM, Bidi 17,Wbi et OZ qui note une Rs de (54,950 m2.s/mol, 54,333 m2.s/mol,
54,158 m2.s/mol, 51,550 m2.s/mol) respectivement. Le groupe BC correspond au AL (43,833
m2.s/mol). Le dernier groupe C représente le génotype Gta Dur (41,400 m2.s/mol) et V
(41,242 m2.s/mol).
Les stomates jouent un rôle fondamental dans la régulation des pertes en eau de
l’appareil foliaire. La régulation de l’ouverture-fermeture des stomates dépend du potentiel
hydrique foliaire et de l’humidité de l’air au champ. (Turner., 1997)
Parmi les acides aminés pouvant être accumulés, la proline représente l’une des
manifestations les plus remarquables des stress hydriques et osmotiques.
34
Chapitre III : Résultats et Discussions
120,00
100,00
La teneur en proline
(µg/100mgMF
80,00
60,00
40,00
20,00
0,00
V1 V2 V3 V4 V5 V6 V7 V8 V9 V10
VARIETES
TEMOINS STRESSE
Figure 17: Variation de taux de l’accumulation du proline des dix génotypes de blé dur,
stressés et témoins.
(V1=OZ; V2=B17; V3=AL; V4=W; V5=V; V6=GDUR; V7=Wbi; V8=BM; V9=Sim; V10=Cir).
Sous les conditions de stress on remarque qu’il ya une différence entre les génotypes
testés, on observe un seuil maximal de proline chez AL (91,98± 1,64) ug/100 mg MF. Par
contre un seuil minimal enregistré chez le génotype Cir (5,31 ± 1,19) ug/100 mg MF.
Toutes les variétés testés sous condition de stress ont montré une repense contre le
stress appliqué, cette repense se représente par la synthèse et l’accumulation de la proline avec
des taux différents entre les dix génotypes.
Ces résultats montrent qu’il ya une grande diversité entre les génotypes étudiés,
exprimée par différents mécanismes de repense au stress hydrique. En effet, les variétés OZ,
35
Chapitre III : Résultats et Discussions
B17, AL, W, Wbi et BM) utilisent la proline comme une stratégie de la tolérance au stress
hydrique. La variation d'accumulation de la proline entre les génotypes de blé dur reflète une
biodiversité entre ces génotypes. (Chaib et al., 2015)
On remarque la présence de certaines bandes aussi bien chez les témoins que les
stressées, alors que d’autres sont présentes ou absentes chez les stressées et les témoins. On
remarque aussi que le nombre de bandes est plus élevé chez les stressées que chez les
témoins. (Figure 18)
L’analyse des gels obtenus révèle la présence de 22 bandes différentes aux poids
moléculaires allant de 97KDa à 14.4KDa. 20 bandes ont été observée aussi bien chez les
36
Chapitre III : Résultats et Discussions
témoins que chez les stressés, 2 bandes sont apparues que chez les stressés et n’ont pas
présenté chez les témoins. On observe la présence de la bande avec ce poids moléculaire
34,478KDa chez tous les profils, (Tableau 03)
Tableau : 03 : Diagramme présence absence des bandes dans les feuilles des dix génotypes
de blé dur soumis à un stress hydrique.
PM v1 v2 v3 v4 v5 v6 v7 v8 v9 v10 v1s v2s v3s v4s v5s v6s v7s v8s v9s v10s
97 0 0 1 1 1 1 0 1 0 0 0 0 1 0 1 0 0 0 0 0
66 1 1 1 1 1 1 0 1 1 0 0 1 1 0 1 1 1 0 0 0
58,614 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 1 0 0 0 0 0
54,867 0 0 0 0 1 1 0 0 1 1 0 1 1 0 1 0 0 0 0 0
49,278 1 1 1 1 1 1 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
45 1 1 0 0 0 1 0 0 1 1 0 0 0 0 0 1 1 0 1 0
37,629 0 0 0 0 0 1 0 1 1 1 0 1 0 0 1 0 0 0 0 0
37,358 1 1 1 1 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
34,478 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
31,352 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 1 1
30 0 0 1 1 1 1 0 1 1 1 0 1 1 1 1 0 1 0 1 1
27,586 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 0 1 1 1 1 0 1 0 1 1
26,47 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 0 1 1 1 1 0 0 0 0 0
24,05 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 0 1 0 0 0 0 0
23,43 1 1 1 1 1 1 0 0 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0
21,49 1 1 1 1 1 1 1 1 0 0 1 1 1 1 1 0 0 0 0 0
20,10 1 1 1 1 1 1 0 1 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 0
19,164 1 1 1 1 1 1 0 1 0 0 0 1 1 0 1 0 0 0 1 0
17,598 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0 1 0 1 0 0 0 1 0
16,418 0 0 0 1 1 1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0
15,415 0 0 0 1 1 1 0 0 0 0 0 0 1 0 1 0 0 0 0 0
14,4 1 1 1 1 1 1 0 1 0 1 0 1 1 0 0 0 0 0 1 0
37
Chapitre III : Résultats et Discussions
Figure 18: Profil électrophorètique SDS-PAGE des protéines totales des feuilles des dix
génotypes du blé dur soumis à un stress hydrique.
(V1=Oued Zenati; V2=Bidi17; V3=Ain Lahma; V4=Waha; V5=Vitron; V6=Gta Dure; V7=Wahbi; V8=Bni Mestina; V9=Simeto; V10=Cirta).
38
Chapitre III : Résultats et Discussions
Les bandes chez tous les 10 variétés témoins sont fortement marquées sauf chez le
génotype Wbi (faiblement marqué) et moins nombreuses que ceux de leurs stressés. Alors les
variétés (B17; AL; V ; Wbi; Sim; Cir) présentent des bandes plus marquées chez les stressés.
Les différences entre les génotypes témoins et leurs stressés se manifestent par des
variations dans l’intensité des bandes. Chez les stressés dans le cas de la variété BM, 1 seule
bande est présente (34,478Kda), alors que son témoin présente un total de 15 bandes.
Ghasempour et al., (2007) in Farshadfar et al., (2008) annoncent qu’au cours d’un
stress hydrique les feuilles de blé dur augmentent leurs teneurs en protéines solubles à faible
poids moléculaire plus que les protéines à haut poids moléculaire.
Riccardi et al., (1998) in Temagoult, (2009) ont analysé par électrophorèse
bidimensionnelle les protéines foliaires chez deux lignés recombinantes de maïs l’une
tolérance à la sécheresse et l’autre sensible. Parmi les 78 protéines étudiées le stress a affecté
l’expression de ces derniers, 23 protéines ont été partiellement inhibées, 40 ont été
surexprimées, 10 n’ont été visibles que chez les individus stressés et 5 renseignent sur une
interaction génotype x environnement. Le changement dans l’expression des protéines est l’un
des résultats de la modification du métabolisme lors d’un stress chez les plantes.
(Jangpromma, 2007)
39
Conclusion
Conclusion
Lors de ce travail, nous avons étudié la réponse de dix variétés de blé dur (Oued
Zenati; Bidi17; Ain Lahma; Waha ; Vitron; Gta Dure; Wahbi; Bni Mestina; Simeto;
Cirta) au stress hydrique, par l’analyse de quelques paramètres physiologiques et
biochimiques.
Notre étude a montré que la sensibilité des variétés du blé dur au manque d’eau limite la
production de la matière fraiche et du grain.
L’effet du stress hydrique est bien marqué entre les génotypes témoins et leurs stressés. La
réponse au stress hydrique chez les dix variétés de blé dur testées révèle l’existence d’une
grande variabilité pour la plupart des paramètres biochimique et physiologiques mesurés, à
savoir : la teneur relative en eau, le taux de chlorophylle, la résistance stomatique, la teneur en
proline et les protéines totales.
L’examen de l’ensemble des résultats obtenus dans cette partie de l'étude permet de mettre
en évidence que le stress hydrique:
- Induit une baisse dans la teneur relative en eau ( la variété Waha note la plus forte
diminution en teneur relative en eau).
- une forte réduction du taux de chlorophylle a été marquée chez la variété Bidi17.
- Inversement il provoque une augmentation de la résistance stomatique qui été
observé chez la variété Cirta.
- Une forte accumulation de la proline (Ain Lahma qui accumule le mieux la proline).
D'un autre côté, l’analyse des gels de protéines a révélé une différence significative dans
le nombre et l’intensité des bandes mais aussi du poids moléculaire dont l’expression était
modifiée par le stress hydrique. Au totales de 22 bandes différentes d’un poids moléculaire
allant de 14.4KDa à 97.0KDa, nous avons noté un comportement diversifié dans l’expression
deces protéines chez les dix variétés, d’où nous avons remarqué la présence ou absence de
certaines bandes chez les témoins de même chez les stressés, d’autre part il existe un nombre
40
Conclusion
important des bandes révélées chez les variétés en condition de stress. Ces bandes
représentent des protéines de stress.
En fin, l’étude a montré que les dix génotypes testés utilisent des stratégies différentes de
tolérance vis-à-vis du stress hydrique.
A cet effet, la variété Waha par la teneur relative en eau et la variété Cirta par la
résistance stomatique mettent en place des stratégies physiologiques comme mécanisme de
tolérance au stress hydrique.
Par contre et la variété Bidi17 utilise la teneur en chlorophylle comme moyen de réponse
de la production au condition de stress
En fin, la variété Ain Lahma installe des mécanismes biochimiques tell que
l’accumulation de la proline pour la tolérance au stress hydrique.
Les dix variétés accumulent un nombre important de protéines ceci suggère que ces
variétés mettent en place des stratégies biochimiques et moléculaires pour répondre au stress
hydrique. Ces résultats indiquent que les paramètres tell que TRE, Rs, la chlorophylle et
l’accumulation de proline, peuvent être utilisés comme critères de sélection dans les
programmes de l’amélioration du rendement de blé dur dans les régions aride et semi-aride.
41
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50
Annexe 01
MODE OPERATOIR : Préparation du milieu BD.
51
Annexe 02
Préparation des gels
52
Annexe 03
β -mercaptoéthanol 70 ml → 0.07%
Acétone qsp 100ml
54
Tableau : 04 : Classement et regroupements des groupes non significativement différents de
chlorophylle total.
Somme Carré F de
Source ddl des carrés moyen Fisher Pr > F
Gnotype 9 3099,706 344,412 3,965 0,001
Traitement 1 103737,942 103737,942 1194,290 < 0,0001
Gnotype*Traitement 9 2732,933 303,659 3,496 0,003
Somme des
Source ddl carrés Carré moyen F de Fisher Pr > F
Gnotype 9 96885,213 10765,024 1,814 0,096
Traitement 1 108607,600 108607,600 18,303 0,000
Gnotype*Traitement 9 97760,975 10862,331 1,831 0,092
55
Tableau : 08 : Classement et regroupements des groupes non significativement différents de
la teneur en proline.
56
Présenté par : ATOUI AMIRA
Année universitaire : 2018/2019 FERGATI MOUSAB
Accumulation de la proline et des protéines totales chez quelques variétés de blé dur
(Triticum durum Desf) cultivé sous condition de stress hydrique.
Le blé dur est considéré comme une culture stratégique en Algérie. Toutefois, la croissance de cette
culture et l'amélioration de son rendement sont limités par le manque d’eau et la température irrégulière.
Dans notre travail on a étudié l’effet de stress hydrique et la variabilité de la réponse chez dix
génotypes de blé dur (Triticum durum Desf) Oued Zenati; Bidi17; Ain Lahma; Waha; Vitron; Gta Dure;
Wahbi; Bni Mestina; Simeto et Cirta.
Dans la première partie, nous avons étudié quelques paramètres physiologiques et biochimiques à savoir la
teneur relative en eau, la teneur en proline, le taux de la chlorophylle totale et La résistance stomatique.
Les résultats obtenus montrent que le stress hydrique a entraîné, une diminution de la teneur relative
en eau et du taux de la chlorophylle totale. De même, une augmentation de la résistance stomatique et une
accumulation de la proline a été enregistrée.
Dans la deuxième partie, on a analysé par SDS-PAGE les protéines totales exprimées dans les
feuilles des génotypes étudiés avec ou sans stress hydrique, les profils électro-phorétique obtenus nous
donnent des bandes présentes aussi bien chez les témoins que chez les stressées, alors que d’autres sont
présentes que chez les stressés ou absentes chez eux.
En conclusion, l'étude a montré que le stress hydrique provoque les mêmes mécanismes de la
réponse chez les dix génotypes mais à des degrés différents
Mots clés : Blé dur (Triticum durum Desf.), déficit hydrique, proline, protéines totales, paramètres
physiologiques.
Laboratoire de recherche : Laboratoire de Génétique Biochimie et Biotechnologies Végétales GBBV
Jury d’évaluation :
Présidente : BOUSBA R. (M.C.A- UFM Constantine),
Encadrant : YKHLEF N. (Prof. - UFM Constantine),
Examinatrice : HAMLA C. (M.C.B- UFM Constantine).