Mariage Et Vie de Couple
Mariage Et Vie de Couple
vie de
coupLe seLon dieu
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Introduction
Aujourd’hui, dans un monde où les apparences prennent souvent le pas sur les fondements
spirituels, le mariage est trop souvent réduit à une simple cérémonie festive, marquée par des
échanges d’alliances, des habits somptueux et des discours éphémères. Pour beaucoup, il s’agit
d’un événement social à célébrer, plus qu’une alliance sacrée à vivre. Cette conception
superficielle du mariage occulte sa véritable nature selon Dieu : une union profonde, spirituelle,
voulue et établie par le Créateur dès l’origine de l’humanité.
La Parole de Dieu nous enseigne que le mariage est bien plus qu’un contrat humain ou une
formalité légale. Dans Genèse 2:24, il est écrit : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et
sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » Ce passage révèle que
le mariage est une fusion des vies, des cœurs, des âmes, selon le dessein divin. Il ne s’agit pas
d’un arrangement temporaire, mais d’une alliance devant Dieu, irrévocable et sainte. Jésus lui-
même rappelle cette vérité dans Matthieu 19:6 : « Que l’homme donc ne sépare pas ce que
Dieu a joint. » Ce rappel solennel du Christ devrait recentrer nos cœurs sur l’essentiel.
Face à cette confusion ambiante, il est donc vital de revenir à la source — la Parole de Dieu —
pour comprendre ce qu’est réellement le mariage selon le cœur de Dieu. Sans cet ancrage
biblique, les couples risquent de construire leur union sur le sable des émotions et des influences
culturelles, plutôt que sur le roc solide de l’Évangile. Comme le souligne Jésus dans Matthieu
7:24-25, celui qui écoute ses paroles et les met en pratique est semblable à un homme sage qui
bâtit sa maison sur le roc, résistant aux vents et aux tempêtes. Il en va de même pour le couple
chrétien.
Ce document a pour but d’éclairer, à la lumière des Écritures, la véritable vocation du couple
chrétien. Il s’agit d’exhorter les époux — homme et femme — à vivre leur union en Christ,
avec foi, amour et engagement mutuel. Le mariage n’est pas une fin en soi, mais un chemin de
sanctification, un lieu où chacun est appelé à se renier pour mieux aimer (Luc 9:23), à marcher
ensemble dans la foi au salut en Jésus-Christ, à reconnaître leur identité nouvelle en Lui : justes,
saints et parfaits par la grâce (Hébreux 10:14). C’est un appel à bâtir une vie de couple qui
reflète la gloire de Dieu, dans tous les aspects du quotidien : projets, décisions, finances,
éducation des enfants, et plus encore.
Ce chemin, bien qu’exigeant, est celui de la joie véritable et de la paix durable, car il est enraciné
dans la vérité éternelle. Que le lecteur puisse y trouver lumière, instruction et encouragement
pour vivre pleinement la vocation de l’amour selon Dieu.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Partie I : Le Mariage selon Dieu
1.1 Le mariage, une institution divine
Au commencement, lorsque Dieu créa le ciel, la terre, et tout ce qu'ils renferment, Il posa les
fondements de l’humanité avec une sagesse parfaite. Après avoir formé l’homme à partir de la
poussière du sol et soufflé en lui un souffle de vie, Dieu déclara dans Genèse 2:18 : « Il n’est
pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » Cette parole, simple en
apparence, révèle une réalité profonde : l’homme n’a pas été créé pour vivre en isolement. Dès
l’origine, Dieu a prévu une union complémentaire, une relation d’amour, d’aide et de
communion entre l’homme et la femme. Il ne s’agit pas d’un besoin affectif passager ou d’un
choix social, mais d’une intention divine inscrite dans la création elle-même.
Dieu ne crée pas la femme par hasard. Il ne la tire pas de la poussière, comme Il l’avait fait pour
l’homme, mais de la côte d’Adam, indiquant ainsi qu’elle est de même nature que lui, appelée
à marcher à ses côtés. Genèse 2:21-22 nous dit : « Alors l'Éternel Dieu fit tomber un profond
sommeil sur l'homme, qui s'endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.
L'Éternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers
l'homme. » Ce geste symbolique exprime l’unité et la proximité. La femme n’est ni au-dessus
ni en-dessous de l’homme, mais avec lui, à ses côtés, dans une relation d’amour et de partenariat.
Lorsque Adam voit la femme, il s’écrie : « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de
ma chair ! » (Genèse 2:23). Cette parole spontanée traduit un émerveillement et une
reconnaissance immédiate de l’œuvre de Dieu. C’est ici que le mariage trouve son fondement :
dans cette unité voulue par Dieu, une union d’essence et de destinée. Et le texte poursuit, au
verset 24 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme,
et ils deviendront une seule chair. » Ce verset, souvent cité, contient trois principes essentiels
du mariage selon Dieu : la séparation d’avec les attaches premières (quitter), l’union affective
et spirituelle (s’attacher), et la communion intime et durable (devenir une seule chair).
Le mariage n’est donc pas une invention humaine ou une adaptation culturelle. Il est une
institution divine. C’est Dieu lui-même qui en est l’auteur, le sculpteur et le garant. C’est
pourquoi toute tentative de redéfinir le mariage en dehors de ce cadre est une déviation de
l’intention originelle du Créateur. Le mariage, tel que Dieu l’a conçu, est une alliance sainte
entre un homme et une femme, fondée sur l’amour, la fidélité, la complémentarité et
l’engagement.
Cette vision du mariage est reprise et confirmée par Jésus lui-même, des siècles plus tard, dans
le Nouveau Testament. Lorsqu’on l’interroge sur le divorce dans Matthieu 19:4-6, Il répond :
« N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit :
C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux
deviendront une seule chair ? Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme
donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. » En citant ce passage de la Genèse, Jésus réaffirme
que le mariage n’est pas une construction humaine, mais une union scellée par Dieu lui-même.
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Ce que Jésus dit ici est extrêmement fort : le mariage n’est pas simplement le fruit d’un choix
personnel ou d’un contrat civil ; il est une œuvre de Dieu. Le verbe employé – « ce que Dieu a
joint » – signifie que, dans chaque mariage véritable, Dieu intervient activement. Il unit deux
personnes dans une dimension invisible mais réelle, spirituelle et sacrée. C’est pourquoi le
mariage ne peut être rompu à la légère. Il ne s’agit pas d’un arrangement provisoire, réversible
à volonté, mais d’une alliance engageante, durable et sanctifiée.
Dans l’Ancien Testament, le mariage est souvent comparé à une alliance, au même titre que
celle que Dieu fait avec son peuple. Par exemple, dans Malachie 2:14, Dieu dit : « Le Seigneur
a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, à laquelle tu es infidèle, bien qu’elle soit ta
compagne et la femme de ton alliance. » Ce verset révèle que Dieu se positionne comme témoin
et garant de l’union conjugale. La femme est désignée comme « la femme de ton alliance », ce
qui souligne que le mariage est un pacte solennel, une promesse mutuelle faite devant Dieu.
À l’image des alliances divines, le mariage implique engagement, fidélité, sacrifice, mais aussi
grâce, pardon et persévérance. Dans une société où les unions sont souvent fragiles, éphémères
et conditionnées par les émotions ou les intérêts personnels, ce rappel est essentiel. Le mariage
selon Dieu n’est pas un contrat à durée déterminée, que l’on peut rompre lorsqu’il ne convient
plus, mais une alliance inconditionnelle, semblable à celle que Dieu a établie avec son peuple,
malgré ses infidélités.
L’histoire du prophète Osée en est une illustration frappante. Dieu demande à Osée d’épouser
une femme adultère pour symboliser l’infidélité d’Israël. Pourtant, malgré les trahisons répétées
de sa femme, Osée est appelé à l’aimer encore, à la racheter et à la reprendre (Osée 3:1). Cet
amour fidèle, qui dépasse l’offense, reflète l’amour de Dieu et doit aussi inspirer le cœur du
mariage chrétien.
Dans le monde, le mariage est souvent perçu comme un engagement tant que tout va bien. Les
promesses sont faites dans la joie, mais vite oubliées dans l’épreuve. Pourtant, le mariage
biblique est précisément un lieu d’épreuve, de croissance, de transformation. C’est là que Dieu
travaille les cœurs, enseigne l’humilité, et modèle le caractère à l’image de Christ. Il ne s’agit
pas simplement d’être heureux ensemble, mais de devenir saints ensembles. L’apôtre Paul
évoque cela dans Éphésiens 5:25-27, lorsqu’il dit : « Maris, aimez vos femmes comme Christ
a aimé l’Église. Il s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier… » Ce passage lie l’amour
conjugal au sacrifice et à la sanctification. L’amour véritable, dans le mariage, est un amour qui
purifie, qui construit, qui élève spirituellement.
Ainsi, le mariage est un chemin de sanctification. C’est un terrain où chacun apprend à mourir
à soi-même pour faire grandir l’autre. Loin d’être un lieu de consommation affective, le mariage
devient alors un terrain de service mutuel. Il invite au pardon, à la patience, à la persévérance.
Il oblige à sortir de soi, à porter le fardeau de l’autre, à marcher ensemble vers la maturité
spirituelle. C’est dans cette perspective que le mariage honore Dieu.
Prenons un exemple concret : un couple chrétien uni dans la foi traverse une période de
difficulté financière. Plutôt que de se rejeter la faute ou de se désolidariser, ils choisissent de
prier ensemble, de chercher la volonté de Dieu, de s’encourager mutuellement. Ils s’appuient
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sur Philippiens 4:19 : « Mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire,
en Jésus-Christ. » Leur union devient alors un lieu de foi active. Le mariage n’annule pas les
épreuves, mais il permet de les affronter ensemble, avec Dieu au centre.
Un autre exemple : lorsqu’un conflit survient dans le couple, au lieu de s’enfermer dans
l’orgueil ou la rancune, chacun décide de pratiquer le pardon, tel que Jésus l’enseigne dans
Matthieu 18:21-22 : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept
fois. » Le mariage devient alors une école de l’amour inconditionnel, celui qui ne dépend pas
des mérites, mais qui puise sa source en Dieu.
Il est important de souligner que le mariage selon Dieu ne peut se vivre pleinement sans une foi
vivante en Jésus-Christ. Ce n’est qu’en étant transformés par la grâce de Dieu, renouvelés dans
l’Esprit, que l’homme et la femme peuvent véritablement honorer leur alliance. Le mariage
chrétien est un appel à refléter Christ dans le quotidien, dans les paroles, les gestes, les choix.
C’est une mission à vivre à deux, dans la crainte de Dieu, la joie du salut, et la paix de l’Évangile.
Dans Éphésiens 5:25-32, Paul expose avec clarté cette vérité spirituelle. Il commence par un
appel solennel : « Maris, aimez vos femmes comme Christ a aimé l’Église. Il s’est livré lui-
même pour elle. » Ce commandement dépasse largement les normes humaines de l’amour
conjugal. Il fixe comme modèle suprême l’amour sacrificiel du Christ, un amour qui se donne
entièrement, sans condition, sans réserve, sans retour sur investissement. Christ n’a pas attendu
que l’Église soit pure, fidèle ou méritante pour se livrer pour elle. Au contraire, « alors que
nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8). De même, le mari
chrétien est appelé à aimer sa femme non pas en fonction de ses mérites ou de son comportement,
mais à l’image de cet amour rédempteur, inconditionnel et fidèle.
Aimer comme Christ a aimé, c’est renoncer à soi-même. C’est placer le bien de l’autre au-
dessus de ses propres intérêts. C’est aussi être prêt à souffrir, à supporter, à persévérer. L’amour
du Christ n’a pas été un amour de confort, mais un amour de croix. Sur la croix, il a pris sur lui
les fautes de l’Église, il l’a lavée, purifiée, sanctifiée. Paul précise dans Éphésiens 5:26-27 : «
afin de la sanctifier, en la purifiant par le lavage d’eau de la parole, pour faire paraître devant
lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et
irrépréhensible. » Le but de cet amour est la sanctification. Ainsi, dans le mariage, le mari n’est
pas seulement un pourvoyeur ou un protecteur ; il est un sanctificateur, un homme qui porte
spirituellement sa femme dans la prière, dans la vérité, dans la patience.
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Un exemple concret de cet amour se voit dans la vie d’un mari qui, malgré les faiblesses de sa
femme, choisit de la soutenir avec douceur, de lui rappeler la grâce de Dieu, de l’encourager
dans sa marche avec Christ. Il ne l’accable pas, ne la juge pas, mais il l’entoure de l’amour de
Dieu et lui manifeste la tendresse du Seigneur. Dans un couple où le mari vit cette vérité, la
femme s’épanouit spirituellement et grandit dans sa foi, car elle se sait aimée comme Dieu aime,
dans la vérité et la grâce.
En parallèle, Paul appelle l’épouse à adopter l’attitude de l’Église envers Christ. Il écrit dans
Éphésiens 5:22-24 : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur ; car le mari
est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le
Sauveur. Or, de même que l’Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs
maris en toutes choses. » La soumission ici évoquée ne doit pas être comprise à la lumière des
abus humains, mais à la lumière de l’Évangile. Il ne s’agit ni de domination ni d’infériorité,
mais d’un ordre spirituel d’amour et de respect.
La soumission biblique est une attitude volontaire, inspirée par la confiance, la foi et l’amour.
Elle est comparable à celle de l’Église qui reconnaît en Christ son Seigneur, son guide, sa source
de vie. De la même manière, la femme chrétienne, dans un esprit de foi, honore et soutient la
direction de son mari, non par contrainte, mais comme un acte de foi en Dieu. Lorsqu’une
épouse choisit d’obéir à cette instruction, elle ne se soumet pas d’abord à son mari humain,
mais au Seigneur qui a établi cet ordre. C’est une soumission joyeuse, empreinte de confiance
en la souveraineté de Dieu.
Dans la pratique, cela signifie que les époux ne peuvent pas vivre leur mariage de manière
charnelle ou égoïste. Ils doivent constamment revenir à la Parole, à la croix, à la grâce. Un mari
peut être tenté de dominer ou de s’imposer ; il doit se rappeler que Christ a lavé les pieds de ses
disciples, qu’il s’est fait serviteur. Une femme peut être tentée de résister ou de mépriser son
mari ; elle doit se rappeler que l’Église est appelée à obéir au Seigneur, dans la paix et la
confiance. Le secret d’un mariage conforme à ce modèle réside dans la vie de l’Esprit, dans la
dépendance constante à la grâce de Dieu.
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Un autre exemple concret peut éclairer cette dynamique. Imaginons un couple croyant
traversant une période de tensions. Le mari, offensé, aurait naturellement tendance à se refermer,
à se durcir, à imposer son point de vue. Mais s’il choisit de se souvenir que Christ a aimé l’Église
même lorsqu’elle était rebelle, il décidera d’aimer, de pardonner, de dialoguer avec douceur. De
son côté, l’épouse, blessée, pourrait être tentée de s’éloigner émotionnellement, de se rétracter
dans le silence. Mais en se souvenant de la soumission confiante de l’Église envers Christ, elle
choisira d’ouvrir son cœur, de parler avec respect, de rechercher la réconciliation. Ensemble,
ils reviennent à la croix, au modèle parfait, et permettent à l’Esprit de restaurer leur union.
Ce mystère du mariage est aussi un rappel de notre identité en Christ. En tant que croyants,
nous sommes l’Église, l’Épouse spirituelle de Jésus-Christ. Nous avons été aimés, rachetés,
purifiés. Nous sommes appelés à vivre cette relation d’intimité, de dépendance et d’amour avec
notre Seigneur. Chaque jour, Il nous invite à nous soumettre à sa volonté, non par peur, mais
parce qu’Il nous a aimés le premier. De même, dans le mariage, chaque époux est invité à
manifester cette réalité céleste à travers ses paroles, ses choix, son comportement.
Le mariage est donc une parabole vivante. Il parle silencieusement de la fidélité de Dieu, de la
beauté de la grâce, de la puissance du pardon. Dans un monde brisé, où les unions se défont, où
l’amour se refroidit, un mariage fondé sur Christ devient un phare, un refuge, une démonstration
du Royaume de Dieu. Il dit aux cœurs fatigués : voici ce que Dieu peut faire quand deux
personnes décident de s’aimer comme Christ aime, et de se soumettre comme l’Église se soumet
à son Seigneur.
Il est essentiel de souligner que ce modèle ne peut être vécu sans une vie nouvelle en Jésus-
Christ. Le péché rend l’amour égoïste, la soumission douloureuse, l’union fragile. Mais la croix
change tout. Elle détruit l’orgueil, guérit les blessures, libère des chaînes. En Christ, le mari
devient capable d’aimer au-delà de ses forces, et la femme capable de se soumettre dans la paix.
C’est pourquoi un mariage véritablement chrétien ne se construit pas seulement sur des
principes moraux, mais sur la puissance du Saint-Esprit. Sans Lui, les efforts humains sont
voués à l’échec. Avec Lui, tout devient possible.
En définitive, le mariage selon Dieu ne se vit pas pour soi, mais pour Christ. Il ne s’agit pas
simplement d’être heureux ensemble, mais de glorifier Dieu ensemble. Chaque geste d’amour,
chaque acte de pardon, chaque décision de marcher dans la lumière devient une offrande
spirituelle. Le couple devient alors un sanctuaire, un lieu où Dieu habite, agit et se révèle.
Que chaque époux se rappelle donc que son rôle ne dépend pas des circonstances, mais de
l’appel de Dieu. Que chaque épouse sache qu’elle n’est pas soumise à un homme imparfait,
mais au Seigneur qui a établi cet ordre dans sa sagesse. Ensemble, qu’ils avancent, main dans
la main, les yeux fixés sur Jésus, le modèle parfait, le fiancé céleste, qui revient chercher son
Église, pure et sans tache, pour des noces éternelles. C’est vers ce jour glorieux que tout mariage
chrétien doit tendre, dans l’espérance, la foi et l’amour.
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Partie II : Les rôles spirituels dans le couple
2.1Le rôle de l’homme devant Dieu et envers sa femme
Dans le dessein de Dieu, l’homme dans le couple n’est pas un simple partenaire ; il est investi
d’une responsabilité spirituelle particulière. Dieu ne lui a pas seulement confié le rôle de
pourvoyeur ou de protecteur matériel. Il l’a établi comme chef, mais un chef à l’image du Christ :
un chef-serviteur, un leader spirituel humble, un homme qui conduit sa famille non par
domination, mais par l’amour, la vérité et l’exemple. Cette vision est clairement exposée dans
la première lettre aux Corinthiens : « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef
de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ » (1
Corinthiens 11:3). Ce verset établit un ordre divin, non pour humilier ou élever quelqu’un dans
la chair, mais pour manifester une harmonie spirituelle qui reflète la gloire de Dieu.
Le mot "chef" ici ne doit pas être interprété selon les critères du monde. Il ne s’agit pas de
supériorité ni d'autorité oppressive, mais de responsabilité. Comme Dieu est le chef de Christ,
et comme Christ est le chef de l’homme, de même l’homme est appelé à être le chef dans le
couple, dans une dynamique d’obéissance, d’amour, de don de soi. Jésus, bien qu'étant Dieu,
s’est soumis au Père et a obéi en toutes choses, jusqu’à la croix. De la même manière, le mari
chrétien est appelé à exercer son rôle de chef avec humilité, dépendance et crainte de Dieu.
L’apôtre Paul insiste dans Éphésiens 5:25 : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé
l’Église, et s’est livré lui-même pour elle. » Le rôle du mari n’est donc pas d’imposer, mais de
se livrer. Il est appelé à aimer jusqu’au sacrifice, à renoncer à lui-même, à porter les fardeaux
de sa femme, à la protéger spirituellement, émotionnellement, physiquement. Cet amour n’est
pas une émotion passagère, mais un engagement profond, constant, enraciné dans la nature
même de Dieu.
Christ a aimé l’Église alors qu’elle ne le méritait pas. Il l’a aimée lorsqu’elle était encore
pécheresse, éloignée, rebelle. Il n’a pas attendu qu’elle soit parfaite pour se donner pour elle.
De même, le mari chrétien est appelé à aimer sa femme même dans ses faiblesses, à lui
pardonner, à la comprendre, à la soutenir dans ses luttes. Il n’est pas appelé à aimer selon les
conditions humaines, mais selon la grâce divine. Il doit être patient, lent à la colère, prompt à
écouter, fidèle dans l’épreuve.
Un exemple concret de cet amour peut se voir dans un homme qui, malgré les tensions ou les
déceptions, choisit de ne pas réagir dans la chair, mais de prier, de chercher la sagesse de Dieu
avant de répondre, de construire son foyer par la douceur et non par la dureté. Ce n’est pas
l’autorité naturelle qui fonde sa légitimité, mais son obéissance à Christ, son exemple, son
amour sacrificiel.
Le rôle spirituel de l’homme va au-delà des sentiments ou de l’organisation familiale. Il est
aussi un prêtre dans sa maison. Il est celui qui intercède pour sa femme et ses enfants, qui les
porte dans la prière, qui veille sur la sainteté du foyer. Il est celui qui prend l’initiative de lire la
Parole, de la méditer, de l’enseigner par son mode de vie. Il n’attend pas que sa femme dirige
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la vie spirituelle du foyer ; il en est le premier responsable. Il ne s’agit pas d’imposer des
pratiques religieuses, mais d’incarner l’Évangile au quotidien.
L’homme spirituel dans le couple est un homme de prière. Il sait que sans Dieu, il ne peut rien
faire. Il sait que sa sagesse est limitée, que son amour est imparfait, que ses forces sont faibles.
Alors il se tient devant Dieu, souvent en secret, pour prier pour sa femme, pour ses enfants,
pour les projets du couple, pour la paix dans le foyer. Il prie non pour changer l’autre, mais pour
être lui-même transformé, renouvelé, sanctifié.
Un homme selon Dieu prend aussi soin de la parole qui sort de sa bouche. Il parle avec grâce,
avec vérité, avec discernement. Il sait que ses paroles peuvent bénir ou blesser, construire ou
détruire. Il choisit donc de parler en édifiant, en encourageant, en aimant. Il sait que la femme
a besoin d’être rassurée, valorisée, écoutée. Il n’ignore pas ses émotions, mais les accueille avec
tendresse. Il ne fuit pas les discussions difficiles, mais les aborde avec respect et calme.
Être un leader spirituel, c’est aussi savoir se remettre en question. Ce n’est pas se croire parfait
ou supérieur, mais reconnaître ses fautes, demander pardon, changer de voie quand c’est
nécessaire. Un homme spirituel n’a pas peur de dire à sa femme : « J’ai eu tort », « Je te demande
pardon », « Prions ensemble ». Il ne cherche pas à avoir raison, mais à marcher dans la vérité.
L’homme chrétien est aussi appelé à conduire sa famille dans la foi. Il doit être le premier à
croire, à espérer, à persévérer. Lorsque les temps sont durs, il ne panique pas, il ne s’effondre
pas, mais il se tourne vers Dieu, il garde la paix, il proclame les promesses de Dieu. Il est un
refuge spirituel pour sa famille. Il prend en main les projets de couple, non pas comme un
gestionnaire, mais comme un intercesseur. Il consulte Dieu, cherche sa volonté, avance dans la
prière.
Il est également responsable de l’atmosphère spirituelle de son foyer. Il veille à ce que le nom
de Dieu soit honoré, que la parole de Dieu soit méditée, que les enfants soient éduqués dans la
crainte du Seigneur. Il ne délègue pas entièrement cela à sa femme ou à l’Église ; il s’implique,
il enseigne par l’exemple. Il montre à ses enfants comment un homme prie, travaille, aime,
pardonne, persévère. Il leur donne un modèle, non pas parfait, mais vrai.
Dans l’Ancien Testament, nous voyons des exemples marquants de ce rôle spirituel. Abraham,
par exemple, est appelé l’ami de Dieu, le père des croyants. Il a conduit sa famille sur la base
de la foi, même lorsqu’il ne savait pas où il allait. Il a bâti des autels, prié, obéi. Moïse, bien
qu’occupé par une grande mission, a pris soin de sa famille et a écouté les conseils de son beau-
père pour mieux gérer les affaires du peuple. Josué, quant à lui, déclare avec fermeté : « Moi et
ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24:15). Ce ne sont pas seulement des slogans
spirituels, mais des engagements de vie.
Ce rôle spirituel demande du courage. Dans un monde où les repères sont brouillés, où les
modèles masculins sont souvent toxiques ou absents, l’homme de Dieu doit se lever. Il doit aller
à contre-courant. Il doit dire non à la paresse, à l’égoïsme, à la passivité spirituelle. Il doit choisir
de s’investir pleinement dans sa vocation d’époux et de père. Il doit se rappeler chaque jour que
sa femme et ses enfants sont un héritage sacré, un champ à cultiver, des âmes à accompagner.
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Ce rôle ne peut être rempli sans la grâce de Dieu. L’homme chrétien doit continuellement
dépendre du Saint-Esprit, se nourrir de la Parole, s’entourer d’autres frères pour être édifié,
encouragé, corrigé. Il ne peut pas être un homme de Dieu isolé, autosuffisant. Il a besoin de
communion, d’enseignement, de discipline spirituelle.
L’homme spirituel reconnaît que son autorité n’est pas un droit à exercer, mais une mission à
accomplir dans la crainte de Dieu. Il rendra compte à Dieu de la manière dont il a aimé, dirigé,
enseigné, protégé son foyer. Ce poids doit l’amener à l’humilité, à la prière constante, à la
vigilance. Il doit se rappeler que Christ est le vrai chef, et que lui-même n’est qu’un serviteur
dans la maison de Dieu.
Ainsi, être un mari selon Dieu, ce n’est pas rechercher une place, mais prendre sa croix. Ce
n’est pas régner, mais servir. Ce n’est pas être applaudi, mais être fidèle. Dans chaque parole,
chaque décision, chaque attitude, l’homme est appelé à refléter le cœur de Jésus. Il est le berger
de son foyer, le veilleur, le gardien. Il est celui qui veille sur l’âme de sa femme, qui prie pour
sa paix, qui croit pour son avenir, qui marche devant elle pour ouvrir le chemin dans la foi.
C’est un appel noble, grand, mais possible, parce que Dieu ne demande rien sans donner la
grâce nécessaire pour l’accomplir. Que chaque homme qui lit ces lignes reçoive ce mandat avec
crainte et joie, et qu’il choisisse, par la puissance du Saint-Esprit, de marcher dignement dans
ce rôle de chef selon le cœur de Dieu.
L’apôtre Paul écrit dans Éphésiens 5:22-24 : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au
Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son
corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Église est soumise à Christ, les femmes aussi
doivent l’être à leurs maris en toutes choses. » Ce passage ne doit jamais être sorti de son
contexte spirituel. Il ne s’agit pas d’une soumission aveugle, abusive, ou dictée par la peur. Il
s’agit d’une soumission volontaire, spirituelle, vécue dans la confiance et dans la paix, à l’image
de celle de l’Église envers Christ.
La femme ne se soumet pas parce qu’elle est inférieure, mais parce qu’elle choisit d’honorer
l’ordre établi par Dieu. Dans cette soumission, elle glorifie Dieu, elle manifeste sa foi, elle
exprime une force intérieure, une sagesse spirituelle. Le mot grec utilisé pour "soumission"
dans ce passage, hupotasso, évoque une disposition de cœur, un choix de se placer dans une
position de respect, non par contrainte, mais par amour pour Dieu.
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Cette soumission n’annule en rien la valeur, l’intelligence ou la capacité de la femme. Au
contraire, elle révèle une maturité spirituelle. La femme biblique ne se réduit pas à son rôle
d’épouse, mais elle l’honore pleinement. Elle comprend que sa place est essentielle dans la
construction du foyer. Elle est un pilier spirituel, une source de sagesse, une force morale. Le
livre des Proverbes dresse un portrait admirable de cette femme dans Proverbes 31:10-31, un
texte souvent cité mais rarement médité dans toute sa profondeur.
Ce passage décrit la femme vertueuse comme une personne digne de confiance, travailleuse,
organisée, forte, pleine de compassion, instruite et craignant Dieu. « Elle ouvre la bouche avec
sagesse, et des instructions aimables sont sur sa langue » (v. 26). Elle est loin d’être passive ou
effacée. Elle gère sa maison, prend des initiatives, soutient son mari, éduque ses enfants. Elle
ne se contente pas de vivre dans l’ombre, elle brille dans son rôle, et son mari peut s’appuyer
sur elle avec confiance. « Le cœur de son mari a confiance en elle, et les produits ne lui feront
pas défaut. » (v. 11)
La femme selon Dieu n’est pas silencieuse ni dépendante d’autrui pour exister. Elle est active,
bâtisseuse, influente, mais tout cela dans une attitude de respect envers son mari. Elle n’a pas
besoin d’élever la voix pour exister. Elle influence par sa sagesse, par sa paix intérieure, par sa
soumission au Seigneur. Sa soumission n’est jamais tournée vers la chair de son mari, mais vers
Dieu, en qui elle place toute sa confiance.
Dans la Bible, plusieurs femmes se sont démarquées par leur foi, leur courage et leur position
spirituelle dans leurs foyers. Sarah, l’épouse d’Abraham, bien que parfois faillible, est citée en
exemple dans 1 Pierre 3:5-6 pour sa soumission et sa confiance en Dieu. Déborah, juge en
Israël, a exercé un rôle de leadership tout en restant une femme respectueuse de l’ordre divin.
Abigail, dans 1 Samuel 25, a fait preuve d’intelligence, de discernement et de paix, sauvant son
foyer par son attitude pleine de sagesse et d’humilité. Ces femmes n’étaient pas faibles, mais
fortes dans l’Esprit, guidées par la crainte de Dieu.
La femme chrétienne est aussi une collaboratrice dans la mission du couple. Elle n’est pas une
spectatrice ni une simple exécutante. Elle est co-héritière de la grâce de la vie, comme le dit 1
Pierre 3:7. Elle est appelée à marcher dans la même foi, dans la même espérance, dans la même
consécration que son mari. Le couple forme une seule chair, une même équipe spirituelle, une
alliance indivisible. Ensemble, ils prient, discernent, élèvent leurs enfants, gèrent leurs
ressources, accomplissent des projets. La femme apporte sa sensibilité, son intuition, sa capacité
à voir au-delà du visible. Dans la dynamique du couple selon Dieu, l’homme et la femme ont
été créés différents mais complémentaires. Leur union ne repose pas sur la similitude des dons
ou des fonctions, mais sur l’harmonie de leurs différences. L’homme est souvent perçu dans la
Parole comme celui qui donne l’impulsion, qui prend les devants, comme un berger conduisant
sa maison (1 Corinthiens 11:3). La femme, quant à elle, est une aide précieuse, donnée par
Dieu, dotée d’une sensibilité particulière, d’une intuition spirituelle profonde, et d’une capacité
à discerner au-delà des apparences visibles. C’est dans cette richesse de l’unité et non dans
l’uniformité que Dieu façonne les projets d’un couple.
Dans Genèse 2:18, Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide
semblable à lui. » Le mot « aide » ici, loin de signifier infériorité, indique plutôt un soutien
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
puissant, comparable à l’aide que Dieu lui-même apporte à son peuple (Psaume 121:1-2). La
femme est donc un appui précieux, inspirée et intuitive, appelée à discerner ce que l’homme ne
voit pas toujours d’emblée. Sa sensibilité, son attention aux détails, son écoute intérieure sont
souvent les instruments par lesquels Dieu vient compléter la vision du couple. Cela se voit, par
exemple, dans plusieurs récits bibliques où des femmes ont été porteuses d’une perception juste,
parfois même salvatrice.
Prenons l’exemple d’Abigaïl dans 1 Samuel 25. Son mari Nabal, homme dur et insensé, insulte
David et manque de discernement spirituel. Abigaïl, en revanche, perçoit le danger et agit avec
sagesse, discernement et humilité. Elle apaise la colère de David et évite un massacre. Son
intuition, sa sensibilité à ce qui est juste et à ce que Dieu approuve, sauve sa maison. Elle
n’attend pas une injonction divine spectaculaire ; elle discerne dans son cœur la volonté de paix
et agit. Ce récit montre à quel point la voix de la femme, guidée par la crainte de Dieu et la
sagesse, peut apporter une orientation juste dans les moments critiques.
La femme est aussi souvent capable de saisir les mouvements subtils de l’Esprit. Dans Luc 1,
Élisabeth, remplie du Saint-Esprit, reconnaît immédiatement que Marie porte le Sauveur. Son
cœur est attentif aux réalités invisibles. C’est cette disposition spirituelle, cette écoute intérieure,
cette finesse du regard, que Dieu place en la femme pour enrichir la vision du couple. Dans un
projet, cette intuition devient une force. Elle permet d’anticiper des pièges, de percevoir des
opportunités que la logique pure ne voit pas, d’évaluer les personnes et les circonstances avec
une sensibilité divine.
Le livre des Proverbes, notamment au chapitre 31, décrit la femme vertueuse comme ayant une
grande capacité de gestion et de vision : « Elle pense à un champ, et elle l’acquiert ; du fruit de
son travail, elle plante une vigne » (Proverbes 31:16). Cette femme est active, réfléchie,
capable de planification. Elle n’est pas cantonnée à un rôle passif. Elle réfléchit, projette,
construit. Elle est aussi décrite comme quelqu’un qui « ouvre la bouche avec sagesse, et des
instructions aimables sont sur sa langue » (v.26). Ce portrait montre que la sagesse et la
clairvoyance font partie intégrante de ce que Dieu dépose dans le cœur d’une femme craignant
le Seigneur.
Dans les projets du couple, cette sagesse et cette intuition doivent donc être accueillies avec
reconnaissance et valorisées. L’homme n’est pas appelé à tout porter seul, mais à écouter et
intégrer cette dimension de discernement que Dieu place en sa femme. De même, la femme doit
cultiver cette sensibilité dans la prière et la soumission à l’Esprit, pour qu’elle soit un véritable
canal de la pensée divine et non de ses propres émotions. Ce travail d’écoute mutuelle dans le
couple permet de prendre des décisions équilibrées, guidées par la foi et la paix de Dieu.
Un exemple précieux dans le Nouveau Testament est celui de Priscille et Aquilas. Dans Actes
18, ce couple travaille ensemble au service de Dieu. Ils instruisent Apollos avec sagesse, et bien
que l’homme soit mentionné, le rôle de Priscille est pleinement associé, signe que la femme
peut aussi éclairer, enseigner et contribuer à des projets spirituels. Il n’y a pas de hiérarchie
d’inspiration dans le couple : chacun peut être un instrument de Dieu, à condition de marcher
dans l’humilité et dans l’amour.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Pour que cette complémentarité fonctionne, l’orgueil doit être abandonné. L’homme doit
reconnaître qu’il a besoin de la sagesse de sa femme, et la femme doit s’exprimer dans le respect
et la douceur. Jacques 3:17 dit : « La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique,
modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. »
C’est cette sagesse-là que le couple est appelé à rechercher ensemble, et que la femme peut
apporter avec force et discrétion.
Il est donc essentiel que dans les projets communs, la femme ne soit pas seulement consultée,
mais écoutée. Sa voix ne doit pas être réduite à une simple approbation ou à un rôle secondaire.
Dieu parle aussi par elle, et son intuition spirituelle est souvent le canal de prévenance divine.
C’est dans la prière, l’écoute de la Parole, la paix intérieure, que cette sensibilité s’exprime le
mieux. Et c’est dans la complémentarité que le couple trouve son équilibre.
Dans la gestion du foyer, la femme chrétienne ne se contente pas de tâches ménagères ; elle
participe activement à la vision du couple. Elle prie avec son mari, elle conseille, elle corrige
parfois avec douceur, elle soutient dans les moments de faiblesse. Elle est un miroir, une aide
précieuse, une présence spirituelle qui stimule, relève, encourage. Elle n’est jamais un obstacle
à la croissance spirituelle de son mari, mais un levier de sanctification. Elle veille à la paix dans
le foyer, elle détecte les signes de tension, elle intervient avec sagesse et tempérance.
Son respect ne se limite pas aux mots. Il se manifeste dans son regard, dans ses attitudes, dans
la manière dont elle parle de son mari, y compris en son absence. Elle n’humilie pas son mari
en public, elle ne le dénigre pas devant les enfants. Même lorsqu’elle n’est pas d’accord, elle
choisit le chemin du dialogue paisible, de la prière, de la soumission dans la foi. Elle sait que
Dieu est juste et qu’il agit toujours en faveur de ceux qui s’humilient devant lui.
Être une femme selon Dieu, c’est aussi être un modèle pour les autres femmes. Tite 2:3-5
encourage les femmes âgées à enseigner les plus jeunes à aimer leurs maris, à être sages, pures,
bonnes gardiennes de leur maison. Ce mandat ne concerne pas seulement les aînées, mais
montre que la vie de la femme chrétienne est un témoignage vivant. Dans un monde où les
repères sont flous, elle incarne une autre manière de vivre : une manière qui glorifie Dieu, qui
honore l’alliance du mariage, qui inspire d’autres à suivre le chemin de la foi.
La femme spirituelle est aussi une mère, parfois, et son rôle s’étend alors à la transmission de
la foi. Elle enseigne par sa parole et par son exemple. Elle ne délègue pas tout à l’Église ou au
mari ; elle participe activement à l’édification des enfants. Elle prie avec eux, elle leur parle de
Dieu, elle les accompagne dans leurs choix, elle les couvre d’amour et d’intercession. Comme
Loïs et Eunice, la mère et la grand-mère de Timothée (2 Timothée 1:5), elle transmet un
héritage spirituel précieux.
Mais ce rôle spirituel n’est pas sans combat. La femme de Dieu doit lutter contre l’amertume,
contre le découragement, contre la tentation de vouloir tout contrôler. Elle doit apprendre à se
reposer en Dieu, à faire confiance, à pardonner, à se remettre en question aussi. Elle a besoin
de se nourrir de la Parole, de prier, d’entretenir sa relation personnelle avec Dieu pour pouvoir
remplir son rôle avec grâce et équilibre.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
La femme selon Dieu n’est pas parfaite, mais elle est en chemin. Elle se sait imparfaite, mais
elle garde son regard fixé sur Jésus. Elle sait que seule, elle ne peut rien, mais que dans le Saint-
Esprit, elle peut tout. Elle ne cherche pas à imiter le monde, mais à refléter la gloire de Dieu
dans son caractère, dans son couple, dans son quotidien. Elle sait que sa beauté véritable est
intérieure, spirituelle : « L’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au
cœur » (1 Samuel 16:7).
Le mariage selon Dieu est donc une marche à deux, mais une marche où chacun a un rôle
distinct et complémentaire. La femme n’est pas là pour rivaliser, mais pour collaborer. Elle n’est
pas appelée à s’effacer, mais à rayonner dans la paix, dans la foi, dans l’amour. Elle est précieuse
aux yeux de Dieu, et son rôle dans le couple est capital pour que le plan divin s’accomplisse.
Jésus a déclaré dans Luc 9:23 : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même,
qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. » Cette parole ne s’adresse pas
seulement à ceux qui exercent un ministère ou à ceux qui vivent des épreuves. Elle concerne
tout disciple, tout croyant désireux de marcher fidèlement avec le Christ, y compris dans le
cadre du mariage. Suivre Jésus dans le mariage implique de renoncer à son ego, à ses désirs
égoïstes, à son orgueil, à ses droits supposés. Cela signifie faire passer l’autre avant soi,
rechercher son bien, être prêt à perdre pour que l’unité triomphe.
Le renoncement de soi n’est pas une perte, mais un gain spirituel. Il est le chemin de la liberté
intérieure, de la paix, de l’amour véritable. Tant que chacun cherche à avoir raison, à être servi,
à être reconnu, à dominer ou à imposer, le couple ne peut expérimenter la plénitude de l’amour
divin. Mais lorsque chacun choisit de mourir à lui-même pour laisser Christ vivre en lui, alors
l’harmonie devient possible. L’amour devient un don et non une attente. Le pardon devient
naturel. La communion s’approfondit.
L’apôtre Paul décrit magnifiquement cet amour dans 1 Corinthiens 13, souvent lu lors des
mariages, mais rarement vécu en profondeur dans les années qui suivent. Il écrit : « L’amour
est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne
s’enfle point d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s’irrite
point, il ne soupçonne point le mal, il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la
vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. » (versets 4 à 7)
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Vivre cet amour demande bien plus que des sentiments. Il exige un renoncement quotidien à
soi-même. Être patient alors que l’on est blessé, ne pas s’irriter malgré l’injustice perçue, ne
pas chercher son intérêt alors que l’on a des besoins, demande une force qui ne peut venir que
du Saint-Esprit. Ce renoncement est un choix conscient, une œuvre du cœur, une décision
renouvelée chaque matin : aimer comme Christ a aimé, se donner sans attendre de retour,
pardonner sans condition, se taire parfois pour préserver la paix, encourager quand bien même
on se sent découragé.
Dans la vie de couple, les occasions de renoncer à soi-même sont nombreuses : renoncer à avoir
le dernier mot dans une dispute, renoncer à imposer son rythme, renoncer à des projets
personnels pour un projet commun, renoncer à son confort pour le bien-être de l’autre, renoncer
à sa vengeance pour pardonner. Ce n’est jamais facile, mais c’est la voie de Christ. C’est ainsi
que l’on bâtit un mariage solide, spirituel, durable. Le renoncement n’est pas une faiblesse, mais
une maturité. Il montre que l’on est mort à la chair et vivant pour Dieu.
De même, l’égoïsme est un poison silencieux dans la vie conjugale. Il pousse à faire passer ses
besoins avant ceux du conjoint, à ne penser qu’à soi, à consommer l’amour au lieu de le donner.
L’égoïste veut être servi, compris, choyé, mais il ne veut pas se sacrifier. Or, la Bible dit : « Ne
faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les
autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses
propres intérêts, considère aussi ceux des autres. » (Philippiens 2:3-4)
Dans cette même lettre, Paul poursuit en présentant le modèle suprême de renoncement : Jésus-
Christ. « Lui, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être
égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur. »
(Philippiens 2:6-7) Voilà le modèle du mari et de la femme : se dépouiller de leur statut, de
leurs prétentions, pour se faire serviteurs l’un de l’autre, à l’image du Christ. Un couple spirituel
est un couple qui s’abaisse mutuellement, qui se lave les pieds symboliquement, comme Jésus
l’a fait avec ses disciples dans Jean 13.
Ce renoncement touche aussi les convoitises. La vie moderne pousse au matérialisme, à la quête
permanente de plaisir, de confort, d’indépendance. Mais la vie en Christ est un appel à la
sobriété, à la sanctification, à la maîtrise de soi. L’apôtre Paul dit dans Galates 5:24 : « Ceux
qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » Cela concerne
aussi les désirs qui, dans le mariage, peuvent parfois conduire à des comportements égoïstes,
des frustrations non gérées, des comparaisons malsaines, des désirs d’autonomie qui détruisent
l’unité.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Par la vie de l’Esprit, le croyant reçoit la force de renoncer à la chair. Le fruit de l’Esprit —
amour, joie, paix, patience, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi (Galates 5:22-23) —
devient une réalité quotidienne. Un couple conduit par l’Esprit n’est pas épargné par les
difficultés, mais il les affronte différemment. Il ne cède pas à la colère ou au mépris. Il cherche
à comprendre plutôt qu’à juger. Il choisit d’aimer même quand l’autre n’est pas aimable. Il
pardonne sans condition. Il avance main dans la main, même quand les émotions sont absentes.
Il est important de comprendre que ce renoncement ne peut se vivre sans intimité avec Dieu. Il
ne suffit pas de faire des efforts humains. Il faut puiser dans la source divine. Le mari et la
femme doivent chacun entretenir une relation personnelle avec Dieu, par la prière, la méditation
de la Parole, la soumission au Saint-Esprit. Car c’est dans la présence de Dieu que l’on reçoit
la force de s’oublier, de servir, d’aimer jusqu’au bout.
Prenons un exemple concret : un couple traverse une saison difficile. L’un se sent incompris,
l’autre se sent blessé. Chacun campe sur ses positions. Le silence s’installe. L’amertume gagne
du terrain. Si chacun reste centré sur lui-même, sur ses droits, sur sa douleur, la fracture
s’agrandira. Mais si l’un des deux, ou les deux, choisissent de s’humilier, de demander pardon
même s’ils pensent ne pas être fautifs, d’aimer sans retour immédiat, alors un chemin de
restauration s’ouvre. Ce n’est pas facile, mais c’est possible dans la foi.
Un autre exemple : un couple a des désaccords constants sur les finances, les choix éducatifs,
les priorités spirituelles. L’orgueil pousse à l’affrontement, à la méfiance. Mais le renoncement
pousse à l’écoute, à l’intercession, au dialogue dans l’amour. Le renoncement invite à chercher
la volonté de Dieu ensemble, à renoncer à imposer ses vues pour discerner ce que Dieu veut.
Ainsi, le couple devient un lieu d’adoration, de paix, de croissance spirituelle.
En conclusion, l’apprentissage du renoncement est une école quotidienne, mais elle conduit à
la maturité, à la profondeur, à la paix véritable. Le mariage devient alors un terrain de
transformation personnelle, un lieu où l’on apprend à aimer comme Christ, à pardonner, à se
donner sans mesure. Là où le moi meurt, l’amour véritable naît. Là où l’orgueil est crucifié, la
grâce abonde. Là où l’égoïsme cède la place à l’Esprit, le couple devient un témoignage vivant
de l’Évangile. Puissions-nous, chacun dans notre rôle, apprendre à renoncer chaque jour, à
porter notre croix avec joie, pour glorifier Dieu dans notre union.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
faut surtout être unis dans une même foi, dans une même vision du salut, dans une même
compréhension de l’identité en Christ. Une telle unité n’est pas une simple entente doctrinale,
mais une fusion spirituelle profonde, un enracinement commun dans la vérité de l’Évangile.
L’apôtre Paul donne une directive très claire à ce sujet dans 2 Corinthiens 6:14 : « Ne vous
mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et
l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? » Ce passage ne parle
pas d’une simple divergence d’opinion religieuse, mais d’une différence d’identité spirituelle.
Un croyant, justifié par la foi, réconcilié avec Dieu, né de nouveau par l’Esprit, ne peut être uni
dans une intimité aussi profonde que le mariage avec une personne qui n’a pas cette nouvelle
nature, cette lumière, cette justice en Christ. Car le mariage est bien plus qu’un partenariat social
ou affectif : il est une alliance spirituelle. Et cette alliance doit s’établir entre deux personnes
qui marchent dans la même lumière, qui regardent dans la même direction, qui ont le même
fondement : Jésus-Christ.
La foi qui unit un couple chrétien n’est pas vague ou générique. Ce n’est pas seulement croire
que Dieu existe ou que Jésus est Seigneur. C’est croire, ensemble, à la grâce totale de Dieu, au
salut offert gratuitement en Jésus, à la rémission éternelle des péchés, à la justification par la
foi seule. Trop de couples, même chrétiens de nom, vivent des divisions profondes parce que
leur foi n’est pas en accord sur ces points essentiels. L’un croit qu’il doit mériter son salut par
ses œuvres, tandis que l’autre repose dans la grâce. L’un vit dans la culpabilité permanente,
tandis que l’autre s’appuie sur l’œuvre achevée de la croix. Une telle divergence finit par miner
l’harmonie spirituelle du couple.
C’est pourquoi il est vital que les deux époux partagent cette foi ferme et claire : Nous sommes
sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu.
(Éphésiens 2:8). Cette foi libère, restaure, unit. Elle permet à chacun de ne pas porter sur l’autre
un regard accusateur, mais un regard de miséricorde. Elle évite les jugements religieux, les
attentes démesurées. Elle fonde la relation sur le pardon reçu et donné. Le couple qui comprend
que ses péchés ont été effacés à jamais par le sang de Jésus ne s’empoisonne pas avec le passé.
Il avance dans la liberté.
La foi commune du couple doit aussi inclure une compréhension claire de leur identité en Christ.
Ce n’est pas suffisant de dire : « Nous croyons en Jésus ». Il faut savoir qui nous sommes en
Lui. La Parole de Dieu est formelle : ceux qui croient en Jésus sont justes, saints et parfaits à
ses yeux, non par leurs œuvres, mais par l’œuvre accomplie de Christ.
Romains 5:1 dit : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre
Seigneur Jésus-Christ. » Cette justification est un statut spirituel : Dieu ne nous voit plus comme
des pécheurs, mais comme des justes. Ce regard de Dieu transforme notre regard l’un sur l’autre
dans le couple. Lorsque le mari voit sa femme comme une juste en Christ, il ne la condamne
pas. Lorsqu’une femme voit son mari comme sanctifié par Dieu, elle ne le méprise pas dans ses
faiblesses humaines. La foi commune nous pousse à nous voir comme Dieu nous voit : lavés,
purifiés, aimés, précieux.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Hébreux 10:14 va plus loin : « Par une seule offrande, il a rendu parfaits pour toujours ceux
qui sont sanctifiés. » Cette perfection n’est pas comportementale, mais positionnelle. Elle
signifie que devant Dieu, grâce à Jésus, nous sommes acceptés pleinement. Dans un couple,
cette vérité est puissante. Elle libère de la pression de devoir « être parfait » pour plaire à l’autre.
Elle donne la paix intérieure. Elle favorise l’acceptation mutuelle. Elle empêche le légalisme et
ouvre la voie à un amour véritable, sans peur, sans honte.
Éphésiens 1:4 déclare que Dieu nous a élus en Christ avant la fondation du monde, pour que
nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui. Ce choix divin, cette sanctification, donne au
couple une mission : refléter ensemble cette sainteté, non pas par des règles extérieures, mais
par une vie habitée par l’Esprit. Un couple conscient de sa sainteté en Christ ne se complaît pas
dans le péché. Il cherche à honorer Dieu dans ses choix, ses paroles, ses attitudes. Il se sanctifie
dans la vérité, dans la prière, dans l’écoute mutuelle.
Un couple uni dans la foi développe aussi une spiritualité commune. Il prie ensemble, il lit la
Parole ensemble, il cherche la face de Dieu ensemble. Ce n’est pas une routine religieuse, mais
un lien vivant, une respiration commune. La foi devient le socle de chaque décision : quelle
école pour les enfants ? Quelle orientation professionnelle ? Quelle attitude dans les conflits ?
Comment gérer les finances ? Toutes ces questions sont abordées à la lumière de la Parole, avec
une confiance partagée en la direction du Saint-Esprit.
Autre exemple : dans les moments d’épreuve, comme une maladie, une crise financière ou un
deuil. La foi commune devient alors un refuge, un soutien puissant. Au lieu de se replier chacun
sur soi, les époux se tournent ensemble vers Dieu. Ils prient, ils jeûnent, ils s’encouragent
mutuellement. Ils déclarent les promesses de Dieu, se rappellent ensemble que rien ne peut les
séparer de l’amour de Christ (Romains 8:38-39). Cette unité dans l’épreuve fortifie le couple
au lieu de le briser.
L’unité de foi permet aussi d’élever les enfants dans une cohérence spirituelle. Trop souvent,
dans les foyers mixtes spirituellement, les enfants grandissent dans la confusion. L’un des
parents prie, l’autre se moque. L’un enseigne la Bible, l’autre défend des valeurs contraires.
L’enfant ne sait plus qui croire. Mais lorsque les deux parents sont unis dans la foi, ils
deviennent une autorité spirituelle claire, aimante, inspirante. Leur témoignage est cohérent.
Leur maison respire la présence de Dieu. Ils construisent ensemble un foyer où Christ est le
centre.
Il est important de noter que cette foi commune ne signifie pas que tout est parfait. Les époux
peuvent avoir des différences de maturité, des sensibilités théologiques variées. Mais l’essentiel
est là : la foi en Jésus-Christ, la foi en l’œuvre de la croix, la foi en la grâce, la foi en l’identité
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
nouvelle en Christ. À partir de là, ils peuvent grandir ensemble, s’édifier mutuellement,
s’exhorter avec amour. L’un peut parfois relever l’autre, rappeler les promesses de Dieu, nourrir
la foi de l’autre quand elle faiblit. C’est cette dynamique de croissance mutuelle qui fait la
beauté du couple chrétien.
Marcher ensemble dans la foi, c’est bien plus que croire aux mêmes doctrines. C’est être
enracinés ensemble dans la grâce, bâtis sur le même fondement, nourris par la même Parole,
guidés par le même Esprit. C’est reconnaître ensemble que nous sommes sauvés, justifiés,
sanctifiés, rendus parfaits en Jésus-Christ. C’est avancer dans la vie, main dans la main, les
yeux fixés sur le même Seigneur. Une telle unité spirituelle donne au couple une stabilité, une
puissance, une paix que le monde ne peut offrir. Elle fait du foyer un sanctuaire, un lieu où Dieu
demeure, agit, et se glorifie.
Le psalmiste déclare : « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier »
(Psaume 119:105). Cette lumière est essentielle pour le couple. Sans elle, les choix deviennent
confus, les émotions dominent, les incompréhensions se multiplient. Mais lorsque les époux
prennent le temps de lire et méditer ensemble la Parole de Dieu, ils reçoivent une direction
commune, une sagesse partagée, une nourriture spirituelle qui les unit au plus profond. La
lecture biblique en couple n’est pas une simple activité religieuse. Elle est un moment sacré où
Dieu parle, où les cœurs s’ouvrent, où la vérité pénètre, où l’amour se renouvelle.
Beaucoup de foyers se déchirent parce qu’ils ont négligé la Parole. Ils construisent leur couple
sur les émotions, les circonstances, les traditions familiales ou les conseils du monde. Mais
Jésus nous enseigne clairement qu’un tel édifice ne résistera pas. « C’est pourquoi, quiconque
entend ces paroles que je dis, et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a
bâti sa maison sur le roc » (Matthieu 7:24). Ce roc, c’est la Parole de Christ. Elle est stable.
Elle est vraie. Elle est vivante. Elle donne au couple une orientation constante, même dans les
tempêtes. Un couple qui lit la Bible ensemble apprend à bâtir sa maison sur ce roc. Et cette
maison tiendra.
Prenons un exemple : un couple confronté à un désaccord important sur un choix professionnel
ou une décision familiale. Si chacun reste dans ses arguments, selon sa logique ou ses émotions,
le conflit peut durer, s’envenimer, et même entraîner des blessures profondes. Mais si ce couple
décide de s’arrêter, d’ouvrir la Bible ensemble, de chercher la volonté de Dieu, de prier, alors
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
l’Esprit de Dieu agit. Il éclaire les cœurs. Il apaise les tensions. Il révèle ce qui est bon, agréable
et parfait. La Parole devient un terrain neutre, un lieu de paix où les deux peuvent s’aligner sur
Dieu plutôt que de s’opposer l’un à l’autre.
Mais la lecture seule ne suffit pas. Elle doit être accompagnée de la prière. La prière en couple
est un acte puissant d’unité. Elle n’est pas réservée aux moments de crise ou aux repas. Elle est
un lien quotidien, une respiration spirituelle commune. Lorsque deux époux prient ensemble,
ils s’exposent à Dieu ensemble. Ils déposent leurs fardeaux, leurs joies, leurs projets, leurs luttes.
Ils apprennent à s’écouter dans la présence de Dieu. Ils partagent une même foi, une même
espérance, un même amour. Jésus a promis : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre
pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les
cieux » (Matthieu 18:19). Cette promesse s’adresse de façon toute particulière aux couples.
Lorsqu’ils s’accordent dans la prière, leur autorité spirituelle grandit. Leur foi s’enracine. Leur
communion s’intensifie.
La prière en couple ne doit pas être compliquée. Elle peut commencer par quelques minutes
chaque matin ou chaque soir. Un passage biblique lu ensemble. Une louange. Une intercession
pour les enfants, les projets, l’Église, la société. Ce temps peut évoluer, devenir plus profond,
plus fluide. L’important, c’est la régularité, la sincérité, l’humilité. Ce moment devient un
refuge, une source, un lieu d’unité spirituelle où les cœurs se lient de manière invisible, mais
réelle.
Dans cette dynamique, le couple apprend aussi à s’encourager mutuellement dans la foi.
L’apôtre Paul écrit : « Exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut
dire : aujourd’hui, afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché » (Hébreux
3:13). Dans un couple, cette exhortation est vitale. Chaque époux connaît les luttes, les doutes,
les fatigues de l’autre. Il peut alors apporter une parole de vie, un verset, un rappel de la fidélité
de Dieu. Il peut prier pour son conjoint, prophétiser la victoire, rappeler les promesses. Un tel
soutien spirituel préserve le couple du découragement. Il réveille la foi. Il rallume la flamme.
Cette entraide dans la foi ne se limite pas aux moments difficiles. Elle se manifeste aussi dans
les moments de croissance, de joie, de gratitude. Ensemble, les époux peuvent célébrer les
victoires spirituelles, rendre grâce, témoigner de ce que Dieu fait. Ils deviennent alors des
partenaires dans la sanctification. Ils ne se contentent pas de vivre l’un à côté de l’autre, mais
avancent ensemble vers la ressemblance à Christ.
Car la marche chrétienne, dans le cadre conjugal, est un chemin de sanctification commune.
Paul écrit aux Thessaloniciens : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1
Thessaloniciens 4:3). Cette sanctification est un processus, un travail intérieur, une mise à part
de tout ce qui est impur, injuste ou inutile. Le couple est un lieu privilégié de cette sanctification.
Il expose nos failles, nos réactions, nos blessures. Mais il est aussi le lieu où Dieu guérit,
transforme, purifie.
Un couple qui s’appuie sur la Parole et la prière apprend à pardonner rapidement, à confesser
ses fautes, à renoncer à l’amertume. Il vit dans la lumière, dans la transparence, dans la vérité.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Il refuse l’hypocrisie religieuse. Il accueille la grâce chaque jour. Il se laisse façonner ensemble
par le Saint-Esprit. C’est un lieu de croissance spirituelle mutuelle.
La persévérance est également un élément central. La vie conjugale n’est pas toujours simple.
Il y a des saisons de sécheresse, de lutte, de remise en question. Mais la Parole de Dieu nous
appelle à tenir bon : « Réjouissez-vous dans l’espérance. Soyez patients dans l’affliction.
Persévérez dans la prière » (Romains 12:12). La persévérance n’est pas un effort humain isolé.
C’est une grâce soutenue par la prière et la Parole. Un couple qui s’ancre dans ces deux sources
trouve la force de continuer, même quand l’amour semble refroidi, quand les rêves sont brisés,
quand la routine pèse. Il sait que Dieu est fidèle. Il sait que Sa Parole ne revient pas à Lui sans
effet. Il sait que la prière fervente du juste a une grande efficacité (Jacques 5:16).
Prenons l’exemple de couples bibliques qui ont marché dans cette foi commune. Zacharie et
Élisabeth, les parents de Jean-Baptiste, sont décrits comme justes devant Dieu, observant d’une
manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur (Luc
1:6). Leur piété commune, leur fidélité à Dieu, malgré l’épreuve de la stérilité, a préparé le
terrain pour un miracle. De même, Aquilas et Priscille, collaborateurs de Paul, sont un exemple
de couple consacré, enseignant la Parole ensemble, accueillant les frères dans leur maison
(Actes 18:24-26). Leur unité dans le service du Seigneur est le fruit d’une foi partagée et vivante.
Aujourd’hui encore, Dieu cherche des couples comme eux. Des couples enracinés dans la
Parole. Des couples fervents dans la prière. Des couples qui marchent ensemble dans la
sanctification et la persévérance. Ce ne sont pas des couples parfaits, mais des couples
disponibles, humbles, ouverts à l’action de Dieu. Leur témoignage devient une lumière pour les
autres foyers, une bénédiction pour l’Église, un outil puissant dans les mains de Dieu.
Partie IV : Une vie de couple centrée sur Dieu dans tous les
domaines
4.1 Les projets et les décisions
Dans la vie de couple chrétien, chaque décision, chaque projet, doit être fondé sur une recherche
sincère de la volonté de Dieu. Cela s’applique à des domaines aussi divers que le choix de la
carrière professionnelle, l’achat d’une maison, l’éducation des enfants, ou même la gestion des
finances. Le mariage chrétien n’est pas un lieu où les époux vivent selon leur propre agenda ou
selon les attentes de la société ; il est un terrain de collaboration divine, où chaque projet est
l’occasion de chercher, de discerner et de suivre la volonté de Dieu.
Le livre des Proverbes nous enseigne une vérité fondamentale concernant la prise de décision :
« Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur, Et ne t'appuie pas sur ton intelligence ; Reconnaîs-
le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers » (Proverbes 3:5-6). Dans ce verset, nous
sommes invités à ne pas nous fier à notre propre compréhension limitée, mais à rechercher Dieu
dans chaque aspect de notre vie. Cela inclut bien entendu les décisions que nous prenons en tant
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
que couple. Ces décisions ne doivent pas être prises à la légère ou basées sur des motivations
humaines, mais elles doivent être l’aboutissement d’une recherche commune de la direction
divine.
Il est important de noter que les décisions prises dans un couple ne concernent pas seulement
la sphère spirituelle. Dieu se soucie de chaque détail de la vie conjugale, y compris des choix
matériels et pratiques. Le couple chrétien qui s’engage à suivre Dieu dans ses décisions
commence par reconnaître que le Seigneur est souverain sur toutes les sphères de la vie. Cela
signifie que, dans toutes les étapes de la prise de décision, Dieu doit être consulté par la prière,
et sa Parole doit guider le processus.
Prenons l’exemple d’un couple qui se trouve devant une décision importante, comme l’achat
d’une maison. Les considérations matérielles (budget, emplacement, commodités) ne doivent
pas être les seules à guider ce choix. Le couple doit prendre un moment pour prier ensemble,
pour rechercher dans la Parole de Dieu ce qu’il dit concernant la gestion des biens, la prudence,
l’équilibre et la sagesse. Il est essentiel de s’assurer que cet achat s’inscrit dans les plans de
Dieu pour la famille, sans compromettre les priorités spirituelles. Par exemple, le Seigneur peut
amener le couple à se poser des questions telles que : « Est-ce que cet achat sert à construire
un foyer stable pour l’Évangile ? Est-ce que cela favorise un environnement propice à
l’éducation des enfants dans la foi ? »
De même, dans les décisions liées à la carrière, au travail ou au ministère, il est important de
chercher à savoir si Dieu est vraiment au centre de ce projet. Cela implique de prendre du recul
et d’évaluer si les ambitions professionnelles, par exemple, sont alignées avec les priorités du
Royaume de Dieu, ou si elles sont motivées par l’égoïsme, le confort personnel, ou le désir de
plaire au monde. Un couple chrétien doit se rappeler que l’évangélisation, le service dans
l’Église, et l’intégrité professionnelle sont souvent plus importants que la réussite matérielle ou
sociale.
La prière joue un rôle primordial dans ce processus de prise de décision commune. Jésus dit
dans Matthieu 18:19 : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose
quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. » Cette promesse est
puissante dans le contexte du mariage chrétien. Lorsque les époux se rassemblent pour prier
ensemble, ils unissent leurs cœurs et leurs désirs dans une même foi, demandant à Dieu de les
guider et de bénir leurs décisions. Ce temps de prière est l’occasion d’aplanir les divergences,
de clarifier les intentions, et d’ouvrir le cœur à la direction divine. En s’unissant dans la prière,
les époux s’accordent non seulement dans la recherche de la volonté de Dieu, mais ils cultivent
également une profondeur spirituelle commune qui renforce leur relation.
Un couple qui prend des décisions ensemble dans la prière est également protégé contre les
pièges de l’individualisme. L’égoïsme ou l’orgueil peut souvent interférer avec le processus de
décision, surtout si l’un des deux veut imposer sa propre volonté. C’est pourquoi il est essentiel
que les décisions soient prises à deux, dans une relation d’humilité et de confiance mutuelle.
Cela n’exclut pas le fait que, parfois, un des époux puisse avoir un discernement particulier,
mais ce discernement doit toujours être confronté à la prière commune et à la recherche d’unité
dans le couple.
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Dans cette dynamique de recherche de la volonté de Dieu, les époux sont appelés à écouter non
seulement les désirs de l’autre, mais aussi à se soumettre à l’Esprit Saint, qui guide et dirige.
Le couple chrétien doit toujours rappeler qu’une décision, qu’elle soit grande ou petite, peut
avoir un impact sur leur témoignage chrétien. En effet, leurs choix ont des répercussions non
seulement sur leur vie personnelle, mais aussi sur leur entourage, sur leur famille, et sur leur
ministère au sein de l’Église.
Un exemple concret de ce principe peut être trouvé dans l’histoire d’Abraham et de Sarah.
Lorsque Dieu leur promet un enfant, ils sont âgés et semblent ne pas pouvoir recevoir cette
bénédiction. Cependant, malgré l’incompréhension et la peur, Abraham et Sarah choisissent de
marcher dans la foi, obéissant à la volonté de Dieu qui, dans leur cas, dépasse toute logique
humaine. Leur décision de faire confiance à Dieu, même quand tout semblait impossible,
montre qu’un couple qui prend des décisions sur la base de la foi et de la prière peut
expérimenter les miracles de Dieu. En effet, comme le dit l’Écriture : « Rien n'est impossible à
Dieu » (Luc 1:37).
Dans la vie pratique, il est important que les époux prennent conscience que chercher la volonté
de Dieu dans leurs décisions quotidiennes exige aussi de la patience. Il arrive que Dieu ne donne
pas immédiatement une réponse claire, et dans ce cas, les époux doivent apprendre à attendre
le temps de Dieu. L’une des clés pour discerner la volonté de Dieu est la patience. Parfois, un
projet ou une décision peut prendre plus de temps que prévu, mais ce délai permet au couple de
s’évaluer, de prier davantage, et de s’assurer que leurs désirs sont bien alignés avec les désirs
de Dieu.
Une autre manière d’appliquer ce principe est de se rappeler que Dieu se révèle aussi par la
sagesse des autres croyants. Dans un couple chrétien, prendre des décisions peut aussi signifier
chercher des conseils auprès de personnes de confiance dans l’Église, comme des conseillers
spirituels ou des mentors. La sagesse partagée, la consultation mutuelle, et l’aide d’une
communauté de foi peuvent aider à éclairer le chemin que Dieu souhaite que le couple emprunte.
Il est également important que les décisions, une fois prises, soient basées sur un principe de
paix intérieure. Dans Colossiens 3:15, il est écrit : « Que la paix de Christ agisse dans vos
cœurs ». Un couple qui cherche la volonté de Dieu doit ressentir une paix intérieure commune,
une certitude que, même s’ils ne comprennent pas tout, Dieu leur accorde une direction claire
et paisible. Si, au contraire, une décision provoque de l’anxiété, de la confusion ou de
l’incertitude persistante, cela peut être un signe que la volonté de Dieu n’a pas encore été
pleinement discernée.
23
Arcadius Achille AGBEGNINOU
finances avec sagesse et à honorer Dieu dans chaque aspect de sa gestion financière. Cette
perspective spirituelle doit guider chaque décision financière et chaque action en matière de
finances.
L’Écriture nous enseigne dès le début que Dieu nous a confiés une responsabilité particulière
en ce qui concerne la gestion des biens. Dans Luc 16:10-13, Jésus parle de l’importance de la
fidélité dans les petites choses, y compris la gestion de l’argent : « Celui qui est fidèle dans ce
qui est très petit est fidèle aussi dans ce qui est beaucoup. Et celui qui est injuste dans ce qui
est très petit est injuste aussi dans ce qui est beaucoup. Si donc vous n'avez pas été fidèles dans
les richesses injustes, qui vous confiera les vraies ? » Cette parole met en lumière une vérité
fondamentale : la manière dont nous gérons nos finances, même de façon apparemment
insignifiante, révèle notre fidélité à Dieu. Il est donc essentiel de considérer chaque dépense,
chaque investissement, chaque gain, non seulement comme une opération économique, mais
aussi comme un acte de fidélité envers Dieu. Si nous sommes fidèles dans la gestion de nos
finances, Dieu nous accorde plus de bénédictions, qu’elles soient matérielles ou spirituelles.
Ce principe est également souligné dans 1 Pierre 4:10, où l’apôtre Pierre nous exhorte à être
de bons intendants des « diverses grâces de Dieu ». Dans ce contexte, les finances ne sont
qu’une partie de ces « grâces ». Tout ce que nous possédons, y compris notre argent, est un don
de Dieu, et il nous appelle à être de bons intendants. Cela signifie que chaque aspect de notre
gestion financière doit être traité avec sérieux et responsabilité. Cela inclut la manière dont nous
dépensons, économisons, investissons et partageons nos ressources.
Le couple chrétien doit s’assurer qu’il est uni dans la manière de gérer ses finances. Il est
essentiel que les époux soient d’accord sur les principes de base de la gestion financière. Cela
inclut des discussions honnêtes sur le budget, les priorités financières et les objectifs à long
terme. Un couple chrétien doit également se rappeler que la gestion des finances est une
question de partenariat, de transparence et de confiance mutuelle. Les décisions financières ne
doivent pas être prises de manière isolée par l’un des époux, mais dans le respect de l’unité du
couple et de la recherche commune de la volonté de Dieu. Par exemple, lorsqu’un couple
envisage de prendre un emprunt ou d’effectuer un achat important, il doit d’abord en discuter
ensemble dans la prière, se demander si cette décision honore Dieu et s’il y a une paix dans
l’esprit des deux conjoints.
La générosité est également un principe fondamental de la gestion chrétienne des finances. Dans
Malachie 3:10, Dieu invite Son peuple à Lui apporter les dîmes et les offrandes pour qu'Il
puisse les bénir : « Apportez toute la dîme dans le trésor, afin qu'il y ait de la nourriture dans
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
ma maison, et mettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Éternel des armées ; si je ne vous ouvre
pas les écluses des cieux et si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance ». Ce
verset souligne que la générosité n’est pas seulement une action vertueuse, mais aussi un moyen
par lequel Dieu bénit Ses enfants. Le couple chrétien doit apprendre à être généreux non
seulement envers l’Église et les œuvres de charité, mais aussi envers les autres, en aidant ceux
qui sont dans le besoin. Cette générosité découle de la reconnaissance que tout ce que nous
avons vient de Dieu et qu’il est de notre responsabilité de redonner une partie de ce que Dieu
nous a donné.
Un exemple concret de cette générosité est l’histoire de la veuve dans Marc 12:41-44. Jésus
voit la veuve qui dépose deux petites pièces dans le tronc des offrandes, et Il déclare que sa
contribution est plus grande que celle des riches qui ont donné de leur surplus. Cette histoire
illustre l’importance du cœur derrière l’acte de donner. Ce n’est pas la quantité donnée qui
compte, mais la générosité du cœur. Le couple chrétien doit comprendre que la générosité n’est
pas mesurée par la richesse ou la prospérité, mais par la disposition de cœur à donner ce que
l’on a, dans la foi, et avec un esprit de gratitude envers Dieu.
La confiance en la provision divine est un autre aspect important de la gestion chrétienne des
finances. 2 Corinthiens 9:6-8 nous rappelle que Dieu aime celui qui donne avec joie : « Que
chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, non avec tristesse ni contrainte, car Dieu aime
celui qui donne avec joie. Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que,
possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en
abondance pour toute bonne œuvre ». Le couple chrétien doit comprendre que Dieu pourvoit à
tous ses besoins. Il ne faut pas se laisser envahir par l’inquiétude ou la peur de manquer, car
Dieu, dans Sa fidélité, pourvoit à ce que Ses enfants ont besoin. Cette confiance en la provision
divine se manifeste par une gestion des finances basée sur la foi et non sur la peur. En ayant
confiance que Dieu pourvoit, le couple peut se libérer de l’angoisse des finances et se concentrer
sur l’édification de leur mariage et leur ministère.
Cela ne signifie pas que le couple doit être irresponsable dans la gestion de ses finances. Bien
au contraire, la confiance en Dieu doit aller de pair avec une gestion sage, disciplinée et
prudente. Par exemple, un couple peut décider de faire des économies pour l’avenir, mais il doit
également avoir la foi que Dieu est capable de subvenir à ses besoins à tout moment. L’idéal
est de trouver un équilibre entre la planification financière humaine et la dépendance à Dieu.
La gestion des finances est également une question de priorité. Le couple chrétien doit évaluer
ce qui est vraiment important dans sa vie financière. Par exemple, plutôt que de dépenser de
manière excessive pour des biens matériels ou des plaisirs temporaires, le couple peut décider
de consacrer une part de ses revenus à des causes éternelles, comme soutenir des missions
chrétiennes ou aider des familles dans le besoin. De cette manière, leur gestion des finances
devient un acte de foi et de témoignage chrétien.
Enfin, une vie financière chrétienne implique aussi d’enseigner les enfants à avoir une attitude
juste envers l’argent. En tant que parents, les époux doivent leur enseigner l’importance de
donner avec joie, de faire preuve de générosité et de se rappeler que l’argent n’est pas une fin
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
en soi, mais un moyen de servir Dieu et d’autres personnes. De cette manière, ils préparent la
génération suivante à vivre selon les principes de Dieu en matière de finances.
La gestion des finances dans un couple chrétien doit donc être un acte de fidélité, de sagesse,
de générosité et de confiance en la provision divine. En agissant selon ces principes, le couple
peut non seulement honorer Dieu, mais aussi construire une vie stable, épanouie et bénie par
Sa grâce.
Le Deutéronome 6:6-7 nous rappelle l’importance de transmettre la foi aux enfants de manière
intentionnelle et régulière. Ce passage souligne que les parents ont la responsabilité de
transmettre les enseignements de Dieu à leurs enfants, non seulement dans les moments formels,
mais aussi dans la vie quotidienne. Il est écrit : « Et ces commandements que je te donne
aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu
seras chez toi, quand tu marcheras en chemin, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. »
L’idée centrale ici est que la foi n’est pas quelque chose que l’on enseigne seulement lors
d’occasions spéciales, mais que l’on transmet dans les moments les plus quotidiens de la vie.
Les parents doivent être des modèles de foi active et vivante, enseignant par exemple et par
parole les principes bibliques dans les activités quotidiennes. Cela peut être aussi simple que de
prier avec les enfants avant le coucher, de lire la Bible en famille ou de discuter des principes
bibliques dans les situations de la vie de tous les jours.
Cela signifie que l’éducation des enfants ne consiste pas seulement à leur enseigner des
connaissances religieuses, mais à leur montrer une manière de vivre qui reflète l’amour de Dieu.
Il est essentiel que les parents chrétiens s'engagent activement dans l’éducation spirituelle de
leurs enfants, car ce rôle est non seulement un commandement de Dieu, mais aussi un moyen
de créer une fondation solide pour leur foi future.
Dans Éphésiens 6:4, l’apôtre Paul exhorte les pères à élever leurs enfants dans la discipline et
l’instruction du Seigneur : « Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les dans la
discipline et l'instruction du Seigneur. » Ce verset nous rappelle que l’éducation chrétienne des
enfants ne doit pas être fondée sur des méthodes abusives ou des exigences excessives, mais
sur la patience, l’amour et la sagesse. L’éducation spirituelle implique à la fois la discipline et
la direction. La discipline ici ne fait pas seulement référence à la correction des mauvais
comportements, mais aussi à la formation des enfants dans les bonnes habitudes de prière, de
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
lecture biblique, de respect des autres et d’obéissance à Dieu. La discipline doit être vécue dans
un esprit de compréhension et de respect, en évitant la frustration ou l’hostilité qui pourrait
nuire à l'esprit d’amour et de paix dans la famille. Les parents doivent donc prendre soin
d’élever leurs enfants dans un environnement de foi et d’amour, où les enfants se sentent
soutenus dans leur croissance spirituelle.
Les parents doivent être conscients que l’éducation chrétienne ne consiste pas seulement à
instruire les enfants de manière théorique, mais aussi à les entourer d’un exemple vivant de foi.
Dans Tite 2:7, Paul exhorte les chrétiens à être des modèles dans leurs actions : « Montre-toi
toi-même un modèle de bonnes œuvres ; dans l’enseignement, sois pur, digne, ». Les enfants
apprennent autant, sinon plus, en observant leurs parents qu’en écoutant ce qu’ils disent.
L’exemple de vie chrétienne des parents est important pour l’éducation spirituelle des enfants.
Si les parents affichent une relation intime avec Dieu, s’ils prient, étudient la Bible et vivent
selon les principes de Dieu, leurs enfants seront naturellement influencés par cet exemple. C’est
pourquoi il est important que le couple chrétien soit un modèle de foi vivante et authentique
pour ses enfants. Ils doivent enseigner la prière non seulement comme une pratique régulière,
mais comme une relation personnelle et vivante avec Dieu. Les enfants apprennent à prier en
observant la manière dont leurs parents communiquent avec Dieu, et ils comprennent
l’importance de la prière dans leur propre vie.
En outre, l’éducation des enfants implique de leur enseigner à marcher dans les voies de Dieu,
ce qui comprend l’apprentissage des fruits de l’Esprit. Dans Galates 5:22-23, Paul énumère ces
fruits : « Mais le fruit de l'Esprit est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la
bienveillance, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n'est pas contre ces choses. » Les
parents doivent enseigner à leurs enfants comment manifester ces qualités dans leur vie
quotidienne. Cela inclut, par exemple, leur apprendre à être patients avec leurs frères et sœurs,
à pratiquer la bonté avec les autres, et à exercer le respect et la douceur dans leurs relations.
L’éducation des enfants ne doit pas se limiter à leur apprendre ce qu’ils doivent faire, mais aussi
à leur montrer comment vivre selon ces principes. Les parents chrétiens doivent prendre le
temps de discipliner, de guider et de corriger leurs enfants dans ces domaines, tout en cultivant
l’amour et la patience qui sont caractéristiques de la vie chrétienne.
L’exemple des parents dans la vie spirituelle de l’enfant est également visible dans la manière
dont ils gèrent les difficultés et les défis. Les enfants apprennent souvent le plus en observant
comment leurs parents réagissent aux épreuves. S’ils voient leurs parents se tourner vers Dieu
dans la prière, chercher des solutions dans la Parole de Dieu et maintenir leur foi même dans
les moments difficiles, cela enseigne à l’enfant à faire de même. Dans les moments d’incertitude,
les parents doivent rappeler à leurs enfants que Dieu est souverain et digne de confiance. Les
défis sont une occasion pour les parents de démontrer l’importance de la foi, de l’espoir et de
la persévérance dans la vie chrétienne.
Il est aussi important de souligner l’aspect communautaire de l’éducation chrétienne.
Proverbes 22:6 dit : « Instruis l’enfant selon la voie qu'il doit suivre ; Et quand il sera vieux,
il ne s'en détournera pas. » L’éducation spirituelle ne se limite pas à la maison ; elle doit être
renforcée par la communauté chrétienne. Les parents doivent encourager leurs enfants à
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
participer à la vie de l’Église, à se joindre à d’autres jeunes croyants, et à participer à des
activités qui renforcent leur foi. Cela inclut des événements spirituels comme les études
bibliques pour les enfants, les services de l’Église, et même les voyages de mission ou les
activités bénévoles. La communauté chrétienne soutient la famille dans son effort d’élever les
enfants dans la foi.
Il est essentiel de rappeler que l’éducation chrétienne des enfants est une responsabilité partagée
entre les deux parents. Le couple doit être uni dans ses efforts pour enseigner et guider les
enfants. Ils doivent être d’accord sur les principes de l’éducation chrétienne et travailler
ensemble pour s’assurer que leurs enfants grandissent dans un environnement spirituellement
nourrissant. Les deux parents doivent être des modèles de foi et de piété, chacun jouant un rôle
actif dans la vie spirituelle de l’enfant. Ensemble, ils doivent encourager les enfants à suivre
Christ et à vivre selon les principes de l’Évangile. Même s’ils sont les parents, ils doivent
reconnaître que seul Dieu est le véritable parent des enfants et doivent les éduquer en comptant
sur la conduite suprême de Dieu.
L’un des pièges les plus fréquents dans un mariage est que chaque partenaire finit par se
concentrer exclusivement sur les défauts de l’autre. Cette tendance à accuser et à pointer du
doigt les imperfections est une réponse naturelle à l’agacement ou à la frustration, mais elle
peut mener à des tensions de plus en plus profondes si elle n’est pas corrigée. Dans Matthieu
7:3-5, Jésus nous avertit contre cette tendance de manière très claire : « Pourquoi vois-tu la
paille qui est dans l'œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton propre
œil ? Ou comment diras-tu à ton frère : Laisse-moi ôter la paille de ton œil, alors que toi-même
tu as une poutre dans le tien ? Hypocrite ! Ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras
bien pour ôter la paille de l'œil de ton frère. » Jésus nous invite ici à regarder d’abord en nous-
mêmes avant de critiquer les autres. Dans le contexte d’un couple, cela signifie que chaque
partenaire doit d’abord se remettre en question et chercher à comprendre ses propres erreurs et
imperfections avant de reprocher à l’autre ses défauts. D’ailleurs, si la bible déclare que
l’homme et la femme font une seule chaire, cela suppose donc que les deux ne sont que l’image
d’eux-mêmes. En réalité, en accusant sa femme, l’homme s’accuse lui-même et en accusant son
mari, la femme s’accuse lui-même. Alors, à quoi bon juger l’autre si finalement cela revient à
se juger soi-même ?
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
Le vrai problème dans ces situations de conflit est souvent l’orgueil, ce désir insensé de «
toujours avoir raison ». Dans un couple, chacun peut être tenté de défendre son point de vue
avec insistance, de chercher à prouver que l’autre est dans l’erreur, au lieu de chercher une
solution qui honore Dieu. Pourtant, le mariage chrétien est avant tout une relation fondée sur
l’humilité et l’amour. Dans Philippiens 2:3-4, Paul nous exhorte à « ne rien faire par esprit de
dispute ou par vaine gloire, mais que chacun, dans l’humilité, estime les autres supérieurs à
lui-même, cherchant, non ce qui est avantageux pour soi, mais ce qui est avantageux pour les
autres. » Si chacun des conjoints adoptait cette attitude de préférence envers l’autre, de
recherche du bien-être de l’autre avant le sien, alors les conflits seraient moins nombreux, et
leurs résolutions seraient plus pleines de paix. Cette attitude demande de l’humilité et de la
volonté de se sacrifier pour l’autre.
Dans un mariage chrétien, il est essentiel que chacun des partenaires reconnaisse qu’il est
imparfait. Aucune des deux personnes n’est totalement sans faute. Romains 3:23 nous rappelle
cette vérité : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » L’homme comme la
femme doivent comprendre qu’ils ne sont pas parfaits et que leur être même est marqué par la
faiblesse. Ce n’est qu’en reconnaissant cette vérité que l’on peut faire preuve de la même
miséricorde que Dieu nous accorde chaque jour. Ce processus de reconnaissance de
l’imperfection et de l’humilité devant Dieu est fondamental. C’est dans cette humilité que se
trouve la clé pour éviter l’amertume et la division.
L’un des éléments essentiels pour résoudre une mésentente est d’apprendre à se dominer soi-
même, en particulier dans ses émotions. Le mariage peut devenir un champ de bataille lorsque
les émotions prennent le dessus sur la raison et la volonté de réconciliation. Proverbes 16:32
dit : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros, et celui qui domine son esprit vaut
mieux que celui qui prend une ville. » Apprendre à maîtriser ses émotions est important pour
maintenir l’unité dans le couple. Quand des conflits surgissent, les émotions peuvent être
puissantes et peuvent conduire à des paroles blessantes ou des gestes impulsifs. Mais la Bible
nous exhorte à être lents à la colère, à prendre du recul, à réfléchir avant d’agir. Cela nécessite
la sagesse du Saint-Esprit, qui peut nous aider à répondre avec douceur et à éviter des actions
ou des mots qui exacerbent la situation.
Un autre principe fondamental pour résoudre une mésentente est l’apprentissage du pardon.
L’un des aspects les plus importants du mariage chrétien est que les deux conjoints doivent être
prêts à se pardonner mutuellement. Le pardon dans un couple n’est pas un simple acte de
gentillesse, mais une réponse essentielle à l’amour de Dieu. Dans Colossiens 3:13, Paul nous
exhorte : « Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un de vous a un sujet de plainte contre
l'autre, pardonnez-vous réciproquement, comme Christ vous a pardonnés. » Le pardon dans le
mariage doit être vu comme un acte de grâce, où chacun des conjoints choisit de libérer l’autre
de l’offense. Il ne s’agit pas de minimiser la douleur ou l’erreur de l’autre, mais de libérer son
cœur de l’amertume et de l’hostilité, pour que l’amour et la réconciliation puissent régner.
Il est important de noter que pardonner ne signifie pas oublier la blessure de manière
superficielle, ni prétendre que rien ne s’est passé. Le pardon est une décision de laisser partir la
douleur et la rancune, de choisir de restaurer la relation plutôt que de permettre à l’amertume
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
de prendre racine. Cela exige un acte de volonté, soutenu par la grâce de Dieu. L’exemple de
Jésus sur la croix, où il dit « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34),
nous montre que le pardon est une décision radicale d’aimer malgré l’injustice, de tendre la
main même lorsque l’on a été blessé. Ce modèle doit être suivi par les couples, qui sont appelés
à pardonner comme Christ nous a pardonnés.
Les conflits dans un mariage chrétien ne doivent pas nécessairement mener à la rupture ou à
l’amertume. Au contraire, ils peuvent devenir une occasion de croissance spirituelle, de
renouveau et de plus grande intimité. Dans Jacques 1:2-4, il est écrit : « Mes frères, regardez
comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés,
sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse
parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans manquer de rien. » Ces
épreuves, y compris les conflits dans le mariage, peuvent être une occasion de purifier notre
caractère, d’apprendre la patience, l’humilité et la maîtrise de soi. Lorsque nous choisissons de
réagir aux conflits dans un esprit de foi et d’amour, nous laissons Dieu transformer nos
difficultés en bénédictions.
Vivre toujours devant Dieu dans le couple sans attendre la perfection de l’autre
Dans un mariage chrétien, l'une des erreurs les plus fréquentes est la tendance à attendre que
l'autre partenaire remplisse son rôle avant de remplir soi-même le sien. L’homme pourrait se
dire : « Je ne vais pas aimer ma femme comme Christ a aimé l’Église tant qu’elle ne me soumet
pas comme elle devrait. » De même, la femme pourrait penser : « Je ne vais pas me soumettre
à mon mari tant qu’il ne prend pas ses responsabilités spirituelles et familiales comme il le
devrait. » Ce type de raisonnement, bien que naturel, ne correspond pas à la vision biblique du
mariage. En effet, chacun dans le couple est appelé à jouer son rôle sans se laisser guider par
l’attitude de l’autre, mais plutôt par sa relation personnelle avec Dieu.
Le mariage chrétien est une alliance avec Dieu avant d’être une alliance entre deux personnes.
Chacun des conjoints doit chercher à honorer Dieu dans son rôle, indépendamment du
comportement de l’autre. Colossiens 3:23 nous enseigne : « Tout ce que vous faites, faites-le
de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes. » Ce verset nous rappelle que
nos actions dans le mariage, tout comme dans tous les autres domaines de notre vie, doivent
être dirigées vers Dieu. Lorsque l’homme aime sa femme comme Christ a aimé l’Église, ou que
la femme se soumet à son mari comme à l’Église, ils ne le font pas d’abord pour satisfaire
l’autre, mais pour obéir à Dieu. Le but ultime n’est pas de satisfaire les attentes humaines, mais
d’accomplir la volonté de Dieu dans leur vie conjugale.
Il est fondamental que chaque partenaire se rende compte que sa responsabilité devant Dieu est
individuelle. Dieu ne demande pas à un mari de « mériter » l’amour de sa femme avant qu’il ne
l’aime, tout comme Il ne demande pas à une femme de « mériter » la soumission de son mari
avant de se soumettre. Dans Éphésiens 5:25, Paul exhorte les hommes à « aimer leurs femmes,
comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle. » Cet amour est inconditionnel,
sacrifiant, et ne dépend pas de la réciprocité immédiate de l’épouse. Le Christ n’a pas attendu
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Arcadius Achille AGBEGNINOU
que l’Église soit parfaite avant de l’aimer et de se sacrifier pour elle. De même, le mari chrétien
ne doit pas attendre que sa femme soit parfaite ou qu’elle réponde à ses attentes avant d’agir
avec amour et responsabilité.
De même, Éphésiens 5:22-24 nous enseigne que la femme doit se soumettre à son mari «
comme au Seigneur ». Il ne s’agit pas d’une soumission aveugle ou d’une soumission imposée,
mais d’un respect volontaire et d’une confiance en l’autorité de son mari, qui est elle-même
fondée sur la sagesse divine. La femme chrétienne est appelée à se soumettre à son mari
indépendamment de ses actions, parce que c’est ainsi qu’elle honore Dieu. Elle ne doit pas
attendre que son mari soit parfait pour le respecter et se soumettre à lui. 1 Pierre 3:1-2 nous
rappelle cet aspect : « De même, vous, femmes, soyez soumises chacune à votre mari, afin que,
même si certains ne croient pas à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de
leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et respectueuse. » La soumission de la
femme n’est pas liée à la perfection de son mari, mais à sa propre relation avec Dieu. Elle se
soumet à lui parce qu’elle le fait pour le Seigneur.
Le principe clé ici est que chacun doit vivre devant Dieu, et non devant l’autre. Si l’homme et
la femme se concentrent uniquement sur ce que l’autre fait ou ne fait pas, ils risquent de perdre
de vue l’essentiel : leur appel à honorer Dieu dans leur vie conjugale. Le mariage chrétien n’est
pas une relation basée sur des échanges égaux ou des attentes réciproques, mais sur l’obéissance
mutuelle à la volonté de Dieu. Romains 12:1-2 nous dit : « Je vous exhorte donc, frères, par
les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu,
ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas à ce siècle, mais soyez
transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la
volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » Cela implique que, même dans les
moments difficiles, chacun doit s’efforcer de faire la volonté de Dieu dans le mariage, en se
concentrant sur ce qu’il peut faire pour honorer Dieu, et non pour réagir aux actions de l’autre.
Une autre dimension de ce principe est l’appel à l’amour agapé, l’amour sacrificiel. 1 Jean 4:19
nous dit : « Nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. » Cet amour ne dépend
pas des actions ou des mérites de l’autre, mais est un choix volontaire et un don. Le mari n’aime
pas sa femme parce qu’elle le mérite, mais parce qu’il choisit d’aimer comme Christ l’a aimé.
De même, la femme se soumet à son mari non parce qu’il est parfait, mais parce qu’elle choisit
de se soumettre à lui comme au Seigneur. Ce modèle d’amour et de soumission, fondé sur
l’amour agapé, est ce qui rend le mariage chrétien unique. 1 Corinthiens 13 nous donne une
image parfaite de cet amour, un amour qui « ne cherche pas son propre intérêt » (1 Corinthiens
13:5), qui « est patient, est plein de bonté, ne s’irrite pas ». Cet amour est inconditionnel et va
au-delà des circonstances immédiates.
Il est aussi important de souligner que l’obéissance à Dieu dans le mariage ne signifie pas
accepter des abus ou des comportements immoraux. L’amour et la soumission doivent être
compris dans le cadre du respect mutuel, de la dignité et de la protection du bien-être de chacun.
Si un homme est appelé à aimer sa femme comme Christ a aimé l’Église, cela signifie qu’il doit
la traiter avec respect, dignité et protection. De même, la soumission de la femme à son mari ne
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doit jamais être comprise comme un encouragement à accepter des abus ou à demeurer dans
une situation de violence ou d’injustice.
Lorsque l'un des conjoints commet des abus dans le mariage, qu'il s'agisse de violence physique,
émotionnelle, psychologique ou de toute forme de maltraitance, la situation devient un
problème grave qui nécessite une intervention immédiate et une réflexion fondée sur les
principes bibliques. L'amour chrétien, tel qu'enseigné dans la Bible, ne permet pas et ne justifie
en aucun cas le comportement abusif. Éphésiens 5:28-29 souligne que l'homme doit aimer sa
femme « comme son propre corps », ce qui implique respect, soin, et protection. Il n'y a pas de
place dans l'amour de Christ pour l'abus ou la maltraitance. Le Christ ne maltraiterait jamais
son Église, mais la protège, la chérit et la sanctifie. Par conséquent, toute forme d'abus est
incompatible avec l'amour véritable et la soumission mutuelle décrite dans les Écritures.
Il est essentiel de comprendre que l’obéissance à Dieu dans le mariage ne signifie pas permettre
des actes injustes, des violences ou des comportements immoraux. Dans ces situations, le
premier principe à appliquer est celui de la dignité humaine, fondée sur la valeur infinie de
chaque personne aux yeux de Dieu. Genèse 1:27 déclare que l'homme et la femme sont créés à
l'image de Dieu. Cette vérité signifie que chaque individu, qu'il soit marié ou non, possède une
valeur inaliénable et mérite d’être traité avec respect, dignité et justice. Ainsi, aucun être humain
ne doit être soumis à la maltraitance ou à l’abus, même dans le cadre du mariage.
Si un mari utilise sa position pour abuser ou opprimer sa femme, il viole les principes de l’amour
sacrificiel que Christ a montrés envers l’Église, et il doit être confronté à ses actes de manière
sérieuse. Le principe fondamental ici est que l’amour authentique ne peut pas être coercitif,
violent ou abusif. De la même manière, la soumission de l’épouse ne doit jamais signifier
qu’elle doit rester dans une relation abusive ou toxique. De la même manière, l’amour de
l’homme ne permet pas à la femme de vivre comme elle le désir dans une vie d’adultère ou
d’infidélité. La parole de Dieu recommande que pour une femme qui commet un tel acte, celui-
ci est passible à un reniement de la part du mari. L’amour n’est donc pas un canal d’acceptation
de l’abus ou de l’infidélité.
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• Chercher de l’aide immédiatement : Un mariage où un des conjoints est abusif ne
peut pas se résoudre seul. La victime d’abus doit chercher immédiatement un soutien
extérieur, que ce soit auprès d'un conseiller spirituel, d'un pasteur, d'un thérapeute
chrétien, ou d'une organisation qui lutte contre les abus. Le Proverbes 11:14 nous
enseigne : « Où il n'y a pas de direction sage, un peuple tombe ; mais dans le grand
nombre de conseillers, il y a le salut. » Le couple doit être prêt à reconnaître que le
silence et l’isolement dans une situation d’abus ne feront qu’empirer les choses.
• Séparation temporaire pour protéger la sécurité : Dans le cas d’abus physiques,
émotionnels ou psychologiques graves, la victime doit chercher à se protéger
immédiatement. Cela peut signifier une séparation temporaire du conjoint abusif pour
préserver sa sécurité et son bien-être. 1 Corinthiens 7:15 dit : « Si l'un des infidèles se
sépare, qu'il se sépare ; un frère ou une sœur n'est pas esclave dans ces cas-là. » Même
si ce verset parle principalement de la séparation due à l'infidélité, il peut aussi être
appliqué à des situations où la sécurité physique ou émotionnelle est en jeu. La
séparation n’est pas la fin du mariage, mais un acte de protection temporaire, afin que
la personne abusée puisse chercher l’aide nécessaire pour guérir et restaurer sa relation
avec Dieu.
• Affronter l’abuseur dans l’amour : Le mari ou la femme qui commet des abus doit
être confronté à ses actes de manière directe et sans compromis. Matthieu 18:15-17
montre le processus d’affrontement d’un péché dans l’Église : si quelqu’un pèche contre
vous, allez lui parler en privé. Si l’abus persiste, des actions plus formelles peuvent être
nécessaires, telles que l’interventio n de conseillers spirituels ou même de l’Église. Le
but de cette confrontation est toujours la restauration, mais cela implique également que
l'abuseur soit confronté à la gravité de ses actes.
• Restaurer la justice et l'équité : Proverbes 24:11-12 nous dit : « Si tu vois celui qui
est conduit à la mort, et celui qui est prêt à être tué, n’hésite pas à le délivrer. » Cela
démontre l’importance de protéger les innocents, de veiller à ce que la justice soit rendue
et de ne pas permettre que l’abuseur échappe à ses responsabilités. Cela inclut non
seulement la mise en place de mesures de protection pour la victime, mais aussi le
processus de repentance et de discipline pour l’abuseur. Un homme ou une femme qui
abuse de son conjoint doit être amené à une repentance authentique et au changement,
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ce qui nécessite souvent une thérapie, un accompagnement spirituel, et une prise de
responsabilité sérieuse.
Conclusion
Le mariage, dans sa dimension la plus profonde, n’est pas simplement une célébration ou une
formalité sociale, mais une mission spirituelle donnée par Dieu. Dès le commencement, Dieu a
conçu le mariage comme une union sacrée, une alliance entre un homme et une femme, non
seulement pour partager une vie commune, mais aussi pour refléter l’amour divin, la
réconciliation et la sanctification. En suivant l’exemple du Christ, qui a donné sa vie pour son
Église, le mariage devient un terrain de croissance spirituelle, d’amour sacrificiel et de
transformation.
Ce que nous avons vu au fil de ce document est que, loin d’être un simple acte humain, le
mariage selon Dieu est avant tout une mission spirituelle. Il repose sur un fondement solide,
celui de l’amour inébranlable de Dieu, de la soumission réciproque dans le respect, et de la
volonté commune de marcher ensemble vers le but ultime qui est d'honorer Dieu. Dans un
couple, chaque rôle – celui de l’homme et celui de la femme – a été défini non seulement pour
répondre à des besoins pratiques, mais aussi pour illustrer l’unité et l’harmonie divine, chaque
partenaire étant appelé à être un témoin vivant du Christ dans ses actions et ses relations.
L’appel pour chaque couple chrétien est donc de revenir à la vision divine du mariage, en
réaffirmant que celui-ci doit être fondé sur une foi commune en Jésus-Christ. Ce n'est qu’en
plaçant Christ au centre de leur relation que les époux peuvent vivre leur union de manière
authentique et éternelle, remplie de grâce, de pardon et de paix. Le mariage n'est pas une quête
égoïste, mais une démarche spirituelle de renoncement à soi-même, de transformation mutuelle
et de sanctification. L’homme et la femme doivent apprendre à marcher dans la foi chaque jour,
en se reniant eux-mêmes et en mettant Dieu en priorité dans chaque aspect de leur vie conjugale.
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