Fiches Pratiques RSE 1754031042
Fiches Pratiques RSE 1754031042
MÉTHODOLOGIES
L’ISO 26 000 est la norme internationale qui fournit des Autre référentiel reconnu, les 17
lignes directrices permettant d’intégrer la Responsabilité Objectifs de Développement
Sociétale dans les structures.
Durable de l’ONU peuvent être
Elle couvre sept thèmes centraux : la gouvernance, les une source d’inspiration pour
droits de l’homme, les relations et conditions de travail,
définir vos objectifs de durabilité.
l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions
relatives aux consommateurs, et l’engagement sociétal. Ces engagements, pris par
l’ONU et ses Etats-membres,
Pour davantage de pertinence auprès des entreprises,
plusieurs organismes ont décliné cette norme au niveau visent à assurer la paix et la
sectoriel (Afnor, Lucie...). En effet, vu du côté de l’entreprise, prospérité pour les peuples et la
il peut sembler plus pertinent d’aller directement vers planète d’ici 2030.
un référentiel sectoriel.
ÉTAPES
1. RÉALISER VOTRE DIAGNOSTIC
Vous ne partez pas de zéro ! Il est important de faire un « état des lieux « de votre situation
actuelle. Parfois même sans vous en rendre compte, vous êtes certainement engagés dans
de multiples démarches :
- Environnementales : incitation à la mobilité douce, tri sélectif, achats en seconde main ou
reconditionnés, pilotage de vos consommations énergétiques (bâtiments et numérique), etc.
- Sociales : formations, conditions de travail, inclusion de personnes en situation de handicap /
diversité, qualité de vie au travail, etc.
- Economiques : ancrage et participation locale (dons, achats locaux), etc.
- Gouvernance : rémunération raisonnée et partage de la valeur, raison d’être, etc.
Au sein de chacune des thématiques, il est essentiel de lister l’ensemble des actions engagées,
celle que vous souhaiteriez adresser et la priorisation des thématiques.
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2. IDENTIFIER VOS PARTIES PRENANTES
Parties prenantes, kesako ?
Les parties prenantes sont les personnes concernées ou impactées, directement ou indirectement,
par l’activité de votre entreprise. Elles peuvent être classées en 2 catégories, en fonction de votre
secteur d’activité. Mais cette classification n’est pas figée. En voici un exemple, pour une entreprise
« standard ».
Les parties prenantes représentent l’écosystème permanent d’une entreprise. Il peut ne pas
y avoir de lien économique ou juridique direct entre l’entreprise et l’une des parties prenantes
secondaires. Ainsi, une association ou ONG manifestant contre une entreprise peut impacter
directement son activité, même en l’absence de relation établie.
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5. ALLOUER DU BUDGET À VOS ENGAGEMENTS
Un budget annuel alloué à la RSE, proportionné à la taille et aux contraintes de chaque
entreprise, lui permettra de déployer son plan d’action. Un bilan carbone peut, à lui seul,
constituer une première action décisive.
Quant à la création d’un poste de chargé de missions RSE (éventuellement, pour les TPE/PME,
sous la forme du recrutement d’un stagiaire dédié), elle marque un engagement fort.
S’appuyer sur un label : des labels comme Lucie, Engagé RSE ou B Corp peuvent
être utiles pour structurer la démarche.
BON À SAVOIR
BpiFrance propose un « Diag Impact », pour intégrer les enjeux ESG à la stratégie de
votre entreprise en évaluant votre impact sur vos parties prenantes, challenger votre
modèle d’affaires pour le rendre impactant. Le montant maximum de cette prestation
est de 5 000€ HT, prix en charge à 50% par BPI France.
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FICHE PRATIQUE N°2 :
INTÉGRER SES COLLABORATEURS
DANS LA DÉMARCHE
OBJECTIFS
Une intégration réussie de la RSE dans l’entreprise passe par l’implication de ses parties
prenantes, à commencer par ceux qui œuvrent au quotidien à sa performance : ses collaborateurs.
Leur adhésion aux objectifs de développement durable de l’entreprise est cruciale : in fine, ils et
elles seront en première ligne pour s’approprier les enjeux de durabilité et mettre en œuvre une
démarche opérationnelle.
Motiver ses collaborateurs dans la démarche répond ainsi à plusieurs objectifs : renforcer le
sentiment d’appartenance et donc l’engagement de tous, capitaliser sur leur expertise métier
inventer les usages durables de demain et, in fine, pour les impliquer dans les stratégies.
ÉTAPES
1. SENSIBILISER VOS COLLABORATEURS
AUX ENJEUX DE DURABILITÉ
Le déploiement d’une démarche RSE implique des changements profonds et durables, qui
devront être compris et partagés par tous. Il existe plusieurs façons efficaces de renforcer la
cohésion de l’équipe autour des valeurs de solidarité et de durabilité, notamment :
- Proposer des ateliers collaboratifs, à l’image des Fresques (du climat, de la biodiversité,
du numérique…) : en mobilisant l’intelligence collective et en sensibilisant les participants aux
enjeux, ces formats seront bien plus efficaces qu’une conférence ou un rapport…
La création d’une bibliothèque partagée pourra également faire vibrer la culture RSE au sein
de l’entreprise.
- Mobiliser des personnalités inspirantes, organiser des débats et des échanges avec des
pairs, autour d’un thème ou plus largement de la RSE
- Faire savoir ! Mettre en place un plan de communication interne, avec des canaux diversifiés.
Privilégier une information transparente et concrète, portant sur la stratégie RSE, ses objectifs
et ses résultats. Ne pas hésiter à célébrer les réussites !
ASTUCE
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2. DÉVELOPPER LES COMPÉTENCES RSE DE VOS ÉQUIPES
Opérer une transition nécessite de nouvelles compétences. Dans une logique d’apprentissage
continu, il est essentiel d’investir dans le développement des connaissances et des
compétences de vos équipes.
- Diagnostiquer : Identifier les processus et les métiers les plus susceptibles d’être impactés
par la stratégie RSE ou les plus essentiels à cette transformation, ainsi que les compétences
manquantes ou à développer pour atteindre vos objectifs.
- Planifier : Établir des priorités en fonction de votre stratégie, de la taille de l’entreprise et de
vos besoins immédiats ! Car vous ne formerez pas tous vos collaborateurs la première année.
- Évaluer : Budgétiser les formations nécessaires. Élaborer un plan de développement des
compétences, ou encore, en cas d’initiatives concertées avec les collaborateurs, convenir de
formations financées au moins partiellement par leur CPF. Bon à savoir : L’ADEME, la BPI,
les CCI ou encore vos OPCO ou vos fédérations professionnelles proposent des formations
(parfois subventionnées, selon les dispositifs éligibles).
- Envisager des formations plus « informelles » : Proposer une formation en continu, via la
mise à disposition de e-learning par exemple. Ne pas sous-estimer l’auto-formation, par le biais
du peer learnging (apprentissage par les pairs) : groupes de travail et retours d’expérience
réguliers entre vos équipes et/ou celles d’autres entreprises…
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4. EMBARQUER VOS COLLABORATEURS
ET ANIMER VOTRE DÉMARCHE
Maintenir dans le temps un démarche RSE constitue un défi. Pour fédérer et créer une véritable
dynamique, l’animation régulière de la démarche est clé.
- Intégrer la RSE dans les objectifs de performance individuels et collectifs : la démarche
sera plus pérenne si vos collaborateurs comprennent que la transformation durable
de l’entreprise est stratégique !
- Mettre en place un réseau de référents RSE, afin d’engager ses membres, de faire le lien
avec l’équipe et de donner de la voix à la démarche.
- Marquer des temps forts dans l’année : profiter de dates symboliques, spécifiques à
l’entreprise ou plus générales comme la Semaine Européenne du Développement Durable,
pour organiser un challenge (mobilité, écogestes…), une rencontre ou un débat.
- Organiser des teambuilding responsables : initiative idéale pour renforcer la cohésion
autour d’un projet et initier vos équipes aux pratiques durables.
CADRE LÉGAL
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FICHE PRATIQUE N°3 :
CHOISIR SES INDICATEURS D’IMPACT
OBJECTIFS
Définir les indicateurs clés en matière de RSE est un levier majeur pour une entreprise,
permettant de :
Piloter la démarche RSE en interne
Mesurer son impact sur l’activité et sur la performance
Agir de manière pragmatique et transparente
MÉTHODOLOGIES
Chaque engagement pris par l’entreprise en lien avec les lignes stratégiques doit être chiffré,
expliqué et vé[Link] de pouvoir mesurer le progrès au cours des années, il est important
de garder un suivi des méthodologies de calcul et, le cas échéant, des hypothèses de
départ. Le terme utilisé est celui de “protocole de reporting”. Il s’agit en pratique d’un «book
méthodologique», récapitulant de manière pérenne le cadre méthodologique et la terminologie
adoptés. Par exemple, quelles catégories de travailleurs constituent «l’effectif» de l’entreprise:
salariés en CDI et CDD, alternants, stagiaires ou même travailleurs externes ?
L’Impact Score est le référentiel commun construit par et pour les entrepreneurs et
dirigeants. En ligne et gratuitement, il permet à toute entreprise de s’évaluer sur son impact
social et écologique à 360° et de rendre visible sa progression.
ÉTAPES
Différents types d’indicateurs complémentaires permettront de mettre en lien vos objectifs
stratégiques et votre plan d’actions opérationnel :
INDICATEURS DE SUIVI :
Ils permettent à l’entreprise d’ajuster ses actions, si les résultats ne sont pas conformes à ceux
attendus, afin de rester conforme aux décisions prises.
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• INDICATEURS DE RÉSULTATS OU DE PERFORMANCE :
Ils mesurent les effets directs des différentes actions menées. Leur intérêt est de quantifier
l’impact direct des actions déployées et de la stratégie globale. Ils permettent également
d’évaluer le taux d’atteinte d’un objectif fixé.
• INDICATEURS D’IMPACT :
Ce sont des indicateurs qui témoignent de la singularité de votre activité. Une question à
se poser est notamment : « De par mon activité, à quelle vulnérabilité de marché dois-je
faire face ? » ou « Quel est l’impact positif de mon activité, en termes d’écoresponsabilité et
d’environnement social ? ». Relativement complexes, car supposant de mener une réflexion de
fond en amont, ils devront être peu nombreux mais le plus représentatifs possibles des défis
propres à l’entreprise. A cette double condition, ils participeront à mesurer les changements et
bénéfices propres à votre organisation, au fil du temps.
• INDICATEURS GÉNÉRIQUES :
Il s’agit d’indicateurs simples, communément utilisés par d’autres entreprises similaires (ou bien
utilisés lors de la publication de données sectorielles), afin de pouvoir vous situer par rapport à
vos homologues ou vos concurrents.
Nombre de
défaillances dans
Nombre Pourcentage de Réduction des Nombre
Santé le processus
d’inspections non-conformités accidents d’incidents
et Sécurité de remontée
de sécurité corrigées du travail signalés
des risques
physiques
Nombre
Nombre
Engagement de projets Pourcentage de Satisfaction des Impact sur le
de bénévoles
Communautaire communautaires projets en cours bénéficiaires développement local
impliqués
initiés
Il est important de rationaliser les indicateurs afin de suivre réellement le déploiement d’une
action. Il est conseillé de suivre également ces indicateurs sous forme de ratio, donc de les
rapporter au chiffre d’affaires, au nombre de salariés, etc.
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FICHE PRATIQUE N°4 :
DÉMARRER SON REPORTING DE DURABILITE (CSRD)
OBJECTIFS
Si votre entreprise atteint certains seuils, vous serez bientôt soumis à la nouvelle directive
européenne sur le reporting extra-financier : la CSRD, pour « Corporate Sustainability Reporting
Directive ».
Vous serez amenés à établir, faire auditer et publier un rapport de durabilité, selon des normes
de fond et de forme définies par l’EFRAG (Groupe consultatif européen sur l’information
financière). En normalisant les rapports de développement durable des entreprises et en leur
imposant une transparence inédite sur leurs enjeux de durabilité, la CSRD définit un fort niveau
d’exigence, comparable à celui du reporting financier, pour le reporting extra-financier. Mettre
en place celui-ci doit donc être considéré comme un projet au long cours, transversal et
stratégique.
ÉTAPES
1. COMPRENDRE LES ENJEUX DES NORMES EUROPÉENNES (ESRS)
• Toutes les entreprises entrant dans le champ d’application de la CSRD devront
se conformer aux ESRS. Ces normes, définissant des critères de reporting (environnementaux,
sociaux et de gouvernance : ESG), visent à favoriser une meilleure transparence et standardisation
des informations extra-financières, au niveau européen. Avec la CSRD et les ESRS, des évolutions
fortes dans votre entreprise sont à prévoir, tant sur le plan de la gouvernance et de la stratégie
que des processus, outils et contrôles mis en place pour collecter et piloter ses indicateurs de
performance extra-financière.
• Pour embarquer toute l’entreprise, il est crucial de bien saisir les enjeux de marchés,
stratégiques et organisationnels qui sous-tendent à cet exercice de transparence :
les organisations professionnelles peuvent apporter un éclairage et du benchmark.
• La mise en conformité avec les normes suppose la mobilisation de multiples
compétences et services au sein des équipes : définir les rôles et responsabilités de chacun
et fonctionner en mode projet permettront d’avancer méthodiquement d’avancer méthodiquement.
• Les attendus des normes ESRS sont nombreux, précis et parfois techniques :
les personnes chargées de collecter, consolider et piloter les politiques et leurs indicateurs
de performance devront se familiariser avec leurs principes et leurs exigences.
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2. IDENTIFIER SES ENJEUX DE DURABILITÉ
Pilier du dispositif, l’analyse de double-matérialité doit permettre de définir les enjeux dits «matériels»
(importants) pour son entreprise : matériels du point de vue de l’impact de l’entreprise sur
l’environnement et les personnes (inside-out), et matériels du point de vue financier et stratégique
(outside-in). L’ampleur du reporting dépendra des résultats de cette analyse.
• Les enjeux doivent être analysés en considérant l’ensemble de votre chaîne de valeur :
il faudra la cartographier, en y intégrant les diverses parties prenantes.
• A partir des enjeux de durabilité listés dans la norme ESRS 1, l’entreprise devra
identifier ses IRO (impacts, risques ou opportunités), potentiels ou réels, sur le court, moyen
et long terme : elle utilisera à la fois des sources internes (cartographies des risques, évaluations,
benchmarks…) et externes (référentiels RSE, initiatives sectorielles, rapports d’ONG…).
• Il conviendra de fixer des seuils d’évaluation, pour déterminer la matérialité de chacun
de ces IRO. Pour la matérialité d’impact, ceux-ci prendront en compte l’ampleur, l’étendue et le
caractère remédiable de l’impact. Et pour la matérialité financière, l’entreprise privilégiera des seuils
cohérents avec ceux déjà utilisés dans le cadre de ses autres analyses de risque.
• A cette étape, la CSRD encourage la consultation des parties prenantes. Ses modalités
restent à définir : l’entreprise pourra s’appuyer sur les canaux existants (questionnaires de
satisfaction, groupes de travail inter-entreprises, dialogue social…) et/ou recueillir de nouveaux avis par
le biais de questionnaires ou d’entretiens.
• L’ensemble des résultats recueillis devront être analysés afin de documenter le
processus d’identification et d’évaluation des IRO : la matrice de double-matérialité pourra alors
être formalisée, et une description précise de chaque IRO sera produite, notamment pour instruire les
exclusions et la hiérarchisation des enjeux.
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FICHE PRATIQUE N°5 :
DEVENIR SOCIÉTÉ À MISSION
OBJECTIFS
La qualité juridique de Société à Mission, introduite par la loi Pacte en 2019, s’adresse aux
sociétés commerciales, mutuelles et unions qui se fixent un ou plusieurs objectifs sociaux ou
environnementaux, qu’elles s’engagent à poursuivre dans le cadre de leur activité.
L’un des buts de la démarche est de concilier l’intérêt commun des associés avec une ligne de
conduite d’intérêt général, sans se restreindre à la réalisation d’un objectif économique.
Vous envisagez de vous engager sur le long terme dans une démarche d’utilité sociale et
environnementale ? Définir votre raison d’être et devenir Société à Mission vous permettent
affirmer que la profitabilité n’est pas votre unique motivation, ni votre unique atout.
ÉTAPES
1. CHEMINER VERS VOTRE RAISON D’ÊTRE
ET SA DÉCLINAISON EN OBJECTIFS STATUTAIRES
• Déterminer votre raison d’être, vos valeurs d’intérêt général et leur intégration dans votre
modèle d’affaire et votre stratégie RSE.
• Définir vos objectifs statutaires sociaux et environnementaux.
• Bien formuler votre raison d’être :
- de manière précise, concise et inspirante, à la fois pour guider l’entreprise et pour
que la vérification de l’exécution de la mission puisse être réalisée
- tout en gardant une certaine flexibilité pour que la formulation de votre mission soit
pérenne dans le temps et puisse rester alignée à la trajectoire de votre entreprise.
- en exprimant le rôle que l’entreprise souhaite jouer dans la société et en précisant
les impacts sociaux et environnementaux visés.
• Définir les modalités de gouvernance du projet, qui s’articulent principalement autour :
- du Comité de Mission
- du Référent de Mission (éventuellement nommé par les entreprises de moins de 50 salariés)
- du Conseil d’Administration
- de l’inclusion des Parties Prenantes.
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2. INSCRIRE VOTRE QUALITÉ DE SOCIÉTÉ À MISSION
DANS VOS STATUTS
La modification de vos statuts existants ou l’inscription de la qualité de société à mission à la
création des statuts juridiques supposera d’y intégrer :
- Votre raison d’être
- Vos objectifs statutaires
Cette modification statutaire devra faire l’objet d’un vote en Assemblée Générale et d’une
déclaration au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) sous 1 mois.
QUELS BÉNÉFICES ?
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LES CONTRAINTES JURIDIQUES
1. LA GOUVERNANCE DE LA MISSION
Pour les entreprises de plus de 50 salariés, une gouvernance spécifique doit être mise en place.
Le comité de mission est distinct des organes sociaux et doit comporter au moins un salarié. Pour
les entreprises de moins de 50 salariés, la loi autorise le recours à un référent de mission.
Ces organes sont chargés du suivi de la mission.
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FICHE PRATIQUE N°6 :
BILAN DE GES & PLAN DE TRANSITION
OBJECTIFS
Le bilan de GES est une première étape indispensable pour une entreprise qui souhaite
réduire ses gaz à effet de serre et a pour objectif de :
Identifier les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre
Quantifier et analyser les émissions de gaz à effet de serre
Connaitre son impact sur le climat et le réduire
Répondre aux attentes des donneurs d’ordres / acteurs publics
Anticiper les risques sur l’entreprise liés au dérèglement climatique
MÉTHODOLOGIES
Plusieurs méthodologies ont été développées pour aider les organisations à comptabiliser, gérer et
déclarer leurs émissions, afin de tendre vers l’objectif zéro émission nette de CO2 d’ici 2050.
Il s’agit de cadres de reporting volontaire, que les entreprises sont invitées à s’approprier en
fonction de leurs besoins spécifiques, de l’avancement de leur démarche RSE, ainsi que des
destinataires des informations. Ces différentes méthodologies peuvent, si nécessaire, être
utilisés en complémentarité les unes des autres.
1. LES OUTILS DE MESURE : les deux plus couramment utilisés sont le Bilan Carbone®
de l’ADEME et le GHG Protocol du World Ressources Institute (WRI) pour les émissions de gaz
à effet de serre (GES).
2. LA DÉCLARATION : la norme ISO 14064 régit la déclaration des émissions de gaz
à effet de serre (GES) par les entreprises.
3. LA TRANSITION : Les démarches ACT (Assessing Low-Carbon Transition),
cocréées par l’ADEME, le CDP et la World Benchmarking Alliance (WPA), accompagnent
les entreprises dans leur plan de transition.
4. LE REPORTING ET L’EVALUATION : Organisme de référence, le CDP évalue les
stratégies climat des organisations au niveau mondial. Elle s’appuie pour cela sur les principes
de reporting de la TCFD (Task Force on Climate-Related Financial Disclosures). Et invite les
entreprises à se fixer des objectifs alignés sur la science, idéalement validés par la SBTi (Science
Based Target initiative).
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LES ÉTAPES
1. CADRAGE DU BILAN DE GES
• Définir le périmètre organisationnel et opérationnel du bilan
• Choisir une méthodologie de calcul
• Constituer l’équipe projet (le pilote, les contributeurs...)
• Sensibiliser et former l’équipe projet pour apporter un socle commun de
connaissance des enjeux énergie-climat et des principes de comptabilité carbone
2. COLLECTE DE DONNÉES
• Identifier vos sources d’émissions dans les 3 scopes grâce à une cartographie
des flux de l’entreprise
Scope 1 : Émissions directes des activités contrôlées par l’entreprise.
- Véhicules de fonction, consommation de combustibles, d’électricité…
Scope 2 : Émissions indirectes liées à l’énergie achetée.
Scope 3 : Émissions indirectes provenant de sources externes
- Amont : achats de biens et de services, fret amont,
déplacement domicile-travail, immobilisations…
- Aval : fret aval, déplacements de visiteurs et de clients,
utilisation des produits vendus, fin de vie des produits, investissements...
• Cibler les sources de données (enquêtes, factures, outils comptables...)
et collecter des données précises
LES SUBVENTIONS
BpiFrance, en partenariat avec l’ADEME et l’ABC, a lancé le dispositif Diag Decarbon’action !
Des experts référencés peuvent vous accompagner dans cette démarche : de la sensibilisation à la mise
en place des premières actions. Une subvention pouvant atteindre 6 000€ HT vous est allouée, dès lors
que vous n’êtes pas soumis à l’obligation règlementaire et que c’est votre premier bilan carbone.
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FICHE PRATIQUE N°7 :
BIODIVERSITÉ
OBJECTIFS
L’érosion de la biodiversité, au même titre que le changement climatique, constitue un défi
majeur à l’échelle planétaire. Elle se traduit par l’augmentation du taux d’extinction et
le déclin des populations de certaines espèces, ou encore la dégradation des habitats naturels.
Dans le cadre des travaux sur les neuf limites planétaires, le seuil à ne pas dépasser a été fixé
à dix extinctions d’espèces sur un million d’espèces par an ; en 2009, cette limite a été franchie,
avec cent extinctions au cours de l’année.
Les entreprises ont un rôle majeur à jouer pour réduire les pressions sur la biodiversité.
Et alors que nombre de nos activités économiques dépendent directement ou indirectement
de la biodiversité ou de la bonne santé des écosystèmes, agir peut aussi permettre de répondre
à des risques et des opportunités.
La COP 15 Biodiversité, qui s’est tenue à Montréal en 2022, s’est conclue par l’accord de
Kumning-Montréal. Ce nouveau cadre stratégique mondial fixe quatre objectifs globaux de
protection de la nature pour 2050 :
• Conserver la diversité biologique, maintenir et restaurer l’intégrité des écosystèmes ;
• Utiliser et gérer durablement la biodiversité ;
• Mettre à disposition les ressources nécessaires ;
• Partager de façon juste et efficace les avantages de l’utilisation des ressources génétiques.
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LES ÉTAPES
1. COMPRENDRE, SENSIBILISER ET FORMER
• Organisez des programmes de sensibilisation pour informer
et engager les salariés, comme des ateliers ou des animations sur la biodiversité.
• Inspirez-vous des Fresques de la biodiversité !
• Proposez des formations spécifiques pour développer les compétences
nécessaires et adaptées à votre activité.
- EVITER – L’objectif poursuivi est d’éviter les impacts négatifs sur la biodiversité dès la
phase de planification. Ex : études d’impact environnemental, planification durable des sites,
préservation des corridors écologiques...
- RÉDUIRE - L’objectif est de minimiser les impacts lorsque l’évitement complet n’est
pas possible. Ex : réduction des émissions GES, réduction des perturbations comme
le bruit ou la lumière, gestion durable des ressources via le recyclage, la réutilisation…
- RESTAURER - l’objectif est de restaurer les écosystèmes et les habitats dégradés
par les activités passées lorsque l’évitement et la réduction n’ont pas pu être faits.
• Identifiez les initiatives et méthodes externes qui peuvent vous aider, comme la
SBTn (Science Based Target Network) - grâce à laquelle vous pourrez définir et déposer des
objectifs – ou encore : Taskforce on Natural-related Financial Disclosure (TNFD), programme
“Entreprises engagées pour la nature »…
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4. SUIVRE, ÉVALUER ET COMMUNIQUER
• Mettez en place des tableaux de bord et un reporting spécifiques, pour suivre
les progrès et évaluer concrètement l’efficacité des actions. Ex : mètres carrés artificialisés,
nombre de projets intégrant des critères liés à la biodiversité…
• Inspirez-vous des indicateurs proposés par des organismes reconnus : le guide
des indicateurs de la FRB, les indicateurs de l’IPBES, Mean Species abondance (MSA)
ou Global biodiversité Score (GBS )…
• Au sein des parties prenantes internes et externes, communiquez sur les initiatives
et les résultats en fonction de l’audience attendue, et engagez-les sur le sujet.
- Fresque de la biodiversité :
[Link]
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FICHE PRATIQUE N°8 :
ÉCONOMIE CIRCULAIRE
OBJECTIFS
Dans un contexte de raréfaction des ressources et de gestion des déchets de plus en plus
prenante, le modèle linéaire consistant à extraire, produire, consommer et jeter doit
aujourd’hui laisser place à un modèle plus sobre, qui réduit les pertes et le gaspillage, et
augmente l’efficacité des ressources tout en diminuant les impacts environnementaux.
L’économie circulaire permet de conserver la valeur des ressources, des produits et des
matériaux en circulation. Il s’agit donc autant d’un sujet d’impact que d’opportunité.
EXTRAIRE
SATION DES RESSOURC
UTILI ES
FABRIQUER
PRO
T R A N SFORMATIO
DUCTION DE DÉCHET
CONSOMMER
N
CONSO M M ATION
JETER
A noter : Le processus de
réflexion sur l’économie de la
MÉTHODOLOGIE
fonctionnalité, qui privilégie Elle s’articule autour de 3 domaines d’actions :
l’usage plutôt que la vente
• L’offre des acteurs économiques
du produit vient impacter le
modèle d’affaire de l’entreprise • La demande et le comportement
et donc adresser la stratégie des consommateurs
globale de la gouvernance. • La gestion des déchets
21
ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE
CONSOMMATION
ET TERRITORIALE
RESPONSABLE
COM
ES PO
IQU RT
EM
OM E
ON
NT
ÉC
DE
URS
SC
DOMAINES
ONS
ACTE
OMMA
OFFRE DES
D’ACTION
TEURS
ÉCOCONCEPTION COLLECTE ET TRI
S
GESTIO C H ET
N DES DÉ
LES ÉTAPES
RECYCLAGE
CADRE LÉGAL
22
3. DÉPLOIEMENT DU PLAN D’ACTION DANS LA DURÉE
Notre conseil : Mettez toutes les chances de votre côté, sachez faire appel à des appuis
et expertises externes pour vous aiguiller et voir comment aller plus loin et plus vite.
Pour un pilotage au quotidien :
• Définissez dès le départ des indicateurs pertinents et optez pour une
communication positive, en interne et en externe, sur votre performance
• Intégrez la gestion de l’économie circulaire dans les objectifs de vos collaborateurs.
Ensuite, un suivi objectif s’appuyant sur des indicateurs dédiés, sur l’intégration de votre
politique achats responsables (cf. fiche 10) et sur l’inscription dans des démarches collaboratives
d’écologie industrielles, etc…) seront autant d’atouts pour le déploiement de vos actions.
- Les défis de la transition écologique : Économie circulaire - Agence de la transition écologique ([Link])
- Fiche du Ministère de la Transition Ecologique et de la Cohésion des Territoires : économie circulaire
([Link])
- Loi AGEC : Document_LoiAntiGaspillage _2020.pdf ([Link])
- Pour comprendre l’application pratico pratique de certains concepts notamment l’économie cirulaire) :
les guides de la CCI (Économie circulaire | CCI - Chambre de commerce et d’industrie)
- Restez informés auprès de l’INEC (Institut National de l’Economie Circulaire) : Toute l’actualité sur
l’économie circulaire ([Link]) à évènements et appels à projet.
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FICHE PRATIQUE N°9 :
ACHATS RESPONSABLES
OBJECTIFS
Aujourd’hui, il est admis que les principaux impacts sociaux et environnementaux se situent
en amont de la chaîne de valeur, notamment dès l’étape des approvisionnements et choix
de ressources en tous genres.
D’où l’importance de la notion d‘achat responsable, qui caractérise un achat de biens
ou de services minimisant les impacts environnementaux et sociétaux.
Au-delà de l’engagement propre à chaque entreprise, ces démarches relèvent d’une stratégie
à impact positif de plus long terme : mitigation des risques, diminution des coûts, et renforcement
de l’image de l’entreprise.
MÉTHODOLOGIES
Il s’agit d’intégrer des critères relatifs aux dimensions environnementales, sociales et sociétales en
complément des habituels critères de prix, robustesse des produits/qualité des services,
délais de livraison, etc...
Les achats responsables aident les entreprises à être éco-responsables en agissant
sur trois volets :
• environnemental (réduction de l’empreinte carbone, circularité) ;
• social (respect des droits humains, protection des consommateurs) ;
• économique (commerce équitable, rapport qualité-prix).
La logique d’achat bascule alors du principe du « moins disant » à celui du « mieux disant ».
ÉTAPES
1. FAIRE UN BILAN DE VOS PRATIQUES D’ACHATS
• Identifier vos risques et leviers d’amélioration sur vos produits et services
et leur chaîne de valeur
• Sensibiliser vos acheteurs & collaborateurs en interne
• Définir votre politique d’achats responsables et la décliner de manière
opérationnelle avec des objectifs clairs et réalisables
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2. CHALLENGER VOS PRATIQUES ET VOS PRESTATAIRES / FOURNISSEURS
Voici quelques exemples d’actions à entreprendre, sur le court et moyen terme :
- Demander et analyser les démarches environnementales et notamment
d’éco-conception, ainsi que les démarches sociales et sociétales de vos fournisseurs/prestataires
- Mettre en place une charte d’achats responsables / des questionnaires RSE
- Intégrer des critères sociaux et environnementaux dans vos consultations / appels
d’offres
- Auditer les pratiques, si possible, avec la réalisation d’audits sur site.
- Identifier des indicateurs clés et de reporting ciblés, pour mesurer l’impact
de vos avancées et ajuster si besoin votre politique d’achats responsables.
Bon à savoir ! L’ADEME et BpiFrance proposent des dispositifs d’aide au financement de l’ACV
(Analyse de Cycle de Vie).
Au-delà des démarches initialement volontaristes, les critères d’achats responsables rentrent
progressivement dans un cadre de conformité avec l’augmentation des règlementations en matière
de Responsabilité Sociétale des Entreprises.
• Au niveau International : les conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail
garantissant un « plancher » social dans le monde du travail
• Au niveau européen : la CS3D : La proposition de directive sur le devoir de vigilance en matière
de durabilité (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) promeut un comportement durable
et responsable des entreprises sur les chaînes de valeur mondiales
• La loi française sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre
du 27 mars 2017 (loi n°2017-399) La loi vise les entreprises employant, en leur sein ou dans leurs filiales,
au moins 5 000 salariés en France ou au moins 10 000 salariés dans le monde
• Des obligations spécifiques encadrent également les achats publics via le Code de la commande publique
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FICHE PRATIQUE N°10 :
DROITS HUMAINS DANS LA CHAÎNE DE VALEUR
OBJECTIFS
Le travail forcé, le travail des enfants, les atteintes à la liberté syndicale ou à la liberté d’expression
constituent des violations des droits humains encore répandues dans plusieurs régions du
monde. La catastrophe du Rana Plaza, cette usine du Bangladesh dans laquelle plus d’un millier
de salariés avaient trouvé la mort lors d’un effondrement, ou encore le scandale du travail forcé
sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar, ont provoqué une prise de conscience sur les
conditions de travail des sous-traitants des grandes entreprises européennes.
Dans une économie de marché mondialisée, le respect des droits humains demeure un sujet
complexe, désormais encadré par certaines normes et dispositifs légaux. En 2024, ceux-ci ne
concernent encore que les très grandes entreprises. Pour autant, de nombreuses entreprises de
toutes tailles ressentent comme un devoir moral de s’impliquer pour que ces droits fondamentaux
soient respectés, y compris par les organisations et/ou les personnes dont dépend leur activité.
ÉTAPES
1. ÉTABLIR UNE CARTOGRAPHIE DES RISQUES
• Cartographier sa chaîne de valeur : qui sont mes fournisseurs, dans quels pays
opèrent-ils, qui sont mes clients, de quels procédés dépend mon activité… Il s’agit d’appréhender
l’ensemble de vos relations d’affaires, de vos zones d’activité, de vos flux et processus.
• Identifier les risques associés : caractériser les risques envers les droits Humains et
les Libertés Fondamentales résultant de cette chaîne de valeur (activités de la société, de ses
filiales, de ses sous-traitants, de ses fournisseurs et de ses clients). Il est possible de s’appuyer
sur des rapports d’ONG relatifs à des pays, des régions, ou aux conditions de travail d’une
industrie en particulier.
• Évaluer ces risques : déterminer des seuils qui vous permettront d’évaluer la gravité du
risque s’il venait à se matérialiser (quel serait son ampleur, peut-il être corrigé…) et la probabilité
qu’il survienne. L’évaluation peut être menée en interne ou impliquer des parties prenantes
externes (ONG, fédérations professionnelles…).
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2. DES MESURES ADAPTÉES POUR RÉPONDRE À CES RISQUES
Réaliser une cartographie aura permis de hiérarchiser les risques. Désormais, l’entreprise pourra
mettre en place des mesures pour prévenir, atténuer ou remédier ces risques.
• Définir et diffuser un Code Éthique : ce document peut permettre de formaliser
et diffuser les principes et standards éthiques de l’entreprise. Ce Code peut notamment faire
référence à la Déclaration universelle des droits de l’homme et aux conventions fondamentales
de l’Organisation internationale du travail. Ces principes doivent servir de boussole, notamment
pour le management (ex : décision de reconduire ou non un contrat avec un fournisseur dont les
pratiques sociales sont mises en cause).
Bonne pratique : le traduire dans la ou les langues des pays où les principaux risques
peuvent survenir.
• Formaliser une Charte Fournisseurs : si les risques sont majoritairement situés dans
la chaîne d’approvisionnement, ce Code peut être complété d’une « Charte fournisseurs »,
qui décrira plus en détail les exigences de l’entreprise concernant le respect des droits humains.
• Campagnes d’audit : les processus ou tiers les plus à risque peuvent faire l’objet
d’audits sociaux menés en interne ou, pour une assurance plus importante, par un tiers indépendant.
• Accompagner ses partenaires : dans une démarche collaborative, l’entreprise peut
décider d’accompagner ses fournisseurs et sous-traitants dans l’amélioration des conditions
de travail de leurs salariés, via le partage de bonnes pratiques ou le suivi d’indicateurs partagés.
• Définir des critères sociaux de sélection : la prévention des risques peut débuter en
amont de la contractualisation, par l’intégration de critères sociaux (ex : existence d’un système
d’alerte éthique, certifications sociales…)
• Participer à des initiatives sectorielles : certaines initiatives permettent de mutualiser
les audits ou encore partager les connaissances et les meilleures pratiques.
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NOTRE EXPERTISE RSE
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