PROGRAMME DE FRANÇAIS DE LA 12ÈME SS/SM/SE
CHAPITRE I : LA TECHNIQUE DE L’EXPRESSION
Leçon 1 : L’explication de texte
Leçon 2 : Le résumé de texte
Leçon 3 : Le commentaire de texte
Leçon 4 : La dissertation
CHAPITRE II : La littérature
II-1 : La littérature africaine
Le réveil ou la prise des consciences
Le procès du colonialisme
Extraits d’œuvre
Poèmes :
« Ames noires » Docteur William E.B. Dubois
« Le cahier d’un retour au pays natal » Aimé Césaire
« Coup de pilon » David Diop
« Chants d’ombre » L. S. Senghor
« Pigments » Léon Gontran Damas
Romans :
« Batouala » René Maran
« Ville cruelle » Mongo Béti
« Une vie de boy » Ferdinand oyono
Essai :
« Discours sur le colonialisme » Aimé Césaire
Œuvres intégrales :
« Les bouts de bois de Dieu » Ousmane Sembène
« Une vie de boy » Ferdinand Oyono
II-2 : La littérature française
Thèmes : Les courants littéraires
Le romantisme
Le réalisme et le naturalisme
Le parnasse ou l’art pour l’art
Le symbolisme
Extraits d’œuvre
« Les misérables » Victor Hugo
«Germinal » Emile Zola
«Emaux et camés » Théophile Gautier
« Les fleurs du mal » Charles Baudelaire
Chapitre I : La technique de l’expression
Leçon 1 : L’explication de texte
Résumé
L’explication de texte est un exercice intellectuel qui consiste à éclaircir les parties
obscures d’un texte donné. Il ne s’agit pas là de redire ce que l’auteur a dit, mais d’étudier de
près comment il l’a dit et pourquoi il a choisi cette forme pour ce contenu. Donc expliquer un
texte, c’est l’interpréter, l’analyser, maintenir son équilibre.
Pour réaliser une bonne explication de texte, il faut nécessairement suivre pour une
question de méthodologie, certaines étapes.
Les étapes à suivre :
Au nombre de sept, elles se révèlent sans nul doute incontournables pour réaliser cet
exercice.
1. La lecture :
Il s’agit de lire plusieurs fois en vue de sa compréhension. Cela revient à dire qu’aucune
explication ne peut s’amorcer tant que le texte n’est pas compris. Il faut donc repérer tous les
mots difficiles du texte en vue d’élucider le vocabulaire.
2. La présentation ou la situation du texte
Ici, le candidat devra regrouper tous les éléments nécessaires à l’exercice car c’est le
tout premier travail de la rédaction de ce devoir. Donc, la vitrine de votre travail qui doit
donner un gout au lecteur de continuer. Ainsi, il conviendra donc à ce niveau de définir : le
genre de l’œuvre de laquelle est tiré le texte (pièce de théâtre, roman, recueil de poème…) ; le
titre de l’œuvre, la date de publication, la maison d’édition, le nom de l’auteur, la place de
l’œuvre parmi l’ensemble des œuvres de l’auteur, la place du texte dans l’œuvre choisie. Cette
mise en situation doit être brève ; ne pas accorder trop d’importance à la vie et à l’œuvre de
l’auteur.
3. L’élucidation du vocabulaire
Ce travail consiste à donner un sens aux mots et expressions obscures selon le contexte
dont ils sont employés dans le texte. Leur donner un sens sans tenir compte du contexte
dénature immédiatement l’idée de l’auteur.
4. La compréhension du texte.
Elle consiste à se poser certaines questions, appelées questions de compréhension, qui
sont d’ailleurs très nécessaires car elles permettent de mieux cerner le contenu du texte. Elles
portent généralement sur : la forme du texte, la situation de communication, l’espace, le
temps, les temps verbaux dominants….
5. L’idée générale
C’est l’idée cardinale d’un texte, ce que l’on peut retenir d’essentiel ; c'est-à-dire, l’idée
principale, maitresse que le candidat doit pouvoir ressortir après avoir lu et compris les
différents paramètres du texte.
6. L’étude détaillée du texte
Il s’agit pour le candidat de subdiviser le texte en ses différentes unités de sens
(parties) autour desquelles va s’articuler une explication linéaire.
7. La conclusion
Tout travail intellectuel doit être sanctionné par une conclusion. Ceci dit, il faudra un
bilan ou la synthèse de tout ce qui a été dit plus haut.
LA DISSERTATION
Encore appelée essais littéraire ou composition française, la dissertation est un
exercice intellectuel qui consiste à analyser une idée, un sujet en fonction d’un libellé.
En d’autres termes, la dissertation est un exercice qui permet à un élève, un étudiant
ou un candidat de donner ses réactions personnelles, son opinion face à un problème posé.
Le candidat rassemble ainsi les éléments de sa réflexion avec lesquels il construit un texte
cohérent, conformes aux règles prévues. Les sources de sa réflexion peuvent être : des œuvres
littéraires (pour les sujets à orientation littéraire), l’actualité à travers les médias (pour les
sujets d’ordre général).
Démarches à suivre
Un bon traité de dissertation doit nécessairement obéir à un certain nombre de
démarches. Il faudra donc :
- lire attentivement ;
- relever les mots ou expressions clés du sujet ;
- expliquer et comprendre les mots et expressions difficiles dans leur contexte d’emploi ;
- bien tenir compte de la consigne avant la rédaction.
Plan de rédaction du devoir
La rédaction d’un devoir de dissertation comprend trois (3) parties :
1. L’introduction
Elle comprend aussi trois parties :
L’amorce ou la mise en situation du sujet : Elle nous offre deux possibilités : soit on
place le sujet dans son contexte socio-historique, soit on définit l’un des termes clés du sujet.
La reformulation du sujet : à ce niveau également, on a deux possibilités : soit on recopie
intégralement le sujet avant de l’expliquer (s’il est court) ou on l’explique simplement (s’il est
long).
L’annonce du plan : elle consiste à informer le lecteur de ce que l’on compte faire dans le
développement. Elle se fait généralement au moyen d’une problématique.
2. Le développement
Il trouve solution au problème posé dans l’introduction. C’est dans le développement qu’on
explique à travers des détails le problème circonscrit dans l’annonce du plan. Il est fait de
paragraphe et est basé sur une argumentation solide et sur des exemples précis.
3. La conclusion
Elle est l’une des parties les plus importantes de la dissertation. Elle ressemble à une peinture
fraichement mise sur un bâtiment. Comme aboutissement du travail, elle comprend :
- Un résumé succinct (bref) de tous les éléments détaillés dans le développement ;
- Un avis personnel ou son point de vue qui doit être exprimé avec modestie ;
- L’ouverture (l’élargissement) vers un autre sujet de dissertation lié à celui qui a
motivé notre travail.
LE RESUME DE TEXTE
Définition
Résumer un texte, c’est réduire le volume de ce texte pour en retenir l’essentiel.
Dangers à éviter dans un devoir de résumé de texte
Dans un devoir de résumé de texte, il faut éviter de :
- raconter le texte sous une autre forme ;
- commenter le texte ;
-réduire de façon mécanique ;
-reprendre une phrase entière du texte ;
- faire reprendre le nom de l’auteur ;
- reprendre ou faire une citation dans le texte ;
- Employer des expressions : « l’auteur a dit, l’auteur voit que, veut dire que, pense
que… »
Démarches à suivre pour résumer un texte
Pour résumer un texte, on peut suivre une démarche à trois étapes successives :
A- Le travail préliminaire
- lire attentivement le texte ;
- déterminer la longueur du texte initial ;
- déterminer la longueur du résumé (N=T×F) ;
- déterminer l’intervalle (N=T × F± marge de tolérance)
- déterminer la personne et le temps du texte ;
- dégager l’idée générale du texte ;
- dégager et tirer les différentes parties du texte en se basant sur la présentation des
idées ;
- rechercher les idées essentielles contenues dans chacune des parties.
B- Le travail de rédaction
- Rédiger le devoir en fonction des idées recherchées en respectant la personne et le
temps du texte initial et en liant ces idées par des mots de liaison de sens logique.
C- Le travail accessoire
- La discussion ;
- Répondre aux questions accessoires qui accompagnent la
question du résumé.
LE COMMENTAIRE COMPOSE D’UN TEXTE
L’exercice de commentaire composé consiste à présenter avec ordre un bilan de
lecture du texte proposé. A partir du texte lu, on construit un autre texte qui explique le
premier.
Autrement dit, il consiste à faire une analyse globale du texte, à mettre en évidence
plusieurs éléments qui permettent, par des lectures successives du texte, d’en assurer une
bonne compréhension au départ, et qui serviront, par la suite de base au travail. Il s’agit donc
de noter tous les éléments qui concernent le texte.
Méthode de travail pratique
Lecture et compréhension du texte : lire attentivement le passage (2 à 3 fois) pour
s’assurer qu’il est bien compris, sinon, chercher les mots inconnus et leur signification.
Dégager au brouillon l’idée générale du texte : en une ou deux phrases
Analyser le texte : l’analyse doit porter sur le fond et la forme ;
Bref, dans un devoir de commentaire composé de texte, on peut suivre une démarche à trois
étapes successives : la lecture et la recherche des thèmes principaux, l’élaboration d’un plan
du devoir et la rédaction du devoir.
Plan de rédaction d’un devoir de commentaire composé
INTRODUCTION
La rédaction de l’introduction comprend elle aussi trois parties :
La mise en situation du texte : il s’agit de donner l’identité de l’auteur (son nom, sa
nationalité, son époque), l’œuvre d’où est tiré l’extrait du texte à étudier, son courant
littéraire…bref, il est question de guider votre lecteur et non de faire la biographie de l’auteur ;
Dégager l’idée générale du texte à étudier : nous disons bien, l’idée générale du texte
à exploiter et non le résumé de l’œuvre d’où est tiré le texte. A travers deux ou trois lignes,
vous montrez à votre lecteur que vous avez bien compris le contenu du texte à analyser ;
L’annonce du plan : indiquer deux à trois thèmes qui seront développés dans le corps du
devoir. A ce niveau, il faudra éviter d’énumérer les détails.
LE DEVELOPPEMENT
La rédaction du développement suit le plan déjà établi au brouillon. Le nombre de
parties, leurs contenus, doivent correspondre à ce qui a été annoncé dans l’introduction.
Chacune des grandes parties doit commencer par une phrase qui rappelle le contenu de cette
partie. Pour faciliter la lisibilité, c'est-à-dire pour que le plan apparaisse bien clairement, il
convient de sauter une ligne entre chaque grande partie. Justifier toute idée affirmée par un
passage du texte. Les citations doivent être signalées par les guillemets ; fait des brèves
intertextualités c'est-à-dire une brève comparaison avec un autre auteur, une autre œuvre, un
autre art. La lecture doit montrer qu’on quitte un point pour un autre.
LA CONCLUSION
Elle doit dresser un bilan de ce qui a été démontré dans le développement. C’est aussi
le moment de donner son point de vue ou son avis personnel. Dans un troisième temps, il est
bon qu’elle propose une ouverture vers un autre sujet de réflexion.
Chapitre II : LA LITTÉRATURE
II-1 : LA LITTÉRATURE AFRICAINE
INTRODUCTION
A chaque nation du monde, sa vie, sa littérature à travers laquelle s’expriment ses
préoccupations et se manifestent ses valeurs culturelles qui s’accommodent à l’évolution de
celle-ci.
Ainsi, la littérature africaine, est l’ensemble des œuvres écrites et orales qui traduisent les
préoccupations du peuple africain. Les œuvres écrites sont en langues étrangères et celles
orales dans les différentes langues nationales propres à l’Afrique.
Thème 1 : Le réveil des consciences
Sous-thème 1 : La prise de conscience
Pour mieux cerner la littérature africaine, surtout quant à l’usage de l’écriture, il faut
remonter un peu dans l’histoire de ce vieux continent pour fixer les repères réels de ses
origines et ses multiples directions. Elle est alors née dans un contexte colonial en réaction
contre la colonisation. Elle est sans nul doute d’expression étrangère car la cible privilégiée
demeurait avant tout le colon qui devait se rendre compte du réveil des nations colonisées
longtemps taxées de sauvages.
La pléthore création littéraire africaine en langues étrangères que l’on observe de nos
jours n’a pas jailli ex-nihilo ; elle a suivi un cheminement plus ou moins long. En d’autres
termes, le volume et la densité des productions littéraires africaines en langues européennes
s’explique par la rencontre des blancs et des noirs dans le monde (contact Afrique-Europe,
Afrique –Amérique) à l’époque esclavagiste. Cette littérature a donc pour sources principales
les pays d’Europe et d’Amérique.
L’histoire de cette littérature se présente en trois époques correspondant à trois grandes
orientations ou directions d’inspirations :
- Période de 1903 à 1930 : les racines américaines
- Période de 1930 : la rencontre de la diaspora noire
- Période des indépendances
A- LES RACINES AMERICAINES
Il est paradoxal à première vue de situer les origines de la littérature africaine écrite hors
d’Afrique. C’est une littérature qui a une importance croissante. Cela se comprend par la
qualité des producteurs qui ont su influencer culturellement, socialement et politiquement
aux USA au début du XXème siècle.
En effet, les conditions d’existence du noir sur le sol américain à cette époque étaient
émaillées de difficultés malgré la suppression officielle de l’esclave. Privé de droit de vote, de
protection légale, victime de discrimination, de ségrégation raciale aigue, de brimade… sans
risque de châtiment à l’égard du blanc disposant de plein droit sur le noir. Le noir réduit à sa
plus petite expression, avait fini par croire à son infériorité face au blanc, continuant à faire
preuve de résignation et reniait ses propres valeurs au profit de celles blanches.
Face à cette situation désastreuse, Docteur William .E.B. Dubois, après avoir constaté les
conditions insupportables de la communauté noire vivant au quartier Harlem city(New-York),
s’insurge contre cet état et publie en 1903 « Ames noires ». Ce fut le premier cri de révolte de
l’homme noir contre les préjugés raciaux. Dans cette œuvre, le philosophe-poète
affirmait : « Je suis noir, je me glorifie de ce nom. Je suis fier du sang noir qui coule dans mes
veines ».
Partout des voix s’élèvent et s’insurgent contre la discrimination, la ségrégation raciale,
l’analphabétisme et la dépersonnalisation du Noir.
Très vite les Noirs américains vont faire de « Ames noires » une sorte de Bible. Dubois devient
célèbre même si des millions de Noirs analphabètes ne pouvaient pas lire son livre. Après lui,
d’autres jeunes vont continuer la lutte pour l’émancipation des noirs aux Etats Unis.
La publication de cette œuvre fit une bombe au milieu des intellectuels noirs aux USA. Cet
appel de Dubois fit ses effets car les noirs intellectuels vont se réunir et lancer un mouvement
appelé ‘’ New-negro’’ ou ‘’Negro- renaissance’’. Ce mouvement à la fois politique et culturel,
était animé par des hommes comme : Claude Mackay, Langston Hughes, Counteen Cullen,
Weldon Johnson, Sterling Brown…. A cela, il faut aussi reconnaitre dans ce noble combat la
participation des arts comme le Jazz, la musique, la danse, les blues… C’est le début de la prise
de conscience par les noirs qui devaient exprimer leur personnalité sans honte, ni crainte.
Les objectifs du mouvement de New- negro
Le rejet du racisme, de la violence et la recherche du bonheur matériel
Retour à la culture et à l’authenticité nègre dans une relation avec l’Afrique
Libération de tous les peuples et sur tous les plans
Volonté de réhabilitation du passé nègre défiguré par les théories
esclavagistes
Les raisons de l’échec du new-negro
Harlem n’a pas créé d’écoles capables de fonder l’idéologie du mouvement
Les intellectuels ont œuvré en vase clos sans soutient nécessaire du peuple
négro-américain qui se préoccupait à vivre comme les blancs et donc à
s’assimiler au lieu d’avoir la conscience d’appartenir à la race noire et à ses
valeurs.
Les éditeurs blancs faisaient prévaloir leurs droits de veto sur les œuvres
nègres, ce qui réduisait du coup le sens du message.
Enfin, les intellectuels noirs étouffés par de nombreux obstacles, seront obligés de vivre à
l’exil et passant ainsi le relais aux noirs antillais et d’Afrique vivant en majorité à Paris.
B- LA RENCONTRE DE LA DIASPORA NOIRE A PARIS
Après la publication de « Ames noires » de Dubois en 1903 suivi du mouvement de
new-negro et l’apparition en 1921 de « Batouala » de René Maran, une grande influence de ces
faits va se ressentir pleinement au niveau des étudiants noirs dans la métropole française. Il
fallait sortir de son silence et refuser d’être complices de l’histoire sombre de leurs frères
noirs réduits en esclaves.
Cette métropole culturelle universelle et salle de retrouvaille des intellectuels noirs,
Paris regroupait :
- Les américains et antillais (Aimé Césaire, Léon Gontran Damas…)
- Des noirs d’Afrique (Léopold Sedar Senghor, Birago Diop, Ousmane Socé Diop,
Jacques Rabemanan Zara…)
C’est l’époque de l’essor de la littérature africaine en langue française après
« Batouala ».
Les objectifs de la rencontre de la diaspora noire
Les étudiants noirs parisiens des années ‘’30’’ ont lu et apprécié les œuvres des
écrivains négro-américains, ils reconnaissent volontiers avoir subi leurs influences. Ils vont à
leur tour dénoncer le mépris que les blancs manifestent trop souvent à leur encontre et
prouver au monde entier qu’ils ont des cultures originales et une personnalité qui leur est
propre. Ils s’appuient sur les travaux d’ethnologues qui se sont intéressés avec sérieux aux
cultures africains ; notamment sur ceux de Léo Frobenius. Ils s’organisent pour faire connaitre
la civilisation négro-africaine. De véritables avancées se feront enregistrer dans le combat
pour la réhabilitation de l’homme noir :
- en 1939, sont fondées les éditions « Présence africaine »
- en 1947, Alioune Diop fonde la revue « Présence africaine » qui obtiendra rapidement une
audience internationale.
Les grandes publications
Parmi les nombreuses publications littéraires, nous avons entre autres :
« Le monde noir » 1931, Docteur Sajous
« Légitime défense » 1932, par les antillais et sous la conduite d’Etienne Lero
« L’étudiant noir »1934, nouveau périodique de Césaire, Damas et Senghor
Cette rencontre de la diaspora noire fut décisive et ne sera pas sans influence. Les intellectuels
noirs réunis à Paris vont coordonner leurs activités culturelles afin de redresser les mauvaises
images qui ont cours sur les noirs et sur l’Afrique. C’est ainsi que va naitre le mouvement de la
négritude défini comme l’ensemble des valeurs du monde noir ou exactement du monde
négro-africain dont les premiers fondateurs furent :
- Léon Gontran Damas avec son œuvre ‘’Pigments’’ 1937
- Aimé Césaire avec ‘’Cahier d’un retour au pays natal’’ 1939
- Léopold Sedar Senghor avec ‘’Chants d’Ombre’’ 1945
C- La période des indépendances 1960
C’est l’ère de la prolifération des romanciers par rapport aux poètes qui ont agité les
époques précédentes. Cette étape verra la grande participation des écrivains populaires des
nouvelles universités des jeunes Etats indépendants qui prendront leurs plumes pour relever
le nouveau défi de l’histoire tandis que les grands hommes de la période avant 60 occupaient
de hautes fonctions politiques.
Ce changement se fera sentir dans la thématique littéraire devenant de plus en plus
riche avec l’apparition de nouvelles réalités. En parcourant ces œuvres, on constate qu’elles
traitent entre autres : le conflit entre tradition et modernité tels dans « Sous l’orage » de
Seydou Badjan Kouyaté, « Une si longue lettre » de Mariama Ba… le procès des nouveaux
dirigeants rencontré dans les œuvres : « Les Soleils des indépendances » Amadou
Kourouma, « Les crapauds brousse » Tierno Monénembo…
Enfin, nous retiendrons que la prise de conscience effective qui conduisit à la révolte
des peuples noirs sous l’emprise de l’entreprise coloniale n’est devenue possible que grâce au
noble combat mené par les écrivains et intellectuels ayant en eux la cause des noirs et le
respect de leur dignité, personnalité, longtemps remis en cause. Ils constituent pour l’Afrique
et ses valeurs le guide et porte flambeau cheminant que sur la route du bonheur.
CHAPITRE II : LA LITTERATURE
II- 1 : LITTERATURE AFRICAINE D’EXPRESSIONS ETRANGERES
THEME : LE REVEIL DES CONSCIENCES
SOUS-THEME 2 : LE MOUVEMENT DE LA NEGRITUDE
Le mouvement nait à Paris dans l’entre deux guerres mondiales et se présente comme
l’expression d’une race opprimée. Pour les noirs intellectuels, il est la manifestation d’une
manière d’être original, un instrument à la fois d’émancipation, d’affirmation et de lutte contre
le système colonial et toutes ses théories réductionnistes.
Le mot ‘’Négritude’’ doit sa paternité au poète martiniquais Aimé Césaire qui l’a forgé à
partir du vocable « Nègre » dont le sens d’alors était péjoratif. Il retravaille le mot et en donne
un sens de fierté dans un numéro de ‘’ L’étudiant noir’’ en 1935. Toutefois, il ne faut pas
perdre de vue quant à la signification qui est antérieure au mot comme l’on a pour la première
fois senti avec Dubois et les mouvements de revendications qui suivirent après la publication
de « Ames noires ».
Le mouvement de la négritude parait avant tout comme une rétorque à toutes les
théories développées par l’occident et qui ont terni l’image du noir et de l’Afrique : ‘’un peuple
sauvage, sans culture, incapable de créer, de dompter, d’inventer’’, … et que son contact lui
permettra de bénéficier de sa civilisation.
Mais avant tout, la négritude est un courant littéraire, artistique et politique créé
durant l’entre-deux guerres pour revendiquer l’identité noire. Elle vise à conférer à l’homme
noir tout ce qu’il a de droit. Le mouvement rassemblait les écrivains francophones dont la
peau est noire. En d’autres termes, la négritude est une rétorque à toutes les théories
développées par l’occident et qui ont terni l’image du noir et de l’Afrique : ‘’un peuple sauvage,
sans culture, incapable de créer, de dompter, d’inventer’’, … et que sa mission à elle (Europe)
est de civiliser les sous-hommes’’. Elle est aussi un courant littéraire qui regroupe tous les
écrivains noirs francophones dont le but est de revendiquer la personnalité noire et sa
culture.
En effet, ce mouvement a pris la forme poétique et de manifeste dont le plus éclatant
fut ‘’ Légitime défense’’ 1932 publié par une équipe de jeunes intellectuels antillais sous la
direction d’Etienne Léro.
Pour les intellectuels noirs et leurs acolytes, il était question d’affirmer une identité
longtemps bafouée par l’Europe ; répondre à cette insolence de l’occident qui prétendait
détenir le monopole de la civilisation et humaniser le noir.
Mais là il serait mieux de se demander sur le bien fondé de cette entreprise coloniale,
ses traces, sur ses promesses et réalisations… Les études réalisées par les anthropologues et
ethnologues ont permis de mettre avant tout en nu le mensonge occidental comme celles de
Léo Frobenius. C’est ainsi que l’allemand affirma : « les noirs sont civilisés jusqu’à la moelle
des os, l’idée nègre barbare n’est qu’une invention de l’Europe ». C’est au tréfonds de
l’humiliation que le noir se découvre noir avec une immensité culturelle très riche et s’est
engagé dans un combat pour s’affirmer sans honte et sans peur. Les pionniers de ce
mouvement furent : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas.
LES OBJECTIFS DU MOUVEMENT DE LA NEGRITUDE
Lutter contre les préjugés raciaux occidentaux qui réduisaient le noir à sa plus
petite expression ;
Affirmer l’identité culturelle noire, valoriser la culture avec à la clé le retour à la
source ;
Libération du continent africain du joug colonial sous toutes ses formes
LES DIFFERENTES CONCEPTIONS DE LA NEGRITUDE
A chaque auteur sa définition de la négritude et essaye de l’imprimer à travers ses
œuvres. Trois auteurs attirent essentiellement l’attention du public.
Pour Senghor ou la négritude senghorienne : Selon le sénégalais, la négritude est l’ensemble
des valeurs culturelles de l’Afrique noire ou encore la négritude est un fait, une culture. C’est
l’ensemble des valeurs politiques, économiques, culturelles, morales, intellectuelles,
artistiques et sociales des peuples noirs d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie. Il exprime
sa vision à travers plusieurs de ses œuvres telles : Chants d’Ombre, Hosties noires, Ethiopique,
Nocturnes. Il interpelle également ses frères noirs à se libérer des habits d’emprunt, ceux de
l’assimilation, affirmer l’être noir : c’est la négritude ! Pour le même homme aussi, nul besoin
d’aller à la négritude d’antan, c'est-à-dire celle des sources très anciennes : « Nous ne vivons
plus sous Askia, ni sous Chaka Zoulou, nous étions des étudiants de Paris et du XXème siècle.
C’est une négritude qui tient compte des réalités, et qui s’adapte à l’évolution sans perdre ses
particularités qui lui sont propres. Ce qui le poussa d’avancer : « Toute civilisation a deux
manières de se perdre. Se murer dans le particulier et s’abimer dans l’universel » et plus loin il
ajoute « L’important, ce n’est pas être assimilé mais d’assimiler ».
Pour Césaire ou la négritude césairienne : pour lui, ce mot désigne en premier lieu le rejet.
Le rejet de l’assimilation culturelle, le rejet d’une certaine image noir paisible, incapable de
construire une civilisation. C’est aussi la conscience d’être noir, la simple reconnaissance d’un
fait qui implique l’acceptation et la prise en charge de son destin de noir, de son histoire et de
sa culture. Il exprime sa négritude dans plusieurs de ses écrits, notamment dans son « Cahier
d’un retour au pays natal » où il découvre que l’antillais se trouve entre deux mondes qui le
renient : l’Afrique et l’Europe. Il prend conscience de son appartenance à la grande race noire
qui a bâti tous les continents. Il entame ainsi son retour au pays natal, à l’Afrique ancestrale et
il rappelle alors à l’oppresseur blanc ce qu’est le noir « le frère ainé du monde ». Il est violent
dans l’affirmation de l’identité pour avoir été enlevé du sol et de la terre natale africaine.
Pour Jean Paul Sartre ou la négritude sartrienne : Pour Sartre, la négritude est la négation
de la négation de l’homme noir. Elle est donc un démenti apporté à la théorie de la ‘’table
rase’’ qui réduisait le noir en mendiant culturel, le peuple noir est donc sacrifié, déporté,
colonisé… Ce peuple a tenté sa renaissance dans le comble de sa souffrance. Pour lui, la race
noire est la race élue, celle qui a pris sur elle toute la douleur humaine et qui a souffert pour
tous, même pour le salut du blanc. Sa négritude est donc un racisme antiraciste.
En somme, malgré qu’elle soit de nos jours l’objet de sévères critiques, la négritude, fut
pour le continent et le peuple noir des différents horizons du monde une arme
d’émancipation, de véritable renaissance nègre et de combat. Peu importe ses multiples
noms : ‘’indigénisme’’ en Haïti, ‘’negro-renaissance’’ à New-York, ‘’négrisme’’ au Cuba…,
l’essentiel reste que le combat fut le même : la cause du noir.
CHAPITRE II : LA LITTERATURE
II-1 : LA LITTERATURE AFRICAINE D’EXPRESSIONS ETRANGERES
THEME 2 : LE PROCES DU COLONIALISME
Généralités :
Le procès du colonialisme est sans doute le thème le plus fréquemment rencontré dans
la littérature négro-africaine même de nos jours après des décennies d’indépendances c'est-à-
dire à quel point fut traumatisant le système colonial. La colonisation, comme l’esclavage n’est
pas un phénomène surgi ex-nihilo, une catastrophe imprévisible qui aurait bouleversé
dramatiquement le destin des peuples noirs. Mais selon Cheick Anta Diop, elle apparait
comme le produit de quelques inévitables des circonstances historiques car les nations
européennes ayant connu la science et la technique, se lancèrent dans une véritable conquête
de la suprématie inégalable qui les draina hors de leur terre. Le contact Europe-Afrique ne
pouvait qu’être basé sur un lien de supériorité et d’infériorité dans la mesure où l’Europe s’est
crue dès le départ, doter de tout.
Mais alors avant tout qu’est-ce que le procès du colonialisme ?
C’est le jugement, le constat fait sur la colonisation. En d’autre terme, c’est l’ensemble
des remarques ou des points de vue donnés sur le système colonial. En littérature, il englobe
l’ensemble des œuvres écrites formulées par les écrivains contre le système colonial.
Ainsi, quel constat s’est-il établi en général au tour du système colonial ?
En effet, peu importe la forme de conquête utilisée par l’impérialisme européen, la
finalité ne fut que brutale. Le contact s’est révélé fatal pour l’Afrique et largement agréable
pour l’Europe qui ne s’est préoccupée que de son seul intérêt égoïste.
Loin d’être un projet civilisateur, la colonisation ouvrit toutes les portes de malheurs et
de souffrances pour l’homme noir devenu finalement un objet à la portée du blanc. C’est
pourquoi d’ailleurs Césaire affirmait : « la colonisation = chosification » et à Alioune Diop de
poser : « Nos souffrances n’ont rien d’imaginaire ».
De même qu’une prétendue infériorité raciale justifiait l’esclavage, de même elle
justifiait la colonisation. C’est pourquoi, la première préoccupation de l’Europe ne sera que
d’affirmer sa supériorité culturelle et proclamer comme dogme le néant de toute civilisation
africaine ; ce qui l’autorisa à s’afficher comme investie d’une mission civilisatrice. Dès lors, ‘’la
fin justifiant les moyens’’, toutes les structures africaines sont piétinées : le missionnaire se
substitue au féticheur, le commandant de cercle au chef traditionnel, le médecin au
guérisseur, … Le but consistait à détruire toutes les immenses et riches valeurs africaines
auxquelles l’occident n’a pas voulu reconnaitre par sincérité comme civilisation or à chaque
peuple sa civilisation qui lui est propre. Le pire fut que le noir fini par croire à son infériorité
et s’est apprêté à supporter toutes les conséquences de la soumission, y compris les
souffrances et les humiliations. Cette résignation, cette insensée acceptation de son sort, fut
évoqué par René Maran dans ‘’ Batouala’’ : « N’étant pas les plus forts, nous n’avons qu’à nous
taire. Il y va de notre tranquillité ».
L’ère coloniale fut un moment de pillage abusivement systématique de l’Afrique sur
tous les plans.
Sur le plan politique : les empires et royaumes sont liquidés, les structures politiques
traditionnelles piétinées et remplacées par une administration brutale du colon. A cela,
s’ajoute les conséquences des mauvaises délimitations des frontières.
Sur le plan économique : la colonisation a donné libre cours à la spoliation (confiscation des
terres, récoltes et autres biens ou propriétés) ; aux impôts exorbitants, aux travaux forcés à
bas prix ou gratuits… En plus, elle a drainé la politique agricole africaine au seul profit de
politique industrielle européenne (monoculture)… L’œuvre « Batouala » nous en offre des
illustrations vivantes : « c’est pour votre bien que nous vous forçons à travailler » ; « Notre
travail n’alimente que l’impôt »
Sur le plan social : s’enchainent sans répit les travaux forcés, la discrimination, le mépris, les
tortures, les massacres de vies humaines, l’inégalité, l’injustice….
Sur le plan culturel : elle fit « table rase » de toute civilisation noire. Ainsi, les expressions
inventées abondent en raillerie : ‘’peuple barbare, sauvage, des gens qui n’ont rien inventé,
rien sculpté, rien dompté…’’ L’africain est conduit au déracinement, à l’assimilation par le
biais de l’école, l’église, …où on enseigne aux enfants l’histoire, les valeurs, la loi, la religion de
l’occident.
Face à tout cela, l’on notera que l’ère coloniale fut un moment de pillage abusive et
systématique de l’Afrique comme le constatait René Maran : « Tous les malheurs qui
s’abattent sur le continent africain s’expliquent par le fait que la colonisation est passée par
là »
En définitif, quoi qu’il en soit, le procès du colonialisme devrait déboucher sur une
révolte du noir face à sa situation. C’est pourquoi les années après ‘’45’’ furent consacrées à la
revendication de la liberté. Cependant, si bon nombres d’écrivains ont dressé des œuvres
satiriques à l’encontre de la colonisation, d’autres par contre dans leurs peintures, sont plus
indulgents et flexibles. C’est le cas du sénégalais Senghor qui disait : « la colonisation est un
mal nécessaire ».
Chapitre II-2 : LA LITTERATURE FRANÇAISE
Introduction
La littérature française est l’ensemble des productions écrites à caractères esthétique et
éthique qui traduisent les sentiments du peuple français du moyen âge jusqu’à nos jours.
Cette littérature dans son évolution, a connu six (6) grandes périodes à savoir :
- Du IX au XVème siècle : le moyen âge ;
- XVI : la renaissance ;
- XVII : le classicisme ;
- XVIII : les lumières ;
- XIX : l’atome et ;
- XX : la vitesse
II-2 : LE XIXème SIECLE FRANÇAIS
APERÇU GENERAL
INTRODUCTION
Au sortir de la tourmente de la période révolutionnaire (voir XVIIIème siècle), pas moins
de sept régimes politiques se sont succédés au cours du XIXème siècle (Consulat-Empire-
Restauration-Monarchie de juillet- Seconde République- Second Empire- 3ème République) et
qui ne sont pas restés sans conséquences majeurs sur la vie politique, socio-culturelle du
peuple français.
Malgré l’instabilité caractérisant ce siècle, il a tout de même été le grand siècle poétique et
littéraire qui a débuté en 1800 et a pris fin en 1890. Si le siècle précédent avait tourné de
préférence son activité vers la politique et la philosophie au détriment de l’art, le XIXème S a
produit de nombreux chefs d’œuvres. Il a été caractérisé par l’abandon des traditions
classiques, la liberté dans l’art. il a connu de grands courants littéraires qui sont entre autres :
le romantisme, le réalisme, le symbolisme, le parnasse…
En plus, la littérature française du XIXème siècle est une littérature de lutte contre les
fractures du corps social c’est-à-dire l’énorme écart entre la bourgeoisie propriétaire des
moyens de productions et le prolétariat ouvrier, gonflé par le flux de l’exode rural avec des
conditions de travail pénible : salaire misérable, manque de liberté et de droit. C’est ce qui
poussera les écrivains à orienter leurs créations contre cet état en mettant en exergue
l’amertume, le mal de vivre… Entre autres auteurs ont peut citer : Victor Hugo, Emile Zola,
Balzac, Maupassant, Charles Baudelaire, Rimbaud, Stendhal…
L’individu et la société dans la 1ère moitié du XIXème siècle
L’inégalité sociale a été partout en Europe, et cela à l’image de la France qui a été pendant des
siècles le foyer de la scission en classe sociétale et ce, jusqu’à la première moitié du XIXème
siècle. Cette société française était divisée comme suit :
La noblesse
Une haute noblesse ou noblesse de cours : Mène une vie de luxe, moderne, sa puissance se
traduit en des altitudes d’orgueil.
La moyenne noblesse : Ambitieuse, qui, grâce à la fortune, accède à des fonctions privilégiées
comme celles de magistrats.
Une petite noblesse : Mène une vie modeste, besogneuse et parfois mesquine on devine la
complicité de cette classe sociale qui, d’une part, attaque l’absolutisme royale et qui, d’autre
part, résiste farouchement à l’égalité des droits avec la bourgeoisie. La réaction des nobles
appelée (réaction nobiliaire) va éveiller la rancœur des paysans et soulever le
mécontentement des bourgeois.
Le clergé
Un roi nanti du droit divin, une religion, le catholicisme tenu pour religion officielle de l’Etat
explique l’importance, la puissance et prestige du clergé. Tous les actes civils français sont
souscris et enregistrés dans les registres paroissiaux. Les actes hors de l’église sont méconnus.
Le tiers-Etat
La bourgeoisie : Partie la plus riche et plus compétente du tiers de l’Etat, dispose de l’industrie
et du commerce. Laborieuse et dynamique, elle sait tirer gloire et fortune de ses entreprises.
Elle est composée de financiers, les grandes familles du négoce maritime et colonial, les
grands fermiers, les médecins, hommes de lettre, artistes, savants…
Opposée aux privilèges de la noblesse, les bourgeois vont tenter de se libérer des contraintes
de leurs conditions sociales. Ils vont tous s’unir dans une revendication commune d’égalité
civile dirigée contre les privilégiés. Cette lutte les conduira à la révolution.
Les paysans : A l’exception de l’Angleterre, les populations européennes sont essentiellement
paysannes. En France, ¾ sont paysans. Leur vie est limitée à la communauté villageoise
soumise à l’autorité du seigneur et curé, communauté solidaire face à la noblesse mais divisée
par l’inégalité entre les indépendants, les laboureurs peuvent améliorer leurs revenus, la
grande masse est asservie, résignée et méprisable.
Si les nobles et bourgeois s’enrichissent, le clergé et les paysans se partagent bien également
les terres, la peine revient toute entière aux seules exploitants. Sur les paysans, s’abat une
fiscalité seigneuriale intransigeante, accompagnée de redoutable visite domiciliaire : agents
de l’administration, les commis de l’impôt
Les gens mécaniques : Ce sont le peuple besogné, des artisans, des employés, des boutiquiers,
… Pour eux, plus que les paysans, il leur est impossible de s’éveiller au-dessus d’une condition
sociale misérable. Les métiers sont regroupés en « corporation » dont la réglementation
supprime toute liberté de travail, entrave tout progrès technique et empêche toute
progression sociale. Les industries sont très dispersées ; les conditions de vie de la classe
ouvrière restent particulièrement inhumaines.
Les hommes de cultures et philosophes dénoncent cette cruelle réalité au sein de la société
française. Au XIX siècle, se multiplieront les protestations contre la dureté, l’instabilité et la
souffrance de la vie des ouvriers.
Bourgeois et ouvriers vers 1870
La révolution de février s’épuise vite. L’esprit de 1848 s’essouffle. La seconde république,
nourrie d’une confiance souveraine et quasi-mystique dans la fraternité humaine voire
s’estomper son triomphe devant l’incapacité politique des dirigeants et apprêté de la lutte
bourgeoise comme les démocraties car les sentiments de propriétés montaient dans les
respects au niveau de la religion et se confondait avec Dieu.
A la fraternité, succède une période de trouble qui se termine dans une effroyable effusion du
sang. La révolte des ouvriers ne réclamant que le droit de travail reconnu par la révolution se
transforme tragiquement en un combat cruel entre les riches et les pauvres. Les insurgés sont
écrasés, les arrestations nombreuses, les répressions terribles. Les journaux sont supprimés,
les clubs fermés, le règne de la peur est arrivé.
Il va falloir attendre jusqu’en 1870 que les ouvriers, mieux organisés, retrouveront la force de
lutter mieux pour la démocratie et le courage de défendre l’idéologie socialiste.
Les grands courants littéraires.
Un courant littéraire est l’ensemble des productions ou œuvres qui défendent et diffusent
les mêmes idées ou opinions au cours d’une période donnée. Concernant le XIXème siècle,
plusieurs courants littéraires ont vu jour et ont agité la société française en esprit et en gout.
Ainsi, les bouleversements apportés par la révolution française, la chute de la république
puis, celle de Napoléon 1er, contraignirent la nouvelle génération à abandonner des idéaux
politiques. Les préoccupations littéraires et artistiques en général, ne sont plus tourner que
vers l’homme et la société. Mais l’homme entant qu’être sentimental, vers sa douleur : c’est la
naissance du romantisme.
Des écrivains tels que : Victor Hugo, Alfred de Vigny, Alfonse de Lamartine ou Alfred de
Musset expriment leurs douleurs, leur mal de vivre dans les œuvres, notamment dans les
poèmes. La production littéraire est abondante tant dans le genre dramatique, poétique,
romanesque.
Cependant durant la seconde moitié du XIXème siècle, émergent différents mouvements
en réaction au romantisme. Dans la lignée d’honoré de Balzac ; certains romanciers (Gustave
Flaubert, Gueye de Maupassant, Emile Zola…) cherchent à décrire la réalité de la vie : c’est le
réalisme.
Du côté des poètes, c’est le symbolisme qui prédomine à la fin du XIXème siècle. Les
poètes comme Stéphane Mallarmé, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud… utilisent le langage
non pas pour donner de sens aux choses, mais pour suggérer les émotions, les sensations.
Leurs poèmes où tout est symbole, sont parfois difficiles à comprendre, mais ils permettent
des interprétations très riches.
Le romantisme
Le terme ‘’romantisme’’ renvoie aux émotions sentimentales. Au XVIIème siècle, il évoquait le
sens romanesque qui vient du roman et qui s’oppose à la poésie et au théâtre. Au XIXème
siècle, il est employé pour désigner un mouvement littéraire.
En tant que mouvement, il nait d’abord en Allemagne et en Angleterre à la fin du XVIIIème
siècle et s’impose en France au milieu du XIXème siècle. Mais bien avant cette période, les
créations de Jean Jacques Rousseau évoquaient cet épanouissement de la sensibilité qui
caractérise le mouvement romantique. C’est pourquoi en France il est considéré comme
précurseur du mouvement car il a fortement influencé les romantiques (Le préromantisme).
En effet, le romantisme est un mouvement qui s’oppose aux règles prônées par les
classiques, exalte la liberté, l’imagination et considère le « moi » comme une valeur absolue.
Les romantiques parlent du « moi » intime, revendiquent le droit aux rêves, aux naturels, à la
liberté dans l’art et ils se réfugient dans le passé et le fantastique. Ce mouvement se développe
sous la restauration qui marque le retour de la monarchie et la monarchie de juillet dans un
monde moderne et bourgeois où règnent l’argent et l’hypocrisie.
Ainsi, l’esprit romantique conteste cette société du XIXème siècle caractérisée par le
désenchantement. Ce mouvement se caractérise par la nostalgie du passé, le mal du siècle...
Quelques auteurs romantiques sont : Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset,
Chateaubriand…
Le réalisme
Dérivant du mot ‘’réel’’, le réalisme désigne l’invraisemblable, d’écrire la réalité. Le
mouvement nait dans les années 1850 en France car à partir de 1848 déjà, les romanciers se
veulent « les historiens du présent », les observateurs lucides et scientifiques de la société.
Pour les auteurs de cette époque, il est question d’être témoin de leur temps en dénonçant les
inégalités sociales qui subsistent. Ce mouvement a été créé en opposition au romantisme pour
représenter le plus fidèlement possible les réalités sociales de l’époque, les mécanismes
sociaux, à explorer la vie quotidienne… Les auteurs réalistes ont opté pour une écriture de la
précision, avec un discours descriptif et une langue adaptée aux situations et aux
personnages.
Quelques auteurs : Honoré Balzac (comédie humaine) ; Gustave Flaubert (Madame Bovary),
Stendhal (le rouge et le noir), Emile Zola (Germinal)…
Le symbolisme
C’est un mouvement né à la fin du XIXème siècle et qui considère le monde comme une
‘’représentation’’, le reflet d’un idéal. Pour les symbolistes, seuls les symboles peuvent réussir
à déchiffrer les signes et le monde est un mystère qu’il faut déchiffrer pour mieux le cerner. Le
poète est alors une sorte de mage. Il se caractérise par la prépondérance du symbole, de
l’analogie et le poète est un voyant… Parmi tant d’autres nous pouvons citer comme
symbolistes : Mallarmé, Verlaine ; Rimbaud…
Le parnasse
Ce mouvement regroupe des poètes qui s’opposent aux principes du romantisme et qui
préparent le renouveau de la poésie son le principe de l’art pour l’art. Pour Théophile Gautier,
« il n’y a de vraiment beau que ce qui ne sert à rien ». Il se caractérise par le refus du lyrisme,
de l’épanchement de soi, le culte de la forme et du beau (culte de perfection), la recherche de
l’esthétique, les images, jeux de sonorité…
Quelques auteurs : Théophile Gautier, Théodore de Banville, Le comte de Lisle…