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L'exercice: Le Cas Pratique

M. Ottaviani, dont la voiture a été endommagée par Martin, peut demander réparation en engageant la responsabilité de Martin, d'Éric, des parents et des accompagnatrices selon le Code civil. La responsabilité des parents est engagée en raison de la garde partagée, tandis que Martin et Éric peuvent être tenus individuellement responsables pour leurs actions. Madame Giroud, l'enseignante, est également responsable pour ne pas avoir surveillé adéquatement les élèves pendant le voyage scolaire.

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L'exercice: Le Cas Pratique

M. Ottaviani, dont la voiture a été endommagée par Martin, peut demander réparation en engageant la responsabilité de Martin, d'Éric, des parents et des accompagnatrices selon le Code civil. La responsabilité des parents est engagée en raison de la garde partagée, tandis que Martin et Éric peuvent être tenus individuellement responsables pour leurs actions. Madame Giroud, l'enseignante, est également responsable pour ne pas avoir surveillé adéquatement les élèves pendant le voyage scolaire.

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L’exercice : le cas pratique

Martin Duval, treize ans, est inscrit en classe de quatrième au collège


public d’Andrieux dans la région de Bordeaux, où il vit en garde
partagée avec l’un et l’autre de ses parents séparés. Madame Giroud,
le professeur d’histoire-géographie de la classe de Martin, organise
annuellement un voyage scolaire. Cette année, elle décide d’emmener
la classe de Martin, durant un week-end, observer les vieux clochés de
la ville de Bonifacio en Corse. Sur place, les enfants sont très excités
mais Madame Giroud, avec l’aide de sa sœur Odile venue la soutenir
pour ce voyage, parvient à contrôler un peu la situation. Lors de la
visite du plus vieux clocher de la ville, le groupe doit se diviser en
deux. Le groupe de Martin visite le clocher sous la responsabilité
d’Odile. Arrivés en haut, Martin et Éric, son meilleur ami, parviennent
à échapper à la surveillance d’Odile pour se pencher et observer la
route. Ils voient une voiture, arrêtée au milieu de la route, gênant
ainsi toute la circulation et un conducteur furieux, gesticulant dans
tous les sens et hurlant dans son téléphone portable. La situation les
fait énormément rire. Mais le conducteur, voyant les enfants rire, s’en
prend alors à eux, leur défendant, par des mots assez violents, de se
moquer de lui et de sa voiture. Vexé, et sur incitation d’Éric, Martin
prend alors une pierre et la lance sur la voiture. Malheureusement, la
pierre atteint directement le pare-brise et le casse entièrement. Le
conducteur est furieux. Sa colère est d’autant plus vive qu’il n’est pas
assuré pour les bris de glace. Il prévient immédiatement Madame
Giroud. Mais celle-ci reste de marbre : elle lui explique n’être
aucunement responsable pour cet accident, qu’il faut savoir
pardonner les erreurs de jeunesse et d’aller voir un avocat si celui lui
chante.
C’est dans ce contexte que M. Ottaviani, le conducteur du véhicule
endommagé, vient vous consulter. Il vous demande de tout faire pour
obtenir réparation. Que lui conseillez-vous ? Vous examinerez toutes
les actions en responsabilité envisageables.
Corrigé
M. Ottaviani ne peut obtenir réparation de son véhicule endommagé
qu’à condition d’engager la responsabilité des personnes à l’origine de
son dommage selon les règles édictées par les articles 1382 et suivants
du Code civil. Les personnes ayant participé de manière directe ou
indirecte à la réalisation du dommage sont Martin, pour avoir jeté la
pierre, Éric, pour avoir incité Martin à jeter la pierre, Madame Giroud et
Odile, pour n’avoir pas empêché Martin de jeter la pierre.
Les règles du Code civil commandent à s’interroger sur la responsabilité
des parents de Martin et d’Éric (1), sur la responsabilité individuelle de
ces derniers (2) et sur la responsabilité des accompagnatrices (3).

§I. La responsabilité des parents

Aux termes de l’article 1384 al. 4 C. civ., les parents, exerçant l’autorité
parentale, sont tenus de réparer les dommages causés à autrui par
leurs enfants mineurs. C’est un régime qui fait peser sur les parents une
présomption de responsabilité à partir du moment où le fait de l’enfant
a causé à autrui un dommage. Deux autres conditions sont nécessaires
pour que joue cette présomption de responsabilité : les parents
doivent, d’une part, exercer l’autorité parentale sur l’enfant, d’autre
part, l’enfant doit cohabiter avec ses parents.
Martin est en situation de garde partagée. Les deux parents exercent
donc en commun l’autorité parentale. Par ailleurs, du fait de la garde
partagée, on déduit que Martin cohabite avec l’un comme avec l’autre
parent. L’éloignement de Martin du fait du voyage scolaire fait-il cesser
la cohabitation ? Au regard de la jurisprudence, la réponse semble
négative. Il a, par exemple, été jugé que le fait d’avoir confié un enfant
à sa grand-mère depuis plusieurs années ne faisait pas cesser la
cohabitation (Cass. crim. 8 février 2005, Pourvoi n° 03-87447). La
responsabilité des parents de Martin peut donc être engagée en vertu
des dispositions de l’article 1384 al. 4 C. civ.
S’agissant d’Éric, nous n’avons pas de renseignements particuliers sur
son mode d’habitation. De toute façon, la difficulté principale est, ici, de
savoir si l’incitation adressée à Martin peut être considérée comme à
l’origine du dommage. M. Ottaviani peut le soutenir puisque l’incitation
de l’enfant avait directement pour objet la réalisation de la faute. Les
témoignages des enfants peuvent ici jouer un rôle décisif.
La responsabilité des parents de Martin et d’Éric pourra donc être
recherchée sur le fondement de l’article 1384 al. 4 C. civ. Les chances
de succès seront toutefois plus grandes vis-à-vis des parents de Martin
que ceux d’Éric.

§II. La responsabilité des enfants

Le conducteur peut chercher à mettre en jeu la responsabilité


individuelle des enfants, en dépit de leur probable insolvabilité.
La responsabilité de Martin peut d’abord être recherchée sur le
fondement de 1384 al.1 C. civ. Il faut en effet observer que l’enfant doit
être considéré comme gardien de la pierre qui, par son rôle actif, a
causé à autrui un dommage.
Martin peut-il se défendre en prétendant manquer de discernement ?
Traditionnellement, on enseigne que le gardien de la chose ne doit pas
être privé de discernement pour être tenu responsable sur le
fondement de 1384 al. 1. Toutefois, notons, d’abord, que la Cour de
cassation s’est montrée particulièrement laxiste sur ce point. Un très
jeune enfant a déjà pu être jugé responsable. Remarquons, ensuite,
que Martin est en classe de quatrième. On peut donc déduire qu’il est
parfaitement apte à discerner les conséquences de ses actes.
La responsabilité d’Éric peut également être recherchée sur le
fondement de l’article 1382 C. civ. En incitant son camarade à
enfreindre la loi, il s’est rendu entièrement complice de la réalisation du
fait dommageable.
Le juge peut prononcer la condamnation in solidum des enfants à
réparer le dommage subi par M. Ottaviani.

§III. La responsabilité des accompagnatrices


En vertu de l’article 1384 al. 5 C. civ., l’enseignant est tenu de réparer
les dommages causés par ses élèves « pendant le temps qu’ils étaient
sous sa surveillance ». Nous savons que l’enseignant est tenu à une
obligation de surveillance de ses élèves aussi bien durant les phases de
cours, que celles de pause ou de voyage scolaire.
En l’espèce, Madame Giroud était absente au moment où l’accident
s’est réalisé, alors même qu’il était de son devoir de veiller à la bonne
surveillance de ses élèves. Notons également qu’il lui est reprochable
d’avoir fait appel à une personne extérieure au corps enseignant pour
l’accompagner dans ce voyage scolaire.
La pierre a été lancée pendant le temps que Martin et Éric était sous la
surveillance de Madame Giroud. Celle-ci engage sa responsabilité à
l’égard du conducteur.
La responsabilité d’Odile Giroud ne sera pas facilement acquise. Elle
pourrait, éventuellement, être recherchée sur le fondement du régime
général de la responsabilité du fait d’autrui, partant du principe que les
enfants étaient sous son contrôle et sous sa direction durant le temps
de la visite du vieux clocher. Toutefois, Odile Giroud pourra se défendre
en raison du caractère très éphémère de ce contrôle.
En conclusion, M. Ottaviani est en droit de demander réparation de
son préjudice contre les parents des enfants sur le fondement de
l’article 1384 al. 4 C.civ., contre les enfants représentés par leurs
parents sur le fondement des articles 1382 et 1383 du Code civil, contre
la professeur d’histoire géographie sur le fondement de l’article 1384
al. 5 C. civ., et éventuellement, contre Odile Giroud sur le fondement
de la responsabilité du fait d’autrui.

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