SUPPORT DE COURS - Economie Monétaire Niveau L2
SUPPORT DE COURS - Economie Monétaire Niveau L2
- SUPPORT DE COURS -
Economie Monétaire
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OBJECTIF DU COURS
Ce cours vise à présenter les bases de l’économie monétaire. Il détaille le rôle de la monnaie, les
théories de demande de monnaies et les mécanismes de création monétaire.
De manière spécifique à la fin de ce cours vous devriez être capable de :
- Se familiariser avec les concepts de monnaie, monnaie au sens large, base monétaire et
fonctions de monnaie ;
- Comprendre les interactions entre les sphères réelles et financières de l'économie ;
- Mobiliser des outils théoriques simples et pratiques d’analyse de la demande de monnaie ;
- Comprendre les fondements de la politique monétaire.
-
PRÉREQUIS
Il est préférable d’avoir des connaissances de bases en macroéconomie (le cours d''introduction à la
macroéconomie de Licence 1)
SOMMAIRE
Chapitre 1 : Notion de monnaie
Chapitre 2 : Demande de monnaie
Chapitre 3 : Création monétaire et Offre de monnaie 19
ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
BLANCHARD Olivier et Daniel COHEN, (2020), Macroéconomie, 8ème édition, Perason
GREGORY N. MANKIW, (2016), Macroéconomie, 7ème édition traduite par Jihad C. El Naboulsi,
De Boeck Supérieur, collection Ouvertures Economiques 800 pages.
PLIHON, (2017), La monnaie et ses mécanismes, 7ème éd., Coll. Repères, La Découverte.
MISHKIN F., (2013), Monnaie, banque et marchés financiers, 10e éd., Pearson,
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Chapitre 1 : Notion de Monnaie
1. Définitions de la monnaie
Cette section vise à nous faire comprendre l’évolution de la monnaie et les différentes formes qu’elle a pu
revêtir à travers l’histoire.
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- Le problème de la détermination des termes de l’échange. Ainsi, pour une économie à n biens, il faut
établir Cn2 =[n(n-1)] /2 prix relatifs.
Tous ces inconvénients ont fait que le bien le plus divisible et le moins altérable a été appelé à jouer un rôle
autre que le sien et à s’imposer comme intermédiaire unique de l’échange : c’est la monnaie marchandise.
Par ailleurs, l’introduction de la monnaie marchandise va permettre le passage d’un système de prix relatifs à
un système de prix absolus. Seulement cette monnaie marchandise a fini par révéler ses limites : elle est
périssable et non homogène. La découverte des métaux a permis le passage à une autre forme de monnaie : la
monnaie métallique.
Au début, les principaux métaux utilisés étaient le bronze et le cuivre. Ensuite, avec la découverte de l’or et de
l’argent, on s’est acheminé vers un système bimétallique où leurs valeurs relatives s’appréciaient et se
dépréciaient en fonction des découvertes de ces métaux. Ces métaux étaient fondus et transformés en pièces
librement, car il n’y avait pas de monopole dans leur
fonte et leur frappe. Ce régime de la frappe libre a vite engendré une circulation monétaire hétéroclite,
composée de pièces et de lingots de provenance diverses, et donc de valeur fort inégale. Cela explique dans
une grande mesure l’intrusion des pouvoirs politiques dans les affaires monétaires. Cette intervention a, au
départ, revêtu la forme d’une apposition d’un sceau sur les pièces en circulation. Ce sceau était un signe gravé
à même la pièce et était censé en garantir à la fois le poids et la teneur en métal précieux. Mais les pièces en
circulation ont fini par devenir hétérogènes en raison notamment de la triche (grattage des pièces) et de la
fraude princière (retrait des pièces en circulation et leur remplacement par d’autres moins lourdes tout en
gardant la même valeur d’échange). Cette hétérogénéité de la monnaie en circulation a fait que les agents
économiques gardent pour eux-mêmes la bonne monnaie et n’utilise dans les paiements que la mauvaise. Ceci
est l’illustration de la loi de Thomas GRESHAM selon laquelle : « s’il y’a deux sortes de monnaies dont les
valeurs dans les échanges sont égales alors que les valeurs à d’autres utilisations sont différentes, l’article de
plus haute valeur sera retenue à d’autres utilisations alors que l’article de basse valeur continuera à circuler
comme monnaie ». En d’autres termes « la mauvaise monnaie chasse la bonne de la circulation ».
A cela il faut ajouter les problèmes de pillage liés au transport de l’or. Pour dépasser ce problème, les
commerçants déposaient leurs Or et Argent auprès des orfèvres en recevant en contre partie des reçus
nominatifs qui sont acceptés par les orfèvres des autres villes ou pays. La circulation des billets (reçus) va se
substituer progressivement à la circulation des métaux. Ensuite ces reçus sont devenus anonymes, ce qui a
permis un essor prodigieux de la circulation de la monnaie papier. C’est l’apparition de la monnaie fiduciaire.
En plus de leur activité de gardiennage, les orfèvres se sont mis à prêter de la monnaie sous forme de billet
sans pour autant qu’ils disposaient de son équivalent en or. Ce phénomène a engendré un gonflement de la
quantité de la monnaie en circulation par rapport au stock de métaux précieux disponible. La hausse des prix
engendrée par cette situation a fait perdre à la monnaie papier de sa valeur et a entraîné un mouvement de fuite
devant la monnaie papier et la faillite de plusieurs orfèvres incapables d’assurer la conversion des billets en or.
Cette perte de confiance en la monnaie papier a poussé l’Etat à intervenir en monopolisant l’émission de la
monnaie fiduciaire.
3. Fonctions de la monnaie
La monnaie a trois fonctions économiques bien connues : elle est un instrument d’échange, une unité de compte
et une réserve de valeur. Ces trois fonctions prises ensemble permettent de distinguer la monnaie des autres
actifs de l’économie, comme les actions, les obligations, et les biens immobiliers.
1
La monnaie électronique est une valeur monétaire stockée électroniquement lors de la réception de fonds et servant à
payer des transactions (cartes prépayés ou porte-monnaie électronique).
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3.1.Moyen de paiement (ou intermédiaire des échanges
La monnaie donne à son détenteur la faculté d’acquérir n’importe quel autre bien ou service. Cette fonction
permet de résoudre le problème de la double coïncidence des désirs. En effet, le recours à une monnaie permet
de simplifier et de multiplier les échanges. Car :
-les opérations de vente et d’achat sont désynchronisées : on peut vendre sans acheter et acheter sans vendre;
-les échangistes n’ont nul besoin de trouver un partenaire aux intentions symétriques ; le vendeur d’ordinateurs
cherche un acheteur d’ordinateur, et il n’est pas exigé de ce dernier qu’il soit aussi offreur de chaussures ;
- de plus, les échanges n’ont nullement besoin d’être simultanés : le salarié peut toucher, à un moment donné
le salaire correspondant à une période, un mois, en étalant ses achats tout au long du mois.
Par ailleurs pour remplir efficacement cette fonction, la puissance publique a donné à la monnaie un cours
légal. Ce qui signifie que la monnaie en tant que moyen de paiement est obligatoire. La monnaie a aussi un
cours forcé. C’est-à-dire que l’on n’a pas la possibilité de demander la conversion des billets en métal
précieux, qu’autorisait le cours légal.
3.2.Unité de compte
La monnaie est ici un numéraire, une unité de calcul qui permet de mesurer la valeur des biens et des services.
Etalon de mesure des valeurs, la monnaie permet le calcul économique, et elle homogénéise les prix de
l’ensemble des biens et des services en fournissant une unité de mesure unique. Ce qui permet de comparer ces
valeurs et ces biens. En l’absence d’unité de compte, dans une économie de troc, chaque bien aurait un prix
relatif, exprimé par rapport à chacun des autres biens existants. Si l’on a n biens dans une économie de troc, il
faut établir rapports d’échange (ou prix relatifs). Alors que dans une économie monétaire
il faut n-1 prix relatifs.
3.3.Réserve de valeur
Le bien monnaie doit être durable pour être conservée. Stockée, elle devient un pouvoir d’achat reporté dans
le temps : c’est une « réserve de pouvoir d’achat ». Elle permet ainsi de séparer l’acte de vente de l’acte d’achat.
Selon Keynes, « la monnaie constitue un lien entre le présent et l’avenir ».
Cependant, en période de hausse des prix, la monnaie ne permet pas de transférer un pouvoir d’achat dans le
temps. En effet, un stock de monnaie constitue perdra de sa valeur sous l’effet de la hausse des prix.
La monnaie possède une propriété fondamentale : la liquidité. La monnaie est, en effet, immédiatement
convertible en n’importe quel bien ou service : elle peut être utilisée sans délai, alors que les autres actifs
(immeubles, bijoux, œuvres d’art, etc.) doivent d’abord être convertis en monnaie.
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Les statisticiens se réfèrent au premier aspect de la masse monétaire (ensemble des moyens de paiement émis
par le système bancaire) ; car il calcule cette dernière en totalisant les éléments qui représentent les signes
monétaires des Banques (Banque Centrale et Banques Secondaires).
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L’ensemble des liquidités exclut donc certaines créances telles les actions et les obligations émises par
les agents financiers.
L’ensemble des liquidités inclut les actifs financiers détenus par les agents résidents et non-résidents,
qu’ils soient en monnaie nationale ou en devises étrangères.
L’épargne liquide ou à court terme comprend : f + g
f = dépôt dans les caisses d’épargne
g = bons du trésor sur formule souscrits par les agents économiques.
Placements liquides ou à court terme = DQM + f + g.
M3 = M2 + dépôts à terme constitués en dehors des banques secondaires (f + g).
M3 = M2 + placements dans les caisses d’épargne et bons du trésor sur formule.
En résumé : M1 = a + b
M2 = M1 + DQM, avec DQM = c + d + e
M3 = M2 + f + g
Placement liquide ou à court terme (PLCT) = DQM + f +g.
L’intérêt principal de ces agrégats est de « résumer » en quelque sorte une information complexe et d’attirer
l’attention des responsables publics (ou de l’opinion publique) sur les évolutions dangereuses (inflation) ou au
contraire satisfaisantes (croissance) des comportements des agents économiques.
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Chapitre 2 : Demande de Monnaie
L’on est en droit de se demander pourquoi la monnaie, en tant que bien économique fait-elle l’objet d’une
demande spéciale par les agents économiques non financiers (entreprises, ménages) ?
La recherche de la solution à cette question nous conduira à analyser les théories de demande de monnaie. Les
développements théoriques relatifs à cette question ne font pas l’unanimité chez les économistes.
Dans le cadre de ce cours, trois grandes approches de la demande de monnaie seront présentées :
- Celle qui met l’accent sur le caractère transactionnel de la monnaie. Historiquement, ce sont les premières
théories qui ont existé. La monnaie n’est jamais détenue pour elle-même mais dans le but d’effectuer des
transactions rapidement. (L’analyse Classique)
- La théorie keynésienne. Elle repose sur la vision keynésienne de la monnaie. Le concept de base est la notion
de préférence pour la liquidité. Il va montrer que la demande de monnaie est de la demande de liquidité. La
monnaie est par essence l’actif liquide sans risques.
- Une approche contemporaine qui s’appuie sur les approfondissements de l’analyse keynésienne (Baumol et
Tobin) et la théorie friedmanienne de la demande de monnaie
Md= P.T/ V
Or, l’équilibre sur le marché monétaire fait que l’offre de monnaie (Mo) doit être égale à la demande de
monnaie (Md) donc Mo=Md= P.T/ V ou encore Mo.V=P.T.
Cette équation a été mise en évidence par Irving Fischer (1867-1947).
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En pratique, il est difficile de mesurer le volume des transactions (T). Pour résoudre ce problème, les
économistes ont approximé le volume des transactions par le revenu (Y) étant donné que ces deux variables
sont intimement liées. Plus le revenu est élevé, plus le volume des transactions est élevé et vice versa.
L’équation quantitative de la monnaie devient alors : MV = PY où Y est mesuré par le PIB réel. A partir de
cette équation, la vitesse de circulation de la monnaie (V) s’exprime comme étant le rapport entre le PIB
nominal et la masse monétaire (V = PY/M). Dans ce cas la vitesse de circulation de la monnaie exprime le
nombre de fois, par période de temps, qu’une unité monétaire entre dans le revenu d’un agent économique.
Ainsi, toute augmentation de la quantité de monnaie offerte (Mo) entraîne une augmentation des prix (P) car
la vitesse de la monnaie (V) est constante (la demande de monnaie ne varie pas) et le volume de transaction
(T) est à son maximum en raison du plein emploi des facteurs de production.
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Pigou suit Marshall en reprenant l’idée d’une demande de monnaie, il pense que les individus souhaitent
conserver de la monnaie pour deux raisons qui correspondent à deux fonctions monétaires : la monnaie est un
moyen de paiement, elle permet de faire des achats ; la monnaie est une réserve de valeur et parce qu’elle
permet de garder du pouvoir d’achat, on va en garder pour des paiements futurs. Pigou, très clairement en
conclut que la monnaie est utile puisqu’elle sert pour des achats immédiats mais aussi parce qu’elle peut être
utilisée pour des achats futurs. Pour les deux motifs, la demande de monnaie sera fonction du revenu.
On va donc déterminer une encaisse nominale fonction de k, P et Y. Y est le revenu réel, P le revenu nominal
et k le coefficient correspondant à la partie du revenu que les individus souhaitent conserver sous forme
monétaire. Cette question permet de mieux comprendre pourquoi les prix varient quand l’encaisse monétaire
M2
P
varie. Pigou explique que si M augmente à un moment donné. L’encaisse réelle est 1 . On sait que l’encaisse
M2 M1
P
réelle voulue par les individus est proportionnelle au revenu. 1
P
> 1 donc les individus consomment
M2 M1
P P
jusqu’à ce que P1 atteigne P2. On aboutira donc à 1 = 1 . On appellera plus tard cela l’effet d’encaisse
réelle.
La théorie quantitative a été élaborée par les classiques et les néo-classiques. Le sujet central est de montrer
que la quantité de monnaie en circulation varie avec le niveau général des prix. La théorie repose sur des
hypothèses bien déterminées telles que la constance de la vitesse de circulation de la monnaie, du revenu
réel, du niveau de production et du volume de transaction. Or, ces hypothèses sont relativement
discutables et peu vérifiées. Cette théorie est une des premières explications de l’inflation et c’est pour cela
qu’elle a une portée non négligeable. Seulement, d’autres théories de l’inflation ont été mises en évidence
depuis. Samuelson distingue par exemple deux autres types d’inflations : l’inflation par la demande ou
par les coûts (lorsque le salaire augmente plus que la productivité par exemple).
La principale critique est keynésienne. Pour lui, la demande de monnaie obéit à trois types de motivations :
un motif de précaution, un motif de spéculation et un motif de transaction. En effet, il y a une opposition
idéologique avec les keynésiens. Dans l’analyse classique, la monnaie, instrument d’échange, n’est pas
demandée pour elle-même, mais seulement pour ce qu’elle permet d’acquérir. La monnaie n’est qu’un bien
parmi les autres, celui qui est choisi comme étalon de référence pour fixer la valeur des autres biens.
Cette absence d’interaction entre ce qui est « monétaire » et ce qui est « réel » (activité économique de
production et de consommation des biens), cette neutralité de la monnaie, illustrée par la formule : « La
monnaie n’est qu’un voile », revient à considérer que les agents, à court terme comme à long terme, font une
évaluation précise du prix de la monnaie, c’est-à-dire du niveau général des prix, hypothèse d’absence «
d’illusion monétaire ». En d’autres termes, les classiques privilégient uniquement la fonction instrument
d’échange de la monnaie : le seul motif de détention de la monnaie est le motif de transaction.
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Enfin la théorie quantitative n’est pas une équation de demande de monnaie. Par contre, on se rapproche de
plus en plus d’une théorie de demande de monnaie, notamment avec Pigou. L’encaisse monétaire dépend
seulement du revenu. Avec Keynes, on va mettre en avant une deuxième variable importante, le taux d’intérêt.
Dans ce schéma, la monnaie n’est plus neutre : il existe une interaction entre la demande de monnaie et l’activité
économique puisque pour KEYNES le taux d’intérêt joue un rôle central dans la décision d’investissement et,
par ce canal, sur le niveau de l’activité. Cette approche a donné lieu à deux extensions. BAUMOL a montré
que même en se limitant au motif de transaction, il était possible de faire apparaître une influence du taux de
l’intérêt sur la demande de monnaie, dès lors que l’on prenait en compte les coûts de transaction. Et TOBIN a
montré que si l’on intégrait l’incertitude, la prise en compte du motif de spéculation devenait compatible avec
l’extension au long terme du modèle keynésien de demande de monnaie.
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En i2 , les agents s’attendent à ce que le taux d’intérêt baisse et anticipent donc une hausse du prix des titres
financiers. Ils échangent progressivement la monnaie qu’ils détiennent en titres. Le prix des actifs financiers
tend, en conséquence, à s’élever et la demande de monnaie à décroître.
En i1, les agents économiques prévoient une hausse du taux d’intérêt et donc une baisse du prix des titres. Ils
préfèrent détenir de la monnaie (encaisses spéculatives). A ce niveau de taux d’intérêt, il y a une préférence
absolue pour la liquidité. La demande de monnaie est très importante et toute nouvelle injection de monnaie
sera absorbée par les encaisses spéculatives car les individus ne sont pas assez « inconscients » pour placer ce
supplément monétaire alors qu’ils ont la certitude que les cours des titres ne peuvent que baisser. En d’autres
termes, toute offre supplémentaire de monnaie est sans effet sur le taux d’intérêt. Cette situation externe est
dénommée par Keynes trappe à liquidité (le niveau de taux d’intérêt en dessous duquel la préférence pour la
liquidité est telle qu’aucun achat de titres ne se réalise).
En définitive, nous pouvons exprimer la fonction de demande de monnaie globale qui est fonction croissante
du revenu et décroissante du taux d’intérêt. Keynes la représente sous la forme suivante :
En termes réels nous avons la fonction de demande de monnaie globale comme suit :
ou
Avec L1 la monnaie détenue pour satisfaire les motifs de transaction et de précaution, qui ne dépend que du
revenu, et L2 le montant détenu pour le motif de spéculation, fonction décroissante du taux d’intérêt i.
Si, à court terme, la demande de monnaie pour des motifs de transaction et de précaution est stable, il n’en est
pas de même pour la demande de monnaie pour motif de spéculation. Celle-ci dépend, en effet, des
anticipations agents. Ces dernières étant évolutives, la demande de monnaie de spéculation est instable.
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Pour un niveau de revenu Y donné, les encaisses de transactions et celles de précaution sont données. On peut
donc les représenter par une droite verticale dans un repère liant la demande de monnaie au taux d’intérêt. Ce
segment va s’ajouter à la demande de monnaie pour motif de spéculation pour chaque niveau de taux d’intérêt.
Par exemple, en i2 , la demande de monnaie de spéculation est nulle. En revanche, il existe une demande de
monnaie pour motifs de transaction et de précaution qui ne dépend pas du taux d’intérêt (segment OL1).
De L1 à L2, on a l’encaisse spéculative qui est fonction décroissant du taux d’intérêt. A droite de L2, la demande
de monnaie sous forme d’encaisses est infinie. On est en présence de trappe à liquidité.
La démarche keynésienne de la demande de monnaie distinguant trois motifs de détention et postulant que
seuls les titres entrent en concurrence avec la monnaie, a été remise en question par Milton FRIEDMAN qui
considère que la monnaie entre en concurrence avec de nombreux autres actifs.
L’approche Keynésienne de la demande de monnaie aussi remarquable soit-elle n’a pas échappé aux critiques
surtout au niveau de la demande spéculative et transactionnelle de monnaie.
1.1. Critiques de la demande spéculative de la monnaie
Les économistes contemporains n’ont pas tous les mêmes points de vue quant à l’importance du facteur
monétaire dans la « théorie générale ».
- Pour certains (E. JAMES et Jacques RUEFF) le facteur monétaire est important dans l’ouvrage de
Keynes.
- Pour d’autres (M. FRIEDMAN et SAMUELSON) ce facteur monétaire n’est pas important.
Ces divergences d’appréciation proviennent du fait que J.M. KEYNES a formulé trop simplement la
fonction de liquidité de monnaie.
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M2= L2(i) fonction dépendant uniquement du taux d’intérêt.
En effet, outre le taux d’intérêt, la demande de monnaie est fonction du niveau général des prix, des encaisses
réelles existantes, du niveau de revenu global.
Tout taux d’intérêt peut devenir le taux d’intérêt normal s’il reste constant assez longtemps contrairement aux
idées Keynésiennes. Le résultat étant la disparition d’anticipation de plus-value et donc la disparition de la
demande spéculative de monnaie.
Force est de constater (contrairement à l’analyse Keynésienne), que les individus ne gardent pas tous leurs
richesses soient sous forme d’obligations, soit sous forme liquide mais quelques fois soit sous forme d’une
combinaison des deux.
Au niveau de la demande de monnaie à des fins de transaction, les critiques sont plus constructives que
précédemment, et apparaissent même comme étant un approfondissement de la demande de monnaie.
1.2. Approfondissement de la demande transactionnelle de la monnaie
Les travaux de W. BAUMOL1 et James TOBIN2 contribuent à rendre empiriquement estimable la théorie
Keynésienne de la demande de monnaie.
Nous nous contenterons d’exposer ici le modèle de BAUMOL car plus simple.
L’approche de la théorie de la Gestion des stocks à la demande de transaction de la monnaie de W.
BAUMOL.
La formulation de BAUMOL de la demande de monnaie à des fins de transaction laisse apparaître la
possibilité d’existence d’économie d’échelle.
On dit qu’il y’a économie d’échelle lorsque la quantité de monnaie nécessaire pour effectuer les transactions
augmente moins vite que la valeur de ces transactions.
Après avoir examiné les principes de la théorie de BAUMOL, nous verrons la détermination d’encaisse
optimale et d’économie d’échelle.
1.2.1. Les principes de la théorie de BAUMOL
Le point de départ de la théorie de BAUMOL est la théorie de la gestion des stocks. Il applique cette
théorie de gestion des stocks à la monnaie, bien connue en gestion, qu’il la transpose à la monnaie. Au niveau
de la gestion, une entreprise va pouvoir déterminer le volume optimal de ses stocks de marchandises, en
tenant compte d’un certain nombre de données objectives, (coûts de stockage, régularité des ventes), pour
éviter une rupture de stock. Par analogie l’agent économique détient la monnaie pour éviter d’être à cours de
liquidité pouvant entraîner des désagréments tels que le taux d’intérêt supplémentaire, les pénalités ou le
manque d’occasion d’achat imprévu.
De même que la détention d’un stock de marchandises engendre un coût pour l’entreprise (coûts de
stockage), de même la détention de la monnaie entraîne un coût appelé le coût d’opportunité matérialisé par
le taux d’intérêt auquel on renonce en détenant de la monnaie. Ce coût d’opportunité est le taux d’intérêt du
marché. L’agent économique se retrouve devant un dilemme :
- S’il ne détient pas assez de monnaie, il risque d’être en situation d’illiquidité ou d’insolvabilité
- S’il conserve trop de monnaie, il risque de subir un coût d’opportunité trop élevé.
Ainsi, pour effectuer ses transactions, il a intérêt à conserver une quantité de monnaie tout juste suffisante
pour couvrir ces dépenses sans engendrer un coût d’opportunité trop élevé. Et c’est cette encaisse qui est le
1
W. BAUMOL William J. Baumol, 1952. "The Transactions Demand for Cash: An Inventory Theoretic Approach," The
Quarterly Journal of Economics, Oxford University Press, vol. 66(4), pages 545-556
2
J. TOBIN 1956. « The interest elasticity of transaction demand for cash », Review of economics and statistics, August
PP.241-247
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résultat d’un calcul d’optimisation entre le coût de la reconstitution du stock et le coût de détention. Cette
encaisse s’appelle l’encaisse optimale.
Il reprend cette logique et l’applique aux stocks de monnaie détenus par les individus, puis passer au niveau
supérieur par agrégation. L’idée fondamentale est que les fonds que les agents détiennent à des fins de
transactions peuvent être détenus sous forme de billets de banque qui ne rapportent pas d’intérêt (on
peut envisager le cas où les agents placent leurs fonds dans des dépôts à vue puisque ces derniers ne
rapportent pas d’intérêts) ou sous forme de dépôt d’épargne (dépôts à terme, dépôt d’épargne sur
livret). Le choix de la deuxième alternative a aussi un coût, celui relatif à chaque visite effectuée à la
banque.
L’année commence avec Y FCFA et se termine avec des encaisses nulles. L’encaisse moyenne
annuelle est de Y/2 FCFA. L’encaisse moyenne annuelle est la surface du triangle (0Y1) qui est
égale à 1/2(1xY) =Y/2
18
L’encaisse annuelle moyenne = la surface des deux triangles = 1/2(1/2+1/2) Y/2 = Y/4.
La question qui se pose maintenant est de savoir le nombre de visites optimal (n*).
Soient i le taux d’intérêt (taux de rémunération des titres) et b le coût d’une visite à la banque (qu’on appelle
aussi le coût de conversion ou les frais de courtage prélevés par l’intermédiaire financier lorsqu’un agent
demande la transformation d’un titre de placement en encaisses de transaction). Pour n donné, la quantité
moyenne de monnaie détenue est égale à Y/2n. l’intérêt perdu est égal à i(Y/2n) et le coût total des visites est
égal à bn.
Le coût total (CT) est égal à la somme des intérêts perdus (coût d’intérêt) et du coût total des visites (coût de
transaction). Soit l’expression ci-dessous :
Plus n est élevé, plus faible sont les intérêts perdus mais un coût total de visites élevé. Pour
déterminer le nombre de visites optimal (n*), il faut minimiser la fonction de coût total.
19
Soit M* l'encaisse moyenne optimale
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2. Demande de monnaie dans l’analyse contemporaine : la théorie friedmanienne
de la demande de monnaie
Milton FRIEDMAN publie en 1956 un article fondamental, la théorie quantitative de la monnaie, une
nouvelle présentation. C’est le fondement du renouveau libéral en économie. C’est la base de l’école de
Chicago. C’est la base du monétarisme traditionnel qu’on oppose aux ultras monétaristes.
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1 dt
respective des deux formes de revenu. Le rendement anticipé des actifs physiques est représentatif de
p dp
la plus ou moins-value des actifs immobiliers.
- Les goûts et préférences de l’agent type. Les individus détiennent de la monnaie car cela procure un service,
parce qu’elle a une utilité. Le montant de l’encaisse monétaire va être fonction de l’attitude de l’agent par
rapport à ce service. Il va prendre en compte un paramètre qui correspondre à l’attitude de la monnaie à
rendre un service.
1 dt
Md = f (rb, P, Y, rc, w, , )
p dp
C’est la demande de monnaie de l’individu, et par agrégation la demande de monnaie au niveau
macroéconomique.
Md
= f( y )
P
La demande de monnaie est fonction d’une variable Y, stable dans le temps. Y ne varie pas. Une variation de
Md entraînera une variation de P. C’est la base du renouveau libéral. Cela lui permet de montrer que la politique
monétaire est inefficace pour relancer l’économie sur le long terme. Puisque la demande de monnaie en terme
réel est stable ; avec une politique monétaire expansive, les agents vont se retrouver avec une encaisse
supérieure à ce qu’ils voulaient. Donc l’augmentation des dépenses provoque inexorablement une
augmentation des prix. Sur le long terme, on reviendra toujours au niveau initial et réel des variables
monétaires. La politique monétaire est inefficace. L’inflation est dangereuse pour l’économie.
En conclusion pour FRIEDMAN la demande est déterminée par le revenu permanent (Yp), un succédané du
patrimoine. Ce revenu permanent est celui qu’un individu espère dériver de son travail et de ses avoirs en
patrimoine durant toute la période de sa vie. Ce concept se définit aussi comme une moyenne pondérée des
revenus encaissés durant toute la vie de l’individu. L’hypothèse Yp suggère que l’individu consomme une
proportion constante du revenu. Selon FRIEDMAN, le choix de la monnaie par rapport aux actifs dépend des
facteurs suivants :
- Le montant du patrimoine
- Le rendement des divers types d’actifs qui composent ce patrimoine
- Les goûts et préférences des agents variables selon le niveau de richesse des AE
Par ailleurs la reformulation des monétaristes de la théorie quantitative de la monnaie (TQM) résulte :
- En la stabilité et l’importance de la fonction de la demande de monnaie
- En l’indépendance des facteurs affectant l’offre et la demande de monnaie
- La prédictibilité de la relation entre M, P et Y dans le long terme.
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Chapitre 3 : Création monétaire et offre de Monnaie
Au sein de toute économie la quantité de monnaie offerte M0 est une quantité exogène créée pour les
besoins de cette économie. Mais qui crée la monnaie et comment cette monnaie est-elle créée ?
Pour répondre à cette double interrogation, nous examinerons les principes de la création monétaire, les
contreparties de la masse monétaire et enfin le multiplicateur de crédit.
Dans le cadre de ce chapitre nous allons nous intéresser dans un premier temps à la création monétaire
par les banques commerciales. Comment les banques commerciales créent de la nouvelle monnaie ?
c’est tout simplement en faisant des crédits en d’autres termes par la monnaie résulte d’un processus de
monétisation de créance. Dans un second temps, nous allons nous intéresser à la création de monnaie
par le Trésor Public et par la Banque Centrale
Nous mettrons l’accent dans ce chapitre sur le pouvoir de création monétaire des banques commerciales
(et non sur celui de la Banque Centrale ou du Trésor Public) parce que la plus grande partie de la monnaie
en circulation (plus de 90 % de la masse monétaire)4 est constituée par la monnaie scripturale, créée par
les banques commerciales (dites aussi banques de second rang) et que la plupart des instruments de la
politique monétaire n’ont d’effet que sur les banques commerciales.
La création monétaire est l’opération qui consiste à transformer des créances non utilisables sur
le marché des biens et services en moyens de paiement directement utilisable sur le marché.
Autrement dit, la création monétaire est l’augmentation des moyens de paiement mis à la disposition
des agents économiques. Il y a création de monnaie à partir du moment où s’accroît le volume des avoirs
monétaires des agents économiques, sous forme de pièces, de billets, mais surtout de monnaie
scripturale. Ainsi, les dépôts à vue dans une banque n’entraînent pas l’apparition de nouveaux
signes monétaires, mais simplement le transfert de monnaie fiduciaire (qui disparaît) en
monnaie scripturale (qui apparaît), le montant total de la monnaie en circulation reste invariable.
Dans le cadre de cette section nous allons nous intéresser à la création monétaire par les
banques, elle repose d’abord sur une capacité, celle de prêter, ensuite sur une règle « les prêts
font les dépôts » et finalement sur un blocage du mécanisme de conversion des prêts en dépôts.
4
Ce chiffre est plus faible en dans les pays en développement mais généralement il est supérieur à 65% du total
des moyens de paiement en circulation.
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1.1. Création de monnaie scripturale par les banques commerciales
Une banque commerciale crée de la monnaie lorsqu’elle acquiert deux types de créances : les
créances sur l’économie et les créances sur l’extérieur.
Lorsqu’une banque accorde un financement à un Agent Non Financier Résident (ANFR), elle met à la
disposition de cet agent un pouvoir d’achat additionnel ; elle crée de ce fait de la monnaie, en
l’occurrence de la monnaie scripturale.
Une banque crée également de la monnaie lorsqu’elle monétise des créances sur l’étranger, c’est-à-dire
lorsqu’elle transforme des devises (moyens de paiement non libellés en monnaie nationale (par exemple
en FCFA)) en monnaie nationale (moyens de paiement détenus par des ANFR et libellés en FCFA).
Une banque crée de la monnaie lorsqu’elle achète des titres publics, principalement des bons du Trésor.
Lorsque le crédit arrive à échéance et qu’il fait l’objet d’un remboursement, la quantité de monnaie
correspondante est détruite. La quantité de monnaie en circulation dans une économie à un moment
donné est donc le résultat d’un processus de création et de destruction de monnaie. Si cette quantité de
monnaie augmente, c’est que les opérations de création de monnaie l’emportent sur les opérations de
destructions de monnaie.
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Or ceci est faux, la banque ne prête pas aux agents du secteur non bancaire ses réserves en
monnaie centrale. Elle leur fournit de la monnaie scripturale qu’elle a le pouvoir d’émettre, le
bilan serait en fait comme suit :
Donc, une banque ne prête pas de la monnaie centrale, mais sa propre monnaie. Elle peut le
faire lorsqu’elle détient des réserves excédentaires.
1.1.2. Règle « les prêts font les dépôts »
La banque ne prête pas des avoirs monétaires déposés chez elle. Elle a le pouvoir de créer la monnaie
dont elle a besoin pour ses opérations de crédit. La banque, par ces opérations de crédit, monétise des
créances qui ne sont pas de la monnaie. En un mot, elle offre de la nouvelle monnaie. Si cette monnaie
nouvellement créée reste dans le circuit de la banque, elle va accroître ses dépôts d’un montant égal. Si
par contre, une partie quitte le circuit de la banque, l’augmentation des dépôts ne sera qu’une fraction
de la monnaie créée lors des prêts. Ainsi, quoi qu’il en soit, les prêts créateurs de monnaie sont plus au
moins générateurs de dépôts. La maxime « les prêts font les dépôts » doit être précisée, « les prêts font
les dépôts d’un montant moindre en règle générale ». Ainsi se pose le problème fondamental de la fuite
de la monnaie centrale du circuit de la banque.
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- La banque centrale impose aux banques de déposer chez elle dans un compte courant non
rémunéré une fraction des dépôts restant (ou réflexes) en monnaie centrale, il s’agit des réserves
obligatoires. Ces réserves sont obtenues par application du taux de réserves obligatoires (r) est
fixé par la banque centrale. Il est défini comme suit :
Pour illustrer le processus de création monétaire par le système bancaire, considérons l’exemple
suivant :
Un taux de réserves obligatoires r = 10%
Un taux de fuite en billets b = 50%
Une réserve excédentaire initiale RE = 100
Nous allons analyser ce processus en différentes vagues de crédits :
Dans le cas de cet exemple, on a supposé qu’à chaque vague, les crédits sont accordés à hauteur des
réserves excédentaires.
À la première vague de crédit, il y a 100 de monnaie scripturale (nouveaux crédits). Sur ces 100 de
monnaie scripturale nouvelle, 50 vont être convertis en billets et sur les 50 de monnaie scripturale
restante, 5 vont constituer des réserves obligatoires, si bien que les réserves excédentaires des
banques ne sont plus que 45 pour la seconde vague de crédit.
Ces réserves de la seconde vague peuvent être exprimés comme le résultat de
(100 – 0,5*100) – (100 – 0,5*100) *0,1
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50 de monnaie scripturale converties en billets – 5 de réserves obligatoires qu’on peut écrire encore
comme : 100[(1- 0,5) - (1-0,5) *0,1] =100[(1-0,5) (1-0,1)]
À la deuxième vague de crédit, les banques disposent de 45 de réserves excédentaires.
Les crédits en monnaie scripturales sont de 45 dont la moitié seront convertis en billets (soit 22,5)
et le dixième du reste en réserves obligatoires (soit 2,25), si bien que les réserves excédentaires de
la troisième vague ne sont plus que 20,25. Ces réserves de la troisième vague peuvent être exprimés
comme le résultat de
(45 0,5*45) - (45-0,5*45) *0,1 = 45[(1-0,5) - (1-0,5) *0,1] = 45[(1-0,5) (1-0,1)]
Or on sait que 45 = 100[(1-0,5) (1-0,1)], remplaçons ceci dans l’équation précédente on aura
22,5 = 100[(1-0,5) (1-0,1)] [(1-0,5) (1-0,1)] = 100[(1-0,5) ² (1-0,1)² ]
On peut continuer le même raisonnement pour les autres vagues. Pour calculer le montant total de
crédit (TC), nous allons sommer les crédits des différentes vagues.
Ainsi TC = 100 + 45 + 22,5 +……………..
TC=100+100[(1-0,5) (1-0,1)] +100[(1-0,5)2 (1-0,1)2] +…………+……+100[(1-0,5)n (1-0,1)n]
TC = 100[1 + (1-0,5)(1-0,1) + (1-0,5)²(1-0,1)²+……………+ (1-0,5)n(1-0,1) n]
TC = RE [1 + (1-b) (1-r) + (1-b)2 (1-r)2 +……………+ (1-b)n (1-r)n ]
Le terme entre crochets est une suite géométrique de premier terme 1 et de raison (1-b) (1-r),
lorsque n tend vers l’infini la somme de cette suite est :
Ainsi, le total de crédit (TC) = k réserve excédentaire (RE) où k représente le multiplicateur de crédit.
La valeur du multiplicateur est un indicateur de l’aisance monétaire des banques, lorsque sa valeur est
élevée, ceci signifie qu’elles ne souffrent que peu des fuites en monnaie centrale. Cette relation entre le
total de crédit (TC) et les réserve excédentaire (RE) traduit la capacité potentielle de création monétaire
des banques. La distribution de crédits et la création de monnaie sont d’autant plus importantes que les
agents économiques utilisent la monnaie scripturale et non pas les billets, et que la banque centrale
maintient un faible taux de réserves obligatoires.
Le multiplicateur de crédit mesure le pouvoir de création monétaire d’un système bancaire dans une
zone économique donnée. Il peut s’écrire sous une forme simplifiée : Pour une unité de réserve
excédentaire (RE), les banques peuvent créer k unités de crédit.
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1.2.1. La création de monnaie par le Trésor Public
Le Trésor Public est le « Banquier » de l’Etat. Il gère les finances publiques, collecte des recettes,
règle des dépenses de l’Etat.
Le Trésor crée de la monnaie fiduciaire, la monnaie divisionnaire, puisqu’il a le monopole de
fabrication des pièces de monnaie. Le Trésor crée également de la monnaie scripturale par
l’intermédiaire des comptes courants (jeu d’écriture). Ainsi, lorsqu’il crédite le compte courant d’un
fonctionnaire ou fournisseur de l’Etat, il crée sa propre monnaie.
Le paiement d’impôts, de taxes, d’amendes par un ANFR au Trésor et la souscription aux bons du
Trésor correspondent à une destruction de monnaie.
Notes : 1/ les avoirs en or et devises constituent les réserves détenues par la Banque centrale. Ce sont des créances
de la Banque centrale sur les résidents et des non-résidents. 2/ les concours aux contreparties du secteur financier
correspondent aux opérations de refinancement des institutions financières, appelées contreparties, par la Banque
centrale.
Cette analyse concerne essentiellement les B2. Contrairement à la B1, les B2 ont une limite à la création
de monnaie (sous forme de monnaie scripturale). Cette limite est représentée par le niveau des réserves
et le taux de réserves légales ou obligatoires.
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C’est la fraction de l’actif monétaire qui permet de couvrir tout juste le risque d’illiquidité que
peut couvrir une B2.
En conclusion nous pouvons identifier trois facteurs qui sont à l’origine de la limite du pouvoir de
création monétaire des B2, la demande de crédit, les besoins des banques en billets et les interventions
de la banque centrale.
✓ La contrainte de la demande de crédit
Les banques ne créent pas de la monnaie pour le plaisir, mais en réponse à une demande de crédit des
agents non financiers de manière générale. Cette demande est élevée pendant les périodes de forte
activité, mais réduite pendant les périodes de ralentissement de l’activité. Dans le cas limite, les banques
ne peuvent pas créer de la monnaie en absence de demande de crédit même si elles disposent d’une
capacité potentielle assez élevée.
✓ Les besoins des banques en billets
Les clients des banques font circuler une partie de la monnaie créée par les banques, non sous sa forme
initiale de monnaie scripturale, mais sous forme de billets. Or, les banques ordinaires ne peuvent pas
émettre des billets ; elles doivent se les procurer en effectuant des retraits sur leur compte à la banque
centrale.
Une banque alimente son compte à la banque centrale soit en effectuant un virement d’une partie des
dépôts effectués par ses clients, soit les virements d’autres banques qui lui doivent de l’argent en
règlement de chèques émis au profit de ses clients, ou enfin, les emprunts de la monnaie centrale sur le
marché monétaire. Plus la fuite des billets du circuit de la banque est élevée, plus sa capacité à créer de
la monnaie est faible (ceci apparaît dans l’expression du multiplicateur du crédit, plus le coefficient b
est élevé, plus faible est la valeur du multiplicateur et par conséquent, plus faible serait la capacité de
création monétaire). Si la banque n’est pas assurée de disposer de la monnaie centrale en cas de besoin,
elle ne peut créer davantage de monnaie.
Quels sont les facteurs autonomes qui affectent la liquidité des banques ?
- Les billets et monnaies en circulation : les retraits des billets réduisent les avoirs des banques en
monnaie centrale, alors que les versements les augmentent. La demande de billets par les agents
non financiers fluctue de façon saisonnière (pendant les fêtes, les vacances, le mois de
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Ramadan…etc.). L’augmentation des billets et monnaies en circulation affecte négativement la
liquidité des banques.
- Le solde du compte courant du trésor : la liquidité bancaire est affectée par la politique
budgétaire. Par exemple, au moment de recouvrement d’impôts, on assiste à une fuite de billets
du circuit bancaire, donc un effet négatif sur la liquidité des banques. De même, un emprunt
émis auprès du public affecte négativement la liquidité des banques. D’une manière générale,
une variation positive du solde du compte courant du trésor exerce un effet négatif sur la liquidité
des banques, alors qu’une variation négative exerce un effet positif.
- Les avoirs nets en devises : toute vente de devises par les banques à la banque centrale augmente
leur liquidité, inversement, tout achat de devises par les banques auprès de la banque centrale
réduit la liquidité des banques. Ainsi, toute augmentation des avoirs nets en devises des banques
aura un effet positif sur la liquidité des banques, et toute baisse, aura un effet négatif.
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Les deux limitations que sont les retraits de billets par le public et les réserves obligatoires
correspondent à la réalité de la création monétaire. Elles permettent de définir le multiplicateur de
crédit. Si l’on note :
M, la monnaie totale créée (somme des crédits additionnels) ;
MBC, réserves excédentaires initiales ;
r, le taux des réserves obligatoires que les banques doivent constituer par rapport au montant des
dépôts qu’elles gèrent ; b, le taux de préférences des agents économiques pour la détention de billets/
ou taux de retraits sous formes de billets ;
On peut écrire comme suit le résultat auquel on aboutit à la fin du processus ci-dessous :
La distribution de crédits et la création de monnaie sont d’autant plus importantes que les agents
économiques utilisent la monnaie scripturale et non pas les billets, et que la banque centrale maintient
un faible taux de réserves obligatoires.
De cette relation (1) purement comptable, les économistes et notamment le courant monétariste avec
pour chef de file FRIEDMAN en ont fait une équation, une théorie, qui est la théorie de l’offre de
monnaie exogène c'est-à-dire qu’elle crée une causalité, elle introduit une causalité dans cette équation
: la masse monétaire trouve ses origines dans la base monétaire. C’est la base monétaire qui détermine
la masse monétaire et pas l’inverse. On dit exogène dans la mesure où la base monétaire c’est le passif
de la banque centrale et est exogène aux agents non financiers et également aux banques non
commerciales. Ça veut dire que si la banque centrale contrôle la monnaie qu’elle émet, la base monétaire
elle contrôle finalement la quantité de monnaie en circulation y compris la monnaie créée par les banques
commerciales c'est-à-dire la monnaie scripturale. On constate que dans le cadre du système bancaire, le
fait que le système bancaire soit un système hiérarchisé avec en haut la banque centrale et en dessous
les banques commerciales assujetties, les B2, justifie cette approche. Si on fait l’hypothèse qu’on a
affaire à des comportements stables de la part des agents non financiers concernant le mode de détention
de leur monnaie et une politique monétaire stable en termes de réserves obligatoires alors de cette
équation (1) sous ces hypothèses on peut dire que toute variation de la base monétaire se traduit par une
variation dans le même sens de la quantité de monnaie en circulation.
Le multiplicateur de crédit mesure le pouvoir de création monétaire d’un système bancaire dans une
zone économique donnée. Il peut s’écrire sous une forme simplifiée :
L’équation (2) signifie que la création monétaire (M) est une fonction du montant des réserves
bancaires (MBC). Ces dernières sont déterminées par le montant de billets en circulation et le niveau
des réserves obligatoires, deux variables contrôlées par la banque centrale.
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Le montant de nouveaux crédits et la quantité de monnaie créée sont un multiple des réserves
excédentaires initiales. On remarque aussi que la quantité de monnaie créée (1000) correspond à
l’épuisement, par les réserves obligatoires, des réserves excédentaires.
Ce mécanisme, appelé diviseur de crédit, peut se dérouler lorsque les banques peuvent facilement
obtenir la monnaie banque centrale en cédant des actifs mobilisables ou éventuellement en puisant
temporairement dans leurs réserves obligatoires.
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