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SUPPORT DE COURS - Economie Monétaire Niveau L2

Ce cours d'économie monétaire présente les concepts fondamentaux de la monnaie, y compris ses définitions, ses différentes formes et ses fonctions économiques. Les étudiants apprendront à analyser la demande de monnaie et à comprendre les mécanismes de création monétaire ainsi que les interactions entre les sphères réelles et financières de l'économie. Les prérequis incluent des connaissances de base en macroéconomie.

Transféré par

Franck BEZEME
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SUPPORT DE COURS - Economie Monétaire Niveau L2

Ce cours d'économie monétaire présente les concepts fondamentaux de la monnaie, y compris ses définitions, ses différentes formes et ses fonctions économiques. Les étudiants apprendront à analyser la demande de monnaie et à comprendre les mécanismes de création monétaire ainsi que les interactions entre les sphères réelles et financières de l'économie. Les prérequis incluent des connaissances de base en macroéconomie.

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INSTITUT INTERNATIONAL Année universitaire : 2023-2024

DES HAUTES ETUDES Parcours : Licence 2ème année


ABIDJAN Sciences économiques et de Gestion

- SUPPORT DE COURS -

Economie Monétaire

Dr. Franck BEZEME


Enseignant-Chercheur
UFR Sciences Economiques et de Gestion
Université Jean Lorougnon Guédé, Daloa, Côte d’Ivoire

2
OBJECTIF DU COURS
Ce cours vise à présenter les bases de l’économie monétaire. Il détaille le rôle de la monnaie, les
théories de demande de monnaies et les mécanismes de création monétaire.
De manière spécifique à la fin de ce cours vous devriez être capable de :
- Se familiariser avec les concepts de monnaie, monnaie au sens large, base monétaire et
fonctions de monnaie ;
- Comprendre les interactions entre les sphères réelles et financières de l'économie ;
- Mobiliser des outils théoriques simples et pratiques d’analyse de la demande de monnaie ;
- Comprendre les fondements de la politique monétaire.
-

PRÉREQUIS
Il est préférable d’avoir des connaissances de bases en macroéconomie (le cours d''introduction à la
macroéconomie de Licence 1)

SOMMAIRE
Chapitre 1 : Notion de monnaie
Chapitre 2 : Demande de monnaie
Chapitre 3 : Création monétaire et Offre de monnaie 19

ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
BLANCHARD Olivier et Daniel COHEN, (2020), Macroéconomie, 8ème édition, Perason

COUPPEY-SOUBEYRAN, (2017), Monnaie, banques, finance, Quadrige manuels, PUF.

GREGORY N. MANKIW, (2016), Macroéconomie, 7ème édition traduite par Jihad C. El Naboulsi,
De Boeck Supérieur, collection Ouvertures Economiques 800 pages.

PLIHON, (2017), La monnaie et ses mécanismes, 7ème éd., Coll. Repères, La Découverte.

MISHKIN F., (2013), Monnaie, banque et marchés financiers, 10e éd., Pearson,

3
Chapitre 1 : Notion de Monnaie
1. Définitions de la monnaie

Plusieurs définitions ont été avancées pour appréhender la notion de monnaie.


Définition descriptive d’Aristote
« La monnaie est un bien qui est à la fois moyen de paiement, unité de compte et réserve de valeur ».
Définition de Raymond BARRE
« La monnaie est un bien d'échange généralement accepté au sein d'une communauté de paiement »
- Pour R. BARRE, la monnaie n’est pas un bien de consommation parce qu’elle ne disparait pas dans
l’usage. Elle reste de manière durable.
- Elle n’est pas également un bien de production parce qu’elle ne permet pas de produire d’autres biens.
Elle ne permet pas de réaliser des transformations physiques qui donneraient naissance à des biens de
consommation : ceci lui permet de dire que « la monnaie est le bien d’échange dont l’utilité apparaît
dans une économie d’échange indirecte où règne la division du travail ».
- Quand la monnaie perd sa qualité d’être acceptée, elle n’est plus une monnaie. Par contre, un bien
quelconque accepté de façon massive peut devenir une monnaie.
Définition d’André CHAÎNEAU
« La monnaie est constituée par l’ensemble des moyens de paiement c’est-à-dire l’ensemble des actifs
acceptés partout, par tous et en tout temps pour les règlements des dettes issues de l’échange ».
Elle est fondée sur la confiance qu’ont en elle ses porteurs.
D’après ces définitions, la monnaie est un bien économique. Son utilité et sa rareté lui confèrent ainsi de
la valeur. C’est un bien qui émerge des échanges par le biais de la coutume ou de la loi. Elle privilégie
aussi son détenteur car elle ouvre la possibilité de choix. « Avec la monnaie, on acquiert de l’indéterminer
» écrit Emile JAMES

2. Différentes formes de la monnaie

Cette section vise à nous faire comprendre l’évolution de la monnaie et les différentes formes qu’elle a pu
revêtir à travers l’histoire.

2.1 Troc à la monnaie-marchandise


Dans les sociétés primitives où l’homme s’adonnait à des activités destinées à satisfaire la quasi-totalité de ses
besoins, la seule forme d’échange concevable était le troc. C’est l’opération élémentaire d’échange d’une
marchandise contre une autre. Dans ces sociétés basées sur l’usage, l’échange n’était pas une nécessité. S’il
existait, il ne concernait que le surplus. Au fur et à mesure que le nombre de biens augmente, le troc devient
une opération laborieuse pour plusieurs raisons, telles que :
- Non coïncidence des désirs.
- Indivisibilité de certains biens.

4
- Le problème de la détermination des termes de l’échange. Ainsi, pour une économie à n biens, il faut
établir Cn2 =[n(n-1)] /2 prix relatifs.
Tous ces inconvénients ont fait que le bien le plus divisible et le moins altérable a été appelé à jouer un rôle
autre que le sien et à s’imposer comme intermédiaire unique de l’échange : c’est la monnaie marchandise.
Par ailleurs, l’introduction de la monnaie marchandise va permettre le passage d’un système de prix relatifs à
un système de prix absolus. Seulement cette monnaie marchandise a fini par révéler ses limites : elle est
périssable et non homogène. La découverte des métaux a permis le passage à une autre forme de monnaie : la
monnaie métallique.

2.2 Monnaie métallique à la monnaie-papier

Au début, les principaux métaux utilisés étaient le bronze et le cuivre. Ensuite, avec la découverte de l’or et de
l’argent, on s’est acheminé vers un système bimétallique où leurs valeurs relatives s’appréciaient et se
dépréciaient en fonction des découvertes de ces métaux. Ces métaux étaient fondus et transformés en pièces
librement, car il n’y avait pas de monopole dans leur
fonte et leur frappe. Ce régime de la frappe libre a vite engendré une circulation monétaire hétéroclite,
composée de pièces et de lingots de provenance diverses, et donc de valeur fort inégale. Cela explique dans
une grande mesure l’intrusion des pouvoirs politiques dans les affaires monétaires. Cette intervention a, au
départ, revêtu la forme d’une apposition d’un sceau sur les pièces en circulation. Ce sceau était un signe gravé
à même la pièce et était censé en garantir à la fois le poids et la teneur en métal précieux. Mais les pièces en
circulation ont fini par devenir hétérogènes en raison notamment de la triche (grattage des pièces) et de la
fraude princière (retrait des pièces en circulation et leur remplacement par d’autres moins lourdes tout en
gardant la même valeur d’échange). Cette hétérogénéité de la monnaie en circulation a fait que les agents
économiques gardent pour eux-mêmes la bonne monnaie et n’utilise dans les paiements que la mauvaise. Ceci
est l’illustration de la loi de Thomas GRESHAM selon laquelle : « s’il y’a deux sortes de monnaies dont les
valeurs dans les échanges sont égales alors que les valeurs à d’autres utilisations sont différentes, l’article de
plus haute valeur sera retenue à d’autres utilisations alors que l’article de basse valeur continuera à circuler
comme monnaie ». En d’autres termes « la mauvaise monnaie chasse la bonne de la circulation ».
A cela il faut ajouter les problèmes de pillage liés au transport de l’or. Pour dépasser ce problème, les
commerçants déposaient leurs Or et Argent auprès des orfèvres en recevant en contre partie des reçus
nominatifs qui sont acceptés par les orfèvres des autres villes ou pays. La circulation des billets (reçus) va se
substituer progressivement à la circulation des métaux. Ensuite ces reçus sont devenus anonymes, ce qui a
permis un essor prodigieux de la circulation de la monnaie papier. C’est l’apparition de la monnaie fiduciaire.
En plus de leur activité de gardiennage, les orfèvres se sont mis à prêter de la monnaie sous forme de billet
sans pour autant qu’ils disposaient de son équivalent en or. Ce phénomène a engendré un gonflement de la
quantité de la monnaie en circulation par rapport au stock de métaux précieux disponible. La hausse des prix
engendrée par cette situation a fait perdre à la monnaie papier de sa valeur et a entraîné un mouvement de fuite
devant la monnaie papier et la faillite de plusieurs orfèvres incapables d’assurer la conversion des billets en or.
Cette perte de confiance en la monnaie papier a poussé l’Etat à intervenir en monopolisant l’émission de la
monnaie fiduciaire.

2.3 Monnaie fiduciaire


Ils sont devenus papier-monnaie c’est-à-dire inconvertibles en métaux-précieux (cours forcé : les billets
n’étaient plus convertibles en métal précieux). Ils constituent aussi la monnaie fiduciaire. Les billets de banque
doivent être de bonne qualité. Les coupures doivent être différenciées afin de rendre difficile les contrefaçons.
Les billets de banque se caractérisent par leur filigrane. On appelle filigrane le dessin visible par transparence
dans l’épaisseur des parties blanches des billets.
L’utilisation du billet de banque reposait sur la confiance. La confiance totale dans le billet de banque a été
possible par le fait que l’Etat lui conféra le cours légal (i.e. obligation par la loi d’accepter les billets (et les
5
pièces) en paiement d’une dette). Dès lors, tout créancier fut obligé de l’accepter en paiement dans les limites
du pouvoir libératoire qui lui était accordé.

2.4 Monnaie scripturale


Elle est apparue au 12ème siècle en Italie mais elle n’a commencé à se généraliser qu’au 19ème siècle en
Grande Bretagne dans le cadre d’une économie en pleine expansion. Face à une demande d’emprunt de plus
en plus importante de la part des entreprises, les banques ont trouvé la solution suivante : créer de la monnaie
par un simple jeu d’écriture, c’est ainsi que si une banque est sollicitée pour un crédit et qu’elle n’a pas
suffisamment de monnaie en réserve, elle va porter le montant correspondant au crédit du compte du client en
question. Celui-ci n’aura qu’à signer des chèques à ses fournisseurs. Si ces derniers sont des clients à la même
banque, ils vont lui présenter leurs chèques et celle-ci se contentera d’une double écriture, créditer un compte
et débiter un autre. Ainsi, une ou plusieurs transactions peuvent avoir lieu sans qu’il y ait circulation de la
monnaie fiduciaire. La seule trace de cette monnaie, qu’on appellera monnaie scripturale.
La monnaie scripturale (ou "monnaie de banque") est une écriture ou une inscription au crédit d’un compte
à vue sur les livres (ou plutôt dans un fichier informatique) des banques émettrices.
La monnaie scripturale est constituée de tous les avoirs bancaires utilisables directement pour régler les dettes.
En d’autres termes, la monnaie scripturale est constituée par les soldes créditeurs des comptes à vue avec carnet
de chèque, qui sont appelées dépôts à vue (DAV) monétaires. Seuls les dépôts sur les comptes avec carnet de
chèque constituent de la monnaie scripturale, dans la mesure où ils peuvent être utilisés directement comme
moyen de paiement.
La monnaie scripturale circule entre les agents par le biais de différents moyens ou instruments de
paiements : le chéquier, le virement, le prélèvement, la carte bancaire. Par rapport à la monnaie fiduciaire, elle
présente les avantages suivants :
- Règlement à distance sans déplacement physique des coéchangistes ;
- les plus fortes garanties de protection contre le vol ou la perte ;
- elle produit des tracés dans la comptabilité bancaire qui peuvent servir de preuves en cas de contestation.

2.5 La monnaie électronique


La monnaie électronique1 consiste en un encours stocké dans une carte prépayée multi prestataire. Ce type de
carte qu’on qualifie aussi de carte à puce, représente une carte bancaire possédant un ordinateur miniaturisé
permettant de stocker des informations (des unités monétaires). On peut parler de porte-monnaie électronique.
La carte prépayée multi-prestataire présente une différence essentielle avec la monnaie scripturale puisque le
siège de la monnaie n’est plus un dépôt à vue individualisé, mais bien la carte elle-même dont la simple
détention est la preuve de la créance du porteur sur l’émetteur. Cet encours stocké dans des cartes prépayées
se distingue de la monnaie fiduciaire à deux égards :
- Il n’a pas cours légal (Pas accepté par tous ; peut être refusé)
- Il n’est pas réutilisable en tant que tel (alors qu’un billet de banque peut servir à plusieurs
transactions).

3. Fonctions de la monnaie
La monnaie a trois fonctions économiques bien connues : elle est un instrument d’échange, une unité de compte
et une réserve de valeur. Ces trois fonctions prises ensemble permettent de distinguer la monnaie des autres
actifs de l’économie, comme les actions, les obligations, et les biens immobiliers.

1
La monnaie électronique est une valeur monétaire stockée électroniquement lors de la réception de fonds et servant à
payer des transactions (cartes prépayés ou porte-monnaie électronique).
6
3.1.Moyen de paiement (ou intermédiaire des échanges
La monnaie donne à son détenteur la faculté d’acquérir n’importe quel autre bien ou service. Cette fonction
permet de résoudre le problème de la double coïncidence des désirs. En effet, le recours à une monnaie permet
de simplifier et de multiplier les échanges. Car :
-les opérations de vente et d’achat sont désynchronisées : on peut vendre sans acheter et acheter sans vendre;
-les échangistes n’ont nul besoin de trouver un partenaire aux intentions symétriques ; le vendeur d’ordinateurs
cherche un acheteur d’ordinateur, et il n’est pas exigé de ce dernier qu’il soit aussi offreur de chaussures ;
- de plus, les échanges n’ont nullement besoin d’être simultanés : le salarié peut toucher, à un moment donné
le salaire correspondant à une période, un mois, en étalant ses achats tout au long du mois.
Par ailleurs pour remplir efficacement cette fonction, la puissance publique a donné à la monnaie un cours
légal. Ce qui signifie que la monnaie en tant que moyen de paiement est obligatoire. La monnaie a aussi un
cours forcé. C’est-à-dire que l’on n’a pas la possibilité de demander la conversion des billets en métal
précieux, qu’autorisait le cours légal.

3.2.Unité de compte
La monnaie est ici un numéraire, une unité de calcul qui permet de mesurer la valeur des biens et des services.
Etalon de mesure des valeurs, la monnaie permet le calcul économique, et elle homogénéise les prix de
l’ensemble des biens et des services en fournissant une unité de mesure unique. Ce qui permet de comparer ces
valeurs et ces biens. En l’absence d’unité de compte, dans une économie de troc, chaque bien aurait un prix
relatif, exprimé par rapport à chacun des autres biens existants. Si l’on a n biens dans une économie de troc, il

faut établir rapports d’échange (ou prix relatifs). Alors que dans une économie monétaire
il faut n-1 prix relatifs.

3.3.Réserve de valeur
Le bien monnaie doit être durable pour être conservée. Stockée, elle devient un pouvoir d’achat reporté dans
le temps : c’est une « réserve de pouvoir d’achat ». Elle permet ainsi de séparer l’acte de vente de l’acte d’achat.
Selon Keynes, « la monnaie constitue un lien entre le présent et l’avenir ».
Cependant, en période de hausse des prix, la monnaie ne permet pas de transférer un pouvoir d’achat dans le
temps. En effet, un stock de monnaie constitue perdra de sa valeur sous l’effet de la hausse des prix.
La monnaie possède une propriété fondamentale : la liquidité. La monnaie est, en effet, immédiatement
convertible en n’importe quel bien ou service : elle peut être utilisée sans délai, alors que les autres actifs
(immeubles, bijoux, œuvres d’art, etc.) doivent d’abord être convertis en monnaie.

4. Agrégats monétaires et Masse monétaire


4.1. Définition de la masse monétaire (MM)
La masse monétaire est constituée par l’ensemble des moyens de paiement qui circulent dans un pays à un
moment donné. Elle représente à la fois le total des moyens de paiements émis par le système bancaire et le
total des encaisses détenues par les particuliers, les entreprises ou les administrations.

7
Les statisticiens se réfèrent au premier aspect de la masse monétaire (ensemble des moyens de paiement émis
par le système bancaire) ; car il calcule cette dernière en totalisant les éléments qui représentent les signes
monétaires des Banques (Banque Centrale et Banques Secondaires).

4.2. Agrégats monétaires


4.2.1. Disponibilités Monétaires (DM) ou Moyens de Paiement Immédiats : M1
La masse monétaire au sens strict (M1) comprend :
- Les billets émis par la Banque Centrale ;
- Les monnaies divisionnaires ou pièces métalliques ;
- Les dépôts à vue dans les soldes des comptes courants, mobilisables.
M1 =DM = a+b
Avec a : -Billets de banques émis par la Banque Centrale détenus par les agents non financiers. Sont donc
exclus les billets émis par la Banque Centrale et détenus par les agents financiers au titre de leurs encaisses.
-Monnaie divisionnaire ou pièces métalliques. Sont exclues des encaisses des agents financiers, les
monnaies réglées par la Banque Centrale au Trésor et non encore mises en circulation.
Soit a = billets + pièces
b :-Les dépôts à vue c’est-à-dire les soldes des comptes courants, mobilisables par chèque et virement
ouverts au nom des agents non financiers (b1, b2, CCP)
b = dépôts à vue (DAV ou Dv)

4.2.2. Disponibilités Monétaires et quasi-Monétaires : M2


M2 = M1 + Quasi-monnaie = masse monétaire au sens large
M2 = M1 + DQM
La disponibilité quasi-monétaire DQM est :
DQM = (M2 -M1) = c + d + e
c = comptes sur livret dans les banques et remboursables à vue ;
d = dépôts à terme des banques et trésor bloqués par convention ;
e = bons de caisse des banques.
M2 = a + b + c + d + e
M2 = M1 + DQM
C’est cet agrégat M2 que l’on dénomme communément « Masse Monétaire ». Cette Masse Monétaire M2 a
jusqu’ici joué un rôle Central dans les statistiques du Conseil National du Crédit (CNC). Le CNC est l’organe
d’information de la Banque Centrale. La Masse Monétaire (M2) est l’outil principal pour la formulation de
la politique monétaire dans la plupart des pays.
4.2.3. L’agrégat M3 : agrégat monétaire le plus large :
Il représente l’ensemble des liquidités de l’économie. Cet agrégat est l’ensemble des actifs financiers,
susceptibles d’être utilisés comme moyens de paiement.

8
L’ensemble des liquidités exclut donc certaines créances telles les actions et les obligations émises par
les agents financiers.
L’ensemble des liquidités inclut les actifs financiers détenus par les agents résidents et non-résidents,
qu’ils soient en monnaie nationale ou en devises étrangères.
L’épargne liquide ou à court terme comprend : f + g
f = dépôt dans les caisses d’épargne
g = bons du trésor sur formule souscrits par les agents économiques.
Placements liquides ou à court terme = DQM + f + g.
M3 = M2 + dépôts à terme constitués en dehors des banques secondaires (f + g).
M3 = M2 + placements dans les caisses d’épargne et bons du trésor sur formule.
En résumé : M1 = a + b
M2 = M1 + DQM, avec DQM = c + d + e
M3 = M2 + f + g
Placement liquide ou à court terme (PLCT) = DQM + f +g.
L’intérêt principal de ces agrégats est de « résumer » en quelque sorte une information complexe et d’attirer
l’attention des responsables publics (ou de l’opinion publique) sur les évolutions dangereuses (inflation) ou au
contraire satisfaisantes (croissance) des comportements des agents économiques.

9
Chapitre 2 : Demande de Monnaie
L’on est en droit de se demander pourquoi la monnaie, en tant que bien économique fait-elle l’objet d’une
demande spéciale par les agents économiques non financiers (entreprises, ménages) ?
La recherche de la solution à cette question nous conduira à analyser les théories de demande de monnaie. Les
développements théoriques relatifs à cette question ne font pas l’unanimité chez les économistes.
Dans le cadre de ce cours, trois grandes approches de la demande de monnaie seront présentées :
- Celle qui met l’accent sur le caractère transactionnel de la monnaie. Historiquement, ce sont les premières
théories qui ont existé. La monnaie n’est jamais détenue pour elle-même mais dans le but d’effectuer des
transactions rapidement. (L’analyse Classique)
- La théorie keynésienne. Elle repose sur la vision keynésienne de la monnaie. Le concept de base est la notion
de préférence pour la liquidité. Il va montrer que la demande de monnaie est de la demande de liquidité. La
monnaie est par essence l’actif liquide sans risques.
- Une approche contemporaine qui s’appuie sur les approfondissements de l’analyse keynésienne (Baumol et
Tobin) et la théorie friedmanienne de la demande de monnaie

I- Analyse classique de la demande de monnaie


L’idée de départ est que les agents détiennent de la monnaie pour acheter des biens ou des services. Plus on
aura des besoins de transaction, plus on va détenir de la monnaie en quantité. C’est la logique de la théorie
quantitative.

1.Théorie quantitative de la monnaie

La théorie quantitative de la monnaie est l’approche la plus ancienne de la demande de monnaie.


a)- Origines de la théorie
Au départ, la théorie quantitative n’est pas une théorie de la demande de monnaie. Les origines de cette théorie
remontent au XVIème siècle avec l’apparition de vrais problèmes monétaires.
La théorie trouve l’un de ses plus anciens fondements avec Jean Bodin, mercantiliste français (XVIè siècle)
qui énonce que la hausse du niveau général des prix s'explique par un gonflement de la masse monétaire. La
thèse est ensuite reprise par les classiques Ricardo et John Stuart Mill sous l'appellation de "théorie
dichotomique" ou "dichotomique classique" (opposant sphère réelle et sphère monétaire). Les néoclassiques
Fisher et Pigou enrichissent la théorie quantitative de la monnaie. Irving Fisher, dans Le pouvoir d'achat de
la monnaie (1911), énonce l'équation de la théorie telle qu’elle est appréhendée aujourd’hui.
b)- Formulation mathématique
La fonction de demande de monnaie (Md), selon les Néoclassiques, est une fonction croissante du niveau
d’activité de l’économie, c’est à dire du niveau général des prix (P) et du volume de transaction (T). Par contre,
elle est décroissante de la vitesse de circulation de la monnaie (V) (nombre de fois où une unité monétaire est
utilisée à différentes transactions). La formule de cette fonction est :

Md= P.T/ V

Or, l’équilibre sur le marché monétaire fait que l’offre de monnaie (Mo) doit être égale à la demande de
monnaie (Md) donc Mo=Md= P.T/ V ou encore Mo.V=P.T.
Cette équation a été mise en évidence par Irving Fischer (1867-1947).
10
En pratique, il est difficile de mesurer le volume des transactions (T). Pour résoudre ce problème, les
économistes ont approximé le volume des transactions par le revenu (Y) étant donné que ces deux variables
sont intimement liées. Plus le revenu est élevé, plus le volume des transactions est élevé et vice versa.
L’équation quantitative de la monnaie devient alors : MV = PY où Y est mesuré par le PIB réel. A partir de
cette équation, la vitesse de circulation de la monnaie (V) s’exprime comme étant le rapport entre le PIB
nominal et la masse monétaire (V = PY/M). Dans ce cas la vitesse de circulation de la monnaie exprime le
nombre de fois, par période de temps, qu’une unité monétaire entre dans le revenu d’un agent économique.

Ainsi, toute augmentation de la quantité de monnaie offerte (Mo) entraîne une augmentation des prix (P) car
la vitesse de la monnaie (V) est constante (la demande de monnaie ne varie pas) et le volume de transaction
(T) est à son maximum en raison du plein emploi des facteurs de production.

1.2. Approfondissements néo-Classiques


Alfred Marshall et Auguste Pigou en sont les plus éminents membres. Ils se positionnent toujours dans la
théorie quantitative et mettent en avant la demande de monnaie, l’encaisse désirée. C’est la vision aboutie des
classiques avant le renouveau contemporain. Ils commencent à annoncer des éléments annonciateurs de
Keynes. Marshall a une analyse postérieure à son ouvrage de référence. C’est le premier à vraiment écrire une
demande d’équation de monnaie. En fait, son analyse est proche de celles énoncées précédemment car il postule
qu’on détient de la monnaie pour saisir des opportunités de transaction. On peut détenir de la monnaie dans le
temps puisque des opportunités de transaction peuvent se profiler dans l’avenir. Il n’y a pas forcément égalité
entre la quantité de monnaie et le volume des transactions. Il est le premier à analyser le désir d’encaisse des
individus. Il va être le premier à expliquer qu’il y a une certaine opportunité pour les ménages à détenir de la
monnaie mais il remarque que l’encaisse sous forme monétaire a un coût et ce coût est le manque à gagner
conséquence du renoncement à l’intérêt sur un produit d’épargne. Selon Marshall, les ménages vont faire un
arbitrage, entre encaisse monétaire pour une partie, et sous forme de placement pour le reste afin de bénéficier
d’un intérêt. L’encaisse monétaire dépend de deux choses : le revenu et le patrimoine. « Les habitants d’un
pays estiment qu’ils doivent conserver par devers eux du pouvoir d’achat comptant atteignant en moyenne un
dixième de leurs revenus annuels et un cinquantième de leur fortune. » Il dit que c’est du pouvoir d’achat
comptant. Les individus vont souhaiter garder une encaisse monétaire réelle, et non nominale. La quantité
M
nominale est M et l’encaisse monétaire réelle est P . M est l’encaisse observée, la masse monétaire observée,
M
celle qui induit l’inflation. P sera l’encaisse monétaire réelle. Ce sera une variable exprimée compte tenu de
l’évolution des prix ; ce sera le pouvoir d’achat de la monnaie. Cela exprimera la quantité de monnaie en termes
de biens et services qu’elle permet d’acquérir. Marshall ne remet absolument pas en cause la théorie
quantitative par contre son analyse est particulièrement novatrice, d’abord parce qu’il exprime une encaisse
monétaire désirée. Il est le premier à relier demande de monnaie au revenu. On est passé d’une approche en
termes de transactions à une approche en termes d’encaisse, et c’est ce point-là qui va servir de base aux travaux
d’Arthur Pigou.

11
Pigou suit Marshall en reprenant l’idée d’une demande de monnaie, il pense que les individus souhaitent
conserver de la monnaie pour deux raisons qui correspondent à deux fonctions monétaires : la monnaie est un
moyen de paiement, elle permet de faire des achats ; la monnaie est une réserve de valeur et parce qu’elle
permet de garder du pouvoir d’achat, on va en garder pour des paiements futurs. Pigou, très clairement en
conclut que la monnaie est utile puisqu’elle sert pour des achats immédiats mais aussi parce qu’elle peut être
utilisée pour des achats futurs. Pour les deux motifs, la demande de monnaie sera fonction du revenu.
On va donc déterminer une encaisse nominale fonction de k, P et Y. Y est le revenu réel, P le revenu nominal
et k le coefficient correspondant à la partie du revenu que les individus souhaitent conserver sous forme
monétaire. Cette question permet de mieux comprendre pourquoi les prix varient quand l’encaisse monétaire
M2
P
varie. Pigou explique que si M augmente à un moment donné. L’encaisse réelle est 1 . On sait que l’encaisse
M2 M1
P
réelle voulue par les individus est proportionnelle au revenu. 1
P
> 1 donc les individus consomment
M2 M1
P P
jusqu’à ce que P1 atteigne P2. On aboutira donc à 1 = 1 . On appellera plus tard cela l’effet d’encaisse
réelle.
La théorie quantitative a été élaborée par les classiques et les néo-classiques. Le sujet central est de montrer
que la quantité de monnaie en circulation varie avec le niveau général des prix. La théorie repose sur des
hypothèses bien déterminées telles que la constance de la vitesse de circulation de la monnaie, du revenu
réel, du niveau de production et du volume de transaction. Or, ces hypothèses sont relativement
discutables et peu vérifiées. Cette théorie est une des premières explications de l’inflation et c’est pour cela
qu’elle a une portée non négligeable. Seulement, d’autres théories de l’inflation ont été mises en évidence
depuis. Samuelson distingue par exemple deux autres types d’inflations : l’inflation par la demande ou
par les coûts (lorsque le salaire augmente plus que la productivité par exemple).

La principale critique est keynésienne. Pour lui, la demande de monnaie obéit à trois types de motivations :
un motif de précaution, un motif de spéculation et un motif de transaction. En effet, il y a une opposition
idéologique avec les keynésiens. Dans l’analyse classique, la monnaie, instrument d’échange, n’est pas
demandée pour elle-même, mais seulement pour ce qu’elle permet d’acquérir. La monnaie n’est qu’un bien
parmi les autres, celui qui est choisi comme étalon de référence pour fixer la valeur des autres biens.
Cette absence d’interaction entre ce qui est « monétaire » et ce qui est « réel » (activité économique de
production et de consommation des biens), cette neutralité de la monnaie, illustrée par la formule : « La
monnaie n’est qu’un voile », revient à considérer que les agents, à court terme comme à long terme, font une
évaluation précise du prix de la monnaie, c’est-à-dire du niveau général des prix, hypothèse d’absence «
d’illusion monétaire ». En d’autres termes, les classiques privilégient uniquement la fonction instrument
d’échange de la monnaie : le seul motif de détention de la monnaie est le motif de transaction.
12
Enfin la théorie quantitative n’est pas une équation de demande de monnaie. Par contre, on se rapproche de
plus en plus d’une théorie de demande de monnaie, notamment avec Pigou. L’encaisse monétaire dépend
seulement du revenu. Avec Keynes, on va mettre en avant une deuxième variable importante, le taux d’intérêt.

II- Analyse keynésienne de la demande de monnaie


Dans les années 30, on arrive à l’analyse keynésienne. Keynes considère que la théorie quantitative est valable,
qu’elle va s’appliquer, mais dans une situation particulière, le plein emploi. En situation de sous-emploi, un
mécanisme quantitativiste ne s’applique pas et les ajustements économiques vont se faire par les quantités et
non par les prix. Par ailleurs, Keynes considère que la fonction de demande de la monnaie en terme réel chez
les classiques reste incomplète. Le taux d’intérêt nominal est un autre déterminant de la demande de monnaie
en terme réel.
Dans la théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), Keynes distingue
trois motifs de détention : le motif de transaction, le motif de précaution et le motif de spéculation.

2.1 Demande de monnaie pour motif de transaction


La monnaie est détenue comme une encaisse disponible à tout moment pour effectuer, sans coût de
transformation, des transactions. Cette demande de monnaie dépend essentiellement du niveau d’activité (et
donc du revenu global Y) et des habitudes de paiement (fréquence des dépenses courantes, régularité des
recettes et de leur coordination avec les paiements à effectuer-versement des rémunérations, règlement des
entreprises). Ce motif résulte du fait que les recettes et les dépenses des agents économiques ne sont pas
synchronisées. Si c’était le contraire, les agents économiques n’auront pas besoin de détenir de la monnaie afin
de financer les transactions. Le volume des transactions à effectuer dépend du revenu. Plus le revenu est élevé,
plus le volume des transactions à effectuer est élevé, plus la demande d’encaisses monétaires pour assurer ce
volume de transaction est élevé. Donc la demande de monnaie pour motif de transaction est une fonction
croissante du revenu.

2.2 Demande de monnaie pour motif de précaution


Outre le motif de transaction, la monnaie peut être détenue en vue de faire face à des dépenses futures
imprévisibles. Ce motif n’aurait pas existé si les flux des dépenses futures étaient prévus de manière certaine.
Ainsi, pour un degré d’incertitude donné sur les revenus et les dépenses et pour un degré de confiance donné
dans les prévisions relatives à l’avenir, la demande de monnaie de précaution est fonction du revenu :

2.3 Demande de monnaie pour motif de spéculation


Les agents économiques détiennent de la monnaie comme une alternative à la détention d’actifs financiers. Or
la détention de la monnaie a un coût : la renonciation aux intérêts puisque le rendement nominal de la monnaie
est nul.
On peut définir la demande de monnaie pour motif de spéculation (lorsque les agents économiques font un
arbitrage entre la détention de la monnaie et d’actifs financiers) comme étant les encaisses monétaires que les
agents économiques choisissent de détenir plutôt que d’acquérir des titres financiers dans l’attente de variations
favorables du taux d’intérêt ou des cours des titres. Lorsque le taux d’intérêt diminue, la rémunération des titres
13
diminue (le coût d’opportunité de la détention de la monnaie diminue), ceci va inciter les agents économiques
à détenir plus de monnaie et moins de titres financiers. L’évolution future du taux d’intérêt étant incertaine,
l’individu peut, dans certains cas, préférer garder son épargne sous forme monétaire (la monnaie étant un actif
non rémunéré mais sans risque) que placer cet argent en titres, avec un risque de perte en capital. L’encaisse
de spéculation correspond donc à une épargne conservée sous forme monétaire, compte tenu du niveau des
taux d’intérêt. Dès lors, l’encaisse de spéculation dépend de la préférence pour la liquidité (choix de l’agent
pour la monnaie ou un substitut étroit de la monnaie). Ainsi la demande de monnaie pour motif de spéculation
se présente comme une fonction décroissante du taux d’intérêt.

Mais de quel taux d’intérêt s’agit-il, réel ou nominal ?


Soit i : le taux d’intérêt nominal, πe : le taux d’inflation anticipé et r : le taux d’intérêt réel. r = i – πe
Lorsqu’on détient de la monnaie son rendement nominal est nul, son rendement réel est égal à (- πe). Lorsqu’on
détient des titres financiers (obligations) leurs rendements réels est égal à i – πe qui n’est autre que le taux
d’intérêt réel. Dans les deux cas de figure, l’inflation affecte négativement l’option choisie. L’élément qui
permet de faire l’arbitrage entre les deux alternatives (détenir de la monnaie ou des titres) est le taux d’intérêt
nominal.
Les agents anticipent un risque de perte en capital sur les titres – c’est-à-dire si le niveau actuel du taux d’intérêt
est tellement bas qu’il ne peut qu’augmenter dans le futur – ils choisiront de ne pas prendre ce risque et de
conserver leur épargne sous forme monétaire L2 . Inversement, l’anticipation par un agent d’un gain en capital
rend nulle sa détention d’encaisses de spéculation.

Dans ce schéma, la monnaie n’est plus neutre : il existe une interaction entre la demande de monnaie et l’activité
économique puisque pour KEYNES le taux d’intérêt joue un rôle central dans la décision d’investissement et,
par ce canal, sur le niveau de l’activité. Cette approche a donné lieu à deux extensions. BAUMOL a montré
que même en se limitant au motif de transaction, il était possible de faire apparaître une influence du taux de
l’intérêt sur la demande de monnaie, dès lors que l’on prenait en compte les coûts de transaction. Et TOBIN a
montré que si l’on intégrait l’incertitude, la prise en compte du motif de spéculation devenait compatible avec
l’extension au long terme du modèle keynésien de demande de monnaie.

14
En i2 , les agents s’attendent à ce que le taux d’intérêt baisse et anticipent donc une hausse du prix des titres
financiers. Ils échangent progressivement la monnaie qu’ils détiennent en titres. Le prix des actifs financiers
tend, en conséquence, à s’élever et la demande de monnaie à décroître.
En i1, les agents économiques prévoient une hausse du taux d’intérêt et donc une baisse du prix des titres. Ils
préfèrent détenir de la monnaie (encaisses spéculatives). A ce niveau de taux d’intérêt, il y a une préférence
absolue pour la liquidité. La demande de monnaie est très importante et toute nouvelle injection de monnaie
sera absorbée par les encaisses spéculatives car les individus ne sont pas assez « inconscients » pour placer ce
supplément monétaire alors qu’ils ont la certitude que les cours des titres ne peuvent que baisser. En d’autres
termes, toute offre supplémentaire de monnaie est sans effet sur le taux d’intérêt. Cette situation externe est
dénommée par Keynes trappe à liquidité (le niveau de taux d’intérêt en dessous duquel la préférence pour la
liquidité est telle qu’aucun achat de titres ne se réalise).
En définitive, nous pouvons exprimer la fonction de demande de monnaie globale qui est fonction croissante
du revenu et décroissante du taux d’intérêt. Keynes la représente sous la forme suivante :

En termes réels nous avons la fonction de demande de monnaie globale comme suit :

ou
Avec L1 la monnaie détenue pour satisfaire les motifs de transaction et de précaution, qui ne dépend que du

revenu, et L2 le montant détenu pour le motif de spéculation, fonction décroissante du taux d’intérêt i.

Si, à court terme, la demande de monnaie pour des motifs de transaction et de précaution est stable, il n’en est
pas de même pour la demande de monnaie pour motif de spéculation. Celle-ci dépend, en effet, des
anticipations agents. Ces dernières étant évolutives, la demande de monnaie de spéculation est instable.

Graphique 2 : Demande globale de monnaie chez Keynes

15
Pour un niveau de revenu Y donné, les encaisses de transactions et celles de précaution sont données. On peut
donc les représenter par une droite verticale dans un repère liant la demande de monnaie au taux d’intérêt. Ce
segment va s’ajouter à la demande de monnaie pour motif de spéculation pour chaque niveau de taux d’intérêt.
Par exemple, en i2 , la demande de monnaie de spéculation est nulle. En revanche, il existe une demande de
monnaie pour motifs de transaction et de précaution qui ne dépend pas du taux d’intérêt (segment OL1).

De L1 à L2, on a l’encaisse spéculative qui est fonction décroissant du taux d’intérêt. A droite de L2, la demande
de monnaie sous forme d’encaisses est infinie. On est en présence de trappe à liquidité.

La démarche keynésienne de la demande de monnaie distinguant trois motifs de détention et postulant que
seuls les titres entrent en concurrence avec la monnaie, a été remise en question par Milton FRIEDMAN qui
considère que la monnaie entre en concurrence avec de nombreux autres actifs.

III- Analyse contemporaine de la demande de monnaie


1. Développements récents de l’approche keynésienne à la théorie de la demande
de monnaie : Reformulation de l’encaisse transactionnelle par Baumol.

L’approche Keynésienne de la demande de monnaie aussi remarquable soit-elle n’a pas échappé aux critiques
surtout au niveau de la demande spéculative et transactionnelle de monnaie.
1.1. Critiques de la demande spéculative de la monnaie
Les économistes contemporains n’ont pas tous les mêmes points de vue quant à l’importance du facteur
monétaire dans la « théorie générale ».
- Pour certains (E. JAMES et Jacques RUEFF) le facteur monétaire est important dans l’ouvrage de
Keynes.
- Pour d’autres (M. FRIEDMAN et SAMUELSON) ce facteur monétaire n’est pas important.
Ces divergences d’appréciation proviennent du fait que J.M. KEYNES a formulé trop simplement la
fonction de liquidité de monnaie.
16
M2= L2(i) fonction dépendant uniquement du taux d’intérêt.
En effet, outre le taux d’intérêt, la demande de monnaie est fonction du niveau général des prix, des encaisses
réelles existantes, du niveau de revenu global.

Tout taux d’intérêt peut devenir le taux d’intérêt normal s’il reste constant assez longtemps contrairement aux
idées Keynésiennes. Le résultat étant la disparition d’anticipation de plus-value et donc la disparition de la
demande spéculative de monnaie.

Force est de constater (contrairement à l’analyse Keynésienne), que les individus ne gardent pas tous leurs
richesses soient sous forme d’obligations, soit sous forme liquide mais quelques fois soit sous forme d’une
combinaison des deux.

Au niveau de la demande de monnaie à des fins de transaction, les critiques sont plus constructives que
précédemment, et apparaissent même comme étant un approfondissement de la demande de monnaie.
1.2. Approfondissement de la demande transactionnelle de la monnaie
Les travaux de W. BAUMOL1 et James TOBIN2 contribuent à rendre empiriquement estimable la théorie
Keynésienne de la demande de monnaie.
Nous nous contenterons d’exposer ici le modèle de BAUMOL car plus simple.
L’approche de la théorie de la Gestion des stocks à la demande de transaction de la monnaie de W.
BAUMOL.
La formulation de BAUMOL de la demande de monnaie à des fins de transaction laisse apparaître la
possibilité d’existence d’économie d’échelle.
On dit qu’il y’a économie d’échelle lorsque la quantité de monnaie nécessaire pour effectuer les transactions
augmente moins vite que la valeur de ces transactions.
Après avoir examiné les principes de la théorie de BAUMOL, nous verrons la détermination d’encaisse
optimale et d’économie d’échelle.
1.2.1. Les principes de la théorie de BAUMOL
Le point de départ de la théorie de BAUMOL est la théorie de la gestion des stocks. Il applique cette
théorie de gestion des stocks à la monnaie, bien connue en gestion, qu’il la transpose à la monnaie. Au niveau
de la gestion, une entreprise va pouvoir déterminer le volume optimal de ses stocks de marchandises, en
tenant compte d’un certain nombre de données objectives, (coûts de stockage, régularité des ventes), pour
éviter une rupture de stock. Par analogie l’agent économique détient la monnaie pour éviter d’être à cours de
liquidité pouvant entraîner des désagréments tels que le taux d’intérêt supplémentaire, les pénalités ou le
manque d’occasion d’achat imprévu.
De même que la détention d’un stock de marchandises engendre un coût pour l’entreprise (coûts de
stockage), de même la détention de la monnaie entraîne un coût appelé le coût d’opportunité matérialisé par
le taux d’intérêt auquel on renonce en détenant de la monnaie. Ce coût d’opportunité est le taux d’intérêt du
marché. L’agent économique se retrouve devant un dilemme :
- S’il ne détient pas assez de monnaie, il risque d’être en situation d’illiquidité ou d’insolvabilité
- S’il conserve trop de monnaie, il risque de subir un coût d’opportunité trop élevé.
Ainsi, pour effectuer ses transactions, il a intérêt à conserver une quantité de monnaie tout juste suffisante
pour couvrir ces dépenses sans engendrer un coût d’opportunité trop élevé. Et c’est cette encaisse qui est le

1
W. BAUMOL William J. Baumol, 1952. "The Transactions Demand for Cash: An Inventory Theoretic Approach," The
Quarterly Journal of Economics, Oxford University Press, vol. 66(4), pages 545-556
2
J. TOBIN 1956. « The interest elasticity of transaction demand for cash », Review of economics and statistics, August
PP.241-247
17
résultat d’un calcul d’optimisation entre le coût de la reconstitution du stock et le coût de détention. Cette
encaisse s’appelle l’encaisse optimale.
Il reprend cette logique et l’applique aux stocks de monnaie détenus par les individus, puis passer au niveau
supérieur par agrégation. L’idée fondamentale est que les fonds que les agents détiennent à des fins de
transactions peuvent être détenus sous forme de billets de banque qui ne rapportent pas d’intérêt (on
peut envisager le cas où les agents placent leurs fonds dans des dépôts à vue puisque ces derniers ne
rapportent pas d’intérêts) ou sous forme de dépôt d’épargne (dépôts à terme, dépôt d’épargne sur
livret). Le choix de la deuxième alternative a aussi un coût, celui relatif à chaque visite effectuée à la
banque.

1.2.2. La détermination de l’encaisse optimale


Pour mieux expliquer ce modèle, considérons le cas d’un individu qui a un revenu annuel qu’on
notera Y qu’il dépensera uniformément pendant l’année. On suppose aussi que les prix ne varient
pas et que la monnaie est détenue uniquement pour motif de transaction. Nous allons envisager les
cas suivants :

1er cas : si l’individu effectue une seule visite à la banque


Au début de l’année il va retirer tout son revenu qu’il va dépenser de manière uniforme. L’encaisse
moyenne détenue pendant l’année est Y/2

L’année commence avec Y FCFA et se termine avec des encaisses nulles. L’encaisse moyenne
annuelle est de Y/2 FCFA. L’encaisse moyenne annuelle est la surface du triangle (0Y1) qui est
égale à 1/2(1xY) =Y/2

2ème cas : si l’individu effectue deux visites à la banque


Au début de l’année l’individu retire la moitié de son revenu (Y/2) qu’il va dépenser uniformément
au cours du premier semestre avant de se rendre une deuxième fois pour retirer l’autre moitié (Y/2)
qui sera dépensée au cours du second semestre. L’encaisse moyenne annuelle est de Y/4. Dans ce
cas on détient moins de monnaie, donc on perd moins d’intérêts mais avec l’inconvénient de se
rendre deux fois plutôt qu’une à la banque.

18
L’encaisse annuelle moyenne = la surface des deux triangles = 1/2(1/2+1/2) Y/2 = Y/4.

Cas général : si l’individu effectue n visites à la banque


A chaque visite l’individu retire Y/n FCFA, l’encaisse annuelle moyenne est égal à Y/2n.

La question qui se pose maintenant est de savoir le nombre de visites optimal (n*).

Soient i le taux d’intérêt (taux de rémunération des titres) et b le coût d’une visite à la banque (qu’on appelle
aussi le coût de conversion ou les frais de courtage prélevés par l’intermédiaire financier lorsqu’un agent
demande la transformation d’un titre de placement en encaisses de transaction). Pour n donné, la quantité
moyenne de monnaie détenue est égale à Y/2n. l’intérêt perdu est égal à i(Y/2n) et le coût total des visites est
égal à bn.

Le coût total (CT) est égal à la somme des intérêts perdus (coût d’intérêt) et du coût total des visites (coût de
transaction). Soit l’expression ci-dessous :

Plus n est élevé, plus faible sont les intérêts perdus mais un coût total de visites élevé. Pour
déterminer le nombre de visites optimal (n*), il faut minimiser la fonction de coût total.

19
Soit M* l'encaisse moyenne optimale

D’après cette relation trois implications peuvent être retenues :


- La demande de monnaie M* augmente quand Y augmente ceteris paribus
- La demande de monnaie augmente quand b augmente
- La demande de monnaie diminue quand le coût d’opportunité de la monnaie augmente (quand i
augmente)
Graphique : Coût de la détention de monnaie

20
2. Demande de monnaie dans l’analyse contemporaine : la théorie friedmanienne
de la demande de monnaie

Milton FRIEDMAN publie en 1956 un article fondamental, la théorie quantitative de la monnaie, une
nouvelle présentation. C’est le fondement du renouveau libéral en économie. C’est la base de l’école de
Chicago. C’est la base du monétarisme traditionnel qu’on oppose aux ultras monétaristes.

2.1. Demande de monnaie analysée par Friedman.


Il choisit d’abord délibérément de travailler sur une demande de monnaie de longue période, il raisonne sur le
long terme. Cela va lui permettre de renouer avec la théorie quantitative classique. Son point de départ est assez
proche de BAUMOL et TOBIN. Il part de l’idée que les agents ont un patrimoine et la monnaie est un actif
patrimonial parmi d’autres. La monnaie est une des composantes du portefeuille. On va la détenir car elle a
une certaine utilité, sachant qu’on va comparer cette utilité avec celle des autres composantes du portefeuille.

A- Présentation générale du cadre d’analyse.


On va appliquer la théorie pure du consommateur, on considère donc la monnaie comme un actif dont on va
mesurer l’utilité. Cette utilité est fonction d’un service rendu par la monnaie (possibilité de dépenser,
d’échanger). On applique la théorie néo-classique de base, la monnaie est substituable aux autres biens et la
décision de sa demande va provenir de la confrontation entre l’utilité de la dernière unité de monnaie détenue
et le rendement marginal des actifs concurrents. Friedman réunifie les motifs d’encaisse : il ne considère que
le seul motif de transaction. La monnaie est avant tout un intermédiaire des échanges. En même temps, il
reprend les apports keynésiens notamment il va accepter l’idée que le taux d’intérêt peut influencer la demande
de monnaie mais en restant dans le cadre de l’encaisse de transaction. L’agrégation des demandes individuelles
importe en macroéconomie dans le sens où cela permet de comprendre les fondements microéconomiques. Il
cherche à justifier le comportement des individus. Le problème est qu’il est difficile de soutenir que les agents
aient les mêmes comportements. On va travailler sur un agent représentatif qui possède les caractéristiques
moyennes du groupe. De ce fait, il sera représentatif de ce qu’on devrait retrouver par agrégation au niveau
macroéconomique. La demande de monnaie au niveau macroéconomique correspondra à l’agrégation de
demande de monnaie individuelle. Ceci va permettre de nier l’influence de l’effet redistribution.

B- Formulation de la demande de monnaie.


Friedman raisonne surtout sur une demande de monnaie des ménages. Trois ensembles de facteurs influencent
la demande de monnaie, la richesse totale, le prix et les rendements des actifs alternatifs à la monnaie, les goûts
et préférences des individus. La richesse totale d’un individu est la valeur totale de l’ensemble des revenus
qu’un agent estime pouvoir toucher au cours de sa vie. Elle va représenter la contrainte de budget à l’intérieur
de laquelle il devra faire son choix. Pour schématiser les choses, Friedman considère que la richesse totale est
fonction du revenu moyen de longue période Y. Ce Y est un revenu de long terme lié au patrimoine de
l’individu. C’est un revenu stable donc cela n’a rien à voir avec le Y de court terme keynésien qui est susceptible
d’évoluer.
- Les prix et rendements de la monnaie et des placements alternatifs. On a un portefeuille où se mêlent monnaie
et autres actifs. Ce choix va être lié au rendement anticipé des différents actifs alternatifs. Friedman considère
qu’il y a cinq actifs envisageables, monnaie, obligations, actions, biens physiques, capital humain. A partir de
là, il va introduire une nouvelle variable dans la demande de monnaie, le niveau général des prix P. Quand on
a une augmentation du niveau général des prix, on va réduire le pouvoir d’achat de la monnaie. On retrouve
aussi le taux d’intérêt sur le marché des obligations rb, le taux d’intérêt sur les actions (dividendes) rC, le capital
humain et son rendement w. Il prend en compte cette variable car il considère que les agents n’ont pas le même
comportement si on tire son revenu du capital ou du travail. Cela permet de prendre en compte la proportion

21
1 dt
respective des deux formes de revenu. Le rendement anticipé des actifs physiques est représentatif de
p dp
la plus ou moins-value des actifs immobiliers.
- Les goûts et préférences de l’agent type. Les individus détiennent de la monnaie car cela procure un service,
parce qu’elle a une utilité. Le montant de l’encaisse monétaire va être fonction de l’attitude de l’agent par
rapport à ce service. Il va prendre en compte un paramètre  qui correspondre à l’attitude de la monnaie à
rendre un service.
1 dt
Md = f (rb, P, Y, rc, w, , )
p dp
C’est la demande de monnaie de l’individu, et par agrégation la demande de monnaie au niveau
macroéconomique.

2.2. Reformulation de la théorie quantitative.


C’est à partir de cette demande de monnaie que Friedman va essayer de reformuler la théorie quantitative. Il
va d’abord chercher à simplifier cette formule pour diminuer le nombre de variables. W et p sont assez
difficilement quantifiables. Par agrégation, on va penser que les choses vont se compenser. On va faire
l’hypothèse qu’ils seront assez stables et n’influenceront pas les demandes de monnaie. r b et re sont les taux
d’intérêt dans l’économie. Or, sur le long terme, ils reviennent à leur niveau naturel. Donc les taux d’intérêt
sont stables. La variable sur les actifs monétaires peut être enlevée car elle contient le niveau général des prix.
On retrouve ainsi :

Md
= f( y )
P
La demande de monnaie est fonction d’une variable Y, stable dans le temps. Y ne varie pas. Une variation de
Md entraînera une variation de P. C’est la base du renouveau libéral. Cela lui permet de montrer que la politique
monétaire est inefficace pour relancer l’économie sur le long terme. Puisque la demande de monnaie en terme
réel est stable ; avec une politique monétaire expansive, les agents vont se retrouver avec une encaisse
supérieure à ce qu’ils voulaient. Donc l’augmentation des dépenses provoque inexorablement une
augmentation des prix. Sur le long terme, on reviendra toujours au niveau initial et réel des variables
monétaires. La politique monétaire est inefficace. L’inflation est dangereuse pour l’économie.

En conclusion pour FRIEDMAN la demande est déterminée par le revenu permanent (Yp), un succédané du
patrimoine. Ce revenu permanent est celui qu’un individu espère dériver de son travail et de ses avoirs en
patrimoine durant toute la période de sa vie. Ce concept se définit aussi comme une moyenne pondérée des
revenus encaissés durant toute la vie de l’individu. L’hypothèse Yp suggère que l’individu consomme une
proportion constante du revenu. Selon FRIEDMAN, le choix de la monnaie par rapport aux actifs dépend des
facteurs suivants :
- Le montant du patrimoine
- Le rendement des divers types d’actifs qui composent ce patrimoine
- Les goûts et préférences des agents variables selon le niveau de richesse des AE
Par ailleurs la reformulation des monétaristes de la théorie quantitative de la monnaie (TQM) résulte :
- En la stabilité et l’importance de la fonction de la demande de monnaie
- En l’indépendance des facteurs affectant l’offre et la demande de monnaie
- La prédictibilité de la relation entre M, P et Y dans le long terme.

22
Chapitre 3 : Création monétaire et offre de Monnaie

Au sein de toute économie la quantité de monnaie offerte M0 est une quantité exogène créée pour les
besoins de cette économie. Mais qui crée la monnaie et comment cette monnaie est-elle créée ?
Pour répondre à cette double interrogation, nous examinerons les principes de la création monétaire, les
contreparties de la masse monétaire et enfin le multiplicateur de crédit.

I- Processus de création monétaire


Le processus de création monétaire est principalement l’œuvre des banques commerciales, du Trésor et
de la Banque Centrale. Les banques commerciales sont caractérisées par ce pouvoir de création
monétaire ; c’est ce qui les distingue des autres institutions financières.

Dans le cadre de ce chapitre nous allons nous intéresser dans un premier temps à la création monétaire
par les banques commerciales. Comment les banques commerciales créent de la nouvelle monnaie ?
c’est tout simplement en faisant des crédits en d’autres termes par la monnaie résulte d’un processus de
monétisation de créance. Dans un second temps, nous allons nous intéresser à la création de monnaie
par le Trésor Public et par la Banque Centrale

Nous mettrons l’accent dans ce chapitre sur le pouvoir de création monétaire des banques commerciales
(et non sur celui de la Banque Centrale ou du Trésor Public) parce que la plus grande partie de la monnaie
en circulation (plus de 90 % de la masse monétaire)4 est constituée par la monnaie scripturale, créée par
les banques commerciales (dites aussi banques de second rang) et que la plupart des instruments de la
politique monétaire n’ont d’effet que sur les banques commerciales.

1. Analyse de la création de monnaie par les banques commerciales


Il convient d’exposer le mécanisme de la création monétaire en commençant par une définition
de la création monétaire.

La création monétaire est l’opération qui consiste à transformer des créances non utilisables sur
le marché des biens et services en moyens de paiement directement utilisable sur le marché.
Autrement dit, la création monétaire est l’augmentation des moyens de paiement mis à la disposition
des agents économiques. Il y a création de monnaie à partir du moment où s’accroît le volume des avoirs
monétaires des agents économiques, sous forme de pièces, de billets, mais surtout de monnaie
scripturale. Ainsi, les dépôts à vue dans une banque n’entraînent pas l’apparition de nouveaux
signes monétaires, mais simplement le transfert de monnaie fiduciaire (qui disparaît) en
monnaie scripturale (qui apparaît), le montant total de la monnaie en circulation reste invariable.
Dans le cadre de cette section nous allons nous intéresser à la création monétaire par les
banques, elle repose d’abord sur une capacité, celle de prêter, ensuite sur une règle « les prêts
font les dépôts » et finalement sur un blocage du mécanisme de conversion des prêts en dépôts.

4
Ce chiffre est plus faible en dans les pays en développement mais généralement il est supérieur à 65% du total
des moyens de paiement en circulation.

23
1.1. Création de monnaie scripturale par les banques commerciales
Une banque commerciale crée de la monnaie lorsqu’elle acquiert deux types de créances : les
créances sur l’économie et les créances sur l’extérieur.
Lorsqu’une banque accorde un financement à un Agent Non Financier Résident (ANFR), elle met à la
disposition de cet agent un pouvoir d’achat additionnel ; elle crée de ce fait de la monnaie, en
l’occurrence de la monnaie scripturale.
Une banque crée également de la monnaie lorsqu’elle monétise des créances sur l’étranger, c’est-à-dire
lorsqu’elle transforme des devises (moyens de paiement non libellés en monnaie nationale (par exemple
en FCFA)) en monnaie nationale (moyens de paiement détenus par des ANFR et libellés en FCFA).
Une banque crée de la monnaie lorsqu’elle achète des titres publics, principalement des bons du Trésor.

Tableau 1. Bilan monétaire d’une banque commerciale


Actif Passif

- Créance sur l’extérieur - Dépôts à vue


- Créance sur le Trésor public - Actifs liquides (billets, pièces)
- Créance sur l’économie

Lorsque le crédit arrive à échéance et qu’il fait l’objet d’un remboursement, la quantité de monnaie
correspondante est détruite. La quantité de monnaie en circulation dans une économie à un moment
donné est donc le résultat d’un processus de création et de destruction de monnaie. Si cette quantité de
monnaie augmente, c’est que les opérations de création de monnaie l’emportent sur les opérations de
destructions de monnaie.

1.1.1. Capacité de prêter d’une banque


Une banque peut se livrer à des opérations de prêts lorsqu’elle détient des avoirs en monnaie
centrale au-delà de ce qui lui est nécessaire pour assurer la conversion de sa monnaie scripturale
en monnaie centrale ou lorsqu’elle est assurée que la banque centrale la refinancera en cas de
besoin. Si, par exemple, une banque doit détenir 10% de ses dépôts en monnaie centrale
(réserves obligatoires : RO), si en fait elle détient 20%, cette banque détient des réserves
excédentaires qu’elle sera désireuse de prêter aux agents non financiers.
Considérons le bilan initial suivant

Si la banque prête ses réserves excédentaires le bilan serait le suivant :

24
Or ceci est faux, la banque ne prête pas aux agents du secteur non bancaire ses réserves en
monnaie centrale. Elle leur fournit de la monnaie scripturale qu’elle a le pouvoir d’émettre, le
bilan serait en fait comme suit :

Donc, une banque ne prête pas de la monnaie centrale, mais sa propre monnaie. Elle peut le
faire lorsqu’elle détient des réserves excédentaires.
1.1.2. Règle « les prêts font les dépôts »
La banque ne prête pas des avoirs monétaires déposés chez elle. Elle a le pouvoir de créer la monnaie
dont elle a besoin pour ses opérations de crédit. La banque, par ces opérations de crédit, monétise des
créances qui ne sont pas de la monnaie. En un mot, elle offre de la nouvelle monnaie. Si cette monnaie
nouvellement créée reste dans le circuit de la banque, elle va accroître ses dépôts d’un montant égal. Si
par contre, une partie quitte le circuit de la banque, l’augmentation des dépôts ne sera qu’une fraction
de la monnaie créée lors des prêts. Ainsi, quoi qu’il en soit, les prêts créateurs de monnaie sont plus au
moins générateurs de dépôts. La maxime « les prêts font les dépôts » doit être précisée, « les prêts font
les dépôts d’un montant moindre en règle générale ». Ainsi se pose le problème fondamental de la fuite
de la monnaie centrale du circuit de la banque.

1.1.3. Le problème fondamental des fuites : la notion de multiplicateur de crédit


Si la règle « les prêts font les dépôts » jouait de façon totale, le banquier pourrait créer, par ses opérations
de crédit, toute la monnaie qu’il désirerait, étant certain qu’elle lui reviendrait sous forme de dépôts
bancaires. Mais dans la réalité, une fraction plus au moins importante de la monnaie nouvellement créée
quitte le circuit de la banque. Deux possibilités de fuites sont envisagées :
- Une partie de la monnaie nouvellement créée est convertie en monnaie centrale. Cette proportion
est appelée taux de préférence pour la liquidité (ou taux de fuite en billets) qu’on notera b. avec

25
- La banque centrale impose aux banques de déposer chez elle dans un compte courant non
rémunéré une fraction des dépôts restant (ou réflexes) en monnaie centrale, il s’agit des réserves
obligatoires. Ces réserves sont obtenues par application du taux de réserves obligatoires (r) est
fixé par la banque centrale. Il est défini comme suit :

Pour illustrer le processus de création monétaire par le système bancaire, considérons l’exemple
suivant :
Un taux de réserves obligatoires r = 10%
Un taux de fuite en billets b = 50%
Une réserve excédentaire initiale RE = 100
Nous allons analyser ce processus en différentes vagues de crédits :

Dans le cas de cet exemple, on a supposé qu’à chaque vague, les crédits sont accordés à hauteur des
réserves excédentaires.
À la première vague de crédit, il y a 100 de monnaie scripturale (nouveaux crédits). Sur ces 100 de
monnaie scripturale nouvelle, 50 vont être convertis en billets et sur les 50 de monnaie scripturale
restante, 5 vont constituer des réserves obligatoires, si bien que les réserves excédentaires des
banques ne sont plus que 45 pour la seconde vague de crédit.
Ces réserves de la seconde vague peuvent être exprimés comme le résultat de
(100 – 0,5*100) – (100 – 0,5*100) *0,1

26
50 de monnaie scripturale converties en billets – 5 de réserves obligatoires qu’on peut écrire encore
comme : 100[(1- 0,5) - (1-0,5) *0,1] =100[(1-0,5) (1-0,1)]
À la deuxième vague de crédit, les banques disposent de 45 de réserves excédentaires.
Les crédits en monnaie scripturales sont de 45 dont la moitié seront convertis en billets (soit 22,5)
et le dixième du reste en réserves obligatoires (soit 2,25), si bien que les réserves excédentaires de
la troisième vague ne sont plus que 20,25. Ces réserves de la troisième vague peuvent être exprimés
comme le résultat de
(45 0,5*45) - (45-0,5*45) *0,1 = 45[(1-0,5) - (1-0,5) *0,1] = 45[(1-0,5) (1-0,1)]
Or on sait que 45 = 100[(1-0,5) (1-0,1)], remplaçons ceci dans l’équation précédente on aura
22,5 = 100[(1-0,5) (1-0,1)] [(1-0,5) (1-0,1)] = 100[(1-0,5) ² (1-0,1)² ]
On peut continuer le même raisonnement pour les autres vagues. Pour calculer le montant total de
crédit (TC), nous allons sommer les crédits des différentes vagues.
Ainsi TC = 100 + 45 + 22,5 +……………..
TC=100+100[(1-0,5) (1-0,1)] +100[(1-0,5)2 (1-0,1)2] +…………+……+100[(1-0,5)n (1-0,1)n]
TC = 100[1 + (1-0,5)(1-0,1) + (1-0,5)²(1-0,1)²+……………+ (1-0,5)n(1-0,1) n]
TC = RE [1 + (1-b) (1-r) + (1-b)2 (1-r)2 +……………+ (1-b)n (1-r)n ]

Le terme entre crochets est une suite géométrique de premier terme 1 et de raison (1-b) (1-r),
lorsque n tend vers l’infini la somme de cette suite est :

Ainsi, le total de crédit (TC) = k réserve excédentaire (RE) où k représente le multiplicateur de crédit.
La valeur du multiplicateur est un indicateur de l’aisance monétaire des banques, lorsque sa valeur est
élevée, ceci signifie qu’elles ne souffrent que peu des fuites en monnaie centrale. Cette relation entre le
total de crédit (TC) et les réserve excédentaire (RE) traduit la capacité potentielle de création monétaire
des banques. La distribution de crédits et la création de monnaie sont d’autant plus importantes que les
agents économiques utilisent la monnaie scripturale et non pas les billets, et que la banque centrale
maintient un faible taux de réserves obligatoires.
Le multiplicateur de crédit mesure le pouvoir de création monétaire d’un système bancaire dans une
zone économique donnée. Il peut s’écrire sous une forme simplifiée : Pour une unité de réserve
excédentaire (RE), les banques peuvent créer k unités de crédit.

1.2 Création de monnaie par le Trésor Public et par la Banque Centrale


Le Trésor et la Banque Centrale créent deux catégories de monnaie : de la monnaie fiduciaire et de la
monnaie scripturale.

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1.2.1. La création de monnaie par le Trésor Public

Le Trésor Public est le « Banquier » de l’Etat. Il gère les finances publiques, collecte des recettes,
règle des dépenses de l’Etat.
Le Trésor crée de la monnaie fiduciaire, la monnaie divisionnaire, puisqu’il a le monopole de
fabrication des pièces de monnaie. Le Trésor crée également de la monnaie scripturale par
l’intermédiaire des comptes courants (jeu d’écriture). Ainsi, lorsqu’il crédite le compte courant d’un
fonctionnaire ou fournisseur de l’Etat, il crée sa propre monnaie.
Le paiement d’impôts, de taxes, d’amendes par un ANFR au Trésor et la souscription aux bons du
Trésor correspondent à une destruction de monnaie.

1.2.2. La création de monnaie par la Banque Centrale


Comme toutes les banques, la BC crée de la monnaie : la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale,
qui sont les deux composantes de la monnaie banque centrale (MBC). La création de monnaie est
rendue possible par la monétisation (transformation en moyens de paiement) de certains actifs ; c’est-
à-dire achat par la BC de ces actifs.

Tableau 2 : bilan simplifié de la Banque centrale


ACTIF PASSIF
Avoirs en or et en devises Monnaie fiduciaire
Concours aux contreparties du secteur
financier

Notes : 1/ les avoirs en or et devises constituent les réserves détenues par la Banque centrale. Ce sont des créances
de la Banque centrale sur les résidents et des non-résidents. 2/ les concours aux contreparties du secteur financier
correspondent aux opérations de refinancement des institutions financières, appelées contreparties, par la Banque
centrale.

2. Analyse théorique du pouvoir de création monétaire

Cette analyse concerne essentiellement les B2. Contrairement à la B1, les B2 ont une limite à la création
de monnaie (sous forme de monnaie scripturale). Cette limite est représentée par le niveau des réserves
et le taux de réserves légales ou obligatoires.

2.1. Réserves Globales (RG)


Situées à l’actif monétaire du bilan, les réserves représentent l’ensemble des disponibilités
que la B2 détient en caisse ou en compte dans les autres banques commerciales ou à la banque centrale.
Ces réserves ne sont pas rémunérées.

2.2. Réserves Techniques (RT)

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C’est la fraction de l’actif monétaire qui permet de couvrir tout juste le risque d’illiquidité que
peut couvrir une B2.

2.3. Réserves Obligatoires (RO)


Elles sont imposées aux banques commerciales, par les autorités monétaires et comportent des
dispositions légales. Par ces dispositions les banques commerciales sont obligées de détenir une partie
des dépôts des clients sous forme de monnaie centrale dans un compte non rémunéré à la Banque
Centrale. Ce montant est fonction d’un taux appelé taux de réserves obligatoires.
Soit E = montant des réserves, D le volume des dépôts, r le taux de réserves obligatoires.
E = rD =➔ r = E/D ; r est fixé de manière unilatérale par la Banque Centrale.
2.4. Réserves Excédentaires (RE)
RE=RG-RO. S’il n’existe pas de réserves obligatoires, la réserve excédentaire s’écrit :
RE = RG – RT.

En conclusion nous pouvons identifier trois facteurs qui sont à l’origine de la limite du pouvoir de
création monétaire des B2, la demande de crédit, les besoins des banques en billets et les interventions
de la banque centrale.
✓ La contrainte de la demande de crédit
Les banques ne créent pas de la monnaie pour le plaisir, mais en réponse à une demande de crédit des
agents non financiers de manière générale. Cette demande est élevée pendant les périodes de forte
activité, mais réduite pendant les périodes de ralentissement de l’activité. Dans le cas limite, les banques
ne peuvent pas créer de la monnaie en absence de demande de crédit même si elles disposent d’une
capacité potentielle assez élevée.
✓ Les besoins des banques en billets
Les clients des banques font circuler une partie de la monnaie créée par les banques, non sous sa forme
initiale de monnaie scripturale, mais sous forme de billets. Or, les banques ordinaires ne peuvent pas
émettre des billets ; elles doivent se les procurer en effectuant des retraits sur leur compte à la banque
centrale.
Une banque alimente son compte à la banque centrale soit en effectuant un virement d’une partie des
dépôts effectués par ses clients, soit les virements d’autres banques qui lui doivent de l’argent en
règlement de chèques émis au profit de ses clients, ou enfin, les emprunts de la monnaie centrale sur le
marché monétaire. Plus la fuite des billets du circuit de la banque est élevée, plus sa capacité à créer de
la monnaie est faible (ceci apparaît dans l’expression du multiplicateur du crédit, plus le coefficient b
est élevé, plus faible est la valeur du multiplicateur et par conséquent, plus faible serait la capacité de
création monétaire). Si la banque n’est pas assurée de disposer de la monnaie centrale en cas de besoin,
elle ne peut créer davantage de monnaie.

Quels sont les facteurs autonomes qui affectent la liquidité des banques ?
- Les billets et monnaies en circulation : les retraits des billets réduisent les avoirs des banques en
monnaie centrale, alors que les versements les augmentent. La demande de billets par les agents
non financiers fluctue de façon saisonnière (pendant les fêtes, les vacances, le mois de

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Ramadan…etc.). L’augmentation des billets et monnaies en circulation affecte négativement la
liquidité des banques.
- Le solde du compte courant du trésor : la liquidité bancaire est affectée par la politique
budgétaire. Par exemple, au moment de recouvrement d’impôts, on assiste à une fuite de billets
du circuit bancaire, donc un effet négatif sur la liquidité des banques. De même, un emprunt
émis auprès du public affecte négativement la liquidité des banques. D’une manière générale,
une variation positive du solde du compte courant du trésor exerce un effet négatif sur la liquidité
des banques, alors qu’une variation négative exerce un effet positif.
- Les avoirs nets en devises : toute vente de devises par les banques à la banque centrale augmente
leur liquidité, inversement, tout achat de devises par les banques auprès de la banque centrale
réduit la liquidité des banques. Ainsi, toute augmentation des avoirs nets en devises des banques
aura un effet positif sur la liquidité des banques, et toute baisse, aura un effet négatif.

✓ Le contrôle de la Banque Centrale


La Banque Centrale peut limiter la création monétaire des banques soit en réduisant les montants de
refinancement des banques sur le marché monétaire : la banque centrale peut réduire les montants à
injecter sur le marché monétaire. Soit en augmentant le taux de réserves obligatoires. De cette manière
la banque centrale augmente de manière artificielle la fuite des billets du circuit des banques. Les
réserves obligatoires constituent un facteur institutionnel qui affecte la liquidité des banques, une
augmentation du taux de réserves obligatoires exerce un effet négatif sur la liquidité des banques.

II- Contreparties de la masse monétaire


S’interroger sur les contreparties de la masse monétaire revient à s’interroger sur les sources de la
création monétaire. Si l’histoire de la monnaie nous enseigne que l’émission monétaire s’est toujours
faite contre une valeur qui a d’abord été matérielle, il apparaît que de nos jours, la monnaie est créée
en contrepartie d’actifs non monétaires appelés créances.
Les contreparties de la masse monétaire représentent l’ensemble des créances monétisées au cours du
processus de création monétaire. Nous pouvons distinguer trois grandes catégories notamment :
1- Les créances nettes sur l’extérieur (or et devises) encore appelés Avoirs Extérieurs Nets
(AEN). Elles regroupent les avoirs nets en devises de la Banque Centrale et des autres banques.
Dans l’UEMOA, ces avoirs extérieurs revêtent une importance capitale mais restent marqués
par leur volatilité en raison de leur dépendance aux aléas climatiques (la pluviométrie et
l’évolution des cours des matières premières).
2- Les créances sur le Trésor Public encore appelées Position Nette du Gouvernement (PNG)
consistant à la consolidation des engagements et des avoirs du Trésor public vis-à-vis du
système bancaire et les avoirs des entreprises et des particuliers gérés par le Trésor.
3- Les créances sur l’économie ou crédits à l’économie constitués de l’ensemble des crédits
accordés par le système bancaire aux particuliers et aux entreprises.
L’analyse des créances détenues en contrepartie par les intermédiaires financiers est utile car elle
permet de mettre en évidence les sources ou les contreparties de la création monétaire.

III- Multiplicateur et diviseur de crédit


Le multiplicateur de crédit est aussi nommé « multiplicateur de la base monétaire », cette seconde
appellation est plus précise que la première. C’est aussi une autre manière de présenter la création
monétaire.
Dans un pays fermé (sans relation financière avec le Reste du Monde), le multiplicateur explique la
relation qu'il y a entre la hausse de la base monétaire et la hausse du crédit bancaire et de la
masse monétaire.

3.1 Le principe du multiplicateur de crédit


Le multiplicateur de crédit indique quelle quantité de monnaie scripturale peuvent créer les banques en
fonction d’hypothèses relatives aux comportements de la Banque centrale et de la clientèle des
banques, et de leurs avoirs en MBC.

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Les deux limitations que sont les retraits de billets par le public et les réserves obligatoires
correspondent à la réalité de la création monétaire. Elles permettent de définir le multiplicateur de
crédit. Si l’on note :
M, la monnaie totale créée (somme des crédits additionnels) ;
MBC, réserves excédentaires initiales ;
r, le taux des réserves obligatoires que les banques doivent constituer par rapport au montant des
dépôts qu’elles gèrent ; b, le taux de préférences des agents économiques pour la détention de billets/
ou taux de retraits sous formes de billets ;
On peut écrire comme suit le résultat auquel on aboutit à la fin du processus ci-dessous :

Le multiplicateur de crédit est donc :

La distribution de crédits et la création de monnaie sont d’autant plus importantes que les agents
économiques utilisent la monnaie scripturale et non pas les billets, et que la banque centrale maintient
un faible taux de réserves obligatoires.
De cette relation (1) purement comptable, les économistes et notamment le courant monétariste avec
pour chef de file FRIEDMAN en ont fait une équation, une théorie, qui est la théorie de l’offre de
monnaie exogène c'est-à-dire qu’elle crée une causalité, elle introduit une causalité dans cette équation
: la masse monétaire trouve ses origines dans la base monétaire. C’est la base monétaire qui détermine
la masse monétaire et pas l’inverse. On dit exogène dans la mesure où la base monétaire c’est le passif
de la banque centrale et est exogène aux agents non financiers et également aux banques non
commerciales. Ça veut dire que si la banque centrale contrôle la monnaie qu’elle émet, la base monétaire
elle contrôle finalement la quantité de monnaie en circulation y compris la monnaie créée par les banques
commerciales c'est-à-dire la monnaie scripturale. On constate que dans le cadre du système bancaire, le
fait que le système bancaire soit un système hiérarchisé avec en haut la banque centrale et en dessous
les banques commerciales assujetties, les B2, justifie cette approche. Si on fait l’hypothèse qu’on a
affaire à des comportements stables de la part des agents non financiers concernant le mode de détention
de leur monnaie et une politique monétaire stable en termes de réserves obligatoires alors de cette
équation (1) sous ces hypothèses on peut dire que toute variation de la base monétaire se traduit par une
variation dans le même sens de la quantité de monnaie en circulation.
Le multiplicateur de crédit mesure le pouvoir de création monétaire d’un système bancaire dans une
zone économique donnée. Il peut s’écrire sous une forme simplifiée :

L’équation (2) signifie que la création monétaire (M) est une fonction du montant des réserves
bancaires (MBC). Ces dernières sont déterminées par le montant de billets en circulation et le niveau
des réserves obligatoires, deux variables contrôlées par la banque centrale.

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Le montant de nouveaux crédits et la quantité de monnaie créée sont un multiple des réserves
excédentaires initiales. On remarque aussi que la quantité de monnaie créée (1000) correspond à
l’épuisement, par les réserves obligatoires, des réserves excédentaires.

3.2 Le diviseur de crédit


Le diviseur de crédit indique quelle quantité de MBC doivent se procurer les banques après
avoir créé un montant M de monnaie.
L’ordre des phénomènes est alors inversé par rapport au mécanisme du multiplicateur de crédit : le
système bancaire accorde tout d’abord des crédits pour un montant M et se procure seulement dans un
second temps la monnaie banque centrale nécessaire pour faire face à la demande de billets et à la
constitution des réserves obligatoires, monnaie dont le montant s’élève à :

Ce mécanisme, appelé diviseur de crédit, peut se dérouler lorsque les banques peuvent facilement
obtenir la monnaie banque centrale en cédant des actifs mobilisables ou éventuellement en puisant
temporairement dans leurs réserves obligatoires.

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