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Jozef M Bochenski Lhistoire de La Logiqu

Le document examine la question des critères de rationalité et leur relativité à travers l'histoire de la logique. Il conclut qu'il existe des logiques formelles spécifiques dans plusieurs milieux culturels, et que certaines règles d'acceptation et de rejet d'énoncés sont généralement acceptées. L'auteur défend l'idée que l'histoire de la logique contredit le relativisme extrême en affirmant l'existence de critères de rationalité communs.

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Le document examine la question des critères de rationalité et leur relativité à travers l'histoire de la logique. Il conclut qu'il existe des logiques formelles spécifiques dans plusieurs milieux culturels, et que certaines règles d'acceptation et de rejet d'énoncés sont généralement acceptées. L'auteur défend l'idée que l'histoire de la logique contredit le relativisme extrême en affirmant l'existence de critères de rationalité communs.

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L’HISTOIRE DE LA LOGIQUE ET LES CRITÈRES DE RATIONALITÉ1

Józef M. Bocheński
(Traduit de l’anglais par Benoit Guilielmo)

Le problème de la relativité des critères de rationalité est actuellement très discuté en


philosophie. Les avocats du relativisme extrême maintiennent que ces critères dépendent
exclusivement du milieu culturel – au point que, d’après leur opinion, il n’existe pas de critères
généralement acceptés.
Que devrions-nous comprendre par « critères de rationalité » ? En traduisant cette
expression plutôt obscure dans le langage compréhensible des logiciens, je dirais qu’elle se
réfère aux règles d'acceptation ou de rejet des énoncés. Si c’est le cas, ces règles doivent faire
partie de la logique formelle de chaque milieu culturel car la logique est, entre autres choses,
la formulation de ces critères.
Donc la question : « Est-ce qu’il existe des critères de rationalité généralement acceptés ? »
peut être formulée de la façon suivante : « Est-ce qu'il existe des règles d’acceptation et de
rejet des énoncés apparaissant dans les logiques formelles de chaque milieu culturel ? » La
réponse à cette question suppose évidemment que chacun des milieux culturels possède sa
propre logique formelle spécifique...
Le problème est de caractère empirique. Même si l’absoluité de nos règles est justifiée par
l’intuition eidétique, il se peut que dans certains milieux culturels, des personnes soient, pour
ainsi dire, « logiquement aveugles » : ils n’accepteraient pas des règles évidentes.
La discipline compétente en ce domaine est l’histoire de la logique, car elle examine de
manière empirique les logiques formelles développées dans différents milieux culturels. Elle
seule est en capacité de répondre à ces deux questions : (1) Est-ce qu’une logique formelle
spécifique existe dans un milieu donné ? Et (2), si oui, est-ce que certaines règles
d’acceptation et de rejet d’énoncés font partie de chacune d’entre elles ?
En vue de formuler de manière plus précise la seconde de ces questions, nous choisirons
les règles suivantes qui sont incluses dans la logique contemporaine normale :
modus ponens – si un conditionnel et son antécédent sont donnés, leur conséquent devrait
être accepté ;
dictum de omni – ce qui a été affirmé au sujet de tous les éléments d’une classe devrait être
affirmé pour chacun d’entre eux ;
le principe de cohérence – les contradictions devraient être évitées.

1 In Zarnecka-Bialy, E. (ed.) Logic Counts, p. 85-86, 1990, Dordrecht : Kluwer Academic Publishers.
Qu’est-ce que l’histoire de la logique répond à ces questions ?
(1) La réponse à la première question est affirmative, avec quelques restrictions.
Nous connaissons quatre, ou peut-être cinq, milieux culturels différents qui ont créé des
logiques formelles spécifiques. Ce sont : l’antiquité européenne, le Moyen Age, le XIXe siècle et
XXe siècle et l’Inde. Dans le dernier cas nous avons apparemment deux logiques différentes
qui sont apparues successivement : l’ancien Nyaya et le Navya-Nyaya.
Ces logiques différent grandement les unes des autres. Par exemple, la logique scolastique
diffère de la logique ancienne – pour ne mentionner qu’un seul détail – par la quantité
importante de sémantique dont elle fait usage. La logique indienne, contrairement à toutes les
logiques européennes, est intensionnelle – elle ne connaît pas les quantificateurs. La logique
mathématique diffère de toutes les autres, par exemple, de par son usage étendu du
formalisme.
La réponse à la première question est donc affirmative.
(2) Malgré ce fait, les trois règles que nous avons mentionné font partie, sans exception, de
toutes les logiques qui nous sont connues. Il est vrai que, pour autant que l’on sache, nulle
formulation précise du principe de cohérence n’a été jusqu’à maintenant découverte dans la
logique indienne ; mais elle l’applique régulièrement, tout comme Aristote utilise le principe
d’identité, qu’il n’a pas lui-même formulé.
La réponse donnée par l’histoire de la logique à la seconde question est elle aussi
affirmative – bien qu’elle soit limitée aux milieux culturels dont la logique formelle nous est
connue.

Ainsi l’histoire de la logique formelle contribue à la discussion sur la relativité des critères
de rationalité. Elle se prononce d’elle-même contre le relativisme extrême et en faveur de
l’existence de critères de rationalité généralement acceptés. Bien entendu, elle exprime son
verdict sans prétendre au caractère absolu de celui-ci – tout comme c’est le cas pour tous les
énoncés des sciences empiriques et historiques. Elle nous apprend que, dans l’état actuel de
nos connaissances des milieux culturels ayant développé une logique formelle, nous devons
admettre qu’il existe des règles d’acceptation et de rejet des énoncés qui sont généralement
acceptés, c’est-à-dire des critères de rationalité – c’est-à-dire que la thèse du relativisme
extrême est à rejeter.
L’histoire de la logique est la seule compétente dans ce domaine. On peut dire que tout le
reste n’est que spéculation.

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