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Les Agnus Dei

Les Agnus Dei

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Rome, n° 99, 8 mars 1912. http://www.liberius.

net

LES « AGNUS DEI .»


Leur bénédiction à Rome et leurs usages.
S'il est une dévotion répandue à Rome et surtout celle des cierges offerts au Souverain
dans toute l'Italie, c'est bien la dévotion aux Pontife le jour de la Chandeleur par les curés
Agnus Dei. Mais, sans doute parce que la et les Instituts religieux de Rome. La quantité
bénédiction des Agnus Dei est réservée au de cire employée varie d'ailleurs suivant les
Souverain Pontife, parce que la provision années.
des Agnus disponibles est limitée, parce qu'il Cette cire, mise en fusion, est coulée dans
n'est pas toujours facile de se les procurer, des moules oblongs, aux angles adoucis et
ces objets de piété sont moins connus dans arrondis. Autrefois, cependant, on se servait
les autres parties de la catholicité et particu- de moules entièrement ronds et cylindriques,
lièrement en France. Aussi, nous voudrions, comme on le voit par un Agnus du xiv e siècle
en quelques mots, remettre cette dévotion en qui fut bénit par Grégoire XI. Les Agnus
estime parmi les nombreux lecteurs de Rome, ainsi obtenus sont de dimensions variées: les
et les détails que nous allons donner sur la plus petits ne mesurent que om,o2 ou o m ,o3,
confection des Agnus, leur bénédiction et les grands peuvent même dépasser une lon-
consécration, leurs usages et leur valeur, gueur de o m ,20 et une largeur de o m ,io.
n'ont pas d'autre but. Primitivement, chacun des deux côtés por-
tait l'effigie de l'Agneau pascal, qui y était
1. Définition de 1' « Agnus Dei ». représenté couché sur le livre de l'Apocalypse,
Ses différentes formes. la tête couronnée d'un nimbe traversé par une
croix et tenant contre son épaule le signe de
VAgnus Dei est un des nombreux sacra- la résurrection. Tout le monde d'ailleurs
mentaux que l'Eglise a établis, dans sa bonté, connaît cette image de l'Agneau pascal que
pour le bien spirituel et temporel des fidèles. les portes de nos tabernacles ont popularisée.
Tel qu'il est actuellement et depuis plus de La légende qui entoure cette figure de
deux cents ans, c'est un médaillon de cire l'Agneau pascal dans YAgnus Dei reproduit
blanche, de forme ovale, portant sur un de les paroles de saint Jean-Baptiste saluant
ses côtés la figure de l'Agneau pascal qui lui Notre-Seigneur et le plus souvent abrégées :
a donné son nom, sur l'autre l'image d'un Ecce Agnus Dei qui tollit peccata mundi.
saint, et qui a reçu du Pape une bénédiction Au-dessous, on imprime le nom du Pape qui
spéciale. D'après les règles de la liturgie, la a fait la bénédiction, l'année de cette béné-
matière doit être de la cire naturelle, véritable diction et même celle du pontificat, avec les
produit de l'abeille, et toute cire artificielle armes du Pape sous cette forme :
est rigoureusement proscrite. Parce qu'elle
1906
est destinée à représenter la pureté de l'Agneau
PIUS X ANN. I I I . P. M.
pascal, cette cire a dû subir préalablement
une préparation chimique qui lui ôte sa cou- comme on peut le voir par les reproductions
leur jaunâtre et lui donne une blancheur à'Agnus qui sont données dans cet article.
éclatante. Depuis longtemps déjà, le verso des Agnus
Généralement, cette cire provient du cierge est occupé par une ou plusieurs figures de
pascal des années précédentes, et voilà pour- saints et parfois même par un sujet rappe-
quoi on remet au Pape, pour cet usage, les lant un événement sensationnel, comme par
cierges de la Chapelle Sixtine et des églises exemple la porte jubilaire, qui a été repro-
de Rome. Toutefois, il peut arriver que duite sur les Agnus bénits par Léon XIII,
môme la quantité en soit insuffisante : on durant Tannée sainte de 1900. Le choix du
y ajoute alors, soit de la cire ordinaire, soit saint est à la libre disposition du Pape : tan-
LES « AGNUS DEI»

tôt c'est Tun des saints ou bienheureux du server les débris de ce cierge comme moyen
Martyrologe romain, et, sous le pontificat de de préservation spirituelle et temporelle cons-
Pie IX, notons en particulier'saint Mathieu, tituant les premiers vestiges de YAgnus ?
saint Joseph, saint Bernard, saint Janvier, Nous ne le croyons pas, et il est même pos-
saint Pie V, sainte Thérèse; tantôt ce sont sible que la bénédiction des Agnus soit anté-
des saints de l'Eglise grecque que Clément XI rieure.
admit pour la première fois en 1700; tantôt Peut-on suivre l'opinion du savant cardinal
c'est l'image de la Vierge qui y est repré- Baronius qui les faisait remonter beaucoup
sentée sous les différents vocables qui lui sont plus haut et prétendait qu'ils étaient des imi-
décernés. Ces portraits sont également entou- tations des bulles d'or que portaient au cou
rés d'inscriptions latines qui servent préci- les enfants païens? Cette opinion ne vaut pas
sément à les identifier. En voici quelques mieux que la précédente, car elle ne s'ap-
exemples : puie que sur une analogie sans fondement
0 PAR. BEATUM I0ACHIM ET ANNA
historique.
SANCTUS- CLEMENS PAPA ET MARTYR Enfin Hospinien [De festis christianorum,
SANCTUS CHRISTOPHORUS
REGINA MONT. REGALIS
Genève, 1674, p- io4) ne mérite pas plus de
crédit quand il prétend que les Agnus dérivent
Ajoutons enfin, pour être complet, que. par de cet usage qu'avaient les païens de distri-
respect pour les Agnus Dei, on a coutume buer des sortes de porte-bonheur aux jours
de fêtes.
Ce n'est pas en dehors de
l'Eglise qu'il faut chercher
l'origine des Agnus, et c'est
de Rome même que nous
vient cet usage. Toutefois,
dans l'état actuel des textes,
nous ne trouvons pas de trace
certaine des Agnus avant le
ixe siècle.
Nous devons renoncer en
effet à voir un Agnus Dei
dans la boîte d'or trouvée en
i554 à la basilique Vaticane
AGNUS DEI )) DE GREGOIRE XI (xiVe SIECLE)
dans le tombeau de Marie,
femme de l'empereur Hono-
depuis longtemps de les enfermer dans des rius, car on ne trouva aucune trace d'image
reliquaires, fermés par une glace de verre, en cire. Quant à Y Agnus que l'on découvrit
qui les protège de toute souillure. Les com- dans le tombeau de Flavius Clemens, il n'est
munautés religieuses de Rome se chargent certainement pas de l'époque de ce consul,
d'enguirlander ainsi les Agnus dans le goût mais il y a été introduit à une date postérieure
italien, et les deux reliquaires dont nous don- inconnue. Enfin, le témoignage sur lequel
nons la photographie ont été ainsi confec- on s'appuie pour affirmer que saint Grégoire
tionnés par les religieuses Capucines du cou- le Grand (vie s.) a envoyé à Théodelinde,
vent de Sainte-Pudentienne. reine des Lombards, un Agnus Dei, est pour
le moins douteux.
H . Origine des « Agnus Dei ». Il faut arriver au ixe siècle pour trouver un
Les Agnus Dei remontent certainement terrain plus solide, ce qui ne veut pas dire
à une haute antiquité, mais il est bien diffi- que les Agnus n'existaient pas avant cette
cile de savoir leur origine exacte, et les sen- époque, l'absence de documents n'étant pas
timents des auteurs sont variés sur ce point. une preuve de leur non-existence. En tout
Faut-il admettre que la bénédiction des cas, au ixe siècle, nous trouvons la bénédic-
Agnus dérive de la bénédiction du cierge tion des Agnus Dei mentionnée et même som-
pascal, comme le pensait le Bénédictin Mabil- mairement décrite dans un Or do Ro/nanus,
lon, l'usage employé par les fidèles de con- sorte de catalogue ou calendrier des cérémo-
LES « AGNUS DEI )>
71

nies religieuses qui s'accomplissent à Rome AUTREFOIS


et que les critiques sont unanimes à dater du
ix e siècle. Il existe plusieurs de ces Ordo Ro- e
Au ix siècle, d'après Y Ordo Romanus I,
manus et ils sont très précieux pour la con- dont nous venons de citer le texte, c'est au
naissance de la liturgie romaine. Voici com- Latran et le matin du Samedi-Saint que se
ment s'exprime cet Ordo du ix e siècle sur
le rite de la bénédiction des Agnus : « Le
Samedi-Saint, de bon matin, l'archidiacre
vient à l'église ; il verse la cire dans un grand
bassin bien propre, il y mêle de l'huile, il
bénit la cire et il en fait des représentations
de l'agneau qu'il conserve en un endroit con-
venable. Dans l'octave en Pâques, ces Agnus
sont distribués par l'archidiacre, dans l'église
et après la communion, au peuple qui les ^...' v . ..:.J%7J
emporte à la maison pour s'en servir au
besoin. » ( i ) '%}.'•• ' 'f:'&J/
A partir de cette époque, les textes sont
plus abondants et moins concis dans leur des-
cription du rite, en sorte qu'il devient facile
de se rendre un compte exact de la physio-
nomie de la cérémonie à travers les siècles. (( AGNUS DEI )) BÉNIT PAR INNOCENT XI
SAINTE SCOLASTIQUE
] 1 ] • Bénédiction et distribution des
« Agnus », à Rome, autrefois et fait la bénédiction des Agnus. C'est l'archi-
diacre lui-même qui prépare la cire, fait le
aujourd'hui. mélange d'huile et le bénit, confectionne les
Le cérémonial actuel de la bénédiction et Agnus, lui enfin qui les distribue aux fidèles
de la consécration des Agnus Dei n'a pas le jour de l'octave de Pâques, après la com-
munion.
Au xe siècle, nous voyons le Pape inter-
venir. Car, d'après un pontifical attribué à cette
époque et connu sous le nom de Pontifical
de Poitiers, si c'est encore l'archidiacre qui
bénit les Agnus en se conformant au céré-
monial précédent, c'est le Pape en personne
qui les distribue au peuple le samedi après
Pâques (1).
Jusqu'au xn e siècle inclusivement, le rite
que nous venons de décrire ne varie presque
pas. L'Ordo Romanus XI, qui est duxn e siècle,
mentionne toutefois la présence de l'acolyte
aux côtés de l'archidiacre pour l'aider dans
ses fonctions, et note que la distribution est
faite toujours par le Pape « pendant le chant
de Y Agnus Dei » à la messe du samedi de la
Quasimodo (2).
« AGNUS DEI » BÉNIT PAR INNOCENT IV Au xni e siècle, Y Ordo Romanus XII, rédigé
par le cardinal Cencio Savelli qui fut plus
changé depuis le xvi e siècle. Il nous faut donc tard le pape Honorius III, indique quelques
rechercher et noter les différentes manières changements : ce n'est plus l'archidiacre qui
dont se fit la cérémonie avant cette époque.
(1) BARBIER DE MONTAULT, Analecta Jaris. pontificii
8 e série, col. 1^77.
(i) MIGNE, P . Z., t. LXXV1II, col. 960, 961. (2) Ibid. "
7 2 LES (( AGNUS DEI ))

confectionne les Agnus, mais ce soin est Pour la même époque, YOrdo Romanus XV
réservé aux acolytes pontificaux qui sont ajoute encore quelques détails. Il rappelle en
chargés également d'offrir au Pape une cor- particulier que la bénédiction des Agnus ne
se fait que la première année de chaque pon-
tificat et ensuite tous les sept a n s ; il décrit
longuement la bénédiction qui fut faite à Rome
en 1378, sous Urbain VI, qui avait confié le
soin de la fonction à son sacriste, l'évêque
Sinigaglia (1).
Au xv e siècle, la dévotion aux Agnus s'est
tellement développée parmi le peuple que
Rome est obligée d'en bénir un plus grand
nombre. Aussi un Ordo de cette époque note-
t-il qu'il faut préparer plus de 4oo livres de
cire, et, pour ne pas trop charger le trésor
pontifical, on demande même aux fidèles
d'apporter la quantité de cire correspondant
au nombre à'Agnus qu'ils désirent recevoir.
C'est du moins ce que nous apprend une
affiche latine, rédigée à Rome sous Eugène IV
(i431-1457), et dont voici la traduction d'après
le texte latin donné par M&r Battandier (2) :
Notre Très Saint-Père dans le Christ et Seigneur
(( AGNUS DEI )) BENIT PAR CLEMENT XI le pape Eugène IV a l'intention, au jour du Jeudi-
SAINT PHILIPPE DE NÉRI Saint, de confectionner et de consacrer le Saint-
Chrême et les saints Agnus Dei, et de faire solen-
beille pleine à'Agnus bénits au moment où nellement ce que les Souverains Pontifes ont cou-
il se met à table ( i ) .
Pour le xiv e siècle, on peut consulter YOrdo
Romanus XIV, où la cérémonie de la distri-
bution est déjà racontée avec beaucoup de
détails. La bénédiction des Agnus y est cepen-
dant la même qu'au xm e siècle. 11 y est fait
mention de la cérémonie que devait suivre
l'acolyte chargé d'apporter au Souverain
Pontife la corbeille d ' A g n u s . Cet acolyte
devait se présenter devant le Pape en chan-
tant trois fois ces paroles : «Domine, domine,
isti sunt agni novelli qui annuntiaverunt
alléluia, modo veniunt ad fontes, repleti
sunt claritate, alléluia. Seigneur, seigneur,
voici les agneaux nouveaux qui ont annoncé
l'Alléluia. Il n'y a pas longtemps qu'ils ont été
à la fontaine, ils sont maintenant fort clairs.
Alléluia. » (2) A cette époque, pour bénir les
Agnus, on se sert de la formule usitée pour ce AGNUS DEI )) BENIT PAR LEON XIII
la bénédiction des cierges à la Chandeleur,
LA PORTE SAINTE
et l'on trouve déjà la cérémonie que l'on
appelle vulgairement le baptême des Agnus
et que nous décrirons bientôt tout au long (3). tume de faire, un jour après leur création, de
sept ans en sept ans. C'est pourquoi tous ceux
qui veulent avoir des Agnus Dei apporteront de
(1) MIGNE, P. £ . , t. LXXVIII, col. 1091.
(2) Ibid., col. 1221. v (1) MIGNE, P. L., t. LXXVIII, col. 1334-1336.
(3) VACANT, Dictionnaire de théologie,. Article « Agnus (2) BATTANDIER, Annuaire pontifical catholique, 1901,
Dei », col. C09. j>. 355.
LES (( AGNUS DEI )) 73

bon matin de la cire blanche, pure et belle, non AUJOURDHU)


mélangée, à la maison de Guillaume, sous-diacre
vicaire de notre seigneur le Pape, à moins qu'ils Si nous comparons les cérémonies de la
ne préfèrent donner le prix de ladite cire. bénédiction actuelle avec celles de la période
Il y a là un usage qui ne durera pas long- précédente, nous constatons des changements.
temps, car nous verrons bientôt les Agnus
distribués tout à fait gratuitement.
A la même époque, les faussaires ne
manquent pas de mettre à profit ce grand
désir qu'avaient les fidèles de posséder ce
sacramental. Ils en fabriquent des contrefa-
çons dont ils font une source de revenus. Et
voilà pourquoi les Papes se réservent exclu-
sivement la fabrication, la bénédiction et la
distribution des Agnus. C'est Paul II qui,
par une Bulle du 21 mars 1470, prend cette
mesure; il la fait suivre de sanctions cano-
niques rigoureuses contre les faussaires et
les vendeurs à'Agnus, et le mal était si grand
que Sixte IV dut reprendre les mêmes pres-
criptions Tannée suivante (1).
C'est au xvi e siècle seulement qu'a été défi-
nitivement fixé le cérémonial dont les Papes
se servent de nos jours encore pour la consé-
cration des Agnus, et il n'a pas changé depuis
« AGNUS DEI )) DANS SON RELIQUAIRE
SAINT JOAGHIM ET SAINTE ANNE
(Côté verso.)

Le baume et le Chrême ne sont plus mêlés


à la cire, mais à l'eau destinée au baptême
des Agnus; la gracieuse cérémonie dans
laquelle l'acolyte apportait une corbeille
à1 Agnus à la table du Pape a également
disparu; le moulage des Agnus enfin est
confié d'abord aux religieux Feuillants de
Sainte-Pudentienne de Rome et, après leur
disparition, aux religieux Cisterciens de Sainte-
Croix de Jérusalem qui détiennent encore ce
privilège. Ajoutons enfin que de nos jours on
distingue deux sortes de bénédictions des
Agnus, l'une solennelle (i), qui se fait dans

(1) La dernière que fit Léon XIII est du 17 j u i n 1900.


S. S. Pie X, d'après une note autorisée qui nous vient du
Vatican, n'a fait jusqu'à présent qu'une seule bénédiction
solennelle des Agnus Dei, le 21 janvier 1906, dans la cha-
« AGNUS DEI » DANS SON RELIQUAIRE pelle Sixtine, mais a autorisé deux bénédictions privées à
ET BÉNIT PAR PIE X EN 1906 Sainte-Croix de Jérusalem, le 21 janvier 1904 et le 21 j a n -
vier 1909. Par ces dates, il semblerait que le Saint-Père
(Côté recto.) tienne à ce que désormais ces bénédictions se fassent au
j o u r même de la fète*de Sainte Agnès. Quelques mois
après la dernière bénédiction, le 16 août 1909, le Saint-Père
cette époque. Nous arrivons ainsi à l'étude a reçu en audience le commandeur Edmond Puccinelli,
maître d'hôtel des SS. Palais apostoliques, M«r Campoli,
de cette* consécration et distribution" dans la sous g-arde-robe, le Rm8 P. Testa, abbé de Sainte-Croix de
période moderne. Jérusalem avec tous les Pères Cisterciens qui ont exécuté
le travail des Agnus Dei, et le commandeur Puccinelli lui
a remis deux corbeilles d'Agnus Dei. (Note de la Rédac-
(1) Buîlar. ampliss. collect. Rome, 1743, t. III, p.-.i3o-iSi. tion.)
74 LES « AGNUS D E I ))

LA BENEDICTION DES (( AGNUS DEI )) PAR LE PAPE


(Dessin de R. FERRARA, g r a v u r e de L. BAROCCI.)

Tannée de l'élection du Souverain Pontife le trône pontifical; à droite, on a préparé un


et ensuite tous les sept ans, l'autre privée, autel avec tous les ornements nécessaires; du
quand la provision est épuisée, ou simplement côté de l'Evangile, on a rangé les caisses qui
au gré du Pape. La seconde ne différant de contiennent les Agnus; du côté de l'Epître,
la première que par l'éclat extérieur du céré- sur une petite table, on a posé le Saint
monial, nous nous bornerons à décrire la béné- Chrême, le baume et les objets nécessaires
diction solennelle en nous servant du livre à la bénédiction. Un grand bassin d'argent,
des cérémonies papales ( i ) . préalablement rempli d'eau, a été préparé
La bénédiction des Acjnus se fait publique- à quelque distance en avant du trône ponti-
ment, dans la salle du Consistoire au Vatican, fical; deux autres bassins pleins d'eau ont
le mercredi, le jeudi et le vendredi de la été également disposés, le long de la salle,
semaine qui suit Pâques. Autrefois, lorsque à droite et à gauche, devant les sièges des
le Pape habitait le Quirinal, la fonction se cardinaux qui doivent participer à la bénédic-
faisait dans la salle ducale. Le Sacré Collège tion des Agnus. Dans une chambre contiguë,
assiste chaque jour à la fonction, mais par on a recouvert de linges destinés à sécher les
tiers seulement et sur l'invitation nominale Agnus consacrés des tables confiées au soin
du Pape. Les Romains et les étrangers sont des religieux Cisterciens. Des tabliers ont été
admis à la cérémonie suivant les places dis- aussi préparés par M^r le garde-robe du Pape
ponibles et dont est juge le maître des céré- pour l'usage des cardinaux et autres officiants.
monies pontificales. En vue de l'accomplisse- Au moment fixé, la procession s'organise
ment du rite, on a dressé au fond de la salle pour aller chercher le Souverain Pontife à ses
appartements. Le Saint-Père, revêtu de la sou-
(i) BARBIER DE MONTAULT, loc. cit., col. 1489-1493. tane blanche, d u rochèt, de la mozette et ca-
LES (( AGNUS DEI )) 75
lotte blanches, se rend alors à la salle où doit l'ennemi n'ait aucun pouvoir sur eux; que nulle
se faire la fonction. A son arrivée, il donne adversité ne domine sur eux; que nulle ténèbre
aux fidèles sa bénédiction, fait à genoux une ne leur fasse peur; que la pestilence ou la corrup-
courte prière devant l'autel et revêt les orne- tion de l'air ne leur fassent point mal; que les
ments sacrés. Il monte ensuite au trône pon- maladies contagieuses ne les atteignent pas; que
ni les tempêtes de la mer, ni l'incendie, ni l'inon-
tifical où il se repose quelques instants et
dation ne leur nuisent pas; par l'invocation de
s'approche bientôt du bassin rempli d'eau. votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Cette eau a été bénite auparavant par M&r le qui vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-
sacriste par une formule de prière où l'on Esprit dans tous les siècles. Amen.
demande à Dieu « de bénir et sanctifier cet
Deuxième prière. — Seigneur Jésus-Christ,
élément, afin que les fidèles qui pieusement qui êtes le véritable Agneau innocent, immolé
vénèrent les disques de cire qui y ont été
plongés soient lavés de leurs crimes, reçoivent
des grâces abondantes et méritent ainsi de
participer à la vie éternelle des élus. » Le
Pape, coiffé de la mitre, reçoit du plus ancien
des cardinaux le vase qui contient le baume ; il
en verse le contenu dans l'eau en forme de
croix et en disant : « Consecrare et sanctiji-
care digneris, Domine, aquas istasper istam
sanctam balsa/ni infusionem et nostram
benedictionem : Seigneur, daignez consacrer
et sanctifier ces eaux par cette sainte infusion
de baume et Notre bénédiction, in nomine
Patins f et Filii f et Spiritus f Sancti.
Amen. » Il y verse ensuite le Chrême en
forme de croix en répétant : Consecrare et
sanctijicare digneris aquas istas per istam
sanctam unctionem chrismatis et nostram
benedictionem. L'eau étant ainsi bénite, le
Pontife en verse quelques cuillerées dans les
autres bassins sans récitation de formule.
Il se rend ensuite auprès des caisses qui
contiennent les Agnus, dépose la mitre et,
debout, récite sur eux trois oraisons spéciales.
La première est adressée à Dieu le Père, la « AGNUS DEI » DANS SON RELIQUAIRE
seconde à Dieu le Fils, la troisième à Dieu le LA VIERGE
(Côté verso.)
Saint-Esprit. Nous croyons qu'il n'est pas
inutile d'en donner ici la traduction, parce
qu'elles expriment bien les effets des Agnus. pour le salut du monde sur l'autel de la croix,
vous dont la mort a racheté l'humanité de la
mort éternelle et l'a arrachée au pouvoir du démon
Première prière. — Dieu, auteur de toutes les pour la rappeler à la vie, daignez bénir, sanctifier
sanctifications, vous qui avez agréé l'agneau du et consacrer ces images de cire représentant
sacrifice d'Abel, vous qui, à la place d'Isaac, avez l'Agneau. Que ceux qui les portent dévotement
voulu que Ton sacrifiât un bélier, vous qui avez par révérence et en l'honneur de votre nom soient
ordonné à Moïse d'offrir des sacrifices, nous vous délivrés de la mort subite et de toute mauvaise
supplions ardemment de bénir et de sanctifier ces attaque de l'enfer; que par la vertu de votre
images de cire représentant l'Agneau très inno- Passion les douleurs des mères qui enfantent soient
cent, pour qu'à leur présence la grêle, les trombes, tellement adoucies que la mère et l'enfant soient
les tempêtes, les vents et les tonnerres soient dis- conservés sains et saufs. Vous qui vivez et régnez
sipés ; et comme, à la vue du sang dont le peuple dans l'unité du Saint-Esprit dans tous les siècles.
avait marqué le seuil de ses maisons, l'ange exter- Amen.
minateur épargna les maisons ainsi aspergées, de
même, qu'à la vue de ces images les malins Troisième prière. — 0 grand Esprit, vous qui
esprits tremblent et s'enfuient •; que ceux qui les fécondez les eaux et les sanctifiez par votre souffle,
portent soient délivrés de la mort imprévue ; que vous qui changez leur amertume en douceur, dai-
76 LES (( AGNUS DEI ))

gnez bénir, sanctifier et consacrer ces agneaux du temps pascal : Adregias Agni dapes
de cire qui vont être plongés dans l'eau et le saint Le baptême terminé, le Pape se rend à la
Chrême. Que tous ceux qui les porteront, forts chambre où sèchent les Agnus et récite une
de votre force, jouissent de vos consolations; vous
oraison dans laquelle il demande encore, pour
qui êtes vraiment le Paraclet et qui vivez et régnez
éternellement avec le Père et le Fils. Amen. les possesseurs d'Agnus, la réalisation des
nombreux bienfaits qui y sont attachés. De
Ces oraisons terminées, le Pontife bénit là, il retourne à l'autel, dépose les vêtements
l'encens et encense les Agnus. Il reprend la sacrés, bénit une dernière fois les fidèles et
mitre, monte à son trône, reçoit un tablier et rentre dans ses appartements au milieu des
une bavette, puis plonge dans l'eau avec une cardinaux qu'il remercie de leur concours.
cuiller d'argent doré les Agnus qui lui sont Le même rite se répète ainsi durant trois
présentés. Il est aidé par les deux cardinaux jours, sauf qu'il n'y a plus de bénédiction de
l'eau, la première servant pour les trois céré-
monies.
Les Agnus ainsi consacrés sont mis en pa-
quets par Msr le garde-robe, en vue de la dis-
tribution officielle qui doit être faite à la
messe du samedi de la semaine de Pâques.
Ce jour-là, une messe est dite à la Sixtine.
Après le chant de VAgnus Dei et la commu-
nion du célébrant, les cardinaux présents
ainsi que les archevêques, évêques et abbés
mitres prennent les ornements qui con-
viennent à leur ordre. Un auditeur de Rote
va chercher à la chapelle Pauline les Agnus
bénits et, de retour à la Sixtine, chante par
trois fois, en présentant la corbeille : Pater
sancte, isti sunt agni novelh qui annuntia-
verunt vobis alléluia, modo veniunt ad
fontes, repleti siuit claritate, alléluia.
La distribution commence aussitôt. Les
paquetsne sont pas tous égaux ; les plus grands
sont réservés aux cardinaux et renferment
environ cent Agnus ; les autres, plus petits,
seront donnés aux autres prélats. Les cardi-
naux s'approchent les premiers, baisent la
main et le genou du Pape, ainsi que les Agnus
qu'ils reçoivent dans leur mitre. Les arche-
vêques, évêques et abbés les reçoivent égale-
« AGNUS DEI » DANS SON RELIQUAIRE ITALIEN
ment dans leur mitre, les pénitenciers dans
leur barrette. Viennent ensuite, dans l'ordre
diacres qui l'assistent. De même, les autres de préséance suivi pour les cortèges de la pré-
cardinaux ont quitté la mozette, mis un sentation des cierges à la Chandeleur, de la
tablier par-dessus le mantelet, et, s'étant réception des cendres, etc., tous ceux qui ont
assis devant les quatre autres bassins, avec rang à la chapelle, c'est-à-dire d'abord le
des cuillers d'argent, ils y plongent les autres prince assistant au trône, puis les prélats, les
Agnus qu'on leur apporte : c'est la partie de" généraux des Ordres mendiants, les auditeurs
la cérémonie qu'on appelle le baptême des de Rote, les votants de la signature, les diacres
Agnus. et sous-diacres de l a chapelle, les maîtres des
Au fur et à mesure qu'on les retire de l'eau, cérémonies, le maître du sacré Palais, les
les Agnus sont portés dans la chambre voi- camériers, les avocats consistoriaux, les huis-
sine et déposés sur des tables où ils achève- siers du palais, les procureurs généraux des
ront de sécher. Pendant toute cette cérémonie Ordres religieux, les procureurs de collège,
du baptême, les chantres exécutent l'hymne les chantres et acolytes de la chapelle, les
LES « AGNUS DEI ))
77

caudataires des cardinaux, la députation du 1912. C'est donc au sous-garde-robe qu'il faut
collège germanique, les ambassadeurs, les s'adresser pour obtenir des Agnus, non par
nobles étrangers ( i ) . lettre, mais par une visite personnelle ou celle
La distribution terminée, le Pape se lave d'un intermédiaire, en ayant soin de se munir
les mains, les cardi- d'un billet de recommandation d'une personne
naux et autres digni- autorisée ou connue à Rome. Dans ces con-
taires déposent leurs ditions, on ne refuse pas un ou plusieurs
ornements, et le Sou- Agnus, et on donne en même temps une
verain Pontife se retire feuille imprimée par la Chambre apostolique
à la fin de la messe où sont relatés les avantages des Agnus,
après avoir donné sa C'est Benoît XIV qui a édité cette formule
bénédiction.
Tous les Agnus
n'ont pas été distri-
bués : on en a réservé
un certain nombre
pour l'usage du Pape
et pour les fidèles qui
n
PETIT « AGNUS DEI » assistent pas a la
DANS UN SACHET distribution publique.
DE SOIE QUE L'ON L'histoire, en effet,
PEUT PORTER SUR nous apprend que les
SON CORPS Souverains Pontifes
eux-mêmes ont envoyé
aux souverains des Agnus en signe d'amitié et
de concorde. Il nous reste en particulier une
lettre d'Urbain V, en vers latins, que ce Pape
envoya à l'empereur de Gonstantinople, Jean
Paléologue, avec un paquet d ' A g n u s des-
tiné à le remercier de la visite que cet empe-
reur avait faite au Pape en 1336 à Avignon (2) ; MÉDAILLON D'ÉTOFFE (RÉDUIT AU QUART)
il nous reste également une lettre que fit CONTENANT UN FRAGMENT D ' (( AGNUS DEI ))
écrire Paul II à Elien Spinola par le cardinal
Jacques de Pavie, qui faisait ressortir en ces en 1702, mais il en existait déjà une aupara-
termes la signification du présent: donum vant dont nous donnons la reproduction pho-
pretiosum, non magnum sed virtute et gra- tographique d'après une vieille gravure de
tiâ maximum (3). l'époque.
Toutefois, il n'y a pas que les princes qui
puissent se faire distribuer des Agnus; les I V . Vertus et usages
simples fidèles peuvent obtenir la même des « Agnus Dei ».
grâce. Le lot qui est échu à M&r le sous-
garde-robe est précisément réservé à ces dis- Nous n'exposerons pas ici dans les détails
tributions. Depuis 1870, ce prélat a ses ap- les vertus spéciales attachées par l'Eglise à
partements en ville et il détient dans sa cha- Y Agnus Dei : le lecteur les trouvera dans les
pelle privée, dans des caisses disposées le long belles prières de leur consécration que nous
des murs, les Agnus disponibles. Ms r Fran- avons traduites.
cesco Gampoli qui remplissait cette fonction Qu'il suffise de rappeler que les Agnus
depuis le 17 novembre 1908 et recevait chez Dei ainsi consacrés sont de véritables saçra-
lui, 66, via Giulia, le jeudi, de 10 heures à mentaux qui tirent leurs prérogatives spé-
midi (4), est pieusement décédé le 29 janvier ciales de la prière de l'Eglise. Ce sont des
sacramentaux, et par conséquent leur effica-
(1) BARBIER DE MONTAULT, loc. cit., col. 1492. cité dépend aussi en partie des conditions de
(2) ibid., col. i495 et 1496. respect et confiance du sujet qui les utilise.
(3) Ibid., col. 1496.
(4) BATTANDIER, Annuaire pontifical cath, 1912, p . 584. Ce sont des sapramentaux, et par conséquent
LES (( AGNUS DEI ))

ils peuvent produire indirectement d'autres L'AGNUS DEI


effets que leurs effets propres; ils peuvent, Poésie attribuée au curé Turlot
par exemple, être des moyens pour celui qui et publiée par Msr Barbier de Montault.
les porte de s'exciter à la pénitence, au regret Le blanchissant Agnelet,
Rondelet,
Eslevé dessus la cire
'LES VTJiTVS DEI'-AG'XVS DEL j Oui est de beaume sacré
i Consacré,
; Compose de Smvxi, Crefuie, "Bâmne, & pure a r e {".xiraiif Est tout ce que je désire.
\ au îiurr .ipr vtk le CVrt.mt mialou pariant «le la H. rit- •
diction cii€t:ox,l« pamlrs fuyuantes.fe trtniufnt O beau présent et plaisant,
! re^iffîtt^ fur !a lin ni ccûe manière, Si puissant!
En qui Dieu par son Eglise,
Gomme dans un cabinet,
Saint et net,
ïè-"-. ; ' : Sa vertu semble avoir mise,
*Y...
Car si le tonnerre ardent,
Et grondant,
Nous menace d'aventure,
Nous opposons à ses feux
Courageux
A«iiîis Dm,'MHx;€i-svers A'IWJÎCVS Cet agneau de cire pure.
jlLe» tonnerre* il^ehafïê. •rf<«:»i Il sert encor, d'autre part,
îjjvespci.hrj: tlffûct*. IKS;
<tS»î'î^ «i MnbeaG-nsrri. De rempart
,: Il tu.
[Aux
Contre l'horriblejpuissance
•Vint
Des infernales terreurs
Et fureurs,
1 aPritTcqur !rIII F là ia| a afin H 'dut / Ï : dH.V. Qu'elles ne portent nuisance.
' i'mi; sdaclei p . f j c / r,|t
;ï if'-u.V'rti ;s^;1; •i" ;;;;-;;/; Et si le feu s'est espris
iCkC'néïlT^
lt,-if 31 BWW :C7. -t »nvt(C7 Au pourpris
,*
M^t

S
Tti.trt -i» .tCi
; k<v# i d p o c u s n f e n t , A .v «T Par malheur de ta demeure,
• t,i<** t>Iuj â « t . « p o r t e »v« « s tr • m e s ofï;
Comme quelques torrents d'eau
9ij3!i!cfme t a i i p e î t e 3iiiA<rriUe.air pdlstefiîiel <:<u c«m„>f!»p« ni r u l <
Ifjuf ji*nte,tsTnp<sftr*><lc mer t t u k u n feu o u a u i t r v i imuri s AefcTOp'u
Cet agneau
ter n t ; ; r e t î r p m u t t t e t t T . a c H a y qui !«• J W M . I d«i}oten>rttt fur fov
Q4fnî«îiX»âMft«»nl i W i î i c<mf»-r>.fcv U"\f*-rv .i {«"fifanf
L'assoupira tout à l'heure.
'ytw ;oat - ccu)xqui {•"•pwîïTU pinlfent f-(ire umïi'Uirs m u-^;r<••!v^>>>.,, Î*
¥ U ' i î <ft:îkn a v « t î p o i n t p r u r des !4ii!gT^-;u,*s , jknn^rriwa»r<iuiii;i N'aye aussi peur d'abismer
ICJKJ; :.JUU
•rtiijM-fu* l ' . ï S | m » l « f « r Sur la mer
Portant au col ceste image,
A R O M E . C h e s 1 Irnprii.î^or de h C h a m b r e A r * * W . Les flots qui vont s'eslevans
.Sur? periru/Hor» àet S u p é r i e u r s
Et les vents
La sentans quitteront leur rage.
LA FEUILLE QUI SE DONNAIT EN 1 6 6 2 Il gardera que l'effort
AVEC LES (( AGNUS DEI )) De la mort
(D'après une vieille gravure.) Trop soudain ne t'oste l'âme
Et que ton corps froid, gisant,
Blêmissant,
de ses fautes, à l'amour de Dieu, et dès lors
Ne soit rangé sous la lame.
sont des moyens d'augmenter en lui la grâce
Ton épouse il bénira
sanctifiante. Et fera
Gela est suffisant pour que nous cherchions T'estant sexe profitable
à nous en procurer, pour que nous les trai- Que tu voyes tes enfans
tions comme des choses saintes, pour que Triomphans
Tout à l'entour de ta table.
nous les gardions dans nos demeures .en
un endroit convenable, à la place d'honneur,
à côté du crucifix, pour que nous les portions
sur notre corps à la manière des scapulaires
et préservés d'une enveloppe de soie ou de
métal; en un mot, pour que cette dévotion
bien catholique et bien romaine nous soit
particulièrement chère.
O. TROYON,
s- directeur au Grand Séminaire de Reims.

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