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A. Etude des solides déformables
globalement
A.I. Objectifs
Toute pièce réelle est déformable dans un domaine spécifique et peut être détériorée lorsque les
contraintes qu’elle subit dépassent une valeur critique. Ce chapitre a pour but d’introduire l’analyse
de poutres en résistance des matériaux dans le but de les dimensionner afin de répondre à un cahier
des charges, selon des critères de déformation et/ou de dégradation en fonction de leur chargement
extérieur.
Dans ce chapitre, les pièces seront donc considérées déformables, et les mécanismes composés de
plusieurs poutres seront dénommées structures. La résistance des matériaux s’insère dans un domaine
d’étude plus vaste dénommé « élasticité » ou « mécanique des milieux continus ». En RDM, la théorie
développée est simple car elle repose sur un nombre important d’hypothèses portant sur
- Le type de solide déformé
- Le champ des déplacements
- La modélisation des efforts
D’un point de vue expérimental, l’extensométrie et la photoélasticité dont des moyens d’investigation
des déformations des structures.
Pour des pièces de forme complexe, les hypothèses de ce chapitre ne peuvent s’appliquer et il faudra
faire appel à des logiciels basés sur la méthode des éléments finis par exemple.
[Link]. Poutres
[Link].1 Définitions
Le solide élémentaire étudié en RDM s’appelle une poutre. C’est un solide dont la dimension
longitudinale est importante devant les dimensions transversales. Une structure est un assemblage de
poutres, reliées par des liaisons.
𝑺𝟏 Σ
(S)
𝑺𝟐
A s
G
B
Une poutre est le solide engendré par une surface plane Σ dont le centre de gravité G décrit une portion
de courbe 𝛤 orientée par son abscisse curviligne s (par exemple de A vers B).
Une poutre est représentée par une ligne.
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La section Σ reste toujours perpendiculaire à 𝛤.
- s est l’abscisse curviligne du point G
- A est l’origine de la poutre
- B est l’extrémité de la poutre
- 𝛤 est la ligne moyenne de la poutre
- Σ est la section droite de la poutre en G, son centre
- S est la poutre
- 𝑆 sont les éléments du milieu extérieur
- 𝑆1 est la partie de la poutre définie par l’ensemble des points d’abscisse inférieure ou égale à
s.
- 𝑆2 est la partie de la poutre définie par l’ensemble des points d’abscisse supérieure ou égale à
s.
Le repère général (𝑂, 𝑥⃗, 𝑦⃗, 𝑧⃗) est un repère fixe, lié au bâti du mécanisme par exemple. Il joue un rôle
dans la détermination des efforts sur la poutre. Il ne doit toutefois pas être confondu avec le repère
local de la poutre au point G, (𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑥Σ ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦Σ ⃗⃗⃗⃗),
𝑧Σ orthonormé, défini en tout point G de la ligne moyenne,
tel que :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑂𝐺
- 𝑥Σ =
⃗⃗⃗⃗⃗ , tangent à 𝛤 en G
𝑑𝑠
- ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦 Σ ⃗⃗⃗⃗
𝑧Σ sont les vecteurs unitaires portés par les axes principaux d’inertie de la section 𝛤 en G.
Ce sont en général les directions associées aux axes de symétrie pour les sections
couramment fabriquées.
Il existe différents types de poutres que l’on peut classer selon:
- la forme de 𝛤 : droite, plane
- l’évolution de la section : constante, variable
Une poutre est dite plane si sa ligne moyenne est comprise dans un plan. Si ce plan est plan de symétrie
de la poutre, on dit qu’elle est à plan médian.
Une poutre est dite droite si sa ligne moyenne est une droite. Dans ce cas, les deux bases (𝑥⃗, 𝑦⃗, 𝑧⃗) et
(𝑥
⃗⃗⃗⃗⃗,
Σ ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦Σ ⃗⃗⃗⃗)
𝑧Σ ont le même vecteur 𝑥⃗ et x est l’abscisse curviligne s du point G.
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On a donc :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑥𝑥⃗
𝐴𝐺
[Link].2 Exemples
Exemples de sections de profilés vendus dans le commerce :
UPN
IPN
Té Cornière
[Link].3 Hypothèses
La résistance des matériaux est un outil simple et puissant mais présente un certain nombre
d’hypothèses qu’il faut connaître.
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[Link].3.a Géométrie
Il faut que les poutres respectent 3 hypothèses :
- La longueur de la poutre est grande devant les dimensions transversales (solide élancé).
- Le rayon de courbure de la ligne moyenne est grand par rapport aux dimensions de la section
droite.
- Le gradient de variation de la section droite S doit être faible (pas d’épaulement par exemple).
Plus ces hypothèses seront respectées, plus les résultats seront proches de la réalité.
[Link].3.b Matériau
On suppose que les matériaux de construction des poutres possèdent les propriétés suivantes :
- Continus : discontinuités microscopiques négligées
- Homogènes : même constitution en tout point
- Isotropes : mêmes propriétés physiques dans les 3 directions de l’espace
[Link].3.c Déformations
Les résultats de la théorie des poutres sont valables dans le cadre de petites déformations.
[Link].3.d Conditions aux limites - Saint Venant
L’état des sollicitations dans la section droite de centre G, dans une région suffisamment éloignée des
points d’applications des charges extérieures appliquées à la poutre, ne dépend pas, pour les mêmes
torseurs associés à ces charges, de la manière avec lesquelles elles sont appliquées.
Exemple :Effort ou charge répartie de même résultante
Assez loin Assez loin
[Link].3.e Hypothèse de Navier-Bernoulli
Dans les conditions de petites déformations, les sections planes Σ, normales à la ligne moyenne avant
chargement, demeurent planes et normales à la ligne moyenne après chargement (déformation).
[Link].4 Propriétés géométriques des sections droites
Une section droite Σ est caractérisée par ses dimensions transversales. Les grandeurs qui lui sont
associées sont les caractéristiques de la section :
- Moment statique
- Position du centre de la surface
- Moments quadratiques polaires et moment produit
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[Link].4.a Préliminaires
Dans cette partie, il va falloir calculer des intégrales. Attention, les bornes des intégrales doivent
toujours être prises dans le sens des vecteurs de base, c’est-à-dire entre des coordonnées croissantes.
Exemple : Soit une charge répartie du type :
𝑓⃗ = −𝑝𝑦⃗
𝑦⃗
𝑥⃗
𝑋4 𝑋3 𝑋1 𝑋2
La résultante de cette action sur la poutre vaut :
𝑋2 𝑋3
∫ −𝑝𝑦⃗ + ∫ −𝑝𝑦⃗
𝑋1 𝑋4
[Link].4.b Centre G d’une surface
[Link].4.b.i Moment statique
Une section de poutre est repérée par ses vecteurs de base (𝑦
⃗⃗⃗⃗⃗,
Σ ⃗⃗⃗⃗).
𝑧Σ Son centre G est repéré à l’aide
des coordonnées 𝑌𝐺 et 𝑍𝐺 par rapport à un point O quelconque telles que :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺 = 𝑌𝐺 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑦Σ + 𝑍𝐺 ⃗⃗⃗⃗
𝑧Σ
Un point quelconque M de Σ est repéré par :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 = 𝑦𝑦 ⃗⃗⃗⃗⃗Σ + 𝑧𝑧⃗⃗⃗⃗Σ = (𝑌𝐺 + 𝑦𝐺 )𝑦
⃗⃗⃗⃗⃗Σ + (𝑍𝐺 + 𝑧𝐺 )𝑧⃗⃗⃗⃗Σ
𝑦𝐺 et 𝑧𝐺 sont donc les coordonnées de M dans le repère (𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦Σ ⃗⃗⃗⃗).
𝑧Σ
L’élément de surface autour de M est noté 𝑑𝑆.
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On définit le moment statique 𝐴(𝑂, ⃗⃗⃗⃗⃗)
𝑦𝛴 de la surface Σ, par rapport à l’axe (𝑂, ⃗⃗⃗⃗⃗)
𝑦𝛴 par :
𝐴(𝑂, ⃗⃗⃗⃗⃗)
𝑦𝛴 = ∫ 𝑧𝑑𝑆
𝛴
On définit le moment statique 𝐴(𝑂, ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 de la surface Σ, par rapport à l’axe (𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) par :
𝐴(𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) = ∫𝑦𝑑𝑆
𝛴
Un moment statique s’exprime en 𝑚3 .
[Link] Coordonnées du centre G
On appelle centre de la surface Σ le point unique G défini par la relation :
∫ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐺𝑀𝑑𝑆 = ⃗0⃗
𝛴
Soit :
∫ 𝑦𝐺 𝑑𝑆 = 0
𝛴
∫ 𝑧𝐺 𝑑𝑆 = 0
𝛴
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑆 = 𝑆𝑂𝐺
De plus, on montre que : ∫𝛴 𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Démonstration :
∫ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀𝑑𝑆 = ∫ (𝑂𝐺 𝐺𝑀)𝑑𝑆 = ∫ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺 𝑑𝑆 + ∫ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑆 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐺𝑀𝑑𝑆 = ∫𝑂𝐺 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺 ∫ 𝑑𝑆 = 𝑆𝑂𝐺
𝛴 𝛴 𝛴 𝛴 𝛴 𝛴
D’où :
𝑆𝑌𝐺 = ∫ 𝑦𝑑𝑆 = 𝐴(𝑂, 𝑧⃗𝛴 )
𝛴
𝑆𝑍𝐺 = ∫ 𝑧𝑑𝑆 = 𝐴(𝑂, 𝑦⃗𝛴 )
𝛴
Ou encore :
1 1
𝑌𝐺 = ∫ 𝑦𝑑𝑆 = 𝐴(𝑂, 𝑧⃗𝛴 )
𝑆 𝛴 𝑆
1 1
𝑍𝐺 = ∫ 𝑧𝑑𝑆 = 𝐴(𝑂, 𝑦⃗𝛴 )
𝑆 𝛴 𝑆
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[Link] Remarques
- S’il existe un ou plusieurs axes de symétrie pour la surface étudiée, le centre se trouve sur ces
axes.
o S’il y a 2 axes de symétrie, G est à leur intersection.
o S’il y a un seul axe de symétrie, et si celui-ci contient ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑦𝛴 ou ⃗⃗⃗⃗,
𝑧𝛴 on aura respectivement
) )
𝐴(𝐺, 𝑧⃗𝛴 = 0 ou 𝐴(𝐺, 𝑦𝛴 = 0, il suffira alors de calculer l’autre moment statique.
- Lorsque l’on connaît le centre de différentes portions 𝛴1 , 𝛴2 , …, 𝛴𝑛 de 𝛴 telles que
𝛴 = 𝛴1 ∪ 𝛴2 ∪ … ∪ 𝛴𝑛
𝛴𝑖 ∩ 𝛴𝑗 = Ø ∀𝑖 ≠ 𝑗
On a alors :
𝑆1 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺1 + 𝑆2 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺2 + ⋯ + 𝑆𝑛 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺𝑛
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺 =
𝑆1 + 𝑆2 + ⋯ + 𝑆𝑛
Remarque : S’il existe i et j tels que 𝛴𝑖 ∩ 𝛴𝑗 ≠ Ø, la démarche sera applicable en considérant
en plus de tous les calculs précédents la partie commune avec une surface négative.
[Link] Exemple
Soit une section triangulaire : 𝑧𝛴
⃗⃗⃗⃗
𝑎
𝑦𝛴
⃗⃗⃗⃗⃗
O 𝑏
On ne voit aucun axe de symétrie.
On pose O arbitrairement. Soit un point M courant tel que ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 = 𝑦𝑦 ⃗⃗⃗⃗⃗Σ + 𝑧𝑧⃗⃗⃗⃗Σ
𝑎𝑏
𝑆=
2
𝑑𝑆 = 𝑑𝑦𝑑𝑧
𝑎
1 2 𝑏 𝑎− 𝑦
𝑏 2 𝑏 𝑎 2 𝑏 𝑎
𝑦𝐺 = ∫𝑦𝑑𝑆 = ∫ [∫ 𝑑𝑧] 𝑦𝑑𝑦 = ∫ [𝑎 − 𝑦] 𝑦𝑑𝑦 = ∫ [𝑎𝑦 − 𝑦 2 ] 𝑑𝑦
𝑆 𝛴 𝑎𝑏 𝑦=0 𝑧=0 𝑎𝑏 0 𝑏 𝑎𝑏 0 𝑏
2 𝑏2 𝑎 𝑏3 2 𝑏2 𝑏2 2 3𝑏 2 − 2𝑏 2 𝑏
𝑦𝐺 = [𝑎 − ]= [ − ]= [ ]=
𝑎𝑏 2 𝑏 3 𝑏 2 3 𝑏 6 3
𝑏
1 2 𝑎 𝑏− 𝑧
𝑎 2 𝑎 𝑏 2 𝑎 𝑏
𝑧𝐺 = ∫ 𝑧𝑑𝑆 = ∫ [∫ 𝑑𝑦] 𝑧𝑑𝑧 = ∫ [𝑏 − 𝑧] 𝑧𝑑𝑧 = ∫ [𝑏𝑧 − 𝑧 2 ] 𝑑𝑧
𝑆 𝛴 𝑎𝑏 𝑧=0 𝑦=0 𝑎𝑏 0 𝑎 𝑎𝑏 0 𝑎
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2 𝑎2 𝑏 𝑎3 𝑎
𝑧𝐺 = [𝑏 − ]=
𝑎𝑏 2 𝑎 3 3
[Link].4.c Moments quadratiques polaires et produit
[Link].4.c.i Définitions
Le moment quadratique 𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) de la surface Σ par rapport à l’axe (𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) est défini par :
𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) = 𝐼𝑂𝑦 = ∫ 𝑧 2 𝑑𝑆
𝛴
𝛴
Le moment quadratique 𝐼(𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) de la surface Σ par rapport à l’axe (𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) est défini par :
𝐼(𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) = 𝐼𝑂𝑧 = ∫𝑦 2 𝑑𝑆
𝛴
𝛴
Le moment quadratique polaire 𝐼(𝑂) de la surface Σ est défini par :
𝐼(𝑂) = 𝐼𝑂 = ∫(𝑦 2 + 𝑧 2 )𝑑𝑆 = 𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) + 𝐼(𝑂, 𝑧⃗𝛴 )
𝛴
Le moment produit 𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 , 𝑧⃗𝛴 ) de la surface Σ par rapport aux axes (𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) et (𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) de son plan est
défini par :
𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 , 𝑧⃗𝛴 ) = ∫ 𝑦𝑧𝑑𝑆
𝛴
Un moment quadratique s’exprime en 𝑚4 .
[Link] Remarques
- Si (𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) et (𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) sont orthogonaux
o si l’un d’eux est axe de symétrie de 𝛴
𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 , 𝑧⃗𝛴 ) = 0
o si (𝑂, )
𝑦⃗𝛴 est axe de symétrie de 𝛴
∀𝑀𝜖(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ), 𝐼(𝑀, 𝑦⃗𝛴 ) = 𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 )
o si (𝑂, 𝑧𝛴 ) est axe de symétrie de 𝛴
∀𝑀𝜖(𝑂, 𝑧⃗𝛴 ), 𝐼(𝑀, 𝑧⃗𝛴 ) = 𝐼(𝑂, 𝑧⃗𝛴 )
- Dans le cas de surfaces présentant une géométrie cylindrique, pensez à passer par les
coordonnées cylindriques
∫(𝑦 2 + 𝑧 2 )𝑑𝑆 = ∫𝑟 2 𝑑𝑆
𝛴 𝛴
1
∫ 𝑦 2 𝑑𝑆 = ∫𝑧 2 𝑑𝑆 = ∫ 𝑟 2 𝑑𝑆
𝛴 𝛴 2 𝛴
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[Link] Moments quadratiques par rapport à G
Dans la suite, ce seront majoritairement les moments quadratiques des sections droites des poutres
par rapport à des axes passant par le centre G qui nous intéresseront.
Ils seront donc notés :
𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) − 𝐼(𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) − 𝐼(𝐺)
Il sera donc nécessaire, dans un premier temps, de déterminer la position de G par rapport à un point
O arbitrairement choisi, puis :
- soit de faire les intégrales dans le repère centré sur G
- soit de faire, dans le cas de présence de symétries, et uniquement pour les moments
quadratiques concernés, les intégrales centrées en un point A tel que
o si (𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) est axe de symétrie de 𝛴, A est quelconque sur l’axe (𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) pour le calcul de
𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 )
o si (𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) est axe de symétrie de 𝛴, A est quelconque sur l’axe (𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) pour le calcul de
𝐼(𝐺, 𝑧⃗𝛴 )
- soit de faire les intégrales en O et d’utiliser le théorème de Huygens
[Link] Exemples
𝑏ℎ3
𝐼(𝐺, 𝑦
⃗⃗⃗⃗⃗)
𝛴 =
12
ℎ𝑏 3
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 =
12
ℎ𝑏(ℎ2 + 𝑏 2 )
𝐼(𝐺) =
12
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦𝛴 ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 = 0
𝜋(𝐷 4 − 𝑑4 )
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗)
𝑦𝛴 =
64
𝜋(𝐷 4 − 𝑑4 )
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 =
64
𝜋(𝐷 4 − 𝑑4 )
𝐼(𝐺) =
32
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦𝛴 ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 = 0
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𝜋𝐷 4
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗)
𝑦𝛴 =
64
𝜋𝐷 4
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 =
64
𝜋𝐷 4
𝐼(𝐺) =
32
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦𝛴 ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 = 0
Démonstrations :
G est à l’intersection de 2 axes de symétrie.
ℎ ℎ
2 2
2 𝑧3 2 𝑏ℎ3
𝐼(𝐺, 𝑦
⃗⃗⃗⃗⃗)
𝛴 = ∫ 𝑧 𝑑𝑆 = ∫ ℎ 𝑧 𝑑𝑦𝑑𝑧 = 𝑏 [ ] =
𝛴 − 3 −ℎ 12
2 2
𝑏 𝑏
2
2
2
𝑧3 2 ℎ𝑏 3
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 = ∫ 𝑦 𝑑𝑆 = ∫ 𝑦 𝑑𝑦𝑑𝑧 = ℎ [ ] =
𝛴 −
𝑏 3 −𝑏 12
2 2
ℎ𝑏(ℎ2 + 𝑏 2 )
𝐼(𝐺) = 𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) + 𝐼(𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) =
12
𝑏 ℎ 𝑏 ℎ 𝑏 ℎ
2 2 𝑦2 2 𝑧2 2
2 2
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗,
𝑦𝛴 ⃗⃗⃗⃗)
𝑧𝛴 = ∫ ∫ 𝑦𝑧𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑦𝑑𝑦 ∫ 𝑧𝑑𝑧 = [ ] [ ] = 0
𝑏
− −
ℎ
−
𝑏
−
ℎ 2 −𝑏 2 −ℎ
2 2 2 2 2 2
𝐼(𝐺, 𝑦⃗, 𝑧⃗) = 0
G est à l’intersection de tout axe de symétrie passant au centre du cercle.
∫(𝑦 2 + 𝑧 2 )𝑑𝑆 = ∫𝑟 2 𝑑𝑆
𝛴 𝛴
1
∫ 𝑦 𝑑𝑆 = ∫𝑧 𝑑𝑆 = ∫ 𝑟 2 𝑑𝑆
2 2
𝛴 𝛴 2 𝛴
𝐷 𝐷 𝐷
1 1 2 1 2 𝑟4 2
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗) 𝑧𝛴 = ∫𝑟 2 𝑑𝑆 = ∫ 𝑟 2 𝑑𝑆 = ∫ 𝑟 2 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃 = 𝜋 [ ]
𝑦𝛴 = 𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗)
2 𝛴 2 𝑑 2 𝑑 4 𝑑
2 2 2
𝐷4 𝑑4
− 𝜋(𝐷 4 − 𝑑4 )
𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗⃗) 𝑧𝛴 = 𝜋 16 16 =
𝑦𝛴 = 𝐼(𝐺, ⃗⃗⃗⃗)
4 64
𝜋(𝐷 4 − 𝑑4 )
𝐼(𝐺) = 𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) + 𝐼(𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) =
32
Pour le cylindre creux, il suffit de prendre 𝑑 = 0
[Link].4.c.v Théorème de Huygens
Théorème
Soit S la surface de la section Σ d’une poutre.
𝑑𝑦
𝑧𝛴
⃗⃗⃗⃗
𝑧𝛴
⃗⃗⃗⃗
G 𝑑𝑧
Page ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑦16𝛴 sur 90
O
𝜮
𝑦𝛴
⃗⃗⃗⃗⃗
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Soient deux axes parallèles (𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) et (𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) et 𝑑𝑧 la distance entre ces 2 axes, alors :
2
𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) = 𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) + 𝑆𝑑𝑧 2 = 𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) + 𝑆(𝐺𝑂
⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝑧⃗𝛴 )
Soient deux axes parallèles (𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) et (𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) et 𝑑𝑦 la distance entre ces 2 axes, alors :
2
𝐼(𝑂, 𝑧⃗𝛴 ) = 𝐼(𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) + 𝑆𝑑𝑦 2 = 𝐼(𝐺, 𝑧⃗𝛴 ) + 𝑆(𝐺𝑂
⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝑦⃗𝛴 )
Démonstration :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀. 𝑧⃗𝛴 = 𝑧 = (𝑂𝐺 𝐺𝑀). 𝑧⃗𝛴 = 𝑧𝐺 + 𝑍𝐺
𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) = ∫ 𝑧 2 𝑑𝑆 = ∫(𝑧𝐺 + 𝑍𝐺 )2 𝑑𝑆 = ∫ 𝑧𝐺 2 𝑑𝑆 + 𝑍𝐺 2 ∫ 𝑑𝑆 + 2𝑍𝐺 ∫ 𝑧𝐺 𝑑𝑆
𝛴 𝛴 𝛴 𝛴 𝛴
𝐼(𝑂, 𝑦⃗𝛴 ) = 𝐼(𝐺, 𝑦⃗𝛴 ) + 𝑆𝑍𝐺 2
Car ∫𝛴 𝑧𝐺 𝑑𝑆 est l’intégrale de l’ordonnée z de G dans le repère lié au point G. C’est donc l’ordonnée 𝑍𝐺
dans ce repère qui est nulle.
Application
Lorsqu’une surface 𝛴 de centre 𝐺 est composée d’un ensemble de surfaces 𝛴1 , 𝛴2 , …, 𝛴𝑛 telles que :
𝛴 = 𝛴1 ∪ 𝛴2 ∪ … ∪ 𝛴𝑛
𝛴𝑖 ∩ 𝛴𝑗 = Ø ∀𝑖 ≠ 𝑗
Si, pour chaque surface 𝛴𝑖 , on connaît le centre 𝐺𝑖 , la surface 𝑆 𝑖 et les moments quadratiques 𝐼𝐺𝑖𝑦 𝑖 et
𝐼𝐺𝑖𝑧 𝑖 , on a :
𝑛 𝑛
𝐼𝐺𝑦 = ∫𝑧 𝑑𝑆 = ∑ ∫ 𝑧 𝑑𝑆 = ∑ 𝐼𝐺𝑦 𝑖
2 2
𝛴 𝑖=1 𝛴𝑖 𝑖=1
𝑛 𝑛
𝐼𝐺𝑧 = ∫𝑦 𝑑𝑆 = ∑ ∫ 𝑦 𝑑𝑆 = ∑ 𝐼𝐺𝑧 𝑖
2 2
𝛴 𝑖=1 𝛴𝑖 𝑖=1
Avec :
2
𝐼𝐺𝑦 𝑖 = 𝐼𝐺𝑖𝑦 𝑖 + 𝑆 𝑖 (𝐺𝐺
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑖 . 𝑧⃗)
2
𝐼𝐺𝑧 𝑖 = 𝐼𝐺𝑖𝑧 𝑖 + 𝑆 𝑖 (𝐺𝐺
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑖 . 𝑦⃗)
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Remarque : S’il existe i et j tels que 𝛴𝑖 ∩ 𝛴𝑗 ≠ Ø, la démarche sera applicable en considérant en plus
de tous les calculs précédents la partie commune et en retranchant ses caractéristiques propres.
[Link]. Poutres et milieu extérieur
[Link].1 Liaisons
On modélise les liaisons de la poutre avec son environnement à l’aide des liaisons élémentaires
définies dans le cours de modélisation des liaisons.
En résistance des matériaux, on associe aux différentes liaisons les conditions cinématiques qu’elles
imposent, c’est-à-dire des positions et des orientations, soit des coordonnées et des dérivées de ces
coordonnées.
Le cas le plus souvent rencontré est le cas des poutres à plan moyen chargées dans le plan de symétrie,
ceci conduit à un problème plan.
On appelle 𝑥(𝑀) et 𝑦(𝑀) les mouvements possible suivant 𝑥⃗ et 𝑦⃗ du point 𝑀 de la poutre.
Type d’appui Schéma Conditions cinématiques
𝑥(𝐴) = 𝑦(𝐴) = 0
Encastrement
𝑥 ′ (𝐴) = 𝑦 ′ (𝐴) = 0
Pivot ou
𝑥(𝐴) = 𝑦(𝐴) = 0
articulation
𝑦(𝐴) = 0
Glissière
𝑦 ′ (𝐴) = 0
Ponctuelle 𝑦(𝐴) = 0
On peut utiliser des petits chariots sur roulettes afin de représenter cinématiquement les déformations
possibles et les conditions géométriques associées aux conditions aux limites.
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