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Ajb Prose

Le texte explore le sentiment d'exil et d'inappartenance de l'auteur, qui se sent étranger même au sein de sa propre communauté. Malgré ses tentatives de connexion avec l'humanité, il ressent une incompréhension et une hypocrisie ambiante, le poussant à vivre dans l'instant présent plutôt que de chercher un avenir incertain. L'auteur affirme sa volonté de rester fidèle à lui-même, même si cela signifie rester en marge de la société.

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Le texte explore le sentiment d'exil et d'inappartenance de l'auteur, qui se sent étranger même au sein de sa propre communauté. Malgré ses tentatives de connexion avec l'humanité, il ressent une incompréhension et une hypocrisie ambiante, le poussant à vivre dans l'instant présent plutôt que de chercher un avenir incertain. L'auteur affirme sa volonté de rester fidèle à lui-même, même si cela signifie rester en marge de la société.

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𝙀𝙣𝙛𝙖𝙣𝙩 𝙙'𝙖𝙪𝙘𝙪𝙣 𝙢𝙤𝙣𝙙𝙚

Il reste, au fond de l’être, ce mince fil d’espoir – celui d’une existence véritablement humaine, où l’on
appartient à un tout, à une communauté, non pour se dissoudre, mais pour espérer ensemble un futur
désirable, sinon meilleur. Peut-être est-ce cela, l’ultime raison pour laquelle je me tiens encore à l’écart,
étranger parmi les miens, extraterrestre d’âme plutôt que de corps. Car je n’ai jamais vraiment su
appartenir. Toutes les fois où j’ai essayé, ce fut en vain. Comme si mon essence même portait un sceau
d’exil.

Si ma vie avait un sens, ce ne serait sans doute pas dans le regard des autres qu’il se manifesterait. Je le
saurais moi-même, sans l’intervention d’aucune illusion ni promesse venue d’ailleurs. Et je l’accueillerais
sans regret, sans cette déception si familière qu’engendre l’attente. J’ai cru comprendre l’humanité.
Mais à chaque tentative de la rejoindre, c’est elle qui semblait me comprendre bien plus que moi-
même. Elle m’avait deviné avant même que je ne puisse m’expliquer.

Peut-être suis-je destiné à ne jamais franchir ce seuil. À rester en marge, point fixe dans une mécanique
en marche, grain de sable retardant les événements. Chaque communauté que j’effleurais se trouvait
troublée par ma simple présence. Comme si je portais en moi un trouble muet, un miroir trop net pour
être supporté.

Et pourtant, que l’on me parle d’éternité ou de salut, j’ai vu ceux qui promettent le royaume aux
pauvres d’esprit, gouverner avec orgueil, enfermant les autres dans un dénuement qu’eux-mêmes
refusent. Ils condamnent ce qu’ils pratiquent en secret. Quel étrange théâtre que cette humanité où
l’hypocrisie règne au nom du sacré !

Alors je n’ai plus de foi que dans l’instant. Je fais de mes jours une histoire, de mes nuits un monde, car
demain ne m’a jamais appartenu. Et si je ne suis pas le décideur de mon existence, je ne peux m’y
engager à moitié, ni préparer un avenir qui ne me reconnaîtrait pas.

Si je suis promis à une renaissance dans un univers nouveau, alors j’y serai. Sinon, qu’importe l’effort ou
le mérite : je n’appartiendrai jamais à ce qui ne me veut pas entier.

Et pourtant, dans cette errance sans patrie, je me tiens debout, non comme un révolté, mais comme un
témoin. Et peut-être est-ce là, au fond, ma forme à moi d'appartenance : refuser de trahir ce que je suis,
même pour entrer dans la lumière des autres.

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