Master Comptabilité, Contrôle et audit
Rapport d’analyse : Contribution du contrôle de gestion à la
performance de l'administration publique marocaine.
Réalisé par : Encadré par :
- Amnoun Asmae Pr. A. BEN SEDDIK
- Badawi Ghali
- Ben Khali Mohamed
- Benkhadra Basma
- Bouchalkha Amine
- Boudina Hicham
- Bounjoua Aya
- Braih Najlae
- Chaib Jad
- Chelouah Meryem
- Dahmani Idrissi Wiam
- Dardikh Bouchra
- El Amchi Az Eddine
Année universitaire : 2024-2025
L’article « La performance de l’Administration Publique Marocaine : Contribution du contrôle de gestion », rédigé
par Jihane Moumene et Mohamed Benhrimida, s’inscrit dans un contexte de modernisation croissante de
l’administration publique au Maroc. Cet article aborde la question centrale de la performance de l’administration
publique marocaine à travers l'optique du contrôle de gestion. La problématique posée peut être formulée ainsi :
comment le contrôle de gestion peut-il contribuer à améliorer la performance globale de l’administration
publique marocaine dans un contexte de réformes structurelles et managériales ?
L’objectif principal de cette recherche est d’évaluer la contribution effective du contrôle de gestion à la performance
des administrations publiques. Il s’agit notamment d’analyser les conditions de réussite, d’identifier les obstacles
rencontrés et d’évaluer l’impact de cet outil sur la planification, le pilotage et l’évaluation des actions publiques.
L’étude met également en lumière les transformations nécessaires pour permettre à ce dispositif de s’intégrer
pleinement dans un environnement public souvent marqué par l’inertie et la résistance au changement.
Pour répondre à cette problématique, les auteurs adoptent une méthodologie de Qualimétrie, combinant une revue
approfondie de la littérature sur le management public avec une enquête de terrain. Cette dernière repose sur des
entretiens ouverts réalisés auprès de responsables administratifs, notamment des contrôleurs de gestion et des
responsables financiers, ainsi que sur l’analyse de questionnaires. L’objectif est de croiser des données qualitatives
et quantitatives afin d’avoir une vision complète et contextualisée de la réalité marocaine.
Les résultats de l’étude révèlent que le contrôle de gestion est encore faiblement implanté dans les structures
publiques marocaines, où il est souvent réduit à une fonction budgétaire ou comptable. Toutefois, les quelques
expériences de mise en œuvre montrent qu’il peut devenir un levier stratégique lorsqu’il est bien adapté. Il permet
ainsi d’améliorer la planification, d’évaluer les résultats de manière plus rigoureuse, de responsabiliser les
gestionnaires publics et d’introduire une véritable culture de performance. La réussite d’un tel système dépend
toutefois de plusieurs facteurs, parmi lesquels l’existence d’un système d’information fiable, la mise en place de la
comptabilité analytique, le développement du contrôle interne et, surtout, l’adhésion des acteurs.
En conclusion, les auteurs affirment que le contrôle de gestion représente une condition nécessaire à la
transformation de l’administration publique marocaine. Son intégration ne peut toutefois être efficace que si elle
s’accompagne d’un changement profond des pratiques managériales, d’une clarification des responsabilités
institutionnelles et d’un engagement politique fort en faveur d’une gouvernance fondée sur les résultats.
D’un point de vue critique, le sujet abordé dans l’article est extrêmement pertinent au regard des mutations actuelles
du secteur public. Le recours au contrôle de gestion comme instrument de pilotage stratégique et de
responsabilisation des agents publics s’inscrit dans les dynamiques contemporaines du New Public Management,
qui cherchent à rapprocher les méthodes de gestion publique de celles du secteur privé. La méthodologie adoptée
est globalement adaptée à la nature exploratoire de la recherche. La combinaison des données qualitatives et
quantitatives renforce la richesse de l’analyse, bien que le manque de précisions sur l’échantillon et l’absence de
données empiriques chiffrées limitent la portée généralisable des résultats. De plus, l’article aurait gagné en
profondeur en analysant plus explicitement les freins politiques, culturels et organisationnels à l’implantation du
contrôle de gestion.
Malgré ces limites, l’étude offre plusieurs apports pratiques utiles. Elle met en évidence l’importance d’adapter les
outils issus du secteur privé aux réalités institutionnelles du secteur public. Elle rappelle que le contrôleur de gestion
ne doit pas être un simple technicien des chiffres, mais un acteur du changement organisationnel, capable de traduire
les orientations stratégiques en objectifs opérationnels et mesurables. Elle souligne également le rôle fondamental
que jouent le système d’information, la culture managériale et le contrôle interne dans la réussite d’un système de
contrôle de gestion.
Enfin, l’article permet de faire un lien direct avec plusieurs concepts abordés en cours de contrôle de gestion,
notamment la logique de pilotage par la performance, l’usage des tableaux de bord comme instruments de suivi,
l’importance des indicateurs de performance dans l’évaluation des résultats, ou encore la nécessité d’une
gouvernance publique fondée sur la redevabilité. En ce sens, il offre une application concrète des outils et principes
théoriques étudiés, et positionne clairement le contrôle de gestion comme un pilier stratégique de la modernisation
de l’administration publique.
Questions pour débat
➢ Est-ce que le contrôle de gestion contribue réellement à l'amélioration de la performance de
l'administration publique ?
➢ Quels outils du contrôle de gestion seraient les plus adaptés à une administration publique ?
➢ La transposition des outils de gestion du secteur privé vers le secteur public est-elle réellement
possible sans compromettre les spécificités de la mission de service public ?