Création Publicitaire
Création Publicitaire
1. Qui êtes-vous ?
Quelle est l’histoire de votre entreprise ? Comment est-elle née ? Quelles sont ses
particularités ? Où est-elle implantée et qui est son fondateur ? Comment
communiquer sur cette histoire pour la mettre en valeur ?
Une entreprise est à l’image des salariés qui la composent, de ses produits et services
mais aussi du leader qui la dirige. Il représente son entreprise et les gens ont besoin
de ce repère. Une partie de votre communication doit être centrée sur lui, sur sa vision
et ses particularités.
Les gens veulent une relation avec une personne, pas une organisation, un
programme ou un bâtiment.
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_ Soyez différents ! Votre différence peut être votre plus grande force !
On ne se lance pas en communication sans avoir établi des objectifs précis ! Qu’est-
ce qui vous a amené à repenser la communication de votre entreprise ? Est-ce un
déficit de communication, une communication défaillante ou une mauvaise image de
marque que vous souhaitez rattraper ?
Dès lors, posez-vous et établissez ensemble les objectifs en vous aidant du schéma
ci-dessous :
Une bonne histoire doit pouvoir se résumer en une phrase ! Votre vision doit ainsi
pouvoir se résumer en une phrase d’accroche, un slogan. Que vous l’utilisiez ou non
dans votre communication, ce slogan aura pour objectif de vous aider à mieux
appréhender votre message.
Si vous n’y parvenez pas, peut-être que votre plan est encore beaucoup trop
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compliqué et qu’il va falloir y faire des coupes franches.
*Retenez cet acronyme : K.I.S.S : Keep It Short & Simple (Faites court et simple)
Le Briefing communication
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LA STRATEGIE DE CREATION PUBLICITAIRE
La création d’un message publicitaire est le résultat d’un processus qui comprend
quatre étapes : l’annonceur commence par exprimer ses objectifs de communication
(brief agency), sur cette base, l’agence consultée propose un contenu de campagne
(brief de création) que l’équipe artistique aura la mission de concrétiser en imaginant
et concevant la publicité – un film, une annonce presse, un spot radio... - dont la
production finale sera confiée aux professionnels concernés : dessinateurs,
photographes, cinéastes, imprimeurs, etc. Le champ de la production technique
dépassant le cadre de cet ouvrage, nous limiterons le contenu de ce chapitre aux
trois premières étapes, déterminantes pour la qualité de la publicité produite.
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de l’entreprise - secteurs d’activité - perspectives
Il impose de ne pas confondre les objectifs publicitaires avec les objectifs marketing
(liés à l’activité commerciale) ou avec les objectifs de communication qui définissent
le rôle d’un moyen de communication (la publicité, la promotion, le mécénat, etc.)
dans la stratégie marketing. Les objectifs publicitaires sont liés au rôle spécifique de
la publicité (cf. chapitre 1, section 2) en tant qu’outil du mix de communication et, tout
comme les objectifs marketing, ils doivent être définis de manière explicite et
quantitative. L’exemple suivant devrait permettre de bien distinguer la différence de
nature entre ces trois types d’objectifs.
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pénétration du produit Slim-Fast ; l’imposer dans un premier temps comme le leader
- incontesté des substituts de repas et confirmer cette position pour lui obtenir 35 % à
40 % de part de marché en 1993 et près de la moitié du marché en 1994-1995
3. La cible publicitaire
La cible marketing est constituée des individus (ou des organisations) soumis à
l’ensemble des opérations marketing dans le but d’agir sur leur comportement
d’achat ou d’utilisation d’une offre (fidéliser ou conquérir des clients) ; elle répond à la
question « à qui peut-on vendre ? ».
La cible publicitaire est constituée des individus pour lesquels une entreprise a
développé spécifiquement un message publicitaire pour promouvoir son offre ; elle
répond à la question « à qui destine-t-on la publicité ? ». Cette cible est une
composante de la cible de communication ; elle peut être plus étroite que la cible
marketing ou se confondre avec elle ; une même cible marketing peut aussi impliquer
de définir plusieurs cibles publicitaires.
Pour éviter toute confusion, il est important d’identifier clairement la cible publicitaire
visée en la décrivant de la manière la plus explicite et la plus réaliste qui soit, jusque
dans sa manière d’être, afin que le publicitaire chargé de la campagne en ait une
vision exacte. Elle n’est donc pas seulement définie en termes de consommation ou
en termes sociodémographiques ; elle l’est aussi en termes psycho graphiques. La
précision de ces informations est particulièrement importante pour adapter la création
au public visé et déterminer le plan média permettant de l’atteindre.
● cible marketing : les foyers ‘petits consommateurs’ de purée instantanée, tels que
définis par une étude de ‘petits, moyens, gros consommateurs’ (PMG) émanant d’un
panel d’acheteurs. La stratégie marketing, définie vise à faire acheter à cette cible un
paquet supplémentaire par an (ce qui représente un gros tonnage).
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● cible de communication : toutes les personnes du foyer, hommes et femmes,
jeunes et moins jeunes et les enfants consommant de la purée (peuvent s’y ajouter
quelques relais d’opinion, tels que les journalistes culinaires dans la presse
féminine).
- dans certains foyers, le produit n’est pas souvent consommé car il ne fait pas partie
des habitudes alimentaires, mais comme ils sont plutôt composés d’une famille de 4
à 5 personnes, chaque acte de consommation représente un gros volume. Ces
familles sont gérées par des femmes ‘traditionnelles’ qui tiennent à faire la cuisine
elles-mêmes ; quand elles utilisent ce type de produit, c’est comme base culinaire à
partir de laquelle elles mitonnent leur propre plat.
Cet exemple met en évidence que la cible marketing peut être très hétérogène et
comprendre plusieurs groupes de clientèle qui, du point de vue publicitaire, ne sont
pas toujours compatibles. Il importe donc de bien connaître les caractéristiques des
cibles publicitaires identifiées avant de songer à élaborer le message à diffuser.
- Ainsi, pour couvrir de manière efficace une même cible marketing, plusieurs
cibles publicitaires peuvent être nécessaires. Mais comme elles ne peuvent
pas toujours être atteintes avec les mêmes médias ou supports, ni avec les
mêmes contenus publicitaires comme dans l’exemple ci-dessus, il faudra alors
décider s’il convient d’en privilégier plutôt une que les autres. A moins qu’on
ne décide de les traiter toutes au risque de devoir créer, vu les différentes
perçues, des campagnes différentes et spécifiques pour chaque cible
identifiée (comme ce fut le cas dans l’exemple présenté).
- La définition d’une cible ne peut donc s’arrêter aux premières impressions : il
faut en rechercher la nature profonde car le publicitaire a besoin de se la
représenter de manière très concrète pour imaginer le type de campagne qu’il
va pouvoir développer. La bonne connaissance des caractéristiques de la
cible a une incidence sur le plan de création et sur le plan média, comme on
pourra en juger ultérieurement ; le brief doit donc en proposer une description
aussi précise et réaliste que possible.
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constituent le cœur de cible, partie de la cible publicitaire qu’il convient
d’atteindre en priorité, alors que les autres membres de la famille – parent et
enfants – constituent la cible secondaire ou « large » qui peuvent prescrire en
réclamant qu’on leur serve ce produit, sans pouvoir en décider cependant.
Cette distinction peut avoir une incidence sur les stratégies de création ou de
diffusion de la publicité.
Ce brief comprend deux parties (tableau 2.2) ; leur présentation sera illustrée
avec un exemple adapté d’une campagne réalisée pour la marque Slim-Fast par
l’agence Grey Paris (in « La communication efficace 2 », P. 111).
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Le contexte de l’action publicitaire : - la situation marketing -
communication
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Les objectifs publicitaires
La section suivante expose de manière précise les résultats conçus en termes de
communication que la campagne publicitaire doit produire sur la cible, telle que
l’influence exercée sur la notoriété, les opinions, les attitudes, les images... Elle
informe donc sur les caractéristiques de la cible publicitaire et présente le
concept, l’axe de communication, c’est- à-dire l’idée principale, le message
commercial de base que l’annonceur veut faire passer auprès de cette cible.
Exemples : « Le luxe pour votre peau » (Shiseido) ; « Nous caressons vos rêves,
nous ne vous berçons pas d’illusions » (Carita) ; « La vraie vie commence à
l’intérieur » (Roche et Bobois).
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peut avoir de graves conséquences, comme Mercedes a pu en faire l’expérience
avec la « classe A » et la « Smart ») ;
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possibilité de décliner la campagne au niveau international.
- - contraintes externes à l’entreprise : ● les contraintes réglementaires, telles
que les mentions légales qui doivent impérativement figurer dans les
messages pour certains produits (tabac, alcool, médicaments).
- Exemple de contraintes associées à la plateforme (Slim Fast)
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- Exemples : ne pas « démédicaliser » le Viagra dans la campagne
accompagnant son lancement. Bien que concurrente de Malboro, faire en
sorte que la publicité pour Gauloise blonde ne fasse pas allégeance à la
marque au cow-boy.
-
- La manière d’exprimer les contenus imposés relève très précisément de la
compétence des équipes créatives : leur travail consiste à transformer l’axe de
communication en un message – une annonce, un film, une affiche... - qui soit
accessible, attrayant et convaincant la cible. C’est la raison pour laquelle le
brief de création peut donner lieu à un « contre brief » où, après une première
réflexion, l’équipe de création demande des précisions sur certains choix,
suggère des orientations ou des inflexions nouvelles qui seront discutées et
entérinées avant de passer à la phase de création.
-
- 2. La diversité des plates formes de création
- Le brief de création a une histoire, de la copy strategy développée par Procter
& Gamble vers 1950 précisant la stratégie de communication à suivre dès
lebrief agency, à son assouplissement dans le plan de travail créatif (ou PTC)
proposé par l’agence Young etRubicam. Il fut aussi adapté, modifié ou
contourné par différentes agences, certaines développant jusqu’à ces
récentes années des conceptions dont l’originalité repose plus sur la manière
de présenter leur ‘copy strat’ que sur l’apport d’éléments réellement novateurs.
Quand elles ne se limitent pas à une simple argumentation commerciale pour
se différencier des agences concurrentes, ces conceptions visent à définir un
état d’esprit susceptible de fédérer tous les acteurs d’une agence (dans un
milieu où la rotation des personnels est élevée) pour un meilleur service de
leurs clients annonceurs.
- L’originalité des modèles développés par les agences concerne plus
particulièrement le contenu de la plateforme créative. Certains focalisent la
réflexion sur les caractéristiques du produit ou du service dans la perspective
de les différencier fonctionnellement des principaux concurrents ; c’est le cas
de la copy-stratégie classique et des modèles qui en sont dévivés. D’autres se
focalisent plutôt sur la marque avec l’objectif de lui définir un territoire exlusif
ou de lui donner une personnalité forte l’imposant naturellement sur le marché
face aux concurrents, autant de stratégies publicitaires qui s’imposent dès lors
que les caractéristiques fonctionnelles des offres se banalisent et sont
difficilement différenciables sur le plan technologique.
- C’est le cas des plateformes développées autour du « prisme d’identité » de
la marque qui visent toutes à construire directement le positionnement de la
marque en tant qu’entité plutôt que de le bâtir en s’appuyant sur les
caractéristiques distinctives de l’offre, à l’instar de la « star stratégie » (RSCG)
dont J. Séguéla s’est fait le chantre. Il propose de construire directement la
personnalité de la marque en intégrant simultanément trois éléments :
- - son physique : les performances objectives à valoriser auprès des
prospects (Mir Laine pour entretenir leur couleur) ; - son caractère : les
valeurs imaginaires spécifiques et différenciatrices que la marque peut
supporter ( la maturité et la sérénité de Malboro à travers l’attitude de son
personnage) ;
- - son style : les invariants caractérisant la marque constitutifs de son identité
que nous retrouvons campagne après campagne (la fourmi pour la Polo de
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Volkswagen ; le jingle musical de Dim). Finalement, ce qui importe
fondamentalement est moins le caractère dogmatique concernant le contenu
de la plateforme de création – ce document de travail définit la stratégie de
création – que son adaptation et sa pertinence en regard des objectifs de
communication tels qu’ils ont été définis par l’annonceur, et qui vont guider le
travail de création en tenant compte du contexte commercial identifié.
-
- III. LE DEROULEMENT DU PROCESSUS DE CREATION
-
1. La production et la sélection des idées créatives
Les intentions déclarées ou les orientations imposées dans le brief de création ne
sauraient suffire pour assurer la qualité des créations qui seront produites. Cette
qualité repose sur la puissance imaginative et créatrice de la direction artistique
avec toute l’équipe – le « team créatif » - composée :
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- - Les objectifs de création : ils indiquent comment les éléments du brief de
création sont pris en compte et comment ils vont être traduits dans la création
; par exemple : montrer la confiance que l’on peut avoir dans le soin apporté à
l’entretien des voitures en utilisant le témoignage d’un coureur automobile
renommé favorable à la marque. L’explicitation de ces objectifs est à la base
de la production des idées créatives qui seront imaginées.
- - L’idée publicitaire (ou « principe créatif ») : elle définit très concrètement la
manière de s’y prendre pour communiquer le message avec efficacité. Cela
correspond à l’idée créative au sens propre du terme, production spécifique de
l’équipe des créatifs, sur laquelle repose tout le message ; elle doit assurer un
succès créatif, esthétique et surtout commercial en permettant une excellente
transmission du message. C’est donc l’élément moteur de la stratégie de
communication et de création qui sera exploité pour produire l’annonce,
l’affiche, le film publicitaires qui seront diffusés sur la cible.
- Exemple : pour contribuer à la définition de la personnalité du produit,
s’appuyer sur une présentation décalée en faisant de la Twingo un sujet
original, proche du cartoon, à travers un dessin juste ébauché, mais aux traits
vifs et dynamiques.
- - La réalisation créative : elle définit le style (« branché » ou « classique » par
exemple), le ton (« humoristique », « provocateur », ou « doctoral ») de la
création envisagée ; elle précise aussi les éventuels artifices créatifs qui
seront utilisés. Dans le cas où la création repose sur l’intégration d’une
célébrité, les concepteurs précisent leur choix concernant le porte parole
retenu en indiquant sa personnalité et la manière dont il sera utilisé dans la
réalisation.
- Exemple : pour une marque d’eau minérale, le footballeur Z. Zidane est
présenté en train de se préparer pour un match, répétant les mêmes gestes
avec la même lenteur, en état d’extrême concentration, et consommant à
intervalles réguliers l’eau à petites gorgées.
- Au terme de cette démarche, et après acceptation par l’annonceur de l’idée
créative finalisée, le message est mis en production, sous la responsabilité
d’un directeur de production supervisant l’ensemble des métiers techniques
concernés (photographie, composition et impression des annonces ou des
affiches, sélection (casting) des acteurs, des animaux et des lieux avant le
tournage, consignes au TV producer en charge de la réalisation du film, etc).
- 3. Un exemple d’ « idée créative » : le cas OMO
- Pour illustrer l’ensemble des processus de création, nous présenterons le cas
d’école qu’est devenu la marque de lessive OMO. Il montre parfaitement
comment une idée créative originale peut servir une stratégie de
communication dont le contenu reste très classique. Réalisée par l’agence
Lintas Paris pour Lever, cette campagne visait au relancement de la marque
avec l’utilisation de singes parlant un langage particulier. L’exemple est adapté
de « La Communication efficace 1 » (p.21).
- ● Le contexte marketing et commercial
-
- A la fin des années 80, OMO, le leader historique du marché est une marque
oubliée et dépassée par ses anciens challengers : cinquième rang avec 6 %
du marché. Elle « a vieilli avec ses consommatrices, n’a rien à dire de
nouveau sur le produit, a lassé la téléspectatrice, et surtout à moins de
moyens que la concurrence » ; cependant, elle n’est pas sans atouts : son
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ABOUBEKR THIAM
histoire lui donne un capital d’affection unique, un style, un ton d’expression
spécifique, un prix moins cher que ses concurrents avec les mêmes
caractéristiques technologiques.
-
- ● La stratégie de communication
-
- L’annonceur souhaite faire émerger de nouveau sa marque sur un marché
très encombré pour qu’elle soit perçue comme état une alternative simple et
pratique aux grandes marques technologiques afin d’améliorer sa part de
marché. Elle souhaite continuer à dire la même chose : Omo est là, la saleté
s’en va (slogan datant de 1954) et conserver le même positionnement
(marque familiale et populaire), mais en se différenciant de la concurrence par
un style de communication rompant avec les classiques codes publicitaires
utilisée sur ce marché: un discours rationnel centré sur la performance et
l’innovation (« problème/solution ») ; l’utilisation du testimonial fondé sur la
culpabilisation de celle qui n’utilise pas la « bonne » lessive pour favoriser
l’identification ; la répétition inlassable jusqu’à la lassitude et l’usure.
- Mais, pour rester convaincant, il ne faut pas être trop en rupture : « le
changement dans la continuité », c’est un peu la stratégie voulue par Lever
pour sa marque. Le changement sera dans le style de communication, sans
changer ni les codes ni le positionnement, pour fidéliser les clientes actuelles
et rajeunir la cible avec de nouvelles utilisatrices. C’est le défi que doit relever
l’agence en trouvant une réponse créatrice originale adéquate pour la marque,
c’est-à- dire qui respecte le positionnement et l’axe de la communication
voulus dans la continuité.
-
- ● La réponse publicitaire
-
- Elle s’est faite en deux temps. Dans la première étape : création d’un langage
imaginaire, le « poldomoldave », qui attire l’attention et peut faire sourire, mais
qui est assez familier pour être compréhensible. D’abord pratiqué par des
humains et testé sous forme d’animatic, le « poldomoldave » remporte un
franc succès qui ne sera pas confirmé avec le film tourné : les prospects ne
peuvent s’identifier à des personnages parlant un langage jugé ridicule et
bêtifiant. Des tests complémentaires réalisés pour comprendre ce
retournement de situation ont montré qu’il fallait que le prospect puisse établir
une certaine distance avec les personnages pour que l’effet comique du «
poldomoldave » fonctionne sur la cible.
-
- Dans la seconde étape, remplacement des humains par des singes. Cette
seconde idée créative a permis d’entériner le couple singe-poldomoldave au
point de le rendre cohérent : l’animal et sa langue sont indissociables ? Sur le
plan psychologique, le singe reste assez proche de l’homme pour permettre à
la cible de se projeter dans la situation, mais sans devoir d’identifier à
quelqu’un parlant « bêtement », au sens propre. Ce langage devient logique,
voire naturel, avec l’avantage de développer l’attractivité du message et de
renforcer son aspect comique. Tout le monde connaît aujourd’hui la saga des
chimpanzés d’OMO, déclinée sur les affiches, dans les magazines, à la
télévision, selon le contexte marketing du moment ;
-
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ABOUBEKR THIAM
- L’entreprise et l’agence considèrent que le succès commercial de cette lessive
à l’époque (OMO redevient la troisième marque du marché) ne doit rien au
produit dont on s’est contenté de remettre la gamme au niveau des
concurrents, ni au soutien promotionnel puisque elle a gardé les mêmes
investissements ; mais qu’il repose fondamentalement sur la qualité créative
de la campagne dont le contenu du message et le discours restent rationnels
et cohérents avec l’histoire et le positionnement de la marque (efficacité contre
la saleté) dont l’exécution et le ton employés sont en totale rupture avec les
codes usuels, favorisant l’impact et créant un fort climat de sympathie envers
la marque.
-
- Cet exemple met aussi en évidence ce qui fait la qualité d’une idée créative :
-
- - être durable : elle peut être utilisée au cours des années sans usure ni
saturation chez mes prospects ; c’est le cas avec la famille de chimpanzés qui
fonctionne toujours avec le même intérêt dix ans après son introduction. -
être facilement déclinable selon les orientations marketing ponctuelles
(développement du produit) ou une évolution du concept de communication.
La publicité pour la marque OMO a montré combien elle était adaptable,
l’étendue de la « famille » évoluant selon les besoins, redynamisant ainsi la
campagne (les descendants et les ascendants s’ajoutent ponctuellement au
couple initial), et les mêmes scénarios (« scènes de ménage » à propos de la
saleté du linge) peuvent être réutilisés, adaptés aux situations nouvelles ;
- - contribuer à réduire le volume des investissements nécessaires pour
obtenir les effets recherchés grâce au capital marque ainsi acquis ; OMO a
obtenu un très fort impact avec un budget trois fois moindre que celui de ses
concurrents.
- La qualité de l’idée créative peut aussi permettre à la campagne de franchir
ses frontières d’origine pou s’exporter dans plusieurs pays, voire prendre une
dimension internationale si le contenu n’est pas trop typé ; à l’exemple de la
thématique de Benetton, même si certains pays (celui représentant une
religieuse et un prêtre s’embrasant, celui représentant l’agonie d’une personne
atteinte du sida).
-
- La publicité-médias
- Jusqu’en 1940, la publicité médias avait pour unique rôle de rendre publiques
les offres commerciales des entreprises : on parlait alors de réclame.
Aujourd’hui, elle es la résultante d’un ensemble de moyens mis en œuvre pour
faire connaître une entreprise ou une organisation, ses marques, ses offres
(produits et services). Elle correspond à une communication diffusant et
révélant à un large public l’étendue de la représentation valorisée d’une offre
pour séduire les personnes concernées. Les médias (presse, télévision, radio,
affichage, cinéma et Internet), souvent appelé les mass media, constituent les
supports de cette communication. A son sujet, Samuel Johnson avait pu dire
en 1759 : « le métier de la publicité est désormais si proche de la perfection
qu’il va être difficile d’y apporter des améliorations. » Cela montre que la
publicité, ensuite appelée réclame pour revenir enfin à son nom d’origine, a
très tôt intéressé les industriels et les créateurs ; mais chaque fois que les
acteurs pensent approcher l’idéal, de nouvelles techniques permettent d’en
faire progresser la qualité et l’efficacité.
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- La publicité médias est une technique de communication dont il convient
d’analyser les différentes facettes : création des messages, médias planning,
organisation de la campagne dans le temps, pré-testing et post-testing,
mesure de l’efficacité... Mais au préalable, il conviendra de rappeler pourquoi
et comment un annonceur doit briefer ses agences de publicité, tout en
soulignant la nécessité d’une conformité juridique des campagnes.
-
- 1. Le briefing de l’annonceur à l’agence
- Avant d’aborder la création ou le message, la toute première étape d’une
campagne de publicité relève de l’annonceur, qui doit fournir un brief précis à
son agence. En général, ce brief est remis à l’agence dans le cadre d’une
compétition entre plusieurs agences, celles-ci devant proposer des
recommandations stratégiques dans un délai donné. Ce n’est qu’après cette
mise en concurrence que sera choisie l’agence carhgée de la réalisation de la
campagne. Il est à noter que cette démarche est identique quelle que soit la
nature de la communication : corporate, interne, marketing, financière ou de
crise.
- Il est nécessaire pour tout publicitaire de connaître à l’avance les éléments qui
devront être présents dans le brief qui lui sera remis. Ainsi, certaines
informations sont à retenir. Tout d’abord, le « brief » doit être considéré
comme le cahier des charges de la campagne de publicité médias, il est l’acte
fondateur de la relation entre l’agence et l’annonceur. « Le brief décrit le
problème posé ou le travail demandé par l’annonceur, il est synthétique,
précis et opérationnel. L’élément essentiel repose sur les informations
échangées, elles doivent être en phase avec le problème posé ou l’action
envisagée, de telle façon que les agences puissent travailler utilement et faire
les meilleures recommandations. L’agence, par ses questions, peut contribuer
également à l’amélioration du brief. » (Source : AACC, Association des
agences conseil en communication.)
- Le brief doit comprendre des informations sur les points suivants :
-
- * Le contexte : - l’entreprise elle-même ; - le produit (ou le service) à
promouvoir, incluant les contraintes spécifiques qui lui sont liées (techniques,
réglementations...) ; - le marché du produit (ou du service) : la cible, le circuit
de distribution, la force de vente, les concurrents... * Le problème de
communication à résoudre et les objectifs de communication. * Les
fondements de la marque, à savoir ses précédentes campagnes de
communication et l’ensemble de ses modes d’expression. * La stratégie
marketing actuelle de la marque (analyse SWOT : opportunité/menaces,
forces/faiblesses). * Les angles d’attaque proposés par l’annonceur. * Les
contraintes imposées par l’annonceur : - Quelque soit le volume des
informations qu’il contient, il est important que le brief soit établi par écrit.
Respecter et exiger cette règle permettra d’une part de valider le brief en
interne chez l’annonceur, d’autre part de présenter à toutes les agences les
mêmes informations. Pour l’agence, il est préférable de recevoir le brief avant
la présentation orale par l’annoncuer, de façon à pouvoir commencer à
réfléchir au problème posé. Le jour de cette présentation, l’équipe de l’agence
qui travaillera sur le budget devra être au complet. Cette étape initie le
dialogue entre l’annonceur et l’agence. - Après la réception du brief, tout un
travail est alors à mettre en place avant même de parler de création. Les
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ABOUBEKR THIAM
commerciaux et / ou chefs de publicité, aidés par les planificateurs
stratégiques, travaillent sur plusieurs points, dont l’étude en profondeur du
brief.
-
- * Le produit ou service : il faut étudier le produit ou le service, savoir le
replacer dans son environnement, comprendre ses contraintes, voire l’utiliser
pour bien comprendre quel message le consommateur final aura besoin de
recevoir pour être attiré par celui-ci. * Le marché du produit ou service :
-
- - La cible : elle doit être bien cernée et étudiée en profondeur si l’on veut
comprendre les comportements des consommateurs existants et potentiels,
afin de pouvoir ultérieurement diriger au mieux les axes de réflexion. Il s’agit
d’un travail de recherches et d’études. - Les concurrents : une veille
concurrentielle des campagnes des produits ou services concurrents doit être
effectuée, de façon à cerner les ouvertures qui pourraient être exploitées dans
le cadre de la future campagne.
-
- - Le circuit de distribution, la force de vente et les autres éléments appartenant
à l’univers du produit doivent être parfaitement cernés. - Il faut également
prendre en compte les angles d’attaque proposés par l’annonceur et étudier
les précédentes campagnes.
-
- Ce n’est qu’après cette étape que l’équipe pourra entamer sa réflexion
stratégique et proposer aux créatifs des axes de travail.
-
- 2. La création publicitaire
-
- La création publicitaire est au cœur même de la publicité : facteur essentiel et
indissociable du processus de communication, elle permettra d’assurer la
performance et l’efficacité de la campagne. Une création qui pourra générer
un fort taux de mémorisation dans la cible rendra la campagne d’autant plus
pertinente qu’elle permettra également de minimiser les coûts d’achats
d’espaces. En amont de la création, il incombe au marketing et à la direction
générale de définir la stratégie publicitaire et la plateforme créative qui
favoriseront la réalisation d’une création conforme aux objectifs de l’annonceur
; ce n’est qu’après cette réflexion que sera confiée l’élaboration du message
publicitaire aux créatifs. En parallèle de la création, le média planning
constitue u élément déterminant, puisqu’il y a entre ces deux métiers une
interdépendance inévitable. En effet, le support choisi influence la création et,
réciproquement, la création choisie peut nécessiter un support particulier ; le
dialogue doit donc être constant. Dans son brief, l’annonceur doit déterminé
une cible de communication à atteindre, qui aura ensuite été traduite en
termes opérationnels par le chef de publicité, à destination des créatifs : il
contient tous les éléments perçus comme étant les plus importants et les plus
significatifs pour alimenter leur réflexion. Cette étape nécessite cependant un
cadre théorique afin d’orienter les décisions à prendre pour la stratégie
publicitaire de l’entreprise, de ses marques, de ses produits et services.
-
- FOCUS sur La publicité mensongère et la publicité trompeuse
-
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ABOUBEKR THIAM
- Publicité mensongère et publicité trompeuse sont toutes les deux interdites
par la loi du 2 juillet 1963, revue et corrigée par la loi du 27 décembre 1973 et
complétée par celle du 10 janvier 1978. La publicité mensongère trahit la
réalité (par exemple, dire qu’une boisson est 100 % naturelle alors que ne
c’est pas vrai), tandis qu’une publicité trompeuse induit les individus en erreur
(présenter une photo qui laisse croire que le produit est plus gros qu’en
réalité). Autant la publicité mensongère est facile à prouver et à interdire,
autant la qualification de « trompeuse » peut se révéler ambiguë pour une
publicité.
-
- Par exemple, le spot télévisé de la marque d’eau de source Taille fine, qui met
en scène une jeune femme qui réussit à se cacher derrière le pied de son
lampadaire épais d’à peine quelques centimètres, est elle une publicité
trompeuse ? En fait, les tribunaux ont été amenés à se prononcer sur ce type
de message à la suite de plaintes. Leur appréciation de la loi est qu’il n’y a pas
à interdire un discours dithyrambique sur les qualités d’un produit ou d’un
service à la condition que, bien évidemment il n’y ait pas tromperie, et que le
consommateur comprenne qu’il s’agit d’une exagération publicitaire. En
d’autres termes, comme le consommateur comprend que la publicité Taille
fine est une figure de style publicitaire fondée sur la qualité du produit, il n’y a
pas de tromperie.
-
- Le briefing créatif : les plates formes de création
-
- Le brief de création est la traduction en termes opérationnels du brief client.
Réalisé par le chef de publicité pour les créatifs, il contient tous les éléments
perçus comme importants et significatifs pour alimenter leur réflexion. Ce brief
comprend deux parties : la problématique de l’annonceur se résume au
contexte de l’action publicitaire (la situation et les objectifs marketing) et aux
objectifs publicitaires (cibles, effets attendus et axe ou concept de
communication).
-
- Le concept lié à la partie plateforme créative est plus complexe, c’est pourquoi
elle fera l’objet de plusieurs sous parties. Les orientations générales de la
création, ou « plate formes créatives », sont issues d’une volonté des
managers de rationaliser leur démarche. Cette plate forme conçue idéalement
de façon conjointe par l’annonceur et l’agence, représente la partie du brief de
création et définit de manière explicite le contenu et le style du message à
communiquer. On peut regrouper les différentes plates formes de création en
fonction de leur base d’analyse : la base est soit l’offre de l’entreprise (produit
ou service), soit la marque ou l’entreprise.
- On peut analyser par exemple l’affiche de la figure 4.3 :
-
- * Annonceur : Aéroport de Bordeaux
-
- Problème posé: l’aéroport de Bordeaux développe une nouvelle ligne
régulière Bordeaux/Munich avec Lufthansa et souhaite le faire savoir à
l’ensemble de sa cible.
-
- * Cible : clientèle « affaires » principalement
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- * Idée créative : comme pour chaque nouvelle destination, mise en place d’un
discours humoristique permettant d’évoquer clairement la destination au
niveau du visuel (ici, détournement des ceintures de sécurité au profit des
bretelles de culottes bavaroises). * Dispositif média : presse magazine,
presse quotidienne, affichage 4X3, abribus.
-
- a) Les plates formes de créations fondées sur l’offre de l’entreprise
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régule le transit intestinal - Preuve : contient du bifidus actif - Bénéfice
consommateur : être en bonne santé et en forme
- Ton : informatif, ambiance féminine pour impliquer la cible
* La copy strategy créative.
La copy strategy créative est une variante de la copy strategy ; ellle se veut plus
flexible, pour offrir davantage de souplesse et de liberté au travail des créatifs
sans pour autant délaisser la rigueur de la plate forme de création. Une copy
strategy créative doit traduire les axes stratégiques, être originale, déclinable et
créative. Elle se compose de tois points :
L’axe publicitaire : c’est une idée forte qui est communiquée à la cible de
communication (promesse) à partir des freins et des motivations Le concept
d’évocation : il relève d’une situation concrète qui doit crédibiliser l’axe. Il doit
être attractif, facilement compréhensible, spécifique au produit, crédible, accepté
par tous les publics et s’adapter aux contraintes techniques des supports.1
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- L’image américaine pour une boisson gazeuse : Coca cola, Pepsi Cola, Seven
Up, etc utilisent déjà cet axe publicitaire
La praticité pour un café soluble : tous les produits de cette catégorie, quelle
qu’en soit la marque, sont rapides et pratiques à préparer.
Le concept d’évocation est une situation concrète qui crédibilise l’axe. Le concept
d’évocation est l’effet de réel qui crée l’illusion d’une situation ou d’une
sensation. Le concept d’évocation doit être attractif, facilement compréhensible,
spécifique au produit (attention aux femmes trop minces pour les produits
diététiques, ou trop jeunes pour les produits antirides), crédible, accepté par tous
les publics et d’adapter aux contraintes techniques des supports.
Il doit présenter une bonne sécurité d’évocation, c’est-à-dire assurer une bonne
compréhension du message par le consommateur. Se distinguer très clairement
de la concurrence pour éviter tout risque de confusion (l’utilisation du père Noël
dans une publicité diffusée au mois de décembre risque d’engendrer un véritable
problème de perception étant donné le nombre de messages qui recourent à ce
personnage à cette période).
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mensongère. C’est le choix de la marque Dove pour ses campagnes de publicité
en 2004-2005
Une variante de la copy strategy : le PTC (plan de travail créatif). Développé par
l’agence Young & Rubicam, le PTC, dérivé de la copy strategy, se fonde sur 6
éléments pour proposer une approche globale de la création publicitaire : * Le
fait principal : synthèse du diagnostic marketing, positionnement de l’entreprise,
du produit et de la marque.
La star stratégie est l’une des premières plates formes de création fondée sur la
marque et non sur l’offre. Elle est développée par Jacques Séguéla au cours des
années 1980, alors que le consommateur éprouve le besoin de s’identifier à une
marque. Cela commence avec l’attractivité qu’exercent les héros publicitaires, les
stars, le recours à la provocation, la publicité superproduction, les publi-
rédactionnels (presse), les informations commerciales (commerciales (télévision)
et les évènements.
Par exemple, l’aboutissement de la star stratégie dans l’agence Euro RSCG est
un processus qui permet à la marque de sortir de l’anonymat et de devenir une
star qui a : * Un physique – ce qu’elle apporte : il s’agit de dire clairement ce que
fait la marque, le service qu’elle rend.
Le caractère de la marque
Le style de la marque
- La séduction et le glamour
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* Le reflet de consommateur de la marque : c’est l’image que le public se fait de
l’acheteur et du consommateur de la marque. Par exemple, l’acheteur d’une
voiture de marque BMW est perçu comme une personne ayant réussi sa vie
professionnelle. * La mentalisation interne : c’est l’image que l’acheteur ou le
consommateur de la marque se fait de lui-même. Par exemple, l’acheteur de
marques de distributeurs se définit comme acheteur intelligent et astucieux qui
sait trouver la qualité à un prix inférieur à celui des marques de producteurs.
L’idée générale des plates formes de création de ce type est de comparer l’image
idéale que devrait avoir la marque et les perceptions de cette marque par les
cibles de consommateurs et d’acheteurs ; le rôle de la publicité est alors de faire
tendre la marque perçue cers la marque idéale.
Développées en réaction aux plates formes de création telles que la copy strategy ou
l’identité de marque, jugées trop « marketing », les plates formes créatives essaient
de libérer la capacité de création des créatifs des agences de publicité. La stratégie
de disruption, typique de cette catégorie de plate forme de création, commence à se
développer au début des années 1990 sous l’impulsion de Jean Marie Dru, alors
directeur de la création de l’agence BDDP. Ensuite, il est devenu directeur
international de la création du groupe TBWA, après la reprise de BDDP par ce
dernier groupe. La stratégie de disruption va petit à petit devenir un modèle, avec
tous les risques que cette plate forme créative comporte (rupture totale entre le
message voulu et la perception de la cible, tension avec l’annonceur qui n’aime
jamais gérer des situations de crise, impact très difficile à évaluer a priori). Mais cette
stratégie présente un avantage très intéressant : elle facilite la créativité. Jean Marie
Dru fournit un prolongement intéressant avec le concept du saut créatif – capacité
des créatifs de l’agence à traduire un objectif marketing en situation originale,
séduisante et attractive pour la cible. La disruption brise les conventions habituelles
du marché et redessine le marché, via une méthodologie qui se développe sur la
base d’un processus comprenant trois étapes :
* La convention : « cette étape permet de valider les habitudes qui figent les
pensées, les stéréotypes qui emprisonnent les perceptions, les évidences
invisibles qui enterrent la marque. » L’analyse des conventions permet de relever
que celles-ci ne sont pas des faits mais des opinions ; le but est donc ici de défier
des préjugés ou ces idées toutes faites qui empêchent les choses d’évoluer.
* La disruption (la rupture) est le moment où ce qui a été fait par le passé et
permettra à la marque de se repositionner est remis en question. Il s’agit donc de
détecter les conventions du marché, pour changer les règles de celui-ci. Pour
cela, il faut les remettre en cause, les questionner.
La vision découvre le sens, l’orientation future et la signification de la marque. Il
faut donner une vision à long terme de la marque ; cela demande une profonde
compréhension de la marque et donne une large place à l’imagination et aux
rêves.
Ensuite, en fonction du problème posé, il faut réussir à unir ces trois notions.
Dans ce type de démarche, seule la conscience marketing des créatifs sert de
garde-fou, et c’est pourquoi cette stratégie peut se révéler périlleuse et manquer
d’efficacité. Cependant, elle semble avoir fait ses preuves grâces aux succès de
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campagnes telles que celles des chaussures Eram, des vêtements Kookaï ou de
la location de voitures Hertz
La distribution se fonde sur les éléments tangibles de son offre (choix, prix,
services...)
Donner à Virgin une dimension émotionnelle plutôt que faire des offres tangibles
Virgin n’est pas un magasin de disques mais le temple de la culture jeune
Une publicité plus axée sur la mise en scène spectaculaire d’un produit, d’un
service, d’une marque ou d’une entreprise (ce qui facilite leur présence dans
l’esprit des personnes ciblées), que sur un discours informatif. De nombreux
messages publicitaires se servent aujourd’hui de ce type d’approche, comme
l’eau minérale Evian et ses spots qui mettent en scène des bébés nageurs, des
seniors nageurs ou des adultes chantant « we will rock you » avec des voix
d’enfants.
Peu employées sur le marché français, surtout pour des raisons culturelles, les
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campagnes de publicité comparatives sont cependant généralement assez
impactantes. On l’a vu avec l’opérateur téléphonique Télé2, contre France
Télécom ; mais aussi avec Vico, marque de purée déshydratée qui a utilisé ses
caractéristiques produits (100 % de pommes de terre) pour provoquer la
comparaison avec le leader, Mousline (99 % de pommes de terre) – elle a ainsi
obtenu un gain de 3 points de part de marché.
L’innovation dans la publicité est toujours reconnue et appréciée, car elle confère
une originalité et une spécificité à la communication. Cette innovation peut se
trouver dans les types de supports employés, dans les modes d’utilisation des
supports – comme la possibilité de diffuser des odeurs à partir de certains
panneaux publicitaires - , etc. Elle doit, en particulier, intégrer les nouvelles
technologies offertes par le numérique.
Evolution vers une communication globale qui unit tous les modes de publicité et
de communication de l’entreprise dans un plan d’ensemble. Cela sous-entend
que la publicité médias doit s’insérer dans une stratégie de communication et on
pas être la technique dominante, pour ne pas dire unique, d’une approche de
communication. Danone, par exemple, développe une communication corporate
qui fédère l’ensemble des publicités et communications des différents produits
commercialisés: publicité médias, promotion, événementiel, communication
directe...
Une fois la plate forme de création choisie et par l’agence, et par l’annonceur, les
créatifs doivent élaborer les messages publicitaires de la campagne. Quand ceux-
ci sont validés par les annonceurs, la phase de production des messages peut
être envisagée.
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a) Les discours et registres créatifs
* La persuasion fournit les preuves de la qualité d’une offre pour faire adhérer les
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ABOUBEKR THIAM
individus ciblés.
b) Le projet créatif
Une fois toutes les données prises en compte, le créatif peut commencer la phase de
création en tenant compte des critères définis par David Ogilvy pour construire une
bonne proposition publicitaire : avoir une idée forte (plus important que l’expression
de l’idée), donner des faits, plaire, séduire, être original (surtout na pas copier). Après
réflexion, le créatif va matérialiser son idée par un rough, qui correspond à une
esquisse crayonnée du message et concept. Il va décliner toutes ses idées sur
plusieurs roughs, de sorte que l’agence puisse choisir celui qui semble le plus
correspondre aux attentes de l’annonceur ? Le rough est une étape essentielle
puisqu’il permettra d’évaluer les coûts de création du message final (format,
couleurs, lieu, utilisation de mannequins). Une fois les deux ou trois meilleurs roughs
choisis, le créatif conçoit soit :
Une maquette, dans le cadre d’une annonce presse ou d’une affiche * Un story
board, pour la télévision ou le cinéma. Le story board est une succession de
maquettes présentant les différents plans du spot publicitaire ; cela ressemble à
une bande dessinée. Il peut également être présenté sous la forme d’un animatic,
c’est-à-dire d’un dessin animé sonorisé.
Pour être certain de la qualité des maquettes et des story boards, le mieux est de
les tester auprès d’un échantillon représentatif de la cible, mais ces tests
nécessitent des budgets que toutes les entreprises ne peuvent dégager (les
PME, en particulier, testent rarement les maquettes et les story boards pour des
raisons financières). Dans ce cas, ces tests s’effectuent généralement en interne
entre les différents services.
C’est la plupart du temps sous la forme d’un rough qu’est présenté le travail à
l’annonceur, en particulier pour les films publicitaires, car la mise en œuvre d’un
film est très coûteuse et l’idée créative peut être refusée.
c) La production du message
Une fois la validation du message obtenue par l’annonceur, l’équipe créative peut
passer à l’étape suivante, à savoir le processus de production. La phase de la
production des messages s’étend depuis l’accord du client sur un rough jusqu’au
passage effectif de l’annonce dans la presse, du spot à la télévision... Lors du
processus de production, les maquettes ou les story boards sont produits :
création graphique et prises de vue des annonces presse et des affiches, et
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tournage des films publicitaires.
Le budget publicitaire
C'est à vous, le propriétaire-exploitant de la petite entreprise, de décider
combien vous allez dépenser en publicité, c'est-à-dire de fixer le montant
que vous consacrerez à la croissance des ventes, et comment ce montant
sera réparti.
Si vous voulez accroître vos ventes, il est fort probable que vous deviez
faire de la publicité. Combien devez-vous dépenser ? Comment allez-vous
ventiler votre budget de publicité ? Comment vous assurer que les
dépenses dans ce domaine ne dépasseront pas vos prévisions ? Le budget
de publicité vous aidera à déterminer combien vous devez consacrer à la
publicité et à choisir les modalités de ces dépenses.
Il est rare que le montant que vous aimeriez consacrer à la publicité et celui
que vous pouvez vous permettre coïncident. Dépenser trop est
évidemment une extravagance mais dépenser trop peu peut avoir des
effets tout aussi nuisibles en faisant perdre des ventes et en diminuant la
visibilité de votre entreprise. Les coûts engagés doivent être fonction des
résultats espérés. Vous devez être prêt à évaluer vos objectifs et vos
capacités et c'est précisément ce qui va vous aider à faire la préparation du
budget.
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Pourcentage des ventes ou des profits
La méthode la plus couramment utilisée pour préparer un budget de publicité
est de choisir d'y affecter un pourcentage des ventes. La publicité est une
dépense d'affaires, au même titre que les coûts de la main-d'oeuvre par
exemple, et devrait donc, dans cette approche, être fonction des quantités de
marchandises vendues.
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d'affaires parce qu'elle est simple et rapide. Non seulement s'agit-il d'une
méthode fiable qui convient bien aux marchés stables, mais aussi peut-elle
prévenir que votre budget de publicité prenne des proportions démesurées.
Nota : si vous désirez augmenter votre part de marché, vous devrez
probablement consacrer une part plus importante de votre chiffre d'affaires à
la publicité que celle qu'on y consacre en moyenne dans votre secteur.
Aucun propriétaire d'entreprise ne devrait se sentir les mains liées par une
méthode. Le recours à la méthode du pourcentage des ventes est pratique
parce qu'il est rapide et facile. C'est une méthode fiable pour des marchés
stables. Par contre, si vous voulez accroître votre part de marché, vous devrez
probablement utiliser un pourcentage des ventes supérieur à la moyenne de
l'industrie.
Quelles ventes ?
Vous pouvez calculer votre budget de publicité en pourcentage des ventes
antérieures, des ventes prévues à l'avenir, ou d'une combinaison des deux.
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connaissance que vous avez du montant de publicité qu'il faut pour vendre
chaque unité. Cela revient à dire que s'il faut consacrer deux cents à la
publicité pour vendre une caisse de légumes en boîte et que vous voulez en
écouler 100 000, vous devrez probablement dépenser 2 000 $ en publicité
pour les vendre.
Elle établit un lien entre les montants affectés à la publicité, dans les
conditions usuelles et à long terme, et le chiffre d'affaires pour éviter d'avoir à
piger dans les profits et dans les réserves.
Pour établir votre budget avec cette méthode, vous devez disposer d'un
programme de commercialisation coordonné, avec des objectifs précis qui
s'appuient sur une étude détaillée de vos marchés et de leur potentiel.
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Alors que la méthode du pourcentage des ventes ou des profits vous indique
combien vous devriez dépenser, sans vraiment tenir compte de ce que vous
voulez réaliser, la méthode des tâches commence par définir ce que vous
devez faire pour atteindre votre objectif. Ce n'est qu'ensuite que vous en
calculerez le coût.
Avec cette méthode, vous allez devoir vous fixer des objectifs précis. C'est
ainsi qu'il ne suffit pas de vouloir augmenter les ventes mais que vous devrez
par exemple préciser que vous voulez vendre 25 p. 100 de plus du produit X
ou du service Y en intéressant les adolescents à ce produit ou à ce service.
Vous devrez ensuite choisir le média qui vous permet le mieux d'atteindre
votre marché cible et évaluer alors ce qu'il vous en coûtera pour diffuser le
nombre et le type de publicités qui vous permettront, à votre avis, d'atteindre
cet objectif d'augmentation. Vous procéderez de la même façon pour chacun
de vos objectifs. Cela fait, l'addition de tous ces coûts vous donnera votre
budget.
Il est fort possible que vous parveniez à la conclusion que vous ne pouvez pas
vous payer toute la publicité que vous aimeriez faire. C'est donc une bonne
idée que de classer vos objectifs par priorité. Comme avec les autres
méthodes, soyez prêt à modifier vos plans pour vous adapter à la réalité et
pour tenir compte des ressources dont vous disposez.
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Le budget total
Votre budget total peut résulter de la totalisation des budgets des services ou
des produits. Si votre entreprise a fixé un plafond au pourcentage des
dépenses en publicité, les budgets de vos services, calculés à partir de
pourcentages différents des ventes dans chaque secteur, peuvent être réduits.
Dans les entreprises plus petites, le budget total peut être le seul qui existe. Il
faudrait alors le diviser, lui aussi, par catégories de marchandises pour définir
des calendriers.
Les médias
Le montant de publicité que vous affecterez aux divers supports publicitaires,
comme le publipostage, les revues, la radio, etc. sera déterminé en fonction
de votre expérience antérieure, des pratiques de l'industrie et des idées des
spécialistes de ces supports publicitaires. En règle générale, on conseille
d'utiliser les mêmes types de supports que vos concurrents. Ce sont, fort
probablement, ceux que vos clients éventuels sont le plus susceptibles de voir
et d'entendre.
Un budget flexible
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Vous pouvez combiner toutes ces méthodes à votre guise pour l'établissement
et l'allocation de votre budget de publicité. Selon votre situation, vous pouvez
avoir besoin de toutes ou d'une seule de ces méthodes pour atteindre vos
objectifs de publicité. Dans tous les cas, faites-en sorte que votre budget soit
souple. Vous devez pouvoir l'adapter facilement lorsque le marché subit des
changements.
La période de planification et de budgétisation que vous allez retenir dépendra de la
nature de vos activités. Si vous choisissez des périodes courtes, il vous sera plus
facile de faire preuve de souplesse et de modifier votre tactique pour réagir à des
évolutions soudaines.
Afin de vous garder une certaine marge de manœuvre, vous devriez prévoir un fonds
d'urgence pour faire face aux circonstances particulières comme l'apparition d'un
nouveau produit, l'offre de conditions spéciales dans les médias locaux ou une
concurrence imprévue.
Sachez en tout temps ce que font vos concurrents. Ne vous contentez pas de les
copier en aveugle mais analysez comment les mesures qu'ils prennent peuvent avoir
des conséquences sur votre entreprise et soyez prêt à réagir.
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