MEMOIRE
MEMOIRE
INTRODUCTION GENERALE
1. Problématique
Cependant, comme nous l’avons dit ci-haut d’une manière ou d’une autre, la gouvernance de
ces entités dans notre pays est souvent source de débats et de critiques car malgré la réforme
des entreprises publiques en RDC intervenue en 2008, celle-ci (réforme) est confrontée à des
défis majeurs malgré des efforts entrepris depuis plus de deux décennies pour restructurer et
moderniser ces entités2.
L’objectif principal de cette réforme a été celui de rendre compétitives les entreprises
publiques en améliorant leur gestion, en investissant dans l’outil de production, en réduisant
leurs charges, autrement dit, en insufflant une dynamique nouvelle dans les entreprises du
portefeuille de l’État pour améliorer leur potentiel de production et de rentabilité, en
améliorant la qualité du service rendu à la population, en contribuant au renforcement de la
compétitivité de ces entreprises et de l’ensemble de l’économie et en fin, en allégeant la
charge du Trésor public et accroître la contribution du secteur du portefeuille dans le budget
de l’État3. Mais malheureusement, les entreprises publiques de la RDC continuent de subir les
effets d’une gestion inefficace d’une sous-capitalisation chronique. Pour certaines d’entre-
elles, l’absence de capitaux frais et la vétusté de l’outil de production freinent
considérablement leur relance, a fait savoir un certain Alex N’KUSU DONGALA SIYA.
1
PIERRE-LUC DÉSILETS, La gouvernance des entreprises publiques : une étude des différentes missions et de
leurs rôles dans les entreprises publiques canadiennes, Thèse d'exécutive PhD de l’Université Paris Dauphine –
PSL, Paris, 2022, p. 11
2
https://actualite.cd/2024/12/11/rdc-20-entreprises-publiques-transformees-mais-des-defis-de-gouvernance-
persistent, visité le 11 Août 2025
3
FISTON MUMBERE MITAMANGO, « Réforme des entreprises publiques : quel rôle pour l’Etat congolais
après le désengagement ? », PUG – CRIG, Université Catholique du Graben, 2019, p. 1
2
Comme nous le savons tous, l’Etat est une personne morale au même titre qu’une société. A
ce titre, il peut être vu comme un concept abstrait. C’est pourquoi il se doit, au même titre
qu’une société, d’être représenté par une personne physique4. En effet, l'État-actionnaire
unique est représenté au sein de l’Assemblée Générale d’une entreprise publique transformée
en société commerciale (comme c’est le cas de la REGIDESO) par un délégué du Ministre
du Portefeuille, qui détient une procuration spéciale et il est assisté par trois autres
représentants issus des cabinets du Premier Ministre, du Ministre du Budget et du
Ministre du secteur concerné. Avant chaque réunion, ces délégués se concertent pour définir
une position commune sur les points à l'ordre du jour5.
4
ROANNIC OLOLO, La représentation de l’Etat-actionnaire unique au sein des Assemblées Générales des
sociétés commerciales en République du Congo, LinkedIn, 2025, In https://www.linkedin.com/pulse/la-repr
%C3%A9sentation-de-letat-actionnaire-unique-au-sein-roannic-ololo-fscse, visité le 12 Août 2025
5
Article 2 du décret n° 13/002 du 15 janvier 2013 portant organisation de la représentation de l'Etat-actionnaire
unique au sein de l'assemblée générale d'une entreprise publique transformée en société commerciale
3
qui régissent les entreprises publiques également 6. Le présent acte uniforme prévoit donc des
règles sur l’organisation et le fonctionnement d’une Assemblée Générale.
Face à tout cela, nous nous sommes posé un nombre constant des questions sous forme de
problématique. Ces questions s’enchainent de la manière que voici :
Telles sont nos préoccupations majeures auxquelles nous répondrions provisoirement dans
nos hypothèses et qui seront approfondies par nous tout au long de ce travail.
2. Hypothèses
Bien que la REGIDESO SA soit soumise au droit OHADA en tant que société
commerciale, la représentation de l’État au sein de l’Assemblée Générale semble répondre
aux exigences formelles du cadre juridique. L’État, en tant qu’actionnaire unique, désigne ses
délégués conformément aux dispositions de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d’intérêt économique. Toutefois, cette conformité juridique
ne garantit pas une gouvernance efficace. En effet, la tenue irrégulière des Assemblées
Générales, le manque de suivi des résolutions adoptées, et l’absence de mécanismes de
reddition des comptes révèlent une gouvernance davantage symbolique que fonctionnelle.
Dans cette hypothèse, nous pensons que le respect des normes OHADA ne suffit pas à assurer
une gestion transparente et responsable des entreprises publiques.
participation active des actionnaires à travers l’Assemblée Générale, la pratique montre que
les délégués de l’État agissent souvent sans concertation préalable, et que les résolutions
prises ne sont pas systématiquement suivies d’effet. L’absence de sanctions en cas de non-
tenue des Assemblées Générales ou de non-respect des obligations légales contribue à une
forme d’impunité administrative. Il s’agit ici de la mise en lumière le décalage entre les
principes de gouvernance inscrits dans les textes et leur mise en œuvre dans le contexte
congolais.
3. Délimitation :
1° Délimitation Spatiale :
2° Délimitation Temporelle :
3° Délimitation Matérielle :
4. Choix et Intérêt
Dans le cadre de ce travail, nous avons opéré notre choix sur ce sujet dont le
contenu a été énoncé ci-haut, parce que dans notre pays la République Démocratique du
Congo, la REGIDESO, comme beaucoup d’autres entreprises publiques, fait face à des
nombreux défis notamment des problèmes de gestion, un manque d’infrastructures et une
dépendance financière vis-à-vis de l’Etat. Explorer le fonctionnement de son Assemblée
Générale permet de comprendre comment les décisions stratégiques sont prises dans une
entreprise publique confrontée à des défis économiques, sociaux et environnementaux.
Quant à ce qui cadre avec l’intérêt du sujet, nous, en tant que chercheur en Droit, dans le
présent travail, poursuivons trois principaux intérêts qui s’expliquent en ces termes :
Ce sujet nous permet de développer une expertise approfondie sur la gouvernance des
entreprises publiques ;
Il renforce nos compétences en analyse juridique et institutionnelle, essentielles pour
des carrières en administration publique ou conseil stratégique ;
6
5. Plan
Assemblée Générale ;
Entreprise publique ;
Société anonyme unipersonnelle.
Nous clarifierons également les concepts connexes qui seront traités d’une manière ou d’une
autre avec les concepts de base dont ils relèvent.
I.1. DEFINITION
De ces faits, l’assemblée est le vocable sous lequel on désigne la réunion des actionnaires
d'une société de capitaux ou encore, la réunion des porteurs de parts d'une société de
personnes qui sont conviés à débattre et à voter sur un "ordre du jour" préparé par les organes
de gestion de la société7.
Ainsi, l’assemblée générale d’une société ou d’une entreprise est un organe de décision
collective qui réunit l’ensemble des associés ou des actionnaires8. Dite assemblée générale des
associés ou des actionnaires, c’est aussi l'organe décisionnel aux pouvoirs les plus étendus
pour faire ou ratifier les actes qui intéressent la société9.
I.2. FONCTIONS
7
https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/assemblee-generale-societes.php,
8
LENA CAZENAVE, Comment organiser une assemblée générale ? Diplômée d'un Master 2 en droit de la
propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille, Sous la direction de Pierre Aïdan docteur en droit et
diplômé de Harvard, 2025, p. 2
9
OUMAYMA BEN MAACHOU, Assemblée Générale, SCRIBD, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Fès,
p.8
https://fr.scribd.com/document/473983601/Assemblee-generale
8
10
SYLVAIN SANKALE, « l’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique », Institut Supérieur des Arts et des Cultures, p. 12 et 13
9
1°) par le commissaire aux comptes, après que celui-ci a vainement requis la convocation du
conseil d'administration ou de l'administrateur général selon le cas, par lettre au porteur contre
récépissé ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Lorsque le
commissaire aux comptes procède à cette convocation, il fixe l'ordre du jour et peut, pour des
motifs déterminants, choisir un lieu de réunion autre que celui éventuellement prévu par les
statuts. Il expose les motifs de la convocation dans un rapport lu à l'assemblée ;
2°) par un mandataire désigné par la juridiction compétente, statuant à bref délai, à la
demande soit de tout intéressé en cas d'urgence, soit d'un ou de plusieurs actionnaires
représentant au moins le dixième du capital social s'il s'agit d'une assemblée générale ou le
dixième des actions de la catégorie intéressée s'il s'agit d’une assemblée spéciale ;
L’ordre du jour a une importance primordiale dans la mesure où il permet à chaque associé ou
actionnaire de connaître les questions abordées lors de la réunion, afin de se préparer à y
répondre. Il doit impérativement être précisé dans la convocation à l’assemblée générale.
L’ordre du jour contient une liste chronologique des points qui sont abordés lors de la
11
Institut Français des Administrateurs (IFA), Assemblée générale : quelles obligations relatives à la
convocation ? Paris, p. 1, in https://www.ifa-asso.com/mediatheques/quelles-obligations-relatives-a-la-
convocation-de-lassemblee-generale
12
Op.cit. LENA CAZENAVE, p.4
13
Acte Uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, Article 516,
p.110
10
réunion. Ce document détermine le déroulé de l’assemblée générale et fixe les résolutions qui
sont discutées14.
Ainsi, L'assemblée est présidée, selon le cas, par le président directeur général, le président du
conseil d'administration ou par l'administrateur général ou en cas d'empêchement de ceux-ci
et sauf clause statutaire contraire, par l'actionnaire ayant ou représentant le plus grand nombre
d'actions ou, en cas d'égalité, par le doyen en âge. Les deux (2) actionnaires représentant le
plus grand nombre d'actions par eux-mêmes ou comme mandataires, sont nommés
scrutateurs, sous réserve de leur acceptation.
Un secrétaire est nommé par l'assemblée pour établir le procès-verbal des débats. Il peut être
choisi en dehors des actionnaires.
À chaque assemblée, il est tenu une feuille de présence indiquant outre le nombre d'actions
dont il dispose et le nombre de voix attachées à ces actions : 1°) les nom, prénoms et domicile
de chaque actionnaire présent ou représenté ; 2°) les nom, prénoms et domicile de chaque
mandataire ; 3°) les nom, prénoms et domicile de chaque actionnaire ayant participé à
l'assemblée par visioconférence ou par tout moyen de télécommunication permettant leur
identification ; 4°) les nom, prénoms et domicile de chaque actionnaire ayant adressé à la
société un formulaire de vote par correspondance. En l'absence d'une feuille de présence
établie conformément aux dispositions du présent article, les délibérations prises dans le cadre
de l'assemblée générale peuvent être annulées.
La feuille de présence est emmargée par les actionnaires présents et par les mandataires, au
moment de l'entrée en séance. Les procurations et les bulletins de vote par correspondance
sont annexés à la feuille de présence, à la fin de l'assemblée. En cas de violation des
dispositions du présent article, les délibérations prises dans le cadre de l'assemblée générale
peuvent être annulées.
14
Op.cit. LENA CAZENAVE, p.5
15
Op.cit., SYLVAIN SANKALE, p. 15 et 16
11
La feuille de présence est certifiée sincère et véritable, sous leur responsabilité, par les
scrutateurs. En cas de violation des dispositions du présent article, les délibérations prises
dans le cadre de l'assemblée générale sont nulles.
Il est signé par les membres du bureau et archivé au siège social avec la feuille de présence et
ses annexes conformément aux dispositions de l'article 135 ci-dessus. En cas de participation
à l'assemblée par visioconférence ou autre moyen de télécommunication, il est fait mention
dans le procès-verbal des incidents techniques éventuellement survenus au cours de
l'assemblée et ayant perturbé son déroulement.
Les copies ou extraits des procès-verbaux des assemblées sont valablement certifiés, selon le
cas, par le président-directeur général, par le président du conseil d'administration, par
l'administrateur général ou par toute autre personne dûment mandatée à cet effet. En cas de
liquidation, ils sont certifiés par un seul liquidateur.
Peuvent participer aux assemblées générales : 1°) les actionnaires ou leur représentant dans
les conditions définies au présent Acte uniforme ou par les clauses des statuts ; 2°) toute
personne habilitée à cet effet par une disposition légale ou par une clause des statuts de la
société. Il en est de même des personnes étrangères à la société lorsqu'elles y ont été
autorisées soit par la juridiction compétente, soit par décision du bureau de l'assemblée, soit
par l'assemblée elle-même.
A. Attributions
12
L'assemblée générale ordinaire prend toutes les décisions autres que celles qui
sont expressément réservées par l'article 551 ci-après, aux assemblées générales
extraordinaires, et par l'article 555 ci-après aux assemblées spéciales.
L'assemblée générale prend connaissance des différents rapports et projets de résolutions et, le
cas échéant, le président du conseil d'administration rend compte des travaux du conseil
d'administration.
2°) décider de l'affectation du résultat ; à peine de nullité de toute délibération contraire, il est
constitué sur le bénéfice de l'exercice diminué, le cas échéant, des pertes antérieures, une
dotation égale à un dixième au moins affectée à la réserve légale. Cette dotation cesse d'être
obligatoire lorsque la réserve atteint le cinquième du montant du capital social ;
3°) nommer les membres du conseil d'administration ou l'administrateur général et, le cas
échéant, l'administrateur général adjoint, ainsi que le commissaire aux comptes ;
4°) statuer sur le rapport du commissaire aux comptes prévu par les dispositions de l'article
440 ci-dessus et approuver ou refuser d'approuver les conventions conclues entre les
dirigeants sociaux ou un actionnaire détenant une participation supérieure à dix pour cent
(10%) du capital de la société et la société ;
6°) approuver le rapport du commissaire aux comptes prévu par les dispositions de l'article
547 ci-après.
Lorsque la société, dans les deux (2) ans suivant son immatriculation, acquiert un bien
appartenant à un actionnaire et dont la valeur est au moins égale à cinq millions (5.000.000)
de francs CFA, le commissaire aux comptes, à la demande du président directeur général, du
président du conseil d'administration ou de l'administrateur général, selon le cas, établit sous
sa responsabilité un rapport sur la valeur de ce bien. Ce rapport est soumis à l'approbation de
la plus proche assemblée générale ordinaire.
Ce rapport décrit le bien acquis, indique les critères retenus pour la fixation du prix et
apprécie la pertinence de ces critères. Le commissaire aux comptes doit établir et déposer au
13
siège social ledit rapport quinze (15) jours au moins avant la réunion de l'assemblée générale
ordinaire.
Toute délibération prise à défaut du rapport du commissaire aux comptes est nulle. La
délibération peut être annulée lorsque le rapport ne contient pas toutes les indications prévues
au présent article.
L'assemblée générale statue sur l'évaluation du bien à peine de nullité de la vente. Le vendeur
ne prend pas part au vote, ni pour lui-même, ni comme mandataire, de la résolution relative à
la vente, et ses actions ne sont pas prises en compte pour le calcul du quorum et de la
majorité. Toute délibération prise en violation du présent alinéa est nulle.
L'assemblée générale ordinaire est réunie au moins une (1) fois par an, dans les
six (6) mois de la clôture de l'exercice, sous réserve de la prorogation de ce délai par décision
de justice Si l'assemblée générale ordinaire n'a pas été réunie dans ce délai, le ministère public
ou tout actionnaire peut saisir la juridiction compétente statuant à bref délai afin d'enjoindre,
le cas échéant sous astreinte, aux dirigeants de convoquer cette assemblée ou de désigner un
mandataire pour y procéder.
L'assemblée générale ordinaire ne délibère valablement, sur première convocation, que si les
actionnaires présents ou représentés possèdent au moins le quart des actions ayant le droit de
vote. Sur deuxième convocation, aucun quorum n'est requis. L'assemblée générale ordinaire
statue à la majorité des voix exprimées. Il n'est pas tenu compte des bulletins ou votes blancs.
A. Attributions
2°) transférer le siège social en toute autre ville de l'État partie où il est situé, ou sur le
territoire d'un autre État ;
Lorsque le quorum n'est pas réuni, l'assemblée peut être une troisième fois convoquée dans un
délai qui ne peut excéder deux (2) mois à compter de la date fixée par la deuxième
convocation, le quorum restant fixé au quart des actions.
L'assemblée générale extraordinaire statue à la majorité des deux tiers des voix exprimées.
Lorsqu'il est procédé à un scrutin, il n'est pas tenu compte des bulletins blancs. Dans le cas de
transfert du siège de la société sur le territoire d'un autre État, la décision est prise à
l'unanimité des membres présents ou représentés.
A. Attributions
tenir dans un délai de deux (2) mois à compter de la date fixée par la deuxième convocation.
Le quorum reste fixé au quart des actionnaires présents ou représentés possédant au moins le
quart des actions.
L'assemblée spéciale statue à la majorité des deux tiers des voix exprimées. Il n'est pas tenu
compte des bulletins blanc. Les délibérations prises en violation des articles 546, 549, 550,
551, 552, 553, 554, 555, 556 et 557 ci-dessus sont nulles.
Les dispositions non contraires des articles 516 à 517-1 de l’acte uniforme sous-examen sont
applicables. Dans les six (6) mois qui suivent la clôture de l'exercice, l'actionnaire unique
prend toutes les décisions qui sont de la compétence de l'assemblée générale ordinaire
annuelle. Les décisions sont prises au vu des rapports de l'administrateur général et du
commissaire aux comptes qui assistent aux assemblées générales conformément à l'article 721
ci-après.
Les décisions prises par l'actionnaire unique revêtent la forme de procès-verbaux qui sont
versés aux archives de la société. Toutes les décisions prises par l'actionnaire unique et qui
donneraient lieu à publicité légale si elles étaient prises par une assemblée doivent être
publiées dans les mêmes formes.
Ceci faisant partie de notre objet d’étude, nous allons essayer de clarifier, dans la mesure de
nos capacités, les spécificités de l’Assemblée Générale dans une société anonyme
unipersonnelle.
II.1. DE L’ENTREPRISE
§1. Définitions
16
Dans une approche purement économique, une entreprise est une unité de production de biens
(produits) ou de services. Les produits ou services sont destinés soit aux consommateurs
directs ou aux autres entreprises. Les consommateurs directs peuvent être des individus, mais
dans le cas de grandes entreprises, il s'agit d'entreprises de revente, des distributeurs, etc.20.
Suivant une approche sociologique, la de définition d'une entreprise met l'accent sur les
acteurs intervenant dans l'entreprise (vue selon l'approche économique). On distingue alors :
1. Les apporteurs de capitaux (actionnaires) : personnes qui contribuent par leurs moyens
financiers au lancement et subsistance de l'entreprise, ayant pour but la réalisation des
gains et les augmenter ; source de pouvoir : capital ; stratégie : investissement ;
2. Les dirigeants : personnes qui gèrent l'entreprise et le personnel, en contact direct avec
les salariés ; but : maximiser le profit et performance de l'entreprise ; source de
pouvoir : modèle de gestion ;
16
MOURAD KHODJA, Définition de l’entreprise, 2ème année LMD Gestions des entreprises, p.1
17
Anonyme, support de cours, Techniques et économie d’entreprise : économie et organisation des entreprises,
p.2
18
PHILIPPE NORIGEON, Cours magistral : Les fonctions de l’entreprise, p.5
19
https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1496
20
BOUTEFARA TAREK, « Support du Cours : Gestion et Organisation des Entreprises, Université de Jijel,
Faculté des Sciences Exactes et d'Informatique, Département d'Informatique, Année académique 2016-2017, p. 6
17
3. Les salariés (cadres et employés): personnes qui produisent les bien ou fournissent les
services ; but : garantir leur emploi ; source de pouvoir : savoir-faire21.
- Secteur primaire : concerne les activités d'extraction des ressources de la terre. Les
quatre industries de ce secteur sont : l'agriculture, la pêche, l'exploitation forestière et
l'exploitation minière. Exemple : Sonatrach
- Secteur secondaire : concerne les activités de transformation des matières premières en
produits finis. On trouve ces activités dans les firmes (entreprises industrielles).
- Secteur tertiaire : concerne les activités de production de services (banques,
assurances, ...).
- Les sociétés de personnes : Le cas des sociétés au nom collectif. Dans ce cas, chaque
associé est responsable des dettes de l'entreprise selon son apport. Aussi, le bénéfice de
chaque associé est imposable séparément.
- Les sociétés de capitaux : dans ce cas, le capital de l'entreprise est composé d'actions. Les
personnes qui fondent l'entreprise sont appelée actionnaires.
21
Ibidem, p. 7 et 8
22
Ibidem, p. 8 et 9
23
Ibidem, p. 9 et 10
24
Document anonyme, « L’entreprise et ses fonctions », p.2
18
A. La fonction de direction :
Fayol a précisé les tâches incombant à une direction : prévoir, organiser, commander,
coordonner, contrôler.
Prévoir, c’est à dire prendre en compte l’évolution probable de l’environnement afin de s’y
adapter et fixer les objectifs à atteindre en fonction des caractéristiques externes des marchés
et des contraintes internes à la firme. Organiser, c’est mettre en place les moyens afin
d’atteindre les objectifs. Il faut notamment déterminer la structure interne de la firme c’est à
dire ses divers systèmes et les relations entre eux. Commander : c’est à dire donner des ordres
ou des directives, établir des règlements de façon à susciter des actions orientées vers la
réalisation des objectifs. Coordonner : consiste à harmoniser les actes des divers employés
pour les faire converger vers le même but. Contrôler de façon à ne pas dévier de l’objectif
fixé25.
B. la fonction financière :
- Collecter les fonds en les cherchant, puis en les réunissant après examen des divers moyens
de financement possibles.
- Employer les fonds en les affectant aux divers emplois possibles (investissement, stock,
crédits accordés, placements) et aux différents services dans le cadre de dotations budgétaires.
- Gérer les fonds par un ensemble de tâches de décision (par exemple le remplacement d’une
source de financement par une autre moins onéreuse) et de tâches d’exécution (rapports avec
les prêteurs et emprunteurs, remboursement et rémunération des titres émis…)
En résumé, la fonction financière consiste à fournir à l’entreprise les capitaux dont elle a
besoin, au moment où elle en a besoin, avec le maximum de sécurité et au coût minimum 26.
C. La fonction sociale :
25
Op.cit., « L’entreprise et ses fonctions », p. 4
26
Ibidem, p.4
19
La fonction sociale prend en charge les ressources humaines de l’entreprise. Elle les recherche
et les choisit ; elle les gère ; elle les perfectionne et les intègre27.
Cette fonction a une double mission : - réaliser les achats et gérer les stocks.
La réalisation des achats c’est : - la recherche des fournisseurs et le choix des fournisseurs ; -
la détermination des produits à commander (qualité et prix) ; - la passation des commandes et
le suivi de leur exécution ; - la réception des commandes et leur contrôle.
- Une organisation technique : elle produit des biens et services à partir d’une combinaison
de moyens (capital sous différentes formes, compétences) ;
Ici, le concept « publique » fait allusion à ce qui concerne le peuple dans son
ensemble ; relatif à la nation, à l’Etat. Et ce d’après le dictionnaire LeRobert.
27
Ibidem, p. 4 et 5
28
Op.cit., « L’entreprise et ses fonctions », p. 5
29
Op.cit., MOURAD KHODJA, p. 1
20
Cependant, quand le concept « publique » fait allusion à l’Etat, entendu comme forme
institutionnalisée du pouvoir suprême ou pouvoir public, et en tant qu'actionnaire de contrôle,
il définit la politique des entreprises publiques d'une part ; d'autre part, ils disposent du
pouvoir de nommer les organes de direction et de contrôle des sociétés30.
Les raisons d'existence des entreprises publiques sont multiples. Aux motifs
d'ordre économique et industriel généralement admis se juxtaposent des facteurs idéologiques,
politiques, historiques31. En droit congolais, l’Entreprise publique est toute entreprise du
portefeuille de l’Etat dans laquelle l’Etat ou toute personne morale de droit public détient la
totalité ou la majorité absolue des actions ou parts sociales 32. De cela, il faut donc noter que
toute entreprise publique est une entreprise du portefeuille mais toute entreprise du
portefeuille n’est pas forcément une entreprise publique.
Il s’agit également d’une entreprise sur laquelle l'État peut exercer directement ou
indirectement une influence dominante du fait de la propriété ou de la participation financière,
en disposant soit de la majorité du capital, soit de la majorité des voix attachées aux parts
émises33.
De plus, une entreprise publique est une organisation hybride. C’est un organisme public qui
doit mettre en œuvre des politiques publiques et qui, en même temps, réalise des opérations de
nature commerciale en vendant des biens et des services. Les politiques à mettre en œuvre
sont, par exemple, celles du développement économique régional, de la mise en valeur de
ressources naturelles ou du contrôle de secteurs, comme celui des loteries, ou encore des
objectifs de développement durable et de responsabilité sociale. C’est normalement le type
d’organisme public dont le fonctionnement est le plus proche de celui du secteur privé en
raison de ses activités commerciales qui distinguent l’entreprise publique des autres types
d’organisations du secteur public où, traditionnellement, on s’occupe de biens publics. Le
nom d’entreprise publique vient justement de cette combinaison entre un fonctionnement
d’entreprise au jour le jour et la poursuite d’objectifs publics sur le plan stratégique. Mais les
dénominations varient, les Européens emploient le terme « entreprise publique » (comme
30
Nicole DECOOPMAN, Entreprises privées, entreprises publiques, Maître-Assistante à l'Université d’Amiens,
p. 196
31
CAROLLE SIMARD, « Les entreprises publiques : éléments d’analyse et de réflexion », Cahiers de recherche
sociologique, Montréal, 1990, p. 2
32
Loi n° 08/010 du 07 juillet 2008 fixant les règles relatives à l’organisation et à la gestion du portefeuille de
l’état, article 3 alinéa 3, p. 1
33
https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1241
21
c’est le cas également dans notre pays la RDC) et, au Québec, c’est « société d’État » qui est
fréquemment utilisé. En anglais, l’expression consacrée est state-owned enterprise, mais celle
de crown corporations est aussi populaire au Canada. Ce genre d’entreprise échappe en partie
aux règles du marché en pouvant réaliser des interventions contre-cycliques dans l’économie.
Ses dirigeants sont habituellement choisis pour des mandats d’environ cinq ans et ne sont pas
soumis à la tyrannie des résultats trimestriels. Sous la tutelle d’un ministre, une entreprise
publique a la forme de toute entreprise avec un conseil d’administration et une haute direction
autonome par rapport aux activités du ministère concerné. Comme pour d’autres organismes
autonomes dans le secteur public, cette forme d’organisation est choisie lorsque les activités
quotidiennes à effectuer peuvent l’être sans contrôle fréquent des ins tances politiques 34.
Elle est l’une parmi les grandes formes des sociétés commerciales prévues par le droit
OHADA et sont subdivisées en deux catégories ; à savoir : les sociétés de personnes et les
sociétés de capitaux.
2. Il s’agit d’une société à risque limité : la responsabilité des actionnaires est limitée à leurs
apports ;
5. Il s’agit d’une société par actions : les valeurs mobilières qu’elle émet sont des actions
susceptibles d’être cotées en bourse.
Il s’agit d’une forme qui était jusqu’à une date récente très peu répandue en Afrique par
rapport aux SARL. Le nombre très peu élevé de sociétés anonymes s’expliquerait par le fait
que le capital social nécessaire pour former une SA est beaucoup plus important que celui
nécessaire pour les autres types de sociétés. De plus, les règles de fonctionnement sont
beaucoup plus contraignantes et jusqu’à l’Acte Uniforme il fallait dans la plupart des États de
l’OHADA au moins sept (7) personnes pour constituer une société anonyme38.
Un rapide survol des articles de l’Acte Uniforme permet de dire qu’en réalité la société
anonyme est multiforme. En effet, il est possible de distinguer les sociétés anonymes faisant
appel public à l’épargne de celles ne faisant pas appel public à l’épargne ou de catégoriser les
sociétés anonymes en distinguant celles avec Conseil d’Administration de celles avec
administrateur général. C’est dire que l’on peut bâtir une typologie des sociétés anonymes
selon le critère de la diffusion de leurs titres au public ou selon le mode d’administration ou
de gestion choisi39.
37
Op.cit. ALIOUNE DIEYE, p.150
38
Ibidem
39
Ibidem
23
Ainsi, par définition, une société unipersonnelle est une forme de structure dans laquelle le
processus de création et le fonctionnement peuvent être réalisés par une seule personne. À ce
titre, on peut également parler de société à associé unique. A ne faut pas confondre avec les
entreprises individuelles. Dans l’hypothèse d’une entreprise individuelle, il n’y a pas d’entité
particulière, l’entrepreneur exerce son activité en nom propre. Contrairement à la société qui
est une entité autonome dotée d’un patrimoine propre41.
§1. Historique
Dans son rapport sur l’évaluation de la réforme des entreprises publiques, le COPIREP notait
déjà que : « De manière générale, les entreprises du portefeuille de l’Etat se caractérisent par
une faible productivité, une mégestion manifeste, des services de qualité médiocre rendus à la
communauté, un outil de production vétuste et obsolète. Au lieu d’être des unités créatrices
des richesses et d’emplois, elles sont devenues une charge très lourde pour l’Etat-propriétaire
» (Comité de pilotages de la Réforme des Entreprise du portefeuille de l’Etat- COPIREP,
2013). Plusieurs études menées dans le cadre de ces entreprises ont conclu à leur inefficacité
et leur manque de compétitivité. Ces inefficacités ont été relevées sur plusieurs plans :
administratif et organisationnel, technique, opérationnel et financier. Aussi, l’échec des
stratégies de développement des entreprises publiques fondées sur la prééminence de l’Etat a-
t-elle conduit à des crises d’endettement, voire à une situation de quasi-faillite de certaines de
ces entreprises43.
42
Op.cit., FISTON MUMBERE MITAMANGO, p. 168 et 159
43
Ibidem, p. 159
25
d’une entreprise publique qui soit organisée autrement que par ce que les lois générales et
relatives prévoient44.
De ces faits, en 2008, le premier constat de confusion qu’opérait le texte de 78 sur la nature
ou le statut des entreprises publiques va être refait. En ces sens que, d’après le constat du
législateur, il existe toute une série d’entreprises qualifiées d’entreprises publiques mais qui,
en réalité, sont des établissements classiques. Et donc, des services publics classiques étant le
prolongement des activités classiques des administrations46.
La deuxième raison ou constat c’est qu’en regardant de près, l’on se rend compte que
certaines de ces entreprises dites publiques étaient des interventions de l’Etat dans le secteur
non marchand, non concurrentiel. Pourtant l’idée d’entreprises publiques classiques renvoie à
une intervention publique dans le secteur de la concurrence économique47.
La troisième raison ou constat c’est lorsque l’on s’est rendu également compte qu’une
certaine catégorie de ces entreprises relevaient de l’administration parafiscale et non
d’entreprises publiques au sens classic du terme. Cas de la DGRAD48.
La réforme a été concrétisée par la promulgation des quatre Lois du 7 juillet 2008 et par cinq
décrets édictés par la suite par le Premier ministre le 24 avril 2009. Pendant très longtemps, la
privatisation des entreprises publiques avait été envisagée. Finalement l’option retenue fut
celle de leur transformation pour des formes plus efficientes, pouvant permettre pour certaines
d’entre elles, le désengagement de l’Etat49.
44
Cours d’administration des entreprises publiques de l’Etat, par le chef des travaux Narcisse BARAKA
MIDESO, UCB, 2023-2024
45
HENOC KONDJO WEMBOLENGA, « L’entreprise publique en République démocratique du Congo
De l'erreur conceptuelle à la définition actionnariale », chercheur et assistant en droit économique et social, et
Droit des affaires, GRIN, in https://www.grin.com/document/1589475?
srsltid=AfmBOooc0aLtRAiNi9VAX_QZZEjkLecxH8AY6FhiiYZtEZqkwVaYfxgr
46
Op.cit., Cours d’administration des entreprises publiques de l’Etat
47
Ibidem
48
Ibidem
26
Dans son exposé des motifs, le législateur renseigne que « les entreprises publiques
organisées par la Loi-cadre n°78-002 du 06 janvier 1978 n’ont pas atteint les objectifs
économiques et sociaux leur assignés. Pour cette raison, leur réforme s’impose ». Les
anciennes entreprises publiques furent soit transformées en sociétés commerciales dans
lesquelles l’Etat est actionnaire unique par dérogation aux dispositions légales en vigueur, soit
transformées en établissements publics ou services publics dans le but de régler la
problématique du statut juridique des établissements qualifiés d’entreprises publiques mais
dont les activités sont en réalité le prolongement de celles de l’administration publique
bénéficiant d’une parafiscalité et/ou qui n’ont pas de vocation lucrative, soit tout simplement
49
BIA BUETUSIWA et GRACE MUWAWA LUWUNGI, « Mise à mort et résurrection des entreprises publiques
en RDC • leur survie sous l’empire OHADA et la question de l’immunité d’exécution », LégalRDC, 5 septembre 2022, in
https://legalrdc.com/2022/09/05/mise-a-mort-et-resurrection-des-entreprises-publiques-en-rdc-leur-survie-sous-lempire-ohada-
et-la-question-de-limmunite-dexecution/#_ftn24
50
Op.cit., FISTON MUMBERE MITAMANGO, p. 160
27
dissoutes et liquidées dans la mesure où elles sont en cessation de paiement ou leur activité
économique ne se justifie plus51.
Aux termes de l’article 9 de la Loi sur la transformation, « Les entreprises publiques dont les
activités sont, soit non lucratives et non concurrentielles, soit le prolongement de celles de
l’Administration publique, soit bénéficiant d’une parafiscalité et qui poursuivent une mission
d’intérêt général, sont transformées, selon le cas, en établissements publics ou en services
publics »55.
Dans son exposé des motifs, le législateur renseigne que le programme de désengagement
s’inscrit dans le contexte des réformes économiques entreprises par le Gouvernement. Ces
réformes visent un développement économique ancré sur la volonté et la créativité des
communautés locales et la promotion de l’entreprenariat national. L’État entend donc
s’appuyer notamment sur l’initiative privée pour atteindre ces objectifs. C’est que, tenant
51
Loi n° 08/007 du 07 juillet 2008 portant dispositions générales relatives à la transformation des entreprises
publiques, article 2
52
Ibidem, article 4
53
Ibidem, article 5
54
Ibidem, article 6
55
Ibidem, article 9
56
Op.cit., BIA BUETUSIWA et GRACE MUWAWA LUWUNGI,
28
compte de tous ces enjeux, l’État a opté pour une stratégie de désengagement à décider au cas
par cas, après redressement des entreprises concernées. Le désengagement est le processus par
lequel l’État ou toute autre personne morale de droit public se retire partiellement ou
totalement du capital social ou de la gestion d’une entreprise du portefeuille ou toute autre
forme de partenariat public-privé mettant à contribution un ou plusieurs opérateurs privés
dans le capital ou la gestion d’une entreprise du portefeuille de l’État 57. Enfin, il faut retenir
que le désengagement de chaque ancienne Entreprises Publiques devenue société
commerciale est décidé par Décret du Premier Ministre délibéré en Conseil des Ministres, sur
proposition conjointe du Ministre ayant le portefeuille dans ses attributions et de celui en
charge du secteur d’activités concerné. A ce jour, l’Etat ne s’est désengagé d’aucune des
Entreprises Publiques transformées en société commerciale58.
Cette loi est conçue pour doter les Etablissements Publics d’un cadre juridique spécifique. En
effet, la Loi de 1978 inclut dans sa définition tout Etablissement Public quelle qu’en soit la
nature ; il en découle que certains Etablissements Publics ne réalisant pas d’activités
lucratives se sont retrouvés assujettis aux mêmes contraintes que des structures opérant dans
le secteur marchand. Aussi était-il impérieux de corriger cette situation et doter les
Etablissements Publics (administratifs) d’un régime cadre propre pour la première fois dans
l’histoire de la RDC. L’article 2, alinéa 1 définit l’Etablissement Public comme « toute
personne morale de droit public créée par l’État en vue de remplir une mission de service
public ». Et l’alinéa 2 du même article renchérit : « l’État désigne la puissance publique,
autorité de régulation comprenant le pouvoir central, la province et l’entité territoriale
décentralisée ». Suivant son objet, l’Etablissement Public est à caractère soit administratif,
soit social et culturel, soit scientifique et technique. Il dispose d’un patrimoine propre, jouit de
l’autonomie de gestion et est placé sous la tutelle du Ministre ayant dans ses attributions le
secteur d’activités concerné par son objet. Un Décret du Premier Ministre délibéré en Conseil
des Ministres qui crée Etablissement Public, fixe ses statuts, détermine la nature de sa
mission, son patrimoine et sa dotation initiale 59. La loi détermine également les structures
organiques des Etablissements Publics (conseil d’administration, direction générale, Collège
57
Loi n° 08/008 du 07 juillet 2008 portant dispositions générales relatives au désengagement de l’Etat des
entreprises du portefeuille, Article 2 point a
58
Op.cit., BIA BUETUSIWA et GRACE MUWAWA LUWUNGI
59
Loi n° 08/009 du 07 juillet 2008 portant dispositions générales applicables aux établissements publics, articles
3à5
29
des Commissaires aux comptes). L’Etablissement Public est placé sous la tutelle du Ministre
en charge du secteur d’activités concerné. Les matières sur lesquelles porte la tutelle ainsi que
les mécanismes de son exercice sont déterminés par les statuts. Et le Ministre de tutelle exerce
son pouvoir de contrôle par voie d’approbation ou d’autorisation60.
Elle définit le contenu ainsi que l’organisation du Portefeuille de l’Etat, fixe les statuts de
l’entreprise du portefeuille de l’État, de la nouvelle entreprise publique et détermine la
représentation de l’État actionnaire ainsi que la prise, le maintien ou l’augmentation des
participations de l’État. La loi fixe les règles concernant l’organisation et la gestion du
portefeuille de l’État qui comprend les actions, les obligations, les parts sociales et les autres
droits détenus par l’État ou toute personne morale de droit public, dans les sociétés de droit
congolais ou de droit étranger ainsi que dans les organismes internationaux à caractère
économique et financier dont la RDC est membre. Les entreprises du portefeuille de l’État
sont régies par le droit commun et prennent l’une des formes prévues par le Décret du 27
février 1887 sur les sociétés commerciales (en vigueur à l’époque). Les actions, les parts
sociales et les autres titres revenant à l’État sont nominatifs et émis en son nom.
L’administration et la gestion du portefeuille sont assurées par le Ministre ayant le portefeuille
dans ses attributions. Les représentants de l’État dans les entreprises du portefeuille sont des
mandataires publics actifs ou non actifs. Le mandataire public actif est celui qui participe à la
gestion courante de l’entreprise. Ce mandat s’exerce conformément à la législation sur les
sociétés commerciales et aux statuts propres de chaque société. C’est le Président de la
République qui, sur proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des Ministres,
nomme, relève de leurs fonctions et, le cas échéant, révoque les mandataires publics, excepté
les Commissaires aux comptes qui le sont conformément aux statuts de l’entreprise61.
60
Op.cit., BIA BUETUSIWA et GRACE MUWAWA LUWUNGI
61
Loi n° 08/010 du 07 juillet 2008 fixant les règles relatives à l’organisation et à la gestion du portefeuille de
l’Etat, article 13, al. 1er et 2
30
en Etablissements Publics telles que la RTNC, le FPI, l’OVD. Les EP désormais dépourvues
de personnalité juridique telles que la DGDA, la RENAPI, le CEEC.
En cela, comme nous l’avions déjà dit depuis l’introduction, l’objectif principal de cette
réforme a été celui de rendre compétitives les entreprises publiques en améliorant leur
gestion, en investissant dans l’outil de production, en réduisant leurs charges, autrement dit,
en insufflant une dynamique nouvelle dans les entreprises du portefeuille de l’État pour
améliorer leur potentiel de production et de rentabilité, en améliorant la qualité du service
rendu à la population, en contribuant au renforcement de la compétitivité de ces entreprises et
de l’ensemble de l’économie et en fin, en allégeant la charge du Trésor public et accroître la
contribution du secteur du portefeuille dans le budget de l’État63.
La RDC a ainsi opérée une transformation profonde de son secteur des entreprises publiques.
D’une vision administrative et centralisée, elle est passée à une logique économique fondée
sur la performance, la rentabilité et le partenariat. Ce changement de paradigme est essentiel
pour assurer une meilleure contribution des entreprises publiques au développement
économique et social du pays. Elle vise aussi à lever l’équivoque longtemps entrepris par la
doctrine sur ce que l’on doit comprendre d’une entreprise publique. Ainsi donc, la réforme de
2008 n’a, en tant que telle, visée la suppression du concept entreprise publique mais sa
redéfinition au sens qui la convenait comme tel.64
Toutefois, il est à rappeler que c'est depuis 2001 que le gouvernement s'est lancé dans de
vastes réformes macro-économiques en vue de la révision du mode d'intervention de l'Etat
dans l'économie et de sa participation dans les entreprises publiques.
Selon le COPIREP (Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques), cette vaste
réforme a été initiée pour 3 raisons majeures :
1. Les entreprises publiques ne remplissaient plus le double objectif pour lesquels elles ont été
créées, à savoir la production des biens et des services pour la satisfaction des citoyens et la
contribution au budget de l'Etat. ;
2. Le monopole dont jouit l'entreprise publique (même quand elle n'est plus efficace) est un
obstacle à la compétitivité. Quand le monopole n'assure pas la meilleure allocation des
ressources, il bloque la croissance et empêche le développement ;
3. L'Etat n'a pas de ressources suffisantes pour faire face aux problèmes auxquels sont
confrontées les entreprises publiques. Ces entreprises, souvent prestataires exclusives des
services essentiels, étouffent l'économie et sont devenues des pesanteurs qui empêchent
l'expansion des principaux secteurs d'activités et contribuent au blocage du développement de
l'économie.
Pour les initiateurs de ces réformes, le succès allait être bénéfique d'abord à l'Etat congolais
par ce fait d'insuffler une nouvelle dynamique aux entreprises du portefeuille en vue
d'améliorer leur potentiel de production et de rentabilité, par la contribution au renforcement
de la compétitivité de ces entreprises et de l'ensemble de l’économie nationale, et par
l'augmentation des ressources financières de l'Etat au travers des impôts et autres taxes.
32
Ensuite, le succès de ces réformes devrait bénéficier aux entreprises transformées elles-
mêmes qui devraient avoir des capitaux frais dont elles ont grandement besoin pour leur
modernisation et performance. Enfin, le bénéfice reviendrait aussi à la collectivité par les
services de qualité rendus et par l'amélioration de l'emploi. Aucune avancée dans la
gouvernance
Cependant, ce processus de transformation de ces entreprises n'a pas été suivi de leur
capitalisation nécessaire pour leur permettre de se livrer à la concurrence et de se viabiliser
financièrement.
Même les 7 grandes sociétés structurantes (GECAMINES, ONATRA, SNCC, RVA, OCPT,
REGIDESO et SNEL) qui ont bénéficié de l'accompagnement du COPIREP n'ont jamais
atteint le niveau nécessaire pour remplir leur mission dans le système économique congolais.
« A ces jours, la majorité des entreprises et institutions publiques sont caractérisées par : une
gestion opaque du personnel, aucune politique salariale, de recrutement, de promotion, de
rajeunissement du personnel et de retraite n’a été mise en place ; le manque de transparence
des recettes mobilisées par les entreprises et institutions publiques, alors qu’elles reçoivent
des subventions de l’Etat ; le non versement, par les entreprises publiques, de la Taxe sur la
valeur ajoutée (TVA) collectée ; la gestion irrationnelle des subventions reçues de l’Etat ; le
recouvrement des créances auprès de certains clients est difficile d’où l’existence des créances
irrécouvrables importantes dans les états financiers ; l’absence de contrôle interne et externe
par les services attitrés ».
33
C'est en ces termes que l'Observatoire de la dette publique (ODEP) décrit la gestion dans les
entreprises publiques du portefeuille de l'Etat dans son mémo déposé le 24 février 2019 à la
présidence de la République pour réclamer un audit sur la gouvernance de ces
entités : « Aujourd'hui, dix ans après leur transformation, aucune de ces entreprises n'a pu
réaliser un bénéfice. Pire, la quasi-totalité de ces sociétés, à l'exception de la Gécamines, n'ont
aucune chance de se développer, en l'état, sans un soutien conséquent du gouvernement ou
d'une joint-venture avec un opérateur privé ».
Le triste constat est que toutes les entreprises publiques devenues des sociétés commerciales
n'ont connu aucune avancée concrète dans leur gouvernance qui puisse permettre une gestion
orthodoxe susceptible d'actionner leur développement économique et social. La réalité est que
ces entreprises ont continué à demeurer des vaches à lait de l'ancien régime.
Pour autant, ces entreprises occupent des secteurs structurant de l'économie nationale. Dès
lors, elles ne doivent pas être laissées dans l'état de quasi faillite où elles se trouvent. Sans la
viabilisation de ces unités de production, le développement de la RDC est compromis
d'avance. Il est donc impératif que l'Etat propriétaire trouve des mécanismes de leur
financement pour les rendre compétitives et en faire des agents économiques capables de se
frotter aux lois du marché65.
Dans cette partie de notre travail, nous allons nous baser sur des rapports
annuels publiés par la REGIDESO SA à partir de l’année 2017 jusqu’en 2022. Ceci est dû au
fait que ces rapports sont les seuls à être disponibles en ligne. Ceux de 2023 et 2024 ne sont
pas encore disponibles.
65
AMÉDÉE MK, « RDC : 10 ans après, la transformation des entreprises publiques en sociétés
commerciales est un fiasco », DESKECO, in https://deskeco.com/rdc-10-ans-apres-la-transformation-des-
entreprises-publiques-en-societes-commerciales-est-un-fiasco
34
Au cours de l’exercice 2018, l’Assemblée Générale de l’Actionnaire Unique s’est tenue une
seule fois en date du 29 Juin 2018.
L’Assemblée Générale de l’Actionnaire Unique s’est tenue une seule fois en date du 27 Juin
2019.
L’Assemblée générale de l’Etat, Actionnaire unique, s’est réunie une seule fois, en date du 27
Juin 2020. Les matières suivantes ont été traitées, à savoir :
Elle s’est réunie le 25 Juin 2021 et a eu pour ordre du jour les points subséquents :