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La Conciliation 222

La conciliation est un processus amiable et préventif permettant aux entreprises en difficulté de négocier avec leurs créanciers pour éviter des procédures collectives. Encadrée par l'Acte uniforme OHADA, elle impose des conditions strictes et un rôle central au conciliateur, tout en préservant les droits des créanciers. Les effets de cette procédure incluent la suspension de la prescription des actions et la possibilité d'accords ayant force exécutoire, contribuant ainsi à la stabilisation des relations commerciales.

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La Conciliation 222

La conciliation est un processus amiable et préventif permettant aux entreprises en difficulté de négocier avec leurs créanciers pour éviter des procédures collectives. Encadrée par l'Acte uniforme OHADA, elle impose des conditions strictes et un rôle central au conciliateur, tout en préservant les droits des créanciers. Les effets de cette procédure incluent la suspension de la prescription des actions et la possibilité d'accords ayant force exécutoire, contribuant ainsi à la stabilisation des relations commerciales.

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RÉPUBLIQUE DU CONGO

Unité*Travail *Progrès

DROIT
‘’ DES SOCIÉTÉS COMMERCIALES ‘’
THEME N°1: LA CONCILIATION

UNIVERSITÉ DE LOANGO
FACULTÉ DE DROIT
NIVEAU : LICENCE 3
ANNÉE ACADÉMIQUE : 2024-2025

Formateur : NZENGUI Parfait


Présenté par : Groupe n°1
1. PEMBE-MBOUNGOU Tarick Simon
2. DIMINA Frédovy Milttrand
3. KOUNKOU MOUNDELE Orna Joelle
4. MASSOUNGA Alberline
5. MAVOUNGOU Claude Agatha
6. MAKOSSO MATAYA Jonadia Merline
7. MBEMBA Léina Staelle Godlive

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PLAN
I- Le régime juridique de la conciliation
A- Les conditions d’ouverture de la conciliation
B- Le rôle du juge et du conciliateur
II- Les effets et la portée de la conciliation
A- Les effets juridiques de la conciliation
B- La portée pratique de la conciliation pour les entreprises commerciales

BIBLIOGRAPHIE :
Ouvrages :

• OHADA, Acte uniforme du 10 septembre 2015 portant organisation des procédures col-
lectives d’apurement du passif.
• OHADA, Acte uniforme du 15 décembre 2010 relatif au droit commercial général et des
groupements d’intérêt économiques
• OHADA-Acte-Uniforme-2017-mediation.
• Doctrine et commentaires OHADA sur la conciliation et les procédures préventives.
• Roussel-Galle, Philippe, « L’introduction de la conciliation dans le droit des entreprises
en difficulté dans l’OHADA », dans Mélanges en l’honneur d’Éric Loquin, Éditions
LexisNexis, 3 janvier 2019
• Ngaebou-Toukam, J. et alii, OHADA Sociétés Commerciales et G.I.E, Bruylant, 2002.

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INTRODUCTION

La recherche de solutions amiables aux litiges s’impose aujourd’hui comme une ten-
dance forte du droit des affaires, dans un contexte où la rapidité et la préservation des relations
économiques priment souvent sur la confrontation judiciaire.

La conciliation peut être définie comme un processus amiable et confidentiel par lequel un
débiteur en difficulté sollicite l’intervention d’un conciliateur, en vue de parvenir à un accord
négocié avec ses créanciers, afin d’éviter l’ouverture d’une procédure collective. Elle se dis-
tingue de la médiation par son caractère plus institutionnalisé et par son ancrage spécifique dans
le traitement préventif des difficultés des entreprises.

Notre sujet revêt un intérêt pratique, dans la mesure où elle incarne un outil moderne de droit
préventif, qui illustre la volonté de doter les entreprises africaines d’instruments adaptés aux
réalités économiques et à la nécessité d’un climat des affaires stable.

Dès lors, une interrogation s’impose : quel est le régime juridique de la conciliation en droit
OHADA et quels en sont les effets pratiques pour les entreprises et leurs créanciers ?

Pour y répondre, il conviendra d’analyser d’abord le cadre juridique de la conciliation (I), avant
de mettre en lumière ses effets et sa portée pratique (II).

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I- Le régime juridique de la conciliation
La conciliation est prévue comme une procédure préventive organisée par l’Acte uni-
forme OHADA de 2015 portant organisation des procédures collectives d’apurement du pas-
sif. Elle obéit à des conditions strictes (A) et à une procédure spécifique encadrée par le juge
(B).

A- Les conditions d’ouverture de la conciliation

La conciliation préventive, introduite par l’Acte uniforme OHADA du 10 septembre


2015 portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif (AUPC), marque
une avancée majeure dans le droit des entreprises en difficulté. Là où autrefois les solutions
reposaient essentiellement sur des mécanismes curatifs redressement ou liquidation, le législa-
teur a choisi d’offrir un instrument préventif, inspiré des meilleures pratiques comparées.

Selon l’article 5-1 AUPC, la conciliation est accessible à toute personne physique ou morale
exerçant une activité professionnelle, qui justifie de « difficultés avérées ou prévisibles », à
condition de ne pas être en état de cessation des paiements. Autrement dit, la conciliation se
situe en amont de la défaillance, elle n’est pas un palliatif mais une mesure prophylactique. La
Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA), dans son arrêt du 23 février 2006 (aff.
n°024/2006/PC), a rappelé que la cessation des paiements correspond à l’impossibilité de faire
face au passif exigible avec l’actif disponible. Ainsi, une entreprise connaissant de simples ten-
sions de trésorerie reste éligible à la conciliation dès lors qu’elle conserve des liquidités ou des
lignes de crédit.

L’article 5-2 AUPC précise que la demande peut être introduite soit par le débiteur seul, soit
conjointement avec certains créanciers. Cette ouverture illustre une volonté de coopération et
de transparence : la conciliation n’est pas un privilège discrétionnaire du débiteur mais un mé-
canisme concerté qui implique déjà ses partenaires financiers. Toutefois, pour éviter les abus,
le texte impose la production d’un dossier complet : états financiers des trois derniers exercices,
état des dettes et créances, extrait du registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), ainsi
qu’une déclaration sur l’honneur du dirigeant attestant qu’il n’est pas en état de cessation des
paiements. Cette exigence rappelle le principe de bonne foi dans l’exécution des conventions
(inspiré de l’ancien art. 1134 du Code civil français), et traduit la philosophie du droit OHADA
: garantir la loyauté des relations d’affaires.

La requête est examinée par le président de la juridiction compétente, qui statue à huis clos (art.
5-3 AUPC). Ce choix procédural protège la réputation de l’entreprise et évite la stigmatisation
qui résulterait de la publicité d’une situation de fragilité. En cas d’ouverture, le juge désigne un
conciliateur dont le rôle est central. L’article 5-4 AUPC exige de lui une déclaration écrite d’in-
dépendance et d’impartialité, exigence qui rejoint l’article 6 de l’Acte uniforme relatif à la mé-
diation de 2017, lequel impose au médiateur de confirmer par écrit sa disponibilité et sa neutra-
lité.

Le conciliateur agit comme un véritable architecte de la solution, chargé de rapprocher les po-
sitions du débiteur et de ses créanciers. Sa mission est limitée dans le temps : trois mois, proro-
geables d’un mois par décision spécialement motivée (art. 5-3 AUPC). Cette brièveté reflète la
philosophie du texte : la conciliation doit être un processus rapide et ciblé, car les difficultés
d’une entreprise peuvent s’aggraver de manière exponentielle si elles ne sont pas traitées
promptement. La CCJA a d’ailleurs rappelé, dans un arrêt du 27 avril 2015 (n°052/2015), que
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le juge n’est pas un acteur économique chargé de sauver l’entreprise mais le garant du respect
de la légalité : le rôle économique incombe au conciliateur, le juge se bornant à encadrer et
homologuer.

B- Le rôle du juge et du conciliateur

L’ouverture d’une procédure de conciliation n’a pas pour effet d’interrompre de plein
droit les poursuites individuelles des créanciers. Ce choix du législateur OHADA s’explique ce
schéma : la conciliation n’est pas une procédure collective imposée, mais un mécanisme con-
tractuel et volontaire qui ne doit pas porter atteinte de manière excessive aux droits des créan-
ciers. Toutefois, afin d’assurer une efficacité minimale, l’article 5-7 AUPC confère au juge la
possibilité d’ordonner report ou suspension des poursuites, ce qui suppose que la procédure se
déroule selon les règles établies. À cet égard, la CCJA démontre sa rigueur procédurale dans un
arrêt récent (n° 059/2024, 3ᵉ ch., 29 février 2024), où elle a jugé irrecevable un pourvoi introduit
directement devant elle alors qu’une voie de recours (l’appel) était prévue illustrant la vigilance
de la Cour face aux procédures contournées et autorise le président de la juridiction, sur de-
mande du débiteur et après avis du conciliateur, à ordonner le report ou l’échelonnement des
paiements, ainsi que la suspension des actions en justice intentées par les créanciers appelés à
la procédure. Ces mesures ne sont donc pas automatiques mais soumises à un contrôle judi-
ciaire, ce qui préserve l’équilibre entre la sauvegarde de l’entreprise et la protection des créan-
ciers.

En cas de succès, la conciliation aboutit à un accord amiable entre le débiteur et ses créanciers.
L’article 5-10 AUPC prévoit deux modes de formalisation :

1. L’accord peut être constaté par acte notarié, auquel cas il conserve la valeur d’un contrat
renforcé par l’authenticité de l’acte.
2. L’accord peut être homologué par la juridiction compétente, à huis clos, ce qui lui con-
fère une force exécutoire et le rend opposable à tous les créanciers signataires.

Cette hybridation est originale : l’accord de conciliation se situe à la croisée du droit des contrats
et du droit judiciaire. Comme l’a relevé la doctrine, il conserve la souplesse conventionnelle
(puisqu’il est issu de la volonté des parties) tout en bénéficiant de la puissance exécutoire d’une
décision de justice. Cette dualité lui donne une efficacité supérieure aux simples arrangements
privés souvent fragiles.

Un autre effet particulièrement incitatif réside dans la protection des nouveaux financements.
L’article 5-11 AUPC accorde en effet un rang privilégié aux apports consentis dans le cadre de
la conciliation : en cas d’ouverture ultérieure d’une procédure de redressement ou de liquida-
tion, ces apports sont remboursés en priorité. Ce mécanisme s’inscrit dans une logique écono-
mique de confiance : les créanciers sont encouragés à soutenir l’entreprise plutôt qu’à la laisser
sombrer, sachant que leurs efforts seront juridiquement sécurisés.

Inversement, si la conciliation échoue, le processus prend fin sans produire d’effets contrai-
gnants. Le conciliateur remet un rapport au président, qui met un terme à la procédure (art. 5-8
et 5-9 AUPC). L’entreprise est alors susceptible d’être orientée vers des procédures plus con-
traignantes telles que le règlement préventif ou le redressement judiciaire. La CCJA a d’ailleurs
souligné, dans son arrêt du 12 juillet 2012 (n°074/2012), que les mesures de prévention n’ont

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vocation à s’appliquer que tant que l’entreprise reste en mesure de satisfaire au moins partiel-
lement à ses engagements : dès lors que la cessation des paiements est constatée, seule une
procédure collective adaptée peut être ouverte.

Enfin, la conciliation produit un effet indirect mais essentiel : elle contribue à suspendre tem-
porairement la prescription des actions. En vertu de l’article 21 AUSCGIE (2010), le délai de
prescription est suspendu lorsque les parties conviennent de recourir à une conciliation, et re-
commence à courir pour une durée minimale de six mois après la fin du processus. Cette règle
permet aux créanciers d’engager la conciliation sans craindre de perdre leurs droits par forclu-
sion.

En définitive, les effets de la conciliation préventive peuvent se résumer en trois axes :

• Une protection modulée des créanciers, par des reports ou suspensions accordés sous
contrôle judiciaire ;
• Une valorisation des accords amiables, dotés d’une force exécutoire et sécurisés par le
juge ;
• Un encouragement économique à la négociation, par l’octroi d’un privilège aux nou-
veaux financements.

Ainsi, la conciliation n’est pas seulement une discussion organisée : c’est une véritable procé-
dure de stabilisation, qui transforme la coopération entre débiteur et créanciers en un outil juri-
diquement structuré de prévention des crises.

II- Les effets et la portée de la conciliation


Au-delà de son régime juridique, la conciliation produit des effets spécifiques sur les
relations entre débiteur et créanciers (A) et présente une portée pratique essentielle pour la
sauvegarde des sociétés commerciales (B).

A- Les effets juridiques de la conciliation

Les sociétés commerciales, au-delà de leurs difficultés économiques, sont régulièrement


exposées à des tensions internes entre associés : contestations de décisions sociales, désaccords
sur la répartition des bénéfices, conflits d’intérêts liés à la gouvernance, etc. Dans de tels cas,
la voie judiciaire s’avère souvent lourde, coûteuse et destructrice pour la continuité des affaires.
Conscient de ces enjeux, le législateur OHADA a prévu des modes alternatifs de règlement des
litiges (MARD) afin de favoriser la recherche de solutions pacifiques.

L’Acte uniforme relatif au droit commercial général (AUSCGIE, 2010) prévoit expressément
que la prescription est suspendue lorsque les parties conviennent de recourir à une conciliation
ou à une médiation (art. 21 AUSCGIE). Cette règle confère une véritable légitimité juridique
au recours aux procédures amiables, en évitant que les associés hésitent à négocier par crainte
de voir leurs actions se prescrire. En d’autres termes, la loi sanctuarise la tentative de concilia-
tion, en lui donnant une place reconnue dans l’ordre juridique.

En pratique, les associés peuvent insérer dans les statuts sociaux ou dans des pactes d’action-
naires des clauses de conciliation préalable, imposant une tentative amiable avant toute saisine

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judiciaire. Ces clauses s’inscrivent dans une logique dite d’« escalade amiable », où la conci-
liation constitue une étape obligatoire avant l’arbitrage ou le procès. La CCJA a validé cette
approche en affirmant que le respect des mécanismes amiables prévus contractuellement est
une exigence procédurale (v. CCJA, arrêt du 30 mai 2019, n°103/2019).

Enfin, l’Acte uniforme sur la médiation de 2017 apporte un fondement normatif complémen-
taire. Son article 1 définit la médiation comme tout processus dans lequel un tiers aide les parties
à parvenir à un règlement amiable. Or, en matière sociétaire, le conciliateur joue un rôle proche
du médiateur : impartial, neutre et indépendant (art. 6 de l’Acte de 2017). La conciliation so-
ciétaire peut donc être considérée comme une déclinaison spécialisée de la médiation, adaptée
aux besoins particuliers des relations entre associés.

Ainsi, l’ouverture des litiges sociétaires aux procédures amiables ne relève pas seulement d’un
choix pragmatique : elle traduit un véritable principe de gouvernance préventive, voulu par le
droit OHADA pour renforcer la stabilité des sociétés.

B- La portée pratique de la conciliation pour les entreprises commerciales

La portée pratique de la conciliation en droit est considérable, tant pour les entreprises
que pour leurs créanciers.

En premier lieu, la conciliation constitue un outil stratégique de sauvegarde. Elle permet au


débiteur d’anticiper les difficultés et de préserver la continuité de son activité. En cela, elle se
rapproche du mécanisme des sûretés, comme le gage prévu aux articles 92 et suivants de l’Acte
uniforme portant organisation des sûretés de 2010, qui assure une garantie aux créanciers. Dans
les deux cas, il s’agit d’instaurer un climat de confiance : par la sûreté, le créancier est rassuré
; par la conciliation, il est associé à la recherche de solutions.

En second lieu, la conciliation favorise la confidentialité des échanges. L’article 10 de l’Acte


uniforme de 2017 sur la médiation impose la confidentialité des informations révélées dans le
cadre du processus. Cette règle s’applique par analogie à la conciliation, permettant aux entre-
prises d’engager des discussions franches sans craindre d’atteinte à leur réputation commer-
ciale. Or, dans les milieux d’affaires, la réputation est un actif immatériel essentiel, souvent
plus précieux que les actifs matériels.

En troisième lieu, la conciliation favorise un partenariat entre débiteur et créanciers. Là où les


procédures collectives peuvent cristalliser les antagonismes, la conciliation invite au compro-
mis. Comme l’a souligné la CCJA dans un arrêt du 30 mai 2019 (n°103/2019), « la recherche
d’un accord amiable s’inscrit dans l’esprit du Traité OHADA qui privilégie la stabilité et la
continuité des relations d’affaires ».

Enfin, la conciliation contribue à un objectif macro-économique : la stabilité du climat des af-


faires. En permettant la survie des entreprises et la sauvegarde des emplois, elle participe à
l’attractivité économique de l’espace OHADA. C’est une traduction juridique du principe de
sécurité économique, tout aussi importante que la sécurité juridique. En cas d’échec, la procé-
dure prend fin ; le conciliateur remet un rapport et l’entreprise doit se tourner vers des procé-
dures plus strictes (art. 5-8 et 5-9 AUPC). À cet égard, la jurisprudence de la CCJA apporte une

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nuance concrète : dans un arrêt du 7 mars 2013 (CCJA), la Cour a cassé une décision qui ren-
voyait les parties à une nouvelle tentative de conciliation, estimant qu’une telle remise en cause
n’était pas possible si une tentative avait déjà été faite ou considérée comme telle. Cette solution
démontre que le juge tient à la certitude juridique et à la bonne fin des procédures amiables
entamées.

Ainsi, la portée pratique de la conciliation dépasse le simple cadre de la relation débiteur-créan-


cier. Elle constitue un instrument de gouvernance d’entreprise, un outil de préservation de la
valeur économique et un levier de promotion de la confiance.

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