Introduction à la
psychologie
Objectifs du cours
Intégrer la dimension psychologique dans la prise en charge
des patients dans un service de soin de santé donné.
Identifier les troubles psycho-affectifs survenant chez les
patients pris en charge dans un service de soin de santé
donné ;
Adopter une conduite appropriée face aux différentes
réactions des patients pris en charge ;
Utiliser d’une manière juste les différentes techniques
d’investigation psychologiques
Chapitre I
Introduction à l’étude de la
psychologie
Etymologie
Psychologie
Signifie l’âme Signifie
ou l’esprit Psyché Logos Science ou
discours
Définition
La psychologie est l'étude de l‘esprit , du comportement humain
et des processus mentaux.
Elle porte sur
Fonctions végétatives
Fonctions intellectives
(psychophysiologie)
(psychologie cognitive)
Fonctions Sensitives
(perceptions, motricité)
Définitions
• L'étude scientifique des faits • la connaissance empirique ou intuitive
psychiques des sentiments
La psychologie
• l'ensemble des manières de penser,
de sentir, d'agir caractérisant une • La connaissance des idées, des
personne, un animal, un groupe. comportements d'autrui et des siens
Analyse d’un comportement
Comportement
[Link]
Facteurs Cognitifs
La psychologie et les autres sciences
sociales
Elle peut se définir comme
l’ensemble des recherches
Sociologie qui touchent à l’organisation
et au fonctionnement des
sociétés.
L’anthropologie est une
C'est une recherche de la
science intégratrice qui étudie
vérité qui est guidée par un
l’homme dans le cadre de la
questionnement sur le
Psychologie société et de la culture
monde, la connaissance et
auxquelles il appartient
l'existence humaine.
Philosophie Anthropologie
Les racines de la psychologie
Physiologie
Philosophie Physique
Médecine
Psychologie
Les origines philosophiques de la
psychologie
Corps/Esprit
• Ils représentent deux
Dualisme entités Différentes
• Platon et Descartes
• Ils constituent une
Monisme seule entité
• Aristote
Inné/Acquis
• Les facultés mentales sont
présentent dès la
Innéisme naissance
• Platon et Descartes
• L’esprit est une « Tabula
rasa »
Empirisme • Hobes et Locke
Naissance de la psychologie scientifique
• Wilhelm WUNDT (1832-1920): Le fondateur de la
psychologie expérimentale.
• 1874 Publication de deux volumes des principes de psychologie
physiologique.
Allemagne • Premier laboratoire de psychologie de la perception à Leipzig.
• La psychologie scientifique anglaise s’est constituée hors les
universités et à partir de la pensée de Charles Darwin et la
statistique.
• Francis GALTON (1822-1911): Le fondateur de la psychologie
Grande différentielle ( mesure de l'intelligence et des capacités
Bretagne humaines, par les tests et les questionnaires).
• La psychologie scientifique s'est greffée sur la pathologie
mentale.
• Théodule RIBOT (1839-1916): Les travaux axés sur les
maladies de la mémoire, de la volonté, de la personnalité et
France de l'attention;
• ChristianVon EHRENFELS (1859-1932): Les travaux
axés sur les qualités formelles en perception, qui
influencèrent le mouvement gestaltiste.
• Sigmund FREUD (1856-1939) : Médecin neurologue et
Autriche psychanalyste .
• La psychologie scientifique s'est développée dans la ligne de
la physiologie.
• Ivan PAVLOV (1849-1936) : Les travaux axés sur les
comportements conditionnés.
Russie
• William JAMES (1842-1910) : Les travaux axés sur
les faits de conscience et ses fonctions;
• 1878 Lancement du premier doctorat de psychologie
à l’Université d’Harvard aux USA.
Etats Unis • Création de l’APA en 1892.
• Diversité des sujets de
recherche: émotions,
perception, la mémoire,
l’attention….
• La diversification des champs
d’application ( travail, l’enfant,
et l’animale,…) • L’apparition de revues
spécialisées en différentes
langues
Essor de la psychologie
(fin 19ème ,début 20ème )
• La création de
• La tenue de congrès laboratoires dans
internationaux de nombre de pays
psychologie;
Epistémologie
La psychologie est-elle une science?
Objet
Science
Théorie Méthode
Objets
Son objet Débat non clos depuis des siècles.
La psychologie s’est trouvée centrée sur des objets très différents
Le comportement et sa genèse
La personnalité et les relations humaines
Le processus de la pensée
Les émotions et le caractère
Travail en cours mais qu’on ne peut considérer
comme achevé ou même stabilisé
Les domaines d’applications
La santé
mentale
Le travail L’éducation
Psychologie de développement.
Psychologie de l’éducation.
Psychopathologie.
Psychologie clinique.
Psychologie sociale.
Psychologie de travail et des organisations.
Psychométrie.
Psychologie du sport.
Les méthodes
Descriptives
Corrélationnelles
Expérimentales
Méthodes descriptives
Observation
Etude de cas Questionnaire
Entretien
Méthode corrélationnelle
Corrélation Causalité
Expérimentation
Variables
Plan
Analyses
statistiques
Les théories
La théorie psychologique permet au chercheur de mettre en
évidence des lois générales du fonctionnement mental et du
comportement humain en minimisant le degré de subjectivité.
Identifier
Le
Prédire comportement Décrire
Classer
Les métiers en psychologie
Les métiers en psychologie
Le psychologue
Les psychologues étudient les processus et
comportements cognitifs, émotionnels et sociaux en
observant, en interprétant et en enregistrant la façon dont
les individus interagissent entre eux et avec leur
environnement. Ils utilisent leurs résultats pour améliorer
les processus et les comportements.
Les métiers en psychologie
Le psychiatre
Un psychiatre est un médecin spécialisé en santé mentale. Les
psychiatres sont qualifiés pour évaluer les aspects mentaux et
physiques des problèmes psychologiques. Les gens recherchent une
aide psychiatrique pour de nombreuses raisons.
La principale différence entre les deux est qu'un psychiatre a suivi
une formation de médecin et peut prescrire des médicaments. Un
psychologue n'est pas un médecin et ne peut pas prescrire de
médicaments.
Les métiers en psychologie
Le psychothérapeute
Un psychothérapeute utilise la thérapie par la parole pour
traiter les personnes souffrant de problèmes émotionnels et de
maladies mentales. Selon le diplôme et la spécialité qu'ils
obtiennent, les psychothérapeutes peuvent être des
psychiatres, des psychologues, des conseillers ou des
travailleurs sociaux. Ils peuvent travailler avec des individus,
des couples, des groupes ou des familles.
Les métiers en psychologie
Le psychanalyste
Un psychanalyste est un professionnel de la santé spécialisé dans la
santé mentale des adultes et des enfants. Il pratique la psychanalyse,
une forme approfondie de thérapie par la parole visant à éradiquer
les problèmes psychologiques enracinés dans les actions conscientes
d'une personne. En discutant avec un psychanalyste, une personne
peut examiner les schémas de ses pensées, de ses comportements
et de ses relations pour identifier les changements qu'elle souhaite
apporter pour améliorer son bonheur à long terme.
Le lien entre la psychologie et les soins
infirmiers
Le lien entre la psychologie et les soins infirmiers
o Comportement des patients : Un infirmier doit être capable
d’observer les signes de détresse psychologique (par exemple,
une agressivité soudaine, des signes de dépression, ou des
comportements suicidaires).
o Adaptation des soins : La compréhension des facteurs
psychologiques permet à l'infirmier de personnaliser les soins.
Par exemple, un patient atteint de démence aura besoin de
stratégies de communication spécifiques pour faciliter la
compréhension.
o Relation de soin : Les infirmiers utilisent des compétences
psychologiques comme l'écoute active et l’empathie pour
établir une relation de confiance avec les patients.
Le lien entre la psychologie et les soins infirmiers
Exemple clinique :
Gestion de l'anxiété préopératoire : Un patient se montre
particulièrement anxieux avant une chirurgie importante. L’infirmier
peut utiliser des techniques de relaxation et des informations
rassurantes pour l’aider à surmonter sa peur, en expliquant
clairement le processus et en offrant du soutien émotionnel.
Les théories du développement humain
Jean Piaget (stades du développement cognitif)
➢ Stade sensorimoteur (0-2 ans) : Les nourrissons
apprennent par leurs sens et actions. L’infirmier doit
utiliser des objets tactiles ou visuels pour apaiser les
bébés.
➢ Stade préopératoire (2-7 ans) : Les enfants
développent le langage et commencent à utiliser des
symboles. L'infirmier peut utiliser des jeux ou des
dessins pour expliquer les soins à un enfant.
Jean Piaget (stades du développement cognitif)
➢ Stade opératoire concret (7-11 ans) : L’enfant
commence à comprendre des concepts logiques,
mais reste centré sur des objets concrets. L’infirmier
peut utiliser des exemples pratiques pour expliquer
la procédure médicale.
➢ Stade opératoire formel (à partir de 12 ans) : Les
adolescents sont capables de penser abstraitement.
L'infirmier peut discuter des aspects plus complexes
du traitement ou de la maladie avec un adolescent.
Erik Erikson (stades psychosociaux)
➢ Confiance vs Méfiance (0-18 mois) : L'attachement aux soignants
joue un rôle clé. Un bébé hospitalisé ressentira de l'anxiété si ses
besoins de base (nourriture, confort) ne sont pas satisfaits.
➢ Autonomie vs Honte et doute (2-3 ans) : Les enfants veulent
explorer et faire des choses par eux-mêmes. L’infirmier peut
encourager un enfant à participer activement à son soin (par
exemple, en lui permettant de choisir une couverture ou un
jouet).
➢ Identité vs Confusion des rôles (adolescence) : L'adolescent
cherche à comprendre son identité. L’infirmier doit être sensible à
ses préoccupations et respecter sa recherche d’autonomie, tout
en étant une source de soutien pendant des périodes de stress.
Lev Vygotski (zone de développement proximal)
Selon Vygotski, le développement de l’enfant est
fortement influencé par les interactions sociales et les
environnements culturels. L’infirmier peut utiliser la famille
ou les pairs comme des ressources pour encourager le
développement social et émotionnel de l’enfant ou de
l'adolescent.
Le développement psychoaffectif de l'individu selon Freud
Le développement psychoaffectif de l'individu selon Freud repose
sur sa théorie du développement psychosexuel, qui divise la
croissance de l'enfant en plusieurs stades marqués par des conflits
psychiques et des zones érogènes spécifiques. Freud a proposé que
l'évolution psychologique d'un individu se fait par la gestion de
désirs inconscients, de pulsions et de conflits internes, et que ces
stades peuvent avoir une influence durable sur la personnalité
adulte.
Le développement psychoaffectif de l'individu selon Freud
Le développement psychoaffectif de l'individu selon Freud repose
sur sa théorie du développement psychosexuel, qui divise la
croissance de l'enfant en plusieurs stades marqués par des conflits
psychiques et des zones érogènes spécifiques. Freud a proposé que
l'évolution psychologique d'un individu se fait par la gestion de
désirs inconscients, de pulsions et de conflits internes, et que ces
stades peuvent avoir une influence durable sur la personnalité
adulte.
Le stade oral (0-1 an)
Ce stade est caractérisé par la satisfaction des besoins de l'enfant à
travers la bouche (tétée, succion). Le plaisir est centré sur la
bouche et le nourrissage. Selon Freud, la manière dont les besoins
oraux sont satisfaits à ce stade (trop ou trop peu) influence la
personnalité de l'adulte, qui peut devenir "orale" (exprimant un
besoin excessif de dépendance, de sécurité, ou bien, à l'inverse,
une attitude négative, méfiante et distante).
Le stade anal (1-3 ans)
Ce stade se concentre sur le contrôle des sphincters et
l'apprentissage de la propreté. Le plaisir est centré sur la zone
anale, et l'enfant explore la maîtrise et la rétention. Freud a
suggéré que la manière dont les parents gèrent l'apprentissage de
la propreté (trop sévère ou trop permissive) peut entraîner des
tendances à l'obsession ou à la rébellion chez l'adulte, formant des
caractères "anaux" (par exemple, une personnalité très ordonnée,
ou au contraire, désordonnée et rebelle).
Le stade phallique (3-6 ans)
Le plaisir se déplace alors vers les organes génitaux. C'est le stade
où les enfants prennent conscience de leur sexe et de leurs
différences sexuelles. Freud a introduit la notion de complexe
d'Œdipe chez les garçons, où l'enfant éprouve un désir
inconscient pour la mère et une rivalité avec le père. Pour les
filles, il existe un complexe d'Électre où la fille ressent une
attirance pour son père. La résolution de ces complexes est
cruciale pour un développement psychologique sain. Ce stade
marque la formation du surmoi, la structure mentale qui
représente les normes sociales et morales.
Le stade de latence (6-12 ans)
Durant ce stade, les pulsions sexuelles se trouvent en sommeil ou
"latentes". L'accent est mis sur le développement des
compétences sociales, intellectuelles et de communication.
L'enfant commence à internaliser les valeurs sociales, et les
relations avec les pairs deviennent plus importantes que les
relations avec les parents. Ce stade est essentiel pour l’acquisition
de la culture et de l'éducation, avec une identification accrue aux
groupes et aux normes.
Le stade génital (12 ans et plus)
Ce dernier stade correspond à l'adolescence et à l’émergence de la
sexualité adulte. Le désir sexuel devient orienté vers l'extérieur,
l’individu cherche à établir des relations sexuelles et des liens
affectifs avec l'autre sexe. Ce stade implique la maturation des
capacités émotionnelles et sociales et la formation de l'identité
personnelle. L’individu est alors supposé être capable de vivre de
manière autonome, d'établir des relations saines et de poursuivre
ses désirs de manière constructive.
Le rôle du mécanisme de défense
En parallèle de ces stades, Freud introduit la notion de
mécanismes de défense, comme le refoulement, la projection, ou
la rationalisation, pour expliquer comment l’individu gère les
conflits internes, particulièrement ceux d’origine sexuelle ou
agressive. Les mécanismes de défense servent à réduire l'anxiété et
à protéger l'individu de la souffrance psychique. Ces mécanismes
fonctionnent souvent de manière inconsciente et peuvent
influencer profondément les comportements et les relations
sociales de l'individu.
Le refoulement
Le refoulement est considéré comme le mécanisme de défense
primaire. Il consiste à repousser des pensées, des désirs ou des
souvenirs inacceptables ou trop anxiogènes dans l'inconscient.
Ainsi, un individu peut oublier des événements traumatisants ou
des désirs refoulés (par exemple, un traumatisme de l'enfance ou
une pulsion sexuelle interdite). Le refoulement est souvent la
première réponse à un conflit interne et constitue la base des
autres mécanismes de défense.
La projection
La projection consiste à attribuer à autrui des pensées ou des
sentiments inacceptables que l'on éprouve soi-même. Par
exemple, une personne qui ressent de la colère envers un autre
peut projeter cette émotion en accusant l'autre de la haïr.
Le déni
Le déni est un mécanisme par lequel l'individu refuse d'accepter
la réalité d'une situation ou d'un événement désagréable. Par
exemple, une personne atteinte d'une maladie grave peut refuser
de croire au diagnostic du médecin.
La rationalisation
La rationalisation est le processus par lequel l'individu justifie
des comportements ou des pensées inacceptables en les présentant
sous un jour plus acceptable ou logique. Par exemple, une
personne qui échoue à un examen pourrait justifier son échec en
affirmant que l'examen était trop difficile.
La rationalisation
La rationalisation est le processus par lequel l'individu justifie
des comportements ou des pensées inacceptables en les présentant
sous un jour plus acceptable ou logique. Par exemple, une
personne qui échoue à un examen pourrait justifier son échec en
affirmant que l'examen était trop difficile.
L'isolation
L'isolation est un mécanisme où les émotions liées à un
événement particulier sont séparées des autres expériences. Une
personne peut ainsi vivre un événement traumatique sans ressentir
immédiatement d'émotions, mais ces émotions peuvent ressurgir
plus tard.
La sublimation
La sublimation est l'un des mécanismes de défense les plus
"adaptatifs". Elle consiste à rediriger des pulsions inacceptables,
souvent d'ordre sexuel ou agressif, vers des activités socialement
acceptées ou valorisées, comme l'art, le sport ou le travail.
Le déplacement
Le déplacement consiste à déplacer une émotion ressentie
envers un objet ou une personne (souvent perçu comme une
source de menace) vers un autre objet ou une autre personne,
souvent moins menaçante. Par exemple, une personne en colère
contre son patron peut déplacer cette colère sur un membre de sa
famille.
La régression
La régression est un retour à un stade antérieur du
développement psychologique en réponse à un stress ou à une
frustration. Par exemple, un adulte confronté à un stress intense
peut adopter des comportements infantiles, comme sucer son
pouce ou pleurer de manière excessive.
L'humour
L'humour peut être un mécanisme de défense dans la
psychanalyse freudienne. En abordant des situations difficiles de
manière humoristique, l'individu peut réduire l'anxiété ou
l'angoisse qu'elles génèrent, tout en les rendant plus supportables.
Application en soins infirmiers
Application en soins infirmiers
Enfance : Les enfants hospitalisés peuvent éprouver de la peur ou de
l'anxiété à l’idée de séparation ou d’inconnu. L’infirmier doit offrir du
réconfort en parlant de manière simple et rassurante, et en utilisant
des jeux ou des objets familiers pour minimiser l'anxiété.
Adolescence : Les adolescents sont souvent préoccupés par leur
image corporelle, leur indépendance et leur identité. L’infirmier doit
prendre en compte leur désir de contrôle tout en maintenant des
lignes de communication ouvertes sur leur santé.
Vieillesse : Le vieillissement implique des changements physiques et
cognitifs. Les infirmiers doivent faire preuve de patience et offrir des
soins qui respectent la dignité et l’autonomie du patient tout en
tenant compte des défis cognitifs (ex. : démence).
Exemple clinique
Enfant de 4 ans hospitalisé pour une maladie respiratoire : L’infirmier
utilise un jouet pour expliquer la procédure de prise en charge, et lui
permet de choisir son pyjama, afin d’encourager l’autonomie et
réduire la peur liée à l’hospitalisation.
Les limites de théorie freudienne
Manque de rigueur scientifique
L'une des principales critiques de la théorie freudienne concerne son manque
de fondement empirique et scientifique. Freud s'est souvent appuyé sur des
observations cliniques et des études de cas plutôt que sur des recherches
systématiques et reproductibles. Ses théories sont souvent considérées
comme non falsifiables, ce qui les rend difficiles à tester ou à prouver
scientifiquement. Par exemple, les concepts de l'inconscient ou de la libido
sont difficiles à quantifier ou à observer directement.
Évolution de la pensée psychanalytique
La psychanalyse freudienne a évolué au fil du temps, mais certaines de ses
idées fondamentales, comme les complexes d'Œdipe ou les stades de
développement psychosexuel, ont été critiquées pour leur caractère trop
déterministe et leur vision étroite de l'enfance et de la sexualité. De
nombreux psychologues et psychanalystes contemporains, tels que Carl Jung,
Alfred Adler et même des partisans de la psychanalyse, ont apporté des
modifications importantes à ses concepts pour les rendre plus inclusifs et
pertinents.
Vision de la sexualité et de l'inconscient
La centralité de la sexualité dans la théorie freudienne a été perçue comme
excessive et réductrice. Freud considérait que la sexualité était la force
motrice de la psyché humaine, un point qui a provoqué des débats passionnés.
Par exemple, le concept du complexe d'Œdipe, qui postule qu'un enfant
développe des sentiments amoureux pour le parent du sexe opposé et de la
rivalité pour le parent du même sexe, est souvent vu comme une vision trop
simpliste et eurocentrique des relations familiales et du développement
psychologique.
Vision déterministe et réductionniste
La centralité de la sexualité dans la théorie freudienne a été perçue comme
excessive et réductrice. Freud considérait que la sexualité était la force
motrice de la psyché humaine, un point qui a provoqué des débats passionnés.
Par exemple, le concept du complexe d'Œdipe, qui postule qu'un enfant
développe des sentiments amoureux pour le parent du sexe opposé et de la
rivalité pour le parent du même sexe, est souvent vu comme une vision trop
simpliste des relations familiales et du développement psychologique.
Chapitre II
Intégrer la dimension psychologique
dans la prise en charge des patients en
soins de santé
Introduction
Cet axe vise à sensibiliser les étudiants infirmiers à
l'importance de la dimension psychologique dans la prise
en charge des patients. Ils apprendront comment
identifier et prendre en compte les aspects
psychologiques pour offrir des soins holistiques,
améliorant ainsi le bien-être général des patients.
Comprendre la dimension psychologique
La santé mentale et physique sont indissociables. Un
patient ne peut être considéré comme « complètement
soigné » si ses besoins psychologiques ne sont pas pris en
compte, même s’il est pris en charge sur le plan physique.
Comprendre la dimension psychologique
• Définition de la dimension psychologique : La dimension psychologique
désigne l’ensemble des facteurs affectifs, émotionnels, cognitifs et
comportementaux qui influencent le bien-être d’un patient. Elle inclut les
préoccupations concernant le stress, l’anxiété, la dépression, la gestion des
émotions, les perceptions de la maladie et la résilience face à la
souffrance.
• Pourquoi l'intégrer ? La dimension psychologique influence non seulement
l’évolution de la maladie (par exemple, l'observance du traitement) mais
aussi la qualité de vie du patient. Une prise en charge psychologique peut
diminuer les symptômes de stress, améliorer l'adaptation aux traitements
et renforcer la coopération avec l’équipe soignante.
Exemple concret
• Scénario : Un patient âgé, atteint de démence, est hospitalisé pour
une fracture du fémur. Il se montre agité, refuse de collaborer avec
les soignants et semble anxieux. Cet état d'agitation est lié à sa
confusion mentale, mais aussi à son anxiété face à l'hospitalisation
et au changement de son environnement quotidien.
• Application : L’infirmier(ère) doit identifier que la détresse
psychologique (anxiété, peur de l'inconnu) peut aggraver la situation
clinique du patient et doit adapter la prise en charge en réduisant les
stimuli stressants (ex : éclairage tamisé, environnement calme,
communication rassurante).
L'importance de la dimension
psychologique dans les soins
L'impact du psychologique sur le corps
➢ Les émotions négatives, le stress ou l'anxiété peuvent avoir des
répercussions physiques (tension musculaire, troubles du
sommeil, douleurs chroniques, etc.).
➢ À l’inverse, un état émotionnel positif peut favoriser la
guérison, augmenter les défenses immunitaires et améliorer la
qualité de vie.
La relation soignant-soigné
➢ La relation de confiance et de respect entre l'infirmier(ère) et
le patient est essentielle. Un environnement
psychologiquement sécurisant améliore l'adhésion aux soins.
➢ L'écoute active et l'empathie sont des compétences clés
permettant de comprendre les besoins émotionnels du patient.
Exemple concret
• Scénario : Une patiente atteinte d’un cancer du sein doit subir une
chimiothérapie. Elle exprime de la peur, de l'angoisse et de
l'incertitude concernant le traitement, ce qui affecte son
comportement (isolement, refus de soins).
• Application : En tant qu'infirmière, vous pouvez expliquer le
processus de traitement de manière détaillée pour réduire
l'incertitude et l'anxiété. Vous pouvez aussi lui offrir un espace pour
exprimer ses peurs et ses préoccupations, ce qui l'aidera à se sentir
plus soutenue et plus en contrôle de la situation.
Identification des besoins
psychologiques du patient
Évaluer l'état psychologique du patient
➢ Observation : Observer les signes de détresse
émotionnelle (anxiété, agitation, repli sur soi, tristesse).
➢ Interviews : Utiliser des techniques d'entretien pour
évaluer l’état psychologique (questions ouvertes, écoute
active).
➢ Échelles d’évaluation : Utilisation d’outils spécifiques
comme l’échelle d’anxiété de Hamilton, l’échelle de
dépression de Beck, etc.
Évaluer l'état psychologique du patient
Évaluer l'état psychologique du patient
Interprétation
➢ 0 à 10 sur l'IDB est considéré comme une dépression
absente ou minimale;
➢ 10 à 18 dépression légère à modérée;
➢ 19 à 29 est une dépression modérée;
➢ 30-63 est une dépression sévère.
Identifier les facteurs de stress
➢ Facteurs internes : Peurs, croyances, manque de
confiance en soi, état émotionnel.
➢ Facteurs externes : Hospitalisation, douleur,
communication avec les proches ou l'équipe soignante,
incertitude du pronostic.
Prise en compte des pathologies préexistantes
Certaines pathologies (troubles anxieux, dépression, troubles de
l’humeur) peuvent affecter l’état psychologique des patients. Il est donc
crucial d’identifier ces troubles afin de les prendre en compte dans la
planification des soins.
Exemple concret
• Scénario : Un patient ayant subi une chirurgie cardiaque se montre
renfermé et ne parle pas beaucoup. Il semble découragé et inquiet
pour son avenir.
• Application : L'infirmier(ère) peut identifier que ce patient a des
préoccupations liées à sa santé future et à sa capacité à reprendre
ses activités quotidiennes. Pour évaluer l'état psychologique,
l’infirmier(ère) pourrait utiliser des outils comme l’échelle d’anxiété
de Hamilton et poser des questions ouvertes pour mieux
comprendre ses préoccupations et son niveau d'anxiété.
Stratégies pour intégrer la dimension
psychologique dans les soins
L’écoute active et la communication empathique
➢ Pratique de l’écoute active : Reformuler, clarifier et
valider les émotions du patient.
➢ Techniques de communication non-verbale : Le contact
visuel, les gestes, le ton de la voix.
➢ Créer un espace de parole où le patient se sent respecté
et entendu.
Gestion des émotions du patient
• Réduire l'anxiété : Utiliser des techniques de relaxation (respiration
profonde, visualisation positive) et fournir des informations claires
sur les traitements.
• Soutien face à la douleur : Utiliser des approches
multidimensionnelles (physiques et psychologiques) pour atténuer la
douleur.
• Accompagnement en fin de vie : Offrir une présence rassurante,
être attentif aux besoins spirituels et émotionnels.
Favoriser l’autonomie et la participation
Encourager le patient à participer à la prise de décision
concernant ses soins. Cela renforce son sentiment de
contrôle et diminue le stress lié à l’incertitude.
Travailler en collaboration avec d’autres professionnels
Travailler en équipe interprofessionnelle (psychologues,
psychiatres, travailleurs sociaux) pour une prise en charge
globale du patient.
Exemple concret
• Scénario : Un patient atteint de sclérose en plaques se sent
incompris par les soignants et exprime de la frustration. Il a du mal à
accepter sa condition et se sent isolé.
• Application : L’infirmier(ère) utilise l'écoute active : "Je comprends
que cette maladie soit difficile à vivre pour vous, pouvez-vous me
dire ce qui vous inquiète le plus ?". Ce type d’écoute permet au
patient de se sentir écouté et soutenu.
Exemple concret
• Scénario : Un patient diabétique apprend à gérer sa maladie avec un
traitement par insuline. Il semble réticent à suivre les
recommandations du médecin et a du mal à accepter sa condition.
• Application : L’infirmier(ère) peut encourager le patient à participer
activement à son plan de soin, en lui expliquant les bénéfices d’un
contrôle strict de sa glycémie. Par exemple, en montrant
l’importance de la gestion des repas et de l’exercice physique, cela
permet au patient de se sentir plus autonome et de prendre le
contrôle de sa santé.
Exemple concret
• Scénario : Une patiente souffrant de troubles alimentaires (anorexie)
est hospitalisée pour une dénutrition sévère. Elle présente aussi des
signes de dépression.
• Application : L'infirmier(ère) collabore avec une équipe
interprofessionnelle (psychiatre, psychologue, nutritionniste) pour
une prise en charge complète. Ensemble, ils peuvent fournir des
soins adaptés, à la fois physiques et psychologiques, tout en
garantissant une approche cohérente et un suivi régulier.
Outils et méthodes d’intervention
psychologique en soins infirmiers
Approches cognitives et comportementales
➢ La restructuration cognitive permet d'aider les patients à identifier
et à modifier des pensées négatives ou irrationnelles.
➢ La gestion du stress à travers des techniques de relaxation, la
respiration abdominale et des exercices de pleine conscience.
La thérapie par le soutien
Le soutien émotionnel consiste à être présent pour le
patient, à lui fournir des informations claires et à
l'encourager dans ses moments de doute.
L'accompagnement psychologique spécifique
Certains patients, comme ceux atteints de cancer ou de
maladies chroniques, peuvent nécessiter un
accompagnement psychologique plus poussé pour gérer leur
deuil, la peur de la mort ou les ajustements nécessaires à
leur nouvelle réalité.
Exemple concret
• Scénario : Un patient souffrant d'anxiété préopératoire a des
pensées catastrophiques concernant son opération. Il imagine des
complications graves qui n’ont pas de fondement réaliste.
• Application : L'infirmier(ère) utilise la technique de restructuration
cognitive : "Pouvez-vous me dire ce qui vous fait craindre ces
complications ? Regardons ensemble les informations disponibles
pour clarifier vos doutes". Cette approche aide le patient à
reconsidérer ses pensées négatives et à adopter une perspective
plus réaliste.
Exemple concret
• Scénario : Une patiente qui a récemment perdu son conjoint se
montre très affectée et pleure régulièrement. Elle se sent seule et
déprimée.
• Application : L'infirmier(ère) lui offre un soutien émotionnel en
écoutant ses sentiments et en validant ses émotions ("C’est normal
d’avoir des moments de tristesse après une perte importante").
L'infirmier(ère) peut aussi lui proposer de contacter un psychologue
ou un groupe de soutien pour de l’aide continue.
Exemple concret
• Scénario : Une patiente qui a récemment perdu son conjoint se
montre très affectée et pleure régulièrement. Elle se sent seule et
déprimée.
• Application : L'infirmier(ère) lui offre un soutien émotionnel en
écoutant ses sentiments et en validant ses émotions ("C’est normal
d’avoir des moments de tristesse après une perte importante").
L'infirmier(ère) peut aussi lui proposer de contacter un psychologue
ou un groupe de soutien pour de l’aide continue.
Conclusion
L'intégration de la dimension psychologique dans la prise en
charge des patients n’est pas seulement une nécessité, c'est
aussi un élément clé pour assurer des soins de qualité. La
santé ne se limite pas à la guérison physique, elle englobe
également la gestion émotionnelle et mentale des patients.
L'infirmier(ère), à travers son écoute et son
accompagnement, joue un rôle fondamental pour offrir des
soins complets.
Chapitre III
Identification des troubles psycho-
affectifs survenant chez les patients pris
en charge dans un service de soin de
santé
Introduction
Les troubles psycho-affectifs regroupent une série de
déséquilibres psychologiques qui peuvent affecter l'état
émotionnel, la cognition et les comportements d'une
personne. Dans un cadre médical, il est essentiel que les
infirmiers soient capables de repérer ces troubles afin de
favoriser une prise en charge adaptée et de collaborer avec
les autres professionnels de santé pour un suivi optimal des
patients.
Définition
Les troubles psycho-affectifs sont des perturbations qui
affectent la pensée, l’émotion et le comportement. Ils
peuvent être temporaires ou chroniques et varient en
fonction de l’intensité des symptômes. Ces troubles peuvent
apparaître dans le cadre de différentes pathologies
physiques, mais aussi indépendamment de toute condition
médicale évidente.
Signes et symptômes des troubles psycho-affectifs
Il est important que les infirmiers puissent reconnaître les
signes cliniques associés aux troubles psycho-affectifs. Les
manifestations peuvent se traduire par des symptômes
émotionnels, cognitifs et comportementaux.
Signes émotionnels
• Tristesse ou mélancolie prolongée.
• Irritabilité ou colère fréquente.
• Sentiments d’anxiété ou de panique.
• Pessimisme ou désespoir.
• Changements d’humeur soudains.
Signes émotionnels
• Difficultés de concentration ou de mémoire.
• Ruminations mentales (pensées envahissantes ou
obsessionnelles).
• Troubles du jugement (incapacité à prendre des
décisions claires).
• Hallucinations auditives ou visuelles (en cas de
troubles psychotiques).
Signes comportementaux
• Isolement social ou retrait.
• Comportements autodestructeurs (automutilation,
tentatives de suicide).
• Changement de régime alimentaire ou de sommeil.
• Agitation motrice ou au contraire ralentissement
moteur.
• Comportements compulsifs ou excessifs (comme le
nettoyage, la consommation excessive de substances).
Facteurs de risque et causes potentielles
Les troubles psycho-affectifs peuvent être déclenchés ou exacerbés par
plusieurs facteurs, tels que :
• Facteurs biologiques : antécédents familiaux de troubles mentaux,
déséquilibres hormonaux, lésions cérébrales, etc.
• Facteurs psychologiques : antécédents traumatiques, stress
chronique, deuil.
• Facteurs sociaux : isolement social, pauvreté, pression
professionnelle.
• Facteurs médicaux : certaines pathologies comme les maladies
chroniques, les AVC, le cancer, les maladies neurologiques, etc.
Types de troubles psycho-affectifs
fréquents en milieu hospitalier
Introduction
Les troubles psycho-affectifs sont des perturbations qui
affectent la pensée, l’émotion et le comportement. Ils
peuvent être temporaires ou chroniques et varient en
fonction de l’intensité des symptômes. Ces troubles peuvent
apparaître dans le cadre de différentes pathologies
physiques, mais aussi indépendamment de toute condition
médicale évidente.
Les troubles de la personnalité
Qu’est ce que la personnalité
La psychologie de la personnalité étudie les différences
individuelles dans les comportements, les émotions et les
cognitions. Elle cherche à comprendre ce qui fait qu'une personne
agit de manière unique en fonction de ses caractéristiques
internes.
Qu’est ce que la personnalité
La personnalité peut être définie comme l'ensemble des
caractéristiques psychologiques qui déterminent la manière dont
une personne pense, ressent et se comporte dans diverses
situations. Ces caractéristiques sont relativement stables au cours
du temps.
Les théories classiques de la
personnalité
La théorie psychodynamique de Freud
Sigmund Freud propose que, la personnalité est structurée en
trois parties :
•Le Ça : Comporte les instincts primaires et les pulsions.
•Le Moi : Agit comme médiateur entre les besoins du Ça et les
exigences du monde extérieur.
•Le Surmoi : Représente l'intériorisation des normes sociales et
morales.
Exemple : Si une personne se sent fortement attirée par une
tentation (ex. manger un gâteau), son Ça pourrait la pousser à agir
immédiatement, tandis que le Surmoi pourrait l'empêcher,
indiquant qu'elle doit suivre un régime alimentaire.
Théorie des traits de personnalité
Les théories des traits, comme celle de Gordon Allport,
proposent que la personnalité peut être décrite en termes de traits
stables. Un des modèles les plus connus est le Big Five (les cinq
grands traits) :
[Link] à l'expérience : Curiosité intellectuelle,
imagination.
[Link]é : Fiabilité, organisation.
[Link] : Sociabilité, enthousiasme.
[Link]éabilité : Altruisme, coopération.
5.Névrosisme : Tendance à ressentir des émotions négatives.
Exemple : Une personne ayant un score élevé en extraversion sera
probablement très sociable et aime être entourée d'autres
personnes.
Théorie humaniste de Carl Rogers
Carl Rogers croit que la personnalité se développe en fonction des
expériences et du besoin de se réaliser. Selon lui, chaque personne
a un "soi idéal" et un "soi réel", et la différence entre les deux
peut entraîner des tensions ou de la détresse psychologique.
Exemple : Une personne qui se perçoit comme créative (soi réel)
mais ne parvient pas à exprimer cette créativité dans son travail
peut ressentir un mal-être.
Les Facteurs Déterminants de la
Personnalité
La génétique (facteurs héréditaires)
Les recherches montrent que la personnalité est en partie héritée
de nos parents. Les traits comme l'extraversion, le névrosisme, et
l'optimisme ont souvent une composante génétique. Par exemple :
Des jumeaux élevés séparément ont souvent des personnalités
étonnamment similaires, ce qui indique que des traits de
personnalité peuvent être influencés par la génétique.
Exemple : Une personne ayant des parents extravertis pourrait
avoir plus de chances de développer des traits extravertis, bien que
l'environnement joue également un rôle important.
L'environnement familial et social
L’environnement dans lequel une personne grandit a un impact considérable
sur le développement de sa personnalité. Ce facteur englobe les interactions
avec la famille, les amis, les enseignants, et la culture dans laquelle on vit. Par
exemple :
•Enfance : Les enfants élevés dans des foyers stables et aimants sont
généralement plus confiants et développent des traits positifs d’agréabilité et
d’estime de soi.
•Modèles de comportement : Les enfants imitent souvent les
comportements de leurs parents ou tuteurs, ce qui peut influencer leurs
traits de personnalité comme l’empathie, l’indépendance ou l’agressivité.
Les expériences de vie et événements marquants
Les expériences de vie jouent un rôle central dans la formation de la
personnalité. Les événements traumatisants ou positifs peuvent laisser une
marque durable sur notre manière de voir le monde et de réagir aux
situations.
•Exemple : Un enfant ayant vécu une enfance difficile ou un traumatisme
peut développer un score plus élevé en neuroticisme (tendance à l'anxiété, à
la dépression).
•Les expériences d’échec ou de succès peuvent aussi renforcer la confiance en
soi et l’estime de soi, influençant ainsi les traits de conscienciosité et
d'extraversion.
La culture et la société
La culture dans laquelle une personne est élevée a une influence considérable
sur sa personnalité. Les normes sociales, les attentes et les valeurs culturelles
façonnent la façon dont nous percevons le monde et interagissons avec les
autres.
•Exemple : Dans certaines cultures, l’individualisme est valorisé (plus
d’accent sur l’autonomie et la réussite personnelle), tandis que dans d’autres,
la collectivité et l’harmonie sociale sont privilégiées (ce qui peut mener à des
niveaux plus élevés d’agréabilité).
•De plus, les influences culturelles déterminent souvent des comportements
spécifiques. Par exemple, certaines cultures encouragent une certaine forme
d’expression émotionnelle, d’autres l’inhibent.
L’éducation et l’apprentissage
Les expériences d’apprentissage et d’éducation, que ce soit formelles ou
informelles, influencent directement le développement de la personnalité.
•Exemple : Un enfant qui apprend à résoudre des problèmes, à interagir
avec les autres et à gérer les défis académiques peut devenir plus ouvert, plus
consciencieux, et plus capable de faire face à des situations stressantes.
•Le rôle des enseignants et des mentors : Un enseignant ou un mentor
bienveillant peut encourager l’estime de soi, l’ouverture à l’apprentissage, et
développer la pensée critique, tout en influençant positivement l’ouverture à
l’expérience et la conscienciosité.
L’éducation et l’apprentissage
Les expériences d’apprentissage et d’éducation, que ce soit formelles ou
informelles, influencent directement le développement de la personnalité.
•Exemple : Un enfant qui apprend à résoudre des problèmes, à interagir
avec les autres et à gérer les défis académiques peut devenir plus ouvert, plus
consciencieux, et plus capable de faire face à des situations stressantes.
•Le rôle des enseignants et des mentors : Un enseignant ou un mentor
bienveillant peut encourager l’estime de soi, l’ouverture à l’apprentissage, et
développer la pensée critique, tout en influençant positivement l’ouverture à
l’expérience et la conscienciosité.
Les troubles de la Personnalité
Définition
Les troubles de la personnalité sont des modèles de pensée, de
ressenti et de comportement qui diffèrent considérablement des
attentes culturelles et qui sont persistants au fil du temps, ce qui
entraîne une détresse ou des difficultés dans la vie quotidienne.
la personnalité paranoïaque
o Description : Les individus ont tendance à être
extrêmement suspicieux et à percevoir les actions des autres
comme malveillantes, même sans preuves évidentes.
o Exemple concret : Jean, un employé, croit que ses
collègues complotent contre lui, même lorsqu'ils lui offrent de
l'aide. Il interprète les actions bienveillantes comme des tentatives
de manipulation.
la personnalité schizoïde
o Description : Les individus sont généralement distants
émotionnellement, préfèrent la solitude et montrent peu d'intérêt
pour les relations sociales.
o Exemple concret : Claire, une jeune adulte, préfère passer
ses journées seules à lire ou jouer à des jeux vidéo, plutôt que de
sortir avec des amis ou de participer à des activités sociales, même
lorsqu'on lui propose.
la personnalité schizotypique
o Description : Les individus ont des croyances étranges ou
excentriques, et peuvent avoir des comportements ou des
apparences bizarres. Ils sont souvent perçus comme "dérangés"
par les autres.
o Exemple concret : Marc parle souvent de ses croyances sur
des forces invisibles qui influencent son quotidien, comme des
esprits ou des pouvoirs surnaturels, ce qui rend ses relations
sociales difficiles.
la personnalité antisociale
o Description : Les individus montrent un mépris général
pour les droits des autres, sont manipulateurs, impulsifs et souvent
en conflit avec la loi.
o Exemple concret : Thomas, un jeune adulte, a volé
plusieurs fois dans des magasins et a été arrêté plusieurs fois. Il ne
montre aucune culpabilité et ment fréquemment pour manipuler
les autres.
la personnalité borderline
o Description : Les individus présentent une instabilité
émotionnelle importante, des relations interpersonnelles
chaotiques, et un sentiment de vide intérieur.
o Exemple concret : Sophie a des relations tumultueuses avec
ses amis et son partenaire. Elle passe souvent de l’extase à la
colère extrême, se sentant abandonnée et rejetée sans raison
évidente.
la personnalité histrionique
o Description : Les individus cherchent constamment
l'attention, sont dramatiques, et ont tendance à être excessivement
émotionnels.
o Exemple concret : Emilie organise souvent des événements
pour attirer l'attention sur elle-même, et lorsqu'elle ne reçoit pas
l'attention qu'elle désire, elle devient extrêmement frustrée et
essaie de provoquer une scène.
la personnalité narcissique
o Description : Les individus ont un sens exagéré de leur
propre importance et une grande nécessité d'être admirés, tout en
manquant d’empathie pour les autres.
o Exemple concret : Antoine se sent supérieur à ses collègues
et exige des éloges constants. Il est indifférent aux problèmes des
autres, et ne se soucie pas de leurs sentiments.
la personnalité évitante
o Description : Les individus sont hypersensibles aux
critiques et ont une peur intense de l’échec, ce qui les rend
évitants dans les situations sociales et professionnelles.
o Exemple concret : Julie hésite à demander une promotion,
bien qu'elle soit qualifiée, de peur de se faire rejeter ou critiquer
par ses supérieurs.
la personnalité dépendante
o Description : Les individus ont une peur intense de
l’abandon et ont tendance à être soumis et dépendants des autres
pour prendre des décisions importantes.
o Exemple concret : Michel ne prend jamais de décisions
sans consulter constamment sa partenaire, même pour des choix
mineurs comme ce qu'il doit porter ou ce qu'il doit manger.
la personnalité obsessionnelle-compulsive
o Description : Les individus sont perfectionnistes, rigides et
ont une préoccupation excessive pour l'ordre, le contrôle et les
détails.
o Exemple concret : Marie passe des heures à organiser et
réorganiser ses papiers au travail. Elle est souvent frustrée si
quelque chose ne suit pas son plan précis, même si ce n’est pas
important.
Troubles de l’humeur
Définition
Les troubles de l’humeur sont parmi les troubles psycho-affectifs
les plus courants en milieu hospitalier. Ils se manifestent
principalement par des altérations durables de l'humeur, telles que
la dépression ou les épisodes maniaques.
Dépression majeure
Les troubles de l’humeur sont parmi les troubles psycho-affectifs
les plus courants en milieu hospitalier. Ils se manifestent
principalement par des altérations durables de l'humeur, telles que
la dépression ou les épisodes maniaques.
Dépression majeure
Symptômes principaux : Tristesse persistante, perte d'intérêt ou de
plaisir pour les activités quotidiennes (anhédonie), fatigue,
sentiment de culpabilité ou de dévalorisation, troubles du sommeil
(insomnie ou hypersomnie), altération de l'appétit, pensées
suicidaires.
Impact en milieu hospitalier : La dépression est souvent sous-
diagnostiquée, car elle peut être masquée par les symptômes
physiques des maladies. Les patients hospitalisés, surtout ceux
souffrant de maladies chroniques ou graves (comme le cancer ou
les maladies cardiaques), sont particulièrement vulnérables à la
dépression. Les symptômes peuvent s’aggraver à cause de
l’isolement ou de l'absence de soutien social.
Dépression majeure
Prise en charge infirmière : Encourager la communication,
surveiller les signes de désespoir ou de pensées suicidaires,
soutenir les activités sociales et physiques légères, orienter vers un
psychiatre ou un psychologue si nécessaire.
Trouble bipolaire
Symptômes principaux : Alternance d'épisodes maniaques et
dépressifs. Les épisodes maniaques incluent une humeur
exagérément euphorique, une grande énergie, une prise de risques
accrue, une irritabilité, des pensées rapides, et une diminution du
besoin de sommeil.
Impact en milieu hospitalier : Les patients bipolaires peuvent
présenter des comportements impulsifs ou agités pendant les
phases maniaques et être profondément déprimés pendant les
phases dépressives. Leur traitement peut être complexe et inclure
des médicaments stabilisateurs de l’humeur, qui nécessitent une
surveillance constante.
Trouble bipolaire
Prise en charge infirmière : Assurer la sécurité du patient pendant
les épisodes maniaques, garantir le respect des traitements,
réduire les risques d’automutilation ou de comportements
impulsifs. En période dépressive, l’infirmier doit s’assurer que le
patient ne se retrouve pas isolé et lui proposer un soutien
émotionnel constant.
Troubles anxieux
Définition
Les troubles anxieux sont également fréquents,
particulièrement dans un environnement hospitalier où le
stress lié à la maladie et à l'hospitalisation peut aggraver
les symptômes.
Anxiété généralisée
Symptômes principaux : Inquiétude excessive et constante,
agitation, fatigue, difficultés de concentration, tensions
musculaires, troubles du sommeil.
Impact en milieu hospitalier : L'anxiété généralisée est souvent
exacerbée par la crainte de l'hospitalisation, l'incertitude du
pronostic médical ou l’angoisse liée aux traitements médicaux. Ces
symptômes peuvent interférer avec le rétablissement du patient et
compliquer les soins.
Attaques de panique
Symptômes principaux : Épisodes soudains de peur intense
accompagnés de symptômes physiques tels que palpitations,
transpiration, étourdissements, sensation de suffocation ou de
vertige, tremblements, peur de mourir.
Impact en milieu hospitalier : Les attaques de panique peuvent
survenir en réponse à des situations stressantes liées à la maladie
ou au traitement. L'hôpital peut être un environnement propice à
ces crises en raison de l'atmosphère souvent stérile et anxiogène.
Attaques de panique
Prise en charge infirmière : Lors d'une crise de panique, il est
essentiel de rassurer le patient, de l'aider à respirer lentement et
profondément, et de réduire les stimuli environnants. Après la
crise, il est important de discuter avec le patient pour comprendre
les déclencheurs et proposer un suivi avec un psychologue ou un
psychiatre si nécessaire.
Les phobies
o Symptômes principaux : Peur irrationnelle et persistante de
certains objets ou situations, évitement de ces objets ou situations,
réactions physiologiques comme l'augmentation de la fréquence
cardiaque.
o Impact en milieu hospitalier : Les phobies peuvent interférer
avec les traitements, par exemple une phobie des aiguilles ou des
espaces confinés. Les phobies peuvent entraîner une évitabilité des
soins nécessaires.
o Prise en charge infirmière : Travailler à créer une atmosphère
calme et prévisible, expliquer les procédures à l’avance, offrir un
soutien émotionnel et, dans certains cas, orienter vers un
traitement comportemental pour traiter la phobie.
Troubles psychotiques
Définition
Les troubles psychotiques, tels que la schizophrénie, peuvent
perturber gravement la perception de la réalité, et sont souvent
difficiles à traiter en milieu hospitalier.
La schizophrénie
o Symptômes principaux : Hallucinations (auditives, visuelles),
idées délirantes, pensée désorganisée, difficultés à maintenir des
relations sociales, comportements inappropriés.
o Impact en milieu hospitalier : Les patients schizophrènes
peuvent avoir du mal à comprendre les instructions médicales et
à coopérer avec le personnel soignant. Les hallucinations et les
délires peuvent affecter leur perception de l'environnement
hospitalier et compliquer la gestion des soins.
o Prise en charge infirmière : Créer un environnement calme et
structuré, limiter les stimuli sensoriels excessifs, éviter de
contester les hallucinations ou les délires du patient mais plutôt
essayer de les comprendre et d’interagir d’une manière
rassurante. La collaboration avec des psychiatres est cruciale
pour gérer les symptômes.
Chapitre IV
Adopter une conduite appropriée face
aux différentes réactions des patients
pris en charge
Introduction
Lorsqu'on travaille en tant qu'infirmier ou infirmière, il est crucial
de savoir comment réagir de manière appropriée face aux
émotions, comportements et réactions des patients. Ces réactions
peuvent être influencées par plusieurs facteurs, notamment la
douleur, l'anxiété, la peur, l'isolement, ou encore la confusion liée à
la maladie ou au traitement. Une approche professionnelle et
empathique est nécessaire pour assurer une prise en charge de
qualité.
Comprendre les réactions des
patients
Les émotions liées à la maladie
Les patients peuvent avoir une large gamme de réactions
émotionnelles liées à leur état de santé, qu'il soit aigu ou
chronique. Ces émotions peuvent inclure :
• Anxiété : peur de la maladie, de l'hospitalisation, des
traitements ou de l'incertitude sur l'avenir.
• Colère : frustration liée à la perte de contrôle sur leur corps ou
leur vie.
• Tristesse ou dépression : sentiment de perte, isolement ou
désespoir face à une maladie grave.
• Confusion : parfois due aux effets secondaires des
médicaments ou à la maladie elle-même (notamment dans les cas
de démence).
• Douleur : qui peut être une source importante de réaction
émotionnelle et comportementale.
Les réactions comportementales
Les réactions des patients peuvent aussi se manifester par des
comportements spécifiques :
• Retrait ou isolement : lorsque les patients évitent les interactions
sociales en raison de la douleur ou de la honte.
• Comportement agressif ou hostile : cela peut résulter de la peur, de
la douleur, de la frustration ou d'un manque de compréhension.
• Rejet du traitement : souvent dû à la peur des effets secondaires ou
à une mauvaise compréhension de l'importance des soins.
• Dépendance excessive : demander fréquemment de l'aide, ce qui
peut être lié à l'anxiété ou à l'incertitude sur leur état de santé.
Les bases de la communication avec
les patients