CMF 6e Édition
CMF 6e Édition
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(1 Collège national des enseignants
D de chirurgie maxillo-faciale
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Chirurgie
DU—
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(1
UD maxillo-faciale
LUI
|
6° édition
.
J Coordination :
Natacha Kadlub
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)
L'ouvrage officiel de La spécialité
+ Les connaïissances et compétences clés
+ Tous les items hiérarchisés
+ Situations de départ
+ Entraînements-types corrigés
+ Recommandations et vidéos en ligne
__+ Banque d'images
Elsevier Masson
Chirurgie maxillo-faciale
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Chirurgie
maxillo-faciale
Sous l'égide du Collège national des enseignants de chirurgie maxillo-faciale
Coordonné par :
Natacha Kadlub
6° édition
+
É e
Elsevier Masson
ELSEVIER
Elsevier Masson SAS, 65, rue Camille-Desmoulins, 92442 Issy-les-Moulineaux cedex, France
Chirurgie maxillo-faciale, 6° édition, par Natacha Kadlub, le Collège national des enseignants de chirurgie maxillo-
faciale.
© 2074 Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés, y compris ceux relatifs à l'exploration de textes et de
données, à la formation en intelligence artificielle et aux technologies similaires.
ISBN : 978-2-204-78543-6
6-ISBM : 978-2-294-78580-1
Tous droits réservés.
Les praticiens et chercheurs doivent toujours se baser sur leur propre expérience et connaissances pour évaluer
et utiliser toute information, méthodes, composés ou expériences décrits ici. Du fait de l'avancement rapide
des sciences médicales, en particulier, une vérification indépendante des diagnostics et dosages des médica-
ments doit être effectuée. Dans toute la mesure permise par la loi, Elsevier, les auteurs, collaborateurs ou autres
contributeurs déclinent toute responsabilité pour ce qui concerne la traduction où pour tout préjudice et/ou
dommages aux personnes où aux biens, que cela résulte de la responsabilité du fait des produits, d'une négli-
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TUE LE LIVRE photocapier doivent être adressées à l'éditeur ou au Centre français d'exploitation du droit
de copie : 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. Tél. 01 44 07 47 70.
Table des matières
Les auteurs
Préface,
Ayant-PrOPOS. .....,., 4444
Notede l'éditeur
Table des compléments en ligne
Abréviations .
Connaissances
Cours
Anatomie cranio-faciale. ..............................
Rap els d'anatomie générale . ...............,..,.,,.,,,,.,,,,,2,2,2002022220
À. La face au sein de l'extrémité céphalique . 420202000202
B. Squelette facial. .,,., 4440444 dde did uuu ua uauuuucauuu
€, Biomécanique faciale , ....,,.44 4404 dd di did di ua u rue uuauuus
D. Denture, dentition 4244444444 di dd iii dd uuuauuu
E. Tégument ....,.,,.,...
F Vascularisation. .
G. Innervation. Lou
H, Muscles masticateurs .
|, Glandes salivaires Hrincipales. . ! Lun
. Synthèse topographique- les régions faciales La
À, Région centrofaciale.
B. Région orbitopalpébrale .
€. Auricule {oreille externe). .
D. Cavité buccale . éorvuuee
E. Régions profondes de la face dureuuuun
Rappel anatomique
4. Dent normale
E. Zones de diffusion anatomique
IL Physiopathologie des cellulites faciales
A. Étiologie
BE. Physiopathologie de l'infection dentaire
C. Les lésions dentaires, portes d'entrée des cellulites faciales d'origine dentaire
D. Voie d'entrée et de propagation des cellulites faciales
E. Bactéries en cause
FE Épidémiologie
G. Facteurs favorisants
IV. Diagnostic positif de cellulite faciale : signes cliniques des différents stades évolutifs _...
À. Cellulite faciale aiguë séreuse (ou phlegmasique)
B. Cellulite faciale aiguë collectée (ou suppurée)
C. Cellulite diffusée (ou gangréneuse)
D. Cellulite subaiguë et chronique
V. Diagnostic positif : examens complémentaires de première intention
À. Bilan radiologique
B. Bilan biologique
VI. Diagnostic de gravité
À. Terrain à risque
B. Signes de gravité. . a
C. Complications graves régionales .… . Dérér cessera reureree
D. Complications graves generaes associées auxx cellulites faciales EE
VII. Diagnostic différentiel. .
VII. Principes thérapeutiques ,
À, Traitement d'un abcès .. Lui
B. Indications d'hospitalisation . ......
C. Traitement médical (cellulites séreuses et collectées) .
D. Traitement chirurgical (éellulites collectées)... ...
E, Traitement de la porte d'entrée, ...
Infections à Candida
L Définition.
Il. Physiopathologie …
. Diagnostic positif .......
À, Stomatite érythémateuse
6. Muguet ..
C. Glassite losangique médiane
C. Perlèche .
. Diagnostic différentiel. .
À, Diagnostic différentiel du muguet douces
B. Diagnostic différentiel de la glossite . ......,..,.,..,..,,,,.,,,,,,,,,,,,,,,.
C, Diagnostic différentiel de la perlèché ,..,,.,,,,,,,.,,,,.,,0
40e eee.
Table des matières
Sinusite maxillaire
LL Rappel anatomique .
Il. Sinusite maxillaire infectieuse : définition .
IL Signes cliniques
IV. Examens complémentaires
À, Imagerie. .
B. Prélèvement . . .
V. Principes de prise en charge |
À. Virale
B. Bactérienne
Fracture de la mandibule.….
. Rappel anatomique .. sou Déraua aura réa daudu did uddud audi iv avais
IL. Définition et physiopathologie ES
. Terminologie .......... ue
IV. Signes cliniques
À. Fracture de la portion dentée (symphyse et corps] et de l'angle
B. Fracture du condyle mandibulaire
€. Fracture du processus coronoïde
D. Fracture de la branche mandibulaire ou branche verticale
. Bilan d'imagerie
. Complications des fractures de la portion dentée et de l'angle
A. Cornplications immédiates
E. Complications secondaires
. Complications de la région condylienne
À. Complications précoces
B. Complications tardives 0eeee duc ie eue
Fracture-disjonction
du zygoma.................
LL Rappel anatomique
Il. Définition
I. Signes diniques
IV. Examens complémentaires
V. Suivi et pronostic : complications
V. Bilan d'imagerie
VI. Suivi et pronostic : complications . 1.400000
À. Complications précoces. . .
B, Complications secondaires (SSQUElles). . eee eus seu
Entrainement
Dossiers progressifs et key-features problems (KFP)
Énoncés et questions.
Réponses .
II-B Entrainement...
35
SDD 90 - Tache cutanée du nourrisson
Consignes à l'étudiant
Consignes à l'accompagnant du patient standardisé
Grille d'évaluation
SDD 91 - Anomalie des muqueuses
Consignes à l'étudiant
Grille d'évaluation
SDD 127 - Paralysie faciale . 00808.
Consignes à l'étudiant .,.,,.,4444 44444 did did did aiuauua aura uuusveuuu
Consignes au patient standardisé ....,.,..,..,,.,,,,,44.444020 40e
Grille d'évaluation. . dédicace cree
SDD 144 - Douleur cervico-faciale Dir dde duc cuis
Consignes à l'étudiant nosrsuus
Consignes au patient standardisé . .,.,...
Grille d'évaluation. ..
SDD 150- Limitation d' ouverture buccale. .
Consignes à l'étudiant ., .
Consignes au patient standardisé
Grille d'évaluation. . .
SDD 151 - Œdème de la face et du cou ,
Consignes à l'étudiant .
Consignes au patient standardisé .
Grille d'évaluation, .,..,..,
SDD 158 - Tuméfaction
cervico-faciale
Consignes à l'étudiant
Consignes au patient standardisé
Grille d'évaluation
SDD 169 - Morsure et piqûres
Consignes à l'étudiant
Consignes à l'accompagnant du patient standardisé
Grille d'évaluation
SDD 170 - Plaie. .....,..,..,.,..,..,.,4.,404 04e ide did
Consignes à l'étudiant . 4,44, 4040 didiereue
Grille d'évaluation. . Leu
SDD 225- Découverte d'une anomalie €cervico--faciale àà l'examen d'i imagerie .
Consignes à l'étudiant
Grille d'évaluation.
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Les auteurs
Coordination de l'ouvrage
Natacha Kadlub, hôpital Necker-Enfants malades, Université de Paris-Cité, Paris
Avec la collaboration de
Jean Lehner, hôpital Pitié-Salpétrière, Paris
Augustin Leclér, Fondation Rothschild, Université de Paris-Cité, Paris
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Préface
Cette 6° édition du Référentiel de l'enseignement national de la chirurgie maxillo-faciale a été pensée
pour s'adapter aux toutes dernières évolutions et implications de la réforme du 2° cycle des études
médicales,
Chaque chapitre à ainsi été subdivisé en apprentissage des connaissances, en partant des iterns
de rang À et B de la spécialité et en reclassant ces items de manière claire, et en apprentissage des
compétences, en partant des situations de départ concernées par la spécialité. Chaque chapitre a
ensuite été implémenté par une vignette clinique portant sur un cas clinique particulièrement repré-
sentatif. Cette nouvelle édition est de ce fait totalement conforme à la docimologie mise en place
par la réforme.
Il s'agit, comme pour les cinq éditions précédentes, d'un ouvrage collectif ayant mobilisé l'ensemble
des enseignants de la spécialité, chacun sur sa thématique d'expertise. Merci à eux. || a été coordonné
par la Pr Natacha KADLUB, fortement impliquée sur le plan national dans la mise en place de la
réforme du 2° cycle. Merci à elle.
Pour l'ensemble de ces raisons, ce nouvel ouvrage, révisé ét augmenté, constitue l'outil officiel
d'apprentissage et de révision pour la chirurgie maxille-faciale. Il offre ainsi aux étudiants une aide
précieuse pour leur formation et pour la réussite de leurs examens facultaires et nationaux.
Bon vent à cette nouvelle édition et bonne lecture !
La seconde partie, apprentissage par compétences, a pour objectif de réorganiser vos connaissances
à la lumière des situations de départ que l'on peut rencontrer en chirurgie maxillo-faciale. Cette partie
s'achève par des exemples de station d'ECOS, que vous pouvez utiliser en entraînement.
En espérant que ce nouvel ouvrage, vous aide à acquérir au mieux les Connaissances et compétences
utiles à votre future carrière et à la préparation des épreuves nationales !
Natacha KADLUB
Vice-présidente, responsable R2C du Collège national
des enseignants de chirurgie maxilla-faciale (CNECMF)
Cette page a été intentionnellement laissée vierge
Note de l'éditeur
Dans le respect de la Réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C), les connaissances
rassemblées dans cet ouvrage sont hiérarchisées en rang À, rang B et rang € à l'aide de balises et
d'un code couleur :
© Connaissances fondamentales que tout étudiant doit connaître en fin de deuxième cycle.
Ë] Connaissances essentielles à la pratique mais relevant d'un savoir plus spécialisé que tout interne
d'une spécialité doit connaître au premier jour de son DES,
@ Connaissances spécifiques à un DES donné (troisième cycle).
Au sein des tableaux de hiérarchisation des connaissances, les objectifs grisés avec astérisque *
ne sont pas abordés dans l'ouvrage (dans la version ebook de l'ouvrage, cette information est
signalée uniquement par l'astérisque *].
Cette page a été intentionnellement laissée vierge
Table des compléments en ligne
Une banque d'images et des vidéos {indiquées dans le texte par un picto « S ») sont
associées à cet ouvrage. Pour consulter ces compléments numériques, connectez-vous sur
http: Ma. emconsulte/e-complement/478543 et suivez les instructions.
Vidéos
Chapitre 2
Vidéo 2,1. Inspection de la face chez un enfant de 13 ans, après un traumatisme facial.
Vidéo 2.2. Examen de la motricité faciale chez l'enfant.
Vidéo 2.3. Examen de la motricité faciale chez l'adulte.
Vidéo 2.4. Examen oculomoteur (chez un enfant) : étude de la motricité oculaire extrinsèque.
Vidéo 2.5. Examen de la sensibilité faciale chez l'enfant : vérification de l'intégrité des branches du
nerf trijumeau et de la zone de Ramsay-Hunt.
Vidéo 2.6. Examen de la fonction manducatrice chez l'adulte.
Vidéo 2.7. Examen de la fonction manducatrice chez l'enfant.
Vidéo 2.6. Palpation du massif facial osseux chez l'enfant.
Vidéo 2.9. Palpation du massif facial osseux chez l'adulte.
Vidéo 2,10. Palpation de l'articulation temporomandibulaire.
Vidéo 2.11. Examen de la sensibilité faciale à la recherche d'un déficit du nerf trijumeau.
L'examen de la sensibilité du massif facial explorera les territoires sensitifs du nerf trijumeau (V] : le rameau
ophtalmique (V1) donne la sensibilité frontale ; le rameau maxillaire ou infraorbitaire (V2) donne la sensibilité de
l'étage moyen du visage (pommettes, nez, sillon nasogénien, lèvre et gencive supérieures) ; le rameau mandibu-
laire (V3) donne la sensibilité de la portion inférieure du visage. Les régions angulomandibulaire et cervicale sont
innervées par le plexus cervical superficiel.
Vidéo 2,12, Examen complémentaire de la sensibilité faciale à là recherche d'un déficit de la branche
VII bis du nerf facial (intermédiaire de Wrisberg) et du plexus cervical superficiel.
Vidéo 2.13. La palpation de la région parotidienne et le massage de la glande de l'oreille vers la joue
permettent de déceler un écoulement salivaire à l'ostium du conduit parotidien (orifice du canal de
Sténon) situé à la face endojugale en regard de la deuxième prémolaire. Purulent, cet écoulement
signe l'infection de la glande parotide (parotidite aiguë suppurée).
Vidéo 2.14. Palpation des aires de projection des glandes salivaires : loge parotidienne et loge
submandibulaire.
Vidéo 2.15. Palpation bidigitale de la glande submandibulaire dans sa loge.
Vidéo 2.16. Palpation systématique de toutes les aires ganglionnaires cervicales.
Vidéo 2.17. Inspection du plancher buccal : visualisation de l'ostium du conduit excréteur de la glande
submandibulaire (canal de Wharton) : la pression et le massage de la glande permettent d'apprécier la
qualité et la quantité de salive qui s'écoule de ces ostiums.
Vidéo 2.18. La réalisation d'un test au froid permet d'apprécier la réaction de la dent au froid et donc
sa vitalité (coton réfrigéré par un aérosol : Cryotest® ou Dentatest®).
Chapitre 15
Vidéo 15.1. Æ Film d'un test de duction forcée.
Chapitre 33
Vidéo 33.1. Comment réaliser une suture.
Table des compléments en ligne
Banques d'images
Accédez à la banque d'images de cet ouvrage : l'ensemble des illustrations y sont regrou-
pées et accessibles facilement via un moteur de recherche. Et retrouvez d'autres fonctionna-
lités. Pour accéder à cette base iconographique, connectez-vous sur http:/[Link]/
e-complement/4785433 et suivez les instructions pour activer votre accès.
Abréviations
ADAM algie dysfonctionnelle de l'appareil manducateur
ADC apparent diffusion coefficient
AINS anti-inflammatoire non stéroïdien
AIS anti-inflammatoire stéroïdien
AJCC American Joint Committee on Cancer
ALD affection longue durée
ANSM Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
ATM articulation temporo-mandibulaire
AVC accident vasculaire cérébral
BGSA biopsie des glandes salivairés accessoires
CBCT cone bearn computed tomography
CMV cytomégalovirus
CNEMFO complexe naso-ethmoïdo-maxillo-fronto-orbitaire
CRP Creactive pratein
DTM dysfanction temporo-mandibulaire
EVA échelle visuelle analogique
FOGD fibroscopie œsogastroduodénale
FNAC fine needle aspiration qytology
HAS Haute Autorité de santé
HPV human papiilomavirus
HSY herges simplex virus
HTA hypertension artérielle
IHS International Headache Society
IMRT intensity modulsted radiation therapy
IRM imagerie par résonance magnétique
LDH lactate déshydrogénase
LOB limitation d'ouverture buccale
LOPM lésion orale à potentiel malin
MALT mucosa-associated lymphoid tissue lmphoma
MDPH malson départementale des personnes handicapées
MFS maladie fibrosclérosante
NFS numération formule sanguine
OPG arthopantomogramme
PEA potentiel évoqué auditif
PET-scan positron emission tomography
PMA procréation médicalement assistée
PTNM pathological Tumor Mode Metastasis
PXx panoramique dentaire
RCP réunion de concertation pluridisciplinaire
SADAM syndrome algodysfonctionnel de l'appareil manducateur
SAT sérologie antitétanique
SEP sclérose en plaques
TOM tomodensitométrie
TEP tomographie par émission de positons
TNM Tumor Node, Metastasis
Abréviations
Objectifs pédagogiques
Présenter un rappel des éléments anatomiques constituant le prérequis nécessaire à la
compréhension des situations pathologiques traitées au long de l'ouvrage.
Chirurgie maxillo-faciale
& 2024, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés.
Connaissances
B. Squelette facial
Le squelette facial (fig. 1.3) est composé d'une mosaïque osseuse dont la mandibule, mobile,
constitue à elle seule le massif facial inférieur. Elle est répartie en deux entités :
* une portion dentée horizontale ;
* un ramus, où partie ascendante, 5e terminant, en avant, par lé processus coronoïde (ou
coroné) donnant insertion au muscle temporal et, en arrière, par le condyle articulaire qui
s'articule avec la fosse mandibulaire et le tubercule temporal.
Le massif facial moyen est formé par les deux os maxillaires réunis autour de l'orifice piriforme.
Latéralement, l'os zygomatique (très anciennement os malaire) forme le relief osseux de la
pommette et rejoint le processus zygomatique du temporal pour fermer la fosse temporale,
coulisse du muscle du même nom. L'os nasal forme avec son homologue le faîte du toit nasal.
Le massif facial supérieur est cranio-facial :
+ ethmoiïdofrontal médialement ;
+ _ frontosphénoïdal au niveau du cône et du toit orbitaire ;
* _ frontozygomatique latéralement.
Le tiers médian facial et les orbites sont donc directement en relation avec l'étage antérieur de
la base du crâne, ce qui explique la fréquence des lésions mixtes cranio-faciales, qu'elles soient
traumatiques, tumorales ou malformatives, La mandibule est également en relation avec le
crâne par l'intermédiaire de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM), articulation bicondy-
laire à ménisque interposé, située Juste en avant du méat acoustique externe (ou conduit
auditif externe).
Anatomie cranio-faciale
os frontal
canal optique
fissure orbitaire
supérieure
fissure orbitaire
inférieure
os zygomatique
canal infracrbitaire
os maxillaire
symphyse mentonnière
os pariétal
condyle mandibulaire
os nasal
ramus mandibulaire
foramen mentonnier
conduit auditif externe
septum cartilaginaux
lame perpendiculaire
de l'ethmoide
condyle
processus coronoide
ramuis
floramen mentonnier
Fig. 1.6. À. La mandibule. B. Les deux temps de l'ouverture buccale : rotation puis translation.
Dessin de Cyrille Martinet.
C. Biomécanique faciale
Structure pneumatisée, la face présente une architecture à poutres verticales destinées
à encaisser les chocs masticateurs, donc verticaux (fig. 1.7} Cette disposition de la trame
osseuse explique la fragilité des structures lors de chocs frontaux et la fréquence des fractures
secondaires à des traumatismes parfois minimes.
Cette structure cavitaire est constituée de cavités pleines (cavité buccale, orbites) et de cavités
vides (cellules ethmoïdales, sinus frontaux, sinus maxillaires) (fig. 1.83.
_— Piliers de Sicher
Ligne de Lefort
Em Poutré
d'Ombredanne
sinus frontaux
cellules éthmoïdales
sinus maxillaire
D. Denture, dentition
Les dents font partie du système alvéolo-dentaire comprenant :
» le parodonte : ligament alvéolo-dentaire, os alvéolaire, gencive (l'os alvéolaire naît et meurt
avec la dent};
«+ la dent.
La dentition correspond à l'éruption naturelle des dents aux diverses époques de la vie (ce
nom a une notion dynamique). La denture est l'ordre dans lequel des dents (naturelles ou
artificielles) sont rangées (« une belle denture »),
Les dents évoluent en trois stades (voir fig. 4.1 et 4.2) :
+ dentition déciduale ou temporaire, complète à 30 mois :
« dentition mixte, débutant à 6 ans ;
* dentition définitive, en place à partir de 12 ans.
E. Tégument
Le tégument facial est souple et d'épaisseur inégale - la peau palpébrale est quatre fois moins
épaisse que la peau jugale. La coloration est également variable d'un territoire à l'autre ; on
peut isoler des zones esthétiques qui devront toujours étre considérées dans leur ensemble
structural lors des actes chirurgicaux.
Ce tégument est mobilisé par l'action des muscles peauciers (fig. 1.9), dont là résultante des
forces marque, avec le temps, les lignes de tension qui deviennent des rides (fig. 1.10) : toute
cicatrice parallèle à ces lignes de tension sera à priori discrète ; toute cicatrice perpendiculaire
à ces lignes de tension risque de s'élargir.
Anatomie cranio-faciale
FE. Vascularisation
Presque toute la face est vascularisée par les branches collatérales ou terminales du système
carotidien externe.
Les anastomoses sont nombreuses, ce qui explique l'abondance des saignements en traumato-
logie faciale, mais aussi l'excellente vascularisation du tégument.
Connaissances
faciale
carotide externe
carotide interne
artère vertébrale
Fig. 1.11. Carrefour vasculaire entre les systèmes carotide interne et carotide externe (vu du côté droit).
Dessin de Cyrille Martinet.
G. Innervation
La figure 1.12 permet d'observer l'ensemble de l'innervation cranio-faciale.
1. Innervation motrice
Innervation des muscles peauciers
Ils sont sous la dépendance du nerf facial (VII paire crânienne).
2. Innervation sensitive
Elle est presque entièrement assurée par le trijumeau (V1, V2, V3): seuls l'auricule et la région
angulomandibulaire dépendent du plexus cervical (fig. 1.13).
Anatomie cranio-faciale
H. Muscles masticateurs
Les muscles masticateurs sont représentés dans la figure 1.14.
muscle
ptérygoidien latéral
muscle À
ptérygoïdien médial ; muscle
masséter
muscle digastrique
muscle
muscle mylohyoïdien géniohyoïdien
Fig. 1.14. Muscles masticateurs.
Dessin de Cyrille Martinet.
1. Élévateurs
Les musclés masticateurs élévateurs sont au nombre de quatre :
° temporal, le plus puissant, étalant ses fibres sur sa partie squameuse, puis glissant dans la
coulisse temporale en dedans de l'arcade zygomatique, il s'insère sur toute la hauteur du
processus coronoide de la mandibule ;
masséter et ptérygoïdien médial se disposent de part et d'autre du ramus mandibulaire
{masséter latéralement, ptérygoïdien médialement, comme son nom l'indique). Le muscle
ptérygoïdien médial participe en outre à la diduction ;
le ptérygoïdien latéral mobilise là mandibule en mouvements de propulsion et de
diduction.
2. Abaisseurs
Jouant un rôle secondaire dans la mastication, les muscles abaisseurs sont au nombre de
trois :
+ mylo-hyoïidien ;
+ génio-hyoïdien ;
+ digastrique.
Anatomie cranio-faciale
nerf rf auriculotempora
auricul | :
nerf auriculotemporal
veine maxilaire
artère maxillaire
auriculaire
veine rétromandibulaire
muscle stermo- artère carotide externe
clétdéemastaidien
veine jugulaire externe
Fig. 1.15. Loge parotidienne : un crochet tracte le ramus vers l'avant pour dégager la vision de la loge.
CAE : conduit auditif externe.
Dessin de Cyrille Martinet.
M
ECO
Mn
D
3. Glande sublinguale
Paire et symétrique, située sous le plancher buccal, elle est la plus petite des glandes salivaires
principales. Elle déverse ses sécrétions dans là cavité buccale par une multitude de conduits
excréteurs s'ouvrant dans le plancher buccal antérieur.
Anatomie cranio-faciale
A. Région centrofaciale
En avant, c'est la proéminence de la pyramide nasale ostéocartilagineuse : le nez osseux
est constitué essentiellement par les processus frontaux des 05 maxillaires (apophyses
montantes).
Les os nasaux (os propres) ne forment que le faîte du toit nasal.
Le nez cartilagineux comprend une cloison médiane (ou septumm) et deux auvents cartilagineux
constitués par les cartilages triangulaires. La pointe du nez est dessinée par les cartilages alaires
(fig. 1.18).
05 nasal
apophyse montante
du maxilaire
(processus frontal)
artilagé
triangulaire
cartilage alaire
artère supratrochléaire
artère ethmoïdale
antérieure
artère
sphénopalatine
artère coronaire
artère
maxillaire artère faciale
sinus frontal
lame criblée
masse latérale
lame perpendiculaire
septum cartilaginaux
B. Région orbitopalpébrale
1. Globe oculaire
Le globe oculaire n'occupe qu'une place très antérieure dans l'orbite osseuse (fig. 1.21).
2. Système palpébral
Il permet la protection du globe. Dans ce rôle, la paupière supérieure est prééminente. La rigidité
palpébrale est assurée par le tarse et la mobilité dépend de deux muscles essentiels (fig. 1.22) :
+ le muscle orbiculaire, innervé par le nerf facial, permet la fermeture des deux paupières ;
+ le muscle élévateur de la paupière supérieure, innervé par le nerf oculomoteur (Il, permet
l'ouverture palpébrale par traction sur le tarse.
graisse
muscle élévateur
de la paupière
supérigure
septum orbitaire
muscle orbiculaire
musclée de Müller
aponévrose du
muscle élévateur
tarse
fornix
musclé orbiculaire
septum orbitaire
3. Système lacrymal
La glande lacrymale, située dans l'angle supérolatéral de l'orbite, assure une humidifi-
cation permanente du globe (fig. 1.23). Les larmes sont ensuite aspirées au niveau des
points lacrymaux (ou méats lacrymaux) grâce au balayage palpébral du clignement. Suivant
les canalicules, puis le sac lacrymal, ces larmes sont évacuées dans le nez par le conduit
lacrymonasal,
sinus maxillaire
canal lacrymonasal
cornet inférieur
cavité nasale
scapha
anthélix
conque
tragus
anivagus ®72
parotide
zone de
Ramsay-Hunt
nerf auriculo-
temporal
paratide
plexus cervical
superficiel
muscle sterno-
cléido-mastoïdien
D. Cavité buccale
Limitée en avant par le sphincter labial, la cavité buccale (fig. 1.31 et 1.32) s'ouvre en arrière
sur l'axe aérodigestif du pharynx.
En haut, la cavité buccale et les fosses nasales sont séparées par les lames palatines des os
maxillaires, recouvertes de muqueuse, constituant le palais dans la cavité orale et le plancher
Anatomie cranio-faciale
des fosses nasales, dans la cavité nasale. À la partie postérieure du palais, le voile, structure
musculaire complexe, est l'élément indispensable à la modulation des sons, l'incompétence
vélopharyngée se traduisant par une voix nasonnée. [| participe à la ventilation de l'oreille
moyenne, par l'intermédiaire de la trompe d'Eustache.
palais dur
choane
voile du palais
pharynx
mandibule
langue
os hyoïde
corde vocale
larynx sophage
glande parotide
muscle masséter
muscle ptérygoidien médial
veine jugulaire intérné
artère carotidé interne
@ "vie (ramus)
buccinateur
plancher buccal
La langue occupe l'espace de cette cavité buccale, dans la concavité de l'arche mandibulaire,
dont elle est séparée par le plancher buccal, puis la gencive.
Les deux points d'appui osseux des muscles de la langue sont la mandibule en avant et l'os
hyoïde plus en arrière.
Les joues constituent les parois latérales. Le muscle buccinateur (allié précieux des trompet-
tistes) est traversé par le conduit parotidien, qui suit ainsi un trajet en baïonnette pour s'ouvrir
en regard du collet de la première ou de la deuxième molaire supérieure.
+ Ilya intimité anatomique entre tiers médian facial et étage antérieur de la base du crâne : attention aux
risques d'atteinte méningée lors des traumatismes, infections, tumeurs de cette région.
+ Une référence incontournable de l'architecture osseuse faciale est l'articulé dentaire.
+ La mimique faciale dépend du nerf facial et sa sensibilité
des trois branches (V1, V2, V3) du nerftrijumeau.
Objectifs pédagogiques
M Savoir réaliser un interrogatoire chez un patient présentant une symptomatologie
maxillofaciale.
M Savoir réaliser un examen clinique approprié de la face et de la cavité buccale.
1. Introduction
Ilest fondamental pour le praticien, spécialiste où non de chirurgie maxillo-faciale, de connaître
les principes et les spécificités de l'examen de la face et de la cavité buccale. Un examen dli-
nique bien mené est indispensable pour orienter correctement le diagnostic et la prescription
des examens complémentaires. Cet examen clinique commence par la réalisation d'un inter-
rogatoire précis et orienté, et se poursuit par la réalisation d'un exarnen systématique exo- et
endobuccal.
Il. Interrogatoire
l est fondamental de réaliser un interrogatoire précis. L'âge, le sexe, les habitudes de vie, le
contexte socio-professionnel, la consommation de toxiques (alcool, tabac, etc) permettent
d'apprécier le terrain du patient et ses facteurs de risque. L'ensemble des antécédents person-
nels, médico-chirurgicaux, les allergies éventuelles, les traitements passés et en cours du patient,
et les antécédents familiaux sont à colliger dans l'observation médicale du patient, datée et
signée par le praticien.
L'intéerrogatoire se poursuit avec lé récueil des éléments en lien avec le motif de consulta-
tion (l'histoire de l'apparition des symptômes ; la notion de traumatisme ; la symptomatologie
locale et générale ; l'évolution, le rythme, la récurrence des symptômes, etc).
L'interragatoire doit être précis et bien mené afin d'orienter correctement les éléments de l'examen phy-
sique et ainsi le diagnostic étiologique.
Chirurgie maxillo-faciale
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Connaissances
Les implications médico-légales éventuelles de cet examen doivent être gardées à l'esprit, les éléments de
l'examen clinique doivent être ainsi colligés de façon précise et exhaustive dans l'observation médicale
(auteur, date).
2. Inspection statique
l'inspection statique permet l'analyse de la forme générale de la face et de son équilibre, et de
la symétrie (vidéo 2.1).
L'équilibre et la projection relative des différents étages du massif facial (tiers supérieur, moyen
et inférieur) sont évalués dans les plans frontal et sagittal (fig. 2.2).
Téléchanthus : augmentation
de la distance intércanthal
E Hypertélorisme : augmentation
| de la distance interpupillaire
Fig. 2.3. Le télécanthus correspond à l'augmentation de la distance entre les deux canthi médiaux, un
hypetérlorisme à une augmentation de la distance entre les deux pupilles.
Recherche d'écoulement
Enfin, l'existence d'un écoulement par les orifices naturels du massif facial et son caractère
muqueux, séreux (otorrhée, rhinorrhée, hypersialie) ou sanglant (otorragie, épistaxis, héma-
témèse) et son abondance doivent être décrits (fig. 2.7).
3. Inspection dynamique
Cette étape de l'examen permet d'évaluer la motricité faciale, l'oculomotricité et les fonctions
manducatrices.
en fermant fort les veux (muscle orbiculaire des paupières — rameaux palpébraux de la
branche temporofaciale) :
en contractant les muscles de la houppe du menton (muscle mentonnier - rameaux termi-
naux cervicaux et buccaux inférieurs) (fig. 2.8).
Rameaux temporaux
Plexus intraparotidien
Raméeaux zygomatiques
Rameaux buccaux
Rameau cervical
Rameau marginal |
de la mandibule |
L'examen de la motricité faciale vise à dépister une parésie (déficit partiel) ou une paralysie
(déficit complet} par une atteinte centrale ou périphérique du nerf facial (VII® paire cränienne)
(fig. 2.9). En cas d'atteinte centrale, là paralysie prédomine nettement sur là partie inférieure
du visage, compte tenu de la projection bilatérale du premier neurone (operculaire) sur les
noyaux du facial supérieur situés dans le pont (ou protubérance).
À la différence du déficit facial central, la paralysie faciale périphérique touche de façon équi-
valente les parties supérieure et inférieure de la face, occasionnant une fermeture palpébrale
incomplète avec risque de kératite d'exposition.
Quiz
Vous accueillez au service d'accueil des urgences un patient de 20 ans, victime d'une agression au couteau, res-
ponsable de plaies jugales et parotidiennes.
Quelles corrélations anatomocliniques pourriez-vous trouver chez ce patient, en cas d'atteinte de rameaux du nerf facial ?
A Maloccusion palpébrale et atteinte des rameaux palpébraux de la branche temporo-frontale du nerf facial
B Impossibilité de relever la paupière supérieure et atteinte des rameaux palpébraux supérieurs de la branche
temporo-frontale
C Asymétrie de la cormmissure labiale au sourire et atteinte des rameaux buccaux supérieurs
Droit FE Ÿè 5 1 | Droit
non. = > EP 2 & 1 > ; D
| NO fi es
Petit Petit
Droite y oblique oblique ÿ Gauche
Droit Droit
inférieur , inférieur
Fig. 2.10. Représentation de l'action des muscles oculomoteurs, et photographie d'un patient présen-
tant une ophtalmoplégie complète verticale à gauche.
À. Localisation et action des muscles oculomoteurs : droit supérieur droit inférieur, droit externe ou latéral, droit
interne ou médial, grand oblique (oblique supérieur), petit oblique {oblique inférieur). B. Ophtalmoplégie verticale
dans un contexte de traumatisme de l'orbite, signant une fracture du plancher de l'orbite gauche avec incarcéra-
tion du muscle droit inférieur.
Source : fig. 2.104 issue de Purves D, et al Neuroscience. 6" ed, Oxford University Press ; 2017.
Connaissances
Muscle temporal
Fascia temporal
Lame superficielle
Muscle élévateur EE > -3 j ! Lame profonde
de la lèvre n F ge :
supérieure ét
de l'aile du nez Arcëde zygomatique
Disque articulaire
de la lèvre de l'articulation temporo-
supérieure mandibulaire
Muscle petit Partie profonde Muscle
zygomatique Partie superficielle | masséter
Muscle grand
Conduit parotidien
zygomatique
Muscle
élévateur de Muscle buccinateur
l'angle de la
bouche
Muscle
orbiculaire
de l'œil
Muscle
mentonnier
Muscle abaisseur
de la lèvre Muscle abaisseur
inférieure de l'angle de la bouché
Muscle temporal
Fig. 2.11. Représentation de la localisation des muscles masticateurs, élévateurs (muscles temporaux,
masséters et ptérygoïdiens) et abaisseurs (mylo-hyoïdiens, génio-hyoïdiens, et digastriques).
Source : Atlas Neiter d'anatomie humaine. 8° édition. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson ; 2023, Section | — Tête
et cou, planche 48.
Examen clinique dé là face et de la cavité buccale
L'examen des mobilités articulaires est capital (ouverture buccale, propulsion, diductions) avec
analyse qualitative et quantitative à l'aide d'un pied à coulisse. Les mouvements articulaires
sont évalués à l'inspection et à la palpation, ce qui permet d'apprécier la qualité de la course
articulaire et de dépister un asynchronisme de fonctionnement (ouverture en deux temps).
L'ouverture buccale physiologique est centrée, sans latéro-déviation, souple, et généralement
comprise entre 30 et 50 mm entre 3 ans et l'âge adulte, avec augmentation avec la croissance.
La quantification de l'ouverture buccale se fait à l'aide d'un pied à coulisse (fig. 2,12).
Li
L'évaluation des mobilités des articulations temporo-mandibulaires repose à la fois sur la quantification
des mouvements (ouverture buccale, propulsion, diductions latérales) et sur la qualité de réalisation (rec-
tiligne ou déviée, en un ou deux temps, douloureuse ou non, souple ou non, etc.).
4. Palpation cervico-faciale
Reliefs osseux
La palpation du massif facial est réalisée au mieux après s'être réchauffé les mains et en se
plaçant en arrière d'un patient assis ou semi-couché, ce qui permet de réaliser un examen
bilatéral ét comparatif, en débutant à distance d'une zone douloureuse éventuelle.
La palpation des reliefs osseux du squelette facial cherche un point douloureux exquis, une
mobilité anormale et/ou une déformation ou zone saillante faisant évoquer une lésion osseuse
(ostéite, tumeur osseuse, fracture). On en notera alors les limites, le caractère douloureux ou
fluctuant et la mobilité par rapport aux plans superficiel et profond (vidéos 2.8 et 2,9).
Articulations temporo-mandibulaires
La palpation des articulations temporo-mandibulaires (ATM) permet d'apprécier la Bonne
mobilité des condyles (fig. 2.12 et vidéo 2.10), le mouvement symétrique, l'absence de claque-
ments, ressauts, craquements ou douleurs provoqués lors des mouvements mandibulaires,
pouvant alors faire évoquer un syndrome algodysfonctionnel de l'appareil manducateur
{SADAM) ou dysfonction temporo-mandibulaire.
Connaissances
Sensibilité cervico-faciale
L'examen de la sensibilité du massif facial explorera les territoires sensitifs :
° le nerf trjumeau (V) :
— le rameau supraorbitaire (V1) donne la sensibilité frontale et du dorsum nasal,
— le rameau infraorbitaire (V2) donne la sensibilité de l'étage moyen du visage (pom-
méttes, nez, sillon nasogénien, lévre et gencive supérieures),
le rameau mandibulaire (V3) donne la sensibilité de la portion inférieure du visage (voir
chapitre 1);
la zone de Ramsay-Hunt (tympan, partie postérieure du conduit auditif externe) : elle est
innervée par le nerf intermédiaire de Wrisberg (VA bis) :
les régions angulomandibulaire et cervicale ‘ elles sant innervées par le plexus cervical
superficiel (vidéos 2.11 et 2.12).
Ainsi, devant toute lésion intéressant les aires faciales correspondant aux trajets nerveux sensi-
tifs, on cherchera un trouble de la sensibilité : une zone d'anesthésie, d'hypoesthésie, d'hyper-
esthésie ou de paresthésies (picotements, fourmillements}.
Fig. 2.13. Le palper bidigital (un doigt endobuccal rejoignant un doigt exobuccal} permet une appré-
ciation de la consistance des tissus s'interposant entre les deux doigts, et permet parfois de dépister
un calcul salivaire.
Examen clinique dé là face et de la cavité buccale
XS
Fig. 2.14. Les différentes aires ganglionnaires cervicales sont représentées sur un schéma qui est
complété lors de l'examen en consultation ou sous anesthésie générale. Daté et signé, ce schéma sert
dans la stadification et l'évolution de la pathologie.
la : Groupe submental ; lb : groupe submandibulaire ; [la : groupe sous-digastrique ; Ib : groupe supraspinal et
rétrospinal ; II: groupe supra-omo-hyoïdien ; IV : groupe jugulocarotidien bas ; V : groupe spinal ; Va : triangle
postérosupérieur en arrière du muscle sterno-cléido-mastoïdien, au-dessus du cartilage cricoïde ; Vb : triangle
postéro-inférieur en arrière du muscle sterno-cléido-mastoïdien, en dessous du cartilage cricoïde ; VI : groupe
récurrentiel ou préviscéral antérieur,
Source : Dassonville O, Falk AT Paissonnet G. Ganglions cervicaux : point de vue du chirurgien, Cancer Radiather 2014 :
18{5-6) : 549-52.
5. Auscultation faciale
L'auscultation s'applique à l'exploration des bruits perçus par lé patient au niveau des ATM ;
elle est aussi intéressante pour le diagnostic d'infection gangréneuse (crépitations neigeuses].
Connaissances
Devant une anomalie vasculaire superficielle, elle permet de détecter la présence d'un souffle
{ou thnilf en faveur d'une malformation artérioveineuse.
B. Examen endobuccal
1. Conditions de réalisation
L'examen de la cavité buccale nécessite un bon éclairage (lampe électrique ou, mieux, miroir
frontal}, certains instruments (miroir buccal à manche, pince coudée de type précelle pour
porter le coton et essuyer les surfaces pour un examen à sec, un abaisse-langue en métal ou
en bois) et une protection (lunettes, doigtiers ou gants} pour une palpation endobuccale pro-
tégée (fig. 2.16).
L'examen endobuccal sera au mieux réalisé sur un patient en position assise. L'abaisse-langue
et le miroir permettent de déplisser les uns après les autres les sillons de la cavité buccale et de
permettre l'accès à l'oropharynx.
L'examen doit être systématique et intéressera toutes les régions de la cavité buccale. Si
le patient est porteur de prothèses dentaires mobiles, l'examen doit être réalisé avec et
sans ces prothèses en bouche. On examinera les prothèses, vérifiera qu'elle ne blesse pas
la muqueuse buccale. La dépose de la prothèse peut révéler l'existence d'une pathologie
sous-jacente.
L'examen de la cavité buccale doit comparter une inspection et une palpation au doigt de
toutes les surfaces muqueuses (fig. 2.17).
Examen clinique dé là face et de la cavité buccale
Fig. 2.17. Ulcérations palatines correspondant à une atteinte muqueuse de zona (V2).
6 ho
JR
um
Déc
_
2
Fig. 2.22. La traction de la langue saisie à l'aide d'une compresse permet d'examiner au miroir les
reliefs de sa base (papille du « V » lingual, amygdales linguales), l'oropharynx et les cordes vocales
dans la filière laryngée (vision indirecte).
Fig. 2.23. Les ostiums des conduits excréteurs glandulaires submandibulaires (canaux de Wharton)
s'ouvrent de part et d'autre du frein de langue en arrière des incisives inférieures, au niveau du plan-
cher buccal (flèche : canal sous-mandibulaire droit).
À droite, aspect de salive purulente à l'orifice des conduits submandibulaires.
H H
18 17 16 15 14 13 12 11 21 22 23 24 25 26 27 28 55 54 53 52 51 | 61 62 63 64 65
| |
D D
48 47 4G 45 44 43 42 41 | 31 32 33 34 35 36 37 38 85 64 83 82 81 F1 F2 73 F4 75
B E
C|
48 47 46 45 44 38
Fig. 2.25. Association des formules dentaires de l'enfant et de l'adulte pouvant aider à l'évaluation des
dentures mixtes (à la fois lactéale et définitive).
Parodonte
L'état du parodonte (tissu de soutien de la dent : cément, ligament alvéolo-dentaire, os alvéo-
laire, gencive) est apprécié. Il s'attache en particulier à vérifier l'état de la gencive et décèle les
mobilités dentaires.
Connaissances
Réponses au quiz
À, € : le releveur de la paupière supérieure est innervé par le nerf oculomoteur {ll} et non par le nerf facial.
Compléments numériques
Des compléments numériques sont associés à ce chapitre. Ils proposent des vidéos indiquées
dans le texte par un picto . Pour voir ces compléments, connectez-vous sur http,
emconsulte/e-complement/478543 et suivez les instructions.
Vidéo 2.1. Inspection de la face chez un enfant de 13 ans, après un traumatisme facial.
Vidéo 2.5. Examen de la sensibilité faciale chez l'enfant : vérification de l'intégrité des branches
du nerf trijumeau et de la zone de Ramsay-Hunt.
Examen clinique de la face et de la cavité buccale
Vidéo 2.11. Examen de la sensibilité faciale à la recherche d'un déficit du nerf trijumeau.
L'examen de la sensibilité du massif facial explorera les territoires sensitifs du nerf trijumeau (V) : le rameau
ophtalmique (V1) donne la sensibilité frontale ; le rameau maxillaire ou infraorbitaire (V2) donne la sensibilité de
l'étage moyen du visage (pommettes, nez, sillon nasogénien, lèvre et gencive supérieures} ; le rameau mandibu-
laire (V3) donne la sensibilité de la portion inférieure du visage. Les régions angulomandibulaire et cervicale sont
innervées par le plexus cervical superficiel.
Connaissances
Vidéo 2.12. Examen complémentaire de la sensibilité faciale à la recherche d'un déficit de la branche
VII bis du nerf facial (intermédiaire de Wrisberg) et du plexus cervical superficiel.
Vidéo 2,13. La palpation de la région parotidienne et le massage de la glande de l'oreille vers la joue
permettent de déceler un écoulement salivaire à l'ostium du conduit parotidien (orifice du canal de
Sténon) situé à la face endojugale en regard de la deuxième prémolaire. Purulent, cet écoulement
signe l'infection de la glande parotide (parotidite aiguë suppurée).
Vidéo 2.14. Palpation des aires de projection des glandes salivaires : loge parotidienne et loge
submandibulaire.
Vidéo 2.17. Inspection du plancher buccal : visualisation de l'ostium du conduit excréteur de la glande
submandibulaire (canal de Wharton) : la pression et le massage de la glande permettent d'apprécier la
qualité et la quantité de salive qui s'écoule de ces ostiums,
Examen clinique de la face et de la cavité buccale
Vidéo 2.18. La réalisation d'un test au froid permet d'apprécier la réaction de la dent au froid et donc
sa vitalité (coton réfrigéré par un aérosol : Cryotest® ou Dentatest®).
Examens
complémentaires
en chirurgie maxillo-faciale
l. Imagerie
Il. Examen anatomopathologique
Situations de départ
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
M 233 Identiher/reconnaitre les différents examens d'imagerie (type/fenétre/séquences/
incidences/injection).
Objectifs pédagogiques
Connaître les différents examens complémentaires en chirurgie maxillofaciale : les indications,
savoir les reconnaitre et les interpréter.
1. Imagerie
A. Clichés radiographiques
1. Cliché rétroalvéolaire
Les clichés rétroalvéolaires (fig. 3.1) réalisés à partir de films endobuccaux permettent une
exploration de très bonne qualité de deux à quatre dents voisines sur la totalité de leur lon-
gueur, et une analyse de région apicale et périapicale du ligament alvéolo-dentaire et de l'os
alvéolaire environnant. Ces clichés rétroalvéolaires ont leur intérêt aussi bien dans le contexte
de traumatisme alvéolo-dentaire que dans le cadre du bilan d'une lésion dentaire d'origine
carieuse.
Chirurgie maxillo-faciale
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Examens complémentaires en chirurgie maxillo-faciale
Fig. 3.1. Cliché rétroalvéolaire permettant une analyse fine de la dent et de son parodonte.
Fig, 3.2. Exemple de cliché endobuccal occlusal mordu par le patient permettant d'explorer le plancher de
bouche et l'arche mandibulaire.
Découverte d'une lithiase radio-opaque submandibulaire droite.
Fig. 3.4, Les téléradiographies de face et de profil sont respectivement des clichés de face et de profil
du massif facial appréciant, en grandeur réelle, le contour cutané et le massif squelettique du patient,
utiles pour l'étude des dysmorphoses et avant la chirurgie orthognathique.
Fig. 3.5. Exemple de cone beam (CBCT) montrant sa précision dans l'analyse osseuse et dentaire.
À. Coupe axiale de l'arcade maxillaire, B, Reconstruction des coupes 25 et 26.
Connaissances
C. Tomodensitométrie ou scanner
Les coupes axiales où transversales, coronales ou frontales, et sagittales obtenues grâce à l'ac-
quisition de la tomodensitométrie permettent de visualiser les structures anatomiques d'intérêt
dans les différents plans (fig. 3.6). Les reconstructions tridimensionnelles sont une aide à l'éva-
luation de la forme et de la symétrie des éléments squelettiques, à condition que la résolution
dé l'acquisition et la précision dé là reconstruction soient adaptées (fig. 3.7). La variabilité des
densités disponibles permet une analyse en fenêtre asseuse ou tissulaire. Il s'agit de l'examen
de référence en traumatologie.
Fig. 3.7. Exemple de reconstruction tridimensionnelle scanographique donnant une idée globale de la
symétrie et de la continuité osseuse des différents éléments du massif facial.
À. Fracture du zygoma gauche comminutive dans la région proximale (margelle orbitaire inférieure). B. Traumatisme
plus complexe {fractures de l'os zygomatique droit, disjonction intermaxillaire ou palatine, paroi interne de l'orbite
draite et as nasal droit}.
Le scanner du massif facial (sans injection) est l'examen clé à réaliser en urgence, sans retarder la prise en
charge en cas de fracture de l'étage orbicaire ou de collection du plancher buccal avec signes d'intolérance
respiratoire ou de crismus (scanner cervico-facial injecté).
Examens complémentaires en chirurgie maxillo-faciale
Quiz
Nommer les éléments anatomiques fléchés dans la figure 3.8.
Fig. 3.9. Cliché par IRM, examen de choix dans l'analyse des tissus mous (infiltration, tumeurs) et dans
l'évaluation des dysfonctions des articulations temporo-mandibulaires.
À. IRM avec injection, coupe axiale, montrant une malformation artérioveineuse du maxillaire supérieur gauche.
B. Coupe axiale d'IRM, en séquence T2, montrant la présence d'une volumineuse tumeur de la branche montante
{sarcome d'Ewing) mandibulaire gauche, refoulant les muscles ptérygoïdien médial (flèche pointillée) et masséter
{flèche pleine).
Connaissances
F. Artériographie et angioscanner
L'angiographie carotidienne externe, ou artériographie des vaisseaux du cou, permet de
visualiser le réseau vasculaire cervico-facial (vascularisation tumorale, malformation arté-
rioveineuse, vaisseaux à disposition en vue d'une microanastomose de lambeau libre)
(fig. 3.10). L'angioscanner
est l'examen de choix pour le bilan des malformations vasculaires
ou dans le cadre du bilan vasculaire préopératoire. L'artériographie est réservée quasi exclu-
sivéement au traitement, dans le cadre par exemple des ermbolisations des malformations
vasculaires.
G. Échographie
L'échographie permet de préciser la nature échogénique du contenu d'une masse. Elle est
également informative dans le cadre des lithiases et de l'évaluation des glandes salivaires.
Enfin, elle permet de faire le diagnostic anténatal d'une dysmorphose faciale telles que les
fentes labio-palatines (fig. 3.11). Associée au Doppler, elle apporte des arguments diag-
nostiques dans les malformations vasculaires (veineuse, lymphatique, artérioveineuse, capil-
laire, hémangiome).
Examens complémentaires en chirurgie maxillo-faciale
H. Sialographie et sialendoscopie
La Sialographie n'a presque plus d'intérêt dans l'exploration des glandes salivaires principales
{parotide et submandibulaire). Il s'agit de cathétériser le canal de la glande salivaire au niveau
de l'ostium glandulaire, afin de visualiser l'arborescence salivaire, la présence éventuelle d'un
obstacle lithiasique radio-opaque ou non (encorbellement) et d'évaluer la fonctionnalité de la
glande (capacité d'évacuation du produit de contraste) (fig. 3.12). Elle garde un intérêt théra-
peutique pour la prise en charge des parotidites chroniques juvéniles. Bans ce cadre, un aspect
en « pommier en fleurs » est observé.
L. Scintigraphie
La scintigraphie peut concerner les glandes salivaires, la thyroïde, l'os (recherche de foyers
osseux inflammatoires ou tumoraux, par exemple dans l'histiocytose langerhansienne), la vas-
cularisation d'un lambeau libre microanastomosé (qualité de la vascularisation) (fig. 3.13).
Fig. 3.13. Scintigraphie au technétium 99m du pôle céphalique d'un patient, retrouvant une hyperfixation
anormale au niveau de l'hémimandibule droite.
Une biopsie doit être réalisée devant toute lésion ulcérée ou bourgeonnante sans cause locale, ne cédant
pas au-delà de 15 jours.
Examens complémentaires en chirurgie maxillo-faciale
Réponses au quiz
: Canal du nerf infraorbitaire (V2) droit.
: toit de l'orbite droite.
: plancher orbitaire droit
: éthmoïde.
Développement
bucco-dentaire et anomalies
l. Éruption dentaire
I. Articulé dentaire
IN. Caries et prévention bucco-dentaire
IV. Savoir diagnostiquer une fente vélaire ou fente vélopalatine ou fente palatine ou fente du palais
secondaire
Situations de départ
M 26 Anomalie de la croissance staturo-pondérale.
M 39 Examen du nouveau-né à terme.
M 115 Anomalie du développement psychomoteur.
M 134 Troubles du langage et/ou de la phanation.
M 265 Consultation d'un nourrisson en bonne santé.
M 308 Dépistage néonatal systématique.
Prise en charge Connaître les recommandations professionnelles du suivi des nourrissons et enfants
Diagnostic positif Dépistage des troubles visuels Connaître les grands principes cliniques
par le médecin traitant : modalités* du dépistage visuel du nourrisson
et de l'enfant : tests cliniques en fonction
de l'âge
Prise en charge Connaître les indications d'adressage d'un enfant à un aphtalmologiste*
Définition Dépistage systématique des troubles Connaître les âges clés du dépistage
auditifs* auditif
Diagnostic positif Connaître les principales situations à risque des troubles auditifs chez l'enfant
en fonction de son äge*
Chirurgie maxillo-faciale
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Développement bucco-dentaire ét anomalies
Diagnostic positif Anomalies d'axe des membres Trouble de torsion, genu valgum
inférieurs* et varum
Diagnostic positif Scoliose de l'enfant, facteurs de risque*
0066
Définition Bilans de santé systématiques à l'âge scolaire, coordination avec médecine scolaire *
l. Éruption dentaire
D :à denture définit l'ensemble des dents en place sur l'arcade, la dentition correspond
aux phénomènes liés à l'éruption et à l'évolution des dents sur l'arcade. L'éruption dentaire
correspond au processus complexe conduisant à là mise en place sur l'arcade dentaire
des dents temporaires, puis définitives avec la résorption des racines dentaires des dents
temporaires.
Anomalies d'éruption
@ on parle d'éruption permanente retardée larsqu'il y a plus d'un an de décalage avec le calendrier d'érup-
tion normale.
Le diagnostic différentiel d'un retard d'éruption est l'absence de dent (agénésie) observée sur l'examen
panoramique dentaire. Le retard d'éruprion peut étre associé à un retard de développement dentaire, avec
une bonne coordination entre maturation et éruption dentaire. Dans ce cas, la cause est d'ordre général ou
systémique (métabolique, génétique, ete.).
Dans d'autres cas, la formation dentaire est normale par rapport à l'âge de l'enfant mais il existe un obstacle
à l'éruption. On parle de dent incluse lorsque la dent n'a pas fait son éruption dans le délai habituel, qu'elle
est située à distance de l'arcade dentaire, mais sur son trajet normal de migration — contrairement à la dent
ectopique qui se situe en dehors du trajet normal de migration.
À l'inverse, l'éruption précoce est beaucoup plus rare. Elle est souvent localisée à une seule dent, du fait de
la perte prématurée de la dent temporaire correspondante (traumatisme, extraction pour carie).
Accidents d'éruption
Chez l'enfant, les kystes d'éruption sont fréquents et concernent surtout les molaires. Ils se manifestent
par une tuméfaction bleutée, douloureuse, située sur la crête gingivale. Ils disparaissent spontanément.
Les péricoronarites (inflammation du sac péricoronaire) touchent les première et deuxième molaires et,
chez l'adulte, le plus fréquemment la troisième molaire (ou dent de sagesse).
ANNUEL TT N
BU GUN I QU I OU 0 Ù OÙ QU OÙ QU QU OU (QU OU QE) OÙ Gi 1 OÙ GE) Œ! El 4
Vignette clinique 1
La] Un patient se présente à votre consultation de pédiatrie dans les suites d'un traumatisme survenu à
l'äge de 7 ans et demi. L'éruption dentaire s'est déroulée dans les délais normaux. Il a été victime d'un
accident de la voie publique par un tiers, ayant engendré un traurnatisme alvéolo-dentaire. Les parents
vous présentent le certificat médical initial descriptif des lésions : luxation complète de 11, fracture
de 53 avec exposition pulpaire, luxation incomplète de 52.
Connaissances
D Quiz 1
Concernant l'éruption et la numérotation dentaire, quelles sont les réponses vraies parrni les suivantes ?
A L'absence d'éruption d'une canine maxillaire définitive à l'4ge de 8 ans peut correspondre à une agénésie den-
taire ou à un retard d'éruption
B La première molaire temporaire fait son éruption à l'âge de 6 ans
€ 36 correspond à la première molaire définitive mandibulaire gauche
D L'absence d'éruption de la deuxième molaire à l'âge de 15 ans peut correspondre à une agénésie ou à un retard
d'éruption
45 correspond à la première prémolaire mandibulaire droite
Classe I d'Angle
La classe | d'Angle correspond à un articulé dentaire normal {voir plus haut) (fig. 4.3).
Classe Il d'Angle
La classe Il d‘Angle (fig. 4.4) est définie par une position trop en avant de la canine et des
molaires maxillaires par rapport à la canine et aux molaires mandibulaires. La classe Il d'Angle
peut correspondre à un trouble de croissance des bases osseuses — mandibule trop en arrière
{rétromandibulie), maxillaire trop en avant (promaxillie) — ou à un déplacement de l'arcade
dentaire par rapport à l'autre (rétro-alvéolie mandibulaire, pro-alvéolie maxillaire) sans anoma-
le de position des bases osseuses.
@ La distinction entre anomalies dento-alvéolaires et anomalies des bases osseuses se fait
grace à une analyse céphalométrique sur la téléradiographie de profil. En cas de classe Il
d'Angle, les incisives maxillaires sont plus ou moins en avant par rapport aux incisives mandi-
bulaires, formant un surplomb.
On distingue en outre le type d'angulation des incisives :
* la classe I division 1 (fig. 4.4C) correspond à une vestibuloversion des incisives maxillaires.
Le surplomb entre incisives maxillaires et mandibulaires est marqué ;
+ la classe Il division 2 (fig. 4.4D) est associée à une palatoversion des incisives centrales. On
observe un recouvrement excessif des incisives mandibulaires par les incisives maxillaires.
Le surplomb n'existe pas.
@ Les incisives mandibulaires passent en avant des incisives maxillaires, les canines inférieures
devant les supérieures et les molaires inférieures sont décalées d'une cuspide vers l'avant.
Fig. 4.6. ® Exemple clinique d'articulé dentaire avec un déficit maxillaire transversal.
Fig. 4.7.® Exemple clinique d'articulé dentaire avec un excès maxillaire transversal dans le cadre d'un
syndrome de Brodie.
Connaissances
D Quiz 2
Quel est le type d'occlusion dentaire représentée sur la figure 4.10, selon la classification d'Angle ?
A |
B Il
CI
B. Étiologie
Le milieu buccal rassemble les conditions idéales pour la vie microbienne (humidité, tempéra-
ture, etc.}. La flore est constituée d'une association de germes aérobies et anaérobies.
Les bactéries cariogènes sont souvent des germes commensaux non pathogènes, mais certains sont
opportunistes, devenant pathogènes lors de conditions favarisantes (bar exemple, Streptococcus,
Lactobacillus, Peptostreptococcus, Bacteroïdes). La virulence des germes peut être exacerbée par
l'altération de l'état général, la mauvaise hygiène bucco-dentaire, le tabac, l'hyposialie, etc.
La carie est une pathologie multifactorielle :
“ facteurs liés à l'hôte :
- àge : périodes plus propices au développement de la carie : enfance, adolescence et
personnes àgéés,
sexe : les femmes sont plus touchées que les hommes,
situation socio-économique,
état de santé général : traitements sucrés ou avec répercussion Sur la physiologie sali-
vaire, handicap, trouble des conduites alimentaires, reflux gastro-csophagien ;
état bucco-dentaire, qui est le facteur principal : estimation du risque carieux individuel :
facteurs de rétention de plaque, morphologie des dents, patients déjà exposés à la maladie
carieuse, composition et structure des tissus minéralisés (hypoplasie amélaire, molar incisor
hypornineralization.….) ;
la salive : elle possède un pouvoir tampon (lié à la concentration en bicarbonates) qui per-
met de neutraliser les acides produits par les bactéries ;
facteurs comportementaux :
— mauvaise hygiène bucco-dentaire, sans dentifrice fluoré,
— tabac,
- alimentation : grignotage, consommation d'aliments cariogènes ou aliments cario-
protecteurs.
Vignette clinique 2
O Vous recevez en consultation un nourrisson de 18 mois pour caries multiples (caries du biberon, liées
à la prise de biberons sucrés de façon itérative et inadaptée, en particulier au coucher). Il présente des
caries de l'émail de 51, 61, 53, 64, 71, 72, 81, 82, et atteignant la dentine de 63, 83, 73, 74. Afin d'éviter
les complications liées aux caries (cellulites, troubles d'éruption des dents définitives), vous prévoyez
une prise en charge rapidement par un pédodontiste spécialisé pour soins dentaires sous anesthésie
générale.
Connaissances
C. Prévention
©: prévention est importante pour éviter ou diminuer les infections dentaires.
L'hygiène bucco-dentaire fait appel à :
* un brossage dentaire postprandial réalisé par les parents jusqu'aux 6 ans puis par l'enfant
en fonction de son autonomie, dès l'apparition des premières dents lactéales (6 mois) avec
dentifrice fluoré et brosse à dents adaptée à l'âge de l'enfant ;
+ la réduction de la consommation des sucres cariogènes (surtout en dehors des repas) ;
+ un contrôle régulier de l'état bucco-dentaire.
À noter que, depuis 2017, la Haute Autorité de santé (HAS) et l'Agence nationale de sécurité
du médicament et des produits de santé (ANSM) ne recommandent plus les compléments
fluorés avant l'âge de 6 mois.
En complément du respect des consignes d'hygiène bucco-dentaire, on peut avoir recours à une applica-
tion professionnelle de fluor (avant le développement des lésions carieuses ou pour l'interception de lésions
carieuses non cavitaires) ou au scellement des sillons (sur les molaires permanentes saines à risque carieux élevé).
Fig. 4.11. &3 Photographie endobuccale de patients présentant une fente du palais.
A. Fente vélopalatine totale, B. Fente vélaire,
Développement bucco-dentaire ét anomalies
À l'examen, une fente du palais peut se présenter sous différentes formes (totale, vélaire,
luette bifide), et peut être associée à une fente de la lèvre et de l'alvéole, ou à une séquence
de Pierre Robin.
Types de fentes
Fente du palais primaire ou fente labiomaxillaire
(fig. 4.12)
@ Elle relève d'un défaut d'accolement des bour-
geons nasaux et du bourgeon maxillaire. La forme
unilatérale complète associe une ouverture du seuil
narinaire, de la lèvre supérieure et de l'arcade alvéolaire
{dans la région de l'incisive latérale) jusqu'au canal
nasopalatin.
La forme bilatérale isole un bourgeon médian (ou pré-
maxillaire) porté en avant par le vomer ; il est consti-
tué du tubercule labial médian et du secteur alvéo-
laire correspondant aux incisives centrales et latérales.
Ce bourgeon médian est souvent décalé en avant par Fig. 4.12. @ Enfant présentant une fente
rapport aux deux berges externes de la fente. labiomaxillaire gauche.
Fente du palais secondaire ou division palatine (fig. 4.11)
Dans ce cas, la fente esc médiane, allant du canal nasopalatin (canal incisif) à la luecte ec faisant communi-
quer largement la cavité buccale avec les fosses nasales par défaut d'accolement des deux lames palatines.
Ilexiste des formes partielles suspectées en cas de luette bifide : ce sont les fentes du voile (fentes vélaires
ou fentes sous-muqueuses) ; il est important de les dépister dès la naissance, car elles peuvent entraîner
des troubles fonctionnels (phonatoires, otites séromuqueuses).
Fente labio-maxillo-palatine totale uni-
ou bilatérale (fig. 4.13)
Uni- ou bilatérale, elle associe de façon plus ou
moins complète les deux formes précédentes (fente
du palais primaire et fente du palais secondaire).
Traitement des fentes labio-palatines
La prise en charge est pluridisciplinaire. Le conseil
génétique et la prise en charge psychologique
peuvent débuter avant la naissance si le diagnostic
échographique anténatal a été posé. Le traitement
de la fente doit être réalisé au sein d'un centre de
compétence ou de référence « maladies rares » au
sein d'une équipe multidisciplinaire. Le calendrier
de prise en charge peut différer selon les centres,
mais doit respecter la croissance faciale et les
étapes du développement de l'enfant. Il séche-
lonne depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte.
La prise en charge comprend:
‘ un traitement chirurgical primaire : ferme-
ture de la fente labiale, fermeture du voile du
palais et du palais osseux, puis fermeture dela Fig, 4.13. @ Enfant présentant une fente labio-
fente alvéolaire ; palatine bilatérale.
Connaissances
Situations de départ
M 29 Contracture musculaire localisée ou généralisée (trismus).
M 44 Hyperthermie/févre.
M 52 Odynophagie/dysphagie.
M 54 CEdème localisé ou diffus.
Mi 62 Trouble de déglutition ou fausse route.
M 85 Érythème.
M 144 Douleur cervico-faciale.
M 145 Douleur pharyngée.
M 146 Dysphonie.
M 150 Limitation de l'ouverture buccale.
M 151 CŒdème de la face et du cou.
M 158 Tuméfaction cervico-faciale.
M 160 Détresse respiratoire aiguë.
0 162 Dyspnée.
M 203 Élévation de la CRP
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
M 228 Découverte d'une anomalie osseuse et articulaire à l'examen d'imagerie médicale.
M 233 identifier et reconnaitre les différents examens d'imagerie.
M 239 Explication préopératoire et recueil de consentement d'un geste invasif diagnos-
tique ou thérapeutique.
M 246 Prescription d'un soin ambulatoire.
M 249 Prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens.
M 255 Prescrire un anti-infectieux.
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
Rubrique Intitulé
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques d'une cellulite faciale collectés et séreuse
Étiologie Connaître les différentes portes d'entrée d'une cellulite de la face
Identifier une urgence Connaître les signes de gravité d'une cellulite faciale et complications graves
Item 349 — Infection aiguë des parties molles (abcès, panaris, phlegmon des gaines)
Rang | Rubrique Intitulé
Définition Les principales infections des parties molles
Prévalence, épidémiologie Connaître la bactérie la plus souvent responsable
||]
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Vignette clinique 1
Q Histoire clinique typique d'une cellulite faciale d'origine dentaire sur foyer infectieux dentaire
chronique.
M. X consulte pour tuméfaction jugale gauche. Il dit ne pas avoir de dentiste traitant ni de bonne
hygiène dentaire. Il avoue un tabagisme actif.
L'interrogatoire retrouve depuis 2 ans environ des douleurs intermittentes aux dépens de sa dent 36,
puis une « rage de dent » de cette même dent il y a 1 an environ. Depuis, il y à eu quelques douleurs qui
sont toujours passées seules en quelques jours. Depuis environ 10 jours, il présente une douleur perma-
nente à cette même dent et depuis 3 jours environ sa joue gauche à commencé à augmenter de volume.
I. Définitions
B. Abcès
Amas de pus collecté au sein d'une cavité néoformée aux dépens des tissus environnants qui
peuvent être détruits et/ou refoulés.
Cellulites faciales d'origine dentaire
C. Pus
Exsudat pathologique liquidien d'aspect blanchätre et opaque, pouvant compliquer une infection
bactérienne. || contient des leucocytes (principalement des polynucléaires altérés), des cellules
venant des tissus voisins et des bactéries.
D ————— Émail
Dentine
Chambre pulpaire
Os alvéolaire
Ligament
alvéolodontaire
Gencive
Fig. 5.1. Représentation schématique d'une molaire montrant la structure de la dent et son système
de soutien.
Fig. 5.2. D Position des dents et diffusion des processus infectieux (exemples).
Cellulites d'origine molaire (A) et d'origine incisivocanine inférieure (B).
* Tissu celluleux : le tissu celluleux est compartimenté en régions par des muscles et des cloi-
sons musculo-aponévrotiques s'insérant sur le maxillaire et la mandibule. Ces espaces, ou
loges cellulo-adipeuses faciales, sont en continuité avec la région submandibulaire puis la
région cervicale qui communiquent elles-mêmes avec les régions médiastinales. L'infection
se propage en suivant ces espaces.
Chambre Émail
pulpaire
Dentine
Ligament
aéolodontaire alvéolaire
LRU
— > ee
PL
LE A
RE
D
=
+:
ae
Fig. 5.3. D Les deux voies de propagation de l'infection dentaire,
À. Voie endodontique (carie puis pulpopathie). B. Voie parodontale (parodontopathie).
s Voie parodontale (ou sulculaire) : dans ces cas, les dents perdent leur vitalité (nécrose
pulpaire) suite à une atteinte parodontale chronique (parodontopathie). || en résulte égale-
ment un foyer infectieux chronique dû à cette parodontite apicale.
O Les traumatismes dentaires peuvent constituer des portes d'entrée infectieuses aiguës (lors
du traumatisme) ou chroniques (lorsqu'ils entraînent une mortification dentaire et en l'absence
de prise en charge dentaire).
Une péricoronarite est l'infection des tissus péricoronaires (ou sac péricoranaire entourant la
couronne) d'une dent incluse. L'exemple le plus courant est la péricoronaritée qui peut compli-
quer l'éruption des dents de sagesse.
Fig. 5.9. © Panoramique dentaire montrant un kyste sur la dent 37 délabrée, les dents 18 et 28 délabrées,
des traitements endocanalaires sur les dents 22 et 46 et des traitements de caries sur les dents 16, 22, 26
et 46.
Fig. 5.10. D'abcès sous-gingival : aspect clinique de parulie (ou abcès sous-gingival) situé en vestibulaire
de la dent 46.
Connaissances
E. Bactéries en cause
Les germes en cause sont ceux de là cavité buccale (flore buccale polymorphe). L'infection est
le plus souvent polymicrobienne à germes aérobies et anaérobies. Les germes ne présentent le
plus souvent pas de résistance particulière aux antibiotiques.
Les bactéries anaérobies ont la propriété de produire des enzymes protéolytiques et des gaz
qui disséquent lé tissu conjonctif et peuvent donner un emphysème sous-cutané palpable
(crépitations) et visible radiologiquement (zones radio-claires).
F. Épidémiologie
La cellulite faciale est la complication là plus fréquente des foyers infectieux dentaires ; elle est
liée à l'extension locale de l'infection dans les espaces cellulo-adipeux de la face et du cou. Elle
est une urgence maxillo-faciale très fréquente.
Les cellulites touchent les deux sexes à tout âge. Les dents causales sont le plus fréquem-
ment les molaires avec par ordre de fréquence : 1'€ molaire, 3% molaire, 2% molaire, 2€ pré-
molaire, 1€ prémolaire, puis canines et incisives. Elle peut se voir en denture lactéale, mixte
et définitive.
G. Facteurs favorisants
D Terrain : défaut d'hygiène, défaut de soins dentaires, population défavorisée.
Diminution des défenses immunitaires : âges extrêmes, carences, dénutrition, grossesse,
immunodépression, diabète, obésité, insuffisance d'organe, cancer, exogénose alcoolique
chronique.
Facteurs médicamenteux : anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) et non stéroïdiens (AINS),
traitement immunosuppresseur et antibiothérapie inadaptée.
© 1e rôle des AINS dans la genèse et la gravité des cellulites est controversé dans la littérature car le lien
causal n'est pas établi. Cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas. Les AINS sont donc tout de même déconseillés
dans les infections aiguës d'origine dentaire surtout en l'absence de couverture antibiotique.
AAA a BUS D M M NU NU à
Vignette clinique 2
Vous recevez une enfant de 5 ans qui présente une tuméfaction labiale supérieure depuis 48 h, s'étendant
à la joue droite depuis 24h.
À l'examen, l'enfant présent une fièvre avec une température corporelle à 38,8 *C. Sa joue, sa lèvre
supérieure et sa paupière inférieure gauches sont rouges, chaudes, douloureuses. On ne palpe pas de
collection.
À l'examen endobuccal, vous constatez un vestibule labial supérieur gauche empâté, une dent 61 grise
et une absence de 62. La mère vous signale qu'il y à 1 an, sa fille est tombée sur les incisives et que
l'incisive latérale n'a pas pu être conservée.
UE
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Vignette clinique 3
Vous recevez une femme de 45 ans, en bonne santé, pour une tuméfaction jugale inflammatoire.
À l'interrogatoire, vous apprenez qu'il y a 10 jours, elle a présenté une douleur dentaire « à se taper la
tête contre le mur » (selon ses propos), qui l'a conduite à consulter un dentiste en pleine nuit. Le den-
tiste a réalisé un soin et posé un pansement provisoire sur sa 1° molaire droite mandibulaire, ce qui l'a
soulagée. Néanmoins depuis 3 jours, elle présente une douleur de la région jugale, avec l'apparition
d'un œdème jugal, progressif, et une non-amélioration des symptômes malgré la prise d'ibuprofène.
Ce matin au réveil, la douleur avait augmenté et la joue était très gonflée. À l'examen, vous consta-
tez une tuméfaction rouge luisante de la région sous-mandibulaire, très douloureuse à la palpation.
À l'examen endobuccal, vous constatez un pansement sur la dent 46, un vestibule jugal comblée et
douloureux ainsi qu'une fluctuation. Il existe une limitation de l'ouverture buccale.
Il s'agit du stade succédant au stade séreux dont il se différencie par la présence d'une collection
purulente (ou abcès).
À l'examen, on retrouve les éléments suivants :
» les signes cliniques de la porte d'entrée infectieuse dentaire (parodontite ou infection apicale) :
douleur dentaire aiqué ;
le vestibule en regard de la dent causale est comblé, on palpe une collection ;
la palpation bidigitale trouve une zone fluctuante qui signe la présence d'une collection
et donc d'un abcès. La collection peut ne pas être palpable si elle est très profonde ou
postérieure ;
la douleur est plus importante qu'au stade séreux : elle devient intense, lancinante, voire
insomniante. La tuméfaction à tendance à se limiter, la peau devient rouge, tendue, luisante
et chaude (fig. 5.12).
Fig. 5.12. © cellulite submandibulaire droite au stade collecté (tuméfaction jugale rouge chaude luisante
et collection visible au scanner).
D'autres signes cliniques peuvent étre trouvés et leur présence constitue un marqueur topo-
graphique ou de gravité :
* dysphagie (difficultés à la déglutition) ;
Cellulites faciales d'origine dentaire
Fig. 5.13. D Panoramique dentaire montrant une denture délabrée avec présence de foyers infectieux
apicaux des dents 37 et 47 et de nombreuses caries.
La dent 37 présente un traitement endocanalaire.
Descriptions radiologiques :
Brie : lacune dentaire radio-transparente ;
* carie traitée : lacune dentaire comblée et apparaissant en blanc ;
* dent avec traitement endocanalaire : chambre et canaux pulpaires obturés (apparaissant
en blanc) ;
+ granulome ou kyste apical : image radio-claire à l'apex d'une dent (de façon générale le
kyste est plus gros que le granulome;.
@ attention, cet examen permet de faire le diagnostic étiologique en caractérisant le foyer
infectieux dentaire à l'origine de la cellulite. Il n'est pas indiqué en cas de cellulite collectée,
grave ou compliquée qui nécessite plutôt un scanner en urgence. Sa réalisation ne doit jamais
retarder la prise en charge médico-chirurgicale de la cellulite.
Fig. 5.14.
Connaissances
Quiz
Vous prescrivez un scanner du massif facial dont une image clé (fig. 5.16) vous est proposée.
1) De quelle coupe s'agit-il ?
2) Quel diagnostic retenez-vous ?
B. Bilan biologique
Il doit être fait en cas de suspicion de cellulite collectée avec signes de gravité ou de mauvaise
évolution.
Il comprend :
B'unésition formule sanguine (NFS) : retrouvant une hyperleucocytose à polynucléaires ;
+ Creactive protein (CRP) : évaluation de la situation inflammatoire ;
+ _ionogramme sanguin avec créatinine : fonction rénale à connaître avant la réalisation du
scanner avec injection ;
glycémie ;
bilan d'hérmostase préopératoire ;
hémocultures : si fièvre > 38,5 °C, frissons, signes de sepsis.
B. Signes de gravité
En plus des signes de gravité généraux (sepsis, choc septique), il est essentiel de dépister les
signes locaux de gravité dont la constatation permet d'anticiper une évolution pouvant mettre
en jeu le pronostic vital ou fonctionnel :
«_ érythème cutané extensif, notamment vers la partie basse du cou, les creux sus-claviculaires
et le sternum ;
tuméfaction supra-hyoïdienne latérale ;
crépitations sous-cutanées ;
tuméfaction du plancher buccal, voire œdème lingual (risque d’obstruction des voies
aériennes supérieures) ;
odynophagie, déglutition salivaire douloureuse ;
dysphagie : déglutition difficile ;
dyspnée ;
dysphonie ;
trismus serré ;
tuméfaction jugale et péri-oculaire {risque de cellulite orbitaire préseptale ou rétroseptale)
(fig. 5.17);
cordon induré sous-cutané et œdème du sillon nasogénien allant jusqu'au canthus interne
de l'œil témoignant d'une probable thrombophlébite veineuse faciale ;
nécrose cutanée ou signes de fasciitée nécrosante.
Fig. 5.17. D cellulite orbitaire rétroseptale avec présence d'un abcès intraorbitaire à droite avec
exophtalmie, œdème palpébral et chémosis.
Connaissances
Fig. 5.18. E Cellulite avec collection du plancher buccal et effet de masse sur la filière respiratoire.
3. Détresse respiratoire
Par obstruction des voies aériennes supérieures en cas de collection pharyngée.
Le traitement médical d'un abcès est une antibiothérapie probabiliste et si possible secondai-
rement adaptée.
La porte d'entrée de l'abcès peut nécessiter une prise en charge spécifique.
B. Indications d'hospitalisation
L'hospitalisation peut être indiquée en service d'hospitalisation conventionnelle ou bien de
médecine intensive et réanimation.
+ Signes de gravité généraux : fièvre, sepsis, déshydratation, altération de l'état général.
+ Signes de gravité dinique fonctionnels : dysphagie, odynophagie, dyspnée, dysphonie, trismus.
+ Signe de gravité locale, extension : localisation profonde ou à risque (pharynx, plancher
buccal, langue, médiastin, cérébrale, thrormbophlébite).
Terrain à risque : âges extrêmes, immunodépression.
Indication à un drainage sous anesthésie générale.
Évolutivité : cellulite traînante, subaiguë, évolution péjorative sous traitement.
Le type de traitement et le délai pour le faire seront fonction de plusieurs paramètres. Le prin-
cipe est d'éliminer le foyer infectieux dentaire le plus précocement possible pour éviter une
chronicisation ou une récidive (précoce ou tardive) de la cellulite tout en essayant dans la
mesure du possible de garder la dent.
La dent causale doit être identifiée et une évaluation dentaire doit étre faite pour savoir si elle
est conservable ou non conservable, nécessitant un avis odontologiste.
l'eerruure
CELLULITE |
L d LÀ
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vePANORAMIQUE ||
Absence de terrain
à risque [I n
Absence de signes |” | Pas de collection
collection |
de gravité
-
LA Li Absence de terrain
+ *
Terrain à risque à risque
TRAITEMENT Signe de gravité Absence de signes Terrain à risque Sepsis
AMBULATOIRE Tismus de gravité Tismus ou état de choc
ATE per os Mauvaise Collection Mauvaise évolutivité Signes de gravité
SUIVI à J2 évolutivité non profonde Collection profonde Complication
LÀ LÀ à À L 4
. . DIFFUSÉE ET/OU
Stade SÉREUX Stade COLLECTÉ SIGNES DE GRAVITÉ
Muscle
stylo-pharyngien
Muscle
mylo-hyoidien
Larynx
Muscle constricteur
inférieur du pharynx
Trachée
Œsophage
cervical
Fig. 5.20. ® Vue latérale de la région cervicale illustrant les deux modes de diffusion d'une cellulite
mandibulaire : cellulite infra-mylo-hyoïdienne.
Cellulites faciales d'origine dentaire
Glande
submandibulaire
Épiglotte
mylo-hyoïdien
Pli vocal
Cartilage
cricoïide
Trachée ___+
Fig. 5.21. ® Vue latérale de la région cervicale illustrant les deux modes de diffusion d'une cellulite
mandibulaire.
A. Cellulite infra-mylo-hyoïdienne. B. Cellulite supra-mylo-hyoïdienne s'étendant dans le cou et le thorax. Vue médiale
de l'axe aérien supérieur montrant l'extension des cellulites infra-mylo-hyoïdiennes (A) et supra-mylo-hyoïdiennes (B)
avec extension cervicale.
Carie
Définition : affection dentaire due à la destruction progressive des tissus constitutifs de la dent (émail
puis dentine) par protéalyse microbienne. Elle est due aux bactéries présentes dans la plaque dentaire
(Streptococcus mutans ou autres) qui métabolisent les sucres.
Diagnostic : elle est d'abord asymptomatique puis entraîne des sensibilités dentaires (chaud, froid,
sucré, etc.), puis des douleurs dentaires de plus en plus importantes et fréquentes selon sa profondeur. Elle
se présente cliniquement par un changement de couleur, puis une érosion, puis une cavité sur la couronne
dentaire (voir fig. 5.4). À la radiographie panoramique dentaire, elle est visible sous forme d'une lacune
dentaire radio-transparente.
Évolution : en l'absence de traitement, elle évolue vers la pulpite (lorsque la lésion carieuse atteint la
chambre pulpaire).
Remarque : une carie ne peut pas se compliquer de cellulite tant qu'elle n'a pas entraîné une pulpite, puis
une mortification pulpaire.
Connaissances
Pulpopathie
Pulpite aiguë : c'est une inflammation aiguë de la pulpe dentaire. Elle est secondaire à une atteinte de la
chambre pulpaire par une lésion carieuse. Elle entraine une douleur trés intense (« rage de dent »}, pul-
satile et insomniante. Elle peut être réversible lorsqu'un traitement adéquat est effectué en urgence. Elle
devient irréversible lorsqu'elle atteint le stade de nécrose pulpaire (qui survient en quelques jours).
Nécrose pulpaire : la douleur est absente ou uniquement déclenchée par la mastication. Elle peut évoluer
vers la formation de kystes et granulomes apicaux.
Granulomes et kystes apicaux
Définition : atteinte osseuse alvéolaire située au contact de l'apex dentaire formée d'un tissu de granulation
contenant des bactéries (foyer infectieux chronique ou latent) secondaire à une pulpopathie chronique
{avec mortification dentaire).
Diagnostic : en imagerie, ils se présentent comme une image de lacune osseuse radio-transparente localisée
autour de l'apex dentaire à la radiographie panoramique dentaire (ou sur un cliché rétroalvéolaire). Le
diagnostic de kyste ou de granulome est anatomopathologique.
Parodontopathie
Définition : maladie inflammatoire d'origine bactérienne affectant les tissus de soutien de la dent (paro-
donte). Il peut s'agir d'une atteinte superfñcielle, la gingivite (gencive)}, ou d'une atteinte profonde, la paro-
dontite (parodonte), L'alvéolyse, atteinte de l'os alvéolaire, est un signe clinique et radiologique de paro-
dontire. Elles peuvent entraîner des déchaussements, puis des pertes des dents er des infections d'origine
dentaire, Elles sont dues à une agression bactérienne chronique par défaut d'hygiène.
Gingivites ou parodontopathies superficielles
Gingivite tartrique : elle est due à une mauvaise hygiène buccale. Le tartre (plaque dentaire calcifiée) et les
bactéries qu'il contient entraînent une irritation puis une inflammation de là gencive adjacente. Elle se
présente cliniquement comme une couche de tartre attachée à une gencive rouge, inflammatoire, plus ou
moins hypertrophiée et saignant au contact (voir fig. 5.5). Elle évolue vers la parodontite.
Gingivite ulcéronécrotique : elle se présente dliniquement comme une gingivorragie, des pétéchies, une
hypertrophie gingivale et des ulcérations. Elle se caractérise également par la décapitation des papilles
interdentaires et la présence d'un enduit fbrineux associé aux ulcérations. Elle atteint souvent le patient
jeune et le secteur incisif mandibulaire. Elle est très douloureuse. Elle est d'origine bactérienne. Elle doit
faire rechercher une hémopathie.
Gingivite odontiasique : inflammation gingivale compliquant l'éruption dentaire. Elle se présente clinique-
ment comme une inflammation gingivale avec douleur, odynophagie, voire adénopathies. L'exemple le
plus fréquent est la péricoranarite des dents de sagesse.
Parodontite ou parodontopathie profonde
Définition : atteintes inflammatoires du parodonte.
Une parodontite aiguë se manifeste par une douleur pulsatile, lancinante, avec irradiation trigéminale,
majorée par le décubitus et la percussion et s'accompagnant d'une « sensation de dent longue » en occlu-
sion forcée.
En cas de parodontite chronique, la dent est indolore, dyschromique (voir fig. 5.6) et présente un épaissis-
sement radiologique du ligarment alvéolo-dentaire (clarté anormalernent épaisse autour de la racine de là
dent incriminée). Il s'agit d'un foyer infectieux dentaire également.
Réponses au quiz
1) Coupe axiale en fenêtre parenchymateuse avec injection de produit de contraste.
2} Diagnostic de cellulite faciale au stade collecté.
Infections à Candida
l. Définition
Il. Physiopathologie
I. Diagnostic positif
IV. Diagnostic différentiel
Situations de départ
M 91 Anomalies des muqueuses.
M 144 Douleur cervico-faciale.
I. Définition
Q Une candidose orale est une infection à Candida de la cavité orale. Les Candida sont des
champignons, organismes unicellulaires appartenant à la famille des levures et regroupant
plusieurs espèces. Les candidoses orales sont le plus souvent dues à l'espèce Candida albicans,
saprophyte exclusif des muqueuses (respiratoire, vaginale, digestive).
Il. Physiopathologie
Les modalités d'infestation sont :
+ la voie endogène par porte d'entrée digestive ou génitale ;
“ la voie exogène plus rarement, telle que la contamination du nouveau-né par la mère atteinte
de vaginite candidosique {candidose néonatale}.
Sur terrain immunodéprimé, Candida albicans est responsable de septicémies ou de lésions
viscérales profondes.
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
C'est toujours sous l'influence de facteurs favorisants que la levure Candida albicans passe de
l'état saprophyte à l'état parasitaire :
+ facteurs locaux : humidité, macération ; irritations chroniques, pH acide (prothèses den-
taires) ; xérostomie ; mucite post-radique :
facteurs généraux :
— terrain : immunosuppression congénitale ou acquise (thérapeutique, VIH...) cancer,
diabète, dénutrition, carences/déficits vitaminiques, grossesse, âges extrêmes de la vie,
- médicaments : antibiotiques généraux (à large spectre), œstroprogestatifs, corticoides.
1. Bilan complémentaire
D: diagnostic des formes simples est dinique. Toutefois, dans les cas difficiles (aspect clinique
atypique, diagnostic différentiel nécessaire, lésions récidivantes malgré un traitement adéquat, etc),
il faut réaliser un prélèvement mycologique.
La technique de diagnostic est simple, avec un prélèvement par écouvillon sec frotté fortement
au niveau de la face dorsale et/ou d'une lésion (plage blanche ou érythémateuse, sillons d'une
perlèche).
2. Prise en charge
Principes
Il est indispensable dé chercher les facteurs favorisants et, dans là mesure du possible, de les
éradiquer, un traitement antifongique seul ne permettant pas d'obtenir une guérison durable.
Le traitement des candidoses est en règle générale local, excepté dans certaines formes récidi-
vantes ou graves où étendues qui nécessitent l'utilisation d'un antifongique systémique.
En raison de l'excellente activité antifongique, des traitements courts de 15 jours sont habi-
tuellement suffisants.
Voie locale
Les premiers épisodes de candidose buccale sont traités pendant 15 jours par antifongiques locaux,
à distance des repas, en bains de bouche ou en gel : nystatine (Mycostatine®, suspension buvable),
miconazole (Daktarin®, gel buccal) ou amphotéridine B (Fungizane®, suspension buvable).
Infections à Candida
Des bains de bouche avec une solution alcalinisante (bicarbonate de sodium à 14 %} sont à
conseiller avant chaque administration d'un antifongique.
Voie générale
La voie générale est choisie en seconde intention en cas d'inefficacité, de récidives, de faible obser-
vance (mauvais goût, troubles gastro-intestinaux, intolérance) ou en première intention en cas de
formes graves où étendues survenant dans un contexte de déficit immunitaire génétique où acquis.
Le fluconazole (Triflucan®, 100 mg par jour pendant 1 semaine} est l’antifongique systémique
de choix et est très bien toléré.
Quiz
1} Pour la patiente, présentée dans la vignette clinique en début de chapitre, vous suspectez une candidose
orale. Quels sont les éléments de votre prise en charge ?
A Bains de bouche au bicarbonate
B Traitement local par antifongique
C Traitement pendant 5 jours
D Traitement systémique antifongique par voie orale
E Prélèvement mycologique à visée diagnostique
© 2) Vous recevez uné patiente de 75 4ns, sans antécédent ni trattément, qui consulte pour l'aspect dé sa langue
présentant sur sa face dorsale plusieurs plages dépapillées avec une bordure blanchätre, Ces lésions sont totale-
ment asymptomatiques et apparaissent de façon intermittente, Quel est le diagnostic le plus probable ?
À Leucoplasie orale
B Candidose orale
C Langue noire villeuse
D Länque géographique
E Lichen plan
Réponses au quiz
1} 4, B
2j D
Tumeurs de la cavité
buccale, des voies
aérodigestives
supérieures, des cavités
naso-sinusiennes
et du cavum
Introduction
Généralités
Présentations cliniques classiques des cancers de la cavité buccale
Bilan préthérapeutique
. Principes thérapeutiques des carcinomes épidermoïdes des VADS
. Surveillance post-thérapeutique
Prévention des cancers des VADS
Situations de départ
M 14 Émission de sang par la bouche.
M 16 Adénopathies uniques ou multiples.
M 17 Amaigrissement.
M 21 Asthénie.
M 29 Contracture musculaire localisée ou généralisée.
M 30 Dénutrition/malnutrition,
Mi 35 Douleur chronique.
M 52 Odynophagie/dysphagie.
M 62 Troubles de déglutition ou fausse route.
M 134 Troubles du langage et/ou phonation.
M 144 Douleur cervico-faciale.
0 145 Douleur pharyngée.
M 146 Dysphonie.
M 147 Épistaxis.
0 150 Limitation de l'ouverture buccale,
M 151 Œdème de la face et du cou.
M 158 Tuméfaction cervico-faciale.
M 162 Dyspnée.
M 180 Interprétation d'un compte rendu d'anatomopathologie.
M 181 Tumeurs malignes sur pièce opératoire/biopsie.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Mi 230 Rédaction de la demande d'un examen d'imagerie.
M 231 Demande d'un examen d'imagerie.
M 232 Demande d'explication d'un patient sur le déroulement, les risques et les bénéfices
attendus d'un examen d'imagerie.
Chirurgie maxillo-faciale
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Tumeurs de la cavité buccale, des voies aérodigestives supérieures, des cavités naso-sinusiennes ét du cavum
I. Introduction
O Les tumeurs des voies aérodigestives supérieures (VADS) sont d'une grande diversité, avec
une prise en charge diagnostique et thérapeutique variable selon leur nature et leur localisa-
tion. Les cancers des VADS sont fréquemment pauci-symptomatiques au stade initial ét sont
dans la grande majorité des carcinomes épidermoïdes (> 95 % des cas), Ces cancers requièrent
un bilan préthérapeutique, afin d'évaluer le stade de la maladie et les thérapies envisageables
selon l'extension de la maladie et les potentielles comorbidités du patient.
L'intoxication alcoolo-tabagique reste le facteur de risque principal de survenue de cancer des
VADS. l'infection par le virus HPV (human papillomavirus) est également reconnue comme un
facteur favorisant le cancer de l'oropharynx (cancer viro-induit) chez des patients plus jeunes
sans forcément d'intoxication alcoolo-tabagique associée.
La colocalisation de cancers des VADS est également possible (tumeurs synchrones), ce qui
impacte fortement la prise en charge et la survie de ces patients.
Ce chapitre expose les différents types de tumeurs touchant les VADS, ainsi que les tumeurs des
régions naso-sinusiennes et du cavurm qui Sont moins fréquentes. La prise en charges des car-
cinomes épidermoïdes sera le plus largement développée du fait de leur nette prédominance.
Il. Généralités
A. Rappel anatomique
Les VADS incluent plusieurs localisations qui sont (fig. 7.1} :
«+ la cavité buccale ;
° le pharynx - regroupant l'oropharynx, l'hypopharynx et le cavum (ou rhinopharynx ou
nasopharynx) — situé à la jonction entre les fosses nasales et l'oropharynx ;
- le larynx.
D: cavité buccale est une dénomination anatomique regroupant plusieurs sous-localisations
comprises entre les arcades dentaires et la jonction avec l'oropharynx en arrière (fig. 7.2). Dans
la cavité buccale, il faut distinguer les différentes régions anatomiques : là face interne des
joues, les lèvres muqueuses et les vestibules, étant la jonction des arcades dentaires avec la
face interne de joue et les lèvres muqueuses.
Les principales localisations des cancers de la cavité buccale sont :
+ la langue mobile comprend une face dorsale et une face ventrale, les bords latéraux ainsi
que là pointe. La zone de jonction linguale est la région située entre la langue mobile et
la base de langue. La base de langue, quant à elle, appartient à l'anneau lymphoïde de
\Waldever avec les amygdales et fait partie de l’oropharynx et non à la cavité buccale au
sens strict ;
le plancher buccal regroupe les régions latérales et une partie antérieure. Il est délimité en
avant par le sillon pelvi-gingival et en arrière par le sillon pelvi-lingual ;
les autres localisations de cancers de là cavité buccale sont moins fréquentes et peuvent
se situer sur les lèvres muqueuses, avec une nette prédominance de la lèvre inférieure, la
face interne des joues, la commissure maxillo-mandibulaire, les gencives ou le palais dur.
Le palais dur (ou palais osseux) appartient à la cavité buccale, contrairement au palais mou,
communément appelé voile du palais, qui constitue la partie supérieure et antérieure de
l'oropharynx.
Les tumeurs des sinus (de l'ethmoïde et des maxillaires principalement) ainsi que celles des
fosses nasales sont des localisations beaucoup plus rares de cancer de la région « tête et cou »
et sont de diagnostic généralement tardif.
Tumeurs de la cavité buccale, des voies aérodigestives supérieures, des cavités naso-sinusiennes ét du cavum
Fosses nasales
Cavité buccale
Cavum
Orapharynx Pharynx
Hypapharynx
Cordes vocales
Œsophage
Fig. 7.1. D coupe sagittale représentant les sous-localisations anatomiques des VADS.
Dessin de Cyrille Martinet.
B. Épidémiologie
© On dénombre, en France, environ 16000 nouveaux cas, touchant principalement les
hommes (= 75 %), et 5000 décès annuels liés aux cancers des VADS (tableau 7.1}. À l'échelle
mondiale, le nombre de nouveaux cas est de l'ordre de 900 000 par an, les classant au 7° rang
des cancers les plus fréquents, avec un nombre de décès annuel autour de 450 000.
La cavité buccale et l'oropharynx sont les deux localisations les plus fréquentes.
Les cancers des VADS sont en très grande majorité des carcinomes épidermoïdes (> 95 %).
ls posent un problème de santé publique non seulement par le nombre de patients atteints,
mais aussi par la tranche d'âge jeune concernée. L'âge moyen au diagnostic est de 60,3 ans
chez les hommes et 64,1 ans chez les fernmes. L'augmentation de l'incidence chez les femmes
est une donnée observée depuis plusieurs années, due principalement à l'augmentation de la
consommation tabagique. Cependant, le sex-ratio homme/femme de 2,6 montre toujours une
très nette prédominance chez l'homme.
En France, la répartition géographique est inégale avec un taux d'incidence plus important
dans le Nord et l'Est, reflétant la consommation éthylique accrue dans ces régions.
Malgré les efforts de prévention, la survie reste stable depuis presque 30 ans. La survie globale
a 5 ans et de l'ordre de 50 %. Cette stabilité est à mettre en parallèle avec la persistance de
l'exposition chronique au tabac et à l'alcool, ainsi qu'avec la difficulté de suivi médical régulier
chez les patients à risque.
Connaissances
Lèvrée supérieure
Vestibule labial
supérieur
Frein de la lèvre
supérieure Gencive maxillaire
Uvule
Palais dur
Palais mou
Cornmissure
Mur postérieur intermaxillaire
de l'oropharynx (ou maxillo-mandibulaire)
Langue mobile :
Tonsille
amygdalienne Pointe
Frein
de la langue
sillon pelvi lingual
Plancher buccal
Gencive
Vestibule labial mandibulairée
inférieur
Lèvre inférieure
Tableau 7.1. D Épidémiologie des cancers des VADS en France en 2018 : répartition.
Localisation Distribution Histologie Facteurs de risque
Cawité buccale | 30 % Carciname épidermoide > 95 % Tabac + alcool
Orapharynx 30 % HPV oncogène, tabac + alcool
Hypopharnx | 15 % Tabac + alcool
Larynx 20 % Tabac (++), alcool
Sinus et fosses | 4 % Adénocarcinome, carcinome épidermoïde Exposition professionnelle (poussières de
nasales bois, acide chromique, aldéhyde formique)
Nasopharynx | 1% Carcinome nasopharyngë indifférenciè Epstein-Barr Virus (EBV)
(unknown carcinoma of nasopharyngeal Origine géographique (bassin
type ou UCNT]} méditerranéen, Asie du Sud-Est)
L'atteinte cancéreuse des VADS peut étre multiple (tableau 7.1), de façon synchrone (concer-
nant plusieurs localisations en même temps) ou métachrone (décalée dans le temps). La
recherche systématique d'un deuxième cancer avec biopsie des zones douteuses permet la
détection d'une deuxième localisation dans environ 20 % des cas au stade initial ou lors du
suivi. La survie de ces malades est donc liée au risque de récidive de la tumeur primitive, mais
également à l'apparition d'une deuxième localisation aux VADS, voire à l'arbre trachéobron-
chique ou à l'œsophage proximal également exposés au tabac et/ou à l'alcool.
Tumeurs de la cavité buccale, des voies aérodigestives supérieures, des cavités naso-sinusiennes ét du cavum
A AUULULIULN Je el el AA
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Vignette clinique
Vous recevez en consultation Monsieur B., 54 ans, peintre en bâtiment, pour une douleur buccale mal
systématisée apparue il y à 3 mois,
Il présente une lésion ulcéro-bourgeonnante de la commissure maxillo-mandibulaire droite de 3 cm,
saignant au contact, associée à une mobilité des dents 46 et 47. Vous retrouvez égalernent un empétement
submandibulaire homolatéral lors de la palpation des aires ganglionnaires cervicales.
C. Anatomopathologie
D Quiz 1
Voir plus haut la vignette clinique.
Quel est le sous-type histologique des cancers de la cavité buccale le plus fréquent ?
A Le carcinome adénoïde kystique
B Le mélanome muqueux
C Le rhabdomysarcome
D Le carcinome épidermoide
E L'adénocarcinome
Quiz 2
Voir plus haut la vignette clinique.
Quels facteurs de risque de cancer peuvent être responsables du cancer de la cavité buccale de Monsieur B. ?
A L'intoxication tabagique
B L'éthylisme chronique
C L'exposition à la poussière de bois
D Une lésion de type lichen plan inflammatoire
E Une prothèse mandibulaire amovible traumatique
1. intoxication alcoolo-tabagique
L'association du tabac et de l'alcool est de loin la cause principale de survenue des cancers des
VADS. Pour lé tabac, le risque augmente avec là durée d'exposition et plus particulièrement
à partir 20 paquets-années (tableau 7.2). Inversement, après 20 ans d'arrêt, le risque rejoint
celui des personnes non fumeuses. Le tabac à chiquer est également un facteur carcinogène
avec notamment l'adjonction de bétel donnant préférentiellement une atteinte de la face
interne des joues où des lèvres.
Autres LOPM
© Quiz 3
Voir plus haut la vignette clinique.
Quels signes cliniques sont en faveur d'un cancer de la commissure maxillo-mandibulaire ?
À une otalgie réflexe
B une stomatorragie
C un trismus
D une hypoësthésie du nerf trijumeau V2 homolatérale
E Lne dysphagie
A. Circonstances de découverte
Les carcinomes épidermoïdes passent au début par le stade intraépithélial in situ. Il s'agit de
lésions asymptomatiques mais déjà visibles, qui peuvent être repérées par un examen attentif
et systématique de la muqueuse buccale. Qu'elles apparaissent spontanément ou sur une
lésion précancéreuse blanche ou rouge, toutes nécessitent un avis spécialisé et une biopsie
dès que la lésion persiste plus de 10 à 15 jours. C'est à ce stade initial qu'il faudrait faire le
diagnostic. Malheureusement, là majorité de ces cancers sont dépistés au stade invasif.
Parfois, la découverte de la lésion est fortuite, faite par le patient lui-même ou, plus souvent,
par son chirurgien-dentiste ou son médecin lors d'un examen de la cavité buccale.
Au début, les signes d'appel sont frustes et discrets : simple gène avec impression d'accrochage
alimentaire, irritation sur une prothèse ou une dent délabrée agressive, « lésion muqueuse »
persistante, saignement gingival, dent mobile.
Quand le cancer atteint un stade plus avancé, des douleurs apparaissent à la déglutition, souvent
accompagnées d'otalgies réflexes (odynophagie), d'une fétidité de l'haleine, de dysphagie, de
dysarthrie, de limitation progressive et inexorable de l'ouverture buccale ou de la protraction lin-
guale par infiltration musculaire, d'une survenue d'une stomatorragie, de mobilité(s) dentaire(s)
en cas d'envahissement osseux des mächoires, d'une ou plusieurs adénopathies sous-mentales
et/ou cervicales : autant de manifestations faisant présager là malignité lésionnelle.
L'état général du patient est le plus souvent conservé tant que l'alimentation reste possible.
1. Aspect de la lésion
Tumeur bourgeonnante
Dénuée de mugueuse de recouvrement, c'est une lésion en volume, friable et hémorragique
avec une base d'implantation indurée.
Connaissances
Ulcération
L'ulcération est une lésion creusante sensible qui ne guérit pas. Elle est de forme variable
et ses bords plus ou moins irréguliers, surélevés, parfois éversés, présentent un versant
externe recouvert de muqueuse saine ou inflammatoire, Le versant interne est discrètement
bourgeonnant, d'aspect framboisé et parfois recouvert d'un enduit gris (lésion fibrineuse),
Cette ulcération saigne facilement au contact et repose sur une base indurée secondaire à
l'infiltration tumorale sous-muqueuse appréciée par la palpation. Cette induration dépasse
les limites visibles de la tumeur, qui sont plus ou moins nettes selon le degré d'infiltration
dans les plans sous-jacents. Cette induration revêt une valeur quasi pathognomonique
de cancer.
Fig. 7.7. D Carcinome épidermoïde du bord latéral de la langue mobile, forme ulcéro-bourgeonnante.
Tumeurs de la cavité buccale, des voies aérodigestives supérieures, des cavités naso-sinusiennes ét du cavum
Fig. 7.9, ES Carcinome épidermoïde gingival au collet des dents 16 et 17 dans le cadre d'une leuco-
plasie inflammatoire chronique.
Quiz 4
Voir plus haut la vignette clinique.
Un carcinome épidermoïde de là commissure maxillo-maxillaire droite est diagnostiqué chez Monsieur E. Quel
bilan d'extension est recommandé ?
A Un scanner cervico-facial injecté
B Une échographie cervicale
€ Une IRM cervico-faciale
D Une scintigraphie osseuse
E Une panendoscopie des VADS sous anesthésie générale
Fig. 7.10. ® Intérêt et complémentarité de l'imagerie dans le bilan d'extension : coupes axiales d'un
scanner cervico-facial (A) et d'une IRM cervico-faciale (B) montrant un carcinome épidermoïde du sillon
pelvi-gingival latéral droit.
B. Traitements associés
° Æ raitement de la douleur : les traitements permettant de lutter contre la douleur doivent
être institués sans attendre le traitement carcinologique ; il faut d'emblée user d'antal-
giques de palier Il ou Il jusqu'à effet antalgique total.
Prise en charge nutritionnelle :
- après mise en place du traitement antalgique, qui favorise l'alimentation orale ;
— par hyperalimentation entérale (sonde gastrique si utile) :
— par hyperalimentation parentérale (dans les grandes dénutritions).
Rééducation orthophonique et kinésithérapique pour :
- les difficultés et altérations de déglutition, de mastication, d'élacution ;
— les séquelles neuromusculaires et trophiques : lymphodème (drainage), algodystrophie
cervico-brachiale (kinésithérapie).
Prise en charge psychologique pour le patient, et sa famille parfois.
Autres démarches :
— aide à la réinsertion dans la vie sociale et professionnelle ;
— demande d'invalidité (maison départementale des personnes handicapées ou MDPH) et
d'affection langue durée (ALD) par le médecin référent.
Différents cas sont à prendre en compte dans la détection et la gestion des complications et
des séquelles :
“ la décompensation d'une pathologie chronique (cardiovasculaire, rénale, hépatique...) :
+ les complications de la chiruraie, de la radiothérapie ou de la chimiothérapie.
OQ De manière générale, les séquelles thérapeutiques des cancers des VADS, altérant la qua-
lité de vie des patients, comprennent les difficultés à la phonation, à la mastication et à la
déglutition, la diminution ou la perte du goût, le manque de salive invalidant, les douleurs, les
séquelles morphologiques perturbant l'image de sai, etc.
C. Surveillance carcinologique
@ Cette surveillance est initialement rapprochée et doit étre poursuivie à vie (encadré 7.1) :
“ la surveillance carcinologique doit veiller à la détection d'une poursuite évolutive, d'une
récidive, d'une deuxième localisation métachrone des VADS (prévention tertiaire) ;
“ la recherche de métastases viscérales (surveillance pulmonaire systématique).
Connaissances
Encadré 7.1
Surveillance carcinologique des patients atteints de cancer des VADS
Surveillance clinique Surveillance radiologique
« @ Consultation : + TOM et/ou IRM à 3 mois de la fin du traitement
- tous les 2 mois la première année (consultation (imagerie de référence post-thérapeutique).
spécialisée trimestrielle) ; + Imagerie TOM cervico-faciale et thoracique au
- tous les 3 mois là deuxième année {consultation moindre point d'appel clinique.
spécialisée trimestrielle) ; + Cette surveillance est assurée de manière coor-
— tous les 4 mois la troisième année ; donnée par chacun des intervenants : le médecin
généraliste qui se trouve en situation de proximité,
— tous les semestres à partir de la quatrième
le chirurgien et l'oncologue-radiothérapeute. Elle
année ;
‘ Li | Lo. repose sur un examen clinique approfondi et des
— une fois par an à vie, à partir de la cinquième imageries (scanner cervico-facial et thoracique
année. principalement).
* Surveillance odontologique semestrielle à vie.
A. Prévention primaire
QEle consiste à supprimer le facteur de risque avant l'apparition de la maladie et comprend :
+ suppression de la consommation d'alcool ;
* suppression de la consommation de tabac ;
* vaccination contre l'HPV (chez le garçon et la fille) :
- la HAS recommande une vaccination de toutes les filles et de tous les garçons de 11 à
14 ans révolus (schéma à deux doses à 6 mois d'intervalle), avec un rattrapage possible
dé 15 à 19 ans révolus (schéma à trois doses),
— la vaccination est également recommandée :
— dès l'âge de 9 ans et jusqu'à l'âge de 19 ans, chez les enfants (garçons et filles) candidats
à une transplantation d'organe solide,
chez les garçons et les filles immuno-déprimés, aux mêmes âges que dans là popu-
lation générale, avec un rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans,
jusqu'à 26 ans pour les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec des
hommes ;
— deux vaccins sont disponibles :
— le vaccin Gardasil 3 protège contre les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58
{à utiliser chez les filles et garçons pour toute nouvelle vaccination depuis le
1# janvier 2021),
— le vaccin CervarixË protège contre les HPV 16 et 18 (filles);
contrôle des expositions professionnelles.
B. Prévention secondaire
Elle consiste à dépister des populations à risque en identifiant les patients à haut risque de
cancer etfou en diagnostiquant le cancer à un stade précoce, et comprend :
+ dépistage des cancers naso-sinusiens chez les travailleurs du bois ;
+ dépistage des lésions orales à potentiel malin à risque de cancer, en particulier les lésions
de grande taille avec un aspect inhomogène {biopsie ++).
Tumeurs de la cavité buccale, des voies aérodigestives supérieures, des cavités naso-sinusiennes ét du cavum
C. Prévention tertiaire
Elle consiste à prévenir et/ou détecter précocement la récidive ou une complication (ostéora-
dionécrose) chez un patient traité pour un cancer des VADS :
“ sevrage alcoolo-tabagique ;
* suivi régulier ;
« hygiène bucco-dentaire.
Pour aller plus loin : classification TNM des cancers des VADS
@ Au terme de ce bilan clinique et radiologique, la tumeur sera classée selon la classification TNM de
l'American Joint Committee on Cancer (AJCC) — 8° version (2017) en fonction du stade local (T pour
Tumor), régional (N pour Node ou atteinte ganglionnaire) et à distance (M pour Metastasis) (tableaux 7.3
et 7.4). Ce stade est également réévalué en cas de chirurgie à partir de l'examen anatomocytopathologique
des pièces opératoires —- tumeur, curage(s) ganglionnaire(s) —-, c'est la classification pTNM (pour pathola-
gical TNM),
Les cancers de l'orophraynx viro-induits par l'HPV étant de meilleur pronostic, l'infection par HPY est
désormais prise en compte dans la classification de l'atteinte ganglionnaire.
La classification TNM à un rôle pronostique et entre en compte pour les propositions de traitement pour
les patients.
À titre d'exemples, les tableaux 7.3 et 7.4 présentent les classifications TNM des cancers de la cavité buccale
et de l'oropharynx.
Tableau 7.3. @ Classification TNM des cancers de la cavité buccale (AICC, 8° édition).
Stade tumoral T. local
Tx Non évaluable
TO Pas de tumeur décelable
Tis Tumeur in situ
Ti T< 2 cm et invasion en profondeur < 5 mm
T2 T< 2 cm et invasion en profondeur > 5 mm mais < 10 mm
Qu:2em<T<4emets 10 mm d'invasion en profondeur
T3 T> 4 cm ou > 10 mm d'invasion en profondeur
T4 Tumeur envahissant les structures adjacentes (envahissement osseux, musculature extrinsèque de la langue,
sinus maxillaire, péau) :
— Tda : résécable chirurgicalement
—T4b : non résécable (envahissement de la base du crâne, de la carotide)
Connaissances
Traitement chirurgical
Il peut avoir un retentissement fonctionnel et esthétique important, nécessitant très fréquemment une
chirurgie reconstructrice lors du même temps opératoire, Ainsi, la chirurgie comprend en général l'exérèse
de la tumeur, la chirurgie des aires ganglionnaires cervicales (eurage uni- ou bilatéral, technique du gan-
glion sentinelle) et la chirurgie réparatrice.
L'exérèse implique de prendre des marges de sécurité (10 mm) pour permettre une exérèse en zone saine
non tumorale. Exemples d'interventions (liste non exhaustive) :
+ glossectomie : exérèse de la langue;
-_ pelvectomie : exérèse du plancher buccal ;
*_ oropharyngectomie : exérèse de l'oropharynx :
+ _ mandibuléctomie : exérèse de la mandibule ;
+ _ maxillectornie : exérèse de l'os maxillaire,
La chirurgie ganglionnaire est à la fois exploratrice et thérapeutique. Le type de curage (lymphadénectomie)
dépend de l'extension ganglionnaire (stade N). Selon la localisation de la tumeur, le drainage lymphatique peut
se faire de manière bilatérale, obligeant à pratiquer un curage bilatéral (tumeur proche de la ligne médiane ou
la franchissant).
L'exérèse chirurgicale s'accompagne d'une analyse histologique de la tumeur (pièce opératoire) qui déter-
mine si les berges de là résection sont saines (dites RO), envahies (microscopiquement : R1, macroscapi-
quemnent : R2). Cette analyse des marges de résection a un rôle dans la décision d'un traitement complé-
mentaire (reprise chirurgicale, radiothérapie),
L'analyse recherche également des critères histolagiques péjoratifs au sein de là tumeur, tels que là présence
d'embole tumoral lymphovasculaire ou l'engainement périnerveux.
L'analyse histologique évalue également l'atteinte des ganglions provenant du curage ganglionnaire :
nombre de ganglions, aire(s) atteinte(s), rupture capsulaire.
Cette analyse histologique a un rôle pronostique et permet de classifier à nouveau la maladie selon les
critères pTNM. Le dossier du patient est ensuite discuté lors d'une seconde RCP pour évaluer et proposer
le meilleur traitement postopératoire.
Enfin, la chirurgie visant à reconstruire la perte de substance causée par l'exérèse tumorale (muqueuse,
musculaire, osseuse) est très fréquente. Le but de la reconstruction est de restituer les fonctions atteintes
{phonation, mastication, déglutition, respiration) et d'obtenir le meilleur résultat esthétique possible. Elle
se fait au moyen de transplants micro-anastomosés (lambeaux libres) dans la majorité des cas ou par
lambeaux pédiculés régionaux en cas de contre-indication aux lambeaux libres (comorbidités majeures).
La technique de lambeau libre repose sur le prélèvement de tissus autologues (peau, muscle, os) avec leur
pédicule vasculaire, à distance du site à reconstruire, Les principaux lambeaux libres utilisables sont :
+ le lambeau fasciocutané : lambeau antérolatéral de cuisse ou antébrachial :
«le lambeau ostéo-musculo-cutané : fibula, scapula, crête iliaque :
+ le lambeau musculaire ou musculocutané : muscle grand dorsal ou muscle gracilis.
Pour optimiser le résultat esthétique et fonctionnel, la chirurgie assistée par ordinateur (guide de coupe
osseux, plaques de fixation osseuse préformées) est désormais couramment utilisée pour la conformation
et la fixation des lambeaux libres osseux.
Radiothérapie
La radiothérapie peut être réalisée sur le site tumoral et sur les aires ganglionnaires en fonction du stade
de la maladie. Elle peut être proposée en postopératoire (adjuvante) ou en cas de tumeur inopérable.
Elle délivre une dose de 65 grays et est réservée aux grandes tumeurs ou à celles présentant des critères
Connaissances
Situations de départ
M 144 Douleur cervico-faciale.
M 151 CŒdème de la face et du cou.
M 158 Tuméfaction cervico-faciale,
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
A
Vignette clinique
© vous recevez en consultation un patient qui présente des douleurs sous-angulo-mandibulaires
droites, fluctuantes, intermittentes. Celles-ci sont apparues spontanement depuis quelques semaines.
Le patient décrit également un œdème du plancher concomitant des douleurs. La douleur et le gon-
flerment sont rythmés par les repas, avec une résolution spontanée, parfois avec l'émission d'un jet de
salive qui soulage le patient. L'examen est normal par ailleurs.
Quel est le diagnostic le plus probable 7
Réponse : lithiase salivaire submandibulaire droite (ou sialadénite lithiasique submandibulaire droite).
A. Lithiase submandibulaire
1. Circonstances de découverte
Complications mécaniques
Les signes mécaniques, hernie et colique salivaires, apparaissent les premiers. Ils sont classi-
quement rythmés par les repas, en début d'évolution. Avec le temps, le rythme est moins net,
la loge restant tendue.
La hernie salivaire est un gonflement de là glande submandibulaire qui correspond à un blocage
momentané et partiel de l'écoulement salivaire, au début de repas.
Elle peut être associée à des douleurs de la glande {colique salivaire).
Complications infectieuses
Les signes inflammatoires et infectieux peuvent parfois être inauguraux,. Ils concernent le canal
{sialodochite), le plancher buccal antérieur (périsialadochite) ou, enfin, la glande (sialadénite) :
« sialodochite : c'est une infection à l'intérieur du conduit submandibulaire (anciennement
canal de Wharton). Elle se traduit par une douleur vive, irradiant vers l'oreille, une fièvre
souvent élevée, une dysphagie, une hypersialorrhée. Il existe un sillon entre la tuméfac-
tion et la mandibule {contrairement à une infection dentaire). Du pus sort au niveau de
l'ostium du conduit submandibulaire (près du frein de la langue), surtout après pression de
la glande. Cette issue de pus signe le diagnostic ;
périsialodochite : il s'agit d'un abcès du plancher buccal autour du canal caractérisé par
des douleurs à la déglutition et, parfois, une otalgie, un trismus, une tuméfaction du plan-
cher buccal. Des signes généraux apparaissent, avec exacerbation de la douleur et de la
dysphagie. La fistulisation dans le plancher Buccal améliore parfois la situation clinique.
Sans traitement, l'évolution peut être gravissime avec diffusion de l'infection dans le cou,
le médiastin et choc septique ;
Pathologie des glandes salivaires
2. Examen physique
Il doit étre exobuccal et endobuccal (à l'aide d'un abaisse-lanque, d'un miroir et de lumière
adaptée) :
«l'inspection exobuccale trouve un gonflement de la glande, confirmé par la palpation ;
« l'inspection endobuccale cherche une rougeur de la crête salivaire, signant une lithiase
antérieure, ainsi qu'une issue de pus à l'ostium turgescent;
la palpation bidigitale (+++), avec un doigt endobuccal et un doigt cervical, de l'arrière vers
l'avant, doit chercher le calcul (fig. 8.1).
On examine également l'ostium et la glande controlatérale.
B. Lithiase parotidienne
Les caractéristiques de la lithiase parotidienne sont superposables à celles de la lithiase sub-
mandibulaire au niveau de la loge parotidienne, si ce n'est qu'elle est cing fois moins fréquente
et que les accidents infectieux y sont prédominants, car le conduit parotidien est plus étroit.
*_ Complications mécaniques : hernie et colique salivaires, rythmées par les repas, se manifestent
en arrière du ramus mandibulaire et sous l'oreille externe.
Complications infectieuses (plus fréquentes) : ici aussi, il peut s'agir de sialodochite, de
sialadénite (parotidite) ou de périsialodochite (abcès de la joue) :
— là sialodochite engendre une inflammation jugale sur le trajet du conduit paratidien (ou
canal de Sténon), associée à l'issue de pus au niveau de l'ostium ;
la périsialodochite engendre une inflammation de toute là joue ;
la parotidité se situe en regard de la loge parotidienne et associe des douleurs et une
inflammation parotidiennes.
Connaissances
1. Infections virales
Les infections salivaires d'origine virale sont le plus souvent bilatérales puisqu'elles proviennent
d'une cause générale. L'exemple lé plus classique est la sialadénite parotidienne bilatérale due
aux oreillons, ou sialadénite ourlienne.
Clinique
L'incubation dure environ 3 semaines (15 à 24 jours).
Le diagnostic est clinique ; il est le plus souvent inutile de requérir des examens paracliniques.
Après une notion de contage (contact, gouttelettes de Pflügge...), la phase d'invasion, de
courte durée, Se manifeste par une fièvre, un malaise, des otalgies. L'examen peut retrouver
alors une douleur lors de la pression des glandes parotides,
La période d'état, qui dure environ 1 semaine, est marquée par une fièvre accompagnée de
céphalées, d'une douleur irradiant vers les oreilles et de dysphagie ou d'odynophagie.
À l'inspection, il existe une tuméfaction uni- ou bilatérale {classique « faciès piriforme »} des
glandes parotides. L'atteinte des deux parotides peut être simultanée mais est souvent décalée de
plusieurs jours. On retrouve une rougeur à l'ostium du conduit parotidien et des adénopathies.
La maladie confère une immunité à vie. Ainsi, un second épisode de parotidite aiguë chez
l'enfant élimine ce diagnostic et fait évoquer un autre diagnostic (parotidite récurrente juvénile,
essentiellement).
Complications
Elles Surviennent le plus souvent chez l'adulte jeune, pas ou mal vacciné : orchite (uniquement
après la puberté, fréquence 35 %}, méningite (la complication la plus fréquente, souvent de
bon pronostic}, pancréatite, surdité, etc.
Paraclinique
Bis cxamens paradliniques ne sont indiqués qu'en cas de doute diagnostique ou de complications.
La numération formule sanguine est normale. Le taux d'amylase sanguin est augmenté, que l'at-
teinte soit parotidienne ou pancréatique. En cas de méningite, la ponction lombaire ramènerait un
liquide clair (« eau de roche »} et son analyse montrerait un nombre de lymphocytes augmenté.
Le virus peut être isolé au niveau de la salive, du liquide cérébrospinal ou de l'urine. Il est rare-
ment trouvé dans le sang. L'identification du virus est réalisée grâce aux techniques de PCR sur
le tissu contaminé, avec un rendement bien supérieur à la simple mise en culture, notamment
au niveau du liquide cérébrospinal.
La sérologie permet également de confirmer le diagnostic de la maladie en cas de doute. Les
lIgM sont détectables quelques jours après l'apparition des premiers signes. L'augmentation
des 1gG sur deux prélèvements séparés de 15 jours est également spécifique.
Évolution
Elle se fait vers la guérison totale dans la majorité des cas ;: parfois, elle peut laisser des foyers
de nécrose pouvant faire le lit d'une parotidite chronique.
2. Infections bactériennes
© Les infections bactériennes procèdent souvent d'une cause lacale, lithiasique notamment,
et sont proportionnellement plus fréquentes à la parotide.
Clinique
On trouve :
+ une tuméfaction douloureuse et inflammatoire de la région parotidienne, du pus sortant à
l'ostium du conduit parotidien, spontanément ou lors de la palpation glandulaire ;
de la fièvre ;
Ces infections peuvent survenir chez un sujet fréquemment déshydraté (et/ou immuno-
déprimé et/ou sous neuroleptiques) présentant des pathologies associées : dénutrition,
diabète, insuffisance rénale chronique, etc.
Paraclinique
Il faut éliminer une lithiase (échographie, scanner), surtout en cas de parotidite unilatérale. Si
la recherche est négative, le diagnostic de parotidite à pyogènes est confirmé. On réalise aussi
un prélèvement du pus sortant à l'ostium pour analyse bactériologique (culture souvent poly-
microbienne avec prédominance de staphylocoques dorés et d'anaérobies).
Clinique
@ La parotidite récidivante de l'enfant pose un problème car c'est le diagnostic d'oreillons qui était sou-
vent posé lors du premier épisode, avant la généralisation de la vaccination anti-ourlienne. Ces parati-
dites débutent chez l'enfant à partir de 4-5 ans et disparaissent classiquement à l'adolescence. Elles sont
d'étiologie inconnue, souvent récidivantes (diagnostic posé avec la troisième poussée infectieuse) avec
plusieurs épisodes infectieux chaque année, ce qui pose un problème de prise en charge et de séquelles
fonctionnelles glandulaires.
Il s'agit d'une turméfaction uni- ou bilatérale, le plus souvent asynchrone La cuméfaction est inflammatoire
et on voit sourdre du pus ou des bouchons mucofbrineux à l'ostium du conduit parotidien. Douloureuses,
elles s'accompagnent d'adénopathies cervicales satellites.
Paraclinique
La biologie retrouve une hyperleucocytose, un syndrome inflammatoire (CRP augmentée) ; la recherche de
calcul par échographie est négative, On évite l'ucilisation du scanner fradioprotection). La sialendoscopie
permét de retrouver un aspect avasculairé de couleur jaunätre du conduit parotidien.
3. Pathologie lithiasique
© 1: forme type est la lithiase submandibulaire {+++}. Elle à déjà été décrite (voir plus haut}.
Pour aller plus loin : les diagnostics différentiels des lithiases salivaires
@ Pour la lithiase submandibulaire : le diagnostic est en général facile, fondé sur les accidents mécaniques
et infectieux. En cas de doute, le scanner peut trancher avec un abcès dentaire étendu au plancher buceal
ou à la loge submandibulaire - dans l'abcès dentaire, la collection est adhérente à la mandibule - qui prête
parfois à confusion.
Pour la lithiase parotidienne : la sténose du conduit parotidien est assez fréquente. La symptromatologie
est la même que celle de la lithiase mais le scanner ne retrouve pas de lithiase. La sialo-IRM confirme le
diagnostic ; la sialographie pourrait également être utilisée pour diagnostiquer une sténose canalaire mais
elle est irradiante et peu pratiquée.
Pathologie des glandes salivaires
l
Fig. 8.2. A) Photographies d'une patiente présentant une tumeur parotidienne, Aspect typique du lobe
de l'oreille.
IRM
Voir plus loin.
Parotidectomie
La décision de parotidectomie tiendra compte de ces deux examens et également de l'état
général du patient.
En cas de doute diagnostique ou chez un patient en bon état général, la parotidectomie explo-
ratrice avec repérage premier du nerf facial et examen histologique extemporané est le seul
examen de certitude qui donne le diagnostic histologique d'une tuméfaction parotidienne.
La distribution des tumeurs est différente dans les deux groupes de glandes : les tumeurs des
glandes salivaires principales sont bénignes dans 80 % des cas, alors que celles des glandes
salivaires accessoires sont malignes dans près de 50 % des cas.
Connaissances
1. Syndrome de Gougerot-Sjügren
@ C'est une pathologie inflammatoire auto-immune, caractérisée par une infiltration lym-
phoïde du système dlandulaire exocrine (glandes lacrymales ét salivaires, tube digestif,
muqueuses génitales, arbre respiratoire) responsable d'un tarissement des sécrétions et d'un
syndrome sec (xérophtalmié, xérostomie), Des signes de vascularite systémique peuvent être
associés, le plus souvent du fait d'une cryoglobulinémie mixte. On retrouve très fréquem-
ment des anticorps antinucléaires et de façon plus caractéristique des anticorps anti-SSA
et/ou anti-SSB. Cette pathologie touche essentiellement les femmes et débute entre 40
et 60 ans.
Il peut s'intégrer à une maladie systémique {généralement une polyarthrite rhumatoïde, mais
aussi un lupus érythémateux disséminé, une sclérodermie, une thyroïdite de Hashimoto ou
encore une cirrhose billaire primitive) ét on porte alors le diagnostic de syndrome de Gougerot-
Sjägren « secondaire ». Sinon, il s'agit d'un syndrome de Gougerot-Sjôgren « primitif #, qui
Pathologie des glandes salivaires
3. Sarcoïdose
© 1: sarcoïdose est une maladie granulomateuse systémique chronique, caractérisée sur le
plan histologique par un granulome non nécrosant à cellules géantes et épithélioïdes. Les
autres causes de granulomatoses doivent être éliminées. Son étiologie est inconnue.
Les lésions principales sont pulmonaires et ganglionnaires. Un gonflement douloureux des glandes
salivaires survient dans environ 4 % des cas. Le syndrome de Heerfordt associe à l'hypertrophie
parotidienne une uvéite (uvéoparotidite), une paralysie faciale, de la fièvre,
L'histologie fait le diagnostic (biopsie des glandes salivaires accessoires, par exemple : voir plus
loin).
A. Sialadénites
Quelle que soit la cause de la sialadénite, l'imagerie doit rechercher en premier lieu une lithiase.
Celle-ci se fait au mieux par une échographie ou, sinon, par un scanner non injecté.
Connaissances
Échographie
Cette technique opérateur-dépendante présente encore de trop nombreux faux négatifs,
notamment dans les calculs antérieurs, et a peu de valeur localisatrice pour le chirurgien. C'est
pourquoi on lui préfère souvent la scanographie.
Scanographie
La scanographie (++) à une très grande sensibilité pour les calculs radio-opaques dont elle
mesure les diamètres et a une grande valeur localisatrice. Ces critères sont utiles pour orienter
le geste du chirurgien.
Sialendoscopie
Technique récente, réalisable sous anesthésie locale, la sialendoscopie permet de visualiser et
d'enlever le calcul dans le même temps.
D Quiz 1
QRM. Quel bilan paraclinique prescrivez-vous si vous suspectez une lithiase salivaire responsable d'une sialadénite
compliqué d'un abcès pelvibuecal ?
A Bilan sanguin préopératoire
B Biopsie des glandes salivaires
C IRM submandibulaire
D Tomodensitométrie sans injection de produit de contraste de la cavité orale
E Tomodensitométrie avec injection de produit de contraste de la cavité orale
F Sialendoscopie exploratrice + curative
B. Tumeurs
[A] l'imagerie est indispensable. Vu les progrès effectués par l'IRM, celle-ci est l'examen de
choix. Les séquences de perfusion-diffusion donnent des résultats intéressants sur l'histologie
tumorale. l'échographie peut étre utile pour les ponctions à visée histologique.
1. Échographie
Examen de débrouillage, elle précise la topographie intra- ou extraglandulaire des tuméfac-
tions cervicales. Elle ne dispense pas de l'IRM, qui reste incontournable devant une authen-
tique tumeur parotidienne.
Pathologie des glandes salivaires
2. Scanner
Le scanner est effectué sans puis avec une injection de produit de contraste par voie veineuse
en cas de doute diagnostique (adénopathie extraparotidienne, abcès ou kyste sébacé, par
exemple).
3. IRM
C'est l'examen de choix des tumeurs salivaires. Non irradiante, non invasive, de résolution
supérieure, l'IRM permet de mettre en évidence des tumeurs de petite taille, parfois de locali-
ser le nerf facial par rapport à là tumeur, de mettre en évidence des extensions périneurales et
d'éliminer des images extraparotidiennes. Elle affirme la nature parotidienne de la masse. Elle
offre en outre une orientation diagnostique avec un histopronostic permis par les séquences
de perfusion-diffusion.
Quiz 2
QRM. Quel bilan paraclinique prescrivez-vous si vous suspectez une tumeur maligne de la parotide ?
A Biopsie transcutanée de la tumeur pour examen histologique
B IRM parotidienne
€ Tomodensitométrie sans injection de produit de contraste de la cavité orale
D Tomodensitométrie avec injection de produit de contraste de la cavité orale, cervicale et thoracique
E Dosage des IgG4 sériques
F Sialendoscopie exploratrice
C. Sialadénoses
1. Syndrome de Gougerot-Sjôgren
O1: scanner où l'IRM confirment le diagnostic en objectivant l'hypertrophie glandulaire bila-
térale, le plus souvent parotidienne. On visualise également les dilatations intraglandulaires
microkystiques. Ces examens ne sont pas obligatoires.
En revanche, en cas de lymphome de MALT (compliquant 5 % des syndromes de Gougerot-
Sjégren), une IRM et une exploration histologique sont nécessaires.
A. Infections virales
Les infections salivaires d'origine virale sont le plus souvent bilatérales puisqu'elles proviennent
d'une cause générale. L'exemple le plus classique est la sialadénite parotidienne bilatérale due
aux oreillons ou sialadénite ourlienne.
« Sialadénite ourlienne {virus des oreillons).
+ Autres sialadénites virales :
— VIH;
— autres virus : les autres sialadénites virales sont dues aux virus coxsackies, de la grippe,
Echovirus, COVID-19...
B. Infections bactériennes
Les infections bactériennes procèdent souvent d'une cause locale, lithiasique notamment, ét
sont proportionnellement plus fréquentes à la parotide.
* Infections salivaires d'origine lithiasique : elles sont étudiées dans la section consacrée aux
lithiases (voir plus haut).
Infections salivaires à pyogènes de l'adulte : il s'agit d'une infection aiguë, souvent liée à
une baisse du flux salivaire et/ou de l'immunité.
Parotidite récidivante de l'enfant (ou juvénile} : voir plus haut.
C. Pathologie lithiasique
L'étiologie exacte reste incertaine, même si le tabagisme et des antécédents lithiasiques per-
sonnels où familiaux ont été rapportés. Des compressions locales (prothèse dentaire, torii man-
dibulaires) ont été évoquées pour certains patients. Contrairement aux lithiases rénales, aucun
facteur général métabolique, ni alimentaire n'a été identifié.
A. Lithiases submandibulaires
Les principes sont simples. Le canal fait moins de 4 mm de diamètre. Le conduit submandibu-
laire peut être divisé en trois parties : le tiers antérieur en avant de la première molaire (craise-
ment avec le nerf lingual} ; le tiers postérieur situé dans la glande ; le tiers moyen situé entre
les deux autres tiers. Enfin, les lithiases palpables peuvent être enlevées par vaie buccale ; c'est
heureusement le cas le plus fréquent. Le scanner non injecté est un complément indispensable
qui permettra d'apprécier le diamètre et la localisation des lithiases :
Ban tiers antérieur : les lithiases sont enlevées sous anesthésie locale par voie buccale (fig. 8.3)
+ au tiers moyen et au tiers postérieur :
- <4 mm: mobiles, elles sont enlevées par sialendoscopie (fig. 8.4),
— > 4 mm: la lithiase est bloquée dans le canal. L'intervention est une taille endobuccale,
qui consiste à ouvrir le canal et à enlever le calcul (fig. 8.5).
Pathologie des glandes salivaires
Fig. 8.3. @ Taille du conduit submandibulaire droit permettant un abord du tiers antérieur du canal
(flèche) et l'exérèse d'un calcul.
Fig. 8.4. ® Sialendoscopie pour une lithiase du conduit submandibulaire (flèche) prise dans une sonde
à panier. Geste effectué sous anesthésie locale.
Fig. 8.5. @ Taille endobuccale pour une lithiase du hile (jonction tiers moyen-tiers postérieur).
S : lithiase ; LN : nerf lingual, WD : conduit submandibulaire ; SLG : glande sublinguale. Le canal sera ensuite
ouvert et la lithiase sera sortie.
Connaissances
B. Lithiases parotidiennes
La présence du nerf facial limite les indications chirurgicales. Le conduit parotidien fait ici
moins de 2 mm de diamètre.
Le conduit est également divisé en trois tiers, le tiers antérieur en avant du bord antérieur du
masséter, le tiers postérieur dans la glande et le tiers moyen entre les deux autres :
Ba tiers antérieur: ici, encore, une taille endobuccale est possible (fig. 8.6). Elle sera effectuée
sous anesthésie générale, en raison du risque de migration lithiasique lors de l'intervention ;
au tiers moyen et au tiers postérieur :
— £ à mm: sialendoscopie,
- >3 mm:il faudra envisager une fragmentation du calcul qui est enchässé dans le canal
{par lithotripsie ou laser) :
_ Gi fragmentation à marché, une sialendoscopie pourra suffire;
— sile calcul n'est pas fragmenté, il faudra envisager un abord combiné par voie de d'fting.
Le calcul est repéré par transillumination grâce au sialendoscope, Le canal est ouvert en
regard de la lithiase qui est extraite par l'extérieur. La glande parotide n'est pas enlevée. Le
risque pour le rameau buccal supérieur du facial est très faible entre des mains entraînées.
Fig. 8.6. @ Taille endobuccale du conduit parotidien droit permettant l'exérèse d'une lithiase (flèche).
Il n'y a pas de risque avec le nerf facial, ici.
O1 Quiz 3
QRM. Quelle prise en charge proposez-vous pour un patient présentant une dysphagie, une fièvre, un trismus,
chez lequel l'imagerie révèle la présence de deux lithiases dans le canal submandibulaire droit compliqué d'une
sialodochite et d'un abcès du plancher Buccal ? Une lithiase mesure 4 mm et l'autre 6 mm.
Hospitalisation en soins intensifs
Mise en place d'une sonde naso-gastrique
Bi-antibiothérapie
Prise en charge chirurgicale dès que possible
Drainage de l'abcès et extraction des calculs canalaires
Bain de bouche au bicarbonate
Extraction des calculs par sialendoscopie après le drainage de l'abcès
Pathologie des glandes salivaires
A. Tumeurs de la parotide
La confirmation histologique est la régle, toute tumeur parotidienne unilatérale nécessite une
exérèse passant à distance de la tumeur avec exarnen histologique extemporané.
La clinique est le plus sauvent d'allure bénigne, même pour les tumeurs malignes (notamment
au début). L'IRM et la cytoponction à l'aiguille fine donnent le diagnostic dans 90 % des cas.
Seule l'histologie extemporanée et, mieux, définitive signe le diagnostic et donc la bénignité
ou la malignité de la tumeur.
1. Tumeur bénigne
Il convient de passer au large de la tumeur et de respecter le nerf facial. Quand la tumeur est
volumineuse, il faudra enlever le lobe superficiel, voire toute la parotide lorsque le lobe pro-
fond est atteint.
2. Tumeur maligne
Il convient d'enlever toute la glande parotide. Un curage ganglionnaire homolatéral est sou-
vent associé. Il faut donc prévenir le patient avant l'intervention de cette éventualité. La radio-
thérapie adjuvante est indiquée en cas de tumeur de haut grade (carcinomes épidermoïdes,
carcinomes adénoides kystiques, etc.}, de tumeurs malignes avancées, de limites chirurgicales
positives, d'envahissement cutané ou nerveux. Près de 20 % des tumeurs parotidiennes sont
malignes, ce qui plaide pour une exérèse chirurgicale quasi systématique.
C. Glande sublinguale
Le pseudokyste mucoïde de la glande sublinguale est assez fréquent. L'exérèse de la glande en
totalité par voie buccale est l'attitude la plus fréquemment adoptée.
Connaissances
$ Quiz 4
QRM. Dans le cadre du traitement d'un carcinome adénoïde kystique parotidien, vous préconisez une parotidec-
tornie totale. Quelles sont les complications potentielles de cette chirurgie ?
A Paralysie faciale
Xérostomie
Hypoesthésie du pavillon de l'oreille
Syndrome de Lucie Frey
Hypoesthésie du territoire du V2
Sialocèle
B. Diagnostic d'amylose
@ Dans les amyloses, une protéine normalement soluble va devenir insoluble et former des agré-
gats extracellulaires organisés en feuillets (dépôts d'amylose ou substance amyloïde). Certaines
amyloses sont des maladies acquises, d'autres sont héréditaires. Quel que soit le type d'amylose,
l'aspect histologique est le même. Ces dépôts extracellulaires peuvent ne toucher qu'un organe
(amylose localisée, parfois sous forme d'une masse unique) ou plusieurs organes (amylose généra-
lisée, qui peut mettre en jeu le pronostic vital).
Le diagnostic est histologique et se fait par la mise en évidence de ces dépôts, qui sont d'as-
pect homogène, éosinophile anhiste après coloration à l'hématine-éosine. La positivité de la
coloration au rouge Congo (rouge avec biréfringence vert-jaune en lumière polarisée) permet
d'affirmer le diagnostic d'amylose. Le typage de l'amylose peut se faire par immunoñfluores-
cence sur des prélèvements congelés.
Q ce diagnostic est fait sur une biopsie des glandes salivaires accessoires avec une sensibilité
de 80 à 85 %.
Pathologie des glandes salivaires
C. Diagnostic de sarcoïdose
La sarcoidose est une maladie granulommateuse systémique chronique, caractérisée sur le plan his-
tologique par un granulome non nécrosant (tuberculaïde sans nécrose caséeuse) à cellules géantes
et épithélioïdes. La biopsie n'est positive qu'une fois sur deux mais permet d'éviter un geste invasif,
comme une médiastinoscople ou une biopsie bronchique, lorsqu'elle confirme le diagnostic.
A. Tumeurs bénignes
1. Adénome pléomorphe : 70 % des tumeurs parotidiennes
l'adénome pléomorphe est la tumeur la plus fréquente de la glande parotide. Elle se pré-
sente comme une tuméfaction parotidienne unilatérale, connue, d'évolution lente, dure,
indolore, apparue depuis plusieurs mois ou plusieurs années, chez un adulte de 40 à 50 ans.
I s'agit d'une tumeur bénigne : la peau est mobilisable en regard, il n'y à ni paralysie faciale
ni adénopathie.
Il s'agit d'une tumeur épithéliale qui comprend des cellules excrétrices et sécrétrices, d'où son
nom. L'IRM est typique : masse homogène, bien circonscrite, hyposignal T1, hypersignal T2,
polylobé, unifacal.
Le traitement est chirurgical : parotidectomie superficielle, voire partielle passant à distance de la
tumeur. L'adénome pléomorphe justifie une surveillance postopératoire annuelle prolongée en
raison du risque de récurrence (< 3 % des cas) et également de transformation maligne (rare).
B. Tumeurs malignes
1. Carcinome adénoïde kystique (ou cylindrome) : 10 % des tumeurs
parotidiennes
C'est une tumeur épithéliale. Il s'agit d'un carcinome qui atteint surtout l'adulte de 40 à 50 ans,
le plus souvent localisé à la parotide. Il s'agit d'une turnéfaction qui grossit lentement. Parfois,
l'aspect est malin dans les tumeurs évoluées, dures, éventuellement associées à une paralysie
faciale et à des adénopathies cervicales. C'est aussi le type histologique le plus fréquent des
glandes salivaires accessoires.
Connaissances
L'IRM est typique d'une tumeur maligne, identifiant une masse infiltrante à limites irrégulières,
avec des engainements périnerveux. La parotidectomie totale est la règle. La radiothérapie
adjuvante est indiquée le plus souvent. L'évolution est marquée par le risque de récurrence
locorégionale et l'apparition de métastases pulmonaires tardives (20 ans).
CI Quiz 5
QRM. Chez un patient opéré pour une tumeur du lobe profand parotidien droit, l'examen extemporané objective un
carcinome muco-épidermoïde de haut grade. Quelleis) option(s) thérapeutiques sont indiquées ?
Parotidectomie subtotale
Parotidectomie totale du lobe profond à droite
Parotidectomie totale droite, avec curage ganglionnaire cervical homolatéral
Immunothérapié postopératoiré
Chimiothérapie nécadjuvante
Radiothérapie externe adjuvante
Situations de départ
M 144 Douleur cervico-faciale.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Diagnostic positif Savoir diagnostiquer une rhinite (examen clinique, démarche diagnostique}*
Diagnostic positif Savoir diagnostiquer une éthmoïdite aiguë chez l'enfant et le nourrisson
Prise en charge Connaître les principes de traitement des rhinites et des rhinopharynigtes aiqués*
Identifier une urgence | Savoir reconnaître les signes révélant une sinusite compliquée ou à risque
de complication grave”
Étiologie Connaître les principales étiologies des sinusites chroniques"
0
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
Fig. 9.1. © Scanner en coupe coronale illustrant la communication entre le sinus maxillaire et les
fosses nasales.
Sinus frontal
ais
Fig. 9.2. © Les dents sinusiennes sont les dents 5, 6, 7, 4, 3 et 8, leurs racines étant proches des sinus.
Source : Netter illustration reproduit avec l'aimable autorisation d'Elsevier Inc. Tous droits réservés, [Link].
Sinusite maxillaire
Signes communs :
— obstruction nasale ;
— douleur sinusienne augmentant à la pression ou en dédlive, irradiant vers l'orbite au la dent ;
- jetage postérieur ;
— céphalée ;
— fièvre.
Contamination endonasale :
- histoire clinique d'infection type rhinopharyngite ;
— atteinte bilatérale ;
— _rhinorrhée claire ou purulente ;
— écoulement purulent/clair à l'ostium des deux méats moyens (rhinoscopié).
Sinusite d'origine dentaire :
- atteinte unilatérale ;
— Cacosmie ;
— rhinorrhée purulente ;
douleur élective à la percussion de là dent causale où mortification dentaire ;
écoulement purulent/clair à l'ostiurn d'un méat moyen (rhinoscopie).
Quiz
Voir la vignette clinique plus haut et répondre aux deux GROC suivantes :
1) Quel est votre diagnostic ?
2i Quel est le symptôme décrit par le patient : « goût très désagréable dans la bouche “comme quand j'avais le
COVID-19" x» 7
Connaissances
A. Imagerie
1. Recherche de la dent causale : sinusite d'origine dentaire
La recherche d'une lésion dentaire infectieuse est réalisée à l'aide d'un panoramique den-
taire ou de clichés rétro-alvéolaires. Ces examens peuvent être remplacés par le cone beam
qui permet une analyse fine des rapports entre le plancher du sinus et les racines dentaires.
Ils s'attachent à rechercher des lésions apicales (granulorme ou kyste) qui apparaissent à la
suite d'une contamination bactérienne de l'apex dentaire par voie endodantique ou par voie
parodontale.
Fig. 9.3. © Scanner des sinus sans injection montrant une sinusite maxillaire droite chronique et un
épaississement de la paroi postérieure du sinus maxillaire par rapport au côté controlatéral.
Sinusité maxillairé
ig. 9.4. E Scanner du massif facial non injecté. Sinusite maxillaire gauche avec greffe aspergillaire.
Prélèvement
O Les prélèvements de pus à visée bactériologique sont réalisés par un spécialiste par ponction
du sinus uniquement en cas d'échec d'une antibiothérapie bien menée.
B. Bactérienne
« Critères majeurs d'infection bactérienne (au moins deux sur trois) :
— absence d'évolution favorable ou majoration des symptômes sous 48 heures ;
— douleur pulsatile unilatérale ;
— douleur augmentant en fin de journée et/ou à la position tête penchée en avant,
+ Critères mineurs d'infection bactérienne :
- persistance de la fièvre à 72 heures ;
— persistance des symptômes de rhinopharyngite au-delà de l'évolution normale.
La présence d'au moins deux critères majeurs entraîné un traitement antibiotique probabiliste
par amoxicilline 3 g en trois prises par jour pendant 7 jours, hors allergie. La présence de cri-
tères mineurs renforce la suspicion d'infection bactérienne.
En cas d'évolution défavorable malgré un traitement bien mené, l'antibiothérapie doit être
élargie à l'amoxicilline-acide clavulanique.
Connaissances
Le traitement associe également des soins locaux par lavage de nez et des antalgiques, éven-
tuellement des décongestionnants en cure courte.
Si un blocage ostial est trouvé, ou en cas de tableau hyperalgique, une ponction ou un drai-
nage du sinus sont réalisés par un spécialiste.
En cas de sinusite maxillaire d'origine dentaire, il convient d'élargir le spectre de l'antibio-
thérapie à l'amoxicilline-acide clavulanique d'emblée, en raison de la possible contamination
par des germes anaérobies. Le traitement de la dent responsable est indispensable.
@ En cas de greffe aspergillaire ou de corps étranger intrasinusien, il convient de réaliser une
intervention chirurgicale de drainage du sinus. La nécessité d'un traitement médical complé-
mentaire est à discuter au cas par cas après avis infectiologique.
@ Les sinusites maxillaires peuvent se compliquer d'une atteinte frontale, éthmoïdale posté-
rieure, sphénoïdale, réalisant un tableau de pansinusite.
* Dents sinusiennes : 16/26 > 15/25 > 17/27 > 14/24 > 13/23/18/28.
* Sinusite d'origine dentaire : toujours bactérienne, unilatérale, cacosmie, dent causale.
+ Scanner non systématique, mais panoramique à la recherche d'une porte d'entrée.
+ Traitement des cellulites d'origine dentaire : antibiotique de large spectre + traitement de la dent + trai-
tement symptomatique.
Réponses au quiz
1) Sinusite maxillaire gauche bactérienne d'origine dentaire.
2} Cacosmie.
Douleurs faciales
L_ Introduction
Il. Rappel anatomique
I. Sémiologie
IV. Examen d'un patient présentant une douleur oro-faciale
V. Orientation diagnostique devant une douleur oro-faciale
Situations de départ
M 34 Douleur aigué postopératoire.
M 35 Douleur chronique.
M 54 CEdème localisé ou diffus.
M 56 Raideur articulaire,
M 67 Douleur articulaire.
M 70 Déformation articulaire.
M 73 Douleur, brûlure, crampes et paresthésies.
M 77 Myalgies.
M 85 Érythème.
M 118 Céphalée,
M 144 Douleur cervico-faciale.
M 150 Limitation de l'ouverture buccale.
M 151 CŒdème de la face et du cou.
M 153 Oralgie.
M 158 Tuméfaction cervico-faciale.
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
M 247 Prescrire une rééducation.
M 259 Évaluation et prise en charge de la douleur aiguë.
M 260 Évaluation et prise en charge de la douleur chronique.
M 261 Évaluation et prise en charge de la douleur de l'enfant et du nourrisson.
Chirurgie maxillo-faciale
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Connaissances
Rubrique Intitulé
ne
[re]
Ex
=
Diagnostic positif Connaître l'intrication migraines, céphalées de tension*
g060066e
Diagnostic positif Connaître les principales causes de douleur de la face
Diagnostic positif Description clinique des algies d'origine dentaire, sinusienne et buccale
Diagnostic positif Description clinique des céphalées d'origine auriculaire*
Examens complémentaires | Connaître les examens complémentaires de première intention devant une douleur
de la face
Étiologies Identifier les facteurs favorisants éventuels d'une migraine”
D666
Étiologies Connaître l'existence de céphalées induites par les médicaments chez le migraineux*
Prise en charge Savoir conduire un traitement de la migraine et connaître les règles de prise
d'un médicament”
Prise en charge Savoir conseiller un patient migraineux*
6
Contenu multimédia À partir d'une vidéo d'interrogatoire, évoquer le diagnostic de migraine, d'algie
vasculaire de la face, de névralgie du trijumeau*
I. Introduction
GB 15 douleurs buccales et les algies de la face représentent un motif fréquent de consultation
non seulement pour le chirurgien maxillo-facial ou le chirurgien-dentiste mais également pour
le médecin généraliste.
l'international Headache Saciety localise la douleur faciale comme « une douleur sous le plan
orbito-méatale, antérieure aux pavillons de l'oreille et au-dessus du cou » : dans certaines
définitions, la région du front est également incluse. Les algies faciales, ou algies oro-faciales,
concernent entre 8 et 10 % de la population générale. Elles sont le plus souvent aiguës, liées
à un excès de nociception, la suppression de la cause permettant une résolution. C'est le cas
par exemple des douleurs d'origine dentaire qui représentent de loin la principale cause de
douleur faciale, L'origine peut aussi être neurogène, vasculaire, musculo-squelettique, idiopa-
thique (sans substrat organique), et se manifester par une symptomatologie plus complexe,
très variée et récidivante.
Lorsque ces douleurs persistent plus de 3 mois malgré la suppression de la cause ou du fait
de l'absence de cause retrouvée, on parle de douleur chronique. La douleur devient alors
une pathologie en soi qui impose une prise en charge multidisciplinaire. La prise en charge
multidisciplinaire fait en général appel à un médecin spécialiste de la pathologie considérée et
à Un médecin spécialisé dans la prise en charge de la douleur (neurologue au médecin de la
douleur). D'autres intervenants sont possibles tels que kinésithérapeutes, psychologues, etc.
© Quiz
Vous examinez un patient qui présente une hypoesthésie de l'aile narinaire. Quelle branche nerveuse du nerf
trijumeau est en cause ?
A BrancheV1
B BrancheV2
€ BrancheV3
Connaissances
III. Sémiologie
La douleur s'associe souvent à des déficits sensitifs, c'est pourquoi on parle de troubles
neurosensoriels.
Les termes utilisés pour décrire les troubles neurosensoriels Sont rapportés dans le tableau 10.1,
A. Interrogatoire
L'interrogatoire est un moment clé de l'examen. Il a pour objectif de connaître les antécédents
du patient, l'anamnèse et de caractériser la douleur.
1. Antécédents
Les antécédents orientent sur l'étiologie des douleurs et permettent de connaître les comorbi-
dités qui compliquent leur prise en charge.
l faut rechercher :
les antécédents généraux : consommation d'alcool, de drogue ou de tabac, allergies, dia-
bète, immunodépression, pathologie cardiovasculaire ou pulmonaire ;
les antécédents carcinologiques ou de chirurgie cervica-faciale ;
les traiternents en cours où anciens (anxiolytique, radiothérapie, etc.) ;
les soins dentaires récents (avulsion dentaire, traitement orthodontique, etc.) ;
une notion de traumatisme dentaire ou facial.
2. Caractéristiques de la douleur
L'interrogatoire est standardisé (tableaux 10.2 et 10.3) :
topographie, siège : son caractère uni- où bilatéral, son point de départ, ses irradiations ;
date et circonstances d'apparition (facteur causal initial) :
facteurs déclenchants selon le tissu à l'origine de la douleur (dent, glande salivaire, nerf,
appareil manducateur, etc.) ;
type (lourdeur, tension, brûlure, pigûre, décharge électrique, etc.) :
intensité : au mieux évaluée sur l'échelle visuelle analogique (EVA) où sur une échelle
sémantique ;
évolution : caractère aigu ou chronique, rythme, fréquence;
signes d'accompagnement : œdème, rougeur, larmoiement, rhinorrhée, vertiges, etc.;
retentissement de la douleur sur la vie courante (alimentation, mastication, sommeil, vie
sociale et vie professionnelle).
Tableau 10.2. © Interrogatoire pour caractériser la douleur d'un patient douloureux aro-facial
Siège
Face exclusive
Cräne
En hémicränie
Rétro- au périorbitaire
Diffuse ou précise
Remarque : demander au patient de pointer du doigt la localisation ; elle est précise dans les névralgies et diffuse
dans les douleurs myofasciales
Point de départ et extension
Latéralité Unilatérale
Toujours du même côté ou alternance
Bilatérale
intensité Réveils nocturnes
Évaluation par l'échelle visuelle analogique (EVA)
{Suite)
Connaissances
B. Examen clinique
L'examen clinique est stéréotypé, méthodique, et associe un examen exobuccal et cervico-
facial à un examen endobuccal. || comprend une inspection, puis une palpation. Le praticien
doit être assis au niveau du patient, sous un éclairage adapté, avec des gants, des abaisse-
langues, des miroirs dentaires et éventuellement un cryo-spray (bombe de froid).
1. Examen exobuccal
° Examen de l'appareil manducateur :
- examen du chemin d'ouverture buccale : amplitude mesurée entre le bord des incisives,
chemin d'ouverture rectiligne ou dévié ;
— recherche de douleurs spontanées ou à la palpation latérale et endobuccale des articu-
lations temporo-mandibulaires, des muscles masticateurs.
Examen neurologique de l'ensemble des paires cräniennes et plus spécifiquement du nerf
trijumeau (V) à prédominance sensitive et du nerf facial (WI) à prédominance motrice.
Examen des tégurments : intégrité, couleur, chaleur fplaie, érythème, ecchymose, etc}.
Palpation des glandes salivaires (loges parotidiennes, submandibulaires) et de l'appareil
manducateur (articulations temporo-mandibulaires et muscles masticateurs).
Palpation à là recherche d'adénopathies faciales et cervicales.
2. Examen endobuccal
L'examen endobuccal comprend l'examen des structures susceptibles d'engendrer des dou-
leurs buccales : dents, muqueuses {dont les gencives), mâchoires, glandes salivaires, nerfs et
vaisseaux.
Inspection
l'inspection doit être réalisée sous bon éclairage, en s'aidant d'un abaisse-langue pour voir l'inté-
gralité des structures buccales en déplissant les muqueuses (plancher buccal, sillons, vestibules) :
“dents et gencives : caries, état dentaire, occlusion (trouble de l'articulé dentaire}, édenterment ;
*“ muqueuses, notamment le bord libre de la langue, région la plus sujette aux cancers buc-
caux : la langue doit être inspectée au repos et en protraction {une déviation signera une
lésion des muscles du côté de la déviation) :
mächoires : tunéfaction, modification de l'acclusion (fracture) ;
glandes salivaires : quantité de salive appréciée en mettant sous la langue un morceau de
sucre n°4 qui doit être dissous en 3 minutes, inflammation ostiale, salive purulente, salive
épaisse ;
muscles : hypertrophie des muscles masséters et temporaux ;
appareil manducateur : recherche d'une limitation d'ouverture buccale, d'un ressaut articu-
laire, d'un trouble de la cinétique mandibulaire ;
nerfs et vaisseaux : hypotonie du muscle orbiculaire des lèvres et du muscle buccinateur
(difficulté à gonfler les joues ou à occlure les lèvres).
Connaissances
Palpation
Elle est menée en étant protégé par des gants :
+ dents : douleurs à la percussion, au froid, test de vitalité, mobilité ;
* muqueuses : induration, comblement d'un vestibule, tendance au saignement de la
muqueuse au contact ;
mächoires : recherche d'une mobilité, d'une tuméfaction ;
glandes salivaires : recherche d'un calcul (palpation bidigitale) ;
nerfs et vaisseaux : recherche d'une hypoëesthésie (territoires du V) et d'une hypotonie du
muscle orbiculaire des lèvres et du muscle buccinateur à la palpation.
C. Examens complémentaires
1. Examens d'imagerie
DB L'examen radiologique en première intention doit être orienté par les constatations faites à
l'examen clinique (fig. 10.1). Un examen d'imagerie n'est pas systématique, son indication est
fonction de l'examen clinique.
Examens utiles .
pour l'analyse Echographie
des parties molles
Localisations
des douleurs
* Une échographie, voire une IRM sont utiles pour l'analyse des parties molles en fonction
des hypothèses diagnostiques évoquées.
2. Prélèvements
Plusieurs types de prélèvements peuvent être indiqués :
* _ prélèvements à visée infectieuse (bactériologique, virologique, mycologique, sérologique) ;
« bilans biologiques ;
“ cytoponction ;
+ biopsie, pour obtenir un diagnostic histologique. La biopsie est indispensable dès qu'il y a
une suspicion de lésion tumorale. Elle permet de confirmer le diagnostic d'un cancer. Elle est
envoyée au laboratoire d'anatomopathologie après fixation dans du formol. Elle peut être
réalisée si une maladie bulleuse est suspectée face à des ulcérations buccales étendues (dans
ce dernier cas, le prélèvement sera placé dans un liquide spécial, le liquide de Mitchell).
(Suite)
Connaissances
@ Une autre forme fréquente est l'accident d'évolution de la dent de sagesse mandibulaire,
qui associe des douleurs locorégionales à des signes locaux inflammatoires (voir fig. 10.2).
1. Causes tumorales
Les tumeurs malignes de la cavité buccale sont le plus souvent des carcinomes épidermoïdes
{voir chapitre 7). Elles peuvent étre responsables de douleurs spontanées, mais surtout provo-
quées par la mastication, limitant les possibilités d'alimentation.
L'examen révèle typiquement une ulcération à bords surélevés et indurés à la palpation,
saignant au contact. Parfois la lésion tumorale est sous-muqueuse et n'est pas visible ; en
revanche, elle est sentie à la palpation.
Toute lésion de ce type doit impérativement faire pratiquer une biopsie à visée diagnostique.
@ Les autres tumeurs malignes, telles que les lymphomes, se manifestent sous forme d'une
tumeur douloureuse, congestive, inflammatoire ; elles doivent, elles aussi, faire l'objet d'une bio-
psie à visée diagnostique.
Douleurs faciales
© Les causes tumorales sont peu fréquentes mais un retard de diagnostic engage le pronostic vital du
patient. Au moindre doute, il faut biopsier.
2. Ulcération traumatique
Les ulcérations traumatiques peuvent être dues à :
+ un traumatisme dentaire (dent cassée, délabrée) ;
*“ une prothèse dentaire inadaptée ;
* une Morsure muqueuse (muqueuse jugale ou linguale) ;
* une brûlure par ingestion trop chaude ;
* tout autre agent traumatisant (chute sur un objet endobuccal chez les enfants).
Dans ce cas, si la douleur est vive, l'examen retrouve la plupart du temps une lésion aux Bords
réguliers, discrètement érythémateuse. Il y a peu où pas d'induration, En général, la suppres-
sion de l'agent causal doit entraîner la quérison de la lésion en quelques jours.
Toute ulcération muqueuse qui ne disparaît pas au-delà de 2 semaines, spontanément ou aprés suppres-
sion du facteur causal, doit faire suspecter un cancer et être biopsiée.
Lichen plan
Le lichen plan représente l'affection de la muqueuse buccale la plus fréquente, touchant 1 à
2 % de la population. Son origine reste mal définie : pour certains auteurs elle est d'origine
auto-immune, pour d'autres inflammatoire. Ces lésions blanchätres évoluent sur de nom-
breuses années. Elles peuvent parfois devenir inflammatoires et douloureuses et prendre un
aspect scléro-atrophique susceptible de transformation maligne.
Il est important de noter que ces lésions peuvent évoluer vers une transformation maligne et
nécessitent une surveillance régulière adaptée.
Maladies bulleuses
Les bulles buccales peuvent être d'origine auto-immune, notamment au cours du pemphigus
vulgaire, mais également d'origine non immunologique, comme dans le syndrome de Stevens-
Johnson, l'érythème polymorphe et le syndrome de Lyell.
D'une grande fragilité, les bulles laissent des érosions douloureuses en se rompant.
Connaissances
4, Causes infectieuses
L'ulcération muqueuse provoquée par la maladie infectieuse est à l'origine du caractère algique
de la lésion.
Stomatite localisée
La tuberculose buccale se manifeste par une ulcération irrégulière, non indurée, à fond jau-
nâtre, à base ferme, sans halo périphérique, mais très douloureuse.
Les autres ulcérations sont plus ou moins douloureuses, qu'elles soient dues à une lymphoré-
ticulose bénigne d'inoculation {maladie des griffes du chat} ou à une infection par le cytomé-
galovirus (CIMW).
À noter que le chancre d'inoculation d'une syphilis primaire est en général indolore.
Stomatite diffuse
L'herpès buccal (herpes simplex virus de type T au HSV-1) se manifeste par des vésicules qui
laissent place à des ulcérations disséminées, dans un contexte fébrile. Elles sont la cause
d'odynophagie sévère et s'accompagnent d'adénopathies satellites également douloureuses
(fig. 10.3).
Toutes les autres infections — varicella-zoster virus {(VZV), coxsackie virus, HSV de type 8, infec-
tions à staphylocoques ou streptocoques - peuvent entraîner des gingivites ou des mucites
sévères, donc très douloureuses. La gingivite ulcéro-nécrotique des immunodéprimés est elle-
même extrémement douloureuse.
Les mycoses, essentiellement par candidoses, occasionnent des douleurs à type de « cuis-
son » prédominant sur la langue. Ces candidoses peuvent se manifester soit par une stomatite
érythémateuse (langue rouge et vernissée), soit par un muguet buccal (lésion blanche se lais-
sant bien détacher par l‘abaisse-langue).
Le pemphigus se manifeste par des érosions buccales douloureuses associées ou non à l'appa-
rition secondaire de bulles flasques sur peau saine.
Les ulcérations buccales iatragènes (fig. 10.4) apparaissent par l'action antimétabolique
directe de certains médicaments sur la muqueuse buccale. Ce sont principalement : les anti-
inflammatoires, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine et les sartans, les
bétabloquants, le tacrolimus, l'acide mycophénolique, les sels d'or, l'hydroxyurée, le nicorandlil.
La mucite induite par radiothérapie est fréquente. La douleur liée aux ulcérations devient sou-
vent diffuse à toute la cavité buccale du fait de la xérostomie (sécheresse buccale).
Les ulcérations diffuses imposent une hospitalisation et une alimentation parentérale ou par
sonde gastrique en raison de l'impossibilité d'alimentation orale.
2. Causes infectieuses
Qu'elles soient d'origine dentaire ou autre, les ostéites se traduisent par une douleur lanci-
nante, fluctuante, non rythmée.
3. Ostéonécroses
@ | y a deux formes d'ostéonécrose des mächoires qui différent surtout par leur étiologié :
*_ ostéite post-radique (ostéoradionécrose) (fig. 10.7) : elle survient après une radiothérapie
pour tumeur de la tête et du cou;
* ostéochimionécrose induite par les médicaments antirésorbeurs osseux tels que les bis-
phosphonates ou le dénosumab : cette forme particulière se manifeste par un retard de
cicatrisation après un traumatisme de la muqueuse buccale chez un patient traité ou
ayant été traité par bisphosphonates où tout autre médicament antirésorbeur osseux
(fig. 10.8).
Fig. 10.8. @ Exposition osseuse due à une ostéochimionécrose maxillaire aux bisphosphonates.
Connaissances
4. Causes tumorales
© Les tumeurs osseuses bénignes ne sont pas douloureuses en dehors d'une poussée
inflammatoire ou infectieuse (fig. 10.9 ; voir chapitre 12). Les tumeurs osseuses malignes
peuvent devenir douloureuses par envahissement des trajets nerveux (nerf alvéolaire infé-
rieur pour les tumeurs mandibulaires). Habituellement, cette douleur s'accompagne de
dysesthésies dans le territoire considéré. Les tumeurs maxillaires entraînent des troubles
dans le territoire du V2.
La luxation bilatérale de l'ATM laisse la bouche ouverte, impossible à fermer, et une glène vide
à la palpation. Elle impose une réduction rapide par la manœuvre de Nélaton. La douleur est
soulagée immédiatement après la réduction.
4. Syndrome d'Eagle
Ce syndrome est une cause rare de douleur cervico-faciale résultant d'une ossification du
ligarnent stylo-hyoïdien.
Il associe la présence de signes cliniques (douleurs aux mouvements cervicaux, douleur à la pal-
pation tonsillaire, otalgie, dysphagie, odynophagie} et radiologiques {ossification du ligament
stylo-hyoïdien > 4 cm}. Le traitement est chirurgical.
« © si 1 douleur buccale est un motiftrès fréquent de consultation, elle peut être un élément clinique de
très nombreuses étiologies.
+ Toute douleur d'origine buccale impose un examen clinique stéréotypé tant exo- qu'endobuccal qui
orientera au mieux un bilan paraclinique adapté.
+ Toute lésion suspecte de la muqueuse buccale doit être biapsiée, l'obsession du clinicien étant d'éliminer
une tumeur maligne.
”
Réponses au quiz
B
Situations de départ
M 21 Aschénie.
M 35 Douleur chronique.
M 144 Douleur cervico-faciale.
M 158 Tuméfaction cervico-faciale.
M 186 Syndrome inflammatoire aigu ou chronique.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Prévalence, épidémiologie | Connaître les cancers qui sont le plus fréquemment responsables des métastases
osseuses et les circonstances de découverte
Diagnostic positif Connaître les principaux éléments de l'enquête étiologique devant une métastase
osseuse inaugurale
I. Introduction
© Les tumeurs des os de la face ont des présentations cliniques et radiologiques très variées et
restent très fréquentes dans la population générale. Elles peuvent être bénignes ou malignes, entrer
dans le cadre d'une pathologie commune du squelette ou être plus spécifiques des os des mächoires.
Pour les tumeurs maxillo-mandibulaires plus particulièrement, elles peuvent être d'origine odonto-
gène ou non liées à l'odontogenèse (par exemple, turneurs osseuses, vasculaires, nerveuses).
Les tumeurs primitives osseuses sont généralement découvertes chez l'enfant, l'adolescent et
l'adulte jeune alors que les tumeurs secondaires (c'est-à-dire les métastases osseuses) sont plus
fréquentes après 50 ans.
Chirurgie maxillo-faciale
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Connaissances
Vignette clinique
D cu: voyez en consultation Mme P, 70 ans, pour une voussure vestibulo-gingivale maxillaire paramé-
diane droite. Cette lésion est indolore et présente une petite fistule au centre avec un écoulement sale.
Mme P. vous fait remarquer que son dentiste lui a posé un bridge dans cette région il y a plusieurs années.
A. Manifestations cliniques
Quiz 1
Quel(s) serait{ent} le(s) signe(s) cliniquels) évoquant une lésion maligne chez Mme P (voir vignette clinique
ci-dessus) ?
A Une lésion de croissance lente
B Une atteinte neurologique avec hypoesthésie du nerf V2 droit
C Des adénopathies cervicales droites
D La présence d'abcès à répétition depuis plusieurs mois
E Une infiltration indurée des tissus mous de la lèvre supérieure droite
Une tumeur osseuse peut se présenter sous forme d'une tuméfaction, d’une déformation
faciale palpée ou constatée par le patient ou son entourage.
La notion d'évolution est primordiale et peut orienter sur la nécessité d'effectuer des inves-
tigations étiologiques urgentes ou non. Une croissance lente, l'absence de douleurs ou des
douleurs de rythme mécanique sont plutôt en faveur d'une tumeur bénigne.
La notion de douleurs avec un rythme inflammatoire d'intensité croissante, des signes d'enva-
hisserment des tissus adjacents (trismus, hypoesthésie d'une branche du nerf trijumeau, diplo-
pie, infiltration cutanée), une fracture osseuse pathologique (survenant lors d'un traumatisme
mineur ou de la mastication}), des signes généraux (par exemple, amaigrissement, asthénie} et
la présence d'adénopathie(s) cervicale(s) sont plutôt en faveur d'une lésion maligne.
Plus rarernent, une tumeur osseuse peut être découverte lors d'une complication telle qu'une
fistule cutanée où muqueuse, une ulcération, une surinfection, une compression nerveuse
(paresthésie, hyperesthésie, anesthésie), un saignement, une exophtalmie, une obstruction
nasale, une mobilité dentaire.
B. Manifestations radiologiques
Les examens radiologiques permettent d'orienter l'étiologie de la lésion osseuse. Une tumeur
osseuse peut être de découverte fortuite (bilan radiologique réalisé pour d'autres raisons, en
particulier en prévision d'un traitement orthodontique) ou dans le cadre d'un bilan d'extension
d'une image suspecte (ostéolyse, ostéocondensation, mixte).
1. Radiologie conventionnelle
Sur là panoramique dentaire (orthopantomogramme), l'anomalie oriente le diagnostic selon
ses critères :
“unique (monostotique) ou multiple (polyostotique) ;
“ claire (ostéolytique ou lacunairé), opaque ou mixte.
Les lésions ostéolytiques sont les plus fréquentes. La lésion élémentaire est une zone de trans-
parence osseuse aux bords irréguliers.
Certaines sont dites lésions condensantes lorsque la lésion est une opacité plus ou moins
arrondie, unique ou multiple, alternant avec des zones normales.
2. Tomodensitométrie
Quiz 2
Vous demandez un scanner pour explorer la lésion maxillaire chez Mme PR (voir vignette clinique plus haut). Quel(s}
critère(s) orienterai(enht vers une lésion bénigne ?
A Une lésion bien limitée
B Une ostéolyse de l'os alvéolaire
€ Une infiltration des muscles de la lèvre supérieure
D Une lésion kystique unique apico-dentaire
E Une réaction périostée périlésionnelle
C. Manifestations biologiques
Un bilan biologique peut orienter le diagnostic et compléter l'imagerie : à titre d'exemple, il est
possible de retrouver un syndrome inflammatoire (CRP), une augmentation des LDH (tumeurs
d'Ewing}, une hypercalcémie (métastases osseuses multiples) ou un pic monoclonal à l'électro-
pharèse des protides sériques (myélome multiple).
Fig. 11.1. D ostéosarcome de la branche horizontale, image caractéristique en feu d'herbe (TDM
coupe axiale, fenêtre osseuse).
Tumeurs des os de la face primitives ét secondaires
2. Chondrosarcomes
@ Cette tumeur maligne primitive de l'os produit du cartilage. Les localisations crâäniennes où
maxillaires sont peu fréquentes. C'est une tumeur qui survient surtout après l'âge de 40 ans.
Radiologiquement, l'aspect classique est une lacune centrale plus où moins volumineuse, poly-
lobée et irrégulière avec des calcifications, la corticale étant grignotée par sa face profonde,
3. Tumeurs d'Ewing
Les sarcomes d'Ewing sont des sarcomes à petites cellules rondes définis sur le plan molé-
culaire par un gène de fusion impliquant un gène de là famille FET, en général EWSRT, et un
membre de la famille des facteurs de transcription ETS. Ils sont très rares au niveau de la face
et concernent essentiellement l'enfant et l'adolescent.
Radiologiquement (fig. 11.2}, la lésion est ostéolytique, mal limitée avec une destruction cor-
ticale, une réaction périostée caractéristiques en « bulbe d'oignon », avec un envahissement
très important des parties molle (image en « feu d'herbe »).
Fig. 11.2. D Sarcome d'Ewing de la symphyse : aspect de dents flottantes (TDM coupe axiale, fenêtre
osseuse).
3. Maladie de Hodgkin
L'atteinte osseuse est rare dans les lymphomes hodgkiniens et à une valeur pronostique péjo-
rative, la maladie étant alors considérée comme de stade IV.
C. Lésions métastatiques
BU BU BU BU A OU QU QU QU QU BU QU QU QU AU QU OÙ QE! AU UE) A ii à!
Vignette clinique
B 0: patient vous est adressé par le service d'oncologie pour une fracture spontanée de la branche
horizontale de la mandibule.
Quiz 3
Quel(s} cancer(s) donnent) des localisations osseuses secondaires pouvant atteindre les os de mächaires ?
A Cancer du rein
B Cancer du sein
€ Cancer de la prostate
D Myélome multiples
E Cancer de la thyroïde
Les mächoires et, surtout, la mandibule peuvent être le siège de lésions métastatiques. Elles se
traduisent le plus généralement par des lésions lytiques plus ou moins Bien limitées, avec de fré-
quentes ruptures de corticale et, parfois, des réactions périostées qui s'étendent sous forme de
condensation dans des structures adjacentes. Elles sont souvent ostéolytiques et rarement ostéo-
condensantes ou mixtes. Elles s'observent surtout dans les cancers ostéaphiles (sein, rein, poumon,
prostate, thyroïde), digestifs, et les mélanomes. Le site le plus touché est le crâne, puis la mandibule.
Les circonstances de découverte peuvent être :
+ lors du bilan d'extension d'un cancer ;
+ lors du suivi d'un patient cancéreux connu ;
* lors d'une métastase inaugurale (prévalente), qui révèle une tumeur primitive lors du bilan.
Les signes fonctionnels sont la douleur, une fracture pathologique, des signes d'envahissement
nerveux (atteinte sensitive du nerf V3).
La biologie peut orienter en montrant : une hypercalcémie maligne {ostéolytique) ou une aug-
mentation des phosphatases alcalines (ostéocondensante).
En fonction des éléments, on peut réaliser :
+ une électrophorèse des protides, la recherche d'une protéinurie de Bence Jones ;
+ un dosage des marqueurs tumoraux : PSA, œ-fcætoprotéine, B-HCG chez les jeunes, autres
(CA 15-3, CA 19-9, NSE, CYFRA 21-1, thyroglobuline.}.
Tumeurs des os de la face primitives ét secondaires
* Les modes habituels de découverte des tumeurs osseuses sont : une masse, une douleur, une fracture
pathologique, une découverte fortuite.
* L'orientation diagnostique est fonction du terrain (âge du patient, antécédents, lésion osseuse préexis-
tante) et de l'imagerie (radiographies, scanner, TEP-scan, IRM).
+ @ Dans certains cas, une biopsie ou une chirurgie sont inutiles pour le diagnostic ou le traitement.
° D cars d'aures cas, une biopsie puis un bilan d'extension s'imposent.
+ L'examen anatomopathologique est nécessaire pour établir le diagnostic.
A. Kystes intra-osseux
Un kyste est une cavité intra-osseuse dont la paroi est revêtue d'épithélium et dont le contenu
est sécrété par le tissu de revêtement. On distingue les kystes d'origine dentaire (très fré-
quents) et les kystes d'origine non dentaire,
Quiz 4
Dans le cadre d'un bilan avant transplantation rénale, vous voyez en consultation un patient pour la recherche de
foyer infectieux oro-facial.
1) Quel(s) signe{s) cliniqueis} et radiolagique(s) seraifenht en faveur d'une infection osseuse chronique mandibulaire ?
A La présence d'une fistule cervicale
B Une mortification dentaire
2} Quel(s} signe(s) diniquels) et radiologique({s} seraifen}t retrouvé(s) sur la radiographie panoramique dentaire ?
A Une lésion lacunaire
B Une lésion apicale sur une dent dévitalisée
€ Une lésion polykystique de la branche montante de la mandibule
Connaissances
Hot Pur
auprés LUC
Pr, Lt
AE PHEUaa lt #3
Fa dde
Tata
B. Tumeurs intra-osseuses
La dénomination de ces tumeurs est fondée sur :
+ la lignée de différenciation cellulaire d'origine supposée :
ostéoblastique : ostéoblastome, ostéosarcome,
chondroblastique : chondrome, chondrosarcome ;
le caractère Bénin ou malin de la prolifération tumorale :
ostéoblastome : tumeur bénigne,
ostéosarcome : tumeur maligne.
Tumeurs mésenchymateuses
Ce sont des tumeurs peu fréquentes, souvent de diagnostic fortuit à l'imagerie. Elles intéressent
surtout la mandibule {corps chez le sujet jeune) : fibrome odontogène, myxome odontogène,
myxofibrome, cémentoblastome, cémentome, dysplasies cémentaires péri-apicales,
Tumeurs mixtes
Les tumeurs de ce type les plus fréquentes sont les odontomes (fig. 11.7). Il s'agit d'harmar-
tomes (mélange anarchique d'éléments constitutifs normalement présents dans l'organe dans
lequel se développe la tumeur) de survenue fréquente, en général avant l'âge de 20 ans. Au
premier stade, il existe des zones radio-dlaires bien délimitées, puis on note une individuali-
sation progressive d'opacité de type dentaire aboutissant à une masse compacte trés dense
entourée d'un halo clair périphérique. Le traitement est l'énucléation chirurgicale simple.
Tumeurs osseuses
Tumeurs ostéoformatrices
On distingue :
+ l'ostéome vrai, propre au massif facial {mandibule chez la femme après 40 ans) ; en cas de
localisation polyostotique, il faut suspecter un syndrome de Gardner ;
l'ostéoblastome et l'ostéome ostéoide, de caractéristiques diniques et paracliniques diffé-
rentes mais aux mêmes caractéristiques anatomopathologiques :
les tori où torus mandibulaires et palatins, qui sont des excroissances osseuses situées
au niveau de la mandibule (face médiale) et du palais. Elles sont fréquentes et souvent
asymptomatiques.
Tumeurs ostéolytiques
Granulome central à cellules géantes
C'est une affection bénigne, localernent agressive, du sujet jeune (moins de 30 ans}. Il repré-
sente 10 % des lésions bénignes des mächoires.
Tumeurs brunes de l'hyperparathyroïdie
Il faut rechercher d'autres localisations dans les os longs et costovertébraux.
Kyste anévrismal
Affection rare mais non exceptionnelle, il atteint plus volontiers la mandibule.
Tumeurs cartilagineuses
Chondrome, ostéochondrome unique ou multiple dans le cadre de la maladie exostosiante,
chondroblastome, fibrome chondromyxoïde.
Lésions fibro-osseuses
Fibrome cémento-ossifiant
Fibrome cémentifiant, fibrome ossifiant.
Dysplasie fibreuse
C'est une affection bénigne du sujet jeune affectant le massif facial.
Macroscopiquernent, la lésion se présente sous forme d'une masse bien limitée, mais non encapsulée.
Fibrome desmoplasique
I se développe de façon élective au niveau de la mandibule chez un sujet jeune. C'est une
lésion à agressivité locale et qui peut récidiver.
Orientations diagnostiques
@ Lésion polyostotique : un certain nombre de État de la corticale osseuse:
tumeurs sont potentiellement polyostotiques (dys- — amincissement,effacementcortical:tumeur bénigne
plasie fibreuse, granulome éosinophile, myélome). endose dans une coque conjonctivo-périostée ;
+ Lésions multiples lacunaires mandibulaires et/ou — destruction : tumeur maligne.
maxillaires : les lésions de même type mais géogra- Réaction périostée :
phiquement distinctes évoquent le chérubinisme, - bien organisée, lisse et régulière : tumeur
les kystes épidermoides (syndrome de Gorlini, bénigne car l'os périphérique à la turneur à eu le
l'histiocytose X ou les lymphomes. temps de se structurer et de se remodeler ;
° Localisation caractéristique ‘ Co - mal organisée (spicule, « rayons de soleil »} :
Situations de départ
M 14 Émission de sang par la bouche.
M 27 Chute de la personne âgée.
M 144 Douleur cervico-faciale.
M 147 Épistaxis.
M 150 Limitation de l'ouverture buccale.
M 151 CEdéme de la face et du cou.
M 168 Brülure,
M 169 Morsures et piqüres.
M 170 Flaie.
M 174 Traumatisme facial.
M 176 Traumatisme sévère.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
M 333 Demande d'un certificat médical initial.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facia
Diagnostic positif Connaître les éléments de l'interrogatoire et de l'examen cliniqueà réaliser
96
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
{c'est-à-dire luxation dentaire}
O|
Chirurgie maxillo-faciale
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Examen d'un traumatisé cranio-facial
Rubrique Intitulé
6;
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures de mandibule
{pour l'ensemble des fractures, condyle inclusi*
Suivi etfou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle*
6600000060
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du zygoma*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma*
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite*
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
de l'orbite*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
6
du plancher de l'orbite*
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite*
0060
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures des os nasaux*
0006
Suivi et/ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des os nasaux*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort*
00
Identifier une urgence Connaître les éléments cliniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial"
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
00600
Identifier une urgence Traumatismes cräniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
1. Troubles ventilatoires
Ils sont liés à :
* une glossoptose induite (fracture biparasymphysaire mandibulaire, et délabrement mandi-
bulaire, entraînant un hématome du plancher buccal et une désinsertion des muscles du
plancher buccal) ;
une obstruction mécanique des voies aériennes par fragments dentaires, fragments osseux
où tissulaires, ou caillots sanguins.
En cas d'impossibilité de maintien spontané de la ventilation et/ou en cas de troubles de la conscience,
l'intubation doit être rapidement envisagée, par voie orale, en particulier en cas de suspicion de frac-
ture de Le Fort compte tenu du fracas nasoethmoïdal, et du risque de fracture associée de la base du
crâne. Dans certains cas de fracas facial très important, le recours à la trachéotomie d'urgence peut
parfois étre discuté en cas d'impossibilité d'intubation nasale ou orotrachéale.
2. instabilité hémodynamique
Recherche d'une instabilité hémodynamique, en particulier un choc hypavalémique par pertes
sanguines importantes, liées aux saignements extériorisés (plaies des parties molles de la face
souvent très hémorragiques, épistaxis).
Les pertes sanguines doivent être objectivées dès la prise en charge initiale (HemoCueË), d'autant
que celles-ci peuvent être sous-évaluées (saignement oral et/ou épistaxis déglutis, plaie du cuir
chevelu).
Les fonctions hémodynamiques doivent être rapidement contrôlées et la mise en place d'une
voie veineuse périphérique et le remplissage vasculaire doivent être anticipés.
3. Troubles neurologiques
*+ Trouble de la conscience, immédiat ou différé, pouvant témoigner d'une atteinte cérébrale
(contusion, œdème, hémorragie), durale ou sous-durale (hématomes).
+ Asymétrie des pupilles et réflexes pupillaires directs et consensuels.
+ _ Amnésie antérograde ou rétrograde, témoignant du traumatisme crânien (léger à sévère).
Examen d'un traumatisé cranio-facial
L'examen hémodynamique et neurologique (score de Glasgow, examen des pupilles) doit être répété dans
le temps.
1. Urgences ophtalmologiques
Un examen ophtalmologique doit être réalisé afin d'objectiver :
une diminution de l’acuité visuelle, voire une amaurose, en rapport avec une atteinte du nerf
optique, par section, ou par compression par un œdème ou hématome intraorbitaire important
nécessitant une décompression orbitaire en urgence ; dans ce cas une exophtalmie est associée ;
une diplopie, en rapport avec l'œdèrme ou hématorne intraorbitaire, ou associée à une oph-
talmoplégie liée à une incarcération d'un muscle oculomoteur : le plus souvent le muscle
droit inférieur, dans le cas d'une fracture du plancher orbitaire (fig. 12.1}, plus rarement le
musclé droit médial, dans le cas d'une fracture de la paroi médiale ;
des plaies délabrantes des paupières, voire transfixiantes, devant faire chercher une plaie
de globe oculaire associée. En cas d'exposition du globe oculaire, celui-ci doit être protégé
et humidifié, en attendant la prise en charge.
Fig. 12.1. LA] Photographie d'un patient présentant une ophtalmoplégie verticale droite, secondaire à
une fracture en trappe avec incarcération du muscle droit inférieur.
Connaissances
2. Urgences neurologiques
Dans le cadre d'un polytraumatisme, il est nécessaire d'évaluer le risque de traumatisme du
rachis cervical bas et thoraco-lombaire.
Un examen de la motricité faciale doit être réalisé, afin d'objectiver une parésie où une paraly-
sie faciale dans le cadre de plaies intéressant le trajet du nerf facial (VIIS paire cränienne) et de
ses branches terminales (fig. 12.2).
On évalue la mobilité du front, des sourcils, des paupières, des ailes nasales, des lévres, du platysma
{musde peaucier du cou) de manière symétrique et comparative.
La mise en évidence d'une parésie/paralysie est parfois gênée par l'œdème ou par la déforma-
tion engendrée par la plaie faciale, En cas de paralysie faciale, l'exploration de là branche du
nerf facial atteinte et son anastomose doivent être réalisées.
Fig. 12.2. O Vue latérale des branches terminales du nerf facial et des muscles peauciers.
Muscles : 1. muscle auriculaire supérieur ; 2. muscle auriculaire antérieur ; 3. muscle orbiculaire de l'œil ; 4. muscle
frontal ; 5. muscle releveur (commun) de l'aile du nez et de la lèvre supérieure ; 6. muscle pyramidal du nez ;
7. muscle transverse du nez; 8. muscle releveur (propre) de la lèvre supérieure ; 9. musclé petit zygomatique ;
10. muscle canin ; 11. muscle grand zygomatique ; 12. muscle orbiculaire des lèvres ; 13. muscle risorius ; 14. muscle
buccinateur ; 15. muscle carré du menton ; 16. muscle de la houppe du menton ; 17. muscle triangulaire des lèvres ;
18. muscle peaucdier du cou (platysma) ; 19, rameau auriculaire postérieur ; 20, rameaux des muscles digastrique
et stylohyoïdien ; 21. anastomose avec le nerf auriculotemporal ; 22, branche temporofaciale ; 23. branche cervico-
faciale ; 24, rameau cervical ; 25. rameaux buccaux inférieurs ; 26. rameau mentonnier ; 27. rameau buccal supé-
rieur ; 28. rameau sous-orbitaire ; 29. rameau zygomatique ; 30. rameaux palpébraux ; 31. faisceau orbitaire de
l'orbiculaire des paupières ;: 32. faisceau palpébral de l'orbiculaire des paupières ; 33. rameau frontal : 34. rameau
temporal ; 35. masséter (innervé par le trijumeau).
Source : Hitier M, Edy E, Salame E, Moreau $. Anatomie du nerf facial. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Oto-
rhino-laryngologie, 20-258-A-10, 2006.
3. Urgences dentaires
Les fractures dentaires et luxations dentaires doivent être diagnostiquées, et les fragments
dentaires fracturés et les dents luxées doivent être cherchés sur le terrain et conservés de façon
adaptée (compresse humide, sérum physiologique) en vue de leur réimplantation.
Examen d'un traumatisé cranio-facial
A. Modalités du traumatisme
Date et heure.
Circonstances de survenue : agression ; accident de la voie publique, du travail, domestique,
de sport ; morsure…
Point d'impact sur la face.
Direction et intensité du choc.
B. Signes fonctionnels
Perte de connaissance initiale.
Sensation de craquement lors du choc.
Douleurs spontanées ou provoquées et leur localisation.
Gênes fonctionnelles :
- manducatrices : modification de l'articulé dentaire {contacts dentaires prématurés,
béance), limitation de l'ouverture buccale, déplacements, pertes et mobilités dentaires,
difficultés de déglutition, etc. ;
difficultés phonatoires ;
visuelles : modification de l'acuité visuelle, diplopie ;
respiratoires nasales : obstruction nasale uni- ou bilatérale, partielle ou complète, épistaxis,
anosmie où hyposmie. Une anosmie par atteinte traumatique (cisaillement, contusion) du
nerf olfactif (€ paire de nerfs cräniens) au niveau de la lame criblée de l'ethmoideest à
chercher, son pronostic est défavorable,
C. Antécédents
Les antécédents du patient et les traitements en cours sont précisés.
Une éventuelle anomalie occlusalé préexistante doit être cherchée et précisée car l'occlusion
dentaire sera l'un des repères anatomiques les plus importants pour le contrôle de la réduction
des fractures de la mandibule et du tiers moyen de la face.
La recherche de photographies prétraumatiques récentes du patient est souvent très utile pour
apprécier l'état antérieur.
Les antécédents vaccinaux sont vérifiés, notamment la vaccination antitétanique dans le cas
des plaies traumatiques et par morsure animale, et la vaccination antipneumococcique {en cas
de brèche ostéodurale avérée et en cas de pneurmencéphalie, là vaccination antipneumococ-
cique est recommandée).
Connaissances
E 12 recherche de déformations est très souvent génée par l'apparition rapide de l'œdèrne post-
traumatique, Il faut donc, pour les lésions peu urgentes, savoir répéter l'inspection au bout de quelques
jours (4 à 5 jours) de manière à apprécier cliniquement le retentissement morphologique du déplacement
d'une fracture (fracture des os nasaux, fracture du zygoma en particulier).
Examen d'un traumatisé cranio-facial
A. Signes directs
Déplacement osseux (asymétrie des reliefs).
Douleur exquise à l'endroit des traits de fracture.
Perception d'une « marche d'escalier » au niveau d'un rebord osseux.
Mobilité anormale du squelette.
B. Signe indirect
On cherche un emphysème sous-cutané (palpation d'une « crépitation neigeuse »), signant
la fracture d'une paroi d'une cavité aérienne (sinus maxillaire ou frontal, cellules ethmoïdales,
plancher de l'orbite).
Une pneumencéphalie peut être associée et doit être cherchée à l'examen d'imagerie (frac-
ture de la paroi postérieure du sinus frontal, fracture ethmoïdale, fracture du toit orbitaire).
Cet emphysème est parfois provoqué par un effort de mouchage ou lors d'un éternuernent
(manœuvre de Valsalvai.
MIRTBISISINININININISISINININIRININISISININTNINIRTRTAT
4 à à & a al 4! 4! A! 4! 4! A 4! Ni 4 “a Gt di di Gi à à al a &! 4!
Vignette clinique 2
B vous recevez une patiente âgée de 25 ans, victime d'un traumatisme facial lors de la pratique du
rugby. Elle présente un hématome périorbitaire gauche, avec palpation d'une marche d'escalier au
niveau de la margelle infraorbitaire, et une hypoesthésie dans le territoire du nerf V2 (labio-jugale).
Vous suspectez une fracture du zygoma gauche.
° nerf mandibulaire (V3), sortant par le foramen mentonnier : sensibilité cutanée de l'hémi-
lèvre inférieure, de l'hémi-menton et de la partie basse de la joue homolatéraux, sensibilité
dentaire et muqueuse de l'hémi-arcade dentaire inférieure homolatérale.
La région angulomandibulaire (encoche massétérine) et le pavillon de l'oreille dépendent de
branches du plexus cervical superficiel, les portions profondes du pavillon (zone de Ramsay-
Hunt) étant en outre innervées par la branche sensitive du nerf facial (VIT Bis) (fig. 12.4).
Fig. 12.4. © Territoire sensitif de la face : topographie de l'innervation des trois territoires du nerf
trijumeau.
V1 : nerf ophtalmique de Willis ; V2 : nerf maxillaire ; V3 : nerf mandibulaire ; PCS : plexus cervical superficiel.
Source : Istria N, Richourg B. Anatomie sensitive de la face. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Stomatalagie, 22-001-B-36,
2006.
A. Fosses nasales
Les fosses nasales sont examinées par rhinoscopie antérieure à l'aide d'un spéculum nasal
après évacuation par lavage et mouchage doux des caillots de sang pour apprécier la permésa-
bilité des fosses nasales. On cherchera :
+ l'existence de plaies muqueuses, responsables d'une épistaxis ;
+ des déformations ou des déplacements de la cloison nasale, s'accompagnant parfois d'une
effraction du cartilage septal fracturé ;
un hématome de la cloison, qui devra être évacué rapidement (risque de nécrose isché-
mique et/ou de chondrite de la cloison) :
l'existence d'une rhinorrhée aqueuse, signant une fracture de l'étage antérieur de la base
du crâne associée à une brèche méningée.
Examen d'un traumatisé cranio-facial
B. Cavité buccale
L'examen de la cavité buccale recherche :
une modification de l'articulé dentaire, en se référant aux antécédents du patient (dyshar-
monie dento-faciale préexistante ?) et aux facettes d'usure dentaires ; ces modifications
{contacts dentaires prématurés, béances) peuvent signer une fracture mandibulaire et/ou
maxillaire déplacée ;
des lésions dentaires : mobilité(s}, fracture(s) ou perte(s) dentaire(s} ; ces lésions dentaires
doivent être décrites et notées dans l'observation dans un but médica-légal
des lésions muqueuses : ecchymose, hématome ou plaie de la langue, du palais, du voile
du palais, de la gencive, des vestibules buccaux ;
des fractures : palpation endobuccale de la mandibule (à la recherche d'une déformation,
d'une mobilité anormale, d'une plaie muqueuse) et des maxillaires (douleur : déformation et
mobilité au niveau du cintre maxillozygomatique signant une fracture zygomatique ; mobi-
lité complète de l'arcade dentaire supérieure signant une fracture du tiers moyen de la face
de type Le Fort ; mobilité d'un secteur dentaire isolé signant une fracture alvéolo-dentaire) ;
des écoulements déglutis : épistaxis, stomatorragie, rhinorrhée cérébrospinale ;
des corps étrangers : dent luxée ou fracturée, fragment de prothèse, projectile (plombs, balle).
D Quiz
Vous prenez en charge un patient de 12 ans, victime d'un traumatisme orbitaire lié à un choc orbitaire contre une
poignée de porte. Il présente une plaie conjonctivale, un exorbitisme et une amaurose.
Que suspectez-vous (GROC) ?
Réponses au quiz
Un hématome intraorbitaire avec compression du nerf optique, nécessitant une décompression orbitaire en
urgence.
Plaies et morsures
de la face
Introduction
Il. Attitude diagnostique face à une plaie cervico-faciale
Il. Prise en charge thérapeutique d'une plaie cervico-faciale
Situations de départ
M 170 Plaie.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facial
Diagnostic positif Connaître les éléments de l'interrogataire et de l'examen clinique à réaliser
dans le cadre d'un traumatisme facial
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en première intention dans le cadre
6
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligatoires pour un patient victime d'une marsure
animale
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures incluses)
60
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
(c'est-à-dire luxation dentaire)”
Définition Définition de la fracture de la mandibule*
60
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures de mandibule
(pour l'ensemble des fractures, condyle inclus}*
Suivi etfou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle*
0000000600
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du zygoma*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite*
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
Rubrique Intitulé
pe]
Eu
Le}
=
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
©
de l'orbite
©, Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
du plancher de l'orbite*
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite*
00
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire *
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures des 05 nasaux*
00006
Suiui et/ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des os nasaux*
Diagnostic positif Connaître les signes diniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort*
00
Identifier une urgence Connaître les éléments cliniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial*
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
00600
Identifier une urgence Traumatismes cräniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
I. Introduction
@ 12 région cervico-faciale est une zone anatomique richement vascularisée et innervée (voir
chapitres 1 et 2}, à risque de séquelles fonctionnelles en cas d'atteinte d'éléments dits « nobles ».
On distingue trois types de lésions en rapport avec un traumatisme des parties molles :
* COntUSIONs :
— elles Se manifestent par une douleur, un œdème, ou encore une écchymose et un
hématome,
il faut penser à chercher une fracture du massif facial sous-jacente (mobilité, douleur à
la palpation des contours osseux),
elles peuvent entraîner une certaine impotence fonctionnelle, avec un aspect figé du visage,
@ d'évolution spontanément favorable ; les hématomes volumineux nécessitent parfois
un drainage chirurgical ;
© dermabrasions {fig. 13.1) :
- dues à des lésions de râpage, les dermabrasions sont des plaies superficielles, ne dépassant
pas le derme, consistant en une perte de substance localisée de l'épiderme,
— @ leur réparation est habituellement obtenue par cicatrisation dirigée {pansements
gras) après nettoyage soigneux par brossage en cas de corps étrangers (car risque de
cicatrices pigmentées) ;
© piies :
— cutanées : habituellement décrites suivant le type (délabré, transfixiant, propre/contaminé),
la profondeur et le site anatomique concerné,
muqueuses : les plaies de la muqueuse buccale s'observent essentiellement au niveau de
la lèvre, de la gencive attachée (fracture de la mandibule}, au niveau de la filbromuqueuse
Plaies et morsures de la face
SE RE EE EE EEE EEE
Vignette clinique
Un patient de 40 ans est admis aux urgences pour multiples plaies cervico-faciales par arme blanche,
à la suite d'une agression. Votre examen met en évidence une plaie jugale droite allant du traqus à la
commissure labiale ainsi que plusieurs plaies de la région cervicale. Vous observez un saignement actif
par la plaie jugale.
2. Circonstances du traumatisme
Type : accident de la voie publique, rixe, morsure…
Mécanisme : arme blanche, arme à feu, tesson de bouteille...
Heure de survenue,
Traumatismes associés (traumatisme crânien en cas de chute).
Heure de la dernière ingestion solide ou liquide {anesthésie générale).
3. Morsures
+ En cas de morsure, le risque le plus important est infectieux (contamination, infection de la plaie).
* Type de la morsure : humaine {penser aux sérologies +++) ou animale.
+ Morsure par chien :
— chien connu :
— le chien a-t-l mordu après provocation (morsure de défense) ou, au contraire, at-il
un comportement inhabituel (agitation, agressivité récente) pouvant faire craindre
une possible contamination rabique ?
toujours demander le statut vaccinal de l'animal ét une consultation vétérinaire,
dans tous les cas, il ne faut pas tuer l'animal, une surveillance vétérinaire étant indispen-
sable pour décider ou non de débuter une vaccination antirabique du patient mordu ;
— chien inconnu, non retrouvé : toujours demander au centre antirabique le plus proche l'atti-
tude à adopter en fonction du risque potentiel de contamination, variable selon les régions.
Cordes vocales
Cartilage thyroide
Trachéotomie
Fig. 13.2, © plaie cervicale à l'arme blanche, avec section au-dessus du cartilage thyroïde jusqu'à la
paroi pharyngée postérieure.
L'urgence étant d'assurer la perméabilité des voies aériennes supérieures, le patient a été immédiatement intubé
puis trachéotomisé, avant de suturer les différents plans des structures lésées.
Fig. 13.3. © plaie de la région orbitaire avec atteinte des deux paupières et des voies lacrymales
passant par le canthus externe.
Nerf facial
Fig. 13.4. © plaie de la région temporale droite (par tesson de bouteille) avec section du rameau
frontal du nerf facial.
A. Vue de profil avec représentation schématique de la parotide et des branches du nerf facial. B. Testing moteur
des rameaux supérieurs du nerf facial montrant une paralysie frontale mais une bonne fermeture palpébrale.
C. Réparation microchirurgicale du rameau frontal du nerf facial.
<ane de projection
du trajet du conduit
paratidien
Conduit parotidien
Glande parotide
Fig. 13.6. LA) Plaie jugale pénétrante avec lésion du nerf facial, section vasculaire et du conduit parotidien.
Plaies et morsures de la face
3. Examens complémentaires
Bilan biologie préopératoire {suivant l'âge et les comorbidités).
Sérologie antitétanique (ou test rapide en cas de doute de couverture vaccinale).
L] Un scanner du massif facial en coupes osseuses millimétriques peut être prescrit en cas de
suspicion de fracture sous-jacente.
Un angioscanner cervico-facial est habituellement prescrit en cas de plaie cervicale
chez le patient stable sur le plan hémodynamique, pour réaliser le bilan des lésions
vasculaires.
B. En cas de morsure
1. Spécificités de la prise en charge de la plaie
Sous anesthésie générale le plus souvent.
Exploration et lavage abondant de l'ensemble du trajet des crocs.
Parage des berges et de tous les tissus contus, évacuation d'éventuels corps étrangers (débris
dentaires...)
Drainage des décollerments (crin de Florence).
Suture soigneuse, non occlusive (contre-indication à la colle chirurgicale) ; suture en surjet.
Plaies et morsures de la face
Quiz
O\cir la vignette clinique plus haut.
1) Quelles lésions anatomiques suspectez-vous chez ce patient ?
A Lésion du nerf lingual
B Lésion du nerf hypoglosse
€ Lésion de l'artère faciale
D Lésion des voies lacrymales
E Lésion du conduit parotidien
2} Vous recevez un patient pour une plaie à l'arme blanche pré-auriculaire droite (fig. 13.9). Quelle atteinte fonc-
tionnelle suspectez-vous ?
[B | 3} Vous recevez aux urgences un patient de 35 ans pour une plaie palpébro-jugale gauche suite à une morsure
par le chien de sa voisine. Quelles sont les réponses exactes concernant votre prise en charge ?
A Il faut effectuer aux urgences la vaccination antirabique du patient
B Il faut tuer le chien
C Il faut réaliser un suivi vétérinaire systématique du chien pendant 15 jours
D L'antibiothérapie dépend de l'aspect de la plaie
E | faut réaliser systématiquement un lavage soigneux et une exploration de la plaie
Connaissances
Fig. 13.9. © plaie à l'arme blanche avec section du pavillon de l'oreille droite et plaie pénétrante
pré-auriculaire droite,
L'exploration chirurgicale de la plaie confirme une section complète du tronc du nerf facial expliquant la paralysie
faciale périphérique totale droite.
« © Penser aux urgences vitales liées aux plaies cervicales : saignement actif, perméabilité des voies
aériennes.
* Connaître les signes de gravité d'une plaie faciale : atteinte d'éléments nobles (nerf facial, globe oculaire,
voies lacrymales, conduit parotidien), plaies à risque de séquelles (péri-orificielles, corps étrangers, plaies
délabrées), plaie par morsure.
« Une plaie par morsure est toujours une plaie profonde infectée ; c'est une urgence médico-chirurgicale.
+ M Déchration sanitaire et déclaration en mairie des morsures de chien.
Réponses au quiz
11C,E
2} Section du tronc du nerf facial
3)C, E
Plaies et morsures de la face
Situations de départ
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facia
Diagnostic positif Connaître les éléments de l'interrogatoire et de l'examen dlinique à réaliser
dans le cadre d'un traumatisme facial
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en première intention dans le cadre
6
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligatoires pour un patient victime d'une morsure
animale*
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures incluses)*
60
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
{c'est-à-dire luxation dentaire)*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures de mandibule
{pour l'ensemble des fractures, condyle inclus]
Suivi et/ou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule
0000060
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures du zygoma*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma*
Chirurgie maxillo-faciale
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Fracture de la mandibule
Rubrique Intitulé
606%
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite*
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
de l'orbite*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
6
du plancher de l'orbite*
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire *
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures des os nasaux*
0006
Suivi et/ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des os nasaux*
Définition Définition des fractures de Le Fort*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort*
60
Identifier une urgence Connaître les éléments diniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
0600
Identifier une urgence Traumatismes crâniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
I. Rappel anatomique
D: mandibule correspond à l'as de la mâchoire inférieure. Il s'agit du seul os mobile de l'en-
semble du massif facial. La mandibule constitue à elle seule le massif facial inférieur (fig. 14.1).
Fanctionnellement, la mandibule est répartie en onze entités (fig. 14.2) :
. © symphyse mandibulaire, médiane : elle appartient à la partie horizontale de la man-
dibule. Elle représente la portion dentée centrale de la mandibule et s'étend de l'incisive
latérale mandibulaire droite (42) à l'incisive latérale mandibulaire gauche (32) ;
les corps mandibulaires, droit et gauche : ils appartiennent à la partie horizontale de la
mandibule. Ils représentent les portions dentées latérales et postérieures de la mandibule
et s'étendent, de l'avant vers l'arrière, de là canine jusqu'à la face mésiale (antérieure) de
la troisième molaire mandibulaire ;
les angles mandibulaires : zones de jonction entre les corps et les branches mandibulaires,
compris entre la verticale passant en mésial de la troisième molaire et l'horizontale prolon-
géant vers l'arrière lé plan d'occlusion ;
les branches mandibulaires, droite et gauche : elles appartiennent à la partie verticale
de la mandibule et joignent les angles, en bas, avec les processus condylaires, en haut
et en arrière. En haut et en avant, on retrouve le processus coronoïde ou coroné (don-
nant insertion au muscle temporal). Entre les deux processus, on retrouve l'incisure
mandibulaire ;
Connaissances
Bis cités condyliennes, droite et gauche, qui s'articulent avec la base du crâne (fosse
mandibulaire de l'os temporal} via le processus condylaire ou condyle mandibulaire,
formant ainsi l'articulation temporo-mandibulaire. Chaque unité condylienne peut éga-
lement être subdivisée en trois régions différentes : la tête du condyle représentant la
région intra-articulaire et limitée par la capsule articulaire ; le col du condyle représentant
la région sous-condylienne haute où cervicale et enfin la région sous-condylienne basse
(fig. 14.3).
Fig. 14.1. © Représentation schématique de la mandibule et de ses rapports avec les autres os du
massif facial.
- Processus
Condyle
Branche ,
. +. si, £ nu
verticale ." NT F …… O5 alvéolaire
_\-- Symphyse et
parasymphyse
À
Branche horizontale
capsule articulaire ——
Fig. 14.3. [8 | Représentation schématique des différentes régions anatomiques de la région condy-
lienne mandibulaire.
Source : AO Surgery Reference, https:fsurgeryreference. [Link]. Copyright by AO Foundation, Switzerland.
La mandibule est en étroit contact avec plusieurs nerfs sensitifs et moteur (fig. 14.4):
nerf moteur : le nerf facial chemine à la face latérale de la mandibule en traversant la
glande parotide. Le rarmeau marginal mandibulaire, branche du nerf facial, quitte la région
cervicale en se dirigeant vers là lèvre inférieure et le menton en passant en regard de l'inci-
sure pré-angulaire mandibulaire ;
O nerf sensitif : la troisième branche du nerf trijurmeau (V3) donne naissance aux nerfs
lingual et buccal, cheminant à la face médiale de la mandibule, et au nerf alvéolaire
inférieur pénétrant dans la mandibule par le foramen mandibulaire juste en regard de
la lingulà (ou épine de Spix}) avant de cheminer dans le canal mandibulaire puis de sortir
par le foramen mentonnier (situé le plus souvent sous les racines des dents prémolaires)
et de donner naissance à des branches destinées à la sensibilité de la lèvre inférieure et
du menton.
Biusieurs muscles s'insérent sur la mandibule : les muscles masticateurs où de la manduction
s'insèrent de la manière suivante (fig. 14.5) :
le muscle masséter s'insère à la face latérale de la mandibule en regard de l'angle mandi-
bulaire (élévation de la mandibule) :
le muscle temporal s'insère sur le processus coronoïde de la mandibule (élévation et trans-
lation postérieures de la mandibule) ;
le muscle ptérygoïdien médial s'insère à la face médiale de la mandibule en regard de
l'angle mandibulaire (élévation et diduction de la mandibule) ;
le musclé ptérygoïdien latéral s'insère à la face médiale du condyle (translation antérieure
et diduction de la mandibule) ;
le cheffventre antérieur du muscle digastrique s'insère à la face linguale de la symphyse
mandibulaire (muscle abaisseur de là mandibule).
Connaissances
Nerf lingual
Nerf buccal
LR f
| Branche temporalas
du nerf facial Ë
Nerf facial
Branché marginale
mandibulaire du nerf facial
Fig. 14.4. EB Représentation schématique de la mandibule et de ses rapports avec les différents nerfs
sensitifs (nerf alvéolaire inférieur, nerf buccal, nerf lingual) et moteur (nerf facial).
Source : https:l/[Link]/cmf/trauma/mandible/further-reading'anatomy
Muscle
temporal
Muscles
ptérygoïdians
ee
Muscle
masséter
Muscle
digastrique
Fig. 14.5. © Représentation schématique des mouvements induits par les contractions musculaires
des muscles s'insérant sur la mandibule.
Source : illustration de Cyrille Martinet.
II. Terminologie
La description d'une fracture mandibulaire doit tenir compte du nombre de foyers de frac-
ture, de leur localisation anatomique, du déplacement éventuel et du caractère comminutif
ou non.
En fonction du nombre de foyers de fracture, on parle de fracture unifocale (un foyer de
fracture) ou plurifocale (plusieurs foyers de fracture), en particulier bifocale (deux foyers de
fracture) et trifocale (trois foyers de fracture).
Une fracture est dite comminutive si en une localisation anatomique, il existe plus d'un trait de
fracture et/ou qu'il existe un ou plusieurs fragments d'os dans le foyer de fracture.
LUN NAN
& 4! 4 & & & k “ à Gi 4 Gi EE Ni à k k BE a a a ai & à ÿ “
Vignette clinique 1
Vous êtes l'interne de garde de chirurgie maxillo-faciale et vous recevez un jeune homme se présentant
au service d'accueil des urgences dans les suites d'une rixe. Il a reçu plusieurs coups de poing au visage.
I ne présente aucun signe de gravité, À l'interrogatoire, le patient vous signale qu'il à l'impression
que ses dents « ne se touchent pas comme avant » et qu'il n'arrive pas à manger car les tentatives de
mastication font « très mal dans la mâchoire inférieure ».
Vous notez à l'inspection une limitation douloureuse de l'ouverture buccale avec gingivorragie entre
les dents 34-35. 1l existe également un espace anormal entre les dents prémolaires (diastème) et la ten-
tative de fermeture de bouche entraîne des mobilités osseuses (également appelée « fausse mobilité
dentaire »).
À la palpation, vous notez une interruption du contour osseux mandibulaire avec existence d'une
marche d'escalier très douloureuse. Enfin, vous notez également une hypoesthésie labio-mentonnière
droite.
Les fractures de la portion dentée (symphyse et corps) entraînent avant tout un trouble de
l'articulé dentaire et/ou une fausse mobilité dentaire, témoignant d'une mobilité osseuse
de part et d'autre du foyer de fracture, Les douleurs en regard du foyer de fracture peuvent
être importantes.
Il peut exister des hémorragies buccales (gingivorragie/stomatorragie}), un œdème et des
ecchymoses, voire des hématomes des parties molles faciales en regard du foyer de fracture.
Par ailleurs, toute tentative de mobilisation de la mandibule entraînée une douleur vive, ce
qui explique l'impotence fonctionnelle que présentent les patients avec, le plus souvent, une
limitation douloureuse de l'ouverture buccale et quelquefois un bavage (stase salivaire liée à
la limitation volontaire de la déglutition en raison dé la douleur provoquée par la mobilisation
fracturaire).
De plus, en cas de fracture déplacée, il est classiquement retrouvé les signes diniques suivant
(fig. 14.6) :
+ mobilité douloureuse du foyer fracturaire lors de là mobilisation mandibulaire (active ou
passive) ;
trouble de l'articulé dentaire (modification des rapports des arcades dentaires) avec parfois
un diastème (espace interdentaire anormal} en regard de la fracture;
+ douleur élective et palpation d'une marche d'escalier.
En cas de fracture sur le trajet du canal mandibulaire, il est classiquement retrouvé une hypo-
esthésie labio-mentonnière.
Les fractures de la portion dentée sont considérées comme des fractures ouvertes en raison de
l'interruption de l'arcade dentaire (plaie muqueuse).
Fracture de la mandibule
D MA D D D DD 6 D 8 DL ND à
Vignette clinique 3
Vous êtes l'interne de garde de chirurgie maxille-faciale et vous recevez un jeune homme se présen-
tant au service d'accueil des urgences dans les suites d'une agression. Il à reçu plusieurs coups de poing
violents au visage. Il ne présente aucun signe de gravité.
À l'interrogatoire, le patient vous signale qu'il a «l'impression que ses dents « ne se touchent pas
comme avant » et qu'il « n'arrive pas à bouger la mâchoire inférieure car ça fait très mal devant l'oreille
et en haut de la joue droite ».
À l'inspection, il existe également une limitation douloureuse de l'ouverture buccale. Vous trouvez un
trouble de l'articulé dentaire avec un contact molaire prématuré du côté douloureux (à droite}, une
béance controlatérale (à gauche) et une déviation du point interincisif homolatérale (à droite).
Lä palpation de là région pré-auriculaire droite déclenché une douleur vive.
Connaissances
Les fractures du condyle mandibulaire entraînent également des douleurs en regard du foyer
de fracture, c'est-à-dire la région prétragienne/jugale haute.
Par ailleurs, toute tentative de mobilisation de la mandibule entraîne une douleur vive, ce qui
explique l'impotence fonctionnelle que présentent les patients avec le plus souvent une limita-
tion douloureuse de l'ouverture buccale.
En cas de fracture déplacée, il existe une perte de hauteur de la branche mandibulaire trau-
matisée (raccourcissement par rapport au côté sain contralatéral) sous l'effet de l'action de
la sangle musculaire ptérygo-massétérine qui provoque un chevauchement des fragments
osseux. Ainsi, il est classiquement retrouvé les signes cliniques suivants (fig. 14.7) :
+ à l'interrogatoire, « l'impression que les dents ne se touchent pas comme avant » ;
+ à l'inspection :
- trouble de l'articulé dentaire caractérisé par une latéro-déviation du point interincisif
mandibulaire du côté fracturé, un contact molaire prématuré homolatéral, une béance
controlatérale,
— mobilité douloureuse du foyer fracturaire à la mobilisation mandibulaire ;
+ à la palpation : douleur à là palpation des reliefs osseux mandibulaires
En cas de fracture capitale secondaire à un choc sur le menton, il est possible d'observer une
otorragie homolatérale secondaire à une fracture déplacée de l'os tympanal entraînant une
plaie du conduit auditif externe par choc avec la tête du condyle (fig. 14.8).
Les fractures de la portion dentée (symphyse et corps) et de l'angle mandibulaire sont considérées comme
des fractures ouvertes (plaie muqueuse). Les fractures de la branche mandibulaire, les fractures de la
région condylienne sont les plus fréquentes.
Quiz 1
Vous recevez en urgence Monsieur M. détenu dans une maison d'arrêt et qui a été amené à l'hôpital car il aurait
été agressé lors d'une promenade, Monsieur M. semble tout à fait conscient et orienté, ne présente aucun signe
de gravité et est cohérent dans ses propos. À l'interrogatoire, il vous signale qu'il à l'impression que « ses dents ne
se touchent pas comme avant » et que ça lui fait mal aux dents quand il essaye de manger.
1) D'après le contexte et les éléments décrits précédemment, quels diagnostics pouvez-vous suspecter ?
A Fracture maxillaire déplacée
B Fracture alvéolo-dentaire déplacée
€ Fracture mandibulaire déplacée
D Fracture déplacée du processus coronoïde de la mandibule
E Fracture de l'os tympanal isolé
2} Vous suspectez fortement une fracture de la mandibule. Quels signes cliniques pouvez-vous trouver ?
À Faralysie faciale par atteinte du rameau marginal mandibulaire
B Gingivorragie
€ Douleur à la palpation des reliefs mandibulaires
D Modification de l'articulé dentaire
E Hypoesthésie dans le territoire de la deuxième branche du nerf trijumeau {V2
V. Bilan d'imagerie
L'examen radiologique de référence à visée diagnostique en traurmatologie maxillo-faciale est
le scanner du massif facial en coupes osseuses inframillimétriques du vertex à l'os hyoïde, non
injecté, avec reconstructions multiplanaires et tridimensionnelles.
C'est un examen simple de réalisation, rapide et disponible dans l'ensernble des structures
de soins actuellement. Le scanner permettra de préciser le diagnostic lésionnel (type de frac-
ture, nombre, localisation, déplacement, caractère comminutif, hématome asssocié, etc.) et
d'orienter la prise en charge thérapeutique.
La radiographie panoramique dentaire ou orthopantomogramme peut être utile seulement en cas
de suspicion de fracture unifocale et peu déplacée de la portion dentée et de l'angle mandibulaire.
En effet, le panoramique dentaire ne permet pas une bonne appréciation des déplacements osseux
et fournit une visualisation limitée des régions condylienne et symphysaire (fig. 14.8 à 14,11),
Fig. 14.10. D scanner du massif facial en reconstruction tridimensionnelle montrant une fracture bifo-
cale mandibulaire, sous-condylienne basse droite déplacée et corpus gauche déplacé.
Fig. 14.11. E scanner du massif facial en reconstruction tridimensionnelle montrant une fracture trifocale
mandibulaire, de la symphyse mandibulaire et bi-sous-condylienne basse.
D Quiz 2
Dans le cadre du bilan traumatique de Monsieur M., vous prescrivez un scanner du massif facial, D'après les ico-
nographies présentées (fig. 14.12) quelle(s) est (sont) la (les) affirmation(s) exacte(s) ?
A Scanner en reconstruction 30
B Scanner en coupe sagittale fenétre osseuse
C Fracture sous-condylienne droite
D Fracture du corps mandibulaire gauche
E Fracture bifocale de la mandibule
Connaissances
Fig. 14.12. 3 Scanner du massif facial en reconstruction tridimensionnelle montrant une fracture bifocale
mandibulaire, sous-condylienne basse droite déplacée et corpus gauche déplacé.
A. Complications immédiates
+ Troubles respiratoires par œdème ou hématome du plancher, ou par aglossoptose. Cette
dernière complication très rare se rencontre lors des fractures plurifocales déplacées et/ou
comminutives des portions dentées mandibulaires notamment antérieures (fig. 14.13).
Troubles sensitifs labio-mentonniers pour les fractures déplacées passant par le canal
mandibulaire,
Fig. 14.13. © Scanner du massif facial en reconstruction tridimensionnelle montrant une fracture
mandibulaire plurifocale comminutive déplacée de la branche horizontale associée à une fracture
sous-condylienne basse gauche déplacée,
Fracture de la mandibule
* Infection : s'agissant de fractures ouvertes dans la cavité buccale, le risque septique est tou-
jours possible, en particulier en cas de lésion dentaire inflammatoire périapicale préexistante
au voisinage de la fracture où de fracture dentaire associée. En pratique, la prise en charge
thérapeutique habituellement rapide et la mise en route d'une antibioprophylaxie systéma-
tique, de même que là bonne vascularisation de la mandibule, ont rendu ce risque limité.
B. Complications secondaires
Trouble sensitif du nerf alvéolaire inférieur : hypoesthésie séquellaire
Ces troubles sont le plus souvent immédiats et transitoires en cas de simple contusion. Ils peuvent
être définitifs en cas de traurnatismes nerveux plus sévères (hypoesthésies, anesthésies, dysesthé-
sies ou paresthésies définitives). Les mêmes troubles peuvent étre secondaires à la chirurgie (étire-
ment du nerf lors de la réduction et ostéosynthèse). Ces troubles sensitifs peuvent évoluer vers une
symptomatologie douloureuse chronique de type névralgique, parfois extrémement invalidante.
A. Complications précoces
Troubles occlusaux et cinématiques
« _@ Troubles de l'articulé dentaire : principalement lié à la perte de hauteur de la branche
mandibulaire, par absence de prise en charge ou défaut de réduction de la fracture.
Troubles de la cinématique mandibulaire :
- limitations séquellaires de l'ouverture buccale {< 40 mm), de la propulsion mandibulaire
et de la diduction du côté opposé à l'ancienne fracture;
latéro-déviation du côté de l'ancienne fracture lors de l'ouverture buccale et de la pro-
pulsion mandibulaire ;
ces troubles sont liés à une diminution de l'amplitude des mouvements articulaires. 115
sont souvent définitifs.
s _ Dysfonction de l'articulation ternporo-rmandibulaire.
Les troubles occlusaux et cinématiques décrits ci-dessus ainsi que les lésions de l'appareil discal
survenues lors du traumatisme initial peuvent avoir pour conséquence, à court, moyen où
long terme, un dysfonctionnement articulaire se manifestant par la triade classique : douleur
ipré-auriculaire), bruits intra-articulaires (claquement, craquement, crissernent) et limitation de
l'ouverture buccale. Ces douleurs sont particulièrement résistantes aux antalgiques classiques
et le bilan radiologique conventionnel, en dehors des remaniements osseux liés au cal osseux,
est le plus souvent normal.
Connaissances
Ankylose temporo-mandibulaire
D c'est 12 complication la plus sévère, survenant essentiellement après une fracture condylienne
intra-articulaire (fracture capitale) ou à retentissement articulaire (fracture extra-articulaire forte-
ment déplacée avec lésions obligatoires de l'appareil capsulo-ligamentaire). L'ankylose se manifeste
cliniquement par une limitation progressive et chronique de l'ouverture buccale (« constriction
permanente des mächaires »} et s'explique radiologiquement par une fibrose, voire une ossifica-
tion progressive de la région articulaire (fig. 14.14). Si elle survient chez l'enfant en croissance, elle
s'accompagne d'un défaut de croissance mandibulaire avec une hypomandibulie.
Fig. 14.14. D scanner du massif facial coupe coronale fenêtre osseuse (A) et photographie de profil du
patient correspondant (B} montrant une ankylose bilatérale des articulations temporo-mandibulaires
responsable d'une hypo/rétro-mandibulie par trouble de la croissance mandibulaire.
B. Complications tardives
Troubles de la croissance mandibulaire
° Si fracture unilatérale : asymétrie avec latéro-déviation mandibulaire homolatérale à la
fracture puisque la croissance du côté sain reste normale, alors que celle du côté fracturé
est ralentie.
+ Sifractures bilatérales : hypo/rétro-mandibulie (voir fig. 14.14).
Situations de départ
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facial
Diagnostic positif Connaître les éléments de l'interrogatoire et de l'examen clinique à réaliser
dans le cadre d'un traumatisme facial
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser en première intention dans le cadre
6
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligatoires pour un patient victime d'une marsure animale“
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures inclusesi*
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
(c'est-à-dire luxation dentaire}*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures de mandibule
(pour l'ensemble des fractures, condyle inclus}*
Suivi etfou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle*
0000000060
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du zygoma*
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma*
Chirurgie maxillo-faciale
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Connaissances
Rubrique Intitulé
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=
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
©
de l'orbite
©, Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
du plancher de l'orbite
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite
00
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures des 05 nasaux
00006
Suiui et/ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des os nasaux*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort*
00
Identifier une urgence Connaître les éléments cliniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
00600
Identifier une urgence Traumatismes cräniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
1. Rappel anatomique
O:: plancher de l'orbite est une paroi osseuse fine séparant le contenu orbitaire (orbite et
périorbite) en haut du sinus maxillaire en bas. Il est composé principalement de l'os maxillaire
en médial et de l'os zygomatique en latéralité (fig. 15.1).
Le nerf infraorbitaire (deuxième branche du nerf trijumeau V2} chemine dans le canal infra-
orbitaire au sein du plancher de l'orbite.
Le plancher supporte, en position proclive, la périorbite, composée notamment de la graisse
périorbitaire et des muscles oculomateurs, ainsi que le globe oculaire (fig. 15.2).
Il. Définition
Les fractures isolées du plancher de l'orbite résultent d'un choc direct, antéropostérieur, sur
le globe oculaire. La pression sur le globe oculaire crée une hyperpression intraorbitaire à l'ori-
gine de la fracture par un mécanisme indirect. Le plancher est la paroi la plus vulnérable en
raison de sa très faible épaisseur (fig. 15.31.
Jo \
sinus maxillaire
Fig. 15.4. D Physiopathologie des fractures en trappe avec incarcération musculaire à travers le foyer
de fracture.
Fig. 15.5. 3 Physiopathologie des fractures effondrement avec hernie de la périorbite dans le sinus
maxillaire.
Source : Barbrel P Géré E. Fractures de l'orbite. EMC - Chirurgie arale et maxillo-faciale : 2001 [article 22-072-A-10].
Fracture du plancher de l'orbite
AU NU NN NME LL]
GG GE où a Où Où iQ Qi ai à à Ni à NN “ ARTE
Vignette clinique 2
Vous recevez un homme de 43 ans, qui a été victime d'un accident de handball. Alors qu'il était gar-
dien de but, il a reçu le ballon sur l'œil droit. À l'examen, ses deux paupières sont gonflées, on ressent
quelques crépitations à leur palpation. Son acuité visuelle est correcte, mais son oculomotricité est
limitée dans le regard vers le haut ; par ailleurs, quand il suit votre doigt, il décrit le voir en double et
se plaint de ne plus sentir sa lèvre supérieure.
Fig. 15.6. © Examen oculomoteur d'un patient présentant une fracture du plancher de l'orbite de type
trap-door avec incarcération musculaire.
À. En regard direct. B. En regardant vers le haut, l'œil droit est immobile, retenu par le muscle qui est incarcéré
dans le foyer de fracture. Cet examen est très douloureux et peut entraîner des vomissements en jet. Il s'agit d'une
urgence chirurgicale dans les 6 heures.
Fig. 15.7. © Photographie d'un patient présentant une fracture du plancher de l'orbite gauche type
blow-out.
Motez l'énophtalmie (œil paraissant plus petit, enfoncé comparativement au côté sain) ainsi que la dystopie
(pupille pas au même niveau considérant une ligne horizontale).
O Quiz 1
Vous êtes interne de garde en chirurgie maxillo-faciale. Vous êtes appelé par le médecin des urgences qui vous
demande un avis concernant la prise en charge d'un patient. | vous explique que ce patient, âgé de 24 ans, a été
amené aux urgences par 565 amis après avoir recu plusieurs coups de poing à l'hémiface supérieure gauche. || n'a
pas perdu connaissance, Le médecin des urgences suspecte une fracture du plancher de l'orbite avec incarcération
musculaire.
Fracture du plancher de l'orbite
Que dites-vous au médecin urgentiste afin de l'aider à étayer le diagnostic clinique d'incarcération du muscle droit
inférieur ?
A ll faut réaliser un scanner en urgence
B Il faut chercher en urgence une limitation douloureuse du regard vers le haut
C Il faut adresser le patient à un orthoptiste pour réaliser un test de Lancaster en urgence
D Il faut chercher en urgence une énophtalmie
E Il faut chercher une diplopie verticale
Solution | Solution
de continuité e } de continuité Ganal
\ infra-orbitaire infra-orbitaire
_—_—,, \ —,, \
Fig. 15.8. D scanner en coupe coronale, fenêtre osseuse. Il existe une solution de continuité au niveau
du plancher de l'orbite gauche, avec hernie du contenu orbitaire (muscle droit inférieur et graisse
orbitaire) dans le sinus maxillaire.
Fig. 15.9. D scanner du massif facial en coupe coronale en fenêtre osseuse (A) et tissu mou (B}. Il
existe un effondrement complet du plancher de l'orbite gauche, avec hernie du contenu orbitaire
{muscle droit inférieur et graisse orbitaire} au sein du sinus maxillaire.
SCHÉMAS DE LANCASTER
©. G mme +4
es me ces
een de mess ete ee ameme
CA CES CES
D Quiz 2
Vous confirmez le diagnostic de fracture du plancher de l'orbite gauche avec incarcération, Concernant la prise en
charge de ce patient, quelleis) est (sont) l' {les} affinmation(s}) exacte(s) ?
A Traitement chirurgical en urgence dans les 24 heures
B Traitement chirurgical en urgence différée
C Blocage maxillo-mandibulaire
D Traitement fonctionnel exclusif
V. Traitement
Systématique :
— antalgiques ;
— contre-indication au mouchage.
Fracture type trappe :
- urgence dans les 6 heures ;
— traitement chirurgical en urgence ;
— désincarcération musculaire et réfection du plancher de l'orbite : délai < 6 h idéalement ;
— test de duction forcée en pré- et post-désincarcération sous anesthésie général
{vidéo 15.1).
Fracture type effondrement :
— traitement à distance (2-21 jours) ;
— si persistance d'un trouble oculomoteur ou diplopie ;
- si énophtalmie résiduelle.
Compléments numériques
Des compléments numériques sont associés à ce chapitre. Ils proposent des vidéos indiquées
dans le texte par un picto - J, Pour voir ces compléments, connectez-vous sur http:/wvm,
emconsulte/e-complement/478543 et suivez les instructions.
Situations de départ
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Identifier
une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facial
Diagnostic positif Connaître les éléments de l'interrogatoire et de l'examen clinique à réaliser
dans le cadre d'un traumatisme facial
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en première intention dans le cadre
6)
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligatoires pour un patient victime d'une morsure
animale *
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures inclusesi*
60
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
(c'est-à-dire luxation dentaire}*
Définition Définition de la fracture de la mandibule*
608,
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures de mandibule
(pour l'ensemble des fractures, condyle inclus}*
Suivi etfou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du candyle*
00000D0e0O
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
Rubrique Intitulé
ne
[re]
Ex
=
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite*
616
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
de l'orbite*
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
©
du plancher de l'orbite*
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite*
00
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire *
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures des 05 nasaux*
0006
Suivi et/ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des os nasaux*
Diagnostic positif Connaître les signes diniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort*
60
Identifier une urgence Connaître les éléments cliniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial*
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
600
Identifier une urgence Traumatismes cräniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
©
précoces"
1. Rappel anatomique
O1: zygoma, correspond à l'os de là pommette, Il s'agit d'un os pair (droit et gauche) décrit
comme un trépied, et ne présentant pas de surface articulaire.
D présente une forme pyrarnidale ou de tripode. Il rejoint :
+ l'os frontal (suture fronto-zygomatique) : au niveau de la paroi latérale de l'orbite ;
+ l'os temporal : au niveau du processus zygomatique;
+ le maxillaire : au niveau du plancher de l'orbite et du sinus maxillaire.
L'os zygomatique est en lien avec les muscles élévateurs de la mandibule :
+ le masséter, qui s'insère sur le processus zygomatique et sur le bord postérieur du corps du
zygomà ;
° le muscle temporal, qui chemine en dedans du processus zygomatique.
L'os zygomatique est en lien avec la périorbite et constitue une partie de la paroi latérale et du
plancher de l'orbite respectivement en dehors et en bas de l'orbite.
À noter la branche infraorbitaire du nerf sensitif V2, en lien avec l'os maxillaire, qui chemine
ensuite dans le plancher orbitaire (fig. 16.1).
Fracture-disjonction du zyg0ma
Suture
fronto-
zygamatique
Os frontal
Foramen infra-
orbitaire
Os
illai
rte ue f | Suture # Muscle
LI L'un | à temporo- | ALT ES masséter
zygomatique
Suture
Processus
maxillo-zygomatique
zygomatique
Il. Définition
Les fractures classiques du zygoma (= fractures-disjonctions du zygoma) sont des fractures
survenant après un choc direct sur là pommette.
Elles associent toujours trois foyers de fracture (fig. 16.1) :
* autour de la suture fronto-zygomatique : fracture de la paroi latérale de l'orbite :
* autour de la suture temporo-zygomatique : fracture du processus zygomatique;
* autour de la suture maxilla-zygomatique : fractures du sinus maxillaire (paroi antérieure,
latérale, postérieure, supérieure = plancher de l'orbite).
“a4! “ “ “ h “ dr
al a!pie
& a "n “ “ M M il rl el4! al"n “ “
is clinique
Un jeune homme se présente au service d'accueil des urgences dans les suites d'une rixe. || a reçu un
violent coup de poing à gauche.
Il présente un œdème du tiers moyen à gauche, avec un œdème de la paupière inférieure, une hémor-
ragie sous-conjonctivale, une épistaxis minime.
La palpation du tiers moyen de la face est douloureuse, vous percevez des crépitants autour de la
paupière gauche. Il présente par ailleurs une bonne acuité visuelle, malgré une diplopie quand il élève
le regard. Il se plaint par ailleurs d'une difficulté à ouvrir la bouche et une insensibilité de la lèvre
supérieure gauche.
_ Suture
tnt
Æroamaliques
Processus
Eporresliquee
Fig. 16.3. EE Vues de face (A), en plongée (B) et contre-plongée (C) d'un patient présentant une frac-
ture du zygoma droit.
À noter la présence d'une hémorragie sous-conjonctivale droite et d'une ecchymose palpébro-jugale droite.
Fracture-disjonction du zyg0ma
Quiz 1
Vous recevez, au service d'accueil des urgences, une jeune ferme de 34 ans, victime d'un accident de sport (boxe).
Elle présente un œdème palpébral inférieur droit, une hypoëesthésie dans le territoire para-latéro-nasal droit.
1) Quelles sont les deux fractures les plus probables à éliminer chez cette patiente ?
A Fracture de Le Fort Il
B Fracture-disjonction du zygoma
C Fracture de la paroi médiale du plancher de l'orbite
D Fracture du plancher de l'orbite
E Fracture des os nasaux
Vous suspectez fortement une fracture du zygoma.
2) Quels signes cliniques avez-vous pu trouver, qui n'existent pas dans les fractures du plancher de l'orbite ?
Exophtalmie
ONmE
Énophtalmie
Douleur à la palpation de rebord orbitaire inférieur
Modification de l'articulé dentaire
Ouverture buccale mesurée à 22 mm
Emphysème palpébral
TIM
SCHÉMAS DE LANCASTER
Des de Eos oo et cmd de DS
an Ed om nd La dd
Lliate) nel
En coupe coronale :
Suture
fonto- - fracture du plancher
zygomatique de l'orbite (1}
Processus — fracture de la parai
zygomalique latérale de l'orbite (2)
- fracture de la paroi (3)
Suture latérale du sinus
| temooro- maxillaire
Suture =— f zygomatique + hémosinus en fonction
maxilko- à D - D Processus ï
zygomatique | OR yaomatique du niveau de coupe
"Fracture disjonction
au zygoma : atteinte
des trois subures
En coupe axiale :
— fracture dé la paroi antérieure
du sinus maxillairé (A)
— fracture de la paroi latérale
de l'orbite (2}
— fracture de la paroi postérieure
du sinus maxillaire (GC)
— hémosinus (niveau hydro-aérique) (B)
- fracture du processus zygomatique (D)
Fig. 16.5. Æ Explicatifs des signes scanographiques et liens avec les fractures et leur anatomie.
Fracture-disjonction du zygorma
Fig. 16.6. E Scanner du massif facial en coupe axiale et reconstruction tridimensionnelle d'une frac-
ture du zygoma droit (correspondant au patient photographié sur la fig. 16.3).
Quiz 2
Vous prescrivez un scanner du massif facial dont une image clé vous est présentée (fig. 16.7).
1) De quelle coupe s'agit-il ?
2) À quelle structure anatomique corrrespond (1) ?
Fig. 16.8. [5 RO Séquelle morphologique chez une patiente présentant une fracture du zygoma gauche
déplacée initialement non opérée.
Scanner en coupe axiale (A) et reconstruction tridimensionnelle (B) vue de face et en contre-plongée
de la patiente, mettant en évidence l'enfoncement séquellaire de sa pommette gauche.
Planification préopératoire (C) d'une ostéotomie du zygoma gauche pour correction de cet
enfoncement.
+ Signes cliniques en lien avec les trois zones de disjonction : ils sont résumés sur la figure 16.2,
* © Éliminer une urgence ophralmologique +++.
« Examen complémentaire de référence : scanner du massif facial sans injection de produit de contraste.
Situations de départ
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facial
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligatoires pour un patient victime d'une morsure
animale"
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures incluses}*
60
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
(c'est-à-dire luxation dentairei*
Définition Définition de la fracture de la mandibule*
00
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures de mandibule
(pour l'ensemble des fractures, condyle inclus}*
Suivi et/ou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle*
0 0000E060
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du zygoma*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma"*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite”
060
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
de l'orbite*
Chirurgie maxillo-faciale
© 2024, Elsevier Masson SAS. Tous Les droits sont réservés
Fracture des 06 näsaux
Rubrique Intitulé
6r#f
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
du plancher de l'orbite*
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite*
00)
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire *
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures des os nasaux
000606
Suivi et'ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des 05 nasaux
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort*
00
Identifier une urgence Connaître les éléments cliniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial*
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
060
Identifier une urgence Traumatismes cräniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
I. Rappel anatomique
D: pyramide nasale est constituée d'éléments osseux et cartilagineux (fig. 17.14 et Bi:
“ OSSEUX :
- branches montantes du maxillaire ou processus frontal du maxillaire,
— OS Nasaux ;
* cartilagineux :
— septum nasal (soutenu par la cloison osseuse : le vomer),
- cartilage triangulaire,
- Cartilage alaire.
La vascularisation artérielle des fosses nasales est riche et tributaire des systèmes carotidiens
interne et externe, par l'intermédiaire des artères ethmoïdale et sphénopalatine, Il existe de
nombreuses anastomoses avec des artérioles dépourvues de membranes élastiques internes
avec un pouvoir vasoconstrictif faible, expliquant le risque hémorragique dû aux épistaxis
(fig. 17.1C).
Il. Définition
La fracture des os nasaux, concerne la pyramide nasale,
Elle est à différencier des fractures associées incluant les os nasaux, comme les fractures de
Le Fort Il et Ill ou les fractures du complexe naso-ethmoïdo-maxillo-fronto-orbitaire (CNEMFO)
(fig. 17.2).
@ 1: fracture des os nasaux, est la fracture la plus fréquente en traumatologie faciale, elle est
secondaire à un traumatisme direct sur la pyramide nasale.
Connaissances
Tissu fibro- g
adipeux Épine nasale
de l'aile du nez CON : le à F À antérieure
A Suture intermaxillaire
Vue antéro-latérale
O5 frontal
Os nasaux
CH Branche latérale
cartilage alaire
Branche médiale
B Foramen infra-orbitaire
Canal incisit
Charnière schématique
Rameau nasal médial
du nerf ethmaïdal antérieur
Merf naso-palatin
Rameau nasal latéral
du nerf ethmoïdal antérieur
Rameau nasal
externe
du nerf
ethmoidal
antérieur
Foramen
sphéno-palatin
{réséqué]
Rameaux
naSsaux intérnes Ganglion
du nerf ptérygo-palatin
infra-orbitaire Nerf du canal
ptérygordien
inerf vidien)
Canal incisif
MNerts petits palatins
Vignette clinique
Vous recevez un homme de 40 ans dans les suites d'un accident de sport (boxe) datant de la veille. Il
a reçu un coup sur le visage n'a pas perdu connaissance mais a ressenti un craquement dans la région
nasale et a présenté une épistaxis tarie bilatérale.
À l'examen, il présente une ecchymose périorbitaire gauche, une douleur à la palpation de la pyramide
nasale exclusivement (fig. 17.3). Le reste de l'examen maxillo-facial et normal.
Fig. 17,4. A] Photographie de patient présentant une fracture déplacée des os nasaux.
A. Déplacement sagittal. B. Déplacement frontal.
© Quiz 1
Voir la vignette clinique.
Vous suspectez une fracture des os nasaux, Quels éléments de l'anamnèse ou de l'examen clinique ne sont pas
compatibles avec ce diagnostic ?
A Épistaxis importante la veille, ayant nécessité un méchage antérieur
B Perte de la sensibilité de l'aile du nez
C Troubles de l'occlusion dentaire
D Obstruction nasale complète unilatérale
E Écoulement de liquide cérébrospinal
Connaissances
+ une fracture des os nasaux associée à un traumatisme plus complexe (CNEMFO) (voir
fig. 17.2).
© Quiz 2
Voir la vignette dinique et la figure 17.3,
Votre examen dlinique est en faveur d'une fracture des os nasaux, Quel examen complémentaire est indispensable
au diagnostic et à la prise en charge (QROC) ?
Situations de départ
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traurmatisé facial
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligataires pour un patient victime d'une morsure animale”
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures incluses}*
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
(c'est-à-dire luxation dentaire)*
Définition Définition de la fracture de la mandibule*
60
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures de mandibule
{pour l'ensemble des fractures, condyle inclus)*
Suivi etfou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle*
0000060
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du zygoma*
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma*
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Connaissances
Rubrique Intitulé
pe]
Eu
Le}
=
Définition Définition d'une fracture du plancher de l'arbite*
60680
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite"
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
de l'orbite“
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
©
du plancher de l'orbite*
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite*
00
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire *
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures des 05 nasaux*
00006!
Suivi et/ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des os nasaux*
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort
Identifier une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort
0606
Identifier une urgence Connaître les éléments diniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial
Examens complémentaires Connaître las examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort
0608
Identifier une urgence Traumatismes crâniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
I. Rappel anatomique
@ De manière schématique, on peut considérer que le massif facial moyen ou étage moyen
de là face est composé de trois unités anatomiques (fig. 18.1) :
latéralement : les os zygomatiques ;
médian supérieur : les os nasaux ;
+ médian inférieur : l'os maxillaire se prolongeant en arrière par l'os palatin (également
appelé processus palatin de l'os maxillaire).
Fig. 18.1. [| Représentation schématique des trois unités anatomiques du massif facial moyen ou
étage moyen de la face.
Fracture-disjonction cranio-facialé où occlusa-faciale de Le Fort
Le massif facial moyen est immobile. En effet, les trois unités anatomiques précédemment citées
sont solidaires entre elles (sutures osseuses de la face). Par ailleurs, le massif facial moyen est fixé
à la base du crâne via la suture ptérygo-maxillaire unissant le processus palatin du maxillaire (côté
massif facial moyen) et les processus ptérygoïdes de l'os sphénoïde (côté base du crâne) fig. 18.2).
La sensibilité de l'étage moyen de la face est sous la dépendance de la deuxième branche du
nerf trijumeau (V® paire de nerfs cräniens), appelée nerf maxillaire (V2) (fig.18.3). Le territoire
innervé par cette branche nerveuse est le suivant : aile du nez, partie supérieure de la joue et
région paranasale, hémi-lèvre supérieure, arcade dentaire et muqueuse maxillaire.
nù Os frontal
Os nasal : ji Ouverture du sinus sphénoïdal
Ethmoïde À D
Lame criblée e à Foramen sphéno-palatin
Os lacrymal F ji Sphénoïde
Lame horizontale
Ï
À LcdCi
Fig. 18.2. ES Représentation schématique des rapports entre les différentes régions anatomiques du
massif facial moyen ou étage moyen de la face.
Source : Atlas Netter d'anatomie humaine. 5° édition. Is5y-les-Moulineaux : Elsevier Masson ; 2023.
Fig. 18.3. EI Représentation schématique du massif facial et de ses rapports avec les différentes
branches du nerf trijumeau sensitif.
Source : Drake R, et al. Gray's Anatomy for Students. 4* ed. Philadelphia : Elsevier ;: 2020.
Connaissances
Il. Terminologie
Le professeur René Le Fort (1869-1951) à défini en 1901 une classification des fractures
occluso-faciales qui a été universellement adoptée. Cette classification est fondée sur la
hauteur du trait de fracture du massif facial moyen. En postérieur, la fracture des processus
ptérygoïdes est un critère obligatoire pour établir le diagnostic de fracture de Le Fort. En
antérieur, c'est la hauteur du trait qui définit le type de fracture, Le Fort 1, Il ou Il (fig. 18.4 et
tableau 18.1).
À noter que les fractures de Le Fort sont par définition bilatérales. Ainsi en cas de fracture de
Le Fort unilatérale, on parlera de fracture d'hémi-Le Fort 1, Il ou Ill fig. 18.4 et tableau 18.1).
Par ailleurs, toutes les associations sont possibles : par exemple, un patient peut présenter une
fracture-disjonction de Le Fort | + hémi-Le Fort Il droit.
Ainsi l'examen doit d'abord chercher à éliminer une urgence vitale (neurologique, respiratoire,
hémodynamique) puis être systématique, bilatéral et comparatif afin de ne pas omettre de
chercher une urgence fonctionnelle {atteinte du globe oculaire et/ou brèche astéoméningée
pour les fractures-disjonctions de Le Fort Il et Il).
MANN ù A NN l ! MANU EN
Œ A! G! BI A GI I GI OU I EG OÙ GO GI A I A O1 E &! AE! &! El & 4 &i 4
Vignette clinique
BE \ous êtes interne de garde en chirurgie maxillo-faciale. Vous êtes appelé par le médecin des
urgences qui vous demande de l'aider à prendre en charge un patient, âgé de 25 ans, victime d'agres-
sion et amené par les pompiers. || aurait reçu des coups de poing et coups de pied violents au visage.
Le patient ne présente aucune défaillance vitale et est très douloureux. À l'interrogatoire, difficile du
fait de la douleur, le patient vous signale qu'il à l'impression que ses dents « ne se touchent pas comme
avant » et qu'il n'arrive pas à manger car il a l'impression que sa « mâchoire supérieure bouge ».
Vous notez à l'inspection l'existence d'ecchymoses de la face, en particulier périorbitaires bilatérales,
associées à une épistaxis tarie sans écoulement liquidien clair actuellement. Vous notez également une
occlusion palpébrale très limitée avec un visage très œdématié. Il existe une impotence fonctionnelle
douloureuse (ouverture et fermeture buccale impossible). La tentative de fermeture de la bouche
entraîne des mobilités osseuses. L'articulé dentaire paraît anormal puisqu'il existe un contact molaire
prématuré bilatéral avec une béance antérieure.
À la palpation, après avoir éliminé une atteinte oculaire, vous notez des douleurs et une déformation de
la pyramide nasale qui paraît enfoncée et un télécanthus. À la palpation des rebords infra-orbitaires, vous
notez une interruption du relief osseux de la margelle infra-orbitaire avec existence d'une marche d'escalier
très douloureuse. Il existe enfin une hypoesthésie bilatérale sous-orbitaire et labiale supérieure bilatérale.
Fig. 18.6. D Photographie d'un trouble de l'articulé type béance antérieure avec recul du maxillaire.
On note aussi la présente un décalage entre les dents 21-11, témoin d'une probable disjonction intermaxillaire.
Fracture-disjonction cranio-faciale ou occluso-faciale de Le Fort
Quiz 1
Vous recevez en urgence M. X., victime d'un accident de la voie publique (scooter, casqué). M. [Link] présente
aucun signe de gravité et est cohérent dans 5es propos. À l'interrogatoire, il vous signale qu'il à très mal au visage
en particulier le centre du visage. Bien qu'il ait saigné du nez après l'accident, le saignement s'est arrêté spontané-
ment. Par ailleurs, il a l'impression que ses dents ne se touchent pas comme avant et que ça lui fait mal aux dents
quand il essaye de manger, Enfin, quand il touche sa joue, il a l'impression que « c'est comme du carton, comme
quand je vais chez le dentiste pour mes soins *. Le reste de l'examen est sans particularité. D'après le contexte et
les éléments précédents, quels diagnostics pouvez-vous suspecter ?
A Fracture centro-faciale de type complexe naso-ethmoïdo-maxillo-fronto-orbitaire (CNEMFO)
Fracture orbito-zygomatique déplacée isolée
Fracture-disjonction de Le Fort |
Fracture-disjonction de Le Fort Il
Fracture-disjonction de Le Fort Il
Fracture du sinus frontal
Connaissances
V. Bilan d'imagerie
© L'examen radiologique de référence à visée diagnostique en traumatologie maxillo-faciale
est le scanner du massif facial en coupes osseuses inframillimétriques du vertex à l'os hyoïde,
non injécté, avec reconstructions multiplanaires et tridimensionnelles.
C'est un examen simple de réalisation, rapide et disponible dans l'ensemble des structures de
soins actuellement. Le scanner permettra de préciser le diagnostic lésionnel (type de fracture,
nombre, localisation, déplacement, caractère comminutif, hématome associé, etc.) et d'orien-
ter la prise en charge thérapeutique,
Quel que soit le type de fracture de Le Fort, il existe obligatoirement une fracture des pro-
cessus ptérygoïdes. Celles-ci sont plus facilement observées en coupes osseuses coronales
et axiales (fig, 18,7}, Le reconstruction tridimensionnellé permet d'explorer la hauteur
des traits de fracture en antérieur et de définir précisément le type de fracture de Le Fort
(fig. 18.8).
Fracture ptérygoïde obligatoire
Fig. 18.7. D Scanner du massif facial en fenêtre osseuse coupe coronale et axiale montrant une frac-
ture des processus ptérygoïdes de l'os sphénoïde, définissant une fracture-disjonction de Le Fort.
À noter, le pneumorbite faisant également suspecter une fracture des parois orbitaires (Le Fort Il et/ou lil).
Fig. 18.8. D Scanner du massif facial en fenêtre osseuse coupe coronale et axiale puis en reconstruc-
tion tridimensionnelle montrant l'ensemble des traits de fracture chez un patient (celui de la fig. 18.5)
présentant une fracture-disjonction ou occluso-faciale de type Le Fort | + II.
Fracture-disjonction cranio-faciale ou occluso-faciale de Le Fort
D Quiz 2
Dans le cadre du bilan traurmatique de M. X,, vous prescrivez un scanner du massif facial fig. 18.9). D'après les
iconographies présentées, quelle(s} est (sont) l' (les) affirmation(s) exacte(s) ?
A Scanner en reconstruction 30
B Scanner en coupe sagittale fenêtre osseuse
C Fracture-disjonction de type Le Fort |
D Fracture-disjonction de type Le Fort Il
E Fracture bifocale mandibule
A. Complications précoces
* _ Neurologique = atteinte de l'étage antérieur de la base du crâne :
- brèche ostéoméningée :
— intérêt de chercher systématiquement une brèche ostéoméningée pour prévenir une
méningite précoce par volé ascendante,
bien que rare, la rhinorrhée de liquide cérébrospinal est fréquemment masquée par
l'épistaxis associée,
dans le cas d'une rhinoliquorrhée claire, abondante, le diagnostic positif est évident
et l'imagerie à pour but la localisation de la brèche,
si l'écoulement est peu abondant ou intermittent, la détection de la protéine béta-
2-transferrine dans la liquorrhée permet de faire le diagnostic positif biologique de
brèche. Par ailleurs, la découverte au scanner d'une pneumencéphalie témoigne d'une
Connaissances
° D Connaître l'anatomie du massif facial moyen ou étage moyen de la face garantit la compréhension
des fractures-disjonctions de Le Fort.
* Une fracture de Le Fort est une fracture responsable d'une mobilité du massif moyen de la face par
rapport à la base du crâne. Cette mobilité ne peut se concevoir qu'en cas de fracture des processus pté-
rygoïdes (pathognomonique : fracture ptérygoïde = Le Fort).
+ L'irradiation du trait de fracture en antérieur va définir trois types de fracture :
- une unité anatomique mobile = Le Fort | ;
— deux unités anatomiques mobiles = Le Fort Il ;
— trois unités anatomiques mobiles = Le Fort Il.
« O'En raison de la violence du choc à l'origine des fractures, tous ces patients doivent être considérés
comme des traumatisés cräniens jusqu'à preuve du contraire : examen systématisé du traumatisé facial
our éliminer une urgence vitale ou fonctionnelle.
+ 2 Signes cliniques communs quel que soit le type de fracture de Le Fort :
- trouble de l'articulé dentaire :
- impotence fonctionnelle.
* Signes cliniques spécifiques :
- Le Fort |: palpation et mobilisation douloureuses du plateau palatin ;
- Le Fort Il et Il : signes de fracture et mobilité du nez, du plancher/paroi médiale d'orbite ainsi que du
zygoma,
+ Toujours chercher une brèche ostéoméningée :
— clinique : rhinoliquorrhée ;
- paraclinique : scanner (pneumencéphalie : irradiation des traits de fracture sur la base du cräne anté-
rieur) ; biologie (détection de la protéine béta-2-transferrine dans la liquarrhée }.
- prise en charge : prévention de la méningite bactérienne (vaccination, pas d'antibiotique ou d'anti-
pyrétique, avis neurochirurgical).
* L'examen diagnostique de référence en traumatologie maxillo-faciale est le scanner du massif facial en
coupes osseuses millimétriques et reconstruction 3D, du vercex à l'os hyoïde, non injecté.
Situations de départ
M 174 Traumatisme facial.
M 225 Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale.
Identifier une urgence Identifier les urgences vitales et fonctionnelles du traumatisé facia
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en première intention dans le cadre
0e
Diagnostic positif Connaître les déclarations obligatoires pour un patient victimé d'une morsure
animale*
Prise en charge Connaître les principes thérapeutiques des plaies de la face (morsures incluses)*
60
Diagnostic positif Connaître le traumatisme dentaire nécessitant une prise en charge urgente
{c'est-à-dire luxation dentaire)
Définition Définition de la fracture de la mandibule*
0D
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures de mandibule
{pour l'ensemble des fractures, condyle inclus}*
Suivi et/ou pronostic Connaître le risque d'ankylose articulaire après fracture du condyle*
0000060
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de mandibule*
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures du zygoma”
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture du zygoma*
Diagnostic positif Connaître les signes diniques présents dans les fractures du plancher de l'orbite*
Chirurgie maxillo-faciale
© 2024, Elsevier Masson SAS. Tous Les droits sont réservés
Traumatisme alvéclo-dentaire
Rubrique Intitulé
06,5
Identifier une urgence Reconnaître les critères d'incarcération musculaire dans une fracture du plancher
de l'orbite*
Examens complémentaires Connaître les examens à réaliser en urgence dans le cadre d'une fracture
6
du plancher de l'orbite*
Contenu multimédia Scanner d'une fracture du plancher de l'orbite*
DO
Prise en charge Connaître les principes du traitement d'une fracture du plancher de l'orbite
avec incarcération musculaire *
Diagnostic positif Connaître les signes cliniques présents dans les fractures des os nasaux*
0006)
Suivi et'ou pronostic Connaître les critères de gravité d'une fracture des 05 nasaux*
Diagnostic positif Connaître les signes diniques communs et spécifiques des différents types
des fractures de Le Fort*
Identifier
une urgence Connaître des risques fonctionnels et vitaux des fractures de Le Fort"
60
Identifier une urgence Connaître les éléments cliniques d'une brèche cérébrospinale dans le cadre
d'un traumatisme facial"
Examens complémentaires | Connaître les examens à réaliser dans le cadre d'une fracture de Le Fort*
06080
Identifier une urgence Traumatismes cräniens de l'enfant : évaluation de la gravité et des complications
précoces *
DENTURES DÉFINITIVES
DENTURES TEMPORAIRES
Vignette clinique
Vous recevez un enfant de 10 ans, qui à chuté ce jour en courant dans là cour de l'école, et dit être
tombé sur la mächoire supérieure. Il présente un saignement au collet de la dent 53.
Ilne présente pas de douleur à la palpation des os de la face : en revanche, il existe une plaie simple de
la gencive attachée entre les incisives droites.
À l'examen, on constate une fracture de la couronne sans exposition pulpaire de la dent 53. L'alvéole
de l'incisive latérale définitive droite est vide, l'incisive centrale droite est subluxée.
À. Traumatisme de la dent
1. Contusion dentaire
@ Elle se manifeste par des douleurs dentaires post-traumatiques spontanées, provoquées ou
exacerbées par la morsure ou le froid, pouvant persister plusieurs heures, voire plusieurs jours,
sans anomalie clinique et/ou radiographique. La surveillance de la vitalité dentaire (par des
tests thermiques ou, mieux, électriques au testeur de pulpe) s'impose.
Fig. 19.2. © Fracture de la couronne dentaire des dents 11-21 avec exposition pulpaire.
Traumatisme alvéclo-dentaire
@ Dans le cas contraire, la douleur doit être soulagée par l'application rapide d'un vernis pro-
tecteur sur la tranche de fracture.
Dans les deux cas, il faut envisager dans les meilleurs délais une réparation de la couronne
dentaire. Si le fragment de couronne à pu être retrouvé et conservé, celui-ci peut être
recollé à l'aide de colles spéciales. Dans le cas contraire, la réparation fait appel à des résines
composites.
3. Fracture radiculaire
Une fracture radiculaire est suspectée devant une douleur dentaire exagérée par la mor-
sure et/ou une mobilité dentaire. Un cliché rétro-alvéolaire précise l'emplacement du trait
de fracture.
B. Traumatisme alvéolo-dentaire
1. Luxation dentaire (en denture définitive)
O1: luxation alvéolo-dentaire peut être incomplète ou complète.
|
Fig. 19.3. © Subluxation des dents 31-41.
Luxation complète
© 1: dent est totalement expulsée de son alvéole (fig. 19.4).
Si l'état du parodonte le permet et si la dent a été retrouvée, une réimplantation et une
contention doivent être effectuées le plus rapidement possible, au mieux dans l'heure qui
suit le traumatisme, et ce d'autant plus que le patient est jeune. La dent elle-même doit être
conservée dans un milieu humide jusqu'à sa réimplantation (sérum physiologique additionné
de pénicilline, salive du patient ou lait à défaut).
Connaissances
3. Fracture alvéolo-dentaire
O | s'agit d'une fracture de l'os alvéolaire entraînant une mobilité d'un bloc de plusieurs
dents, celles-ci étant intactes (fig. 19.5).
4. Ingressions dentaires
@ Elles sont fréquentes chez l'enfant, les dents sont ingressées (= impactées) dans l'os alvéo-
laire. La radiographie rétro-alvéolaire et l'orthopantomogramme font le diagnostic. Une
consultation dentaire doit être programmée dans les 48 heures.
Quiz
@ Rire la vignette clinique plus haut.
1) Quelle est la dent 53 (QROC) ?
Traumatisme alvéclo-dentaire
2} Parrni les lésions de cet enfant, lesquelles nécessitent une réparation en urgence ?
A Saignement gingival
B Flaie gingivale
C Traumatisme de la dent 53
D Traumatisme de l'incisive latérale
E Traumatisme de l'incisive centrale
3} Quel est le diagnostic concernant l'incisive latérale : diagnostic + numéro de la dent (QROQC) ?
4) L'incisive centrale est-elle une dent temporaire (QROC) ?
+ © Tout traumatisme dentaire nécessite un avis pour un suivi odontologique par la suite.
+ Connaître là numérotation des dents.
* Les traumatismes dentaires nécessitant un traitement en urgence sont les suivants :
- luxation et subluxation de dents définitives :
- luxation alvéolo-dentaire ;
- fracture de la couronne avec exposition pulpaire.
Réponses au quiz
1) Canine maxillaire droite temporaire
2) D, E
3) Luxation complète de là 12
4) Mon (permanente)
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Entrainement
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Dossiers progressifs et
key-features problems (KFP)
Énoncés et questions
A M.Z. présente un hématome pérniorbitaire gauche
B M. 2. présente une dacryocystite gauche
€ M2 présente une épistaxis tarie
D M. Z, présente une limitation de l'élévation du
Dossier progressif 1 globe oculaire gauche
Vous êtes interne de garde en chirurgie maxillo-faciale.
E M.Z. présente une plaie de la pointe du nez
Vous êtes appelé par le médecin des urgences qui vous
demande de l'aider à prendre en charge M. Z. âgé de D Question 3 - QRM
55 ans, victime d'une agression en sortant du métro Vous poursuivez l'examen de M. Z. en lui demandant
ét amené par les pompiers en salle de déchocage. Il de fermer la bouche et de serrer les dents au maxi-
aurait été frappé au sol à plusieurs reprises. M. Z. n'a mum. À l'aune de l'examen de l'articulé dentaire,
plus aucun souvenir de l'accident et est très doulou- vous évoquez une fracture sous-condylienne gauche,
reux, Quelles sont les affirmations exactes ? quelle(s} est (sont) l'{lés) affirrmation(s) exacte(s) 7
Question 1 - QRM A M. Z. présente un contact molaire prématuré à
droite
À Il s’agit d'un traumatisé crânien jusqu'à preuve du
B M2. présente une béance molaire à droite
Entrainement
contraire
Il faut chercher des signes de gravité neurologique C M.2Z. ne présente pas de trouble de l'articulé den-
taire
Il faut chercher des signes de gravité ophtalmo-
logique D M. 2. présente une hypersalivation témoin d'une
atteinte des glandes salivaires principales
Il faut chercher des fractures coronaires dentaires
en urgence © Question 4 - QRU
I faut chercher une hypoesthésie dans le territoire Vous expliquez à M. Z. qu'il présente un trouble de
du nerf alvéolaire inférieur en urgence l'articulé dentaire avec béance molaire prématurée
à droite, Dans ce contexte, quel examen prescrivez-
E Question 2 - QRM vous en première intention pour étayer le diagnostic
M. Z. ne présente finalement aucun signe de gravité. face à ce traumatisme et éliminer d'autres fractures
Il vous raconte qu'après l'agression, il à saigné du nez, du massif facial ?
mais heureusement il s'est bien lavé le nez et aucun
A Panoramique dentaire ou arthopantomogramme
saignement n'a récidivé, D'après les éléments précé-
dents et l'inspection (fig. 20.1), quelleis) est (sont) B Scintigraghie osseuse
l° (les) affirmation(s) exacte(s) ? € Imagerie par résonance magnétique (IRM} massif
facial
D Tomodensitométrie (TDM} massif facial
E Radiographie du rachis cervical
Dossier progressif 2
Vous recevez en consultation une patiente de 50 ans
venant pour une lésion blanche de la cavité buccale non
détachable au grattage et persistante depuis 1 mois,
malgré l'arrêt du tabac il y a 15 Jours. Votre examen met
Fig. 20.1 en évidence une lésion mal limitée du plancher buccal
Chirurgie maxillo-faciale
& 2024, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés.
Connaissances
O Question 3 - QRM
Quels diagnostics cherchez-vous à éliminer en réali-
sant ces examens ?
A Une dissection carotidienne droite
B Une tumeur hypophysaire
Fig. 20.2 € Une tumeur na5o-sinusienne
D Une névralgie du trijumeau
D Question 1 - QROC E Uné thrombose du sinus caverneux
Quel est votre diagnostic clinique concernant la lésion
blanche ? © Question 4 - QROC
Ces examens sont normaux; 2 heures plus tard la
@ Question 2 - QROC crise est passée. Pouvez-vous poser le diagnostic d'al-
Que réalisez-vous en premier lieu chez cette patiente gie vasculaire de la face ?
concernant là lésion du plancher ?
[8 | Question 5 - QRM
D Question 3 - QRM Quels sont les traitements de première intention des
Votre biopsie conclut à une dysplasie sévère avec un crises d'algie vasculaire de la face ?
foyer de carcinome épidermoïde infiltrant. Quels exa-
A Antalgique de palier IIl
mens complémentaires réalisez-vous dans le cadre du
bilan de cette lésion ? B Anti-inflammatoire non stéroïdien
A TEP-scanner C Antalgique de palier Il
B Scanner cervico-facial D Sumatriptan sous-cutané
C IRM cervico-faciale E Oxygénothérapie à haut débit
D Fibroscopie bronchique
E Panoramique dentaire Dossier progressif 4
ME R., 60 ans, vient vous voir pour des accès doulou-
reux, survenant dès qu'elle se met du rouge à lèvres au
Dossier progressif 3 niveau de la lèvre supérieure gauche depuis 2 semaines.
M.F, 55 ans, est admis aux urgences pour une douleur Ces crises surviennent en salve, sont très brèves mais très
faciale intense du côté droit. La douleur est survenue intenses, avec une irradiation jugale et sont suivies d'une
brutalement il y a maintenant 2 heures. À l'examen, le période réfractaire, Elle n'a pas d'antécédent particulier.
patient ne tient pas en place. Il décrit une douleur orbi- Vous suspectez une névralgie trigéminale classique.
taire intense irradiant dans le crâne. Il n'y à pas de pho-
nophotobie, Vous notez un érythème de la région orbi-
© Question 1 - QRM
taire, associé à un larmoiement, Dans ses antécédents, Que trouve normalement votre examen clinique ?
on trouve simplement la notion d'un tabagisme actif. A Une hypoesthésie du territoire V2 gauche
Il rapporte également un traumatisme cervical survenu B Une paralysie faciale gauche
il y à 2 jours en disputant un match de rugby amical. C Une hyperesthésie du territoire V2 gauche
O Question 1 - QRU D Une anesthésie cornéenne
Quel diagnostic vous suspectez en prernière hypothèse 7 E L'examen clinique est normal
A Une névralgie du trijumeau
B Une algie vasculaire de la face
© Question 2 - QRU
Quel est le nombre de crises nécessaire au diagnostic
€ Une cellulite dentaire maxillaire de névralgie trigéminale classique ?
D Un zona du V1 A à
E Uné migraine E 3
Dossiers progressifs et key-features problems (KFP)
C 4 © Question 2 - QRU
D 5 Quel examen complémentaire réalisez-vous pour
E Plus de 10 asseoir votre diagnostic 7
À Un prélèvement à visée mycologique
[8 | Question 3 - QRU
Quel traitement introduisez-vous en première intention ? B Une imagerie cervica-faciale injectée
A Carbamazépine C Une biopsie de la muqueuse linguale envoyée
fraîche pour immunofluorescence
B Gabapentine
D Une biopsie de là muqueuse linguale envoyée fixée
€ Antalgique de palier lil
E Aucun, le diagnostic est clinique
D Il n'y a pas besoin de traitement médicamenteux,
de la physiothérapie suffit D Question 3 - oRM
E Corticostéroïdes Quel traitement prescrivez-vous en première intention
chez un patient non immunodéprimé 7
B Question 4 - QRU À Aucun
Votre traitement à été très efficace. Vous voyez réguliè-
rernent la patiente qui se plaint désormais de douleurs B Des bains de bouche antiseptiques
récurrentes, quotidiennes, prétragiennes et temporales, à € Un traitement topique par amphotéricine B
prédominance matinale et après les efforts de mastication. D Une antibiothérapie
Quels diagnostics évoquez-vous ?
E Une application cutanée de miconazole en cas de
À Une rechute de sa névralgie trigéminale liée à une perlèche associée
pharmacorésistance à la carbamazépine
B Une migraine sans aura D Question 4 - QRU
Quel traitement prescrivez-vous devant une candi-
€ Une maladie de Horton dose buccale chez un patient immunodéprimé ?
D Une névralgie d'Arnold À Aucun
E Un syndrome algodystrophique de l'articulation B Des bains de bouche
temporo-mandibulaire
€ Un traitement topique par amphotéricine B
@ Question 5 - QRM D Un traitement par voie orale par fluconazole pour
Que trouvez-vous à l'examen clinique en faveur d'un une durée de 7 jours
syndrome algodystrophique de l'articulation temporo-
Entrainement
mandibulaire ?
À Une douleur à la palpation des muscles masticateurs KFP 1
B Une fragilité dentaire liée à une mauvaise hygiène
bucco-dentaire [8 | Question 1 - Menu déroulant
C Une usure dentaire liée à un bruxisme Vous recevez aux urgences un patient victime d'une
rixe, Il a reçu un coup de poing sur la joue gauche. |l
D Un caractère nocturne de la douleur
présente un œdème de la joue, un enfoncement de la
E Une otalgie à tympan normal pommette, vous suspectez une fracture du zygoma.
Quels sont les signes cliniques, parmi les suivants, qui
seraient en faveur de votre diagnostic (cinq réponses
Dossier progressif 5 attendues) ?
Mme G., 46 ans, se présente à votre cabinet pour une A Douleur à là palpation de l'apophyse ptérygoïde
langue devenue douloureuse dans les suites d'une gauche
angine traitée par une antibiothérapie systémique. Hypoesthésie de la lèvre supérieure gauche
Elle supporte de plus en plus mal certains aliments.
NmMmOnœm
B Des vésicules bordant les lèvres Douleur à la palpation de la paroi latérale de l'arbite
€ Un enduit blanchätre se détachant au contact du Augmentation de la distance interpupillaire
bétonnet Diplopie horizontale
=
KFP 2
M. X., âgé de 22 ans, se présente aux urgences avec
une douleur intense à l'œil gauche suite à un trau-
matisme direct au visage lors d'un match de rugby. |
ae voit mal » de cet œil. Le patient est en sueur, nau-
séeux, assez agité, il a vomi sur le terrain avant d'être Fig. 20.3
amené aux urgences, Il n'a pas perdu connaissance,
son score de Glasgow est à 15. Vous évoquez une A 1 désigne une fracture en trappe du plancher de
fracture du plancher de l'orbite gauche. l'orbite gauche
O Question 1 - QROC B 2 désigne le nerf optique droit
Quelle complication grave musculaire, nécessitant une C 2 désigne le muscle droit inférieur drait
prise en chargé chirurgicale én urgence, suspectez-
D 3 désigne une fracture du plancher de l'orbite
vous chez ce patient (réponse en un mot} ?
droite
© Question 2 - Menu déroulant E 4 indique un hémosinus maxillaire droit
Vous évoquez une fracture du plancher de l'orbite
gauche. Quels signes cliniques pouvez-vous attribuer
à ce diagnostic précis (cinq réponses attendues) 7
A Hémianopsie temporale
Énophtalmie gauche
Réponses
Champ visuel dé Goldmann perturbé
Diplopie binoculaire, en particulier dans le regard Dossier progressif 1
vers le haut
Déficit sensitif jugal gauche Question 1 - QGRM
Hem 335
Déficit sensitif gingival maxillaire gauche Réponse : À, B, €
Abrasion cornéenne à la lampe à fente
Question 2 - QRM
Diminution de la pression intra-oculaire
Item 335
Mydriase aréactive Réponse : À, €
ânisocorie
Question 3 - QRM
Hyphéma Item 335
Perte du réflexe cornéen Réponse : B
M Hypoëesthésie dans le territoire du nerf maxillaire Question 4 - QRU
gauche Item 335
Réponse : D
O Question 3 - QRU
L'anesthésiste vous informe que le bloc opératoire est
occupé pendant 8 heures par une autre urgence, et
vous demande si l'intervention peut attendre, Que lui
répondez-vous 7?
Dossiers progressifs et key-features problems (KFP)
Question 4 - GRU
Item 155
Dossier progressif 3 Réponse : D
Question 1 - QRU
Item 99
Réponse : B KFP 1
Question 2 - QRM Question 1 - Menu déroulant
Item 99 Item 335
Réponse : 4, B, E Réponse : B, €, F G,H
Question 3 - QRM Question 2 - GROC
tem 99 ltem 335
Réponse : À, B, CE Réponse : les réponses acceptées sont les suivantes :
scanner du massif facial, scanner du massif facial non
Question 4 - QROC injecté, tomodensitométrie du massif facial
tem 99
Réponse : non. Question 3 - QRM
Item 335
Question 5 - GRM
Réponse : B, €, D, E
Entrainement
Item 99
Réponse : D, E
KFP 2
Dossier progressif 4 Question 1 - QROC
Item 335
Question 1 - QRM
Réponse : incarcération
Item 99
Réponse : E Question 2 - Menu déroulant
Item 335
Question 2 - QRU
Réponse : B, D,E, 6 M
Item 99
Réponse : D Question 3 - QRU
Item 335
Question 3 - GRU
Réponse : D
Item 99
Réponse : À Question 4 - QRM
Item 335
Question 4 - GRU Réponse : C, D, E
Item 95
Réponse : C, E
Question 5 —- GRM
Item 99
Réponse : 4, C, E
Zones à pointer (ZAP)
Énoncés et questions
OZAP 1
Placer sur la fiqure ci-dessous ces différentes régians
anatomiques (fig. 21.1).
Fig. 21.2
CO ZAP 3
Délimitez sur la figure 21.3 la zone anatomique
concernée par les cancers clairement et fréquemment
en lien avec l'infection par l'HPY.
Fig. 21.1
A Condyle mandibulaire : bleu
B Dent nurnéro 38 : vert
C Processus coronoïde : orange
D Symphyse mandibulaire : noir
OZAP 2
Vous recevez plusieurs patients, à là suite de trau-
matismes dentaires. Vous devez hiérarchiser la
prise en charge. Selon vous, à partir des images de Fig. 21.3
la figure 21.2, quel patient nécessite une prise en Source : Koeppen BM, Stanton BA. Eds. Berne & Levy Physialogy.
charge prioritaire ? 8h ed, Elsevier Inc. : 2024.
GE ZAP 4
La figure 21.4 propose des coupes scanographiques
(fenêtre osseuse et fenêtre parenchymateuse avec
injection de produit de contraste iodé) d'un patient
Chirurgie maxillo-faciale
© 2024, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés.
Zones à pointer (ZAP)
Fig. 21.6
Réponses
ZAP 1
Item 335
Entrainement
Réponse : voir fig. 21.5
Fig. 21.7
Source : Koeppen BM, Stanton BA. Eds. Berne & Levy Physiolagy.
8 ed, Elsewier Inc. : 2024.
ZAP 4
Item 155
Réponse : voir fig. 21.8 : flèche verte : dent causale et
son foyer infectieux ; flèche bleue : collection ; flèche
jaune : prise de contraste périphérique à la collection.
Fig. 21.5
ZAP 2
Item 335
Réponse : voir fig. 21.6
Questions à réponse
unique (QRU)
GE QRU2 BG QRU 4
M. Z. vient vous voir en urgence à votre cabinet car il a M. Y. consulte aux urgences de votre hôpital car il
une rage de dents. Il souffre atrocernent d'une molaire présente une « rage de dents *. | à trés mal à une
en bas à gauche. La douleur est intense, permanente molaire mandibulaire depuis 2 jours. Votre examen
et lancinante. L'EVA est à 10/10. Il a pris toutes sortes clinique retrouve une tuméfaction jugale en regard
de médicaments mais rien n'a pu le soulager {AINS, sans aucun autre signe clinique, en particulier pas
antalgiques de palier let Il antibiotiques). Cela faisait
de trismus, pas de fièvre et pas de zone fluctuante,
plusieurs mois qu'il avait mal de temps en temps, sur-
Vous suspectez une cellulite faciale aiguë d'origine
tout en sirotant son smoothie glacé préféré, mais il à dentaire. Quel est l'examen que vous prescrirez en
tellement peur des dentistes qu'il n'a pas consulté, première intention dans ce cas ?
« vous comprenez », | n'y a pas de tuméfaction en
A Fadiographie panoramique dentaire
regard. À l'examen clinique, vous trouvez seulement
une carie de bonne taille sur sa deuxième molaire infé- B Cane beam
rieure gauche. Quel est le diagnostic le plus probable 7 € Scanner du massif facial
À Carie de l'émail D Scanner du massif facial ét cervico-rmédiastinal
B Carie de la dentine E IRM de localisation adaptée
C Pulpite aiguë F Bilan préopératoire
D Desmodontite
E Cellulite phlegmasique
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Questions à réponse unique (QRU)
QRU 1
Item 335
OQRU 6 Réponse : C
Me Z. vient vous voir à votre cabinet de médecine
générale pour des douleurs aux oreilles, Elle se plaint
d'otalgie ainsi que d'hypoacousie. Elle dit que ça res-
semble aux otites qu'elle avait quand elle était petite.
QRU 2
Votre interrogatoire trouve les éléments suivants : Item 155
douleurs spontanées des deux oreilles qui sont exa- Réponse : €
cerbées à la mastication, Elle présente également
selon elle Une sensation de trouble acclusal, Lors des
épisodes douloureux, ily à uné tuméfaction en regard QRU 3
des articulations temporo-mandibulaires. Il y à égale- Item 155
ment des céphalées type migraines selon là patiente. Réponse : D
Quel est, dans cette observation, le signe dinique qui
va à l'encontre du diagnostic de dysfonction tempora-
mandibulaire pour expliquer les symptômes 7?
À Otalgie
QRU 4
Item 155
B Trouble occlusal Réponse : À
Entrainement
C Hypoacousie
D Tumétaction
E Céphalées QRU 5
Item 148
Réponse : €
© QRU 7
Vous voyez un jeune patient de 4 ans pour suspi-
cion de fracture condylienne de la mandibule à la QRU 6
suite d'un choc sur le menton. Une fracture capitale Item 993
gauche est diagnostiquée. Parmi les complications de Réponse : D
cette fracture, quelle est la complication la plus grave
à surveiller ?
À Une ankylose temporo-mandibulaire QRU 7
B Une asymétrie mandibulaire apparaissant lors de la Item 335
croissance Réponse : À
Questions à réponse
ouverte courte (QROC)
B QROC 2
Combien d'os constituent une orbite ?
B QROC3
Quel est l'âge d'éruption normale de la première © QROC7
molaire définitive ? Vous recevez un patient de 30 ans ayant présenté un
traumatisme facial. Il présente une asymétrie des porn-
méttes et un hématome périorbitaire droit. Quel examen
GQROC 4 paraclinique de première intention prescrivez-vous ?
Devant la présence d'une ophtalmoplégie avec diplo-
pie binoculaire dans le regard vers le haut, que devez-
vous suspecter chez un traumatisé facial ?
@ QROC 8
Vous faites passer un scanner à votre patient. Quelle
est selon vous la cause de la sinusite maxillaire gauche
B QROC 5 (fig. 23.2) ?
MIE X, présente depuis longtemps des douleurs buc-
cales surtout à la langue. Son médecin lui a dit qu'il
n'y avait rien d'inquiétant. La patiente est traitée
pour une pathologie psychiatrique mais elle ne sait
plus le nom du médicament. Elle ne présente pas
d'autres antécédents. Votre examen trouve des dou-
leurs diffuses, mal systématisées de la cavité orale
à type de brûlure. Votre examen de la muqueuse
buccale ne retrouve rien de particulier à part une
muqueuse un peu Sèche. Au vu de ces éléments cli-
niques, pouvez-vous conclure à une stomatodynie
psychogène 7
Fig. 23.2
Chirurgie maxillo-faciale
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Questions à réponse ouverte courte (QGROC)
E QROC 9 QROC 4
Devant la présence d'hématornes périorbitaires bila- Item 335
téraux, d'une hypoesthésie labiojugale bilatérale, Réponse : fracture de plancher orbite avec incarcé-
d'une épistaxis, d'une mobilité du maxillaire et d'une ration, fracture plancher orbite trappe, fracture plan-
ecchymose vestibulaire maxillaire, que pouvez-vous cher incarcération (0,5 point si plancher, 1 point si au
suspecter ? moins plancher + incarcération ou trappe où incarcéré
ou trap-door).
QROC 10
Quel est l'âge d'éruption normale dé là deuxième QROC 5
molaire définitive 7 Item 99
Réponse : non; commentaire : car les médicaments
psychotropes sont potentiellement à l'origine d'une
© QROC 11 hyposialie et d'une infection mycotique.
La figure 23,3 est là radiographie panoramique den-
taire d'un patient qui présente une cellulite cervico-
faciale d'origine dentaire, Quel est le numéro de la QROC 6
dent très probablement responsable ? Item 335
Réponse : foramenvtrou infraorbitaire ou du nerf
infraorbitaire ou V2.
QROC 7
Item 335
Réponse : scanner du massif facial, sans injection.
QROC 8
Item 148
Fig. 23.3
Entrainement
Réponse : communication bucco-sinusienne.
© QROC 12 QROC 9
Vous recevez un patient de 15 ans présentant une Item 335
fracture coronaire de la dent 34. Quelle est la signi- Réponse : fracture de Le Fort | (bilatérale),
fication de 34 ?
QROC 10
Item 47
Réponses Réponse : 12 ans.
QROC 1 QROC 11
Item 335 Item 47
Réponse : luxation complète 61. Réponse : 36.
QROC 2 QROC 12
Item 335 Item 47
Réponse : sept. Réponse : première prémolaire mandibulaire gauche.
QROC 3
Item 47
Réponse : 6 ans.
Questions à réponses
multiples (QRM)
O QRM 1 D QRM 4
Quelles sant les lésions faciales dont la prise en charge Selon les principes de la numérotation dentaire, en
ne doit pas être différée ? denture temporaire, quelles sont les réponses vraies ?
D QRM 2 D QRM 5
Mile Z vient vous voir à votre cabinet car elle présente Vous voyez en consultation une patiente de 60 ans
des douleurs faciales droites d'apparition récente.
présentant une lésion gingivo-mandibulaire suspecte
Votre examen met en évidence des douleurs à type de malignité (fig. 24.1). La palpation du vestibule
de décharge électrique. Quel(s) signets) clinigque(s) ou (entre la lévre/joue et la mandibule} ne montre pas
paraclinique(s) pourriez-vous trouver en cas dé névral-
d'infiltration. Parmi les signes cliniques suivants, les-
aie essentielle idiopathique du trijumeau 7
quels vous font suspecter une lésion maligne ?
A Symptômes plutôt unilatéraux
B Présence d'une zone gächette déclenchant la crise
€ Prolifération tumorale sur le trajet du nerf trijumeau
D Hypoesthésie sur le territoire du nerf trijumeau atteint
E Conflit vasculonerveux à l'IRM
0 QRM 3
Selon les principes de la numérotation dentaire, en
denture définitive, quelles sont les réponses vraies ? Fig. 24.1
A La dent 11 correspond à l'incisive centrale maxil-
A Mobilité dentaire
laire droite
B Dysphonie
B La dent 14 correspond à la canine maxillaire droite
C Hypoesthésie labia-mentonnière
C La dent 23 correspond à la canine maxillaire gauche
D Paralysie faciale
D La dent 44 correspond à la première prémolaire
mandibulaire droite E Adénopathie
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Questions à réponses multiples (GRM)
D QRM 10
CG QRM 7 Vous suspectez une lésion des branches buccales du
nerf facial droit. Quel(s) est (sont) le(s) signe{s} qui
Vous êtes interne de garde en chirurgie rmaxillo-faciale.
vous feraifen)t suspecter une telle lésion ?
Vous êtes appelé par le médecin des urgences qui vous
demande de l'aider à prendre en charge M. X., âgé de A Une hypoesthésie labiale supérieure droite
23 ans, victime d'une agression au couteau en sortant B Un signe de Charles Bell droit
de discothèque. Vous constatez la plaie présentée sur la
C Une disparition des rides frontales à droite
figure 24.2. Quels) élément(s) anatomique(s) noble(s)
pourrailenÿ)t être lésé(s) sur le trajet de cette plaie ? D Une chute de la commissure labiale à droite
E Un effacement du sillon nasogénien à droite
D QRM11
Vous êtes interne de garde en chirurgie maxillo-faciale.
Vous recevez une patiente de 50 ans s'étant fait mordre
par le chien dé $a voisine.
Quelle(s) est {sont} la (les) proposition(s) exacte(s) ?
À La tête du chien doit être envoyée en urgence à
l'Institut Pasteur
Fig. 24.2 B Le risque infectieux le plus courant encouru par la
Entrainement
patiente est le risque rabique
Les branches buccales du nerf facial droit C La plaie doit être suturée malgré le risque infec-
l'artère faciale droite tieux
Le canal lacrymal droit D La prescription d'antibiotiques est systématique
La deuxième branche du nerf trijumeau {nerf V2) E Le suivi vétérinaire est réalisé uniquement si le
droit chien n'est pas vacciné
Le conduit parotidien droit
G QRM 12
QRM 8 Vous prenez en charge une patiente de 60 ans,
fumeuse, présentant une lésion ulcérobourgeonnante
Concernant l'innervation du massif facial : de la gencive maxillaire depuis 2 mois. Quels examens
À La première branche trigéminale sort au niveau du complémentaires de première intention prescrivez-
foramen mentonnier vous dans le cadre du bilan de cette lésion ?
B Lenerf facial passe par le foramen stylo-mastoidien À Scanner cérvico-facial injecté
€ Le nerf facial innerve l'ensemble des muscles du B IRM cervico-faciale
massif facial C Angio-IRM
D L'innervation du muscle releveur de la paupière D Biopsie et examen anatomopathologiqueà l'état frais
supérieur est assurée par le nerf facial
E Scintigraphie osseuse
E Le nerf trigéminal est aussi un nerf moteur
B QRM 13
D QRM 9 Un patient de 43 ans se présente avec des douleurs
Concernant les glandes salivaires : en regard de la région maxilaire gauche. À l'exa-
À Le nerf facial passe au sein de la glande parotide men clinique, les tests de vitalité sont positifs pour
Connaissances
G QRM 14 D QRM 19
Quels éléments parmi les suivants sont compris dans Vous voyez en consultation un patient de 36 ans,
le territoire sensitif du nerf maxillaire (V2) droit ?
sans antécédent, pour découverte fortuite d'une
A Lèvre supérieure gauche lésion mandibulaire. | n'a aucun symptôme et aucune
B Aile narinaire droite mobilité dentaire. Il vous présente le scanner de la
C Dent 15
figure 24.3, Comment décririez-vous cette lésion ?
D QRM 17 D QRM 21
Quel(s} signeisi clinique(s) vous feraifenjt suspecter Vous voyez un jeune patient de 4 ans pour suspicion
une hernie submandibulaire salivaire ? de fracture condylienne de la mandibule à la suite
d'un choc sur le menton. Quel(s) signeisi cliniques}
A Douleur
typiques) est (sont) causé{s) par une fracture isolée
B Gonflement per-prandial capitale de la région condylienne gauche ?
C Jet de salive en fin de repas A Un diastème entre les dents 73 et 74
D Masse pierreuse dans le plancher buccal B Un contact prématuré du secteur molaire à
E Issue de pus à l'ostium du canal parotidien droite
Questions à réponses multiples (QRM)
Fig. 24.3
Fig. 24.4
Entrainement
€ Une latéro-déviation mandibulaire vers la gauche C Issue de pus à l'ostium du canal parotidien
D Une hypoesthésie dans la région du nerf V3 D Tuméfaction fluctuante jugale
gauche E Douleur
E Une otorragie gauche
D QRM 24
G QRM 22 Vous recevez un patient de 45 ans qui présente une
Quelisi signe(s) clinique(s) vous ferai(enit suspecter plaie traurnatique de la région parotidienne droite
une colique salivaire ? entraînant une paralysie faciale de l'ensemble des
À Gonflement étages de la face. Quels signes cliniques, directement
liés à la plaie du nerf facial, allez-vous retrouver à
B Douleur
l'examen clinique chez ce patient ?
€ Jet de salive en fin de repas
À Asymétrie au sourire, avec défaut de mobilité de la
D Persistance en fin de repas commissure labiale droite
E Issue de pus à l'ostium du canal parotidien B impossibilité de relever la paupière supérieure
droite
€ Malocclusion palpébrale droite
G QRM 23 D impossibilité de hausser le sourcil droit
Quelis) signe(s) clinique(s) vous feraifenit suspecter E Trismus
une sialadénite parotidienne 7?
À *érostomie
B Œdème inflammatoire sous-mandibulaire
Connaissances
Réponses QRM 11
Item 335
Réponse : C, D
QRM 1
item 335 QRM 12
Réponse : À, D, E
Item 2538
Réponse : À, B, D
QRM 2
ltern 99 QRM 13
Réponse : À, B
Item 148
Réponse : À, D, E
QRM 3
(tem 47
Réponse : À, C, DE QRM 14
ltem 335
Réponse : B, €, D
QRM 4
Item 47 QRM 15
Réponse : À, D, E
Items 90, 99
Réponse : B, D, E
QRM 5
Item 298 QRM 16
Réponse : À, C,E
Item 90
Réponse : A, C, D
QRM 6
tem 148
QRM 17
Réponse : À, C, D
Item 90
Réponse : B, €, D
QRM 7
tem 335
Réponse : À, EE QRM 18
Réponse : À, D, E
QRM 8
Item 335 QRM 19
Réponse : B,E Item 155
Réponse : B, ©
QRM 9
QRM 20
Itern 90
Réponse : 4, B, D, E Item 335
Réponses : À, C, D,F
QRM 10
tem 335 QRM 21
Réponse : D, E Item 355
Réponses : €, E
Questions à réponses multiples (GRM)
QRM 22 QRM 24
Item 30 fem 335
Réponse : À, B, D Réponse : À, C, D
QRM 23
Itern 30
Réponse : C, E
A
Es
Q
un
LE
Les
LL)
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Compétences et situations
de départ (SDD)
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Attendus d'apprentissage
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SDD 90 - Tache cutanée
du nourrisson
Items de connaissance
Attendus d'apprentissage
Items de connaissance en lien avec la SDD
M Item 113 - Hémangiomes et malformations vasculaires cutanées.
M item 302 - Tumeurs cutanées, épithéliales et mélaniques.
Items de connaissance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M item 32 — Évaluation et soins du nouveau-né à terme.
M term 47 — Suivi d'un nourrisson, d'un enfant et d'un adolescent normal. Dépistage des
anomalies orthopédiques, des troubles visuels, auditifs et dentaires. Examens de santé
obligatoires. Médecine scolaire, Mortalité et morbidité infantiles.
M item 57 — Malcraicance et enfants en danger. Protection maternelle et infantile.
M Item 215 — Purpuras chez l'adulte et l'enfant.
ÂAttendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Évaluer le degré d'urgence de la prise en charge.
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants et médecins) pour la réalisation
des explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Frescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Informer et expliquer la situation aux responsables légaux et à l'enfant avec un discours
adapté.
Âttendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M interroger l'entourage sur le mode d'installation et l'évolutivité.
M Décrire les caractéristiques sémiologiques de la (des) « râche(s) ».
M Différencier un hémangiome infantile d'une malformation artérioveineuse ou capillaire.
M Expliquer les phases évolutives d'un hémangiome infantile.
M Identifier les hémangiomes à risque de complication.
M Diagnostiquer un nævus congénital.
Vignette clinique
Un jeune couple consulte avec son bébé de 2 mois qui présente une lésion rouge (fig. 25.1).
Chirurgie maxillo-faciale
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Compétences et situations de départ (SDD)
É Eh ee
lus € d'apprentissage
Il. Différencier un hémangiome infantile
d'une malformation artérioveineuse
et d'une malformation capillaire
Atte) IAUS
[| Hémangiome infantile (fig. 25.2A) Malformation artérioveineuse Malformation capillaire
(fig. 25.2B) ou angiome plan (fig. 25.2C)
Facteurs de risque
Grossesse gémellaire, tabagisme, petit poids
de naissance, sexe masculin, hypertension
artérielle gravidique, décollement placentaire
À la naissance
Absent Présent Présent
Clinique
Rouge, chaud, pas de thrill Rouge, chaud, thrill Rouge, pas de thrill, non chaud,
Profond ou superficiel Profond ou superficiel bord net, superficiel
Bords émiettés
Évolution
Augmentation de volume pendant 1 an, Augmentation par paliers Pas d'évolution
puis régression spontanée en 6-7 ans Phase quiéscente
Phase de progression
Phase de destruction
Phase d'insuffisance cardiaque
Exarnens complémentaires
Diagnostic clinique Échographie-Doppler + angio-IRM Diagnostic clinique
Échographie-Dioppler si besoin pour évaluer ou angiascanner + artériographie
l'extension ou si doute diagnostic
Compétences et situations de départ (SDD)
QU
60
(S
A
Ca
=
Ÿ
à
à
Fig. 25.4. © Hémangiomes à risque. S
T
À. Hémangiome infantile palpébral (risque d'amblyopie et d'astigmatisme). B. Hémangiome infantile nasal, avec La
un risque de déformation définitive de la pointe du nez. € Hémangiome infantile cervical avec ulcération centrale _—
(flèche). TS
5
<
Fig. 25,5. © \ævus pigmentaire congénital de la joue, non pileux, dyschromique, sans nodule.
SDD 91 - Anomalie
des muqueuses
Items de connaissance
Items de connaissance en lien avec la SDD
M Item 112 - Dermatose bulleuse touchant la peau et/ou les muqueuses externes.
M item 115 - Toxidermies.
M item 155 — Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et myco-
siques de l'adulte et de l'enfant.
M item 162 — Infections sexuellement transmissibles (IST) : gonococcies, chlamydioses,
syphilis, papillomavirus humain (HPV), trichomonose.
M Item 168 - Infections à herpés virus du sujet immunocompétent.
M item 187 — Hypersensibilités et allergies cutanéo-muqueuses chez l'enfant et l'adulte.
Urticaire, dermatites atopiques et de contact.
M Item 194 - Lupus systémique (LS). Syndrome des anti-phospholipides (SAPL).
M Item 295 — Prise en charge et accompagnement d'un malade atteint de cancer à tous
les stades de là maladie dont le stade de soins palliatifs en abordant les probléma-
tiques techniques, relationnelles, sociales et éthiques.
M Item 298 - Tumeurs de la cavité buccale, naso-sinusiennes et du cavum, et des voies
aérodigestives supérieures,
M item 338 — CEdème de Quincke et anaphylaxie.
Items de connaissance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M item 4 — Qualité et sécurité des soins. La sécurité du patient. La gestion des risques.
Les événements indésirables associés aux soins (ELAS). Démarche qualité et évaluation
des pratiques professionnelles.
M item 114 — Exanthème et érychrodermie de l'adulte et de l'enfant.
M item 186 — Hypersensibilités et allergies chez l'enfant et l'adulte : aspects physiopatho-
logiques, épidémiologiques, diagnostiques et principes de traitement.
M item 193 — Connaître les principaux types de vascularite systémique, les organes cibles,
les outils diagnostiques et les moyens thérapeutiques.
M item 282 - Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) chez l'adulte.
Mi |cem 288 - Pathologie hémorroïdaire.
MM item 296 — Agranulocytose médicamenteuse : conduite à tenir.
M item 334 — Prise en charge immédiate pré-hospitalière et à l'arrivée à l'hôpital, évalua-
tion des complications chez : un brûlé, un traumatisé sévère, un traumatisé thoracique,
un traurmatisé abdominal, un traumatisé des membres et/ou du bassin, un traurnatisé
du rachis ou vertébra-médullaire, un craumatisé crânien ou cranio-encéphalique
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Expliquer au patient les hypothèses étiologiques et les explorations nécessaires.
M Évaluer le degré d'urgence de la prise en charge.
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
Chirurgie maxillo-faciale
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SDD 91 - Anomalié des muqueuses
M Échanger avec les différents intervenants (soignants, médecins) pour la réalisation des
explorations diagnostiques et thérapeutiques.
Attendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M identifier le terrain, le mode de survenue, les facteurs déclenchants et les signes associés
à l'anomalie des muqueuses.
M Caractériser les lésions muqueuses sur le plan sémiologique.
M Chercher à l'examen d'autres lésions muqueuses ou tégumentaires.
M identifier un angiædème et reconnaître le caractère urgent de sa prise en charge.
M Évaluer l'infiltration périlésionnelle et examiner les aires ganglionnaires de drainage.
M Évaluer le retentissement fonctionnel sur le plan algique et nutritionnel,
M Poser l'indication d'une biopsie devant une lésion muqueuse persistante.
M Poser l'indication d'un avis spécialisé devant une lésion muqueuse persistante.
Q
Orace à une lésion muqueuse de la cavité buccale, la conduite à tenir est guidée par les
signes cliniques retrouvés, en les hiérarchisant par ordre de fréquence et de gravité/urgence.
Devant une lésion muqueuse et un terrain à risque, il faudra chercher en priorité des signes
faisant évoquer une lésion maligne.
— origine géographique ;
— antécédents.
+ Mode de survenue et d'évolution :
— aigué/chronique;
— rapide/lente.
* Circonstances : voyage récent, traumatisme, prise récente de médicaments (antibiotiques),
contage, comportement sexuel à risque, hémopathie, immunodépression, etc.
Attendus d'apprentissage
D L'examen des aires ganglionnaires doit être systématique et bilatéral (sauf pour les aires la
et VI qui sont médianes) (fig. 26.2) :
aire |A : sous-mentonnière ;
aire IB : sous-mandibulaire (comprenant la glande sous-mandibulaire) ;
aire Il: jugulo-carotidienne supérieure ;
aire Il: jugulo-carotidienne moyenne ;
aire [V : jugulo-carotidienne inférieure ;
aire V : cervicales postérieures (triangle postérieur) :
aire VI: cervical antérieur.
La palpation des aires ganglionnaires devra préciser la topographie, le nombre, le caractère induré,
mobile au fixé des adénopathies.
En cas de lésion suspecte (ulcéro-bourgeonnante), il est important de bien palper la muqueuse
buccale pour chercher une induration de la lésion et de sa périphérie (sous-muqueuse) en
rapport avec l'extension de celle-ci.
Attendus d'apprentissage
Items de connaissance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M Item 168 — Infection à herpés virus du sujet immunocompétent.
M Item 169 — Infection à VIH.
M Irem 211 — Sarcoïdose.
M item 270 - Pathologie des glandes salivaires.
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants et médecins) pour la réalisation
des explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Transmettre les informations pertinentes au patient et à sa famille.
Attendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M Différencier une paralysie faciale centrale et périphérique.
M Éliminer une urgence neurologique et ORL.
M Chercher à l'interrogatoire et à l'examen clinique les signes d'orientation étiologique.
M Déterminer la région anatomique atteinte en fonction des données de l'examen clinique
explorant le nerf facial, de l'otoscopie et de l'examen neurologique.
M Prendre en charge une paralysie faciale a frigore et prévenir les complications
ophtalmologiques.
DANS
Al GÙ al GÙ ml OÙ OÙ OU OU OU OÙ OÙ OÙ OÙ OÙ OÙ OÙ OÙ OU I di A) 4! nl ni ai ni 4
Vignette clinique
M. M. vous est adressé en consultation pour une déformation hémifaciale droite survenue il y a environ
2 heures (fig. 27.1).
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Compétences et situations de départ (SDD)
Fig. 27.1. Photographie de face d'un patient présentant une paralysie faciale.
@ | faut éliminer une atteinte centrale (urgence) : là paralysie faciale centrale atteint le qua-
drant inférieur de manière isolée. Il existe une dissociation automatico-volontaire, c'est-à-dire
que l'asymétrie faciale est plus marquée lors des mouvements volontaires que lors des mou-
vements Involontaires (si le patient rit de façon réflexe par exemple). Elle est associée à une
hémiplégie du côté homolatéral, dans le cadre d'un accident vasculaire cérébral (AVC) sylvien.
Dans ce cas, il faut réaliser une IRM en urgence et orienter la prise en charge vers une unité
neurovasculaire.
NE. : il peut exister une paralysie faciale d'origine périphérique ne touchant que le quadrant
inférieur en cas d'atteinte de la branche cervico-faciale ou d'une branche distale. Mais on ne
trouvera pas de dissociation automatico-volontaire et l'examen trouvera le plus souvent une
lésion parotidienne ou une atteinte traumatique (plaie jugale par exemple).
Les caractéristiques sémiologiques détaillées de la paralysie faciale périphérique sont reprises
dans la description de l'examen clinique.
ME OO A DO OO NN D MONA NN D D
Vignette clinique (suite)
M. M. ne présente pas de déficit neurologique de l'hémicorps homolatéral. Il n'y a pas de dissociation
automatico-volontaire. Vous évoquez donc une paralysie faciale droite périphérique, puisque les terri-
toires supérieurs et inférieurs sont atteints. Recherchez les autres signes de gravité orientant vers une
urgence neurologique ou ORL.
Attendus d'apprentissage
* installation progressive de la paralysie faciale évoquant une atteinte tumorale (ainsi que la
présence d'adénopathies prétragiennes ou cervicales).
DU AM A
MU QG OU GG OÙ OÙ OÙ OÙ OÙ OÙ OU A GO ŒÙ &! ŒÙ OÙ & &! & &i 4 &
Attendus d'apprentissage
Hypoëesthésie de là zone Absente Présente Absente
de Ramsay-Hunt
Réflexe stapédien Présent Aboli Présent
Électrogustométrie Normale Anormale Normale
IBTBTRIRIRINIRIRINTRIRTRIRIRTNIRIRISTRIRTRIRIRTRTRIRINIRT
M Ge a Bi ai di Gi di El “ AE At At A dE RG al a a al 4 à à &
IRTRTRTET
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LUI
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Attendus d'apprentissage
Items de connaissance en lien avec la SDD
M Item 94 - Rachialgie.
M term 99 — Migraine, névralgie du trijumeau et algies de la face.
M item 135 - Thérapeutiques antalgiques, médicamenteuses et non médicamenteuses.
M Item 330 - Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes
chez l'adulte et chez l'enfant, hors anti-infectieux.
Items de connaissance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M item 129 — Arthrose.
M item 137 — Douleur chez l'enfant : évaluation et traitements antalgiques.
M Item 138 — Douleur chez la personne vulnérable.
M Item 147 - Fièvre aiguë chez l'enfant et l'adulte.
M Item 148 — Infections naso-sinusiennes de l'adulte et de l'enfant.
M item 149 — Angines de l'adulte et de l'enfant et rhinopharyngites de l'enfant.
M Item 150 - Otites infectieuses de l'adulte et de l'enfant.
M Item 155 — Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et mycosiques
de l'adulte er de l'enfant.
M Item 165 - Oreillons.
M Item 195 — Artérites à cellules géantes.
M item 298 — Tumeurs de la cavité,
M Item 335 - Orientation.
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Frescrire de maniére raisonnée les explorations complémentaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants et médecins) pour la réalisation
des explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Transmettre les informations pertinentes au patient et à sa famille.
Attendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M Chercher les antécédents traumatiques.
M Réaliser un examen cervical, neurologique, facial, endonasal et endobuccal complet.
M Caractériser et quantifier la douleur et ses irradiations avec une échelle adaptée.
M Spécifier la topographie de la douleur.
M Chercher les signes fonctionnels et les signes cliniques d'accompagnement permettant
une orientation diagnostique.
M Évaluer le retentissement de la douleur sur la vie courante.
M Expliquer les bénéfices et les risques des traitements pharmacologiques et non
pharmacologiques.
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Compétences et situations de départ (SDD)
I. Introduction
D 1: douleurs cervicales et faciales sont à la fois fréquentes, peu spécifiques et générées par
de nombreuses étiologies de fréquence et de gravité différentes, dont la prise en charge adé-
quate dépend directement du diagnostic.
La douleur est une sensation à la fois physique et émotionnelle. C'est une expérience person-
nelle : chacun ressent et réagit différemment face à sa douleur.
On distingue les différents types de douleurs en fonction de leur mécanisme d'origine (nociceptif
ou neuropathique} et de leur évolution dans le temps (aiguë et chronique).
Une douleur nociceptive peut être aiguë (brève) où chronique (persistante). Les douleurs d'origine
néuropathique sont souvent des douleurs chroniques,
Reconnaître ces différents types de douleurs permet de choisir le bon traitement et de les soulager
efficacement.
A. Examen exobuccal
+ Examen de l'appareil manducateur :
— examen de l'ouverture buccale : amplitude mesurée entre le bord des incisives, chemin
d'ouverture rectiligne ou dévié ;
SDD 144 - Douleur cervico-faciale
B. Examen endobuccal
Attendus d'apprentissage
L'inspection doit être réalisée sous bon éclairage, en s'aidant d'abaisse-langues pour voir
l'intégralité des structures buccales en déplissant les muqueuses (plancher buccal, sillons,
vestibules) :
dents et gencives : caries, état dentaire, occlusion {trouble de l'articulé dentaire}, édentement ;
muqueuses, notamment le bord libre de la langue, région là plus sujette aux cancers buccaux ;
la langue doit être inspectée au repos et en protraction {une déviation signera une lésion des
muscles du côté de la déviation) :
mächoires : tuméfaction, modification de l'occlusion (fracture) ;
glandes salivaires : quantité et aspect de la salive, xérostomie, inflammation ostiale, salive
purulente ;
muscles : hypertrophie des muscles masséters et temporaux ;
appareil manducateur : limitation d'ouverture buccale, une limitation en diduction et/ou en
propulsion, un ressaut/un claquement articulaire, un trouble de là cinématique mandibulaire ;
nerfs et vaisseaux : hypotonie du muscle orbiculaire des lèvres et du muscle Buccinateur
(difficulté à gonfler les joues ou à occlure les lèvres).
La palpation est menée protégée par des gants :
dents : douleurs à là percussion, au froid, test de vitalité, mobilité ;
muqueuses : induration, comblement d'un vestibule, tendance au saignement de la muqueuse
au contact ;
mächoires : recherche d'une mobilité, d'une tuméfaction ;
glandes salivaires : recherche d'un calcul (palpation bidigitale) :
nerfs et vaisseaux : recherche d'une hypoesthésie (territoires du V} et d'une hypotonie du
muscle orbiculaire des lèvres et du muscle buccinateur à la palpation.
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Vignette clinique 1
Un patient décrit des douleurs endobuccales évoluant depuis quelques jours. Il avait déjà eu des dou-
leurs similaires spontanément résolutives quelques semaines auparavant. En plus d'un interrogatoire
précis, l'examen endobuccal permet de vérifier les structures susceptibles d'engendrer des douleurs
buccales : dents (recherche de caries, fractures dentaires, soins...) muqueuses dont gencives, mächoires,
glandes salivaires, nerfs et vaisseaux. Il doit être doux, indolore, sur un patient informé et consentant,
avec les instruments (miroirs ou abaisse-langues) et l'éclairage adéquats. La palpation bidigitale évalue
le plancher buccal, les glandes submandibulaires et leurs canaux, le rebord mandibulaire. La palpation
des aires ganglionnaires cervicales complète cet examen.
Compétences et situations de départ (SDD)
1. Causes tumorales
Les tumeurs malignes de la cavité buccale sont le plus souvent des carcinomes épidermoïdes
{voir chapitre 7). Elles peuvent être responsables de douleurs spontanées ou provoquées par
la mastication, impactant l'alimentation. L'examen révèle typiquement une ulcération à bords
surélevés et indurés à là palpation, saignant au contact. Parfois la lésion tumorale est sous-
muqueuse et n'est pas visible, par contre elle est sentie à la palpation (induration, fixité par
rapport aux plans sous-jacents) ; les autres tumeurs malignes, telles que les lymphomes, se
Attendus d'apprentissage
manifestent sous forme d'une tumeur douloureuse, congestive, inflammatoire.
@ route lésion suspecte ou persistante doit impérativement faire pratiquer une biopsie à visée diagnostique.
Aphte buccal
C'est une cause très fréquente de douleurs. Celle-ci est continue, exacerbée par l'ingestion de
certains aliments. Il s'agit d'une ulcération la plupart du temps unique, bien arrondie, aux bords
réguliers, au fond plat et fibrineux, entourée d'un halo un peu rouge. À la palpation, la base est
souple.
Lichen plan
@ Le lichen plan représente l'affection de la muqueuse buccale la plus fréquente, touchant 1 à
2 % de la population. Son origine reste mal définie : pour certains auteurs, elle est d'origine
auto-immune et pour d’autres, inflammatoire. Ces lésions blanchätres évoluent sur de nom-
breuses années. Elles peuvent parfois devenir inflammatoires et douloureuses et prendre un
aspect scléro-atrophique susceptible de transformation maligne.
Maladies bulleuses
Les bulles buccales peuvent être d'origine auto-immune, notamment au cours du pemphigus
vulgaire, mais également d'origine non immunologique, comme dans le syndrome de Stevens-
Johnson, l'érythème polymorphe et le syndrome de Lyell. D'une grande fragilité, les bulles
laissent des érosions douloureuses en se rompant.
Compétences et situations de départ (SDD)
3. Causes infectieuses
L'ulcération muqueuse provoquée par la maladie infectieuse est à l'origine du caractère algique
de la lésion. On observe soit une stomatite localisée — tuberculose buccale, lymphoréticulose
bénigne d‘inoculation (maladie des griffes du chat) ou infection par le CMV —, soit une stomatite
diffuse.
L'herpès buccal (HSV de type 1) se manifeste par des vésicules qui laissent place à des ulcéra-
tions disséminées, dans un contexte fébrile. De fait, toute infection virale ou bactérienne (VZW
coxsackie virus, HSV de type 8, infections à staphylocoques ou streptocoques) peut entraîner
des gingivites ou des mucites sévères et très douloureuses.
Les mycoses, essentiellement par candidoses, occasionnent des douleurs à type de « cuis-
son » prédominant sur la langue, associées soit à une stomatite érythémateuse (langue rouge
et vernissée), soit à un enduit blanc se laissant bien détacher par l'abaisse-langue (muguet
buccal}.
Q Devant une ulcération endobuccale douloureuse, peu spécifique, on cherche, à l'interrogatoire, des
épisodes antérieurs similaires, une fièvre, des adénopathies, un contage et des symptômes infectieux, des
signes associés, une prise de médicaments. Une ulcération persistante ou atypique doit conduire à réaliser
une biopsie.
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Vignette clinique 2
Attendus d'apprentissage
Un patient vous consulte pour des douleurs latéro-faciales unilatérales, sous-orbitaires, assez intenses,
pulsatiles et insomniantes. S'y associent parfois des céphalées. Ces douleurs évoquant une sinusite
maxillaire unilatérale, une cause dentaire doit systématiquement être recherchée. L'examen endobuc-
cal cherche une ou plusieurs caries, une inflammation parodontale, éventuellement un abcès. Le bilan
paraclinique comprend au moins une radiographie panoramique dentaire.
2. Causes infectieuses
© Qu'elles saient d'origine dentaire ou par évolution du voisinage, les ostéites se traduisent
par une douleur lancinante, fluctuante, non rythmée. Deux formes particulières doivent être
Cannues :
+ l'ostéoradionécrose : elle survient après une radiothérapie pour tumeur de la tête et du
cou. La cause la plus fréquente est dentaire;
s l'astéochimionécrose : cette forme particulière se manifeste par un retard de cicatrisation
après un traumatisme de la muqueuse buccale chez un patient traité ou ayant été traité par
bisphosphonates ou certaines biothérapies.
3. Causes tumorales
Les tumeurs osseuses bénignes ne sont pas douloureuses en dehors d'une poussée inflam-
matoire ou infectieuse. Les tumeurs osseuses malignes peuvent devenir douloureuses
par envahissement des trajets nerveux (nerf alvéolaire inférieur pour les tumeurs mandli-
bulairés). Habituellement, cette douleur s'accompagne de dysesthésies dans le territoire
considéré.
Compétences et situations de départ (SDD)
Attendus d'apprentissage
1. Causes traumatiques
Les fractures de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM) entraînent une limitation doulou-
reuse de l'ouverture buccale, essentiellement par la réaction de contracture musculaire du
muscle ptérygoïdien latéral (voir chapitre 14).
La luxation bilatérale de l'ATM laisse là bouche ouverte, impossible à fermer, et une glène vide
à la palpation. Elle impose une réduction rapide par la manœuvre de Nélaton.
Attendus d'apprentissage
«interprétations ou croyances du patient éloignées des interprétations du médecin concernant
la douleur, ses causes, son retentissement ou ses traitements.
L'évaluation de première intention, parfois sur plusieurs consultations, implique :
+ la connaissance des antécédents médicaux/chirurgicaux personnels et familiaux du patient,
ainsi qu'un bilan étiologique exhaustif des causes de là douleur (entretien, examen clinique,
examens complémentaires nécessaires) tel que décrit ci-dessus ;
une auto-évaluation de son intensité ou, à défaut de participation possible du patient, une
hétéro-évaluation adaptée, avec un suivi régulier de l'évolution ;
une recherche de son retentissement social, scolaire ou professionnel, et économique ;
une analyse des résultats des traitements antérieurs, médicamenteux ou non ;
la recherche de troubles anxieux, dépressifs ou de manifestations psychapathologiques
induits ou associés, mais aussi des interprétations et croyances du patient éloignées de celles
du médecin.
1. Antalgiques de palier|
Le palier | comprend le paracétamol, le néfopam et les AINS. Outre l'action antalgique, certains
agissent sur les symptômes de l'inflarnmation ou ont une action antipyrétique.
Les médicaments du palier | sont efficaces pour les douleurs légères à modérées. Leur action
est limitée par un # effet plafond » ; au-delà d'une certaine dose, l'augmentation de la posolo-
gie n'apporte pas d'effet antidouleur plus important. Un médicament plus puissant, de palier Il
ou Ill, doit être associé.
2. Antalgiques de palier Il
Le palier Il comprend la codéine et le tramadol, médicaments de la famille des opioïdes faibles
car is ont une action antidouleur moins forte que la morphine. Is s'utilisent généralement
associés aux antalgiques de palier 1. Cela permet de cumuler les effets complémentaires de ces
deux familles d'antalgiques.
Il est en revanche contre-indiqué d'associer des médicaments de palier Il, car cela n'améliore
pas l'efficacité du traitement, mais augmente le risque d'interactions et d'effets indésirables,
4. Corticoides
Les corticoïdes sont des médicaments très puissants qui luttent contre les inflammations. Le plus
connu est la cortisone. Ils sont prescrits pour traiter certaines douleurs d'origine inflammatoire.
Les corticoïdes présentent deux types d'effets secondaires.
SDD 144 - Douleur cérvico-faciale
Certains sont parfois considérés comme bénéfiques : stimulation de l'appétit et effet exci-
tant qui peut diminuer une éventuelle asthénie. Mais là plupart des effets secondaires des
corticoïdes sont indésirables :
“atteinte cutanée : augmentation de la pilosité, de l'acné, une fonte de certains muscles et
des vergetures ;
troubles de l'humeur : dépression, trouble bipolaire, anxiété, troubles du sommeil ;
ostéopénie (équivalent de l'ostéoporose) lorsqu'ils Sont pris au long cours ;
immunodépression qui favorise certaines infections ;
troubles métaboliques : œdèmes, apparition d'un diabète ;
une dépendance cognitive : si le médicament améliore l'état de fatique par exemple, il peut
être difficile de l'arrêter ;
l'arrêt du traitement au long cours doit être progressif et sous contrôle médical uniquernent
Attendus d'apprentissage
pour éviter une insuffisance surrénalienne.
5. Antidépresseurs et antiépileptiques
Les antidépresseurs sont l'un des traitements principaux des douleurs d'origine neuropathique
peu, voire pas calmées par les antalgiques usuels. Leur prise charge repose sur une consulta-
tion spécialisée, avec suivi et réévaluation. Plusieurs molécules sont utilisées, la plupart hors
AMM, notamment :
* les antiépileptiques : la carbarnazépine est lé traitement de référence pour les neuropathies
essentielles du trijumeau ;
+ les antidépresseurs tricycliques.
Une adaptation progressive des posologies est nécessaire, généralement via un suivi spécialisé.
Les effets secondaires des antidépresseurs et des antiépileptiques sont proches de ceux des
opioïdes (somnolence, sécheresse de la bouche, nausées et vomissements}.
Les antidépresseurs ont également un rôle de co-antalgiques lorsque là douleur physique
s'accompagne d'une dépression ou d'une anxiété chronique.
6. Myorelaxants
Les myorelaxants favorisent la détente des muscles. Ils sont utiles pour calmer les douleurs
musculaires et les crampes. Ces médicaments sont généralement bien tolérés. Leur inconvé-
nient principal est d'aggraver la somnolence.
7. Bisphosphonates
Les bisphosphonates sont des médicaments utiles pour soulager certaines douleurs osseuses
inotamment douleurs en lien avec des métastases osseuses). Les bisphosphonates peuvent
induire une ostéochimionécrose de là mandibule, il est nécessaire de réaliser un bilan bucco-
dentaire avant le traitement.
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Vignette clinique 5
Un patient de 30 ans arrive via les urgences pour des douleurs dentaires. Il à du mal à ouvrir la bouche,
est fébrile, en sueur. Il a vomi. Tout a commencé 4 jours plus tôt, lors de soins dentaires « en cours ».
Son dentiste lui a prescrit du paracétamol (500 mg, 3 fois/jour) et de l'ibuprofène (200 mg, 2 fois/jour).
Il n'est que peu soulagé et à l'impression que les douleurs augmentent. La douleur du patient doit
d'abord être évaluée (EVA), initialement puis au cours de sa prise en charge pour adapter les paliers de
ses traitements antalgiques. Ici, les doses de palier | sont probablement insuffisantes, un palier Il peut
être prescrit d'emblée. L'application de froid et la réévaluation du traitement par AINS sont également
souhaitables. Les vomissements font discuter le passage à la voie intraveineuse et l'adjonction d'antié-
métique. Dans ce cas, une douleur par excès de nociception est probable et diminuera également grâce
au traitement. Une douleur neuropathique ou réfractaire nécessitera de recourir à des traitements spé-
cifiques, avec une évaluation spécialisée, Les co-antalgiques et les traitements non pharmacologiques
doivent être proposés.
+ © 12 douleur cervico-faciale est un motif très fréquent de consultation et constitue un élément clinique
de très nombreuses étiolagies.
+ Toute douleur d'origine cervico-faciale, et notarmment buccale, impose un interrogatoire précis suivi d'un
examen clinique stéréotypé tant exo- qu'endobuccal qui orientera au mieux un bilan paraclinique adapté.
«+ Toute lésion suspecte de la muqueuse buccale doit être biopsiée, afin d'éliminer une tumeur maligne.
SDD 150 - Limitation
d'ouverture buccale
Items de connaissance
Attendus d'apprentissage
Items de connaissance en lien avec la SDD
M Item 146 - Tétanos.
M item 155 - Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et myco-
siques de l'adulte et de l'enfant.
M Item 173 - Zonoses.
M Item 298 — Tumeurs de la cavité buccale, naso-sinusiennes et du cavurn et des VADS,
M item 335 - Orientation diagnostique et conduite à tenir devant un traumatisme
cranio-facial.
ltems de connaïssance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M item 99 — Algies de la face.
M Item 307 - Tumeurs osseuses primitives et secondaires du massif facial.
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants et médecins) pour la réalisation
des explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Expliquer au patient les hypothèses étiologiques et les explorations nécessaires.
Attendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M Caractériser le mode d'installation.
M Mesurer la limitation d'ouverture buccale,
M Réaliser un examen complet de la face et de la cavité buccale.
M Différencier un trismus d'une constriction permanente des mâchoires.
M Différencier une cause locale d'une cause générale.
M Évaluer le retentissement de la limitation de l'ouverture buccale.
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Vignette clinique
Un patient ägé de 30 ans, sans antécédent et pratiquant le rugby, se présente à votre consultation pour
une limitation d'ouverture buccale (LOB).
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Compétences et situations de départ (SDD)
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Vignette clinique (suite)
À l'interrogatoire, il vous signale que la gêne est apparue très récemment au cours d'un match, il y
a 72 heures, après un choc latéral droit au niveau du visage. Cela entraîne une nette diminution de
l'ouverture de bouche qui le gêne pour s'alimenter (fig. 29.1}.
B. Inspection-palpation
« Chercher des signes cliniques témoignant d'un traumatisme récent ou ancien du massif
facial (ecchymose, déformation faciale).
Chercher une dysfonction de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM) : chemin d'ouverture
buccal anormal en baïonnette (en deux temps}, une latéro-déviation mandibulaire, un ressaut
et'ou craquement de l'ATM,
Chercher une limitation des mouvements de diductions et propulsion (< 10 mm.
Chercher une inflammation au infection à point de départ lacal (cavité buccale et oropharynx,
cellulite, glandes salivaires) ou générale (morsure, plaie cutanée).
Chercher une lésion tumorale de la cavité buccale avec extension aux muscles masticateurs.
Palper les aires ganglionnaires cervico-parotidiennes. Le]
Lors
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7
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IV. Différencier le trismus d'une constriction Sal
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permanente des mâchoires si
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DL: trismus est une LOB d'origine musculaire (contracture des muscles masticateurs) qui est un
aiguë ou subaigué, généralement transitoire, qui se lève sous anesthésie générale. =
TT=
La constriction permanente des mâchoires est une LOB d'origine articulaire au extra-articulaire .,
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responsable d'une limitation chronique. rar!
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Vignette clinique (suite)
Un scanner du massif facial est réalisé (fig. 29.2}. La reconstruction 3D objective une fracture déplacée
du zygoma droit, en conflit avec le processus coranoïde homolatéral, entraînant ainsi une limitation
de l'ouverture buccale, d'origine mécanique,
D L'examen clinique et l'imagerie (scanner cranio-facial + IRM) sont nécessaires pour investi-
guer une étiologie locale qui peut être d'origine articulaire où extra-articulaire.
Les principales causes de LOB peuvent étre d'origine locale ou générale.
Compétences et situations de départ (SDD)
Fig. 29,2. Reconstruction 3D d'un scanner en coupe osseuse, avec une fracture-disjonction du zygoma droit,
Causes Pathologies
Causes locales
Traumatique Fractures mandibulaires
Fracture du zygoma déplacée
Fracture enfoncement de l'arcade zygomatique
Fracture du coroné
Contusion des muscles masticateurs
Tumoralé bénigne ou maligne Tumeur articulaire
Tumeur envahissant les muscles masticateurs
Infectieuse/inflammatoire Cellulite d'origine dentaire (secteurs latéraux)
Abcès amygdalien
Ostéite mandibulaire
Arthrite temporo-mandibulaire
Éruption des dents de sagesse
Ankylose temporo-mandibulaire Origine traumatique ou infectieuse
Maladies inflammatoires articulaires (polyarthrite.….}
Conflit coronc-zygamatique Hyperplasie des coronés (maladie de Langenbeck)
Ankylose corono-zygomatique
Luxation de l'ATM* Traumatique
Spontanée
Radiothérapie Séquelles d'irradiation de cancer des voies aérodigestives supérieures
Syndrome dysfonctionnel de l'ATM Luxation irréductible du disque articulaire
Pathologie neuromusculaire Maladie de Duchenne
Sclérose latérale amyotrophique
Causes générales
Tétanos Plaies aiguës ou chroniques (vaccination absente ou incomplète)
Forme néonatale
Hyperthermie maligne Sensibilité aux produits anesthésiques halogénés ou curares
Médicamenteuse Neuroleptiques
Antihistaminiques
Maladie inflammatoire Maladie de Horton
Syndrome parkinsonien Maladie de Steele-Richardson-Olszewski
intoxication oxycarbonée
* La luxation de l'ATM, en plus de créer une impossibilité de fermer la bouche en phase aiqué de lusation, s'accompagne fréquemment
d'une limitation d'ouverture buccale qu'il faut rechercher.
SDG 150 - Limitation d'ouverture buccale
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Évaluer le degré d'urgence de la prise en charge.
M Expliquer au patient les hypothèses étiologiques et les explorations nécessaires,
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants, médecins) pour la réalisation des
explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
Attendu d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M Décrire les caractéristiques cliniques, le mode de survenue, les facteurs déclenchants
et les signes associés à l'œdème.
M Différencier un œdème de cause allergique, locale, systémique ou iatrogène.
M Évaluer le retentissement respiratoire et hémadynamique.
M initier la prise en charge thérapeutique adaptée au degré d'urgence.
M Mettre en place une stratégie de prévention de la récidive.
I. Introduction
O 165 œdèmes de la face et du cou sont des infiltrations séreuses (liquidiennes) des tissus
mous de la face et du cou. Ils sont le plus souvent dus à des mécanismes infectieux, immuno-
allergiques ou traumatiques. 15 peuvent être aigus ou chroniques.
Ils peuvent être associés à de l'emphysème (infiltrations gazeuses) sous-cutané en cas de pro-
cessus infectieux (ex. : cellulite gangréneuse) et en cas de traumatisme (ex. : fracture du sinus
maxillaire), mais ces deux entités ne doivent pas être confondues. Les œdèmes cervicofaciaux ne
Chirurgie maxillo-faciale
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SDG 151 - Œdème de la face et du cou
doivent pas être confondus non plus avec des tuméfactions localisées (ex. : hématome, adéno-
pathie, tuméfactions des glandes salivaires, tumeur, malformation d'origine embryonnaire, etc}.
Cliniquement, ils constituent un gonflement des tissus cutanés et sous-cutanés qui est en
règle générale très important au niveau du visage en raison de la riche vascularisation de cette
région anatomique.
L'dème de Quincke et l'œdème angioneurotique sont des urgences à bien connaître.
Attendus d'apprentissage
O0 Causes Causes détaillées
Infections — Cellulite faciale, fasciite nécrosante
— Cellulite cervicale compliquant une infection oropharyngée (abcès para-
et rétropharyngés, phlegmon amygdalien)
— Adénophlegmon, kyste sébacé surinfecté
- Conjonctivite, oreillans, rhino-sinusite, éthmaïdite
— Infections des glandes salivaires (sialodochites, périsialodachites, sialadénites)
— Infections dermatologiques (érysipéle, trichinellose…}
— Staphylococcie maligne de la face
Traumatismes — Contusions
— Plaies
— Fractures
Immuno-allergiques — Allergie cutanée au muqueuse {urticaire, dermatite de contact, conjonctivite allergique}
et anaphylactiques — Œdème de Quincke (ou angio-œdème 1gE médié)
— Œdème angioneurotique (ou angio-cedème héréditaire ou angio-cœdème bradykinique)
- Angio-cœdème histaminique {urticaire aiguë ou chronique, urticaire physique, œdème
de Quincke)
— Angio-œdème bradykinique {acquis, héréditaire)
— Dermite de contact (allergie retardée)
Métaboliques/systémiques | - Exogénose chronique (alcool)
— Causes rénales (syndrome néphrotique.…)
— Causes endocriniennes (hypothyroïdie)
Mécanique - Syndrome cave supérieur (tumeur, adénopathié)
— Pasitionnel (sommeil)
latrogène — Traumatisme chirurgical
- Infiltrations esthétiques
- Médicaments (cortisone)
Inflammatoiresdermatoses | Dermatomyosite, dermatite atopique, rosacée, dermite sébarrhéique, lupus,
sarcoidose, etc.
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Vignette clinique 1
Vous êtes appelé par les urgences pour M. X qui présente un volumineux œdème cervico-facial.
L'interrogatoire est difficile car le patient a une voie nasonnée et apparaît dyspnéique. Vous remar-
quez qu'il a du mal à avaler sa salive ce qu'il essaie de faire avec une grimace de douleur. Sa respiration
est bruyante. Votre examen dinique retrouve également un trismus serré.
Un scanner du massif facial sans puis avec injection de produit de contraste iodé trouve une volumi-
neuse collection cervico-faciale et du plancher buccal avec diffusion postérieure et effet de masse sur
là filière respiratoire. Il y à un foyer infectieux dentaire qui semble être la porte d'entrée.
Vous diagnostiquez une cellulite faciale collectée d'origine dentaire avec signes de gravité clinique et
scanographique. La prise en charge est une urgence et comportera une hospitalisation en réanimation,
une intubation orotrachéale, un drainage chirurgical et une antibiothérapie. Le pronostic vital est en jeu.
Attendus d'apprentissage
Ils ne doivent pas retarder une prise en charge urgente si cette dernière est nécessaire (par
exemple, il ne faut pas faire faire un test de Lancaster en cas de suspicion forte de fracture du
plancher orbitaire avec incarcération musculaire).
Attendus d'apprentissage
des voies aériennes supérieures.
B. Retentissement hémodynamique
Hypotension artérielle ou pression artérielle imprenable, pouls distaux et carotidiens non per-
çus, marbrures, tachycardie, ou à l'extrême arrêt cardiaque hypoxique.
Attendus d'apprentissage
Items de connaissance en lien avec la SDD
M Item 90 - Pathologie des glandes salivaires.
M item 155 - Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et mycosiques
de l'adulte et de l'enfant.
M Item 220 - Adénopathie superñcielle de l'adulte et de l'enfant.
M Item 241 - Goitre, nodules thyroïdiens et cancers thyroïdiens.
M Item 298 - Tumeurs de la cavité buccale, naso-sinusiennes et du cavum, et des voies
aérodigestives supérieures.
M Item 335 — Orientation diagnostique et conduite à tenir devant un traumatisme maxillo-
facial et oculaire.
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Expliquer au patient les hypothèses étiologiques et les explorations nécessaires.
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants et médecins) pour la réalisation
des explorations diagnostiques et thérapeutiques.
Attendu d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M Réaliser un examen cervico-facial et endobuccal complec.
M Différencier le caractère aigu, subaigu, chronique et congénital.
M Différencier un mécanisme inflammatoire, traumatique ou tumoral.
M Différencier une cause hématogène, dentaire, cutanée, salivaire, thyroïdienne ou osseuse.
M Chercher une complication respiratoire, neurologique, digestive ou ophtalmologique.
Chirurgie maxillo-faciale
& 2044, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés,
Compétences et situations de départ (SDD)
NA A GO D ON NN RON Na a NU dd
Vignette clinique 1
Vous recevez en consultation une patiente âgée de 50 ans pour une tuméfaction cervico-faciale (fig. 31.1).
Procédez à l'examen clinique de cette patiente.
Fig. 31.1. Tuméfaction isolée pré-auriculaire d'évolution progressive soulevant le lobule de l'oreille.
A. Interrogatoire
Le motif de consultation est cherché et orientera l'examen. En plus de l'interrogatoire classique
(état civil, âge, profession, habitus, antécédents, intoxication alcoolo-tabagique, traitements
médicamenteux, allergies), il est nécessaire d'appréhender l'état général du patient :
+ Quels sont vos antécédents médicaux ? Avez-vous déjà été opéré au niveau facial et/ou du
cou ?
Avez-vous eu un choc récent, un traumatisme ? Si oui, le contexte du traumatisme sera
cherché.
Avez-vous voyagé récemment ? Avez-vous été vacciné contre la tuberculose ? Les éléments et
le contexte de la consultation devront s'attacher à savoir si une tuméfaction d'origine tuber-
culeuse est plausible (migrants, non-vaccination et voyages fréquents en zone endémique).
Avez-vous perdu du poids ? Si oui, combien ? La recherche d'un amaigrissement important
sans changement de régime alimentaire, associé à une asthénie, doit faire évoquer une
étiologie tumorale maligne {dans ce contexte, une intoxication alcoolo-tabagique impar-
tante appuiera l'hypothèse diagnostique, un examen clinique minutieux des aires ganglion-
naires cervicales cherchera la présence d'adénopathies, puis l'examen des VADS cherchera
une lésion primitive).
Ÿ at-il des signes généraux qui accompagnent cette tuméfaction : fièvre, frissons, sueurs,
altération de l'état général ?
SDD 158 - Tuméfaction cervico-faciale
Attendus d'apprentissage
«chercher les signes généraux et fonctionnels associés à la tuméfaction et les signes évolutifs ;
«_ éliminer ou confirmer la présence de signes évoquant une lésion primitive des VADS (odyno-
phagie, atalgie, dysphagie) : si ces signes sont présents un examen clinique minutieux des VADS
s'impose ;
orienter vers une étiologie traumatique en fonction du contexte et pratiquer Un examen
clinique orienté à la recherche de fractures du massif facial ;
repérer l'habitus de vie et chercher une tuméfaction d'origine tuberculeuse si le mode de vie
est compatible avec cette hypothèse.
B. Examen clinique
L'exarnen doit être complet — aspect des tégumnents, palpation des reliefs osseux, des orifices
naturels (orifices narinaires, conduit auditif externe), de la motricité, de la sensibilité des aires
ganglionnaires et des aires glandulaires — et analyser les trois étages faciaux. L'examen endo-
buccal est réalisé sous conditions de bon éclairage et avec deux abaisse-langues.
Devant une tuméfaction, l'inspection s'attache à préciser :
+ lalocalisation exacte : siège de la tuméfaction (frontale, orbitaire, nasale, jugale, pré-auriculaire,
labiale, mentonnière, cervicale, sus-claviculaire), localisation par rapport aux chaînes lympha-
tiques (aire ganglionnaire concernée) ;
l'état de la peau et des téguments (coloration, inflammatoire ou non, ulcération, suppuration) ;
autres : ascension dans les tuméfactions médianes cervicales lors de la déglutition, lobule
de l'oreille surélevé (tuméfaction parotidienne}.
À la palpation, le volume et la consistance (dure évoquant une prolifération tumorale, rénitente
évoquant un kyste, molle) sont appréciés. Le caractère bien limité ou non de la tuméfaction,
la présence d'adénopathies uniques ou multiples, le caractère mobile ou non, l'adhérence aux
plans profonds, la perception d'un thrill, le caractère inflammatoire des téguments (rougeur,
chaleur, douleur) sont cherchés. La palpation des aires ganglionnaires permet de chercher des
adénopathies associées.
L'examen de la cavité buccale et de l'oropharynx, avec inspection minutieuse des muqueuses
en mobilisant et refoulant la langue par un abaisselanque), de la denture (nombre de dents,
avulsion, perte traumatique, état dentaire, prothèse, palpation des glandes salivaires — palpa-
tion bidigitale de la glande sous-maxillaire), et inspection des ostia des glandes salivaires paro-
tidienne et submandibulaire, complétera le bilan. En cas de suspicion d'adénopathie cervicale
d'origine tumorale, une nasofibroscopie est pratiquée. Toute tuméfaction cervicale présente
depuis plus de 3 semaines, sans étiologie trouvée, doit faire l'objet d'un avis spécialisé. Devant
ce tableau dlinique et en fonction du contexte, il faudra éliminer en premier lieu une adéno-
pathie d'origine tumorale,
Compétences et situations de départ (SDD)
Pathologie salivaire
de carac
inflammatoire
Cellulite
Porte d'entrée
cervico-faciale
dentaire
d'origine dentaire
chez l'enfant
Tuméfaction . . .
meer ; Hommes j .. Sialadénite virale
cervico-faciale ë et à Bilatéral Me
aiguë contexte inf x nn
Écoulement LE Core
purulent TO arotidite Gaiguë
à l'ostium de Sténon
traumatique
@ 1e caractère congénital est marqué par la présence de la lésion dès la naissance (fig. 31.3).
Le caractère chronique se définit par une installation souvent sans date de début précis trouvé
à l'interrogatoire, une stabilité ou une progression de la symptomatologie sur plusieurs mois
{ancienneté > 6 semaines).
Le caractère subaigu 5e définit par la persistance de la tuméfaction au-delà de la période aiguë,
avec parfois une intensité variable de la symptomatologie (fig. 31.4).
SDD 158 - Tuméfaction cervico-faciale
Hémangiome congénital
(RICH-NICH)
Attendus d'apprentissage
ocalisalion médiane
Kyste du tractus
& la déglutition
thyréoglosse
ction linguale
Lymphangiome
kystique
Absence
lors de la déglutition
Hémangiome
Élastique
infantile, forme
sous-cutanée
pure
Fi 1
Le Thymus
Solide
Tumeurs
Tumorales
Tuméfaction
cervico-faciale
chronique
Bilatéralité, poussée
inflammatoire
Parotidienne*
Examen du canal
dé Sténon
Fig. 31.4. © orientation diagnostique devant une pathologie des glandes salivaires.
* Cystadénolymphome : évolution avec des poussées inflammatoires possibles dans les tumeurs de Warthin.
Compétences et situations de départ (SDD)
AN
al 4 EE! Ni Gi K H 4 &! &! EE! EE E H A &! &! Œ! AG! El & & 4 “ k
O Une tuméfaction isolée non inflammatoire pré-auriculaire soulevant le lobule de l'oreille évo-
luant depuis plusieurs années oriente vers une pathologie tumorale de la parotide (fig. 31.5).
Tumeur
Unilatéralé Atteinte
du nerf facial ?
Non
inflammatoire
Sialadénose
Bilatérale Tumeur
. de Warthin*
Inflammation ?
Bilatérité ? un
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Unilatérale énite
bactérienne
Inflaram
(sialadénite)
Bilatérale Sialadénite virale
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Attendus d'apprentissage
généraux orientant vers une pathologie maligne, l'absence d'adénopathies, l'absence
d'atteinte du nerf facial, la présence de caractéristiques IRM montrant un hypersignal en T2
avec un ADC (soparent diffusion coefficient ou coefficient de diffusion) > 1 constituent un
faisceau d'arguments pour orienter vers un adénome pléomorphe. l'adénome pléomarphe
reste la tumeur parotidienne bénigne la plus fréquente.
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Vignette clinique 2
Un homme de 55 ans vient consulter aux urgences pour un trismus et une tuméfaction cervicale inflam-
matoire gauche. Il présente une hyperthermie à 38,5 °C. Malgré le trismus, vous réussissez à examiner
la cavité buccale du patient. L'état bucco-dentaire du patient est déplorable. Il existe un écoulement
purulent au collet de la dent 36.
Le patient présente une cellulite faciale d'origine dentaire (dent 46).
De principe quel élément cherchez-vous pour définir si cette cellulite est collectée ?
Réponse : afin de préciser le stade collecté, un comblement vestibulaire est cherché à l'examen endobuccal.
En menant un examen clinique complet, vous découvrez un souffle d'insuffisance aortique. Le patient
affirme qu'il a toujours eu ce « petit souffle ».
Dans ce contexte, que devez-vous craindre ?
Réponse : l'endocardite infectieuse par essaimage microbien à partir d'un foyer parodontal est à rechercher.
@ Devant une tuméfaction cervico-faciale aiguë inflammatoire, une porte d'entrée dentaire
peut être cherchée pour orienter vers le diagnostic de cellulite faciale.
L'interrogatoire cherche les antécédents de symptomatologie dentaire :
« Avez-vous eu une douleur dentaire, un abcès dentaire ?
+ Quel est votre suivi régulier dentaire ?
“Avez-vous eu un traitement dentaire récent, une avulsion récente ?
L'examen cherche des antécédents de pulpite, la présence de lésions infectieuses dentaires
foyer péricapicaux dentaires, péricoronarite, desmondontite, abcès sous-périosté).
L'examen précise la dent en cause fnumérotation) — s'il y à un comblement vestibulaire, une
limitation de l'ouverture buccale, un écoulement au collet dentaire ou une fistulisation —, ainsi
que les signes généraux.
Compétences et situations de départ (SDD)
C. Origine cutanée
D Le: étiologies
9 cutanées seront éliminées par l'examen des téguments
9 (coloration, aspect,
plaie ou ulcération), l'absence de lésion décelable (kyste épidermique ou sébacé, par exemple)
et l'absence de comblement vestibulaire.
D. Origine thyroïdienne
Les tuméfactions thyroïdiennes sont repérables par leur siège médian, et la mobilisation lors
de la déglutition. Il peut s'agir de goitre, de nodules thyroïdiens kystiques ou turmoraux.
L'échographie, le bilan sanguin avec dosage de TSH et des hormones thyroïdiennes T3, T4
(+ calcitonine) permet d'orienter le diagnostic.
E. Origine osseuse
Les étiologies osseuses sont suspectées devant une tuméfaction chronique de développement
progressif, dure à la palpation, comblant et soulevant le vestibule. L'inspection comparative,
balayant les deux hémifaces, est parfois révélatrice d'une asymétrie faciale en rapport avec une
dysmorphose denta-faciale.
Les signes d'appel clinique sont essentiellement la déformation osseuse, visible et palpable,
des signes éventuels de compression des organes de voisinage (exophtalmie, obstruction
nasale) où des nerfs à trajet intra-osseux (dysesthésies, paresthésies, anesthésies dans le ter-
ritoire du nerf alvéolaire inférieur). Le retentissement sur les dents est apprécié : état de la
denture, mobilité dentaire, test de vitalité dans la région atteinte. En fonction de la localisation,
un orthopantomogramme est demandé et oriente le diagnostic : localisation unique (amélo-
blastome, tumeurs odontogènes...) ou multiple, mono-ostotique ou polyostotique (dysplasie
fibreuse, myélome...}, état de la corticale osseuse, extension aux parties molles, relation avec
un germe dentaire, aspect lacunaire kystique ou opacités.
La progression des tumeurs malignes est souvent plus rapide avec l'apparition de douleurs et
de signes de compression (sarcomes, fibrosarcomes, tumeur d'Ewing chez l'enfant ou l'adulte
jeune, lésions métastatiques).
SDD 158 - Tuméfaction cervico-faciale
F. Adénopathie
La présence d'une lésion primitive des VADS associée oriente vers une adénopathie métasta-
tique d'un cancer des VADS.
La présence d'autres adénopathies multiples extracervicales oriente vers une maladie de sys-
tème (sarcoïdose) ou une cause hématologique (lymphome). Un bilan sanguin (NFS} permet
de compléter l'orientation diagnostique ; une cytoponction ou une Biopsie ganglionnaire per-
mettent de confirmer et de classer le lymphome.
La persistance d'une adénopathie doit conduire à un prélèvement à visée diagnostique
{biopsie ganglionnaire ou cytoponction sont discutées en fonction de l'orientation clinique).
Attendus d'apprentissage
traumatique ou tumoral
Fig. 31.6. Tuméfaction cervicale gauche ulcérée et nécrotique (adénopathie métastatique nécrotique
ulcérée d'origine tumorale : cancer VADS).
Compétences et situations de départ (SDD)
B. Complication neurologique
En fonction de la lacalisation de la tuméfaction cervicale des signes d'atteinte nerveuse sont
possibles. Par exemple :
+ turmméfaction parotidienne maligne et atteinte du nerf facial (signes de paralysie faciale péri-
phérique, en particulier atteinte de la motricité faciale) ;
+ tuméfaction mandibulaire d'origine traumatique et atteinte du V3 (hypoesthésie dans le
territoire labio-mentonnier inférieur).
C. Complication digestive
Odynophagie, troubles de la déglutition, dysphagie.
D. Complication ophtalmologique
Baisse de l'acuité visuelle, atteinte de la motricité oculaire, exophtalmie, énophtalmie, diplopie.
SDD 169 — Morsure
et piqûres
Morsure de la face
Attendus d'apprentissage
Items de connaissance
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Expliquer au patient les hypothèses étiolagiques et les explorations nécessaires.
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants et médecins) pour la réalisation
des explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Évaluer le degré d'urgence de la prise en charge.
M informer et expliquer la situation aux responsables légaux et à l'enfant avec un discours
adapté.
M Produire une attitude relationnelle empathique et rassurante.
Attendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M Identifier l'agent responsable de la morsure ou piqüre.
M Décrire les plaies et chercher une atteinte des structures anatomiques en fonction de
la localisation de la morsure.
M Réaliser les premiers soins locaux, et initier une antibiothérapie si justifiée.
M Prévenir le risque de contamination par le Clostridium tetani et le virus de la rage, selon
les recommandations.
M Expliquer au patient (ou à son entourage) les déclarations obligatoires en cas de morsure.
M Orienter le patient vers la structure adaptée, en fonction du type de morsure/piqüre
et de sa localisation.
M Évaluer le risque d'anaphylaxieou de détresse respiratoireen cas de piqûre d'hyménoptères.
M Expliquer au patient les principes de prise en charge devant une piqûre de tique.
M Diagnostiquer et prendre en charge une maladie de Lyme en phase primaire.
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Compétences et situations de départ (SDD)
mn 1 n : * »
Fig. 32.1. Enfant de 3 ans présentant une plaie profonde par morsure de chien de la joue droite.
© Les accidents par morsure animale sont souvent traumatisants, les dégäts sur le visage
peuvent être impressionnants, et la gestion des mesures sanitaires sur un animal domestique est
complexe.
La prise en charge du patient et de ses proches implique d'être rassurant et empathique.
La prise en charge sociale et psychologique est indispensable quand il s'agit d'un entant.
B. Contexte
* L'enfant jouait avec le chien ou est-ce une agression spontanée du chien ?
s l'enfant était-i| seul ?
+ L'enfant est déjà venu aux urgences pour des situations similaires où dans des contextes
pouvant faire évoquer de la maltraitance ?
Attendus d'apprentissage
Ces informations ont pour objectifs de :
« chercher les cas de maltraitance ;
s mettre en place des mesures de protections.
ALU AU AU
A a mé a a ai Gi QU OU O Gé OÙ QU OU Ù U U QU Bi OÙ Gi Bi a a ai 4
Vignette clinique (suite)
L'enfant a été mordu par le chien de sa grand-mère, le chien n'a jamais mordu, mais s'est récemment
blessé à la patte, il n'est pas vacciné contre la rage, car n'a jamais voyagé. Il s'agit d'un jack russell.
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B. Rage
Circonstances Mesures pour l'animal Mesures pour le patient
Animal non connu, Traitement en centre antirabique
non disponible Sérothérapie + vaccination
Animal mort Faire acheminer l'encéphale | Traitement en centre antirabique
à un laboratoire agréé Sérathérapie + vaccination
pour analyses Le protocole de vaccination est interrompu si le résultat
de l'analyse est négatif
Animal vivant Mise en surveillance Différer le traitement, il sera mis en place si l'animal développe
Circonstances vétérinaire 10, J7, 114 des signes d'infection rabique
non SUSpéCtes
Attendus d'apprentissage
Animal vivant Mise en surveillance Traitement en centre antirabique
Circonstances suspectes | vétérinaire JO, J7, 114 Sérothérapie + vaccination
Le protocole de vaccination est interrompu si les doutes
initiaux sont levés
Après la 3€ visite, le vétérinaire rédige un certificat définitif attestant que le chien n'a présenté
à aucun moment de symptôme pouvant évoquer la rage.
Pendant cette période de surveillance, il est interdit de vendre ou de donner le chien, de le faire
vacciner contre la rage, de l'abattre ou de le faire abattre sans l'autorisation du vétérinaire.
Attendus d'apprentissage
M Item 136 — Anesthésie locale, locorégionale et générale.
M item 155 — Infection aiguë des parties molles (abcès, panaris, phlegmon des gaines).
M Item 160 - Tétanos.
M Item 334 — Prise en charge immédiate pré-hospitalière et à l'arrivée à l'hôpital, évalua-
tion des complications chez : un brûlé, un traumatisé sévère, un traumatisé thoracique,
un traumatisé abdominal, un traumatisé des membres et/ou du bassin, un traumatisé
du rachis ou vertébro-médullaire, un traumatisé crânien ou crznio-encéphalique.
M item 335 — Orientation diagnostique et conduite à tenir devant un traumatisme
cranio-facial et oculaire.
M Item 349 - Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et myco-
siques de l'adulte et de l'enfant.
Items de connaissance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M Item 156 — Infections ostéoarticulaires (OA) de l'enfant et de l'adulte,
M item 184 — Accidents du travail et maladies professionnelles : définitions et enjeux.
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « symptômes et signes cliniques »
M Identifier le mécanisme de la plaie, identifier le risque de souillureou de corps étranger.
M Décrire les caractéristiques sémiologiques de la plaie.
M Réaliser un examen clinique précis à la recherche de signes évocateurs de lésions de
structures anatomiques nécessitant une exploration chirurgicale.
M Chercher des lésions osseuses associées.
M Identifier les situations nécessitant un avis chirurgical spécialisé.
M Réaliser les premiers soins locaux.
M Évaluer le risque de réranos et adapter la stratégie préventive.
M Réaliser une anesthésie locale.
M Réaliser une suture cutanée.
M Réaliser un pansement compressif.
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Vignette clinique
Un patient de 52 ans, sans antécédent particulier, consulte pour une plaie jugale à droite par disqueuse
{accident domestique) (fig. 33.1).
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Compétences et situations de départ (SDD)
Fe.
Fig. 33.1. Plaie de la joue par disqueuse (accident domestique) allant de la pommette à la lèvre supé-
rieure droites à la commissure, risque de section du conduit parotidien.
Attendus d'apprentissage
ment (compatible avec une plaie du conduit}, puis masser la glande à la recherche d'un
écoulement salivaire par l'orifice où par la plaie {révélant ainsi une plaie du conduit) ;
les plaies de la région parotido-massétérique peuvent entraîner une lésion du paren-
chyme salivaire, d'évolution habituellement favorable, mais pouvant se compliquer
d'une collection ou d'une fistule salivaire secondaire, source d'infection.
Type de plaie :
— délabrée avec ou sans perte de substance ;
— péri-orificielle (paupières, narines, lèvres, oreilles] : à risque de rétraction avec un préju-
dice esthétique {sténose orificielle, ectropion) ;
- présence de corps étrangers (éclats de verre, corps étrangers végétaux ou minéraux) ;
— plaie infectée, en particulier par morsure.
Remarques :
une plaie par morsure est par définition contaminée. Le risque infectieux le plus fréquent
est une infection à germes anaérobies, alors que le risque infectieux le plus grave (mais
rarissime) est la survenue d'une infection rabique (morsure animale) et d'infections virales
transmissibles par le sang — VIH, hépatites B et € (morsure humaine) ;
l'aspect anodin (plaie punctiforme liée aux crocs) de la morsure est toujours trompeur
quant à la profondeur et aux lésions sous-jacentes ; ces plaies par morsure sont souvent
associées à des décollements importants (décollement du scalp : voir fig. 13.8).
Compléments numériques
Des compléments numériques sont associés à ce chapitre. Ils proposent des vidéos indiquées
dans le texte par un picto JS. Pour voir ces compléments, connectez-vous sur http:
emconsulte/e-complement/478543 et suivez les instructions.
Attendus d'apprentissage
Items de connaissance
Items de connaissance en lien avec la SDD
M Item 3 - Le raisonnement et la décision en médecine. La médecine fondée sur les
preuves (evidence based medicine, EBM). La décision médicale partagée. La controverse.
M Item 90 — Pathologie des glandes salivaires.
M Item 148 — Infections naso-sinusiennes de l'adulte et de l'enfant.
M item 298 — Tumeurs de la cavité buccale, naso-sinusiennes et du cavum, et des voies
aérodigestives supérieures.
M Item 326 - Cadre réglementaire de la prescription thérapeutique et recommandations
pour le bon usage.
Mitem 335 - Orientation diagnostique et conduite à tenir devant un traumatisme
maxillo-facial et oculaire.
Items de connaissance en lien avec la SDD, mais non traités ici
M item 94 — Rachialgie.
M Item 241 - Goitre, nodules thyroïdiens et cancers thyroïdiens.
Attendus d'apprentissage
Attendus d'apprentissage dans la famille « données paracliniques »
M Organiser son raisonnement et hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.
M Expliquer au patient les hypothèses étiologiques et les explorations nécessaires.
M Échanger avec les différents intervenants (soignants, médecins) pour la réalisation des
explorations diagnostiques et thérapeutiques.
M Prescrire de manière raisonnée les explorations complémentaires.
M Chercher une antériorité et la comparer au résultat actuel.
M Confronter les résultats de l'examen complémentaire aux hypothèses diagnostiques.
M Évaluer le degré d'urgence de la prise en charge.
Attendus d'apprentissage spécifique « de la situation abordée »
M identifier les structures cervico-faciales normales en imagerie : échographie, scanner
et IRM.
M Déterminer la structure à l'origine de l'anomalie.
M Décrire les caractéristiques sémiologiques des images.
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Compétences et situations de départ (SDD)
er
2. Scanner
Le scanner (CT-scan pour compouted tomography scanner), appelé également tomodensitométrie
(TOM), est une technique d'imagerie médicale utilisant des rayons X et permettant de reconstituer
des images de structures anatomiques en deux ou trois dimensions (20 et 3D) (fig. 34.2 et 34,3).
C'est une technique de radiologie particulièrement intéressante car elle permet de visualiser de
manière très précise des structures osseuse, cartilagineuse, vasculaire et également les tissus
mous. L'acquisition des images peut se faire avec ou sans injection de produit de contraste (le
plus souvent iodé). C'est un examen simple de réalisation, rapide et disponible dans l'ensemble
des structures dé soins actuellérment. On parlé de « densité » scanographique (unité Hounsfield).
Le principal inconvénient du scanner est qu'il est irradiant {rayons X).
En fenêtre osseuse (sans injection}, avec coupes osseuses inframillimétriques du vertexà l'as hyoïde
et avec reconstructions multiplanaires et tridimensionnelles 30, c'est l'examen diagnostique de
référence en traumatologie maxillo-faciale. C'est un examen simplé de réalisation, rapide et dis-
ponible dans l'ensemble des structures de soins actuellement, Le scanner permet de préciser le
SOD 225 - Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie
Le]
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4. IRM
SDD 225 - Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie
Son principal avantage est qu'il s'agit d'un examen non irradiant. Son principal inconvénient
est que la durée d'acquisition est longue (fatigabilité du patient, disponibilité limitée...)
Coupe sagittale
apprentissage
4 C
Atte) IAUS €
Coupe frontale
{= coronale)
2. Coronal/frontal
Une coupe coronale ou frontale représente l'image obtenue lorsque le plan de coupe est paral-
lèle au plan du front. On parle également de coupe coronale car c'est le plan de coupe défini
par la suture coronale du crâne (fig. 34.64 et C).
3. Sagittale
Une coupe axiale ou transverse représente l'image obtenue lorsque le plan de coupe est ver-
tical (par rapport à l'axe cranio-caudale) et divise le corps en une partie droite et une partie
gauche (fig. 34.64 et D).
4. Reconstruction 3D
La reconstruction 3D désigne la technique qui permet d'obtenir une représentation en trois
dimensions d'un objet (ici partie anatomique étudiée) ou à partir d'un ensemble d'images
prises sous différents points de vue de l'objet (ici différents plans de coupe d'une région ana-
tomique) (fig. 34.7).
Fig. 34.7. D Reconstruction tridimensionnelle (30) d'un scanner du massif facial montrant une fracture
de l'angle mandibulaire gauche.
106
dapprentisse
Fig. 34.8. D scanner cervico-facial injecté en coupe axiale fenêtre parenchymateuse.
l is
Notez l'important rehaussement des structures vasculaires telles que l'artère carotide interne droite (flèche bleue),
l'artère carotide externe droite (flèche rouge) et l'artère faciale droite (flèche verte).
Attend
2. IRM
À
Comme pour le scanner, pour savoir si une séquence IRM est injectée, on cherche le rehaus-
sement par le produit de contraste (prise de contraste) des éléments vasculaires tels que les
artères carotidiennes/faciales/cérébrales et leurs branches frehaussées précocement par rapport
à l'injection de produit de contraste) ou bien les veines jugulaires/faciales/cérébrales et leurs
branches (rehaussées tardivement par rapport à l'injection de produit de contraste) (fig. 34.91.
Tableau 34.1. © Synthèse du signal des différentes structures cérébrales en séquence T1 et T2.
Séquence T1 Séquence T2
« anatomique » « anti-anatomique »
Substance blanche Hyper Hypo
Substance grise Hypo Hyper
Graisse Hyper Hypo
Éaulliquide cérébrospinal Hypo Hyper
Le]
50
[u.-
Le]
A
in
4
nn
us
nu
glandes salivaires submandibulaires (flèches jaunes), des muscles (ici ventre antérieur des muscles digastriques ; un
_
es:
flèche mauve) et des vaisseaux cervicaux (flèche rouge). B. Même coupe axiale en fenêtre osseuse. Notez la =
sd
visualisation nette de la corticale osseuse ainsi que de la médullaire alors que les tissus mous (graisse, glandes Lu
0
salivaires, muscles, vaisseaux) ne sont quasiment pas visibles. +
sur
<TL.
Entrainement
standardisé
vaccins ont été débutés et les courbes de taille et
Caractéristiques de poids sont satisfaisantes d'après le pédiatre.
Nom : Propano
Prénom : Marius État d'esprit
Âge : 2 mois + Comportement général : normal.
Place dans la fratrie : second, une sœur de 3 ans + Degré d'anxiété : un peu anxieuse.
Taille : 50 cm * Phrase brève et peu informative que l'accompagnant
Poids : 3,540 kg du patient standardisé doit formuler au début de la
Périmètre cränien : 35 cm station : « Bonjour Docteur, je viens car est apparue
une tache rouge sur le front de mon enfant, qui gras-
Mode de vie sit depuis 1 mois, voici une photo (fig. 35.1). »
+ Gardé par la mère en congés maternité.
« Allaitement maternel.
«+ Vit avec ses deux parents.
Antécédents
“_ Antécédents obstétricaux de la mère : P2G2, hyper-
tension artérielle (HTA) gravidique lors de la gros-
sesse de Marius.
Traitements médicamenteux : aucun.
Traitements non médicamenteux : aUCUN.
Antécédents familiaux : HTA chez la grand-mère
paternelle, cancer du célon chez le grand-père Fig. 35.1
maternel.
Allergies connues : aucune. Si l'étudiant pose une question dont la réponse n'est
Antécédents anté- et néonataux : HTA gravidique pas citée plus haut, répondre : « Je ne sais pas. »
chez la mère; né à 37 SA: poids de naissance : Si l'étudiant n'évoque pas le diagnostic ou l'évo-
2,530 kg; taille à la naissance : 47 cm; Apgar lution, lui dire : « Docteur, je suis un peu inquiète,
10-10. quel est votre diagnostic ? Est-ce que celà va conti-
nuer de grossir ? »
Chirurgie maxillo-faciale
& 2024, Elsevier Masson SAS. Tous les droits sont réservés.
Compétences et situations de départ (SDD)
Entrainement
Avez-vous une otite/des otalgies ? Non.
Avez-vous eu des boutons au niveau de la Total objectifs ciblés …../10
conque du côté droit ? Non.
Avez-vous été piqué par une tique ? Ou avez-
vous eu des lésions rouges en cercle sur les SDD 144 - Douleur cervico-
jambes ou le corps ? Non.
Avez-vous un antécédent de contamination au faciale
VIH ? Des conduites sexuelles à risque ? Non.
Description des signes absents ou autres signes Consignes à l'étudiant
(éléments à ne donner que si l'étudiant pose la Vous êtes en consultation aux Urgences et VOUS rece-
question) : vez une patiente de 20 ans, qui présente une tumé-
— pas d'autres lésions : faction de là joue (fig. 35.3}
— aucun antécédent autre ;
- pas de traumatisme facial.
État d'esprit
Compartement général : normal.
Degré d'anxiété : un peu anxieux.
Phrase brève et peu informative que le patient
standardisé doit formuler au début de la sta-
tion : « Bonjour Docteur, Je viens car mon visage
s'est déformé depuis quelques heures ét je suis
inquiet. J'espère que ce n'est pas un AVE l»
Si l'étudiant pose une question dont la réponse
n'est pas citée plus haut, répondre : « Je ne sais
pas. #
S'il n'évoque pas le diagnostic, lui dire : « Docteur,
je suis un peu inquiet, quel est votre diagnostic ?
Ce n'est pas un AVE au mains ? »
Compétences et situations de départ (SDD)
Entrainement
Total objectifs ciblés …/12 Difficulté à manger, douleur à la mastication.
Description des signes absents ou autres signes
(éléments à ne donner que si l'étudiant pose la
SDD 150 - Limitation question} :
Entrainement
localisation, durée, intensité, » Taille: 180 cm
premier épisode ou récidive, etc. + Poids
: 80 kg
Caractérise/met en évidence Mode de vie
le caractère aigu, subaigu, chronique Patient travaille dans la même usine depuis 10 ans,
marié, deux enfants.
Cherche une automédication
par antibiotiques ou anti- Antécédents
inflammatoires + Traitements médicamenteux : aucun.
Histoire clinique dé là tuméfaction
+ Antécédents chirurgicaux : appendicectomie dans
l'enfance, pas d'antécédents de chirurgie cervico-
(depuis quand, évolution)
faciale.
Cherche un signe de collection Antécédents médicaux : Aucun.
(fluctuation} ou d'écoulement Allergie : aucune.
de pus s Vaccination : à Jour
Cherche des signes infectieux : Histoire actuelle
fièvre, frissons, avoir pris » Circonstance : le patient n'a pas eu le temps de se
« sa température # rendre chez le dentiste depuis fort longtemps et
Cherche un trismus vient pour une douleur de la dent avec une tumé-
ou une limitation d'ouverture buccale faction de la joue.
Interrogataire et évolution des symptômes (questions
Complication digestive : aphagie, de l'étudiant et réponses du patient standardisé) :
odynophagie, dysphagie — Dernière consultation chez le dentiste : il y a très
(1 complication citée} longtemps.
Complication respiratoire : dyspnée, Avez-vous des douleurs dentaires ? « Qui j'ai eu
dysphonie, trismus serré, polypnée assez mal à une dent à droite en bas, une molaire,
{1 complication citée) qui maintenant est cassée. Il y à quelques jours
J'avais à nouveau mal, je suis allé chez mon
Cellulite faciale médecin, qui m'a donné des antibiotiques. »
Compétences et situations de départ (SOD)
Grille d'évaluation
Entrainement
de l'étudiant et réponses du patient standardisé) : Explique que l'an va évaluer
— À qui appartient le chien ? « À sa tante. » le nerf facial : branches buccales
- Comment celà s'est-il passé ? « Ma fille était {en faisant souffler, sourire, gonfler
gardée par sa tante et le chien l'a mordue, on les joues au faire la grimace)
ne sait pas pourquoi. »
Explique qu'on va regarder la plaie
Quelle est la race du chien ? « C'est un labrador » sans la toucher
A-t-il déjà mordu ? « On l'a adopté il y a à peine
un mois, mais ma sœur m'a dit qu'il lui avait Total objectifs ciblés ../15
mordu la main sans qu'elle sache pourquoi. »
Est-il vacciné contre la rage 7 « Oui. »
Le chien a-til un comportement anormal ? SDD 170 - Plaie
« Non. #
À quelle heure a eu lieu l'accident ? «1l y a Consignes à l'étudiant
4 heures. » Vous êtes l'interne de garde aux urgences et vous
Quelle est l'heure du dernier repas de votre recevez M. Martin, âgé de 58 ans.
fille ? «Il y a 5 heures. » Pas de patient simulé.
Avez-vous le carnet de santé de votre fille ? « Mon, Vous recevez un patient qui présente une plaie par
je l'ai oublié mais tous ses vaccins sont à jour. » coup de couteau (agression), Avant de l'examiner,
vous expliquez à votre senior comment vous allez
État d'esprit réaliser votre examen et quelle prise en charge vous
s Comportement général : normal.
envisagez. Ci-joint une photographie du patient
+ Degré d'anxiété : mère et enfant anxieuses. (fig. 35.6).
«+ Phrase brève et peu informative que l'accompa- Au cours de cette station, vous devez :
gnant du patient standardisé doit formuler au + expliquer comment vous allez réaliser un examen
début de la station : « Bonjour, ma fille a été mor-
clinique du patient standardisé :
due cet après-midi par le chien de ma sœur »
* expliquer la prise en charge.
Si l'étudiant pose une question qui n'est pas dans
Vous entrez dans le box des urgences et vous vous
les consignes du patient standardisé, lui répondre :
présentez.
« Je ne Sais pas. »
Compétences et situations de départ (SDD)
C
QU
Lu
Fe
QU
=
ËS
Li]
Index
ÂÀ — rétroalvéolaire, 48
Clostridium tetani, 342
Adénome pléomorphe, 137
Conduit
Adénopathie, 337
— parotidien {canal de Sténon), 40
Alcool, 106
Algie vasculaire de la face, 162, 310 PET (canal de Wharton), 15, 41, 42
Améloblastome, 176 Cone beam, 50, 152, 351
Amylose, 136 Contusion, 192
Angiome plan, 283 Corticoïde, 314
Anomalié dé l'occlusion dentaire, 63
Cystadénolymphome, 137
Antalgique, 314
Antidépresseur, 315 D
Aphte buccal, 155, 307
Artérite à cellules géantes, 311 Bent incluse, 61, 174
Dentition, 10, 43, 60
Articulé dentaire, 62
Denture, 10, 43
Auricule, 21
— définitive, 60
E — lactéale, 60
— permanente, 42
Béance antérieure, 66 — temporaire, 43, 60
Biopsie Dermabrasion, 192
- des glandes salivaires accessoires, 136 Desmodontite, 75
- des tumeurs des VADS, 112 Douleur, 304, 312
Bisphosphonates, 315 — chronique, 313
Brèche ostéoméningée, 253 — orofaciale, 148
Dysfonction temporo-mandibulaire, 311
C Dysplasie fibreuse, 178
Cacosmie, 141
Cancer E
- de la cavité buccale, 117 Emphysème sous-cutané, 187
— de l'oropharynx, 118 Endomaxillié, 65
— wiro-induit, 117 Énophtalmie,
236
Candida albicans, 93 Éruption dentaire, 60
Carcinome Érythroplasie de Queyrat, 107
- adénoïde kystique, 137 Examen anatomopathologique, 56
- épidermoïde, 307 Exomaxillie, 65
-- des VADS, 109 Exophtalrnie, 190
- muco-épidermoïde, 138
Carie, 67, 75 F
— prévention de la, 68 Fibrome
Cellulite faciale aiguë — cérnento-ossifiant, 178
— collectée, 80 — desmoplasique, 178
— séreuse, 79 Fibrose orale sous-muqueuse, 108
Chimiothérapie, 120 Fracture
Chondrome, 178 — alvéolo-dentaire, 260
Chondrosarcome, 171 _- comminutive, 207
Classification - de la couronne, 258
— d'Angle, 63 - de Le Fort, 248
—-— classe |, 63 — du complexe naso-ethmoïdo-maxillo-fronto-
—- classe ll, 64 orbitaire, 239
-- classe I, 64 — en trappe (trap-docr), 222
- TNM des cancers des VADS, 117 — trifocale, 207
Cliché - type effondrement (blow-out}, 222
— endobuccal, 49 — unifocale, 207
G - de Hodgkin, 172
- fibrosclérosante à 19G4, 129, 131
Glande
Malformation
- parotide, 15
— artérioveineuse, 289
-— sublinguale, 16
— capillaire, 289
- submandibulaire, 15
Manducation, 189
Glossite, 95
Mécanisme de la plaie, 346
Glossoptose, 182
Médiastinite, 87
Gouttière fluorée, 114
Métastase
Granulome central à cellules géantes, 178
Greffe aspergillaire, 144 — cancer des VADS, 112
Grenouillette, 128
— osseuse, 172
Maorsure, 340, 347
lMuguet, 95
H
Muscle
Hamartome, 177 - digastrique, 14
Hémangiome infantile, 289, 290 génio-hyoïidien, 14
Hématorne intraorbitairé, 235 masséter, 14, 205
Herpès buccal, 308 masticateur, 14
HP, 108, 117 mylo-hyaïdien, 14
Hygiène bucco-dentaire, 68 ptérygoïdien
Hypertélorisme, 29 —- latéral, 14, 205
-- médial, 14, 205
- temporal, 14, 205
Infection salivaire à pyogènes, 125 Mycose, 308
Infraclusie, 66
Insuffisance transverse du maxillaire, 65
Intoxication alcoclo-tabagique, 106 Nævus congénital, 291
IRM, 53, 352 Nerf
— alvéolaire inférieur, 205
K - de Wrisberg (VII bis), 36, 188
Kératokyste, 175 - facial, 12, 188
Kyste - glossopharngien, 162
— anévrismal, 178 - maxillaire, 247
- dentigère, 174 — oculomoteur, 12
- épidermoide, 125 — trijumeau, 12, 34, 36, 187
- fissuraire, 176 Névralgie
- du glossopharyngien, 162
L - du trijumeau, 160, 310
Lambeau, 119 Numérotation internationale des dents, 43, 60
Lésion
— bénigne à potentiel malin, 106 O
- muqueuse, 294 Odontome, 177
- osseuse, malignité d'une, 173 Œdème cervico-facial, 323
Leucoplasie, 97, 106 Orthopantomogramme, 49, 350
- vérruqueuse proliférative, 107 Os tympanal, 210
Lichen plan, 155, 307 Ostéite, 309
- buccal, 37, 107 Ostéoblastome, 178
Limitation d'ouverture buccale, 318 Ostéochondromeé, 178
Lithiase salivaire Ostéome, 178
- parotidienne, 123, 134 Ostéosarcome, 170
- submandibulaire, 122, 132
Luxation dentaire, 260 P
Lymphome malin Panoramique dentaire, 49, 350
— hodgkinien, 172
Papillomavirus, 108
- non hodgkinien, 172 Paralysie faciale, 297
Parotidectomie, 127
M Parotidite récidivante de l'enfant, 126
Maladie Périsialodochite, 122
= bulleuse, 155, 307 Perlèche, 96
Plasmocytome, 171 - d'Eaglé, 165
Promandibulie, 64 Système lacryrnal, 21
Promaxillie, 64
T
Ptasis, 190
Pulpite aiguë, 75 Tabac, 97, 106
Pyramide nasale, 239 Télécanthus, 29, 190
Téléradiographie, 50
R Test de Hess-Lancaster, 233
Radiothérapie, 119 Thrombophlébite faciale, 86
Rétromandibulie, G4 Tomodensitométrie, 52
Rétromaxilliée, 64 Torus, 178
Rhinorrhée Trismus, 319
— aqueuse, 186 Tuméfaction cervico-faciale, 329
— cérébrospinale, 186 Tumeur, 130
— brune, 178
S — de la parotide, 127, 135
- des glandes salivaires, 124, 158
SADAM, 35
-- accessoires, 128
Sarcoïdose, 129, 131, 137 —-— sublinguales, 128
Scanner, 52, 350
—— submandibulaires, 128, 135
Séquence de Pierre Robin, 70 — des os de la face, 167
Sialadénite, 123, 124, 129, 131 — des sinus et des fosses nasales, 105
— ourlienne, 124 — des voies aérodigestives supérieures, 102
Sialadénose, 124, 128, 131 - d'Ewing, 171
Sialodochite, 122 — odontogène, 176
Sinusite, 158, 308
- maxillaire d'origine dentaire, 144 U
Stomatite, 156
Ulcération, 110
— à Candida, 934
— érythémateuse, 94
Stomatodynie, 312
V
Subluxation, 259 Virus
Supraclusie, 66 - de la rage, 342
Syndrome — HPV. 106, 117
— algodysfonctionnel de l'appareil manducateur.
Voir SADAM Z
- de Gougerot-Sjügren, 128, 131, 136 Zone de Ramsay-Hunt, 36, 188