Cours PJ Barrage
Cours PJ Barrage
L'
idée de projet peut provenir des populations, des autorités
administratives et politiques ou de sociétés d'
exploitation.
• Solutions d'options
Opter suivant une politique de développement socio-
économique basée sur les ressources en eau. Le projet
de barrage s'
inscrit alors dans les priorités définies par
le gouvernement.
# # # # ## ' %* !
Si l'
alternative choisi ou l' option faite est le barrage, il
convient de rechercher le site le plus apte.
Éviter les opérations trop coûteuses pour l'
étude avant
d'
avoir la certitude que le site convient.
Deux phases importantes :
1. Travaux de bureau: Documents, cartes, photos
aériennes. Pour chaque site, estimation des
caractéristiques physiques, géométriques,
géomorphologiques du site du barrage et de la cuvette,
examen des voies de communication et les habitations.
Passer en revue rapidement l' estimation de la capacité de
la retenue, l'
hydrologie, la géomorphologie et la géologie
du bassin versant, les données météo locales.
2. Visites de terrain pour compléter les informations
générales:
• Équipe pluridisciplinaire: 1 GR/TS expérimenté en
barrages et aménagements hydrauliques, 1 géomètre, 1
géographe et des manœuvres.
• Contacts locaux pour s'informer sur les sites repérés, les
crues, les problèmes fonciers, etc..
• Examen des conditions physiques: accès, végétation,
morphologie de la rivière et du site, nature et épaisseur
des sols, affleurement rocheux, zones d'emprunt, etc..
• Repérer les difficultés particulières: arrivée d'
eau, pertes,
failles, karst, glissement des berges, tourbes, etc..
• Estimer l'
ampleur des travaux préparatoires:
débroussaillage, aménagement d' accès, levé topo, etc..
L'étude comparative des sites inventoriés (caractéristiques
techniques, avantages, insertion dans l' environnement
physique et socio-économique, etc…) permet de dresser une
liste restreinte de sites potentiels et le choix final.
L
S l
S2 H
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Évaluation des besoins
Alimentation en eau potable
• Les barrages ne sont pas les ouvrages les plus économiques
pour alimenter les zones rurales en eau de boisson.
• On retient généralement les chiffres suivants :
– Centres urbains 150 l/jour/habitant
– Centres secondaires 70 l/jour/habitant
– Centres ruraux 40 l/jour/habitant
15 l/jour/habitant est un minimum en zone rurale
• Actualisation de la population :
– Pop a+n = Pop a (1 + ) n
% (, ((
' ( )
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
% (, (, - - (
- - , .
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
% (, ( - - - (
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les cuvettes de petites dimension
− = /' − )
' ) = .1 +
ou
− 0
' )= / /
Parafouilles : écran étanche dans la fondation
Rideau de palplanches
Mur en béton/paroi moulée (lames métalliques 30 à 50 cm d'épaisseur)
Injections: Roches fissurées ou couches successives plus ou moins
perméables de grande profondeur.
Argile (petites fissures), Argile-ciment (moyenne fissures), sable-argile-
ciment (fissures importantes)
Estimation des pertes
Evaporation
= .112 .1 +
avec r =0.93
Estimation des pertes
Les dépôts solides
Mécanisme de sédimentation dans un barrage
Conséquences
• Conséquences socio-économiques
- apparition de taches quasi indélébiles sur les fruits qui sont ainsi dépréciés ;
ou en résidus toxiques.
Dans le réservoir
En amont
La formation d'un delta dépôts dans le lit de la rivière qui gêne la navigation,
et un exhaussement du niveau de l'eau et une divagation du lit de la rivière
En aval
L'eau ayant déposé ses matériaux dans le réservoir, sa compétence
augmente et donc son pouvoir d'érosivité. Cela provoque une érosion du pied
aval de l'ouvrage et le sapement des berges
Mesures
nasses ou pièges à sable : imprécise et ponctuelle
fosse à sédiments : fiable mais "lourde" à mettre en place
marquage des sédiments : peu fiable car sédiments difficiles à
retrouver dans la retenue après une crue ou saison (effacement, usure, etc..).
prélèvement en rivière par des bouteilles spéciales: ponctuelle et
difficile à mettre en œuvre sur le moyen et long terme.
néphélométrie: procédé optique de détection des "nuages" de
sédiments. Utilisation limitée et onéreuse.
datation des sédiments: convient bien à l'envasement historique et pas
à l'envasement actuel des retenues.
télédétection: élaboration de la topographie de la cuvette à partir de
photos aériennes et d'images satellites. Très onéreuse.
levés topographiques: mesures topo et/ou bathymétriques, profils en
travers ou courbes de niveau.
sondages: carottage ou pénétrométrie suivant un maillage.
Fastidieuse et moins précise.
Formules
Formule de FOURNIER
Formule de COLLET
Formule de MEYER-PETER
Formule de GOTTSCHALK
− .
= +1 / = /
−+. +
/( + )
− . .
= / / / .+ + .
= /
D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)
S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)
h : paramètre anthro
r : paramètre morpho
Le paramètre h est défini comme suit :
Pendant l’envasement
La constitution d’une tranche morte
La surélévation du barrage
Après l’envasement
Le soutirage
La chasse à retenue vide
Le dragage
Le décapage
Le siphonage
A retenir :
Dégradation
Pluie spécifique annuelle
Barrages Surface Période Organisme moyenne 3
(km²) d'étude ou auteur annuelle m /km²/an t/ha/an
(mm) (densité de
1.2)
Volta 30 200 1977 ORSTOM 625 6.2 0.07
Blanche
Kompienga 5 800 1980 HER 905 53 0.67
Goundi 38 64 - 80 EIER 900 160 1.92
Samboendi 148 64 - 80 EIER 724 260 3.1
Vi 92 64 - 80 EIER 1000 52 0.64
Boulbi 102 60 - 83 MIETTON 850 75 0.95
Mogtédo 480 91 - 93 PMI - BF 730 137 1.64
Gouinré 151 67-96 KARAMBIRI 619 292 3.5
Nagréongo 72 68-96 KARAMBIRI 754 31 0.37
Ouaga n°2 65 62-97 KARAMBIRI 754 92 1.10
Salbisgo 160 61-97 KARAMBIRI 760 16 0.19
Thiou 328 81-89 KARAMBIRI 619 57 0.68
Répartition des tranches d'eau
dans la retenue
Calcul du volume de la retenue
S1
S2
S3
S4
=
( + + )/
5 +
+
! ! ! ! ! !
" " 4
Courbes Hauteurs-Volumes et
Hauteurs-Surfaces
Courbe d’utilisation de la retenue
• On la trace pour vérifier l’adéquation de la capacité de
la retenue avec les besoins en eau. Elle permet
d'optimiser la gestion de la retenue et le choix des
spéculations culturales.
Cote de déversement
Étude des apports – Étude
hydrologique – prédétermination de
la crue de projet
(PM, voir cours d'hydrologie)
FAO, 1996. Crues et apports. Manuel pour l’estimation des crues
décennales et des apports annuels pour les petits bassins
versants non jaugés de l’Afrique sahélienne et tropicale sèche.
Bulletin n°54, Rome, 244 p.
+
<5 5 à 30 30 à 100 100 à 700 > 700
Période de retour
100 500 1 000 5 000 10 000
(années)
H: hauteur du barrage (m), V: volume de la retenue (hm3),
d’après G. DEGOUTTE, 1997
,- . /
0 1
2 # +# #) %*# + % #
'*# (# 34# + # #
34 * # # % #
REMBLAI ETANCHE COMPACTE
HOMOGENE
MASQUE AMONT
MACONNERIE
BARRAGES-POIDS
BETON
RIGIDES A CONTREFORTS
A VOUTES
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%
Définition: cade ayant la forme d' un parallélépipède rectangle en
grillage galvanisé (à mailles hexagonales ou carrées) et rempli de
matériau pierreux de granulométrie appropriée.
%
Catégorie:
- Gabion classique: épaisseur égale à largeur
- Gabion-semelle: épaisseur égale moitié de largeur
# * #
Avantages techniques:
%
Avantages économiques:
• Proximité des zones d'emprunt de matériau de remplissage
• Facilité d'exécution des gabions sans matériel lourd et
# #
Avantages sociales :
• Bonne implication des populations du fait de la simplicité des
technologies employées et des travaux d'entretien nécessitant
une HIMO
• La fabrication artisanale des gabions est créatrice d'
emplois.
# # % 5 4 #) # ( *(# *
• Simples et mieux adaptés à de faibles hauteurs de chute (< 3m).
• Employés souvent en rivière pour régulariser le cours d' eau, pour alimenter
%
dimensionner le bassin.
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Barrage de Balavé
(Burkina Faso)
# 5( < #
# Amont
Aval
#
Aval
Amont
Critères de choix d’un barrage
Morphologie du thalweg et qualité de la fondation
• Morphologie du thalweg :
– La topographie d’un site influe sur le choix de l’ouvrage;
– Les barrages en béton sont réservés pour les vallées étroites;
– En zone soudano-sahélienne, les reliefs de plaine ou de plateau,
où les vallées sont très peu marquées, imposent le choix d’un
barrage en terre.
• Qualité de la fondation :
– Fondations rocheuses saines pour les ouvrages rigides;
– Les barrages en remblai acceptent de petites déformations;
– La fondation commande aussi le dispositif d’étanchéité à prévoir.
Critères de choix d’un barrage
Disponibilité en matériaux
• Selon les types d’ouvrages, il faut s’assurer de la
disponibilité en quantité et en qualité des matériaux.
• Barrage en terre : bonne disponibilité de matériau de
bonne qualité mécanique, sinon barrage à zone ou à
masque amont ; matériaux pour la protection et pour
drains et filtre.
• Barrage mixte : prévoir en plus des enrochements de
bonne qualité.
• Barrage en enrochements : disponibilité des
enrochements et de matériaux pour assurer l’étanchéité.
• Barrage en béton ou maçonnerie : sables et agrégats,
ciment, enrochements de bonne qualité (maçonnerie).
Critères de choix d’un barrage
Critères hydrauliques
La parabole épouse la
parabole décrite par une
goutte d'eau lancée dans
la zone de mise en vitesse
en amont du déversoir.
Déversoir trapézoïdal
Barrage de Yakouta (Burkina Faso)
Déversoir trapézoïdal
Barrage de Korsimoro (Burkina Faso)
Déversoir en bec de canard
Barrage de Kanazoé (Burkina Faso)
Déversoir en bec de canard
Barrage de Lumbila (Burkina Faso)
Déversoir en « bec de canard »
Déversoir en perré traité au mastic bitumineux
Barrage de Frondobo (Côte d’Ivoire)
Barrages et seuils en gabions
Vue de l'aval du
déversoir-voile en béton
armé à contreforts de
Balavé (Burkina Faso)
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La nature de fondation
La conception du barrage
La disponibilité en matériaux
La disponibilité en main d’œuvre
Le coût par rapport au coût total du barrage
Les possibilités de suivi et d’entretien
L’utilisation de l’aval du barrage
Les questions environnementales et conditions
sanitaires
Les conditions hydrauliques (hauteur de chute, débit)
) ) '$ " *+
!" " , #" *-
Q = m * L * 2g * h 3/ 2
avec
Q : débit sur le seuil (m3/s)
L : longueur déversante (m),
h : charge sur le seuil (m)
m : coefficient de débit du seuil (-)
g : accélération de la pesanteur (g = 10 m/s2)
Détermination du coefficient de débit m
m dépend de la forme du seuil, mais aussi de la charge.
Q = k * m * L * h1 * 2 g (h − h1 )
dz Qc (t ) − Qe [ z (t ) ]
= = f [t , z (t ) ]
dt S [ z (t ) ]
L’effet de laminage est évalué sous la forme d ’un coefficient tel que :
Avec
Qemax Qcmax : le débit maximum de l' hydrogramme de crue
β= entrant (débit de projet) (m3/s)
Qcmax
Qemax : le débit maximum évacué (m3/s)
Avec
m 2 gL12Qcmax tm3 L1 : est la longueur approchée du déversoir (m)
x0 = S : la superficie normale de la retenue (m2)
S3 m : coeff. de débit de l ’évacuateur (-)
tm : temps de montée des eaux (s)
Qcmax : débit de projet (m3/s)
g : accélération de la pesanteur (g = 10 m/s2)
Détermination du coefficient de laminage
Méthodologie pratique
• Calculer L1 sans tenir compte de l'
effet de laminage
Qcmax = m * L1 * 2 g * h3/ 2
m 2 gL12Qcmax tm3
• Calculer x01 puis log10x01 : x01 =
S3
• Lire 1 sur l'
abaque et calculer Qemax = 1 Qcmax
m 2 gL22Qcmax tm3
• Recommencer le calcul avec L2 : x02 = puis log10x02
3
S
• Calculer Qemax = 2 Qcmax et L3 :
β 2Qcmax
= m * L3 * 2 g * h3/ 2
La validité de ces calculs est limitée dans le cas de très forts laminages.
Lorsque = Qemax/Qcmax trouvé est inférieur à la valeur Q/Qcmax donnée
par l'
abaque ci-dessous, il y a lieu d'être prudent quant à la valeur de
Qemax. C'
est un cas de figure peu fréquent.
Abaque de validité de la
détermination de l'
effet du
laminage basé sur l'hydrogramme
schématique triangulaire.
Méthodes graphiques
La forme de l'
hydrogramme de crue est soit triangulaire (pointu), soit arrondi.
A * Zc Zc Qe
et On lit sur l'
abaque le rapport
Qc * Tm a Qc
A * Ze Ze Qe
et On lit sur l'
abaque le rapport
Qc * Tm a Qc
Q (m3/s) Z (m)
A (m²) a (m)
Tm (s)
Crue à hydrogramme arondi:
1er cas
A* Z 2ème cas
- Abscisse :
Qc * Tm
Qe
- Ordonnées :
Qc
Z
- Courbes :
a
Crue à hydrogramme pointu :
1er cas
A* Z 2ème cas
- Abscisse :
Qc * Tm
Qe
- Ordonnées :
Qc
Z
- Courbes :
a
Valorisation de l'effet du laminage
' "* / *)
• Fait directement suite au déversoir, généralement rectangulaire
• Longueur faible, pente faible, écoulement fluvial
État de surface K
Paroi très lisse (métal – ciment très 100
lisse)
Mortier lissé 85
Béton lisse avec joints 75
Maçonnerie ordinaire 70
Béton rugueux, maçonnerie vieille 60
Terre très irrégulière avec herbe 50
Chenal rempli de cailloux 40
• Fait suite au chenal d'
écoulement et généralement rectangulaire
• pente forte, écoulement torrentiel
• La longueur minimale L du convergent peut être calculée par :
L = 2.5(l1 − l2 )
l1 : largeur au plafond du bief amont
l2 : largeur au plafond de la section de contrôle
l = 2y (y le tirant d'
eau) (section économique par expérience)
Calcul de la revanche R
V2
x = 1.8 y + sin(2θ )
2g
θ ∈ [35° − 45°]
r ≥ 5y
y : tirant d'
eau (m)
V : vitesse au départ du bec (m/s)
Il est préconisé pour un ouvrage en béton ou maçonnerie de
plus de 5 m car plus économique qu'un bassin à ressaut.
V02
V = 2 g 0.9 H + h + −y
2g
Q q
y= =
l *V V
Q
6
Les bassins de chute ou de plongée
Conviennent dans le cas de petites chutes.
Deux solutions sont envisageables : radier du bassin revêtu et non revêtu.
yn
h = H + y1 − B − 0.06 L p − yn
Abaque de détermination des
caractéristiques d'une petite chute
seuil
2ème cas: Bassin avec radier non revêtu
Formule de SCHOKLITSCH
h0.2 * q 0.57
y = 4.74 * 0.32
d 90
2
H0
yn
Dimensionner le bassin revient à lui donner une longueur supérieure à la
longueur L du ressaut, et une profondeur D telle que Z2 ≤ yn, soit y2 - D ≤ yn
Détermination de yn
• A l'
aide de la courbe de tarage si elle existe (cas rare)
Q = KSR 2 / 3 I 1/ 2
h/H0 = 0.3
D/H0 = 0.25
Yn/H0 = 0.25
De manière générale, on peut utiliser l'
abaque suivant en connaissant :
• Le débit linéaire q
ou
4) 1.7 < F < 2.5, un ressaut commence à apparaître mais pas très
turbulent (pré-ressaut). Les déflecteurs et seuils pas encore
nécessaires. Veuillez à contenir le ressaut dans un bassin de
longueur minimale L (longueur du ressaut) donnée par les abaques
suivants :
Détermination des caractéristiques du ressaut
pour un nombre de Froude compris entre 1.7 et 2.5
5) Pour 2.5 < F < 4.5, phase
transitoire, ressaut instable
et difficile à contrôler.
Prendre bassin de type I
Dimensionner
la profondeur
des écrans
anti-renards
par la règle
de LANE.
Ouvrage de
prise/vidange
avec tour
Ouvrage de vidange
à batardeaux intégré
au déversoir (barrage
de Keita, Niger)
Ouvrage de prise
par siphon
Principes de conception des digues de barrages
La conception des digues de barrage devra répondre aux 7 critères
suivants :
1. La digue devra être sécurisée contre les surverses vis à vis
des crues par l'aménagement d'un évacuateur de capacité
suffisante. A cet aspect devra s'ajouter celui de la
possibilité de vidange.
2. Les pentes des talus doivent être stables pendant la
construction, pendant la mise en eau et la mise en
exploitation de l'ouvrage, ainsi que dans les cas de vidange
rapide.
3. La digue devra être conçue de manière à ne pas
imposer des pressions excessives sur la fondation .
4. Les infiltrations à travers la digue et le sol de fondation
doivent être limitées et contrôlées de façons à éviter des
risques de renard.
5. La digue doit être sécurisée vis à vis de l'effet des vagues.
6. Le talus amont doit être protégé contre le batillage
(pompage des matériaux par l'action des vagues), la Crète
et le talus aval seront protégés contre l'érosion
due au vent et au ruissellement des eaux de pluies.
7. Si le barrage est dans une région sujette à des séismes,
sa conception sera telle que le séisme le plus sévère,
raisonnablement prévisible, n'endommage pas la fonction de
la structure.
2-Constitution de la digue
2,1 Dimensionnement de la digue
Hauteur de la digue:
La hauteur de la digue est déterminée par la topographie, l’hydrologie et les
facteurs économiques :
E = hauteur normal des eaux ou de la retenu (P) + charge maximale sur
déversoir (h=1,5m, maximum pratique h=1,20m) + revanche (R)
Le plan d'eau normal « PEN »(hauteur de retenue normale) est calculé selon
la capacité utile à stocker pour satisfaire tes objectifs et les pertes. On prend
en compte une tranche morte en fond de retenue pour emmagasiner les
dépôts.
Le niveau des plus hautes eaux (PHE) est égal au niveau de retenue
normale augmenté de la lame d'eau au déversoir compte tenu de l'effet
de laminage.
La revanche libre (R) est une tranche comprise entre le PHE et la Crète du
barrage. Le calcul de la revanche tient compte de la hauteur des vagues
qui se forment sur le plan d'eau et la projection de l'eau vers le haut du
barrage due à la vitesse de propagation des vagues lorsque celles-ci
rencontrent le barrage.
La revanche
Pour tous les types de déversoirs il faut imposer une hauteur
supplémentaire au dessus du niveau des plus hautes eaux (PHE) afin de mettre
à l'abri la crête du barrage des vagues et remous. Cette hauteur appelée
revanche permet de protéger la digue des risques de débordement.
La revanche R (m) est estimée par la formule :
𝑽𝟐 𝟐 𝟑
R = 𝐀 ∗ 𝒉 + 𝟐𝒈 avec V = (𝟑 h + 𝟐 )
Le compactage
Le compactage d’un sol est le procédé physique utilisé pour lui donner l’indice des
vides le plus bas possible, c’est à dire la densité la plus élevée possible. Il est admis
que la résistance mécanique d’un sol est amélioré si sa densité est accrue, trois
facteurs importants agissent sur la qualité du compactage:
- La granularité
- L’humidité
- L’énergie de compactage
La granularité: la granulométrie est considérée favorable si l’échantillon présente une
répartition uniforme de particules de différentes dimensions. Quand la granulométrie
est favorable, les particules plus fines tendent à se loger entre les plus grosses et après
compactage, le sol présente moins de vides c’est-à-dire, la plus élevée possible.
L’humidité : la quantité d’eau dans le sol est aussi importante car l’eau lubrifie les grains
du sol facilitant ainsi leur arrangement les uns par rapport aux autres donc la formation
d’un matériau dense. La majeure partie des sols utilisés dans les remblais homogènes
existe avec leur degrés d’humidité optimal donnant la densité maximale pour un effort
de compactage donné. Une courbe appelée courbe PROCTOR nous montre la
relation entre la densité sèche et l’humidité dans un sol.
L’énergie de compactage : son influence se situe sur la densité sèche obtenue pour
une teneur en eau déterminée. Plus l’énergie de compactage est forte, plus la teneur
en eau « optimum » est faible et bien entendu plus le poids spécifique optimum est
grand. Il existe deux normes de compactage au laboratoire: l’essai PROCTOR normal
et l’essai PROCTOR modifié.
La reconnaissance sur chantier
La granulométrie est jugée à l'oeil en séparant les éléments visibles à l'oeil nu des
autres et dans ceux qui sont visibles à l'oeil nu, ceux qui sont plus petits ou plus gros que 5
mm, enfin en estimant la continuité de la granulométrie.
• Plasticité
On exécute des rouleaux de 3 mm de diamètre puis on les remodèle
pour faire une boule :
- si le fil est résistant et la boule facile à refaire le sol est très
plastique,
- si le fil est fragile et le remodelage impossible : faible plasticité.
• Classification
Un tableau permet ensuite de classer les terres ; on peut même ainsi définir un ordre
d'aptitude pour les barrages parmi ces terres (cf classification).
A partir du tableau de classification, on peut tirer le résumé suivant, Toutes les autres
conditions étant les mêmes, la perméabilité est plus grande :
- pour les terres à gros grains que pour les terres à grains fins,
- pour les terres à granulométrie étroite que pour les terres à granulométrie étendue,
- pour les terres légères que pour les terres lourdes.
La résistance au cisaillement est plus grande :
- pour les terres à gros grains que pour les terres à grains fins,
- pour les terres à granulométrie étendue que pour les terres à granulométrie étroite
Le tassement est plus grand :
- pour les terres à grains fins que pour les terres a grains plus gros,
- pour les terres à grains ronds que pour les terres à grains anguleux,
- pour les terres à granulométrie étroite que pour les terres à granulométrie étendue,
- pour les terres légères que pour les terres lourdes.
La densité est plus grande :
- pour les terres à gros grains que pour les terres à grains fins,
- pour les terres à grains ronds que pour les terres à grains anguleux,
- pour les terres à granulométrie étendue que pour les terres à granulométrie étroite,
Les matériaux aptes à la construction des digues doivent avoir les caractéristiques
principales suivantes :
- Proportion d'éléments fins < O, 1 mm (tamis 0,08, module 20) comprise entre 20 % et 70 %.
- Proportion d'éléments inférieurs à 0,05 comprise entre 10 % et 40 %.
- Equivalent de sable inférieur à 40.
- Perméabilité inférieure ou égale à 10-7 rn/s après compactage.
2,3) Influence des caractéristiques d’identification des terres sur leurs propriétés
mécaniques et hydrodynamiques
La perméabilité
On sait que le coefficient de perméabilité « k »mesure l’aptitude d’un sol à se laisser traverser par
l’eau. L’expérience montre que la vitesse fictive d’écoulement de l’eau dans le sol est
proportionnelle à ce coefficient k et au gradient hydraulique ΔH/Δl le long de l’écoulement
(Darcy).
La perméabilité d'un sol est donc avant tout fonction de la surface spécifique des
grains qui elle même varie considérablement avec la dimension de « S » (est grand
pour les sols fins et est inversement proportionnel au diamètre). Les argiles sont donc
les sols les plus imperméables d'où leur utilisation comme masques d'étanchéité dans
les barrages.
L'indice des vides intervient aussi dans l'expression de cette perméabilité (pour un sol
compact l’indice des vides « e » est petit et est moins perméable qu'un sol lâche).
On pourra donc utiliser un matériau pour une digue homogène que s’il contient un
minimum de 5 à 10% d’éléments plus petits que 0,080 mm ; pour un noyau d’un barrage à
zone il faut un minimum de 20 à 30% d’inférieurs à 0,080 mm.
La perméabilité doit être inférieure à 10−6 et 10−8 m/s pour que le matériau puisse être utilisé
comme organe d’étanchéité.
Résistance au cisaillement
Sous l ’action d’une charge les grains de sol modifient légèrement leur arrangement, il
s’ensuit un tassement dont l’importance dépend de la nature du sol. D’autre part comme
pour la résistance au cisaillement le sol, (s’il est fin) présente un tassement instantané
(correspondant à un comportement non drainé) et un tassement différé qu’on appelle
« consolidation ». Cette distinction ne se justifie pas pour les sables et graviers puisqu’elle est
due à l’apparition des pressions interstitielles sous la charge et à leur dissipation dans le
temps. On étudie les tassements à l’aide de l’essai œdométrique qui permet de définir :
∆𝜎
• le module œdométrique E= ∆ℎ
ℎ0
∆𝑒
• l’indice de compression 𝑐𝑐 = dans la partie linéaire de la courbe e = f(log σ)
∆ log𝜎
(voir figure)
L’indice de compression et le module œdométrique sont liés :
1+𝑒
𝐸0 = 2,3 𝜎
𝐶𝑐
En dépit de la souplesse des barrages, les tassements doivent rester limités, des valeurs
très importantes pourraient provoquer des fissurations en particulier s’il s’agit de barrage
à zones dont les terres ne tassent pas de la même façon. Les tassements peuvent être
dus aux fondations de l’ouvrage, il y a donc lieu de reconnaître ces fondations, ou la
digue elle-même, on cherche à les réduire en effectuant un bon compactage.
• Tassements des sols à gros grains : il s’agit de tassement instantané, l’importance de
ces tassements est faible, la compression des sables et graviers étant faibles : les
modules œdométriques sont rarement inférieurs à 500 bars dans ces sols.
• Tassements des sol fins : l’essai œdométrique sur ces sols saturés permet d’étudier le
tassement final à prévoir et la durée de ce tassement. On utilise plutôt l’indice de
compression 𝐶𝑐 pour prévoir les tassements finaux.
Skempton a trouvé une corrélation entre 𝐶𝑐 et la limite de liquidité ω L .
Une argile est donc d’autant plus compressible qu’elle est plus plastique (ω L grand). Par
ailleurs elle est d’autant plus compressible que sa teneur en eau en place est plus forte.
Il est prudent de se limiter à des valeurs de C inférieurs à 0,07 pour l’utilisation dans les
barrages en terre. Là encore les terres les plus gonflantes et qui présente le plus de retrait
sont celles ayant le plus fort indice de plasticité (corellation de Seed et Al.).
A titre indicatif : une argile compactée à l’optimum Proctor Standard gonflera d’environ
(D’après Seed):
2.4 ) INFILTRATIONS ET HYDRAULIQUE INTERNE
Les problèmes d'étanchéité d'un barrage se situent en général à trois niveaux qu'il
convient de bien distinguer :
• l'étanchéité de la cuvette,
• l'étanchéité du corps de remblai,
• l'étanchéité de la fondation et des rives qui assure la liaison entre les deux
précédentes.
Il s'agit ici d'analyser les conditions d'étanchéité des corps de remblai, en partant
du constat que les infiltrations peuvent provoquer trois types de phénomènes
préjudiciables à la bonne tenue de l'ouvrage :
• des fuites d'eau, souvent inévitables, mais qu'il convient de limiter afin qu'elles
n'engendrent pas de problèmes plus graves,
• des sous-pressions qui sont en général défavorables à la stabilité des ouvrages
(déversoirs en particulier),
• si l'eau débouche sur le talus aval dans des zones peu ou pas aménagées,
le gradient hydraulique peut avoir une valeur telle qu'une érosion régressive
prenne naissance et creuse une sorte de tunnel : c'est le phénomène de renard
qui menace gravement la survie même de l'ouvrage.
Rappel des équations du mouvement de l'eau dans un sol
La loi de DARCY
La loi de DARCY montre que la vitesse d'un écoulement a travers un milieu poreux est
proportionnelle à la perte de charge entre deux sections quelconques de cet
écoulement et inversement proportionnelle à la distance ΔL qui sépare ces deux sections.
Le schéma suivant représente l'expérience de DARCY.
𝚫𝑯
Q= 𝑲 ∗ ∗𝑺
𝚫𝑳
V est la vitesse fictive ou vitesse de DARCY Elle est
inférieure à la vitesse réelle car dans la loi de
Darcy, on suppose que l'eau occupe la
totalité du volume de l'échantillon, alors qu'elle
n'occupe en réalité que le volume des vides, soit
une fraction n < 1 (porosité) du volume total.
K la perméabilité du sol. C'est une grandeur
homogène à une vitesse.
La loi de Darcy montre d'autre part que la vitesse
de l'écoulement est proportionnelle à la perte de
charge. L'écoulement de l'eau dans le sol est
donc un écoulement laminaire.
Etude des lignes de courants et des lignes équipotentielles
2.1 Introduction
− Ligne de saturation
La ligne de saturation est une ligne suivant laquelle la pression à l’intérieur du massif est
égale à la pression atmosphérique, elle sépare la zone humide de la zone sèche. Il est possible
de la déterminer par analogie électrique ou l’utilisation de méthodes simplifiées telle que la
méthode de Kozeny qui utilise des approximations et des propriétés graphiques du réseau
d’écoulement. Sur le plan pédagogique, la méthode de Kozeny permet de se familiariser avec
les réseaux d’écoulement. Sur le plan pratique, les méthodes les plus utilisées sont les
méthodes numériques qui se sont largement développées.
− Débit de fuite
16
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
2.2.1 Ligne de saturation pour barrage homogène sans drain sur sol imperméable
Kozeny a montré que, dans un barrage en terre homogène non drainé, la ligne de saturation
peut être assimilée dans sa partie médiane à une parabole d’axe horizontal dont le foyer O est
situé au pied du parement aval du barrage (Figure 12). L’équation de cette parabole s’écrit
(Rolley, Kreitmann et al. 1977):
Cette ligne de saturation doit être corrigée au droit du parement amont et aval du barrage.
O’
Figure 12: Ligne de saturation pour barrage homogène sans drain sur sol imperméable
17
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
2
𝑂𝐷 ≈ 𝑂𝐶 𝐸𝑞. 9
3
En général, les barrages en terre sont munis de drain pour rabattre la ligne de saturation à
l’intérieur du barrage. Dans ce cas, la ligne de saturation est déterminée de la manière
suivante (Figure 13):
18
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
− on corrige la ligne de saturation au point B du plan d’eau amont par une courbe
normale au parement amont en B et tangente à la parabole.
Dans le cas d’une digue à noyau imperméable épaulée par des zones de recharges
perméables (Figure 14), on construit la ligne de saturation comme dans le cas de la section
2.2.1 en ne considérant que le noyau imperméable (Rolley, Kreitmann et al. 1977)
19
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
Dans le cas ou le sol de fondation est perméable, de perméabilité égale à celle du massif les
méthodes de détermination de la ligne de saturation restent applicables, mais les formules
donnant le débit ne sont plus valables.
a. Charge hydraulique.
Soit un point situé dans un massif saturé siège d’un écoulement permanent, u la pression
de l'eau en ce point et z sa cote par rapport à un repère quelconque. La charge hydraulique h en
ce point, exprimée en mètre (m), représente l’énergie d’une particule d’eau de masse unitaire :
𝑢 𝑣2
ℎ= + 𝑧+ 𝐸𝑞. 9
𝛾𝑤 2𝑔
20
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
𝑣2
Comme les vitesses dans les sols sont toujours faibles, le terme 2𝑔 est négligé.
D’où :
𝑢
ℎ≈ + 𝑧 𝐸𝑞. 10
𝛾𝑤
b. Gradient hydraulique
Le gradient hydraulique, i, est la perte de charge hydraulique par unité de longueur. Dans
un écoulement quelconque, il est définit par :
𝛿ℎ
−
𝛿𝑥
𝛿ℎ
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ℎ = −
⃗𝑖 = −𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐸𝑞. 11
𝛿𝑦
𝛿ℎ
−
{ 𝛿𝑧
ℎ𝐴 − ℎ𝐵
𝑖=
𝑙
c. Loi de Darcy
Cette relation fondamentale s'écrit (Schlosser 1988, Degoutte and Royet 1999):
v=Ki Eq. 12
21
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
d. Forces d’écoulement
La figure 15 montre le bilan des forces s’exerçant sur un volume élémentaire du sol, il
correspond à trois forces :
Figure 15: Bilan des forces exercées sur un volume élémentaire de sol.
22
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
Ce calcul a été effectué par unité de largeur. Pour une digue de largeur L, le débit de fuite
total est :
𝑁𝑐
𝑄 = 𝐾. ℎ 𝐿 𝐸𝑞. 14
𝑁ℎ
La méthode de calcul exposée si dessus est générale. D’autres méthodes tenant compte de
l’angle que fais le talus aval avec l’horizontale et basées également sur la loi de Darcy sont
appliquées pour le calcul du débit de résurgence (Rolley, Kreitmann et al. 1977).
Si α < 30°
𝑄 = 𝐾 𝑏 sin2 𝛼 𝐸𝑞. 15
Si 30° ≤ α ≤ 90°
𝑄 = 𝐾𝑦0
L’érosion interne est l’une des principales causes de rupture des barrages en remblai. C’est
un processus qui implique des arrachements de particules et leur transport dans le barrage ou sa
fondation " Piping" en Anglais. Elle se produit quand la force de l’écoulement est suffisamment
importante pour arracher les particules du massif et les entrainer avec elle. Ceci n’est possible
que si les particules du sol sont fines et qu’elles puissent migrer à travers les vides du massif
dont la granulométrie n’est pas uniforme. Si la hauteur de charge est suffisante pour permettre à
l’eau de s’infiltrer à des vitesses capable d’entrainer les particules, un passage préférentielle se
forme allant en grandissant jusqu'à rupture de l’ouvrage (Figure 23).
29
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
30
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
A la limite P = PA + Pe d′ où γsat . ∆v = γw . ∆v + ic γw . ∆v
γsat − γw 𝛾′
𝑖𝑐 = = 𝐸𝑞. 17
γw 𝛾𝑤
Pour les barrages en terre, le risque de Boulance existe si les fuites se produisent d’une
manière importante à travers le sol de fondation.
− Méthodes de préventions
Pour empêcher l’érosion interne en fondation d’un barrage, il faut réduire le gradient
hydraulique le long de la ligne de cheminement. Comme la hauteur d’eau H est imposée, c’est
la longueur L des cheminements qui est le paramètre essentiel. LANE distingue les
cheminements verticaux LV des cheminements horizontaux LH. Sa règle empirique
généralement utilisée pour le calcul des fondations de barrages s’écrit (Rolley, Kreitmann et al.
1977):
LH
Lv + ≥ C. H Eq. 18
3
Le paramètre C est un coefficient dont les valeurs minimales varient suivant la nature du
terrain (Tableau 4).
31
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
Nature du terrain C
Pour prévenir l’érosion interne dans un barrage en terre, des précautions doivent être
prises pendant de la construction pour maitriser les gradients d’écoulement et empêcher
l’expulsion des fines.
32
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
2.6 Applications
Exemple N°1
Solution
L’angle que fait le talus aval avec le plan horizontal est = tan−1(1/2.5) = 21.8°. Cet
angle est inférieur à 30° par conséquent :
33
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
Coordonnées du point A :
A (d ; h) → A (77.75 ; 17)
Coordonnées du point B :
B (d-0.3b ; h) → B (65 ; 17)
Coordonnées du point C :
C (23.75 ; 9.5)
Coordonnées du point D
(OD cos ; OD sin) → D (13.44 ; 5.37)
34
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation
x 25 30 35 40 45 50 55
y 9,74 10,64 11,47 12,24 12,96 13,65 14,31
35
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
3.1 Introduction
La stabilité d’un barrage en remblai réside dans la stabilité aux glissements de ses talus
pour toute sollicitation pouvant survenir. La détermination des conditions de stabilité fait appel
aux méthodes de mécanique des sols basées sur l’étude de l’équilibre limite. La stabilité des
pentes peut être augmentée en choisissant des matériaux plus performants qui permettent
d’éviter la rupture des talus mais aussi assurer la stabilité de la fondation et éviter les
déformations excessives.
En général, on se donne des pentes qui paraissent optimales, compte tenu de la nature des
matériaux, et on vérifie par une étude de stabilité que le barrage présente une sécurité suffisante
avec ces pentes.
Il existe de nombreuses méthodes pour le calcul de la stabilité des talus. Elles sont
décrites dans la bibliographie spécialisée. Certaines se prêtent au calcul manuel, d’autres
nécessitent l’utilisation d’outils informatiques.
D’une manière générale, ces méthodes se basent toutes sur le même principe , elles
cherchent à déterminer des endroits dans le massif où les forces qui provoquent le glissement
risquent de dépasser les forces qui résistent. La sécurité est assurée si, dans aucun endroit, les
premières forces ne dépasseront pas les secondes. La marge de sécurité est exprimée par le
rapport des forces de résistances sur les forces motrices.
Ce coefficient de sécurité est défini par des rapports de forces, de contraintes, de moments
ou même en termes de hauteurs de talus.
38
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
- La rupture se fait selon une courbe dans l’allure est connue et circulaire ;
39
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
On note :
b : épaisseur de la tranche ;
𝝉 = 𝑪 + (𝝈 − 𝒖)𝒕𝒈𝝋 𝐸𝑞. 19
Avec:
C: est la cohésion du sol, elle s’exprime en unité de contrainte ;
𝜎 est la contrainte normale ;
𝑢 est la pression interstitielle.
𝜑 est l’angle de frottement interne
− La force motrice est la composante tangentielle du poids, elle est égale à Wi sini
− La force résistante est la force de frottement au niveau du plan de glissement de la
tranche, elle est égale à 𝑪. 𝒅𝒍 + (𝑾𝒊 𝒄𝒐𝒔𝜶𝒊 − 𝒖. 𝒅𝒍)𝒕𝒈𝝋
40
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
𝑏
𝑑𝑙 =
𝑐𝑜𝑠𝛼𝑖
En négligent les forces entre les tranches verticales et horizontales, le facteur de sécurité
est défini comme étant le rapport du moment résistant sur le moment moteur. Pour un cercle de
glissement donné qui découpe le volume de sol en n tranches, il vaut :
Prendre cet aspect en compte est très important en zone sismique (plusieurs ouvrages à
travers le monde ont cédés suite à des tremblements de terre). Les méthodes employées pour
apprécier la stabilité des ouvrages en séisme sont pseudo-statique ou dynamiques. Pour les
petits ouvrages et un séisme faible ou modéré, on se contente généralement d’utiliser la
méthode pseudo-statique. Lorsque l’ouvrage est plus sensible et le séisme plus important, il est
recommandé d’utiliser des méthodes plus représentatives prenant en compte le comportement
dynamique des sols.
− Méthode pseudo-statique
C’est la méthode la plus généralement utilisée dans le cas des petits et moyens barrages.
L’effet du séisme est exprimé par une force horizontale équivalente. La magnitude de cette
force est considérée comme une fraction du poids de l’ouvrage (Figure).
𝑃𝑠 = 𝛽. 𝐾. 𝑤 𝐸𝑞. 21
Où
− 𝛽 est un coefficient qui dépend des caractéristiques dynamiques de l’ouvrage au
séisme (𝛽 = 1.5)
41
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
L’équation 20 devient :
Avec :
La stabilité des talus d’un barrage en remblai doit être vérifiée aux différentes phases de
la construction et de la vie de l’ouvrage. On distingue généralement trois classes de conditions
pour lesquelles la stabilité d’un barrage en remblai doit être vérifiée.
42
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
L’analyse de la stabilité pour cette condition sert à vérifier que le barrage peut être
construit jusqu’à sa hauteur finale sans rupture. Il n’y a pas encore d’action de la retenue, mais
les pressions interstitielles sont élevées car les surpressions dues à la construction ne se sont pas
encore dissipées. La résistance est fonction de la contrainte effective σ’ et elle devient de plus
en plus faible avec l’augmentation de la pression interstitielle u (σ’ = σ–u). Dans ce cas, il peut
se produire un glissement du talus à cause de la diminution de la résistance au cisaillement. Il
est recommandé d'analyser le talus en aval.
L’analyse de la stabilité sert dans ce cas à vérifier que le barrage est stable après
remplissage du réservoir et une fois que le réseau d’écoulement s’est établi à travers le barrage.
Dans le secteur amont du barrage, la contrainte effective (et donc la résistance) est réduite
à cause de la pression interstitielle. Cette diminution de la stabilité, associée à la réduction de σ’
est cependant compensée par la pression du réservoir qui tend à s’opposer au glissement du
talus amont.
Dans le secteur aval du barrage, en raison de l’écoulement dans le massif une surface de
suintement peut apparaitre sur ce talus. La poussée d’écoulement qui s’exerce sur les grains
solides à tendance à le déstabiliser, un drainage du talus aval est généralement prévu. Lorsque
la retenue est pleine, l’écoulement est donc défavorable à la stabilité du talus aval. Les
caractéristiques mécaniques du sol C et Ф, quelque soit la condition de perméabilité du
matériau de construction, peuvent être obtenus à partir de l'essai de résistance au cisaillement à
long terme, surconsolidé, saturé et drainé.
Figure 30: Surface de rupture les plus critiques en fonction du type de barrage en terre
43
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
Selon les normes DIN (Le Delliou 2003)les facteurs de sécurité minimaux utilisés dans les
barrages en terre sont dans les:
44
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
3.5 Application
Soit un barrage en terre constitué d’un massif homogène de perméabilité isotrope k reposant
sur un substratum horizontal imperméable (Figure 32). En utilisant la méthode des tranches de
Fellenius :
45
Cas d’un massif homogène drainé (avec drain aval)
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
Solution
Figure 33: Découpage du volume de sol et forces appliquées sur chaque tranche
1654,04 2677,33
46
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
Dans ce cas la ligne piézométrique dans le corps du barrage n’est pas prise en
compte. Le calcul se fait directement avec le module SLOPE. Sur la figure de
stabilité le cercle de glissement le plus défavorable est tracé en noir. Le coefficient
de modèle FSmin associé à ce mécanisme de rupture figure sur la grille. La stabilité
du parement aval est assurée avec un coefficient de sécurité de 1,86 en aval
(Figures 34).
(figure35).
47
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
48
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre
Le tableau 8 donne un exemple de résultats obtenues pur chaque tranche par GEO-
STUDIO
49
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
Sous la charge hydraulique créée par le réservoir, l’eau va tendre à s’infiltrer vers le
potentiel inférieur à l’aval engendrant plusieurs problèmes comme l’entraînement des particules
de sol, la diminution de la stabilité due aux pressions d’écoulement et les pertes d’eau. Le
contrôle des infiltrations constitue donc un des principaux éléments de conception des barrages
en remblais. Plusieurs approches sont à envisager et d’une manière combinée telles que :
4.1 Filtres
4.1.1 Rôles
Un filtre est un organe placé à l’aval du noyau pour se prémunir contre l’érosion interne,
c.-à-d. il doit bloquer la migration des particules fines entrainées par le courant d’eau dans un
massif.
Filtrants : ils doivent retenir la partie fine des matériaux fins du massif.
Drainants : ils doivent être plus perméables que le massif argileux pour évacuer les
débits et diminuer les pressions.
50
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
éléments fin de terre drainés , chaque couche doit jouer le rôle de filtre vis avis de la couche
précédente. Plus récemment, les filtres granulaires sont de plus en plus remplacés par des
géotextiles très économiques et faciles à mettre en œuvre.
Pour être efficace les filtres doivent assurer plusieurs critères, les plus communément
utilisés sont ceux établis par BERTRAM (Université de Harvard 1967), basés sur les conditions
de TERZHAGHI, perfectionnés ensuite par les travaux du Corps d'Ingénieurs de l’Armée et le
Bureau de Réclamations des Etats-Unis et enfin enrichis par les travaux de SHERARD (1984).
Dans les équations (22 et 23) D désigne la taille des grains du matériau le plus grossier et d
celle des plus fins.
Critère filtrant :
Ce critère assure que la partie grossière du matériau fin ne sera pas entrainée dans les
interstices du filtre.
𝑫𝟏𝟓(𝒇𝒊𝒍𝒕𝒓𝒆)
≤5 Eq.22
𝒅𝟖𝟓(𝒔𝒐𝒍)
Critère drainant
Le filtre doit en plus être suffisamment perméable pour évacuer le débit d’infiltration. Le
critère utilisé pour que le contraste de perméabilité entre filtre et matériau fin soit suffisant est
basé sur le rapport des diamètres D15.
𝑫𝟏𝟓 (𝒇𝒊𝒍𝒕𝒓𝒆)
: ≥ 5 Eq. 23
𝒅𝟏𝟓 (𝒔𝒐𝒍)
À partir des critères filtrant et drainant, la Loi des filtres peut donc s’énoncer simplement
par :
51
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
D60
La condition d'uniformité des filtres : 2< < 8
D10
𝐷50 𝑓𝑖𝑙𝑡𝑟𝑒
Le parallélisme des courbes granulométrique : 5< < 10.
𝑑50 𝑠𝑜𝑙
L’épaisseur du filtre ne doit pas être inférieure à 25 cm pour tenir compte des tassements
qui se produisent dans tout le remblai. Cette épaisseur doit être toujours supérieure ou égale à
50 D15 (Rodríguez and La Rosa 2004).
52
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
Si la couche filtrante sert à drainer les eaux d’infiltration, sa capacité drainante doit être
plus grande que le débit qui traverse le remblai et peut être vérifiée à l’aide de la loi de Darcy.
Les géotextiles peuvent aussi jouer un rôle de filtre à la place d’un filtre granulaire. Leur
rôle est de maintenir les particules pour qu’elles ne soient pas mises en mouvement par
l’écoulement venant de l’intérieur du massif tout en laissant la libre circulation de l’eau sur le
long terme (Figure 37).
53
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
Figure 38: Réalisation de filtres en géotextile protégeant un drain horizontal. (Photo Irstea -
G2DR).
4.2 Drains
Pour améliorer les conditions de stabilité globale des barrages en terre, il est primordial
de contrôler et de réduire les pressions interstitielles. Cela est réalisé en plaçant à l’intérieur du
remblai des zones de forte perméabilité appelées drains.
4.2.1 Rôle
Un drain est un organe peu épais de forte perméabilité, apte à collecter les fuites et donc à
réduire les pressions interstitielles.
Les drains sont constitués de graviers perméables de granulométrie bien définie. Ils sont
généralement fabriqués à partir d’alluvions ou d’enrochement de carrière.
La perméabilité et les dimensions des drains doivent être suffisantes pour que la surface
libre reste dans le drain.
54
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
ℎ
Pour un drain horizontal de longueur L et d’épaisseur h, le gradient est égale à et une
2𝐿
(ℎ+ℎ/2)
section moyenne de . La capacité de décharge est alors :
2
ℎ 3ℎ 3𝑘ℎ2
𝑞 = 𝑘𝑖𝐴 = 𝑘 . . =
2𝐿 4 8𝐿
Pour un drain quasi vertical, on suppose que le gradient est voisin de 1 et la capacité de
décharge devient :
q=kiA=kA
Les dimensions des drains et des filtres sont souvent influencées par la facilité de mise en
place (largeur des équipements) et les déformations anticipées (tassement de la fondation).
Les talus des barrages en terre doivent être protégés des actions extérieures telles que
l’érosion due aux ruissellements des eaux de pluie, l’effet de renard provoqué par le ressuyage
des eaux de saturation du barrage et l’agression des vagues de la retenue du coté amont.
4.3.1 En amont
55
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
4.3.2 A l’aval
En pratique, on place toujours un filtre entre le noyau et le drain aval, et parfois aussi entre
les drains et les recharges adjacentes. Des filtres sont également à prévoir au contact entre le
remblai et la fondation, lorsque la granulométrie de celle-ci apparaît critique vis-à-vis des
règles du filtre. On peut enfin en placer le long de la face amont du noyau, pour éviter la
migration de fines vers l’amont à l’occasion des baisses du plan d’eau.
Le tapis drainant aval couvre la moitié aval de la fondation à partir de la base du noyau et
conduit les fuites jusqu’au pied aval, son épaisseur minimale est de 50 cm (Figure 40). Lorsque
la fondation n’est pas complètement imperméable le drain doit intercepter également les
infiltrations à travers la fondation, il doit être protégé contre l’entrainement des éléments fin de
la fondation par un filtre inversé (figure 41).
56
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
Il est disposé quasi verticalement à l’aval du noyau (ou bien vers le centre d’un remblai
homogène) ; son épaisseur est souvent de l’ordre de 3 m pour des raisons constructives. Il est
mis en œuvre par déversement du matériau dans une tranchée de 1.5 à 2 m de profondeur
recreusé dans le massif compacté au fur et à mesure de l’avancement des travaux de réalisation.
57
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
Le filtre est assuré par un tapis synthétique placé au fond de la tranchée le long de la
paroi amont du drain et au dessus du drain. L’eau interceptée est évacué soit par un réseau de
tuyaux drains soit par un drain tapis (figure 42).
Les puits filtrants sont des puits de décharge forés au pied aval du remblai et au dessous
du drain tapis, ils sont nécessaires pour le drainage de la fondation et l’élimination des sous
pressions. Les puits qui débouchent dans le drain tapis sont remblayés en matériaux filtrant
analogue à ceux d’un drain vertical (Figure 43).
58
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
4.5 Application
Solution
D15(filtre)≤ 5 d85(sol)
d85 (sol B)= 0.3 mm et D15 (sol A) = 6mm. 6 > 5 x 0.3 = 1.5 mm.
Le critère n’étant pas vérifié, une zone de transition est nécessaire.
2- dimensionnement de la transition
Condition sur le d15 de la transition :
5.d15 (sol B) < d15 (transition) < 5. d85 (sol B)
d85 (sol B)= 0.3 mm et d15 (sol B) = 0.18mm. 0.9 mm < d15 (transition) < 1.5 mm
Condition sur le d50 de la transition
5.d50(sol B) < d50 (transition) < 10. D50 (sol B)
D50 (sol B)= 0.2 mm. 1 mm < d50 (transition) < 2 mm
La condition à respecter entre le sol A est la transition est :
d50 (transition)< d50(sol A)< 10.d50 (transition).
D’où 5.d50 (transition) < 7mm <10.d50 (transition), soit 1.1 mm < d50 (transition)< 2.2
mm
59
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau
On choisit une zone de transition intermédiaire de fuseau représenté dans la figure 45.
60
Références bibliographiques
Références bibliographiques
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In Transactions 9th congress on large dams. Istanbul (Vol. 3).
PNUD/OPE, (1980). Ressources en eau dans les pays de l'Afrique du Nord , Guide
méthodologique pour l'éxécution des études et la construction des retenues collinaires.
Post, G., & Guerber, P. (1973). Conception du drainage dans les barrages en terre. La Houille
Blanche, (5-6), 467-476.
Rodríguez, B. A. and S. La Rosa (2004). Manuel de conception et projets typiques des digues
en terre.
Rolley, R., H. Kreitmann, J. Dunglas, A. Pierrejean and L. Rolland (1977). Technique des
barrages en aménagement [Link] de l'griculture , Paris, France.
Schlosser, F. (1988). Eléments de mécanique des sols. Presse de l’école nationale des Ponts et
Chaussées.
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Sherard, J. L., Dunnigan, L. P., & Talbot, J. R. (1984). Filters for silts and clays. Journal of
Geotechnical Engineering, 110(6), 701-718.
61
Références bibliographiques
Sherard, J. L., & Dunnigan, L. P. (1985). Filters and leakage control in embankment dams.
In Seepage and leakage from dams and impoundments (pp. 1-30). ASCE.
62
Prévenir les risques de rupture
- Pertes en vie humaines
- Pertes économiques
- dégâts écologiques
Sonde électrique
- Nivellement
• permet de mesurer les tassements
• précision du cm est suffisante
• on dispose des repères de nivellement (bornes en béton) sur le
crête
• nivellement depuis des piliers d'observation sur les rives dans des
zones stables
Défaut de conception - griffes d'érosion sur talus aval - rupture à long terme
- érosion régressive du chenal - basculement du déversoir
- érosion talus aval par submersion - rupture digue
- fuite par des défauts de filtre
Arbres - craquage des maçonneries (bajoyers, perrés maçonnés) - érosion talus
- infiltration par racines pourries - fissures bajoyers
- rupture possible
Vagues - lessivage de couche de pose entraînant effondrement érosion corps de digue
- chute du perré
Homme - passage préférentiel érosion talus
- dérangement perré par les pécheurs
- déplacement du perré par autres usagers
Animaux - usure du parement aval par sabots d'animaux - érosion talus
- trou de crocodile - rupture digue
Crue exceptionnelle en - rupture de digue perte totale des ouvrages
retour - rupture des déversoirs
- submersion des digues
Envasement - comblement du fond de la cuvette diminution de la réserve
LE CHANTIER
DE
CONSTRUCTION
CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION
Les trois principaux intervenants dans le déroulement d'un chantier se définissent comme
suit, dans la terminologie française:
- le Maître de l'ouvrage: personne physique ou morale pour le compte de laquelle sont
exécutés les travaux. Son rôle est de définir le but à atteindre (programme), d'organiser
un financement, de passer et de régler les marchés de travaux. Après la réception des
ouvrages, il en est le propriétaire (et, parfois, le gestionnaire) ;
- le Maître d' œuvre: personne physique ou morale, chargée par le maître de l'ouvrage
de concevoir (au moins globalement) l'ouvrage, d'établir le dossier de consultation des
entreprises, d'assister le maître de l'ouvrage dans le dépouillement des offres, de contrôler
l'exécution des travaux et de proposer leur réception et leur règlement, après en avoir
établi le décompte. En travaux du bâtiment, le maître d'œuvre est assimilé à l'architecte.
Pour le cas particulier d'un barrage, il est souvent chargé, en outre, d'interpréter son
auscultation jusqu'à l'achèvement de la phase de mise en eau et de rédiger le rapport
de première mise en eau;
- l'Entrepreneur: personne physique ou morale, titulaire d'un (ou du) marché de
travaux conclu avec le maître de l'ouvrage, chargée de l'exécution des travaux et, parfois,
de la conception détaillée des ouvrages. En droit français, l'entrepreneur est respon-
sable du chantier et de l'ouvrage en cours de construction tant que celui-ci n'a pas
été réceptionné.
Il est important de noter que, dans un tel schéma, le maître d' œuvre et l'entrepreneur, dont
les missions sur le plan de la conception de l'ouvrage sont souvent complémentaires, ne
s'avèrent pas liés contractuellement l'un à l'autre:
Toute considération d'aléa technique mise à part, l'un des gages de réussite d'un chantier,
et plus généralement d'un ouvrage, réside dans la claire définition de la mission de
chacun des intervenants - et de la bonne perception qu'ils en auront. Pour arriver à
cette fin, la description des missions, respectivement confiées par le maître d'ouvrage,
doit impérativement faire l'objet de documents écrits: marchés, contrats ...
Maître Agrément
d'Œuvre
Sous-traitants/Fournisseurs
Figure 6.1 : Liens contractuels entre les acteurs traditionnels d'un chantier.
Fondées sur de telles bases contractuelles, les relations sur le chantier entre les divers
acteurs s'avèrent grandement facilitées : cela concourt à une meilleure efficacité dans
l'exécution et le contrôle des travaux, tout en préservant les droits et responsabilités de
chacun en cas de sinistre ou de contentieux.
Mais il faut souligner aussi l'importance qui doit être accordée par le maître d' œuvre à la
concertation, à la communication verbale, qui peuvent bien souvent débloquer les con-
flits et permettre au chantier de suivre son cours normal.
En complément aux rappels précédents, il nous paraît utile de récapituler par un schéma
synoptique l'ensemble d'une opération visant à la construction d'un barrage, en situant
bien les étapes où interviennent les différents acteurs.
Il est à souligner, comme le montre ce schéma, que la concertation avec les bénéficiaires
est de tous les stades d'une opération d'aménagement. En effet, la plupart des projets de
petits barrages en Afrique sont à vocation hydro-agricole et bien que, dans la majorité des
cas, l'état soit le maître d'ouvrage de jure, les paysans, futurs utilisateurs, nous pourrions
dire usufruitiers, sont en quelque sorte les maîtres d'ouvrage de facto. II conviendra donc
de les associer aux principales prises de décisions, pour s'assurer que le projet répondra
bien à leurs besoins tout en évitant certains écueils. De même l'étude d'impact sur l'envi-
ronnement doit s'affiner tout au long de la conception des ouvrages et ses recommanda-
tions sont à inclure dans l'exécution du chantier.
Î Î T T T
1
1 ETUDE D'IMPACT 1
Figure 6.2: Déroulement d'une opération de conception et de construction d'un barrage (* : P.E.o. : plans
d'exécution des ouvrages; S. T.D. : spécifications techniques détaillées).
Le maître d'ouvrage peut ainsi attribuer le marché en toute connaissance de cause et,
avantageusement, rendre contractuels les documents explicatifs fournis en la matière
par le candidat retenu. Lors de cette phase de jugement des offres, le maître d' œuvre
assiste le maître d'ouvrage en vérifiant que les moyens envisagés par le(s) candidat(s)
permettront la construction de l'ouvrage, dans les règles de l'art et conditions prévues au
Cahier des clauses techniques particulières (c.c.r.p.) du marché, en tenant les délais
d'exécution impartis. Plus tard, en cours de chantier, il s'assurera que l'entrepreneur
retenu met, effectivement et correctement, ces moyens en œuvre.
Quelles que soient les dispositions adoptées pour la phase de consultation des entreprises,
et précisées dans le Règlement particulier d'appel d'offres - R.P.A.O., il est indispensable
que les éléments définitifs d'organisation de chantier soient consignés, par l'entrepre-
neur, dans un mémoire technique, assorti de tous les plans explicatifs utiles et soumis
par lui au contrôle et au visa du maître d'œuvre et cc, avant tout début d'exécution des
travaux proprement dits. Les modalités et délais de constitution et d'approbation de tels
documents doivent être spécifiés dans le Cahier des clauses administratives particulières
([Link].) du marché.
I.: entrepreneuraffecte, pour la bonne exécution des travaux, deux types de moyens de
chantier: les moyens humains et matériels.
Pour ce qui concerne les personnels d'exécution proprement dits, il doit indiquer la
composition et la fonction des équipes amenées à travailler sur le chantier et désigner
la personne physique responsable du chantier et de l'encadrement du personnel, en
précisant ses titres, références et compétences. Cette personne est le représentant
permanent de l'entrepreneur sur le chantier et doit posséder les pouvoirs et les compé-
tences pour prendre toutes les décisions nécessaires à la bonne marche de celui-ci, en
particulier lors de la survenance d'événements imprévus. En outre, le responsable du
chantier doit être présent à toutes les réunions provoquées par le maître d'œuvre et se
soumettre aux consignes et ordres écrits émanant de lui ou de son représentant.
Pour l'ensemble des matériels, l'entrepreneur doit mentionner les marque, type, puis-
sance, rendement et nombre des engins affectés au chantier ainsi que leur mode d'inter-
vention suivant le phasage des travaux.
Les «compactages» au rouleau compresseur ou par simples passes aux engins chenillés
(bouteurs ou pelle mécanique) sont rigoureusement à proscrire dans la mesure où leur
efficacité s'avère totalement insuffisante.
Il est à noter, enfin, que les types d'engins retenus par l'entrepreneur ainsi que leurs
caractéristiques de lestage et d'emploi (nombre de passes) sont à valider lors de la réalisa-
tion des planches d'essais de compactage (cf. § 6.4).
En Afrique, les bétons sont, en principe, fabriqués sur place, soit en centrale à béton de
chantier pour les plus gros ouvrages, soit à la bétonnière. La mise en place s'effectue de
façon gravitaire (déversement depuis une benne grutée ou un godet d'engin), ou si
nécessaire, à la pompe à béton.
Le matériel lié au bétonnage doit également comprendre les dispositifs de coffrage et les
engins nécessaires à la vibration du béton (aiguille vibrante) ainsi qu'à son nettoyage Get
d'eau sous-pressions) et à son repiquage (perforateur), en vue du traitement des reprises
de bétonnage. La nature et la quantité du matériel mis en œuvre doivent attester de la
capacité de l'entrepreneur à tenir les cadences de bétonnage imposées par le planning
d'exécution des travaux.
Ces matériels étant, a priori, moins courants, l'entrepreneur est tenu de fournir les fiches
techniques complètes les concernant et de garantir les compétences des personnels ame-
nés à les utiliser (sous-traitance éventuelle à des entreprises spécialisées).
Le phasage des travaux doit être défini de façon cohérente - certaines parties d'ouvrage
ne pourront être réalisées avant (ou après) d'autres - et explicite. Si nécessaire, l'entrepre-
neur établit dans son mémoire technique, au titre des études préalables, les plans de
phasage des travaux, assortis des croquis explicatifs des éventuelles installations provisoi-
res de chantier (ex.: plan de coffrage et de bétonnage pour un barrage en béton, plan de
mouvement des terres pour un barrage en remblai).
Tableau 6.1 : Les principales phases du chantier de construction d'un petit barrage.
1) Travaux préparatoires
1.1 - Études préalables (conception détaillée x x
et/ou reconnaissances complémentaires)
1.2 - Installationde chantier x x
et implantationdu barrage
1.3- Aménagement des accès et circulations x x
du chantier
1.4 - Aménagement des points d'eau, x x
demandes et accords de prélèvement
1.5- Aménagement des gisements x x
de moellons, sables et graviers
(agréments et demandes éventuelles
d'accords pour les prélèvements)
1.6- Dérivation provisoire du cours d'eau x x
1.7- Terrassement et aménagement x x
des fouillesde fondation
1.8- Préparation des zones d'emprunt x
1.9- Planches d'essais de compactage x
1.1a - Installationde la centrale à béton x
1.11- Essais de convenance des bétons x
1.12- Déboisement et démolitions x x Peut s'étaler sur toute la
dans la cuvette durée du chantier.
2 - Exécution de l'ouvrage
2.1 - Réalisationde la clé d'étanchéité x x Les rideaux d'injection
ou du rideau d'injection peuvent être réalisés avant
les terrassements.
2.2 - Traitement des fondations rocheuses x (si nécessaire) x Curagelbétonnage des
failles et fractures lorsque
sous le barrage.
2.3 - Mise en place des conduites de x x
prise et de vidange
2.4 - Drainage de fondation x (si nécessaire) x
2.5 - Exécution du tapis drainant x
2.6 - Construction du remblai et exécution x
simultanée du drain vertical éventuel
2.7- Coffrage et bétonnage du corps x
du barrage
2.8 - Génie civil des ouvrages de prise x x
et de restitution
2.9 - Génie civil de l'évacuateur de crue x x
(si barrage non déversant)
2.10 - Réalisationdes protection de talus x
2.1\ -Installation et tests des x x
équipements hydrauliques
3 -Travaux de finition
3.1 - Fermeture des zones d'emprunt x
3.2 - Revêtement de crête et x x
de route(s) d'accès
3.3 -Équipements divers et travaux x x
d'aménagement des abords
Le C.C.T.P. du marché devra préciser, sans ambiguïté, la teneur des études, reconnaissan-
ces complémentaires, levés topographiques et calculs en découlant ainsi que la forme et
délais de présentation des documents correspondants (notes de calculs, plans, etc ...).
Aussi, afin que le maître d' œuvre ne se retrouve pas confronté au problème du difficile
contrôle d'un chantier «à la dérive» (manque de coordination, dépassement du délai
d'exécution, malfaçons diverses, etc ...), il exigera, au travers du C.C.A.P.,I'étabIissement
préalable, par l'entrepreneur, d'un programme d'exécution à soumettre à son agrément.
Les modalités d'approbation par le maître d' œuvre de l'ensemble des documents issus des
études préalables de l'entrepreneur doivent être précisées dans le c.c.A.P. du marché.
r.; entrepreneur peut disposer des voies publiques d'approche sous réserve de respecter l
sous le contrôle des services compétents, les limites et conditions d'exploitation afféren-
tes à ces voies: ilfait lui-même en ce sens toutes les démarches nécessaires pour obtenir
les permissions de voirie et de police. A l'issue des travaux, il devra remettre en leur état
initial les emplacements et équipements utilisés par lui.
[Link]. Piquetage
L'implantation des ouvrages consiste à matérialiser, par rapport à des points de référence
fixes (rattachés si possible au nivellement général du pays concerné ou à des points géo-
désiques connus), l'axe et l'assiette du barrage et des ouvrages annexes tels que canalisa-
tions, drains, évacuateur, ...
Les piquets de référence doivent être préservés pendant toute la durée du chantier. Les
piquets d'implantation sont disposés de façon à ne pas gêner les travaux: par exemple,
piquetage de pied de remblai décalé de quelques mètres par rapport à la limite d'emprise
réelle. Ils sont solidement enfoncés dans le sol puis numérotés. Leur tête est rattachée en
plan et altitude aux points de références visés ci-dessus.
Lorsque les travaux doivent être exécutés au droit ou au voisinage de canalisations, câ-
bles, puits, ouvrages souterrains ou enterrés, dépendant du maître d'ouvrage ou de tier-
ces personnes, ceux-ci sont repérés par un piquetage spécial, après recueil de toutes les
informations utiles les concernant.
Pour le dimensionnement de ces ouvrages, ilest d'usage de faire référence à la crue décen-
nale, calculée sur la durée prévisible du chantier. On choisira de préférence une période
d'exécution adéquate (par exemple, en saison sèche), en adoptant - et en faisant respecter -
un planning d'exécution très strict.
En outre, d'une manière plus générale, l'entrepreneur doit être tenu de mettre en œuvre et
d'entretenir tous les moyens qui s'imposent pour éviter que les eaux superficielles (ruissel-
lement) et souterraines n'altèrent les remblais, les zones d'emprunt et les aires de dépôt ou
de stockage: creusement de fossés, création de drains, etc... .
n s'agit, dans tous les cas, d'une phase cruciale du chantier qui permet de mettre à jour, de
façon totalement éphémère, tous les détails de faciès des sols de fondation, détails
non décelables par les reconnaissances préalables, forcément ponctuelles. L'observation
indispensable et minutieuse des fouilles peut, ainsi, amener à adapter le traitement de la
fondation initialement prévu, dans le sens d'une meilleure sécurité de l'ouvrage.
Le profilage des surfaces de déblai s'exécute conformément aux formes et profondeurs prescrites
au projet, de façon à réaliser le profil théorique dans la limite des tolérances fixées au eeT.p..
Toutes les dispositions doivent être prises pour maintenir les parois des fouilles et empêcher les
éboulements de terrain et l'entrepreneur réalise, en application de son programme d'exécution
et sous sa responsabilité, les étaiements, blindages, purges et/ou talutages nécessaires et ce, en
rapport avec les caractéristiques mécaniques des sols rencontrés et les surchages prévisibles.
Sauf disposition contraire ordonnée en cours de chantier par le maître d' œuvre, aucune
surprofondeur ne doit être créée par rapport aux cotes du projet. Si une telle surprofondeur
est accidentellement réalisée, le remblaiement nécessaire est effectué, à la charge et aux
frais de l'entrepreneur, suivant des modalités arrêtées en liaison avec le maître d'œuvre.
Les fouilles du barrage et de la clé d'étanchéité doivent faire l'objet d'une réception par le
maître d' œuvre et ce, avant tout commencement de travaux de remblaiement ou de béton-
nage. I..:entrepreneur est tenu d'établir un plan topographique détaillé du fond de fouille
et de la clé d'étanchéité où sont reportés les accidents géologiques, la nature des terrains
effectivement rencontrés et l'importance des éventuelles venues d'eau. La(es) réception(s)
des fouilles fait (font) l'objet d'un procès-verbal où sont consignées les adaptations et
instructions particulières concernant le traitement des fondations.
Les aires de dépôt provisoires ou définitives des déblais sont définies dans le plan de
mouvement des terres à soumettre à l'agrément du maître d' œuvre, au titre des études
préalables. Les matériaux y sont déposés de manière à être stables, à ne pas gêner la
circulation et à être protégés de l'action des eaux de toutes natures: eaux phréatiques, de
ruissellement ou du cours ci'eau en crue. On veille, en particulier, à ce qu'ils ne puissent pas
être entraînés, par exemple, dans les ouvrages de dérivation, de vidange ou de prise d'eau.
Les parois rocheuses sont décapées et nettoyées de tous débris altérés. Les fissures visibles
sont alors soigneusement repérées et traitées au coulis de ciment, éventuellement injecté
sous faible pression. Avant mise en place du remblai, le rocher est humidifié sans excès.
Les forages pour les injections du sol ou du béton sont exécutés soit par des appareils à
percussion, soit par des appareils rotatifs. Le choix doit être indiqué par le maître d' œuvre
et figurer au C.C.T.P.
L'entreprise doit veiller à ce que les vitesses d'enfoncement et de rotation soient réguliè-
res afin d'éviter les à-coups. Tous les incidents en cours de forage (accélération de la
vitesse d'enfoncement, chute du train de tiges, perte d'eau ...) sont notés et repérés avec
soin ([32J, chapitre 3.11.2).
Quant aux injections proprement dites, le C.C.T.P. en précise le but et les modalités d'exé-
cution qui doivent revêtir un caractère impératif.
Il est bon que le maître d' œuvre communique à l'entreprise les renseignements de nature
géologique et géotechnique en sa possession.
Le coulis est préparé avec soin dans un malaxeur, de manière à ce qu'il soit homogène et
dépourvu de grumeaux. Son transport s'effectue par des tuyaux à l'aide d'une pompe.
Pour chaque type d'injection, l'entreprise fournit un rapport mentionnant ([32J, chapitre
3.11.3) :
- La date et les forages traités avec leur implantation précise;
- les hauteurs des passes injectées et la natures des produits utilisés;
- les quantités injectées et les pressions d'injection au début et à la fin de chaque passe;
- les incidents éventuels et tous autres renseignements utiles.
[Link]. Réalisation de parois moulées (Cf. paragraphe c) du chapitre [Link]. du présent manuel
et le chapitre 3.10 de la référence [32])
La technique d'exécution de la tranchée dépend de la surface de la paroi et de la nature
des sols et aux dimensions caractéristiques de la paroi. Dans tous les cas, l'objectif recher-
ché est que la tranchée ne s'éboule pas avant ou pendant le remplissage au coulis ([32J,
chapitre 3.10) :
- si les terrains présentent une bonne tenue et si la surface de la paroi est peu importante,
l'excavation peut être réalisée totalement en une seule fois, son remplissage au coulis
intervenant au plus tôt après la fin de l'excavation;
- pour une paroi de grande surface, comme on l'a YU au chapitre [Link]., l'excavation se
fait par panneaux alternés dont la surface unitaire est compatible avec les cadences du
matériel de fabrication du coulis. Dans une première phase, on creuse les panneaux
primaires, sur au moins 30 cm de largeur ;
- lorsque les terrains présentent une mauvaise tenue des parois ou en présence d'une
nappe phréatique, le creusement des panneaux doit être exécuté sous coulis, c'est-à-dire
que les matériaux excavés sont au fur et à mesure remplacés par du coulis qui, par sa
pression assure la bonne tenue de la tranchée.
Le coulis utilisé est auto durcissant et à base de bentonite et de ciment. Les proportions
indicatives pourront être conformes aux prescriptions du [Link]. Comme pour les
injections, l'entrepreneur doit disposer d'un matériel adapté à la nature des sols et aux
caractéristiques dimensionnelles de la paroi. Là encore, le maître d'œuvre a intérêt à
porter à sa connaissance toutes les données géotechniques en sa possession.
6.4.1. Emprunts
Parallèlement aux reconnaissances et essais sur les matériaux des zones d'emprunt décrits
au chapitre l, l'entrepreneur doit fournir au maître d' œuvre toutes les indications sur leur
mode d'exploitation. En particulier, il doit soumettre à son agrément les mesures propres à
amener la teneur en eau du matériau à l'intérieur des limites prescrites. ~efficacité de ces
mesures pourra, à la demande du maître d' œuvre, faire l'objet d'essais préalables en vraie
grandeur.
La pente du talus des déblais dans les zones d'emprunt ne devra, en règle générale, pas
dépasser la valeur de 1/1.
Il est cependant à noter que les essais de référence du laboratoire sont le plus souvent
réalisés sur des matériaux écrêtés. Il faut donc procéder aux corrections nécessaires pour
déterminer les spécifications de mise en œuvre des remblais.
Les engins modernes de compactage (rouleaux vibrants lourds, tampings ...) permettent d'at-
teindre facilement les densités dépassant 95 % de la densité à l'optimum Proctor normal
lorsque la teneur en eau se situe dans une fourchette de ± 2 % par rapport à celle de l'O.P.N ..
Le eeT.p. peut imposer des prescriptions concernant la granulométrie des matériaux (pour-
centage d'éléments fins, dimensions maximales des gros éléments) selon leur utilisation pour
telle ou telle partie du remblai. Ceci peut conduire à imposer des mélanges de matériaux de
diverses provenances, auquel cas l'entrepreneur doit proposer tout procédé d'homogénéisation
adapté (des essais d'homogénéisation peuvent d'ailleurs être prévus au cahier des charges).
Si les travaux se déroulent en période pluviale, l'entrepreneur doit prendre les précau-
tions nécessaires pour que les matériaux ne soient pas humidifiés au-delà de la limite
maximale et arrêter le chantier, le cas échéant.
Si la teneur en eau est inférieure au chiffre minimal prescrit (cas le plus général en Afrique
,sèche), on doit procéder à une humidification et homogénéisation du matériau au moyen
de dispositifs agréés par le maître d'œuvre. L'arrosage des matériaux peut se faire, soit sur
la ballastière, soit après épandage sur le remblai. La première solution quoique plus
consommatrice d'eau, facilite l'homogénéisation du matériau. La seconde solution impose
de disposer de matériel adapté pour le malaxage du matériau après arrosage et avant
compactage.
La circulation des engins de régalage et de compactage se fait de rive à rive, sauf impos-
sibilité reconnue par le maître d' œuvre. Sauf spécifications contraires du eCT.p. ou auto-
risation du maître d'œuvre, la liaison entre les couches successives du remblai est assurée
par une scarification superficielle conduite de rive à rive La profondeur de la scarification,
mesurée au-dessous de la surface compactée est fixée soit par le CeT.p., soit par le
maître d' œuvre au cours des essais préliminaires, cette profondeur doit être au moins
égale à 5 cm. Sauf autorisation du maître d' œuvre, la scarification est faite après épandage
de la couche superficielle et à travers elle. Si elle est faite avant, il convient de veiller à ce
que la circulation des engins de terrassement ne vienne refermer la couche inférieure,
auquel cas une nouvelle scarification doit être réalisée. L'utilisation de compacteurs à
pieds dameurs permet de se dispenser de la scarification.
Les sols situés à proximité immédiate d'ouvrages annexes doivent être l'objet de soins
particuliers. Ils sont compactés par couches plus minces au moyen d'engins spéciaux, par
exemple du type dame sauteuse. Le degré de compactage doit être au moins égal à celui
des autres zones du remblai. L'épaisseur maximale des couches après compactage doit
être conforme aux prescriptions du CeT.p. et ne peut, sauf cas particuliers, excéder 40 cm.
Les passages successifs des engins de compactage se recouvrent sur une largeur au moins
égale à une fois et demi l'épaisseur des couches mises en place.
Lors des reprises, soit après une pluie, soit après un arrêt de longue durée, la couche
superficielle décomprimée et (ou) de teneur en eau incorrecte est évacuée suivant l'épais-
seur prescrite par le maître d'œuvre.
Toutefois, s'il juge cette mesure suffisante, le sol est scarifié sur toute l'épaisseur décom-
primée, puis recompacté lorsque la teneur en eau est revenue à une valeur acceptable.
Les remblais compactés sont toujours exécutés par la méthode du remblai excédentaire
(les surlargeurs nécessaires pour obtenir un bon compactage du profil théorique étant à la
charge de l'entrepreneur) et les tolérances s'appliquent aux parements en terre après
enlèvement soigné de la frange superficielle insuffisamment compactée. Le compactage
suivant les pentes ne peut être utilisé que s'il est explicitement autorisé par le maître
d'œuvre et suivant une procédure à préciser à l'aide d'essais in-situ.
Les enrochements seront posés sur des épaisseurs au moins égales à celles indiquées sur
les plans d'exécution. La surface finie de l'enrochement doit présenter globalement un
aspect régulier.
La pose, effectuée de bas en haut, doit être exécutée avec le plus grand soin, les pierres étant
disposées de telle sorte que leur plus grande dimension soit normale à la surface à revêtir. La
butée de pied à prévoir sera de section triangulaire,avec une profondeur de 50 à 60 cm environ.
La circulation des engins au -dessus des collecteurs en pve ne peut être autorisée qu'après
mise en place d'une couche de remblai d'au moins 50 cm d'épaisseur au-dessus de la
génératrice supérieure du collecteur.
L'entrepreneur doit établir un plan de pose des lés indiquant leur disposition relative et
leur ordre de mise en place. La circulation directe des engins sur les textiles est interdite
et une attention particulière doit être portée à la propreté du textile en cours de pose
(colmatage par boue ou poussière).
Les géotextiles doivent être posés sur des matériaux dont on a éliminé en surface les
pierres anguleuses. Pour éviter leur soulèvement au vent, ils sont lestés ou liés au sol à
l'aide d'épingles. Posés sur des pentes, ils doivent être ancrés en tête de talus, par exem-
ple dans une tranchée d'environ 40 cm de profondeur.
La couche support peut, soit comprendre, soit être constituée par un géotextile anti-
poinçonnant et/ou drainant et/ou filtrant. Lors de sa mise en œuvre, l'entrepreneur doit
veiller:
- à ne pas arracher des matériaux de la couche de forme i
- à éviter tous plis i
- au recouvrement ou à la liaison des nappes i
- au lestage i
- au raccordement des ouvrages.
[Link]. Assemblage
L'assemblage des lés doit se faire en se conformant strictement aux spécifications propres
aux différents types de géomembranes (par soudure ou par collage, selon la nature de la
géomembrane). Il est déconseillé de réaliser les joints par temps de pluie ou par vent
violent. Les largeurs minimales de chevauchement des lés doivent être scrupuleusement
respectées. Les surfaces à raccorder doivent être propres et sèches.
[Link]. Ancrages
En tête de talus, la géomembrane doit être ancrée, d'abord provisoirement pour la durée
de la mise en place du D.E.G., puis définitivement à l'achèvement de la couche de protec-
tion et après qu'elle se soit mise en place convenablement.
L'ancrage définitif est impératif pour les géomembranes non protégées. En pratique, ilse
réalise selon une des trois techniques suivantes:
- enfouissement dans une tranchée creusée en tête de remblai puis remblayée (cf. figure
3.39 dans le chapitre 3) ;
- repli horizontal de la partie supérieure de la géomembrane, au dessus des P.H.E., puis
achèvement du remblai jusqu'à la crête;
- lestage de la membrane simplement posée sur le parement. Ce lestage peut se faire au
moyen de dalles en béton ou d'enrochements posés sur un géotextile antipoinçonnant.
Pour les talus présentant une grande longueur de rampant, il peut s'avérer nécessaire de
réaliser des ancrages intermédiaires. La solution la plus courante consiste à prévoir une
ou des risbermes sur le talus et à y réaliser des ancrages semblables à l'ancrage en tête.
inoxydable ou d'un profilé inaltérable (métal ou plastique) chevillé; cette fixation n'a
pour but que de s'opposer à l'arrachement, l'étanchéité étant assurée par la soudure;
- Pour les géomembranes de synthèse, l'étanchéité au droit du raccordement est assurée
par la fixation mécanique d'un réglet métallique inoxydable ou d'un profilé inaltérable
(métal ou plastique) qui comprime deux bandes compressibles étanches placées de part
et d'autre de la géomembrane. Un couvre-joint en géomembmne vient éventuellement
compléter ce dispositif.
La structure de protection doit être à la fois souple et perméable pour permettre la dissi-
pation des sous-pressions.
Le compactage des matériaux liés, du fait de la température de mise en œuvre, peut être
préjudiciable à la géomembrane. Des planches d'essais permettent de fixer le mode
opératoire de mise en œuvre.
Le béton est fabriqué mécaniquement par mélange simultané de tous ses constituants. Les
constituants sont introduits dans le malaxeur dans l'ordre suivant: granulats gros et moyens,
ciment, sables puis eau. Les dispositifs de mise en œuvre doivent donner toutes garanties
quant à:
- la précision et la fidélité du dosage;
- l'homogénéité du mélange après malaxage.
La durée de malaxage fixéelors des essais particuliers ne doit pas être inférieure à trois minutes.
Le béton prêt à l'emploi, s'ilest accepté par le maître el' œuvre, doit provenir de centrales agréées.
6.5,4, Armatures
Le façonnage des armatures doit être conforme aux fiches d'identification. Au cas où l'entrepre-
neur n'exécute pas lui-même le façonnage, le sous-traitant doit être agréé par le maître el' œuvre.
Les soudures bout à bout sont interdites. Les recouvrements, ancrages et autres défini-
tions de détail doivent être conformes aux règlements en vigueur. Les armatures en
attente en acier doux peuvent être pliées et dépliées. En revanche, les aciers haute adhé-
rence ne doivent subir aucune déformation après façonnage.
L'enrobage des armatures par le béton doit faire l'objet d'une attention particulière.
A cet effet, les cages d'armatures sont positionnées au moyen de cales et étriers de
dimension appropriée. Les épaisseurs habituellement prescrites pour l'enrobage
des armatures sont de 3 à 4 centimètres. Le non respect des épaisseurs d'enro-
bage est un défaut souvent constaté sur les ouvrages en béton armé. La consé-
quence en est l'oxydation des armatures qui entraîne l'éclatement du béton qui les
recouvre
L'aiguille doit être enfoncée et retirée suivant son axe sans être déplacée horizontalement
dans le béton. Il faut éviter de vibrer les aciers et les coffrages. Pendant le bétonnage,
l'entrepreneur doit disposer de matériel de secours afin de pallier à toute panne du maté-
riel de vibration. Les irrégularités de coffrage et les défauts de bétonnage doivent être
repris selon un procédé agréé par le maître d'œuvre.
Par temps chaud, toutes les mesures doivent être prises pour assurer la cure du béton
et éviter sa fissuration superficielle. Les parties d'ouvrages récemment bétonnées
seront recouvertes de paillassons, sacs de jute, géotextiles ou tout autre moyen
adapté et régulièrement maintenues en état d'humidité pendant au moins deux à trois
jours.
A chaque reprise, la surface du béton est complètement repiquée. Une couche de mortier
est épandue sur la surface de reprise avant le bétonnage de la levée supérieure.
Le mortier de reprise est en général dosé à environ 600 kg de ciment par m3 de sable et
l'épaisseur de la couche de reprise est de 3 à 4 cm.
La granulométrie est choisie pour que les blocs ne passent pas à travers les mailles du
grillage: leur plus petite dimension est au moins égale à 1,5 fois la distance entre les deux
côtés torsadés de la maille (150 à 250 mm pour la maille 100 x 120, 120 à 200 mm pour la
maille 60 x 80). On évitera cependant les trop gros blocs (leur plus grande dimension doit
être inférieure à la moitié de l'épaisseur du gabion).
Dans le cas des matelas Reno, ces recommandations restent valables. On privilégiera tou-
tefois les cailloux roulés pour leur remplissage (granulométrie conseillée: 90 à 120 mm
pour la maille courante de 60 x 80).
On place la cage ainsi façonnée en la juxtaposant à celles déjà installées dans l'ouvrage.
On veillera à bien plaquer ses faces aux voisines en utilisant un maillet en bois.
Pour assurer le monolithisme de l'ouvrage, on ligature ensuite les gabions entre eux en
utilisant la technique évoquée précédemment (on peut aussi utiliser un système d'agrafes
du type de celles mises au point par FRANCE GABIONS).
Les cages sont disposées face à face et dos à dos: les couvercles ainsi placés en vis-à-vis
sont ligaturés à l'aide d'un seul et même fil. A chaque fois que ce sera possible, on englo-
bera dans une même opération de ligature les arêtes des cages en cours de montage et
celles des gabions qui ont déjà pris place au sein de l'ouvrage.
Pour tendre les fils sans blesser la galvanisation, on utilisera, de préférence à des pinces
ou des tenailles, de petites barres de bois ou de métal sur lesquelles on enroulera leur
extrémité.
Afin d'obtenir une bonne planéité des faces verticales vues, ainsi que leur bon aligne-
ment, on peut les rigidifier pendant le remplissage à l'aide de piquets et de planches, ou
d'un bâti préfabriqué en métal.
Comme on l'a vu au paragraphe 5.3, toute précaution devra être prise pour éviter la
déformation des gabions sous l'effet du passage des crues. Les déformations maximales
admises après la mise en œuvre, tant sur le plan horizontal que vertical n'excéderont
pas 5 cm. On placera à cet effet en leur sein des tirants horizontaux espacés d'au plus
33 cm:
- un lit à mi-hauteur pour les gabions-semelles;
- deux lits (au 1/3 et au 2/3 de la hauteur) pour les gabions de 1 m d'épaisseur.
L'écartement entre tirants sera réduit si l'ouvrage doit supporter de forts débits de crues
(surtout dans le cas des dissipateurs en gradins).
Pour le cas où l'on doit obtenir des formes géométriques spéciales, les gabions sont façon-
nés par simple pliage à l'exclusion de tout découpage.
Lorsque le remplissage est achevé, on retire les piquets d'angle et on rabat le couvercle.
Les trois arêtes libres sont alignées et positionnées en face des arêtes des gabions situés à
côté (à l'aide d'un levier ou d'une pince du type représenté à la figure 5.15), puis enfin
ligaturées. Un soin particulier doit être apporté à la fermeture des coins.
Dans le cas d'une structure rectiligne relativement longue (un déversoir par exemple), au
lieu d'aligner les gabions pièce par pièce, on emploie un tendeur du type TIRFOR. Une
des extrémités d'un rang de gabions vides, ligaturés au préalable, est solidement attachée
au TIRFOR à l'aide de tuteurs et d'une barre de tension [12].
Après mise en tension d'une longueur suffisante (jusqu'à 3D m), les gabions sont ligaturés
unitairement au rang inférieur puis emplis, ou bien emplis immédiatement s'ils consti-
tuent le rang de la base de la structure (12].
Si l'on utilise des fils revêtus de PVC, on ne doit pas endommager le revêtement:
- manutention précautionneuse;
- mise en œuvre soignée;
- limitation de la hauteur de chute des matériaux de remplissage à 0,50 m.
- Lorsqu'un retour horizontal du matelas en pied de talus est prévu, les cages ne doivent
pas être découpées pour être mises à la dimension des fouilles. On procédera plutôt à un
élargissement de la tranchée ou à un façonnage des cages par pliage.
- Pour chaque cellule de 2 m2, on dispose en son milieu au moins deux tirants (à 0,30 fi
de part et d'autre de l'axe du matelas), reliant le fond au couvercle [12].
- Pour faciliter l'alignement des matelas en bord de talus, on peut les ancrer en plantant
des piquets dans les angles internes de la partie supérieure des cages (un piquet planté
dans un matelas sur deux). Si la pente du talus est très raide, on fixe les matelas Reno à
l'aide de piquets de bois fichés dans le sol, placés à l'extrémité supérieure de chaque cage
et espacés d'au maximum 2 m dans chacune d'entre elles [12].
- contrôle de la conformité de l'exécution des travaux aux prescriptions des pièces con-
tractue~~es' en matière de qualité, de délai et de coût;
- établissement et délivrance des ordres de service et procès-verbaux.
Lors de ces réunions, un tour complet du chantier est effectué et le maître d' œuvre se fait
communiquer, par l'entrepreneur, les résultats des essais et épreuves de convenance et de
contrôle (interne) concernant les fournitures, les matériaux et les ouvrages. Le maître d'œuvre
consigne systématiquement les informations et décisions dans un compte rendu de la réu-
nion. A l'occasion de celle-ci, ilpeut également procéder à ses propres essais de vérification.
En effet, à côté des essais de convenance (prévus au marché) et des essais de contrôle
(interne) conduits par l'entrepreneur, et à ses frais, en application de son programme
d'exécution, des essais de vérification peuvent (et doivent) être réalisés à l'initiative du
maître d'œuvre, soit par lui-même, soit par un laboratoire à sa convenance, et ce afin de
s'assurer de la conformité des fournitures, matériaux et/ou ouvrages avec les prescrip-
tions contractuelles.
L'entrepreneur est tenu de fournir, sur ordre du maître d' œuvre, les échantillons ou éprou-
vettes nécessaires à ces essais. Il est intéressant de prévoir, dans les clauses du marché, la
facturation à l'entrepreneur de tous les essais de vérification qui révéleraient les maté-
riaux et ouvrages testés non conformes. Pour éviter tout litige, cependant, ces essais
doivent être réalisés selon les normes en vigueur.
Le maître d'œuvre ou son représentant peut effectuer des essais de vérification à l'occa-
sion de visites impromptues du chantier. n est indispensable que ces visites fassent égale-
ment l'objet d'un compte rendu écrit: cela peut être~ par exemple, sous la forme d'une
fiche de visite, remplie par le maître d' œuvre et s'inspirant du modèle du tableau 6.2.
La nature des vérifications (visuelles et/ou par essais) à effectuer est, évidemment, dé-
pendante de celle des travaux et, donc, du type de barrage en construction. Aussi, nous
énumérons dans les paragraphes suivants les vérifications spécifiques aux barrages en
remblai puis aux barrages en béton ou en maçonnerie.
Prélèvements
Couche superficielle
Figure 6.3. :
Méthode de
prélèvement pour
vérifier la qualité
du compactage in Sous-couche
situ.
- contrôle de la densité sèche et de la teneur en eau après compactage dans toute l'épais-
seur de la couche (cf. figure 6.3.). Une densité sèche trop faible après le compactage peut
provenir soit d'une teneur en eau située hors des limites prescrites, soit d'un compactage
insuffisant.
Dans tous les cas, l'entrepreneur est tenu de prendre, avant mise en œuvre de la couche
supérieure, toutes les mesures appropriées telles que rectification de la teneur en eau par
hersage ou arrosage selon les cas et compactage supplémentaire. Ces travaux ne donnent
lieu à aucune plus-value.
- contrôle de la liaison entre les couches successives;
- contrôle de la vitesse et du nombre de passes des engins de compactage.
Périodicité
Ces contrôles et mesures doivent être exécutés au moins deux fois par jour (dans la
référence [32], nous préconisons aussi une mesure tous les 1000 m3).
En outre pour chaque nature de sol mis en œuvre, des mesures de densité sèche
après compactage devront être effectuées à un rythme plus ou moins grand suivant
l'importance des ouvrages et leur nombre défini au cahier des clauses techniques
particulières.
Matériel de contrôle
- Le densitomètre à membrane: on réalise un trou dans le remblai compacté. On me-
sure le volume du trou à l'aide du densitomètre qui comporte une membrane appliquée le
long des parois du trou par une pression d'eau que l'on injecte au moyen d'un piston.
Le volume est lu sur le piston gradué. Ensuite on pèse la terre retirée et on mesure sa
teneur en eau.
- Le gammadensimètre: On lit directement la teneur en eau mesurée par rayonnement
nucléaire. Son utilisation permet d'augmenter nettement le nombre de mesures.
- La mesure est également possible par la méthode dite de la « densité au sable ».
Notons enfin que le simple contrôle visuel du remblai permet souvent de repérer l'insuf-
fisance de la teneur en eau ou au contraire son excès (dans ce dernier cas, apparaissent
des phénomènes de matelassage lors du passage de l'engin) [40].
Conclusion générale
L'objet de ce manuel est d'expliquer les principes de conception et les techniques de
construction des petits barrages dans le contexte particulier de l'Afrique sahélienne et
équatoriale. Au terme de cet exposé que l'on a voulu le plus complet possible, il nous
paraît essentiel de dégager quelques idées maîtresses qui apparaissent en filigrane à
plusieurs reprises dans le texte.
Au niveau de la conception
En premier lieu, il convient d'être très attentif aux spécificités du site. Chaque cas est
particulier et il faut donc éviter de reproduire des coupes - types « passe partout ».
En outre, un aménagement doit être pensé pour les usagers. Concernant le choix du site,
entre les deux critères « optimum géographique» et « proximité des utilisateurs », on
s'efforcera dans la mesure du possible de privilégier le second. Par ailleurs, on veillera à
employer des technologies à la portée des utilisateurs, en particulier si l'on veut qu'ils
s'acquittent convenablement de l'entretien courant.
Dans le même ordre d'idée, on devra privilégier la simplicité dans les choix conceptuels.
Rien ne sert de prévoir des ouvrages trop compliqués. Bien au contraire, on aura intérêt,
pour faciliter le suivi, l'entretien et l'exploitation, à prévoir des dispositifs simples et
robustes. Ceci est particulièrement vrai pour les nombreux barrages construits dans des
sites isolés.
Au niveau de la réalisation
A propos de la phase chantier, nous n'insisterons jamais assez sur la nécessité d'obtenir
une très grande qualité de réalisation, notamment grâce à une surveillance très stricte.
Quel que soit le type de barrage adopté, l'exécution doit être très soignée. Bon nombre
d'organes et de parties d'ouvrage seront inaccessibles une fois les travaux achevés. Le
contrôle de la bonne exécution de ceux-ci est donc un point fondamental.
Cependant, il faut souligner qu'en la matière, la plupart des maîtres d'œuvre et des entre-
prises qui interviennent en Afrique ont accumulé une riche expérience depuis plusieurs
décennies et fournissent le plus souvent des réponses appropriées aux problèmes qui
peuvent sc poser.
Au niveau du suivi
Dès le stade du projet et, plus tard, lors du suivi et de la surveillance du barrage, le souci
de sécurité sera permanent. En particulier, la recommandation visant à la simplicité des
ouvrages ne devra pas se traduire par une diminution de la sécurité. Les choix techniques
et la qualité de la réalisation devront au contraire tendre à l'accroître.
Enfin, par delà les questions techniques, ilserait souhaitable de prolonger les projets par
un protocole de suivi-évaluation, et ce dans plusieurs domaines:.
Nous espérons donc que ces quelques idées, ainsi que les méthodes développées tout au
long de ce manuel, permettront aux concepteurs de conforter leur expérience en matière
de barrages et leur suggéreront un certain nombre de pistes techniques pour diversifier et
améliorer leurs projets.
BIBLIOGRAPHIE
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[51] Calculs de stabilité pour les barrages en terre - GOUSSE F. - CEMAGREF Antony
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[56] Etanchéité des barrages par géomembranes : technique actuelle - Bulletin n078 de
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[57] Projet de ressources hydrauliques des Monts Mandara - Barrage de Tourou - Note
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[58] La méthode du gradex pour le calcul de la probabilité des crues à partir des pluies
x
- GUILLOT, DUBAND - SHF- es journées de l'hydraulique - 1968.
[59] Étude des pluies journalières de fréquence rare - C.I.E.H. - Rapport de synthèse -
1985.
[60] Courbes hauteur de pluie - durée - fréquence pour des pluie d'une durée allant de
5 minutes à 24 heures; Afrique de l'Ouest et Centrale - PUECH C. - CHABI-GONNI D.
- [Link]. - 155 pp. - 1985.
[63] Guide pour le diagnostic rapide des barrages anciens - DEGOUTTE G., coordi-
nateur - CEMAGREF -1992.
[64] Calcul des ouvrages en béton armé suivant les règles BAE.L. 83: théorie et appli-
cations - CHARON P. - EYROLLES - PARIS - 461 pp - 1986.
ANNEXE 2
DESCRIPTION INDICATIVE
DU CONTENU
D'UN AVANT-PROJET DÉTAILLÉ
DE PETIT BARRAGE
1. MÉMOIRE EXPLICATIF
1. Généralités
- Dans ce paragraphe, on situe l'ouvrage avec précision (latitude, longitude, altitude) sans
omettre de décrire les modalités d'accès.
- L'intérêt de l'aménagement doit être mis en exergue à ce niveau (intérêt agricole, indus-
triel, humain, pastoraL). Des rappels sur l'historique et le contexte socio-économique du
projet sont également utiles.
Mais pour la plupart des petits projets, où l'étude d'impact reste limitée (surtout aux
aspects sociaux), on peut l'intégrer directement au dossier dans un chapitre particulier.
- On étudie ensuite les pertes par évaporation, par infiltration et les problèmes liés aux
dépôts solides (cf. 1.1.2.).
- On présentera les différents résultats sous forme d'un ou plusieurs tableaux récapitulatifs,
par exemple sur le modèle suivant:
7. Étude du barrage
- Caractéristiques et géométrie du corps du barrage: hauteur, pentes et protection des
talus, largeur en crête, dispositif de drainage interne.
- Étude de la stabilité des talus (barrage en remblai) ou de la stabilité d'ensemble (barrages
en béton ou en maçonnerie).
- Dispositions constructives (prescriptions pour l'exécution des parements, le compactage, etc.).
- Recommandations pour le dimensionnement et la réalisation de l'étanchéité en fon-
dation.
Pour le bordereau des prix relatif à un barrage déterminé, il est recommandé de ne pas se
limiter strictement aux rubriques faisant l'objet de quantités estimées au projet. Il importe
en particulier de faire figurer toutes les rubriques nécessaires, compte tenu des aléas pré-
visibles de l'exécution de l'ouvrage, les quantités étant alors complétées avec l'indication
« pour mémoire (p.m.) })dans le devis estimatif.
II -TERRASSEMENTS
.~<
n° de DÉSIGNATION Unité Prix
prix unit.
HT
VI - DIVERS
601 Gabions
Fourniture et pose de gabions métalliques y compris dres-
sage du lit de pose, mise en place, remplissage en pierres soi-
gneusement rangées, tirants, ligatures, conformément aux
prescriptions concernant les matériaux et leur mise en œuvre
Le mètre cube m3
602 Matelas Reno. Idem 601
Le mètre cube m3
611 Fourniture et pose selon prescriptions du fournisseur de cel-
lules de mesure de pression interstitielle type ..., implantées
conformément aux plans du Dossier de consultation des
entreprises y compris câblage jusqu'au local de mesure situé....
611A- Cellules de pression interstitielle
I.:unité U
611B- Boîte de jonction et appareil de mesure
Forfait F
612 Installation de piézomètres type Casagrande, implantés con-
formément aux plans du D.C.E. (Dossier de Consultation des
Entreprises), y compris forage, crépine, tube, bouchon étan-
che, scellement et dispositif antivandalisme en tête.
612A-Prix fixe par piézomètre I.:unité U
612B-Prix en fonction de la longueur Le mètre linéaire m
613 Fourniture d'une sonde sur ruban de mesure de niveau pour
piézomètre, longueur de mesure 20 m.
I.:unité U
ANNEXE 3
SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
DES PETITS BARRAGES
EN SERVICE
FICHES DE VISITE PAR TYPES D'OUVRAGE
ET COMMENTAIRES
- BARRAGE EN TERRE
-BARRAGE EN ENROCHEMENTS
FICHE DE VISITE
Barrage en terre
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS À NOTER COMMENTAIRES
FICHE DE VISITE
Barrage en enrochements
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS À NOTER COMMENTAIRES
Le couronnement du remblai
- revêtement - type et état
- fissures?
- murette amont pare-vagues - état général A-2
- fissures?
Masque amont d'étanchéité
- type de masque - géomembrane ou dalles avec joints B-1
étanches
- masque en béton:
dalles - état général, fissures? B-2
- état de surface
joints - état général, mouvements différentiels B-3
FICHE DE VISITE
FICHE DE VISITE
FICHE DE VISITE
Barrage ou ouvrages en béton armé
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS A NOTER COMMENTAIRES
État de surface
- fissures - de retrait?
- liées à des sollicitations mécaniques? Annexe II § A
- liées à des altérations physicochimiques ? Annexe II § E
- importance du phénomène Annexe II § E
- traces de calcite ou de rouille?
- éclatement du béton par corrosion
des armatures?
- suintements et/ou fuites - au niveau des fissures? Annexe II § E
- aux emplacements des trous pour Annexe II § C
- fissures écarteurs de coffrages
- diffus (nids de cailloux ?) Annexe II § B
- joints - état du waterstop s'il est visible
- remplissage du joint B-3
- indices de mouvements différentiels
FICHE DE VISITE
Toustypes de barrages
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS A NOTER COMMENTAIRES
Drains - débit des drains E-l
- état d'entretien des exutoires
Pied et zone aval du barrage - zones humides E-2
- venues d'eau
- végétation arbustive à enlever § [Link].
Procéder à une mesure
Dispositif d'auscultation lors de la visite
(autres que drains)
-limnimètre - état général - stable?
- bornes et piliers topographiques - stables? déchaussés? - état des tubes
- piézomètres - obstrués? - protection anti -vandalisme
- vinchons - état du scellement
Évacuateur de crues Noter le type d'évacuateur
- seuil - état général E-3
- présence d'obstacles, de corps flottants ...
- tassements et points bas?
- coursier - état général E-4
- végétation
- érosions
- bajoyers - état général
- stabilité, déformations E-S
- fissures
A contrario, la formation d'ornières ou de points bas est très nuisible, car ils constituent
des zones de concentration des ruissellements qui acquièrent ainsi une puissance érosive
accrue. De ce point de vue, la circulation des véhicules sur la crête peut être interdite, en
particulier en saison des pluies, tant que le revêtement n'est pas parfaitement stabilisé.
Ornières et points bas doivent être remblayés avec de la latérite soigneusement compactée.
En cas de mauvais état général de la crête, il convient de prévoir un rechargement et un
reprofilage complets (chargeur, niveleuse, compacteur).
Si la crête du barrage présente une pente vers l'amont, la murette pare-vagues doit évi-
demment être percée d'exutoires pour l'évacuation des eaux. 11convient lors de la visite
de vérifier que ces exutoires ne sont pas obstrués et qu'il n'y a pas d'érosions sur le talus
amont au droit de ces exutoires (si tel est le cas, aménager des cunettes ou fossés revêtus).
L'observation doit donc porter sur les déchaussements éventuels de cette murette qui, en ces
points, ne remplirait donc plus son rôle. La réparation consiste à combler la ravine (§ [Link]).
A-4 - Fissures
Des fissures longitudinales (dans le sens de rive à rive) ont généralement pour origine des
tassements du corps de remblai. Plus localisées et situées près d'un des bords de la crête,
elles peuvent être un indice d'amorces de glissement du talus. 11convient donc de recou-
per ces observations avec d'autre indices: points bas sur la crête, fissures des murettes ou
levers topographiques en cas de tassements, bourrelets sur le talus et suintements en cas
d'amorces de glissement. Si la cause du tassement est clairement identifiée, on procédera
à un rechargement de la crête afin de restaurer le profil d'origine. En cas d'amorce de
glissement, il faut piqueter les limites de la zone concernée et, en cas d'aggravation, pro-
céder à une vidange au moins partielle du barrage. Une expertise s'impose pour détermi-
ner l'origine du glissement et le confortement à adopter.
A·6 • Géotextile
Un géotextile utilisé en sous-couche d'un perré amont (pour protéger le remblai vis à vis
de l'énergie résidueIIe des vagues entre les pierres) peut subir essentieIIement deux mé-
canismes de dégradation:
- déchirement ou poinçonnement par les pierres du perré, soit lors de la pose, soit à
l'occasion de mouvements des pierres provoqués par le batiIIage ;
- vieiIIissement rapide dû à une exposition au soleil (larges interstices entre les pierres du
perré dès la pose ou après mouvement des pierres ayant mis à nu le géotextile).
Dans le premier cas, la réparation consiste à découvrir le géotextile sur la zone déchirée
ou poinçonnée, à poser une pièce de géotextile largement débordante par rapport à la
zone abîmée et à remettre les moeIIons du perré en place. Si les moeIIons ont bougé du
fait de leur poids insuffisant, on les remplace bien sûr par des moeIIons plus lourds.
Dans le second cas, il faut s'assurer que la dégradation observée en un point donné
n'est pas généralisée à l'ensemble du parement. Si la dégradation est localisée, la répa-
ration est identique à ceIIe décrite ci-dessus. Le blocage des moellons avec les éclats de
pierre assure à la fois la stabilité mécanique du perré et la protection du géotextile
contre le soleil. Si la dégradation du géotextile est généralisée sur toute la surface du
talus, cela est probablement dû au choix d'un géotextile non adapté aux conditions
d'exposition dans l'ouvrage. Si l'on constate des dégradations généralisées sur le rem-
blai sous-jacent, il faut alors procéder à la réfection complète de la protection du talus
amont.
A·7· Végétation
Par le réseau de racines qu'ils développent, les arbres et arbustes sont à proscrire sur les
barrages et à leur proximité immédiate.
La crête, les talus et les abords d'un barrage jusqu'à une distance d'au moins 10 m du pied
doivent donc être exempts de tout arbre ou arbuste (voir § [Link]).
A-8 - Ravines
Causé par le ruissellement de l'eau, le creusement de ravines est un phénomène qui
tend à s'auto-entretenir car les ravines existantes deviennent des lignes de concen-
tration des débits, lesquels ont d'autant plus de puissance pour continuer le creu-
sement.
Il est important, lors de la visite, d'identifier l'origine de la ravine afin de traiter également
la cause: point bas sur la crête du remblai, contournement d'un ouvrage en béton, zone
de remblai mal compactée ... Pour la réparation se reporter au § [Link].
Le fossé doit donc être régulièrement curé et entretenu. Cette tâche est facilitée si le fossé
de pied est revêtu.
Si des seuils de mesure des débits ont été installés en quelques points du fossé, il faut
veiller au bon fonctionnement de ces seuils (régime dénoyé).
Il convient de connaître la nature exacte du masque amont qui, pour les petits barrages, se
rattache en général à l'un des deux cas-types suivants:
- dalles béton avec joints étanches;
- dispositif d'étanchéité par géomembrane (nE.G.).
Des fissures traversantes peuvent affecter l'étanchéité. Elles sont dues en général à des
tassements différentiels importants du remblai ou à une insuffisance du ferraillage des
dalles. Selon l'importance du phénomène, les conséquences peuvent être plus ou moins
graves pour la pérennité de l'ouvrage. S'il s'agit de quelques fissures localisées et peu
ouvertes, une réparation peut être tentée (sciage sur quelques centimètres de profondeur
et remplissage à base de résines synthétiques). Si le phénomène a une plus grande am-
pleur, une expertise s'impose.
83 - Joints étanches
Au niveau des joints, ilfaut observer les éventuels mouvements différentiels entre dalles
dus aux tassements du remblai ou de la fondation. Au-delà d'une certaine ampleur, de
tels mouvements peuvent entraîner la déchirure du Waterstop, ce qui compromet l'étan-
chéité. Une expertise s'impose pour déterminer l'ampleur des réparations à entreprendre
dans une telle situation.
Les dégradations localisées des dalles, pavés ou moellons peuvent être dues à une mau-
vaise qualité d'origine ou à des chocs mécaniques. Elles se traitent par remplacement, ou
réparation (pour les dalles), des éléments altérés après avoir soigneusement vérifié que la
géomembrane et le géotextile sus-jacent n'ont pas subi de dégradations.
Les glissements localisés sont dus le plus souvent à l'effet du batillage. De ce fait, un
espace s'ouvre en partie haute de la couche de protection, qu'il faut venir remplir de
mortier dès qu'il dépasse un à deux centimètres d'ouverture, et ce jusqu'à stabilisation
complète.
Dans les deux cas, la réparation se fait par soudure à chaud ou collage d'une pièce de
géomembrane de même nature, largement débordante par rapport à la zone dégradée. Si
Les déplacements des pierres du parement amont sont en général dus à l'effet du batillage.
L'origine peut être soit un poids insuffisant des blocs, soit une pente de talus à la limite de
stabilité. Dans le premier cas, il faut procéder à une réparation locale avec des blocs de
plus grosse taille. Dans le second, une expertise s'impose pour décider s'il y a lieu d'en-
graisser le talus depuis sa base.
C - Barrages en gobions
C.l • Déformations des gabions
De telles déformations peuvent être dues à un tassement de la fondation ou au tassement
des gabions eux-mêmes Oorsque le remplissage n'a pas été fait avec un soin suffisant).
Sur les gabions exposés au déversement, des déformations peuvent être dues aux mou-
vements des pierres provoqués par le courant.
Ces déformations sont préjudiciables, car elles entraînent des efforts de traction dans les
grillages pouvant accélérer la rupture des fils. L'horizontalité d'un seuil déversant peut
aussi être compromise avec apparition de points bas où vont se concentrer les débits.
Une analyse détaillée est nécessaire pour déterminer l'origine des désordres et les répa-
rations à entreprendre (gabions supplémentaires, renforcement des grillages, rechargement
du seuil par du béton ...).
En cas de corrosion généralisée dans une zone donnée, il faut procéder à un revête-
ment au mortier des faces externes de l'ouvrage (l'idéal étant un mortier projeté), en
aménageant des barbacanes pour éviter les sous-pressions. On peut aussi, sur des
faces horizontales, envisager un revêtement bitumineux qui conserve au gabion toute
sa souplesse.
CA • Enduit de surface
La fissuration de cet enduit est gênante, car elle favorise la corrosion des fils au niveau de
ces fissures. Cette corrosion se manifeste par des tâches de rouille sur l'enduit. Face à de
tels phénomènes, il faut procéder à une réfection de l'enduit avant que les fils ne soient
totalement oxydés et rompus.
D - Barrages en maçonnerie
D.t • Parement amont
I.:observation du parement amont n'est pas toujours possible. D'une manière générale, il
est en effet beaucoup plus utile de visiter le barrage lorsqu'il est plein, afin de bien obser-
ver les suintements éventuels. Par contre, si l'état du parement aval révèle une étanchéité
défectueuse du corps de l'ouvrage, il convient d'envisager une observation du parement
amont à l'occasion d'un abaissement du plan d'eau.
Sur le plan hydraulique, on cherche à voir si une zone de fissures amont correspond à une
zone de suintements ou d'écoulements aval. Dans ce cas, un traitement des fissures par
produit souple peut être recommandé, afin de diminuer les pertes d'eau, mais aussi le
risque de lessivage du liant.
Si des fuites sont mesurables, on cherche chaque fois que possible à les collecter, afin de
pouvoir mesurer périodiquement leur débit. Dans ce cas, une analyse annuelle de la
teneur en CaC03 est également recommandée, en comparaison avec celle de la retenue.
Une augmentation est un signe inquiétant de lessivage du liant, impliquant perte de poids
et appauvrissement des qualités mécaniques.
Toute végétation doit donc être systématiquement et régulièrement enlevée des pare-
ments d'un ouvrage en maçonnerie.
E2 - Abords du barrage
Toute zone humide ou venue d'eau en pied du barrage ou à son aval proche doit être
notée, observée et localisée sur plan. Un piquetage au sol est nécessaire pour suivre l'évo-
lution éventuelle d'une zone humide ou d'une source. Si cela est possible, on procède à la
mesure du débit afin d'en suivre les variations.
Les abords du barrage doivent être entretenus, exempts de tout arbre ou arbuste
(§ [Link]).
E3 . Obstacles
Les colmatages par les branches ou arbres se produisent lorsque le seuil déversant pré-
sente des obstacles: piliers de passerelles, piquets supports de bâtardeaux ou grilles ... Il
est dans ce cas rc1ativement facile d'y remédier. Cela est plus délicat lorsque la taille même
de l'ouvrage évacuateur est insuffisante pour permettre le passage d'un arbre. En effet,
si le bassin versant est boisé, lors des crues rares, des arbres peuvent être arrachés aux
berges. Il faut envisager dans ce cas des grilles à très large espacement, correctement
positionnées pour ne pas entraîner un relèvement du plan d'eau lorsque des arbres y
sont piégés.
fA • Coursier
Les risques d'obstruction du coursier par chute de pierres, ou glissement de terrain sont
faciles à diagnostiquer. Selon son emplacement, l'obstruction du coursier risque de pro-
voquer un ennoiement par l'aval du seuil déversant. Dans le cas d'un barrage en terre,
cela peut aussi provoquer une érosion du parement aval. Les travaux correctifs peuvent
être faciles à mettre en œuvre dans certains cas: rehausse des bajoyers du coursier, grillage
de protection d'un talus rocheux ...
Certains petits ouvrages en terre disposent d'un évacuateur de crue très sommaire dont
le coursier est simplement terrassé. Selon la nature plus ou moins résistante du matériau
dans lequel le coursier est creusé, il y a un risque d'érosion régressive pouvant évoluer
jusqu'au contournement complet du barrage. L'observation de ce matériau et de son
entaillement permet de porter un jugement sur ce risque. Un suivi régulier par des prises
de vue est à recommander. En cas d'évolution marquée mettant en péril la pérennité de
l'ouvrage, il faut en urgence procéder au confortement provisoire du seuil par des enro-
chements ou des gabions ou à la vidange de la retenue.
f.S • Bajoyers
Lors de la visite, la bonne tenue des bajoyers en béton ou en maçonnerie peut être appré-
ciée en observant les fissures ou les mouvements relatifs des éléments successifs. Le ris-
que de rupture peut généralement être diagnostiqué en surveillant les évolutions. Aussi,
la pose d'appareils de contrôle est-elle généralement la seule mesure d'urgence à con-
seiller. Dans le cas des bajoyers en maçonnerie, l' état d'entretien est facile à diagnostiquer
et des travaux de rejointoiement et d'enlèvement de la végétation sont éventuellement à
conseiller.
Ces circonstances peuvent être dangereuses dans le cas d'un barrage en remblai dont le
pied pourrait être érodé, entraînant alors un début de glissement. Le radier du dissipateur
bétonné peut, en outre, être érodé ou soulevé en cas de très forte crue ou de manœuvre
brutale d'une vanne. Son observation est donc nécessaire.
E7 • Vannes de vidange
Les vannes de vidange doivent être manoeuvrées à l'occasion d'une visite approfondie.
Toutefois, il conviendra d'être prudent dans le cas d'un barrage dont on connaît malles
dispositifs de garde et pour lequel on n'a pas manoeuvré les vannes depuis plusieurs
années. On risquerait dans certains cas de ne pas pouvoir refermer la vidange. Le cas
évidemment favorable est celui où il existe une vanne de réglage et une vanne de garde,
appelée aussi batardeau. En exploitation normale la vanne de garde est maintenue levée.
L'essai consiste alors à fermer la vanne de garde puis à ouvrir la vanne de vidange.
Il faut insister sur la nécessité impérieuse d'une manœuvre périodique de ces organes et
sur le soin à porter au graissage des parties mobiles.
E8 • Tuyau de vidange
Un diagnostic sur l'état d'un organe de vidange n'est possible que si celui-ci est visitable.
Nous abordons ci-après le cas courant d'un tuyau en acier. Si le tuyau est placé à l'inté-
rieur d'une galerie visitable, on s'intéressera à sa corrosion, en particulier au droit des
soudures et des raccords ou colliers. Dans le cas d'un tuyau placé au sein du massif, on
pourra le visiter si son diamètre est supérieur à 1 m et si un organe de garde amont existe
(s'assurer au préalable qu'aucune manœuvre intempestive n'est possible pendant la
visite, et que l'atmosphère est respirable sans danger). Pour des diamètres plus petits,
l'inspection du tuyau se fait par caméra téléguidée.
Si ce diagnostic rapide montre un fort état de corrosion, une intervention urgente s'impose
dans le cas d'un barrage en terre dont le tuyau de vidange n'est pas entièrement entouré
par du béton.
ANNEXE 4
Elles sont le résultat de phénomènes physico-chimiques causés par des agents tels que le
gaz carbonique dissout dans l'eau, l'oxygène de l'air ou dissout, l'acidité des eaux pures,
les écarts thermiques journaliers, ...
Leur apparition et leur développement sont fortement influencés par la qualité de réali-
sation de l'ouvrage. A l'origine on retrouve souvent un (ou des) défaut(s) de conception
ou de réalisation. On peut établir le classement suivant:
Ce phénomène apparaît lors de la construction. Il se traduit sur les bétons par un réseau
de fissures fines apparaissant surtout en surface sans direction préférentielle, et sur les
maçonneries par un décollement de la liaison entre mortier et pierres. Les causes les plus
courantes sont l'absence de cure des bétons ou l'absence d'humidification préalable des
pierres de maçonnerie. Peu gênantes par elles-mêmes pour l'étanchéité à court terme,
ces fissures de surface favorisent par contre la pénétration des agents de détérioration à
plus long terme. Si le retrait est particulièrement marqué, il faut envisager, au moins pour
les parements en contact avec l'eau, des réparations qui pourront être:
- la mise en œuvre d'un enduit étanche sur béton;
- la reprise des joints de maçonnerie.
D • Contraintes thermiques
La dilatation différentielle, due aux différences de température entre la face ensoleillée et la
face à l'ombre d'un ouvrage mince, peut entraîner des fissurations, en particulier au niveau
des encastrements, et des décollements d'enduits. D'autre part, la dilatation thermique jour-
nalière (entre le jour et la nuit) fait varier l'ouverture des fissures créées par ailleurs.
f . Réactions chimiques
Sans que cette liste soit limitative, on peut citer les principaux mécanismes suivants:
-l'eau pure entraîne la chaux libre du liant, laissant un squelette poreux. Ce phénomène
est d'autant plus marqué que l'eau a un pH faible et est faiblement minéralisée. Les
ciments CPA sont les moins résistants à ces agressions;
- le gaz carbonique de l'air ou dissout, provoque le même phénomène;
-les chlorures, amenés par les embruns en zone marine ou par l'utilisation d'eau légère-
ment saumâtre dans la confection des mortiers et bétons, réagissent avec le ciment en
provoquant des gonflements;
- enfin, certains agrégats, en particulier d'origine basaltique, sont susceptibles d'être à
l'origine de phénomènes d'alcali-réaction en milieu humide.
Ces attaques chimiques sont favorisées par la circulation d'eau, donc par les défauts d' étan-
chéité, qu'elles aggravent ensuite dans un processus qui tend à riaccélérer. Un des seuls moyens
de circonscrire celles-ci est donc de remédier aux défauts d'étanchéité constatés.
ISBN 2-85362-511-7
Prix: 345 F TTC
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9 788536 251172