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Cours PJ Barrage

Le projet de barrage implique plusieurs étapes clés, notamment le choix du site, l'étude des besoins, et l'évaluation des impacts socio-économiques et environnementaux. Les études préliminaires sont essentielles pour déterminer la faisabilité du projet, en examinant des critères techniques et socio-économiques. Une attention particulière doit être portée à l'évaluation des besoins en eau pour l'agriculture, l'alimentation humaine et l'abreuvement du bétail, ainsi qu'à la gestion des pertes d'eau par infiltration et évaporation.

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Cours PJ Barrage

Le projet de barrage implique plusieurs étapes clés, notamment le choix du site, l'étude des besoins, et l'évaluation des impacts socio-économiques et environnementaux. Les études préliminaires sont essentielles pour déterminer la faisabilité du projet, en examinant des critères techniques et socio-économiques. Une attention particulière doit être portée à l'évaluation des besoins en eau pour l'agriculture, l'alimentation humaine et l'abreuvement du bétail, ainsi qu'à la gestion des pertes d'eau par infiltration et évaporation.

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Étapes d’un projet « Barrage »

• L’étude d’un projet « Barrage » se décompose en :

– Choix d’un site


– Etude des besoins,
– Etude de la retenue,
– Etude des crues et de leur évacuation
– Etude des fondations au niveau de l’axe de l’ouvrage
– Etude de la digue et de ses protections
– Mode de gestion et d’entretien
– Principes de suivi
2. CHOIX DU SITE ET
ETUDES PRELIMINAIRES
#% ## # ( #) #
# * +)! #) #

L'
idée de projet peut provenir des populations, des autorités
administratives et politiques ou de sociétés d'
exploitation.

Recherche des solutions alternatives


• Solutions d'opportunité (analyses des variantes)
(Voir exemple tableau)

• Solutions d'options
Opter suivant une politique de développement socio-
économique basée sur les ressources en eau. Le projet
de barrage s'
inscrit alors dans les priorités définies par
le gouvernement.
# # # # ## ' %* !

Si l'
alternative choisi ou l' option faite est le barrage, il
convient de rechercher le site le plus apte.
Éviter les opérations trop coûteuses pour l'
étude avant
d'
avoir la certitude que le site convient.
Deux phases importantes :
1. Travaux de bureau: Documents, cartes, photos
aériennes. Pour chaque site, estimation des
caractéristiques physiques, géométriques,
géomorphologiques du site du barrage et de la cuvette,
examen des voies de communication et les habitations.
Passer en revue rapidement l' estimation de la capacité de
la retenue, l'
hydrologie, la géomorphologie et la géologie
du bassin versant, les données météo locales.
2. Visites de terrain pour compléter les informations
générales:
• Équipe pluridisciplinaire: 1 GR/TS expérimenté en
barrages et aménagements hydrauliques, 1 géomètre, 1
géographe et des manœuvres.
• Contacts locaux pour s'informer sur les sites repérés, les
crues, les problèmes fonciers, etc..
• Examen des conditions physiques: accès, végétation,
morphologie de la rivière et du site, nature et épaisseur
des sols, affleurement rocheux, zones d'emprunt, etc..
• Repérer les difficultés particulières: arrivée d'
eau, pertes,
failles, karst, glissement des berges, tourbes, etc..
• Estimer l'
ampleur des travaux préparatoires:
débroussaillage, aménagement d' accès, levé topo, etc..
L'étude comparative des sites inventoriés (caractéristiques
techniques, avantages, insertion dans l' environnement
physique et socio-économique, etc…) permet de dresser une
liste restreinte de sites potentiels et le choix final.

Dans la pratique, la recherche de sites est limitée dans


l'
espace, et souvent le choix d' un site obéit plus à des
considérations purement sociales ou politiques.
Choix du site et études préliminaires

• Si le diagnostic préalable oriente favorablement l’étude


vers le choix d’un site de barrage, l’adoption de cette
solution reste subordonnée à la vérification d’un certain
nombre de critères :
– d’ordre socio-économiques liées aux possibilités de
mise en valeur.
– d’ordre techniques tels que la topographie, la
géologie et la géotechnique, et l’hydrologie,
• Ces études, dites préliminaires, permettront de préciser
les premières constatations, de lever les incertitudes
pour se prononcer sur la faisabilité du projet afin
d’aboutir au dossier APS. Elles seront la base pour
lancer les études définitives (APD).
Études préliminaires
Aspects socio-économiques
• L’enquête socio-économique préalable à la construction
d’un barrage en milieu rural s’attachera à examiner :
– l’organisation foncière, administrative ou coutumière (taille des
exploitations, mode d’accès à la terre, etc.),
– les conditions favorables à la bonne exploitation de l’aménagement,
– les conflits entre ou à l’intérieur de groupes sociaux,
– les stratégies de production agricole actuelles et futures,
– l’organisation du pastoralisme (le cas échéant),
– les possibilités d’écoulement des productions,
– les conséquences de l’inondation de la cuvette,
– l’estimation des besoins,
– les risques d’utilisation détournée de l’eau,
– la possibilité de valorisation complémentaire d’une partie de l’eau,
– les bénéfices attendus et recensement de la population concernée.
Études préliminaires
Topographie
• Elles viseront à rechercher un site qui réponde à la
fois :
– aux besoins
– à de bonnes conditions d ’exploitation (proximité, altitude)
– aux critères de rentabilité avec la plus grande valeur
possible de (Vol retenue / Coût ouvrage)

• On établit un plan à une échelle précise (1/5000 à


1/1000) avec des courbes de niveau (0,5 à 1m).
Ceci afin de calculer l’emprise de la retenue, son
volume et construire la courbe hauteur-volume.
Études préliminaires
Géologie et géotechnique
• Elles viseront à apprécier l’étanchéité de la
fondation et de la cuvette et à s’assurer de la
disponibilité en matériaux de construction de
bonne qualité.
• On effectuera alors des sondages dans l’axe du
barrage, dans la cuvette et au niveau des
chambres d’emprunt.
• La perméabilité des sols, ainsi que leurs
caractéristiques physiques et mécaniques
seront étudiées au laboratoire et in situ.
Études préliminaires
Hydrologie
Objectifs: conditions de remplissage de la retenue et
l'
estimation de la crue de projet.
Rassembler tous les documents sur le bassin versant
étudié (hydrographie, topographie, géologie, végétation, etc..)
Rechercher les stations de jaugeage sur le cours d'
eau
étudié et les cours d'
eau voisins.
Données hydrométriques, pluviométriques et
pluviographiques.
Reconnaissance de terrain: écoulements, lits, laisses de
crue, les ouvrages d'
arts, barrages voisins, etc..
Enquêtes au niveau des riverains: mémoires des crues
Études préliminaires
Volume de la retenue

L
S l

S2 H

• La cuvette est assimilée à un cône renversé de hauteur H


et de base S (surface de la retenue) : V = 1/3 H * S

• On utilise la corrélation établie au Burkina Faso :


V = (L * l * H) / 2,67
avec L la plus grande longueur de la retenue et l la
longueur mouillée du barrage.
3. ETUDE DE LA RETENUE
Évaluation des besoins
• La construction d’un barrage répond à l’objectif
de constituer une réserve d’eau pour satisfaire
plusieurs besoins en eau.
• Si dans certains cas, comme pour les besoins
industriels par exemple, les besoins en eau
sont bien quantifiés, dans le cas de
l’alimentation humaine, du bétail ou
l’agriculture, ils méritent une évaluation qui
n’est pas toujours aisée.
• Les principes d’évaluation suivants sont
proposés.
Évaluation des besoins
Besoins agricoles
• L’agriculture autour des barrages concerne la
mise en valeur du pourtour de la cuvette et
l’irrigation des plaines par gravité ou par
pompage.
• L’évaluation des besoins en eau des cultures
tient compte de la surface, de l’infiltration et de
l’ETP.
• Calcul de l’ETP : la formule de Penman semble
être la plus adaptée pour l’Afrique de l’Ouest et
Centrale ; on lit les valeurs mensuelles de l’ETP
directement sur les atlas du CILSS et du CIEH.
Évaluation des besoins
Atlas pour le calcul de l’ETP
Évaluation des besoins
Besoins agricoles

!
" # $ !
% !
&
' ( )
' *) +
' * $ ( ( )
" # $ ' * )
' * $ ( )
Évaluation des besoins
Alimentation en eau potable
• Les barrages ne sont pas les ouvrages les plus économiques
pour alimenter les zones rurales en eau de boisson.
• On retient généralement les chiffres suivants :
– Centres urbains 150 l/jour/habitant
– Centres secondaires 70 l/jour/habitant
– Centres ruraux 40 l/jour/habitant
15 l/jour/habitant est un minimum en zone rurale
• Actualisation de la population :
– Pop a+n = Pop a (1 + ) n

Considérer la population située dans un rayon de 5 km autour du barrage.


Évaluation des besoins
Abreuvement du bétail
• On retient généralement les chiffres suivants :
– Bovins ou UBT 30 à 40 l/ jour
– Petits ruminants 5 l/ jour
– Chameaux 100 l/ 5 jours
1 UBT = 1 bœuf = 5 petits ruminants
• Il est difficile de quantifier les animaux concernés surtout
en zone de transhumance: Un animal s’abreuve à une
retenue s’il pâture à moins de 10km, soit 30 000 ha et
6000 UBT (densité = 1 tête pour 4 à 6 ha en zone
sahélienne).
• Il est nécessaire d’aménager les points d’abreuvement.
Estimation des pertes

• Pour concevoir et gérer correctement une retenue, il


faut aussi tenir compte des diverses pertes d’eau
inhérentes au site même.

• Il s’agit principalement des pertes par infiltration, par


évaporation et également les pertes de capacité de la
cuvette à la suite des dépôts solides.

• Contrairement aux besoins qui s’expriment en volume,


les pertes correspondent généralement à des
hauteurs d’eau.
Estimation des pertes
Infiltration dans la cuvette
• Sauf à rechercher l’alimentation de la nappe, on s’assure
de la bonne imperméabilité de la cuvette (épaisseur
minimale de matériaux imperméables de 0,5m avec une
perméabilité < 10-4 cm/s).
• L’infiltration diminue normalement avec le temps au fur et
à mesure du dépôt des argiles colloïdales.
• Il faut faire attention aux perméabilités en grand :
passées sableuses affleurantes ou cuirasses latéritiques.
• Les pertes sont souvent difficiles à quantifier, voir à
juguler par traitement ; mais elles peuvent être
économiquement acceptables si elles ne mettent pas en
danger l ’ouvrage.
• Valeurs usuelles = 1 à 3 mm/j en moyenne ou 10% de la
hauteur utile de la retenue en phase d'
avant-projet.
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette

% (, ((
' ( )
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette

% (, (, - - (
- - , .
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
% (, ( - - - (
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les cuvettes de petites dimension

Si matériau de la cuvette a une granulométrie étendue


avec au mini 3 à 4% de fines (< 0.05 mm), on peut
scarifier le fond de la cuvette et compacter correctement
(avec ajout d' eau).
Si matériau de la cuvette ne contient pas assez
d'éléments fins ou si on veut recouvrir une zone sableuse
ou latéritique, on peut répandre et compacter de l' argile
sur environ 50 cm de profondeur.
Apport de "sol-ciment": coûteux et problème de dosage.
Apport de bentonite (argile spéciale): problème de coût et
dispositions constructives.
Recouvrement de la surface de la cuvette avec du film
plastique très fin (1/10 mm): problème de coût et
dispositions constructives.
Émulsion de bitume depuis la surface de l' eau pour
colmater les fissures du fond de la cuvette.
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les ouvrages importants

Solutions de tapissage du fond de la cuvette impossibles


Tapis amont

− = /' − )

Avec p la réduction de débit de fuite

' ) = .1 +

ou
− 0
' )= / /
Parafouilles : écran étanche dans la fondation

Rideau de palplanches
Mur en béton/paroi moulée (lames métalliques 30 à 50 cm d'épaisseur)
Injections: Roches fissurées ou couches successives plus ou moins
perméables de grande profondeur.
Argile (petites fissures), Argile-ciment (moyenne fissures), sable-argile-
ciment (fissures importantes)
Estimation des pertes
Evaporation

• Les pertes par évaporation sont liées Evaporomètre de Piche


à la surface du plan d ’eau (donc
exprimées en mm) et dépendent de :
– La durée de l ’ensoleillement,
– l ’exposition au vent,
– le déficit de saturation de l ’air,
– la présence de végétation aquatique,
– la profondeur de la retenue.
• Les formules donnent des résultats
incertains, on préfère se servir de
données obtenues à l ’évaporomètre
ou au bac « Classe A ».
Estimation des pertes
Evaporation

• Utilisation du bac d’évaporation Bac d ’évaporation


« Classe A » « Classe A »
– Il faut appliquer un coefficient
correcteur,
– Il varie de 0,5 à 0,68 en conditions
sahélienne et tropicale sèche,
– Il varie de 0,70 à 0,80 en régime
tropical.

• Pouyaud propose la formule:

= .112 .1 +
avec r =0.93
Estimation des pertes
Les dépôts solides
Mécanisme de sédimentation dans un barrage
Conséquences
• Conséquences socio-économiques

- diminution de la capacité de la retenue baisse de la production d'énergie électrique.

- diminution des volumes d’eau stockée pénuries d’eau, baisse des


rendements agricoles

- dépôts dans les canaux ou conduites d'alimentation en eau ;

- obstruction des injecteurs d'irrigation par aspersion ou localisée ;

- apparition de taches quasi indélébiles sur les fruits qui sont ainsi dépréciés ;

- colmatage des échangeurs thermiques dans l'industrie ;

- perturbation du fonctionnement des stations de traitement des eaux urbaines ou

industrielles notamment lorsque les sédiments sont chargés en matières organiques

ou en résidus toxiques.

- développement de la végétation aquatique impact sur le tourisme et développement

de maladies (paludisme, onchocercose)

- surélévation du plan d'eau et inondations en amont


• Conséquences techniques

Dans le réservoir

- remontée du plan d'eau érosion des berges


- blocage, par consolidation des dépôts, des organes profonds d'évacuation
(vidange de fond, vannes, etc... ).
- poussées dues aux dépôts solides diminution de la stabilité des barrages

En amont

La formation d'un delta dépôts dans le lit de la rivière qui gêne la navigation,
et un exhaussement du niveau de l'eau et une divagation du lit de la rivière

En aval
L'eau ayant déposé ses matériaux dans le réservoir, sa compétence
augmente et donc son pouvoir d'érosivité. Cela provoque une érosion du pied
aval de l'ouvrage et le sapement des berges
Mesures
nasses ou pièges à sable : imprécise et ponctuelle
fosse à sédiments : fiable mais "lourde" à mettre en place
marquage des sédiments : peu fiable car sédiments difficiles à
retrouver dans la retenue après une crue ou saison (effacement, usure, etc..).
prélèvement en rivière par des bouteilles spéciales: ponctuelle et
difficile à mettre en œuvre sur le moyen et long terme.
néphélométrie: procédé optique de détection des "nuages" de
sédiments. Utilisation limitée et onéreuse.
datation des sédiments: convient bien à l'envasement historique et pas
à l'envasement actuel des retenues.
télédétection: élaboration de la topographie de la cuvette à partir de
photos aériennes et d'images satellites. Très onéreuse.
levés topographiques: mesures topo et/ou bathymétriques, profils en
travers ou courbes de niveau.
sondages: carottage ou pénétrométrie suivant un maillage.
Fastidieuse et moins précise.
Formules

Formule de FOURNIER

Formule de COLLET

Formule de MEYER-PETER

Formule de ENGELUNG HANSEN

Formule de WISCHMEIER et SMITH

Formule de GOTTSCHALK
− .
= +1 / = /

D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)


S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)
Formule de EIER - CIEH ( GRESILLON )
−+.+
− .
= / / = /

D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)


S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)

Formule de GRESILLON modifiée ou formule de KARAMBIRI

−+. +

/( + )
− . .
= / / / .+ + .

= /
D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)
S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)
h : paramètre anthro
r : paramètre morpho
Le paramètre h est défini comme suit :

• h ∈ [0.7 – 1] 3 Bassin versant comportant des grandes villes,


de gros villages ou situé à proximité de ceux-ci.
3 Probabilité d' extension rapide de villes ou
villages sur le bassin.

• h ∈ [0.4 – 0.7] 3 Bassin versant comportant des petites villes,


des villages moyens ou situés à proximité de
ceux-ci.
3 Probabilité d' extension moyenne de villes ou
villages sur le bassin.

• h ∈ [0.1 – 0.4] 3 Bassin versant comportant des petits villages ou


situés à proximité de ceux-ci.

• h ∈ [0 – 0.1] 3 Bassin versant relativement inhabité ou éloigné


de toute ville ou village.

Le paramètre r est défini comme suit :


• r ∈ [0.7 – 1] 3 Relief très accidenté, accusé.

• r ∈ [0.4 – 0.7] 3 Relief moyennement accidenté, accusé.

• r ∈ [0.1 – 0.4] 3 Relief peu accidenté, accusé.

• r ∈ [0 – 0.1] 3 Relief relativement plat et monotone.


Les moyens de lutte
Avant l’envasement
La conservation des eaux et des sols (CES)

Les barrages de décantation


Le court-circuitage du barrage

Pendant l’envasement
La constitution d’une tranche morte

La surélévation du barrage

La force vive des crues

Après l’envasement
Le soutirage
La chasse à retenue vide
Le dragage
Le décapage
Le siphonage
A retenir :

Il n’existe pas en réalité de méthode radicale de lutte


contre l’envasement. Toutes les méthodes ci-dessus
utilisées ne font que retarder l’échéance de la
sédimentation. Les dépôts retirés des barrages posent
un problème de stockage et de nos jours, plusieurs
solutions sont mises en œuvre :
- formation de plages "naturelles" d'épandage dans les
bassins limités par des gabions
- utilisation des dépôts pour l'enrichissement en fines
des terres cultivables
- confection de briques pour la construction
- etc…
Mesure des dépôts solides à l'échelle de quelques retenues au Burkina

Dégradation
Pluie spécifique annuelle
Barrages Surface Période Organisme moyenne 3
(km²) d'étude ou auteur annuelle m /km²/an t/ha/an
(mm) (densité de
1.2)
Volta 30 200 1977 ORSTOM 625 6.2 0.07
Blanche
Kompienga 5 800 1980 HER 905 53 0.67
Goundi 38 64 - 80 EIER 900 160 1.92
Samboendi 148 64 - 80 EIER 724 260 3.1
Vi 92 64 - 80 EIER 1000 52 0.64
Boulbi 102 60 - 83 MIETTON 850 75 0.95
Mogtédo 480 91 - 93 PMI - BF 730 137 1.64
Gouinré 151 67-96 KARAMBIRI 619 292 3.5
Nagréongo 72 68-96 KARAMBIRI 754 31 0.37
Ouaga n°2 65 62-97 KARAMBIRI 754 92 1.10
Salbisgo 160 61-97 KARAMBIRI 760 16 0.19
Thiou 328 81-89 KARAMBIRI 619 57 0.68
Répartition des tranches d'eau
dans la retenue
Calcul du volume de la retenue

S1
S2
S3
S4

=
( + + )/
5 +
+

! ! ! ! ! !

" " 4
Courbes Hauteurs-Volumes et
Hauteurs-Surfaces
Courbe d’utilisation de la retenue
• On la trace pour vérifier l’adéquation de la capacité de
la retenue avec les besoins en eau. Elle permet
d'optimiser la gestion de la retenue et le choix des
spéculations culturales.

Cote de déversement
Étude des apports – Étude
hydrologique – prédétermination de
la crue de projet
(PM, voir cours d'hydrologie)
FAO, 1996. Crues et apports. Manuel pour l’estimation des crues
décennales et des apports annuels pour les petits bassins
versants non jaugés de l’Afrique sahélienne et tropicale sèche.
Bulletin n°54, Rome, 244 p.

+
<5 5 à 30 30 à 100 100 à 700 > 700
Période de retour
100 500 1 000 5 000 10 000
(années)
H: hauteur du barrage (m), V: volume de la retenue (hm3),
d’après G. DEGOUTTE, 1997
,- . /
0 1
2 # +# #) %*# + % #
'*# (# 34# + # #
34 * # # % #
REMBLAI ETANCHE COMPACTE

HOMOGENE
MASQUE AMONT

TERRE NOYAU ETANCHE ARGILE


A ZONES
PAROI MOULEE

REMBLAI ENROCHEMENTS MASQUE AMONT


(SOUPLES)
NOYAU INTERNE

PAREMENT AVAL VERTICAL


GABIONS
PAREMENT AVAL EN GRADINS

PAREMENT AVAL INCLINE

MACONNERIE
BARRAGES-POIDS
BETON

RIGIDES A CONTREFORTS

A VOUTES
## #) %* )4 !
6 #
)

Mini 5-10% fines < 0.08 mm


# #

#5 ) $ # )
# #
#5 3 # *
#

Mini 20-30% fines < 0.08 mm


# #5 7
# #

#5 4 ) *!
## # #) # 5 3 *# 8

#) #
# # #

## # #) # 5! # # # %!
## % 5 4 #) # ( *(# *
%
# * #
# # 9 : ;
%
Définition: cade ayant la forme d' un parallélépipède rectangle en
grillage galvanisé (à mailles hexagonales ou carrées) et rempli de
matériau pierreux de granulométrie appropriée.
%

Catégorie:
- Gabion classique: épaisseur égale à largeur
- Gabion-semelle: épaisseur égale moitié de largeur
# * #

- Matelas Reno: épaisseur très inférieures aux autres dimensions


- Gabions à cellules multiples: matelas Reno épaisseur de 0.5 m.
# #
Avantages de choisir les gabions

Avantages techniques:
%

• Flexibilité des ouvrages: la souplesse des gabions permet de


suivre les déformation du terrain (évacuateur, bassin de
dissipation, …)
• Facilité de mise en œuvre: construction et modification aisées
# * #

• Effet drainant : permet d'éviter les sous-pressions

Avantages économiques:
• Proximité des zones d'emprunt de matériau de remplissage
• Facilité d'exécution des gabions sans matériel lourd et
# #

coûteux, mais main d' œuvre abondante.

Avantages sociales :
• Bonne implication des populations du fait de la simplicité des
technologies employées et des travaux d'entretien nécessitant
une HIMO
• La fabrication artisanale des gabions est créatrice d'
emplois.
# # % 5 4 #) # ( *(# *
• Simples et mieux adaptés à de faibles hauteurs de chute (< 3m).
• Employés souvent en rivière pour régulariser le cours d' eau, pour alimenter
%

les prises en dérivation ou pour régulariser le charriage de matériaux.


# * #
# #
# 5 4 #) # ( *#
• Les gradins dissipent l'
énergie de l'
eau, cela permet de réduire la longueur
du bassin de dissipation.
à 3 m3/s/ml).
• Ces déversoirs peuvent supporter de forts débits (jusqu'
%
# * #
# #
# 5 4 #) # ( * * !

• Pas de chute d'


eau, donc grillage des gabions moins sollicité lors des crues.
• Mais, ils ne dissipent pas efficacement l'
énergie des crues, donc bien
%

dimensionner le bassin.
# * #
# #
# #
# "4

# 5
# %!

#'

Barrage de Balavé
(Burkina Faso)
# 5( < #

# Amont

Aval
#

Aval

Amont
Critères de choix d’un barrage
Morphologie du thalweg et qualité de la fondation

• Morphologie du thalweg :
– La topographie d’un site influe sur le choix de l’ouvrage;
– Les barrages en béton sont réservés pour les vallées étroites;
– En zone soudano-sahélienne, les reliefs de plaine ou de plateau,
où les vallées sont très peu marquées, imposent le choix d’un
barrage en terre.
• Qualité de la fondation :
– Fondations rocheuses saines pour les ouvrages rigides;
– Les barrages en remblai acceptent de petites déformations;
– La fondation commande aussi le dispositif d’étanchéité à prévoir.
Critères de choix d’un barrage
Disponibilité en matériaux
• Selon les types d’ouvrages, il faut s’assurer de la
disponibilité en quantité et en qualité des matériaux.
• Barrage en terre : bonne disponibilité de matériau de
bonne qualité mécanique, sinon barrage à zone ou à
masque amont ; matériaux pour la protection et pour
drains et filtre.
• Barrage mixte : prévoir en plus des enrochements de
bonne qualité.
• Barrage en enrochements : disponibilité des
enrochements et de matériaux pour assurer l’étanchéité.
• Barrage en béton ou maçonnerie : sables et agrégats,
ciment, enrochements de bonne qualité (maçonnerie).
Critères de choix d’un barrage
Critères hydrauliques

• Les barrages en béton ou en maçonnerie offrent de


meilleures garanties de sécurité vis à vis des incertitudes
de l’hydrologie.
• Sans aménagement un barrage en terre ne supporte pas
un débordement par dessus la crête. Il est néanmoins
possible de l’aménager pour qu’il soit entièrement
déversant (utilisation de gabions, revêtement de la
digue…) .
Critères de choix d’un barrage
Critères socio-économiques
• Une main d’œuvre abondante est nécessaire pour les
ouvrages en maçonnerie ou en gabions. C’est
intéressant en terme d’appropriation.
• Il est indispensable de s’adapter au contexte du projet
pour rechercher un type d’ouvrage en rapport avec
l’utilisation prévue et ne pas uniquement aborder des
considérations d’ordre technique (particulièrement au
niveau des ouvrages annexes).
• L’entretien de l’ouvrage est à prendre en compte. On
recherchera de préférence des ouvrages simples ayant
une bonne longévité et un entretien limité surtout si le
site est isolé.
Le choix, l’emplacement, le dimensionnement de l’évacuateur
sont des questions essentielles pour la construction d’un
barrage (sécurité, longévité).
Le barrage, même s’il retient les écoulements, ne peut, en
général, contenir les crues exceptionnelles et il est aussi
intéressant de laisser passer de l’eau vers l’aval. C’est à cette
fin que l’on dimensionne sur tout ou partie de l’ouvrage un
évacuateur de crues.
Celui-ci doit être à même de fonctionner automatiquement pour
faire face à une montée brutale des eaux.
Il doit aussi pouvoir évacuer les débits les plus élevés du cours
d’eau.
En Afrique, la priorité est donnée aux évacuateurs à surface
libre.
En général, l’évacuateur n’occupe qu’une partie du barrage.
Après franchissement du seuil déversant, l’eau garde le plus
souvent sa direction dans le chenal, puis le coursier (entonnement
frontal).
Un ouvrage de dissipation de l’énergie de chute est à prévoir
avant de restituer l’eau au cours d ’eau.
L’évacuateur est souvent placé latéralement pour profiter de
l’appui que constitue le versant. On valorise la meilleure fondation
ou le trajet le plus court pour atteindre l’aval ou la bonne tenue des
sols en place.
En Afrique, les vallées très évasées et la forte érodabilité des
sols remettent en cause l’emplacement latéral du déversoir.
Pour les petits barrages et afin de limiter le coût d’un ouvrage en
position centrale, on cherche à le poser directement sur le remblai
au droit du thalweg.
!" "
D’une manière générale, dans le cas des petits barrages en terre,
l’évacuateur de crues est composé de :
Un déversoir ou seuil : généralement linéaire
Un chenal : entonnement latéral ou frontal
Un coursier : permet de rattraper le lit de la rivière
Un ouvrage de dissipation de l’énergie érosive de l’eau

Quelques termes techniques liés aux évacuateurs de crues:


• Bajoyers : murs verticaux en rives droite et gauche du déversoir. Ils
jouent le rôle de murs de soutènement face à la poussée des terres.
• Barbacanes : orifices à travers les structures en béton pour ramener la
pression sous ces structures à la pression atmosphérique.
• Joint waterstop : joint entre deux plots de béton pour empêcher les fuites
d’eau.
Différentes parties d'un évacuateur de crues
## $% !" "
Évacuateurs à surface libre

Déversoir poids en béton ou maçonnerie: très courant, bien maîtrisé,


souvent volume de béton très important.
• 2 types de profils : Creager et pseudo-Creager

Déversoir à entonnement latéral : si situé en rive, prévoir un coursier


long.

Déversoir en béton armé du type « bec de canard » : Entonnement de


type mixte (frontal et latéral) posé sur le remblai de la digue.

Déversoir en perré traité au mastic bitumineux : bon procédé peu


employé en Afrique.

Déversoir en gabions : simple et courant, mais demande une réalisation


dans les règles de l’art.

Déversoir-voile en béton armé


Déversoir à profil craeger

La parabole épouse la
parabole décrite par une
goutte d'eau lancée dans
la zone de mise en vitesse
en amont du déversoir.
Déversoir trapézoïdal
Barrage de Yakouta (Burkina Faso)
Déversoir trapézoïdal
Barrage de Korsimoro (Burkina Faso)
Déversoir en bec de canard
Barrage de Kanazoé (Burkina Faso)
Déversoir en bec de canard
Barrage de Lumbila (Burkina Faso)
Déversoir en « bec de canard »
Déversoir en perré traité au mastic bitumineux
Barrage de Frondobo (Côte d’Ivoire)
Barrages et seuils en gabions

Barrage en gabions à parement aval vertical de Saouga 1 (Burkina Faso)


Déversoir-voile en béton armé

Vue en perspective d'un type de déversoir-


voile en béton armé. 1 : plan d'eau ; 2 : voile
en béton armé ; 3 : contrefort ; 4 : radier de
dissipation ; 5 : joint de dilatation ; 6 : talus ; 7 :
bajoyers ; 8 : becquet ; 9: joint waterstop.

Vue de l'aval du
déversoir-voile en béton
armé à contreforts de
Balavé (Burkina Faso)
& ' ( $% !" "

La nature de fondation
La conception du barrage
La disponibilité en matériaux
La disponibilité en main d’œuvre
Le coût par rapport au coût total du barrage
Les possibilités de suivi et d’entretien
L’utilisation de l’aval du barrage
Les questions environnementales et conditions
sanitaires
Les conditions hydrauliques (hauteur de chute, débit)
) ) '$ " *+
!" " , #" *-

Loi de débit et calcul de la longueur déversante

Pour un ouvrage à surface libre, on cherche une solution


optimale sur la longueur du déversoir. Les calculs concernent
d ’abord :

La prise en compte des crues les plus élevées,


La connaissance de la charge maximale
admissible sur l’ouvrage et ses annexes,
Le dimensionnement de la longueur déversante.
La prise en compte des crues les plus élevées :
Voir détermination du débit de projet

Charge maximale admissible conseillée sur les déversoirs

Type Hauteur max (m)

Déversoir en gabions 0,40 < hmax < 0,70

Déversoir en 0,40 < hmax < 0,70


maçonnerie
Déversoir en béton 0,70 < hmax < 1,00
Calcul de la longueur déversante :
Cas d'un seuil dénoyé

On applique la formule de débit sur un seuil dénoyé :

Q = m * L * 2g * h 3/ 2

avec
Q : débit sur le seuil (m3/s)
L : longueur déversante (m),
h : charge sur le seuil (m)
m : coefficient de débit du seuil (-)
g : accélération de la pesanteur (g = 10 m/s2)
Détermination du coefficient de débit m
m dépend de la forme du seuil, mais aussi de la charge.

Coefficient de débit d'un déversoir à profil rectangulaire.


Coefficient de débit d'un déversoir à profil Craeger
Calcul de la longueur déversante :
Cas d'un seuil noyé

Si les conditions d'évacuation à


h
l'
aval sont telles que le niveau h1
d'eau aval est supérieur à la cote
du seuil et lorsque h1 ≥ 2 h
3
alors le déversoir est noyé.

Q = k * m * L * h1 * 2 g (h − h1 )

avec k: facteur de réduction de m


Facteur de réduction k
)% * ## *") ".

Compte tenu de l’importance de la surface du plan d’eau, les


crues font monter le plan de PEN au PHE, constituant ainsi un
volume d’eau temporaire qui est déstocké progressivement. Il
s’agit du laminage de la crue.

L’effet de laminage dépend :


• de la forme de l’hydrogramme de crue,
• de la capacité d’évacuation du déversoir,
• de la capacité de stockage de la retenue, en particulier
selon la forme de sa partie supérieure.

Tenir compte de l’effet de laminage permet de réduire la


longueur du déversoir sans augmenter le risque de
submersion du barrage.
)% * ## *") ".
Le calcul de l’effet de laminage ne peut être conduit que si l’on connaît
avec précision :
• les caractéristiques de l’hydrogramme de crue,
• la courbe Hauteur / Volume de la retenue.

Équation différentielle du laminage

dz Qc (t ) − Qe [ z (t ) ]
= = f [t , z (t ) ]
dt S [ z (t ) ]

Résolution numérique manuelle


(méthode "x0" ou graphique) ou
automatique (exemple logiciel
CERES du CEMAGREF)
Méthode EIER-CIEH ou méthode du "x0"

L’effet de laminage est évalué sous la forme d ’un coefficient tel que :

Avec
Qemax Qcmax : le débit maximum de l' hydrogramme de crue
β= entrant (débit de projet) (m3/s)
Qcmax
Qemax : le débit maximum évacué (m3/s)

se lit sur un abaque en fonction de log10x0

Avec
m 2 gL12Qcmax tm3 L1 : est la longueur approchée du déversoir (m)
x0 = S : la superficie normale de la retenue (m2)
S3 m : coeff. de débit de l ’évacuateur (-)
tm : temps de montée des eaux (s)
Qcmax : débit de projet (m3/s)
g : accélération de la pesanteur (g = 10 m/s2)
Détermination du coefficient de laminage
Méthodologie pratique
• Calculer L1 sans tenir compte de l'
effet de laminage

Qcmax = m * L1 * 2 g * h3/ 2
m 2 gL12Qcmax tm3
• Calculer x01 puis log10x01 : x01 =
S3
• Lire 1 sur l'
abaque et calculer Qemax = 1 Qcmax

• Calculer L2 avec : β1Qc max


= m * L2 * 2 g * h3/ 2

m 2 gL22Qcmax tm3
• Recommencer le calcul avec L2 : x02 = puis log10x02
3
S
• Calculer Qemax = 2 Qcmax et L3 :
β 2Qcmax
= m * L3 * 2 g * h3/ 2

et ainsi de suite par itérations successives, jusqu'


à obtenir une valeur
convergente de L.
Limites de la méthode du "x0"

La validité de ces calculs est limitée dans le cas de très forts laminages.
Lorsque = Qemax/Qcmax trouvé est inférieur à la valeur Q/Qcmax donnée
par l'
abaque ci-dessous, il y a lieu d'être prudent quant à la valeur de
Qemax. C'
est un cas de figure peu fréquent.

Abaque de validité de la
détermination de l'
effet du
laminage basé sur l'hydrogramme
schématique triangulaire.
Méthodes graphiques
La forme de l'
hydrogramme de crue est soit triangulaire (pointu), soit arrondi.

On associe à Qc, une hauteur fictive Zc sur le seuil : Qc = m * L * 2 g * Z c3/ 2

On associe à Qe, une hauteur Ze sur le seuil : Qe = m * L * 2 g * Z e3/ 2


On détermine:
Tm (s) = temps de montée de l' hydrogramme de crue de projet
A (m²) = surface du plan d'eau normal
a (m) = hauteur d'eau sur le seuil pour 2A
Deux de cas de calcul:
1er cas : On se fixe à priori une longueur de déversement.
On calcule les termes suivants:

A * Zc Zc Qe
et On lit sur l'
abaque le rapport
Qc * Tm a Qc

2ème cas : On se fixe à priori une hauteur de déversement.


On calcule les termes suivants:

A * Ze Ze Qe
et On lit sur l'
abaque le rapport
Qc * Tm a Qc

Attention aux unités!

Q (m3/s) Z (m)
A (m²) a (m)
Tm (s)
Crue à hydrogramme arondi:

1er cas

A* Z 2ème cas
- Abscisse :
Qc * Tm
Qe
- Ordonnées :
Qc
Z
- Courbes :
a
Crue à hydrogramme pointu :

1er cas

A* Z 2ème cas
- Abscisse :
Qc * Tm
Qe
- Ordonnées :
Qc
Z
- Courbes :
a
Valorisation de l'effet du laminage

Compte tenu du coût nettement plus faible du remblai par rapport


aux ouvrages en béton et lorsque la retenue bénéficie d’un bon
laminage, on peut significativement baisser le coût de l’évacuateur
de crues en valorisant au mieux le laminage par le choix d’une
charge élevée sur le seuil déversant.

Ce choix n’est pas contraignant pour la sécurité vis à vis des


incertitudes liées aux connaissances hydrologiques.

Il faut néanmoins tenir compte de l’augmentation des superficies


noyées et des difficultés supplémentaires pour dissiper l’énergie de
chute.
) ) ! ". " (
Il consiste à l’application des débits trouvés pour le dimensionnement
(longueur, forme, profondeur) du chenal d' écoulement, du coursier et du
bassin de dissipation.

' "* / *)
• Fait directement suite au déversoir, généralement rectangulaire
• Longueur faible, pente faible, écoulement fluvial

• Profondeur normale yn se détermine par Manning-Strickler :


Q = KSR 2 / 3 I 1/ 2 2 2/3
1 Q Q
yc = 3 = 0.47
Avec Q : débit (m3/s) g L L
S
R : rayon hydraulique (m) : R= Écoulement fluvial si yn>yc
I : pente du chenal (m/m) L + 2 yn
S : section mouillée (m²) : S = Lyn
K : coefficient de rugosité de Manning-Strickler
L : largeur du canal (m)
Quelques valeurs de K

État de surface K
Paroi très lisse (métal – ciment très 100
lisse)
Mortier lissé 85
Béton lisse avec joints 75
Maçonnerie ordinaire 70
Béton rugueux, maçonnerie vieille 60
Terre très irrégulière avec herbe 50
Chenal rempli de cailloux 40
• Fait suite au chenal d'
écoulement et généralement rectangulaire
• pente forte, écoulement torrentiel
• La longueur minimale L du convergent peut être calculée par :

L = 2.5(l1 − l2 )
l1 : largeur au plafond du bief amont
l2 : largeur au plafond de la section de contrôle

• La largeur du coursier peut être approchée par :

l = 2y (y le tirant d'
eau) (section économique par expérience)

l ≈ Q 0.4 (l en m et Q en m3/s) (en première approximation)

Calcul du tirant d'eau y


• A la section de contrôle: y=yc et le long du coursier y<yc

• On détermine y le long du coursier à partir d'


un abaque qui donne :
y Q
Le rapport en fonction de 3/ 2
Hs 2g *l * H s
• Hs : énergie spécifique (charge spécifique ramenée au radier du coursier)

• A la section de contrôle : H c = 1.5 yc


• Dans une section quelconque : H s = ∆H − pertes de charge
Pertes de charge = pertes de charge linéaires (j)
+ pertes de charge singulières (js)

Si les convergents sont dimensionnés de telle sorte que :


α
1 V
tgα avec F= js = 0
3F gy
Sinon, calculer js selon les formules usuelles. α

Pertes de charge linéaires : j = k * ∆H


- Si coursier court (longueur < 5 ∆H) j = 0.1* ∆H H s = 0.9 * ∆H

- Si coursier long (longueur > 5 ∆H) j = 0.2 * ∆H H s = 0.8* ∆H


• On détermine ainsi le tirant d'
eau y en différentes sections (en particulier à chaque
changement de pente) et on interpole linéairement le tracé de la ligne d' eau.

• Pour déterminer la largeur du coursier l = 2y


On procédera par approximations successives à partir d'
une première
valeur de l, puis en affinant progressivement.

Calcul de la revanche R

R = 0.6 + 0.05*V * 3 y Avec R(m), V(m/s), y(m)

Pour des raisons topographiques, le tracé du coursier est souvent courbe


Si r = rayon de courbure et V = vitesse moyenne de l'
eau
Il se produit une accélération centrifuge V2/r entraînant entre les 2 rives du coursier
de largeur une différence de niveau ∆h telle que :

V 2 *l Dans les écoulements torrentiels, il est


∆h = conseillé d'adopter des tracés symétriques
g *r et rectilignes (augmenter les rayons de
courbure)
0" %"
A la traversée du déversoir ou au bas du coursier, les eaux arrivent avec
une importante énergie cinétique qu'
il faut dissiper le plus possible dans le
liquide lui-même.

Les becs déviateurs ou "sauts de ski"


Le jet se désintègre et retombe à
une distance x du bec :

V2
x = 1.8 y + sin(2θ )
2g

θ ∈ [35° − 45°]
r ≥ 5y
y : tirant d'
eau (m)
V : vitesse au départ du bec (m/s)
Il est préconisé pour un ouvrage en béton ou maçonnerie de
plus de 5 m car plus économique qu'un bassin à ressaut.

y et V sont calculés par itérations successives (issues de la relation de


BERNOULLI) :

V02
V = 2 g 0.9 H + h + −y
2g
Q q
y= =
l *V V

l : longueur du seuil déversant ou largeur du coursier (m)

q : débit spécifique (débit par longueur du seuil ou largeur du


coursier) en m3/s/ml
Les cuvettes de dissipation submergées
De forme similaire au bec déviateur, une cuvette submergée dévie
l'eau vers le haut en restant noyé. Il se forme alors 2 rouleaux, l'un en
surface au dessus de la cuvette et l'autre au fond en aval du bord de la
cuvette tournant en sens inverse mouvements imbriqués et
dissipation de l'énergie de l'eau.
A réserver à des terrains peu affouillables.
Abaques de dimensionnement disponibles dans "Design of small dams".
Les bassins de type impact
Choc incident sur un écran vertical à la sortie d'un coursier ou d'une
conduite en charge.
Emploi limité à des vitesses inférieures à 10 m/s
Prévoir les armatures de l'écran en conséquence
Prévoir un parafouille aval et une protection en
enrochements (D>l/20) du chenal d'évacuation.

Q
6
Les bassins de chute ou de plongée
Conviennent dans le cas de petites chutes.
Deux solutions sont envisageables : radier du bassin revêtu et non revêtu.

1er cas: Bassin avec radier revêtu


Le dimensionnement se fait par construction et à l'aide d'un abaque.

yn

h = H + y1 − B − 0.06 L p − yn
Abaque de détermination des
caractéristiques d'une petite chute
seuil
2ème cas: Bassin avec radier non revêtu

Le principe est de laisser la lame d'eau


creuser le fond du lit pour constituer un
matelas d'eau suffisant pour absorber
l'énergie cinétique de l'eau.
La profondeur maximale d'affouillement
de la fosse après stabilisation est donnée
par :
Formule de VERONESE

y = 1.90 * h0.225 * q 0.54

Formule de SCHOKLITSCH

h0.2 * q 0.57
y = 4.74 * 0.32
d 90

Avec y (m) : profondeur maxi de la fosse


h (m) : hauteur de chute
q (m3/s/m): débit spécifique
d90 (mm) : diamètre des matériaux
Les bassins à ressaut
Moyen très efficace pour dissiper l'énergie de l'
eau et la rendre avec une
vitesse compatible avec la stabilité des berges à l'
aval.
La forme du ressaut et ses caractéristiques dépendent directement du
nombre de Froude :

V Avec y1: tirant d'


eau en régime torrentiel avant le ressaut
F=
gy1 V : vitesse de l'
eau

2
H0
yn
Dimensionner le bassin revient à lui donner une longueur supérieure à la
longueur L du ressaut, et une profondeur D telle que Z2 ≤ yn, soit y2 - D ≤ yn

Détermination de yn

• A l'
aide de la courbe de tarage si elle existe (cas rare)

• Si chenal assez long à l' aval du bassin, appliquer Manning-Strickler et


déterminer yn par itérations (cas le plus courant)

Q = KSR 2 / 3 I 1/ 2

Avec Q : débit (m3/s)


R : rayon hydraulique (m) :
I : pente du chenal (m/m)
S : section mouillée (m²) :
K : coefficient de rugosité de Manning-Strickler
Détermination de D
De manière pratique, si 0.05 ≤ h/H0 ≤ 0.7 et 0.1 ≤ yn/H0 ≤ 0.8, on peut
déterminer D à l' abaque suivant: (pour les déversoirs poids avec bassin
aide de l'
en béton!)

h/H0 = 0.3
D/H0 = 0.25

Yn/H0 = 0.25
De manière générale, on peut utiliser l'
abaque suivant en connaissant :

• Le débit linéaire q

• La différence de niveau h' entre le niveau


de la retenue et l'
écoulement aval

• La perte de charge dans le coursier αH


avec :
- α = 0 pour pertes de charge
négligeables (cas de bassin directement
(m3/s/ml)
à l'
aval du déversoir)
- α = 0.1 pour (chenal + coursier) court,
inférieur à 5 fois la hauteur de chute
- α = 0.2 pour (chenal + coursier) long,
supérieur à 5 fois la hauteur de chute
Détermination de V et y1

D étant déterminé, on calcule H = H0 + D

On détermine les valeurs de V et y1 par itérations successives :

ou

l : longueur du seuil déversant ou largeur du coursier (m)


q : débit spécifique (débit par longueur du seuil ou largeur du
coursier ) en m3/s/ml

Détermination du nombre de Froude F

A partir de V et y1, on calcule F :


Différents types de bassins en fonction de F:

1) Pour F = 1, y = yc, il n'


y a pas de ressaut

2) Pour 1 < F < 1.7, agitation de surface, il n'


est pas nécessaire de
construire un bassin de dissipation.

3) F = 1.7, y2 ≈ 2y1 et V2 ≈ V1/2, il suffit de bétonner le bassin sur une


longueur L de 4 à 6 fois y2.

4) 1.7 < F < 2.5, un ressaut commence à apparaître mais pas très
turbulent (pré-ressaut). Les déflecteurs et seuils pas encore
nécessaires. Veuillez à contenir le ressaut dans un bassin de
longueur minimale L (longueur du ressaut) donnée par les abaques
suivants :
Détermination des caractéristiques du ressaut
pour un nombre de Froude compris entre 1.7 et 2.5
5) Pour 2.5 < F < 4.5, phase
transitoire, ressaut instable
et difficile à contrôler.
Prendre bassin de type I

Pour amortir le mouvement


des vagues, prendre en
compte y'2 = 1.1y2

On peut prendre type II pour


être sûr de contenir le ressaut
6) Pour F > 4.5, le ressaut se
produit nettement.
Blocs de chutes et déflecteurs
(chicanes) pour raccourcir le
bassin et contenir le ressaut
4

Si vitesse d'entrée < 15 m/s,


prendre bassin de type II
Si vitesse d'entrée > 15 m/s,
prendre bassin de type III

Pour mieux stabiliser le ressaut,


prendre y'2 = 1.05y2

Pour tous les types de


bassins, la revanche
peut être prise égale à :
R = 0.1(y2+V1)
R (m), y2 (m), V1 (m/s)
Protection aval du bassin

Le bassin ne dissipe que 75% de l'


énergie de l'
eau, il faut donc protéger
l'
aval avec des enrochements et/ou gabions sur une certaine distance.
1. Déterminer la vitesse de début d'
entraînement (Ve)
- Pour les sols argileux, Ve varie de 0.8 à 1.2 m/s
- Pour les sols non cohérents (sables, graviers, …), lire l'
abaque
suivant :
2. Déterminer le diamètre minimum des enrochements nécessaires D :

3. Calculer l' enrochement Eenrochements ≥ 3*D


épaisseur de la couche d'

4. Calculer la longueur à protéger Lprotection ≥ 2*L


! ". ! " . %

Les ouvrages de vidange


- Destinés à vider entièrement ou partiellement la retenue en cas de
danger ou nécessité
- Différents types: conduites en charge, conduites à écoulement libre,
batardeaux, etc..

Les ouvrages de prise


- Servent à l'
utilisation de la retenue (agriculture, adduction en eau,
pastoral)
- Différents types: conduites enterrées (en général en charge), siphon, etc.
Ouvrage de
prise/vidange
à commande
aval

Dimensionner
la profondeur
des écrans
anti-renards
par la règle
de LANE.

Ouvrage de
prise/vidange
avec tour
Ouvrage de vidange
à batardeaux intégré
au déversoir (barrage
de Keita, Niger)

Ouvrage de prise
par siphon
Principes de conception des digues de barrages
 La conception des digues de barrage devra répondre aux 7 critères
suivants :
1. La digue devra être sécurisée contre les surverses vis à vis
des crues par l'aménagement d'un évacuateur de capacité
suffisante. A cet aspect devra s'ajouter celui de la
possibilité de vidange.
2. Les pentes des talus doivent être stables pendant la
construction, pendant la mise en eau et la mise en
exploitation de l'ouvrage, ainsi que dans les cas de vidange
rapide.
3. La digue devra être conçue de manière à ne pas
imposer des pressions excessives sur la fondation .
4. Les infiltrations à travers la digue et le sol de fondation
doivent être limitées et contrôlées de façons à éviter des
risques de renard.
5. La digue doit être sécurisée vis à vis de l'effet des vagues.
6. Le talus amont doit être protégé contre le batillage
(pompage des matériaux par l'action des vagues), la Crète
et le talus aval seront protégés contre l'érosion
due au vent et au ruissellement des eaux de pluies.
7. Si le barrage est dans une région sujette à des séismes,
sa conception sera telle que le séisme le plus sévère,
raisonnablement prévisible, n'endommage pas la fonction de
la structure.
2-Constitution de la digue
2,1 Dimensionnement de la digue

 Hauteur de la digue:
La hauteur de la digue est déterminée par la topographie, l’hydrologie et les
facteurs économiques :
E = hauteur normal des eaux ou de la retenu (P) + charge maximale sur
déversoir (h=1,5m, maximum pratique h=1,20m) + revanche (R)

Le plan d'eau normal « PEN »(hauteur de retenue normale) est calculé selon
la capacité utile à stocker pour satisfaire tes objectifs et les pertes. On prend
en compte une tranche morte en fond de retenue pour emmagasiner les
dépôts.
Le niveau des plus hautes eaux (PHE) est égal au niveau de retenue
normale augmenté de la lame d'eau au déversoir compte tenu de l'effet
de laminage.
La revanche libre (R) est une tranche comprise entre le PHE et la Crète du
barrage. Le calcul de la revanche tient compte de la hauteur des vagues
qui se forment sur le plan d'eau et la projection de l'eau vers le haut du
barrage due à la vitesse de propagation des vagues lorsque celles-ci
rencontrent le barrage.
 La revanche
Pour tous les types de déversoirs il faut imposer une hauteur
supplémentaire au dessus du niveau des plus hautes eaux (PHE) afin de mettre
à l'abri la crête du barrage des vagues et remous. Cette hauteur appelée
revanche permet de protéger la digue des risques de débordement.
La revanche R (m) est estimée par la formule :
𝑽𝟐 𝟐 𝟑
R = 𝐀 ∗ 𝒉 + 𝟐𝒈 avec V = (𝟑 h + 𝟐 )

A = coef de sécurité compris entre 1 et 2 (A sera pris souvent =0,75)


V = vitesse de propagation de la vague compris entre 0,5 et 2 m (m/s)
h= hauteur de la vague (m)
La revanche libre normale est calculée selon un vent de vitesse 100 mile par
heure et la revanche libre minimum selon un vent de 50 miles/h.

Il est aussi recommandé d'augmenter les


valeurs de revanches libres du tableau ci-
contre de 50 % en cas de revêtement lisse du
talus amont.
 Les vagues :
La hauteur des vagues provoquées par les vents dans la retenue dépend de la vitesse
du vent, de la durée du vent, de la longueur du plan d'eau exposée au vent (fetch), de
la profondeur de l'eau et de la largeur du plan d'eau.
La hauteur des vagues peut être calculée selon des formules empiriques:
• méthode de Mallet et Pacquant
𝟏 𝟏
h= + 𝒇𝟎,𝟓
𝟐 𝟑
Avec f est la longueur du plan d’eau exposée au vent en (km)
NB: f est appelé « fetch » et est nul pour un vent soufflant de la digue
vers la retenue et maximal pour un vent soufflant en sens inverse.
• Tableau de I'American Society of Civil Engineers

Wave heigt : la hauteur des vagues en


« feet » avec 1 foot =0,305m
Wind velocity en miles per hour: la vitesse du
vent en « miles/heure » avec 1 mile= 1,61 km
Dans les cas où le barrage est situé dans une région très froide ou dans une région très chaude
et sèche, et particulièrement si les matériaux de construction utilisés pour le corps de
digue sont du type CL et CH, une augmentation de la revanche libre sera envisagée
pour des fetchs de 2.5 miles ou inférieurs.
• Formule de STEVENSON qui ne sont valables que pour un vent ne
dépassant pas 100 km/h.
- pour f < 18 km on a h = 0,75 + 0,34 x 𝒇𝟎,𝟓 − 𝟎, 𝟑𝟔 𝒙 𝟒 𝒇
- pour f > 18 km on a h = 0,34 x 𝒇𝟎,𝟓
• Formule de MOLITOR
- pour f < 30 km , h = 0,76 + 0,032 x 𝒖𝒇𝟎,𝟓 − 𝟎, 𝟐𝟔 𝒙 𝟒 𝒇
- pour f > 30 km , h = 0,032 x 𝒖𝒇𝟎,𝟓
Avec f en « km » ; u vitesse du vent en « km/h » et h en « m »
Il faut noter que la première formule de MOLITOR donne une hauteur de vague non
nulle pour U = O, ce qui est anormal ; ces formules empiriques ne sont donc valables
que pour des vents de vitesse appréciable.
 Largeur en crête:
La largeur en crête doit être suffisante pour autoriser la circulation
d'engins pour la finition de l'ouvrage et ultérieurement pour son
entretien. En pratique, la largeur en crête (lc) est supérieure à 3 mètres.
Pour des digues de hauteur (H) supérieure a 9 m, on adopte souvent : lc =
H/3.
Calcul
 KNAPPEN : Ic =1,65 x 𝑯𝟎.𝟓 avec lc en « m » et H en « m »
 PREECE : Ic =1,1 x 𝑯𝟎.𝟓 +1 avec lc en « m » et H en « m »
𝟑
 Autre formule : Ic = 3,6 𝑯 - 3 avec lc en « m » et H en « m »
Dans le cas de matériaux sableux, la largeur en crête doit être supérieure à
ces valeurs.
II est nécessaire de protéger la crête pour lutter contre la dessiccation mais
aussi pour assurer la circulation éventuelle d'engins. On a l'habitude de mettre en
œuvre une couche de couronnement d'au moins 20 cm d'épaisseur en matériau
graveleux (latérite par exemple).
Pour se prémunir contre l'érosion de la crête mais aussi pour assurer une
évacuation des eaux de ruissellement de la Crète du barrage vers l'amont (côté
retenue), on met en place deux murets de crête. Les murets de crête sont
construits soit en maçonnerie de moellons, soit en béton ordinaire coulé sur
place.
 Pente des talus: elle dépend de la qualité des matériaux constituant la
digue et aussi de l’importance de l’ouvrage, elle doit être suffisamment
douces pour être stables, c’est-à-dire pour ne pas glisser vers le bas.
2,2 Choix des matériaux: identification et propriétés mécaniques

La première opération consiste à délimiter les zones d’emprunt, pour cela


on effectue des sondages aux abords du site du futur ouvrage et on
élimine généralement les terres contenant plus de 6% de matières
organiques ainsi que les terres contenant une grande proportion
d’élement solubles (sel, gypse, grés, calcaire,,). En général, les matériaux
de construction en Afrique de l’Ouest sont des argiles peu plastiques qui
peuvent être jugées satisfaisantes tant du point de vue de l’étanchéité
du barrage que de la stabilité d’ensemble.

Une reconnaissance à la tarière à main ou avec un appareil de sondage


permet de faire des reconnaissances et des prélèvements d’échantillons pour
analyser les sols et délimiter l’étendue des différents emprunts. Il existe peu de
sols qui ne puissent pas vraiment convenir à la construction d’un barrage en
terre ; mis à part les terres très organiques (tourbes) qui peuvent présenter des
tassements très importants et les terres contenant des éléments solubles dans
l’eau (gypse et sel).
 Identification des terres au laboratoires
Les caractéristiques d’identification les plus importantes pour le choix du matériaux
de remblai sont les caractéristiques:
• La teneur en eau naturelle, la masse volumique, l’indice des vides
• La granulométrie
• La sédimentométrie
• Limites d’Atterberg
En conclusion, on utilisera un matériau pour les remblais que s’il contient un minimum
de 5 à 10% d’éléments inférieurs à 0,08mm (pour le noyau d’argile d’un barrage a
zones, on exigera un minimum de 20 à 30% d’elements à 0,08mm).
L’amélioration de l’imperméabilité du remblai passe par un bon compactage.

 Le compactage
Le compactage d’un sol est le procédé physique utilisé pour lui donner l’indice des
vides le plus bas possible, c’est à dire la densité la plus élevée possible. Il est admis
que la résistance mécanique d’un sol est amélioré si sa densité est accrue, trois
facteurs importants agissent sur la qualité du compactage:
- La granularité
- L’humidité
- L’énergie de compactage
 La granularité: la granulométrie est considérée favorable si l’échantillon présente une
répartition uniforme de particules de différentes dimensions. Quand la granulométrie
est favorable, les particules plus fines tendent à se loger entre les plus grosses et après
compactage, le sol présente moins de vides c’est-à-dire, la plus élevée possible.

 L’humidité : la quantité d’eau dans le sol est aussi importante car l’eau lubrifie les grains
du sol facilitant ainsi leur arrangement les uns par rapport aux autres donc la formation
d’un matériau dense. La majeure partie des sols utilisés dans les remblais homogènes
existe avec leur degrés d’humidité optimal donnant la densité maximale pour un effort
de compactage donné. Une courbe appelée courbe PROCTOR nous montre la
relation entre la densité sèche et l’humidité dans un sol.

 L’énergie de compactage : son influence se situe sur la densité sèche obtenue pour
une teneur en eau déterminée. Plus l’énergie de compactage est forte, plus la teneur
en eau « optimum » est faible et bien entendu plus le poids spécifique optimum est
grand. Il existe deux normes de compactage au laboratoire: l’essai PROCTOR normal
et l’essai PROCTOR modifié.
 La reconnaissance sur chantier

La granulométrie est jugée à l'oeil en séparant les éléments visibles à l'oeil nu des
autres et dans ceux qui sont visibles à l'oeil nu, ceux qui sont plus petits ou plus gros que 5
mm, enfin en estimant la continuité de la granulométrie.

Pour les éléments fins on remplace les limites d'Atterberg par:


• les tests « Secousses » :
On prend dans la paume un échantillon de sol saturé et on lui imprime des
secousses ; la surface devient brillante. On écrase la boule entre les doigts :
- si la surface devient immédiatement terne : pas de plasticité ; c'est un sable très
fin, un silt, un sol peu plastique.
- si la surface devient terne lentement : faible plasticité, limon moyennement
plastique, argile si1teuse.
- la surface ne change pas d'aspect : grande plasticité, sol argileux. Pour ces
sols il a été difficile de faire apparaître la luisance de la surface.
• Résistance à sec
On pétrit une petite quantité de sol (10g) saturé. on le laisse sécher au
soleil et on l'écrase entre les doigts :
- s'il est presque impossible d'écraser l'échantillon : argile très
plastique,
- si la résistance est faible : il peut s'agir d'un sable très fin, dans ce
cas la surface est rugueuse, ou d'un limon dans ce cas la surface est
douce.

• Plasticité
On exécute des rouleaux de 3 mm de diamètre puis on les remodèle
pour faire une boule :
- si le fil est résistant et la boule facile à refaire le sol est très
plastique,
- si le fil est fragile et le remodelage impossible : faible plasticité.
• Classification
Un tableau permet ensuite de classer les terres ; on peut même ainsi définir un ordre
d'aptitude pour les barrages parmi ces terres (cf classification).
A partir du tableau de classification, on peut tirer le résumé suivant, Toutes les autres
conditions étant les mêmes, la perméabilité est plus grande :
- pour les terres à gros grains que pour les terres à grains fins,
- pour les terres à granulométrie étroite que pour les terres à granulométrie étendue,
- pour les terres légères que pour les terres lourdes.
La résistance au cisaillement est plus grande :
- pour les terres à gros grains que pour les terres à grains fins,
- pour les terres à granulométrie étendue que pour les terres à granulométrie étroite
Le tassement est plus grand :
- pour les terres à grains fins que pour les terres a grains plus gros,
- pour les terres à grains ronds que pour les terres à grains anguleux,
- pour les terres à granulométrie étroite que pour les terres à granulométrie étendue,
- pour les terres légères que pour les terres lourdes.
La densité est plus grande :
- pour les terres à gros grains que pour les terres à grains fins,
- pour les terres à grains ronds que pour les terres à grains anguleux,
- pour les terres à granulométrie étendue que pour les terres à granulométrie étroite,
Les matériaux aptes à la construction des digues doivent avoir les caractéristiques
principales suivantes :
- Proportion d'éléments fins < O, 1 mm (tamis 0,08, module 20) comprise entre 20 % et 70 %.
- Proportion d'éléments inférieurs à 0,05 comprise entre 10 % et 40 %.
- Equivalent de sable inférieur à 40.
- Perméabilité inférieure ou égale à 10-7 rn/s après compactage.
2,3) Influence des caractéristiques d’identification des terres sur leurs propriétés
mécaniques et hydrodynamiques
 La perméabilité

On sait que le coefficient de perméabilité « k »mesure l’aptitude d’un sol à se laisser traverser par
l’eau. L’expérience montre que la vitesse fictive d’écoulement de l’eau dans le sol est
proportionnelle à ce coefficient k et au gradient hydraulique ΔH/Δl le long de l’écoulement
(Darcy).

La perméabilité d'un sol est donc avant tout fonction de la surface spécifique des
grains qui elle même varie considérablement avec la dimension de « S » (est grand
pour les sols fins et est inversement proportionnel au diamètre). Les argiles sont donc
les sols les plus imperméables d'où leur utilisation comme masques d'étanchéité dans
les barrages.
L'indice des vides intervient aussi dans l'expression de cette perméabilité (pour un sol
compact l’indice des vides « e » est petit et est moins perméable qu'un sol lâche).
On pourra donc utiliser un matériau pour une digue homogène que s’il contient un
minimum de 5 à 10% d’éléments plus petits que 0,080 mm ; pour un noyau d’un barrage à
zone il faut un minimum de 20 à 30% d’inférieurs à 0,080 mm.
La perméabilité doit être inférieure à 10−6 et 10−8 m/s pour que le matériau puisse être utilisé
comme organe d’étanchéité.
 Résistance au cisaillement

La contrainte en un point « M » situé à l’intérieur d’un milieu continu


se définit par rapport à une facette passant par ce point. La
contrainte « f » sur une facette

La résistance maximum au cisaillement d'un sol obéit en général à la loi de


Coulomb :
𝜏 = 𝐶 + 𝜎𝑛 tan 𝜑
 Compressibilité

Sous l ’action d’une charge les grains de sol modifient légèrement leur arrangement, il
s’ensuit un tassement dont l’importance dépend de la nature du sol. D’autre part comme
pour la résistance au cisaillement le sol, (s’il est fin) présente un tassement instantané
(correspondant à un comportement non drainé) et un tassement différé qu’on appelle
« consolidation ». Cette distinction ne se justifie pas pour les sables et graviers puisqu’elle est
due à l’apparition des pressions interstitielles sous la charge et à leur dissipation dans le
temps. On étudie les tassements à l’aide de l’essai œdométrique qui permet de définir :

∆𝜎
• le module œdométrique E= ∆ℎ
ℎ0

∆𝑒
• l’indice de compression 𝑐𝑐 = dans la partie linéaire de la courbe e = f(log σ)
∆ log𝜎

(voir figure)
L’indice de compression et le module œdométrique sont liés :
1+𝑒
𝐸0 = 2,3 𝜎
𝐶𝑐
En dépit de la souplesse des barrages, les tassements doivent rester limités, des valeurs
très importantes pourraient provoquer des fissurations en particulier s’il s’agit de barrage
à zones dont les terres ne tassent pas de la même façon. Les tassements peuvent être
dus aux fondations de l’ouvrage, il y a donc lieu de reconnaître ces fondations, ou la
digue elle-même, on cherche à les réduire en effectuant un bon compactage.
• Tassements des sols à gros grains : il s’agit de tassement instantané, l’importance de
ces tassements est faible, la compression des sables et graviers étant faibles : les
modules œdométriques sont rarement inférieurs à 500 bars dans ces sols.
• Tassements des sol fins : l’essai œdométrique sur ces sols saturés permet d’étudier le
tassement final à prévoir et la durée de ce tassement. On utilise plutôt l’indice de
compression 𝐶𝑐 pour prévoir les tassements finaux.
Skempton a trouvé une corrélation entre 𝐶𝑐 et la limite de liquidité ω L .
Une argile est donc d’autant plus compressible qu’elle est plus plastique (ω L grand). Par
ailleurs elle est d’autant plus compressible que sa teneur en eau en place est plus forte.

L’étude du tassement en fonction du temps s’effectue aussi à l’ œdomètre.


Le tassement instantané pour les argiles ne représente qu’une petite partie du tassement
final et de toutes les façons il n’est pas dangereux puisqu’on peut le rattraper en cours de
construction. Il est par contre intéressant de limiter au minimum le tassement qui se
produira ultérieurement. C’est la raison pour laquelle il arrive que l’on réalise des remblais
plus hauts que prévus et qu’on arase après un certain temps, à la côte définitive : c’est ce
qu’on appelle le pré-chargement.
 Gonflement et retrait
Dans les sols fins l’eau occupe les intervalles très petits entre les grains ; la tension capillaire
dans ce cas est importante, au cours du séchage les filets liquides se séparent, les
courbures des ménisques augmentent et la tension capillaire croît ; tout ce passe comme si
à égalité de tensions capillaires la pression extérieure appliquée au sol avait augmentée
de la grandeur Δp :ce qui entraîne une diminution du volume : c’est ce qu’on appelle le
retrait.
Celui-ci se manifeste donc particulièrement dans les zones exposées à l’air, les zones plus
profondes n’étant pas soumises à la dessiccation.
Ainsi il y a retrait en surface et pas dans la masse : des fissures apparaissent et peuvent
compromettre un ouvrage si elles sont importantes. Le gonflement est un problème inverse
qui se manifeste à l’humidification des sols fins.
Le retrait et le gonflement peuvent se mesurer à la variation de l’indice des vides.

Il est prudent de se limiter à des valeurs de C inférieurs à 0,07 pour l’utilisation dans les
barrages en terre. Là encore les terres les plus gonflantes et qui présente le plus de retrait
sont celles ayant le plus fort indice de plasticité (corellation de Seed et Al.).

A titre indicatif : une argile compactée à l’optimum Proctor Standard gonflera d’environ
(D’après Seed):
2.4 ) INFILTRATIONS ET HYDRAULIQUE INTERNE
Les problèmes d'étanchéité d'un barrage se situent en général à trois niveaux qu'il
convient de bien distinguer :
• l'étanchéité de la cuvette,
• l'étanchéité du corps de remblai,
• l'étanchéité de la fondation et des rives qui assure la liaison entre les deux
précédentes.
Il s'agit ici d'analyser les conditions d'étanchéité des corps de remblai, en partant
du constat que les infiltrations peuvent provoquer trois types de phénomènes
préjudiciables à la bonne tenue de l'ouvrage :
• des fuites d'eau, souvent inévitables, mais qu'il convient de limiter afin qu'elles
n'engendrent pas de problèmes plus graves,
• des sous-pressions qui sont en général défavorables à la stabilité des ouvrages
(déversoirs en particulier),
• si l'eau débouche sur le talus aval dans des zones peu ou pas aménagées,
le gradient hydraulique peut avoir une valeur telle qu'une érosion régressive
prenne naissance et creuse une sorte de tunnel : c'est le phénomène de renard
qui menace gravement la survie même de l'ouvrage.
 Rappel des équations du mouvement de l'eau dans un sol

 La loi de DARCY

La loi de DARCY montre que la vitesse d'un écoulement a travers un milieu poreux est
proportionnelle à la perte de charge entre deux sections quelconques de cet
écoulement et inversement proportionnelle à la distance ΔL qui sépare ces deux sections.
Le schéma suivant représente l'expérience de DARCY.

𝚫𝑯
Q= 𝑲 ∗ ∗𝑺
𝚫𝑳
V est la vitesse fictive ou vitesse de DARCY Elle est
inférieure à la vitesse réelle car dans la loi de
Darcy, on suppose que l'eau occupe la
totalité du volume de l'échantillon, alors qu'elle
n'occupe en réalité que le volume des vides, soit
une fraction n < 1 (porosité) du volume total.
K la perméabilité du sol. C'est une grandeur
homogène à une vitesse.
La loi de Darcy montre d'autre part que la vitesse
de l'écoulement est proportionnelle à la perte de
charge. L'écoulement de l'eau dans le sol est
donc un écoulement laminaire.
 Etude des lignes de courants et des lignes équipotentielles

L’étude et le tracé précis de lignes de courant et des équipotentielles ne s’imposent que


dans le cas des grands barrages en remblai.
Pour le suivi de ces ouvrages, il sera en effet nécessaire de connaitre avec précision les
débits de fuite et les pressions interstitielles de manière à conduire des calculs de stabilité
les plus détaillés possible et à vérifier que les fuites restent acceptables tant du point de
vue économique que sécuritaire.
Pour les petits ouvrages, un tracé sommaire par méthode graphique sera généralement
suffisant pour en comprendre l’hydraulique interne. On s’attachera aussi à déterminer les
données nécessaires aux calculs de stabilité (position et forme de la surface libre par
exemple) et au choix du dispositif de drainage.
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

2.1 Introduction

Après l’étude de dimensionnement qui permet de définir le profil général du barrage, on


procède à l’étude des infiltrations dans le massif et sa fondation. Ces infiltrations dues à la
charge hydraulique créée par le réservoir, ont une influence primordiale sur la stabilité de
l’ouvrage. Un pourcentage élevé des accidents recensés des barrages en remblai est relié au
phénomène de l’érosion interne suite aux infiltrations.

L’étude d’infiltration permet de déterminer les éléments suivants:

− Ligne de saturation

La ligne de saturation est une ligne suivant laquelle la pression à l’intérieur du massif est
égale à la pression atmosphérique, elle sépare la zone humide de la zone sèche. Il est possible
de la déterminer par analogie électrique ou l’utilisation de méthodes simplifiées telle que la
méthode de Kozeny qui utilise des approximations et des propriétés graphiques du réseau
d’écoulement. Sur le plan pédagogique, la méthode de Kozeny permet de se familiariser avec
les réseaux d’écoulement. Sur le plan pratique, les méthodes les plus utilisées sont les
méthodes numériques qui se sont largement développées.

− Les pressions interstitielles

Elles peuvent être déterminées à partir du tracé d’un réseau de lignes


équipotentielles(les lignes équipotentielles sont des lignes fictives d’égale pression).

− Débit de fuite

Ce débit de percolation est un indice de fonctionnement de l’ouvrage, il doit être calculé


et contrôlé en continue.

16
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

2.2 Détermination de la ligne de saturation par la méthode de Kozeny

2.2.1 Ligne de saturation pour barrage homogène sans drain sur sol imperméable

Kozeny a montré que, dans un barrage en terre homogène non drainé, la ligne de saturation
peut être assimilée dans sa partie médiane à une parabole d’axe horizontal dont le foyer O est
situé au pied du parement aval du barrage (Figure 12). L’équation de cette parabole s’écrit
(Rolley, Kreitmann et al. 1977):

𝑦 2 − 𝑦02 − 2𝑥𝑦0 = 0 𝐸𝑞. 7

Avec 𝑦0 = √(ℎ2 + 𝑑 2 ) − 𝑑 𝐸𝑞. 8

Cette ligne de saturation doit être corrigée au droit du parement amont et aval du barrage.

O’

Figure 12: Ligne de saturation pour barrage homogène sans drain sur sol imperméable

Les étapes suivantes permettent la détermination graphique de la ligne de saturation pour


un barrage homogène reposant sur une fondation imperméable sans drain :

− Dessinez la section du barrage en terre et le niveau d'eau en amont (h). Le point B


est le point sur le talus amont qui coïncide avec le niveau d'eau (Figure 12) ;

17
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

− Soit b la distance qui correspond à la projection horizontale de O’B. Repérez le


point A à une distance de 0,3b du point B sur la surface de l'eau ;

− Le foyer de la parabole de Kozeny se situe au pied aval du barrage, au point O.


Choisissez O comme origine des axes X Y ;

− A l’aide de l’équation 7, tracer la courbe de Kozeny en fixant les valeurs des


ordonnées y (par exemple 0,2H, 0,4H... H) et en calculant les abscisses x ;

− Pour obtenir la ligne de saturation à partir de la parabole de Kozeny, on procède à


une correction au droit du parement amont et du pied aval ;

− Correction en amont : on raccorde la ligne de saturation au point B du plan d’eau


amont par une courbe normale au parement amont en B et tangente à la parabole ;

− Correction en aval : on fait aboutir la ligne de saturation en un point D tel que

2
𝑂𝐷 ≈ 𝑂𝐶 𝐸𝑞. 9
3

On peut aussi trouver le point D avec la relation suivante :

𝑂𝐷 = √ℎ2 + 𝑑 2 − √𝑑 2 − ℎ2 𝑐𝑜𝑡 2 𝛼 𝐸𝑞. 10

2.2.2 Ligne de saturation pour un barrage homogène avec drain

En général, les barrages en terre sont munis de drain pour rabattre la ligne de saturation à
l’intérieur du barrage. Dans ce cas, la ligne de saturation est déterminée de la manière
suivante (Figure 13):

− Dessinez la section du barrage en terre et le niveau d'eau en amont (h). le point B


est le point sur le talus amont qui coïncide avec le niveau d'eau.

− Soit b la distance qui correspond à la projection horizontale de O’B. Repérez le


point A à une distance de 0,3b du point B sur la surface de l'eau.

− Le foyer de la parabole de Kozeny se situe au pied amont du drain au point F


(l’abscisse du point A est d). Choisissez F comme origine des axes X Y.

18
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

− Localiser le point G situé à yo de F

− A l’aide de l’équation 7, tracer la courbe de Kozeny en fixant les valeurs des


ordonnées y (par exemple 0,2H, 0,4H... H) et en calculant les abscisses x ;

− Pour obtenir la ligne de saturation à partir de la parabole de Kozeny qui va du point


A jusqu'au point qui se trouve à mi distance de FG, on procède à une correction au
droit du parement amont seulement.

− on corrige la ligne de saturation au point B du plan d’eau amont par une courbe
normale au parement amont en B et tangente à la parabole.

Figure 13: Ligne de saturation d’un barrage à drain horizontale

2.2.3 Ligne de saturation pour un barrage à noyau sur fondation imperméable

Dans le cas d’une digue à noyau imperméable épaulée par des zones de recharges
perméables (Figure 14), on construit la ligne de saturation comme dans le cas de la section
2.2.1 en ne considérant que le noyau imperméable (Rolley, Kreitmann et al. 1977)

19
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Figure 14: Ligne de saturation d’un barrage à noyau

2.2.4 Ligne de saturation pour barrage fondé sur sol perméable

Dans le cas ou le sol de fondation est perméable, de perméabilité égale à celle du massif les
méthodes de détermination de la ligne de saturation restent applicables, mais les formules
donnant le débit ne sont plus valables.

2.3 Pressions interstitielles

2.3.1 Notion d’hydraulique du sol.

a. Charge hydraulique.

Soit un point situé dans un massif saturé siège d’un écoulement permanent, u la pression
de l'eau en ce point et z sa cote par rapport à un repère quelconque. La charge hydraulique h en
ce point, exprimée en mètre (m), représente l’énergie d’une particule d’eau de masse unitaire :

𝑢 𝑣2
ℎ= + 𝑧+ 𝐸𝑞. 9
𝛾𝑤 2𝑔

20
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

𝑣2
Comme les vitesses dans les sols sont toujours faibles, le terme 2𝑔 est négligé.

D’où :

𝑢
ℎ≈ + 𝑧 𝐸𝑞. 10
𝛾𝑤

b. Gradient hydraulique

Le gradient hydraulique, i, est la perte de charge hydraulique par unité de longueur. Dans
un écoulement quelconque, il est définit par :

𝛿ℎ

𝛿𝑥
𝛿ℎ
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ℎ = −
⃗𝑖 = −𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐸𝑞. 11
𝛿𝑦
𝛿ℎ

{ 𝛿𝑧

Dans un écoulement uniforme et unidirectionnel, il exprime la différence de charge


hydraulique entre deux points d’un sol par unité de distance. Soit deux points A et B espacés
d’une distance l, hA et hB leurs charges hydrauliques respectives, le gradient hydraulique entre
ces deux points est :

ℎ𝐴 − ℎ𝐵
𝑖=
𝑙

L’écoulement existe de A vers B lorsqu’il ya présence d’un gradient hydraulique, qui


génère un écoulement.

c. Loi de Darcy

Cette relation fondamentale s'écrit (Schlosser 1988, Degoutte and Royet 1999):

v=Ki Eq. 12

v : vitesse d’écoulement en m/s et K : coefficient de perméabilité en m/s, Le tableau


suivant donne un ordre de grandeur de ce paramètre.

21
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Tableau 3: Ordre de grandeur du coefficient de perméabilité(Schlosser 1988)

Type de sol Perméabilité Ordre de grandeur (m/s)


Argile compacte Imperméable 10-9 à 10-12
limon Très faible 10-7 à 10-9
Sables très fin Faible 10-5 à 10-7
Petits graviers, sables Assez élevée 10-3 à 10-5
Gravier moyens à gros Très élevée 10-1 à 10-2

d. Forces d’écoulement

Lorsqu’il y a un écoulement, il y a une perte de charge par dissipation d’énergie par


frottements eau/grains du sol. En plus de la poussée d’Archimède, des forces dirigées dans le
sens de l’écoulement apparaissent sur les grains du sol.

La figure 15 montre le bilan des forces s’exerçant sur un volume élémentaire du sol, il
correspond à trois forces :

− Le poids : C’est la force verticale descendante 𝑷 = 𝜸𝒔𝒂𝒕 ∆𝑽 avec 𝛾𝑠𝑎𝑡 le poids


volumique du sol saturé,

− La poussée d’Archimède : C’est la force verticale ascendante égale à 𝜸𝒘 ∆𝑽,

− La force d’écoulement : Dirigée dans le sens de l’écoulment, elle est égale à 𝒊 𝜸𝒘 ∆𝑽

Figure 15: Bilan des forces exercées sur un volume élémentaire de sol.

22
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

En général, les réseaux d’écoulement sont tracés avec : a=b


𝑁𝑐
Dans ce cas, le débit total est ∶ 𝑄 = 𝐾. ℎ 𝑁ℎ

Ce calcul a été effectué par unité de largeur. Pour une digue de largeur L, le débit de fuite
total est :

𝑁𝑐
𝑄 = 𝐾. ℎ 𝐿 𝐸𝑞. 14
𝑁ℎ

La méthode de calcul exposée si dessus est générale. D’autres méthodes tenant compte de
l’angle  que fais le talus aval avec l’horizontale et basées également sur la loi de Darcy sont
appliquées pour le calcul du débit de résurgence (Rolley, Kreitmann et al. 1977).

Si α < 30°

𝑄 = 𝐾 𝑏 sin2 𝛼 𝐸𝑞. 15

Avec b= 𝑂𝐷 = √ℎ2 + 𝑑 2 − √𝑑 2 − ℎ2 𝑐𝑜𝑡 2 𝛼 𝐸𝑞. 16

Si 30° ≤ α ≤ 90°

𝑄 = 𝐾𝑦0

y0 est l’ordonnée du point de sortie de la surface libre.

2.5 Erosion interne, phénomène de Renard et Boulance

L’érosion interne est l’une des principales causes de rupture des barrages en remblai. C’est
un processus qui implique des arrachements de particules et leur transport dans le barrage ou sa
fondation " Piping" en Anglais. Elle se produit quand la force de l’écoulement est suffisamment
importante pour arracher les particules du massif et les entrainer avec elle. Ceci n’est possible
que si les particules du sol sont fines et qu’elles puissent migrer à travers les vides du massif
dont la granulométrie n’est pas uniforme. Si la hauteur de charge est suffisante pour permettre à
l’eau de s’infiltrer à des vitesses capable d’entrainer les particules, un passage préférentielle se
forme allant en grandissant jusqu'à rupture de l’ouvrage (Figure 23).

29
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Figure 23: Erosion interne

Le phénomène de Boulance se produit quand l’écoulement est ascendant et la pression de


l’écoulement avec la poussée d’Archimède arrivent à annuler le poids des particules du sol.
Ceci n’est en général possible que si le sol est fin et pulvérulent. En s’opposant au poids des
grains cette composante peut atteindre des valeurs qui permettent aux grains de flotter
(Figure 24).

Figure 24 : Phénomène de Boulance

30
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Ce phénomène se produit dans un écoulement si le gradient hydraulique i est vertical


ascendant, les grains sont alors entraînés par l’eau. On définit le gradient hydraulique critique,
ic, pour lequel la résultante des forces est nulle et donc les grains du sol à la limite d’être
entraînés :

A la limite P = PA + Pe d′ où γsat . ∆v = γw . ∆v + ic γw . ∆v

γsat − γw 𝛾′
𝑖𝑐 = = 𝐸𝑞. 17
γw 𝛾𝑤

Pour les barrages en terre, le risque de Boulance existe si les fuites se produisent d’une
manière importante à travers le sol de fondation.

− Méthodes de préventions

Pour empêcher l’érosion interne en fondation d’un barrage, il faut réduire le gradient
hydraulique le long de la ligne de cheminement. Comme la hauteur d’eau H est imposée, c’est
la longueur L des cheminements qui est le paramètre essentiel. LANE distingue les
cheminements verticaux LV des cheminements horizontaux LH. Sa règle empirique
généralement utilisée pour le calcul des fondations de barrages s’écrit (Rolley, Kreitmann et al.
1977):

LH
Lv + ≥ C. H Eq. 18
3

Le paramètre C est un coefficient dont les valeurs minimales varient suivant la nature du
terrain (Tableau 4).

31
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Tableau 4: Coefficient de LANE en fonction de la nature de terrain (Rolley, Kreitmann et al.


1977)

Nature du terrain C

Sables fins et limons 8.5


Sables fins 7
Sables moyens 6
Gros sables 5
Petits graviers 4
Gros graviers 3
Mélange de gravier et de gros galets 2.5
Argile plastique 3
Argile consistante 2
Argile dure 1.8

Pour prévenir l’érosion interne dans un barrage en terre, des précautions doivent être
prises pendant de la construction pour maitriser les gradients d’écoulement et empêcher
l’expulsion des fines.

32
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

2.6 Applications

Exemple N°1

Soit un barrage en terre constitué d’un massif homogène de perméabilité isotrope k


reposant sur un substratum horizontal imperméable (Figure 25). On notera h le niveau d’eau
dans la retenue, H la hauteur du barrage, bc la largeur du barrage en crête, m 1 la pente du talus
amont et m2 la pente du le talus aval. Pour h= 17m, H = 20m, bc = 7.5m et m1 =m2=1⁄2.5,
déterminer le point de résurgence de la nappe phréatique à l’aval et tracer la ligne de saturation.

Figure 25: Barrage en terre homogène reposant sur un substratum imperméable

Solution

− Point de résurgence de la nappe phréatique

L’angle  que fait le talus aval avec le plan horizontal est = tan−1(1/2.5) = 21.8°. Cet
angle est inférieur à 30° par conséquent :

𝑂𝐷 = √ℎ2 + 𝑑 2 − √𝑑2 − ℎ2 𝑐𝑜𝑡 2 𝛼

Avec, 𝑑 = 2 𝐻 𝑐𝑜𝑡 𝛼 + 𝑏𝑐 − 0.7 𝑐𝑜𝑡 𝛼 ℎ

33
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

A.N: H= 20m; h=17m; bc=7.5; =21.8°

𝑑 = 2 × 20 × 𝑐𝑜𝑡 21.8 + 7.5 − 0.7 × 17 × 𝑐𝑜𝑡 21.8 =77.75 m

𝑂𝐷 = √172 + 77.752 − √77.752 − 172 𝑐𝑜𝑡 2 21.8=14.48m

− Le tracé de la ligne de saturation

Il s’agit de calculer les coordonnées (x, y) de chacun des points A, B, C et D puis de


procéder au traçage de la parabole de Kozeny dans le cas théorique d’un écoulement à
travers un massif perméable reposant sur un substratum imperméable. Des corrections
à cette parabole du coté amont et du coté aval doivent être effectuées. Du côté amont
on raccorde la ligne de saturation au point B du plan d’eau amont par une courbe
normale au parement amont en B et tangente à la parabole, Du coté aval, la correction
consiste à tracer la tangente au talus aval au point D (voir figure 12 page 16 et figure
26 page 32).

Coordonnées du point A :
A (d ; h) → A (77.75 ; 17)
Coordonnées du point B :
B (d-0.3b ; h) → B (65 ; 17)
Coordonnées du point C :

C est le point d’intersection entre le talus aval d’équation y = 0.4x et la parabole de


Kozeny d’équation y 2 − y02 − 2xy0 = 0
Avec y0 = √(h2 + d2 ) − d =1.83m
La coordonnée x du point C vérifie l’équation du second degré
0.16x 2 − 3.66 x − 3.34 = 0
On ne retient que la racine positive x = 23.75m
La coordonnée y du point C vaut alors : y= 0.4 ×23,75 = 9.5m

C (23.75 ; 9.5)

Coordonnées du point D
(OD cos ; OD sin) → D (13.44 ; 5.37)

34
Chapitre 2 Etude des infiltrations dans le mur et sa fondation

Dans la partie médiane les coordonnées de la ligne de saturation sont :

x 25 30 35 40 45 50 55
y 9,74 10,64 11,47 12,24 12,96 13,65 14,31

Figure 26: Tracé de la courbe de saturation

35
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

3.1 Introduction

La stabilité d’un barrage en remblai réside dans la stabilité aux glissements de ses talus
pour toute sollicitation pouvant survenir. La détermination des conditions de stabilité fait appel
aux méthodes de mécanique des sols basées sur l’étude de l’équilibre limite. La stabilité des
pentes peut être augmentée en choisissant des matériaux plus performants qui permettent
d’éviter la rupture des talus mais aussi assurer la stabilité de la fondation et éviter les
déformations excessives.
En général, on se donne des pentes qui paraissent optimales, compte tenu de la nature des
matériaux, et on vérifie par une étude de stabilité que le barrage présente une sécurité suffisante
avec ces pentes.

3.2 Principe d’analyse

3.2.1 Notion de facteur de sécurité

Il existe de nombreuses méthodes pour le calcul de la stabilité des talus. Elles sont
décrites dans la bibliographie spécialisée. Certaines se prêtent au calcul manuel, d’autres
nécessitent l’utilisation d’outils informatiques.

D’une manière générale, ces méthodes se basent toutes sur le même principe , elles
cherchent à déterminer des endroits dans le massif où les forces qui provoquent le glissement
risquent de dépasser les forces qui résistent. La sécurité est assurée si, dans aucun endroit, les
premières forces ne dépasseront pas les secondes. La marge de sécurité est exprimée par le
rapport des forces de résistances sur les forces motrices.

Ce coefficient de sécurité est défini par des rapports de forces, de contraintes, de moments
ou même en termes de hauteurs de talus.

38
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

3.2.2 Etude de l’équilibre d’un talus de barrage par la méthode de Fellenius

Le principe de base de cette méthode consiste à découper le volume du sol étudié en un


certain nombre de tranches juxtaposées (Figures 28), d'appliquer les différentes forces sur ces
tranches et d’étudier l’équilibre de l’ensemble. Les hypothèses de calcul sont (Le Delliou
2003):

- La rupture se fait dans un plan (analyse bidimensionnelle) ;

- La rupture se fait selon une courbe dans l’allure est connue et circulaire ;

- Les forces extérieures d'entraînement sont le poids du sol et les surcharges ;

- Le problème est statique ;

- Les lois de la mécanique des milieux continus s'appliquent au sol ;

- le comportement du sol est régit par la loi de Coulomb ;

- Le coefficient de sécurité « FS » est constant le long de la courbe de rupture.

On trace sur une coupe transversale du barrage plusieurs cercles de glissement et on


cherche le cercle critique, c'est-à-dire celui qui présente le coefficient de sécurité le plus faible,
en appliquant la méthode qui va suivre :

Figure 28: Découpage en tranche

39
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

Pour chaque tranche verticale (i), on détermine les efforts suivants :

− poids total Wi de la tranche de largeur b et de hauteur h ;

− La composante normale du poids sur la surface de glissement est Wi cos i ;

− La composante tangentielle du poids est Wi sin i ;

− La résultante des forces de pression sur la base de la tranche.

On note :

X, E = composantes verticale et horizontale des forces inter tranches ;

b : épaisseur de la tranche ;

α : angle que fait la base de la tranche avec l’horizontale ;

R : rayon du cercle de rupture de centre O ;

dl : longueur du plan de glissement de la tranche ;

x : bras de levier du poids des terres .

Sachant que 𝑇 = 𝜏. 𝑑𝑙 et 𝜏 est donnée par l'équation de Mohr- Coulomb:

𝝉 = 𝑪 + (𝝈 − 𝒖)𝒕𝒈𝝋 𝐸𝑞. 19

Avec:
C: est la cohésion du sol, elle s’exprime en unité de contrainte ;
𝜎 est la contrainte normale ;
𝑢 est la pression interstitielle.
𝜑 est l’angle de frottement interne

Finalement, sur la tranche (i) :

− La force motrice est la composante tangentielle du poids, elle est égale à Wi sini
− La force résistante est la force de frottement au niveau du plan de glissement de la
tranche, elle est égale à 𝑪. 𝒅𝒍 + (𝑾𝒊 𝒄𝒐𝒔𝜶𝒊 − 𝒖. 𝒅𝒍)𝒕𝒈𝝋

40
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

La largeur de la tranche dl peut s’exprimer par (voir figure 28):

𝑏
𝑑𝑙 =
𝑐𝑜𝑠𝛼𝑖

En négligent les forces entre les tranches verticales et horizontales, le facteur de sécurité
est défini comme étant le rapport du moment résistant sur le moment moteur. Pour un cercle de
glissement donné qui découpe le volume de sol en n tranches, il vaut :

∑𝒏𝒊=𝟏[𝑪. 𝒅𝒍 + (𝑾𝒊 𝒄𝒐𝒔𝜶𝒊 − 𝒖. 𝒅𝒍)𝒕𝒈𝝋]


𝑭𝒔 = 𝐸𝑞. 20
∑𝒏𝒊=𝟏 𝑾𝒊 𝒔𝒊𝒏𝜶𝒊

3.2.3 Prise en compte de la sismicité dans le calcul de stabilité

Prendre cet aspect en compte est très important en zone sismique (plusieurs ouvrages à
travers le monde ont cédés suite à des tremblements de terre). Les méthodes employées pour
apprécier la stabilité des ouvrages en séisme sont pseudo-statique ou dynamiques. Pour les
petits ouvrages et un séisme faible ou modéré, on se contente généralement d’utiliser la
méthode pseudo-statique. Lorsque l’ouvrage est plus sensible et le séisme plus important, il est
recommandé d’utiliser des méthodes plus représentatives prenant en compte le comportement
dynamique des sols.

− Méthode pseudo-statique

C’est la méthode la plus généralement utilisée dans le cas des petits et moyens barrages.
L’effet du séisme est exprimé par une force horizontale équivalente. La magnitude de cette
force est considérée comme une fraction du poids de l’ouvrage (Figure).

Dans le cas de l’application de la méthode des tranches de Fellenius, la force sismique Ps


est calculée pour chaque tranche. Elle s’exprime sous la forme (Rolley, Kreitmann et al. 1977):

𝑃𝑠 = 𝛽. 𝐾. 𝑤 𝐸𝑞. 21


− 𝛽 est un coefficient qui dépend des caractéristiques dynamiques de l’ouvrage au
séisme (𝛽 = 1.5)

41
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

− K : est un coefficient qui dépend du degré de séismicité de la zone et du degré


d’importance de l’ouvrage (𝑘 ≈ 0.025)

Figure 29: Sollicitation pseudo-statique

L’équation 20 devient :

∑𝒏𝒊=𝟏[𝑪. 𝒅𝒍 + (𝑾𝒊 𝒄𝒐𝒔𝜶𝒊 − 𝒖. 𝒅𝒍)𝒕𝒈𝝋]


𝑭𝒔 = 𝐸𝑞. 22
𝑲
∑𝒏𝒊=𝟏 𝑾𝒊 𝒔𝒊𝒏𝜶𝒊 + 𝜷 ∑𝒏𝒊=𝟏 𝒘𝒊 𝒒𝒊
𝑹

Avec :

q : le bras de levier de la force sismique par rapport au centre du cercle O et de rayon R

3.3 Conditions d’analyse

La stabilité des talus d’un barrage en remblai doit être vérifiée aux différentes phases de
la construction et de la vie de l’ouvrage. On distingue généralement trois classes de conditions
pour lesquelles la stabilité d’un barrage en remblai doit être vérifiée.

42
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

3.3.1 Fin de construction.

L’analyse de la stabilité pour cette condition sert à vérifier que le barrage peut être
construit jusqu’à sa hauteur finale sans rupture. Il n’y a pas encore d’action de la retenue, mais
les pressions interstitielles sont élevées car les surpressions dues à la construction ne se sont pas
encore dissipées. La résistance est fonction de la contrainte effective σ’ et elle devient de plus
en plus faible avec l’augmentation de la pression interstitielle u (σ’ = σ–u). Dans ce cas, il peut
se produire un glissement du talus à cause de la diminution de la résistance au cisaillement. Il
est recommandé d'analyser le talus en aval.

3.3.2 Période d’exploitation

L’analyse de la stabilité sert dans ce cas à vérifier que le barrage est stable après
remplissage du réservoir et une fois que le réseau d’écoulement s’est établi à travers le barrage.

Dans le secteur amont du barrage, la contrainte effective (et donc la résistance) est réduite
à cause de la pression interstitielle. Cette diminution de la stabilité, associée à la réduction de σ’
est cependant compensée par la pression du réservoir qui tend à s’opposer au glissement du
talus amont.

Dans le secteur aval du barrage, en raison de l’écoulement dans le massif une surface de
suintement peut apparaitre sur ce talus. La poussée d’écoulement qui s’exerce sur les grains
solides à tendance à le déstabiliser, un drainage du talus aval est généralement prévu. Lorsque
la retenue est pleine, l’écoulement est donc défavorable à la stabilité du talus aval. Les
caractéristiques mécaniques du sol C et Ф, quelque soit la condition de perméabilité du
matériau de construction, peuvent être obtenus à partir de l'essai de résistance au cisaillement à
long terme, surconsolidé, saturé et drainé.

Figure 30: Surface de rupture les plus critiques en fonction du type de barrage en terre

43
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

3.3.3 Vidange rapide.

La condition 'vidange rapide' est rencontrée lorsque le niveau d’eau diminue


brusquement au-dessous du niveau normal de la retenue (Figure 31). Dans ce cas les pressions
d’eau dans le corps de l’ouvrage ne sont pas dissipées, alors que la pression d’eau extérieure a
disparu. Le talus amont se trouve dans une situation plus défavorable qu’en condition normale
d’exploitation. C’est donc ce secteur amont du barrage qui est affecté par la condition 'vidange
rapide', on conserve la pression et on enlève l’effet stabilisateur du réservoir.

Figure 31: Glissement du parement amont sous l’effet de vidange rapide

3.4 Facteurs de sécurité minimaux

Selon les normes DIN (Le Delliou 2003)les facteurs de sécurité minimaux utilisés dans les
barrages en terre sont dans les:

− Conditions normaux (lac plein à niveau normal) FS≥1.4

− Conditions spéciaux sans séisme (lac plein à niveau exceptionnelles, vidange


rapide) FS≥1.3

− Conditions exceptionnelles avec séisme (lac plein à niveau normal, vidange


rapide, lac vide) FS≥1.2

On note qu’à l’aide d’outils informatiques performants les surfaces de glissements


critiques sont trouvées rapidement. Un exemple est donné dans l’application suivante élaborée
à l’aide du logiciel GEOSTUDIO.

44
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

3.5 Application

Soit un barrage en terre constitué d’un massif homogène de perméabilité isotrope k reposant
sur un substratum horizontal imperméable (Figure 32). En utilisant la méthode des tranches de
Fellenius :

1. Calculer manuellement le coefficient de sécurité le long de la ligne de rupture de rayon


R=32 m et de centre de rupture O (20 ; 32) du talus aval du barrage en terre, en fin de
construction et après dissipation des surpressions (u=0)

2. Déterminer à l’aide du logiciel GEOSTUDIO, le coefficient de sécurité critique dans le


cas de retenue vide puis retenue pleine.

Données : H=20m, h=17m, m1=m2=1⁄2.5 , bc=7.5 m,

Les propriétés du sol sont :


C (cohésion) = 20 kpa
Ф (angle de frottement interne) = 30°
 (Poids volumique) = 18kN/m3

Figure 32: Barrage en terre homogène reposant sur un substratum imperméable

45
 Cas d’un massif homogène drainé (avec drain aval)
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

Solution

1. Le volume de sol intercepté par le cercle de rupture est découpé en 10 tranches de


largeur égale (Figure 33). Les résultats du calcul des forces appliquées sur les
différentes tranches sont présentés dans le tableau 7.

Figure 33: Découpage du volume de sol et forces appliquées sur chaque tranche

Tableau 5: Calcul par la méthode des tranches

Tranche W  Wcos Wsin dl 𝐶. 𝑑𝑙 +Wcos


(kN) (°) (kN) (kN) (m) ∗ 𝑡𝑔𝜑 (kN)
1 125,04 -20,00 117,51 -42,76 4,54 48,01
2 350,43 -12,02 342,74 -73,00 4,36 14,21
3 528,51 -4,29 527,04 -39,49 4,28 46,04
4 662,08 3,37 660,94 38,96 4,27 124,40
5 751,29 11,09 737,25 144,57 4,35 231,49
6 793,68 19,03 750,31 258,79 4,51 349,02
7 783,41 27,38 695,68 360,23 4,80 456,29
8 708,79 36,43 570,28 420,91 5,30 526,92
9 544,84 46,76 373,22 396,93 6,23 521,44
10 218,11 60,01 109,04 188,90 8,53 359,52

 1654,04 2677,33

46
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

∑[𝐶𝑙 + (𝑊𝑖 𝑐𝑜𝑠𝛼𝑖 − 𝑢𝑙)𝑡𝑔𝜑]


𝐹𝑠 = = 1.62
∑ 𝑊𝑖 𝑠𝑖𝑛𝛼𝑖

2. Le coefficient de sécurité critique est déterminé à l’aide du logiciel GEO-


STUDIO par la méthode de calcul à l’équilibre limite en utilisant une analyse de
type Bischop.

− Stabilité du parement aval pour la retenue vide

Dans ce cas la ligne piézométrique dans le corps du barrage n’est pas prise en
compte. Le calcul se fait directement avec le module SLOPE. Sur la figure de
stabilité le cercle de glissement le plus défavorable est tracé en noir. Le coefficient
de modèle FSmin associé à ce mécanisme de rupture figure sur la grille. La stabilité
du parement aval est assurée avec un coefficient de sécurité de 1,86 en aval
(Figures 34).

− Stabilité du parement aval pour la retenue pleine

La stabilité du parement aval est assurée avec un coefficient de sécurité de 1,53

(figure35).

47
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

Figure 34 : Stabilité aval (retenue vide)

Figure 35: Stabilité aval (retenue pleine)

48
Chapitre 3 Stabilité des barrages en terre

Le tableau 8 donne un exemple de résultats obtenues pur chaque tranche par GEO-
STUDIO

Tableau 6: Exemple de résultats de simulation obtenus pour une tranche


N° de tranche 13 - Bishop Méthode

Facteur de sécurité 1,52


Angle Phi 30 °
C (Résistance) 8 kPa
Pression d'eau interstitielle 37,433 kPa
Force de l'eau interstitielle 20,578 kN
Pression d'air interstitiel 0 kPa
Force d'air interstitiel 0 kN
Angle Phi B 0 °
Largeur de la tranche 1,6741 m
Mi-hauteur 7,9391 m N° de tranche 13 - Morgenstern-Price Méthode
Longueur de la base 1,8036 m
Angle de la base -21,848 ° 81,019
49,615
Mod. de résistance anisotrope 1
Lambda appliqué 0,38765
Poids (incl. sismique vert.) 81,019 kN
138,25
Force normale à la base 74,303 kN 132,27

Contrainte normale de base 135,16 kPa


Force de rés. de cisaillement de base 35,416 kN
Contrainte de cisaillement rés. de base 64,423 kPa 52,984
Force de cisaillement mobilisée de base 23,338 kN 23,338

Contrainte de cisaillement mobilisé de base 42,453 kPa


Force normale côté gauche 132,27 kN 74,303

Force de cisaillement côté gauche 49,615 kN


Force normale côté droit 138,25 kN
Force de cisaillement côté droit 52,984 kN
Force sismique horizontale 0 kN
Charge ponctuelle 0 kN
Charge de renforcement utilisée 0 kN
Charge de cisaillement de renforcement utilisée 0 kN
Surcharge 0 kN
Fermeture du polygone 0,0050967 kN
Coordonnée supérieure gauche 96,611273; 22,355491 m
Coordonnée supérieure droite 98,285333; 21,685867 m
Coordonnée inférieure gauche 96,611273; 14,417208 m
Coordonnée inférieure droite 98,285333; 13,746008 m

49
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

Chapitre 4 Dispositifs de protection contre les effets de l’eau.

Sous la charge hydraulique créée par le réservoir, l’eau va tendre à s’infiltrer vers le
potentiel inférieur à l’aval engendrant plusieurs problèmes comme l’entraînement des particules
de sol, la diminution de la stabilité due aux pressions d’écoulement et les pertes d’eau. Le
contrôle des infiltrations constitue donc un des principaux éléments de conception des barrages
en remblais. Plusieurs approches sont à envisager et d’une manière combinée telles que :

− La protection au moyen de filtre pour se prémunir contre l’érosion interne dans le


mur du barrage et dans la fondation;

− La réduction des infiltrations (débit et pression) par des éléments de conception


tel l’allongement du chemin d’écoulement ;

− Dissipation des pressions d’eau de façon contrôlée au moyen de drains ou de puits


de drainage.

4.1 Filtres

4.1.1 Rôles

Un filtre est un organe placé à l’aval du noyau pour se prémunir contre l’érosion interne,
c.-à-d. il doit bloquer la migration des particules fines entrainées par le courant d’eau dans un
massif.

4.1.2 Principe et constitution

Les filtres doivent être :

Filtrants : ils doivent retenir la partie fine des matériaux fins du massif.

Drainants : ils doivent être plus perméables que le massif argileux pour évacuer les
débits et diminuer les pressions.

Ils sont constituées de sables et de graviers en couches successives de matériaux


perméables de granulométrie de plus en plus fine assurant la transition entre le drain et les

50
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

éléments fin de terre drainés , chaque couche doit jouer le rôle de filtre vis avis de la couche
précédente. Plus récemment, les filtres granulaires sont de plus en plus remplacés par des
géotextiles très économiques et faciles à mettre en œuvre.

4.1.3 Loi des filtres

Pour être efficace les filtres doivent assurer plusieurs critères, les plus communément
utilisés sont ceux établis par BERTRAM (Université de Harvard 1967), basés sur les conditions
de TERZHAGHI, perfectionnés ensuite par les travaux du Corps d'Ingénieurs de l’Armée et le
Bureau de Réclamations des Etats-Unis et enfin enrichis par les travaux de SHERARD (1984).
Dans les équations (22 et 23) D désigne la taille des grains du matériau le plus grossier et d
celle des plus fins.

Critère filtrant :

Ce critère assure que la partie grossière du matériau fin ne sera pas entrainée dans les
interstices du filtre.

𝑫𝟏𝟓(𝒇𝒊𝒍𝒕𝒓𝒆)
≤5 Eq.22
𝒅𝟖𝟓(𝒔𝒐𝒍)

D15 et d85 sont les diamètres correspondant respectivement à 15 % et 85% de pourcentage


de tamisat cumulé.

Critère drainant

Le filtre doit en plus être suffisamment perméable pour évacuer le débit d’infiltration. Le
critère utilisé pour que le contraste de perméabilité entre filtre et matériau fin soit suffisant est
basé sur le rapport des diamètres D15.

𝑫𝟏𝟓 (𝒇𝒊𝒍𝒕𝒓𝒆)
: ≥ 5 Eq. 23
𝒅𝟏𝟓 (𝒔𝒐𝒍)

À partir des critères filtrant et drainant, la Loi des filtres peut donc s’énoncer simplement
par :

5d15(sol) ≤ D15(filtre)≤ 5 d85(sol) Eq.24

51
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

En outre, pour s'assurer de la stabilité interne du matériau filtrant ou drainant, on devra


vérifier

D60
La condition d'uniformité des filtres : 2< < 8
D10

𝐷50 𝑓𝑖𝑙𝑡𝑟𝑒
Le parallélisme des courbes granulométrique : 5< < 10.
𝑑50 𝑠𝑜𝑙

Figure 36: Exemple de fuseau granulométrique de filtre.

Ces règles permettent de déterminer un fuseau du filtre connaissant la granulométrie du


sol à protéger contre la migration des grains (Figure 36). Généralement plusieurs couches de
granulométrie croissante vers le drain sont nécessaires pour respecter les critères du filtre.

4.1.4 Epaisseur du filtre

L’épaisseur du filtre ne doit pas être inférieure à 25 cm pour tenir compte des tassements
qui se produisent dans tout le remblai. Cette épaisseur doit être toujours supérieure ou égale à
50 D15 (Rodríguez and La Rosa 2004).

52
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

Si la couche filtrante sert à drainer les eaux d’infiltration, sa capacité drainante doit être
plus grande que le débit qui traverse le remblai et peut être vérifiée à l’aide de la loi de Darcy.

Les épaisseurs minimales recommandées pour les filtres sont:

− Couches horizontales de sables ----------------------------- 0,15 m


− Couches horizontales de graviers --------------------------- 0,30 m
− Couches verticales ou inclinées ------------------------ ---- 1,00 m

4.1.5 Filtre en géotextiles

Les géotextiles peuvent aussi jouer un rôle de filtre à la place d’un filtre granulaire. Leur
rôle est de maintenir les particules pour qu’elles ne soient pas mises en mouvement par
l’écoulement venant de l’intérieur du massif tout en laissant la libre circulation de l’eau sur le
long terme (Figure 37).

Figure 37: Fonctionnement de filtre géotextiles

53
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

Figure 38: Réalisation de filtres en géotextile protégeant un drain horizontal. (Photo Irstea -
G2DR).

4.2 Drains

Pour améliorer les conditions de stabilité globale des barrages en terre, il est primordial
de contrôler et de réduire les pressions interstitielles. Cela est réalisé en plaçant à l’intérieur du
remblai des zones de forte perméabilité appelées drains.

4.2.1 Rôle

Un drain est un organe peu épais de forte perméabilité, apte à collecter les fuites et donc à
réduire les pressions interstitielles.

4.2.2 Principe et Constitution

Les drains sont constitués de graviers perméables de granulométrie bien définie. Ils sont
généralement fabriqués à partir d’alluvions ou d’enrochement de carrière.

− Capacité de décharge des drains

La perméabilité et les dimensions des drains doivent être suffisantes pour que la surface
libre reste dans le drain.

54
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau


Pour un drain horizontal de longueur L et d’épaisseur h, le gradient est égale à et une
2𝐿
(ℎ+ℎ/2)
section moyenne de . La capacité de décharge est alors :
2

ℎ 3ℎ 3𝑘ℎ2
𝑞 = 𝑘𝑖𝐴 = 𝑘 . . =
2𝐿 4 8𝐿

Pour un drain quasi vertical, on suppose que le gradient est voisin de 1 et la capacité de
décharge devient :

q=kiA=kA

Les dimensions des drains et des filtres sont souvent influencées par la facilité de mise en
place (largeur des équipements) et les déformations anticipées (tassement de la fondation).

4.3 Protection des talus

Les talus des barrages en terre doivent être protégés des actions extérieures telles que
l’érosion due aux ruissellements des eaux de pluie, l’effet de renard provoqué par le ressuyage
des eaux de saturation du barrage et l’agression des vagues de la retenue du coté amont.

La protection est en général assurée en amont et en aval

4.3.1 En amont

✓ Le Rip-Rap : c’est une couche d’enrochements posés sur un filtre de transition


(Figure39). La taille des blocs, qui dépend de la hauteur des vagues et de la pente du
talus peut dépasser 1 m. Les éléments de l’enrochement doivent être tel que 50% des
pierres aient un diamètre supérieur à 20cm et pas moins de 10 cm pour les éléments les
plus petits

55
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

Figure 39: Protection amont en enrochements

✓ blocs artificiels en béton : Quand il n’existe pas d’enrochements disponibles, on peut


constituer un assemblage de blocs artificiels en béton.

4.3.2 A l’aval

Un engazonnement : il doit être réalisé immédiatement après l’achèvement des travaux de


réalisation en recouvrant le parement d’une couche de terre végétale de 5 à 10cm.

4.4 Disposition des drains et des filtres

En pratique, on place toujours un filtre entre le noyau et le drain aval, et parfois aussi entre
les drains et les recharges adjacentes. Des filtres sont également à prévoir au contact entre le
remblai et la fondation, lorsque la granulométrie de celle-ci apparaît critique vis-à-vis des
règles du filtre. On peut enfin en placer le long de la face amont du noyau, pour éviter la
migration de fines vers l’amont à l’occasion des baisses du plan d’eau.

4.4.1 Drains tapis

Le tapis drainant aval couvre la moitié aval de la fondation à partir de la base du noyau et
conduit les fuites jusqu’au pied aval, son épaisseur minimale est de 50 cm (Figure 40). Lorsque
la fondation n’est pas complètement imperméable le drain doit intercepter également les
infiltrations à travers la fondation, il doit être protégé contre l’entrainement des éléments fin de
la fondation par un filtre inversé (figure 41).

56
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

Figure 40: Disposition du drain et du filtre (fondation imperméable)

Figure 41: Disposition du drain et du filtre (fondation perméable)

4.4.2 Le drain cheminé

Il est disposé quasi verticalement à l’aval du noyau (ou bien vers le centre d’un remblai
homogène) ; son épaisseur est souvent de l’ordre de 3 m pour des raisons constructives. Il est
mis en œuvre par déversement du matériau dans une tranchée de 1.5 à 2 m de profondeur
recreusé dans le massif compacté au fur et à mesure de l’avancement des travaux de réalisation.

57
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

Le filtre est assuré par un tapis synthétique placé au fond de la tranchée le long de la
paroi amont du drain et au dessus du drain. L’eau interceptée est évacué soit par un réseau de
tuyaux drains soit par un drain tapis (figure 42).

Figure 42: Drain vertical

4.4.3 Puits filtrants

Les puits filtrants sont des puits de décharge forés au pied aval du remblai et au dessous
du drain tapis, ils sont nécessaires pour le drainage de la fondation et l’élimination des sous
pressions. Les puits qui débouchent dans le drain tapis sont remblayés en matériaux filtrant
analogue à ceux d’un drain vertical (Figure 43).

Figure 43: Puits filtrants

58
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

4.5 Application

Il a été proposé de placer le matériau de la zone A immédiatement adjacent au matériau de


zone B dans un barrage en terre zoné. Les courbes granulométriques des zones A et B sont
illustrées dans la figure 44. Evaluer la possibilité d’ajouter une zone de transition entre A et B
en effectuant les calculs appropriés.

Figure 44: Courbe granulométriques des sols A et B

Solution

1- Vérifions le critère filtrant entre A et B:

D15(filtre)≤ 5 d85(sol)
d85 (sol B)= 0.3 mm et D15 (sol A) = 6mm. 6 > 5 x 0.3 = 1.5 mm.
Le critère n’étant pas vérifié, une zone de transition est nécessaire.
2- dimensionnement de la transition
Condition sur le d15 de la transition :
5.d15 (sol B) < d15 (transition) < 5. d85 (sol B)
d85 (sol B)= 0.3 mm et d15 (sol B) = 0.18mm. 0.9 mm < d15 (transition) < 1.5 mm
Condition sur le d50 de la transition
5.d50(sol B) < d50 (transition) < 10. D50 (sol B)
D50 (sol B)= 0.2 mm. 1 mm < d50 (transition) < 2 mm
La condition à respecter entre le sol A est la transition est :
d50 (transition)< d50(sol A)< 10.d50 (transition).
D’où 5.d50 (transition) < 7mm <10.d50 (transition), soit 1.1 mm < d50 (transition)< 2.2
mm

59
Dispositifs de protection contre les effets de l’eau

On choisit une zone de transition intermédiaire de fuseau représenté dans la figure 45.

Figure 45: Fuseau granulométrique de la zone de transition

60
Références bibliographiques

Références bibliographiques

Alonso E. (2008). Barrages en remblais. Cemagref.

Bertram, G. E. (1967). Experience with seepage control measures in earth and rockfill dams.
In Transactions 9th congress on large dams. Istanbul (Vol. 3).

Bouzid, T. (2010). Les barrages et la politique hydraulique en Algérie: état, diagnostic et


perspectives d’un aménagement durable. These de doctorat, Université de Mentouri–
Constantine.

Degoutte, G. and P. Royet (1999). Aide-mémoire de mécanique des sols, ENGREF.

Le Delliou, P. (2003). Les barrages: conception et maintenance. Presses Universitaires Lyon.

Mallet,[Link] Pacquant ,J. (1951). Les barrages en terre. Eyrolles, Paris

Millogo Founémé, A (2009). Ouvrages hydraulique. Polycopié de cours

PNUD/OPE, (1980). Ressources en eau dans les pays de l'Afrique du Nord , Guide
méthodologique pour l'éxécution des études et la construction des retenues collinaires.

Post, G., & Guerber, P. (1973). Conception du drainage dans les barrages en terre. La Houille
Blanche, (5-6), 467-476.

Rodríguez, B. A. and S. La Rosa (2004). Manuel de conception et projets typiques des digues
en terre.

Rolley, R., H. Kreitmann, J. Dunglas, A. Pierrejean and L. Rolland (1977). Technique des
barrages en aménagement [Link] de l'griculture , Paris, France.

Schlosser, F. (1988). Eléments de mécanique des sols. Presse de l’école nationale des Ponts et
Chaussées.

Schleiss, A. J. (2004). Barrages. Presse Ecole Polytechnique Fédérale de Lausane.

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Sherard, J. L., Dunnigan, L. P., & Talbot, J. R. (1984). Filters for silts and clays. Journal of
Geotechnical Engineering, 110(6), 701-718.

61
Références bibliographiques

Sherard, J. L., & Dunnigan, L. P. (1985). Filters and leakage control in embankment dams.
In Seepage and leakage from dams and impoundments (pp. 1-30). ASCE.

Varlet ,H. (1966). Barrages réservoirs. Barrages en terre et en enrochements. Tome 3.


[Link].

62
Prévenir les risques de rupture
- Pertes en vie humaines
- Pertes économiques
- dégâts écologiques

Maintenir l'ouvrage en bon état de fonctionnement


- Élément du patrimoine national à conserver
- Éviter des désordres importants pat un suivi et des entretiens réguliers
- Adapter le fonctionnement du barrage aux changements d'usages de
l'eau de la retenue suite à des évolutions du contexte socio-économique.

Disposer d'un retour d'expérience


- Sur le comportement du barrage par rapport aux prévisions du
concepteur
- sur la pérennité de tel ou tel dispositif (gabions, organes hydrauliques,
dissipateur, etc..)
- sur le bien-fondé des choix techniques (joints d'étanchéité, méthodes de
compactage, etc..)
- sur les connaissance en hydrologie
!!

L'observation visuelle régulière par l'exploitant


L'observation visuelle de routine
- Déceler rapidement tout phénomène nouveau affectant le barrage
(fuites, ravinement des parements, désordre des perrés, végétation
arbustive sur les talus, fissures, corrosion des cages des gabions,
obstruction des vannes, etc…)
- Périodicité hebdomadaire au minimum en saison des pluies.

L'observation à l'occasion des crues


- Pendant la crue, relever le niveau maximal atteint par les eaux, la durée
de la crue, le fonctionnement du déversoir, etc…
- Après la crue, relever l'état du déversoir et de la fosse de dissipation, la
déformation des ouvrages en gabions, le creusement des ravines sur les
talus, etc..
L'auscultation des petits barrages
Mesure de la cote du plan d'eau (échelle limnimétrique)

Mesure des débits de fuite (déversoirs, tuyau de drainage)


Mesure de la piézométrie
Pour les barrages de plus de 10 m, il est important de suivre la position de la
surface phréatique à l'intérieur de la digue.

Sonde électrique

Alignement de piézomètres – barrage


de Douna (Burkina)

Boîtier de mesure pour cellule


à contre-pression
Mesure des déplacements

- Nivellement
• permet de mesurer les tassements
• précision du cm est suffisante
• on dispose des repères de nivellement (bornes en béton) sur le
crête
• nivellement depuis des piliers d'observation sur les rives dans des
zones stables

Repère de nivellement Pilier d'observation Plaque de centrage


topographique pour niveau
- Alignement
• des repères sont scellés sur la crête de la digue et parfaitement
alignés, à raison d'un plot tous les 10 à 15 m (on peut se servir des
repères de nivellement)
• les piliers d'observation permettent de vérifier l'alignement des
repères

- Déplacements relatifs (plots, fissures, etc..)


• vinchons pour suivre mouvements relatifs en 1, 2 ou 3 dimensions
• mesures au pied de coulisse avec une précision de 1/10 mm
"#!#
Causes Dégradations Conséquences
Défaut d'exécution - instabilité du remblai - affaissement
- fissuration - fuite
- lessivage de couche de pose - chute de perré
- Renard le long de conduite de prise - rupture de digue possible

Défaut de conception - griffes d'érosion sur talus aval - rupture à long terme
- érosion régressive du chenal - basculement du déversoir
- érosion talus aval par submersion - rupture digue
- fuite par des défauts de filtre
Arbres - craquage des maçonneries (bajoyers, perrés maçonnés) - érosion talus
- infiltration par racines pourries - fissures bajoyers
- rupture possible
Vagues - lessivage de couche de pose entraînant effondrement érosion corps de digue
- chute du perré
Homme - passage préférentiel érosion talus
- dérangement perré par les pécheurs
- déplacement du perré par autres usagers
Animaux - usure du parement aval par sabots d'animaux - érosion talus
- trou de crocodile - rupture digue
Crue exceptionnelle en - rupture de digue perte totale des ouvrages
retour - rupture des déversoirs
- submersion des digues
Envasement - comblement du fond de la cuvette diminution de la réserve

Divers - fissures sur déversoirs en béton - fuite d'eau


- défaillance des joints - déchaussement de la
- basculement des amortisseurs de chute fondation
Les services techniques :
- Fuite d'eau le long de la conduite de prise : revoir les écran anti-renards
- Fuite à travers la digue : identifier les causes et réparer (recharge et
compactage, drain vertical, etc..)
- Trou de crocodile : réparer le trou
- Talus aval lessivé : remplacer le revêtement si possible par du perré
- Rupture totale de digue : ressouder la digue
- Envasement : curage, rehaussement du déversoir, etc..
- etc..
Les utilisateurs : le petit entretien
- Comblement des ravines
- entretien des perrés
- enlèvement de la végétation arbustive
- entretien de surface des maçonneries (éliminer la végétation)
- réparation des fils rompus des gabions
- etc..
CHAPITRE 6

LE CHANTIER
DE
CONSTRUCTION
CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

La bonne connaissance du site d'un barrage et sa conception judicieuse ne suffisent pas à


garantir la qualité et la sécurité de l'ouvrage. Le soin apporté à l'exécution du barrage et
les moyens qui y sont consacrés ont également une importance capitale pour la réussite
de l'aménagement. Il est donc nécessaire de s'assurer que le chantier est confié à un
exécutant compétent et expérimenté et que celui-ci dispose effectivement de tous les
moyens nécessaires pour réaliser l'ouvrage dans de bonnes conditions.

PRÉAMBULE : DU RÔLE ET DE LA RESPONSABILITÉ DES INTERVENANTS SUR UN CHANTIER


Avant d'entrer dans le vif du sujet relatif au chantier de réalisation d'un petit barrage, il
nous paraît indispensable de rappeler les rôles des différentes personnes amenées à
intervenir dans l'acte de construire.

Les trois principaux intervenants dans le déroulement d'un chantier se définissent comme
suit, dans la terminologie française:
- le Maître de l'ouvrage: personne physique ou morale pour le compte de laquelle sont
exécutés les travaux. Son rôle est de définir le but à atteindre (programme), d'organiser
un financement, de passer et de régler les marchés de travaux. Après la réception des
ouvrages, il en est le propriétaire (et, parfois, le gestionnaire) ;
- le Maître d' œuvre: personne physique ou morale, chargée par le maître de l'ouvrage
de concevoir (au moins globalement) l'ouvrage, d'établir le dossier de consultation des
entreprises, d'assister le maître de l'ouvrage dans le dépouillement des offres, de contrôler
l'exécution des travaux et de proposer leur réception et leur règlement, après en avoir
établi le décompte. En travaux du bâtiment, le maître d'œuvre est assimilé à l'architecte.
Pour le cas particulier d'un barrage, il est souvent chargé, en outre, d'interpréter son
auscultation jusqu'à l'achèvement de la phase de mise en eau et de rédiger le rapport
de première mise en eau;
- l'Entrepreneur: personne physique ou morale, titulaire d'un (ou du) marché de
travaux conclu avec le maître de l'ouvrage, chargée de l'exécution des travaux et, parfois,
de la conception détaillée des ouvrages. En droit français, l'entrepreneur est respon-
sable du chantier et de l'ouvrage en cours de construction tant que celui-ci n'a pas
été réceptionné.

Il est important de noter que, dans un tel schéma, le maître d' œuvre et l'entrepreneur, dont
les missions sur le plan de la conception de l'ouvrage sont souvent complémentaires, ne
s'avèrent pas liés contractuellement l'un à l'autre:

Toute considération d'aléa technique mise à part, l'un des gages de réussite d'un chantier,
et plus généralement d'un ouvrage, réside dans la claire définition de la mission de
chacun des intervenants - et de la bonne perception qu'ils en auront. Pour arriver à
cette fin, la description des missions, respectivement confiées par le maître d'ouvrage,
doit impérativement faire l'objet de documents écrits: marchés, contrats ...

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 283


~
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Ceux-ci préciseront, en particulier et sans ambiguïté, la répartition de la responsabilité de


la conception du barrage entre le maître d'œuvre et l'entrepreneur.

A titre d'exemple, la plupart des contrats d'ingénierie publique passés en France


dispensent le maître d' œuvre de la conception détaillée du projet (plans d'exécution
et spécifications techniques détaillées), qui s'avère, en conséquence, confiée, dans le
cadre du marché de travaux, à l'entrepreneur.

Contrat d'ingénierie Marché des travaux

Maître Agrément
d'Œuvre

Sous-traitants/Fournisseurs

Figure 6.1 : Liens contractuels entre les acteurs traditionnels d'un chantier.

Toute modification apportée, en cours de construction, à la nature de la mission de l'un


ou l'autre intervenant doit également être consignée dans un avenant écrit, accepté par
toutes les parties concernées (ex: cas de l'acceptation d'une variante au projet initial,
proposée par l'entrepreneur).

Fondées sur de telles bases contractuelles, les relations sur le chantier entre les divers
acteurs s'avèrent grandement facilitées : cela concourt à une meilleure efficacité dans
l'exécution et le contrôle des travaux, tout en préservant les droits et responsabilités de
chacun en cas de sinistre ou de contentieux.

Mais il faut souligner aussi l'importance qui doit être accordée par le maître d' œuvre à la
concertation, à la communication verbale, qui peuvent bien souvent débloquer les con-
flits et permettre au chantier de suivre son cours normal.

En complément aux rappels précédents, il nous paraît utile de récapituler par un schéma
synoptique l'ensemble d'une opération visant à la construction d'un barrage, en situant
bien les étapes où interviennent les différents acteurs.

Il est à souligner, comme le montre ce schéma, que la concertation avec les bénéficiaires
est de tous les stades d'une opération d'aménagement. En effet, la plupart des projets de
petits barrages en Afrique sont à vocation hydro-agricole et bien que, dans la majorité des
cas, l'état soit le maître d'ouvrage de jure, les paysans, futurs utilisateurs, nous pourrions

284 TECHNIQUE DES PI:TITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIFR
DE CONSTRUCTION

dire usufruitiers, sont en quelque sorte les maîtres d'ouvrage de facto. II conviendra donc
de les associer aux principales prises de décisions, pour s'assurer que le projet répondra
bien à leurs besoins tout en évitant certains écueils. De même l'étude d'impact sur l'envi-
ronnement doit s'affiner tout au long de la conception des ouvrages et ses recommanda-
tions sont à inclure dans l'exécution du chantier.

Concertation avec les bénéficiaires

Études de Programme A.P.S. A.P.D. Réalisation


définition d'opération
(Maître (Maître (Maître (Maître
d'ouvrage) d'ouvrage) d'œuvre) d'œuvre)
-,l.._ ~ ~ JJ ~
Analyse approfondie Données Repérer et visiter Études Études d'exécution:
de la demande les sites complémentaires PEO-STD*
Besoins d'APD (entreprise le plus
Étude de diagnostic Études souvent)
du cours d'eau et de Exigences préliminaires d'APS Études techniques
son environnement -) -) ~) détaillées de la -) Exécution
Contraintes Envisager les solution retenue (entreprise)
Études socio- différentes solutions
économiques Enveloppe Devis estimatif Contrôle
financiére Déterminer les (maître d'œuvre
Détermination des types d'ouvrages génémiement)
objectifs réalisables adaptés
Solder l'opération
Esquisser ce qui pa- (maître d'ouvrage
rait être la meilleure assisté du maître
solution et la chiffrer d'œuvre)

Î Î T T T
1

1 ETUDE D'IMPACT 1

Figure 6.2: Déroulement d'une opération de conception et de construction d'un barrage (* : P.E.o. : plans
d'exécution des ouvrages; S. T.D. : spécifications techniques détaillées).

6, l . ORGANISATION : MOYENS ET PlANNING


L'organisation du chantier est de la compétence et de la responsabilité exclusives de l'entre-
preneur, titulaire du marché de travaux. L'appréciation des moyens et procédés que
l'entrepreneur compte mobiliser pour la réalisation des travaux est d'une telle importance
que nous conseillons vivement aux maîtres d'ouvrage et maîtres d' œuvre d'en demander
les éléments prévisionnels dès la remise des offres des entreprises.

Le maître d'ouvrage peut ainsi attribuer le marché en toute connaissance de cause et,
avantageusement, rendre contractuels les documents explicatifs fournis en la matière
par le candidat retenu. Lors de cette phase de jugement des offres, le maître d' œuvre

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 285


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

assiste le maître d'ouvrage en vérifiant que les moyens envisagés par le(s) candidat(s)
permettront la construction de l'ouvrage, dans les règles de l'art et conditions prévues au
Cahier des clauses techniques particulières (c.c.r.p.) du marché, en tenant les délais
d'exécution impartis. Plus tard, en cours de chantier, il s'assurera que l'entrepreneur
retenu met, effectivement et correctement, ces moyens en œuvre.

Quelles que soient les dispositions adoptées pour la phase de consultation des entreprises,
et précisées dans le Règlement particulier d'appel d'offres - R.P.A.O., il est indispensable
que les éléments définitifs d'organisation de chantier soient consignés, par l'entrepre-
neur, dans un mémoire technique, assorti de tous les plans explicatifs utiles et soumis
par lui au contrôle et au visa du maître d'œuvre et cc, avant tout début d'exécution des
travaux proprement dits. Les modalités et délais de constitution et d'approbation de tels
documents doivent être spécifiés dans le Cahier des clauses administratives particulières
([Link].) du marché.

I.: entrepreneuraffecte, pour la bonne exécution des travaux, deux types de moyens de
chantier: les moyens humains et matériels.

6.1 .1. Moyens humains


Si l'entrepreneur est chargé, dans le cadre du marché, de la conception détaillée des
ouvrages, il doit justifier de la mise en œuvre du personnel compétent pour la réalisation
des études préalables: géotechnicien pour les calculs de stabilité, hydrogéologue pour
les questions relatives aux étanchéités et au drainage, topographe pour les levés de
détail, ingénieur béton armé pour le calcul des structures, dessinateur pour l'exécution
des plans, etc ...

I.:entrepreneur précise également les phases du chantier où il a l'intention de faire inter-


venir tel ou tel technicien spécialisé à des fins de contrôle (interne) d'exécution: par
exemple, appel à un hydrogéologue pour vérification des fouilles.

Pour ce qui concerne les personnels d'exécution proprement dits, il doit indiquer la
composition et la fonction des équipes amenées à travailler sur le chantier et désigner
la personne physique responsable du chantier et de l'encadrement du personnel, en
précisant ses titres, références et compétences. Cette personne est le représentant
permanent de l'entrepreneur sur le chantier et doit posséder les pouvoirs et les compé-
tences pour prendre toutes les décisions nécessaires à la bonne marche de celui-ci, en
particulier lors de la survenance d'événements imprévus. En outre, le responsable du
chantier doit être présent à toutes les réunions provoquées par le maître d'œuvre et se
soumettre aux consignes et ordres écrits émanant de lui ou de son représentant.

Enfin, l'entrepreneur est tenu d'appliquer strictement la réglementation du travail en vi-


gueur dans le pays, aussi bien pour la gestion des personnels que pour la conduite du
chantier: protection sociale, hygiène et sécurité des travailleurs, etc ...

286 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
---
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

6.1.2. Moyens matértels


On peut distinguer le matériel général de terrassement, le matériel lié au type de barrage
à construire et, enfin, les matériels spécifiques.

Pour l'ensemble des matériels, l'entrepreneur doit mentionner les marque, type, puis-
sance, rendement et nombre des engins affectés au chantier ainsi que leur mode d'inter-
vention suivant le phasage des travaux.

[Link]. Le matériel de terrassement


Le matériel général de terrassement comprend les engins traditionnellement mis en œuvre
pour la constitution des fouilles d'assise du barrage, l'extraction et/ou le transport des
matériaux et la réalisation des finitions (remblaiements, reprofilages, enrochements, ...) :
bouteur (bulldozer), pelle mécanique, chargeur à pneus ou à chenilles, décapeuse et nive-
leuse automotrices, camion et tombereau ...

[Link]. Matériel lié au type de barrage

a) Matériel de compactage pour le barrage en remblai


Le compactage des remblais fait appel à des engins spécialisés dont les plus courants se
récapitulent comme suit:
- les compacteurs à pneus, qui conviennent pour le compactage de la quasi-totalité des
sols et qui sont, de ce fait, très utilisés;
- les compacteurs à pieds dameurs, qui s'avèrent très efficaces pour le compactage des
sols fins;
- les compacteurs à rouleaux vibrants, performants pour le compactage des matériaux à
angle de frottement élevé, tels les enrochements ou les sables à granulométrie serrée;
- les pilonneuses, petits compacteurs non autotractés agissant par percussion et utilisés
dans les zones exiguës et inaccessibles aux autres engins de compactage (ex: proximité
de conduites).

Les «compactages» au rouleau compresseur ou par simples passes aux engins chenillés
(bouteurs ou pelle mécanique) sont rigoureusement à proscrire dans la mesure où leur
efficacité s'avère totalement insuffisante.

Il est à noter, enfin, que les types d'engins retenus par l'entrepreneur ainsi que leurs
caractéristiques de lestage et d'emploi (nombre de passes) sont à valider lors de la réalisa-
tion des planches d'essais de compactage (cf. § 6.4).

b) Matériel de bétonnage pour le barrage-poids


Le matériel spécialisé à employer pour la construction d'un barrage en béton ou en maçon-
nerie va dépendre du mode choisi par l'entrepreneur pour la fabrication du béton (ou du
mortier) ainsi que des conditions de mise en œuvre.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 287


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

En Afrique, les bétons sont, en principe, fabriqués sur place, soit en centrale à béton de
chantier pour les plus gros ouvrages, soit à la bétonnière. La mise en place s'effectue de
façon gravitaire (déversement depuis une benne grutée ou un godet d'engin), ou si
nécessaire, à la pompe à béton.

Le matériel lié au bétonnage doit également comprendre les dispositifs de coffrage et les
engins nécessaires à la vibration du béton (aiguille vibrante) ainsi qu'à son nettoyage Get
d'eau sous-pressions) et à son repiquage (perforateur), en vue du traitement des reprises
de bétonnage. La nature et la quantité du matériel mis en œuvre doivent attester de la
capacité de l'entrepreneur à tenir les cadences de bétonnage imposées par le planning
d'exécution des travaux.

[Link]. Matériels spécifiques


Ce sont les matériels non systématiquement mis en œuvre sur les chantiers de petits
barrages et répondant à un problème technique particulier. Il peut s'agir:
- d'engins de foration et d'injection;
- d'excavatrices pour la réalisation de paroi moulée;
- de matériels pour fabrication et mise en place de produits bitumineux;
- etc ...

Ces matériels étant, a priori, moins courants, l'entrepreneur est tenu de fournir les fiches
techniques complètes les concernant et de garantir les compétences des personnels ame-
nés à les utiliser (sous-traitance éventuelle à des entreprises spécialisées).

6.1.3. Planning et phasage des travaux


Par l'établissement du planning d'exécution des travaux, l'entrepreneur projette la mise en
œuvre de ses moyens matériels et humains suivant les différentes phases du chantier et fixe
la durée de chacune d'entre elles, à partir des quantités à réaliser et des cadences estimées.

Le phasage des travaux doit être défini de façon cohérente - certaines parties d'ouvrage
ne pourront être réalisées avant (ou après) d'autres - et explicite. Si nécessaire, l'entrepre-
neur établit dans son mémoire technique, au titre des études préalables, les plans de
phasage des travaux, assortis des croquis explicatifs des éventuelles installations provisoi-
res de chantier (ex.: plan de coffrage et de bétonnage pour un barrage en béton, plan de
mouvement des terres pour un barrage en remblai).

L'enchaînement chronologique des principales phases du chantier de construction d'un


petit barrage ne devrait guère être éloigné du schéma-type proposé dans le tableau
suivant.

Tableau 6.1 : Les principales phases du chantier de construction d'un petit barrage.

288 TECHNIQUE DES PI::TITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

DESCRIPTION SUCCINCTE BARRAGE BARRAGE REMARQUES


DES PHASES SUCCESSIVES EN REMBLAI EN BÉTON

1) Travaux préparatoires
1.1 - Études préalables (conception détaillée x x
et/ou reconnaissances complémentaires)
1.2 - Installationde chantier x x
et implantationdu barrage
1.3- Aménagement des accès et circulations x x
du chantier
1.4 - Aménagement des points d'eau, x x
demandes et accords de prélèvement
1.5- Aménagement des gisements x x
de moellons, sables et graviers
(agréments et demandes éventuelles
d'accords pour les prélèvements)
1.6- Dérivation provisoire du cours d'eau x x
1.7- Terrassement et aménagement x x
des fouillesde fondation
1.8- Préparation des zones d'emprunt x
1.9- Planches d'essais de compactage x
1.1a - Installationde la centrale à béton x
1.11- Essais de convenance des bétons x
1.12- Déboisement et démolitions x x Peut s'étaler sur toute la
dans la cuvette durée du chantier.
2 - Exécution de l'ouvrage
2.1 - Réalisationde la clé d'étanchéité x x Les rideaux d'injection
ou du rideau d'injection peuvent être réalisés avant
les terrassements.
2.2 - Traitement des fondations rocheuses x (si nécessaire) x Curagelbétonnage des
failles et fractures lorsque
sous le barrage.
2.3 - Mise en place des conduites de x x
prise et de vidange
2.4 - Drainage de fondation x (si nécessaire) x
2.5 - Exécution du tapis drainant x
2.6 - Construction du remblai et exécution x
simultanée du drain vertical éventuel
2.7- Coffrage et bétonnage du corps x
du barrage
2.8 - Génie civil des ouvrages de prise x x
et de restitution
2.9 - Génie civil de l'évacuateur de crue x x
(si barrage non déversant)
2.10 - Réalisationdes protection de talus x
2.1\ -Installation et tests des x x
équipements hydrauliques
3 -Travaux de finition
3.1 - Fermeture des zones d'emprunt x
3.2 - Revêtement de crête et x x
de route(s) d'accès
3.3 -Équipements divers et travaux x x
d'aménagement des abords

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 289


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

6.2. LES TRAVAUX PRÉPARATOIRES


Ceux-ci englobent:
- les études préalables à la charge de l'entrepreneur;
- les travaux sur le chantier destinés à préparer l'exécution du barrage proprement dit.

6.2.1. Lesétudes préalables


Afin que cette phase d'études ne soit pas négligée, il est recommandé que le C.C.A.P.
prévoie explicitement une période de préparation suffisante, distincte du délai d'exécu-
tion des travaux proprement dits - période au terme de laquelle les documents résultant
des études à la charge de l'entrepreneur doivent être soumis à l'agrément du maître d' œuvre
et ce, avant tout début d'exécution effective des ouvrages.

[Link]. {tudes de conception détaillée


Dans bon nombre de cas, l'entrepreneur a en charge, au titre du marché, l'établissement
des plans d'exécution des ouvrages (P.E.O.) et de leurs spécifications techniques détaillées
(S.T.D) tels que calculs et plans de ferraillage, calculs de stabilité, plans de foration, etc ...

Le C.C.T.P. du marché devra préciser, sans ambiguïté, la teneur des études, reconnaissan-
ces complémentaires, levés topographiques et calculs en découlant ainsi que la forme et
délais de présentation des documents correspondants (notes de calculs, plans, etc ...).

Pour faciliter la tâche de l'entrepreneur, le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre tien-


dront à sa disposition l'ensemble des informations et documents résultant des reconnais-
sances préliminaires et des études d'avant-projet.

[Link]. {tudes d'exécution


r.:entrepreneur est contractuellement responsable du chantier de construction, de la qua-
lité des travaux exécutés et des ouvrages jusqu'à leur réception par le maître d'ouvrage.

De telles responsabilités ne peuvent laisser libre cours à une quelconque improvisation et


le déroulement du chantier doit être «pensé» par l'entrepreneur bien avant le premier
«coup de godet de pelle mécanique».

Aussi, afin que le maître d' œuvre ne se retrouve pas confronté au problème du difficile
contrôle d'un chantier «à la dérive» (manque de coordination, dépassement du délai
d'exécution, malfaçons diverses, etc ...), il exigera, au travers du C.C.A.P.,I'étabIissement
préalable, par l'entrepreneur, d'un programme d'exécution à soumettre à son agrément.

Ce programme d'exécution se présentera sous la forme d'un mémoire technique com-


portant notamment:

290 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

-les dispositions d'organisation du chantier: moyens, planning et phasage (cf. 6.1.) i


- la provenance et la qualité des matériaux et fournitures utilisés - qui devront s'avérer
conformes aux stipulations du C.C.T.P. et du C.C.T.G. visé par le marché i
- la nature et le programme des essais de convenance et de contrôle en cours de travaux ainsi
que les moyens (en matériels et en personnels) et laboratoire(s) affectés pour la réalisation
de ces essais: essais de caractérisation et Proctor pour un barrage en terre, essais au cône
d'Abrams et de résistance à la compression d'éprouvettes pour un barrage en béton, etc... i
-la description des modes opératoires employés pour chaque phase des travaux, assortie
de tous les plans et notes utiles à une bonne compréhension, tels que: plan de masse,
plan de piquetage, plan de mouvement des terres, plan de coffrage, plan de bétonnage,
dispositions de gestion des fouilles provisoires (talutage, blindage, ...), plans relatifs au
batardeaux et autres ouvrages provisoires, etc ... i
- les dispositions adoptées en matière d'hygiène et de sécurité, de signalisation et de
surveillance du chantier, conformément à la législation en vigueur dans le pays.

Les modalités d'approbation par le maître d' œuvre de l'ensemble des documents issus des
études préalables de l'entrepreneur doivent être précisées dans le c.c.A.P. du marché.

6.2.2. Lestravaux préparatoires proprement dits


Ils consistent essentiellement en :
-l'aménagement des accès et circulations pour la desserte du chantier i
- le piquetage d'implantation des ouvrages;
- les travaux d'aménagement des emprises;
- la réalisation des ouvrages de dérivation.

[Link]. Accès et circulations


Les sujétions d'aménagement des accès et circulations relèvent, en principe, de la charge
et de la responsabilité de l'entrepreneur qui doit en assurer la signalisation et les protec-
tions générales, obtenir l'accord des propriétaires des parcelles à traverser (en liaison étroite
avec les autorités coutumières) et régler les éventuelles indemnités de passage corres-
pondantes.

r.;entrepreneur est tenu d'élaborer un plan de masse du chantier de barrage en localisant


les différents postes de chantier et les pistes de circulation les desservant. Il convient, en
particulier, d'y dissocier sans croisement les pistes nécessaires aux approvisionnements
extérieurs et les pistes de circulation «interne» des engins de terrassement.

r.; entrepreneur peut disposer des voies publiques d'approche sous réserve de respecter l

sous le contrôle des services compétents, les limites et conditions d'exploitation afféren-
tes à ces voies: ilfait lui-même en ce sens toutes les démarches nécessaires pour obtenir
les permissions de voirie et de police. A l'issue des travaux, il devra remettre en leur état
initial les emplacements et équipements utilisés par lui.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 291


~
LE CHANT1ER
DE CONSTRUCTION

[Link]. Piquetage
L'implantation des ouvrages consiste à matérialiser, par rapport à des points de référence
fixes (rattachés si possible au nivellement général du pays concerné ou à des points géo-
désiques connus), l'axe et l'assiette du barrage et des ouvrages annexes tels que canalisa-
tions, drains, évacuateur, ...

Les piquets de référence doivent être préservés pendant toute la durée du chantier. Les
piquets d'implantation sont disposés de façon à ne pas gêner les travaux: par exemple,
piquetage de pied de remblai décalé de quelques mètres par rapport à la limite d'emprise
réelle. Ils sont solidement enfoncés dans le sol puis numérotés. Leur tête est rattachée en
plan et altitude aux points de références visés ci-dessus.

Le piquetage général d'implantation est effectué contradictoirement par l'entrepreneur


et à ses frais, en présence du maître d' œuvre.

Lorsque les travaux doivent être exécutés au droit ou au voisinage de canalisations, câ-
bles, puits, ouvrages souterrains ou enterrés, dépendant du maître d'ouvrage ou de tier-
ces personnes, ceux-ci sont repérés par un piquetage spécial, après recueil de toutes les
informations utiles les concernant.

[Link]. Aménagement des emprises


Il concerne les emprises du barrage et de ses ouvrages annexes, mais également celles des
ballastières (zones d'emprunt), des aires de stockage et de la cuvette.

Selon les indications du C.C.T.P., les travaux d'aménagement d'emprise comprennent:


- l'abattage ou l'arrachage, le dessouchage des arbres, taillis et broussailles avec destruction
ou mise à disposition des produits en résultant;
-le décapage de la terre végétale et son stockage provisoire en vue d'un régalage ultérieur
(elle pourra être utilisée pour la végétalisation du talus aval du remblai) ;
-la démolition et/ou le démontage des constructions et/ou clôtures;
- le traitement des éventuelles venues d'eau:
• sous la partie aval du remblai, par captage superficiel avec drain assurant l'évacuation;
• sous la partie amont du remblai par rabattement de la nappe (pompage) et obturation des
arrivées d'eau;
- la scarification et le compactage de l'assise avec élimination des gros blocs et, au besoin,
correction de la teneur en eau.

[Link]. Dérivation et protection contre les eaux


Dans la plupart des marchés de construction de petits barrages, la conception des ouvra-
ges de dérivation provisoire est laissée à l'entière responsabilité de l'entrepreneur, qui
devra obtenir l'agrément du maître d' œuvre sur les modalités prévues en la matière.

292 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉliENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Pour le dimensionnement de ces ouvrages, ilest d'usage de faire référence à la crue décen-
nale, calculée sur la durée prévisible du chantier. On choisira de préférence une période
d'exécution adéquate (par exemple, en saison sèche), en adoptant - et en faisant respecter -
un planning d'exécution très strict.

Si le débit retenu pour la «crue de chantier» le permet, la conduite de prise ou de vidange


pourra être utilisée pour dériver les eaux du cours d'eau à aménager. Dans le cas contraire,
des ouvrages provisoires devront être construits: chenal terrassé, conduite, batardeaux, etc ...
n conviendra de procéder à leur démontage ou à leur parfaite obstruction (selon le cas) à
l'issue des travaux.

En outre, d'une manière plus générale, l'entrepreneur doit être tenu de mettre en œuvre et
d'entretenir tous les moyens qui s'imposent pour éviter que les eaux superficielles (ruissel-
lement) et souterraines n'altèrent les remblais, les zones d'emprunt et les aires de dépôt ou
de stockage: creusement de fossés, création de drains, etc... .

6.3, TRAITEMENT DES FONDATIONS


Dans la problématique «petits barrages», le traitement des fondations se ramène, en général,
au terrassement des fouilles de l'assise du barrage et à la réalisation de la clé d'étanchéité.
Plus rarement, le projet prévoit des traitements particuliers tels que rideau d'injection, paroi
moulée, etc ...

n s'agit, dans tous les cas, d'une phase cruciale du chantier qui permet de mettre à jour, de
façon totalement éphémère, tous les détails de faciès des sols de fondation, détails
non décelables par les reconnaissances préalables, forcément ponctuelles. L'observation
indispensable et minutieuse des fouilles peut, ainsi, amener à adapter le traitement de la
fondation initialement prévu, dans le sens d'une meilleure sécurité de l'ouvrage.

6.3.1. Exécution des fouilles et de la clé d'étanchéité


[Link]. Dispositions générales
Sauf stipulation contraire du eeT.p., les déblais pour fondation du barrage sont effectués à
sec -l'entrepreneur prenant, à ses frais,toutes les dispositions (batardeaux, écrans d'étanchéité,
pompage, ...) pour assurer l'épuisement des eaux souterraines ou phréatiques.

Le profilage des surfaces de déblai s'exécute conformément aux formes et profondeurs prescrites
au projet, de façon à réaliser le profil théorique dans la limite des tolérances fixées au eeT.p..
Toutes les dispositions doivent être prises pour maintenir les parois des fouilles et empêcher les
éboulements de terrain et l'entrepreneur réalise, en application de son programme d'exécution
et sous sa responsabilité, les étaiements, blindages, purges et/ou talutages nécessaires et ce, en
rapport avec les caractéristiques mécaniques des sols rencontrés et les surchages prévisibles.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 293


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Sauf disposition contraire ordonnée en cours de chantier par le maître d' œuvre, aucune
surprofondeur ne doit être créée par rapport aux cotes du projet. Si une telle surprofondeur
est accidentellement réalisée, le remblaiement nécessaire est effectué, à la charge et aux
frais de l'entrepreneur, suivant des modalités arrêtées en liaison avec le maître d'œuvre.

Les fouilles du barrage et de la clé d'étanchéité doivent faire l'objet d'une réception par le
maître d' œuvre et ce, avant tout commencement de travaux de remblaiement ou de béton-
nage. I..:entrepreneur est tenu d'établir un plan topographique détaillé du fond de fouille
et de la clé d'étanchéité où sont reportés les accidents géologiques, la nature des terrains
effectivement rencontrés et l'importance des éventuelles venues d'eau. La(es) réception(s)
des fouilles fait (font) l'objet d'un procès-verbal où sont consignées les adaptations et
instructions particulières concernant le traitement des fondations.

Les aires de dépôt provisoires ou définitives des déblais sont définies dans le plan de
mouvement des terres à soumettre à l'agrément du maître d' œuvre, au titre des études
préalables. Les matériaux y sont déposés de manière à être stables, à ne pas gêner la
circulation et à être protégés de l'action des eaux de toutes natures: eaux phréatiques, de
ruissellement ou du cours ci'eau en crue. On veille, en particulier, à ce qu'ils ne puissent pas
être entraînés, par exemple, dans les ouvrages de dérivation, de vidange ou de prise d'eau.

[Link]. Dispositions particulières à une fondation rocheuse


I..:emploici'explosif ou de brise-roche est soumis à l'agrément préalable du maître d' œuvre. A
cet effet, l'entrepreneur propose les dispositions et techniques qu'il compte employer afin de
n'entraîner ni dislocation, ni fissures dans la roche restant en place sous l'emprise du barrage.

Les parois rocheuses sont décapées et nettoyées de tous débris altérés. Les fissures visibles
sont alors soigneusement repérées et traitées au coulis de ciment, éventuellement injecté
sous faible pression. Avant mise en place du remblai, le rocher est humidifié sans excès.

[Link]. Dispositions particulières à une fondation meuble


Il convient de rendre aussi homogène que possible le contact entre fondation et remblai.
Si le fond de fouille est particulièrement sec, il est procédé à une scarification et à une
humidification superficielle. Dans le cas contraire, les zones à forte humidité sont recouvertes
de matériaux d'emprunt plus secs.

6.3.2. Traitements spéciaux


[Link]. Injections
Le choix et la qualité des appareils utilisés doivent être vérifiés par le maître d' œuvre, auquel
leur agrément est soumis. Le déroulement détaillé des opérations de forage et d'injection,
ainsi que toutes les observations effectuées, doivent être consignés par le foreur sur un
registre prévu à cet effet ([32], chapitre 3.11).

294 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Les forages pour les injections du sol ou du béton sont exécutés soit par des appareils à
percussion, soit par des appareils rotatifs. Le choix doit être indiqué par le maître d' œuvre
et figurer au C.C.T.P.

L'entreprise doit veiller à ce que les vitesses d'enfoncement et de rotation soient réguliè-
res afin d'éviter les à-coups. Tous les incidents en cours de forage (accélération de la
vitesse d'enfoncement, chute du train de tiges, perte d'eau ...) sont notés et repérés avec
soin ([32J, chapitre 3.11.2).

Quant aux injections proprement dites, le C.C.T.P. en précise le but et les modalités d'exé-
cution qui doivent revêtir un caractère impératif.

L'entrepreneur doit soumettre au maître d'œuvre un programme d'injection décrivant


([32J, chapitre 3.11.3) :
- la répartition et l'ordre des forages;
- le type des coulis à injecter et leur composition;
- le mode d'injection: par passes descendantes, par passes montantes, ou au moyen de
tubes à manchettes;
-les modes de contrôle de la composition des coulis et de mesure des volumes injectés et
pressions d'injection.

Il est bon que le maître d' œuvre communique à l'entreprise les renseignements de nature
géologique et géotechnique en sa possession.

Le coulis est préparé avec soin dans un malaxeur, de manière à ce qu'il soit homogène et
dépourvu de grumeaux. Son transport s'effectue par des tuyaux à l'aide d'une pompe.

Pour chaque type d'injection, l'entreprise fournit un rapport mentionnant ([32J, chapitre
3.11.3) :
- La date et les forages traités avec leur implantation précise;
- les hauteurs des passes injectées et la natures des produits utilisés;
- les quantités injectées et les pressions d'injection au début et à la fin de chaque passe;
- les incidents éventuels et tous autres renseignements utiles.

[Link]. Réalisation de parois moulées (Cf. paragraphe c) du chapitre [Link]. du présent manuel
et le chapitre 3.10 de la référence [32])
La technique d'exécution de la tranchée dépend de la surface de la paroi et de la nature
des sols et aux dimensions caractéristiques de la paroi. Dans tous les cas, l'objectif recher-
ché est que la tranchée ne s'éboule pas avant ou pendant le remplissage au coulis ([32J,
chapitre 3.10) :
- si les terrains présentent une bonne tenue et si la surface de la paroi est peu importante,
l'excavation peut être réalisée totalement en une seule fois, son remplissage au coulis
intervenant au plus tôt après la fin de l'excavation;

TECHNIQUE DES PEms BARRAGES EN AFRIQUE SAIIÉUENNE ET ÉQUATORIAlE 295


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

- pour une paroi de grande surface, comme on l'a YU au chapitre [Link]., l'excavation se
fait par panneaux alternés dont la surface unitaire est compatible avec les cadences du
matériel de fabrication du coulis. Dans une première phase, on creuse les panneaux
primaires, sur au moins 30 cm de largeur ;
- lorsque les terrains présentent une mauvaise tenue des parois ou en présence d'une
nappe phréatique, le creusement des panneaux doit être exécuté sous coulis, c'est-à-dire
que les matériaux excavés sont au fur et à mesure remplacés par du coulis qui, par sa
pression assure la bonne tenue de la tranchée.

Le coulis utilisé est auto durcissant et à base de bentonite et de ciment. Les proportions
indicatives pourront être conformes aux prescriptions du [Link]. Comme pour les
injections, l'entrepreneur doit disposer d'un matériel adapté à la nature des sols et aux
caractéristiques dimensionnelles de la paroi. Là encore, le maître d'œuvre a intérêt à
porter à sa connaissance toutes les données géotechniques en sa possession.

6.4. EXÉCUTION DES REMBlAIS


En complément aux règles de conception des barrages en remblai exposées au chapitre
III, ce paragraphe développe les prescriptions à respecter pour une bonne exécution. Il
s'appuie sur le eeT.G. type (référence [32]), auquel ont été empruntés de larges extraits.

6.4.1. Emprunts
Parallèlement aux reconnaissances et essais sur les matériaux des zones d'emprunt décrits
au chapitre l, l'entrepreneur doit fournir au maître d' œuvre toutes les indications sur leur
mode d'exploitation. En particulier, il doit soumettre à son agrément les mesures propres à
amener la teneur en eau du matériau à l'intérieur des limites prescrites. ~efficacité de ces
mesures pourra, à la demande du maître d' œuvre, faire l'objet d'essais préalables en vraie
grandeur.

La pente du talus des déblais dans les zones d'emprunt ne devra, en règle générale, pas
dépasser la valeur de 1/1.

6.4.2. Confection des remblais


[Link]. Recommandations générales
Les remblais ne doivent pas contenir de débris végétaux, racines, matières organiques,
vases et tourbes. En outre, l'exécution doit être interrompue dans le cas où leur qualité
serait compromise par les intempéries.

Les caractéristiques de mise en œuvre sont: .


- l'épaisseur maximale des couches après compactage ;

296 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTI,R
DE CONSTRUCTION

- les limites de la teneur en eau lors de la mise en place ;


- la densité sèche minimale du matériau à obtenir après compactage.

Il est cependant à noter que les essais de référence du laboratoire sont le plus souvent
réalisés sur des matériaux écrêtés. Il faut donc procéder aux corrections nécessaires pour
déterminer les spécifications de mise en œuvre des remblais.

Les engins modernes de compactage (rouleaux vibrants lourds, tampings ...) permettent d'at-
teindre facilement les densités dépassant 95 % de la densité à l'optimum Proctor normal
lorsque la teneur en eau se situe dans une fourchette de ± 2 % par rapport à celle de l'O.P.N ..

Le eeT.p. peut imposer des prescriptions concernant la granulométrie des matériaux (pour-
centage d'éléments fins, dimensions maximales des gros éléments) selon leur utilisation pour
telle ou telle partie du remblai. Ceci peut conduire à imposer des mélanges de matériaux de
diverses provenances, auquel cas l'entrepreneur doit proposer tout procédé d'homogénéisation
adapté (des essais d'homogénéisation peuvent d'ailleurs être prévus au cahier des charges).

[Link]. Essais préliminaires de compactage


Les opérations de compactage sont définies au cours d'essais préliminaires effectués en
présence du maître d'œuvre ou d'un représentant de celui-ci, sur une aire préparée à cet
effet, à un emplacement agréé par le maître d' œuvre (elle peut être intégrée dans le remblai
définitif, de préférence côté aval dans le cas d'un barrage homogène). Ces essais permettent
de déterminer:
- l'épaisseur maximale des couches;
- le type, les caractéristiques des engins de compactage, leurs paramètres d'utilisation
(vitesse, nombre de passes ...) en fonction de la teneur en eau du sol.

[Link]. Extraction des matériaux


Les matériaux sont prélevés après déboisement et décapage de la surface des ballastières.
Les déblais provenant du décapage, ainsi que tous les débris sont évacués en dehors de
l'emprise des ballastières. Les matériaux pour remblais doivent être soigneusement
débarrassés de tous débris végétaux et avoir, à l'épandage sur le remblai, une teneur en
eau conforme aux spécifications du eeT.p.

Au cas où la teneur en eau naturelle serait supérieure au chiffre maximal,l'entrepreneur


devra l'abaisser par aération du matériau (labour à la charrue, hersage ...) ou mise en
dépôt provisoire par couches minces sur des aires sèches. Ces opérations sont d'autant
plus longues que les matériaux sont fins et cohésifs.

Si les travaux se déroulent en période pluviale, l'entrepreneur doit prendre les précau-
tions nécessaires pour que les matériaux ne soient pas humidifiés au-delà de la limite
maximale et arrêter le chantier, le cas échéant.

TECHNIQUE DES PEms BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIAI.E 297


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Si la teneur en eau est inférieure au chiffre minimal prescrit (cas le plus général en Afrique
,sèche), on doit procéder à une humidification et homogénéisation du matériau au moyen
de dispositifs agréés par le maître d'œuvre. L'arrosage des matériaux peut se faire, soit sur
la ballastière, soit après épandage sur le remblai. La première solution quoique plus
consommatrice d'eau, facilite l'homogénéisation du matériau. La seconde solution impose
de disposer de matériel adapté pour le malaxage du matériau après arrosage et avant
compactage.

[Link]. Transport, épandage et compactage des matériaux


Tous les engins que l'entrepreneur se propose d'utiliser doivent être agréés par le maître
d'œuvre, aussi bien pour les parties courantes des couches que pour les parties difficile-
ment accessibles ou inaccessibles par les engins normaux.

La circulation des engins de régalage et de compactage se fait de rive à rive, sauf impos-
sibilité reconnue par le maître d' œuvre. Sauf spécifications contraires du eCT.p. ou auto-
risation du maître d'œuvre, la liaison entre les couches successives du remblai est assurée
par une scarification superficielle conduite de rive à rive La profondeur de la scarification,
mesurée au-dessous de la surface compactée est fixée soit par le CeT.p., soit par le
maître d' œuvre au cours des essais préliminaires, cette profondeur doit être au moins
égale à 5 cm. Sauf autorisation du maître d' œuvre, la scarification est faite après épandage
de la couche superficielle et à travers elle. Si elle est faite avant, il convient de veiller à ce
que la circulation des engins de terrassement ne vienne refermer la couche inférieure,
auquel cas une nouvelle scarification doit être réalisée. L'utilisation de compacteurs à
pieds dameurs permet de se dispenser de la scarification.

Les sols situés à proximité immédiate d'ouvrages annexes doivent être l'objet de soins
particuliers. Ils sont compactés par couches plus minces au moyen d'engins spéciaux, par
exemple du type dame sauteuse. Le degré de compactage doit être au moins égal à celui
des autres zones du remblai. L'épaisseur maximale des couches après compactage doit
être conforme aux prescriptions du CeT.p. et ne peut, sauf cas particuliers, excéder 40 cm.

Les engins de compactage doivent respecter scrupuleusement les paramètres déterminés


à l'issue des essais préliminaires de compactage (§ [Link]).

Les passages successifs des engins de compactage se recouvrent sur une largeur au moins
égale à une fois et demi l'épaisseur des couches mises en place.

[Link]. Interruption de chantier


Lorsque les matériaux employés en remblai sont sensibles à l'eau, chaque couche élé-
mentaire de remblai doit être réglée de manière telle qu'après compactage, il existe des
pentes suffisantes permettant d'assurer, le cas échéant, une évacuation rapide des eaux
de ruissellement et d'éviter que la couche compactée ne soit détrempée et décomprimée.

298 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Lors des reprises, soit après une pluie, soit après un arrêt de longue durée, la couche
superficielle décomprimée et (ou) de teneur en eau incorrecte est évacuée suivant l'épais-
seur prescrite par le maître d'œuvre.

Toutefois, s'il juge cette mesure suffisante, le sol est scarifié sur toute l'épaisseur décom-
primée, puis recompacté lorsque la teneur en eau est revenue à une valeur acceptable.

[Link]. Profils et talus


Sauf modifications apportées par le maître d' œuvre, les travaux doivent être conduits de
telle manière qu'après terrassements, les profils indiqués dans les dessins soient réalisés
aux tolérances près, compte tenu éventuellement de l'épaisseur des revêtements qui
doivent être appliqués sur les talus, et des éventuelles surhauteurs pour compenser les
tassements ultérieurs.

Les remblais compactés sont toujours exécutés par la méthode du remblai excédentaire
(les surlargeurs nécessaires pour obtenir un bon compactage du profil théorique étant à la
charge de l'entrepreneur) et les tolérances s'appliquent aux parements en terre après
enlèvement soigné de la frange superficielle insuffisamment compactée. Le compactage
suivant les pentes ne peut être utilisé que s'il est explicitement autorisé par le maître
d'œuvre et suivant une procédure à préciser à l'aide d'essais in-situ.

6.4.3. Protection des talus et de la crête


[Link]. Enrochements de protection amont
La mise en place sur le talus amont des enrochements à la pelle mécanique ou au grappin
doit être conduite de telle façon que les plus grosses pierres soient régulièrement distri-
buées dans la masse et que les plus petites ne soient pas agglomérées par zone. Aucun
moyen de mise en place susceptible de provoquer la ségrégation des éléments n'est admis.

Les enrochements seront posés sur des épaisseurs au moins égales à celles indiquées sur
les plans d'exécution. La surface finie de l'enrochement doit présenter globalement un
aspect régulier.

[Link]. Perrés arrangés à la main


Les pierres pour perrés sont mises en place à la main sur couche de pose de façon que
chaque élément soit bien imbriqué dans l'ensemble et à ne laisser que le minimum de vides.
Au besoin, les interstices entre les pierres sont garnis d'éclats enfoncés à refus à la masse.

La pose, effectuée de bas en haut, doit être exécutée avec le plus grand soin, les pierres étant
disposées de telle sorte que leur plus grande dimension soit normale à la surface à revêtir. La
butée de pied à prévoir sera de section triangulaire,avec une profondeur de 50 à 60 cm environ.

TECH~QUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 299


CHAPITRf 6
Lf CHANTlfR
DE CONSTRUCTION

Si la longueur du parement mesurée selon son rampant dépasse 6 m, il est recommandé


de mettre en place tous les 2 à 3 m des rangées horizontales de pierres en boutisses
encastrées dans la couche de pose et dans le talus (cf. figure 3.36 dans le chapitre 3 du
présent manuel).

On a rappelé au paragraphe [Link]. l'importance de la couche de pose. Si elle est consti-


tuée d'un géotextile, il faut veiller particulièrement à ce que les pierres soient disposées
avec une face plane à son contact, afin d'éviter de l'endommager.

[Link]. Crête du remblai


Elle est constituée d'une couche de matériaux insensibles à l'eau, méthodiquement
compactés (à 100 % de l'O.P.N.). La crête doit présenter une pente régulière (dévers) vers
l'amont de 3 à 4 % ou bien une forme en toit avec des pentes régulières vers l'amont et
l'aval de 3 à 4 %. Aucun point bas ni flache n'est toléré sur la crête.

[Link]. Revêtement en terre végétale


Il convient de vérifier le bon accrochage de la couche de terre végétale sur le talus du
remblai et de prendre le cas échéant toute disposition telle le découpage en redans ou
l'installation de grillages ou de fascines ...Avant d'être épandue, la terre doit être brisée en
fines mottes et purgée des pierres et racines. Au fur et à mesure de son épandage, elle est
légèrement compactée par tout moyen approprié. Pour l'enherbement, l'entrepreneur
soumet au maître d' œuvre le choix des espèces à semer ainsi que les techniques et moyens
qu'il compte mettre en œuvre.

[Link]. Butée de pied aval en enrochements


Située au pied aval du remblai, la butée de pied constitue en général le débouché des organes
de drainage. Elle est réalisée en enrochements et doit présenter une perméabilité élevée.

6.4.4. Filtres,drains et collecteurs


Suivant la conception technique du barrage, le C.C.T.P. précise les spécifications de mise
en œuvre des filtres, drains et collecteurs. Une attention particulière doit être portée au
respect des spécifications dimensionnelles de ces organes, ainsi qu'au respect de la régu-
larité des pentes d?ns le sens de l'écoulement pour les drains et collecteurs.

La circulation des engins au -dessus des collecteurs en pve ne peut être autorisée qu'après
mise en place d'une couche de remblai d'au moins 50 cm d'épaisseur au-dessus de la
génératrice supérieure du collecteur.

Dans le cas de filtres et drains en matériaux synthétiques, le C.C.T.P. précise:


- la durée maximale autorisée d'exposition au soleil pour les géotextiles en cours de pose;

300 TECHNIQUE DES PEms BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONST RUCTION

- la préparation et les caractéristiques du support et des couches sous-jacentes;


- le mode de liaison entre lés.

L'entrepreneur doit établir un plan de pose des lés indiquant leur disposition relative et
leur ordre de mise en place. La circulation directe des engins sur les textiles est interdite
et une attention particulière doit être portée à la propreté du textile en cours de pose
(colmatage par boue ou poussière).

Les géotextiles doivent être posés sur des matériaux dont on a éliminé en surface les
pierres anguleuses. Pour éviter leur soulèvement au vent, ils sont lestés ou liés au sol à
l'aide d'épingles. Posés sur des pentes, ils doivent être ancrés en tête de talus, par exem-
ple dans une tranchée d'environ 40 cm de profondeur.

6.4.5. Dispositif d'étanchéité par géomembrane (D.E.G.)


On ne peut considérer une géomembrane dans un ouvrage hydraulique indépendam-
ment des éléments avec lesquels elle entre en contact et qui conditionnent la pérennité
de son étanchéité au cours de la pose et en service.

Ainsi s'introduit le concept de dispositif d'étanchéité par géomembrane (D.E.G.), repo-


sant sur le fond de forme, surface stable dont la géométrie dépend du profil du barrage.

Pour sa conception et sa constitution, nous renvoyons le lecteur vers le chapitre 3.6. du


présent manuel ainsi que vers les références [54] et [56] de la bibliographie. Ce para-
graphe s'efforce néanmoins de donner un certain nombre de recommandations en la
matière.

[Link]. Couche de forme


La couche de forme doit être compactée à une densité sèche au moins égale à 95 % de
l'optimum Proctor normal. Elle doit présenter une régularité de surface suffisante pour
garantir de manière économique l'épaisseur minimale de la couche ·support. L'état de
surface requis est obtenu soit par compactage suivant la ligne de plus grande pente du
talus (pour des remblais de faible hauteur et pour des pentes douces, inférieures à 2,5/1),
soit par la méthode du remblai excédentaire.

[Link]. Couche support


Si la couche support est réalisée avec un matériau d'apport (sable, gravier, grave, maté-
riau lié...), il est nécessaire de :
- vérifier sa granulométrie;
- veiller à ne pas créer de ségrégation à la mise en œuvre;
- contrôler l'état de surface et retirer tout élément agressif;
- compacter les matériaux naturels, au minimum à 95 % de l'optimum Proctor normaL

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 301


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Les matériaux pulvérulents sensibles au ravinement, à la circulation de chantier et au


batillage, peuvent être stabilisés: traitement par différents liants, matériaux d'apport moins
sensibles, ... Les caractéristiques chimiques (pH) du matériau après stabilisation aux liants
doivent être compatibles avec la géomembrane et les géotextiles éventuels.

Les engins de chantier ne doivent pas entraîner de déformation ou de modification de la


texture superficielle (ornière, dégagement de caillou isolé, ...) incompatibles avec les
caractéristiques de la géomembrane.

La couche support peut, soit comprendre, soit être constituée par un géotextile anti-
poinçonnant et/ou drainant et/ou filtrant. Lors de sa mise en œuvre, l'entrepreneur doit
veiller:
- à ne pas arracher des matériaux de la couche de forme i
- à éviter tous plis i
- au recouvrement ou à la liaison des nappes i
- au lestage i
- au raccordement des ouvrages.

[Link]. Plan de pose


L'entrepreneur doit établir un plan de pose des lés indiquant leur disposition relative et
leur ordre de mise en place. Les joints horizontaux entre lés successifs sont à éviter sur les
pentes, car ils sont soumis à des efforts de traction.

[Link]. Mise en place


Lors de la mise en place de la géomembrane, on respectera les recommandations suivantes:
- limiter au maximum les opérations de manutention des rouleaux pour éviter, en
particulier, la détérioration de l'état de surface de la structure support;
- dérouler la géomembrane en respectant les largeurs minimales de recouvrement et
d'ancrage;
- sur talus, dérouler de haut en bas pour faciliter la mise en œuvre et minimiser la
dégradation du support;
- positionner la ligne d'assemblage de préférence suivant la ligne de plus grande pente i
- interdire, par principe, à tout véhicule de circuler sur la géomembrane, sauf dispositions
particulières à justifier par l'entreprise auprès du maître d' œuvre.

[Link]. Assemblage
L'assemblage des lés doit se faire en se conformant strictement aux spécifications propres
aux différents types de géomembranes (par soudure ou par collage, selon la nature de la
géomembrane). Il est déconseillé de réaliser les joints par temps de pluie ou par vent
violent. Les largeurs minimales de chevauchement des lés doivent être scrupuleusement
respectées. Les surfaces à raccorder doivent être propres et sèches.

302 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

A la fin de la mise en œuvre, un contrôle systématique et continu des assemblages est à la


charge de l'entrepreneur qui en précisera la technique (simple contrôle visuel ou appa-
reillage adapté au type de géomembrane).

[Link]. Ancrages
En tête de talus, la géomembrane doit être ancrée, d'abord provisoirement pour la durée
de la mise en place du D.E.G., puis définitivement à l'achèvement de la couche de protec-
tion et après qu'elle se soit mise en place convenablement.

L'ancrage provisoire en tête a un double rôle:


- empêcher le glissement de la géomembrane sur le talus;
- participer à la résistance de la géomembrane non lestée aux efforts de soulèvement
entraînés par la dépression due au vent.

L'ancrage définitif est impératif pour les géomembranes non protégées. En pratique, ilse
réalise selon une des trois techniques suivantes:
- enfouissement dans une tranchée creusée en tête de remblai puis remblayée (cf. figure
3.39 dans le chapitre 3) ;
- repli horizontal de la partie supérieure de la géomembrane, au dessus des P.H.E., puis
achèvement du remblai jusqu'à la crête;
- lestage de la membrane simplement posée sur le parement. Ce lestage peut se faire au
moyen de dalles en béton ou d'enrochements posés sur un géotextile antipoinçonnant.

Pour les talus présentant une grande longueur de rampant, il peut s'avérer nécessaire de
réaliser des ancrages intermédiaires. La solution la plus courante consiste à prévoir une
ou des risbermes sur le talus et à y réaliser des ancrages semblables à l'ancrage en tête.

L'ancrage en pied doit assurer la continuité de l'étanchéité entre la fondation et la


géomembrane (cf. à ce sujet les figures 3.40 et 3.41 du chapitre 3).

[Link]. Raccordement aux ouvrages annexes


Par expérience, le compactage des remblais autour des points singuliers est souvent
insuffisant car difficile à réaliser. Les zones de raccordement sont très souvent soumises à
des tassements différentiels que la géomembrane peut absorber sans rupture, pour autant
que les dispositions constructives adéquates aient été adoptées. Dans cette optique, les
principes généraux de raccordement à différents ouvrages sont les suivants:

a) Raccordement aux surfaces planes


- Pour les géomembranes bitumineuses, l'étanchéité au droit du raccordement est assurée
par soudure de la géomembrane sur le support préalablement enduit par un bitume solvanté
appelé" enduit d'imprégnation à froid" (E.I.F.), à l'exclusion de toute émulsion bitumineuse
classique. La fixation mécanique au support est obtenue par serrage d'un réglet métallique

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 303


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

inoxydable ou d'un profilé inaltérable (métal ou plastique) chevillé; cette fixation n'a
pour but que de s'opposer à l'arrachement, l'étanchéité étant assurée par la soudure;
- Pour les géomembranes de synthèse, l'étanchéité au droit du raccordement est assurée
par la fixation mécanique d'un réglet métallique inoxydable ou d'un profilé inaltérable
(métal ou plastique) qui comprime deux bandes compressibles étanches placées de part
et d'autre de la géomembrane. Un couvre-joint en géomembmne vient éventuellement
compléter ce dispositif.

b) Raccordement aux canalisations sur pente


Deux solutions sont couramment retenues:
- tête de canalisation bétonnée et raccordement étanche de la géomembrane sur le béton;
- manchon préfabriqué en géomembrane habillant l'extrémité de la canalisation et
assemblé sur la géomembrane en partie courante.

[Link]. Structure de protection

La conception de la structure de protection (choix des matériaux, dimensionnement, ...)


est fonction :
- des différentes agressions susceptibles d'endommager la géomembrane;
- des conditions de lestage requises pendant toutes les étapes de la vie de l'ouvrage;
- sur talus, des conditions mécaniques régissant la stabilité tant de la pente revêtue par le
D.E.G. que du [Link]-même.

La structure de protection doit être à la fois souple et perméable pour permettre la dissi-
pation des sous-pressions.

a) Protection en matériaux granulaires


L'épaisseur de la protection varie habituellement entre 30 et 50 cm. Autant que faire se peut,
le matériau est approvisionné de manière à ce que les engins et les camions ne se déplacent
que sur des surfaces préalablement recouvertes. L'approvisionnement et le régalage doivent
se faire du pied vers la crête des talus. Le bennage direct de matériaux anguleux est proscrit.

Le compactage doit être effectué en montant à partir du pied de talus et en suivant la


ligne de plus grande pente tout en évitant les effets dynamiques (inversion de marche).
L'engin de compactage est tracté à partir de la crête dans le cas de pentes supérieures à 1/3.
Le réglage après compactage doit se faire de la crête vers le pied de talus.

b) Protection par liants hydrauliques ou bitumineux


Il convient d'interposer un matériau de séparation entre la géomembrane et le matériau lié ;
dans de nombreux cas, la mise en place d'un géotextile s'avère être la solution adaptée.

Le compactage des matériaux liés, du fait de la température de mise en œuvre, peut être
préjudiciable à la géomembrane. Des planches d'essais permettent de fixer le mode
opératoire de mise en œuvre.

304 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

6.5, EXÉCUTION DES OUVRAGES EN BÉTON ARMÉ


Le calcul et l'exécution des ouvrages et constructions en béton armé doivent satisfaire aux
prescriptions des règlements en vigueur. En général, on se réfère à la méthode des états
limites (B.A.E.L. 91). Pour les calculs et règles conceptuelles, on se reportera donc aux
documents qui l'exposent. Dans ce paragraphe, nous rappellerons cependant quelques
principes essentiels, extraits de la référence [32].

6.5.1. Caractéristiques et fabrication des bétons


L'étude de la composition des bétons incombe à l'entrepreneur qui doit la faire exécuter
par un laboratoire agréé par le maître d'œuvre; cette composition doit être soumise à
l'agrément du maître d'œuvre avant d'être utilisée sur le chantier.

Le béton est fabriqué mécaniquement par mélange simultané de tous ses constituants. Les
constituants sont introduits dans le malaxeur dans l'ordre suivant: granulats gros et moyens,
ciment, sables puis eau. Les dispositifs de mise en œuvre doivent donner toutes garanties
quant à:
- la précision et la fidélité du dosage;
- l'homogénéité du mélange après malaxage.

La durée de malaxage fixéelors des essais particuliers ne doit pas être inférieure à trois minutes.
Le béton prêt à l'emploi, s'ilest accepté par le maître el' œuvre, doit provenir de centrales agréées.

6.5,2. Essai de contrôle des bétons


Ils consistent en :
- mesure de la résistance à 7 et 28 jours en compression;
- mesure de masse volumique et d'affaissement au cône d'Abrams.

Les prélèvements d'éprouvettes sont au minimum de 3 par partie d'ouvrage et de 6 par


ouvrage ou par semaine de bétonnage.

6,5,3, Coffrages, échafaudages et cintres


Les coffrages doivent présenter une rigidité suffisante pendant les opérations de mise en
place et de pervibration du béton. Ils doivent être étanches pour éviter toute perte de
laitance ou de mortier. La mauvaise tenue d'un coffrage entraîne la démolition et la
reconstruction de la partie d'ouvrage concernée, aux frais de l'entrepreneur.

6.5,4, Armatures
Le façonnage des armatures doit être conforme aux fiches d'identification. Au cas où l'entrepre-
neur n'exécute pas lui-même le façonnage, le sous-traitant doit être agréé par le maître el' œuvre.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 305


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Les soudures bout à bout sont interdites. Les recouvrements, ancrages et autres défini-
tions de détail doivent être conformes aux règlements en vigueur. Les armatures en
attente en acier doux peuvent être pliées et dépliées. En revanche, les aciers haute adhé-
rence ne doivent subir aucune déformation après façonnage.

L'enrobage des armatures par le béton doit faire l'objet d'une attention particulière.
A cet effet, les cages d'armatures sont positionnées au moyen de cales et étriers de
dimension appropriée. Les épaisseurs habituellement prescrites pour l'enrobage
des armatures sont de 3 à 4 centimètres. Le non respect des épaisseurs d'enro-
bage est un défaut souvent constaté sur les ouvrages en béton armé. La consé-
quence en est l'oxydation des armatures qui entraîne l'éclatement du béton qui les
recouvre

6.5.5. Mise en place et durcissement du béton


Lors du transport et de la mise en place du béton, toutes les dispositions doivent être
prises pour éviter la ségrégation. Le béton doit être soigneusement vibré jusqu'à ce que le
mortier reflue légèrement à la surface de manière à expulser tout l'air et assurer le rem-
plissage complet des vides.

L'aiguille doit être enfoncée et retirée suivant son axe sans être déplacée horizontalement
dans le béton. Il faut éviter de vibrer les aciers et les coffrages. Pendant le bétonnage,
l'entrepreneur doit disposer de matériel de secours afin de pallier à toute panne du maté-
riel de vibration. Les irrégularités de coffrage et les défauts de bétonnage doivent être
repris selon un procédé agréé par le maître d'œuvre.

Par temps chaud, toutes les mesures doivent être prises pour assurer la cure du béton
et éviter sa fissuration superficielle. Les parties d'ouvrages récemment bétonnées
seront recouvertes de paillassons, sacs de jute, géotextiles ou tout autre moyen
adapté et régulièrement maintenues en état d'humidité pendant au moins deux à trois
jours.

6.5.6. Traitement des reprises


A la fin du bétonnage de chacune des levées, la surface de la reprise est complètement
nettoyée et purgée des laitances en employant des brosses dures et tous outils appropriés,
ou bien un mélange d'air et d'eau sous pression de manière à ce que cette surface soit
propre, rugueuse et débarrassée de toutes parties friables.

A chaque reprise, la surface du béton est complètement repiquée. Une couche de mortier
est épandue sur la surface de reprise avant le bétonnage de la levée supérieure.

Le mortier de reprise est en général dosé à environ 600 kg de ciment par m3 de sable et
l'épaisseur de la couche de reprise est de 3 à 4 cm.

306 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTiON

6.5.7. Cas particulier du béton coulé pleine fouille


Lorsque les parois d'une fouille sont suffisamment régulières ou lorsque l'on souhaite obte-
nir une très bonne liaison entre l'ouvrage en béton et le massif environnant, le maître d' œuvre
peut décider la suppression des coffrages et la mise en place du béton à pleine fouille.

6.6. EXÉCUTION DES OUVRAGES EN MAÇONNERIE


*** cf. chapitre [Link]. du présent manuel.

6.7. EXÉCUTION DES OUVRAGES EN GABIONS


Cette partie a pour but de rappeler les grandes lignes des recommandations de mise en
œuvre des gabions et matelas Reno, en complément au paragraphe 5.3 du présent
manuel. Nous conseillons cependant au lecteur ayant à employer des gabions pour la
construction de barrages, de consulter la référence [12] «Les ouvrages en gabions», dont
est d'ailleurs extraite la plupart des prescriptions techniques exposées ci-après.

6.7.1. Lesmatériaux de remplissage


Le choix des matériaux de remplissage, soumis à l'agrément du maître d'œuvre, devra se
porter sur des pierres ayant le plus grand poids volumique possible (22 kN/m3 au mini-
mum). Elles devront êtres dures et non friables, propres et de forme régulière.

La granulométrie est choisie pour que les blocs ne passent pas à travers les mailles du
grillage: leur plus petite dimension est au moins égale à 1,5 fois la distance entre les deux
côtés torsadés de la maille (150 à 250 mm pour la maille 100 x 120, 120 à 200 mm pour la
maille 60 x 80). On évitera cependant les trop gros blocs (leur plus grande dimension doit
être inférieure à la moitié de l'épaisseur du gabion).

Dans le cas des matelas Reno, ces recommandations restent valables. On privilégiera tou-
tefois les cailloux roulés pour leur remplissage (granulométrie conseillée: 90 à 120 mm
pour la maille courante de 60 x 80).

6.7.2. La mise en œuvre des gabions


Les gabions, livrés généralement en fardeaux, doivent être dépliés sur une surface très
plane. Les côtés avant et arrière, ainsi que les têtes, sont relevés pour former une boîte
parallélépipédique. Le couvercle est laissé ouvert en attente et les arêtes (y compris celles
des diaphragmes) sont ligaturées, en faisant un double tour une maille sur deux.

On place la cage ainsi façonnée en la juxtaposant à celles déjà installées dans l'ouvrage.
On veillera à bien plaquer ses faces aux voisines en utilisant un maillet en bois.

TECHNIQUE DES PEms BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 307


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Pour assurer le monolithisme de l'ouvrage, on ligature ensuite les gabions entre eux en
utilisant la technique évoquée précédemment (on peut aussi utiliser un système d'agrafes
du type de celles mises au point par FRANCE GABIONS).

Les cages sont disposées face à face et dos à dos: les couvercles ainsi placés en vis-à-vis
sont ligaturés à l'aide d'un seul et même fil. A chaque fois que ce sera possible, on englo-
bera dans une même opération de ligature les arêtes des cages en cours de montage et
celles des gabions qui ont déjà pris place au sein de l'ouvrage.

Pour tendre les fils sans blesser la galvanisation, on utilisera, de préférence à des pinces
ou des tenailles, de petites barres de bois ou de métal sur lesquelles on enroulera leur
extrémité.

Afin d'obtenir une bonne planéité des faces verticales vues, ainsi que leur bon aligne-
ment, on peut les rigidifier pendant le remplissage à l'aide de piquets et de planches, ou
d'un bâti préfabriqué en métal.

Comme on l'a vu au paragraphe 5.3, toute précaution devra être prise pour éviter la
déformation des gabions sous l'effet du passage des crues. Les déformations maximales
admises après la mise en œuvre, tant sur le plan horizontal que vertical n'excéderont
pas 5 cm. On placera à cet effet en leur sein des tirants horizontaux espacés d'au plus
33 cm:
- un lit à mi-hauteur pour les gabions-semelles;
- deux lits (au 1/3 et au 2/3 de la hauteur) pour les gabions de 1 m d'épaisseur.

L'écartement entre tirants sera réduit si l'ouvrage doit supporter de forts débits de crues
(surtout dans le cas des dissipateurs en gradins).

Pour le cas où l'on doit obtenir des formes géométriques spéciales, les gabions sont façon-
nés par simple pliage à l'exclusion de tout découpage.

Lorsque le remplissage est achevé, on retire les piquets d'angle et on rabat le couvercle.
Les trois arêtes libres sont alignées et positionnées en face des arêtes des gabions situés à
côté (à l'aide d'un levier ou d'une pince du type représenté à la figure 5.15), puis enfin
ligaturées. Un soin particulier doit être apporté à la fermeture des coins.

Dans le cas d'une structure rectiligne relativement longue (un déversoir par exemple), au
lieu d'aligner les gabions pièce par pièce, on emploie un tendeur du type TIRFOR. Une
des extrémités d'un rang de gabions vides, ligaturés au préalable, est solidement attachée
au TIRFOR à l'aide de tuteurs et d'une barre de tension [12].

Après mise en tension d'une longueur suffisante (jusqu'à 3D m), les gabions sont ligaturés
unitairement au rang inférieur puis emplis, ou bien emplis immédiatement s'ils consti-
tuent le rang de la base de la structure (12].

308 TECHNIQUE DES PITITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATOIUALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Si l'on utilise des fils revêtus de PVC, on ne doit pas endommager le revêtement:
- manutention précautionneuse;
- mise en œuvre soignée;
- limitation de la hauteur de chute des matériaux de remplissage à 0,50 m.

6.7.3. La mise en œuvre des matelas Reno


Les principes de mise en œuvre énoncés au paragraphe 6.7.2 sont, pour la plupart,
applicables aux matelas Reno. Nous ne donnerons donc ici que les prescriptions qui
leur sont spécifiques.

- Lorsqu'un retour horizontal du matelas en pied de talus est prévu, les cages ne doivent
pas être découpées pour être mises à la dimension des fouilles. On procédera plutôt à un
élargissement de la tranchée ou à un façonnage des cages par pliage.

- Le remplissage des matelas est effectué mécaniquement, en général. On doit cependant


procéder à un arrangement de finition.

- Pour chaque cellule de 2 m2, on dispose en son milieu au moins deux tirants (à 0,30 fi
de part et d'autre de l'axe du matelas), reliant le fond au couvercle [12].

- Pour faciliter l'alignement des matelas en bord de talus, on peut les ancrer en plantant
des piquets dans les angles internes de la partie supérieure des cages (un piquet planté
dans un matelas sur deux). Si la pente du talus est très raide, on fixe les matelas Reno à
l'aide de piquets de bois fichés dans le sol, placés à l'extrémité supérieure de chaque cage
et espacés d'au maximum 2 m dans chacune d'entre elles [12].

- Contrairement aux gabions-boîtes, le couvercle des matelas Reno est complètement


indépendant. Pour les fermer, on utilisera d'ailleurs de grandes nappes de grillage en
rouleaux, ligaturées sur plusieurs gabions juxtaposés.

6,8, CONTRÔLE DU CHANTIER


L'organisation, la conduite et la surveillance du chantier de construction relèvent de la
responsabilité et de la compétence exclusives de l'entrepreneur.

Dans la réglementation française de l'ingénierie, l'intervention du maître d'œuvre sur le


chantier consiste en un «contrôle général des travaux» (C.G.T.). Cette mission comprend
explicitement et exclusivement les éléments suivants:
- organisation et direction des réunions de chantier. Rédaction et diffusion des comptes
rendus de ces réunions. Information systématique du maître d'ouvrage sur l'état
d'avancement et de prévision des travaux et des dépenses, avec indication des évolu-
tions notables;

TECHNIQUE DES PEms BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE 309


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

- contrôle de la conformité de l'exécution des travaux aux prescriptions des pièces con-
tractue~~es' en matière de qualité, de délai et de coût;
- établissement et délivrance des ordres de service et procès-verbaux.

6.8.1. Organisation générale du contrôle des travaux


Pour assumer au mieux une telle mission de contrôle, le maître d'œuvre dispose de plu-
sieurs moyens.

Le premier de ces moyens est l'organisation de réunions de chantier périodiques, à une


fréquence modulable (au minimum, une par semaine) scion la phase en cours du chan-
tier. Des réunions extraordinaires peuvent se tenir, à la demande de l'entrepreneur, pour
traiter de problèmes particuliers apparus en cours de chantier ou pour procéder à la
réception d'une partie d'ouvrage.

Lors de ces réunions, un tour complet du chantier est effectué et le maître d' œuvre se fait
communiquer, par l'entrepreneur, les résultats des essais et épreuves de convenance et de
contrôle (interne) concernant les fournitures, les matériaux et les ouvrages. Le maître d'œuvre
consigne systématiquement les informations et décisions dans un compte rendu de la réu-
nion. A l'occasion de celle-ci, ilpeut également procéder à ses propres essais de vérification.

En effet, à côté des essais de convenance (prévus au marché) et des essais de contrôle
(interne) conduits par l'entrepreneur, et à ses frais, en application de son programme
d'exécution, des essais de vérification peuvent (et doivent) être réalisés à l'initiative du
maître d'œuvre, soit par lui-même, soit par un laboratoire à sa convenance, et ce afin de
s'assurer de la conformité des fournitures, matériaux et/ou ouvrages avec les prescrip-
tions contractuelles.

L'entrepreneur est tenu de fournir, sur ordre du maître d' œuvre, les échantillons ou éprou-
vettes nécessaires à ces essais. Il est intéressant de prévoir, dans les clauses du marché, la
facturation à l'entrepreneur de tous les essais de vérification qui révéleraient les maté-
riaux et ouvrages testés non conformes. Pour éviter tout litige, cependant, ces essais
doivent être réalisés selon les normes en vigueur.

Le maître d'œuvre ou son représentant peut effectuer des essais de vérification à l'occa-
sion de visites impromptues du chantier. n est indispensable que ces visites fassent égale-
ment l'objet d'un compte rendu écrit: cela peut être~ par exemple, sous la forme d'une
fiche de visite, remplie par le maître d' œuvre et s'inspirant du modèle du tableau 6.2.

Lors de sa mission de contrôle, le maître d'œuvre prête également attention au respect


des délais d'exécution (des études préalables comme des travaux proprement dits) et du
planning du chantier. S'il constate un retard, il doit exiger de l'entrepreneur la mise en
œuvre des moyens supplémentaires nécessaires pour tenir le délai d'exécution, sans, bien
sûr, nuire à la qualité des prestations et des ouvrages.

310 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAIIÉUENNE ET ÉQUATORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

La nature des vérifications (visuelles et/ou par essais) à effectuer est, évidemment, dé-
pendante de celle des travaux et, donc, du type de barrage en construction. Aussi, nous
énumérons dans les paragraphes suivants les vérifications spécifiques aux barrages en
remblai puis aux barrages en béton ou en maçonnerie.

Tableau 6.2: Exemple de fiche de visite de chantier.


Travaux :
Maître d'ouvrage:
Maître d' œuvre:
Entreprise :

VISITE DE CHANTIER DU Heure:


Participants :
Maître d'ouvrage: convoqué 0 présent 0 absent 0
Entreprise : convoquée 0 présente 0 absente 0
Travail en cours le jour de la visite:

Engins présents 0 Ouvriers présents 0


Date de début des travaux : Délai d'exécution: Date de fin des travaux :
ÉTAT D'AVANCEMENT :

CONFORMITÉ - CONIRÔLES - DÉCISIONS - REMARQUES

DOCUMENT: Adressé 0 à l'entreprise 0 VISAS (facultatifs)


remis 0 au maître d'ouvrage 0 Entreprise :
Signature:
Maître d'ouvrage:
Signature :
N.B. : Le maître d'œuvre n'est pas responsable des questions liées à l'hygiène et à la sécurité du
chantier. Les observations suivantes ont cependant été faites à l'entreprise:
o Signalisation
o Port des équipements de sécurité
o Autre
Ces observations n'ont aucun caractère obligatoire ni exhaustif.
Exemplaire destiné à l'entreprise 1er feuillet

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉliENNE ET ÉQUATORIALE 311


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

6.8.2. Contrôle des barrages en remblai


Les vérifications à conduire par le maître d'œuvre portent ici essentiellement sur :
- l'élimination de la terre végétale (assise du barrage et zones d'emprunt) ;
-la profondeur de la clé d'étanchéité (réception des fouilles à prévoir) ;
- la qualité et la conformité des matériaux d'emprunt : granulométrie, teneur en eau,
caractéristiques mécaniques, aptitude au compactage, perméabilité;
- la mise en place correcte des conduites sous remblai: qualité des joints et soudures,
écrans anti-renards, enrobage béton ... ;
- la qualité de construction du remblai: épaisseur des couches, scarification, nombre de
passes des engins, contrôle de compactage (cf. remarques cicaprès) ;
-la provenance et la qualité des matériaux drainants ainsi que le mode d'exécution des
drains et collecteurs;
- le profil de la crête et la géométrie du remblai.

II convient de souligner que le contrôle de compactage est un des points fondamentaux


pour la bonne réussite du chantier.

Les essais préliminaires ayant permis de déterminer les caractéristiques de compactage,


c'est-à-dire le type d'engins à utiliser, la vitesse de ces engins et le nombre de passes
à effectuer en fonction de l'épaisseur des couches à compacter et de la teneur en eau
des matériaux, le contrôle consistera à s'assurer que ces caractéristiques sont bien
respectées.

II portera essentiellement sur les points suivants:


- contrôle de l'homogénéité et mesure de la teneur en eau des matériaux prélevés en
zone d'emprunt;
- mesure de l'épaisseur et de la tenéur en eau du matériau répandu sur le remblai avant
compactage ;

Prélèvements

Couche superficielle

Figure 6.3. :
Méthode de
prélèvement pour
vérifier la qualité
du compactage in Sous-couche
situ.

312 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUAIORIALE


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

- contrôle de la densité sèche et de la teneur en eau après compactage dans toute l'épais-
seur de la couche (cf. figure 6.3.). Une densité sèche trop faible après le compactage peut
provenir soit d'une teneur en eau située hors des limites prescrites, soit d'un compactage
insuffisant.

Photo 6.1. : Densitomètre à membrane.

PIlOta 6.2. : Galllmadensimètre.

TECIINIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHËUENNE ET ÉQUATORIAl.E 313


CHAPITRE 6
LE CHANTIER
DE CONSTRUCTION

Dans tous les cas, l'entrepreneur est tenu de prendre, avant mise en œuvre de la couche
supérieure, toutes les mesures appropriées telles que rectification de la teneur en eau par
hersage ou arrosage selon les cas et compactage supplémentaire. Ces travaux ne donnent
lieu à aucune plus-value.
- contrôle de la liaison entre les couches successives;
- contrôle de la vitesse et du nombre de passes des engins de compactage.

Périodicité
Ces contrôles et mesures doivent être exécutés au moins deux fois par jour (dans la
référence [32], nous préconisons aussi une mesure tous les 1000 m3).

En outre pour chaque nature de sol mis en œuvre, des mesures de densité sèche
après compactage devront être effectuées à un rythme plus ou moins grand suivant
l'importance des ouvrages et leur nombre défini au cahier des clauses techniques
particulières.

Matériel de contrôle
- Le densitomètre à membrane: on réalise un trou dans le remblai compacté. On me-
sure le volume du trou à l'aide du densitomètre qui comporte une membrane appliquée le
long des parois du trou par une pression d'eau que l'on injecte au moyen d'un piston.
Le volume est lu sur le piston gradué. Ensuite on pèse la terre retirée et on mesure sa
teneur en eau.
- Le gammadensimètre: On lit directement la teneur en eau mesurée par rayonnement
nucléaire. Son utilisation permet d'augmenter nettement le nombre de mesures.
- La mesure est également possible par la méthode dite de la « densité au sable ».

Notons enfin que le simple contrôle visuel du remblai permet souvent de repérer l'insuf-
fisance de la teneur en eau ou au contraire son excès (dans ce dernier cas, apparaissent
des phénomènes de matelassage lors du passage de l'engin) [40].

6.8.3. Contrôle des barrages en béton ou en maçonnerie


La qualité de l'ouvrage repose en grande partie sur celle du béton et de la façon du béton-
nage. Aussi, les vérifications du maître d' œuvre s'intéressent plus particulièrement à :
- la qualité des granulats pour béton ou mortier: granulométrie, essai de l'équivalent de sable;
-la nature et le dosage en ciment; .
- la teneur en eau des bétons avant mise en œuvre: essais au cône d'Abrams (affaisse-
ment compris entre 6 et 8 cm en l'absence d'adjuvants) ;
- la résistance à la compression du béton: essais sur éprouvettes normalisées coulées in
situ, pour valeur à 3, 7 et/ou 28 jours;
- le ferraillage: nature, nombre et disposition des aciers, respect de l'épaisseur d'enrobage;
- le mode de bétonnage: traitement des reprises de bétonnage, hauteur de déversement,
façon de la vibration;
- la protection du béton coulé: bâchage, cure, ...

314 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉUENNE ET ÉQUATORIALE


Conclusion
Bibliographie

Conclusion générale
L'objet de ce manuel est d'expliquer les principes de conception et les techniques de
construction des petits barrages dans le contexte particulier de l'Afrique sahélienne et
équatoriale. Au terme de cet exposé que l'on a voulu le plus complet possible, il nous
paraît essentiel de dégager quelques idées maîtresses qui apparaissent en filigrane à
plusieurs reprises dans le texte.

Au niveau de la conception
En premier lieu, il convient d'être très attentif aux spécificités du site. Chaque cas est
particulier et il faut donc éviter de reproduire des coupes - types « passe partout ».

En outre, un aménagement doit être pensé pour les usagers. Concernant le choix du site,
entre les deux critères « optimum géographique» et « proximité des utilisateurs », on
s'efforcera dans la mesure du possible de privilégier le second. Par ailleurs, on veillera à
employer des technologies à la portée des utilisateurs, en particulier si l'on veut qu'ils
s'acquittent convenablement de l'entretien courant.

Dans le même ordre d'idée, on devra privilégier la simplicité dans les choix conceptuels.
Rien ne sert de prévoir des ouvrages trop compliqués. Bien au contraire, on aura intérêt,
pour faciliter le suivi, l'entretien et l'exploitation, à prévoir des dispositifs simples et
robustes. Ceci est particulièrement vrai pour les nombreux barrages construits dans des
sites isolés.

Au niveau de la réalisation
A propos de la phase chantier, nous n'insisterons jamais assez sur la nécessité d'obtenir
une très grande qualité de réalisation, notamment grâce à une surveillance très stricte.
Quel que soit le type de barrage adopté, l'exécution doit être très soignée. Bon nombre
d'organes et de parties d'ouvrage seront inaccessibles une fois les travaux achevés. Le
contrôle de la bonne exécution de ceux-ci est donc un point fondamental.

Cependant, il faut souligner qu'en la matière, la plupart des maîtres d'œuvre et des entre-
prises qui interviennent en Afrique ont accumulé une riche expérience depuis plusieurs
décennies et fournissent le plus souvent des réponses appropriées aux problèmes qui
peuvent sc poser.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 353


Conclusion
Bibliographie

Au niveau du suivi
Dès le stade du projet et, plus tard, lors du suivi et de la surveillance du barrage, le souci
de sécurité sera permanent. En particulier, la recommandation visant à la simplicité des
ouvrages ne devra pas se traduire par une diminution de la sécurité. Les choix techniques
et la qualité de la réalisation devront au contraire tendre à l'accroître.

La nécessité de l'entretien nous semble également essentielle à rappeler, et notamment du


petit entretien courant. Un barrage bien conçu doit en effet avoir une durée de vie qui
dépasse largement le demi-siècle. Il va sans dire cependant que, dans les années à venir,
l'entretien de la totalité du parc de barrages existants constituera une lourde charge pour les
Etats. Le problème est financier, mais aussi organisationnel. Dès la conception de l'ouvrage,
la question de sa maintenance devrait être examinée sous l'angle de la répartition des rôles
et des moyens: aux services étatiques, les interventions lourdes, aux utilisateurs, le petit
entretien courant. I.:idéal serait de prévoir un budget pour la maintenance, mais la disparité
et la limitation dans le temps des financements y font obstacle la plupart du temps,
obligeant les services concernés à réagir au coup par coup et souvent dans l'urgence.
Néanmoins, un certain effort pourrait être consenti en la matière.

Enfin, par delà les questions techniques, ilserait souhaitable de prolonger les projets par
un protocole de suivi-évaluation, et ce dans plusieurs domaines:.

- santé et bien-être des populations bénéficiaires;


- environnement;
- économie.

Nous espérons donc que ces quelques idées, ainsi que les méthodes développées tout au
long de ce manuel, permettront aux concepteurs de conforter leur expérience en matière
de barrages et leur suggéreront un certain nombre de pistes techniques pour diversifier et
améliorer leurs projets.

354 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


Conclusion
Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE

[1] Étude critique des petits barrages en terre - Rapport au gouvernement de Haute
Volta - SORDOILLET, POST et HLAVEK - F.A.O. - 1967.

[2] Techniques rurales en Afrique - Les petits barrages en terre - SOGETHA Grenoble
-1968.

[3] Étude systématique de déversoirs en béton et de digues déversantes revêtues d'un


perré au mastic bitumineux - SOGREAH Grenoble -1962.

[4] Technique des barrages en aménagement rural - Ministère de l'Agriculture - Paris


- Nouvelle édition 1989.

[5] Design of sm aIl dams. Bureau of Reclamation Washington - 1977.

[6] Petits barrages en terre au Burkina Faso. Bilan et analyse critique - D'AT de SAINT-
FOULC, GILARD O. et PlATON H. - [Link].H. - Ouagadougou - 1985.

[7] Choix et conception des petits barrages au Burkina Faso. - COURTAUD M. -


Bulletin de liaison du CIEH nO 72 - Ouagadougou - 1988.

[8] Rapport de mission au Burkina Faso et au Niger - DEGOUTTE G. - CEMAGREF


d'Aix-en-Provence -1986.

[9] Rapport de mission au Burkina Faso - ROYET P., DURAND J-M. - CEMAGREF
d'Aix-en-Provence - 1988.

[10] Compactage dynamique d'une tranchée d'étanchéité - Informations Techniques


du CEMAGREF - Cahier 60, nO 7 - Décembre 1985.

[11] Corrélations relatives aux petits barrages - Choix et Optimisation d'un évacuateur
de crues - GRESILLON J.-M. et METRO.T. - Bulletin technique n° 4 de l'[Link].R. - Oua-
gadougou - Juillet 1979.

[12] Les ouvrages en gabions. Collections techniques rurales en Mrique. - DEGOUTTE


G., DEYMIER c., DURAND J.-M., PEYRAS L., sous la coordination de ROYET P. -
Ministère de la Coopération - Paris - 1992.

[13] Mission d'expertise sur les barrages de cultures de décrue en Mauritanie - COYNE
et BELLIER - Mars 1981.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 355


Conclusion
Bibliographie

[14] Perrés au mastic bitumineux sur les digues submersibles - MANOJLOVIC J. -


HERMENT R - Revue Générale des Routes et Aérodromes - p. 2 à 7 - 1992.

[15] Introduction de techniques innovantes en matière de barrages en terre en zone


sahélienne - ROYET P., DURAND J.-M. - CEMAGREF - [Link].R. - Edition révisée 1996.

[16] Ouvrages flexibles en gabions et matelas Reno pour les tronçons torrentiels et
fluviaux. Première partie: ouvrages transversaux pour aménagements hydrauliques et
dérivation d'eau - 1987 - Deuxième partie: ouvrages longitudinaux - 1989 - AGOSTINI
R, BIZZARI A., CESARIO L., FERRAIOLO F., MASETII M., PAPETII A. - Edité par
FRANCE GABIONS SA - 07250 LE POUZIN (France).

[17] Étude de la dissipation d'énergie sur les déversoirs en gradins de gabions - PEYRAS
L. - CEMAGREF - 1990.

[18] La maîtrise des crues dans les bas-fonds. Petits et micro-barrages en Mrique de
l'Ouest - BERTON S. - Collection «Le point sur:» - Dossier n012 - Ministère de la Coo-
pération, GRET, AC.C.T., [Link]. - Paris - 1988.

[19] Petits barrages pour l'équipement rural en Afrique - DURAND J.-M. - E.I.E.R.-1996.

[20] Guide pour le suivi et l'auscultation des petits barrages en Mrique - ROYET P.,
MERIAUX P. - CEMAGREF - CIEH - Ministère de la Coopération - 1993.

[21] Les barrages en terre compactée - POST G., LONDE P. - PARIS- Gaultier-Villars- 1953.

[22] Cours d'ouvrages d'art à l'ENGEES - DUNGLAS J. - Strasbourg - 1984.

[23] Étude régionale de l'évapotranspiration potentielle - [Link] (Centrafrique) -


MOSSELMANS G., DURAND J.-M., CAGNEAUX E. - CIEH - 1990.

[24] Le complexe eau-soI-plante - BELLEFLEUR D. - Document ENGEES - Strasbourg


- 1986.

[25] Hydrologie tropicale appliquée en Afrique Subsaharienne - CHUZEVILLE B. -


Ministère de la Coopération - Paris - 1993.

[26J Introduction à la préparation des termes de référence d'une étude d'impact sur
l'environnement - Milieu naturel et aménagements hydroagricoles - BORTOU L. - Do-
cument formation continue [Link].R. - 1992.

[27J Environnement et développement rural- Guide de la gestion des ressources natu-


relles - LABROUSSE R, PALUX G., sous la direction de GENY P., WAECHTER P.,
YATCHINOVSKY A. - B.D.P.A-SCETAGRI - Editions FRISON-ROCHE - Paris - 1992.

356 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


Conclusion
Bibliographie

[28] Éléments d'écologie appliquée - RAMADE F. - McGraw Hill Inc. -1978.

[29] Hydraulique souterraine - SCHNEEBELLI G. - Eyrolles - Paris - 1978.

[30] Cours d'aménagement des bassins versants - CAMPHUIS N., FOURNIER J. -


E.T.5.H.E.R. - 1994.

[31] Apports et crues - Manuel pour l'estimation des crues décennales et des apports
annuels pour les petits bassins versants non jaugés de l'Afrique sahélienne et tropicale
sèche - FAO - CIEH - ORSTOM - CEMAGREF - Bulletin FAO d'irrigation et de drainage
n° 54 - Rome - 1996.

[32] ccrG - CCTP types pour la construction de petits barrages en terre et/ou en
maçonnerie - CEMAGREF - CIEH - 1990.

[33] Quelques aspects de l'hydraulique des barrages - GRESILLON J.-M.; HERTER


P.; LAHAYE J.-P.; METRO T. - Ministère de la Coopération - 1979.

[34] Seuils souples. Utilisations en rivière et sur les barrages - DEGOUTTE G.;
ALONSO E.; ROYET P. - Informations techniques du CEMAGREF n° 85 - mars 1992.

[35] Évaluation des aspects institutionnels, techniques, d'exploitation et de gestion


des systèmes d'approvisionnement en eau potable des petits centres urbains d'Afrique
francophone - MAIGA A. H. - Mémoire de thèse E.P.F.L. - Lausanne - 1996.

[36] Petits barrages en terre en Afrique Occidentale - Cours EJ.E.R. - GRESILLON J.- M. -
1976.

[37] Méthodes et références pour la conception et l'analyse des aménagements


hydroagricoles au Burkina Faso - Tome 1 - PUECH C. - C.I.E.H. - Décembre 1984.

[38] Petits barrages en terre - Étude et construction - Fascicule CEMAGREF - 1990.

[39] Géologie des barrages collinaires - COUTURIER B. - Bulletin de l'A.I.G.I. nO 31 -


Paris - 1985.

[40] Petits barrages - Recommandations pour la conception, la réalisation et le suivi -


Ouvrage collectif sous la coordination de DEGOUTTE G. - Comité Français des Grands
Barrages - Co édition ENGREF, CEMAGREF Editions - 1997.

[41] La pratique des sols et fondations - FIUIAT G. - Editions du Moniteur - 1981.

[42] Rapport de mission au Burkina Faso et au Mali - ROYET P. - CEMAGREF- Janvier


1990.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 357


Conclusion
Bibliographie

[43] Rapport de mission au Cameroun - ROYET P.; MOSSELMANS G. - CEMAGREF,


CIEH - Novembre 1989.

[44] Écoulement et dissipation sur les déversoirs en gradins de gabions - L. PEYRAS;


P. ROYET ; [Link] - La Houille Blanche nOl -1991.

[45] Onde de submersion due à la rupture d'un barrage - Informations techniques du


CTGREF - Cahier n017 de mars 1975; note n04.

Méthode simplifiée permettant l'étude de l'onde de submersion due à la rupture d'un


barrage - Informations techniques du CIGREF - Cahier n023 de septembre 1976; note
n07.

[46] Détérioration de barrages et réservoirs - C.I.G.B. / ICOLD - 1983.

[47] Manuel pratique pour le renforcement de l'étanchéité des réservoirs d'eau potable
- Ministère de l'agriculture - EN.D.A.E. nO3 - Paris - mars 1986, réédité en octobre 1990.

[48] Gestion de l'environnement sur le littoral du Golfe de Bénin - DURAND J.-M.-


Rapport d'étude et d'information - E.I.E.R. - 1996.

[49] Contribution à l'étude des petits barrages - GRESILLON J.M. - Bulletin techni-
que n05 de l'EJ.E.R. - Ouagadougou - juin 1981.

[50] Effet sur la stabilité des barrages en terre homogènes d'une variation des princi-
paux paramètres - ALONSO E., BERNEDE T., MORtIER P. - Revue Française de Géo-
technique - Avril 1993.

[51] Calculs de stabilité pour les barrages en terre - GOUSSE F. - CEMAGREF Antony
- février 1992.

[52J Glissements de terrain - BARBIER P. - CEMAGREF Grenoble; ENGEES - Juillet


1984.

[53] Géologie des barrages et des retenues de petites dimensions - LAUTRIN D. -


Série Hydraulique Agricole n07 - CEMAGREF.

[54] Fascicules du Comité Français des Géosynthétiques ([Link].).

[55] Géotextiles : Filtres et transitions pour barrages en remblai - Bulletin n° 55 de la


C.I.G.B. - 1986.

[56] Etanchéité des barrages par géomembranes : technique actuelle - Bulletin n078 de
la C.I.G.B. - 140 pp -1991.

358 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


Conclusion
Bibliographie

[57] Projet de ressources hydrauliques des Monts Mandara - Barrage de Tourou - Note
de calcul de la Section barrages du Service Provincial de l'Extrême Nord - [Link] -
Ministère de l'Agriculture de la République du Cameroun.

[58] La méthode du gradex pour le calcul de la probabilité des crues à partir des pluies
x
- GUILLOT, DUBAND - SHF- es journées de l'hydraulique - 1968.

[59] Étude des pluies journalières de fréquence rare - C.I.E.H. - Rapport de synthèse -
1985.

[60] Courbes hauteur de pluie - durée - fréquence pour des pluie d'une durée allant de
5 minutes à 24 heures; Afrique de l'Ouest et Centrale - PUECH C. - CHABI-GONNI D.
- [Link]. - 155 pp. - 1985.

[61] Intérêt du pénétromètre léger pour le contrôle de compactage des barrages en


terre - DEPLAGNE F., BACONNET c.,
ROYET P. - Journées nationales d'études AFEID-
C.F.G.B. «petits barrages» - Bordeaux, 2-3 février 1993 - CEMAGREF Editions - 1994.

[62] Evacuateurs de crues rustiques - DEGOUTTE G., MARTIN P. - Journées


nationales d'études AFEID-C.F.G.B.« petits barrages» - Bordeaux, 2-3 février 1993
- CEMAGREF Editions - p. 293 à 302 - 1994.

[63] Guide pour le diagnostic rapide des barrages anciens - DEGOUTTE G., coordi-
nateur - CEMAGREF -1992.

[64] Calcul des ouvrages en béton armé suivant les règles BAE.L. 83: théorie et appli-
cations - CHARON P. - EYROLLES - PARIS - 461 pp - 1986.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 359


ANNEXES

ANNEXE 2

DESCRIPTION INDICATIVE
DU CONTENU
D'UN AVANT-PROJET DÉTAILLÉ
DE PETIT BARRAGE

1. MÉMOIRE EXPLICATIF
1. Généralités
- Dans ce paragraphe, on situe l'ouvrage avec précision (latitude, longitude, altitude) sans
omettre de décrire les modalités d'accès.
- L'intérêt de l'aménagement doit être mis en exergue à ce niveau (intérêt agricole, indus-
triel, humain, pastoraL). Des rappels sur l'historique et le contexte socio-économique du
projet sont également utiles.

2. Cahier récapitulatif des études préliminairès


- Études hydrologiques: caractéristiques physiques et numériques du bassin versant,
apports et crues.
- Études géologiques et géotechniques (cf.l.2. et tableau 1.4.). Des études complémentaires
pourront être menées au niveau de l'A.P.D..
- Études topographiques (cf. 1.3.).

3. Recommandations de l'étude d'impact


L'étude d'impact doit être traitée à part si elle est d'importance notable. Dans ce cas, on rappel-
lera au niveau de [Link] recommandations de manière à les intégrer dans la conception.

Mais pour la plupart des petits projets, où l'étude d'impact reste limitée (surtout aux
aspects sociaux), on peut l'intégrer directement au dossier dans un chapitre particulier.

4. Étude des besoins et des pertes


- On s'intéresse en premier lieu à l'évaluation des besoins humains, agricoles et pasto-
raux selon les recommandations du paragraphe 1.1. (chapitre 1). Les besoins de type
industriels éventuels doivent également être déterminés précisément.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHËLlENNE ET ËQUATORIAlE 383


ANNEXES

- On étudie ensuite les pertes par évaporation, par infiltration et les problèmes liés aux
dépôts solides (cf. 1.1.2.).
- On présentera les différents résultats sous forme d'un ou plusieurs tableaux récapitulatifs,
par exemple sur le modèle suivant:

Mois Janvier Février Décembre

Besoins industriels (m3) 750 000


Besoins humains (m3) 28 000 28 000 28 000
Besoins pastoraux (m3) 55170 55170 55170
Besoins agricoles (m3) 20 ha de maraîchage 75 000 75 000 75 000
Volume du débit de fuite (m3) 161 000 161 000 161 000
TOTAL(m3) 319 170 908170 319 170
Évaporation (mm) 195 187 164

5. Choix du type de barrage et d'évacuateur· calage


- Au vu des conclusions des points précédents, on choisit le type de barrage et d' éva-
cuateur le mieux adapté. En principe cependant, la comparaison des avantages et
inconvénients des différents types d'ouvrages a été effectuée au niveau de l'A. P.S..
Au stade de l'A.P.D., on s'attachera plus particulièrement à développer les arguments
qui ont orienté le concepteur vers le choix retenu.
- Étude des courbes d'exploitation, en prenant en compte les besoins, les pertes, les
apports potentiels.
- Calage du plan d'eau normal, de la revanche du plan des plus hautes eaux et de la crête
(on dimensionne simultanément l'évacuateur de crues en tenant compte de l'effet de
laminage s'il y a lieu).

6. Dimensionnement de l'évacuateur (if peut y en avoir plusieurs)


- Déversoir ( hydraulique, stabilité)
- Chenal, coursier, bajoyers (hydraulique, stabilité).
- Dispositif de dissipation, y compris la protection à l'aval.
- Dispositions constructives.

7. Étude du barrage
- Caractéristiques et géométrie du corps du barrage: hauteur, pentes et protection des
talus, largeur en crête, dispositif de drainage interne.
- Étude de la stabilité des talus (barrage en remblai) ou de la stabilité d'ensemble (barrages
en béton ou en maçonnerie).
- Dispositions constructives (prescriptions pour l'exécution des parements, le compactage, etc.).
- Recommandations pour le dimensionnement et la réalisation de l'étanchéité en fon-
dation.

384 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

- Étude des ouvrages annexes (prises, vidanges, etc.).


- Le cas échéant, choix d'un dispositif d'auscultation.

II. NOTE DE CALCUL


Dans ce document, on expose dans le détail l'ensemble des calculs nécessaires à la justi-
fication et à la compréhension du projet, de manière à ne pas alourdir inutilement le
mémoire explicatif. Ce sont en particulier:
1. les calculs d'hydrologie;
2. les calculs des besoins et des pertes;
3. tous les calculs hydrauliques;
4. les calculs de génie civil (stabilité, ferraillage du béton, etc.) ;
5. l'avant-métré.

/II. LES PIÈCES DESSINÉES


Le dossier comprendra au minimum:
1. les courbes hauteur-volume et hauteur-surface ;
2. la courbe d'utilisation du réservoir selon les objectifs retenus;
3. un profil en long dans l'axe du barrage;
4. autant de coupes en travers de la digue que nécessaire (dont une avec les ouvrages
de prise et de vidange) ;
5. des plans de détail de l'évacuateur dont au moins une coupe en travers et éven-
tuellement une vue de dessus;
6. les plans de ferraillage des ouvrages en béton armé;
7. un plan de masse du barrage et de la retenue.

IV. LE DEVIS ESTIMATIF


On pourra s'inspirer du bordereau de prix type exposé ci-après, extrait du Cahier des
clauses techniques générales (CCT.G.) applicable à la construction de petits barrages en
terre et/ou en maçonnerie et qui fait référence en particulier au chapitre III relatif au
mode d'exécution des travaux et au chapitre N relatif au mode d'évaluation des ouvrages.
Il renvoie également aux spécifications particulières à chaque barrage, contenues dans le
Cahier des clauses techniques particulières (CCT.P.) (Cf. référence [32]).

Pour le bordereau des prix relatif à un barrage déterminé, il est recommandé de ne pas se
limiter strictement aux rubriques faisant l'objet de quantités estimées au projet. Il importe
en particulier de faire figurer toutes les rubriques nécessaires, compte tenu des aléas pré-
visibles de l'exécution de l'ouvrage, les quantités étant alors complétées avec l'indication
« pour mémoire (p.m.) })dans le devis estimatif.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 385


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

1 - INSTALLATION, TRAVAUX PRÉPARATOIRES

101 Installations générales du chantier comprenant l'amenée, le


montage, l'entretien et le repli des installations du chantier à
savoir bureaux, ateliers, laboratoires, magasins, centrale à
béton, réalisation d'aires de dépôts et de stockage, de pistes de
circulation, alimentation en eau et électricité,moyens de trans-
mission, y compris les moyens matériels que l'entrepreneur
doit mettre à disposition du maître d'œuvre.
Forfait F
102 Protection du chantier contre les eaux, à savoir batardeaux,
ouvrages de dérivation provisoire tels que spécifiés à l'article
3.4.2 du c.c.T.P., épuisement des fouilles et rabattement de
nappes, incluant tous travaux et fournitures nécessaires y com-
pris travaux éventuels d'enlèvement en fin de chantier.
Forfait F
103 Voies d'accès définitives au barrage y compris terrassements
pour mise au gabarit, couches de chaussée, ouvrages d'éva-
cuation des eaux, entretien pendant toute la durée des tra-
vaux ainsi que décrit à l'article 1.2.9 du C.C.T.P.
L'hectomètre hm
104 Préparation du terrain des ballastières, comprenant;
- débroussaillage des arbustes, arbres de petite circonférence
non prévus aux prix 105, extraction des racines, brûlage ou
évacuation i
- décapage de la terre végétale et du terrain sous-jacent, jus-
qu'à atteindre les couches de matériaux d'emprunt i
- évacuation des déblais, transport dans un rayon inférieur à...
et mise en dépôt aux lieux désignés par le maître d' œuvre;
- Protection des ballastières contre les eaux de ruissellement
Le mètre carré m2
105 Abattage d'arbres comprenant dessouchage, tronçonnage,
transport des bois sur une aire de dépôt selon indications du
maître d' œuvre, brûlage ou évacuation des branchages;
10S-A Arbres de un à deux mètres (1 à 2 m) de circonférence
mesurée à un mètre (1 m) au-dessus du sol.
L'unité U
10S-B Arbres de plus de deux mètres (2 m) de circonférence
mesurée à un mètre au dessus du sol
L'unité U

386 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

106 Démolition de constructions existantes sur ordre du maître


d' œuvre, y compris transport des matériaux dans un rayon infé-
rieur à ...et mise en dépôt auxlieuxdésignés par le maître d'œuvre.
Les volumes à prendre en compte seront évalués au profil de
remblai sur l'aire de dépôt, ou à!' engin porteur (préciser)
Le mètre cube m3
107 Plus-value aux prix 104 et 106 pour transport des déblais dans
un rayon supérieur à ... sur ordre exprès du maître d' œuvre
Le mètre cube, par hm supplémentaire [Link]
108 Piquetage général et spécial du chantier tels que définis à l'article
3.3 du eeT.G. et à l'article 3.3 du eeT.p. y compris bornes,
piquets, travaux topographiques, conservation des repères et
rétablissement en cas de besoin
Forfait F
109 Fourniture du dossier d'exécution incluant plans de coffrage
et ferraillage, note de calculs, y compris toutes vérifications
ou modification souhaitées par le maître d' œuvre
Forfait F
110 Fourniture des plans de recollement en 3 exemplaires plus un
original sur calque, y compris toutes sujétions notamment de
relevés topographiques
Forfait F

II -TERRASSEMENTS

201 Déblais en masse de terrains de toute nature, défonçables


par un bouteur de 180 kw équipé d'un ripper une dent pour
exécution des fondations des ouvrages en béton ou maçon-
nerie et réalisation de la tranchée d'ancrage, ainsi que décrit
à l'article 3.4.3 du c.c.T.G. et à l'article 3.4.3 du eeT.p, et
comprenant:
- débroussaillage des arbustes, arbres de petite circonférence
non prévus au prix 105, extraction des racines, brûlage ou éva-
cuation;
- exécution des déblais aux formes et profondeurs prescrites;
- maintien à sec pendant toute la durée de l'exécution de
l'ouvrage;
- évacuation des déblais, transport dans un rayon inférieur à
... et mise en dépôt aux lieux désignés par le maître d'œuvre.
Le mètre cube m3

TECHNIQUE OES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 387


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

202 Plus value au prix 201 pour déblais en terrain rocheux,


202-A sans utilisation d'explosifs et après accord exprès du
maître d' œuvre
Le mètre cube m3
202-Bavec utilisation d'explosifs après accord exprès du maî-
tre d'œuvre
Le mètre cube m3
203 Plus value au prix 201 pour blindage de fouilles en tranchée
ou en puits y compris fourniture, mise en place, étaiement et
toutes sujétions
Le mètre carré m2
204 Traitement des fonds de fouilles en terrain rocheux compre-
nant mise en état de rugosité des surfaces lisses, dégagement
des matériaux désagrégés ou fracturés, nettoyage des fissures
et lavage.
Le mètre carré m2
205 Décapage de l'emprise du remblai, comprenant:
- débroussaillage des arbustes, arbres de petite circonférence
non prévus au prix lOS, extraction des racines, brûlage ou
évacuation;
- décapage de l'emprise sur la profondeur prescrite par le
maître d' œuvre;
- exécution de redans horizontaux sur les terrains de pente
supérieure à 15% ;
- évacuation des déblais, transport dans un rayon inférieur à
.. et mise en dépôt aux lieux désignés par le maître d' œuvre,
- protection de l'emprise contre les eaux de ruissellement
Le mètre cube m3
206 Plus-value aux prix 201 et 205 pour transport des déblais dans
un rayon supérieur à ... sur ordre exprès du maître d' œuvre.
Le mètre cube, par hm supplémentaire rri31m
207 Préparation de compactage et scarification du terrain d'as-
sise des remblais ainsi que spécifié aux articles 3.5.1 du
C.C.T.G. et 3.5.1 du C.C.T.P.
Le mètre carré m2
208 Essais préliminaires de compactage ainsi que spécifié à l'article
[Link] du C.C.T.P.
Forfait F

388 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHËLlENNE ET ËQUATORJALE


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

209 Remblais en terre compactée pour réalisation de la clef d' étan-


chéité et du corps du barrage comprenant:
- extraction dans les ballastières
- nettoyage, criblage éventuels
- transport sur une distance inférieure à...
- séchage ou humidification pour amener le matériau à l'in-
térieur des tolérances spécifiées au eeT.p.
- scarification
- épandage du matériau par couches horizontales,
- compactage
- réglage des talus
Le tout conformément aux prescription de l'article 3.5.2 du
ec.T.G et de l'article 3.5.2 du ec.T.p. y compris essais et
contrôles.
209-A Matériau pour remblai homogène
Le mètre cube m3
209-B Matériau pour noyau et clé d'étanchéité
Le mètre cube m3
209-C Matériau pour recharges
Le mètre cube m3
210 Plus-value au prix 209 pour transport du matériau sur une
distance supérieure à... sur ordre exprès du maître d' œuvre.
Le mètre cube, par hm supplémentaire [Link]
211 Moins-value au prix 209 pour matériau de remblai en prove-
nance des déblais rémunérés au prix 201, sur ordre exprès du
maître d'œuvre.
Le mètre cube m3
212 Mise en place d'enrochements de protection du talus amont
ainsi que spécifié à l'article [Link] du eeT.G. et à l'article
[Link], y compris extraction dans une carrière agréée par le
maître d' œuvre, transport, mise en place et réglage.
Le mètre cube m3
213 Mise en œuvre d'enrochements pour butée de pied aval ainsi
que spécifié à l'article [Link] du c.c.T.G. y compris extrac-
tion dans une carrière, transport et mise en place.
Le mètre cube m3
214 Moins-value aux prix 212 et 213 pour mise en œuvre d'enro-
chements provenant des déblais rocheux sur ordre exprès du
maître d'œuvre.
Le mètre cube m3

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORiAlE 389


ANNFXFS

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

215 Perré de protection des talus ainsi que spécifié à l'article


[Link] du C.c.T.G. et à l'article [Link] du ec.T.p. y compris
extraction, transport, taille éventuelle des moellons et mise
en place.
Le mètre carré m2
216 Fourniture et mise en œuvre de matériaux graveleux pour cou-
che de pose du perré ou sous-couche des enrochements, épais-
seur ... cm, répondant aux spécifications de l'article 2.5 du
[Link].p.
Le mètre carré m2
217 Construction de drains et filtres en matériau granulaire
répondant aux spécifications de l'article 2.3 du [Link].p. com-
prenant:
- extraction, criblage et transport du matériau
- essai de convenance et de contrôle
- préparation des supports
- creusement de tranchée pour le drain vertical
ainsi que spécifié à!' article 3.5.4 du C.C.T.G. et à l'article 3.5.4
du eeT.p.
217-A Matériau pour drain vertical, épaisseur ...
Le mètre carré m2
217-B Matériau pour tapis drainant, épaisseur ...
Le mètre carré m2
218 Engazonnement du talus aval comprenant:
- fourniture ou reprise sur dépôt provisoire de terre végétale
- transport
- mise en place sur talus et réglage
- ensemencement ou repiquage des espèces prescrites
- arrosage et toutes sujétions.
Le mètre carré m2
219 Géotextile pour drain, filtre ou couche de pose du perré
répondant aux spécifications de l'article 2.4 du [Link].p.
comprenant:
- fourniture et essais de convenance et de contrôle
- stockage à!' abri du soleil
- préparation du support
- mise en place conformément au plan de pose agréé par le
maître d' œuvre
- liaison entre lés
ainsi que spécifié à l'article 3.5.4 du eeT.G.

390 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.
Le prix s'applique à la surface couverte.
219-A Géotextile pour drain
Le mètre carré m2
219-B Géotextile pour filtre
Le mètre carré m2
219-C Géotextile pour couche de pose du perré
Le mètre carré m2
220 Fourniture et mise en œuvre d'un dispositif d'étanchéité par
géomembrane y compris structure support, membrane, cou-
che de protection et contrôle des assemblages, conformément
à l'article 3.5.5 du C.C.T.G. et à l'article 3.5.5 du C.C.T.P.
Le mètre carré m2
221 Fourniture et mise en place en crête de barrage de matériau
routier selon dimensions et spécifications de l'article [Link]
du C.c.T.G. et de l'article [Link] du C.C.T.P. comprenant
réglage du fond de forme, fourniture des matériaux, mise en
œuvre et compactage.
Le mètre cube m3

III ·OUVRAGES EN BÉTON ET MAÇONNERIE

301 Béton non armé préparé et mis en œuvre conformément à l'ar-


ticle 3.6 du [Link].G. et à l'article 3.6 du C.C.T.P., non compris
coffrages.
301-A Béton dosé à 150 kg de ciment par m3
Le mètre cube m3
301-B Béton dosé à 250 kg de ciment par m3 -
Le mètre cube m3
302 Béton armé préparé et mis en œuvre conformément à l'article
3.6 du C.C.T.G. et à l'article 3.6 du C.C.T.p, non compris cof-
frage et ferraillage, y compris:
- nettoyage des fonds de fouille et des coffrages
- fourniture de tous les matériaux et stockage
- repiquage et nettoyage des surfaces de reprise
- fabrication, transport et mise en œuvre du béton
- vibration du béton
- cure du béton
302A - Béton dosé à 350 kg de ciment par m3
Le mètre cube m3
302B- Béton dosé à .........kg de ciment par m3
Le mètre cube m3

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 391


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

303 Annatures pour béton anné confonnément aux prescriptions de


l'article 3.6.4 du eeT.G. et aux plans el' exécution approuvés par
le maître d' œuvre y compris :
- fourniture, transport et stockage des différentes qualités
d'acier nécessaires à la confection des armatures
- façonnage suivant les formes et dimensions figurant aux plans
d'exécution
- mise en place des annatures aux emplacements prévus et
calage.
Les prix s'appliquent au kilogramme d'acier mis en œuvre, y
compris les recouvrements. Les poids sont calculés à partir
des sections nominales et des longueurs définies aux plans
d'exécution, en prenant pour l'acier une densité de 7,85.
303A- Acier doux
Le kilogramme kg
303B- Acier haute adhérence
Le kilogramme kg
303C- Treillis soudé
Le kilogramme kg
304 Scellement de barres d'ancrage de ... mm de diamètre, y com-
pris forage des trous, façonnage des aciers et scellement au coulis
Le mètre linéaire m
305 Coffrage pour béton armé ou non anné y compris fourniture,
préparation, mise en place, étaiement, décoffrage et éventuel-
lement repiquage pour mise en état de rugosité des surfaces
en contact avec les remblais.
Les prix s'appliquent aux surfaces calculées selon les métrés
des plans d'exécution.
30SA- Coffrage plan ou à faible courbure (rayon de courbure
supérieur à 10 mètres)
Le mètre carré m2
30SB- Coffrage simple ou double courbure à rayon de cour-
bure inférieur ou égal à 10 m
Le mètre carré m2
306 Maçonnerie de moellons, comprenant :
- fourniture et stockage de moellons provenant de carrières
agréées i
- fabrication du mortier ordinaire i
- exécution de la maçonnerie conformément aux prescriptions
de l'article 3.7 du c.c.T.G

392 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHËlIENNE ET ËQUATORIALE


ANNEXES

DÉSIGNATION Unité Prix


unit.
B.T.

Les prix s'appliquent aux volumes de maçonnerie calculés


selon les métrés des plans d'exécution.
306A- Maçonnerie au mortier dosé à ... kg de ciment par
mètre cube de sable
Le mètre cube m3
306B- Maçonnerie au mortier dosé à ... kg de ciment par
mètre cube de sable
Le mètre cube
307 Plus-value au prix 306 pour jointoiement du parement amont
du barrage
Le mètre carré
30S Fourniture et application de peinture à base de brai de pétrole
sur les ouvrages en béton au contact des remblais y compris
toutes sujétions de fourniture, d'application, de préparation
des surfaces et d'échafaudage, la quantité de peinture à appli-
quer respectant les prescriptions du fabricant du produit
Le mètre carré
309 Fourniture et pose de joints d'étanchéité type «Waterstop» y
compris mise en place, séparation des deux éléments succes-
sifs de béton, dressage des arêtes, sujétions de coffrage fixa-
tion temporaire du joint, soudure par vulcanisation, ainsi que
prescrit à l'article 3.9.2 du C.C.T.G.
Le mètre linéaire m
310 Joints de dilatation et/ou retrait garnis de produits de calfeu-
trement y compris toutes sujétions de coffrage ou sciage, net-
toyage, préparation des fonds et surfaces et garnissage, ainsi
que prescrit à l'article 3.9.3 du C.C.T.G.
Le mètre linéaire m

IV - CANALISATIONS, CONDUITES ET VANNES

Ces prix s'appliquent à tous les équipements tels que précisés


dans le C.C.T.P. et dans les plans du dossier d'exécution des
ouvrages. Ils comprennent:
- la remise du dossier d'agrément des fournitures
- l'approvisionnement, le transport, le stockage sur le site
- la mise en place, le calage, les raccordements et scellements
- la vérification du bon fonctionnement
- les protections anticorrosion s'il y a lieu
Le tout conformément aux prescriptions du CCTG et du CCTP

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 393


ANNEXES

.~<
n° de DÉSIGNATION Unité Prix
prix unit.
HT

401 Tuyau acier, diamètre ..., épaisseur ....


Le mètre linéaire m

402 Tuyau béton (armé, vibré ou centrifugé, à âme tôle) diamè-


tre .., épaisseur ...
Le mètre linéaire m
403 Tuyau pve, classe ..., diamètre ..., épaisseur...
Le mètre linéaire m
404 Vanne de diamètre.,., de type, .., y compris dispositif de
commande et/ou de manœuvre
L'unité U
405 Pièces spéciales telles que réductions, tés, modules, clapets,
etc, ..(description précises)
L'unité U
406 Drain pve à fentes radiales ou longitudinales diamètre 150 mm
avec entourage de géotextile
L'unité U

V - FORAGES, INJECTIONS, PAROI MOULÉE

501 Amenée et repli du matériel de forage et injection y compris


mise en place de l'installation de fabrication du coulis.
Forfait F
502 Installation du matériel de forage sur l'emplacement de cha-
que trou
L'unité U
503 Forage destructif, vertical ou incliné, en terrain meuble, pour re-
connaissances, essais d'eau ou injection, en diamètre, .. mm, ainsi
que spécifié à l'article 3.11 du eeT.G et àl' article 3.11 du [Link].p.
s03A- Entre 0 et 15 m de profondeur
Le mètre linéaire m
S03B- Au-delà de 15 m de profondeur
Le mètre linéaire m
S04 Sondage carotté en diamètre .. mm, y compris fourniture des
caisses à carottes.
Le mètre linéaire m
S05 Plus-value aux prix 503 et S04 pour forage en terrain rocheux
Le mètre linéaire m
506 Essais d'eau en forage, type Lugeon
tunité U

394 TECHNIQUE DES l'ETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

507 Injection de coulis de ciment ou bentonite ainsi que prescrit à


l'article 3.11.3 du c.c.T.G. et 3.11 du c.c.T.P. et selon pres-
criptions du maître d'œuvre, y compris tous essais prélimi-
naires et fourniture du rapport d'injection, non compris toute
perte ou rejet dus à des négligences.
507A- La tonne de ciment mise en œuvre t
507B- La tonne de bentonite mise en œuvre t
50S Réalisation d'une paroi moulée au coulis auto-durcissant, ainsi
que décrit à l'article 3.10.2 du C.C.T.G de moins de 5 m de
profondeur de ... m d'épaisseur, y compris creusement de la
tranchée et couverture de polyane.
Le mètre carré m2

VI - DIVERS

601 Gabions
Fourniture et pose de gabions métalliques y compris dres-
sage du lit de pose, mise en place, remplissage en pierres soi-
gneusement rangées, tirants, ligatures, conformément aux
prescriptions concernant les matériaux et leur mise en œuvre
Le mètre cube m3
602 Matelas Reno. Idem 601
Le mètre cube m3
611 Fourniture et pose selon prescriptions du fournisseur de cel-
lules de mesure de pression interstitielle type ..., implantées
conformément aux plans du Dossier de consultation des
entreprises y compris câblage jusqu'au local de mesure situé....
611A- Cellules de pression interstitielle
I.:unité U
611B- Boîte de jonction et appareil de mesure
Forfait F
612 Installation de piézomètres type Casagrande, implantés con-
formément aux plans du D.C.E. (Dossier de Consultation des
Entreprises), y compris forage, crépine, tube, bouchon étan-
che, scellement et dispositif antivandalisme en tête.
612A-Prix fixe par piézomètre I.:unité U
612B-Prix en fonction de la longueur Le mètre linéaire m
613 Fourniture d'une sonde sur ruban de mesure de niveau pour
piézomètre, longueur de mesure 20 m.
I.:unité U

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 395


ANNEXES

nOde DÉSIGNATION Unité Prix


prix unit.
H.T.

614 Fourniture et pose de repères topographiques sur le barrage,


ainsi que spécifié à l'article 3.12 du eeT.p.
L'unité U
615 Fourniture, pose et repérage de bornes de nivellement pour
auscultation topographique du barrage ainsi que spécifié à
l'article 3.12 du CC.T.P.
L'unité U
616 Installation du dispositif de mesure de débits par seuil trian-
gulaire ainsi que spécifié à l'article 3.12 du C.C.T.P
L'unité U
617 Fourniture et pose d'échelles limnimétriques pour mesure du
niveau de la retenue
Le mètre linéaire m
621 Aciers de ferronnerie pour garde-corps, échelles, cadres, pas-
serelles, etc... comprenant:
- fourniture, transport et stockage sur chantier
- confection éventuelle de pièces spéciales
- pose et scellement
- protection anti-corrosion
Le kilogramme kg
622 Fourniture et pose de bois dur pour platelages et ouvrages
divers y compris coupe à la dimension, traitement, fixation.
Le mètre cube m3
623 Fourniture et pose de cadres et tampons pour regards, dimen-
sions ...
L'unité U

396 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

ANNEXE 3

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
DES PETITS BARRAGES
EN SERVICE
FICHES DE VISITE PAR TYPES D'OUVRAGE
ET COMMENTAIRES

- BARRAGE EN TERRE

-BARRAGE EN ENROCHEMENTS

- BARRAGE OU OUVRAGES EN GABIONS

- BARRAGE OU OUVRAGES EN MAÇONNERIE

- BARRAGE OU OUVRAGES EN BÉTON ARMÉ

- TOUS TYPES DE BARRAGES

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 397


ANNEXES

FICHE DE VISITE

Barrage en terre
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS À NOTER COMMENTAIRES

Le couronnement du remblai - orniérage dû au passage de véhicules A-I


- état général de la crête du barrage - profil général de la crête
- points bas?
- murette amont pare-vagues - état général A-2
- fissures?
- murette aval anti -érosive - état général A-3
- déchaussements?
- fissures - longitudinales ou transversales A-4
- profondeur, ouverture, importance.
Le parement amont
- perré de protection - déplacement des pierres A-S et § [Link].

- déformations du parement en forme


de marches d'escalier
- pierres altérées
- couche de pose - présence/absence A-S
- géotextile - apparent en certains points
- déchirures
- vieillissement
- végétation - herbacée/arbustive A-7 et § [Link].
Le parement aval
- type de protection et état général - végétation herbacée
- latérite compactée
- enrochements
- ravines -nombre, importance, profondeur, origine A-S et § [Link]
- zones humides et suintements - localisées? A-9
- sur une ou des lignes horizontales?
- amorces de glissement A-9

Le fossé de pied - état général, points bas, envahissement A-ID


par la végétation

398 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

FICHE DE VISITE

Barrage en enrochements
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS À NOTER COMMENTAIRES
Le couronnement du remblai
- revêtement - type et état
- fissures?
- murette amont pare-vagues - état général A-2
- fissures?
Masque amont d'étanchéité
- type de masque - géomembrane ou dalles avec joints B-1
étanches
- masque en béton:
dalles - état général, fissures? B-2
- état de surface
joints - état général, mouvements différentiels B-3

- étanchéité par géomembranes : - dégradations localisées B-4


couche de protection - glissements
géomembrane non protégée - examen minutieux: poinçonnements, B-5
déchirures
Parement amont des barrages - végétation herbacée
à étanchéité interne - latérite compactée
- enrochements
- enrochements de protection - déplacements des pierres sous l'action
des vagues
- état général - présence/absence de végétation B-6
- altération des enrochements
Parement aval - présence/absence de végétation
état général - altération des enrochements

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 399


ANNEXES

FICHE DE VISITE

Barage ou ouvrage en gabions


POINTS A OBSERVER RENSEIGNEMENTS A NOTER COMMENTAIRES
État général de l'ouvrage - déformations des gabions C-1
- tassements C-1
- déchaussement de gabions C-2
- érosions par contournement des ouvrages (-2
Les gabions
- les cages des gabions - fils oxydés C-3
- fils rompus C-3 et § 7.4.2
- liaisons entre cages (-3
- les enduits de surface - présence/absence (-4
- état de surface (-4
- fissuration (-4
- le remplissage des gabions - altération des pierres (-5
- tassements internes des pierres
- cages partiellement vidées à la suite (-6
de ruptures

FICHE DE VISITE

Barrage ou ouvrage en maçonnerie


POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS A NOTER COMMENTAIRES
Le parement amont
- enduit d'étanchéité - mortier ou bitumineux? 0-1
- fissuration, accrochage 0-2
- décollements
- pierres jointoyées - état général, joints 0-3
- fissures - existence, relevé sur plan ou croquis 0-4
Le couronnement
- fissures - amont-aval? 0-5
- ouvertes ou fermées
- parapet - état général
Le parement aval 0-6
- suintements et/ou fuites - localisation 0-7
- importance
- dépôts de calcite - localisés ou généralisés 0-7
- placage?
- joints - état général 0-8
- pierre - saines ou altérées
- végétation - mousses, herbes, arbustes 0-9

400 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

FICHE DE VISITE
Barrage ou ouvrages en béton armé
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS A NOTER COMMENTAIRES
État de surface
- fissures - de retrait?
- liées à des sollicitations mécaniques? Annexe II § A
- liées à des altérations physicochimiques ? Annexe II § E
- importance du phénomène Annexe II § E
- traces de calcite ou de rouille?
- éclatement du béton par corrosion
des armatures?
- suintements et/ou fuites - au niveau des fissures? Annexe II § E
- aux emplacements des trous pour Annexe II § C
- fissures écarteurs de coffrages
- diffus (nids de cailloux ?) Annexe II § B
- joints - état du waterstop s'il est visible
- remplissage du joint B-3
- indices de mouvements différentiels

FICHE DE VISITE
Toustypes de barrages
POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS A NOTER COMMENTAIRES
Drains - débit des drains E-l
- état d'entretien des exutoires
Pied et zone aval du barrage - zones humides E-2
- venues d'eau
- végétation arbustive à enlever § [Link].
Procéder à une mesure
Dispositif d'auscultation lors de la visite
(autres que drains)
-limnimètre - état général - stable?
- bornes et piliers topographiques - stables? déchaussés? - état des tubes
- piézomètres - obstrués? - protection anti -vandalisme
- vinchons - état du scellement
Évacuateur de crues Noter le type d'évacuateur
- seuil - état général E-3
- présence d'obstacles, de corps flottants ...
- tassements et points bas?
- coursier - état général E-4
- végétation
- érosions
- bajoyers - état général
- stabilité, déformations E-S
- fissures

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 401


ANNEXES

Fiche de visite - tous types de barrages (suite)


POINTS À OBSERVER RENSEIGNEMENTS À NOTER COMMENTAIRES
- dissipateur d'énergie - érosions
- déformation des structures E-6
- déplacements des enrochements
Vidange et prise d'eau
- vannes - en bon état de fonctionnement? E-7
(essais lors de la visite ?)
- corrosion, oxydation
- étanchéité, état des joints
- tuyau - corrosion des tuyaux E-S
- tour de prise - état général (voir ouvrages béton)
Événement marquants
depuis la précédente visite
- travaux d'entretien consulter le registre
- travaux de confortement du barrage
- niveaux maxi/mini de la retenue
- très fortes crues
Suivi des recommandations
émises lors de la précédente visite
Recommandations
de la présente visite

COMMENTAIRES DES FICHES DE VISITE,


A - Barrages en terre
A-l • Crête du barrage
Sur un barrage en terre, il est important que la crête soit en très bon état. Pour prévenir les
risques liés au ruissellement, on lui donne habituellement un profil présentant une pente
vers l'amont. Un revêtement en latérite fortement compactée offre une bonne pérennité
et on constate, dans certains cas, des phénomènes d'induration de ce revêtement (forma-
tion d'une véritable carapace latéritique).

A contrario, la formation d'ornières ou de points bas est très nuisible, car ils constituent
des zones de concentration des ruissellements qui acquièrent ainsi une puissance érosive
accrue. De ce point de vue, la circulation des véhicules sur la crête peut être interdite, en
particulier en saison des pluies, tant que le revêtement n'est pas parfaitement stabilisé.

Ornières et points bas doivent être remblayés avec de la latérite soigneusement compactée.
En cas de mauvais état général de la crête, il convient de prévoir un rechargement et un
reprofilage complets (chargeur, niveleuse, compacteur).

402 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHI'UENNE ET l'QUATORIALE


ANNEXES

A-2 - Murette amont pare-vagues


Cette murette, en maçonnerie ou constituée d'une rangée de gabions, sert à augmenter la
revanche et tient lieu de parapet pour les barrages routiers. Les déformations et fissures
qui peuvent l'affecter ne sont pas graves en elles-mêmes. Par contre, elles peuvent être
des indices de tassements du remblai.

Si la crête du barrage présente une pente vers l'amont, la murette pare-vagues doit évi-
demment être percée d'exutoires pour l'évacuation des eaux. 11convient lors de la visite
de vérifier que ces exutoires ne sont pas obstrués et qu'il n'y a pas d'érosions sur le talus
amont au droit de ces exutoires (si tel est le cas, aménager des cunettes ou fossés revêtus).

A·3 • Murette aval an ti-érosive


Une murette enterrée, de section 30 cm x 30 cm environ, en maçonnerie, est parfois réa-
lisée sur le bord aval de la crête. Elle a pour objet de stopper les ravines d'érosion du
parement aval, avant qu'elles n'atteignent la crête.

L'observation doit donc porter sur les déchaussements éventuels de cette murette qui, en ces
points, ne remplirait donc plus son rôle. La réparation consiste à combler la ravine (§ [Link]).

A-4 - Fissures
Des fissures longitudinales (dans le sens de rive à rive) ont généralement pour origine des
tassements du corps de remblai. Plus localisées et situées près d'un des bords de la crête,
elles peuvent être un indice d'amorces de glissement du talus. 11convient donc de recou-
per ces observations avec d'autre indices: points bas sur la crête, fissures des murettes ou
levers topographiques en cas de tassements, bourrelets sur le talus et suintements en cas
d'amorces de glissement. Si la cause du tassement est clairement identifiée, on procédera
à un rechargement de la crête afin de restaurer le profil d'origine. En cas d'amorce de
glissement, il faut piqueter les limites de la zone concernée et, en cas d'aggravation, pro-
céder à une vidange au moins partielle du barrage. Une expertise s'impose pour détermi-
ner l'origine du glissement et le confortement à adopter.

Des fissures transversales (amont-aval) ou sans direction privilégiée sont, en général,liées


à des phénomènes de retrait. 11faut vérifier la profondeur de ces fissures. Lorsqu'elle ne
dépasse pas 10 à 30 cm, le phénomène ne concerne que la couche de revêtement, consti-
tuée probablement de matériaux trop plastiques ou compactés dans de mauvaises condi-
tions. Suivant les cas, on procédera à un rechargement de la crête ou à un simple
compactage complémentaire après arrosage. Par contre, lorsque les fissures de retrait dé-
passent 0,5 à 1,0 m et qu'elles sont orientées amont-aval, elles doivent être considérées
comme très dangereuses, car pouvant être à l'origine de fuites et de renards lorsque la
retenue atteint ses niveaux les plus élevés. La réparation doit alors s'orienter vers la réfec-
tion complète de toute la tranche de remblai affectée par ce phénomène.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 403


ANNfXfS

A·5 • Perré de protection


Deux mécanismes principaux peuvent être à l'origine de la dégradation d'un perré de
protection du parement amont d'un barrage en terre:
- l'altération des moeIIons de qualité insuffisante à l'origine;
-la désorganisation des moeIIons sous l'effet du batiIIage, due à leur poids insuffisant ou
au soutirage de la couche de pose de granulométrie mal adaptée.

En ce qui concerne l'entretien et la réparation du perré, se reporter au § [Link].

A·6 • Géotextile
Un géotextile utilisé en sous-couche d'un perré amont (pour protéger le remblai vis à vis
de l'énergie résidueIIe des vagues entre les pierres) peut subir essentieIIement deux mé-
canismes de dégradation:
- déchirement ou poinçonnement par les pierres du perré, soit lors de la pose, soit à
l'occasion de mouvements des pierres provoqués par le batiIIage ;
- vieiIIissement rapide dû à une exposition au soleil (larges interstices entre les pierres du
perré dès la pose ou après mouvement des pierres ayant mis à nu le géotextile).

Dans le premier cas, la réparation consiste à découvrir le géotextile sur la zone déchirée
ou poinçonnée, à poser une pièce de géotextile largement débordante par rapport à la
zone abîmée et à remettre les moeIIons du perré en place. Si les moeIIons ont bougé du
fait de leur poids insuffisant, on les remplace bien sûr par des moeIIons plus lourds.

Dans le second cas, il faut s'assurer que la dégradation observée en un point donné
n'est pas généralisée à l'ensemble du parement. Si la dégradation est localisée, la répa-
ration est identique à ceIIe décrite ci-dessus. Le blocage des moellons avec les éclats de
pierre assure à la fois la stabilité mécanique du perré et la protection du géotextile
contre le soleil. Si la dégradation du géotextile est généralisée sur toute la surface du
talus, cela est probablement dû au choix d'un géotextile non adapté aux conditions
d'exposition dans l'ouvrage. Si l'on constate des dégradations généralisées sur le rem-
blai sous-jacent, il faut alors procéder à la réfection complète de la protection du talus
amont.

A·7· Végétation
Par le réseau de racines qu'ils développent, les arbres et arbustes sont à proscrire sur les
barrages et à leur proximité immédiate.

Deux conséquences néfastes sont à craindre :


- le soulèvement d'ouvrages rigides lors de la croissance des racines;
- la création de zones de cheminement préférentieIIes pour l'eau le long des racines, en
particulier après la mort de l'arbre, et les risques de développement de renard.

404 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

La crête, les talus et les abords d'un barrage jusqu'à une distance d'au moins 10 m du pied
doivent donc être exempts de tout arbre ou arbuste (voir § [Link]).

A-8 - Ravines
Causé par le ruissellement de l'eau, le creusement de ravines est un phénomène qui
tend à s'auto-entretenir car les ravines existantes deviennent des lignes de concen-
tration des débits, lesquels ont d'autant plus de puissance pour continuer le creu-
sement.

Il est important, lors de la visite, d'identifier l'origine de la ravine afin de traiter également
la cause: point bas sur la crête du remblai, contournement d'un ouvrage en béton, zone
de remblai mal compactée ... Pour la réparation se reporter au § [Link].

A-9 - Zones humides - amorces de glissements


Il faut être très vigilant, car des suintements ou des écoulements qui ne transitent pas
par le drain peuvent être le signe avant coureur d'un renard. Il convient donc d'effec-
tuer un suivi très régulier de tels phénomènes afin d'en connaître les évolutions. Un
piquetage des zones concernées est à prescrire. Un suivi photographique est précieux,
s'il est possible.

Si un débit est mesurable, il convient d'en organiser la collecte et de le mesurer. Enfin, si


on observe une venue d'eau importante avec entraînement de particules de sol, on est en
présence d'un renard et il faut procéder à la vidange immédiate de la retenue.

Les amorces de glissements sc traduisent en général par un bombement du parement


aval près de sa partie inférieure, ainsi que par une (ou des) fissure(s) en crête orientée(s)
de rive à rive et s'incurvant à ses (leurs) extrémités.

A-10 - fossé de pied


Le rôle du fossé de pied est de canaliser et d'évacuer les eaux de drainage et les eaux de
ruissellement vers l'axe du marigot. Le fonctionnement du fossé de pied est perturbé
en cas:
- d'envahissement par la végétation;
- de points bas dans le profil en long;
- de dépôts solides liés à des ravines ou des instabilités des talus du fossé.

Le fossé doit donc être régulièrement curé et entretenu. Cette tâche est facilitée si le fossé
de pied est revêtu.

Si des seuils de mesure des débits ont été installés en quelques points du fossé, il faut
veiller au bon fonctionnement de ces seuils (régime dénoyé).

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 405


B - Barrages en enrochements

8.1 • Masque amont d'étanchéité

Il convient de connaître la nature exacte du masque amont qui, pour les petits barrages, se
rattache en général à l'un des deux cas-types suivants:
- dalles béton avec joints étanches;
- dispositif d'étanchéité par géomembrane (nE.G.).

82 • Dalles en béton armé


Les dégradations localisées des dalles peuvent être dues à une mauvaise qualité d'ori-
gine, à des chocs mécaniques ou à des éclatements du béton par insuffisance d'enrobage
des armatures. La réparation se fait par ragréage, après avoir enlevé les parties non adhé-
rentes, gratté les armatures et nettoyé les surfaces.

Des fissures traversantes peuvent affecter l'étanchéité. Elles sont dues en général à des
tassements différentiels importants du remblai ou à une insuffisance du ferraillage des
dalles. Selon l'importance du phénomène, les conséquences peuvent être plus ou moins
graves pour la pérennité de l'ouvrage. S'il s'agit de quelques fissures localisées et peu
ouvertes, une réparation peut être tentée (sciage sur quelques centimètres de profondeur
et remplissage à base de résines synthétiques). Si le phénomène a une plus grande am-
pleur, une expertise s'impose.

83 - Joints étanches

Il s'agit en général de joints avec une lame d'étanchéité de type «Waterstop».Au-dessus


de la lame d'étanchéité, l'espace entre deux dalles adjacentes est rempli d'une planche de_
coffrage perdu ou de mastic bitumineux, de façon à assurer une protection physique du
Waterstop. Il faut s'assurer que cette protection est toujours présente et, dans le cas con-
traire, procéder à la réparation en coulant du mastic bitumineux.

Au niveau des joints, ilfaut observer les éventuels mouvements différentiels entre dalles
dus aux tassements du remblai ou de la fondation. Au-delà d'une certaine ampleur, de
tels mouvements peuvent entraîner la déchirure du Waterstop, ce qui compromet l'étan-
chéité. Une expertise s'impose pour déterminer l'ampleur des réparations à entreprendre
dans une telle situation.

804 • Étanchéité par géomembrane protégée


Dans le cas d'un D.E.G., la partie visible est la couche de protection de la géomembrane.
Cette protection peut être constituée de dalles en béton, de pavés auto-bloquants ou
d'un perré. Les désordres suivants peuvent être observés:
- dégradations localisées des dalles ou des pavés;

406 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

- altération des moellons du perré i


- glissements localisés de la couche de protection i
- glissement d'ensemble de la couche de protection i
- tassements différentiels du remblai.

Les dégradations localisées des dalles, pavés ou moellons peuvent être dues à une mau-
vaise qualité d'origine ou à des chocs mécaniques. Elles se traitent par remplacement, ou
réparation (pour les dalles), des éléments altérés après avoir soigneusement vérifié que la
géomembrane et le géotextile sus-jacent n'ont pas subi de dégradations.

Les glissements localisés sont dus le plus souvent à l'effet du batillage. De ce fait, un
espace s'ouvre en partie haute de la couche de protection, qu'il faut venir remplir de
mortier dès qu'il dépasse un à deux centimètres d'ouverture, et ce jusqu'à stabilisation
complète.

Un glissement d'ensemble de la couche de protection constitue un désordre grave qui


nécessite une intervention immédiate. Un tel désordre peut être dû à un coefficient de
frottement insuffisant à une des interfaces du D.E.G. ou à l'apparition de pressions in-
terstitielles non contrôlées sous la membrane lors d'une vidange rapide. Un diagnostic
approfondi des causes du désordre doit être fait par un spécialiste qui déterminera égale-
ment les travaux de confortement à entreprendre.

Les tassements différentiels du remblai entraînent des risques de déchirement de la mem-


brane. Ces risques sont particulièrement aggravés dans le cas d'une protection par dalles
en béton. Il faut donc s'attacher à déceler tout mouvement différentiel entre les dalles,
susceptible de provoquer une déchirure de la membrane, ce qui constituerait un désordre
grave nécessitant l'appel à un spécialiste. Les tassements différentiels sont, dans certaines
limites bien sûr, moins graves avec une protection par pavés ou moellons qui est capable
de s'adapter à de légers mouvements du support sans altérer la membrane.

8.5 • Étanchéité par géomembrane non protégée


Ce dispositif est admissible pour des ouvrages ne présentant pas de risques pour les per-
sonnes. Elle facilite singulièrement l'observation et les réparations. La géomembrane doit
présenter toutes les garanties vis à vis du vieillissement aux ultra-violets.

La surveillance de la membrane doit être fréquente et attentive. L'étanchéité de la mem-


brane peut être compromise par:
- des poinçonnements dus à des agressions (corps flottants, piétinement du bétail ou
actes de malveillance) i
- des déchirements par mise en tension excessive (angles de talus saillants ou rentrants).

Dans les deux cas, la réparation se fait par soudure à chaud ou collage d'une pièce de
géomembrane de même nature, largement débordante par rapport à la zone dégradée. Si

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 407


la déchirure est due à une zone tendue en peau de tambour (par exemple à l'angle
entre un pied de talus et une risberme), il peut être judicieux, pour relâcher les trac-
tions, de couper la partie tendue avant de la recouvrir par la bande de membrane à
souder ou coller.

8.6 • Pierres du parement amont

Les déplacements des pierres du parement amont sont en général dus à l'effet du batillage.
L'origine peut être soit un poids insuffisant des blocs, soit une pente de talus à la limite de
stabilité. Dans le premier cas, il faut procéder à une réparation locale avec des blocs de
plus grosse taille. Dans le second, une expertise s'impose pour décider s'il y a lieu d'en-
graisser le talus depuis sa base.

C - Barrages en gobions
C.l • Déformations des gabions
De telles déformations peuvent être dues à un tassement de la fondation ou au tassement
des gabions eux-mêmes Oorsque le remplissage n'a pas été fait avec un soin suffisant).
Sur les gabions exposés au déversement, des déformations peuvent être dues aux mou-
vements des pierres provoqués par le courant.

Ces déformations sont préjudiciables, car elles entraînent des efforts de traction dans les
grillages pouvant accélérer la rupture des fils. L'horizontalité d'un seuil déversant peut
aussi être compromise avec apparition de points bas où vont se concentrer les débits.

Une analyse détaillée est nécessaire pour déterminer l'origine des désordres et les répa-
rations à entreprendre (gabions supplémentaires, renforcement des grillages, rechargement
du seuil par du béton ...).

C.2 • Déchaussements et contournements


Ces désordres graves se produisent sous l'action de l'eau dans les parties exposées aux
écoulements ou aux submersions. L'absence ou les défauts de réalisation des couches
filtres sont souvent des facteurs aggravants de tels désordres qui peuvent entraîner une
ruine rapide de l'ouvrage tout entier. Comme ci-dessus, une expertise est nécessaire avant
d'entreprendre des réparations qui, dans la plupart des cas, seront lourdes.

C.3 • Les cages des gabions


La galvanisation n'offre pas une protection définitive contre la corrosion des fils. Des
agressions mécaniques peuvent enlever la couche de zinc et, par ailleurs, les zones de
marnage sont soumises à un vieillissement particulièrement accéléré des fils. Voir para-
graphe [Link] pour la technique de réparation des fils coupés.

408 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

En cas de corrosion généralisée dans une zone donnée, il faut procéder à un revête-
ment au mortier des faces externes de l'ouvrage (l'idéal étant un mortier projeté), en
aménageant des barbacanes pour éviter les sous-pressions. On peut aussi, sur des
faces horizontales, envisager un revêtement bitumineux qui conserve au gabion toute
sa souplesse.

CA • Enduit de surface
La fissuration de cet enduit est gênante, car elle favorise la corrosion des fils au niveau de
ces fissures. Cette corrosion se manifeste par des tâches de rouille sur l'enduit. Face à de
tels phénomènes, il faut procéder à une réfection de l'enduit avant que les fils ne soient
totalement oxydés et rompus.

cs . Altération des pierres


Ce phénomène est dû à une mauvaise qualité d'origine des pierres. Les gabions peuvent
ainsi se vider partiellement à travers les mailles du grillage et subir des déformations. On
cherchera à stopper ces désordres par un revêtement des gabions dans les zones concernées.

C6 . Vidange partielle des cages


C'est ce qui se produit lorsque des fils rompus n'ont pas été réparés. La stabilité de la
structure est alors menacée. Si une réparation est encore possible, elle consiste à remplir
le vide ainsi créé avec de la maçonnerie ou du béton.

D - Barrages en maçonnerie
D.t • Parement amont
I.:observation du parement amont n'est pas toujours possible. D'une manière générale, il
est en effet beaucoup plus utile de visiter le barrage lorsqu'il est plein, afin de bien obser-
ver les suintements éventuels. Par contre, si l'état du parement aval révèle une étanchéité
défectueuse du corps de l'ouvrage, il convient d'envisager une observation du parement
amont à l'occasion d'un abaissement du plan d'eau.

D.l . Enduit d'étanchéité


I.:enduit peut être d'origine ou peut avoir été ajouté après coup. On observe, en particu-
lier, si les joints ou les éventuelles fissures sont ouverts. La connaissance du débit de fuite
et de son évolution avec la cote de l'eau permet de conforter utilement le jugement sur
l'efficacité de l'enduit. On examine si l'enduit est adhérent. Les cloquages et décolle-
ments sont repérés. Les dégradations sont le plus souvent localisées dans la zone de
marnage. Selon l'importance des dégradations éventuelles, il faut procéder à des réfec-
tions localisées ou générales.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAH~lIENNE ET ~QUATORIAlE 409


ANNEXES

D.3 • Pierres jointoyées


Une observation détaillée des joints p~rmet de voir s'ils sont continus et sains. Une vue
d'ensemble du parement par temps sec et dans les jours qui suivent la baisse de la rete-
nue est très révélatrice: en cas de joints défectueux, on observe des suintements.

DA • Fissures sur le parement amont


Sur le plan mécanique, on cherche à voir si les fissures intéressent le corps de l'ouvrage et
sont traversantes. Si tel est le cas, la pose de dispositifs de mesure d'écartement est néces-
saire (au-dessus du niveau normal des eaux).

Sur le plan hydraulique, on cherche à voir si une zone de fissures amont correspond à une
zone de suintements ou d'écoulements aval. Dans ce cas, un traitement des fissures par
produit souple peut être recommandé, afin de diminuer les pertes d'eau, mais aussi le
risque de lessivage du liant.

D.5 • Fissures amont·aval


On cherche à regarder si les fissures de la crête se poursuivent sur les parements
amont et aval. Si tel est le cas, une auscultation est nécessaire comme pour le point
DA.

D.6 • Parement aval


Dans le cas d'un barrage déversant, on observe le parement aval en l'absence de déverse-
ment, en abaissant le plan d'eau. Il est préférable de faire ces observations en saison
sèche.

D.7 • Suintements, fuites, calcite


De légers suintements sont fréquents et sans gravité. Mais des écoulements trop marqués
peuvent s'accompagner d'une dissolution progressive du liant. La présence de calcite sur
le parement aval en est une présomption. Présomption seulement, car les entraînements
de liant peuvent être arrêtés. Il convient donc toujours de faire procéder à l'enlèvement
des plaques de calcite - après établissement d'un dossier photo. I.:observation ultérieure
du parement en sera facilitée et la réapparition de calcite dans les années suivantes sera
considérée comme un signe inquiétant.

Si des fuites sont mesurables, on cherche chaque fois que possible à les collecter, afin de
pouvoir mesurer périodiquement leur débit. Dans ce cas, une analyse annuelle de la
teneur en CaC03 est également recommandée, en comparaison avec celle de la retenue.
Une augmentation est un signe inquiétant de lessivage du liant, impliquant perte de poids
et appauvrissement des qualités mécaniques.

410 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNFXfS

0.8 - Joints du parement aval


Les joints du parement aval sont assez souvent en mauvais état surtout s'ils sont le siège
de suintements ou de fuites. Sauf si la stabilité mécanique des pierres du parement aval
était menacée, on ne doit pas refaire systématiquement les joints dégradés. En effet, un
rejointoiement trop parfait risque de rendre étanche le parement aval, ce qui provoquerait
une augmentation des pressions internes au corps de l'ouvrage. La réfection éventuelle
des joints du parement aval doit se faire en préservant la capacité de drainage de ce pare-
ment (barbacanes, joints discontinus).

0.9 • Végétation sur le parement aval


La présence de végétation est favorisée par l'existence de suintements et de fuites. Elle se
loge le plus souvent dans les joints et elle contribue à accélérer leur dégradation, pouvant
même aller jusqu'à déchausser des pierres par la croissance des racines.

Toute végétation doit donc être systématiquement et régulièrement enlevée des pare-
ments d'un ouvrage en maçonnerie.

E - Tous 1ypes de barrages


El - Drains
Lors de la visite approfondie de l'ouvrage, il convient de s'assurer:
- que la mesure des débits est précise et fiable (faire exécuter une série de mesures par le
surveillant) ;
- que les drains ne sont pas colmatés;
- qu'il n'y a pas de dépôts de particules de sol à la sortie des drains.

E2 - Abords du barrage

Toute zone humide ou venue d'eau en pied du barrage ou à son aval proche doit être
notée, observée et localisée sur plan. Un piquetage au sol est nécessaire pour suivre l'évo-
lution éventuelle d'une zone humide ou d'une source. Si cela est possible, on procède à la
mesure du débit afin d'en suivre les variations.

Les abords du barrage doivent être entretenus, exempts de tout arbre ou arbuste
(§ [Link]).

E3 . Obstacles

Les colmatages par les branches ou arbres se produisent lorsque le seuil déversant pré-
sente des obstacles: piliers de passerelles, piquets supports de bâtardeaux ou grilles ... Il
est dans ce cas rc1ativement facile d'y remédier. Cela est plus délicat lorsque la taille même

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAH~lIENNE ET ÉQUATORIALE 411


ANNEXES

de l'ouvrage évacuateur est insuffisante pour permettre le passage d'un arbre. En effet,
si le bassin versant est boisé, lors des crues rares, des arbres peuvent être arrachés aux
berges. Il faut envisager dans ce cas des grilles à très large espacement, correctement
positionnées pour ne pas entraîner un relèvement du plan d'eau lorsque des arbres y
sont piégés.

fA • Coursier

Les risques d'obstruction du coursier par chute de pierres, ou glissement de terrain sont
faciles à diagnostiquer. Selon son emplacement, l'obstruction du coursier risque de pro-
voquer un ennoiement par l'aval du seuil déversant. Dans le cas d'un barrage en terre,
cela peut aussi provoquer une érosion du parement aval. Les travaux correctifs peuvent
être faciles à mettre en œuvre dans certains cas: rehausse des bajoyers du coursier, grillage
de protection d'un talus rocheux ...

Certains petits ouvrages en terre disposent d'un évacuateur de crue très sommaire dont
le coursier est simplement terrassé. Selon la nature plus ou moins résistante du matériau
dans lequel le coursier est creusé, il y a un risque d'érosion régressive pouvant évoluer
jusqu'au contournement complet du barrage. L'observation de ce matériau et de son
entaillement permet de porter un jugement sur ce risque. Un suivi régulier par des prises
de vue est à recommander. En cas d'évolution marquée mettant en péril la pérennité de
l'ouvrage, il faut en urgence procéder au confortement provisoire du seuil par des enro-
chements ou des gabions ou à la vidange de la retenue.

f.S • Bajoyers

Lors de la visite, la bonne tenue des bajoyers en béton ou en maçonnerie peut être appré-
ciée en observant les fissures ou les mouvements relatifs des éléments successifs. Le ris-
que de rupture peut généralement être diagnostiqué en surveillant les évolutions. Aussi,
la pose d'appareils de contrôle est-elle généralement la seule mesure d'urgence à con-
seiller. Dans le cas des bajoyers en maçonnerie, l' état d'entretien est facile à diagnostiquer
et des travaux de rejointoiement et d'enlèvement de la végétation sont éventuellement à
conseiller.

f.6 • Dissipateur d'énergie

Lorsqu'un dissipateur d'énergie est incorrectement dimensionné, des érosions peuvent


être observées:
- à son aval si le ressaut hydraulique n'est pas localisé entièrement dans le bassin dissi-
pateur;
- sur ses côtés si des déversements se produisent par dessus les bajoyers.

Ces circonstances peuvent être dangereuses dans le cas d'un barrage en remblai dont le
pied pourrait être érodé, entraînant alors un début de glissement. Le radier du dissipateur

412 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHËLlENNE ET ËQUATORIALE


ANNEXES

bétonné peut, en outre, être érodé ou soulevé en cas de très forte crue ou de manœuvre
brutale d'une vanne. Son observation est donc nécessaire.

E7 • Vannes de vidange
Les vannes de vidange doivent être manoeuvrées à l'occasion d'une visite approfondie.
Toutefois, il conviendra d'être prudent dans le cas d'un barrage dont on connaît malles
dispositifs de garde et pour lequel on n'a pas manoeuvré les vannes depuis plusieurs
années. On risquerait dans certains cas de ne pas pouvoir refermer la vidange. Le cas
évidemment favorable est celui où il existe une vanne de réglage et une vanne de garde,
appelée aussi batardeau. En exploitation normale la vanne de garde est maintenue levée.
L'essai consiste alors à fermer la vanne de garde puis à ouvrir la vanne de vidange.

Il faut insister sur la nécessité impérieuse d'une manœuvre périodique de ces organes et
sur le soin à porter au graissage des parties mobiles.

E8 • Tuyau de vidange

Un diagnostic sur l'état d'un organe de vidange n'est possible que si celui-ci est visitable.
Nous abordons ci-après le cas courant d'un tuyau en acier. Si le tuyau est placé à l'inté-
rieur d'une galerie visitable, on s'intéressera à sa corrosion, en particulier au droit des
soudures et des raccords ou colliers. Dans le cas d'un tuyau placé au sein du massif, on
pourra le visiter si son diamètre est supérieur à 1 m et si un organe de garde amont existe
(s'assurer au préalable qu'aucune manœuvre intempestive n'est possible pendant la
visite, et que l'atmosphère est respirable sans danger). Pour des diamètres plus petits,
l'inspection du tuyau se fait par caméra téléguidée.

Si ce diagnostic rapide montre un fort état de corrosion, une intervention urgente s'impose
dans le cas d'un barrage en terre dont le tuyau de vidange n'est pas entièrement entouré
par du béton.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 413


ANNEXES

ANNEXE 4

LES MÉCANISMES DE DÉGRADATION DES MAÇONNERIES


ET BÉTONS
PRINCIPES DES RÉPARATIONS
(d'après [47])

Les principales manifestations de la dégradation des maçonneriés et du béton peuvent se


classer en cinq familles principales:
- fissuration ;"
- porosité de la structure;
- décollement d'enduit ou de revêtements divers;
- décollement de joints de maçonnerie de parements;
- épaufrage et éclatement du béton.

Elles sont le résultat de phénomènes physico-chimiques causés par des agents tels que le
gaz carbonique dissout dans l'eau, l'oxygène de l'air ou dissout, l'acidité des eaux pures,
les écarts thermiques journaliers, ...

Leur apparition et leur développement sont fortement influencés par la qualité de réali-
sation de l'ouvrage. A l'origine on retrouve souvent un (ou des) défaut(s) de conception
ou de réalisation. On peut établir le classement suivant:

A • Retrait des bétons ou des mortiers de maçonnerie

Ce phénomène apparaît lors de la construction. Il se traduit sur les bétons par un réseau
de fissures fines apparaissant surtout en surface sans direction préférentielle, et sur les
maçonneries par un décollement de la liaison entre mortier et pierres. Les causes les plus
courantes sont l'absence de cure des bétons ou l'absence d'humidification préalable des
pierres de maçonnerie. Peu gênantes par elles-mêmes pour l'étanchéité à court terme,
ces fissures de surface favorisent par contre la pénétration des agents de détérioration à
plus long terme. Si le retrait est particulièrement marqué, il faut envisager, au moins pour
les parements en contact avec l'eau, des réparations qui pourront être:
- la mise en œuvre d'un enduit étanche sur béton;
- la reprise des joints de maçonnerie.

B • Porosité des bétons et maçonneries

Ayant pour origine une mauvaise composition granulométrique du béton, un dosage


insuffisant en liant ou la présence de pierres plus ou moins poreuses dans la maçonnerie,

414 TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE


ANNEXES

ce défaut va favoriser la pénétration en profondeur des agents de détérioration et causer


à terme une perte d'étanchéité de l'ouvrage.

La réparation doit en général s'orienter vers la réalisation d'une étanchéité complète en


parement amont (enduit de mortier, membrane).

C· Défauts de réalisation des ouvrages en béton


Parmi les plus courants on peut citer:
- ségrégation lors du coulage du béton ou mauvaise vibration avec nids de cailloux dans
la masse ou en surface: forte porosité locale, faible résistance mécanique. La réparation
consiste à enlever le nid de cailloux et à procéder à un ragréage du béton;
- enrobage insuffisant des aciers dû à un mauvais calage: trop près de la surface, les aciers
sont susceptibles d'être attaqués plus rapidement par la corrosion. La corrosion des
armatures se manifeste par l'apparition de traces de rouille en surface et entraîne à terme
des épaufrures (cassures, éclatements se manifestant souvent au niveau d'une arête) et
l'éclatement du béton. La réparation consiste, si les aciers ne sont pas trop corrodés, à les
dégager, les brosser et à ragréer le béton;
- trous pour écarteurs de coffrages mal obturés: fuites localisées à réparer par calfeutre-
ment ou ragréage du béton.

D • Contraintes thermiques
La dilatation différentielle, due aux différences de température entre la face ensoleillée et la
face à l'ombre d'un ouvrage mince, peut entraîner des fissurations, en particulier au niveau
des encastrements, et des décollements d'enduits. D'autre part, la dilatation thermique jour-
nalière (entre le jour et la nuit) fait varier l'ouverture des fissures créées par ailleurs.

f . Réactions chimiques
Sans que cette liste soit limitative, on peut citer les principaux mécanismes suivants:
-l'eau pure entraîne la chaux libre du liant, laissant un squelette poreux. Ce phénomène
est d'autant plus marqué que l'eau a un pH faible et est faiblement minéralisée. Les
ciments CPA sont les moins résistants à ces agressions;
- le gaz carbonique de l'air ou dissout, provoque le même phénomène;
-les chlorures, amenés par les embruns en zone marine ou par l'utilisation d'eau légère-
ment saumâtre dans la confection des mortiers et bétons, réagissent avec le ciment en
provoquant des gonflements;
- enfin, certains agrégats, en particulier d'origine basaltique, sont susceptibles d'être à
l'origine de phénomènes d'alcali-réaction en milieu humide.

Ces attaques chimiques sont favorisées par la circulation d'eau, donc par les défauts d' étan-
chéité, qu'elles aggravent ensuite dans un processus qui tend à riaccélérer. Un des seuls moyens
de circonscrire celles-ci est donc de remédier aux défauts d'étanchéité constatés.

TECHNIQUE DES PETITS BARRAGES EN AFRIQUE SAHÉLIENNE ET ÉQUATORIALE 415


Imprimé par JOUVE, 18, rue Saint-Denis, 75001 PARIS
N° 268554R. Dépôt légal: Avril 1999
S'appuyant sur les études menées depuis
dix à quinze ans par le Cemagref, l'EIER et le CIEH,
ce manuel capitalise plusieurs décennies d'expérience
accumulée dans la construction de petits barrages en Mrique .
sahélienne et équatoriale, tout en proposant à chaque fois
que cela semble opportun quelques techniques souvent
utilisées dans d'autres régions du monde.

Après un premier chapitre consacré


aux études préliminaires et au choix des sites, l'ouvrage
traite de la conception des évacuateurs de crues et
des ouvrages annexes, de la conception des barrages
en remblais, en maçonnerie, en béton et des structures en
gabions, puis du chantier de construction en détaillant
l'exécution de chaque type d'ouvrage. Un dernier chapitre
est consacré à la surveillance et à l'entretien
des barrages en service, tant par l'exploitant
que par le service technique.

Des annexes fournissent une description du contenu


d'un avant-projet détaillé de petit barrage ainsi que
des fiches de visite par type d'ouvrage.

Destiné aux concepteurs et maîtres d' œuvre,


ce manuel pourra être utilement consulté par les services
techniques des maîtres d'ouvrage.

ISBN 2-85362-511-7
Prix: 345 F TTC

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9 788536 251172

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