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Espaces Normés 2

Ce document traite de l'étude des sous-groupes du groupe d'un espace vectoriel réel E, en se concentrant sur les propriétés des sous-groupes discrets, fermés et leur décomposition. Il présente des résultats sur la dimension, la densité et les relations entre les sous-groupes, ainsi que des exemples spécifiques dans des espaces comme R et R2. Enfin, il aborde la dynamique des applications sur le cercle unité et les propriétés des orbites sous certaines transformations.

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Espaces Normés 2

Ce document traite de l'étude des sous-groupes du groupe d'un espace vectoriel réel E, en se concentrant sur les propriétés des sous-groupes discrets, fermés et leur décomposition. Il présente des résultats sur la dimension, la densité et les relations entre les sous-groupes, ainsi que des exemples spécifiques dans des espaces comme R et R2. Enfin, il aborde la dynamique des applications sur le cercle unité et les propriétés des orbites sous certaines transformations.

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MP*1

Sous-groupes de Rn

Dans tout ce problème, E est un espace vectoriel réel de dimension nie n.


On munit E d'un produit scalaire euclidien h , i, de la norme associée k k, et de
la topologie provenant de cette norme. Lorsque E = Rn , on prendra pour h , i
le produit scalaire euclidien canonique. La boule ouverte de centre 0 et de rayon
r > 0 de E est notée Br .
Le but de ce problème est l'étude des sous-groupes du groupe E , pour la
loi + bien sûr. Si G est un tel sous-groupe, on note EG le sous-espace de E
engendré par G, et r(G) la dimension de EG , appelée rang de G.
On rappelle que si G1 , . . . , Gp sont des sous-groupes de E , il en est de même
de
G1 + · · · + Gp = {g1 + · · · + gp , (g1 , . . . , gp ) ∈ G1 × · · · × Gp } .
En particulier, si a1 , . . . , ap sont des vecteurs de E , la somme : Za1 + · · · + Zap
est un sous-groupe de E .
Si x ∈ E , soit :
θx : E → R
·
y 7 → hx, yi
On rappelle que :
θ : E → E∗
x 7 → θx
est un isomorphisme de E sur E ∗ .
Si X est une partie de E , on dit que X est discrète (sous-entendu, dans E )
si et seulement si tout point de X est isolé, i.e, si et seulement si pour tout x
de X , il existe un voisinage V de x dans E tel que X ∩ V = {x}.

I. Généralités

1. Montrer que, si G est un sous-groupe de E , il en est de même de G.


2. Soit G un sous-groupe de E .
a) Montrer que G est discret si et seulement si 0 est un point isolé de G.
b) Montrer que si G est discret, G est fermé dans E .
c) Si G est discret et si K est un compact de E , montrer que G ∩ K est
ni.

1
3. Ici E = R.
a) Montrer que les sous-groupes discrets de E sont les aZ avec a ∈ R+ .
b) Si G est un sous-groupe non discret de E , montrer que G est dense
dans R.
On pourra montrer que, pour tout ε > 0, tout intervalle de R de longueur
ε coupe G.
c) Soient α et β dans R+∗ . Montrer que Zα+Zβ est discret si et seulement
si β/α est dans Q.

II. Décomposition d'un sous-groupe fermé de E


Dans les questions 4 et 5, G est un sous-groupe fermé de E .
4. On suppose G non discret. Il existe donc une suite (xp )p≥1 d'éléments de
G \ {0} convergeant vers 0.
En considérant une valeur d'adhérence de la suite (xp /kxp k)p≥1 , montrer
que G contient une droite vectorielle.
5. Si VG contient au moins une droite vectorielle, on note VG la réunion des
droites vectorielles contenues dans G. Sinon, on convient que VG = {0}.
a) Montrer que VG est un sous-espace vectoriel de E contenu dans G, puis
que tout sous-espace vectoriel de E contenu dans G est contenu dans VG .

Dans la suite, la dimension de VG est notée d(G).


b) Soit S un supplémentaire de VG dans E . Montrer que G = VG + (G ∩ S)
et que G ∩ S est discret.
6. Montrer que, si P est une partie de E , les assertions suivantes sont équi-
valentes :
- P est un sous-groupe fermé de E ;
- il existe un sous-espace vectoriel F de E et un sous-groupe discret D
de E tels que F ∩ ED = {0} et P = F + D.
On est ainsi ramené à classer les sous-groupes discrets de E , ce qui est
l'objet de la partie suivante.

III. Sous-groupes discrets de E


7. Ici, E = R2 , et p est le projecteur de R2 sur R déni par :
 
x
p = x.
y

Donner un exemple de sous-groupe discret de R2 dont l'image par p ne


soit pas discrète dans R.

2
8. Soit ici G un groupe discret de E non réduit à {0} ; on pose r(G) = r.
a) Justier l'existence de g1 , . . . , gr dans G tels que (g1 , . . . , gr ) soit une
base de EG . Si x ∈ EG , on note `(x) la dernière coordonnée de x sur
cette base.
b) Soit
( r )
et λr ∈ [0, 1] .
X
r−1
P = λi gi ; (λ1 , . . . λr−1 ) ∈ [0, 1[
i=1

Montrer que P ∩ G est ni. En déduire qu'il existe h dans P ∩ G tel que :

- `(h) > 0,
- ∀g ∈ G, `(g) > 0 ⇒ `(g) ≥ `(h).
c) Soit W le sous-espace de E engendré par g1 , . . . , gr−1 . Si g ∈ G,
montrer qu'il existe α ∈ Z tel que g − αh appartienne à W ∩ G.
9. Montrer, si 1 ≤ r ≤ n, que les sous-groupes discrets de E de rang r sont
exactement les Za1 + · · · + Zar où (a1 , . . . , ar ) est une famille libre de
vecteurs de E .
Si (a1 , . . . , ar ) est libre et si G = Za1 + · · · + Zar , on dit que (a1 , . . . , ar )
est une Z-base de G.
10. a) Soit M dans Mn (Z). Montrer que M est un élément inversible de
l'anneau Mn (Z) si et seulement si det(M ) est dans {−1, 1}. On note
GLn (Z) = {M ∈ Mn (Z), det(M ) ∈ {−1, 1}} .

b) On appelle réseau de E tout sous-groupe discret G de E de rang n.


Soient G un réseau de E , (a1 , . . . , an ) une Z-base de G et (b1 , . . . , bn ) une
famille de vecteurs de E . Si 1 ≤ i ≤ n, on décompose bi sur (a1 , . . . , ar )
en : n X
bi = pi,j aj .
j=1

Montrer que (b1 , . . . , bn ) est une Z-base de G si et seulement si la matrice


P = (pi,j )1≤i,j≤n

appartient à GLn (Z).


c) On xe une base orthonormée e de (E, h , i) et on oriente E par e.
Si (x1 , . . . , xn ) est une famille libre de E , quelle est l'interprétation géo-
métrique de dete (x1 , . . . , xn ) ? Que déduit-on alors de b) ?

3
11. a) Montrer que les endomorphismes continus du groupe (E, +) sont les
éléments de L(E).
b) On munit l'ensemble des sous-groupes fermés de Rn de la relation
d'équivalence dénie par G1 ∼ G2 s'il existe un automorphisme du groupe
topologique 1 (E, +) tel que f (G1 ) = G2 . Déterminer les classes de cette
relation et préciser leur nombre.

IV. Dualité pour les sous-groupes de E

Soit G un sous-groupe de E . On appelle associé de G l'ensemble :


Go = {y ∈ E ; ∀x ∈ G, hx, yi ∈ Z}.

12. a) Vérier que Go est un sous-groupe fermé de E .


b) Reconnaître F o si F est un sous-espace vectoriel de E .
c) Montrer que G est dense dans E si et seulement si
Go = {0} 2 .
 
α1
.
 ..
13. Ici E = Rn . Soient α1 , . . . , αn des réels et α le vecteur  .

αn
a) Montrer que le sous-groupe Z + Rα est dense dans E si et seulement
n

si : ( )n
X
(x1 , . . . , xn ) ∈ Zn , xi αi = 0 = {(0, . . . , 0)},
i=1

c'est-à-dire si et seulement si (α1 , . . . , αn ) est une famille libre du Q-


espace vectoriel R.
b) Si la condition du a) est satisfaite, calculer, pour (a1 , . . . , an ) ∈ R+ n
et (ϕ1 , . . . , ϕn ) ∈ Rn :
n
Sup
X
ai cos(αi t + ϕi ).
t∈R i=1

c) Montrer que le sous-groupe Zn + Zα est dense dans E si et seulement


si : ( )
n
X
(x1 , . . . , xn ) ∈ Zn , xi αi ∈ Z = {(0, . . . , 0)},
i=1

c'est-à-dire si et seulement si (1, α1 , . . . , αn ) est une famille libre du Q-


espace vectoriel R.
1. C'est-à-dire un endomorphisme de (E, +) qui est continu et dont la réciproque est conti-
nue.
2. Critère de Kronecker, 1884

4
d) Montrer que
 √  
a + c√ 2 3
H= , (a, b, c) ∈ Z
b+c 3

est un sous-groupe dense de R2 .


e) Montrer que l'ensemble E des vecteurs α de E tels que Zn + Zα soit
dense dans E est un Gδ dense de E , c'est-à-dire que cet ensemble est un
Gδ dense de E .
On admettra le théorème de Baire : si (E, d) est un espace métrique

complet, une intersection dénombrable d'ouverts denses de E est dense

(et est donc un Gδ dense de E 3.

14. Soit G un sous-groupe fermé de E .


a) Soit (a1 , . . . , an ) une base de E . Montrer qu'il existe une base (a01 , . . . , a0n )
de E telle que :
∀(i, j) ∈ {1, . . . , n}2 , ai , a0j = δi,j (symbole de Kronecker).

b) Calculer d(Go ) et r(Go ) en fonction de n, d(G) et r(G).


15. Soit G un sous-groupe de E .
a) Si G est fermé, montrer (Go )o = G.
b) Dans le cas général, montrer :
o
(Go ) = G.

c) Quelle est l'adhérence, si E = R3 , de :


 √  
 a + d√ 2 
H =  b + d √3  ; (a, b, c, d) ∈ Z4 ?
c + d( 2 − 1)
 

3. Par dénition, un Gδ d'un espace métrique est une intersection dénombrable d'ouverts
de cet espace.

5
MP*1
Problème
Le théorème diophantien de Fürstenberg

Notations

Dans tout ce texte, U désigne le cercle unité du plan complexe :


Urat = {e2iπr , r ∈ Q}.

On munit U de sa topologie naturelle, induite par la topologie de C.


Pour α dans R, soit ρα l'application de U dans U dénie par :
∀z ∈ U, ρα (z) = e2iπα z.

Pour p dans Z, soit ϕp l'application de U dans U dénie par :


∀z ∈ U, ϕp (z) = z p .

Si f est une application d'un ensemble non vide E dans lui-même, on note
f n la composée f ◦ f ◦ · · · ◦ f (n facteurs).

I. Dynamique des applications ϕp

A. Préliminaires

1. Soient (E, d) est un espace métrique, f une application continue de E


dans E . Pour x dans E , soit
ωf (x) = {f n (x), n ∈ N}.

On dit que ωf (x) est l'orbite de x sous l'action de f .


a) Soit X une partie de E stable par f . Vérier que X est une partie de
E stable par f .
b) Vérier que ωf (x) est, au sens de l'inclusion, le plus petit fermé de E
contenant x et stable par f .
c) On dit que f est minimale si les seuls fermés de E stables par f sont
∅ et E . Caractériser l'assertion  f est minimale  au moyen des orbites
ωf (x) pour x dans E .

2. Soit α un nombre réel irrationnel. On admet que l'ensemble Nα + Z est


une partie dense 1 de R. En déduire que l'application ρα est minimale.

1. Ce résultat pourrait se déduire sans diculté de la partie II du problème.

1
B. Exemples de fermés stables par ϕp

Les trois questions de cette partie sont mutuellement indépendantes. Elles


ont pour but de montrer la diversité des fermés de U stables par une
application ϕp .
3. a) Soit p ∈ Z. Montrer que ϕp n'est pas minimale.
b) Soit p un entier ≥ 2. Déterminer les z de U tels que l'orbite ωϕp (z)
soit nie.
+∞
2
4. On xe un entier p ≥ 2 et on pose : x =
X
p−n , z = e2iπx .
n=1
a) Justier l'existence de x.
+∞
2 2
b) Montrer que
X
p−k ∼ p−n .
n→+∞
k=n

c) Montrer que :
   
2iπ
ωϕp (z) = ωϕp (z) ∪ exp , m∈N .
pm

On a ainsi construit un fermé dénombrable de U stable par ϕp .


5. a) Soit ε = (εk )k≥1 une suite d'éléments de {0, 1}. Justier l'existence de
+∞
X 2 εk
sε =
3k
k=1

et l'appartenance de sε à [0, 1].


b) On note n o

K = sε , ε ∈ {0, 1}N .

Montrer que l'application :



s : ε ∈ {0, 1}N 7−→ sε

est injective. Par suite, K n'est pas dénombrable.


c) Montrer que K est un compact de [0, 1].
d) Montrer que K est d'intérieur vide dans [0, 1]. On pourra montrer que,
pour tout n de N∗ , K est contenu dans une réunion de 2n segments deux
à deux disjoints de [0, 1], tous de longueur 3−n .
e) Montrer que l'ensemble
F = e2iπs , s ∈ K


est stable par ϕ3 . Quel est l'intérieur de F dans U ?

2
II. Sous-semi-groupes de (R+ , +), de (N∗ , ×)

6. Soit G un sous-groupe de (R, +). Montrer que G est soit dense dans R,
soit de la forme αZ pour un certain α de R+ .
7. Une partie X de R est dite dense en +∞ si, pour tout ε de R+∗ , il existe
T dans R+ tel que

∀t ∈ [T, +∞[, ]t, t + ε[∩X 6= ∅.

Soit (xn )n≥0 une suite croissante d'éléments de R+ . Donner, sans expli-
citer une démonstration, une condition nécessaire et susante pour que
l'ensemble {xn ; n ∈ N} soit dense en +∞.
8. Soit M un sous-semi-groupe de (R, +), i.e. une partie non vide de R+
telle que :
∀(x, y) ∈ M 2 , x + y ∈ M.
On pose :
G = M − M = {x − y, (x, y) ∈ M 2 }.
a) Montrer que G est soit de la forme αZ pour un certain α de R+ , soit
dense dans R.
b) On suppose que G est de la forme αZ. Montrer que M est contenu
dans αZ.
c) On suppose que G n'est pas de la forme αZ. Montrer que M est dense
en +∞.
9. Soient α et β dans R+∗ . On pose :
Mα,β = Nα + Nβ.

a) Justier que l'on peut ranger les éléments de Mα,β en une suite stric-
tement croissante (mk )k≥1 .
b) On suppose β/α rationnel. Montrer qu'il existe γ > 0 tel que :
∀k ∈ N∗ , mk+1 − mk ≥ γ.

c) On suppose β/α irrationnel. Montrer :


mk+1 − mk → 0.
k→+∞

10. Un sous-semi-groupe de (N∗ , ×) est une partie non vide S de N∗ telle que
∀(s, s0 ) ∈ S 2 , ss0 ∈ S.

Soit S un sous-semi-groupe de (N∗ , ×). Montrer que les assertions sui-


vantes sont équivalentes :
(i) l'ensemble S contient deux éléments p et q tous deux ≥ 2 et tels que
ln(q)
∈ R \ Q,
ln(p)

3
(ii) il n'existe pas d'élément c de N∗ tel que
S ⊂ ck , k ∈ N ,


(iii) on peut écrire


S = {sk , k ≥ 1}
où (sk )k≥1 est une suite strictement croissante d'éléments de N∗ telle que
sk+1
−→ 1.
sk
Un sous-semi-groupe vériant ces conditions est dit non lacunaire. En
particulier, si p et q sont deux entiers vériant la condition (ii),
n o
Sp,q = pm q n , (m, n) ∈ N∗ 2

est un sous-semi-groupe non lacunaire de N∗ .


11. Soient p et q dans N∗ . Montrer que, s'il existe un nombre premier divi-
sant p mais pas q , Sp,q est un sous-semi-groupe non lacunaire de N∗ . La
réciproque de cette propriété est-elle vraie ?

III. Le théorème diophantien de Fürstenberg

Dans cette partie III, p et q sont deux éléments de N∗ , tous deux ≥ 2 et


tels que le sous-semi-groupe Sp,q soit lacunaire. On écrit :
Sp,q = {sk , k ∈ N∗ },
où la suite (sk )k≥1 est strictement croissante et vérie :
sk+1
(1) → 1.
sk k→+∞

Il est clair qu'une partie de U est stable par ϕp et ϕq si et seulement si elle


est stable par ϕs pour tout s de Sp,q ; la preuve de cette assertion n'est
pas demandée. On se propose de démontrer le théorème diophantien
de Fürstenberg (1967) : une partie fermée de U stable par ϕs pour
tout s de Sp,q est soit nie, soit égale à U. Ce résultat contraste avec les
exemples de I.B.

A. Préliminaires

12. Soient (E, d) un espace métrique, X une partie fermée de E . On dit qu'un
point x de E est un point d'accumulation de X si, pour tout voisinage
V de x dans E , l'ensemble V ∩ X est inni. On note Acc(X) l'ensemble
des points d'accumulation de X .
a) Montrer que Acc(X) est une partie de X fermée dans E .
b) On suppose (E, d) compact et X innie. Montrer que Acc(X) est une
partie non vide de E .
Dans toute la suite du problème, Z est une partie fermée non
vide de U.

4
13. a) Montrer que :
Zb = zz 0−1 , (z, z 0 ) ∈ Z 2 ,


est un fermé de U.
b) Si Z est innie, montrer que Acc(Z)
b contient 1.

14. Montrer que, si r ∈ N∗ et si Z est stable par ϕr , alors Acc(Z) est stable
par ϕr .
Désormais, on suppose de plus que Z est non vide, stable par
ϕs pour tout s de Sp,q .

B. Le cas où Z a un point d'accumulation rationnel

15. On suppose que 1 appartient à Acc(Z). En utilisant la relation (1), mon-


trer que Z = U.
16. On suppose que Acc(Z) contient un élément de Urat .
a) Montrer qu'il existe r et t dans N∗ , premiers entreeux, tels que t soit
premier à p et à q et que Acc(Z) contienne exp 2iπr t .
b) Montrer qu'il existe α dans N tel que

   
2iπr
Y = exp − z; z∈Z
t
soit stable par ϕs pour tout s de Spα ,qα . En déduire que Z = U.

C. Fin de la preuve
2

17. On suppose Z innie. Montrer que Zb = U.


18. On suppose que Z est non vide, stable par ϕs pour tout s de Sp,q et ne
contient aucun point de Urat . On xe t dans N∗ premier à p et à q .
On dénit une suite nie (Zjt )0≤j≤t−1 de parties de U en posant :
 
2iπ
Z0t =Z ; ∀j ∈ {0, . . . , t − 2}, t
Zj+1 = {z ∈ Zjt , exp z ∈ Zjt }.
t
a) Montrer qu'il existe α dans N∗ tel que, pour tout j de {0, . . . , t − 1},
Zjt soit stable par ϕs pour tout s de Spα ,qα .
b) Montrer que, pour tout j de {0, . . . , t−1}, l'ensemble Zjt est une partie
innie de U \ Urat .
c) En considérant un élément z de Zt−1 t
(qui existe grâce à la question
b)), montrer que, pour tout u de U, il existe z 0 dans Z tel que

|u − z 0 | ≤ .
t
En déduire Z et obtenir une contradiction.
19. Démontrer le théorème diophantien de Fürstenberg.
20. Soit α un nombre réel irrationnel. Quelle est l'adhérence, dans R, de :
{pm q n α + ` ; (m, n, `) ∈ N × N × Z} ?
2. Démonstration due à Boshernitzan, 1994.

5
M P2 Devoir du 30/11/2017: Rayon transfini et applications
(d'après des sujets de concours Mines et ENS)
Notations:
i} Dans tout le problème K désigne une partie bornée non vide de C, supposée infinie à partir du
B
ii} Pour n E N* on note En l'ensemble des polynomes complexes unitaires de degré n, c'est à
dire de terme dominant xn.
iii} Si P est un polynôme complexe on pose lorsque ces quantités existent:
µK(P) = sup{IP(z)I /z E K}, µK,n = inf{µK(P) /P E !En} et RK = inf{(µK,n) 11" / n EN"}.
Si RK existe, on l'appelle rayon transfini de K .
On admettra l'inégalité de Hadamard suivante. Si on munit l'espace Mn, 1 (C) de la norme
quadratique définie par IIXII = Ji:~= 1 lxkl 2 alors:
Pour toute matrice carrée A E Mn(C) de colonnes Ai, . .. ,An on a I detAI $ IIAkll-n;=1
I Généralités
A Préliminaires
1 Soit K une partie bornée non vide de C.
a) Prouver l'existence de RK. Prouver aussi que, si K' C K, alors RK' $ RK .
b) Prouver qu'on a RK = RK où K est l'adhérence de K dans C.
c) Soit a E c• et b E C. On note K' l'image de K par l'application z E K H az + b E K'.
Montrer que K' est bornée non vide et exprimer son rayon transfini en fonction de a, b et RK .

2 Calculer RK lorsque K est finie.

3 On considère K = {O} U {¼ /
n EN"} et, pour n EN", Pn = XTT~,:-11(x - ¼)-
a) Montrer que pour tout n EN° et tout x E K on a IPn(x)I $ ~1•
b} En déduire la valeur de RK et comparer le résultat avec 2.[0n pourra utiliser la formule de
Stirling.]

B Cas des cercles et des disques


4 Dans cette partie K est le cercle unité K = {z E C /lzl = l}.
a) En utilisant un élément particulier de En, prouver qu'on a Vn E fir, µK,n $ 1.
2
b) Soit P E !En. Montrer qu'on â: fo w e-int P(i') dt= 2ra. En déduire un minorant de µK(P).
c) Prouver l'existence et donner la valeur de RK .
d) Plus généralement déterminer la valeur de RK lorsque K est un cercle ou un disque de rayon
R>0.

C Polynômes de Chebychew, cas de [-1,1]


Dans cette partie K désigne l'intervalle [-1,1}.
5 a) Montrer que pour tout p EN et tout 0 E IR, on a:
cos(p + 1)0 + cos(p- 1)0 = 2cos0cosp(J.
b) Déduire, pour tout p, l'existence et l'unicité d'un polynôme Tp E Q[X] tel que: V0 E
IR, Tp (cos 0) = cos p0.
c) Déterminer le degré et le terme dominant de Tp.

6 Résoudre dans [-1, 1] puis dans C l'équation Tp(x) 2 = l. On précisera la multiplicité des
racines.
7 Soit n ~ 1. Prouver l'inégalité µK,n $ 21-n. [On pourra considérer Sn= 21 -nTn.]

1
8 On suppose qu'il existe P E En tel que µK(P) < 2 1- n.
a) Prouver que Sn - P s'annule au moins n fois sur K .
b) Conclure et déduire la valeur de µK,n•

9 Déterminer RK pour K = [-1, l] et, plus généralement, pour K intervalle de longueur


l > O.
Il Caractérisations du rayon transfini
D Convergence de la suite des (µ~:)
On suppose dorénavant que K est une partie compacte non vide de C ayant une infinité de
points. On écrira µ et µn au lieu de µK et µK,n .
10 Soit (Un)n~l une suite de réels vérifiant \:/p, q 2: 1, Up+q ::; Up + U9 .
a) Montrer qu'on a \:/m,p, q E N, Ump+q $ mUp + U9 •
b) En déduire la convergence de la suite(~ )n~l vers p = inf ~ ER .

11 Prouver les faits suivants:


a)µ est une norme sur C[X] ;
b) pour tout n EN• , il existe P E 1En tel que µn = µ(P)
c) pour p, q ~ 1, on a JL,p+q ::; µ,,.µ 9 ;
d) RK = lim~v-+oo ~ l/n. [On pourra appliquer la question précédente 10 .]

E Une autre caractérisation du rayon transfini


Pourn ~ 2, et a1,a2, . . . ,an E K on pose
Dn(a1, ··· ,On)= ( II 2
la; - ail) n(n - 1 > et 6.n = sup{Dn(a1, •· ·,an) /a1, ••·,On E K} .
1$i<j$n
12 a) Soit (an)n>O une suite de JR+ . On pose An = ao + ... + On et on suppose que la
suite An tend vers +oo. Montrer que, pour toute suite (Un)n~l tendant vers i E R ' la suite
:t;(U1a1 + ... +[Link]) tend vers aussi vers l.
b) En déduire que si la suite (Un)n>l de réels strictement positifs vérifie limnH+oo U~/n = l E R
alors la suite de terme général (U1 Ü2 .. .Un) 2+
n(n
1
> tend vers aussi vers l.

13 Montrer l'existence de 6.n ainsi que celle de a 1, ... , an E K tel que 6.n = Dn (a1, ... , an).
14 Soit Po = 1 E lEo, Pi E E1, ... , Pn-1 E En-1 • Montrer que, pour k = 0, . . . n - 1,
Po, ... , Pk est une base de Ck[X]. En déduire
2
Dn(a1, ••• ,an) =I Det(P; - 1{ai)hSi$n,1$j$n I n{n - 1 >

15 Montrer que, pour n ~ 2, on a 6.~-l::; n(µ 1 . .. ~ _ 1) 2/n . [On pourra utiliser l'inégalité
de Hadamard.]

16 Montrer que, pour n ~ 3, on a


6,.n(n-1) > 2 6.(n-l)(n- 2) et A n(n-1) > (µ1 · · · µ.n-1 )2
n - µn - 1 n- 1 Un _

17 Montrer que la suite 6.n converge vers RK ,[On pourra utiliser 12.]

2
III Application à l'approximation uniforme par des éléments de Z[X]
On considère un compact non vide A de IR de rayon transfini R.
On note CA l 'espace normé dea fonctions continues AH 1R muni de la norme Il IICX)de la conver-
gence uniforme.
On s 'intéresse à l'adhérence PZ de l'ensemble PZ des fonctions f : A H IR. polynomiales à
coefficients entiers dans CA .
A tout P = EZ=oakXk E IR[X] on associe P = EZ=olakJXk E Z[X] .
18 a) Montrer que, si P E Z(X], est de degré n ~ 0, on a µA(P) ~ Rn .
b) En déduire que, si R ~ 1, PZ est une partie fermée de l'espace normé CA .

19 a) Montrer que la suite de terme général u.n(x) = E~::: xk(l - x)n- k converge un-
iformément vers O sur [O, l] . [Pour a E]O, ½[ étudier les cas x E [a, 1 - a] et x rt [a, 1 - a] .]
b) En admettant le théorème de Bernstein:
si f est continue sur (01], la suite des polynômes Bn(f) (x ) = E~=O ( ~) f(¼)xk(l - x)n- k
converge uniformément vers f sur [O, 1]
prouver que, lorsque f(O) et /(1) sont entiers la suite de terme général
Cn(f)(x ) = E;=ol( ( ~) /(~)J xk(l - x )n- k converge uniformément vers/.

c) En déduir~ une caractérisation simple de PZ dans le cas où A= [O, 1] .


d) Que peut-on dire de PZ lorsque A est un segment inclus dans IR. \ Z?
IV Applications aux entiers algébriques: Méthode de Fekete (1923)
Remarque Pour définir plus correctement la notion d'entiers algébriques conjugués on
considère d 'ordinaire le polynôme minimal de l 'entier algébrique a . C'est un polynôme irréductible
dans Z[X] mais cette notion est plus difficile à manipuler que dans le cas de !K[XJ (K corps). La
difficulté vient du fait que Z[X] n'est pas [Link] d 'un algorithme de division euclidienne {on dis-
pose tout de même d'un théorème de factorisation 'unique' en éléments irréductibles qui pennet
de faire de l 'arithmétique). On se contentera de la définition donnée dans le texte!
Un nombre réel ou complexe est un entier algébrique si il est racine d'au moins un polynôme
non nul unitaire et à coefficients entiers. On note A l'ensemble des complexes entiers
algébriques.
20 Propriétés de A
a) Montrer que pour (a, b) E Z x ~•,a + Jb est élément de A.
b) Prouver que An Q = Z.
c) Soit {c 1 , ..• en) des nombres complexes non tous nuls, H = c 1Z + ... + enZ le sous-groupe de
(C, +) engendré. On suppose que a E C vérifie 'rfh E H, a x h E H . Montrer que a est valeur
propre d'une matrice à coefficients entiers; en déduire a E A.
d) Déduire duc) que A est un sous-anneau de {C, + , x) .

21 Résultant Soit P E C[X] un polynôme de degré m de terme dominant cXm et ayant


m racines (a1 , ... ,am) (comptées avec multiplicité) et Q E C[X] un polynôme de degré n. On
pose Resm,n(P , Q) = en rrr=lQ(ak )-
a) Montrer que Pet Q ont une racine commune si, et seulement si, Resm,n(P, Q) = O.
b) Prouver Resm,n(P, Q) = (- l}ffin Resn,m(Q,P).
On considère la matrice R 0 (P, Q) du système (P, (X-a)P, . . . , (X-ar- 1P, Q, (X-a)Q, ... , (X-
a)m- 1Q) dans la base (1, (X - a), .. . , (X - a)n+m-l) de Cn+m-i!X] .
c) Prouver que le déterminant de Ra(P, Q) est indépendant de a. On le note seR.n,n(P, Q).

3
d) On suppose que a est une racine de Q et on pose Q = (X - a)Q1 , Prouver seRm,n(P, Q) =
P(a) seRm,n- 1(P, Q1) . En déduire seR.n,n(P, Q) = Resm,n(Q, P).

22 Application a) Soit SE C[X] un polynôme unitaire de degré d ~ 1, Kun compact de


Cet H = s- 1 (K) = {z E C / S(z) E K}. Montrer que RH::; (RK)l/d.
b) Soit TE Eri et Q(y) le résultant des polynômes T(X) et R(X) = S(X) -y. Montrer que
±Q(y) est un polynôme unitaire de degré n en y et que Sup11 eK IQ(y) I :5 SUPxeH IT(x) ld• En
déduire RH= (RK) 1 l d.
c) Retrouver les rayons transfinis des cercles et des disques (en admettant qu'ils sont non nuls)
puis ceux des segments. [Pour un segment K bien choisi considérer le polynôme de Chebyshew
S = S2, I.C.7] .
23 Discriminant On appelle discriminant de P = ao + ... + anxn E C[X], polynôme de
degré n, le nombre complexe Disc(P) = Resn,n-1 (P, P').
a) Montrer que Pa une racine multiple si, et seulement si, Disc(P) = O.
b) Prouver que si Pest à coefficients dans un sous-anneau A de C, Disc(P) est élément de
A.
24 a) Soit Tn le nème polynôme de Chebyshew (cf . II) . Montrer que tn = ?:I'n(X/ 2) est
unitaire et que toutes les racines de tn sont dans [-2, 2] .
b) En déduire qu'il existe une infinité de polynômes unitaires T à coefficients entiers et sans
racine multiple tels que [-2, 2] contiennent toutes les racines de T .
c) Montrer (simplement) que le cercle unité a la même propriété.

25 Soit P E Z[X ] unitaire de degré n à racines simples a1 , ... , an toutes incluses dans la
partie Ede C. Prouver que IL#;(ai - a;)= Disc(P) et déduire que c'est un entier relatif.
En déduire que si E est tel qu'il existe une infinité de polynômes P E Z[X] unitaires à racines
simples dont toutes lei, racines sont dans E alors E est de rayon transfini supérieur à 1.
Que peut-on dire des segments de lR et des disques ayant cette propriété? (Théorèmes de
Kronecker et de Polya.)

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