I- Rappel sur les concepts fondamentaux
a) Méthodologie :- D’une façon générale, la méthodologie représente l’ensemble des
démarches, des étapes, des règles, des procédures, des stratégies, des méthodes et
techniques adoptées pour réaliser un travail ou atteindre un objectif déterminé.
Selon Louis VAILLANCOURT(2001), La méthodologie est une manière de procéder ou
tout simplement un savoir- faire qui permet d’utiliser diverses techniques pour rédiger
et présenter un travail.
D’après Maurice ANGERS (1992), La méthodologie est l’ensemble de méthodes et
techniques qui orientent l’élaboration d’un travail intellectuel et qui guident la
démarche scientifique.
b) Recherche :- C’est l’ensemble structuré d’activités orientées vers la saisie ou la
compréhension des faits observés dans la réalité. C’est l’exploration du réel, c’est la
découverte de ce qui existe mais qui a été ignoré.
D’après Maurice ANGERS(1992), la recherche scientifique est un processus qui consiste
en la collecte et l’analyse des données en vue de résoudre ou de répondre à un
problème de recherche bien déterminé observé dans la réalité.
C’est un ensemble d’activités consistant à la collecte et l’analyse des données dans le
but d’expliquer le réel. La recherche scientifique débute toujours par l’identification
d’un problème de recherche bien particulier observé ou constaté dans la réalité.
Selon Gérald GUITEAU(2015), La recherche est un effort systématisé pour acquérir de
nouvelles connaissances, un mouvement du connu vers l’inconnu , un voyage vers la
découverte. Elle consiste en un ensemble d’actions ayant pour but d’améliorer et
d’augmenter l’état de connaissances dans un domaine spécifique et implique une
méthode d'étude qui permet d’arriver à une solution concernant un problème. Elle est
la quête systématique d’une réponse à des questions sur des faits concrets et sur les
relations entre ces faits
Quelques types de recherche
1- La recherche fondamentale : C’est la recherche qui a pour but d’augmenter la
somme de connaissances théoriques , abstraites et généralisables sans se
préoccuper de leurs applications pratiques immédiates. Elle n’a pas de fin pratique
mais théorique.
2- Recherche appliquée. :- C’est la recherche dont le but est de faciliter la prise des
décisions éclairées par la mise en application immédiates des connaissances
acquises. Elle a une fin pratique et non théorique. On l’appelle aussi recherche-
action.
3- Recherche qualitative :- C’est la recherche dans laquelle les informations ne sont
pas numériques ou chiffrées. Dans ce type de recherche, il n’existe pas des données
mathématiques, de pourcentage, pas de variables quantitatives. L’accent est mis sur
les qualités ou les caractéristiques des informations et non leurs quantités.
Le chercheur étudie les phénomènes à l’aide des techniques spécifiques de
cueillette et de traitement de données comme l’entrevue, l’analyse de cas ou
l’observation directe ou participative. Dans la recherche qualitative, le chercheur
représente le principal instrument de collecte des données.
4- Recherche quantitative :- C’est le type de recherche dans lequel les informations
sont numériques ou chiffrées. On y trouve des données quantitatives, des
pourcentages, rapports, informations statistiques ou mathématiques. Dans cette
recherche , l’accent est mis à la fois sur l’analyse qualitative et quantitative des
informations . Le chercheur aborde les phénomènes à l’aide d’instruments de
quantification et traite les données chiffrées obtenues à l’aide de modèles
statistiques.
5- Recherche documentaire :- C’est la recherche dans laquelle les informations sont
recueillies ou collectées à travers les documents. Dans ce type de recherche, la
formulation de l’objectif est obligatoire au départ mais l’hypothèse facultative.
6- Recherche empirique :- C’est le type de recherche dont les informations sont
recueillies ou collectées sur le terrain. Elle conduit obligatoirement le chercheur sur
le terrain. C’ est pourquoi, on l’appelle aussi étude sur le terrain. Dans cette
recherche, l’objectif et l’hypothèse sont obligatoire au départ.
c) Problème de recherche.- D’une manière formelle, un problème de recherche représente
un écart, un vide, une différence, une divergence que l’on doit diminuer. C’est un écart
constaté entre une situation de départ insatisfaisante et une situation d’arrivée
désirable ou souhaitable.
Dans ce contexte, un problème de recherche est un écart ou un manque à combler dans
le domaine de nos connaissances entre ce que nous savons et ce que nous devrions ou
désirons savoir sur le réel. Le plus souvent , le problème de recherche est formulé sous
la forme d’une question appelée question de départ. C’est pourquoi on dit que la
question de départ est le problème de recherche formulé sous la forme interrogative.
Un problème de recherche représente ce qui soulève un questionnement, ce qui semble
devoir être étudié. La formulation du problème constitue la première étape du
processus de recherche. Une bonne part du succès ou de l’échec de l’effort de
recherche dépendra du sérieux avec lequel aura abordée cette étape initiale. C’est
pourquoi Maurice ANGERS écrit : <<Une recherche, c’est une action en vue de
découvrir quelque chose. Ce quelque chose qui nous pousse à agir s’appelle en science
un problème. Un problème , c’est ainsi ce qui nous pose question, ce qu’on ressent
comme un manque à combler et qui nous incite à aller de l’avant vers la découverte.>>
Sources de problème de recherche. Selon Claude CHARBONNEAU, les principales
sources de problème de recherche sont :
1- La simple observation des faits. Plusieurs des questions ou des problèmes dont
découlent des recherches proviennent de la simple observation des faits.
a) Il peut s’agir d’événements de la vie quotidienne ou de faits divers rapportés par
l’un ou l’autre moyen de communication.
b) Il peut s’agir d’observations effectuées pendant l’exercice d’une certaine
pratique professionnelle.
c) Il s’agit la plupart du temps de faits liés à l’activité de recherche elle- même ,
consistant en résultats surprenants dans les périodiques scientifiques, transmis
dans des communications lors de rencontres scientifiques ou directement
identifiés en cours de réalisation d’une recherche.
2- Une faille dans les l’ensemble des connaissances :- Une faille quelconque dans
l’ensemble des connaissances peut aussi être une source de questions pour les
chercheurs.
3- L’observation des faits en apparence contradictoires :- Plusieurs problèmes de
recherche ont par ailleurs leur origine dans l’observation de faits en apparence
contradictoires. Le même phénomène étudié de diverses façons ou à différents
moments, présente alors des caractéristiques apparemment opposées.
4- La mise à l’épreuve d’une théorie :- Les recherches ne découlent pas toutes de
questions soulevées par l’observation des faits. Bon nombre de problème4s
scientifiques ont une origine purement théorique. C’est le cas lorsqu’on cherche à
mettre à l’épreuve la validité d’une théorie.
5- La vérification des explications scientifiques :- Certaines théories sont en pleine
évolution et bon nombre de questions consistent simplement à tenter de vérifier si
les explications qui se sont déjà avérées valables, en ce qui concerne les conduites
de certains sujets dans certaines situations, s’appliquent à d’autres sujets en
d’autres circonstances.
d- Problématique :- D’après Jacques CHEVRIER, la problématique c’est l’identification des
critères qui justifient le choix du sujet et présentation des résultats de recherche qui analysent
et décrivent déjà une certaine partie de la réalité et qui motivent l’étude d’une autre partie de
cette même réalité.
Selon Bernard DIONNE, la problématique c’est l’approche théorique que l’on décide d’adopter
pour traiter un problème tel qu’il a été posé dans la question de départ. C’est l’art de définir le
plus précisément le problème qui est à l’origine de la recherche.
Pour Michel BEAUD, la problématique est l’ensemble construit , autour d’une question
principale, des hypothèses et des lignes d’analyse qui permettront de traiter le sujet choisi. Elle
est une composante essentielle dans le travail de préparation de mémoire. Elle est pour le
mémoire ce qu’est le cerveau pour l’être humain.
La problématique représente la pierre angulaire, la base matricielle de toute recherche. Car,
c’est autour d’elle que tournent la question de recherche, l’hypothèse, la collecte et l’analyse
des données. C’est elle qui dirige le chercheur dans la collecte des données sur le terrain. C’est
dans la problématique que le chercheur pose ou présente l’objet de sa recherche. D’après
Benoit GAUTHIER, la problématique permet de répondre à cette question fondamentale :
<<pourquoi nous avons besoin de faire cette recherche ?>>. Il n’y a pas de bon mémoire sans
bonne problématique. Celle-ci évolue, murit au fur et à mesure qu’avance la préparation du
mémoire.
Présentation de la problématique :- Présenter la problématique consiste à préciser le contexte
de la recherche, à définir l’objet d’analyse et à faire état du ou des problèmes en cause.
La définition de la problématique c’est l’étape où l’on explicite les enjeux et la dynamique de
l’objet d’analyse, pose clairement le problème et annonce sous quel angle on compte aborder
l’objet d’analyse. La problématique termine toujours par une question principale ou
fondamentale connue sous le nom de question de recherche.
e- Question de recherche :- C’est une interrogation explicite relative à un problème à examiner
et à analyser dans le but d’obtenir de nouvelles informations. C’est un énoncé interrogatif
indiquant le point précis sur lequel la recherche interroge la réalité. C’est un énoncé clair et non
équivoque de la position prise par le chercheur pour acquérir des faits nouveaux ou pour
réviser des conclusions déjà admises dans un domaine d’intérêt. Cet énoncé identifie les
variables clés, spécifie la nature de la population et suggère une investigation empirique.
La question de recherche est appelée tantôt question générale, tantôt question fondamentale.
C’est autour de cette question que se développe tout le travail de recherche , tout le mémoire.
la clé du travail de rédaction. Elle doit cerner tout le sujet.
Questions spécifiques :- Ce sont des questions particulières et des composantes de la question
principale. Autrement dit , elles appartiennent à la question principale dont elles découlent.
Elles l’axe sont autour duquel tourne chaque partie ou chapitre du mémoire.
F- Hypothèse de recherche :-L’hypothèse est une réponse provisoire, anticipée ou prématurée
prédisant une relation entre deux variables : l’une indépendante et l’autre dépendante . Elle
n’est jamais formulée sous la forme interrogative. Elle doit être une phrase affirmative ou
déclarative qui établit une relation entre deux variables.
Selon TREMBLAY, l’hypothèse est l’énoncé de relations plausibles entre une série de
phénomènes observés ou de faits imaginés. Ainsi, elle peut être une invention de l’esprit ou
une conception provisoire de la réalité.
L’hypothèse de recherche représente le fil conducteur, l’idée directrice, une proposition
générale qui oriente les observations sur le terrain. Elle oriente la résolution d’un problème ou
l’explication d’un phénomène et doit être vérifiée au fil de la recherche. Elle est l’épine dorsale
de la recherche . C’est elle qui dirige, conduit ou oriente le chercheur dans la cueillette des
données sur le terrain. Voici quelques exemples d’hypothèses :
a) Les problèmes socio-économiques représentent un véritable blocage à l’implantation
de la démocratie en Haïti
b) La participation des Montréalais aux organisations politiques varie en fonction de leur
niveau de scolarité.
c) Plus le niveau de scolarité des Montréalais est élevé , plus ils participent aux
organisations politiques.
G- Variables :- Une variable est un facteur ou un phénomène qui varie en fonction d’un
autre qui le fait varier. Ce sont les éléments sur lesquels portera la collecte des données.
Les variables constituent les principales composantes de l’hypothèse. Selon qu’elles
influencent ou sont influencées, les variables sont indépendantes ou dépendantes.
Variable indépendante :- C’est la variable qui entraine la variation de l’autre. C’est le
facteur qui influence, celui qui fait varier la variable dépendante. C’est la variable
causale ou explicative.
Variable dépendante :- C’est la variable qui subit les effets de la variation . Elle est le
facteur influencé, celui qui varie en fonction d’un autre.
II- Les étapes de la recherche. Dans tous les champs d’étude scientifique, un processus
de recherche s’opère en quatre étapes principales. Ce sont respectivement la
construction de la problématique, la collecte des données , l’analyse des données et
l’interprétation des résultats.
Construction de la problématique :- Elle consiste à traduire une idée de recherche
d’abord vague en une question précise à vérifier dans la réalité. C’est le rétrécissement
progressif du champ de la recherche selon des étapes prédéterminées.
Eléments de la construction de la problématique
1- Le thème de recherche. La construction de la problématique débute par le choix
d’un thème de recherche. C’est un domaine vaste, un champ d’études dans lequel
s’inscrit la recherche. Pour trouver des idées de thème de recherche, le chercheur
peut :
a) Lire des articles ou des revues scientifiques , pour prendre connaissance des
types de travaux déjà réalisés
b) Feuilleter des revues ou des journaux, pour cibler des phénomènes sociaux
susceptibles d’être étudiés.
c) S’inspirer de ses propres observations.
d) Relever des contradictions apparentes
Choix d’un thème de recherche :- Le choix d’un thème de recherche ne se fait
pas n’importe comment. Avant de choisir un thème de recherche ,le chercheur
doit prendre du temps pour réfléchir profondément sur :
1- L’intérêt manifesté pour ce thème
2- La faisabilité du thème.
Etude la faisabilité d’un thème de recherche.
Pour faire l’étude de la faisabilité d’un thème, on doit prendre en
considération, quatre facteurs ou paramètres. Ce sont :
a) Facteur de disponibilité des informations ou des données.
b) Facteur d’accessibilité aux sources des informations ou des données
c) Facteur de disponibilité de temps
d) Facteur de disponibilité des ressources (matérielle, économique,
financière et humaine)
Si l’étude du thème se révèle faisable pour le chercheur, il va choisir un
sujet tiré du thème qu’il va formuler comme sujet de recherche
spécifique à traiter.
Techniques de formulation d’un sujet de recherche.
Pour formuler un sujet de recherche , on doit respecter quatre règles
fondamentales. Ce sont :
a) Deux variables ou deux concepts en relation
b) Pas de verbe conjugué.
c) Délimitation dans l’espace , géographique ou territoriale
d) Délimitation dans le temps
Exemple : thème de recherche. Pratiques mystico- religieuses en
Haïti
Formulation d’un sujet tiré du thème :
Influence des pratiques mystico-religieuses sur la réussite des
bacheliers à la commune de Cavaillon de 1990-2000.
2_ Problème général :- C’est le choix par le chercheur un aspect de
son thème de recherche sur lequel il veut se pencher à partir d’un
programme de lectures
Programme de lectures :- Survol des sources préliminaires
d’informations en vue de dégager un problème général de recherche.
En termes clairs, c’est l’inventaire bibliographique de tous les
documents qui se rapportent au thème. Il prend la forme d’une
bibliographie.
Sources d’informations générales :- Elles incluent habituellement :
a) Des dictionnaires et des encyclopédies , qui permettent de définir
des termes apparentés et de commencer une liste des concepts
importants liés au thème de recherche.
b) Des ouvrages généraux récents comme des ouvrages
d’introduction ou des articles de revues scientifiques.
c) Différentes sources médiatiques, comme des articles de journaux
ou de revues, des publications gouvernementales, des documents
audiovisuels, des émissions de télévision ou de radio.
Pourquoi un programme de lectures ?
Le programme de lectures permet :
- D’avoir une vue d’ensemble des théories et des recherches
touchant un thème
- De jeter un coup d’œil sur la liste de références de travaux
antérieurs, pour découvrir d’autres documents qu’il serait
pertinent de consulter
- De connaitre la nature du matériel disponible
- De juger de l’accessibilité de ce matériel
- De constater l’ampleur du matériel disponible
- D’évaluer la pertinence de ce matériel pour la poursuite de la
construction de la problématique
3- Problème spécifique de recherche :- C’est la découverte dans les travaux
antérieurs, par une recension des écrits ,une faiblesse qui justifie la poursuite
de la recherche.
Recension des écrits :- C’est la lecture critique de références spécialisées en
vue de circonscrire un problème spécifique de recherche. La recension des
écrits commencent par les mots clés.
Mots clés :- Concepts liés entre eux et qui définissent le problème général
de recherche. Ils servent de point de départ à la recension des écrits. La
recension des écrits en faisant l’usage des fiches de lecture
Fiche de lecture :- sur une fiche de lecture , on doit consigner trois genres
d’informations. Ce sont :
- Des informations bibliographiques qui donnent la source, le
nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage et la date de publication
- Des informations documentaires qui résument le contenu de
la lecture
- Des informations personnelles : les criques du chercheur
soulevées par sa lecture.
4- Question de recherche :- C’est un énoncé interrogatif indiquant le point
précis sur lequel la recherche interroge la réalité.
Une question de recherche doit être formulée avec soin. Son énoncé doit
respecter trois critères : l’ouverture, la clarté et la faisabilité.
Ouverte, la question de recherche ne doit pas présumer de la réponse que la
recherche va apporter. Claire, l’énoncé de la question doit être univoque.
Tous les lecteurs devront avoir la même compréhension de la question.
Faisable, la question doit être réalisable.
5- L’objectif ou l’hypothèse :- Selon Andrée LAMOUREUX, le contenu de la
recension des écrits doit appuyer le choix du moyen concret mis en œuvre
pour répondre dans les faits réels à la question de recherche. Suivant le cas,
le chercheur énonce un objectif ou une hypothèse.
Les conditions de l’objectif et de l’hypothèse :- Les connaissances mises à
jour durant la recension des écrits justifient de formuler un objectif à la
recherche ou d’énoncer une hypothèse. Un objectif pose une de faire
ressortir des faits, alors qu’une prédit une relation entre des faits. Ils visent
tous deux la vérification empirique d’une idée.
Objectif de recherche :- C’est un énoncé clair et précis indiquant ce que le
chercheur a l’intention de faire ou se propose d’atteindre. C’est l’énoncé
d’une intention d’action pour trouver une réponse à la question de
recherche. Il commence toujours par un verbe à l’infinitif présent. Ex :-
Rechercher ou analyser les possibles influences des pratiques mystico-
religieuses sur la réussite des bacheliers à port-au- prince.
Hypothèse de recherche :- C’est l’énoncé d’une réponse anticipée, provisoire
ou prématurée prédisant une relation entre deux événements, deux faits ou
deux variables. Elle n’est jamais formulée sous la forme interrogative. Elle
doit être une phrase affirmative ou déclarative apportant une réponse
provisoire à la question de recherche. Ex :- Les pratiques mystico-religieuses
exercent une influence sur la réussite des bacheliers à port- au- prince.
Les caractéristiques d’un objectif ou d’une hypothèse
L’objectif et l’hypothèse d’une recherche ont en commun six
caractéristiques.
a) L’affirmation :- L’énoncé d’un objectif ou d’une hypothèse doit être
formulé comme une affirmation, non comme une question. En plus, on
rédige présent et non au futur.
b) L’efficacité :- L’énoncé d’un objectif ou d’une hypothèse doit être concis
et très explicite. Il exprime la manière concrète par laquelle il sera
confronté aux faits.
c) La justification :- L’énoncé d’un objectif ou d’une hypothèse doit être
cohérent avec les connaissances actuelles relevées dans la recension des
écrits. C’est pourquoi, on ne dit jamais qu’ils sont vrais ou faux ; on dit
qu’ils sont justifiés ou non justifiés. L’énoncé d’un objectif ou d’une
hypothèse découle directement du raisonnement logique du chercheur
tout au long de la construction de sa problématique.
d) La précision :- Un objectif ou hypothèse doivent être aussi précis que le
permet la recension des écrits. L’énoncé d’un objectif contient donc les
éléments concrets (observables et mesurables) qui renseignent le lecteur
sur l’action que le chercheur entreprendra pour interroger les faits la
réalité.
e) La vérifiabilité :- L’objectif ou l’hypothèse doivent être vérifiables ; ils
doivent pouvoir être soumis directement à l’épreuve des faits recueillis
dans la réalité. Au terme de la collecte et de l’analyse des données , le
chercheur sera en mesure d’apporter une réponse à sa question de
recherche.
Quatre possibilités se dessinent. L’objectif est atteint ou non atteint,
selon que les données recueillies correspondent ou pas à l’intention
formulée ; l’hypothèse est confirmée ou infirmée, selon que les données
recueillies correspondent ou pas à celles qui avaient été prédites.
f) La productivité :- Un objectif ou une hypothèse doivent être productifs
sur le plan théorique ; ils doivent apporter un élément nouveau dans la
somme de connaissances déjà accumulées, si petit soit-il, et qu’elle qu’en
soit la nature.
Les variables d’un objectif ou d’une hypothèse. :- L’énoncé d’un objectif
ou d’une hypothèse est l’affirmation des variables de la recherche. Celles-
ci sont les événements sur lesquels porter la collecte des données et qui
par conséquent manifesteront des variations. Elles sont indépendante et
dépendante.
Dimensions d’un concept ou d’une variable. :- Les dimensions d’un
concept ou d’une variable sont ses éléments constituants ou ses
différentes composantes.
Indicateurs d’une dimension :- Les indicateurs d’une dimension d’un
concept sont des objets directement observables et mesurables.
II- Cadre méthodologique de la recherche.
Le cadre méthodologique donne indication ou explication sur les
méthodes, les techniques, les procédures les stratégies et les outils qu’on
compte mettre en œuvre pour collecter et analyser les différentes
données de la recherche. Ex : enquête, interview, technique
d’échantillonnage, taille de l’échantillon, observation, recherche
documentaire, étude comparative etc. Bref, il consiste à présenter
l’univers d’observation, la construction d’un échantillon, les techniques
d’échantillonnage, le choix d’une méthode de recherche, l’outil
d’enquête, les instruments de mesure et la cueillette des données.
Univers d’observation :- C’est la population à l’étude, c’est- à –dire
l’ensemble des individus ou les phénomènes à l’enquête. Par exemple,
l’enquête portera sur des hommes et des femmes vivant en région
métropolitaine dont le revenu annuel est estimé à $10000 ainsi que sur
ceux et celles dont le revenu est$50000 au plus en 2015. C’est l’univers
d’observation.
L’univers d’observation précise qui est visé, consulté, interrogé et étudié
par la recherche. Dans le jargon scientifique, univers d’observation est
synonyme de population à l’étude, population cible ou visée. Il se réfère à
la population totale et suppose la construction d’un échantillon.
Population totale :- C’est l’ensemble des individus et des phénomènes
sans aucune distinction.
Echantillon :- C’est une fraction représentative de la population totale.
Dans la majorité des cas, il est impossible d’interroger tous les individus
composant une population. On doit se limiter à l’étude d’un certain
nombre de cas représentatifs. C’est ce qui constitue l’échantillon de la
recherche. Pour qu’un échantillon soit représentatif, d’après Sylvie
DAGENAIS , il doit être estimé entre 10 à 30 % de la population totale.
Techniques d’échantillonnage. :- On distingue deux grands types
d’échantillonnage. Ce sont :-
a) L’échantillonnage probabiliste qui repose sur le calcul des
probabilités, sur la loi des grands nombres.
b) L’échantillonnage non probabiliste qui ne s’appuie pas sur le calcul de
probabilités.
Voici les diverses techniques d’échantillonnage reliées à ces deux
types d’échantillons :
A- Les échantillons probabilistes :
1) L’échantillonnage aléatoire simple. Il équivaut à un tirage au
sort. Voici comment procéder :
a) Attribuer un numéro à chaque élément de la population
totale (1à N)
b) Tirer X numéros compris entre 1et N à l’aide d’une table
aléatoire. X est la taille l’échantillon et N la taille de la
population.
Exemple : Supposons que la population totale à l’étude
compte 10000 femmes. La taille de l’échantillon a été fixée
à 2000 sujets soit 20% de la population totale. Chaque
femme est numérotée de 1à 1000. 2000 numéros sont
tirés au moyen d’une table de nombres aléatoires ou d’un
programme informatique.
2) L’échantillonnage systématique :- Il est déterminé par le jeu
de hasard. Façon de procéder :
a) Déterminer un intervalle en calculant le rapport N/n (taille
de la population divisée par la taille de l’échantillon)
b) A partir d’une base d’échantillonnage. Prélever de façon
chaque sujet qui se présente selon l’intervalle établi.
c) Choisir au hasard le premier sujet. Exemple :
Supposons que la population totale à l’étude compte
10000 ménages. La taille de de l’échantillon a été fixée à
1000 ménages soit 10% de la population totale.
L’intervalle sera de 10000/1000=10. A tous les 10 noms,
prélever un ménage, en ayant pris soin de tirer le premier
à l’aide d’une table de nombres aléatoires. Supposons que
le nombre 6 a été tiré ; le 16e ménage sera prélevé, puis le
26e , le 36e ainsi de suite.
3) L’échantillonnage stratifié :- Il permet de retrouver les
caractéristiques de la population totale à l’intérieur des
strates. L’échantillonnage stratifié peut-être :
a) Proportionnel :- les strates prennent alors les mêmes
proportions que la population totale.
b) Non proportionnel :- Il y a alors un nombre égal
d’éléments tiré dans chaque strate. Façon de procéder :
Spécifier les caractéristiques de la population totale.
Diviser la population totale en strates ou catégories
correspond à une caractéristique. Choisir entre
l’échantillonnage proportionnel et le non proportionnel.
Faire un échantillonnage systématique ou aléatoire simple
dans chaque strate.
Exemple :- Supposons que la population totale à l’étude
compte 10000 étudiants, soit 6000 femmes et 4000
hommes. La taille de l’échantillon a été fixée à 1000
étudiants, soit 10 % de la population totale. La
caractéristique est le sexe.
L’échantillonnage stratifié proportionnel a été choisi ; les
strates comptent 600 étudiantes et 400 étudiants. Si
l’échantillonnage stratifié non proportionnel avait été
retenu, les strates auraient été composées de 500
étudiantes et 500 étudiants.
4) L’échantillonnage par grappes :- Il permet de diviser la
population totale en grappes, c’est- à- dire en sous-groupes.
Façon de procéder : - Identifier les différents sous-groupes de
la population totale. En tenant compte de ceux-ci, diviser la
population totale en grappes. Sélectionner les grappes au
moyen de l’échantillonnage systématique ou aléatoire simple.
Exemple :- Supposons que la population totale d’une ville
comporte 20000 habitants répartis en 5 quartiers. La taille de
l’échantillon est fixée à 2000 habitants, soit à 10% de la
population totale. Les grappes correspondent aux quartiers ;
elles seront donc au nombre de cinq : 20000/5=
4000habitants/grappes.
5) L’échantillonnage par étapes ou plusieurs degrés : - Cette
technique combine l’échantillonnage stratifié et
l’échantillonnage par grappe.
Façon de procéder :- Identifier les différents sous- groupes et
les caractéristiques de la population à l’étude à l’étude. Au
moyen d’un échantillonnage systématique ou aléatoire
simple, sélectionner des strates et des grappes.
B- Les échantillons non probabilistes :
1) L’échantillon accidentel :- Il consiste à choisir des éléments en
fonction de leur disponibilité.
Façon de procéder :- Elaborer un échantillon en s’appuyant
exclusivement sur une décision personnelle. Exemple
La population totale à l’étude est la population estudiantine
de niveau collégial. Le chercheur choisit délibérément de tirer
son échantillon du collège qu’il a fréquenté.
2) L’échantillonnage en boule de neige :- Il consiste à construire
un échantillon en se servant d’un réseau.
Façon : - Construire un échantillon en joignant à quelques
individus rencontrés des personnes avec lesquelles ceux-ci
sont en relation.
Exemple :- La population totale à l’étude est constituée des
auteurs francophones au Québec. Le chercheur en rencontre
quelques-uns par le truchement d’une maison d’édition. Au
cours de la rencontre, le chercheur demande aux auteurs
interviewés de le mettre en contact avec d’autres autres
auteurs et ainsi de suite.
3) L’échantillonnage par quotas. - Il consiste à construire un
modèle réduit de la population totale Il doit obligatoirement
équivaut à 10% de la population totale.
Façon de procéder :- Repartir la population totale à l’étude en
fonction de certaines caractéristiques. Respecter les
proportions qui apparaissent dans la population totale.
C- L’outil d’enquête ou instrument de mesure
L’instrument de mesure ou l’outil d’enquête est le moyen utilisé
pour recueillir les données et les informations nécessaires à la
vérification des hypothèses de recherche. A chaque méthode de
recherche correspondent un ou des instruments précis. Certains
instruments sont dits qualitatifs ou quantitatifs, selon l’approche
de recherche utilisée.
Les instruments les plus utilisés en sciences humaines sont les
suivants :
a) L’observation participante
b) L’entrevue
c) Le questionnaire (outil d’enquête)
L’entrevue et l’observation participante sont généralement
perçues comme des instruments qualitatifs et le questionnaire
comme un instrument quantitatif.
Dans une recherche exploratoire, on utilise l’observation
participante ou l’entrevue ; dans une recherche descriptive,
on utilise l’entrevue ou le questionnaire ; dans une recherche
évaluative, on utilise le questionnaire.
Observation directe ou participante :- C’est la participation
consciente et systématique de l’observateur aux activités et
aux interactions du groupe d’individus étudié.
L’entrevue :- Elle permet d’obtenir des informations sur un
individu ou un groupe d’individus. Elle peut- être libre ou non
structurée, dirigée ou structurée. L’entrevue libre laisse
beaucoup de latitude à la personne interviewée. Celle-ci peut
s’exprimer librement sur le sujet qui lui est présenté.
Dans l’entrevue dirigée ou structurée, l’intervieweur dirige la
communication. Il pose à la personne interviewée des
questions précises liées au sujet de sa recherche.
Questionnaire :- C’est un outil de collecte des données
contenant une série de questions structurées posées à des
sujets choisis au hasard.
Types de questionnaires :- IL y a deux types de
questionnaires :
a) Le questionnaire d’administration directe où le répondant
indique lui-même ses réponses sur le questionnaire
lorsque le questionnaire est administré par la poste.
b) Le questionnaire d’administration indirecte où l’enquêteur
indique sur le questionnaire les réponses fournies par le
répondant lorsque le questionnaire est administré par
téléphone.
III- Projet de recherche :- C’est l’étape préliminaire de la
recherche au cours de laquelle on établit les limites de
l’objet d’étude et préciser la manière de réaliser chacune
des étapes du processus. C’est un document écrit qui
annonce la procédure à suivre pour effectuer la recherche.
- Fonctions du projet de recherche :- Le projet de recherche
remplit trois fonctions essentielles :
a) IL aide à mieux préciser l’objet d’étude. C’est la
fonction de précision.
b) Il permet de planifier les étapes de la recherche. C’est
la fonction de planification.
c) Il aide à sélectionner les stratégies et les techniques de
recherche les plus appropriées compte tenu de ce que
l’on veut démontrer. C’est la fonction de sélection.
- Composantes ou contenu du projet de recherche.
Les principales composantes du projet de recherche sont :
1) Page d’identification ou de couverture
2) Présentation et justification du sujet
3) Formulation ou présentation des objectifs de recherche
4) Elaboration de la problématique
5) Formulation de l’hypothèse de recherche
6) Présentation des méthodes et techniques de collecte des
données
7) Cadre théorique et conceptuel
8) Plan provisoire de la recherche
9) Calendrier d’exécution
10) Bibliographie provisoire.