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Document 97362

Le document présente un projet d'aménagement réalisé par Écomestible à la Ferme des Quatre-Temps, visant à favoriser l'activité des ennemis naturels des insectes ravageurs dans les cultures maraîchères. Il souligne l'importance de la lutte biologique conservative et propose des pratiques agricoles et des aménagements pour renforcer la diversité des ennemis naturels. Le projet inclut des aménagements tels que des haies et des bandes fleuries, contribuant à une agriculture durable et à la réduction de l'utilisation de pesticides.

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Document 97362

Le document présente un projet d'aménagement réalisé par Écomestible à la Ferme des Quatre-Temps, visant à favoriser l'activité des ennemis naturels des insectes ravageurs dans les cultures maraîchères. Il souligne l'importance de la lutte biologique conservative et propose des pratiques agricoles et des aménagements pour renforcer la diversité des ennemis naturels. Le projet inclut des aménagements tels que des haies et des bandes fleuries, contribuant à une agriculture durable et à la réduction de l'utilisation de pesticides.

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CONNAÎTRE LES ENNEMIS NATURELS DES INSECTES RAVAGEURS ET

FAVORISER LEUR ACTIVITÉ DANS LES CULTURES MARAÎCHÈRES

Compte-rendu du projet d’aménagement réalisé par Écomestible


à la Ferme des Quatre-Temps, Hemmingford (QC)

Réalisé par

Rédigé par
Geneviève Durand, M.E.I.
www.ecomestible.com
ii
Table des matières

AVERTISSEMENT ......................................................................................................................... II
AVANT-PROPOS .......................................................................................................................... III

INTRODUCTION ............................................................................................................................ 1

CHAPITRE 1 - La répression des insectes ravageurs par leurs ennemis naturels ............... 5
1.1 Les principaux ennemis naturels des insectes ravageurs .............................................. 5
1.2 Les habitats autour de la ferme .................................................................................... 20
1.3 L’agroécosystème ......................................................................................................... 22
1.4 Les végétaux ................................................................................................................. 24

CHAPITRE 2 - La lutte biologique conservative en maraîchage sur petite surface ............ 29


2.1 La lutte biologique conservative : une approche préventive ........................................ 29
2.2 Les pratiques agricoles ayant un effet sur les ennemis naturels .................................. 32
2.3 Les aménagements favorisant l’activité des ennemis naturels .................................... 37

CHAPITRE 3 - La conception et la réalisation d’aménagements et d’abris .......................... 43


3.1 Les aménagements constitués de végétaux ................................................................ 43
3.2 Les abris construits de matériaux naturels ................................................................... 51
3.3 Les étangs temporaires et permanents ........................................................................ 56

CHAPITRE 4 - La Ferme des Quatre-Temps : des aménagements pour les ennemis


naturels des insectes ravageurs en maraîchage bio-intensif ...................... 65
4.1 Le contexte du projet .................................................................................................... 66
4.2 Les aménagements pour les ennemis naturels ............................................................ 70
4.3 Les implications et les perspectives ............................................................................. 83

CONCLUSION .............................................................................................................................. 85

GLOSSAIRE ................................................................................................................................. 87
PUBLICATIONS ET SITES INTERNET À CONSULTER ........................................................... 89
BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................................................... 91
CRÉDITS PHOTOGRAPHIQUES ................................................................................................ 95

ANNEXE 1 – Les insectes parasitoïdes et prédateurs en cultures maraîchères ......................... 96


ANNEXE 2 – Le plan des aménagements à la Ferme des Quatre-Temps .................................. 99
ANNEXE 3 – Les végétaux favorisant la présence des ennemis naturels ................................ 100

I
Avertissement

Le présent document contient un résumé des connaissances qui


ont servi à justifier l’adoption d’une démarche de lutte biologique
conservative lors d’un projet réalisé par Écomestible à la Ferme
des Quatre-Temps, ainsi qu’un compte-rendu de ce projet. Il a
pour objectif de sensibiliser les lecteurs à l’adoption de certaines
pratiques agricoles de conservation et, plus particulièrement, à la
réalisation d’aménagements favorisant l’activité des ennemis
naturels des insectes ravageurs dans les cultures maraîchères. Il
n’est donc pas un guide ni ne constitue une revue exhaustive des
connaissances sur les différents sujets abordés. Par ailleurs,
nous invitons les lecteurs à poursuivre leurs recherches sur ces
sujets en consultant les publications et les sites Internet donnés
en référence à la fin de ce document.

II
Avant-propos

Écomestible est une entreprise qui conçoit, réalise et


accompagne des projets d’aménagement paysager inspirés de la
nature et guidés par les principes de la permaculture. Ces projets
prennent vie en milieux résidentiel, commercial, institutionnel et
agricole. Notre équipe multidisciplinaire est composée de
professionnels spécialisés en architecture du paysage, en
permaculture et en écologie. Notre expertise nous permet de
nous démarquer en proposant des projets innovants, à l’avant-
garde de la permaculture professionnelle au Québec.

Désirant combiner la permaculture et le maraîchage bio-intensif,


Jean-Martin Fortier, directeur de la Ferme des Quatre-Temps, a
fait appel aux services de notre entreprise à l’automne 2014. Lors
d’une première consultation, il nous a fait part de sa vision des
futurs jardins maraîchers de la ferme. Il rêvait alors de jardins
entourés de haies diversifiées à l’image de ceux qui étaient
réalisés en France il y a plus d’un siècle. À la suite de cette
rencontre, nous avons été mandatés par la ferme pour créer et
intégrer des haies intercalaires aux futurs jardins maraîchers.

À présent, cette ferme est pourvue d’un système de production en


maraîchage bio-intensif qui intègre, en plus des haies
intercalaires, une série d’aménagements favorisant l’activité des
ennemis naturels des insectes ravageurs. Au cours de la
réalisation de ce projet, M. Fortier nous a fortement encouragés à
partager nos connaissances afin de sensibiliser les producteurs
agricoles à l’adoption de telles pratiques de conservation. C’est
ainsi qu’est née l’idée de réaliser le présent document.

Nous remercions cordialement M. Fortier d’avoir initié cet


enrichissant projet collaboratif. De plus, nous désirons exprimer
notre gratitude à André Desmarais, propriétaire de la Ferme des
Quatre-Temps qui, par son appui financier, a rendu possible la
réalisation du présent document.

Nous remercions sincèrement Joseph Moisan-De Serres,


entomologiste et photographe au Laboratoire de phytoprotection
du MAPAQ, d’avoir consacré du temps à la révision du présent
document et de nous avoir accordé la permission d’utiliser ses
photos d’insectes pour l’illustrer.
III
Nous remercions nos consultants externes pour leurs précieuses
recommandations, qui ont permis d’adapter les aménagements
réalisés à la Ferme des Quatre-Temps et, par la suite, d’enrichir
l’information qui figure dans ce document : Alexandre Guertin,
architecte paysagiste ; Stefan Sobkowiak, biologiste et
propriétaire des Fermes Miracle ainsi que Martin Ouellet,
consultant pour Amphibia-Nature.

Nous remercions les professionnels du secteur agricole d’avoir


partagé leurs connaissances et émis leurs commentaires lors de
rencontres participatives visant à optimiser les aménagements
réalisés à la Ferme des Quatre-Temps : Mélanie Morel,
agronome, coordonnatrice de la RHA ; Marie-Pascale Beaudoin,
conseillère en horticulture, MAPAQ Saguenay ; Francisca Müller,
agronome, MAPAQ Montérégie Ouest ; Marie-Pierre Maurice,
biologiste, Pleine Terre ; Noémie Gagnon Lupien, biologiste,
chargée de projet pour le CETAB+ ; Isabelle Martineau,
agronome, Gestrie-Sol ; Julie Bellefroid, chargée de projet en
biodiversité, Dura-Club et Josée Boisclair, entomologiste,
chercheure pour l’IRDA.

Nous remercions vivement Émilie Dazé, co-directrice scientifique


et chercheure associée, Le Collaboratoire – Recherche intégrée
en science sociales, d’avoir effectué la révision linguistique du
présent document.

Alexandre Gilbert, Jonathan Pineault et Geneviève Durand,


Sherbrooke, février 2018.

IV
Introduction

Plusieurs animaux naturellement présents dans l’environnement,


notamment des insectes, des oiseaux, des chauves-souris et des
amphibiens, consomment ou parasitent les insectes ravageurs
des cultures maraîchères. Bref, ils sont leurs ennemis naturels, et
de ce fait, des alliés importants des producteurs agricoles.

Or, la destruction de leurs habitats et l’utilisation abondante de


pesticides affectent fortement leurs populations ainsi que les
services qu’ils procurent aux cultures. De plus, le milieu
maraîcher présente généralement plusieurs contraintes à leur
établissement, entre autres le manque de nourriture, d’abris et
d’aires de refuge contre les perturbations dues aux pratiques
agricoles. Dans ce contexte, les insectes ravageurs font face à un
nombre restreint d’ennemis naturels et peuvent causer des
répercussions négatives importantes sur la productivité des
cultures.

En réponse à cette problématique, l’adoption de pratiques de lutte


biologique conservative s’avère une solution préventive des plus
intéressantes. L’approche proposée dans le présent document
consiste en l’adoption de certaines pratiques agricoles et en la
réalisation d’aménagements favorisant la diversité des ennemis
naturels déjà présents dans l’environnement. La diversité inclut le
nombre d’individus (abondance) et le nombre d’espèces (richesse
en espèces) présents dans un même milieu.

L’adoption d’une telle approche permet de profiter de bénéfices


écologiques et économiques. En offrant une solution efficace
contre les insectes ravageurs, cette méthode permet de diminuer
la dépendance aux pesticides. Elle contribue donc à réduire les
impacts négatifs des pesticides sur l’environnement et les coûts
associés à leur usage.

Plusieurs autres bénéfices sont associés aux pratiques favorisant


la protection des ennemis naturels. Certains aménagements,
comme les bandes fleuries ou les haies, ont notamment un effet
positif sur la présence d’insectes pollinisateurs, tels que les
abeilles indigènes et les abeilles à miel. De plus, ils ont des
capacités à réduire l’érosion du sol, à améliorer la qualité des
eaux adjacentes et à créer un impact visuel agréable.

I
La lutte biologique conservative ne constitue pas en soi une
solution miracle contre les insectes ravageurs. Or, les pratiques
de conservation sont primordiales au développement d’une
agriculture durable et elles sont complémentaires à d’autres
méthodes de protection des cultures. Elles peuvent donc être
adoptées dans un contexte de gestion intégrée des ennemis des
cultures (lutte intégrée), une pratique qui consiste à considérer
toutes les techniques disponibles et à intégrer les mesures
alternatives appropriées afin de réduire au minimum l’usage de
pesticides et autres interventions comportant des risques pour la
santé humaine et l’environnement.

Ce document met en lumière la pertinence de pratiques agricoles


et d’aménagements favorisant la protection des ennemis naturels
comme méthode de lutte contre les insectes ravageurs, plus
spécifiquement en maraîchage commercial. Cependant, il importe
de souligner qu’une telle approche peut aussi être adoptée pour
le jardin domestique, ou encore dans d’autres milieux agricoles
comme en pomiculture ou en viticulture.

Écomestible souhaite sensibiliser les producteurs et autres


professionnels du secteur agricole à l’adoption de pratiques de
lutte biologique conservative. Dans cette perspective, ce
document a pour objectifs de faire connaître les ennemis naturels
des insectes ravageurs et de proposer des pratiques agricoles et
des aménagements pour favoriser leur activité dans les cultures
maraîchères.

Le premier chapitre débute avec une présentation des principaux


ennemis naturels : les insectes, les oiseaux, les chauves-souris et
les amphibiens, ainsi que de leurs rôles respectifs dans la
répression des insectes ravageurs des cultures maraîchères.
Ensuite, l’influence du contexte paysager et des pratiques
agricoles sur la diversité des ennemis naturels présents dans les
cultures est soulignée.

Le deuxième chapitre porte sur l’adoption d’une approche de lutte


biologique conservative en contexte de maraîchage sur petite
surface. Entre autres pratiques de conservation, la diversification
des cultures, un travail minimal des sols, la diminution de
l’épandage de pesticides ainsi que l’aménagement conséquent du
milieu agricole sont proposées. De plus, l’effet de ces pratiques
sur les ennemis naturels est expliqué.

2
Le troisième chapitre contient les détails de conception et de
réalisation d’aménagements tels que les bandes fleuries, les
haies, les nichoirs pour les oiseaux, les dortoirs à chauves-souris,
les cabanes à insectes et les étangs temporaires et permanents.

Le quatrième chapitre est un compte-rendu du projet


d’aménagement expérimental réalisé en maraîchage bio-intensif
à la Ferme des Quatre-Temps, située à Hemmingford (QC). Il
comprend une mise en contexte du projet, une description des
aménagements réalisés par l’équipe d’Écomestible et une
ouverture sur les implications et les perspectives de ce projet.

3
4
CHAPITRE 1

La répression des insectes ravageurs par leurs ennemis


naturels

En effectuant la répression des insectes ravageurs, les ennemis


naturels procurent un important service aux cultures. La valeur de
ce service aux États-Unis et mondialement est évaluée à 12
milliards de dollars US et à 100 milliards de dollars US par année
respectivement (Pimentel et al., 1997). Pourtant, les ennemis
naturels des insectes ravageurs et leur rôle dans les cultures
restent encore méconnus de la majorité des producteurs
agricoles.

Ce chapitre a pour objectif d’aider les producteurs et autres


intervenants du milieu agricole à identifier les ennemis naturels et
à comprendre les processus écologiques associés à la répression
naturelle des insectes ravageurs. Il débute avec une présentation
des principaux ennemis naturels présents dans les cultures
maraîchères du sud du Québec ainsi qu’une description de leurs
rôles respectifs pour la répression des insectes ravageurs.
Ensuite, l’influence du contexte paysager et des pratiques
agricoles sur la diversité des ennemis naturels dans les parcelles
cultivées est expliquée. De plus, le rôle des végétaux favorisant
l’activité des ennemis naturels est précisé.

1.1 LES PRINCIPAUX ENNEMIS NATURELS DES


INSECTES RAVAGEURS

Un grand nombre d’organismes exerce une action répressive sur


les insectes ravageurs des cultures, allant des micro-organismes
tels que les bactéries, les virus et les champignons
entomopathogènes, à certains mammifères comme les
musaraignes et les moufettes. Dans cette section, les rôles
respectifs de quatre groupes d’organismes sont présentés. Ces
groupes sont : les insectes et autres arthropodes, les oiseaux, les
chauves-souris et les amphibiens.

5
Les insectes : parasitoïdes et prédateurs

Les insectes ravageurs occupent une place importante parmi les


préoccupations des producteurs agricoles. Cependant, la plupart
des insectes exercent une action bénéfique pour l’agriculture,
notamment en aérant le sol et en décomposant la matière
organique, en pollinisant les cultures et en s’attaquant aux
insectes ravageurs.

Les insectes qui effectuent la répression des insectes ravageurs


procèdent principalement de deux façons : par le parasitisme (les
parasitoïdes) ou par la prédation (les prédateurs).

Les parasitoïdes

Les parasitoïdes sont des organismes qui se développent sur ou


à l’intérieur d’un autre organisme, causant ainsi toujours la mort
de leur hôte. Au Québec, les insectes parasitoïdes des insectes
ravageurs de cultures maraîchères appartiennent principalement
aux groupes des Hyménoptères (guêpes) et des Diptères
(mouches).

Le corps des guêpes parasitoïdes est Certaines mouches parasitoïdes


généralement noir, brun orangé ou noir ressemblent aux mouches domestiques,
avec des colorations jaunes ou cependant, la plupart d’entre elles sont
orangées. plus poilues.

6
Les guêpes parasitoïdes font majoritairement partie de la famille
des braconidés (les braconides) ou des ichneumonidés (les
ichneumonides). Leur taille est très variable selon l’espèce. Les
guêpes braconides mesurent entre 2 et 15 mm, alors que les
ichneumonides mesurent entre 5 et 40 mm. Cependant, la
majorité des espèces de guêpes parasitoïdes sont de petite taille,
soit entre 2 et 3 mm.

Les guêpes braconides parasitent, entre autres, les pucerons, les


larves de papillon (Lépidoptères) comme la légionnaire
uniponctuée (Mythimna unipuncta) et le ver-gris noir (Agrostis
ipsilon), ainsi que les altises, comme l’altise des crucifères
(Phyllotreta cruciferae) et celle des navets (Phyllotreta striolata).
Quant aux guêpes ichneumonides, elles s’attaquent
principalement aux larves de papillons, comme la légionnaire
uniponctuée et le ver-gris noir.

Guêpe braconide avec


l’abdomen recourbé vers
l’avant pour insérer un
œuf dans un puceron.

Les guêpes parasitoïdes insèrent directement leurs œufs dans


leur hôte avec leur ovipositeur (organe servant à la ponte des
œufs). À la suite de l’éclosion des œufs, les larves s’alimentent à
l’intérieur de l’hôte et elles s’y développent jusqu’à ce qu’elles
soient prêtes à se transformer en pupe (stade intermédiaire entre
la larve et l’adulte). La pupaison peut se dérouler soit à l’intérieur
ou à l’extérieur de l’hôte.

7
Certaines guêpes ichneumonides ont un long
Guêpes braconides émergeant d’une larve de papillon ovipositeur, qui leur permet d’insérer directement leurs
dont le corps a été troué à la suite de l’émergence des œufs dans l’espèce hôte, même si cette dernière est
autres guêpes. profondément cachée à l’intérieur d’une plante.

Étant donné la petite taille des guêpes parasitoïdes, leur


présence dans les cultures n’est pas évidente à constater.
Cependant, les pucerons parasités peuvent être repérés
facilement, puisque leur taille est plus grande qu’à l’habitude,
qu’ils présentent une apparence gonflée et que leur coloration
n’est pas typique de leur espèce. Les pucerons parasités par des
guêpes braconides sont nommés « momies ».

Puceron momifié contenant une larve de


guêpe braconide. Selon l’espèce de
parasitoïde, les momies de pucerons peuvent
présenter différentes colorations, soit jaune,
brun ou noir.

Au Québec, la majorité des espèces de mouches parasitoïdes


appartiennent à la famille des tachinidés (les tachinaires). Elles
mesurent environ 10 mm et sont généralement noires ou brun
orangé. Leurs principaux hôtes sont des larves de papillons tels
que le perce-tige de la pomme de terre (Hydraecia micacea), la
légionnaire uniponctuée et le ver-gris noir. Elles peuvent aussi
s’attaquer à des coléoptères tels que la chrysomèle du haricot
(Cerotoma trifurcata) et les vers blancs. Les principales espèces
de vers blancs du Québec sont le hanneton commun
(Phyllophaga anxia), le hanneton européen (Amphimallon majalis)
et le scarabée japonais (Popillia japonica).

8
Toutes les espèces de mouches
tachinaires dont le stade larvaire
est connu sont des parasitoïdes.

Les mouches parasitoïdes adultes pondent plusieurs œufs,


qu’elles collent le plus souvent directement sur le corps de
l’espèce hôte. Lorsque les larves de mouches émergent des
œufs, elles pénètrent à l’intérieur du corps de l’hôte pour s’y
nourrir. La pupaison peut quant à elle se réaliser à l’intérieur ou à
l’extérieur de l’hôte.

Les parasitoïdes (guêpes et mouches) sont majoritairement des


espèces spécialistes, c’est-à-dire qu’ils sont pour la plupart
spécifiques dans la sélection de leurs hôtes. Par exemple,
certaines espèces de guêpes parasitoïdes s’attaquent
exclusivement à quelques espèces de pucerons.

La majorité des parasitoïdes parasitent les larves de papillons.


Cependant, quelques espèces s’attaquent à d’autres insectes
ravageurs, dont certains coléoptères comme les altises, les
chrysomèles ou les vers blancs.

Larves de mouches tachinaires


émergeant d’une chrysalide de
papillon.

9
Généralement, un insecte parasitoïde à l’état larvaire consomme
les organes internes d’un seul individu hôte au cours de sa vie.
Néanmoins, les parasitoïdes adultes pondent plusieurs œufs et ils
s’attaquent généralement à un nombre restreint d’espèces, à des
stades précis de leur développement. Conséquemment, lorsqu’ils
sont abondants dans les cultures, leur activité peut mener à une
répression particulièrement efficace de ravageurs spécifiques.

Les prédateurs

Les prédateurs sont des organismes qui s’emparent de proies et


s’en nourrissent. Les insectes prédateurs d’insectes ravageurs de
cultures maraîchères sont nombreux et de tailles variables. Ce
groupe inclut, entre autres, les Coléoptères (carabes, coccinelles,
staphylins et cantharides), les Hémiptères (punaises), les
Diptères (syrphes et cécidomyies prédatrices) et les Neuroptères
(chrysopes et hémérobes). De plus, d’autres arthropodes comme
les araignées et les acariens sont aussi des prédateurs efficaces
d’insectes ravageurs de cultures.

Les carabes (carabidés)


sont des coléoptères
terrestres majoritairement
prédateurs. Les larves et
les adultes chassent les
limaces, les larves de
papillons et les pucerons.

Bien que plusieurs espèces de punaises, de cécidomyies et


d’acariens soient connues pour causer des dommages aux
cultures, d’autres espèces, appartenant à ces mêmes groupes, le
sont pour leur action bénéfique. En effet, les punaises
prédatrices, les cécidomyies prédatrices et les acariens
prédateurs sont efficaces contre certains ravageurs et ne causent
généralement pas de dommages aux cultures.

10
Les punaises pentatomides sont des
prédateurs des larves de chrysomèles
et de lépidoptères. Certaines d’entre
elles, comme la punaise soldat
(Podisus maculiventris), ci-contre,
peuvent consommer jusqu’à 10 œufs
de doryphore de la pomme de terre
par jour.

La larve de la cécidomyie du puceron


(Aphidoletes aphidimyza) est
prédatrice de pucerons et d’acariens.
Elle est ici entourée d’exuvies (mues)
de pucerons.

Les acariens prédateurs consomment


des acariens ravageurs et des thrips

11
Le perce-oreille européen (Forficula auricularia) est un prédateur
de pucerons et d’œufs de nombreux autres insectes ravageurs.
Par conséquent, il est un ennemi naturel utile pour plusieurs
cultures. Cependant, il peut aussi être un ravageur occasionnel
dans certaines cultures, notamment celles de la betterave, de la
bette à carde, du brocoli et de la tomate. Cela dit, le perce-oreille
est un cas d’exception, c’est-à-dire que très peu d’insectes sont à
la fois prédateurs et ravageurs des cultures.

Bien que le perce-oreille


soit un ravageur de
certaines cultures, il est un
prédateur bénéfique pour
la majorité d’entre elles.

La plupart des prédateurs sont généralistes, c’est-à-dire qu’ils se


nourrissent d’une grande diversité de proies. Cependant,
certaines espèces prédatrices ont des préférences marquées
pour un groupe d’espèces en particulier. C’est notamment le cas
des coccinelles, dont la grande majorité de l’alimentation est
composée de pucerons.

Un insecte prédateur peut consommer plusieurs fois son poids en


proies dans une courte période de temps. Conséquemment,
même s’ils ne semblent pas nombreux dans les cultures, les
insectes prédateurs peuvent avoir un impact important sur les
populations d’insectes ravageurs.

12
Les larves de coccinelles sont
généralement de voraces
prédateurs de pucerons.

La consommation de proies varie selon les besoins énergétiques


de l’espèce. Par exemple, une larve de coccinelle à sept points
(Coccinella Septemppunctata) peut consommer 100 pucerons par
jour alors qu’une larve de petite coccinelle (Scymnus spp.) n’en
dévore pas plus de 8 pour cette même période.

Le régime alimentaire des insectes et des autres arthropodes


change au cours de leurs différents stades de croissance. Pour la
majorité des espèces, la larve doit consommer des insectes pour
sa survie immédiate et pour sa croissance, alors que l’adulte se
nourrit principalement de nectar ou de pollen.

Les larves de chrysope (Chrysoperla spp.) (à gauche) sont de voraces prédateurs de pucerons. De plus, elles s’attaquent
aux acariens et autres insectes à corps mou. Quant aux adultes (à droite), ils se nourrissent principalement de nectar et
de pollen.

13
Prédateurs au stade larvaire et pollinisateurs au stade adulte

Plusieurs insectes sont bénéfiques non seulement pour leur rôle de


parasitoïde ou de prédateur, mais aussi pour leur rôle de pollinisateur. En
effet, lorsqu’ils sont au stade adulte, certains insectes visitent les fleurs pour
s’alimenter. C’est entre autres le cas des syrphes et de plusieurs autres
Diptères (mouches), ainsi que de certains Hyménoptères (guêpes) et
Coléoptères (coccinelles, cantharides).

Les pollinisateurs contribuent à augmenter la productivité de certaines


cultures légumières, comme celle des cucurbitacées (courges, melons et
concombres). De plus, ils sont bénéfiques pour la production de semences
dans les cas où elles sont récoltées pour être utilisées ultérieurement ou
vendues.

Les syrphes sont des prédateurs au stade


larvaire (à gauche) et des pollinisateurs au
stade adulte (à droite).

Beaucoup d’insectes naturellement présents dans notre


environnement méritent notre attention. Cette section n’en
présente qu’une minorité ; l’annexe 1 peut être consultée pour en
savoir davantage à leur sujet.

14
Les oiseaux : des alliés pour la culture maraîchère

Malgré le fait que certains oiseaux puissent affecter négativement


les cultures de petits fruits (bleuets, fraises, framboises, raisins),
de maïs sucré et de céréales (blé, orge et avoine), ils
endommagent rarement les cultures de légumes. Ils peuvent
consommer les graines à la suite des semis, mais il est possible
d’atténuer ce problème en démarrant les plants en serre ou sous
des tunnels. De plus, les oiseaux consomment abondamment les
ravageurs comme les pucerons, les cochenilles, les limaces et les
larves de papillon. Bref, en production maraîchère, les bénéfices
associés à leur présence dépassent largement les désagréments
minimes qu’ils peuvent parfois causer.

Bien que les oiseaux en milieu agricole


aient des régimes alimentaires variés
(omnivore, insectivore, frugivore,
granivore, nectarivore), la majorité
d’entre eux sont principalement
insectivores durant la période estivale.
Généralement, leur consommation
d’insectes est plus élevée lors de la
période de reproduction et de
nourrissage des jeunes au nid. Malgré
que les oiseaux consomment
occasionnellement certains insectes
bénéfiques, dans la grande majorité des
cas, leur présence contribue
efficacement à la répression des
insectes ravageurs.

Dans les cultures maraîchères du sud du


Québec, les corbeaux, les corneilles, les
geais bleus, les pics, les bruants, les
grives, les merles, les étourneaux, les
carouges et les vachers sont
susceptibles d’effectuer la prédation
d’insectes ravageurs.
Le bruant des prés
(Passerculus sandwichensis), Parmi les oiseaux qui fréquentent les milieux agricoles, plusieurs
ci-contre, ainsi que le bruant espèces ont la capacité de s’adapter à divers milieux même
chanteur (Melospiza melodia) et
le bruant vespéral (Pooecetes fortement transformés, comme le sont les écosystèmes agricoles.
gramineus), sont des espèces Cependant, d’autres espèces nichent presque exclusivement
connues pour fréquenter les
haies en bordure des champs et dans les prairies et sont très vulnérables aux modifications de leur
pour effectuer une répression habitat.
importante des insectes
ravageurs des cultures.
15
Les biologistes du Regroupement QuébecOiseaux identifient
comme étant des oiseaux champêtres les espèces fréquentant et
nichant principalement dans les milieux agricoles ouverts (les
prairies, les champs en culture ou en pâturage) et semi-ouverts
(les friches, les cultures d’arbres, les vergers et les cultures
d’arbustes fruitiers). En se basant sur les données de Downes et
al. (2011), ils affirment qu’au Canada, plus de 60 % de ces
espèces présentent un déclin statistiquement significatif
(Lamoureux et Dion, 2014).

Le bruant des prés, le merlebleu de l’Est (Sialia sialis) et la


crécerelle d’Amérique (Falco sparverius) sont parmi les espèces
insectivores prioritaires à protéger. Certaines pratiques et
aménagements proposés dans les prochains chapitres peuvent
contribuer à améliorer leur habitat.

Le merlebleu de l’Est est insectivore. La crécerelle d’Amérique est un rapace diurne typique des
Il se nourrit, entre autres, de milieux agricoles. Son régime alimentaire est composé
pucerons et de larves de papillons. principalement d’insectes (74 %) et en moindre proportion de
petits rongeurs (16 %).

Les rapaces et la répression des petits rongeurs

Bien qu’ils consomment aussi des insectes, les rapaces sont appréciés plus particulièrement pour
leur action répressive sur la vermine, comme les souris et les mulots, qui causent des dommages
entre autres aux cultures de carottes, de betteraves et de poireaux. Des rapaces diurnes, comme le
busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et la buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), survolent
fréquemment les champs cultivés à la recherche de proies. Les rapaces nocturnes, comme le petit-
duc maculé (Otus asio) et la petite nyctale (Aegolius acadicus), chassent plutôt dans les lisières
forestières.

16
Les chauves-souris : principaux prédateurs nocturnes

Les chauves-souris présentes au Québec sont strictement


insectivores. En plus de se nourrir d’insectes piqueurs et
ravageurs en milieu forestier, elles effectuent une répression
importante des insectes ravageurs des cultures. Par ailleurs, ces
animaux sont les principaux prédateurs des insectes nocturnes.
Pour cette raison, les chauves-souris sont d’une grande
importance écologique et économique. La perte de leurs
populations pourrait entraîner des pertes économiques de plus de
3,7 millions de dollars US par année pour le secteur agricole en
Amérique du Nord (Boyles et al., 2011).

Une seule petite chauve-


souris brune adulte (Myotis
lucifugus) consomme entre
2 et 4 g d’insectes par nuit,
soit l’équivalent d’environ
1200 insectes de la
grosseur d’un moustique.

Une seule petite chauve-


souris brune adulte (Myotis
lucifugus) consomme entre
2 et 4 g d’insectes par nuit,
soit l’équivalent d’environ
1200 insectes de la
grosseur d’un moustique.

Bien qu’il soit variable d’une espèce à l’autre, le régime des


chauves-souris est principalement constitué de papillons de nuit
(Lépidoptères). Le ver-gris noir, la noctuelle fiancée (Noctua
pronuba), le hanneton commun, la chrysomèle rayée du
concombre (Acalymma vittatum) et quelques Hémiptères comme
les punaises et les cicadelles, ne sont que quelques-uns des
ravageurs qu’elles consomment. Les chauves-souris chassent
généralement deux fois par jour, chaque période de chasse
durant entre une et trois heures. Elles attrapent leurs proies au
vol, principalement à la surface de l’eau ou à la cime des arbres.
Elles peuvent être observées un peu avant le lever et au coucher
du soleil.

17
Au Québec, on dénombre huit espèces de chauves-souris. Parmi
elles, trois sont migratrices et cinq sont résidentes. Les espèces
résidentes sont particulièrement vulnérables au syndrome du
museau blanc, une maladie fongique qui a largement décimé
leurs populations au cours des dernières années. Le champignon
(ou mycète), qui cause l’infection prolifère dans les endroits froids
et humides comme les grottes ou les mines abandonnées.
Puisque les chauves-souris résidentes hibernent dans ces
endroits, elles sont très à risque d’être infectées par ce
pathogène.

Quelques chauves-souris, incluant les espèces migratrices,


fréquentent presque exclusivement les milieux forestiers.
Cependant, certaines espèces telles que la petite chauve-souris
brune et la grande chauve-souris brune (Eptesicus fuscus)
fréquentent une grande diversité d’habitats. En milieu agricole,
ces dernières espèces sont plus fréquemment observées que les
autres.

Les amphibiens : sur la terre ferme

La majorité des amphibiens sont associés aux milieux


aquatiques. En effet, plusieurs d’entre eux dépendent des cours
d’eau, des milieux humides ou des étangs pour leur reproduction.
Cependant, après avoir atteint l’âge adulte, certains individus
migrent vers les milieux terrestres comme les friches, les champs,
ou les boisés, où ils passeront une bonne partie de leur vie.

Le crapaud d’Amérique de l’Est


(Anaxyrus americanus americanus)
consomme régulièrement des limaces,
des escargots et, à l’occasion, des
altises.

18
Au Québec, les populations d’amphibiens se concentrent
davantage dans la partie sud, où le climat est plus clément. Dans
cette région, le crapaud d’Amérique de l’Est, la grenouille léopard
du Nord (Lithobates pipiens), la grenouille verte (Lithobates
clamitans), la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus), la
rainette crucifère (Pseudacris crucifer), la salamandre maculée
(Ambystoma maculatum) et la salamandre à points bleus
(Ambystoma laterale) sont susceptibles de fréquenter les milieux
agricoles.

Bien que dans les milieux agricoles, le nombre d’espèces


d’amphibiens soit moins élevé que le nombre d’espèces
d’insectes ou d’oiseaux, le rôle écologique des amphibiens n’en
est pas moins important. Ils consomment une grande quantité de
limaces, d’escargots, de chenilles et de coléoptères. De plus, ils
sont des proies pour une grande variété de prédateurs, comme
les oiseaux omnivores ou les rapaces, ainsi que pour certaines
couleuvres.

Les escargots et les limaces


composent une grande partie du
régime alimentaire de la salamandre
maculée.

Les escargots et les limaces


composent une grande partie du
régime alimentaire de la salamandre
maculée.

19
1.2 LES HABITATS AUTOUR DE LA FERME

Autour de la ferme, la présence d’une variété d’habitats est


bénéfique aux ennemis naturels des insectes ravageurs. La forêt
ou les milieux humides abritent généralement une plus grande
biodiversité que les friches ou les pâturages. Cependant, ces
derniers habitats, semi-naturels, supportent d’autres espèces
bénéfiques pouvant migrer vers les cultures. Par conséquent, la
diversité des ennemis naturels est généralement plus élevée sur
les fermes qui sont entourées d’une multitude d’habitats que sur
celles situées dans un paysage peu diversifié.

Les friches, les prairies et les pâturages sont fréquentés par


plusieurs espèces d’insectes et d’oiseaux. Les lisières forestières
(ou bordures de forêt) sont des écotones, soit des zones de
transition entre la forêt et les autres types d’habitats. Dans ces
zones, la présence d’éléments de la forêt (arbres, arbustes de
milieux fermés, sol plus humide) et de milieux ouverts (arbustes
de milieux ouverts, herbacées, fleurs) est favorable à
l’établissement d’un grand nombre d’espèces.

Les prairies fleuries et les bordures


de boisés situées à proximité des
champs sont généralement des
sources appréciables d’insectes
parasitoïdes pouvant migrer vers
les cultures.

La présence de milieux humides à proximité de la ferme peut


favoriser la présence de certains ennemis naturels comme les
amphibiens et les libellules, étant donné que ces milieux sont
indispensables à leur reproduction. De plus, plusieurs autres
organismes, comme les oiseaux et les chauves-souris,
bénéficient de la présence de lacs ou de cours d’eau pour
s’abreuver ou se nourrir.

20
Les libellules sont de
voraces prédateurs de
petits insectes aillés, Certains éléments du paysage influencent les déplacements des
qu’elles attrapent ennemis naturels. Les corridors boisés facilitent les déplacements
généralement au vol.
Leurs larves sont
de plusieurs organismes en leur procurant un abri contre les
aquatiques ; elles intempéries et contre les prédateurs. Quant aux champs cultivés,
doivent avoir accès à ils limitent notamment les déplacements des insectes
une rivière, un marais
ou un étang pour leur parasitoïdes et des organismes prédateurs ayant une faible
développement. capacité de dispersion.

En facilitant les déplacements des


ennemis naturels et en leur
procurant un refuge, les corridors
boisés permettent de réduire
l’impact négatif de la perte de leurs
habitats.

En somme, la présence des ennemis naturels dans les cultures


peut être influencée par les types d’habitats autour de la ferme et
leur proximité, ainsi que la présence d’éléments favorisant leurs
déplacements, comme les corridors boisés. Généralement, la
conservation d’une plus grande variété d’habitats autour de la
ferme est bénéfique à diverses populations d’ennemis naturels.

21
1.3 L’AGROÉCOSYSTÈME

Les différences liées aux types de cultures, aux modes de


production, aux pratiques agricoles ainsi qu’aux superficies des
champs font que les milieux agricoles présentent une grande
variété de caractéristiques. Cela dit, les champs cultivés sont tous
plus ou moins perturbés par les activités agricoles comme le
labour, le désherbage, l’épandage de pesticides et les récoltes.
Généralement, ces pratiques réalisées afin de maximiser la
rentabilité des cultures limitent l’établissement des ennemis
naturels des insectes ravageurs. Heureusement, plusieurs
interventions peuvent, sans compromettre la productivité des
cultures, favoriser la diversité de ces ennemis naturels et leur
activité dans l’agroécosystème.

Le manque de nourriture, d’abris et


d’aires de refuge est une contrainte
majeure à l’établissement des
ennemis naturels dans les champs
cultivés.

Généralement, lorsque l’intensité des pratiques agricoles diminue,


une meilleure répression naturelle des ravageurs est obtenue
dans l’agroécosystème. En effet, la réduction de l’usage de
pesticides ainsi que l’adoption de pratiques de conservation des
sols en cultures, comme le labour minimal et le semis direct, sont
parmi les solutions à considérer. En réduisant la fréquence et
l’intensité des perturbations, ces interventions contribuent
généralement à favoriser la survie et l’établissement des ennemis
naturels dans l’agroécosystème (Section 2.2).

22
Une vaste superficie cultivée limite l’établissement des ennemis
naturels qui ont une faible capacité de dispersion, comme c’est le
cas pour la majorité des insectes parasitoïdes et des insectes
prédateurs. Pour survivre, se reproduire et effectuer une
répression efficace des ravageurs dans les cultures, ces ennemis
naturels ont besoin d’aires de refuge non cultivées exemptes de
pesticides, ainsi que d’une diversité de ressources alimentaires et
d’abris. La réalisation de bandes fleuries et de haies permet de
répondre à ces besoins et ainsi de favoriser la dispersion et
l’activité des ennemis naturels dans les cultures (Section 2.3).

Les bandes fleuries et les


haies permettent aux ennemis
naturels de s’abriter des
perturbations dues aux
pratiques agricoles. De plus,
ces aires de refuge peuvent
être composées de diverses
sources de nourriture.

Il est bien connu que dans la grande majorité des cas, la diversité
végétale contribue à favoriser la présence des ennemis naturels.
À l’intérieur des parcelles cultivées, elle peut être accrue par la
diversification des cultures (Section 2.2) et, en bordure, par des
aménagements comme les bandes fleuries ou les haies.
Cependant, il est fortement recommandé de sélectionner avec
attention des espèces végétales attirantes pour les ennemis
naturels plutôt que de diversifier sans porter regard aux espèces
à implanter. Par conséquent, l’identification des différents rôles
des végétaux et des ressources qu’ils offrent est une étape
préalable à leur introduction à l’intérieur ou en bordure des
parcelles cultivées.

23
1.4 LES VÉGÉTAUX

En plus d’offrir des ressources alimentaires aux insectes et aux


oiseaux, les végétaux leur fournissent des abris qui leur
permettent de se réfugier, de se reproduire et de survivre à
l’hiver. De plus, ils hébergent des proies et des hôtes essentiels à
la majorité des ennemis naturels, à au moins un stade de leur
développement. En leur procurant ainsi l’énergie nécessaire à
leurs activités, les végétaux contribuent à maintenir leurs
populations et à maximiser leur activité répressive sur les
insectes ravageurs.

Les ressources alimentaires végétales

Le nectar et le pollen des plantes sont des sources importantes


de sucre et de protéines procurant aux insectes parasitoïdes et
prédateurs l’énergie nécessaire à la recherche d’hôtes ou de
proies. Ce sont plus précisément les principales ressources
nutritionnelles consommées par les insectes parasitoïdes au
stade adulte. Ces ressources sont donc absolument nécessaires
au maintien de leurs populations dans l’agroécosystème. Une
bonne alimentation en nectar augmente notamment la fécondité
ainsi que la longévité de plusieurs espèces de parasitoïdes. De
surcroît, le nectar et le pollen sont consommés par les insectes
prédateurs lorsque leurs proies sont peu abondantes.

Plusieurs espèces d’acariens


prédateurs ne peuvent se
passer de nourriture pendant
de longues périodes. Le
pollen des graminées est un
aliment alternatif lorsque les
proies se font rares.

24
Les insectes récoltent le nectar sur de petits organes nommés les
nectaires. Munis de pièces buccales courtes, les parasitoïdes
adultes préfèrent se nourrir à partir des nectaires floraux exposés,
puisqu’ils sont plus facilement accessibles que ceux cachés à
l’intérieur de la fleur. Ainsi, ils fréquentent plus particulièrement
les Apiacées (comme l’aneth, le navet, le céleri, le persil et la
coriandre) et les Astéracées (comme les asters, l’achillée
millefeuilles et le tournesol). Une grande proportion des insectes
prédateurs apprécie aussi ces plantes qui offrent un accès facile
au nectar. C’est notamment le cas des syrphes.

Les Apiacées (ou ombellifères) comme


la carotte sauvage (Daucus carota) sont
composées de plusieurs petites fleurs
disposées en ombelle. Leurs fleurs
s’épanouissant à différents moments,
ces plantes offrent une source de nectar
sur une période prolongée.

Les Astéracées comme la verge d’or du Canada


(Solidago canadensis), ci-contre, sont
composées de fleurs en forme de marguerite.
En effet, les minuscules fleurs de cette plante
sont aussi de cette forme. Le pollen des
Astéracées est une source importante de
protéines pour plusieurs ennemis naturels,
entre autres les syrphes et les hémérobes
adultes.

25
La majorité des plantes ont des nectaires situés à l’intérieur des
fleurs (nectaires floraux). Cependant, certaines plantes en ont sur
les feuilles ou sur les tiges (nectaires extrafloraux). Le nectar de
ces végétaux est ainsi disponible même en dehors de leur
période de floraison. Les familles de plantes vivaces qui
comportent le plus d’espèces possédant des nectaires
extrafloraux sont les Fabacées et les Malvacées. Ces végétaux
sont particulièrement utiles aux parasitoïdes (guêpes et mouches)
et aux coccinelles qui récoltent les sucs et nectars extrafloraux.
Les feuilles des cerisiers (Prunus spp.) et des viornes (Viburnum
spp.) ainsi que les nouvelles tiges de certains sureaux
(Sambucus spp.) sont aussi munies de nectaires.

La vesce commune (Vicia sativa)


possède des nectaires extrafloraux
sur les stipules. Cette plante
annuelle fixatrice d’azote est
utilisée comme engrais vert ou
plante fourragère.

Plusieurs arbustes et arbres sont des sources abondantes de


pollen, de nectar et de fruits (Section 3.1). Leurs fruits sont
consommés par les oiseaux. Par ailleurs, les fruits et les graines
qui demeurent attachés aux végétaux constituent une grande part
du régime alimentaire des oiseaux qui résident dans la région
pendant la saison hivernale.

26
Les végétaux pour la reproduction et l’hivernation

Lors de la ponte, les insectes prédateurs adultes cherchent à


assurer à leur progéniture une protection contre les prédateurs et
une source de nourriture permettant leur développement. Par
conséquent, le site de ponte choisi se situe généralement près de
plantes qui hébergent potentiellement des proies pour leurs
larves.

Pour se réfugier durant l’hiver, plusieurs insectes et autres


arthropodes utilisent des tiges creuses (chicorée, framboisier,
verge d’or, sureau, tournesol). Alors que d’autres, comme les
centipèdes et les acariens prédateurs, préfèrent s’abriter sous
l’écorce des arbres ou des arbustes.

Les ressources alimentaires animales

Les végétaux hébergent les proies et les hôtes essentiels à la


présence des ennemis naturels, ainsi que des insectes suceurs
de sève. Les insectes suceurs de sève, comme les pucerons, les
cochenilles, les aleurodes, les psylles, les thrips et les cicadelles,
sécrètent du miellat. Cette substance riche en minéraux et en
sucre est une autre ressource animale pour certains insectes
parasitoïdes et prédateurs.

Le miellat leur procure l’énergie nécessaire à leurs activités et il


contribue ainsi à améliorer leurs chances de survie. Par
conséquent, la présence de pucerons peut favoriser la répression
des insectes ravageurs, entre autres par les ichneumonidés et
par les hémérobes.

L’hémérobe adulte se nourrit de


pollen, de nectar et de miellat de
pucerons. La larve est prédatrice de
pucerons, de cochenilles, de thrips
et d’acariens.

27
En perforant les tiges et les feuilles de certaines cultures, les
insectes suceurs de sève favorisent la propagation de maladies
fongiques et de virus. Par conséquent, ils sont généralement
considérés comme étant nuisibles pour les cultures. Cependant,
ce ne sont pas toutes les espèces qui s’attaquent aux cultures.

Les plantes qui hébergent des insectes suceurs de sève qui leur
sont spécifiques et d’autres insectes qui ne s’attaquent pas aux
cultures peuvent être implantées à proximité de celles-ci pour
attirer les ennemis naturels.

La présence d’une diversité d’insectes permet aux insectes


prédateurs de trouver des proies alternatives et elle contribue à
augmenter les chances que les parasitoïdes trouvent les hôtes
essentiels à leur reproduction. De plus, une forte densité
d’insectes peut favoriser la présence des oiseaux et d’autres
prédateurs insectivores.

Cependant, les interactions entre les organismes sont complexes


et souvent imprévisibles. Certains ennemis naturels s’intéressent
parfois davantage aux proies et hôtes alternatifs qu’aux insectes
ravageurs des cultures. La répression des insectes ravageurs des
cultures n’est donc pas forcément accrue par la présence de ces
proies et hôtes.

Comme mentionné au cours de ce chapitre, les insectes, les


oiseaux, les chauves-souris et les amphibiens sont des alliés
importants des producteurs agricoles. Bien que dans les cultures,
plusieurs aspects limitent la présence de ces ennemis naturels,
des interventions peuvent contribuer à favoriser leur diversité à
l’intérieur et en bordure des parcelles cultivées. De telles
interventions sont proposées au prochain chapitre.

28
CHAPITRE 2

La lutte biologique conservative en maraîchage sur petite


surface

La lutte biologique conservative, aussi nommée lutte biologique


par conservation, vise à augmenter la diversité des ennemis
naturels déjà présents dans l’environnement et à favoriser leur
activité dans les cultures. Comme mentionné précédemment,
cette méthode préventive permet de réduire les infestations
d’insectes ravageurs et, par conséquent, l’usage d’insecticides.

La première partie de ce chapitre porte sur l’application de cette


méthode en contexte de maraîchage sur petite surface. La
seconde partie traite des effets bénéfiques de la diversification
des cultures, de certaines pratiques de conservation des sols et
de la diminution de l’épandage de pesticides sur la diversité des
ennemis naturels dans les cultures. La troisième partie contient
de l’information sur la manière dont certains aménagements,
comme les bandes fleuries, les haies brise-vent et autres abris,
favorisent l’activité des principaux ennemis naturels des insectes
ravageurs présentés précédemment. Les détails de conception et
de réalisation de ces aménagements sont décrits plus en détail
au troisième chapitre.

2.1 LA LUTTE BIOLOGIQUE CONSERVATIVE : UNE


APPROCHE PRÉVENTIVE

La lutte biologique conservative se différencie de la lutte


biologique par introduction. Cette dernière méthode consiste à
introduire artificiellement des organismes (insectes, bactéries,
champignons, virus et nématodes) dans l’environnement afin de
réduire l’abondance des ravageurs dans les cultures. Ces agents
de lutte introduits lors d’interventions ponctuelles permettent
d’obtenir un contrôle temporaire sur un ravageur. Dans certains
cas, les organismes exotiques utilisés nuisent aux espèces
indigènes, principalement en leur faisant compétition pour les
ressources. Cependant, cette méthode présente généralement
moins d’effets indésirables que l’usage de pesticides. La lutte
biologique conservative, quant à elle, se démarque par son

29
caractère durable, puisqu’elle a pour objectif le maintien des
ennemis déjà présents dans l’environnement.

En lutte biologique par introduction, la sélection des agents de


lutte est effectuée en considérant leur action directe sur les
ravageurs causant le plus de dommages. En lutte biologique
conservative, les producteurs agricoles doivent considérer
l’ensemble des ennemis naturels plutôt que de s’attarder
uniquement à ceux qui semblent avoir une action plus directe sur
les ravageurs les plus importants. Cette approche se base sur le
principe que la répression des ravageurs est généralement plus
efficace dans un agroécosystème abritant une forte diversité
d’ennemis naturels.

La larve de la piéride du chou (Pieris


rapae) est l’hôte de plusieurs espèces de
guêpes ichneumonides et de mouches
tachinaires. De plus, à différents stades de
croissance, cette espèce est la proie des
carabes, des punaises, des guêpes
prédatrices, des araignées et des oiseaux.

Les résultats de la lutte biologique conservative doivent être


envisagés dans une perspective à moyen et long terme. En effet,
certaines populations d’ennemis naturels prennent du temps à
s’installer et l’obtention d’un contrôle efficace nécessite parfois
plusieurs mois, voire des années. Néanmoins, cette méthode de
lutte aux insectes ravageurs est respectueuse des écosystèmes
naturels et elle permet de profiter d’importants services offerts par
la biodiversité.

La lutte biologique conservative est indissociable de la


conservation des habitats adjacents aux agroécosystèmes. En
effet, la conservation des habitats et des refuges naturels ou
semi-naturels en bordure des champs est cruciale pour garder les
populations d’ennemis naturels à proximité. Chaque ennemi
naturel a besoin d’une série d’éléments spécifiques à différents

30
stades de son développement pour se reproduire avec succès sur
plusieurs générations. Conséquemment, la majorité des ennemis
naturels sont seulement de passage dans les cultures ou dans les
aires de refuge aménagées et ils sont dépendants des habitats
adjacents pour compléter leur cycle.

Comparativement à la production en grandes cultures, le


maraîchage sur petite surface permet de favoriser plus
efficacement l’activité des ennemis naturels à moindre coût.
Puisqu’il implique une plus forte diversité de végétaux, ce mode
de production est généralement plus favorable à la présence des
ennemis naturels dans les cultures. De plus, il permet d’adopter
plusieurs pratiques de conservation avec relativement peu de
contraintes. En effet, ce mode de production permet l’utilisation
d’équipements qui réduisent le travail du sol et des méthodes
alternatives de protection des cultures.

L’application de filets
protecteurs au-dessus des
cultures est un moyen de
protection efficace contre les
altises et la chrysomèle
rayée du concombre. De
plus, cette pratique a peu
d’effets négatifs sur les
ennemis naturels ou autres
organismes bénéfiques qui
sont dans l’agroécosystème.

En grandes cultures, la superficie des champs, le type de


machinerie employée et l’utilisation d’intrants chimiques peuvent
avoir pour effet de limiter l’établissement d’une biodiversité
intéressante à l’intérieur de l’agroécosystème. L’approche de la
lutte biologique conservative implique donc d’ajuster et/ou de
revoir la conception et le fonctionnement d’un tel modèle de
production.

31
La pratique consistant à intégrer des aménagements favorisant
l’activité des ennemis naturels est applicable à toutes les
échelles. Cependant, aménager de grandes surfaces peut
représenter un investissement financier significatif et, par
conséquent, dissuader les producteurs agricoles. Notez qu’afin
d’appuyer les exploitations agricoles dans la réalisation de telles
interventions, le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de
l’Alimentation du Québec (MAPAQ) offre une aide financière dans
le cadre de la mesure Aménagement favorisant la biodiversité du
programme Prime-Vert 2013-2018.

2.2 LES PRATIQUES AGRICOLES AYANT UN EFFET SUR


LES ENNEMIS NATURELS

En contexte de lutte conservative, il est important de comprendre


les effets de certaines pratiques agricoles sur les ennemis
naturels, afin de prendre des décisions éclairées visant à
favoriser la stabilité et la productivité de l’agroécosystème. Dans
cette section, les pratiques abordées sont la diversification des
cultures, la gestion des sols et de l’épandage de pesticides.

La diversification des cultures

Évidemment, en diversifiant les cultures, les producteurs


agricoles doivent faire face à un nombre plus élevé d’espèces
d’insectes pouvant causer des dommages. Cependant, dans la
grande majorité des cas, les dommages causés par les
différentes espèces se limitent à certaines cultures. Les
infestations dans les polycultures sont donc généralement de
moins grande envergure que celles dans les monocultures. Par
conséquent, les quantités d’insecticides nécessaires pour limiter
les dommages sont plus faibles. L’épandage de certains
insecticides peut notamment contrer les efforts investis à favoriser
la présence des ennemis naturels.

En permettant de réduire les


quantités d’insecticides utilisées,
la diversification des cultures
contribue à favoriser la présence
des ennemis naturels.

32
Généralement, les ennemis naturels ont accès à une plus grande
diversité de ressources et d’abris dans les polycultures que dans
les monocultures. Cependant, les polycultures favorisent très peu
l’établissement durable des ennemis naturels comparativement
aux milieux naturels adjacents.

Dans les agroécosystèmes maraîchers, la majorité des légumes


produits sont récoltés avant d’atteindre la floraison. Par
conséquent, les ressources en nectar et en pollen y sont
généralement présentes en quantités insuffisantes pour supporter
une forte diversité d’ennemis naturels. De plus, la majorité des
légumes est déterrée lors de la récolte et remplacée
annuellement. Ainsi, ces cultures annuelles sont moins favorables
à l’établissement des ennemis naturels que les cultures pérennes.

La diversification des cultures peut être réalisée de façon à


augmenter les ressources disponibles pour les ennemis naturels.
Dans certains cas, cette approche permet une meilleure
répression des ravageurs. Cependant, pour augmenter
efficacement la répression des ravageurs, il est impératif de
s’assurer de la disponibilité des ressources pour les ennemis
naturels (particulièrement du nectar et du pollen) aux plans spatial
et temporel. En effet, ces aspects sont déterminants pour le
maintien des insectes parasitoïdes et prédateurs dans
l’agroécosystème (Altieri et Nicholls, 2004).

En plus de la diversification des cultures, il apparaît clairement


que d’autres interventions sont nécessaires afin de favoriser
l’activité des ennemis naturels à travers les parcelles cultivées.

La gestion des sols en culture : pour des sols


« vivants »

Un sol en santé possède une bonne structure, une bonne


proportion de matière organique, et il abrite une diversité
d’organismes utiles (bactéries, champignons, vers de terre,
protozoaires et nématodes). Un tel sol est riche en ressources
alimentaires pour les ennemis naturels qui s’y nourrissent. Ainsi,
les pratiques contribuant à sa conservation, telles que la
réduction du travail du sol, le semis direct, l’introduction d’un
engrais vert et la rotation des cultures, contribuent généralement
à favoriser leur présence.

33
Le labour est une pratique courante offrant certains avantages
non négligeables en agriculture. En ameublissant et en aérant le
sol, il permet aux plantes cultivées de s’enraciner plus facilement
et plus profondément. Les plantes ayant des racines bien
développées sont généralement plus vigoureuses et résistantes
aux insectes ravageurs. De plus, en supprimant un bon nombre
de mauvaises herbes, le labour permet de réduire la compétition
des cultures avec ces dernières pour l’eau, la lumière et les
substances nutritives du sol.

Cela dit, un labour fréquent peut détruire les agrégats


(agglomération de particules) qui créent des conditions d’air et
d’humidité favorables à la croissance des plantes et au maintien
de la diversité des organismes du sol. Ces agrégats retiennent
aussi les substances nutritives essentielles aux plantes. Par
ailleurs, certains organismes contribuent à la formation
d’agrégats. En effet, les substances sécrétées par certaines
bactéries, les filaments produits par les champignons et les
déjections de vers de terre contribuent à lier les particules du sol.

En détruisant la structure du sol et en enterrant les résidus de


surface, le labour modifie l’habitat des organismes du sol et, par
conséquent, limite leur développement. De plus, cette pratique
expose certains organismes, dont les œufs et les larves
d’insectes, aux prédateurs et à la dessiccation, ou encore les
L’intensité du travail du sol et la
fréquence des opérations ont emprisonne dans des mottes de terre.
un effet sur la structure de ce
sol et sur les ennemis naturels
qui y vivent.

34
Généralement, réduire le travail du sol permet à une plus grande
diversité d’organismes de se développer. En agriculture de petite
surface, l’utilisation du chisel ou de la grelinette permet d’effectuer
un travail réduit du sol, comparativement à la charrue. Ces outils
sont conçus pour aérer le sol tout en conservant sa structure.

Les staphylins (Coléoptères) sont


favorisés par les pratiques de
conservation des sols. Ils se
nourrissent de matière organique
morte, d’œufs d’insectes, de petites
larves, de limaces et d’acariens.

Le semis direct est une technique ne nécessitant pas de travail


préalable du sol. Cette technique utilisée entre autres pour
cultiver les courges d’hiver et les citrouilles permet de conserver
la matière organique et de favoriser l’activité biologique dans le
sol. Elle laisse à la surface du sol une quantité appréciable de
tiges, de feuilles ou de graines. Ces débris procurent un refuge
favorable aux centipèdes, aux perce-oreilles et aux acariens
prédateurs. De plus, ils sont très utiles aux oiseaux, qui s’en
servent pour la construction de nids et qui se nourrissent des
graines et des insectes au sol.

Les engrais verts sont des cultures introduites en rotation avec


les cultures destinées à la vente. Ils permettent principalement de
protéger le sol de l’érosion et du lessivage des nutriments,
d’améliorer la structure du sol et de stimuler l’activité biologique.
Les engrais verts ne sont pas récoltés, afin que les nutriments
qu’ils ont captés retournent en circulation dans le sol. Ces plantes
peuvent être détruites par le gel de l’hiver ou se coucher pour
former un paillis qui peut être éliminé par roulage ou par
occultation.

L’introduction d’engrais verts en rotation avec les cultures est une


technique utilisée principalement pour les grandes cultures
biologiques. Cette pratique est peu courante en maraîchage sur
petite surface. Néanmoins, la culture de certains engrais verts,
notamment de trèfles (Trifolium spp.) et de moutardes sauvages
(Brassica spp.), procure des ressources alimentaires (pollen,
nectar, proies) ainsi que des abris aux ennemis naturels.

35
La rotation des cultures, incluant celle des engrais verts, permet
d’attirer divers micro-organismes du sol. Cette pratique diminue
ainsi les risques de maladies causées aux cultures par les
bactéries et champignons pathogènes. Par conséquent, elle peut
permettre de réduire l’usage de pesticides.

La diminution de l’épandage de pesticides

Les pesticides homologués en agriculture biologique


(biopesticides) ont moins d’effets négatifs sur la santé humaine et
ils laissent généralement moins de résidus dans l’environnement
que les pesticides chimiques utilisés en agriculture
conventionnelle. Cependant, qu’ils soient chimiques ou
biologiques, les pesticides peuvent avoir un impact négatif sur les
populations d’ennemis naturels. Leurs effets peuvent être directs,
par exemple en affectant leurs fonctions biologiques, ou indirects,
en affectant les ressources qu’ils consomment.

Lorsque les ennemis naturels sont en nombre insuffisant pour


assurer une répression immédiate des ravageurs, il peut être
tentant d’utiliser un produit insecticide. Cependant, l’épandage
d’un tel produit peut avoir pour effet de détruire les derniers
ennemis naturels présents dans l’agroécosystème et, par
conséquent, d’amplifier l’impact des attaques subséquentes des
ravageurs.

Les ennemis naturels ont des caractéristiques démographiques


liées à celles des populations de leurs proies et hôtes.
Généralement, la répression des insectes ravageurs par leurs
ennemis naturels s’effectue à la suite d’une croissance soudaine
des populations de ravageurs et il peut s’écouler un certain temps
avant que les ennemis naturels ne prennent le dessus.

Afin d’éviter de nuire aux efforts de prévention effectués dans le


cadre d’une approche de lutte biologique conservative,
l’épandage de pesticides doit être réduit au minimum. C’est-à-dire
que cette pratique doit être limitée à des seuils critiques
d’intervention qui permettent d’éviter des pertes économiques
importantes.

Évidemment, afin de réduire la nécessité d’épandre des


pesticides, la sélection de variétés de plantes cultivées plus
résistantes aux ravageurs s’impose. De plus, les méthodes
alternatives à l’épandage de produits insecticides, comme

36
l’application de filets protecteurs et la pulvérisation de répulsifs
biologiques, doivent être priorisées.

Lorsque l’épandage d’un insecticide est nécessaire, il est


préférable de choisir un produit sélectif plutôt qu’un produit à
large spectre. Autrement dit, le meilleur choix est le produit ayant
le moins d’effets sur les organismes non ciblés. Par ailleurs,
lorsque les ennemis naturels du ravageur ciblé sont
particulièrement abondants, les seuils d’intervention peuvent être
relevés, puisque les ennemis naturels exercent déjà une certaine
répression sur le ravageur.

2.3 LES AMÉNAGEMENTS FAVORISANT L’ACTIVITÉ DES


ENNEMIS NATURELS

Les aménagements permettent de répondre à plusieurs des


besoins des ennemis naturels des insectes ravageurs. Ils
contribuent ainsi à favoriser leur abondance et leur diversité à
proximité des cultures. Dans cette section, les rôles des
aménagements de végétaux, des abris et des étangs sont
présentés.

Le rôle des aménagements constitués de végétaux

Les aménagements constitués de végétaux peuvent prendre la


forme de bandes de végétation (herbacées, arbustives et/ou
arborées) implantées en bordure ou en alternance avec les
parcelles cultivées. Dans ce document, les bandes fleuries
(composées d’herbacées) et les haies brise-vent (composées
d’arbres, d’arbustes et d’herbacées) sont présentées. Ces
aménagements contribuent à favoriser la présence des ennemis
naturels en leur permettant de trouver des sources de nourriture
supplémentaires et des sites de refuge, de reproduction et
d’hivernation.

Incorporées en alternance avec


les parcelles cultivées, les bandes
fleuries et les haies permettent
aux ennemis naturels de mieux se
disperser dans les cultures.

37
Les insectes parasitoïdes et prédateurs ont une capacité de
dispersion plus restreinte que celle des insectes ravageurs. Par
conséquent, la superficie des champs peut représenter une
contrainte importante à leur établissement dans les cultures.
Incorporer des bandes de végétation non cultivées en alternance
avec les parcelles cultivées permet de faciliter les déplacements
des insectes parasitoïdes et prédateurs dans les cultures et de
limiter leur désir de migrer hors des champs.

Lorsque les végétaux qui composent ces aménagements


atteignent leur maturité, ils procurent un environnement plus
ombragé et un microclimat plus humide et tempéré que celui des
champs cultivés. Ce type de refuge est essentiel pour favoriser la
survie des organismes particulièrement sensibles aux périodes de
sécheresse, comme les araignées.

Les araignées sont très


sensibles aux périodes de
sécheresse ; elles bénéficient
donc tout particulièrement du
couvert d’ombre des bandes
fleuries, qui leur procure un
microclimat plus humide que
celui des cultures.
L
e
s

Au Québec, peu d’insectes prédateurs et parasitoïdes survivent


aux hivers dans les milieux agricoles ouverts, où le sol est
fréquemment laissé à nu. L’aménagement d’aires de refuge telles
que les bandes fleuries ou les haies contribuent à augmenter
leurs chances de survie. En effet, la végétation laissée au sol et
les accumulations de neige qui s’y forment offrent une protection
contre le froid. Ces aménagements permettent ainsi aux
populations d’insectes prédateurs et parasitoïdes d’être
abondantes à proximité des cultures au printemps suivant, soit
avant l’arrivée des insectes ravageurs. Dans ces circonstances,
ils peuvent rapidement s’attaquer aux premiers insectes
ravageurs et limiter leur multiplication.

38
Afin de favoriser efficacement la présence des insectes
parasitoïdes et prédateurs, les végétaux qui composent ces
aménagements doivent être sélectionnés dans le but d’assurer la
disponibilité du nectar et du pollen sur une période étendue. De
tels aménagements hébergent généralement un bon nombre de
proies et d’hôtes. En offrant aux ennemis naturels ces éléments
(nectar, pollen, proies et hôtes) essentiels à leur survie et à leur
reproduction, les bandes fleuries et les haies permettent
d’augmenter leur abondance et leur diversité à proximité des
cultures (Bianchi et al., 2006).

En hébergeant une forte densité d’insectes, les bandes fleuries et


les haies constituent des sources importantes de nourriture pour
d’autres prédateurs insectivores, comme les oiseaux. De plus, ils
procurent aux oiseaux d’autres ressources alimentaires, comme
des graines et des fruits, ainsi que des sites pour s’abriter, se
poser, se reproduire et pour établir leur nid. Une sélection
adéquate d’arbustes et d’arbres contribue donc à favoriser la
présence de ces ennemis naturels.

En somme, la composition des bandes fleuries et des haies


influence fortement le potentiel de ces aménagements pour
favoriser la présence des ennemis naturels et la répression des
insectes ravageurs (Section 3.1). Bien sûr, il est préférable
d’éviter les végétaux qui risquent d’héberger des insectes
ravageurs pouvant ensuite migrer vers les plantes cultivées.

Le rôle des abris et des étangs

L’ajout d’abris tels que des cabanes à insectes, des nichoirs à


oiseaux, des dortoirs à chauves-souris et des amoncellements de
branches, de feuilles mortes ou de roches, permet de procurer
aux ennemis naturels des sites de refuge, de nidification ou
d’hivernation supplémentaires. Par conséquent, ces abris sont
des éléments à considérer dans une stratégie globale de lutte
biologique conservative, et ce, même si leur efficacité pour
favoriser la répression des insectes ravageurs est parfois
incertaine.

Les cabanes et hôtels à insectes peuvent servir d’abris à un


grand nombre d’espèces bénéfiques. En effet, bien qu’elles soient
davantage connues pour abriter des insectes pollinisateurs
comme les abeilles et les guêpes, elles peuvent aussi abriter des
prédateurs comme les chrysopes, les perce-oreilles, les

39
coccinelles, les punaises, les araignées et les guêpes prédatrices.
De plus, quelques-uns de ces insectes peuvent les utiliser comme
site de nidification ou abri hivernal.

Une structure, similaire à celle de l’hôtel à


abeilles ci-contre, peut être construite pour
abriter une diversité d’insectes prédateurs
et parasitoïdes. Cependant, à la différence
d’un hôtel à abeilles (généralement rempli
de bûches trouées et de tiges creuses),
l’hôtel à insectes doit être rempli avec
divers matériaux, comme des branches,
des morceaux d’écorce, des briques
usagées et des cocottes.

La pose de nichoirs permet d’offrir aux oiseaux qui nichent dans


les arbres des sites alternatifs pour construire leur nid. Les aires
d’alimentation des oiseaux se situent généralement à proximité
des sites de nidification. Ainsi, la pose de nichoirs à proximité des
cultures peut contribuer à y favoriser l’activité de certaines
espèces insectivores. Quant à la pose de dortoirs à chauves-
souris, elle contribue au maintien de leurs populations en leur
fournissant des sites pour se reposer durant le jour.

Les chauves-souris utilisent


parfois les cavités des gros
arbres comme site de repos. La
pose de dortoirs permet de leur
offrir des sites alternatifs. Elles
se regroupent dans ces abris
pour se reposer durant le jour.

40
L’ajout d’amoncellements de branches, de feuilles mortes ou de
roches peut être bénéfique pour plusieurs organismes. En effet,
les tas de branches permettent aux insectes et aux oiseaux de
trouver des abris pour échapper aux prédateurs ou pour s’abriter
lors d’intempéries. De plus, comme les tas de feuilles mortes, les
tas de branches peuvent être utilisés par les insectes comme site
de nidification ou d’hivernation. Par ailleurs, quelques roches
empilées offrent aux amphibiens des abris pour se reposer ou
pour se rafraîchir.

Un simple tas de branches peut


servir d’abri pour les chrysopes
durant le jour, de site de
nidification pour les guêpes
prédatrices et d’abri hivernal pour
les araignées sauteuses.

L’aménagement d’étangs temporaires et permanents à proximité


des cultures procure aux crapauds, aux grenouilles et aux
salamandres des sites indispensables au développement de leurs
larves. De plus, plusieurs autres organismes utilisent les étangs
pour se rafraîchir, s’abreuver, et s’alimenter. Par exemple, les
insectes qui se développent dans les plans d’eau sont une source
de nourriture supplémentaire pour les oiseaux et les libellules.

Comme mentionné précédemment, une approche de lutte


biologique conservative combine idéalement diverses pratiques
agricoles et aménagements. Cependant, l’aménagement du
milieu agricole dans le but de favoriser la protection et l’activité
des ennemis naturels est une pratique encore très peu répandue.
Afin de faire connaître davantage chacun des aménagements ici
mentionnés, le prochain chapitre présente les détails de leur
conception et de leur réalisation.

41
42
CHAPITRE 3

La conception et la réalisation d’aménagements et d’abris

Dans ce chapitre, la construction de plusieurs aménagements


favorisant la protection des ennemis naturels et leur activité à
proximité des cultures est abordée en détail. Les principaux
aspects à considérer lors de leur conception et de leur réalisation
y sont soulignés. Pour faciliter leur présentation, ces
aménagements ont été regroupés sous trois thèmes : les
aménagements constitués de végétaux (les bandes fleuries et les
haies brise-vent), les abris (entre autres les cabanes à insectes,
les nichoirs à oiseaux, les dortoirs à chauves-souris) et les étangs
temporaires et permanents.

3.1 LES AMÉNAGEMENTS CONSTITUÉS DE VÉGÉTAUX

Dans cette section, différentes façons de réaliser des bandes


fleuries et d’augmenter l’attractivité des haies brise-vent pour les
ennemis naturels sont décrites.

Les bandes fleuries

Les bandes fleuries peuvent être composées de plantes vivaces


et/ou annuelles. Pour favoriser la présence des insectes
parasitoïdes et prédateurs, ces bandes doivent être constituées
principalement de végétaux dont les fleurs ont une corolle courte,
comme les Apiacées (ombellifères) et les Astéracées
(composées). Lors de la sélection des espèces à implanter, la
succession des périodes de floraison doit être considérée de
manière à s’assurer de la disponibilité constante de nectar et de
pollen. La sélection finale doit idéalement inclure une diversité de
végétaux présentant différentes structures et feuillages.

43
Prioriser les plantes indigènes

Les plantes indigènes sont à prioriser afin de diminuer les risques associés à
l’introduction d’espèces exotiques dans l’environnement. Ces risques sont :
l’introduction involontaire d’insectes ravageurs et de maladies exotiques ainsi
que l’altération de la composition des écosystèmes et de leurs fonctions. De
surcroît, plusieurs recherches concluent que les assemblages de plantes
indigènes contribuent davantage à supporter les populations d’ennemis naturels
(Xerces Society, 2014).

Cependant, les espèces indigènes qui ont tendance à se disperser facilement et


à persister sont à éviter à proximité des cultures, puisqu’elles peuvent
compliquer le désherbage. Or, certaines d’entre elles peuvent être implantées au
pied d’une haie plus éloignée, en bordure des champs, sans causer de
problème.

L’anémone du Canada (Anemone À l’automne, lorsque les sources de


canadensis) est une espèce nourriture sont plus rares, les
indigène appréciée par plusieurs asters sont visités par de nombreux
ennemis naturels. Cependant, son insectes.
comportement envahissant doit être
considéré.

44
Les bandes fleuries peuvent être réalisées soit en implantant de
jeunes plants de vivaces, ou encore un mélange de semences.

Les bandes réalisées avec de jeunes plants de vivaces

Les bandes fleuries établies à partir de plants de vivaces ont une


durée de vie considérable qui, dans certains cas, peut aller
jusqu’à des dizaines d’années. Elles sont généralement
implantées en bordure des champs, mais elles peuvent
également être implantées à travers les cultures pour y favoriser
la dispersion des ennemis naturels.

Les végétaux sont idéalement plantés dans un sol exempt de


mauvaises herbes problématiques ou de plantes très
compétitives. Les bandes fleuries peuvent être réalisées sur un
sol plat. Cependant, l’implantation sur un talus permet d’améliorer
le drainage. Dans certains cas, cette action peut s’avérer
nécessaire pour prolonger la durée de vie des végétaux. Par
ailleurs, la sélection des espèces doit toujours être effectuée en
considérant les caractéristiques du sol ainsi que les autres
aspects environnementaux du site.

Les ennemis naturels repèrent difficilement les plants isolés. Par


conséquent, il est préférable de les regrouper par espèces afin de
Réaliser des bandes fleuries en créer des masses de 5 à 10 plants. Dans la majorité des cas,
implantant de jeunes plants
permet d’obtenir une floraison l’implantation de bandes fleuries larges (2,5 à 10 m) et reliées
abondante des plantes vivaces entre elles permet d’augmenter leur efficacité, en comparaison à
dès la première année.
de petites parcelles isolées.

45
Les mélanges de semences
Les mélanges de semences présentement disponibles sur le
marché ont été élaborés plus particulièrement pour favoriser la
présence des insectes pollinisateurs. Cependant, certaines des
espèces végétales qui composent ces mélanges peuvent aussi
être bénéfiques aux ennemis naturels. À cet effet, un mélange de
semences peut être implanté dans une haie ou utilisé pour
réaliser une bande fleurie en bordure d’un champ cultivé.

Pour la réalisation d’une bande composée de plantes vivaces,


l’achat d’un mélange de semences implique un coût initial moins
élevé que l’achat de jeunes plants. Cependant, la plupart des
espèces vivaces fleurissent à leur plein potentiel seulement à
partir de la troisième année suivant le semis. Pour les deux
premières années, l’ajout de semences d’annuelles permet
d’assurer la floraison de la bande. Cette pratique a aussi pour
effet de favoriser l’établissement des espèces vivaces. En effet,
Bande établie à partir d’un mélange les espèces annuelles à croissance rapide, comme l’avoine, leur
de semences de vivaces, composé procurent un abri les protégeant de la dessiccation, ce qui
entre autres de rudbeckies
hérissées (Rudbeckia hirta), de favorise leur germination et leur croissance. Les espèces
coréopsis lancéolés (Coreopsis sélectionnées à cet effet doivent être celles qui produisent des
lanceolata) et de monardes
fistuleuses (Monarda fistulosa). semences ne résistant pas à nos hivers. Ces plantes
disparaissent par la suite, laissant la place à celles vivaces.

46
Les bandes fleuries établies à partir de semences (de vivaces
et/ou d’annuelles) peuvent mesurer entre 2 à 6 m de largeur. La
densité (nombre de semences/unité de surface) influence la
croissance des mauvaises herbes. Les recommandations varient
selon la composition du mélange (entre 20 et 50 kg/ha) et elles
sont généralement mentionnées par l’entreprise qui en fait le
commerce.

Bande fleurie établie à partir d’un


mélange de semences composé
de vivaces et d’annuelles. La
première année, seules les
plantes annuelles, comme le
cosmos bipenné (Cosmos
bipinnatus), la centaurée bleuet
(Centaurea cyanus) et la phacélie
à feuilles de tanaisie (Phacelia
tanacetifolia), fleurissent.

Afin de diminuer la compétition des plantes utiles avec les


mauvaises herbes, des désherbages peuvent être effectués.
Lorsque la densité des plantes désirées semble être insuffisante,
un sursemis d’un mélange de semences peut être réalisé. Cette
pratique permet d’assurer le maintien de la diversité des
ressources disponibles pour les ennemis naturels.

La sélection des espèces végétales : une étape importante

Une sélection judicieuse des plantes utilisées pour la réalisation de bandes fleuries permet d’éviter les
problèmes de mauvaises herbes dans les cultures, de faciliter l’entretien des bandes et d’augmenter
leur efficacité et leur durabilité.

Comme mentionné précédemment, il importe d’éviter de sélectionner des plantes qui hébergent des
ravageurs ou des maladies qui peuvent affecter les cultures. Si vous souhaitez vous procurer un
mélange de semences déjà élaboré, il est préférable de s’assurer que chaque plante qui compose le
mélange n’est pas un hôte potentiel pour les ravageurs ou les maladies qui affectent les cultures
adjacentes.

47
Les haies brise-vent peuvent servir de
corridors de déplacement pour la
faune. De plus, la sélection des arbres
et des arbustes qui les composent
peut-être réalisée de façon à offrir des
sources de nourriture aux insectes et
aux oiseaux.

Les haies brise-vent

En maraîchage, les haies sont généralement implantées autour


des champs cultivés, afin de protéger les cultures contre le vent.
Ces haies brise-vent sont généralement constituées de grands
arbres et d’arbustes implantés sur deux à cinq rangées, pour
créer un mur de végétation dense longeant un champ cultivé.

L’ombre et la productivité : une préoccupation ?

La présence d’une haie peut influencer la productivité des cultures adjacentes de diverses façons. En
modifiant la quantité et la qualité des rayons solaires qui arrivent aux plantes cultivées, la haie limite
leur capacité de photosynthèse. Cependant, cette même haie est bénéfique à la productivité des
cultures en permettant d’améliorer le microclimat et la disponibilité en eau dans le sol. De plus, elle
aide à maintenir la fertilité et à contrôler l’érosion des sols, à diminuer la croissance des mauvaises
herbes et à augmenter la répression naturelle des insectes ravageurs.

Du fait, la réalisation d’une haie permet généralement d’obtenir un gain en rendement. Effectivement,
dans la plupart des cas, la diminution du rendement des plantes cultivées à proximité de la haie est
largement compensée par l’augmentation du rendement de celles situées dans le reste de la zone
protégée par la haie. À titre d’exemple, le rendement peut diminuer sur une distance équivalant à
environ 1,5 fois la hauteur des arbres, mais être accru dans le reste de la zone protégée, qui s’étend
sur une distance de 15 à 20 fois la hauteur des arbres (Soltner, 1995).

48
Plus la hauteur des arbres est élevée, plus la zone de protection
pour les cultures est étendue. Par ailleurs, un réseau de haies
implanté en alternance avec les parcelles cultivées permet de
maximiser l’étendue des zones protégées. Quant aux arbustes
qui composent les haies, ils contribuent à diminuer l’effet Venturi,
c’est-à-dire l’accélération du vent au sol qui se produit au pied
des grands arbres lors de forts vents.

Afin d’augmenter l’attractivité de la haie brise-vent pour les


insectes prédateurs et parasitoïdes, il importe de sélectionner des
espèces d’arbres et d’arbustes florifères et dont les périodes de
floraison sont successives. Une telle démarche permet d’assurer
la disponibilité du pollen et du nectar sur une période étendue. De
plus, la sélection de quelques arbres et arbustes fruitiers permet
d’attirer les oiseaux.

En somme, sélectionner une diversité d’arbres et d’arbustes


(entre 10 et 15 espèces) présentant différents ports et feuillages
(incluant des feuillus et des conifères) permet d’offrir aux ennemis
naturels une diversité de microhabitats et de sites pour se poser,
se reproduire ou s’abriter. Par ailleurs, favoriser le recouvrement
du sol par une couche herbacée (lisière de 0,5 à 2 m de largeur)
permet d’obtenir une meilleure protection du sol contre l’érosion
et de créer un refuge favorable pour plusieurs ennemis naturels.

Le caraganier de Sibérie (Caragana


arborescens) fleurit au printemps. Il
peut servir de site de ponte aux
chrysopes. De plus, son feuillage
riche en azote peut être utilisé pour
fertiliser certaines cultures ou des
bandes fleuries.

49
Les arbres et les arbustes favorisant la présence des
ennemis naturels

Pour encourager la présence des insectes prédateurs et


parasitoïdes avant l’arrivée des insectes ravageurs, les végétaux
qui fleurissent tôt au printemps sont particulièrement importants.
Pour cette raison, l’amélanchier du Canada (Amelanchier
canadensis), l’amélanchier glabre (Amelanchier laevis) et le
sureau rouge (Sambucus racemosa) sont des espèces
intéressantes. De plus, elles produisent des fruits d’été appréciés
par les oiseaux.

Des arbustes comme le sureau du Canada (Sambucus


canadensis), le cassissier (Ribes nigrum), le groseillier à grappes
(Ribes rubrum) ainsi que des arbres comme les cerisiers (Prunus
spp.) produisent aussi des fruits d’été prisés par les oiseaux.

Les fruits d’automne sont une source d’énergie particulièrement


importante pour les oiseaux migrateurs avant qu’ils entreprennent
leur voyage. Les fruits persistants sont une source de nourriture
soutenant les oiseaux résidents. Certains arbustes comme les
viornes (Viburnum spp.) et l’aronie noire (Aronia melanocarpa),
ainsi que certains arbres comme les aubépines (Crataegus spp.)
et le sorbier d’Amérique (Sorbus americana), conservent leurs
fruits durant l’hiver.

Les fruits des viornes (Viburnum


spp.) restent accrochés aux
branches durant une bonne partie
de l’hiver.

50
Les cônes du mélèze laricin (Larix laricina), de la pruche du
Canada (Tsuga canadensis) et des pins (Pinus spp.) sont
d’autres sources de nourriture appréciées par plusieurs petits
oiseaux. Pour installer leurs nids, un bon nombre d’oiseaux
privilégient les épinettes (Picea spp.) et le cèdre blanc (Thuja
occidentalis). De plus, en conservant leurs aiguilles durant l’hiver,
les épinettes, les cèdres et les pins procurent aux oiseaux un abri
contre le vent.

3.2 LES ABRIS CONSTRUITS DE MATÉRIAUX NATURELS

Les cabanes à insectes, les nichoirs à oiseaux, les dortoirs à


chauves-souris et les amoncellements de matières sont des
structures relativement simples à réaliser. Plusieurs de ces abris
peuvent être construits avec des matériaux naturels
généralement disponibles sur le site de la ferme.

Les cabanes à insectes

Les cabanes à insectes sont de forme et de taille variables. Ces


abris peuvent prendre la forme d’une petite cabane (ressemblant
à un nichoir d’oiseau) ou d’un véritable hôtel à insectes. Pour la
réalisation d’un hôtel à insectes, une structure ressemblant à une
bibliothèque peut être construite avec quelques planches de bois
non traité et résistant aux intempéries, comme la pruche.
Cependant, le cèdre ne doit pas être utilisé à cet effet puisqu’il a
des propriétés répulsives pour plusieurs insectes. Une telle
structure permet de créer une série de petites cases qui peuvent
ensuite être remplies avec des branches, des tiges creuses, des
morceaux d’écorce, des briques usagées, des pots de plantes en
terre cuite et des cocottes.

Les cabanes à insectes facilitent leur


observation. Ces structures sont
donc des outils pédagogiques
intéressants.

51
Certains insectes ont des préférences pour les matériaux qui
constituent leurs abris : les coccinelles préfèrent les petites
plaquettes de bois rapprochées, les chrysopes trouvent refuge
dans la paille et le foin, les perce-oreilles vont se loger dans les
pots en terre cuite remplis de foin et les abeilles et les guêpes
pondent dans les bûches trouées. La sélection des matériaux
peut être réalisée pour tenter d’attirer plus particulièrement
certaines espèces d’insectes. Cependant, pour qu’un bon nombre
d’espèces fréquente ces abris, il est préférable de remplir ces
cabanes avec plusieurs matériaux différents.

Sur les côtés de l’hôtel où les matériaux de remplissage sont


exposés, du treillis de métal (style cage à poules) peut être placé
afin de retenir les matériaux et limiter l’accès à certains oiseaux
prédateurs, tels que les pics. Enfin, un toit est généralement
ajouté à la structure pour la protéger de la pluie et en prolonger la
durabilité.

Les cabanes à insectes sont idéalement installées dans des


endroits ensoleillés ou partiellement ombragés. De plus, ces abris
doivent être situés à des endroits où les insectes ont accès à des
ressources alimentaires abondantes, afin de minimiser les
déplacements qu’ils doivent effectuer pour s’alimenter. Les
bordures de haies, les bandes fleuries ou les champs non cultivés
sont généralement de bons endroits pour les installer.

Les nichoirs à oiseaux

Plusieurs espèces d’oiseaux insectivores profitent de nichoirs


installés en milieu agricole. L’hirondelle bicolore (Tachycineta
bicolor), le merlebleu de l’Est et la crécerelle d’Amérique sont de
ces espèces.

Le choix du modèle de nichoir est réalisé en tenant compte des


espèces d’oiseaux qui pourront l’utiliser. Les préférences des
oiseaux concernant certaines caractéristiques du nichoir varient
selon les espèces. Par conséquent, les recommandations
concernant le diamètre et la forme de l’ouverture, les dimensions
du nichoir, l’emplacement, l’orientation et la hauteur d’installation
sont à considérer. Par ailleurs, la présence de matériaux comme
des copeaux de bois au fond du nichoir est appréciée de certains
oiseaux, dont les pics.

52
Les nichoirs peuvent être
installés sur des piquets de
clôture, de vieux arbres ou
des poteaux en acier.

Idéalement, divers types de nichoirs sont sélectionnés afin d’en


favoriser l’occupation par un bon nombre d’espèces. Ils sont
installés préférablement en février et ils doivent être vidés entre la
fin septembre et le début mars, soit une fois par année entre les
périodes de reproduction. Le nettoyage des nichoirs est
nécessaire, puisque l’accumulation de débris et de fientes à
l’intérieur peut empêcher de nouvelles occupations.

Afin de diminuer les populations de petits rongeurs dans les


cultures, la présence du petit-duc maculé, de la petite nyctale et
de la chouette rayée (Strix varia) peut aussi être favorisée par la
pose de nichoirs.

53
Les dortoirs à chauves-souris

Les chauves-souris utilisent les dortoirs pour se reposer durant le


jour, de la mi-mai à la fin août. Après la saison estivale, elles
quittent les dortoirs pour aller hiberner dans des grottes ou des
mines désaffectées. Afin de maximiser les chances d’occupation,
les dortoirs doivent être installés avant la fin de la période
d’hibernation des chauves-souris, soit entre les mois de mars et
d’avril.

Étant donné que les chauves-souris cherchent la chaleur, les


dortoirs doivent être situés dans un endroit où l’ensoleillement
direct est d’au moins 7 heures par jour. De plus, ils devraient
idéalement être installés face au sud. Les dortoirs au nord sont
plus rarement occupés. Néanmoins, lors de fortes chaleurs, ils
peuvent servir de dortoirs alternatifs. Les chauves-souris ont
besoin d’un minimum de deux dortoirs à moins de 500 m de
distance. Puisqu’elles changent fréquemment de dortoirs,
plusieurs peuvent être installés sur le même site.

Au Québec, il est préférable d’utiliser des dortoirs peints d’une


couleur foncée favorisant l’augmentation de la température à
l’intérieur. Ils peuvent être installés sur un arbre, un bâtiment ou
un poteau, à une hauteur minimale de 3 m du sol. L’espace sous
Deux dortoirs installés les dortoirs doit être dégagé pour faciliter l’accès aux chauves-
parallèlement sur un souris.
poteau permettent aux
chauves-souris de se
déplacer de l’un à l’autre Ces abris sont généralement munis de panneaux minces à
facilement lorsqu’elles
sont inconfortables en l’intérieur, pour créer de petites chambres de 2 à 3 cm où les
raison des variations de chauves-souris vont se loger. Ces panneaux doivent être rainurés
température.
pour leur permettre de s’accrocher. Le calfeutrage du dortoir avec
un enduit au latex est recommandé pour prolonger sa durée de
vie et pour réduire les infiltrations d’eau qui font fuir les chauves-
souris.

L’occupation des dortoirs peut prendre quelques années. Les


chances de succès sont plus élevées lorsque des chauves-souris
ont déjà été observées dans les environs et que le site est situé à
proximité d’une grotte ou d’une mine abandonnée et à moins d’un
kilomètre d’un lac ou d’un cours d’eau.

54
Les amoncellements de branches, de feuilles ou de
roches

La création d’un tas de branches est assez simple. Elle consiste à


employer des billes de bois ou de grosses branches et quelques
pierres pour stabiliser la base et à empiler de petites branches sur
le dessus en les croisant aléatoirement, de façon à créer une pile
aérée. Les haies brise-vent, les bandes fleuries et les boisés à
proximité des cultures sont de bons endroits pour ces abris. La
mise en place de plusieurs petites piles est généralement plus
efficace que l’installation d’une seule de grande taille. À titre de
référence, il est convenable de créer deux piles ou plus par acre
de terrain.

Des tas de feuilles mortes peuvent être laissés à proximité des


cultures pour favoriser la présence des ennemis naturels. En
effet, les feuilles qui tombent aux pieds des arbres et le feuillage
des plantes laissé au sol à l’automne servent d’abris hivernaux
pour les coléoptères, les punaises prédatrices, les syrphes, les
mouches tachinaires, les cantharides et les araignées. De plus,
certains insectes comme les cantharides pondent parfois leurs
œufs sous les feuilles mortes.

Les femelles cantharides pondent


des masses de 100 à 200 œufs
sous les feuilles mortes ou dans
un sol humide. Leurs larves
s’attaquent notamment aux
pucerons.

Les monticules de roches peuvent abriter des grenouilles, des


crapauds et des salamandres. Ces amphibiens les utilisent, entre
autres, pour se reposer et se rafraîchir. Lors de la construction

55
des abris, quelques branches ou billes de bois sont insérées à
travers les roches pour créer des interstices qui faciliteront l’accès
aux amphibiens et permettront une certaine ventilation à l’intérieur
de l’abri. Des abris de formes et de dimensions variables peuvent
être disposés près d’un boisé, d’un cours d’eau à faible débit ou
d’un étang.

Des abris composés


de billes de bois et de
roches peuvent être
disposés à travers une
haie brise-vent ou une
bande fleurie afin de
favoriser la présence
des amphibiens à
proximité des cultures.

3.3 LES ÉTANGS TEMPORAIRES ET PERMANENTS

La réalisation d’étangs de faible profondeur permet de favoriser la


présence des crapauds, des grenouilles et des salamandres.
Cependant, chaque espèce d’amphibien a des besoins
particuliers et des préférences pour les types d’étangs qu’ils
occupent.

Un étang temporaire est un étang peu profond (moins d’un mètre)


qui s’assèche complètement lorsque la nappe phréatique est à
son niveau le plus bas, soit en août ou en septembre. Plusieurs
espèces d’amphibiens, telles que le crapaud d’Amérique de l’Est,
la grenouille des bois, la salamandre maculée et la salamandre à
points bleus utilisent ce type d’étang comme site de reproduction.
Évidemment, afin de favoriser la présence de ces amphibiens, la
durée de la période d’inondation de l’étang doit être suffisante
pour permettre le développement des têtards et des larves.

56
Un étang temporaire favorise
la présence des amphibiens,
dont la métamorphose se
termine vers la fin de l’été,
soit avant l’assèchement
naturel de l’étang.

Un étang permanent est plus profond qu’un étang temporaire et il


peut servir de site de reproduction et d’hibernation. En effet,
plusieurs espèces de grenouilles passent l’hiver enfouies dans la
vase au fond d’un plan d’eau, et ce, à différents stades de leur
croissance. C’est le cas des espèces comme la grenouille verte,
la grenouille léopard du Nord et le ouaouaron (Lithobates
catesbeianus). Les têtards de ces espèces passent plusieurs
mois (voire des années pour le ouaouaron) dans l’eau avant de
compléter leur métamorphose. Afin de les protéger du gel de
l’hiver, une zone de l’étang doit avoir une profondeur d’au moins
un mètre.

Un étang permanent favorise


les espèces d’amphibiens dont
la métamorphose s’étend sur
plusieurs mois ou années.

57
Dans un étang permanent créé pour les amphibiens, les poissons
ne doivent pas être volontairement introduits, puisqu’ils sont des
prédateurs d’œufs, de larves et de têtards d’amphibiens. De plus,
leurs excréments contribuent à augmenter la concentration de
nutriments organiques dans l’eau, accélérant ainsi la dégradation
de la qualité de l’eau de l’étang. Par ailleurs, l’assèchement
naturel des étangs temporaires fait en sorte qu’ils présentent des
conditions défavorables à l’établissement de tels prédateurs.

Créer différents types d’étangs permet de favoriser différentes


espèces d’amphibiens. Par exemple, un grand étang permanent
peut être accompagné d’une série de petits étangs temporaires
de différentes formes et profondeurs.

Plusieurs espèces d’amphibiens pondent à plusieurs reprises au


cours de la même année et répartissent leurs œufs sur plusieurs
plans d’eau. Cette stratégie permet de diminuer les risques que
leur descendance soit complètement décimée en cas de
sécheresse ou de prédation. La proximité (moins de 200 m) des
plans d’eau permet de faciliter leurs déplacements en limitant les
risques de déshydratation.

Le choix du site pour la création d’un étang

L’étang doit être réalisé à proximité (moins de 500 m) des


habitats naturellement utilisés par les amphibiens, comme un
boisé mature, une haie arbustive et un plan d’eau, et non dans le
milieu d’un champ cultivé où il leur serait peu accessible. Bien
entendu, avant d’entreprendre des travaux à proximité d’un lac ou
d’un cours d’eau existant, il est important de s’informer des lois et
règlements en vigueur.

Le site choisi pour l’aménagement d’un étang doit être ensoleillé


afin de permettre le réchauffement de l’eau, ce qui favorise le
succès de reproduction des amphibiens ainsi que le
développement des larves et des têtards.

L’étang doit être créé sur un site à l’abri des pesticides et où


l’apport en fertilisants est faible. Les amphibiens ont une peau
perméable. Par conséquent, ils sont très vulnérables aux
substances toxiques présentes dans leur environnement. Ces
substances pénètrent leur organisme et s’y propagent
rapidement. Les pesticides peuvent atteindre leurs systèmes
nerveux, immunitaire et reproducteur. De plus, ils peuvent

58
entraîner l’apparition de malformations chez ces animaux. Par
ailleurs, les fertilisants azotés (incluant les fumiers) contiennent
des nitrates ; une forte concentration de nitrates dans l’eau de
l’étang (60 mg/L) peut avoir des effets létaux sur les larves et
têtards d’amphibiens.

Choisir un site humide ou une dépression permet de favoriser


naturellement l’accumulation et la rétention de l’eau dans l’étang.
L’eau d’un étang peut provenir de la nappe phréatique, du
ruissellement des eaux ou de la fonte des neiges. Lorsque
l’accumulation de l’eau est insuffisante, un puits de surface ou
artésien peut aider à la maintenir à un niveau suffisamment élevé.

Sur un sol argileux ou limoneux, l’aménagement d’un étang


nécessite rarement une imperméabilisation artificielle. Cependant,
pour créer un étang sur un sol filtrant (sableux ou graveleux) avec
une nappe phréatique profonde, il est généralement nécessaire
d’imperméabiliser le sol à l’aide d’une membrane artificielle ou de
l’argile.

Effectivement, pour déterminer si le fond de l’étang doit être


imperméabilisé ou non, ainsi que pour connaître la profondeur à
laquelle un étang doit être creusé, les conditions édaphiques (sol)
et hydriques (eau) du milieu doivent être évaluées. À cet effet,
quelques tests peuvent être effectués.

Un de ces tests consiste à creuser un trou à la profondeur prévue


pour l’étang (la dimension du trou importe peu), à ajouter de l’eau
dans le trou, à marquer la hauteur de l’eau à l’aide d’un bout de
bois et noter périodiquement (environ toutes les heures) la
hauteur de l’eau. Ce test permet d’évaluer la vitesse d’infiltration
de l’eau. Après 48 heures, si cette vitesse est de plus de
quelques centimètres à l’heure, une imperméabilisation du fond
de l’étang sera nécessaire.

De plus, en observant les parois de ce trou, il est possible de voir


les marques laissées par les fluctuations de la nappe phréatique.
En effet, la fourchette de battement de la nappe phréatique est
généralement ponctuée de taches couleur rouille. Cet indice aide
à déterminer la profondeur de creusage pour la création de
l’étang.

59
Le creusage d’un étang et le profilage des berges

Pour la réalisation d’un nouvel étang, il est recommandé de


creuser lorsque la nappe phréatique est à son plus bas, soit
généralement en août ou en septembre. Effectué durant cette
période, le creusage permet de déterminer la profondeur
minimale à prévoir pour l’étang. À titre d’exemple, pour la
réalisation d’un étang temporaire (s’asséchant généralement à
cette période de l’année), la profondeur minimale du trou serait
atteinte lorsque le niveau de l’eau est atteint. Pour la réalisation
d’un étang permanent, le trou serait creusé davantage afin d’y
assurer la présence d’un minimum d’eau tout au long de l’année.

La meilleure période pour creuser


un étang est lorsque la nappe
phréatique est à son niveau le plus
bas, généralement en août ou en
septembre.

Les berges des étangs doivent être sinueuses et présenter une


pente faible et variable (entre 5 et 20 %). Ces caractéristiques
permettent la croissance de la végétation et la création de
microhabitats pour les amphibiens. Dans les étangs permanents,
des paliers peuvent être créés pour permettre l’implantation de
végétaux semi-aquatiques.

Cet étang est muni d’un


muret de grosses pierres.
Les amphibiens peuvent
utiliser les interstices entre
ces pierres pour s’abriter.
Cependant, une telle
structure construite sur
tout le pourtour d’un étang
a pour effet de compliquer
leurs déplacements.

60
Les végétaux : pour le maintien de la qualité de l’eau et
de l’habitat

La présence d’une bande constituée de végétaux contribue à


prévenir l’érosion des berges et à réduire l’apport de fertilisants et
l’accumulation de litière dans l’étang. De plus, elle permet de
créer un microclimat humide pour les amphibiens, qui sont
majoritairement très sensibles à la déshydratation. À ces fins, il
est recommandé de conserver ou de créer une bande mesurant
minimalement de 3 à 6 m de largeur composée de quelques
végétaux de plus de 60 cm de hauteur, incluant des arbustes.

Cependant, l’implantation d’arbustes et d’arbres autour de l’étang


doit être modérée, c’est-à-dire que l’ombre qu’ils projettent ne
devrait pas couvrir plus du tiers de l’étang. La croissance des
algues nuisibles dans l’étang est afectée par une diminution de la
quantité et la qualité des rayons solaires qu’elles reçoivent. Or,
des conditions de faible ensoleillement peuvent aussi contribuer à
abaisser la température de l’eau et ainsi affecter le succès de la
reproduction de certains amphibiens.

Un manque d’oxygène (faible concentration d’oxygène dissout)


dans l’eau d’un étang peut affecter le développement des larves
et des têtards d’amphibiens. Afin d’augmenter la concentration
d’oxygène dans l’eau d’un étang permanent, des végétaux
aquatiques indigènes peuvent être ajoutés dans la zone peu
profonde. À cet effet, une densité de 2 ou 3 plants par m2
convient. Les plantes à feuilles émergées ou flottantes ne doivent
pas couvrir plus du tiers de l’étang pour laisser pénétrer les
rayons solaires qui auront pour effet de réchauffer l’eau.

La pesse commune (Hippuris


vulgaris) est une plante à feuilles
émergées qui est oxygénante. De
plus, elle aide à maintenir une eau
claire et limpide en absorbant les
minéraux et les métaux lourds
qu’elle contient.

61
Les entretiens courants

En premier lieu, il faut savoir qu’un étang évolue naturellement en


se dégradant, c’est-à-dire qu’il se comble éventuellement de
matière organique et de sédiments et s’assèche. Ce processus
s’étend généralement sur plusieurs années, voire des décennies
pour les étangs permanents. Cependant, en milieu agricole il se
produit souvent de façon accélérée. Les principales causes de
l’accélération de ce processus sont la mise à nu du sol pour les
cultures annuelles et l’épandage de lisiers, de fumiers ou autres
fertilisants.

Un sol dépourvu de végétation est très vulnérable à l’érosion


produite par le vent et les eaux de ruissellement, lesquels
peuvent transporter des particules détachées du sol jusqu’à
l’étang. L’ajout de ces particules à l’eau augmente
temporairement sa turbidité (concentration des particules en
suspension), ce qui lui confère une apparence trouble, en plus
d’accélérer le comblement de l’étang.

Une forte concentration en azote et en phosphore (provenant des


fertilisants utilisés pour les cultures) dans l’eau de l’étang favorise
la prolifération d’algues et le développement de bactéries
aérobies. Ce phénomène est problématique, puisque la
décomposition des algues par ces bactéries entraîne une
diminution de la quantité d’oxygène présente dans l’eau. Étant
donné que la concentration de l’oxygène diminue aussi dans l’eau
lorsque sa température augmente, l’état de l’étang a tendance à
s’aggraver davantage lors des chaudes journées d’été.

Pour ces raisons, le suivi et l’entretien des étangs en milieu


agricole s’avèrent nécessaires pour maintenir la qualité de l’eau
qu’ils contiennent et pour maximiser leur attractivité pour les
amphibiens. Les entretiens consistent principalement à enlever
les surplus d’algues, d’autre végétation aquatique, de feuilles
mortes et de vase au fond de l’étang.

Pour les étangs de petites dimensions, les curages (retrait de la


vase du fond) peuvent être réalisés avec une pelle à main, alors
que pour les étangs de grandes dimensions l’utilisation d’une
pelle mécanique peut s’avérer nécessaire. L’accumulation de la
matière organique et l’envasement surviennent généralement
plus rapidement dans un étang de petite dimension. Par
conséquent, un tel étang nécessite généralement des entretiens
plus fréquents qu’un étang de grande dimension. Cependant,

62
l’assèchement annuel qui se produit naturellement pour un étang
temporaire permet d’accélérer la décomposition de la vase
(minéralisation de la matière organique) grâce à l’apport
d’oxygène. De ce fait, la quantité de vase accumulée au fond de
ce type d’étangs est généralement moins élevée.

Si l’assèchement d’un étang temporaire ne s’effectue pas


naturellement (par l’évaporation de l’eau et par l’abaissement de
la nappe phréatique), il est conseillé d’installer un système pour
vidanger l’eau. Quant aux étangs permanents, ils doivent avoir de
l’eau en permanence et leur curage doit être réparti sur plusieurs
années.

Lors des entretiens, une partie de l’étang doit être préservée


intacte pour favoriser la recolonisation par les organismes
aquatiques. De plus, afin de minimiser les impacts négatifs sur les
amphibiens, ces entretiens doivent être réalisés au début de
l’automne. Durant cette période, ils réagissent mieux aux
perturbations, puisque la plupart des têtards ont complété leur
métamorphose et que le froid n’a pas encore entraîné leur
hibernation.

Dans ce chapitre, plusieurs aménagements favorisant la


présence des ennemis naturels dans les cultures maraîchères ont
été présentés. Le prochain chapitre porte sur un projet innovant
visant à expérimenter dans la pratique avec ces aménagements,
dans un contexte de maraîchage bio-intensif. Ce projet est
actuellement réalisé par l’équipe d’Écomestible à la Ferme des
Quatre-Temps.

63
64
CHAPITRE 4

La Ferme des Quatre-Temps : des aménagements pour les ennemis


naturels des insectes ravageurs en maraîchage bio-intensif

En collaboration avec Jonathan Pineault, Alexandre Gilbert et Gabriel Grenier d’Écomestible

La Ferme des Quatre-Temps est située à Hemmingford, dans le


sud du Québec. Elle occupe 167 acres, dont 12,9 en production
maraîchère biologique intensive et 60 en pâturages en rotation
pour l’élevage de bovins, de coqs à chair et de poules
pondeuses. Du printemps 2015 à l’automne 2017, l’entreprise
Écomestible a accompagné cette ferme dans ses démarches
pour appliquer certains principes d’action de la permaculture.
L’utilisation et la valorisation de la diversité (par exemple par la
polyculture), l’utilisation et la valorisation des services naturels
(que procurent entre autres les plantes, les organismes dans le
sol) et des ressources renouvelables, ainsi que la réduction des
déchets, sont quelques-uns de ces principes. Afin de faciliter leur
En 2016, sur les 6,3 acres de terrain mise en pratique, l’équipe d’Écomestible a conçu et réalisé un
dédiés à la production maraîchère
(première phase du projet), 3,7 aménagement conséquent de la superficie dédiée à la production
acres (58,7 %) ont été consacrés maraîchère et proposé des pratiques de conservation.
aux cultures et 1,7 acre (27,6 %) aux
aménagements pour la biodiversité.

65
Le contexte privilégié de ce projet a permis d’explorer plus
spécifiquement comment maximiser l’activité des ennemis
naturels des insectes ravageurs dans les cultures. Bref, l’équipe
d’Écomestible a conçu et réalisé des aménagements optimisés à
cet effet et travaillé en étroite collaboration avec Jean-Martin
Fortier, directeur de cette ferme, afin d’assurer l’intégration de ces
aménagements dans l’agroécosystème.

Dans la première partie de ce chapitre, le paysage agricole et


naturel d’Hemmingford, les activités de la Ferme des Quatre-
Temps ainsi que le mandat d’Écomestible sont présentés. Dans
la deuxième partie, les aménagements réalisés sont décrits en
détail. Dans la troisième partie, les implications et perspectives du
projet sont résumées.

4.1 LE CONTEXTE DU PROJET

En adoptant plusieurs pratiques de conservation à l’échelle de


l’agroécosystème, de la ferme et du paysage, les producteurs
agricoles peuvent apporter une contribution significative à la
conservation de la biodiversité locale. Par ailleurs, l’adoption
d’une telle approche permet aux producteurs de bénéficier de
services non négligeables, comme la répression naturelle des
insectes ravageurs et la pollinisation des cultures.

Le paysage agricole et naturel de Hemmingford

Cette municipalité est située en Montérégie, une région dominée


par l’agriculture intensive. Dans cette région, la zone agricole
couvre 86 % (953 402 hectares) du territoire et la superficie
cultivée (572 041 hectares) correspond au quart des terres en
culture au Québec. Situé dans la partie sud-ouest de la
Montérégie, le paysage de Hemmingford se démarque par ses
vastes superficies boisées.

La municipalité de Hemmingford, constituée de la ville et du


canton, s’étend sur un territoire de 159 km². La population est
estimée à 2599 habitants, soit environ 16 habitants/km2. Le
secteur agricole est composé, entre autres, d’entreprises
pomicoles, de productions en serres et d’entreprises laitières et
d’élevage. Les cultures intensives de maïs et de soya y sont aussi
présentes. Cependant, contrairement à la majorité des paysages
de la Montérégie, le paysage d’Hemmingford n’est pas dominé
par ces cultures.

66
La couverture forestière occupe environ 70 % (111 km2) du
territoire de la municipalité. La conservation de vastes superficies
forestières peut être attribuée aux sols peu fertiles pour
l’agriculture comparativement à ceux du reste de la région. Les
sols sont composés de till remanié et d’argile et, par endroits, de
matière organique issue de tourbières. Quant aux milieux
humides, peu perturbés, ils occupent environ 10 % (16 km2) du
territoire de la municipalité.

Ce paysage naturel est malheureusement vulnérable aux


pressions environnementales associées à l’expansion agricole.
Les grandes cultures ayant déjà fait disparaître une forte
proportion des milieux humides et des boisés de la Montérégie, la
conservation des écosystèmes d’Hemmingford est de grande
importance pour la biodiversité du sud du Québec (Canards
Illimités Canada, 2006).

Les activités de la Ferme des Quatre-Temps

La mission de cette entreprise est d’offrir un modèle


agroalimentaire écologique et économiquement viable sur de
petites surfaces. Afin d’innover et de stimuler la recherche,
l’entreprise collabore régulièrement avec un bon nombre
d’acteurs dévoués à l’agriculture biologique et à la permaculture.
Cherchant à promouvoir l’agriculture biologique régionale, elle
partage son expertise en formant de nouveaux fermiers et elle
s’engage avec une forte présence médiatique dans le débat
public sur l’agriculture.

La ferme produit une trentaine de légumes annuels. Son système


de production bio-intensif lui permet d’obtenir un rendement élevé
sur une surface relativement petite. À titre d’exemple, pour une
parcelle de 1,2 par 30,5 m, les revenus bruts par année se situent
entre 800 et 1200 dollars CAN.

La rotation des cultures annuelles est réalisée sur une courte


période. Certaines parcelles sont utilisées pour produire trois
récoltes de cultures différentes par année. Les récoltes multiples
sont possibles grâce à l’usage de grands tunnels et de
couvertures flottantes permettant de prolonger la saison de
croissance. La laitue en champ est notamment récoltée jusqu’au
mois de décembre. La ferme peut ainsi offrir au consommateur
des produits frais sur une longue période. Les produits de la
ferme sont vendus dans les marchés publics locaux ainsi qu’à
plusieurs restaurants renommés de Montréal.

67
La diversification des cultures
permet à la ferme d’offrir au La ferme a adopté plusieurs pratiques agricoles de conservation.
consommateur une diversité de Les parcelles sont majoritairement cultivées en polyculture ; le
produits.
travail du sol est effectué à la grelinette sans tracteur ni
machinerie lourde. Tous les légumes sont semés et récoltés
manuellement. Les méthodes culturales alternatives à l’épandage
de pesticides sont priorisées.

Pour contrôler la croissance des mauvaises herbes à travers les


parcelles cultivées, des toiles d’occultation sont utilisées entre les
périodes de culture. De plus, des toiles tissées et perforées sont
utilisées comme paillis principalement pour les laitues durant la
période de culture. En contexte de sol non labouré, sans
l’utilisation d’herbicides, l’utilisation de ces toiles permet de
réduire efficacement le nombre de désherbages manuels
nécessaires annuellement. En l’absence de telles pratiques
alternatives, le désherbage serait une tâche énorme et coûteuse,
ce qui minimiserait drastiquement la rentabilité de la production.
Ces toiles approuvées en régie biologique sont jusqu’à
maintenant une des solutions qui présentent le plus d’avantages
pour le contrôle des mauvaises herbes en maraîchage sur petite
surface.

68
En contexte de production sur petite surface, l’utilisation de filets
protégeant les cultures contre les insectes ravageurs est une
excellente alternative à l’épandage d’insecticides. Compte tenu de
leur efficacité, les filets sont fréquemment utilisés à la Ferme des
Quatre-Temps pour les crucifères (le chou, la rabiole, le chou-
fleur, le brocoli), les alliacés (l’oignon vert, le poireau, l’ail) et la
carotte. Évidemment, la présence de ces filets éloigne également
les insectes bénéfiques des cultures. Néanmoins, leur santé n’est
pas directement affectée et ils trouvent refuge dans les aires
adjacentes (autres cultures et aménagements de végétaux).

Les réalisations de l’entreprise Écomestible

Écomestible a obtenu un mandat dès le démarrage des activités


de la Ferme des Quatre-Temps, soit avant la phase
d’implantation des cultures maraîchères. Il consistait à élaborer
une stratégie globale et à réaliser des aménagements à proximité
des cultures pour 1) maximiser la répression des insectes
ravageurs par leurs ennemis naturels, 2) favoriser la création de
microclimats pour allonger la saison de production et 3), allier un
système de drainage efficace des parcelles cultivées à un
système de captation, de rétention et d’infiltration des eaux.

Pour l’implantation des parcelles en cultures maraîchères, deux


emplacements, des champs auparavant exploités pour le
pâturage, ont été sélectionnés, un situé dans la partie nord
(phase 1) et l’autre dans la partie sud de la ferme (phase 2). Dans
la partie nord, l’implantation des parcelles a eu lieu simultanément
avec la réalisation des aménagements au cours de l’été 2015.
Cette partie comprend 27 parcelles (12,5 m par 30,5 m), dont 25
sont constituées de légumes annuels et 2 de légumes vivaces.
Ces dernières parcelles sont expérimentales. Les aménagements
(haies, bosquets, étangs, et autres abris) sont situés entre les
parcelles et autour de l’agroécosystème. Un plan directeur offrant
une perspective globale des aménagements réalisés lors de la
première phase du projet est disponible à l’annexe 2.

Lors de la conception de ces aménagements, l’équipe


d’Écomestible a été particulièrement inspirée par les schémas
proposés par les auteurs de Edible Forest Gardens, Dave Jacke
et Eric Toensmeier (2005a et 2005b). Par conséquent,
l’aménagement de l’espace a été réalisé selon des principes tels
que le placement des éléments au regard de la fréquence de
leurs usages, la multifonctionnalité des interventions, ainsi que
l’usage et la valorisation des bordures de la superficie en

69
production. De plus, l’équipe d’Écomestible a tenté de favoriser la
protection des ennemis naturels dans les cultures en adaptant
certains aménagements à la suite de commentaires de
biologistes et d’autres passionnés de la faune.

Lorsque la première phase du projet a été terminée, des


rencontres participatives avec des professionnels du secteur
agricole ont eu lieu. Au cours de cette démarche, de nouvelles
idées pour les aménagements prévus pour la deuxième phase du
projet ont été développées. L’aménagement de la partie sud a été
entamé au printemps 2016. L’établissement de 13 parcelles
additionnelles (12,5 par 30,5 m) a été finalisé à l’été 2017. La
réalisation de 14 bandes fleuries intercalaires (1,2 par 30,5 m),
seulement composées de plantes herbacées, devrait être
terminée au printemps 2018. Éventuellement, d’autres
aménagements, comme des fossés filtrants, des nichoirs et
d’autres abris pour les ennemis naturels, y seront réalisés.

La section suivante porte plus particulièrement sur les


aménagements réalisés lors de la première phase du projet. Au
moment de la rédaction du présent document, il était trop tôt pour
dévoiler les détails de la conception et de la réalisation des
aménagements prévus pour la deuxième phase. Néanmoins, les
objectifs de la création des bandes fleuries intercalaires sont
décrits à la dernière section.

4.2 LES AMÉNAGEMENTS POUR LES ENNEMIS


NATURELS

Les aménagements réalisés lors de la première phase du projet


sont des haies intercalaires, une haie brise-vent, des bosquets,
des étangs temporaires et permanents (joints à un système de
drainage) ainsi que des nichoirs et autres abris.

Les haies intercalaires

Une diversité d’arbustes denses et d’herbacées compose les 17


haies implantées sur une butte surélevée en alternance avec les
parcelles cultivées. La réalisation de ces haies avait pour objectif
de favoriser l’activité des insectes parasitoïdes et prédateurs et
des oiseaux, en plus de créer des microclimats favorisant la
productivité des cultures.

70
Les haies diversifiées Toutes ces haies sont techniquement identiques. Chacune
intercalaires 3 mois après d’entre elles a une largeur de 2,5 m et une longueur de 30,5 m.
leur réalisation.
La distance entre ces haies est de 12 m, soit l’équivalent de la
largeur d’une parcelle établie pour la culture. Pour la réalisation
de chaque haie, 96 jeunes plants ont été implantés afin de
constituer une forte densité de végétaux. En somme, 19 espèces
végétales, 11 espèces arbustives (majoritairement des fruitiers) et
8 espèces d’herbacées composent ces haies.

La sélection des végétaux a été réalisée de manière à assurer la


succession des ressources (pollen, nectar, fruits) pour les
ennemis naturels. Parmi les arbustes, le sureau du Canada
(Sambucus canadensis) procure des fruits d’été particulièrement
appréciés par les oiseaux. Du côté des espèces herbacées,
l’agastache fenouil (Agastache foeniculum) a été sélectionnée
pour attirer les guêpes parasitoïdes, le coréopsis à feuilles en
aiguilles (Coreopsis verticillata) pour sa période de floraison
importante (du début juillet à la fin septembre) et les asters (Aster
spp.) pour la disponibilité du pollen et du nectar lorsque ces
ressources sont plus rares à l’automne. L’annexe 3 contient une
liste de plantes sélectionnées par les spécialistes d’Écomestible
pour favoriser la présence des insectes et des oiseaux.

71
Lors de leur implantation, les
jeunes plants de vivaces ont été
disposés en groupes pour créer
des masses entre les arbustes.

Afin de prévenir la croissance de mauvaises herbes, des cartons


de grande dimension ont été déposés entre les plants qui
constituent les haies intercalaires. Ensuite, les buttes ont été
recouvertes d’un paillis de bois raméal fragmenté formant une
couche d’une épaisseur approximative de 8 cm. Pour favoriser le
recouvrement du sol, d’autres espèces d’herbacées, comme le
trèfle blanc (Trifolium repens), le trèfle rouge (Trifolium pratense)
et le lotier corniculé (Lotus corniculatus) ont été semés à la volée
à travers le paillis de bois raméal fragmenté.

72
Illustration partielle du schéma de plantation des haies intercalaires
Réalisé par Écomestible

Une haie brise-vent

Une haie brise-vent constituée d’arbres ayant un port à grand


déploiement et d’arbres florifères a été implantée au nord des
parcelles cultivées. En incluant des arbres florifères, les
spécialistes d’Écomestible ont cherché à multiplier les sources de
nourriture et d’abris pour les ennemis naturels et à maximiser
l’impact esthétique.

Les arbres ont été alignés pour former deux rangées sur une
butte d’une largeur de 6,4 m et d’une longueur de 145 m. La
première rangée est composée de noyers noirs (Juglans nigra)
plantés en alternance avec des pins blancs (Pinus strobus). Ces
espèces peuvent atteindre entre 21 et 24 m de hauteur à
maturité. La seconde rangée est composée de robiniers faux-
acacias (Robinia pseudoacacia), de catalpas de Caroline
(Catalpa bignonioides), de catalpas élégants (Catalpa speciosa)
et de virgiliers à bois jaune (Cladrastis lutea). Ces espèces ont
une floraison exceptionnelle et elles peuvent atteindre entre 15 et
18 m de hauteur à maturité.

73
La haie brise-vent après
son implantation, en
septembre 2015.

Schéma de plantation d’une section de la haie brise-vent


Réalisé par Écomestible

74
Comme couvre-sol, deux mélanges de semences provenant
d’Aiglon Indigo, une entreprise dédiée à la production de
végétaux indigènes, ont été utilisés : « Indigo couleur » et « Indigo
100 % annuelles ». Le premier est composé principalement de
plantes vivaces indigènes des prairies américaines. Les plantes
vivaces se sont établies tranquillement pour donner une floraison
prononcée au cours de la toisième année suivant leur
implantation. L’hélénie d’automne (Heleniumm autumnale), la
rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta) et la monarde fistuleuse
(Monarda fistulosa) sont parmi les espèces qui composent ce
mélange. Le deuxième mélange, composé entièrement de
semences de plantes annuelles, a été ajouté (à 15 %) afin
d’obtenir une floraison marquée de la haie dès la première année
et de favoriser l’établissement des vivaces. Ce dernier mélange
est composé, entre autres, de cosmos bipennés (Cosmos
bipinnatus), de centaurées bleuet (Centaurea cyanus) et de
phacélies à feuilles de tanaisie (Phacelia tanacetifolia).

La haie brise-vent à l’été 2016.


Les fleurs annuelles permettent
de maximiser les ressources
pour les ennemis naturels en
attendant que les plantes
vivaces s’établissent et que les
arbres grandissent.

Cette haie brise-vent est située à une distance approximative de


4 m des haies intercalaires en bordure des cultures, soit
l’équivalent de la largeur du chemin en bordure de la superficie
couverte par les parcelles cultivées. En établissant un chemin
d’accès à cet emplacement, l’équipe d’Écomestible a cherché à
maximiser l’utilisation de l’espace et à minimiser la baisse de
productivité qui aurait autrement eu lieu dans cette zone.

75
Un bosquet diversifié pour favoriser les ennemis
naturels

Un bosquet de 1759 m2 a été implanté à l’est, le long du chemin


en périphérie des parcelles cultivées, pour favoriser la présence
des ennemis naturels. Les arbres qui composent ce bosquet ont
une floraison d’intérêt pour les ennemis naturels et ils atteignent
une hauteur maximale de 15 m à maturité. Ce sont
principalement des fruitiers, comme le sorbier d’Amérique
(Sorbus americana), le mûrier blanc (Morus alba), le mûrier rouge
(Morus rubra), l’aubépine ergot-de-coq (Crataegus crus-galli), le
cerisier tardif (Prunus serotina), le cerisier de Virginie (Prunus
virginiana) et l’aronie noire (Aronia melanocarpa). Comme
couvre-sol, les mêmes mélanges de semences que pour la haie
Le bosquet à l’été 2017, deux brise-vent ont été utilisés.
années après sa réalisation.

76
Les étangs temporaires et permanents

Le drainage des parcelles en culture est essentiel au bon


développement des racines des plantes. Sur une trop longue
période, un excès d’eau peut provoquer l’asphyxie des racines et
nuire ainsi au rendement des cultures. Cependant, l’implantation
des systèmes de drainage conventionnels cause la disparition
des plans d’eau utiles pour maintenir la biodiversité à proximité
des cultures. En cherchant une solution à cette problématique, les
spécialistes d’Écomestible ont élaboré un système qui a la
particularité de drainer efficacement les parcelles cultivées et de
rediriger le surplus d’eau vers des étangs favorisant la
biodiversité.

Un inventaire réalisé par Amphibia-Nature relève que sept


espèces d’amphibiens étaient présentes sur le site de la ferme
avant le début des travaux (Ouellet et Galois, 2015). Afin de
favoriser ces amphibiens, deux étangs permanents, trois étangs
temporaires, ainsi que des ruisseaux secs ont été aménagés et
Un réseau d’étangs et de
ruisseaux secs entoure les joints au système de drainage pour les parcelles cultivées.
parcelles cultivées.

77
Des drains installés dans les trois allées principales permettent
d’abaisser le niveau de l’eau souterraine dans les parcelles
cultivées. Les ruisseaux secs drainent l’eau de surface dans le
bosquet mentionné précédemment, ainsi que dans un autre
bosquet à l’ouest des parcelles cultivées. Le surplus d’eau, qui
survient dans les drains installés dans les allées principales ainsi
que dans les ruisseaux secs, est dirigé vers les étangs.

Dans chacune des allées


principales, entre les parcelles
cultivées, une tranchée d’environ
60 cm a été creusée pour
l’installation d’un drain de
10,16 cm de diamètre.

78
Des drains ont été
incorporés aux ruisseaux
secs sinueux réalisés
dans les bosquets.

Chaque étang permanent a une superficie approximative de


195 m2 et une profondeur maximale de 3 m. Chacun des trois
étangs temporaires a une superficie mesurant entre 25 et 40 m2
et une profondeur maximale de 75 cm. Les berges des étangs
permanents et celles situées au nord des étangs temporaires ont
été végétalisées. Le myrique baumier (Myrica gale) et l’iris
Deux étangs permanents
versicolor (Iris versicolor) ont été implantés dans le haut des
ont été aménagés à berges en pente. L’acore roseau (Acorus calamus variegatus) et
proximité des parcelles le décodon verticillé (Decodon verticillatus) ont été implantés au
cultivées. niveau de la ligne des hautes eaux.

79
Dans les étangs permanents, des plantes aquatiques telles que
des nénufars (Nympheas spp.), la pontédérie cordée (Pontederia
cordata), le plantain d’eau commun (Alisma plantago-aquatica), la
cornifle nageante (Ceratophyllum demersum) et la pesse
commune (Hippuris vulgaris) ont été ajoutées. Ces trois dernières
espèces ont été sélectionnées pour leurs capacités filtrantes et/ou
oxygénantes permettant de maintenir la qualité de l’eau.

Dix bassins de plastique servant de relais ont été installés dans la


partie nord de la haie brise-vent. Ces bassins de 117 litres
(112 cm sur 81 cm sur 33 cm) se remplissent par temps pluvieux,
en particulier aux mois de juillet et d’août, lorsque les
précipitations sont plus importantes. Afin de procurer des abris
supplémentaires aux amphibiens, des roches retirées des
parcelles cultivées et des billes de bois trouvées sur le site ont été
utilisées pour créer des amoncellements placés aléatoirement
dans les haies et les bosquets.

Les bassins de plastique, entourés


de quelques pierres et de
végétation, servent de relais pour
les amphibiens.

80
L’aménagement de nichoirs et autres abris dans les
haies et bosquets

Au début du printemps 2016, des nichoirs à oiseaux (40 petits et


20 moyens) ont été installés sur des poteaux de différentes
hauteurs, dans les haies intercalaires et le bosquet à l’est des
parcelles cultivées. De plus, trois grands nichoirs pour des
rapaces ont été accrochés dans des arbres situés en pourtour de
la superficie cultivée et 10 nichoirs ouverts pour l’hirondelle
rustique (Hirundo rustica) et le moucherolle phébi (Sayornis
phoebe) ont été fixés sur des bâtiments situés à proximité.

Des nichoirs ont été installés dans


les haies intercalaires offrant aux
oiseaux une variété de ressources,
dont des graines, des fruits, des
insectes et des matériaux pour
leurs nids.

81
Schéma d’aménagement des nichoirs
Les croix marquent les emplacements des nichoirs.
Réalisé par Écomestible
Inspiré de l’aménagement des nichoirs dans le verger des Fermes Miracle réalisé par
Stefan Sobkowiak, biologiste et propriétaire

Une cabane à insectes a été installée à proximité des haies et


des bosquets. La construction de cette cabane avait comme
principal objectif de créer un outil pédagogique pour les visiteurs
de la ferme.

La cabane à insectes a été


fabriquée avec des planches de
pruche et remplie de bûches
percées et de tiges de phragmite, de
sureau et de livèche.

82
4.3 LES IMPLICATIONS ET LES PERSPECTIVES

Par ce projet, l’équipe d’Écomestible démontre comment il est


possible d’appliquer certains principes de la permaculture en
maraîchage bio-intensif. Ses principales réalisations sur cette
ferme sont la conception et l’intégration de nombreux
aménagements visant à favoriser la présence des ennemis
naturels des insectes ravageurs ainsi que la création d’un
système de drainage innovant.

Les aménagements réalisés lors de la première phase du projet


ont été intégrés dans l’agroécosystème (entre les parcelles et en
bordure de la superficie cultivée) sans contraintes majeures. À
travers les cultures, la croissance des mauvaises herbes
provenant des aménagements est contrôlée efficacement par
l’utilisation de toiles d’occultation et de toiles perforées. Par
ailleurs, ces techniques permettent de conserver un espace
minime (30 à 60 cm) entre les haies intercalaires et les cultures.
L’utilisation de l’espace est ainsi maximisée.

À la suite de l’implantation du système de drainage, des drains


ont dû être ajoutés dans les allées principales en bordure des
parcelles en pente pour permettre d’améliorer son efficacité. De
plus, certains étangs temporaires ne s’assèchent pas
complètement, étant donné que le niveau de la nappe phréatique
s’avère plus haut que prévu.

Jusqu’à maintenant, environ trois entretiens annuels sont


nécessaires pour contrôler la prolifération des algues dans les
étangs permanents. La concentration en azote et en phosphore
dans l’eau semble élevée. L’équipe d’Écomestible s’attend à voir
une diminution de ces concentrations au cours des prochaines
années, à la suite de l’établissement des plantes filtrantes.

Durant la première année suivant le démarrage des activités


maraîchères, plusieurs observations d’animaux ont été relevées.
Un bon nombre de crapauds, de grenouilles et de libellules
fréquentaient les étangs. Des salamandres et des couleuvres ont
été observées dans les ruisseaux secs. Quelques tortues ont
également été aperçues, notamment une tortue serpentine en
train de dévorer des têtards dans les étangs aménagés.

Les nichoirs installés dans les haies intercalaires ont été occupés
par des hirondelles bicolores, des merles d’Amérique et des
étourneaux sansonnets. Un ancien nichoir accroché à un

83
bâtiment a été occupé par une crécerelle d’Amérique et quelques
visites de merlebleu de l’Est ont été constatées à proximité des
cultures. En somme, mise à part la présence de marmottes dans
les haies, peu de désagréments ont été associés à la présence
de la biodiversité à travers les cultures.

Bien que le système de production implanté lors de la première


phase semble prometteur, après trois années d’exploitation, il est
encore trop tôt pour émettre des conclusions sur l’efficacité et la
rentabilité des aménagements installés. En 2018 et 2019, un
projet de recherche sera réalisé dans le cadre du programme
Prime-Vert (Volet 4 - Appui au développement et au transfert de
connaissances en agroenvironnement) offert par le MAPAQ. Ce
projet a récemment été initié par Josée Boisclair, agronome,
entomologiste et chercheure pour l’Institut de recherche et de
développement en agroenvironnement. Il portera principalement
sur les ennemis naturels des ravageurs des crucifères, sur les
pollinisateurs qui fréquentent les parcelles de cucurbitacées, ainsi
que sur les divers aspects techniques et économiques de
l’implantation de haies diversifiées. Les principaux objectifs de
cette recherche sont d’obtenir une meilleure compréhension des
interactions entre les haies intercalaires diversifiées et les
parcelles maraîchères et de mieux documenter la rentabilité de ce
type de haie pour les producteurs en agriculture biologique.

La Ferme des Quatre-Temps et l’équipe d’Écomestible ont


encouragé la réalisation de ce projet de recherche afin de
stimuler le développement de modèles d’aménagement
contribuant à la lutte biologique conservative. En permettant
éventuellement de mieux documenter les aspects techniques et
économiques des haies diversifiées et des bandes fleuries, cette
initiative facilitera la réalisation de tels aménagements.

Ces deux entreprises souhaitent aussi explorer d’autres types


d’aménagements. Comme mentionné précédemment, des
bandes fleuries intercalaires ont été réalisées dans la partie sud
de la superficie dédiée à la production maraîchère (phase 2).
Pour la réalisation de ces bandes, un mélange de semences
d’herbacées indigènes, conçu par Isabelle Dupras, cofondatrice
d’Aiglon Indigo, en collaboration avec les spécialistes
d’Écomestible, a été utilisé. Les espèces qui le composent ont été
sélectionnées pour favoriser plus particulièrement la présence
des insectes parasitoïdes.

84
Conclusion

Ce document met en lumière le rôle des ennemis naturels dans la


lutte aux insectes ravageurs. Il permet de faire connaître aux
producteurs agricoles certaines pratiques et divers
aménagements de lutte biologique conservative qui peuvent être
intégrés en production maraîchère. Il sert à clarifier comment
l’adoption de telles pratiques de conservation peut favoriser la
répression des insectes ravageurs par leurs ennemis naturels. De
plus, il divulgue les détails de conception et de réalisation d’un
projet d’aménagement inspirant pour les producteurs agricoles
qui voudraient adopter certaines des pratiques qui y sont
proposées.

Pour diminuer l’épandage d’insecticides tout en renforçant


l’efficacité de la lutte contre les insectes ravageurs dans les
cultures, il est essentiel d’adopter des pratiques favorisant la
protection des ennemis naturels dans le cadre d’une approche
préventive.

Dans cette perspective, les pratiques ayant le moins d’effets


négatifs sur les ennemis naturels doivent être priorisées. De plus,
la réalisation d’aménagements devrait être davantage considérée,
étant donné qu’elle permet d’augmenter la diversité des ennemis
naturels et de favoriser leur dispersion dans l’agroécosystème.
Les bandes fleuries présentent un bon potentiel pour favoriser la
répression des insectes ravageurs. Par conséquent, il apparaît
prioritaire que les aspects techniques et économiques de tels
aménagements soient mieux documentés afin de guider les
producteurs agricoles désireux de réaliser de tels aménagements.

Évidemment, l’adoption d’une approche de lutte biologique


conservative peut constituer un défi pour les fermes maraîchères,
puisqu’elle implique des changements dans l’organisation des
tâches et, parfois, un investissement monétaire important. De
plus, la présence d’une diversité élevée d’ennemis naturels dans
les cultures ne permet pas toujours d’effectuer un contrôle
biologique suffisant pour restreindre les pertes en dessous du
seuil économique d’intervention. Autrement dit, la densité des
insectes ravageurs peut atteindre un niveau auquel un traitement
phytosanitaire présente un réel avantage économique.

Afin de faciliter l’adoption d’une approche de lutte biologique


conservative, beaucoup d’efforts doivent encore être investis pour

85
établir des stratégies précises, efficaces et économiquement
viables. Il importe que de tels efforts soient réalisés compte tenu
de la croissance du nombre de producteurs agricoles désirant
faire une transition vers un mode de production biologique.

86
Glossaire

Agents de lutte biologique


Organismes vivants (insectes, bactéries, champignons, virus et nématodes)
utilisés en lutte biologique par introduction afin de tuer ou de limiter le
développement d’un organisme indésirable (insecte, maladie ou mauvaise herbe).

Agroécologie
Science et ensemble de pratiques agricoles. En tant que science, l’agroécologie
est l’application de la science écologique à la conception et à la gestion
d’agroécosystèmes durables. En tant qu’ensemble de pratiques agricoles,
l’agroécologie recherche des moyens d’améliorer les processus naturels en
favorisant des interactions bénéfiques entre les composantes de
l’agroécosystème.

Agroécosystème
Écosystème organisé par l’homme à différentes échelles en vue de cultiver des
végétaux et/ou d’élever des animaux.

Auxiliaires
Organismes bénéfiques qui contribuent de différentes façons à augmenter la
productivité des cultures : les ennemis naturels des insectes ravageurs favorisent
leur répression, les pollinisateurs augmentent la productivité des cultures et les
organismes dans le sol en maintiennent la fertilité.

Biodiversité
Variabilité des organismes vivants de toute origine et des complexes écologiques
dont ils font partie, incluant la diversité des gènes, des espèces et des
écosystèmes.

Écosystème
Ensemble dynamique formé par un milieu physique donné (délimité
géographiquement par des conditions environnementales homogènes) et les êtres
vivants qui l’occupent (plantes, animaux et micro-organismes).

Espèce indigène
Espèce présente dans son aire de répartition naturelle (passée ou présente) ou
de dispersion potentielle, sans avoir été introduite par l’homme.

Lutte biologique par introduction


Pratique qui consiste à relâcher des organismes vivants (insectes, bactéries,
champignons, virus et nématodes) afin de prévenir ou de réduire les dommages
causés aux cultures par un organisme indésirable (insecte, maladie, mauvaise
herbe) en champ ou en serre.

87
Lutte intégrée
Pratique qui consiste à prendre en compte toutes les techniques disponibles pour
décourager la présence des ravageurs à travers les cultures et à intégrer les
mesures appropriées afin de maintenir l’usage des pesticides et le recours à
d’autres interventions à des niveaux économiquement justifiés. Cette pratique vise
ainsi à réduire ou limiter au minimum les risques pour la santé humaine et
l’environnement.

Parasitoïde
Organisme qui cause la mort de l’espèce hôte après l’avoir parasité.

Parasite
Organisme qui se nourrit strictement aux dépens d’une espèce hôte, en
permanence ou pendant une phase de son cycle vital.

Permaculture
Méthode de conception de lieux de vie et de systèmes agricoles utilisant des
principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la
diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels.

Pourcentage d’une pente


Différence de hauteur (ou d’altitude) entre les deux extrémités du terrain
concerné, divisée par la distance horizontale entre ces deux extrémités, multipliée
par 100.

Services écosystémiques
Tous les processus à travers lesquels les écosystèmes naturels et la biodiversité
qu’ils contiennent aident à supporter la vie humaine sur terre. Ces services
peuvent être divisés en quatre catégories : les services de soutien,
d’approvisionnement, de régulation, et les services socioculturels. La répression
des insectes ravageurs et la pollinisation sont des services de régulation.

Seuil économique d’intervention


Niveau de densité d’un organisme ravageur auquel un traitement phytosanitaire
présente un réel avantage économique, c’est-à-dire lorsque le coût du traitement
devient significativement inférieur aux pertes monétaires potentielles (estimées en
tenant compte de la densité de ravageurs présents).

88
Publications et sites Internet à consulter

Les publications

Livre sur la conservation des insectes en milieu agricole (version anglaise)


Xerces Society (2014). Farming with Native Beneficial Insects. Ecological Pest Control
Solutions. The Xerces Society Guide. Lee-Mäder, E., Hopwood, J., Morandin, L.,
Vaughan, M., et Black, S.H. (Massachusetts: Storey Publishing). 257.

Guide sur la conservation des oiseaux en milieu agricole


Lamoureux, S. et Dion, C. (2016). Guide de recommandations – Aménagements et
pratiques favorisant la protection des oiseaux champêtres. Regroupement
QuébecOiseaux, Montréal, 198.
https://quebecoiseaux.org/index.php/fr/publications/autres/category/15-guides.

Guide sur la conservation des chauves-souris en milieu agricole


Groupe Chiroptères du Québec (2016). Guide pratique pour la conservation des
chauves-souris en milieu agricole, 34.
https://www.agrireseau.net/documents/Document_91959.pdf.

Guide sur la conservation des amphibiens en milieu agricole


Société d’histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent (2015). Guide de conservation
des amphibiens, des reptiles et de leurs habitats en milieu agricole, 62.
https://oaq.qc.ca/wp-content/uploads/2016/05/SHNVSL_Guide-amphibiens-
reptiles-milieu-agricole_lowres_v2.pdf.

Dépliant informatif sur le programme d’aide financière du MAPAQ


Afin d’appuyer les exploitations agricoles dans la réalisation d’interventions pour
protéger la biodiversité, le MAPAQ offre une aide financière dans le cadre de la
mesure Aménagement favorisant la biodiversité du programme Prime-Vert 2013-
2018.
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ)
(s.d.). Aménagement favorisant la biodiversité, Prime-Vert 2013-2018, 6.
http://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Formulaires/Depliant_Pri
me-Vert_Volet1_Biodiversite.pdf.

89
Les sites Internet

Agri-Réseau
www.agrireseau.net

Amphibia-Nature
www.amphibia-nature.org

Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec


www.atlasamphibiensreptiles.qc.ca

Centre de la science de la biodiversité du Québec


https://qcbs.ca

Fondation de la faune
www.fondationdelafaune.qc.ca

Groupe Chiroptères du Québec


https://groupechiropteresquebec.org

IRIIS phytoprotection
www.iriisphytoprotection.qc.ca

Nature-Action Québec
nature-action.qc.ca

Regroupement QuébecOiseaux
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90
Bibliographie

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des-brise-vent/?id=1344638379638 Janvier 2017.

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94
Crédits photographiques

Pour chacune des photographies utilisées dans le présent document, la liste qui suit attribue le
crédit à son auteur. Les numéros qui suivent l’identification de l’œuvre indiquent la page sur
laquelle elle figure.

Écomestible : aménagements réalisés à la Ferme des Quatre-Temps, page couverture, pages


d’accueil, 23, 37, 42, 45, 46, 47, 53, 56, 57, 60, 64, 65, 68, 71, 72, 74, 75,76, 77, 78, 79, 80, 81,
82 ; pesse commune, 61 ; rainette versicolore, 102.

Flickr (www.flickr.com), licence Creative Commons :


André Provost, crécerelle d’Amérique, (CC BY-NB 2.0), 16 ;
Arpent nourricier, vesce commune, (photo retournée), (CC BY-SA 2.0), 26 ;
Brian Gratwicke, crapaud d’Amérique, (CC BY-NC 2.0), 18 ; salamandre maculée, (CC BY 2.0), 19 ;
Bruce Fingerhood, dortoirs à chauves-souris, (CC BY-NC 2.0), (photo recadrée), 54 ;
Dave Thomas, petite chauve-souris brune, (CC BY-NC 2.0), 17 ;
Dendroica cerulea, anémone du Canada, (CC BY-NC-SA 2.0), 44 ;
Du-Sa-Ni-Ma, caraganier de Sibérie, (CC BY-NC 2.0), 49 ;
INRA DIST, hôtel à insectes, (CC BY 2.0), 51 ;
Matthias Ripp, labour, (CC BY 2.0), 34 ;
Michel G., paysage agricole, (CC BY-NC 2.0), 21 ;
Ong-Mat, hôtel à abeilles, (CC0 1.0), 40 ;
RejeanJ Deschenes, bruant des prés, (CC BY-NC 2.0), (photo recadrée), 15 ;
Romanlily, tas de branches, (CC BY-NC-ND 2.0), 41 ;
TexasEagle, merlebleu de l’Est, (CC BY-NC 2.0), 16.

Geneviève Durand : paysages, 20, 21 (haut) ; champs cultivés, 22 ; carotte sauvage, 25 ; verge
d’or du Canada, 25 ; dortoir à chauves-souris, 40 ; aster de Nouvelle-Angleterre, 44 ; haie, 48 ;
viorne trilobée, 50, bande fleurie 86.

Les Jardins de la Grelinette : parcelles en culture maraîchère, 31, 32.

Joseph Moisan-De Serres, Laboratoire de phytoprotection du MAPAQ : insectes et autres


arthropodes, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 21, 24, 27, 30, 35, 38, 55, 96, 98.

95
ANNEXE 1 – Les insectes parasitoïdes et prédateurs en cultures maraîchères

Tableau 1 - Les principaux insectes parasitoïdes et leurs hôtes parmi les ravageurs de
cultures maraîchères

Ordre Famille Ravageurs parasités *

Coléoptères (ex : altise des crucifères, altise du


Guêpes
Braconidés navet), larves de lépidoptères (ex : légionnaire
(Hyménoptères)
uniponctuée, ver-gris noir), pucerons

Guêpes Larves de lépidoptères (ex : légionnaire


Ichneumonidés
(Hyménoptères) uniponctuée, papillon du céleri, ver-gris noir)

Coléoptères (ex : chrysomèle du concombre,


chrysomèle du haricot, hanneton commun,
Mouches hanneton européen, scarabée japonais), larves
Tachinidés
(Diptères) de lépidoptères (ex : légionnaire uniponctuée,
perce-tige de la pomme de terre, ver-gris noir),
punaises

* Dans ce tableau, les hôtes sont mentionnés en référence à la famille identifiée dans la
deuxième colonne. Cependant, ces hôtes peuvent varier selon les espèces de parasitoïdes.

Inspiré de Gardiner et al. (s.d., p.2), Tremblay et al. (2013, p.11-64) et IRIIS phytoprotection
(www.iriisphytoprotection.qc.ca).

GUÊPE BRACONIDE GUÊPE ICHNEUMONIDE MOUCHE TACHINAIRE

96
Tableau 2 - Les principaux arthropodes prédateurs et leurs proies parmi les ravageurs
de cultures maraîchères

Ordre Famille Stade* Ravageurs (proies)**

Acariens Phytoséiidés,
A Acariens, cochenilles, pucerons, thrips
(Arachnides) stigmaeidés, trombidiidés

Araignées-crabes,
Araignées araignées-loups,
A Proies diverses
(Arachnides) araignées sauteuses,
aranéidés

Coléoptères Coccinelles L, A Acariens, pucerons

Diptères (ex : mouche des racines,


tipule des prairies), larves de
coléoptères (ex : hanneton commun,
Coléoptères Cantharides, carabidés,
L, A hanneton européen, scarabée
staphylins
japonais, vers fil-de-fer), larves de
lépidoptères (ex : noctuelle fiancée),
limaces, pucerons

Guêpes
Sphecidés, vespidés L, A Larves de lépidoptères
(Hyménoptères)

Odonates Demoiselles, libellules A Coléoptères, diptères

Mouches (Diptères) Cécidomyies prédatrices L Pucerons

Mouches (Diptères) Syrphes L Pucerons

Larve de lépidoptères (ex : ver-gris


Myriapodes Centipèdes A
noir), limaces

Neuroptères Chrysopes L, A Acariens, pucerons

Neuroptères Hémérobes L Acariens, cochenilles, pucerons, thrips

Perce-oreilles*** Acariens, œufs de divers insectes,


Forficules A
(Dermaptères) pucerons

Acariens, larves de coléoptères (ex :


Punaises Anthocoridés, assassines, doryphore de la pomme de terre),
L, A
(Hémiptères) nabidés, pentatomidés larves de lépidoptères, œufs de divers
insectes, pucerons, thrips

* Stade prédateur : A : adulte ; L : larve


** Dans ce tableau, les proies sont mentionnées en référence aux familles regroupées dans la
deuxième colonne. Cependant, ces proies peuvent varier selon les espèces de prédateurs.
*** Ravageur de la betterave, de la bette à carde et du brocoli.

Inspiré de Gardiner et al. (s.d., p.1-2), Tremblay et al. (2013, p.11-63) et IRIIS phytoprotection
(www.iriisphytoprotection.qc.ca).

97
ARAIGNÉE SAUTEUSE ARAIGNÉE-CRABE ACARIEN PHYTOSÉIIDE

CARABIDÉ PUNAISE NABIDE CENTIPÈDE

DEMOISELLE PUNAISE ANTHOCORIDE GUÊPE VESPIDE

98
ANNEXE 2 – Le plan des aménagements à la Ferme des Quatre-Temps

99
ANNEXE 3 – Les végétaux favorisant la présence des ennemis naturels

Tableau 3 - Les principaux végétaux sélectionnés par Écomestible pour favoriser la présence des insectes parasitoïdes et prédateurs

Couleur de Source de Période de floraison


Nom latin Nom commun Forme
la fleur pollen * A M J J A S O
Catalpa spp. Catalpas Arbre Blanche
Cornus stolonifera Cornouiller stolonifère Arbuste Blanche
Sambucus canadensis Sureau du Canada Arbuste Blanche
Viburnum lentago Alisier Arbuste Blanche
Achillea millefolium Achillée millefeuille Vivace Blanche
Coreopsis lanceolata Coréopsis lanceolé Vivace Jaune X
Coreopsis verticillata Coréopsis à feuilles en aiguilles Vivace Jaune
Euthamia graminifolia Verge d’or à feuilles de graminée Vivace Jaune X
Heliopsis helianthoides Héliopsis faux-hélianthe Vivace Jaune
Levisticum officinale Livèche Vivace Jaune
Solidago canadensis Verge d’or du Canada Vivace Jaune X
Symphyotrichum novae-angliae Aster de Nouvelle-Angleterre Vivace Mauve
Rudbeckia hirta Rudbéckie hérissée Bi-annuelle Jaune
Cosmos bipinnatus Cosmos bipenné Annuelle Rose
Phacelia tanacetifolia Phacélie à feuilles de tanaisie Annuelle Bleue X

Les espèces mentionnées dans cette liste ont toutes des nectaires floraux exposés facilement accessibles et elles attirent une grande diversité
d’insectes parasitoïdes et prédateurs.
* Source de pollen consommé par une grande diversité d’insectes.

100
Tableau 4 - Les principaux végétaux sélectionnés par Écomestible pour favoriser la présence des oiseaux

Présence de fruits Autres intérêts *


Nom latin Nom commun Forme
Été Automne Hiver Graines Bosquet Persistant

Crataegus spp. Aubépines Arbre X X X

Morus alba Mûrier blanc Arbre X

Prunus virginiana Cerisier de Virginie Arbre X X

Sorbus americana Sorbier d’Amérique Arbre X X

Thuja occidentalis Thuya occidental Arbre X

Amelanchier alnifolia Amélanchier à feuilles d’aulne Arbuste X

Amelanchier canadensis Amélanchier du Canada Arbuste X

Aronia melanocarpa Aronie noire Arbuste X X X

Cornus stolonifera Cornouiller stolonifère Arbuste X X

Corylus x hybrid Noisetier hybride Arbuste X

Ribes rubrum Groseillier à grappes Arbuste X X

Sambucus canadensis Sureau du Canada Arbuste X X

Shepherdia argentea Shépherdie argentée Arbuste X X X

Viburnum lentago Alisier Arbuste X X

Solidago canadensis Verge d’or du Canada Vivace X

* Les arbres et arbustes formant des bosquets procurent des abris aux oiseaux. Les arbres au feuillage persistant leur servent d’abri durant l’hiver.

101
www.ecomestible.com
102

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