Nous vivons une époque de technologies nouvelles et de systèmes de production complexes où les
fluctuations de l'économie mondiale, les exigences de la clientèle et les accords commerciaux affectent les
relations sociales au sein des organisations. Les entreprises sont confrontées à de nouveaux défis dans la
création et le maintien d'un environnement de travail qui garantit les performances de l'entreprise. Dans ce
nouveau processus de changements et de mutations, le but ultime de toute entreprise devrait être « zéro
accident ». En effet, les accidents de travail et les maladies professionnelles représentent une lourde
charge pour toutes les parties concernées (l'entreprise, l'employé et la société). Les estimations les plus
récentes du BIT établissent à 1.250.000 millions de dollars les pertes dues aux accidents de travail. En
d'autres termes, 4% du PIB mondial disparaissent annuellement avec le coût des accidents de travail et des
maladies professionnelles. Selon les chiffres de l'OIT (2012) ce sont environ 2,3 millions de personnes qui
meurent chaque année dans le monde du travail
I. ACCIDENTS DU TRAVAIL :
A l'occasion du travail, le personnel d'une entreprise est soumis à des causes de fatigue physique et
nerveuse, de maladies professionnelles ou d'accidents de travail.
L'implication des accidents de travail dans l'industrie sont nuisibles pour la victime, sa famille, et
l'entreprise ainsi leurs répercussions sur l'économie de la nation. La protection du travail est
l'ensemble des mesures techniques ayant pour but de sauvegarder la santé des travailleurs. Elle doit
être étudiée comme une science comprenant la technique de sécurité, la législation de travail,
l'hygiène de travail et la protection contre les dangers électriques, les incendies, les substances
radioactives, le rayonnement, le bruit, l'électrocution, etc.
- Technique de sécurité :
La technique de sécurité représente un vaste système de mesures et un ensemble de règlement
permettant la lutte contre les dangers de la production Législation du travail : Les principes de la
législation de travail consistent à interdire l'implantation ou la mise en marche de nouveau processus
de production tant que toutes les mesures d'hygiènes et de santé ne sont pas bien maîtrisées
(neutralisation, épuration des déchets de production, etc.)
- Hygiène de travail :
L'hygiène de travail est l'ensemble des mesures concrètes assurant le maximum de conditions
d'hygiènes physiques et mentales des travailleurs. Ceci est assuré avec la contribution de secteur
médical du travail, etc.). Le législateur a codifié une médecine de travail, devenue une spécialité, dont
le rôle est essentiellement préventif consiste à maintenir l'intégrité physique et mentale des
travailleurs en déterminant physiologiquement les postes qu'ils peuvent occuper en surveillant leur
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état général en éliminant ou en prenant des mesures pour faire diminuer les causes de maladies ou
d'accidents.
- Protection contre les incendies et les accidents du travail :
Il faut souligner que la protection contre les incendies occupe la même place que la technique de
sécurité et autres. Dans le contexte protection de travail, il faut aussi entendre protection contre un
certain nombre d'accidents du travail tel que : accident mécanique, chimique, électrique,
empoisonnement sous l'effet de différents gaz, etc
1. Définition :
La définition de l’accident du travail dans le régime général de sécurité sociale, qui est de loin le régime
le plus important, est donnée par l’article L.411 du Code de la Sécurité Sociale : "Est considéré comme
accident du travail quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à
toute personne salariée ou travaillant à quelque titre que ce soit pour un ou plusieurs employeurs ou
chefs d'entreprise.
" La jurisprudence des tribunaux caractérise l’AT par l’existence d’un fait accidentel et d’un lien entre
le fait accidentel et le travail. Lorsque ces deux conditions sont réunies la victime bénéficie de la
présomption d’imputabilité.
● un fait accidentel action violente soudaine lésion corporelle.
• Le critère de soudaineté distingue l’AT de la maladie professionnelle (MP) caractérisée par l’absence
de connaissance de la date de l’événement causal. Si la lésion soudaine a une origine et une date
certaine, il y a accident. Il faut mettre en évidence un « fait précis survenu soudainement au cours ou à
l’occasion du travail »
Ainsi peuvent être reconnus en AT en dehors des événements traumatiques bien définis qui sont les plus
courants, d’autres lésions comme une hernie inguinale, un infarctus du myocarde, le suicide dans
certains cas (lorsqu’il est la conséquence directe, médicalement reconnue de troubles
neuropsychiatriques intervenus dans les suites immédiates d’une agression professionnelle).
• La lésion de l’organisme peut provenir de plusieurs origines. Elle peut être une blessure consécutive à
l’action d’une machine, d’un outil ou plus généralement d’un objet. Mais elle peut provenir de
l’environnement de travail du salarié (bruit, froid, chaleur, lumière, agents chimiques) dès lors qu’une
origine et une date certaines peuvent être assignées aux lésions. C’est le cas par exemple de lésions
auditives révélées par des acouphènes survenus chez un salarié le jour même où il a été soumis à des
traumatismes sonores répétés.
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• Le médecin conseil du service appréciera si la lésion constatée est imputable à l’évènement accidentel.
● Une relation entre le fait accidentel et le travail. Généralement on considère que si l’AT est survenu
aux lieux et au temps de travail habituels de l’intéressé une telle relation est établie. Mais, la
jurisprudence considère depuis longtemps que constitue « un AT, tout accident survenu à un travailleur
alors qu’il est soumis à l’autorité ou à la surveillance de son employeur ». Un salarié en mission
(voyage professionnel, rendez-vous chez un client, par exemple) est soumis à l'autorité de son
employeur. Il en est de même pour les tâches non strictement professionnelles réalisées sur les lieux et
pendant le travail : passage au parc à voitures, aux vestiaires, rangement des outils, pauses repas dans
les locaux de l’entreprise affectés à cet effet, réunion syndicale... La victime n'a donc pas à apporter de
preuve du lien de causalité entre le travail et la lésion. Néanmoins, la réalité de l’accident et de sa
survenue au temps et au lieu du travail doivent être établies.
Pour détruire cette "présomption d'imputabilité" dont bénéficie la victime, l’employeur doit démontrer
que la victime se livrait lors de l’AT à une activité totalement étrangère au travail.
- CAS PARTICULIER DE L’ACCIDENT DE TRAJET
L’accident de trajet est défini par l'article L411-2 du code de la Sécurité Sociale : « Est également
considéré comme accident du travail, lorsque la victime ou ses ayants droit apportent la preuve que
l’ensemble des conditions ci-après est rempli ou lorsque l’enquête permet à la caisse de disposer sur ce
point de présomptions suffisantes, l’accident survenu à un travailleur pendant le trajet d’aller et de
retour entre :
● sa résidence principale ou secondaire possédant un caractère de stabilité ou tout autre lieu où le
travailleur se rend de façon habituelle pour des motifs d’ordre familial et le lieu de travail
● le lieu de travail et le restaurant, la cantine ou d’une manière plus générale le lieu où le travailleur
prend habituellement ses repas et dans la mesure où le parcours n’a pas été interrompu ou détourné pour
un motif dicté par l’intérêt personnel et étranger aux nécessités essentielles de la vie courante ou
indépendant de l’emploi »
Les accidents de travail bénéficient d'une présomption d'imputabilité ce qui n'est pas le cas des
accidents de trajet où c'est à la victime de faire la preuve de l'accident, des lésions et de la relation entre
lésions et accident.
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2. Bénéficiaires :
Les bénéficiaires sont notamment :
- Tout travailleur assujetti aux assurances sociales ;
- Les détenus exécutant un travail ;
- Les étudiants.
3. Déclaration (« copie de déclaration d’AT ») :
L’AT doit être déclaré :
- Par la victime ou ses représentants, à l’employeur dans les 24 heures sauf cas de force majeure ;
- Par l’employeur, à compter de la date où il en a eu connaissance, à l’organisme de sécurité
sociale (OSS) dans les 48 heures. Ce dernier doit se prononcer sur le caractère professionnel
de l’accident dans un délai de 20 jours ;
- Par l’OSS à l’inspection du travail ;
- En cas de carence de l’employeur, la déclaration à l’OSS peut être faite par la victime ou ses
ayant droits, par l’organisation syndicale et par l’inspection du travail dans un délai de 4 ans à
compter du jour de l’accident.
En cas d’accident de trajet, une copie du PV doit être transmise à l’OSS dans un délai de
10 jours.
Victime ou ses représentants
24 h employeur
48 h
Organisme de sécurité sociale (OSS)
20 j
Inspection du travail
Carence de l’employeur victime, ayant droits,
syndicat et inspection du trav. dans 4 ans
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4. Constatation des lésions :
Un praticien choisi par la victime établit 2 certificats :
- Le certificat initial (« certificat médical initial ou de prolongation »), lors du premier
examen qui suit l’accident. Ce certificat doit décrire l’état de la victime et indiquer
éventuellement la durée de l’incapacité temporaire de travail. Un certificat de prolongation de
repos est établi éventuellement par le médecin à l'occasion des visites ultérieures.
- Le certificat final descriptif (« certificat descriptif »), mentionne la guérison en l'absence de
séquelles ou la consolidation en cas de séquelles et fixe le jour de la consolidation médico-légale.
Il peut à titre indicatif préciser le taux d’incapacité permanente.
5. Prestations :
Elles sont de 2 types :
a- Prestations d’incapacité temporaire :
Elles concernent :
- Les soins, appareillage, rééducation fonctionnelle, réadaptation professionnelle ;
- Indemnités journalières.
b- Prestations d’incapacité permanente :
La victime d’un AT présentant une incapacité permanente de travail a droit à une rente
calculée d’après le salaire de référence et du taux d’incapacité.
- Salaire de référence : c’est le salaire de poste moyen perçu par la victime chez un ou
plusieurs employeurs au cours des 12 mois qui ont précédé l’arrêt de travail consécutif à
l’accident ;
- Le taux d’incapacité (IPP) : il est déterminé par le médecin conseil de l’OSS selon un
barème fixé par voie réglementaire.
- Prestations en cas de décès : une allocation décès est servie aux ayant droits.
La rente peut faire l’objet d’une révision en cas d’aggravation ou d’atténuation de
l’infirmité de la victime et en cas de rechute de la victime.
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6. Analyses des accidents de travail :
- Méthode statistique :
La méthode statistique est basée sur l'examen des accidents de travail pour une durée de
temps pour déterminer la variation du niveau de traumatisme dans différents ateliers ou
différentes années pour prendre après les mesures nécessaires. Afin d'évaluer la gravité du
traumatisme, on utilise les coefficients relatifs statistiques : le taux de fréquence, le taux
de gravité et le taux de danger.
- Taux de fréquence
Le taux de fréquence est le nombre d'accidents ayant entrainé un arrêt de travail pour
100000 heures de travail effectué dans l'entreprise par l'ensemble du personnel (Direction,
cadre, collaborateurs, travailleurs manuels, etc.) au cours de la période considérée, cela
caractérise la fréquence des accidents.
- Taux de gravité
Le taux de gravité est le nombre de journées perdues par 1000 heures de travail effectué
dans l'entreprise durant la période considérée. Cela caractérise la gravité des accidents de
travail. Le nombre de journées perdues comprend :
• Le nombre de journées ayant entraîné le paiement de l'indemnité temporaire (les jours
fériés et vendredi sont donc compris).
• Un nombre de jours évalués forfaitairement à 60 pour chaque 1% d'incapacité
permanente partielle. Ce nombre forfaitaire de jours est fixé à 6000 pour chaque
incapacité permanente totale ou un décès.
- Taux de danger
Le taux de danger est le produit du taux de fréquence et le taux de gravité. Cela
caractérise le danger des accidents.
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. Exercice
Considérons deux entreprises, en se basant sur les données, comparer le niveau du
traumatisme pendant 300 jours de travail avec 8 heures par jour.
Quelle est l'entreprise dont le danger est moindre ?
Entreprise 1 :
• Nombre de travailleurs = 500
• Nombre d'accidents avec arrêt = 25
• Nombre de journées perdues = 200
Entreprise 2 :
• Nombre de travailleurs = 4000
• Nombre d'accidents avec arrêt = 80
• Nombre de journées perdues = 120
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II. MALADIES PROFESSIONNELLES
1. Définition :
Une maladie professionnelle est un état pathologique résultant de l'exposition habituelle à une nuisance
déterminée au cours du travail. Il est très difficile de donner une définition plus précise, tant les formes
cliniques de ces maladies ne diffèrent pas des formes sans exposition professionnelle. C'est pour cela
qu'ont été définies les maladies professionnelles indemnisables.
- MALADIES PROFESSIONNELLES INDEMNISABLES (MPI)
C'est une maladie professionnelle reconnue comme telle par un régime de couverture sociale et réparée
par la suite comme un accident du travail. Dans les régimes, général et agricole de la Sécurité Sociale,
est présumée d'origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladie
professionnelle, et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. C'est en 1919 qu'ont été
créés les premiers tableaux de MPI : les numéros 1 et 2 pour le plomb et le mercure respectivement.
Actuellement, il y a plus de 100 tableaux dans le régime général numérotés de 1 à 98 (avec parfois des
bis et des ter) par ordre chronologique ([Link]).
Les tableaux peuvent être révisés et complétés par des décrets après avis du conseil supérieur de la
prévention des risques professionnels. Les maladies professionnelles indemnisables sont en relation
avec l'exercice habituel d'une profession.
Chaque tableau numéroté comporte
● un titre faisant mention de la nuisance (ou risque) et précisant le mécanisme à l'origine de la MPI ou
la maladie.
● une liste limitative de maladies et de symptômes désignés dans la colonne de gauche. Dans certains
cas, la positivité d'examens complémentaires est exigée pour la reconnaissance de la MP (tests
respiratoires ou cutanés, dosages biologiques, radiographies…).
Plusieurs catégories de maladies sont inscrites sur les tableaux de MPI : intoxications professionnelles
subaiguës ou chroniques (solvants, CO…), maladies infectieuses, virales, parasitaires (tuberculose,
hépatites virales…), maladies relatives à une ambiance de travail (bruit, vibrations…) ou à des gestes et
postures, manifestations allergiques…
● un délai de prise en charge, précisé dans la colonne du milieu, représente le délai maximal écoulé
entre la fin de l'exposition et la première constatation médicale de l'affection. Ce délai est très variable
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selon les maladies puisqu'il peut s'étendre de quelques jours pour des affections aiguës à plusieurs
dizaines d'années pour des cancers. Cette même colonne peut mentionner, pour certains tableaux, une
durée d'exposition minimale pendant laquelle le salarié a dû être exposé au risque pour pouvoir
bénéficier d'une reconnaissance.
● une liste de travaux (limitative ou indicative) que doit avoir exécutés le salarié pour pouvoir être pris
en charge. Cette liste comporte divers métiers ou circonstances d'exposition professionnelle. Si la liste
est limitative, seuls les salariés effectuant l'un des travaux mentionnés ont droit à réparation au titre des
maladies professionnelles. Si la liste est indicative, un salarié exposé au risque mentionné au titre du
tableau peut être reconnu, même si son activité professionnelle ne figure pas dans cette liste.
- Notion de présomption d'origine
Dans le système des tableaux de MPI, le travailleur bénéficie de la présomption d'origine (ou
présomption d'imputabilité) si sa maladie, le délai de prise en charge, éventuellement la durée
d'exposition, et sa profession répondent aux critères imposés par le tableau. Cela signifie que son
affection est alors systématiquement "présumée" d'origine professionnelle, sans qu'il soit nécessaire d'en
établir la preuve.
- Le système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles
Depuis 1993 existe un système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles qui est
basé non pas sur le principe de présomption d'origine mais sur celui de la recherche du lien de causalité.
Un salarié (ou ses ayants-droits) peut bénéficier d'une prise en charge au titre des MPI après avis d'un
Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) dans 2 cas :
● lorsque la maladie est inscrite dans un tableau de MPI mais qu'une ou plusieurs conditions
administratives requises ne sont pas remplies (délai de prise en charge, durée d'exposition, liste
limitative des travaux) s'il est établi que la maladie est directement causée par le travail habituel de la
victime (art. L.461-1 alinéa 3 du code de la Sécurité Sociale).
● lorsque la maladie n'est pas désignée dans un tableau mais qu'il est établi qu'elle est directement et
essentiellement causée par le travail habituel de la victime, et qu'elle a entraîné le décès ou une
incapacité permanente partielle (IPP) au moins égale à 25 %. Le CRRMP est composé du médecin
conseil régional du régime de sécurité sociale concerné, d'un médecin inspecteur régional du travail et
d'un professeur d'université praticien hospitalier ou d'un praticien hospitalier "particulièrement qualifié
en matière de pathologie professionnelle" et ses suppléants. Il doit donner son avis sur la base d'un
dossier constitué par la CPAM et comprenant les pièces suivantes
● une demande motivée de reconnaissance signée par la victime ou ses ayants droit sur un modèle fixé
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par arrêté et un questionnaire médical rempli par le médecin de la victime
● un avis motivé du médecin du travail portant notamment sur la maladie et la réalité de l'exposition au
risque professionnel
● un rapport circonstancié de l'employeur décrivant le poste de travail occupé
● le cas échéant, les résultats des enquêtes conduites par les caisses compétentes
● le rapport établi par le contrôle médical de la CPAM avec, le cas échéant, le taux d'IPP fixé par le
médecin conseil. Le comité entend obligatoirement l'ingénieur en chef du service prévention de la
CRAM ou son représentant et peut entendre, s'il l'estime nécessaire, la victime et l'employeur.
- Sont considérées comme maladies professionnelles (MP), les intoxications, les infections et les
affections présumées d’origine professionnelle particulière.
Les MP sont classées en 3 groupes :
- Groupe 1 : intoxications aiguës ou chroniques (benzène, mercure) ;
- Groupe 2 : infections microbiennes (hépatites virales) ;
- Groupe 3 : maladies résultant d’ambiance ou d’attitudes particulières (surdité
professionnelle, hygroma du genou)
2. Tableaux de MP :
Il existe actuellement 85 tableaux de MP ; chaque tableau est précédé d’un numéro et du
titre et comprend 3 colonnes :
- Les maladies ou symptômes pris en charge ;
- Le délai de prise en charge : il a pour point de départ la date de cessation du travail exposant
au risque et pour terme la date de la première constatation médicale de la MP.
- La liste des travaux exposants qui est indicative pour les maladies du groupe 1 et limitative
pour les maladies des groupes 2 et 3.
Exemple de tableau de MP : Tableau : affections causées par les ciments :
Délai de prise Liste indicative des principaux travaux susceptibles
Désignation des maladies
en charge de provoquer ces maladies
. Fabrication, concassage, broyage, ensachage
. Ulcérations, dermites et transport à dos, des ciments.
primitives, pyodermites, . Fabrication à l’aide de ciments, de
dermites eczématiformes. 1 an matériaux agglomérés et d’objets moulés.
. Blépharite. . Emploi de ciments dans les chantiers du
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-
. Conjonctivite. bâtiment et des travaux publics.
. Emploi des ciments à l’occasion des travaux
effectués dans une exploitation ou une entreprise
agricole.
3. Maladies à caractère professionnel :
En vue de l’extension et la révision des tableaux, ainsi que de la prévention des MP, il est
fait obligation à tout médecin de déclarer toute maladie ayant à son avis un caractère
professionnel.
4. Les règles relatives aux AT sont applicables aux MP sous réserve de :
- La date de la première constatation de la MP est assimilée à la date de l’AT ;
- La déclaration doit être faite dans un délai de 15 jours à 3 mois par la victime à l’organisme
de sécurité sociale.
III. PREVENTION
A. PREVENTION TECHNIQUE
1. Mesures collectives :
a. Substitution :
La méthode la plus efficace pour éliminer un risque professionnel est le remplacement
d’une substance reconnue dangereuse par une autre moins toxique et jouissant des mêmes
avantages techniques. C’est le cas du benzène, de la silice, de l’amiante…
b. Modification des procédés de fabrication :
Elle permet d’éviter la manipulation ou la libération d’un corps toxique (procédé
automatique de manutention, travail en vase clos).
c. Ventilation générale :
Elle permet de diluer les contaminants ou d’apporter de l’air à teneur normale en oxygène
dans un espace qui risque d’en être dépourvu (espace clos).
d. Aspiration locale :
Des systèmes d’aspiration permettent de capter les toxiques à la source (poussières,
fumées, vapeurs, gaz). Ils sont à type de hottes, tuyaux d’aspiration, tables avec aspiration per
descendum…
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-
e. Procédés humides :
L’utilisation d’eau au cours de nombreuses opérations permet bien souvent de limiter le
dégagement de poussières toxiques (marteaux pics avec pulvérisation d’eau…).
f. Propreté générale des lieux de travail.
2. Equipements de protection individuelle :
Le recours à ces équipements ne doit être considéré qu’en dernier ressort, lorsque les règles
générales sont insuffisantes.
a. Protecteurs de la tête :
- Casques de protection (mines, chantiers de travaux publics, industrie).
b. Protecteurs de l’ouie :
- Boules et bouchons d’oreilles ;
- Casques enveloppants.
c. Protecteurs des yeux et du visage :
- Lunettes ;
- Écrans faciaux ;
- Masques et casques de soudage à l’arc.
d. Protecteurs des mains et des bras :
- Gants contre les agressions physiques (vibrations, coupures, perforations) ;
- Gants contre les agressions chimiques ;
- Gants pour électriciens.
e. Protecteurs des pieds et des jambes :
- Chaussures, bottes et surbottes de protection contre la chaleur ou contre le froid ;
- Chaussures, bottes et surbottes de protection contre les vibrations ;
- Semelles amovibles (antichaleur, antiperforation) ;
- Crampons amovibles pour verglas, sols glissants.
f. Protecteurs de la peau :
Crèmes barrières/pommades.
g. Protecteurs du tronc et de l’abdomen :
- Gilets, vestes et tabliers de protection contre les agressions mécaniques (perforations,
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-
coupures, projection de métaux en fusion…) ;
- Gilets, vestes et tabliers de protection contre les agressions chimiques ;
- Tabliers de protection contres les rayons x ;
- Ceintures de maintien pour chauffeurs de véhicules lourds.
h. Protecteurs du corps entier :
- Dispositifs de préhension du corps (harnais de sécurité).
- Vêtements de protection contre les agressions mécaniques (perforations, coupures, …) ;
- Vêtements de protection contre les agressions chimiques ;
- Vêtements de protection contre la chaleur ;
- Vêtements de protection contre le froid ;
- Vêtements de protection contre la contamination radioactive.
i. Appareils de protection respiratoire :
- Masques filtrants :
La purification est obtenue par passage de l’air à travers une cartouche ou boite filtrante
retenant le contaminant. On distingue les masques à poussières et les masques antigaz.
- Masques ou cagoules avec adduction d’air :
Il s’agit d’un masque ou d’une cagoule dont lequel l’air est amené au moyen d’un tuyau.
- Appareils respiratoires autonomes.
B. MESURES MEDICALES
1. Examen d’embauchage :
Il a pour but de permettre l’engagement des travailleurs à des postes pour lesquels ils sont
physiquement et mentalement aptes. Ceci nécessite la connaissance des exigences et des risques
professionnels de chaque poste de travail.
Une nouvelle évaluation des aptitudes physiques et mentales est nécessaire chaque fois qu’un
travailleur change de poste de travail.
2. Education du personnel :
C’est la sensibilisation des travailleurs sur les mesures de prévention et les conséquences
de leur non respect.
3. Visite médicale périodique :
Sa fréquence dépendra de la nature du risque. Elle comprendra, outre un examen clinique,
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-
certains tests reconnus efficaces pour la détection d’une exposition excessive et la détection
précoce d’une altération de la santé.
C. PRESTATIONS DE LA CAISSE NATIONALE DE PREVOYANCE SOCIALE (CNPS)
AU TITRE DES AT/MP (PRESTATIONS EN NATURE)
Tout travailleur victime d’un Accident du Travail ou d’une Maladie Professionnelle
bénéficie de la prise en charge par la CNPS de tous les frais nécessaires au rétablissement de la
santé du travailleur.
- QUELLES SONT LES CONDITIONS A REMPLIR ?
Le bénéfice des prestations est subordonné :
• A la déclaration de l’accident ou de la maladie dans les délais prescrits auprès des
services de la CNPS ;
• Au traitement dans un établissement conventionnel.
- QUEL EST LE NIVEAU DE LA PRISE EN CHARGE ?
La CNPS couvre directement et entièrement :
• Les frais et honoraires de médecine, de chirurgie s’il y a lieu, de pharmacie,
d’hospitalisation ;
• Les frais de fourniture, de réparation et de renouvellement des appareils de prothèse et
d’orthopédie nécessités par l’infirmité ;
• Les frais de rééducation professionnelle, de réadaptation fonctionnelle et de reclassement
de la victime.
En cas de décès, la CNPS supporte les frais funéraires, dans les limites fixées par le Code
de Prévoyance Sociale, mais également les frais de transport du corps au lieu de sépulture quand
l’accident s’est produit au cours d’un déplacement professionnel.
- PRESTATIONS EN ESPECES (INDEMNITES JOURNALIERES)
Lorsque le travailleur se trouve dans l’obligation de cesser son travail du fait de l’Accident
ou de la Maladie Professionnelle, une indemnité journalière lui est due pour compenser
partiellement la perte du revenu consécutive à cet arrêt de travail
- QUELLES SONT LES CONDITIONS A REMPLIR
Pour bénéficier des indemnités journalières, la victime d’Accident du Travail et de
Maladies Professionnelles et/ou son employeur doivent produire en plus de la déclaration de
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l’accident ou de la maladie :
• Un certificat médical de constatation des blessures ;
• Un certificat médical de prolongation, s’il y a lieu ;
• Un certificat médical de guérison ou de consolidation ;
• Un constat de police ou de la gendarmerie en cas d’accident de trajet ;
• Un bulletin de salaire du mois précédent celui de l’accident ou de la rechute.
- QUEL EST LE MONTANT ?
Le montant de l’indemnité est égal :
• Au salaire journalier plein dès le lendemain de l’accident ou de la maladie professionnelle
et pendant toute la période de repos correspondant au préavis applicable à la victime ;
• A la moitié du salaire journalier, jusqu’au 28ème jour de l’accident, si le nombre de jours
n’a pas été absorbé par le préavis ;
• Aux deux tiers du salaire à partir du 29ème jour de repos.
Le montant est déterminé en application des règles de calcul édictées par la législation en
vigueur.
- A QUI SONT-ELLES PAYEES ?
Les indemnités journalières sont versées soit à la victime, soit à son conjoint, soit à son
tuteur légal (si la victime est mineure), soit à un tiers auquel la victime donne délégation pour
l’encaissement de cette indemnité.
En cas de décès, ces indemnités sont reversées aux ayants droit.
Toutefois, lorsque le salaire est maintenu en totalité pendant l’arrêt de travail, l’employeur
se substitue de plein droit à la victime pour percevoir les Indemnités Journalières.
- RENTES
La rente est une allocation viagère versée à la victime ou à ses ayants droit suite à un
Accident du Travail ou une Maladie Professionnelle ayant occasionné une incapacité permanente
partielle ou totale ou le décès de la victime.
- QUI A DROIT AUX RENTES ?
- Le travailleur ;
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-
- Les ayants droit :
• le conjoint survivant
• les descendants (enfants moins de 21 ans)
• les ascendants (père et mère) à la charge de la victime au moment de l’accident.
- DANS QUELLES CONDITIONS SONT-ELLES PAYEES ?
Le bénéfice de la rente à la victime ayant un taux d’incapacité permanente est subordonné à
la production des documents suivants :
- Le procès-verbal d’enquête réalisée par l’inspection du travail et des lois sociales ;
- Le relevé de salaire des douze (12) derniers mois précédant le mois d’accident ;
- Le rapport d’expertise médicale ;
Pour ce qui concerne les ayants droit, les pièces exigées sont les suivantes :
• Conjoint :
- Extrait de naissance du conjoint survivant ;
- Extrait de naissance de la victime ;
- Acte de mariage ;
- Acte de décès ;
- Certificat médical de genre de mort ;
- Certificat de non remariage, de non divorce et de non séparation de corps ;
- Le procès-verbal d’enquête réalisé par l’inspection du travail et des lois sociales ;
- Le relevé de salaire des douze (12) derniers mois précédent le mois d’accident.
• Descendant
- Extrait de naissance de la victime ;
- Acte de décès de la victime ;
- Certificat médical de genre de mort de la victime ;
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- Extrait de naissance de l’orphelin ;
- Un certificat médical s’il a moins de 14 ans ou de non fréquentation ;
- Un certificat de fréquentation s’il fréquente un établissement scolaire ;
- Un certificat d’apprentissage s’il est placé en apprentissage ;
- Certificat de vie et entretien de l’orphelin ;
- Le procès-verbal d’enquête réalisé par l’inspection du travail et des lois sociales ;
- Le relevé de salaire des douze (12) derniers mois précédant le mois d’accident ;
- Un acte de tutelle ou d’administration légale.
• Ascendant
- Extrait de naissance de la victime ;
- Acte de décès de la victime;
- Certificat médical de genre de mort de la victime;
- Extrait de naissance de l’ascendant ;
- Le procès-verbal d’enquête réalisée par l’inspection du travail et des lois sociales ;
- Le relevé de salaire des douze (12) derniers mois précédent le mois d’accident ;
- Le certificat de vie de l’ascendant.
QUEL EST LE MONTANT ?
La rente est calculée en tenant compte du salaire des douze (12) derniers mois précédant
l’accident et du taux d’incapacité permanente partielle évalué par le Médecin Conseil de la
CNPS.
QUAND SONT-ELLES PAYEES ?
Les rentes sont payées mensuellement, trimestriellement ou annuellement en fonction du
taux d’incapacité permanente partielle et du montant de la rente.
- RACHAT ET CONVERSION DE RENTE
C’est la faculté offerte à la victime de convertir sa rente en un capital. La législation prévoit
trois (3) types de rachat :
- Le rachat obligatoire pour les travailleurs étrangers, victimes d’un accident du travail qui
cessent de résider sur le territoire ivoirien pour lesquels il n’existe pas de convention en matière
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de sécurité sociale ;
- Le rachat total lorsque le taux d’incapacité permanente ne dépasse pas 10% ;
- Le rachat partiel ou au quart lorsque le taux d’incapacité permanente est supérieur à 10%.
Le rachat de la rente ne peut intervenir qu’après expiration d’un délai de cinq (5) ans à
compter de la date de prise d’effet de la rente. La demande doit être formulée auprès de la CNPS
dans un délai n’excédant pas deux (2) ans à compter de l’expiration des cinq ans.
- QUI A DROIT ?
Tout accidenté bénéficiaire d’une rente remplissant les conditions citées ci-dessus.
Toutefois, pour le rachat total, la victime doit être majeure (âgée de 21 ans).
NB : Toutes les rentes qui font l’objet d’un rachat partiel ou au quart, subissent un
abattement.
NB : Ce document est à caractère strictement informatif et ne peut en aucun cas se
substituer à la législation applicable
Conclusion :
En conclusion, la maîtrise des risques professionnels par la prévention est donc un enjeu
important pour les entreprises. Cette politique de prévention s'appuie, d'une part, sur le suivi de
recommandations émises par des acteurs de la prévention et d'autre part, sur quelques règles de
bonne pratique. Nous nous rendons compte alors que lorsque les mesures de prévention et de
contrôle sur le lieu de travail sont inefficaces, des maladies professionnelles peuvent apparaître.
Encore plus, les accidents de travail ont un coût nettement supérieur au coût visible traduit par
les sommes versées par les caisses d'assurance. La réduction des accidents de travail et par
conséquent leurs coûts, est une motivation pour atteindre le plus haut niveau de performance en
sécurité et assurer une vigilance permanente en vue d'assurer une plus grande sécurité. Ces
éléments devraient être inclus dans la politique à long terme en matière de sécurité. Ainsi, les
entreprises qui mettent en œuvre une véritable politique de sécurité sont récompensées par un
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retour sur l'investissement déployé et par des bénéfices tangibles
BIBLIOGRAPHIE
- Loi n° 83-13 du 2 juillet 1983 relative aux AT et MP.
- Arrêté interministériel du 5 mai 1996 fixant la liste des maladies présumées d’origine
professionnelle.
- Arrêté interministériel n° 33 du 9 juin 1997 fixant la liste des travaux où les travailleurs sont
fortement exposés.
- Arrêté du 11avril 1967 fixant le barème des taux d’incapacité permanente des AT.
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