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CM Le Constructivisme

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Institut International Polytechnique

Des Elites d’Abidjan

DEPARTEMENT DE SOCIOLOGIE

ECUE : LE CONSTRUCTIVISME

ANNEE ACADEMIQUE : 2025-2026

NIVEAU : Licence 2

SEMESTRE : 1

(Support de cours)

CHARGEE DE COURS

Dr YEBOUE Cyrille Bony Aimé,

Assistant, Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa

(Sociologue, Expert en fonctionnement et dysfonctionnement des organisations)

Contact :07 47 81 71 28

« Vous êtes les élites de demain, alors agissez en tant que telles »

1
PLAN DU COURS

PARTIE I : Connaissance sur le constructivisme introduction

I. Qu’est-ce que le constructivisme ?


II. La théorie constructiviste de l’enseignement-apprentissage
1. Les principes pédagogiques généraux du constructivisme
2. Le processus d’apprentissage constructiviste se déroule en trois étapes
2.1. L’assimilation
2.2. L’accommodation
2.3. L’équilibration
III. La situation-problème
1. Les 4 étapes d’une situation-problème
2. Les avantages d’une situation-problème
3. Le conflit cognitif
3.1. Rôle de l’élève
3.2. Rôle de l’enseignant
4. Points forts du constructivisme
5. Limites du modèle constructiviste

PARTIE II : Le socioconstructivisme ou constructivisme social : définition, principes et notions


1. Définition
2. Principes du socioconstructivisme
3. Certaines notions
3.1. La zone proximale de développement (ZPD)
3.2. Le conflit sociocognitif
II- Socioconstructivisme : Interaction, apports et critiques
1- L’importance du contexte social
1.1. L’apprenant actif
1.2. L’interaction sociale et la création de sens
2. L’importance de la culture
3. Rôle de l’enseignant
4. Rôle de l’élève
5. Apports du socioconstructivisme

6. Critique du socioconstructivisme

2
PARTI III : Approches pédagogiques, outils, méthodes et mise en pratique du constructivisme
I- Approches pédagogiques constructivistes
1. Apprentissage par résolution de problèmes
2. Apprentissage par projet
3. Apprentissage par exploration
4. Apprentissage collaboratif
II- Les outils et méthodes pédagogiques constructivistes
1. Tâche complexe
2. Situation-problème
3. Simulation
4. Métacognition
5. Réflexion sur l'apprentissage
III- La mise en pratique du constructivisme
1. Avantages et les limites du constructivisme
2. Critères d'évaluation de l'apprentissage
3. Stratégies d'enseignement constructivistes
4. Applications du constructivisme dans d'autres domaines que l'éducation

CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

« Apprendre c’est construire »

3
Objectif Général du Cours
Permettre aux étudiants de comprendre et d’appliquer les fondements du constructivisme
et du socioconstructivisme dans le processus d’enseignement-apprentissage, en
développant des compétences critiques, collaboratives et réflexives favorisant la
construction autonome et collective du savoir.

Objectifs Spécifiques du Cours

À l’issue du cours, les étudiants seront capables de :

• Définir et expliquer les concepts clés du constructivisme et du


socioconstructivisme (assimilation, accommodation, équilibration, ZPD, conflit
cognitif et sociocognitif).
• Analyser le rôle de l’apprenant et de l’enseignant dans une approche
constructiviste et socioconstructiviste.
• Mettre en pratique des méthodes et outils pédagogiques constructivistes
(situation-problème, apprentissage par projet, apprentissage collaboratif,
métacognition, etc.).
• Évaluer les avantages et limites des approches constructivistes et
socioconstructivistes dans différents contextes éducatifs et sociaux.
• Développer des compétences de réflexion critique et d’autonomie, en
construisant activement leur propre savoir à partir de situations concrètes.
• Appliquer les principes constructivistes dans d’autres domaines que
l’éducation (professionnel, santé, relations sociales, etc.) pour favoriser la
résolution de problèmes et la créativité.

4
PARTIE I :
CONNAISSANCE SUR LE CONSTRUCTIVSME

INTRODUCTION
Brève histoire du constructivisme
Le constructivisme est un courant de pensée qui trouve ses origines dans les
domaines de la psychologie et de l'éducation. Il a émergé au début du XXe siècle
grâce aux travaux de plusieurs chercheurs, dont Jean Piaget et Lev Vygotsky, et a
depuis influencé de nombreux domaines, notamment la philosophie, la sociologie
et les sciences de l'éducation.

Le constructivisme considère que les individus construisent activement leur


propre compréhension du monde qui les entoure à travers des interactions avec
leur environnement. Selon cette perspective, l'apprentissage est un processus actif
dans lequel les apprenants construisent leur connaissance en s'appuyant sur leurs
expériences, leurs interactions sociales et leur réflexion personnelle.

Jean Piaget, un psychologue suisse, est considéré comme l'un des pionniers du
constructivisme. Dans ses recherches sur le développement cognitif de l'enfant,
Piaget a mis en évidence l'importance de l'interaction entre l'individu et son
environnement pour la construction de la connaissance. Selon sa théorie, les
enfants passent par différentes étapes de développement cognitif, chacune
caractérisée par des schèmes de pensée spécifiques.

Lev Vygotsky, un psychologue russe, a également contribué de manière


significative au développement du constructivisme. Vygotsky a mis l'accent sur
le rôle des interactions sociales et de la culture dans le processus d'apprentissage.
Selon lui, l'apprentissage est fortement influencé par les interactions avec des
pairs, des enseignants et des adultes, et la zone proximale de développement est
un concept clé dans sa théorie. Cette zone représente la distance entre ce que

5
l'apprenant peut accomplir seul et ce qu'il peut accomplir avec l'aide d'un guide
plus compétent.

Au fil des décennies, le constructivisme a continué d'évoluer et de se diversifier.


Il a inspiré de nombreuses approches pédagogiques, telles que l'apprentissage par
problème, l'apprentissage par projet et l'apprentissage par la découverte. Le
constructivisme a également été adapté aux technologies de l'information et de la
communication, donnant naissance à des concepts tels que le constructivisme
numérique et le connectivisme.

Le constructivisme, théorie de l'apprentissage, a été développée, entre autres,


par Piaget, dès 1923, face au béhaviorisme qui, d’après lui, limitait trop
l’apprentissage à l’association stimulus-réponse et considérait le sujet
comme boîte noire. L’approche constructiviste s'intéresse à l'activité du sujet pour
se construire une représentation de la réalité qui l’entoure.

Le constructivisme part de l'idée que les connaissances de chaque sujet ne sont


pas spécialement une « copie » de la réalité, mais un modèle plus ou moins fidèle
de celle-ci construit par lui au cours du temps. Le constructivisme s'attache à
étudier les mécanismes et processus permettant la construction de ce modèle chez
les sujets à partir d'éléments déjà intégrés. On est donc à l'opposé d'une simple
approche boîte noire.

La compréhension, constamment renouvelée, s’élabore à partir des


représentations plus anciennes d’événements passés, que le sujet a d’ores et déjà
« emmagasinées » dans son vécu. En fait, le sujet restructure
(« reconceptualise »), en interne, les informations reçues en regard de ses propres
concepts : c’est le phénomène de restructuration conceptuelle à travers ses
expériences. Ce mouvement est issu des travaux de Jean Piaget, à l'origine de la
plus célèbre des théories sur le constructivisme, où il dit que l'intelligence n'est
pas innée mais se construit. Pour lui, l'être humain est programmé pour construire
les connaissances dans un ordre donné et cela à condition que le milieu dans lequel
6
l'enfant grandit lui procure des stimulations dont il a besoin, au moment où il en
a besoin.

I. QU’EST-CE QUE LE CONSTRUCTIVISME ?


Le constructivisme est un mouvement artistique et architectural d'avant-garde,
d'origine russe apparu en 1914. Il se développa avec la révolution
bolchévique et connut quelques prolongements dans les pays occidentaux.
Il est fondé sur une conception géométrique de l'espace, par l'assemblage de
plans et de lignes.
Les fondateurs du constructivisme sont Berger et Thomas Luckmann …
Le représentant le plus célèbre du constructivisme est Jean Piaget (psychologue
et pédagogue). Il a développé les théories dites constructivistes à partir de 1925.
Ses travaux portent essentiellement sur la construction des connaissances au cours
du développement biologique de l'homme. Ses théories transposent les modèles
du développement biologique à la construction de la connaissance, qu’il divise en
plusieurs stades, dont les plus importants sont :
1. Stade de l’intelligence sensori-motrice (0-2 ans) : construction de l’objet
permanent et de l’espace proche.
2. Stade des opérations concrètes (2-11 ans) : construction des notions de
quantité, de fonction symbolique, du langage, de la conservation, de la
réversibilité, de l’inclusion, de la classification.
3. Stade des opérations formelles (11-16 ans) : passage à la pensée conceptuelle
et socialisée, raisonnement hypothético-déductif. Pour lui, apprendre c'est
construire des connaissances au cours de son développement.
Cette construction suppose que chaque sujet acquiert des outils conceptuels
(mentaux) qui lui permettent de comprendre le monde dans lequel il est de s'en
approprier. Pour Piaget, il ne suffit pas de voir, de percevoir (théorie empiriste),
mais il faut agir et expérimenter. Apprentissage c'est avoir les outils conceptuels
(modèles théoriques) et expérimenter (situations).

7
L'approche constructiviste reconnaît, que l'apprentissage est une activité mentale.
Pour les constructivistes, il n'existe pas de réalité externe objective, comme le
soutiennent les béhavioristes ; la réalité n'existe que dans la tête des individus.
L'apprentissage est donc un processus actif de construction de cette réalité. La
réalité est construite par chaque individu qui lui donne une signification unique à
partir de ses 1 propres expériences. L'apprenant ne transfère ou n'intègre pas ses
propres expériences. L'apprenant ne transfère ou n'intègre pas simplement le
savoir provenant du monde externe dans sa mémoire ; plutôt, il construit ses
propres interprétations du monde à partir de ses interactions avec celui-ci. Ainsi,
le savoir est ouvert à la négociation et en ce sens, le contexte social joue un rôle
majeur dans l'apprentissage. L'enseignement ne consiste pas à transmettre à
l'apprenant les significations d'un autre individu qui sait Pour Piaget, celui qui
apprend ne le fait pas seulement en relation avec les connaissances qu’il acquiert,
mais il organise son monde au fur et à mesure qu’il apprend, en s’adaptant.

II. LA THEORIE CONSTRUCTIVISTE DE L’ENSEIGNEMENT-


APPRENTISSAGE
Pour le constructivisme, courant développé à partir des années 1970,
l’apprentissage consiste à entrer dans un processus actif de construction (plutôt
que d’acquisition) de connaissances en interagissant avec son environnement, en
donnant du sens à ses expériences et en développant ses représentations.
Selon le paradigme constructiviste, l’apprentissage est fondamentalement une
activité de traitement d’informations et les principes relatifs au traitement de
l’information sont essentiellement ceux qui correspondent à la nature de
l’apprentissage. Lors du traitement d’informations à des fins d’apprentissage,
l’élève, comme toute personne, ne peut photocopier l’ensemble des informations
qui sont mises à sa disposition. Il doit sélectionner les plus importantes pour en
extraire la connaissance, pour construire le savoir. C’est entre autres dans cette
perspective qu’il est question d’un paradigme constructiviste. Il est aussi question

8
de constructivisme dans l’optique où l’élève, lors du traitement d’informations,

construit des lois, des règles ou des principes auxquels il octroie rapidement un
caractère de permanence dans sa base de connaissances en mémoire à long terme.

1. Les principes pédagogiques généraux du constructivisme :


1.1. Les apprenants « construisent » leur propre connaissance à partir des notions
qu’ils possèdent déjà et de leur expérience.
1.2. On met l’accent sur la réalisation d’activités d’apprentissage authentiques ou
en contexte, c’est-à-dire en prenant part à des situations concrètes qui sont
susceptibles de se dérouler dans la vie de tous les jours. On laisse de côté
l’artificialité du modèle scolaire conventionnel et les élèves doivent être
confrontés à de véritables problèmes de la vie courante.
1.3. Cette école de pensée met l’accent sur l’apprenant plutôt que sur l’enseignant.
Elle encourage cet apprenant à construire ses propres conceptualisations et à
apporter ses solutions aux problèmes qu’il rencontre, elle l’incite même à
développer au maximum son autonomie et son initiative.
1.4. Selon les tenants du constructivisme, l’apprentissage est basé sur la
participation active des élèves à la résolution de problèmes et à la pensée critique
en regard de la tâche qu’ils doivent réaliser. L’individu est donc le protagoniste
actif du processus de connaissance, et les constructions mentales qui en résultent
sont le produit de son activité. Dans cette optique, apprendre ne consiste pas à
recevoir le savoir d’une manière passive, mais à agir sur les informations reçues
de la situation en les transformant.
1.5. L’enseignant devient un facilitateur, un « accompagnateur » qui guide l’élève
et le pousse à utiliser son esprit critique, à résoudre des problèmes et à synthétiser
ses connaissances. Dans cette perspective, l’enseignant ne doit pas entraver le
processus de développement interne de l’élève (l’enseignement doit s’adapter aux
besoins des élèves). Il lui revient de fournir à ses élèves un environnement
d’apprentissage ouvert, riche de possibilités d’apprentissage, et surtout non fondé

9
sur des séquences d’instruction prédéterminées.

2.2. Le processus d’apprentissage constructiviste se déroule en trois étapes :


2.1. L’assimilation : Le processus d’assimilation se caractérise par l’intégration
de nouvelles idées, analyses, notions à des cadres mentaux qui existent déjà.
L’individu ajoute à sa structure cognitive des éléments provenant de son
environnement, il les intègre en les reliant, en les coordonnant aux informations,
aux connaissances dont il dispose déjà.
2.2. L’accommodation : Le processus d’accommodation est marqué par
l’adaptation du sujet à des situations nouvelles, d’où modification de ses cadres
mentaux et réorganisation de ses connaissances. C’est donc une action de
l’environnement sur l’individu qui va avoir pour effet de provoquer des
ajustements dans la manière de voir, de faire, de penser du sujet.
2.3. L’équilibration : On appelle équilibration (Piaget en parle en terme
d’autorégulation) la recherche du meilleur équilibre entre les deux processus
complémentaires, assimilation et accommodation, c’est-à-dire entre l’individu et
son environnement.
Mécanisme de l’apprentissage
Adaptation

Assimilation Accommodation
Intégration des données du milieu modification des schèmes du sujet en
dans les schèmes antérieurs fonction des données
Milieu sujet
sujet milieu

Equilibration

Schéma 1 : Mécanisme de l’apprentissage

10
Schéma 2 : du principe du constructivisme

III. LA SITUATION-PROBLEME
C’est un concept qui s’est surtout développé à la fin des années soixante-dix :
confronté à un obstacle, l’individu fait appel à ses connaissances et capacités
actuelles (le constructivisme), ou entre en interaction avec d’autres (le
socioconstructivisme), pour parvenir à trouver une solution au problème posé et
se construire de nouvelles compétences. La situation-problème est, dans ce cas,
une situation d’apprentissage, à construire par l’enseignant avec rigueur. Son
objectif est d’instaurer un déséquilibre, un conflit cognitif ou sociocognitif (deux
notions à définir ultérieurement), c’est-à-dire une divergence entre ce que l’élève
croit savoir du problème posé (ses représentations initiales) et ce qu’il constate
dans la réalité. La résolution du problème poussera donc l’apprenant à transformer
ses représentations initiales par l’intégration de nouvelles compétences. Dans le
cadre d’un travail collaboratif (interaction avec des pairs), la confrontation des
idées et des différents points de vue fait évoluer les représentations de chaque
élève du groupe et de la classe dans son ensemble, par l’acquisition de nouvelles
connaissances et compétences.

11
1. Les 4 étapes d’une situation-problème
1.1. L'élève va mobiliser des savoirs et des savoir-faire qu'il maîtrise déjà pour
résoudre le problème (assimilation).

1.2. En cas d’échec, il prendra conscience des limites de son mode de traitement
actuel du problème auquel il est confronté, entraînant ainsi un conflit cognitif
(déséquilibre, déstabilisation).
1.3. Remettre en question ses connaissances pour construire ce qui lui manque et
ajuster son système de savoir et de savoir-faire aux exigences de la situation-
problème (accommodation).
1.4. La résolution du problème peut engendrer une amélioration de l'élève dans sa
manière de mobiliser savoirs et savoir-faire pour résoudre les problèmes posés par
une situation-problème.
2. Les avantages d’une situation-problème
La conception constructiviste de l'apprentissage est centrée sur la production d'un
conflit cognitif par confrontation d'un apprenant à une situation-problème, d'où
un effet de déstabilisation pouvant :
• entraîner restructuration et réajustements de ce que l’élève sait déjà.
• favoriser une meilleure intégration de nouvelles connaissances (savoirs et de
savoir-faire).
• provoquer une meilleure capacité à réinvestir ce que l'élève sait pour résoudre
des problèmes.

3. LE CONFLIT COGNITIF
Confronté à une situation-problème, un apprenant se rend compte que ses
représentations actuelles sont incompatibles avec une réalité objective, voire
même insuffisantes pour faire face au problème rencontré, on parle alors de conflit
cognitif. Ce conflit va induire une confrontation entre ce que l’apprenant croit
connaître de la situation (sa représentation) et ce qu’il constate (la réalité), ce qui
va l’obliger à déconstruire sa représentation initiale pour en construire une

12
nouvelle intégrant de nouvelles connaissances.

3.1. Rôle de l’élève


L’élève est l'artisan de ses connaissances, en position centrale dans le processus
d'enseignement- apprentissage.
3.2. Rôle de l’enseignant
L’enseignant développe un rôle de guide qui aide l’apprenant dans son travail en
classe, intégrer ses processus d’apprentissage antérieurs pour acquérir de
nouveaux savoirs et savoirs faire.
Pour ce faire, l’enseignant a intérêt à se donner davantage d'outils permettant
d'évaluer les pré-acquis (savoirs et savoir-faire) de ses apprenants, et à tenir
compte de leurs représentations et conceptions, qui peuvent lui servir de point
d'appui, ou de faire obstacle, à l'acquisition de connaissances nouvelles.
L’enseignant est un médiateur, un facilitateur de savoir, il stimule la curiosité de
ses apprenants, les oriente non pas vers des buts d'enseignement prédéfinis (le
béhaviorisme) mais vers l'élaboration d'une interprétation personnelle du monde.
4. Points forts du constructivisme
Trouver du sens à l’apprentissage en tentant de résoudre des situations-problèmes
authentiques, élaborées avec soin et rigueur, permet d’être en face d’un public
plus curieux et plus motivé.
Intégration plus efficace de nouvelles informations, ou réorganisation et
destruction de conceptions initiales inadéquates.
Prise en compte des pré- acquis, des compétences initiales, ou du rythme
d’assimilation de chaque apprenant permet de faire évoluer l’ensemble de la
classe.
Responsabiliser l’apprenant en l’aidant à trouver tout seul des solutions aux
problèmes proposés, lui permet de gagner en autonomie (enseignement actif).
* Rapport de l’individu à l’environnement.
* Typologie des apprentissages possibles en fonction des stades.

13
5. Limites du modèle constructiviste
Enseignement très coûteux en termes de temps et de moyens à mettre en œuvre.
La conception de situations-problèmes adéquates pour mobiliser de nouvelles
compétences chez les apprenants, et la bonne gestion des conflits cognitifs qui en
découlent, nécessitent un haut niveau de compétence de l’enseignant .
Le conflit cognitif peut représenter une phase de déstabilisation délicate chez
certains apprenants, menant à un sérieux problème de motivation et d’implication.
L’apprentissage par découverte (apprentissage par problème) qui caractérise le
constructivisme n’est pas efficace dans tous les cas, en l’occurrence lorsqu’il
s’agit d’inculquer aux apprenants des notions purement théoriques car ils seront
dans l’incapacité de les déduire par eux-mêmes.
- L'idée d'une simple accumulation du savoir : la pédagogie constructiviste reste
très limitée pour comprendre les difficultés et les erreurs et à forte raison, pour
apporter les moyens d'y remédier.
- Pas de prise en compte des aspects sociaux de l’apprentissage : rôle de
l’enseignant, rôle des pairs
- La pédagogie inspirée du modèle constructiviste ne permet pas de répondre aux
questions suivantes :
* Pourquoi dans certains cas n'apprend-on pas ou retient-on faux malgré les
explications ?
* Pourquoi certains savoirs nouveaux se désagrègent-ils après quelques semaines
ou quelques années pour être remplacés par les savoirs élémentaires ?

14
PARTIE II
LE SOCIOCONSTRUCTIVISME OU CONSTRICTIVISME SOCIAL

I-DEFINITION, PRINCIPES ET NOTIONS

1- Définition

Le socioconstructivisme, une théorie de l’apprentissage social élaborée par le


psychologue russe Lev Vygotsky, postule que les individus participent activement
à la création de leurs propres connaissances. Vygotsky croyait que l’apprentissage
avait lieu principalement dans des contextes sociaux et culturels, plutôt qu’au sein
de l’individu uniquement. Vygotsky était un cognitiviste, mais il a rejeté
l’hypothèse des cognitivistes telle que celle de Piaget et Perry, selon laquelle il
était possible de séparer l’apprentissage de son contexte social. Il a soutenu que
toutes les fonctions cognitives trouvent leur origine dans les interactions sociales
et que l’apprentissage ne consiste pas simplement en l’assimilation et
l’accommodation de nouvelles connaissances par les apprenants ; c’est le
processus par lequel les apprenants s’intègrent dans une communauté de
connaissances.
Le socioconstructivisme, qui n’est qu’un prolongement du constructivisme,
introduit une notion supplémentaire qui est celle des interactions et des échanges
sociaux. D’après son initiateur Lev S. Vygotsky (1896-1934), l’apprentissage se
construit certes en confrontant les apprenants à des situations problèmes, mais
également en les faisant entrer en interaction avec leurs pairs (élèves -élèves,
enseignants-élèves…) dans l’objectif de créer, cette fois-ci, un conflit socio-
cognitif.
En sociologie, le constructivisme est une approche qui envisage la réalité sociale
comme une construction sociale. Peter L. Berger et Thomas Luckmann sont les

15
premiers à développer cette approche dans un ouvrage de référence : « The Social
Construction of Reality » (1966).

2. Principes du socioconstructivisme
• L’individu n’apprend pas seul mais en interaction avec d’autres.
• L'intelligence d’un individu se développe grâce à certains outils qu’il
trouverait dans son environnement, en l’occurrence le langage (outil
fondamental).

Schéma 3 : du principe du socioconstructivisme


3. Certaines notions

3.1. La zone proximale de développement (ZPD)

C’est un concept clé dans les travaux de Vygotsky. La ZPD se définit comme la
zone où l’élève, à l’aide de ressources (connaissances antérieures, le soutien de
l’enseignant et l’interaction avec ses pairs) est capable d’exécuter une tâche
(mobilisation de l’apprenant), elle se situe entre la zone d’autonomie (trop facile
= pas d’apprentissage) et la zone de rupture (trop difficile = non mobilisation).

Autonomie Zone Proximale de développement (ZPD)


Rupture
Zone où l’élève peut faire zone où l’élève possède certaines ressources et zone où avec même avec beaucoup d’aide
les tâches sans aide Peut executer la tâche avec de l’aide l’élève arrivra difficilement à éexecuter

une tâche

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Schéma 4 : d’indentation de la zone proximale de développement (ZPD)
(Schéma tiré de la formation des personnes ressources régionales pour les professionnels des
commissions scolaires. (2006). Orsolini, L., Payette, D., Camirand, J. Martel, S., Fréchette, K., Provost,
D. et Paquin, N.)

Entre ce que l'élève peut effectuer tout seul, et ce qu'il est capable d'effectuer avec
l'aide d'un adulte ou d'un pair, on trouve la ZPD : ce que l'élève saura bientôt faire
par lui-même, ce qu'il parvient actuellement à réaliser avec l'aide d'autrui. Ainsi,
en collaboration, sous la direction et avec l'aide de l’enseignant, l'élève peut
résoudre des problèmes plus difficiles que lorsqu'il agit tout seul.

3.2. Le conflit sociocognitif

Parmi les principes du socioconstructivisme, la confrontation de l’apprenant à des


points de vue différents de ses savoirs antérieurs, ce qui peut créer chez lui un
conflit sociocognitif, l’obligeant à écouter l’autre, à enrichir ses connaissances,
ou à modifier ses conceptions pour réajuster sa vision du réel.

II- SOCIOCONSTRUCTIVISME : INTERACTION, APPORTS ET


CRITIQUES

1- L’importance du contexte social

1. 1.L’apprenant actif

Le socioconstructivisme considère l’apprentissage comme un processus actif dans


lequel les apprenants doivent apprendre à découvrir des principes, des concepts et
des faits par eux-mêmes. Cette approche ne considère pas la classe comme un lieu
où l’enseignant/le tuteur déverse ses connaissances sur des étudiants passifs, mais
met l’accent sur la manière dont les étudiants doivent s’impliquer activement dans
leur propre processus d’apprentissage.

17
1.2. L’interaction sociale et la création de sens

L’un des principaux axes du socioconstructivisme est le rôle que jouent


l’interaction sociale. Et également les processus sociaux dans la création de
connaissances. Vygotsky pensait que l’apprentissage et le contexte social sont
inséparables. Il affirmait que toute fonction cognitive commence comme un
produit des interactions sociales. Le socioconstructivisme requiert un élément
primaire, deux participants ou plus. Ces participants s’impliquent dans une
certaine forme d’interaction pour la construite de la connaissance. Ils doivent
avoir connaissance d’une expérience sociale antérieure.

C’est une compréhension partagée entre des individus. En plus, l’interaction se


base sur des intérêts communs qui constituent le fondement de leur
communication. Par conséquent, au cours de l’interaction entre les participants,
cette connaissance préalable s’échange dans une transaction. Le but est de
négocier un sens. Ce sens ne se base pas sur le langage, mais peut aussi être le
produit d’actions. Ainsi, la construction de significations sociales implique une
intersubjectivité entre les individus. Et toute signification personnelle façonnée
par ce biais sera affectée par l’intersubjectivité de la communauté à laquelle les
personnes appartiennent.

2. L’importance de la culture

L’un des points essentiels du socioconstructivisme est la valeur du contexte


culturel. Chaque être humain se développe dans le contexte d’une culture. En
d’autres termes, l’apprentissage d’un enfant est affecté par la culture de sa famille
dans laquelle il est élevé. Selon le socioconstructivisme, la culture fournit à
l’enfant une grande partie du contenu de sa pensée, c’est-à-dire de ses
connaissances. Deuxièmement, elle fournit à l’enfant les outils cognitifs
nécessaires à son développement. La culture peut donc enseigner aux enfants ce
qu’il faut penser, mais également comment penser. Les adultes dans

18
l’environnement de l’enfant sont les vecteurs de ces outils. Ils comprennent la
langue, l’histoire culturelle, le contexte social et, plus récemment, les sources
d’informations électroniques.

Le rôle de la culture dans l’apprentissage est complexe. Bruner a déclaré que ce


qu’une personne apprend est encadré par la culture environnante. En plus,
l’apprentissage est un partage de cette culture. Ainsi, selon Bruner, tout
apprentissage est une induction dans une culture, y compris toutes les valeurs de
cette culture.

L’interaction sociale, par le biais du travail en groupe avec des pairs, est
essentielle au socioconstructivisme. De plus, ces interactions entre groupes de
pairs créent une culture ouverte à l’apprentissage. L’interaction sociale avec les
autres enfants, les adultes et le monde physique est importante. Cette interaction
développe les capacités de réflexion de l’enfant. Le socioconstructivisme
encourage l’apprenant à parvenir à sa propre version de la vérité, influencée par
sa culture. Le langage, la logique et d’autres systèmes de symboles sont hérités
par l’apprenant en tant que membre d’une culture particulière. Ils sont appris tout
au long de la vie de l’apprenant.

Cependant, il arrive que les enfants aient des difficultés à apprendre. Tout
simplement, parce que l’enseignement dispensé par un enseignant ou un tuteur ne
correspond pas aux valeurs culturelles de l’enfant.

3. Rôle de l’enseignant
• En plus qu’il soit un transmetteur de connaissances, l’enseignant est un
guide, une personne ressource, un régulateur, un médiateur.
• Favoriser une construction en commun de la connaissance fondée sur la
coopération entre pairs.

19
• Proposer à l’élève des situations d’apprentissage diversifiées qui visent sa
zone proximale de développement.

4. Rôle de l’élève
Par essai et erreur, l'élève sera en mesure de comparer les conceptions qu'il
possède déjà avec ses nouvelles expériences.

5. Apports du socioconstructivisme
• L'apprenant est au centre de l'apprentissage, il est responsable de sa
formation, il est plus autonome.
• Encourager le travail coopératif qui est plus constructif et plus motivant
pour l’apprenant.
• L'enseignant n’est plus un détenteur de savoir, guidant l'apprenant pas à
pas.
• L'apprenant mémorise mieux en réalisant des actions réelles.
L'erreur fait partie de l'apprentissage.

6-Critique du socioconstructivisme

Alors que le socioconstructivisme se considère comme une métaphore majeure de


l’apprentissage depuis les années 1980 (Gergen, 1985 ; Mayer, 1996) et qu’il a
été loué pour son appréciation à la fois de la subjectivité interne de l’expérience
d’apprentissage chez l’individu et de l’importance de l’environnement social
interactif, il a plus récemment fait l’objet d’un certain nombre de critiques (Fox,
2001 ; Philips, 1995). Phillips (1995), qui a loué le socioconstructivisme pour son
appréciation de la valeur de la participation active de l’apprenant et de la nature
sociale de l’apprentissage, a critiqué le relativisme épistémologique de la doctrine.
En d’autres termes, la nature de la connaissance n’existe que par rapport à la
culture et à la société. Des difficultés particulières surgissent dans le débat
concernant la nature relative de la construction de la connaissance entre le

20
personnel et le communautaire. La critique vient du fait que le
socioconstructivisme a mis l’accent sur le rôle du social et du collectif tout en
ignorant le rôle de l’individu.

Une autre critique du socioconstructivisme vient de Fox (2001). Il affirme que le


socioconstructivisme est trop prompt à rejeter le rôle de la perception passive et
de la mémorisation dans l’apprentissage. Il suggère que tous les apprentissages
superficiels ne sont pas nécessairement de mauvaise qualité et peuvent parfois être
significatifs. Fox soutient également que le socioconstructivisme n’aborde pas la
manière dont le monde extérieur se relie à l’esprit intérieur (Fox, 2001).

D’autres chercheurs (Biggs, Jin et Cortazzi) ont noté que les approches
d’enseignement socioconstructivistes, c’est-à-dire l’interaction en petits groupes,
ne garantissent pas toujours l’efficacité de l’enseignement. Et, à l’inverse, que
l’enseignement dans des classes nombreuses de 50 à 70 étudiants en Chine ne
signifie pas toujours que l’enseignement est voué à l’échec.

Tableau : Comparaison entre le constructivisme et le socioconstructivisme


Constructivisme (Piaget) Socioconstructivisme ou constructivisme social
(Vygotsky)

1- Socialisation de l’apprentissage ('apprendre en


1- Individualisation de l’apprentissage groupe, de façon collective)
Principes 2- On apprend par interaction sociale
2- L’élève occupe une place centrale dans
3- Pédagogie de la médiation (le médiateur intervient
le processus d’apprentissage, on apprend
entre l’apprenant et son environnement)
par l’action (autonomie de l’apprenant)
4- Le rôle du langage dans le développement de la
3- Pédagogie de la découverte (par
connaissance est crucial
expérience)
4- Le rôle du langage dans le
développement de la connaissance est
secondaire

21
Notions -Conflit cognitif -Conflit sociocognitif
-Assimilation, Accommodation, -Zone de proche développement (ZPD)
-Equilibration

Enseigner Offrir des situations obstacles qui Organiser des situations d’apprentissage propices au
c’est… permettent l’élaboration de représentations dialogue en vue de provoquer et de résoudre des
adéquates du monde conflits sociocognitifs

Apprendre - Construire et organiser ses connaissances -Co-construire ses connaissances en confrontant ses
c’est… par son action propre connaissances à celles d’autrui

Le rôle de Il propose une tâche complexe aux apprenants et se met en retrait pour qu’ils utilisent leurs propres
l’enseignant stratégies pour résoudre le problème seuls.

Constructivisme (Piaget) Socioconstructivisme ou constructivisme social


(Vygotsky)

Le rôle de -Construire seul des savoirs relatifs à un - Construire au sein d’un groupe des savoirs relatifs
l’apprenant problème à résoudre à un problème à résoudre

Avantages -Construction individuelle et sociale des savoirs complexes

-Meilleures fixation et transfert des apprentissages

-Meilleure efficacité du fait de la prise en compte des différences interindividuelles

- Favoriser l’autonomie
Inconvénients -Coûteux en temps
- Haut niveau de compétence de l’enseignant (conception situation-problème, gestion des
communications…)
- Ne vaut pas pour tous les savoirs (on ne peut découvrir par soi-même tous les savoirs)
- La phase de déstabilisation est délicate pour certains apprenants (ceux en grande difficulté)

22
PARTI III :

APPROCHES PEDAGOGIQUES, OUTILS, METHODES ET MISE EN


PRATIQUE DU CONSTRUCTIVISME

I-APPROCHES PEDAGOGIQUES CONSTRUCTIVISTES

• 1. Apprentissage par résolution de problèmes

L'apprentissage par résolution de problèmes : cette approche consiste à proposer


aux étudiants des problèmes complexes à résoudre en utilisant leurs connaissances
préalables et en cherchant de nouvelles informations. Les étudiants travaillent en
groupes pour trouver des solutions, ce qui leur permet de développer leur esprit
critique et leur capacité à travailler en équipe.

• 2. Apprentissage par projet

L'apprentissage par projet : cette approche implique de donner aux étudiants un


projet à réaliser qui nécessite l'utilisation de connaissances et de compétences
spécifiques. Les étudiants travaillent en groupes pour mener à bien le projet, ce
qui leur permet de développer leur créativité et leur capacité à travailler en équipe.

• 3. Apprentissage par exploration

L'apprentissage par exploration : cette approche consiste à permettre aux étudiants


d'explorer un sujet par eux-mêmes en utilisant des ressources telles que des livres,
des vidéos ou des articles. Les étudiants travaillent en autonomie pour trouver des
informations sur le sujet, ce qui leur permet de développer leur capacité à prendre
des décisions et à travailler de manière indépendante.

• 4. Apprentissage collaboratif

L'apprentissage : cette approche met l'accent sur le travail en groupe et la


collaboration entre les étudiants. Les étudiants travaillent ensemble pour résoudre

23
des problèmes ou pour réaliser des projets, ce qui leur permet de développer leur
capacité à communiquer, à écouter les autres et à travailler en équipe.

Ces approches pédagogiques constructivistes mettent l'accent sur l'implication


active des étudiants dans leur propre apprentissage. Ils sont encouragés à
participer activement à la recherche et à la construction de leur propre savoir,
plutôt que de simplement écouter et mémoriser des informations présentées par
l'enseignant. Cela permet aux étudiants de développer des compétences clés telles
que la pensée critique, la créativité, la prise de décision, la communication et le
travail d'équipe.

II-LES OUTILS ET METHODES PEDAGOGIQUES CONSTRUCTIVISTES

• 1. Tâche complexe

La tâche complexe : Une tâche complexe est une activité d'apprentissage qui
demande aux étudiants d'appliquer leurs connaissances et leurs compétences pour
résoudre un problème ou accomplir une tâche authentique. Cette approche permet
aux étudiants de développer des compétences de pensée critique, de résolution de
problèmes et d'application des connaissances dans des contextes réels.

• 2. Situation-problème

La situation-problème : Une situation-problème est une situation concrète qui


présente un défi ou une question à résoudre. Les étudiants sont encouragés à
analyser la situation, à poser des questions, à rechercher des informations
pertinentes, à générer des hypothèses et à proposer des solutions. Cette approche
favorise le développement de la pensée critique, de la créativité et de la résolution
de problèmes.

24
• 3. Simulation

La simulation : Les simulations permettent aux étudiants de vivre des expériences


pratiques dans un environnement contrôlé et réaliste. Par exemple, une simulation
de gestion d'entreprise ou de laboratoire scientifique. Cela permet aux étudiants
d'appliquer leurs connaissances et leurs compétences dans des situations
concrètes, de prendre des décisions et d'observer les conséquences de leurs
actions.

• 4. Métacognition

La métacognition : La métacognition est la capacité de réfléchir sur ses propres


processus de pensée et d'apprentissage. Les étudiants sont encouragés à prendre
conscience de leurs propres stratégies d'apprentissage, à évaluer leur
compréhension, à surveiller leur progression et à ajuster leurs méthodes d'étude.
La métacognition favorise l'autorégulation de l'apprentissage et permet aux
étudiants de devenir des apprenants plus efficaces et autonomes.

• 5. Réflexion sur l'apprentissage

La réflexion sur l'apprentissage : La réflexion sur l'apprentissage consiste à


encourager les étudiants à réfléchir sur leurs propres expériences d'apprentissage,
leurs idées, leurs défis et leurs progrès. Cela peut se faire à travers des journaux
réflexifs, des discussions en groupe ou des présentations orales. La réflexion sur
l'apprentissage permet aux étudiants de prendre du recul, d'évaluer leur
compréhension et de développer une conscience métacognitive de leurs propres
processus d'apprentissage.

Ces outils et méthodes pédagogiques constructivistes sont conçus pour


encourager l'engagement actif des étudiants dans leur apprentissage, pour
développer leurs compétences de pensée critique, de résolution de problèmes et
d'autorégulation, et pour favoriser la réflexion sur leurs propres expériences
d'apprentissage. Ils visent à transformer les étudiants en apprenants autonomes,

25
capables de construire et d'appliquer leurs connaissances de manière efficace et
pertinente.

III-LA MISE EN PRATIQUE DU CONSTRUCTIVISME

• 1. Avantages et les limites du constructivisme

Les avantages et les limites du constructivisme : Cette section aborde les


avantages et les limites de l'approche constructiviste. Parmi les avantages, on peut
citer l'engagement accru des apprenants, leur capacité à construire des
connaissances significatives et durables, ainsi que le développement de
compétences transversales telles que la résolution de problèmes et la pensée
critique. Parmi les limites, on peut citer la difficulté de mise en œuvre pour les
enseignants, le temps nécessaire pour construire des connaissances, ainsi que la
difficulté à évaluer l'apprentissage.

• 2. Critères d'évaluation de l'apprentissage

Les critères d'évaluation de l'apprentissage : Cette section aborde les critères


d'évaluation de l'apprentissage dans une approche constructiviste. Les critères
d'évaluation doivent être en lien avec les objectifs d'apprentissage et doivent
permettre de mesurer les compétences développées par les apprenants. Les
évaluations doivent également être formatives et permettre aux apprenants de
comprendre leur niveau de compréhension.

• 3. Stratégies d'enseignement constructivistes

Les stratégies d'enseignement constructivistes : Cette section aborde les stratégies


d'enseignement à adopter dans une approche constructiviste. Parmi ces stratégies,
on peut citer l'encouragement à l'exploration, la création d'environnements
d'apprentissage stimulants, l'utilisation de tâches complexes et la promotion de la
métacognition.

26
• 4. Applications du constructivisme dans d'autres domaines que l'éducation

Les applications du constructivisme dans d'autres domaines que l'éducation : Cette


section aborde les applications possibles du constructivisme dans d'autres
domaines que l'éducation, tels que le monde professionnel ou le domaine de la
santé. Le constructivisme peut permettre de développer des compétences
transversales telles que la résolution de problèmes et la pensée critique.

Le constructivisme n'est pas seulement une méthode d'enseignement, mais il peut


également être appliqué dans d'autres domaines tels que le monde professionnel
ou le domaine de la santé. Les compétences transversales telles que la résolution
de problèmes et la pensée critique sont essentielles pour les professionnels de tous
les domaines. Le constructivisme peut aider à développer ces compétences en
permettant aux individus de construire leur propre compréhension et leur propre
manière d'aborder les problèmes.

EXEMPLE

Dans le monde professionnel, le constructivisme peut être utilisé pour favoriser


l'apprentissage et le développement des employés. Les travailleurs peuvent être
encouragés à réfléchir à leurs propres pratiques et à construire leur propre
compréhension des processus et des tâches. Cela peut aider à améliorer l'efficacité
et la productivité dans le milieu de travail.

Dans le domaine de la santé, le constructivisme peut aider les patients à prendre


en charge leur propre santé en leur permettant de construire leur propre
compréhension de leur état de santé et de leurs options de traitement. Les patients
peuvent être encouragés à poser des questions et à explorer différentes options de
traitement pour trouver ce qui convient le mieux à leurs besoins individuels.

En somme, le constructivisme peut être appliqué dans de nombreux domaines


pour favoriser l'apprentissage et le développement des individus, ainsi que pour
améliorer l'efficacité et la productivité dans les milieux professionnels.

27
EXEMPLE de situation où l'étudiant peut construire son propre savoir :

Dans un cours de biologie, l'enseignant peut présenter aux étudiants une situation-
problème où ils doivent trouver la cause de la mort soudaine de plusieurs poissons
dans un lac. Les étudiants doivent travailler en groupe pour recueillir des
informations sur le lac, son écosystème et les différents organismes qui y vivent.
Ils doivent ensuite discuter et proposer des hypothèses sur la cause de la mort des
poissons, tout en justifiant leur raisonnement en utilisant des concepts de biologie
appris précédemment en cours. Les étudiants doivent également proposer des
solutions pour empêcher que cela ne se reproduise.

Cette situation-problème permet aux étudiants de construire leur propre savoir en


travaillant en groupe, en cherchant des informations, en réfléchissant et en
appliquant leurs connaissances de biologie pour résoudre un problème concret. Ils
doivent également utiliser leur pensée critique pour évaluer les différentes
hypothèses proposées par le groupe et justifier leur propre raisonnement.

CAS PRATIQUE

La construction de son propre savoir implique un processus actif de l'apprenant,


qui doit être engagé dans l'acquisition de nouvelles connaissances et compétences.
Voici quelques étapes qui peuvent aider à construire son propre savoir :

1. Identifier les lacunes dans ses connaissances : Pour construire son propre
savoir, il est important de prendre conscience de ce que l'on sait et de ce que l'on
ne sait pas encore. Il est donc important d'identifier les lacunes dans ses
connaissances et de définir ses objectifs d'apprentissage.

2. Rechercher l'information : Une fois que les lacunes dans ses connaissances
ont été identifiées, il est important de rechercher l'information pertinente. Il existe
différentes sources d'information telles que les livres, les articles, les vidéos, les
podcasts, etc.

28
3. Analyser et évaluer l'information : Une fois que l'information a été
rassemblée, il est important de l'analyser et de l'évaluer pour en comprendre la
pertinence et la fiabilité. Cela permet de construire des connaissances solides et
fiables.

4. Appliquer les connaissances : La connaissance seule n'est pas suffisante. Il


est important d'appliquer les connaissances dans des situations réelles pour les
consolider et les intégrer dans ses compétences.

5. Réfléchir sur ses apprentissages : La réflexion sur ses apprentissages est


une étape cruciale pour la construction de son propre savoir. Cela permet de
prendre du recul sur ce qui a été appris et de réfléchir sur les processus
d'apprentissage eux-mêmes.

6. Pratiquer l'auto-évaluation : Il est important de pratiquer l'auto-évaluation


pour mesurer ses progrès et identifier les points à améliorer. Cela permet de
réguler son apprentissage et de continuer à construire son propre savoir de
manière efficace.

CAS PRATIQUE : Imaginons un étudiant qui étudie l'histoire de l'art et qui


s'intéresse particulièrement à l'art du XIXe siècle. Dans le cadre de son cours,
l'étudiant a appris les différentes techniques et styles artistiques de cette période,
mais il souhaite en savoir plus sur un artiste en particulier : Vincent van Gogh.

Pour construire son propre savoir sur Vincent van Gogh, l'étudiant pourrait :

1. Chercher des sources d'information : L'étudiant pourrait commencer par


chercher des sources d'information fiables sur Vincent van Gogh, telles que des
livres ou des articles universitaires, mais aussi des ressources en ligne, telles que
des musées en ligne ou des archives.

2. Analyser les sources d'information : L'étudiant pourrait analyser ces


sources d'information pour comprendre les différentes interprétations et

29
perspectives sur Vincent van Gogh. Il pourrait comparer les différentes sources et
s'interroger sur leurs points communs et leurs divergences.

3. Faire des liens avec ses connaissances antérieures : L'étudiant pourrait faire
des liens avec ses connaissances antérieures sur l'histoire de l'art et le contexte
social et culturel de l'époque de Vincent van Gogh. Il pourrait ainsi mieux
comprendre les influences et les motivations de l'artiste.

4. Formuler ses propres idées : L'étudiant pourrait ensuite formuler ses


propres idées sur Vincent van Gogh, en se basant sur les informations qu'il a
collectées et sur ses réflexions personnelles. Il pourrait par exemple se demander
en quoi l'œuvre de l'artiste reflète les tensions sociales et politiques de son époque,
ou comment ses techniques de peinture ont influencé les mouvements artistiques
ultérieurs.

En utilisant ces différentes étapes, l'étudiant construit son propre savoir sur
Vincent van Gogh et développe sa capacité à raisonner de manière autonome et
critique sur un sujet donné.

NB :(Vincent van Gogh était un peintre post-impressionniste néerlandais du XIXe


siècle. Il est considéré comme l'un des plus grands artistes de tous les temps et a
eu une influence considérable sur l'art moderne. Van Gogh a produit plus de 2 000
œuvres d'art au cours de sa vie, dont des peintures à l'huile, des aquarelles et des
dessins au crayon. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on trouve "La nuit étoilée",
"Les tournesols", "La chambre à coucher" et "Autoportrait à l'oreille bandée". Van
Gogh a connu une vie difficile et tumultueuse, marquée par des problèmes de
santé mentale, des difficultés financières et des relations tumultueuses. Il est
décédé à l'âge de 37 ans, apparemment par suicide).

CAS PRATIQUE : utilisation du constructivisme dans la résolution de conflits ou


d'une situation

30
Le constructivisme peut être utilisé pour résoudre des conflits ou des situations en
encourageant les parties prenantes à construire ensemble une compréhension
commune de la situation et à élaborer des solutions de manière collaborative. Les
étapes suivantes peuvent être utiles pour appliquer le constructivisme à la
résolution de conflits ou de situations :

1. Définir le problème ou la situation : Les parties prenantes doivent


comprendre et définir ensemble le problème ou la situation pour élaborer une
compréhension commune.

2. Identifier les idées préconçues et les perspectives différentes : Les parties


prenantes doivent identifier leurs propres idées préconçues et perspectives
différentes, ainsi que celles des autres parties prenantes, pour comprendre les
différences de perception.

3. Élaborer une compréhension commune : Les parties prenantes doivent


travailler ensemble pour élaborer une compréhension commune du problème ou
de la situation.

4. Explorer les options de solutions : Les parties prenantes doivent explorer


ensemble les options de solutions en se basant sur leur compréhension commune
du problème ou de la situation.

5. Élaborer un plan d'action collaboratif : Les parties prenantes doivent


élaborer ensemble un plan d'action collaboratif pour mettre en œuvre les solutions
choisies.

En appliquant cette méthode, les parties prenantes peuvent construire ensemble


une compréhension commune du problème ou de la situation, ce qui peut
contribuer à une résolution de conflits ou de situations plus efficace et durable.

31
CAS PRATIQUE : Le constructivisme est une approche qui peut être appliquée
dans différents domaines de la vie quotidienne. Voici quelques exemples :
1. Dans l'apprentissage personnel : Le constructivisme encourage
l'apprentissage autonome et la construction de sa propre connaissance. Vous
pouvez appliquer cette approche en vous engageant dans des activités
d'apprentissage en ligne, en lisant des livres sur des sujets qui vous intéressent et
en expérimentant de nouvelles compétences.

2. Dans le domaine professionnel : Le constructivisme peut aider à développer


des compétences de résolution de problèmes et de pensée critique, ce qui peut être
utile dans le milieu professionnel. Vous pouvez appliquer cette approche en
cherchant des solutions créatives à des problèmes au travail, en recherchant
activement des idées novatrices et en cherchant des occasions d'apprendre de
nouvelles compétences.

3. Dans les relations interpersonnelles : Le constructivisme peut aider à


améliorer les relations interpersonnelles en encourageant une communication
ouverte et honnête. Vous pouvez appliquer cette approche en écoutant activement
les opinions des autres, en évitant les jugements hâtifs et en cherchant à
comprendre leur point de vue.

En somme, l'application du constructivisme dans la vie quotidienne consiste à


chercher activement des opportunités d'apprentissage et à encourager une
approche ouverte et collaborative de la résolution de problèmes et des relations
interpersonnelles.

CAS PRATIQUE : Le constructivisme peut être appliqué dans la société de


différentes manières, notamment en encourageant les individus à adopter une
attitude réflexive et critique dans leur approche de l'apprentissage, du travail et
des interactions sociales.

32
EXEMPLES :
• Dans les entreprises : les employeurs peuvent encourager les employés à
participer à des projets collaboratifs qui favorisent la créativité, la réflexion
critique et la résolution de problèmes. Les employeurs peuvent également
encourager la formation continue et l'auto-apprentissage pour aider les employés
à développer de nouvelles compétences et à élargir leurs connaissances.

• Dans les gouvernements : les politiques publiques peuvent être développées


de manière à encourager la participation active et la prise de décision par les
citoyens, en leur donnant la possibilité de contribuer à la définition des politiques
publiques et de participer à leur mise en œuvre.

• Dans les écoles et les universités : les enseignants peuvent utiliser des
méthodes pédagogiques constructivistes pour aider les élèves à construire leur
propre savoir et à développer leur pensée critique et leur créativité. Ils peuvent
également encourager la participation active des étudiants à travers des projets
collaboratifs, des discussions en classe et des activités de réflexion.

En appliquant les principes du constructivisme dans la société, nous pouvons aider


à développer des individus plus autonomes, créatifs et critiques, capables de
résoudre des problèmes de manière efficace et de contribuer à des communautés
plus résilientes et plus solidaires.

CONCLUSION

Le constructivisme est une approche pédagogique riche et stimulante qui permet


aux apprenants de construire des connaissances significatives et durables, tout en
développant des compétences transversales essentielles. Cependant, il est
important de prendre en compte les limites et les critiques du constructivisme et
de continuer à réfléchir à sa mise en œuvre dans un contexte en constante
évolution.

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BIBLIOGRAPHIE

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paradigmes. Québec français, (119), 37–40.
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vivre de véritables situations-problèmes en TECHNOLOGIE.
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socioconstructivisme.
Piaget, J., La naissance de l’intelligence chez l’enfant. Neuchâtel, Paris :
Delachaux et Nestlé. 1977a [1936].
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• Vygotsky, L., Pensée et langage (tr. fr.). Paris : La dispute. 1997 [1934].
Piaget, J. (1970). Genetic Epistemology. Columbia University Press.
Ce livre fondateur présente les théories du psychologue suisse Jean Piaget sur le
développement cognitif et le constructivisme.
• Vygotsky, L. S. (1978). Mind in Society: The Development of Higher
Psychological Processes. Harvard University Press.
Ce livre examine les idées de Lev Vygotsky, psychologue soviétique, sur le
développement de l'esprit et la construction sociale de la connaissance.
• Papert, S. (1980). Mindstorms: Children, Computers, and Powerful Ideas.
Basic Books.
Seymour Papert explore le potentiel du constructivisme dans l'apprentissage en
utilisant des ordinateurs et des technologies.
• Duffy, T. M., & Jonassen, D. H. (Eds.). (1992). Constructivism and the
Technology of Instruction: A Conversation. Routledge.

34
Ce livre offre une collection d'essais qui examinent les relations entre le
constructivisme et les technologies éducatives.
• Jonassen, D. H. (1999). Designing Constructivist Learning Environments.
Educational Technology Publications.

David Jonassen présente des principes et des stratégies pour la conception


d'environnements d'apprentissage constructivistes.
Brooks, J. G., & Brooks, M. G. (1999). In Search of Understanding: The Case for
Constructivist Classrooms. ASCD.
Ce livre met en évidence les éléments clés des salles de classe constructivistes et
fournit des conseils pratiques pour les enseignants.
• Siemens, G. (2004). Connectivism: A Learning Theory for the Digital Age.
International Journal of Instructional Technology and Distance Learning.
Cet article de George Siemens explore le concept de connectivisme, une extension
du constructivisme adaptée à l'ère numérique.
• Jonassen, D. H., Howland, J., Moore, J., & Marra, R. M. (2007). Learning
to Solve Problems: A Handbook for Designing Problem-Solving Learning
Environments. Routledge.

Ce manuel propose des approches constructivistes pour la résolution de problèmes


et fournit des conseils pratiques pour la conception d'environnements
d'apprentissage axés sur la résolution de problèmes.
• Kafai, Y. B., & Resnick, M. (Eds.). (1996). Constructionism in Practice:
Designing, Thinking, and Learning in a Digital World. Lawrence Erlbaum
Associates.
Ce livre explore le concept de constructionnisme, une approche proche du
constructivisme qui met l'accent sur la création de produits tangibles dans
l'apprentissage.

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