I L’INSUFFISANCE RÉNALE
I.1 L’INSUFFISANCE RÉNALE (IR)
Maladie rénale ≠ Insuffisance rénale
- On peut avoir une MALADIE RENALE (=néphropathie) sans insuffisance rénale !
- Beaucoup de maladies rénales évoluent longtemps sans aucune IR au départ, par
exemple :
- diabète (début de la néphropathie diabétique = apparition d’une petite fuite d’albumine
dans les urines (micro-albuminurie), apparaît bien avant l’IR !)
• L’IR est un des signes d’une maladie rénale, mais elle arrive souvent tardivement quand
cette « maladie rénale » est déjà bien évoluée.
• Il faut donc savoir chercher d’autres signes de « maladie rénale » (parfois présents bien
avant l’IR) :
- Hématurie, protéinurie/albuminurie (la bandelette urinaire +++)
- œdèmes
- HTA
- oligo-anurie, aspect des urines…
I.1.1 Définition de l’IR :
- élévation de la « créatininémie » (créatinine dans le sang)
ou
- diminution de la « clairance de la créatinine » (plus fiable que la créatininémie) A
L’insuffisance rénale, une « maladie silencieuse »
Le rein joue le rôle de centrale d’épuration de l’organisme. L’insuffisance rénale
chronique désigne la diminution progressive, prolongée et irréversible des fonctions du rein.
Cette maladie « silencieuse » s’installe petit à petit, mais de manière définitive en détruisant
les néphrons (unités fonctionnelles du rein). Le plus souvent aucun symptôme particulier n’est
ressenti.
I.1.2 Les fonctions du rein
Excrétion :
- de l’eau
- et des déchets de l’organisme
• Électrolytes (sodium, potassium, phosphore,…)
• PETITES protéines :
pas l’albumine (trop grosse)
Mais la créatinine, l’urée, chaînes d’anticorps,…
• Certains médicaments,…
Sécrétion (d’hormones) :
- EPO = érythropoïétine
- Rénine
- enzyme un-alpha-hydroxylase qui active la vitamine D (la fonction de sécrétion
n’est touchée qu’en cas d’insuffisance rénale chronique)
Régulation de la tension :
- Système rénine-angiotensine-aldostérone (vasoconstriction, volémie)
- réabsorption de sel et d’eau par les reins (volémie)
I.1.3 Particularité du rein
Les reins se trouvent dans la région lombaire de chaque cote de la colonne vertébrale.
Ils sont gros comme un poing, ont la forme d’un haricot et pèsent chacun environ 100 à 150 g
chez l’adulte. Ils sont faits de milliers d’unités fonctionnelles nommées les néphrons.
I.3 L’INSUFFISANCE RÉNALE AIGUË (IRA)
I.3.1 Insuffisance Rénale Aiguë (IRA)
• Altération de la fonction rénale
• rapide (en quelques heures ou quelques jours)
• et potentiellement réversible
>>> Pour parler d’IRA, il faut donc voir l’évolution des bilans (créatininémies (ou clairances)
antérieures) !
>>> L’IRA est soit fonctionnelle, soit organique.
>>> le plus souvent, l’IRA est fonctionnelle (= pas de lésion organique, mais mécanisme
hémodynamique)
I.3.1.1 Insuffisance Rénale fonctionnelle
- Dans l’IRA fonctionnelle, il n’y a pas de « maladie » rénale (la bandelette urinaire doit
être normale, sinon rechercher une IR « organique » et non fonctionnelle !!)
- L’IRA fonctionnelle est le plus souvent liée à une déshydratation.
I.3.1.2 Traiter la cause de l’IR (la maladie rénale)
- Dériver les urines dans une NP obstructive
- Réhydrater une IRA fonctionnelle sur déshydratation
- Diurétique une IRA fonctionnelle sur décompensation cardiaque
- Immunosuppresseurs dans une glomérulopathie (endoxan, bolus de corticoïdes,…),
échanges plasmatiques… (pour stopper l’inflammation qui détruit les glomérules)
• Equilibrer un diabète (HbA1c<6%) ou une HTA (> 13/8) pour protéger les reins…
I.4 L’INSUFFISANCE RÉNALE CHRONIQUE = INSUFFISANCE RENALE
ORGANIQUE
I.4.1 Mesure de la fonction rénale
Comment estime-t-on la fonction rénale ? Grace au taux de créatinine dans le sang, on
évalue la filtration glomérulaire (FG). Celle-ci mesure la fonction du rein.
On parle d’une insuffisance chronique :
- avec FG normale (supérieure à 90 ml/min) en présence d’une albuminurie
- légère lorsque la FG est entre 60 et 89 ml/min
- modérée lorsque la FG est entre 30 et 59 ml/min
- sévère lorsque la FG est entre 15 et 29 ml/min
- terminale lorsque la FG est inférieure à 15 ml/min.
I.4.2 Normes usuelles
- Créatinine : entre 62 et 106 μmol/L
- Urée : entre 2,8 et 7,1 mmol/L
- Potassium : entre 3,6 et 4,6 mmol/L
I.4.3 Comment découvre-t-on cette maladie ?
Lors d’un bilan pour une tension artérielle élevée
- L’insuffisance rénale peut provoquer une hypertension artérielle
- pour deux raisons :
- d’une part, en cas de moins bon fonctionnement des reins, le
- sodium (sel) s’accumule dans le sang favorisant la rétention
- d’eau. Celle-ci augmente la pression artérielle.
- d’autre part, la régulation hormonale de la tension artérielle dépendant
- du rein dysfonctionne.
- L’hypertension peut apparaitre au début de la maladie lorsque les
- reins fonctionnent à 90%.
Avec l’apparition d’un ou de plusieurs symptômes
- Les signes se manifestent quand il y a environ 70% de perte de
- la fonction glomérulaire (FG) :
- fatigue, asthénie
- troubles digestifs : nausées, vomissements
- manque d’appétit
- dégout de la viande
- troubles du sommeil
- maux de tête
- démangeaisons
- crampes musculaires, impatiences
- mictions fréquentes, surtout la nuit.
I.4.4 Les Causes
Parmi les plus fréquentes, on trouve :
- une hypertension artérielle dans 31% des cas des (glomerulo) néphrites dans 29% des
cas (causes multiples : infections, cancers, maladies auto-immunes)
- un diabète dans 15% des situations.
Plus rarement, une insuffisance rénale peut avoir pour origine :
- une intoxication ou allergie aux médicaments, aux produits de contraste radiologiques,
aux métaux lourds
- des maladies urologiques (reflux, lithiase rénale).
- Les examens complémentaires permettant de diagnostiquer la cause de l’insuffisance
rénale sont principalement une échographie et une ponction biopsie du rein (PBR,
prélèvement qui sera analyse
I.4.5 Traitements
Il n’existe actuellement aucune thérapie spécifique pour l’insuffisance rénale
chronique.
En revanche, il existe des traitements cibles dans les cas de (glomerulo) néphrites débutantes.
Les traitements proposes agissent sur les causes ou les symptômes de la maladie.
- un antihypertenseur en cas d’hypertension artérielle
- un diurétique en cas d’œdème
- un antidiabétique oral ou un traitement par insuline en cas de diabète
- de l’érythropoïétine, EPO, en cas d’anémie
- des traitements régulateurs du fer, du calcium, du potassium,
- du phosphore ou encore du sodium en cas de troubles électrolytiques
- une substitution en vitamines en cas de carence.
Lorsque les reins ne parviennent plus suffisamment a fonctionner (a environ 10% de FG
restante), des thérapies plus lourdes se substituent a cette fonction vitale défaillante. A ce
stade de la maladie, un traitement par hémodialyse, par dialyse péritonéale ou par greffe
(lorsque celle-ci est envisageable) est nécessaire.
I.5 LA DIETETIQUE
L’insuffisance rénale nécessite d’adapter le régime : diminuer les apports de ce que les
reins ne peuvent plus éliminer. (Suivi +++ par une diététicienne)
I.5.1 Restriction hydrique
- apport maximal autorisé par jour = diurèse/jour + 500 cc
- Ne jamais perfuser un dialysé avec plus de 500 ml/jour (uniquement un garde-veine si
besoin). Remarque : même problème pour les transfusions sanguines qui apportent du
volume : on ne transfuse les dialysés que pendant les séances de dialyse pour retirer le
volume lors de la séance car les culots globulaires apportent du volume (et du
potassium !)
I.5.2 Apport protéique
- Normo-protéiné
I.5.3 Apport sodé
- Réduit (6 g/j)
- Sel +++ sensation de soif augmentation consommation d’eau prise de poids (œdèmes,
HTA)
I.5. 4 Apport potassique
- Réduit Aliments dangereux : chocolat, banane, noix, cassis, fruits secs….
- Cuire les légumes dans plusieurs eaux
I.5.5 Apport calcique
- déficit en vitamine D « active » chez les dialysés >> le calcium des aliments est
moins absorbé dans l’intestin
- Augmenter les apports calciques en comprimés ++, car les produits laitiers apportent
trop de phosphore en même temps ! = à limiter !)
I.5.6 Apport en phosphore
- limiter les apports en produits laitiers et en protéines animales, riches en phosphore
- Phosphore = mal éliminé par les reins en cas d’insuffisance rénale
- Ce qui provoque : - calcifications des vaisseaux
- stimule la sécrétion de l’hormone parathyroïdienne (fragilise l’os)
I.6 Signes d’alerte
En cas d’apparition ou aggravation d’un des symptômes suivants, consultez votre
médecin :
- fatigue grandissante, plus importante que d’habitude
- pâleur
- difficulté à respirer
- diminution de l’appétit et/ou de l’envie de manger de la viande
- nausées
- démangeaisons
- crampes musculaires et impatiences des jambes
- mictions plus fréquentes ou moins fréquentes que d’habitude
- prise de poids
- troubles de la concentration ou de la mémoire
- sentiment de la solitude ou de dépression.
ANNEXE
Insuffisance rénale aigue Insuffisance rénale stade
Insuffisance rénale stade