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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les B

âtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuation des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

EPIGRAPHE

“Le peu que je sache, je veux le faire connaître, afin


qu’un autre, meilleur que je suis, découvre la vérité,
et que l’œuvre qu’il poursuit sanctionne mon erreur.
Je m’en réjouirai pour avoir été, malgré tout,
cause que cette vérité se fasse jour”.

(Albrecht Dürer)

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

DEDICACE

Je dédie chaleureusement ce mémoire à mon papa . Qu’il soit perçu


comme un résultat de ses multiples sacrifices pour mon éducation.

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

REMERCIEMENTS

Je remercie le Seigneur Dieu tout puissant pour toutes les grâces dont il ne cesse de me
combler, et la réalisation de ce travail en est une.

Je remercie le Pr. Dr.-Hab. NJOMO DONATIEN pour avoir accepté de diriger ces travaux
malgré ses occupations.
Je remercie tous les enseignants du Département de Physique et ceux du LATEE en
particulier pour leur disponibilité et leur désir constant à transmettre les connaissances.
Je remercie M. KOULAGNA Denis pour m’avoir encouragé dans l’aboutissement de cette
formation.
Je remercie chaleureusement toute ma famille pour le soutien immense qu’elle ne cesse de
m’apporter pour mon éducation. Je remercie particulièrement pour cela : Mon papa AYISSI
MBA Celestin, mes mamans : LEBOMO NGA Gisèle et NGA Marguerite, mes frères et
sœurs : NGA Yves Ernest, MBASSIDA AYISSI Joël, NDOMO EDY Patrick, NGA Marie
Ines, MOLO AYISSI Audrey, EKE AYISSI Arlette et tous mes oncles et tantes.
Je suis extrêmement reconnaissant à toutes les personnes qui, sans condition, ont accepté
m’accorder un peu de leur temps au profit de ce travail. Je pense notamment à M. KOUMI
NGO qui m’a accueilli et orienté lors de ma visite d’enquête à l’I.U.T. de Douala ; à Mme
NGOULEU Christiane. S. qui m’a reçu au ministère de l’énergie et de l’eau. A tous les ainés
du LATEE, particulièrement : Magloire NANA, Jean Gaston TAMBA et KODJI.
Toute mon affection à mes amis de la C.A.T. (Cellule des Amis pour le Travail) pour tout le
soutien qu’ils ont accordé quant à la réalisation de ce travail. Je pense ainsi à THOM’S,
LEX, BIL, SAK, PAT, CHA, DENIS, STEPH, ERIC, TASS, ARIEL, PATRICIA,
MIREILLE, ROLAND, CHLOE, BERTHA et QUENTIN.
Mes sincères remerciements à tous mes amis et camarades de promotion pour le climat
favorable et l’engouement au travail que je retiens d’eux.
Je dis merci à tous mes frères du C.R.E.C.K. (Cercle de Réflexion des Etudiants Catholiques
de la Paroisse Saint-Pierre De Kong) pour leurs prières et soutien moral et en particulier à
TCHOUMI Georges qui m’a toujours considéré comme un petit frère et ami.

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

Enfin, je remercie tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont eu une influence bénéfique
quant à l’aboutissement de cette formation et dont je n’ai pu mentionner les noms ici.

RESUME

Le secteur du bâtiment est responsable de plus d’un tiers de la consommation d’énergie et


représente en moyenne 30% des émissions mondiales de Gaz à Effet de Serre (GES). Ce
secteur est par la même occasion, celui qui a le plus gros potentiel de réduction des émissions
liées à l’utilisation de l’énergie. Et, c’est un potentiel exploitable si l’on parvient à mettre en
œuvre les actions nécessaires en termes d’efficacité énergétique (EE) des équipements et de
l’enveloppe des bâtiments résidentiels et tertiaires.

Cela exige, dans une moindre mesure de connaitre le comportement thermique du bâtiment
avec son environnement immédiat. De pouvoir identifier les points de consommation dans le
bâtiment, afin d’appliquer les mesures de réduction au bon endroit.

En plus, il est nécessaire de connaitre comment réduire la consommation d’énergie dans le


bâtiment et ainsi contribuer à l’atténuation de ces émissions de GES grâce à l’EE. L’objectif
étant de montrer que l’EE est une solution adéquate pour la double préoccupation du déficit
énergétique et des effets du changement climatique.

L’EE étant étroitement liée à l’utilisation des énergies nouvelles et renouvelables, il faut de
prime à bord, qu’elles soient intégrées dans ce processus de résolution du problème
énergétique et du changement climatique à travers l’intégration des technologies à énergie
renouvelable dans les bâtiments.

Cependant, des barrières existent pour la mise en œuvre et l’utilisation des techniques et
technologies efficaces et il est clair de pouvoir les identifier, c’est pour cette raison qu’une
analyse de certaines d’entre elles est faite pour le cas particulier du Cameroun.

Mots clés :
Efficacité énergétique, Energie Renouvelable, Bâtiments Résidentiels et Tertiaires, GES,
Emission, CO2, réduction, Consommation d’énergie.

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

ABSTRACT

The building sector is responsible for more than one third of energy consumption and there
for represents about 30% of the global emission of the Green House Gases (G.H.G). This
sector also has the greatest potential involved with the reduction of emissions, linked to
energy use. And, it is a potential that can be exploited if we succeed in putting forth works to
better render energy efficiency to the equipments and the envelope of residential and tertiary
buildings.

This will entail, in one way to know the thermal behavior of our buildings with respect to their
immediate environment. To be able to identify consumption points so as to apply better
reductive measures at the adequate places.

Furthermore, it will be important to reduce consumption and see how to mitigate this G.H.G.
The objective here is to demonstrate that energy efficiency is an adequate solution for the
deficiency in energy and the effects of climate change.

Energy efficiency is directly linked to the usage of new and renewable energy sources. The
reason why, it must be integrated in these processes of energy resolution and climate change
problems. This should be done by the integration of renewable energies technology in
residential and commercial buildings.

Meanwhile, some hindrances to the putting in place and proper usage of these efficient
techniques and technologies exist, it must be important to identify them. That’s the reason
why an analysis has been done particularly for the case of Cameroon.

Key words:
Energy Efficiency, Renewable Energy, Commercial and Residential Buildings, GHG,
Emission, CO2, Energy consumption.

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

SOMMAIRE

EPIGRAPHE ...............................................................................................................................
i
DEDICACES .............................................................................................................................
ii
REMERCIEMENTS .................................................................................................................
iii
RESUME ...................................................................................................................................
iv
ABSTRACT ...............................................................................................................................
v
SOMMAIRE .............................................................................................................................
vi
LISTE DES FIGURES ...............................................................................................................
x
LISTE DES TABLEAUX .........................................................................................................
xi
LISTE DES ABREVIATIONS ................................................................................................
xii
NOMENCLUTURE ................................................................................................................
xiii
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................
1
CHAPITRE I : EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LES BATMENTS : ENJEUX ET
PERSPECTIVES ........................................................................................................................
6
Introduction ............................................................................................................................
7

I.1 Contexte global ............................................................................................................


7
I.1.1 L’efficacité énergétique, un facteur clé du développement économique sobre en
carbone 7
I.1.2 Efficacité énergétique et « décarbonisation » sont complémentaires à des
échéances différentes ..........................................................................................................
9

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

I.2 Le gisement de réductions d’émissions de GES dans le secteur du bâtiment est


vaste,
économique et hétérogène ....................................................................................................
10
I.2.1 Analyse du gisement de réduction des émissions .............................................. 10
I.2.2 Analyse des leviers de réduction des émissions dans le secteur du bâtiment .... 11
I.2.3 Analyse des caractéristiques du secteur du bâtiment ......................................... 13
I.3 Les bénéfices associés à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur du
bâtiment sont très significatifs ..............................................................................................
15
I.4 Politiques et mesures destinées à soutenir l’EE : des effets contrastés et limités .....
15
Conclusion ................................................................................................................................
20
CHAPITRE II : ENERGETIQUE ET PHYSIQUE DES BATIMENTS ................................
21
Introduction ..............................................................................................................................
22
II.1 L’énergie dans le bâtiment ........................................................................................
22
II.1.1 Les points de consommation d'énergie dans le
bâtiment ................................... 22
II.1.2 Le confort dans le
bâtiment ................................................................................ 22
II.2 Quelques rappels de physique du bâtiment : Le transfert d’énergie dans le bâtiment
23
II.3 Les éléments du bilan énergétique ............................................................................. 24
II.3.1 Le diagramme de SANKEY ............................................................................... 24
II.4 Les apports externes ..................................................................................................
25

II.4.1 Rayonnement
solaire .......................................................................................... 25
II.4.2 Rayonnement solaire et
matière ......................................................................... 26

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

II.4.3 Les apports solaires


(QS) .................................................................................... 27
II.4.4 Les parois transparentes de
l’'enveloppe ............................................................ 28
II.4.5 Parois opaques avec isolation
transparente ........................................................ 29
II.4.6 Parois opaques sans
isolation ............................................................................. 29
II.5 Les apports internes ...................................................................................................
30
II.6 Les pertes d’énergie à travers l’enveloppe du bâtiment ...........................................
31
II.6.1 Déperditions par transmission
(HT) .................................................................... 31
II.6.2 Transmission directe vers l'extérieur
(HD) ......................................................... 32
II.6.3 Transmission à travers les espaces non climatisés
(HN) ..................................... 32
II.6.4 Déperditions par le sol
(HS) ................................................................................ 33
II.6.5 Dalle sur
sol ........................................................................................................ 34
II.6.6 Dalle sur vide
sanitaire ....................................................................................... 34
II.6.7 Déperditions par ventilation
(QV) ....................................................................... 35
Conclusion ............................................................................................................................
37
CHAPITRE III : TECHNIQUES D’ATTENUATION DES GES PAR L’UTILISATION
RATIONNELLE DE L’ENERGIE DANS LES BATIMENTS RESIDENTIELS ET
TERTIAIRES ...........................................................................................................................
38
Introduction ..........................................................................................................................
39
III.1 Technique d’efficacité énergétique dans les bâtiments ......................................... 40
III.1.1 Réduction des charges de chauffage, de climatisation et
d’éclairage ................ 40

Rédigé et Soutenu par Page viii


Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

III.1.2 Utilisation de l’énergie solaire et autres sources naturelles de


chaleur .............. 40
III.1.3 Augmentation de l’efficacité des appareils de chauffage, de climatisation et
d’aération ..........................................................................................................................
40 III.1.4 Mise en service et amélioration du service d’entretien ......................................
41

III.1.5 Changement de
comportement ........................................................................... 41
III.1.6 Utiliser des approches systémiques pour la conception des
bâtiments .............. 41
III.1.7 Influence de la forme et de l’orientation du bâtiment sur l’efficacité énergétique
42
III.1.8 Minimiser les émissions
d'halocarbures ............................................................. 42
III.2 L’enveloppe thermique .......................................................................................... 43
III.2.1
L’isolation .......................................................................................................... 43
III.2.2 Les
fenêtres ........................................................................................................ 44
III.2.3 Les fuites
d'air .................................................................................................... 44
III.3 Des systèmes de chauffage .................................................................................... 44
III.3.1 Les systèmes de chauffage utilisés principalement dans les pays industrialisés 45
III.3.2 Les foyers à charbon et la combustion de la biomasse dans les zones rurales
des
pays sous-développés .......................................................................................................
45
III.4 Refroidissement et les charges de refroidissement ................................................ 46
III.4.1 Réduire la charge de
refroidissement ................................................................. 46
III.4.2 Techniques de refroidissement passif et à basse
énergie .................................. 47
III.4.3 Les climatiseurs et les refroidisseurs à compression de
vapeur ......................... 48

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

III.5 Chauffage, ventilation et climatisation (CVCA).................................................... 49


III.5.1 Principes des systèmes
CVC ............................................................................. 49
III.5.2 Alternative aux systèmes CVC dans les
bâtiments ............................................ 50
III.6 Les systèmes de gestion énergétique du bâtiment (SGEB) et la cogenération ...... 51
III.6.1 Les
SGEB ........................................................................................................... 51
III.6.2 La cogénération (chauffage /
refroidissement) ................................................... 51
III.7 Les systèmes d'éclairage ........................................................................................ 51
III.7.1 L'éclairage
électrique .......................................................................................... 52
III.7.2 L’éclairage
traditionnel ...................................................................................... 52
III.8 Appareils ménagers et matériel de bureau ............................................................. 53
III.9 Les économies d'énergie par la rénovation ............................................................ 53
Conclusion ............................................................................................................................
54
CHAPITRE IV : IMPACT DES TECHNOLOGIES A ENERGIES RENOUVELABLES
DANS L’EFFICACITE ENERGETIQUE DES BATIMENTS ..............................................
55
Introduction ..........................................................................................................................
56
IV.1 Les énergies renouvelables .................................................................................... 56
IV.1.1 Energies Renouvelables Conventionnelles ........................................................ 56
IV.1.2 Energies Renouvelables Nouvelles .................................................................... 57
IV.2 Impact des énergies renouvelables sur la consommation énergétique du bâtiment ....
58
IV.2.1 L’énergie solaire dans le bâtiment ..................................................................... 58
IV.2.2 La géothermie ..................................................................................................... 62
IV.2.3 Le bois-énergie ................................................................................................... 65
IV.2.4 L’éolien .................................................................................................................. 68
IV.3 Contribution des technologies à énergies renouvelables à la réduction de l’intensité

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Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

énergétique ...........................................................................................................................
68
Conclusion ............................................................................................................................
69

CHAPITRE V : ANALYSE DES BARRIERES A L’UTILISATION DES TECHNOLOGIES


D’EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LES BATIMENTS AU CAMEROUN ................
70
Introduction ..........................................................................................................................
71
V.1 Le contexte général des émissions des GES et les actions entreprises pour leur
réduction ...............................................................................................................................
72
V.1.1 La consommation
d’énergie ............................................................................... 72
V.1.2 Les émissions
globales ....................................................................................... 75
V.2 Les éléments émetteurs dans le bâtiment résidentiel et tertiaire au Cameroun .........
78
V.3 Les actions entreprises pour la réduction des émissions de GES au Cameroun ........
78
V.3.1 Le projet sur l’augmentation de l’offre en
hydroélectricité : ............................. 79
V.3.2 Le projet sur l’utilisation généralisée d’ampoules fluo-
compactes : .................. 79
V.3.3 Le projet sur la mise en place d’une réglementation sur l’étiquetage et labels
de
performance énergétique : ................................................................................................
79
V.4 Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans
les bâtiments .........................................................................................................................
80
V.4.1 Barrières propres au secteur du
bâtiment ........................................................... 80
V.4.2 Les incitations
déplacées .................................................................................... 81

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Serre (GES) d’Origine Anthropique

V.4.3 Subventions à l'énergie, le non-paiement et le


vol ............................................. 82
V.4.4 Les obstacles
réglementaires .............................................................................. 82
V.4.5 Information
imparfaite ....................................................................................... 83
V.4.6 Barrières
additionnelles ...................................................................................... 83
V.4.7 Synthèse et
questionnement ............................................................................... 84
V.5 Des solutions envisageables et accessibles à tous à moindre coût ............................
84
V.5.1 L’efficacité énergétique active dans les
bâtiments ............................................. 84
V.5.2 La conception
écologique ................................................................................... 85
Conclusion ............................................................................................................................
86
CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS ..................................................
87
BIBLIOGRAPHIE ...................................................................................................................
90
ANNEXES ...............................................................................................................................
92
Annexe 1 : Efficacité des politiques et mesures d’amélioration de l’EE en termes de
réduction des émissions (Source : UNEP 2007) ..................................................................
93
Annexe 2 : Importance des mesures d’EE selon les régions climatiques. (Source : UNEP
2007) .....................................................................................................................................
94
Annexe 3 : Potentiels de réduction par secteur dans les économies en transition. (Source :
Ürge-Vorsatz 2008) ..............................................................................................................
95
Annexe 4 : Chaleur dégagée par les personnes [W] .............................................................
96 LISTE DES FIGURES

Figure1. 1: Changement du ratio TEP/PIB sur la période 1990-2008, décomposé en ratio


Service énergétique/PIB (en rouge) et amélioration de l’efficacité énergétique (en violet).

Rédigé et Soutenu par Page xii


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Serre (GES) d’Origine Anthropique

....................................................................................................................................................
8

Figure1. 2 : Réduction des émissions de CO 2 liées à l’énergie selon les scénarios de


stabilisation des concentrations en CO2 dans l’atmosphère. Source : Waide 2009. ...........
9

Figure1. 3 : Estimation des potentiels économiques de réduction d’émissions de GES par


secteur et par région en fonction du prix du carbone à l’horizon 2030. Source : GIEC,
cité par Ürge-Vorsatz 2009. ...................................................................................................
10

Figure1. 4 : Part des différentes utilisations finales de l’énergie pour les bâtiments
résidentiels et tertiaires dans différents pays. Source : UNEP 2007. .................................
12

Figure2. 1:La bande grisée représente les exigences de confort. C représente la


température extérieure, A un bâtiment bien conçu et B un bâtiment inadapté à son
climat. ......................................................................................................................................
23

Figure2. 2 : Flux globaux d’énergie d’un bâtiment (diagramme de Sandey) ...................


25

Figure2. 3 : Spectre du rayonnement solaire .......................................................................


26

Figure2. 4 : Transmission à travers les espaces non climatisés ..........................................


32

Figure 3. 1: consommation d’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires en


Chine et aux USA (EIA, 2006 and Zhou, 2007) ...................................................................
39

Figure 5. 1: Energie consommée par source et par secteur d’activité en 2008 .................
73

Figure 5. 2 : importance des consommations du secteur résidentiel .................................


74

Figure 5. 3 : proportions d’énergie consommée par source dans le résidentiel en 2008..


75

Rédigé et Soutenu par Page xiii


Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

Figure 5. 4 : Emissions de CO2 du secteur de l’énergie ......................................................


77

Figure 5. 5 : Emission de CO2 par type de bâtiment ...........................................................


77

Figure 5. 6 : Proportion de CO 2 par type de bâtiment .......................................................


78

Figure 5. 7 : Complexité et fragmentation du secteur de la construction – Illustration des


îlots opérationnels. Source : WBCSD 2007, repris par Cheng et al. 2008. .......................
81 LISTE DESTABLEAUX

Tableau 1. 1: Typologie du secteur du bâtiment..................................................................13


Tableau 1. 2: Classification des politiques et mesures destinées à promouvoir l’efficacité
énergétique. Source : D’après Koeppel et al. 2007..............................................................16
Tableau 5. 1: Consommation d’énergie par secteur en 2008 (en Ktep).............................74
Tableau 5. 2 : Evolution de la consommation d’énergie du secteur résidentiel (Ktep)....75
Tableau 5. 3 : Consommation par source d’énergie dans le résidentiel en 2008 (Ktep). .76
Tableau 5. 4 : Les émissions de GES par secteur (en Gg-eq CO2) (CNI) .........................78
Tableau 5. 5 : Répartition des émissions dans le secteur de l’énergie (en Gg)..................78

LISTE DES ABREVIATIONS

ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie


AIE : Agence Internationale de l’Energie
ANME : Agence Nationale de la Maitrise de l’Energie
BIPV : Building Integred Photovoltaic
CEE : Certificats d’Economies d’Energie
CER : Certified Emission Reductions
CCNUCC: Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changements
Climatiques
CNI : Commission Nationale Initiale
CPE : Contrat de Performance Energétique

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Serre (GES) d’Origine Anthropique

CVC : Climatisation, Ventilation, Chauffage


CSPH : Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures
EE : Efficacité Energétique
EEA : Efficacité Energétique Active
ECS : Eau Chaude Sanitaire
ER ou ENR : Energie Renouvelable ESCOs :
Energy Service Companies
EU-ETS: European Union Emission Trading Scheme
GES : Gaz à Effet de Serre
Gg : Giga gramme
GIEC : Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat
Gtep : Giga tonne équivalent pétrole
Ktep : Kilo tonne équivalent pétrole
MDP : Mécanisme de Développement Propre
MOC : Mise en Œuvre Conjointe
OPEP : Organisation des Pays Producteurs de Pétrole
OCDE : Organisation de la Coopération et du Développement Economique
PIB : Produit Intérieur Bruit ppm: Parties par million
POP : Population
PVP : Pays en Voie de Développement
TEP : Tonne Equivalemt Pétrole
RT : Réglementation Thermique
SGEB : Système de Gestion Energétique du Bâtiment
UNEP SBCI : United Nations Environment Programme Sustainable Building &
Construction
WBCSD : World Business Council for Sustainable Development

NOMENCLUTURE

A Aire

Rédigé et Soutenu par Page xv


Contribution de l’Efficacité Energétique dans les Bâtiments Résidentiels et Tertiaires dans l’Atténuat ion des Emissions des Gaz à Effet de
Serre (GES) d’Origine Anthropique

B Grandeur caractéristique c Chaleur


spécifique Cu Coefficient d’utilisation
d Epaisseur équivalente F
Facteur de forme du rayonnement g

Coefficient de rayonnement ∆
Coefficient de transmission énergétique
h
Différence d’enthalpie
H Coefficient de
déperdition
I Irradiance I
Angle d’incidence
l Longueur m
Masse
Débit massique
Pel Puissance électrique
QS Apport solaire
R Résistance thermique
t Durée
U Coefficient de transmission thermique
Débit volumique

Lettres grecs

Coefficient d’absorption
Emissivité
Densité de flux de chaleur
Conductivité thermique
Rendement
Coefficient de réflexion
Constante de Boltzmann
Coefficient de transmission


Température
Ecart de température

Rédigé et Soutenu par Page xvi


Introduction Générale

INTRODUCTION GENERALE

Rédigé et Soutenu par Page 1


Introduction Générale

La fin du vingtième et le début du vingt et unième siècles sont marqués par deux phénomènes
étroitement liés et néfastes à l’évolution de l’activité humaine : la rareté des énergies fossiles
et les effets du réchauffement planétaire global. La consommation des énergies fossiles
disponibles et bon marché a accéléré la réduction des stocks jusque là considérés comme
inépuisables. Aujourd’hui, des études ont pu démontrer le contraire et on peut même estimer
avec une certaine certitude l’équivalence en termes du nombre d’années, l’exploitation des
ressources restantes. Aussi la scène énergétique mondiale reste dominée par l’inégale
répartition de ces ressources dont les réserves prouvées sont estimées : pour le pétrole à 170
Gtep, avec 86% détenues par les pays de l’OPEP et de l’ex-URSS ; pour le gaz naturel à 180
Gtep, concentrées à 71,5% au Moyen-Orient et dans l’ex-URSS ; pour le charbon à 475 Gtep,
mieux réparties sur la planète, mais détenues à 82% par six pays (USA, Fédération de Russie,
Chine, Australie, Inde, Afrique du Sud). Sans compter le potentiel à découvrir et la
valorisation des énergies fossiles non conventionnelles, les réserves exploitables ont
respectivement une durée de vie de 40, 60 et 133 années pour le pétrole, le gaz naturel et le
charbon [1]. La réduction des réserves a pour conséquence la flambée des prix sur la scène
internationale avec des pics pour les années 1973, 1979 et 2008 où les prix du pétrole ont
connu une croissance allant jusqu’à 100 dollars le baril [2].

D’un autre coté le changement climatique est une réalité qui ne souffre d’aucune contestation
vu les effets déjà observables sur toute la planète. Et, l’on est même unanime quant à leur
cause : l’augmentation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre (GES) d’origine
anthropique. En effet, ces GES sont majoritairement issus de la combustion des énergies
fossiles. Il apparait alors une double préoccupation : comment réduire la consommation
d’énergie sans réduire la production des biens et contribuer à l’atténuation des GES dans
l’atmosphère ? Préoccupation qui sans doute, trouve une solution certaine dans le concept de
l’efficacité énergétique et de l’intégration des énergies renouvelables (ER). Deux éléments qui
sont actuellement appliqués dans tous les secteurs consommateurs d’énergie. C’est dans ce
contexte, compte tenu du dynamisme, aussi bien que de l’importance en termes de
consommation d’énergie et donc des émissions de GES dans le bâtiment en général et le
bâtiment résidentiel et tertiaire en particulier, qu’il nous paraît important de montrer comment
l’efficacité énergétique dans ce secteur peut-elle contribuer à limiter la concentration dans
l’atmosphère des GES et ainsi, lutter contre le changement climatique. Mais, faut-il encore
savoir ce que c’est qu’un bâtiment, les GES, et quel rôle joue l’EE entre ces deux éléments ?

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Introduction Générale

Le bâtiment peut être conçu comme une construction artificielle qui constitue un lieu
intermédiaire entre ses occupants et le milieu extérieur, ayant pour but de créer un espace
approprié aux activités prévues (logement, activités professionnelles et autres) tout en
s’intégrant dans un site. Pour cela, on peut distinguer : - l’espace intérieur qui constitue
l’environnement pour les occupants du bâtiment. Cet environnement construit doit satisfaire
un certain nombre d’exigences de qualité (fonctionnalité des espaces, confort hygrothermique,
visuel, olfactif, protection de la santé et qualité de la vie) ; - l’espace extérieur, depuis les
abords du bâtiment, le site proche, la région (avec des échelles spatiales qui peuvent différer
entre le découpage administratif et l’analyse des problèmes environnementaux), jusqu’au
niveau planétaire. Il s’agit de minimiser les impacts à ces différentes échelles (protection du
climat, de la faune et de la flore, des ressources, de la santé, du paysage) ; - et les relations
entre l’extérieur et l’intérieur, qui elles aussi doivent satisfaire certaines exigences :
circulation des personnes et des biens, protection, qualité esthétique de l’enveloppe,
valorisation des flux d’énergie, d’eau, de transports, gestion des déchets. A ces différentes
échelles spatiales, se superpose l’échelle temporelle. Un bâtiment dure en général de
nombreuses années, et il s’agit d’assurer au mieux la pérennité des performances. D’autre
part, la problématique du développement durable amène à prendre en compte les aspects à
long terme dans l’intérêt des générations futures (protection du climat, déchets de longue
durée de vie, biodiversité, patrimoine génétique …).

Pour ce qui est des GES, il convient de présenter d’abord en quelques mots le phénomène de
l’effet de serre lui-même. L’atmosphère diffuse une partie du rayonnement solaire dans toutes
les directions, mais une forte proportion est transmise vers la terre. Celle-ci s’échauffe, et
émet à son tour un rayonnement. La gamme de longueur d’onde d’un rayonnement étant
fonction de la température du corps émetteur, le soleil, dont la température surfacique est
d’environ 5800K, émet un rayonnement visible tandis que la terre, avec une température
moyenne de 15°c émet un rayonnement à grande longueur d’onde (infrarouge). Certains gaz
présents dans l’atmosphère (CO2, vapeur d’eau, CH4…) sont plus transparents au
rayonnement visible du soleil qu’à l’infrarouge issu de la terre, produisant ainsi un effet de
serre : ce sont des GES. Ils piègent le rayonnement, ce qui provoque un échauffement. Il faut
noter que l’effet de serre existe naturellement et sans lui, la température de le terre serait de
18°C au lieu de +15°C environ ces 10 000 dernières années [3]. Mais, c’est son augmentation
qui pose problème. En effet, les activités humaines ont entrainé un accroissement des
émissions de GES : le CO 2 dégagé lors de l’utilisation des combustibles fossiles est

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Introduction Générale

responsable à 55% de l’accroissement de l’effet de serre, les CFC (chloro-fluoro-carbones) à


25%, le méthane à 15%, le protoxyde d'azote (N 2O), le SF6 et l'ozone formé expliquent les
5% restants. La concentration de CO 2 dans l'atmosphère, principal GES, est passée de 280
ppm (partie par million) avant l'ère industrielle à 379 ppm en l’an 2005. Elle augmente
actuellement de 0,5% par an. Le taux d’accroissement des émissions du CO 2 est de 70% entre
1970 et 2004 résultat de l’augmentation de la population mondiale de 2,5 à 6,7 milliards
d’habitants entre 1950 et 2008, et du passage des villes de plus de 8 millions d’habitants de 2
à 35 dans la même période [3].

On pourrait alors se demander ce que ferait l’EE énergétique ici ? Qu’est-ce au juste que
l’EE ? L’efficacité énergétique se réfère à la réduction de la consommation d’énergie sans
toutefois provoquer une diminution du niveau de confort ou de qualité de service pour les
occupants. Elle apparait donc comme une alternative aussi bien à la gestion rationnelle de
l’énergie qu’à la lutte contre les changements climatiques. Puisque le bâtiment est l’un des
secteurs les plus dynamiques dans le monde, facteur de croissance économique dans la plupart
des pays en développement, son fonctionnement est assuré au prix d’une consommation
d’énergie. Il représente près de 40% des consommations d’énergie dans le monde ce qui n’est
pas avantageux quant on sait que cette consommation induit plus de 30% des émissions de
GES [4]. En effet, les émissions de CO 2 dues à l’utilisation de l’énergie électrique dans le
secteur du bâtiment en 2004 étaient estimées à près de 8,6 GtCO 2, y compris les émissions
liées à la fourniture électrique, reparties en 0,1 GtCO 2-eq NO2 ; 0,4 GtCO2-eq CH4 et 1,5 GtCO2-
eq halocarbone (CFC et HCFC). En omettant les émissions dues à la fourniture électrique,
l’énergie perdue du fait des émissions du CO 2 dans les bâtiments est estimée à près de 3Gt/an
[5]. Des enquêtes menées par l’AIE en 2006 indiquent qu’il existe un potentiel de réduction
des ces émissions d’environ 29% dans le secteur résidentiel et tertiaire sur les projections
référencées d’ici 2020 sur la base de 2004 [6]. D’où l’importance de l’EE, étant donné les
nombreuses possibilités de réduction des besoins énergétiques dans le bâtiment, le potentiel
d’économies d’énergie dans ce secteur pourrait grandement contribuer à une réduction de la
consommation d’énergie à l’échelle de la société et par la même occasion participer à
l’atténuation des émissions des GES.

Notre travail qui compte présenter comment l’EE peut répondre à cette double préoccupation
sera fait en cinq chapitres présentés ainsi qu’il suit :

Au premier chapitre, nous traitons des enjeux et des perspectives de l’EE dans les bâtiments.
En effet, le potentiel de réduction de la consommation d’énergie de ce secteur fait de lui une

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Introduction Générale

cible privilégiée pour l’amélioration de l’EE et donc un moyen pour nombre de pays
d’atteindre les objectifs du protocole de Kyoto.
Le deuxième chapitre fait plutôt une liaison entre l’enveloppe du bâtiment et les différents
transferts d’énergie entre l’espace intérieur et extérieur. La connaissance de ces transferts
permet de savoir où appliquer les mesures d’économie et donc de minimiser les déperditions
qui sont pour l’extérieur des émissions de GES.

Le chapitre trois quant à lui, peut être considérer comme celui qui présente les applications de
l’EE, c’est lui qui montre les points de consommation d’énergie dans le bâtiment et les
différents moyens d’atténuation des émissions de GES grâce aux options efficaces.

L’avant dernier chapitre va dans le même sens que le précédent mais avec la particularité de
montrer la contribution des énergies renouvelables dans les applications de l’EE dans le
bâtiment.

Et le dernier chapitre, consacré au cas du Cameroun, trouve sa raison d’être sur la nécessité
d’étudier le retard à l’intégration des technologies d’efficacité énergétique dans le pays. Ce
qui passe par l’analyse des barrières à l’utilisation de ces dernières, mais non sans avoir avant
présenté l’évolution de la consommation d’énergie au Cameroun en général et dans le secteur
du bâtiment résidentiel et tertiaire en particulier.

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtime nts : Enjeux et Perspectives

CHAPITRE I : EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LES BATMENTS :


ENJEUX ET PERSPECTIVES

Introduction
L’efficacité énergétique est devenue une priorité de la politique énergétique mondiale. Seule
une meilleure efficacité énergétique permettra à la plupart des pays de respecter leurs
engagements vis-à-vis du protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 et ratifié par 172 pays
dans le monde. Et dont l’objectif est de persuader les différent pays signataires à réduire leurs
émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990. Le secteur du bâtiment, qui représente
environ 40% [6] de l’énergie consommée dans le monde et dans les pays en développement
en particulier, constitue une cible privilégiée pour l’amélioration de l’efficacité énergétique et
pour atteindre cet objectif de Kyoto.

I.1 Contexte global


I.1.1 L’efficacité énergétique, un facteur clé du développement économique
sobre en carbone

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

Afin de cerner le rôle de l’EE dans la réduction des émissions de CO 2, il est utile de la
rapprocher des autres leviers de réduction des émissions du secteur de l’énergie et des
contraintes économiques et démographiques mondiales. C’est ce que permet l’identité de
Kaya qui est utilisée par les scientifiques du GIEC dans leur quatrième rapport (2007). En
partant de l’égalité triviale CO2 = CO2 (où CO2 désigne les émissions mondiales de dioxyde
de carbone liées à l’énergie), et en divisant et multipliant successivement le côté droit par la
quantité d’énergie consommée dans le monde (TEP), le PIB mondial (PIB) et la population
mondiale (POP), on obtient la relation suivante, dite identité de Kaya :

= × × ×

Cette relation permet d’exprimer les émissions mondiales de CO 2 liées à l’énergie en fonction
des 4 facteurs suivants : l’intensité carbone de la production d’énergie, l’intensité énergétique
de la production de richesse, la production de richesse par habitant et la population.

D’un côté, on souhaite que les émissions mondiales de CO2 soient divisées par 2 à l’horizon
2050 afin de limiter les effets potentiellement catastrophiques du changement climatique,
comme cela a été affirmé au sommet du G8 de L’Aquila en juillet 2009. Cela implique en
théorie que celles-ci atteignent un pic autour de 2015-2020. De l’autre, on a des contraintes
fortes sur la population, qui devrait passer de 6,5 à 9 milliards en 2050, et la richesse par
habitant qui pourrait augmenter de 2% par an [7]. Il est donc crucial d’agir sur les deux leviers
d’atténuation des émissions de CO2 au niveau énergétique, c’est à dire la réduction de
l’intensité carbone de la production d’énergie (CO2/TEP) d’une part et la diminution de
l’intensité énergétique du PIB (TEP/PIB) d’autre part.

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

Figure1. 1: Changement du ratio TEP/PIB sur la période 1990-2008, décomposé en ratio Service
énergétique/PIB (en rouge) et amélioration de l’efficacité énergétique (en violet). Source : AIE
2008.

Le premier levier (CO2/TEP) consiste à déployer des technologies de production d’énergie


sobres en carbone : renouvelables, substitution de combustible, nucléaire, captage et stockage
du CO2. Ce levier agit sur l’offre d’énergie.

Le second levier (TEP/PIB) comprend deux composantes : la part des services énergétiques
dans le PIB et l’amélioration de l’EE. La première composante est déterminée par la structure
de l’économie et compte pour environ un tiers de l’évolution de l’intensité énergétique du PIB
lorsque l’on prend les 16 pays de l’AIE sur la période 1990-2008 (voir figure 1.1). Cela
signifie que les deux tiers de l’évolution de l’intensité énergétique du PIB (l’un des deux
leviers de réduction des émissions de CO2 du secteur énergétique) sont dus à l’amélioration de
l’EE. Celle-ci agit sur la demande en énergie.

Dans un contexte de croissance démographique et d’augmentation de la richesse produite par


habitant, particulièrement dans les pays émergents (Chine, Brésil, Afrique du sud,…),
l’amélioration de l’EE est la voie de réduction des émissions de GES la plus importante aux
côtés de la « décarbonisation » du mix énergétique. L’un des enjeux cruciaux au niveau
mondial est de réussir à faire que les pays en développement réalisent leur rattrapage
économique avec l’intensité carbone (CO2/PIB) la plus faible possible, en ne reproduisant pas

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

les erreurs faites par les pays industrialisés. C’est un défi de taille qui implique des efforts très
importants en termes d’amélioration de l’EE.

I.1.2 Efficacité énergétique et « décarbonisation » sont complémentaires à des


échéances différentes

D’après l’AIE, d’ici 2030, l’amélioration de l’EE devrait représenter plus de 50 % des
réductions d’émissions de CO2 liées au secteur de l’énergie dans le scénario d’une
stabilisation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère à 450 ppm (voir figure 1.2). Cette
proportion est encore plus grande dans le scénario 550 ppm. Le secteur du bâtiment est une
des principales cibles de l’amélioration de l’EE étant donné qu’il représente aujourd’hui plus
d’un tiers de la consommation mondiale d’énergie et des émissions associées [8].

La prépondérance de l’amélioration de l’EE comme levier d’atténuation des émissions de


GES s’explique principalement par le fait que les technologies d’amélioration de l’EE sont
pour la plupart déjà disponibles et comparativement moins coûteuses que les technologies de
« décarbonisation ».

Figure1. 2 : Réduction des émissions de CO2 liées à l’énergie selon les scénarios de stabilisation
des concentrations en CO2 dans l’atmosphère. Source : Waide 2009.

A long terme cependant, la prépondérance devrait revenir à la réduction de l’intensité carbone


de la production d’énergie. Les gisements de réductions d’émissions liés à l’amélioration de
l’EE devraient en effet être de plus en plus restreints et coûteux. Efficacité énergétique et

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

« décarbonisation » du mix énergétique doivent bien évidemment être mises en œuvre de


concert comme réponses mutuelles au problème du changement climatique.

I.2 Le gisement de réductions d’émissions de GES dans le secteur


du bâtiment est vaste, économique et hétérogène

I.2.1 Analyse du gisement de réduction des émissions

La figure1.3, l’une des plus souvent reprises du quatrième rapport du GIEC, identifie les
gisements de réductions d’émissions de GES par secteur de l’économie à trois niveaux de prix
du carbone (20, 50 et 100 dollars par tonne équivalent CO2 évitée) à l’horizon 2030.

Figure1. 3 : Estimation des potentiels économiques de réduction d’émissions de GES par secteur
et par région en fonction du prix du carbone à l’horizon 2030. Source : GIEC, cité par
ÜrgeVorsatz 2009.

Nous pouvons en tirer les quatre enseignements suivants pour le secteur du bâtiment :
- De tous les secteurs d’utilisation finale de l’énergie, les bâtiments ont de loin le plus gros
potentiel de réduction des émissions, avec plus de 5,5 Gteq CO 2 cumulées d’ici 2030. Ce
potentiel est par exemple beaucoup plus important que celui des transports, qui sont par
nature beaucoup plus dépendants d’une consommation élevée d’énergie.

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

- Ce potentiel repose essentiellement sur des mesures d’amélioration de l’EE dans les
bâtiments neufs et anciens, et sur la réduction des émissions des gaz fluorés dans une
moindre mesure. C’est donc un potentiel techniquement atteignable.
- Ce potentiel peut être réalisé en quasi totalité à un coût relativement faible pour la société, de
moins de 20 dollars par tonne de CO2 évitée. Cependant, il s’agit de potentiels économiques
de réduction, qui ne prennent pas en compte les barrières inhérentes à la mise en œuvre de
mesures d’EE qui seront étudiées plus loin pour le cas du Cameroun.

- La part la plus importante de ce potentiel se trouve dans les pays en développement.

I.2.2 Analyse des leviers de réduction des émissions dans le secteur du bâtiment

Cette partie vise à identifier les mesures concrètes qui peuvent être prises pour atteindre le
potentiel de réduction du secteur du bâtiment de 5,5 Gteq CO2 évoqué plus haut.

a) Les émissions des bâtiments dépendent du mix énergétique


Les émissions de GES des bâtiments sont essentiellement dues à leur consommation
d’énergie. Elles sont donc déterminées par les mix énergétiques des différents pays. Et, les
mesures de réductions des émissions sont d’autant plus complexes que l’intensité carbone du
mix est élevée. Par exemple, les actions d’amélioration de l’EE en Chine, où le charbon
assure les deux tiers de l’énergie primaire, seront parmi les plus efficaces et plus simples en
termes de limitation des émissions [9].

b) Le poids des catégories d’utilisation finale de l’énergie est variable d’un pays à
l’autre
L’utilisation d’énergie tout au long du cycle de vie des bâtiments peut se diviser en deux
parties :
- La phase hors utilisation, qui comprend l’énergie dépensée pour l’acquisition des matières
premières, la fabrication des matériaux, la construction et la démolition. Cette phase
représente en moyenne de 10 à 20% de l’utilisation totale d’énergie [10] ;

- La phase d’utilisation du bâtiment, qui utilise les 80 à 90% restants. C’est durant cette
phase que des économies d’énergie substantielles peuvent être réalisées grâce aux mesures
d’EE.

Quatre catégories principales d’usages peuvent être identifiées :

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

o Eclairage ; o
Equipements ;

o Climatisation,
Chauffage et
Ventilation ; o
Eau Chaude
Sanitaire (ECS).

La part de ces catégories d’usage dans la consommation varie énormément selon les types de
bâtiments et les pays, en fonction de leurs climats, de leurs niveaux de vie, et de leurs modes
de vie (voir figure1.4). Il n’y a donc pas de solution universelle pour réduire les émissions du
secteur du bâtiment à l’échelle du globe. Cependant, les deux premières catégories (éclairage
et équipements) sont relativement indépendantes des conditions climatiques et dépendent de
la performance énergétique des équipements. Elles doivent être ciblées partout dans le monde,
même s’il y a un double gain dans les pays chauds où les pertes thermiques des équipements
poussent les utilisateurs à augmenter leurs charges de climatisation. Les deux catégories
suivantes (Chauffage, Climatisation et Ventilation, et ECS) sont déterminées par le climat et
peuvent être impactées par l’enveloppe des bâtiments.

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

Figure1. 4 : Part des différentes utilisations finales de l’énergie pour les bâtiments résidentiels et
tertiaires dans différents pays. Source : UNEP 2007.

c) Les moyens techniques de réduction de la consommation d’énergie sont


disponibles à des coûts relativement faibles
Les moyens techniques à adopter pour réduire la consommation d’énergie sont plus ou moins
pertinents selon les régions climatiques et les usages les plus « énergivores » (voir annexe n°
2). Voici les mesures existantes, présentées sous la forme de deux sous-groupes :

- Equipement
• Amélioration de l’efficacité énergétique des équipements ;
• Utilisation du solaire thermique pour le chauffage de l’eau ;

- Enveloppe
• Isolation thermique de l’enveloppe (toit, murs, fenêtres…) ;
• Architecture bioclimatique (lumière, orientation, forme, ombre, ventilation passive).
Le déploiement de ces techniques implique un coût supplémentaire modéré, par
exemple de l’ordre de 10% pour une optimisation de l’enveloppe lors de la
construction des bâtiments neufs [10]. Ce coût est toujours compensé, à moyen ou à
long terme, par les économies d’énergie réalisées.

I.2.3 Analyse des caractéristiques du secteur du bâtiment

a) Les sous-secteurs du bâtiment ont des caractéristiques propres qui en font des
cibles d’amélioration de l’EE plus ou moins faciles
Le secteur du bâtiment est un marché de masse qui n’est pas homogène. Le tableau1.1 dresse
une typologie simple du secteur du bâtiment. Les sous-secteurs n’ont pas les mêmes

caractéristiques pour ce qui est de l’incitation à l’EE :

Tableau 1. 1: Typologie du secteur du bâtiment

Typologie du secteur du bâtiment


Tertiaire Résidentiel
- Bureaux - Maisons individuelles

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

- Tertiaire commercial - Logements collectifs

- Le tertiaire présente l’avantage de disposer souvent d’interlocuteurs dédiés à la gestion de


l’énergie, ce qui rend les réglementations et les incitations en faveur de l’énergie plus
efficaces.

- Dans le logement collectif, les processus de construction sont souvent plus industrialisés que
pour les maisons individuelles, ce qui permet potentiellement de gérer plus facilement les
problématiques de qualité et de performance énergétique de l’enveloppe.

- Les maisons individuelles sont souvent construites par des filières plus artisanales, qui
adoptent plus lentement les réglementations. Cependant, contrairement aux appartements,
elles sont plus souvent occupées par leurs propriétaires, ce qui peut conduire à une meilleure
prise en compte des problématiques d’EE.

b) La spécificité des pays en développement : le secteur informel


Le secteur du bâtiment des pays en développement regroupe trois marchés différents (Futur
Facteur 4 ; 2009) :

- Le marché qui suit les normes internationales pour les ouvrages comme les aéroports, les
hôtels ou les bâtiments administratifs, faisant intervenir des acteurs internationaux de la
construction ;

- Le secteur artisanal ;
- Le secteur informel, caractérisé par l’auto construction et les bidonvilles.
Le type de mesures à mettre en œuvre pour promouvoir l’efficacité énergétique doit bien sûr
être calibré en fonction de ces trois marchés. En particulier, l’approche réglementaire est
inopérante pour le secteur informel qui ne répond à aucune norme.

c) Priorité au marché du neuf pour les pays en développement et à l’existant pour les
pays industrialisés et en transition
Les mesures d’EE peuvent concerner soit les bâtiments neufs, soit les bâtiments anciens. Il est
beaucoup plus économique de penser l’EE en amont, au niveau de la conception, et de réaliser
un bâtiment à haute performance énergétique au moment de la construction. La réhabilitation
des bâtiments est plus coûteuse et pose des problèmes sociaux supplémentaires de mise en

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

œuvre. Les propriétaires ou les occupants peuvent en effet être réfractaires à des travaux qui
leur coûtent de l’argent ou qui les empêchent de jouir momentanément de leurs logements.

Les pays émergents sont encore dans une phase très dynamique de construction de bâtiments
neufs, tirée notamment par l’urbanisation de la population. En Chine par exemple, la
population urbaine devrait passer de 460 millions en 2000 à 830 millions en 2030. Cette
urbanisation conduira à la construction de 15 et 20 milliards de m 2 de logements sur la période
2005-2020, ce qui correspond à l’équivalent du stock du bâtiment de l’Europe des 15 [9]. La
priorité pour les pays émergents est donc de se concentrer sur les bâtiments neufs, car
atteindre une haute performance énergétique est moins coûteux et plus aisé à mettre en œuvre
sur ce marché.

Ne pas construire de bâtiments à haute efficacité dans les pays émergents aujourd’hui est une
opportunité manquée pour limiter les émissions de GES pour les décennies suivantes compte
tenu de la forte inertie du secteur du bâtiment.

I.3 Les bénéfices associés à l’amélioration de l’efficacité énergétique


dans le secteur du bâtiment sont très significatifs

En plus du rôle majeur qu’elle doit jouer dans la réduction des émissions mondiales de GES,
l’amélioration de l’EE dans le secteur du bâtiment implique des bénéfices sociaux et
économiques significatifs pour les Etats qui favorisent sa mise en œuvre. Elle contribue
notamment à :

- Une baisse de la vulnérabilité face à la hausse attendue des prix de l’énergie dans le futur
due à l’augmentation de la rareté des ressources. L’EE permettrait de se prémunir face à une
crise sociale associée à une envolée des prix de l’énergie qui ferait que les ménages les plus
modestes seraient dans l’incapacité de payer leur facture énergétique [11];

- Un renforcement de la sécurité énergétique grâce à la diminution des importations de


ressources énergétiques. Ceci est un point très important pour des pays en développement
qui voient leur consommation énergétique exploser parallèlement à leur rattrapage
économique ; - Une diminution de la pollution atmosphérique locale et des maladies
associées à la combustion d’énergies fossiles ;

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

- Une diminution de la pauvreté énergétique : les populations les plus pauvres peuvent
augmenter leur confort grâce à un niveau plus élevé de services énergétiques ;

- Une création d’emplois dans un contexte de crise économique mondiale. La contribution


économique des programmes d’EE est double : d’une part, il y a création de nouvelles
activités dues aux actions d’amélioration de l’EE, qui sont des emplois répartis sur
l’ensemble du territoire et non délocalisables. D’autre part il y a un effet de multiplicateur
économique lié au fait que les économies d’énergie se traduisent par des dépenses accrues
dans d’autres secteurs. Ces bénéfices expliquent pourquoi la majorité des Etats ont mis en
œuvre des politiques et mesures visant à améliorer l’EE, notamment à partir du premier choc
pétrolier de 1973.

I.4 Politiques et mesures destinées à soutenir l’EE : des effets


contrastés et limités

Les Etats ont à leur disposition de nombreux instruments pour inciter à l’amélioration de l’EE
dans le secteur du bâtiment. Ces instruments ont fait l’objet d’une étude de l’UNEP SBCI en
2007 visant à analyser leur efficacité en termes de réduction des émissions et en termes de
coûts, dont les résultats sont présentés en annexe 1. Ils peuvent être répertoriés selon quatre
types : Les instruments réglementaires, les instruments économiques et mécanismes de
marché, les incitations fiscales et financières et les campagnes d’information et actions
volontaires. Le tableau 1.2 répertorie 22 des politiques et mesures les plus courantes.

Tableau 1. 2: Classification des politiques et mesures destinées à promouvoir l’efficacité


énergétique. Source : D’après Koeppel et al. 2007

Instruments Campagnes
Incitations fiscales
Instruments réglementaires économiques et d’information et
et financières
mécanismes de marché actions volontaire
Normatifs Informatifs
-Contrat de performance -Taxe sur l’énergie -Labélisation et
-Norme pour -Audit énergétique ou le carbone certification volontaire
équipements énergétiques
obligatoires -Coopérative d’achat -Déduction de taxe, -Programme pilote du
-Réglementation crédit d’impôt secteur public
thermique/Code -programme de -Certificats d’économie
de construction maître de la d’énergie -Prélèvement sur les -Campagne
demande en
marchés de l’énergie d’information
-Guide d’achats énergie /par les -Mécanismes de
publics fournisseurs flexibilité du protocole -Subvention, crédit à -Eduction des

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

d’énergie de Kyoto taux bonifiés consommateurs


-Obligation
d’efficacité -Labélisation -Facturation détaillée
énergétique et certification
quotas obligatoire -Recherche et
développement

-Formation

Quelques unes de ces politiques et mesures sont détaillées ci-après. Ce sont les plus utilisées
par les gouvernements du monde entier. La Recherche et Développement et la Formation sont
des politiques essentielles qui ont été ajoutées au tableau original.

a) Les instruments réglementaires sont indispensables mais leur application pose


problème
Les instruments réglementaires sont les mesures les plus classiques et parmi les plus efficaces
pour limiter les émissions de GES du secteur du bâtiment. Ils peuvent s’appliquer à
l’enveloppe ou aux équipements.

i) La réglementation thermique pour l’enveloppe


La réglementation thermique consiste à imposer une performance énergétique minimale aux
bâtiments, qu’ils soient neufs ou anciens. Elle peut concerner tous les usages énergétiques ou
un seul système comme la climatisation. Elle est considérée comme la pierre angulaire de
l’amélioration de l’EE de l’enveloppe, en imposant aux constructeurs de respecter une norme,
généralement de plus en plus stricte. Cependant, il existe des difficultés de mise en
application de ces réglementations qui mettent du temps à se généraliser dans les filières du
bâtiment. On estime qu’environ un bâtiment neuf sur deux ne respecte pas la RT 2005 en
France [12]. La conformité est en particulier plus faible pour les maisons individuelles, pour
lesquelles il existe des problèmes de qualité de construction. Les logements collectifs en
revanche sont souvent réalisés par des grands groupes et ont des taux de conformité bien
supérieurs.

Dans les pays en développement, lorsqu’une réglementation existe, sa mise en application


pose problème. Le taux de conformité est estimé à 10% en Chine pour les bâtiments neufs
[12]. Mais ce taux est très variable selon les régions.

ii) Les normes et la labellisation pour les équipements

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

Les normes définissent le niveau minimum d’efficacité énergétique qui doit être atteint par les
producteurs pour une certaine catégorie de produit, comme les réfrigérateurs par exemple. Ils
permettent de transformer le marché par l’offre. Il s’agit d’un outil très efficace, mais à
condition que leur mise en application soit assurée par une capacité technologique locale
d’une part et/ou par des contrôles stricts des produits importés d’autre part. Ces facteurs ne
sont pas réunis dans tous les pays.

Les normes peuvent être associées à des programmes de labellisation, pour lesquels l’Etat
impose aux producteurs d’équipements de fournir au consommateur final des informations sur
la performance énergétique du produit. Ce type de mesure est d’une importance capitale pour
rendre visible les économies d’énergies qui sont par nature étalées dans le temps et qui ne
constituent pas encore une préoccupation majeure pour le consommateur lors de l’acte
d’achat.

b) Les instruments économiques et les mécanismes de marchés sont prometteurs,


mais encore « jeunes »
Parallèlement à l’action réglementaire les Etats commencent à développer des instruments
économiques comme les certificats d’économie d’énergie (CEE) ou à promouvoir des circuits
innovants de financement de l’EE comme les contrats de performance énergétique (CPE).

i) Certificats d’économie d’énergie


Dans le système des CEE, l’Etat oblige des acteurs, par exemple les producteurs d’électricité
ou de gaz, à accomplir des objectifs concernant la promotion de l’EE, par exemple dans le
secteur résidentiel, sur une période donnée. Les économies d’énergie donnent lieu à des
quotas qui peuvent ensuite être échangés entre les acteurs obligés, de manière à atteindre les
objectifs avec le coût global le moins élevé possible. Les trois systèmes de CEE existants
aujourd’hui sont relativement récents : Royaume-Uni (2002), Italie (2005) et France (2006)
[12].

ii) Contrat de performance énergétique


Dans un CPE, le contractant, typiquement une compagnie de service énergétique (ESCO en
anglais), garantit un certain niveau d’économie d’énergie pour un site sur une période donnée;
il met en œuvre les améliorations d’EE adaptées au site et est payé par les réductions de coûts

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

qui sont induites par les économies d’énergie. La figure 1.5 présente la structure d’un CPE
avec partage des économies d’énergie.

d’énergie. Source : Seidel 2009.

c) La fiscalité, un outil incitatif ?


Les mesures fiscales sont des mesures incitatives. Elles reposent sur l’idée que les usagers
passeront à l’action s’ils ont le sentiment d’être gagnants. Elles sont efficaces si elles
parviennent à rendre rentables des investissements en faveur de l’EE qui ne le seraient pas
sans elles. Elles peuvent agir en renchérissant le coût de l’énergie (taxe sur l’énergie ou le
carbone) ou en rendant plus attractifs des investissements ciblés (déduction de taxe et crédits
d’impôt).

i) Taxe sur l’énergie ou le carbone


La taxe est imposée par le gouvernement à une certaine étape de la chaîne de production
énergétique. Elle a pour effet d’augmenter le prix payé par l’utilisateur final pour chaque unité
d’énergie5:achetée
Figure1. à son
Structure typefournisseur.
d’un contratElle peut
ncepar
de performa exemple concerner
énergétique directement
avec partage les énergies
des économies
fossiles et inciter à basculer d’une production électrique thermique à une production
hydroélectrique.

L’efficacité de la taxe pour assurer une transition du secteur du bâtiment vers une
amélioration de l’EE est encore contestée. Cela s’explique notamment par une élasticité de la

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

demande assez faible, c’est-à-dire que la hausse des prix de l’énergie ne déclenche pas
directement des investissements en EE. Ce phénomène est lié aux barrières à l’EE, en
particulier le problème principal-agent. Corroborant cette analyse, le modèle développé
récemment par le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) montre que
l’augmentation du prix de l’énergie ou du carbone n’augmentera que dans une proportion
marginale la mise en œuvre de mesures visant à améliorer l’EE dans le secteur du bâtiment.

Enfin, ce type de taxe est très peu répandu dans les pays en développement qui ont au
contraire tendance à subventionner les prix de l’énergie pour assurer le développement
économique et la paix sociale.

ii) Déduction de taxe et crédits d’impôts


Ces mesures visent à promouvoir les investissements en EE en les rendant plus attractifs.
Elles sont théoriquement très efficaces pour assurer le déploiement d’équipements améliorant
l’EE (double-vitrage, ampoules basses consommation…).

d) La recherche et développement et la formation sont indispensables pour faire


émerger une expertise locale
La R&D, soutenue par les pouvoirs publics et/ou les coopérations internationales, est un
aspect fondamental de l’amélioration de l’EE dans le bâtiment. Elle consiste à mettre au point
des bâtiments adaptés aux contextes locaux en termes de zones climatiques, de matériaux
utilisés, de savoir-faire et de coût. Les programmes doivent ensuite développer des pilotes et
démonstrateurs afin de montrer la faisabilité technique et économique des projets et faire
naître une expertise locale en termes d’EE des bâtiments.

La formation des architectes et de tous les acteurs du secteur du bâtiment aux techniques de
conception et de construction est un facteur sine qua non de la transformation du secteur. Elle
peut être un élément coûteux et nécessiter du temps pour s’intégrer dans les filières classiques
qui ne prennent pas en compte le défi de l’EE.

Conclusion

L’efficacité énergétique dans un secteur qui représente le tiers de la consommation d’énergie


mondiale pour une proportion similaire des émissions de GES constitue en soi un enjeu
majeur. Ceci est d’autant plus important, si on s’en tient aux différents travaux réalisés dans

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtiments : Enjeux et Perspectives

ce sens et surtout aux différents rapports de l’AIE, de l’ADEME et du GIEC parus ces
dernières années. En effet, il est démontré que :

- De tous les secteurs d’utilisation finale de l’énergie, les bâtiments ont de loin le plus gros
potentiel de réduction des émissions, avec plus de 5,5 Gteq CO2 cumulées d’ici 2030.

- Ce potentiel repose essentiellement sur des mesures d’amélioration de l’EE dans les
bâtiments neufs et anciens, et sur la réduction des émissions des gaz fluorés dans une
moindre mesure. C’est donc un potentiel techniquement atteignable.

- Ce potentiel peut être réalisé en quasi totalité à un coût relativement faible.


- La part la plus importante de ce potentiel se trouve dans les pays en développement.
En plus du rôle majeur qu’elle doit jouer dans la réduction des émissions mondiales de GES,
l’EE dans le secteur du bâtiment implique des bénéfices sociaux et économiques énormes.

Elle contribuera ainsi à :


- Une baisse de la vulnérabilité face à la hausse attendue des prix de l’énergie ;
- Un renforcement de la sécurité énergétique grâce à la diminution de la dépendance
énergétique, surtout pour les pays en développement qui voient leur consommation
énergétique exploser parallèlement à leur rattrapage économique ;

- Une diminution de la pollution atmosphérique locale et des maladies associées à la


combustion des énergies fossiles ;

- Une création d’emplois dans un contexte de crise économique mondiale.


Avant donc de nous intéresser de façon concrète aux techniques d’atténuation des émissions
de GES par les pratiques efficaces, nous présentons dans le chapitre qui suit les transferts
d’énergie dans le bâtiment.

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CHAPITRE I : Efficacité Energétique dans Les Bâtime nts : Enjeux et Perspectives

CHAPITRE II : ENERGETIQUE ET PHYSIQUE DES


BATIMENTS

Introduction

Le bâtiment est un système ouvert qui échange à travers son enveloppe, aussi bien de
l’énergie que de la matière avec l’environnement dans lequel il est implanté. L’objectif dans
ce chapitre est de présenter en particulier les transferts d’énergie (chaleur) qui ont lieu dans le
système bâtiment-environnement. Le but étant d’avoir quelques éléments du bilan thermique
et de savoir où agir en cas de nécessité d’une optimisation de l’enveloppe du bâtiment dans le
double intérêt de confort des occupants et de réduction des émissions extérieures néfastes à
l’environnement.

II.1 L’énergie dans le bâtiment


II.1.1 Les points de consommation d'énergie dans le bâtiment
L’énergie consommée dans les bâtiments est l’objet de nombreux usages, notamment :
- La climatisation et/ou le chauffage, pour assurer un microclimat intérieur confortable ;
- la circulation de fluides tels que l'air (ventilation), l'eau (eau chaude, chauffage) ;
- les transports (ascenseurs) ;

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

- l'éclairage ;
- les communications (téléphone, radio, télévision) ;
- la production de biens (fabriques, cuisines, couture, etc.).
Dans les climats tropicaux et chauds, la plus grande part de l'énergie utilisée par un bâtiment
sert à la climatisation. Et les flux de chaleur mis en jeux aboutissent nécessairement à
l'extérieur par différentes voies plus ou moins directes.

Dans les climats tempérés et froids, il est nécessaire d’élever la température intérieure du
bâtiment pour plus de confort. Et ce réchauffement de l’air est le principal point de
consommation d’énergie dans les bâtiments de ces régions.

II.1.2 Le confort dans le bâtiment


Un bâtiment devrait assurer, sans aucune consommation d'énergie, un confort au moins
équivalent à celui régnant à l'extérieur s'il est bien conçu et bien construit. Un tel bâtiment
profite des gains solaires pendant les périodes froides et ne surchauffe pas ou peu en été, pour
raccourcir la saison de climatisation. La figure ci-dessous montre l’évolution des températures
dans les bâtiments au cours de l'année, sans effet des installations techniques de chauffage ou
de climatisation.

Figure2. 1:La bande grisée représente les exigences de confort. C représente la température
extérieure, A un bâtiment bien conçu et B un bâtiment inadapté à son climat. Source : [13]

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Un bâtiment inadapté à son climat, a tendance à surchauffer en saison chaude et à diffuser un


champ froid en période froide. Ces bâtiments consomment de grandes quantités d'énergie pour
assurer un confort acceptable.

II.2 Quelques rappels de physique du bâtiment : Le transfert


d’énergie dans le bâtiment

Dans un bâtiment, les transferts d’énergie prennent principalement la forme de transferts de


chaleur et de matière. Ces transferts ont pour origine la tendance naturelle de la chaleur à
transiter des zones chaudes vers les zones froides, celle de l’air à se déplacer des zones de
haute pression vers les zones de basse pression et celle de la vapeur d’eau à migrer des zones
les plus humides vers les plus sèches. Les modes de transfert de chaleur dite sensible sont
classiquement la conduction, la convection et le rayonnement. La chaleur dite latente est mise
en jeu au cours des changements de phases d’un corps, l’eau et sa vapeur pour ce qui
concerne le bâtiment.

a. Capacité thermique
La chaleur est l'énergie liée à l'agitation aléatoire des molécules constituant la matière. Cette
agitation se mesure par la température, et la chaleur par l'augmentation de température
obtenue dans un matériau donné. Pour chauffer une masse m [kg] d'un matériau de chaleur
spécifique c [J/kg K], de la différence de température θ [K], il faut une quantité de chaleur Q
[J] donnée par l'expression ci-dessous:

b. Modes de transfert de chaleur


La chaleur passe naturellement de zones chaudes aux zones froides, comme dit précédemment
en utilisant essentiellement quatre modes de transport:

La conduction, qui est la transmission de proche en proche de l'agitation moléculaire


par chocs entre molécules;

La convection, transfert de chaleur par transport (naturel ou forcé) de matières chaudes


vers une zone froide ou vice versa;

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Le rayonnement, ou transport de chaleur par émission et absorption de rayonnement


électromagnétique par les surfaces des corps;

L'évaporation-condensation: la chaleur cédée à un matériau pour l'évaporer est


restituée à la surface sur laquelle la vapeur se condense.

Ce dernier phénomène implique une migration combinée de chaleur et d'eau. Il peut être la
source de problèmes d'humidité (moisissures, gel, dégâts) rencontrés dans les bâtiments. Le
transfert de chaleur implique un flux de chaleur (en Watt) qui exprime la quantité d'énergie
passant chaque seconde au travers d'une surface quelconque, ou localement, une densité de
flux de chaleur (en W/m²) qui exprime la quantité d'énergie transmise chaque seconde au
travers d'une surface unité.

II.3 Les éléments du bilan énergétique


II.3.1 Le diagramme de SANKEY
Le diagramme de Sankey (ou diagramme des flux d'énergie) représente, par des flèches de
largeur correspondant à leur amplitude, les flux d'énergie traversant une frontière donnée. La
Figure ci-dessous représente un diagramme de Sankey d'un bâtiment. Pour l’établir, il faut:
- calculer l'ensemble des pertes thermiques par conduction et convection au travers de
l'enveloppe;

- déterminer les gains internes et solaires utiles. Le solde du bilan thermique constitue
les besoins nets;

- déterminer les pertes de l'installation considérée, qui dépendent de l'appareil et sa


consommation effective, qui elle même dépend des pertes;

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

- calculer (s'il y a lieu) les autres besoins ou gains d'énergie du système délimité pendant
la période considérée;

On peut alors établir le bilan, en séparant les apports d'énergie des pertes. Ce bilan devrait être
équilibré et s’il concerne un projet, on trouve la consommation prévisible du vecteur
énergétique principal en l’équilibrant.

Figure2. 2 : Flux globaux d’énergie d’un bâtiment (diagramme de Sandey). Source : [13]

II.4 Les apports externes


II.4.1 Rayonnement solaire
L'énergie produite par les réactions thermonucléaires dans le soleil est rayonnée dans l'espace
sous forme d'ondes électromagnétiques dans un spectre très étalé (des ondes métriques aux
rayons gammas en passant par la lumière visible). La densité de flux d'énergie à la surface
apparente du soleil est de 64 MW (million de Watts) par mètre carré. Cette densité diminue en
fonction directe du carré de la distance. Ainsi, aux confins de l'atmosphère (donc à 150
million de km du soleil), la densité de flux totale vaut en moyenne 1367 W/m²,
essentiellement reçu dans la bande de 0,3 micron (ultraviolet) à 2,5 micron (infrarouge
proche). L'intensité maximale se trouve à 0,55 micron, correspondant à la couleur verte.
L'absorption et la diffusion atmosphérique a pour effet de diminuer cette intensité d'une
manière générale dans toutes les longueurs d'onde et plus fortement dans certaines bandes

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

d'absorption moléculaires des composants de l'air. La figure suivante montre le spectre du


rayonnement solaire en dehors de l'atmosphère et au niveau de la mer, par ciel serein

Figure2. 3 : Spectre du rayonnement solaire. Source : [13]

Au niveau du sol, le rayonnement direct, provenant en droite ligne du soleil est donc diminué
en intensité et son spectre est modifié. De plus, une composante diffuse apparaît, provenant du
ciel bleu par temps ensoleillé, et des nuages plus ou moins gris par temps couvert. L'intensité
de ces deux composantes doit être prise en compte pour le calcul des apports solaires.

II.4.2 Rayonnement solaire et matière


La densité d'énergie que reçoit une surface soumise à un rayonnement direct dépend de l'angle
d'incidence θ, soit l'angle que forme la normale à cette surface avec la direction des rayons
incidents. Une surface perpendiculaire au rayonnement (θ = 0°) reçoit un maximum d'énergie
et plus l'angle d'incidence augmente, plus la quantité d'énergie reçue diminue.

θ = 0° θ = 60°

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

En fait, la puissance incidente sur la surface Is [W/m2], en ne tenant compte que de la


composante directe perpendiculaire du rayonnement [W/m2], est égale à:

Avec θ l'angle d'incidence du rayonnement, soit l'angle entre la normale à la surface et la


direction du rayonnement incident.

II.4.3 Les apports solaires (QS)


Les apports solaires dépendent de l'ensoleillement normalement présent sur le site concerné,
de l'orientation des surfaces réceptrices, de
l'ombrage permanent et des caractéristiques de
transmission et d'absorption solaires des
surfaces réceptrices. Pour une période de calcul
donnée, les apports solaires s'obtiennent en
sommant les apports de chaque surface de

captage. Soit :

Où, la première somme s'effectue sur toutes les orientations j, et la seconde sur toutes les
surfaces n qui captent le rayonnement solaire, et où :

( est l'irradiance solaire, à savoir l'énergie totale, sur la période de calcul, du


rayonnement solaire global incident sur une surface unitaire ayant l'orientation j ;

)*( l'aire réceptrice équivalente de la surface n ayant l'orientation j, c'est-à-dire l'aire d'un
corps noir conduisant aux mêmes apports solaires que la surface considérée.

II.4.4 Les parois transparentes de l’'enveloppe

L'aire réceptrice équivalente ) d'une paroi extérieure vitrée telle qu'une fenêtre, est
calculée comme suit:

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Où A est l'aire de la surface réceptrice n; - est le facteur d'ombre de la surface n; -. est le


facteur de réduction pour les encadrements des vitrages, égal au rapport de l'aire de la surface
transparente à l'aire totale ) de la menuiserie vitrée; g est le coefficient de transmission
énergétique de la surface n. Il est le rapport de la densité de flux thermique traversant un
élément de construction transparente au rayonnement incident global.

Les facteurs de réflexion ρ, de transmission τ, d'absorption α et solaire g, dépendent de l'angle


d'incidence i. Les valeurs standard sont calculées pour une incidence normale (i = 0).

Le facteur d'ombre, - varie entre 0 et 1, et représente toute réduction du rayonnement solaire


incident due à un ombrage permanent de la surface considérée du fait de l'un des facteurs
suivants :

• ombre portée d'autres bâtiments ;


• ombre due à la topographie (collines, arbres, etc.) ;
• ombres portées par d'autres éléments du même bâtiment ;
• position d'une fenêtre par rapport à la surface externe du mur extérieur.

Le facteur d'ombre est défini par :

-
Où ,2 est l'irradiance, à savoir le rayonnement solaire total reçu par m² de surface réceptrice
avec les ombrages permanents et le rayonnement solaire total qui aurait été reçu sur la
surface réceptrice sans ombrages.

II.4.5 Parois opaques avec isolation transparente


Une grande partie du rayonnement solaire incident traverse l'isolation transparente et se
transforme en chaleur à la surface absorbante située
sous cette isolation. Ainsi, la majeure partie de la
chaleur pénètre à l'intérieur du bâtiment. Les
déperditions sont calculées comme pour les parois
extérieures ordinaires. Les apports solaires d'une
paroi opaque avec isolation transparente ayant

l'orientation j, se calculent par :

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

=)∗-

Où A est l’aire totale de la paroi;


U le coefficient de transmission thermique de la paroi;
: le coefficient de transmission thermique externe de la paroi (à l'extérieur de la surface
absorbant le rayonnement solaire);

-. le facteur d'ombre des encadrements;

- facteur d'ombrage de l'environnement;

/67 est le coefficient de transmission énergétique solaire de l'isolation transparente;


α le coefficient d'absorption de la surface absorbant le rayonnement solaire;
l’énergie solaire reçue par unité de surface pendant la période de calcul.

II.4.6 Parois opaques sans isolation


Les apports solaires nets des parois opaques sans isolation transparente représentent une faible
partie des apports solaires totaux et sont partiellement compensés par les pertes par
rayonnement entre le bâtiment et l’extérieur. L'apport radiatif net d'une paroi ayant
l'orientation j est calculé comme suit.

a) paroi opaque sans couverture transparente:

b) vitrages, paroi transparente:

Où U est le coefficient de transmission thermique de la paroi;


A l’aire totale de la paroi;

As l’aire réceptrice équivalente d'une paroi transparente; la


résistance superficielle extérieure de la paroi; α le coefficient
d'absorption pour le rayonnement solaire de la paroi;
l’ensoleillement total sur l'orientation j;

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

-> le facteur de forme entre la paroi et le ciel (1 pour un toit horizontal sans ombre, 0,5
pour un mur vertical sans ombre); le coefficient de rayonnement extérieur;
l’écart moyen entre la température de l'air extérieur et la température apparente du

ciel; t est la durée de la période de


calcul.

Le coefficient de rayonnement extérieur ?@ est donné par:

Où ε est l'émissivité pour le rayonnement thermique de la surface extérieure, σ la


constante de Stefan-Boltzmann: σ = 5,67×10-8 W/(m2·K4) la moyenne
arithmétique entre la température superficielle et la température du ciel.

II.5 Les apports internes


Ces apports de chaleur dans le bâtiment proviennent de la chaleur métabolique des habitants et
de la chaleur provenant des appareils, éclairage, etc. La puissance thermique dégagée par les
habitants présents pendant un temps h dans le bâtiment peut être calculée par:

Où, N est le nombre d'habitants présents dans la zone climatisée ;


P est la puissance dégagée par habitant ; t est le temps de
présence en heures par jour ;

A est la surface brute de plancher climatisé occupée par les habitants ;


D est la surface disponible par habitant.

Le taux de présence dépend du type d'habitant, que l'on peut classer en deux catégories:
logement et travail (ou école). La puissance dégagée dépend de l'activité et de la taille des
habitants. Un tableau donnant les apports thermiques des occupants est présenté en annexe 4.
La puissance fournie par les appareils est généralement calculée à partir de la puissance
électrique Pel consommée et donnée par :

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Où, est le coefficient d’utilisation de l’appareil.


Ainsi, l'énergie interne (occupants et appareils) est donnée pendant la période t par:

II.6 Les pertes d’énergie à travers l’enveloppe du bâtiment


Les déperditions totales d'un bâtiment à une seule zone par exemple, donc à température
intérieure constante et uniforme pour une période donnée peuvent s'exprimer en fonction de la
différence de température moyenne entre l'intérieur et l'extérieur par :

Où est la température intérieure moyenne;

: la température extérieure moyenne;


t la durée de la période de calcul; et
H est le coefficient de déperditions du bâtiment donné par la somme ci-dessous :

Aves le coefficient de déperditions par transmission à travers l'enveloppe donné par


l’équation (14) et est le coefficient de déperditions par renouvellement d'air donné par la
relation (31).

II.6.1 Déperditions par transmission (HT)


Dans cette partie, nous présentons les modèles simplifiés des phénomènes de transfert
thermique par transmission au travers de l'enveloppe du bâtiment. Le coefficient de

déperditions par transmission , se calcule par:

Où est le coefficient de déperditions par transmission directe vers l'extérieur, à travers


l'enveloppe du bâtiment, défini par l'équation (15), en W/K; est le coefficient de
déperditions par le sol, défini par l’équation (20), en W/K; est le coefficient de

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

déperditions par transmission à travers les espaces non climatisés, défini par l'équation (16),
en W/K.
II.6.2 Transmission directe vers l'extérieur (HD)
Le coefficient de déperditions par transmission au travers de l’enveloppe vers l’extérieur se
calcule par:

L =’)R 9R +’WXYX +’Z(


R X (

Où ) est l'aire de la paroi i de l'enveloppe du bâtiment, en m² (les dimensions des fenêtres et


portes sont prises égales à celles de l'ouverture dans les parois);

9R le coefficient de transmission thermique de la paroi i de l'enveloppe du bâtiment, en


W/(m²K);
WX est la longueur du pont thermique linéaire, en m;
YX est le coefficient de transmission thermique linéique du pont thermique k, en W/(m·K);
( est le coefficient de transmission thermique ponctuel du pont thermique ponctuel l, en

W/K. Les ponts thermiques ponctuels faisant normalement partie de parois planes et qui sont
déjà pris en compte dans leur coefficient de transmission thermique ne doivent pas être

ajoutés ici;
La somme est effectuée sur tous les composants de bâtiment séparant l'intérieur de l'extérieur.
Lorsque la couche isolante principale est continue et d'épaisseur uniforme, les coefficients de
transmission thermique linéiques et ponctuels peuvent être négligés pour autant que les
dimensions extérieures soient utilisées. La couche isolante principale est la couche de plus
grande résistance thermique des parois adjacentes au pont thermique potentiel.

II.6.3 Transmission à travers les espaces non climatisés (HN)


Du fait que l’espace non climatisé est à une température différente de celle de l'extérieur, le
coefficient de déperdition , entre un espace climatisé et l'extérieur via les espaces non
climatisé se calcule par:

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Avec

Figure2. 4 : Transmission à travers les espaces non climatisés

Où R* est le coefficient de déperditions de l'intérieur vers l'espace non climatisé, en

W/K; *: le coefficient de déperditions de l'espace non climatisé vers l'extérieur, en W/K.

R* et *: tiennent compte des déperditions par transmission et par renouvellement

d'air. Ils se calculent par:

R* =7,R* +S,R*

Les coefficients de déperditions par transmission, 7,R*et 7,*: se calculent selon (14), et les

coefficients de déperditions par renouvellement d'air , sont donnés par:

Où est la masse volumique de l'air, en kg/m3;


est la chaleur spécifique de l'air, en Wh/(kg·K);

*: est le débit d'air entre l'espace non climatisé et l'extérieur, en m3/h;

R* est le débit d'air entre les espaces climatisés et non climatisés, en m3/h.

II.6.4 Déperditions par le sol (HS)


Les déperditions au travers du sol sont à priori complexes. Elles varient avec la saison, mais
ne sont pas directement liées à la température extérieure. En effet, la propagation de la chaleur
au travers des grandes épaisseurs de terrain est lente, et l'effet de la température extérieure
présente un retard certain sur sa cause. De plus, la géométrie du flux de chaleur est
tridimensionnelle. Toutefois, ces déperditions sont généralement faibles par rapport à celles
du reste du bâtiment, et une méthode approximative fournit souvent un résultat suffisant. Une

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

méthode simplifiée permettant de calculer le coefficient de déperditions par le sol en régime


permanent donne l’équation suivante :

Les déperditions par le sol des espaces non climatisés sont prises en compte en multipliant les
déperditions par le sol des espaces non climatisés par le facteur b défini par la formule (17).
Une autre méthode empirique de détermination du coefficient de déperditions par le sol est
basée sur une grandeur caractérisant le bâtiment:

Où A est l'aire du sol situé sous le bâtiment et P le périmètre en contact avec le sol. Cette

grandeur entre dans le calcul d'un coefficient de transmission thermique apparent, 9c, qui
luimême entre dans le calcul du coefficient de déperditions par transmission au travers du sol:

Le coefficient de transmission thermique apparent , se calcule à l'aide de formules


empirique adaptées à chaque situation.

II.6.5 Dalle sur sol


On calcule d'abord l'épaisseur équivalente (d t) de terrain correspondant au parcours minimum
que la chaleur doit suivre dans le sol:

Où dm est l'épaisseur de la paroi verticale constituant le périmètre, λ la conductivité thermique

du sol (fixée à 2 W/(m·K)) par défaut) et ;> la résistance thermique totale de la dalle, incluant
les résistances superficielles intérieure et extérieure.

Le coefficient de transmission thermique apparent, 9c, dépend de l'isolation de la dalle.

Si la dalle est mal isolée, c'est-à-dire si dt < B, alors:

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Si, par contre, la dalle est bien isolée, donc si B < dt :

Ce résultat est valable pour une dalle sans isolation sur son pourtour.

II.6.6 Dalle sur vide sanitaire


Dans ce cas, les déperditions par le sol sont celles de la dalle climatisée la plus basse. Elles
comprennent non seulement les déperditions par le sol, mais aussi les déperditions par
ventilation du vide sanitaire, données par :

Où 9> est le coefficient de transmission thermique de la dalle du rez-de-chaussée, entre


l'espace climatisé et le vide sanitaire

9i le coefficient de transmission thermique au travers du terrain, et

9j le coefficient de transmission thermique équivalent tenant compte des déperditions de


chaleur du vide sanitaire vers l'extérieur par ventilation et transmission.

est calculé de la manière usuelle. Le coefficient de transmission thermique au travers du

terrain, 9i se calcule comme pour la dalle sur sol, l'épaisseur équivalente "dH# dépendant
alors de la résistance d'une éventuelle dalle sur sol.

Le coefficient de transmission thermique équivalent, 9j, se calcule selon:

Où h est la hauteur moyenne du vide sanitaire,

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

9k le coefficient de transmission thermique de la paroi verticale du vide sanitaire ; l


(m²/m) le rapport de la surface totale des ouvertures de ventilation au périmètre de la
paroi verticale;

v la vitesse moyenne du vent à 10 m de hauteur, et


le facteur de protection au vent.

II.6.7 Déperditions par ventilation (QV)


L'aération des bâtiments entraîne une dépense d'énergie pour:
. Chauffer, refroidir et conditionner l'air extérieur afin d'amener sa température et son taux
d'humidité à des valeurs confortables ; . Déplacer l'air refroidi et l'air vicié.

La dépense d'énergie pour le conditionnement de l'air s'effectue de toute façon, que le


bâtiment soit muni d'une installation de ventilation, de climatisation ou de chauffage. Cette
consommation vaut en principe:

Où (J) est la consommation d'énergie pendant la période de temps considérée;

∆ℋ(J/kg) la différence d'enthalpie entre l'air intérieur et l'air extérieur, à savoir la quantité
m (kg) la masse d'air ayant traversé le bâtiment;

d'énergie qu'il faut pour varier sa température et son degré d'humidité;

(kg/m3) la masse volumique de l'air ;

(m3/h) le débit d'air ; t la durée de la période de


temps considérée ; le rendement de récupération de
chaleur sur l'air évacué.

La différence d'enthalpie ∆ℋ entre l'air intérieur et l'air extérieur peut être déterminée à
l'aide d'un diagramme de Carrier.

La quantité d'énergie nécessaire pour mouvoir l'air dans les installations de ventilation n'est
pas négligeable. Dans les bâtiments climatisés, il n'est pas rare que cette énergie représente 20
à 30% de l'énergie nécessaire à la climatisation. L'installation de climatisation est souvent un
gros consommateur d'électricité dans les bâtiments.

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

Dans les bâtiments non climatisés, en hiver, l'apport d'humidité est largement assuré par les
activités humaines, et les humidificateurs sont souvent superflus. De plus, la ventilation est
souvent naturelle. Dans ce cas, la demande d'énergie se restreint à celle nécessaire au
chauffage :

Où Δθ est la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur et la chaleur spécifique


de l'air (1000 J/kg·K).

Le coefficient de déperdition par ventilation, , à introduire dans l'équation (13) vaut donc

A température ambiante, vaut 1200 J/(m³. K) ou 0, 33 Wh/(m³. K).

Conclusion
Ce chapitre vient de nous présenter les différents transferts d’énergie entre l’environnement
extérieur et le milieu intérieur du bâtiment à travers son enveloppe. Nous pouvons donc noter
d’une manière générale que les transferts d’énergie dans le bâtiment résultent d’une part des
apports externes et internes dus aux rayonnements solaires et à la chaleur métabolique des
occupants et des appareils domestiques, et d’autre part des déperditions d’énergie issues de
l’intérieur du bâtiment et dont le total s’expriment en terme de différence de température
moyenne entre l’intérieur et l’extérieur. Ces déperditions se traduisent par des transmissions
vers l’extérieur à travers les types de paroi qui constituent l’enveloppe du bâtiment. Et ce sont
elles qu’il faut limiter voir éviter pour minimiser les émissions des GES. Ce dernier aspect
étant possible si on diminue la consommation d’énergie dans le bâtiment grâce à
l’amélioration de l’EE. Le chapitre suivant présentera de ce fait, les techniques usuelles qui

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CHAPITRE II : Energétique et Physique des Bâtiments

permettent l’atténuation des émissions des gaz à effet de serre suite à une utilisation
rationnelle de l’énergie dans le bâtiment.

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et
tertiaires

CHAPITRE III : TECHNIQUES D’ATTENUATION DES GES PAR


L’UTILISATION RATIONNELLE DE L’ENERGIE DANS LES
BATIMENTS RESIDENTIELS ET TERTIAIRES

Introduction
Il existe une multitude de technologies pouvant être utilisées pour séquestrer les GES émis
dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. Mais avant de discuter de ces techniques de
réduction, il est important de présenter les consommations par usage dans les bâtiments sous
forme schématique. La figure 3.1 ci-dessous présente les consommations d’énergie dans les

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
bâtiments résidentiels et tertiaires aux Etats-Unis
et en chine.

Figure 3. 1: consommation d’énergie dans les bâtime


nts résidentiels et tertiaires en Chine et aux
USA (EIA, 2006 and Zhou, 2007)

Nous pouvons constater que l’énergie la plus utilisée dans le secteur résidentiel des deux pays
est l’énergie de chauffage, suivi de l’énergie utilisée pour produire de l’eau chaude sanitaire
(chine) et d’autres utilisations (les appareils électriques ; USA). Cet ordre sera bientôt
renversé en Chine compte tenu du fait que l’utilisation des appareils purement électriques
augmente au fur et à mesure que les années passent. Dans les bâtiments tertiaires, la situation
est beaucoup moins similaire dans les deux pays. En Chine, l’énergie de chauffage est la plus
utilisée alors qu’aux USA, c’est l’énergie utilisée dans les appareilles purement électrique

(équipement de bureau et petits appareils) qui domine. Celles-ci sont suivies par l’eau chaude
en Chine qui n’est d’ailleurs pas significative dans les bâtiments tertiaires aux USA.

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
En résumé, nous pouvons dire que, dans les bâtiments résidentiels, l’énergie est principalement
utilisée pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. C’est également le cas dans
les bâtiments tertiaires où l’énergie de chauffage est la plus utilisée (2/3 de l’énergie totale
consommée dans l’UE est destinée à ces fins), suivie de l’énergie utilisée pour l’éclairage.
Dans les climats tropicaux et chauds le chauffage est remplacé par la climatisation.

III.1 Technique d’efficacité énergétique dans les bâtiments


Les techniques d’efficacité énergétique dans les bâtiments prennent en compte : la réduction
des charges, l’utilisation des systèmes à énergie renouvelable ainsi que les équipements de
contrôle et de régulation de la consommation. Le bâtiment doit être de telle sorte que, de part
sa conception combiné aux systèmes qui y sont installés, il promeut l’efficacité énergétique.

III.1.1 Réduction des charges de chauffage, de climatisation et d’éclairage


La stratégie la plus simple de réduire les charges de chauffage et de climatisation est d’isoler le
bâtiment de l’environnement extérieur ce, en optimisant le vitrage et en minimisant les entrées
d’air. Cette méthode est appropriée pour les bâtiments situés dans les régions froides. Une
autre stratégie consiste à utiliser la structure du bâtiment comme un filtre, sélectionnant la
quantité de radiation solaire et d’air pénétrant le bâtiment en fonction, bien entendu, des
besoins de chauffage, de climatisation, d’aération et d’éclairage.

III.1.2 Utilisation de l’énergie solaire et autres sources naturelles de chaleur


L’énergie solaire peut être utilisée pour produire l’énergie électrique, l’eau chaude sanitaire et
même pour la climatisation. La géothermie peut également être utilisée aux mêmes fins. On
peut également utiliser pour la climatisation, des systèmes qui dissipent naturellement la
chaleur sans l’aide d’une machine frigorifique.

III.1.3 Augmentation de l’efficacité des appareils de chauffage, de climatisation et


d’aération
Depuis la fin du siècle dernier, l’efficacité énergétique des équipements électriques installés
dans les bâtiments est en perpétuel augmentation. Ce phénomène est observé majoritairement
dans les pays développés, mais aussi connait une réelle amélioration dans les pays en voie de
développement. En augmentant l’efficacité énergétique des appareils d’éclairage et autres, on
diminue directement la consommation d’énergie électrique et partant les émissions de GES.

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
III.1.4 Mise en service et amélioration du service d’entretien
Un bâtiment est d’autant plus performant que sa conception et sa réalisation ont été bien
menées. La mise en service est une série de contrôle qualité incluant ; l'examen de la
conception, le fonctionnement des systèmes et équipements à énergie électriques et, la
fourniture d’une documentation claire aux usagers du bâtiment. Puisqu’il est important de
savoir que la performance énergétique d’un bâtiment dépend fortement de la façon dont on
l’utilise, et aussi de son entretien. Ainsi, la surveillance continue des performances
énergétiques, à travers l’automatisation du contrôle et la formation des agents d’entretien
qualifiés est une mesure essentielle pour augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments en
général et les bâtiments résidentiels et tertiaires en particulier.

III.1.5 Changement de comportement


La quantité d’énergie consommée dans un bâtiment dépend aussi du comportement des
occupants ainsi que de celui du propriétaire. Les études menées à l’université de Princeton ont
permis de montrer que pour deux maisons identiques, mais ayant des occupants différents, la
consommation d’énergie pouvait varier de l’une à l’autre d’un facteur deux ou même plus.
Levermore en 1985, a trouvé une variation de 40% pour la consommation de gaz et de 54%,
pour la consommation d’électricité dans neuf foyers d’enfants identiques dans la banlieue
Londonienne [5]. Il s’est également rendu compte que dès que les foyers ont su que leur
comportement était observé, la consommation d’électricité est tombée, et les différences de
consommation d’énergie d’une maison à l’autre ont disparu. Preuve que ces différences étaient
fortement liées aux comportements des occupants des différents domiciles. Le comportement
des occupants des bâtiments tertiaires a aussi un impact sur la consommation énergétique
surtout lorsque, l’éclairage, la climatisation et l’aération sont contrôlés manuellement.

III.1.6 Utiliser des approches systémiques pour la conception des bâtiments


L’évaluation des possibilités de réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment peut
être faite au niveau des occupants utilisant les appareils électriques ou alors au niveau de la
conception de ces systèmes énergivores. Les stratégies d’efficacité énergétique axées sur les
usagers du bâtiment sont souvent limitées. Cependant, l’examen du bâtiment comme un
système entier peut conduire à des solutions de conception totalement différentes,
consommant moins d’énergie mais dont les coûts de réalisation restent concurrentiels.

L'approche systémique requiert à son tour un processus de conception intégré (PCI), dans
laquelle la performance du bâtiment est optimisée grâce à un processus itératif qui implique

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tous les membres de l'équipe de conception dès le début. Les étapes du PCI les plus
élémentaires pour un bâtiment comprennent: (i) la sélection d'une enveloppe de haute
performance et des équipements performants, de taille appropriée, (ii) le choix d’un système
de gestion énergétique du bâtiment qui optimise le fonctionnement des équipements
électriques et le comportement des occupants, et (iii) la mise en œuvre d’un service d'entretien
des installations électriques du bâtiment [14].Comparé aux pratiques courantes, ces étapes à
elles seule permettent généralement de réaliser des économies d'énergie de l'ordre de 35-50%
pour un nouveau bâtiment [15].

III.1.7 Influence de la forme et de l’orientation du bâtiment sur l’efficacité


énergétique
Lors de la phase de conception, l’architecte peut prendre des décisions ayant une influence
capitale sur les réductions ultérieures des consommations d’énergie d’un bâtiment. Ces
décisions concernent, la forme du bâtiment, son orientation, la dénivellation de la région
considérée. Il faut tout de même dire que plusieurs éléments intervenants dans la conception
des bâtiments dans les pays développés ont permis des économies d’énergie énormes. Le
regroupement des bâtiments dans une zone donné peut également affecter positivement la
consommation énergétique, en ce sens qu’il permet une réduction des coûts énergétiques de
transport.

III.1.8 Minimiser les émissions d'halocarbures


Plusieurs équipements des bâtiments sont susceptibles d’émettre des GES ayant des forçages
radiatifs importants. Il s’agit des produits chimiques utilisés par les systèmes de chauffage et
de climatisation, à savoir : les chlorofluorocarbures (CFC), les hydrochlorofluorocarbures
(HCFC), et les hydrofluorocarbures (HFC). Ceux à base de chlore sont désormais interdits
d’usage par le protocole de Montréal, ils sont remplacés par les HFC qui eux, ont un effet
moins néfaste sur la couche d’ozone.

Il est cependant important de rappeler que, le CO 2 émis lors de la production de l’électricité,


alimentant les systèmes de climatisation ainsi que les équipements frigorifiques dans les
bâtiments est nettement supérieur à la quantité équivalente de gaz néfaste émise par ces
appareils frigorifiques. Donc, pour diminuer ces émissions, il ne suffit pas seulement de
changer les fluides frigorigènes utilisés dans les appareils frigorifiques mais, il faut produire
l’électricité durablement. Néanmoins, certaines mesures d’atténuations de ces émissions sont
facilement envisageables, nous pouvons citer entre autre, le contrôle régulier des fuites de
réfrigérant, la manipulation et l’utilisation responsable des frigorigènes pendant tout le cycle

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de vie des systèmes frigorifiques. Et ces considérations sont aussi valables pour les mousses
isolantes et les protections incendies qui émettent également des GES.

III.2 L’enveloppe thermique


Le terme «Enveloppe thermique» est associé à l’efficacité des transferts à travers l’enveloppe
du bâtiment et se réfère à celle-ci comme un obstacle à la chaleur indésirable ou au transfert de
masse entre l'intérieur du bâtiment et les conditions extérieures. L'efficacité de l'enveloppe
thermique dépend pour cela : (i) des niveaux d'isolation dans les murs, plafond et sol ou
soussol, y compris les facteurs tels que la moisissure et des ponts thermiques qui affectent les
performances des isolants, (ii) des propriétés thermiques des fenêtres et les portes, et (iii) le
taux d’échange de l’air entre l'intérieur et l'extérieur, qui dépend de l'étanchéité de l'enveloppe
et des forces motrices telles que le vent, les différences de température et de pression dues aux
systèmes de ventilation (mécanique ou naturel) ou de distribution d'air frais ou chaud.

L’amélioration des capacités thermiques de l'enveloppe peut réduire les exigences de


climatisation d'un facteur de deux à quatre par rapport aux normes pratiquées. Ce qui réduit
par la même occasion le coût additionnel dû à ces systèmes et partant des émissions de GES.

III.2.1 L’isolation
Le choix de l'isolation est nécessaire pour maximiser à long terme les performances
thermiques de l’enveloppe du bâtiment en général. Et cela
implique l'examen des ponts thermiques et de toute infiltration
d'eau ou d’air qui pourrait entraîner une détérioration de ces
performances au fil du temps. En effet les isolants thermiques
peuvent émettre des GES avec un PRG aussi important que pour
les gaz frigorifiques. Cependant, d’une manière générale,
l’isolation thermique permet à la fois de réduire les
consommations d’énergie de climatisation et / ou de chauffage et

d’accroître le confort des occupants. Et ce n’est pas tout : l’isolation est également bénéfique
pour l’environnement car, en réduisant les consommations d’énergie, elle permet de préserver
les ressources énergétiques et de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, l’isolation
thermique est intéressante en termes de protection de l’environnement, de confort et
d’économies financières.

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires

III.2.2 Les fenêtres


Les performances thermiques des fenêtres se sont considérablement améliorées grâce à
l'utilisation de vitrages multiples, ayant des gaz à
faible conductivité (argon en particulier) entre les
couches de vitre, des revêtements à faible émissivité
sur une ou plusieurs surfaces et des matériaux
d'encadrement (tels que la fibre de verre extrudé)
avec de très faible conductivité. Des ouvrantes

(ouvrables) de fenêtres sont disponibles avec des flux de chaleur qui ont seulement 25-35% de
la perte de chaleur standard pour le double vitrage (contre15 à 20% pour de simples vitrages).
Une vitre qui réfléchit ou absorbe une grande fraction du rayonnement solaire incident réduit
le gain de chaleur solaire jusqu'à 75%, réduisant ainsi les charges de refroidissement. En dépit
de ces améliorations techniques, les coûts des vitrages et fenêtres sont restés constants ou ont
même baissé en termes réels [16].

III.2.3 Les fuites d'air


Dans les climats froids, l'échange incontrôlé de l'air entre l’intérieur et l'extérieur d'un bâtiment
peut être responsable jusqu'à la moitié des pertes totales de chaleur. Dans les climats chauds et
humides, les fuites d'air peuvent être une source importante de l’'humidité intérieur. En
construction résidentielle, l'installation dans les murs d'une barrière imperméable en continu,
combinée à d'autres mesures telles que des coupe-bises, peuvent réduire les taux de fuites d'air
par un facteur de cinq à dix par rapport à la pratique courante dans la plupart des
constructions. En plus des fuites à travers l'enveloppe du bâtiment, les dernières recherches
aux États-Unis ont démontré que les fuites dans les conduits de distribution d'air pour le
chauffage et le refroidissement peuvent augmenter des besoins énergétiques de 20-40% [16].

III.3 Des systèmes de chauffage


Dans les pays industrialisés et dans certaines zones urbaines des pays en développement, le
chauffage est généralement fourni par un système de chauffage central, une fournaise ou une
chaudière. Dans les zones rurales des pays en développement, il est généralement assuré par la
combustion directe de la biomasse. Les sections suivantes examinent les possibilités
d’accroître l'efficacité énergétique de ces systèmes.

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires

III.3.1 Les systèmes de chauffage utilisés principalement dans les pays


industrialisés
Dans la plupart des bâtiments résidentiels on utilise des chaudières pour produire de la vapeur
ou de l’eau chaude qui sera distribuée dans le bâtiment grâce à un radiateur. Actuellement, ce
sont des chaudières à condensation qui sont majoritairement en usage en Europe occidentale
en raison de la réglementation de nouveaux bâtiments, qui exige une plus grande efficacité des
systèmes. Les systèmes de chauffage hydrauliques (dans lesquels l'eau plutôt que l'air est
distribuée), en particulier les systèmes de chauffage radiant des planchers, sont capables d'une
meilleure efficacité énergétique que les systèmes à air forcé.

Par temps froid, le climatiseur peut fonctionner comme une pompe à chaleur en sens inverse,
réchauffant ainsi l'espace intérieur.

En hiver dans les climats froids, la disponibilité de la chaleur d'une source relativement chaude
(Comme la géothermie plutôt que l'air extérieur) et la distribution de la chaleur à la
température la plus basse possible peut considérablement améliorer l'efficacité de la pompe à
chaleur et réduire l'énergie utilisée pour le chauffage de 50 à 60% [17].

III.3.2 Les foyers à charbon et la combustion de la biomasse dans les zones rurales
des pays sous-développés
Dans le monde, environ trois milliards de personnes utilisent des combustibles solides – La
biomasse et, principalement en Afrique, le charbon – dans les foyers domestiques pour
répondre à leurs besoins de cuisson, de chauffage. La plupart de ces personnes vivent dans des
zones rurales avec peu ou pas accès aux sources commerciales de carburant ou d'électricité.
Les informations statistiques sur l'utilisation du combustible dans des cuisinières est
sommaire, de sorte que toutes estimations de la consommation d'énergie et des émissions de
GES sont incertaines. Le total mondial pour l'utilisation des biocarburants traditionnels – un
bon indicateur de la consommation d'énergie dans les fours des ménages – a été d'environ 32
EJ en 2002, comparativement à l'utilisation d'énergie commerciale mondiale de 401 EJ (AIE,
2004).

Dans le monde, la plupart des ménages utilisent de simples foyers et des matériaux locaux qui
sont inefficaces, très polluantes et contribuant à la surexploitation des ressources naturelles.
Les études sur la Chine et l'Inde ont montré que si on considère seulement le Protocole de
Kyoto, les émissions de GES dues aux foyers de biomasse sembleraient plus faibles que

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celles dues aux combustibles fossiles alternatifs. Si les produits de combustion incomplète,
autres que le méthane et le N2O sont considérées alors, les foyers à biomasse présenteraient

des émissions de GES trois à dix fois supérieur à celles des combustibles fossiles alternatifs.
Des programmes visant à développer et à diffuser les cuisinières à biomasse plus efficaces ont
été entrepris en Chine, en Inde et dans d'autres pays pour limiter ces émissions Dans certains
pays comme le Brésil, des cuisinières utilisant du biogaz ou des dérivés liquéfiés de la
biomasse solide qui offrent une plus grande efficacité et un potentiel de réduction
significativement des émissions de GES (et du noir de carbone) ont été développées et sont
déjà utilisées dans beaucoup de ménages [18].

III.4 Refroidissement et les charges de refroidissement


L'énergie de refroidissement peut être réduite par: 1) la réduction de la charge de
refroidissement dans le bâtiment, 2) l’utilisation des techniques passives pour couvrir toute ou
une partie de la charge, et 3) l’amélioration de l'efficacité des équipements de refroidissement
et des systèmes de distribution thermique.

III.4.1 Réduire la charge de refroidissement


Réduire la charge de refroidissement dépend de la forme du bâtiment et son orientation, du
choix des matériaux de construction et de plusieurs autres décisions qui sont faites au stade de
la conception par l’architecte. En général, les bâtiments construits avant 1975 en France et
USA ne sont plus adaptés aux dominances climatiques actuelles. Toutefois, les principes de
conception pour réduire les charges de refroidissement pour tous les climats sont bien connus.
Ils comprennent: (i) l'orientation du bâtiment afin de minimiser la surface du mur face au
soleil (à l'est ou l'ouest), (ii) le regroupement des bâtiments qui permet de créer un certain
degré d’ombrage (comme dans de nombreuses communautés traditionnelles dans les climats
tropicaux), (iii) l’utilisation de matériaux de construction à haute réflectivité thermique; (iv)
l'augmentation de l'isolation; (v) l’utilisation des ombrages fixes ou réglables, (vi) l’utilisation
sélective de vitrage sur les fenêtres avec un faible gain de chaleur solaire et un facteur de
lumière de haute transmission et évitant le contour des fenêtres excessive (en particulier sur les
faces Est et Ouest des murs), et (vii) en utilisant la masse thermique afin de minimiser des pics
de température intérieure diurne.

En outre, les charges thermiques internes des appareils et de l'éclairage peuvent être réduites
par l'utilisation des équipements performants et de contrôles. L'augmentation de la réflectivité

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solaire des toitures et des surfaces horizontales autour des bâtiments et la plantation des arbres
d'ombrage peuvent générer des économies d'énergie considérables. En plus de créer de
l’ombrage, les arbres offrent l’avantage de refroidir l'air ambiant. Des calculs à très grande
échelle menés par un programme de plantation d’arbre sur des toitures et en bordure de route

dans la ville de Los Angeles ont montré qu’il était possible de produire des économies
d’énergie de 50 – 60% avec une réduction de 24 à 33% de la charge de climatisation [5].

III.4.2 Techniques de refroidissement passif et à basse énergie


Les techniques de refroidissement purement passives ne nécessitent aucun apport d'énergie
mécanique, mais peuvent souvent être grandement améliorées grâce à de petites quantités
d'énergie pour alimenter des ventilateurs ou des pompes.

a) La ventilation naturelle et nocturne


La ventilation naturelle réduit les besoins de refroidissement mécanique, car elle assure: la
suppression directe d'air chaud lorsque l'air entrant est plus frais que l'air sortant, la réduction
de la température ressentie à cause de l'effet de refroidissement du mouvement de l'air, le
refroidissement nocturne, l'augmentation de l’intervalle de température acceptable grâce à
l'adaptation psychologique lorsque les occupants ont le contrôle des ouvrantes des fenêtres. En
effet lorsque la température extérieure est de 30° C, la température intérieure moyenne
supportable est de 27°c en ventilation naturelle au lieu de 25 °C en ventilation mécanique [5].
La ventilation naturelle nécessite une force motrice et un nombre suffisant d'ouvertures pour
produire des flux d'air. Elle peut être induite par des différences de pressions résultant de la
différence de température entre l’intérieur et l’extérieur ou du vent.

b) Le refroidissement par évaporation


Il y a deux méthodes de refroidissement de l'air par évaporation fourni aux bâtiments. Dans un
refroidisseur "direct" par évaporation, où l'eau s'évapore directement dans le flux d'air à
refroidir. Et dans un refroidisseur «indirecte» par évaporation, où l'eau s'évapore et se refroidit
en un flux d'air secondaire, ce qui refroidit de l'air à travers un échangeur
d’approvisionnement de chaleur sans ajout d'humidité. En considérant les deux cas – les
systèmes directs et indirects – le refroidissement par évaporation peut offrir des conditions de
confort dans la plupart des régions sous réserve de la disponibilité d'eau. Le refroidissement
par évaporation directe peut être utilisé dans les zones arides alors que le refroidissement par

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évaporation indirects est utilisé dans les climats quelques peu humides. De nouveaux
refroidisseurs par évaporation directe et indirecte sont développés en Californie et simulés
dans plusieurs zones climatiques du monde pour atteindre une efficacité annuelle de l’ordre de
92 à 95% pour le résidentiel et 89 à 91% pour le tertiaire [19].

c) Autre technique de refroidissement passif


La technique de refroidissement souterraine : elle consiste à refroidir l'air de ventilation en
aspirant l'air extérieur par un conduit d'air enterré. La performance de cette technique dépend
du climat et est fonction de l’importante de la plage de température annuelle. Dans des climats
chauds et humides, ces techniques passives offrent une alternative aux systèmes de
climatisation.

III.4.3 Les climatiseurs et les refroidisseurs à compression de vapeur Les


climatiseurs utilisés pour des maisons, des appartements et le
petit tertiaire ont un COP nominal (puissance de refroidissement
divisée par la puissance du ventilateur et compresseur : une
mesure directe de l’efficacité) allant de 2,2 à 3,8 selon les
conditions d'exploitation. Des systèmes individuels plus
efficaces sont disponibles au Japon, avec des COP allant de 4,5 à
6,2 pour une unité de capacité de refroidissement de 2,8

kW. Les refroidisseurs à eau glacée sont généralement utilisés dans le grand tertiaire. Le COP
augmente généralement avec la taille de l’appareil, les refroidisseurs centrifuges les plus
efficaces ayant un COP allant jusqu'à 7,9 en pleine charge, et même plus élevée sous charge
partielle. Bien que l'énergie supplémentaire soit utilisée dans le dessiccateur de base pour la
ventilation, le circuit d'eau réfrigérée et l'exploitation d'une tour de refroidissement, les
économies d'énergie importantes sont possibles à travers le choix d’un système de
refroidissement plus efficace en combinaison avec l'efficacité des systèmes auxiliaires.

Les climatiseurs – des petites unités aux systèmes centralisés – emploient généralement un
frigorigène (halocarbures) dans un cycle de compression de vapeur. Bien que les unités soient
conçues pour afficher de faibles taux d'émission de fluide frigorigène, des fuites se produisent
et les émissions supplémentaires associées à l'installation, à la disposition et à l’utilisation de
ces équipements peuvent être importantes. Ces émissions varient donc considérablement d'une
installation à l'autre et dépendent fortement des pratiques employées sur le site. Dans certains
cas, le PRG de ces émissions et leur durée de vie dans l’atmosphère l'emporte sur les

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
émissions de CO2 associées à la fourniture électrique. Ce qui souligne l’intérêt de considérer
le type de réfrigérant et de manutention ainsi que l'efficacité énergétique lors de la prise de
décisions sur l'achat, l'exploitation, l’entretien et le remplacement de ces systèmes. Jusqu'à
récemment, la pénétration des climatiseurs dans les pays en développement a été relativement
faible, et typiquement utilisée dans les grands immeubles de bureaux, hôtels et maisons à

revenu élevé. Cependant, cette situation évolue rapidement, avec des systèmes de
climatisation individuelle de plus en plus rencontrés dans le bâtiment résidentiel et tertiaire à
un rythme pouvant atteindre des niveaux encore plus grande que dans les pays développés.
Cette évolution c’est d’ailleurs ressentie au niveau de la production des pièces de type
individuel, qui a augmenté de 26% entre 1998 et 2001 (GIEC, 2005).

III.5 Chauffage, ventilation et climatisation (CVCA)


Le terme CVC est généralement utilisé en référence pour le confort thermique dans les
bâtiments. Les systèmes CVC assurent la filtration, l'humidification et la déshumidification,
ainsi que le chauffage et le refroidissement.

III.5.1 Principes des systèmes CVC


Dans les systèmes CVC, le chauffage ou le refroidissement est assuré en faisant circuler une
quantité fixe d'air à un niveau de température suffisamment chaude ou froide pour maintenir la
température ambiante désirée. La vitesse à laquelle l'air est distribué dans ce cas est
normalement beaucoup plus grande que celle nécessaire à la ventilation pour éliminer les
contaminants. Pendant la saison de refroidissement, l'air est fourni à la température froide
nécessaire dans n'importe quelle zone et réchauffés s’il le faut avant d'entrer dans d'autres
zones. Il ya un certain nombre d’éléments dans la conception des systèmes CVC qui favoriser
des économies d'énergie pour le chauffage, la climatisation et la ventilation. Il s'agit
notamment de : (i) l’utilisation des systèmes à débit d'air variable afin de minimiser
l'échauffement et le refroidissement simultanés de l'air, (ii) l’utilisation des échangeurs de
chaleur pour récupérer la chaleur ou la fraicheur de l'air ventilé à l’échappement, (iii)
l’utilisation d’un ventilateur qui minimise la consommation d'énergie de la pompe en
contrôlant la vitesse de rotation, (iv) la séparation de la ventilation des fonctions de chauffage
et de refroidissement en utilisant l’air réfrigéré ou l'eau chaude pour le contrôle de la
température et en ne circulant que le volume d'air nécessaire à la ventilation, (v) la séparation
des fonctions de refroidissement et de déshumidification par l'utilisation d’un dessiccateur de

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
déshumidification, (vi) la mise en œuvre d’un système de ventilation à demande d’air
contrôlée en fonction du changement d'occupation du bâtiment. Cette application seule peut
réduire de 20 à 30% la consommation d’un CVC [18]; (Vii) dimensionner correctement tous
les composants, et (viii) permettre au système CVCA de varier la température de manière
saisonnière avec les conditions extérieures.

Des économies supplémentaires peuvent aussi être réalisées dans les bâtiments en « mode
mixte », dans lesquels la ventilation naturelle est utilisée dès que possible, en faisant usage de

la plage de confort étendues associées avec des fenêtres ouvrantes, et le refroidissement


mécanique utilisé uniquement lorsque cela est nécessaire en période très chaude ou de haute
occupation du bâtiment.

III.5.2 Alternative aux systèmes CVC dans les bâtiments


Les paragraphes suivants décrivent deux alternatives pour des systèmes CVC conventionnels
dans les bâtiments tertiaires qui semble-t-ils, peuvent réduire l'utilisation de l'énergie des
systèmes CVC de 30 à 75%. Ces économies sont en outre les économies découlant de la
réduction du chauffage et de la climatisation.

a) Plafonds rafraîchissants
Une salle peut être refroidie par la fraicheur générée par une
grande partie du plafond par circulation d'eau par des tuyaux
ou des panneaux légers. Le plafond réfrigéré (PR) de
refroidissement est utilisé en Europe depuis 1970. Ils
offrent d’importantes économies d’énergie en raison de la

plus grande efficacité de l'eau – qui est utilisée – que l'air dans le transport de la chaleur et
parce que l'eau glacée est fournie entre 16 ° C et 20 ° C plutôt que 5 à 7 ° C pour l’air. Cela
permet un meilleur COP pour le fonctionnement du refroidisseur.

b) La ventilation par déplacement


La ventilation conventionnelle repose sur un mélange turbulent pour diluer l’air de la pièce
avec l'air de ventilation. Un système supérieur est la «Ventilation par Déplacement »(VD),
dans lequel l'air est introduit à faible vitesse grâce à de nombreux diffuseurs placés dans le
plancher ou le long des côtés d'une pièce et qui est chauffée par des sources de chaleur internes

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
(occupants, éclairage, les équipements à prise de charge), en faisant remonter vers le haut les
flux de chaleur présents dans la pièce. L'avantage thermodynamique de cette technique est
que la température de l'air fourni est sensiblement plus élevée pour les mêmes conditions de
confort (environ 18°C contre 13 °C dans un système de ventilation conventionnel).
Globalement, la VD peut réduire l'utilisation d'énergie pour le refroidissement et la ventilation
de 30 à 60%, en fonction du climat [11].

III.6 Les systèmes de gestion énergétique du bâtiment (SGEB) et la


cogenération

III.6.1 Les SGEB

Les SGEB sont des systèmes de contrôle pour les bâtiments résidentiels et tertiaires qui
utilisent des ordinateurs et des microprocesseurs répartis dans tout le bâtiment pour la
surveillance, le stockage de données et la communication. Un SGEB peut être centralisé, de
façon à communiquer par des liaisons téléphoniques ou par internet avec plusieurs bâtiments
au même moment. Pour ce faire, il suffit juste que lesdits bâtiments aient des émetteurs
externes leurs permettant de se connecter au système centrale, et donc de transmettre les
données recueillies au gestionnaire du SGEB. Un tel réseau peut être programmé de façon que
tout débordement dans l’utilisation de l’énergie soit détecté automatiquement, par le biais des
logiciels appropriés. De nos jours, avec l’avènement du wifi, ces systèmes sont de plus en
plus utilisés. Vu qu’ils permettent non seulement un contrôle régulier et fiable mais aussi,
évitent aux experts en efficacité énergétique, des déplacements répétés dans les bâtiments. Les
estimations des économies d’énergie engrangées par l’utilisation des SGEB, varient de 5 et
40% [5].

III.6.2 La cogénération (chauffage / refroidissement)


Le plus grand potentiel d'amélioration de l'efficacité des systèmes de chauffage est de les
convertir en systèmes de cogénération qui impliquent la production simultanée d'électricité et
de chaleur utile. L’eau glacée fournie à un réseau de refroidissement peut être produite par
trigénération (production simultanée d'électricité, de chaleur et d’eau glacée), ou il peut être
produit par une installation centralisée de refroidissement indépendant de la production
d'électricité. En effet, le réseau de refroidissement fournit une alternative aux refroidisseurs

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
séparés et les tours de refroidissement dans les immeubles résidentiels. Autrement dit il évite
l'utilisation inefficace des climatiseurs de petite taille beaucoup plus consommateurs d’énergie.

III.7 Les systèmes d'éclairage

La consommation d'énergie d'éclairage peut être réduite de 75 à 90% par rapport à la pratique
conventionnelle à travers (i) l'utilisation de l'éclairage naturel et des détecteurs de présence qui
allument ou éteignent automatiquement la lumière en cas de besoin. (ii) l'utilisation des

dispositifs d'éclairage plus efficaces; et (iii) le paramétrage de l’éclairage en fonction des


tâches et de la température ambiante.

III.7.1 L'éclairage électrique


Actuellement 1,9 GtCO2 sont émis par l'éclairage électrique
dans le monde entier, ce qui correspond à 70% des émissions
des véhicules de tourisme. Des améliorations continues dans
l'efficacité des dispositifs d'éclairage électriques sont
survenues au cours des dernières décennies et on peut
s'attendre encore à de nombreuses améliorations

dans ce domaine. Les progrès des lampes ont été accompagnés par l'amélioration de
l'occupation des espaces et des réductions des coûts. Une réduction de la consommation
d’énergie d'un facteur de quatre à cinq peut être réalisée dans le secteur résidentiel en
remplaçant les lampes à incandescences par des ampoules à économie d’énergie (AIE, 2006).

Pour les systèmes d'éclairage ambiant (l'espace en général) des bâtiments tertiaires, l'énergie
nécessaire peut être réduit de 50% ou plus par rapport aux anciens systèmes fluorescents grâce
à l'utilisation des lampes plus efficaces (les ballasts et les réflecteurs, les détecteurs de
présence, la définition des couleurs). Une réduction de 40 à 80% des consommations d'énergie
peut être faite en optimisant l’utilisation de la lumière du jour. Une stratégie simple pour
réduire davantage la consommation d'énergie est de fournir un faible éclairage de fond, avec
de meilleurs niveaux de luminance dans des postes de travail. Non seulement cela peut
réduire de moitié la consommation d’énergie pour l'éclairage, mais il offre un plus grand degré
de contrôle individuel du personnel et peut également réduire des niveaux

inconfortables d'éblouissement et de contraste élevé [5].

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
III.7.2 L’éclairage traditionnel
Environ un tiers de la population mondiale s’éclaire à base de combustibles comme le
kérosène, la paraffine ou le diesel, contribuant à la charge sanitaire majeure de l'air intérieur
(pollution) dans les pays en développement. Bien que des appareils conçus à cet effet
fournissent seulement 1% de l'éclairage global, ils sont responsables de 20% des émissions de
CO2 liées à l'éclairage et consomment 3% de l'approvisionnement mondiale en pétrole. Un
LFC (Lampe Fluorescente Compacte) ou un LED est environ 1000 fois plus efficace qu’une
lampe à pétrole [16]. Des efforts sont en cours pour promouvoir le remplacement des lampes à
kérosène avec des LED dans les pays en voie de développement. Les progrès récents dans la

technologie des diodes électroluminescentes (LED) ont considérablement amélioré le rapport


coût-efficacité, la longévité et la viabilité globale des lampes (AIE, 2006).

III.8 Appareils ménagers et matériel de bureau


La consommation d'énergie par les appareils domestiques, les équipements de bureau et
l’électronique grand public, représente une fraction importante de l'utilisation totale
d'électricité dans les secteurs résidentiel et tertiaire. Ces équipements sont responsables de plus
de 40% de la demande en énergie primaire dans les pays de l'OCDE (AIE, 2004). La forte
croissance de la demande d'électricité pour ces équipements (appareils électroniques, de
divertissement, des communications, matériel de bureau et équipement de cuisine de petite
taille), est évidente dans tous les pays depuis le début des années 1980. Ils représentent
désormais 70% de tous les appareils qui utilisent l'électricité résidentielle et tertiaire dans les
pays en développement. Et, l'augmentation rapide de leur saturation dans le dynamisme de
certains pays comme la Chine, témoigne de la hausse attendue de l'importance d'appareils dans
le monde en développement que la croissance des économies [20].

Les appareils les plus efficaces requièrent un facteur de deux à cinq fois moins d'énergie que
les appareils les moins efficaces disponibles aujourd'hui. Par exemple, aux Etats-Unis, la
meilleure machine à laver à axe horizontal utilise moins de la moitié de l'énergie de la
meilleure machine à axe vertical. La prolifération croissante des appareils électroniques
combinée à leur mauvaise qualité et une inefficace conception des circuits qui entrainent une
perte inutile d'énergie au repos ou en mode veille font qu’ils soient responsable d’une fraction
importante de la croissance de la demande d'électricité dans les bâtiments. Cependant des
efforts sont en cours notamment à l'Agence internationale de l'énergie et dans plusieurs pays

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
(comme : la Chine, la Tunisie et la Maroc) pour réduire l'utilisation d'énergie en veille par un
facteur de deux à trois. Certaines grande opportunités de réduction sont : 1) l’amélioration de
l'efficacité d'alimentation dans les deux modes de transport actif et à faible puissance, 2) une
amélioration des puces d'ordinateur qui réduisent la consommation d'électricité en mode basse
puissance, et 3) la sensibilisation répétée des utilisateurs à éteindre les appareils en cas de non
utilisation et à la fermeture des bureaux [7].

III.9 Les économies d'énergie par la rénovation

Il y a un grand stock de bâtiments existants et inefficaces, dont la plupart seront encore là en


2025 et même 2050. Notre capacité à réduire à long terme la consommation d'énergie dépend
de la façon critique de minimiser la consommation d'énergie dans ces bâtiments quand ils sont

rénovés. L'équipement intérieur d'un bâtiment, tels que des fours ou des chaudières, des
chauffe-eau, les appareils de conditionnement d’air et l'éclairage, est complètement remplacé
au fil du temps partant de quelques années à des intervalles de temps allant de 20 à 30 ans.
L'enveloppe du bâtiment – murs, toiture, portes et fenêtres – a une durée beaucoup plus
longue. Il y a deux possibilités de réduire la consommation d'énergie de chauffage et de
refroidissement en améliorant l'enveloppe du bâtiment: (i) à tout moment avant une
rénovation majeure, basée sur de simples mesures qui sont avantageux, aux coûts réduits de
l’énergie et/ou le potentiel de soutien ou des incitations financières, et (ii) lorsque des
rénovations vont être faites pour d'autres raisons (hors énergie), y compris le remplacement
des fenêtres et des toits.

Conclusion
A la fin de ce chapitre, nous pouvons retenir que les bâtiments résidentiels et tertiaires offrent
un large éventail d’économie d’énergie que nous ne pouvons prétendre avoir couvert en
totalité. En effet ce ne sont que quelques aspects qui ont été exposés ici. D’une manière
globale, l’EE dans les bâtiments résidentiels et tertiaires a un potentiel de réduction allant
jusqu’à 80 – 90% pour des bâtiments à haute efficacité énergétique et intégrant des ENR
(ADEME, 2007). C’est le cas des bâtiments à énergie positive où le bâtiment devient plutôt un
producteur d’énergie au-delà du minimum nécessaire à son propre fonctionnement. Les ENR
occupent donc une place de choix dans les bâtiments dits efficaces et leur intégration dans ce
secteur contribue très significativement à la lutte contre le changement climatique par la

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CHAPITRE III : Techniques d’atténuation des GES par utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
limitation des émissions des GES qui sont la principale cause de ce fléau. En effet, les ENR
émettent peu ou pas du tout des GES et, elles constituent une alternative aux énergies fossiles.

Leur impact technologique dans l’EE des bâtiments est exposé dans le chapitre qui suit.

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

CHAPITRE IV : IMPACT DES TECHNOLOGIES A ENERGIES


RENOUVELABLES DANS L’EFFICACITE ENERGETIQUE DES BATIMENTS

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

Introduction
La raison principale de l’élaboration des politiques d'efficacité énergétique à long terme est le
réchauffement climatique global, mais également, dans une certaine mesure, l'épuisement des
ressources de pétrole et de gaz, dont le pic de production se situerait autour de 2030-2050.
Dans les pays non-OCDE, l'efficacité énergétique est également une manière d'alléger les
contraintes d'investissement du côté de l'offre. Depuis 2000, avec la hausse forte des prix du
pétrole, beaucoup de pays, particulièrement les moins développés, font de nouveau face à des
contraintes macro-économiques. La libéralisation du secteur d'énergie et la globalisation des
économies rendent l'intervention des gouvernements beaucoup plus difficile car des mesures
unilatérales (telles que les taxes sur l’énergie) peuvent affaiblir les industries nationales face à
la concurrence internationale. Cependant, la fin possible des ressources fossiles et le défi du
changement climatique imposeront une contrainte à la consommation d'énergie, même si les
mécanismes de flexibilité sont susceptibles d’alléger celle-ci pendant un moment.

L’efficacité énergétique doit être l’une des priorités politiques dans beaucoup de pays. Mais
les évaluations de ses bénéfices potentiels sont variables. Que montrent les tendances ?
Quelles priorités ? Quelles mesures donnent les meilleurs résultats ? Au delà des facteurs
favorables tels que : Un cadre institutionnel dédié à l’efficacité énergétique, avec les Agence
Nationales de Maîtrise de l’Energie (ANME) et les centres locaux d’informations sur
l’efficacité énergétique, des mesures incitatives d’ordre financier, s’articulant autour des
subventions aux audits énergétiques et aux investissements de maîtrise de l’énergie, d’une
part, et de mesures fiscales ou de détaxation, d’autre part, il faut un cadre réglementaire, basé
sur une impressionnante batterie de mesures promouvant des pratiques moins énergétivores et
encourageant les énergies renouvelables. Cette dernière résolution fera l’objet de ce chapitre
dans lequel nous parlerons des énergies renouvelables et de leur contribution à la mise en
place d’un bâtiment énergétiquement efficace.

IV.1 Les énergies renouvelables

Les énergies renouvelables (ER) couvrent un large spectre de technologies et de marchés. On


peut les classer en deux catégories distinctes : les ER conventionnelles et les ER nouvelles.

IV.1.1 Energies Renouvelables Conventionnelles

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

Les principales composantes des ER conventionnelles sont la grande hydraulique (unités de


plus de 10 MW) et le bois de chauffage. L’hydraulique joue un rôle non négligeable au plan
mondial car son poids dans la production électrique est voisin de celui de l’électronucléaire.
En Europe, les ER conventionnelles ont pour le public une connotation positive pour la qualité
de la vie : les lacs de barrage évoquent le loisir, et les cheminées domestiques au bois, la
détente. Concernant les pays en développement, la situation est différente puisque le bois sert
pour la cuisson et demeure la cause d’une énorme pollution qu’il s’agira de réduire par des
systèmes appropriés. Quant aux grands barrages, bien que leurs bienfaits soient évidents eu
égard à la production d’électricité et à la régulation du débit des fleuves qui évite souvent de
graves inondations ou encore les conséquences catastrophiques d’une sécheresse extrême, ils
sont en revanche à l’origine de l’expulsion de millions de personnes riveraines (près d’un
million et demi pour le seul barrage chinois des Trois Gorges) ou de problèmes sanitaires et
environnementaux (développement d’agents pathogènes tels que bactéries, virus ou parasites
notamment en Afrique sub-saharienne, dégradation des ressources environnementales...).

IV.1.2 Energies Renouvelables Nouvelles

Les ER nouvelles ont connu un développement soutenu ces dernières années. C’est notamment
le cas de l’éolien. L’Allemagne est le marché le plus important alors que le Danemark domine
l’industrie mondiale du secteur. La taille des machines a grandi avec les marchés: on rencontre
aujourd’hui couramment des éoliennes développant une puissance de 2,5 MW avec des mâts
de 100 m de haut et des pales de 40 m de long. L’énergie électrique d’origine éolienne
représente 3 % de l’énergie produite en Allemagne en 2003 (elle atteint 20 % dans le
Schleswig Holstein et 11 % au Danemark) [21].

Globalement, la promotion des ER, notamment l’éolien, l’hydraulique et le photovoltaïque,


s’explique par leur contribution à :

- l’aménagement du territoire (création de richesses et d’emplois),


- la lutte contre le réchauffement climatique,
- la recherche de systèmes de production électrique décentralisés dans les pays
- la recherche de solutions innovantes dans le cadre du développement durable.
Les principales énergies renouvelables sont : l’éolien, le solaire, l’hydraulique, la géothermie
et la biomasse.

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

IV.2 Impact des énergies renouvelables sur la consommation


énergétique du bâtiment
IV.2.1 L’énergie solaire dans le
bâtiment

a) L’énergie solaire
photovoltaïque

La tendance actuelle dans le bâtiment


photovoltaïque est d’intégrer de mieux en
mieux les panneaux à l’architecture : c’est

ce qu’on appelle le BIPV pour Bulding Integred Photovoltaic où l’élément photovoltaïque est
à la fois producteur d’énergie et élément de construction. Cela a donné naissance à de
multiples produits adaptés à l’intégration en toiture surtout : tuiles solaires, panneaux souples
en rouleaux pour montage en terrasse, faisant office
d’étanchéité… Pour certains il s’agit juste

d’un module solaire classique avec un encadrement intégrant un


système de fixation adapté au montage en toiture, pour d’autres
de solutions beaucoup plus innovantes. Les architectes poussent les producteurs des produits
photovoltaïques à l’innovation, et

ont eux-mêmes réalisé de très beaux bâtiments à partir d’éléments photovoltaïques.


Des fabricants de verre, d’éléments vitrés ou de blocs de façade tels Schüco, Schott Solar, ou
Saint-Gobain sont aussi entrés dans le marché du photovoltaïque avec leurs composantes et
leur réseau de commercialisation, cela contribue à la diffusion du photovoltaïque comme
élément architectural.

Les capteurs sont en fait ce que l’on appelle des photopiles composées de matériaux
semiconducteurs, en général du silicium, convertissant directement la lumière issue du
rayonnement solaire en énergie électrique. Les particules de lumière, encore appelées photons,
viennent choquer les électrons sur le silicium et leur transfèrent leur énergie. Le silicium a
subi un traitement que l’on appelle dopage, dont le but est d’orienter tous les électrons dans le
même sens, comme une diode. Un courant apparaît aux bornes de cette photopile, que l’on
transfère au réseau ou à des batteries. Quels sont les avantages d’une telle installation ? Sachez
que les besoins moyens en électricité de 3 000 kW/an peuvent être couverts dans la totalité par
une installation de 18 à 24 m 2 de panneaux photovoltaïques en fonctions de la localité [16]. On

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

estime que pour une maison de 100 m 2, la pose de 24 m2 de panneaux solaires suffit à la
production d’électricité. La consommation électrique ne représentera que 12 % de la
consommation totale en énergie du logement.
b) Solaire thermique

Les capteurs solaires thermiques sont utilisés pour couvrir une partie des besoins en énergie
calorifique. Elles impliquent un déploiement d’artifices pour concentrer la lumière du soleil
sur un tube qui peut contenir un fluide caloporteur, tel que le sodium liquide. La chaleur
récupérée est ensuite utilisé pour faire bouillir de l’eau qui va actionner un générateur qui
produira de l’électricité dans des centrales. Dans le bâtiment, l’installation d’un chauffe-eau
solaire permet d’assurer entre 50 et 70 % des besoins en eau chaude sanitaire sur un an pour
une famille (la consommation moyenne est de 50 l d’eau chaude sanitaire par personne et par
jour). D’autre part, ce type d’énergie nous permet de lutter efficacement contre l’émission de
gaz à effet de serre [16].

i) Fonctionnement d’un chauffe-eau solaire


Le ballon d’eau chaude sanitaire est une cuve métallique bien isolée qui constitue la réserve en
eau chaude sanitaire. L’eau chaude soutirée est remplacée immédiatement par la même
quantité d’eau froide du réseau qui est à nouveau réchauffée. Ces systèmes de chauffe-eau
solaire sont aujourd’hui extrêmement performants. ii) Capter l’énergie solaire
Le capteur solaire est constitué d’une plaque et de tubes métalliques noirs qui absorbent le
rayonnement solaire et permettent l’échauffement du liquide circulant dans les tubes. Celui-ci
peut atteindre 70 °C par rapport à la température ambiante. Le liquide circulant dans les tubes
est de l’eau froide additionnée d’antigel. Le circuit est fermé et on le fait passer par un capteur
solaire placé sur votre toit, de préférence orienté plein sud pour récupérer le maximum de
chaleur. Il constitue l’absorbeur. Le tout est enfermé dans un réceptacle rigide thermiquement
isolé. Sa partie supérieure est équipée d’une vitre résistante aux intempéries (glace, grêlon,
etc.), laissant pénétrer les rayons du soleil et retenant la chaleur, un peu à l’image d’une serre.

Ce type de capteurs possède une puissance de 350 à 400 W/m 2. Il n’absorbe que les rayons
directs se situant à la verticale des capteurs, soit entre 10 h et 16 h. Leur performance diminue
dans le temps à cause des poussières, du vent et des polluants de l’air. On ne les utilise que
pour la production d’eau chaude sanitaire.

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

Leur puissance varie entre 600 et 650 W/m 2. Ils absorbent les rayons directs, réfléchis et diffus
mais mettent plus de temps à monter en température. Ils ne s’altèrent pas avec le temps et
leurs verres sont autonettoyants.
Leur puissance est de près de 800 W/m 2. Ils absorbent les rayons directs, réfléchis et diffus à
tout moment de la journée et ce quelque soit l’orientation du soleil. Ils ne s’altèrent pas avec le

temps et leurs verres sont autonettoyants. iii) Transporter la chaleur

Un circuit primaire étanche et calorifugé (fluide caloporteur) contenant de l’eau additionnée


d’antigel s’échauffe en passant dans les tubes du capteur et se dirige vers le ballon de stockage
où il restitue ses calories solaires à un échangeur thermique placé dans le ballon d’eau. Et ainsi
de suite, le liquide primaire repart vers le capteur où il est à nouveau chauffé tant que
l’ensoleillement est efficace. iv) Stocker la réserve d’eau chaude
Le ballon de stockage est une cuve métallique très bien isolée qui constitue la réserve d’eau
chaude sanitaire. Dès qu’il y a soutirage d’eau chaude, celle-ci est aussitôt remplacée par une
quantité d’eau froide identique provenant du réseau et immédiatement réchauffée par le
liquide du circuit primaire. La circulation du liquide primaire peut être naturelle ou forcée.
Lorsqu’elle est naturelle, le fluide caloporteur circule grâce à la différence de densité existant
entre le liquide du circuit primaire et l’eau du ballon. En effet, puisqu’il est plus chaud donc
moins dense que l’eau du ballon, il s’élève naturellement par thermo-circulation. Il est à noter
que le ballon doit être placé plus haut que les capteurs. Ce système constitue ce que l’on
appelle un chauffe-eau solaire en thermosiphon. Dans le cas d’une circulation forcée, une
petite pompe électrique met en mouvement le fluide caloporteur quand sa température est
supérieure à celle du ballon, grâce à un dispositif de régulation. Celui-ci joue sur les
différences de température. En effet, si la sonde du ballon est plus chaude que celle du capteur,
la régulation stoppe la circulation du fluide. Dans le cas où la sonde du ballon a une
température inférieure à celle du capteur, le circulateur se remet en fonctionnement et le
liquide primaire réchauffe l’eau du ballon.

c) Énergie solaire passive


Le domaine de l’énergie solaire passive suppose la conception du bâtiment et la mise en place
des composants de construction appropriés afin d’utiliser la lumière solaire pour l’éclairage
naturel, le chauffage et/ou la climatisation des locaux. En plus de réduire la consommation
d’énergie, un avantage primordial que procure l’énergie solaire passive est le confort ressenti
par les occupants.

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

La composante de construction la plus utilisée pour l’énergie solaire passive est la fenêtre. Au
cours d’une année, la perte d’énergie, pour la plupart des ouvertures, est plus importante que
le gain en énergie. Les fenêtres à haut rendement thermique peuvent réellement fournir de
l’énergie utile, elles ont un meilleur rendement en terme d’énergie utile annuelle que les parois
isothermes les mieux isolées.

i) Réfrigération solaire passive


La réfrigération solaire passive des locaux est utilisée dans les climats chauds à travers le
monde. Et, ses possibilités d’utilisation sont nombreuses. Les concepts principaux sont :
Placer les fenêtres aux étages supérieurs du bâtiment afin que cette section soit chauffée par le
soleil pendant la saison.

- Ouvrir les fenêtres lorsqu’il faut refroidir le bâtiment ;


- Permettre à l’air extérieur, plus frais, de pénétrer dans le bâtiment par le plancher; cet
air pourra circuler à travers un conduit situé dans le sol afin de refroidir encore plus.

- Fermer les autres fenêtres du bâtiment afin que seul l’air provenant du niveau le plus
bas pénètre dans le bâtiment.

L’air chauffé situé dans le haut du bâtiment est expulsé à l’extérieur de façon naturelle et
remplacé par de l’air plus frais dans la section plus basse de la maison. En fait, cela
correspond à un effet «cheminée» dans le bâtiment. ii) Éclairage naturel solaire passif

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

Dans la conception des


bâtiments,cependant,il faut
faire attention d’avoir trop de
fenêtres et/ou de les disposer
d’une manière inappropriée
afin d’éviter que le bâtiment
ne soit surchauffé,ou d’être
obligé d’ajouter une charge
de climatisation
déraisonnable.

La majorité des gens préfèrent un éclairage naturel à un éclairage artificiel, de plus l’éclairage
naturel est utilisé et est apprécié dans presque chaque bâtiment. Puisque les fenêtres à haut
rendement thermique peuvent produire un éclairage naturel à l’intérieur du local, avec une
faible, ou aucune augmentation des coûts annuels de chauffage, la possibilité d’accroître la
lumière naturelle dans la conception des bâtiments est nettement plus importante qu’avant.
iii) Chauffage solaire passif pour le bâtiment
Les fenêtres à haut rendement thermique ont amélioré les perspectives en matière de chauffage
solaire passif des locaux. Cela peut être aussi simple que de choisir des fenêtres pour votre
bâtiment avec un plus haut taux d’énergie, voire même un taux positif. Pour économiser plus
d’énergie, ou pour une meilleure utilisation de l’énergie solaire passive, on doit également
choisir d’autres composants et/ou concevoir le bâtiment de façon appropriée. Ces composants
supplémentaires comprennent une grande masse thermique intérieure (p. ex. du béton) afin de
conserver la chaleur, ainsi qu’une enveloppe du bâtiment bien isolée. Les fenêtres devraient
être principalement situées du côté sud, et il devrait y en avoir le moins possible des côtés
ouest et est du bâtiment afin d’éviter un excès de chaleur. Il est également possible d’installer
un surplomb du toit afin de donner de l’ombre aux fenêtres pendant les mois chauds de l’été.

Dans cette maison solaire au Nouveau-Mexique (États-Unis), un capteur plan (en bas, à droite)
intercepte l'énergie solaire afin de chauffer l'eau, pompée par une éolienne. L'eau est alors
stockée dans de grandes citernes situées sur le côté de la maison.

IV.2.2 La géothermie

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

La géothermie est aussi une énergie renouvelable, écologique et disponible à volonté. Le


chauffage géothermique puise la chaleur de la terre, de l’eau (géothermie sur nappe
phréatique) ou de l’air (dans le cas de l’aérothermie) pour la transformer en chaleur utilisable
dans la maison, par l’intermédiaire d’un générateur. Le chauffage géothermique comme
aérothermique offre des solutions adaptables à la plupart des constructions, individuelles ou
collectives.
Le principe de la géothermie consiste à capter les calories naturellement stockées dans le sol et
régénérées en permanence par le rayonnement solaire, les pluies, le
vent et la conductivité thermique du sol ou de l’air puis à les amener
à un plancher chauffant basse température ou à la climatisation via
une pompe à chaleur, à la production d’eau chaud par échange de
chaleur à moyenne température et la production d’électricité via un
cycle thermodynamique à haute température. Captage vertical (16)

a) Quels sont les différents captages ?


i) Le captage horizontal
Ce type nécessite suffisamment de terrain, en effet il faut compter une surface de 1,5 à 2 fois
la surface au sol à chauffer. Cette solution est relativement avantageuse. Les capteurs sont
enterrés à une profondeur de 80 à 120 cm, un fluide caloporteur circule dans les serpentins
enterrés, il capte la chaleur de la terre et la
conduit jusqu’à votre pompe à chaleur qui la
restitue dans le plancher chauffant basse
température ou dans les radiateurs en haute
température. Attention à bien dimensionner la
surface de capteurs de manière à ne pas geler le
Captage Horizontal (16)
terrain. Le captage horizontal est le système le
plus courant et le plus facile à installer si l’on dispose de suffisamment de terrain. Il permet de
capter de l’ordre de 12 à 40 W/m 2, selon l’état du sol, le plus favorable étant un sol humide,
sablonneux et moyennement ensoleillé.

i) Le captage sur nappe phréatique


Pour utiliser cette technique, il est indispensable d’avoir une nappe phréatique passant sous
son terrain. Cette technique permet d’avoir les COP les plus élevés,
cependant il est indispensable de vérifier un certain nombre de

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

paramètres tels que la taille de la nappe, sa profondeur ainsi que son débit constant. La
température de l’eau est constante sur l’année (de + 8 °C à + 12 °C). L’eau est acheminée
jusqu’à la pompe à chaleur via un puits d’alimentation puis évacuée après passage par la PAC
par un puits de rejet situé à une quinzaine de mètres du premier.

ii) Le captage vertical


La température du sol est constante tout au long de l’année à partir
de 15 m de profondeur et elle croit
progressivement à partir de 30 m suivant le
gradient géothermique. La sonde est composée
de deux tubes verticaux parallèles. Ce système
ne nécessite que peu de terrain et s’adapte

donc parfaitement aux petites surfaces. Un inconvénient toutefois : Captage vertical (16) c’est

l’un des systèmes les plus onéreux compte tenu du forage à effectuer. iii) Le captage

aérothermique

On capte les calories contenues dans l’air. Dans tous les cas, les capteurs sont posés dans le
sol pour le captage horizontal à une profondeur de 60 et 80 cm voire plus dans les régions où
la terre gèle davantage en profondeur (régions montagneuses). Ils permettent de collecter
l’énergie contenue dans le sol et de la transmettre au générateur. Le système le plus courant et
le plus facile à installer est le réseau horizontal de capteurs. Pour une maison de 100 m², il faut
compter environ 150 à 200 m² de surface de captage. On compte 1,5
à 2 fois la surface de la maison à climatiser. Il faut savoir que l’on
obtient 40 W/m2 en horizontal et 15 W/m2 en

vertical.

b) Les pompes à chaleur


La plupart des PAC sont aujourd’hui réversibles, afin de vous apporter le confort souhaité
toute l’année. Il existe différents types de pompe à chaleur. Votre choix sera fonction du lieu
d’implantation de votre construction et de l’environnement proche.

i) Les PAC sol/sol

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

Le fluide frigorigène circule dans le capteur enterré et dans le plancher chauffant, à l’intérieur
de la maison. Les deux circuits sont indépendants et séparé par la PAC. Cette solution ne
permet pas de régler le chauffage pièce par pièce, ni de bénéficier de l’option
rafraîchissement. Ce système est aussi appelé « à détente directe ». Le capteur extérieur
constitue l’évaporateur et le plancher chauffant, le condenseur. Certains fabriquant vous
proposent le chauffe-eau, placé entre le compresseur et le condenseur. Ce système peut être
installé dans toute les régions tempérés et froides. Inconvénient : il ne peut être utilisé qu’avec
des capteurs horizontaux.
ii) Les PAC sol/eau
Un capteur en tube de cuivre gainé de polyéthylène à l’intérieur duquel circule le fluide
frigorigène prélève l’énergie dans le sol. La chaleur est transmise par le fluide frigorigène vers
le générateur de la PAC qui libère l’énergie nécessaire au chauffage. La chaleur est acheminée
dans la maison par un chauffage à eau chaude traditionnel, par le plancher chauffant ou les
radiateurs. Il est intéressant en rénovation puisque vous pouvez travailler en haute température
(rendement moindre), et donc couplé à des radiateurs existants. iii) Les PAC eau/eau
Un capteur à l’intérieur duquel circule l’eau glycolée (avec antigel) permet de capter la
chaleur du sol et assure le transport d’énergie. La chaleur ainsi transportée est transmise par
l’eau vers le générateur de la PAC qui libère l’énergie nécessaire au chauffage du bâtiment.
iv) Les PAC air/eau

Il s’agit de récupérer les calories contenues dans l’air. L’air contient une grande quantité de
chaleur résultant de l’ensoleillement mais aussi de l’activité humaine. Cette chaleur est
extraite par une PAC, amplifiée et transmise grâce à l’échangeur de la PAC à l’eau du circuit
de chauffage. Ce système est plutôt intéressant dans les régions moins froides l’hiver. Il existe
cependant des matériels performants dont le COP atteint des valeurs de plus 2 à – 10 °C. Tous
ces systèmes peuvent être installés dans les bâtiments résidentiels ou tertiaires pour le
chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire et/ou pour le rafraîchissement l’été.

IV.2.3 Le bois-énergie
Le bois-énergie connaît un engouement certain, en particulier chez les personnes ayant
choisi de construire à la campagne, ainsi que celles habitant des régions dans les pays
développés. Dans les PVD en revanche, surtout dans la zone équatoriale boisée, il constitue
la source d’énergie principale pour la

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

cuisson et le chauffage. Le bois-énergie est une énergie


renouvelable qui contribue à la lutte contre l’effet de serre et le réchauffement climatique s’il
est utilisé durablement, puisque dans ce cas le recyclage du CO 2 atmosphérique correspondant
est assuré par les forêts. De plus, il constitue une excellente valorisation des sous-produits et
déchets de la filière bois et participe à la gestion rationnelle des forêts donc au maintien des
équilibres hydrologiques et climatiques.

a) Les granulés bois


Pour les particuliers, ce sont essentiellement des granulés de bois qui sont utilisés comme
combustible bois. Ceux-ci sont fabriqués à partir de sciure
compressée à haute pression avec de la vapeur d’eau, en cylindre
de bois de 6 à 9 mm. Ces granulés ne génèrent que peu ou pas de
cendre. Ils sont livrés par camion et entreposés dans une réserve
appelée silo permettant de stocker jusqu’à 7 m3, garantissant une
autonomie d’un an environ. Ce produit possède un pouvoir

calorifique de 4 600 kWh/t [16]. Il est à noter que les granulés bois craignent l’humidité. Le
combustible peut donc se détériorer et devenir moins performant voire inutilisable.

i) Les chaudières
Les chaudières à granulés assurent l’intégralité des besoins de chauffage du bâtiment. Ce type
de chaudière peut fonctionner aussi bien en haute qu’en basse température et être couplé à un
chauffage solaire. Il est important de construire un silo à granulés à proximité d’une chaudière.
Le silo est en béton classique et se termine par un cône métallique ; il est actuellement
possible d’acheter une chaudière à granulés bois avec silo en tissu spécifiquement étudié pour
l’usage. Les granulés descendent par gravité et une vis sans fin ou bien un système
d’aspiration ou de trémie alimente un brûleur à granulés, adapté sur la chaudière, d’une
puissance de 15 kW ; puis une seconde vis placée dans le brûleur amène les granulés jusqu’au
foyer du brûleur. L’air primaire et l’air secondaire nécessaires à la combustion proviennent
d’un ventilateur. Une chaudière bien réglée pollue moins et nécessite moins de combustible.
Les propriétés des granulés varient d’une marque à l’autre, il est important de faire régler sa
chaudière si l’on change de fournisseur. De même, il est obligatoire, comme pour tous les
autres appareils de chauffage, de faire effectuer deux ramonages par an des conduits de
fumées. La puissance des chaudières à granulés varie de 12 à 100 kW. Le chauffage central
aux granulés est aussi simple d’utilisation qu’une chaudière au fioul ou au gaz. Ce type de

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

chaudière possède un très haut rendement, de 85 à 90 %, et permet de brûler la totalité de la


matière, générant très peu de cendres. Les cendres sont automatiquement évacuées dans un
réceptacle prévu à cet effet. ii) Les poêles à granulés
Le poêle à granulés peut être utilisé en chauffage d’appoint ou comme chauffage principal
pour des maisons à faibles besoins en énergie (petite surface) ou très bien isolées. La
puissance des poêles à granulés actuels varie de 5 à 15 kW avec une autonomie pouvant aller
de quelques heures à plusieurs jours. Le combustible est alors stocké soit directement dans le
poêle soit dans un petit silo. Le poêle est allumé et régulé par commande électronique (ce qui
nécessite un réglage préalable). Les derniers modèles peuvent être pilotés à distance. On peut
même raccorder le poêle à un système de chauffage central ou faire en sorte qu’il produise
l’eau chaude nécessaire au bâtiment.

b) Le bois de feu
Le bois bûche est le combustible le plus classique, très utilisé en milieu rural. La qualité du
chauffage dépend de celle des essences utilisées et du degré de séchage des bûches au moment
de leur utilisation. L’utilisation de bois bûche avec une chaudière classique présente des
inconvénients majeurs, comme celui de l’autonomie ou de l’utilisation manuelle. La qualité de
combustion comme de rendement des chaudières à bûches dépend de l’admission de l’air dans
le foyer.

Dans les pays tropicaux, ce combustible est le plus abondant du fait de la présence des forêts.
Il est utilisé dans des foyers pour la cuisson, le chauffage et le séchage. Il comprend les résidus
et branches issus du défrichage et de l’élagage des exploitations.

i) Les cheminées
La cheminée reste une valeur sûre, elle est dotée d’une connotation positive auprès des
particuliers. Souvent, on l’utilise plus pour son agrément que pour se chauffer. Les cheminées
traditionnelles ont un rendement inférieur à 10 % voire négatif lorsque le tirage est trop
important. On voit apparaître depuis quelques années des systèmes de récupération de la
chaleur des fumées. Les calories sont ensuite renvoyées sous forme d’air chaud dans la pièce
ou dans d’autres pièces de la maison. Le rendement de ce type de cheminée est de l’ordre de
30 %.

ii) Inserts et foyers

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

D’autres systèmes encore plus performants, les inserts tout comme les foyers fermés,
permettent d’obtenir des rendements pouvant aller jusqu’à 75 %. Dans les PVD, la notion de
foyer fermé ou foyer amélioré est toute nouvelle et évolue peu à peu auprès des populations.

Le foyer traditionnel reste un héritage culturel dont les ménages ne veulent pas se débarrasser.

Source : [6]
IV.2.4 L’éolien
Une éolienne est composée d’un aérogénérateur transformant une énergie mécanique en
énergie électrique. L’énergie fournie par la force du vent fait tourner les pâles par
l’intermédiaire d’une génératrice qui est en fait un alternateur de courant continu. Ce courant
subit ensuite une transformation dans le convertisseur de courant alternatif puis est
directement réinjecté dans le réseau. Un vent de 4 m/s au moins est nécessaire pour permettre
à l’éolienne de produire de l’énergie.

IV.3 Contribution des technologies à énergies renouvelables à la


réduction de l’intensité énergétique

La consommation d’énergie par personne des ménages varie de manière significative au sein
des pays les plus développés, selon le niveau d’équipement en appareils électriques et
l'importance de la climatisation. L'augmentation est particulièrement forte dans les pays en
voie de développement où la croissance économique est élevée (par exemple pays asiatiques)
et s’accélère. Cette augmentation générale s’est toutefois ralentie depuis 1990 dans toutes les
régions, excepté les anciennes économies planifiées et quelques pays asiatiques [20]. Cette
tendance est particulièrement significative dans les pays de l'OCDE, lesquels ont mis en œuvre
des politiques visant à améliorer l'efficacité énergétique des appareils électriques: labels,

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CHAPITRE IV : Impact des technologies à énergie renouvelables dans l’efficacité énergétique des bâtiments

normes d'efficacité, etc. Mais le reste du monde peut malgré les difficultés économiques et
financières responsables des restrictions budgétaires et du sous développement infrastructurel
s’appuyer sur la promotion des énergies renouvelables à travers le monde. En effet, dans les
PVD l’on a ni subvention, ni mesures d’incitation d’ordre financier pouvant promouvoir
l’efficacité énergétique, le développement des technologies des énergies renouvelables
contribue énormément à la réduction de l’intensité énergétique dans les ménages.
La promotion des énergies renouvelables ne se limite pas à la substitution des ressources
énergétiques fossiles par des ressources disponibles qui se renouvèlent dans le temps. Compte
tenu des faibles capacités de production de ces énergies et des efforts de luttes contre le
changement climatique, des efforts sont faits à travers le monde pour la construction des
technologies adaptées à ce système énergétique pour une consommation encore plus
rationnelle. Les technologies qui accompagnent les énergies renouvelables substituent les
centres régionaux et locaux d’informations sur l’efficacité énergétique : La présence de ces
technologies sur le marché dans les PVD incite à un remplacement au sein des ménages des
anciens appareils plus énergivores par des technologies nouvelles peu consommatrices et
moins polluantes.

Conclusion
L’objectif de ce chapitre était de présenter les technologies à énergie renouvelable dans les
bâtiments et surtout leur impact sur la consommation énergétique de ce secteur. Nous pouvons
donc retenir que les ER sont reparties en ER conventionnelles et ER nouvelles qui
globalement dans les deux cas comprennent : l’éolien, le solaire, l’hydraulique, la géothermie
et la biomasse. L’impact des technologies issues de ces ER dans le bâtiment est observable à
plusieurs niveaux. Certaines technologies à énergie renouvelable en plus d’être des sources
d’énergie constituent des matériaux de construction à l’exemple des BIPV. Ces technologies
contribuent à la réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment, à l’augmentation du
confort des occupants et à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Elles constituent
donc un moyen de lutte contre le changement climatique. Vu ces bénéfices, l’on peut être tenté
de croire que l’intégration des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments
résidentiels et tertiaires est faite sans aucune difficulté ; pourtant de nombreuses barrières
existent. D’où l’analyse de certaines d’entre elles présentée au chapitre cinq qui suit pour le
cas du Cameroun.

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

CHAPITRE V : ANALYSE DES BARRIERES A L’UTILISATION DES


TECHNOLOGIES D’EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LES BATIMENTS AU
CAMEROUN

Introduction
Le secteur du bâtiment au Cameroun comme dans la majorité des pays en développement est
très dynamique ; résultat d’un rythme élevé de la croissance de la population et de
l’urbanisation. Cette augmentation de la population a pour conséquence l’augmentation de la
demande de logements. Ce qui fait de la construction l’un des principaux moteurs de croissance
du pays. Au Cameroun, comme partout ailleurs, le secteur du bâtiment est le plus grand
consommateur d’énergie primaire avec 74% de l’énergie totale consommée en 2008 devant le
transport (12,2%), l’industrie (05,3%) et les autres secteurs 8,5%. Ainsi, ce secteur contribue
d’une manière significative aux émissions de GES enregistrées, avec un équivalent CO 2 de
18,1% du total émis dans la période 2008-2009 [23]. En effet, l’augmentation du niveau de vie
des habitants entraîne une demande de confort de plus en plus élevée, due notamment à la
généralisation de l’accès à l’électricité qui se traduit par une demande plus forte en appareils
électroménagers. La non prise en compte des principes efficaces dans la conception et la
construction des bâtiments avec une grosse part des ouvrages qui reviennent au secteur
informel; une absence de la réglementation thermique ; une politique de l’habitat orientée au
seul but de loger un maximum de personnes et qui n’a pas pour priorité le confort de l’occupant
et la protection de l’environnement, font que ce secteur est aujourd’hui une cible privilégiée,
vue son dynamisme pour limiter les émissions futures de GES du pays. Et des projets
d’efficacité énergétique ont été élaborés à cet effet. Que sont-ils devenus ? Si le secteur du
bâtiment camerounais enregistre jusqu’à présent une proportion importante des émissions, il
doit être sujet à de nombreux blocages à l’intégration des technologies efficaces. De ce fait, une
analyse des barrières à l’utilisation des techniques et technologies d’efficacité énergétique dans

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

les bâtiments au Cameroun est nécessaire car réduire la consommation énergétique et les
émissions de GES de ce secteur représente un enjeu économique et écologique majeur.

V.1 Le contexte général des émissions des GES et les actions


entreprises pour leur réduction
V.1.1 La consommation d’énergie
La consommation d’énergie finale au Cameroun en 2008 est d’environ 6 Mtep, repartie en 77%
de biomasse, et 23% des produits pétroliers et d’électricité [2]. Le tableau ci-dessous donne la
structure de cette consommation finale d’énergie en 2008.

Tableau 5. 1: Consommation d’énergie par secteur en 2008 (en Ktep)

Secteur Produits
Electricité pétroliers Biomasse Total %

Industrie 228,8 93,4 _ 322,2 5,3


Transport _ 735,0 _ 735,0 12,2
Autres
secteurs 68,2 12,5 430,4 511,1 8,5

Résidentiel
128,8 123,9 4206,0 4458,7 73,9

Total 425,8 964,8 4636,4 6027 100%


% 7,0 16,0 76,9 100%

Par secteur d’activité, le bâtiment résidentiel constitue le plus grand consommateur d’énergie,
toute source confondue. Il absorbe plus de 74% des parts du total d’énergie primaire fournie.
Ensuite viennent le secteur des transports (12,2%) et les autres secteurs (8,5%). Il faut noter que
« autres secteurs » inclut le bâtiment tertiaire selon le regroupent élaboré par le SIECAM,
rapport 2009. Et donc globalement, la consommation d’énergie dans le secteur du bâtiment
résidentiel et tertiaire est autour de 95% pour la période 2001-2008.

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

4500
4000
3500
3000
2500 Electricité
2000 Produits pétroliers
1500 Biomasse
1000
500
0
Industrie Transport Autres Résidentiel
secteurs

Figure 5. 1: Energie consommée par source et par secteur d’activité en 2008

L’évolution de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel est représentée dans le


tableau ci-dessous.

Tableau 5. 2 : Evolution de la consommation d’énergie du secteur résidentiel (Ktep)

Secteur 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008


Biomasse 3490 3585 3681 3780 3883 3988 4095 4206
Produits
pétroliers 141 146 170 160 140 142 132 124

Electricité 70 84 88 104 98 106 122 129


Total 3701 3814 3939 4045 4121 4235 4351 4459

La consommation est largement dominée par le bois de feu et énergies dérivées. Cette part de la
biomasse représente plus de 90% des consommations entre 2001 et 2008, le reste étant couvert
par les produits pétroliers et l’électricité. La figure présente l’importance de ces
consommations.

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

4500

4000

3500

3000
Secteur
2500
Biomasse
2000 Produits pétroliers
Electricité
1500

1000

500

0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008

Figure 5. 2 : importance des consommations du secteur résidentiel

Le tableau 5.3 et la figure5.3 ci-dessous présentent les proportions de chaque type d’énergie
consommée en 2008 dans le secteur résidentiel au Cameroun.

Tableau 5. 3 : Consommation par source d’énergie dans le résidentiel en 2008 (Ktep)

Source d’énergie Consommation %


Bois et énergies dérivées 4206 94,3
Produits pétroliers 123,9 2,8
Electricité 128,8 2,9

Total 4458,7 100%

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

proportions par source d'énergie dans le résidentiel en 2008

2,8 2,9

Bois et énergies dérivées


Produits pétroliers
Electricité

94,3

Figure 5. 3 : proportions d’énergie consommée par source dans le résidentiel en 2008

La grande part de la consommation d’énergie primaire par les bâtiments résidentiels et tertiaires
justifie le fort potentiel d’émission de GES de ce secteur, tel que présenté ci-dessous.

V.1.2 Les émissions globales


Les GES recensés au Cameroun sont : pour les gaz directs, le dioxyde de carbone (CO 2), le
méthane (CH4), l’hémioxyde d’azote (N2O) et pour les gaz indirects et les précurseurs d’ozone,
le monoxyde de carbone (CO), les oxydes azoteux (NOx), les composés volatiles organiques
non méthaneux (NMVOC) et le dioxyde de soufre (SO 2). Les trois gaz identifiés comme
principaux responsables de la presque totalité des émissions au Cameroun sont : le CO 2, le CH4
et le N2O avec des proportions respectives de 55,89%, 25,35% et 18,77% du total des émissions
(CNI). Les secteurs ayant le plus contribué aux émissions de ces gaz, sont le changement
d’affectation de terres (50,44%), l’agriculture (37,83%) et l’énergie (7,37%). Les autres
secteurs comme les déchets (3,95%) et les procédés industriels (0,88%) ne contribuent que de
manière marginale aux émissions nettes enregistrées au Cameroun (UICN-Nov 2010).

Le tableau 5.4 ci-dessous présente la part de chacun de ces gaz dans le total des émissions.

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

Tableau 5. 4 : Les émissions de GES par secteur (en Gg-eq CO2) (CNI)

Gaz émis
Secteurs
CO2 CH4 N2O CO NOX NMVOC Total %
Energie 2216 859,32 164,3 769,05 24,42 98,38 3239,6 7,36
9
Industrie 387,03 0,00 0,00 11,77 0,19 22,46 387,03 0,88
Agriculture 0,00 8828 7607,4 650,28 110,80 0,00 16435 37,83
Utilisation
des terres 21979 187,74 18,6 78,19 2,22 0,00 22186 50,44

Déchets 0,00 1274,5 465 0,00 0,00 0,00 1739,5 3,95


Total 24583 11149,56 8255,3 1509,2 137,62 120,84 43988 100%
9
% 55,89 25,35 18,77 100%

Les émissions du secteur de l’énergie sont reparties dans le tableau ci-dessous où le bâtiment
résidentiel et tertiaire représente 18,1% et occupe la deuxième place après le transport qui
représente à lui seul plus de 60 % des émissions de CO 2 de ce secteur. Il faut noter que les
émissions dans cette étude ne tiennent pas comptent du CO 2 émis par la combustion de la
biomasse. Car les combustibles de biomasse peuvent être produits de manière soutenable dans
le contexte camerounais compte tenu des ressources existantes. En effet, les superficies des
forêts, les stocks de bois sur pieds ainsi que la production annuelle de bois sont nettement
supérieurs au prélèvement effectué pour les besoins énergétiques. Par conséquent les émissions
nettes de CO2 dues à la combustion de la biomasse sont considérées comme nulles.

Ainsi rien que les émissions dues aux autres sources d’énergie sont comptabilisées.

Tableau 5. 5 : Répartition des émissions dans le secteur de l’énergie (en Gg)

Sous-secteur Emission de CO2 (Gg)


Industrie énergétique 205,23
Manufacture et construction 235,43
Transport 1346,90
Résidentiel et tertiaire 400,8
Agriculture et pêche 27,73

Rédigé et Soutenu par Page 78


CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

Total 2216,07

La figure 5.4 ci-dessous présente l’importance de chaque sous-secteur dans les émissions de GES
du secteur de l’énergie.

Emission de CO2 (Gg) du secteur de l'énergie

400,8 27,73
205,23
235,43
Industrie énergétique
Manufacture et construction
Transport
Résidentiel et tertiaire
Agriculture et pêche

1346,9

Figure 5. 4 : Emissions de CO2 du secteur de l’énergie

Dans le secteur du bâtiment, c’est le résidentiel qui émet le plus avec une proportion au-delà de
95 % des émissions de CO2 contre moins de 5% pour le bâtiment tertiaire. Les figures 5.4 et
5.5 suivantes présentent les ordres de grandeur de ces émissions.

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

Emission de CO2 par type de bâtiment

383,61
400
350
300
250
Emission de CO2
200
150
100 17,17
50
0
Résidentiel tertiaire

Figure 5. 5 : Emission de CO2 par type de bâtiment

La proportion des émissions par type de bâtiment


4,3 %

Résidentiel
tertiaire

95,7 %

Figure 5. 6 : Proportion de CO2 par type de bâtiment

V.2 Les éléments émetteurs dans le bâtiment résidentiel et tertiaire


au Cameroun

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

Les émissions du bâtiment camerounais comme partout ailleurs concernent les points de
consommation d’énergie suivants: la climatisation, l’éclairage, l’informatique, le déplacement,
les communications (téléphone, radio, télévision), la production de biens (fabriques, cuisines,
couture, etc.). Les points plus émetteurs étant : la climatisation, l’éclairage et la production des
biens en faisant référence à la cuisson au gaz et à l’électricité.

Car le bilan carbone de la combustion de la biomasse est nul comme énoncé plus haut.

V.3 Les actions entreprises pour la réduction des émissions de GES


au Cameroun

La première étude sur l’énergie et précisément sur l’évaluation des gisements d’économie
d’énergie dans le secteur du bâtiment voit le jour au Cameroun en 1982. Elle est axée
essentiellement sur le secteur tertiaire et est sous la direction de l’AFME. Cette étude menée
par le bureau d’études GET ingénieur a porté sur sept bâtiments tertiaires représentatifs au
Cameroun : Hôtels, Banques, Bâtiments publics. Les conclusions de l’étude montrent que dans
le secteur tertiaire, les économies d’énergie portent principalement sur la climatisation et
l’éclairage et s’inscrivent dans une politique de maîtrise des consommations.

Une autre étude en cours est menée dans le cadre de la coopération camerouno-canadienne. Elle
est réalisée par la société canadienne ADS et porte sur une estimation globale des économies
d’énergie réalisables dans les hydrocarbures et l’électricité pour les secteurs

industrie et tertiaire.
Cependant une étude sur l’efficacité énergétique dans le bâtiment résidentiel et tertiaire n’a pas
encore eu lieu au Cameroun. Or des projets à cet effet avaient été élaborés mais n’ont pas
toujours connu une mise en application. Certains sont présentés ci-dessous :

V.3.1 Le projet sur l’augmentation de l’offre en hydroélectricité :


La production hydraulique actuelle représente plus de 95 % de la production électrique du
Cameroun ; avec l’ouverture du secteur de la production à la concurrence, ce ratio diminuera de
manière progressive pour se situer autour de 60 % en l’an 2030/40 laissant ainsi la production
thermique augmenter de 25 %. Pour inverser cette tendance, l’Etat devra ou investir dans la
construction des ouvrages hydrauliques et les mettre en concession, ou prendre des mesures
incitatives pour encourager les producteurs indépendants à s’intéresser à ce type d’investissement
présentant un niveau élevé de risques. L’application de cette mesure éviterait l’installation à

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

l’horizon 2030/40 de 690 MW de puissance installée d’origine thermique, ce qui éviterait


l’introduction dans l’atmosphère de 890 Gg de CO2 par an dans le secteur du bâtiment à l’horizon
2030/40. Son objectif est de réaliser les aménagements hydroélectriques de Nachtigal et de
Memve-Ele. Le coût estimatif de ce projet 186 milliards francs (évaluation de juin 1997 par les
services techniques de la SONEL).

V.3.2 Le projet sur l’utilisation généralisée d’ampoules fluo-compactes : Ce projet


avait pour but de remplacer les ampoules incandescentes de moindre efficacité énergétique par les
ampoules fluo-compactes plus coûteuses à l’achat, mais plus économes en énergie et ayant une
durée de vie 7 à 8 fois supérieure à celle des ampoules incandescentes. Cette option devait être
expérimentale dans un premier temps pour apprendre aux consommateurs à raisonner en termes de
coût global. Son objectif était donc d’introduire annuellement 150.000 lampes fluo-compactes en
remplacement des lampes incandescentes (ce qui induirait une économie d’environ 109 GWh/an).
Le coût estimé de ce projet est d’environ 4,5 milliards de francs CFA.

V.3.3 Le projet sur la mise en place d’une réglementation sur l’étiquetage et labels
de performance énergétique :
L’étiquetage énergétique et le label sont deux moyens d’informer le consommateur sur les
performances énergétiques des appareils électroménagers. Le principal objectif visé est de
distinguer les appareils selon le critère d’efficacité énergétique de façon à permettre au
consommateur de choisir les appareils présentant les meilleures performances. A la différence du
label l’étiquette relève d’une démarche réglementaire car tous les produits y compris les moins
performants sont étiquetés pour autoriser la comparaison. L’objectif de ce projet est de baisser la
consommation d’électricité des appareils électroménagers de l’ordre de 10 à 20 % à l’horizon
2030/40 (ceci induisant des émissions évités de GES en équivalents CO 2 d’environ 430 Gg). Le
coût du projet est estimé à 300 millions de francs CFA.

V.4 Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité


énergétique dans les bâtiments

Les sections précédentes ont montré le coût potentiel de l’atténuation des émissions de CO2
grâce à l'efficacité énergétique dans les bâtiments. On se pose alors la question de savoir: Si
ceci représente des opportunités d'investissements rentables, ou alors des coûts d’économies
d’énergie sacrifiées par les ménages et les entreprises, sinon pourquoi ces opportunités ne sont
pas poursuivies? S'il ya des profits à faire, pourquoi ne pas capturer les marchés de ces

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

potentiels? En fait, certaines caractéristiques des marchés, des technologies et des utilisateurs
finaux peuvent inhiber de façon rationnelle, le choix du modèle de l'économie d'énergie dans le
bâtiment en construction ou en exploitation, ainsi que dans l'achat et l'utilisation des appareils.

V.4.1 Barrières propres au secteur du bâtiment


a) Un secteur fragmenté
Un des obstacles les plus importants pour la conception de l'efficacité énergétique dans le
bâtiment est que les bâtiments sont en eux-mêmes des systèmes très complexes. Alors que le
processus de conception typique est linéaire et séquentiel, minimiser l’utilisation de l'énergie
nécessite l'optimisation du système dans son ensemble par un examen systématique de la
forme de construction, l'orientation, l'enveloppe, la superficie du vitrage, et un ensemble de
problèmes d'interaction et de contrôle impliquant les systèmes mécaniques et électriques du
bâtiment.

La complexité des failles dans le processus de conception typique est la fragmentation du


secteur du bâtiment dans son ensemble. Assurer la performance énergétique à long terme et la
durabilité des bâtiments est d'autant plus difficile lorsque les décisions à chaque étape de la
conception, de la construction et de l'exploitation impliquent de multiples acteurs. Cette
répartition des responsabilités contribue souvent à sous-optimiser les résultats (par exemple, le
sous-investissement dans l'efficacité énergétique des approches de conception de l'enveloppe en
raison d'une incapacité à capitaliser sur les occasions de réduire la taille des équipements CVC).
La figure ci-dessous illustre cet aspect.

Rédigé et Soutenu par Page 83


CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

Figure 5. 7 : Complexité et fragmentation du secteu


r de la construction – Illustration des îlots
opérationnels. Source : WBCSD 2007, repris par [10].

b) Une formation inadéquate


Le secteur du bâtiment camerounais manque cruellement de formation concernant les
techniques d’amélioration de l’EE. Par exemple, les notions d’EE et d’architecture
bioclimatique sont très peu ou pas enseignées aux architectes, et aux ingénieurs du bâtiment. Le
manque de formation affecte donc tous les métiers de la construction, qui n’ont pas conscience
du rôle clé de leur secteur dans la lutte contre le changement climatique, et qui manquent du
savoir-faire approprié pour mettre en œuvre des mesures nécessaires pour susciter une
réglementation thermique

V.4.2 Les incitations déplacées


Les mesures incitatives déplacées, ou la barrière du principal agent a lieu lorsque les
intermédiaires sont impliqués dans les décisions d’achat de technologies économes en énergie,
ou des agents responsables des décisions d'investissement sont différents de ceux bénéficiant
des économies d'énergie, par exemple en raison des fragmentations des structures
organisationnelles et institutionnelles. Cela limite le rôle des consommateurs et les conduit
souvent à moins d’accent sur les investissements d’efficacité énergétique. Par exemple, dans les
bâtiments résidentiels, les propriétaires mettent des équipements AC et des gros appareils
électroménagers et même décident des rénovations des bâtiments, tandis que le locataire
supporte la facture énergétique. Et par conséquent, le locataire n'est pas enclin à investir dans

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

l'efficacité énergétique, car il ou elle n'est pas le seul bénéficiaire. Les décisions concernant le
dispositif énergétique d'un bâtiment (par exemple, installer ou non un système d’éclairage ou
des fenêtres à haute efficacité) sont souvent faites par des agents qui ne sont pas responsables
de la facture énergétique ou qui n’utilisent pas les équipements, et qui sont même parfois en
désaccords avec les intérêts de l’investisseur ou de l'occupant. Par exemple, les factures
énergétiques des hôpitaux sont payées à partir des fonds publics alors que les dépenses
d'investissement doivent venir soit de l'institution elle-même soit de la direction locale
(entretien). Enfin, les critères de sélection en vigueur et les frais de structures des concepteurs
de bâtiments peuvent mettre l'accent sur les coûts initiaux au-delà des coûts du cycle de vie, qui
entravent les considérations de l'efficacité énergétique.

V.4.3 Subventions à l'énergie, le non-paiement et le vol


Dans de nombreux pays, l'électricité a toujours été subventionnée aux clients résidentiels (et
parfois tertiaires ou même les clients du gouvernement), créant un effet dissuasif pour
l'efficacité énergétique. Ceci est particulièrement le cas du Cameroun et historiquement en
Europe orientale et l'ex-Union soviétique – par exemple la pauvreté de carburant répandue au
Cameroun en février 2008 a poussé le gouvernement à subventionner les coûts de l'énergie
(CSPH). Le prix de l’énergie qui ne reflète pas les coûts marginaux à long terme, y compris les
subventions directes à certains clients, entravent la pénétration des technologies efficaces.
Toutefois, la levée brusque des subventions historiques dominantes peut aussi avoir des effets
indésirables. Après des augmentations tarifaires importantes, le non – paiement a été signalé
comme un problème grave dans certains pays. A la fin des années 1990, les taux de
recouvrement des factures d'énergie en Albanie, en Arménie et en Géorgie ont été d’environ
60% des facturations. Outre le non-paiement, le vol d'électricité a été pratiqué sur une grande
échelle au Cameroun. Les estimations montrent que les pertes de distribution dues au vol sont
aussi élevés que 50% (SIE-CAM, 2009). L’incapacité à payer les services énergétiques tend à
induire des gaspillages et découragent l'efficacité énergétique.

V.4.4 Les obstacles réglementaires


Une série d'obstacles réglementaires a démontré se tenir sur la voie de la construction en ce qui
concerne des technologies telles que : les PV, les moteurs à pistons, les turbines à gaz et les
piles à combustible [5]. Ces obstacles comprennent les variations de l'environnement
permettant des exigences, et qui imposent des charges importantes sur les développeurs de
projets. Des variations similaires dans les politiques de comptage entrainent la confusion dans

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

le marché et représentent des obstacles à la production décentralisée. La réglementation des


marchés publics empêchent souvent la mise en œuvre des contrats de performance énergétique.
Enfin, le marché locatif est réglementé d'une manière qui décourage les investissements en
général et ceux de l'efficacité énergétique, en particulier.

V.4.5 Information imparfaite


Les informations sur les options de l'efficacité énergétique sont souvent incomplètes,
indisponibles, coûteuses et difficiles d’accès ou de confiance. En plus, quelques petites
entreprises dans l'industrie du bâtiment ont accès à une formation suffisante dans les nouvelles
technologies, les nouvelles normes, les nouvelles réglementations et les meilleures pratiques
extérieures qui s’appliquent au Cameroun. Cette insuffisance de connaissances est aggravée par
les incertitudes liées aux fluctuations des prix de l'énergie. Il est particulièrement difficile à
apprendre sur la performance et les coûts des technologies d’efficacité énergétique et les
pratiques, car leurs avantages ne sont souvent pas directement observables. Par exemple, les
ménages reçoivent généralement une facture énergétique qui ne fournit aucune répartition des
utilisations finales individuelles et aucune information sur les émissions des GES, tandis que
des relevés de compteur peuvent habituellement (par exemple, une fois par an, comme c’est le
cas dans de nombreux pays européens) fournir une rétroaction suffisante aux consommateurs
sur leur consommation d'énergie et l'impact potentiel de leurs investissements dans l'efficacité.
La négociation hors économies d'énergie contre le prix d'achat plus élevé pour beaucoup des
produits efficaces consiste à comparer la valeur actualisée des économies d'énergie avec le coût
actuel de l'équipement, un calcul qui peut être difficile pour les acheteurs à comprendre et à
calculer.

V.4.6 Barrières additionnelles


Le contexte socio-économique du Cameroun est caractérisé par des contraintes additionnelles
concernant l’EE. On peut notamment citer le manque de prise en compte des bénéfices de l’EE,
les difficultés de financement accrues, le manque de main d’œuvre qualifiée, le manque de
soutien institutionnel à l’EE ou encore la crise du logement qui affecte le pays, pour qui le
besoin de fournir des maisons plus ou moins décentes est prioritaire par rapport à la question de
l’EE du logement lui même.

V.4.7 Synthèse et questionnement

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

- Le gisement de réduction des émissions du secteur du bâtiment est très vaste, et


techniquement atteignable à un coût modéré ;

- Les instruments réglementaires sont parmi les plus efficaces, mais leur absence est
problématique, en particulier dans le contexte actuel de développement où un soutien
technique et institutionnel est indispensable ;

- Les mesures actuelles ne permettront pas de participer suffisamment au potentiel global


international de 5,5 Gteq CO2 d’ici 2030 du secteur du bâtiment ;

- Les barrières du surcoût initial et du problème principal-agent sont d’ordre financier et


peuvent potentiellement être surmontées par les revenus issus des MDP (comme la
finance carbone) ;

- Il existe d’autres barrières qui ne sont pas purement financières et qui nécessitent une
intervention forte des pouvoirs publics, notamment en ce qui concerne la formation.
Les finances issues des MDP peuvent soutenir la mise en œuvre d’une réglementation
thermique et son application pour ce qui concerne l’enveloppe et les équipements?

V.5 Des solutions envisageables et accessibles à tous à moindre coût


V.5.1 L’efficacité énergétique active dans les bâtiments
Pour atteindre des performances d’économie d’énergie élevées les principes d’efficacité
énergétique doivent intervenir dans toutes les étapes, de la conception à l’exploitation en
passant par la construction du bâtiment. Mais des économies réelles ne pourront être atteintes
que si une pratique de l’EEA est effective. Et ceci reste vrai même pour un bâtiment existant.
En effet, lorsqu’un bâtiment est déjà fonctionnel, son enveloppe peut être plus ou moins
rénovée pour répondre aux normes d’efficacité souhaitées. Et c’est alors une pratique de
l’efficacité énergétique active dans le bâtiment qui peut contribuer à un bon pourcentage
d’économie d’énergie et donc de réduction des émissions de GES. En effet l’EEA, est un
ensemble de pratiques qui visent la réduction des consommations à travers le comportement
quotidien des occupants. Elle peut être mise en œuvre soit dans le cadre d’une approche
globale, soit par application. Optimisées individuellement ou de manière combinée, les actions
suivantes permettent de réaliser des économies d’énergie significatives :

- mesure des consommations ;


- régulation CVC ;

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

- variation de vitesse ;
- gestion de l’éclairage ;
- pilotage des ouvrants ;
- gestion technique du bâtiment ;
- optimisation de la qualité de l’énergie ;
- services sur site et téléservices ;
- production d’énergies renouvelables.

V.5.2 La conception écologique


L’expression « conception écologique » désigne l’utilisation de pratiques et de matériaux
préférables du point de vue de l’environnement dans la conception du bâtiment, le choix de leur
emplacement, leur construction, leur exploitation et leur élimination finale. Ainsi on parle de
maison écologique lorsque deux critères sont respectés: 80 % au moins de l’énergie du
bâtiment est économisée par rapport à la moyenne, mais cela peut aller beaucoup plus loin,
jusqu’à une consommation nulle, voire négative (production nette d’énergie), et l’utilisation des
matériaux écologiques, sains, et durables. Les principales exigences d’une habitation
écologique sont :

- L’alliance de terrain avec le climat local ;


- L’orientation: savoir jouer avec le soleil ;
- Le bilan carbone: traquer les émissions cachées ;
- L’isolation thermique: une nécessité absolue ;
- Les murs: des matériaux sains, et naturels ;
- La ventilation: de l'air renouvelé en quantité suffisante ;
- Privilégier les énergies renouvelables pour le chauffage et le refroidissement ; - Créer
un environnement sain et confortable pour ses utilisateurs.

Suivant les régions du Cameroun en fonction du climat les populations peuvent adopter une
conception du bâtiment qui intègre le climat de la localité sans un impact important sur leur
économie et en assurant par la même occasion des économies d’énergie et en minimisant des
rejets de CO2 dans l’atmosphère. En effet, la construction traditionnelle fréquente dans les
campagnes au Cameroun est beaucoup plus efficace que la construction occidentale énergivore
plus rencontrée dans les zones urbaines et qui intègre malheureusement à grande vitesse les
zones rurales.

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CHAPITRE V : Analyse des barrières à l’utilisation des technologies d’efficacité énergétique dans les bâtiments au Cameroun

Conclusion
Nous pouvons retenir de cette analyse pour le cas du Cameroun que, le secteur du bâtiment
représente à lui seul près de 74% des consommations d’énergie toute source confondue en
2008. Il représente en moyenne 18,1% des émissions de CO 2. Et cette consommation évolue au
cours des années si on s’en tient à l’observation faite dans la période 2001-2008 ; illustrée par
le tableau 5.2. La consommation d’énergie ayant pour conséquence les émissions des gaz à
effet de serre, les chiffres que nous avons présenté conduisent à environ 95% de CO 2 émis dans
le résidentiel et moins de 5% dans le tertiaire. Les projets d’efficacité énergétique qui ont été
entrepris pour la plupart n’ont pas connu une mise en application. D’où la nécessité des
initiatives dans ce sens. Les barrières à l’utilisation des techniques et technologies d’EE sont de
tout ordre : au niveau du bâtiment lui-même, la première difficulté est qu’il constitue un
système complexe. La faille dans cette complexité étant la fragmentation du système dans son
ensemble et la formation inadéquate des techniciens du bâtiment. Les incitations à l’EE sont
mal orientées comme le problème du principal-agent. Les subventions à l’énergie, le non
payement, le vol sont autant d’autres barrières auxquelles s’ajoutent les barrières
socioéconomiques comme les difficultés de financement accrues, les crises de logement. Ces
barrières doivent être levées et ceci est possible grâce à la pratique de l’EEA qui s’intègre dans
les habitudes quotidiennes et à cela peut s’ajouter la conception écologique qui est un moyen à
moindre coût et qui intègre le bâtiment dans son environnement immédiat en utilisant des
matériaux écologiques moins chers et plus efficaces.

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Conclusion Générale et Recommandation

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

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Conclusion Générale et Recommandation

Le gisement de réduction des émissions du secteur du bâtiment, avec plus de 5,5 Gt-eq CO 2
cumulées à l’horizon 2030, est le plus important de tous les secteurs d’utilisation finale de
l’énergie. Comme le rappelle la figure 1.3, il peut être atteint par des mesures d’amélioration
de l’EE pour les équipements et pour les enveloppes. Et on constate qu’une part importante de
ce potentiel se trouve dans les pays en développement compte tenu des effets connexes
relatifs à la croissance de l’habitat dans ces régions. Dans plusieurs pays dans le monde où
l’EE dans les bâtiments résidentiels et tertiaires connait des avancées considérables, elle
contribue à l’atténuation des émissions de GES tel que nous l’avons démontré tout au long de
ce travail. Les pays développés ont jeté la sonnette d’alarme dans ce sens en développant des
stratégies de réduction de la consommation d’énergie dans les bâtiments à travers des
instruments tels que les réglementations thermiques, les labels énergétiques, l’étiquetage, les
incitations financières etc. Tous ces instrument sont orientés vers un même objectif faire que
le bâtiment intègre le principe de développement durable. C’est-à-dire, qu’il doit répondre aux
exigences de confort souhaitées par ses occupants actuels, mais ne doit pas compromettre la
satisfaction des besoins des générations avenir. Les pays en développement ne sont pas en
reste dans cette aventure, puisque les conséquences du changement climatique sont
planétaires. Elles ne distinguent pas les pays les plus consommateurs d’énergie ou les plus
émetteurs de GES de ceux qui en sont moins exigent et n’émettent presque pas. Il est même
très probable que les conséquences soient bien au contraire beaucoup plus catastrophiques
dans ces pays en développement, compte tenu de leurs faibles mesures d’adaptation. Et donc
certains pays émergents sont d’ores et déjà dotés des réglementations thermiques quoique leur
application soit encore difficile. L’intégration de plus en plus des technologies d’efficacité
énergétique et la mise en place des mécanismes d’incitations financières, tels que les MDP
avec la finance carbone contribuent dans une large mesure à l’amélioration des principes
efficaces dans la conception et la construction des bâtiments. Cependant beaucoup reste à
faire, car la promotion de l’EE pour un plus grand nombre est jusqu’à présent confrontée à de
nombreuses barrières. Et ceci est vrai même pour les pays industrialisés où l’EE n’est pas
toujours une préoccupation majeure pour tout le monde. Mais les barrières sont beaucoup plus
persistantes dans les pays en développement à cause de la faiblesse économique et du boom
démographique. Deux phénomènes qui poussent plus les politiques à s’orienter vers une
conception du bâtiment comme un abri pour la population des sans abris et non comme un
secteur consommateur d’une grande portion d’énergie et dans lequel il est primordial

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d’imposer l’EE dans toutes les étapes : de la conception à l’exploitation en passant par tous
les intermédiaires. L’exemple du Cameroun pour l’analyse des barrières constitue la vitrine de
Conclusion Générale et Recommandation

ce qui est rencontré dans les pays de même rang que lui. Et, l’orientation donnée à cette
analyse, permet de comprendre, d’après la croissance de la consommation d’énergie du pays
en général et celle du secteur du bâtiment résidentiel et tertiaire en particulier, la nécessité
qu’il y a pour le pays de s’orienter vers l’intégration des techniques et technologies
d’efficacité énergétique, d’autant plus que notre pays aspire à l’émergence à l’horizon 2035. Il
est donc primordial avant de mettre un terme définitif à ce travail de faire certaines
recommandations à l’intention des utilisateurs de ce mémoire : l’Université de Yaoundé I et
dans une large mesure le Gouvernement camerounais.

- L’Université se doit d’intégrer les stages académiques en entreprise pour la formation


des étudiants;

- L’Université doit également encourager la mise sur pied de programmes


d’enseignements et de programmes de recherche relatifs à l’efficacité énergétique dans
les bâtiments et dans l’industrie ;

- Le Gouvernement pour sa part doit faire de l’efficacité énergétique une priorité dans
sa politique énergétique ;

- L’efficacité énergétique doit être au premier plan dans les cahiers de charge dans
chaque institution;

- Au niveau de l’enseignement secondaire, les programmes doivent intégrer des


notions sur l’efficacité énergétique ;
- Des programmes radio et télé doivent être élaborés pour permettre une vulgarisation
des pratiques efficaces au plus grand nombre ;

- Enfin le Gouvernement camerounais doit favoriser l’élaboration d’une réglementation


thermique pratique et applicable dans le contexte camerounais.

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Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE

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Annexes

ANNEXES

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Annexes

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Annexes

Annexe 1 : Efficacité des politiques et mesures d’amélioration de l’EE en


termes de réduction des émissions (Source : UNEP 2007)

Annexe 2 : Importance des mesures d’EE selon les régions climatiques.

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Annexes

(Source : UNEP 2007)

Annexe 3 : Potentiels de réduction par secteur dans les économies en


transition. (Source : Ürge-Vorsatz 2008)

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Annexes

Annexe 4 : Chaleur dégagée par les personnes [W]

Température ambiante [°C]


25°C 26°C 27°C
Emission
Activité Application Chaleur Chaleur Chaleur Chaleur Chaleur Chaleur thermique
latente sensible latente sensible latente sensible totale [W]

[W] [W] [W] [W] [W] [W]


Assis au
Ecole, théâtre 65 37 62 40 60 42 102
repos
Travail Bureau, hôtel,
léger appartement 67 49 63 59 56 60 116

Debout,
Magasin, 68 63 63 68 57 74 131
marche
boutique
lente

Repas Restaurant 77 84 71 90 64 97 161


Travaill
e
Atelier 80 140 72 148 67 153 220
facile
Danse Boite de nuit 88 161 80 169 75 174 249
Travaill
e
Usine 149 277 142 284 136 290 426
difficile

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