Introduction de Jean-Luc Mélenchon
Voici qu’un jour nouveau redevient possible. Celui où gouvernera la volonté d’harmonie entre les êtres
humains et avec la nature. Celui où est donnée la priorité aux ruptures écologiques et sociales que notre
époque impose quand s’installe le changement climatique et se répandent des inégalités de fortunes
telles que vingt personnes possèdent autant que trois milliards de leurs semblables. Celui qui en finit
avec les maltraitances des politiques libérales et fait reculer l’emprise de l’extrême droite. Si la France le
veut, avec les élections législatives, elle peut faire naître ce jour nouveau.
Pour cela, nos organisations ont formé une Nouvelle Union populaire qui assume sa vocation écologique
et sociale. Elles proposent ensemble des candidatures communes dans chaque circonscription autour
d’un programme partagé. Une majorité devient alors possible pour le mettre en œuvre. Dès lors, celles
et ceux qui nous ont donné leur bulletin de vote à l’élection présidentielle peuvent confirmer leur
confiance en votant pour nos candidatures communes. Nombreux seront encore celles et ceux qui
voudront se joindre à nous dans ce vote. Ils peuvent ainsi obtenir une majorité de députés à l’Assemblée
nationale et former un gouvernement dont je serai le Premier ministre.
Françaises, Français, si vous le voulez, par votre bulletin de vote vous satisferez bien des demandes
essentielles. Par exemple le blocage des prix, l’augmentation du SMIC, la négociation générale dans
chaque branche en vue de la hausse des salaires, le milliard pour lutter contre les violences faites aux
femmes seront actés et la réforme pour la retraite à soixante ans engagée. L’interdiction du glyphosate,
des fermes-usines, du broyage des animaux vivants seront actés. La planification écologique, la réponse
à la crise de l’eau et la lutte contre la « malbouffe » engagées. La 6e République et le référendum
d’initiative citoyenne seront mis à l’ordre du jour.
Les 12 et 19 juin, si vous le décidez, en élisant les députés de la Nouvelle Union populaire écologique et
sociale, ce jour-là s’épanouira le printemps du peuple, en écho à celui de la nature.
Un programme partagé de gouvernement
Le programme partagé de gouvernement ici présenté est le fruit d’un travail collectif associant plusieurs
organisations politiques, sur la base de programmes eux-mêmes élaborés en associant des milliers de
citoyennes et citoyens, acteurs associatifs, syndicaux, environnementaux, politiques.
Il sera la feuille de route partagée du gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et
sociale. Notre majorité parlementaire sera composée à l’Assemblée nationale de plusieurs groupes
politiques réunis au sein d’un intergroupe. Il servira de lieu de discussion et de coordination permanente
entre ses différentes composantes. Cette majorité soutiendra ensemble l’action du gouvernement,
notamment en votant pour les budgets et les projets législatifs présentés qui émanent des propositions
de ce programme partagé.
Mais dans notre conception de la République, le rôle des députés, représentants du peuple, ne saurait
se limiter à soutenir l’action d’un gouvernement. Nous ne voulons pas reproduire les mécanismes de la
monarchie présidentielle et de ses majorités godillotes. Cette logique solitaire et verticale du pouvoir a
été poussée à l’extrême par Emmanuel Macron. Il nous faut en sortir. Nous défendons une pratique
démocratique des institutions où le Parlement est l’endroit par excellence où les décisions sont
élaborées, délibérées et prises. Nous souhaitons ainsi que l’intergroupe puisse être le lieu d’élaboration
de propositions de lois au-delà même de celles prévues par ce programme partagé, ainsi qu’un lieu de
débat, d’échange et de décision.
Nous ferons une grande place dans les travaux législatifs de l’Assemblée, à l’initiative parlementaire. La
majorité parlementaire de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale conservera tout au long du
mandat des liens très forts avec la société active et notamment le monde syndical, associatif, les
organisations non gouvernementales (ONG), les collectifs en lutte, les intellectuels, etc. Son intergroupe
se réunira régulièrement avec le Parlement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale pour
nourrir le débat parlementaire des aspirations et des réflexions de ces forces vives.
Cette méthode générale, nous nous l’appliquons à nous-mêmes. Ce cadre permettra de combiner la
diversité des expressions et la cohérence des décisions. Nous avons refusé les facilités des synthèses
sans contenu pour masquer les désaccords lorsque nous ne sommes pas parvenus à les surmonter dans
le bref délai dont nous disposions. En effet, sur quelques points du programme partagé de
gouvernement – 33 sur 650 –, des organisations politiques qui soutiennent ce programme porteront
dans le débat parlementaire des propositions pour les préciser ou les nuancer. Leur liberté de vote sera
respectée. Nous n’avons rien voulu cacher sur ce sujet et c’est pourquoi, si limités qu’ils soient, ces
points sont consignés à la fin de chaque chapitre du programme partagé de gouvernement. Ils seront
donc soumis au débat de l’intergroupe et à la sagesse de l’Assemblée.