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0RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE

Université Mohammed Lamine Debaghine- Sétif 2


Faculté des lettres et des langues
Département de langue et littérature française

Mémoire en vue de l’obtention d’un diplôme de Master


Option : Littérature et civilisation
Thème :

La condition féminine québécoise dans la


femme qui fuit d’Anaïs-Barbeau Lavalette

Préparé et
Sous la
présenté par
direction
l’étudiante :
de :
BOUDRA
[Attirez l’attention du lecteur avec une citation du document ou utilisez cet espace pour mettr
Malak Madam
e.
Membres du GANIA
Jury LAMM
Président : I
Examinateur :

Rapporteur :
Remerciemen Années Universitaire 20242025

t
La réalisation d’un mémoire est une entreprise qui
exige, certes un effort personnel de l’impétrant, mais aussi
l’intervention des acteurs aussi bien que d’humains
institutionnels. C’est à chacun des composants de ce réseau
qu’on voudrait consacrer cette page.

Je rends grâce à ALLAH, Le Tout-Puissant pour m’avoir


guidée et permis d’achever ce mémoire malgré les difficultés
rencontrées.

Au terme de cette recherche, nous aimerons transmettre


nos sincères remerciements en reconnaissance de leur grand
travail et méticuleux dans l’accomplissent de la présente de ce
mémoire.
Nos pensées au premier lieu à nos cher parents qui ont
encouragé, aidée et qui nous considérant comme un exemple
de réalisation des rêves et ambitions qu’ils avaient perdus d’un
moment donné.

Merci à mon chère Encadrante Madame LAMMI Gania du


département de français de l’Université Mohammed Lamine
Debaghine Sétif 2 qui crut à mes humbles capacités et m’a
donnée de confiance. Je vous remercier du fond du cœur
pour sa professionnalité sa patience et sa disponibilité durant
la préparation de ce mémoire.

Je vous remercie aussi tous les membres du jury pour


leurs présence, les enseignants, la chef de département qui
ont guidé et contribué à notre parcours universitaire.
Aussi mes collègues et tous les étudiants de Promotion
20242025.

A toutes et à tous, merci beaucoup.

Malak boudraa
Ma

Dédica
ce
Du profond de mon cœur, je dédie ce modeste travail à
tous ceux qui me sont chers, A ma chère mère aucune
dédicace ne saurait exprimer mon respect, mon amour
éternel et ma considération pour les sacrifices que vous avez
consenti pour mon instruction et mon bien être. Je vous
remercie pour tout le soutien et l’amour que vous me portez
depuis mon enfance et j’espère que votre bénédiction et vos
prières m’accompagne toujours. Que ce cette moisson soit le
fruit béni de vos labeurs incessant. Que Allah le Tout-
Puissant, vous accorder santé, bonheur et une langue vie.

A mon cher père, vous rester toujours à côtés de moi


pour m’encouragé et donner l’amour. Je ne sais pas
comment vous remercier assez pour votre soutien
indéfectible. Votre générosité et votre capacité à me guider
pendent tous mes années d’études, même dans les
moments difficiles, ont eu un impact profond sur moi.

Hommage à mon grand-père


Je tiens à rendre hommage à un homme exceptionnel
dans ma vie, aucun mot de gratitude ne saurait exprimer
pleinement la profondeur de votre bonté. Merci pour tout
l’amour que vous avez offert, merci pour les soins et cette
tendresse discrète qui veillait sur chacune de nous. Votre
amour demeure vivant en nos cœurs. Vous nous manquez
infiniment. Qu’Allah lui fasse Miséricorde, l’accueille en son
Paradis et l’illumine.
A mes chers sœurs Amani Doua Naima et ma petit
princesse Royaa qui savent toujours comment procurer la
joie et le bonheur dans ma vie.

Une spéciale dédicace à mon amis Manel. Merci pour


me donner le courage pour continuer, merci beaucoup à
votre aide.

2
Sommaire
Remerciement
Dédicace
Introduction générale
Chapitre 01: Découvrir le Canada
1-L'aspect historique
Découvrir le Canada
-L'Histoire et la civilisation
Définition de L'Histoire
Définition de la civilisation
-Les armoiries du Canada
La couronne royale
Le lion
Les fleurs de lys
Les fleurs d'érables
-Derrière les voiles des caravelles
-De la Nouvelle-France au Québec moderne
2-L'aspect littéraire
-L'évolution de concept de « Littérature >>>
-Quand le Québec prend la parole
-La diversité des genres littéraires en Nouvelle-France
Des récits de voyage
Des essais, des livres d'histoires et des chroniques
De la correspondance
De la poésie
-Un peuple en quête de lui-même (1970-1900)
-Emergence et diversité du roman québécoise au XIXe siècle
-La poésie
-Le théâtre

1
-La littérature québécoise du XXe siècle
-Les années de rebelles
Chapitre 02: L'analyse para-textuelle
1-Étude du corpus
-Le paratexte
Prétexte
Epitexte
-L'analyse syntaxique
-La première de couverture
Le titre
Le nom de l’auteur :
Illustration
Les informations éditoriales :
Les informations promotionnelles
Les mentions spatiales
Le nom de l'auteur
Les informations promotionnelles
-L'analyse sémiotique
-La quatrième de couverture
Le résumé
-Les interprétations
Hypothèse avant la lecture
Compréhension après la lecture
-La biographie de l'auteur-
-La créativité d'Anaïs Barbeau-Lavalette (entre cinéma, littérature et théâtre
Littérature
Cinéma et télévision
Théâtre documentaire scénique
-Présentation et structure

2
Chapitre 03: La condition féminine québécoise
1- Le résumé du roman
2- La condition féminine québécoise
La place de la femme dans la société québécoise (1930-2009)
Quête de liberté et revendication artistique
3-La définition du terme Personnage
L’être
Le nom
La dénomination
Le corps
L’habit
La psychologie
La biographie
Le faire du personnage
L’importance hiérarchique
La qualification différentielle
La fonctionnalité différentielle
La distribution différentielle
L’autonomie différentielle
La pré-désignation conventionnelle
Le commentaire explicite
L’être du Suzanne Meloche

Conclusion
Résumé
Bibliographie
Table des matières

3
Introduction générale

HJJJ

4
Écrire c’est raconter la vie dans tout sa complicité ; ses faiblesses, ses forces, ses
événements, ses troubles et même ses rêves. L’être humaine a toujours ressenti le besoin de
s’émerveiller par les mots, de faire bouger et rendre vivant les différentes formes de
littérature : prose, poésie, romans, contes, théâtre, nouvelle etc. Ecrire c’est parler de soi et
des autres par le biais du style, des mots, c’est une façon de penser.
La littérature a joué un grand rôle au long de l’histoire, la littérature en sa définition
propre, est un ensemble des œuvres qui ont une valeur esthétique qui déploie l’imagination et
l’art d’écrire, mais elle n’a pas que cette vocation. D’après Louis de Bonald, «la littérature
est l’expression de la société, comme la parole est l’expression de l’homme. » 1 Cette
citation explique que la littérature est un miroir de la société et qu’il existe beaucoup
d’écrivains engagés pour la libération humaine.
La littérature québécoise est l’ensemble des œuvres écrites et orale produit au
Québec. Cette littérature d’abord appelée canadienne puis canadienne-française et enfin
québécoise, elle s’était développée en suivant les grands bouleversements sociaux et politique
qui ont marqué la province francophone du Canada.
De la Nouvelle-France à nos jours la littérature québécoise est fait des voyages et des
récits qu’en les premier occupants, les explorateurs, les coureurs de bois et de paysages. Un
monde nouveau pour ces derniers mais qui ne l’était guère pour les nations de nord de
l’Amérique qu’ils habitent ce monde ça fait longtemps. La littérature québécoise trouve
effectivement ses racines au XVIIᵉ siècle, les tout premiers écrits sont des récits de voyage,
des correspondances rédigés par les colons pour raconte leur quotidienne avec les autochtones
dans ce nouveau, comme ceux de Gabriel Sagard « Le Grand voyage du pays des Hurons »
1632 et Marie de l’Incarnation « correspondances 1639-1672 ».
Après la Conquête britannique en 1763, la situation des francophones au Québec se
transforme radicalement. Devenus minoritaires, ils se lancent dans un projet d’élaboration
nationale, ou la littérature est un outil crucial pour la défense de la langue, la culture et de la
foi. C’est à cette époque que l’on parlait de « littérature canadienne-française ». Le premier
roman québécois L’influence d’un livre de Philippe Aubert de Gaspé fils publié en 1837, ce
roman était s’inspiré du roman de Victor Hugo « Le dernier jour d’un condamné ». Le roman
de terroir est un courant littéraire qui s’est développé principalement entre 1846-1945. Ce

1
LOUIS, De Bonald, œuvres choisis, « Du mérite de la littérature ancienne et moderne », t.III. P.969

5
genre contribue des thèmes comme la langue, la religion, la famille, surtout la terre et la vie
paysanne, promouvant un mode de vie rural traditionnel et les valeurs nationales.
Pendant que le monde entier était absorbé par la Deuxième guerre mondiale, le
Québec se poursuivait son développement et sa transformation lentement, prélude à ce qu’on
appelle en littérature la Révolution Tranquille. L’auteur québécoise donne naissance à une
production littéraire de révolte et d’émancipation, les écrivaines trouvent leur liberté en
s’opposent au citoyen rural et patriarcal, Parmi les auteurs reconnu dans cette période Anaïs-
Barbeau Lavalette.
Anaïs-Barbeau Lavalette est une artiste québécoise multifacette, née le 8 février 1979
à Montréal, reconnu comme réalisatrice, scénariste, romancière et cofondatrice du
mouvement environnemental « Mères au front ». Elle est la fille de la documentariste Manon
Barbeau et du cinématographique à l’Institut nationale de l’image et du son dans la même
ville. Elle a également étudié à l’Université Brizet en Palestine. L’auteur s’est fait connaitre
par ses nombreux films documentaires, très souvent primés dans des festivals locaux et
internationaux
Ses œuvres souvent inspirées de faits réels ou puisant dans son vécu, elle a réalisé
plusieurs films documentaires et de fiction explorant des sujets comme le camp de réfugiés
palestinien « Inch’Allah » 2012 ou l’histoire d’une adolescente « La déesse des mouches à
feu » 2020, elle également créé des documentaires scéniques en collaboration avec Emile
Proulx-Cloutier. Elle a publié nombreux romans « Je voudrais qu’on m’efface »2010,
« Femme foret » et « Femme fleuve »2022 des œuvres qui continent d’explorer la vie, la mort
et la mémoire.
D’après le fruit de ma lecture j’ai choisi ce roman en particulier comme corpus
d’étude pour diverses raisons, au premier lieu par amour, par son style d’écriture poétique et
par reconnaissance à cette grande écrivaine qui a enrichi la littérature québécoise. Ce roman
illustre avec force le thème de la condition féminine québécoise, qui constitue le cœur de
notre recherche. En effet, ce texte répond directement à notre problématique : Comment la
femme qui fuit met-en lumière les contraintes et les résistances liées à la condition féminine
québécoise à travers le personnage de Suzanne Meloche
Pour répondre à cette question, nous avons proposé deux hypothèses principales :
L’autrice à travers le personnage principale Suzanne Meloche reflètera les conditions
féminie dans la société québécoise. Anaïs-Barbeau Lavalette en compte de l’acte de fuir de
Suzanne explorera les contraintes de la femme québécoise.

6
L’objectif de ce travail est donc compris les causes de ce abandonne et son impact à
l’autrice et sa mère. En s’appuyant sur la méthode historique et analytique nous suivi le plan
suivant : Le premier chapitre intéresse à l’Histoire du Canda et le Québec, l’émergence de la
littérature québécoise au bout de siècle. Le deuxième chapitre est consacré à la représentation
de l’autrice Anaïs-Barbeau Lavalette, à sa biographie personnelle et littéraire, à ses œuvres
importantes, ainsi qu’à l’analyse de la premier et la quatrième de couverture et enfin une
analyse grammaticale du titre.
Le troisième chapitre propose une analyse thématique du concept de l’autofiction,
donne un résumé détaille concernant le roman, afin de décrire la place de la femme
québécoise et les causes de la fuit de la grand-mère.

7
Chapitre 01 :
Découvrir le Canada

8
Chapitre 1 Découvrir le Canada

Dans le premier chapitre nous présenterons un aperçu concernant l’évolution de la


Nouvelle-France. Le Canada est l’aboutissement d’un fleuve qui était exploré, un pays
multilinguistique et démocratique sous la couronne britannique, Jacques Cartier explore le
golfe du Saint-Laurent en 1534. Les groupes autochtones se font souvent la guerre pour
agrandir leur territoire, maîtriser les ressources et accroître leur prestige. Après la guerre, la
Grande- Bretagne donne à la colonie le nom de « Province de Québec ». Les francophones
catholiques appelés habitants ou Canadiens, cherchent à préserver leur mode de vie au sein de
l’Empire britannique anglophone dirigé par des protestants. Nous présentons les concepts
(Histoire et civilisation) liées au Québec, ainsi que la signification et l’importance des
armoiries et à la fin le développement des genres littéraires de ce pays.

 L’aspect historique
I. Découvrir le Canada
Le Canada est un pays d’Amérique du Nord, le deuxième plus grand pays du monde
par sa superficie. De 1534 à 1542, Jacques Cartier traverse trois fois l’Atlantique
revendiquent des terres pour le roi de France (François Ier). Cartier entend deux guides qu’il a
capturés prononcer le mot iroquois « kanata », qui signifie « village » alors, dès les années
1550 on voit apparaitre le nom Canada sur les cartes géographiques. Les colonies anglaises
établies dès le début du XVIIe siècle le long de la côte atlantique finissent par devenir plus
riches et plus peuplées que la Nouvelle-France. Au XVIIIe siècle, la France et la Grande-
Bretagne se font la guerre pour devenir maîtres de l’Amérique du Nord. En 1759, les
Britanniques gagnent la bataille des plaines d’Abraham à Québec, marquant ainsi la fin de
l’Empire français en Amérique. Les commandants des deux armées, le brigadier James Wolfe
et le marquis de Montcalm, sont tués tandis qu’ils mènent leurs troupes au combat.
Aujourd’hui, c’est une monarchie constitutionnelle fédérale dirigée par le roi Charles III, la
capitale est Ottawa.
1. L’Histoire et la civilisation
Pour bien comprendre le Canada d’aujourd’hui, il est essentiel de connaître le passé.
Distinguer deux dimensions complémentaires : L’Histoire et La Civilisation

9
Chapitre 1 Découvrir le Canada

1.1. Définition de L’Histoire


« Connaissance et récit des événements du passé, des faits relatifs à l’évolution de
l’humanité (d’un groupe social, d’une activité humaine) qui sont dignes ou jugés dignes de
mémoire ; les événements, les faits ainsi relatés. »2Le Petit robert
De toutes les disciplines qui étudient l’évolution humaine, l’histoire figure parmi les
plus anciennes. L’Histoire, c’est la connaissance des itinéraires suivis par les générations
précédentes c’est la mémoire de l’humanité ; c’est l’étude du passé. L’Histoire est une science
humaine qui formule des problèmes et propose des explications ; analyser un événement dans
une perspective historique permet de mieux le comprendre et parfois de mieux comprendre le
présent. Ainsi l’Histoire n’est pas une simple accumulation de dates, d’événements, de récits
de vies de personnage importants.
I.2. Définition de la civilisation
« La civilisation est quelque chose d’imposé à une majorité récalcitrante pour
minorité ayant compris comment s’approprier les moyens de puissance et de coercition »3. La
civilisation est l’ensemble des acquisitions des sociétés humaines englobant les réalisations
(religieuses, sociales, morales, économiques et technologiques) d’une société organisée. Elle
était définie aussi par l’ensemble des traits qui caractérisent l’état d’une société donnée, d’un
point de vue technique, intellectuel, politique et moral sans porter de jugement de valeur ; les
notions de civilisation au singulier ou au pluriel restent donc encore confuses et difficiles à
définir.
2. Les armoiries du Canada
Les armoiries du Canada sont les emblèmes officiels qui symbolisent la souveraineté
nationale du pays, elles ont été créées par une proclamation du roi George V le 21 novembre
1921 et sont fortement inspirées des armoires royales du Royaume-Uni tout en incorporant
des éléments français et des symboles distinctifs canadiens.

2
Bonnechere, Pierre. Profession Historien https://books.openedition.org/pum/443 p.9-26 (consulté le
16juin2025)
3
Freud, Sigmund. https://www.lemonde.fr/(con (consulté le 17juin2025)

10
2.1. La couronne royale
Une couronne est un couvre-chef ou chapeau traditionnellement porté par un
souverain ou une divinité. Elle symbolise généralement le pouvoir, la légitimité, le succès,
l’exploit, l’honneur et la gloire ; tout comme l’immortalité et la justice et la résurrection. Pour
le Canada, cela représente la lutte entre les Français et les Anglais (c’est-à-dire la guerre entre
les conquérants anglais et français ; la bataille des Plaines d’Abraham en 1759).
2.2. Le lion
Le lion dans les armoires du Québec, souvent appelé « léopard ou lion passant d’or
sur fond rouge symbolise les liens historiques et politiques de ce pays avec la Grande-
Bretagne. Le lion explique la force, le courage et la résistance de ce peuple en face à la
guerre.
2.3. Les fleurs de lys
La fleur de lys est en réalité une représentation stylisée de l’iris des marais, une fleur
répandue en Europe, notamment le long de la rivière Lys en Belgique, la fleur de lys indique
la présence historique et culturelle française, la royauté, la foi catholique.
2.4. Les fleurs d’érables
L’érable est un arbre emblématique du Canada, reconnu non seulement pour sa valeur
symbolique mais aussi par sa richesse écologique à la région et l’appartenance au patrimoine
naturel.

11
Chapitre 1 Découvrir le Canada

3. Derrière les voiles des caravelles


Depuis 1492, Christophe Colomb a navigué le long des côtes d’Amérique. Au cours
des années, les explorateurs européens ont parcouru le monde et érigent plusieurs empires
coloniaux, Les Espagnols et les Portugais s’approprient l’Amérique du Sud tandis que les
Français et les Anglais ont élu domicile en Amérique du Nord. La colonisation permet à
l’Europe de s’enrichir énormément en particulier en ce qui concerne les couts humains ; les
Européens ont massacré la population autochtone à cause des maladies qu’ils lui transmettent.
En outre, les colons recrutent des esclaves africains qu’ils traitent impitoyablement et font
travailler dans des conditions insoutenables en raison de manque de main-d’œuvre.
4. De la Nouvelle-France au Québec moderne
Le Québec est l’aboutissement de plusieurs siècles d’exploration, de commission et de
colonisation par les Français initié à la Renaissance XVIe siècle. Le premier explorateur
français avoir parcouru le fleuve Saint-Laurent et à avoir revendiqué le territoire pour la
France en Amérique du Nord est Jacques Cartier en 1534. Samuel de Champlain fondera en
1608 la ville du Québec nommée ainsi en référence au mot amérindien voulant dire « où le
fleuve se rétrécit ». La Nouvelle-France se distingue par plein de traits spécifiques de sa
population : Le Québec est une province du Canada. Les Québécois bien qu’ils vivent dans un
pays anglophone, sont des francophones profondément attachés à leurs cultures et la
préservent. Ils pratiquent majoritairement le christianisme (les Canadiens étant principalement
protestants et les Québécois étant des catholiques) avec le pouvoir du clergé. Une région
extrêmes froide, recouverte de neige et de glace ; des familles nombreuses (comptant plus de
7 enfants) résident dans les champs où les maisons en bois à l’intérieur, la vie rurale organisée
autour du système seigneurial.
Depuis la Révolution Tranquille des années 1960, le Québec a subi d’importants
changements sociaux, politique et économique mentant à l’émergence d’une société plus
laïque démocratique et égalitaire. Cette époque a été déterminante dans l'appréciation des
droits civils, la libération des femmes et la mise à jour des institutions publiques.

 L’aspect littéraire
5. L’évolution de concept de « Littérature »
Le progrès du concept de la littérature s’inscrit dans un processus caractérisé par des
mutations sémantiques, esthétiques et culturelles. À l’origine le terme « littérature » dérive du

12
Chapitre 1 Découvrir le Canada

latin « litteratura » qui désignait l’ensemble des savoirs lié aux lettres et à l’écriture. Au XV
siècle, la littérature était perçue comme un faisceau des connaissances, une sorte de culture
générale où une somme des ouvrages publiés sur une question. A cette époque tous écrits
susceptible d’être inclus dans un corpus considéré comme de la littérature. La définition était
évoluée vers le XVIIIe siècle puisqu’à ce moment la littérature devenait les œuvres écrites qui
marquée par des préoccupations esthétiques et on y rattache les connaissances et les activités
qui s’y rapportent. Andreï Makine est écrivaine russe définit la bonne littérature « La vraie
littérature était cette magie dont un mot, une strophe, un verset nous transportaient dans un
éternel instant de beauté »4il mentionné encore la notion de l’esthétique dans sa définition de
cet art. En outre la définition de la littérature est aussi soumise à une autre voix celui de
l’écrivain car la littérature est le travail et l’art de l’auteur. Dans La femme qui fuit d’Anaïs
Barbeau-Lavalette met en scène cette conception de la littérature et l’esthétique qui devient
des vecteurs puissants pour donner une expression d’opinion à des expériences humains
notamment celle des femmes québécoises. Le roman transcende le simple cadre d’un récit
autobiographique pour adopter une dimension poétique par exemple dans cet extrait de
chapitre 1 (1930_1946) « La rivière déborde. Paraît même que, cette fois-ci, elle s’est rendue
au cimetière. L’eau passe par-dessus les pierres tombales. La rivière sort de son lit, avale le
pied des bercails et les pas pressés, court après tout ce qui bouge, réveille les morts. Toi, tu
t’es demandé si les cercueils étaient imperméables. Et tu as imaginé les morts nageant la
brasse »5 Ce passage illustre la crue de la rivière à travers une personnification saisissante : la
rivière « sort de son lit », « avale » « court », « réveille les morts » donne vie à la nature, la
transformant en un acteur presque menaçant et puissant. Cette démarche rejoint la conception
de Paul Valéry «la littérature n’est qu’un développement de certaines des propriétés du
langage »6 élaborées par un écrivain.
6. Quand le Québec prend la parole
La littérature québécoise regroupe toutes les œuvres écrites ou orales créées au
Québec, constitue une composante essentielle de la culture et de l’identité du pays. Elle se
distingue de la littérature acadienne et de la littérature franco-canadienne, le terme

4
Makine, Andreï. Université Tissemsilt. QU’EST CE QUE LA LITTÉRATURE SELON SARTRE : ESSAI DE
DÉFINITION (consulté le 15mai2025)
5
La femme qui fuit. Edition Marchand de feuilles 2015 page 19 (consulté le 12mai2025)
6
Valéry, Paul. Université Tissemsilt. QU’EST CE QUE LA LITTÉRATURE SELON SARTRE : ESSAI DE
DÉFINITION (consulté le 15 juin 2025)

13
Chapitre 1 Découvrir le Canada

québécois s’impose avec la Révolution tranquille 1960. La littérature québécoise est une
création littéraire jeune née presque au XXe siècle, un siècle auquel se conforme avec une
fidélité parfois excessive. Néanmoins, elle est encore en phase avec l’époque de fragilités
contemporaines connu sous le nom de l’ère du doute et de l’incertain. Pourquoi n’y avait-il ni
romans, ni théâtre en Nouvelle-France et quelles conséquences cela a-t-il eues sur
l’émergence littéraire au Québec
7. La diversité des genres littéraires en Nouvelle-France
En Nouvelle-France, les auteurs qui prennent la plume ne produisent pas de romans ni
de pièces de théâtre et leur création poétique extrêmement limitée. La dimension esthétique
des écrits de cette époque ne reflété pas à celle des œuvres littéraires habituelles ; les seuls
textes sont publiés en France et s’adressent d’ailleurs aux lecteurs européens. Voici une

sélection de différents textes classés par catégories.

7.1. Des récits de voyage


Ce genre prédominant permet aux explorateurs et missionnaires de faire d’étonnantes
découvertes surprenantes, des lieux géographiques vierges et une population indigène aux
mœurs étranges que les autres traitent avec un sentiment de supériorité mais malgré tout, les
fascine.
7.2. Des essais, des livres d’histoires et des chroniques
Les auteurs dans ces œuvres ne montrent plus directement les découvertes et tentent à
définir les particularités du la nouvelle colonne « Le baron de Lahontan » tire des leçons
philosophiques de ses observations exceptionnelles.
7.3. De la correspondance
Les lettres des voyageurs ou des résidents de la Nouvelle-France expriment leurs
préoccupations et offrent un bon aperçu de la vie quotidienne dans la colonie. Exemples
« Marine de I’Incamtione et celles de la bourgeoise Elisabeth Bégon ».
7.4. De la poésie
Les poèmes écrits par les Français qui voyagent en Nouvelle-France sont pour la
plupart d’un style convenu et de qualité moyenne.
Ces textes restent surtout précieux parce qu’ils racontent la naissance d’un peuple,
parce qu’ils ont été lus, appréciés et commentés par nombre d’écrivains québécois des
générations suivantes et parce qu’ils forment le premier maillon d’une littérature qui puise à

14
Chapitre 1 Découvrir le Canada

ses sources et fait revivre, dans des poèmes et des œuvres de fiction, l’âme et les aspirations
d’ancêtres admirés.
8. Un peuple en quête de lui-même (1970-1900)
Le territoire du Québec reste relativement à l’abri des grands changements qui
transforment le monde. Toutefois, les Canadiens Français ne peuvent vivre sans ressentir les
effets des bouleversements qui se produisent dans le reste de l’Amérique et en Europe. Parmi,
les évènements majeurs qui ont marqué cette période incluent : L’Indépendance des États-
Unis, la Révolution Français, la triomphe de la classe bourgeoise, la révolution industrielle et
l’extension de la colonisation.
9. Emergence et diversité du roman québécoise au XIXe siècle
L’efflorescence de la littérature québécoise remonte principalement au XIXe siècle
marquée par la publication des romans : « Les révélations du crime, ou, CAMBRAY et ses
complices » ; Première édition 1837, un texte au statut ambigu que certains historiens
littéraires considèrent comme premier roman québécois de l’écrivaine François-Réal Anger.
C’est une étude réaliste et morale de la criminalité à Québec, le présentateur souligne
néanmoins le caractère avant tout documentaire de cette chronique qui décrit le règne de la
terreur instauré ou Québec dans la premier moitié des années 1830, par un groupe de bandits
appelé les « Brigands de cap-Rouge ».Le roman « L’influence d’un livre » ou ( Le
chercheur de trésor) de Philippe Aubert de Gaspé fils, qui apparaît en 1837, le récit met en
scène deux ensembles de personnages aux pratiques culturelles différenciées : il y a d’une
part les personnages qui évoluent dans une culture fondée sur la transmission orale, et d’autre
part les personnages qui évoluent dans une culture informée par l’écrit.
10. La poésie
La poésie québécoise est née de la nécessité de dire sa différence et d’exprimer son
être propre. L’Amérique est son cadre et ses racines ; l’Europe, son origine. Dès 1831, Michel
BIDAUD, dans le premier recueil publié au Québec par un poète né sur ce territoire pose les
paramètres de la spécificité d’une poésie s’écrivant sur ce continent américain dans un
contexte géographique, climatique et politique autre que celui de la France. Il écrit dans son
recueil Epîtres, satires, chansons, épigrammes et autres pièces de vers :
Lecteur, depuis six jours, je travaille et je veille
Lecteur, depuis six jours, je travaille et je veille,
Non, pour de sons moelleux chatouiller ton oreille,

15
Chapitre 1 Découvrir le Canada

Ou chanter en vers doux de douces voluptés ;


11. Le théâtre
Joseph Quesnel, est le premier à écrire pour la scène au Québec telle que : Colas et
Collinette, livret d’opéra et mis en musique par ce dernier, présenté en 1790 l’une de ses
pièces L’anglomanie ou Le dîner à l’anglaise écrite en 1802.
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, connaît une phase volontariste et
programmatique, on retient surtout cette époque les Contes de Jos Violon écrit par Louis
Fréchette ; Contes vrais" est un recueil écrit par Léon-Pamphile-le May, un écrivain
canadien du 19e siècle, ce recueil propose une série de contes inspirés de la vie et des
traditions des habitants du Québec.
12. La littérature québécoise du XXe siècle
Au cœur de XXe siècle l’expression littéraire constitue une période charnière dans
l’histoire culturelle du Québec accélérant toutes phases connues de la littérature ; un notable
controverse littéraire la querelle des « exotique » et des régionalistes. Le roman, reste
fermement ancré dans contexte rural mais de nombreux écrivains refusent d’actualiser cette
réalité, les auteurs continuent jusqu’à la fin de la Second Guerre mondiale 1945 à écrire des
romans du terroiroù ils mettent en scène des paysans attachés à leur terre, en dépit de
l’exode rural et de l’apparition d’une importante classe ouvrière. Le premier véritable roman
urbain Bonheur d’occasion (1945) de l’écrivain Gabrielle Roy.
13. Les années de rebelles
La littérature québécoise des années 1960et 1970 est remarquable par sa vitalité, de
nombreux auteurs s’affirment dans tous les genres littéraires au point que certains critiques
parlent d’un « âge de la parole » où les individus s’expriment librement après de longues
années passées dans un climat étouffant. L’institution littéraire se développe et soutient les
auteurs : les maisons d’édition voient le jour, le critique devient plus élaboré, des ouvrages
universitaires sur notre littérature paraissent et des organismes de financement des arts sont
mis en place.
Les belles- sœurs de Michel TREMLY écrite en « joual » la langue populaire des
Québécois ; Prochain épisode (1965) de Hubert AQUIN, Une saison dans la vie
d’Emmanuel (1965) de Marie-Claire BLAIS, L’hiver de force (1973) de Réjean
DUCHARM.

16
Chapitre 1 Découvrir le Canada

Pour conclure, en dépit des efforts de l’occupation pour effacer son histoire et son
patrimoine, le Québec s’est obstiné à préserver son identité vivante à travers sa littérature,
offrant ainsi au monde une fenêtre unique sur cette vieille capitale.

17
Chapitre 02 :
L’analyse para-textuelle

18
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

Dans le deuxième chapitre nous présenterons l’étude para-textuel du roman la femme
qui fuit écrit par Anaïs-Barbeau Lavalette. Nous pouvons identifier une personne à travers
son apparence, mais celle- ci s’avère souvent trompeuse. Il faut plutôt, la reconnaitre à travers
ses points de vue et ses actions. Le roman, à l’instar d’une personne, se révèle par ses
paratextes soigneusement conçus. Ceux-ci nous non seulement nous attirent pour embrasser
l’univers du roman, mais aussi nous permettent à formuler des hypothèses de lecture qui
orientent dans notre compréhension et écriture. Nous présentons l’analyse para-textuelle,
syntaxique et sémiotique du roman.
I. Étude du corpus
1. Le paratexte
La première rencontre avec un livre, on s’intéresse plus à l’aspect extérieur de l’œuvre
et à tous les éléments qui l’entourent. On appelle paratexte tout élément qui entoure un
texte, ce terme est selon la double étymologie du préfixe grecque para signifie « auprès de,
à côté de » l’ensemble des pages et messages qui entourent et protègent le texte, il est utile de
distinguer les deux catégories :
1.2 Prétexte : ce sont tous les éléments encadrant immédiatement le texte comme
(la page de couverture, le titre, le nom de l’auteur, les chapitres, les annexes ou encore les
images).
1.3 Épitexte : ce sont les éléments qui existent en dehors du livre lui-même mais
qui le concernent, tels que (les entretiens, les critiques, les correspondances, ou même les
articles de presse).
Le paratexte est une approche à laquelle Gérard Genette a s’adonné tout ouvrage qui
porte le titre : Seuils (Paris, Seuil, 1987) selon lui : « Le paratexte est donc pour nous ce par
quoi un texte se fait livre et se propose comme tel à ses lecteurs, et plus généralement au
public. Plus que d’une limite ou d’une frontière, il s’agit ici d’un seuil ou …. d’un
« vestibule », qui offre à tout un chacun la possibilité d’entrer, ou de rebrousser chemin »7.
Genette assure que l’auteur et l’éditeur sont les responsables du texte et paratexte.
Philippe Lane nous rappelle le rôle du paratexte dans son œuvre la périphérie du texte
ainsi :

7
Genette, Gérard, Seuils, Op. cit., p. 7-8. (Consulté le 12 juin 2025)

19
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

« Le rôle du paratexte n’est donc pas une simple transmission d’informations mais
relève de la communication et de la séduction. Les responsabilités de l’auteur et l’éditeur,
identifiées dans ce parcours, sont fortement engagées et tentent d’influence le lecteur. La
vocation du paratexte est d’agir sur les lectures et de tenter de modifier leurs représentations
ou systèmes de croyance dans une certaine direction »8
La titrologie est une discipline contemporaine, un outil très important dans l’approche
des œuvres littéraires, le titre peut-être un mot ou plusieurs mots placé dans la première
couverture du roman. « On appelle communément « titre » l’ensemble des mots qui, placés
en tête d’un texte, sont censés en indiquer le contenu. Elément central du péritexte, le titre
peut aussi se détacher dans certaines circonstances : il est alors une synecdoque de son
contenu (comme dans des bibliographies) ». D’après Claude Duchet, chaque titre est un texte
littérature et à la fois publicitaire, il explique son propos « un message codé en situation de
marché : il résulte de la rencontre d'un énoncé romanesque et d'un énoncé publicitaire ; en
lui se croisent nécessairement littérarité et socialité : il parle de l'œuvre en termes de
discours social mais le discours social en termes de roman »9

Les travaux des deux fameux théoriciens ont grandement contribué à la réflexion sur
le titre. Gérard Genette dans son ouvrage Seuil le titre est un seuil entre le texte et le
monde extérieur, un élément para-textuel important qui prépare la réception du texte et
agissent comme sa carte d’identité. Le titre porte une charge symbolique, émotionnelle ou
métaphorique qui enrichit la lecture et invite à une interprétation critique. Il se distingue par
ailleurs deux types : le titre thématique qui désigne le contenu et le titre rhématique qui met
en relief la forme du texte. Selon Léo Hoek dans son livre intitulé La Marque du titre
considère que « le titre tel qui nous l’entendons aujourd’hui est en fait, au moins à l’égard des
intitulations, un artefact de réception ou de commentaire, arbitrairement prélevé par les
lecteurs, le public, les critiques… »10. Il ajoute que le titre « est un ensemble des signes
linguistiques ….. qui peuvent figurer en tête d’un texte pour le désigner, pour en indiquer le
contenu global et pour allécher le public visé »11.

8
Lane, Philippe .La Périphérique du texte, Paris : Nathan Université, 1992, p17. In M.S, Mecheri, Les différents
aspects du paratexte dans l'œuvre de Jean-Paul Sartre Le Mur, mémoire de magister en sciences du langage,
Université Kasdi Merbah-Ouargla, 21/06/2008, p. 61.( consulté le 11 juin 2025)
9
Duchet, Claude. Eléments de titrologie romanesque.Paris : Broché, 2001 ( consulté le 12 juin 2025)
10
2- HOEK, Léo : La marque du titre. Dispositifs sémiotiques d'une pratique textuelle, Ed. Mouton. La Hage.
Paris, New York, 1981, p. 21(consulté le 13 juin 2025)
11
HOEK, Léo : Ibid, pp. 34-35(consulté le 13 juin 2025)

20
Chapitre 1 Découvrir le Canada

Le titre thématique est celui qui évoquant le contenu du roman, il peut prendre
différentes formes :

21
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

A. Littéral ou direct désignant explicitement le thème du texte. On l’appellera


latéral proleptique lorsqu’il désigne le dénouement de l’histoire
B. Métonymique lorsqu’il fait référence à un élément secondaire du texte mais
qui, grâce au titre, va se doter d’une valeur symbolique.
C. Métaphorique quand l’auteur fait appel à la symbolique afin de décrire le
contenu de son texte.
D. Antiphrastique lorsqu’il évoque par ironie ou par euphémisme le contraire de
ce que le texte annonce.
2. L’analyse syntaxique
Le titre de notre corpus La femme qui fuit, est un titre thématique littéral (revoie au
sujet central Suzanne Meloche) placé en recto œuvre, juste au-dessus, il écrit en noir, ainsi
qu’il se compose de quatre mots : c’est une proposition relative (groupe nominal et
proposition subordonnée relative).
Le : article défini
Femme : nom commun singulier
Qui : pronom relative
Fuit : verbe fuir conjuguer au présent de l’indicatif 3e personne du singulier(elle)
Ce titre La femme qui fuit est une expression nominale qui associe un sujet humain
avec un verbe au présent de l’indicatif qui identifie la femme par son action de fuir sans
précise ce qu’elle fuit.
3. La première de couverture
La première de couverture est la page extérieure qui couvre le livre, qu’on appelle
aussi la jaquette. Elle est considérée comme la première page représentative au public et la
première manifestation du livre. Gérard Genette, la définit :
« Aux origines du livre imprimé, cette page était le lieu par excellence du paratexte
éditorial. La couverture imprimée est venue la redoubler, ou la décharger de certaines de ses
fonctions. La jaquette, la bande, éventuellement le coffret, en font aujourd’hui autant pour la
couverture : signe d’un développement, certains diront d’une inflation, au moins des
occasions (c’est-à-dire des supports éventuels) de paratexte. »12
.

12
G, Genette, Seuils,Op.cit., p. 33( consulté le 25 juillet 2025)

22
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

Offrir une idée concernant l’auteur et le thème et donner au livre son identité st sa
particularité. Pour cela Genette montre « La fonction la plus évidente de la jaquette est
d’attirer l’attention par des moyens plus spectaculaires qu’une couverture ne peut ou ne
souhaite s’en permettre ». 13
La première de couverture comporte principalement les éléments suivants :
3.1.1 Le titre : c’est le nom de l’ouvrage et il souvent placé au haut de la première
de couverture, doit être claire, visible et attrayant.
3.1.2. Le nom de l’auteur : il est généralement situé au-dessus du livre, sert à
identifier l’auteur.
3.1.3. L’illustration : une première de couverture peut inclure une illustration, une
photo ou un dessin qui faire penser à contenu ou l’atmosphère de l’ouvrage.
3.1.4. Les informations éditoriales : cela peut suggère la maison d’édition, la
collection à laquelle appartient le livre, L’année de publication virgule, le nombre de page.
3.1.5. Les informations promotionnelles : Peuvent inclure des prix littéraires, des
citations élogieuses, ou d’autres éléments qui mettent en valeur le livre.
3.1.6. Les mentions spatiales : cela peut inclure des mentions de près ou de
distinction, ainsi que des logos ou des labels spécifiques.
La jaquette de notre corpus La femme qui fuit comporte : : le nom de l’auteur, le titre,
une illustration (image spécifique) et un bandeau.

13
bid., p. 30 ( consulté le 26 juillet 2025)

23
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

La jaquette de notre corpus La femme qui fuit comporte : : le nom de l’auteur, le titre,
une illustration (image spécifique) et un bandeau.

24
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

3.1.7. Le nom de l’auteur


Le nom de l’auteur écrit en majuscule, en blanc au- dessus et à droite du livre pour
attire l’attention de lecteur.
3.1.8. Les informations promotionnelles
Un bandeau dans la première de couverture illustre les récompenses littéraires qui ont
été attribuées à l’auteur pour la réussite et le succès de son roman.
4. L’analyse sémiotique
La première de couverture du roman constitue un support visuel en analysent selon la
théorie de la sémiotique visuelle du groupe U. La scène de genre représente(portrait) un
personnage féminin, code vestimentaire européen : porte une robe demi- mouche aux teintes
variées (jaune moutarde, vert olive et marron) ainsi qu’une boucle d’oreilles dorée. La
dimension est une silhouette féminine grande, vue en dos, occupée l’espace. Positionné de
verticalité au premier plan comme si elle regarde ce qu’elle fuit et laisse derrière elle. Elle
semble s’agrippe à sa robe tout en courant dans un couloir bordé de murs blanc et de colonnes
noires, un toit gris, vers une destination inconnue.
5. La quatrième de couverture
La quatrième de couverture est la dernière page externe du livre qui se trouve dans la
partie arrière de ce dernier et celle que l’on voit quand on le retourne. Elle a beaucoup
d’appellation tel que « le verso d’un livre », « plat verso ». Elle n’est pas numérotée, elle
ressemble à la première de couverture car elle porte aussi des éléments qui fournissent des
informations sur l’œuvre.
Parmi les éléments que portent la quatrième de couverture, nous citons : le nom de
l’auteur, le label de l’éditeur, le titre de l’ouvrage, la prière d’insérer, des mentions d’autres
ouvrages publiés chez le même éditeur, le prix de vente, le numéro ISBN et le code-barre…

La quatrième de couverture de la femme qui fuit contient : un résumé qui présent


l’histoire du roman, une petite représentation de l’auteur avec deux œuvres et des
informations techniques (ISBN, code-barre).

25
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

26
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

6. Le résumé
Le résumé est une présentation concise et abrégée d’un texte, (orale ou écrite) qui rend
compte les points essentiels. Ce concept aide à récapitule l’histoire, les personnages
principaux et le cadre spatio-temporelle du roman.
Le résumé inscrit immédiatement le texte dans un rapport direct au réel : « Anaïs-
Barbeau Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de
choses. Cette femme s’appelait Suzanne ». Le passage décrit la vie de Suzanne Meloche,
l’aïeule de la narratrice vit au Québec en conflit avec les colonies anglaises, une enfance au
boute de la nature, désire pour un directeur de conscience l’expression peut-être signifie
qu’elle était en fou, besoin de guidance, elle se marie après quitter ses enfants pour toujours.
Elle voyage vers Montréal, rapproche des Automatistes, réalise des relations amoureuses
passionnées en Europe, travaille à des postes variés (arracheuse de pissenlits en Ontario,
postière en Gaspésie, poète, peintre...) à la fin elle devient fantôme passe dans les marges
de l’Histoire, oubliée par la société artistique de l’époque et assoiffée de trouver un sens à sa
vie.
Le résumé comme un élément de paratexte, est un outil de communication entre le
lecteur et le narrateur captivant, donner l’envie de lire et un aperçu du style d’écriture de
l’auteur, de son ton et son registre.

7. Les interprétations
7.1. Hypothèse avant la lecture
Sans connaitre le contenu du roman, on peut avoir plusieurs hypothèses sur le titre :
l’identité personnel de cette femme et son rôle principal dans la société québécoise et le
monde artistique reste fluide. Le fuir pourrait aussi s’entendre comme une fuite face à autrui
pour éviter des relations (un homme, une famille, une société). Prendre la clef des champs
peut symboliser pour-lui un départ vers un pays de rêve à la recherche de la liberté, ou encore
dans le but de concrétiser sa carrière professionnelle tout en préservant sa dignité.
7.2. Compréhension après la lecture
 La femme qui fuit est en réalité une histoire vraie. L’histoire de Suzanne Meloche
(une femme artiste, poète, peintre, militante, amoureuse, passionnée de liberté et refuse les
attaches) la grand-mère de l’auteur, elle épousera le peintre Marcel Barbeau dont elle aura
deux enfants. Pendant quelques années, ce sera une vie de mère de bohème mais la simple vie
de mère au foyer ennuie Suzanne. Elle veut être libre de penser, d’agir, de vivre intensément,

27
Chapitre 1 Découvrir le Canada

donc elle abandonne ses deux enfants et quitte Montréal pour Londres puis New-York. Anaïs-
Barbeau Lavalette n’a pas connu sa grand-mère, cette dernière n’a jamais voulu renouer ses
deux petits, la mère d’Anaïs en a souffert.

28
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

8. La biographie de l’auteur
Anaïs Barbeau-Lavalette est une artiste multidisciplinaire, née le 8 février 1979 à
Montréal. Elle est une réalisatrice, scénariste, documentariste, comédienne, militante pour les
droits de la personne humaine et romancière québécoise. Elle est la fille de la documentariste
Manon Barbeau et du directeur photo Philipe Lavalette et la petite-fille de la peintre et
militante Suzanne Meloche et du poète Marcel Barbeau ; elle a grandi dans le milieu
artistique depuis son enfance.
Elle a voyagé aux quatre pays du monde dès l’âge de 19 ans. Après un séjour d’un an
au Honduras où elle réalise son premier documentaire de caractère social Les Petits Princes
des bidonvilles (2000), jeune femme de terrain ce documentaire lui confirme qu’elle
« désire rendre la caméra utile, comme un outil », Si j’avais un chapeau (2005) qui
témoigne de sa volonté de faire entendre la voix des populations marginalisés. Elle a eu son
baccalauréat à l’Université de Montréal en Etudes internationales et diplômé de l’Institut
national de l’image et du son (INIS) et à l’Université Birzeit à Ramallah (Palestine) où elle
étudie le documentaire. Son implication avec Wapikoni mobile, une initiative de création
audiovisuelle pour les jeunes autochtones, illustre son engagement envers les communautés
souvent invisibilisées. Anaïs a épousé Emile Proulx-Cloutier acteur, réalisateur, scénariste,
documentaire ; en 2014 ils conçoivent le documentaire scénique Vrais Mondes toujours à
la place des arts.
Anaïs Barbeau-Lavalette s’impose ensuite en tant que réalisatrice de fiction avec des
films comme Le Ring (2007) grâce à ce film devenue populaire ,Inch’Allah (2012)
présenté au festival de Toronto et primé dans plusieurs festivals internationaux ; La Déesse
des mouches à feu (2020) un drame québécois adapté du roman de Geneviève Pettersen,
son rôle d’actrice dans l’émission très populaire de jeunesse « Le club des cents watts » qui a
impressionné énormément le public et à émerger progressivement dans sa carrière sous le
nom d’Isabelle, se programme qui a été diffusé à la chaîne de télévision québécoise publique
à vocation éducative et culturelle dans Télé-Québec à la fin des années 1980. Son parcoure
cinématographique fortement ancrée dans la réalité, se distingue par une approche humaniste,
une vision féminine et une sensibilité sociale assumée. A la télévision, elle signe pour ARTV
la réalisation de la série documentaire Les Voix Humaines (2009-2010) et tourné Marie
plein de grâce (2011) un documentaire sur la chorégraphe Marie Chouinard.

29
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

Les romans d’Anaïs Barbeau-Lavalette abordent des thèmes riches et variés, centrés
principalement sur la condition féminine, la liberté et les relations familiales. Cette autrice
publie en 2010 son premier roman Je voudrais qu’on m’efface , ce livre raconte l’histoire
d’enfants vivant dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve qui a reporté un des finalistes au
Prix des libraires du Québec 2011 dans la catégorie des Romans québécois. En 2015 la
femme qui fuit , elle explore la féminine, la maternité, la liberté, l’art et la sexualité à
travers le portrait de sa grand-mère ; une femme rebelle et libre qui a quitté sa famille pour
vivre selon ses propres choix. Son roman Femme fleuve traite du désir féminin un thème
encore tabou en mettant en lumière la quête de bonheur et de liberté d’une femme qui
revendique son droit à aimer et désirer au-delà des contraintes familiales, tout en rendant
hommage au fleuve Saint-Laurent symbole de lien à la nature. Par ailleurs, Femme forêt
elle aborde la maternité, la relation à la terre et les tensions intimes ; mêlant douceur et
brutalité dans un contexte de chaos personnel et mondial. Globalement, ses romans sont
marqués par une profonde exploration des identités féminines, des transmissions
générationnelles et des luttes pour la liberté individuelle.
Donc, dans le deuxième chapitre d’après l’analyse para-textuelle du roman qui nous
permis d’en amorcer la compréhension, tandis que l’étude textuelle nous a approfondi
l’interprétation.
9. La créativité d’Anaïs Barbeau-Lavalette (entre cinéma,
littérature et théâtre
9.1.1. Littérature
 2010 : Je voudrai qu’on m’efface (roman) Éditions Hurtubise
 2011 : Embrasser Yasser Arafat (chroniques de voyage) Éditions Marchand
feuilles
 2015 : La femme qui fuit (roman) Marchand de feuilles
 2016 : Suzanne. Marchand de feuilles (version originale en français publié au
Québec)
 2018 : Suzanne. Eichhorn Verlag (version traduite en allemand par Anabelle
Assaf)
 2018 : Nos héroïnes ,40 portraits de femmes québécoises. Livre pour enfants
illustré par Matilde Cinq-Mars. Marchand de feuilles
 2021 : Femme Forêt (roman) Marchand de feuilles
 2022 : Femme Fleuve (roman) Marchand de feuilles

30
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

9.1.2. Cinéma et télévision


 2000 : Sorcières comme les autres (court métrage documentaire) INIS
 2001 : Les Petits Princes des bidonvilles (long métrage documentaire) Virage
et ONF
 2001 : Les Mots bleus (court métrage documentaire de fiction) INIS
 2001 : Buenos Aires no llores (court métrage documentaire) INIS
 2004 : Les Mains du monde (long métrage documentaire) InformAction, Télé-
Québec
 2005 : Si j’avais un chapeau (long métrage documentaire) Virage, RDI, TV5
 2007 : Le Ring (long métrage de fiction) INIS
 2009 : Les Petits Géants (long métrage documentaire) Télé-Québec
 2010 : Se souvenir des cendres ; Regards sur Incendies (moyen métrage
documentaire)
 2010 : Les voix humaines (série documentaire)
 2012 : Incha’Allah (long métrage de fiction)

 2012 : Ina Litovski (court métrage)


 2012 : Sept Heures trois fois par année (court métrage de fiction)
 2014 : Prends-moi (court métrage de fiction)
 2015 : Le Plancher des vaches (long métrage documentaire)
 2017 : Ma fille n’est pas à vendre (long métrage documentaire)
 2020 : La Déesse des mouches à feu (long métrage fiction)
 2022 : Chien blanc (long métrage fiction)
9.1.3. Théâtre documentaire scénique
 2014 : Vrais Mondes (documentaires scéniques) Place des spectacles
 2016 : Pôle Sud (documentaires scéniques) Espace libre, puis au FTA en 2017
 2022 : Pas perdus, en cocréation avec Émile Proulx-Cloutier
10. Présentation et structure
La femme qui fuit  paru en 2015 aux éditions Marchand De Feuilles d’Anaïs
Barbeau-Lavalette (378) pages, est une œuvre autobiographique. Titulaire de multiples prix
(prix des libraires du Québec, prix France-Québec et le grand prix du livre de Montréal).

31
Chapitre 2 L’analyse para-textuelle

Le récit est écrit entièrement à la deuxième personne du singulier (tu) dans un style
littéraire caractériser par des phrases brèves poétiques et des observations de l’ordre du
constat.
L’ouvrage est un prologue imaginaire de la relation entre l’autrice et sa grand-mère, ce
dernier est ensuite divisé en huit parties, chaque partie est consacrée une période précise de la
vie de Suzanne Meloche. Ces étapes sont structurées dans le roman comme suit :
1930-1946 L’enfance et la jeunesse de Suzanne Meloche
1946-1952 Le voyage de Suzanne vers Montréal et le début de la carrière artistique
1952-1958 L’abandon de ses deux enfants et le divorce avec Marcelle Barbeau
1958-1965
1965-1974
1974-1981
1981-2009
Aujourd’hui Les sentiments
Donc, dans le deuxième chapitre d’après l’analyse para-textuelle du roman qui nous
permis d’en amorcer la compréhension, tandis que l’étude textuelle nous a approfondi
l’interprétation.

32
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

Chapitre 03 :
La condition féminine
québécoise

33
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

Dans le troisième chapitre nous présentons la condition féminine québécoise en relation


avec le roman la femme qui fuit. Nous avons proposé un résumé détaille, nous propose
une définition du concept l’autofiction, ainsi que la différence entre la biographie et
l’autofiction. En reflète sur la littérature féminine québécoise en rende compte à la place
de la femme au Québec pendant le siècle XXe et compris les causes de la fuit du
personnage principale et l’impact de son absence à la fille et la petite-fille.

1. Le résumé du roman
« La femme qui fuit » est un roman autofiction, contient 325 pages avec huit chapitres
sans titre juste mentionné des périodes particulières. L’ouvrage dépeint la vie de sa
grand-mère, Suzanne Meloche, une femme fuyante que l’auteur a voulue rencontre
physiquement, entrevue tout juste deux ou trois fois « en coup de vent ». Afin de
remonter le cours de la vie de cette femme en même temps révoltée et révoltante,
l’auteur a engagé une détective privée. Suzanne Meloche née le 10 avril 1926 dans un
quartier ouvrier d’Ottawa. Elle était une artiste québécoise, poétesse et plasticienne
appartenant au mouvement automatiste.
Le roman était introduit récit se présente sous forme d’un monologue narratif
impliquant trois personnages principaux : Anaïs-Barbeau Lavalette, désignée par le
pronom  je, Manon Barbeau la mère illustre par  ma mère" et Suzanne Meloche la
grand-mère, à qui elle s’adresse directement en utilisant le pronom tu . Les verbes
sont conjugués de manière à refléter cette dynamique : le passé composé est utilisé pour
exprimer des actions passées et achevées, tandis que l’imparfait sert à décrire des
situations et à illustrer des actions passées en cours de déroulement.
Anaïs-Barbeau Lavalette expose une scène fondatrice, le première rencontre imaginaire
avec sa grand-mère cinquante ans, quelque instant après sa naissance dans une chambre
à l’hôpital Sainte-Justine, sa mère venait de mettre au monde, elle n’avait même pas une
heure. L’expression « Je sais que j’étais déjà gourmande. Que je buvais son lait
comme je fais l’amour aujourd’hui. Comme si c’était la dernière fois » (FF : 05)14ce
passage explique l’érotisme, est un sous-entendu érotique mais qui a un rapport avec la
gourmandise c’est-à-dire il prenait son sein et le buvait sans jamais en être rassasié. « Je
t’imagine qui entre. Le visage rond, comme le nôtre, tes yeux d’Indienne baignés
de khôl. Tu entres sans t’excuser d’être là. Le pas sûr » (FF : 05)15. Au tout début du
texte, la narratrice s’imagine Suzanne et elle met une description physique d’un héritage
familiale partagé (d’un visage rond qui nous ressemble), l’image « des yeux d’Indienne
baignés de khôl » renvoie à une femme autochtone, l’allusion au khôl comme un
maquillage noir traditionnel connu dans de nombreuses cultures (Moyen-Orient, Inde,
Afrique du Nord) elle nous donne une remarque sur la nature d’une force qui le fait
s’imposé sans excuses. La phrase « Même s’il y a 27 ans, tu es sauvée » (FF : 05) 16la
14
Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.
15
Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.
16
Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.

34
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

narratrice s’interroge sur la capacité de la grand-mère vivre sans long de sa fille,


souligne à quel point la douleur demeure intense même si les années passées.
L’expression « Elle est la plus belle du monde » (FF : 05)17 appartient au registre
lyrique, qui est une déclaration d’amour profond de la relation du narrateur avec sa
mère. L’écrivaine pose plein des questions à sa grand-mère, non pour obtenir des
certitudes, mais pour remonter à la source des choses. Elle s’interpelle :« comment as-
tu fait pour ne pas mourir à l’idée de rater ses comptines, ses menteries de petite
fille, ses dents qui branlent, ses fautes d’orthographe, ses lacets attachés toute seul,
puis ses vertiges amoureux, ses ongles vernis, puis rongés, ses premiers rhums and
coke »( FF : 05)18 elle se demande comment peut-on vivre sans être présent à tous ces
moments précieux de l’enfance et l’adolescence de son enfant le fait que elle s’emploie
à s’endormir bercée par les mélodies enfantines tout comme ses camarades, d’écouter
ces mensonges blancs innocents, partager la douleur des dents tombant pour la première
fois , d’apprendre laces ces chaussures et d’corriger ces fautes d’écriture, ainsi que
contenir à ces premier émois amoureux , ces gestes d’adolescente et ces expériences de
jeunesse. A la fin « Où est-ce que tu t’es cachée pour ne pas y penser » (FF : 05)19
signifie était-elle capable de trouver un refuge pour échapper à cette réalité. Elle déclare
« Là, il y a elle, il y a toi, et entre vous deux : moi. Tu ne peux plus lui faire mal
parce que je suis là »( FF : 05)20 Anaïs se sent comme un rempart personnel destinée à
sécuriser et protéger sa mère contre une nouvelle blesseurs émotionnelle ,les dernières
questions supposent extrêmement la complicité du relation humaine précisément entre
ces trois femmes (intergénération), la question contradictoire « Est-ce que c’elle qui me
tend à toi, ou toi qui étires tes bras vides vers moi »(FF : 06)21 Cela peut être
interprété comme une exploration de qui initie la connexion : est-ce l'autre qui tend la
main ou est-ce soi-même qui se dirige vers l'autre ? et le désire d’être rejoint ou même
temps la peur de rejet, d’éloignent. Je me suis retrouvé tout près de ton visage,
observant tes traits, cherchant à combler ce profond vide. Je t’ai demandé « Qui es-
tu » (FF : 06)22 mais tu es reparti encore.
La deuxième rencontre d’Anaïs avec son aïeule remonte à ses dix ans. Elle profitait de
la vue de la neige par la fenêtre, lorsque Suzanne s’étendait sur la rue de Champagneur.
Elle se voyant sa grand-mère marche dans la rue, vêtue d’un manteau de longues

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p 352. L’abréviation
(FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.
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Barbeau-Lavalette, Anaïs, la femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p 352. L’abréviation (FF)
désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, la femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p 352. L’abréviation (FF)
désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 5.
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Barbeau-Lavalette, Anaïs, la femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p 352. L’abréviation (FF)
désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 6.

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, la femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p 352. L’abréviation (FF)
désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 6.

35
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

enjambées, elle traversa le pavé ses pas lui permettant à peine de toucher le sol. Elle
s’approcha de la boite à lettres pour y mettre un petit livre, avant de disparaître elle lui
lança un regarde furtif, à ce moment-là, la petite fille se fit la promesse de suivre
l’impact de cette Damme. Pour qu’elle tienne sa promesse la narratrice à l’âge de 26 ans
fait un voyage avec sa mère en train vers Ottawa, la mère lit une revue pour avoir la tête
ailleurs qui montre le sentiment d’une douleur intérieure à cause de ce déplacement, au
début en voulant faire un toure dans cette ville étrangère et se perdre ensemble dans les
quartiers recules. D’un coup, la mère propose d’aller rendre visite quelqu’un (la grand-
mère) pour voir si elle est toujours en vie parce que d’après les dernières nouvelles, elle
habite dans un immeuble de plusieurs étages près du canal Rideau, il ne faut pas
l’appeler vu que sont peur qu’elle refuse de les voir, mais il est impératif d’y aller.
Anaïs reste en doute à cette visite, elle ne t’aime pas, tu m’effraies un peu, finalement
j’aimerais quand tu n’existes plus. La mère craint toujours d’être abandonnée encore,
même si en principe une mère est une figure de stabilité et de confiance mais pour elle
cette certitude a été brisée. Je lui demande si elle est vraiment sûr de vouloir s’y rendre,
elle répond oui. La journée s’écoule, et nous nous se réunissons dans un taxi en
direction chez toi, devant nous une série de tours semblables s’élancent vers le ciel, dans
le hall d’entrée un homme gardien, surveille ; les noms des locataires s’alignent sur le
mur, chacun assorti de sa petite sonnette, le tien apparait : Suzanne Meloche ton écriture
soignée aux lettres rondes et précises, indique la porte 560. Nous nous glissons
doucement derrière une voisine dans l’ascenseur, le silence s’impose, personne ne parle.
Nous montons jusqu’au cinquième étage, puis avançons dans un long corridor pour
enfin arrêtons devant ta porte, ma mère frappe, un instant suspendu et je tremble. Tu
ouvres, Anaïs te regard de manière prolongée, ses yeux de jeune femme posés sur ton
regarde dur, tu souris imperturbable presque sans surprise pourtant la dernière fois que
nous étions ensemble j’étais naître. Tu entrouvres un peu plus la porte et nous invites à
entrer, ma mère et moi pénétrer assis proches sur le qui-vive restons prêtes à partir à la
moindre alerte. Toi, face à nous, tu parais plus forte et solide malgré tes quatre-vingts
ans, tes pommettes saillantes, tes lèvres fines et tes yeux noirs ; tu nous ressembles.
Puis, tu prends la parole, me regardant avec des clins d’œil complices, nos les trois
créent une situation immodérée, tu nous racontes ton quotidien dans ce quartier paisible
et tes histoires avec tes voisines, derrière l’histoire d’une vieille ta voix et tes yeux
gardent la lumière de la vingtaine et ton sourire éclatant et tranchant. Ton appartement
est modeste et lumineux, des livres jonchent le plancher eux aussi en attente de ton
retour. Dans ta cuisine, le lavabo déborde de vaisselle sale, tu manges seul, si tu l’avais
souhaité, nous aurions pu venir manger avec toi de temps en temps et nous aurions
apporté des quiches, des fruits, des saumons fumés ; ma mère aurait dressé la table pour
t’épargner tout fatigue, elle sait faire les plus belles tables du monde mais tu ne le sauras
jamais.
Maintenant tu parles de tes frères, alors que tu perdu un, tu ressens triste et tu ne
souhaites pas qu’on sache ; ma mère te confie qu’elle a eu des nouvelles de Claire, ta
sœur religieuse, tu ris et dévoilant tes dents blanches parfaitement alignées sauf une. Ma
mère te demande pourquoi tu es partie mais tu n’as pas envie de répondre « Ah non

36
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

pas ça pas, aujourd’hui » (FF : 11)23 donc elle n’insiste pas, un silence mortel régnait à
l’endroit sauf toi reste distant et inatteignable, je fixe mes yeux sur toi une dernière fois
« Tu as de gros seins. Pas nous. Tu as une armure. Pas nous. Nous sommes
ensemble. Pas toi. Tu ne nous auras pas tout légué » (FF : 11) cet extrait montre
comme Anaïs posant ce dernier regarde, elle a perçu l’évidence des disparités qui les
séparaient « toi » et « nous » par exemple : une différence physique marquée le corps,
l’armure est une image métaphorique indique une protection ou une carapace
psychologique ou bien émotionnelle qui te rend invulnérable par contre « nous »
sommes plus exposés ou ouvert cela créé une solidarité, un lien partagé entre nous qui
exclut toi ; au bout du compte, tu restes unique, rein de nous ne t’égalera. D’un coup,
c’est ma mère qui décide de partir, elle préfère s’échapper avant que tu nous fasses mal,
on ne sait jamais ce qui pourrait arriver, Adieu grand-maman. Nous partons patiner sur
le canal, on est en voyage. Il fait tellement froid, nous patinons en se tenant la main
parce que je ne suis pas excellente dans ce jeu et parce que nous avons besoin l’un de
l’autre, La route est longue et vide, la brise d’air froid nous a ramenés à la vie.
Cette partie montre bien la colère que Anaïs-Barbeau Lavalette ressent toujours pour
cette femme qui fait du mal à sa mère « Le téléphone de ma mère sonne. C’est toi.
Tu lui dis de ne plus faire ça. Tu lui dis que tu ne veux plus nous revoir, jamais.
Ma mère raccroche. Elle en a mangé, des rejets, et ils sont tous là, coincé dans sa
gorgé. Elle a tout juste appris à ne pas s’étouffer avec. » (FF : 12)24 la mère
Claudie était frappée par cette froideur et la sévérité des mots de sa mère, elle reste
muette incapable de réagir mais elle n’a pas lâché la main de sa fille. Suzanne déteste
sa grand-mère et elle voulait de le dire lorsqu’elles sont face à face.
Cinq ans plus tard, Suzanne Meloche décès, la famille est dans sa petite appartement,
après une appelle de Claire la sœur religieuse qui nous annonce cette mauvaise
nouvelle a bouleversé ma mère et elle sent une explosion intérieure comme
l’Hiroshima, enfin elle débarrassé le sentiment d’absence et elle deviendra peut-être
une femme normale avec une mère enterrée. Nous comprendre que quelques jours
avant la mort de Suzanne, elle rédige son testament comme une invitation et signalée
des nomes (ces deux enfants, la petite-fille et le petit-fils). Au cours de la visite à
l’intérieur de la maison, on trouve des robes, des chapeaux, beaucoup de vêtements
noirs remplis de ton odeur. Dans une boite à souliers, des photos de nous (mon frère et
moi) à tous les âges envoyés par ma mère, nous fouillons dans la petite salle de bain
ton rouge à lèvres rouge, des petits bâtons de khôl, tu as toujours maquillé ce trait lui
donne de la force. Ma mère préserve la chaise berceuse et un meuble comme un
souvenir, on part dans ta chambre on trouve des lettres, des poèmes et des articles de
journaux, un exemplaire usé d’Ainsi parlait Zarathoustra. Nous fermons derrière nous
la porte de ton appartement pour toujours et noud laissons touts tes livres préférés, tes
chères plantes. Nous roulons lentement dans la tempête.

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 11.

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 11

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Chapitre 3 La condition féminine québécoise

Tout commence quand Anaïs-Barbeau Lavalette a déclaré « Il fallait que tu meures


pour que je commence à m’intéresse à toi. Pour que de fantôme, tu deviennes
femme. Je ne t’aime pas encore. Mais attends-moi. J’arrive » (FF : 15)25.
Le premier chapitre du roman (1930-1946) s’intéresse à l’enfance et la jeunesse de
Suzanne Meloche. Cette période reflète le contexte socio-économique difficile au
Québec, correspond à la Grande Noirceur et à la fin de la Seconde Guerre
Mondiale1945. Claudie Hudon s’était mariée avec Achille Meloche, un jeune homme
professeur connaissait beaucoup de choses mais parle peu. Pendant le récit de son
enfance, une attention particulière est portée à la relation entre Claudia et son piano. Le
piano devient le symbole d’un rêve inachevé, elle s’est enfermée dans son rôle de mère
là où il n’y a plus de place pour la liberté, Claudie souhaitait que son piano
l’accompagne, son mari accepta et lui choisit une belle place à la maison. La jeune
femme Claudia jouait Chopin et piano avec talent parce que ça ressemble à la mer. Elle
avait six enfants à trente-trois ans, pour bénéficier des 200 acres promis par le
gouvernement afin de sortir de la pauvreté, elle envisageait presque d’avoir six autres
enfants mais finalement, elle renonce à ce destin et décide que six enfants suffisent.
Pour éviter d’autres maternités Claudie choisit alors de dormir dans le couloir de leur
maison loin de son mari Achille. Claudie devient le symbole d’une femme étouffée,
celle qui doit rester avec ses enfants, servir son mari, accomplir son devoir chrétien, ce
extrait explique largement cette idée « Claudia à 33 ans et six enfant, Claudia est la
cousine éloignée d’Emile Nelligan , Claudia a les yeux noirs qui penchent vers le
bas, lunes orientales , Claudia a de long doigts qui ont joué chopin, Claudia a des
ongles courts sous lesquels s’accumule la terre des patates qu’elle pèle , Claudia ne
dort plus , Claudia sait qu’elle doit faire six autres enfants pour avoir accès aux
200 acres de terres que promet le gouvernement , Claudia pense que de la terre,
elle en a jusque sous les ongles et qu'elle n'en veut pas. Plus. Claudia ne parle plus,
Claudia a les Nocturnes qui I ‘asphyxient, Claudia ne sait plus où aimer ses enfants
parce qu’il n'y a plus de place, Claudia est pleine de vide, Claudia est un désert,
Claudia va réveiller les plus grands, Leur demande de I' aider à installer une natte
dans le corridor, Claudia dormira maintenant à côté du piano loin du pénis
d’Achille » (FF : 36)26.
Suzanne a été grandie dans une société bilingue cohabitent francophones et
anglophones, appartient d’une famille modeste au sein du peuple franco-québécois
conservateur de la religion catholique, sa mère était femme au foyer, elle passe son
enfance basse-ville d’Ottawa, le Breton Flats est une ville industrielle ou les hommes
travaillent dans l’usine et ils rentrent après les cloches de l’église Sainte-Anne
résonnent, le cimetière français construit près de la rivière contrairement aux anglais
n’auraient jamais faire ça. Elle a eu des yeux grands dominant son visage et une frange
mal taillée se mélange tes cils en cachant ton front bombé. Depuis qu’elle était petite
enfant de quatre-ans manifeste un désir profond de liberté et refuse les restrictions
sociales et culturelles qui sont imposé aux femmes au Québec traditionnel, animée par
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Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 15.
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(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 36

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Chapitre 3 La condition féminine québécoise

une curiosité lancinante, elle voulut gouter l’eau de la rivière pour discerner si elle
portait le gout de la mort, donc elle porta une paume d’eau à ses lèvres mais « ça ne
goûte rien. Ça te déçoit » (FF : 20)27 pourrait exprimer une désillusion face à cette
dualité culturelle, où peut-être un jugement sur l’absence de saveur. Elle jouait avec sa
sœur Claire et un groupe d’enfants court après un rat sont tous propres et attendent
sagement devant la porte pour rentre à l’église sauf que toi porter une robe souillée, sans
te soucier de rien. Suzanne est toujours tentée de toucher au piano, elle cherche à vivre
l’expérience du rêve inaccessible. À l’âge de sept ans selon le droit canonique, c’est
l’âge de la discrétion et l’enfant doit confesser au moins une fois par an. Suzanne a eu
une expérience extraordinaire, cette pratique religieuse se fait dans une boîte en bois,
Suzanne attend son tour pour rentre, les yeux fermes, entourne de l’aire chaud, vient
alors le moment de s’adresse à traves fines fentes passe un filet de lumière, dans lequel
parle avec son interlocuteur, il te dit qu’il t’écoute et tu aimerais que ça dur, il lui appelé
ma fille et tu ne trouves pas les mots pour le dire. Suzanne se lève et voudrais qu’il
souvienne. Elle ressenti une chaleur, s’approche de la grille, chercher cet homme,
maintenant elle sort la langue, elle la passer lentement sur les trous et cherche un
chemin vers la lumière mais lui de l’autre côté, ne parle plus. Elle quitte le
confessionnal, elle légère, il ne s’oublier pas.
Entre 1946 à 1952cette période marquent dans sa carrière artistique. À dix-huit ans,
Suzanne prend le train d’Ottawa vers Montréal, son père l’accompagnée à la gare et il
continu à la surveiller du regard jusqu’à son départ, une fois installée, la femme eut le
sentiment d’être enfin à sa place. Elle remporte le concours d’art oratoire et rencontre
Claude Gauvreau, candidat malheureux du même concours d’art oratoire, qui l’a invitée
passer la soirée chez des amis. Ce jeune homme était son compagnon dans cette ville et
c’est qu’il a présentée Marcelle Barbeau ainsi que le groupe des Automatistes. Suzanne
aime écrire des poèmes « Je cueille des sons échevelés à la mesure champêtre »28 un
vers du poème Les falaises paru en 1949 dans le recueil de poème Aurores
Fulminante.
Entre 1952à 1958 montre l’abandonne de ses deux enfants et le divorce avec Marcelle
Barbeau. Suzanne laisse ses deux petits enfants dans une garderie et elle n’est pas allé
pour les prendre, alors Marcelle appelé sa sœur pour récupérer ces enfants. Mais elle lui
dit qu’elle Mousse seulement et François reste ici ou il l’a adopté plus tard. Suzanne a
divorcé de son mari et allée à New York.

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Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 20.
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Chapitre 3 La condition féminine québécoise

2. La condition féminine québécoise


« La femme qui fuit » est un roman autofiction écrit par Anaïs-Barbeau Lavalette, une
auteur et réalisatrice canadienne, ainsi ce roman a reçu plusieurs prix littéraires, la
narratrice s’adresse directement à sa grand-mère décédée mêlant la réalité et la fiction,
l’œuvre s’ancre également dans des faits historiques et des lieux réels, notamment la
crise économique et les mouvements artistiques de l’époque. Le thème la condition
féminine québécoise englobe la place de la femme dans la société québécoise (1930-
2009) et les effets de la fuite et l’émancipation.

2.1.1. La place de la femme dans la société québécoise (1930-


2009)
Les femmes se marient jeunes et enfantent beaucoup « Claudia a 33 ans et six
enfants » cela exprime que la famille nombreuse est représentée non pas comme choix,
mais comme une obligation sociale et religieuse. « Le cou fatigué d’être penché. De
regarde ce qui se lave plutôt ce qui s’envole » La place des femmes est à la maison, ce
passage décrit un état de lassitude profonde et de désillusion, ou le corps et l’esprit sont
épuisés par une existence centrée sur les contraintes quotidiennes et la résignation
incapable de se libérer pour aspirer à des rêves ou des possibles plus vastes.

Les femmes se marient jeunes et enfantent beaucoup « Claudia a 33 ans et six


enfants » cela exprime que la famille nombreuse est représentée non pas comme choix,
mais comme une obligation sociale et religieuse. « Le cou fatigué d’être penché. De
regarde ce qui se lave plutôt ce qui s’envole » La place des femmes est à la maison, ce
passage décrit un état de lassitude profonde et de désillusion, ou le corps et l’esprit sont
épuisés par une existence centrée sur les contraintes quotidiennes et la résignation
incapable de se libérer pour aspirer à des rêves ou des possibles plus vastes.

40
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

2.1.2. Quête de liberté et revendication artistique


Suzanne représente aussi une femme en quête de liberté, brisent les normes par
son engagement artistique auprès du groupe des Automatistes. Elle refuse la soumission
aux rôles assignés et cherche une existent indépendante, au mépris du jugement social «
Suzanne est amoureuse et découvre son corps… Elle se sent prisonnière de ses
enfants …elle décide de les mettre dans un pensionnat ».29
3. La définition du terme Personnage
Etymologiquement le terme du personnage est un ancien mot émergé en français
au XV siècle, ayant pour origine le vocable latin « personna » » terme lui-même dérivé
du verbe personare qui veut dire « résonner », « retentir » et désigne le masque que
portaient sur les acteurs sur scène. Ce concept qui était le masque persona, qui était le
masque de scène, est devenu peu à peu le porteur de masque, l'acteur, puis le
personnage joué par l'acteur, le rôle du théâtre, des choses du théâtre, il est passé aux
choses de la vie, c'est-à-dire au rôle social joué par le personnage social. Mais ce
personnage et son rôle pouvaient être considérés à deux points de vue : soit selon la
charge exercée, la dignité, le rang, la richesse, les responsabilités.
Philippe Hamon est un théoricien qui a consacré un article « Pour un statut
sémiologique du personnage » à l’étude sémiologique des personnages« considérer à
priori le personnage comme un signe, c'est-à-dire choisir un "point de vue" qui
construit cet objet en l'intégrant au message défini lui-même comme une
communication, comme composé de signes linguistiques » en tant que signes
linguistiques porteurs de signifiant et de signifiés .Il affirme que le personnage est un
signe du récit et se fait la même classification que le signe de la langue , il propose ainsi
des critères permettant de hiérarchiser les personnages à travers leurs actions, leur faire
leur être et l’importance hiérarchique à partir de la désignation faite par le narrateur.
L’être : Selon Philippe Hamon, l’être du personnage « Est l’ensemble de ses
propriétés, à savoir son portrait physique et les diverses qualités que lui prêté le
remanier », il se défini donc l’être comme étant la somme de ses attributs, à la sa
description physique et les qualités (morales, psychologiques, sociales) que le narrateur
lui attribuer au cours du récit. L’être du personnage se construit à travers sa

29
Barbeau-Lavalette, Anaïs, La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352. L’abréviation
(FF)désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 72

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Chapitre 3 La condition féminine québécoise

caractérisation qui englobe : le nom, la dénomination, le portait physique, l’habit et la


psychologie.
1. Le nom : Il s’agit d’un nom propre donne au personnage littéraire qui
occupe une place extrêmement importante et une valeur sociale « Le nom est en
quelque sorte l’impératif catégorique du personnage ».
2. La dénomination : l’être du personnage peut également être étudie à
travers la dénomination dont il fait l’objet. Appeler un personnage « notre héros » ou le
« un jeune homme, femme » n’impliquera pas le même rapport affectif.
3. Le corps : Le portait physique du personnage passe par la référence au
corps (beau, laid, difforme, humain, bestial). Le portrait physique qui joue un rôle
majeur dans la caractérisation du personnage peut participer à son évaluation ou donner
des indices sur son caractère.
4. L’habit : le portait vestimentaire passe par la référence à l’habit et
renseigne non seulement sur l’origine sociale et culturelle du personnage, mais aussi sur
sa relation au paraitre.
5. La psychologie : Le portait psychologique du personnage est fondé
sur les modalités de vouloir, pouvoir, devoir et du savoir-faire. Selon le jeu modal, dont
il est le centre, le personnage apparaitre comme naïf (il veut plus qu’il ne peut et ne sait
que ce qu’il doit) ou comme doté d’une intériorité forte (il veut plus qu’il ne peut et sait
plus qu’il ne doit). C’est à ce niveau que peut se construire un lien affectif entre le
lecteur et les êtres romanesques. Le personnage suscitera selon les cas admiration
mépris, ou Pitie.
6. La biographie : le portait biographique en faisant référence au passé
ou à l’hérédité, permet de renforcer la vraisemblance psychologique du personnage en
donnent la clé de ses comportements. Le portrait biographique est par ailleurs fondé sur
un équilibre entre le dit et le tu, il est donc le lieu privilégié du suspense.
7. Le faire du personnage : étroitement lié à son être, est analysé par
le rôle actanciel qui examine les relations de pouvoir, de savoir et de vouloir d’un
personnage par rapport à l’action principale de l’histoire, et par le rôle thématique qui
compare les personnages par leurs action narratives. Selon Hamon l’étude de ces rôles
nous permet de dévoiler la signification du personnage au sein de l’œuvre romanesque.

42
Chapitre 3 La condition féminine québécoise

8. L’importance hiérarchique : d’après Philippe Hamon « Il s’agit


d’identifier la classification du personnage par sa qualification, sa distribution, son \
autonomie, et sa fonctionnalité, il est l’objet d’un pré-désignation conventionnelle et d’u
commentaire explicite ».
9. La qualification différentielle : Elle porte sur l’être du personnage, où
les personnages sont différenciés par le nom, la description, les informations fourni sur
lui, et le sens positif ou négatif donné.
La fonctionnalité différentielle : porte sur le faire du personnage et considère
leur rôle plus au moins important dans l’intrigue, celui de l’actant qui accompli les
actions décisives.
10. La distribution différentielle : c’est le nombre d’apparition d’un
personnage à tel ou tel lieu (espace) et à tel ou tel moment(temps) du récit.
11. L’autonomie différentielle
Rassemble le faire et l’être à partir de la façon dont les personnages se
rencontrent entre eux. Par conséquent, plus le personnage est important plus il apparait
seul parfois, mais plus il rencontre de nombreux autres personnages en raison de ses
capacités d’actions ou son rôle dans l’intrigue.
12. La pré-désignation conventionnelle : elle combine le faire et l’être en
regard des conventions donné. Des marques de genres bien codés sont attribuées aux
rôles.
13. Le commentaire explicite du narrateur : c’est l’intervention du
narrateur qui évalue le personnage et indique son statut dans le roman.
14. Appliquons cette grille analytique de Philippe Hamon sur les
personnages de notre roman La femme qui fuit
15. L’être de Suzanne Meloche : il s’agit du personnage héroïque dans ce
récit intitulé la femme qui fuit. Le titre mentionné sa présence implicitement. L’auteur
dès les premières lignes nous la présente son nom Suzanne Meloche « Suzanne
Meloche. Ton nom est là. Ecrit de ta main. Lettres rondes, contrôlées. Porte 560. »

43
Conclusion :

Dans le roman La femme qui fuit d’Anaïs-Barbeau Lavalette, la femme occupe une
place centrale et complexe. A travers les deux personnages féminins du roman (Claudia
et Suzanne) Anaïs-Barbeau Lavalette explore les différentes facettes de la condition
féminine au Québec, mettant en lumières les luttes, les sacrifices des femmes dans une
société traditionnelle et patriarcale.
Dans le récit, les femmes sont représentées comme des figures fortes espèrent à des
rêves, fusent des projets, mais elles sont confrontées à la sociale et familiale. Suzanne
Meloche se rebelle contre ses contraintes et chercher à se libérer de leur destinée
préconçue.
Anaïs-Barbeau Lavalette aborde également la question de la sexualité féminine, de la
maternité, de l’amour, de l’abandonne des enfants et de l’émancipation des femmes à
travers les relations et les expériences du personnage de Suzanne Meloche.
Cette représentation de la femme dans la femme qui fuit est profonde et évocatrice,
offrant un portait réaliste et poignant de la condition féminine dans la société
québécoise.
En conclusion, La femme qui fuit d’Anaïs-Barbeau Lavalette explique en détaille la vie
du Suzanne Meloche extraordinaire, révolté et révoltant, besoin de liberté et reste dans
la marge de l’histoire.

44
Bibliographie
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352.
L’abréviation (FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 11.
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352.
L’abréviation (FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 11.
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352.
L’abréviation (FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 15.
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352.
L’abréviation (FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 20.
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352.
L’abréviation (FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 36.
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Montréal, Marchand de feuilles, p. 352.
L’abréviation (FF) désigne La femme qui fuit dans l’ensemble du texte. Page 72.
Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit, Édition Marchand de feuilles, 2015,
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Makine, Andreï. Université Tissemsilt. QU’EST-CE QUE LA LITTÉRATURE SELON


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Valéry, Paul. Université Tissemsilt. QU’EST-CE QUE LA LITTÉRATURE SELON


SARTRE : ESSAI DE DÉFINITION (consulté le 15 juin 2025).

45
Résumé :

Notre étude consiste à analyser le roman "La femme qui fuit" d’Anaïs
Barbeau-Lavalette, qui explore la condition féminine au Québec à travers le
personnage et la vie de Suzanne Meloche sa grand-mère. Notre analyse
s'intéresse également la place de femme dans la société de la Nouvelle-
France. Le choix du sujet a pour but compris les causes de ce abandonne et
son impact à l’autrice et sa mère.

Mots-clés : Littérature, Québec, Femme, Abandonne

‫الملخص‬

‫تتناول دراستنا تحليل رواية المرأة الهاربة للكاتبة أنيس باربو الفاليت والتي‬
‫تكشف وضع المرأة في كبيبيك من خالل شخصية وحياة جدتها سوزان‬
‫ يهدف‬.‫ تتهتم دراستنا أيضا بمكانة المرأة في مجتمع فرنسا الجديدة‬.‫ميلوش‬
.‫اختيار الموضوع الى فهم أسباب الهجر وأثره على الكاتبة ووالدتها‬

Abstract:

Our study consists of analyzing the novel “La femme qui fuit” by Anais
Barbeau Lavallette, which explores the condition of women in Quebec
through the character and life of Suzanne Meloche, her grandmother. Our
analysis also focuses on the place of women in the society of New France.
The choice of subject aims to understand the causes of this abandonment
and its impact on the author and her mother.

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Table des matières
1. L’Histoire et la civilisation...............................................................................................................9
1.1. Définition de L’Histoire.............................................................................................................10
1.2. Définition de la civilisation........................................................................................................10
2.1. La couronne royale....................................................................................................................11
2.4. Les fleurs d’érables....................................................................................................................11
3. Derrière les voiles des caravelles...................................................................................................12
4. De la Nouvelle-France au Québec moderne..................................................................................12
 L’aspect littéraire...........................................................................................................................12
5. L’évolution de concept de « Littérature ».....................................................................................12
6. Quand le Québec prend la parole..................................................................................................13
7. La diversité des genres littéraires en Nouvelle-France................................................................14
7.1. Des récits de voyage...................................................................................................................14
7.2. Des essais, des livres d’histoires et des chroniques...................................................................14
7.3. De la correspondance.................................................................................................................14
7.4. De la poésie.................................................................................................................................14
8. Un peuple en quête de lui-même (1970-1900)...............................................................................15
9. Emergence et diversité du roman québécoise au XIXe siècle......................................................15
10. La poésie.................................................................................................................................15
11. Le théâtre....................................................................................................................................16
12. La littérature québécoise du XXe siècle....................................................................................16
13. Les années de rebelles................................................................................................................16
1. Le résumé du roman......................................................................................................................34
2. La condition féminine québécoise..................................................................................................40
2.1.2. Quête de liberté et revendication artistique................................................................................41
3. La définition du terme Personnage...............................................................................................41
1. Le nom : ........................................................................................................................................42
Conclusion :.............................................................................................................................................44
Bibliographie.............................................................................................................................................45
Résumé :.................................................................................................................................................. 46
Mots-clés : Littérature, Québec, Femme, Abandonne...............................................................................46
Abstract:..................................................................................................................................................46
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