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Compilation Dictée 2025-2026

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*GROUPE REUSSIR LE CREM PRÉPARATION CREM 2025-2026*

Compilation dictée 2025 PAR Mr Mbengue

NB : Il existe des cours particuliers pour les professionnels et les personnes qui
manquent de temps pour bien suivre le rythme des groupes

*DICTÉE 1 : L’arrivée. *
*Des gamins tout nus se vautraient ou s’amusaient dans le sable. Le Maure, assis devant sa
petite boutique, prenait son thé habituel. Bassam vivait dans son calme continuel, bercé par
le bruit des vagues qui se brisaient sur la grève. J’arrivai enfin chez M. Dramane, mon tuteur.
Sa concession était pauvre. Quelques cases en bambou couvertes de papous entouraient une
petite cour sableuse où se dressait un jeune manguier près d’un puits. Les enfants de mon
tuteur se ruèrent vers moi pour m’accueillir. Je leur distribuai des goyaves que j’avais cueillies
au village. Je saluai les femmes assises devant la cuisine enfumée. Après avoir donné à mes
tutrices les nouvelles de chez moi et appris les nouvelles de la ville, ce qui était une formalité,
je regagnai ma case qui se trouvait dans la concession voisine de celle de M. Dramane. Ma
case n’avait qu’une pièce unique. Je la balayai soigneusement, mis un drap propre sur ma
paillasse posée à même le sol. Après quoi, je sortis mes livres et mes cahiers d’une caisse où
je les avais laissés et les disposai sur ma table. *

*DICTÉE 2 : Le charretier. *
*Le charretier faisait claquer en même temps sa langue et son fouet pour exciter l'animal. A
la troisième tentative, les roues bringuebalantes mordirent sur le trottoir. L'animal hennit et
tendit le cou. Une bave gluante tombait de sa bouche, ses naseaux étaient grands ouverts. La
charrette ne valait guère mieux que lui : les essieux n'étaient pas graissés, les roues dansaient
autour de leur axe. A chaque cahot, les occupants, le conducteur et trois femmes, étaient
projetés les uns sur les autres, épaule contre épaule. Le cheval tirait avec toute l'ardeur dont
il était capable, les harnais se tendaient et mordaient d'anciennes places enduites de bleu,
mais les sabots comme les roues s'enlisaient dans le sable à chaque pas.... La réverbération
qui montait du sable blanc rendait la vue trouble et sur le terrain vague voisin où l'on allait se
soulager le soir, des tessons de bouteilles, des morceaux de verre, des boîtes de conserve, des
culs de bols émaillés reflétaient les rayons sans merci. On respirait comme dans une cuve
hermétiquement close et chauffée de tous côtés. *

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*DICTÉE 3 : La fête. *
*Assise sur le lit, Marième portait une camisole, aux manches bouffantes, s’arrêtant aux
coudes. De dessous les broderies émergeaient des bras couleur brique, à la peau lisse comme
du satin, aux poignets délicats, chargés de bracelets ; sa gorge nue se ployait, sillonnée de
gracieux plis ; aux oreilles des boucles d’or ; et à l’extrémité d’une de ses tresses d’ébène, un
louis d’or brillait sur le front. Elle s’était drapée de lourds pagnes tissés par les artisans wolofs.
Karim vint s’asseoir à ses côtés. Les camarades prirent place dans les fauteuils disposés le long
des murs……On remarquait de petites nattes coloriées d’où émergeaient, de place en place,
un œuf d’autruche, un caïman en bois, une calebasse sculptée. Une ampoule électrique
suspendue au plafond déversait une lumière crue. Les sénégalais gardaient le silence. Leurs
boubous, d’une blancheur de pur clair de lune, donnaient, par l’ampleur, un air de majesté !
*

*DICTÉE N°4*
*Banda contemplait le marché, en face de lui ; c’était une vaste baraque, au milieu d’une
grande place, entourée elle-même d’autres baraquements plus exigus. Le tout était rutilant
de tôle ondulée que Banda entendait craquer au soleil. Parce que c’était un samedi, le marché
grouillait encore de monde à trois heures d’après-midi. Les yeux du jeune homme prenaient
surtout plaisir à suivre les femmes, à cause de leurs robes de cotonnade aux coloris variés.
Jeunes, vieilles, grandes, petites, corpulentes, maigres, qu’elles étaient nombreuses. De temps
en temps, il en distinguait une, robe de soie rouge, jaune, bleue ou blanche, chapeau de paille,
lunettes noires, sacs à main, chaussures à hauts talons : « Encore une concubine de Grec ! »
songeait-il, tandis que sa bouche esquissait un mouvement de dégoût. *

*DICTÉE N°5*
*Sous les amandiers de Cayenne, des joueurs de boules et de cartes, près d'eux de vieux
Sénégalais en grands boubous, dans leurs chaises longues, la grosse canne entre les jambes,
parlaient du temps où tout jeunes, ils mirent les pieds en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, ils n'ont
presque plus de dents, ne sont jamais retournés chez eux et leurs cheveux sont aussi blancs
que leurs boubous empesés débordant des sièges. Les cargos, sales, tout noirs, sans cesse
ingurgitaient les produits apportés par les baleinières. Des radeaux de billes, en quelques
heures, happés par les treuils, disparaissaient dans leurs panses de fer. Et toujours ils étaient
là, affamés, réclamant d'autres aliments, d'autres produits, huile, palmiste, cacao, café ; puis
un matin, ils levaient l'ancre et péniblement s'en allaient, crachant une épaisse fumée noire
comme pour brouiller leurs traces. *

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*DICTÉE N°6*
*Les fleurs colorées que nous avions soigneusement plantées dans le jardin ont rapidement
poussé sous l’effet des douces pluies printanières. Les enfants, émerveillés par ces
magnifiques parterres, couraient joyeusement autour des massifs fleuris. Fatiguées par leur
longue promenade, les deux amies se sont reposées sous l’ombre bienveillante d’un grand
chêne centenaire. Pendant ce temps, les oiseaux perchés sur les branches chantaient
mélodieusement. Dans la maison soigneusement rangée, la table était couverte de délicieuses
pâtisseries préparées par leur grand-mère attentionnée. Ravies de ces douceurs sucrées, les
petites filles ont dégusté avec plaisir les tartes dorées et les biscuits croustillants. *

*DICTÉE N°7 : Les caprices du vent. *


*Hier soir, lorsque les bourrasques glaciales, soudainement déchaînées, ont violemment
secoué les volets mal fermés, les voyageurs épuisés, réfugiés dans l’auberge vétuste, ont
sursauté. Quelques tuiles descellées se sont bruyamment écrasées sur le sol détrempé, tandis
que les branches fragilisées par l’orage s’éparpillaient en mille éclats. Dans la salle faiblement
éclairée, les flammes vacillantes des chandelles projetaient sur les murs des ombres
inquiétantes. Chacun, frissonnant sous l’effet du froid et de l’angoisse, espérait que l’accalmie
viendrait bientôt. *

DICTÉE N°8 : Une maison mystérieuse. *


*Au bout d’un sentier ombragé se dressait une vieille maison abandonnée. Les murs fissurés
et les fenêtres brisées témoignaient du temps passé. Pourtant, malgré son apparence
délabrée, elle conservait un certain charme. Par une nuit d’orage, des éclairs illuminèrent
brièvement l’intérieur sombre de la demeure. Un chat noir, caché derrière une poutre
vermoulue, observa avec méfiance les intrus qui s’étaient aventurés jusqu’à la porte
grinçante. Les bruits du vent s’engouffrant sous les tuiles et des branches frottant contre les
volets créaient une atmosphère inquiétante. Les visiteurs hésitèrent un instant, puis
poussèrent la porte qui céda dans un craquement sinistre. Dans la poussière accumulée, des
empreintes récentes apparaissaient, prouvant que quelqu’un était passé ici avant eux. *

*DICTEE N°9 : La vie des ouvriers*


*Tous les jours, dans l'atmosphère enfumée et grave du faubourg ouvrier, la sirène de la
fabrique jetait son cri strident. Alors, des gens maussades, aux muscles encore las, sortaient
rapidement des petites maisons grises et couraient comme des blattes effrayées. Dans le froid
demi-jour, ils s'en allaient, par la rue étroite, vers les hautes murailles de la fabrique qui les
attendaient avec certitude et dont les innombrables yeux carrés, jaunes et visqueux,
éclairaient la chaussée boueuse. La fange claquait sous les pieds. Des voix endormies
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résonnaient en rauques exclamations, des injures déchiraient l’air ; et une onde de bruits
sourds accueillait les ouvriers le lourd tapage des machines, le grognement de la vapeur... Le
soir, quand le soleil se couchait et que ses rayons rouges brillaient aux vitres des maisons,
l'usine vomissait, de ses entrailles de pierre, toutes les scories humaines et les ouvriers, noircis
par la fumée, se répandaient de nouveau dans la rue, laissant derrière eux des exhalaisons
moites de graisse de machines ; leurs dents affamées étincelaient. Maintenant, il y avait dans
leurs voix, de l'animation et même de la joie : les travaux forcés étaient finis pour quelques
heures ; à la maison, les attendaient le souper et le repos. *

*DICTÉE N°10 : À la veillée. *


*Lorsque midi approchait, les femmes quittaient le village et se dirigeaient en file indienne
vers le champ, chargées de fumantes platées de couscous. Sitôt que nous les apercevions,
nous les saluons à grands cris. Midi ! Il était midi ! Et sur toute l’étendue du champ, le travail
se trouvait interrompu… La chaleur avait beau être forte, et le champ, avec sa poussière et
son frémissement, être une fournaise, l’appétit n’en était pas freiné : nous étions assis autour
des plats, et le couscous, brûlant, plus brûlant encore du fait des épices, disparaissait,
s’engouffrait, coupé, aidé des rasades fraiches, puisées dans les grandes jarres couvertes de
feuilles de bananiers. *

*DICTÉE N°11 : Un voyage périlleux. *

*Nous étions des dizaines d’hommes et de femmes, mais aussi d’enfants entassés dans une
embarcation qui, tanguant sur les flots de l’océan au cœur de la nuit, nous amenait vers un
nouveau cap, vers de nouveaux horizons plus vivants. On l’espérait tous et on avait tout
liquidé, comme avec les affaires d’un défunt. Notre capitaine était un vieux routier de la
navigation maritime. C’était un soir de samedi dans une anse déserte et sombre à une heure
avancée de la nuit. La mer était très calme, mais aussi elle était noire et impénétrable, pleine
de terreurs et d’espoir de lendemains meilleurs que nous espérions moins âpres que ceux que
nous avions connus jusque-là. […] A l’aube de ce premier jour de voyage, alors que le soleil
s’étirait nous étions au milieu de l’océan. Les premiers rayons du soleil dont le flirt avec l’océan
donnait une fusion éblouissante comme un vaste champ de riz arrivé à maturité apparurent,
amenant avec eux un peu de poésie dans cet univers de peurs et d’angoisses comprimées. *

*DICTÉE N°12 : *

*C’était le dernier jour du Ramadan. Le jeûne, cette année-là, avait été singulièrement
épuisant et le soleil en cette journée, semblait avoir pris une ultime ardeur et s’attardait plus
que d’habitude dans le ciel. A présent, il s’évanouissait dans un interminable crépuscule. A
peine la moitié de son globe d’or s’était-elle cachée à l’horizon, que les habitants de Ganda se
massaient derrière leurs cases pour scruter le ciel. Le ventre creux, la gorge desséchée par la
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soif, ils portaient la main en visière au-dessus de leurs yeux comme pour augmenter l’acuité :
tous fouillaient le ciel pour y découvrir la nouvelle lune, celle qui mettrait fin aux dures
privations du Ramadan. Trente jours durant, tous les adultes des deux sexes avaient rivalisé
d’endurance et de dévotion. Tous s’étaient levés dès le premier chant du coq, tous avaient
continué tant bien que mal à vaquer à leurs occupations habituelles. Tous aujourd’hui
n’avaient qu’un seul désir : voir apparaître la nouvelle lune. *

*DICTÉE N°13 : Une journée pleine de surprises. *

*Les lettres que nous nous étions envoyées autrefois nous sont revenues jaunies par le temps.
En les relisant, nous avons revécu les émotions que nous avions ressenties et que nous nous
étions confiées avec sincérité. Les promesses que nous nous étions faites ce jour-là, nous ne
les avons pas toutes tenues, mais celles que nous avons respectées nous ont rapprochés.
Certaines erreurs, nous nous en sommes voulu de les avoir commises, et pourtant, nous les
avons aussi regrettées en silence. En repensant aux aventures que nous avions vécues
ensemble, nous nous sommes dit que le temps n’avait rien effacé. Nous nous étions écrit de
longues lettres, et nous en avions conservé quelques-unes précieusement. Lorsque nous nous
sommes retrouvés après tant d'années, nous nous sommes raconté nos vies, partagées entre
joies et peines. Les nouvelles que nous nous étions données nous avaient émus, et nous avons
savouré ces retrouvailles tant attendues. *

*DICTÉE 14 : Les souvenirs d’un voyage. *

*Les vacances que nous avons passées en Italie nous ont laissé des souvenirs inoubliables.
Les villes que nous avons visitées étaient magnifiques, et les spécialités locales que nous avons
goûtées nous ont enchantés. Marie et Sophie, qui s'étaient renseignées à l'avance, avaient
préparé un itinéraire détaillé. Les excursions qu'elles avaient organisées nous ont permis de
découvrir des paysages époustouflants. À Rome, nous avons admiré les œuvres d’art que les
artistes avaient peintes des siècles plus tôt. Nous nous sommes promenés dans les ruelles
étroites et nous nous sommes arrêtés devant les fontaines que nous avions vues en photo.
Après ces journées bien remplies, nous étions épuisés, mais les expériences que nous avions
vécues valaient bien toute cette fatigue. *

*DICTÉE 15 : TOMBOUCTOU. *

*Envahie par le désert, gonflée de poussière, pénétrée par les sables, recroquevillée par les
nuits fraîches, dilatée par la chaleur, fendue par les écarts de température, bâtie en matériaux
périssables, elle tombe en ruines et n'a plus d'importance stratégique ou commerciale…. Le
sable y fait éternuer comme du poivre, assèche et étouffe les poumons. Le pas feutré par ce
sable qui amortit tout bruit, les maisons sans fenêtres, qu'on dirait fortifiées, le vent coupant
du désert, des têtes sinistres vous épiant derrière les grillages de bois peint, derrière les portes
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cloutées comme des coffres-forts, les terrains vagues, les rues tortueuses, les entrées
disposées en chicane et les places désertes où seuls quelques méharis reposent à l'ombre,
gardés par un Touareg voilé, maigre comme une chèvre, la bouche barrée de noir, je
n'oublierai plus cela.*

*DICTÉE N°16*

*Les vastes prairies verdoyantes, éclairées par les premières lueurs dorées du soleil matinal,
s’étendaient à perte de vue. Les fleurs multicolores, fraîchement écloses, embaumaient l’air
pur et léger. Les jeunes filles, vêtues de robes élégantes et ornées de dentelles délicates,
cueillaient avec soin les plus jolies marguerites blanches et les roses éclatantes qu’elles
avaient repérées. Derrière elles, les garçons, amusés et légèrement moqueurs, observaient
les couronnes minutieusement confectionnées et les gestes précis des mains habiles et
appliquées. *

*DICTÉE N°17 : Les souvenirs d’enfance. *


*Les pièces qu’elle avait décorées avec soin avaient gardé l’empreinte de son enfance. Les
histoires que sa grand-mère lui avait racontées avaient bercé ses soirées d’hiver. Les jeux
auxquels elle avait participé lui avaient laissé des souvenirs inoubliables. Les chansons qu’elle
avait apprises à l’école, elle les avait chantées des centaines de fois. Les photos qu’elle avait
rangées dans un vieux tiroir avaient jauni avec le temps. Les lettres qu’elle avait écrites à ses
amis d’enfance avaient été précieusement conservées. Quant aux moments heureux qu’elle
s’était offerte au fil des années, ils l’avaient rendue plus forte et plus sereine. *

*DICTÉE N°18*

*Bien que fatigués par la longue marche à travers les sentiers escarpés, les voyageurs, dont
les visages trahissaient l’inquiétude, avançaient avec une prudence extrême. Il fallait que
chacun surveillât ses pas, car le moindre faux mouvement pouvait entraîner une chute
vertigineuse dans les profondeurs obscures de la vallée. Le vent, glacial et impitoyable,
fouettait leurs visages rougis par le froid, tandis que les nuages s’amoncelaient au-dessus
d’eux, annonçant l’orage imminent. Soudain, un cri retentit. L’un des guides, resté en arrière
pour examiner une paroi fragile, venait de perdre l’équilibre. Tous se précipitèrent pour lui
porter secours, au mépris du danger. Leur solidarité, plus forte que la peur, leur permit
d’éviter le pire et de poursuivre, non sans peine, leur périlleuse ascension vers les cimes
enneigées. *

*DICTÉE N°19 : Le retour des sœurs Delorme. *


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*Depuis leur arrivée, les trois sœurs Delorme s’étaient peu à peu réapproprié la demeure
familiale, qu’elles s’étaient promis de ne jamais vendre. Elles s’étaient souvenues des étés
qu’elles y avaient passés, des jeux qu’elles s’étaient inventés dans le grand jardin, et des
disputes qu’elles s’étaient souvent reprochées sans pour autant se les être jamais vraiment
pardonnées. Leurs douleurs anciennes, qu’elles s’étaient tues pendant tant d’années,
s’étaient exprimées par bribes, dans des regards, des silences, des gestes qu’elles s’étaient
échangées sans un mot. Même les secrets qu’elles s’étaient cachés avaient fini par se dévoiler
dans la lumière tamisée du salon où elles s’étaient installées chaque soir. Pourtant, malgré les
efforts qu’elles s’étaient imposés, malgré les compromis qu’elles s’étaient résignés à faire,
quelques rancunes s’étaient ravivées. Elles s’étaient laissées aller à des remarques blessantes,
qu’elles s’étaient immédiatement reprochées. *

*DICTÉE N°20 : Au bord du lac. *

*Tout le long des rives dorées du lac, sont plantés de pittoresques villages sur pilotis. Les
femmes préparent leur cuisine sur le seuil des cases, à deux mètres au-dessus de l'eau. Si l'on
se penche un peu, on voit, en dessous du frêle plancher, une forêt de pieux noircis, enfoncés
dans le sable. Quelques poissons voraces viennent jusque-là guetter les déchets alimentaires.
Devant chaque case, une pirogue est amarrée et des filets sont tendus comme d'immenses
toiles d'araignée... Nous partions au petit matin, lorsque le lac était encore couvert de brume.
L'air était frais, il fallait bien se couvrir. La longue pirogue étroite glissait sans bruit sur l'eau
calme. Le vieux pêcheur nous racontait, à voix basse tout en pagayant, les légendes du lac.
Alors je voyais surgir de l'onde des monstres marins grimaçants aux yeux injectés de sang, à la
langue venimeuse, à la carapace hérissée de pointes acérées. *

*DICTÉE N°21 : *

*Les enfants fatigués rentraient tranquillement chez eux, les vêtements couverts de
poussière et les joues encore rouges d’avoir couru toute l’après-midi dans les champs.
Derrière eux, les herbes hautes ondulaient sous la brise légère, caressant doucement leurs
jambes nues. La vieille maison, que leurs grands-parents avaient construite il y a des
décennies, semblait les attendre avec patience. Les fenêtres ouvertes laissaient entrer le
parfum des fleurs fraîchement écloses, tandis que le soleil couchant projetait de longues
ombres dorées sur les murs décrépis. Arrivés dans la cuisine, ils déposèrent leurs sacs pleins
de trésors : des pierres colorées, des plumes d’oiseaux et quelques fruits mûrs cueillis sur le
chemin. *

* DICTÉE N°22*

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*Le vieux château, déserté depuis des siècles, semblait endormi sous la neige épaisse. Les
portes, entrouvertes et grinçantes, laissaient apercevoir des couloirs obscurs où l'air froid
s'était engouffré. Les pierres, usées par le temps, avaient conservé les empreintes effacées
des pas lointains. Sous les arches effondrées, des herbes folles, balayées par le vent,
frémissaient silencieusement. Une lumière pâle, filtrée à travers les vitraux brisés, dessinait
sur le sol gelé des formes étranges et mouvantes. Le gardien, surpris par la tempête, avait dû
se réfugier dans une ancienne cellule aux murs écroulés. Là, il s'était abrité, transi de froid, en
attendant que le jour reparaisse. À l'aube, seuls quelques oiseaux effarouchés s'étaient
aventurés dans les allées désertes, où résonnaient encore les échos assourdis d'un passé
révolu. *

*DICTÉE N°23 : *

*Dans les vastes plaines balayées par des vents furieux, les herbes jaunies se penchaient sous
la force impitoyable des bourrasques. Au loin, des nuages menaçants, sombres et lourds,
s'amoncelaient, annonçant l'arrivée prochaine d'une tempête redoutable. Les voyageurs,
fatigués et transis de froid, progressaient péniblement, leurs vêtements trempés et leurs
visages fouettés par la pluie. Ils suivaient d'étroits sentiers bordés de ronces acérées et
d'arbres tordus par les intempéries passées. À la nuit tombante, épuisés et découragés, ils
découvrirent enfin une modeste auberge aux fenêtres éclairées et aux portes grinçantes.
Réconfortés par la chaleur du foyer et le parfum envoûtant des plats mijotés, ils
s'endormirent, les muscles endoloris mais l'âme apaisée. *

*DICTÉE N°24*

*Hier après-midi, les feuilles dorées, balayées par le vent d’automne, s’étaient accumulées
au pied des vieux chênes. Les enfants, ravis par cette abondance, avaient ramassé des
brassées de feuilles qu’ils avaient soigneusement triées par couleurs. Rougeoyantes, orangées
ou brunâtres, elles formaient un magnifique tapis qui recouvrait entièrement le sol du parc.
Après avoir couru longuement, les garçons fatigués s’étaient assis sur un banc en bois usé. Les
filles, quant à elles, avaient continué à courir, leurs cheveux emmêlés volant derrière elles.
Elles riaient de bon cœur, insouciantes et heureuses de profiter de cette belle journée
ensoleillée. Lorsque le soleil s’était couché, les familles, rassasiées de ces moments simples,
étaient rentrées chez elles, les joues rougies par le froid. *

*DICTÉE N°25 : Le matin. *

*Les vastes prairies, baignées par la lumière dorée du matin, s'étendaient à perte de vue. Les
herbes hautes, que le vent avait doucement couchées, formaient des vagues soyeuses qui
scintillaient sous les premiers rayons du soleil. Les troupeaux de brebis, dispersés sur les
collines verdoyantes, paraissaient paisibles. Leur laine épaisse, soigneusement entretenue par
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les bergers, semblait plus blanche que la neige tombée la veille. Dans le hameau voisin, les
villageois, alertés par l’arrivée soudaine d’étrangers, s’étaient rapidement rassemblés sur la
place centrale. Les nouvelles apportées par ces voyageurs fatigués avaient bouleversé les
esprits déjà éprouvés par l’hiver rigoureux. Les lettres, oubliées sur le vieux bureau, avaient
été lues et relues avec une attention minutieuse. *

*DICTÉE N°26*

*Les roses fanées qu’elle avait cueillies la veille, éparpillées sur la table qu’elle avait
soigneusement dressée, répandaient un parfum subtil et entêtant. Les nappes immaculées
qu’il avait choisies pour l’occasion, ainsi que les lourds rideaux de velours grenat qu’ils avaient
tirés, donnaient à la pièce une ambiance feutrée et presque solennelle. Les promesses qu’ils
s’étaient échangées, chargées d’émotions sincères, semblaient désormais lointaines et à
peine perceptibles. Elle repensait aux lettres qu’il lui avait écrites et aux confidences qu’ils
s’étaient faites durant ces longues soirées hivernales, blottis l’un contre l’autre, insouciants et
rassérénés. Les heures qu’elle avait passées à l’attendre, rongée d’inquiétudes grandissantes,
l’avaient profondément marquée et affaiblie. *

*DICTÉE 27 : Sur le chantier forestier*

*Les brumes matinales ne se sont pas encore dissipées mais les lourds engins ont repris leur
ronde infernale. Les chenilles d'acier mordent la terre détrempée et arrachent des paquets de
boue jaunâtre. Des ornières se sont creusées là où la piste était encore carrossable il y a
quelques jours. Ce coin de forêt qui nous était pourtant familier a brusquement changé de
visage. Casqués de blanc, les mécaniciens guident leur machine avec assurance à travers les
fourrés, écrasant au passage les buissons et les termitières. Un tracteur sort de l'ombre,
traînant derrière lui un énorme tronc d'iroko. Un instant, le tronc accroche un éperon rocheux.
Plusieurs manœuvres se sont précipités, une barre de fer à la main. Ils exercent une pesée sur
le tronc pour le faire glisser latéralement. Le tracteur renâcle, lâche un jet de fumée noire et
le convoi repart dans une odeur d'huile brûlée. *

*DICTÉE N°28*

*Hier, dès que les premières lueurs du jour sont apparues, les randonneurs se sont levés avec
enthousiasme. Ils s’étaient donné rendez-vous très tôt afin de profiter pleinement de cette
journée en montagne. Avant de partir, ils se sont préparés soigneusement : ils se sont lavé le
visage, se sont habillés chaudement et se sont munis de leurs sacs à dos bien remplis. Sophie
et Julie se sont rappelé les conseils que leur guide leur avait donnés la veille et se sont senties
prêtes à affronter le sentier escarpé. Sur le chemin, les marcheurs se sont encouragés
mutuellement. Lorsque certains se sont arrêtés pour reprendre leur souffle, d’autres se sont
approchés pour proposer de l’eau ou un mot réconfortant. À midi, ils se sont installés au
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sommet d’une colline et se sont partagé un repas simple mais délicieux. Après avoir bien
mangé, ils se sont reposés un moment, puis se sont remis en route. *

*DICTÉE N°29*

*Ce samedi matin, la place du village était animée par l’agitation joyeuse du marché
hebdomadaire. Les étals colorés étaient déjà installés, chargés de fruits mûrs, de légumes frais
et de fleurs parfumées. Les commerçants souriants appelaient les passants, vantant la qualité
exceptionnelle de leurs produits. Au centre de la place, plusieurs paniers bien remplis
attiraient les regards des clientes curieuses. Des pommes rouges et brillantes, des poires
juteuses et de longues grappes de raisins dorés étaient soigneusement disposées sur des
nappes immaculées. Les parfums sucrés des fraises et des melons flottaient dans l’air tiède de
la matinée. Un peu plus loin, le fromager proposait ses tommes affinées et ses chèvres
crémeux. *

*DICTÉE N°30*

*Les archives poussiéreuses, que le bibliothécaire avait examinées pendant des heures,
contenaient des lettres éparses, écrites d’une main tremblante mais soignée. Certaines, qu’il
avait reliées avec une ficelle usée, étaient jaunies par le temps et parsemées de taches
indélébiles. Il les avait étudiées une à une, notant soigneusement les dates, les signatures et
les allusions voilées à des événements historiques que peu de spécialistes avaient analysés en
profondeur. Les conclusions qu’il avait tirées de cette recherche, bien que complexes, furent
présentées lors d’un colloque international, où elles furent accueillies avec un mélange de
stupeur et d’admiration. Quant aux notes, il les avait classées dans des dossiers
soigneusement étiquetés, qu’il avait rangés dans l’armoire vernie, dont les portes grinçantes
témoignaient de nombreuses années d’usage. *

*DICTÉE N°31 : L'épreuve silencieuse. *

*Lorsque la pluie cessa, ils s’élancèrent sans attendre, ignorant que l’ennemi eût dissimulé ses
troupes dans la forêt. Il fallait que chacun gardât son calme, même lorsque les rafales
ébranlaient les branches au-dessus d’eux. Le capitaine exigeait qu’on exécutât les ordres sans
hésitation, bien qu’il eût préféré que la mission fût reportée. Les informations qu’il avait
reçues de l’éclaireur s’étaient révélées incomplètes. Quand ils atteignirent la vallée, les pièges
que les éclaireurs avaient tendus se refermèrent sur l’ennemi. Il valait mieux que personne ne
sût ce qui s’était réellement passé ce jour-là. *

DICTÉE N°32

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Dans le silence lourd de la nuit africaine, seules quelques étoiles veillaient sur le village
endormi. Le souffle chaud du vent portait avec lui des murmures anciens, des paroles oubliées
qui semblaient danser entre les feuilles des baobabs. Au loin, le chant mélancolique d’un griot
résonnait, racontant les histoires de ceux qui avaient bravé le temps et les épreuves. Au cœur
des cases, les familles dormaient, emportées par des rêves mêlés de joies passées et d’espoirs
incertains. Pourtant, au-delà de cette quiétude apparente, les âmes portaient des fardeaux
invisibles : secrets enfouis, blessures du passé, désirs refoulés. L’aube, promesse d’un
renouveau, semblait à la fois proche et lointaine, comme suspendue dans l’attente d’un
changement inéluctable. Le chant écarlate, symbole d’un amour ardent et d’une lutte
silencieuse, traversait les cœurs et éveillait des forces insoupçonnées.

Mariama Bâ, Un chant écarlate.

DICTÉE N°33

À l’aube, quand la brume légère s’élevait des rizières encore humides, le chant des oiseaux
perçait le silence comme un appel sacré. La terre exhalait une odeur tiède et fertile, promesse
d’un jour nouveau. Ma mère, drapée dans un pagne aux couleurs éclatantes, avançait entre
les hautes herbes, une calebasse pleine d’eau fraîche posée sur la tête, sans qu’elle eût besoin
de la retenir. Je la suivais, pieds nus sur le sol rouge, attentif au moindre bruit, aux
craquements furtifs des lézards effrayés, au souffle léger du vent dans les palmes. Tout, dans
ces instants suspendus, me semblait à la fois mystérieux et familier, comme si chaque chose
avait été déposée là pour que je m’en souvienne toujours.

D'après Camara Laye

DICTÉE N°34 : Au marché.


Des caisses remplies d’oranges juteuses, de pommes croquantes et de poires bien mûres
étaient alignées avec une précision remarquable. Les fleurs fraîchement cueillies, attachées
en bouquets odorants, avaient été disposées sur de larges nappes blanches, bordées de
dentelle. Une cliente, charmée par les couleurs éclatantes des légumes disposés devant elle,
choisit quelques courgettes, qu’elle jugea parfaitement fermes et appétissantes. Elle les fit
peser, puis, satisfaite, paya les légumes qu’elle avait soigneusement pesés et rangés dans son
panier tressé. Quand le marché toucha à sa fin, les marchands, fatigués mais contents, plièrent
les parasols usés, balayèrent les allées salies et chargèrent les invendus dans leurs
camions cabossés.

DICTÉE N°35
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Les feuilles mortes, balayées par le vent froid de novembre, s’étaient accumulées dans les
coins les plus sombres du jardin. La vieille grille, rouillée et à moitié arrachée, grinçait dès
qu’on la touchait. Les enfants, surpris par la pluie soudaine, avaient couru jusqu’au porche et
s’étaient réfugiés sous l’auvent, leurs manteaux trempés collés à leur peau. À l’intérieur, la
cheminée, soigneusement entretenue, diffusait une chaleur bienfaisante. Les bûches,
empilées avec soin depuis la veille, s’étaient enflammées rapidement. La maison, silencieuse
depuis plusieurs jours, retrouvait enfin un peu de vie.

DICTÉE N°36

Pendant les vacances, ils se sont longtemps demandé s’ils s’étaient réellement rendu compte
des efforts qu’elle avait faits pour eux. Elle s’était souvent plainte de leur ingratitude, surtout
quand ils s’étaient permis de critiquer ce qu’elle leur avait préparé. Lorsque les cousins sont
arrivés, ils se sont tous précipités vers la plage. Elle, en revanche, s’était tenue à l’écart,
refusant de se mêler à l’agitation. Les jeunes filles s’étaient tressé les cheveux entre elles, et
les garçons s’étaient mis à construire un château de sable impressionnant. À la fin de la
journée, ils se sont parlé calmement et se sont promis de faire des efforts. Elle s’était rappelé
les conseils de sa mère, qu’elle s’était efforcée d’appliquer depuis le début du séjour.

DICTÉE N°37 : Le tumulte du marché ancien.


Dans les allées étroites du marché, envahies dès l’aube par une foule bigarrée, les odeurs
mêlées d’épices, de fromages affinés et de fruits trop mûrs s’étaient répandues jusqu’aux
ruelles adjacentes. Les paniers que les marchandes avaient patiemment tressés durant l’hiver,
et qu’elles avaient disposés en piles instables, attiraient le regard curieux des passants. Les
tomates, soigneusement cueillies à l’aube et encore perlées de rosée, avaient été disposées
avec soin sur des étals de bois rongés par le temps. Les disputes, fréquentes mais brèves,
éclataient entre les chalands qui s’étaient arrêtés devant les dernières grappes de raisins que
le producteur avait réservées. Elle s’était approchée d’un vieil homme, dont les mains
calleuses, marquées par les années de labeur, avaient pesé chaque poire.

DICTEE N°38 : Une soirée mouvementée.

Les lumières éteintes, la pièce plongée dans une obscurité totale, nous avons attendu que les
bruits cessent. Les portes, que le vent avait violemment claquées, nous avaient surpris, et les
ombres dansantes sur les murs nous avaient troublés plus qu’elles ne l’auraient dû. Les
consignes que nous avions reçues avant de pénétrer dans la maison avaient été négligées, et
les avertissements ignorés. L’ambiance, déjà pesante, s’était alourdie, comme si les murs eux-
mêmes avaient absorbé la peur qui nous envahissait. Lorsque les silhouettes aperçues dans
l’escalier se sont dissipées, nous étions convaincus d’avoir imaginé la scène. Mais les traces

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laissées sur le plancher, bien visibles, nous ont rappelé que rien de ce que nous avions vécu
n’était une illusion...

DICTÉE N°39 : L’expédition périlleuse.

Les provisions, emballées à la hâte, n’avaient pas été vérifiées avec autant de rigueur que lors
des précédentes expéditions. Les cartes, que le chef avait pourtant fait recopier par un
assistant méticuleux, s’étaient révélées incomplètes et parfois erronées. Les guides, choisis
pour leur expérience et leur courage, s’étaient montrés plus prudents que prévu, ralentissant
l’avancée du groupe. Les journées, enchaînées sans repos, avaient épuisé les hommes, dont
les forces déjà entamées par le froid s’étaient amenuisées davantage à chaque pas. Les
crevasses, que les éclaireurs n’avaient pas toujours repérées, avaient parfois englouti des
caisses de matériels que l’on croyait solidement arrimées. À l’aube, les visages tirés, les
membres engourdis, les explorateurs s’étaient résolus à faire demi-tour, abandonnant les
espoirs formés des mois durant.

DICTÉE N°40

Les jours qu’elle avait laissés derrière elle, dans le petit village bordé de manguiers, lui
revenaient en mémoire comme des lueurs chaudes et douloureuses. Les tâches qu’elle avait
apprises aux côtés de sa grand-mère s’étaient imprimées dans ses gestes sans qu’elle en eût
conscience. Les lettres qu’elle avait écrites à sa sœur restée au pays n’avaient jamais reçu de
réponse, mais elle les avait relues tant de fois que les mots lui semblaient presque étrangers.
À Dakar, les promesses qu’on lui avait faites s’étaient effondrées, rongées par l’indifférence
et les silences d’un monde qu’elle n’avait jamais compris. Elle s’était souvent demandé si les
sacrifices qu’elle avait consentis seraient un jour reconnus par ceux pour qui elle avait tout
quitté. Et dans ses rêves, ce sont les voix entendues autrefois, les rires partagés sous la case,
les contes du soir et les pluies d’hivernage qui s’étaient le plus souvent imposés à elle.

DICTÉE N°41 : L’enquête inachevée

Les preuves que les enquêteurs avaient cru avoir détruites furent retrouvées, bien cachées
sous une dalle fissurée. Les rumeurs, qu'on aurait pu croire infondées, s’étaient révélées
vérifiables et même précieuses pour relancer l’affaire. Les suspects, qu’ils avaient d’abord
écartés sans véritable preuve, avaient été replacés au cœur de l’investigation. Les pistes qu’ils
s’étaient promis d’explorer avaient, pour la plupart, été négligées. Elle s’était laissée
convaincre par des arguments mal étayés, et les conséquences s’en étaient vite fait sentir. Les
erreurs commises, même si elles avaient été assumées, restaient inexplicables aux
yeux du public.
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DICTÉE N°42 : Les profondeurs de la forêt ancienne.

Les légendes que les hommes avaient longtemps entendues au coin du feu prenaient vie dans
les ombres que les arbres avaient dessinées sur le sol. Les cabanes qu’ils s’étaient construites
avec patience témoignaient de leur lien profond avec cette nature qu’ils avaient toujours
respectée. Les traces que les animaux avaient laissées sur la mousse épaisse guidaient leurs
pas vers des clairières qu’ils n’avaient jamais explorées. Elle s’était souvenue des bruits qu’elle
avait perçus la nuit, quand le vent faisait craquer les branches et frissonner les feuillages. Les
heures qu’ils avaient passées dans cette forêt leur avaient paru hors du temps, comme
suspendues entre silence et mystère.

DICTÉE N°43 : Le journal de Fatou

Les pages que l’on avait arrachées à son journal intime furent retrouvées bien des années plus
tard, jaunies, froissées, mais lisibles. Les secrets qu’elle y avait confiés avec prudence n’avaient
pas été effacés par le temps ; ils avaient survécu, invisibles aux yeux du monde, mais criants
pour qui savait lire entre les lignes. Les souffrances qu’elle avait endurées dans l’ombre d’un
mariage imposé l’avaient lentement consumée. Les rêves qu’elle s’était autorisés à formuler
à la lueur d’une chandelle s’étaient évanouis à mesure que les jours passaient, semblables à
des feuilles mortes dispersées par le vent. Les décisions qu’on lui avait imposées n’avaient
jamais été discutées : on les lui avait servies comme des verdicts, gravés dans le marbre d’une
autorité implacable.

DICTÉE 44

Le quartier dormait encore, enveloppé dans la brume du matin. Quelques enfants pieds nus
couraient déjà dans les ruelles, poursuivis par des chiens efflanqués. Au loin, un marchand de
poisson poussait sa charrette en criant les prix, la voix cassée par la fatigue. Dans les maisons
de tôle et de planches, les femmes s’activaient, balayant la terre battue devant leurs portes.
Les hommes, eux, traînaient encore dans les lits, rêvant d’un travail qu’ils ne trouveraient
peut-être jamais. Pourtant, malgré la pauvreté, malgré les murs fissurés, malgré la faim, une
sorte de lumière s’échappait de ces vies entassées. Les rires des enfants, les histoires
murmurées le soir, les chansons fredonnées au bord du feu, tout cela tenait le quartier
debout. Et même si les policiers passaient, fusils au poing, cherchant les jeunes à coffrer,
même si la peur étouffait parfois les mots, les habitants ne pliaient pas.

DICTÉE N°45 : Les tambours du soir.

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Lorsque le soleil déclinait derrière les collines, les tambours avaient déjà commencé à
résonner dans tout le village. Les enfants, attirés par ce rythme ancestral qu’ils avaient
entendu depuis leur naissance, s’étaient rassemblés près de la grande place. Les vieilles
femmes, vêtues de pagnes colorés, avaient apporté les calebasses remplies de kola et
d’arachides grillées. Les anciens, dont les paroles avaient jadis réglé les querelles les plus
sanglantes, s’étaient installés à l’ombre du grand iroko. La nuit, silencieuse et lourde de
présages, enveloppait peu à peu les visages attentifs tournés vers le feu central. Et lorsque le
griot, d’une voix rauque et lente, commença à raconter les exploits des ancêtres, même les
feuilles suspendues aux branches semblaient retenir leur souffle.

DICTÉE N°46 : Les voix de la terre.

Les récoltes que les femmes avaient patiemment semées avaient été ravagées par des pluies
que personne n’avait prévues. Les chants qu’elles avaient l’habitude d’entonner au lever du
jour s’étaient tus, étouffés par la crainte et l’amertume. Les champs, autrefois verdoyants et
fertiles, n’étaient plus que des étendues asséchées, marquées par le passage des saisons
oubliées. Les hommes, accablés par les promesses non tenues et les espoirs dissipés, avaient
déserté les assemblées du soir. Même les tambours, dont les peaux tannées avaient vibré sous
mille célébrations, s’étaient tus dans les huttes abandonnées. Il ne restait que le vent, chargé
de poussière et de souvenirs, pour murmurer aux esprits les douleurs d’un peuple blessé.

Chinua Achebe

DICTÉE 47 :
Le salon était vaste, orné de papiers peints à ramages fanés, et meublé de fauteuils bas
recouverts d’indienne passée. Un grand miroir, encadré de dorures écaillées, reflétait la
lumière pâle d’un ciel d’hiver. Sur la cheminée s’alignaient quelques bibelots : une pendule
arrêtée, deux vases de porcelaine bleue, et un petit portrait aux teintes jaunies. Dans ce
silence un peu solennel, elle marchait lentement, traînant à peine sa robe sur le parquet.
Chaque pas résonnait comme un souvenir, chaque meuble semblait garder en lui quelque
chose d’éteint... Elle s’arrêta devant la fenêtre, écarta doucement les rideaux de mousseline,
et regarda dehors. La rue, déserte, semblait figée dans une attente sans but. Un vieux chien
traversait lentement la chaussée, tête basse, suivi par son ombre tremblante sur
les pavés humides.

DICTÉE N°48 : La sécheresse.

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On n’avait jamais vu une telle sécheresse. Les herbivores, ne trouvant plus rien à brouter,
s’éloignent de la brousse brûlée par le vent sec. Ils vont vers les marigots où un peu de
fraîcheur calme leurs bouches desséchées. Les bêtes fauves, privées de leurs proies faciles, se
montrent plus tourmentées et plus féroces. Les mammifères refusent le lait à leurs petits. Les
oiseaux crèvent de leurs becs les œufs qu’ils ont pondus pour en boire le contenu. Les poissons
s’entre‑dévorent. Seuls les hommes trouvent à se nourrir sans peine : ils possèdent des
champs et des greniers, des troupeaux, de la volaille, des engins de pêche et de chasse.

DICTÉE 49

L'hivernage s'en allait à regret. La nature, lavée à grande eau, paraissait rajeunie. L'air devenait
frais et suave. Le tonnerre qui grondait maintenant avait quelque chose de lointain et de
repentant. Il roulait vers l'ouest, conscient du mépris dont les hommes le couvraient à présent.
Les pluies étaient rares, espacées, mais voulaient encore imposer un prestige que les hommes
jugeaient bien compromis. D'ailleurs, en cette fin d'hivernage, elles étaient plutôt
malencontreuses. Leur persistance menaçait l'avenir des belles récoltes qui ne réclamaient
désormais qu'un soleil chaud et permanent. Le mil était haut dans le ciel et les épis
jaunissaient, couverts de poussière. Ils se balançaient dans le vent d'octobre et murmuraient
entre eux comme un peuple d'êtres animés.

Dans Maïmouna de Abdoulaye Hadji.

DICTÉE N°50 : Le marché au lever du jour.

Au petit matin, le marché s’éveillait doucement. Les femmes étalaient leurs paniers pleins de
fruits et de légumes colorés. Les enfants couraient entre les étals en riant, cherchant des
douceurs sucrées. Le vieux marchand d’arachides racontait des histoires de temps anciens,
pendant que les hommes échangeaient des nouvelles venues des villages voisins. Le soleil, à
peine levé, jetait ses premiers rayons sur les toits de chaume. Tout semblait paisible, comme
si la journée promettait d’être bénie. Petit à petit, les voix s’élevèrent, mêlées aux cris des
vendeurs et aux rires des enfants. Les odeurs de mangues mûres et de maniocs grillés
flottaient dans l’air frais du matin. La fête battait son plein lorsque le soleil atteignit son zénith.
Les danses s’enchaînaient, rythmes anciens mêlés aux chants d’aujourd’hui.

DICTÉE N°51 : La mémoire des silences


Les femmes allaient et venaient, drapées dans leurs pagnes colorés, mais leurs regards
perdaient la lumière des anciens jours. Les enfants, insouciants, jouaient sous le baobab,
ignorant les douleurs héritées. Moi, j’écoutais le vent. Il murmurait des noms oubliés, des
promesses brisées, des exils choisis. Le sol craquait sous mes pas, comme si chaque grain de
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sable voulait me parler, me juger, me rappeler ce que j’avais fui. Le vieux manguier n’avait pas
oublié. Ses racines serpentaient comme des veines, gorgées de souvenirs trop lourds pour être
portés seuls. Les tantes, assises à l’ombre, m’avaient regardé en silence, leurs lèvres serrées,
leur jugement figé dans les plis de leurs visages.

DICTÉE N°52 : La garde du troupeau. (CREM 2021)


La garde de notre troupeau était compliquée. On n’eût point découvert, à des lieues à la
ronde, un troupeau moins paisible que celui de l’école. Il suffisait qu’un cultivateur possédât
une bête vicieuse, nous étions assurés de voir cette bête rallier notre troupeau. La ladrerie
expliquait que ce cultivateur n’avait d’autre souci que de se débarrasser de sa bête. Et il s’en
débarrassait à très bas prix. L’école se précipitait sur la prétendue aubaine, Notre école
possédait ainsi la plus singulière, la plus variée, la plus complète collection de bêtes au coup
de corne soumois ou se défilant à gauche quand on les appelait à droite. Ces bêtes galopaient
follement dans la brousse, comme si un essaim d’insectes les eût constamment turlupinées.
Nous galopions après elles sur des distances invraisemblables. Elles paraissaient plus portées
à se disperser ou à se battre entre elles qu’à chercher pitance .

D’après Camara LAYE, L’enfant noir.

DICTÉE N°53 : Matin au bord de la mer


Le matin, la plage encore déserte s’étendait sous un ciel pâle et sans nuage. Les vagues calmes
venaient mourir doucement sur le sable mouillé. Des coquillages roses et nacrés étaient
déposés çà et là, comme oubliés par la mer. Un vieux pêcheur, les pieds nus dans l’eau fraîche,
tirait lentement son filet chargé de poissons argentés. Les mouettes, attirées par les reflets
brillants, planaient au-dessus des flots clairs. Au loin, les barques colorées, secouées par la
houle légère, rentraient au port. La mer, vaste et tranquille, brillait sous les premiers rayons
du soleil levant. Le pêcheur, satisfait de sa prise, l’avait soigneusement rangée dans une caisse
en bois. Ses mains ridées, durcies par les années de travail, tremblaient légèrement sous le
poids du filet mouillé. Sur la plage, les premières familles arrivaient avec des parasols colorés
et des serviettes épaisses.

DICTÉE N°54

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Dans cette pension modeste, nichée au fond d’une ruelle obscure, vivaient des êtres que la
société avait oubliés ou volontairement relégués à ses marges. Parmi eux se trouvait un
vieillard, silencieux et usé, que les autres pensionnaires avaient vite méprisé. Les marques
profondes que la souffrance avait laissées sur son visage n’étaient pas seulement celles du
temps, mais celles d’un amour déçu, d’un dévouement jamais récompensé. Il parlait peu,
mangeait à peine, mais ses yeux, quand il évoquait ses filles, s’illuminaient d’une tendresse
presque douloureuse. Les sacrifices qu’il avait faits pour elles, il les avait toujours tus,
persuadé qu’un père ne réclame rien. Et pourtant, les humiliations qu’il avait subies l’avaient
lentement brisé.

DICTÉE N°55
Il fallait que vous fussiez venus plus tôt, car lorsque les cloches eurent sonné midi, les portes
de la vieille abbaye s’étaient déjà refermées. La foule, que la rumeur d’un miracle avait attirée,
se tenait là, figée, comme si un souffle antique l’eût saisie. Parmi les fidèles, plusieurs s’étaient
avancés, espérant qu’on leur permît d’apercevoir, ne fût-ce qu’un instant, la relique sacrée
que les moines avaient dévoilée. Mais il fallait que chacun gardât le silence, que nul ne
bougeât, sous peine d’être expulsé. À l’instant où le père abbé apparut, drapé dans ses habits
de cérémonie, tous les regards se tournèrent vers lui, et pas un souffle ne troubla la nef. Il
parla d’une voix grave, qu’une longue prière avait alourdie, puis bénit la foule, qui s’était
agenouillée comme un seul homme.

DICTÉE N°56 – Le dernier mot du peuple.


Le soleil n’avait pas encore grimpé au sommet du ciel que déjà les femmes, les reins ceints de
pagnes décolorés, s’agitaient sur la place du marché, criant, marchandant, espérant. Dans
l’ombre des échoppes en tôle rouillée, les hommes, silencieux, fumaient lentement, leurs
regards fuyant les promesses politiques inscrites en lettres pâlies sur les murs défraîchis. On
leur avait tant promis. On leur avait dit qu’il suffisait de voter, d’obéir, de patienter. Mais les
saisons avaient passé, la misère s’était incrustée dans les plis des visages, et les voix s’étaient
tues peu à peu, étouffées par le poids des mensonges. Il fallait que le peuple parlât, non plus
dans les urnes, mais dans les rues, avec ses mains calleuses, ses pieds nus et sa colère
ancienne.

Sembène Ousmane

DICTÉE N°57 : Mémoire de femmes.

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Longtemps, elles avaient marché sous le poids du silence, traînant derrière elles les chaînes
invisibles de l’oubli. À chaque pas, la poussière soulevée rappelait les promesses non tenues,
les rêves sacrifiés sur l’autel du devoir. Pourtant, jamais elles ne s’étaient totalement
résignées. Il suffisait qu’un chant ancien traversât la nuit, qu’un parfum de bissap réveillât
l’enfance, pour que surgissent, intactes, les blessures et les beautés enfouies. Il importait que
leurs récits fussent écrits, que leurs noms fussent prononcés, non comme de simples échos
du passé, mais comme les piliers d’un avenir conscient. Ainsi, elles parlèrent. Et dans cette
parole libérée, il y avait plus qu’une revanche : il y avait la promesse d’un monde où l’on
n’attendrait plus qu’elles se taisent.

*DICTÉE N°58 : Entre traditions et luttes. *


*La cour, silencieuse à l’aube, bruissait peu à peu de murmures quand les femmes, drapées
dans leurs pagnes colorés, sortaient puiser l’eau au puits communal. À l’ombre du fromager
centenaire, Mamadou, le vieux forgeron que l’on croyait disparu, battait encore le fer avec
une ardeur que l’âge semblait avoir épargnée. Les enfants, à peine éveillés, s’étaient déjà
regroupés autour de la grande jarre d’argile, dont le couvercle, mal ajusté, laissait s’échapper
un filet de vapeur tiède. On aurait dit que le village tout entier retenait son souffle, comme s’il
craignait que les promesses des nouveaux maîtres, jamais tenues, ne soient une fois de plus
trahies. Si les anciens avaient été consultés, peut-être eût-on évité l’affront qui, depuis, pesait
sur toutes les mémoires. *

DICTÉE N°59
Les explications qu’ils se sont données n’ont pas suffi à apaiser les tensions. Chacun pensait
avoir raison, et les excuses qu’ils avaient formulées semblaient mécaniques, vidées de
sincérité. Ils se sont croisés sans un mot, évitant les regards, comme s’ils ne s’étaient jamais
plu. Les blessures qu’ils s’étaient infligées par orgueil ne s’étaient pas refermées, malgré le
temps écoulé. Les vérités qu’ils avaient tues trop longtemps avaient éclaté brutalement,
brisant les silences qu’ils s’étaient imposés. Les décisions qu’ils avaient prises autrefois sans
réfléchir les avaient entraînés dans un engrenage qu’ils ne maîtrisaient plus. Ils s’étaient
éloignés, convaincus que la distance suffirait à effacer les malentendus, mais les silences qu’ils
s’étaient imposés n’avaient fait que creuser le fossé.

DICTÉE N°60 : Le silence des anciens.


Dans le village, les palabres avaient repris, comme chaque soir où les anciens se sentaient
écoutés. La case du chef, récemment restaurée, abritait des débats que nul ne pouvait
interrompre. Ils avaient longuement tenté de comprendre ce que les jeunes refusaient
d’admettre. Le griot, dont la voix fatiguée semblait s’éteindre, leur rappela ce qu’ils avaient
oublié de transmettre. Les femmes, qu’on n’avait consultées jusque-là, avaient levé la voix,
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déterminées à se faire entendre. Rien ne semblait arrêter ce flot de souvenirs et de douleurs


refoulés. On leur avait souvent demandé de garder leurs traditions, sans vraiment les écouter.
Mais ce soir-là, chacun semblait prêt à changer, à réapprendre ce qu’ils avaient oublié. Les
jeunes, qu’on avait souvent accusés d’insolence, s’étaient levés en silence pour
saluer les anciens.

DICTÉE N°61 :
Les deux femmes avaient été définitivement liées, par la mort de leur époux. Elles s’étaient
accrochées l’une à l’autre par la parole qu’elles avaient recueillie ensemble. Nous avons vu les
femmes sangloter à en perdre le souffle, effondrées sur des nattes dans la chambre minuscule
qu’elles partageaient. Elles évoquaient pour nous les derniers jours de leur époux : des
sanglots de deuil ardent, sans larmes, rythmaient leurs discours. Nous regardâmes,
cependant, à constater combien la parole que nous avions reçue pieusement conservée, était
une parole de repos et une source de paix. Au moment oû la douleur paraissant la plus aiguë,
une femme moins âgée entra dans la pièce. Après les salutations d’usage, la nouvelle venue
appelée Kouwè fut informée de ce que nous étions venus chercher en ces lieux. Elle frotta le
sable du sol et récita d’une voix ferme le « Pacte primordial ». De sa main droite, elle imprimait
dans la poussière les schémas que le maître avait enseignés et qui illustraient son discours.

DICTÉE N°62 : Une maman bouleversée.


Ne voyant pas, en rentrant, son fils, Diatou s’était rendue au cinéma. La séance avait pris fin
depuis longtemps. Inquiète, extrêmement inquiète, elle s’était précipitée au collège où le
surveillant général lui avait communiqué quelques adresses d’élèves de la même classe que
Nalla. Elle avait vainement frappé à de nombreuses portes. C’était la première fois que son fils
s’attardait dehors. Totalement désemparée, elle avait pris le pari d’attendre Ndiogou qui
rentrerait certainement dans la soirée. Elle était seule, toute seule dans le salon recroquevillée
dans le canapé, les yeux rivés sur la porte, sursautant au moindre bruit, s’imaginant
douloureusement son fils dans un groupe d’enfants grossiers, mal habillés, vulgaires.
Lorsqu’après une interminable et lourde attente, elle vit le loquet bouger, elle bondit vers la
porte et se trouva nez à nez avec son fils.

DICTÉE N°63 : Le voyage inoubliable.


À l’aube, nous quittâmes notre paisible village, impatients de découvrir des horizons
nouveaux. Le car, déjà chargé de valises multicolores, nous emporta vers la côte, longeant des
collines verdoyantes où paissaient, tranquillement, quelques troupeaux épars. Au fil des
heures, la lumière se fit plus éclatante, les odeurs d’embruns se mêlèrent au parfum des pins,
et l’air, plus vif, nous annonça la proximité de la mer. Arrivés au port, nous embarquâmes sur
un vieux voilier dont la coque, patinée par le temps, avait sillonné d’innombrables mers et
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affronté des tempêtes redoutables. La traversée, bien que longue, fut ponctuée de récits
fabuleux que le capitaine, un vieil homme au regard malicieux, nous eût contés avec passion.
Lorsque, enfin, l’île apparut à l’horizon, baignée de lumière dorée, nous ressentîmes cette
étrange exaltation que seul un voyage exceptionnel peut offrir.

DICTÉE N°64
Depuis l’aube, une pluie persistante s’abattait sur le village, recouvrant chaque parcelle de
terre d’un manteau luisant et glacial. Les gouttelettes, projetées obliquement par des rafales
imprévisibles, s’infiltraient sous les toitures mal jointes et transformaient les ruelles
poussiéreuses en coulées de boue. À travers les haies détrempées, on distinguait des
silhouettes emmitouflées qui se hâtaient vers le marché, leurs sandales s’enfonçant à chaque
pas dans la glaise collante. Sur les feuillages ruisselants, le martèlement régulier de l’eau se
mêlait au frisson des branches, et un parfum humide, presque âcre, flottait dans l’air. La
rivière, gonflée par l’averse, menaçait de rompre ses berges, tandis que, dans les maisons, on
s’efforçait de ranimer les foyers éteints par l’infiltration de l’ondée.

DICTÉE N°65 : Le repas de famille.


Le repas de famille, organisé à l’occasion d’un anniversaire, rassemblait autour d’une immense
table ovale des convives venus de tous horizons. La nappe immaculée, brodée de motifs
floraux, étincelait sous la lumière des chandeliers dont les flammes vacillaient au gré d’une
légère brise. Au centre, trônaient de somptueux plats : un rôti parfumé aux herbes de
Provence, des légumes finement sautés, ainsi qu’une farandole de salades multicolores,
harmonieusement disposées dans des assiettes de porcelaine. Chacun, avec une politesse
exquise, attendait que l’hôte prononçât quelques mots de bienvenue avant de se servir. Les
enfants, dont l’impatience était à peine contenue, lorgnaient avidement les pâtisseries glacées
qui, sur un guéridon voisin, exhalaient une odeur enivrante de vanille et de chocolat.
Cependant, les adultes, plus mesurés, savouraient d’abord la subtilité des entrées, échangeant
des propos tantôt légers, tantôt profonds, dans une atmosphère à la fois conviviale et
solennelle. Lorsque fut servi le dessert, véritable chef-d’œuvre de gourmandise, chacun se
laissa aller à une admiration sincère, consciente que ce moment, partagé dans la joie et la
reconnaissance, demeurerait gravé comme un souvenir précieux de convivialité.

DICTÉE N°66 : Les caprices de l’hivernage


À l’approche de l’hivernage, l’atmosphère devient lourde, saturée d’humidité et parcourue de
souffles étouffants. Les nuages, d’abord épars et laiteux, s’amoncellent ensuite en masses
menaçantes qui obscurcissent brutalement l’horizon. Puis, dans un fracas assourdissant,
l’orage éclate : éclairs fulgurants zèbrent le ciel, tandis que la pluie, torrentielle et persistante,
s’abat sur la terre assoiffée. Les toitures en chaume se détrempent, les ruisseaux grossissent
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avec une rapidité prodigieuse et les routes, transformées en mares boueuses, deviennent de
véritables pièges pour les voyageurs imprudents. Cependant, cette saison tant redoutée
qu’attendue incarne l’équilibre fragile entre désolation et fertilité. Elle charrie son lot de
calamités mais elle apporte aussi la promesse de moissons abondantes, de pâturages
verdoyants et de greniers regorgeant de mil.

DICTÉEN°67
Ce samedi matin, la place publique, déjà envahie par une foule bruyante, résonnait des cris
des marchands vantant leurs marchandises. Les légumes fraîchement cueillis, que les
paysannes avaient soigneusement disposés sur leurs étals, attiraient aussitôt les clients les
plus exigeants. Les poissons, encore frétillants pour certains, avaient été transportés dans de
lourdes caisses que l’on avait ouvertes à grand-peine. Les enfants, émerveillés par la diversité
des couleurs et des senteurs, se pressaient autour des pyramides de fruits qu’on avait
patiemment empilés. Les clientes, quant à elles, discutaient âprement des prix qu’on leur avait
proposés, et les vendeurs, fatigués mais satisfaits, se réjouissaient des bénéfices qu’ils avaient
réalisés au terme d’âpres négociations. Ainsi animé, le marché, dont les allées étroites avaient
été balayées à l’aube, demeurait le cœur battant de la cité.

DICTÉE N°68 : Travaux dans les champs.


Les vastes champs labourés, déjà ensemencés par des mains patientes et habiles, paraissaient
transformés par les pluies tombées la veille. Les sillons, soigneusement tracés, s’étaient
remplis d’eaux limpides que les rayons du soleil, revenus après l’orage, avaient rendues
étincelantes. Les paysans, fatigués par les tâches qu’ils avaient longtemps accomplies et qu’ils
n’avaient jamais négligées, observaient avec satisfaction les semences qu’ils avaient
répandues et que les vents n’avaient pas emportées. Les femmes, chargées de lourds paniers
remplis d’herbes fraîchement coupées, marchaient d’un pas assuré vers les greniers
soigneusement préparés. Le soir venu, les enfants, qui s’étaient joyeusement ébattus dans les
herbes encore humides, regagnaient les cases en racontant, d’une voix animée, les multiples
aventures qu’ils avaient vécues et dont ils se souviendraient longtemps.

DICTÉE N°69 : Les enfants du port.


Au port, dès l’aube, les enfants se pressaient le long des quais, fascinés par les barques
colorées qui tanguaient doucement sur les vagues, tandis que les pêcheurs, leurs visages
burinés par le sel et le vent, déchargeaient les filets remplis de poissons argentés. Les cris des
mouettes, le clapotis des vagues et le froissement des voiles semblaient s’entrelacer dans une
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symphonie désordonnée, à laquelle les jeunes auditeurs prêtaient une attention émerveillée,
comme s’ils redécouvraient chaque matin la beauté du monde. Les mères, parfois assises sur
de vieilles caisses de bois, surveillaient leurs enfants d’un œil inquiet, conscientes des dangers
que représentaient les quais glissants et les cordages traînants, tandis que les anciens,
appuyés sur leurs cannes, commentaient en silence les exploits passés des pêcheurs et les
difficultés que le commerce maritime imposait à la communauté.

DICTÉE N°70
Dans l’ombre de la cour, les objets du disparu reposaient, alignés avec soin, comme s’ils
attendaient d’être interrogés par ceux qui survivaient. Les vieilles sandales, usées par tant de
marches, semblaient encore porter l’empreinte de ses pas hésitants. La natte, déployée au
centre de la pièce, rappelait les longues veillées où l’on échangeait des histoires, des
confidences et parfois des colères étouffées. Autour de ce modeste héritage, les proches,
submergés par une émotion contradictoire, cherchaient à deviner la part de vérité que chaque
objet renfermait. Car, dans ce rituel du ketala, rien n’est insignifiant : le moindre chiffon, la
moindre calebasse, même fissurée, devient un témoin précieux d’une existence désormais
achevée. Peu à peu, les voix s’élevaient, tour à tour graves, émues ou querelleuses. Les plus
jeunes, intimidés, observaient ce partage avec des yeux écarquillés, incapables de mesurer
tout le poids symbolique de ces choses apparemment banales.

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