PCSI 1 - Stanislas Devoir Surveillé N◦ 2 - 17/10/20 - durée 2H30 A.
MARTIN
MÉCANIQUE ET OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
Soignez la présentation et la rédaction, qui doit être complète et concise. Tout résultat doit être justifié, et
mis en valeur. Les résultats doivent d’abord être écrits sous forme littérale et doivent être homogènes. Les ré-
sultats numériques doivent avoir un nombre de chiffres significatifs vraisemblable. Les schémas doivent être clairs,
suffisamment grands et lisibles. Si vous n’arrivez pas à montrer un résultat, admettez-le clairement et poursuivez.
CALCULATRICES AUTORISÉES
I. Étude d’un traîneau à chiens sur la glace
Un traîneau à chiens, de masse totale m = 5, 0 × 102 kg (le pilote, ou musher, est compris dans cette
masse) et de centre de masse M , glisse sur la surface de la glace avec un coefficient de frottement solide
f = 5, 0 × 10−2 . Les chiens sont reliés au traîneau par des éléments de corde tendus, de masse négligeable
et inextensibles. On note F~ la force de traction exercée par les chiens, supposée de norme F constante,
et de direction colinéaire à l’ensemble des cordes. Une force de frottement fluide −β~v (β > 0) modélise
l’action de l’air sur l’ensemble de l’attelage. On note g = 9, 8 m.s−2 l’accélération de la pesanteur.
I.1. Trajectoire rectiligne
1. Dans un premier temps, le trajet est rectiligne horizontal. Déterminer la valeur minimale de F
permettant le démarrage du traîneau.
2. Le trajet est maintenant rectiligne en pente ascendante caractérisée par l’angle α avec l’horizontale.
Montrer alors que tout se passe comme dans le mouvement horizontal précédent, sous réserve de
remplacer le coefficient f par un coefficient f 0 , que l’on exprimera.
3. Dans la suite on revient au cas horizontal. Établir l’équation différentielle vérifiée par la norme de
la vitesse v. On introduira un temps caractéristique τ dont on donnera l’expression.
4. Résoudre cette équation et exprimer la loi v(t). Montrer que la vitesse tend vers une vitesse limite
v` dont on donnera l’expression en fonction des constantes du problème.
5. Cette vitesse limite est évaluée à v` = 3, 0 m.s−1 . Elle est atteinte à 5% près par le traîneau en une
durée t1 = 5, 0 s. En déduire la valeur de β, puis celle de la force F .
I.2. Mouvement circulaire uniforme
Le traîneau aborde une courbe à plat qu’on assimilera à
un cercle horizontal de centre O et de rayon R (cf. Fig. 1).
Les chiens (modélisés ici en un seul point C) doivent
donc tirer vers l’intérieur du cercle, la corde faisant un
angle ϕ avec la vitesse du centre d’inertie du traîneau. On
suppose le mouvement uniforme de vitesse v0 en norme.
6. Exprimer l’accélération en fonction des données
dans la base cylindrique. En déduire trois relations
scalaires par projection du théorème de la résul-
tante cinétique dans cette base, après avoir repré-
senté les forces extérieures subies par le traîneau.
7. En déduire les expressions de tan ϕ et de la norme
F de la traction, en fonction de la vitesse v0 et des
paramètres physiques du problème (f , g, β, m et
R).
Figure 1 – Trajectoire circulaire du traîneau.
1
PCSI 1 - Stanislas Devoir Surveillé N◦ 2 - 17/10/20 - durée 2H30 A. MARTIN
8. Le graphe ci-dessous représente les variations de F en fonction de v0 calculées en 7., pour différentes
valeurs du rayon de courbure.
a) Expliquer comment s’ordonnent les 4 courbes.
b) L’effet de la courbure de la trajectoire est-il perceptible pour un rayon de courbure de 30 m ?
Justifier.
c) On se place sur la courbe R = 10 m. À quelle vitesse v0 les chiens peuvent-ils entraîner le
traîneau s’ils engendrent une traction d’environ 1100 N ? Commenter.
Que vaut alors l’angle ϕ en degrés ?
Figure 2 – Force de traction en fonction de la vitesse v0 , pour différentes valeur de rayons de courbure :
R = 10 m, 20 m, 30 m et 40 m.
2
PCSI 1 - Stanislas Devoir Surveillé N◦ 2 - 17/10/20 - durée 2H30 A. MARTIN
II. Lunette astronomique à capteur numérique
On s’intéresse à la lunette d’un astronome amateur adepte de l’imagerie numérique et désirant photo-
graphier Jupiter lors d’une période favorable à son observation. On modélisera simplement les éléments
optiques de son instrument d’observation.
Conditions d’observation
1. Pour un observateur terrestre, Jupiter est vue sous un angle α qui varie suivant la distance Terre-
Jupiter. Les orbites de la Terre et de Jupiter sont assimilées à des cercles dans un même plan, ayant
pour centre le Soleil, de rayons respectifs RT = 150 × 106 km et RJ = 780 × 106 km et décrits dans
le même sens. Jupiter est modélisée par une sphère de diamètre dJ = 140 × 103 km.
a) Calculer, en secondes d’arc, sous quel angle
maximal α0 on voit Jupiter depuis la Terre.
On n’hésitera pas à faire les approxima-
tions usuelles pour les petits angles.
b) Cette situation, la plus favorable à l’obser-
vation, porte le nom d’opposition de Jupi-
Figure 3 – Diamètre apparent de Jupiter.
ter. Proposer une explication pour ce nom.
2. On admet que chacune des orbites est décrite à vitesse constante (pas la même pour la Terre et
Jupiter) et que les périodes de révolution (temps pour décrire une orbite) TT et TJ vérifient la
troisième loi de Kepler : TT2 = KRT3 et TJ2 = KRJ3 où K est une constante identique pour les deux
planètes. On donne TT = 365, 25 jours. Calculer TJ et le temps qui s’écoule entre deux oppositions
de Jupiter.
À cause des imperfections du modèle, la valeur de α0 n’est pas exactement celle trouvée au 1., mais
α0 = 5000 (360000 = 1◦ ). On adoptera cette valeur dans toute la suite du problème.
Relations de Descartes
3. On considère une lentille mince divergente de distance focale f 0 et de centre O, et un objet réel
−−→
AB transverse situé en avant du foyer image.
Rappeler ce que sont les conditions de Gauss, que l’on considérera satisfaites. Quel en est l’intérêt ?
−−→ −−→
Faire le schéma correspondant, puis construire l’image A0 B 0 de AB à l’aide de 3 rayons remarquables
distincts, en justifiant la construction.
4. À partir de la construction précédente, établir la relation de conjugaison de Descartes, c’est-à-dire
avec origine au centre O de la lentille, ainsi que celle du grandissement.
Lunette à une seule lentille
L’astronome amateur désire photographier la planète Jupiter vue depuis la Terre à l’opposition. Il utilise
une lunette astronomique (voir Fig. 4 à gauche) dont l’objectif est assimilé à une lentille mince convergente
L1 de diamètre d1 = 235 mm et de distance focale f10 = 2350 mm, monté sur un tube T1 . Une caméra
CCD est fixée sur un tube T2 appelé « porte oculaire ». La mise au point est faite en faisant coulisser
T2 . Dans toute la suite, on se placera dans les conditions de Gauss.
(T2 ) (T2 )
capteur
capteur
(L1 ) (L1 ) (L2 )
O1 O1 O2
(T1 ) (T1 )
Figure 4 – Lunette amateur à capteur numérique : montage avec objectif seul (gauche), ou avec oculaire
divergent (droite).
3
PCSI 1 - Stanislas Devoir Surveillé N◦ 2 - 17/10/20 - durée 2H30 A. MARTIN
Le fabricant de la caméra donne les caractéristiques techniques suivantes pour le capteur : modèle
ICX618, type CCD, noir et blanc, rectangulaire de diagonale dc = 4, 48 mm, surface Sc = 9, 63 mm2 ,
comptant N = 307200 pixels de forme carrée.
5. Calculer la largeur `c et la hauteur hc du capteur, ainsi que la largeur εc d’un pixel.
6. Expliquer pourquoi il est très raisonnable de considérer que Jupiter est située à l’infini, ce qu’on
supposera pour toute la suite.
7. À quelle distance de L1 faut-il placer le capteur pour y obtenir une image nette de Jupiter ? Quelle
est alors la largeur, exprimée en nombre de pixels, de l’image de Jupiter sur le capteur ?
8. Pour estimer la précision avec laquelle on doit faire la mise au point, on suppose que l’ensemble
(T2 -capteur) se trouve à une distance ε0 de la position assurant une image parfaitement nette.
En raisonnant sur les rayons issus du point de Jupiter situé sur l’axe optique de L1 , montrer par un
schéma que l’image de ce point sur le capteur n’est plus ponctuelle et forme une tache de largeur
εt . On distinguera les deux sens possibles de décalage du porte oculaire.
Exprimer εt en fonction de ε0 et des données utiles.
9. En déduire la valeur maximale de ε0 telle qu’il n’y ait pas d’incidence sur la netteté de l’image
formée sur le capteur (tolérance sur la mise au point). Commenter.
Lunette à objectif et lentille de Barlow
Pour obtenir une image plus grande de la planète, on intercale une lentille de Barlow, modélisée ici par
une lentille mince (L2 ) divergente, de distance focale f20 , placée à la distance D2c = 200 mm du capteur
(Fig. 4 à droite). La mise au point se fait en translatant l’ensemble (L2 -capteur), fixé sur le tube porte
oculaire. On notera D12 la distance entre (L1 ) et (L2 ).
10. Montrer que F10 doit nécessairement être situé entre (L2 ) et le capteur.
11. Comment faut-il choisir f20 et à quelle valeur doit-on régler D12 pour que le dispositif produise sur
le capteur de la caméra une image de Jupiter trois fois plus large que précédemment ?
12. Le dispositif de Barlow est alors qualifié de « tripleur de focale ». Proposer une justification à ce
terme.
* * * Fin de l’épreuve * * *