0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
12 vues82 pages

Amélioration Chapitre 6 UV Thermique A Interpreter

Transféré par

Mohamed aidara
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
12 vues82 pages

Amélioration Chapitre 6 UV Thermique A Interpreter

Transféré par

Mohamed aidara
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

IMPACT DES TYPES DE VIEILLISSEMENT SUR LES PROPRIÉTÉS

MÉCANIQUES DES ECF FORMULÉS AVEC DU GBR

1. Introduction

Conformément à la politique de gestion d’une route, le manque d’entretien est un risque


d’évolution des dégradations qui, si elles dépassent certains seuils, obligent à recourir à des
techniques de réhabilitation coûteuses pour redonner à la chaussée ses propriétés initiales
(LCPC, 1994). Plusieurs techniques d’entretien sont utilisées de nos jours, et parmi elles les
enrobés coulés à froid (ECF) qui sont en pleine expansion. Bien que la technique des ECF
joue un rôle important en entretien routier, plusieurs questions se posent sur ses performances
tout au long de sa durée de vie (SFERB, 2006).
La réutilisation des GBR dans les techniques routières a connu un développement important
suites aux actions techniques mises en œuvre dans le domaine de la construction routière en
réponse aux politiques environnementales du développement durable (MEEDDAT, 2009).
Le recyclage est aujourd’hui une réponse logique permettant de réduire la consommation de
granulat et de liant bitumineux, matières premières naturelles non renouvelables.

Cependant, bien que le recyclage des GBR dans les ECF soit une solution très favorable au
respect des exigences du management du développement durable, des questions subsistent
dans l’impact de ces GBR sur les performances mécaniques et chimiques de l’ECF. En effet,
le liant des GBR très vieilli se mélange-t-il au liant neuf de l’ECF ? Si oui comment ce
vieillissement impacte il les performances de l’ECF? Dans le cas où les deux liants ne se
mélangent pas, les propriétés d’adhésivité entre les GBR et l’émulsion de bitume neuf
doivent être étudiées.

L’objectif de ce chapitre est dans un premier temps d’évaluer les performances du liant d’un
ECF formulé avec des GBR à différents stades de mûrissement/vieillissement,
comparativement à celles du liant d’un ECF classique de référence. A travers cette étude,
nous avons pu dans un premier temps établir une méthodologie de vieillissement thermique
accéléré en laboratoire sur ECF, ensuite évaluer les caractéristiques du liant vieilli à travers
des essais mécaniques, physico-chimiques et rhéologiques. La spectroscopie infrarouge a été
utilisée pour mesurer le degré d’oxydation des liants. La seconde partie de l’étude a consisté
à réutiliser des GBR dans l’ECF à des proportions allant de 20 à 100%, et ensuite à comparer
ses performances avec celles de l’ECF de référence réalisé premièrement.
Le deuxième objectif est de comparer l’influence des vieillissements thermique et
photochimique en évaluant les performances du liant résiduel au niveau de l’émulsion seule
et au niveau du liant de l’ECF issus des différents stades de mûrissement/vieillissement. A
travers ce travail, nous avons proposé dans un premier temps une méthodologie de
vieillissement accélérée en laboratoire sur émulsion et ECF en se basant sur la littérature, des
études antérieures et nos moyens de laboratoire. La seconde partie de l’étude a été centralisée
sur la réutilisation des granulats recyclés dans l’ECF (proportion de recyclage : 50% en
masse) avec l’analyse des liants après vieillissement soit globalement soit sélectivement en
adaptant une procédure d’extraction progressive.

Enfin, ce chapitre a pour objectif de compléter les études par une approche rhéologique plus
complète et d’étudier l’impact du vieillissement thermique et photochimique sur les
propriétés empiriques et thermo-rhéologiques des ECF formulés avec des granulats vierges et
des GBR. Une comparaison avec des liants extraits des carottes d’ECF prélevées sur
chantier, après 10 années de service, permettra de positionner le vieillissement simulé en
laboratoire par rapport à celui in situ et à faciliter l’analyse sur les différents liants (bitume
d’émulsion et liant extrait de granulats d’enrobés recyclés à différentes étapes de
vieillissement).

2. Phénomène de vieillissement d’un enrobé bitumineux


2.1. Notion de vieillissement

La durabilité et les performances des chaussées dépendent de différents facteurs dont


principalement les matériaux choisis. Selon leur nature, leurs propriétés ne sont pas
constantes, mais peuvent évoluer dans le temps, à cause de sollicitations climatiques
(thermiques et photochimiques), mais aussi mécaniques dues au trafic.

Ce phénomène d’évolution est appelée vieillissement. En effet, les liants bitumineux,


constituants de la structure des chaussées, vont évoluer comme toutes autres substances
organiques. Les bitumes sont soumis à des changements dus aux conditions
environnementales durant leurs différentes phases d’utilisation (Rebufa C, 2002)

Rebufa C, Kister J, Julliard M, Lamontagne J. Etude comparative du vieillissement des


bitumes routiers : impacts photochimique et thermique. In Palais des congrès de Juan - les -
Pins; 2002. Disponible sur: http://webs.unice.fr/cdiec/congres/sfc_paca/resumes/rebufa.pdf

Ces phénomènes de vieillissement vont entraîner des modifications irréversibles des


caractéristiques mécaniques et rhéologiques des bitumes, ce qui engendrera l’évolution de la
structure de la chaussée.

Pour prédire l’évolution des propriétés physico-chimiques des liants bitumineux, il est
essentiel de distinguer plusieurs types d’évolution allant du jeune âge (phase de fabrication et
mise en œuvre) et celui à long terme (lors de vie en service de la route)

Afin de cerner la problématique de cette partie, l’étude bibliographique du vieillissement est


consacrée sur l’évolution des ECF dans le temps.

Classiquement pour les matériaux bitumineux, seul le vieillissement thermique est étudié. Le
vieillissement photochimique ne concerne que les couches supérieures exposées aux UV.

Cependant, pour un ECF (couche mince de surface), la lumière de jour (dont les longueurs
d’ondes sur terre sont supérieures à 295 nm) figure, avec la température et l’oxygène
atmosphérique, parmi les principaux facteurs agissant sur la vitesse d’évolution du liant en
accélérant l’oxydation (Mastrofini D, 200). L'action de l'eau de pluie et des produits dissous
de la pollution atmosphérique, l'attaque des micro-organismes et l’épaisseur du film
bitumineux et la nature des granulats (RGRA. 2001)., constituent aussi des facteurs
influençant le vieillissement du bitume.

Mastrofini D, Scarsella M. The application of rheology to the evaluation of bitumen ageing.


Fuel 2000;79:1005–15.

Union des syndicats de l’Industrie routière française (USIRF).Section SFERB, editor.


USIRF,. Les enrobés bitumineux Tome I. RGRA. 2001.

2.1.1. Evolution dans le temps

I. Vieillissement thermique

Actuellement seul le vieillissement thermique est simulé en laboratoire à l’échelle du liant


bitumineux. L’essai PAV (Pressure Ageing Vessel) (Durrieu et al., 2007) permet ainsi de
simuler l’action de ce vieillissement à long terme c’est-à-dire celui subi dans les 5à 10 ans
après la mise en service. Dès lors il englobe différents facteurs comme la nature du bitume,
les conditions climatiques, la pollution (due à l’ozone créée par le trafic routier et les
industries) (Rebufa et al., 2002)

mais en jouant uniquement sur la pression et la température (Pinckaers, 2009).

10. Pinckaers D. L’émulsion de bitume [Internet]. Disponible sur:


http://www.gramme.be/unite9/pmwiki/uploads/PrGC0910/Emulsion_du_bitume.pdf, 2009

. Rebufa C, Kister J, Julliard M, Lamontagne J. Etude comparative du vieillissement


des bitumes routiers : impacts photochimique et thermique. In Palais des congrès de Juan -
les - Pins; 2002. Disponible sur:
http://webs.unice.fr/cdiec/congres/sfc_paca/resumes/rebufa.pdf
Durrieu F, Farcas F, Mouillet V. The influence of UV aging of a Styrene/Nutadiene/styrene
modified bitumen: Comparison between laboratory and on site aging. Fuel. août
2007;86:1446

II. Photo-vieillissement artificiel

Pour simuler le vieillissement photochimique naturel à l’échelle du laboratoire, un photo-


vieillissement artificiel accéléré, permettant d’augmenter la vitesse du vieillissement tout en
gardant le même mécanisme réactionnel, peut être effectué (Fayolle, 2005).

La simulation du photo-vieillissement artificiel consiste à exposer un matériau, dans un


dispositif de vieillissement en laboratoire (enceinte UV), à des conditions (principalement la
température et l’humidité) qui peuvent varier (cycliques et amplifiées) par rapport à celles
rencontrées lors d’une exposition en extérieur (Fayolle, 2005).

L’apport d’une grande quantité d’énergie hν cause l’oxydation violente du matériau. Ceci
accélère les phénomènes d’oxydation et de polymérisation.

Les travaux de Mouillet et al. (2007), montrent que l’exposition aux rayons UV, d’un liant
bitumineux de 10 µm d’épaisseur à une température de 60°C, engendre une oxydation plus
violente que le vieillissement thermique seul (à la même température) (Durrieu , 2007)

FAYOLLE B, VERDU J. Vieillissement physique des matériaux polymères. Ed. Techniques


Ingénieur; 2005.

Durrieu F, Farcas F, Mouillet V. The influence of UV aging of a


styrene/butadiene/styrene modified bitumen: comparison between laboratory and on site
aging. Fuel 2007;86:1446–51.
2.2.2. Mécanisme du vieillissement d’un liant bitumineux

Le processus du vieillissement (photochimique ou thermique) consiste en une absorption


d’un photon. Cette absorption va transformer l’espèce absorbante dans l’état A à l’état excité
[A]* (un niveau électronique d’énergie plus élevée). Cette transformation va donc conférer à
la molécule une réactivité qu’elle n’a pas à l’état fondamental ( Ramond, 1990)

Dans le cas d’une matière bitumineuse, l’oxydation se traduit par une rupture des chaines de
carbone qui la constituent, afin de créer des groupements carbonyles C=O ou bien des
groupements sulfoxydes S=O. Lors de ce processus, on constate un approvisionnement en
éléments cycliques (aromatiques) et une augmentation de la teneur en résine puis en
asphaltènes (molécules les plus lourdes du bitume). Les mécanismes de formation de ces
groupements sont détaillés sur les Figure 1 et 7. ( Ramond, 1990)

Ramond G, Such C. BITUMES ET ENROBES BITUMINEUX-BITUMES ET


BITUMES MODIFIES-RELATIONS STRUCTURES, PROPRIETES, COMPOSITION.
Bull Liaison Lab Ponts Chaussées 1990.

Figure 1: Mécanismes de formation des sulfoxydes ( Ramond, 1990)


Figure 2: Mécanismes radicalaires de formation des carbonyles (Ramond, 1990)

Cette brève étude bibliographique met en évidence le mécanisme d’évolution de la chaussée


dans le temps. A cause de sa nature organique, le bitume d’un ECF est évolutif tout au long
de son cycle de vie. Cette évolution peut conditionner la durabilité du matériau.

Initiée par une approche thermique (simulation du vieillissement thermique), cette étude
consiste également à simuler le phénomène de vieillissement UV comparativement au
thermique en utilisant une procédure qui combine les étapes de stabilisation et de
vieillissement d’un liant bitumineux. Parallèlement à l’évolution de l’ECF classique, nous
envisageons simuler l’évolution de l’émulsion de bitume utilisée. Nous allons également
incorporer GBR dans la formulation d’un ECF. Cette étape nous permettra de comparer
l’effet de recyclage sur les propriétés des ECF. Un ensemble d’essais de caractérisation
permettra en suite de conclure quant aux performances du liant de l’ECF classique et de
l’ECF avec GBR.
2. Étude de l’évaluation des caractéristiques du liant hydrocarboné à différents stades
de murissement / vieillissement
Cette étude a été réalisée suivant les deux axes principaux. Tout d’abord, nous avons
caractérisé l’évolution dans le temps d’un ECF classique avec granulats vierges qui a servi de
référence. A travers cette partie, nous avons pu mettre en place une méthode de
mûrissement/vieillissement des ECF en laboratoire, méthode qui n’existe pas actuellement, à
notre connaissance.
La seconde partie de l’étude concerne l’incorporation des GBR dans les ECF, sur des
proportions variant de 20 à 100%; après adaptation de la formulation d’ECF, nous appliquons
la méthode de vieillissement (établie dans la première partie) pour comparer ses
performances et celle des liants récupérés avec celles de l’ECF classique de référence.

Les matériaux utilisés dans ce chapitre ont été fourni par l’entreprise PROBINORD. Il s’agit
de matériaux contrôlés, avec fiche technique à l’appui, ce qui nous permet d’avoir toutes les
informations concernant leur origine et composition. Les matériaux sont classiques et
identiques à ceux utilisés sur chantier (décrits dans le chapitre 3). Les matériaux utilisés sont
(Figure 6.1):
Figure 6. 1 : Récapitulatif des matériaux utilisés

2.2. Formules étudiées


Les formules de l’ECF de référence et de l’ECF avec GBR ont été calées sur la base de la
nature de ces matériaux. Afin de maîtriser au mieux nos paramètres de formulation, nous
avons choisi d’utiliser des granulats vierges secs, que nous avons pré-mouillés pour les
ramener à l’état d’humidité initiale 4.2% (état hydrique envisagé sur chantier). Il est à noter
que, la teneur en eau du granulat humide varie de façon considérable pendant le stockage au
laboratoire compte tenu des variations de température, et cela joue énormément sur la
formulation. Les caractéristiques des formules utilisées sont rassemblées dans l’annexe 1.

2.3. Matériels et méthodologies retenues


Pour la validation de la formulation, nous avons réalisé des essais d’abrasion et de cassure
(HCT). Ces essais empiriques sont très pertinents car ils permettent d’évaluer certaines
propriétés de l’ECF, indispensables pour assurer ses fonctions, comme la vitesse de montée
en cohésion qui influe le délai de réouverture sous trafic.
Pour la caractérisation des liants, il faut tout d’abord récupérer le liant présent dans l’ECF
(séparation de la partie granulaire et organique). Nous avons utilisé l’asphalt-analysateur
pour l’extraction du liant et l’évaporateur rotatif pour la récupération selon les normes
respectives : NF EN12697-1 (01-08-2012) et NF EN 12697-3 (17-08-2013). Le liant
récupéré est ensuite caractérisé par les essais suivants (Figure 6.2):

 caractérisations conventionnelles : les essais de température bille-anneau et de


pénétrabilité, sont deux essais incontournables pour une étude sur liants bitumineux. Ils
évaluent la consistance du bitume, paramètre très illustratif du vieillissement car un
bitume vieilli devient plus dur donc consistant. Ces essais sont réalisés comme définis
en III.1.3.1. du chapitre 1, selon les normes en vigueur ;
 caractérisation rhéologiques : cet essai permet de déterminer le module complexe,
l’angle de phase, et le domaine de comportement viscoélastique linéaire. Nous avons
utilisé un rhéomètre KINEXUS (MALVERN INSTRUMENT), permettant de travailler
sur une large gamme de température et de fréquence. La norme en vigueur pour les
liants bitumineux est la NF EN 14770 (2006) ;
 caractérisation par spectroscopie infrarouge : cet essai physico-chimique permet
d’apprécier le degré d’oxydation du liant de l’ECF après vieillissement, par analyse des
bandes carbonyles CO présentes ou non dans le liant. La spectroscopie nous permet
également de valider la méthode de vieillissement accéléré adoptée (RILEM + LCPC)
décrite ci-après.
Figure 6. 2 : Récapitulatif des matériels utilisés

2.3.1. Méthode adaptée de vieillissement accéléré en laboratoire

Pour simuler le vieillissement accéléré de l’ECF en laboratoire, il a été convenu de combiner


la méthode RILEM en modifiant la phase préalable (simulation de la stabilisation de l’ECF)
et la «méthode LCPC». La méthode RILEM est une référence en ce qui est du vieillissement
accéléré à long terme sur enrobés à chaud (C. DE LA ROCHE et al. 2013) (Nathalie P. et al.
2014). Elle consiste à stocker l’enrobé foisonné après sortie du malaxeur en laboratoire, dans
une étuve ventilée, afin de simuler le vieillissement à court terme (transport sur chantier
après fabrication et mise en œuvre) et le vieillissement à long terme (sur chaussée). Pour
cela, les échantillons sont stockés à l’étuve pendant 4 heures à 135°C pour le vieillissement à
court terme, et 9 jours à 85°C pour le vieillissement à long terme. C’est une méthode de plus
en plus utilisée par les industriels.
La méthode dite LCPC est appliquée sur les enduits superficiels qui sont très proches des
ECF.
En pratique, le liant stabilisé est obtenu par étuvage à 50°C (étuve ventilée) pendant 15 jours
d’un film mince de 1 mm pour les liants fluxés et d’une épaisseur correspondant à 1 mm de
liant résiduel pour les émulsions. Le liant vieilli est obtenu également par un étuvage dont la
durée est portée à 21 jours, la température à 70°C et l’épaisseur à 3 mm. Les essais sont
réalisés conformément aux normes AFNOR (Jean Claude V et al. 1987).
En plus, ces deux méthodes (RILEM et LCPC) sont applicables sur le matériau contrairement
aux autres méthodes qui s’appliquent sur le liant (bitume ou émulsion de bitume). Avant le
vieillissement du matériau, il sera tout d’abord réalisé une première étape qui va consister à
le stabiliser. La stabilisation a pour but d’évacuer toute l’eau et les fractions volatiles
contenue dans le matériau.

Pour cela, nous allons utiliser la méthode décrite dans la norme NF EN 14895 (01-11-2003),
applicable sur le liant (bitume ou émulsion), et qui consiste à mettre l’enrobé en étuve
ventilée à 85 °C pendant 24 heures. La «méthode LCPC», décrite en 1987, effectue une
stabilisation à 50 °C pendant 14 jours.
En matière de vieillissement, la procédure RILEM propose un vieillissement de 9 jours à 85
°C en étuve ventilée et la «méthode LCPC» de 21 jours à 70 °C.

Nous avons donc défini le protocole d’ensemble suivant pour le vieillissement thermique. Il
va consister à mettre les échantillons à l’étuve à 50°C pendant 24 heures pour simuler la
stabilisation de l’ECF (évacuation d’eau, disparition des fractions volatiles et de ses fluxants,
etc.), et ensuite à augmenter la température à 85°C toujours en étuve ventilée pendant une
durée allant de 1 jour à 14 jours, voire 21 jours pour simuler le mûrissement et le
vieillissement. Il est à noter que la stabilisation sera suivie par une mesure de la perte de
masse (des échantillons d’ECF après chaque jour de vieillissement) et que l’ECF ne pourra
pas être re-malaxé lors de sa phase de mûrissement/vieillissement, contrairement à la
procédure RILEM.

Parallèlement au vieillissement thermique à l’étuve, le protocole de vieillissement


photochimique été effectué. La température de vieillissement a été déterminée en se basant
sur des publications antérieures (Durrieu et al., 2007, Mouillet et al., 2014). La procédure
comporte principalement deux étapes dont une de stabilisation (émulsion/ECF avec et sans
GBR) qui consiste à mettre les échantillons dans une étuve pendant 24 heures à 50°C dans le
but d’évacuer l’eau et les fractions volatiles. (Même suivi de masse que le vieillissement
thermique)
La seconde étape est un vieillissement accéléré en laboratoire afin de simuler le
vieillissement photochimique UV, les échantillons, issus de la première étape, ont été placés
respectivement dans une étuve ventilée et une enceinte équipée des lampes UV, à une
température de 44°C, pendant une durée allant de 1 à 21 jours.
Afin de comparer les deux types de vieillissements, le vieillissement thermique a été effectué
simultanément au vieillissement UV à la même température.

3. Procédure expérimentale de l’étude


L’étude a été réalisée en deux partie successives, tout d’abord sur l’ECF de référence puis sur
l’ECF avec recyclé. Ces programmes détaillent bien la nature, l’objectif et le principe de
chaque essai. Les plans expérimentaux sont présentés selon les schémas suivants :

 ECF de référence (Figure 6.3) : dans un premier temps 4 échantillons d’ECF ont été
fabriqués avec granulats vierges (1,5 cm d’épaisseur), et 4 échantillons d’émulsion seule
de 3 mm d’épaisseur. Après validation de la formule par des essais d’abrasion, de
cohésion Benedict, et de cassure (HCT), chaque échantillon est mis à l’étuve à 50°C
pendant 24 heures pour la phase de stabilisation, suivie par pesées. Ensuite, s’en suit la
phase de vieillissement en laissant ces mêmes échantillons dans l’étuve, mais cette fois ci
à une température de 85°C à une durée allant de 1 à 14 jours selon notre méthode calée
(RILEM + LCPC). Pour chaque stade de mûrissement/vieillissement donné (1er, 5ème,
9ème et 14ème jour), le liant vieilli est extrait et récupéré à l’aide de l’asphaltanalysateur
et de l’évaporateur rotatif, pour réaliser les essais de caractérisation retenus à savoir :
TBA, pénétrabilité, rhéologie (module complexe et angle de phase avec le rhéomètre
KINEXUS), et spectroscopie infrarouge ;
Figure 6. 3 : Plan d’essais de l’ECF de référence

 ECF avec recyclés (Figure 6.4) : nous avons tout d’abord caractérisé les GBR (analyse
granulométrique, teneur en liant, identification du liant de des GBR). Ensuite, nous avons
incorporé dans l’ECF des proportions des GBR allant de 20 à 100%. Après validation des
formulations, nous avons réalisé 4 échantillons, et suivi le même protocole de
caractérisation que pour ECF avec granulats vierges, et enfin comparé les deux résultats.
Figure 6. 4 - Plan d’essais ECF avec GBR

4. Caractérisation des matériaux de formulation en vue de l’étude du


vieillissement thermique
4.1. Analyse granulométrique
Nous avons comparé la granulométrie des matériaux 0/6 Vignats neufs et des GBR non
désenrobés (Figure 6.5).

Figure 6. 5 - Granulats vierges 0/6 continus- GBR 0/6 continus

Les résultats des essais de granulométrie effectués sur les granulats vierges et les GBR (Cf
chapitre 3) ont confirmé que les deux matériaux sont bien de granularité 0/6 mm. Il a été
constaté un écart entre les deux granulométries (granulats vierges et GBR) montrant une plus
grande finesse du granulat vierge 0/6 mm. La granulométrie des GBR est réalisée sur
granulats enrobés contrairement aux granulats vierges, (cela sous-entend que le bitume
d’enrobage déjà vieilli ne se mélange pas après la fabrication de l’ECF), le liant bitumineux
reste collé aux granulats et empêchent la libération des fines. Les GBR contiennent ainsi très
peu de fines (les tamis < 1 mm), ce qui peut jouer considérablement sur les performances de
l’ECF, (les fines combinées au bitume jouent le rôle de mastic et favorise la consolidation
des grains entre eux). Il sera donc nécessaire, lors de l’ajout des GBR dans les ECF, d’ajouter
des fines pour corriger la courbe granulométrique, de sorte à ce qu’elle se rapproche le plus
possible de celle des granulats vierges.
3.1. Caractérisation du liant d’apport et du bitume d’enrobage des GBR
3.1.1. Essais conventionnels
Le liant d’apport pour l’ECF avec recyclé est une émulsion faite à base de bitume pur, de
grade 70/100 identique à l’émulsion utilisée pour l’ECF de référence, afin d’avoir une bonne
concordance entre les procédés. Les résultats des essais de température bille-anneau et de
pénétrabilité sont présentés sur le graphique ci-dessous (Figure 6.7). Ils montrent un bitume
pur très mou, de grade 70/100 conformément aux valeurs de la fiche technique donnée par le
fournisseur, tandis que le bitume vieilli des GBR est très dur, de classe 10/20. Ce résultat est
classique pour un liant des GBR, cependant il ne nous permet pas de connaitre l’âge du
bitume vieilli.

80
TBA
70
Péné
60
Température
(°C) / Pénétrabili- 50

(1/10 mm) - 25 °C 40

30

20

10

0
Bitume pur Bitume AE
Jours

Figure 6. 6 - Résultats des essais TBA et pénétrabilité pour le bitume pur et le bitume des GBR
3.1.2. Essai de spectroscopie infrarouge
L’analyse du bitume pur et du bitume des GBR en spectroscopie infrarouge, conduisent aux
spectres suivants (Figure 6.8) :

Figure 6. 7 - Spectres du bitume pur et du bitume GBR

Les pics carbonyle (CO) et sulfoxyde (SO) qui sont représentés sur le graphique à 1700 et
1045 cm-1, sont les pics de référence qui traduisent bien le vieillissement d’un liant
bitumineux. Plus le pic est important et plus le liant est vieux. En réalisant un zoom sur les
pics CO et SO, nous pouvons observer le graphique suivant (Figure 6.9) :
Figure 6. 8 - Spectres du bitume pur et du bitume GBR après zoom

Nous pouvons constater que le pic CO est quasiment inexistant sur le spectre du bitume pur,
et est assez important sur le spectre du bitume GBR. Cependant, Nous remarquons un petit
pic SO sur le spectre du bitume pur, et ce pic est très important sur le bitume GBR. Il peut
arriver qu’un spectre de bitume pur présente un pic de SO dû au processus de fabrication du
bitume. C’est pourquoi il est plus pertinent de se référer plus précisément au pic CO. Nous
pouvons également effectuer une comparaison des deux spectres en calculant les indices
d’oxydation pour chaque bitume de la façon suivante :

a
I = ∗100 avec :
A
I =indice d ' oxydation ;
a=aire du pic CO ( voir figure 6.10 ) ;
A=aire des pics de référence(voir figure 6.11);

L’aire d’un pic est calculée en traçant une droite passant par les deux bornes minimales du
pic, définies par les deux vallées se trouvant de part et d’autre du pic. Ces indices se calculent
à partir de spectres en absorbance «A» et non en transmission «T» (A = -logT). Cette
méthode intitulée «vallée à vallée» a été développée au sein de l’IRC, lors d’un projet
industriel. Les figures suivantes, illustrent bien la détermination des aires (Figure 6.10et
6.11):

Figure 6. 9. - Détermination de l'aire du pic d'oxydation CO


Figure 6. 10. - Détermination de l'aire des pics de référence
Après calcul, nous obtenons les résultats suivants :

Tableau 6. 1 - Indices d'oxydation du bitume pur et du bitume des GBR


Aire du pic Aire des pics Indice
CO de référence d'oxydation
Bitume pur 0,00 3,54 0,04
Bitume
0,15 4,29 3,54
GBR

Nous constatons sur le tableau que l’indice d’oxydation du bitume pur est très faible (0,04)
contrairement à celui du bitume des GBR qui très élevé (3,54). Cela confirme que le liant du
bitume des GBR est très vieux. Ces résultats sont importants pour la suite de l’étude car ils
constituent les deux références sur nos matériaux avant processus de vieillissement.

3.1.3. Essais rhéologiques


La caractérisation du comportement mécanique a consisté à déterminer le module de
cisaillement complexe et l’angle de phase qui sont deux grandeurs qui traduisent bien le
comportement des matériaux viscoélastique comme le bitume. Le Rhéomètre KINEXUS
utilisé pour nos essais, nous a permis de déterminer ces deux grandeurs pour le bitume pur et
le bitume des GBR. Nous avons utilisé deux types de plans dont un PP8 (module plan de
diamètre 8 mm) et un PP25 (module plan de diamètre 25 mm) sur lesquels les échantillons
sont placés avant d’appliquer une contrainte de cisaillement de 200 Pa, en faisant varier la
fréquence de 0 à 10 Hz à une température fixe. Plus la température est faible, plus la
fréquence est élevée et vice versa. Nous avons utilisé un gap (espacement entre le module
plan sur lequel est placé l’échantillon et le module du rhéomètre qui permet d’appliquer la
contrainte) de 1 mm pour le PP25 et 2 mm pour le PP8. Ce gap correspond du même coup à
l’épaisseur de l’échantillon de bitume à placer sur le module. Pour le PP8 nous avons utilisé
des températures faibles allant de - 10 à 30 °C contre des températures élevées pour le PP25
allant de 30 à 60°C.

3.1.3.1 Détermination de la zone de linéarité


La contrainte de cisaillement appliquée sur les échantillons (200 Pa) a été choisie après avoir
déterminer la zone de linéarité du bitume pur et du bitume de GBR (Figure 6.12 et 6.13).
Pour trouver cette zone de linéarité, nous avons tout d’abord tracé la courbe « contrainte de
cisaillement (Pa) en abscisse et le module complexe de cisaillement (Pa) en ordonnée » en
PP8 et PP25, en faisant varier la température et la fréquence ce qui nous a permis d’obtenir
différentes courbes qui ont été toutes présentées sur un même graphe afin de déterminer
l’intervalle de contrainte sur lequel toutes les courbes sont linéaires. Après cette étape, nous
avons convenu de choisir la valeur 200 Pa pour la contrainte qui a été utilisée pour les essais.
Module complexe Bitume pur (zone de linéarité) PP8 et PP25
de cisaillement (Pa)
2.30E+08

2.30E+07

2.30E+06

2.30E+05

2.30E+04

2.30E+03
Contrainte de
cisaillement (Pa)
2.30E+02

PP8 0,1Hz 20°C - B pur PP8 1Hz 10°C - B pur PP8 100Hz -10°C - B pur
PP25 0,1Hz 50°C - B pur PP25 1Hz 30°C - B pur PP25 100Hz 20°C - B pur

Figure 6. 11 - Zone de linéarité du bitume pur en PP8 et PP25


Module complexe Bitume AE (zone de linéarité) PP8 et PP25
de cisaillement (Pa)
9.00E+07

9.00E+06

9.00E+05

9.00E+04

Contrainte de
cisaillement (Pa)
9.00E+03

PP8 0,1Hz 20°C - AE PP8 1Hz 10°C - AE PP8 100Hz -10°C - AE


PP25 0,1Hz 50°C - AE PP25 1Hz 30°C - AE PP25 100Hz 20°C - AE

Figure 6. 12 - Zone de linéarité du bitume A en PP8 et PP25

3.1.3.2. Détermination du module complexe de cisaillement et de l’angle de phase du


bitume pur et du bitume des GBR en fonction de la fréquence
Les essais de caractérisation rhéologique ont été réalisés à différentes températures. Pour le
plan PP8 nous avons utilisé les températures suivantes dans le sens décroissant : 30 °C ; 20
°C ; 10 °C ; 0 °C et - 10 °C. Par contre pour le plan PP25, nous avons considéré les
températures suivantes dans le sens croissant : 30 °C ; 40 °C ; 50 °C et 60 °C.
Les résultats des figures montrent les représentations graphiques des modules complexes de
cisaillement en fonction de la fréquence et aussi les angles de phase en fonction de la
fréquence et cela pour le bitume pur et le bitume des GBR, en PP8 à 20 °C et en PP25 à 40
°C (figure 6.14) (Voir Annexe 2).
Nous pouvons constater sur chaque graphique que les modules complexes du bitume des
GBR sont plus élevés que ceux du bitume pur, ce qui est normal et permet de confirmer que
le bitume des GBR est très rigide (dur) donc très vieux. Nous pouvons aussi observer que les
angles de phase du bitume des GBR sont très faibles par rapport à ceux du bitume pur, ceci
permet de confirmer la conclusion précédente, car nous savons que plus l’angle de phase est
faible, plus le matériau est dur.

G*(MPa) Module complexe (G*) en fonction de la fréquence (F(f)) à 20°C en PP8


8.00E+07

Elastique

8.00E+06

8.00E+05
G*= Contrainte/Déformation

Visqueux
Bitume
AE
bitume
pur F(Hz)
8.00E+04
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Figure 6. 13 - Courbes module complexe (G*) en fonction de la fréquence (F(f)) à 20°C en


PP8

3.2. Suivi du pH des granulats et des GBR


Le potentiel Hydrogène (pH) est un paramètre qui influe beaucoup sur le temps de rupture de
l’émulsion dans un ECF. La rupture doit intervenir au moment idéal, c’est-à-dire qu’elle doit
être assez lente pour permettre l’application de l’ECF et assez rapide pour qu’il y ait une
bonne montée en cohésion des granulats. Le pH de l’eau évacuée est neutre (pH≈7), et cette
valeur est caractéristique d’une bonne rupture (USIRF, 2006). Cependant, le pH des
granulats utilisés, peut jouer sur le pH du mélange final (IFSTTAR, 2011). C’est pourquoi
nous avons jugé nécessaire de mesurer le pH des matériaux (granulats vierges et GBR) afin
de mieux contrôler le pH final.
Pour cela nous, avons utilisé une méthode de l’IFSTTAR, tirée du Projet de méthode d’essai
n°77 et qui porte sur la réactivité physico-chimique d’un couple émulsion de
bitume/granulats. La méthode consiste à faire réagir un liquide avec des granulats et à
mesurer à différents intervalles de temps le pH résultant.
Nous avons effectué des mesures de pH sur un mélange de 20g du matériau dispersé dans un
bêcher contenant 300ml d’eau distillée sous agitation, de pH connu à l’avance. Les mesures
sont réalisées successivement pendant les périodes suivantes : 2 minutes, 4 minutes, 6
minutes, 8 minutes, 10 minutes, 15 minutes, 30 minutes, 45 minutes, 60 minutes et 120
minutes (IFSTTAR, 2011).
Les résultats des mesures réalisées sur les granulats vierges et les GBR sont consignés sur le
tableau 6.9 :

Tableau 6. 2 - résultats de mesures de pH


pH à
pH de pH à pH à pH à pH à pH à pH à pH à pH à pH à
120m
l'eau 2mn 4mn 6mn 8mn 10mn 15mn 30mn 45mn 60mn
n
Granulats
5,6 5,6 5,7 5,7 5,8 5,8 5,9 6 6 6 6
non lavés
Granulats
5,6 5,4 5,6 5,7 5,8 5,8 5,9 6,1 6,1 6,3 6,4
lavés
GBR non
désenrobé
5,8 6,7 7,3 7,6 7,7 7,8 7,9 7,9 8 8 8
s et non
lavés
GBR non
désenrobé 5,8 6,6 6,9 7,2 7,6 7,7 7,9 7,9 8 8 8
s et lavés

Ces résultats confirment que les GBR et les granulats vierges ont des pH différents
(respectivement 8 et 6) comme nous pouvons constater l’évolution sur le tableau. Ces valeurs
de pH ne sont pas très éloignées les unes des autres, cela implique que la réactivité des
granulats dans l’ECF ne sera pas importante, donc n’aura pas beaucoup d’impact sur la
variation du ph final. Nous pouvons négliger ces différences dans la mesure où nous utilisons
une émulsion cationique qui est compatible avec les granulats de toute nature basique ou
acide (USIRF, 2006).

4. Formulations
La validation des formulations a été faite sur la base des essais d’abrasion, de cohésion
Benedict et de cassure (HCT). Parmi ces essais, seuls l’essai de cassure (HCT) ont été
réalisés compte tenu du temps imparti. Ces essais qui ont été réalisés au sein du laboratoire
de l’entreprise PROBINORD, nous ont permis de valider rapidement nos formulations.

4.1. Essai de cohésion HCT


Cet essai a été réalisé après un temps de cure (période qui sépare la fabrication de
l’échantillon et le début de l’essai) de 30 minutes. Ce temps représente le temps écoulé
généralement entre l’application de l’ECF et l’ouverture sous trafic, sachant que cet essai
cherche à savoir si la cohésion de l’ECF est suffisante pour supporter le trafic au jeune âge.
Les résultats sont présentés dans le tableau 6.10 :

Tableau 6. 3 - Résultats des essais HCT


ECF avec ECF avec ECF avec
ECF avec
ECF de ECF avec 50% des 100% des 100% des
50% des GBR
référence 20% d'AE GBR (sans GBR (sans GBR (avec
(avec fibres)
fibres) fibres) fibres)
Temps de cassure
3,2 2,4 1,1 17,0 2,2 11,0
(mn)

De l’information reçue de PROBINORD, la cohésion est jugée acceptable si le temps de


cassure est supérieur à 2 minutes pour un temps de cure de 30 minutes. Les essais donnent un
temps de cassure de l’ECF de référence de 3,2 minutes contre 2,4 minutes pour l’ECF avec
recyclés à 20 %. Ces deux résultats sont jugés acceptables, et sont proches des résultats des
essais couramment réalisés par PROBINORD dans le cadre de ses chantiers. Pour ce qui sont
des ECF avec plus de 20 % d de GBR, c’est-à-dire ceux avec 50 et 100 % de GBR nous
avons obtenu des temps de cassure respectifs de 1,1 et 2,2 minutes avec des formules sans
ajout de fibres. Ces valeurs étant jugées faibles, il nous a fallu augmenter la cohésion de
l’ECF en ajoutant des fibres de verre fourni par PROBINORD dans des proportions très
faibles (0.15 %). Les résultats obtenus sont très positifs car les temps de cassure sont
supérieurs à 10 minutes, ce qui caractérise une très bonne cohésion (Figure 6.21).

Figure 6. 14 - ECF coulé dans le moule d’essai de dimension (12cm x 12cm x 5cm)-
échantillon après démoulage - échantillon après cassure

5. Étude du vieillissement thermique des ECF de référence et des ECF avec GBR
Les résultats concernent principalement toute la première partie de l’étude c’est-à-dire l’ECF
de référence, et les ECF avec 20 et 50 % de GBR. Quant à l’ECF avec 100 % de GBR, nous
ne présenterons que les résultats de caractérisations conventionnelles (TBA et pénétrabilité) à
un jour de vieillissement accéléré.

5.1. Évolution de la teneur en eau de l’ECF de référence et de l’émulsion


Connaissant la teneur en eau de l’ECF après fabrication, nous pouvons facilement suivre son
évolution dans l’étuve, après chaque stade de vieillissement en effectuant continuellement un
bilan massique.Nous avons pu constater une bonne concordance entre la perte de masse sur
l’ECF et sur l’émulsion. Après la phase de stabilisation (24 heures à l’étuve), il reste encore
en moyenne 2 g d’eau dans l’ECF et l’émulsion. Toute l’eau disparait pendant le premier jour
de vieillissement, période pendant laquelle la masse devient stable jusqu’au 14ème jour
(Figure 6.22).

Figure 6. 15 - Évolution de la teneur en eau de l'émulsion à l'étuve

5.2. Évaluation des performances du liant


Après fabrication des échantillons d’ECF, et validation de la formule, ceux-ci sont laissés à
l’étuve à 50°C pendant 24 heures pour évacuer toute l’eau ; ce qui correspond à la phase de
stabilisation. Après cette phase, les échantillons, qui sont au nombre de 4 ECF (d’épaisseur
1,5 cm) et 4 émulsions (d’épaisseur 3 mm) sont stockés à nouveau à l’étuve, cette fois-ci à 85
°C pendant 14 jours pour le mûrissement/vieillissement selon nos deux méthodes combinées
RILEM+LCPC. Les échantillons sont ensuite retirés continuellement de l’étuve selon la
chronologie présentée au plan expérimental (Figure 6.23).
En effet, après le premier jour (J1) de vieillissement deux échantillons sont retirés de l’étuve
dont un d’ECF et un d’émulsion, sur lesquels nous effectuons une extraction et récupération
du liant vieilli qui est ensuite analysé par les essais de caractérisation. Nous réalisons ensuite,
respectivement le même processus pour le 5ème, 9ème et 14ème jour de vieillissement ; ce
qui nous permet de suivre en temps réel l’évolution des caractéristiques de l’ECF
comparativement à celles de l’émulsion, à chaque stade (nombre de jours de vieillissement).
Figure 6. 16 - Échantillon d’ECF de référence après formulation et coulage dans les
gamelles - Échantillons d’émulsion coulés dans les gamelles pour
mûrissement/vieillissement -Échantillon d’ECF de référence retiré de l’étuve après 1 jour de
vieillissement accéléré

5.3. Caractérisation conventionnelles A améliorer


 Liant extrait de l’ECF de référence et liant d’émulsion vierge
Les résultats des essais de température bille-anneau et de pénétrabilité réalisés sur le liant de
l’ECF et de l’émulsion à chaque stade sont présentés sur les figures 6.24 et 6.25. Les résultats
de TBA montrent une évolution de la consistance du liant en fonction du nombre de jours à
l’étuve, comme nous pouvons le constater sur le premier graphique (passage de ≈48 à ≈61
°C). Sur le second graphique, nous observons bien que la pénétrabilité du liant de l’ECF et de
l’émulsion diminue considérablement en fonction du nombre de jours passés à l’étuve, ce qui
signifie que le liant durcit, donc vieilli (passage de ≈72 à ≈30 1/10 mm). Le bitume, qui était
de classe 70/100 au départ, est passé à une classe 20/30 après le 14ème jour de vieillissement.
Mais nous ne pouvons pas estimer ce temps de vieillissement. Nous pouvons aussi remarquer
qu’il y’a une bonne concordance entre l’évolution du bitume de l’ECF et celle du bitume de
l’émulsion.
Température
(°C)
70 Liant ECF vieilli
Liant émulsion
60
vieillie
50

40

30

20

10

0 Jours
B pur J1 J5 J9 J11 J14

Figure 6. 17 - Résultats de TBA pour le bitume d'ECF et le bitume d'émulsion pour chaque
jour de mûrissement/vieillissement

Pénétrabilité Pénétrabilité
(1/10 mm) - 25 °C
80 Liant ECF vieilli
Liant émulsion vieillie
70
60
50
40
30
20
10
0 Jours
B pur J1 J5 J9 J11 J14

Figure 6. 18 - Résultats de pénétrabilité pour le bitume d'ECF et le bitume d'émulsion pour


chaque jour de mûrissement/vieillissement

 ECF avec recyclé (20, 50 et 100 % de GBR) A améliorer


Les résultats des essais de température bille-anneau et de pénétrabilité réalisés sur le liant de
l’ECF avec 20, 50 et 100 % de GBR à chaque stade sont résumés dans les figures 6.26 à
6.27.
Température
(°C) ECF référence
Température billes-anneaux
70
ECF avec 20% d'AE
60 ECF avec 50% d'AE

50

40

30

20

10

0
Jours
J1 J5 J9 J14

Figure 6. 19 - Résultats de TBA pour le bitume d'ECF avec recyclé et d’ECF de référence
pour chaque jour de mûrissement/vieillissement
Pénétrabilité Pénétrabilité
(%)
70

60
ECF référence
ECF avec 20% d'AE
50
ECF avec 50% d'AE

40

30

20

10

0
J1 J5 J9 J14 Jours

Figure 6. 20 - Résultats de pénétrabilité pour le bitume d'ECF avec recyclé et d’ECF de


référence pour chaque jour de mûrissement/vieillissement

La méthode de calcul développée par TOTAL et qui apparait sur leur site, permet de
connaitre les caractéristiques (TBA et péné) du liant final d’un enrobé recyclé à partir d’une
règle de mélange théorique, combinant les proportions des deux liants de base à savoir le
liant de GBR et le liant d’apport. En comparant nos résultats de TBA et de pénétrabilité avec
ceux trouvés par la règle de mélange de TOTAL, nous constatons qu’il n’y pas beaucoup
d’écart pour les ECF avec 20 et 50% de GBR sauf les résultats du 5ème jour de
vieillissement qui restent à vérifier. Par contre, les résultats sont identiques pour l’ECF avec
100 % de GBR.
Sur les deux derniers graphiques, nous pouvons comparer les résultats de TBA et de
pénétrabilité sur l’ECF de référence et les ECF avec 20 et 50% de GBR. Nous constatons une
évolution de la consistance du liant en fonction du nombre de jours à l’étuve. A chaque stade
de vieillissement (nombre de jours de vieillissement), le bitume de l’ECF de référence est
moins vieux (dur) que celui de l’ECF avec 20 % de recyclé, qui lui aussi est moins vieux que
celui de l’ECF avec 50 % de recyclé. Cela peut s’expliquer par le fait que le les ECF avec 20
et 50 % de recyclé contiennent du bitume de GBR qui est très vieux donc contribue à durcir
d’avantage le liant final formé. Cependant les résultats du 5ème jour de vieillissement sont
aberrants et restent à vérifier.
Les résultats de pénétrabilité et de TBA obtenu dans cette étude montrent bien que la
méthode de vieillissement utilisé dans cette étude influence ces propriétés empiriques.
Cependant, la question à poser est es ce que les résultats seront les mêmes pour un
vieillissement sur une chaussée en service depuis plusieurs années. En effet, si les produits
chimiques formés durant le vieillissement au laboratoire sont les mêmes que ceux formés sur
site, il sera possible de valider les conclusions obtenus. Ceci devra forcément passer par des
essais de diffraction au rayon X et de spectroscopie de masse pour vérifier les produits
formés (qualité et quantité) lors du processus de vieillissement. Dans la littérature il a été
montré que les composés généralement produits lors du vieillissement des bitumes sont des
sulfoxydes, des acides carboxyliques et des cétones. Cependant, le nombre et le type de
produits dû au vieillissement oxydatif semblent être directement liés à la composition
chimique de l'asphalte. En effet, plus le taux de soufre est élevé dans un asphalte, plus la
formation de sulfoxyde est élevée (Jeon et Curtis, 1993).

Le Vieillissement modifie la structure chimique du bitume. On peut s'attendre


ainsi à ce que le durcissement de l'asphalte en service influence la liaison
bitume-granulat. Des études sur le vieillissement des enrobés montrent que les
acides carboxyliques, les cétones et les sulfoxydes augmentent à mesure que le
vieillissement se produit (McKay, 1990). Ceci est possible à la fois à l'interface
et dans le volume d'asphalte à des distances de 25 µm à 100 µm de la surface du
granulat (McKay, 1990). Le nombre et le type de produits dû au vieillissement
oxydatif semblent être directement liés à la composition chimique de l'asphalte.
Plus le taux de soufre est élevé dans un asphalte, plus la formation de sulfoxyde
est élevée (Jeon et Curtis, 1993).
Les changements provoqués par le vieillissement oxydatif peuvent changer la
nature de la structure chimique à l'interface bitume-granulat. Les composés
généralement produits sont des sulfoxydes, des acides carboxyliques et des
cétones. Les sulfoxydes et les acides carboxyliques ont tous deux une grande
affinité pour la surface des agrégats. Cependant, lorsque la sensibilité à
l'humidité de ces composés a été évaluée, ces deux composants ayant la plus
forte affinité pour les granulats présentaient aussi la plus grande sensibilité à
l'eau (Ensley et Curtis, 1993). Par conséquent, le vieillissement oxydatif peut
produire des changements substantiels dans la chimie de l'interface de bitume
granulat, en particulier pour un mélange bitumineux sensible au vieillissement.
L'adhérence de l'asphalte à la surface d’un granulat dépend des types d'espèces
à l'interface et de leur capacité à se lier fortement à cette surface. La résistivité
de cette liaison vis-à-vis des facteurs environnementaux, en particulier
l'intrusion de l'eau, est essentielle pour maintenir une longue durée de vie de la
chaussée. Puisque plusieurs des groupes fonctionnels présents après le
vieillissement oxydatif sont sensibles à l'eau, la résistivité de la liaison bitume-
granulats peut être affaiblie par la présence d'eau.
5.4. Étude du comportement mécanique

 A améliorer
Les résultats de caractérisations rhéologiques des liants (ECF de référence, ECF avec 20 et
50 % de GBR, bitume pur et bitume de GBR) sont présentés sur la figures dans 6.28( 6.29 à
6.32, Voir annexe ), qui montrent les courbes du module complexe de cisaillement (G*) en
fonction de la fréquence (F) à une température donnée, sur un plan PP8 et PP25.

1.00E+08
70
Bitume
60 AE
50 bitume
40
pur
1.00E+07

Bitume 30
AE
j9 ref 20
j9 20%
j9 50%
10

1.00E+06 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Figure 6. 21 - Module complexe (G*) en fonction de la fréquence (f) à 10 °C en PP8- Angle
de phase (δ) en fonction de la fréquence (f) à 10°C en PP8

En observant bien les courbes représentant le module complexe (G*) en fonction de la


fréquence (F), nous voyons que celles-ci sont superposées dans l’ordre suivant : bitume GBR
> bitume J9 50 % > bitume J9 20 % > bitume ECF de référence > bitume pur. Plus le module
complexe est élevé, plus le liant est rigide. Cet ordre définie du même coup celui de la
rigidité des différents liants, c’est-à-dire que le bitume de GBR est plus rigide que celui de
l’ECF avec 50 % de GBR, qui est plus rigide que le bitume de l’ECF avec 20 % de GBR et
ainsi de suite. Ce phénomène est aussi observé sur les courbes représentant l’angle de phase
en fonction de la fréquence, mais à sens inverse, car plus l’angle de phase est faible, plus le
liant est rigide.
Contrairement aux essais empiriques (pénétrabilité et TBA), les essais de rhéologie
permettent de mesurer des propriétés intrinsèques des liants bitumineux. Ces propriétés étant
le module de cisaillement complexe G* et l’angle de phase φ. Toutefois comme pour les
essais empiriques l’augmentation de la résistance due au vieillissement au laboratoire
nécessite une étude chimique. Il sera toutefois aussi bénéfique d’étudier l’impact de l’eau sur
les propriétés rhélogiques des liants.

6. Caractérisation par spectroscopie infrarouge

 A améliorer
Nous remarquons sur les différents spectres l’apparition d’un pic carbonyle (CO) qui
augmente au fur et à mesure que l’échantillon est laissé à l’étuve, allant du 1er au 14ème
jour. Le même phénomène peut être constaté sur les spectres de l’émulsion vieillie. Le pic
CO est très peu visible sur le spectre du bitume pur. Ces résultats montrent une oxydation
thermique des liants au cours du temps pendant la période de vieillissement à 85°C.

 ECF de référence
Figure 6. 22 - Spectres bitume ECF de référence vieilli (J1 à J14)

Figure 6. 23 - Spectres bitume ECF de référence vieilli (J1 à J14) après zoom
Figure 6. 24 - Spectres émulsion vieillie (J1 à J14)

Figure 6. 25 - Spectres émulsion vieillie (J1 à J14) après zoom

L’évolution des pics de CO et de SO est un bon indicateur du vieillissement des liants car
elle traduit la formation des produits de vieillissement tels que les acides carboxyliques et les
sulfoxydes. Cependant il sera nécessaire de comparer quantitativement cette évolution avec
un bitume vielli sur une chaussée mise en service. Les corrélations obtenues seront très
important dans la caractérisation de la fatigue des ECF par exemple. D’autres part, les acides
carboxyliques et les sulfoxydes ne sont pas les seuls produits du vieillissement des liants
bitumineux. Ils existent d’autre produit comme les cétones par exemples. Ainsi, il sera
intéressant de mesurer aussi l’évolution de ce composant lors du vieillissement des liants.

Pour quantifier ces résultats, il nous a fallu calculer les indices d’oxydation pour chaque
spectre des bitumes de l’ECF vieilli et de l’émulsion vieillie. Ces résultats sont présentés sur
la figure 6.37.
Indice d'oxydation

9
8 ECF
7 émulsion
6
5
4
3
2
1
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Nombre de jours

Figure 6. 26 - Courbes des indices d'oxydation du bitume pour ECF de référence et pour émulsion

En comparant ces indices, nous nous rendons compte que : J1 < J5 < J9 < J11 < J14, ce qui
confirme le vieillissement du liant. Sur le graphique, nous pouvons également constater une
bonne linéarité sur les courbes. Le vieillissement est légèrement plus important sur émulsion
que sur ECF ; ce phénomène n’est pas détectable par pénétrabilité et température bille-
anneau.

 ECF avec 20 % GBR


Figure 6. 27 - Spectres bitume ECF 20% d'AE vieilli (J1 à J14) après zoom

Tableau 6. 4 - Indices d’oxydation des bitumes ECF avec 20 % GBR


Échantillons Aire pic CO Aire pic de réf indice CO
J1 0,07 3,20 2,25
J5 0,11 3,23 3,45
J9 0,21 3,24 6,59
J14 0,28 3,03 9,13

 ECF avec 50 % GBR


Figure 6. 28 - Spectres bitume ECF 50% GBR vieilli (J1 à J14) après zoom

Tableau 6. 5 - Indices d’oxydation des bitumes ECF avec 50 % GBR


Échantillons Aire pic CO Aire pic de réf indice CO
J1 0,06 3,22 1,89
J5 0,14 3,28 4,15
J9 0,19 3,32 5,68
J14 0,21 3,21 6,45

Sur les différents spectres de l’ECF avec 20 et 50 % GBR, nous constatons que le pic
carbonyle (CO) augmente du 1er au 14ème jour à l’étuve. Ce qui veut dire qu’il y’a une
oxydation thermique des liants. Les indices d’oxydations nous permettent ensuite de savoir
que dans tous les cas J1 < J5 < J9 < J14 tout comme au niveau de l’ECF de référence.

7. Évolution de la classe du liant bitumineux à chaque stade de vieillissement


Le tableau suivant montre l’évolution de la classe du liant de l’ECF de référence et des ECF
avec recyclé à chaque stade de vieillissement accéléré à l’étuve, à savoir le 1 er, le 5ème, le 9ème
et le 14ème jour.

Tableau 6. 6 - évolution des classes des liants au cours des différents stades de
vieillissement
Classe du bitume
5ème jour 9ème jour 14ème jour
1er jour de
Matériaux de de de
vieillisseme
vieillisseme vieillisseme vieillisseme
nt
nt nt nt
ECF de
50/70 35/50 30/45 20/30
référence
ECF avec 20 %
50/70 35/50 30/45 20/30
GBR
ECF avec 50 %
35/50 35/50 30/45 20/30
GBR
Bitume GBR 10/20
Bitume pur 70/100

Sur le premier tableau, nous pouvons constater que le bitume qui est initialement de grade
70/100 passe au grade 50/70 après le premier jour de vieillissement, perdant ainsi une classe.
Du 1er au 14ème jour, le bitume passe du grade 50/70 à 20/30 en perdant 3 classes. Ce qui
signifie que la méthode de vieillissement accéléré (RILEM + LCPC) vieilli bien le liant car
les liants ont perdu 4 classes après 14 jours à l’étuve.

7.1. Extraction séquencée sur ECF avec GBR


 A améliorer( voir si tableaux vont en
annexex)
L’extraction séquencée est une méthode mise au point par Julien NAVARO (2010)
permettant de savoir s’il y’a interaction entre les bitumes d’un enrobé recyclé (bitume neuf et
bitume de GBR). Dans notre cas, nous avons tout d’abord fait l’hypothèse comme quoi il n’y
a pas d’interaction entre nos deux liants c’est-à-dire le bitume d’apport (sous forme
d’émulsion de bitume) et le bitume de GBR. Ce qui signifie que nous considérons le GBR
comme un simple caillou. L’extraction séquentielle nous permettrait alors de vérifier cette
hypothèse. L’essai a consisté à réaliser des extractions par intermittence (par séquences) sur
un même échantillon, de sorte à ce que chaque liant obtenu par extraction partielle représente
une épaisseur donnée du bitume d’enrobage.
Pour cela nous avons utilisé un asphaltanalysateur avec des paramètres bien définis. Nous
avons réalisé trois points au total pour chaque essai sur un échantillon donné, dont les deux
premiers correspondent à de simples dissolutions (imprégnation de l’ECF avec un solvant, le
perchloroethylène qui est ensuite récupéré) et le troisième point qui correspond à une
extraction classique. Toutes ces différentes étapes sont automatiquement réalisées par
l’asphaltanalysateur. Des essais de TBA et de spectroscopie infrarouge sont réalisés sur les
liants récupérés afin de connaitre leurs caractéristiques. En effet, les quantités de bitume
récupéré à chaque extraction étant très faible, nous n’avons pas pu réaliser d’autres essais de
caractérisation.
Les résultats des extractions séquencées réalisées sur les ECF avec recyclé à 20 et 50 % sont
présentés en ANNEXE XXX dans les tableaux 6.17 et 6.20.
En observant les résultats de TBA, il a été constaté que les couches d’enrobage superficiel
sont moins dures que celles qui sont profondes, les résultats de spectroscopie infrarouge ont
confirmé cette remarque.
Ainisi, il est possible d’affirmer qu’il n’y a pas d’interaction entre les deux liants car s’il tel
était le cas, le liant devrait être uniforme donc des caractéristiques identiques. Cependant les
résultats des troisièmes points que ce soit la TBA ou la spectroscopie infrarouge sont
aberrants et restent à vérifier.
Les écarts observés sur les troisièmes points de l’extraction séquencée peuvent être expliqués
par les conditions de réalisation des essais, à savoir la température ambiante, le solvant utilisé
(le perchloroethylène dont nous ne sommes pas sûrs s’il réagit ou pas avec le bitume),
l’asphalt-analysateur et l’évaporateur rotatif qui peuvent éventuellement vieillir d’avantage le
liant.

ANNEXE XXX
Tableau 6. 7 - Caractéristiques de l'échantillon d'ECF avec 20 % GBR pour l'extraction
séquencée
ECF avec 20% recyclé (extraction séquencée)
Échantillon
Résultats Point 1 Point 2 Point 3
s
Masse de solvant
1,1 0,6 0,5
récupéré( g)
J1 Teneur en liant (%) 3,6 2,0 1,8
Masse totale de liant(g) 21,2 27,1 42,9 91,2
% de désenrobage 23,21 29,77 47,02
Masse de solvant
0,7 0,8 0,3
récupéré( g)
J5 Teneur en liant (%) 2,5 2,6 1,0
Masse totale de liant(g) 26,0 43,4 20,5 89,8
% de désenrobage 28,94 48,26 22,80
Masse de solvant
0,04 1,0 0,6
récupéré( g)
J9 Teneur en liant (%) 0,1 3,3 2,0
Masse totale de liant(g) 0,7 42,7 49,4 92,9
% de désenrobage 0,77 46,01 53,22
Masse de solvant
0,84 0,9 0,3
récupéré( g)
J14 Teneur en liant (%) 2,8 3,1 0,9
Masse totale de liant(g) 24,2 48,5 19,2 92,0
% de désenrobage 26,32 52,78 20,90

Tableau 6. 8 - Caractéristiques de l'échantillon d'ECF avec 50 % GBR pour l'extraction


séquencée
ECF avec 50% recyclé (extraction séquencée)
Échantillon Point
Résultats Point 1 Point 2
s 3
Masse de solvant récupéré(
1,0 0,9 0,7
g)
J1 Teneur en liant (%) 3,4 3,0 2,4
Masse totale de liant(g) 26,0 21,3 56,7 103,9
% de désenrobage 24,99 20,49 54,52
Masse de solvant récupéré(
1,0 0,9 0,4
g)
J5 Teneur en liant (%) 3,2 3,0 1,2
Masse totale de liant(g) 29,9 45,3 27,8 103,1
% de désenrobage 29,00 43,99 27,01
Masse de solvant récupéré(
0,34 1,0 0,5
g)
J9
Teneur en liant (%) 1,1 3,4 1,7
Masse totale de liant(g) 14,8 46,9 40,3 102,0
% de désenrobage 14,49 46,04 39,48

Tableau 6. 9 - TBA sur ECF avec 20% d'AE après extraction séquencée
Extraction séquencée ECF avec 20% GBR
Jour J1 J5 J9 J14
Point 1 51 56 - 62
TBA (C°)
Point 2 54 58 59 63
Point 3 50 52 56 61

Tableau 6. 10 - Pics d'oxydation sur ECF avec 20% d'AE après extraction séquencée
Extraction séquencée ECF avec 20 % GBR
Échantillons Aire pic CO Aire pic de réf indice CO
Point 1 0,04 2,70 1,51
J1 Point 2 0,06 3,20 1,79
Point 3 0,04 3,56 1,18
Point 1 0,12 2,97 4,00
J5 Point 2 0,14 3,07 4,53
ATR
Point 3 0,09 3,26 2,85
Point 1 - - -
J9 Point 2 0,13 2,90 4,48
Point 3 0,18 2,98 6,14
Point 1 0,18 3,09 5,81
J14 Point 2 0,18 3,10 5,86
Point 3 0,17 3,31 5,12

Tableau 6. 11 - TBA sur ECF avec 50% d'AE après extraction séquencée
Extraction séquencée ECF avec 50% GBR
TBA (C°) Jour J1 J5 J9 J14
Point 1 59,4 58,4 59 -
Point 2 61,2 62,3 63 -
Point 3 61,6 52,1 57 -

Tableau 6. 12 - Pics d'oxydation sur ECF avec 50% d'AE après extraction séquencée
Extraction séquencée ECF avec 50 % recyclé
Échantillons Aire pic CO Aire pic de réf indice CO
Point 1 0,11 3,20 3,42
J1 Point 2 0,15 3,63 4,15
Point 3 0,15 3,32 4,60
Point 1 0,11 3,28 3,35 ATR
J5 Point 2 0,12 3,26 3,68
Point 3 0,11 3,44 3,20
Point 1 0,16 3,13 4,96
J9 Point 2 0,18 3,28 5,63
Point 3 0,18 3,51 5,00

9. Étude comparative entre le vieillissement thermique et le vieillissement


photochimique
Des travaux antérieurs (Mouillet et al. 2014) ont montré que, contrairement au vieillissement
photochimique, le vieillissement thermique est un phénomène homogène à long terme. Les
mécanismes des réactions d’oxydation ayant lieu au cours de ce vieillissement sont alors les
mêmes à la surface qu’au fond du liant bitumineux. Le vieillissement photochimique est un
phénomène de surface ; en effet, les rayons UV ne pénètrent que quelques micromètres au
sein d’un matériau. Les réactions d’oxydation se produisent principalement à la surface du
bitume. La vitesse de ces réactions d’oxydation dépend alors de l’épaisseur du liant (Mouillet
et al., 2014 ; Durrieu et al., 2007). Cette étude a été menée selon deux grandes parties
complémentaires : une première partie réalisée à l’échelle de l’émulsion et de l’ECF de
référence (ECF avec des granulats neufs), suivie par une deuxième partie adaptée à l’échelle
de l’ECF avec des GBR. Dans les deux parties, on suit l’évolution du liant sous des
conditions de vieillissement thermique et photochimique pour une période allant de 1 à 21
jours.

9.1. Procédure de vieillissement (thermique et photochimique)


Le phénomène de vieillissement est influencé par plusieurs paramètres dont on peut citer
principalement : la température, la durée d’exposition, et l’épaisseur du film de liant. Le
protocole de vieillissement (thermique et photochimique) a été basé sur les procédures de
vieillissement combinées (RILEM+LCPC) et sur des publications antérieures (Durrieu et al.,
2007, Mouillet et al., 2014).

La procédure comporte principalement deux étapes dont une de stabilisation (émulsion/ECF


avec et sans GBR) qui consiste à mettre les échantillons dans une étuve pendant 24 heures à
50°C dans le but d’évacuer l’eau et les fractions volatiles. Cette étape est similaire au
vieillissement thermique réalisé dans la première partie.
La stabilisation est suivie par une mesure de la perte de masse le long du processus de
vieillissement. Une masse constante est obtenue après le premier jour du conditionnement.

La seconde étape est un vieillissement accéléré en laboratoire afin de simuler les


vieillissements thermique et photochimique, les échantillons, issus de la première étape, ont
été placés respectivement dans une étuve ventilée et une enceinte équipée des lampes UV, à
une température de 44°C, pendant une durée allant de 1 à 21 jours. La durée d’exposition
ainsi que la température sont différentes du vieillissement thermique effectué dans la
première partie (nous avons utilisé une température de 44 °C pendant 21 jours au lieu d’une
exposition pendant 14 jours à 85°C pour simuler les deux types de vieillissements).
Le logigramme ci-dessous présente les différentes étapes réalisées durant cette partie
parallèlement sur les émulsions, ECF vierge et ECF recyclé. (Figure 6.XXX)
Figure 6.XXX : Le logigramme des différentes étapes murissement /Vieillissement
(thermique et UV ) sur émulsion , ECF vierge et ECF recyclé

9.2. Influence de l’épaisseur de film du liant sur le vieillissement photochimique vis à-vis
du vieillissement thermique
Dans le but de déterminer l’épaisseur minimale de pénétration des rayons UV à travers le
film du liant bitumineux, on a appliqué la procédure en utilisant uniquement une émulsion
bitumineuse à 60% de liant. On a alors préparé des émulsions avec deux épaisseurs
différentes : 3 mm en émulsion (équivalent à 1.8 mm en liant résiduel) et 1.5mm (équivalent
à 0.9mm) et fait subir les mêmes cycles de vieillissement. Ensuite, on a caractérisé les liants
résiduels (TBA, pénétrabilité, spectroscopie IR et rhéologie). Des épaisseurs plus fines
auraient été intéressantes à tester ; cependant techniquement il n’était pas possible de
préparer des échantillons de plus faibles épaisseurs avec une régularité d’épaisseur.
Par ailleurs, nous avons tenté de différencier le vieillissement photochimique du
vieillissement thermique, sachant que l’un sera uniquement surfacique et l’autre dans la
masse. Pour ce faire, on a préparé, dans des boites de pétri, deux couches d’émulsion
séparées par du papier : un film transparent qui laisse passer les rayons UV, et un papier
cuisson qui inhibe, à priori, le passage des rayons UV (Figure 6.42).

Figure 6. 29 - Préparation des boites de pétri pour différencier les deux vieillissements
thermique et photochimique

Cette expérience a pour objectif de déterminer l’apport du vieillissement photochimique par


rapport au thermique dans le processus du vieillissement global : la couche inférieure, à
priori non exposée aux rayons UV, subira seulement l’effet de la température ce que
engendrera son vieillissement thermique. Alors que la couche supérieure, exposée aux rayons
UV, subira l’effet de la température et des rayons UV provoquant ainsi son vieillissement
thermique et photochimique. On a préparé des émulsions avec deux épaisseurs différentes :
1.5 et 3mm selon la procédure suivante :
 Pesage, dans la boite de pétri, de la quantité d’émulsion nécessaire pour avoir
l’épaisseur déterminée ;
 Stabilisation de l’émulsion à l‘air libre 24 heures jusqu’au départ total de l’eau (suivi
par pesée) ;
 Dépôt du papier film transparent ou bien cuisson sur la couche supérieure ;
 Pesage de la quantité d’émulsion nécessaire pour la deuxième couche, - Etuvage à
50°C pendant 24 heures pour la stabilisation.

Ensuite, on a appliqué la procédure de vieillissement photochimique expliquée auparavant.


Le liant résiduel a été caractérisé uniquement par spectroscopie IR, la quantité récupérée
n’était pas suffisante pour effectuer les autres essais de caractérisation.

9.3. Matériaux de l’étude et outils expérimentaux


Durant cette étude, les mêmes matériaux et les mêmes matériels que pour l’étude sur le
vieillissement thermique ont utilisés. Les formulations utilisées pour cette partie sont
présentées dans l’Annexe.

6- Résultats et interprétations

Rappelons que l’objectif principal de ce travail est de suivre les vieillissements thermique et
photochimique des ECF. Après avoir extrait les liants des ECF vieillis, une série de
caractérisation a été accomplie.
6.1- Résultats de vieillissement photochimique et thermique de l’émulsion
6.1.1 Étude de l’influence de l’épaisseur de l’émulsion sur l’évolution des propriétés du
bitume dans le temps
a- Suivi de la perte d’eau des émulsions
Après la préparation des échantillons d’émulsion (avec deux épaisseurs différentes : 3mm et
1.5mm, voir II.3), on a suivi la perte de masse tout le long de vieillissement UV à 44°C.
Après la phase de stabilisation (24 heures à 50°C sans UV), 99% de la quantité totale d’eau
s’est évaporée. Ensuite, toute l’eau a disparu dès le premier jour et la masse de l’émulsion est
devenue stable (voir figure 16).

Figure 3: Evolution de la teneur en eau de deux émulsions 3 et 1.5 mm vieillies dans l'enceinte UV

b.Caractérisation des liants résiduels LR

Les résultats des essais de température bille-anneau réalisés sur les liants résiduels (LR) des
émulsions à chaque stade du vieillissement sont résumés sur la courbe suivante :

Figure 4: Résultats de TBA des liants résiduels des émulsions 3 et 1.5 mm vieillies dans l'enceinte UV
Les résultats montrent une augmentation de la TBA des LR au cours du temps : après
stabilisation, passage de 47.4°C (J0) à 51.0°C (J14) pour le LR de « l’émulsion 3mm » et de
48.9°C à 52.1°C pour le LR de « l’émulsion 1.5mm ». Cette évolution est significative d’un
léger durcissement du liant et donc d’un vieillissement. Nous pouvons aussi remarquer que
les valeurs de TBA du LR de l’émulsion 1.5mm sont plus importantes que celles du LR de
l’émulsion 3mm (pour le 14ème jour : 52°C et 50°C respectivement pour le liant des émulsions
1.5 et 3mm). Ces résultats montrent alors que le l’épaisseur du bitume influence le
vieillissement photochimique: plus cette épaisseur est faible, plus le vieillissement UV est
important.

La quantité récupérée de bitume de l’émulsion UV 1.5mm est faible ; nous n’avons pas pu
effectuer alors la pénétrabilité.

Pour confirmer ces résultats, on a eu recours à la spectroscopie IR. Les échantillons sont
préparés en appliquant un film mince de bitume sur une lame de KBr. Les essais sont
effectués 3 fois pour assurer une bonne répétabilité. Les résultats ont été interprétés en
utilisant le logiciel OMNIC du spectrophotomètre [22] et ils sont présentés sur la figure 18.

1,8
Indice d'oxydation des émulsions UV 3 et 1,5mm
1,6
Indice d'oxydation

1,4

1,2
Emulsion UV 3mm
1 Emulsion UV 1.5mm

0,8

0,6
0 5 10 15 20 25
Nombre de jours à l'étuve

Figure 5: Evolution de l'indice d'oxydation des émulsions vieillies UV 3 et 1,5mm


Pour chaque liant, l’indice d’oxydation augmente au cours du temps. Selon la littérature,
ceci se traduit par un appauvrissement du bitume en aromatiques (cycliques) et un
enrichissement en asphaltènes. Ceux-ci caractérisés par une grande masse moléculaire,
engendrent l’augmentation de la température de ramollissement du liant constatée et donc
son vieillissement.

Sur le graphique, nous pouvons également constater que les indices d’oxydation des
« émulsions UV 1.5mm » sont plus légèrement importants que ceux des « émulsion UV
3mm ». Les écarts sont faibles mais systématiques aux résultats de la TBA et confirme que
le vieillissement est d’autant plus important que l’épaisseur de film de bitume est faible.

En conclusion, nous pouvons dire qu’à la même température (44°C) et pour une durée
identique, le vieillissement du bitume dépend principalement de l’épaisseur de liant. Plus
cette épaisseur est faible, plus les rayons UV catalysent les réactions d’oxydation des
aromatiques pour donner les asphaltènes : la fraction la plus lourde de bitume (voir I.3.2.).
Ces réactions engendrent l’augmentation de l’indice d’oxydation avec des vitesses qui
dépendent principalement de l’épaisseur du liant bitumineux.

Comparaison des résultats de vieillissement UV et thermique de l’émulsion

Dans le but de déterminer l’apport de l’UV par rapport au thermique d’un ECF sur chaussée,
nous avons comparé un vieillissement photochimique à un vieillissement thermique des
émulsions de 3mm d’épaisseur. Rappelons que ces essais ont été réalisés sans deux enceintes
différentes et notamment l’enceinte thermique est ventilée. Les résultats de la TBA et la
pénétrabilité des liants résiduels (LR) sont présentés sur la figure 19.
Figure 6. 30 - Évolution de la pénétrabilité et la TBA des liants résiduels de deux émulsions
UV et thermique vieillies de 3mm

Les valeurs de la pénétrabilité montrent une évolution de la consistance de deux liants en


fonction du nombre de jours de vieillissement : après stabilisation, elles ont diminué de 90 à
63 1/10 mm et de 84 à 62 1/10 mm respectivement pour l’émulsion thermique et l’émulsion
UV. Cette évolution est confirmée par les résultats de la TBA qui diminuent pour les deux
liants montrant alors que les deux liants durcissent, donc vieillissent au cours de temps. Les
deux bitumes qui étaient de classe 70/100 au départ, sont passés à une classe 50/70 après 21
jours de vieillissement photochimique et thermique. En comparant les deux processus de
vieillissement, nous pouvons remarquer une évolution quasi similaire : un vieillissement à
44°C dans une étuve ventilée ou dans une enceinte UV d’une émulsion bitumineuse
influence de la même façon la consistance du liant résiduel sur la durée d’essais réalisés.

(HYPOTHESES)
Nous avons également caractérisé nos liants résiduels par spectroscopie IR. Les spectres IR
présentées sur la figure 21 montrent une réelle mais faible évolution des pics (carbonyles et
sulfoxydes) caractéristiques de l’avancement du vieillissement.
Figure 6. 31 - Spectres IR des LR des émulsions UV et thermique vieillies, 3mm d'épaisseur
(partie du spectre de 900 à 1900 cm-1)

Le calcul des indices carbonyles moyennant le logiciel OMNIC est présenté dans le tableau
6.26 :

Tableau 6. 13 - Évolution de l'indice carbonyle des LR des émulsions vieillies UV et


thermique (épaisseur 3mm)

J0 J1 J5 J14 J21

Emulsion UV 3mm 0.73 0.98 1.26 1.44 1.65

Emulsion thermique 3mm 0.35 0.95 0.97 0.99 1.42

Pour les deux émulsions, les indices carbonyles augmentent au cours du temps. Cela signifie
alors que le liant résiduel d’épaisseur 1.8mm (soit 60% de l’émulsion 3mm) a vieilli au cours
de 21 jours.
Même si les résultats peuvent être considérés identiques entre UV et thermique à chaque
échéance, compte tenu de la précision des essais, on constate cependant que le vieillissement
photochimique est systématiquement légèrement plus élevé que le vieillissement thermique,
à la même température et épaisseur. Nous pouvons donc supposer que l’énergie fournie par
l’UV est plus importante que celle fournie par le thermique ce que engendre une oxydation
plus forte pour le premier.
En comparant nos valeurs à celles obtenues par le groupe de Mouillet et al. (2014) à la même
température, nous pouvons dire que 21 jours ne sont pas suffisants pour remarquer une
grande différence entre le vieillissement thermique et le vieillissement photochimique. Il
faudrait probablement aller jusqu’à plus que 66 jours. Nous aurions pu également augmenter
la température de vieillissement au-delà de 44°C mais notre enceinte UV ne permettait pas de
dépasser 50°C (Durrieu et al., 2007).
Pour finir cette comparaison entre thermique et photochimique, nous avons effectué des
essais de rhéologie. La superposition des courbes maîtresses des liants résiduels (LR) de deux
émulsions, après 14 jours de vieillissement est présentée sur la figure 6.45.

Figure 6. 32 - Superposition des courbes maîtresses des liants résiduels des émulsions
vieillies UV et thermique J14, de liant d'apport et de liant extrait des GBR

Quel que soit l’échantillon, nous retrouvons le même comportement viscoélastique général
du bitume: le module complexe de cisaillement augmente avec la fréquence. A hautes
températures (basses fréquences), nous pouvons constater que les courbes des liants résiduels
(LR) sont situées entre celles du liant d’apport et du liant des GBR dans l’ordre croissant
suivant : liant d’apport, liant résiduel de l’émulsion.
UV J14, LR émulsion thermique J14 et le liant des GB. L’écart entre le liant d’apport, le liant
résiduel émulsion UV J14 et le liant résiduel de l’émulsion thermique J 14 est faible (presque
négligeable). Ceci montre alors que 14 jours à 44°C ne sont pas suffisants pour changer les
propriétés rhéologiques du bitume. Le LAE reste toujours plus rigide que les autres liants. A
basses températures (ou hautes fréquences), les différents liants finissent par se superposer :
les liants atteignent à très basses températures un module de cisaillement G* maximal de
l’ordre de 109 Pa.

9.3.2. Différenciation entre le vieillissement photochimique et le vieillissement


thermique : Utilisation des boites de pétri
Pour chaque boite de pétrie, les liants résiduels de deux couches ont été caractérisés par
spectroscopie IR. Les indices carbonyles montrant l’état d’oxydation des bitumes sont
présentés dans le tableau 6.27.

Tableau 6. 14 - Indices d’oxydation des liants résiduels de l’émulsion/ boites de pétri


Papier film transparent Papier cuisson

1.5 mm 3 mm 1.5 mm 3 mm

Couche Couche Couche Couche Couche Couche Couche Couche


inférieure supérieure inférieure supérieure inférieure supérieure inférieure supérieure

J5 0.97 1.34 0.68 1.17 0.37 1.88 0.98 1.42

J14 0.75 1.58 0.9 1.83 0.64 1.24 0.55 -

J21 1.12 1.32 1.75 2.78 0.67 1.63 0.20 3.09

Il est à noter que la méthode d’essai utilisée est celle développée dans le projet national
MURE avec une reproductibilité de 0.4 points sur cet indice CO. On note parfois quelques
incohérences sur les résultats du tableau 7 mais explicables par la reproductibilité des essais.
Les principales conclusions tirées de l’analyse du tableau 6.27 sont les suivantes :

 d’une manière générale, au cours du temps, les indices d’oxydation augmentent ce qui
signifie que les liants ont vieillis ;
 quel que soit l’épaisseur du film de bitume et le papier utilisé, l’indice d’oxydation de
la couche supérieure est toujours supérieur à celui de la couche inférieure. Ceci
s’explique par le fait que les rayons UV ont une action limitée sur l’épaisseur. On
confirme ainsi un vieillissement plus important en surface (thermique + UV) que en
couche inférieure mais nous ne pouvons évaluer l’épaisseur de liant impacté par les UV
;
 quelle que soit l’épaisseur (1.5 ou 3 mm), la couche inférieure du papier film
transparent est plus oxydée que la couche inférieure du papier cuisson ; on peut
s’interroger sur le rôle du papier cuisson qui protège du vieillissement,
9.3.3. Résultats de vieillissement photochimique et thermique de l’ECF (avec et sans
GBR)
L’objectif de cette partie est de faire le lien entre l’évolution des émulsions et des ECF
fabriqués avec et sans GBR (désignés respectivement par ECF recyclés et ECF de référence).
Les ECF recyclés sont préparés après calage des formulations et incorporation de 50% (en
masse) de GBR. Pour valider la formulation, nous avons effectué le test HCT. Nous nous
intéresserons également à comparer leur vieillissement thermique et photochimique.

9.3.3.1. Évolution de la teneur en eau


Connaissant la teneur en eau de l’ECF après fabrication, nous pouvons facilement suivre son
évolution au cours du temps comme le présente la figure 6.46.

Figure 6. 33 - Évolution de la teneur en eau des ECF vierges (UV et thermique)


Toute l’eau disparait pendant le premier jour de vieillissement, période pendant laquelle la
masse devient stable jusqu’au 21ème jour. Nous avons pu constater une bonne concordance
entre la perte de masse sur l’ECF et sur l’émulsion.

9.3.3.2. Évaluation de l’évolution des liants lors du vieillissement des ECF


Après chaque période de vieillissement (à l’étuve ou dans l’enceinte UV), le liant est extrait
et récupéré dans le but de le caractériser. Les essais ont débuté par la détermination de ses
paramètres de consistance (pénétrabilité et TBA) comme le montrent les courbes de la figure
6.47.

Figure 6. 34 - Évolution de la pénétrabilité et la TBA des liants extraits des ECF vierges et
recyclés (thermique et UV)

Dans le cas de l’incorporation des GBR dans l’ECF, nous avons récupéré, par une
extraction/récupération classique, la totalité du liant (liant provenant de l’émulsion + liant
provenant des GBR) qui représente un liant moyen de l’ECF. Une loi de proportionnalité,
appelé « règle des mélanges » est classiquement utilisée pour évaluer les caractéristiques
(TBA et pénétrabilité) de ce liant moyen issu du mélange de deux liants bitumineux. Cette
loi des mélanges a été appliquée connaissant les caractéristiques du liant initial de l’émulsion
et de celles du liant des GBR, dans les proportions du mélange. Pour les liants issus des ECF
avec 50% GBR, nous constatons un léger écart entre les résultats théoriques et ceux obtenus
expérimentalement (Tableau 6.28). Cette comparaison a été faite avant vieillissement des
liants. Ces écarts peuvent s’expliquer par le fait que le bitume de l’émulsion a subi une mise
en émulsification qui l’a légèrement durci.

Tableau 6. 15 - Comparaison entre les résultats théoriques (loi des mélanges) et


expérimentaux (en laboratoire) des caractéristiques du mélange recyclé LA +LAE
Caractéristiques du mélange 77% LA + 23% Pénétrabilité TBA
LAE (1/10 mm) (°C)

Loi de mélange de TOTAL 53 54

Résultats expérimentaux (1er jour du traitement) 47 54

Au cours de vieillissement (thermique et photochimique), les paramètres de consistance des


liants évoluent : leurs pénétrabilités diminuent et leurs TBA augmentent. Cette évolution
confirme que les liants des ECF durcissent donc vieillissent au cours du temps. A une
température de 44°C, les liants extraits des ECF vierges UV et thermique sont passés de la
classe 70/100 à la classe 50/70 au bout de 14 jours. Pour les ECF vierges, le liant ayant subi
le vieillissement photochimique présente des pénétrabilités légèrement inférieures à celui du
thermique. Il semble être plus vieilli que l’ECF vierge thermique mais les écarts sont très
faibles.
Pour les ECF avec 50% recyclés, l’incorporation des GBR a fortement baissé la pénétrabilité
du liant récupéré: après l’étape de la stabilisation (24 heures à 50°C), le liant a un grade
35/50. Néanmoins nos résultats sont basés sur un liant moyen (mélangé lors de l’étape
d’extraction/récupération) mais nous ne pouvons pas déterminer si le liant d’apport et le liant
d’apport de GBR se sont mélangés au cours du vieillissement de l’ECF. Au jeune âge, nous
supposons que les deux liants présents ne se sont pas mélangés car la formulation se réalise à
froid ne favorisant pas le mélange. Nous n’avons trouvé aucune étude de référence qui traite
le phénomène de vieillissement des ECF recyclés.
Pour mieux compléter ces analyses, nous avons eu recours à la spectroscopie IR. Le tableau
suivant présente l’écart entre les indices carbonyles des ECF vierges et recyclés, thermiques
et photochimiques (Tableau 6.29).
Tableau 6. 16 - Contribution du vieillissement photochimique par rapport au vieillissement
thermique dans les ECF vierges et recyclés

J0 J1 J5 J14 J21

ECF vierges Δ (IC=O UV - IC=O 0.07 0.04 0.52 1.02 0.97


Thque)

ECF recyclés Δ (IC=O UV - IC=O 0.25 - - 0.32 -


Thque)

ECF photochimique Δ (I recyclé- IC=O


vierge) 0.5 - - 0.31 -

ECF thermique Δ (I recyclé- IC=O 0.33 - - 0.86 -


vierge)

Les écarts entre les indices d’oxydation photochimique et thermique pour les ECF vierges et
recyclés sont toujours positifs ; ceci montre que le vieillissement photochimique est
légèrement plus important que celui thermique. Ces résultats sont en accord avec les résultats
de vieillissement des émulsions. Il est à noter que certains écarts sont dans la reproductibilité
de l’essai.
Par ailleurs, nous pouvons aussi constater que l’indice IC=O n’a pas augmenté avec l’ajout des
GBR (0.5 et 0.75 respectivement pour l’ECF recyclé thermique et photochimique, 4.94 pour
le liant des GBR seul). Ce résultat est surprenant, nous pouvons alors nous interroger sur le
mécanisme physico-chimique de mélange entre le liant d’apport et liant des GBR à froid
ainsi que sur les interactions liées au passage par le solvant lors de la récupération du liant.
Dans l’objectif d’étudier le comportement rhéologique des liants extraits de différents ECF,
le logiciel VISCOANALYSE qui applique le principe temps-température (Température de
référence =15°C), a permis d’obtenir les courbes maîtresses suivantes pour les ECF vierges
et recyclés (Figure 6.48).
Figure 6. 35 - Superposition des courbes maîtresses des ECF vierges: thermique et UV

La superposition des courbes maîtresses des ECF vierges UV et thermique montre une
évolution dans les propriétés rhéologiques des liants : pour chaque type de vieillissement,
après 21 jours, le module complexe augmente donc plus le liant a subi un vieillissement
caractérisé par un durcissement. Nous remarquons une superposition des courbes maîtresses
des liants extraits des ECF UV et thermique pour chaque jour de vieillissement (pas de
différences visibles sur le comportement rhéologique des liants extraits après 21 jours). La
figure 6.49 présente la superposition des ECF vierges et recyclés vieillis thermiquement.
Figure 6. 36 - Superposition des courbes maîtresses des ECF thermique: vierge et recyclés

Quel que soit l’échantillon, le comportement viscoélastique général du bitume est le même :
le module complexe de cisaillement augmente avec la fréquence. En comparant les courbes
de liant recyclé J0 et vierge J0, nous remarquons que le premier est situé au-dessus du
deuxième. Ceci signifie que le recyclé est plus rigide, ce qui est normal vu que nous avons
incorporé des GBR dans la formulation. Pour les faibles valeurs de fréquences (hautes
valeurs de températures), nous pouvons observer la superposition de liant des GBR et de
l’ECF recyclé thermique J0. Cette superposition est surprenante vu que le liant issu des GBR
doit être le plus vieilli de tous les autres liants. Il a subi un vieillissement naturel sur
chaussée: thermique, photochimique, mécanique... Ce résultat doit être vérifié.
Pour pousser notre analyse, nous nous sommes intéressés au comportement à haute
température de service de notre matériau plus précisément sa résistance aux déformations
permanentes pouvant entrainer un renouvellement de couche. En effet, le système de
spécifications basé sur les performances, développé aux Etats-Unis au début des années 1990
pendant le programme de recherche intitulé «Strategic Highway Research Program» (SHRP)
a permis de proposer des critères, essentiellement d´origine rhéologique, pour fixer les
limites d´utilisation en termes de température et de trafic maximales et minimales
admissibles pour un liant donné (Merbouh, 2010). La figure 6.50 présente le critère SHRP
qui permet de déterminer la température seuil qui engendre une déformation permanente de
l’enrobé, pour une fréquence de référence (1,585 Hz).
Figure 6. 37 - Critère de traction SHRP

Par extrapolation, nous obtenons les résultats suivants (Tableau 6.30) :

Tableau 6. 17 - Température seuil de déformation


Echantillon Température seuil de déformation permanente
(°C)
LAE 73.1
ECF recyclé thermique J0 65.1
ECF vierge thermique J0 60.6
LA= liant d’apport ; LAE = liant extrait des AE.

Nous pouvons ainsi remarquer que le liant des GBR est logiquement le plus résistant aux
déformations permanentes. Celles-ci n’apparaitraient que vers 73°C. Le liant le moins
résistant aux déformations est naturellement l’ECF vierge thermique J 0 vu qu’il se déforme
d’une façon permanente à partir de 60,6 °C. Le résultat encourageant sur ECF recyclé part de
l’hypothèse d’un mélange entre LA et liant des GB, ce qui n’est certainement pas le cas.
9.3.3.3. Détermination de l’indice d’acide du bitume
La norme NF T66-066 « Détermination de l’indice d’acide d’un bitume » définit l’indice
d’acide comme étant le nombre de milligrammes d’hydroxyde de potassium (KOH)
nécessaire pour la neutralisation des acides libres contenus dans un gramme de bitume. Le
principe de cet essai est simple : le bitume est mis en solution dans un mélange de
chlorobenzène et d’alcool éthylique. L’acidité carboxylique est dosée par une solution de
potasse alcoolique. Le dosage est suivi par potentiométrie. Au cours de ce travail,
l’hypothèse suivante a été proposée:

 Le liant des GBR est issu d’un fraisât d’enrobé donc à base d’un bitume classique, non
acide ;
 Le bitume utilisé par Probinord est acidifié pour remplacer un bitume Nynas acide
naturellement et favorable aux ECF ;
 Dans l’ECF recyclé, l’indice d’acide du liant vieilli au laboratoire aura un indice
d’acide intermédiaire entre celui du liant d’apport (LA) et celui du liant des GBR.

Au premier jour du vieillissement, l’indice d’acide du liant à vieillir doit être à peu près égal
à l’indice d’acide du LA. Plus la durée de traitement (vieillissement à l’étuve ou bien dans
l’enceinte UV) augmente, plus la valeur de l’indice d’acide s’approche à celle du liant des
GB. Les résultats chiffrés doivent être confirmés et ne sont pas publiés dans ce rapport.

9.4. Résultats de l’extraction séquencée


Ce type d’extraction a consisté à réaliser des extractions par intermittence (par séquences) sur
un même échantillon, de sorte que chaque liant intermédiaire obtenu par extraction partielle
représente un pourcentage donné du bitume d’enrobage (Figure 6.51). Pour cela nous avons
utilisé un asphalt-analysateur avec des paramètres bien définis (durée de la dissolution, temps
de remplissage de l’enceinte). Nous avons réalisé trois points au total pour chaque essai sur
un échantillon donné. Les deux premiers points correspondent à de simples dissolutions alors
que le dernier point correspond à une extraction classique.
Figure 6. 38 - Principe de l'extraction séquencée

Des essais de TBA et de spectroscopie infrarouge sont réalisés sur les liants récupérés afin de
connaitre leurs caractéristiques. Les quantités de bitume récupéré à chaque extraction étant
très faible, nous n’avons pas pu réaliser d’autres essais de caractérisation (pénétrabilité). Les
pourcentages de désenrobage de chaque couche des ECF recyclés (avec 50% des GBR)
thermique et photochimique sont présentés dans le tableau 6.31.

Tableau 6. 18 - Pourcentages de désenrobage des ECF recyclés après des extractions séquencées
ECF recyclé thermique ECF recyclé photochimique
Point 1 Point 2 Point 3 Point 1 Point 2 Point 3
(%) (%) (%) (%) (%) (%)
J0 33 12 55 33 14 53
J14 15 12 73 13 16 72
J21 45 31 24 - - -

Les résultats de la TBA sont présentés dans le tableau 6.32.

Tableau 6. 19 - TBA des liants extrait des ECF recyclés après des extractions séquencées
ECF recyclé thermique ECF recyclé photochimique
Point 1 Point 2 Point 3 Point 1 Point 2 Point 3
(°C) (°C) (°C) (°C) (°C) (°C)
J0 53 51 61 51 54 57
J14 53 55 59 59 53 59
J21 56 55 56 - - -

En analysant les résultats de TBA, nous pouvons constater une augmentation des TBA entre
les points 1 et 2, et 2 et 3, au jeune âge. Ceci signifie que les liants des couches d’enrobage
superficiel sont moins durs que celles qui sont profondes. Par contre cette différence
s’atténue dès le J14 pour le vieillissement photochimique et à J21 pour le vieillissement
thermique. Ceci s’explique par le vieillissement du bitume de l’émulsion dans le temps.

Tableau 6. 20 - Indices d'oxydation des liants extraits des ECF recyclés après des
extractions séquencées
ECF recyclé thermique ECF recyclé photochimique
Point 1 Point 2 Point 3 Point 1 Point 2 Point 3
J0 0.4 - 0.5 0.32 - 0.4
J1 1.3 0.7 1.2 1.52 0.5 1.7
4
J2 0.9 1 0.6 - - -
1

Les résultats de la spectroscopie IR sont présentés dans le tableau 6.33. Nous ne retrouvons
pas les évolutions entre les points 1, 2 et 3 obtenues sur TBA.
Nous pouvons également dire qu’à priori, dans nos conditions de vieillissement, il n’y a pas
d’interaction entre les deux liants car s’il tel était le cas, le liant devrait être uniforme donc
des caractéristiques identiques. Cependant certains résultats des troisièmes points que ce soit
la TBA ou la spectroscopie infrarouge sont aberrants et restent à vérifier.

9.5. Calage entre les « ECF échelle labo » et « ECF échelle réelle »
Des échantillons d’ECF extraits d’un chantier effectué par PROBINORD et qui date depuis
10 ans ont été découpés et préparés pour l’extraction et la récupération.

Figure 6. 39 - Échantillons d'ECF extraits d'un chantier de PROBINORD

Après extraction et récupération, les liants issus des carottes ont été caractérisés comme le
montre le tableau 6.34.

Tableau 6. 21 - Caractérisation des carottes d'ECF


TBA (°C) 59
Pénétrabilité (1/10mm) 25
Indice C=O 4.4

La comparaison de la valeur de pénétrabilité des carottes d’ECF (25 1/10mm) et des ECF
(vierge et recyclé, thermique et UV) fabriqués en laboratoire montre qu’après 21 jours de
vieillissement à 44°C, on n’a pas encore atteint le même vieillissement que les carottes
(âgées d’environ 10ans). Par contre on peut également comparé aux résultats de l’étude du
vieillissement thermique à 85°C (Tableau 6.35).

Tableau 6. 22 - Rappel des caractéristiques des liants extraits d’ECF vieillis en laboratoire
à 85°C (Rapport Oscar SANOU)
J1 J5 J9 J11 J14
TBA (C°) 51 55 57 58 61
Péné (1/10 mm) - 25 60 40 35 33 30
°C
Ic=o 1,33 2,63 3,52 4,92 6,21

On constate au bout de 14 jours l’obtention d’un liant avec des caractéristiques comparables
à celui extrait de la carotte de chantier (légèrement plus oxydé sur l’échantillon testé en labo).

11. Étude de l’impact des constituants de l’ECF sur le vieillissement ultraviolet


Cette étude complémentaire a pour objectif de mettre en évidence les effets des rayons
ultraviolets arrivant directement sur le matériau de chaussée bitumineuse placée en couche de
roulement, comme l’ECF par exemple, comparativement à un simple effet thermique de la
chaleur dans la masse du matériau bitumineux. Ne pouvant dissocier l’effet thermique et UV,
nous allons mener la comparaison sur des échantillons exposés à la fois à des effets des
ultraviolets et de la température par rapport à d’autres n’ayant subis que les effets de la
température. Cette étude permettra également d’évaluer l’influence de divers paramètres tels
que la nature du bitume ou encore l’épaisseur du film des échantillons.

11.1. Procédure expérimentale de l’étude


11.1.1. Identification des différents paramètres d’études
Plusieurs paramètres ont été identifiés comme pouvant influer sur les échantillons : Des
enceintes de conceptions différentes, en effets des enceintes différentes peuvent fausser les
résultats. La température, l’humidité, la distance lampes UV – échantillons, l’occultation,
l’épaisseur du bitume et les durées d’expositions et la nature du bitume utilisé. Il a été choisi
de garder fixe certains paramètres et d’en faire varier d’autres tel que cités dans le tableau
6.37.

Tableau 6. 23 – Paramètres de l’étude


Paramètres fixes Paramètres variables
 Une unique  Hauteur
enceinte de  Occultation
vieillissement  Epaisseur du liant utilisé
 Température  Durées d’exposition
 Humidité  Nature des échantillons (Bitume pur ou acidifié)

Une seule enceinte a été utilisée car des expériences passées ont montrées qu’utiliser des
enceintes de conceptions différentes pouvaient fausser les résultats. La température et
l’humidité sont gardées constantes.

11.1.2. Paramètres de l’enceint UV


L’enceinte a été réglée à une température de 44°C et une humidité de 50%.
Les distances lampes UV –échantillons sont les suivantes : Environ 25cm pour les hauteurs
standards et 12,4cm pour les hauteurs intermédiaires (notés H2 par la suite)

11.1.3. Préparation des échantillons : boites de pétri


Deux bitumes ont été utilisés pour mener ces essais à savoir un bitume 70/100 sans additifs et
un bitume 70/100 avec un additif acidifiant
Figure 6. 40 – Fabrication des échantillons

La première partie de l’étude se fait avec 34 boîtes de pétri (Figure 6.58) dans lesquelles ont
été coulés l’équivalent d’1mm de bitume en hauteur. Les paramètres d’exposition sont les
suivants :
 Bitume avec additifs ;
Thermique ;
UV et thermique ;
 Bitumes purs ;
Thermique ;
UV et thermique ;
UV et thermique hauteur H2.

Les prélèvements se font à 800h, 1600h, 2400h et 3200h, excepté pour le bitume en hauteur
intermédiaire pour lequel les prélèvements commencent au bout de 1600h.

Il y a deux boites de pétri par temps d’exposition, sauf pour la hauteur standard en thermique
et bitume additivé où il y en a qu’une seule et pour la hauteur intermédiaire en UV et bitume
pur où les essais commencent à 800h. La première boîte est destinée à la spectroscopie et la
seconde à la TBA.
La spectroscopie est effectuée à partir de 6 prélèvements : 3 en surface sans homogénéisation
et 3 en profondeur après homogénéisation locale du liant.

11.1.3. Préparation des échantillons : lames de KBr

L’exposition aux UV va agir sur de très faibles épaisseurs et donc une exposition sur un film
très mince était une variante intéressante.
Pour mener cette expérimentation sur très faible épaisseur, nous avons déposé un film mince
sur des lames de KBr (servant par la suite à l’analyse IR). Les expériences sur lames KBr ont
la particularité d’être non destructive. En effet nos lames peuvent être exposées dans
l’enceinte UV puis après passage à la spectroscopie IR, elles peuvent être remises à l’étuve
pour poursuivre le vieillissement.
Deux lames ont été utilisées, chacune ayant une couche en moyenne de 80µm de
bitume pur. La première a été exposée aux rayons ultraviolets tandis que l’autre n’a subi que
les effets de la température. Elles ont toutes les deux été placées à la hauteur standard.
Les analyses infra rouges ont été faites 1 fois par semaine pendant 3 mois puis une 1
fois par mois pour une durée totale de 5 mois.

Figure 6. 41 - Lames de KBr


11.1.4. Moyen de caractérisation
Plusieurs niveaux de caractérisation ont été choisis pour évaluer les effets du vieillissement
dans les différentes conditions exposées précédemment. Ces moyens de caractérisation sont :
 l’observation visuelle;
 un test conventionnel pour déterminer la température de ramollissement bille-
anneau ;
 Un test physicochimique : la spectroscopie Infra-rouge pour déterminer l’indice
carbonyle et l’indice sulfoxyde avec des techniques d’analyse associées (mode
opératoire et la macro MURE (définie dans un projet national français) et une
analyse des données au travers d’un script en langage python (développé pour cette
étude)
Il est à noter que toutes ces analyses ont été menées sur les boites de pétri et que seule la
spectroscopie infra rouge a été réalisée sur les lames de KBr.
11.2.Résultats
11.2.1. Apparence visuelle
Visuellement le bitume exposé aux UV (à gauche) présente un aspect irrégulier de sa surface
tandis que le bitume non exposé (à droite) à un aspect lisse et réfléchissant (Figure 6.60).

Figure 6. 42 – Boites de pétri après 3200h exposée aux UV (gauche) et non exposée (à
droite)

11.2.2. Point de ramollissement bille et anneau (TBA)


N’ayant pas assez de matière sur les lames de KBr, les TBA n’ont été pratiquées que sur les
boîtes de pétri (Figure 6.61).
61.0
Température de ramollissement

59.0
57.0
55.0
53.0
51.0
49.0
47.0
45.0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
Durée
BP UVTh BP Th BA UVTh BA Th BA UVTh H2

Figure 6. 43: Températures bille anneau


Les températures Bille-anneau augmente au fil du temps. L’augmentation est plus rapide
pour les bitumes exposés aux ultraviolets que pour les thermiques seules, celui en hauteur
ayant les températures de ramollissement les plus élevées.
On remarque par contre aucun effet notable de l’additif sur la cinétique de vieillissement
avec des évolutions comparables pour le BP et le BA pour des expositions identiques.
Un bitume 70/100 a un point de ramollissement compris entre 43 et 51°C. On note ainsi que
les bitumes testés changent de classification après en moyenne 500 heures d’exposition.

11.2.3. Indices de vieillissement CO et SO


Le calcul des indices est une opération répétitive et relativement longue à cause de la grande
quantité de spectre à analyser. La macro MURE ne permettant le calcul d’indices que sur un
seul spectre à la fois, c’est pourquoi un programme en langage python a été développé
(Figure 6.62). Il permet le calcul d’indices « à la volé » à partir de l’ensemble des spectres
enregistrés en format CSV (Comma Separated Values). La majorité des logiciels de
spectroscopie permettent d’éditer les spectres en CSV. Ce script permet un gain de temps
notable par rapport au calcul avec la macro MURE pour des résultats identiques à ceux
donnés par cette dernière.

Figure 6. 44.- Le programme Python

11.2.4. Evolution des vieillissements en boîtes de pétri UV


1.2

0.8
Indice CO

0.6

0.4

0.2

0
BP UV Surface BP UV Profondeur BA UV Surface BA UV Profondeur

864 936 1656


Figure 6. 45. - Evolution ICO après vieillissement UV en boîte de pétri

14
12
10
Indice SO

8
6
4
2
0
BP UV Surface BP UV Profondeur BA UV Surface BA UV Profondeur

864 936 1656

Figure 6. 46 : Evolution Iso après vieillissement UV en boite de pétri


Thermique
0.6

0.5

0.4
Indice CO

0.3

0.2

0.1

0
BP TH Surface BP TH Profondeur BA TH Surface BA TH Profondeur

936 1584 moyen

Figure 6. 47 - Evolution Ico après vieillissement thermique en boite de pétri


14
12
10
Indice SO

8
6
4
2
0
BP TH Surface BP TH Profondeur BA TH Surface BA TH Profondeur

936 1584 moyen

Figure 6. 48 - Evolution Iso après vieillissement thermique en boite de pétri

Pour les boites de pétri, dans le cas des expositions UV, on note que les indices augmentent
globalement avec le temps notamment pour les échantillons pris en surface. On note
également une légère différence entre surface (indice CO plus élevés) et profondeur. Pour les
expositions thermiques seules il n’y a pas de différences notables.
Cependant les différences entre surface, profondeur et thermique restent faibles avec
des indices CO inférieurs à 1%.

11.2.5. Evolution des vieillissements en lames de KBr

Indices SO
18.0%
16.0%
14.0%
12.0%
Indice SO

10.0%
8.0%
6.0%
4.0%
2.0%
0.0%
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000

UV SO Durée (h) TH SO

Figure 6. 49 - Evolution Iso après vieillissement en lame KBr

Indices CO

300% 6.00%
UV CO TH CO

Indice CO Thermique
250% 5.00%

200% 4.00%
Indice CO UV

150% 3.00%

100% 2.00%

50% 1.00%

0% 0.00%
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Durée (h)

Figure 6. 50 - Evolution ICO après vieillissement en lame KBr

Sur les lames de KBr, les différences sont notables : les échantillons UV ont des indices plus
élevés que les thermiques. L’indice CO atteint des valeurs très élevés de l’ordre de 250%
pour les ultraviolets, en effet l’aire du pic des Carbonyles est plus grand que celui des pics de
référence (Figure 6.67 et 6.68). Cette étude complémentaire a mis en évidence les effets des
ultraviolets. Les échantillons exposés aux UV vieillissent plus rapidement que ceux ne
subissant que les effets thermiques et ce vieillissement est d’autant plus rapide que
l’exposition aux UV est élevée. Ces expériences ont été menées sur deux épaisseurs et
limitées à 3200h. La prolongation de l’exposition sur une plus longue durée et sur des
épaisseurs intermédiaires permettrait d’affiner ces résultats. Il faudra par la suite faire un
rapprochement entre les conditions en laboratoire et les conditions réelles.

12. Conclusion
Cette étude a permis le développement d’une méthodologie de vieillissement thermique et
photochimique accélérés en laboratoire sur ECF.
Ainsi concernant le vieillissement thermique , la simulation en laboratoire de celui-ci
permet ainsi de passer d’un bitume de classe 70/100 au départ, à un bitume de classe 20/30
après 14 jours dans une étuve ventilée, à 85 °C. Le bitume a donc perdu 4 classes de
consistance. Cette procédure peut être considérer comme une bonne simulatrice du
vieillissement « RILEM+LCPC ». La TBA, la pénétrabilité, la rhéologie et les pics carbonyle
(CO) et sulfoxyde (SO) de la spectroscopie infrarouge confirment bien ces résultats. Ce
même phénomène a pu être constaté sur les ECF avec 20, 50 et 100 % GBR. Les formules
des ECF avec 50 et 100 % GBR ont été calée avec apport d’additif (fibres de verre fourni par
PROBINORD) et une correction de la granulométrie par des fines calcaires, afin
d’augmenter la cohésion. En revanche, aucune donnée de terrain ne nous permet de conclure
sur la durée simulée en laboratoire par rapport au chantier.
Nous avons pu constater qu’en incorporant une proportion donnée de GBR dans l’ECF (dans
notre cas de 20 à 100 %) la proportion de liant apporté par les GBR dans le liant total de
l’ECF n’est pas proportionnellement égale aux GBR incorporés dans l’ECF comme cela
puisse paraitre. La proportion de bitume apporté par les GBR est plutôt inférieure à celle de
GBR introduit dans l’ECF.
. La simulation de l’évolution de l’émulsion a permis de faire une comparaison avec
l’évolution de l’ECF ; cette expérience nous a permis de constater une bonne concordance
aux différents stades de vieillissement (nombre de jours passés à l’étuve). L’extraction
séquencée a permis de comprendre certains phénomènes liés à l’interaction entre le liant
d’apport et le liant de GBR .
L’étude de l’impact du vieillissement photochimique en comparaison avec le thermique sur
des ECF vierges et recyclés a permis de conclure que l’épaisseur de l’émulsion joue un rôle
très important dans l’avancement du vieillissement photochimique : les émulsions
d’épaisseur 1.5mm ont vieilli plus que les émulsions d’épaisseur 3mm. Ces résultats ont été
confirmés par les essais de consistance (TBA et pénétrabilité) ainsi que par spectroscopie IR.
La comparaison de deux vieillissements photochimique et thermique a révélé un
comportement quasi-similaire des liants résiduels qui ont passé de grade 70/100 au grade
50/70 après 21 jours de vieillissement. Néanmoins, le vieillissement photochimique était
légèrement plus important que le vieillissement thermique tel qu’il a été démontré par
spectroscopie IR et par rhéologie.
La caractérisation des liants extraits des ECF vierges thermique et UV a montré que leurs
propriétés sont équivalents (Δ (Pénétrabilité) faible). La rhéologie a également confirmé cette
conclusion.
L’incorporation des GBR a engendré le changement de la classe de bitume dès le premier
jour de vieillissement (35/50). La spectroscopie IR ainsi que la rhéologie ont confirmé que,
quel que soit le vieillissement thermique ou photochimique, le liant extrait des ECF recyclés
est toujours plus rigide donc plus vieilli que celui extrait des ECF vierges. En se basant sur
les critères SHRP, les ECF thermiques recyclés ne se déforment d’une manière permanente
qu’au-delà de 65°C.
Nous avons également optimisé les paramètres de l’extraction séquencée, cette technique qui
nous permettra d’obtenir des informations concernant le double enrobage des ECF recyclés et
déterminer ensuite le rôle du liant des GBR à long terme dans le mélange.
Les analyses effectuées sur les liants extraits de carottes en provenance d’un chantier
Probinord datant de 10 ans ont permis de faire une comparaison entre les vieillissements
laboratoire et in situ. Les résultats ont montré qu’après 21 jours de vieillissement à 44°C, on
n’a pas encore atteint le même vieillissement que les carottes (âgées d’environ 10ans). Par
contre 14 jours à 85°C en vieillissement thermique semblent permettre de simuler le
vieillissement in situ d’ECF au bout de 10 ans.
Ce travail a montré la complexité de travailler sur le vieillissement photochimique des liants
bitumineux, d’une part à cause des préparations expérimentales, mais aussi par la difficulté
de le comparer au vieillissement thermique, en utilisant les mêmes indicateurs (Ic=o).
Pour enrichir cette étude, il sera nécessaire d’effectuer un vieillissement UV et thermique à
plus long terme et/ou à une température supérieure à 44°C ce que nous permettra d’accélérer
encore plus le processus de vieillissement. Il sera également nécessaire de préciser
l’épaisseur de vieillissement UV sur les films de bitume.

Vous aimerez peut-être aussi