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LESCOMPACTS
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LESCOMPACTS

1. Les œ u v r e s ~ clés de la m u s i q u e 14. L'histoire de France


Jean-Jacques Soleil et Guy Lelong des origines à 1914
Préface de Maurice Fleuret Pierre Bezbakh
2. Les g r a n d e s découvertes 15. Les maîtres de l'occultisme
de la science
Gerald Messadié
André Nataf
16. Les grands créateurs de jazz
3. Les stars du s p o r t Gérald Arnaud
Jean Boully
et Jacques Chesnel
4. Les films ~ clés du c i n é m a Préface de Claude Nougaro
Claude Beylie
17. Florilège de la chanson
5. Les g r a n d e s affaires criminelles française
Alain Monestier Jean-Claude Klein

6. Les stars du football 18. 50 ans de musique rock


Jean Boully Philippe Paraire
Préface de Thierry Roland Préface de José Artur
7. Les g r a n d e s figures des mythologies 19. Les stars du Tour de France
F e r n a n d Comte Jean Boully
8. Les a c t e u r s français 20. Les maîtres du cinéma
André Sallée français
Claude Beylie
9. Les g r a n d e s inventions et Jacques Pinturault
de l ' h u m a n i t é
Gerald Messadié 21. Histoire de la France
contemporaine
10. Les m a î t r e s spirituels de 1914 à nos jours
Jacques Brosse Pierre Bezbakh
11. Le c i n é m a de Hollywood 22. Les livres sacrés
Philippe P a r a i r e Fernand Comte
12. Les g r a n d s navigateurs 23. Les stars du rugby
en solitaire Richard Escot
Benjamin Lambert et Jacques Rivière
Préface d'Alain Bombard Préface de Serge Blanco
13. Les grandes inventions
du monde moderne
Gerald Messadié
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Robert Deleuse

L e s

m a î t r e s

d u r o m a n

p o l i c i e r

Bordas
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Responsable d'édition : Olivier Juilliard


Édition : Bernadette Jacquet
Préparation : Ghislaine Malandin
Correction : Nathalie Eloïse-Pillerault
Composition et mise en pages : Edicompo - 51063 Reims

Achevé d'imprimer en mars 1991 par :


Imprimerie Jean-Lamour, Maxéville

Dépôt légal : avril 1991


© Bordas S.A. Paris, 1991
ISBN 2-04-019557-2
ISSN 0985-505X

Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses
ayants droit ou ayants cause, est illicite (loi du 11 mars 1957, alinéa premier de l'article 40). Cette représentation
ou reproduction, par quelque procédé, que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles
425 et suivants du Code pénal. La loi du, 11 mars 1957 n'autorise, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, que
les copies ou reproductions strictement reservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation col-
lective, d'une part, et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration.
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Avant-propos A Jean-Marie Émond,


mon maître ès libertés

Comme le lecteur aura pu le constater à la lecture du sommaire,


l'ordre chronologique a prévalu sur l'ordre alphabétique. A cela une
raison simple mais fondamentale autour de laquelle s'est articulée
l'idée originelle : parcourir cent cinquante ans de littérature « poli-
cière» en tentant de rassembler le maximum d'informations tout en
la resituant dans le contexte historique. Dans cette perspective, il
allait de soi q u ' a u plus on mentionnerait d'auteurs, au plus on
tutoierait la difficulté. C'est pourquoi le lecteur voudra bien ne tenir
compte (dans cette chronologie) que des auteurs apparaissant en gras
dans le sommaire. Ce qui ne signifie pas pour autant que les autres
ont été exclus de cet ordre. A l'exception de ceux présentés en groupe,
on peut même dire que, pour la plupart d'entre eux, la chronologie a
été respectée. Toutefois, quelques-uns dérogent à la règle.
Il ne paraît pas davantage superflu de conseiller à ce même lecteur
de lire cet ouvrage de manière continue, comme il le ferait avec un ro-
man, plutôt que de vouloir y entrer au petit bonheur la chance, auquel
cas il risquerait d'y perdre la vue d'ensemble des actes et des gens, de
même que l'idée-maîtresse qui a guidé de bout en bout cette entreprise.
P a r ailleurs, la consensualité n'étant que le sédiment de l'unifor-
misation de la pensée, qu'on n'attende pas de ce «dictionnaire» qu'il
adopte le profil fuyant de la neutralité bienveillante. Dès qu 'il s'agit
de prendre parti, il n 'hésite pas. Il faut dire que son auteur a la fai-
blesse de croire que, face à toutes ces idées bien arrêtées qui régis-
sent et meublent le monde, les vôtres et les siennes ont su rester en
alerte et donc en mouvement.
Remercier ici tous ceux qui, au cours de ces huit mois de travail
intensif, m'ont permis de ne pas voyager seul serait impossible. Sachez
que la plupart d'entre vous figurent en bonne place dans ces pages où
vos ouvrages les plus connus comme vos travaux les plus anonymes
sont cités, même s'il est clair que les propos qui vont suivre n 'enga-
gent que moi-même. Ce que j ' a i voulu, par-dessus tout, c 'est dire un
enthousiasme et le faire partager.
Un dernier mot avant de céder la page au texte proprement dit : voici
vingt ans, un professeur de philosophie m'a appris à penser hors des
cadres établis, à me forger des faits et des hommes une opinion qui
soit la mienne et non celle que colporte la rumeur ou l'institution. Je
lui dois beaucoup de mon indépendance d'esprit. C'est à lui, vingt ans
après, que j e dédie cet ouvrage.
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Ouverture
«Pour être juste, autrement dit pour avoir
sa raison d'être, la critique doit être
partiale, passionnée, politique, c'est-à-dire
faite à un point de vue exclusif mais au
point de vue qui ouvre le plus d'horizons. »
Charles Baudelaire

Genre littéraire prisé ou méprisé par excellence, le roman policier n'a pas
à rougir ni à s'enorgueillir de la situation qui lui est faite, laquelle diffère
fort peu, par ailleurs, de celle qu'a connue le roman généraliste lui-même
et qui ne l'a jamais privé de connaître l'expansion sauvage que l'on sait,
en un peu plus de trois siècles, rasant tout ou presque sur son passage, au
point de faire tomber dans les oubliettes de l'Histoire des pans entiers
d'expressions littéraires pourtant fort en veine à l'époque même où il se
battait, seul contre tous, pour une reconnaissance officielle. Il faut bien
dire que sans les multiples angles de tir qu'il s'est offerts pour assurer
une puissance de feu continue et polyvalente, le roman généraliste aurait
sans doute disparu de la surface des lettres tant les attaques à son
encontre furent portées sans ménagement aucun. Mais, d'intrigues épis-
tolaires en stratagèmes picaresques, d'expédients sentimentaux en imbro-
glios fantastiques, de machinations policières en fabulations gothiques,
de trames «sciences-fictives» en noirs desseins, il a su multiplier les per-
cées pour se dégager de la poche restante où on aurait aimé le voir se
maintenir et faire céder un à un barrages et entraves pour venir asseoir
son autorité et l'y inscrire, jusqu'à ces dernières décennies, sans trop de
problèmes.
Le roman policier (de type énigmatique, dit déductif, et de type social,
dit noir) constitue une de ces armées qui contribuèrent, au cours du
temps, à imposer le roman comme contrée dominante sur la carte littérai-
[Link] pourquoi, ce type romanesque spécifique n'a pas à rougir ni à
s'enorgueillir de la situation qui lui est faite dans la république des
lettres. D'une part, parce qu'il a participé lui aussi, dans sa particularité
même, de l'immarescible ascension du généralissime roman, libérant une
littérature coincée dans ses carcans formalistes. D'autre part, parce que,
dans sa singularité propre, il est tout aussi responsable de l'évincement
progressif de nombre d'autres genres au profit quasi unique du seul uni-
vers romanesque.
Le problème qui s'est posé avec lui, au regard du roman généraliste ou
généralissime (fait de tous les autres romans : Le Procès est-il un roman
de procédure judiciaire comme l'on dit de Quai des Orfèvres qu'il est un
roman policier ? Typhon ou Moby Dick sont-ils des romans maritimes
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comme l'on dit de Un linceul n 'a pas de poches ou de La Position du


tireur couché qu'ils sont des romans noirs ? etc.), c'est qu'à l'inverse de
beaucoup d'autres bataillons littéraires, il ne s'est pas laissé noyer dans
la nasse. Bien au contraire, il a réussi à profiter du ghetto dans lequel les
gens de bon goût voulaient l'enfermer pour se forger un univers à soi, une
langue personnelle et une respiration singulière compris dans une dyna-
mique d'évolution permanente et qui lui ont peu à peu permis de trans-
gresser les interdits déclarés du saint des saints littéraires. Il conviendrait
de ne plus faire mine d'oublier que ce ne sont ni Gaboriau ni Leroux qui
sont allés à Dickens, pas plus que Burnett n'est allé à Faulkner, mais
l'inverse. De même que Lupin, Poirot, Maigret, Marlowe et consorts ne
sont pas devenus aussi célèbres et universels que les Tartuffe, Don
Quichotte, Hamlet et compagnie par le fait du seul facteur hasard.
Une origine controversée
L'opinion communément admise a ceci de commun avec la rumeur
qu'elle est souvent inexacte et ceci de voisin avec la calomnie qu'il en
reste toujours quelque chose. En ce qui concerne le roman policier, cette
opinion veut que ce type de littérature ait vu le jour par l'unique plume
d'un poète et journaliste américain de trente-deux ans. Les exégètes les
plus scrupuleux sont même capables de citer les date et lieu de naissance
très précis de ce roman-là : avril 1841, dans le Graham's Magazine, à
Philadelphie. Voilà la preuve d'une belle conscience professionnelle.
D'éminents analystes ayant décidé une fois pour toutes qu'il n'était pas
question d'admettre que la fiction policière eût pu précéder la police
organisée elle-même, et que celle-ci ne serait effectivement née qu'au
XIX siècle, il est clair, en cette occurrence, que l'année 1841 est seule à
même de marquer la date symbolique. Mais est-ce bien suffisant ?
L'argument principal des adhérents à cette idée reçue rejoint celui du
critique britannique George Bates qui notait : «Si Chaucer n'a rien dit
des aéroplanes, c'est qu'il n'en avait jamais vu. Comment donc pourrait-
il y avoir des récits policiers avant que les policiers n'existent ?» Voilà
un raccourci à peine torride qui n'explique pas pourquoi Jules Verne a
songé aux vaisseaux interplanétaires bien avant leur envoi dans l'espace.
D'autant que si les aéroplanes n'existaient pas du temps de Geoffrey
Chaucer, il y avait beau temps déjà que la police avait eu tout loisir pour
commettre ses légendaires bavures.
C'est, en effet, en Égypte, trois mille ans avant notre calendrier, que se
manifestèrent les premiers symptômes d'une police organisée, confiée à
un nomarque qui cumulait les fonctions de commissaire du gouverne-
ment et de président du tribunal. Le XI statut du code de Ménès (l'un des
premiers rois pharaons) stipulait : «On coupera le poing aux faux-mon-
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nayeurs, le nez aux femmes adultères et le membre viril aux hommes


violant des jeunes filles.» Pour ne pas être en reste, la Chine ancienne
avait, pour sa part, affecté un fonctionnaire de police à chaque rue avec
pour mission de tenir un fichier des habitants et de surveiller les éléments
subversifs. Fouché et Vidocq n'ont rien inventé... Quant à l'empire Inca,
il n'avait rien trouvé de mieux que de soumettre jour et nuit, au contrôle
d'un mayoc, des groupes de dix familles, avec pour mission de surveiller
chacun des membres dans son travail, ses relations et jusqu'au nombre
des accouchements dans la maison.
En France, quand elle n'était pas encore tout à fait la France, c'est le
roi Clotaire II qui établit la fonction de commissaires-enquêteurs, ascen-
dants des premiers commissaires de police. Près de deux siècles plus
tard, l'empereur Charlemagne, plus connu pour avoir inventé l'école,
n'en créa pas moins la première sûreté publique...
La police organisée existait donc bien avant la lettre romanesque et elle
fonctionnait comme elle a toujours su le faire : en s'appuyant sur les
témoignages, les dénonciations et les renseignements de ses indicateurs.
Car si, comme le prétendent George Bâtes et ses adeptes, «l'enquête
policière professionnelle» n'avait réellement existé qu'au XIX siècle,
comment, alors, aurait-on pu procéder à l'arrestation de Louis-
Dominique Bourguignon, alias Cartouche, dénoncé aux forces de l'ordre
par l'un de ses ex-bras droits ? Comment aurait-on pu ordonner les
enquêtes qui conduisirent à la pendaison de Gilles de Rais ou Pierre de
Giac ? En attendant Vidocq ? Il n'y a qu'à croire, d'autant que La Reynie
était déjà passé par là...
William Shakespeare, à qui l'on pourrait attribuer l'une des multiples
paternités littéraires du type policier, n'a pas eu la patience d'attendre le
XIX siècle. Dans son théâtre grevé de complots, d'énigmes, d'enquêtes,
de règlements de comptes, il est une pièce que ne désavoueraient pas les
maniaques de la datation irrévocable. Il s'agit de Henri VI et, plus spéci-
fiquement, de cette réplique de Warwick : «Voyez comme le sang s'est
porté à la face. J'ai souvent observé des êtres morts naturellement : le
corps est d'un aspect cendré, blême, incolore, le sang ayant reflué en
masse vers le cœur agonisant [...]. Mais voyez comme son visage est
noir et gonflé de sang. Ses prunelles, plus saillantes que lorsqu'il vivait,
ont le regard fixe et sinistre d'un homme étranglé. Ses cheveux sont dres-
sés, ses narines dilatées par la convulsion. Il est impossible qu'il n'ait pas
été assassiné. Le moindre de ces signes en fournirait la preuve.» On ne
saurait être plus convaincant. Nous sommes en 1592. La poudre porphy-
risée, le film gélatiné, l'analyse thermo-différentielle ou l'étude spectro-
nimique n'ont pas encore cours. Et pourtant, trois siècles avant le grand
Holmes (qui n'a jamais mieux dit), Warwick donne du cadavre de
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Glocester une description que n'aurait pas désapprouvée l'honorable Ti


Jen Tse soi-même. Mais l'on pourrait tout aussi bien citer, plus loin encore
dans le temps, tous ces «grands caciques bateaux» que sont les Hérodote,
Lysias, Homère, Tacite, Plutarque et quelques autres qui surent si bien
sceller le drame et l'épopée antiques à l'intrigue criminelle. Quant à
l'Œdipe de Sophocle, inutile de dire ici, dans le détail, combien son thème
générique a supporté de reproductions romanesques, théâtrales et de pilla-
ges psychanalytiques sans pour autant perdre de sa hauteur, de son intérêt
et de son actualité. «Si Dieu n'existait pas, notait Fedor Dostoïevsky,
tout serait permis.» Autrement dit, Adam aurait pu se laisser aller avec
Ève en toute impunité et leurs progénitures s'entre-tuer sans conséquen-
ce. Seulement voilà : à cette époque-là, Big Father Jéhovah existait enco-
re et n'en perdait pas une miette. Il suspecte donc Caïn d'avoir trucidé
Abel. C'est là que tout commence, le reste n'est qu'engrenage...
L'Histoire de l'humanité admet pêle-mêle et sans broncher l'homme de
Tautavel, les artistes de Lascaux, la femme préjinzanthrope aussi bien que
les chevaliers de Malte, la guerre de Sécession, la Commune de 1871,
etc. De même que l'histoire plus spécifique du cinématographe, pour
savoir réellement de quoi elle parle, ne peut se contenter d'une seule date
et d'un seul nom (28 décembre 1895, Louis Lumière) et négliger ceux de
Méliès, d'Edison ou de Pathé aussi bien que ceux de Marey, Plateau,
Fitton et Paris ou de l'étude du phénomène de persistance rétinienne qui
remonte à Ptolémée via Newton sans oublier la caverne platonicienne
avec ses ombres mouvantes qui n'est pas si éloignée que cela de la roue
de Faraday. Et l'on pourrait ainsi additionner les exemples à l'infini.
C'est en quoi nous ne comprenons pas très bien la raison pour laquelle
le roman policier devrait se voir dispensé d'une préhistoire qui lui appar-
tient en propre et qui s'étend approximativement de la tragédie grecque
au drame shakespearien, ainsi que d'une protohistoire qui lui revient de
fait et qui s'étale grosso modo de Zadig à la rue Morgue en passant par Le
Château d'Otrante, Les Mystères d'Udolphe, Le Moine, Frankenstein...
n'en déplaise aux forcenés de la datation inamissible et à la critique bien
penchante qui ne saurait mêler torchons plus blancs que blancs et ser-
viettes un rien douteuses ou, si l'on aime mieux, la bonne grande littéra-
ture adulte à la petite mineure teigneuse qu'incarnent à ses yeux le roman
policier et ses dérivés.

Erreur sur le père


De la même manière qu'on a voulu clouer à l'aide d'une date pointue
l'origine de l'intrigue policière de fiction, on a voulu compresser le roman
policier de type énigmatique/déductif dans un étau tellement serré qu'on
a fini par l'étouffer. En ce sens, Edgar Allan Poe constitue la plus mau-
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vaise référence possible, sans pour cela que l'auteur y soit pour quelque
chose. Car Poe n'est pas le père stricto sensu du roman policier et il ne
l'est même devenu, par la grâce de quelques quidams en mal d'idoles,
q u ' à son corps défendant. N'écrivait-il pas lui-même : «Les hommes
d'aujourd'hui ont besoin de choses brèves, courtes, bien digérées, en un
mot de journalisme au lieu de dissertations.» Exit donc, chez lui, l'idée
d'œuvre romanesque et plus encore de pavé. C'est en quoi la réflexion de
Michel Zéraffa, dans son introduction aux Histoires extraordinaires,
prête à sourire quand il note : «Né plus tôt et en Angleterre, Poe eût écrit
un Hauts de Hurlevent. Né à la fin du XIX siècle, on l'imagine l'auteur
de Le Bruit et la Fureur. » Écrire cela, c'est ne rien comprendre à la natu-
re même de l'œuvre d'Edgar Poe et, corollairement, la dénaturer. Car au
c o n c e p t de roman, Poe choisit celui de conte et il rédige D o u b l e
Assassinat dans la rue Morgue (avril 1841), bientôt suivi par deux autres
récits de la même veine, La Lettre volée (novembre 1841) et Le Mystère
de Marie Roget (décembre 1842). Mais à la différence d'une Anna K.
Green qui emploie sciemment l'expression de «detective story» pour
sérier un type de littérature bien déterminée (L'Affaire Leavenworth,
1878), Edgar Poe, lui, n'adjoint pas au mot conte l'épithète de policier ou
de détective, mais le substantif de «ratiocination». Ainsi donc, selon
Edgar Allan lui-même, Poe écrit des contes de ratiocination. De plus,
Poe ne crée pas un personnage entièrement nouveau : le détective qui, tel
que le fait justement remarquer Francis Lacassin, appartient «à l'auteur
et personnage des Mémoires de Vidocq», parus en 1828 et que Poe a lus
puisque son Dupin n'est rien d'autre que l'homonyme d'un mathémati-
cien auquel le premier flic de France fait allusion dans «ses» Mémoires.
Toutefois, poursuit Lacassin dans Mythologie du roman policier, Poe «a
eu le mérite de créer un archétype littéraire : le détective amateur,
l'homme qui collectionne les énigmes comme d'autres les objets». En ce
sens, l'on peut dire de Poe qu'il est bien le créateur de ce personnage lit-
téraire nouveau. Le problème avec ce raisonneur-né, c'est qu'il use son
esprit de déduction jusqu'à la corde et, en même temps, l'esprit littéraire
proprement dit. Il ne s'agit plus de faire vivre des personnages, mais de
résoudre une énigme comme on dirait une équation. Il ne s'agit donc plus
de littérature, mais de mathématique. «La seule présence de Dupin, expli-
quent Boileau-Narcejac dans Le Roman policier, rend inutiles d'autres
personnages, avec leurs conflits, leurs peines, leurs douleurs. Avec lui, le
lecteur n'a ni le temps ni le désir de s'apitoyer, de frémir. Il se donne seu-
lement l'illusion de penser. Ce qui est sacrifié au départ, c'est la peur.
Poe ébranle bien nos nerfs par le spectacle rapide d'un crime épouvanta-
ble, mais il ne module pas cette émotion brute, il n'en fait pas un senti-
ment savamment nuancé. La cruauté n'est là que pour lancer l'enquête,
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lui donner en quelque sorte sa vitesse initiale.» Ce qui intéresse Poe,


c'est le problème posé et son élucidation. Partant, dans la plupart des cas
de faits divers, Poe se moque comme d'une guigne du réalisme et de la
réalité. Il ratiocine, répétant à l'envi l'attitude mécaniste du joueur
d'échecs. De quoi s'agit-il, en effet ? Comme le démontre François Fosca
dans son Histoire et Technique du roman policier, ni plus ni moins que de
régler son affaire à un mystère d'apparence aussi inextricable que celui
de la Sainte Trinité. «Plus un cas paraît extraordinaire, note Fosca, plus il
est facile à résoudre. Lorsque l'on a éliminé toutes les impossibilités, ce
qui demeure, bien qu'incroyable au premier abord, est la solution juste.»
C'est à partir de là que Thomas Narcejac s'est posé à son tour la ques-
tion de savoir si le roman policier était vraiment de la littérature. Dans
l'essai qu'il a écrit avec son complice Pierre Boileau (op. cit.), le célèbre
tandem cite une réflexion d'un nommé Paul Alexandre au sujet de la
«vraie» et de la «fausse» littérature : «Pour écrire un roman policier, on
doit obligatoirement tenir ses personnages en mains de la première à la
dernière page, comme le montreur tient ses marionnettes ; il est absolu-
ment impossible de leur accorder la moindre liberté, de se laisser guider
par eux comme le fait presque toujours un bon romancier [...]. La néces-
sité du mystère est présente de la première à la dernière ligne ; elle sclé-
rose chaque description, chaque dialogue, chaque analyse de caractère. »
Décomposons : tout d'abord, Paul Alexandre oppose, comme tout esprit
limité qui se respecte, les auteurs de romans policiers aux bons roman-
ciers. Le refrain est connu, nous n'insisterons pas. «La nécessité du mys-
tère, écrit ce M. Alexandre, sclérose chaque description.» Ainsi, quand
Gaboriau (qui n'était pas un foudre littéraire) écrit : «Bougival est un
pays aimable, peuplé tous les dimanches de canotiers et de canotières»
ou lorsque Leroux note : «Le presbytère n'a rien perdu de son charme ni
le jardin de son éclat», ils sclérosent. Mais quand Proust écrit : «Long-
temps, je me suis couché de bonne heure», il aère. En hauteur et en pro-
fondeur. Selon Paul Alexandre, Proust n'est pas conditionné par sa
première ligne. Il peut ensuite laisser libre cours à son imaginaire, son
style, ses personnages. Il n'y a qu'à croire. Poursuivons : «La nécessité
du mystère sclérose le dialogue.» Ainsi, quand on lit dans La Nuit du
carrefour l'échange suivant : «— Vous maintenez toutes vos déclara-
tions ? — Je les maintiens. — Vous vous rendez compte de ce qu'elles
ont d'invraisemblable ? — Je m'en rends compte, mais je ne puis mentir.
— Vous espérez être remis en liberté faute de preuve formelle ? — Je
n'espère rien.» Toujours d'après M. Alexandre, Georges Simenon scléro-
se. En revanche, quand on lit : «— Paestra, c'est le nom. Rodrigo
Paestra. — Rodrigo Paestra. — Oui, et celui qu'il a tué, c'est Perez. Toni
Perez. — Toni Perez... A quelle heure a-t-il tué Perez ?», il va de soi que
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dans son Dix Heures et demie du soir en été, Marguerite Duras aère. Cela
se sent tout de suite, non ?
Même Boileau-Narcejac qui citent, en appui de leur démonstration, cette
«réflexion» de Paul Alexandre ne peuvent pas y croire complètement.
Toutefois, ils n'en doutent pas moins. Assez en tout cas pour écrire : «Il
est vrai que les rapports entre l'imagination et l'intelligence ne sont pas
exactement les mêmes quand on écrit un roman et quand on invente un
roman policier. »
Et d'abord, pourquoi devrait-on «écrire» un roman généraliste mais
«inventer» un roman dit policier ? Il nous faut, je crois, revenir à Edgar
Allan Poe et à sa Genèse d'un poème. «S'il est une chose évidente, écrit
Poe, c'est qu'un plan quelconque, digne du nom de plan, doit avoir été
soigneusement élaboré en vue du dénouement, avant que la plume
n'attaque le papier. Ce n'est qu'en ayant sans cesse la pensée du dénoue-
ment devant les yeux que nous pouvons donner à un plan son indispen-
sable physionomie de logique et de causalité en faisant que tous les
incidents tendent vers le développement de l'intention.» Tout est parti de
là. De la transformation de ce postulat en vérité universelle et inébran-
lable. Le plan comme absolu indépassable. L'opération étau. Le «lime,
sculpte, cisèle» de Théophile Gautier appliqué à la mathématique dévo-
reuse de littérature. C'est pourquoi, en dehors des raisons exposées plus
haut, faire d'Edgar Poe le seul «inventeur» du roman policier stricto sensu,
c'est non seulement rétrograder ce type de littérature au rang d'un «im-
mobile» mécanicien, calculateur et «enfermatoire», mais aussi fausser
totalement la partie qui se joue. Car, dans le même temps que Poe crée
effectivement son personnage de détective amateur, il tue dans l'œuf le
type de littérature qu'il pouvait réellement lui associer, mais qu'il n'a nul-
lement pressenti, masqué qu'il était par les impératifs de sa propre logique
contraignante. Ses adeptes et autres disciples moutonniers ne feront
qu'enferrer le roman-problème dans cette voie de porte étroite qui
conduit au ghetto. Ils le savent bien, d'ailleurs, eux qui ne considèrent pas
Une ténébreuse affaire de Honoré de Balzac (publié la même année que
Double Assassinat dans la rue Morgue) comme un roman policier. N'y
a-t-il pas, cependant, dans ce roman, une enquête, un suspense, une énig-
me, des rebondissements et même une cour d'assises ? Que lui manque-
t-il alors pour être un vrai roman policier ? Écoutons Boileau-Narcejac :
«Balzac, créateur torrentueux, a toujours aimé le mystère pour le mystère,
le drame pour le drame. Il n'est pas l'homme de l'ambiguïté. Surtout, il
n'est pas un romancier capable d'écrire une histoire à l'envers, d'en ima-
giner la fin avant le début.» D'autant mieux, ajouterons-nous, qu'il n'est
aucunement question pour Balzac de détective cérébral qui ne saurait
faire fonctionner que sa seule matière grise. Or, d'une part Balzac n'avait
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pas besoin de ce type de personnage puisque son roman s'inspirait d'un


fait divers réel, mais, d'autre part, s'étant lié d'amitié avec François
Vidocq, il savait bien (comme le dira plus tard Malraux pour Faulkner)
que ce ne sont pas «Moustachu ni Tapinois qui font prendre le meurtrier
en fuite, mais la police des garnis». Ou, si l'on préfère, que le détective
cérébral qui fait avancer ses petites cellules grises sur un tas d'indices,
comme le joueur d'échecs avance ses pions sur l'échiquier, ne pourrait
rien dans Une ténébreuse affaire contre celui qui a décidé de faire mar-
cher les grandes jambes de ses indics. Car, ici, le romancier est libre,
spontané, explorateur. Et son roman est policier parce qu'il réunit en
même temps nombre d'ingrédients et de conditions pour qu'il le soit. Il
n'invente pas : il crée. Et son imaginaire prend le pas sur l'intelligence.
Ce que Hitchcock a très bien résumé quand il déclarait : «Il y a quelque
chose de plus important que la logique, c'est l'imagination.» Comme il
se doit dans tout roman qui se respecte : policier ou pas.
Ainsi, la porte que Poe entrebâille pour mieux la laisser se refermer sur
les doigts de cette typique littéraire fœtale, Balzac, lui, l'ouvre en grand
pour y laisser s'engouffrer les écrivains de bonne compagnie dont Emile
Gaboriau (via Charles Barbara) sera le chef de file.
La base de tout roman policier ne saurait se résumer à une histoire de
local clos et de plan à rebours. Les règles instituées par Poe ne regardent
que lui-même, tout comme, plus tard, celles de Van Dine, Knox et autres
faiseurs de règlements intérieurs à bon marché. Le romancier écrit
comme il sent. Et davantage encore, comme il peut. A l'allure à laquelle
produisait Georges Simenon, il serait étonnant qu'il ait pris le temps de
peaufiner de savantes théories. En revanche, Michel Butor (auteur d'une
poignée de romans généralistes) avouait dans un entretien avec
Madeleine Chapsal : «Je ne puis commencer un roman qu'après en avoir
étudié pendant des mois l'agencement, qu'à partir du moment où je me
trouve en possession de schémas dont l'efficacité expressive me paraît
enfin suffisante.» Ainsi, pendant que Simenon agirait (selon certains) en
romancier dit littéraire, Butor, lui, se comporterait (toujours d'après ces
mêmes certains) en auteur de romans dits policiers, type de littérature
qu'il semble par ailleurs honnir, puisque dans le même entretien il l'acco-
le avec mépris au roman pornographique.
C'est la diversité même du roman policier qui en fait sa richesse et son
originalité. Pourquoi vouloir le réduire à l'unidimensionnalité ? C'est
pourquoi, à la définition de Régis Messac : «Le roman policier est un
récit consacré avant tout à la découverte méthodique et graduelle, par des
moyens rationnels, des circonstances exactes d'un événement mysté-
rieux», nous préférerons celle de François Fosca : «On peut définir som-
mairement le roman policier en disant que c'est le récit d'une chasse à
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l'homme, mais ceci est essentiel, d'une chasse où l'on utilise ce genre de
raisonnement qui interprète les faits en apparence insignifiants pour en
tirer une conclusion.»
Cette dernière définition, moins contraignante et plus ouverte, possède
en outre l'avantage de jeter un pont vers le roman policier social qui va
faire imploser les sacro-saints commandements du roman policier de
type énigmatique dont les Anglais étaient passés maîtres.
Quatre fausses bonnes idées
Là aussi, quelques pendules méritent d'être remises à l'heure. Comme
pour le roman policier première formule, arrêtons-nous sur son bulletin
de naissance. Une première fausse bonne idée veut que le roman noir soit
né de la grande crise de 1929. Le seul inconvénient présenté par cette
thèse réside dans le fait que la revue Black Mask, instigatrice du susdit, a
été fondée dès avril 1920, par les éditeurs Henry Mencken et George
Nathan afin de renflouer les caisses d'une autre de leur revue (dénommée
Smart Set), bon chic bon genre, mais financièrement exsangue.
Toutefois, il est vrai que ce roman-là est bien le roman d'«une» crise,
d'un conflit. Contrairement aux énigmes des Poe, Doyle, Christie, Van
Dine et autres cousins, imperturbables continuateurs du «whodunit», les
adeptes du «what'sgunon» s'en vont arpenter les trottoirs à hauteur de
caniveau. Tout leur travail d'écrivains va s'articuler non plus autour du
problème à résoudre, mais autour de l'action à dérouler. Leurs récits ne
jouent plus sur la gamme d'un raisonnement pointu, mais sur les odeurs
d'un langage écru et ils ne servent plus de subtils faire-valoir à un fin
limier, mais de révélateurs objectifs aux vices d'une société sclérosée.
Ici, cette «chasse à l'homme» dont parlait François Fosca pour désigner
le roman policier, dans son sens le plus général, est portée à son paroxys-
me. Et elle ne pouvait exister que là, à cette époque. La grande crise
apportera de l'eau à son moulin, mais, au même titre que les Speak Easy,
Dillinger, Al Capone, Eliot Ness et quelques autres, c'est la Constitution
américaine elle-même avec son dix-huitième amendement (rédigé en
1917, voté en 1919 et opérationnel jusqu'en 1934) qui va lui donner
corps. Cet amendement, note Jacques Cabau dans La Prairie perdue, «qui
interdit la fabrication, le transport et la vente de toute boisson alcoolisée
sur le territoire des États-Unis, livre l'Amérique aux bootleggers. Jamais
la pègre ne fut aussi puissante, aussi organisée qu'à cette époque où
l'Américain va chez son bootlegger-gangster comme on va au café».
Une deuxième fausse bonne idée veut que le roman policier social se
soit débarrassé d'une simple chiquenaude du roman policier énigma-
tique. Que les «durs à cuire» des années 20 aient écarté d'un simple
geste du bras les petits fours et vieilles dentelles des années d'avant. Un
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mot de Chandler a contribué à la défense de cette thèse lorsqu'il a écrit à


propos de Hammett qu'il «a sorti le crime de son vase vénitien pour le
flanquer dans le ruisseau». Il va de soi que ce raccourci chandlérien relè-
ve davantage de la polémique à chaud que de la froide analyse. Mais
d'aucuns petits malins ont cru bon de l'utiliser pour faire croire que le
roman de laboratoire était mort au profit d'un roman noir, social, engagé,
ce qui ne correspond pas tout à fait à la réalité. Que la structure-carcan
du roman policier déductif ne lui ait pas permis de tenir la dragée haute à
son rival est une affaire entendue, même s'il conserve la confiance de
très nombreux aficionados. Que sa tendance au «calculatoire» l'ait accu-
lé à se pousser lui-même dans ses derniers retranchements est tout aussi
vrai, même si certains de ses descendants parviennent encore à composer
de beaux morceaux de bravoure... Mais, historiquement, ceux qui adhè-
rent à la thèse de l'enterrement de l'un par l'autre se trompent lourde-
ment. Sans le roman policier de premier type, le roman noir n'aurait
probablement pas vu le jour de manière si précoce et certainement pas
sous la forme scripturale qui, d'emblée, a fait son succès et sa valeur. De
plus, il ne faut pas oublier que lorsque Dashiell Hammett publie La
Moisson rouge (dès 1927, en feuilleton dans Black Mask), Agatha
Christie, représentante du «whodunit», n'en est encore qu'à l'orée de sa
carrière et que l'essentiel de son œuvre reste à venir. Qu'en France,
Albert Pigasse fonde sa collection Le Masque, la mettant au service
d'auteurs à énigmes dûment raisonnées, et qu'Arthur Conan Doyle (alors
âgé de 68 ans) publie dans Liberty Magazine la dernière aventure de
Sherlock Holmes... Le roman policier social ou roman noir n'a pas porté
de coup de grâce à un roman policier énigmatique (ce n'était pas son
but), pas plus d'ailleurs qu'il ne l'a renouvelé. Il a aussi simplement que
fermement réussi à élargir la palette d'une typique littéraire qui, sans lui,
se serait repliée sur des règles quelque peu absconses et il a su apporter,
tant à la littérature qu'au cinéma, un style de langue syncopée et
d'images à vif en prise directe sur la réalité de son temps. Roger Nimier
a écrit de Kafka qu'il «a fait du fantastique un élément naturel». On
pourrait dire du roman noir qu'il a fait du roman déductif et sophistiqué
un fait du quotidien à fleur de peau.
A ce propos, d'ailleurs, la troisième fausse bonne idée au sujet du
roman noir a trait à son style qui relèverait de l'instinct, de la spontanéi-
té. Rien n'est plus erroné que cette affirmation. Lorsqu'en 1920, soit sept
ans avant que La Moisson rouge de Hammett ne paraisse en feuilleton et
que la nouvelle Les Tueurs d'Hemingway ne soit publiée, le poète, dra-
maturge et philosophe américain Thomas Stearns Eliot note : «Le seul
moyen d'exprimer une émotion de façon artistique, c'est de trouver un
ensemble d'objets, une situation, un enchaînement d'événements qui
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seront la formule de cette émotion particulière, de telle sorte que, quand


les faits extérieurs sont donnés, l'émotion est immédiatement évoquée»,
il démontre que l'idée de l'épure, du direct, du dégraissage, propre au
style «tough» qui va faire fureur, est déjà dans l'air. De même, dans sa
biographie sur Hammett, Richard Layman nous apprend qu'en février
1922, le futur père du roman noir profite d'un cours de formation profes-
sionnelle offert par le Bureau des anciens combattants pour s'inscrire au
cours de sténographie et d'écriture du Munson's Business College de San
Francisco afin de pouvoir exercer le métier de reporter-journaliste. Voilà
pour l'instinct de Hammett. Quant à celui d'Hemingway, il n'en est pas
moins travaillé que celui de son illustre contemporain. L'homme qui
récrit trente-neuf fois le dernier chapitre de L 'Adieu aux armes n'est pas
un instinctif, mais un technicien. C'est de ce style, qui emprunte à la phi-
losophie behavioriste, que s'inspireront aussi les cinéastes italiens du
néo-réalisme et le premier d'entre eux, en particulier, Luchino Visconti,
dans son fulgurant Ossessione (1942, interdit par la censure fasciste)
adapté du célèbre roman de James Mallahan Cain, Le facteur sonne tou-
jours deux fois. Aussi bien Hammett qu'Hemingway, la nouvelle de l'un
comme le roman de l'autre sont le fruit de longues années de répétition,
de travail, dans lesquelles l'instinct ne pouvait être que l'ennemi de l'art.
La quatrième fausse bonne idée qui court sur le roman noir (il en existe
d'autres, mais nous arrêterons là) concerne, bien évidemment, son géni-
teur spirituel. Jusqu'à ces dernières années, seul le nom de Dashiell
Hammett brillait au firmament. Depuis quelque temps, il s'est trouvé
quelques explorateurs besogneux pour extraire des fonds de tiroir, où il
aurait pu rester à croupir, celui de Caroll John Daly. L'homme est né à
Yonkers, dans l'État de New York, le 14 septembre 1889. Après des étu-
des cahotiques, il se retrouve successivement directeur de salles de cinéma
à Atlantic City, gérant de biens immobiliers, magasinier, directeur d'une
entreprise d'alarmes, etc. Son premier texte publié par Black Mask est
une nouvelle de huit pages intitulée Dolly. Nous sommes en octobre
1922, date à laquelle Hammett a délibérément choisi de publier dans le
très chic Smart Set et sa nouvelle à lui (La Flèche de Parthe) paraît éga-
lement à cette époque. De son côté, en publiant Dolly, Caroll John Daly
fut à l'origine des histoires diurnes de Black Mask qui n'ont qu'un rapport
très éloigné avec les fictions de la future «hard boiled school ». A l'instar
de Poe, Daly va être le premier à créer un nouveau type de héros urbain :
le détective dur à cuire. Mais, à l'image de son ancêtre, il rate le coche du
label qu'il a contribué à façonner. Son Terence Mack, que Jean-Jacques
Schléret qualifie de «premier détective privé moderne de la littérature
policière», n'est guère plus crédible dans son microcosme de violence
délibérée que ne l'était le chevalier Dupin dans son univers de cellules
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grises. De plus, note Richard Layman, la prose de Daly est médiocre. «La
violence de ses histoires est gratuite et tellement exagérée qu'elle dépasse
de loin les limites de la vraisemblance.» Il en sera de même avec tous les
héros de Caroll John Daly, y compris son protagoniste fanion, le privé
Race Williams qui préfigure le sadisme d'un Spillane ou le fascisme ram-
pant d'un Adams. Parue le 15 mai 1923, la première aventure de Terence
Mack n'aura aucune commune mesure avec celle que Dashiell Hammett
consacrera le 1 octobre de la même année, dans sa nouvelle Arson Plus,
à son fameux Continental Op, détective rondouillard, anonyme, d'âge
moyen et de taille semblable, qui exerce son métier de façon profes-
sionnelle. Les héros de Daly sont des personnages hors du commun que
l'on ne rencontre nulle part dans la réalité : impitoyables, infaillibles, sans
cœur et sans accroche. Au contraire, les protagonistes de Hammett se
fondent dans la multitude. Ils sont crédibles, plausibles, sans peur mais
non sans failles. «Hammett, écrivait Raymond Chandler dans Lettres, a
remis l'assassinat entre les mains de gens qui le commettent pour des rai-
sons solides et non pour fournir un cadavre à l'auteur [...]. Il colla ces
gens sur le papier, tels qu'ils sont dans la vie et il leur donna le style et les
réactions qui sont habituellement les leurs dans des circonstances don-
nées.» Une fois encore, il ne suffit pas de créer un personnage pour se
voir systématiquement intronisé pape d'une nouvelle école littéraire. Ce
serait trop simple et la littérature foisonnerait d'exemples de ce genre.
C'est pourquoi, si l'Underwood de Daly a tiré quelques semaines avant
celle de Hammett, il ne fait aucun doute qu'elle s'est enrayée aussi vite
pour laisser place à un esprit de plus grande envergure qui, à force de tra-
vail et de technique, a été le premier à créer la seule surface viable à une
chaussée suffisamment carrossée pour qu'elle puisse tenir la route tout au
long de ces décennies, parvenant même grâce au talent de ses meilleurs
conducteurs à jeter le trouble dans le mental affecté de la littérature avec
un grand L. C'est le style de Dashiell Hammett qu'ont cherché à imiter
nombre d'auteurs du monde entier sans jamais y parvenir réellement.
C'est ce même style qu'André Gide loua dans son Journal quand il y écri-
vit le 16 mars 1943 : «Lu avec un intérêt très vif (et pourquoi ne pas oser
le dire, avec admiration) Le Faucon maltais de Dashiell Hammett, dont
j'avais déjà lu, mais en traduction, l'étonnante Moisson rouge. [...] En
langue anglaise, ou du moins américaine, nombre de subtilités des dialo-
gues m'échappent ; mais dans La Moisson rouge, ces dialogues sont menés
de main de maître et en remontrent à Hemingway ou à Faulkner même,
et tout le récit est conduit avec une habileté, un cynisme implacables.
C'est, dans ce genre très particulier, ce que j'ai lu de plus remarquable.»
Et Louis Aragon, à la mort de Hammett, en janvier 1961, lui rendit
hommage en ces termes, dans Les Lettres françaises : «Dashiell
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Hammett... à qui l'on reconnaîtra la paternité d'un genre décrié, mais


qui, à mon sens, domine ce siècle, plus haut que Faulkner et Hemingway,
sans mésestimer l'oeuvre de ceux-ci. Il m'est impossible de laisser le
silence se faire sur sa tombe sans avoir dit cela.» Au-delà des faits eux-
mêmes, la messe semble dite. A ceci près que, pour ne pas donner
l'impression de vouloir tirer un trait définitif sur cette question et pour
remettre aussi un peu de suspens dans le jeu des provenances, nous aime-
rions faire partager aux lecteurs le très court extrait de cette nouvelle,
behavioriste avant le mot, tout empreinte d'un climat devancier de la
«hard boiled school» :
«Il parlait encore ; Mateo avait armé son fusil et le couchait en joue en
lui disant : "Que Dieu te pardonne !" L'enfant fit un effort désespéré pour
se relever et embrasser les genoux de son père ; mais il n'en eut pas le
temps. Mateo fit feu, et Fortunato tomba raide mort. Sans jeter un coup
d'œil sur le cadavre, Mateo reprit le chemin de sa maison pour aller cher-
cher une bêche afin d'enterrer son fils.»
A l'époque où parut cette nouvelle, on loua son style concis, sa force
continue et sa parfaite simplicité d'exposition. C'était en 1829. Autrement
dit, cent ans pile avant la parution en édition brochée de La Moisson
rouge de Hammett. Cette nouvelle s'intitulait Mateo Falcone. Son auteur
avait nom Prosper Mérimée. Il comptait avec les Maupassant, Flaubert et
consorts parmi les auteurs préférés de Dashiell Hammett lequel connaîtra
la célébrité avec son fameux... Faucon maltais.
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L e s

a n n é e s

d e

p i e r r e
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1841-1928. De l'entrée en lice du premier détective amateur aux pre-


miers pas littéraires du Maigret de Georges Simenon, c'est entre ces
deux dates que viennent se caler nos années de pierre. Des années de
construction pour un genre littéraire qui se cherche, mais qui va assez
vite passer du balbutiement au succès. Des années de destruction
aussi, pour un genre humain confronté à une Première Guerre mon-
diale à côté de laquelle paraissent bien dérisoires les quelques
cadavres de papier qui jonchent la trouée du roman policier. La vul-
garité n'est pas nécessairement dans le camp de ceux que l'on montre
du doigt. En 1845, Alexandre Dumas avait publié Le Comte de
Monte-Cristo et, en 1856, Jean-Auguste Ingres avait peint La Source.
Un an plus tard, le 29 janvier 1857, s'ouvrait le procès de Flaubert
(Madame Bovary), tandis que celui de Baudelaire (Les Fleurs du mal),
qui était déjà à l'instruction, se déroulera à partir du 20 août. En
1863, aux U.S.A., venait au monde William Randolph Hearst, fils du
magnat des mines, qui construira à son tour un empire : dans la presse.
En attendant, il a treize ans quand les tribus Sioux et Cheyennes,
commandées par Sitting Bull, infligent une cuisante défaite au général
Custer, sur les bords de Little Bighom. En Allemagne, Nikolaus Otto
met au point le premier moteur à explosion. En 1879, en France, naît
la première fédération syndicale nationale, celle des chapeliers ; elle
sera suivie deux ans plus tard par celle des travailleurs du livre,
l'année même où la loi du 16 juin, dite loi Jules Ferry, établit la gra-
tuité de l'enseignement, rendu obligatoire et laïc ; mais, déjà, le
manque de personnel fut un sérieux frein à son application. Ces
années-là sont également celles d'une invention (le cinématographe
des frères Lumière) qui deviendra une branche industrielle florissante
pour quelques habiles marchands, ainsi que la motrice d'un art neuf
(le septième, selon la définition de Riccioto Canudo) grâce au génie
de Georges Méliès. De l'autre côté des Alpes, l'Italien Guglielmo
Marconi établit la première communication par T.S.F. En même
temps, nos années de pierre voient la naissance de Mirbeau (1848) et
de Maupassant (1850), de Pirandello (1867) et d'Alain (1868), de
London (1876), de Joyce (1882) et de Kafka (1883), de Bachelard
(1884) et de Carco (1886), de Céline (1894), de Giono et de Pagnol
( 1895), de Dos Passos ( 1896), d'Aragon ( 1897) et de Bove ( 1898), de
Sartre (1905) et de Beckett (1906), de Gracq (1909) et de Kern
(1919). Les disparitions de Stendhal (1842) et de Balzac (1850), de
Nerval (1855) et de Baudelaire (1867), de Dumas, Mérimée et
Lautréamont (1870), de Flaubert (1880) et de Dostoïevsky (1881), de
Hugo et de Vallès ( 1885), de Rimbaud (1891) puis de Verlaine ( 1896).
L'assassinat d'Émile Zola (1902), le militant de l'Affaire Dreyfus qui,
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Maurice Limat, Maurice Dubourg, Évelyne Burgess, Jacques Meunier (Le Magazine
Diebolt (revue E u r o p e n° 626-627, juin- littéraire n° 241, avril 1987).
juillet 1981). Spécial Jean Vautrin, articles de : Mi-
S p é c i a l P i e r r e Véry, articles de : Pierre chèle Gazier, Pierre Lepape, Christiane
Siniac, Maurice Dubourg, Alain D e m o u - Baroche, Georges-Olivier Châteaureynaud,
zon, Paul Gayot, Jacques Baudou, François Didier Daeninckx, François Coupry, Patrice
R a y m o n d , R o g e r Bozzetto, Yves-Olivier Delbourg, Michel Grisolia, François Guérif,
Martin, Daniel Compère, Michel Lebrun, Gérard Mordillat, Marc Villard (revue Jun-
François Rivière, François Guérif, Claude gle n° 11, avril 1988).
Beylie (revue Europe n° 636, avril 1982). Poétique du polar et Europolar, articles
Vingt ans de littérature policière, articles de : François Coupry, Robert Deleuse, Ro-
de : F r a n ç o i s G u é r i f , A l a i n D e m o u z o n , bert Soulat, Gilles Deleuze, Alain Demou-
Jean Vautrin, Alexandre Lous, Jean-Pierre zon, Jacques Bens, Rafael Pividal, Jacques
Deloux, Robert Louit, Jean-Jacques Bro- Baudou, Sol Gadi, François Barat, Isaure
chier, Jacques Baudou (Le Magazine litté- de Saint-Pierre. Ce numéro comprend éga-
raire n° 194. avril 1983). lement : deux entretiens avec Marc Villard
L e r o m a n n o i r a m é r i c a i n , articles de : et Thomas Narcejac, un dossier sur le roman
J a c q u e s B a u d o u , J e a n - J a c q u e s Schléret, noir européen, des nouvelles de Maurice
Walter Albert, Dashiell H a m m e t t , Alain Périsset, Pierre Siniac, Didier Daeninckx et
Demouzon, Claude Mesplède, Jean-Pierre une histoire chronologique du roman poli-
Deloux, Jean-Paul Schweighaueser, Harry cier de 1841 à 1988.
Altshuler, Harry Whittington, Arnold Hano,
Daniel C o m p è r e , F r a n ç o i s Guérif, Paul- ■Dossiers
Louis Thirard (revue E u r o p e n° 664-665, (réalisés par des bibliothèques municipales
août-sept. 1984). ou des universités)
R a y m o n d C h a n d l e r , articles de : Jean-
Patrick Manchette, Francis Lacassin, Patricia Enquête sur le roman policier, ce dossier
Highsmith, Marc Villard, Alain Demouzon, comprend, entre autres, un dictionnaire de
Frank Mac Shane, Jean-Baptiste Baronian, base des auteurs de romans policiers et noirs
François Guérif, Jean-Pierre Deloux, Philip ainsi qu'un petit répertoire des héros de po-
Durham, Tito Topin (Le Magazine littéraire lars (Bibliothèques de la Ville de Paris, 1978).
n° 211, oct. 1984). Pages noires sur écran blanc, ce dossier
S c e r b a n e n c o vivant, dossier réalisé par concerne les romans noirs adaptés au ciné-
Robert Deleuse, comprenant les deux scéna- ma et fait exclusivement référence aux
rios inédits relatant les 5 et 6 enquêtes de auteurs et réalisateurs anglo-saxons (Biblio-
Duca Lamberti et des extraits du j o u r n a l thèque municipale d'Angers, 1986).
inédit de l'auteur (revue Roman n° 10, mars Drôles de dames, dossier présenté par
1985, Presses de la Renaissance). Michel Amelin et qui, comme son titre l'in-
Le r o m a n policier f r a n ç a i s , articles de : dique, regarde exclusivement les auteurs
Alain Dugrand, Raphaël Sorin, Edwy Pienel, féminins de romans policiers et de romans
J o s y a n e Savigneau, Frédéric H. Fajardie noirs (Bibliothèque municipale d'Angers,
(Le Monde, supplément au n° 12512, avril 1988).
1985). Le roman policier et ses personnages,
L e r o m a n p o l i c i e r , articles de : A n n i e dossier placé sous la direction de Yves
Favier, C l a u d e C o m b e r t , A l a i n B r u n e t . Reuter (Presses universitaires de Vincennes,
(Livres-Hebdo n° 44, oct. 1986). 1989).
S h e r l o c k H o l m e s , articles de : Robert L'homme masqué : le justicier et le
Louit, F r a n c i s L a c a s s i n , S i m o n e A r o u s , détective, dossier réalisé par Jean-Claude
Graham Greene, René Réouven, Christine Vareille (Presses universitaires de Lyon).
Jordis, Guillenno Cabrera-Infante, Umberto Enjeux et portée symbolique chez Pierre
Eco, J.-B. Baronian, Basil Rathbone, Jac- Véry, dossier réalisé par Thierry Picquet
ques Baudou, François Landon, A n t h o n y (Presses universitaires de Nantes).
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■O u v r a g e s Quelques aspects du roman policier


(d'ordre général comprenant des études sur psychologique, de Serge Radine (Éd. du
le genre) Mont Blanc, 1960).
Le Roman policier, de Boileau-Narcejac
Approches de l'imaginaire, de Roger (Payot, 1964).
Caillois (Gallimard). Petite Histoire du roman policier, de
Conférences, de Jorge Luis Borges Fereydoun Hoveyda, avant-propos de Jean
(Gallimard). Cocteau, préface dialoguée de Jean-Louis
Entretiens sur la paralittérature, sous la Bory et Cécil Saint-Laurent (Éd. du Pavillon,
direction de Noël Arnaud, Francis Lacassin 1966).
et Jean Tortel (Plon). Lettres, de Raymond Chandler (U.G.E.
La Bibliothèque idéale des littératures 10/18, 1970).
d'évasion; de Juliette Raabe et Francis Le Roman policier, de Siegfried Kracaner
Lacassin (Ed. Universitaires). (Payot, 1972).
Histoire des littératures t. III, sous la Le Roman policier, de Josée Dupuy (La-
direction de Raymond Queneau ; le cha- rousse, 1974).
pitre sur le roman policier a été rédigé par D'Arsène Lupin à San-Antonio, de
Boileau-Narcejac (Gallimard/La Pléiade). Jean-Jacques Tourteau (Mame, 1974).
Les Contre-littératures, de Bernard Mou- Mythologies du roman policier, de
ralin (P.U.F.). Francis Lacassin, deux tomes (U.G.E.
Histoire du roman noir américain, de 10/18, 1974).
Marc Saporta (Gallimard/Folio). Le Roman noir américain, de Alain
Poétique de la prose, de Tzvetan Todorov Lacombe (U.G.E. 10/18, 1975).
(Éd. du Seuil/Points). Le Roman policier : une machine à lire,
La Prairie perdue, de Jacques Cabau de Thomas Narcejac (Denoël/Gonthier,
(Éd. du Seuil/Points). 1975).
La Notion de littérature, de Tzvetan La Loi et le Phénomène, de François
Todorov (Éd. du seuil/Points). George (Bourgois, 1978).
La Bibliothèque idéale de Lire, préface Underwood U.S.A., ballade sur les tou-
de Bernard Pivot, sous la direction de Pierre ches du roman noir américain, de Michel
Boncenne, Hugues de Kerret et Alain Martens ; cet ouvrage comporte également
Jaubert. Le «rayon» roman policier a été un dictionnaire de cent auteurs U.S. réalisé
agencé par Robert Deleuse (choix des titres par François Guérif (Balland, 1980).
et rédaction des notules) et Dinah Brand Enquête sur un enquêteur : Maigret, de
pour les entretiens et les énigmes (Albin Jean Fabre (Éd. des Etudes sociocritiques,
Michel). 1981 ).
Le Vrai Visage du Masque, de Jacques
■O u v r a g e s Baudou et Jean-Jacques Schléret, deux
(consacrés aux romans policiers et noirs) volumes (Futuropolis, 1982).
Voyage au bout de la Noire, de Claude
Le Detective Novel et l'Influence de la Mesplède et Jean-Jacques Schléret (Futu-
pensée scientifique, de Régis Messac (Éd. ropolis, 1982 et additif de 56 auteurs en
Slatkine Reprints, 1929). 1985).
Histoire et Technique du roman policier, Le Roman criminel, de Stefano Ben-
de François Fosca (Éd. Nouvelle Revue cri- venuti, Gianni Rizzoni et Michel Lebrun ;
tique, 1937). préface de Jean-Patrick Manchette (Éd.
La Fin d'un bluff, de Thomas Narcejac de l'Atalante, 1982).
(Éd. Le Portulan, 1949). Les Grands Détectives, de Julian Symons
Le Film noir, de Raymond Borde et (Atlas, 1982).
Étienne Chaumeton, préface de Marcel Autopsies du roman policier, textes pré-
Duhamel (Minuit, 1955 ; rééd, Éd. d'Au- sentés par Uri Eisenzweig (U.G.E. 10/18,
jourd' hui, 1975). 1983).
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Le Roman noir français, de Jean-Paul Regrets sans repentir, de Chester Himes


Schweighaueser (P.U.F., «Que sais-je ?» (Gallimard, 1979).
n° 2145, 1984). La Vie de Dashiell Hammett, de Richard
Le Monde du polar, de Denis-Fernandez Layman (Fayard, 1981).
Recatla (Éd. M.A., 1986). Raymond Chandler : le gentleman de
Panorama du roman français contem- Californie, de Frank Mac Shane (Balland,
porain, de Maurice Périsset (Ed. de l'Ins- 1982 ; rééd. Points/Seuil, 1984).
tant, 1986). L'Univers de Simenon, sous la direction
Panorama des maîtres du polar étran- de Maurice Piron avec la collaboration de
ger, de Roger Martin (Éd. de l'Instant, Michel Lemoine (Presses de la Cité, 1983),
1986). David Goodis : la Vie en noir et blanc,
Meurtres exquis, de Ernest Mandel, pré- de Philippe Garnier (Payot, 1984).
face de Jean-François Vilar (Éd. La Brèche, Émile Gaboriau ou la Naissance du ro-
1986). man policier, de Roger Bonniot (Vrin,
Les Métamorphoses de La Chouette, de 1985).
Jacques Baudou et Jean-Jacques Schléret Frédéric Dard, de Louis Bourgeois (Éd.
(Futuropolis, 1986). La Manufacture, «Qui suis-je ? », 1985).
Le crime est un art simple, de Raymond Tandem ou Trente-cinq ans de suspens,
Chandler (Nouvelles vol. 1, Presses-Pocket de Boileau-Narcejac (Denoël, 1986).
n° 2663, 1986). Agatha Christie, de Janet Morgan (Éd.
L'Art du suspens : mode d'emploi, de Luneau-Ascot, 1986).
Patricia Highsmith (Calmann-Lévy, 1987). Vaurien, de Jim Thompson (Éd. de l'Ata-
Le Guide du polar, histoire du roman lante, 1986).
policier f r a n ç a i s , de Michel Lebrun et Arthur Conan Doyle, de James McCear-
Jean-Paul Schweighaueser (Syros, 1987). ney (Éd. de la Table ronde, 1988).
Le Roman policier, de Boileau-Narcejac La Vache enragée, de Léo Malet (Éd.
(P.U.F., «Que sais-je ?» n° 1623, 1988, Hoëbeke, 1988).
3 éd.). Léo Malet sous pli discret, Collectif (Éd.
Hard Boiled U.S.A. : histoire du roman Séries B, 1988).
noir américain, de Geoffrey O'Brien (Éd. Georges Simenon, de Alain Bertrand
Encrage, 1989). (Éd. La Manufacture, 1988).
Les Couleurs du noir, de François Dashiell Hammett : une vie, de Diane
Rivière (Éd. du Chêne, 1989). Johnson (Payot, 1989).
Meurtres en série, de Jacques Baudou et Maurice Leblanc, de Jacques Derouard
Jean-Jacques Schléret (Éd. du V I I I Art, (Librairie Séguier, 1989).
1990). Simenon : une biographie, de Stanley
British Mystery, de Leroy Panek (Éd. En- Eskin (Presses de la Cité, 1990).
crage, 1990). Frédéric Dard dit San-Antonio, de Jean
Quatre-vingt-dix-neuf chambres closes, Durieux (Éd. Renaudot, 1990).
de Roland Lacourbe (Éd. Encrage, 1991).
Histoire des plus mauvais romans poli- ■Périodiques
ciers (titre provisoire) de Bill Pronzini, pré- (spécialisés dans le roman policier et/ou
face de Ed McBain (Ed. Encrage, 1991). noir)

■O u v r a g e s H a r d Boi/ed Dicks : fondée en 1980 par


(concernant des auteurs de romans poli- Roger Martin, cette revue, publiée avec le
ciers/noirs) concours du Centre national des lettres,
consacre chaque numéro à un auteur et a
La Vie de sir Arthur Conan Doyle, de John obtenu le prix Maurice Renault au Festival
Dickson Carr (Robert Laffont, 1958). du roman et du film policiers de Reims en
Raconte pas ta vie, de Marcel Duhamel 1984. Vingt-deux numéros parus. Parmi les
(Mercure de France, 1972). auteurs traités : Marvin H. Albert, Joseph
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Hansen, William Peter McGivern, Chester à la hauteur de son contenu. Avant sa mise
Himes, Don Tracy, Jean Sabran, Joseph en sommeil, une trentaine de numéros parus
Wambaugh, Elmore Leonard, Giorgio Scer- avec, aux manettes, François Guérif et un
banenco, Manuel Vasquez Montalban. comité de rédaction composé de Jean-Pierre
(1, route d'Halanzy-Piedmont. 54350 Mont- Deloux, Alain Demouzon, Michel Lebrun,
Saint-Martin.) Jean-Patrick Manchette, Pascal Mérigeau,
Enigmatika : dirigée par Jacques Baudou. Marie-Thérèse Naudon, etc. (Éd. NéO, 5,
La revue de l'OULIPOPO (Ouvroir de lit- rue Cochin. 75005 Paris.)
térature policière potentielle), branche de L'Almanach du crime : un annuel, pré-
l'OULIPO fondé par Raymond Queneau et senté sous forme d'ouvrage, dirigé par
qui compte parmi ses membres : Jacques Michel Lebrun et publié successivement
Bens, Jacques Baudou, Francis Debyser, aux éditions Clancier/Guénaud (1980),
Evelyne Diebolt, Paul Gayot, Michel Le- Veyrier (1981 et 1982), La Butte-aux-
brun, Yves-Olivier Martin, Juliette Raabe, Cailles (1983 et 1984) et Ramsay (de 1985
François Raymond. Jacques Baudou est à 1988) sous le titre L'Année du polar. Une
l'homme-orchestre de cette revue, comme il mine pour tous les fanatiques et collection-
fut à l'origine de la fondation de l'Associa- neurs qui a obtenu, en 1986, le prix Maurice
tion 813 et de la création de (feu) le Festival Renault. Il a été remplacé par L'Année du
du polar à Reims. Sa revue, qui a accumulé polar, du fantastique et de la science-fic-
depuis 1976 une quarantaine de numéros, tion de Jean-Claude Alizet (Ed. Encrage).
accomplit un travail de fond sur le roman Les Amis du crime : dix-sept numéros
policier et son sérieux en fait une somme parus depuis 1977. Initialement conçu et
de documents indispensables sur les auteurs supervisé par François Guérif, c'est Jean-
et héros du genre. Entre autres : Arsène François Naudon qui en assure la succes-
Lupin, Stanislas-André Steeman, Gilbert sion. Dossiers parus : John Dickson Carr,
Keith Chesterton, Pierre Véry, Léo Malet, Harry Whittington, William Irish, Errer-
Maurice-Bernard Endrèbe, Pierre Magnan, Mazarin, Michael Avallone, Peter Cheyney,
Sherlock Holmes, Michel Lebrun, Louis C. Day Keene, Edgar Wallace, Frank Gruber,
Thomas. (4, rue de l'Avenir, Les Mesneux. James Hadley Chase. Hors série : le cata-
51100 Rilly-la-Montagne. ) logue des nouvelles policières publiées en
813 : du nom de l'Association des amis France. (7, rue de l'Abbé-Grégoire. 92130
de la littérature policière, fondatrice des tro- Issy-les-Moulineaux.)
phées 813 du roman policier. Près de qua- Encrage : dirigée par Alain Fuzellier (dit
rante numéros depuis 1981. Le directeur de Alfu), cette revue compte plus de vingt-cinq
la publication est le président en exercice de numéros avec des fiches encyclopédiques
l'association : actuellement Michel Lebrun. personnages (Chéri-Bibi, Duca Lamberti,
Il fut précédé dans ses fonctions par Alain Rocambole, Dave Brandstetter, etc.), au-
Demouzon, Jean-François Vilar, Olivier teurs (Ed Lacy, Fred Kassak, Horst Boset-
Trouillas. La rédactrice en chef de la revue zky, Joseph Hansen, Howard Fast, Mildred
est Françoise Poignant. On y relève des dos- Davis, Hansjorg Martin...) et aussi des
siers et articles sur : Georges Simenon, Da- fiches romans et collections. C'est, de cette
shiell Hammett, Sherlock Holmes, Boileau- revue, que sont nées les éditions Encrage
Narcejac, James Crumley, Raymond Chand- codirigées par Alain Fuzellier et Stéphane
ler, Tony Hillennan, Andreù Martin, Seichô Bourgoin. (Éditions Encrage B.P. 0451.
Matsumoto, André Héléna, etc. Des entre- 80004 Amiens Cedex.)
tiens avec Marc Behm, Dan Marlowe, Julian Cahiers pour une littérature populaire :
Semionov, Maj Sjöwall, Michel Favart... dirigés par Robert Bonaccorsi, publiés avec
(Association 813, 26, rue Poulet. 75018 Paris.) le concours du Conseil régional Provence-
Polar (ancienne formule) : un magazine Alpes-Côte d'Azur et l'Office régional de
qui a subi de nombreuses avanies financiè- la culture, ils se proposent de rendre compte
res et qui n'a jamais pu trouver le créneau de tout ce qui touche de près aux genres po-
éditorial qui lui aurait assuré une diffusion pulaires. Une quinzaine de numéros parus
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parmi lesquels des dossiers et des articles des Masques qui réédite tous les «classi-
sur le roman-feuilleton, la série Angoisse ques» des petits livres jaunes au masque
du Fleuve Noir, l'édition populaire de 1848 noir ainsi, par ailleurs, qu'une nouvelle col-
à 1870, le Grand Guignol, la littérature po- lection (moins énigmatique, plus noire et
pulaire au Québec, les actes du colloque de de grand format), le tout sous la houlette de
Mont-Saint-Martin ; des études sur Hervé Michel Averlant et Hélène Amalric, dont la
Jaouen, Victor Hugo, Georges-Jean Amaud, compétence et le sérieux ne sont plus à
Jean Mazarin, Gérard Delteil, Charles- démontrer. (Éditions Hachette, 79, boule-
Louis Philippe, l'auteur du fameux Bubu de vard Saint-Germain. 75006 Paris.)
Montparnasse... (C.E.L.P., Robert Bo- Série Noire : c'est sans doute la plus
naccorsi, 107, chemin des Eaux, quartier prestigieuse de toutes les collections.
Tortel. 83500 La Seyne.) Fondée en 1945 (chez Gallimard) par
Polar (nouvelle présentation) : LA revue. Marcel Duhamel, lui-même initié par Mar-
Trimestrielle. Créée en 1990. Vendue uni- cel Achard. Jacques Prévert trouve le titre
quement en librairie. Produite par les édi- générique et sa femme dessine la couverture.
tions Rivages. Dirigée par François Guérif Dans l'ouvrage qu'ils lui ont consacré,
(directeur des collections Rivages/Noir/ Voyage au bout de la Noire (Futuropolis,
Rivages/Mystère et Rivages/Thriller). 1982/1985), Claude Mesplède et Jean-
Rédacteur en chef : Michel Lebrun. Comité Jacques Schléret y ont répertorié sept cent
de rédaction : Jean-Pierre Deloux, Stéphane quatre-vingt-huit auteurs sur plus de deux
Bourgoin, Alain Demouzon, Éric Libiot, mille numéros. Cette collection, à forte do-
Jean-Patrick Manchette. Le numéro 1 com- minante américaine, a pourtant ouvert sur
porte une étude sur Tony Hillerman assor- deux auteurs anglais : Peter Cheyney et
tie d'un long et passionnant entretien (oct. James Hadley Chase. Dirigée depuis la
1990). Le numéro 2 consacre un dossier au mort de son fondateur par Robert Soulat
retour du privé et un état des lieux du polar (entouré de Odile Lagay, Christian Mounier
français (fév. 1991). Le numéro 3 devrait se et d'une attachée de presse parmi les plus
pencher sur l'œuvre de Didier Daeninckx. efficaces en la personne de Chantal Bruel),
(Éditions Rivages, 27, rue de Fleurus. la Série Noire est restée fidèle à ses princi-
75006 Paris.) pes tout en sachant s'adapter aux change-
Nouvelles Nuits : pour les amateurs de ments. C'est chez elle qu'ont été publiés la
textes courts (auteurs et lecteurs), Claude quasi-totalité des «défricheurs» du roman
Franqueville a créé cet espace de lecture et noir français : de Amila à Daeninckx en
de création et publie des nouvelles d'auteurs passant par Ryck, Siniac, Manchette...
connus aussi bien que débutants pourvu (Éditions Gallimard, 5, rue Sébastien-Bot-
que la trame reste policière ou noire. (Clô tin. 75007 Paris.)
Presse, Le Coularou. 30120 Le Vigan.) Fleuve Noir : c'est en 1986 que cette col-
lection, fondée en 1949 par Armand di Caro
■Collections et qui publie essentiellement des auteurs
(où paraissent les romans policiers/noirs en hexagonaux, a fêté son numéro 2000 avec
France) l'un de ses piliers capitaux, Georges-Jean
Arnaud. Mais elle est aussi la maison de
Le Masque : la plus ancienne des collec- Frédéric Dard alias San-Antonio, fut celle
tions de romans policiers de type énigma- de Gérard Delteil et Thierry Jonquet (avant
tique a été fondée en 1927 par Albert Pi- qu'ils n'émigrent sous des cieux jaune et
gasse. C'est Le Meurtre de Roger Ackroyd noir), celle d'Alain Page, de Mario Rop, de
qui a ouvert la collection. Dans l'ouvrage Jean-Pierre Ferrière, de Brice Pelman, de
qu'ils ont consacré à ces éditions, Le Vrai Pierre Pelot... (Fleuve Noir, Éditions
Visage du Masque (Futuropolis, 1984), Presses de la Cité, 12, avenue d'Italie.
Jacques Baudou et Jean-Jacques Schléret 75013 Paris.)
ont répertorié six cent quatre-vingt-onze Sueurs Froides : elle est, chez Denoël,
auteurs. Parallèlement a été créé Le Club la petite fille du Crime-Club et la descen-
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dante directe du Super Crime-Club. L'une collection dans la collection a réédité de


dans l'autre elles ont hébergé quelques-uns s o l i d e s a u t e u r s f r a n ç a i s tels B o i l e a u -
des plus grands noms du roman policier N a r c e j a c , Alain D e m o u z o n , Didier Dae-
français, parmi lesquels : Boileau-Narcejac, ninckx, Jean-François Vilar, Michel Lebrun,
Sébastien Japrisot, Alain Page, Jean- M a u r i c e Périsset a u x q u e l s s ' a j o u t e n t de
François Coatmeur, René Réouven, Pierre sûrs talents étrangers comme Ellery Queen,
Salva, Gilbert Tanugi, Hervé Jaouen, Erle S t a n l e y G a r d n e r , Ross M a c d o n a l d ,
Frédéric H. Fajardie. Dirigée, voici quelques G r e g o r y M c D o n a l d , W i l l i a m Irish, Ed
années par la romancière Noëlle Loriot, McBain, Dick Francis, Patrick Quentin...
elle a été placée sous l'autorité avertie de (Éditions J'ai lu, 27, rue Cassette. 75006
Michel Bernard. (Éditions Denoël, 73, rue Paris.)
Pascal. 75013 Paris.) Les G r a n d s Détectives : dirigée par
L'Instant Noir : fondée par Guy Rolland Jean-Claude Zylberstein, cette collection est
et dirigée par le très dynamique Roger en p a s s e de se t a i l l e r un des c a t a l o g u e s
Martin, elle possède sans doute le cata- parmi les plus affûtés du genre. Il est vrai
logue le plus éclectique de l'édition «pola- que la réédition a régné en maître j u s q u ' à
rienne» française puisque ses auteurs vont ce jour, mais tout de m ê m e : Robert Hans
de Gaboriau à Daeninckx en passant par Van Gulik, J a n w i l l e m Van De Wetering,
Errer, Périsset, McGivern, Gerrard, Imbar, Maj Sjöwall et Per Wahlöö, Giorgio Scer-
Himes, Bosetzky... Aux côtés d'auteurs b a n e n c o , Léo M a l e t , H a r r y K e m e l m a n ,
connus, elle révèle aussi des premiers Gilbert Keith Chesterton, Nicolas Freeling,
romans (Warton, Ellena) et des surprises Ellis P e t e r s , C l a u d e A v e l i n e , C h e s t e r
comme Le Mystère d'Edwin Drood de H i m e s . . . Du beau travail. (U.G.E. 10/18,
Charles Dickens enfin résolu par Paul Éditions Presses de la Cité, 12, avenue
Kinnet. (Éditions de l'Instant, 50, rue du d'Italie. 75013 Paris.)
Faubourg-Saint-Antoine. 75012 Paris.) Les M a î t r e s de la l i t t é r a t u r e policière :
Le Mascaret Noir : créée par Michel l ' u n e des trois collections créée en 1984
Mazon et René Martinez, en 1987, et dirigée par Jean-Paul Bertrand pour les Éditions du
de 1987 à 1989 par le passionné et compé- R o c h e r (avec les Dossiers Scotland Yard
tent Claude Mesplède, cette collection a confiés à un surnommé J.-B. Livingstone et
permis de faire découvrir quelques fleurons les Dossiers du Quai des Orfèvres confiés à
du roman noir européen, parmi lesquels : Maurice Périsset). Cette série permet à des
l'Allemand Horst Bosetzky alias Ky, les écrivains difficilement classables de ne pas
Espagnols Juan Madrid et Andreù Martin, se retrouver sur le bord de la route. Quand
le Suédois Per Wahlöö (d'avant Maj on aura dit q u e A n d r é - P a u l D u c h â t e a u ,
Sjöwall), le Portugais Justino Pamplona. Louis C. Thomas, Michel Lebrun, Pierre
(Editions Le Mascaret, 52, rue des Menuts. Véry, Jacques Robert y ont vu leurs ouvra-
33000 Bordeaux.) ges publiés ou réédités, on constatera que
Le Miroir Obscur : créée en 1978, aux le sérieux est au rendez-vous. (Éditions du
éditions NéO et placée sous la direction Rocher, 28, rue du Comte-Félix-Gastaldi.
d'Hélène et Pierre-Jean Oswald, cette col- 90000 Monaco.)
lection s'est essentiellement adonnée à la S p é c i a l S u s p e n s : c r é é e en 1979 p a r
réédition de romans «classiques», la plupart Albin Michel et dirigée par Noëlle Loriot
du temps introuvables. Elle a également (transfuge de Denoël/Sueurs Froides), cette
publié des inédits de Frédéric H. Fajardie, c o l l e c t i o n a a j o u t é à ses a u t e u r s p h a r e s
Pierre Siniac, Marc Villard... et fait beau- (Mary Higgins Clark, J.-F. Coatmeur, Hu-
coup pour la publication des nouvellistes gues Pagan, Laurence Oriol, Stephen King,
noirs. (Éditions NéO, 5, rue Cochin. 75005 James Crumley, William Dickinson...) une
Paris.) autre série intitulée Spécial Police (1988)
J'ai lu Policier : Créée en 1983 et dirigée avec P a t r i c k R a y n a l , A n d r e w Wahss,
par Jacques Sadoul (efficacement secondé Lauwrence Sanders, William Bayer, Nino
par Marion Mazauric et Sylvie Jos), cette Silasto..., et hors collection l'un des plus
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grands romanciers français tous genres Rivages/Mystère (Rex Stout, John Dickson
mêlés (transfuge de la Série Noire) : Francis Carr, J o s é p h i n e T e y . . . ) et u n R i v a g e s /
R y c k . ( É d i t i o n s A l b i n M i c h e l , 22 r u e T h r i l l e r (Ellroy, Cook, W i l l e f o r d . . . ) . Le
Huyghens. 75014 Paris.) talent de d é c o u v r e u r de F r a n ç o i s G u é r i f
C r i m e P a r f a i t : il s'est agi pour Simone n ' e s t plus à promouvoir. Il est un des guet-
Gallimard (directrice des éditions Mercure teurs les plus attentifs de l'édition française.
de F r a n c e ) de c r é e r u n e c o l l e c t i o n qui Par ailleurs les éditions Rivages publient la
serait la r é s e r v e de c h a s s e d ' a u t e u r s très revue trimestrielle P o l a r dont le rédacteur
connus n'ayant jamais écrit de romans poli- en c h e f est M i c h e l L e b r u n (voir Périodi-
ciers. Curieusement, un des romans les plus ques). (Éditions Rivages, 27, rue de Fleurus.
r é u s s i s de c e t t e c o l l e c t i o n s ' i n t i t u l e Le 75006 Paris.)
D é r a p a g e (prix du Suspens) et est l'œuvre S o m b r e C r a p u l e : créée en 1988 et diri-
de Gilles Perrault (auteur de L ' O r c h e s t r e gée p a r Philippe Gavardin et Jean-Michel
rouge, Le D o s s i e r 51, Le P u l l - o v e r rouge, Nicollet. Une vingtaine de titres à ce j o u r
Un homme à part, La Longue Traque, Notre dont La R e i n e de la nuit de M a r c B e h m ,
am i le roi, etc.) qui, dans les années 60, Un cœur en or massif de Russel H. Greeman,
publia sous le p s e u d o n y m e transparent de Et l'homme a saigné noir de Richard Lortz,
Gil Perrault, une douzaine de romans de ce P e r s o n a non g r a t a de T i m o t h y Williams,
g e n r e j u s t e m e n t , d a n s la c o l l e c t i o n L a La Nuit divisée et Un coin p e r d u p o u r mou-
Chouette dirigée par Frédéric Ditis. Cepen- rir de Wessel Ebersohn, etc. (Éditions Cra-
dant, une fois que l'exception a confirmé la pule P r o d u c t i o n s , 23, rue Royale. 75008
règle, les romans « p o l i c i e r s » de Suzanne Paris.)
Prou, Roger Peyrefitte, Didier Decoin, Jean P o l a r - S u d : créée en 1989 par les célè-
Raspail, Jean Lartéguy, Pascal Lainé, bres et dynamiques éditions Actes-Sud de
Jacques Laurent... attestent (si besoin est Hubert Nyssen, cette collection a d ' a b o r d
encore) qu'écrire un polar ne relève ni du proposé plusieurs romans d ' u n auteur amé-
j e u de (bonne) société ni du pur et simple ricain sous pseudonyme, K.C. Constantine
e x e r c i c e de style. ( É d i t i o n s M e r c u r e de (dont Meurtres à Rocksburg Station,
France, 26, rue de Condé. 75006 Paris.) L'homme qui aimait se regarder, Un coup
T r i a n g l e J a u n e : créée en 1986 p a r les f u m a n t ) , u n de Sébastien Grand (La mort
éditions Liana Levi et dirigée un temps par est d i p l o m a t e ) , un de J.-P. A u t h e m a n
Michel Friedman, cette collection fait partie (L'Homme du g é n é r a l ) , avant de changer
de la longue cohorte des portées disparues. d'orientation en optant pour un polar qui se
Cinq titres à peine au catalogue (qui restent veut « l i t t é r a i r e » avec, à ce jour, et entre
néanmoins disponibles) : Michel Grimaud autres, un roman de André-Louis Rouquier
(42 rue Saint-Sauveur), Jean-Michel Gue- (Le S e n t i e r de la g u e r r e ) et de R i c h a r d
nassia ( P o u r cent millions), J e a n - M i c h e l Matas (Folies douces) qui avait déjà publié,
Béquié (Lumière cendrée), Noël Balen (La quelques années plus tôt, un r o m a n inté-
musique adoucit les meurtres) et surtout un resssant ( M a u v a i s Sang) dans la défunte
très efficace Gérard Delteil : Le Festin de collection Fayard/Noir. Bertrand Py, assisté
c r a b e s . ( É d i t i o n s L i a n a Levi, 31, r u e de de Marie-Catherine Vacher, assure la bonne
l'Abbé-Grégoire. 75006 Paris.) tenue de cette collection. (Éditions Actes-
R i v a g e s / N o i r : créée en mars 1986, diri- Sud, passage du Méjan. 13200 Arles.)
gée par François Guérif à qui l'on doit nom- Série policière j a p o n a i s e : créée en 1987
bre de découvertes américaines, cette col- par les éditions Picquier, elle publie exclusi-
lection publie quasi exclusivement des au- vement les grands maîtres du polar nippon
teurs anglo-saxons qu'elle permet de redé- (périodes «tantei era» et «suiri era»). Parmi
couvrir (Thompson, Williams, Goodis, les titres et auteurs parus : Le Vase de sable
Ellin, L a t i m e r , W e s t l a k e , W e t e r i n g ) , de et Tokyo-Express de Seichô M a t s u m o t o ;
suivre (Cook, Hillerman) ou de connaître L a Ritournelle du démon de Seishi Yoko-
(Ellroy, Corris, McIlvanney), Elle a ajouté mizo ; L a P r o i e et l'Ombre, L a C h a m b r e
deux cordes à son arc fort bien tendu : u n rouge, Ville p a n o r a m a de Ranpo Edogawa.
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( É d i t i o n s P i c q u i e r , 55, rue du T e m p l e . Francis Carco, Pierre Mac Orlan. Le pre-


75004 Paris.) mier auteur à l'obtenir fut Pierre Véry. L'ont
Par ailleurs, il existe, depuis q u e l q u e s également décroché : Stanislas-André Stee-
années, de nombreuses collections de récits man, Jean Toussaint-Samat, Jean Bommart,
policiers pour la jeunesse. Parmi celles-ci : Pierre Nord, Pierre Boileau, Thomas Narce-
Souris Noire (aux éditions Syros), dirigée jac, Charles Exbrayat, Hélène de Monaghan,
par Joseph Périgot qui compte près de cin- Gilbert Picard, Paul Kinnet, Pierre Salva,
quante titres à son catalogue et a vu plu- Catherine Arley, Ruth Rendell, June Thom-
sieurs de ses auteurs adaptés sur FR3. Elle son, A l e x a n d r e Terrel, M i c h e l Grisolia,
associe un auteur et un dessinateur. (Édi- Peter Lovesey...
tions Syros, 6, rue Montmartre. 75001 Paris.) Le prix du Q u a i des O r f è v r e s : créé par
Les M a î t r e s de l ' A v e n t u r e : créée en Jacques Gatineau en 1946, il est décerné sur
1982 par les éditions Hatier, précurseur dans manuscrit par un jury composé d'auteurs et
le genre, cette c o l l e c t i o n est dirigée p a r de fonctionnaires de police. Parmi les lau-
Caroline Westberg et compte dans ses rangs réats les plus c o n n u s : F r a n c i s D i d e l o t ,
la série des Sans Atout du célèbre tandem Saint-Gilles (alias Georges-Jean Arnaud),
Boileau-Narcejac (adaptée pour FR3). Elle Cécil Saint Laurent (à savoir le futur acadé-
est la suite l o g i q u e de c o l l e c t i o n s déjà micien Jacques Laurent), Noël Calef, Louis
créées par cet éditeur dès 1972, qui a fait du C. Thomas, Christian Charrière (pour son
roman policier un genre privilégié pour la e x c e l l e n t D i t e s - l e a v e c des f l e u r s ), Jac-
jeunesse. (Éditions Hatier, 8, rue d'Assas. quemard-Sénécal, Pierre Magnan, Maurice
75006 Paris. ) P é r i s s e t . . . Il est p u b l i é p a r les é d i t i o n s
Nuits Noires : créée en 1990 par les édi- Fayard.
tions Nathan et dirigée par Béatrice Decroix Le G r a n d Prix de l i t t é r a t u r e policière :
( a t t a c h é e de presse, C h a n t a l C l o s ) , elle fondé par M a u r i c e - B e r n a r d Endrèbe, il a
publie des récits pour les jeunes au-delà de récompensé depuis 1948, quelques grands
7 ans dans lesquels un auteur est associé à noms du roman policier/noir parmi lesquels
un dessinateur. Par ailleurs, les éditions Na- Léo Malet fut le premier lauréat. Ont suivi
than publient une autre collection. Arc en entre autres : Gilles Morris-Dumoulin, Mi-
poche (fondée par Isabelle Jean, reprise par chel Lebrun, Frédéric Dard, Fred Kassak,
Laurence Kiéfé et dirigée aujourd'hui par Paul Gerrard, Hubert Monteilhet, Sébastien
G i l l e s L a u r e n d o n ) , qui p o s s è d e à son Japrisot, Laurence Oriol, Dominique Fabre,
catalogue une série «Polars-Jeunesse», une Francis Ryck, Paul Andréota, René Réouven,
série « J o n a t h a n - C a p » et une série « K a n - G i l b e r t Tanugi, J e a n - P a t r i c k M a n c h e t t e ,
gourou». (Éditions Nathan, 9, rue Méchain. Madeleine Coudray, Joseph Bialot, Pierre
75014 Paris.) Siniac, Jean Mazarin, René Belletto, Gérard
Mystères : créée en 1988 par les éditions Delteil, Didier Daeninckx, Michel Quint...
Casterman (responsable du département jeu- Parmi les éditeurs les plus r é c o m p e n s é s ,
n e s s e , C l o t i l d e G u i s l a i n ) et d i r i g é e p a r Denoël se taille la part du lion. Parmi les
Marie Allouet, cette collection publie des auteurs étrangers qui l'ont également obte-
récits illustrés pour les jeunes à partir de 10 nu, citons : Giorgio Scerbanenco, Patricia
ans. Une quinzaine de titres à son actif. (Édi- Highsmith, Chester Himes, Louis Malley,
tions Casterman, 66, rue Bonaparte. 75006 William Irish, Nicolas Freeling, John Dick-
Paris.) son Carr, Charles Williams, Mary Higgings
Clark, Herbert Liebennan, Manuel Vasquez
■P r i x l i t t é r a i r e s Montalban, Janwillem Van De Wetering,
(exclusivement réservés aux polars) Tony Hillerman, Elizabeth George...
Le prix Mystère de la critique : créé en
Le G r a n d P r i x du r o m a n d ' a v e n t u r e s : 1972 par Georges Rieben, il est (tant par la
l'ancêtre du genre. Créé par Albert Pigasse composition de son jury que par la qualité
en 1930, il c o m p t a i t parmi ses j u r é s des des romans primés) l'un des plus prestigieux.
écrivains aussi célèbres que Joseph Kessel, Son premier lauréat a été Albert Simonin.
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L'ont également obtenu : Fred Kassak, presse, des audio et vidéo cassettes, trente
Boileau-Narcejac, R a f Vallet, Louis C. Tho- collections de périodiques spécialisés (fran-
mas, A.D.G., Georges-Jean Arnaud, Michel çais et étrangers), vingt-cinq mille romans
Grisolia, Alain D e m o u z o n , Jean Vautrin, ou recueils de nouvelles, des bandes dessi-
Jean-François Coatmeur, Brice Pelman, nées à thème policier, des collections de
René Réouven, Pierre Magnan, Tito Topin, fascicules populaires publiés entre 1910 et
Jean Amila, Didier Daeninckx, Joseph Bia- 1960, trois mille numéros de périodiques
lot... Parmi les auteurs étrangers, relevons anciens (français et étrangers) ainsi que des
les n o m s de : D o n a l d E. W e s t l a k e , Eric fonds spéciaux tels le fonds Régis Messac
Ambler, Tom Topor, Horst Bosetzky, Robin (deux cent cinquante romans anglo-saxons
Cook, J.A. Vance, Robert Ludlum, William inédits en France et cinq cent cinquante nu-
Peter McGivern, James Ellroy... méros de revues spécialisées anglaises et
Le p r i x d u S u s p e n s f r a n ç a i s : créé en américaines), le fonds Gallimard (compre-
1979 par Valérie Saint-Clair pour récom- nant des originaux a n c i e n s des p r e m i e r s
penser le meilleur roman de ce type paru au romans parus à la Série Noire). Par ailleurs,
cours de l'année écoulée. La première lau- la BILIPO publie Les Crimes du trimestre,
réate en fut Catherine Arley pour son roman une revue qui dissèque tout ce qui paraît en
A tête reposée. Suivirent : Caroline Camara, France sur le roman policier (romans, nou-
Bernard Lentéric, Hervé Jaouen, Alain Page, velles, B.D. polars, ouvrages de référence,
Alexis L e c a y e , M a u r i c e Périsset, Gilles périodiques spécialisés, etc.).
Perrault... La BILIPO est fréquentée par un lectorat
Le prix Moncey : créé en 1976, il récom- de plus en plus n o m b r e u x c o m p o s é aussi
pense un ouvrage de langue française qui bien d'amateurs, d'étudiants en maîtrise et
met en scène et même en valeur la Gendar- en doctorat, d'éditeurs, que de scénaristes
merie nationale. Le jury, placé sous la pré- de films policiers, de metteurs en scène de
sidence du directeur général de la Gendar- théâtre, d'animateurs culturels, de spécialis-
merie, est composé d'écrivains et d'officiers tes. Le professionnalisme de l'équipe et la
généraux de gendarmerie. Les lauréats intè- richesse du fonds littéraire qui leur est pro-
grent ce jury pendant cinq ans. L'ont obtenu posé expliquent sans doute cette assiduité
(entre a u t r e s ) : Pierre N e m o u r s , P i e r r e dans la fréquentation. BILIPO, bibliothè-
Billard, Bernard Gouley, Jean-Jacques que Mouffetard-Contrescarpe, 74-76, rue
Mollaret, Nancy Markham, Gilbert Picard, Mouffetard. 75005 Paris ; tél. : 43 37 96 54
Gérard Delteil, Erwan Bergot... M° Monge ou Jussieu. (Ouverte au public
tous les mercredis de 14h à 19h et tous les
■B I L I P O samedis de 10h à 12h et de 14h à 18h.)
(Bibliothèque des littératures policières) Cette bibliothèque a donné des idées au
Suédois Thomas Böös qui a créé à Eskil-
C'est en 1982 que la direction des Affaires stuna, en Suède, la Svenska Deckarbiblio-
culturelles de la Ville de Paris donna son teket. De même qu'en Belgique, Jean-Marie
a c c o r d de p r i n c i p e p o u r c o n s t i t u e r u n e Graitson a créé la bibliothèque des paralitté-
bibliothèque spécialisée dans la littérature ratures Stanislas-André Steeman, Au Passou
policière. Ce centre de documentation, niché n° 40. B 4600, Chaudfontaine (Mehagne),
au premier étage de la bibliothèque Mouffe- Belgique.
tard-Contrescarpe dans le V arrondissement
de Paris, n ' a pas d ' é q u i v a l e n t en Europe. ■Librairies
Son conservateur, Mme Claude Goumöens (spécialisées dans le roman policier et noir)
(entourée d'une équipe compétente et pas-
sionnée : Alain R é g n a u l t et E m m a n u e l l e Le Troisième Œ i l : la librairie de Stéphane
Baer) règne sur un fonds littéraire unique Bourgoin qui fêtera d'ici peu ses vingt ans
composé d ' u n fonds de référence de deux d'âge. La première en Europe et qui a fait
mille ouvrages (français et étrangers) aux- des émules. Elle fut aussi le siège des édi-
quels s ' a j o u t e n t une série de dossiers de tions C l a n c i e r / G u é n a u d et de Série 33.
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S t é p h a n e B o u r g o i n , qui est a u j o u r d ' h u i Jean-François Carrez-Corral et Alain Léger)


(avec Alain Fuzellier) le conducteur des édi- trois ans après sa naissance, le roman noir
tions E n c r a g e , est é g a l e m e n t t r a d u c t e u r est, en France tout au moins, orphelin d'une
(Bumett, Matheson, Whittington, Dickson devanture mondiale qu'il mérite amplement.
Carr... ), auteur d'ouvrages sur le cinéma et Néanmoins, des manifestations continuent
le réalisateur de soixante anthologies sur le ici et là d ' a s s u r e r sa promotion. En voici
p o l a r et le f a n t a s t i q u e . Il fait p a r t i e du quelques-unes :
comité de rédaction de la revue P o l a r et A Saint-Nazaire, existe Le Festival du
siège au bureau de l ' A s s o c i a t i o n 813. Ce c r i m e (renseignements : Centre de culture
passionné sincère est un véritable bénédictin populaire, 16, rue Jacques-Jolivier. 44600
de l'imaginaire «polarien» et sa librairie, le Saint-Nazaire).
passage obligé de tout amateur. (37, rue de A Angers, se déroule La Q u i n z a i n e du
Montholon. 75009 Paris ; tél. : 48 74 73 17) N o i r (renseignements : Librairie Contact,
L ' I n t r o u v a b l e : 25, rue Juliette-Dodu. 3, rue Lenepveu. 49100 Angers, également
75010 Paris ; tél. : 42 00 61 43. éditrice de La Tête en noir).
C h o c C o r r i d o r : 7, rue des Trois-Maries. A Sèvres, se tient J a z z e t P o l a r (ren-
69005 Lyon ; tél. : 78 42 63 42. s e i g n e m e n t s : S . E . L . , 47, G r a n d e Rue.
R o l a n d B u r e t : 6, p a s s a g e Verdeau. 92310 Sèvres).
75009 Paris ; tél. : 47 70 62 99 A La Roche-sur-Yon, se produit le Festi-
L ' A r n a q u e u r : 3. rue Papillon. 75009 val du P o l a r (renseignements : Association
Paris ; tél. : 42 46 53 13. Polar, 81, Bd d'Angleterre. 85000 La Ro-
F a n t a s m a s k : 17, rue de Belzunce. 75010 che-sur-Yon).
Paris ; tél. : 48 78 72 44. A Liège, se déroule le Festival S i m e n o n
L i b r a i r i e de la S a n t é : 15, rue de la P o l a r (renseignements : Office du tourisme,
Santé. 75013 Paris ; tél. : 43 36 61 16. En Féronstré 92. 4000 Liège. Belgique).
La C a n i c u l e : 241, Chaussée d'Ixelles. A M o n t - S a i n t - M a r t i n , se t i e n n e n t les
1050 Bruxelles. R e n c o n t r e s de M o n t - S a i n t - M a r t i n (ren-
seignements : Roger Martin, 1, route d'Ha-
■Festivals lanzy-Piedmont. 54350 Mont-Saint-Martin).
(et m a n i f e s t a t i o n s autour du roman poli- Enfin, à Cattolica, se déroule, à ce jour,
cier/noir) la plus attrayante vitrine du roman policier,
le MysFest, sous la direction de Irene Bi-
Après les décès du Festival de Reims (dirigé gnardi et Giorgio Gosetti (renseignements :
par Jacques Baudou) suite à sa huitième édi- E l i s a Rese Gotti, Via dei C o r o n a r i 44.
tion et du Festival de Grenoble (dirigé par 00186 Rome. Italie).
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Une bibliothèque d e b a s e
Par ordre de parution, 124 romans policiers et noirs, à raison d'un titre par
auteur, conscient de ce que ce choix peut avoir de subjectif, même s'il tente de
donner une vue d'ensemble assez large de cette typique littéraire.

1863. L'Affaire Lerouge de Émile Gaboriau qu'elle a sur son ex-amant. Et puis, le vieux
(L'Instant noir) : depuis deux jours, la veuve mari est retrouvé mort. Il ne reste plus au
Lerouge n'a plus donné signe de vie. In- narrateur qu'à mener l'enquête.
quiètes, cinq de ses voisines se présentent au
bureau de police de Bougival. Ainsi com- 1926. Le Perroquet chinois de Earl Derr
mence le premier roman policier de l'his- Biggers (Le Masque) : un drôle d'oiseau, ce
toire littéraire. Tony. Perroquet de son état, bilingue et de
surcroît plus bavard qu'une pie. Sans
1870. Le Mystère d'Edwin Drood de Charles compter Charlie Chan qui débarque sous
Dickens (L'Instant noir) : Drood est-il vrai- les traits d'un cuisinier chinois. De quoi y
ment mort ? Qui est M. Datchery ? A la laisser des plumes.
mort de l'auteur, le roman est demeuré
inachevé et l'énigme posée. La voici enfin 1926. Le Meurtre de Roger Ackroyd de
résolue par Paul Kinnet, après plus d'un Agatha Christie (Le Masque) : la plus stu-
siècle de controverses. péfiante des trente-trois enquêtes roma-
nesques de Poirot Hercule, celle qui a fait
1887. Une étude en rouge de Arthur Conan de son auteur un maître de l'énigme, la seule
Doyle (Le Masque) : pour s'être déplacé du personne (selon Churchill) pour qui le crime
221 Baker Street au 3 Lauriston Gardens, a payé.
un jeune détective amateur du nom de
Sherlock Holmes va entrer dans la légende. 1929. La Moisson rouge de Dashiell Ham-
mett (Série Noire et Folio) : la première
1908. Le Mystère de la chambre jaune de œuvre du père du roman noir à propos de
Gaston Leroux (Le Livre de Poche) : com- laquelle Gide écrivit : «Ces dialogues sont
ment sortir d'une pièce dans laquelle on ne menés de main de maître et en remontrent à
pouvait pas davantage accéder et inverse- Hemingway ou à Faulkner même.» Vingt-
ment ? Rouletabille n'est pas au bout de ses quatre meurtres plus tard, on en redemande.
surprises et l'auteur opère, sous nos yeux,
un fulgurant retour à Œdipe. 1929. Un nommé Louis Beretti de Donald
Henderson Clarke (Série Noire et Folio) : en
1909. L'Aiguille creuse de Maurice Leblanc pleine prohibition, au beau milieu des crépi-
(Le Masque) : une des plus célèbres aven- tements de mitraillettes, une femme accou-
tures du gentleman au grand cœur. Son che en pleine rue d'une larve d'homme,
nom : Arsène Lupin. Sa profession : cam- grosse et rouge. Ainsi naquit Louis Beretti,
brioleur. Signe particulier : insaisissable. le très puissant «bootlegger» dont l'auteur
nous dissèque l'irrésistible ascension.
1925. La Proie et l'Ombre de Ranpo Edo-
gawa (Éd. Picquier) : un vieux mari, une 1930. La Tête d'un homme de Georges
belle femme et son ex-amant. La belle Simenon (Presses de la Cité) : deux femmes
femme confesse au narrateur les soupçons mortes : assassinées. Le présumé meurtrier
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arrêté, jugé et condamné à mort. Mais Jules nat, un nommé Mathieu Sorgues alias le
Maigret, le flic «peseur d'âmes», ne croit numéro 95 de la bande des Chiche Capon
pas à la culpabilité de ce Joseph Heurtin qui disparaît brusquement du collège de la
que tout accuse. Alors, il va le faire évader. rue Croix-Saint-Loup à Meaux. Mais
Prosper Lepicq, dans tout ça ?
1932. Préméditation de Francis Iles (Folio) :
le tout, quand on a décidé de tuer sa femme, 1936. Tueur à gages de Graham Greene
c'est de ne pas s'y prendre n'importe com- (Le Livre de Poche) : Raven, l'homme dont
ment pour éviter d'être pris. Et le docteur le destin colle à la peau. Il tuera le ministre
Edmund Alfred Bickleigh n'a pas du tout parce qu'on l'a payé pour ça. Et puis, il se
l'intention de se laisser prendre. mettra à la recherche des commanditaires
qui l'ont réglé en monnaie de singe.
1932. La Double Mort de Frédéric Belot de
Claude Aveline (U.G.E. 10/18 et Mercure 1937. Un linceul n ' a pas de poches de
de France) : un soir que le jeune inspecteur Horace McCoy (Série Noire et Folio) : en
Rivière se rend au domicile du commissai- se servant de son reporter Mike Dolan
re Frédéric Belot et qu'il le trouve gisant comme d'un véhicule sans freins, lancé en
dans son salon, ce jeune flic ne s'attend pas plein corps des tares nationales, l'auteur dé-
à trouver, derrière le rideau, un second nonce avec une telle force la lâcheté, la cor-
cadavre, surtout si c'est encore celui de ruption, et le racisme qu'il s'est longtemps
Frédéric Belot. vu interdit de publication aux U.S.A. «Et si
ce matin-là, Myra avait pris son café ?»
1933. Le Mystère des frères siamois de Inoubliable.
Ellery Queen (J'ai lu) : quand deux flics
(père et fils) sont hébergés par un médecin 1937. La Bête qui sommeille de Donald
et qu'ils le retrouvent, le lendemain matin. Tracy (Série Noire et Folio) : une petite
dans son bureau, avec un trou rouge au côté ville du Maryland, avec son petit port, ses
droit, les suspects n'ont plus qu'à croiser petites gens, sa petite vie. Soudain, un
les doigts. Surtout si ces deux flics ont nom meurtre dont une prostituée est la victime
Richard et Ellery Queen. et un Noir l'accusé. Aussitôt, tout le monde
voit rouge et veut broyer du Nègre. Les
1933. Sur la corde raide de Erle Stanley passions se déchaînent, le lynchage est au
Gardner (J'ai lu) : elle est jeune, belle et élé- bout. Un récit hallucinant.
gante. Elle toque à la porte d'un célèbre
avocat et lui confie ses ennuis. Elle prétend 1937. La Chambre ardente de John Dickson
s'appeler Eva Griffin. Lui, se nomme Perry Carr (Éd. NéO) : un policier gothique, en
Mason. Et il va y jouer sa carrière. vase clos, avec tous les ingrédients du
genre sur fond de logique incontournable qui
1934. Le facteur sonne toujours deux fois n'empêche pas l'ensemble de basculer dans
de James Mallahan Cain (Folio) : quand un le fantastique. Pour les fervents, un régal.
homme et une femme que tout oppose se
rencontrent pour s'offrir un bout de paradis, 1938. Puzzle p o u r acteurs de Patrick
cela débouche tout de suite sur un enfer très Quentin (J'ai lu) : il est fréquent, pour les
convenable. Dans ce premier roman, devenu acteurs, de mourir en scène, notamment
un classique et porté quatre fois à l'écran, lorsque le jeu le commande. Mais quand
l'auteur a taillé à la serpe un physique à trois acteurs d'une même pièce se mettent à
l'écriture. tomber comme des mouches, assassinés par
la main d'un tueur anonyme, alors là plus
1935. Les Disparus de Saint-Agil de Pierre question de jouer sur le même registre.
Véry (Éd. du Rocher) : d'un côté, un crâne
décharné, le squelette d'une main, un rou- 1940. Noir comme un souvenir de Jonathan
leau de parchemin. De l'autre, un pension- Latimer (Rivages/Noir) : pour fuir un sou-
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venir obsédant, Jay Nichols s'est engagé à une blague. Alors, elle vous passe «son»
dans l'expédition du professeur Huntley, à mari. Et il vous parle. Du moins, vous vous
l'autre bout de son passé. Mais, contraire- parlez. Vous, le vrai lui et lui, le faux vous.
ment à ce q u ' o n croit, les fantômes ont la Un face à face à tête de cauchemar.
peau dure et eux aussi savent voyager.
1948. Traquenards de James Hadley Chase
1942. Q u a i d e s O r f è v r e s de S t a n i s l a s - (Série Noire/Carré Noir) : mon premier est
André Steeman (Le Livre de Poche) : rédigé un nazi en cavale, mon deuxième un détra-
entre 1938 et 1942, paru sous le titre Légi- qué sexuel, ma troisième une voleuse et mon
time Défense, adapté à l'écran par Henri- tout un trio d'enfer réuni dans un huis clos
Georges Clouzot, ce roman fait logiquement de même acabit. Un joyau purement chasien.
figure de classique du roman policier. Violent et cruel.

1943. 120, r u e de la G a r e de Léo Malet 1949. Quand la ville dort de William Riley
(U.G.E. 10/18) : le premier roman noir fran- Burnett (Série Noire et Folio) : le premier
çais. Du stalag XB à la France occupée. Et volet d'une trilogie urbaine dont le person-
la naissance littéraire de Nestor Burma de nage central est la ville, jungle de béton et
l'agence Fiat lux. Le privé de choc qui met d'asphalte. Et plus précisément encore, ses
le mystère K.O. Historique à plus d ' u n titre. entrailles nocturnes et mal famées que l'au-
teur met à jour sans complaisance, signant
1944. L ' H e u r e b l a f a r d e de William Irish par là même un des plus hauts faits de la
(Série Noire et Folio) : pour Quinn et Bricky, littérature noire.
tout va se jouer entre une heure moins dix
et six heures moins le quart. Ils n'ont qu'une 1950. L'Inconnu du Nord-Express de
chance sur mille d'en réchapper, mais com- Patricia Highsmith (Presses-Pocket) : Guy
ment prendre l'aube de vitesse ? Une œuvre Haines, un architecte de 29 ans, se trouve
de haute tension par le maître incontesté de dans un train en direction de Metcalf
l'angoisse. (Texas) où sa femme l'attend pour divorcer.
Il fait la connaissance de Charles Anthony
1946. J ' i r a i c r a c h e r s u r vos t o m b e s de Bruno, 25 ans, fils à papa et à problèmes.
Boris Vian (U.G.E. 10/18) : objet de scan- S'engage une conversation que Bruno con-
dale, énorme succès de librairie, puis inter- duit au paroxysme de ses idées fixes, pro-
dit à la vente, éreinté par une critique qui posant à Haines d'accomplir de concert un
n'avait pas digéré le canular Sullivan, réé- double crime parfait. Et le cauchemar va
dité en 1973 dans sa version originale inté- s'installer.
grale, voici la ballade sexuelle et meurtrière
de Lee A n d e r s o n , l ' h o m m e q u ' o n pendit 1950. Cadavre en douce de Ross Macdo-
non pas tant parce qu'il avait tué que parce nald (J'ai lu) : c'est au moment où Olivia
qu'il était un peu Nègre sur les bords. Slocum s'entête à refuser de vendre sa pro-
priété à la Pacifie Refining Company qu'on
1947. La nuit tombe de David Goodis (Série la retrouve au fond de la piscine. Et c'est à
Noire et Folio) : pourquoi James Vanning se Lew Archer, le célèbre privé de Santa Teresa,
sent-il poursuivi par l'image préoccupante qu'échoit l'enquête. Un véritable sac de
d'un énonne calibre, d'une carrosserie défon- nœuds. Avec vipères au milieu.
cée et d ' u n h o m m e mort par balles ? Une
descente aux enfers sans espoir de recours. 1950. Meurtre au vestiaire de Rex Stout
(Rivages/Mystère) : déjà que Nero Wolfe
1948. Comme un f r è r e de Samuel Wooley n'apprécie guère les Monténégrines, en
Taylor (Série Noire/Carré Noir) : c'est assez voilà une qui lui rend visite pour lui annon-
simple. Vous vous appelez Charles Graham. cer tout à trac qu'il a une fille et qu'elle est
Un soir, vous téléphonez à votre femme et compromise dans une histoire de vol. Mais
elle ne reconnaît pas votre voix. Vous croyez il en faut quand même davantage pour flé-
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trir l'assurance et la réputation de l'homme 1954. Le Pigeon de Charles Williams


aux orchidées. (Série Noire/Carré Noir) : le jour où Lee
Scarborough fit la connaissance de Diana
1951. Nettoyage par le vide de Mickey Spil- James et qu'elle lui proposa une affaire de
lane (U.G.E. 10/18) : sans Mike Hammer, cent vingt mille dollars, il aurait mieux fait
le privé facho. Mais avec Johnny Mac Bride de prendre les jambes à son cou sans de-
qui, sur ce plan-là, ne vaut guère mieux et mander son reste. Mais il se contenta de
dont certains citoyens de Lyncastle se sou- partir, pour mieux revenir. Pauvre pomme.
viendront longtemps. Quant au lecteur...
1954. La Colère noire de William Peter
1952. D'entre les morts de Boileau-Narcejac McGivern (Série Noire/Carré Noir) : Steve
(Denoël et Folio) : une intrigue à la lisière Retnick a eu cinq ans pour méditer sur l'er-
du surnaturel que le protagoniste traverse reur judiciaire. Soixante longs mois passés
rivé à son passé où le fantôme de la femme au pénitencier de Sing-Sing ont fait de lui
aimée l'attire comme dans un vertige. Le ro- un fauve chauffé à blanc. Amato et son gang,
man qui a inspiré à Hitchcock son film responsables de son incarcération, n'ont
Vertigo et dont le titre français Sueurs froi- qu'à bien se tenir parce que Retnick vient
des est devenu le générique d'une célèbre juste d'être libéré, et le lecteur n'a qu'à bien
collection de romans policiers. s'accrocher parce que ça déménage.
1952. La Vieille Dame sans merci de 1954. Le rouge est mis de Auguste Le
Maurice-Bernard Endrèbe (Le Masque) : le Breton (Série Noire/Carré Noir) : des mal-
monde de la haute couture, de la presse et du frats braquent un caissier et descendent un
spectacle. Un carré de reines qui ne pensent agent. Ce qui, bien entendu, produit un cer-
qu'à séduire le beau Serge. Et, au bout du tain rififi dans le mitan comme chez les
compte, la mort. C'est alors que débarque poulagas. D'autant que, sur ce coup-là,
la désuète mais charmante Elvire Prentice, même les garagistes s'en mêlent.
l'héroïne d'Endrèbe, le fondateur du Grand
Prix de littérature policière. 1955. Reproduction interdite de Michel
Lebrun (Ed. du Rocher) : la peinture est un
1953. Touchez pas au grisbi de Albert art (cela va de soi), mais c'est aussi un bon
Simonin (Série Noire et Folio) : le roman placement (cela va sans dire). Surtout lors-
d'une langue. Verte et crue. Une préface de qu'on fait le commerce des tableaux comme
Mac Orlan (de l'académie Goncourt) et une Mark Kelber et que l'on veut s'approprier
histoire de demi-sel, de vrais de vrais, de un Gauguin. Et maintenant, imaginez un peu
poulardins et d'enfouraillés jusqu'aux crocs. la tête du susdit quand l'expert lui dévoile
qu'il s'agit d'un vrai faux ?
1953. Sur un air de navaja de Raymond
Chandler (Série Noire et Folio) : l'œuvre la 1956. Le Mal des cavernes de John McPart-
plus aboutie du père de Philip Marlowe. La land (Série Noire/Carré Noir) : quand Pearl
rencontre du fameux privé de Santa Rosa Dobson demande à son copain Lee Farr de
avec Terry Lennox et Roger Wade pour une venir le retrouver d'urgence, il saute dans
histoire d'amitié trahie. A bout touchant. sa voiture et avale trois mille kilomètres.
Mais quand il arrive à la ferme, c'est pour
1954. Autopsie d'un kidnapping de Robert se retrouver nez à nez avec le cadavre tor-
Bloch (Éd. NéO) : un méticuleux ce Stanley turé de Dobson. Et les ennuis ne font que
Kolischek. Quand il monte sur un coup, il ne commencer.
s'embarque pas sans biscuits. Pour ce rapt,
par exemple, il va même se documenter en 1956. Le Sonneur de Ed McBain (Série
bibliothèque. Reste les impondérables, Noire/Carré Noir) : d'abord il les frappe, en-
comme disent les braves gens. Et ceux-là, suite il leur demande de ne pas crier, enfin
Kolischek ne pouvait pas les prévoir. quand il les a délestées de leur sac à main,
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il s'incline devant elles pour les saluer. Les la vieille, ce Gu. A son âge, se faire la belle,
gars du 8 7 District d'Isola, Carella le pre- ce n'est déjà pas rien. Mais quand, de sur-
mier, vont avoir du pain sur la planche. croît, il faut venir remettre de l'ordre dans
ses «affaires», participer à un braquage
1957. Le Doulos de Pierre Vial-Lesou (Série tout en assurant une fausse réputation de
Noire/Carré Noir) : en argot, un doule balance, il reste peu de temps pour souffler.
signifie un chapeau. On dit aussi un bada et,
quand on le porte, c'est qu'on en croque 1959. Le Lien conjugal de Jim Thompson
avec les poulets. Pas très bon tout cela, sur- (Série Noire/Carré Noir) : les couples, ce
tout quand on fait partie du mitan. Le pro- n'est pas ce qui manque. Un couple qui
blème avec les erreurs de jugement, c'est exerce le même travail, c'est déjà moins fré-
qu'elles peuvent se terminer sur des erreurs quent. La spécialité commune du ménage
de tir. McCoy (Carter dit Doc et Carol), c'est le
gangstérisme. Activité lucrative à haut ris-
1958. La Reine des pommes de Chester que. Pour le meilleur et pour le pire.
Himes (Série Noire et Folio) : ici commence
l'épopée brutale et dantesque des deux tor- 1959. Deuil en rouge de Paul Gerrard
nades noires de Harlem, Ed Coffrin dit Ed (L'Instant noir) : l'épouse et la fille d'un in-
Cercueil et Grave Diggers Jones dit Fos- dustriel ont été tuées par un chauffard qui a
soyeur. Deux flics dénués de préjugés et aggravé son cas d'un délit de fuite. L'in-
qui, lâchés dans les boyaux grouillants de dustriel charge son homme de confiance de
Harlem, usent et abusent de méthodes expé- retrouver le meurtrier. De surprises en sus-
ditives. Se boit d'un trait. penses, le roman défile à la vitesse d'un
bolide et l'auteur sait conduire.
1958. La Promesse de Friedrich Dürrenmatt
(Albin Michel) : après la découverte du 1959. Coma de Frédéric Dard (Fleuve
cadavre de la jeune Gritli Moser, l'inspec- Noir/Presses-Pocket) : dans le train qui le
teur Matthieu (qui se sent lié par le serment conduit à Hambourg, Jean Lecœur fait la
fait à la mère de retrouver l'assassin de sa connaissance de Gertrud Schiketenz. Un
fillette) va mener une enquête personnelle accident va l'immobiliser chez la jeune
qui le conduira au tréfonds de lui-même. femme qui vit avec un vieil oncle et une
jeune sœur disgraciée. Mais Lecœur se
1958. Tokyo-Express de Seichô Matsumoto trouve-t-il réellement chez Gertrud et pour-
(Éd. Picquier) : sur une petite plage de l'île quoi lui fait-elle absorber une telle quantité
Kyushu, on découvre les corps d'un couple de barbituriques ?
empoisonné au cyanure de potassium. Tout
porte à croire qu'il s'agit d'un double suici- 1959. L'inspecteur mourra seul de Charles
de et tout le monde est prêt à le croire. Ex- Exbrayat (Le Masque) : à 55 ans, l'inspec-
cepté le commissaire adjoint Mihara qui, à teur Helmut Schwenke est revenu de tout ou
la lumière des indices recueillis par l'ins- presque. La seule chose dont il soit fier,
pecteur Torigai, va mettre à jour une sordide c'est d'avoir tiré jadis la jeune Annelore du
histoire de corruption. gouffre où elle allait sombrer. Aussi, lorsque
Annelore meurt, assassinée, l'inspecteur
1958. On n 'enterre p a s le dimanche de Schwenke se jure de retrouver son meurtrier.
Fred Kassak (Le Masque) : Philippe René Et il est prêt, pour cela, à payer le prix fort.
Valence, de Pointe-à-Pitre, innocent d'un
crime commis huit mois plus tôt, va se dé- 1960. Meurtre à Canton de Robert Hans
brouiller pour endosser à son insu la peau Van Gulik (U.G.E. 10/18) : des Arabes qui
du plus parfait des coupables. commercent en plein Canton, des complots
politiques à fleurets démouchetés, la dispa-
1958. Le Deuxième Souffle de José Gio- rition d'un haut dignitaire du régime, un fi-
vanni (Série Noire/Carré Noir) : un vieux de nancier en eau trouble et, bien évidemment,
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le Juge Ti délégué sur place et pris entre fourré dont il a le secret et que les acharnés
marteau et enclume. du turf et les autres feraient bien de lire
avant d'aller poinçonner leurs tickets domi-
1962. Compartiment tueurs de Sébastien nicaux.
Japrisot (Denoël et Folio) : dans la couchette
222 du Phocéen, un cadavre de femme. Le 1965. Dernier domicile connu de Joseph
premier d'une bonne série. Et l'inspecteur Harrington (Série Noire) : l'inspecteur
Grazziano dit Grazzi aux prises avec un Francis Kerrigan et la détective Jane
assassin qui réussit toujours à le devancer Boardman sont extraits de la routine aux
dans son enquête. Mais il arrive un moment fins de dénicher un témoin capital qui
où le vent finit par tourner. paraît s'être évaporé dans la nature. Cette
traque au quotidien est un des morceaux de
1962. Manie de la persécution de Louis C. choix du roman noir américain.
Thomas (J'ai lu) : il s'appelle Georges
Campo. Juste après son retour du Brésil, il 1967. L'Homme au balcon de Maj Sjöwall
est victime d'un accident de voiture. Il se et Per Wahlöö (U.G.E. 10/18) : un Martin
réveille dans une clinique où on l'a inscrit Beck, flic de son état, désabusé et mal marié ;
sous le nom de Romery et où une femme (la un Stockholm à l'opposé des clichés ressas-
sienne) qu'il ne connaît ni des lèvres ni des sés et puis un homme sur son balcon, épiant
dents lui parle de son séjour au Viêt-nam. les petites filles qui jouent dans la rue et
De quoi ne pas se sentir au mieux dans sa dont certaines sont retrouvées sauvagement
tête. A moins que... assassinées.

1963. A jeter aux chiens de Dorothy Belle 1968. Les Enfants du massacre de Giorgio
Hughes (Série Noire/Carré Noir) : le doc- Scerbanenco (U.G.E. 10/18) : une jeune
teur Densmore, en route pour Phœnix, institutrice faisait la classe à un groupe de
prend en stop une jeune adolescente. Le len- garçons dont plusieurs étaient hérédosyphi-
demain, la jeune fille est découverte morte, litiques et avaient connu la prison. Elle en
dans un canal. C'est à partir de ce moment- mourut. Assassinée. Offrant à Duca Lam-
là que les problèmes vont commencer pour berti la descente aux enfers la plus dure de
le docteur dont la couleur de peau n'est pas sa brève carrière. Écrit, voici un quart de
l'élue de la blanche Amérique. siècle, ce roman reste étonnamment actuel.

1963. Frontière belge de Nicolas Freeling 1969. Dites-le avec des fleurs de Christian
(U.G.E. 10/18) : une enquête de l'inspec- Charrière (Fayard) : Jean-Claude Berger a
teur Van der Valk de la police d'Amsterdam. une tache de vin sur le visage. Il n'a jamais
Le flic qui avance dans ses recherches avec levé les yeux sur une femme et il pense que
l'air de celui qui ne veut pas y toucher et les femmes ce n'est pas pour lui. Du moins
qui finit toujours par arriver à ses fins, hors jusqu'à l'arrivée d'Ursula. Une fille au pair
des sentiers mille fois battus. différente des autres. Très différente. Et
soudain, toute la vie de la famille Berger
1964. La Lune d'Omaha de Jean Amila bascule. Dans l'amour pour les uns, dans la
(Série Noire/Carré Noir) : vingt ans après mort pour les autres.
la fin des hostilités, parmi les croix de
l'immense nécropole militaire d'Omaha 1970. Pierre qui brûle de Donald Edwin
Beach, en Normandie, un homme retrouve Westlake (Série Noire/Carré Noir) : d'une
une tombe sur laquelle figure son nom. part, John Dortmunder et les siens toujours
prêts à réaliser un coup fumant. D'autre
1965. Ventre à terre de Dick Francis (Série part, l'ambassadeur du Talabwo, qui vou-
Noire/Carré Noir) : sur l'air bien connu de drait voir son pays récupérer la symbolique
«on achève bien les chevaux», le spécialiste émeraude du Balabomo d'une valeur d'un
du polar hippique nous mitonne un coup demi-million de dollars. Et au milieu de
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tout cela, un sac d'embrouilles. Humour en 1973. Le Grand Soir de Roger L. Simon
prime. (U.G.E. 10/18) : Moses Wine, privé désen-
chanté, divorcé et père de deux enfants, est
1970. Un blond évaporé de Joseph Hansen contacté par une ancienne liaison pour dé-
(Série Noire/Carré Noir) : Dave Brandstet- couvrir l'opérateur du sabotage de la cam-
ter, l'enquêteur homosexuel de la compa- pagne du sénateur Hawthorne. Tout cela
gnie d'assurances Medallion, est chargé de n'ira pas sans plaies et bosses et ne sera pas
trouver une explication plausible à la dispa- fait pour relever le moral de notre détective.
rition d'un certain Fox Oison, devenu ve-
dette des médias après des années de vaches 1974. Deuil en acier de Gilbert Tanugi (Le
maigres. Suicide ou suicidé ? Masque) : qui est véritablement Monsieur
Joe ? Le sait-il lui-même ? Et pourquoi ne
1971. Le Contexte de Leonardo Sciascia se sépare-t-il jamais de ce couteau de marin
(Denoël et Folio) : qu'est-ce que l'inspec- à lame d'acier gravé d'une fleur de lys ?
teur Rogas est venu faire dans cette galère ? Quant au commissaire Leonardi, après six
Juste son métier de flic. Élucider une série mois, treize jours et sept heures d'enquête,
d'assassinats commis sur les personnes de il eut encore le temps de s'étonner de la jus-
plusieurs magistrats. Seulement voilà : si la tesse de son raisonnement.
vérité est toujours révolutionnaire, elle
n'est pas forcément bonne à dire. Rogas 1975. Fausse Piste de James Crumley
l'apprendra à ses dépens. (U.G.E. 10/18) : Helen Duffy, assistante
d'anglais à l'université de Storm Lake,
1972. La Nuit des grands chiens malades vient trouver Milodragovitch afin qu'il
de A.D.G. (Série Noire et Folio) : hippizes, recherche son jeune frère porté disparu.
dreugues, ouiskies et petites mémés. Avec Pour un type comme Milo, ex-flic recon-
péquenots du cru et ganguestères saigneurs. verti en privé, qui connaît chaque recoin de
Une langue à vous couper le sifflet. Ce «il Meriwether, l'affaire paraît plutôt simple.
était une fois dans le Berry» est garanti Elle se compliquera pourtant dès qu'il aura
avec fractures. retrouvé le jeune Raymond. Aussi froid
qu'un poisson dans sa glace.
1972. La Femme du dimanche de Fruttero
et Lucentini (Seuil/Points) un phallus de 1976. Mouche de Alain Demouzon (J'ai
vingt-neuf centimètres de haut et de deux lu) : Robert Flécheux, la cinquantaine mo-
kilos et demi qui s'écrase sur une tête, ça ralement affaissée, détective privé de son
peut tuer. Surtout s'il est marbré. Le crâne état, croise sur sa route monocorde, une
du foireux architecte Garrone n'y résistera vieille dame qui lui demande de rechercher
pas. Et le commissaire Santamaria n'aura sa petite-fille. Et voilà Flécheux qui reprend
plus qu'à s'engluer dans une bourgeoisie la piste. Sans illusion. Et qui s'en ira subir
turinoise homicide, veule, parasitaire, dé- une descente en flammes dans les coulisses
pravée à vous faire dresser les spaghetti sur du cinéma douteux.
la tête.
1976. Marylin la Dingue de Jerome Charyn
1973. Là où dansent les morts de Tony (Série Noire et Folio) : quand Isaac le Ver-
Hillerman (Rivages/Noir) : quand le jeune tueux se trouve aux prises avec le gang des
Ernesto Cata disparaît de la circulation sur Sucettes qui terrorisent les commerçants de
le territoire Zuni, c'est le lieutenant Joseph son secteur, cela permet à l'ignoble tribu des
Leaphorn, le flic Navajo, que l'on charge de Guzman d'avoir les coudées franches pour
l'enquête. Et bien qu'il ne soupçonne pas le s'adonner à leur trafic de chair fraîche. Sans
jeune Bowlegs, il aimerait quand même lui compter Marilyn Sidel, sa progéniture, qui
dire deux mots. Mais lui aussi semble s'être s'envoie en l'air avec Z'yeux bleus l'assis-
volatilisé. Un vrai casse-tête. Et un vrai tant bien aimé d'Isaac le Pur. Une comédie
grand roman. Dense. noire.
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1977. La Solitude du manager de Manuel homme en loden vert. Et l'inspecteur David


Vasquez Montalban (U.G.E. 10/18) : Anto- Géant de Nice dut entrer en scène car, de
nio Jauma est découvert assassiné, avec leur vivant, tous ces clochards avaient résidé
une culotte de femme dans la poche. Mais dans la baie des Requins et frayé avec des
Jauma était aussi le représentant espagnol groupes fascistes.
d'une importante multinationale. Et derrière
cette mort que l'officialité voudrait réduire 1979. Bloody Mary de Jean Vautrin (Le
à un banal fait divers, percent les soubre- Livre de Poche) : un cocktail détonnant. A
sauts de la bête immonde que Pepe Carvalho, l'instar de la banlieue qu'il épingle, vérita-
le privé barcelonais, se fera un devoir de ble fabrique à paumés, délinquants, accultu-
mettre à jour. rés et divers coups de folie. Une mécanique
féroce. Un engrenage sans retour. Une lan-
1978. Le bourreau prend la pose de Peter gue superbe. Le plus grand roman de Vautrin
Lovesey (Le Masque) : dans l'après-midi et un immense roman tout court.
du lundi 12 mars 1888 à Park Lodge,
Miriam Jane Cromer, épouse de Howard 1979. La Mariée rouge de Hervé Jaouen
Cromer, photographe, assassine Josiah Per- (Le Livre de Poche) : la route de Camille
ceval, l'assistant de son époux. L'issue du Mell et Didier Cloumard, responsables
procès ne fait aucun doute. Il ne reste plus d'un vol à main armée et autres grivèleries,
à James Berry, bourreau de son métier, qu'à croise celle des frères Zimon, un trio de fer-
prendre la route pour la capitale. Toutefois, railleurs crapoteux. Le quintet en vadrouille
avant d'accomplir son office, il aimerait s'en va percuter de plein fouet une noce
bien se faire tirer le portrait. passablement éméchée et un groupuscule
d'autodéfense. Le bilan sera lourd.
1978. Boulevard des trahisons de Thomas
Sanchez (Seuil/Points) : l'histoire d'une Los 1980. Le Coucou de Georges-Jean Arnaud
Angeles peu connue. Celle des bas quartiers (Fleuve Noir) : quand un homme de ménage
hantés par les bandes de Zoots, les zazous, découvre par hasard un appartement inha-
les hordes profascistes et, au milieu de ce bité qu'il décide de faire sien, sans savoir
désordre convenu, le jeune agent de police que tout a été préconçu à ses dimensions
Nathan Younger chargé d'enquêter sur les pour qu'il devienne, à l'heure dite, l'hallu-
activités anti-américaines de ces groupus- cinant jouet d'un long conditionnement.
cules et de remonter les filières.
1981. Banquise de Hervé Prudon (Fayard/
1978. Le Salon du prêt-à-saigner de Noir) : banlieue dortoir et ville-bidon. C'est
Joseph Bialot (Série Noire et Folio) : deux du pareil au même. A Sainte-Mouise-sur-
cadavres dans le Sentier. Gorges tranchées, Dèche, il n'y a pas trente-six manières d'en
corps tailladés. Un carton en banlieue sur sortir. Sans moyens, par la porte ou sans
un ex-roi de la petite reine, achevé au rasoir façon, par la fenêtre. C'est, semble-t-il, cette
sur son lit d'hôpital. Un Yougo en Alfa puis solution qu'a choisie Schmitz (rue des
en mauvaise posture. Un Arabe gagnant Petits-Tapins) pour se tirer d'un bond dans
puis raide mort. Quand le Sentier s'agite en le vide. Enfin, «choisi», c'est vite dit. Parce
dessous, ça peut prendre des allures de que ici on ne choisit guère.
coupe réglée.
1981. Femmes blafardes de Pierre Siniac
1978. Barbarie Coast de Michel Grisolia (Fayard/Noir) : lorsque Séverin Chanfier,
(U.G.E. 10/18) : pour Dahleckson dans un détective privé, entre pour la première fois
urinoir de Venise, Nemijevski au bord du de son existence dans cette ville des Cha-
lac de Genève, Hoffman dans les douches rentes pour recueillir des informations sur
publiques de Londres et Novarese sur une un dénommé Davailland dont la famille est
plage de San Sebastian, la mort se présenta, sans nouvelles depuis cinq ans, il ne se doute
sévices compris, sous l'apparence d'un pas encore dans quel pétrin il va se plonger.
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1981. Corvette de nuit de Marc Villard noire qui tentait de pénétrer par effraction
(Fayard/Noir) : il y a une nommée Edith dans son négoce. Le problème, c'est que
Starsky qui a été découverte avec une lame Wizmann a déjà abattu sept personnes dans
de quinze centimètres plantée dans le les mêmes circonstances. Yudel Gordon,
ventre. Il y a aussi Dany Waxman, mini- psychiatre près de l'autorité judiciaire, va
rock-star activement recherchée par la po- tenter de démêler les fils de cette affaire.
lice. Il y a encore cette histoire de Lamber- Mais, au pays de l'apartheid, il ne suffit pas
ville, dans les années 60. Sans oublier de démêler des fils. Ce roman a été interdit
Robert Languedonne dit Harry qui porte en Afrique du Sud.
toujours en lui la blessure de l'autre.
1982. Tchao Pantin de Alain Page (Denoël
1981. Exit de Paul Clément (Série Noire) : et Folio) : il s'appellait Bensoussan, dealer
Raider, photographe de presse. Une nuit, il et paumé. Sa rencontre avec Lambert et ses
reçoit un appel du centre de police du XIV 45 berges se produisit une nuit d'averse,
arrondissement. L'inspecteur Geille lui avenue Philippe-Auguste. Lambert était
annonce que sa femme Laura a été assassi- pompiste et paumé lui aussi. Mais il n'avait
née de deux balles de 9 mm. Raider feint la pas toujours été comme ça. La mort de Ben-
surprise. Il n'y a vraiment pas de quoi. C'est soussan allait une nouvelle fois remettre sa
lui qui a tiré. Et ce n'est qu'un début. vie en question. Et ce ne furent ni Lola la
dingue ni l'officier de police Bauer qui y
1981. Le Crépuscule des flics de Joseph changèrent quoi que ce soit.
Wambaugh (Presses de la Cité/Le Livre de
Poche) : Nigel Saint-Claire, directeur d'un 1982. Le Labyrinthe aux olives de Eduardo
grand studio à Hollywood, meurt assassiné. Mendoza (Seuil/Points) : tout cela paraît
Quatre équipes de deux flics sont concer- limpide. Un ministre convoque un privé
nés par l'enquête. Parmi eux, les sergents aliéné pour lui demander de transporter une
Al Mackey et Martin Wellborn. Mais le ter- valise contenant quelques millions de pese-
rible secret dont ce dernier est porteur le tas, entre Barcelone et Madrid. Mais tout
conduira à l'ultime extrémité. Magistral. cela se gâte dès qu'un larbin manchot se
fait assassiner dans un hôtel à la place du
1981. La Vierge dans la glace de Ellis porteur de valise. S'ensuit une poursuite
Peters (U.G.E. 10/18) : pour échapper aux échevelée au cours de laquelle l'auteur en
soudards qui déferlent sur Worcester, en cet profite pour gifler tout ce qui ne veut pas
hiver de l'an de grâce 1139, les habitants bouger dans l'Espagne postfranquiste. Il a
valides fuient vers le nord. Le monastère de de quoi se démener.
Shrewsbury en a accueilli son lot. Mais deux
jeunes nobles et une nonne ont disparu et 1982. Un été glacé de Philippe Conil (Série
le frère Cadfael est chargé de les retrouver. Noire) : le flic Stein, partisan de l'échafaud,
Une peinture saisissante. une certaine Diane, starlette du porno, un
légiste qui a un penchant pour l'absinthe,
1981. La Position du tireur couché de des loubards en état de désœuvrement
Jean-Patrick Manchette (Série Noire et Fo- avancé, le quartier de Belleville, soudain en
lio) : le dernier Manchette. Un roman sobre émoi, parce que lors de ce mois d'août cani-
et glacé comme ce vent venu de l'Arctique culaire une vieille dame vient de se faire
qui balaie la périphérie nord de Worcester assassiner à domicile.
où Martin Terrier, le tueur à gages, l'assas-
sin professionnel, guette sa proie tandis que 1982. Mon pote le vendu de Bill Pronzini
son destin l'attend. (Série Noire) : une affaire très personnelle
pour le Nameless, le privé sans nom de
1981. La Nuit divisée de Wessel Ebersohn Frisco. Son copain, le flic Eberhardt, vient
(Éd. Sombre Crapule) : Wizmann, petit d'être gravement blessé sur le seuil de sa
Blanc et «patriote», abat une adolescente porte par un Chinois armé d'un 11.43 et lui-
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même a bien failli se faire repasser. Et puis Weill a disparu dans la tourmente des camps
voilà qu'un autre Chinois lui téléphone dans nazis, comment sa femme peut-elle préten-
sa chambre d'hôpital pour l'informer que dre l'avoir aperçu à six reprises entre 1957
son pote se faisait arroser en pots-de-vin. et 1982 ? Et s'il avait pu sauver sa peau
d'Auschwitz, pourquoi ne lui a-t-il plus ja-
1982. On ne meurt que deux fois de Robin mais donné signe de vie ? Kevin Fitzgerald
Cook (Série Noire et Folio sous le titre II n'est pas au bout de ses surprises et de ses
est mort les yeux ouverts) : le 30 mars, déconvenues.
Charles Staniland est retrouvé mort dans
Albatros Road à Londres, la tête écrasée à 1984. Meurtre au mont Fuji de Shizuko
coups de masse de carrier. Un sergent dé- Natsuki (Le Masque) : dans la demeure des
tective, chargé des affaires inexpliquées, va Wada, le grand oncle de la jeune Chiyo est
découvrir un journal sur cassettes enregistré retrouvé assassiné. La jeune étudiante
par la victime. Et tandis qu'il remonte la s'accuse du meurtre devant les siens et la
piste de l'assassin, le lecteur amorce sa des- famille décide de lui venir en aide. Mais
cente dans le trente-sixième dessous. l'inspecteur Nakazato n'est pas le premier
venu en matière de crime en local clos.
1982. Pour l'amour de l'art de Andreu
Martin (Le Mascaret/Noir) : un bellâtre de 1984. Nous avons brûlé une sainte de
discothèque en passe de commettre deux Jean-Bernard Pouy (Série Noire) : le grou-
homicides. Une association de mécènes per- pe Rimbaud, à la tête duquel se trouve une
turbés, amateurs d'art conceptuel. Un privé prénommée Anne (jadis violée par des
sans scrupule chargé d'enquêter sur le vol Anglais), s'en prend, de Paris à Orléans via
de trois Picasso commis au domicile d'un Compiègne à tout ce qui touche aux inté-
industriel. Une fois les ingrédients mis en rêts britanniques. L'image béate de la
place, l'horreur peut aller son train. Pucelle en prend un coup dans le sternum,
mais c'est pour la bonne cause. Salutaire et
1983. La Plage vide de Peter Corris décapant.
(Rivages/Noir) : côté fumée et alcool, Cliff
Hardy, le privé de Sidney, s'est assagi. Côté 1984. Solidarmoche de Gérard Delteil
boulot, les affaires restent toujours aussi (Fleuve Noir) : on lui propose un voyage
délicates. Ici, la riche veuve d'un magnat tous frais payés en minicar pour Varsovie
du jackpot l'engage pour éclaircir un mys- afin de passer clandestinement du matériel
tère : puisque son mari est mort d'une radio destiné au syndicat Solidarité. Avec
noyade voici deux ans, pourquoi lui câble- lui, Nadine : une nana plutôt sympa. L'obs-
t-on qu'il est toujours en vie ? Une enquête tacle ne paraît pas infranchissable. Jusqu'au
entre la vie et la morgue. moment où on leur fait savoir qu'ils sont
surveillés. Et tout à coup la température
1984. Meurtres pour mémoire de Didier descend de plusieurs degrés.
Daeninckx (Série Noire et Folio) : Paris,
mardi 17 octobre 1961. Une sanglante ré- 1984. Miami Blues de Charles Willeford
pression policière fait plusieurs dizaines de (Rivages/Thriller) : nom, Martin Waggoner.
morts dont un professeur d'histoire, Roger État présent, mort par fracture du doigt. Ce
Thiraud... Toulouse, vingt ans plus tard. n'est pas tous les jours qu'un légiste est
Bernard Thiraud, fils de Roger, est abattu amené à dresser ce type de constat. Et ce
de huit balles. L'inspecteur Cadin, spécia- n'est pas Hoke Moseley de la Criminelle
liste de la mutation administrative, va poser qui dira le contraire. A ceci près que le type
sa griffe sur l'une des plaies honteuses de qui a retourné le doigt du Hare Krishna
l'Histoire hexagonale. s'appelle Frederick J. Frenger Jr. et qu'il
arrive tout droit de la prison de San Quen-
1984. L'Orchestre des ombres de Tom tin. Mais cela, Hoke Moseley l'ignore en-
Topor (Série Noire) : si le pianiste Max core.
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1984. Mygale de Thierry Jonquet (Série symbole. Et Victor n'aime pas ça. Aussi, à
Noire) : pourquoi le professeur Lafargue sa sortie de prison, va-t-il s'employer à se
enferme-t-il son Ève à double tour ? Est-elle venger. Et Clare, la fiancée de David, repré-
folle comme sa fille Viviane, pensionnaire sente la proie idéale.
d'une institution psychiatrique ? Et pour-
quoi l'oblige-t-il à se prostituer ? Quant à 1986. Les Courriers de la mort de Pierre
Alex Barny, qui a tué un flic, il aimerait bien Magnan (Denoël et Folio) : Pencenat Émile
changer de tronche. Avoir une belle petite s'est mis en tête de creuser et façonner sa
gueule comme celle de son pote Vincent. dernière demeure. Un soir d'automne, il
Mais, au fait, où est passé Vincent ? découvre sur une tombe voisine une en-
veloppe adressée à une certaine Véronique
1986. Du feu p o u r le g r a n d dragon de Champourcieux. Il l'affranchit et la dépose
Horst Bosetzky (L'Instant noir) : Berlin. dans la boîte aux lettres du cimetière. La
Dans le quartier ouvrier de Kreutzberg où destinataire en mourra. D'autres lettres
des klanistes à la mode germanique relayés viendront, d'autres morts aussi. De quoi
par des nostalgiques du III Reich veulent laisser perplexe le commissaire Laviolette.
extirper de l'Allemagne son «chancre turc»
Le commissaire Mannhardt va jouer une 1986. Un cheval mort dans une baignoire
partie sur le fil du rasoir, tandis que le dé- de Francis Ryck (Albin Michel) : Framer,
nommé Kochale est déjà embarqué dans ancien agent des services secrets, coule des
l'œil du cyclone. jours tranquilles dans le Ventoux aux côtés
de sa compagne Laurence et du fils de
1986. Bastille Tango de Jean-François Vilar celle-ci. Rol. Jusqu'au jour où un fil de
(J'ai lu) : un coin de Paris, la Bastille, en nylon, tendu entre deux arbres, provoque sa
état d'excavation avancée. Des réfugiés po- chute de moto et le réveil d'un passé qu'il
litiques argentins que la sanglante dictature croyait révolu. Qu'attend-on de Framer ?
semble vouloir rattraper avant qu'ils ne
puissent porter témoignage. Et Victor Blain- 1987. Un détour par l'enfer de Emmanuel
ville emporté dans le tourbillon de cette Errer (L'Instant noir) : le jour où il est déco-
danse infernale. Un roman orange vif au ré par le préfet pour faits de résistance, Jean
cœur d'une nuit brune. Maurepain est abattu en pleine cérémonie
par un tueur solitaire armé d'un pistolet au-
1986. Un certain goût p o u r la mort de tomatique. Quelques heures plus tard, le
Phyllis Dorothy James (Le Livre de Poche) : meurtrier se pend aux barreaux de l'infirme-
ce matin-là, le 18 septembre à 8 h 45, une rie de la prison de Dôle. Chargé de l'enquête,
vieille fille de 65 ans et un jeune garçon de l'officier de police Lucien Lesourd va se
10 ans découvrent dans la sacristie de heurter au mur du silence et déranger le
l'église de Paddington deux cadavres sai- «personnel» en place.
gnés à blanc. L'un est celui de Harry Mack,
un clochard. L'autre, celui de sir Paul Be- 1987. Le Dahlia noir de James Ellroy
rowne, membre du gouvernement. L'en- (Rivages/Thriller) : 15 juin 1947, Los Ange-
quête du commandant Adam Dalgliesh les. Fait divers : le corps d'Elizabeth Short
s'avère pour le moins délicate. est découvert, dans un terrain vague, sec-
tionné au niveau de la taille. Fiction : deux
1986. L'Homme à la tortue de Ruth flics (Blanchard et Bleichert), anciens
Rendell (Presses-Pocket) : voici l'histoire boxeurs, sont chargés de l'enquête.
de Victor, l'homme qui violait des femmes.
Arrêté par la police, après avoir blessé un 1987. Aix abrupto de Jean-Paul Demure
détective, il est condamné à dix ans de pri- (Série Noire) : côté jardin, de l'opéra soft.
son. David Fleetwood, le détective qui l'a Côté cour, exactions d'un genre hard. Les
arrêté, vit depuis dix ans dans un fauteuil loups politiques connaissent la partition. En
roulant. Mais il est devenu une sorte de général, ils se déguisent en agneaux pour
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faire bloc devant la mangeoire. Excepté de l'Ouest en 1922. Mineurs en grève, pros-
pendant les campagnes électorales où tous pecteurs assassinés, spéculateurs criminels,
les coups sont permis. Allegro, al dente et flics vendus, milices achetées. Et deux pri-
tutti quanti. vés : un vieux loup expérimenté et un jeune
débutant. Le premier se fera éliminer et le
1987. La Fée Carabine de Daniel Pennac second, livré à lui-même et à l'adversité,
(Série Noire et Folio) : il y a une vieille qui aura l'occasion de considérer la mort de
va déraper sur une plaque de verglas. Il y a près. Une Amérique à nu, dépouillée de son
un flic qui veut lui éviter la glissade. Il aura parisiano-parisienne.
s'avance et elle en profite pour lui loger une
balle de P.38. Quant à Benjamin Mallaus- 1988. Le Brouillard rouge de Paul Halter
sène, le bouc émissaire du grand magasin, (Le Masque) : Blackfield, 1887. Neuf ans
le voici transféré comme émissaire du même après le meurtre de Richard Morstan, com-
type dans l'édition. Un exercice de style mis dans une pièce close, un homme qui se
bien enlevé. prétend journaliste vient enquêter sur cet
assassinat. Un an plus tard, à Londres, Jack
1987. Le Fou au flingue de Michael Collins l'Éventreur terrorise le quartier de White-
(Série Noire) : elle a 22 ans. Elle s'appelle chapel. Mais quel lien peut-il y avoir entre
Jeanne-Marie Johnson. Pour quelques ins- ces deux affaires ?
tants encore, elle court, seule dans sa nuit,
ses chaussures à la main. Une seule balle 1989. Vous parlez d ' u n e paroisse ! de
de 9 mm suffira à la stopper pour toujours. Hillary Waugh (Série Noire) : Sally Anders,
Une nouvelle enquête de Dan Fortune, le une collégienne de 16 ans est violée et
privé manchot new-yorkais. Révélateur des assassinée près de la maison des Parker où
maux de la société américaine où les plus elle faisait son baby-sitting. La police locale
démunis ne cherchent plus à exister mais arrête un vagabond du nom de Wilfred
seulement à survivre. Grenne qu'elle est contrainte de relâcher
faute de preuves. C'est alors que la défiance
1987. Clause de style de Frédéric H. va donner libre cours à sa petitesse coutu-
Fajardie (Denoël et Folio) : un ponte du mière et qu'en ville chacun se met à sus-
trafic de drogue, un conseiller municipal pecter l'autre.
véreux, un proxénète de haut vol sont abat-
tus par un commando du genre «escadron 1990. Vendetta en Vendée de Jacques Syrei-
de la mort». Le problème, pour le division- geol (Série Noire) : il s'appelle Marc Martin.
naire Grindel chargé de l'affaire, c'est que Un soir, à bord de sa bétaillère, il charge une
certains de ses collègues qui enquêtent sur gamine pas farouche qui se donne à lui sans
ces meurtres sont aussi les meurtriers. Un regarder à la dépense. Sur quoi, les flics
roman superbe, où le récit et le style sont viennent l'arrêter. Viol et voie de fait sur
une brillante réponse à ses détracteurs. mineure. Incarcération. Préventive. Sa
femme divorce. Son père meurt. Son exploi-
1988. Arrêtez le folklore de John Douglas tation périclite. Alors, vient un moment où
(Série Noire) : un bled minier de la Virginie trop, c'est vraiment assez.
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Index
Le lecteur trouvera ici répertoriés les noms des ardeurs et des critiques. Les noms et les
folios en gras renvoient à ceux qui font l'objet d'un article ou d'un développement.

A Bastid Jean-Pierre, Brackett Leigh, 154. Chase James Hadley,


126, 177. Brecht Bertolt, 118, 8 2 , 115,
A.D.G., 179,237, Bastid et Martens, 150, 183, 228.
245. 132, 218, 220, 226,
126. Breton Jacques, 170. 232, 233, 241.
Adamov Arthur, 155. Baudelaire Charles, Brouillet Chrystine, Chesterton Gilbert
Albert Marvin H., 24, 26, 28, 33. 154.
101. Keith, 40, 41, 43,
Baudou Jacques, 43, Brown Carter, 138. 53, 232, 234.
Alexander David, 76, 77, 79, 137, 158, Brown Fredric, 96.
136. Cheyney Peter, 94,
180, 192, 198, 228, Buono Oreste del, 120, 232, 233.
Alexandre Paul, 15. 229, 230, 231,232, 127, 160. Christie Agatha, 18,
Allain Marcel, 52. 233,238. Burnett William 19,55, 138, 231,
Allingham Margery, Beckett Samuel, 24. Riley, 11, 74, 78, 89, 239.
153.
Behm Marc, 220, 238, 241. Clarke Donald
Amila Jean, 113, 232, 235. Butor Michel, 17. Henderson, 74, 239.
210, 237,244. Benacquista Tonino, Claudel Paul, 31.
Andréota Paul, 225, 215, 223.
236. C Clément Paul, 203,
Bens Jacques, 50, 69, 247.
Angelis Augusto de, 102, 226, 232. Cabau Jacques, 18, Coatmeur
163.
Bertrand (A.), 63, 27, 28,31,38, 75, Jean-François, 190,
Apollinaire 231. 135, 230. 234, 237.
Guillaume, 52. Bialot Joseph, 202, Cain James Mallahan, Cocteau Jean, 52,
Aragon Louis, 24, 236, 237, 246. 20, 80, 240. 119, 185, 198, 230.
69, 155. Biggers Earl Derr, Cain Paul, 72. Collins Michael,
Arcouet Serge, 102. 54, CalefNoël, 138. 184, 191,221,250.
Arley Catherine, 152, Bloch Robert, 132, Camus Albert, 78, Collins William
236, 237. 242. 81, 119. Wilkie, 40, 108.
Armstrong Charlotte, Block Lawrence, 149. Carco Francis, 24, 76,
153. Conan Doyle Arthur,
Bocci Richard, 99. 134, 236. 18, 1 9 , 4 1 , 4 3 ,
Arnaü Frank, 183. Boileau-Narcejac, Carr John Dickson,
Arnaud 49, 60, 231, 239.
14, 16, 37, 50, 57, 43, 73, 231, Conil Philippe, 215,
Georges-Jean, 127, 59, 60,61,64, 93, 232, 235, 236, 238, 247.
233, 236, 246. 94, 99, 100, 120, 240. Conrad Joseph, 62.
Artaud Antonin, 52. 124, 126, 218, 228, Caspary Véra, 153. Conroy Albert, 104,
Audouard Yvan, 97. 230, 231, 232, 234, Cauvain Henry, 48. 133.
Augias Corrado, 164. 236, 237, 242. Cendrars Blaise, 52. Constantine K.C.,
Auricoste Véronique, Boileau Pierre, 14, Chaber M.E., 109. 212, 235.
86, 87, 228. 15, 1 6 , 236. Chaillou Michel, 89. Cook Robin, 200,
Aveline Claude, 77, Bonniot Roger, 36, Chandler Raymond, 235, 237, 248.
161, 169, 234, 240. 47, 228, 231, 19,21,48,58, 70, Cooper Fenimore,
Borges Jorge Luis, 7 5 , 8 1 , 92, 98, 31,32,36, 75.
B 88, 124, 166, 230. 110, 184, 191, 193, Corris Peter, 205,
Bory Jean-Louis, 155. 220, 230, 231,232, 235, 248.
Ballinger Bill, 112 Bosetzky Horst, 182, 242. Costaz Gilles, 97,
Balzac Honoré de, 232, 234, 237, 249. Chapsal Madeleine, 228.
16, 24, 2 9 Boucher Anthony, 17. Coudray Madeleine,
41, 62, 64. 103. Chardaire Nicole, 154, 236.
Barbara Charles, 17, Boudard Alphonse, 142. Coupry François, 53,
33, 44. 131. Charrière Christian, 69, 228, 229.
Bardawill Georges, Bourgoin Stéphane, 236, 244. Cousin Michel, 134.
121. 96, 232, 233, 238. Charteris Leslie, 73. Cowper Powys John,
Bargum Johan, 157. Bove Emmanuel, 24, Charyn Jerome, 194, 53.
Bastiani Ange, 131. 114, 134. 245. Creasey John, 78.
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Crumley James, 194, Duhamel Marcel, 87, F o x James M., 192. 229, 230, 232, 233,
232, 234, 245. 105, 114, 141, 194, France Anatole, 77. 235.
Curtis James, 88. 195, 230, 231, 233. F r a n c i s Dick, 201, Guibert Michel, 207.
Dumas Alexandre, 234, 244.
D 24, 62, 133. F r e e l i n g Nicolas, H
Duras Marguerite, 109, 1 4 9 ,
Daeninckx Didier, 16 244. Haedens Kléber, 31,
1 1 4 , 229, 233, Dürrenmatt 32.
F r e e m a n Richard
234, 236, 237, 248.
Friedrich, 39, 142, Austin, 43, 48, 61. Halter Paul, 226,
Daly Caroll John, 20, 147, 243. 250.
21. F r i e d m a n Mickey,
154. Hammett Dashiell,
Dante, 71.
Dard Frédéric, 120, E Fruttero et Lucentini, 19, 20, 21, 59, 68,
245. 70, 75, 89, 90, 98,
231, 233, 236, 243. Eastwood James, 96. F u s t e r , 188, 99, 108, 110, 140,
D'Errico Ezio, 163. Ebersohn Wessel, 189. 229, 232, 239.
De Blas Juan Antonio, 211,235, 247.
189 Hansen Joseph, 176,
Edogawa Ranpo, 232, 245.
Decrest Jacques, 77,
99, 127.
137, 235, 239. G Harrington Joseph,
Ekman Kerstin, 158. 109, 220, 244.
Delacorta, 214. Eliot Thomas Stearns, G a b o r i a u Emile, 11, Harris Timothy,
Deleuze Gilles, 93, 19, 40, 119. 15, 1 7 , 37, 78, 184.
228, 229. 234, 239.
Ellin Stanley, 75, Héléna André, 107,
Delouche Hervé, 33, 235. Gardair Jean-Michel, 122, 232.
143,228. Ellroy James, 218, 147.
Hellman Lillian, 70.
Deloux Jean-Pierre, 249. G a r d n e r Erle Stanley, Hemingway Ernest,
74, 144, 204, 229. Ellena, 234. 92, 234, 240.
232, 233. 19, 22, 103.
Enard Jean-Pierre, Gazier Michèle, 229.
Delteil Gérard, 215, Hever Georgette,
159, 162. Genet Jean, 224. 58.
222 233, 235, 236 Endrèbe G e r r a r d Paul, 106,
237, 248. Highsmith Patricia,
Maurice-Bernard, 133, 234, 236, 243. 89, 111, 229, 231,
Demouzon Alain, 122, 228, 232, 236, Gide André, 21, 37, 236, 241.
64, 190 229, 232, 242. 69, 81, 113.
Hillerman Tony,
233, 234, 237, 245. Enna Franco, 163. Giono Jean, 24, 140. 172, 233, 235,
Demure Jean-Paul, Errer Emmanuel, G i o v a n n i José, 131, 245.
225 249. 198, 232, 234, 249. 220, 243.
Himes Chester, 98,
Desnos Robert, 52, Exbrayat Charles, G l a ü s e r Friedrich, 1 4 0 , 236,
69. 143.
138, 243. 243.
Destanque Robert, Gogol, 62.
181 Hinehart Mary R.,
Goncourt E d m o n d et 153.
Dettore Ugo, 35. F Jules, 28.
Högstrand Olle,
Diable Christopher, Gonzalez Christian, 158.
181 . Fagyas Maria, 154. 149.
Hoveyda Fereydoun,
Dickens Charles, 11, Fajardie Frédéric H., Goodis David, 98, 40, 93, 94, 230.
27, 40, 43 62, 78, 2 0 3 , 250. 101, 105, 133, 235,
234, 239. Hughes Dorothy
Farren Jonathan, 135. 241.
Belle, 1 5 3 ,
Didelot Francis, 78 Fast Howard, 173, Goudemare Sylvain,
236. 232. Hugo Victor, 24, 34,
33.
225, 233.
Dodge David, 92 Faulkner William, Gramsci Antonio, 69, Hume Fergus, 46.
Donati Sergio, 164. 11, 17, 22, 28, 78, 142.
Dos Passos John, 24, 119, 160. G r e e n Anna
160. Fauque Jean-Charles, I
Katharina, 44, 76.
Dostoïevsky 203. G r e e n e Graham, 82, Iles Francis, 60, 240.
Fedor Mikhaïlovitch, Fauré Michel, 102. 111, 142, 229, 240. Imbar Jean-Gérard,
13, 24, 38, 41, 62, Ferrière Jean-Pierre, G r i m a l d i Laura, 179, 234.
64, 147, 169, 187, 9 9 , 164. Irish William, 95, 98,
193. Feutry Alain, 78. G r i m a l d i et T r o p e a , 121,232,234, 241.
Douglas John, 191, Finnegan Robert, 164.
212 221,250. 108. Grisolia Michel, 199, J
Doyle, voir Conan Flaubert Gustave, 24, 228, 236, 237, 246.
Doyle. 120. G u é r i f François, 59, Jacob Max, 52, 62.
Duchâteau Fomeret Xavier, 107. 80, 88, 99, 105, 106, Jacquemard et
André-Paul, 220, Fosca François, 17, 107, 110, 128, 132, Sénécal, 126, 236.
234. 18, 43, 51, 230. 172, 180, 192, 228, James Henry, 41, 42.
James Phyllis Le Bris Michel, 41, Marchi Emilio de, Moerman Ernst, 52.
Dorothy, 151, 42. 163. Monaghan Hélène
Jaouen Hervé, 217, Lebedel Pierre, 136. Marie et Joseph, de, 154, 236.
233, 234, 237, 246. Leblanc Maurice, 126. Montalban Manuel
Japrisot Sébastien, 35, 49, 51, 58, 231, Marsh Ngaio, 153. Vasquez, 188, 236,
155, 234, 236, 244. 239. 246.
Martens Michel,
Jaulin Robert, 172. Lebrun Michel, 48, 1 0 7 , 177, 230. Monteilhet Hubert,
Jessup Richard, 113. 51, 52, 113, 122, Martin Andreu, 189, 155, 236.
Job Pierre, 218. 133, 168, 171, 232, 234, 248. Morand Paul, 65.
Joly François, 223. 183, 184, 190, 193, Mosconi Patrick,
Martin Hansjorg,
Jonquet Thierry, 194, 228, 229, 230, 182, 232. 207, 215, 222.
207, 215, 233, 249. 231, 232, 233, 234, Martin Roger, 32, 43,
Joyce James, 160. 236, 242.
Le Carré John, 82.
85, 98, 99, 103, 106,
108, 109, 150, 158,
N
K Lecaye Alexis, 226
237. 170, 174, 176, 180, Narcejac Thomas,
184, 187, 231, 234, 14, 15, 28, 54, 97,
Kafka Frantz, 19, 24, Leonard Elmore, 238.
175. 1 0 2 , 229, 230,
193. Martin Yves-Olivier, 236.
Kane Henry, 80. Lepape Pierre, 229. 228, 232.
Leroux Gaston, 11, Natsuki Shizuko,
K a s s a k 133, Marx Karl, 60. 137, 248.
134, 232, 236, 243. 15, 35, 36, 51, 228,
239. Masur Harold Q., Naudon
Kästner Erich, 183. 100. Marie-Thérèse, 151,
Keene Day, 107, 232. Lesou Pierre, 131
243. Matas Richard, 232.
Kemelman Harry, 222, Nimier Roger, 19,
149,193,234, L e v i 164.
Matheson Richard, 60.
Lous Alexandre, 141.
Kessel Joseph, 76,
236. 224, 229.
Matsumoto Seichô,
Kinnet Paul, 43, 79, Louit Robert, 228, O
229. 137, 232, 235, 243.
234, 236. Mauriac Claude, 143.
Klotz Claude, 214. Lovesey Peter, 170, O'Farrel William,
Maurois André, 77.
236, 246. 81.
Knox Ronald A., 47, McAuliffe Frank,
56. 173. Oriano Janine, 154.
K r i s t y 207. M McBain Ed, 109, Oriol Laurence, 154,
Kyncl Karel, 82. 135, 231, 234, 234, 236.
Mac Orlan Pierre, 242.
76, 130, 236. M c C l o y 153. P
L MacDonald McCoy Horace, 86,
John Dann, 129. 89, 98, 105, 108, Pagan Hugues, 224,
Lacassin Francis, 14, MacDonald Philip, 113, 148, 204, 240. 234.
27, 46, 47, 64, 84, 129. McDonald Gregory, Page Alain, 139,
95, 228, 230. Macdonald Ross, 129, 234.
Lacenaire 215, 233, 234, 235,
1 1 0 , 241. McGivern William 247.
Pierre-François, 39. Madrid Juan, 189, Peter, 1 0 3 , PaulhanJean, 113.
Lacombe Alain, 106, 234. 242.
230. Pelman 139,
Magnan Pierre, 196, McIlvanney William, 233, 237.
Lacourbe Roland, 217, 232, 236, 237, 221,
231. Pelot Pierre, 197,
249. MacPartland John, 233.
Lalou René, 65. Magny 132, 242. Pennac Daniel, 216,
Lambesc Michel, Claude-Edmonde, Mendoza Eduardo, 250.
197. 72. 189, Perec Georges, 105,
Lang Maria, 158. Mailer Norman, Mérimée Prosper, 22, 106.
Lanoux Armand, 44. 103. 24. Périsset Maurice,
Larsen Frédérick, Malet Léo, 9 7 Merle Robert, 155.
218. 133, 2 0 2 , 231,
232, 234, 241. Mesplède Claude, 73, 234, 236, 237.
Latimer Jonathan, Malraux André, 17, 74, 80, 81, 86, 95, Peters Ellis, 149,
73, 235, 240. 105, 166. 96, 101, 104, 110, 152, 234, 247.
Lawrence Vincent, Manchette 112, 156, 229, 230,
80. Pike Robert Lee,
Jean-Patrick, 75, 233, 234. 1 0 9 ,
Layman Richard, 20, 110, 146, 177 , 201, Messac Régis, 17, Poe Edgar Allan, 13,
21,231. 229, 230, 232, 233, 29, 30, 36, 45, 230. 14, 15, 16, 18, 20,
Le Breton Auguste, 236, 247. Millar Margaret, 26, 29, 33, 36, 37,
1 3 0 , Marcel Gabriel, 77. 153. 60.

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