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Partie 2

Topologie
Topologie
4 Topologie des espaces vectoriels normés 99
4.1 : Réunion et intersection de boules 99
4.2 : Ouverts et fermés 100
4.3 : Comparaison de normes 101
4.4 : Normes équivalentes 103
4.5 : Parties denses dans un ensemble de matrices 105
4.6 : Partie dense dans un ensemble de polynômes 106
4.7 : Caractérisation des normes euclidiennes 108
4.8 : Fonction continue 110
4.9 : Fonction uniformément continue 112
4.10 : Application linéaire non continue 113
4.11 : Applications linéaires continues 114
4.12 : Un théorème de point fixe 116
4.13 : Valeurs d’adhérence 117
4.14 : Compacité de On (R) 119
4.15 : Un fermé borné non compact 120
4.16 : Compact et fermé 121
4.17 : Connexité par arcs 123
5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés 125
5.1 : Approximation d’une fonction par interpolation 125
5.2 : Calcul d’un déterminant par dérivation 127
5.3 : Une application des formules de Taylor 128
5.4 : Réflexion sur une ellipse 130
5.5 : Tracé de la cardioïde 132
5.6 : Droites tangentes et normales 135
CHAPITRE

Topologie des espaces vectoriels


normés 4
Exercice 4.1 : Réunion et intersection de boules

Dans un espace vectoriel normé E, on désigne par Br (a) et Br0 (a) les boules,
respectivementTouvertes et fermées, de centre a et de rayon r.

1. Déterminer n=1 B n+1 (a). Qu’en déduit-on ?
S∞ n
2. Déterminer n=1 B 0 n (a). Qu’en déduit-on ?
n+1

1. On observe que les rayons tendent vers 1 quand n tend vers l’infini. L’objectif est
d’aboutir à des mises en garde sur des intersections et des réunions infinies.
n+1
Comme −→ 1, on a :
n n→+∞
∞  
\ n+1
B n+1 (a) = x ∈ E ; ∀n > 1 kx − ak <
n=1
n n
= {x ∈ E ; kx − ak 6 1}
= B10 (a),
n’est pas un ensemble ouvert.

2. Là encore, on a l’ensemble cherché directement.


n
Comme −→ 1, on a :
n + 1 n→+∞
∞  
[
0 n
B n+1
n (a) = x ∈ E ; ∃n > 1 kx − ak 6
n=1
n+1
= {x ∈ E ; kx − ak < 1}
= B1 (a)
n’est pas un ensemble fermé.
100 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

On a donc montré qu’une intersection infinie d’ouverts n’est pas tou-


jours un ouvert et qu’une réunion infinie de fermés n’est pas toujours
un fermé.

Exercice 4.2 : Ouverts et fermés

On désigne par p1 et p2 les deux fonctions coordonnées de R2 définies par


p1 (x, y) = x et p2 (x, y) = y
2
pour (x, y) ∈ R .
1. Montrer que si O est un ouvert de R2 , p1 (O) et p2 (O) sont des ouverts de R.
2. Soit H = {(x, y) ∈ R2 ; xy = 1}. Montrer que H est un fermé dans R2 mais
que p1 (H) et p2 (H) ne sont pas fermés dans R.

1. Pour montrer qu’un ensemble est ouvert, il faut montrer qu’il contient un voisinage
de chacun de ses points.

Ici l’énoncé ne précise pas la norme choisie. C’est parce que toutes les
normes sont équivalentes en dimension finie. On peut donc utiliser la
norme qui nous parait la plus pratique.

On munit R2 de la norme définie par k(x, y)k = max(|x|, |y|) pour (x, y) ∈ R2 .
Soit a ∈ p1 (O). On a alors (x, y) ∈ O tel que p1 (x, y) = a, ce qui donne x = a.
Comme O est ouvert, il existe r > 0 tel que pour tout (u, v) ∈ R2 vérifiant
k(u, v) − (a, y)k < r, (u, v) ∈ O. Si b ∈]a − r, a + r[, on a alors
k(b, y) − (a, y)k = |b − a| < r,
donc (b, y) ∈ O. Par suite b = p1 (b, y) ∈ p1 (O) ce qui montre que p1 (O) est
ouvert.
On montre de la même manière que p2 (O) est ouvert.

2. Pour montrer qu’un ensemble est fermé, on utilise généralement la caractérisa-


tion séquentielle. Dans le cas de la partie H, on peut aussi aller plus rapidement en
constatant que H = h−1 ({1}), si l’on pose h : (x, y) 7→ xy.

Soit h : R2 → R, (x, y) 7→ xy. h est polynomiale en x et y donc continue.


Comme {1} est une fermé de R, H = h−1 ({1}) est un fermé de R2 .
Pour montrer que p1 (H) n’est pas fermé, il suffit de déterminer cet ensemble.
Topologie 101

Notons que si x ∈ p1 (H), on a y ∈ R tel que (x, y) ∈ H, soit xy = 1. Ainsi


1
x ∈ R∗ . Réciproquement, si x ∈ R∗ , on peut poser y = et (x, y) ∈ H. Ainsi
x
p1 (H) = R∗ qui n’est pas fermé.
De même, on montre que p2 (H) = R∗ qui n’est pas non plus un fermé.

Les applications p1 et p2 sont certes continues, mais le cours donne


p−1
1 (F ) fermé si F est un fermé de R. On n’a aucune information sur
l’image directe d’un fermé.

Exercice 4.3 : Comparaison de normes

Soit E l’espacesvectoriel réel C 1 ([0, 1], R) et N l’application de E dans R+ définie


Z 1
par : N (f ) = f 2 (0) + f 02 (t) dt.
0
1. Démontrer que N est une norme.
2. Comparer N et k · k∞ .

1. On peut tenter de montrer directement que N est une norme en suivant la définition,
mais montrer l’inégalité triangulaire est un peu compliqué. La racine et les carrés
doivent faire penser à une norme euclidienne. Il est donc plus simple d’introduire le
produit scalaire associé.

Considérons la forme définie sur E × E par :


Z 1
ϕ(f, g) = f (0) g(0) + f 0 (t) g 0 (t) dt.
0
et montrons que ϕ définit un produit scalaire sur E.
ϕ est clairement symétrique, et pour (f, g, h) ∈ E 2 , et (λ, µ) ∈ R2 , on a
Z 1
ϕ(λ f + µ g, h) = (λ f (0) + µ g(0)) h(0) + (λ f 0 (t) + µ g 0 (t))h0 (t)dt
0
 Z 1 
= λ f (0) h(0) + f 0 (t) h0 (t)dt
0
 Z 1 
0 0
+µ g(0) h(0) + g (t) h (t)dt
0
= λ ϕ(f, h) + µ ϕ(g, h)
donc ϕ est linéaire à gauche, donc bilinéaire avec la symétrie.
102 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

ϕ est clairement positive, et si f ∈ E vérifie ϕ(f, f ) = 0, alors


Z 1 Z 1
02
2
f (0) + f (t) dt = 0 donc f (0) = 0 et f 0 (t)2 dt = 0.
0 0
Comme (f 0 )2 est positive et continue, on en déduit qu’elle est nulle. f est donc
constante, et comme f (0) = 0, f = 0.
Ainsi, ϕ est un produit scalaire sur E, et N est la norme euclidienne qui lui est
associée.

2. Il faut maintenant étudier si l’une des normes est plus fine que l’autre, si elles sont
équivalentes.

Comme E est de dimension infinie, on ne sait pas a priori si les deux


normes sont équivalentes.

En général, la réponse est alors non. Plus précisément, nous allons démontrer que,
parmi les deux nombres α et β de la définition de normes équivalentes, l’un existe et
l’autre non.
On peut, à partir de f (x), retrouver R x f (0) et une intégrale faisant intervenir f 0 en
0
pensant à la relation f (x) − f (0) = 0 f (t)dt.
Z x
Pour f ∈ E et x ∈ [0, 1], on a : f (x) = f (0) + f 0 (t) dt. On en déduit :
0
Z x Z x
|f (x)| 6 |f (0)| + f 0 (t) dt 6 |f (0)| + |f 0 (t)| dt
0 0
Z 1
6 |f (0)| + |f 0 (t)| dt.
0
puis : " Z 1 2 #
f 2 (x) 6 2 f 2 (0) + |f 0 (t)| dt
0

car, pour tous réels a et b, on a : (a + b)2 6 2(a2 + b2 ).


En effet, 2(a2 + b2 ) − (a + b)2 = a2 + b2 − 2a b = (a − b)2 > 0
D’autre part, l’inégalité de Cauchy-Schwarz donne :
Z 1 2 Z 1 Z 1
0
1 × |f (t)| dt 6 2
1 dt × f 02 (t) dt.
0 0 0

On a donc, pour tout x ∈ [0, 1], |f (x)| 6 2N (f ), ce qui permet de conclure :

kf k∞ 6 2N (f ).
n o
N (f )
Dans l’autre sens, nous allons montrer que kf k∞ ; f ∈ E n’est pas majoré ; il faut
pour ce faire imaginer une suite (fn ) de fonctions de E dont le quotient des normes
Topologie 103

tende vers l’infini. Un contre-exemple usuel, surtout lorsqu’il y a des dérivées, est
donné par la suite fn : t 7→ tn .

Considérons les fonctions fn (avec n ∈ N∗ ) définies sur [0, 1] par fn (t) = tn .


On a bien fn ∈ E ; et le calcul donne : kfn k∞ = 1 et
Z 1
2 n2 n
N (fn ) = n2 t2n−2 = donc N (fn ) = √ .
0 2n − 1 2n − 1
N (fn ) n
L’ensemble des quotients =√ n’est donc pas majoré.
kfn k∞ 2n − 1
Les normes N et k · k∞ ne sont pas équivalentes.

Exercice 4.4 : Normes équivalentes

On considère l’espace vectoriel E des fonctions f : [0, 1] → R de classe C 1 telles


que f (0) = 0. On définit deux normes en posant, pour f ∈ E :
N1 (f ) = kf k∞ + kf 0 k∞ N2 (f ) = kf + f 0 k∞ .
où kgk∞ désigne la borne supérieure de |g| sur [0, 1]. On rappelle que k · k∞ est
une norme sur E.
1. Démontrer que N1 et N2 sont bien des normes.
2. Montrer que ni N1 ni N2 ne sont équivalentes à k k∞ .
3. Démontrer qu’elles sont équivalentes.

1. Vérifier qu’une application est une norme est généralement routinier.


I Étude de N1

N1 est bien une application de E dans R+ . Par ailleurs :


• Soit f ∈ E et λ ∈ R. Alors, sachant que k · k∞ est une norme :
N1 (λf ) = kλf k∞ + kλf 0 k∞ = |λ| kf k∞ + |λ| kf 0 k∞ = |λ| N1 (f )
donc N1 est homogène.
• Soit f et g ∈ E. On a :
N1 (f + g) = kf + gk∞ + kf 0 + g 0 k∞
6 kf k∞ + kgk∞ + kf 0 k∞ + kg 0 k∞
6 N1 (f ) + N1 (g)
donc N1 vérifie l’inégalité triangulaire.
• Soit f ∈ E telle que N1 (f ) = 0. Alors kf k∞ + kf 0 k∞ = 0, dont on déduit
que kf k∞ = kf 0 k∞ = 0 (car ces nombres sont positifs) d’où enfin f = 0.
Ainsi N1 est définie positive.
N1 est donc bien une norme sur E.
104 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

I Étude de N2
Les trois premiers points sont analogues au cas précédent. Étudions seulement le
dernier.

Soit f ∈ E telle que N2 (f ) = 0.


Alors kf + f 0 k∞ = 0, soit f + f 0 = 0 (car k.k∞ est une norme sur E).
D’après les résultats du cours sur les équations différentielles, il existe un réel
K tel que :
∀x ∈ [0, 1], f (x) = K e−x .
Par ailleurs, f ∈ E donc f (0) = 0, ce qui impose K = 0 d’où f = 0. N2 est
donc bien une norme sur E.

La principale difficulté dans la démonstration d’une norme est souvent


de vérifier kf k = 0 =⇒ f = 0. C’est donc le seul point qu’on ne peut
pas passer sous silence.

2. Pour montrer que N1 et N2 ne sont pas équivalentes à k k∞ , il suffit de trouver


une suite (fn )n∈N bornée pour k k∞ , mais telle N1 (fn ) et N2 (fn ) tendent vers +∞.
Il faut pour cela considérer une suite de fonctions uniformément bornées sur [0, 1],
mais dont les dérivées explosent. On peut alors penser à t 7→ tn , t 7→ cos(nt)...

Pour n ∈ N∗ , on pose fn : t 7→ tn . Comme fn est de classe C 1 et fn (0) = 0,


fn ∈ E. On a kfn k∞ = 1. Pour t ∈ [0, 1], fn0 (t) = ntn−1 , donc kfn0 k∞ = n et
kfn + fn0 k∞ = 1 + n. Ainsi N1 (fn ) = N2 (fn ) = 1 + n. Comme
N1 (fn ) N2 (fn )
−→ +∞ et −→ +∞
kfn k∞ n→+∞ kfn k∞ n→+∞
N1 n’est pas équivalente à k k∞ , et N2 non plus.

3. On souhaite démontrer qu’il existe deux nombres réels positifs a et b tels que, pour
tout f ∈ E :
N1 (f ) 6 a N2 (f ) et N2 (f ) 6 b N1 (f ).
Ici, une inégalité est claire (par l’inégalité triangulaire) et l’autre beaucoup moins. . .

Soit f ∈ E. Alors, pour tout x ∈ [0, 1] :


|f (x) + f 0 (x)| 6 |f (x)| + |f 0 (x)| 6 kf k∞ + kf 0 k∞ .
Ainsi, le réel kf k∞ + kf 0 k∞ est un majorant de la fonction |f + f 0 | donc :
kf + f 0 k∞ 6 kf k∞ + kf 0 k∞
c’est-à-dire : N2 (f ) 6 N1 (f ).
Pour l’autre inégalité, il nous faut trouver f et f 0 en fonction de h = f + f 0 . Ceci
revient à résoudre l’équation différentielle f + f 0 = h. Une fois la résolution effectuée,
Topologie 105

on connaîtra f (x) en fonction de h, donc f 0 (x) aussi et il sera facile de majorer N1 (f )


en fonction de N2 (f ).

Posons h = f + f 0 . f est alors solution de l’équation différentielle f + f 0 = h.


La solution générale de l’équation homogène associée est x 7→ λ e−x , λ ∈ R.
Par la méthode de variation de la constante, on cherche une solution particulière
sous la forme x 7→ λ(x) e−x , avec λ dérivable sur [0, 1]. On trouve, en reportant
dans l’équation,
λ0 (x) e−x = h(x) donc λ0 (x) = h(x) ex .
Z x
Une solution particulière est donc x 7→ e−x et h(t) dt. La solution générale
0 Z x
de l’équation différentielle f + f 0 = h est donc x 7→ λex + e−x et h(t) dt,
0
λ ∈ R.
Avec la condition initiale f (0)
Z x= 0, qui implique λ = 0, on trouve donc que
pour x ∈ [0, 1], f (x) = e −x
et h(t) dt. Ainsi,
0
Z x Z x
|f (x)| 6 et |h(t)| dt 6 e khk∞ dt 6 e kf + f 0 k∞ .
0 0
0
On a donc kf k∞ 6 ekf + f k∞ . D’autre part, pour x ∈ [0, 1],
|f 0 (x)| 6 |h(x)| + |f (x)| 6 kf + f 0 k∞ + e kf + f 0 k∞ 6 (1 + e) kf + f 0 k∞ ,
et donc kf 0 k∞ 6 (1 + e) kf + f 0 k∞ .
Au final, on obtient N1 (f ) 6 (2e + 1) N2 (f ), et les deux normes sont bien
équivalentes.

Exercice 4.5 : Parties denses dans un ensemble de matrices

Soit E = Mn (C).
1. Montrer que GLn (C) est dense dans E.
2. Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables à valeurs propres simples
est dense dans E. (On pourra penser à trigonaliser.)

Comme l’espace est de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes ; on choisit
ici la norme kM k = maxi,j |mij |.

1. Si A ∈ E, et ε > 0, on doit trouver une matrice inversible M tel que kM − Ak < ε.


On cherche M sous la forme A + λ In . La condition d’inversibilité nous dit que −λ ne
doit pas être valeur propre de A. L’inégalité nous dit que |λ| < ε.

La matrice A a au plus n valeurs propres. Dans l’ensemble {z ∈ C ; |λ| < ε}


(infini), on peut donc trouver un λ tel que −λ ne soit pas valeur propre de A.
On a alors M = A + λ In inversible, avec kM − Ak = |λ| < ε.
Ainsi GLn (C) est dense dans E.
106 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

2. A ∈ E, on doit maintenant trouver une suite de matrices diagonalisables à valeurs


propres simples (Mp )p∈N qui converge vers A. Le fait que Mp ait n valeurs propres
simples impliquera qu’elle soit diagonalisable ; on cherche donc Mp avec n valeurs
propres simples.
En suivant l’indication, on trigonalise A. On lira alors sur la diagonale les valeurs
propres de A. On ajoute alors aux coefficients diagonaux des quantités qui tendent
vers 0 en module, de manière à obtenir une matrice avec des coefficients diagonaux
deux à deux distincts. Cette matrice aura alors n valeurs propres distinctes.

Le polynôme caractéristique de A est scindé dans C[X], donc A est trigona-


lisable. On a donc P ∈ GLn (C) tel que A = P −1 T P , avec T triangulaire
supérieure. Les coefficients diagonaux t1 , . . . , tn de T sont les valeurs propres
de A.
Notons e l’écart minimal en module entre deux tk distincts :
δ = min(|tk − tj | ; (k, j) ∈ {1, . . . , n}2 tq tk =
6 tj }.
Pour p ∈ N∗ , on note Dp la matrice diagonale ayant pour coefficients diagonaux
δ 2iπ/n δ 4iπ/n δ
e , e , . . . , e2inπ/n .
3p 3p 3p
Alors T + Dp est triangulaire supérieure, et ses coefficients diagonaux sont deux
à deux distincts.

Il est nécessaire de prendre n éléments deux à deux distincts (pour le


cas où deux ti sont égaux) de modules < 2δ (pour que dans le cas de ti
distincts, on ne puisse retomber sur deux éléments égaux).

En effet, pour k 6= j ∈ {1, . . . , n}, si tk = tj ,


δ 2ikπ/n δ
tk + e 6= tj + e2ijπ/n ;
3p 3p
δ
6 tj , |tj − tk | > δ > 2 , donc là encore
et si tk =
3p
δ δ
tk + e2ikπ/n 6= tj + e2ijπ/n .
3p 3p
La matrice Mp = P (T +Dp )P −1 a les mêmes valeurs propres que T +Dp , donc
n valeurs propres simples. Elle est donc diagonalisable. Il est clair que (Dp )p∈N∗
δ
converge vers 0 (car kDp k = ). Par continuité du produit matriciel (qui est
3p
une application bilinéaire en dimension finie), la suite (Mp )p∈N∗ converge vers
P T P −1 = A, ce qu’il fallait démontrer.
Topologie 107

Exercice 4.6 : Partie dense dans un ensemble de polynômes

On considère E = R[X] muni de la norme :


kP k = sup {|P (t)| ; t ∈ [−1, 1]}

1. Montrer que k k définit bien une norme sur E.


2. Démontrer que l’ensemble des 
polynômes nuls en 2 est une partie dense de E.
 n
X
On pourra étudier la suite .
2 n∈N

1. On sait que k k définit une norme sur l’ensemble des fonctions continues de [−1, 1]
dans R, les propriétés se transposent rapidement à E = R[X], il faut juste vérifier le
caractère défini.

k k étant une norme sur l’ensemble des fonctions continues de [−1, 1] dans R,
elle est encore positive, homogène, et vérifie l’inégalité triangulaire sur E. Si
P ∈ E vérifie kP k = 0, alors pour tout t ∈ [−1, 1], |P (t)| 6 kP k = 0, donc
P (t) = 0. P admet donc une inifinité de racines, donc est le polynôme nul.
Ainsi k k est une norme sur E.

2. Il s’agit de démontrer que tout polynôme de E est un point adhérent de l’ensemble


considéré. Pour ceci, on peut démontrer qu’il est la limite d’une suite de polynômes
nuls en 2. On étudie alors la suite donnée en indication.

Il faudra que cette limite soit relative à la norme fournie, car l’espace
E étant de dimension infinie, il n’y a aucune raison que deux normes
de E soient équivalentes.

Désignons par F l’ensemble des polynômes nuls en 2, c’est-à-dire les polynômes


Q tels que Q(2) = 0.
Pour n ∈ N, on a
 n   n 
X t 1
= sup ; t ∈ [−1, 1] = n
2 2 2
 n 
X
donc la suite converge vers 0.
2 n∈N  n
X
Pour P ∈ E et n ∈ N, considérons alors le polynôme Qn = P − P (2) .
2
Alors Qn (2) = P (2) − P (2) = 0 donc Qn ∈ F , et par opérations sur les limites,
(Qn )n∈N converge vers P .
108 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Ainsi F est dense dans E.


Exercice 4.7 : Caractérisation des normes euclidiennes

Soient E un R-espace vectoriel de dimension finie et k k une norme sur E vérifiant


l’identité du parallèlogramme :
∀(x, y) ∈ E 2 , kx + yk2 + kx − yk2 = 2(kxk2 + kyk2 ).
Le but de cet exercice est de montrer que k k est une norme euclidienne.
On note f l’application de E 2 dans R définie par
1
f (x, y) = (kx + yk2 − kx − yk2 ).
4

1. Montrer que pour (x, y, z) ∈ E 3 ,


(∗) f (x + z, y) + f (x − z, y) = 2 f (x, y).
2. Montrer que pour (x, y) ∈ E 2 ,
f (r x, y) = r f (x, y)
pour r successivement dans N, Z, Q et R.
3. Montrer que f est bilinéaire.
4. Montrer que k k est une norme euclidienne.

1. La première formule demandée se trouve aisément avec la définition de f et l’hy-


pothèse.

Par définition de f , on a, en utilisant l’identité du parallèlogramme,


1
f (x + z, y) + f (x − z, y) = (kx + z + yk3 − kx + z − yk4
4
+ kx − z + yk2 − kx − z − yk2 )
1
= (2(kx + yk2 + kzk2 ) − 2(kx − yk2 + kzk2 ))
4
1
= (kx + yk2 − kx − yk2 )
2
= 2f (x, y)

2. On commence par démontrer que f (n x, y) = n f (x, y) par récurrence sur n ∈ N.


La question précédente relie f ((n + 2) x, y) avec f ((n + 1) x, y) et f (n x, y), on fait
donc une récurrence d’ordre 2.

Il ne faut pas oublier de démontrer deux initialisations dans une récur-


rence d’ordre 2.
Topologie 109

Soit (x, y) ∈ E 2 . Montrons par récurrence d’ordre 2 sur n ∈ N la propriété Hn :


« f (n x, y) = n f (x, y) ».
• H1 est claire, et on a f (0, y) = 0 donc on a H0 .
• Soit n ∈ N tel que Hn et Hn+1 . D’après (∗), on a
f ((n + 2) x, y) + f (n x, y) = 2f ((n + 1) x, y).
Avec l’hypothèse de récurrence, on en déduit donc que
f ((n + 2) x, y) = 2 (n + 1) f (x, y) − n f (x, y) = (n + 2) f (x, y),
et on a Hn+2 .
En conclusion, ∀n ∈ N, Hn .
On passe ensuite de N à Z en utilisant l’opposé. La relation (∗) nous donne
f (−z, y) + f (z, y) = 2 f (0, y)
en prenant x = 0, ce qui nous donnera le résultat voulu.

Pour n ∈ N, on a, par (∗)


f (n x, y) + f (− n x, y) = 2 f (0, y) = 0
donc f (− n x, y) = − f (n x, y) = − n f (x, y).
On a donc f (n x, y) = n f (x, y) pour tout n ∈ Z.
Pour passer de Z à Q, il faut ajouter le dénominateur. On doit donc montrer que
1 1 1
q f (x, y) = f ( q x, y). Ceci revient à f (x, y) = q f ( q x, y), qui est vrai par ce qui précède.

p
Soit r ∈ Q, on a alors (p, q) ∈ Z × N∗ tel que r = . D’après ce qui précède,
q
on a    
1 q
qf x, y = f x, y = f (x, y).
q q
 
1 1
Ainsi f x, y = f (x, y). Par suite
q q
 
1 p
f (r x, y) = p f x, y = f (x, y) = r f (x, y).
q q

Enfin, pour passer de Q à R, on utilise l’approximation décimale : si r ∈ R, la suite


des approximations décimales de r par défaut est une suite de rationnels qui converge
vers r. La continuité de f permettra alors de conclure.

Soit r ∈ R. Notons (rn )n∈N la suite des approximations décimales de r par


défaut. On sait que (rn )n∈N converge vers r. Comme pour tout n ∈ N, rn est
rationnel, on a :
f (rn x, y) = rn f (x, y).
D’autre part, f est continue (car la norme l’est), donc en passant à la limite la
relation précédente, on obtient
f (r x, y) = r f (x, y).
110 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Cette question illustre bien les relations entre les divers ensembles de
nombres, et la manière dont ils sont construits les uns par rapport aux
autres.

3. f est clairement symétrique, il faut donc montrer la bilinéarité à gauche. Avec la


question précédente, il reste simplement à montrer que
f (x + y, z) = f (x, z) + f (y, z).
Ceci vient de la relation (∗).

Soit (x, y, z) ∈ E 3 . D’après la relation (∗), on a


     
x+y x−y x+y x−y x+y
f + ,z + f − ,z = 2f ,z
2 2 2 2 2
c’est-à-dire :
 
x+y
f (x, z) + f (y, z) = 2 f , z = f (x + y, z).
2
Par suite, et avec la question précédente, f est linéaire à gauche.
Comme f est symétrique (par homogénéité de la norme), f est bilinéaire.

4. Il reste juste à montrer le caractère défini-positif pour que f soit un produit scalaire.
Comme f est défini à partir de k k par une formule de polarisation, la norme associée
à f devrait être k k.

On a vu dans la question précédente que f est bilinéaire et symétrique. Pour


x ∈ E, on a
1
f (x, x) = (kx + xk2 − kx − xk2 ) = kxk2
4
donc f (x, x) > 0 avec égalité si et seulement si x = 0.
Ainsi f est un produit scalaire, et le calcul précédent montre que sa norme
associée est k k.

Exercice 4.8 : Fonction continue

1. Soient E et F deux espaces vectoriels normés et f ∈ L (E, F ). Montrer l’équi-


valence entre :
a) f est continue ;
b) pour tout suite (un )n∈N d’éléments de E qui converge vers 0, la suite
(f (un ))n∈N est bornée (dans F ).
2. Si E est un espace vectoriel normé et f ∈ E ∗ = L (E, K), montrer que f est
continue si et seulement si Ker f est fermé.
Topologie 111

1. Nous allons noter N la norme de E et N 0 la norme de F . On commence par le sens


facile
I (a) =⇒ (b).

Supposons que f soit continue et soit (un )n∈N ∈ E N qui converge vers 0. On a
alors : (f (un ))n∈N converge vers f (0) = 0, ce qui entraine que (f (un ))n∈N est
bornée.
I (b) =⇒ (a).
Nous allons utiliser la caractérisation de la continuité d’une application linéaire. Elle
est continue si et seulement si ∃M > 0, ∀x ∈ E, N 0 (f (x)) 6 M N (x). On raisonne
par contraposée en supposant f non continue, et on construit une suite exploitant la
négation de cette propriété.

En topologie, et surtout lorsqu’on souhaite se ramener à une suite, on


raisonne par l’absurde ou par contraposée. La nouvelle phrase logique
commençant par un ∀M > 0, on pourra l’appliquer en tous les entiers
naturels.

Supposons f non continue. Alors


∀M > 0, ∃x ∈ E, N 0 (f (x)) > M N (x).
Pour tout n ∈ N∗ , on a donc xn ∈ E tel que N 0 (f (xn )) > n N (xn ). Si xn = 0,
f (xn ) = 0 et l’inégalité n’est pas vérifiée. Ainsi xn = 6 0 et on peut donc poser
1
yn = √ xn . Comme N (yn ) −→ 0, (yn )n∈N∗ converge vers 0.
nN (xn ) n→+∞
Par linéarité de f , on a :
1 √
N 0 (f (yn )) = √ N 0 (f (xn )) > n
nN (xn )
donc la suite (f (yn ))n∈N∗ n’est pas bornée.
Par contraposée, on a donc montré que (b) =⇒ (a).

2. Comme dans la question précédente, il faut montrer les deux sens. L’un vient
directement des propriétés du cours.
I Sens direct

Supposons f continue. Alors Ker f = f −1 ({0}) est l’image réciproque d’un


fermé de K par f , donc est un fermé de E.
I Sens réciproque
Pour l’autre sens, on raisonne par contraposée comme dans la question précédente.

Supposons f non continue. Alors


∀M > 0, ∃x ∈ E, |f (x)| > M N (x).
112 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Pour tout n ∈ N∗ , on a donc xn ∈ E tel que |f (xn )| > n N (xn ).


Comme f est une forme linéaire non nulle (sinon elle serait continue), f est
de rang 1, donc surjective. On a donc a ∈ E tel que f (a) = 1. Par suite K a
et Ker(f ) sont deux espaces supplémentaires dans E. Pour tout n ∈ N∗ , on a
donc un unique (λn , hn ) ∈ K × Ker f tel que xn = λn a + hn .
En appliquant f , on obtient
|λn | = |f (λn a + hn )| = |f (xn )| > nN (xn ).
1
On a donc N (λ−1n xn ) < −→ 0 et (λ−1 n xn )n∈N∗ converge vers 0. Ainsi
n n→+∞
(λn hn )n∈N∗ converge vers −a. Pour tout n ∈ N∗ , λ−1
−1
n hn ∈ Ker f , et comme
f (−a) = −1 =
6 0, −a ∈ / Ker f . Ainsi Ker f n’est pas fermé.
Par contraposée, si Ker f est fermé, alors f est continue.

Exercice 4.9 : Fonction uniformément continue

Soit f une fonction continue sur R+ ayant une limite finie à l’infini. Démontrer
que f est uniformément continue sur R+ .

Il s’agit de généraliser à l’infini un énoncé vrai sur un segment (ici le théorème de


Heine). Pour ce faire, il faut utiliser la définition de la limite pour se ramener à un
segment.

Pour montrer l’uniforme continuité il faut trouver un η > 0 tel que tous
les x et y à distance plus petite que η vérifient |f (x) − f (y)| 6 ε. Cet
η ne doit dépendre ni de x, ni de y.

Soit ε > 0. L’hypothèse lim f (x) = ` entraîne l’existence de


x→+∞
ε
A > 0 tel que ∀x > A, |f (x) − `| 6 .
3
Par suite, pour x > A et y > A, on a :

|f (x) − f (y)| 6 |f (x) − `| + |` − f (y)| 6 .
3
D’autre part, f est continue sur le segment [0, A] ; elle y est donc uniformément
continue. On a donc :
ε
η > 0 tel que ∀(x, y) ∈ [0, A]2 , |x − y| 6 η =⇒ |f (x) − f (y)| 6 .
3
Enfin, si x 6 A 6 y avec |x − y| 6 η, on a :
ε 2ε
|f (x) − f (y)| 6 |f (x) − f (A)| + |f (A) − f (y)| 6 + = ε.
3 3
Topologie 113

Pour tous les x et y ∈ R+ tels que |x − y| 6 η, on a donc |f (x) − f (y)| 6 ε.


En conclusion :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x, y) ∈ R2+ , |x − y| 6 η =⇒ |f (x) − f (y)| 6 ε.
f est donc uniformément continue sur R+ .

Exercice 4.10 : Application linéaire non continue


Z 1
Soit E = C ([0, 1], R) muni de la norme kf k1 = |f (t)| dt et c ∈ ]0, 1[. Démon-
0
trer que l’application Φ de E dans R : f 7→ f (c) n’est pas continue.

Remarquons d’abord que le problème est possible puisque E n’est pas de dimension
finie.
Pour démontrer que Φ n’est pas continue, il suffit de montrer qu’on peut trouver une
suite de fonction (fn )n∈N telle que
|Φ(fn )| |fn (c)|
= −→ +∞.
N (fn ) N (fn ) n→+∞
On cherche donc fn (c) de plus en plus grand, avec N (fn ) constant. On pense alors à
des fonctions triangulaires.
f (x)

c
x
1
2n

Comme dans cet exemple, l’intégrale d’une fonction peut avoir une
valeur très petite alors que la fonction a des valeurs très grandes.

1 1
Soit n ∈ N, assez grand pour que 0 < c − < c + < 1. On définit fn sur
n n
[0, 1] comme étant affine par morceaux avec :
1
• fn constante nulle sur [0, c − ] ;
n
114 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

 
1 2 1
• pour t ∈ [c − , c], fn (t) = n t − c + ;
n n
 
1 1
• pour t ∈ [c, c + ], fn (t) = n2 c + − t ;
n n
1
• fn constante nulle sur [c + , 1].
n
Z 1
2
On a alors N (fn ) = |fn (t)|dt qui est l’aire d’un triangle de base et
0 n
hauteur n, donc N (fn ) = 1.
D’autre part, fn (c) = n, donc
|Φ(fn )| |fn (c)|
= −→ +∞.
N (fn ) N (fn ) n→+∞
Ainsi Φ n’est pas continue.

Exercice 4.11 : Applications linéaires continues

Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie non réduit à {0} et u ∈ L (E).


On pose :
N (u) = sup{ku(x)k ; x ∈ E tq kxk = 1}.
1. Montrer que N (u) existe et que c’est un maximum.
2. Montrer N définit une norme sur L (E).
3. Montrer que pour (u, v) ∈ L (E)2 , N (v ◦ u) 6 N (u) × N (v).

1. Pour montrer que la borne supérieure existe, il faut montrer que l’ensemble corres-
pondant est non vide et majoré.

L’ensemble A = {ku(x)k ; x ∈ E tq kxk = 1} est non vide puisque E contient


x
un vecteur de norme 1 : comme E 6= {0}, en prenant x ∈ E\{0}, est de
kxk
norme 1.
Comme u est linéaire en dimension finie, u est lipschitzienne, disons de rapport
k. Pour x ∈ E tel que kxk = 1, on a donc
ku(x)k = ku(x) − u(0)k 6 k kx − 0k = k
et A est majoré par k.
Ainsi A admet une borne supérieure, et N (u) est bien défini.

Le fait que N (u) soit un maximum n’est pas évident, puisqu’une borne
sup n’est pas atteinte, en général.
Topologie 115

Il faut maintenant montrer que N (u) est un maximum, c’est-à-dire que x →


7 ku(x)k
atteint son maximum sur l’ensemble S des vecteurs de norme 1. Il faut pour cela
utiliser le théorème des bornes en montrant que S est compact.

Notons S = {x ∈ E ; kxk = 1}. S est clairement borné (par 1) et c’est un


fermé, puisque c’est l’image réciproque de {1} (un fermé de R) par l’application
k k, qui est continue.
Comme E est de dimension finie, S est un compact de E. Comme vu plus haut,
u est continue, donc par le théorème des bornes, x 7→ ku(x)k atteint ses bornes
sur S. N (u) est donc un maximum.

2. On vérifie un à un les axiomes de définition d’une norme.

Montrons que N est une norme.


• On a vu que N est bien définie et à valeurs dans R+ .
• Pour u ∈ L (E) et λ ∈ R, on a :
N (λu) = sup{kλu(x)k ; x ∈ E tq kxk = 1}
= sup{|λ| ku(x)k ; x ∈ E tq kxk = 1}
= |λ| N (u)
donc N est homogène.
• Pour u et v ∈ L (E), on a, pour x ∈ E tel que kxk = 1, d’après l’inégalité
triangulaire :
ku(x) + v(x)k 6 ku(x)k + kv(x)k 6 N (u) + N (v).
Ceci valant pour tout x ∈ E de norme 1, on obtient donc
N (u + v) 6 N (u) + N (v)
en passant à la borne supérieure et N vérifie l’inégalité triangulaire.
x
• Enfin, soit u ∈ L (E) tel que N (u) = 0. Pour x ∈ E\{0}, y = est de
kxk
norme 1, donc ku(y)k 6 N (u) = 0. Ainsi u(y) = 0 et par linéarité de u,
u(x) = kxk u(y) = 0. Comme u(0) = 0, on obtient u est constante nulle,
ce qui montre que N est définie positive.
Ainsi N est une norme sur L (E).

3. Pour x ∈ E de norme 1, il faut majorer v(u(x)). On a facilement ku(x)k 6 N (u),


mais pour majorer kv(u(x))k, il faut revenir au cas où u(x) est unitaire. S’il est non
nul, il suffit de le diviser par sa norme. Il faut donc distinguer le cas u(x) = 0.

u(x)
Soit x ∈ E de norme 1. Si u(x) =
6 0, alors y = est de norme 1, donc
ku(x)k
kv(y)k 6 N (v). En multipliant par ku(x)k > 0, on obtient donc (par linéarité
de v)
kv(u(x))k 6 ku(x)k kv(y)k 6 N (u) × N (v).
116 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Si maintenant u(x) = 0, on a v(u(x)) = 0, donc l’inégalité plus haut est encore


vérifiée.
Dans tous les cas, kv(u(x))k 6 N (u) × N (v) donc en passant à la borne
supérieure, N (v ◦ u) 6 N (u) × N (v).

On a alors aisément N (un ) 6 N (u)n pour n ∈ N. Ceci permet de


P un
montrer que la série n! converge absolument dans (L (E), N ), donc
converge, et de définir exp(u).

Exercice 4.12 : Un théorème de point fixe

Soient K une partie compacte d’un espace vectoriel normé E, et f : K → K telle


que ∀(x, y) ∈ K 2 , x 6= y ⇒ kf (x) − f (y)k < kx − yk.
1. Montrer que f admet un unique point fixe l. Pour l’existence, on pourra
considérer l’application h : K → R, x 7→ kf (x) − xk.
2. Soit (un )n∈N ∈ E N définie par récurrence par u0 ∈ K et ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Montrer que (un )n∈N converge vers l.

1. L’unicité viendra facilement de l’hypothèse. Pour l’existence, on considère l’ap-


plication donnée en indication. Un point fixe correspondrait à un zéro, donc à un
minimum de cette fonction. On utilise donc l’hypothèse de compacité pour appliquer
le théorème des bornes.

• Unicité : Supposons avoir l et m deux points fixes de f . Si l 6= m,


kl − mk = kf (l) − f (m)k < kl − mk
ce qui est absurde ! Ainsi l = m et on a unicité.
• Existence : Soit h : K → R, x 7→ kf (x) − xk. h est continue comme
combinaison linéaire et composée de fonctions qui le sont (f étant continue
car lipschitzienne). Comme K est compact, elle est bornée et atteint ses
bornes, en particulier son minimum. On a donc x0 ∈ K tel que ∀x ∈ K,
6 x0 , par hypothèse,
h(x0 ) 6 h(x). Si f (x0 ) =
kf (f (x0 )) − f (x0 )k < kf (x0 ) − x0 k
i.e. h(f (x0 )) < h(x0 )... absurde ! Ainsi f (x0 ) = x0 et on a l’existence.

2. La compacité permet d’obtenir une suite extraite convergente de (un )n∈N . L’hy-
pothèse de l’énoncé montre aussi que la suite (kun − lk)n∈N est décroissante. Il faut
alors montrer que sa limite est nulle.
Topologie 117

Comme K est stable par f , la suite (un )n∈N est à valeurs dans l’ensemble
K, qui est compact. Elle admet donc une suite extraite (uϕ(n) )n∈N conver-
gente, disons vers x. Comme f est 1-lipschitzienne, elles est continue, et la
suite (uϕ(n)+1 )n∈N = (f (uϕ(n) ))n∈N converge vers f (x).
D’autre part, comme pour n ∈ N, kun+1 − lk = kf (un ) − f (l)k < kun − lk,
la suite (kun − lk)n∈N est décroissante. Elle est minorée par 0, donc converge,
par le théorème de la limite monotone, disons vers a. Toutes ses suites extraites
convergent vers la même limite. Comme (kuϕ(n) − lk)n∈N converge vers kx − lk
on a a = kx − lk par unicité de la limite. De même (kuϕ(n)+1 − lk)n∈N converge
vers kf (x) − lk, donc kf (x) − lk = a.
Si x 6= l, on devrait pourtant avoir kf (x) − lk = kf (x) − f (l)k < kx − lk...
exclus ! Ainsi x = l. Par suite (kun − lk)n∈N converge vers a = 0, donc (un )n∈N
converge vers l.

Si x est une valeur d’adhérence d’une suite récurrente (un )n∈N , on ne


peut pas immédiatement dire que x est point fixe de f .

Exercice 4.13 : Valeurs d’adhérence

Soit (un )n∈N une suite réelle bornée.


1. Si (un+1 − un )n∈N converge vers 0, montrer que l’ensemble des valeurs d’adhé-
rence de (un )n∈N est un segment de R.
2. On suppose avoir f : R → R continue telle que ∀n ∈ N, un+1 = f (un ). Si
(un+1 − un )n∈N converge vers 0, montrer que (un )n∈N converge.

1. Pour montrer que l’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite est un intervalle, il
faut montrer que c’est une partie convexe de R. On raisonne par l’absurde : si ce n’est
pas le cas, on a a < b deux valeurs d’adhérence et c ∈]a, b[ non valeur d’adhérence.
On a alors un ε > 0 tel que le nombre de termes de la suite à distance plus petite que
ε de c soit fini.
Cependant la suite doit passer une infinité de fois à distance plus petite que ε de a et
de b. D’autre part, elle fait des pas de longueur plus petite que ε à partir d’un certain
rang. Ceci nous apportera la contradiction.

Notons V l’ensemble des valeurs d’adhérence de (un )n∈N . Montrons que V est
convexe. Soit a < b ∈ V , supposons que [a, b] ne soit pas inclus dans V . On a
alors c ∈]a, b[ tel que c ∈
/ V.
On a alors ε > 0 tel que {n ∈ N ; |un − c| 6 ε} est fini. On a donc N1 ∈ N tel
que
∀n > N1 , |un − c| > ε.
et, quitte à le réduire encore, on suppose que a + ε < c − ε et c + ε < b − ε.
118 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Par définition de la limite, on a N2 ∈ N tel que


∀n > N2 , |un+1 − un | 6 ε.
Posons N = max(N1 , N2 ). Comme a est valeur d’adhérence, on a n > N tel
|un − a| 6 ε. On a ensuite p > n tel que |up − b| 6 ε (puisque b est valeur
d’adhérence). Notons
A = {k ∈ {n, . . . , p} , uk < c}.
A est non vide (car contient n) et majoré (par p). Il a donc un plus grand
élément k. On a k < p (car up > b − ε > c) donc uk+1 > c. Comme k > N ,
|uk+1 − uk | 6 ε, ainsi |uk − c| 6 ε.... absurde !
Ainsi [a, b] ⊂ V , ce qui montre que V est un convexe de R. C’est donc un
intervalle.
Il reste à montrer que V est fermé et borné pour que ce soit un segment. Le caractère
borné vient du caractère borné de la suite :

Comme (un )n∈N est bornée, on a M > 0 tel que ∀n ∈ N , |un | 6 M . Soit
x ∈ V . On a alors une suite extraite (uϕ(n) )n∈N de (un )n∈N qui converge vers
x.
Comme pour tout n ∈ N, |uϕ(n) | 6 M , en passant à la limite, |x| 6 M . Ainsi
V est borné.
Enfin, on montre que V est fermé en montrant que son complémentaire est ouvert.

Il peut parfois être plus simple de montrer qu’un ensemble est fermé
en passant par le complémentaire.

Soit x ∈ R\V . Alors x n’est pas valeur d’adhérence de (un )n∈N . On a alors
i {nε ∈ N ; ε|uhn − x| 6 ε} est fini.
ε > 0 tel que
Pour y ∈ x − , x + , on a alors
2 2
ε
{n ∈ N ; |un − y| 6 } ⊂ {n ∈ N ; |un − x| 6 ε}
2
donc ce premier ensemble est fini. Ainsi y n’est pas valeur d’adhérence de
(un )n∈N . i
ε εh
On a donc x − , x + ⊂ R\V et R\V est ouvert, donc V est fermé.
2 2
En conclusion V est un intervalle réel fermé borné, c’est donc un segment.

2. Pour montrer que la suite converge, il faut montrer qu’elle n’a qu’une valeur d’adhé-
rence. On utilise alors la question précédente.

Comme (un+1 − un )n∈N converge, l’ensemble des valeurs d’adhérence de


(un )n∈N est un segment [a, b] d’après la question précédente.
Pour x ∈ [a, b], on a une suite (uϕ(n) )n∈N extraite de (un )n∈N qui converge
vers x. La suite (uϕ(n)+1 )n∈N converge alors vers f (x) par continuité de f .
Topologie 119

D’autre part (uϕ(n)+1 − uϕ(n) )n∈N converge vers 0, donc x = f (x). Ainsi [a, b]
est un segment constitué de points fixes de f .
a+b
Supposons a < b. Comme c = ∈ [a, b], il est valeur d’adhérence de
2
b−a
(un )n∈N et on a p ∈ N tel que |up − c| 6 . Alors up ∈ [a, b] donc est point
2
fixe de f . La suite (un )n∈N est donc stationnaire et elle converge... absurde
puisqu’elle a au moins deux valeurs d’adhérence a < b !
Ainsi a = b et la suite a une unique valeur d’adhérence. Elle converge donc.

Exercice 4.14 : Compacité de On (R)

Démontrer que le groupe orthogonal On (R) est compact.

Il s’agit d’une partie de Mn (R). L’espace vectoriel étant de dimension finie, on sait
que toutes les normes sont équivalentes, on peut donc choisir n’importe quelle norme.
D’autre part, on peut caractériser une matrice orthogonale A de plusieurs façons :
par t AA = In ou par les vecteurs colonnes qui sont orthonormés.
Comme la dimension de Mn (R) est finie, il faut montrer que On (R) est un fermé
borné.
I On (R) fermé.

On propose deux démonstrations.


• Première démonstration :
Soit (Ap )p∈N une suite d’éléments de On (R) qui converge vers un élément
A de Mn (R).
La suite de terme général t Ap Ap est constante égale à In , donc on a d’une
part lim t Ap Ap = In .
p→+∞
Par ailleurs, t Ap Ap tend vers t AA, car l’application (A, B) 7→ AT B est
bilinéaire donc continue.
Par unicité de la limite il vient t AA = In , c’est-à-dire A ∈ On (R).
• Deuxième démonstration :
L’application f de Mn (R) dans Mn (R) définie par f (A) = t AA est continue
(pour n’importe quelle norme) puisque les coefficients de f (A) sont des
fonctions polynomiales des coefficients de A.
On (R) est l’image réciproque par f du fermé {In }. Il est donc fermé.

Quelle que soit la preuve choisie, il y a un argument de continuité d’une


certaine application qu’il faut bien justifier.
120 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

I On (R) borné.

Là encore on donne deux démonstrations.


• Première démonstration :
L’application ϕ : Mn (R)2 → R définie pour (A, B) ∈ Mn (R)2 par
n
X Xn Xn
ϕ(A, B) = tr(t AB) = (t AB)i,i = aj,i bj,i
i=1 i=1 j=1

définit un produit scalaire sur Mn (R) (qui correspond au produit scalaire


2
usuel sur Rn ). On note k k la norme associée.
p p √
Si A ∈ On (R), on a kAk = tr(t AA) = tr(In ) = n, ce qui montre
que On (R) est borné.
• Deuxième démonstration :
Comme les colonnes d’une matrice orthogonale sont de norme 1, les coef-
ficients d’une matrice orthogonale sont compris entre −1 et 1. On (R) est
donc borné par 1 pour la norme kAk = supi,j |ai,j |.
Dans tous les cas, On (R) est un fermé borné de Mn (R), de dimension finie,
donc est compact.

Dans chacune de ces démonstrations, on a choisi la norme qui nous


arrangeait le plus pour montrer le caractère borné.

Exercice 4.15 : Un fermé borné non compact

Soit E un espace vectoriel normé de dimension infinie. On note S l’ensemble des


vecteurs de E de norme 1.
1. Montrer qu’on peut construire une suite (xn )n∈N ∈ S N telle que
1
∀m 6= n ∈ N, kxn − xm k > .
2
On pourra raisonner par récurrence.
2. En déduire que S est fermée, borné́e, mais non compacte.

1. En suivant l’indication, on construit (xn )n∈N par récurrence. On peut prendre


n’importe quel vecteur de norme 1 pour x0 , et si x0 , . . . , xn sont construits, on regarde
6 E, et on souhaite trouver un élément xn+1 à
F = Vect(x0 , . . . , xn ). On sait que F =
distance plus grande que 12 de F . Par analogie avec le cas euclidien, on considère la
distance de y (un élément qui n’est pas dans F ) à F .
Topologie 121

On pose x0 ∈ E un vecteur quelconque de norme 1. Supposons avoir construit


x0 , . . . , xn . On note alors F = Vect(x0 , . . . , xn ). F est différent de E (car E
est de dimension infinie), on a donc y ∈ E\F . Comme F est fermé (puisque
c’est un sous-espace de dimension finie),
d = d(y, F ) = inf{ky − xk , x ∈ F } > 0.
En effet, par caractérisation séquentielle de la borne inférieure, on a (up )p∈N ∈ F
telle que (ky−up k)p∈N converge vers d. Si d = 0, on aurait (up )p∈N qui converge
vers y, donc comme F est fermé, y ∈ F ... exclus !

Cette distance d n’est pas forcément atteinte dans le cas général, il


faudrait pouvoir extraire une suite convergente de la suite (up )p∈N vue
plus haut, donc que F soit compact.

Par caractérisation de la borne inférieure, on peut donc trouver x ∈ F tel que


y−x
ky − xk 6 2d. On pose alors xn+1 = , qui est bien de norme 1. Pour
ky − xk
u ∈ F , on a
y − x − ky − xk u ky − zk d 1
kxn+1 − uk = = > >
ky − xk ky − xk ky − xk 2
où z = x + ky − xku ∈ F (car F est stable par combinaison linéaire) donc
ky − zk > d.
Ainsi, pour k ∈ {0, . . . , n}, comme xk ∈ F , kxn+1 − xk k > 12 , ce qui achève la
construction par récurrence.

2. S est clairement bornée et il est facile de montrer qu’elle est fermée. Pour la non
compacité, on exploite la question précédente.

S est bornée et comme c’est l’image réciproque de {1}, fermé de R, par la


norme, qui est une application continue, S est fermée.
Soit (xn )n∈N la suite construite dans la question précédente. Supposons que
(xn )n∈N admette une suite-extraite (xϕ(n) )n∈N convergente. Alors la suite
(xϕ(n+1) − xϕ(n) )n∈N converge vers 0, mais pour tout n ∈ N,
1
kxϕ(n+1) − xϕ(n) k >
2
ce qui est absurde ! Ainsi S n’est pas compacte.

On a ainsi montré qu’un espace vectoriel normé est de dimension finie


si et seulement si sa sphère unité (ou sa boule unité) est compacte.
122 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Exercice 4.16 : Compact et fermé

Dans un espace vectoriel normé E, on considère un compact X et un fermé Y .


1. Démontrer que X + Y est un fermé.
2. On suppose E de dimension finie. Montrer que
d(X, Y ) = inf{kx − yk ; (x, y) ∈ X × Y }
est atteinte.

1. Pour montrer que X + Y est fermé, on choisit le point de vue des suites (ce qui
permettra d’utiliser la compacité).

Soit (zn )n∈N une suite d’éléments de X + Y qui converge vers z dans E. Il faut
montrer que z ∈ X + Y .
Pour tout n ∈ N, on peut écrire : zn = xn + yn avec xn ∈ X et yn ∈ Y .
Comme X est compact, on peut extraire de (xn )n∈N une sous-suite convergente
(xϕ(n) )n∈N dont la limite x appartient à X.
La suite extraite (zϕ(n) )n∈N converge encore vers z dans E, donc la suite de
terme général yϕ(n) = zϕ(n) − xϕ(n) est donc convergente vers y = z − x.
Comme Y est fermé, cette limite appartient à Y .
On a donc z = x + y ∈ X + Y , ce qui prouve que X + Y est fermé.

L’hypothèse X et Y fermés n’entraîne pas que X + Y soit fermé. Pour


vous en persuader, représentez dans le plan les parties :
X = {(x, y) ; xy = 1 et x > 0} Y = {(x, y) ; x = 0 et y 6 0}

2. On exploite la caractérisation séquentielle de la borne inférieure. Comme E est


de dimension finie, si on intersecte Y avec une partie bornée de E, on obtiendra un
compact.

Par caractérisation séquentielle de la borne inférieure, on a deux suites


(xn )n∈N ∈ X N et (yn )n∈N ∈ Y N tel que (kxn − yn k)n∈N converge vers kx − yk.
Comme X est compact, on peut extraite de (xn )n∈N une suite (xϕ(n) )n∈N qui
converge, disons vers x ∈ X. Pour n ∈ N, on a alors
kyϕ(n) k 6 kxϕ(n) k + kxϕ(n) − yϕ(n) k,
qui est le terme général d’une suite convergente vers kxk + d(X, Y ). Cette suite
est donc majorée, disons par M .
La suite (yϕ(n) )n∈N est donc à valeurs dans Y ∩ B(0, M ) (où B(0, M ) est
la boule fermée de centre 0 et de rayon M ). C’est un fermé borné de E, de
dimension finie, donc un compact. On a donc une suite (yϕ◦ψ(n) )n∈N extraite
de (yϕ(n) )n∈N qui converge vers y ∈ Y .
Topologie 123

La suite (xϕ◦ψ(n) )n∈N converge encore vers x, et (kxϕ◦ψ(n) − yϕ◦ψ(n) k)n∈N


converge vers kx − yk. Par unicité de la limite, kx − yk = d(X, Y ) et la distance
est atteinte.

Exercice 4.17 : Connexité par arcs

Soit n ∈ N∗ .
1. Montrer que GLn (R) n’est pas connexe par arcs.
2. Montrer que GLn (C) est connexe par arcs.

1. Si GLn (R) était connexe par arcs, il en serait de même de son image par toute
application continue. On pense alors à étudier det(GLn (R)) = R∗ .

Supposons GLn (R) connexe par arcs. Comme det est continue (car polynomiale
en les coefficients), det(GLn (R)) = R∗ est connexe par arcs. Il existe donc
h : [0, 1] → R∗ continue telle que h(0) = −1 et h(1) = 1. Par le théorème des
valeurs intermédiaires, on a alors c ∈]0, 1[ tel que h(c) = 0. Comme h(c) ∈ R∗ ,
c’est absurde !
Ainsi GLn (R) n’est pas connexe par arcs.

2. Pour montrer que GLn (C) est connnexe par arcs, si A et B ∈ GLn (C), on doit
trouver un chemin continu, inclus dans GLn (C) reliant A et B.

Pour montrer qu’un ensemble E est connexe par arcs, il suffit de relier
(de manière continue) un point particulier de E (qu’on peut choisir) à
un élément quelconque de E.

En effet, en prenant ici la matrice In , si l’on relie de manière continue A à In et B à


In , en collant ces deux chemins, on aura relié A à B. Pour relier A à In de manière
continue, on part du segment t 7→ tIn + (1 − t)A et l’on contourne les points (en
nombre fini) où le déterminant s’annule.

Soit A ∈ GLn (C). L’application t 7→ det(tIn + (1 − t)A) est un poly-


nôme en t (par définition du déterminant) donc a un nombre fini de ra-
cines z1 , . . . , zp dans C. Comme C\{z1 , . . . , zp } est connexe par arcs, on a
f : [0, 1] → C\{z1 , . . . , zp } continue telle que f (0) = 0 et f (1) = 1.
Pour tout t ∈ [0, 1], f (t) ∈ / {z1 , . . . , zn }, donc det(f (t)In + (1 − f (t))A) 6= 0
et f (t)In + (1 − f (t))A ∈ GLn (C). Par suite,
h : [0, 1] → GLn (C), t 7→ f (t)In + (1 − f (t))A
est bien définie, continue (car f l’est) et h(0) = A, h(1) = In .
124 Chapitre 4 Topologie des espaces vectoriels normés

Le fait de montrer que tout élément de GLn (C) puisse être relié à In
montre que GLn (C) possède une seule composante connexe par arcs,
donc est connexe par arcs.
CHAPITRE

Fonctions vectorielles et arcs


paramétrés 5
Ce chapitre est également l’occasion de revoir l’analyse réelle
de première année. Les exercices 1 et 3 sont à prendre dans
ce sens.
Exercice 5.1 : Approximation d’une fonction par interpolation

Soit f : [a, b] → R de classe C n , a1 , . . . , an n points de [a, b] deux à deux distincts.


1. Montrer qu’il existe P ∈ Rn−1 [X] tel que ∀i ∈ {1, . . . , n}, f (ai ) = P (ai ).
2. Pour x ∈ [a, b] distinct des ai , on pose ϕ : t 7→ f (t) − P (t) − λS(t), où
Y n
S= (X − ai ),
i=1

λ étant choisi de sorte que ϕ(x) = 0. Montrer que ∃c ∈ [a, b], ϕ(n) (c) = 0.
3. En déduire que
|S(x)| (n)
∀x ∈ [a, b], |f (x) − P (x)| 6 kf k∞ .
n!

1. Pour trouver un polynôme P qui a des valeurs déterminées en a1 , . . . , an , on peut


utiliser l’interpolation de Lagrange : on construit les polynômes L1 , . . . , Ln vérifiant
Li (aj ) = δi,j et on trouve P comme combinaison linéaire de ces Li .

Pour i ∈ {1, . . . , n}, on pose


n
Y X − aj
Li = ,
a − aj
j=1 i
j6=i

de sorte que Li (aj ) = δi,j (symbole de Kronecker : 0 si i 6= j et 1 si i = j) et


deg(Li ) = n − 1.
Pn
Posons alors P = f (ak )Lk . Pour i entre 1 et n, on a
k=1
n
X
P (ai ) = f (ak )Lk (ai ) = f (ai ),
k=1
126 Chapitre 5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés

ce que l’on voulait.

2. Comme λ est choisi de sorte que ϕ(x) = 0 (il faudra justifier que c’est possible), ϕ
s’annule au total n + 1 fois : en tous les ai et en x.
Le théorème de Rolle permet alors de montrer que ϕ0 s’annule n fois, puis que ϕ00
s’annule n − 1 fois, et ainsi de suite, jusqu’à ϕ(n) qui s’annule au moins une fois (c’est
le classique entonnoir de Rolle). On rédige ceci rigoureusement par récurrence.
Notons que ϕ(x) = 0 équivaut à f (x) − P (x) = λS(x), ce qui montre qu’on doit poser
λ = f (x)−P
S(x)
(x)
.

Notons que comme x ∈


/ {a1 , . . . , an }, S(x) 6= 0. On peut alors poser
f (x) − P (x)
λ= ,
S(x)
de sorte que f (x) − P (x) = λS(x), soit ϕ(x) = 0.
On montre alors par récurrence sur k ∈ {0, . . . , n} la propriété P(k) :
« ϕ(k) s’annule au moins n − k + 1 fois sur [a, b]. »
• Pour i entre 1 et n, ϕ(ai ) = f (ai ) − P (ai ) − λS(ai ) = 0. De plus ϕ(x) = 0
donc ϕ s’annule au moins n + 1 fois sur [a, b], et on a P(0).
• Soit k ∈ {0, . . . , n − 1} tel que P(k). Par hypothèse de récurrence, ϕ(k)
s’annule au moins n − k + 1 fois sur [a, b], disons en c0 < . . . < cn−k .
Pour i entre 0 et n−k, ϕ(k) est continue sur [ci , ci+1 ], dérivable sur ]ci , ci+1 [
(comme combinaison linéaire de fonctions qui le sont, f étant de classe C n )
et ϕ(k) (ci ) = 0 = ϕ(k) (ci+1 ).
Par le théorème de Rolle, on a di ∈ ]ci , ci+1 [ tel que ϕ(k+1) (di ) = 0. ϕ(k+1)
s’annule donc en d0 < · · · < dn−k−1 , donc au moins n − k fois, et on a
P(k).
En conclusion, on a ∀k ∈ {0, . . . , n}, P(k), et en particulier P(n) : ϕ(n)
s’annule donc au moins une fois sur [a, b].

3. Si x est distinct des ai , on applique la question précédente pour obtenir λ en


fonction de f (n) , l’inégalité se montre alors facilement à partir de l’identité ϕ(x) = 0.

Il ne faudra pas oublier de distinguer le cas que la question précédente


ne permet pas de traiter.

Supposons tout d’abord x distinct des ai .


D’après la question précédente, on a c ∈ [a, b] tel que ϕ(n) (c) = 0.
Comme deg(P ) 6 n − 1, P (n) = 0. Comme S est unitaire et de degré n,
f (n) (c)
S (n) = n!. Ainsi 0 = ϕ(n) (c) = f (n) (c) − λn! et λ = .
n!
Topologie 127

f (n) (c)
En reprenant l’égalité ϕ(x) = 0, on a donc f (x) = P (x)+ S(x). Comme
n!
(n)
f est continue sur le segment [a, b], elle y est bornée, et on peut considérer
kf (n) k∞ .
On a alors
f (n) (c) kf (n) k∞
|f (x) − P (x)| = |S(x)| 6 |S(x)| .
n! n!
Si maintenant pour i entre 1 et n, x = ai , alors f (x) − P (x) = 0 donc l’égalité
reste vérifiée.
Exercice 5.2 : Calcul d’un déterminant par dérivation

Pour x ∈ R et n ∈ N∗ on pose
x 1 0
x2 /2! x 1
..
Dn (x) = x3 /3! x2 /2! x . .
.. .. ..
. . . 1
n 2
x /n! ... ... x /2 x

1. Justifier que Dn est dérivable sur R et calculer sa dérivée.


2. En déduire une expression de Dn .

1. Pour justifier la dérivabilité et calculer la dérivée du déterminant, on utilise la


multilinéarité : si chaque colonne est une fonction dérivable de x, le déterminant le
sera.
On calcule la dérivée en faisant la somme des déterminants obtenus en dérivant l’une
des colonnes et en fixant les n−1 autres (ce qui généralise la dérivée d’une application
bilinéaire, comme le produit).

Comme pour le produit, la dérivée de det(C1 (t), . . . , Cn (t)) n’est pas


det(C10 (t), . . . , Cn0 (t)) !

Pour i ∈ {1, . . . , n}, notons Ci : x 7→ la i-ème colonne de Dn (x).


Chacune des coordonnées de Ci est une fonction polynomiale de x, donc est
dérivable sur R, et pour x ∈ R, on a
 
0
 .. 
Ci0 (x) = Ci+1 (x) si i 6 n − 1 et Cn0 (x) =  .  .
 
 0 
1
128 Chapitre 5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés

Ainsi Dn = det(C1 , . . . , Cn ) est dérivable sur R (par n-linéarité du déterminant)


et pour x ∈ R, on a :
n
X
Dn0 (x) = det(C1 (x), . . . , Ci−1 (x), Ci0 (x), Ci+1 (x), . . . , Cn (x))
i=1
n−1
X
= det(C1 (x), . . . , Ci−1 (x), Ci+1 (x), Ci+1 (x), . . . , Cn (x))
i=1
+ det(C1 (x), . . . , Cn−1 (x), Cn0 (x))
= Dn−1 (x)
puisque tous les déterminants de la somme sont nuls (d’après le caractère alterné
du déterminant) et en développant par rapport à la dernière colonne le dernier
déterminant.

2. La question précédente nous dit que Dn0 = Dn−1 . On calcule facilement Dn (0) = 0
(pour évaluer la constante d’intégration).
2 3
Comme D1 (x) = x, on a donc D2 (x) = x2 , puis D3 (x) = x6 et plus généralement, on
n
intuite que Dn (x) = xn! , ce qu’on va prouver rigoureusement par récurrence.

Montrons par récurrence sur n ∈ N∗ la propriété P(n)


xn
∀x ∈ R, Dn (x) = .
n!
• On a clairement P(1).
• Soit n ∈ N∗ tel que P(n). Comme Dn+1
0
= Dn , on a c ∈ R tel que
xn+1
∀x ∈ R, Dn+1 (x) = +c
(n + 1)!
par hypothèse de récurrence.
Or Dn (0) est un déterminant triangulaire supérieur avec des 0 sur la dia-
gonale, donc Dn (0) = 0. Ainsi c = 0 et on a P(n + 1), ce qui conclut la
récurrence.

Exercice 5.3 : Une application des formules de Taylor

Soient a > 0 et f : [−a, a] → R de classe C 2 . On note M = supt∈[−a,a] |f 00 (t)|.


1. Montrer que
1 a2 + x2
∀x ∈ [−a, a], |f 0 (x)| 6 |f (a) − f (−a)| + M.
2a 2a
h πi
2. En déduire que pour x ∈ 0, , sin x > x cos x − x2 .
2
Topologie 129

1. Pour faire le lien entre f , f 0 et f 00 , il faut utiliser une formule de Taylor. On choisit
ici la formule de Taylor avec reste intégral, qu’on va devoir appliquer plusieurs fois :
entre a et x pour avoir le lien entre f (a) et f 0 (x) ; entre −a et x pour avoir le lien
entre f (−a) et f 0 (x).

On peut appliquer la formule de Taylor avec reste intégral entre a et b


même si a > b.

Soit x ∈ [−a, a]. Comme f est de classe C 2 sur [x, a], on a


Z a
0
f (a) = f (x) + (a − x)f (x) + (a − t)f 00 (t) dt
x
et comme elle est C 2 sur [−a, x], on a
Z −a
0
f (−a) = f (x) + (−a − x)f (x) + (−a − t)f 00 (t) dt.
x

Attention à ne pas s’emmêler les pinceaux entre les deux bornes, la


première borne de l’intégrale est ce qu’il y a dans les valeurs de f , f 0
etc, la seconde, ce qu’il y a dans l’autre membre.

Ainsi
Z a Z −a
0 00
f (a) − f (−a) = 2af (x) + (a − t)f (t) dt − (−a − t)f 00 (t) dt
Zxa Zxx
= 2af 0 (x) + (a − t)f 00 (t) dt − (a + t)f 00 (t) dt.
x −a
Par suite, il vient
Z a Z x
1
|f 0 (x)| = f (a) − f (−a) − (a − t)f 00 (t) dt + (a + t)f 00 (t) dt
2a x −a
Z a
1 1 00
6 |f (a) − f (−a)| + (a − t)|f (t)| dt
2a 2a x
Z x
1
+ (a + t)|f 00 (t)| dt.
2a −a
130 Chapitre 5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés

Donc
Z a Z x
0 1 1 1
|f (x)| 6 |f (a) − f (−a)| + (a − t)M dt + (a + t)M dt
2a 2a x 2a −a
1 (a − x)2 + (x + a)2
6 |f (a) − f (−a)| + M
2a 4a
1 a2 + x2
6 |f (a) − f (−a)| + M
2a 2a

2. Il faut trouver à quelle fonction appliquer la question précédente. Vu la forme de


l’énoncé, on pense à f = cos ou f = sin. Comme cos est paire, f (a) − f (−a) serait
nul si f = cos, on prend donc f = sin.
On utilise ensuite a = x.

Posons f i= sin, de classe C 2 sur R. Alors |f 00 | est majorée par M = 1, donc


πi
pour x ∈ 0, , on a, par la question précédente,
2
1 2x2
| cos(x)| 6 | sin(x) − sin(−x)| +
2x 2x
et donc, comme x > 0, x cos x 6 sin x + x2 .
Ainsi sin x > x cos x − x2 .
Cette inégalité reste clairement vraie pour x = 0.

Exercice 5.4 : Réflexion sur une ellipse

Une ellipse est une courbe paramétrée de la forme t 7→ (a cos t, b sin t), avec
a > b > 0.
On note r
b2
e = 1 − 2,
a
F1 , F2 les points de coordonnées (ae, 0) et (−ae, 0) (appelés foyers de l’ellipse).
a a
On note enfin D1 et D2 les droites d’équations x = et x = − .
e e
1. Pour t ∈ R, on note H1 (t) et H2 (t) les projetés orthogonaux de M sur D1 et
D2 . Montrer que F1 M (t) = eM (t)H1 (t) et F2 M (t) = eM (t)H2 (t).
2. En déduire que ∀t ∈ R, F1 M (t) + F2 M (t) = 2a.
3. En déduire qu’en tout point M (t) de l’ellipse, la normale est la bissectrice
−−−−−→ −−−−−→
intérieure de l’angle formé par M (t)F1 et M (t)F2 .

1. Les droites D1 et D2 sont verticales, on trouve donc facilement les coordonnées de


H1 (t) et H2 (t) : ils ont même ordonnées que M (t), mais pour abscisse ± ae . Le calcul
se fait alors aisément.
Topologie 131

a 
Pour t ∈ R, H1 (t) a pour coordonnées , b sin t et H2 (t) a pour coordonnées
 a  e
− , b sin t . Ainsi
e
a 2
e2 M (t)H1 (t)2 = e2 − a cos t = a2 − 2a2 e cos t + a2 e2 cos2 t
e
b2
 
= a − 2a e cos t + a 1 − 2 cos2 t
2 2 2
a
= a2 (1 + cos2 t) − 2a2 e cos t − b2 cos2 t
D’autre part
F1 M (t)2 = (a cos t − ae)2 + (b sin t)2
= a2 cos2 t − 2a2 e cos t + a2 e2 + b2 sin2 t
= a2 cos2 t − 2a2 e cos t + a2 − b2 + b2 sin2 t
= a2 (1 + cos2 t) − 2a2 e cos t − b2 cos2 t
donc F1 M (t)2 = e2 M (t)H1 (t)2 , puis en passant à la racine, on en déduit que
F1 M (t) = eM (t)H1 (t). On montre de même que F2 M (t) = eM (t)H2 (t).

2. On utilise la question précédente, couplée avec le fait que H1 (t), M (t) et H2 (t)
sont alignés (sur une même droite horizontale).

Pour t ∈ R, H2 (t), M (t) et H1 (t) ont même ordonnée, et pour abscisses


a a
respectives − < a cos t < (car e < 1).
e e
Ils sont donc alignés dans ce sens, et on a
2a
H2 (t)M (t) + M (t)H1 (t) = H2 (t)H1 (t) = .
e
Ainsi, avec la question précédente,
2a
F1 M (t) + F2 M (t) = e(M (t)H1 (t) + M (t)H2 (t)) = e = 2a.
e

En fixant les deux extrémités d’une corde de longueur 2a en F1 et F2 ,


et en la tendant, on peut donc tracer l’ellipse considérée.

3. On reprend la relation de la question précédente qu’on va dériver pour faire appa-



→ −−−−−→ −−−−−→
raître un vecteur M 0 (t) (qui est à la fois la dérivée de F1 M (t) et de F2 M (t)).
Cette dérivée donne deux produits scalaires, que l’on va regrouper.
132 Chapitre 5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés



Lorsqu’on a une courbe t 7→ M (t), le vecteur M 0 (t) est la dérivée de
−−−−→
n’importe quelle fonction du type t 7→ AM (t).

Pour t ∈ R, on a, par le 2, F1 M (t) + F2 M (t) = 2a. En dérivant, il vient :


D−→ −−−−−→E D− → −−−−−→E
M 0 (t) F1 M (t) M 0 (t) F2 M (t)
0= +
F1 M (t) F2 M (t)
* −−−−−→ −−−−−→ +

→ F1 M (t) F2 M (t)
= M 0 (t) +
F1 M (t) F2 M (t)
Notons −−−−−→ −−−−−→

− F1 M (t) F2 M (t)
u (t) = + .
F1 M (t) F2 M (t)
Il s’agit de la somme d’un vecteur directeur unitaire de (F1 M (t)) et d’un vecteur
directeur unitaire de (F2 M (t)). C’est donc un vecteur unitaire de la diagonale
du parallélogramme construit sur ces droites, avec des côtés tous égaux à 1.
Comme ce parallélogramme est en fait un losange, cette diagonale est la bis-
−−−−−→ −−−−−→
sectrice de l’angle formé par M (t)F1 et M (t)F2 . Comme son vecteur directeur

→0
est orthogonal à M (t) d’après ce qui précède, et comme cette droite passe par
M (t), il s’agit également de la normale à l’ellipse en ce point.

Physiquement ce phénomène signifie qu’un rayon lumineux (ou une


onde sonore) issu du premier foyer, et qui se reflète sur la surface de
l’ellipse, arrive au second foyer.

D2 D1
x
F2 F1
Topologie 133

Exercice 5.5 : Tracé de la cardioïde

Le but de cet exercice est de réaliser le tracé de la courbe


M : t 7→ (x(t), y(t)) = (cos t(1 + cos t), sin t(1 + cos t)).
1. Montrer que l’on peut réduire le domaine d’étude à [0, π] en expliquant la ou
les symétrie(s) à effectuer.
2. Montrer que O est l’unique point stationnaire. En constatant que (cos t, sin t)
est un vecteur directeur de la droite (OM (t)) pour t ∈]0, π], en déduire la tan-
gente en O.
3. Donner l’allure de la courbe M .

1. Pour réduire le domaine d’étude, on étudie les propriétés de parité et de périodicité


de x et y.

x et y étant 2π-périodiques, on commence par restreindre l’étude à [−π, π] (ce


qui trace la courbe complète puisque M (t + 2π) = M (t) pour tout t ∈ R).
x est paire et y est impaire. Ainsi M (−t) est le symétrique de M (t) par rapport
à l’axe des abscisses. On restreint l’étude à I = [0, π], et on fera une symétrie
par rapport à cet axe.

Lorsqu’une transformation de t laisse x et y invariant, ou change l’une,


l’autre ou les deux en son opposé, on peut restreindre le domaine
d’étude de moitié et il y aura une symétrie (axiale ou par rapport à
l’origine) à effectuer.

2. Pour déterminer les points stationnaires de M , on cherche les t ∈ [0, π] où x0 et y 0


s’annulent simultanément. Les autres points sont tous réguliers.

Notons que x et y sont dérivables sur R comme produits et combinaisons li-


néaires de fonctions qui le sont. Pour t ∈ [0, π], on a
x0 (t) = − sin t − 2 sin t cos t = − sin t(1 + 2 cos t)

donc x0 s’annule en 0, et π sur [0, π]. D’autre part
3
y 0 (t) = cos t + cos2 t − sin2 t = cos t + 2 cos2 t − 1.
−1 + 3 1
Le trinôme 2X 2 + X − 1 a pour discriminant 9 et pour racines = et
4 2
−1 − 3 0 π
= −1. Ainsi y s’annule en et en π.
2 3
En conclusion, le seul point stationnaire de M sur [0, π] est M (π) = O.
134 Chapitre 5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés

En un point stationnaire, on est obligé de revenir à la définition géométrique pour


déterminer la tangente. Il faut trouver une famille de vecteurs directeurs des droites
(M (π)M (t)) qui admet une limite non nulle quand t → π. Cette limite est alors
un vecteur directeur de la tangente. Ici l’énoncé nous simplifie la tâche avec une
indication.
−−−−→ −−−−−−−→
Le vecteur → −
u (t) = (cos t, sin t) est colinéaire à OM (t) = M (π)M (t) donc
dirige la droite (M (π)M (t)). Quand t → π, → −u (t) → (−1, 0) donc la tangente
à la courbe en M (π) est horizontale.

3. Pour pouvoir déterminer l’allure de la courbe M , on commence par faire un tableau


de variations conjoint de x et y. On reprend pour cela le calcul des dérivées effectué
dans la question précédente.
 
0 2π
Pour t ∈ [0, π], on a x (t) = − sin t(1 + 2 cos t) 6 0 si t ∈ 0, , et x0 (t) > 0
  3

si t ∈ ,π .
3
De même, on a vu que y 0 (t) = cos t + 2 cos2 t − 1. Le trinôme 2X 2 + X − 1
2
est négatif
 entre  ses racines et positif à l’extérieur. On a hdonc i2x + x − 1 6 0
1 π
si x ∈ −1, , > 0 sinon. Par suite, y 0 (t) > 0 si t ∈ 0, et y 0 (t) 6 0 si
hπ i 2 3
t∈ , π (par décroissance de cos sur [0, π]).
3
On en déduit le tableau de variations suivant.
π 2π
t 0 3 3
π

x0 (t) 0 − − 3 − 0 + 0
2 0
x
− 14

y 0 (t) −1 + 0 − −1 − 0

3 3
y 4

0 0

En M (0) = (2, 0), on a M 0 (0) = (0, −1), donc la courbe a une tangente
verticale. √ 

π  π
3 3 3
En M = , , on a M 0 = (− 3, 0) donc la courbe a une
3 4 4 3
tangente
 horizontale.
  √   
2π 1 3 2π
En M = − , , on a M 0 = (0, −1) donc la courbe a une
3 4 4 3
tangente verticale.
Topologie 135

Enfin, en M (π) = (0, 0), on a vu dans la question précédente que la tangente


est horizontale.
À ce stade, on trace la courbe en reliant ces quatre points particuliers. On part de
M (0) et on rejoint M ( π3 ) en décroissant les abscisses et augmentant les ordonnées,
avec les deux tangentes déterminées.
Ensuite on relie M ( π3 ) à M ( 2π
3 ) en décroissant les abscisses et les ordonnées. Enfin
on relie M ( 2π
3 ) à M (π) avec des ordonnées décroissantes et des abscisses croissantes.
y y y

x x x

Une fois ceci effectué, il ne faut pas oublier d’appliquer la symétrie par rapport à l’axe
des abscisses.

On peut alors tracer la courbe (appelée cardioïde)


y

Exercice 5.6 : Droites tangentes et normales

Dans le plan euclidien rapporté à un repère orthonormal, on considère la courbe


paramétrée C (t ∈ R) :
x(t) = 3t2
y(t) = 2t3 .
Déterminer les droites qui sont à la fois tangentes et normales à C .

On peut construire rapidement la courbe pour avoir une idée du problème posé.
136 Chapitre 5 Fonctions vectorielles et arcs paramétrés

On considère ensuite la tangente en un point M (t), et on cherche si elle a un autre


point d’intersection avec C , où elle serait normale.

Les fonctions x et y sont dérivables en tout point de R2 .


 C tel que t 6= 0 est
Pour t ∈ R, on a x0 (t) = 6t et y 0 (t) = 6t2 , tout point de
1
régulier et la tangente en M (t) a pour vecteur directeur .
t
2 3 3 3
En 0, on a x(t) = 3t + o(t ) et y(t) = 2t + o(t ), donc
y(t) 2t3 2t
∼ 2 = −→ 0.
x(t) 3t 3 t→0
 
1
La tangente en M (0) est donc horizontale, et a pour vecteur directeur .
0
La tangente Dt en M (t) admet une équation de la forme tX − Y + c = 0. En
reportant les coordonnées de M (t), on trouve
c = −t(3t2 ) + 2t3 = −t3
donc l a tangente Dt en M (t) admet pour équation :
tX − Y − t3 = 0.
Si Dt recoupe C en N (u), le paramètre u vérifie l’équation :
3tu2 − 2u3 − t3 = 0.
Le polynôme en u du premier membre est de degré 3 et il admet t comme racine
double puisque la droite est tangente en M (t). On peut donc le factoriser et
l’équation précédente s’écrit :
(u − t)2 (2u + t) = 0.
La droite Dt recoupe donc Cen N (−t/2).
 Elle est normale à C en ce point si,

1 1
et seulement si, les vecteurs et sont orthogonaux, donc si t2 = 2.
t −t/2
Topologie 137

Les deux droites qui sont à la fois normales et tangentes à C admettent donc
pour équations respectives :
√ √
y = 2(x − 2) y = − 2(x − 2).

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