Institut National de Formation République Togolaise
Agricole (INFA) de Tové Travail-Liberté-Patrie
BP : 401 Kpalimé-Togo
Email : infatove2000@[Link]
THEME : ENTOMOPHAGES ET
ENTOMOPATHOGENES EN AGRICULTURE
DURABLE
Présenter par : Formateur : Dr TCHAO
DAMIDONI Boiameman
DOUKABRE Yendoutien
ZIDOLE Yaovi Stanislas
SAMBIANI Yédouban Jean
NIDOLE Oubrogué
AFONOUBOU Kossi Israël
DJISSENOU Ayawa Armendine
AGOURA-SAMA Essonani Richard
LITAABA TOTOMA Baketa Olivier
INTRODUCTION
L’agriculture durable vise à produire de manière respectueuse de l’environnement,
économiquement viable et socialement équitable. Dans ce cadre, la lutte contre les ravageurs
repose de plus en plus sur la gestion biologique, notamment grâce aux entomophages et
entomopathogènes, qui jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité et la
réduction de l’utilisation des pesticides chimiques. Cet exposé abordera la définition de ces
organismes, leur rôle dans une agriculture durable, les problèmes posés par les pesticides
chimique et les solutions biologiques qu’ils offrent.
I-DEFINITION DES CONCEPTES
Entomophage : Du grec entomon (insecte) et phagein (manger), les entomophages sont des
organismes qui se nourrissent d’insectes (prédateur, parasitoïde).
Prédateur : est un organisme qui capture, tue et consomme plusieurs proies au cours de son
développement ou sa vie.
Parasitoïde : est un organisme qui se développe dans ou sur un seul hôte, qu’il finit par tuer.
Entomopathogènes : Du mot grec entomon (insecte) et pathos (maladie), les
entomopathogènes sont des microorganismes (bactéries, champignons, virus) capable de
provoquer les maladies et la mort chez les insectes.
Bactérie : organisme vivant unicellulaire procaryote, généralement microscopique, dépourvu
de noyau et d’organites membraneux.
Champignon : Qui vie sur ou dans un être vivant et en prélève des nutriments, parfois
pathogènes pour l’hôte
Virus : Organisme biologique extrêmement petit, non vivant au sens strict, qui se reproduit en
utilisant les machines cellulaires d’un hôte
II-CONTEXTE DE L’AGRICULTURE DURABLE
L’agriculture durable est essentielle pour faire face aux défis du changement climatique, de la
dégradation des sols et de la perte de biodiversité. L’utilisation des entomophages et des
entomopathogènes s’inscrit dans cette démarche en favorisant des pratiques agricoles
respectueuses de l’environnement.
III-PROBLEMES DES PESTICIDES CHIMIQUES EN AGRICULTURE DURABLE
Risques pour les agriculteurs : expansion directe lors de la fabrication, la manipulation
ou l’application, pouvant causer des troubles neurologiques, hormonaux, cancer ou
autres maladies.
Risques pour la consommation : résidus de pesticides dans les aliments, pouvant avoir
des effets toxiques sur la santé des consommateurs, notamment chez les enfants.
Contamination de l’eau : lessivage, ruissèlement, ou infiltration entrainent la
contamination des nappes phréatiques, des cours d’eaux et des étangs, impactant la
faune aquatique.
Pollution de l’air : pulvérisations responsables de la diffusion de pesticides dans
l’atmosphère, contribuant à la pollution de l’air.
Contamination des sols : accumulation de pesticides dans la terre, dégradant la
biodiversité du sol et affectant la fertilité.
Résistance des ravageurs : utilisation répétée mène à l’émergence de populations
résistantes, nécessitant des doses plus importantes ou des produits plus toxiques.
Dommages aux organismes non ciblés : insectes pollinisateurs(abeilles), oiseaux,
poissons et autres espèces bénéfiques ou sensibles.
Disparition des prédateurs naturels : diminution des entomophages et autres
organismes de lutte biologique, ce qui perturbe l’équilibre écologique.
IV-SOLUTIONS BIOLOGIQUES
Les solutions biologiques offrent une alternative durable aux pesticides chimique en
s’appuyant sur les mécanismes naturels de régulation.
Entomophages
Les entomophages, grâce à leurs actions de prédation et parasitisme, sont des agents de
lutte biologique très efficaces. Les principaux types sont :
La prédation : La prédation est le mécanisme le plus direct. Dans le contexte de la lutte
biologique, il s’agit d’insectes, d’acariens ou d’araignées qui se nourrissent d’insectes
nuisible.
Comme mode d’action, les prédateurs ont souvent un appétit vorace. Par exemple, une
coccinelle adulte peut manger des centaines de pucerons par jour. Ils peuvent consommer
plusieurs proies tout le long de leur vie ; et parfois même pendant leurs différents stades de
développement. Ce mécanisme aide à réduire rapidement les populations de ravageurs.
Exemples d’entomophages prédateurs :
-Coccinelles (larves et adultes) : se nourrissent de pucerons et de cochenilles
-Syrphes (larves) : leurs larves chassent les pucerons.
Parasitisme : est un mode d’action plus subtil et souvent plus spécifique que la prédation.
Comme mode d’action, les larves qui éclosent se développent en se nourrissant des tissus de
l’hôte, se qui fini par le tuer. Contrairement aux parasites classiques, les parasitoïdes ne vivent
pas au détriment de leurs hôtes sur le long terme ; leur développement entraine inévitablement
la mort de celui-ci. Ce mécanisme est très efficace un seul parasitoïde peut cibler un grand
nombre de ravageurs au fil des générations.
Exemples d’entomophages parasitoïdes :
-Guêpes (familles des Braconidae et Ichneumonidae) : elles pondent leurs œufs dans des
chenilles, des pucerons ou des larves d’autres insectes.
-Mouches tachinaires : Leurs larves se développent à l’intérieur des chenilles ou des
coléoptères.
Tableau 1: Tableau récapitulatif des types d’entomophages et leurs modes d'action
Types Exemples Cibles Mode d’action
d’entomophages
Coccinelle (Adalia Puceron, Capture et
biparctata) cochenille, acariens consommation
Prédateurs directe
Larve de syrphe Puceron, Psylles Saisi et aspiration
(Epi baltéatus) de leur contenu
La femelle pond
l’œuf dans l’œuf de
Guêpe Œufs de l’hôte, la larve se
l’lépidoptère développe en
consommant
l’embryon de l’hôte
Parasitoïdes
Mouche tachinaire Chenilles de La femelle pond ses
lépidoptère œufs sur ou près de
la chenille, les
larves pénètrent
dans le corps de la
chenille et si
développe, la tuant
Entomopathogènes
Les entomopathogènes sont des microorganismes utilisés comme des bio-pesticides pour
contrôler les ravageurs de manière ciblé.
Les principaux types sont :
Bactéries : Certaines bactéries comme le célèbre Bacillus thuringiensis, produisent
des toxines qui sont ingérées par les larves des ravageurs. Ces toxines agissent en
paralysant le système digestif de l’insecte, provoquant sa mort part famine et infection.
Les formulations de Bacillus thuringiensis sont très spécifiques et ne sont pas
dangereuses pour les vertébrés
Champignons : Des champignons comme Beauveria bassiana infectent les insectes en
pénétrant directement leurs cuticules. Une fois à l’intérieure, le champignon se
développe et se propage, tuant l’hôte. L’efficacité de ces champignons est fortement
dépendante de l’humidité de l’environnement, car leur support nécessite de l’eau
Virus : Certaines virus, comme les Baculo virus, infecte les insectes et se multiplient
dans leurs cellules, entraînant une infection généralisée et la mort. Ces virus sont
extrêmement spécifiques à certaines espèces de larves de lépidoptères et sont
considérés comme très sûrs pour les organismes non ciblés.
Tableau 2: Tableau récapitulatif des types d'entomopathogènes et leur mode d'action
Types Exemples Cibles Mode d’action
d’entomopathogènes
Bactéries Bacillus Chenilles Libère des taurines
thuringiensis dans l’intestin de
l’insecte pour
causer sa mort par
paralysie digestif
Champignon Beauveria bassiana Puceron, teigne, Pénètrent par la
criquet, scarabée culture, développe
à l’intérieur et tue
l’insecte
Virus Baculo virus Larves des Infecte les cellules
lépidoptères de l’hôte entraînant
(chenilles sa mort
légionnaires)
V-ROLE DES ENTOMOPHAGES ET DES ENTOMOPATHOGENES EN
AGRICULTURE
L’intégration des entomophages et entomopathogènes est cruciale pour l’établissement d’une
agriculture durable en raison de leurs multiples bénéfices :
Réduction de l’utilisation des pesticides chimique : c’est le rôle le plus évident et plus
impactant. En fournissant une alternative biologique à la lutte chimique, ils permettent
de diminuer drastiquement la quantité de substances toxiques épandues dans
l’environnement. Cela se traduit par une diminution de la pollution des sols, de l’eau
et de l’air, ainsi que des résidus dans les produits agricoles.
Préservation de la biodiversité : Contrairement aux pesticides chimiques à large
spectre qui affectent sans discrimination des organismes cibles et non cibles, les agents
de lutte biologique sont souvent plus spécifiques. Leur utilisation contribue à préserver
les populations d’insectes utile (pollinisateur, décomposeurs), les microorganismes du
sol et la faune sauvage, favorisant ainsi la biodiversité des agroécosystèmes.
Maintiens des équilibres écologiques : En réintroduisant ou en favorisant les ennemis
naturels des ravageurs, on restaure les mécanismes de régulation naturels des
populations. Cela rend les agroécosystèmes plus résilients face aux infestations des
ravageurs et réduit le risque d’apparition de ravageurs secondaires ou des populations.
Préservation de l’apparition de résistances : Utilisation répétée de pesticides conduit à
la sélection de souches de ravageurs résistantes. La lutte biologique, par la diversité de
ses mécanismes d’actions (prédation, parasitisme et infection) rend l’apparition de
résistances beaucoup plus difficile et offre une solution à long terme.
Amélioration de la qualité des produits agricoles et de la santé publique : Moins de
pesticides signifie moins de résidus dans les aliments, ce qui est bénéfique pour la
santé des consommateurs. De plus, les agriculteurs sont moins exposés à des
substances dangereuses.
Développement de pratiques agricoles plus respectueuses : Adoption de la lutte
biologique s’inscrit dans une démarche globale d’agriculture plus écologique
(agroécologie, permaculture, agriculture biologique), incitant à une meilleure
compréhension des interactions au sein de l’écosystème agricole.
VI- LES LIMITES ET DEFIS DES ENTOMOPHAGES ET
ENTOMOPATHOGENES
Malgré leurs nombreux avantages d’utilisation des entomophages et entomopathogènes en
agriculture durable n’est sans limite ni défis :
Spécificité et spectre d’action
Si la spécificité est un avantage en termes de respect de l’environnement, elle peut
être une limite face à des infestations multiples ou à des ravageurs ayant un large
éventail d’hôtes. Chaque solution biologique peut ne cibler qu’une ou quelques
espèces de ravageurs.
Sensibilité ou condition environnementale
L’efficacité des agents de lutte biologique est souvent très dépendante de facteurs
environnementaux (température, humidité, rayonnement UV). Par exemple, les
champignons entomopathogènes nécessitent une humidité élevée, et les nématodes
sont sensible à la sècheresse.
Coût et disponibilité
La production en masse et la conservation de certains entomophage ou
entomopathogènes peuvent être couteuse. Leurs disponibilités commerciales
peuvent être limité pour certaines espèces, et la chaine de distribution demande
une logistique spécifique (conservation au froid, transport rapide).
Lenteur d’action
Contrairement au pesticide chimique qui peuvent offrir un effet choc rapide,
l’action des agents biologiques est souvent plus lente. Cela peut être en cas
d’infection massive et rapide où une intervention d’urgence est nécessaire.
Exigence technique et connaissance
L’utilisation des luttes biologique demande une bonne connaissance des cycles de
vie des ravageurs et de leurs ennemis naturels ainsi qu’une expertise dans
l’application des produits biologiques. Cela nécessite une formation et un
accompagnement des agriculteurs.
Intégration dans les systèmes de culture
L’intégration réussie de la lutte biologique nécessite une approche systématique. Il
faut parfois adaptés les pratiques durable (choix des variété, rotation, gestion de
l’enherbement) pour créer un environnement favorable aux auxiliaires. La
persistance de résidu de pesticides antérieurs peut aussi nuire à leur établissement.
Impact de la génétique et de la diversité
Le maintien de la diversité des souches d’entomopathogènes est important pour
éviter l’apparition de résistance ou la perte d’efficacité.
Cadre règlementaire
Les régulations peuvent parfois être complexe pour l’homologation et la
commercialisation des produits de biocontrôle, freinant leur adoption.
CONCLUSION
La lutte biologique, fondée sur l’utilisation des entomophages et des entomopathogènes,
représente une voie d’avenir pour l’agriculture durable. En débit de certaines limites, leurs
bénéfices en termes de protection de la biodiversité et d’amélioration de la santé publique sont
incontestables. Leur adoption généralisée est essentielle pour passer d’une agriculture de
destruction à une agriculture de collaboration avec la nature, assurant ainsi la pérennité de nos
systèmes de production alimentaire pour les générations futures.