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Cours AMD

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AIDE MULTICRITÈRE À LA DÉCISION

DR. WASSILA DRICI

UNIVERSITÉ M’HAMED BOUGARA


Copyright © 2024 Dr. Wassila DRICI

Copying prohibited

All rights reserved. No part of this publication may be reproduced or transmitted in any form
or by any means, electronic or mechanical, including photocopying and recording, or by any
information storage or retrieval system, without the prior written permission of the publisher.

Art. No 003
ISBN xxx–xx–xxxx–xx–x
Edition 0.0

Cover design by Cover Designer

Published by Université M’hamed Bougara


Printed in Boumerdes
คำนำ

3
Contents

1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Introduction 5

2 Concepts généraux de l’AMD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7


2.1 Définitions et rappels mathématiques 7

2.2 Notions de base de l’aide multicritère à la décision (AMD) 9


2.2.1 La relation de dominance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

2.3 Analyse 14

3 Les méthodes d’aide à la décision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16


3.1 Introduction 16

3.2 La méthode SAW 18

3.3 La méthode TOPSIS 19

3.4 La méthode ELECTRE I 21

3.5 La méthode ELECTRE II 25

Literature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

4
1. Introduction

1.1 Introduction 5

1.1 Introduction

L’aide multicritère est un outil d’aide à la décision développé pour résoudre des problèmes
multicritères complexes qui incluent plusieurs aspects qualitatifs et quantitatifs dans le pro-
cessus décisionnel. L’aide multicritere à la décision vise à fournir à un décideur des outils lui
permettant de progresser dans la résolution d’un problème de décision où plusieurs points
de vue, souvent contradictoires, doivent être pris en compte. La premiêre constatation qui
doit être faite, lorsqu’on aborde un tel problême, est qu’il n’existe pas, en genéral, une déci-
sion (solution, action...) qui soit la meilleure simultanément pour tous les points de vue. Le
mot ”optimisation” n’a donc plus de sens dans un tel contexte; contrairement aux techniques
classiques de la Recherche Operationnelle, les méthodes multicritères ne fournissent pas de
solutions ”objectivement les meilleures” (ces solutions n’existent pas), c’est pourquoi le mot
”aide” nous paraı̂t important.
Les méthodes de l’optimisation multi-objectif étaient basées sur la relation de dominance.
Cette relation (que l’on peut définir de plusieurs manières : la dominance de Pareto, la dom-
inance lexicographique par exemple) permet de filtrer les éléments d’un ensemble, et de ne
retenir que les éléments incomparables entre eux. Cependant, il existe une autre approche
pour obtenir un ensemble de solutions (les approches d’aide multicritère à la décision ), qui
repose sur l’établissement d’une relation d’ordre entre les différents éléments. Ainsi, on peut,
en fonction de la relation d’ordre définie, obtenir un ensemble de solutions (relation d’ordre
partiel) ou une et une seule solution (ordre complet).
L’autre différence majeure, par rapport aux méthodes d’optimisation multiobjectif “clas-
siques”, vient du fait que les méthodes d’aide à la décision ne travaillent que sur des en-
sembles discrets de points (les méthodes d’optimisation multiobjectif “classiques” peuvent
travailler, elles, sur des ensembles continus). De plus, les méthodes d’aide à la décision

5
6 1.1. Introduction

permettent de répondre à plusieurs problématiques, réunies dans le tableau suivant :

Problématique Résultat Procédure


Choix d’un sous-ensemble des actions les “meilleures” ou,
Choix Sélection
a défaut, les plus “satisfaisantes”
Tri par affectation des actions à des catégories prédéfinies. Tri Affectation
Rangement de classes d’équivalence composées
d’actions, ces classes étant ordonnées de façon complète Rangement Classement
ou partielle.

Table 1.1: Les différentes problématiques.

L’aide à la décision nous propose donc une prise en compte de ces propriétés
d’intransitivité des relations d’ordre, et elle nous propose aussi des familles de méthodes
destinées à résoudre des problématiques différentes (Sélection, Tri, Rangement) de celles
traitées par l’optimisation multiobjectif classique.
Lorsque l’on est confronté au domaine de l’aide à la décision, on remarque un certain
nombre de termes redondants :

• action,

• classement,

• ordre complet ou partiel.

Une action désigne un objet, une décision, un candidat ou autre chose encore. C’est sur
cette entité que va s’opérer la sélection (ou le tri, ou le classement).
Une méthode d’aide à la décision va donc permettre de choisir la meilleure action, ou de
classer des actions en fonction d’un ou plusieurs critères.
En fonction du type de classement que l’on désirera effectuer, on pourra utiliser différents
types de règles de classement ou de choix. Ces règles vont définir un ordre complet (si toutes
les actions sont classées) ou partiel (après le classement, il subsiste des actions incompara-
bles, donc non classées).
2. Concepts généraux de l’AMD

2.1 Définitions et rappels mathématiques 7

2.2 Notions de base de l’aide multicritère à la décision


(AMD) 9
2.2.1 La relation de dominance

2.3 Analyse 14

2.1 Définitions et rappels mathématiques

Relation binaire

Une relation binaire sur deux ensembles X et Y est un ensemble de couples ordonnés (x, y)
composé des éléments x dans X et y dans Y .
C’est-a-dire qu’il s’agit d’un sous-ensemble du produit cartésien P = X × Y . Ce sous-
ensemble codifie l’information de relation, i.e., un élément x est lié a un élément y, si et
seulement si le couple (x, y) appartient a l’ensemble P . On note : xRy.

Les relations d’ordre et d’équivalence

On rappelle, pour commencer, les définitions des relations d’ordre, ainsi que des relations
d’équivalence, qui permettront de classer les actions suivant certains critères.

Définition 2.1 (La relation d’équivalence) Une relation binaire R définie sur un ensem-
ble A est une relation d’équivalence si cette relation est :

• réflexive : ∀x ∈ A, xRx

• symétrique : ∀(x, y) ∈ A × A, xRy ⇒ yRx

• transitive : ∀(x, y, z) ∈ A × A × A, xRy et yRz ⇒ xRz

L’exemple le plus simple de relation d’équivalence est la relation = sur l’ensemble N des
entiers naturels.
Rappelons maintenant la définition d’une relation d’ordre.

7
8 2.1. Définitions et rappels mathématiques

Définition 2.2 (la relation d’ordre) Une relation binaire R définie sur un ensemble A est
une relation d’ordre si cette relation est :

• réflexive,

• antisymétrique : ∀(x, y) ∈ A × A, xRy et yRx ⇒ x = y,

• transitive.

L’exemple le plus simple de relation d’ordre est la relation ≤ sur l’ensemble N des entiers
naturels.
Ces différentes définitions vont nous permettre de construire des relations de comparaison
(on les appellera aussi des relations de préférence). Ces relations nous permettront, ensuite,
d’ordonner les éléments de l’ensemble sur lequel on effectue ces comparaisons.
Il existe plusieurs types d’ordres. Voici leurs définitions :

Définition 2.3 (préordre) Un préordre est une relation réflexive et transitive.

Définition 2.4 (ordre) Un ordre est un préordre antisymétrique (c’est donc une relation
d’ordre).

Dans un préordre, les ex-aequo sont possibles alors que dans un ordre, il n’y a pas
d’exaequo possibles.
Voici quelques définitions complémentaires sur le préordre.

Définition 2.5 (préordre total) Un préordre total est une relation de préordre pour laque-
lle tous les éléments d’un ensemble peuvent être mis en relation : l’incomparabilité entre
deux éléments n’est pas permise.

Un exemple de préordre total est la relation ≤ dans l’ensemble R.


En effet, soit deux éléments A et B de R, on a soit A ≤ B, soit B ≤ A.
Définition 2.6 (préordre partiel) Un préordre partiel est une relation de préordre
pour laquelle certains éléments d’un ensemble ne peuvent pas être mis en relation
: l’incomparabilité entre deux éléments est autorisée.

Par exemple, la relation de dominance est une relation de préordre partiel. En effet, si
l’on note A > B la relation A domine B, il existe des actions pour lesquelles on a ni A > B ni
B > A. Ces actions appartiennent à la surface de compromis.
Ces différentes définitions vont nous permettre de “construire” des relations de compara-
ison entre actions. En fonction de la problématique qui sera posée, on pourra construire soit
une relation d’ordre (pour effectuer un classement des actions ou définir un ordre sur cet
ensemble de solutions) soit une relation d’équivalence (pour rechercher la meilleure action
parmi un ensemble d’actions ou définir un préordre sur cet ensemble de solutions).
Chapter 2. Concepts généraux de l’AMD 9

2.2 Notions de base de l’aide multicritère à la décision (AMD)

Actions et alternatives

Définition 2.7 (Action) une action est un objet, une décision ou un candidat qui, dans un
problème de décision, apporte un choix possible, et ce, le plus souvent en concurrence
avec d’autres actions.

Définition 2.8 (Alternative) Une alternative ou action potentielle est une action réalis-
able.

Définition d’un critère

Définition 2.9 (un critère) Un critère est une fonction g, définie sur l’ensemble des ac-
tions A, qui prend ses valeurs dans un ensemble totalement ordonné, et qui représente
les préférences de l’utilisateur selon un point de vue.

Par exemple, la moyenne d’un élève est un critère pouvant servir à déterminer la valeur
de l’élève.
On note g(Ai ) la performance de l’action Ai , i ∈ {1, ..., n}, sur le critère g, elle représente
en général un nombre réel qui prend ses valeurs dans Xg , l’ensemble des valeurs possibles
de g, défini explicitement.

La matrice de décision

Un problème de l’AMD peut être facilement exprimé sous forme matricielle. Une matrice
de décision A est une matrice (n × m) dans laquelle l’élément aij indique la performance
d’alternative Ai quand elle est évaluée en termes de critère de décision gj (pour i = 1, 2, .., n, et
j = 1, 2, .., m). On suppose également que le décideur a déterminé les poids de la performance
relative aux critères de décision (notés wj , pour j = 1, 2, .., m).

Alternative g1 g2 ... ... gm


A1 a11 = g1 (A1 ) a12 = g2 (A1 ) ... ... a1m = gm (A1 ))
A2 a21 = g1 (A2 ) a22 = g2 (A2 ) ... ... a2m = gm (A2 )
. . . . . .
. . . . . .
An an1 = g1 (An ) an2 = g2 (An ) ... ... anm = gm (An )
Poids w1 w2 ... ... wm

Table 2.1: Matrice de décision


10 2.2. Notions de base de l’aide multicritère à la décision (AMD)

Comme son nom l’indique, dans le domaine de l’Aide Multicritère à la Décision (AMD), il
s’agit de résoudre des problèmes de décision avec des critères multiples qui sont mutuelle-
ment conflictuels.

Les relations de préférence

Les différentes définitions présentées ci-dessus vont nous permettre de définir des relations
de préférence, d’indifférence et d’incomparabilité entre deux actions a et b :

• La relation de préférence entre deux actions, cette relation, que l’on notera P , signifie
une préférence pour une des deux actions. On a aP b si a est préférée à b.

• La relation d’indifférence entre deux actions, cette relation, que l’on notera I, signifie
une indifférence entre les deux actions. On a aIb si il y a indifférence entre a et b. Cette
situation existe à partir du moment ou les critères et le jugement de valeur du décideur
justifient une équivalence entre les deux actions.

• La relation d’incomparabilité entre deux actions, cette relation, que l’on notera R,
signifie que deux actions sont incomparables. On a aRb si il y a incomparabilité entre a
et b (ce qui signifie que l’on n’a ni aP b, ni aIb, ni bP a).

Ces trois relations {P , I, R} définissent ce que l’on appelle une “structure de préférence”.
Les trois relations P , I, et R constituent une structure de préférence sur l’ensemble des
actions A si elles ont les propriétés indiquées ci-dessus et si, étant donné deux éléments
quelconques a et b de A, une et une seule des situations suivantes est vérifiée : aP b, bP a,
aIb et aRb.
Une structure de préférence peut être complètement caractérisée par la définition d’une
relation de préférence au sens large:
une relation de préférence au sens large entre deux actions notée S, aSb si aP b ou si aIb.
La relation de préférence au sens large est donc la réunion d’une relation de “préférence
au sens strict” (la relation P) et d’une relation d’indifférence (la relation I).
La relation de préférence au sens large est aussi appelée relation de surclassement.
Mathématiquement un problème à n critères devant être maximisé peut donc être ramené
a une relation de dominance sur l’ensemble des actions A :
∀a, b ∈ A




gj (a) ≥ gj (b) ∀j = 1.m
1. a P b ⇔ 


∃k ∈ {1, ..., m} tel que gk (a) > gk (b) .

2. a I b ⇔ gj (a) = gj (b)∀i = 1.m.






∃k ∈ {1, ..., m} tel que gk (a) > gk (b)
3. a R b ⇔ 


∃h ∈ {1, ..., m} tel que gh (a) < gh (b).
Chapter 2. Concepts généraux de l’AMD 11

Définition de l’espace des critères

Définition 2.10 (Espace des critères) L’image de A (ensemble des actions) dans
l’espace des critères est l’ensemble ZA des points de Rm obtenus en y représentant
chaque action a par le point z(a) = (g1 (a), ..., gm (a)).

2.2.1 La relation de dominance

Définition 2.11 (Dominance) Étant donné deux vecteurs x et y de Rm , x domine y, si


et seulement si, xj ≥ yj , j = 1, 2, .., n, avec au moins une des inégalités est stricte, on
note x ≥ y.

Définition 2.12 (Dominance stricte) Étant donné deux vecteurs x et y de Rm , x domine


y, si et seulement si, xj > yj , j = 1, 2, .., n, on note x > y.

Action efficace

Définition 2.13 (Efficacité) Une action a est dite efficace si et seulement s’il n’existe
aucune action b ∈ A, tel que : z(b) domine z(a).

L’ensemble des actions efficaces est généralement considéré comme l’ensemble des
seules actions intéressantes, même s’il existe parfois des arguments pour ne pas rejeter
définitivement les actions non efficaces.
C’est la raison pour laquelle de nombreux auteurs ont cherché des caractérisations et des
méthodes de détermination de ces actions.
Remarquons encore que la définition d’action efficace a donné lieu à des variantes
conduisant aux concepts d’actions faiblement efficace, fortement efficace, proprement ef-
ficace...1

Le point Idéal

Définition 2.14 le point idéal est un point dans Rm de coordonnées z1⋆ , z2⋆ , ..., zm
⋆ , où





zj = maxA gj (a), ∀j ∈ {1, ..., m} si le critère j est à maximiser




zj⋆ = minA gj (a), ∀j ∈ {1, ..., m} si le critère j est à minimiser

1 Philippe Vincke. L’aide multicritere à la décision. Editions de l’ULB et Editions Ellipses, 1989.
12 2.2. Notions de base de l’aide multicritère à la décision (AMD)

j
On note a⋆ la meilleure action pour le critère j :

j
gj (a⋆ ) = zj⋆ .

La matrice des gains

Définition 2.15 (Matrice des gains) La matrice des gains est la matrice G(m × m) dont
l’élément général
l
Gkl = gk (a⋆ ) aveck = 1, ..., m, l = 1, ..., m

l
C’est donc la matrice qui reprend, pour chaque action a⋆ ses évaluations suivant tous les
critères; en particulier :
Gll = zl⋆

Les composantes du point idéal sont sur la diagonale de la matrice des gains.

Le point Nadir

Définition 2.16 (Point nadir) Le point nadir est un point qui reprend la pire solution
efficace, il est estimé par le point de coordonnées (z1 , ..., zm ) où :




minl Gj , ∀j ∈ {1, ..., m}
l
si le critère j est à maximiser
zj = 


maxl Gjl , ∀j ∈ {1, ..., m} si le critère j est à minimiser

Il est évidemment dépendant de la matrice des gains choisie et de l’ensemble A.

Le point anti-idéal

Définition 2.17 le point anti-idéal est un point dans Rm de coordonnées z̄1 , z̄2 , ..., z̄m , où




z̄j = minA gj (a), ∀j ∈ {1, ..., m} si le critère j est à maximiser



z̄j = maxA gj (a), ∀j ∈ {1, ..., m} si le critère j est à minimiser

Exemple 2.1 Un père de famille désire d’acheter un téléviseur, après une première
sélection, retient huit modèles, qu’il évalue en tenant compte du prix, de la qualité
de l’image, de la qualité du son et du service après-vente (T.B=très bien, B=bien,
M=moyen, P.B=pas bien).
Les critères (attributs) :

• Prix
Chapter 2. Concepts généraux de l’AMD 13

• Qualité d’image

• Qualité du son

• Service après-vente

L’ensemble des actions (alternatives) A = {T 1, T 2, T 3, T 4, T 5, T 6, T 7, T 8}.


La matrice de décision est donnée comme suit :

Modèle Prix Qualité d’image Qualité de son Service après vente


T1 52000 T.B T.B M
T2 47000 T.B T.B B
T3 46500 T.B B B
T4 43000 B B PB
T5 40000 B B M
T6 40000 M B PB
T7 37000 B M PB
T8 37000 M M M

On peut remplacer arbitrairement : P.B par 0 , M par 1 , B par 2 et T.B par 3.

Modèle Prix Qualité d’image Qualité de son Service après vente


T1 52000 3 3 1
T2 47000 3 3 2
T3 46500 3 2 2
T4 43000 2 2 0
T5 40000 2 2 1
T6 40000 1 2 0
T7 37000 2 1 0
T8 37000 1 1 1
14 2.3. Analyse

Figure 2.1: Représentation des relations de dominance.

Les actions efficaces sont : T2 , T3 , T5 , T7 et T8 .


L’image de A dans l’espace de critères est l’ensemble :
{(52000, 3, 3, 1), (47000, 3, 3, 2), (46500, 3, 2, 2), (43000, 2, 2, 0), (40000, 2, 2, 1), (40000, 1, 2, 0),
(37000, 2, 1, 0), (37000, 1, 1, 1)}.
Le point idéal est : (37000,3,3,2).
Le point anti-idéal est : (52000,1,1,0).
La matrice des gains : vu le grand nombre d’ex-æquo, beaucoup de matrices de gains
peuvent être considérées. En voici une à titre d’exemple :

Prix Qualité d’image Qualité de son Service après vente


â1 37000 1 1 1
â2 47000 3 3 2
â3 47000 3 3 2
â4 46500 3 2 2

Le point nadir est : (47000,1,1,0).

2.3 Analyse

Normalement, à la fin de l’application d’une méthode d’aide à la décision, on procède à une


phase d’analyse de sensibilité et d’analyse de robustesse.
Ces deux analyses permettent de vérifier la “fiabilité” du résultat fourni par la méthode ou
la sensibilité du résultat vis-à-vis des paramètres choisis par l’utilisateur.

Définition 2.18 (analyse de sensibilité) C’est une analyse consistant à répéter


l’utilisation de la méthode d’aide à la décision originale en faisant varier les valeurs
attribuées à l’origine aux différents paramètres de la méthode, valeurs qui sont souvent
empreintes d’un certain arbitraire.
Chapter 2. Concepts généraux de l’AMD 15

Elle vise à définir les paramètres qui conditionnent le plus étroitement la solution
choisie, c’est-à-dire où il suffit d’une faible modification pour changer la solution pro-
posée.

Définition 2.19 (analyse de robustesse) C’est une analyse cherchant à déterminer le


domaine de variation de certains paramètres dans lequel un classement ou un choix
reste stable.
Elle sert à fournir à l’utilisateur une solution robuste, qui l’informe quant à la capacité de
la solution à résister à des variations entre la réalité et le modèle censé la représenter.
3. Les méthodes d’aide à la décision

3.1 Introduction 16

3.2 La méthode SAW 18

3.3 La méthode TOPSIS 19

3.4 La méthode ELECTRE I 21

3.5 La méthode ELECTRE II 25

Nous allons présenter différentes méthodes d’aide à la décision. Chacune de ces méthodes
traite une problématique bien précise. Les éléments importants qui différencient ces méth-
odes sont la définition de la relation de classement des actions (chaque méthode exploite
une relation de préférence différente) et la méthode d’exploitation des résultats.

3.1 Introduction

Avant de commencer la présentation de ces méthodes, nous allons préciser quelques nota-
tions, ainsi qu’une méthode de représentation des résultats.

Notations

Les méthodes d’aide à la décision permettent de choisir ou de classer des actions en fonction
d’un ensemble de critères.
Nous noterons les actions : ai , i = 1, , k et les critères : gj , j = 1, , n.
L’évaluation de l’action ai suivant le critère gj sera notée gj (ai ).
Par exemple, si le critère g1 est une moyenne de notes de la matière 1, l’expression g1 (a)
est la moyenne de l’élève a dans la matière 1. Ce critère prend comme variable un élève et
procure la moyenne de l’élève considéré.
Là aussi, chaque méthode d’aide à la décision va fournir sa propre définition de la valeur
d’un critère.

La représentation

Les méthodes d’aide à la décision utilisent un graphe orienté (ensemble de sommets et d’arcs
reliant ces sommets, les arcs étant orientés par des flèches) pour représenter les relations

16
Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 17

a1 a2 a3 a4 a5 a6 a7
a1
a2 S
a3 S
a4 S S S
a5 S S S S
a6
a7

Table 3.1: Exemples de relations entre actions.

entre les différentes actions.


Dans ce graphe, on commence par introduire les sommets, qui sont les actions consid-
érées, puis on introduit les arcs entre les différents sommets.
On trace un arc du sommet ai vers le sommet aj si l’action ai “surclasse” l’action aj . S’il
n’y a aucune relation entre ces deux actions, on ne trace pas d’arc entre elles.
Nous allons traiter un exemple simple.
Dans le tableau 3.1 figurent sept actions ainsi que les relations qui les lient. On lit ce
tableau dans le sens ligne vers colonne (par exemple, de la ligne a2 vers la colonne a1 , on
a a2 Sa1 ). Quand on représente ces différentes relations sur un graphe, on obtient le graphe
de la figure 3.1.

Figure 3.1: Graphe des relations entre actions.

De ce graphe, nous allons extraire des informations importantes. Par exemple, nous
allons isoler le noyau N du graphe. Une fois ce noyau isolé, on note A/N les actions restantes
(qui n’appartiennent pas au noyau).

Définition 3.1 Le noyau du graphe est composé d’un ensemble de sommets tels que :

• tous les sommets qui n’appartiennent pas au noyau sont surclassés par un som-
met du noyau au moins;
18 3.2. La méthode SAW

• les sommets du noyau ne se surclassent pas entre eux.

Si l’on applique la définition à l’exemple, on obtient les graphes de la figure 3.2.

Figure 3.2: Les graphes des ensembles A/N et N .

Cette représentation va permettre, ensuite, de calculer l’indice de concordance et l’indice


de discordance, qui permettront de classer ou choisir des actions suivant certains critères.

À partir de ces différentes définitions, nous allons maintenant pouvoir présenter les méth-
odes d’aide à la décision.

On suppose dans ce qui suit le problème suivant :

• On a N actions ai , i = 1, , N .

• On a K critères gj , j = 1, , K.

3.2 La méthode SAW

La méthode pondération additive simple (Simple Additive Weighting (SAW)), qui est aussi
connue comme combinaison linéaire chargée d’un poids, est une des méthodes multicritères
d’évaluation largement utilisée en pratique en raison de sa simplicité.
Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 19

Algorithme de la méthode SAW

Entrées:

• La matrice de décision (xij ).

• Les poids des critères (Wj ).

Sortie: Classement des alternatives.

1. Calculer la matrice de décision normalisée (rij )


 xij



 si le critère j est à maximiser

 maxi∈{1,...,N } (xij )
rij = 
 mini∈{1,...,N } (xij )



 si le critère j est à minimiser
x ij

PK
2. Calculer Ai = j=1 Wj rij . i = 1, ..., N

3. Classer les alternatives selon l’ordre décroissant des Ai .

3.3 La méthode TOPSIS

La methode TOPSIS (technique for order preference by similarity to an ideal solution), est
l’une des méthodes les plus utilisées pour soutenir l’aide multicritère à la décision. La méth-
ode TOPSIS se base sur la relation de dominance qui est représentée par les distances entre
les poids et la solution idéale. Son principe de base est que l’alternative choisie doit avoir la
distance la plus courte de la solution idéale et la plus éloignée de la solution anti-idéal.
20 3.3. La méthode TOPSIS

Algorithme de la méthode TOPSIS

Entrées:

• La matrice de décision (xij ).

• Les poids des critères (Wj ).

Sortie: Classement des alternatives.

1. Calculer la matrice de décision normalisée (rij )

xij
rij = qP
N 2
i=1 xij

2. Calculer la matrice de décision normalisée chargée d’un poids

Vij = Wj rij

3. Déterminer les ensembles J des critères à maximiser et J ′ des critères à minimiser.

4. Déterminer la solution idéale A⋆ et la solution anti-idéale A− . par la relation :


A⋆ = {V1⋆ , V2⋆ , ...VK ⋆ } = {(max Vij |j ∈ J), (min Vij |j ∈ J )}
i i


A− = {V1− , V2− , ...VK− } = {(min Vij |j ∈ J), (max Vij |j ∈ J )}
i i

5. Calculer la distance de chaque solution par rapport à la solution idéale (on note cette
distance Si⋆ ) et par rapport à la solution anti-idéale (on note cette distance Si− ) définie
par la relation : v
u
u
tXK
Si⋆ = (Vij − Vj⋆ )2 .
j=1
v
u
u
tXK
Si− = (Vij − Vj− )2 .
j=1

6. Calculer le rapprochement relatif a la solution idéale :

Si−
Ci⋆ = , 0 ≤ Ci⋆ ≤ 1, i = 1, ..., K.
Si− + Si⋆

7. Classer les alternatives selon l’ordre décroissant des Ci⋆ .


Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 21

3.4 La méthode ELECTRE I

Elle vise a obtenir un sous-ensemble N d’actions tel que toute action qui n’est pas dans N
est surclassée par au moins une action de N .
N est appelé le noyau du graphe de surclassement : c’est le siège des actions non
surclassées. Ce sous-ensemble (qu’on rendra aussi petit que possible) n’est pas donc
l’ensemble des bonnes actions, mais c’est l’ensemble dans lequel se trouve certainement
le meilleur compromis cherché.

La méthode Electre I relève de la problématique de choix.

La relation de surclassement S dans la méthode ELECTRE I est construite en prenant


appui sur une notion de concordance et une notion de discordance.
Pour tout couple d’actions (a; b), l’hypothèse de surclassement ”a surclasse b” est vraie,
si un test de concordance et un test de non discordance sont satisfaits.

Condition de concordance

Indice de concordance

Définition 3.2 (indice de concordance) Il est dit du critère j qu’il concorde avec
l’hypothèse l’action a surclasse l’action b si l’action a est au moins aussi bonne que
l’action b en ce qui concerne le critère j; ce qui ce traduit par : gj (a) ≥ gj (b).

Pour chaque couple d’actions (a; b), l’indice de concordance C(a, b) est calculé comme
suit : P
Wj
∀j, gj (a)≥gj (b) X
K
C(a, b) = ,W= Wj
W
j=1

Cet indice exprime combien l’hypothèse de départ a surclasse b concorde avec la réalité
représentée par les évaluations des actions. Il est clair que cet indice varie entre 0 et 1.

Test de concordance

La question qui se pose est de savoir à partir de quelle valeur des indices C(a, b), la
concordance avec l’hypothèse de surclassement paraı̂t suffisamment forte, pour admettre
raisonnablement cette hypothèse comme vraie. Le paramètre introduit pour répondre à cette
question est le seuil de concordance noté ĉ. Ce seuil exprime le minimum de concordance
requise pour que la proposition a surclasse b ne soit pas rejetée. Le test de concordance
22 3.4. La méthode ELECTRE I

sera donc satisfait si :


C(a, b) ≥ ĉ

La satisfaction de ce test signifie que l’importance des critères pour lesquels l’action a est
préférée à l’action b est suffisamment forte. La relation C(a, b) < ĉ implique le rejet immédiat
de l’hypothèse de surclassement.

Condition de non-discordance

Indice de discordance

Définition 3.3 (non-discordance) La condition de non-discordance permet de refuser


le surclassement d’une action sur une autre, obtenu après application de la condition
de concordance, lorsqu’il existe une opposition trop forte sur un critère au moins.

Le test de non-discordance est subordonné au test de concordance. Pour chaque couple


d’actions (a; b), l’ensemble J − (a; b) des critères discordants est recherché, tel que :
J − (a, b) représente l’ensemble des critères pour lesquels l’action b est préférée à l’action a.

j ∈ J − (a, b) si gj (a) < gj (b), ∀j = {1, 2, ..., K}

.
Ensuite, la différence entre l’évaluation de l’action b et celle de l’action b est trouvée pour
chaque critère discordant. Le maximum de ces différences sera divisé par un facteur de
normalisation
σ = max[gj (c) − gj (d)]
j,c,d

Ce quotient est appelé indice de discordance noté D(a, b) :




 si J − (a, b) = ∅;

0
D(a, b) = 
 1

 maxj [gj (b) − gj (a)] si j ∈ J − (a, b).
σ

Cet indice donne la mesure de l’opposition manifestée par le(s) critère(s) discordant(s) à
l’acceptation de l’hypothèse de surclassement ; il varie évidemment entre 0 et 1.

Test de non discordance

Jusqu’à quel point l’opposition des critères discordants reste elle tolérable vis-à-vis de
l’acceptation de l’hypothèse de surclassement ? Le paramètre introduit pour répondre à cette
ˆ
question est le seuil de discordance noté d.
Ce seuil exprime le maximum de discordance tolérée pour que l’hypothèse a surclasse b
ne soit pas rejetée.
Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 23

Le test de non-discordance sera donc satisfait si

D(a, b) ≤ dˆ

La satisfaction de ce test signifie que l’opposition des critères discordants par rapport à
l’hypothèse a surclasse b n’est pas suffisamment forte pour entraı̂ner le rejet de cette hy-
pothèse, si toutefois le test de concordance a été préalablement satisfait.
24 3.4. La méthode ELECTRE I

Algorithme de la méthode ELECTRE I

1. On attribue a chaque critère j, un poids Wj d’autant plus grands que le critère est im-
portant.

2. Normalisation de la matrice de décision (voir étape 1 de la méthode SAW).

3. Calculer les indices de concordance à chaque couple d’action (a,b).


On associe l’indice de concordance suivant :
P
Wj
∀j, gj (a)≥gj (b) X
K
C(a, b) = ,W= Wj
W
j=1

4. Calculer les indices de discordance à chaque couple d’action (a,b).


On associe l’indice de discordance suivant :


 si J − (a, b) = ∅;

0
D(a, b) = 
 1

 maxj [gj (b) − gj (a)] si j ∈ J − (a, b).
σ

avec σ = maxj,c,d [gj (c) − gj (d)].

5. construire les relations de surclassement :


La relation de surclassement pour Electre I est construite par la comparaison des in-
dices de concordances et de discordance à des seuils limites de concordance ĉ et
ˆ
discordance d.
Ainsi, a surclasse b si :

a S b ⇐⇒ C(a, b) ≥ ĉ et D(a, b) ≤ dˆ

Exploiter les relations de surclassement : cette étape consiste à déterminer le sous-


ensemble d’action N appelé noyau tel que toute action qui n’est pas dans N est sur-
classée par au moins une action de N et les actions de N sont incomparables entre
elles.
Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 25

3.5 La méthode ELECTRE II

La méthode ELECTRE II relève de la problématique de classement. Elle vise à munir


l’ensemble A des actions potentielles d’une structure de préordre afin de faciliter le choix.
En résumé, cette méthode a pour but de classer les actions potentielles, des ”meilleures”
jusqu’aux ”moins bonnes”, en tolérant les ex-aequo.
La méthode ELECTRE II utilise, tout comme la méthode ELECTRE I, une relation de
surclassement. Cependant, la distinction est faite entre deux sortes de surclassement :
• Le surclassement fort, qui repose sur des bases solides et qui est avancé avec une
grande certitude ;

• Le surclassement faible, qui repose sur des bases moins solides et qui est avancé avec
une faible certitude.

Condition de concordance

L’indice de concordance dans ELECTRE II est définit exactement de la même manière que
dans ELECTRE I P
Wj
∀j, gj (a)≥gj (b) X
K
C(a, b) = ,W= Wj
W
j=1

Wj est le poids associé au critère j, j = 1.k.

Trois seuils (au lieu d’un seul dans ELECTRE I) sont définis; ils sont notés c+ ; c0 ; c− et
suivent toujours l’ordre c+ ≥ c0 ≥ c− .
La relation C(a, b) ≥ c+ respectivement (C(a, b) ≥ c0 et C(a, b) ≥ c− ) correspond à la satis-
faction du test de concordance avec une certitude forte (respectivement moyenne et faible).
Néanmoins, cette relation est nécessaire mais non suffisante à la satisfaction de ce test. Il
existe une condition supplémentaire :

W + (a, b)
≥ 1.
W − (a, b)

avec :
P
• W + (a; b) = Wj : la somme des poids des critères appartenant à l’ensemble
j∈J + (a;b)
J + (a; b),

• J + (a; b) = {j ∈ {1, ..., K}|gj (a) > gj (b)} : l’ensemble des critères pour lesquels l’action a est
préférée à l’action b,
P
• W − (a; b) = Wj : la somme des poids des critères appartenant à l’ensemble
j∈J + (a;b)
J − (a; b),
26 3.5. La méthode ELECTRE II

• J − (a; b) = {j ∈ {1, ..., K}|gj (a) < gj (b)} : l’ensemble des critères pour lesquels l’action b est
préférée à l’action a.

Cette inégalité additionnelle a été introduite afin de n’aboutir à la configuration aSb et bSa
(cas d’indifférence) que si W + (a; b) = W − (a; b).

Pour résumer, le test de concordance est vérifié si et seulement si :




C(a, b) ≥ c+







 ou


 W + (a,b)

C(a, b) ≥ c0 et W − (a,b)
≥ 1.





 ou




C(a, b) ≥ c−

Condition de non-discordance

Il s’agit de définir dans quelles limites l’opposition des critères discordants à l’hypothèse de
surclassement doit se contenir pour que cette dernière puisse rester acceptable.
Les limites que la discordance ne devra pas dépasser sont fixées pour chaque critère, au
nombre de deux par critère : elles sont désignées par le terme de ”seuils de discordance”
notés D1 et D2 , tels que : D2 ≤ D1 .
Le test de non-discordance peut être résumé, pour j ∈ J − (a; b), comme suit :

• Si gj (a) − gj (b) ≤ D2(j) , alors il y a une certitude forte que le critère gj ne présente pas
une opposition majeure à l’hypothèse de surclassement.

• Si D2(j) ≤ gj (a)−gj (b) ≤ D1(j) , alors il y a une certitude faible que le critère gj ne présente
pas une opposition majeure à l’hypothèse de surclassement.

Une fois que l’on a déterminé ces différents éléments, il faut effectuer :

• un classement direct,

• un classement inverse.

Construction de la relation de surclassement

Tout comme dans ELECTRE I, la construction de la relation de surclassement repose sur la


réalisation des tests de concordance et de non-discordance. Mais comme ELECTRE II admet
plusieurs niveaux d’acceptation tant au niveau de la concordance que de la discordance, les
deux tests sont imbriqués l’un dans l’autre.
Par ailleurs, la méthode repose non pas sur une, mais sur deux relations de surclasse-
ment, correspondant à des niveaux de risque différents :
Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 27

• Un surclassement fort SF traduisant l’assertion ” l’action a surclasse l’action b” avec


une certitude forte sur l’acceptation de l’hypothèse.

• Un surclassement faible Sf traduisant l’assertion ” l’action a surclasse l’action b” avec


une certitude faible sur l’acceptation de l’hypothèse.

Les conditions de surclassement fort SF et faible Sf sont définies comme suit :

Surclassement fort aSF b




C(a, b) ≥ c+ ,





aSF b ⇐⇒ 
gj (b) − gj (a) ≤ D1(j) ∀j = 1.K,

 W + (a,b)


 − ≥ 1.
W (a,b)

et/ou 

C(a, b) ≥ c0 ,





aSF b ⇐⇒ 
gj (b) − gj (a) ≤ D2(j) ∀j = 1.K,



 W + (a,b) ≥ 1.

W − (a,b)

Surclassement faible aSf b




C(a, b) ≥ c− ,





aSf b ⇐⇒ 
gj (b) − gj (a) ≤ D1(j) ∀j = 1.K,



 W + (a,b) ≥ 1.

W − (a,b)

L’organigramme donné dans la Figure 3.3 reproduit le cheminement complet de la con-


struction de la relation de surclassement, et ceci pour tout couple (a; b) avec a; b ∈ A.

Le processus de classement

Une fois que l’on a déterminé ces différents éléments, il faut effectuer :

• un classement direct,

• un classement inverse.

On commence par représenter les relations entre actions dans deux graphes :

• un graphe dit de “surclassement fort” noté GF , dans lequel on lie deux sommets entre
eux s’il existe une relation de surclassement fort entre les deux actions représentées
par ces deux sommets,

• un graphe dit de “surclassement faible” noté Gf , dans lequel on lie deux sommets entre
eux s’il existe une relation de surclassement faible entre les deux actions représentées
par ces deux sommets.
28 3.5. La méthode ELECTRE II

Figure 3.3: Construction des relations de surclassement Sf et SF


Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 29

Il faut, dans un premier temps, modifier les deux graphes de manière à éliminer les circuits.
L’élimination des circuits éventuels des graphes de surclassement est une condition
préliminaire à l’application de l’algorithme de classement.

Un circuit est un ensemble d’actions dans lequel on a, par exemple, l’action A domine l’action B,
l’action B domine l’action C et l’action C domine l’action A.

Figure 3.4: Remplacement d’un circuit par une action fictive.

La modification des graphes s’opère ici comme suit :

• on note GF′ le graphe qui correspond au graphe de surclassement fort d’origine GF ,


dans lequel on a remplacé tous les circuits par des actions fictives ;

• on note Gf′ le graphe qui correspond au graphe de surclassement faible d’origine Gf


dans lequel on a remplacé tous les circuits par des actions fictives.

Le but recherché par ELECTRE II est de classer les actions potentielles depuis la
meilleure jusqu’à la moins bonne.
Pour y arriver, trois préordres sont établis : deux préordres totaux V1 et V2 et un préordre
partiel V.

Construction du premier préordre total : Algorithme de classement direct

Le classement direct s’effectue en six étapes :

Étape 1 : À chaque nouvelle étape l, les actions déjà classées sont enlevées du graphe de
surclassement fort ; les actions restantes constituent l’ensemble Al , qui est un sous-
ensemble de A, et leurs relations sont fournies par le graphe Yl , qui est un sous graphe
du GF′ .
30 3.5. La méthode ELECTRE II

Étape 2 : Dans le graphe Yl , tous les sommets qui ne sont pas surclassées sont recensés : ils
forment l’ensemble D.

Étape 3 : Les éléments de D qui sont reliés entre eux dans le graphe de surclassement faible Gf
constituent l’ensemble U .

Étape 4 : L’ensemble B contient tous les sommets de D qui ne sont pas surclassés par un autre
sommet de U.
La classe d’équivalence des actions classées à la l ème étape, désignée par Al , est
définie par l’union des ensembles D − U et B. L’ensemble D − U représente tous les
sommets qui :

(a) n’ont pas encore été classés.


(b) ne sont surclassés par aucun sommet du graphe Yl , qui n’est autre que le graphe
fort réduit, GF′ duquel ont été enlevés les sommets (et arcs correspondants) déjà
classés ;
(c) n’ont pas de relation de type ”surclassement faible” entre eux.

Étape 5 : A toutes les actions classées à la l ème étape (et qui forment par conséquent la classe
d’équivalence Al ) est attribué le rang l +1 ; de cette manière, à chaque action potentielle
correspond un rang obtenu par le classement direct et si rang(a) < rang(b), ceci signifie
que l’action a est meilleure que l’action b.
Les sommets classés à la l ème étape sont retirés du graphe de surclassement fort, ce
qui donne le nouveau sous graphe Yl+1 .

Étape 6 : Enfin, si Yl+1 ne comporte aucune action sommet, le classement et terminé ; autrement
il continue avec l’étape l + 1.
Cette procédure revient donc à classer les sommets du graphe en fonction de la
longueur des chemins incidents qui y aboutissent dans l’ordre croissant de ces
longueurs.

Construction du second préordre total : Algorithme de classement inverse

Pour le classement inverse, le même algorithme est utilisé en effectuant quelques modifica-
tions :

1. Inverser la direction des arcs dans les graphes GF′ et Gf .

2. Une fois le rang obtenu comme précédemment (rang(a) = l + 1), il ne reste plus qu’à
l’ajuster rang2 (a) = 1 + rang1 (a)max − rang1 (a).
Cette procédure revient donc à classer les sommets du graphe en fonction de la
longueur des chemins qui en sont issus dans l’ordre décroissant de ces longueurs.
Chapter 3. Les méthodes d’aide à la décision 31

Construction du préordre partiel final

Nous allons maintenant réunir les informations obtenues dans le classement direct et dans
le classement inverse (il s’agit, en fait, d’une intersection entre les deux classements). Nous
obtiendrons alors un préordre partiel final.
Il faut suivre les étapes suivantes :

1. si a est préférée à b dans les deux préordres complets (le classement direct et le classe-
ment inverse), alors il en sera de même pour le préordre partiel ;

2. si a est équivalente à b dans un préordre complet, mais si elle lui est préférée dans le
deuxième, alors a sera préférée à b dans le classement final ;

3. si, dans le premier préordre, a est préférée à b et si, dans le deuxième préordre, b est
préférée à a, alors les deux actions seront incomparables dans le préordre final.
32 3.5. La méthode ELECTRE II

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