Cours de Psycholinguistique
Introduction à la psycholinguistique
La psycholinguistique se situe à l’intersection entre la psychologie et les sciences du langage.
Elle analyse comment les êtres humains acquièrent, produisent, comprennent et utilisent le
langage. Pour les orthophonistes, elle permet de distinguer entre variation linguistique et
pathologie, et d’intervenir efficacement.
1. Concepts fondamentaux
Le langage
Fonction biologique, universelle et innée permettant la communication. Il repose sur les aires
de Broca (production) et de Wernicke (compréhension).
La langue
Système de communication propre à une communauté. Elle s’acquiert, est régie par des règles
et est un produit social.
La parole
Utilisation individuelle de la langue. Elle reflète des variations personnelles et permet
l’évolution de la langue.
2. La linguistique et ses branches
La linguistique
Science du langage fondée sur l’observation objective, non prescriptive.
La linguistique est la science qui étudie le langage humain, ses structures, ses fonctions et ses
variations. Elle analyse comment les langues sont formées, utilisées, comprises et évoluent
dans le temps, que ce soit au niveau phonétique, grammatical, sémantique ou pragmatique.
La sociolinguistique
Étudie le lien entre le langage et la société (âge, sexe, statut, culture...). Elle met en évidence
les variations diachroniques, diatopiques, diastratiques, diaphasiques et diamésiques.
La sociolinguistique est une branche de la linguistique qui étudie les rapports entre la langue
et la société. Elle analyse comment les facteurs sociaux (âge, sexe, origine, classe sociale,
situation de communication...) influencent la manière dont les gens parlent.
La psycholinguistique
a- définition
Analyse les processus cognitifs liés à la compréhension, à la production et à l’acquisition du
langage.
La psycholinguistique est donc la discipline qui étudie les processus mentaux et cognitifs
impliqués dans l’acquisition, la compréhension, la production et l’utilisation du langage. Elle
se situe à l’intersection de la psychologie et de la linguistique.
b- Processus d’acquisition et d’utilisation du langage
C’est le processus par lequel les mots parlés sont sélectionnés pour être produits et
formulés (domaine de la lexicologie et de la sémantique, finalement, les mots sont
articulés par le système moteur dans l'appareil phonatoire (c’est le domaine de la
phonétique/phonologie). La production de la parole peut être :
Spontanée lorsque, par exemple, une personne crée les mots d'une conversation,
Une réaction ou un feedback comme une réponse à une question ou une réaction
lors d’une conversation
La production de la parole peut être associée à des gestes des mains destinés à
améliorer la compréhension de ce qui est dit, cela relève du non verbal.
La production de la parole implique trois niveaux principaux de traitement :
Le premier niveau de traitement est la conceptualisation pendant laquelle l'intention
de créer la parole fait le lien entre un concept choisi et un mot à exprimer. Ici, les
messages préverbaux prévus sont formulés en spécifiant les concepts à exprimer
verbalement. C'est un processus compétitif dans lequel un mot approprié est
sélectionné parmi une multitude de candidats.
Le second niveau est la formulation pendant laquelle la forme linguistique requise
pour l'expression du mot est créée. Ce processus inclut des processus comme la
génération d'une structure syntaxique, et un encodage phonologique qui spécifie la
forme phonétique de l'énoncé prévu. Au cours de cette étape une forme conceptuelle
abstraite est choisie qui est la forme abstraite d'un mot dépourvu d'information sur les
sons qui le composent (et, par conséquent, avant que le mot ne soit prononcé). Il
contient de l'information concernant uniquement le sens et la relation de ce mot avec
les autres dans la phrase.
Le troisième niveau est l'articulation qui implique de récupérer l'articulation
particulière à un mot et la coordination motrice pour une phonation appropriée, ainsi
que la coordination des poumons, de la glotte, du larynx, de la langue, des lèvres, de la
mâchoire, et d'autres parties de l'appareil vocalique.
L'appareil phonatoire ou appareil vocalique est l'ensemble des organes de la parole et
des muscles qui les actionnent. Ils permettent la production des phones, ou sons
propres à la langue parlée
c- L’importance de la psycholinguistique en orthophonie
L’orthophonie est le domaine de la correction langagière, ainsi pour pouvoir corriger, le
praticien doit être en mesure de distinguer la norme de la pathologie, puisque son travail
consiste à ramener le pathologique vers une norme. Etudier les disciplines linguistiques en
général revient à s’informer sur le fonctionnement du langage, ses processus d’acquisition, ce
qui relève de la pathologie et ce qui est tout simplement une manifestation de variation. Il
s’agit aussi de faire le lien entre les disciplines linguistiques dites formelles qui caractérisent
les différents niveaux du fonctionnement langagier : phonétique, phonologique, lexico-
sémantique, syntaxique, et les disciplines linguistiques dites de communication : pragmatique,
sociolinguistique. En effet, on ne peut pas cerner la norme et la pathologie si nous ne situons
pas les productions langagières dans un contexte social interactionnel.
Ainsi, La psycholinguistique étudie les processus expliquant :
Comment un locuteur comprend le langage (décodage) ?
Comment un adulte ou un enfant acquiert-il le langage ? (La psycholinguistique
développementale)
toutes ces questions répondent aux processus normaux d’acquisition et de production
du langage ce qui permet d’apporter des réponses aux questions comme :
Comment un individu présente-t-il des troubles du langage, c’est-à-dire un ensemble
de déviances par rapport à la norme de l’exercice langagier
et comment donc perd-il sa capacité linguistique. Ces questions représentent le point
de départ de la prise en charge orthophonique.
Neuropsycholinguistique
Intègre aspects cérébraux, cognitifs et grammaticaux. Utile en orthophonie pour comprendre
les troubles langagiers.
Le terme de « neuropsycholinguistique » incarne les trois aspects fondamentaux du processus
linguistique (cérébral-cognitif-grammatical) ainsi que l'interdisciplinarité requise pour mener
à bien des recherches sur le système cognitif linguistique humain, de son substrat (adjuvant,
support) cérébral à ses manifestations variées ...
3. Neurosciences et langage
Neurone
Unité de base du cerveau. Le cortex joue un rôle majeur dans les fonctions supérieures
comme le langage.
Neurologie et neurobiologie
Étudient respectivement les maladies du système nerveux et le fonctionnement des neurones.
C’est la discipline médicale qui étudie l’ensemble des maladies du système nerveux et en
particulier celles du cerveau. (L'accident vasculaire cérébral, l'épilepsie, la maladie
d'Alzheimer, la sclérose en plaque, troubles de la motricité, myopathie, tremblement, tics,
parkinson …etc)
4. Les théories de l’apprentissage
Pédagogie traditionnelle : transmission unidirectionnelle.
Béhaviorisme : apprentissage par renforcement (S → R).
Cognitivisme : traitement actif de l’information par la mémoire et l’intelligence.
Constructivisme (Piaget) : construction individuelle des savoirs selon l’âge et
l’environnement.
Socioconstructivisme : apprentissage collaboratif par le langage et l’interaction sociale.
5. Les stratégies d’apprentissage
Cognitives : mémorisation, organisation, répétition.
Affectives : motivation, contrôle de l’anxiété, coopération.
Gestion : organisation du temps et des ressources.
Métacognitives : réflexion sur ses propres processus d’apprentissage.
6. Les fonctions cognitives
Elles comprennent l’attention, la mémoire, le langage, la motivation, la perception. Ces
fonctions sont malléables, influencées par l’éducation, et essentielles à l’apprentissage.
Les fonctions cognitives : Ce sont les mécanismes mentaux qui nous permettent de nous
approprier des aptitudes et des capacités cérébrales afin d'accumuler des connaissances, de
faire appel à notre mémoire pour mémoriser et nous rappeler des événements, de
communiquer, de percevoir notre environnement, de nous concentrer. Ce sont donc
l’attention, la perception, la mémoire, le langage et la motivation.
Les fonctions cognitives occupent une place centrale pour deux raisons :
La première est qu’une déficience à leur niveau réduit les possibilités d’apprentissage et
d’adaptation.
La seconde est qu’elles sont influençables et modifiables, tant par l’éducation que par
l’investissement propre du sujet. La connaissance ne s’acquiert pas par un simple
enregistrement mécanique des informations et l’individu ne se comporte pas d’une manière
passive face aux stimulations provenant de son environnement. Il les traite, les sélectionne, les
interprète et les élabore d’une manière active et engagée pour aboutir à la connaissance. C’est
donc dans le traitement de l’information qu’interviennent les processus cognitifs.
7. Acquisition du langage
Innéité (Qualité de ce qui est inné, qui existe dès la naissance) : principes universels activés
par l’environnement.
Exposition : échantillons variés mais imparfaits. L’enfant qui apprend le langage est exposé à
un certain nombre d’échantillons à travers la parole entendue de ses proches. Ces échantillons
ont des propriétés : ils sont limités (il n’y a pas des exemples de toutes les structures
possibles).
Erreurs : révélatrices de la construction de règles par l’enfant. Les échantillons varient d’un
enfant à l’autre, ils sont incomplets, ils peuvent être de mauvaise qualité (erreur, hésitation,
simplification), on ne fait pas d’effort d’auto-correction quand on parle devant un enfant, la
parole est spontanée.
Évolution : compréhension à 9 mois, premiers mots à 1 an, phrases vers 3 ans, maîtrise vers 6
ans.
8. Langage écrit : les 3 stades
Logographique : reconnaissance par indices visuels et contexte. Les enfants sont qualifiés de
pré-lecteurs (stade du préscolaire). La reconnaissance des mots est basée sur des indices
graphiques saillants et sur le contexte.
Alphabétique : stade où l’enfant est capable de faire l’association graphème/phonème.
Orthographique : automatisation, reconnaissance des morphèmes et structures stables.
L’identification, le stockage et la transcription des mots se fait sous des formes
orthographiques stables. A ce stade, l’élève met des automatismes en place et démontre qu’il
ne reconnaît pas les mots de manière globale mais qu’au contraire, le cerveau décompose
chaque mot avec une prise d’indices au niveau des lettres, des syllabes, des morphèmes
(Forme minimum dotée de sens)
9. l’interprétation lexicale chez l’enfant
a- La désignation :
Processus d’association entre mots et réalités extralinguistiques. Ainsi, la désignation (le
lexique et la sémantique) : consiste à établir une relation entre des unités lexico-sémantiques
(noms, verbes, adjectifs) et des entités extralinguistiques (objets, actions, propriétés…) ainsi
toute unité linguistique renvoie à une unité extralinguistique. Donc, si on propose à l’enfant
une phrase comme : où est le « Rzad » ? Il répondra : « il n’est pas là », « je ne sais pas » ou
« ça n’existe pas » Les trois réponses démontrent qu’en entendant cet énoncé, la
correspondance désignant/désigné est rompue chez lui.
C’est pour cela qu’il est crucial d’aider l’enfant à cette désignation en nommant les choses
afin de l’aider à faire ce découpage en montrant, en touchant, en mimant autant d’éléments
qui l’aident à traiter l’information et l’intérioriser en l’associant à des signaux sonores.
Les étapes de la désignation :
La désignation s’appuie sur des étapes pour dégager des principes organisant le lexique qui
favorisent son appropriation : La surextension, le contraste, la totalité, la dénomination
catégorielle.
La surextension : usage généralisé d’un mot. Le sens d’un mot est l’ensemble des unités
significatives le composant c’est à dire ses traits sémantiques ; ainsi, un chat est : « un animal
de petite taille », « a quatre pattes », « poilu ». La surextension est le fait de généraliser cette
représentation à tous les petits animaux à quatre pattes (les chiens également) en les appelant
tous chat.
Cela montre que l’enfant à ce stade n’a pas encore identifié les traits spécifiques du chat, du
genre « qui miaule » par rapport à « qui aboie » (chien)
Cela correspond à la situation où l’enfant appelle tous les autres enfants quel que soit leur âge
« moummou » ou tous les hommes « ’ammou »
Le phénomène de la surextension est un choix de l’enfant motivé par plusieurs facteurs :
La facilité : l’enfant évite les mots difficiles à prononcer.
Difficulté lexico-sémantique : l’enfant a du mal à décoder/réencoder le mot approprié
parce qu’il a du mal à s’en représenter le sens, ou à associer un signifié à un signifiant.
La représentation spécifique progressive : les enfants affinent leur perception des traits
spécifiques progressivement, ainsi ils commencent par les traits les plus génériques
pour pouvoir saisir ultérieurement les plus spécifiques.
Le contraste : distinction de mots nouveaux. Pour être retenu, un mot doit contraster avec des
mots déjà connus. Pour pouvoir identifier un mot nouveau, il doit l’isoler dans le discours
comme étant un signal nouveau qui ne ressemble pas à ceux déjà mémorisés, tout en le faisant
correspondre catégoriellement à un type d’objet, d’action, d’événement ou d’état par un
processus de comparaison à ce qui est préalablement identifié.
La totalité : préférence pour un seul mot par entité. Un objet, une action ou un événement ne
peuvent avoir qu’un seul nom, s’il a appris que X est un chien il est difficile de le désigner par
« chien » et par « animal », l’enfant choisira le terme le plus familier, le plus fréquent, celui
qu’il a appris en premier ; l’enrichissement du vocabulaire se fera ultérieurement grâce à la
stimulation des adultes.
La dénomination catégorielle : classification par genre et spécificité. Comment faire la
différence entre un chien et un oiseau ? Il s’agit de deux animaux. C'est avoir recours au
genre, c'est à dire trouver la catégorie qui englobe l'élément (l'oiseau appartient au genre
animal) et aux différences spécifiques, c'est à dire trouver à l'intérieur de cette catégorie ce qui
différencie l'élément qui nous intéresse des autres éléments (les caractéristiques qui le
différencient des autres animaux sont le fait qu'il ait 2 pattes, un bec, il vole…).
10. Construction syntaxique : l’insertion
- Mots-phrases vers 18 mois. Vers 18 mois l'enfant possède pas mal de mots mais au niveau
de l'organisation de la syntaxe ces mots sont utilisés seuls, par exemple : "voiture" signifie
aussi bien "c'est la voiture" que "je veux me promener en voiture".
- Phrases à deux mots vers 2 ans. Entre 18 mois et 2 ans les premières phrases à 2 mots
apparaissent ("papa buiau" pour "papa est au bureau") Séparés par des pauses.
- Développement grammatical rapide vers 3 ans.
Le vocabulaire et la syntaxe progressent parallèlement à la cognition.
11. La mémoire : les fonctions mnésiques et l’acquisition du langage
Le langage est de plus en plus étudié théorisé comme un domaine entretenant des rapports
étroits avec certains aspects de la cognition tels l’attention, la mémoire, les fonctions
exécutives. A ce titre, l’évaluation neuropsychologique des fonctions cognitives chez des
enfants porteurs de troubles spécifiques du langage est essentielle car elle permet
d’appréhender le niveau de fonctionnalité des processus impliqués dans le traitement de
l’information. Ce qui implique des retentissements significatifs en termes d’acquisition du
langage et d’apprentissage.
Pour apprendre un nouveau mot, on se le répète un certain nombre de fois, ce qui a pour effet
de sélectionner et de renforcer les connexions entre ces différents circuits du cortex. Et c'est
cette nouvelle association durable entre certains neurones qui formera le souvenir de ce mot.
L'efficacité de cette association pouvant dépendre bien sûr de plusieurs facteurs.
La mémoire et l'apprentissage sont si intimement liés qu'on confond souvent les deux. Pour
ceux qui les étudient, ces deux notions renvoient cependant à des phénomènes différents.
L'apprentissage désigne un processus qui va modifier un comportement ultérieur alors que la
mémoire est notre capacité de se rappeler des expériences passées.
J'apprends une nouvelle langue en l'étudiant, mais je la parle ensuite grâce à ma mémoire qui
puise dans les mots et les structures appris lors de cet apprentissage.
La mémoire est donc essentielle à tout apprentissage puisqu'elle permet le stockage et le
rappel des informations apprises. La mémoire, au fond, n'est rien d'autre que la trace qui reste
d'un apprentissage.
De plus, non seulement la mémoire dépend de l'apprentissage, mais l'apprentissage dépend
aussi de la mémoire. En effet, les connaissances mémorisées constituent une trame sur
laquelle viennent se greffer les nouvelles connaissances. Plus notre bagage de connaissance
est grand, plus on pourra y greffer de nouvelles informations facilement.
Les principes présidant au fonctionnement mnésique : l’association et la reconstruction
L’association : notre mémoire est fondamentalement associative : on retient mieux lorsqu'on
peut relier la nouvelle information à des connaissances déjà acquises et solidement ancrées
dans notre mémoire. Et ce lien sera d'autant plus efficace qu'il a une signification pour nous.
Donc prendre le temps de trouver ce lien peut être payant en bout de ligne.
Ainsi, quand on perçoit quelque chose, notre cerveau relie la forme, la couleur, l'odeur, le son,
etc. d'un objet. Et c'est la relation entre ces assemblées de neurones réparties à différents
endroits dans le cerveau qui constitue notre perception de cette chose. Et son souvenir n'est
pas différent : nous devons reconstruire à chaque fois ces relations pour se rappeler cette
chose.
La reconstruction : la plupart de nos souvenirs sont des reconstructions. En effet, les
souvenirs n'étant pas stockées dans le cerveau comme des livres dans une bibliothèque, leur
rappel exige à chaque fois une reconstruction à partir d'éléments épars dans différentes aires
cérébrales.
Types de mémoire
Mémoire de travail (ou mémoire à court terme) : manipulation d’informations en temps réel.
C’est la mémoire du présent. Elle permet de manipuler et de retenir des informations pendant
la réalisation d’une tâche ou d’une activité.
Sémantique : connaissances générales. C’est celle du langage et des connaissances sur le
monde et sur soi, sans référence aux conditions d'acquisition de ces informations. Elle se
construit et se réorganise tout au long de notre vie, avec l’apprentissage et la mémorisation de
concepts génériques (sens des mots, savoir sur les objets), et de concepts individuels (savoir
sur les lieux, les personnes…).
Épisodique : souvenirs personnels. C’est celle des moments personnellement vécus
(événements autobiographiques), celle qui nous permet de nous situer dans le temps et
l’espace et, ainsi, de se projeter dans le futur. En effet, raconter un souvenir de ses dernières
vacances ou se projeter dans les prochaines font appel aux mêmes circuits cérébraux.
Procédurale : automatismes. C’est la mémoire des automatismes. Elle permet de conduire, de
marcher, de faire du vélo ou jouer de la musique sans avoir à réapprendre à chaque fois.
Perceptive : repères sensoriels. S’appuie sur nos sens et fonctionne la plupart du temps à
l’insu de l’individu. Elle permet de retenir des images ou des bruits sans s’en rendre compte.
C’est elle qui permet à une personne de rentrer chez elle par habitude, grâce à des repères
visuels. Cette mémoire permet de se souvenir des visages, des voix, des lieux.
12. Traitement séquentiel
A l’oral comme à l’écrit, l’articulation des phonèmes/graphèmes dans le mot, la concaténation
(Enchaînement) des mots, des idées dans la phrase, l’organisation des phrases dans un
dialogue ou un récit impliquent le respect d’un ordre bien défini. Les habiletés propres au
processus de traitement séquentiel verbal permettent dès le plus jeune âge, en écoutant autour
de soi, de percevoir et de mémoriser un certain nombre d’éléments du lexique (syllabes, mots,
chiffres) tout en respectant l’ordre chronologique de leur présentation. Une bonne mémoire
auditivo-séquentielle est donc nécessaire pour l’articulation de la parole, l’organisation des
phrases au plan syntaxique et pour l’apprentissage de séquences lexicales ou numériques
(alphabet, comptine numérique, jours de la semaine…).
Dès le début de la scolarité, le traitement séquentiel verbal intervient dans la segmentation
syllabique puis phonémique des mots en vue de l’apprentissage de la lecture. Une faiblesse à
ce niveau entraîne obligatoirement des difficultés de décodage. Sur le plan du raisonnement, il
permet peu à peu d’opérer des relations de causalité, de concevoir des enchaînements logiques
entre les phrases successives d’un discours, et d’atteindre une maîtrise croissante dans le
maniement du lexique et des autres structures syntaxiques et grammaticales usuelles. Au
niveau de la compréhension, les informations saisies linéairement au fil des mots et du
discours d’autrui, sont mises en mémoire de travail phonologique le temps d’effectuer les
liens nécessaires permettant d’aboutir au sens.
Comme troubles séquentiels, nous citons :
- des troubles du langage : retards, régressions, troubles acquis pathologiques, bégaiement,
troubles articulatoires et anomalies de production phonétique, Aphasie, dysphasie, dyslexie,
manque de pragmatisme et interactions (ne pas pouvoir adapter son langage au contexte et
difficultés à comprendre l’implicite et organiser un discours),
13. Place de la linguistique en orthophonie
A- l’orthophonie : un domaine transdisciplinaire
Si l’orthophonie prend en charge les problèmes du langage et d’apprentissage, elle est
obligatoirement concernée par tous les domaines de la linguistique qui traitent des différentes
composantes du langage humain, à savoir, la phonétique, la phonologie, la syntaxe, la
sémantique, la pragmatique et aussi par d’autres disciplines connexes telles la
psycholinguistique et la neurolinguistique.
La linguistique est certes un input à l’approche orthophonique, mais la déviance linguistique
n’est qu’un symptôme d’affections beaucoup plus profondes s’étendant sur des domaines
épars telle la neurologie, la psychologie, la motricité, etc
On se demande donc comment est-ce que la linguistique de par sa centralité peut fédérer
différentes disciplines autour des pathologies objet de la prise en charge orthophonique ? Et
quelles approches linguistiques permettent l’optimisation de l’acte thérapeutique en
orthophonie à travers des échanges interdisciplinaires générateurs d’enrichissement mutuel ?
L’articulation coordonnée entre plusieurs champs disciplinaires autour du même objet, à la
fois d’étude et d’intervention, amène à un accroissement des actes thérapeutiques dispensés
par l’orthophoniste. Celui-ci intervient aussi bien sur les dysfonctions langagières relatives à
des difficultés d’acquisition (retard de la parole, dysphasie) ou associées à d’autres troubles
des fonctions auditives ou à des malformations, aussi bien celles consécutives à des
traumatismes que d’autres résultant de processus neuro-dégénératifs comme le Parkinson,
l’Alzheimer.
L’acte orthophonique intervient sur un éventail pathologique très divers relevant de domaines
de spécialités multiples n’ayant pas d’implications exclusives quant à l’âge du patient. La
prescription orthophonique est aussi bien du ressort du pédiatre, de l’enseignant, de l’oto-
rhino-laryngologue, du neurologue ou du gériatre.
L’orthophonie prend en charge des personnes de tous les âges, qu’ils soient enfants,
adolescents, adultes ou personnes âgées car les déficiences nécessitant cette prise en charge
peuvent être développementales, acquises ou neuro-dégénératives.
Dans chaque catégorie de déviances pathologiques du langage, se conjugue une multitude de
paramètres faisant appel à des domaines de compétences diffus. La détection d’anomalies
linguistiques peut renvoyer tantôt à des altérations ou des malformations affectant les
appareils phonatoire, visuel ou auditif (dysphonie, surdités, malformations, …) relevant donc
du domaine de la physiologie, tantôt à des affections neurologiques (maladie d’Alzheimer),
ou d’autres fois à des troubles psychiatriques (schizophrénie, démence…). Ainsi,
l’orthophonie construit, à partir du symptôme linguistique révélateur de déficits plus profonds,
des protocoles thérapeutiques associant des champs disciplinaires divers.
Se trouvant ainsi à la croisée de grands domaines de la science, et donc requérant le
développement de savoirs et de savoir-faire très diversifiés, afin de pouvoir intervenir sur des
profils humains fortement hétérogènes, l’orthophonie s’appuie sur des référentiels de
compétences consistants où la linguistique est centrale.
B- La centralité de la linguistique au sein de l’orthophonie s’explique par le fait que cette
dernière intervient sur des manifestations de déviance linguistique, en particulier, par rapport
à une norme d’usage. En effet, toute la sémiologie des troubles du langage et d’apprentissage
est fondée sur une symptomatique langagière.
Pour préparer des praticiens aptes à appréhender les problèmes de la performance
linguistique, la formation des orthophonistes satisfait un certain nombre de connaissances
dans les différents domaines de la linguistique.
Pourquoi ?
Pour parler, l’homme conjugue toute une panoplie de mécanismes à la fois moteurs et
cognitifs, celui qui prend en charge toute forme de manifestation pathologique du langage se
doit d’être un expert des mécanismes sous-jacents à la performance langagière. Celle-ci
s’articule en plusieurs niveaux définissant les différentes facettes du signe linguistique et des
modalités de son organisation phonétique, phonologique, lexicale, syntaxique, sémantique et
pragmatique
L’orthophoniste est donc appelé à développer un profil linguistique à travers lequel il est en
mesure d’identifier les marqueurs de déviance langagière au niveau de l’écrit et de l’oral.
Les difficultés caractérisant les troubles du langage et d’apprentissage peuvent porter sur
plusieurs aspects du langage, notamment la compréhension, l’expression, la disponibilité
lexicale, l’agencement syntaxique, l’articulation, les éléments suprasegmentaux…
C’est donc sur la base de compétences dans le domaine de la linguistique que l’orthophoniste
est en mesure de procéder à des démarches d’interaction entre les différents niveaux
articulatoire, lexical, sémantique, syntaxique, prosodique dans l’interprétation des faits
recueillis au cours des échanges avec les patients
Seule une formation conséquente dans les différents domaines des sciences du langage permet
à l’orthophoniste de se doter des outils requis pour comprendre les dysfonctionnements
langagiers et d’y remédier ; d’autant plus que les marques de déficience peuvent s’inscrire sur
plusieurs niveaux de la performance langagière. En effet, un patient qui présente
simultanément des troubles de compréhension et d’informativité a besoin qu’on analyse ses
capacités d’encodage et de décodage sur plusieurs niveaux, à savoir, la coordination des
schèmes articulatoires, la discrimination prosodique, l’agencement syntaxique, la disponibilité
lexicale, la cohérence narrative etc. L’orthophoniste est donc tenu de mener un travail
d’expertise linguistique pour être en mesure de proposer des protocoles thérapeutiques
adéquats.
Linguistique clinique/linguistique du corpus
A partir d’une articulation fructueuse entre la sphère linguistique et la sphère
neuropsychologique dans le domaine du langage, et l’importance du lien entre la recherche
fondamentale et la recherche appliquée » se sont développées les études cliniques descriptives
visant la remédiation aux atteintes langagières d’acquisition, post-traumatiques ou
subséquentes à une dégénérescence des fonctions cognitives. La littérature parle alors d’une
linguistique clinique dans le domaine des troubles du langage, une linguistique qui, selon A.
Witko, « se trouve naturellement convoquée pour traiter des données langagières situées,
inédites et personnalisées recueillies tout au long d’un suivi thérapeutique ». Elle représente
donc un appui méthodologique considéré comme « une opportunité pour explorer les données
langagières que le thérapeute du langage a à sa portée »
L’orthophoniste, devant satisfaire aux exigences de la globalité dans la prise en charge du
patient interpelle des paramètres diversifiés linguistiques et extralinguistiques.
Les paramètres linguistiques : différentes composantes de la compétence linguistiques
(phonétique, phonologie, lexique, syntaxe, sémantique).
Les paramètres non-linguistiques : la cognition, l’attention, la mémorisation (sciences
cognitives), les connexions neuronales, les atteintes cérébrales (neurologie), les troubles de la
personnalité (psychologie), la configuration de la sphère oto-rhino-laryngale …
La linguistique clinique travaille dans deux orientations. Elle recueille, d’une part, des corpus
d’interaction entre thérapeutes et patients et applique, d’autre part, à ces corpus une approche
linguistique destinée à observer l’impact de la démarche thérapeutique menée sur chaque
patient.
L’apport de la linguistique de corpus à l’orthophonie est crucial. D’une part, elle offre
l’appareillage théorique et méthodologique pour traiter les données recueillies en cabinet par
les professionnels et permet l’élaboration des outils de la rééducation des pathologies du
langage d’une autre part.
Conclusion
La psycholinguistique, en tant que discipline à la croisée des sciences du langage, de la
psychologie et des neurosciences, offre un éclairage fondamental sur les mécanismes cognitifs
sous-jacents à la compréhension, à la production et à l’acquisition du langage. Pour les
orthophonistes, cette connaissance est essentielle. Elle permet non seulement de distinguer les
manifestations normales du langage de celles pathologiques, mais aussi de poser un diagnostic
précis et d’élaborer des protocoles d’intervention efficaces.
La diversité des processus impliqués — du traitement phonologique à la structuration
syntaxique, en passant par la mémoire et le traitement séquentiel — démontre à quel point le
langage est une fonction complexe, profondément ancrée dans le développement cognitif et
social de l’individu. Ainsi, comprendre les différentes facettes du langage, de son acquisition
à ses dysfonctionnements, c’est aussi mieux accompagner les patients dans leur parcours de
rééducation.
L’orthophonie moderne ne saurait se passer d’une approche transdisciplinaire. C’est en
articulant les savoirs de la linguistique, des sciences cognitives, de la neurologie et de la
psychologie que l’orthophoniste peut répondre à la pluralité des troubles du langage et de la
communication. Dès lors, la psycholinguistique apparaît non seulement comme un champ
théorique, mais aussi comme un socle pratique indispensable au développement des
compétences cliniques des professionnels du langage.
Supports et ressources pratiques pour prolongement
https://orthophonie.ooreka.fr/comprendre/exercices-orthophonie
Exercices d'orthophonie : aspects à travailler
Exercices de motricité de la bouche et des mâchoires
Exercices d'orthophonie portant sur le souffle et la respiration
Exercice orthophonique de la voix
Exercice d'orthophonie articulatoire
Exercices de phonologie
Exercices de lecture et d'écriture
Exercices orthophoniques de langage oral
Exercices de vocabulaire
Exercices d'orthophonie au niveau de la communication
Exercices de mathématiques
Exercices de logique
Exercices de mémoire et d'attention
Repérage spatio-temporel
Exercices d'orthophonie gratuits
https://www.bloghoptoys.fr/40-ressources-orthophoniques-gratuites-pour-le-telesoin
Ressources orthophoniques gratuites
https://www.youtube.com/watch?v=OAoBdOtKlW8
App pour les exercices d'orthophonie pour aider les enfants avec la prononciation
https://www.youtube.com/watch?v=2Mct2gCa_90
Exercice d'orthophonie pour stimuler la prononciation chez les enfants ?
https://www.monorthophonisteetmoi.com/lorthophonie-en-ligne-par-tranches-dage.html
L’orthophonie par tranches d’âge
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Exercices d’orthophonie à imprimer
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L’apprentissage de la lecture en orthophonie
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Jeux et exercices pour apprendre à lire ou pour améliorer sa lecture
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Exercices orthophonie pour le développement de la prononciation
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Espace orthophonistes : banque de ressources pour évaluation et rééducation