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Suites Numériques

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Chapitre 2

Suites numériques

1. Généralités
Motivation : On effectue des observations sur des caractères biologiques accompagnées de
prise de mesure mesures à intervalles de temps régulier ou non. A ces instants, on obtient des
valeurs u0 , u1 , u2 , . . . de mesure d’un paramètre quantitatif, et de façon générale la valeur un à
l’instant n.
On définit ainsi une suite numérique : à chaque entier n ∈ N, on associe un réel un ∈ R. On
note (un )n≥0 la suite de terme général un .
Définition 1.1. (1) La suite (un )n≥0 est stationnaire si un+1 = un à partir d’un certain
rang n0 . On a donc uk = un0 pour tout k ≥ n0 . La suite est donc constante à partir d’un
certain temps.
(2) La suite de terme général un = a + nr, où a, r ∈ R est appelée suite arithmétique de
raison r et de premier terme u0 = a. Elle est caractérisée par le fait que un = un−1 + r
pour tout n ≥ 1 et u0 = a. En effet,
un = un−1 + r = un−2 + 2r = · · · = u0 + nr.

(3) La suite de terme général un = arn est appelée suite géométrique de raison r et de
premier terme a, avec a, r ∈ R∗ . Elle est caractérisée par le fait que un = run−1 pour
tout n ≥ 1 et u0 = a. En effet,
un = run−1 = r2 un−2 = · · · = rn u0 .
Remarque 1.2. Pour définir une suite, on dispose essentiellement de deux méthodes.
(1) Soit un est défini directement à partir de n, par exemple :
1
un = ,
n2
pour tout n ≥ 1. On est pas obligé de commencer à n = 0 !
(2) Soit un est défini par récurrence, c’est-à-dire que un est fonction du ou des termes d’avant.
On a alors besoin de définir le premier terme. Par exemple, c’est le cas pour les suite
arithmétiques et géométriques. Un autre exemple :
 
1 2
un+1 = un + et u0 = 1.
2 un
On a donc :
   
1 2 3 1 3 2 17
u0 = 1, donc u1 = 1+ = , donc u2 = + = , donc u3 = · · ·
2 1 2 2 2 3/2 12
et ainsi de suite. On peut bien connaitre la valeur de un pour n’importe quel n. On
remarque qu’il est bien nécessaire de connaı̂tre le premier terme pour définir la suite !
19
20 2. SUITES NUMÉRIQUES

2. Propriétés
2.1. Croissance.
Définition 2.1. — Une suite (un )n est croissante si un ≤ un+1 , pour tout n.
— Une suite (un )n est décroissante si un ≥ un+1 , pour tout n.
— Une suite est monotone si elle est croissante ou décroissante.
— Une suite (un )n est majorée si il existe un M ∈ R tel que un ≤ M pour tout n.
— Une suite (un )n est minorée si il existe un m ∈ R tel que un ≥ m pour tout n.
— Une suite est dite bornée si elle est majorée et minorée.
Exemple 2.2. La suite un = 1 − 1/n est croissante et majorée par 1.

1 • •
• •

0 1 2 3 ··· n

La suite un = 1 − 1/n est croissante et majorée par 1


1
En effet, pour tout n ≥ 1, on a un+1 − un = 1 − n+1 − (1 − n1 ) = n1 − n+1
1
≥ 0 car n ≤ n + 1.
1
Donc un+1 ≥ un pour tout n, et la suite est croissante. Comme 1 − n est toujours plus petit
que 1, la suite est bien majorée par 1.
2.2. Limites.
Définition 2.3. La suite (un )n est convergente si il existe un l ∈ R tel que
lim un = l.
n→+∞

Une suite est dite divergente si elle n’est pas convergente.


Exemple 2.4. (1) Soit (un )n≥1 la suite définie par
1
un = 2 , n ≥ 1.
n
Alors un → 0 quand n → +∞.
(2) Considérons une suite géométrique de raison r :
un = r n , n ≥ 0, avec u0 = 1.
Alors :
— si |r| < 1, un → 0 quand n → +∞.
— si |r| > 1, un diverge (vers ±∞)
— si r = 1, la suite est stationnaire.
Par exemple, pour r = 1/2,

1•

• • • n
• • •
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
−1
3. EXEMPLES DE MODÉLISATION D’UNE CROISSANCE DE POPULATION 21

(3) Considérons la suite définie par


un = (−1)n , pour tout n ≥ 0.
La suite (un )n diverge car oscille tout le temps ! En effet, u2n = +1 et u2n+1 = −1.

1• • • • •
n
0 1 2 3 4 5 6 7 8
−1 • • • •

On a la proposition bien connue suivante.


Proposition 2.5. Une suite croissante et majorée converge.
Exemple 2.6. Reprenons l’exemple de la suite un = 1 − n1 . On a vu qu’elle était croissante
et majorée. Elle est donc bien convergente, et sa limite est clairement 1.
Les opérations autorisées sur les limites de suites sont les suivantes :
Proposition 2.7. Soient (un )n et (vn )n deux suites convergentes telles que un → u et
vn → v quand n → +∞. Alors
un + vn → u + v,
et
un × vn → u × v.
Si de plus vn est non nulle pour tout n et v 6= 0, alors
un u
→ .
vn v
3. Exemples de modélisation d’une croissance de population
3.1. Un modèle géométrique. On considère une population de bactérie dont l’effectif
double tous les jours : chaque bactérie donne naissance à deux bactéries et meurt instan-
tanément. On suppose qu’à l’instant 0 il y a une seule bactérie dans la population. Si on
désigne par un le nombre d’individu de la population au jour n, on a donc
(
u0 = 1
un+1 = 2un , pour tout n ≥ 1.
La suite (un ) est donc géométrique de raison 2 et de premier terme 1. On remarque que la
population ”explose” car un → +∞ quand n → +∞.
Plus généralement, le taux de croissance de la population est donnée par la quantité :
un+1 − un
un
Ici, le taux de croissance est de 1. Plus généralement, si ce taux de croissance est constant et
égal à b, on a
un+1 − un
= b, donc un+1 − un = bun ,
un
et donc un+1 = (1 + b)un , c’est-à-dire une (un ) est une suite géométrique de raison 1 + b.
Les suites géométriques permettent donc de modéliser la croissance d’une population à taux
constant.
22 2. SUITES NUMÉRIQUES

3.2. Croissance de population avec facteur limitant : modèle logistique. On


considère une population dont le taux de croissance n’est plus constant, mais s’annule lors-
qu’une valeur d’équilibre K est atteinte. Cette valeur correspond à la capacité d’accueil du
milieu. Le taux de croissance est alors proportionnelle à la différence entre la population effec-
tive et la population permise par l’habitat, et s’écrit donc :
un+1 − un K − un
=a ,
un K
où a ∈ R. Le taux de croissance s’annule bien quand l’effectif de la population atteint la valeur
seuil K. On a alors
 un   un 
un+1 − un = aun 1 − , et donc un+1 = un 1 + a − a .
K K
On a donc que la suite (un ) est de la forme un+1 = f (un ), où f (x) = x(1 + a − a Kx ). Le
conportement de la suite (un ) dépend fortement de celui de la fonction f , c’est-à-dire de a et
de K.
Exemple détaillé : Considérons par exemple le modèle suivant :
(
un+1 = un (2 − un )
u0 = 0.3
donc dans cet exemple a = 1 et K = 1.
Soit f la fonction f (x) = x(2 − x) = 2x − x2 , de telle sorte que un+1 = f (un ). Étudions la
fonction f . Sa dérivée est égale à
f 0 (x) = 2 − 2x.
Son tableau de variation est
x −∞ 1 +∞

f 0 (x) + 0 −

1
f (x)
−∞ −∞

et son graphe est :


y

1
0 x
−3 −2 −1 1 2 3
−1

−2

−3

Le comportement de la fonction f nous permet de déduire celui de un :


On a un ∈]0, 1[ pour tout n ≥ 0. Montrons cette propriété par récurrence.
- Initialisation : C’est vrai à n = 0, car u0 = 0.3.
- Hérédité : Supposons que 0 < un < 1 et montrons que 0 < un+1 < 1. On a vu que
un+1 = f (un ). Or, f (0) = 0, f (1) = 1, et f est strictement croissante sur ]0, 1[ car sa dérivée est
3. EXEMPLES DE MODÉLISATION D’UNE CROISSANCE DE POPULATION 23

strictement positive sur ]0, 1[. Ainsi on a 0 < f (x) < 1 pour tout 0 < x < 1. Donc si 0 < un < 1,
alors 0 < f (un ) < 1, c’est-à-dire 0 < un+1 < 1. La propriété d’hérédité est donc montrée.
Finalement, 0 < un < 1 pour tout n ≥ 0.
Montrons que (un )n≥0 est croissante. Pour cela, montrons que un+1 − un > 0. On a
un+1 − un = 2un − u2n − un = un (1 − un ).
Or un > 0, et un < 1 donne 1 − un > 0. Ainsi, un+1 − un = un (1 − un ) > 0, et (un )n≥0 est donc
croissante. Remarquons que ceci découle aussi du fait que f (x) − x > 0 pour x ∈]0, 1[.
Comme un croissante et majorée par 1, elle est donc convergente. Elle converge donc vers un
certain l qui est un point fixe de f , c’est-à-dire que l vérifie f (l) = l. En effet f étant continue,
on a quand n → ∞,
un+1 = f (un )
↓ ↓
l = f (l).
Or,
f (l) = l ⇔ l(1 − l) = 0, et donc l = 0 ou 1.
Comme un est croissante et positive, c’est forcément l = 1. La population atteint donc sa
capacité maximale quand n tend vers l’infini.
Divers comportements peuvent apparaı̂tre par ce modèle, extinction de la population, com-
portement chaotique, etc. . .

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