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Manuel Pour Le Suivi de La Résistance Aux Insecticides Chez Les Moustiques Vecteurs Et La Sélection D'interventions Appropriées

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Manuel pour le suivi de la

résistance aux insecticides chez les


moustiques vecteurs et la sélection
d’interventions appropriées
Manuel pour le suivi de la
résistance aux insecticides chez les
moustiques vecteurs et la sélection
d’interventions appropriées
Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions
appropriées [Manual for monitoring insecticide resistance in mosquito vectors and selecting appropriate interventions]

ISBN 978-92-4-007496-5 (version électronique)


ISBN 978-92-4-007497-2 (version imprimée)

© Organisation mondiale de la Santé 2023

Certains droits réservés. La présente œuvre est disponible sous la licence Creative Commons Attribution –
Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY-NC-SA 3.0 IGO ; https://
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Citation suggérée. Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection
d’interventions appropriées [Manual for monitoring insecticide resistance in mosquito vectors and selecting appropriate
interventions]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2023. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

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initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé.

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Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation
et de l’utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue pour responsable des
préjudices subis du fait de son utilisation.
Table des matières
Remerciements v

Abréviations vi

Glossaire vii

1. Introduction 1

2. Évaluation de la résistance aux insecticides 5

3. Établissement des priorités et planification du suivi de la résistance 8


3.1 Critères à évaluer en priorité 9
3.2 Sélection de sites pour le suivi de la résistance 9
3.3 Espèces de moustiques vecteurs à suivre 10
3.4 Choix des insecticides à tester 10
3.5 Cohérence des procédures 10
3.6 Détermination du moment où tester la résistance 11

4. Utilisation des données issues du suivi de la résistance aux insecticides


pour éclairer les décisions programmatiques 12
4.1 Sélection des interventions de lutte antivectorielle 12
4.1.1 Lutte contre le paludisme et élimination de la maladie 13
4.1.2 Lutte contre les maladies transmises par les moustiques Aedes 14
4.1.3 Lutte contre les maladies transmises par les moustiques Culex 16
4.2 Comprendre les changements inattendus observés dans les profils de
transmission des maladies et les épidémies 17

5. Analyse d’un échantillon de moustiques pertinent et représentatif 19


5.1 Stade de développement et origine des vecteurs 19
5.2 Recommandations pour l’échantillonnage des moustiques 21
5.3 Conditions d’élevage des moustiques 22
5.4 État physiologique, sexe et âge des moustiques adultes 23
5.5 Espèces vectrices 23

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées iii
6. Bioessais standard 25
6.1 Bioessais de l’OMS pour l’évaluation de la sensibilité 25
6.2 Bioessais de l’OMS évaluant l’intensité de la résistance 35
6.3 Bioessais de l’OMS couplant synergiste et insecticide 35
6.4 Remarque concernant le bioessai en bouteilles des CDC 36
6.5 Aspects à prendre en considération pour la réalisation des tests biologiques 38
6.5.1 Nombre de répétitions 38
6.5.2 Nombre de moustiques à tester 38
6.5.3 Conditions ambiantes pendant les tests 40
6.5.4 Équipements et matériel 41
6.5.5 Nombre d’utilisations des papiers imprégnés d’insecticide et
des bouteilles imprégnées 41
6.5.6 Conservation des papiers imprégnés 42
6.5.7 Conservation des bouteilles imprégnées 43
6.6 Calcul et ajustement de la mortalité 44
6.7 Calcul de l’inhibition de l’oviposition 45
6.8 Interprétation des résultats des bioessais 46
6.8.1 Interprétation des bioessais évaluant la sensibilité 48
6.8.2 Interprétation des bioessais évaluant l’intensité de la résistance
(concentrations discriminantes multipliées par 5 et par 10) 49
6.8.3 Interprétation des bioessais synergiste-insecticide 50

7. Mécanismes de résistance et méthodes de détection 51

8. Gestion et communication des données 55

9. Lacunes en matière de connaissances 56

10. Références bibliographiques 58

iv Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Remerciements
Ce document a été élaboré sous la direction de Lucia Fernandez Montoya, Programme
mondial de lutte contre le paludisme de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et de
Rajpal S Yadav, Département de lutte contre les maladies tropicales négligées de l’OMS. Les
membres du personnel de l’OMS Samira Al-Eryani, Lauren Carrington, Emmanuel Chanda,
Dennis Navarro Costa, Tessa Knox, Jan Kolaczinski, Prabhjot Singh, Jennifer Stevenson et
Raman Velayudhan ont apporté leur contribution. Des personnes externes ont révisé le
présent document, et le Programme mondial de lutte contre le paludisme et le Département
de lutte contre les maladies tropicales négligées souhaitent les remercier (elles sont citées par
ordre alphabétique de pays et de nom d’institution) : Basil Brooke (Vector Control Reference
Laboratory, National Institute for Communicable Diseases, Johannesburg, Afrique du Sud),
Charles Wondji (Centre of Research in Infectious Diseases, Yaoundé, Cameroun et Liverpool
School of Tropical Medicine, Liverpool, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du
Nord), Silvie Huijben (Arizona State University, États-Unis d’Amérique), John Gimnig et Audrey
Lenhart (Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, États-Unis), Seth Irish (U.S.
President’s Malaria Initiative, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, États-Unis),
Jennifer Armistead (U.S. President’s Malaria Initiative, USAID, Washington D.C., États-Unis),
Vincent Corbel (Institut de Recherche pour le Développement, Montpellier, France et
Worldwide Insecticide resistance Network [WIN]), Ahmad Ali Enayati (Mazandaran University
of Medical Sciences, Sari, République islamique d’Iran), Thomas Churcher (Imperial College,
London, Royaume-Uni), Geraldine Foster, Rosemary Lees, Philip McCall et David Weetman
(Liverpool School of Tropical Medicine, Liverpool, Royaume-Uni), Ben Lambert (University of
Exeter, Exeter, Royaume-Uni) et Catherine Moyes (Université of Oxford, Oxford, Royaume-Uni).

Remarque importante
Ce document remplace la publication de l’OMS Procédures pour tester la
résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs du paludisme, seconde
édition, et les instructions pour suivre la résistance aux insecticides présentées
dans la publication Monitoring and managing insecticide resistance in Aedes
mosquito populations: interim guidance for entomologists. À compter de la
date de publication du présent document, la résistance aux insecticides chez
les moustiques vecteurs adultes doit être suivie conformément aux orientations
présentées ici.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées v
Abréviations
CDC Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique

DDT dichlorodiphényltrichloroéthane

DHIS2 système d’information sanitaire de district (version 2)

h heure

kdr mutation conférant une résistance à l’effet choc (effet « knockdown »)


des insecticides

MERO ester méthylique d’huile de colza

min minute

OMS Organisation mondiale de la Santé

PBO butoxyde de pipéronyle

USM Universiti Sains Malaysia

vi Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Glossaire
ace-1 Gène cible des insecticides carbamates et organophosphorés.
La mutation, G119S, dans le gène ace-1 entraîne une
résistance (autrefois connue sous le nom d’insensibilité de
l’acétylcholinestérase). Le niveau de résistance dépend du
nombre de copies de ce gène.

analogues de Produits chimiques qui perturbent et empêchent


l’hormone juvénile la métamorphose des stades larvaires immatures
prémétamorphiques, et réduisent la fécondité et la fertilité des
moustiques adultes.
Note : Le pyriproxyfène est un analogue de l’hormone juvénile.

bioessai (ou test En entomologie appliquée, étude expérimentale de l’efficacité


biologique) biologique d’un traitement (par exemple insecticide) en y
exposant délibérément des insectes.

bioessai d’évaluation Bioessai dans lequel un échantillon issu d’une population de


de la sensibilité moustiques est exposé à la concentration discriminante d’un
insecticide pendant une période déterminée afin de différencier
les moustiques sensibles et les moustiques résistants, et d’en
déterminer les proportions relatives.

concentration Concentration d’un insecticide qui, lorsqu’un échantillon de


discriminante moustiques est exposé à une surface traitée avec cet insecticide
d’insecticide pendant une durée standard, tue efficacement les moustiques
sensibles de sorte que tous les moustiques survivants peuvent
être considérés comme résistants.

dose diagnostique Quantité de principe actif insecticide que les moustiques sont
d’insecticide censés absorber lorsqu’ils sont exposés à la concentration
discriminante d’un insecticide pendant une période déterminée
et qui, après absorption, tue efficacement tous les moustiques
sensibles de sorte que tous les moustiques survivants peuvent
être considérés comme résistants.

génération F1 de La première génération de moustiques élevés en laboratoire à


moustiques partir des œufs de femelles capturées à l’état sauvage. Il s’agit de
l’une des deux générations de moustiques pouvant être utilisées
dans les bioessais standard pour le suivi de la résistance.

gestion des gîtes Gestion des habitats aquatiques (plans d’eau) qui peuvent
larvaires potentiellement abriter des larves de moustiques, afin
d’empêcher les stades immatures de se développer et de
parvenir à maturité.

inhibition de Réduction ou arrêt total de la ponte des moustiques femelles à la


l’oviposition suite de l’exposition à un analogue de l’hormone juvénile.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées vii
insecticide Produit chimique (naturel ou synthétique) qui tue les insectes.
Les ovicides tuent les œufs ; les larvicides tuent les larves ;
les nymphicides tuent les nymphes ; les adulticides tuent les
moustiques adultes. Les insecticides à effet rémanent restent
actifs longtemps.
Note : Les insecticides utilisés pour la lutte antivectorielle sont
approuvés par l’équipe OMS de préqualification des produits
de lutte antivectorielle (https:// extranet.who.int/pqweb/vector-
control-products).

intensité de la Ampleur de la résistance aux insecticides chez les moustiques ;


résistance elle résulte du niveau d’expression du (ou des) phénotype(s) de
résistance.
L’intensité de la résistance est mesurée en testant la capacité des
moustiques à survivre après avoir été exposés à 5 et 10 fois la
concentration discriminante standard d’un insecticide.
Note : L’intensité de la résistance peut être plus importante
lorsque plusieurs mécanismes de résistance s’expriment chez
les moustiques. Dans les zones qui présentent une résistance de
forte intensité, il y a plus de risques que la lutte antivectorielle
basée sur l’usage d’insecticides ne fonctionne pas. De ce fait, il
peut s’avérer nécessaire d’instaurer rapidement des mesures, de
préférence après avoir examiné ce que cela implique sur le plan
opérationnel.

larvicide Substance utilisée pour tuer les larves de moustiques.


Note : Les larvicides sont appliqués sous forme d’huiles (pour
asphyxier les larves et les nymphes), d’émulsions ou de petits
granulés d’une substance inerte imprégnés d’insecticide (ce
dernier est alors libéré progressivement lorsque les granulés sont
mis dans l’eau).

lutte antivectorielle Ensemble des mesures prises contre les moustiques vecteurs de
maladies afin de limiter leur capacité à transmettre les maladies.

mode d’action d’un Processus par lequel un insecticide agit sur un insecte au niveau
insecticide moléculaire. Le mode d’action se rapporte au changement
fonctionnel qui se produit au niveau d’un site cible spécifique en
raison de l’exposition des insectes à un principe actif insecticide.

moustiquaire à Moustiquaire traitée en usine et fabriquée avec un tissu dans


imprégnation lequel un insecticide est incorporé à l’intérieur des fibres ou
durable enduit autour de celles-ci. La moustiquaire doit conserver son
activité biologique effective pendant au moins 20 lavages
standard de l’OMS dans des conditions de laboratoire et
pendant 3 ans d’utilisation conformément aux recommandations
dans des conditions de terrain.

viii Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
moustiquaire Moustiquaire qui repousse, neutralise ou tue les moustiques
imprégnée entrant en contact avec l’insecticide présent sur le tissu
d’insecticide constituant la moustiquaire. Les moustiquaires imprégnées
d’insecticide comprennent les moustiquaires qui doivent être
traitées et retraitées (souvent appelées moustiquaires classiques)
et les moustiquaires à « imprégnation durable » (voir la définition
de ce terme).
Note : Les moustiquaires non traitées peuvent également
apporter une protection non négligeable vis-à-vis des piqûres
de moustique, mais elles ont moins d’effet contre la capacité
vectorielle et les taux de transmission.

moustiques F0 Moustiques adultes capturés à l’état sauvage ou moustiques


adultes issus de larves sauvages collectées sur le terrain. Il s’agit
de l’une des deux générations de moustiques pouvant être
utilisées dans les bioessais standard pour le suivi de la résistance.

mutation conférant La résistance à l’effet de choc (« knockdown ») est due à une


une résistance à ou plusieurs mutations dans les canaux sodiques, la cible
l’effet de choc (kdr) des pyréthrinoïdes et des composés organochlorés (comme
le dichlorodiphényltrichloroéthane, DDT, par exemple), qui
empêche(nt) les moustiques d’être assommés (« knocked down »)
et tués par l’exposition à ces insecticides.

phénotype résistant Chez une souche d’insectes, acquisition de la capacité à tolérer


des doses de substances toxiques qui s’avéreraient létales pour
la majorité des insectes d’une population normale de la même
espèce.

population sensible Une population de moustiques est considérée comme sensible


à un insecticide lorsqu’au moins 98 % des moustiques d’un
échantillon prélevé dans la population meurent après avoir été
exposés à la concentration discriminante de l’insecticide.
Note : Une population de vecteurs peut être sensible à une classe
d’insecticides, mais résistante à une autre classe dont le mode
d’action est différent.

pulvérisation Procédure et stratégie opérationnelle utilisée pour la lutte


d’insecticide à antivectorielle, consistant à asperger les surfaces intérieures des
effet rémanent habitations avec un insecticide à effet rémanent afin de tuer ou
à l’intérieur des de repousser les moustiques endophiles.
habitations

pulvérisation Application d’un aérosol froid ou thermique (brouillard/


spatiale brume) dont les gouttelettes de moins de 30 µm de diamètre
présentent une faible vitesse terminale et restent donc en
suspension dans l’air le plus longtemps possible pour assommer
et tuer rapidement les insectes volants, avec peu ou pas d’effet
rémanent.
Note : L’OMS ne recommande pas le déploiement de cette
intervention pour la lutte contre le paludisme.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées ix
résistance à un Capacité des moustiques à survivre après avoir été exposés
insecticide à une dose standard d’insecticide ; peut être le résultat d’une
adaptation physiologique ou comportementale.
Note : L’apparition d’une résistance à un insecticide dans une
population de vecteurs est un phénomène évolutif résultant soit
d’un comportement d’évitement (par exemple exophilie au lieu
d’endophilie), soit de facteurs physiologiques grâce auxquels
l’insecticide est métabolisé, non potentialisé ou moins absorbé
par rapport aux moustiques sensibles.

résistance Modification du comportement du moustique qui lui permet


comportementale d’éviter ou de réduire le contact avec les insecticides.

résistance croisée à Résistance à un insecticide par un mécanisme qui confère


un insecticide également une résistance à un autre insecticide, même lorsque
la population d’insectes n’a pas été exposée à ce dernier (et n’a
donc pas été soumise à une pression de sélection).

résistance cuticulaire Réduction de l’absorption des insecticides par un moustique


en raison d’un épaississement ou d’une modification de la
composition de sa cuticule.

résistance Modification de la quantité ou de la spécificité d’une enzyme


métabolique à un métabolique entraînant la détoxication d’un insecticide avant
insecticide qu’il n’atteigne sa cible.

résistance par Réduction de l’effet qu’un insecticide devrait avoir sur un


modification de la moustique en raison d’une modification du récepteur protéique
cible ciblé par l’insecticide qui empêche ce dernier de se lier au
récepteur.

synergiste Substance ne possédant pas de propriétés insecticides en


ellemême, mais qui, lorsqu’elle est mélangée et appliquée
avec des insecticides d’une classe particulière, renforce
considérablement leur activité en inhibant une enzyme qui
normalement exerce une action détoxifiante à l’égard des
insecticides chez les insectes.

utilité en matière de Un produit est utile pour la santé publique si son efficacité
santé publique pour réduire ou prévenir les infections et/ou les maladies chez
l’homme a été démontrée à l’échelle individuelle, à l’échelle
communautaire, ou les deux.

vecteur principal L’espèce de moustique qui est principalement responsable de


la transmission d’une maladie spécifique dans une situation
donnée.
Note : Il peut y avoir une superposition partielle de plusieurs
vecteurs principaux en fonction des saisons, ou bien une
alternance en matière d’importance.

vecteur secondaire Espèce de moustique considérée comme jouant un rôle moindre


ou auxiliaire dans la transmission d’une maladie par rapport au vecteur
principal ; capable de maintenir la transmission de la maladie à
un niveau réduit.

x Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
1. Introduction
Les maladies à transmission vectorielle sont les principales causes de maladie, d’invalidité
et de décès dans le monde. Plus de 80 % de la population mondiale vit dans des zones où
la transmission d’une ou plusieurs de ces maladies est observée. Les principales maladies
à transmission vectorielle sont le paludisme, la dengue, le chikungunya, les leishmanioses,
la maladie de Chagas, la trypanosomiase humaine africaine, la filariose lymphatique,
l’onchocercose, la maladie à virus Zika, la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise et la
schistosomiase. Ces maladies sont dues à des parasites, des bactéries ou des virus qui sont
transmis à l’homme par divers vecteurs – moustiques, phlébotomes, puces, tiques, poux,
triatomes, simulies, mouches tsé-tsé et mollusques (1).

La lutte antivectorielle joue un rôle essentiel dans la réduction de la charge représentée par
ces maladies. La prévention des maladies pour lesquelles il n’existe pas de vaccins ou de
traitements (prophylactiques ou curatifs) repose en grande partie sur la lutte antivectorielle.
Dans le cas des maladies pour lesquelles des traitements sont disponibles, comme le
paludisme, la lutte antivectorielle reste la stratégie de prévention la plus largement utilisée
et a conduit, dans le passé, aux plus grandes réductions de charge de morbidité.

L’application d’insecticides est l’intervention de lutte antivectorielle la plus couramment


employée et la plus efficace. Les insecticides sont déployés au moyen de moustiquaires
imprégnées d’insecticide (également appelées MII) et de pulvérisation d’insecticide
à effet rémanent à l’intérieur des habitations (ou PIH), ainsi que par des interventions
complémentaires telles que les traitements larvicides ou la pulvérisation spatiale.
Actuellement, neuf classes d’insecticides chimiques sont utilisées dans les produits de
lutte antivectorielle préqualifiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour un
usage en santé publique : pyréthrinoïdes, carbamates, organophosphorés, organochlorés,
néonicotinoïdes, pyrroles, buténolides, analogues de l’hormone juvénile et spinosynes (2).

Traditionnellement, les moustiquaires imprégnées d’insecticide contiennent uniquement


des pyréthrinoïdes ; les pyréthrinoïdes, les carbamates, les organophosphorés et les
organochlorés sont largement utilisés pour la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à
l’intérieur des habitations ; les traitements larvicides font appel aux organophosphorés, aux
analogues de l’hormone juvénile et aux spinosynes ; et la pulvérisation spatiale utilise les
pyréthrinoïdes et les organophosphorés.

Les néonicotinoïdes et les buténolides sont présents dans les produits de lutte antivectorielle
préqualifiés par l’OMS depuis 2017. Cela concerne des produits destinés à la pulvérisation
d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations contenant un néonicotinoïde
(clothianidine seule ou mélangée avec un pyréthrinoïde) et des produits de pulvérisation
spatiale contenant un pyréthrinoïde mélangé à un néonicotinoïde (imidaclopride) ou un
buténolide (flupyradifurone). Des moustiquaires imprégnées d’un pyrrole (chlorfénapyr) ou
d’un analogue de l’hormone juvénile (pyriproxyfène) en association avec un pyréthrinoïde
ont été préqualifiées en 2018 et 2019, respectivement, même si l’OMS attend que leurs
retombées sur le plan épidémiologique soient établies avant d’en recommander le
déploiement dans la lutte antivectorielle.

En raison de l’utilisation généralisée d’insecticides dans la lutte antivectorielle et dans


l’agriculture, une résistance des moustiques à quatre classes d’insecticides couramment
employés pour la lutte antivectorielle – organophosphorés, carbamates, pyréthrinoïdes et
organochlorés (dichlorodiphényltrichloroéthane [DDT]) – est apparue chez les principaux

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 1
vecteurs de maladies et s’est propagée dans toutes les régions du monde (3–6). Le statut
des vecteurs en matière de résistance aux nouveaux insecticides contenus dans les produits
de lutte antivectorielle préqualifiés par l’OMS – néonicotinoïdes, pyrroles, buténolides
et spinosynes – n’est pas connu, car aucune procédure de test standardisée ni aucune
concentration discriminante n’ont encore été établies pour suivre la résistance à ces
composés. Cela étant, plus leur utilisation s’intensifie, plus une résistance à ces composés
est susceptible d’apparaître. Elle existe même peut-être déjà en raison de la pression de
sélection due à leur usage dans l’agriculture ou du fait d’une résistance croisée avec des
insecticides appartenant à d’autres classes.

La résistance provient de la sélection de mutations génétiques spécifiques qui confèrent


aux moustiques la capacité de survivre après avoir été exposés aux insecticides,
contribuant ainsi à l’évolution de l’espèce. Pour l’heure, les mécanismes de résistance les
mieux connus sont les suivants :

• les mécanismes impliquant la cible, qui correspondent à des modifications de la


cible moléculaire de l’insecticide dans le corps des insectes (et sont associées à des
mutations dans le gène du canal sodique voltagedépendant, connues sous le nom
de mutations « kdr ») ; et
• les mécanismes métaboliques, qui correspondent à une augmentation de l’activité
des enzymes de détoxication des insecticides dans le corps des insectes (c’est-à-dire
les monooxygénases du cytochrome P450, les estérases, les carboxylestérases et les
glutathion S-transférases).

D’autres mécanismes peuvent conduire à un phénotype résistant chez certains moustiques


vecteurs, mais ils sont moins étudiés : l’épaississement de la cuticule qui réduit l’absorption
de l’insecticide (résistance cuticulaire) (7) et les changements de comportement qui
permettent aux vecteurs d’éviter d’entrer en contact avec l’insecticide (résistance
comportementale) (8).

Il est essentiel de connaître le statut de résistance des vecteurs aux insecticides, les
mécanismes moléculaires associés et l’évolution de la résistance au fil du temps si l’on veut
concevoir des interventions de lutte antivectorielle qui soient efficaces. Plus précisément,
les données de résistance aux insecticides sont indispensables pour sélectionner les
interventions de lutte antivectorielle appropriées, pour servir de base aux stratégies de
prévention de la résistance ou pour initier des changements dans les stratégies de lutte
antivectorielle lorsqu’une résistance apparaît. Produire des données pour être en mesure
de prendre des décisions nécessite de surveiller la résistance chez les espèces vectrices
locales avant et pendant la mise en œuvre des interventions de lutte antivectorielle, de
collecter et d’analyser les données, et d’interpréter les résultats.

Pour assurer un bon suivi et une bonne gestion de la résistance aux insecticides,
notamment obtenir le financement nécessaire, des plans de suivi et de gestion de la
résistance aux insecticides doivent être élaborés au niveau national dans le cadre des
programmes de lutte. Le Cadre conceptuel d’un plan national de suivi et de gestion de la
résistance aux insecticides chez les vecteurs du paludisme (9) publié par l’OMS fournit des
orientations sur la manière de concevoir ce type de plans. Ces plans doivent tenir compte
de tous les vecteurs de maladies et s’inscrire dans l’ensemble des stratégies de lutte
antivectorielle nationales. Dans la mesure du possible, ils doivent être incorporés aux autres
secteurs dont les activités sont susceptibles d’influer sur l’apparition d’une résistance, tels
que le secteur agricole.

2 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Depuis les années 1950, l’OMS coordonne les efforts déployés pour fournir des procédures
de test standardisées et des orientations afin d’aider les pays à suivre et à gérer la
résistance aux insecticides chez plusieurs vecteurs de maladies (10-19). Ces procédures et
ces orientations ont évolué au fil du temps. La révision actuelle des orientations de l’OMS
est motivée par :

• la nécessité d’établir des procédures de suivi de la résistance et de définir des


concentrations discriminantes pour les insecticides qui ont été récemment
recommandés pour la lutte antivectorielle ou pour lesquels une évaluation à
grande échelle est en cours (par exemple, les néonicotinoïdes pour la pulvérisation
d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations, les pyrroles et les
analogues de l’hormone juvénile pour les moustiquaires imprégnées d’insecticide, et
les buténolides et les néonicotinoïdes pour la pulvérisation spatiale) ;
• la nécessité de regrouper les orientations relatives à différents vecteurs de maladies
dans un seul document afin que les personnels des programmes intégrés de lutte
antivectorielle puissent les utiliser plus facilement ;
• l’absence de concentrations discriminantes permettant de suivre la résistance des
moustiques Aedes aux insecticides couramment employés ;
• la nécessité de confirmer certaines concentrations discriminantes qui n’étaient que
provisoires pour les moustiques Anopheles ;
• la nécessité – exprimée par les questions et les commentaires des utilisateurs des
précédentes orientations de l’OMS – de donner davantage de conseils sur la façon
de planifier et de hiérarchiser le suivi de la résistance dans des contextes où les
ressources sont limitées ou lorsque l’on dispose de peu de moustiques pour évaluer
la résistance aux insecticides, ainsi que mieux décrire comment les données issues
du suivi de la résistance peuvent être utilisées pour éclairer la conception des
stratégies de lutte contre le paludisme.

Le présent document combine, met à jour et remplace les orientations précédentes de


l’OMS relatives au suivi de la résistance chez les moustiques Anopheles, Culex et Aedes
fournies dans les Procédures pour tester la résistance aux insecticides chez les moustiques
vecteurs du paludisme – Seconde édition (18) et la publication Monitoring and managing
insecticide resistance in Aedes mosquito populations: interim guidance for entomologists
(19). Les mises à jour des précédentes orientations concernent les points suivants :

• la description du test biologique en bouteilles de l’OMS, un nouveau bioessai à


utiliser pour détecter la présence d’une résistance aux insecticides qui ne peuvent
pas être utilisés pour imprégner du papierfiltre – il a été développé sur la base du
bioessai en bouteilles des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des
États-Unis d’Amérique, mais en calquant la durée d’exposition des moustiques et le
temps d’attente sur ceux du test en tubes de l’OMS ;
• la description d’une nouvelle procédure pour suivre la résistance des moustiques
Anopheles au pyriproxyfène ;
• de nouvelles concentrations pour suivre la résistance des moustiques Anopheles
à la transfluthrine, à la chlothianidine, au flupyradifurone, au chlorfénapyr et au
pyriproxyfène ;
• l’actualisation des concentrations à utiliser pour suivre la résistance des moustiques
Anopheles au pyrimiphos-méthyl et à l’alpha-cyperméthrine ;

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 3
• de nouvelles concentrations pour suivre la résistance des moustiques Aedes
à la transfluthrine, à la métofluthrine, à la pralléthrine, au bendiocarbe, au
chlorpyriphos-éthyl, à la clothianidine et à la flupyradifurone ;
• l’actualisation des concentrations pour suivre la résistance des moustiques Aedes
à l’alphacyperméthrine, à la deltaméthrine, à la lambda-cyhalothrine, à la
perméthrine, au malathion et au pyrimiphos-méthyl ;
• des orientations sur la façon de planifier le suivi de la résistance et de hiérarchiser
les bioessais qui soient mieux adaptées à un contexte de ressources limitées ou de
nombre restreint de moustiques ; et
• l’affinement des orientations sur la façon d’utiliser les données issues du suivi
de la résistance aux insecticides pour éclairer le choix des interventions de lutte
antivectorielle.

Les nouvelles procédures de test et les nouvelles concentrations discriminantes présentées


ici ont été définies en 2022 d’après une étude multicentrique coordonnée par l’OMS
qui a été menée entre 2017 et 2021 (20). Toutes les autres mises à jour reposent sur des
documents d’orientation récents de l’OMS concernant la lutte contre les maladies à
transmission vectorielle (tous cités dans ce manuel) et sur les meilleures pratiques actuelles
en matière de suivi de la résistance aux insecticides ; bon nombre des mises à jour
visent à préciser les orientations qui ont déjà été présentées dans les deux publications
de l’OMS mentionnées ci-avant (18,19). La première version du manuel a été examinée
par des experts indépendants pour veiller à ce que son contenu corresponde bien aux
connaissances actuelles en la matière. Leur nom et leurs affiliations sont indiqués dans les
remerciements.

Ce document n’aborde pas l’évaluation de la résistance des larves de moustiques ou des


vecteurs autres que des moustiques, mais il sera mis à jour lorsque l’OMS aura validé des
concentrations discriminantes et des procédures de test pour les larves de moustiques ou
d’autres espèces vectrices.

Le document est destiné aux entomologistes et biologistes de terrain au sein des ministères
de la santé ou des institutions partenaires chargées de suivre la résistance des vecteurs
aux insecticides. Il s’adresse également aux administrateurs de programme et aux
autres personnes chargées de concevoir et de mettre en œuvre les stratégies de lutte
antivectorielle devant s’appuyer sur les données de résistance pour éclairer leurs décisions.
Enfin, il peut aider les chercheurs et l’industrie des pesticides à évaluer de manière
standardisée la résistance des vecteurs aux composés utilisés dans les produits de lutte
antivectorielle (insecticides déjà en usage et nouveaux insecticides).

4 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
2. Évaluation de la résistance aux
insecticides
Il est primordial de connaître le type et le niveau de résistance des populations de vecteurs
locales par rapport aux insecticides actuellement en usage ou dont l’utilisation est prévue
afin de pouvoir sélectionner des interventions de lutte antivectorielle qui soient efficaces et
préserver leur efficacité le plus longtemps possible.

La résistance des vecteurs aux insecticides et la prédominance des mécanismes


moléculaires impliqués peuvent varier considérablement entre les populations de vecteurs
de différentes régions et selon le moment dans un même pays. Cela est dû aux différents
niveaux de pression de sélection exercés par l’utilisation des insecticides dans la lutte
antivectorielle et/ou l’agriculture ; aux variations dans les espèces qui composent les
populations de vecteurs ; aux changements de comportement des vecteurs qui peuvent
accroître ou diminuer le contact avec les insecticides ; et à d’autres facteurs comme les
forces évolutives, les conditions écologiques et le climat. Les populations de vecteurs locales
peuvent devenir résistantes à un ou plusieurs insecticides en même temps ; en général,
elles ne redeviendront pas sensibles, du moins pas à un rythme qui présente un intérêt
immédiat pour la prise de décision programmatique (21).

Des procédures de test existent pour caractériser les aspects suivants de la résistance des
vecteurs aux insecticides :

• la présence d’un phénotype de résistance à un insecticide dans une population de


vecteurs ;
• l’intensité de la résistance exprimée ;
• l’effet d’un synergiste pour restaurer la sensibilité à l’insecticide dans une population
de vecteurs résistante ; et
• les mécanismes à l’origine du phénotype résistant.

On trouvera dans le présent document des indications détaillées sur la façon d’évaluer
la présence et l’intensité d’un phénotype résistant, ainsi que l’effet d’un synergiste dans
la restauration de la sensibilité des vecteurs à un insecticide. Ce document présente
également une vue d’ensemble des principaux mécanismes à l’origine de l’expression
phénotypique de la résistance chez les vecteurs de maladies et sur la façon d’utiliser les
données relatives à ces mécanismes pour orienter les décisions (section 7), mais il ne
présente pas précisément les techniques disponibles pour identifier chaque mécanisme.
Au lieu de cela, les lecteurs sont dirigés vers d’autres ressources où ces techniques sont
décrites de façon détaillée.

La présence ou l’absence d’une résistance, son intensité, et la capacité d’un synergiste à


restaurer la sensibilité des vecteurs à un insecticide peuvent être évaluées à l’aide des trois
méthodes standardisées suivantes, les deux premières ayant été validées par l’OMS :

• le test en tubes de l’OMS ;


• le bioessai en bouteilles de l’OMS ;
• le bioessai en bouteilles des CDC.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 5
Le test en tubes de l’OMS et le bioessai en bouteilles de l’OMS sont décrits en détail à la
section 6 ; les procédures opératoires standard pour ces bioessais se trouvent à part, sur le
site Web de l’OMS (22). Des indications pour réaliser le bioessai en bouteilles des CDC sont
données sur le site Web des CDC (23). Le bioessai en bouteilles de l’OMS est une nouvelle
méthode qui a été mise au point pour déterminer le statut de résistance des moustiques
vis-à-vis de certains insecticides qui ne se prêtent pas à l’imprégnation de papier filtre. Il
s’appuie sur le bioessai en bouteilles des CDC, mais utilise différents paramètres de tests
qui sont calqués sur ceux du test en tubes de l’OMS. Les différences entre le bioessai en
bouteilles des CDC et le bioessai en bouteilles de l’OMS sont davantage détaillées à la
section 6.

Avec ces méthodes, la présence d’une résistance aux insecticides dans les populations
de vecteurs n’est donnée qu’à titre indicatif : on ne connaît pas la véritable efficacité des
insecticides testés lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre d’interventions de lutte antivectorielle
en situation réelle. En effet, la concentration et la formulation des insecticides utilisés dans
les produits de lutte antivectorielle sont différentes de celles utilisées dans les bioessais
d’analyse de la résistance, et l’exposition des vecteurs aux insecticides n’est pas la même
lors d’un essai biologique et en situation réelle. Si une résistance à un insecticide est
détectée, des investigations supplémentaires, y compris une évaluation épidémiologique,
seront nécessaires pour déterminer l’impact de la résistance sur l’efficacité des
interventions de lutte antivectorielle sur le terrain. En d’autres termes, les procédures de
test décrites ici et les données qu’elles génèrent fournissent une première indication d’une
menace pour la lutte contre une maladie à transmission vectorielle ; elles doivent être
considérées comme le point de départ d’une investigation plus poussée et plus complexe si
les signes d’une résistance à un insecticide sont détectés.

Tableau 1. Tests utilisés pour analyser la résistance aux insecticides


Aspect de la
Résultat du
résistance Type de test Description du test Procédures de test
test
étudié
Présence Bioessai pour Mesure de la mortalité dans Résistance • Test en tubes de
l’évaluation un échantillon de moustiques confirmée ou l’OMS en utilisant
de la ayant été exposés à la possible, ou la concentration
sensibilité concentration discriminante sensibilité discriminante de
l’insecticide
d’un insecticide pendant
une période donnée pour • Bioessai en bouteilles
de l’OMS en utilisant
estimer le pourcentage de
la concentration
moustiques résistants dans discriminante de
une population l’insecticide
• Bioessai en bouteilles
des CDC en utilisant la
dose diagnostique de
l’insecticide
• Test de sensibilité de
l’OMS pour les larves
de moustiques en
utilisant la concentration
discriminante de
l’insecticide

6 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Aspect de la
Résultat du
résistance Type de test Description du test Procédures de test
test
étudié
Intensité Bioessais Comparaison de la mortalité Intensité • Test en tubes de l’OMS
pour chez les moustiques faible, en utilisant 5 × et
l’évaluation exposés à différentes modérée ou 10 × la concentration
de l’intensité concentrations d’un forte discriminante de
l’insecticide
de la insecticide (normalement la
résistance concentration discriminante, • Bioessai en bouteilles
ainsi que 5 × et 10 × la des CDC en utilisant des
doses diagnostiques
concentration discriminante)
croissantesa
pour évaluer l’intensité de la
résistance
Effet d’un Bioessais Comparaison de la mortalité Pas de • Test en tubes de l’OMS
synergiste synergiste- de moustiques qui sont restauration, avec préexposition au
dans la insecticide exposés à la concentration restauration PBO puis exposition
restauration discriminante d’un partielle ou à un insecticide
pyréthrinoïde
du insecticide et de la mortalité restauration
phénotype de moustiques qui sont totale de la • Bioessai en bouteilles
de sensibilité pré-exposés à un synergiste sensibilité des CDC avec
préexposition à
à un avant l’exposition à la
un synergiste puis
insecticide concentration discriminante exposition à un
de l’insecticide pour évaluer insecticidea
le rôle du synergiste dans la
restauration de la sensibilité
à l’insecticide
Mécanisme Tests Analyse de mutations Présence ou • Tests moléculaires et
(moléculaire moléculaires génétiques ou de absence du biochimiques pour
et et l’expression d’enzymes chez mécanisme chaque mécanisme
biochimique) biochimiques les moustiques pour détecter testé
les anomalies qui pourraient
être à l’origine du phénotype
résistant

PBO : butoxyde de pipéronyle.


a
Le bioessai en bouteilles de l’OMS n’a pas encore été validé pour mesurer l’intensité de la résistance, ni l’effet du PBO.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 7
3. Établissement des priorités
et planification du suivi de la
résistance
Chacune des procédures de test mentionnées précédemment nécessite un personnel
qualifié, un nombre minimum de moustiques, un équipement et des consommables
appropriés, ainsi que des installations d’élevage de moustiques offrant des conditions
de température et d’humidité optimales. Le suivi de la résistance qui peut être réalisé est
souvent limité par le manque de ressources ou un nombre insuffisant de moustiques. Il est
donc important de planifier convenablement le suivi de la résistance aux insecticides et de
privilégier les bioessais en fonction de leur importance pour la prise de décision. Ce faisant,
les données recueillies peuvent servir de base aux décisions programmatiques les plus
importantes, qui concernent le plus souvent la mise en œuvre immédiate et à moyen terme
des interventions. Les priorités en matière de suivi de la résistance sont résumées dans
l’encadré 1.

Encadré 1. Priorités pour le suivi de la résistance


• Utiliser en premier lieu les moustiques disponibles pour déterminer s’il y a une
résistance aux insecticides, ou non, dans une zone géographique donnée,
car il n’est opportun d’évaluer l’intensité de la résistance ou d’autres aspects
de la résistance que dans les zones où une résistance des vecteurs a déjà été
confirmée.
• Tester la résistance des vecteurs aux insecticides actuellement utilisés et à
ceux dont l’utilisation est envisagée. Il est généralement déconseillé de tester
la résistance à des insecticides qui ne sont plus utilisés à moins que cela ne se
justifie pleinement.
• Tester la résistance aux insecticides chez le principal ou les principaux
vecteur(s) de la maladie ; la résistance des vecteurs secondaires ne doit être
testée que si cela présente un intérêt pour les décisions programmatiques.
• Avoir systématiquement recours à la même procédure de test pour pouvoir
comparer les résultats. Cet aspect est essentiel pour suivre et interpréter les
variations observées chez les vecteurs en matière de résistance.
• Analyser la résistance lorsque les vecteurs sont abondants afin d’augmenter
les chances d’obtenir un échantillon suffisamment grand de moustiques
pour tester leur résistance à tous les insecticides dont il y a lieu de tenir
compte. Cette recommandation ne s’applique pas lorsque des contrôles
ponctuels de la résistance aux insecticides doivent être effectués dans le
cadre d’une enquête plus vaste sur les causes d’une augmentation inattendue
de l’incidence des maladies à transmission vectorielle dans une zone
géographique spécifique.

8 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
3.1 Critères à évaluer en priorité
Avant le déploiement de toute intervention de lutte antivectorielle basée sur l’usage
d’insecticides, les programmes doivent s’assurer que les vecteurs locaux sont sensibles
aux insecticides de la classe concernée. Une fois l’intervention en place, la sensibilité des
vecteurs locaux aux insecticides de la ou des classe(s) d’insecticides utilisée(s) doit être
évaluée au moins une fois par an afin de détecter rapidement l’apparition d’une résistance
et de prendre les mesures qui s’imposent pour y faire face.

La priorité doit donc être de déterminer si les populations de vecteurs locales présentent,
ou non, une résistance à un insecticide appartenant à la (ou aux) classe(s) d’insecticides
en usage ou dont l’utilisation est prévue pour la lutte antivectorielle dans la zone. Si la
population de vecteurs locale s’avère sensible à un insecticide, il n’est pas nécessaire
d’évaluer l’intensité de la résistance ni les mécanismes de résistance pour les insecticides
de la classe concernée. Lorsqu’une résistance à un insecticide est détectée dans une
population de vecteurs, ce seront les options dont on dispose au sein du programme
pour gérer cette résistance qui détermineront la nécessité d’évaluer l’intensité de la
résistance, ses mécanismes ou le rôle d’un synergiste dans la restauration de la sensibilité à
l’insecticide (voir la section 2).

3.2 Sélection de sites pour le suivi de la résistance


Les pays doivent chercher à évaluer la résistance des vecteurs aux insecticides dans
chaque secteur opérationnel où des interventions de lutte antivectorielle basée sur l’usage
d’insecticides sont envisagées et à suivre la résistance dans chaque secteur opérationnel
où des interventions de lutte antivectorielle sont déployées. Cela étant, dans la plupart des
pays, il ne paraît guère possible de suivre la résistance dans chaque secteur opérationnel
(par exemple, dans chaque district) en raison du manque de ressources. Une approche
plus réalisable consistera à regrouper des secteurs voisins dont les populations de vecteurs
présentent une composition similaire en matière d’espèces, qui sont soumis à des pressions
de sélection de même nature (par exemple, les mêmes interventions de lutte antivectorielle
et des pratiques agricoles analogues) et dont les historiques sont comparables pour ce
qui est de la résistance aux insecticides, et à suivre la résistance dans un site au sein de
chaque groupe.

« En faire moins, c’est en faire plus » doit être le principe à suivre pour définir les sites
sentinelles – autrement dit, il faut privilégier la production de données de qualité (en suivant
scrupuleusement les procédures opératoires standard) sur un nombre limité de sites, plutôt
que chercher à générer une plus grande quantité de données provenant d’un plus grand
nombre de sites, au détriment de la qualité. Par exemple, un pays pourrait commencer
avec un site par province dans lequel des interventions de lutte antivectorielle basées sur
l’usage d’insecticides sont ou seront déployées, en donnant la priorité aux provinces où la
pression de sélection est susceptible d’être la plus élevée vis-à-vis de la résistance. D’autres
sites pourraient ensuite être mis en place à des niveaux administratifs inférieurs (district, par
exemple) à mesure que les capacités de test se développent, en particulier si une résistance
est détectée et que des informations plus détaillées sont nécessaires.

La résistance aux insecticides peut également être évaluée dans le cadre d’une enquête
sur une flambée épidémique ou lors de l’étude des raisons pour lesquelles l’incidence d’une
maladie augmente de manière inattendue. Dans ces cas-là, les tests de résistance peuvent
être effectués ponctuellement, sans qu’il soit nécessaire de définir un site pour des activités
de suivi régulier.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 9
3.3 Espèces de moustiques vecteurs à suivre
Les différentes espèces de moustiques n’ont pas toutes la même capacité à transmettre les
agents pathogènes aux humains. Il convient de suivre en priorité la résistance de celles qui
jouent le plus grand rôle dans la transmission des agents pathogènes. Ces espèces doivent
dans un premier temps être identifiées grâce à la surveillance entomologique. Le suivi de
la résistance implique que les espèces testées soient clairement identifiées et enregistrées.
Des informations détaillées sur l’échantillonnage des moustiques et l’identification des
espèces sont fournies à la section 5.

3.4 Choix des insecticides à tester


Pour déterminer s’il existe une résistance à une classe d’insecticide spécifique, il suffit que
les pays testent les moustiques contre un seul insecticide de cette classe. Par exemple,
pour savoir si les vecteurs sont résistants aux pyréthrinoïdes, les pays doivent tester les
moustiques contre un seul insecticide pyréthrinoïde (tel que la deltaméthrine ou l’alpha-
cyperméthrine). Si les résultats des tests indiquent une résistance à ce pyréthrinoïde, les
vecteurs peuvent être considérés comme résistants aux pyréthrinoïdes en général. Au
lieu de tester la sensibilité à différents insecticides qui appartiennent à une même classe
d’insecticides, les programmes doivent analyser en priorité la sensibilité des moustiques à
des insecticides de différentes classes.

3.5 Cohérence des procédures


Pour que les résultats des essais réalisés à différents endroits et à différents moments
puissent être comparés de manière fiable, il est recommandé de toujours avoir recours
à la même méthode de test au fil du temps. Les conditions dans lesquelles une méthode
donnée est pratiquée, telles que la température et l’humidité, doivent également être aussi
constantes que possible entre les tests ; ces conditions doivent être consignées avec les
résultats des tests pour aider à interpréter les éventuelles divergences entre les résultats.
De plus amples informations sur les différences qu’il existe entre les procédures de test et
les conditions de test recommandées sont fournies à la section 6.

La résistance peut être surveillée tant chez les moustiques adultes que chez les larves.
Les programmes doivent utiliser de préférence des vecteurs au stade de développement
qui est ciblé par les insecticides déployés ou prévus pour le déploiement – à savoir
des moustiques adultes pour les interventions basées sur les adulticides (comme les
moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent
à l’intérieur des habitations) et des larves pour les interventions basées sur les larvicides.
Les procédures pour tester la résistance des moustiques adultes aux insecticides ont été
considérablement améliorées depuis leur élaboration et ont fait l’objet d’une validation
approfondie dans une récente étude multicentrique menée par l’OMS (20). En revanche,
pour les larves de moustiques, l’OMS a défini des procédures de test en 1958 (24) et des
orientations supplémentaires ont été publiées en 1981 (25), mais ces procédures n’ont pas
été validées depuis.

10 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
3.6 Détermination du moment où tester la résistance
L’abondance des vecteurs et les espèces qui composent la population de vecteurs dans
une zone géographique donnée peuvent fluctuer au cours de l’année en fonction des
variations climatiques ou d’autres facteurs. Le suivi de la résistance aux insecticides doit
être programmé pour coïncider avec la densité maximale des vecteurs afin d’augmenter la
probabilité d’obtenir un échantillon suffisamment grand de moustiques pour pouvoir tester
la résistance à tous les insecticides dont il y a lieu de tenir compte.

Le moment où l’abondance des moustiques est maximale varie d’un pays à l’autre et selon
les sites à l’intérieur d’un même pays. Il est possible de repérer ce moment grâce à une
surveillance entomologique régulière et systématique. Pour les vecteurs du paludisme qui
se reproduisent dans les zones rurales, c’est souvent après le début de la saison des pluies
que l’abondance des vecteurs est à son plus haut niveau, ce qui n’est pas nécessairement
le cas dans les zones artificiellement irriguées ou en milieu urbain. Aedes spp. se reproduit
plutôt dans les retenues d’eau, y compris les réservoirs artificiels près des habitations
humaines, qui sont souvent permanentes ou semi-permanentes. Par conséquent, le pic
de densité que l’on peut observer est en général moins prononcé que pour Anopheles
spp. et ne suit pas nécessairement le régime des précipitations. Culex quinquefasciatus
se reproduit tout au long de l’année, mais les précipitations augmentent généralement la
densité de sa population en raison de la multiplication du nombre de gîtes larvaires.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 11
4. Utilisation des données issues
du suivi de la résistance aux
insecticides pour éclairer les
décisions programmatiques
Pour obtenir le plus d’effets possible à partir de ressources limitées, les programmes
de lutte contre les maladies doivent choisir des interventions de lutte antivectorielle qui
présentent un bon rapport coût/efficacité et prévenir l’émergence d’une résistance aux
insecticides utilisés chez les vecteurs. Outre la résistance des vecteurs aux insecticides,
plusieurs facteurs viendront guider le choix des interventions de lutte antivectorielle – par
exemple, la possibilité de se procurer et de faire homologuer les produits dans le pays
où ils seront utilisés, l’existence d’infrastructures et la mise à disposition de ressources
humaines, et les contraintes budgétaires. Cela étant, les données du suivi de la résistance
aux insecticides peuvent s’avérer fort utiles pour aider à choisir des interventions de lutte
antivectorielle efficaces, élaborer des stratégies de mise en œuvre permettant de retarder
l’apparition d’une résistance et sélectionner des interventions de remplacement lorsqu’une
résistance est détectée.

Les interventions de lutte antivectorielle recommandées par l’OMS pour différentes


maladies à transmission vectorielle sont présentées dans les lignes directrices de l’OMS sur
le paludisme (26), la dengue (27) et la filariose lymphatique (28).

Les usages que l’on peut faire des données du suivi de la résistance aux insecticides sont
résumés dans l’encadré 2.

Encadré 2. Les différents usages des données issues du suivi de la résistance aux
insecticides
• Servir de base à la sélection d’interventions de lutte antivectorielle qui soient
appropriées.
• Amorcer un changement dans l’intervention de lutte antivectorielle ou
l’insecticide utilisé(e) lorsqu’une résistance est détectée.
• Guider la mise en place d’interventions de lutte antivectorielle nouvelles ou
supplémentaires.
• Servir de base à l’élaboration de stratégies de gestion de la résistance dans
les zones où la lutte antivectorielle en cours repose sur l’usage d’insecticides.
• Servir aux enquêtes menées sur les changements inattendus qui sont observés
dans la circulation des maladies à transmission vectorielle et la charge de
morbidité associée.

4.1 Sélection des interventions de lutte antivectorielle


Cette section fournit des indications succinctes concernant la sélection des interventions
pour lutter contre les vecteurs du paludisme, les maladies transmises par les moustiques
Aedes et les maladies transmises par les moustiques Culex. Le présent document n’aborde

12 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
pas les autres vecteurs de maladies tels que les phlébotomes et les triatomes ; des
orientations seront ajoutées pour ces vecteurs à mesure que des procédures pour suivre la
résistance aux insecticides seront mises au point les concernant.

4.1.1 Lutte contre le paludisme et élimination de la maladie


Zones où les vecteurs locaux du paludisme restent sensibles aux pyréthrinoïdes

• Les moustiquaires imprégnées d’insecticide peuvent être envisagées, car elles


offrent une protection personnelle et une protection à l’échelle de la communauté si
l’on atteint une couverture suffisamment élevée de la population.
• La pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations peut
être réalisée avec des pyréthrinoïdes ou des insecticides appartenant à d’autres
classes à condition que les vecteurs y soient sensibles. Cependant, étant donné
qu’actuellement toutes les moustiquaires imprégnées d’insecticide contiennent
des pyréthrinoïdes, les programmes de lutte contre les maladies devraient limiter
l’utilisation des pyréthrinoïdes dans la pulvérisation à l’intérieur des habitations
afin de réduire la pression de sélection exercée sur la population de vecteurs et de
préserver l’efficacité des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans le temps.
• En cas de déploiement conjoint des moustiquaires imprégnées d’insecticide et
de la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations, il
convient d’éviter d’utiliser des pyréthrinoïdes, seuls ou en association avec d’autres
insecticides, pour la pulvérisation.

Zones où les vecteurs locaux du paludisme ont développé une résistance aux
pyréthrinoïdes

• Les moustiquaires à imprégnation durable traitées uniquement par un pyréthrinoïde


apporteront toujours une certaine protection, mais leur efficacité pourra être réduite
par rapport aux zones où persiste une sensibilité aux pyréthrinoïdes.
• L’OMS recommande d’utiliser des moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde
et de butoxyde de pipéronyle (PBO) au lieu de moustiquaires imprégnées d’un
pyréthrinoïde uniquement.
• La pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations doit
être effectuée avec un insecticide dont le mode d’action est différent de celui des
pyréthrinoïdes et auquel la population de vecteurs est sensible.
• L’OMS recommande de ne pas faire usage en même temps des moustiquaires
imprégnées d’insecticide et de la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à
l’intérieur des habitations, mais d’assurer en priorité une couverture optimale et un
haut niveau de qualité soit avec la distribution de moustiquaires, soit avec la mise
en œuvre de la pulvérisation d’insecticide, plutôt que d’introduire une seconde
intervention pour compenser d’éventuelles insuffisances dans la mise en œuvre de
la première. Toutefois, l’association de ces interventions peut être envisagée pour
prévenir, réduire et gérer la résistance aux insecticides si les ressources disponibles
sont suffisantes.
• Dans les zones où la transmission du paludisme est active et où les habitats
aquatiques sont peu nombreux, fixes et repérables, l’OMS recommande d’appliquer
régulièrement des insecticides dans les gîtes aquatiques (traitements larvicides)
pour prévenir et lutter contre le paludisme en complément de la distribution de
moustiquaires imprégnées d’insecticide ou de la pulvérisation d’insecticide à effet
rémanent à l’intérieur des habitations.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 13
Zones où les vecteurs locaux du paludisme sont résistants à d’autres classes
d’insecticides que les pyréthrinoïdes

• Les programmes de lutte contre les maladies doivent éviter de déployer des
interventions qui font appel à des insecticides appartenant à ces classes.

Modifier les interventions de lutte contre les vecteurs du paludisme lorsqu’une résistance
à l’insecticide utilisé est détectée

• Lorsque la lutte antivectorielle passe par la pulvérisation d’insecticide à effet


rémanent à l’intérieur des habitations. En cas de détection d’une résistance à
l’insecticide utilisé pour la pulvérisation chez la population de vecteurs locale, il doit
être prévu dans les programmes de modifier l’insecticide au profit d’un insecticide
de mode d’action différent contre lequel il n’existe pas de résistance croisée connue
au niveau local et auquel les vecteurs sont sensibles. Les modes d’action et les
mécanismes de résistance des insecticides d’usage courant sont présentés dans le
tableau 13.
• Lorsque la lutte antivectorielle passe par les moustiquaires imprégnées
d’insecticide pyréthrinoïde. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide ne
doivent pas être retirées si une résistance aux pyréthrinoïdes est confirmée dans
la population de vecteurs locale, car elles protègent toujours contre les piqûres de
moustiques. Dans les zones où les vecteurs locaux sont résistants aux pyréthrinoïdes,
l’OMS recommande de distribuer des moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde
et de PBO au lieu de moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde uniquement.
À défaut, il serait possible de procéder à une pulvérisation d’insecticide à effet
rémanent à l’intérieur des habitations avec un insecticide dont le mode d’action est
différent de celui des pyréthrinoïdes.

Si une résistance aux pyréthrinoïdes est détectée, le suivi de l’intensité de la résistance


pourrait permettre de repérer les zones dans lesquelles on devrait en priorité changer les
interventions ou déployer des interventions supplémentaires. Cela étant, c’est au moment
où l’on définit un ensemble d’interventions adapté à la situation locale que les alternatives
doivent être choisies. Pour cela, plusieurs autres facteurs doivent être pris en compte,
notamment : la situation épidémiologique ; la couverture des interventions passées
et présentes ; les parasites et vecteurs locaux ; ainsi que l’égalité d’accès, l’efficacité,
l’acceptabilité, le coût et la faisabilité de la mise en œuvre des diverses interventions
– y compris celles qui ne font pas partie de la lutte antivectorielle.

4.1.2 Lutte contre les maladies transmises par les moustiques Aedes
Dans l’ensemble, il existe très peu de données scientifiques sur l’utilité des différentes
interventions de lutte antivectorielle contre la dengue, le chikungunya et la maladie à
virus Zika en matière de santé publique. Les approches doivent cibler les populations de
vecteurs à la fois immatures et adultes, et ne pas reposer sur une seule intervention. En plus
des zones d’habitation, les efforts de lutte doivent également cibler les lieux de travail et les
lieux d’étude étant donné que les vecteurs piquent habituellement pendant la journée.

Un aménagement de l’environnement est recommandé pour lutter contre la dengue et


d’autres arboviroses, même si cette recommandation nécessiterait davantage d’éléments
en démontrant les retombées épidémiologiques. Les méthodes d’aménagement de
l’environnement ne sont pas liées à l’utilisation d’insecticides : la présence ou l’absence

14 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
d’une résistance aux insecticides chez les populations locales de moustiques Aedes n’a
donc pas d’incidence dans ce cas. L’aménagement de l’environnement vise à prévenir et à
contrôler la reproduction des moustiques, et à empêcher les contacts entre les personnes et
les vecteurs. Lorsqu’il s’avère possible de le mettre en place, il pourrait s’inscrire davantage
dans la durée que l’utilisation des insecticides, en particulier si les communautés et les
différents secteurs participent. La réduction des gîtes larvaires, avec le soutien actif de la
communauté, doit être l’élément central de la lutte contre les populations de moustiques.

Zones où les espèces vectrices locales de moustiques Aedes sont sensibles aux
pyréthrinoïdes

• L’application de larvicides chimiques – auxquels les vecteurs sont sensibles –


dans les récipients servant à conserver l’eau et les autres gîtes larvaires peut
véritablement réduire la population de moustiques aux stades immatures.
• Dans les situations d’urgence, pour venir à bout d’une épidémie en cours ou pour
contenir une flambée épidémique naissante, l’OMS recommande d’avoir recours
à la pulvérisation spatiale à l’intérieur des habitations (brumisation). Lorsqu’elle est
effectuée à l’intérieur avec du matériel portatif, la pulvérisation spatiale est plus
efficace qu’à l’extérieur. L’impact de la pulvérisation spatiale extérieure – avec des
pulvérisateurs montés sur des véhicules – sur la transmission de la maladie peut être
faible, voire nul. La pulvérisation spatiale ne doit pas être utilisée pour les activités
de lutte antivectorielle de routine.
• La pulvérisation ciblée d’insecticides pyréthrinoïdes à effet rémanent à l’intérieur
des habitations, prodiguée avec une couverture élevée et un haut niveau de qualité,
est une intervention pouvant être utilisée à titre préventif ou réactif, en particulier
lorsque le moustique Ae. aegypti, endophage, est le principal vecteur. Ce type
d’intervention a éliminé les espèces de moustiques Aedes dans plusieurs pays
d’Amérique du Sud dans le cadre d’une campagne menée dans les années 1960 à
1970 contre la fièvre jaune.
• La protection individuelle avec des moustiquaires imprégnées d’un insecticide
pyréthrinoïde doit être encouragée pour les jeunes enfants, les personnes âgées et
les personnes malades qui sont susceptibles de dormir pendant la journée, et pour
protéger les patients hospitalisés et les patients dans des services spéciaux qui sont
traités pour une maladie transmise par les moustiques Aedes. L’OMS recommande
également d’utiliser certains répulsifs à appliquer sur la peau (topiques) qui sont
préqualifiés pour protéger les personnes de manière individuelle.

Zones où les espèces vectrices locales de moustiques Aedes adultes sont résistants aux
pyréthrinoïdes

• Si les moustiques sont résistants aux pyréthrinoïdes uniquement en raison de


mécanismes liés au cytochrome P450, la pulvérisation spatiale devra contenir un
composé organophosphoré ou un produit associant un pyréthrinoïde et du PBO
pour endiguer la flambée épidémique.
• Si les moustiques locaux du genre Aedes sont très résistants aux pyréthrinoïdes en
raison d’une mutation de résistance à l’effet de choc (kdr) et de mécanismes liés au
cytochrome P450, la pulvérisation spatiale pourra être effectuée avec un produit
organophosphoré préqualifié par l’OMS tel que le malathion, un produit combiné
contenant des insecticides non-pyréthrinoïdes (par exemple, la flupyradifurone
et la transfluthrine), ou bien un pyréthrinoïde associé à un nonpyréthrinoïde (par
exemple, la pralléthrine et l’imidaclopride).

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 15
Zones où les vecteurs locaux Aedes sont sensibles aux insecticides non-pyréthrinoïdes

• Dans cette situation, il convient d’appliquer des larvicides chimiques ne faisant pas
partie de la classe des pyréthrinoïdes aux gîtes larvaires connus des moustiques
Aedes. Plusieurs larvicides autres que des pyréthrinoïdes (larvicides bactériens,
benzoylurées, analogues de l’hormone juvénile, organophosphorés, spinosynes, par
exemple) et un produit qui entraîne la formation d’une pellicule monomoléculaire à
la surface de l’eau ont été préqualifiés par l’OMS, ce qui offre un choix de produits
issus d’autres classes chimiques et microbiennes sans lien avec les pyréthrinoïdes
ou créant une barrière physique, et dont les durées de rémanence dans les milieux
aquatiques sont variables (2). On y trouve notamment des produits destinés à
être utilisés dans les contenants servant au stockage de l’eau non potable et de
l’eau potable.

Zones où les espèces vectrices de moustiques Aedes sont résistantes à des insecticides
non-pyréthrinoïdes

• Dans ce cas, les programmes de lutte contre les maladies doivent éviter d’utiliser
des insecticides appartenant à ces classes pour toute intervention de lutte. Au lieu
de cela, il convient d’avoir recours à un produit qui fait partie d’une classe dont le
mode d’action est totalement différent et vis-à-vis de laquelle on ne connait pas de
résistance croisée au niveau local.

4.1.3 Lutte contre les maladies transmises par les moustiques Culex
Certaines espèces de moustiques Culex sont d’importants vecteurs de maladies
– à savoir, Culex quinquefasciatus, Cx. pipiens, Cx. tarsalis, Cx. tritaeniorhynchus et
Cx. annulirostris. Les principales maladies transmises par les moustiques Culex sont la
filariose de Bancroft, l’infection à West-Nile virus, la fièvre de la vallée du Rift, l’encéphalite
japonaise, l’encéphalite de Saint-Louis, l’encéphalite de la Murray Valley et la maladie
de Ross River. La lutte antivectorielle, qui doit venir en complément ou en remplacement
de l’administration de masse de médicaments dans certaines situations, peut jouer un
rôle important dans l’élimination de la filariose lymphatique. Les options de lutte dont on
dispose contre les moustiques Culex et leur rapport avec la résistance aux insecticides sont
les suivants.

• Les méthodes d’aménagement de l’environnement ne reposent pas sur l’utilisation


d’insecticides. Par conséquent, cette option doit être envisagée dans toutes les
situations, indépendamment de la présence ou non d’une résistance aux insecticides
chez les espèces de moustiques Culex locales.
• L’application de traitements larvicides est la principale méthode recommandée
pour lutter contre la plupart des espèces de moustiques Culex, en particulier
dans les zones urbaines et semi-urbaines où les gîtes larvaires sont bien connus
et repérables. Les larvicides doivent être appliqués dans les principaux gîtes
larvaires des moustiques Culex, et les produits utilisés doivent être des produits
visàvis desquels les espèces locales se sont avérées sensibles (larvicides bactériens,
benzoylurées, analogues de l’hormone juvénile, organophosphorés, spinosynes,
par exemple) ou qui vont permettre de les contrôler physiquement (par exemple,
des produits entraînant la formation d’une pellicule monomoléculaire à la surface
de l’eau).
• Il n’est pas recommandé d’avoir recours à la pulvérisation spatiale pour la lutte
exercée au quotidien contre Cx. quinquefasciatus ou d’autres espèces du genre
Culex. Lorsqu’elle est matériellement possible, la pulvérisation spatiale peut toutefois

16 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
être envisagée pour endiguer les épidémies d’arboviroses, telles que l’infection à
West-Nile virus, en utilisant un insecticide auquel les moustiques Culex spp. sont
sensibles.
• Dans des situations exceptionnelles, comme pour endiguer une flambée
épidémique d’encéphalite japonaise, la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent
dans les principaux abris de Cx. tritaeniorhynchus peut être envisagée, avec un
insecticide auquel les moustiques Culex spp. sont sensibles. Un certain nombre
de pyréthrinoïdes préqualifiés par l’OMS peuvent ainsi être utilisés. Lorsque les
moustiques Culex spp. sont résistant aux pyréthrinoïdes, il conviendra d’avoir recours
à un insecticide préqualifié par l’OMS qui appartient à une classe d’insecticides dont
le mode d’action est complètement différent.
• Une protection individuelle avec des répulsifs à appliquer sur la peau (topiques)
peut être envisagée pour prévenir l’infection à West-Nile virus.

Il est nécessaire de produire davantage de données sur la résistance aux insecticides


dans le temps et dans l’espace, en particulier pour les vecteurs Aedes et Culex spp., et
de mieux comprendre les répercussions de la résistance sur l’efficacité des interventions
de lutte antivectorielle dans le but d’utiliser davantage les données de résistance lors
de la conception des stratégies de lutte antivectorielle et de gestion de la résistance aux
insecticides.

4.2 Comprendre les changements inattendus observés dans les


profils de transmission des maladies et les épidémies
La résistance des vecteurs aux insecticides peut réduire l’efficacité des interventions de lutte
antivectorielle qui sont basées sur l’utilisation d’insecticides. Lorsque la courbe d’incidence
prend une tournure surprenante pour une maladie à transmission vectorielle, les données
relatives à la résistance aux insecticides peuvent être utiles pour déterminer si la résistance
en est la cause ou un facteur contributif. Par exemple, une campagne de pulvérisation
d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations peut être menée dans un secteur
opérationnel où les tests de résistance ont montré que les vecteurs locaux sont sensibles à
l’insecticide utilisé. Cependant, il est possible que dans certains sous-secteurs de la zone
où la pulvérisation est entreprise, les vecteurs soient résistants à l’insecticide appliqué. Cela
peut compromettre l’efficacité de la campagne de pulvérisation et entraîner des niveaux
d’incidence de la maladie étonnamment élevés après l’intervention. Cela étant, l’efficacité
des interventions de lutte antivectorielle dépend également de facteurs opérationnels
tels que la couverture de l’intervention, la qualité du produit utilisé et du déploiement, les
comportements humains (comme le fait de replâtrer les murs après la pulvérisation d’un
insecticide à l’intérieur des habitations) et le comportement des vecteurs. Par conséquent,
d’autres types de données seront nécessaires pour déterminer dans quelle mesure la
résistance aux insecticides peut être la cause de l’augmentation inattendue de l’incidence
d’une maladie.

Dans ces circonstances, les données du suivi de la résistance aux insecticides peuvent
également aider à choisir les interventions de lutte antivectorielle à mettre en place pour
réduire la transmission de la maladie ou arrêter des flambées épidémiques.

Le tableau 2 résume les aspects qu’il convient de prendre en considération pour différentes
configurations programmatiques.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 17
Tableau 2. Aspects de la résistance à suivre en priorité dans les configurations programmatiques
courantes

Configuration Besoins Priorité Autres caractéristiques utiles de la


programmatique programmatiques résistance

Mise en place d’une Sélectionner Avant toute mise Selon l’intervention envisagée, il
intervention de lutte une intervention en œuvre, évaluer peut s’avérer utile d’évaluer d’autres
antivectorielle basée qui soit efficace la présence d’une aspects, notamment :
sur l’utilisation contre la résistance dans la
d’insecticide pour population de population de vecteurs • la contribution du PBO à la
la première fois, ou vecteurs locale locale vis-à-vis des restauration de la sensibilité aux
pyréthrinoïdes – peut aider à
modification des insecticides que l’on
identifier les zones qui se prêtent
interventions de souhaite utiliser dans au déploiement de produits
lutte antivectorielle les interventions contenant du PBO ;
ou de l’insecticide envisagées
• l’analyse des mécanismes de
après la détection résistance – peut aider à choisir un
d’une résistance insecticide avec un mode d’action
différent ; et
• l’intensité de la résistance
– pourrait aider à hiérarchiser les
zones où modifier les interventions
de lutte antivectorielle lorsque les
ressources ne sont pas suffisantes
pour mettre en œuvre un
changement dans toutes les zones
où une résistance a été détectée.
Lutte antivectorielle Détecter la Évaluer la présence La surveillance des mécanismes
basée sur l’utilisation résistance dès d’une résistance dans moléculaires qui sont connus pour
d’insecticides déjà qu’elle apparaît la population de être liés au phénotype de résistance
en cours pour modifier les vecteurs locale vis- à l’insecticide utilisé peut aider
interventions au à-vis des insecticides à détecter de manière précoce
plus vite utilisés l’apparition d’une résistance.

Augmentation Identifier les Évaluer la présence Lorsqu’une résistance d’un certain


inattendue de la causes de d’une résistance à niveau est déjà présente, les données
transmission de la l’augmentation l’insecticide utilisé. relatives à l’intensité peuvent indiquer
maladie Cela peut indiquer si l’augmentation de l’incidence de la
si la réduction de maladie pourrait être associée à une
l’efficacité de la lutte amplification de la résistance.
antivectorielle peut
être la cause de ces
profils de transmission
inattendus.

18 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
5. Analyse d’un échantillon
de moustiques pertinent
et représentatif
Les résultats du suivi de la résistance aux insecticides présenteront un intérêt si les tests
sont effectués sur des moustiques vecteurs qui revêtent de l’importance sur le plan
épidémiologique ; ils seront fiables si les tests sont effectués sur un échantillon représentatif
de moustiques locaux (c’est-à-dire en évitant d’utiliser un trop grand nombre de moustiques
apparentés dans le même bioessai) ; et ils seront comparables dans le temps si les tests sont
toujours effectués selon les mêmes procédures avec des moustiques sains du même sexe, du
même stade de développement, du même âge et qui sont capturés au même endroit (voir
l’encadré 3).

Encadré 3. Recommandations concernant les moustiques à utiliser pour les tests de


résistance
• Tester en priorité le principal vecteur de la maladie, puis envisager de tester les
vecteurs secondaires.
• Dans la mesure du possible, tester chaque espèce vectrice séparément. À défaut,
procéder à une identification des moustiques après le test afin d’évaluer les
résultats pour chaque espèce.
• Effectuer le test avec des moustiques femelles non gorgées de sang âgées de
3 à 5 jours que l’on a laissées à jeun pendant 6 heures avant le test (sauf pour
le pyriproxyfène auquel cas les moustiques doivent être âgés de 5 à 7 jours et
nourris de sang 1 heure avant l’exposition).
• Utiliser le stade de développement du vecteur qui est ciblé par l’intervention de
lutte antivectorielle mise en œuvre ou envisagée (par exemple, des moustiques
adultes pour la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des
habitations et les moustiquaires imprégnées d’insecticide, et des larves pour les
traitements larvicides).
• Tester des individus qui ont une bonne condition physique (par exemple qui
sont bien nourris, et gardés dans des plateaux et des cages qui ne sont pas
surchargés).
• Utiliser un échantillon qui présente une diversité génétique telle qu’il représente
la population de vecteurs locale (c’est-à-dire prélever des moustiques dans
plusieurs maisons, gîtes larvaires et zones afin d’éviter d’avoir beaucoup de
moustiques apparentés dans l’échantillon testé).

5.1 Stade de développement et origine des vecteurs


Il existe des procédures pour évaluer la résistance aux insecticides de moustiques au stade
adulte et de moustiques au stade larvaire.

• Si l’intervention de lutte antivectorielle envisagée cible des moustiques adultes (comme


la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la pulvérisation d’insecticide
à effet rémanent à l’intérieur des habitations, la pulvérisation spatiale pour la lutte
contre les moustiques Aedes), les tests de résistance aux insecticides doivent être

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 19
effectués avec des adultes. On dispose de procédures de test standardisées bien
validées pour les adultes – à savoir le test en tubes de l’OMS et le bioessai en
bouteilles de l’OMS.
• Si l’intervention de lutte antivectorielle envisagée cible des stades larvaires
(comme les larvicides chimiques), les tests de résistance aux insecticides doivent
de préférence être effectués sur des larves. Cependant, les procédures des tests de
sensibilité pour les larves n’ont pas été revalidées ou mises à jour depuis qu’elles
ont été établies en 1981. Pour l’heure, elles sont donc moins standardisées que les
procédures des tests de sensibilité chez les adultes.

Lorsque la résistance est évaluée chez des individus adultes, il est recommandé de prélever
les moustiques en utilisant l’une des trois méthodes décrites dans le tableau 3 où l’on
trouvera également les avantages et les inconvénients de chacune d’elles.

Tableau 3. Stade de développement et origine des moustiques pour les tests de résistance

Stade et origine Justification Avantages Inconvénients

Adultes élevés Il s’agit de la méthode Augmente les chances • Peut ne pas être réalisable
à partir de de choix, qui est que le test soit effectué dans les milieux à faible
moustiques particulièrement avec un échantillon densité de moustiques.
femelles appropriée lorsque représentatif de la • Peut prendre beaucoup
gorgées de l’on ne connaît pas principale espèce vectrice. de temps pour avoir
sang capturées la principale espèce un nombre suffisant de
à l’état sauvage, vectrice d’une zone, ou Les espèces peuvent être moustiques femelles.
de préférence que cette information identifiées avant les tests • Nécessite un insectarium ou
à l’intérieur des n’est pas à jour. pour éviter de gaspiller une installation d’élevage de
des ressources en testant moustiques.
habitations (F1)
des vecteurs qui ne sont
pas importants sur le plan
épidémiologique.
Adultes élevés à À utiliser lorsqu’il Plus facile d’obtenir le • Si les gîtes larvaires des
partir de larves n’est pas possible nombre recommandé principales espèces
de moustiques de capturer des de moustiques et peut vectrices ne sont pas connus
collectées sur le moustiques adultes prendre moins de temps. et restent introuvables,
l’échantillonnage dans
terrain (F1) sauvages, par exemple
des gîtes larvaires pris au
lorsqu’ils ne sont pas hasard peut mener à tester
présents en nombre des espèces qui ne sont pas
suffisant, mais que les principaux vecteurs de
les gîtes larvaires des transmission (par exemple,
principales espèces des espèces zoophiles).
de vecteurs sont • Nécessite un insectarium ou
repérables. une installation d’élevage de
moustiques.
• Il est possible que les larves
aient déjà été exposées à des
insecticides à un niveau non
létal, ce qui pourrait avoir une
incidence sur les résultats des
bioessais.

20 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Stade et origine Justification Avantages Inconvénients

Femelles adultes Pratique en l’absence Il est possible que • L’âge, l’état physiologique
capturées à d’infrastructure pour l’échantillon représente et le statut infectieux des
l’état sauvage, élever les moustiques mieux la population de vecteurs ne peuvent pas
de préférence dans les conditions vecteurs sauvages qui être contrôlés, ce qui
réduit la comparabilité des
à l’intérieur des voulues. transmet la maladie à
résultats entre les sites et au
habitations (F0) un moment et un endroit fil du temps.
À utiliser dans les donnés.
• Il est possible que les
situations d’urgence
moustiques aient déjà été
lorsque la collecte Ne nécessite pas exposés à des insecticides
de larves sauvages d’installation d’élevage. à un niveau non létal, ce qui
n’est matériellement pourrait avoir une incidence
pas possible et que sur les résultats des bioessais.
l’on ne dispose pas • Les femelles capturées à l’état
d’installation d’élevage sauvage sont susceptibles
(par exemple, dans de transmettre un agent
des camps de pathogène et devront être
réfugiés). manipulées avec soin.

5.2 Recommandations pour l’échantillonnage des moustiques


Les tests de résistance doivent être réalisés avec des échantillons de moustiques qui
sont représentatifs de la population de vecteurs locale, c’est-à-dire des échantillons qui
contiennent des moustiques dont la diversité génétique est similaire à celle présente dans
la population de vecteurs qui circule sur le terrain. L’encadré 4 fournit les recommandations
à suivre pour que l’échantillon de moustiques recueilli soit représentatif.

Encadré 4. Recommandations concernant l’échantillonnage des moustiques


Collecte de moustiques femelles adultes sauvages

• Capturer les moustiques femelles adultes dans les pièces où les habitants ont
dormi la nuit précédente ou dans les lieux de repos préférés des principales
espèces vectrices que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.
• Si l’objectif est d’utiliser la génération F1 pour les tests de sensibilité, il faut
capturer au moins 30 moustiques femelles adultes gorgées de sang dans un
certain nombre de maisons différentes au sein d’une zone d’échantillonnage,
et leur progéniture doit être mélangée avant d’effectuer le test. Ceci afin
d’éviter d’inclure un grand nombre d’individus apparentés ou issus de la
même souche dans l’échantillon testé.
• Si les adultes F0 sont capturés pour être utilisés immédiatement dans des
bioessais, ils doivent être collectés à plusieurs endroits géographiquement
séparés dans le village, en prenant soin de ne pas capturer des moustiques
dans des maisons adjacentes. Ceci afin d’éviter d’avoir trop de moustiques
apparentés dans le même échantillon.
• Les caractéristiques de la localité où les moustiques adultes sont capturés
(s’agissant par exemple des interventions de lutte antivectorielle mises en
œuvre et des pratiques agricoles) doivent être consignées parce qu’une
exposition préalable des moustiques à l’insecticide peut avoir une incidence
sur les résultats des tests.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 21
Collecte de larves de moustiques sauvages

• Collecter les larves dans les gîtes larvaires préférés des principaux vecteurs de
transmission.
• Le mieux est de collecter les larves dans autant de gîtes larvaires différents et
géographiquement distincts que possible.
• Les larves doivent être regroupées et élevées ensemble afin d’éviter d’avoir
une forte proportion de moustiques apparentés dans l’échantillon testé.
• Les caractéristiques de la localité où les larves sont collectées (s’agissant
par exemple des interventions de lutte antivectorielle mises en œuvre et des
pratiques agricoles) doivent être consignées parce qu’une exposition préalable
des larves aux insecticides peut avoir une incidence sur les résultats des tests.

Recommandation visant à assurer la comparabilité des résultats dans le temps

Les moustiques adultes et/ou les larves doivent être collectées dans les mêmes
maisons/gîtes larvaires au cours du temps, et tout changement apporté au site de
capture qui pourrait avoir modifié l’exposition des vecteurs aux insecticides (s’agissant
par exemple des interventions de lutte antivectorielle mises en œuvre et de nouvelles
pratiques agricoles) doit être bien enregistré.

5.3 Conditions d’élevage des moustiques


Les conditions d’élevage des moustiques, telles que la température, la qualité de l’eau, la
nourriture, la surcharge de larves et la manipulation des moustiques pendant les activités
liées à l’élevage ou pendant la réalisation des tests de résistance, peuvent affecter les
résultats des tests (29, 30). Pour que les résultats des tests restent comparables au fil du
temps, il est recommandé de suivre systématiquement les mêmes protocoles d’élevage et
de manipulation des moustiques.

Les moustiques doivent toujours être manipulés avec précaution, et d’autant plus pendant
les tests et pendant l’élevage lorsqu’ils sont dans les premiers stades larvaires. Dans les
installations d’élevage, les stades larvaires immatures doivent être conservés dans des
plateaux qui ne sont pas trop remplis et la température de l’eau doit être de 25 °C ±5 °C.
Les moustiques adultes doivent être maintenus dans des cages non surchargées, à une
température de 27 °C ±2 °C et une humidité relative de 75 % ±10 %.

Pour obtenir le nombre recommandé de moustiques pour un test, il est possible de


regrouper dans les cages les moustiques femelles adultes qui sont capturées à l’état
sauvage ou la descendance F1 des moustiques capturés à l’état sauvage au fil de
l’émergence des adultes. Dans les cages, les moustiques doivent avoir accès à une solution
sucrée à 10 % (et à un repas de sang 1 heure avant le test dans le cas du pyriproxyfène). Le
repas d’eau sucrée doit être retiré environ 6 heures avant d’effectuer un test. Comme cela
est décrit dans l’encadré 3, les tests réalisés avec le pyriproxyfène nécessitent d’utiliser des
femelles gorgées de sang.

22 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
5.4 État physiologique, sexe et âge des moustiques adultes
Ce sont les moustiques femelles qu’il faut utiliser pour le suivi de la résistance. L’utilisation
de mâles n’est pas recommandée, car il n’y a pas lieu d’en tenir compte sur le plan
épidémiologique (en ce sens qu’ils ne transmettent pas les agents pathogènes), ils sont plus
sensibles aux insecticides que les femelles (31) et les interventions de lutte antivectorielle
ciblent toujours les moustiques femelles. Pour tester le pyriproxyfène, les mâles ne peuvent
pas être utilisés, car le critère évalué par le test est l’inhibition de l’oviposition par les
moustiques femelles.

Les études menées à partir de moustiques femelles adultes ont souvent montré que l’âge et
l’état physiologique (c’est-à-dire le fait qu’elles soient non gorgées de sang, semi-gravides
ou gravides) ont tous deux un effet marqué sur la sensibilité aux insecticides. La sensibilité
aux insecticides est accrue chez les moustiques plus âgés par rapport aux plus jeunes
(32-37), en particulier lorsque la résistance est conférée par la présence d’une enzyme de
détoxication dont l’activité peut diminuer avec l’âge (44). La résistance s’est avérée plus
importante chez les moustiques gorgés de sang que chez leurs homologues à jeun (36,
38). Par voie de conséquence, pour pouvoir comparer les résultats des tests au fil du temps,
il est important que l’âge et l’état d’alimentation des moustiques soient standardisés. Pour
tous les insecticides, hormis le pyriproxyfène, les moustiques femelles testées doivent être
âgées de 3 à 5 jours, et ne pas être gorgées de sang. Pour le pyriproxyfène, les moustiques
femelles testées doivent être âgées de 5 à 7 jours afin de leur laisser suffisamment de
temps pour s’accoupler avant le test, et nourries de sang 1 heure avant l’exposition de sorte
qu’elles puissent pondre des œufs pendant le test.

5.5 Espèces vectrices


Les interventions de lutte antivectorielle sont mises en place pour combattre le principal
vecteur de la maladie afin d’en réduire la transmission. Dans de nombreuses régions
où les maladies à transmission vectorielle sont endémiques, plusieurs espèces vectrices
peuvent être présentes simultanément, mais ne pas contribuer de la même manière à
la transmission de la maladie. Il est donc important de veiller à ce que la résistance soit
surveillée en premier lieu chez les principaux vecteurs de la maladie, puis chez les vecteurs
secondaires.

Les bioessais pour l’analyse de la résistance doivent de préférence être effectués avec des
moustiques de la même espèce. Cela étant, il n’est généralement possible de connaître
les espèces de moustiques utilisées dans un test que lorsque l’on utilise la descendance
de femelles capturées dans leur milieu naturel ou les adultes issus des larves sauvages
collectées dans la nature. Dans le premier cas, il est possible de déterminer l’espèce de la
génération F1 en identifiant l’espèce de la mère, tel que cela est décrit dans le tableau 4.
Dans le second cas, l’inspection visuelle des larves permet de caractériser l’espèce,
mais cela nécessite une grande expérience dans l’identification des larves et est source
d’erreurs. Ces deux situations nécessitent des capacités d’élevage et de laboratoire
appropriées, et des moyens humains adéquats. Lorsqu’il n’est matériellement pas possible
d’identifier les espèces avant le bioessai, les moustiques doivent être collectés dans
les gîtes larvaires et les lieux de repos des principaux vecteurs de la maladie afin que
l’échantillon testé contienne essentiellement les principaux vecteurs. Par exemple, pour
le paludisme et la dengue, les moustiques qui se reposent à l’intérieur des habitations
constitueront probablement un échantillon des vecteurs qui présentent un intérêt sur le plan
épidémiologique.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 23
Lorsque les espèces ne sont pas identifiées avant un bioessai, elles doivent l’être après, si
les ressources le permettent. Afin d’estimer la mortalité des moustiques par espèce, tous
les moustiques inclus dans un test doivent être identifiés. Lorsque les ressources ne sont
pas suffisantes, l’analyse de tous les moustiques ayant survécu ou d’un sous-ensemble de
survivants peut aider à détecter une résistance possible chez certaines espèces. Toutefois, il
sera nécessaire d’effectuer des bioessais complets avec un nombre suffisant de moustiques
des espèces concernées pour confirmer la résistance.

Il est possible de différencier certaines espèces des autres en observant leurs


caractéristiques morphologiques au microscope à l’aide de clés taxonomiques standard.
Certaines espèces d’anophèles sont identiques ou très similaires sur le plan morphologique,
et constituent des complexes d’espèces cryptiques. Anopheles gambiae s.l., An. funestus
s.l., An. culicifacies s.l., An. fluviatilis s.l., An. dirus s.l., An. minimus s.l., An. nuneztovari
s.l. et An. albitarsis sont des exemples de ce type de groupes. Seules des techniques
moléculaires, en détectant les différences génétiques, permettent de faire la différence
entre les espèces qui composent ces groupes. Les méthodes moléculaires utilisées pour
l’identification des espèces sont indiquées dans la publication Methods in Anopheles
research manual (39). Ces méthodes nécessitent de conserver les échantillons de
moustiques de manière particulière.

Tableau 4. Processus permettant d’effectuer des bioessais avec une seule espèce vectrice
(si l’on utilise la génération F1 adulte) ou d’identifier les espèces après le test (si l’on utilise des
adultes F0)

Moustiques testés Processus

Descendance F1 de femelles Les espèces peuvent être identifiées avant de commencer un test,
adultes capturées à l’état comme suit.
sauvage
• Maintenir les femelles dans des cages ou des gobelets individuels,
les laisser pondre leurs œufs séparément des autres femelles.
• Une fois les œufs pondus, tuer les femelles et identifier leur espèce.
• Regrouper la progéniture des femelles de la même espèce pour
faire un test de sensibilité. Cela sera l’assurance que tous les
moustiques utilisés dans le test sont de la même espèce.
Adultes F0 élevés à partir de Les espèces doivent être identifiées comme suit après le test.
larves collectées dans le milieu
naturel ou femelles capturées • À la fin du test, séparer les moustiques en quatre groupes :
à l’état sauvage utilisées – les moustiques qui sont morts après l’exposition à l’insecticide ;
directement
– les moustiques qui ont survécu après l’exposition à l’insecticide ;
– les moustiques témoins qui sont morts ; et
– les moustiques témoins qui sont toujours vivants.
• Conserver chaque individu séparément dans des tubes de
microcentrifugeuse de 0,5 mL avec du gel de silice ou dans de
l’éthanol à 70 %. Chaque moustique doit être clairement étiqueté
comme « mort » ou « vivant », et « exposé » ou « témoin ».
• Identifier chaque moustique par amplification en chaîne par
polymérase en utilisant des méthodes standard.
• Calculer la mortalité (ou l’inhibition de l’oviposition dans le cas
du pyriproxyfène) pour chaque espèce, en tenant compte de la
mortalité des témoins respectifs (c’est-à-dire en corrigeant la
mortalité avec la formule d’Abbott, s’il y a lieu).

24 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
6. Bioessais standard
Des bioessais standard ont été mis au point pour générer des données sur la résistance
aux insecticides pouvant être comparées au fil du temps et d’un endroit à l’autre. Il s’agit
notamment de deux bioessais complémentaires développés par l’OMS – le test en tubes
de l’OMS et le bioessai en bouteilles de l’OMS – et d’un bioessai en bouteilles développé
par les CDC.

Les bioessais standard sont des tests directs de réponse à une exposition qui mesurent
l’effet de l’exposition à un insecticide ou à un synergiste sur un échantillon de moustiques.
Ils peuvent être utilisés pour évaluer les aspects suivants de la résistance dans un
échantillon de moustiques :

• la présence d’une résistance (bioessais d’évaluation de la sensibilité) ;


• l’intensité de la résistance (bioessais d’évaluation de l’intensité de la résistance) ; et
• la capacité d’un synergiste à restaurer la sensibilité à un insecticide auquel les
moustiques sont résistants (bioessais synergiste-insecticide).

Des procédures opératoires standard pour évaluer la présence d’une résistance avec le test
en tubes de l’OMS et le bioessai en bouteilles de l’OMS, et pour évaluer la capacité du PBO
à restaurer la sensibilité des moustiques aux pyréthrinoïdes avec le test en tubes de l’OMS
ont été mis au point dans le cadre d’une étude multicentrique de l’OMS en 2021 (20) et sont
mis à disposition sur le site Web de l’OMS (22). Les procédures pour évaluer la présence et
l’intensité de la résistance, et la capacité d’un synergiste à rétablir la sensibilité des vecteurs
aux insecticides à partir du bioessai en bouteilles des CDC sont disponibles sur le site Web
des CDC (23).

6.1 Bioessais de l’OMS pour l’évaluation de la sensibilité


Les bioessais de l’OMS pour l’évaluation de la sensibilité (le test en tubes et le bioessai en
bouteilles) sont utilisés pour détecter la présence d’une résistance à un insecticide dans une
population de vecteurs. Ils mesurent la réponse phénotypique d’un échantillon de vecteurs
après une exposition à un insecticide.

Dans ces bioessais, les moustiques sont exposés pendant 1 heure à des papiers-filtres
ou à des flacons traités avec la concentration discriminante d’un insecticide. L’effet de
l’insecticide que l’on souhaite évaluer – tel que la mortalité des moustiques (pour les
adulticides) ou l’inhibition de l’oviposition (pour le pyriproxyfène) – est mesuré après un
temps d’observation post-exposition déterminé. Les concentrations discriminantes sont
établies de manière à différencier les moustiques sensibles des moustiques résistants en
fonction des résultats observés à la fin du temps d’observation. Les moustiques qui sont
encore en vie, ou qui présentent peu ou pas de changements vis-à-vis de la ponte (pour
le pyriproxyfène), à la fin du temps d’observation sont considérés comme résistants à
l’insecticide. Les tests permettent d’estimer le pourcentage de moustiques résistants dans
une population. La méthode de classification présentée dans la figure 4 (section 6.3) peut
être utilisée pour déterminer si la population de moustiques est résistante ou sensible à
l’insecticide, ou si une résistance est possible et doit être confirmée par d’autres bioessais.

Jusqu’à récemment, la seule procédure de test standardisée de l’OMS qui était disponible
pour évaluer la sensibilité était celle pour le test en tubes de l’OMS. Ce test consiste
à exposer des moustiques adultes à des papiers imprégnés d’un insecticide à sa

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 25
concentration discriminante dans des tubes en plastique spécialement conçus. Cependant,
du fait de leurs propriétés chimiques, certains insecticides ne s’imprègnent pas sur les
papiers-filtres. Pour permettre de surveiller la résistance des vecteurs à ces insecticides, un
nouveau test de sensibilité, le bioessai en bouteilles de l’OMS, a été mis au point entre 2017
et 2021 dans le cadre d’une étude multicentrique coordonnée par l’OMS (20).

Le bioessai en bouteilles de l’OMS est une version modifiée du bioessai en bouteilles


des CDC (23). Dans les deux tests, les moustiques sont exposés à un insecticide dans des
bouteilles en verre (volume de 250 mL) recouverts d’un mélange d’insecticide et d’acétone
(comme solvant). Pour certains insecticides, un agent tensio-actif doit également être
appliqué sur les bouteilles pour empêcher la cristallisation de l’insecticide. Les différences
entre les deux bioessais en bouteilles sont : la durée d’exposition des moustiques dans les
bouteilles, la concentration d’insecticide utilisée pour traiter les bouteilles et le moment où
le paramètre testé est évalué. Pour une question d’harmonisation avec le test en tubes
de l’OMS, qui a longtemps été utilisé par le personnel spécialisé en entomologie dans
les programmes de lutte contre les maladies, le bioessai en bouteilles de l’OMS consiste
à exposer les moustiques à une concentration discriminante d’insecticide pendant une
période définie de 1 heure et à mesurer la mortalité des moustiques 24 heures après
la période d’exposition (ou 72 heures dans le cas du chlorfénapyr). En revanche, dans
le bioessai en bouteilles des CDC, les moustiques sont exposés à l’insecticide pendant
30 minutes (ou 45 minutes pour le DDT), et la mortalité des moustiques est évaluée à la
fin de la durée d’exposition. Les principales différences entre les deux procédures sont
présentées dans le tableau 5.

Tableau 5. Différences entre le bioessai en bouteilles de l’OMS et le bioessai en bouteilles des CDC
pour évaluer la sensibilité des vecteurs aux insecticides autres que le pyriproxyfène

Bioessai Nombre de Nombre de Durée de Durée après laquelle la


bouteilles bouteilles l’exposition mortalité des moustiques est
traitées témoins évaluée

Bioessai en 4 2 1h 24 h (ou 72 h pour le


bouteilles de l’OMS chlorfénapyr)
Bioessai en 4 1 30 min (ou 45 min À la fin de la période
bouteilles des CDC pour le DDT) d’exposition de 30 min (ou de
45 min pour le DDT)

Sur la base des éléments qui ont été générés dans l’étude multicentrique de l’OMS et
en tenant compte de certaines données historiques, l’OMS recommande dorénavant
d’utiliser les concentrations discriminantes d’insecticides qui sont présentées dans les
tableaux 6, 7 et 8 pour les adultes des espèces Anopheles, Aedes et Culex respectivement.
Ces concentrations discriminantes standard concernent un certain nombre d’insecticides
importants pour la santé publique et plusieurs espèces vectrices principales de maladies.
Il est primordial d’utiliser systématiquement la même concentration discriminante si l’on
veut détecter l’émergence d’une résistance à un insecticide et en suivre la propagation
dans le temps.

Pour suivre la résistance chez une espèce vectrice qui n’est pas répertoriée
dans ces tableaux ou pour laquelle aucune concentration discriminante
standard n’a été établie par l’OMS, les pays peuvent utiliser la concentration
discriminante la plus élevée qui soit recommandée pour l’insecticide parmi les
espèces appartenant au même genre, jusqu’à ce que des concentrations
discriminantes spécifiques à l’espèce soient définies.

26 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
La figure 1 est la représentation schématique d’un test de sensibilité de l’OMS effectué à
l’aide de la procédure du test en tubes de l’OMS.

Fig. 1. Étapes du test en tubes de l’OMS réalisé sur des moustiques adultes avec des insecticides
dont l’effet est létal

Période de préexposition (1 h) : Maintenir


les moustiques dans des tubes d’observation
doublés d’un papier blanc propre.

Période d’exposition (1 h) : Exposer les


moustiques à des papiers imprégnés
d’insecticide (tubes rouges) ou à des papiers
témoins traités uniquement avec de l’huile
ou de l’acétone (tubes jaunes).
Insecticide Témoin

Période d’observation post-exposition


(24 h) : Transférer les moustiques dans les
tubes d’observation. Leur donner accès à
une solution sucrée. Calculer la mortalité à la
fin des 24 h.

La figure 2 est une représentation schématique des différentes phases du bioessai en


bouteilles générique de l’OMS et fait ressortir les particularités du test effectué avec
le chlorfénapyr. Un agent tensio-actif (constitué à 81 % d’ester méthylique d’huile de
colza – MERO) est nécessaire pour imprégner les bouteilles de clothianidine et de
flupyradifurone afin d’éviter que les principes actifs ne cristallisent.

En raison de la variabilité des résultats obtenus lors de l’analyse de la sensibilité des


moustiques vis-à-vis du chlorfénapyr au cours de l’étude multicentrique coordonnée
par l’OMS (20), les tests effectués avec le chlorfénapyr font pour le moment l’objet de
conditions spécifiques :

1) un échantillon provenant d’une souche sensible de laboratoire doit être testé


parallèlement à l’échantillon de moustiques sauvages. Cela permet de valider les
résultats du test effectué avec l’échantillon de moustiques sauvages, car il a parfois
été observé que la mortalité chez les moustiques sensibles exposés au chlorfénapyr
pouvait être inférieure au seuil établi par l’OMS pour définir la sensibilité. Le test
avec les moustiques sauvages et celui avec la souche sensible doivent chacun
comprendre deux bouteilles témoins ;
2) la température pendant les bioessais effectués avec le chlorfénapyr doit être
scrupuleusement maintenue à 27 ±2 °C, avec une humidité de 75 ±10 %. En effet,
les résultats se sont montrés hétérogènes d’un laboratoire à l’autre lorsque la
température pendant le test était inférieure à 25 °C; et
3) la résistance au chlorfénapyr ne peut être confirmée que lorsque trois bioessais en
bouteilles de l’OMS, effectués à différents moments avec des échantillons provenant
de la même population de vecteurs, montrent une mortalité des moustiques <90 %
72 heures après l’exposition, la mortalité dans l’échantillon sensible testé en parallèle
devant être ≥98 % à chaque fois.

Il est possible que ces conditions spécifiques soient retirées après que l’OMS aura reçu et
évalué davantage de données de terrain sur les tests de sensibilité au chlorfénapyr.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 27
Fig. 2. Étapes du bioessai en bouteilles de l’OMS et particularités du test effectué avec le
chlorfénapyr

= 25x Souche sensible (uniquement


Moustiques sauvages pour tester le chlorfénapyr)
Période d’exposition (1 h) :
Traitement Témoin Traitement Témoin
Introduire 25 moustiques dans
chaque bouteille « traitement »
et « témoin »

Période d’observation (24 h ou


72 h) : Transférer les moustiques
dans les gobelets en papier.
Leur donner accès à une
solution sucrée. Calculer la
mortalité à la fin des 24 h
(ou 72 h pour le chlorfénapyr)

La figure 3 est une représentation schématique du bioessai en bouteilles de l’OMS


lorsqu’il est utilisé pour tester la résistance du vecteur au pyriproxyfène, un analogue de
l’hormone juvénile. Cette méthode a été mise au point entre 2017 et 2021 dans le cadre
de l’étude multicentrique coordonnée par l’OMS qui visait à définir des procédures et
des concentrations discriminantes pour de nouveaux insecticides et certaines espèces
de moustiques (20). Elle est plus complexe et plus longue que le bioessai en bouteilles
classique de l’OMS, car, contrairement à d’autres insecticides avec lesquels on cherche
à tuer les moustiques, les analogues de l’hormone juvénile, tels que le pyriproxyfène,
inhibent ou réduisent la fertilité et la fécondité des moustiques femelles adultes.
Même s’ils peuvent réduire a) le nombre de moustiques qui pondent des œufs (taux
d’oviposition), b) le nombre d’œufs pondus par moustique, c) l’éclosion des œufs pondus,
d) le développement des larves aux différents stades ultérieurs jusqu’aux nymphes, ou
e) raccourcir la durée de vie des moustiques, l’effet le plus facile à mesurer est celui du
pyriproxyfène sur le nombre de moustiques qui pondent des œufs (39). Il s’agit de faire une
comparaison visuelle de la proportion de moustiques exposés et témoins ayant pondu des
œufs, comme cela est décrit à la section 6.7. De ce fait, les étapes de ce bioessai sont les
suivantes :

• appliquer le pyriproxyfène sur les bouteilles en verre ;


• faire sécher les bouteilles pendant 2 heures ;
• permettre aux moustiques femelles qui seront utilisées de s’accoupler dans les cages
au cours des 4 jours précédant l’exposition ;
• Nourrir les moustiques femelles avec du sang 1 heure avant l’exposition ;
• exposer les femelles gorgées de sang pendant 1 heure dans les bouteilles
imprégnées de pyriproxyfène, ainsi que dans les bouteilles témoins (note : ce test
nécessite 16 bouteilles au total, ce qui représente quatre bouteilles « traitement » et
quatre bouteilles « témoins » avec soit des femelles capturées à l’état sauvage, soit
des souches sensibles élevées en laboratoire pour un total de 400 moustiques) ;
• transférer les femelles dans des gobelets en papier et les laisser pendant 72 heures après
l’exposition au pyriproxyfène ;
• isoler chaque femelle dans un gobelet en papier et surveiller la ponte pendant 4 jours ; et
• compter le nombre de femelles exposées et témoins ayant pondu des œufs pour
calculer le taux d’oviposition chez les moustiques exposés et chez les moustiques
témoins, et estimer l’inhibition de l’oviposition.

28 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Le test a été mis au point à partir de souches de laboratoire et on ne connaît pas la
capacité des moustiques femelles capturées à l’état sauvage (ou de leur descendance) à
pondre des œufs au cours de ces procédures de laboratoire. Si les taux d’oviposition sont
faibles, une autre méthode peut être envisagée, car il est aussi possible de quantifier le
taux d’oviposition en procédant à une dissection des ovaires. Lorsque des tests auront été
effectués sur des populations de moustiques sauvages et que les données générées auront
été communiquées à l’OMS, les procédures seront révisées.

Fig. 3. Étapes du bioessai en bouteilles de l’OMS effectué sur des moustiques adultes avec des
analogues de l’hormone juvénile

1 Imprégner les bouteilles


et les bouchons, faire
sécher les bouteilles 5 Noter la
pendant 2 h présence d’œufs
dans chaque
gobelet pour
calculer le taux
2 Nourrir les moustiques d’oviposition
avec du sang 1 h avant le
4 Isoler chaque
femelle qui a
début du test
survécu dans une
chambre de ponte

3 Exposer les
moustiques au
pyriproxyfène dans
les bouteilles en verre
pendant 1 h et les
transférer dans des
gobelets en papier
2h 1h 24 h 48 h 72 h 24 h 48 h 72 h 96 h

Préparation Maintenir les moustiques Maintenir les moustiques dans des


dans des gobelets en chambres individuelles pendant
papier pendant 72 h 4 jours (1 femelle par gobelet)
(25 femelles par gobelet)

Moustiques sauvages Souche sensible

= 25x Traitement Témoin Traitement Témoin

Période d’exposition (1 h)
: Introduire 25 moustiques
dans chaque bouteille
« traitement » et « témoin »

Période d’observation (24 h


ou 72 h) : Transférer les
moustiques dans les gobelets
en papier. Leur donner
accès à une solution sucrée.
Calculer la mortalité au
bout de 72 h et transférer les
femelles survivantes dans des
chambres individuelles pour la
ponte (gobelets en papier)

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 29
30
Tableau 6. Concentrations discriminantes d’insecticides pour les bioessais de l’OMS évaluant la sensibilité des moustiques Anopheles
Classe d’insecticide/ Méthode Insecticide Espèces pour lesquelles Concentration Concentrations Durée de Temps Huile de
synergiste de test les concentrations discriminantea disponibles pour l’exposition d’observation support/
discriminantes sont validées l’évaluation de l’intensité solvant/agent
de la résistance sur tensio-actif
papier-filtreb
Pyréthrinoïdes Test en Alpha- An. funestus s.s., An. 0,05 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile de
tubes de cyperméthrine gambiae s.s., An. minimus silicone
l’OMS An. albimanus, An. stephensi 0,30 %c 1h 24 h Huile de
silicone
Cyfluthrine An. aconitus, An. albimanus, 0,15 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile de
An. arabiensis, An. dirus, silicone
An. freeborni, An. gambiae
s.s., An maculatus,
An. minimus, An. stephensi
Deltaméthrine An. aconitus, An. albimanus, 0,05 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile de
An. arabiensis, An. dirus, silicone
An. freeborni, An. gambiae
s.s., An. maculatus,
An. minimus, An. stephensi
Étofenprox An. aconitus, An. albimanus, 0,50 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile de
An. arabiensis, An. dirus, silicone
An. freeborni, An. gambiae
s.s., An. maculatus,
An. stephensi
Lambda- An. aconitus, An. albimanus, 0,05 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile de
cyhalothrine An. arabiensis, An. dirus, silicone
An. freeborni, An. gambiae
s.s., An. maculatus,
An. minimus, An. stephensi
An. sacharovi 0,10 % 1h 24 h Huile de
silicone
Perméthrine An. aconitus, An. albimanus, 0,75 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile de
(rapport des An. arabiensis, An. dirus, silicone

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
isomères An. freeborni, An. gambiae
cis:trans de s.s., An. maculatus,
40:60) An. minimus, An. stephensi
Classe d’insecticide/ Méthode Insecticide Espèces pour lesquelles Concentration Concentrations Durée de Temps Huile de
synergiste de test les concentrations discriminantea disponibles pour l’exposition d’observation support/
discriminantes sont validées l’évaluation de l’intensité solvant/
de la résistance sur agent tensio-
papier-filtreb actif
Bioessai en Transfluthrine An. albimanus, An. stephensi, 2 µg/flacon – 1h 24 h Acétone
bouteilles An. funestus, An. minimus, uniquement
de l’OMS An. gambiae s.s.
Carbamates Test en Bendiocarbe n.d. 0,10 % × 5 et × 10 1h 24 h Huile d’olive
tubes de d,e
Carbosulfan n.d. 0,40 % – 1h 24 h Huile d’olive
l’OMS e
Propoxur n.d. 0,10 % – 1h 24 h Huile d’olive
Organochlorés DDT n.d. 4,00 % – 1h 24 h Huile Risella
e,f
Dieldrine n.d. 4,00 % / 0,4 % – 1h 24 h Huile Risella
Organophosphorés Fénitrothion n.d. 1,00 %e – 2h 24 h Huile d’olive
Malathion n.d. 5,00 % – 1h 24 h Huile d’olive
c
Pyrimiphos- An. albimanus, An. stephensi, 100 mg/m² – 1h 24 h Acétone
méthyl An. minimus, An. funestus s.s. uniquement
An. gambiae s.s 170 mg/m² c – 1h 24 h Acétone
uniquement
Synergiste Butoxyde de n.d. 4,00 % – 1h 24 h Huile de
pipéronyle silicone
Néonicotinoïdes Bioessai en Clothianidine An. albinamus, An. stephensi 10 µg/flacon – 1h 24 h Acétone +
bouteilles MERO
de l’OMS 800 ppm
An. funestus s.s., 4 µg/flacon – 1h 24 h Acétone +
An. gambiae s.s. MERO
800 ppm
An. minimus 6 µg/flacon – 1h 24 h Acétone +
MERO
800 ppm

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
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32
Classe d’insecticide/ Méthode Insecticide Espèces pour lesquelles les Concentration Concentrations Durée de Temps Huile de
synergiste de test concentrations discriminantes discriminantea disponibles pour l’exposition d’observation support/
sont validées l’évaluation de l’intensité solvant/agent
de la résistance sur tensio-actif
papier-filtreb
Buténolides Bioessai en Flupyradifurone An. albimanus 500 µg/flacon – 1h 24 h Acétone +
bouteilles MERO
de l’OMS 200 ppm
An. funestus s.s., 60 µg/flacon – 1h 24 h Acétone +
An. gambiae s.s. MERO
200 ppm
An. funestus s.s., An. minimus 100 µg/flacon – 1h 24 h Acétone +
MERO
200 ppm
Pyrroles Chlorfénapyr An. gambiae s.s., An. 100 µg/flacon – 1h 72 h Acétone
stephensi, An. funestus s.s., uniquement
An. albimanus
Analogues de Pyriproxyfène An. gambiae s.s., An. 100 µg/flacon – 1h 72 h pour la Acétone
l’hormone juvénile stephensi, An. funestus s.s. mortalité, uniquement
7 j pour
l’inhibition de
l’oviposition
– : non disponible ; MERO : huile de colza – sous forme d’ester méthylique – à 81 % (fabriqué par Bayer CropScience) ; n.d. : données spécifiques aux espèces non disponibles ; ppm : parties par million.
a
Test en tubes : concentration discriminante exprimée en pourcentage ; pour le pyrimiphos-méthyl, en mg/m2. Bioessai en bouteilles : concentration discriminante exprimée en µg/flacon (250 mL).
b
Ces concentrations pour l’évaluation de l’intensité de la résistance n’ont pas été validées par l’OMS, mais il est possible de se procurer, à des fins de recherche, des papiers imprégnés de
pyréthrinoïdes à ces concentrations auprès de l’Universiti Sains Malaysia.
c
Ces concentrations discriminantes remplacent les concentrations provisoires qui avaient été indiquées dans les Procédures pour tester la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs du
paludisme (Seconde édition) (18). Les résultats obtenus à partir des concentrations provisoires doivent être validés par rapport à ces nouvelles concentrations discriminantes.
d
Provisoire, nécessite une confirmation ; d’après les données publiées par N’Guessan et al. (2003) (40) et Ahoua Alou et al. (2010) (41).
e
Papiers imprégnés qui ne sont plus fournis par l’Universiti Sains Malaysia.
f
L’exposition à la dieldrine à 0,4 % tue les moustiques sensibles (SS), mais pas les hétérozygotes résistants (RS) ; l’exposition à la dieldrine à 4 % tue les individus résistants hétérozygotes (RS), mais pas
les homozygotes (RR) (16).

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Tableau 7. Concentrations discriminantes d’insecticides pour les bioessais de l’OMS évaluant la sensibilité des moustiques Aedes
Classe d’insecticide Méthode de test Insecticide Espèces pour lesquelles les Concentration Durée de Temps Huile de
concentrations discriminantes discriminantea l’exposition d’observation support/
sont validées solvant/agent
tensio-actif
Pyréthrinoïdes Test en tubes de Alpha- Ae. aegypti 0,05 %b 1h 24 h Huile
l’OMS cyperméthrine de silicone
Ae. albopictus 0,08 %b 1h 24 h Huile
de silicone
Deltaméthrine Ae. aegypti, Ae. albopictus 0,03 %b 1h 24 h Huile
de silicone
Lambda- Ae. aegypti 0,05 %b 1h 24 h Huile
cyhalothrine de silicone
Ae. albopictus 0,08 %b 1h 24 h Huile
de silicone
Perméthrine Ae. aegypti, Ae. albopictus 0,40 %b 1h 24 h Huile
(rapport des de silicone
isomères cis:trans
de 40:60)
Bioessai en Transfluthrine Ae. aegypti, Ae. albopictus 3 µg/flacon 1h 24 h Acétone
bouteilles de uniquement
l’OMS Métofluthrine Ae. aegypti, Ae. albopictus 1 µg/flacon 1h 24 h Acétone
uniquement
Pralléthrine Ae. aegypti, Ae. albopictus 30 µg/flacon 1h 24 h Acétone
uniquement
Carbamates Test en tubes de Bendiocarbe Ae. aegypti, Ae. albopictus 0,20 % 1h 24 h Huile d’olive
l’OMS Propoxur Ae. aegypti 0,10 %c 1h 24 h Huile d’olive
Organophosphorés Chlorpyrifos-éthyl Ae. aegypti, Ae. albopictus 1,00 % 1h 24 h Huile d’olive
2b
Pyrimiphos-méthyl Ae. aegypti, Ae. albopictus 60 mg/m 1h 24 h Acétone
uniquement
Malathion Ae. aegypti 1,50 %b 1h 24 h Huile d’olive
b
Ae. albopictus 5,00 % 1h 24 h Huile d’olive

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
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Classe Méthode de Insecticide Espèces pour lesquelles les Concentration Durée de Temps Huile de
d’insecticide test concentrations discriminantes discriminantea l’exposition d’observation support/solvant/
sont validées agent tensio-
actif
Néonicotinoïdes Bioessai en Clothianidine Ae. aegypti 20 µg/flacon 1h 24 h Acétone + MERO
bouteilles de 1500 ppm
l’OMS
Ae. albopictus 10 µg/flacon 1h 24 h Acétone + MERO
1500 ppm
Buténolides Flupyradifurone Ae. aegypti, Ae. albopictus 80 µg/flacon 1h 24 h Acétone + MERO
1500 ppm
MERO : huile de colza – sous forme d’ester méthylique – à 81 % (fabriqué par Bayer CropScience) ; ppm : parties par million.
a
Test en tubes : concentration discriminante exprimée en pourcentage. Bioessai en bouteilles : concentration discriminante exprimée en μg/flacon (250 mL).
b
Ces concentrations discriminantes remplacent les concentrations provisoires qui avaient été indiquées dans les Procédures pour tester la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs
du paludisme (Seconde édition) (18). Les résultats obtenus à partir des concentrations provisoires doivent être validés par rapport à ces nouvelles concentrations discriminantes.
c
Papier imprégné qui n’est plus fourni par l’Universiti Sains Malaysia.

Tableau 8. Concentrations discriminantes d’insecticides pour les bioessais de l’OMS évaluant la sensibilité des moustiques Culex quinquefasciatusa

Classe Méthode de Insecticide Espèces pour lesquelles les Concentration Durée de Temps Huile de support
d’insecticide test concentrations discriminantes discriminante l’exposition d’observation
sont validées
Organochlorés Test en tubes DDT Cx. quinquefasciatus 0,04 % 4h 24 h Huile Risella
de l’OMS a
Pyréthrinoïdes Deltaméthrine 0,025 % 1h 24 h Huile de silicone
Lambda- 0,025 % 1h 24 h Huile de silicone
cyhalothrine
Perméthrine 0,25 % 3h 24 h Huile de silicone
(rapport des
isomères cis:trans
de 40:60)
Carbamates Propoxurb 0,10 % 1h 24 h Huile d’olive
b
Organochlorés Fénitrothion 1% 2h 24 h Huile d’olive

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
a
Malathion 5% 1h 24 h Huile d’olive
a
Ces concentrations sont actuellement réévaluées par l’OMS.
b
Papiers imprégnés qui ne sont plus fournis par l’Universiti Sains Malaysia.
6.2 Bioessais de l’OMS évaluant l’intensité de la résistance
Dès lors qu’une résistance à un insecticide a été mise en évidence au sein d’une population
de vecteurs, d’autres bioessais permettent d’évaluer l’intensité de la résistance.

Les bioessais de l’OMS pour l’évaluation de l’intensité de la résistance suivent la procédure


qui a été décrite précédemment pour les bioessais évaluant la sensibilité (Fig. 1), mais ils se
font par étapes en exposant des échantillons de moustiques à une concentration croissante
d’insecticide, à savoir 1 fois, 5 fois, puis 10 fois la concentration discriminante. Avec les
bioessais évaluant l’intensité de la résistance, la mortalité des moustiques après exposition
aux concentrations successives d’insecticide permet de déterminer, à partir de l’algorithme
présenté à la figure 5 (section 6.8), si l’intensité de la résistance est faible, modérée ou forte.
Ces bioessais doivent être effectués selon la procédure du test en tubes de l’OMS ou la
procédure du bioessai en bouteilles des CDC, car la procédure du bioessai en bouteilles de
l’OMS n’a pas encore été validée pour évaluer l’intensité de la résistance. À ce jour, les seuls
papiers imprégnés de multiples fois la concentration discriminante (5 × et 10 ×) dont on
dispose concernent des insecticides pyréthrinoïdes.

6.3 Bioessais de l’OMS couplant synergiste et insecticide


Les bioessais de l’OMS couplant synergiste et insecticide servent à évaluer la capacité
d’un synergiste à restaurer la sensibilité des moustiques à un insecticide auquel ils sont
résistants. Dans ce contexte, un synergiste est un composé qui inhibe l’activité de certaines
enzymes responsables de la détoxication des insecticides dans le corps des insectes. Ce
n’est pas un insecticide en soi et, par conséquent, il n’a pas d’effets toxiques directs sur les
moustiques, même s’il peut faciliter la pénétration des insecticides à travers la cuticule. Si
le mécanisme à l’origine de la résistance à un certain insecticide est d’ordre métabolique,
la préexposition à un synergiste peut peut-être restaurer la sensibilité des moustiques à
l’insecticide.

Le PBO est actuellement utilisé comme synergiste dans certains produits de lutte
antivectorielle préqualifiés par l’OMS – à savoir les moustiquaires imprégnées d’un
pyréthrinoïde et de PBO, et certains produits de pulvérisation spatiale. Par voie de
conséquence, les bioessais faisant appel à un mélange synergiste-insecticide peuvent
fournir des informations utiles pour le déploiement de ces produits.

Dans le bioessai OMS avec synergiste et insecticide, un échantillon de moustiques est


tout d’abord exposé à des papiers-filtres imprégnés d’une concentration standard non
létale d’un synergiste pendant 1 heure, puis à des papiers imprégnés de la concentration
discriminante d’un insecticide pendant 1 heure supplémentaire. Un autre échantillon de
moustiques n’est exposé qu’à des papiers imprégnés de la concentration discriminante de
l’insecticide. La mortalité des moustiques dans les deux groupes de traitement est calculée
à la fin d’une période d’observation de 24 heures. La différence observée dans la mortalité
entre les deux échantillons testés permet de déterminer si le synergiste est capable de
restaurer la sensibilité des vecteurs à l’insecticide. La méthode de classification présentée à
la figure 5 (section 6.8) peut être utilisée pour déterminer si la restauration de la sensibilité
est totale, partielle ou nulle.

Les modalités de l’exposition des échantillons de moustiques dans le cadre du bioessai


de l’OMS avec synergiste et insecticide sont présentées à la figure 4. Cette procédure est
comparable aux bioessais de l’OMS évaluant la sensibilité ; les différences tiennent à ce
qui suit:

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 35
• quatre tubes (au lieu de six) sont utilisés dans chaque test – un pour l’exposition
au synergiste seulement, un pour l’exposition à l’insecticide seulement, un pour
l’exposition au synergiste puis à l’insecticide et un servant de témoin ; et
• la procédure doit être répétée quatre fois jusqu’à ce que, pour chaque condition
testée, 100 moustiques aient été exposés.

Une procédure opératoire standard complète pour réaliser le bioessai de l’OMS avec
synergiste et insecticide afin de tester la capacité du PBO à restaurer la sensibilité des
moustiques aux pyréthrinoïdes à partir du test en tubes de l’OMS est disponible sur le site
Web de l’OMS (22).

Des synergistes sont disponibles pour certains groupes d’enzymes de détoxication dont
les estérases, les oxydases et les glutathion-S-transférases. Cela étant, une concentration
standard à utiliser dans les bioessais de l’OMS avec synergiste et insecticide n’a été établie
que pour le PBO (4 %) afin d’évaluer son effet sur les vecteurs Anopheles résistants.

Fig. 4. Les différentes étapes d’un bioessai avec un couple synergiste-insecticide

PBO PBO + Pyréthrinoïde Témoin


uniquement pyréthrinoïde uniquement

Papier blanc Papier blanc Papier blanc Papier blanc


Période d’observation avant exposition
(1 h) : Maintenir les moustiques dans des
tubes d’observation doublés d’un papier
blanc propre (25 moustiques par tube
d’observation).

Huile de Huile de
PBO PBO silicone silicone
Exposition au PBO (1 h) : Exposer 50
moustiques à des papiers imprégnés de
PBO à 4 % (2 tubes). Exposer les 50 autres
moustiques à des papiers imprégnés d’huile
(2 tubes).

Exposition à l’insecticide (1 h) : Exposer Huile de Insecticide Insecticide Huile de


50 moustiques à des papiers imprégnés silicone silicone
d’insecticide (2 tubes) et 50 moustiques à
des papiers imprégnés d’huile (2 tubes).

Période d’observation après exposition Papier blanc Papier blanc Papier blanc Papier blanc
(24 h) : Retransférer les moustiques dans
les tubes d’observation, leur donner accès à
des tampons de coton hydrophile imbibés
d’une solution sucrée à 10 % et attendre 24
h. Calculer la mortalité à la fin de la période
d’observation de 24 h.

6.4 Remarque concernant le bioessai en bouteilles des CDC


Avec le bioessai en bouteilles des CDC, on dispose d’une autre méthode pour évaluer la
résistance aux insecticides – autres que les analogues de l’hormone juvénile – parmi les
populations de vecteurs. Il permet notamment de détecter la présence d’une résistance,
de déterminer son intensité et d’évaluer dans quelle mesure un synergiste peut restaurer
la sensibilité aux insecticides (23). De la même manière que le test en tubes de l’OMS ou

36 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
le bioessai en bouteilles de l’OMS, ce bioessai mesure la réponse phénotypique d’une
population de vecteurs après une exposition à un insecticide.

Étant donné que les paramètres des tests sont différents (voir la section 6.1), les résultats du
bioessai en bouteilles des CDC ne peuvent pas être comparés à ceux du test en tubes de
l’OMS ou du bioessai en bouteilles de l’OMS. Cependant, tous ces tests peuvent mettre en
évidence la présence ou l’absence d’une résistance aux insecticides dans une population
de vecteurs. Tout comme les concentrations discriminantes d’insecticides ont été définies
pour mettre en évidence une résistance aux insecticides à partir des bioessais standard de
l’OMS, des doses diagnostiques et des durées d’exposition standard ont été définies pour
mettre en évidence une résistance à partir du bioessai en bouteilles des CDC. Le tableau
9 présente la manière dont les résultats des bioessais standard de l’OMS (test en tubes
ou bioessai en bouteilles) et du bioessai en bouteilles des CDC sont chacun interprétés. Le
matériel et les méthodes utilisés n’étant pas les mêmes, chaque procédure présente des
avantages et des inconvénients qui sont présentés dans le tableau 10. Quel que soit le test
choisi pour évaluer la sensibilité des vecteurs aux insecticides, c’est le même test qui doit
être utilisé et pratiqué toujours de la même manière au fil du temps si l’on veut pouvoir
comparer les résultats dans une zone donnée.

Tableau 9. Interprétation des résultats des tests de sensibilité : différences entre les bioessais de
l’OMS et le bioessai en bouteilles des CDC

Procédure Une population de vecteurs est considérée comme résistante à un insecticide


dans les cas suivants :
Bioessais standard de La mortalité des moustiques observée à la fin du temps d’observation
l’OMS (test en tubes et (généralement 24 h) après l’exposition à la concentration discriminante
bioessai en bouteilles) d’un insecticide est inférieure à 98 % (résistance possible) ou à 90 %
(résistance confirmée).

Bioessai en bouteilles des La mortalité des moustiques observée tout de suite après l’exposition à une
CDC dose diagnostique d’insecticide pendant la période d’exposition de 30 min
ou 45 min, selon le type d’insecticide, est inférieure à 98 % (résistance
possible) ou à 90 % (résistance confirmée).

Tableau 10. Avantages et inconvénients du bioessai en bouteilles des CDC par rapport au test en
tubes de l’OMS pour les insecticides pour lesquels les deux méthodes peuvent être utilisées

Avantages du bioessai en Inconvénients du bioessai en bouteilles des CDC


bouteilles des CDC

• La procédure est plus rapide • Au lieu d’être préparés de manière standardisée par une
(il n’y a pas besoin d’une installation centrale de production de qualité garantie, les
période d’observation d’au bouteilles sont recouvertes d’insecticide sur chaque site de
moins 24 h). surveillance par un technicien. Cela peut affecter la qualité
• Le matériel est plus de l’application de l’insecticide sur les bouteilles, et donc la
accessible : les bouteilles comparabilité des résultats.
Wheaton® de 250 mL se • Il est nécessaire de disposer suffisamment de moyens humains
trouvent facilement et les pour manipuler les insecticides afin d’éviter une exposition
quantités d’insecticide de dangereuse à l’insecticide concentré lors de l’imprégnation des
qualité technique qui sont bouteilles.
nécessaires sont très faibles. • Se procurer ou acheminer des bouteilles en verre et des
aliquotes d’insecticide sur des sites ou jusqu’à des laboratoires
décentralisés est souvent plus contraignant que de transporter
des tubes en plastique et des papiers imprégnés.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 37
6.5 Aspects à prendre en considération pour la réalisation des tests
biologiques
Pour faire en sorte de générer des données fiables et comparables pour le suivi de
la résistance aux insecticides, il est indispensable que tous les laboratoires respectent
systématiquement les conditions et les procédures de test standard. Cette section présente
le nombre recommandé de répétitions (réplicats) et de moustiques nécessaires pour
chaque type de bioessai, ainsi que les conditions ambiantes recommandées pour ces
essais. Elle fournit également des conseils sur l’acquisition du matériel nécessaire pour
les tests, le nombre maximal d’utilisations, et les conditions de conservation des papiers
imprégnés et des bouteilles imprégnées d’insecticide.

6.5.1 Nombre de répétitions


Pour obtenir des données de bonne qualité sur la mortalité des moustiques dans les
bioessais standard, il convient de suivre les indications suivantes.

• Inclure suffisamment de tubes ou de bouteilles dans chaque bioessai pour


compenser les effets des variations biologiques aléatoires que l’on peut observer
dans les résultats des tests. L’utilisation de plusieurs tubes ou bouteilles réduira
l’erreur associée à la mesure de la mortalité des moustiques et améliorera la
confiance que l’on peut placer dans les résultats des tests.
• Inclure des tubes ou des bouteilles témoins dans chaque bioessai pour tenir compte
de la mortalité des moustiques qui n’est pas provoquée par les insecticides (c’est-
à-dire qui est due à des facteurs externes tels que la manipulation des moustiques,
les conditions ambiantes du test, la contamination des tubes ou des bouteilles,
etc.) et qui peut mener à la conclusion erronée qu’une population de vecteurs
est sensible à un insecticide. Les tubes témoins sont des tubes avec des papiers
traités par un mélange constitué d’une huile de support et d’acétone ou par de
l’acétone uniquement. Les bouteilles témoins sont imprégnées par de l’acétone ou
par un mélange constitué d’un agent tensio-actif et d’acétone. La mortalité dans
les bouteilles ou les tubes témoins sert à corriger la mortalité observée dans les
bouteilles ou les tubes d’exposition au moyen de la formule d’Abbott.

Le tableau 11 indique le nombre recommandé de répétitions (bouteilles ou tubes) à


effectuer pour chaque type de bioessai.

6.5.2 Nombre de moustiques à tester


Le comportement de vol des moustiques dans les tubes ou les bouteilles peut varier
selon le nombre d’individus par tube ou bouteille. Cela a un effet sur la dose d’insecticide
que chaque insecte reçoit. Pour standardiser les résultats des tests, il est recommandé
d’introduire systématiquement 25 moustiques femelles dans chaque tube ou bouteille.
Lorsque le nombre de moustiques disponibles pour un bioessai est inférieur au nombre
conseillé, il est recommandé de les répartir de telle sorte que le nombre de moustiques
dans chaque tube ou bouteille soit aussi proche que possible de 25. Par exemple, si
l’on dispose de seulement 81 moustiques, il convient d’en distribuer 75 dans trois tubes
ou bouteilles (avec 25 moustiques dans chaque récipient) et de mettre de côté les
6 moustiques restants. Le nombre optimal de moustiques qu’il est recommandé d’utiliser
pour chaque type de bioessai est indiqué dans le tableau 11.

38 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Que faire si l’on ne dispose pas du nombre de moustiques recommandé ?

Lorsqu’il n’est pas possible de tester le nombre recommandé de moustiques sur une même
journée, les tests peuvent s’étaler sur plusieurs jours à condition que les moustiques testés
proviennent de la même population de vecteurs (c’est-à-dire qu’ils soient capturés dans le
même village avec la même méthode de collecte) et que, si la génération F1 est utilisée, les
moustiques soient âgés de 3 à 5 jours (ou de 5 à 7 jours pour le pyriproxyfène).

• Pour les bioessais de l’OMS évaluant la sensibilité, il est possible de répéter les
tests pendant quelques jours jusqu’à ce que la taille recommandée de l’échantillon
(tableau 11) soit atteinte, à condition d’utiliser au moins deux tubes ou bouteilles
d’exposition et deux tubes ou bouteilles témoins en parallèle dans chaque test.
• Pour les bioessais de l’OMS évaluant l’intensité de la résistance, les différentes
concentrations d’insecticides peuvent être testées à des jours différents. Pour chaque
concentration, des séries de deux tubes d’exposition et deux tubes témoins peuvent
être testées chaque jour pendant quelques jours, comme pour les bioessais de
l’OMS évaluant la sensibilité.
• Pour les bioessais de l’OMS avec synergiste et insecticide, il est possible de répéter
le processus illustré à la figure 4 à des jours différents jusqu’à atteindre la taille
recommandée de l’échantillon. Chaque répétition doit comprendre au moins quatre
tubes – à savoir un pour l’exposition au synergiste uniquement, un pour l’exposition
au synergiste puis à l’insecticide, un pour l’exposition à l’insecticide uniquement et un
tube témoin.

Si même dans ce cas, on ne dispose pas de suffisamment de moustiques pour effectuer un


bioessai de l’OMS, les tests effectués avec un nombre de moustiques inférieur au nombre
recommandé peuvent toujours être utiles pour repérer les zones où les vecteurs présentent
une éventuelle résistance.

Cependant, la capacité du test à détecter la présence réelle d’une résistance diminue à


mesure que le nombre de moustiques utilisés diminue. Lorsqu’une résistance est détectée
avec un nombre de moustiques inférieur au nombre recommandé, d’autres tests seront
nécessaires pour confirmer la résistance. Ceux-ci pourront être effectués dans l’année,
lorsque l’on disposera davantage de moustiques. Si le nombre de moustiques disponibles
reste insuffisant pour effectuer les bioessais souhaités, il faudra établir un ordre de priorité
concernant les tests à effectuer qui devront alors permettre d’orienter les décisions
programmatiques les plus urgentes et les plus pertinentes d’après les orientations données
à la section 3.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 39
Tableau 11. Nombre optimal de moustiques adultes recommandé dans les bioessais standard de
l’OMS pour suivre la résistance aux insecticides

Bioessai Nombre total de Témoin Traitement


moustiques par test
Nombre de Nombre de tubes/ Nombre de Nombre de
moustiques bouteilles par test moustiques tubes/bouteilles
par tube/ par tube/ par test
bouteille bouteille
Bioessai de 150 25 2 25 4
l’OMS évaluant
la sensibilité
(pour tous les
insecticides
hormis le
pyriproxyfène et
le chlorfénapyr)
Bioessais de 900 25 12 (4 tubes/ 25 24 (8 tubes/
l’OMS évaluant (450 moustiques bouteilles par bouteilles par
la sensibilité au sauvages et 450 test – 2 pour test – 4 pour
chlorfénapyr provenant d’une les moustiques les moustiques
colonie sensible sauvages, 2 sauvages, 4
pour effectuer pour les colonies pour les colonies
la totalité des sensibles – pour sensibles – pour
3 tests requis les 3 tests requis les 3 tests requis
pour confirmer la pour confirmer la pour confirmer
résistance) résistance) la résistance)
Bioessais de 400 25 8 (4 pour les 25 8 (4 pour les
l’OMS évaluant (200 moustiques moustiques moustiques
la sensibilité au sauvages et 200 sauvages et 4 sauvages et 4
pyriproxyfène provenant d’une pour les colonies pour les colonies
colonie sensible) sensibles) sensibles)
Bioessais de 250 (pour tester 25 2 25 4 par
l’OMS évaluant la concentration concentration
l’intensité de la discriminante × 5 testée (8
résistance et × 10 en même pour tester la
temps) concentration
300 (pour tester 25 2 par concentration discriminante
la concentration testée (4 pour tester × 5 et × 10)
discriminante × 5 et la concentration
× 10 séparément) discriminante × 5,
puis × 10)
Bioessais de 400 (100 × 4 séries 25 4 (1 pour chaque 25 12 (1 tube pour
l’OMS avec de tests) série de tests) chacune des
insecticide et 3 conditions
synergistea testées dans
chaque série de
tests)

a Si l’on dispose de suffisamment de moustiques, chaque série de tests peut être effectuée avec deux tubes ou bouteilles, ou
plus, par condition testée, ce qui réduit le nombre de moustiques témoins dont on a besoin (des moustiques témoins sont
nécessaires à chaque fois qu’un bioessai est effectué).

6.5.3 Conditions ambiantes pendant les tests


La température ambiante pendant l’élevage des moustiques et les bioessais d’analyse de
la résistance influence la toxicité des insecticides vis-à-vis des insectes (42–44). La
température et l’humidité relative peuvent l’une et l’autre affecter la survie des moustiques
pendant les tests. Par conséquent, dans tous les bioessais, ces paramètres doivent être
contrôlés et leurs valeurs, pendant les périodes d’exposition et d’observation, doivent être

40 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
consignées. Pendant les bioessais, en l’absence d’insectarium ou d’enceinte à atmosphère
contrôlée, les tubes ou les bouteilles doivent être placés dans un récipient (une boîte
réfrigérante, par exemple) recouvert d’une serviette humide et posé dans un endroit abrité
et ombragé. Un thermomètre, ou un enregistreur de données de température, et un
hygromètre doivent être placés dans le récipient pour enregistrer les plages de
température et d’humidité pendant le bioessai.

Les tests doivent être réalisés à une température de 27 °C ±2 °C et une humidité


relative de 75 % ±10 %.
Note : Cet aspect est particulièrement important pour les bioessais réalisés avec
le chlorfénapyr, car les résultats des tests effectués pour cet insecticide sont très
sensibles à la température.

6.5.4 Équipements et matériel


Des kits de test standard de sensibilité, des papiers imprégnés d’insecticide et d’autres
fournitures pour réaliser les tests de sensibilité de l’OMS sur des moustiques adultes et
des larves sont actuellement produits et fournis par la Vector Control Research Unit de
l’Universiti Sains Malaysia (USM) à Penang (Malaisie), en coordination avec l’OMS. Les
procédures pour commander les kits de test et les fournitures sont spécifiées sur le site Web
de l’USM. Les kits, les papiers imprégnés et les autres fournitures peuvent être commandés
à partir du catalogue et du bon de commande disponibles en ligne sur le site Web de
l’OMS (https://www.who.int/teams/control-of-neglected-tropical-diseases/interventions/
strategies/vector-control/insecticide-resistance ou https://www.who.int/teams/global-
malaria-programme/prevention/vector-control/insecticide-resistance) ou sur le site Web
de l’USM (https://inreskit.usm.my/).

Les papiers-filtres Whatman de grade no 1 imprégnés d’insecticide et les papiers témoins


sont livrés dans des boîtes contenant chacune huit papiers pour un insecticide donné
ou le témoin respectif. La gamme d’insecticides pour lesquels on dispose de papiers
imprégnés d’insecticide devrait s’élargir au fil du temps, à mesure que les concentrations
discriminantes pour d’autres insecticides et synergistes seront définies. Les utilisateurs sont
encouragés à consulter régulièrement les mises à jour de ce document pour connaître
la liste la plus récente des concentrations discriminantes standard, ainsi que les sites
Web de l’OMS et de l’USM pour vérifier la disponibilité des papiers imprégnés de ces
concentrations et d’autres fournitures associées.

6.5.5 Nombre d’utilisations des papiers imprégnés d’insecticide et des


bouteilles imprégnées
La teneur en insecticide, et donc l’efficacité, des papiers imprégnés ou des bouteilles
imprégnées diminuent avec le nombre de fois où ils sont utilisés et avec le nombre de
moustiques testés. Pendant les bioessais, il est primordial de bien manipuler et d’utiliser
correctement les papiers imprégnés et les papiers témoins, ainsi que les bouteilles
imprégnées et les bouteilles témoins, afin de conserver leur qualité et d’obtenir des
données qui soient fiables.

• Pour le test en tubes de l’OMS, les papiers imprégnés d’insecticide et les papiers
témoins ne doivent pas être utilisés plus de 6 fois, ce qui revient à exposer
150 moustiques au maximum à chaque papier.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 41
• Pour le bioessai en bouteilles de l’OMS, des données sont encore nécessaires pour
déterminer le nombre de fois qu’une bouteille imprégnée peut être utilisée et la
durée pendant laquelle elle est utilisable une fois que l’insecticide a été appliqué.
Jusqu’à ce que le nombre de réutilisations possibles soit déterminé, la validité d’une
bouteille doit être vérifiée avant qu’elle ne soit réutilisée en exposant quelques
moustiques que l’on sait être sensibles à l’insecticide à l’intérieur de la bouteille
et en vérifiant qu’ils meurent. Pendant les bioessais, l’aspiration des moustiques
peut générer de l’humidité à l’intérieur des bouteilles. Avant toute réutilisation, une
bouteille doit donc être laissée à sécher sans son bouchon pendant 2 à 4 heures.

6.5.6 Conservation des papiers imprégnés


Les papiers imprégnés et les papiers témoins doivent être conservés à une température
comprise entre 4 °C et 8 °C dans des armoires réfrigérées ou des réfrigérateurs. Dans la
mesure du possible, des enregistreurs de données de température doivent être laissés dans
les enceintes de stockage afin que les variations de température puissent être suivies en
permanence pendant une conservation prolongée. Si les papiers imprégnés sont conservés
entre 4 °C et 8 °C (c’est-à-dire la température du réfrigérateur), leur durée de conservation
se situe entre 2 et 5 ans en fonction de l’insecticide, d’après une étude récente coordonnée
par l’OMS (45). Cette étude a également évalué la stabilité des papiers dans des conditions
de conservation plus chaudes pendant de courtes périodes (54 °C ±2 °C pendant
2 semaines ou 40 °C ±2 °C pendant 8 semaines). Le tableau 12 présente la durée de
conservation et la stabilité au stockage accéléré des insecticides pour lesquels la résistance
des moustiques est couramment surveillée.

Tableau 12. Durée de conservation dans le cadre d’un stockage dans des conditions optimales, et
stabilité au stockage à des températures élevées des papiers fraîchement imprégnés.

Classe Insecticide Durée de conservation Stabilité au stockage des papiers


dans des conditions fraîchement imprégnés à des
optimales de stockage températures élevées (54 °C ±2 °C
au froid (4 °C - 8 °C) pendant 2 semaines ou
(en années) 40 °C ±2 °C pendant 8 semaines)
Organochlorés p,p’-DDT 5 Stable
Organophosphorés Malathion 3 a
Stablea
Pyrimiphos-méthyl 3 a

Carbamate Bendiocarbe 3a –
Alpha- Stable
2
cyperméthrine
Cyfluthrine 2 Stable
Pyréthrinoïdes Deltaméthrine 2 Stable
Étofenprox 2 Stable
Lambda- Stable
2
cyhalothrine
Synergiste Butoxyde de Stable
3
pipéronyle
– : En cours d’évaluation par l’OMS.
a
Donnée provisoire (confirmation nécessaire).

Une heure avant d’effectuer le test, la boîte contenant les papiers imprégnés doit être sortie
de l’armoire réfrigérée ou du réfrigérateur, et amenée à température ambiante sans être
ouverte. Cette étape permet d’éviter que de l’eau ne se condense à la surface des papiers,

42 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
ce qui peut hydrolyser l’insecticide, si les boîtes sont ouvertes immédiatement. Les papiers
utilisés pour les tests ne doivent jamais être exposés à la lumière directe du soleil ou à des
températures supérieures à 8 °C, sauf pendant de courtes périodes au moment de leur
utilisation ou de leur envoi via une société de transport (comme indiqué dans le tableau 12).

La date de péremption de chaque lot de papiers est indiquée sur la boîte. Les papiers ne
doivent pas être utilisés au-delà de leur date de péremption (voir le tableau 12).

Conservation des papiers nouvellement reçus


Les papiers imprégnés non utilisés, emballés dans leur boîte en plastique d’origine fermée
avec du ruban adhésif, doivent être conservés au réfrigérateur, à une température
comprise entre 4 °C et 8 °C, pendant toute la durée de conservation.

Conservation des papiers entre chaque série de tests


Lorsqu’un papier est utilisé, la date d’utilisation doit être écrite avec un crayon au bord
de la face non imprégnée du papier. Entre chaque série de tests de résistance aux
insecticides, les papiers réutilisables (c’est-à-dire ceux qui ont été utilisés moins de 6 fois)
doivent être séparés des papiers usagés par une feuille d’aluminium et remis dans leur
boîte en plastique d’origine, elle-même fermée avec du ruban adhésif et stockée dans un
contenant réfrigéré ou un réfrigérateur à une température comprise entre 4 °C et 8 °C ou,
à défaut, dans une armoire fraîche et sombre. Les conserver à une température plus élevée
pendant de longues périodes pourrait altérer leur qualité.

Conservation des papiers entre les tests d’une même série de tests
Pour éviter de trop les manipuler lorsque des bioessais sont réalisés sur quelques jours,
les papiers imprégnés peuvent être laissés dans les tubes d’exposition à condition que
les tubes soient enroulés individuellement dans du papier d’aluminium après chaque
utilisation et conservés entre 4 et 8 °C ou, à défaut, dans un endroit frais et sombre. Ensuite,
les tubes avec les papiers imprégnés qui ont été conservés au froid doivent être amenés
à température ambiante pendant 1 heure en étant encore enveloppés dans leur feuille
d’aluminium avant de retirer l’emballage en aluminium.

6.5.7 Conservation des bouteilles imprégnées


L’expérience avec les bioessais en bouteilles des CDC montre que la durée de conservation
des bouteilles après l’application de l’insecticide dépend de l’insecticide utilisé (23). Pour
les insecticides testés avec les bouteilles des CDC, la durée de conservation est comprise
entre 12 heures et 5 jours (23). Aucune donnée n’est disponible sur la durée de conservation
des bouteilles imprégnées par les nouvelles concentrations discriminantes présentées
dans les tableaux 6 et 7. Par conséquent, il est actuellement recommandé d’utiliser les
bouteilles rapidement après l’application de l’insecticide et le séchage. Avant de réutiliser
une bouteille, il faut la laisser sécher ouverte, sans son bouchon, pendant 2 à 4 heures. Si
une bouteille est réutilisée quelques jours après la première utilisation, il est recommandé
de vérifier qu’elle est encore utilisable en exposant quelques moustiques que l’on sait être
sensibles à l’insecticide à l’intérieur de la bouteille et en vérifiant qu’ils meurent.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 43
6.6 Calcul et ajustement de la mortalité
Dans chaque bioessai, la mortalité doit être calculée séparément pour les moustiques
exposés (à l’insecticide et/ou au synergiste) et les moustiques témoins. Le nombre de
moustiques morts à la fin de la période d’exposition est alors divisé par le nombre total de
moustiques initialement exposés dans les tubes ou les bouteilles, et le résultat est exprimé
en pourcentage.

Pour interpréter les résultats obtenus dans les bioessais évaluant l’intensité de la résistance,
la mortalité doit être calculée séparément pour les moustiques exposés à chaque
multiple de la concentration discriminante de l’insecticide (par exemple pour 5 × et pour
10 × la concentration discriminante). Dans les bioessais avec insecticide et synergiste, la
mortalité doit être calculée séparément pour chaque condition d’exposition (c’est-à-dire
pour les conditions « synergiste uniquement », « synergiste puis insecticide », « insecticide
uniquement » et « témoin »).

La mortalité des moustiques exposés est calculée comme suit :

Nombre de moustiques exposés


qui sont morts
Mortalité chez les moustiques exposés (%) = × 100
Nombre total de
moustiques exposés

De la même manière, la mortalité chez les moustiques témoins est calculée comme suit :

Nombre de moustiques témoins


qui sont morts
Mortalité chez les moustiques témoins (%) = × 100
Nombre total de
moustiques témoins

Critères basés sur la mortalité pour valider les tests


Critères de validation des bioessais évaluant la sensibilité aux insecticides et des bioessais
évaluant l’intensité de la résistance effectués avec n’importe quel insecticide hormis le
chlorfénapyr :
• la mortalité des moustiques témoins 24 heures après l’exposition est ≤20 % (c’est-à-
dire dans le test avec le solvant/l’huile).

Critères de validation des tests de sensibilité au chlorfénapyr :


• la mortalité des moustiques témoins 72 heures après l’exposition est ≤20 % (c’est-à-
dire dans le test avec le solvant/l’huile) ; et/ou
• la mortalité dans la colonie sensible 72 heures après l’exposition est ≥98 % ; et/ou
• les tests sont exclusivement effectués à la température de 27 °C ±2 °C.

Critères de validation des bioessais avec insecticide et synergiste :


• la mortalité des moustiques témoins est ≤20 % (c’est-à-dire dans le test avec le
solvant/l’huile) ; et

44 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
• la mortalité chez les moustiques exposés au PBO uniquement est ≤10 %.

Ajustements de la mortalité lorsque la mortalité des témoins est élevée


La mortalité chez les moustiques exposés doit être ajustée comme suit.

• Si la mortalité des témoins est de <5 %, aucune correction de la mortalité n’est


nécessaire.
• Lorsque la mortalité des témoins est ≥5 % et ≤20 %, la mortalité observée chez les
moustiques exposés à l’insecticide doit être corrigée à l’aide de la formule d’Abbott :

(% de mortalité des moustiques exposés


Mortalité des moustiques - % de mortalité des moustiques témoins) × 100
exposés corrigée (%) =
(100 - % de mortalité des moustiques témoins)

On trouvera dans les procédures opératoires standard de l’OMS présents sur le site Web
de l’OMS des formulaires standard de collecte de données pour consigner les résultats
des bioessais, à la fois pour les mortalités (moustiques morts) et les taux de knockdown
(moustiques assommés) (22). Des formulaires numériques basés sur la version 2 du
système d’information sanitaire de district (DHIS2) sont également disponibles sur le site
web du Programme mondial de lutte contre le paludisme (46).

Vérification de la qualité des papiers en cas de résultats inattendus


Dans le cas où un nombre étonnamment élevé de survivants serait observé à la suite de
l’exposition à un insecticide qui doit en principe tuer tous les individus testés (d’après ce que
l’on sait des vecteurs locaux et des interventions de lutte antivectorielle) :

• Si les papiers ont été obtenus auprès de l’USM en Malaisie, il convient de les
contacter pour faire confirmer de nouveau la qualité des papiers à partir des
échantillons de contrôle de la qualité qu’ils conservent.
• Si possible, tester les papiers vis-à-vis d’une souche de laboratoire composée de
moustiques sensibles dans un laboratoire de recherche en suivant les procédures
standard avec le nombre optimal de moustiques.

6.7 Calcul de l’inhibition de l’oviposition


Pour les tests effectués avec des analogues de l’hormone juvénile (comme le
pyriproxyfène), l’inhibition de l’oviposition est mesurée en comparant le taux d’oviposition
d’un échantillon de moustiques exposé à l’analogue de l’hormone juvénile avec le taux
d’oviposition d’un échantillon de moustiques témoins (non exposés).

Au cours des tests visant à suivre la résistance des populations sauvages de moustiques
aux analogues de l’hormone juvénile, une souche sensible de laboratoire (par exemple la
souche Kisumu ou une autre souche locale) doit être testée en parallèle pour valider le test
(voir l’explication pour le test en bouteilles de l’OMS avec le pyriproxyfène à la section 6.1 et
les critères de validation des tests ci-dessous).

La mortalité des moustiques 72 heures après l’exposition doit être consignée à la fois pour
l’échantillon sauvage et pour l’échantillon issu de la souche sensible de laboratoire – c’est ce

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 45
qui permettra de valider les résultats des tests. La mortalité 72 heures après l’exposition est
calculée comme indiqué à la section 6.6.

Les taux d’oviposition dans les échantillons exposés et témoins sont calculés comme suit,
tant pour la population sauvage que pour la souche de laboratoire :

Nombre de femelles exposées qui ont


pondu des œufs
Taux d’oviposition exposition (%) = × 100
Nombre total de femelles exposées ayant été
transférées dans une chambre de ponte

Nombre de femelles témoins qui ont


pondu des œufs
Taux d’oviposition témoin (%) = × 100
Nombre total de femelles témoins ayant été
transférées dans une chambre de ponte

Taux d’oviposition exposition


Inhibition de l’oviposition (%) = (1 - ) × 100
Taux d’oviposition témoin

Critères de validation du test réalisé avec le pyriproxyfène :


• la mortalité chez les moustiques témoins de la souche sensible et de la population
sauvage est ≤20 % 72 heures après l’exposition ; et/ou
• le taux d’oviposition chez les moustiques témoins de la souche sensible et de la
population sauvage est >30 % à la fin de la période d’isolement dans la chambre de
ponte (c’est-à-dire au jour 7 après 1 heure d’exposition au pyriproxyfène) ; et
• l’inhibition de l’oviposition parmi la souche de moustiques sensibles à la fin de la
période d’isolement dans la chambre de ponte (c’est-à-dire à la fin du jour 7 après
l’exposition au pyriproxyfène) est de ≥98 %.

6.8 Interprétation des résultats des bioessais


Il convient de faire preuve de prudence lorsque l’on interprète les résultats des bioessais.
La réalisation d’un test avec un nombre de moustiques inférieur au nombre optimal
(se référer au tableau 11 pour connaître les nombres de moustiques qu’il conviendrait
théoriquement d’utiliser) augmentera l’incertitude associée aux résultats du test et est
susceptible d’entraîner une classification erronée du statut d’une population de vecteurs en
matière de résistance. En outre, l’échantillonnage des moustiques, les techniques d’élevage,
la manipulation, la qualité des papiers imprégnés ou l’imprégnation des bouteilles, et les
conditions ambiantes pendant les tests peuvent avoir une influence sur les résultats, et
conduire à une sous-estimation ou à une surestimation de la mortalité des moustiques.

46 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
Fig. 5. Récapitulatif des types de bioessais et des critères pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques adultes
Détermination de la présence ou de l’absence d’un phénotype résistant
Pour les adulticides Pour les analogues de l’hormone juvénile
Test de sensibilité a,b,c,d avec la concentration discriminante Test de sensibilité b,c avec la concentration discriminante
(test en tubes de l’OMS et tests biologiques en bouteilles de l’OMS) (tests biologiques en bouteilles de l’OMS)
Inhibition de l’oviposition Inhibition de l’oviposition Inhibition de l’oviposition
Mortalité ≥98 % Mortalité de 90-97 % Mortalité <90 %
≥98 % (au jour 7) à 90-97 % (au jour 7) <90 % (au jour 7)
Sensibilité Résistance possible Résistance confirméec
Sensibilité Résistance possible Résistance confirmée
e e
Répéter le test Répéter le test

Si la mortalité est <98 %, Effectuer d’autres tests seulement Si l’inhibition de l’oviposition (au jour 7) est <98 %,
la résistance est confirmée si la résistance est confirmée la résistance est confirmée

Détermination de l’intensité de Détermination de la capacité d’un synergiste à Détermination du ou des mécanisme(s)


la résistance phénotypique restaurer le phénotype sensible à l’origine de la résistance

Test a,c,f Test avec synergiste et insecticide a,c comparant l’exposition à l’insecticide
Tests moléculaires g ou biochimiques g,h
avec 5 × la concentration discriminante uniquement et l’exposition au mélange synergiste-insecticide

Mortalité <98 % La mortalité due au La mortalité due au Le résultat et l’interprétation dépendent du test utilisé
Mortalité ≥98 % La mortalité due au
Intensité modérée couple synergiste- couple synergiste-
Faible intensité couple synergiste-
à forte insecticide n’est pas insecticide est <98 %
insecticide est ≥98 Détermination de(s) l’allèle(s)
plus élevée que mais plus élevée que
% et plus élevée que de résistance
la mortalité due à la mortalité due à
la mortalité due à
l’insecticide seul l’insecticide seul Autres tests
l’insecticide seul Fréquence
Restauration Fréquence
Pas de restauration partielle de la Restauration totale allélique
de la sensibilité allélique >0 %
Test a,c,f de la sensibilité sensibilité de 0 %
avec 10 × la concentration discriminante

Mortalité <98 % Mécanisme Non détecté


Mortalité ≥98 % Mécanisme Mécanisme
métabolique Mécanisme métabolique détectéi
Intensité modérée Forte intensité non détecté détecté Détecté
non détectéi
d
Notes du graphique : Dans les bioessais avec le chlorfénapyr, la résistance ne peut être confirmée que si la mortalité
a
72 h après 1 h d’exposition est <90 % dans trois essais réalisés avec la même population de
La mortalité doit être ajustée à l’aide de la formule d’Abbott si la mortalité du groupe témoin vecteurs à différents moments.
est comprise entre 5 % et 20 % e
b
En utilisant un nouvel échantillon provenant de la même population de moustiques.
La mortalité est évaluée 24 h après une exposition de 1 h à l’insecticide ; avec le chlorfénapyr f
Des papiers imprégnés de concentrations multipliées par 5 et 10 sont disponibles auprès de
ou le pyriproxyfène, elle est évaluée 72 h après l’exposition. Dans les bioessais réalisés avec
l’USM (Malaisie) pour les insecticides pyréthrinoïdes uniquement.
le chlorfénapyr ou le pyriproxyfène, un test avec une souche sensible doit être effectué g
parallèlement au test avec les moustiques sauvages. Doivent être réalisés avec les moustiques testés dans les bioessais évaluant la résistance.
h
c Test ne s’appliquant qu’à des mécanismes de résistance connus.
Le test est écarté lorsqu’à la fin de la période d’observation, la mortalité des témoins est >20 % soit

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
i
dans la population sauvage, soit dans la souche sensible (note : les souches sensibles ne sont testées Fait référence à des mécanismes au sens large liés spécifiquement au synergiste utilisé pour
que pour le chlorfénapyr et le pyriproxyfène). Pour le pyriproxyfène, le test doit être écarté si le les bioessais (p. ex. les monooxygénases à cytochrome P450 pour le PBO). L’absence de
taux d’oviposition 7 jours après l’exposition à l’insecticide est <30 % dans l’un ou l’autre des groupes restauration de la sensibilité par le synergiste signifie que d’autres mécanismes de résistance

47
témoins (population sauvage ou souche sensible) ou si l’inhibition de l’oviposition est <98 % dans le sont présents.
groupe exposé de la souche sensible.
6.8.1 Interprétation des bioessais évaluant la sensibilité
Pour les adulticides (hormis le chlorfénapyr)
Seuls les résultats des tests qui ont été réalisés en respectant scrupuleusement la procédure
opératoire standard appropriée (22) doivent être pris en compte pour l’interprétation.
Lorsque la mortalité doit être ajustée avec la formule d’Abbott, les résultats des tests ne
doivent être interprétés qu’après avoir corrigé la mortalité.

• Résistance confirmée : Si la mortalité (corrigée au besoin) est <90 %, et pour autant


qu’au moins 100 moustiques aient été testés, la population de vecteurs peut être
considérée comme résistante à l’insecticide.
• Résistance possible : Si la mortalité (corrigée au besoin) est ≥90 %, mais <98 %,
la présence d’une résistance est possible, mais pas certaine. Les résultats du test
doivent être confirmés en répétant le test avec un nouvel échantillon provenant de la
même population de moustiques. (Note : Il convient d’éviter d’utiliser la descendance
F1 des moustiques testés.) Si deux tests sont concordants et font apparaître une
mortalité <98 %, la résistance est confirmée.
• Sensibilité : Si la mortalité (corrigée au besoin) est ≥98 %, la population de vecteurs
peut être considérée comme sensible à l’insecticide.

Cas particulier du chlorfénapyr


Le bioessai en bouteilles de l’OMS avec le chlorfénapyr a montré une certaine
variation inter-laboratoire dans les résultats des tests en raison de la forte
influence des conditions de test (en particulier la température pendant les
bioessais). Par conséquent, pour confirmer une résistance au chlorfénapyr dans
une population de vecteurs sauvages, il convient de réaliser au moins trois
bioessais en bouteilles de l’OMS avec la même population de vecteurs. En outre,
ces trois tests doivent tous répondre aux critères suivants :

• la mortalité des moustiques testés 72 h après l’exposition est <90 % ;


• la mortalité dans la colonie de laboratoire – qui est sensible et testée en
parallèle des moustiques sauvages – 72 h après l’exposition est ≥98 % ; et
• la température pendant l’essai biologique a été scrupuleusement
maintenue à 27 °C ±2 °C.

Pour les analogues de l’hormone juvénile (tels que le pyriproxyfène)


Seuls les tests dans lesquels une souche de laboratoire sensible a été testée parallèlement
à l’échantillon de moustiques sauvages doivent être pris en compte pour l’interprétation
des résultats.

• Résistance confirmée : Si l’inhibition de l’oviposition dans l’échantillon de


moustiques sauvages est <90 % à la fin de la période d’isolement dans la chambre
de ponte (c’est-à-dire le jour 7 après 1 heure d’exposition à la concentration
discriminante de l’analogue de l’hormone juvénile) et si l’inhibition de l’oviposition
chez la souche de moustiques sensible (testée en parallèle) est, au même moment,
≥98 %, la population de moustiques peut être considérée comme résistante à
l’insecticide.
• Résistance possible : Si l’inhibition de l’oviposition dans l’échantillon de moustiques
sauvages est ≥90 %, mais <98 % à la fin de la période d’isolement dans la chambre
de ponte (c’est-à-dire le jour 7 après 1 heure d’exposition à la concentration

48 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
discriminante de l’analogue de l’hormone juvénile) et si l’inhibition de l’oviposition
chez la souche de moustiques sensible (testée en parallèle) est, au même moment,
≥98 %, la présence d’une résistance est possible, mais pas garantie. Les résultats du
test doivent être confirmés en répétant le test avec un nouvel échantillon provenant
de la même population de moustiques. (Note : Il convient d’éviter d’utiliser la
descendance F1 des moustiques testés.) Si deux tests sont concordants et montrent
que l’inhibition de l’oviposition est <98 % chez les moustiques sauvages tandis qu’elle
est ≥98 % chez la souche de moustiques sensible (testée en parallèle), la résistance
est confirmée.
• Sensibilité : Si l’inhibition de l’oviposition dans l’échantillon de moustiques sauvages
à la fin de la période d’isolement dans la chambre de ponte (c’est-à-dire le jour 7
après 1 h d’exposition à la concentration discriminante de l’analogue de l’hormone
juvénile) est ≥98 % et si l’inhibition de l’oviposition chez la souche de moustiques
sensible (testée en parallèle) est, au même moment, ≥98 %, la population de
moustiques peut être considérée comme sensible à l’insecticide.

Note : Les procédures pour tester la résistance des vecteurs au pyriproxyfène sont nouvelles
et ont été élaborées à partir de souches de moustiques colonisées en laboratoire. Elles
doivent encore être validées avec des populations de moustiques collectées dans le milieu
naturel à divers endroits. Il est possible que la procédure opératoire ou l’interprétation
des résultats soient modifiés en fonction des résultats obtenus avec les moustiques issus
du terrain.

6.8.2 Interprétation des bioessais évaluant l’intensité de la résistance


(concentrations discriminantes multipliées par 5 et par 10)
Les résultats des bioessais évaluant l’intensité de la résistance ne peuvent être interprétés
que si la résistance à l’insecticide a été confirmée au préalable à l’aide de bioessais
évaluant la sensibilité qui sont réalisés avec la concentration discriminante de l’insecticide.
Comparer les mortalités des moustiques exposés à des papiers ou des bouteilles
imprégnées avec la concentration discriminante × 1, × 5 et × 10 permet ensuite d’évaluer
l’intensité de la résistance à cet insecticide. Lorsque les mortalités doivent être ajustées avec
la formule d’Abbott, les résultats des tests ne doivent être interprétés qu’après avoir corrigé
les mortalités. Les recommandations actuelles pour l’interprétation des résultats sont les
suivantes.

• Résistance de faible intensité : Si la mortalité des moustiques (corrigée au besoin)


est <90 % après une exposition à la concentration discriminante (1 ×) et ≥98 % après
une exposition à 5 fois la concentration discriminante, les résultats indiquent une
résistance de faible intensité. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de réaliser un essai
biologique avec 10 fois la concentration discriminante.
• Résistance d’intensité modérée : Si la mortalité des moustiques (corrigée au besoin)
est <90 % après une exposition à la concentration discriminante (1 ×) et <98 %
après une exposition à 5 fois la concentration discriminante, les résultats indiquent
une résistance d’intensité modérée. Un bioessai avec 10 fois la concentration
discriminante doit alors être effectué pour déterminer si l’intensité est effectivement
modérée, ou plutôt forte. Si la mortalité après exposition à 10 fois la concentration
discriminante est ≥98 %, l’intensité modérée de la résistance est confirmée.
• Résistance de forte intensité : Si la mortalité des moustiques (corrigée au besoin)
est <90 % après une exposition à la concentration discriminante (1 ×) et <98 % après
une exposition à 5 fois et à 10 fois la concentration discriminante, les résultats
indiquent une résistance de forte intensité.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 49
6.8.3 Interprétation des bioessais synergiste-insecticide
Les tests biologiques avec un couple synergiste-insecticide ne doivent être réalisés que
sur des populations de moustiques qui sont résistantes à l’insecticide dont le synergiste
potentialise l’effet. Lorsque l’on évalue la capacité du synergiste à restaurer la sensibilité à
l’insecticide, la mortalité chez les moustiques exposés au synergiste puis à l’insecticide doit
être comparée à la mortalité chez les moustiques exposés uniquement à l’insecticide. Si
la mortalité chez les moustiques exposés uniquement à l’insecticide est ≥90 %, l’effet d’un
synergiste (le PBO, par exemple) ne peut pas être évalué de manière fiable. Lorsque les
mortalités doivent être ajustées avec la formule d’Abbott, les résultats des tests ne doivent
être interprétés qu’après avoir corrigé les mortalités. Si la mortalité chez les moustiques
exposés uniquement à l’insecticide est <90 %, l’effet du synergiste peut être interprété selon
les critères suivants.

• Restauration totale de la sensibilité : Si la mortalité (corrigée au besoin) chez


les moustiques exposés d’abord à un synergiste puis à l’insecticide est ≥98 %, on
peut considérer que le synergiste entraîne une restauration totale de la sensibilité
à l’insecticide. Cela signifie que le mécanisme de résistance métabolique ciblé
par le synergiste est le mécanisme principalement responsable du phénotype de
résistance observé dans la population testée.
• Restauration partielle de la sensibilité : Si la mortalité (corrigée au besoin) chez
les moustiques exposés d’abord à un synergiste puis à l’insecticide est <98 %, mais
supérieure d’au moins 10 % à la mortalité chez les moustiques exposés à l’insecticide
uniquement, on peut considérer que le synergiste entraîne une restauration partielle
de la sensibilité à l’insecticide. Cela signifie que le mécanisme de résistance
métabolique ciblé par le synergiste n’explique qu’une partie du phénotype de
résistance observé et que d’autres mécanismes de résistance sont susceptibles
d’être présents dans la population testée.
• Pas de restauration de la sensibilité : Si la mortalité (corrigée au besoin) chez
les moustiques exposés d’abord à un synergiste puis à l’insecticide est égale ou
inférieure à la mortalité chez les moustiques exposés uniquement à l’insecticide, on
peut considérer que le synergiste ne restaure pas la sensibilité à l’insecticide. Cela
signifie que le phénotype résistant observé dans la population testée n’est pas dû au
mécanisme de résistance métabolique ciblé par le synergiste.

50 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
7. Mécanismes de résistance et
méthodes de détection
Le phénotype de résistance est associé à différents types de modifications génétiques
chez le moustique. Ces modifications génétiques entraînent des changements fonctionnels
chez le moustique qui lui permettent de survivre à l’exposition aux insecticides. Lorsque
des insecticides sont utilisés pour la lutte antivectorielle, les moustiques qui présentent ces
modifications survivent et les autres meurent. Il en résulte que les modifications génétiques
sont transmises de génération en génération, et se propagent à travers la population de
moustiques.

Pour l’heure, les mécanismes de résistance les mieux connus se répartissent en deux groupes :
les mécanismes métaboliques et les mécanismes de modification de la cible. Il existe d’autres
mécanismes connus pour conférer un phénotype de résistance, mais ils sont moins étudiés.
Il s’agit de l’épaississement de la cuticule (7) et des changements de comportement des
vecteurs (8). Ces quatre types de mécanismes sont décrits dans l’encadré 5.

Encadré 5. Les mécanismes de résistance aux insecticides


La résistance métabolique résulte de modifications dans les systèmes enzymatiques
du moustique qui entraînent une détoxication de l’insecticide plus rapide que la
normale. Cette détoxication empêche l’insecticide d’atteindre sa cible à l’intérieur du
moustique ou protège l’insecte des métabolites secondaires toxiques. Dans le cas
des vecteurs du paludisme, on pense que trois systèmes enzymatiques jouent un rôle
important dans la métabolisation des insecticides : les estérases, le cytochrome P450
et les glutathionStransférases.

La résistance liée à la modification de cible intervient lorsqu’il y a une mutation du


récepteur protéinique, cible de l’insecticide. L’insecticide ne peut alors plus se lier
efficacement sur son récepteur et de ce fait, l’insecticide n’a pas d’effet ou a moins
d’effet sur l’insecte.

• Pour le DDT et les pyréthrinoïdes, la mutation touche le récepteur du canal


sodique, conférant aux insectes une « résistance à l’effet de choc (ou effet
knockdown) » (par les gènes kdr).
• Pour les organophosphorés et les carbamates, la mutation concerne
la protéine acétylcholinestérase (un neurotransmetteur), conférant une
résistance ace-1.
• Pour la dieldrine et le fipronil, la mutation se produit au niveau du récepteur de
l’acide gamma aminobutyrique (gène rdl).

La résistance cuticulaire correspond à une réduction de l’absorption des insecticides


par le moustique en raison d’un épaississement ou d’une modification de la
composition de sa cuticule. Les modifications de la cuticule sont attribuées à la
surexpression d’un ou plusieurs des différents gènes impliqués dans la formation de
la cuticule.

La résistance comportementale est une modification du comportement du


moustique qui lui permet d’éviter ou de réduire le contact avec les insecticides. Les
facteurs génétiques de la résistance comportementale chez les moustiques sont
mal compris.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 51
Bien que les bioessais standard de l’OMS soient suffisants pour servir de base à un certain
nombre de décisions programmatiques courantes, il peut s’avérer utile dans certaines
situations de connaître les mécanismes qui sont à l’origine de la résistance. Par exemple,
étant donné que les insecticides peuvent avoir des modes d’action similaires, certains
mécanismes de résistance peuvent conférer une résistance à plus d’un insecticide (voir
le tableau 13). C’est ce que l’on appelle la résistance croisée. Lorsque l’on a détecté
une résistance à un ou plusieurs insecticides en usage, il est important d’identifier les
mécanismes impliqués pour pouvoir sélectionner une intervention avec un insecticide dont
le mode d’action ne correspond pas à celui qui est déjoué par le mécanisme de résistance
détecté. L’encadré 6 répertorie d’autres usages qu’il est possible de faire avec les données
sur les mécanismes de résistance.

Dans la mesure où ces tests nécessitent une certaine capacité de laboratoire et peuvent
être coûteux, les programmes de lutte contre les maladies au niveau national doivent
chercher à identifier les mécanismes de résistance lorsque l’utilisation qui sera faite de
ces données est clairement définie. Lorsqu’il n’existe pas de capacité nationale pour
étudier les mécanismes de résistance, mais que ces informations sont considérées comme
importantes, il est possible de demander de l’aide auprès d’institutions partenaires.

Encadré 6. Utilisation des données sur les mécanismes de résistance


Faire ressortir les zones où un phénotype résistant pourrait être présent, si l’on connaît
au préalable l’association entre marqueurs de résistance et phénotype de résistance.

Confirmer la présence d’une résistance lorsque l’on dispose de marqueurs bien


définis pour les mécanismes de résistance.

Suivre l’évolution de la résistance dans le temps en étudiant les variations de la


fréquence des marqueurs de résistance dans une série chronologique d’échantillons.

Suivre la variation spatiale de la résistance à des échelles où il est difficile de tester le


phénotype de résistance, en suivant les variations de la fréquence des mécanismes
de résistance dans des échantillons provenant d’endroits géographiquement distincts.

Aider à sélectionner d’autres interventions de lutte antivectorielle dès lors qu’une


résistance à un insecticide utilisé a été confirmée, en évaluant la probabilité qu’il
existe une résistance aux insecticides que l’on pourrait utiliser à la place.

Certains mécanismes s’avèrent fortement prédictifs du phénotype résistant des moustiques


aux insecticides, ou bien sont significativement corrélés à celui-ci. Chez Anopheles
gambiae, des mutations kdr bien connues (L1014L/S) sont répandues sur le continent
africain (47) et l’on sait qu’elles confèrent une résistance à plusieurs pyréthrinoïdes.
Des mutations dans les gènes kdr ont également été identifiées chez d’autres espèces
d’anophèles dans le monde (48), dont certaines jouent un rôle dans la transmission
du paludisme au niveau local (par exemple, An. albimanus, An. stephensi, An. sinensis,
An. culicifacies). Il a été observé que les allèles de résistance dupliqués du locus ace-1
étaient associés à un phénotype de résistance aux carbamates ou aux organophosphorés
chez An. gambiae (49). Une augmentation de l’expression du CYP6P9 chez An. funestus
(50) et du CYP6M2 chez An. gambiae (51) est connue pour entraîner une métabolisation
des pyréthrinoïdes, ce qui est associé à des niveaux élevés de résistance à ces insecticides.

Chez les moustiques Aedes, au moins six substitutions différentes dans les gènes codant les
canaux sodiques voltage-dépendants (V1016G/I, F1534C/S, V410L et S989P) sont corrélées

52 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
avec une résistance aux pyréthrinoïdes. Des études transcriptomiques ont montré que
la surexpression des gènes du cytochrome P450, en particulier dans les familles CYP6 et
CYP9, est fortement corrélée avec une résistance à la deltaméthrine chez Ae. aegypti, le
vecteur de la dengue (52,53). La surexpression de gènes codant des carboxylestérases/
cholinestérases (gènes CCE ; notamment CCEae3a et CCEae6a) chez les moustiques
Aedes est également fortement associée à une résistance à l’insecticide organophosphoré
téméphos (54, 55), et ces marqueurs génétiques représentent des candidats prometteurs
pour suivre la résistance au téméphos sur le terrain.

Enfin, des espèces de moustiques Culex qui jouent un rôle dans la transmission de
maladies humaines (comme Cx. pipiens, Cx. quinquefasciatus et Cx. tritaeniorhynchus)
ont également développé une résistance aux insecticides utilisés en santé publique en
raison de mutations kdr (1014F/S/C) et d’une augmentation de l’expression du CYP450,
des gènes CCE et de la glutathion S-transférase (56). Des mutations dans le gène codant
l’acétylcholinestérase lui conférant une insensibilité (G119S, F290V, F331W) sont à l’origine de
divers niveaux de résistance aux carbamates et aux organophosphorés (49, 57, 58).

En raison de la corrélation de certains de ces mécanismes avec le phénotype résistant, leur


détection et leur fréquence pourraient devenir un bon indicateur de l’émergence et de la
prévalence de la résistance dans une population de vecteurs. L’apparition de nouveaux
mécanismes ou des changements considérables dans d’autres mécanismes – tels que la
mutation kdr ou plusieurs marqueurs métaboliques – dont l’association avec le phénotype
résistant est plus variable, pourraient servir d’indicateurs précoces de l’émergence ou du
développement d’une résistance, ou d’évolutions potentielles en la matière.

Tableau 13. Principaux insecticides utilisés dans la lutte antivectorielle et mécanismes de


résistance associés
Classe Cible biochimique Mécanismes de résistance connus
d’insecticide
Mutations de la cible Mécanismes
métaboliques
Canaux AChE Récepteur Récepteur kdr ace-1 rdl Nlα COE GST P450
sodiques GABA Ach
Organochlorés X ++ ++ +
Cyclodiènes X ++ +
Organophosphorés X ++ ++ + +
Carbamates X ++ +
Néonicotinoïdes X + ++ ++
Pyréthrinoïdes X ++ + + ++
Phénylpyrazoles X ++ +
Avermectines X Non connues +
Analogues de Récepteurs hormonaux et voie de Mutations de la cible +
l’hormone juvénile biosynthèse de la chitine
Toxines de Bti Récepteurs de la paroi intestinale des Mutations des Mécanismes
Toxine de Bs larves de moustiques récepteurs probables :
altération des
toxines, immunité
ace-1 : gène codant l’acétylcholinestérase ; ACh : acétylcholine ; AChE : acétylcholinestérase ; COE : carboxylestérase ;
GST : glutathion S-transférase ; kdr : gène knockdown resistance (résistance à l’effet de choc) ; rdl : gène de résistance à la
dieldrine ; Nl : sous-unité du récepteur nicotinique de l’acétylcholine. X indique la correspondance entre la classe d’insecticide
et la cible biochimique ; +/++ indique la force de l’association entre le mécanisme de résistance et le phénotype de résistance
à la classe d’insecticides.
Source : Adapté du Tableau 3 : Principaux insecticides utilisés contre les vecteurs et mécanismes de résistance associés du
rapport de l’Anses Résistance des moustiques vecteurs aux insecticides (octobre 2021) (59).

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 53
Il existe une série de tests biochimiques et moléculaires pour détecter la présence de ces
mécanismes et quantifier leur fréquence. La description détaillée de ces techniques sort
du cadre du présent document ; on la trouvera dans le document Methods in Anopheles
research manual (39) ou dans d’autres publications (60). Ces tests nécessitent que les
échantillons de moustiques soient conservés dans des conditions spécifiques. Les tests
biochimiques permettant de détecter l’activité enzymatique donnent de meilleurs résultats
lorsqu’ils sont effectués sur des échantillons frais ou des échantillons conservés à -80 °C.
Pour la détection des mécanismes au niveau de l’ADN, les échantillons de moustiques
doivent être conservés dans de l’éthanol à 70 % au moins ou dans des tubes Eppendorf
avec du gel de silice. Pour les méthodes avancées de détection moléculaire (par exemple,
l’analyse de l’expression génique qui utilise l’ARN), les échantillons doivent être conservés
soit à -20 °C dans une solution de stabilisation de l’ARN de type RNAlater, soit à -80 °C
sans RNAlater.

54 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
8. Gestion et communication des
données
Dans le cadre des programmes de lutte antivectorielle, des systèmes solides doivent être
mis en place pour la collecte, la gestion et l’analyse des données issues du suivi de la
résistance aux insecticides. Il est capital que les décideurs disposent de ces données dans
les meilleurs délais. Les données doivent être interprétées au regard des données du suivi
de la lutte antivectorielle, des données épidémiologiques et d’autres types de données
utiles afin de comprendre l’impact de la résistance aux insecticides sur l’efficacité de la lutte
contre les maladies et d’éclairer les décisions programmatiques.

Lorsque les capacités des programmes nationaux pour suivre la


résistance aux insecticides sont limitées, ces fonctions peuvent être
déléguées, en totalité ou en partie, à des institutions partenaires.
Des protocoles d’accord fermes doivent être en place pour faire en
sorte que les partenaires communiquent les données du suivi de la
résistance aux programmes en temps opportun. Les programmes de
lutte antivectorielle et les institutions partenaires doivent fixer dès le
départ les priorités et les procédures pour la collecte des données,
ainsi que la fréquence et le format de la transmission des données.

Afin de fournir un appui aux pays pour collecter les données pour le suivi de la résistance
aux insecticides, compiler les données provenant des partenaires, mettre les données à
la disposition des décideurs et les aider à les interpréter, l’OMS a élaboré des formulaires
papier standard, des formulaires Excel ainsi que des outils numériques basés sur le
système d’information sanitaire de district (DHIS2). Les formulaires papier sont annexés aux
procédures opératoires standard qui sont disponibles sur le site Web de l’OMS pour le suivi
de la résistance aux insecticides (22). Les formulaires Excel sont disponibles sur le site Web
de l’OMS également. Les outils numériques comprennent des formulaires numériques de
collecte de données, des indicateurs calculés automatiquement, et des tableaux de bord
pour visualiser et interpréter les données.

Ces outils sont gratuits et peuvent être facilement intégrés aux systèmes DHIS2 qui sont
déjà installés au niveau national. Ils sont disponibles sur le site Web de l’OMS (46). Ils
prennent en charge la collecte de données à la fois en ligne et hors ligne, et à partir de
plusieurs types d’appareils (par exemple, téléphones, tablettes, ordinateurs).

Les pays sont encouragés à transmettre régulièrement (au moins une fois par an) à l’OMS
les données qu’ils collectent dans le cadre du suivi de la résistance aux insecticides pour
qu’elles soient incluses dans la base de données mondiale de l’OMS (61). Des modèles
Excel standard sont à disposition des programmes nationaux pour leur permettre de
communiquer les données du suivi de la résistance à l’OMS (61). La base de données
mondiale comprend des informations fournies par les pays et les partenaires, ainsi que
des données qui sont régulièrement extraites de publications et rapports scientifiques. Ces
données, visualisées sous forme de cartes interactives, sont mises à la disposition du public
via la plateforme interactive de visualisation de données appelée Carte des menaces du
paludisme (3) qui est une plateforme dédiée au suivi dynamique des défis biologiques
rencontrés dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Pour le paludisme, l’OMS analyse
ces données une fois par an et fait la synthèse de la situation mondiale concernant la
résistance des vecteurs aux insecticides dans le Rapport sur le paludisme dans le monde et
l’application Malaria Toolkit.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 55
9. Lacunes en matière de
connaissances
Il est possible d’améliorer le suivi de la résistance aux insecticides et l’utilisation faite
des données de suivi dans la prise de décision programmatique. Les lacunes les plus
importantes dans les connaissances et les besoins d’information, y compris ceux qui ont été
identifiés dans l’étude multicentrique de l’OMS (20), sont énumérés ci-après.

Procédures de test
• Des concentrations discriminantes et/ou d’autres procédures standard pour tester
la résistance aux composés en développement devraient être élaborées lorsque
les produits sont encore au stade d’évaluation afin que la résistance des vecteurs à
ces composés puisse être suivie au niveau des programmes dès qu’ils sont utilisés
dans les pays.
• Il n’existe pas de procédures ni de concentrations discriminantes pour suivre la
résistance chez les vecteurs d’autres maladies (tels que les phlébotomes et les
triatomes). Il faudrait en définir au plus tôt.
• Les laboratoires qui ont participé à l’étude multicentrique de l’OMS pour mettre
au point de nouvelles procédures et déterminer de nouvelles concentrations
discriminantes pour le suivi de la résistance ont fait part des difficultés rencontrées
pour que les moustiques femelles sauvages pondent des œufs en laboratoire et
que la résistance au pyriproxyfène puisse être testée. Pour résoudre ce problème, le
protocole de test doit être validé avec des populations de moustiques capturées sur
le terrain dans divers milieux.
• Des travaux supplémentaires doivent être menés pour déterminer (i) si d’autres
agents tensioactifs, tels que le SPAN 80, peuvent être utilisés dans le bioessai
en bouteilles de l’OMS, et (ii) si les agents tensio-actifs, tels que le MERO, ont la
capacité de faciliter la pénétration de l’insecticide à travers la cuticule et jouent un
rôle dans ce phénomène, et l’impact que cela pourrait avoir sur les résultats des
bioessais, le cas échéant.
• Pour l’heure, on ne sait pas si, pour certains composés, il est indiqué d’imprégner les
papiers filtres ou les bouteilles avec 5 fois et 10 fois la concentration discriminante.
Pour les bioessais en bouteilles, d’autres études sont nécessaires pour vérifier
que ces composés ne cristallisent pas à ces concentrations plus élevées. Pour les
essais avec du papier filtre, la stabilité des papiers imprégnés avec 5 fois et 10 fois
la concentration discriminante de pyrimiphos-méthyl doit être soigneusement
examinée, car aucune huile de support n’est utilisée dans ce cas.
• La durée de conservation des papiers-filtres Whatman de grade no 1 traités avec
les concentrations discriminantes d’insecticides nouvellement recommandées
n’est pas connue pour la plupart des composés et cet aspect doit être étudié. Ceci
est particulièrement important pour les papiers imprégnés au pyrimiphos-méthyl
qui ne contiennent pas d’huile de support. De la même manière, on ne connaît
pas la durée de conservation des bouteilles imprégnées avec les concentrations
discriminantes nouvellement définies ni le nombre possible d’utilisations de ces
bouteilles. La durée de conservation des solutions mères doit également être
déterminée, en particulier pour les composés testés dans les bioessais en bouteilles
de l’OMS. Ces informations doivent être rassemblées pour pouvoir adopter des
conditions de stockage adéquates, faciliter les processus d’approvisionnement et
assurer la qualité des résultats des tests.

56 Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées
• La dynamique PBO-oxydases-pyréthrinoïdes chez le moustique n’est pas bien
comprise. Une meilleure compréhension pourrait permettre d’améliorer les
procédures pour les bioessais utilisant un mélange insecticide-synergiste et d’affiner
les seuils de mortalité à utiliser ; cela permettrait ainsi de collecter des données
plus utiles et faciliterait leur interprétation. Les principaux facteurs à examiner
comprennent le moment de l’exposition au PBO (simultanée ou successive),
l’utilisation de concentrations différentes, et l’ajout d’agents tensio-actifs ou
d’adjuvants.
• Davantage de données sont nécessaires pour définir des temps et des procédures
de séchage des bouteilles qui soient bien adaptés, en particulier pour les composés
volatils qui peuvent s’évaporer plus rapidement que d’autres insecticides.
• Une évaluation détaillée des principaux facteurs à l’origine de la variabilité
des résultats est nécessaire pour améliorer les procédures de tests ainsi que
l’interprétation et la comparabilité des résultats.
• La recherche sur les méthodes d’évaluation de la résistance comportementale
chez les moustiques vecteurs doit être poursuivie jusqu’à ce que des méthodes
soient validées et puissent être utilisées pour suivre ce type de résistance dans les
programmes.

Utilisation des données issues du suivi de la résistance aux insecticides pour éclairer les
décisions programmatiques
• Les conséquences de la résistance aux insecticides sur l’efficacité des interventions
de lutte antivectorielle restent incertaines (62, 63). Il est extrêmement important de
les comprendre pour orienter le choix des stratégies de lutte antivectorielle.
• La manière dont les données sur l’intensité de la résistance doivent être utilisées
pour la prise de décisions est encore mal définie. Le lien entre l’intensité de la
résistance et l’efficacité des interventions de lutte antivectorielle doit être plus étudié
afin de savoir comment intégrer ces données dans l’élaboration des stratégies de
lutte antivectorielle.
• À partir d’un nombre réaliste de variables prédictives, il faudrait développer
des méthodes permettant d’extrapoler les données du suivi de la résistance aux
zones où ce type de données fait défaut. Cela permettra de disposer de plus
d’informations pour la prise de décisions et de réduire les ressources à mobiliser
pour suivre la résistance aux insecticides une fois qu’un produit est recommandé
pour un usage en santé publique.
• L’association entre la surexpression de certains gènes chez les moustiques résistants
et le phénotype de résistance qui en résulte n’est pas bien comprise. Disposer de
marqueurs de résistance ayant été validés pourrait simplifier le suivi de la résistance
dans l’avenir.

Suivi de la résistance au niveau mondial


• Il est nécessaire de renforcer à l’échelle mondiale le suivi de la résistance aux
insecticides chez les vecteurs Aedes spp. et de transmettre les données à l’OMS pour
que la situation de la résistance aux insecticides chez ces espèces soit évaluée.
• Les pays ne possèdent pas encore les ressources financières, les infrastructures et
les capacités qui conviendraient pour suivre et gérer la résistance aux insecticides
chez les vecteurs du paludisme. Les donateurs et les partenaires sont encouragés à
apporter leur soutien aux pays dans cette entreprise.

Manuel pour le suivi de la résistance aux insecticides chez les moustiques vecteurs et la sélection d’interventions appropriées 57
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