0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
138 vues2 pages

Dissertation Litterature Faim Version2

Exemple de dissertation littéraire TLEA4

Transféré par

malakelarissa0
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
138 vues2 pages

Dissertation Litterature Faim Version2

Exemple de dissertation littéraire TLEA4

Transféré par

malakelarissa0
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Dissertation Littéraire – A quoi sert la littérature

dans un monde qui a faim ?

La faim est l’une des plus anciennes menaces qui pèsent sur l’humanité. Des millions de personnes
la subissent encore aujourd’hui, dans un monde pourtant capable de produire des richesses
abondantes. Dans ces conditions, la littérature peut paraître secondaire, voire inutile : à quoi bon
lire et écrire quand il faut d’abord manger ? Pourtant, depuis l’Antiquité, les écrivains n’ont cessé de
décrire, de symboliser et de questionner la faim et la misère. Par « littérature », on entend ici
l’ensemble des récits, poèmes ou pièces de théâtre qui expriment l’expérience humaine ; par « faim
», non seulement la faim physique, mais aussi la faim de justice et de dignité. La question se pose
alors : à quoi sert la littérature dans un monde qui a faim ? Nous montrerons d’abord qu’elle permet
de donner une voix et une dignité aux affamés (I), ensuite qu’elle préserve la mémoire des
souffrances pour éviter l’oubli (II), enfin qu’elle propose une réflexion universelle sur la condition
humaine (III).

I. La littérature comme voix et dignité des affamés


La première fonction de la littérature, face à la faim, est de donner un langage à ceux qui n’en ont
pas. Elle arrache les miséreux au silence et leur rend une identité humaine. Dans *Les Misérables*,
Victor Hugo fait de Fantine ou Gavroche non pas des anonymes, mais des personnages de chair et
de sang, symboles de toutes les victimes de l’injustice sociale. De même, Émile Zola, dans
*Germinal*, décrit avec précision la pauvreté ouvrière : les mineurs y gagnent une visibilité que la
société de leur temps leur refusait. La littérature transforme donc les victimes invisibles en figures
représentées, leur rendant une forme de dignité symbolique : être raconté, c’est déjà exister.

II. La littérature comme mémoire des souffrances


En second lieu, la littérature empêche l’oubli. Elle garde trace des famines, des injustices sociales
et des privations extrêmes, afin que les générations suivantes sachent et n’ignorent pas. Ainsi, *La
Faim* de Knut Hamsun ne décrit pas seulement une expérience individuelle ; il en fait un
témoignage durable, que les lecteurs du XXe et du XXIe siècle peuvent encore ressentir. De
même, Primo Levi, dans *Si c’est un homme*, raconte la faim dans les camps de concentration
nazis : « Nous savions que nous toucherions le fond de la faim, mais pas qu’il n’y avait pas de fond.
» Ce témoignage littéraire devient mémoire universelle de la faim extrême. La littérature n’apporte
pas de pain, mais elle empêche que la souffrance disparaisse dans l’indifférence ou le néant.

III. La littérature comme réflexion universelle sur la condition


humaine
Enfin, la littérature dépasse la faim matérielle pour en faire une question philosophique et
universelle. Elle interroge ce qu’il reste de l’homme quand tout manque. Camus, dans *La Peste*,
montre que les crises révèlent la solidarité et la dignité humaine face à la mort et à la privation. De
même, John Steinbeck, dans *Les Raisins de la colère*, transforme la faim en symbole d’une lutte
collective pour la justice sociale. La littérature élève donc l’expérience individuelle au rang de
question universelle : pourquoi la faim existe-t-elle dans un monde d’abondance ? Comment
l’humanité peut-elle rester humaine dans l’extrême pauvreté ? En ce sens, elle n’est pas un luxe,
mais une pensée vitale.

Conclusion
En définitive, la littérature, dans un monde qui a faim, n’est pas un substitut au pain mais un
complément essentiel : elle donne une voix aux silencieux, garde la mémoire des souffrances et
invite à réfléchir sur ce que signifie « être homme » face au manque. Sans elle, la faim resterait un
fait brut, sans visage ni mémoire. Avec elle, elle devient une expérience pensée, partagée, et
peut-être surmontée. Ainsi, la littérature ne nourrit pas les corps, mais elle nourrit les consciences :
condition indispensable pour que demain, plus personne n’ait faim.

Vous aimerez peut-être aussi