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Les insectes ravageurs des eucalyptus en Tunisie
Article · November 2008
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Samir Dhahri Ben Jamaa Mohamed Lahbib
Institut National de Recherche en Génie Rural, Eaux et Forêts (INRGREF) INRGREF -Tunisia
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Actes des journées scientifiques de l’INRGREF, Hammamet 11,12et13novembre 2008 363
La biodiversité dans les aires protégées
Les insectes ravageurs des Eucalyptus en Tunisie.
Samir Dhahri 1 & Mohamed Lahbib Ben Jamâa 2
INRGREF, BP 10, 2080 Ariana
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/ Leptocybe invasa / Ophelimus maskelli / Phoracantha sp. /أوآ س
Abstract- Insects pests of eucalyptus in Tunisia The Eucalyptus which
was introduced in Tunisia since the thirteen (1930) covers currently
approximately 41.000 ha. It is attacked mainly by four devastating insects, of
Australian origin. Two Beetles Cerambycidae xylophagous borer of wood;
Phoracantha semipunctata Fabricius detected since the Sixties and
Phoracantha recurva Newman detected in 2001. Two Hymenoptera
Eulophidae species, gall inducer which attack the foliage of eucalyptus;
Leptocybe invasa, detected in 2004, it causes galls on the mid-ribs, petioles
and stems of new shoots of eucalyptus trees and Ophelimus maskelli
Ashmead, detected in 2006, which makes galls on the limb of the leaf.
Eucalyptus / Phoracantha sp. / Ophelimus / Leptocybe invasa / Tunisia.
Résumé - L’Eucalyptus qui a été introduit en Tunisie vers les années trente
couvre actuellement environ 41 000 ha. Il est attaqué en Tunisie
principalement par quatre insectes ravageurs, d’origine australienne. Deux
Coléoptères Cerambycidae xylophages foreur du bois ; Phoracantha
semipunctata Fabricius détecté depuis les années 60 et Phoracantha recurva
Newman détecté en 2001. Deux Hyménoptères Eulophidae, espèces
gallicoles qui attaquent le feuillage des eucalyptus ; Leptocybe invasa,
détecté en 2004, formant des galles au niveau du pétiole ou la nervure
principale ainsi que sur les rameaux des jeunes pousses et Ophelimus
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Annales de l’INRGREF(2008), 12 (2), Numéro spécial, (363-372) ISSN 1737-0515 S. Dhahri et ML Ben Jamaa
364 Actes des journées scientifiques de l’INRGREF, Hammamet 11,12et13novembre 2008
La biodiversité dans les aires protégées
maskelli Ashmead, détecté en 2006, formant des galles au niveau du limbe
de la feuille.
Eucalyptus / Phoracantha sp. / Ophelimus / Leptocybe invasa / Tunisie.
1. INTRODUCTION
Depuis la fin du 18ème siècle, et à cause de sa croissance rapide et sa large
plasticité, l’Eucalyptus (Famille des Myrtacées), originaire de l’Australie et
de la nouvelle Guinée, a été choisi comme espèce de reboisement dans de
nombreuses régions du monde. Il possède actuellement une vaste répartition
surtout dans les pays où règne un climat adéquat. Cet arbre est limité par le
froid et la sécheresse extrême.
La Tunisie n’a pas fait exception à ces pays, car sur le plan productif, les
forêts tunisiennes sont généralement pauvres et l’eucalyptus a été choisi pour
ses qualités d’adaptation. En plus des Eucalyptus, choisi comme essence
principale de reboisement, plusieurs autres espèces ont été essayées pour
leurs facultés d’acclimatation dans l'environnement et de combattre avec la
production des espèces autochtones sur les deux plans : quantitatif
(production de biomasse en une courte durée) et qualitatif (bois avec une
meilleure qualité technologique) (Khouja et al., 2001). L’Eucalyptus a été
introduit, en Tunisie, vers les années 30 et depuis, la superficie de ses
plantations n’a pas cessé de s’accroître. En effet, elle a été estimée à 29 000
ha en 1966 (Roovers, 1967), à 31 000 ha en 1995 (soit 3.2% de la superficie
de la forêt tunisienne) (DGF, 1995 ; 2005) et il couvre actuellement 41 000
ha (DGF, 2007). Il est localisé principalement des les Gouvernorats du Nord
(Bizerte, Béja, Jendouba, Tunis, Nabeul, Zaghouan) où on rencontre plus de
25 000 ha soit, environ, 80% de la superficie totale nationale. Les 20%
restant sont réparties équitablement entre le Centre (10%) et le Sud (10%)
(Tableau 1).
Tableau 1 : Importance des Eucalyptus dans chaque Gouvernorat de la
Tunisie (IFN, 1995 ; 2005).
Gouvernorat Superficie (ha) Superficie (%)
Bizerte 10 778 34,80
Béja 4 138 13,40
Jendouba 3 897 12,60
Tunis 2 987 9,70
Zaghouan 2 458 8,00
Sfax 1 508 4,90
Nabeul 954 3,00
Mahdia 947 3,00
Siliana 652 2,10
Gafsa 598 1,90
Sousse 557 1,80
Sidi Bouzid 446 1,40
Gabès 322 1
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La biodiversité dans les aires protégées
Kairouan 297 1
Kébili 138 0,40
Le Kef 96 0,30
Kasserine 84 0,30
Monastir 75 0,20
Total 30 932 100
En plus de la production du bois d’œuvre estimée à 1/3 de la production
nationale annuelle (DGF, 1995), cette essence est aussi valorisée en bois
d’énergie du fait de son pouvoir calorifique élevé. En effet, l’E. divercifolia
et l’E. lehmanii sont considérés parmi les espèces introduites à Pouvoir
Calorifique Supérieur élevé (5583 kcal/kg de bois et 5367 kcal/kg de bois
respectivement) (Mlaouhi et al., 2006). L’Eucalyptus est aussi fortement
apprécié en apiculture. Khouja et al. (2006) mentionnent que l’E.
camaldulensis et l’E. gomphocephala sont appréciés en apiculture pour leur
valeur nutritive. Travaillant sur la floraison de quelques espèces
d’Eucalyptus, ces auteurs ont montré, également, que E. bicolor, E. gilii, E.
clodacalyx, E. incressata, E. salubris, E. leucoxylon et E. loxophleba
constituent des plantes potentielles pour les plantations mellifères vue leur
abondante floraison qui s’étale sur une grande durée notamment en périodes
automnale et hivernale.
En Tunisie, les plantations d’eucalyptus sont restées indemnes des ravages
des insectes nuisibles jusqu’aux années soixante : date de détection du
redoutable ravageur xylophage Phoracantha semipunctata. Depuis l’année
1999, trois autres insectes ravageurs des eucalyptus ont été détectés : P.
recurva, espèce congénère de P. semipunctata foreur du bois et deux
Hyménoptères gallicoles au niveau du feuillage ; Leptocybe invasa et
Ophelimus maskelli. Le présent travail constitue un état des lieux des
connaissances des insectes ravageurs des Eucalyptus en Tunisie.
2. LES INSECTES XYLOPHAGES
Les Eucalyptus en Tunisie sont attaqués par deux espèces
xylophages originaires de l’Australie : Phoracantha semipunctata Fab. et
Phoracantha recurva New.
Phoracantha semipunctata Fab. (Coleoptera : Cerambycidae)
En Australie, P. semipunctata est une espèce secondaire. Ceci est du d’une
part, à la bonne adaptation des espèces d’Eucalyptus aux conditions de leur
milieu naturel et d’autre part, à la présence d’un grand nombre d’ennemis
naturels qui limite leurs populations. En dehors de son pays d’origine, cette
espèce est fortement attaquée par P. semipunctata à cause de sa mauvaise
adaptation à ses nouvelles conditions du milieu et à l’absence également de
ses ennemis naturels. En effet, dès le début du 20ème siècle, ce ravageur a été
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La biodiversité dans les aires protégées
introduit dans plusieurs pays où il a causé des dégâts catastrophiques. En
Afrique du Sud, les premiers dégâts ont été signalés en 1906 (Tooke, 1928),
alors qu’en Amérique du Sud en 1917 (De Santis, 1945) et en Californie en
1984 (Scriven et al., 1986). Dans le Bassin Méditerranéen, les premières
observations ont été faites en Palestine en 1945 (Bytinski-salz, 1952).
Ensuite, l’insecte a été noté en Egypte en 1950 (Lepesme, 1950), puis en
Turquie en 1959 (Acatay, 1959). Il a été signalé en Italie en 1969 (Ferreira
and Ferreira, 1991), au Portugal et en Espagne au début des années quatre-
vingts (Rodriguez, 1981). Au Afrique du Nord, P. semipunctata a été détecté
en premier lieu en Tunisie en 1962 (Biliotti et Schoenenberger, 1962), alors
qu’au Maroc, les manifestations massives de Phoracantha semipunctata
n’ont été constatées qu’en 1981 malgré la présence de l’insecte depuis 1972
(Fraval et Haddan, 1989).
En Tunisie, P. semipunctata été signalé en Tunisie pour la première fois
pendant les années soixante dans les peuplements d’Eucalyptus du Cap Bon
(Biliotti et Schoenenberger, 1962). Actuellement, l’insecte se trouve du Nord
au Sud, dans toutes les plantations d’Eucalyptus. D’après Chararas (1969), la
gravité des infestations est la résultante de causes multiples liées à la
mauvaise adaptation des Eucalyptus aux milieux dans lesquels ils ont été
introduits et au potentiel de multiplication très élevé du ravageur en absence
de ses ennemis naturels. Les dégâts occasionnés par Phoracantha pendant
les années 60 étaient catastrophiques : 70 à 80 % des arbres sont morts.
Actuellement, l’insecte continue de produire des dégâts importants, surtout
pendant les années de sécheresse.
L’imago est aérien, de forme élancée. Sa longueur est très variable, elle
varie de 15 à 30 mm (Haddan, 1987). Sa couleur est d’un brun roux, très
foncé à la tête, se dégradant légèrement vers l’abdomen (Fraval et Haddan,
1989). Sur les élytres de cet adulte, on retrouve des tâches claires
caractéristiques (Biliotti et Schoenenberger, 1962 ; Fraval et Haddan, 1989).
En effet, ces élytres sont barrés obliquement d’une tâche ivoire vers le milieu
de l’abdomen, puis une tâche de même couleur vers l’extrémité postérieure
de celles ci. La femelle dépose ses oeufs par paquets plus au moins lâches
comptant d’une dizaine à plus de 100 oeufs (Fraval et Haddan, 1989). Ces
pontes sont cachées dans une fissure de l’écorce ou sous une languette du
rhytidome. La larve sort de l’œuf 3 à 5 jours de la ponte, par une fente
latérale qu’elle a déchirée au moyen d’une épine, puis pratique une phase de
décapage extracorticale, avant de s’enfoncer dans l’écorce (Scriven et al.,
1986 ; Fraval et Haddan, 1989). Après avoir traversé l’écorce et le liber, la
larve vit dans une galerie qu’elle creuse entre le liber et l’aubier puis
s’enfonce dans ce dernier. Cette action de nutrition de la larve à partir des
tissus conducteurs engendre l’interruption de la circulation de la sève d’où,
généralement, la mort rapide de l’arbre (Chararas, 1969 ; Hanks et al., 1993).
La nymphose a lieu dans une logette dans le bois. Le vol des adultes débute
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La biodiversité dans les aires protégées
le soir et se poursuit toute la nuit, à des températures généralement
supérieures à 16°C (Chararas, 1969). En Tunisie, les adultes de P.
semipunctata s’observent à partir de mai jusqu’à octobre à des températures
nocturnes inférieures à 18,5°C et supérieures à 27°C (Chararas, 1969).
L’insecte montre une grande spécificité vis-à-vis des eucalyptus. Les adultes
des deux sexes sont attirés par les composés volatiles émis par les
Eucalyptus affaiblis physiologiquement suite aux conditions pédologiques
défavorables ou la sécheresse intense ainsi que par les arbres abattus (ou
rondins) où ils s’accouplent (Hanks et al. 1996). Le cycle de vie de
Phoracantha est étroitement lié à la température. Il parait être plus court que
deux mois dans les conditions de températures élevées et plus long que neuf
mois dans les conditions de températures basses (Mendel, 1985).
L’hémynoptère, Avetianella parasitoïde des œufs de Phoracantha a été noté
en Tunisie depuis 1994(Ben Jamaâ, comm. Personnel). Cet Hyménoptère,
d’origine australienne, a été décrit pour la première fois en Italie par Siscaro
(1992). Dans les conditions tunisiennes cet hyménoptère possède des
caractéristiques biologiques intéressantes ; en effet, son taux de parasitisme
est élevé (>70%) et a une grande capacité de produire plusieurs générations
par an (Dhahri, 2001),
Phoracantha recurva Newman (Coleoptera : Cerambycidae)
La présence de P. recurva Newman dans les plantations d’eucalyptus de la
Tunisie a été notée 40 ans après la détection de P. semipunctata. En effet,
cette espèce a été détectée pour la première fois en 1999 à Dar Chichou
(Nord-est) et en 2001 à Tabarka au Nord-ouest (Ben Jamâa et al., 2002). La
distribution de cette espèce dans le monde est, jusqu’à nos jours, plus limitée
que celle de P. semipunctata. P. recurva a été détectée en Californie en 1995
(Hanks et al., 1997), en Chili en 1997 (Lanfranco et Dungey, 2001). Au
Maroc, cette espèce a été identifiée en 1994 (Haddan et al., 1996) alors
qu’en Zambie, les deux espèces ont été décrites depuis les années 60
(Loytyniemi, 1983). P. recurva apparaît, morphologiquement, très proche de
P. semipunctata, mais elle est caractérisée par la coloration jaunâtre qui
domine sur les élytres. Ces derniers paraissent avec deux points noirs
proches de l’extrémité proximale et une bande noire proche de l’extrémité
distale et, aussi, de longues soies à la face inférieure des antennes (Wang,
1995). Il semble que P. recurva est entrain de prendre le dessus sur P.
semipunctata. En Californie, en une période de quatre ans, les populations de
P. recurva ont augmenté considérablement par rapport à celles de P.
semipunctata a diminué à des niveaux plus bas (Paine et Millar, 2002).
Les cycles biologiques et la préférence des pontes des deux espèces de
Phoracantha semblent être similaires. En effet, au Maroc (Haddan et
Lieutier, 2005) n’ont pas noté de différence entre les longueurs moyennes
des cycles de vie des deux espèces et leurs préférences pour le diamètre de
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La biodiversité dans les aires protégées
l’arbre hôte. Toutefois, les préférences de P. recurva, et ses performances
sur diverses espèces d’Eucalyptus ainsi que sa répartition géographique et
les dégâts qu’il occasionne en Tunisie, restent encore à préciser.
3. LES INSECTES GALLICOLES
Les Eucalyptus sont attaqués par deux espèces gallicoles originaires de
l’Australie : Leptocybe invasa Fischer& LaSalle et Ophelimus maskelli
Ashmead.
Leptocybe invasa (Fischer & LaSalle) (Hymenoptera : Eulophidae)
En dehors de l’Australie, son pays d’origine, L. invasa est présent au
Moyen-Orient (Mendel et al., 2004) et dans le bassin méditerranéen. Il a été
détecté en Tunisie en 2004 (Ben Jamaâ, comm. Pers). Il a été signalé au
Portugal en 2003 (Branco et al., 2006), alors qu’ en Turquie et en Iran il a
été signalé deux ans plus tard sur les feuilles d’E. camaldulensis (Doganlar,
2005 ; Hesami et al., 2005). L. invasa provoque des galles de 2 à 4 mm de
largeur, de couleur rouges sombres sur le pétiole et rouges claires sur
nervure principale et les jeunes pousses des eucalyptus. Des infestations
intenses peuvent conduire à des déformations des feuilles et des pousses et
une réduction de la croissance de l’arbre. Les femelles adultes de petite taille
(1,1-1,4 mm de long), insèrent leurs œufs dans l'épiderme des jeunes feuilles
des deux côtés de la nervure principale, dans les pétioles et dans le
parenchyme des jeunes pousses. Les larves se développent à l'intérieur des
galles rondes (environ 2 à 4 mm de large), puis les adultes émergent dès le
début du printemps, en laissant des trous de sortie rondes (Hesami et al.,
2005). Le temps de développement de la ponte à l'émergence des adultes,
est de 126,2 et de 138,3 jours au laboratoire et dans les conditions de terrain,
respectivement (Hesami et al., 2005). L. invasa, développe deux à trois
générations par an (Doganlar, 2005 ; Hesami et al., 2005). La distribution
géographique de cette espèce et les espèces d’Eucalyptus attaquées ne sont
pas encore connues. Ses caractéristiques biologiques restent encore à
déterminer dans les conditions tunisiennes.
Ophelimus maskelli Ashmead (Hymenoptera: Eulophidae)
O. maskelli, forme des galles au niveau du limbe des feuilles de différentes
espèces d’Eucalyptus. Il a été détecté en Tunisie en 2006 (Dhahri et al., en
cours) sur le feuillage d’arbres âgés ainsi que sur le feuillage de jeunes plants
dans différentes pépinières forestières. Cet insecte a été signalé en 2005 en
France (DSF, 2007) et en 2007 en Turquie (Dognalar et Mendel, 2007). Il
cause beaucoup de dégâts, surtout au niveau du feuillage des plants d’E.
camaldulensis. Les femelles préfèrent pondre sur la partie basse du feuillage.
Elles peuvent mettre, en moyenne, 109 œufs. Le diamètre des galles formées
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varie de 0,9 à 1,2 mm et leur densité entre 11,5 et 36 galles par cm² (Dhahri
et Ben Jamaa, 2007 ; Protasov et al., 2007). O. maskelli possède trois
générations par an. Les pics de vol sont observés au printemps quand de
nombreuses jeunes feuilles sont disponibles (Protasov et al., 2007). O.
maskelli semble émettre une préférence à Eucalyptus camaldulensis, espèce
la plus importante plantée dans le monde avec 500 000 ha ont été plantés
(NAS, 1980a). En effet, en Tunisie, sur 29 000 ha 12 000 ha ont été plantés
par cette espèce (Roovers, non publié). Les feuilles fortement attaquées se
dessèchent et tombent, ce qui peut engendrer un retard de développement et
une perte de la vigueur des arbres qui pourraient alors devenir sensibles à
l’attaque des insectes xylophages (Phoracantha sp.).
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