Introduction Generale A La Fiscalite
Introduction Generale A La Fiscalite
Nous présenterons successivement les caractères généraux de l’impôt (définition de l’impôt et les
autres formes de prélèvement) et le régime général correspondant (fondement et fonction du
prélèvement).
L’impôt est un prélèvement fiscal. Il convient d’abord de le définir et ensuite de préciser les
notions voisines telles que taxes, redevances et taxes parafiscales.
Plusieurs définitions ont été avancées par des auteurs; la plus célèbre a été donnée par
Gaston JEZE [1] qui définit l'impôtcomme étant "une prestation pécuniaire requise des
particuliers par voie d'autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la couverture des
charges publiques".Mais la notion utilisée par Gaston JEZE est incomplète et en tout cas
inadaptée à l’Etat moderne qui, lui, intervient dans le domaine économique et social. Et parfois
l’impôt ne joue pas uniquement le rôle de pourvoyeur du trésor mais aussi celui de promouvoir
l’investissement. C’est pourquoi Lucien MEHL, tout en reprenant la définition proposée par G.
JEZE, précise que l’impôt sert à la couverture des charges publiques de l’Etat et des autres
collectivités territoriales ou de l’intervention de la puissance publique. Ainsi, il se dégage les
caractéristiques essentielles suivantes de l’impôt.
des redevances, qui sont réclamées en contrepartie d'un service public rendu et généralement
à un niveau proportionnel au montant de ce service.
des taxes qui, en principe, rémunèrent également un service mais sans lien de proportionnalité
avec le service rendu.
L’impôt est un prélèvement opéré par la puissance publique mais il n’est pas le seul. Il convient
donc de le situer parmi les prélèvements forcés ou non et de le distinguer des notions voisines,
car des règles juridiques différentes s’appliquent à chaque catégorie de prélèvement.
Outre l’impôt, Les prélèvements fiscaux comprennent la taxe, la redevance et les taxes
parafiscales. Le critère de distinction entre l’impôt et les autres prélèvements est l’existence ou
non d’une contrepartie. En effet, ces prélèvements sont réclamés en contrepartie de certains
services rendus ou mis à la disposition des citoyens. En tant que gage de citoyenneté, l’impôt est
dû sans aucune contrepartie. Lever l’impôt renvoit aux droits régaliens conférés à l’Etat en tant
que puissance publique.
A- La taxe et la redevance
Ce sont des prélèvements opérés par voie de contrainte sur certains individus au profit des
personnes morales de droit public ou privé à l’occasion du fonctionnement d’un service public : -
sans corrélation nécessaire avec le coût du service s’il s’agit d’une taxe (exemple des droits
d’inscription des étudiants) -en corrélation avec ce coût, s’il s’agit d’une redevance.
Elles présentent quelques différences par rapport aux taxes ordinaires. Outre qu’elles ne sont
pas toujours prélevées à l’occasion de services rendus, leur caractéristique essentielle tient de ce
qu’elles sont affectées à des organismes publics ou privés autre que l’Etat , les Collectivités
locales et les établissements publics administratifs [4].
La justification du prélèvement fiscal revêt une importance capitale car elle est étroitement liée aux
fonctions assignées à la fiscalité.
Pour justifier le prélèvement fiscal, diverses théories ont été développées. Elles expriment, chacune,
une conception particulière de son rôle et de ses fonctions.
A- Contrepartie de services rendus par l’Etat
L’impôt est payé en contrepartie des services rendus par l’Etat qui assure la sécurité des
contribuables et de leurs biens. Cette conception qualifiée d’individualiste fut abandonné car il
n’existe pas de correspondance entre l’impôt payé et le service rendu par l’Etat. (théorie de l’impôt -
assurance [5] liée à la doctrine de l’Etat Gendarme et la théorie de l’impôt- échange [6] dans le cadre
de la doctrine des physiocrates).
La solidarité nationale ne laisse personne hors de son champ, tous ceux qui sont liés à la
communauté étatique sont tenus de participer à l’impôt. L’affirmer conduit d’une part, à la
condamnation des privilèges fiscaux, d’autre part à la proclamation des principes d’universalité de
l’impôt et de la territorialité de la loi fiscale : l’impôt sur le territoire d’un Etat s’applique aussi bien
aux nationaux qu’aux étrangers qui y résident.
L’obligation de chacun se mesure, non d’après les avantages personnels qu’il tire des activités
étatiques mais d’après ses «facultés contributives » c’est à dire sa capacité personnelle à prendre part
aux dépenses de la collectivité en fonction de sa fortune, mais aussi de sa situation et de ses charges
de famille. Cette idée fonde la technique fiscale actuelle, laquelle repose sur la notion nuancée de
justice de l’impôt. Elle est à la base de la personnalisation, de la progressivité et de la discrimination
en matière fiscale. Son expression scientifique a été formulée dans la thèse de l’utilité décroissante
des revenus de John Stuart Mill selon laquelle les diverses tranches de revenus n’ont pas toutes une
utilité égale mais une utilité décroissante et par conséquent, pour qu’il y ait proportionnalité exacte, il
faut frapper plus lourdement les tranches supérieures des revenus.
C- Expression de la souveraineté
Le pouvoir d’imposer est une compétence exclusive de l’Etat et constitue à l’évidence un acte de
souveraineté. C’est pourquoi, l’impôt est une manifestation de cette souveraineté, qu’il ne peut être
établie dans un régime démocratique qu’à la suite du consentement des contribuables
(consentement exprimé par leurs représentants au Parlement).
Si l’impôt constitue, depuis toujours, une ressource pour financer les activités de l’Etat, il est de plus
en plus utilisé comme moyen d’intervention dans la sphère économique et sociale. Et la
problématique de la variable fiscale s’articule aujourd’hui autour des fonctions suivantes :
A- Fonction financière
L’impôt a avant tout un but financier : couvrir les dépenses publiques. Pour les libéraux et les
classiques, c’est même là son objectif unique : l’impôt doit alimenter les caisses du trésor. Cette thèse
selon laquelle l’impôt n’a qu’un rôle financier est celle de la neutralité fiscale : il ne doit pas modifier
la situation comparative des citoyens en orientant l’activité économique. De nos jours les tenants de
la neutralité fiscale ont assoupli leur position et préconisent une «neutralité relative», c’est à dire une
neutralité par rapport aux moyens de production. L’impôt peut avoir un rôle autre que financier, mais
il doit éviter de provoquer des distorsions en matière économique en particulier de favoriser certains
circuits de production au détriment d’autres : seul un impôt comme la TVA permet d’assurer la
neutralité de l’impôt. Cette fonction demeure valable encore de nos jours, mais avec le changement
de la notion de l’Etat qui est devenu interventionniste, l’impôt a en outre une fonction économique
et une fonction sociale assez importantes.
B- Fonction économique
L’impôt constitue pour l’Etat un moyen direct d’intervention sur l’économie en ses divers éléments :
production, consommation, prix, monnaie, structure de l’entreprise. Il s’agit alors d’une conception
dirigiste ou productiviste : l’impôt est considéré comme un facteur de productivité, soit globalement
soit le plus souvent de façon sélective (exonération de la TVA au profit des exportations pour
développer le commerce extérieur, Droit de consommation sur les alcools pour restreindre centaines
consommations). Cette conception n’inspire plus les politiques économiques des pays qui vivent une
libéralisation à outrance due à la mondialisation de l'économie. Mais pour assurer une certaine
justice fiscale l’impôt a une fonction de redistribution (sociale).
C- Fonction sociale
L’impôt est un moyen de redistribution des revenus et des richesses. Telle est la conception
socialiste [7]. Certains auteurs vont même jusqu'à proposer de substituer à la violence le recours à
l’impôt pour réaliser l’uniformisation des conditions sociales et l’étatisation des moyens de
production. Cependant l’impôt a des limites qui se situe au double niveau socio-politique et
économique et on dit souvent que « l’impôt tue l’impôt ».
A- Pression fiscale
C’est la relation qui existe entre le prélèvement fiscal subi par une personne physique ou morale, un
groupe social ou une collectivité territoriale d’une part, et les ressources dont dispose cette
personne, ce groupe ou cette collectivité d’autre part. La pression fiscale exprime la part des
ressources nationales prélevées par l’impôt et les contributions assimilées. Concrètement, elle se
mesure par rapport à une grandeur, un agrégat économique. Les agrégats les plus fréquemment
utilisés sont soit la production intérieure brute (PIB) soit le produit national brut (PNB) aux prix du
marché. Une pression fiscale trop forte aura un effet inverse à celui qui est attendu en matière de
rentrées fiscales, et selon la thèse de B. Laffer l’augmentation des impôts peut entraîner l’évasion et
la fraude fiscales.
B- Evasion fiscale
Elle consiste à échapper à l’impôt dans le cadre et en application de la loi (réduction du volume de
consommation imposé, limitation volontaire du revenu). C’est le fait de tirer parti soit de
l’imperfection , des lacunes ou des silences de la loi, soit des faveurs ou exemptions qu’elle consacre,
soit enfin des inégalités ou discrimination qu’elle établie. ( exemple : création d’une SARL en faisant
en sorte d’y être minoritaire).
C- Fraude fiscale
1 . ASSIETTE IMPOSABLE
Elle peut être définie comme l'élément et la richesse économique dans lesquels l'impôt prend
directement ou indirectement sa source [8].Elle est très diverse et peut être :
La base imposable constitue la donnée chiffrée relative à l'élément sur lequel on doit
percevoir l'impôt (exemple: pour la TVA, la matière imposable est le produit et la base imposable
est le prix de ce produit).
La matière imposable peut être la même pour plusieurs impôts alors que la base imposable est
spécifique à chaque impôt : exemple, pour un immeuble la base diffère selon qu'il s'agit de droit
d'enregistrement (prix de vente) ou de la taxe locative (valeur locative de l'immeuble).Pour des
considérations tenant à la fois au poids historique des systèmes déjà mis en place et aux
différentes stratégies économiques et fiscales des gouvernements, on observe généralement
aujourd'hui que tous les pays industrialisés ont opté pour un système d'impôts multiples. Cette
diversité conduit à des classifications traduisant ces différentes approches.
A - Classification économique
Cette classification est fondée sur la distinction entre l'origine de la richesse et son emploi.
L'origine de la richesse résulte de la possession ou la transmission d'un capital ou d'un
patrimoine et de la perception d'un revenu lié au travail ou à la propriété.
Alors que ses emplois se traduisent par la dépense soit du revenu, soit du capital lui même.
Elle permet de définir l'élément économique sur lequel la contribution est assise, ce qui revient à
préciser la matière imposable.
1- Imposition du revenu
Le revenu est constitué par le total des sommes perçues par un individu [9] pendant une
année. Il provient soit du travail (salaires par exemple), soit du capital (loyers et revenus fonciers
par exemple), soit il est mixte (bénéfices réalisés par l'exploitant d'une entreprise individuelle).
En Tunisie, l'impôt sur le revenu est global et porte sur l'ensemble des revenus du
contribuable. Il est annuel, progressif dans son barème et personnel dans la mesure où il prend
en considération les caractéristiques particulières de chaque contribuable: situation familiale,
personnes à charge, etc. A ce titre, l'impôt sur le revenu est souvent considéré comme un
instrument de justice sociale.
Le revenu des sociétés est constitué par leur bénéfice imposable. Il est généré par l’ensemble
de ses opérations, déduction faite des charges qui ont concouru à sa réalisation.
2- Imposition de la dépense
La TVA est d'application simple, puisqu'elle est incorporée au prix de vente et relativement
peu visible (bien que ses effets sur les prix soient évidents). Différents taux sont utilisés pour tenir
compte de la volonté du législateur d’adapter son imposition aux réalités économiques et
sociales.
Ce type d'imposition est d'un très bon rendement à cause de son application générale à la
quasi-totalité des ventes de biens et de services, et peut apparaître comme un facteur de justice
fiscale (son montant est calculé de la même façon pour tous les consommateurs sans tenir
compte des situations individuelles). Mais cette qualité peut aussi constituer son principal défaut.
3- Imposition du capital
L'impôt sur le capital frappe la richesse acquise, c'est-à-dire l'ensemble du patrimoine. Il est
assis sur le capital, mais il est le plus souvent prélevé sur les revenus (afin de ne pas épuiser le
capital lui-même).Il peut être soit permanent ( par exemple l'impôt foncier : Impôt local perçu
annuellement sur la propriété foncière ), soit plus souvent réclamé à l'occasion de certaines
opérations réputées conduire à un enrichissement ( exemple : l'imposition des plus-values
immobilières ou l'imposition des mutations et des successions : droits d'enregistrement).
Cette classification administrative repose sur une distinction ancienne qui n'est plus pertinente
aujourd'hui, mais qui au demeurant reste pratique.
Sur le plan économique, l'impôt direct est supporté "à titre définitif" par le contribuable alors
que l'impôt indirect peut être répercuté (souvent par l'intermédiaire des prix) sur d'autres
contribuables [10].
Sur le plan technique, l'impôt direct est permanent. Le fait générateur intervient à date fixe
(définie par la loi ou l'administration). L'impôt indirect est intermittent, puisqu'il est fondé sur des
événements économiques qui relèvent de l'activité et de l'initiative des contribuables.
L'impôt réel frappe un bien sans tenir compte de la situation personnelle de son détenteur tel
que les timbres fiscaux et la Taxe sur la Valeur Ajoutée.
L'impôt personnel quant à lui prend en considération la situation économique, financière et
sociale du contribuable tel que l'impôt sur le revenu.
La législation fiscale définit les modalités de détermination de la base imposable et les règles
retenues pour son évaluation. Généralement, il y a trois types d'évaluation:
Evaluation réelle : le montant réel de la base imposable est déterminé par la tenue d'une
comptabilité précise et détaillée
Evaluation forfaitaire : la base imposable est établie de façon approximative à partir
d'éléments jugés significatifs de l'activité du contribuable ou de sa capacité contributive. C'est le
cas en matière de bénéfices et de chiffre d'affaires pour certaines petites entreprises en raison de
la qualité de leur organisation (souvent très peu organisées)
Evaluation indiciaire (ou suivant des signes extérieurs) : la base imposable est encore
plus approximative et se fonde sur des critères extérieurs à la base imposable elle-même.
L’administration utilise cette méthode pour déterminer le revenu imposable en cas de
disproportion entre certains indices [11] et le revenu déclaré.
2 . LIQUIDATION DE L’IMPOT
Liquider un impôt consiste à en calculer le montant exigible une fois que sa base imposable a
été définie et évaluée. En pratique, il s'agit d'appliquer un barème, un tarif ou un taux à la base
imposable.
Le fait générateur est l’acte juridique ou le fait matériel qui donne naissance à l’obligation
fiscale (contrat de vente, franchissement des frontières…). La survenance d’un tel événement
implique la naissance d’une créance à la charge d’un redevable et au profit de l’administration
fiscale (soit par déclaration soit par intervention des services de contrôle).
La connaissance du fait générateur permet de trancher certaines questions relatives
notamment à la loi applicable dans le temps et dans l’espace.
· Application de la loi dans le temps : La connaissance du fait générateur fixe en principe la
date à laquelle il convient de se placer pour déterminer la législation applicable relativement aux
modalités d’assiette, de tarif et de recouvrement ;
· Application de la loi dans l’espace : Le fait générateur détermine la loi fiscale territorialement
compétente. En règle générale et sauf dispositions contraires prévues par les conventions
Internationales de non double imposition, une créance ne peut naître au profit d’un Etat que si le
fait générateur se produit sur son territoire (pour l’IRPP, le revenu réalisé à l’étranger par un
tunisien est imposable en Tunisie, le fait générateur étant la résidence.
Les produits exportés ne sont pas soumis à la TVA, car le fait générateur, qui est la livraison,
est intervenu à l’étranger).
2.2 - Tarif
Le tarif peut être défini comme l’ensemble des règles déterminant les opérations qu’il faut
effectuer sur la valeur de la matière imposable pour obtenir le montant de l’impôt. Le tarif doit être
distingué du taux. Le tarif peut comporter non seulement le taux mais la division de la base en un
certain nombre de tranches auxquelles seront appliqués différents taux.
La détermination du tarif pose une série de choix:
Pour l’impôt de quotité, il s’agit d’appliquer directement à la base imposable, le tarif de l’impôt.
Il est simple, mais son rendement est aléatoire car il dépend de la quantité de la matière
imposable. Cet impôt est consacré par tous les systèmes fiscaux ;
· Impôt proportionnel ou impôt progressif : En cas de choix du tarif de quotité, il y a lieu de
préciser les modalités d’établissement de ce tarif. L’impôt proportionnel soumet la matière
imposable à un taux constant. L’impôt progressif frappe la matière imposable à un taux qui
augmente avec la quantité de cette matière imposable : On distingue la progressivité globale et la
progressivité par tranche. Cette dernière est utilisée en Tunisie et a l’avantage d’éviter l’injustice
aux frontières de chaque palier ;
· Situation personnelle de la personne imposable : Il y a lieu de prendre en considération la
situation personnelle du contribuable soit par des abattements ou
des déductions au titre des enfants à charge, etc.
· Discrimination du tarif : Discriminer, c’est appliquer des tarifs différentiels à des matières
imposables égales en quantité mais d’origine différentes. Comme la progressivité, la
discrimination a pour objet d’imposer plus lourdement certains contribuables, mais la
progressivité demande plus à ceux qui ont davantage de revenus, alors que la discrimination
demande plus à ceux qui ont une certaine espèce de revenu. La progressivité porte sur la
quantité et la discrimination sur la qualité de la matière imposable. Le tarif varie en fonction de
l’origine de la base imposable. Pour l’IRPP, le tarif moyen n’est pas le même pour les revenus
salariaux et les revenus des activités commerciales. Pour les impôts sur les dépenses, le taux
diffère selon le caractère de première nécessité ou luxueux du produit.
Enfin, la somme fixée pour chaque contribuable doit être versée au trésor, on appelle cette
opération recouvrement ( Chapitre 3).
3: RECOUVREMENT DE L’IMPOT
Il ne suffit pas de liquider l’impôt, encore faut-il le recouvrer. L’opération présente une telle
importance pour le législateur qu’il l’a assortie de mesures répressives en cas d’inexécution du
débiteur fiscal. Elle est guidée par des principes généraux et soumises à des procédures
particulières.
A- Contribuable
Le contribuable légal est celui au nom de qui la dette d’impôt a été juridiquement établie; c’est
la société anonyme en matière d’impôt sur les sociétés ou le producteur en matière de TVA. Le
contribuable légal n’est pas nécessairement celui qui supporte la charge réelle de l’impôt ; celle-
ci peut être répercutée sur autrui : le contribuable réel. La répercussion peut résulter du
mécanisme même de l’impôt (TVA), elle peut aussi ne pas avoir été prévue par la loi. C’est alors
une répercussion de fait. Ainsi, l’IS peut être répercuté en tout ou en partie sur le consommateur
dans la mesure où il constitue un élément de prix de revient des produits fabriqués ou des
services rendus par la société.
B- Redevable
Le problème de la distinction entre le redevable et le contribuable légal est un problème
juridique. La loi peut en effet autoriser le fisc à réclamer le paiement de la dette d’impôt, non pas
à celui au nom duquel l’imposition a été juridiquement établie, mais à une personne distincte du
contribuable : le redevable de l’impôt. Le plus souvent le contribuable doit payer personnellement
l’impôt : contribuable et redevable ne font qu’un et les deux termes sont employés alors
indifféremment.
Lorsqu’un tiers est tenu solidairement responsable du paiement de la dette fiscale d’un
contribuable ;
1.2 - Paiement
En général, le paiement se fait au comptant mais dans certains cas, il peut être différé.
Le paiement de l’impôt peut se trouver décalé par rapport au moment où le fisc a pris
connaissance de l’existence de la matière imposable. Ce décalage est justifié par des
considérations internes à l’administration. Cette procédure est utilisée en cas de redressement.
Les services d’assiette et de liquidation transmettent aux comptables des titres de perception
afférents à la créance qu’ils sont chargés de recouvrer. D’autre part, les modes de recouvrement
diffèrent selon la volonté du contribuable à s’acquitter de sa dette fiscale.
2. PROCEDURES DE RECOUVREMENT
Le paiement volontaire de l’impôt est la règle. Si le contribuable ne s’est pas acquitté de ses
impôts dans les délais fixés par la loi, il peut être poursuivi et contraint au paiement par voie
d’exécution forcée d’un titre de poursuite. Les titres de poursuite sont au nombre de quatre :
1- L’état de liquidation : c’est un titre établi par le comptable public et rendu exécutoire par le
Directeur Général de la Comptabilité Publique qui agit par délégation du Ministre des Finances. Il
concerne notamment le recouvrement des impôts sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la
TVA;
2- La contrainte : c’est un titre établi par le comptable public et rendu exécutoire par l’autorité
judiciaire. Il concerne notamment le recouvrement des droits d’enregistrement et de timbres ;
3- L’extrait de rôle : il est établi par le comptable chargé du recouvrement des impôts locaux, il
est visé par le receveur des finances et rendu exécutoire par le Président du conseil municipal ;
4- L’extrait de jugement : le titre de poursuite est une décision de justice en cas de condamnation
par les tribunaux.
Le droit fiscal repose sur des textes d'origines variées. Pour des raisons de légitimité et de
consentement à l'impôt, la loi a été le moyen privilégié de création du droit fiscal.Le pouvoir
judiciaire ainsi que la doctrine administrative jouent également un rôle non négligeable dans
l'interprétation des textes.
1.1 - Constitution
L’obligation fiscale est prévue par l’article 16 de la constitution tunisienne du 1er juin 1959 qui
stipule que « le paiement de l’impôt et la contribution aux charges publiques, sur la base de
l’équité, constituent un devoir pour chaque personne ».
Il s'agit des conventions internationales et des traités qui ont une force supérieure aux lois
internes des pays signataires[12].
Ces conventions conduisent le plus souvent à l'imposition dans un Etat et à l'exonération dans
l'autre ou bien l'imposition dans l'Etat de la résidence principale ou de l'activité professionnelle,
déduction faite de l'imposition subie dans l'autre Etat au titre des activités qui y sont exercées.
Les conventions de recherche et d'exploitation pétrolière signées par l'Etat tunisien et les
sociétés pétrolières internationales octroyant un régime de faveur à ces sociétés pour relancer
l'investissement en Exploration-Production des hydrocarbures.
un modèle de l’OCDE;
un modèle de l’ONU.
La convention modèle de l’OCDE, proposée en 1963 par le comité fiscal de l’OCDE, est
devenue la référence utilisée en matière de conventions bilatérales[13] conçue pour des pays
ayant des régimes politiques et sociaux semblables, des niveaux de développement
économiques équivalents.
La convention modèle de l’ONU, adoptée le 21 Décembre 1979 [14] , concerne les pays en
développement qui souffrent d’un déséquilibre des échanges en faveur des pays riches
cherchent la présence des sociétés étrangères sur leur sol puisqu’ils ont un grand besoin de
capitaux étrangers.
1.3 - Loi
La loi constitue la source principale du droit fiscal. Ceci est confirmé par l'article 34 de la
constitution tunisienne selon lequel les textes relatifs à: " ... l'assiette et aux taux des impôts au
profit de l'Etat sont pris sous forme de lois, sauf délégation accordée au Président de la
République par les lois de finances et les lois fiscales".
De plus, avant la fin de chaque année, le Parlement tunisien vote la loi de finances qui définit
les recettes fiscales de l'Etat et indique les nouvelles dispositions fiscales structurelles ou
conjoncturelles résultant des choix politiques du gouvernement.
1.5 - REGLEMENTS
Les lois sont complétées, en vue de leur mise en application, par des Décrets et Arrêtés
ministériels, de niveau hiérarchiquement inférieur.
1.6 - JURISPRUDENCE
Il s'agit de jugements rendus en matière fiscale par les juridictions contentieuses (tribunal
administratif) et qui concernent le plus souvent la contestation par un contribuable d'une
interprétation de la loi par la doctrine administrative (instruction, circulaire...).
Elle est constituée par les circulaires, bulletins et notes administratives de nature à expliquer
et à interpréter les dispositions fiscales. L'interprétation est destinée essentiellement aux agents
de l'administration chargés de l'application desdits textes. D'ailleurs ces notes sont publiées dans
un Bulletin Officiel Des Impôts (BODI). Il est à signaler que ces interprétations posent un certain
nombre de problèmes. Parmi lesquels, on peut citer :
la suspension de certaines dispositions de la loi par simple note ;
l'organisation de l'administration fait que ces notes prennent la forme impérative et deviennent
opposables aux contribuables indépendamment de leur conformité à la loi.
Il faudra, enfin, ajouter que, eu égard aux multiples modifications introduites par le législateur,
le système fiscal tunisien, sans se débarrasser de quelques lacunes, est devenu plus cohérent et
également plus rentable.
En Tunisie, les ressources fiscales constituent environ 56 % des recettes brutes du Budget de
l'Etat. La fiscalité représente 22% du PIB en Tunisie. La répartition des recettes fiscales entre les
différents impôts d'Etat et leur évolution sur les trois dernières années sont indiquées dans les
tableaux suivants:
Ils comportent principalement la Taxe sur la Valeur Ajoutée, les droits de consommation, les
droits sur les produits et transports, les droits de douane ainsi que les droits sur les actes et
transaction.
La TVA est instituée par la loi 88-61 du 2 Juin 1988 pour remplacer les taxes sur le chiffre
d'affaires instituées par le décret du 29/12/1955. Elle est un impôt unique à paiement fractionné
dont la charge est en principe reportée sur les consommateurs finaux. Le produit ne supporte
l'imposition qu'une seule fois quel que soit le nombre de transaction. En effet, à chaque stade du
processus de production ou de commercialisation du produit, l'entreprise fait supporter à son
client la TVA sur le prix de vente dudit produit mais ne verse au trésor que la différence entre ce
qu'elle perçoit et ce qu'elle a déjà versé à d'autres entreprises situées en amont.
La loi 88-62 du 2 Juin 1988 est venue refondre la réglementation relative aux droits de
consommation. L'application de ces droits se fait comme en matière de TVA, ce qui laisse à
penser à un genre de TVA parallèle.
Les droits de douanes sont régis par le code des douanes annexé au décret du 29 décembre
1955.
Les droits sur les actes et transmission sont régis par le code des droits d'enregistrement et de
timbre promulgué par la loi n°93-53 du 17 Mai 1993.
2.3 - Taxes
L'Etat perçoit divers droits et taxes qui font l'objet du chapitre II du Budget des recettes. Ces
prélèvements sont relativement minimes. Parmi ces taxes on peut citer: