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Ann. Rech. For.

Maroc, (1994), T (27), 205-217


APPROCHE ECOPEDOLOGIQUE DANS LES FORMATIONS A
CEDRUS ATLANTICA "CAS DU MASSIF DU DJURDJURA
ALGERIE"

BENMOUFFOK A.

M.A.C.C, Université de Tizi-Ouzou, Institut


d'Agronomie, 15000. Tizi-Ouzou. Algerie.

Résumé - A partir de variables physiques, physico-chimiques et morphologiques, nous


situons les sols, les uns par rapport aux autres, sous diverses formations végétales à
Cedrus atlantica dans le massif du Djurdjura.
Par ailleurs, nous tenterons d'établir l'analogie de variation de faciès forestiers
correspondant au changement de sol et inversement.
Relation sol-végétation / Action anthropique / Mésoclimat / Géomorphologie/
Djurdjura.
Summary - From physical, physico-chimical and morphological variables, soils were
located with interrelationship, under various vegetal of Cedrus atlantica in the Djurdjura
massif.
In the other hand, an analogy of foresty facies variation to corresponding soil
change and its reciprocity was attempted to be set up.
Soil-vegetation relation / Anthropical action / Mesoclùnat / Geomorphology /
Djurdjura.
INTRODUCTION
De part ses qualités naturelles qui lui valurent le statut de parc National, le
massif du Djurdjura a, depuis longtemps déjà, retenu l'attention de nombreux
chercheurs. En se limitant, rappelons, parmi d'autres, les travaux de Phytogéographie
Lapie (1909), de Phytosociologie Maire (1926), de Géologie Flandrin (1952), d'analyses
Floristiques Quezel (1957) et Economie forestière Boudy (1959).
Rare sont cependant, les démarches associant à l'analyse de la végétation et du
climat, la prise en considération de données tant morphopédologique que
géomorphologique. A cet égard, nous citerons par extrapolation les travaux de Faurel
(1947), Halimi (1980), Nedjahi (1988), et Meddour (1992) pour le massif Blidéen; de
Schornenberger (1970) et Abdessemed (1981) pour le massif des Aurès; ceux réalisés
dans le Rif et le moyen Atlas Marocain Lepoutre (1961,1964) et M'hirit (1982) ainsi que
ceux de Toth (1978) pour le Sud Ouest de la France.
Dans le cadre des travaux menés par le laboratoire de Pédo-forestièrie (U.T.O.)*
sur le P.N.D.**; Nous nous sommes penchés sur la connaissance des conditions
pédologiques, méconnues à ce jour, d'existence des divers groupements végétaux
(particulièrement à Cedrus atlantica Man). Par ailleurs, de préciser à l'aide de variables
physiques, physico-chimiques et contraintes imposées la dynamique des formations
végétales et celles des substrats qui les supportent.
* D.E.M.R.H. Direction des études du milieu et de la recherche hydraulique. Birmandres, ALGER.
** Parc National de Djurdjura
PRESENTATION ET METHODOLOGIE
Caractéristiques de la zone d'étude
L'étude a été réalisée en forêts de Tiganoutine et Tikjda, qui appartiennent au
versant Sud du Djurdjura.
Aspect Climatique: La définition du climat ou macroclimat, ne peut, dans le cadre de ce
travail, qu'être subjective; dans la mesure où les superficies des secteurs d'études sont
réduites.
Nous seront amenés à parler de mésoclimat à l'échelle du versant ou de
microclimat à l'échelle de la station. L'exploitation des données météorologiques,
malheureusement tronquées, In "Le climat de l'Algérie" Seltzer (1946) et ceux de
"L'Annuaire Pluviométrique de l'Algérie" édité par la D.E.M.R.H* a permis seulement de
dégager les grands traits climatiques dans laquelle s'insère la dition.
- Pluviométrie:
Les précipitations, très capricieuses d'une année à l'autre, sont de l'ordre de
800mm à 1500mm. La totalité du volume étant reçu en Décembre à Avril.
- Températures:
La moyenne annuelle des températures avoisine les 15ºC. Les minimums étant
relevé en Décembre-Janvier (0º-5º). Les maximums étant observé en Juillet-Août (21º-
24º). Nous notons, cependant, que la période de gel peut atteindre de 30 à 60" jours.
- La neige:
La neige est souvent fréquente dans la zone. En effet, les ulevés effectués
dénombrent 15 à 20 jours de neige par an, sur une épaisseur de l'ordre de 0,3 à 2
mètres dans les sites élevés et de congères. Quezel (1957) note une épaisseur de 2 à 4
mètres en versant Nord. Par ailleurs, les observations de terrains révèlent un port
tabulaire (particulièrement Cedrus atlantica) sous l'effet du poids de la neige.
- Le vent:
D'une manière générale, deux vents dominants sont en présence dans le versant
Sud du Djurdjura, d'orientation Ouest et Sud Ouest. Le premier souffle en automne et en
hiver, il est porteur d'humidité et de neige. Le second, appelé communément Sirocco,
souffle dès la fin du printemps et durant l'été accentuant ainsi le dessèchement du sol et
l'évapotranspiration des végétaux.
En résumé, si l'on se réfère aux données de la station météorologique de Tikjda
(1470m d'altitude), située en position d'abri, rapportées dans le climagramme
d'Emberger (1971), le versant Sud s'inscrit dans l'étage humide à hiver frais. L'utilisation
du diagramme pluviothermique de Bagnouls & Gaussen (1953), pour Pmm< 2Tº, la
période de déficit hydrique caractérisant les milieux méditerranéens se situe durant l'été,
soit Juin-Août. Cette sécheresse estivale coïncide avec la période ventée de direction
Sud.
Aspect Géologique: L'examen des documents géologiques, en particulier "Carte
Géologique du Djurdura" Flandrin (1952), (Extrait 1), révèle que l'anticlinal Tikjda-Ait
Ouabane (dont les cimes Tioual, Ras Tigounatine, Timedouine) appartient aux
formations des ères secondaires et tertiaires. Le sous massif de Tigounatine est
représenté par du calcaire dolomitique du lias inférieur par contre la partie Tikjda est
représentée par des grés rouge du trias.
Aspect Pédologique: Mises à part quelques observations personnelles et celles de
Benabdelmoumen M.S.*, les données relatives aux sols sont pratiquement inexistantes.
* BENABDELMOUMEN M.S., [Link], Inst Se Nat, Travaux en cours.

Aspect Phytocoenotique: Du point de vue forestier, on note une différence importante


entre le versant Sud du Djurdjura et le versant Nord ou prospère de très belles cédraies
(1500m-1900 mètres d'altitude), yeuseraies (900m-1500 mètres d'altitude) et en moindre
importance une suberaie (800m-950 mètres d'altitude) fortement dégradée. On y
rencontre également à l'état dispersé Vlf (Taxus baccata) et une station à chêne zeen
(Quercus fagliea) par contre le pin noir (Pinus nigra) y est absent. Le versant Sud, à
l'exception de l'aire protégée à Pinus nigra (1400m-1650 mètres d'altitudes), d'exposition
nord-ouest, les actions anthropiques ont eu raison de la couverture arborée; II en résulte
des formations piquetées d'essences forestières (Cedrus atlantica - Quercus ilex) et
dont les trouées se traduisent par la présence d'espèces héliophiles et xérophiles, telles
que Berberis hispanica, Asphodelus microcarpus, Ampellodesma mauritanica (en adret),
Astragalus numidica, Euphorbia luteola...
METHODOLOGIE
Les stations: Les stations prospectées (Tableau Nº1, Figure 1), localisées dans les
forêts de Tigounatine (A) et Tikjda (B), ont pour trait commun la présence Cedrus
atlantica, dans la tranche d'altitudes 1350m-1600 mètres. Par extension nous nous
ferons figurer, au titre de réactif physionomique, des formations mixtes ou de
dégradations, et ce, pour appréhender le changement de faciès qui, peut être lié au
déterminisme naturel (mésoclimat-sol) ou résulter d'actions anthropique
Tableau 1: Caractéristiques stationnelles des formations étudiées.

Nº Formation Site Cotation Altm Pente Expo Substrat


1 [Link] A 3.4.5 1500 30% N Calcaire
2 P. nigra A 3.3.3 1600 40% N "
C. atlantica 2.2.2
3 C. atlantica A 3.3.3 1450 50% NO "
[Link] 3.3.3
4 [Link] A 3.2.2 1530 40% SO "
[Link] 2.1.1
5 A. mauritanica A 4.4.4 1500 50% S "
[Link] 3.3.3
6 [Link] B 4.3.5 1550 25% SO Grés
7 [Link] B 3.3.4 1400 20% S "
[Link] 3.2.3
8 [Link] B 4.4.5 1350 20% S "
I.G.N. Nº66,67, Bouira – Tazmalt (Ech: 1/50000)
Extrait 1. Carte geologique du Dijurdiura (Flandrin
1952)

Figure 1: Localisation des stations


Figure 2: Localisation des formations à Cedrus atlantica Man. en Algérie
Approche analytique:
- Chaque station a été sujette à un relevé de végétation selon la cotation
Abondance- Dominance, Negre (1952), appuyé par la méthode des "Pyramides de
végétation", Bertrand (1966), Baudiere (1974).
- En parallèle, un profil de sol a été réalisé sous chaque groupement, décrit in situ
et échantillonné par horizon morphologique en vue d'analyses édaphologiques selon les
techniques préconisées par Duchauffour (1965) et Aubert (1978).
RESULTATS ET DISCUSSIONS
Résultats
- Les résultats relatifs aux analyses édaphologiques et les représentations
schématiques des profils de sols sont rapportés dans le tableau nº2 et Figure nº3.
Figure 3: Schéma des principaux types de sols
Tableau 2: Récapitulatif des résultats édaphologiques
Nº H Ep Eg A L S Cat pH C N MO C/N T
1 A 25 25 13 28 50 11,2 8,0 10,8 0,6 13,0 18,0 25
2 A 21 40 10 44 45 9,0 8,5 9,0 0,6 10,8 15,0 22
3 A1 20 20 12 37 48 7,0 7,9 7,5 0,5 9,0 15,0 23
A/C 10 50 9,0 35 53 10,3 8,3 2,5 0,25 3,0 10,0 17
4 A1 30 35 17 45 36 4,0 7,5 4,1 0,3 5,0 13,5 31
A/C 15 40 11 43 45 11,0 8,1 1,6 0,2 2,0 8,0 20
5 A1 17 37 14 35 49 3,0 7,3 6,6 0,47 8,0 14,0 25
A/C 30 42 9,0 35 55 11,0 7,9 4,1 0,4 5,0 9,0 21
6 A 25 5,0 21 40 39 -- 5,8 7,5 0,45 9,0 17,0 32
(B) 35 18 27 35 38 -- 5,7 1,6 0,2 2,0 8,0 28
7 A 32 11 26 32 42. -- 5,6 5,8 0,4 7,0 14,5 29
(B) 35 14 28 30 42 -- 5,4 1,8 0,16 3,0 11,3 31
8 A 23 5,0 26 36 38 5,5 6,6 0,44 8,0 15,0 32
(B) 35 10 31 26 43 5,3 1,6 0,14 2,0 11,4 29

Nº Sol ≈ Nº Station CaCO3 % ≈ Calcaire total ≈ Cat


`H ≈ Horizon A% ≈ Argil C% ≈ Carbone
Ep ≈ Epaisseur en Cm L% ≈ Limon N% ≈ Azote
% ≈ Pourcentage S% ≈ Sabl MO% ≈ Matière organique
Eg % ≈ Elément grossier > 2mm T méq/lOOgr ≈ Cap échange cation.

- Les relevés floristiques et les pyramides de végétation correspondantes sont


consignés dans le tableau 3 et Figure 4.
Tableau 3: Récapitulatif des Relevés Floristiques
Strates / Stations 1 2 3 4 5 6 7 8
MEGAPHANEROPHYTIQUE
Pinus nigra - 1+1 - - - - - -
MESOPHANEROPHYTIQUE
Pinus nigra + 333 1+1 + - - - -
Cedrus Atlantica 345 222 333 322 435 334 +
Quercus ilex 1+1 111 333 211 211 211 323 445
MICROPHANEROPHYTIOUE
Pinus nigra + 211 1+1 + + - - -
Cedrus atlantica + 1+1 222 1+1 1+1 2+1 +
Quercus ilex 1+1 + 322 222 2+1 1+1 322 1+1
NANO + CHAMEPHYTIQUE
Pinus nigra - 211 + - - - - -
Cedrus atlantica + 2+1 1+1 1+1 - 1+1 222 +
Quercus ilex - 1+1 233 312 1+1 1+1 2+1 1+1
Ilex aquifolia 1+1 1+1 + + + - -
Juniperus oxycedrus + 1+1 111 111 1+1 + 211 +
sorbus aria 1+1 1+1 1+1 1+1 1+1 + 1+1 -
Juniperus comtnunis + 1+1 1+1 1+1 1+1 - 1+1 -
Rosa sp - 2+1 1+1 1+1 2+1 - 1+1 -
Ruscus acculata - 2+1 211 1+1 311 - 1+1 -
Rubus ulmifolia 2+1 + 1+1 1+1 1+1 - 1+1 -
Daphne laureola 1+1 2+1 2+1 2+1 + 1+1 2+1 1+1
Lonicera kabylica 2+1 1+1 1+1 211 + 1+1 2+1 +
Crateagus laciniata 1+1 - 1+1 222 211 - 1+1 -
Calicotum spinosa - 2+1 212 212 222 - 1+1 +
Berberis hispanica - 2+1 1+1 222 222 + 211 -
Erinacea pungens - - 1+1 1+1 211 + 2+1 +
Cytisus triflorus - 1+1 2+1 2+1 222 + 211 +
Teucrium sp - + 1+1 1+1 2+1 - 111 -
HERBACEE
Semis Pinus nigra - 222 1+1 - - - - -
" Cednis atlamica 1+1 211 211 2+! - + 1+1 +
" Quercus ilex 1+1 1+1 2+1 1+1 211 + 1+1 +
Ampelodesma mauntatuca - - - - 444 1+1 222 1+1
Pklomus bovei 1+1 1+1 1+1 2+1 + + 1+1 +
Cyclamens africanum 211 111 111 1+1 - + + +
Asphodelus microcarpus + 1+1 211 212 333 1+1 212 1+1
Beuplerum spitwsa + + 1+1 1+1 222 + 1+1 +
Euphorbia luteola - 1+1 2+1 2+1 322 + 211 +
Gallium mollugo + 1+1 2+1 211 222 + 1+1 +
Viola mumbiarw 1+1 1+1 1+1 1+1 211 + 2+1 +
Iris sp - + 1+1 1+1 + - - -
Pteridium aquilinum - - + + 1+1 1+1 211 +
Geranium pwpurea - + 1+1 1+1 1+1 + 1+1 -
Artemisia absyntum - 1+1 1+1 1+1 2+1 + 1+1 -
Festuca atlantica + 1+1 1+1 1+1 2+1 - 1+1 -
Arabis pubecens - - 1+1 1+1 1+1 - 211 -
Viola sylvestris + 1+1 1+1 1+1 1+1 - 1+1 -
Unaria reflexa + + + 1+1 1+1 1+1 1+1 1+1
Anagalis arvensis - - + 1+1 1+1 - 1+1 -
Omithogonum nimbelatum - 1+1 + 2+1 1+1 - 1+1 -
Cirenthe major - - + 1+1 1+1 - + -
Ficaria venta - - 1+1 1+1 1+1 - + -
Poa bulbosa - - + 1+1 2+1 - 2+1 -
Senecio sp - - + 1+1 1+1 - 1+1 -
Helianthenum hirtum - - - 1+1 1+1 - 1+1 -
Tulipa sylveslris + - + 1+1 1+1 - -
Dactylis glomerala - - +1 1+1 111 - 2+1 -
Potentilla micrantha + + 1+1 + 2+1 - 2+1 -
- L'exploitation des données morpho-pédologiques, mis à part le fractionnement
de la roche mère sous l'effet de processus de thermoclastie (versant Sud) et cryoclastie
(versant Nord), relève:
Les sols développés dans la zone de Tigounatine appartiennent à la classe des
sols Calcimagnésiques. Ce sont des rendzines autochtones riches en éléments
grossiers. Les profils sont de type A/C, humifères sur toute l'épaisseur du profil. Les
teneurs élevés en matières organiques, peuvent s'expliquer par la nature de la roche
mère, génératrice de calcaire actif qui immobilise les composés organiques, ainsi que la
nature de la litière.
Les sols de la zone de Tikjda, évoluant sur un substratum géologique gréseux,
répondent aux caractéristiques de sols bruns forestiers, acides, de type A (B) C.
Quoique localisé en situation d'adret, les teneurs en matières organiques et les rapports
C/N sont relativement élevés; l'atténuation de la décomposition organique est sans
doute liée au fort taux de recouvrement des formations arborées. Par ailleurs, nous
notons un léger relèvement du taux d'argile en profondeur issu certainement d'un
lessivage. En effet, l'instauration du complexe absorbant, l'acidité du sol, la texture et la
couverture arborée sont autant de paramètres favorables aux processus de migrations.
Figure 4: Pyramides de végétation
- L'analyse des relevés et des pyramides de végétation correspondantes montre,
mis à part les stations 1, 6, 8 qui semblent à priori climacique et dont l'évolution est
commandée par l'augmentation de degré de fermeture du couvert et l'accumulation
croissante de litière. La station 2 présente un dynamisme actif (présence de Pinus nigra
dans toutes les strates), depuis la mise en défens de la parcelle; celle ci dispose de
toutes les conditions mésologiques pour son extension. La dynamique des autres
formations ligneuses est compromise par les actions anthropiques qui sévisent encore
de nos jours. Les mattorals (cas de Tigounatine et Tikjda) développés ont sans doute
contribué à modifier les caractères tant microclimatiques qu'édaphiques des sols
primitivement occupés par des forêts dévastées par l'homme. Ils sont tous installés sur
des territoires dont la végétation potentielle est, selon l'altitude et la géomorphologie, la
cédraie et la chênaie. Cette dernière pouvant même gagner en altitude sur les substrats
compacts et/ou caillouteux.
CONCLUSION
L'approche écopédologique, présentée ici, de quelques faciès forestiers à
Cedrus atlantica dans le massif du Djurdjura quoique incomplète nous permet de tirer
des conclusions particulières. On constate une convergence des informations apportées
par les données floristiques et morphopédologiques.
En effet, la composition floristique n'est pas étroitement liée au sol mais dépend
essentiellement des actions séculaires. L'assujettissement des sols aux conditions
géoclimatiques et topographiques est ici évidente. En versant d'adret le démantèlement
thermoclastique est vigoureux, l'émiettement est accentué par l'ouverture du couvert
végétale induit par le poids anthropique dont les stigmates sont la progression d'espèces
sociales héliophiles et xérophiles. Par contre, en versant Nord l'emprise est beaucoup
moins importante.
Enfin, les divergences d'ordre édaphique dans la discrimination des faciès
forestiers n'apparaissent pas ou peu ici.
BIBLIOGRAPHIE
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15, F.A.O., 42 p.
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du cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica Man.) dans le Sud de la France. Thèse Doc.
Ing., Fac sc. et tech. Univ. Marseille. 136 p.
Ann. Rech. For. Maroc, (1994), T (27), 219-222
RESULTS OF INTRODUCTION TRIALS WITH
CEDRUS ATLANTICA IN HUNGARY

CSABA M.

Sopron University, Hungary.


Background - Sporadic plantings of Atlas Cedar may be traced in Central Europe since
the last centry (Barabits, 1966). Intended originally for decorative purposes, some of the
specimens show surprising vigor and frost tolerance, in one case even natural
regeneration appeared (in Badacsonors).
After the second World War the government launched a program of solving the
chronic shortage of coniferous timber. In the framework of this effort state forest
administrations were advised to establish comparative tests with exotic tree species.
Beginning from 1955, numerous species introduction trials have been established, some
of them contain plots of Atlas Cedar. The seed has been collected in Bdacsonyors
arboretum, on the estates of the Folly family (at lake Balaton). The data of three trials,
where Atlas Cedar is sufficiently well represented, are listed in Table 1.
Tableau 1: Data of species comparative trials (arboreta) in Hungary containing
plots of Atlas cedar

Location Climax Bedrock soil type Average annual


(altitude) forest type
temperature precipitation
(Cº) (mm)
Agostyàn hornbeam loess, rusty-brown 8.5 600
(300m) oak dolomite forest soil
Neszmély hornbeam Limestone lessivé rusty- 9.0 550
(300m) oak dolomite brown forest
soil
Budafakiscsehi hornbeam pannonian lessivé brown 10.0 800
(200m) oak sediment, forest soil
loess

EXPERIMENTAL RESULTS
Atlas cedar is the greated surprise of the species comparison trials in Hungary. It
not only kept pace with other, already widely used exotics (Norway spruce, Larch,
Douglas fir, Eastern white pine) but gained leading position on the more arid sites at
Agostyan and Neszmély, both located in the calcareous hills of northeast Transdanubia.
Table 2 shows basai area and volume data of Atlas Cedar and of two "classical"
exotics, Douglas fir and Norway spruce. IT has to be pointed out that the data are
difficult to compare as the initial spacing and the silvicultural tending was different at the
three location. In addition, volume calculations arebiased because of the lack of special
volume tables for exotic species and restricted plot sizes.
Tableau 2: Standing volume data of three exotic coniferous species in
comparative trials (data from Harkai, 1985 and Gergacz, 1993).

Age at measurement Atlas cedar Douglas fir Norway spruce


Location G V G V G V
2 3/ 2 3 2 3
m /ha m ha m /ha m /ha m /ha m /ha
Agostyán 27 33.6 348 23.7 212 23.7 240
36 50.2 545 28.3 326 37.4 520
Neszmély 21 37.8 287 35.0 287 44.0 328
30 49.6 529 *13.1 *142 *32.5 *392
Budafa 20 30.0 248 30.8 289 19.3 163
* Severely damaged

Even so, after three decades of growth the vigor of Atlas Cedar is striking first of
all on the continental, calcareous hills of the Transdanubian Medium Mountains. It
seems that this species can be successfully planted on loess, dolomite and limestone
bedrock, on skeletal rendzina and shallow brown forest soils. On slightly arid sites the
risk of occasional frost damage at juvenile age is less than in more humid areas. (The
climate diagram of the site Agostyan in presented in figure 1).
Walter diagram
Tatabánya-Bánhida

Figure 1: Climate diagram for the site Agostyán (from Aros, 1991).
Considering the forcasted climate change effects for Central Europe, and the
trends of weather changes un the last two decates (less rainfall, higher temperatures), it
seems inevitable that a tree species change will occur in Hungary's forests (Matyas,
1992). Exotic tree species, already widely present in forestry, will gain further
importance. Atlas Cedar will be among them not only because of its vigorous grwth but
also due to its excellent drought tolerance and favorable silvicultural behaviour.
REFERENCES
Aros G., (1991). Az Agostyáni Arboretum fejlesztési terve. (development plan of the
Agostyán Arboretum). Thesis, 45 p. (manscript).
Barabits E., (1966). A cédrusokrol (the cedars). EFE Tud. Kozl. 1-2: 119-136.
Gergácz J., (1993). A fenyo programból adódó feladatok, eredmények, problémák
(Tasks, results and problems of the conifer planting program). VEAB meeting,
June 9, 1993 (manuscript).
Harkai L., (1985). A cédrus állomanyok értékelése és magyarországi telepithetosége
(Valuation of cedar stands and their planting possibilities in Hungary). Erd.
Kutatások 76/77: 15-19.
Mátyás Cs., (1992). Conservation problems of forest ecosystems on the Great
Hungarian Plain. Hungarian Agricultura! Review 1: 33-37.
THEME Nº2:
SYLVICULTURE ET AMENAGEMENT
Ann. Rech. For. Maroc, (1994), T (27), 225-241
"CONCEPT ET METHODOLOGIE D'ETUDE D'AMENAGEMENT DES
FORÊTS MAROCAINES" CAS DE LA CEDRAIE D'AZROU
(MOYEN ATLAS CENTRAL TABULAIRE)

KERROUANI H.

Centre Régional des Etudes et des Aménagements de Meknès, Maroc.

Résumé - La forêt marocaine occupe environ 9 Millions d'ha, soit un taux de couverture
de près de 12% du territoire national.
Les feuillus représentent 40% de la superficie totale forestière, les résineux 15%
et la nappe alfatière couvre 40%, tandis que les reboisements ne représente que moins
de 5%.
Débutés vers les années 30 les premiers aménagements avaient un caractère
de réglement d'exploitation répondant à des objectifs précis et urgents.
Après les années 70 les aménagements sont devenus des études élaborées
pour être plus consistantes et intégrées à partir de 1975.
Les superficies aménagées ne représentent que moins de 20%. Un programme
ambitieux a été retenu dans le cadre du projet forestier phase H financé par BIRD et
BAD (1.000.000 ha sur 5 ans à partir de 1990).
La définition universelle de l'aménagement forestier a été adaptée à
l'aménagement de la forêt marocaine et aux cédraies en particulier.
Les phases tant au bureau qu 'au terrain sont décrites d'une manière
chronologique.
Cas de la forêt d'Azrou (17.744 ha).
Les différents documents relatifs à l'aménagement ont été définis:
- Le volet de la cartographie ainsi que l'inventaire ont été développés.
- La méthode d'aménagement à appliquer a été détaillée, ainsi que les modes de
traitement et les régies sylvicoles appropriées ont été décrits.
Summary - The Moroccan forest occupies nearly 9 Million ha, namely a coverage rate
of about 12% of the national territory.
Broad-leaved trees represent 40% of this forest total surface area, while the
conifers occupy 15% and the grass tablecloth covers 40%, with afforestations
representing less than 5%.
Started in the 1930's, the first forest-use plans had a character of an exploitation
régulation responding to accurate and urgent objectives.
After the 1970's, the plans became studies which are conducted for being more
elaborate and integrated as of 1975.
The areas developed represent a mere 20%. An ambitious programme was
adopted as part of the Second Phase Forest Project, financed by the BIRD and me BAD
(1.000.000 ha on 5 years starting from 1990).
The universal definition of the forest-use planning was adapted to the
development of the Moroccan forest and to the cedar forests in particular.
The stages both in office and on the field are described in a chronological order.
The case of the Azrou forest (17.744 Ha)
The various documents relating to the use planning have been defined:
The aspect of map-making, as well as the inventory were elaborated.
The detailed forest-use planning method to be applied, the processing modes
and the appropriate silvicultural rules were described.
AVANT PROPOS
Au Maroc les terres classées forestières occupent environ 9 millions d'Ha dont
3,6 millions de nappes alfatières et à peu près 500.000 ha de plantations artificielles, soit
un taux global de couverture des prés de 12% du territoire national.
Les différentes espèces (principales) composant la forêt marocaine se
répartissent comme suit:

- Chêne vert (Quercus rotundifolia) 1.400.000 ha


- Arganier (Argania spinosa) 830.000 ha
- Thuya {Tetraclinis articulata) 700.000 ha
- Chêne liège {Quercus suher) 350.000 ha
- Genévriers (Juniperus) 325.000 ha
- Cèdre (Cedrus atlantica) 140.000 ha
- Pin et Sapin (Pinus et Abies) 95.000 ha
- Nappes alfatières {Stipa tenacissima) 3.600.000 ha
- Acacias sahariens {Acacia gummifera) 1.060.000 ha
- Reboisements 500.000 ha
TOTAL 9.000.000 ha

Cependant le gradient va du saharien (désert) au sub-humide à humide.


Les géographes qualifient le Maroc d'un "Pays de contrastes".
NB: Les forêts marocaines sont dans leur grande majorité sous des bioclimats
arides et semi-arides à sub-humides.
HISTORIQUE DES AMENAGEMENTS FORESTIERS
Au Maroc, les premiers aménagements des forêts ont été conçus dans les
années trente, mais ce n'est que durant la seconde guerre mondiale qu'un vaste
programme de règlement d'exploitation a été réalisé.
Ces aménagements appliqués étaient orientés plus particulièrement sur
exploitation à blanc étoc de grande envergure de chêne vert plus précisément pour
satisfaire les besoins accrus en bois pendant cette période et surtout pour utilisation de
gazogène. Ces travaux furent poursuivis durant les années cinquante.
A la veille de l'indépendance prés de 330.000 ha de forêts étaient aménagés. Il
s'agissait plus principalement de forêts de chênes lièges du littoral atlantique et du
plateau central, ainsi qu'une partie des cédraies et iliçaies du Moyen Atlas.
Dans la partie nord du pays qui était sous administration espagnole, les forêts
résineuses et de chênes lièges ont vu également leur exploitation réglementée mais
plus tardivement (dans les années cinquante).
Vers la fin des années soixante, la majorité de ces aménagements était périmée.
L'Administration s'est vue dans l'urgence de lancer leurs révisions.
Pour faire face à l'exécution de ce vaste programme d'aménagement,
l'Administration à partir de 1968, a fait appel d'abord à l'assistance technique (-la
Mission Danoise, dans les suberaies de la Mamora, du plateau Central et de Bab azhar
à Taza -la mission Belge dans les suberaies du Nord du Pays) ensuite à des bureaux
d'études spécialisés compte tenu de l'inexistence de moyens humains propres à
l'Administration.
Vers le début des années 70, l'aménagement en tant que "Règlement
d'exploitation" s'est vu révolu et l'aménagement intégré de l'espace rural s'impose.
D'où nécessité de définir une nouvelle politique d'aménagement et d'arrêter une
nouvelle méthodologie d'approche.
Dès 1973 la Direction des Eaux et Forêts s'est attachée à créer des cellules
techniques d'inventaire et d'aménagement destinées à se substituer progressivement
aux ingénieurs conseils.
La première cellule d'inventaire et d'aménagement a été créée dans le cadre de
l'excirconscription de Meknès. cette unité presque unique au Maroc par faute de
structure officielle adéquate et encourageante, a été renforcée progressivement en
moyen humain et matériel pour devenir le Centre Régional des Inventaires et
Aménagements de MEKNES en 1975 (création des DPA).
Ce centre a été érigé en centre régional des études et des aménagements par
instruction ministérielle en juin 1988 créant six autres centres à l'échelon national.
Ainsi étant le premier ingénieur affecté dans cette cellule en Janvier 1973, après
une formation de spécialisation d'une année (1972) en matière de photo- interprétation,
cartographie et inventaire à l'Institut international des levés aériens des sciences de la
terre (ITC-Hollande) que je me suis versé à élaborer les études d'aménagement des
forêts.
Au début, je me suis contenté d'appliquer toute la théorie apprise dans les
Ecoles et Instituts Forestiers, tout en essayant de les adapter à la pratique et ce bien sûr
en se basant sur l'expérience déjà acquise par mes prédécesseurs en matière
d'aménagement.
Il faut noter que les anciens aménagements que je qualifie de "Règlement
d'exploitation" se basaient uniquement sur une connaissance de terrain et une
description qualitative sommaire de la végétation et des données climatiques de la zone
d'étude.
La cartographie issue d'une interprétation de la couverture aérienne faisait
défaut, et le côté inventaire est complètement ignoré ou tout au moins reste très lâche.
Quant au volet socio-économique, il n'a jamais été pris en compte.
Ainsi au fil des années et au fur et à mesure de l'élaboration des études
d'aménagements des forêts, la méthode d'approche se voit s'améliorer, se compléter et
ce, soit en abordant certains volets qui jusqu'à présent n'ont pas été étudiés, ou le sont
d'une manière superficielle (comme par exemple la cartographie - l'inventaire -étude
socio-économique) soit en rectifiant le tir et en allégeant d'autres volets qui semblent
être trop détaillés ou qui sont déjà étudiés dans d'autres études similaires (c'est le cas
des études écologiques et climatiques).
Nos approches de méthodologie ont été confrontées à des observations et ont
été rectifiées en conséquence, lors de nos contacts diversifiés et de nos côtoiements
permanents avec d'autres personnalités scientifiques de différents horizons: à savoir en
occurrence:
- Les universitaires marocains et étrangers au cours de leurs tournées sur le
terrain avec les étudiants forestiers.
- Les experts des organismes internationaux (FAO - PNUD - Banque Mondiale
etc..) lors de leurs missions au Maroc.
- Et enfin et surtout les ingénieurs conseils des différentes sociétés titulaires des
marchés d'études d'inventaires et d'aménagement de certains de nos massifs forestiers.
Cette compétition instructive se fait à deux niveaux:
Le premier lors de la préparation et de l'établissement des conditions de
prescription spéciales (CPS) que l'Administration prépare et impose au bureau d'étude
privé lors de la réalisation de l'étude en question. Notre rôle en tant qu'aménagiste est
de prévoir toutes les démarches à suivre par la Société, afin d'aboutir aux résultats
escomptés.
Le deuxième se fait lors de la supervision et du contrôle des études
d'aménagements réalisées par l'ingénieur Conseil. En tant que responsable du suivi et
du contrôle, je me trouve en confrontation permanente avec les techniciens de la
Société.
Cependant ces confrontations et ces discussions parfois chaudes avec les
ingénieurs conseils nous assurent une formation continue et d'ailleurs mutuelle et nous
permettaient de nous perfectionner en la matière.
En conséquence, la réalisation des études d'aménagements des forêts par nous-
mêmes, la préparation des CPS pour ces études confiées aux Sociétés, leur suivi et leur
contrôle nous a amené à définir et à arrêter une méthodologie d'approche pour
l'élaboration d'un plan d'aménagement et dont les différentes phases sont décrites ci-
après.
DEFINITION DE L'AMENAGEMENT FORESTIER
L'aménagement des forêts est une notion très complexe, qui est en réalité une
matière polyvalente se concrétisant par la résultante de toutes les disciplines agro-pédo-
sylvo-pastorales et constituant en elles-mêmes la synthèse de toutes les études
sectorielles d'une zone donnée.
L'aménagement d'une forêt est une étude qui se base sur une analyse portant à
la fois sur:
- des données quantitatives
* milieu physique
* milieu humain et animal
* milieu végétal (état des peuplements)
- des données quantitatives
* Inventaire.
* Enquête socio-économique.
Cette analyse se ramène en définitif à un problème de prélèvement,
d'interprétation et de synthèse d'informations prises sur le terrain et qui se conclut sur
des prévisions et des orientations d'avenir.
En d'autres termes: "l'aménagement d'une forêt est une étude reposant sur une
analyse et débouchant sur une décision" (in manuel d'aménagement des Forêts
Françaises - ONF).
Pour nos forêts marocaines, l'aménagement consiste avant tout à assurer nise
en ordre dans la gestion de nos forêts tout en essayant de réaliser "un ment soutenu".
Comme la majorité de nos forêts n'est pas aménagée (uniquement 20% sont
aménagées actuellement), j'entends par la mise en ordre de la gestion forestière, la
préparation et l'élaboration des documents de base pour un éventuel aménagement
simple. C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'un programme ambitieux d'aménagement
forestier simple et sylvo-pastoral a été inscrit dans le cadre du projet forestier phase II
financé par la BIRD (1.000.000 ha sur cinq ans est ce depuis 1990).
Ces documents de base peuvent se résumer d'une manière chronologique à la
réalisation d'un certain nombre de phases essentielles à savoir:
- La cartographie des massifs forestiers avec distinction des essences forestières
et probablement leur densité et leur structure d'où l'on peut parler d'une ébauche
de la carte des types de peuplements.
- La consolidation du bornage forestier avec son report sur la carte de travail
(carte des types de peuplements, et/ou d'intervention).
- Le parcellaire adaptable au type et à la vocation du peuplement et qui sera basé
sur des limites administratives, communales et sur des limites naturelles.
- Prescription des régies sylvicoles élémentaires pour la plus part des cas de nos
forêts et qui Gonsiste d'abord à faire des coupes de nettoiement et enfin
quelques régies sylvicoles appropriées pour assurer la régénération du
peuplement et par voie de conséquence la pérennité de la forêt.
Cependant pour le premier volet qui est de la cartographie on peut distinguer
deux niveaux:
- Le premier niveau: la cartographie sur carte à petite échelle (l/00.000 par
exemple) peut se réaliser au niveau de tout le pays en utilisant des méthodes
modernes et rapides telles que la télédétection (Land Sat ou Spot image).
Celle-ci peut nous donner une situation générale avec les répartitions géographi-
ques des essences forestières et voire même leur vocation: (production -protection ou
agrément) avec toutes les autres variantes en l'occurrence les forêts à vocation sylvo-
pastorale. En d'autres termes elle nous permettra de définir les priorités d'action et les
orientations à envisager (c'est le cas de l'inventaire forestier national).
- Le 2ème niveau: la cartographie sur échelle moyenne (1/20.000 à 1/25.000)
utilisable pour des aménagements proprement dits de forêts et qui consiste à
réaliser des cartes des types de peuplements à partir de la photo-interprétation
de la couverture aérienne en panchromatique blanc et noir ou I.R (1/15.000 à
1/20.000).
Cette carte des types de peuplement permettra de faciliter l'application d'une
sylviculture appropriée et surtout d'asseoir un parcellaire, unité de gestion, le plus
homogène possible.
Quant à la consolidation du bornage forestier, qui ne peut se réaliser que sur la
cartographie de 2ème niveau, est une opération importante puisqu'elle redéfinit d'une
manière incontestable et définitive la domanialité de la forêt. Une fois portée sur des
cartes d'aménagement au 1/20.000 ou 1/25.000 le bornage forestier aurait presque la
même valeur qu'un plan cadastral.
Et d'ailleurs je proposerai que nos plans d'aménagement soient déposés
officiellement au niveau du Cadastre (Division de la carte) qui sera appelé à reproduire
notre délimitation forestière sur ses nouvelles éditions de cartes d'IGN tant au 1/100.000
qu'au 1/50.000.
Il en est de même pour les autres volets cités ci-dessus qui en principe ne
devraient être définis qu'au niveau de l'étude d'aménagement d'une forêt donnée.
LES DIFFERENTES PHASES DE L'ELABORATION D'UN PLAN D'AMENAGEMENT
L'élaboration d'une étude aménagement de forêt se fait par l'accomplissement de
plusieurs phases: Ces phases peuvent se résumer d'une manière presque
chronologiques de la façon suivante:
Phase préliminaire
Cette phase consiste à procéder à la réalisation des étapes citées ci dessous et
à leur dépouillement, exploitation, et synthèse:
- Acquisition de la couverture aérienne
- Acquisition des cartes existantes
- Plan de bornage et PV de délimitation
- Tournées de reconnaissance de la zone d'étude
- Collecte des documents auprès des services extérieures
- Climatologie
- Historique
Phase photo interprétation et cartographie
- Préparation stéréoscopique des photos (délimitation du massif forestier)
- Définition des types de peuplements et leur stratification (légende)
- Photo-interprétation proprement dite
- Piquetage des bornes forestières sur photos aériennes
- Contrôle de la stratification sur le terrain
- Agrandissement des cartes au 1/20.000 ou 1/25.000
- Elaboration d'une carte minute des types de peuplements
- Report des limites administratives et forestières
- Etablissement d'un parcellaire provisoire sur photo et sur carte.
Phase d'inventaire
- Mise au point de la méthodologie
- Constitution et entraînement des équipes
- Exécution des travaux d'inventaire
- Collecte des données pour l'établissement des tarifs de cubage
- Elaboration d'un programme de données
- Dépouillement et traitements des données d'inventaire
- Synthèses et interprétation des résultats d'inventaire.
Phase de prospection et description parcellaire
- Elaboration des fiches écologiques et description parcellaire
- Vérification de la stratification des peuplements (mise à jour de la carte des types
des peuplements)
- Description parcellaire
- Relevés phyto-écologiques et pédologiques.
Etude socio-économique et études des parcours
- Enquête de reconnaissance (contacts avec les autorités et les services concernés,
collecte des documents et listes des éleveurs)
- Elaboration et adaptation d'un questionnaire d'enquête socio-économique détaillé
- Lancement des enquêtes socio-économiques sur le terrain
- Délimitation des parcs forestiers
- Evaluation de la charge
- Elaboration de la carte des faciès pastoraux et report des parcs forestiers
- Proposition d'amélioration des parcours forestiers.
Parcellaire définitif
- Etablissement d'un parcellaire définitif
- Matérialisation parcellaire sur le terrain.
Elaboration des documents minutes
- Procès verbal d'aménagement
- Renseignements généraux
- Etude écologique (carte des communautés végétales, carte lithologique)
- Etude socio-économique (carte des faciès pastoraux et des parcours)
- Gestion antérieure
- Etat actuel et résultats d'inventaire (carte des types de peuplements)
- Description parcellaire
- Esquisse d'aménagement.
Soumission des documents minutes au Comité Consultatif des Aménagements
Ce Comité est composé:
- Des responsables de l'Administration Centrale
- Des Services gestionnaires concernés
- Des Universitaires
- Des chercheurs
- Des aménagistes
- Des représentants des communes rurales concernées.
Documents définitifs
- Reprise et mise à jour des documents minutes approuvés par le Comité Consultatif
d'Aménagement
- Elaboration d'un plan de gestion
- Elaboration d'une carte d'intervention.
APPLICATION DE LA METHODOLOGIE: CAS DE L'ETUDE D'AMENAGEMENT DE
LA FORET D'AZROU
Renseignements généraux
Situation géographique
La forêt d'Azrou fait partie de la VIII région forestière dite Région du Moyen Atlas
(BOUDY). C'est une Cedretutn-Quercetum, située à une altitude variant de 1250 m
(Azrou) à 2103 m (Jbel Hebri).
Situation juridique
La forêt d'Azrou est propriété privée de l'Etat comme toutes les autres forêts
marocaines (Dahir du 7 juillet 1914).
NB: La représentation des CR n’est qu’une proposition de ma part l’idée est en train de faire son chemin. Leur
participation est en Project
Délimitée en 1931 avec droit d'usage:
- Droit de parcours
- Droit de ramassage de bois mort gisant.
Contenance
Elle fait 17.744 ha dont 13.644 ha boisés soit 77% et 4100 ha clairière et de bor
soit 23% (résultat de la carte des types de peuplement).
Situation administrative et forestière
- Province d'Ifrane
- CR d'Irklaouen
- Gérée par le Service des Eaux et Forêts d'Ifrane.
Etude écologique
Gradient climatique

AZROU IFRANE Forêt d'Azrou


Altitude (m) 1250 1635 1250-2103
Pluviométrie (mm) 887 1122
Indice de continen-tabilité 30,2ºC 34,3ºC
(M-m) (Debrach) Semi-Continental Semi-Continental Etage Bioclimat
médditerranéen
15<17, 7<20 13,2 < 15
humide à variante
Climat mod chaud Climat froid variante froide
avec variante froide très froide
Q (coef. d'Emberger) 110 114
Milieu édaphique
La forêt d'Azrou se situe sur différents substrats où elle manifeste un dynamisme
de végétation inégal, ainsi le sol reste un facteur différentiel aussi important que le
climat.
On distingue deux substrats:

- Basaltique
- Carbonate:
* Calcaire
* dolomie
Végétation
Deux essences principales: le cèdre et le chêne vert se trouvent à l'état pur ou er
mélange avec la répartition suivante:
Cèdre pur : 1.493 Ha soit 11%
Chêne vert pur : 4.594 Ha soit 33,5%
Mélange Cèdre + CV : 7.557 Ha soit 55,5%
TOTAL : 13.644 Ha soit 100%
On y trouve d'autres essences principales et essences secondaires en petites
tâches ou à l'état disséminé. On peut citer:
- Chêne zène - pin maritime - genévrier oxycèdre - genévrier thurifère - frêne dimorphe -
houx -if - érable de Montpellier - cytise de battandier - aubépine,...
Photo-interprétation: résultats (carte des types de peuplements)
Photo-interprètation
La photo-interprétation est basée sur la composition, le couvert, l'âge et le
régime. Ainsi la clé d'interprétation retenue a définie les strates suivantes:
Pour le cèdre
Dense (d) Normal (n) Clair (c)
Vieux cèdre (V) Vd et Vn
n'existent pas
Vc
dans la réalité

Cèdre adulte (A) Ad An Ac


Jeune cèdre (J) Jd Jn Jc
Régénération R
Epars (semenciers) S

Pour le chêne vert


Dense (1) Normal (2) Clair (3)
Futaie de chêne vert QRf 1 QRf 2 QRF 3
Taillis de chêne vert qrt 1 qrt 2 qri 3
Carte des types de peuplements
Le transfert de la photo-interprétation sur un fond topographique au 1/20.000 a
donné naissance à la carte des types de peuplements
Parcellaire
Un parcellaire topographique a été retenu. La forêt a été subdivisée en 122
parcelles dont la superficie varie entre 50 Ha à 250 Ha, en se basant sur les normes
suivantes
- Pour les forêts productives 80 à 100 ha
- Pour les forêts à vocation sylvo-pastorale 150 ha
- Pour les forêts de protection au delà de 200 ha
Inventaire
Inventaire préliminaire
Un inventaire préliminaire a été appliqué pour déterminer le coefficient de
variation du peuplement. Pour ce l'ensemble des parcelles a été regroupé en cinq
grands ensembles (strates) selon leur dominance et qui sont:
- Strate de jeune cèdre dense
- Strate de jeune cèdre normal
- Strate adulte normal
- Strate de cèdre vieux clair
- Strate de chêne vert pur
Seule les quatres premières strates ont fait l'objet de l'inventaire préliminaire.
A cet effet trente placettes circulaires de 20 ares par ensemble (strate) ont été
reparties au hasard à l'intérieur desquelles, les circonférences à 1.30m des tiges sont
mesurées
L'application de la formule ci-après nous a permis de déduire le nombre de
placettes à asseoir:

avec N: Nombre de placette à asseoir


t: coefficient de s'tudient
Cvo: Coefficient de variation
eo: Précision proposée
Inventaire systématique
Le nombre de placettes à inventorier et la taille de leur dimension sont donnés ci-
dessous:
Strate Superficie (ha) Nombre de Dimension de la Taux
placettes placette (are) d'échantillonnage
jeune dense 1452 277 5 1
jeune normal 2325 434 10 2
adulte normal 1388 257 10 2
vieux clair 2652 352 20 2
TOTAL 7817 1320 153,35 1,96% ≈ 2%

Etablissement du tarif de cubage


Ainsi les tarifs retenus sont:
- Sur Basalte: V = -0,0426-0,6447d+ 11.6333d2
- Sur carbonate: V = 0,2605-3,1403d+ 12,7101d2
Aménagement proposé
Méthode d'aménagement
Le classement en 5 strates constitue déjà une ébauche de division.
Ainsi les résultats d'inventaire (nombre de tiges/ha et leur répartition par
catégorie de circonférence, surface terrière/ha, volume moyen /ha et accroissement
moyen /ha/an) nous ont permis de connaître les potentialités existantes, la structure du
peuplement actuelle et sa projection dans l'avenir, ainsi que la conduite à retenir pour
les peuplements de la forêt et notamment celle de la cédraie.
Ces critères nous amènent à dire que la futaie régulière est la méthode
d'aménagement qui conviendra le mieux et ce pour.
- Contrainte des parcours (mise en défens à regrouper et à ne pas dépasser de
1/5 des parcs forestiers.
- Régularisation du peuplement (futaie régulière-homogène).
- Intervention sylvicole (adaptation d'une exploitation moderne, localisée dans le
temps et dans l'espace).
- Peuplement équiènne: favorise l'élagage naturel d'où diminution du M'Jej
(trametis pini).
Découpage en séries
Plusieurs niveaux de découpage ont été envisagés:
- Le premier niveau est basé sur l'essence et le recouvrement forestier.
- Le deuxième niveau est basé:
- Pour le cèdre sur le substrat lithologique (basalte et carbonaté)
- Pour le chêne vert sur l'existence ou non d'un potentiel d'enrésinement.
- Le troisième niveau, ne concernant que la cédraie sur sol carbonaté, est basé
sur l'état et le dynamisme de la régénération des peuplements
- Le quatrième niveau tient compte de la situation géographique, du potentiel
touristique et du facteur environnemental de la zone d'étude.
En synthétisant tous les critères de ce découpage nous avons retenu sept séries
définies comme suit:

Superficie Gt Volume i Possibilit


Série
Ha % m2/ha m3/ha m3/ha/ an é m3/ha
1ère série 1493 8,4 24,7 237,8 5 1694
Dite sur Basalte 12%
2èmc série dite 3297 18,6 16 140,3 2,62 3476
Futaie régulière à groupe 10%
de régénération élargie
3 ème série dite 2152 12,1 13,1 105 1,5 2015
Futaie régulière à groupe 10%
de régénération stricte
4ème série dite 1493 8,4
D'enrésinement
5ème série 4594 26
Dite chêne vert
6ème série 615 3,5
Dite de conservation
(Touristique)
7ème série 4100 23
Dite hors cadre
TOTAL 17.744 100 7185
10%'
Ann. Rech. For. Maroc, (1994), T (27), 243-257
LES PRINCIPAUX FACTEURS INFLUENCANT
LA REGENERATION NATURELLE DU CEDRE DE L'ATLAS
Cedrus atlantica (Manetti)
LAMHAMEDI M. et CHBOUKI N.
Département de Foresterie, Institut Agronomique
et Vétérinaire Hassan II, B.P. 6202,
Rabat-Institut, Maroc.
Résumé - Cet article présente une revue de la régénération naturelle de Cedrus
atlantica (Manetti) au Maroc et des facteurs principaux influençant son succès. Plusieurs
études suggèrent que la régénération naturelle est contrôlée par la succession des
périodes sèches et humides. Les résultats dendroclimatologiques et palynologiques
corroborent ces conclusions et montrent une nette augmentation des graines de pollen
de cèdre aux environs de 1450 correspondant à une longue période climatiquement
favorables. D'autres facteurs tels que les stress environnementaux, la qualité du site, les
communautés végétales, la fructification, la qualité de la lumière, la dynamique de la
litière, et la composition du peuplement influencent l'installation des semis et leur survie
pendant la régénération naturelle.
Cedrus atlantica I régénération / dendroclimatologie / fructification / physiologie /
écologie.
Summary - This work presents a review on natural regeneration of Cedrus atlantica
(Manetti) in Morocco and the principle factors affecting its success. Several studies
sugggest that natural regeneration is under the control of the succession of dry and wet
periods. Dendroclimatological and palynological evidences from Morocco corroborate
these findings as they show a net increase in Cedrus pollen around 1450 corresponding
to the onset of a long and climatically favorable period. Other factors such as
environmental stress, site quality, plant communities, fructification, light quality, litter
dynamics, and stand composition influenced seedling establishment and survival during
natural regeneration.
Cedrus atlantica I regeneration / dendroclimatology / fructification / physiology/
ecology.
INTRODUCTION
Dans l'état actuel, la majorité des peuplements de la cédraie marocaine se
régénèrent naturellement. Cette régénération reste un phénomène écophysiologique
complexe, aggravée par les différentes perturbations causées par le parcours, les
attaques parasitaires et fongiques, et les coupes irrationnelles. La régénération naturelle
et assistée accompagnées d'une mise en défens ont offert relativement, au départ, une
solution simple au problème du renouvellement de la cédraie. Ces deux approches
constituent un moyen de repeuplement de la cédraie marocaine malgré la complexité de
l'interaction entre les différents facteurs qui favorisent cette régénération. La
régénération naturelle ou assistée offre au forestier une opportunité de réduire le coût de
renouvellement de la cédraie sans compromettre les objectifs assignés à son
aménagement.
D'une façon générale, la régénération du cèdre reste tributaire du climat, du sol,
de la végétation, de la fructification et des facteurs physiques et biotiques (Figure 1).
Figure 1: Principaux facteurs affectant le mécanisme de la régénération du cèdre
de l'Atlas (Cedrus atlantica Manetti).
La contribution de chacune de ces variables dans le processus varie en fonction
des différents milieux de la cédraie. La réponse du plant à l'interaction de ces facteurs
dépend de son génotype, de sa morphologie et de sa physiologie. Différents travaux ont
mis l'accent sur l'influence de l'altitude, de l'exposition, de la densité et de la composition
du peuplement sur l'installation et le développement des semis de Cedrus atlantica
(Manetti) (Lepoutre 1964a, b, 1963, Lepoutre et Pujos 1964, Marion 1955, Maroc
développement 1983. M'Hirit 1987, Mounji 1992. Pujos 1967, Saadi 1985). Jusqu'à
présent, les travaux de synthèse concernant la compréhension des mécanismes et de la
dynamique de la régénération du cèdre en faisant appel aux concepts
dendroclimatiques, physiologiques et écologiques sont rares.
L'objectif de cet article est de faire ressortir les principaux facteurs qui influencent
la régénération du cèdre pour permettre à l'aménagiste de cerner son mécanisme et de
mieux planifier ses interventions en tenant compte de l'importance de chaque facteur et
de leurs interactions complexes en vue de favoriser cette régénération.
PRECIPITATIONS
Les années pluvieuses assurent une humidité du sol favorable à la germination
et à l'installation des semis du cèdre. Les microlites ayant une capacité de rétention
faible en eau au niveau de la zone racinaire nécessitent des précipitations fréquentes
pour assurer une meilleure survie et une bonne croissance des semis du cèdre surtout
pendant l'été. Cette différence de réserve hydrique entre les substrats fait que la
régénération est plus abondante sur roche dolomitique que sur calcaires compacts,
difficilement pénétrables par les racines (Marion 1955). La distribution des précipitations
durant la phase de croissance, et la variabilité intra et interannuelle a une importance
capitale sur l'avenir des semis. Il semble que l'alternance de périodes favorables
pluvieuses et de périodes défavorables sèches revêt une importance capitale pour la
réussite de la régénération. Seule une séquence favorable et persistante (plus de 5 ans)
permettra l'installation et la survie des semis. Pendant une période défavorable, les
semis souffrent pendant une période très longue de stress hydrique engendrant ainsi
des perturbations physiologiques et une mort prématurée des semis durant les cinq
premières années après l'apparition des premières aiguilles.
Des études dendrochronologiques récentes du cèdre (Chbouki, 1992; Meko,
1988; Stockton, 1988 et Till, 1985) concernant la reconstitution dendroclimatique ont
révélé que le climat est caractérisé par une alternance d'une période favorable humide
et d'une période défavorable sèche (Figures 2a-b). La confrontation des précipitations et
de l'indice dendroclimatique (Figures 3a-b) reflète fort bien que la dynamique de la
cédraie, notamment en matière de régénération dans le temps, ne pourrait être liée
qu'au facteur limitant qui est l'eau. De ce tait, nous devons admettre avec une grande
certitude que la régénération du cèdre est intimement liée à l'occurrence de grandes
périodes favorables. En effet, les études palynologiques du lac de Tigalmamine au
Moyen Atlas (Lamb et al., 1989) confirment cette hypothèse et montrent l'abondance
des grains de pollen du cèdre vers 1450. Durant cette période, le climat était favorable
(Figure 2a) et a permis probablement au cèdre de mieux se régénérer et de mieux
s'étendre. L'obtention d'une régénération abondante nécessite donc une longue période
de climat favorable et non une seule année pluvieuse, ce qui explique les observations
rapportées au Moyen Atlas et au Rif concernant la lenteur de l'installation de la
régénération et les mortalités progressives printanières et estivales des semis de cèdre
durant les premières années de leur installation (Mario, 1955; Pujos, 1967). La
sensibilité de la régénération au climat laisse suggérer que les fluctuations des
paléoclimats postglaciaires ont contribué à la régression de la haute cédraie du Moyen
Atlas plissé et à l'extension de la basse cédraie comme c'est le cas du plateau d'Azrou
(Lecompte, 1986).
Figure 2: Reconstitution dendroclimatique de l'altérnance de périodes favorables
et défavorables (a: 1000-1500, b: 1500-1989; Col du Zad, Moyen Atlas).
FRUCTIFICATION Dl CEDRE
La fructification de cèdre est le facteur déclencheur de la régénération.
L'obtention d'une bonne fructification a lieu généralement lorsque les arbres sont âgés,
bien individualisés (densité idéale. 501 arbres/ha) avec des cimes étalées et une bonne
biomasse foliaire. La nature du substrat, l'altitude et la succession d'années climatiques
favorables influencent la capacité de fructification des arbres semenciers (Pujos, 1967).
L'apparition et le développement des cônes sont sous le contrôle de la capacité
photosynthétique de l'arbre. Cette dernière est influencée par la biomasse foliaire, la
qualité de la station, le statut hydrique et nutritionnel de l'arbre. De ce fait, l'abondance
de la fructification ne peut avoir lieu qu'au niveau des arbres bien dégagés et ayant un
grand espace vital. L'exposition directe de la majorité des aiguilles à une intensité
lumineuse élevée leur assure un bon rendement photosynthétique et par conséquent,
une translocation importante des produits de la photosynthèse vers les cônes au
détriment d'autres phénomènes biologiques de l'arbre. Dans ce sens, Eis et al. (1965)
ont trouvé que la production abondante de cônes a eu pour effet de réduire l'épaisseur
des cernes et suggèrent que les hydrates de carbones requis pour le développement
des cônes proviennent d'une photosynthèse courante et non d'une réserve d'hydrates
de carbone de formation antérieure. Sur le plan physiologique, les cônes constituent des
siphons irréversibles vis-à-vis des produits de la photosynthèse (Kozlowski, 1992). Cette
translocation est sous le contrôle des différents facteurs du climat. Donc, les cônes ne
peuvent se développer et les graines ne seront de bonne qualité que si le rendement
photosynthétique de l'arbre est meilleur. En utilisant ce concept physiologique et en
tenant compte du rayon de dissémination qui ne dépasse guère 25 à 50m, l'aménagiste
devrait ouvrir le peuplement et dégager plusieurs individus à un âge précoce de toute
concurrence potentielle pour favoriser une bonne fructification et une bonne
homogénéité de la dissémination des graines dans l'espace. Le nombre de cônes et la
qualité des graines pourront être réduits par les perturbations physiologiques causées
par la chenille processionnaire, le Mjej (Phellinus pini (Thore ex. Fr.) Pil.), et par d'autres
prédateurs particulièrement le singe. Ces perturbations touchent principalement la
translocation des produits de la photosynthèse vers les cônes et le transport de l'eau et
des éléments nutritifs vers les aiguilles. L'écimage pratiqué par les bergers réduit la
biomasse foliaire, entraînant ainsi une diminution de la capacité photosynthétique et de
la production des cônes.

Figure 3: Relation entre la croissance radiale et les fluctuations des précipitations


(P en mm) de la station d'Argbala (a) et de Ouiouane (b).
STRESS ENVIRONNEMENTAUX ET PHYSIOLOGIE DES SEMIS
Les racines des jeunes semis de cèdre qui viennent de germer exploitent un
volume limité du sol et restent très sensibles au stress hydrique, thermique, au froid et
au gel. L'intensité de ces stress dépend' de plusieurs paramètres dont la quantité de
pluie, le degré de compétition, la demande évaporative, la capacité de rétention en eau
du sol, l'humidité relative de l'air, et les températures de l'air et du sol. les propriétés
physiques du substrat et leur environnement méso- ou microclimaique constituent un
facteur déterminant de la réussite de la régénération.
Les températures extrêmes de l'air et du sol limitent les processus
physiologiques des semis de cèdre particulièrement la photosynthèse, la transpiration, la
respiration et l'absorption de l'eau et des éléments nutritifs. Ducrey (1981) a constaté
que, dans des conditions contrôlées, la photosynthèse des rameaux du cèdre passe de
3,2 à 1 mg CO2 /g/h quand la température passe de + 10ºC à -8ºC. A cette dernière
température, la respiration peut atteindre 0,1 mg CO2 g/h. Le gel et les faibles
températures du sol pendant l'hiver et le printemps limitent le mouvement et l'absorption
de l'eau par l'augmentation de la viscosité de l'eau et de la résistance au flux d'eau
(Grossinkle, 1988). La faculté de germination des graines de cèdre est stimulée par des
températures basses (Zaki, 1970).
L'accès à l'eau du sol durant l'installation des jeunes semis est limité car le
contact entre les racines et le sol est restreint. L'établissement de connexions
fonctionnelles à travers le continuum sol-plante-atmosphère reste primordiale pour
assurer une meilleure survie et une bonne croissance initiale. Le développement du
système racinaire du cèdre est lent et superficiel pendant les premières années. Cette
caractéristique ne confère pas aux semis une tolérance à la sécheresse surtout lorsque
la litière est épaisse. L'ampleur de cet horizon constitue un obstacle majeur à la
pénétration des racines et ne facilite pas leur contact direct avec le sol minéral, ce qui
prédispose les semis au stress hydrique et ne permet pas leur installation. Dans ces
conditions, un décapage du sol dans les sites où la fructification est abondante s'avère
nécessaire pour mieux réussir la régénération assistée.
La croissance racinaire et la photosynthèse sont interdépendants et évoluent
selon l'état hydrique du plant (Burdett, 1990). La croissance du système racinaire, de la
partie aérienne et l'activité photosynthétique sont arrêtées lorsque le potentiel hydrique
du sol atteint respectivement -3MPa, -2MPa et -3,5MPa (Aussenac et Valette 1982,
Aussenac et El Nour 1986a, b). L'initiation et la croissance des racines latérales varient
aussi en fonction des conditions nutritionnelles de la station (Gersani and Sachs, 1992).
L'analyse foliaire des aiguilles du cèdre a révélé des déficiences nutritionnelles en
phosphore, en potassium et en magnésium dans certaines cédraies du Moyen Atlas
central (Targui, 1986). Dans ces sites, l'apparition précoce de déficience en éléments
nutritifs essentiels chez les jeunes semis de cèdre installés constituera une contrainte
majeure à la croissance et à la survie de ces plants.
La présence des champignons ectomycorhiziens dans plusieurs sites de la
cédraies peut conférer aux jeunes semis une tolérance à la sécheresse (Lamhamedi et
al., 1991; Lamhamedi et al., 1992a, b). Ces symbiotes se caractérisent par une phase
extramatricielle extensive permettant aux racines de mieux exploiter les réserves
hydriques du sol et d'améliorer l'absorption de l'eau et des éléments nutritifs. Les hyphes
peuvent pénétrer dans les microspores de sol où les racines ne peuvent accéder. Ces
champignons sécrètent des hormones qui agissent sur le fonctionnement des stomates
pour diminuer les pertes en eau par transpiration en cas de stress hydrique sévère. Leur
présence dans le site favorisent la régénération du cèdre par tache (Lepoutre, 1963).
Dans ce sens, Abourouh (1988) a recensé plus de 70 champignons qui peuvent former
des mycorhizes avec le cèdre. L'inoculation des plants de cèdre en pépinière forestière
par des souches sélectionnées, des spores ou par du sol contenant de l'inoculum
facilitera sans doute la reprise et la croissance des plants après plantation.
Les plants de cèdre sont donc confrontés au stress hydrique et thermique durant
l'été, et celui du froid pendant l'hiver. Les hautes températures pendant une période très
brève peuvent engendrer des lésions de l'écorce et une dessiccation du cambium
(Seidel, 1986; Stathers and Spittlehouse. 1990). Ces dommages s'observent plus
rapidement au niveau du collet à la surface du sol où les températures sont
généralement élevées.
Parallèlement à ces facteurs, les jeunes semis subissent des dommages et
disparaissent sous l'action du surpâturage. La mise en défens stricte pratiqué au Moyen
Atlas a permis l'installation de la régénération, mais a favorisé en même temps la
compétition des semis par le tapis herbacé. Le développement de cette strate herbacée
doit être contrôlée au moment opportun tout en tenant compte des phases de
croissance des plants de cèdre.
LUMIERE
Divers facteurs influencent l'atténuation de la lumière dans les peuplements
forestiers particulièrement la composition, la densité, la structure, l'architecture du
peuplement, l'état du ciel et l'angle solaire. La biomasse foliaire réduit non seulement la
quantité de lumière qui atteint le sous bois, mais produit de larges modifications de la
qualité spectrale de la lumière (Lamhamedi, 1988). Ces changements se caractérisent
par une diminution du rayonnement photosynthétique actif (400-700 nm). En passant à
travers le couvert, la qualité spectrale de la lumière subi des modifications
substantielles. En effet, la lumière qui atteint la surface du sol dans un peuplement
forestier devient riche en rouge lointain et faible en bleu et en rouge clair. Ces
changements affectent la qualité de la lumière, exprimée en ratio (R/FR = rouge
clair/rouge sombre), et influencent la germination des graines, la croissance et la
morphologie des plants (Lavender et al., 1990; Lamhamedi, 1988).
La vigueur des plants peut être limitée par l'interception de cette ressource. Les
facteurs du site (exposition, pente et latitude) ont une influence majeure sur la quantité
de lumière reçu au niveau du couvert végétal (Spittlehouse and Stathers, 1989; Stathers
et al., 1990). En plus de la densité et le régime du chêne vert (taillis ou futaie),
l'orientation foliaire et la présence du tapis herbacé contrôlent la quantité et la qualité de
la lumière interceptée par les jeunes plantules. Il s'est révélé que certaines graines de
conifères ne peuvent germer que lorsque le rayonnement incident à un ratio R/FR
relativement élevé. Dans les peuplements où le couvert est relativement fermé et dense,
la présence des semis est rare et le système racinaire reste mal développé et
superficiel. L'absence totale d'un couvert végétal favorise la mort prématurée des semis
de cèdre suite à leur dessèchement par le rayonnement solaire. Dans ces conditions, la
réduction du stress thermique a une importance capitale par comparaison à la perte au
niveau de la photosynthèse. La présence des taches de lumière (sunflecks) et de
conditions microstationnelles favorables peuvent conditionner la régénération du cèdre
dans les peuplements denses. L'aménagiste devrait ouvrir les peuplements denses pour
créer ces taches de lumière en vue de favoriser l'installation de la régénération.
COMMUNAUTES VEGETALES
Les communautés végétales reflètent l'interaction de toutes les variables
écologiques (climat, nature du substrat, type de sol...) et les potentialités des différents
types de milieu. La diversité de la roche mère et les effets combinés du climat, de
l'altitude et des températures expliquent en partie la diversité écologique et la
dynamique des cédraies (Pujos, 1967; Le compte 1983). La régénération du cèdre varie
en fonction des groupements végétaux. Dans ce sens, dans la forêt d'Ajdir, Saadi (1985)
a distingué 5 groupements végétaux caractérisés par des groupes écologiques
indicateurs de différentes conditions réelles du milieu et de régénération:
1- Groupement à Cedrus atlantica, Quercus rotundifolia, Quercus canariensis,
Rubus ulmifolius, Hedera helix et Ilex aquifolium;
2- Groupement à Cedrus atlantica, Quercus rotundifolia, Paeonia maroccana,
Rubus ulmifolius et Aristolochia longa;
3- Groupement à Cedrus atlantica, Helianthemum croceum, Marrubiumfontianum,
Cerastium gibraltaricum;
4- Groupement à Cedrus atlantica, Quercus rotundifolia, Helianthemum croceum,
Buplerum spinosum et juniperus thurifera;
5- Groupement à Cedrus atlantica, Quercus rotundifolia et Crataegus laciniata.
La régénération dans le premier groupement est bonne favorisée par des sols
profonds et développés sur dolomie compacte avec une structure "Chêne vert-Cèdre"
relativement équilibrée. La régénération est bien installée sur des vallons drainés. Dans
le deuxième groupement les conditions de régénération restent peu favorables. Le
troisième groupement est un peuplement sylvatique de cèdre presque pur (1900 à 2200)
appauvrie en espèces indicatrices de bonnes conditions. Dans le quatrième
groupement, les conditions mésoclimatiques (expositions sud et sud est) associées à la
nature du substrat calcaire compact à sol superficiel ne permettent pas à la régénération
naturelle de s'installer même lorsque la fructification est abondante. La régénération
reste hétérogène dans le cinquième groupement du fait de la structure des peuplements
(dense ou clair). L'absence de strate arbustive prive les semis d'une ambiance favorable
à leur maintien.
La cédraie marocaine est soumise à des perturbations sévères et progressives
(attaques parasitaires, vent, incendie, coupes abusives..) qui influencent la dynamique
de la régénération et des communautés végétales. Les cédraies d'âge multiple ont
souvent subi des perturbations sérieuses et anciennes qui ne peuvent être identifiées
facilement. La connaissance de la fréquence et de la chronologie de ces perturbations
nous permettra de connaître l'historique de la dynamique de la régénération.
CONCLUSION ET PERSPECTIVES DE RECHERCHE
La dynamique de la régénération du cèdre est étroitement liée aux facteurs
climatiques qui influencent la germination, la croissance des plantules et le
développement du système racinaire capable de subvenir aux besoins hydriques du
plant en période de sécheresse. En plus des précipitations et de la nature du substrat, la
température maximale doit atteindre 9 à 10ºC pendant une durée d'au moins 9 à 10
jours pour permettre l'apparition des germinations. Ces conditions expliquent
l'hétérogénéité altitudinale de la régénération observée entre les versants chauds et les
bas-fonds. La présence du couvert végétal favorise le maintien des semis.
L'aménagiste actuel est invité à initier des actions ponctuelles précises et
ordonnées dans le temps en vue de favoriser la régénération naturelle. Celles-ci se
résument à:
- favoriser la fructification et l'installation des semis par l'ouverture du peuplement;
- décaper le sol lorsque la litière est épaisse pour permettre un contact rapide des
racines avec le sol minéral;
- contrôler la/strate herbacée dans le cas de la mise en défens pour diminuer le degré
de compétition vis-à vis des plants de cèdre.
Cette revue de littérature révèle que les différents processus physiologiques
durant la phase d'installation et de croissance sont influencés par l'eau. De ce fait, la
recherche devrait être orientée vers la sélection de provenances résistantes á la
sécheresse en utilisant les concepts écophysiologiques. L'expérimentation pourrait être
conduite en pépinière et en site de reboisement. Cet axe de recherche pourra être
complété par la détermination des normes concernant la qualité des plants (statut
nutritionnel et hydrique, architecture racinaire...) en fonction du site, des conditions
microstationnelles et des types de peuplements. La compréhension de la dynamique de
la régénération naturelle du cèdre dans son aire naturelle pourra se faire par des études
approfondies en dendroclimatologie. En effet, l'examen des profils de croissance radiale
permettra l'identification des phases de suppression, de relâchement et la reconstitution
des épisodes de régénération. L'élaboration d'un programme de grande envergure,
portant sur de nombreuses années, concernant le suivi de différents scénarios
d'ouverture des peuplements denses et son influence sur la régénération en relation
avec la qualité de la lumière et la production des cônes, nous renseignera sur la façon
adéquate d'aménager nos cédraies tout en assurant leur pérennité.
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