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PROJET DE MEMOIRE MASTER PROFESSIONNEL :

DROIT DES CONTENTIEUX

THEME:

LA PREUVE NUMERIQUE EN PROCEDURE PENALE IVOIRIENNE

PRESENTE PAR:

Encadreur : GOSSAN GOSSAN


professeur SAINT ALBAIN
GADJI Abraham CONTACT :

01 42 25 86 65
Depuis l’aube des temps, l’homme, fragile face aux forces de la nature et
à l’incertitude de l’existence, a cherché dans ses semblables la force que
lui refusait la solitude. De cette nécessité de coopération est née la
société, construite sur des règles destinées à garantir la sécurité et l’ordre.
Mais dans cet enclos protecteur si la société est née pour protéger, elle a
aussitôt engendré ses propres périls car l’homme s’est révélé être lui-
même, paradoxalement, la principale source d’insécurité pour son
espèce. Par ses actes, il a menacé la paix sociale et contraint la
collectivité à ériger des mécanismes de défense et de répression. Ainsi
s’est imposé le droit, et plus particulièrement le droit pénal, comme
instrument de protection de la société face aux comportements déviants1.
Mais le droit, pour être juste, ne peut frapper aveuglément. La sanction n’a
de légitimité qu’à travers un chemin balisé : celui de la procédure pénale,
fil conducteur qui détermine les conditions dans lesquelles un individu
peut être reconnu coupable et sanctionné. Elle est le théâtre où se joue le
sort de l’accusé, mais où demeure, comme une étoile immuable un
principe fondamental celui de la présomption d’innocence : nul ne peut
être condamné sans preuve et tant que cette preuve n’est pas établie,
l’accusé demeure présumé innocent2
La preuve devient le pivot autour duquel s’organise la recherche de la
vérité judiciaire, vérité dont Le juge en est le principal accoucheur, et les
intervenants du procès magistrats, avocats, officiers de police judiciaire
sont les sage-femmes et médecins qui l’assistent, chacun chargé
d’apporter sa contribution dans cette œuvre délicate de faire naître la
vérité.
La preuve n’est pas une réalité figée : elle évolue au rythme des sociétés.
Longtemps, elle se résumait aux aveux, aux témoignages, aux pièces
écrites et aux objets matériels. Mais l’ère numérique a bouleversé ce
paysage.
Aujourd’hui, une simple adresse IP peut trahir un suspect, un message
électronique peut accabler un prévenu, une vidéo captée par un téléphone
peut devenir décisive devant un juge3. Ces éléments, qualifiés de preuves

1
Code pénal ivoirien , art.2
2
Code de procédure pénale ivoirien ,art.2
3
Loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité
numériques, s’imposent désormais comme des instruments
incontournables dans la répression des infractions contemporaines 4.
Cependant, ce progrès technologique est à double tranchant. Car à
mesure que la preuve numérique renforce l’efficacité de la répression, elle
menace aussi de fragiliser les droits fondamentaux. Derrière l’écran
lumineux se cache le risque d’atteinte à la vie privée, au secret des
correspondances et, plus encore, à la protection des données
personnelles5, devenues le « patrimoine intime » de chaque individu. La
question devient alors brûlante : jusqu’où la justice peut-elle aller dans
l’exploitation des traces numériques sans renier les garanties essentielles
de l’État de droit6. Comme l’a affirmé le Président Alassane Ouattara, lors
de son allocution pour sa candidature aux élections présidentielles de
2025 « l’appel du devoir peut parfois transcender la parole donnée de
bonne foi ». Faut-il comprendre par analogie que l’appel de la justice, au
nom l’intérêt général, pourrait autoriser certaines dérogations aux
principes établis Voilà toute la tension qui habite la preuve numérique et
qui interpelle la réflexion juridique contemporaine.
En Côte d’Ivoire, où la procédure pénale s’adapte tant bien que mal aux
mutations contemporaines, cette tension apparaît avec une intensité
particulière. Entre la nécessité de doter les autorités judiciaires d’outils
efficaces et l’obligation de protéger les libertés individuelles, un équilibre
fragile se dessine.

C’est donc ce qui nous nous incitera à écrire sur le sujet suivant :
« La preuve numérique en procédure pénale ivoirienne : entre
efficacité répressive et protection des données à caractère personnel
».

La preuve est définie par le Lexique des termes juridiques de Gérard Cornu
comme « ce qui démontre la réalité d’un fait ou l’existence d’un droit » 7.

4
Detraz Stéphane, La preuve numérique, LGDJ, 2014 [p. 3]
5
Loi n°2013-450 du 19 juin 2013 relative à la protection des données à caractère personnel
6
Pacte international relatif aux droits civils et politiques

7
Cornu, Lexique des termes juridiques, Dalloz, 2022
Cette définition, d’une portée générale, s’applique à toutes les branches
du droit mais acquiert, en matière pénale, une dimension particulière : elle
est l’élément central qui permet de faire passer l’accusé du statut de
présumé innocent à celui de coupable légalement établi.
Elle ne saurait se construire dans l’abstraction ; elle repose sur un socle
tangible, elle constitue le fil invisible qui relie les faits reprochés à l’accusé
et qui permet au juge de transformer un soupçon en certitude judiciaire 8.
En Côte d’Ivoire, cette exigence trouve son fondement dans la Constitution
de 2016 qui, en son article 7, proclame que « tout prévenu est présumé
innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à l’issue d’un procès
équitable lui offrant les garanties nécessaires à sa défense »9. Le Code de
procédure pénale ivoirien réaffirme ce principe en disposant que nul ne
peut être condamné qu’au vu de preuves légalement rapportées et
contradictoirement débattues devant le juge. Autrement dit, la preuve est
la condition sine qua non de toute répression légitime.
Mais la preuve en matière pénale ne se réduit pas à un simple objet de
constatation. Elle est un processus, un cheminement qui engage plusieurs
acteurs. Le juge en est le principal accoucheur, mais il n’agit pas seul :
magistrats du parquet, officiers de police judiciaire et avocats jouent, à ses
côtés, le rôle de sage-femmes et de médecins, chacun contribuant à sa
manière à faire naître la vérité. La procédure pénale devient ainsi le théâtre
où la preuve s’élabore, se discute et s’éprouve, avant d’être consacrée ou
rejetée par le juge.

La preuve est un instrument de légitimation de la répression. Condamner


sans preuve reviendrait à substituer l’arbitraire à la justice. Le droit
ivoirien, en reprenant le principe de la présomption d’innocence, rappelle
que la preuve n’est pas un luxe mais une exigence démocratique, garante
du respect de la dignité humaine et du fonctionnement de l’État de droit.

8
Pradel Jean, Manuel de procédure pénale, Cujas, 2020
9
Constitution ivoirienne 2016, art. 7
La charge de la preuve en matière pénale pèse avant tout sur l’accusation,
ce qui renforce le rôle central du ministère public dans l’établissement de
la vérité judiciaire10
Les moyens de preuve admis par le Code de procédure pénale ivoirien sont
variés : témoignages, aveux, expertises, écrits et indices matériels. Le code
procédure pénale ivoirien consacre le principe de la liberté de la preuve et
de l’intime conviction du juge en disposant en son article 437 « hors les
cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par
tout mode de preuve et le juge décide d’après son intime conviction » 11. Ce
principe confère au juge une liberté d’appréciation, mais une liberté
encadrée : elle ne saurait justifier l’usage de preuves obtenues par fraude,
contrainte ou en violation des droits fondamentaux.

La preuve a une fonction sociale. Elle n’est pas seulement destinée à


convaincre le juge, mais aussi à restaurer la confiance de la société dans
l’institution judiciaire12. Dans une communauté marquée par la défiance et
les rumeurs, la preuve sert de rempart contre l’injustice ressentie et donne
à la sanction pénale sa légitimité aux yeux des citoyens.

Cette évolution montre que la preuve est un instrument vivant, qui


s’adapte aux besoins de la société et aux exigences de la justice. Elle n’est
pas figée, mais malléable, se transformant au gré des mutations sociales
et technologiques.

Toutefois, Si les témoignages et les objets matériels ont longtemps


constitué l’essentiel du matériau probatoire, de nouveaux supports,
dématérialisés, émergent et s’imposent dans le procès pénal. L’apparition
de courriels, de messages électroniques, de fichiers informatiques ou
d’images numériques dans les dossiers de procédure marque une
nouvelle étape dans l’histoire de la preuve.

La révolution numérique a profondément transformé les rapports sociaux,


économiques et même intimes de l’humanité. Nos vies, jadis inscrites
dans la matérialité des objets et des écrits traditionnels, se déploient

10
Pradel Jean, Manuel de procédure pénale, Cujas, 2020
11
Code de procédure pénale ivoirien, art. 437
12
Carbonnier Jean, Droit civil, PUF, 2018
désormais dans les flux invisibles de données circulant à travers réseaux
et systèmes informatiques. À l’ère des technologies de l’information et de
la communication, l’individu ne se définit plus seulement par sa présence
physique, mais également par l’ensemble des traces numériques qu’il
laisse derrière lui : messages téléphoniques, courriels, enregistrements
vidéo, transactions bancaires, publications sur les réseaux sociaux ou
encore simples historiques de connexion. Chacune de ces empreintes
peut constituer, le moment venu, une pièce à conviction.

C’est dans ce contexte que la notion de preuve numérique a émergé. Elle


peut être définie comme tout élément de preuve constitué ou conservé
sous forme électronique et susceptible d’être utilisé dans une procédure
judiciaire pour établir la réalité d’un fait13. Cette définition, bien qu’assez
large, met en évidence la spécificité de la preuve numérique : son
immatérialité. Contrairement aux preuves classiques (objets, écrits sur
papier, témoignages), la preuve numérique est volatile, duplicable et
facilement falsifiable. Sa valeur probatoire dépend donc moins de sa
matérialité que des procédés techniques qui en garantissent l’authenticité
et l’intégrité.

Toutefois, la doctrine n’est pas unanime quant à la qualification et à la


portée de la preuve numérique. Pour certains auteurs, elle ne serait qu’une
simple modalité nouvelle de preuve préexistante, se limitant à
transposer dans l’univers électronique les exigences déjà posées par le
droit de la preuve classique14. D’autres, en revanche, y voient une
catégorie autonome, justifiée par ses spécificités techniques
immatérialité, volatilité, duplicabilité qui la distinguent radicalement des
preuves matérielles traditionnelles (Hwang, 2005). Ce débat met en
lumière la difficulté de saisir juridiquement une preuve dont la substance
échappe aux repères habituels, et explique les hésitations du législateur
ivoirien dans la mise en place d’un régime probatoire adapté.

Le législateur ivoirien n’est pas resté indifférent à cette mutation. Plusieurs


textes juridiques reconnaissent explicitement la valeur des preuves

13
Loi n°2013-546 du 30 juillet 2013 relative aux transactions électroniques
14
Detraz Stéphane, La preuve numérique, LGDJ, 2014
électroniques. La loi n°2013-546 du 30 juillet 2013 relative aux
transactions électroniques dispose, en son article 23, que « l’écrit sous
forme électronique a la même force probante que l’écrit sur support
papier, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il
émane et qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en
garantir l’intégrité ». De même, la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à
la lutte contre la cybercriminalité prévoit des mécanismes de collecte et
de conservation des preuves numériques, destinés à encadrer les
enquêtes et poursuites. Ces textes consacrent donc une véritable
reconnaissance de la preuve numérique en droit ivoirien, l’alignant sur les
standards internationaux.

Dans la pratique, la preuve numérique occupe une place de plus en plus


centrale dans la procédure pénale ivoirienne. Elle intervient non seulement
dans la répression de la cybercriminalité (piratage, fraude informatique,
escroquerie en ligne ) mais également dans les infractions dites
classiques. Désormais, un simple SMS peut attester d’une menace, un
relevé d’appels peut confirmer la présence d’un suspect sur les lieux d’une
infraction, une vidéo captée par une caméra de surveillance peut éclairer
le juge sur les circonstances d’un crime. Ainsi, la preuve numérique n’est
plus un instrument marginal, mais un outil incontournable de l’efficacité
répressive.

la preuve numérique illustre l’interconnexion croissante des espaces


juridiques. Les données circulent librement au-delà des frontières, mais
leur collecte et leur transfert obéissent à des législations nationales
parfois divergentes. En Côte d’Ivoire, l’absence de mécanismes clairs de
coopération internationale peut constituer un frein à l’efficacité des
enquêtes impliquant des preuves numériques hébergées à l’étranger15.
Cette difficulté accentue le besoin d’un cadre normatif plus adapté,
harmonisé avec les instruments internationaux tels que la Convention de
Budapest sur la cybercriminalité.

15
Rapport ARTCI, 2020
Cependant, cette importance accrue soulève des inquiétudes. Parce
qu’elle est volatile et manipulable, la preuve numérique exige des
garanties particulières pour être fiable. Sa collecte doit se faire dans des
conditions techniques et juridiques précises, faute de quoi elle pourrait
perdre toute valeur probatoire.

Mais parler de preuve numérique, c’est aussitôt soulever la question des


données à caractère personnel16, car ce sont elles qui constituent la
matière première de cette nouvelle catégorie probatoire
La révolution technologique, en favorisant la dématérialisation des
échanges et la multiplication des flux d’informations, a fait naître une
richesse nouvelle : les données à caractère personnel. Chaque individu,
par ses actes les plus quotidiens , un appel téléphonique, un paiement
électronique, une recherche sur Internet, un message envoyé via les
réseaux sociaux , laisse derrière lui une empreinte numérique qui,
collectée et analysée, permet de dresser un portrait détaillé de sa vie. Ces
traces, souvent invisibles à l’œil nu, constituent aujourd’hui un enjeu
majeur pour les États, les entreprises et les acteurs judiciaires.

La notion de données à caractère personnel est définie de manière


convergente par les textes internationaux et nationaux. Le Règlement
général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne,
référence mondiale en la matière, les décrit comme « toute information se
rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable, directement
ou indirectement ». La Convention 108 du Conseil de l’Europe, premier
instrument international contraignant sur la protection des données,
reprend une approche similaire17. En Côte d’Ivoire, la loi n°2013-450 du 19
juin 2013 relative à la protection des données à caractère personnel donne
une définition voisine, en y incluant expressément les données
biométriques et les identifiants numériques tels que l’adresse IP. Ainsi,
une photographie, une empreinte digitale, une adresse de résidence, mais
aussi une voix ou un numéro d’identification peuvent être qualifiés de

16
Loi n°2013-450 du 19 juin 2013 relative à la protection des données à caractère personnel
17
Convention 108 du conseil de l'Europe du 28 janvier 1981
données personnelles, dès lors qu’ils permettent de rattacher
l’information à une personne physique déterminée.

Cette inflation de données personnelles, inhérente à la société de


l’information, a conduit les États à élaborer des mécanismes de protection
adaptés. En Côte d’Ivoire, la loi précitée de 2013 a marqué une avancée
significative. Elle consacre plusieurs droits au profit des personnes
concernées : le droit d’être informé, le droit de consentir librement au
traitement de ses données, le droit d’y accéder, de les rectifier et même de
les effacer dans certaines conditions. Elle impose également des
obligations strictes aux responsables de traitement, notamment en
matière de sécurité et de confidentialité. Pour veiller au respect de ces
principes, le législateur ivoirien a confié un rôle de régulation à l’Autorité
de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI), qui agit
comme autorité nationale de protection des données.

Cependant, la protection des données personnelles ne saurait se limiter à


des considérations théoriques : elle entre en interaction directe avec la
procédure pénale. Car si ces données constituent un patrimoine intime de
la personne, elles représentent également une source précieuse pour
l’enquête et la répression des infractions. L’adresse IP peut localiser un
cybercriminel, le relevé bancaire peut confondre un fraudeur, la
vidéosurveillance peut identifier un auteur de vol, et l’analyse
d’empreintes digitales peut relier un suspect à une scène de crime.
L’intérêt de la justice exige donc que ces données puissent être collectées,
traitées et produites en tant que preuves.

La collecte massive, parfois intrusive, de données personnelles dans le


cadre des enquêtes peut entraîner des dérives. Fouilles informatiques,
interceptions de communications privées, surveillance électronique :
autant de procédés qui, s’ils sont mal encadrés, risquent de transformer
l’État de droit en un État de surveillance. Le risque est d’autant plus grand
en Afrique, où les mécanismes de contrôle juridictionnel restent encore
fragiles et où les autorités judiciaires manquent parfois de moyens
techniques pour vérifier l’intégrité des données collectées.
La doctrine s’est divisée sur la nature même de la protection des données
personnelles. Pour certains auteurs, il ne s’agit que d’une extension du
droit à la vie privée, déjà consacré par les instruments internationaux tels
que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. La donnée
personnelle ne serait alors qu’une déclinaison contemporaine de ce droit,
adaptée aux réalités numériques. Pour d’autres, plus audacieux, la
protection des données doit être considérée comme un droit
fondamental autonome, appartenant à une nouvelle génération de droits,
née de la société de l’information. Cette vision, adoptée notamment par
l’Union européenne, confère aux données personnelles une valeur en soi,
indépendante du simple respect de la vie privée. Elle tend à s’imposer
progressivement en Afrique, où plusieurs législations, à l’image de celle de
la Côte d’Ivoire, en reprennent l’esprit.

Mais le principal défi reste la conciliation entre cette protection et


l’efficacité de la répression pénale. Dans une société où la criminalité
prend des formes de plus en plus sophistiquées, il serait illusoire de priver
le juge et les enquêteurs de l’accès aux données numériques, qui sont
souvent les seules à révéler la vérité18. En même temps, il serait dangereux
d’autoriser un accès illimité à ces données, au risque de sacrifier la dignité
humaine et la liberté individuelle sur l’autel de l’efficacité.

les données à caractère personnel apparaissent comme une matière


première à la fois précieuse et périlleuse. Elles sont précieuses parce
qu’elles permettent à la justice d’accéder à une vérité souvent invisible
autrement ; périlleuses parce qu’elles peuvent, si elles sont mal utilisées,
porter atteinte à la liberté des individus. L’objet de cette étude est
d’analyser l’intégration de la preuve numérique dans la procédure pénale
ivoirienne afin d’en mesurer l’apport à l’efficacité de la répression tout en
évaluant ses incidences sur la protection des données à caractère
personnel.

Ce sujet présente un intérêt qui est d’abord théorique, en ce qu’il interroge


les fondements mêmes de la preuve en procédure pénale et leur

18
Pradel Jean, Manuel de procédure pénale, Cujas, 2020
adaptation aux mutations technologiques contemporaines. Il présente
aussi un intérêt pratique, puisqu’il éclaire les difficultés rencontrées par
les magistrats, les officiers de police judiciaire et les avocats dans
l’administration et l’appréciation des preuves numériques. Enfin, il
présente un intérêt social et politique, en ce qu’il participe à la
consolidation de l’État de droit en Côte d’Ivoire, en veillant à ce que
l’efficacité répressive ne se fasse pas au détriment des droits
fondamentaux, notamment la protection des données à caractère
personnel.

Alors, La question essentielle qui se pose est donc de savoir comment


concilier, en procédure pénale ivoirienne, l’efficacité répressive que
procure la preuve numérique avec la nécessité de protéger les données à
caractère personnel ?

Pour une meilleure appréhension du problème, nous aborderons en


premier lieu la consécration et l’apport de la preuve numérique en
procédure pénale ivoirienne (Partie1), avant d’examiner, dans un second
temps, les limites de son utilisation à travers la protection des droits
fondamentaux (Partie 2)
PREMIERE PARTIE : LA CONSECRATION ET L’APPORT
DE LA PREUVE NUMERIQUE EN PROCEDURE PENALE
IVOIRIENNE

CHAPITRE 1 : LA RECONNAISSANCE JURIQUE DE LA


PREUVE NUMERIQUE EN DROIT IVOIRIEN

SECTION 1 : LE FONDEMENT LEGAL DE LA PREUVE


NUMERIQUE

PARAGRAPHE 1 :LA CONSECRATION PAR LES TEXTES


INTERNES

PARAGRAPHE 2 : L’INFLUENCE DES NORMES


REGIONALES ET INTERNATIONALES

SECTION 2 : LA SPECIFICITE DE LA PREUVE


NUMERIQUE

PARAGRAPHE 1 : LES CARACTERISTIQUES PROPRES

PARAGRAPHE 2 : LES EXIGENCES DE FIABILITE

CHAPITRE 2 : LES MANIFESTATIONS PROCEDURALES


ET L’APPORT DE LA PREUVE NUMERIQUE
SECTION 1 : LES MANIFESTATIONS PROCEDURALES DE
LA PREUVE NUMERIQUE

PARAGRAPHE 1 : AU STADE DE L’ENQUETE

PARAGRAPHE 2 : DEVANT LE JUGE

SECTION 2 : L’APPORT DE LA PREUVE NUMERIQUE A LA


MANIFESTATION DE LA VERITE

PARAGRAPHE 1 : UNE CONTRIBUTION A L’EFFICACITE


REPRESSIVE

PARAGRAPHE 2 : UNE AIDE POUR LE JUGE ET LES


PARTIES

DEUXIEME PARTIE : LA PREUVE NUMERIQUE A


L’EPREUVE DE LA PROTECTION DES DROITS
FONDAMENTAUX

CHAPITRE 1 : LES ATTEINTES POTENTIELLES AUX


DROITS ET LIBERTES INDIVIDUELLES

SECTION 1 : LA MENACES SUR LA VIE PRIVEES ET LES


SECRETS DES CORRESPONDANCES
PARAGRAPHE 1 : LES RISQUES LIES A LA
SURVEILLANCE NUMERIQUE

PARAGRAPHE 2 : LES ABUS DANS LA COLLECTE ET


DANS LA CONSERVATION DES DONNEES

SECTION 2 : LES DERIVES POSSIBLES DE L’UTILISATION


DE LA PREUVE NUMERIQUE

PARAGRAPHE 1 : LA FIABILITE TECHNIQUE EN


QUESTION

PARAGRAPHE 2 : LE DESEQUILIBRE ENTRE LES


PARTIES AU PROCES

CHAPITRE 2 : LES MECANISMES DE PROTECTION ET


LES PERSPECTIVES D’AMELIORATION

SECTION 1 : LES GARANTIES JURIDIQUES EXISTANTES

PARAGRAPHE 1 : LES FONDEMENTS NORMATIFS

PARAGRAPHE 2 : LE ROLE DU JUGE DANS LA


PROTECTION DES DROITS

SECTION 2 : LES PERSPECTIVES DE REFORMES ET


D’ADAPTATION
PARAGRAPHE 1 : LE RENFORCEMENT DES CAPACITES
NATIONALES

PARAGRAPHE 2 : COOPERATION ET L’HARMONISATION


INTERNATIONALES
BIBLIOGRAPHIE PROVISOIRE
-OUVRAGES GENERAUX
Le code de procedure pénale ivoirien
Le code penal ivoirien
La constitution ivoirienne du 08 novembre 2016
Coulibaly Souleymane, La preuve en droit pénal ivoirien, Éditions universitaires africaines,
Abidjan, 2015

-OUVRAGES SPECIAUX
Touré Alassane, Droit pénal et procédure pénale en Côte d’Ivoire, Éditions Harmattan,
2016.
Pradel Jean, Manuel de procédure pénale, Cujas, 2020
Bamba Kouadio, La preuve numérique et ses enjeux en droit ivoirien, Éditions universitaires
d’Afrique, 2018..

Texte de loi
Loi n°2013-546 du 30 juillet 2013 relative aux transactions électroniques
Loi n°2013-450 du 19 juin 2013 sur la protection des données à caractère personnel
la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité
Convention de l’Union Africaine sur la cybersécurité et la protection des données
personnelles

Dictionnaire et lexique
. Cornu Gérard, vocabulaire, association Henri Capitant, PUF Quadrique,11ème, aout
2017,1089. p.
Guinchard (S), Debard (T), Lexiques termes juridiques 2022-2023, Debard, Thierry
Guinchard, Serge, Dalloz 2022, éd.30

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