TROISIEME SEANCE /CHAPITRE 1PARTIE II
• Objectif : A la fin de ce chapitre l’Etudiant doit être capable de Connaitre
l’histoire de la musique africaine (origine, identité et caractéristiques)
• Consignes Lire tout le contenu du cours avant l’exposé
• CONTENU DU COURS
HISTOIRE DE LA MUSIQUE AFRICAINE (SUITE ET FIN)
3. L’identité de la musique africaine : ses caractéristiques
L’AFRIQUE est un continent 4 fois plus grand que les Etats-Unis.
Malgré une très grande diversité de cultures, il y a certaines caractéristiques qui
sont communes à la plupart des pays africains :
L’Africain est lié à sa communauté. Tous les évènements de la vie
(Naissance, Mariage, Mort...) sont l’affaire de toute la communauté. Il
existe un RITUEL pour chacune de ces activités mais aussi pour des
activités plus quotidiennes comme la prière, l’abattage du bétail, la
chasse...
En dehors du rituel, l’Africain a un autre moyen pour affirmer son lien
avec le groupe, c’est le chant.
Le langage et la musique ne sont pas dissociés : La musique est déjà
présente dans le langage parlé. Suivant la hauteur du son des syllabes, la
signification change. Pour raconter une histoire l’africain préfère la
chanter.
LE CORPS participe à la musique : On y entend des battements de mains,
des frappes de pieds et par-dessus tout, l’usage de la voix. Aux musiciens
chanteurs se joignent des percussions.
La musique est très RYTHMIQUE : Les deux familles d’instruments qui
accompagnent la plupart du temps les chants sont les membranophones et
les idiophones.
Exemples d’instruments : le balafon, le djembé, les dunun, la sanza, les
sonnailles, le guiro, le sabar...
Les gammes utilisées sont souvent PENTATONIQUES : Contrairement à
la gamme occidentale qui comporte 7 notes (do ré mi fa sol la si), la
gamme africaine en comporte cinq (d’où son nom : gamme pentatonique).
Emploi de la formule APPEL ET REPONSE : Un exemple courant
consiste pour le meneur de jeu à chanter une mélodie à laquelle répond
tout le groupe.
Les africains emploient une VARIETE DE TIMBRES dans la voix et
dans l’usage des instruments (en jazz, on peut appeler cela « dirty tone » =
son sale)
Voici quelques caractéristiques des musiques africaines :
Musiques de tradition orale : les musiques africaines ne sont pas écrites et se
transmettent oralement de génération en génération ; Dieu merci de nos jours
avec des structures de formation musicale les musiciens africains de nos
jours peuvent écrire nos musiques
Les musiques traditionnelles africaines ne peuvent être isolées de leur
contexte
En effet, elles sont intégrées de manière organique à tous les évènements
importants de la vie sociale et religieuse. Qu’il s’agisse d’une naissance, de
funérailles, d’un travail collectif, des semailles, d’un rite de passage, etc., la
musique est présente ; elle permet de réaffirmer les valeurs culturelles qui font la
force du groupe et sa cohésion.
La place du musicien dans la société africaine
Beaucoup de musiques traditionnelles sont faites en Afrique par des personnes
dont ce n’est pas l’activité principale : chasseurs, pêcheurs, cultivateurs, enfants,
etc. Les enfants apprennent en écoutant les adultes ; les jeunes gens, lors de leur
initiation apprennent des chants, et cela peut demander de longues heures
d’apprentissage et d’entraînement ;
Seuls les griots sont connus comme musiciens professionnels en Afrique. Être
musicien représente donc leur activité principale, ils sont payés pour cela. Ces
professionnels vivent au sein de sociétés castées, c’est-à-dire des sociétés
divisées en groupes stables, hiérarchisés ; le mariage doit s’y faire avec une
personne qui appartient à la caste (endogamie), et chaque caste a une
spécialisation qui est héréditaire ; cela signifie donc que l’on est griot de
génération en génération.
Ces musiciens transmettent l’histoire du royaume et notamment la généalogie des souverains
; ils sont renommés pour l’art de flatter, pour l’art de vanter les mérites des hommes ou des
familles. Ils le sont aussi pour l’art de jouer de certains instruments dont ils ont le monopole ;
en effet, leurs instruments ne doivent pas être joués par des non-griots. Selon les régions, ces
instruments peuvent être la harpe-luth kora (ex. : Mali), le xylophone (ex. : Guinée), la vièle
monocorde (ex. : Tchad), le tambour d’aisselle (ex. : Nigéria)…
Ces musiciens castés sont dépendants des personnes qu’ils doivent louanger, mais en même
temps ils sont craints, car le louangé a besoin du griot pour confirmer son assise sociale ;
d’une manière générale, les griots bénéficient d’une grande immunité.
Parole et instruments parleurs
Dans toute culture, langue et musique entretiennent des relations étroites et
privilégiées. En Afrique, ces relations le sont tout particulièrement en raison de
la présence de très nombreuses langues dites « à tons ». Ce terme, dans son sens
linguistique, désigne « des variations de hauteur à l’intérieur d’un même mot,
qui permettent d’opposer deux mots de sens différents mais dont les signifiants
sont par ailleurs identiques. Ces variations mélodiques (…) jouent donc le même
rôle que les phonèmes dont le mot est composé ».
Par exemple le mot « eto » en EWE (la langue la plus parlée au Sud du Togo)
une langue à plusieurs tons serait prononcé ainsi :
Exemple :
eto eto eto
Mortier Montagne Tu as pilé
Buffle Oreilles Il a poussé
Beau-père
Dans chacun des cas, le mot « eto» aurait une signification complètement
différente. Cette caractéristique des langues africaines entraîne plusieurs
conséquences
D’abord, dans le chant, la courbe mélodique chantée ne pourra pas être en
contradiction notoire avec le schéma tonal de la langue parlée. Si c’était le cas,
ce serait prendre le risque d’engendrer des contresens dans la compréhension du
texte.
Le goût du son « complexe »
Si en Occident, on a développé un goût pour le son « pur », en Afrique, la
conception du son amène au contraire à une recherche du son « complexe »,
qualifié aussi de « brouillé».
Des voix et des techniques vocales très variées
Polyphonies vocales : l’Africain aime beaucoup plus chanter en unisson qu’en
polyphonie beaucoup plus pratiqué en Afrique Australe
Échelles, rythmique
L’échelle musicale rencontrée la plus fréquemment en Afrique est l’échelle
pentatonique (cinq hauteurs), qu’elle soit anhémitonique c’est-à-dire sans 1/2
tons, ou non.
Mais on rencontre aussi d’autres échelles qui peuvent être équiheptatoniques (l’octave par
exemple est divisée en sept tons égaux), diatoniques, chromatiques, ou qui peuvent comporter
des degrés mobiles.
La rythmique en Afrique, dans la plupart des cas, se réfère d’une part à une
pulsation isochrone très présente, même si elle n’est pas toujours matérialisée, et
d’autre part et surtout à une périodicité très stricte de l’organisation du temps
musical : celui-ci est découpé en unités de même durée qui reviennent de façon
cyclique très précise, et qui fondent la structuration de ce temps. Ce cadre
métrique identique est l’élément de référence de pratiques polyrythmiques très
élaborées.
4. Les critères d’études des musiques africaines
Ces critères nous permettent de découvrir la particularité des musiques
africaines. Ils nous orientent à découvrir comment fonctionne nos musiques
Circonstances de production
Messages véhiculés
Temps de production
Espace et lieu de production
Aspect rythmique
Aspect mélodique
Organologie
Aspect vestimentaire
Conclusion
L’Afrique a une musique très ancienne mais aussi variée et très riche d’où
l’importance de parler des musiques africaines au lieu de la musique africaine.
De tradition orale, celle-ci a évolué dans le temps avec l’arrivée des
missionnaires qui ont apporté l’étude de la théorie musicale. Toutefois malgré
l’introduction de la musique occidentale par le christianisme dans nos pratiques
et rituels, l’Afrique a jusqu’à ce jour conservé ses musiques traditionnelles qui
ont toujours joué un rôle très important dans nos diverses sociétés.